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Full text of "Dictionnaire universel d'histoire naturelle : résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédies, les anciens dictionnaires scientifiques, les oeuvres complètes de Buffon, et les ... traités spéciaux sur les diverses branches des sciences naturelles ..."

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* 


/. 


. 


DICTIONNAIRE 

UNIVERSEL 

D'HISTOIRE  NATURELLE. 


TOME  DEUXIÈME. 


LISTE  DES  AUTEURS  PAR  ORDRE  DE  MATIÈRES 


Zoologie  générale,  Anatomie,  Physiologie,  tératologie 
et  Anthropologie» 


MM. 

CASIMIR  BROUSSAIS,  D.-M.,  professeur  à  l’hô¬ 
pital  militaire  du  Val-de-Grâce. 

DUPONCHEL  fils  ,  méd.  del’Ecolepolytechniq. 

DUVERNOY,  D.-M.,  membre  de  l’ institut,  pro¬ 
fesseur  au  Collège  de  France  ,  etc. 

EDWARDS,  îfc,  D.-M. ,  membre  de  l’Institut. 

FLOURENS  ,  C.  ^  ,  D.-M.  ,  secrétaire-perpétuel  de 
l’Académie  des  sciences ,  membre  de  l’Académie 
française ,  etc. 

Mammifères 

ISIDORE  GEOFFROY  S.-IIILAIRE,  O. D.-M., 
membre  de  l’Institut  .,  etc. 

B  AU  DEMENT,  membre  de  la  Société  philomati¬ 
que,  etc. 

GERBE,  aide-naturaliste  au  Collège  de  France. 

Reptiles  et 

BIBRON ,  ^ ,  professeur  d’histoire  naturelle.  | 


MM. 

ISIDORE  GEOFFROY  S.-IIILAIRE,  O.#,  D.-M. , 
membre  de  l’Institut,  insp.  génér  de  l’Université, 
professeur-administrateur  au  Muséum  d'histoire 
naturelle ,  etc. 

DE  HUMBOLDT  (le  baron  Alexandre),  C.  2^,  mem¬ 
bre  de  l’Institut  de  France,  de  l’Académie  royale 
de  Berlin,  etc. 

MARTIN  SAINT-ANGE,  0. D.-M. ,  membre  de 
plusieurs  sociétés  savantes. 

et  Oiseaux. 

DE  LAFRESNAYE,  membre  de  plusieurs  soc.  sav. 

LAURILLARD,  ^ ,  membre  de  plusieurs  sociétés 
savantes. 

DE  QIIA' TREFAGES  ,  docteur  en  médecine,  etc. 

ROÜLIN,  membre  de  la  Société  pbilomat.,  etc. 

Poissons. 

VALENCIENNES,  membre  de  l’Institut,  profes¬ 
seur-administrateur  au  Muséum  d'bistoire  naturelle. 


Mollusques. 

DES  HAYE  S  ,  membre  de  plusieurs  sociétés  sav.  I  ALCIDE  D’ORBIGNY,  0.  *,  membre  de  la  Société 
VALENCIENNES,^,  membre  de  l’Institut,  etc.  |  philomatique,  etc. 

Articulés. 

(Itisecles,  Myriapodes,  Arachnides,  Crustace's,  Cirrhopodes,  Arinélides,  Helmintliides,  Syslolides. 


AUDOUIN,  D.-M.,  membre  de  l’Institut,  profes- 
seur-administrat.  au  Muséum  d’histoire  naturelle. 
RLANCIlARD,  membre  de  plusieurs  sociétés  sav. 
BOITARD  ,  auteur  de  plus,  ouvrages  d’iiist.  nat. 
BRULLÉ  ,  prof,  à  la  Faculté  des  scienc.  de  Dijon. 
CH  EVROLAT  ,  membre  de  plusieurs  sociétés  savant. 
DESMAREST,  secrétaire  de  la  Soc.  entomolog,  de 


DUJARDIN  ,  professeur  d’histoire  naturelle. 

DUPONCHEL,  membre  de  plusieurs  sociétés  sav. 

LUCAS,  membre  de  la  Société  enlomologique. 

GERVAIS,  professeur  d’histoire  naturelle,  membre 
de  la  Société  philomatique. 

MILNE  EDWARDS,  O.  D.-M.,  membre  de 
l’Inslilut,  profess.-admiuist.  au  Muséum  d’histoire 
naturelle;  etc. 


Zoophytes  ou  Rayonnés. 


(Ecliinodermcs,  Acalèphes,  Foramiuifères,  Polypes,  Spongiaires  et  Infusoires.) 

ALCIDE  D’ORBIGNY, O.  ^  ,  membre  de  plusieurs  I  DUJARDIN,  professeur  d’histoire  naturelle,  etc. 
Sociétés  savantes.  |  MILNE  EDWARDS, O.^.D.-M.,  mcm.  del’Inst. ,  etc. 


Rotanique. 


DE  BREBISSON,  membre  de  plusieurs  sociétés  sa¬ 
vantes. 

BRONGNIART,  O.  D.-M.,  membre  de  l  lnstit., 
professeur-administrateur  au  Muséum  d’bistoire 
naturelle,  etc. 

DECAISNE,  membre  de  l'Institut. 

DUCHARTRE,  membre  de  la  Société  philomati¬ 
que,  etc. 


DE  JUSSIEU,  0.#,  D.-M  ,  membre  de  l’Institut, 
professeur  au  Muséum  d’histoire  naturelle. 

LEVEILLÈ,  D.-M-,  memb.  de  la  Société  pbilomatiq. 

MONTAGNE,#,  D.-M.,  memb.  de  la  Soc.  pbil., etc. 

RICHARD,  #,  D.-M.,  membre  de  l'Institut,  profes¬ 
seur  à  la  Faculté  de  médecine. 

SPACII  ,  aide-naturaliste  au  Muséum  d’histoire  na¬ 
turelle. 


Géologie ,  Minéralogie. 


COR  DI  ER ,  C.  #,  memb.  del’Inslit.,  prof.-adm.  au 
Muséum  d’hist.  natur.,  insp.  gén.  des  mines,  etc. 
DELAFOSSE,  #,  professeur  de  minéralogie  à  la 
Faculté  des  sciences,  etc. 

DESNOYERS,  #,  bibliothécaire  au  Muséum  d’bis¬ 
toire  naturelle,  membre  de  plusieurs  sociétés  sav. 


ELIE  DE  BEAUMONT,  O.  #,  membre  de  l’Institut, 
prof,  au  Col.  de  France,  insp.  gén.  des  mines,  etc. 

CIL  D’ORBIGNY,  membre  de  plusieurs  acade¬ 
mies  et  sociétés  savantes,  etc. 

CONSTANT  PREVOST  ,  #,  professeur  de  géologie 
à  la  Faculté  des  sciences  ,  etc. 


Chimie,  Physique  et  Astronomie. 


ARAGO,  C.  #,  secrétaire  perpétuel  de  l’Académie 
des  sciences,  etc. 

BECQUEREL,  0.  #,  membre  de  l’Institut,  profess.- 
adminîstrateur  au  Muséum  d'bistoire  naturelle,  etc. 

DUMAS,  C  #,  D.-M.,  membre  de  l'Inst.,  ministre 
de  l'agriculture  et  du  commerce,  etc. 


PELOUZE,  #,  membre  de  l’Institut,  professeur  de 
chimie  au  Collège  de  France  et  à  l’Ecole  poly¬ 
technique,  etc. 

PELTIER,  membre  de  plusieurs  académies  et  so¬ 
ciétés  savantes. 

RIVIÈRE,  #,  professeur  de  sciences  physiques. 


Imprimerie  de  L.  Martinkt,  rue  Mignou ,  2. 


DICTIONNAIRE 


UNIVERSEL 


NiTHII 


résumant  et  complétant 

Tous  les  faits  présentés  par  les  Encyclopédies,  les  anciens  dictionnaires  scientifiques,  les  Œuvres 
complètes  de  Buffon,  et  les  meilleurs  traités  spéciaux  sur  les  diverses  branches  des  sciences 
naturelles  ;  —  Donnant  la  description  des  êtres  et  des  divers  phénomènes  de  la  nature, 
l’étymologie  et  la  définition  des  noms  scientifiques,  et  les  principales  applications  des  corps 
organiques  et  inorganiques  à  l'agriculture,  à  la  médecine,  aux  arts  industriels,  etc.  ; 


PAR  MESSIEURS 


ARAGO,  AUDOIN  ,  BAUDEMENT,  BECQUEREL  ,  B1BRON  , 

BLANCHARD,  BOITARD,  DE  BRÉB1SSON ,  AD.  BRONGN1ART, 

C.  BROUSSAIS,  BRÜLLÉ,  CHEVROLAT,  CORDIER,  DECAlSNE ,  DELAFQSSE  , 
DESHAYES,  DESMAREST,  J.  DESNOYERS,  ALCIDE  ET  CHARLES  D’ORBIGNY,  DOYÈRE, 
DfJCBARTRE,  DUJARDIN,  DUMAS,  DUPONCHEL,  DUVERNOY,  ÉLIE  DE  BEAUMONT, 
FLOURENS,  IS.  GEOFFROY  SAINT-HILAIRE ,  GERBE,  GERVAIS ,  HOLLARD, 

DE  JUSSIEU,  DE  LAFRESNAYE,  LAURÏLLARD,  LEMAIRE,  LÉVEILLÉ, 

LUCAS,  MARTIN  ST-ANGE  ,  MILNE  EDWARDS  ,  MONTAGNE, 

PELOUZE,  PELTIER,  C. PRÉVOST,  DE  QUATREFAGES, 

A.  RICHARD,  RIVIÈRE,  ROULIN,  SPACH , 

VALENCIENNES,  ETC. 

DIRIGÉ  PAR  M.  CHARLES  FORBI6NY 

JSt  enrichi  d'un  magnifique  Atlas  de  planches  gravées  sur  acier. 


— - >kv<>-o-0- -O-O-C-c-* - 

TOME  DEUXIÈME. 

— — — - o-o  0-0-0  C  C  O-c-o - 

PARIS, 

CHEZ  LES  ÉDITEURS  MM.  RENARD,  MARTINET  ET  <£, 

IlliC  El  HOTEL  HIGSOS ,  2  (  quartier  de  l’École-de-Meeine  ). 

ET  CHEZ 

LANGLOIS  ET  LECLERCQ,  I  VICTOR  MASSON, 

Rue  .de  la  Harpe,  81.  Place  de  l’École-de-Médecine,  17. 

Menus  maisons,  c\)£z  il'.  Midjeleen  ,  a  iTetpstg. 


ÆjÆSTJE 


DES  ABRÉVIATIONS 

EMPLOYÉES  DANS  CET  OUVRAGE. 


(  Les  abréviations  en  petites  capitales  placées  au  commencement  de  chaque  article 
indiquent  la  grande  classe  à  laquelle  ils  appartiennent.) 


Acal.  .  . 

.  Acalèphes. 

Anal .  .  .  . 

Anatomie. 

Ann.  .  .  . 

Annales. 

Annél .  .  . 

Annélides. 

Arach.  .  . 

Arachnides. 

Astr.  .  .  . 

Astronomie. 

Bot  .  .  .  . 

Botanique. 

Bot.  cr.  .  . 

Botanique  cryptogami 
que. 

Rot.  ph.  . 

.  Botanique  phanéroga 
mique. 

Bull  .  .  . 

.  Bulletin. 

Chim.  .  . 

.  Chimie. 

Cirrh.  .  . 

.  Cirrhopodes. 

Crust.  .  . 

.  Crustacés. 

Échin  .  . 

.  Échinodermes. 

Fig.  .  .  . 

.  Figure. 

Foramin  . 

.  Foraminifères. 

Foss  .  .  . 

.  Fossile. 

G  ou  g.  . 

.  Genre. 

Géol .  .  . 

.  Géologie. 

Helm.  .  , 

.  Helminthides. 

Hist.  nat. 

.  Histoire  naturelle. 

In  fus.  .  . 

.  Infusoires. 

Ins.  .  .  . 

.  Insectes. 

Mam.  .  .  .  Mammifères. 

Mém.  .  .  .  Mémoire. 

Méle'or.  .  .  Météorologie. 

Min . Minéralogie. 

Moll ....  Mollusques. 

Myriap.  .  .  Myriapode. 

Ois . Oiseaux. 

Paléont.  .  .  Paléontologie. 

Ph.  ou  Phan.  Phanérogame,  ou  pha 
nérogamie. 

Phys  ....  Physique. 

Physiol.  .  .  Physiologie. 

PI . Planche. 

Poiss.  .  .  .  Poissons. 

Polyp.  .  .  .  Polypes,  Polypiers. 

Rad . Radiaires. 

Repi . Reptiles. 

Spong.  .  .  .  Spongiaires. 

Systol.  .  .  .  Systolides. 

Syn.ouSynon.  Synonyme. 

Térat.  .  .  .  Tératologie. 

V.  ou  Voy.  .  Voyez. 

Vulg . Vulgaire. 

Z  ool . Zoologie. 

Z ooph .  .  .  .  Zoophytes. 


DICTIONNAIRE 


ïf 

CM 

UNIVERSEL 

D’HISTOIRE  NATURELLE. 


APIÇ 


APHODIE.  Apkodius  (aç>ocTo<,  excré¬ 
ment).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères  ,  famille  des  Lamellicornes ,  établi  par 
Illiger,  et  adopté  par  Fabricius ,  Duméril , 
Latreille ,  etc.  Ce  dernier  le  range  dans  la 
tribu  des  Scarabéides  coprophages  ,  et  lui 
assigne  les  caractères  suivants  :  Palpes  la¬ 
biaux  ,  presque  ras  ou  peu  velus ,  compo¬ 
sés  d’articles  cylindriques  et  presque  sem¬ 
blables.  Antennes  courtes ,  de  neuf  arti¬ 
cles,  dont  les  intermédiaires  très  courts ,  et 
les  trois  derniers  en  massue  arrondie  et 
feuilletée.  Tête  en  forme  de  croissant  ou 
de  demi-cercle,  et  offrant  dans  plusieurs  , 
chez  les  mâles  surtout ,  trois  petites  élé¬ 
vations  ou  tubercules.  Corps  ovalaire  ou 
ovoïde ,  arrondi  aux  deux  extrémités,  con¬ 
vexe  en  dessus  et  plat  en  dessous  ;  écus¬ 
son  distinct  et  triangulaire;  étui  embras¬ 
sant  ordinairement  les  côtés  de  l’abdomen. 
Pattes  séparées  entre  elles ,  à  leur  naissance, 
par  des  intervalles  égaux  ;  jambes  robustes  ; 
les  antérieures  tridentées  au  côté  externe  ; 
les  autres  incisées  ,  ciliées  ou  épineuses. 

Les  Aphodies  sont  des  Coléoptères  de  pe¬ 
tite  taille.  Leurs  habitudes  sont  les  mêmes 
que  celles  des  Bousiers,  c’est-à-dire  qu’ils 
vivent  comme  eux  dans  les  fientes  et  les 
excréments.  Leur  démarche  est  lente  ;  mais 
ils  volent  avec  facilité,  et  leur  apparition 
annonce  le  retour  du  printemps  ;  on  les 
rencontre  en  assez  grande  quantité  dans  les 
premiers  jours  de  cette  saison.  Leurs  larves 
ont  des  formes ,  une  organisation  et  des 
mœurs  semblables  à  celles  des  autres  Scara¬ 
béides. 

Ce  genre  est  un  des  plus  nombreux  de  la 
tribu.  M.  Dejean  ,  dans  son  dernier  Catalo- 

t.  ii. 


gue,  en  mentionne  156  espèces,  dont  plus 
de  la  moitié  sont  exotiques.  Nous  citerons 
parmi  les  esp.  européennes  VAph.  fossor , 
Fabr. ,  qui  peut  être  considéré  comme  le 
type  du  genre  ;  VAph.  fimetarius,  id.,  ou  le 
Scarabée  bedeau  de  Geoffroy;  VAph.  ter - 
restris ,  id. ,  et  VAph.  conspurcatus ,  id. 
Toutes  ces  espèces  sont  figurées  dans  Oli¬ 
vier,  et  se  trouvent  dans  les  environs  de  Pa¬ 
ris.  M.  Sturm  (  Deutschlands  Fauna,  t.  I  ) 
a  figuré  et  décrit  les  espèces  propres  à  l’Al¬ 
lemagne.  Depuis,  le  docteur  Schmidt  ( Zeit¬ 
schrift  für  die  Entomologie  von  Germar , 
p.  81-175,  1840),  a  publié  sur  le  même 
sujet,  et  pour  le  même  pays,  une  Monogra¬ 
phie  comprenant  76  espèces.  (D.  et  C.) 

*  APHODIIDES.  Aphodiidœ  (d’Ap/to- 
die ,  qui  ressemble  aux  Aphodies).  ins.  — 
Tribu  de  Coléoptères  pentamères ,  éta¬ 
blie  par  Mac-Leay  dans  sa  famille  des  Péta- 
locères ,  division  des  Saprophages ,  et  qui  se 
compose  des  g.  Aphodius  et  Psammodius. 
Les  Aphodiides ,  suivant  lui ,  se  distinguent 
des  Scarabéides  par  leurs  mandibules  cour¬ 
tes,  dilatées,  coriaces,  et  par  de  longues 
paires  de  pattes  placées  à  égale  distance  les 
unes  des  autres.  Elles  sont  séparées  des  Tro- 
gides  par  le  labrum ,  caché  sous  le  chape¬ 
ron  ,  et  par  leurs  mandibules  déliées  ,  com¬ 
primées,  et  à  peine  cornées.  Elles  ont  toutes 
l’écusson  distinct.  Leur  manière  de  vivre 
varie  beaucoup ,  quoi  qu’il  y  ait  entre  elles 
la  plus  grande  conformité  de  structure;  les 
unes  sont  coprophages,  et  d’autres  vivent  sur 
les  plantes  putréfiées,  principalement  les 
plantes  marines.  —  De  tous  les  Pétalocères 
saprophages,  les  Aphodiides  sont  les  plus 
communes  en  Angleterre,  et  semblent  y  rem- 


APH 


A  PH 


plir  le  vide  des  Scarabéides.  Elles  paraissent 
répandues  en  égale  quantité  sous  toutes  les 
zones  tempérées  ;  on  n’en  a  pas  encore  reçu 
de  la  Nouvelle-Hollande,  quoiqu’on  en  con¬ 
naisse  plusieurs  espèces  du  Gap,  qui  est 
presque  sous  la  même  latitude. 

Cette  tribu  porte  le  nom  de  famille  dans 
le  Catalogue  des  Insectes  de  l’Angleterre , 
par  Stephens.  (D.  et  C.) 

*  APHOBITES.  Aphodües  (  ütpo  cTos, 

excrément),  os.  —  Sous-tribu  de  la  tribu 
des  Créophages,  famille  des  Lamellicornes, 
établie  par  M.  Delaporte  dans  son  Histoire 
naturelle  des  Coléoptères  ,  faisant  suite 
au  BufTon  -  Duménil,  et  qu’il  caractérise 
ainsi  :  Écusson  très  distinct  ;  toutes  les  pat¬ 
tes  insérées  à  égale  distance  les  unes  des 
autres.  Élytres  recouvrant  entièrement  l’ex¬ 
trémité  postérieure  de  l’abdomen.  Celte 
sous-tribu  renferme  les  genres  Aphodius  , 
Oxyomus ,  Psammodius  et  Euparia.  Voy. 
ces  mots.  (D.  et  C.) 

APHODIUS.  ins.  —  Voyez  apjïodie. 

^APHOWMA ,  Neck.  obscur). 

bot.  pii.  — Syn.  du  genre  Pariana,  de  la 
famille  des  Graminées.  [Sp.) 

*APtIOHA,Neck.  (Z<popoç,  stérile),  bot. 
ph.  —  Syn.  du  genre  Virgilia ,  de  la  fa¬ 
mille  des  Légumineuses.  (Sp.) 

*  APïIOTISTUS  (  «priv.;  ?£>;, lumiè¬ 

re  ;  par  opposition  à  d’autres  espèces  du 
même  genre  qui  sont  lumineuses  ou  phos¬ 
phorescentes).  ras.  —  Sous-genre  de  Coléo¬ 
ptères  pentamères,  famille  des  Sternoxes , 
tribu  des  Élatcrides,  établi  par  Rirby  sans 
indication  de  caractères  (  F- auna  borealis 
americana,  p.  149),  et  auquel  il  donne  pour 
type  YElater  œneus  de  Fabricius,  qui  ap¬ 
partient  au  genre  Ludius  de  Latreille.  Voy. 
ce  mot  et  celui  de  Byacanthus  pour  les 
caractères.  (D.  et  C.) 

APHOTISTES  (  ,  privé  de 

lumière),  bot.  en.  —  M.  de  Humboldt 
(Floræ  Frib.  spcc.,  p.  118)  a  donné  ce  nom 
a  un  genre  de  Champignons  qu’on  trouve 
sur  les  planches  et  sur  les  poutres  qui  ser¬ 
vent  d’étais  dans  les  souterrains  où  la  lu¬ 
mière  ne  pénètre  jamais.  Ses  caractères  gé¬ 
nériques  sont  les  suivants  :  Champignon  ra- 
meux,  corné,  terminé  par  un  corps  mem¬ 
braneux  et  pulpeux.  L \ApJi.  fuscus  Humb., 
seule  espèce  décrite,  est  décombant,  très  fra¬ 
gile,  d’une  couleur  brune  ou  cendrée  tirant 


vers  le  noir  ;  sa  surface  est  glabre  et  brillante. 
Les  rameaux  sont  très  nombreux,  flexueux, 
épais,  fasciculés,  demi-cylindriques  ou  com¬ 
primés,  longs  de  trois  ou  quatre  pouces; 
leur  substance  interne  est  d’un  blanc  de 
neige,  sèche  et  cornée  comme  celle  du 
Sphœria  liypoxylon;  le  corps  qui  les  ter¬ 
mine,  et  dans  lequel  existent  peut-être  les 
organes  de  la  reproduction,  est  dilaté,  strié, 
cunéiforme  ou  inégalement  divisé,  blanc,  fila¬ 
menteux,  et  d’une  consistance  molle  et  fon¬ 
gueuse.  Ce  champignon ,  comme  le  pensent 
MM.  Ch.  G.  Th.  Fr.  etLudw.  Neesd’Esen- 
beck,  n’est  probablement  qu’un  état  anormal 
de  quelque  Cryptogame,  causé  par  l’absence 
de  la  lumière.  (LÉv.)  . 

*  APÏÏKAGME.  Aphragmus ,  Andrz., 
in  DC.  Prodromus ,  t.  I ,  p.  209.  —  Oro- 
bium,  Iteichb.  Fonsp.). —  Oreas,  Cham.  et 
Schlechtend.  (in  Linnœa,  t.  I,  p.  29,  tab. 
1);  Hook.  ( Flor .  Bor.  Amer.,  t.  I,  p.  67  ) 
(à  priv.;  ypy:jpv..  cloison),  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Crucifères  (Siliculeuses , 
Spach.  Tribu  des  Camélinées  DC.  ),  offrant 
lescaract.  suivants  :  Sépales  presque  étalés, 
carénés,  point  gibbeux  à  leur  base.  Pétales 
onguiculés ,  obovales.  Étamines  6 ,  subi¬ 
somètres  ;  filets  inappendiculés.  Stigmate 
subsessile.  Silicule  lancéolée ,  comprimée  , 
2-valve,  1  -  loculaire,  4-6-sperme;  valves 
planes,  1-ncrvées.  Graines  immarginées,  sus¬ 
pendues;  funicules  filiformes,  allongés.  Em¬ 
bryon  à  cotylédons  incombants,  plans  ,  con¬ 
vexes  ;  radicule  ascendante. —-Herbe  basse, 
touffue ,  ayant  le  port  du  Cardamine  belli- 
difolia\  feuilles  roselées,  longuement  pé- 
tiolées ,  subradicales ,  spatulées  ,  un  peu 
charnues,  très  entières,  1-nerYées;  hampes 
aphylles  ;  fleurs  en  grappes  corymbifor- 
mes ,  garnies  de  bractées  foliacées  ;  pétales 
rouges  ou  blancs.  On  n’en  connaît  qu’une 
seule  esp.  (  Aphragmus  Eschscholtzianus  , 
Andrz.)  de  l’Amérique  arctique.  (Sp.) 

*API1RAGMIA  (  «  priv.;  (ppxyy.x,  cloi¬ 
son).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Acanthacées ,  tribu  des  Ruelliées ,  formé 
par  Nees  (in  Lindl.  Introd.  toBot .,  édit.  2), 
avec  ces  caract.  :  Calice  5-parti  ,  à  lacinies 
inégales ,  dont  2  plus  étroites.  Corolle  hy- 
pogyne  ,  infundibuliforme  ;  à  limbe  5-fide  , 
égal ,  obtus.  Étain.  4,  insérées  au  tube ,  in¬ 
cluses  ,  didynames.  Anthères  biloculaires  ; 
à  loges  étroites ,  parallèles ,  égales.  Oyaire 

’  VV  /D 

DS) 


APH 


APH 


3 


biloculaire  ;  loges  bi-ovulées.  Style  simple  ; 
stigmate  bifide.  Capsule  onguiculée ,  à 
loge  subuniloculaire  par  avortement  par¬ 
tiel  de  la  cloison ,  4  ou  2-sperme  par  la 
même  cause,  loculicide- bivalve  ;  valves 
septifères  au  milieu.  Graines  soutenues  par 
des  rétinacles.— -Une  seule  esp.,  du  Mexique. 
Pédoncules  axillaires,  dichotomes  ;  fleurs 
sessiles  dans  la  dichotomie ,  à  bractées  des 
divisions  foliacées ,  semblables  aux  feuilles 
caulinaires  ;  bractéoles  nulles.  (C.  L.) 

*  APHRASTUS  (â?/j«<rros,  caché),  ins. 
—  Genre  de  Coléoptères  ,  section  des  Té- 
tramères,  famille  des  Curculionides ,  di¬ 
vision  des  Cyclomides ,  désigné  par  Schoen- 
herr,  dans  le  tableau  synoptique  qui  est  en 
tête  de  son  grand  travail  sur  cette  famille, 
et  auquel  il  donne  pour  type  le  Curcul.  tœ- 
niatus  de  Say,  mais  dont  il  ne  parle  plus 
dans  le  corps  de  cet  ouvrage.  (D.  et  C.) 

*  APHR1E.  Aphria  (  àypéç, ,  écume?  ). 

ins.  —  Genre  de  Diptères ,  établi  par  M. 
Robineau-Desvoidy  dans  sa  famille  desMyo- 
daires  ,  tribu  des  Entomobies  ,  section  des 
Thryptocérées ,  et  qu’il  caractérise  ainsi  : 
Troisième  article  antennaire  d’un  tiers  plus 
long  que  le  deuxième  ;  le  deuxième  article 
du  chète  plus  court  que  le  troisième.  Péri- 
stome  plus  long  que  large  ;  division  inférieu¬ 
re  de  la  trompe  solide.  Corps  cylindrique , 
noir  ou  noir -fauve  ;  cellule  y.  C.,  s’ouvrant 
avant  le  sommet  de  l’aile.  Ce  genre  est  fon¬ 
dé  sur  deux  espèces  nommées  par  l’auteur, 
l’une  A.  àbdominalis ,  et  l’autre  A.  Servil- 
lei,  sans  indication  de  patrie.  (D.) 

APA1RITE,  Karsten  (  âfpàs ,  écume  ). 
msn.  —  Schaumerde,  W.,  écume  de  terre. 
— Nom  donné  par  Karsten  au  Calcaire  nacré, 
à  cause  de  sa  ressemblance  avec  une  sorte 
d’écume.  Voy.  calcaire.  (Del.) 

APHRITE.  Aphritis.  ms.  — Genre  de 
l’ordre  des  Diptères,  division  des  Brachocè- 
res,  subdivision  des  Tétrachœtes,  famille 
des  Brachystomes,  tribu  des  Syrphides, 
établi  par  Latreille,  et  adopté  par  M.  Mac- 
quart.  Il  était  compris  dans  les  genres  Musca 
de  Linné ,  et  Mulio  de  Fabricius ,  et  cor¬ 
respond  au  genre  Microdon  de  Meigen,  Fal- 
len  et  Wiedemann.  En  voici  les  caractères  : 
Palpes  très  petits.  Antennes  plus  longues 
que  la  tête;  deuxième  et  troisième  articles 
formant  une  massue  allongée.  Ecusson  garni 
de  deux  pointes  (ce  caract.  leur  est  com¬ 


mun  avec  les  Stratyomides ,  famille  des 
Notacanthes).  Abdomen  ovale;  cellule  mé- 
diastine ,  et  quelquefois  première  postérieu¬ 
re  des  ailes,  divisées  par  une  nervure  trans¬ 
versale.  —  Des  quatre  espèces  que  M.  Mac- 
quart  rapporte  à  ce  genre,  trois  sont  euro¬ 
péennes  et  assez  rares ,  la  quatrième  ne  se* 
trouve  qu’au  Brésil.  Ces  Diptères,  comme  la 
plupart  de  ceux  de  la  même  tribu ,  se  distin-; 
guent  parleurs  brillantes  couleurs,  à  reflets 
métalliques.  Nous  ne  citerons  qu’une  espèce,' 
qui  forme  le  type  du  genre ,  VApli.  apifor- 
mis c’est  la  même  que  le  Mulio  apiarius  de 
Fabricius,  le  Mulio  mutahilis  du  même  au¬ 
teur,  et  enfin  la  Mouche  abeille  de  Degéer 
( Mém .  ins.  f  U  YI,  pl.  7,  fig.  18-20).  (D.) 

*  APHRITIS  (à9pïri$,  nom  grec  d’un' 

poisson  inconnu),  poiss.  —  Genre  de  Per- 
coïdes  à  ventrales  jugulaires;  à  corps  allon¬ 
gé  ;  à  deux  dorsales  séparées,  et  de  longueur 
inégale.  La  bouche ,  peu  fendue ,  a  des  dents 
en  velours  ras  sur  les  deux  mâchoires ,  sur 
les  palatins  et  sur  le  chevron  du  vomer.  On 
ne  connaît  encore  qu’une  seule  esp.  de  ce  g., 
P  Aphritis  Durvillii,  originaire  des  eaux  dou¬ 
ces  de  la  terre  de  Yan-Diémen  ,  où  elle  a  été 
prise  par  MM.  Quoy  et  Gaimard ,  naviguant 
à  bord  de  V Astrolabe,  sous  les  ordres  de 
M.  Dumont-d’Urville.  (Val.) 

APHRIZITE,  d’Andrada  (  à9PiÇo> ,  j’é- 
cume).  min.  —  Nom  donné  à  une  variété  de 
Tourmaline  de  Pile  deLangsoë ,  en  Norvège, 
dont  la  véritable  nature  avait  été  méconnue. 
D’Andrada  avait  remarqué  qu’elle  écumait 
fortement  avec  le  borax ,  et  donnait  un 
verre  transparent  d’un  blanc-verdâtre. 

(Del.) 

*  APHRODES  (  à??* dVjç,  qui  écume). 
ins.  —  Genre  de  la  famille  des  Cercopiens , 
de  l’ordre  des  Hémiptères ,  section  des 
Homoptères ,  établi  par  Curtis  (  Brit.  en- 
tom.),  et  adopté  par  M.  YVestwood  (  Gene- 
ric  synops.  ).  —  Ce  genre ,  très  voisin  des 
Aphrophora ,  dont  il  ne  devrait  peut-être 
former  qu’une  division,  s’en  distingue  prin¬ 
cipalement  par  une  tête  subtriangulaire  : 
des  ocelles  rejetés  sur  les  côtés  de  la  tê¬ 
te  ;  des  jambes  postérieures  très  épineuses, 
et  des  «jambes  antérieures  pectinées  en  de¬ 
dans. 

On  connaît  un  assez  grand  nombre  d’esp. 
d’Aphrudes  ;  toutes  sont  indigènes  et  de 
petite  taille.  Le  type  est  PA.  çoçtata  [Ciçgr 


4 


APH 


da  costala  Fab.) ,  esp.  répandue  dans  une 
grande  partie  de  l’Europe.  (Bl.) 

*APHRODISIENS(^/3ocTîffios,  qui  se 
rapporte  aux  Aphrodites).  année.  —  Au- 
douin  et  Milne-Edwards.  —  Famille  com¬ 
prenant  le  genre  Aplirodita ,  Linné ,  et 
quelques  autres  plus  récemment  établis. 
Voy.  APHRODITES.  (P.  G.) 

APHRODITE.  Âphrodita  (  , 

nom  de  Ténus),  annél.  —  M.  Savigny,  fai¬ 
sant  du  genre  Aphrodita ,  Linn.,  modifié 
par  Bruguière,  une  famille  à  laquelle  il 
laisse  le  nom  d’Aphrodites ,  donne  la  déno¬ 
mination  (VHalithea  à  un  des  genres  de 
cette  famille.  C’est  à  celui-là  que  les  auteurs 
ultérieurs  ont  laissé  le  nom  (T Aphrodita 
en  propre,  et  voici  comment  MM.  Audouin 
et  Milne-Edwards  le  caractérisent  :  Treize 
paires  d’élytres  sur  le  dos,  fixées  à  des  pieds 
qui  ne  portent  ni  branchies  ni  cirrhes  supé¬ 
rieurs,  et  qui  alternent  depuis  l’extrémité 
antérieure  du  corps  jusqu’au  Yingt-cinquième 
segment  avec  d’autres  pieds  n’ayant  pas 
d’élytres ,  mais  pourvus  d’un  cirrhe  dorsal 
et  de  branchies.  Quelques  paires  d’élytres 
supplémentaires,  fixées  sur  les  anneaux  sui¬ 
vants  ,  mais  paraissant  et  disparaissant  dans 
un  ordre  différent.  Trois  antennes.  Mâchoi¬ 
res  petites  et  cartilagineuses  ou  à  peu  près 
nulles.  Les  espèces  de  ce  genre  se  rapportent 
à  deux  sections  : 

1°  Elytres  recouvertes  et  cachées  par  une 
voûte  épaisse,  ayant  l’aspect  d’étoupe,  et 
formées  de  soies  flexibles.  Rame  supérieure 
de  tous  les  pieds  pourvue  de  trois  ordres  de 
soies. 

Telle  est  l’Aphr.  hérissée ,  Aph.  aucleata , 
un  des  Annélides  dont  les  couleurs  ont  le 
plus  de  brillant.  Elle  est  de  nos  côtes. 

2°  Les  Hermiones  ,  dont  on  a  fait  un  gen¬ 
re  à  part.  Voy.  hermione.  (P.  G.) 

APHRODITE.  Aphrodita  (  ÀfpoMrr, , 
nom  de  la  Ténus  grecque),  moll.  — Nous 
trouvons  dans  les  mémoires  de  M.  Lea,  pu¬ 
bliés  dans  les  Transactions  de  la  Société 
philosophique  de  Philadelphie,  pour  l’année 
1834 ,  un  genre  Aphrodite  que  l’auteur  met 
dans  le  voisinage  des  Cyrènes.  Nous  n’avons 
pas  été  peu  surpris  en  trouvant  dans  la  co¬ 
quille  ,  décrite  comme  nouveau  genre ,  le 
Cardium  groënlandicum  des  auteurs.  Ce 
qui  nous  étonne  le  plus ,  c’est  que  M.  Lea  ne 
donne  aucune  synonymie  à  cette  coquille , 


APH 

et  semble  croire  qu’elle  n’a  jamais  été  dé¬ 
crite.  Tous  les  Conchyliologues  savent  cepen¬ 
dant  qu’elle  a  été  décrite  depuis  long-temps 
par  Chemnitz.  Cette  coquille  étant  natu¬ 
rellement  un  Cardium,  le  genre  de  M.  Lea 
doit  être  regardé  comme  non  avenu. 

(Desh.) 

APHRODITES.  Aphroditœ  {(T Aphro¬ 
dita,  g.  d’Annélides).  année.  —  M.  Savi¬ 
gny  (  Syst.  des  Annélides  )  nomme  ainsi  la 
famille  d’Annélides  marines  sétigères  dont 
le  genre  Aphrodita  de  Linné  est  le  type. 
M.  de  Blainville  écrit  Aphrodités.  MM.  Au¬ 
douin  et  Edwards  préfèrent  le  mot  Aphro- 
disiens.  Cette  famille  renferme  plusieurs 
g.,  outre  celui  Aphrodita ,  Linné ,  Brug.  ; 
ce  sont  les  suivants  :  Hermione,  Eumolpe, 
Polyodonte ,  Pholoë ,  Acœte,  Sigalion  et 
Palmyre.  Les  caractères  des  Aphrodites 
peuvent  être  ainsi  résumés ,  d’après  MM. 
Audouin  et  Edwards  :  Tête  bien  distincte 
et  portant  des  antennes.  Trompe  en  géné¬ 
ral  armée  de  quatre  mâchoires  réunies 
par  paires.  Pieds  très  développés  ,  dis  - 
semblables ,  et  alternant  dans  une  étendue 
plus  ou  moins  grande  du  corps ,  les  uns 
sans  élytres,  mais  pourvus  d’un  cirrhe  supé¬ 
rieur,  et  accompagnés  en  général  de  bran¬ 
chies  ;  les  autres  ayant  ordinairement  des 
élytres,  mais  point  de  cirrhe  supérieur  ni  de 
branchies;  branchies,  lorsqu’elles  existent, 
peu  développées,  situées  à  la  partie  supé¬ 
rieure  de  la  raie  dorsale,  au  dessus  du  cir¬ 
rhe,  et  en  forme  de  crêtes  ou  de  tubercules. 

(P.  G.) 

*APHROPHORA(àp/><j'ç,  écume;  yopôt, 
qui  porte  ;  parce  que  ces  Insectes  sécrè¬ 
tent  par  la  bouche  une  sorte  d’écume  blan¬ 
che,  qu’ils  laissent  sur  les  végétaux  où  ils  se 
sont  posés),  ms.  —  Genre  de  la  famille  des 
Cercopiens ,  de  l’ordre  des  Hémiptères , 
section  des  Homoptères,  établi  par  Ger¬ 
mai-,  adopté  maintenant  par  tous  les  en¬ 
tomologistes ,  et  confondu  d’abord  par  Fa- 
bricius  avec  les  Cercopis ,  et  par  Linné, 
dans  le  grand  g.  Cicada.  —Ce  g.  a  les  plus 
grands  rapports  avec  les  Cercopis ,  dont  il 
se  distingue  principalement  par  un  corps 
plus  étroit ,  une  tête  plus  large ,  ayant  son 
bord  tranchant ,  et  par  des  jambes  posté¬ 
rieures  munies  de  deux  épines.  Les  Aphro- 
phora  sont  nombreuses  en  espèces  indigè¬ 
nes  et  exotiques.  Le  type  est  VA.  spumaria 


APH 


APH 


(Cicada  spumaria  Lin.)  ,  esp.  très  commu¬ 
ne  sur  les  Saules  (Salix  fragüis)  dans  toute 
l’Europe,  sécrétant  une  sorte  d’écume 
blanche  en  très  grande  quantité  ,  surtout  à 
son  état  de  larve,  de  manière  à  s’en  recou¬ 
vrir  quelquefois  complètement.  (Bl.) 

APÏIRYTIS.  poiss.  —  ‘Voyez  APimi- 

TIS. 

*APHTHALOSE inaltérable: 

«)ç ,  sel;  à  cause  de  son  inaltérabilité  à 
l’air),  min.  —  Nom  donné  par  M.  Beudant 
au  Sulfate  de  potasse  naturel.  Voy.  sulfa¬ 
tes.  (Del.) 

*' APHTHON A  («f'Sovos,  abondant). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétramères , 
famille  des  Chrysomélines ,  établi  par  M. 
Chevrolat,  et  adopté  par  M.  Dejean  dans 
son  dernier  Catalogue  (5e  édit.).  Ce  g.  cor¬ 
respond  à  la  cinquième  division  du  g.  Haï¬ 
tien  d’Illiger  ,  désignée  par  cet  auteur  sous 
le  nom  de  Sallatrices.  Ses  caract. ,  suivant 
M.  Chevrolat ,  peuvent  se  résumer  ainsi  : 
Corselet  sans  aucun  sillon  transverse.  Pre¬ 
mier  article  des  tarses  postérieurs  égalant 
en  longueur  les  deux  suivants,  dernier  lé¬ 
gèrement  renflé;  épine  de  l’extrémité  du 
tibia  postérieur  simple,  arquée;  élytres 
ponctuées  çà  et  là  ou  lisses.  Corps  ovale  ou 
arrondi.  Les  Haltica  cyparissiœ ,  euphorbiœ 
et  rubi,  de.Fabricius  et  des  auteurs  moder¬ 
nes,  font  partie  du  g.  Âphthona.  M.  Dejean 
y  rapporte  21  espèces,  dont  4  d’Afrique,  2 
d’Amérique ,  et  le  reste  d’Europe. 

(D.  et  CO 

APHYE  (  à.tp'j r, ,  nom  grec  de  tous  les 
petits  poissons  ou  du  fretin  ).  poiss. — Sous 
ce  nom  on  désigne  quelquefois  spécialement 
le  frai  des  Athérines ,  qui  demeurent  pen¬ 
dant  quelques  jours,  après  leur  naissan¬ 
ce  ,  rassemblés  en  masse  considérable.  On 
les  pèche  sur  le  littoral  de  la  Méditer¬ 
ranée,  pour  les  préparer  avec  du  lait  en 
une  sorte  de  bouillie,  ou  pour  les  faire  frire 
et  les  vendre  publiquement  dans  les  rues , 
en  les  criant  sous  le  nom  de  Nonnats  (qui 
n’est  pas  né,.  Ces  peuples  conservent  encore 
la  trace  du  préjugé  qui  les  faisait  appeler 
Âphyes  par  les  Grecs,  croyant  que  ces  amas 
de  petits  poissons,  provenant  de  génération 
spontanée ,  étaient  des  fœtus  non  nés  d’au¬ 
tres  poissons  semblables  à  eux.  Souvent , 
chez  les  Grecs,  âvvy  est  le  synonyme 
de  IjojraV,  espèce  particulière  d’Aphye ,  j 


qui  se  composait  de  toutes  sortes  de  très 
petits  poissons  mélangés ,  tels  que  du  fre¬ 
tin  de  Muges ,  d’Anchois ,  de  Gobies,  de 
Crabes ,  môme  de  Calmars.  Ce  nom  d’A¬ 
phye  a  été  employé  comme  épithète  d’une 
esp.  de  Gobie  ou  de  Cyprinoïde ,  du  g.  des 
Ables  (Leuciscus ,  Cuv.).  (Val.) 

*APIiYLAX  (à  priv.;  défenseur). 
bot.  pu.  —  Genre  de  la  famille  des  Com- 
mélinacées,  formé  par  Salisbury  et  réuni 
comme  synonyme  au  g.  type  de  la  famil¬ 
le  ,  dont  il  forme  une  division ,  sous  le  nom 
d 'Aneilema,  B.  Br. ,  ainsi  caractérisée  :  In- 
volucre  nul  [unde  nomeri).  Inflorescence  en 
panicule  lâche.  (C.  L.) 

APIIYLLANTHE.  Aphyllantlies  (« 
priv.;  <?-j )./ev,  feuille;  «vflos,  fleur  ).  bot. 
pii.  —  Genre  dont  la  place  dans  les  familles 
naturelles  n’est  pas  encore  suffisamment 
déterminée ,  mais  qu’on  s’accorde  assez 
généralement  à  réunir  à  celle  des  Asphodé- 
lées.  Formé  d’abord  par  Tournefort ,  il  a 
été  revu  et  corrigé  ensuite  par  divers  bota¬ 
nistes,  qui  Font  ainsi  caractérisé  :  Périgone 
corollacé,  sex-parti ,  égal,  marcescent-déci- 
du  ;  à  lacinies  conniventes  en  tube  à  la  ba¬ 
se  ,  étalées  au  sommet.  Étam.  G ,  insérées 
au  dessus  de  la  base  du  périgone  ;  fila¬ 
ments  filiformes,  glabres.  Anthères  peltées. 
Ovaire  triioculaire;  ovules  basilaires  ,  ana- 
tropes,  solitaires  dans  les  loges.  Style  fi¬ 
liforme  ;  stigmate  trilobé.  Capsule  mem- 
branacée,  triioculaire,  loculicide  -  trivalve. 
Graines  à  test  crustacé ,  noires  ,  à  ombilic 
nu.  Embryon  axile ,  à  extrémité  radiculaire 
infère. 

Une  seule  esp.  (PAL  monspeliensis)  com¬ 
pose  le  genre  ;  elle  croit  dans  les  endroits 
arides  du  midi  de  l’Europe.  Scs  nombreu¬ 
ses  scapes,  garnies  seulement  de  petites 
feuilles  vaginantes  à  la  base ,  forment  touf¬ 
fes  ,  et  sont  uni  ou  à  peine  pauci- flores. 

(C.  L.) 

*  AV’ÏIYLhiXNTII'EES.  Aphylla7ithcœ 
(«  priv.;  <pù».ov,  feuille  ;  «v(?o; ,  fleur),  bot. 
—  Bartling  a  donné  ce  nom  à  une  tribu  de 
la  famille  des  Joncées ,  fondée  sur  le  g. 
Aphullanthe.  (C.  d’O.) 

APHYLLE  (  à  priv.;  ?J)Aov,  feuille). 
bot.  —  On  appelle  ainsi  toutes  les  plantes 
dont  la  tige  est  privée  de  feuilles.  Telles  sont 
la  Véronique  aphylle ,  la  Cuscute ,  etc.  La 
Hampe  (seapns) ,  étant  dépourvue  de  feuil- 


6 


ÀPÎ 


APJ 


les  et  de  branches ,  est  une  sorte  de  tige 
aphylle.  Quelquefois  ,  les  feuilles  sont  rem¬ 
placées  par  des  écailles  ,  comme  cela  se 
voit  dans  les  Orobranches.  (C.  d’O.) 

APHYLLOCALPÂ  (â?û>/o5,  sans 
feuille  ;  xâ>Trv3,  urne,  vase),  bot.  cr.  — -  Ca- 
vanilles  (Ann.  de  las  ciencias  natur.,  t.  Y, 
p.  14)  a  formé  sous  ce  nom  un  g.  de  Fougè¬ 
res  ,  qui  n’est  qu’un  double  emploi  de  l’Os- 
munda  (  Voy.  gsmonde  ).  C’est  par  erreur 
typographique  qu’on  a  écrit  Aphyllocarpa 
dans  YEncyclopédie  et  dans  le  Nomencla- 
îor  de  Steudel.  (G....N.) 

APHYLLOCAULON  («^vD-ov,  sans 
feuille  ;  xKu/05,  tige  ;  tige  sans  feuilles)  .  bot. 
ph.  —  Ce  g.,  établi  parLagasca,  est  syn. 
de  Gerbera.  Voy.  ce  mot.  (J.  D.) 

*  APHY LJLOD1UM ,  DC.  («  priv.;  ?ÛX- 
)ov,  feuille  ).  bot.  ph.  —  Syn.  du  g.  Di- 
cerma.  (Sp.) 

APHYOSTOMES  (  «fvw,  je  suce; 
c? dy-iij  bouche),  poîss.  — Nom  composé 
par  M.  Duméril  pour  désigner  une  famille 
de  Poissons  cartilagineux ,  dans  la  Zoo¬ 
logie  analytique.  Elle  n’a  pu  être  conser¬ 
vée  ,  car  elle  est  composée  de  trois  g.  très 
différents  les  uns  des  autres,  qui  n’ont  pas 
le  squelette  cartilagineux ,  et  qui  même 
n’ont  pas  du  tous  les  trois  prendre  place 
dans  la  Méthode  ichthyologique ,  parce  qu’ils 
sont  des  doubles  emplois  d’autres  genres 
conservés  et  mieux  caractérisés. 

Le  g.  Macrorhynque  (  Voy.  ce  mot  )  est 
un  Scombéroïdc  pris  dans  l’Atlantique ,  et 
non  pas  des  mers  de  la  Chine  ,  comme  on 
l’a  dit  ;  il  est  très  voisin  des  Gempyhis ,  si 
ce  n’est  le  Gempylus  serpens,  lui-même. 

Le  g.  Solenostome  (  Voy.  ce  mot  )  de 
Klein  ne  comprend  pas  les  Poissons  que 
Lacépède  a  ainsi  dénommés;  mais  le  plus 
grand  nombre  des  esp.  dont  l’auteur  al¬ 
lemand  a  composé  son  g.  sont  des  Syngna¬ 
thes  ,  genre  que  l’on  voit  reparaître  dans 
la  sixième  famille ,  celle  des  Ostéodermes  de 
l’auteur  de  la  Zoologie  analytique. 

Le  g.  Centrisque  {  Voy.  ce  mot  )  est  très 
voisin  des  Fistulaires  et  des  Aulostomes , 
et  appartient ,  par  conséquent ,  à  la  familic 
des  Poissons  à  bouche  en  flûte  de  Cuvier. 

(Val.) 

APHYTEIA  (  à  priv.  ;  ç>vrst*,  végéta¬ 
tion  ;  qui  ne  se  développe  pas  ).  bot.  pii. 
r-  Genre  fort  singulier  de  la  famille  déjà  si 


singulière  des  Cytinées,  formé  par  Linné 
(Amæn.),et  synonyme  du  g.  Hydnora  de 
Thunbcrg.  Voy.  ce  mot.  (C.  L.i 

API.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire  d’une 
variété  de  pommier.  (C.  L.) 

*API  ACÉES  (uruo'j,  persil),  bot.  pii.  — 
Nom  substitué  par  M.  Lindley  (Nat.  Syst.  , 
éd.  2 ,  p.  21  )  à  celui  d’Ombellifères. 

(Sp.) 

API  AIRES.  Apiariœ  (  apis ,  abeille). 
ins.  —  Latreille  désigne  sous  ce  nom  une 
section  ou  mieux  une  tribu  de  sa  famille 
des  Mellifères ,  de  l’ordre  des  Hyménoptè¬ 
res  ,  qu’il  a  caractérisée  d’après  la  languet¬ 
te  ,  dont  la  division  moyenne  est  au  moins 
aussi  longue  que  le  menton  ou  sa  gaine 
tubulaire  ,  et  en  forme  de  soie  ;  et  d’après 
les  mâchoires  et  la  lèvre  fort  longues  ,  con¬ 
stituant  une  sorte  de  trompe  coudée,  et  re¬ 
pliée  en  dessous  dans  l’inaction.  Latreille 
admet  dans  cette  tribu  plusieurs  groupes  : 
ce  sont  les  Andrénoïdes  ,  les  Dasygastres  , 
les  Cuculines ,  les  Scopulip'edes  et  les  Apiai - 
res  sociales.  Dans  notre  Histoire  des  Ani¬ 
maux  articulés ,  nous  avons  augmenté  le 
nombre  de  ces  groupes,  et  adopté  pour  tous 
une  nomenclature  en  rapport  avec  les  autres 
parties  de  notre  ouvrage.  Ces  groupes  sont 
les  Apites ,  Méliponites ,  Bombites  (Apiai- 
res  sociales  ,  Anthophorites  ( Scopulip'edes 
Lat.),  Osmiilcs  ( Dasygastres  Lat.),  Xylo¬ 
copiles  (Andrénoïdes  Lat.),  Nomadites 
(Cuculines  Lat.).  Voy.  ces  noms,  et  l’arti¬ 
cle  MELLIFÈItES.  (Bl.) 

*  API  ARIDES,  ins.  —  M.  Lepelcticr 
de  Saint-Fargcau  (Hist.  nat.  des  1ns.  hym., 
suites  à  Buffon )  forme  sous  ce  nom  une 
famille  comprenant  seulement  les  deux 
groupes  des  Apites  et  des  Méliponites. 

(Bl.) 

*  API  ARITES.  ins.  — ■  Synonyme  d’A- 

pites ,  employé  par  M.  Lepeletier  de  Saint- 
Fargcau  (  Hist.  des  ins.  hym.;  suites  à 
Buffon).  (Bl.) 

APIASTRUM,Nutt.  (Mss.  ex  Torr.  et 
Gray,  Flora  ofnorth  Amer.,  t.  I,  p.  645). 
(Allusion  à  Apium,  Ache).  bot.  pii.  — 
Genre  de  la  famille  des  Ombellifères,  que 
MM.  Torrey  et  Gray  rapportent  avec  doute 
à  la  tribu  des  Coriandrées,  en  lui  assignant 
pour  caract.  :  Limbe  calicinal  presque  in¬ 
apparent.  Pétales  suborbiculaircs,  entiers, 
concaves ,  point  infléchis.  Disque  petit.  Sty- 


API 


7 


les  très  courts.  Fruit  didymc,  fortement 
contracté  à  la  commissure.  Méricarpes  ova- 
les-globuleux,  à  5  côtes  peu  élevées,  ru¬ 
gueuses;  bandelettes  solitaires  dans  chaque 
vallécule.  Carpophore  2-fide.  Graines  cym- 
biformes  (  concaves  antérieurement,  cour¬ 
bées  aux  deux  bouts). —  Plantes  (de  la  Califor¬ 
nie)  annuelles,  glabres,  dichotomes.  Feuil¬ 
les  muîtipartites,  à  segments  linéaires.  Om¬ 
belles  axillaires,  sessiles,  pauci-radiées,  dé¬ 
pourvues  d’involucre  et  d’involucelles.  Fleurs 
blanches.  Fruit  aromatique.  On  n’en  connaît 
que  deux  espèces.  (Sp.) 

*  APICAL  (  apex,  sommet,  pointe  ). 

zool.  —  Kirby  donne  ce  nom  aux  aréoles 
qui  se  terminent  à  la  pointe  de  l’aile  des 
Insectes,  ou  près  de  cette  pointe,  comme 
dans  V Anthrax  apicalis.  (C.  d’O.) 

*  APICALES,  ms.— M.  Nees  vonEsen- 

beck  [Hymen.  Ichn.  affin.  Monog.)  donne 
ce  nom  à  une  petite  division  qu’il  a  établie 
dans  le  g.  Encyrtus ,  d’après  les  antennes , 
dont  l’extrémité  est  blanche.  (El.) 

*APICILAfRE.  Apicilaris  [apex,  som¬ 
met  ,  pointe  ).  bot.  —  On  donne  cette 
épithète,  en  botanique ,  à  tout  organe  qui 
est  inséré  au  sommet  d’un  autre.  Ainsi  on 
dit  que  1  '‘embryon  est  apicilaire  quand  il 
est  placé  dans  la  partie  du  périsperme  op¬ 
posée  au  hile.  Le  placentaire  est  apicilaire 
quand  il  occupe  le  sommet  de  la  cavité  pé- 
ricarpienne  ;  la  déhiscence  est  apicilaire 
quand  ,  le  placenta  étant  central,  la  capsule, 
uniloculaire  par  suture  des  carpelles,  reste 
entière  à  sa  base ,  et  s’ouvre  et  se  déchire  à 
son  sommet.  Enfin,  Y  arête  qui  termine  la 
glume  est  dite  apicilaire.  (C.  d’O.) 

APICRA  [xiuxflo s,  non  amer),  bot.  ph. 
—  Genre  de  la  famille  des  Liliacées,  tribu 
des  Aloïnées ,  formé  par  Haworth ,  réuni 
ordinairement  au  g.  Aloës ,  et  qui  mérite 
cependant  d’en  être  distingué  par  son  port, 
ses  fleurs  et  ses  graines.  Nous  examinerons 
plus  amplement  ce  sujet  au  mot  hawor- 
THIA.  (C.  L.) 

*AP1CULE.  Apiculus  (dimin.  d'apex, 
pointe),  zool.,  bot. — On  donne  ce  nom  à 
toute  pointe  terminale  sans  consistance. 
Cette  expression  appartient  surtout  à  la  ter¬ 
minologie  botanique;  mais  Ehrenberg  l’a 
appliquée  aux  prolongements  filiformes  du 
corps  des  Infusoires.  O  na  fait  à'Àpicule 
l’adjectif  apiculé.  (C.  d’O.) 


API 

*  AP1DÆ  [apis,  abeille),  ins.  —  Syno¬ 
nyme  d'Apiaires,  employé  par  Leach,et 
adopté  par  les  entomologistes  anglais. 

(El.) 

*  APIDES.  ins.  —  M.  Westwood  dési¬ 

gne  sous  ce  nom  un  groupe  de  la  tribu  des 
Apiariœ  ou  Apidœ,  répondant  aux  Apiaires 
sociales  de  Latreille,  ou  à  nos  Apites ,  Mé- 
liponites  et  Bombites.  (El.) 

APIE.  ins. —  Voyez  apius. 

*  APIRfELLA,  Neck.  [Elem.  [dim.  d’A- 
pium,  ache]  ).  bot.  pu.  —  Syn.  du  genre 
Trinia,  de  la  famille  des  Ombellifères. 

(Sp.) 

*  APIOCARPA  [olkiù'j  ,  poire  ;  y.K^Kôi , 
fruit).  BOT.  CR.  —  Genre  de  la  famille  des 
Mousses,  division  des  Acrocarpes  aplopéri- 
stomées ,  établi  d’abord  par  Bride!  sous  le 
nom  d'Oreas,  nom  que  M.  lîübener  a  chan¬ 
gé  en  celui  d'Apiocarpe  pour  éviter  toute 
confusion  possible  avec  un  homonyme  fondé 
par  Chamisso  ,  et  adopté  par  les  botanistes  ; 
mais ,  comme  M.  Hübener  n’a  pas  tenu  com  ¬ 
pte  du  nom  de  Mielichhoferia  (  Voy .  ce 
mot),  donné  antérieurement  à  ce  genre  par 
Hornschuch  [Bryolog.  germ.),  il  en  résulte 
que,  sans  violer  les  lois  de  la  priorité ,  nous 
ne  pouvons  admettre  le  nom  d' Apiocarpa. 
II  faut  encore  noter  que  M.  Hooker  ne  sé¬ 
pare  pas  ces  Mousses  des  Weissies. 

(C.  M.) 

*APIOCERA  («irtCfV,  poire  ;  xi/axs,  cor¬ 
ne).  ms.  —  Genre  de  Diptères ,  division  des 
Aplocères ,  subdivision  des  Tétrachœtes  , 
famille  des  Tanystomes ,  établi  par  West¬ 
wood  (  Isis ,  t.  XXXI ,  p.  8G).  —  Ce  g.  se 
rapproche ,  pour  le  port ,  des  Mydas  ,  des 
Corsomyses  et  des  Némestrincs,  et  a  pour 
caract.  :  l)ête  transverse.  Antennes  plus 
courtes  que  la  tète  :  1er  article  épais ,  2e 
petit  ;  tous  deux  garnis  de  soies  roides  ; 
3e  petit,  piriforme ,  terminé  par  une  soie. 
Trompe  avancée  ,  plus  longue  que  la  tete. 
Palpes  découverts,  spatuliforines.  Abdomen 
obeonique ,  presque  deux  fois  aussi  long 
que  le  corselet.  Cuisses  postérieures  non 
épaisses  ;  tarses  bipulvinés.  Nervures  des 
ailes  disposées  comme  dans  le  g.  Mydas. 
L’auteur  ne  rapporte  à  ce  g.  que  deux  esp., 
qu’il  nomme,  l’une  A.  asilica,  et  l’autre  A. 
fuscicollis ,  toutes  deux  de  la  Nouvelle- 
Hollande.  (D.  et  C.) 

APIOCRIIVIDÉES.  Apiocrinidœ ,  àfr" 


8 


APi 


eide  d’Orbigny.  pol.  foss.  —  (Echinoder- 
mes.)  Famille  de  l’ordre  des  Crinoïdes.  Nous 
avons  établi  cette  famille  ( Histoire  naturelle 
générale  et  particulière  des  Crinoïdes,  p.  1), 
pour  renfermer  les  Crinoïdes,  dont  l’ensemble 
est  formé  :  1°  d’une  racine  fixée  au  sol  ;  2°  d’u¬ 
ne  tige  plus  ou  moins  longue,  ronde,  penta¬ 
gone  ou  elliptique,  diminuant  graduellement 
de  diamètre  vers  l’extrémité,  toujours  sim¬ 
ple  ,  dépourvue  de  verticilles ,  et  composée 
d’un  grand  nombre  d’articles  perforés  au 
centre ,  dont  la  surface  articulaire  est  le  plus 
souvent  radiée  ;  3°  d’un  sommet  pyriforme 
ou  cupuliforme ,  placé  à  l’extrémité  supé¬ 
rieure  ;  ce  sommet  est  presque  toujours  for¬ 
mé  des  premiers  articles  très  élargis  de  la 
tige  et  d’un  calice  pierreux ,  distinct ,  très 
épais,  pétaliforme  en  dessus,  composé  de 
pièces  très  épaisses  disposées  par  séries  de 
cinq,  superposées  les  unes  aux  autres  ;  ces 
pièces  constituent  un  ensemble  solide,  sus¬ 
ceptible  de  se  séparer  du  reste,  et  dont  la 
partie  supérieure  seulement  est  creusée  ;  de 
sorte  que  la  cavité  est  peu  grande  et  ne  sau¬ 
rait  contenir  qu’une  très  petite  partie  des 
viscères;  4°  d’une  masse  viscérale  renfer¬ 
mée  dans  une  poche  dont  la  partie  inférieure 
est  contenue  dans  le  sommet  ;  5°  d’une  sé¬ 
rie  de  cinq  ou  de  dix  bras  composés  de 
pièces  simples  ou  alternes ,  se  subdivisant 
une  ou  deux  fois,  et  pourvus  de  ramules 
ronds,  toujours  simples,  courts,  articulés  et 
canaliculés  en  dedans. 

Cette  famille  comprend  les  genres  Guet- 
tardicrinus ,  Apiocrinus  ,  Millericrinus , 
liour gueticr inus  ,  Encrinus  et  Eugenia- 
crinus  ,  caractérisés  par  le  nombre  des 
étages  de  pièces  qui  en  composent  le  som¬ 
met. 

Les  genres  de  cette  famille  paraissent  ap¬ 
partenir  chacun  à  une  époque  géologique 
distincte.  On  les  trouve  :  1°  dans  le  Muschel- 
kalk,  où  les  Apiocrinidées  se  montrent  pour 
la  première  fois  au  sein  des  couches  terres¬ 
tres,  sous  la  forme  (T Encrinus  ;  2°  dans  la 
formation  oolitique;  elles  manquent  dans 
les  couches  inférieures,  tandis  que,  dans  les 
couches  supérieures  de  ce  même  terrain, 
elles  abondent  sous  les  formes  des  genres 
Guettardicrinus,  Apiocrinus ,  Millericrinus 
et  Eugeniacrinus  ;  5°  dans  les  couches  cré¬ 
tacées  supérieures ,  où  les  Apocrinidées  ne 
sont  plus  représentées  que  par  le  genre 


API 

Bourgueticrinus  (!’ Apiocriniles  ellipticus 
des  auteurs  ).  (A.  d’O.) 

*APIOCRINJÎTES.  pol.  foss.— Syn. 
d’APiocRmus.  Voyez  ce  mot.  (A.  d’O.) 

*  APIOCRINUS.  pol.  foss.  —  Genre 
de  la  famille  des  Apiocrinidées,  de  l’ordre  des 
Crinoïdes  (Échinodermes).Miller  ( Crinoidea , 
etc.  )  a  établi  ce  g.  sous  le  nom  d 'Apiocri- 
nites ,  et  y  a  placé  deux  types  bien  dis¬ 
tincts  ,  dont  nous  avons  formé  deux  genres. 
A  l’un  nous  avons  conservé  le  nom  (V Apio¬ 
crinus  ,  en  appelant  l’autre  Bourgueticri¬ 
nus.  Sous  le  nom  d  Apiocrinites  ,  M.  Gold- 
fuss  (  Petrefacta  Germaniœ  )  y  a  joint  en¬ 
core  une  autre  modification  ,  que  nous 
avons  nommée  Millericrinus. 

Le  g.  Apiocrinus ,  tel  que  nous  l’envisa¬ 
geons,  est  ainsi  caractérisé  :  Ensemble  for¬ 
mé  d’une  racine ,  d’une  tige  ronde  et  sim¬ 
ple  ,  radiée  à  sa  surface  articulaire ,  et  d’un 
sommet  généralement  pyriforme,  composé: 
1°  de  plusieurs  articles  dilatés ,  formant  à 
sa  base  un  cône  renversé  ;  2°  d’une  série 
de  cinq  pièces  basales  ,  le  plus  souvent 
transverses  ;  3°  de  deux  séries  de  pièces  in¬ 
termédiaires  ,  avec  ou  sans  pièces  accessoi¬ 
res  ;  4°  d’une  série  de  cinq  pièces  supérieu¬ 
res  ,  pourvues  en  dessus  d’attaches  brachia¬ 
les  doubles ,  et  de  deux  canaux  brachiaux. 
Les  bras ,  au  nombre  de  dix  au  point  de 
départ,  reposent  sur  ces  pièces  supérieures; 
ils  sont  composés  d’une  seule  série  de  pièces 
simples  ;  les  ramules  des  bras  s’articulent 
de  deux  en  deux  aux  pièces  brachiales.  Les 
Apiocrinus  ont  donc  le  sommet  composé 
de  quatre  étages  de  pièces,  caractère  qui 
les  distingue  nettement  des  Guettardicri¬ 
nus  ,  qui  en  ont  six ,  et  des  autres  genres , 
auxquels  on  n’en  compte  qu’un  ou  deux 
seulement. 

On  ne  connaît  jusqu’à  présent  que  quatre 
esp.  d  Apiocrinus  ( Voy .  notre  Histoire  des 
Crinoïdes ,  où  elles  sont  figurées  ) ,  tou¬ 
tes  des  terrains  oolitiques  moyens  et  supé¬ 
rieurs  ,  mais  non  des  mêmes  couches.  Les 
Apiocrinus  Parkinsoni  et  elegans  appar¬ 
tiennent  au  calcaire  à  polypiers  ou  Forest 
marble  des  Anglais,  tandis  que  les  deux  au¬ 
tres  ,  les  A.  Roissyanus  et  Murchisonianus, 
sont  propres  seulement  à  YOxford  clay. 

La  grande  longueur  de  la  tige  et  le  peu 
d’attache  de  la  racine  doivent  faire  suppo¬ 
ser  que  ces  animaux  vivaient  à  de  grandes 


aipi 


API 


profondeurs  ou  dans  les  anfractuosités  des 
bancs  de  coraux.  Cette  dernière  hypothèse 
paraît  d’autant  plus  admissible,  qu’on  ne 
trouve  ces  fossiles  que  près  des  bancs  ou 
dans  les  bancs  mêmes  de  Polypiers. 

(A.  d’O.) 

*  APIOMERUS  (  &cMv  ,  poire  ;  , 

cuisse),  ins. —Genre  de  la  famille  des  Ré- 
duviens,  de  l’ordre  des  Hémiptères,  section 
des  Hétéroptères  ,  établi  par  Hahn  (Wan- 
zenarl.  Jnsekt.  ),  et  adopté  maintenant  par 
tous  les  entomologistes.  —  Ce  genre  se  di¬ 
stingue  de  ses  congénères  par  un  corps  fort 
épais ,  couvert  de  poils  longs  et  très  serrés  ; 
une  tête  petite  comparativement  au  volu¬ 
me  du  corps  ;  des  pattes  antérieures , 
ayant  des  jambes  renflées  ,  excessivement 
velues ,  avec  une  cavité  très  profonde,  et 
des  tarses  fort  grêles  ainsi  que  leurs  cro¬ 
chets.  Les  Âpiomerus  faisaient  partie  du 
g.  Reduvius  pour  Fabricius  et  LatrfeilJe. 
On  en  connaît  aujourd’hui  une  trentaine 
d’esp.  ;  toutes  sont  de  l’Amérique  méridio¬ 
nale  ,  et  remarquables  par  la  villosité  de 
leur  corps.  Les  plus  répandues  sont  les  A. 
morhillosus  ( Reduvius  morbillosus  Fab.), 
A.  hirtipes  ( Reduvius  hirtipes  Fab.),  etc. 

'  (Bl.) 

APIONI  (ai«ov,  poire),  ins.  —  Genre  de 
l’ordre  des  Coléoptères  tétramères,  famille 
desCurculionites,  fondé  par  Herbst  aux  dé¬ 
pens  des  Attélabes  de  Fabricius,  et  adopté 
par  la  majeure  partie  des  entomologistes  qui 
sont  venus  ensuite.  Latreillelui  assigne  pour 
caract.  :  Antennes  terminées  en  une  massue 
de  trois  articles ,  et  insérées  sur  une  trompe 
allongée,  cylindrique  ou  conique,  non  dilatée 
à  son  extrémité.  Tête  reçue  postérieurement 
dans  le  corselet.  Point  de  cou  apparent.  Épe¬ 
rons  des  jambes  très  petits  ou  presque  nuis; 
abdomen  très  renflé,  presque  ovoïde  ou 
presque  globuleux. 

Le  genre  Âpion  est  un  des  plus  nombreux 
delà  grande  famille  des  Curculionites,  et 
les  espèces  qui  le  composent  sont  à  peu 
près  les  plus  petites  de  cette  famille,  caria 
plus  grande  n’a  guère  que  5  millim.  de  lon¬ 
gueur.  Schœnherr,  dans  sa  Synonymie  des 
Curculionides ,  en  décrit  198  esp.  de  tous 
pays  ;  mais  le  plus  grand  nombre  appar¬ 
tient  à  l’Europe.  Nous  n’en  citerons  que 
quelques  unes,  savoir  :  L’Apion  rouge  (Ap. 
*\ rumentarium ),  Oliv.  ( Coléopt .,  t.  Y,  n°  81, 


9 

pi.  5,  fig.  47),  qui  peut  être  considéré  corn» 
me  le  type  du  genre  ;  l’Apion  des  Ycrgers 
(Ap.  Pomonæ ),  Oliv.  (Ibid. ,  pl.  5,  fig.  45)  ; 
l’Apion  bronzé  (  Ap.  œneum  ),  Oliv.  (Ibid., 
pl.  5,  fig.  45,) ,  et  l’Apion  bleu  (Ap.  cya~ 
neum),  Oliv.  (Ibid.,  pl.  5,  fig.  46).  M.  Kirby 
(Linn.  Trans.  of  London  ,  vol.  IX,  1808, 
p.  1-80,  tab.  1,  fig.  1-20  )  a  donné  une  Mo¬ 
nographie  de  ce  genre  ,  dans  laquelle  il  en 
décrit  60  esp.  et  en  figure  20.  (H.  et  C.) 

*APIONIBES.  Apionides  (a* «ov,  apion; 
JcToç,  ressemblance  ).  ins.  —  Nom  donné 
par  Schœnherr  à  une  division  de  ses  Or- 
thocères ,  dans  la  famille  des  Curculionides, 
et  qui  se  compose  de  celles  qui  ont  le  rostre 
ou  museau-trompe  peu  avancé ,  cylindri¬ 
que  ou  filiforme  ;  les  antennes  composées 
de  onze  articles ,  et  insérées  vers  le  milieu 
ou  à  la  base  du  rostre  ;  la  tête  allongée  der¬ 
rière  les  yeux  ;  les  ély  très  ovales ,  voûtées 
couvrant  l’anus.  Cette  division  ne  renfero^ 
que  deux  genres  :  Eurhyncus  et  Apion r 
Voy.  ces  mots.  (D.£ 

APIOS,  Mœnch  (  Méth. ,  p.  165). 
Bradlea,  Adans.  (non  alior.).  bot.  pîï„ 
—  Genre  de  la  famille  des  Légumineuses 
(sous -ordre  des  Papilionacées ,  tribu  des 
Phaséolées),  fondé  sur  le  Glycine  Apios  ,  L. , 
et  offrant  pour  caract.  distinctifs  :  Calice 
campanuîé,  4-denté  :  la  dent  supérieure  et 
les  deux  latérales  presque  inapparentes;  la 
dent  inférieure  plus  longue.  Carène  falei- 
forme,  subspiralée,  renversée.  Étamines 
diadelphes.  Légume  substipité,  cylindracé, 
grêle,  polysperme,  septuié  transversalement. 
Graines  subglobulcuses.  —  L’A.  tuberosa , 
Mœnch  (vulgairement  Glycine  tubéreuse) , 
originaire  des  États-Unis ,  et  fréquemment 
cultivée  comme  plante  d’ornement,  consti¬ 
tue  à  elle  seule  ce  genre.  C’est  une  herbe  à 
racine  tubéreuse  et  mangeable  ;  les  liges  sont 
volubiles,  très  longues;  les  feuilles  impari- 
pennées,  5-ou  7-foliolées,  non  stipulées; 
les  pédoncules  horizontaux  ou  défiéchis  , 
plus  courts  que  les  feuilles;  les  fleurs,  pa¬ 
nachées  de  rose  et  de  pourpre-noirâtre , 
sont  disposées  en  grappes  courtes  et  très 
denses.  (Sp.) 

APIOSPORIUM  (&rtov,  poire;  acd/sot, 
spore),  bot.  cr.  —  Genre  de  Champi¬ 
gnons,  de , l’Ordre  des  Périsporiés  de  Fries  , 
créé  par  Kunze  (Mykol.  hef.,  t.  I,  p.  8).  Il 
est  caractérisé  par  des  sporanges  adnés, 
4* 


T.  ïï. 


10 


API 


API 


piriformcs,  entassés,  pulvérulents,  et  d’une 
consistance  ferme ,  qui  renferment  dans 
leur  intérieur  des  spores  globuleuses,  trans¬ 
parentes,  mélangées  avec  une  matière  géla¬ 
tineuse.  On  ne  connaît  encore  que  deux 
espèces  de  ce  genre  :  l’une  qui  croît  sur  le 
bois  du  saule,  et  l’autre  sur  celui  du  sapin. 
Elles  ressemblent  à  des  Sphéries  dont  la 
surface  serait  pulvérulente  :  l’examen  mi¬ 
croscopique  peut  seul  faire  saisir  la  diffé¬ 
rence.  C’est  avec  doute  que  l’auteur  du 
Systema  mycologicum  a  réuni  à  ces  deux 
espèces  le  Stilbospora  maxima  de  Schwei- 
nitz,  qui,  dans  la  Caroline,  recouvre  quel¬ 
quefois  ,  dans  une  très  grande  étendue ,  les 
rameaux  de  quelques  arbres  morts. 

(LÉv.) 

*  APIROPHORUM ,  Neck.  (Elem.)  (  « 

priv.  ;  pirus,  poire  ;  o é/t<a ,  je  porte  ).  bot. 
ph.  —  Syn.  du  genre  Pirus  ,  de  la  famille 
des  Pomacées.  (Sp.) 

APIROPODES (  «*st/î 05,  infini,  sans 
nombre;  *royç,  woJVs,  pied  :  c.»à-d.  pattes  très 
nombreuses),  ms.— M.  Savigny,  dans  son  se¬ 
cond  Mémoire  sur  les  animaux  sans  vertè¬ 
bres,  nomme  ainsi  ceux  du  type  des  Articulés 
chez  lesquels  les  pieds  sont  articulés,  et  au 
nombre  de  plus  de  six  ;  ce  qui  les  distingue 
des  Hexapodes  ou  véritables  insectes,  qui 
n’en  ont  jamais  que  trois  paires  ;  aussi , 
comme  le  rapporte  l’auteur  cité ,  Mongez 
lui  proposait-il ,  comme  synonyme  du  mot 
Apiropodes ,  celui  d 'Hyperhexapodes.  M. 
Savigny  considérait  alors  les  deux  groupes 
des  Hexapodes  et  des  Apiropodes  comme 
deux  classes.  Les  Insectes  apiropodes  sont 
les  Entomostracés ,  Pycnogonum ,  Scor¬ 
pions  ,  Araignées ,  et  autres  Insectes  sans 
antennes,  ainsi  que  les  Crustacés,  les  Scolo¬ 
pendres  et  les  Iules.  (P.  G.) 

APIS.  ms.  —  Nom  latin  de  I’abeille. 

(C.  D’O.) 

*AFISTA  («irteros,  dont  on  doute;  ou 
a.nv7zoç ,  inconnu?),  bot.  pu.  —  Genre  de 
ia  famille  des  Orchidées ,  tribu  des  Van- 
dées ,  formé  par  Blume  (  Bijdr. ,  296  ) ,  et 
qu’on  réunit  généralement,  comme  synony¬ 
me  ,  au  g.  Podochilus  du  meme  auteur. 

(C.  L.) 

*  APISTE  (  àiuGzog,  perfide),  poiss.— 
Genre  de  Percoïdes  à  joues  cuirassées,  de  la 
tribu  des  Scorpènes.  Ils  ont,  comme  ces  Pois¬ 
sons  une  dorsale  unique  et  des  dents  au  pa¬ 


lais.  Ils  s’en  distinguent  parce  que  les  rayons 
de  la  nageoire  pectorale  sont  tous  branchus. 
Un  second  caractère  distinctif  de  plus  haute 
importance  se  prend  dans  le  sous-orbitaire, 
dont  la  grande  pièce  est  armée  d’une  épine 
souvent  très  longue  ,  acérée ,  très  mobile , 
que  le  poisson  peut  écarter  de  sa  joue ,  et 
dont  il  se  fait  une  arme  offensive,  à  laquelle 
vient  en  aide  l’épine  du  préopercule.  Ces 
armes  sont  d’autant  plus  dangereuses ,  que 
ces  épines  sont,  dans  le  repos,  cachées  dans 
des  rainures  creusées  pour  les  recevoir ,  de 
sorte  que ,  dans  cet  état,  on  ne  les  aperçoit 
qu’avec  peine. 

On  distingue  dans  ce  genre  deux  divi¬ 
sions.  Certaines  espèces  ont  le  corps  écail¬ 
leux,  comme  les  Scorpènes,  et  d’autres  l’ont 
nu  et  sans  écailles ,  comme  les  Cottes. 

Quelques  espèces  de  ce  genre  ont  aussi 
un  caractère  qui  rappelle  celui  des  Trigles  : 
ce  sont  celles  qui  portent  sous  la  pectorale 
un  rayon  libre  et  détaché  de  la  nageoire  ; 
mais  ce  caractère  n’est  pas  commun  à  tou¬ 
tes,  et  il  n’a  pas  assez  d’importance  pour 
s’appuyer  sur  lui ,  et  faire  un  genre  distinct 
des  csp.  à  rayon  libre.  Tous  les  Apistes  con¬ 
nus  viennent  de  la  mer  des  Indes.  Nous  en 
possédons  quinze  esp.,  dont  quatre  à  rayons 
libres  au  devant  de  la  pectorale,  treize  avec 
des  écailles  sur  le  corps ,  et  dont  deux  seu¬ 
lement  ont  la  peau  nue.  Les  esp.  à  rayons 
libres  ont  des  pectorales  très  grandes,  dont 
elles  se  servent  pour  Yoler  au  dessus  de 
l’eau,  comme  les  Dactyloptères  (. Trigla  vo- 
litans ,  Lin.) ,  ou  les  Prionotes  (  Trigla 
punctata  et  Fr.  carolina,  Lin.).  M.  Eh¬ 
renberg  a  observé  une  de  ces  espèces  très 
abondantes  àTor,au  pied  du  mont  Sina'i. 
C’est,  suivant  ce  savant  voyageur,  le  seul 
poisson  volant  commun  dans  la  mer  Rou¬ 
ge.  Il  a  cru  qu’il  faut  entendre  de  lui  ce 
que  l’on  trouve  dans  l’Exode  sur  les  Cailles 
«  qui  servirent  à  la  nourriture  du  peuple 
juif,  pendant  le  temps  où  il  a  erré  sur 
les  rives  de  la  mer  Rouge  ».  C’est  par  suite 
de  ces  observations  que  cet  Apiste  a  pris 
le  nom  d’Ap.  Israelitarum.  M.  Ehrenberg 
pense  que  les  interprètes  ont  traduit  par 
Caille  un  mot  hébreu  qui  avait  un  sens  tout 
différent.  Aujourd’hui  les  Arabes  nomment 
ce  poisson  Gherad  el  bahr  ;  ce  qui  veut  di¬ 
re  Sauterelle  de  mer.  Un  autre  Apiste  a 
une  particularité  notable  dans  l’insertion, 


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des  rayons  de  sa  dorsale.  Les  trois  premiers 
rayons  épineux  de  cette  nageoire  sont  avan¬ 
cés  sur  la  nuque ,  de  manière  à  y  simuler 
une  sorte  de  première  dorsale ,  semblable  à 
la  nageoire  épineuse8  des  Vives  ;  aussi  avons- 
nous  appelé  l’espèce  Ap.  trachinoides.  MM. 
Kuhl  et  van  Hasselts  nous  ont  appris  que 
ce  poisson  vit  caché  sous  le  sable  à  Java , 
comme  les  Vives  de  nos  côtes,  et  qu’il  est 
dangereux  à  cause  des  piqûres  qu’il  fait 
aux  pieds  des  pêcheurs  qui  s’avancent  sur 
la  plage.  (Val.) 

*  APITES.  ins.  —  Nous  avons  employé 
cette  dénomination  ( Hist .  des  Anim.  art. , 
t.  IV,  p.  598) ,  pour  désigner  un  groupe  de 
la  famille  des  Mellifères  ,  tribu  des  Apiaires 
ou  Apidœ  ,  dont  les  esp.  vivent  en  sociétés 
nombreuses,  composées  de  trois  sortes  d’in¬ 
dividus  (des  mâles,  des  femelles  et  des  neu¬ 
tres).  —  Ce  groupe  est  caractérisé  par  un 
corps  ovalaire  ;  des  antennes  filiformes,  vi- 
bratiles  ;  trois  ocelles  disposés  en  triangle  ; 
une  languette  ou  lèvre  inférieure  presque 
cylindrique,  d’environ  la  longueur  de  la 
moitié  du  corps;  des  ailes  ayant  une  cellu¬ 
le  radiale,  et  quatre  cubitales,  dont  la  der¬ 
nière  incomplète  ;  des  jambes  postérieures 
dépourvues  d’épines  à  leur  extrémité ,  avec 
le  premier  article  de  leurs  tarses  dilaté  à 
l’angle  extérieur  de  sa  base  ,  et  la  présence 
d’un  aiguillon  chez  les  femelles  et  les  neu¬ 
tres. 

Ce  groupe  ne  renfermant  que  le  genre 
Abeille  {Apis) ,  nous  renvoyons  à  cet  arti¬ 
cle  pour  tous  les  détails  sur  l’organisation 
et  les  mœurs  de  ces  Insectes.  (Bl.) 

APIUM.  Tourn.  bot.  pii.— Synonyme 
latin  du  genre  Ache ,  de  la  famille  des  Om- 
bellifères.  (Sp.) 

AP1US  (  «rctov ,  poire  ).  ins.  —  Billberg 
désigne  ainsi  un  genre  de  Coléoptères  té- 
tramères ,  de  la  famille  des  Curculionites , 
qui  correspond  au  genre  Apion  des  autres 
auteurs.  Voy.  ce  mot.  (D.  et  C.) 

*  APIUS  {apis,  abeille),  ins.  —  Jurine 

(. Nouvelle  méthode  pour  classer  les  Hym. 
et  les  Dipt.)  a  appliqué  ce  nom  à  un  genre 
.d’Hyménoptères  de  la  famille  des  Crabro- 
niens ,  qui  avait  déjà  reçu  de  Fabricius  la 
dénomination  de  Trypoxylon.  Voy.  ce 
mot.  (Bl.) 

*  APLATIES.  Complanatœ.  araciin. 
—  Nom  employé  par  M.  Walckenaer  pour 


APL  11 

désigner  un  petit  groupe  dans  le  genre  At- 
tus .  (H.  L.) 

*  APLATIS.  Depressi.  ins.  —  Tribu 

de  l’ordre  des  Coléoptères  pentamères ,  fa¬ 
mille  des  Brachélytres,  établie  par  Latreille, 
et  qui  se  compose  des  genres  Prognathe , 
Zirophore,  Ozorius,  Oxytelc,  Tieste,  Orna- 
lie ,  Lestève,  Proteine  et  Aléochare.  {Voy. 
chacun  de  ces  mots).  Les  caract.  de  cette  tri¬ 
bu  sont  :  Palpes  maxillaires  courts,  ayant 
leur  quatrième  article  saillant  et  très  dis¬ 
tinct.  Jambes  antérieures  souvent  épineuses. 
Tète  de  plusieurs  mâles  cornue.  Tarses 
n’offrant  souvent  que  trois  articles  distincts, 
dont  le  dernier  fort  long  comparativement 
aux  précédents.  (D.) 

*  APLECTA  (àir)sx-ri],  qui  n’est  pas 
plié,  sous-ent.  aile),  ins.— Genre  de  Lépido¬ 
ptères,  de  la  famille  des  Nocturnes,  établi 
par  M.  Guénée  aux  dépens  des  genres  Polia 
et  Phlog op/iorad’Ochsenheimer,  et  placé  par 
lui  dans  la  tribu  des  Iladénides.  Voici  les 
caract.  qu’il  lui  assigne  :  Chenilles  à  seize 
pattes,  rases,  cylindriques,  allongées,  de 
couleurs  sombres ,  généralement  marquées 
de  chevrons  ou  lozanges  sur  la  région  dor¬ 
sale  ;  à  tête  subglobuleuse.  Elles  vivent  de 
plantes  basses,  et  se  cachent  ou  du  moins 
s’abritent  pendant  le  jour.  Chrysalides  lis¬ 
ses  ,  allongées,  à  partie  postérieure  souvent 
obtuse,  contenues  dans  des  coques  de  terre 
peu  solides  et  enterrées  assez  profondément. 
Insectes  parfaits  :  Antennes  simples  ou  sub¬ 
ciliées  dans  les  mâles,  filiformes  dans  les 
femelles.  Palpes  dépassant  un  peu  la  tête, 
velus  ou  peu  ascendants  ;  leur  second  arti¬ 
cle  large  à  l’extrémité  ;  le  dernier  court , 
nu  ,  tronque  au  sommet.  Thorax  robuste  , 
carré  ,  sinué  antérieurement ,  chargé ,  en¬ 
tre  les  ptérygodes  ,  d’une  huppe  fortement 
bifide  à  sa  jonction  avec  l’abdomen.  Ce¬ 
lui-ci,  long ,  dépassant  notablement  les  ai¬ 
les  inférieures,  Yelu  latéralement  et  terminé 
carrément  dans  les  mâles ,  en  cylindre  al¬ 
longé  ,  puis  brusquement  terminé  en  cône 
grossier  dans  les  femelles.  Ailes  supérieures 
allongées,  ayant  toutes  les  lignes  et  toutes 
les  taches ,  même  la  claviforme ,  distinctes  ; 
les  deux  taches  supérieures  très  dévelop¬ 
pées.  Au  repos,  les  supérieures  couvrent  les 
inférieures;  et,  quoique  disposées  en  toit 
peu  incliné ,  donnent  à  l’insecte  une  forme 
assez  allongée ,  à  cause  de  leur  longueur. 


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L’auteur  rapporte  â  ce  genre  10  espèces 
qu’il  a  retranchées  des  g.  Folia  et  Phlogo- 
phora ,  et  qu’il  sépare  en  deux  groupes.  Le 
type  du  groupe  A  est  la  Pol.  serratilinea 
de  Treitschke,  et  celui  du  groupe  B  la 
Fhlog.  empyrea  du  même  auteur.  Toutes 
deux  sont  figurées  dans  VHist.  nat.  des 
Lépid.  de  France. 

M.  Boisduval ,  dans  son  nouvel  Index,  a 
adopté  ce  genre,  mais  sans  y  comprendre 
aucune  des  espèces  du  g.  Phlogophora.  (D.) 

*  APLECTRUM  ,  Blume  (  in  Flora  , 

1851  ,  p.  502  )  (  xj/sç-j ,  sans  ergot , 
éperon),  bot.  pii.  — Genre  de  la  famille 
des  Mélastomacées  (tribu  des  Mélaslomées, 
sous-tribu  des  Miconiées,  BC.).  Son  auteur 
lui  assigne  les  caract.  suivants  :  Calice  ovale- 
globuleux ,  agone,  à  limbe  tronqué  ou  ob¬ 
scurément  4-denté,  persistant.  Pétales  4. 
Etamines  8,  anisomètres,  alternativement 
fertiles  et  ananthères  (celles-ci  plus  courtes). 
Anthères  inappendiculées,  ovales,  grosses, 
obtuses  aux  deux  bouts ,  déhiscentes  par  un 
seul  pore  terminal.  Ovaire  adhérent,  4-lo- 
culaire ,  couronné  de  4  crêtes.  Style  fili¬ 
forme;  stigmate  simple.  Baie  4-loculaire, 
polysperme  ,  subglobuleuse.  Graines  cunéi¬ 
formes. — Arbustes  sarmenteux.  Feuilles  non 
ponctuées ,  très  entières ,  sub-5-nervées. 
Inflorescences  axillaires  et  terminales  ,  pani- 
culées. — Ce  g.  est  propre  aux  îles  de  la  Son 
de.  M.  Blume  y  rapporte  trois  csp.,  signalées 
antérieurement  par  lui  sous  les  noms  de 
Melastoma  stipulare ,  Melasloma  viminale, 
et  Melastoma  rostratum.  fSp.) 

*  APLECTRUS  (  /vjxrcov  ,  sans  ai¬ 
guillon  ou  épine),  iss.  —  Genre  de  Coléo¬ 
ptères  tétramères,  famille  des  Longicornes, 
tribu  des  Cérambycins  de  M.  Serville, 
fondé  par  M,  Bejean  {Calai. ,  5e  éd.)  sur 
une  seule  espèce  originaire  du  Mexique, 
et  nommée  Clytoïdes  par  M.  Dupont.  Ce 
genre  participe  des  Callidies  et  des  Clytres , 
et  s’en  distingue  par  ses  antennes  nautiques, 
dont  les  troisième  et  quatrième  articles  sont 
d’égale  longueur  ;  par  son  corselet,  plus  long 
que  large ,  et  moins  globuleux  que  dans  ces 
deux  genres;  par  ses  élytres,  allant  en  se 
rétrécissant  vers  le  bout,  comme  dans  les 
Leptures ,  et  dont  les  angles  huméraux  sont 
élevés  et  saillants;  par  l’extrémité  de  ces 
mêmes  élytres,  qui  est  tronquée  cl  dente¬ 
lée.  Voici ,  au  reste,  une  courte  description 


de  l’espèce  unique  qui  lui  sert  de  type  :  D’un 
noir  à  reflets  blanchâtres.  Tête,  corselet  et 
écusson,  recouverts  d’un  léger  duvet  soyeux 
d’un  blanc  jaunâtre  ;  chacune  des  élytres 
marquée  de  5  taches  orangées  1,2,2,  dont 
les  deux  dernières  se  réunissent  quelquefois. 
Pattes  rougeâtres.  Long.  16,  larg.  5  millim. 
—  M.  Chevrolet  propose  de  donner  à  cette 
espèce  le  nom  de  Lepturoïdes ,  qui  ré¬ 
pondrait  en  effet  mieux  à  son  faciès  que 
celui  de  Clytoïdes ,  qui  lui  a  été  imposé  par 
M.  Dupont,  et  que  M.  Dcjean  a  adopté  dans 
son  dernier  Catalogue.  (D.  et  C.) 

*APLESîOI\T,  Rafinesque  («  pr.  ;  « /ijm'ov, 
voisin,  parent),  poiss.  —  M.  Rafinesque 
a  ainsi  dénommé  la  première  subdivision  du 
neuvième  genre  établi  par  lui  dans  son 
Ichthyologie  de  VOhio ,  sous  le  nom  de 
etheostoma.  Voyez  ce  mot.  (Val.) 

*  APLEUROSPERMÉES.  (  «  priv.  ; 
n levpàv,  côte  ;  cnrs pp.x ,  graine),  bot.  ph.  — 
M.  Tausch  donne  ce  nom  à  une  tribu  qu’il 
établit  dans  la  famille  des  Ombellifères ,  et 
qu’il  caractérise  ainsi  qu’il  suit  :  Péricarpe 
prismatique  ou  subcylindrique,  écosté,  le 
plus  souvent  squammclleux  ou  spinclleux. 
Fleurs  disposées  en  capitules ,  ou  bien  en 
ombelles  irrégulières.  Cette  tribu  ne  com¬ 
prend  que  trois  genres,  savoir  :  Alepidea , 
Eryngium  et  Sanicula.  (  Si».  ) 

APLEUROTIS  ( àizlsvpc? ,  sans  côtes). 
moll.  —  M.  Rafinesque  a  proposé  ce  genre 
pour  une  Coquille  fossile  qu’il  a  observée 
dans  les  terrains  de  transition  de  la  chute 
de  l’Ohio.  D’après  les  caractères  très  vagues 
qu’il  lui  donne,  on  peut  suppose]  que  ce 
genre  ne  diffère  pas  beaucoup  de  celui  des 
Térébratules.  M.  Rafinesque  n’ayant  jamais 
complété  la  description  de  ce  genre,  il  reste 
pour  nous  très  incertain ,  et  nous  le  com¬ 
prenons,  en  attendant  de  nouvelles  obser¬ 
vations  ,  parmi  les  Térébratules.  Yoy.  té- 
REBRATULE.  (DeSII.) 

APLIDE.  Turnicus.  moll.  —  Division 
générique  établie  parM.  Savigny  dans  la  fa¬ 
mille  des  Ascidies  composées  ou  Téthyes 
composées,  et  caractérisée  par  ce  savant  de 
la  manière  suivante  :  Téthyes  composées 
dont  l’orifice  branchial  n’olïrc  que  6  rayons 
réguliers,  dont  le  corps  est  sessile  et  poly¬ 
morphe,  et  les  systèmes  sans  cavités  cen¬ 
trales.  Suivant  M.  Milne-Edwards,  ce  g. 
)  doi*.  être  rangé  dans  fa  tribu  des  Polycli- 


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mens.  On  en  connaît  plusieurs  espèces. 

(M.  B,) 

*  APLIDIA.  ms*— Genre  de  l’ordre  des 

Coléopt.  pentamères,  famille  des  Lamellicor¬ 
nes  ,  établi  par  M.  Hope  (tho  Coleopterist's 
Manudl ,  part  the  first ,  p.  101)  pour  y  placer 
le  Melolontha  transversa  de  Fabricius,  esp. 
propre  aux  contrées  méridionales  de  l’Eu¬ 
rope.  Les  caractères  qu’il  lui  assigne  sont  : 
Chaperon  relevé,  subéchancré.  Labre  bilo- 
bé  ou  excavé  au  milieu.  Antennes  de  dix 
articles;  le  septième  en  forme  de  coupe. 
Palpes  maxillaires  à  dernier  article  lancéolé, 
excavé  en  dessus.  Tarses  filiformes,  à  ongles 
assez  longs,  fendus  par  le  bout.  L’espèce  qui 
sert  de  type  à  ce  genre  est  un  Rhisotrogus 
pour  M.  Dejean.  (P.  et  C.) 

*  APLIPMITS.  zoom. —  Nom  d’un  g. 
non  décrit  de  Sertulariens ,  signalé  par  M. 
Rafinesque  ( Analyse  de  la  nature,  p.  157). 

(P.  G.) 

ÂFLITE.  géql.  —  Nom  donné  par  les 
Suédois  à  une  roche  composée  de  Quartz  et 
de  Feldspath,  très  abondante  en  Dalécarlie. 
ïîaiiy  l’appelle  Pegmaiite.  Voy.  ce  mot. 

(C.  d’O.) 

*APLÎTES  («  priv.,  tALü  ,  je  navigue). 
poiss.  —  M.  Rafinesque  a  ainsi  nommé  le 
premier  sous-genre  du  cinquième  genre  de 
son  Jchthyologie  de  l'Ohio ,  appelé  lépo- 
mis.  Voy.  ce  mot.  (Val.) 

*  APLOA  («ic).oos'?  simple),  i.\s. —  Gen¬ 
re  de  Coléoptères  pentamères,  famille  des 
Carabiques,  tribu  des  Troncatipennes,  éta¬ 
bli  par  M.  Hope ,  et  adopté  par  M.  Brullé , 
qui  le  caractérise  ainsi  :  Bord  postérieur  du 
corselet  sans  prolongement.  Crochets  des 
tarses  sans  dentelure;  leur  quatrième  arti¬ 
cle  simple ,  c’est-à-dire  ni  échancré  ni  bi- 
lobc,  et  sans  aucune  dilatation  ;  articles  des 
palpes  presque  cylindriques. 

Ce  genre  est  fondé  sur  une  seule  espèce) 
des  Indes-Orientales ,  nommée  par  M.  Hope 
Âploa  picta;  elle  est  décrite  et  figurée 
dans  le  tom.  Ier  des  Transact.  de  la  Soc. 
zool.  de  Londres.  (B.  et  C.) 

APJLOCENTRUS  (  **Ûos ,  simple  , 
y-êvepov,  épine  ,  aiguillon  ).  poiss.  —  M.  Ra¬ 
finesque  a  ainsi  nommé  ,  dans  son  Ichthyo- 
logie  de  l'Ohio ,  un  genre  de  Poissons  qu’il 
caractérise  par  un  corpg  elliptique  et  com¬ 
primé;  une  tête  petite;  des  mâchoires  gar¬ 
nies  de  lèvres  et  de  dents; un  opercule  lisse 


APL  13 

et  fiexueux;  une  seule  épine  à  la  dorsale, 
qui  est  allongée. 

Comme  M.  Rafinesque  a  décrit  et  établi 
ce  genre  sur  le  dessih  d’un  poisson  fait  par 
M.  Audubon ,  et  non  pas  sur  l’observation 
directe  de  l’animal ,  il  est  permis  de  rester 
incertain  sur  ce  genre,  dont  l’auteur  dit 
qu’il  est  singulier  et  intermédiaire  entre 
les  Coryphèncs,  les  Spares  ( Cynœdus  )  et 
les  Labres.  J’avoue  que  les  affinités  entre 
les  Coryphènes  et  les  Labres  me  parais¬ 
sent  difficiles  à  saisir.  L’auteur  ne  parle 
que  d’une  seule  espèce ,  qu’il  appelle  Aplo- 
ceritrus  cailiops ,  qui  est  un  beau  pois¬ 
son  de  l’Ohio,  dont  les  noms  vulgaires  sont 
Red- y e,  Bride  perch  ,  Bachelors  perch , 
Greenbars.  Il  est  varié  de  lignes  flexueuscs 
noires.  Il  atteint  jusqu’à  un  pied  anglais  de 
long.  (Val.) 

*  APLOCERA  (iirXÿos ,  simple  ;  xê/îéiç , 
corne),  ins.  —  Genre  de  Lépidoptères  de 
la  famille  des  Nocturnes,  tribu  des  Phalé- 
nides ,  établi  par  M.  Stephens  ,  qui  le  range 
dans  sa  division  des  Semi-Diurnes,  tribu  des 
Géométridcs  ( Steph .  Nomenclature  ofBri- 
lisli  ïnsects).  Ce  genre  se  compose  de  trois 
espèces,  dont  l’une,  Geom.  plagiala,  Linn., 
appartient  à  notre  genre  Anaitis  ,  et  les 
deux  autres ,  cœsiaia  et  favicinctata  , 
ïliibn. ,  qui  n’en  font  qu’une  ,  ont  été  ran¬ 
gées  par  nous  dans  le  g.  Larcntia  deTreit- 
schke.  Voy.  anaîtLs  et  larentia.  (D.) 

APLOCÈRES,  ou  SIMPLICÏC.OR  • 
NES  (àîc/b'o'; ,  simple;  corne),  iss. 

—  Nom  donné  par  M.  Duméril  à  une  famille 
de  Diptères  qu’il  caractérise  ainsi  :  Suçoir 
nul  ou  caché  ;  bouche  en  trompe  rétractile 
dans  une  cavité  du  front.  Antennes  sans 
poil  isolé,  latéral.  Elle  se  compose  des  gen¬ 
res  Rhagion ,  Bibion ,  Sique  ,  Anthrax  , 
ffypàléon,  Stratiôme ,  Cyrte ,  Midas,Né- 
mot'ele  et  Cérie.  Voy.  chacun  de  ces  mots. 

31.  Macqtiart,  dans  son  ouvrage  intitulé  : 
Diptères  exotiques  ou  peu  connus  ,  emploie 
aussi  le  mot  d 'Aplocères  pour  désigner  une 
grande  division  de  ces  Insectes,  qui  com¬ 
prend  tous  ceux  dont  le  dernier  article  des 
antennes  est  simple ,  comme  dans  les  En- 
tomocères.  Toutefois  ce  caractère  essentiel 
ne  doit  pas  s’entendre  d’une  manière  abso¬ 
lue  :  car,  si  le  dernier  article  des  antennes 
n’est  jamais  divisé  en  plusieurs  segments 
ou  anneaux ,  ilcst  le  plus  souvent  àc'comjws*. 


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gnc  d’un  style  semblable  à  celui  qu’on  voit 
dans  la  plupart  des  Notacanthes ,  lequel  se 
compose  de  1  à  3  parties ,  est  très  variable 
pour  la  forme ,  se  montre  ordinairement 
sous  celle  de  soie  ,  et  est  inséré,  tantôt  à 
l'extrémité  de  l’antenne ,  tantôt  sur  le  dos 
du  troisième  article. 

Les  Aplocères  se  divisent  naturellement 
en  deux  sections  :  les  Tétrachœtes  ,  dont  la 
trompe  contient  un  appareil  de  succion 
composé  du  labre  de  la  languette  et  des  deux 
soies  maxillaires ,  et  les  Dichœtes,  dans  les¬ 
quelles  ces  deux  dernières  parties  n’existent 
pas  ou  ne  sont  pas  distinctes.  (D.) 

*APLOCNÉMIE.  Aplocnemia  («*>oos, 
simple;  ifeywrç,  cuisse),  ins.  —  Genre  de 
Coléoptères  tétramères ,  famille  des  Longi- 
cornes,  établi  par  Stephens  ,  qui,  dans  son 
Entomologie  d'Angleterre ,  lui  assigne  les 
caractères  suivants  :  Palpes  courts ,  avec  le 
dernier  article  fusiforme  ;  les  maxillaires  un 
peu  aigus.  Antennes  velues ,  de  la  longueur 
du  'corps  ;  bords  latéraux  du  corselet  en¬ 
tiers  ou  mutiques.  Corps  oblong ,  élargi , 
un  peu  convexe.  Elytres  ponctuées,  arron¬ 
dies  à  l’extrémité.  Ce  genre  est  fondé  sur  le 
Cerambyx  nubilus,  Olivier,  Lamia  nebulo- 
sa ,  Fabr.,  qui  appartient  au  genre  Mcsosa 
de  Mégerle.  Voy.  ce  mot.  (D.  et  C.) 

*  APLOCMEMUS  (  ckàrfos,  simple; 

xvvj//.7] ,  cuisse  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptè¬ 
res  pentamères ,  famille  des  Malacodermes , 
établi  par  Stephens,  et  auquel  Westwood 
donne  les  caract.  suivants,  dans  son  Syno¬ 
psis  of  généra,  etc.  :  Antennes  courtes,  en 
scie  intérieurement.  Corps  obtus,  oblong; 
jambes  courtes.  Ce  genre,  qui  appartient  à 
la  famille  des  Mélyrides  de  Leach,  a  pour 
type  rilispa  b-pustulata,  Fabr.,  ou  genre 
Dasytes  des  auteurs.  (D.  et  C.) 

*  APLODACTYLTE  (  «tr>oos ,  simple; 
oib.ru), os ,  doigt),  poiss.  —  Genre  de  Pois¬ 
sons  de  la  famille  des  Percoïdes,  à  six  rayons 
branchiaux ,  à  rayons  des  pectorales  simples 
et  libres  à  l’extrémité  ;  à  dents  aplaties  et 
crénelées  sur  le  bord,  sur  trois  rangs  à  la 
mâchoire  supérieure,  et  sur  deux  seulement 
à  l’inférieure.  Le  bord  du  préopercule  n’a 
point  de  dentelures.  Les  deux  nageoires  dor¬ 
sales  sont  assez  distinctes  ;  les  ventrales 
plus  reculées  que  celles  des  autres  Poissons 
tnoraciques.  Ce  poisson  réunit  un  ensemble 
de  caractères  assez  curieux.  II  est  voisin 


des  Cirrhiles  par  ses  pectorales;  mais  les 
dents  sont  semblables  à  celles  qui  arment 
la  bouche  des  Crenidens ,  parmi  les  Sparoï- 
des,  ou  les  Acanthures ,  dans  la  famille  des 
Teuthies. 

On  n’en  connaît  encore  qu’une  esp.,  des 
côtes  du  Chili ,  où  on  l’appelle  Machuelo. 
Il  se  nourrit  de  fucus.  (Y al.) 

*  APLODERUS  [àidàoi,  simple;  depots, 
peau),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères,  famille  des  Brachélytres ,  tribu  des 
Staphylinides,  établi  par  Stephens,  et  adop¬ 
té  par  Westwood ,  qui  lui  donne  pour  type 
le  Staphylinus  brachypterus  Marsham.  Cet¬ 
te  esp.  est  la  même  que  VOxytelus  cœlatus 
de  Gravenhorst,  qui  appartient  aujourd’hui 
au  g.  Phloenœas  d’Erichson.  Voy.  ce  der¬ 
nier  mot  pour  les  caractères  génériques. 

(D.  et  C.) 

APLODÏNOTUS.  poiss.  —  M.  Rafi- 
nesque  avait  institué  sous  ce  nom  ,  dans  un 
mémoire  publié  sur  soixante  genres  nou¬ 
veaux  d’Animaux  américains,  un  genre  de 
Poissons,  qu’il  a  changé  ensuite  en  celui 
d 'Amblodon.  Voy.  ce  mot.  (Val.) 

*APjLOI)ISCUS  (ûrc'/o'oç,  simple  ;  c 7<x*os, 
disque),  bot.  ph.  —  Nom  d’une  des  sec¬ 
tions  du  genre  Aplopappus  ,  laquelle  ren¬ 
ferme  les  espèces  dont  les  capitules  sont 
discoïdes,  et  non  radiés;  les  fruits  plus  ou 
moins  velus,  et  les  corolles  dilatées  à  la 
gorge.  (J.  D.) 

APLOBON1  (  àir/o'oç ,  simple;  ocToùs, 
ô'jtoç  ,  dent  ).  moll.  —  On  trouve  ce  g.  in¬ 
stitué  par  M.  Rafinesque,  dans  le  Journal  de 
Physique  de  Vannée  1819.  Dans  ce  genre, 
M.  Ratinesque  introduit  une  Coquille  ter¬ 
restre,  qui  ne  diffère  en  rien  des  Hélices 
proprement  dites.  Elle  est  ombiliquée  ;  elle 
a  une  seule  dent  à  l’ouverture,  et  elle  n’est 
pas  la  seule,  dans  le  g.  Hélice,  qui  offre 
ces  deux  caract.  A  peine  ces  caract.  suffi¬ 
sent-ils  pour  établir  une  sous- division  très 
secondaire  dans  le  grand  g.  Hélice.  —  Ce 
g.  de  M.  Rafinesque  n’a  point  été  adopté. 
Voy.  hélice.  (Desh.) 

*  APLODON  (  fate cç  ,  simple  ;  oefous , 
dent),  bot.  en.  —  M.  R.  Brown {Supplém. 
au  Voy.  de  Parry  )  avait  fondé  ce  g.  et 
celui  de  Cyrtodon  pour  deux  espèces  de  la 
famille  des  Mousses  ,  que  Bridel  a  réunies  , 
avec  deux  autres,  sous  le  nom  générique 
d ,,Eremodon{Voy.  ce  mot).  M'.  Hookercon- 


APL 


APL 


15 


serve ,  au  contraire ,  les  deux  genres  de  son 
illustre  compatriote,  et  donne  pour  type  du 
premier  YEremodon  Wormskioldii ,  Brid., 
et  pour  type  du  second  YEremodon  Splach- 
noides  du  môme  auteur.  Le  genre  üisso- 
don ,  de  MM.  Gréville  et  Arnott ,  est  aussi 
synonyme  du  dernier  de  ces  deux  genres. 

Enfin ,  autant  que  j’en  puis  juger  d’après 
un  herbier  normal  de  Mousses  d’Europe 
que  vient  de  m’adresser  M.  Schimper,  ce 
bryologiste,  et  son  collaborateur,  M.  Bruch, 
adoptent  aussi  le  genre  Aplodon  ;  mais  ils 
paraissent  le  circonscrire  tout  autrement 
que  l’illustre  botaniste  qui  l’a  établi ,  puis¬ 
qu’ils  y  font  entrer  de  vrais  Splachnums , 
c’est-à-dire  des  Mousses  dont  le  péristome 
est  forme  de  dents  rapprochées  ou  réunies 
deux  à  deux.  Je  ne  suis  pas  à  même  de  don¬ 
ner  des  éclaircissements  «à  cet  égard.  Les 
Duumvirs  conservent  d’ailleurs  les  genres 
Splachnum  et  Eremodon.  Voy.  ces  mots. 

(C.  M.) 

*APLODONTIE.  Aplodontia  («ir).ooç, 
simple;  o’cToÿs,  evros ,  dent),  ma  mm.  —  M. 
Richardson ,  dans  un  Mémoire  inséré  dans 
le  Zoological  Journal ,  nomme  ainsi  un  g. 
de  Rongeurs  de  la  famille  des  Sciuriens  ou 
Écureuils,  et  dont  l’espèce  type,  A.  lepo- 
rina  Rich. ,  ne  parait  pas  différer  de  YAni- 
sonyx  rufa  Rafinesque ,  considéré  par  plu¬ 
sieurs  naturalistes  comme  une  espèce  de 
Marmotte.  J. -B.  Fischer  change  en  Aplu- 
dontia  le  nom  du  genre  de  M.  Richardson  ; 
voici  quels  en  sont  les  principaux  carac¬ 
tères  :  Incisives  fortes  ,  convexes  en  avant , 
simples;  molaires  de  chaque  côté.  Tête 
aplatie.  Nez  subarqué ,  épais,  obtus.  Yeux 
petits.  Oreilles  courtes,  arrondies.  Pieds 
5-dactyles ,  à  plante  nue.  Queue  courte , 
velue.  Six  mamelles,  dont  les  deux  anté¬ 
rieures  sur  la  même  ligne  que  les  membres. 

(P.  G.) 

APLOLOPIIIUM.  bot.  pu.  —  Voyez 

HAPLOLOPHIUM.  (G.  L.) 

APLOME  (à* \6os,  simple),  min.  — 
Nom  donné  par  Haüy  à  une  variété  de  gre¬ 
nat  calcaréo-ferrugineux,  dodécaèdre,  de 
couleur  brune ,  à  faces  striées  parallèlement 
à  leurs  petites  diagonales ,  et  dont  Haüy  a 
fait  une  espèce  particulière  à  laquelle  iî  attri¬ 
buait  le  cube  comme  forme  primitive.  Voy. 
GRENATS.  (DEL.) 

*  APLOMERA  (w ,  simple  \ 


cuisse),  ins.  —  Genre  de  Diptères,  division 
des  Brachocères ,  subdivision  des  Aplocè- 
res ,  section  des  Tétrachœtes ,  famille  des 
Tanystomes  ,  tribu  des  Empides  ,  établi  par 
M.  Macquart  dans  son  ouvrage  intitulé  : 
Diptères  exotiques  nouveaux  ou  peu  con¬ 
nus.  Les  caract.  en  sont  :  Trompe  assez  épais¬ 
se  ,  un  peu  plus  longue  que  la  tête,  abais¬ 
sée  perpendiculairement.  Antennes  un  peu 
plus  longues  que  la  tête  ;  les  deux  premiers 
articles  courts;  le  troisième  long,  conique; 
style  assez  court.  Pieds  à  peu  près  d’égale 
longueur ,  presque  nus  ;  cuisses  postérieures 
épaisses,  sans  denticules;  premier  article 
des  tarses  postérieurs  un  peu  élargi.  Ailes 
dépassant  peu  l’abdomen  ;  nervure  interne 
de  la  deuxième  cellule  sous  -  marginale 
aboutissant  à  l’extrémité  du  bord  interne 
de  l’aile;  deuxième  postérieure  à  base  assez 
large;  la  nervure  transversale,  qui  sépare 
la  première  postérieure  de  la  basilaire  ex¬ 
terne  ,  située  au  quart  de  la  longueur  de  la 
discoïdale;  celle  -  ci  assez  allongée;  ner¬ 
vure  postérieure  de  la  cellule  discoïdale 
anguleuse.  —  Ce  genre  est  voisin  des  Em- 
pis ,  et  surtout  des  Pachymérines  ;  il  se 
rapproche  aussi  des  Hilares  par  la  brièveté 
et  l’épaisseur  de  la  trompe.  Il  a  pour  type 
une  esp.  unique ,  nommée  Gayi  par  l’au¬ 
teur,  du  nom  de  M.  Gay,  qui  l’a  rapportée 
du  Chili.  Son  nom  générique  fait  allusion  à 
l’absence  de  denticules  aux  cuisses  posté¬ 
rieures.  (D.) 

*  APLOMIA.  inftjs.  —  Nom  d’un  or¬ 

dre  d’infusoires  ,  adopté  par  M.  Rafinesque 
(. Analyse  de  la  nature) ,  et  comprenant  ceux 
qu’il  suppose  dépourvus  d’organes  externes. 
Cet  ordre  comprend  les  Colpodes  et  les 
Monades.  (P.  G.'# 

*  APLOMYE.  Aplomya  (  àxlôoç ,  sim¬ 
ple  ;  //.y ta,  mouche  ).  ins.  —  Genre  de  l’or¬ 
dre  des  Diptères,  établi  par  M.  Robineau 
Desvoidy  dans  sa  tribu  des  Entomobies,  fa¬ 
mille  des  Myodaires,  et  qu’il  caractérise 
ainsi  :  Antennes  descendant  jusqu’à  l’épisto- 
me  ;  les  deux  premiers  articles  très  courts , 
le  dernier  long  ;  premiers  articles  du  chète 
courts  ;  faciaux  nus  ;  face  un  peu  oblique  ; 
corps  lisse.  Il  rapporte  à  ce  genre  2  esp., 
dont  une  nommée  par  lui  Api.  zonata.  Elle 
se  trouve  aux  environs  de  Paris.  (D.) 

*APLONlS  («idoGç  ,  simple  ;  ov uÇ,  ongle), 
ois.  —  Genre  formé  par  Gould  dans  les 


16 


APL 


APL 


Procecdings,  1856,  p.  73,  sur  deux  nouvel¬ 
les  espèces  d’Oiseaux ,  l’uiic  des  îles  des 
Amis ,  et  l’autre  de  la  Nouvelle-Hollande. 
L’auteur  annonce  qu’elles  lui  paraissent  se 
rapprocher  à  peu  près  au  même  degré  des 
genres  Lanius,  Turdus  et  Lamprotorius , 
mais  que  c’est  parmi  les  Merles  qu’il  les  croit 
le  plus  convenablement  placées.  Il  indique 
ainsi  leurs  caract.  génériques  :  Bec  un  peu 
plus  court  que  la  tête,  robuste,  un  peu 
comprimé  ;  mandibule  arquée  ,  échancrée 
vers  le  bout;  narines  basales  ,  ovales  et  ou¬ 
vertes;  ailes  courtes;  les  2e  et  3e  rémiges 
les  plus  longues;  les  lre  et  te  égales  ;  queue 
courte,  large,  carrée  ou  sub-bifurquée  ;  tar¬ 
ses  robustes-;  doigts  grands;  ongles  grands, 
arqués,  celui  du  pouce  surtout  très  robuste. 

Il  décrit  la  première  espèce  sous  le  nom  de 
A.  marginata;  elle  est  des  îles  des  Amis, 
et  la  seconde  sous  celui  de  À.  fusca  de  la 
Nouvelle-Hollande  australe,  près  des  rives 
du  fleuve  Murrumbidgee. 

M.  R.  Gray,  adoptant  ce  nouveau  genre 
dans  sa  List,  of  the  généra  ofbirds,  le  pla¬ 
ce  dans  sa  sous-famille  Lamprotorninœ,  de 
sa  famille  Sturnidœ ,  et  cite  pour  type  À. 
Novœ-Hollandiœ,Lü[h .,  qu’il  croit  synony¬ 
me  de  VA.  fuscus  de  Gould.  (Lafr.) 

*  APLONYC1IA  («îc >9oç,  simple;  ôv«jÇ, 
ongle),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères  ,  famille  des  Lamellicornes,  éta¬ 
bli  par  M.  Dejean ,  mais  dont  il  n’a  pas  pu¬ 
blié  les  caractères.  D’après  la  place  qu’il 
occupe  dans  son  dernier  Catalogue  (5e 
édition),  il  appartiendrait  à  la  tribu  des 
Searabéides  phyllophages  de  Latreille.  ÎI  y 
rapporte  trois  esp.,  dont  deux  de  la  Nouvelle- 
Hollande,  et  une  dont  la  patrie  est  inconnue. 
Nous  citerons  comme  type  l 'Api.  obesa  de 
d’Urvilie ,  figurée  et  décrite  par  M.  Boisdu- 
val  dans  la  partie  entomolog.  du  voyage  de 
V Astrolabe  (p.  193,  pl.  9,  fig.  6).  Cette  esp., 
par  son  faciès,  se  rapproche  beaucoup  du 
genre  Schizonycha ,  Dejean,  qui  lui-même 
est  très  voisin  du  genre  Rhisotrogus  de  La¬ 
treille.  Les  crochets  de  ses  tarses  sont  sim¬ 
ples  ,  ainsi  que  l’indique  son  nom  générique. 

(D.  et  C.) 

*APLOPAPPUS  àreXo’pj,  simple;  k&tckgç,  | 
aigrette),  bot.  pii.  — -  La  plupart  des  es¬ 
pèces  de  ce  genre  faisaient  partie  des  As¬ 
ter.  Il  a  pour  caractères  :  Capitules  multi- 
flores,  radiés;  ligules  1-sériées,  femellesl 


(nulles  dans  une  seule  espèce),  les  fleurs  du 
disque  hermaphrodites,  3-dentées.  Récepta, 
de  plan,  marqué  de  légères  dépressions , 
ou  alvéolé  et  fimbriliifère.  Écailles  de  l’invo- 
Iucre  imbriquées,  linéaires,  aiguës;  les  fruits, 
obiongs ,  cylindracés  ou  turbines ,  sont  en 
général  revêtus  de  poils  soyeux,  et  terminés 
par  une  aigrette  1  ou  pluri-sériée  ;  à  soies 
inégales,  mais  cependant  de  même  nature. 
—  Toutes  les  espèces  de  ce  genre  sont  ori¬ 
ginaires  du  nouveau  continent.  (J.  D.) 

APLOPÉRISTOM ÉES  sim¬ 

ple  ;  Kéfiicirûu.^  péristome  ).  bot.  cr. 
Bridel,  MM.  Hooker  et  De  Notaris,  rangent 
sous  ce  titre  tous  les  genres  de  la  famille 
des  Mousses  dans  lesquels  l’orifice  de  la 
capsule  est  muni  d’une  seule  rangée  de 
dents  ,  ou  ,  pour  parler  d’une  manière  plus 
générale,  présente  un  seul  veriicille  péristo- 
mique.  (C.  M.) 

*  APLOPH  YLLUM  (  cLr/o’os ,  simple  ; 
?u).).ov,  feuille),  bot.  pii.  —  Nous  avons  sé¬ 
paré  sous  ce  nom ,  de  l’ancien  genre  Rue 
(lîwfa),  les  espèces  à  feuilles  simples,  où  le 
nombre  des  parties  de  la  fleur  est  quinaire. 
Voici  ses  caract.  complets  :  Calice  court ,  5~ 
parti,  caduc.  Pétales  5,  plus  longs,  munis 
d’onglets,  à  limbe  plan  et  entier.  Étam.  10, 
dont  3  plus  courtes,  opposées  aux  pétales, 
à  filets  dilatés  inférieurement  et  yelus  en 
dedans  ,  à  anthères  ovoïdes  surmontées 
d’une  petite  glande.  Cinq  ovaires  soudés 
entre  eux  par  leur  axe,  et  en  formant  ainsi 
un  seul  à  5  lobes ,  porté  sur  un  disque  en 
cône  renversé,  qui  le  déborde  ordinaire¬ 
ment  et  porte  sur  son  contour  les  pétales  et 
les  étamines;  à  chaque  lobe  correspond  une 
loge  renfermant  2  ou  plus  rarement  4  ovules 
presque  amphitropes ,  l’un  situé  un  peu 
plus  haut  que  l’autre.  Cinq  styles  nés  de 
l’angle  interne  des  ovaires ,  là  où  finit  l’axe 
central,  se  réunissant  presque  aussitôt  en 
un  seul,  qui  s’élève  à  la  hauteur  des  étami¬ 
nes  ,  va  en  s’élargissant  de  la  base  au  som¬ 
met  ,  et  se  termine  ,par  un  stigmate  en  tête, 
papilleux ,  marqué  de  3  sillons  rayonnés.  Le 
fruit  est  une  capsule  dont  les  loges ,  soudées, 
s’ouvrent  en  haut  et  en  dedans.  Les  graines, 
réniformes,  offrent  un  test  scrobicuîé  ou  tu¬ 
berculeux  à  la  surface  et  un  périsperme  char¬ 
nu  de  même  couleur  que  l’embryon ,  qui  est 
légèrement  arqué  et  presque  également  lar¬ 
ge  dans  toute  sa  longueur.  —  Les  espèces , 


API 


17 


APL 

au  nombre  de  15  à  peu  près ,  habitent  la 
partie  australe  de  la  zone  tempérée  arctique 
de  l’ancien  continent,  principalement  l’O¬ 
rient.  Ce  sont  des  herbes  vivaces  ou  plus 
rarement  des  sous  arbrisseaux  ;  à  feuilles 
alternes ,  simples ,  criblées  de  points  trans¬ 
parents  ,  dépourvues  de  stipules  ;  à  fleurs 
jaunes  ou  plus  rarement  blanches ,  disposées 
comme  dans  la  Rue ,  c’est-à-dire  en  cymes 
imitant  la  panicule.  (Ad.  Ïuss.) 

*  APLOPORA.  zoom.  —  M.  Rafines- 
que  (  Analyse  de  la  nature  )  appelle  ainsi 
un  g.  de  lui ,  mais  qu’il  ne  décrit  pas ,  et 
il  le  place  dans  le  groupe  des  Tubiporés. 

(P.  G.) 

*APLOPSES simple;  èty,  œil). 
inf.  —  Sous-famille  d’infusoires  de  M.  Ra- 
finesque  (Anal,  de  la  nat.,  p.  159),  et  dont 
les  esp.  sont ,  d’après  lui ,  gymnexes,  c’est-à- 
dire  sans  organes  externes,  et  aussi  dépour¬ 
vues  de  viscères  ou  d’organes  internes.  Ils 
sont  simples ,  et  non  agrégés.  Il  paraît  que 
ce  sont  des  animaux  voisins  des  Bacillaires  ; 
je  dis  il  paraît ,  car  M.  Rafinesque  n’y  pla¬ 
ce  que  des  genres  nouveaux ,  et  dont  il  ne 
fait  connaître  ni  les  esp.  types  ni  les  carac¬ 
tères.  (P.  G.) 

*APLOPUS  («i r)oos,  simple  ;  pied). 

ins. — Nom  employé  parMegerle,  et  ad¬ 
opté  par  Dahl ,  dans  son  Catalogue,  pour  dé¬ 
signer  génériquement  le  Rhynchœnus  equi- 
seti ,  Fabr. ,  Ins.  Coléoptère  tétramère  , 
de  la  famille  des  Curculionides,  que  Schœn- 
herr  comprend  dans  son  g.  Grypidius. 
Voy.  ce  mot.  (D.  et  C.) 

*  APLOPUS  (a«>ow,  je  développe,  j’é¬ 

tends  ;  îtouç,  pied),  ins.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Phasmiens ,  établi  [par  M.  Gray 
(Syn.  of  the  spec.  of  ins.  belong.  to  the 
fam.  of  Phasm.  ),  et  adopté  par  la  plupart 
des  entomologistes.  M.  le  docteur  Bur- 
meister  ayant,  avec  raison ,  changé  ce  nom 
en  celui  d'Haplopus ,  nous  renvoyons  à  cet 
article  pour  donner  l’exposition  des  caract. 
du  genre.  (Bl.) 

*  APLOSCELIS  (cbràoos,  simple  ;  oxétas,. 
jambe),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tri¬ 
mères  ,  établi  par  M.  Chevrolat ,  et  adopté 
par  M.  Dejean  dans  son  dernier  Catalogue. 
Ce  genre ,  créé  aux  dépens  du  genre  Eu- 
morphus  de  Fabricius,  s’en  distingue  au 
premier  coup-d’œil  par  une  forme  ovalaire , 
plus  allongée  et  moins  dilatée  ;  par  des  an- 

T.  II.  - *■' 


tennes  plus  grêles,  et  dont  la  massue  est 
proportionnellement  moins  forte ,  et  parce 
que  les  mâles  ont  l’épine  des  jambes  anté¬ 
rieures  située  à  l’extrémité.  Du  reste,  ses  ca¬ 
ract.  sont  semblables  à  ceux  des  Eumorphes. 

Ce  g.  renfermait  trois  esp.,  originaires 
de  Madagascar  ;  mais  M.  Guérin ,  dans  une 
Monogr.  du  g.  Eumorphe ,  a  démontré  que 
deux  d’entre  elles  n’étaient  que  les  deux 
sexes  de  VEumorphus  atratus  de  Klug  (2?e- 
richt  über  eine  auf  Madagascar  veranst. 
Samml. ,  etc. ,  p.  126 ,  tab.  V,  fig.  12) ,  qui 
n’a  connu  que  la  femelle.  (D.  et  C.) 

*  APLOSOXYX  («*>oos,  simple  ;  3w£ , 
ongle),  ins.  —  Genre  de  Coléopt.  tétramè- 
res,  famille  des  Chrysomélines ,  établi  par 
M.  Chevrolat  dans  la  tribu  des  Gallérucites , 
et  qu’il  caractérise  ainsi  :  Palpes  maxillaires 
à  pénultième  article  conique  ,  dernier  turbi¬ 
né  ;  crochets  des  tarses  simples ,  grands. 
M.  Dejean  a  adopté  ce  g.  dans  la  5e  éd.  de 
son  Catalogue,  et  il  en  désigne  5  esp.,  tou¬ 
tes  de  Java.  Depuis,  M.  Chevrolat  en  a  fait 
connaître  une  sixième  provenant  des  Phi¬ 
lippines ,  et  qu’il  nomme  A.  smaragdipen - 
nis  ( Revue  de  la  Soc.  Cuvier.,  année  1838, 
p.  288,  et Mag.  zool.,  p.  68,  pl.  233-4).  Tou* 
tes  ces  esp.  sont  remarquables  par  leur  gran¬ 
de  taille  ;  leurs  couleurs  brillantes  et  com¬ 
me  lustrées.  Nous  citerons  comme  type  l’A. 
albicornis  de  Wiedemann.  (D.  et  C.) 

*  APLOSTÈGUES  (*a<fes,  simple; 
ffrey^ ,  loge  ).  moll.  —  Nom  donné  par  Al. 
d’Orbigny  à  une  section  des  Céphalopodes- 
foraminifères ,  comprenant  ceux  qui  n’ont 
qu’une  seule  cavité  par  loge.  (C.  d’O.) 

APLOSTYLIDE.  bot.  pii.  —•  Voyez 

IIAPLOSTYLIS.  (C.  L.) 

*  APLOTARSUS  (  â*}oos,  simple  ;  zxp- 

<7o's,  tarse  ).  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des  Co¬ 
léoptères  pentamères ,  famille  des  Sternoxes, 
tribu  des  Élatérides,  établi  par- Stephens, 
qui  lui  assigne  pour  caract.  :  Tarses  simples  ; 
antennes  ayant  le  second  article  très  court , 
presque  globuleux  ;  le  troisième  allongé , 
thorax  légèrement  déprimé ,  non  gibbeux , 
yeux  médiocres ,  à  peine  proéminents;  pal¬ 
pes  sécuriformes.  Ce  genre  se  compose  des 
Elater  testaceus  et  rufipe s  de  Fabricius  , 
ainsi  que  du  Quercus  d’Olivier.  Les  deux 
premiers  sont  placés  par  M.  Dejean  dans  le 
genre  Cardiophorus  d’Eschscholtz.  Voy.  ce 
mot.  (D.  et  C.) 

9 


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18 

*  APLOT AXIS  [àidéoç ,  simple  ;  , 

rangée;  à  cause  de  l’aigrette  formée  d’une 
seule  série  de  soies),  bot.  ph.  —  M.  De 
Candolle  a  formé  ce  genre  aux  dépens  des 
Saussurea  ,  dont  il  ne  diffère  que  par  l’ai¬ 
grette  ,  composée  d’une  seule  rangée  de 
soies,  tandis  que  dans  les  Saussurea  la 
série  est  double.  Ce  caractère,  quoique  de 
première  valeur  dans  certains  groupes ,  ne 
semble  pas  ici  suffire  à  l’établissement  d’un 
genre.  La  difficulté  est  souvent  très  grande 
pour  distinguer,  dans  les  Saussurea,  la 
rangée  extérieure  de  l’aigrette  ,  dont  les 
soies,  outre  leur  caducité ,  sont  très  courtes 
et  peu  nombreuses.  La  plupart  des  espèces 
d 'Aplotaxis  sont  originaires  des  hautes 
montagnes  de  l’Inde.  (J.  D.) 

APLUDA,  L.:  Diectomis  ,  Paliss.  (dans 
Pline ,  ce  qui  se  disperse  au  vent  quand  on 
vanne  le  blé),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Graminées,  tribu  des  Andropogo- 
nées,  formé  par  Linné  ( Gen .,  1147),  et  ad¬ 
opté  par  les  agrostographes  modernes,  avec 
ces  caract.  :  Épillets  biflores  (  fleur  supér. 
hermaphrodite ,  fleur  infér.  mâle),  ternés , 
bractéés;  l’intermédiaire  sessile,  fertile; 
les  latéraux  pédicellés ,  se  desséchant.  Glu- 
mes  2,  mutiques  :  la  supér.  carénée-navicu- 
laire  ;  l’infér.  lancéolée ,  subcanaliculée  , 
bifide  au  sommet.  Paléoles  2,  plus  courtes 
que  les  gîumes  ;  l’infér.  (dans  la  fleur  her¬ 
maphrodite)  aristée  au  dessous  de  son  som¬ 
met  bifide.  Squammuks  2,  glabres,  tron- 
quées-subïobées.  Étam.  2.  Ovaire  sessile, 
glabre.  Styles  2 ,  terminaux  ;  stigmates  plu¬ 
meux.  Caryopse  subcylindrique,  libre.  — 
Ce  g.  se  compose  d’un  petit  nombre  d’esp. 
propres  à  l’Asie  tropicale  et  au  Cap  ;  à 
feuilles  planes ,  à  inflorescence  en  panicule 
très  ramifiée.  On  en  cultive  quelques  unes 
dans  les  jardins.  (C.  L.) 

APLUDONTIA.  mam.  —Voyez  aplo- 
DONTIE.  (P.  G.) 

*  APLURE.  Àplurus.  poiss.  —  Sous 
cette  dénomination ,  M.  Lowe  a  publié  dans 
son  Mémoire  sur  les  poissons  de  Madère  un 
Scombéroïde  déjà  observé  dans  le  détroit 
de  Messine  par  M.  Can  traire  ,  qui  avait  dé¬ 
posé  dans  le  Musée  de  Leyde  les  individus 
rapportés  par  lui  sous  le  nom  de  Rovettus 
Temminckii.  Voy.  ce  mot. 

Dans  les  Proceedings  de  la  Soc.  zoolo¬ 
gique  de  Londres  pour  1839,  p.  78,  on  lit 


que  M.  Lowe  pense  que  le  g.  Aplurus  doit 
rentrer  dans  celui  des  Thyrsites.  Il  y  a  af¬ 
finité  entre  les  Aplurus,  ou,  ce  qui  est  la 
même  chose,  les  Rovettus  deM.  Cantraire, 
et  les  Thyrsites ;  mais  ces  deux  genres 
sont  distincts.  (Val.) 

*APLXJSTRUM  ( Aplustrum ,  girouet¬ 
te).  moll.—  Nom  latin  que  M.  Schumacher 
donne  à  un  genre  Pavillon ,  établi  pour  le 
Bulla  aplustra  des  auteurs.  Voy.  pavil¬ 
lon.  (Desh.) 

APLYSIE.  Aplysia  (  ânïvaiot ,  saleté , 
malpropreté),  moll.  —  On  doit  à  Linné  la 
création  de  ce  genre.  On  le  trouve  pour  la 
première  fois  dans  la  douzième  édition  du 
Systema  natures.  Il  est  à  présumer  que ,  par 
suite  d’une  faute  d’impression ,  ce  genre  a 
pris  le  nom  de  Laplysia,  qui  n’a  aucune 
signification,  tandis  que  celui  d’Aplysie, 
qui  a  été  restitué  par  Cuvier,  convient  de 
tous  points  au  genre  dont  il  est  question. 
Avant  cette  époque,  Linné  confondait  les 
Aplysies  avec  les  Lernées ,  dans  les  4e  et  6e 
éditions  du  même  ouvrage,  et  avec  les  Thé- 
tis ,  dans  la  10e.  Les  Animaux  compris  au¬ 
jourd’hui  dans  le  genre  Aplysie  étaient 
connus  des  anciens  sous  le  nom  de  Lepus 
marinus.  Dans  ces  temps,  où  la  science  était 
peu  avancée,  ces  Mollusques  inspiraient  une 
horreur  profonde ,  soit  parce  qu’ils  ont  une 
forme  repoussante  ,  soit  parce  qu’ils  répan¬ 
dent  une  liqueur  dont  l’odeur  est  nauséa¬ 
bonde.  Les  préjugés  anciens  étaient  tels,  que 
l’on  soupçonnait  d’empoisonnement  les  per¬ 
sonnes  qu’on  surprenait  touchant  ces  Aply¬ 
sies.  Ces  préjugés  de  l’antiquité  se  sont  long¬ 
temps  continués,  et  peut-être  a-t-il  fallu 
du  courage  aux  auteurs  du  seizième  siècle 
qui  ont  voulu  faire  connaître  ces  animaux 
par  des  figures  et  de  nouvelles  descriptions. 

Walton  est  le  premier  auteur  qui  ait 
donné  du  Lièvre  marin  une  bonne  descri¬ 
ption  ,  que  Rondelet  et  Belon  ont  incom¬ 
plètement  copiée.  Aldrovande  ,  plus  exact 
qu’eux ,  pourra  être  consulté  avec  intérêt. 
Charleston  fait  mention  des  Aplysies  dans 
ses  Exercitationes ,  qui  datent  de  1677; 
depuis  cette  époque  jusqu’en  1744,  il  n’en 
est  question  nulle  part.  Linné  les  confondit 
d’abord  avec  les  Lernées  ;  plus  tard  ,  il  les 
comprit  dans  le  g.  Thétis ,  et ,  enfin  ,  il  di¬ 
visa  ce  dernier  genre,  et  créa  lé  g.  Aplysie 
pour  le  Lepus  marinus.  Tous  les  auteur# 


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qui  adoptèrent  la  classification  de  Linné 
n’apportèrent  aucun  changement  à  ce  g., 
quoique  Bohadsch  ait  donné  sur  ces  ani¬ 
maux  des  détails  anatomiques  fort  intéres¬ 
sants.  Cuvier  vint  enfin ,  et  fit  un  travail  com¬ 
plet  sur  les  Aplysies  ;  c’est  seulement  depuis 
lors  que  leur  organisation  est  connue.  Tous 
les  naturalistes  qui  l’avaient  précédé ,  et  le 
célèbre  Linné  lui  -  même  ,  plaçaient  le  Liè¬ 
vre  marin  à  la  suite  des  Céphalopodes ,  en¬ 
traînés  par  l’habitude  de  ranger  les  animaux 
mous  dans  une  même  classe ,  sans  égards 
pour  leur  conformation.  Il  démontra  le 
premier  que  la  présence  ou  l’absence  d’u¬ 
ne  coquille  extérieure  n’est  pas  un  carac¬ 
tère  de  première  importance ,  et  que  les 
Mollusques  nus  ne  diffèrent  en  rien  de  ceux 
que  protège  une  coquille.  Par  suite  de  ces 
vues  nouvelles ,  il  rangea  les  Aplysies  par¬ 
mi  les  Gastéropodes  ,  entre  les  Tbétis  et  les 
Limaces  ;  mais ,  dans  son  Règne  animal ,  il 
range  les  Aplysies  avec  les  Dolabelles , 
dans  sa  famille  des  Pleurobranches.  En 
1809 ,  Lamarck  proposa  de  former  une  fa¬ 
mille  des  Aplysiens,  comprise  entre  les 
Phylidiens  et  les  Limaciens;  mais,  plus 
tard  ,  il  modifia  aussi  ses  premières  vues. 
M.  de  Férussac  ,  qui  ne  fit  que  changer  en 
ordres  les  familles  de  Cuvier ,  laissa  les 
Aplysies  dans  les  mêmes  rapports  que  Cu¬ 
vier  et  Lamarck.  Enfin ,  pour  terminer  ce 
qui  a  rapport  à  l’histoire  des  Aplysies ,  nous 
ajouterons  que  M.  Rang,  officier  distingué 
de  la  marine  française ,  observateur  habile, 
après  avoir  recueilli,  dans  le  cours  de  ses 
voyages,  un  grand  nombre  d’esp.  d’Aplysies 
et  de  Dolabelles,  aidé  de  la  collection  du  Mu¬ 
séum,  publia,  pour  le  grand  ouvrage  de  M.  de 
Férussac ,  une  excellente  monographie  de 
la  famille  des  Aplysies,  qui,  jointe  au  travail 
de  Cuvier,  fait  connaître  cette  famille  aussi 
complètement  que  le  permet  l’état  actuel  des 
observations ,  et  autant  que  peuvent  le  dési¬ 
rer  les  naturalistes.  A  ces  travaux  déjà  con¬ 
sidérables  sur  les  Aplysies,  il  faut  ajouter 
encore  ceux  de  M.  Delle-Chiaje,  qui  font  par¬ 
tie  de  ses  Mémoires  sur  les  Animaux  sans 
vertèbres  des  mers  de  Naples. 

Les  Aplysies  sont  des  Mollusques  nus ,  gé¬ 
néralement  assez  gros ,  qui  ressemblent  as¬ 
sez  ,  comme  Dioscoride  lui-même  l’a  dit ,  à 
de  grosses  Limaces.  Ces  Animaux  sont  gé¬ 
néralement  ovalaires ,  allongés,  épais  vers  le 


i9 

dos,  terminés  en  pointe  du  côté  postérieur. 
Ils  rampent  sur  un  pied  large,  et  qui  déborde 
le  corps.  A  sa  partie  supérieure  ,  et  un  peu 
au  dessus  de  sa  rirconférence ,  ce  pied  se 
confond  insensiblement  avec  le  manteau.  Ce 
plan  locomoteur  s’avance  jusqu’au  branchial; 
après  avoir  donné  les  artères  particulières 
des  feuillets  branchiaux,  elles  restent  quelque 
temps  lisses  et  entières  ;  mais  une  partie  se 
courbe  à  gauche ,  derrière  le  point  d’attache 
de  l’opercule,  et  une  autre  à  droite,  vers  la 
base  du  rebord  saillant  de  ce  côté.  Ces  deux 
branches  se  portent  ainsi  en  avant ,  et  pren¬ 
nent  subitement  uhe  structure  extrêmement 
singulière.  En  effet,  leurs  parois,  composées 
d’une  multitude  de  rubans  fibreux,  entrecroi¬ 
sés,  sont  percées  d’un  grand  nombre  d’ou¬ 
vertures  sensibles  à  l’œil ,  et  à  travers  les¬ 
quelles  peut  facilement  s’échapper  le  liquide 
qui  est  contenu  dans  ces  vaisseaux.  C’est  à 
Cuvier  que  l’on  doit  la  découverte  de  cette 
disposition  extraordinaire  des  artères  bran¬ 
chiales;  et  ce  grand  zoologiste  regarde  ce 
fait  comme  le  plus  extraordinaire  que  l’on 
puisse  citer  dans  la  Physiologie  générale  des 
Animaux.  Il  est  fort  extraordinaire,  en  effet , 
de  voir  qu’à  la  volonté  de  l’animal,  le  sang 
peut  se  répandre  dans  la  cavité  abdominale, 
ou  bien  recevoir  directement  dans  sa  masse 
les  liquides  qui  peuvent  être  contenus  dans 
sa  cavité  viscérale. 

Le  système  nerveux  est  des  plus  considé¬ 
rables.  Sa  portion  céphalique  consiste  en  trois 
gros  ganglions  ,  dont  l’un  est  antérieur  et  su¬ 
périeur,  et  les  deux  autres  sont  inférieurs  et 
postérieurs.  Des  filets  de  commissures  assez 
gros  forment,  avec  ces  trois  ganglions,  un 
anneau  complet ,  à  travers  lequel  passe  l’œ¬ 
sophage.  Les  branches  nombreuses  qui  par¬ 
tent  ,  en  rayonnant ,  de  ces  ganglions ,  se 
distribuent  à  toutes  les  parties  du  corps; 
mais  il  y  a  deux  branches  viscérales  princi¬ 
pales  qui  gagnent  l’arrière  du  corps,  et 
produisent  un  ganglion  pour  les  organes  de 
la  génération. 

La  partie  à  laquelle  on  donne  le  nom 
d 'Opercule  branchial  contient ,  comme 
nous  l’avons  vu ,  dans  un  sac  formé  par  une 
duplicature  du  manteau ,  un  corps  solide , 
mince,  corné,  transparent,  subquadran- 
gulaire ,  épaissi  en  un  point  qui  est  aussi  ce¬ 
lui  de  son  adhérence.  Ce  corps  solide  a  été 
justement  considéré  comme  une  coquille  «à 


20 


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l’état  rudimentaire.  En  effet,  ce  corps  a 
toutes  les  apparences  d’un  rudiment  testacé  ; 
il  a ,  dans  certaines  espèces,  une  tendance  à 
s’enrouler  latéralement ,  lors  de  l’accou¬ 
plement,  sur  les  parties  latérales  de  la 
tête ,  entre  les  deux  tentacules.  Cet  organe 
excitateur  est  totalement  isolé  du  reste  des 
organes  de  la  génération ,  qui  se  trouvent 
assemblés  vers  l’extrémité  postérieure  du 
corps.  La  seule  communication  qui  semble 
exister  entre  cet  organe  et  les  autres  par¬ 
ties  de  la  génération  consiste  en  un  petit 
sillon  creusé  à  l’extérieur,  dans  l’épaisseur 
de  la  peau.  Ce  sillon  parcourt  le  côté  droit 
de  l’animal,  depuis  la  base  du  tentacule 
antérieur  jusqu’à  une  ouverture  située  vers 
le  milieu  du  dos ,  et  qui  est  cachée  par 
l’opercule  branchial  :  cette  ouverture  est 
celle  des  organes  femelles.  Le  testicule  est 
un  organe  sphéroïde  qui  semble  former  un 
long  prisme  tourné  en  spirale  sur  lui-mê¬ 
me. 

Ce  n’est  cependant  qu’une  apparence, 
car  il  est  homogène  à  l’intérieur  ;  mais  il 
est  entouré  à  l’extérieur  par  un  petit  ru¬ 
ban  qui  le  parcourt  en  formant  trois  tours 
de  spire.  Ce  ruban  ,  au  moyen  de  deux  pe¬ 
tites  lèvres  saillantes ,  constitue  un  vérita¬ 
ble  canal.  Un  épididyme  surmonte  le  testi¬ 
cule  ,  et  enfin  il  se  lie  d’une  manière  très 
interne  avec  l’oviducte  ;  il  se  continue  néan¬ 
moins  en  un  canal  déférent ,  qui  est  accolé 
au  canal  de  l’oviducte,  et  ils  sortent  en 
commun ,  à.  l’extérieur,  par  l’ouverture 
dont  nous  avons  déjà  parlé.  Les  organes 
femelles  se  composent  d’un  ovaire  considé¬ 
rable  ,  qui  occupe  l’extrémité  postérieure  de 
la  masse  commune  des  viscères  ;  il  en  part 
un  oYiducte  dont  le  diamètre  s’accroît  assez 
rapidement,  et  qui  est  fortement  tortillé 
sur  lui-même.  Bientôt  il  se  joint  au  canal 
déférent,  et,  non  loin  de  cette  jonction,  vient 
s’implanter  sur  lui  la  vésicule  copulatrice , 
portée  par  un  canal  grêle  et  court ,  qui 
s’ouvre  dans  l’intérieur  du  second  oviducte. 
Un  peu  en  arrière,  s’implante  sur  l’oviducte 
un  organe  dont  l’usage  n’est  pas  encore  dé¬ 
terminé.  Il  a  la  forme  d’une  petite  grappe 
de  vésicules  ;  ce  qui  lui  a  valu  de  la  part  de 
Cuvier  le  nom  d 'Organe  en  grappe. 

Les  organes  de  la  circulation  et  de  la  re¬ 
spiration  sont  d’un  volume  assez  considéra¬ 
ble.  Le  cœur  consiste  en  un  ventricule  et 


une  grande  oreillette.  Ce  que  ces  organes 
offrent  de  plus  particulier,  c’est  que  l’artère 
branchiale  communique  librement  avec  la 
cavité  abdominale. 

Le  système  digestif  a  pour  origine  une  ou¬ 
verture  buccale  fendue  longitudinalement 
et  recouverte  en  partie  par  le  voile  de  la  tête, 
qui  y  forme  des  lèvres  épaisses.  C’est  un 
appareil  musculaire  assez  considérable,  com¬ 
posé  de  plusieurs  paires  de  muscles  destinés 
à  opérer  le  broiement  des  aliments.  Des 
glandes  salivaires  vermiformes ,  descendant 
jusque  dans  la  cavité  abdominale ,  viennent 
déboucher  à  la  partie  postérieure  de  la  bou¬ 
che  ,  vers  l’origine  de  l’œsophage.  Cet  œso¬ 
phage  est  assez  long;  il  tombe  bientôt  à 
l’extrémité  supérieure  d’une  grande  poche 
stomachale ,  contournée  sur  elle-même ,  et 
d’une  forme  assez  semblable  à  une  corne¬ 
muse.  Un  second  estomac  succède  à  celui-ci, 
et  lui  est  attaché  latéralement.  Ce  second 
estomac  peut  être  considéré  comme  un  vé¬ 
ritable  gésier  ;  il  est  épais ,  musculeux ,  et , 
sur  sa  paroi  interne ,  s’élèvent  des  pyrami¬ 
des  cartilagineuses,  quadrangulaires ,  dont 
les  sommets  s’entrecroisent.  Cet  appareil  est 
destiné,  sans  contredit,  à  broyer  de  nou¬ 
veau  les  matières  alimentaires  avant  de  les 
laisser  parvenir  dans  un  troisième  et  dernier 
estomac.  Cette  dernière  cavité  est  moins 
grande  que  la  première,  mais  plus  étendue 
que  la  seconde.  Sur  une  petite  partie  de  ces 
parois  s’implantent  de  petits  crochets  carti¬ 
lagineux  dont  la  courbure  est  dirigée  vers 
l’entrée  du  gésier.  A  l’extrémité  inférieu¬ 
re  se  prolonge  un  appendice  cœcal  assez 
considérable ,  à  l’origine  duquel  on  trouve 
trois  grands  méats  biliaires,  surmontés 
d’une  sorte  de  valvule ,  qui  se  trouve  entre 
l’origine  de  l’appendice  cœcal  et  l’entrée  de 
l’intestin.  L’intestin  sort  de  l’estomac  immé¬ 
diatement  à  côté  de  l’appendice  vermiforme. 
Cet  intestin  reste  cylindrique;  il  fait  plu¬ 
sieurs  grandes  circonvolutions  dans  l’épais¬ 
seur  du  foie ,  et  vient  aboutir  derrière  le 
pédicule  des  branchies ,  où  il  se  termine  par 
un  anus  flottant.  Le  foie  est  très  volumineux; 
il  constitue  à  lui  seul  une  grande  partie  de 
la  masse  viscérale  ;  il  est  divisé  en  plusieurs 
lobes ,  et  les  vaisseaux  biliaires ,  réunis  en 
trois  troncs  principaux  ,  viennent  porter  le 
liquide  sécrété  dans  le  troisième  estomac. 

Les  Aplysies ,  comme  tous  les  Animaux 


ÀPL 


ÀPL 


de  même  ordre,  sont  monoïques.  Tous 
les  individus  ont  les  deux  sexes;  mais  il 
faut  que  deux  se  rapprochent  pour  opérer 
la  fécondation.  Les  organes  mâles  consis¬ 
tent  en  un  organe  excitateur  placé  à  la 
partie  antérieure  du  corps ,  et  qui  est  en 
dessous  de  la  tête,  dont  il  est  séparé  par 
un  sillon  transverse ,  peu  profond.  La  tête 
est  grosse  ;  elle  est  portée  par  un  col  assez 
court ,  qui  se  continue  en  grossissant  rapi¬ 
dement  avec  le  reste  du  corps.  Sur  cette 
tête  s’élèvent  4  tentacules  ;  il  y  en  a  une  paire 
qui  est  antérieure,  et  l’autre  postérieure.  Les 
tentacules  antérieurs  sont  les  plus  grands  ; 
leur  forme  ressemble  beaucoup  à  celle  des 
oreilles  du  Lièvre.  Aussi  lorsque  l’animal , 
contracté,  prend  une  forme  subglobuleuse, 
il  a  assez  exactement  l’apparence  d’un  Lièvre 
accroupi  ;  d’où  est  venu  le  nom  vulgaire  de 
Lièvre  marin ,  donné  aux  Aplysies.  Les  ten¬ 
tacules  postérieurs  sont  coniques,  et  c’est  à 
leur  base  que  Ton  trouve  le  point  oculaire. 
Les  yeux  sont  sessiîes ,  situés  à  la  partie  an¬ 
térieure  de  la  base  des  tentacules.  Le  man¬ 
teau  se  divise  en  deux  grands  lobes  qui 
viennent  se  croiser  sur  le  dos  de  l’animal , 
et  concourt  à  couvrir  ses  organes  bran¬ 
chiaux.  D’après  les  observations  de  plusieurs 
naturalistes ,  l’animal  se  sert  quelquefois  de 
son  manteau  pour  nager  ;  alors  il  en  déploie 
les  deux  lobes  sur  les  parties  latérales  de 
son  corps.  En  dessous  des  parties  libres  du 
manteau  se  trouve  une  sorte  d’opercule 
consolidé  par  une  Coquille  cartilagineuse, 
engrenée  dans  un  sac  membraneux.  Cette 
sorte  d’opercule  branchial  est  élargie ,  et 
l’animal  peut  cacher  entièrement  ses  bran¬ 
chies  par  dessous.  A  la  jonction  du  sac 
membraneux  de  l’opercule  avec  la  partie 
postérieure  du  manteau ,  et  justement  dans 
la  commissure  de  ces  deux  lobes ,  l’animal 
est  pourvu  d’un  tuyau  charnu,  qu’il  peut 
allonger  beaucoup ,  et  qui  a  pour  usage  de 
porter  l’eau  sur  les  branchies.  Lorsque  l’on 
renverse  l’opercule  branchial ,  on  trouve 
au  dessous  une  branche  considérable  divisée 
à  son  sommet  en  un  grand  nombre  de 
houppes  flottantes ,  dans  lesquelles  les  vais¬ 
seaux  se  ramifient  un  grand  nombre  de  fois. 
Si  maintenant  nous  pénétrons  à  l’intérieur, 
nous  trouvons  une  organisation  assez  com¬ 
pliquée  ,  composée ,  comme  dans  tous  les 
Mollusques ,  des  appareils  de  plusieurs  fonc- 


21 

tions  importantes.  La  tête ,  vue  à  son  extré¬ 
mité  antérieure ,  présente ,  un  peu  en  des¬ 
sous,  une  bouche  assez  grande,  sous  la 
forme  d’une  fente  longitudinale.  En  ouvrant 
la  cavité  intérieure  de  la  bouche,  on  la 
trouve  garnie  de  plaques  cornées ,  sur  les¬ 
quelles  font  saillie  de  petits  crochets  rangés 
en  quinconces  avec  une  extrême  régularité. 

Dans  ses  recherches  sur  la  famille  des  Aply- 
siens ,  M.  Rang  a  fait  voir  que  les  Coquilles 
des  Aplysies  se  consolident  peu  à  peu,  et 
finissent ,  dans  une  série  d’espèces,  par  a- 
voir  une  extrême  ressemblance  avec  celles 
des  Doiabelles.  En  traitant  de  ce  dernier 
genre ,  nous  aurons  occasion  de  parler  des 
observations  intéressantes  de  M.  Rang. 

On  trouve  des  Aplysies  dans  presque  tou¬ 
tes  les  régions  du  globe  ,  non  seulement  sur 
les  côtes  du  continent,  mais  encore  sur  le 
rivage  des  îles.  Elles  ont  des  mœurs  diffé¬ 
rentes  selon  les  espèces  ;  elles  habitent  ordi¬ 
nairement  les  plages  peu  profondes ,  vaseu¬ 
ses  ou  sableuses;  elles  se  cachent  à  une  pe¬ 
tite  profondeur,  et  font  sortir,  au  dessus  du 
sable  qui  les  couvre ,  le  tube  branchial  qui 
apporte  l’eau  nécessaire  à  l’entretien  de  la 
respiration.  D’autres  espèces  se  tiennent  sur 
les  rochers,  se  cachent  dans  leurs  anfrac¬ 
tuosités,  ou  se  tiennent  à  l’abri  sous  les 
pierres  détachées  des  falaises.  Elles  se  rap¬ 
prochent  des  rivages ,  dans  nos  régions,  vers 
le  mois  de  juin ,  et  commencent  à  les  quit¬ 
ter  au  mois  de  septembre.  C’est  au  prin¬ 
temps  qu’a  lieu  la  fécondation  ;  la  ponte  se 
fait  vers  le  mois  d’août,  et  les  œufs  de  la 
plupart  des  espèces  sont  disposés  en  longs 
filaments  auxquels  les  pêcheurs  donnent 
le  nom  de  Vermicelle  de  mer.  Dans  le  Mé¬ 
moire  que  nous  avons  cité  de  lui ,  Guettard 
est  le  premier  qui  ait  observé  les  œufs  des 
Aplysies,  et  qui  les  ait  reconnus.  Avant  lui , 
les  agglomérations  considérables  qu’ils  for¬ 
ment  avaient  été  prises  par  les  naturalistes 
pour  un  Alcyon ,  et  avait  reçu  le  nom  d fAl- 
cyonum  vermiculatum.  Les  observations 
de  M.  Rang  ont  confirmé  pleinement  celles 
de  Guettard ,  et ,  puisqu’il  est  vrai  que  cha¬ 
que  paquet  de  filaments  est  produit  par  un 
seul  individu ,  il  faut  convenir  que  les  Aply¬ 
sies  jouissent  d’une  prodigieuse  fécondité. 
Les  Aplysies  se  nourrissent  particulièrement 
des  fucus  qui  couvrent  les  plages  basses  de 
la  mer  ;  elles  choisissent  les  plus  tendres  ; 


22 


APL 


APO 


mais  elles  mangent  aussi  de  petits  Animaux 
marins ,  des  Mollusques  nus ,  des  Annélides 
et  même  de  petits  Crustacés.  Le  nombre 
des  véritables  Aplysies  est  assez  considéra¬ 
ble  ;  M.  Rang  en  distingue  vingt  espèces , 
et  il  est  bien  à  présumer  que  ce  nombre 
s’accroîtra  considérablement  lorsqu’on  aura 
fait  de  nombreuses  recherches  sur  ce  genre 
dans  un  grand  nombre  de  points  où  il  a  été 
complètement  négligé.  On  ne  connaît  point 
encore  jusqu’à  présent  de  restes  fossiles  du 
genre  Aplysie  ;  les  Dolabelles ,  beaucoup 
plus  solides ,  manquent  également  parmi  les 
fossiles.  Nous  avons  pensé  pendant  quelque 
temps  que  l’on  pourrait  bien  rapporter  aux 
Aplysies  le  corps  auquel  les  paléontologistes 
ont  donné  le  nom  de  Posidonie  ;  mais  des 
observations  plus  complètes,  comme  nous 
le  verrons  à  l’article  posidonie  de  ce  Dic¬ 
tionnaire,  nous  ont  fait  changer  d’opinion. 

(Desii.) 

*  APLYSIENS.  Aplysiacea  (  âiz/vaiu , 
saleté,  malpropreté  ).  moll.  —  Lamarck  le 
premier  créa  une  famille  des  Aplysiens  dans 
son  premier  volume  de  la  Philosophie  zoo¬ 
logique .  Il  y  introduit  les  quatre  genres 
Aplysie,  Dolabelle,  Bullêe  et  Sigaret.  En 
1812  ,  dans  l’extrait  du  Cours  ,  il  ajouta  les 
Bulles  et  les  Acérés  ,  et  divisa  la  famille  en 
deux  sections.  Enfin ,  dans  son  Histoire 
naturelle  des  Animaux  sans  vertèbres,  il 
fit  sa  famille  des  Bulléens  de  la  première 
section  ,  transporta  les  Sigarets  dans  sa  fa¬ 
mille  des  Macrostomes ,  et  réduisit  ainsi  sa 
famille  des  Aplysiens  aux  deux  genres  Aply¬ 
sie  et  Dolabelle.  Cuvier,  comme  nous  l’avons 
vu ,  n’a  point  adopté  la  famille  de  Lamarck  ; 
et  il  a  compris  les  Aplysies  et  les  Dolabelles 
dans  sa  famille  des  Tectibranehes.  M.  de 
Férussac,  dans  ses  Tableaux  systématiques, 
a  constitué,  sous  le  nom  de  Dicères,  une  fa¬ 
mille  dans  laquelle ,  avec  les  deux  genres 
de  Lamarck ,  se  trouvent  rapprochés  d’une 
manière  naturelle  le  genre  Notarche  de  Cu¬ 
vier,  et  le  genre  Actéon  d’Ocken.  Dans  sa 
monographie  des  Aplysiens ,  M.  Rang  a  con¬ 
servé  le  nom  de  Lamarck ,  et  y  a  rassemblé 
trois  genres  seulement:  ce  sont  les  Aplysies, 
les  Bursatelles ,  et  les  Âctêons;  mais  il  faut 
dire  que  M.  Rang  divise  le  genre  Aplysie  en 
deux  sous-genres  :  les  Aplysies  proprement 
dites  et  les  Notarches  ;  et ,  dans  les  Aplysies 
woprement  dites,  M.  Rang  comprend  deux 


groupes  principaux  :  les  Dolabelles  de  La¬ 
marck  et  les  Aplysies  de  Linné.  Nous  ren¬ 
voyons  pour  plus  de  détails  aux  articles  con¬ 
cernant  les  genres  cités  dans  celui-ci. 

(Desii.) 

*  APOCELLUS  (  ùkoaùAù,  j’écarte?), 
ms.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères, 
famille  des  Brachélytres,  tribu  des  Oxyté- 
lines  ,  établi  par  M.  Erichson  (  Généra  et 
species  staphylinorum,  p.  812),  qui  lui  donne 
pour  caractères  essentiels  :  Paraglosses  réu¬ 
nies  à  la  languette.  Pattes  intermediaires 
rapprochées  à  leur  base.  Toutes  les  jambes 
mutiques.  Tarses  modérément  allongés.  Il 
y  rapporte  trois  espèces,  toutes  de  l’Améri¬ 
que.  Nous  n’en  citerons  qu’une  comme  type  : 
l’A.  sphœricollis  ( Lathrobinus  sphœricolle , 
Say),  qui  habite  la  Caroline.  Les  Apocellus 
ont  le  port  des  Stilicus  et  des  Falagria ,  et 
diffèrent  entièrement  des  autres  Oxytélines; 
ils  ont  le  corps  lisse  avec  quelques  poils. 
On  ne  sait  rien  de  leur  manière  de  vivre. 

(D.  et  C.) 

*  APOCLEA  (  dicoxhiu,  je  ferme),  ins. 
—  Genre  de  Diptères  ,  division  des  Bracho- 
cères,  subdivision  des  Aplocères ,  section 
des  Tétrachœtes ,  famille  des  Tanystomes  , 
tribu  des  Asiliques ,  sous-tribu  des  Asilites , 
établi  par  M.  Macquart  dans  son  ouvrage  in¬ 
titulé  :  Diptères  exotiques  nouveaux  ou 
peu  connus ,  et  qu’il  caractérise  ainsi  :  Fa¬ 
ce  plane  ;  premier  et  troisième  articles  des 
antennes  à  peu  près  d’égale  longueur.  Ar¬ 
mure  copulatrice  des  males  petite.  Oviducte 
des  femelles  terminé  par  un  cercle  de  poin¬ 
tes  divergentes.  Cuisses  antérieures  très  ve¬ 
lues.  Deuxième  cellule  sous-marginale  ap- 
pendiculée  ;  première  postérieure  fermée  au 
bord  de  l’aile. 

Ce  genre,  qui  se  rapproche  des  Erax  par 
la  cellule  appendiculée  des  ailes  et  des  Proc- 
tacanthes  par  les  pointes  qui  terminent  la 
tarière  des  femelles ,  diffère  des  uns  et  des 
autres  par  la  face  plane ,  et  par  la  première 
cellule  postérieure,  fermée.  Il  est  fondé  sur 
2  esp.  rapportées  d’Égypte  par  M.  Bovée,  et 
nommées  par  M.  Macquart,  l’une  A.  fusca- 
na,  et  l’autre  A.  pallida.  Leur  nom  généri¬ 
que  fait  allusion  à  la  première  cellule  posté¬ 
rieure  de  leurs  ailes,  qui  est  fermée.  (D.) 

*APOCOPTONfA  (  ànov.ÔK-u,  je  coupe). 
ins.  —  M.  Kirby  désigne  ainsi,  mais  sans 
en  donner  les  caract.,  un  genre  de  Colco- 


APO 


ptères  tétramères ,  de  la  famille  des  Longi- 
cornes ,  ayant  pour  type  la  Lamia  ampu - 
tator  de  Fabricius,  qui  se  trouve  dans  plu¬ 
sieurs  contrées  chaudes  de  l’Amérique.  La 
femelle  de  ce  Coléoptère,  après  avoir  dépo¬ 
sé  ses  œufs  sous  l’écorce  d’une  jeune  bran¬ 
che  du  Mimosa  Lehbek ,  coupe  circulaire- 
ment,  à  l’aide  de  ses  fortes  mandibules,  la 
portion  de  la  branche  qui  les  renferme;  et 
c’est  dans  cette  partie  ainsi  détachée,  et  qui 
tombe  à  terre ,  que  les  larves  se  développent 
et  vivent  aux  dépens  du  bois  mort ,  jusqu’à 
leur  changement  en  nymphe.  L’insecte  par¬ 
fait  en  sort  au  bout  de  quelques  mois.  (  Linn. 
transact. ,  t.  XIII,  p.  604  ;  Zoo log.  journal, 
t.  VIII,  p.  488.)  Le  g.  dont  il  s’agit  répond 
à  celui  d’Oncideres  de  M.  Serviîle.  Voy.  ce 
mot.  (IL  et  C.) 

*  AFOCUYFH A  {âa'Sxpvft,  apocryphe), 
iîis.  —  Genre  de  Coléoptères  hétéromères , 
famille  des  Mélasomes,  établi  par  Esch- 
scholtz  dans  V Atlas  zoologique  duvoyage  du 
capitaine  Kotzebue ,  et  qu’il  caractérise 
ainsi  :  Antennes  de  11  articles;  dernier  ar¬ 
ticle  elliptique  plus  long  que  les  précédents. 
Palpes  sécuriformes.  Tarses  garnis  de  poils 
denses  en  dessous.  — Ce  g.  a  pour  type  une 
esp.  de  la  Californie ,  que  l’auteur  nomme 
A.  anthicoïdes.  Elle  est  figurée  pî.  XVIII , 
fig.  7,  dudit  ouvrage.  D’après  cette  figure,  le 
g.  Apocrypha  serait  très  voisin  du  g.  Tenty- 
ria  de  Latreille.  (D.  et  C.) 

APOCRYPTE (  àirox/îwrcroa ,  je  me  ca¬ 
che  ).  poiss.  —  Genre  que  j’ai  démembré 
des  Gobies ,  et  qui  est  caractérisé  parce  que 
lès  dents,  pointues,  sont  sur  une  seule  rangée 
aux  deux  mâchoires.  Il  n’a  pas  de  dents 
en  velours.  D’ailleurs  ,  les  espèces  rappor¬ 
tées  à  ce  genre  ont ,  comme  les  autres  Go¬ 
bies  ,  les  ventrales  réunies  en  une  seule  pour 
faire  une  sorte  de  ventouse  sur  leur  poitri¬ 
ne.  Le  corps  est  allongé,  à  deux  dorsales ,  à 
caudale  longue  et  pointue.  Les  écailles  sont 
très  petites.  Le  nom  que  j’ai  donné  à  ce 
genre  avait  été  employé  par  Osbeck  pour 
une  espèce  de  Chine  dont  Linné  a  fait  son 
Gobius  pectinirostris .  Ces  Poissons  vivent 
enfoncés  sous  la  vase ,  à  l’embouchure  des 
fleuves  ou  dans  les  étangs  salés.  On  n’en  con¬ 
naît  que  5  esp.,  dont  4  ont  été  observées 
sur  la  côte  de  Coromandel  ou  du  Malabar. 
La  5e  vient  des  mers  de  la  Chine  et  du  Ja¬ 
pon.  [v  Ah,) 


àpo  n 

APQCY1X.  Apocynum  (  cW,  loin  de; 
xuwv,  chien  ;  dont  il  faut  éloigner  les  Chiens; 
plante  qui  tue  les  Chiens),  bot.  pu.  — 
Genre  de  la  famille  des  Apocynacées ,  tri¬ 
bu  des  Échitées  ,  formé  par  Linné,  et  ad¬ 
opté  par  tous  les  botanistes  modernes ,  a- 
vec  ces  caract.  :  Calice  5-fide.  Corolle  hy- 
pogyne,  campanulée,  5-fide  ;  à  tube  pourvu 
intérieurement  de  5  denticules  aiguës ,  in¬ 
cluses,  opposées  aux  lobes  du  limbe;  à 
gorge  nue.  Étamines  5  ,  insérées  au  bas  du 
tube  de  la  corolle ,  incluses  ;  filaments  très 
courts.  Anthères  sagittées ,  cohérentes  avec 
le  milieu  du  stigmate,  à  appendices  dé¬ 
pourvus  de  pollen.  Ovaires  2  ;  ovules  nom¬ 
breux  ,  attachés  à  la  suture  ventrale.  Styles 
presque  nuis;  stigmate  dilaté,  à  sommet 
conique.  Cinq  squammes  hypogynes.  Folli¬ 
cules  grêles ,  distinctes.  Graines  nombreu¬ 
ses  ,  chevelues  à  l’ombilic.  —  Les  Apocyns 
sont  des  plantes  herbacées ,  vivaces ,  dres¬ 
sées  ,  croissant  dans  l’Amérique  et  l’Asie 
boréales  ,  très  rarement  dans  l’Europe  au¬ 
strale.  Leurs  feuilles  sont  opposées,  mem- 
branacées ,  glabres  ;  l’inflorescence  en  cy- 
mes.  On  en  connaît  5  ou  6  esp.,  dont  la 
plus  intéressante ,  et  que  l’on  cultive  dans 
les  jardins ,  est  VA.  androsœmi folium , 
vulgairement  appelée  Gobe-mouche  ,  de 
l’Amérique  septentrionale.  Les  5  nectaires 
qui  entourent  le  pistil  de  cette  plante  sé¬ 
crètent  une  liqueur  sucrée,  abondante  ,  qui 
attire  les  mouches,  lesquelles,  enfonçant 
leurs  trompes  dans  ces  cavités  perfides ,  en 
excitent  l’irritabilité,  et  les  font  se  replier 
sur  elles -mêmes,  et  retenir  ainsi  les  mou¬ 
ches  prisonnières.  On  en  voit  souvent  un 
très  grand  nombre  surprises  ainsi  sur  la 
même  plante. 

Une  seconde  esp. ,  cultivée  comme  plan¬ 
te  d’ornement ,  mériterait  les  honneurs 
d’une  culture  en  grand ,  pour  utiliser  l’ex¬ 
cellente  filasse  que  fournissent  ses  tiges  : 
c’est  l’A.  cannabinum.  (C.  L.) 

APOCYNÉES.  Apocyneœ.  bot.  ph.— 
Famille  de  plantes  dicotylédones,  à  corolle 
monopétale  hypogyne,  offrant  les  caractères 
suivants  :  Calice  persistant ,  5-fide  ou  5- parti, 
très  rarement  4-fide,  en  général  court,  quel¬ 
quefois  foliacé,  muni  en  dedans  de  squammel- 
les  ou  de  séries  de  poils  alternes  avec  les  divi¬ 
sions.  Corolle  infundibuliforme  ou  hypocra- 
tériforme,  à  tube  et  gorge  dépourvus,  ou. 


24 


APO 


APO 


dans  certains  g.,  munis  d’écailles  entières  ou 
découpées;  limbe  5-fide  ou  5-parti,  quelque¬ 
fois  4-parti,  à  divisions  très  obliques,  inéqui¬ 
latérales,  à  estivation  contournée  ou  très  ra¬ 
rement  valvaire.  Étamines  en  nombre  égal 
aux  divisions  de  la  corolle,  égales ,  insérées 
sur  le  tube  ou  à  la  gorge  de  la  corolle,  in¬ 
cluses  ou  saillantes;  filaments  en  général 
très  courts  ou  presque  nuis,  quelquefois,  di¬ 
latés  dans  leur  partie  supérieure.  Anthères 
introrses,  biloculaires,  ovales,  acuminées  ou 
mucronées,  souvent  sagittées  ;  loges  rem¬ 
plies  de  pollen  granuleux ,  et  terminées  par 
des  appendices  basilaires  coriaces,  ou  elles- 
mêmes  cartilagineuses ,  libres ,  dressées  ou 
conniventes,  souvent  appliquées  longitudi¬ 
nalement  par  leurs  bords,  de  manière  à  for¬ 
mer  une  sorte  de  petit  cône  qui  cache  le 
stigmate  et  fait  saillie  en  dehors  du  tube  de 
la  corolle  ;  ces  anthères  se  fixent  plus  ou 
moins  intimement  contre  le  stigmate  qui 
reçoit  immédiatement  le  pollen.  Ovaire  com¬ 
posé  de  deux  carpelles  distincts  ou  connés , 
simple  ou  double ,  biloculaire  ;  placentaire 
situé  sur  la  face  ventrale  correspondant  à  la 
ligne' de  suture  des  carpelles,  très  rarement 
simple,  uniloculaire,  à  placentation  pariétale. 
Ovules  en  nombre  indéfini,  ou  solitaires  dans 
un  très  petit  nombre  de  genres,  campuli- 
tropes  ou  anatropes.  Style  simple,  renflé  au 
sommet  en  une  sorte  de  cylindre  terminé 
brusquement  en  une  pointe  fendue  plus  ou 
moins  profondément  ;  la  partie  stigmatique 
correspond  à  la  portion  cylindrique  ,  contre 
laquelle  viennent  se  coller  les  anthères.  Fruit 
(follicule)  géminé  ou  simple  par  avortement, 
plus  rarement  capsulaire,  à  deux  loges  qui 
résultent  souvent  alors  de  la  soudure  de  deux 
carpelles,  quelquefois  drupacé  ou  baccifor- 
me,  mono-polysperme,  rarement  capsulaire, 
uniloculaire,  bivalve.  Graines  de  forme  va¬ 
riable ,  très  généralement  comprimées,  en¬ 
tourées  d’une  aile  membraneuse,  ou  munies 
de  poils  soyeux  à  leur  point  d’attache,  lesquels 
sont  placés,  dans  certains  genres ,  à  l’extré¬ 
mité  opposée  au  hile.  Ces  graines,  recouvertes 
d’un  test  mou  ou  subéreux,  renferment  un 
périsperme  charnu  ou  cartilagineux  peu  épais 
ou  même  quelquefois  nul  ;  l’embryon  droit, 
souvent  foliacé ,  présente  des  cotylédons 
plans  ou  rarement  convolutés. 

Les  Apocynées  présentent ,  par  leur  fruit 
paceiforme  ou  drupacé,  des  affinités  ayecles 


Oléinées  et  lesLoganiacées;  les  connections 
que  l’on  a  cru  pouvoir  indiquer  avec  les  Ru- 
biacées  sont  plus  apparentes  que  réelles,  et 
dépendent  presque  uniquement  de  la  forme 
des  organes  floraux  et  de  la  position  des 
feuilles  :  car  l’insertion  épigynique  des  Ru- 
biacées  doit  les  éloigner  des  familles  que  je 
viens  de  citer,  et  en  particulier  des  Apocy¬ 
nées  ,  lesquelles  diffèrent  au  contraire  à 
peine  des  Asclépiadées ,  si  ce  n’est  par  la 
forme  de  l’appareil  staminal,  et  surtout  par 
la  structure  remarquable  du  pollen,  qui,  au 
lieu  d’être  pulvérulent ,  comme  il  l’est  ici , 
forme  une  masse  unique  dans  chacune  des 
loges. 

Les  Apocynées  habitent  pour  la  plupart 
les  régions  tropicales  des  deux  continents  ; 
l’Europe  n’en  possède  qu’un  petit  nombre  , 
parmi  lesquelles  je  citerai  la  Pervenche  et 
le  Laurier-Rose.  Leurs  propriétés  sont  en 
général  très  prononcées;  leur  suc,  laiteux, 
passe  pour  un  poison  très  violent;  mais  ces 
propriétés  énergiques,  répandues  dans  la  pres¬ 
que-totalité  des  Apocynées,  ne  sont  cepen¬ 
dant  pas  générales ,  car  on  mange  les  fruits 
charnus  de  plusieurs  d’entre  elles.  Plusieurs 
d’entre  elles  fournissent  du  caoutchouc. 

Les  espèces  de  cette  famille  sont  des  arbres 
souvent  très  élevés,  des  arbrisseaux  ou  des 
herbes  à  feuilles  opposées  ,  ternées  ou  al¬ 
ternes,  simples  et  toujours  entières,  sans 
stipules,  mais  offrant  souvent,  ainsi  que  les 
Asclépiadées  et  les  Loganiacées,  soit  des 
glandes,  soit  des  oreillettes  interpétiolaires. 
Les  fleurs,  régulières  et  parées  des  plus  bril¬ 
lantes  couleurs,  exhalent  souvent  des  odeurs 
extrêmement  suaves  qui  font  cultiver  cer¬ 
taines  espèces ,  et  les  femmes  de  toutes  les 
îles  de  l’Océanie  recherchent  celles  des  Plu- 
meria  pour  s’en  faire  des  ornements. 

Les  travaux  les  plus  complets  sur  les  Apo¬ 
cynées  sont  ceux  de  R.  Brown,  insérés  dans 
les  Mémoires  de  la  Soc.  Wernérienne,  et  la 
récapitulation  de  tous  les  genres  dans  l’ou¬ 
vrage  de  M.  Endlicher,  auquel  j’emprunte 
les  divisions  secondaires,  et  le  catalogue  des 
genres  tel  qu’il  est  admis  aujourd’hui.  Il 
partage  les  Apocynées  en  quatre  tribus  dont 
le  principal  caract.  est  tiré  de  la  consistance 
du  fruit,  qui  est  charnu,  drupacé  ou  en 
follicules.  Les  premières  tribus  se  subdivi¬ 
sent  elles-mêmes  en  groupes  secondaires 
qui  sont  les  suivants  ; 


APO 


APO 


Genres.  Sous-ordre  L  CARISSEES. 
Ovaire  unique,  biloculairc  ;  placentas  placés 
sur  la  cloison ,  ou  uniloculaire,  à  placentas 
pariétaux  et  correspondant  à  la  suture  des 
carpelles..  Fruit  bacciforme  ou  très  rarement 
capsulaire.  —  Carissa ,  L.;  Hancornia,  Gô¬ 
mez  ;  Ambelania,  Aubl.  ;  Pacouria,  Aubl.; 
Collophora,  Mart.  ;  Landolphia ,  Palis.  ;  Me- 
lodinus ,  Forst. ;  Courna ,  Aubl.;  Chilocar- 
pus  ,  Bl.  ;  Willughbeia ,  Roxb.  ;  Le  ucono- 
tis,  Jack;  Allamanda,  L. 

Sous-ordre  II.  OPHIOXYLEES.  Ovaire 
double,  fruit  drupacé.  —  Vallesia,  R.  et 
P.  ;  Ophioxylon ,  L.  ;  Tanghinia ,  Thouars  ; 
Thevetia,  L.;  Cer&era,  L.;  Ochrosia,  Juss.; 
Kopsia,  Bl.  ;  Rauwolfia,  Plum.  ;  Condylo- 
carpon,  Desf.  ;  Alyxia,  Banks.  ■ 

Sous-ordre  III.  EUAPOCYNÉES.  Ovaire 
double.  Fruit  folliculaire  ;  follicules  souvent 
charnus  ou  pulpeux. 

Tribu  I.  plumériées.  Graines  dépour¬ 
vues  de  soies  et  souvent  peltées.  —  Hun- 
teria  ,  Roxb.  ;  Urceola ,  Roxb.  ;  Taber- 
nemontana,  L.;  Voacanga,  Thouars;  Or- 
chip  eda,  Bl.;  Aspidosperma,  Mart.  et  Zucc.; 
Plumeria ,  L. ,  Carrier  aria,  Plum.  ;  Gonio- 
ma ,  E.  Mey.  ;  Rhazya,  Decaisn.  ;  Amsonia, 
Walt.  ;  Vinca ,  L.  ;  Lochnera,  Reichb.  ;  — 
Plectaneia,  Thouars. 

Tribu  II.  alstoniées.  Follicules  coriaces  ; 
graines  peltées,  ciliées;  cils  allongés,  formant 
une  sorte  de  chevelure  aux  deux  extrémités 
des  graines.  —  Alstonia,  R.  Br. 

Tribu  III,  échitées.  Follicules  coriaces 
ou  membraneux,  distincts  ou  rarement  sou¬ 
dés  de  manière  à  constituer  une  capsule. 
Graines  chevelues  vers  leur  point  d’attache. 
— Echites ,  R.  Brown  ;  Ichnocarpus,  R.  Br.  ; 
Beaumontia,  Wall.  ;  Holarrhena,  R.  Br.  ; 
P achy podium,  Lindl.  ;  Isonema,  R.  Br.  ; 
Thenardia ,  H.  B.  R.  ;  Vallaris ,  N.  L. 
Burm.  ;  Parsonsia,  R.  Br.  ;  Ecdysanthera, 
Hook.  et  Arn.  ;  Heligme,  Bl.  ;  Lyonsia,  R. 
Br.  ;  Pottsia ,  Hook.  et  Arn.  ;  Apocynum , 
L.;  Ectadium,  E.  Mey.  ;  Cryptolepis ,  R. 
Br.  ;  Prestonia,  R.  Br.  ;  Balfouria ,  R.  Br.; 
Nerium,  L.  ;  Strophantus,  DC. 

Tribu  IY.  wrightiées.  Graines  munies 
d’une  chevelure  à  l’extrémité  opposée  au 
hile  ou  point  d’attache.  — -  Wrightia,  R. 
Br.;  Iiixia,  Bl. 

Genres  douteux.  Alafia,  Thouars;  Sy- 
strepha,  Burch.  ;  Anabata ,  Willd.  ;  Disso- 

T.. II. 


25 

lena ,  Lour.  ;  Vahea ,  Lamk.  ;  Cercocoma, 
Wall.  cat.  ;  Crypsolobus ,  Wall.;  Syringos - 
ma  ;  Zucc.  (  J.  D.)  , 

*  APOCYRTUS  (  «rcà  ,  sans  ;  xÙ/îtos  , 
courbé  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  té- 
tramères ,  famille  des  Curculionites ,  établi 
par  Erichson ,  qui  le  caractérise  ainsi  :  An¬ 
tennes  de  longueur  médiocre;  les  deux  pre¬ 
miers  articles  du  funicule  allongés  ;  les  au¬ 
tres  courts ,  ronds ,  égaux  ;  massue  en  ovale 
allongé ,  presque  solide.  Rostre  assez  court, 
épais ,  séparé  du  front  par  un  sillon.  Yeux 
ronds,  peu  saillants.  Prothorax  convexe, 
arrondi  sur  les  côtés.  Élytres  réunies,  —  Ce 
g.  appartient  à  la  division  des  Pachyrhyn- 
chides  de  Schœnherr ,  et  se  place  entre  les 
g.  Pachyrhynchus  et  Psalidium  de  cet  au¬ 
teur.  Il  a  pour  type  une  esp.  trouvée  dans 
l’île  de  Luçon,  et  nommée  par  Erichson 
Apocyrtus  infiatus.  Cette  esp.  est  décrite 
et  figurée  dans  le  premier  supplément  au 
16e  vol.  des  Nouveaux  Actes  de  V Acadé¬ 
mie  des  Curieux  de  la  nature ,  p.  252,  tab. 
28,  fig.  8.  Schœnherr  cite  trois  autres  esp. 
des  Indes  :  VA.  profanus d’Esch.,  VA.  impius 
d’Erichs. ,  et  le  Curculio  œneus ,  qui  est  le 
même  que  le  Margarita  d’Oliv. 

(D.  et  C.) 

*APODA  (  «  priv.;  nous,  pied  ).  ins.  — 

—  Maworth  désigne  ainsi  un  genre  de  Lé¬ 

pidoptères  de  la  famille  des  Nocturnes  et 
de  la  tribu  des  Cocliopodes ,  lequel  corre¬ 
spond  au  g.  Limacodes  de  Latreille.  Voy. 
ce  mot.  (D.) 

*APODANfTHE  (  «priv.;  nous ,  rcoàVs, 
pied;  «v0vi,  fleur;  fleurs  sessiles  ).  bot.  pii. 

—  Genre  de  la  famille  des  Rafîlésiacées , 

formé  par  M.  Poiteau  [Annal.  Sc.nat.,  t. 
III ,  p.  421 ,  t.  26 ,  fl),  qui  n’en  a  connu 
et  décrit  que  l’individu  femelle ,  et  qu’on 
rapporte  avec  quelque  apparence  de  certi¬ 
tude  au  g.  Frostia  de  Bertero.  Voy.  fro- 
STIA.  (C.  L.) 

APODANTHUS.  bot.  cr.  —  Ce  nom, 
créé  par  de  M.  de  La  Pylaie  pour  un  préten¬ 
du  genre  de  Mousse ,  doit  être  définitive¬ 
ment  rayé  de  la  nomenclature  de  cette  fa¬ 
mille  ,  et  ne  doit  plus  faire  partie  que  de 
son  histoire.  Ainsi  que  Bridel  l’annonce  à  la 
fin  de  sa  Bryologie  universelle,  et  que  nous 
nous  en  sommes  assuré  nous-même  en  vi¬ 
sitant  l’herbier  de  l’auteur,  le  genre  en 
question  avait  été  fait  sur  une  capsule  du 
2* 


26 


APO 


APO 


Splachnum  ampullaceum ,  séparée  de  son 
pédoncule  et  incrustée  dans  une  sorte  de 
terreau  formé  par  les  débris  du  même 
Splachnum  et  d’autres  végétaux.  (G.  M.) 

APODE  (  à  priv.  ;  «oSs,  ir©’< Pos,  pied). 
zool.  et  bot. — Leslchthyologistes  appellent 
ainsi  tous  les  Poissons  privés  de  nageoires 
ventrales.  Cuvier  n’applique  cette  dénomi¬ 
nation  qu’aux  Poissons  anguilliformes.  M.  de 
Blainville  donne  le  nom  Apodes  au  troi¬ 
sième  ordre  de  sa  deuxième  tribu  des  Pois¬ 
sons ,  aux  Serpents ,  au  troisième  ordre  de 
ses  Lacertoïdes ,  et  étend  cette  désignation 
à  la  huitième  classe  du  sous-type  des  Ento- 
mozoaires ,  tandis  que  Lamarck  la  restreint 
aux  Annélides. 

Les  Entomologistes  appellent  Apodes  les 
larves  des  insectes  qui  sont  dépourvues  de 
pieds. 

Les  Botanistes  ont  donné  cette  épithète 
à  une  Fougère,  le  Trichomanes  apodum, 
dont  les  frondes  sont  communément  sessi- 
les,  et  à  une  Mousse  à  épis  sessiles,  le  Ly- 
copodium  apodum. 

Pendant  long-temps  on  a  cru  que  les  Oi¬ 
seaux  de  Paradis  étaient  privés  de  pieds,  ce 
qui  leur  avait  fait  donner  le  nom  de  Parad.i- 
siaapoda ;  mais  on  a  reconnu  que  cette  er¬ 
reur  était  produite  par  la  coutume  des  Pa¬ 
pous  de  leur  arracher  les  pattes  avant  de  les 
livrer  au  commerce.  (C.  d’O.) 

APODÈME  (arcotTiw,  je  lie,  j’attache  ). 
anat.  —  Mot  employé  par  MM.  Audouin  et 
Milne- Edwards  pour  désigner  les  lames  in¬ 
ternes  du  squelette  tégumentaire  des  ani¬ 
maux  articulés ,  qui  naissent  souvent  des 
lignes  de  soudure  des  pièces  principales  de 
ce  squelette.  (M.  E.) 

APODERE.  Apoderus  (ebro«Pé/îw,  j’écor¬ 
che  ).  iins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères,  famille  des  Curculionites,  fondé  par 
Olivier  aux  dépens  des  Attélabes  de  Linné 
et  adopté  par  la  plupart  des  autres  entomo¬ 
logistes.  Schœnherr  le  range  dans  sa  tribu 
des  Attélabides.  Les  Apodères  ont  de  grands 
rapports  avec  les  Attélabes  ;  mais  ils  s’en 
distinguent  par  leurs  antennes  de  12  arti¬ 
cles  ,  dont  les  4  derniers  forment  la  massue; 
le  rostre ,  épais ,  à  peine  dilaté  à  son  extré¬ 
mité;  la  tête,  prolongée  en  arrière,  et  séparée 
du  corselet  par  un  cou  étranglé  très  distinct  ; 
le  corselet,  très  rétréci  en  avant.  D’après 
son  dernier  Catalogue,  M.  Dejean rapporte 


à  ce  genre  22esp.,  dont  6  seulement  d’Eu¬ 
rope  ;  les  autres  appartiennent  à  l’Asie  et  à 
l’Afrique.  Nous  citerons  parmi  les  premiè¬ 
res  l’A.  avellanœ  ou  Attelabus,idem,  de  Lin¬ 
né  ,  qui  peut  être  considérée  comme  le  type 
du  genre.  Cette  esp.  est  répandue  dans  toute 
l’Europe,  et  a  été  figurée  dans  plusieurs 
ouvrages,  entre  autres  dans  Olivier  ( Eut ., 
t.  LXXXI,  p.  12,  n°  14  ).  C’est  la  Tête  écor¬ 
chée  ,  ou  Rhynomacer  coryli  de  Geoffroy, 
qui  se  trouve  aux  environs  de  Paris.  Il  est 
d’un  rouge  vermillon  luisant  en  dessus, 
avec  la  tête  et  l’extrémité  des  pattes  noires. 

(D.  et  C.) 

APODES  (  «  priv.,  itou  s ,  iro’cPos ,  pied  ; 
c’est-à-dire  sans  pieds  ).  annél.  —  M.  de 
Blainville  donne  ce  nom  à  une  classe  des  Ani¬ 
maux  articulés  qui  comprend  non  seulement 
les  Annélides  apodes  de  Lamarck ,  etc.  ; 
mais  aussi  la  plus  grande  partie  de  ses  Vers 
intestinaux.  Plusieurs  ordres  de  ces  der¬ 
niers  reçoivent  en  particulier  le  nom  d’An- 
nélidaires  et  sont  considérés  comme  con¬ 
stituant  les  termes  extrêmes  de  la  série  des 
Vers,  et  comme  conduisant  aux  Animaux 
rayonnés,  à  la  plupart  desquels  ils  sont  mê¬ 
me  inférieurs  ,  si  l’on  considère  en  particu¬ 
lier  chacune  de  leurs  fonctions.  Voy.  les 
articles  vers  et  apode.  (P.  G.) 

*  APODIPIïES.  ms. — Genre  établi  par 
M.  Spinola(Fss.  sur  les  Hémipt.  hétéropt .) 
dans  la  famille  des  Scutellériens,  de  l’ordre 
des  Hémiptères ,  pour  deux  esp.  rapportées 
par  tous  les  autres  entomologistes  au  g. 
Halys.  M.  Spinola  les  distingue  des  espè¬ 
ces  de  ce  dernier  g.  par  l’insertion  du  ros¬ 
tre ,  situé  en  avant  du  trou  antennaire  ; 
mais  ce  caract.  ne  nous  a  pas  paru  facile¬ 
ment  appréciable  ,  et ,  pour  cette  raison  , 
nous  avons  cru  (  Hist.  des  an.  art. ,  t.  IV  ) 
ne  pas  devoir  séparer  génériquement  les 
Apodiphus  des  Halys.  Les  deux  esp.  signa¬ 
lées  sont  les  A.  Spinulosa  ( Halys  Spinulo- 
sa  Lefebv.)  de  Syrie,  et  A.  Hellenica  ( Ha - 
lys  Hellenica  Lefebv.)  de  Grèce.  Voy.  ha¬ 
lys.  (Bl.) 

*APODOGYNUS,  DC.  (. Prodr .  t.  III, 
p.  65)  (  à  priv.;  iroys ,  icocTos,  pied  ;  yuvii ,  fem¬ 
me  ,  pistil  ).  bot.  ph.  —  Section  établie  par 
M.  de  Candolle  dans  le  genre  Goniocarpus , 
Kœn.,  de  la  famille  des  Haloragées ,  et  ca¬ 
ractérisée  par  des  stigmates  sessiles ,  tuber- 
culiformes. 


APO 


27 


Cette  section  comprend  les  Goniocarpus 
mtcranthus,  Thunb.;  scaber ,  Kœn.;  et  mi- 
crocarpus,  DC.  (Sp.) 

*APODONTIS,  Bennett,  (à* o,  distant  ; 
cfovç,  dvros,  dent),  poiss.  —  Nom  gé¬ 
nérique  d’un  groupe  de  Poissons  que  M. 
Bennett  a  proposé  pour  remplacer  celui 
d'Apolectus ,  sous  lequel  il  avait  d’abord 
établi  un  nouveau  genre  ;  mais  il  a  dû  faire 
ce  changement ,  parce  que  nous  avions  déjà 
employé  ce  mot  pour  la  dénomination 
d’un  autre  genre  de  la  même  famille ,  celle 
des  Scombéroïdes. 

Le  g.  Apodontis ,  tel  que  le  connaît  M. 
Bennett,  est  caractérisé  par  un  corps  allon¬ 
gé  ,  presque  sans  écailles  ;  à  ligne  laté¬ 
rale  couverte  d’écailles  semblables  entre 
elles.  Les  deux  dorsales  sont  rapprochées, 
presque  continues;  les  dents  maxillaires 
sont  fortes ,  coniques  et  éloignées.  L’auteur 
dit  que  ce  g.  est  très  voisin  des  Cybium , 
dont  il  diffère  à  peine  par  les  dents  coni¬ 
ques  et  écartées.  Il  croit  qu’il  faut  y  join¬ 
dre  le  Scomber  maculatus  de  Mitchill ,  que 
nous  ayons  cru  devoir  ranger  parmi  les 
Cybium. 

M.  Bennett  ne  cite  qu’une  seule  espèce , 
nommée  par  lui  Apodontis  immunis ,  à 
corps  sans  taches ,  bleu  pâle  en  dessus ,  et 
argenté  sur  les  côtés  et  sous  le  ventre  ;  la 
dorsale  antérieure  est  noire.  Ce  poisson 
faisait  partie  d’une  collection  présentée  à  la 
Société  zoologique  de  Londres  par  le  capi¬ 
taine  Belcher,  qui  l’avait  formée  sur  les 
côtes  du  nord  de  l’Afrique  baignées  par 
l’Atlantique.  Il  est  à  regretter  que  M.  Ben¬ 
nett  ne  soit  pas  entré  dans  plus  de  détails 
sur  ce  poisson ,  qui  doit  être ,  je  crois , 
rangé  dans  le  g.  des  Cybium.  (Val.) 

* APODOTES,  Benth.  (  «*rous,  «rcocTos , 
sans  pieds),  bot.  ph.  —  Section  établie 
par  M.  Bentham  ( Labiat .,  p.  79),  dans  le  g. 
Hyptis  (famille  des  Labiées) ,  et  qu’il  carac¬ 
térise  comme  il  suit  :  Capitules  sessiles,  sub¬ 
distincts.  Faux  verticilles  tous  distancés. 
Bractées  nombreuses,  apprimées.  Calice 
fructifère  dressé.  (Sp.) 

*APODYNOMÈNE,  E.  Meyer  (  Comm. 
Plant.  Afr.  austr. ,  p.  111)  {à*  o,  sans; 
{JWa/At; ,  force),  bot.  Pn.  —  Genre  de  la 
famille  des  Légumineuses,  sous-ordre  des 
Papilionacées ,  tribu  des  Lotées,  sous-tribu 
des  Galégées ,  voisin  des  Tephrosia ,  dont 


APO 

il  diffère  :  1°  par  des  fleurs  accompagnées 
chacune  d’une  bractée  spathacée,  scarieuse, 
nerveuse,  ovale,  semi-bifide;  2°  par  des 
graines  horizontales ,  à  hile  terminal.  L’au¬ 
teur  de  ce  g.  en  énumère  4esp.,  dont  l’une 
(  A.  grandiflora  E.  M.  )  est  le  Tephrosia 
grandiflora  Pers. ,  ou  Galega  grandiflora 
Vill. ,  remarquable  par  l’élégance  de  ses 
fleurs,  et  fréquemment  cultivée  comme 
plante  d’ornement.  (Sp.) 

*APOGETON,  Schrad.  bot.  ph.— Syn. 
du  g.  Aponogeton ,  Thunb. ,  de  la  famille 
des  Saururées.  (Sp.) 

*APOGOIV  priv.;  rcotyojv,  barbe),  bot. 
ph.  —  Ce  genre  fait  partie  de  la  tribu  des 
Chicoracées,  parmi  les  Composées  ;  il  réunit 
presque,  par  ses  caractères  ,  les  Lampsana 
aux  Hyoseris.  Ces  caract.  sont  les  suivants  : 
Capit.  8-10  flores  ;  involucre  composé  éga¬ 
lement  de  8-10  écailles  ovales ,  acuminées, 
disposées  sur  deux  rangs  ;  réceptacle  nu  ; 
ligules  plus  longues  que  l’involucre.  Fruits 
oblongs  ,  cylindracés ,  dépourvus  d’aigrette  , 
ou  seulement  d’un  rebord  membraneux  très 
court  qui  en  tient  lieu.  —  Les  deux  espèces 
connues  sont  originaires  de  l’Amérique  bo¬ 
réale.  Ce  sont  des  herbes  à  feuilles  caulinai- 
res ,  semi-amplexicaules  ;  celles  du  sommet 
presque  opposées ,  renfermant ,  pour  ainsi 
dire ,  plusieurs  pédicelles  disposés  en  om¬ 
belle  et  munis  chacun  d’un  capitule  de  fleurs 
jaunes.  (J.  D.) 

APOGON  («in.V/wv,  sans  barbe),  poiss. 
—  Genre  de  poissons  de  la  famille  des 
Percoïdes  à  deux  dorsales  distinctes ,  plu¬ 
tôt  nommé  par  Lacépède  qu’établi  par 
cet  auteur  sur  ses  véritables  caractères. 
Ils  consistent  dans  la  disposition  suivante  : 
La  bouche  est  garnie  de  dents  en  velours 
aux  deux  mâchoires  sur  les  palatins  et  sur 
le  vomer.  Le  préopercule  a  un  double  rebord 
horizontal  ;  le  rebord  montant  est  finement 
dentelé.  La  langue  est  lisse  et  libre;  la 
membrane  branchiostège  a  sept  rayons.  Les 
deux  dorsales  sont  peu  étendues  et  séparées; 
les  écailles  assez  grandes ,  tombant  facile¬ 
ment.  L’estomac  est  petit  et  charnu  ;  le  py¬ 
lore  est  muni  de  4  appendices  cœcaux;  l’in¬ 
testin  fait  deux  replis  ;  il  y  a  une  grande 
vessie  natatoire.  Cet  ensemble  de  caractères 
montre  l’affinité  des  Apogons  avec  les  Per¬ 
ches.  Ils  s’en  distinguent  surtout  par  la 
double  crête  qui  existe  le  long  du  bord  ho- 


APO 


APO 


rizontal  du  préopercule.  Il  n’y  a  ici  aucu¬ 
ne  des  pointes  qui  existent  dans  les  Perches 
ou  dans  les  Bars  :  ceux-ci  ont  la  langue  hé¬ 
rissée  de  dents  ;  les  Apogons  n’en  ont  pas. 
Toutes  les  esp.  de  ce  g.  sont  de  très  petite 
taille  ;  l’une  d’elles  abonde  dans  la  Méditer¬ 
ranée  ;  aussi  est-elle  connue  des  premiers 
ichthyologistes.  Gessner  en  a  donné  une 
bonne  figure,  Willughby  une  bonne  descri¬ 
ption  ;  et  comme  l’Apogon  est  nommé  en 
quelques  endroits  Roi  des  Mullets  (Mullus), 
Artedi  et  Linné  l’ont  considéré  comme  une 
espèce  de  ce  genre  privée  de  barbillons , 
et  l’appelèrent  Mullus  imberbis.  Ce  rappro¬ 
chement  inexact  a  induit  en  erreur  presque 
tous  les  successeurs  de  ces  deux  natura¬ 
listes,  et  les  a  empêchés  le  plus  souvent 
de  reconnaître  l’Apogon  dans  cette  déno¬ 
mination  de  Mullus  imberbis  ,  et  dès  lors  ils 
lui  en  donnaient  de  nouvelles ,  qui  ont  été 
fautives  pour  plusieurs  naturalistes.  Grono- 
vius  en  a  en  fait  son  genre  Amia ,  nom  qui 
aurait  dû  être  conservé,  mais  que  l’on  a  ap¬ 
pliqué  ensuite  à  un  poisson  des  eaux  dou¬ 
ces  d’Amérique  bien  différent  de  celui  dont 
nous  parlons  ici. 

M.  Lacépède  a  supposé  que  le  Mullus  im¬ 
berbis  avait  tous  les  caractères  des  Mulles  , 
sauf  les  barbillons  ;  c’est  ce  qui  l’a  engagé 
à  appeler  le  genre  qu’il  voulait  créer  Apo- 
gon.  Mais  en  même  temps  il  reproduisait , 
d’après  les  matériaux  de  Commerson,  le 
même  g. ,  et  peut-être  la  même  esp. ,  sous 
trois  noms  différents  :  car  son  Ceniropome 
doré,  son  Ostorhynquc  Fleurieu  et  son  Dip-, 
terodon  hexacanthe  ,  ne  sont  que  des  Apo¬ 
gons.  M.  Maximilien  Spinola,  ne  compre¬ 
nant  pas  bien  les  caract.  du  g.  Ceniropome 
de  Lacépède ,  décrivit  de  nouveau  notre  pois¬ 
son  de  la  Méditerranée  sous  le  nom  de  Cen- 
tropome  doré  (nom  spécifique  donné  par  La- 
cépôde  à  un  poisson  d’un  g.  tout  différent, 
celui  des  Myripristis).  M.  de  La  Roche  vit 
VApogon  aux  îles  Baléares ,  et  crut  le  recon¬ 
naître  dans  le  Perça  pusilla  de  Brunnich, 
qui  est  aussi  un  poisson  bien  distinct  de 
VApogon ,  et  M.  Rafmesque  en  fait  un  Di- 
pterodon  ruber.  Avant  lui ,  M.  Risso  avait 
parfaitement  reconnu  le  Mullus  imberbis 
d’Artedi.  Il  est  le  seul  auteur  moderne  qui 
ne  se  soit  pas  trompé.  M.  Cuvier  a  débrouil¬ 
lé  toute  cette  confusion  de  syhonymie  dans 
pop  Mémoire  sur  l’Apogon  inséré  dans  le 


Recueil  des  mémoires  du  Muséum.  On  voit 
VApogon  de  la  Méditerranée  s’avancer  jus¬ 
qu’aux  Canaries  ;  mais  ni  l’esp.  de  la  Méditer¬ 
ranée  ni  d’autres  du  même  g.  ne  se  trouvent 
sur  la  côte  d’Amérique  ou  d'Afrique  ;  tandis 
que  dans  les  mers  de  l’Inde ,  et  surtout  vers 
les  mers  australes ,  nous  voyons  reparaître 
notre  Apogon ,  ou  du  moins  une  espèce  si 
voisine,  qu’on  a  bien  de  la  peine  à  l’en  dis¬ 
tinguer.  C’est  elle  qui  a  été  donnée  sous 
trois  noms  différents  par  Lacépède:  Les  au¬ 
tres  espèces  vivent  dans  la  mer  des  Molu- 
ques  ;  la  mer  Rouge  en  nourrit  un  assez 
grand  nombre.  On  en  connaît  aujourd’hui 
plus  de  vingt  espèces,  dont  les  nombreux 
individus  que  j’ai  vus  varient  pour  la  taille 
de  5  à  14  ou  15  centimètres.  (Val.) 

APOGONES  (  «priv.  ;  iti>ywv,  barbe  ). 
bot.  en.  —  Palissot  de  Beauvois  donnait 
ce  nom  aux  Mousses  privées  de  péristomc. 
Il  est  donc  synonyme  (V Apéristomêes ,  qui 
a  prévalu.  Toutefois  ce  botaniste  y  compre¬ 
nait  «à  tort  le  genre  Tetraphys  ,  évidemment 
muni  d’un  péristome  à  quatre  dents,  qu’il 
considérait ,  lui ,  comme  un  opercule  qua- 
drifide.  (C.  M.) 

APOGONIE.  Apogonia  (  yw, ,  sans 
poils  ).  iss.  —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères  ,  famille  des  Lamellicornes ,  tribu 
des  Scarabéides  -  phyllophages  ,  établi  par 
Kirby,  qui  lui  donne  pour  caract.  :  Labre 
arrondi  postérieurement,  muni  d’une  poin¬ 
te  dans  son  milieu  antérieur.  Lèvre  trans¬ 
versale  un  peu  aiguë  au  milieu,  portant 
les  palpes  labiaux  à  sa  base.  Mandibules  un 
peu  arquées ,  cornées,  très  fortes ,  voûtées , 
et  un  peu  échancrées  à  l’extrémité  ;  m⬠
choires  mandibuliformes ,  très  courtes ,  é- 
dentées  au  sommet ,  peu  échancrées.  Pal¬ 
pes  presque  en  massue:  Antennes  de  dix 
articles  ;  les  trois  derniers  formant  une 
massue  presque  lancéolée ,  garnie  de  poils. 
Sternum  et  prosternum  sans  prolongement. 
Tous  les  crochets  des  tarses  bifides. 

Ce  genre  a  été  fondé  par  l’auteur  sur  une 
seule  esp. ,  qu’il  présume  être  du  Brésil ,  et 
qu’il  nomme  Gemellqta .  Elle  est  figurée 
dans  un  ouvrage  de  lui ,  intitulé  :  Centurie 
d’insectes,  contenant  plusieurs  g.  nouveaux, 
pl.  2,  fig.  i  ,  et  dans  V Iconographie  du  Rè¬ 
gne  animal  de  Cuvier,  par  M.  Guérin,  pl.  24, 
fig.  4.  M.  Dejean ,  dans  son  dernier  Catalo¬ 
gue  ,  y  réunit  5  autres  esp. ,  dont  2  du  gç- 


APO 


APO 


29 


négal  et  3  des  Indes  orientales.  Enfin ,  M. 
Boisduval ,  dans  la  partie  entomologique  du 
Voyage  de  V Astrolabe  ,  en  décrit  et  figure 
une  septième  esp.  sous  le  nom  de  A .  con- 
spersa ,  comme  ayant  été  trouvée  dans  Plié 
de  Vanikoro.  (P.  et  G.) 

*APOICA  (anàixidc ,  colonie  ;  à  cause  de 
la  réunion  en  société  de  ces  insectes  ;  il 
faudrait  écrire  Âpœcia).  ins.  —  Genre  de 
la  famille  des  Guêpiens ,  de  l’ordre  des  Hy¬ 
ménoptères  ,  établi  par  M.  Lepelletier  de 
Saint -Fargeau  (  Ins.  JELym. ,  suites  à  Buf- 
fon) ,  et  regardé  par  nous  (  Hist.  des  an, 
art.,  t.  IV)  comme  une  simple  division  du 
g.  Agelaia  du  même  auteur.  Les  Apoica 
sont  caractérisés  surtout  par  les  mandibu¬ 
les,  dont  la  première  dent  est  oblitérée  ,  et 
par  les  ailes,  ayant  leur  seconde  cellule 
cubitale  assez  dilatée  vers  le  disque ,  et  ré¬ 
trécie  vers  la  radiale,  celle-ci  ne  s’avançant 
pas  beaucoup  plus  près  de  l’extrémité  de 
l’aile  que  la  troisième  cellule  cubitale.  M. 
Lepelletier  de  Saint-Fargeau  ne  rapporte  à 
son  g.  que  deux  esp.  de  l’Amérique  méri¬ 
dionale  :  ce  sont  les  A.  lineolata  et  palli- 
da  Lep.  (Bl.) 

* APOLECTE.  Apolectus  (  ««oÎsxtos  , 
nom  d’un  poisson  cité  par  Hermolaüs 
dans  Athénée,  et  voisin  de  la  Pélamyde). 
poiss.  —  Genre  de  Poissons  créé  par  MM. 
Cuvier  et  Valenciennes ,  dans  la  famille  des 
Scombéroïdes  ,  pour  un  poisson  de  l’Inde  , 
qui  ressemble  aux  Trachinotes ,  mais  qui 
s’en  distingue  par  ses  ventrales  jugulaires. 
Ce  poisson  a ,  d’ailleurs ,  le  corps  haut  et 
très  comprimé.  Les  mâchoires  sont  armées 
de  dents  pointues  ;  la  nuque  est  tranchante , 
et  a  une  épine  couchée  en  avant ,  laquelle 
est  suivie  de  quatre  autres  petites  et  mo¬ 
biles.  Les  pectorales  sont  longues  et  en  for¬ 
me  de  faux;  les  écailles  sont  d’une  petitesse 
extrême.  —  La  seule  esp.  connue  de  ce  g. 
(Apolectus  stromatoïdes  Cuv.  et  Val.)  vient 
de  la  côte  de  Malabar. 

Sous  la  dénomination  Apolectus,  M. 
Bennett  avait  établi  dans  les  Proceedings 
de  la  Société  zoologique  un  genre  de  pois¬ 
sons  de  la  famille  des  Scombéroïdes  ;  mais, 
voyant  que  nous  avions  employé  déjà  ce 
nom  pour  désigner  un  autre  genre ,  M. 
Bennett  a  changé  le  nom  du  g.  créé  par 
lui  en  celui  d 'Apodontis.  Voy.  ce  mot. 

(Val.; 


APOLLE.  Apollo  (  ÂrtcMwv ,  Apollon  ; 
Myth.  ).  moll.  —  Genre  tout  à  fait  inutile, 
proposé  par  Montfort  pour  celui  des  Ba- 
nelles  de  Lamarck ,  qui  offrent  à  la  base  de 
la  columelle  une  fente  ombilicale  plus  ou 
moins  large.  —  Ce  g.,  comme  on  le  voit , 
ne  peut  être  adopté.  (Desh.) 

APOLLON.  Apollo.  ins.  —  Nom  d’un 
très  beau  Papillon  de  jour,  propre  à  toutes 
les  montagnes  de  l’Europe ,  comme  à  celles 
du  Nord  et  du  centre  de  l’Asie ,  lesquelles 
doivent  être  d’autant  plus  élevées ,  pour 
l’y  rencontrer,  que  la  latitude  du  pays  est 
plus  méridionale.  C’est  ainsi  qu’on  le'  trou¬ 
ve  à  la  fois  en  Suède  ,  sur  la  Sierra  Nevada , 
en  Espagne  ,  en  Sibérie  ,  et  sur  l’Himalaya  , 
en  Asie.  Du  reste  ,  ce  papillon,  qui  appar¬ 
tient  au  g.  Parnassius  (  Voy.  ce  mot  ) ,  est 
très  commun  dans  les  Alpes,  les  Pyrénées , 
les  Cévennes  et  les  montagnes  de  l’Auver¬ 
gne.  Sa  chenille  vit  sur  les  Sedum  et  les 
Joubarbes.  (D.) 

*APOLLONÏAS  (  xkoïïm'jluç  ,  consacré 
à  Apollon  ).  bot.  ni.  — Genre  de  la  famil¬ 
le  des  Laurinées ,  tribu  des  Camphorées , 
formé  par  Nees  von  Esenbeck  (  Prog .  10, 
Laurin,  95  ) ,  qui  lui  attribue  ces  caract.  : 
Fleurs  hermaphrodites.  Périgone  6  -  fide , 
presque  égal  ;  à  lacinies  membranacées  ,  se 
durcissant  ensuite  en  une  cupule  autour 
du  fruit.  Étamines  12,  quadrisériées,  dont 
9  extérieures  fertiles  ,  5  intérieures  stériles-, 
3  fertiles  intimes ,  accompagnées  latérale¬ 
ment  de  staminodes  binés  ,  stipités.  Anthè¬ 
res  de  la  lre  et  de  la  2e  séries  introrses; 
celles  de  la  3e  extrorses  ;  toutes  oblongues, 
bilocellées  ,  déhiscentes  par  autant  de  val¬ 
vules  ascendantes.  Les  étam.  stériles  stipi 
tées ,  se  terminant  en  un  capitule  globu¬ 
leux  ,  qui  se  change  quelquefois  en  anthè¬ 
re  ;  accompagnées  de  glandules  géminées  , 
stipitées  à  la  base  ou  sessiles  au  dessous  du 
capitule.  Ovaire  uniloculaire,  uni-ovulé. 
Stigmate  déprimé -capité.  Baie  monosper¬ 
me,  enveloppée  à  sa  base  par  le  périgone 
persistant ,  endurci  et  connivent.  —  Ce  g. 
ne  renferme  qu’une  esp.  (Laurus  canarien- 
sis,  Willd.).  C’est  un  arbre  moyen,  à  feuilles 
alternes ,  persistantes,  obscurément  veinées- 
penninerves  ;  à  gemmes  petites  ,  bivalves  , 
à  fleurs  nues,  en  panicules  étroites.  Il  croît 
aux  Canaries  et  a  le  port  du  Laurus  no~ 
bilis,  (C.  L.) 


APO 


30  APO 

APOMÆA,  Neck.  bot.  ph.~  Syn.  du 
g.  ipomœa.  (Sp.) 

*  APOMASTOMES.  moll.  —  Voyez 

APOMATOSTOMES.  (C.  D’O.; 

*  APOMATOSTOMES.  Apomatosto- 

ma  (  «  priv.  ;  nuy-u. ,  opercule  ;  a ro>«,  bou¬ 
che).  moll.  —  Menke  donne  ce  nom  à  un 
sous -ordre  de  l’ordre  des  Gastéropodes, 
comprenant  ceux  dont  la  coquille  est  dé¬ 
pourvue  d’opercule.  Férussac  écrit  Apo- 
mastomes.  (C.  d’O.) 

APOMECYNA  (cwo/mxûvw  ,  j’allonge). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétramères , 
famille  des  Longicornes ,  établi  par  M.  De- 
jean  aux  dépens  des  Saperdes  de  Fabricius, 
et  adopté  par  M.  Serville  ,  qui  le  place  dans 
la  tribu  des  Lamiaires ,  sous-tribu  des  Con¬ 
vexes  (  Ann.  de  la  Soc.  ent.  de  France,  t. 
IY,  p.  77  ).  Les  caract.  en  sont  :  Corps  ovalai- 
re-convexe.  Tête  assez  grosse ,  avec  sa  face 
antérieure  un  peu  bombée.  Mandibules  très 
petites.  Palpes  courts,  filiformes  ,  ayant  leur 
dernier  article  grêle  et  pointu.  Antennes 
glabres ,  moitié  moins  longues  que  le  corps  , 
écartées  à  leur  base ,  ayant  leur  premier  ar¬ 
ticle  allongé ,  en  cône  renversé  ;  le  second, 
court;  le  troisième,  cylindrique  ,  ainsi  que 
les  sept  suivants;  le  plus  grand  de  tous, 
le  quatrième ,  moitié  plus  court  que  le  troi¬ 
sième;  les  autres ,  diminuant  graduellement 
de  longueur;  le  onzième,  très  court  et 
pointu  dans  les  femelles.  Corselet  en  carré 
long,  ayant  son  bord  antérieur  coupé  droit, 
et  ses  bords  latéraux  mutiques.  Écusson 
presque  triangulaire.  Élytres  longues,  un 
peu  ovalaires  ,  assez  étroites ,  et  mutiques  à 
leur  extrémité.  Pattes  courtes ,  d’égale  lon¬ 
gueur  ;  cuisses  non  en  massue.  Parmi  les 
5  esp.  rapportées  à  ce  g.  par  M.  Dejean, 
dans  son  dernier  Catalogue ,  nous  citerons 
comme  type  VApomecyna  albo-guttata , 
Mégerle,  des  Indes  orientales ,  qui  est  peut- 
être  la  Saperda  histrio  de  Fabricius. 

(D.  et  C.) 

APOMÉSOSTOMES (^o,  sur;  /*s<70$, 
milieu  ;  c?r o>« ,  bouche),  échin.  —  Klein  a 
donné  ce  nom  à  une  section  qu’il  a  proposé 
d’établir  dans  la  famille  des  Oursins  pour  y 
ranger  ceux  de  ces  animaux  dont  la  bouche 
n’est  pas  centrale.  (C.  d’O.) 

APONA  (  «trovst  ?  remèdes  contre  les 
douleurs  ou  la  lassitude  ).  bot.  cr.  (  Phv- 
cées.  )  —  Genre  d’ Algues ,  de  la  tribu  des 


Batrachospermées ,  créé  par  Adanson ,  mai» 
trop  imparfaitement  déterminé  pour  que 
l’on  puisse  être  certain  de  la  place  qu’il  doit 
occuper.  Quelques  unes  de  ses  esp.  sont 
rapportées  au  g.  Batrachospermum. 

(De  Bréb.) 

APONÉVROSE.  Aponeurosis  {  cxicovev- 
ponlz,  nom  grec  de  l’Aponévrose),  anat.— 
Les  Aponévroses  sont  des  membranes  blan¬ 
ches,  luisantes,  très  résistantes,  et  compo¬ 
sées  de  fibres  entrecroisées.  Celles  qui  se 
trouvent  à  l’extrémité  des  muscles  se  nom¬ 
ment  Aponévroses  d’insertion.  Il  y  a  aussi 
les  Aponévroses  dites  d’enveloppe  ;  elles  ont 
la  forme  des  membres  ou  des  organes 
dont  elles  recouvrent  et  maintiennent  les 
muscles.  (M.  S.  À.) 

APONOGETON  ( apon ,  mot  celte  qui 
signifie  eau ;  yeccdav  ,  voisin),  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Saururacées ,  formé 
par  Thunberg  (Nov.  Gen.,  72) ,  revu  et  ad¬ 
opté  par  les  botanistes  modernes ,  avec  ces 
caract.  :  Épis  floraux  terminaux,  conjugués- 
binés ,  enveloppés  d’un  involucre  diphylle , 
persistant ,  coloré ,  alternant  avec  les  épis  ; 
fleurs  unilatérales  en  dedans,  sessiles,  distan¬ 
tes  ;  chacune  soutenue  par  une  bractée  soli¬ 
taire  ou  double  et  géminée-colorée;  les  ter¬ 
minales  tri-bractéées ,  la  plus  infér.  sessile 
dans  la  dichotomie  des  épis.  Périgone  nul. 
Etam.  6-18,  imparfaitement  périgynes  ;  fila¬ 
ments  subulés,  adnés  à  la  base  extrême 
de  l’ovaire  ;  quelques  uns  parfois  abortifs. 
Anthères  à  loges  opposées  ,  bordant  le  con¬ 
nectif.  Ovaire  5-5-loculaire  ,  3-5-rostré ,  se 
terminant  en  autant  de  stigmates  subrecour¬ 
bés  ;  ovules  2-4 ,  ascendants ,  orthotropes , 
attachés  à  la  base  de  l’angle  central  des  lo¬ 
ges.  Capsule  5-5-loculaire,  5-5-fide,  dé¬ 
hiscente  en  dedans  ;  à  loges  1-4-spermes. 
Graines  dressées,  oblongues;  à  test  coriace, 
lisse.  Embryon  très  petit ,  antitrope  ,  dico- 
tylédon  ;  à  radicule  supère ,  dans  une  po¬ 
che  située  dans  une  cavité  au  sommet  d’un 
albumen  cartilagineux.  —  Ce  g.  renferme 
5  ou  6  espèces  herbacées ,  à  rhizome  tubé- 
reux,  vivace,  donnant  naissance  à  des 
feuilles  longuement  pétiolées ,  ovales-allon- 
gées ,  lancéolées  ,  nutantes  ,  nervées ,  a 
bords  pétiolairès  vaginants;  leur  inflore¬ 
scence  en  épi  bifurqué,  terminant  une  scape 
molle ,  et  se  dressant  à  peine  à  la  florai¬ 
son  au  dessus  de  l’eau.  —  On  en  cultive 


APO 


APO 


plusieurs  clans  nos  serres,  et  la  plus  re¬ 
marquable  est  VA.  distakyon ,  dont  l’odeur 
des  fleurs  est  extrêmement  suave  ,  et  rap¬ 
pelle  celle  de  l’Héliotrope.  (C.  L.) 

*  APOPHYLIA,  C.  (  àicQV'jïtoç,  étran¬ 
ger,  qui  n’est  d’aucune  tribu),  ms.  — 
Genre  de  Coléoptères  tétramères ,  famille 
des  Chrysomélines ,  établi  par  M.  Chevro- 
lat ,  et  adopté  par  M.  Dejean  ,  qui ,  dans 
son  dernier  Catalogue,  y  rapporte  seule¬ 
ment  2  esp.,  qu’il  nomme  l’une  A.  cœrule- 
scens,  du  Sénégal ,  et  l’autre  A.  smaragdi- 
na,  du  cap  de  Bonne-Espérance.  D’après  les 
renseignements  que  M.  Chevrolat  a  bien 
voulu  nous  fournir  sur  ce  g.  inédit ,  il  ap¬ 
partient  à  la  tribu  des  Gallérucites ,  et 
peut  être  caractérisé  ainsi  :  Tête  arrondie  , 
très  grosse  relativement  au  corselet,  qui 
est  très  étroit ,  transverse ,  sillonné.  An¬ 
tennes  de  douze  articles  :  le  premier  forte¬ 
ment  en  massue  ;  le  deuxième  moitié  plus 
petit  que  le  troisième  ;  de  3  à  11  égaux  ; 
le  dernier  fort  court ,  acuminé.  Labre  é- 
pais,  relevé,  circonflexe.  Yeux  oblongs, 
semi-sphériques.  Crochets  des  tarses  parais¬ 
sant  simples ,  larges ,  courts  ,  subitement 
recourbés.  M.  Chevrolat  rattache  au  même 
genre  la  Galleruca  chloroptera  Dej. ,  du 
Brésil.  (D.  et  C.) 

APOPHYLLITE,  Haüy  (xKO'pvmçetv , 
s’exfolier),  min.  —  Syn.  :  Ichthyophthal- 
me  d’Àndrada  ,  Zéolithe  d’Hellesta  ,  Rinn- 
mann  ;  Fischaugenstein  ,  W.  —  Espèce  de 
l’ordre  des  Silicates  hydratés ,  non  alumi¬ 
neux  ,  cristallisant  en  prismes  ou  en  octaè¬ 
dres  droits ,  à  base  carrée.  Cette  substance 
est  ordinairement  incolore  et  transparente  ; 
elle  est  un  peu  plus  dure  que  la  Fluorine. 
Elle  se  clive  avec  facilité  parallèlement  à 
la  base  de  sa  forme  fondamentale ,  et  mon¬ 
tre  dans  ce  sens  un  éclat  légèrement  nacré  ; 
dans  toute  autre  direction  ,  elle  est  vitreu¬ 
se.  Elle  a  une  grande  tendance  à  s’exfolier 
soit  par  le  frottement  contre  un  corps  dur, 
soit  par  l’exposition  à  la  flamme  d’une  bou¬ 
gie.  Elle  est  composée  de  Silice,  de  Chaux, 
de  Potasse  et  d’Eau  ,  dans  les  proportions 
de  :  Silice,  51  ;  Chaux,  26,4  ;  Potasse,  5,6 ; 
Eau ,  17  ;  composition  que  l’on  peut  for¬ 
muler  ainsi  :  Si50  Cas  K1  Ag16  (en  admet¬ 
tant  que  la  Silice  résulte  de  la  combinaison 
d’un  atome  d’oxygène  ayec  un  atome  de 
Silicium). 


31 

Sa  forme  fondamentale  est  un  octaèdre  à 
base  carrée ,  dans  lequel  l’angle  des  faces 
adjacentes  sur  la  même  pyramide  est  de 
104°2’,  tandis  que  l’angle  des  faces  qui  se 
rencontrent  dans  les  arêtes  latérales  est  de 
121°.  Les  formes  qui  dominent  dans  les  cris¬ 
taux  sont  tantôt  la  forme  octaédrique,  tantôt 
la  forme  prismatique ,  et  souvent  celle  d’u¬ 
ne  table  très  aplatie ,  dont  les  bords  sont 
chargés  de  facettes.  Au  chalumeau ,  l’Apo- 
phyllite  perd  sa  transparence  ,  se  boursou¬ 
fle  ,  et  fond  en  un  verre  bulleux.  Elle  don¬ 
ne  abondamment  de  l’eau  dans  le  matras. 
Elle  est  sujette  à  s’altérer  dans  ses  couches 
superficielles ,  et  à  passer  au  blanc  mat , 
probablement  par  la  perte  d’une  portion 
de  son  eau  de  cristallisation;  et  c’est  sans 
doute  à  cette  cause  que  l’on  doit  attribuer 
les  variations  singulières  qu’elle  manifeste 
dans  ses  propriétés  optiques.  Elle  est  solu¬ 
ble  en  gelée  dans  les  acides  ;  la  solution 
précipite  abondamment  par  l’oxalate  d’Am- 
moniaque ,  et  laisse  ensuite  un  résidu  alca¬ 
lin.  Après  l'évaporation  et  la  calcination , 
la  pesanteur  spécifique  est  de  2,3. 

L’Apophyllite ,  d’après  son  système  de 
cristallisation ,  doit  avoir  un  seul  axe  opti¬ 
que  ;  cependant  il  existe  des  variétés ,  de 
forme  prismatique ,  dont  la  structure  ne 
paraît  pas  être  uniforme ,  et  qui  offrent , 
comme  l’Analcime ,  une  sorte  de  mosaïque 
ou  combinaison  régulière  des  parties ,  les 
unes  h  un  axe  ,  les  autres  à  deux  axes  opti¬ 
ques.  C’est  à  ces  variétés  que  M.  Brewster 
a  donné  le  nom  de  Tessélite.  Parmi  les 
Apophyllites  à  structure  uniforme  et  à  un 
seul  axe,  les  unes  se  font  remarquer  par  les 
teintes  extraordinaires  que  présentent  leurs 
anneaux  polarisés  ;  d’autres  offrent  cette 
particularité  que  leurs  anneaux  sont  alter¬ 
nativement  blancs  et  noirs.  M.  Brewster  a 
donné  à  ces  dernières  le  nom  de  Leucocy - 
dites. 

Le  même  physicien  a  décrit  sous  le  nom 
â'Oxahvérite  un  minéral  qui ,  par  sa  for¬ 
me  ,  sa  composition  ,  et  tous  ses  caractères 
extérieurs ,  paraît  se  rapporter  à  l’esp.  que 
nous  décrivons.  Il  a  été  trouvé  sur  les 
bords  de  la  source  chaude  d’Oxahver  en 
Islande.  —  La  substance  nommée  primi¬ 
tivement  Albin ,  à  cause  de  sa  teinte  d’un 
blanc  mat ,  dont  Haüy  avait  fait  d’abord 
une  variété  de  Mésotype ,  et  qu’il  a  ensuite 


32 


ÀPO 


APO 


réunie  à  l’Apophyllite ,  n’est  rien  autre 
chose  qu’une  Apophyllite  devenue  opaque 
par  altération.  On  la  trouve  dans  les  cavi¬ 
tés  d’un  Phonolite ,  à  Marienberg  en  Bohê¬ 
me. 

L’Apophyllite  est  le  plus  souvent  inco¬ 
lore;  cependant'  elle  présente  quelquefois 
des  nuances  de  bleu  ou  de  rougeâtre.  Elle 
est  presque  toujours  en  cristaux  implantés , 
souvent  fort  nets,  mais  quelquefois  lamini- 
formes ,  et  groupés  alors  les  uns  sur  les  au¬ 
tres  ,  de  manière  à  donner  à  la  masse  une 
structure  lamellaire.  —  On  la  trouve  dans 
les  dépôts  de  Fer  magnétique  du  terrain  de 
Gneiss,  en  Suède  et  en  Norwége,  particu¬ 
lièrement  à  Nordmarken,  à  Hellesta,  et 
dans  l’Ile  d’üton;  dans  les  calcaires  qui 
accompagnent  les  minerais  de  Cuivre  de 
Cziklowa  dans  le  Bannat ,  et  les  minerais 
d’ Argent  d’Andreasberg  au  Harz  ;  enfin  , 
elle  se  rencontre  assez  fréquemment  dans 
les  roches  amygdaloïdes  de  Marienberg , 
près  d’Aussig  en  Bohême,  de  Fassa  en  Ty- 
rol ,  des  îles  Feroë ,  de  l’île  Disco  au  Gro¬ 
enland,  etc.  (Del.) 

APOPHYSE  (  dnocpvofJLui ,  je  nais  de). 
zool.  —  On  appelle  Apophyses  les  éminen¬ 
ces  naturelles  des  os.  Les  noms  qui  leur  ont 
été  donnés  expriment  leur  forme  :  Apophy¬ 
se  odontodoïde  (en  forme  de  dent),  cora¬ 
coïde  (en  bec  de  corbeau),  styloïde  (en 
style  ) ,  mastoïde  (  en  mamelon  ) ,  etc.  ;  ou 
bien  rappellent  le  nom  de  l’anatomiste  qui 
les  a  dénommées  le  premier  ;  ex.  :  Apophyse 
dTngrassius.  Elles  en  changent  aussi  suivant 
leur  configuration.  On  nomme  empreintes 
les  Apophyses  peu  saillantes  et  développées 
en  largeur  ;  lignes ,  celles  qui  sont  minces 
et  linéaires  ;  crêtes ,  les  éminences  plus  pro¬ 
noncées  que  les  lignes;  bosses,  les  saillies 
arrondies;  protubérances ,  celles  qui  sont 
irrégulières.  On  leur  donne  aussi  des  dé¬ 
nominations  qui  en  indiquent  l’usage , 
comme  Trochanter,  qui  fait  tourner;  ou, 
d’après  leur  position ,  l’on  y  joint  les  épi¬ 
thètes  de  verticale ,  transverse ,  etc. 

On  n’appelle  Apophyses  que  les  saillies 
complètement  ossifiées,  faisant  corps  avec 
l’os;  tant  qu’il  reste  un  point  d’insertion 
cartilagineux ,  elles  sont  appelées  épiphyses. 
Voy .  ce  mot,  ainsi  que  l’art,  os. 

(C.  D’O.) 

En  botanique,  famille  des  Mousses, 


on  donne  le  nom  d’Apophyse  à  un  renfle¬ 
ment  qui  se  Yoit  au  bas  et  un  peu  au  des¬ 
sous  de  la  capsule  ,  et  dont  la  forme  est  très 
variable.  LesPolytrics  et  les  Splachnes  sont 
les  deux  genres  qui  présentent  ces  renfle¬ 
ments  de  la  manière  la  plus  évidente.  Dans 
les  derniers  surtout ,  l’Apophyse  surpasse 
quelquefois  en  grosseur  la  capsule  elle-mê¬ 
me.  Le  plus  ordinairement  elle  est  due  à  la 
dilatation  du  pédoncule  ;  mais,  dans  quel¬ 
ques  cas  aussi,  c’est  aux  dépens  de  la  cap¬ 
sule  que  le  renflement  a  lieu.  Tantôt  c’est 
tout  simplement  un  bourrelet  ou  un  anneau 
non  interrompu  autour  du  sommet  du  pé¬ 
doncule  ;  tantôt  c’est  une  dilatation  sphéri¬ 
que  ou  piriforme  ;  tantôt  enfin  c’est  un  sim¬ 
ple  renflement  unilatéral ,  en  forme  de  dent, 
comme  dans  le  genre  Oncophorus  de  Bri- 
del.  Dans  ce  dernier  cas ,  on  a  donné  à  cette 
sorte  d’Apophyse  le  nom  spécial  de  Slruma 
ou  Goitre.  (C.  M.) 

*APOPLANESIA,  Presl.  {Symb.,  t.ï, 
p.  63 ,  tab.  41  )  (  à.noTÙcm',*ts ,  qui  trompe  , 
égare  ).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille 
des  Légumineuses ,  sous  -  ordre  des  Césalpi- 
niées.  Son  auteur  en  donne  les  caract.  sui¬ 
vants  :  Calice  5-fide  ;  lobes  presque  égaux , 
3-nervés ,  accrescents.  Corolle  rosacée ,  ré¬ 
gulière,  5-pétale.  Étamines  10,  monadeJ- 
phes.  Ovaire  1-ovulé.  Légume  sessile,  com¬ 
primé,  subelliptique,  mucroné,  verruqueux, 
indéhiscent.  Graine  comprimée,  à  embryon 
curviligne.  —  Ce  g.  est  fondé  sur  une  seule 
esp.  [A.  paniculata,  Presl.).  C’est  un  arbre 
dont  la  patrie  est  inconnue.  Ses  feuilles 
sont  imparipennées,  multifoliolées,  non  sti¬ 
pulées  ;  les  fleurs  en  épis  paniculés.  (Sp.) 

APORETICA  ,  Forst.  (  «îco/îvjrtixcis, 
douteux ,  incertain  ).  bot.  pii.  —  Synon. 
du  genre  Schmiedelia,  de  la  famille  des  Sa- 
pindacées.  (Sp.) 

*  APORHINA  ,  C.  (â«o,  loin  de  ;  piv, 
nez  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères ,  famille  des  Curculionites ,  établi 
par  M.  Boisduval  dans  la  partie  entomolo- 
gique  du  Voyage  de  V Astrolabe,  mais  sans 
indication  de  caract.  M.  Dejean ,  qui  l’a 
adopté  ,  le  place ,  dans  son  dernier  Catalo¬ 
gue,  entre  les  g.  Eurhynchus  de  Schœn- 
herr  et  Apion  d’Herbst.  Il  est  fondé  sur 
une  seule  esp.  trouvée  dans  l’île  de  Wai- 
giou  (  Océanie  )  par  le  capitaine  d’Urville , 
qui  l’a  nommée  A.  bispinosa.  (D.) 


APO 


APO 


33 


*  APORÛBKANCHES.  Aporohran - 
chiata  (  ««o/sc?,  imperforé  ;  Gpàyxix ,  bran- 
chie  ).  moll.  —  M.  de  Blainville  ,  dans  son 
Traité  de  Malacologie ,  donne  ce  nom  à 
un  ordre  qui  renferme  dans  5  familles  les 
Ptéropodes  des  auteurs.  C’est  à  l’art,  mol¬ 
lusque  que  nous  nous  proposons  d’exposer 
d’une  manière  générale  les  divisions  de  pre¬ 
mier  ordre ,  les  classifications  les  plus  re¬ 
commandables.  Nous  renvoyons ,  en  consé¬ 
quence  ,  à  cet  article.  r  (Desh 4 

NAPOROCÉPHALÉS.  Aporocephala 
(  à  priv.  ;  icàpoi  ,  pore  ;  ,  tête  ).  hel- 

miîstii.  ■ —  Premier  ordre  de  la  sous-classe 
des  Annélidaires,  Blainv.,  ainsi  nommée  par¬ 
ce  que  la  tête  ne  présente  pas  de  pore 
en  forme  de  ventouse,  destiné  à  la  loco¬ 
motion  ,  comme  dans  les  Àmphistomes  et 
genres  voisins.  La  bouche  des  Aporocépha- 
lés  est  le  plus  souvent  terminale.  Cet  ordre 
comprend  les  Térétulariés  ( [Borlasies ,  Pro- 
stomes,  etc.),  qui ,  joints  aux  Dérostomes  , 
correspondent  à  la  majeure  partie  des  Tur- 
bellaria  rhabdocœla  de  M.  Ehrenberg,  et 
les  Planariés,  dont  les  espèces  à  intestin 
rameux  reçoivent  du  savant  de  Berlin  le 
nom  de  Dendrocœla.  (P.  G.) 

*  APOROSA  (  «iro/soî ,  embarrassant  ; 
difficile  à  classer),  os.  -—Genre  de  l’ordre 
des  Diptères,  division  des  Némocères ,  fa¬ 
mille  des  Tipulaires,  tribu  des  Tipulides 
Brévipalpes,  établi  par  M.  Macquart,  et 
auquel  il  assigne  les  caract.  suivants  :  Fa¬ 
ciès  des  Limnobies.  Tête  presque’  sphéri¬ 
que.  Rostre  un  peu  plus  long  que  la  tête  , 
cylindrique,  terminé  de  chaque  côté  par 
un  petit  tubercule.  Trompe  sortant  pres¬ 
que  horizontalement  du  rostre ,  trois  fois 
plus  longue  que  la  tête ,  menue ,  s’effilant 
vers  l’extrémité ,  et  se  terminant  en  deux 
petits  lobes  divergents  ;  une  soie  dépassant 
un  peu  la  trompe.  Antennes  filiformes,  de 
quatorze  articles  :  les  deux  premiers  assez 
épais;  le  premier  assez  court,  un  peu  coni¬ 
que  ;  le  deuxième  cyathiforme  ;  le  troisième 
cylindrique ,  à  peine  aussi  long  que  le  pre¬ 
mier;  les  autres  ovalaires,  ailés.  Une  cellule 
marginale;  une  sous-marginale;  une  discoï- 
dale  ;  quatre  postérieures. 

M.  Macquart  rapporte  à  ce  g.  deux  esp. » 
l’une  de  l’île  Bourbon,  et  l’autre  des  îles 
Canaries.  Il  nomme  la  première  A.  fuscana , 
et  la  seconde  A.  maculipennis.  Celle-ci  a  été 

T.  II. 


décrite  et  figurée  par  -lui  dans  V Histoire 
naturelle  des  Canaries  de  MM.  Webb  et 
Berthelot. 

Le  nom  générique  d'Aporosa  exprime , 
dit  Fauteur,  son  incertitude  sur  la  place 
qu’occupe  ce  g.  dans  l’ordre  naturel.  Par  la 
conformation  de  la  trompe ,  les  Aporoses 
se  rapprochent  des  Culicides ;  mais,  par  le 
reste  de  l’organisation  ,  elles  appartiennent 
aux  Tipulides,  et  sont  voisines  des  Limno¬ 
bies.  Voy .  ce  mot.  (D.) 

*  APOROSA  («i -opos,  sans  issue  ;  incertai¬ 

ne).  bot.  pu.-— Genre  de  plantes  dicotylé¬ 
dones,  formé  par  Blume  (Bijd.,SU),  et  dont 
la  place  dans  les  familles  naturelles  n’est  pas 
encore  déterminée ,  en  raison  de  ce  qu’il 
n’a  pu  être  suffisamment  caractérisé  par  son 
auteur ,  qui  le  regarde  comme  voisin  du  g. 
Cecropia.  Endlicher  et  Lindley  le  réunis¬ 
sent,  mais  avec  doute,  aux  Urticacées. 
Voici  les  seuls  caract.  connus  jusqu’ici  : 
Fleurs  dioïques ,  dont  les  mâles  en  épis 
très  denses.  Périgone  profondément  4-par- 
tite  ,  à  lacinies  bisériées.  Étam.  2,  courtes  ; 
loges  des  anthères  arrondies.  Ovaire  rudi¬ 
mentaire  central.  —  Une  seule  esp.  indigè¬ 
ne  au  Japon.  C’est  un  arbrisseau  à  feuilles 
alternes,  oblongues ,  aiguës  »  base,  très 
entières,  veinées ,  scabriuscules  es  dessous  ; 
à  inflorescence  mâle  en  épis  très  serrés , 
axillaires  ,  pédonculés.  (C.  L.) 

APORRIIAIS  {àKQppàiùi ,  je  dépouille). 
moll.  —  Il  est  difficile  de  reconnaître  exac¬ 
tement  les  Coquilles  qu’ Aristote  a  désignées 
sous  cette  dénomination.  Ce  pourrait  être 
une  esp.  de  Murex  ;  mais  Rondelet,  Gessner 
et  Aldrovande,  croient  retrouver  VAporrhais 
d’Aristote  dans  une  Coquille  qui  fait  au¬ 
jourd’hui  partie  du  g.  Ptérocére  de  La- 
marck  :  Pterocera  Chiragra.  Voy.  ptéro- 
CÈRE.  (DeSII.) 

*  APORUM,  Bl.  ;  Schismoceras ,  Presl. 

(  «  priv.  ;  «0/305 ,  ouverture  ,  pore  ).  bot. 
pii.  —  Genre  de  la  famille  des  Orchida- 
cées ,  tjribu  des  Dendrobiées ,  formé  par 
Blume  (Bijd. ,  534,  fig.  39) ,  qui  le  caracté¬ 
rise  ainsi  :  Folioles  extérieures  du  périgone 
charnues,  dressées  ;  les  latérales  plus  gran¬ 
des  ,  obliques ,  connées  avec  la  base  du  gy~ 
nostème  ;  les  intérieures  plus  petites.  La- 
belle  articulé  avec  la  base  du  gynostème , 
dirigé  en  arrière  ,  indivis  ou  trilobé  ;  à  lim¬ 
be  calleux  ,  cristé  ou  nu.  Gynostème  semk 

3 


34 


APO 


APO 


cylindrique ,  longuement  prolongé  à  la  ba¬ 
se.  Anthère  biloculaire ,  sessile ,  quelque¬ 
fois  membranacée  au  sommet.  Pollinies  4  , 
collatérales  par  paire.  —  Ce  genre  renferme 
quelques  plantes  herbâcées,  épiphytes,  cau- 
lescentes ,  de  l’Inde;  à  feuilles  distiques, 
équitantes ,  ancipitées  ;  à  fleurs  ordinaire¬ 
ment  verdâtres  ,  presque  solitaires ,  et  sor¬ 
tant  de  squammes  membranacées. 

(C.  L.) 

*APORUS  (ÜKcpoç,  rare),  ms.— Genre 
de  notre  famille  des  Sphégiens ,  groupe  des 
Pompilites  ,  de  l’ordre  des  Hyménoptères, 
section  des  Porte- Aiguillon  ,  établi  par  M. 
Spinola  ( Insecta  Liguriœ ),  et  adopté  par 
Latreille  et  tous  les  autres  entomologistes. 
Les  caract.  essentiels  de  ce  g.  sont  tirés  : 
4°  des  mandibules ,  arquées  et  bidentées; 
2°  du  thorax ,  long  et  convexe  ;  5°  des  ailes 
antérieures,  ayant  une  cellule  radiale  étroi¬ 
te  et  presque  triangulaire  ;  deux  cellules 
cubitales  complètes  et  le  commencement 
d’une  troisième  ,  la  seconde  recevant  deux 
nervures  récurrentes  ;  4°  des  pattes  lon¬ 
gues  ,  avec  les  jambes  garnies  d’épines  ;  et 
5°  de  l’abdomen,  ovalaire  et  presque  sessile. 
On  ne  connaît  que  quelques  esp.  indigè¬ 
nes  de  ce  genre,  dont  le  type  est  VA.  bi¬ 
colore  Spin.  (Bl.) 

*APOSERîS  («ko,  près  ;  as/it*,  laitue  ou 
chicorée),  bot.  pii.  —  Genre  de  la  tribu 
des  Chicoracées  ,  parmi  les  Composées.  Il  a 
pour  caract.  :  Capitules  mültiflorés.  Invo- 
lucre  caliculé  ou  double  :  l’intérieur  1  -  sé¬ 
rié,  5-8-phyllc;  l’extérieur  5- phylle ,  plus 
court.  Réceptacle  nu.  Fruits  oblongs ,  ter¬ 
minés  par  un  bec  court  et  dépourvu  d’ai¬ 
grette.  —  La  seule  espèce  connue  ,  VA,  fo¬ 
nda,  est  une  plante  vivace*  du  port  du 
Leontodon  ou  de  VHgoseris ,  glabre  ou  lé¬ 
gèrement  velue  à  la  face  inférieure  et  sur 
les  nervures  des  feuilles,  lesquelles  sont 
radicales  ,  roncinées  ,  pinnatipartitcs.  La 
hampe,  à  peu  près  égale  aux  feuilles ,  porte 
un  seul  capitule  de  fleurs  jaunes.  (J.  D.) 

*  APOSTASIE.  Apostasia.  bot.  pu.— 
Genre  établi  par  Rlume  ( Bijdrag .,  p.  423), 
adopté  par  Rob.  Brown  (  In  Wallich  pi. 
asiat.  rar.,  t.  I,  p.  74) ,  et  par  M.  Lindley, 
qui  en  a  fait  le  type  d’une  famille  nouvelle, 
voisine,  mais  distincte,  de  la  famille  des 
Orchidées ,  tandis  que  pour  R.  Brown  ,  ce 
g.  forme  une  simple  tribu  de  cette  dernière 


famille.  Voici  les  caract.  du  g.  Apostasia , 
tels  qu’ils  ont  été  donnés  par  R.  Brown.  Le 
calice  est  formé  de  6  divisions  profondes  et 
régulières.  Les  étamines,  au  nombre  de 
trois ,  dont  deux  anthérifères ,  ont  leurs 
filets  opposés  aux  deux  sépales  intérieurs  et 
latéraux ,  et  soudés  à  leur  base  avec  le  sty¬ 
le  ,  qui  est  cylindrique.  Ce  style  porte  com¬ 
munément  le  filament  stérile  de  la  troisiè¬ 
me  étamine,  un  peu  au  dessus  de  la  réunion 
des  deux  autres  ,  et  opposé  au  sépale  ex¬ 
terne  et  antérieur.  Les  anthères  sont  bilo- 
culaires,  et  s’ouvrent  par  une  fente  longi¬ 
tudinale;  leur  pollen  est  pulvérulent  et  à 
grains  simples.  Le  stigmate  est  obtus,  à 
deux  ou  trois  lobes.  Le  fruit  est  une  capsu¬ 
le  triloculaire ,  polysperme,  s’ouvrant  en 
trois  valves  septifères  sur  le  milieu  de  leur 
face  interne.  Les  graines  sont  petites  ,  ovoï¬ 
des.  —  Ce  genre  ne  se  compose  guère  en¬ 
core  que  de  trois  espèces  :  1°  Apostasia 
odorata  Blume  [l.  c.);  2°  Apostasia  Wal- 
lichii  Brown  (l.  c.) ,  t.  LXXXIV,  p.  73  ;  3° 
Apostasia  nada ,  ibid.,  t.  LXXXV.  La  pre¬ 
mière  croît  sur  les  parties  les  plus  élevées 
du  mont  Salak,  dans  l’île  de  Java  ;  les  deux 
autres  ont  été  récoltées  dans  les  montagnes 
du  Népaul.  Ce  sont  des  plantes  vivaces  ;  à 
tige  simple  ;  portant  des  feuilles  alternes , 
engainantes,  très  rapprochées,  lancéolées, 
presque  linéaires ,  très  aiguës  ;  des  fleurs 
jaunes  ,  assez  petites  ,  disposées  en  grappes 
terminales.  (A.  R.) 

*APOSTASIEES.  Apostasiaceœ.  bot. 
pii.  —  Nous  avons  dit  dans  l’article  pré¬ 
cédent  que  MM.  Lindley  et  Blume  avaient 
considéré  le  g.  Apostasia  comme  formant 
le  type  d’une  famille  distincte  des  Orchi¬ 
dées ,  tandis  que  M.  Rob.  Brown  regardait 
ce  groupe  comme  une  simple  tribu  de  cette 
dernière  famille.  Peut-être  l’opinion  de 
MM.  Lindley  et  Blume  doit-elle  être  préfé¬ 
rée  ,  car  le  g.  Apostasia  diffère  des  vérita¬ 
bles  Orchidées  par  plusieurs  caractères  im¬ 
portants,  et  surtout:  1°  par  ses  trois  éta¬ 
mines  ,  généralement  développées ,  et  sou¬ 
dées  par  la  partie  inférieure  de  leur  filet 
avec  un  style  cylindrique ,  que  termine  un 
stigmate  à  deux  ou  trois  lobes  ;  2°  par  ses 
anthères  à  deux  loges,  s’ouvrant  chacune 
par  un  sillon  longitudinal,  et  contenant  des 
grains  de  pollen  simples  et  distincts ,  c’est- 
à-dire  non  réunis  en  masses  comme  dans 


APO 


APO 


35 


les  Orchidées  ;  3°  enfin ,  par  son  ovaire ,  et, 
par  conséquent ,  par  son  fruit  capsulaire  à 
trois  loges ,  contenant  chacune  un  grand 
nombre  de  graines  très  fines  et  ovoïdes , 
s’ouvrant  en  trois  valves  septifères  sur  le 
milieu  de  leur  face  interne ,  et  adhérentes 
entre  elles  par  le  sommet  et  par  leur  base. 
Au  genre  Apostasia,  qui  forme  le  type  de 
cette  petite  famille,  on  doit  joindre  le  gen¬ 
re  Nemviedia  de  M.  Blume  ,  et  peut  -  être 
le  genre  Rliyncanthera  du  même  auteur. 

(A.  R.) 

*  APOSTASÏMERIDES.  Apostasi- 

merides  [àndaTocai^ ,  intervalle  ;  p.r,pdç ,  cuis¬ 
se).  ms.  —  Nom  donné  par  Schoenherr  à  la 
deuxième  division  des  Gonatocères  dans  la 
famille  des  Curculionides  ,  et  qui  se  compo¬ 
se  de  celles  qui  ont  les  pattes  antérieures 
séparées  à  leur  base ,  et  dans  l’intervalle 
desquelles  la  poitrine  est  tantôt  unie ,  et 
tantôt  sillonnée.  Elle  renferme  103  genres , 
qu’il  serait  trop  long  d’énumérer  ici,  et  qui 
sont  répartis  dans  deux  subdivisions,  savoir  : 
les  Cholides ,  dont  la  poitrine,  entre  les 
pattes  antérieures ,  est  plane  et  entière ,  et 
les  Cryptorhynchides ,  qui  ont  cette  partie 
plus  ou  moins  creusée  pour  recevoir  la 
trompe.  Voy.  ces  deux  mots.  (D.) 

*  APOSURES  (  «  priv.  ;  r.oïç ,  pied; 
(/jpy. ,  queue  ).  ins.  —  Nom  donné  par  Cu¬ 
vier  à  une  tribu  de  Lépidoptères  dont  les 
Chenilles  sont  dépourvues  de  pattes  anales. 
Telles  sont  celles  des  g.  Platypteryx ,  Har- 
pyia  et  Dicranura.  Voy .  ces  mots.  (D.) 

*APOTEMNOUM  («rroi-é^vw,  je  divise). 
bot.  cr.  —  Genre  de  Champignons  établi 
par  Corda,  et  rangé  par  Nees  et  Henry  (Syst. 
der  Pilze ,  p.  17  )  parmi  les  Coniomycè- 
tes.  Il  diffère  des  Stibospores  en  ce  que 
les  spores  se  divisent  spontanément  au  ni¬ 
veau  des  cloisons.  Je  n’ai  pas  encore  eu 
l’occasion  d’étudier  ce  genre.  (LÉy.) 

*APOTERIUM  ,  Blume.  bot.  pii.  — 
Genre  qui  paraît  appartenir  à  la  famille  des 
Guttifères,  et  que  l’auteur  (Bijdr.,  218) 
caractérise  comme  suit  :  Calice  inapparent. 
Corolle  4-pétale.  Étamines  très  nombreu¬ 
ses  ,  submonadelphes  par  la  base  ;  anthères 
oblongues,  longitudinalement  déhiscentes. 
Ovaire  1-ovulé.  Style  filiforme ,  infléchi  ; 
stigmate  pelté ,  déprimé.  Drupe  charnu , 
à  noyau  1-sperme.  —Ce  genre  est  constitué 
spr  um  espèce  :  arbre  de  J§va ,  où  pp  le  j 


nomme  Sulatri  ;  ramules  tétragones  ;  feuilles 
elliptiques ,  axillaires  ,  oblongues,  obtuses  ; 
pédoncules  axillaires ,  fasciculés ,  courts , 
pluriflores  ;  pédicelles  en  ombelle.  (Sp.) 

APOTMÈCE.  bot.  en.  —  Voy.  apo- 

TÎIÊCIE.  ^  (C.  M.) 

APOTHÉCIE.  Apothçcium  ( 
lieu  de  réserve),  bot.  cr.  —  Acharius  dé¬ 
signait  sous  le  nom  VApothecium  cette 
partie  des  Lichens  qui  renferme  les  orga¬ 
nes  de  la  reproduction.  Les  Lichénographes 
français ,  en  traduisant  ce  mot ,  en  ont  sin¬ 
gulièrement  varié  la  désinence.  On  trouve , 
en  effet,  Apothèce,  Apothécie  (Brongn.), 
Apothéçion  (Fée) ,  Apothèque  (DG.).  L’eu¬ 
phonie  seule  nous  fait  préférer  le  second  de 
ces  noms.  L’Apothécie  est  composée  de 
deux  parties  distinctes  :  le  Thalamium  et 
VExcipulum  [Voy.  ces  mots).  Dans  les  Li¬ 
chens  angiocarpes,  ce  dernier  manque  quel¬ 
quefois.  La  position ,  la  forme  et  la  couleur 
des  Apothécies,  sont  d’ailleurs  fort  variables. 
Sous  le  rapport  de  leur  position ,  elles  peu¬ 
vent  être  stipitées  (  Bœomyces),  sessiles 
(Lecidea) ,  ou  tout  à  fait  enfoncées  dans  le 
thalle  [Endocarpon).  Leur  forme  est  sphéri¬ 
que  dans  les  Sphérophores» ,  hémisphérique 
dans  les  Cladonies  et  les  Biatores,  discoïde 
dans  les  Parméliées ,  ovoïde  dans  les  Verru- 
cariées,  et  linéaire ,  simple  ou  rameuse ,  dans 
les  Graphidées.  Chacune  de  ces  formes  est 
ensuite  très  diversifiée ,  selon  les  différents 
genres  de  Lichens,  et  ces  variations  servent 
merveilleusement  à  mettre  de  l'ordre  dans 
leur  classification,  et  contribuent  à  faciliter 
leur  distinction  d’espèce  à  espèce.  Quant  à 
la  couleur,  il  faudrait  la  considérer  dans 
VExcipulum  et  le  Thalamium  ;  mais  elle  y 
est  trop  variée  pour  qu’on  puisse  en  parler 
d’une  manière  générale.  Nous  renverrons 
pour  le  faire  aux  mots  Excipylum ,  Lame 
proligère  et  Lichen.  (G.  M.) 

APOTHÉÇION.  bot,  cr.  —  Voy. 

APOTHÉCIE.  (C,  M.) 

APOTHÈQUE.  —  Voyez  apothé- 
CIE.  (C.  B’O.) 

*  APOTOMA  ( <koro>oî ,  coupé),  iss. 
—Nom  donné  par  Kirby  à  un  g.  de  Coléoptè¬ 
res  pentamères ,  famille  des  Malacodermes , 
qui  correspond  au  g.  Telephorus  de  Schoef- 
fer,  qui  lui  est  antérieur.  Voy.  ce  mot. 

(D.) 

!  *  APOTOME  (àœôro>0f,  coupé  h  pic). 


36 


APO 

min.  —  Épithète  donnée  par  Haüy  aux 
cristaux  dont  les  faces ,  ayant  fort  peu  d’in¬ 
clinaison  ,  forment  un  angle  très  aigu  avec 
leur  axe.  ^  (G.  d’O.) 

*  APOTOMODÈRE.  Âpotomoderes 
(  àiror o.y.o;,  coupé  ;  cou),  ins. — Genre 
de  Coléoptères  tétramères  ,  famille  des  Cur- 
culionides ,  divis.  des  Brachydérides  ,  établi 
par  M.  le  comte  de  Mannerheim  ,  et  adopté 
î>ar  M.  Dejean  dans  son  dernier  Catalogue. 
Ce  genre  est  le  même  que  celui  auquel 
Schoeniierr  a  donné  le  nom  d'Apotomus , 
qui  n’a  pu  être  conservé ,  attendu  qu’il  avait 
été  déjà  appliqué  à  un  g.  créé  par  Hoffman  - 
segg  dans  la  famille  (les  Carabiques.  Le 
g.  Âpotomodère  ne  renferme  qu’une  seule 
esp.,  originaire  de  Saint-Domingue,  nom¬ 
mée  par  le  comte  de  Mannerheim  A.  latcra- 
lis.  Voici  les  caract.  assignés  par  Schoenherr 
au  g.  dont  il  s’agit  :  Antennes  médiocres  ; 
tige  presque  claviforme  ;  les  deux  premiers 
articles  du  funicule  assez  longs ,  obconiques; 
les  autres  presque  turbinés)  massue  en  ovale 
allongée.  Tête  resserrée  et  comme  coupée 
derrière  les  yeux.  Rostre  assez  court,  presque 
plan  en  dessus,  canaliculé  au  milieu.  Cor¬ 
selet  bi-sinué  à  la  base,  légèrement  dilaté  au 
milieu,  plus  étroit  antérieurement.  Élytres 
oblongues  ,  presque  ovales  ,  convexes  ;  cha¬ 
cune  d’elles  arrondie  à  la  base.  Cuisses  an¬ 
térieures  légèrement  renflées ,  armées  d’une 
forte  dent  du  côté  interne.  (D.  et  C.) 

*  APOTOMOPTERUS  s,  cou¬ 

pé;  «t£/5ov,  aile),  ins.  —  Genre  de  Coléo¬ 
ptères  pentamères,  famille  des  Carabiques  , 
tribu  des  Simplicipèdes  de  Dejean ,  établi  par 
M.  Hope  ( The  Coleopterists  Manual ,  1858, 
p.  47) ,  sans  indication  de  caract.  —  Ce  g. 
a  pour  type  un  grand  et  beau  Carabe  de  la 
Chine  ,  nommé  Prodigus  par  M.  Erichson  , 
et  qui  se  distingue  des  autres  par  la  base  à 
peine  sinuée  du  prothorax,  et  surtout  par 
une  profonde  échancrure  à  l’extrémité  de 
chaque  élytre.  (D.) 

APOTOMUS  (  an-or oy.oç ,  coupé  net , 
séparé  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères  ,  famille  des  Carabiques  ,  tribu  des 
Scaritides ,  établi  par  Hofl'mansegg ,  et  ad¬ 
opté  par  Latreille  et  M.  Dejean.  Ce  der¬ 
nier,  dans  son  Species ,  lui  attribue  les  ca¬ 
ract.  suivants  :  Menton  articulé.  Lèvre  su¬ 
périeure  légèrement  échancrée  ;  palpes  la¬ 
biaux  très  allongés  ;  le  dernier  article  cy- 


APP 

lindrique.  Antennes  filiformes,  à  articles 
allongés  et  presque  cylindriques.  Corselet 
orbicuîaire.  Jambes  antérieures  non  pal¬ 
mées. 

Hofl’mansegg  a  fondé  ce  g.  sur  le  Scarit.es 
rafas  de  Rossi  et  d’Olivier.  Latreille  l’avait 
d’abord  placé  dans  ses  Subulipalpes ,  près 
des  Bembidium  ;  mais  ,  après  un  examen 
plus  approfondi,  il  l’a  mis  dans  cette  même 
tribu ,  à  côté  des  Ditomus. 

Les  Apotomus  sont  de  très  petits  insec¬ 
tes  d’une  couleur  roussâtre ,  et  plus  ou 
moins  pubescents  ,  qu’on  trouve  sous  les 
pierres,  où  ils  paraissent  vivre  en  société. 
M.  Dejean ,  dans  son  dernier  Catalogue  , 
en  mentionne  deux  esp.  seulement  :  VÂpot. 
rufus  Oliv.,  déjà  cité ,  qu’on  trouve  dans  le 
midi  de  la  France  ,  et  VA.  testaceus  Dej. , 
de  la  Russie  méridionale.  (D.) 

APPAT,  zool.  —  Ce  mot,  qui  appar¬ 
tient  au  vocabulaire  de  la  chasse  et  de  la 
pêche ,  sert  à  désigner  certains  moyens 
qu’on  emploie  pour  attirer  les  animaux 
dont  on  veut  se  saisir.  La  nature  a  doué 
les  animaux  de  moyens  semblables  pour 
arriver  aux  mêmes  fins.  Les  Pics  ont  la 
langue  couverte  d’une  humeur  visqueuse 
qui  attire  les  fourmis  ;  et ,  pour  s’emparer 
de  ces  insectes ,  ils  introduisent  leur  langue 
dans  les  fourmilières  et  les  trous  d’arbres, 
d’où  ils  la  retirent  chargée  de  proie.  Plu¬ 
sieurs  Poissons  jouissent  d’une  propriété  sem¬ 
blable  ,  entre  autres  la  Baudroie  (  Lophius 
piscatorius  ) ,  qui  se  cache  dans  la  vase , 
agite  les  appendices  vermiformes  qui  gar¬ 
nissent  sa  bouche,  et  attire  les  petits  pois¬ 
sons  dont  elle  se  nourrit.  Pour  l’histoire  des 
divers  moyens  employés  par  les  animaux 
pour  faire  tomber  en  leur  puissance  les  êtres 
vivants  qui  servent  à  leur  nourriture  ,  nous 
renvoyons  à  l’article  instinct  des  ani¬ 
maux.  (C.  D’O.) 

APPAT  DE  VASE,  poiss.  —  Nom 
vulgaire  que  l’on  donne  sur  nos  côtes  à 
V Ammodyte  appat  ( Amm .  tobianus ).  Voy. 
ce  mot.  (Val.) 

APPENDICE  (c’est-à-dire  ajouté  à). 
zool.  et  bot. —  Ce  mot,  très  fréquemment 
employé  en  zoologie  descriptive  ainsi  qu’en 
stéréotomie  animale ,  a  une  véritable  va¬ 
leur  ,  dans  le  second  cas  surtout.  Il  s’appli¬ 
que  principalement  aux  diverses  sortes  de 
membres  qui  sont  ajoutés  aux  anneaux  du 


APP 


APP 


corps  des  animaux  articulés  intérieurement 
ou  extérieurement,  animaux  dont  on  a  fait 
les  deux  types  ou  embranchements  des 
Vertébrés  et  des  Articulés. 

MM.  de  Blainville  et  Savigny  ont  les  pre¬ 
miers  fait  voir  toute  l’importance  qu’il  fal¬ 
lait  attacher  aux  Appendices  ,  soit  dans  la 
classification  des  animaux  qui  les  présen¬ 
tent,  soit  dans  la  détermination  philoso¬ 
phique  ou  la  signification  des  diverses  par¬ 
ties  dont  le  corps  est  composé. 

Les  Appendices  offrant  des  variations  de 
position  dans  ces  deux  grandes  catégories 
d’animaux ,  et  ne  se  correspondant  pas  le 
plus  souvent  d’une  manière  homologue , 
nous  indiquerons  successivement  les  ca¬ 
ractères  chez  les  uns  et  chez  les  autres. 

Animaux  vertébrés.  —  On  peut  admet¬ 
tre  deux  genres  d’Appendices  :  les  uns  sont 
pairs  ou  bilatéraux,  et  constituent  lesmcm- 
bres  (  Voy.  ce  mot),  dont  le  nombre  n’ex¬ 
cède  jamais  quatre  (ces  Appendices  n’exis¬ 
tent  pas  toujours);  les  autres  sont  impairs 
et  placés  sur  la  ligne  médiane  du  corps. 
M.  de  Blainville  leur  donne  le  nom  commun 
de  Lophioderme.  Telles  sont  les  nageoires 
irnpâires  des  Poissons. 

Le  même  auteur  ( Ostéographie ,  fascicule 
I,  p.  8)  considère  comme  constituant  une 
autre  sorte  d’Appendices  les  pièces  de 
chaque  articulation  annulaire  du  corps  des 
Animaux  vertébrés ,  qui  partent  bilatérale¬ 
ment  de  la  pièce  médio-infère  (  sternèbre) 
ou  médio  -  supère  (  vertèbre  ).  Le  nom  de 
cornes  qu’elles  portent  à  l’hyoïde  ,  ou  ce¬ 
lui  de  côtes  qu’on  leur  donne  au  thorax, 
leur  conviendraient  également.  Voy.  ces 
mots. 

C’est  parmi  cette  troisième  sorte  d’Ap¬ 
pendices  que  M.  de  Blainville  range  les 
mâchoires  ou  appendices  des  vertèbres  de  la 
tète.  Il  en  admet,  comme  on  le  fait  généra¬ 
lement  ,  deux  paires  :  la  première  ou  supé¬ 
rieure,  comprenant  l’Apophyse  ptérigoïde 
interne  ,  le  palatin.,  le  maxillaire  et  l’incisif; 
la  seconde  ou  inférieure,  formée  par  le 
temporal,  les  osselets  de  l’ouïe  (en  con¬ 
nexion  avec  le  bulbe  auditif  ou  rocher  ) , 
l’os  de  la  caisse,  le  cercle  du  tympan,  et  le 
maxillaire  inférieur,  composé  lui  -  même  de 
plusieurs  pièces  chez  les  Ovipares. 

On  sait  que ,  pour  d’autres  naturalistes  , 
et  particulièrement  pour  M.  Oken ,  les 


37 

mâchoires  et  leurs  dépendances  seraient 
des  Appendices  libres,  représentant  à  la  tê¬ 
te  les  membres  du  tronc  ;  bien  que  toutes 
deux  naissent  des  vertèbres ,  tandis  que  la 
paire  antérieure  des  membres ,  lorsqu’elle 
a  un  point  fixe  d’insertion ,  le  prend ,  au 
contraire ,  à  la  première  pièce  sternale  an¬ 
térieure,  et  que  la  deuxième  paire  s’articu¬ 
le  seule  avec  la  colonne  vertébrale. 

La  considération  de  la  position  des  qua¬ 
tre  sens  spéciaux  par  rapport  aux  quatre 
vertèbres  céphaliques  semblerait  aussi  de¬ 
voir  donner  un  classement  particulier  des 
Appendices  céphaliques.  Peu  importe  que 
l’on  considère  ceux  -  ci  comme  des  Appen¬ 
dices  libres,  c’est-à-dire  des  membres,  ou 
comme  des  Appendices  costaux;  la  premiè¬ 
re  vertèbre  (  vomer  et  os  du  nez) ,  portant 
le  sens  de  l’odorat,  aurait  alors  les  os  incisifs 
ou  intermaxillaires  pour  Appendices;  la 
deuxième  (  frontale  ou  visuelle  )  aurait  le 
maxillaire  supérieur  et  ses  dépendances  ;  la 
troisième  (pariétale  ou  auditive),  le  tempo¬ 
ral  ,  le  maxillaire  inférieur ,  etc.  ;  et  la  qua¬ 
trième  (  occipitale  ou  gustative  ) ,  les  cornes 
antérieures  de  l’hyoïde.  Cette  vue  théorique 
a  aussi  été  présentée  avec  de  légères  va¬ 
riantes  par  plusieurs  anatomistes ,  entre  au¬ 
tres  par  M.  Halmann  ,  et ,  en  France  ,  par 
Bugès  (  Fhysiol .  comp .,  t.  î,  p.  344). 

Animaux  articulés.  —  Chez  ceux-ci ,  la 
concordance  des  Appendices  céphaliques 
maxillaires  (  mandibule  ,  mâchoire ,  lèvre 
inférieure  )  avec  ceux  de  la  locomotion  a 
été  facilement  démontrée ,  ainsi  que  les 
beaux  travaux  de  M.  Savigny  Font  fait  voir. 
D’ailleurs  ,  les  anneaux  ou  articles  du  corps 
enveloppent  les  organes  du  tronc  et  rési¬ 
dent  dans  le  tégument  extérieur  :  aussi  les 
a-t-on  partagés  en  arceaux  supérieur  et  in¬ 
férieur  ,  qui  peuvent  avoir  chacun  des  Ap¬ 
pendices.  Les  ailes  des  Hexapodes  sont  des 
Appendices  de  l’arceau  supérieur  ;  les  pat¬ 
tes  ,  les  mâchoires,  les  fausses  pattes  abdo¬ 
minales,  dépendent  de  l’arceau  inférieur. 
Tel  est  le  cas  de  tous  les  Entomozoaircs  à 
pieds  articulés  (  Hexapodes  et  Apiropodes , 
Sav.). 

Dans  le  groupe  des  Vers  pourvus  d’Ap¬ 
pendices  ,  ceux-ci,  dans  la  majorité  des 
cas ,  se  présentent  avec  leur  triple  caractè¬ 
re.  Ils  sont  composés  de  trois  parties  :  une 
sensoriale ,  l’autre  respiratrice »  et  ’a  troi- 


APP 


APP 


38 

sième  locomotrice  ;  celle-ci  iPest  plus  arti¬ 
culée.  Les  Crustacés  montrent  aussi  d’une 
manière  évidente  que  la  branchie  est ,  par 
sa  position  ,  dans  la  dépendance  de  la  pat¬ 
te.  Quant  aux  Appendices  céphaliques  sen- 
soriaux ,  tels  que  les  antennes  et  les  pédon¬ 
cules  des  yeux  lorsqu’il  y  en  a ,  on  les  con¬ 
sidère  comme  des  Appendices  à  part  ou  de 
l’arceau  supérieur.  Les  animaux  articulés 
ont  rarement  des  Appendices  médians,  et 
seulement  à  la  partie  antérieure  du  corps  , 
comme  l’antennule  impaire  de  certaines 
Néréides ,  ou  à  la  partie  postérieure ,  com¬ 
me  la  tarière ,  l’aiguillon  ;  encore  la  com¬ 
position  originairement  binaire  de  ces  Ap¬ 
pendices  postérieurs  est -elle  facilement  dé¬ 
montrable 

Mollusques  et  Zoophytes.  —  Les  Appen¬ 
dices  des  autres  animaux  sont  fort  variés  de 
forme  ;  mais  leur  signification  est  plus  dif¬ 
ficile  que  celle  des  Appendices  des  animaux 
vertébrés.  Ce  sont,  dans  beaucoup  de  cas, 
de  simples  pincements  ou  lobes  de  la  peau , 
comme  les  tentacules ,  ou  le  pied,  ou  le  tu¬ 
be  des  Mollusques,  ou  des  papilles  érectiles 
de  celles-ci ,  comme  les  Cirrhes  des  Echi- 
nodermes ,  etc.  Les  cils  des  animaux  infé¬ 
rieurs  ,  les  tentacules  des  Polypes ,  les  b⬠
tons  des  Oursins  ,  pourraient  aussi  recevoir 
ce  nom  ,  mais  sans  qu’il  fût  possible  de  leur 
supposer  la  moindre  analogie  avec  les  Ap¬ 
pendices  des  animaux  articulés  des  deux 
premiers  types  du  règne  animal. 

Nota.  —  Dans  quelques  cas  ,  on  a  donné 
en  particulier  le  nom  d’ Appendice  à  un 
petit  article  qui  fait  suite  à  la  hanche  des 
insectes ,  et  qu’on  appelle  plus  communé¬ 
ment  le  Trochanter. 

Dans  une  signification  également  spécia¬ 
le,  le  mot  Appendice  s’applique,  dans  dif¬ 
férents  cas ,  à  des  prolongements  de  plu¬ 
sieurs  organes.  C’est  dans  ce  sens  que  l’on 
dit  :  les  Appendices  cœcaux  du  pylore  des 
Poissons ,  l’Appendice  vermiforme  du  cæ¬ 
cum  de  l’homme  ,  les  Appendices  cœcaux 
de  l’estomac  de  certaines  Sangsues,  des 
Faucheurs ,  des  Acariens ,  des  Astéries  , 
etc.  (P.  G.) 

En  botanique  ,  les  petits  prolonge¬ 
ments  qui  garnissent  la  corolle  de  cer¬ 
taines  Boraginées  s’appellent  Appendices ; 
on  donne  le  même  nom  aux  écailles  qui 
entourent  l’ovaire  des  Graminées  ,  aux 


prolongements  du  limbe  des  feuilles  qui 
accompagnent  le  pétiole  jusqu’à  leur  inser¬ 
tion  ,  et  à  la  partie  supérieure  de  la  squam- 
me  de  certaines  Synanthérées. 

On  appelle  Appendice  terminal  le  petit 
filet  qui  se  prolonge  au  dessus  de  l’anthère, 
et  Appendices  basilaires  les  petits  prolon¬ 
gements  qui  se  trouvent  quelquefois  à  la 
partie  inférieure  des  loges  de  l’anthère  ;  on 
donne  encore  à  ces  derniers  le  nom  de  Soies. 
M.  Cassini  appelle  Appendice  collectifere 
l’extrémité  des  branches  du  style  des  Synan¬ 
thérées  ,  quand  le  stigmate  ne  se  prolonge 
pas  sur  cette  partie ,  qui  ne  porte  que  des 
Collecteurs.  Voy.  ce  mot.  (C.  d’O.) 

*APPENBICI  FORME.  Appendicifor- 
mis.  bot.  —  Quand  la  squamme  est  entiè¬ 
rement  avortée ,  et  qu’il  ne  subsiste  plus 
que  son  appendice ,  on  dit  qu’elle  est  ap- 
pendiciforme.  Ce  phénomène  se  voit  dans 
le  Xeranthefnum  et  le  Catananche. 

(C.  d’O.) 

*  APPENDICULAIRES.  Appendice 
laris.  bot.  —  M.  Turpin  (Essai  d'une  Ico¬ 
nographie  élémentaire  et  philosophique  des 
végétaux  )  a  donné  ce  nom  à  des  végétaux 
de  deuxième  formation,  dont  la  tige,au*lieu 
d’être,  comme  dans  ceux  qu’il  appelle  Axi- 
fères  (voyez  ce  mot),  composée  d’un  axe  sim¬ 
ple,  diversement  modifié,  donne  naissance  à 
des  organes  appendiculaires  tels  que  les  co¬ 
tylédons,  les  écailles,  les  feuilles,  etc.,  et 
dont  la  structure  organique  se  compose  de 
tissus  cellulaire  et  vasculaire.  Ce  groupe  com¬ 
prend  les  Mousses,  les  Fougères,  les  Mono- 
cotylédones  et,  les  Dicotylédones.  (C.d’O.) 

*  APPENBKCULARS A ,  Sering. ,  in 
DC.  Prodr. ,  t.  III ,  p.  114  (  Appendicula- 
ris ,  appendiculé  ).  bot.  pii.  —  Genre  de 
la  famille  des  Mélastomacées  ,  tribu  des 
Rhéxiées ,  DC.  Son  auteur  lui  assigne  les 
caract.  suivants  :  Tube  calicinal  ovoïde , 
suburcéolé  ,  inadhérent  ;  limbe  subcampa- 
nulé ,  à  4  dents  larges  et  obtuses.  Pétales 
4 ,  obovales.  Étamines  8 ,  isomètres  ;  anthè¬ 
res  déhiscentes  au  sommet  par  un  seul  pore; 
connectif  prolongé  au  delà  des  2  bouts  de 
l’anthère  en  appendice  filiforme ,  et  muni , 
à  l’articulation  ,  de  2  longues  soies.  Ovaire 
inadhérent ,  nu  au  sommet.  Capsule  oblon- 
gue  ,  sèche ,  5-loculaire,  3-valve ,  polysper- 
me  ;  placentaire  central ,  cplumnaire,  libre 

I  après  Ja  déhiscence.  Graines  cymbiformes. 


ÀPR 


APfe 

à  hile  basilaire ,  orbiculaire.  —  Ce  genre  ne 
comprend  qu’une  seule  espèce  (  A.  tliymi- 
folia  DC.  —  Rhexia  thymifolia  Bonpl., 
Rhex.,  tab.  50):  c’est  une  herbe  (indigène 
de  la  Guyane  )  annuelle ,  garnie  de  poils 
glandulifères.  Ses  feuilles  sont  pétiolées , 
ovales,  3-  ou 5-nervées  ,  ciliolées-  denticu- 
lées  ;  les  fleurs  petites ,  blanches ,  en  cymes 
terminales.  (Sp.) 

APPENDÏCUJLE.  Appendiculum  (di¬ 
minue  dappendix ,  prolongement),  zool. 
—  On  a  jusqu’à  ce  jour  employé  cette  ex¬ 
pression  pour  désigner  les  épines  des  Asté¬ 
ries  ,  ainsi  que  les  branches  cartilagineuses 
qui  soutiennent  l’enveloppe  extérieure  du 
corps  de  ces  animaux  ;  mais  quelques  na¬ 
turalistes  s’en  servent  pour  désigner  un  pe¬ 
tit  Appendice.  r  (C.  d’O.) 

*  APPE&BÏCULÉ.  Appendiculatus.— 
Cette  épithète,  qui  appartient  à  la  Termi¬ 
nologie  générale  des  sciences  naturelles  , 
s’emploie  pour  désigner  des  organes  qui 
sont  munis  d’Appendices.  On  dit  en  bota¬ 
nique  qu’une  squamme  est  appendiculée 
quand  elle  change  brusquement  de  nature 
ou  de  direction  à  yn  certain  point  de  sa  hau¬ 
teur,  comme  dans  l’Artichaut.  Les  anthères, 
les  filets  des  étamines  ,  les  feuilles  ,  la  co¬ 
rolle  ,  etc. ,  sont  dits  appendiculés  quand 
ils  sont  pourvus  d’un  prolongement  quel¬ 
conque  ,  qui  ajoute  à  la  structure  de  l’or¬ 
gane  ,  ou  constitue ,  pour  ainsi  dire ,  un 
organe  accessoire.  C’est  dans  un  sens  iden¬ 
tique  qu’on  emploie  ce  mot  en  zoologie. 

(C.  D’O.) 

*APPRESSE.  Âppressus.  bot. —  Cette 
expression  s’emploie  pour  désigner  la  posi¬ 
tion  des  branches  des  rameaux  et  des  feuil¬ 
les  quand  ils  sont  dressés  le  long  de  la  ti¬ 
ge.  On  dit  aussi  Apprimé.  (C.  d’O.) 

APPRIMÉ.  bot.  —  Synonyme  d’Ap- 
pressé.  (C.  d’O.) 

APRADUS ,  Adans.  bot.  pu.  —  Synon. 
du  genre  Àrclopus,  de  la  famille  des  Om- 
bellifères.  (Sp.) 

*  APRÏOM,  Mull.  et  Renie  (  «  priv.  ; 

scie,  non  dentelé),  poiss.  — M.  Mul¬ 
ler  a  établi  sous  ce  nom  une  troisième 
division  ou  sous  -  genre  des  Carcharias  , 
caractérisé  en  ce  que  les  dents  de  la  m⬠
choire  supérieure  et  inférieure  n’ont  pas  de 
dentelures  sur  leur  bord. 

Il  y  rapporte,  trois  espèces  :  lifte  dé  Java , 


39 

une  de  là  mer  Roüge,  et  la  troisième,  des 
côtes  de  l’Amérique  septentrionale. 

(Val.) 

*  APRION  (  à  priv.  ;  tyàfwv  ,  scie),  ins. 

—  Genre  de  la  famille  des  Locustiens ,  de 
l’ordre  des  Orthoptères  ,  établi  par  M. 
Serville  (  Ins.  Orthopt.  —  Suites  à  Buff.  ) , 
qui  en  a  tiré  les  principaux  caractères  : 
1°  des  palpes  maxillaires  beaucoup  plus 
longs  que  les  labiaux ,  terminés  en  massue 
allongée  et  arrondie  à  l’extrémité,  et  cana- 
liculés  au  côté  interne  ;  2°  des  élytres  une 
fois  plus  longues  que  l’abdomen,  dilatées  au 
milieu  ;  et  3°  des  ailes  plus  courtes  que  les 
élytres. — Ce  g.,  très  voisin  desPseudophyl- 
les,  Serv.,  s’en  distingue  par  les  caractères 
que  nous  venons  d’énoncer  ;  l’auteur  y  rap¬ 
porte  deux  espèces  de  l’île  de  Java ,  ce  sont 
les  A.  virescèns  et  A.  ?  semivitreum,  Serv. 

(Bl.) 

APROCTOME.  Àproctomus.  année. 

—  Genre  trop  incomplètement  connu  pour 
qu’on  dise  à  quel  groupe  des  vers  il  appar¬ 
tient  ;  c’est  un  de  ceux  que  M.  Rafinesque 
a  établis. 

Yoici  comment  il  le  caractérise  :  Corps 
flottant ,  gélatineux  ,  déprimé,  mutique, 
sans  apparence  de  bouche,  mais  à  canal  ali¬ 
mentaire  interne;  animal  transparent,  ob~ 
long,  à  extrémités  aiguës.  Longueur,  un 
pied.  (P.  G.) 

APROM.  Âspro  (  Asper,  rude  ).  poiss. 

—  Genre  de  la  famille  des  Percoïdes,  qui 
diffère  des  Perches  en  ce  que  les  deux 
dorsales  sont  éloignées  et  ne  se  touchent 
pas  ,  et  que  le  museau  est  saillant  et  ca¬ 
verneux.  Ce  dernier  caract.  avait  fait  d’a¬ 
bord  penser  à  M.  Cuvier,  ainsi  qu’on  le  voit 
dans  la  lre  édition  du  Règne  animal ,  que 
ce  g.  devait  être  rangé  parmi  les  Sciénoï- 
des  ;  mais,  quand  il  eut  appris,  par  ses  études 
sur  ce  poisson,  que  le  palais  est  hérissé  de 
dents,  il  n’hésita  pas  à  ramener  ce  genre 
aux  Percoïdes  ,  auxquels  il  appartient  sans 
aucun  doute.  Outre  ces  principaux  caract., 
il  faut  aussi  remarquer  que  les  Aprons  ont 
le  préopercule  finement  dentelé,  l’opercule 
terminé  par  une  pointe  aiguë  ;  la  membrane 
branchiale  a  sept  rayons;  l’estomac  est  en 
cul-de-sac  peu  allongé,  trois  appendices  cœ- 
caux  au  pylore,  et  l’intestin  replié  deux 
fois.  On  ne  connaît  que  deux  espèces  d’A- 
pron  :  l’une  l’Apron  commun  (Aspro  vuU> 


40 


APR 


garis  ),  habite  le  Rhône  et  ses  affluents  ;  on 
le  trouve  aussi  dans  le  Danube  et  les  riviè¬ 
res  qui  s’y  jettent. 

C’est  un  petit  poisson  long  de  quinze  à 
dix-huit  centimètres,  d’une  couleur  ver¬ 
dâtre  ,  à  écailles  très  rudes.  Il  était  déjà 
connu  de  Rondelet.  Sa  chair  est  blanche  , 
légère,  et  agréable  au  goût.  Il  fraie  en  mars 
et  avril  ;  ses  œufs  sont  petits  et  blanchâtres. 
Rondelet  a  donné  cette  espèce  sous  le  nom 
d’Apron ,  que  l’on  ne  connaît  plus  aux  en¬ 
virons  de  Lyon,  et  qui  paraît  se  nommer 
aujourd’hui  Sorcier.  On  dit  que  son  nom 
allemand  ,  sur  les  bords  du  Danube ,  est 
Strœber. 

L’autre  espèce,  beaucoup  plus  grande, 
car  elle  atteint  jusqu’à  quarante  centi¬ 
mètres,  est  le  Cingle  ou  le  Zingel  (  Perça 
Zingel ,  Linn.).  Celte  espèce,  du  Danube,  ne 
se  trouve  pas  en  France.  Le  corps  est  gris- 
jaunâtre  ,  avec  quatre  bandes  noires  longi¬ 
tudinales;  sa  chair  a  les  mêmes  qualités  que 
celles  de  VApron  ;  et ,  à  cause  de  sa  taille , 
on  le  sert  sur  les  meilleures  tables. 

M.  de  Lacépède  avait  rangé  ces  deux 
Aprons  dans  son  genre  Dipteradon ,  qu’il 
caractérisait  par  l’absence  de  dentelures  ou 
d’épines  aux  pièces  de  l’opercule.  On  voit 
que  ces  deux  Poissons  ne  pouvaient  appar¬ 
tenir  au  genre  de  M.  de  Lacépède. 

(Val.) 

*  APROSOPE.  Âprosopus  (  «  priv.  ; 
npoG<tiicov ,  face),  ins.  —  Genre  de  Coléo¬ 
ptères  longicornes,  de  la  tribu  des  Lamiaires, 
établi  par  Guérin-Méneville  (  Icon .  Règne 
anim. ,  texte  ) ,  très  voisin  des  Hippopsis 
de  Serville ,  mais  remarquable  par  la  lon¬ 
gueur  extraordinaire  de  sa  tête;  par  son  front 
parallèle  au  sol  ;  par  sa  bouche  portée  en 
arrière  ;  par  ses  pattes  extrêmement  courtes, 
à  cuisses  renflées  et  à  jambes  antérieures  ar¬ 
quées  ;  par  ses  antennes  beaucoup  plus  lon¬ 
gues  que  le  corps ,  à  articles  garnis  en  tous 
sens  de  longs  poils  divergents,  dont  le  pre¬ 
mier  article ,  un  peu  plus  épais ,  n’est  pas 
plus  long  que  le  troisième.  Ce  genre  est 
très  rapproché  de  celui  que  Guérin  nomme 
Eutheia  (  loc.  cit .)  ;  mais  celui-ci  s’en  dis¬ 
tingue  par  le  premier  article  de  ses  anten¬ 
nes,  qui  est  beaucoup  plus  long  que  le  troi¬ 
sième,  et  plus  épais.  L’espèce  unique,  type 
de  ce  nouveau  genre,  vient  du  Brésil,  c’est 
l’A.  Buquetii ,  Guer.  Il  est  très  allongé,  pa-  I 


APR 

rallèle,  brun,  avec  la  tête  et  le  corselet  cou¬ 
verts  d’un  duvet  jaune  d’ocre,  et  les  pattes 
et  l’anus  noirs.  Sa  longueur  est  de  vingt  et 
un  millimètres ,  et  sa  largeur  de  trois. 

(C.  D’O.) 

*  APROSTERNA  («priv.;  npô ,  de¬ 

vant;  cxèp'jov ,  poitrine;  sans  prosternum). 
ins.  —  Sous-genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères,  famille  des  Lamellicornes,  établi  par 
M.  Hope  dans  le  genre  Mimela  de  Kirby 
( Transact .  ofthe  entomolog.  Society,  t.  I, 
pag.  117)  pour  y  placer  une  espèce  de  la 
Chine  nommée  par  Kirby  Mimela  nigri - 
cans,  figurée  pl.  10,  fig.  7,  dud.  ouvrage. 
Y oy.  le  g.  mimela.  (D.) 

*  APROSTOCETUS.  ins. —  Genre  de 
la  famille  des  Chalcidiens ,  de  l’ordre  des 
Hyménoptères,  établi  par  M.  Westwood 
(. Zool .  joarn.),  et  réuni  au  g.  Entedon ,  dont 
il  ne  diffère  pas  essentiellement,  par  M.  Wal- 
ker  ( Entom .  Mag.)  et  nous  ( Hist .  des  anim. 
art.  4).  M.  Westwood  résume  ainsi  les  ca- 
ract.  les  plus  saillants  de  son  genre  Apro- 
stocetus  :  Antennes  de  huit  articles  ;  les  deu¬ 
xième  ,  troisième,  quatrième  et  cinquième, 
égaux  ;  épaississant  graduellement.  Abdomen 
allongé,  sessile,  deux  fois  aussi  long  que  le 
thorax  ;  tarière  saillante.  Tarses  de  quatre 
articles.  On  ne  connaît  encore  qu’un  petit 
nombre  d’espèces  de  ce  genre  ;  toutes  sont 
indigènes  et  d’une  taille  très  exiguë.  Le  type 
est  VA.  caudatus,  Westwood.  (Bl.) 

*  APROSTOMA  (  «  priv.  ;  « po  ,  devant; 
oro>«,  bouche;  bouche  non  avancée),  ins. 
—  Genre  de  Coléoptères  tétramères ,  éta¬ 
bli  par  M.  Guérin-Méneville  (  Revue  zoolo¬ 
gique  ,  année  1859,  n°  6)  sur  un  nou¬ 
veau  Coléoptère  rapporté  de  Madagascar 
par  M.  Goudot.  Cet  insecte,  suivant  M. 
Guérin  ,  est  voisin  de  son  g.  Calodromus  , 
et  lie  les  Rhyncophores  aux  Xylophages.  Il 
lui  donne  le  nom  spécifique  de  Filum,  et 
lui  assigne  les  caract.  génériques  suivants  : 
Antennes  filiformes ,  un  peu  épaissies  vers 
le  bout  ;  de  onze  articles  légèrement  en 
scie ,  avec  les  quatre  derniers  plus  longs. 
Bouche  non  avancée  ;  palpes  très  visibles , 
terminées  par  un  article  un  peu  en  hache. 
Tête  courte  ,  profondément  refendue  anté¬ 
rieurement  ,  avec  les  antennes  insérées  en 
avant  et  au  dessous  des  yeux.  Corselet  très 
allongé,  comprimé  sur  les  côtés.  Élytres 
deux  fois  plus  longues  que  le  corselet,  é- 


APS 


APT 


41 


troites  et  parallèles.  Pattes  courtes ,  à  tarses 
de  quatre  articles  distincts ,  formant  ensem¬ 
ble  deux  fois  au  moins  la  longueur  de  la 
jambe  ;  le  premier  plus  long  que  les  trois 
autres  réunis. 

D’après  l’examen  que  nous  avons  fait 
hous-même  de  VApr.  filum ,  il  nous  a  pa¬ 
ru  ,  par  sa  tête  non  prolongée  en  bec  ou  en 
trompe ,  appartenir  à  la  famille  des  Xylo¬ 
phages  plutôt  qu’à  celle  des  Curculionites  , 
bien  que  ,  par  sa  forme  très  allongée  et 
presque  linéaire ,  il  ait  un  peu  le  faciès  des 
Br  entes.  (D.) 

APSEUDE  (ctyeud^ç,  vrai  ).  citrsT.  — 
Genre  de  l’ordre  des  Isopodes  et  de  la  fa¬ 
mille  des  Asellotes,  établi  par  Leach  ,  mais 
très  mal  caractérisé  par  ce  savant.  On  peut 
le  reconnaître  aux  traits  suivants  :  Les  an¬ 
tennes  de  la  première  paire  sont  courtes , 
grêles,  et  terminées  par  un  seul  filet;  les 
pattes  de  la  première  paire  sont  terminées 
par  une  main  didactyle  ,  et  celles  de  la  se¬ 
conde  paire  par  une  espèce  de  rame  aplatie 
et  épineuse  ;  enfin  le  sixième  et  dernier  an¬ 
neau  de  l’abdomen  est  très  grand,  lamelleux, 
et  garni  d’une  paire  d’appendices  composées 
chacune  d’un  pédoncule  cylindrique  et  d’un 
long  filament  détaché.  On  ne  connaît  qu’une 
seule  espèce  de  ce  genre ,  VApseude  talpi- 
forme.  Desmarets  a  confondu  ce  genre  avec 
le  g.  Euplieus  de  Risso.  (M.  B.) 

APSEUDÉSÏE  vrai  ).  polyp. 

foss. — Genre  établi  par  Lamouroux  d’après 
un  petit  Polypier  fossile  des  terrains  juras¬ 
siques  de  la  Normandie  et  caractérisé  par  cet 
auteur  de  la  manière  suivante  :  Polypier  fos¬ 
sile  presque  globuleux,  ou  hémisphérique, 
couvert  de  lames  saillantes  de  5  à  4  millim. 
au  moins,  droites  ou  peu  inclinées,  con¬ 
tournées  dans  tous  les  sens  ,  unies  ou  lisses 
sur  un  côté;  garnies,  sur  l’autre,  de  lamel¬ 
les  presque  verticales,  variant  beaucoup 
dans  leur  longueur,  leur  inclinaison  et  leur 
forme.  Lamouroux  rapproche  ce  Fossile  des 
Àgaricées  et  des  Pavonies  ;  mais  sa  structure 
est  trop  imparfaitement  connue  pour  qu’on 
puisse  assigner  sa  place  dans  une  classifica¬ 
tion  naturelle.  (M.  E.) 

*  APSïDA  ,  C.  (  d’ptç ,  voûte  ).  ms.  — 
Genre  de  Coléoptères  hétéromères ,  famille 
des  Taxicornes ,  établi  par  M.  Dejean  dans 
la  tribu  des  Diapériales  de  Latreille ,  mais 
dont  il  n’a  pas  publié  les  caract.  Il  y  rap- 

T.  II. 


porte  2  esp.,  qu’il  nomme  l’une  A.  chryso- 
melina,  et  l’autre  A.inornata;  la  première 
de  Carthagène ,  et  la  seconde  de  Cayenne. 
N’ayant  pu  nous  procurer  la  vue  de  ces 
deux  especes ,  qui  n’ont  pas  encore  été 
décrites,  nous  ne  pouvons  rien  dire  de  plus 
précis  sur  le  g.  qu’elles  ont  servi  à  fonder , 
et  nous  ne  le  mentionnons  ici  que  pour 
mémoire.  (D.) 

APSIS  (dfcç,  voûte  ;  arcade),  ins.  — 
Genre  de  l’ordre  des  Coléoptères  tétramè- 
res,  famille  des  Curculionites,  établi  par 
Germar,  et  fondu  depuis  dans  le  g.  Myo - 
rhinus  de  Schœnherr.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

APTÉYODYTE.  Aptenodytes  («jrrflv, 
sans  ailes;  tfüms,  plongeur),  ois.  —  Genre 
établi  par  Latham  ,  adopté  par  Yieillot  pour 
une  seule  des  espèces  que  Latham  y  avait 
rangées,  et  qui  est  un  Gorfou  pour  Cuvier  et 
pour  nous.  Voy.  ce  mot.  (Lafr.) 

*APTENTODYTES  (  ««-vjv ,  sans  ailes  ; 
,  plongeur),  ois.  —  C’est  le  nom  ad¬ 
opté  par  Cuvier  pour  son  genre  Manchot. 
Voy.  ce  mot.  (Lafr.) 

*  APTERANTHES  (  â  priv.  ;  èpo v , 
aile  ;  «v0a s ,  fleur  :  fleur  dépourvue  d’aile  ). 
bot.  piï.  —  Mikan  a  fondé  ce  g.,  qui  appar¬ 
tient  à  la  famille  des  Asclépiadées,  sur  une 
plante  trouvée  dans  ces  derniers  temps  dans 
l’île  de  Lampedouse.Gussone  la  décrivit  sous 
le  nom  de  Stapelia  enropœa  ;  c’est  jusqu’à 
présent  la  seule  esp.  dAsclépiadée  charnue 
trouvée  en  Europe.  Ses  caractères  sont  les 
suivants  :  Calice  5 -parti.  Corolle  rota- 
cée,  5-fide.  Gynostème  saillant.  Couronne 
staminale  simple,  à  cinq  lobes  subtriangu¬ 
laires,  plans,  légèrement  tronqués,  couchés 
sur  le  stigmate.  Anthères  simples  ;  masses 
polliniques  dressées,  fixées  par  la  base.  Stig¬ 
mate  plan.  Follicules  lisses.  — La  seule  esp. 
connue  est  une  plante  vivace  charnue ,  à 
tiges  tétragones  lisses ,  dentées  sur  les  an¬ 
gles,  à  l’aisselle  desquels  naissent  des  bou¬ 
quets  de  fleurs  brunes  semblables  à  celles 
des  Bucerosia.  (J.  D.) 

APTÈRES.  Aptera  (  un-ïpoç,  privé  d’ai¬ 
les).  zool. — On  désigne  généralement  sous  ce 
nom,  en  zoologie,  les  animaux  articulés  dé¬ 
pourvus  d’ailes.  Linné  et  quelques  autres  na¬ 
turalistes  comprenaient  sous  cette  dénomina¬ 
tion  les  Crustacés ,  les  Arachnides ,  les  My¬ 
riapodes,  les  Thysanoures ,  les  Parasites ,  et 
même  les  Vers  ;  en  un  mot  tous  les  animaux 
5* 


42 


ÀPT 


APT 


articulés  n’acquérant  jamais  d’ailes  à  leur 
état  parfait.  Plus  tard ,  chacune  de  ces  clas¬ 
ses  ou  ordres  ayant  reçu  un  nom  spécial , 
Lamarck  appliqua  le  nom  d’Aptères  seule¬ 
ment  à  l’ordre  que  Latreille  a  désigné  ensuite 
sous  le  nom  de  Syphonapt'eres.  (  Voy.  ce 
mot.)  Enfin,  dans  les  derniers  ouvrages  de 
Latreille  ,  la  dénomination  d’Aptères  n’a 
plus  été  appliquée  spécialement  à  aucun 
ordre;  mais,  depuis,  on  l’emploie  adjective¬ 
ment  pour  désigner  tels  ou  tels  animaux  ar¬ 
ticulés  privés  d’ailes  ;  et ,  dans  un  sens  plus 
restreint ,  on  dit  que  la  femelle  de  telle  esp. 
est  aptère  ,  c’est-à-dire  qu’elle  manque 
d’ailes  ou  qu’elle  n’en  a  que  de  rudimen¬ 
taires.  On  dit  aussi  que  certains  Coléo¬ 
ptères  sont  aptères  lorsqu’ils  manquent  de  la 
seconde  paire  d’ailes ,  bien  qu’ils  en  aient  la 
première  ,  connue  sous  le  nom  d'élytres; 
tels  sont  les  Carabes ,  les  Pimélies,  etc.  — 
Voy.  insectes  et  articulés.  (Bl.) 

*APTERÎA  (  à  priv.;  vstpâv  ,  aile),  bot. 
pii.  —  M.  Lindley  rapporte  ce  genre,  qu’il 
signe  du  nom  de  Nuttal ,  à  la  famille  des 
Burmanniacées.  II  n’en  est  nullement  ques¬ 
tion  dansEndlicher  [Généra plantarum),  et 
nous  manquons  complètement  de  rensei¬ 
gnements  à  son  égard.  Voy.  Burmannia¬ 
cées  et  Burmannia.  (C.  L.) 

*  APTÉRINE.  Apterina  («ir-S/îos,  sans 
ailes),  ins.— Genre  de  l’ordre  des  Diptères, 
division  des  Brachocères,  subdivision  des 
Dichœtes  ,  tribu  des  Musc-ides ,  section  des 
Acalyptères,  sous-tribu  des  Sphærocérides  , 
établi  par  M.  Maequart  aux  dépens  du  g. 
Borborus  de  Meigen,  et  dont  le  nom  indique 
l’absence  presque  complète  des  ailes,  qui  ne 
sont  que  rudimentaires.  Ses  caractères  sont  : 
Ecusson  hémisphérique;  abdomen  oblong, 
deuxième  segment  allongé ,  à  ligne  enfon¬ 
cée;  pieds  finement  velus;  premier  article 
des  tarses  postérieurs  dilaté  ;  balanciers  non 
distincts;  ailes  rudimentaires. — Ce  genre  se 
compose  d’une  seule  espèce  européenne, 
A.  pedestris ,  découverte  d’abord  à  Ham¬ 
bourg  par  M.  Ton  Yinthen ,  et  retrouvée 
depuis  dans  les  environs  de  Lille  par  M. 
Maequart.  (D.) 

APTERIX.  ois.  —  Voyez  aptéryx. 

(C.  D’O.) 

*APTERXUS  (ÜKTtpoç,  sans  ailes),  ois. 
— Sous-g.  formé  par  Swainson  pour  le  Pic 
tridactyle,  et  synonyme  du  g.  Picoïde ,  La- 


cépède ,  qui  lui  est  de  beaucoup  antérieur. 
Voy.  pic  et  picinée.  (Lafr.) 

*APTERNYX  («irrs/îoç,  sans  ailes),  ois. 
—  C’est,  dans  la  classification  de  Swainson, 
le  g.  synonyme  de  celui  d’’ Aptéryx ,  Shaw  , 
plus  anciennement  formé.  Voyez  ce  dernier 
mot.  _  (Lafr.) 

APTÉRODICERES.  Apterodicera 
sans  ailes  ;  ciïxs/jos,  à  deux  cornes). 
ins.  —  Latreille ,  dans  son  Généra  Crusta- 
ceorum  et  Insectorum ,  désigne  ainsi  une 
sous-classe  d’insectes ,  composée  de  ceux 
qui  sont  aptères,  ne  subissent  point  de  mé¬ 
tamorphose  ,  et  ont  deux  antennes  et  six 
pieds.  Elle  comprend  l’ordre  des  Thysa- 
noures  et  celui  des  Parasites.  Voy.  ces 
deux  mots.  (D.) 

*  APTEROESSA  (  carre/s oç,  sans  ailes  ; 

erra ,  étant  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
pentamères,  famille  des  Carabiques ,  tribu 
des  Cicindélètes ,  fondé  par  M.  Hope  sur 
une  seule  espèce  du  Coromandel ,  Cicm- 
deïa  grossa  de  Fabricius.  Il  lui  donne  pour 
caract.  :  Corps  grand ,  aptère.  Antennes 
comme  celles  des  Cicindèles.  Mandibules 
cultriformes,  avec  une  dent  large,  striée  à 
sa  base ,  et  deux  plus  petites  au  bord  inter¬ 
ne.  Palpes  maxillaires  aussi  longs  que  les 
labiaux  ;  le  1er  est  très  court ,  le  2e  quatre 
fois  plus  long ,  le  3e  moindre  que  le  suivant 
et  dernier;  celui-ci  est  ovale,  allongé  et 
tronqué  à  son  extrémité.  Menton  divisé  en 
deux  lobes  avancés ,  avec  une  dent  aiguë  au 
milieu  de  l’échancrure.  Labre  court,  garni 
de  chaque  côté  de  trois  dents  aiguës ,  et 
dont  le  milieu  se  termine  par  une  petite 
épine.  Corselet  plus  large  que  la  tète ,  et 
presque  autant  que  les  élytres. 

Ce  g.  est  très  voisin  du  g.  Dromica  de 
M.  Dejean,  et  l’espèce  qui  lui  sert  de  type  est 
figurée  avec  les  caract.  génériques  dans  un 
ouvrage  de  M.  Hope  ,  intitulé  :  The  Coleo- 
pterisVs  manual ,  etc.  (2e  partie) ,  qui  a  paru 
à  Londres  en  1858.  (D.  et  C.) 

APTEROGYNA  («*re/;os,  privé  d’ailes; 
yyvvj  -,  femelle),  ins.  —  Genre  de  la  famille 
des  Mutilliens ,  de  l’ordre  des  Hyménoptè¬ 
res  ,  section  des  Porte-Aiguillon ,  établi  par 
Latreille,  et  adopté  par  tous  les  entomolo¬ 
gistes.  —  Ce  g.  est  parfaitement  caractéri¬ 
sé  par  des  antennes  longues,  grêles  et  séta- 
cées  dans  les  mâles  ;  un  thorax  de  forme 
cubique  et  sans  divisions  apparentes  dans 


APT 


APT 


43 


les  femelles,  et  des  ailes  seulement  dans 
les  mâles,  n’offrant  que  des  cellules  bra¬ 
chiales,  et  une  seule  cubitale,  petite,  et  de 
forme  rhomboïdale.  Les  esp.  connues  de  ce 
g.  sont  peu  nombreuses  et  propres  aux  pays 
chauds.  Le  type  est  IM.  Olivierii  Latr. , 
d’Arabie.  (Bl.) 

APTÉRONOTES  (  tiktapas,  sans  na¬ 
geoires;  vwtoç,  dos),  poiss.— Genre  de  Pois¬ 
sons  ainsi  nommé  par  Lacépède ,  en  même 
temps  que  Bloch  l’établissait,  dans  son  édi¬ 
tion  posthume  publiée  par  Schneider,  sous 
le  nom  de  Sternachus.  Il  appartient  au 
groupe  des  Malacoptérygiens  apodes,  et  il 
est  très  voisin  des  Gymnotes.  Il  s’en  distin¬ 
gue  en  ce  que  l’anale  est  terminée  avant 
d’atteindre  le  bout  de  la  queue,  et  en  ce 
qu’il  a  une  nageoire  caudale.  La  tête  est 
oblongue,  peu  comprimée;  le  corps  est  écail¬ 
leux.  Les  pièces  operculaires  sont,  comme 
dans  tous  les  Anguilliformes ,  cachées  sous 
la  peau.  Les  dents  sont  en  très  fin  velours , 
à  peine  sensibles.  On  n’en  connaît  qu’une 
espèce,  originaire  d’Amérique  comme  les 
autres  Gymnotes.  (Val.) 

*APTEROPEDÂ,  C.  («* rs«os,  sans  ai¬ 
les  ;  mjg'ax o,  je  saute),  uns.  —  Genre  de  Coléo¬ 
ptères  tétram.,  famille  des  Chrysomélines, 
établi  par  M.  Chevrolat ,  et  adopté  par  M. 
Dejean  dans  son  dernier  Catalogue  (3e  éd.). 
Ce  g.  se  compose  de  trois  espèces  aptères 
d’Europe  qui  rentrent  dans  la  6e  division  du 
grand  g.  Haltica  d’Illiger,  désignée  par  lui 
sous  le  nomd eStriatœ.  Les  caract.  en  sont, 
d’après  M.  Chevrolat  :  Corselet  ponctué,  non 
sillonné  transversalement;  élytres  aux  2 
tiers  sphériques ,  avancées  et  arrondies  an¬ 
térieurement  ,  légèrement  acuminées  sur  les 
côtés  ,  à  stries  ponctuées  ;  1er  art.  des  tar¬ 
ses  postérieurs  assez  épais,  conique,  aussi 
long  à  lui  seul  que  les  deux  suivants  ;  épine 
à  l’extrémité  du  tibia  postérieur,  aiguë. 
Corps  globuleux ,  sillonné  latéralement,  et 
non  ailé.  Nous  citerons  comme  type  1  ''Hal¬ 
tica  ciliata  d’Olivier.  (D.  et  C.) 

*  APTÉROPHASMIENS  (  &crVoS , 
privé  d’ailes;  <? ,  spectre),  ins.  —  M. 
Gray  (  Synops .  of  the  sp.  belong.  to  the 
fam.  of  phasmid.)  a  appliqué  cette  dénomi¬ 
nation  à  un  groupe  qu’il  a  établi  dans  la  fa¬ 
mille  des  Phasmiens  ,  d’après  l’absence  des 
ailes  ;  mais,  comme  plusieurs  de  ces  Phas- 
miens  aptères  se  trouvent  être  des  larves 


obtenant  des  ailes  quand  elles  sont  parve¬ 
nues  à  l’état  d’insectes  parfaits,  et  que 
d’autres  sont  des  femelles  dont  les  mâles 
sont  ailés ,  cette  division  a  été  rejetée  par 
tous  les  entomologistes ,  avec  d’autant  plus 
de  raison ,  que  la  présence  ou  l’absence  des 
ailes  n’offre  pas  un  caractère  assez  important 
pour  établir  des  divisions,  puisqu’il  est  sou¬ 
vent  le  propre  d’un  sexe.  (Bl.) 

*APTÉRURE  (xrcrepoç ,  non  ailé  ;  où pu, 
queue),  crust.  —  Famille  de  l’ordre  des 
Décapodes  et  de  la  section  des  Anomoures, 
proposée  par  Milne-Edwards ,  et  caractéri¬ 
sée  par  l’absence  d’appendices  vers  l’extré¬ 
mité  de  l’abdomen.  Ces  Crustacés  se  rappro¬ 
chent  des  Brachyures  proprement  dits  par  la 
forme  générale  du  corps,  et  constituent  qua¬ 
tre  petites  tribus  naturelles,  savoir:  lesDro- 
miens,  les  Homoliens ,  les  Raniniens  et  les 
Pactoles.  (M.  E.) 

APTERURUS  («ir repos,  sans  nageoires  ; 
oùptt,  queue),  poiss. — Nom  que  Rafinesque 
a  appliqué  aux  espèces  de  Raies ,  du  genre 
Céphaloptère  de  Duméril.  Voy.  ce  mot. 

(VAL.) 

*APTERYGIDA  («  priv.;  irrfyov ,  aile). 
ins. —Genre  établi  par  M.  Westwood  \Gen. 
syn .)  dans  la  famille  des  Forficuliens ,  de 
l’ordre  des  Orthoptères ,  et  caractérisé  par 
l’absence  des  ailes,  et  par  les  antennes,  com¬ 
posées  seulement  de  douze  articles.  Ce  g. , 
qui,  d’après  nous,  ne  devrait  former  qu’une 
division  du  g.  Forficula ,  a  pour  type  la  F . 
pedestris  Bonn ,  répandue  dans  une  grande 
partie  de  l’Europe.  (Bl.) 

*APTÉRYGIENIS.  Apterygia  («j css/ju- 
y os,  sans  ailes),  moll.  —  M.  Latreille,  dans 
ses  familles  naturelles  du  règne  animal,  en¬ 
visageant  les  Mollusques  d’une  manière  gé  ¬ 
nérale  et  exclusive  d’après  un  caractère  de 
leur  organisation,  les  partage,  d’après  la  pré¬ 
sence  ou  l’absence  du  pied ,  en  deux  gran¬ 
des  classes  :  les  Ptérygiens  pour  ceux  qui 
ont  un  pied,  et  les  Aptérygiens  pour  ceux 
qui  manquent  de  cet  organe.  Il  suffit  pres¬ 
que  de  rappeler  cette  division  pour  en  faire 
sentir  les  défauts.  Il  y  a  des  Mollusques  acé- 
phalés  (  comme  les  Huîtres ,  par  exemple  ) 
qui  n’ont  jamais  aucune  trace  d’un  organe 
locomoteur  ,  et  qui  se  trouveraient  séparés 
des  autres  Conchifères;  tandis  que  presque 
tous  ceux-ci,  réunis  à  tous  les  Mollusques 
gastéropodes ,  seraient  entraînés  dans  la 


44 


APT 


APT 


classe  des  Ptérygiens.  Les  Zoologistes  ont 
reconnu  sans  doute  l’imperfection  de  ces 
grandes  divisions  ,  et  ils  n’ont  jamais  songé 
à  les  introduire  sérieusement  dans  la  mé¬ 
thode.  Voy.  mollusques.  (Desh.) 

*APTËRYGINÉES.  Apteriginœ  (du 
g.  Aptéryx ,  faisant  partie  de  ce  groupe  ). 
ois.  —  Sous-famille  de  la  famille  Struthio- 
nidées  de  Bonaparte  (  Prodromus  syst.  or- 
nith.  ) ,  que  nous  croyons  devoir  adopter. 
Ses  caract.  sont  :  Bec  très  allongé,  très 
grêle ,  analogue  à  celui  des  Scolopacidées. 
Tarses  armés  de  forts  éperons.  Queue  nulle. 
Cette  famille  ne  se  compose  que  du  seul  g. 
Aptéryx.  Voy.  ce  mot.  (Lafr.) 

APTERYX.  Aptéryx  sans 

ailes  ).  ois.  —  Genre  faisant  partie  des  Bré- 
vipennes  de  Cuvier ,  des  Nullipennes  de 
Lesson  (  Trait.  d’Orn.),  et  des  Coureurs  de 
Temminck.  Il  fut  formé  par  Shavv  sur  une 
ésp.  unique  de  la  Nouvelle-Zélande  ,  et  des 
plus  remarquables  dans  toute  la  série  orni¬ 
thologique  ,  puisqu’à  des  ailes  rudimentai¬ 
res  et  impropres  au  vol  elle  réunit  un  bec 
de  Courlis  ou  de  Bécasse ,  et  des  pattes  de 
Gallinacées.  Ses  caract.  extérieurs  sont  : 
Bec  très  long,  grêle,  droit,  mou,  sillonné 
de  chaque  côté,  par  une  rainure  tubuleuse; 
renflé  et  recourbé  à  sa  pointe  ,  près  de  la¬ 
quelle  sont  percées  les  narines,  en  forme 
de  trous  ;  base  du  bec  couverte  d’une  cire 
garnie  de  poils.  Ailes  presque  nulles  ,  ter¬ 
minées  en  moignon  muni  d’un  ongle  fort  ef. 
arqué.  Tarses  très  robustes ,  très  courts , 
scutellés  en  avant ,  terminés  par  quatre 
doigts  vigoureux,  trois  devant,  un  derrière  ; 
entièrement  libres,  et  munis  d’ongles  robus¬ 
tes,  acérés  et  droits.  Queue  nulle. 

La  seule  dépouille  de  l’esp.  type  connue 
existait  depuis  long-temps  en  Angleterre , 
et  faisait  présumer  fortement  que  ce  genre 
devait  faire  partie  des  Brévipennes ,  lors- 
qu’en  1838,  le  corps  de  cet  oiseau  étant  par¬ 
venu  à  Londres  ,  on  a  reconnu  que  toute 
son  anatomie  et  son  ostéologie  venaient 
confirmer  ces  présomptions.  Les  os,  effecti¬ 
vement  ,  ne  sont  point  percés  pour  l’intro¬ 
duction  de  l’air ,  qui  n’entre  pas  non  plus 
dans  la  cavité  abdominale.  Le  sternum  est 
d’une  petitesse  remarquable ,  et  dépourvu 
de  crête  ou  bréchet ,  comme  chez  les  Bré¬ 
vipennes;  il  en  diffère  cependant  par  la  pré¬ 
sence  de  deux  trous  circulaires ,  situés  de 


chaque  côté  Je  la  ligne  médiane .  près  de 
la  grande  échancrure  antérieure ,  et  par  la 
dimension  beaucoup  plus  forte  des  deux 
échancrures  postérieures.  Du  reste,  tout 
l’appareil  alaire  n’est  que  rudimentaire  et 
atrophié,  comme  chez  les  Autruches,  et  il  n’y 
a  que  quelques  pennes  courtes  et  fortes , 
attachées  au  métacarpe.  Toute  son  ostéolo¬ 
gie  le  lie  donc  intimement  avec  le  groupe 
des  Autruches  ,  quoique  les  deux  trous  ou¬ 
verts  entre  l’origine  des  muscles  pectoraux 
soient  une  des  singulières  bizarreries  du 
squelette  de  cet  oiseau.  Dans  la  longueur  du 
fémur,  on  commence  à  reconnaître  une  dé¬ 
viation  du  type  Autruche ,  dit  M.  Owen,  et 
une  tendance  vers  le  type  Gallinacé  dans 
la  brièveté  du  segment  métatarsal.  Le  déve¬ 
loppement  du  pouce  est  une  autre  dévia¬ 
tion  qui ,  selon  le  même  auteur ,  le  rappro¬ 
cherait  du  Dodo ,  qu’il  range  dans  le  grou¬ 
pe  Autruche.  Tout  en  ne  pouvant  figurer 
que  dans  l’ordre  des  Brévipennes,  ce  singu¬ 
lier  oiseau  forme  transition  ,  ptlr  ses  pattes, 
avec  celui  des  Gallinacés ,  et ,  par  son  bec  , 
avec  celui  des  Échassiers.  M.  Owen  a  donné 
les  détails  les  plus  circonstanciés  sur  son 
anatomie  dans  les  Proceedings ,  1858 ,  p. 
47,  71  et  103. 

L’Aptéryx  austral  (  Aptéryx  australis  , 
Shavv)  est  de  la  taille  d’une  Poule.  Son  plu¬ 
mage  est  brun-ferrugineux,  décomposé,  et 
tombant  comme  celui  de  l’Emeu  de  la 
Nouvelle-Hollande  ;  son  bec  rappelle  ,  pour 
la  forme ,  celui  de  la  Bécasse ,  et  ses  pieds 
robustes ,  voisins  de  ceux  des  Gallinacés , 
en  font  un  oiseau  mixte  des  plus  singuliers. 

Les  derniers  renseignements  que  l’on  ait 
sur  les  mœurs  de  cet  oiseau  ont  été  fournis 
par  M.  Cunningham  à  la  Société  zoologique 
de  Londres  en  mai  1839  ,  et  communiqués 
par  les  nouveaux  Zélandais  eux-mêmes,  par 
l’entremise  des  missionnaires.  Nous  en  ex¬ 
trayons  ce  qui  suit  : 

«  Cet  oiseau ,  que  les  naturels  appellent 
Kiwi ,  se  tient  dans  les  forêts  les  plus  four¬ 
rées  et  les  plus  sombres  de  l’île  du  Nord. 
Dans  ces  humides  forêts ,  il  reste  blotti  le 
jour  sous  des  touffes  de  grandes  herbes  ma¬ 
récageuses  ,  espèce  de  Carex  abondant  par¬ 
tout  dans  ces  bois,  ou  se  cache ,  pour  mieux 
éviter  la  clarté  du  jour ,  dans  des  cavités 
qui  sont  entre  les  racines  de  l’arbre  Rata 
(le  Metrosideros  rohusta  A.C.— -N, S,), C’est 


APT 


APT 


45 


là  auss  qu’il  construit  son  nid  ,  très  peu 
soigné,  et  où  il  ne  pond  qu’un  œuf,  de  la 
grosseur  à  peu  près  de  celui  d’un  Canard 
ou  d’un  Oie.  Aussitôt  qu’il  fait  nuit ,  il  se 
met  en  marche  pour  chercher  sa  nourritu¬ 
re  ,  qui ,  d’après  tous  les  renseignements 
connus,  ne  consiste  uniquement  qu’en  yerg, 
qu’il  attrape  en  grattant  le  sol  avec  ses  pat¬ 
tes  ,  et  introduisant  son  long  bec  dans  les 
terrains  mous  et  marécageux  qui  le  recou¬ 
vrent  en  certains  lieux.  Il  n’est  pas  douteux 
qu’un  instinct  particulier  et  puissant  lui 
sert  à  trouver  la  nuit  ces  endroits  où  sa 
nourriture  abonde ,  car  ses  .  yeux  sont  fort 
petits  ;  mais  à  l’orifice  de  ses  narines ,  pla¬ 
cées  à  l’extrémité  de  sa  mandibule  supé¬ 
rieure  ,  réside  probablement  une  grande 
finesse  d’odorat. 

»  Le  Kiwi  ne  vit  point  en  troupes,  et  on 
le  rencontre  presque  toujours  par  paires , 
mâle  et  femelle.  Son  cri ,  pendant  la  nuit , 
ressemble  à  un  fort  coup  de  sifflet ,  et  c’est 
en  imitant  Ce  cri  que  les  naturels  parvien¬ 
nent  à  les  attirer.  Ils  s’en  emparent  alors 
soit  en  lâchant  des  Chiens  après  eux  ou  en 
les  éblouissant  par  l’apparition  subite  d’une 
torche  allumée  qu’ils  tiennent  cachée  sous 
leur  natte.  Us  peuvent  ainsi  les  prendre 
tous  vivants  en  les  saisissant  par  le  cou.  Us 
choisissent,  pour  faire  cette  chasse  ,  les 
nuits  les  plus  obscures  ;  et ,  comme  ils  peu¬ 
vent  distinguer  au  cri  le  mâle  de  la  femel¬ 
le  ,  ils  commencent  toujours  par  s’emparer 
de  celle-ci ,  sachant  bien  qu’aîors  ils  pren¬ 
dront  facilement  le  mâle ,  qui  ne  s’éloigne 
pas  du  lieu,  pour  chercher  et  protéger  sa 
compagne. 

»  Lorsque  le  Kiwi  est  inquiété  dans  sa 
forêt ,  il  se  sauve  précipitamment  vers  son 
obscure  retraite,  et  avec  une  vitesse  incroya¬ 
ble  ,  quoique  ses  jambes  ,  d’après  leur  briè¬ 
veté  et  leur  grosseur ,  paraissent  plus  pro¬ 
pres  à  fouiller  qu’à  se  mouvoir  rapidement. 
Elles  sont  pour  lui  un  puissant  moyen  de 
défense  ,  et ,  lorsqu’il  est  sur  le  point  d’être 
saisi  par  les  naturels  et  leurs  petits  Chiens , 
il  s’en  sert  avec  avantage  contre  ceux  de 
ces  Chiens  qui  ne  savent  pas  s’en  garantir 
en  le  saisissant. 

»  Avant  l’arrivée  des  Européens  à  la  Nou¬ 
velle-Zélande,  les  naturels  se  livraient  sou¬ 
vent  à  cette  chasse,  tant  pour  se  nourrir  de 
la  chair  du  Kiwi  que  pour  employer  ses 


plumes  à  la  fabrication  et  à  l’ornement  de 
leurs  nattes ,  en  les  cousant  sur  des  tissus 
de  leur  lin  indigène.  Us  avaient  même  fini 
par  en  détruire  l’esp.  dans  quelques  dis¬ 
tricts  où  ils  étaient  abondants  autrefois  ;  et 
aujourd’hui ,  quoiqu’il  se  rencontre  encore 
dans  les  cantons  boisés  et  moins  habités , 
on  ne  se  le  procure  que  difficilement ,  par¬ 
ce  que  les  naturels ,  ayant  déjà  perdu  de 
leur  ancienne  vigueur  et  de  leur  énergie , 
depuis  qu’ils  ont  adopté  les  usages  des  Eu¬ 
ropéens  ,  se  décident  difficilement ,  même 
pour  une  récompense  assez  forte ,  à  passer 
une  nuit  obscure  à  la  recherche  de  cet  oi¬ 
seau  ,  et ,  sans  leur  aide ,  il  n’y  a  pas  moyen 
de  se  le  procurer.  » 

M.  Cunningham  ajoute  que  «  quelques 
naturels ,  habitants  du  district  du  Cap  de 
l’est  au  sud  de  la  Baie  des  îles ,  lieu  où  il 
avait  recueilli  l’Aptéryx  qu’il  adressait  à  la 
Société  zoologique ,  lui  avaient  fait  observer 
que  les  Kiwis  de  leurs  forêts  étaient  beau¬ 
coup  plus  grands  et  plus  forts  que  celui-ci , 
qu’il  avait  recueilli  près  des  missions,  sur 
la  rivière  d’Hokianga ,  et  il  en  conclut  que 
ces  individus ,  d’un  canton  plus  méridional , 
pourraient  bien  appartenir  à  une  espèce 
différente.  » 

J’ajouterai ,  à  propos  de  la  taille  de  cet 
oiseau ,  qu’ayant  examiné  dernièrement  à 
Londres  les  trois  individus  que  possède  la 
Société  zoologique,  j’ai  été  fort  surpris  de 
voir  que  ces  oiseaux  n’étaient  guère  que  de 
la  grosseur  d’une  Poule ,  m’étant  figuré , 
d’après  la  description  que  j’en  avais  lue, 
qu’ils  étaient  au  moins  de  celle  d’un  Din¬ 
don.  (Lafr.) 

*APTraoTimiPs  (  ckrïiv  ,  5j VOS,  sans 
ailes  ;  Opty  ,  genre  d’insectes  ).  ins.  —  M. 
Haliday  (  Entom.  Magaz,  )  a  établi  sous 
ce  nom  ,  dans  la  famille  des  Thripsiens,  de 
l’ordre  des  Hémiptères-homoptères,  un  sous- 
genre  caractérisé  ,  d’après  cet  auteur,  par 
l’absence  des  ocelles  et  des  ailes.  Ces  Apti- 
nothrips  ressemblent  du  reste  complète¬ 
ment  aux  Thrips ,  et  nous  ne  serions  pas 
surpris  qu’ils  n’en  fussent  que  des  individus 
n’ayant  pas  encore  acquis  tout  leur  déve¬ 
loppement  ;  mais  un  nouvel  examen  serait 
indispensable  pour  détruire  ou  corroborer 
cette  présomption.  M.  Haliday  donne  com¬ 
me  type  de  son  sous-genre  le  Thrips  rufa, 
Gmelin.  (PlfO 


46 


APT 


ÀPT 


APTINUS,  C.  (àicTiiiv ,  sans  ailes  ;  qui  ne 
peut  voler),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
pentamères,  famille  des  Carabiques,  tribu 
des  Troncatipennes,  établi  par  Bonelli  et 
adopté  par  M.  Pejean,  qui,  dans  son  Species, 
le  caractérise  de  la  manière  suivante  :  Der¬ 
nier  article  des  palpes  un  peu  plus  gros  que 
les  précédents,  et  allant  un  peu  en  grossis¬ 
sant  vers  l’extrémité.  Antennes  filiformes. 
Lèvre  supérieure  courte,  et  laissant  les  man¬ 
dibules  à  découvert.  Point  de  dent,  ou  une 
très  petite  au  milieu  de  l’échancrure  du 
menton.  Les  trois  premiers  articles  des  tar¬ 
ses  antérieurs  sensiblement  dilatés  dans  les 
mâles.  Point  d’ailes.  Corselet  cordiforme. 
Élytres  ovales,  allant  en  s’élargissant  vers 
l’extrémité. 

Les  Âptinus  ont  le  plus  grand  rapport 
avec  les  Brachines,  auxquels  Latreille  les  a 
réunis  ;  cependant  M.  Dejean  pense  qu’ils 
doivent  en  être  séparés,  parce  que,  indépen¬ 
damment  de  l’absence  des  ailes ,  ils  présen¬ 
tent  constamment ,  suivant  lui ,  les  caract. 
Suivants  :  Les  trois  premiers  articles  des 
tarses  antérieurs  sont  toujours  sensiblement 
dilatés  dans  les  mâles,  tandis  que  cette  di¬ 
latation  n’est  presque  pas  sensible  dans  les 
Brachines  ;  les  élytres  sont  tronquées  obli¬ 
quement  à  l’extrémité,  de  manière  à  former 
un  angle  rentrant  dont  l’extrémité  de  la  su¬ 
ture  est  le  sommet  -,  tandis  que,  dans  les 
Brachines  ,  les  élytres  sont  tronquées  car¬ 
rément;  les  élytres  sont  aussi  plus  ovales,  et 
elles  vont  en  s’élargissant  vers  l’extrémité; 
tandis  qu’elles  sont  ordinairement  plus  car¬ 
rées  et  plus  parallèles  dans  les  Brachines. 
Cependant  il  est  vrai  de  dire  que  quelques 
espèces  de  ce  dernier  g.  présentent  aussi  ce 
caractère. 

M.  Solier  sépare  non  seulement  les  Âp¬ 
tinus  des  Bracliinus  comme  M.  Dejean , 
mais  il  en  retranche  plusieurs  espèces  avec 
lesquelles  il  forme  un  troisième  genre,  qu’il 
nomme  Pherosophus.  M.  Brullé  ne  trouve 
pas  ces  trois  coupes  génériques  suffisamment 
caractérisées,  et  n’adopte  que  celle  des  Bra- 
chinus,  comme  Latreille.  Les  bornes  qui 
nous  sont  imposées  ne  nous  permettent  pas 
de  rapporter  ici  les  raisons  sur  lesquelles  il 
fonde  son  opinion  ;  on  peut  consulter  à  cet 
égard  son  mémoire,  inséré  dans  les  Ann.  de 
la  Soc.  entom.  de  France,  t.  ÏV,  3e  trirn. 
1833,  pag.  621. 


Quant  au  g.  Âptinus  tel  que  M.  Dejean 
le  caractérise,  il  renferme,  d’après  son  der¬ 
nier  Catalogue,  seize  espèces,  dont  sept  d’A¬ 
frique,  deux  d’Amérique  et  sept  d’Europe. 
Nous  citerons  parmi  ces  dernières ,  comme 
type  du  g.,  VApt.  ballista  d’ïllig.,  qui  se 
trouve  en  Espagne  et  dans  le  midi  de  la 
France.  Cette  esp.,  qui  est  la  même  que  le 
Brach.  displosor  de  M.  Léon  Dufour  ,  est 
figurée  dans  P  Iconographie  des  Coléoptères 
d'Europe.  (D.) 

*APTOPUS  (àirrcos,  stable,  ferme  ;  jtojs, 
pied),  ins.  — Genre  de  l’ordre  des  Coléo¬ 
ptères  pentamères,  famille  des  Sternoxes  , 
tribu  des  Élatérides,  établi  par  Eschscholtz, 
qui  lui  donne  pour  caractères  :  Tarses  dé¬ 
pourvus  de  pelote.  Ongles  en  scie.  Yeux 
globuleux.  Angles  du  thorax  très  courts. 
M.  Dejean  a  adopté  ce  genre  dans  son  der¬ 
nier  Catalogue,  et  il  y  rapporte  trois  espèces, 
dont  deux  du  Brésil ,  et  une  de  Mexico. 
Cette  dernière,  qu’il  nomme  A.  Venator ,  a 
été  appelée  A.  pruinosus  par  M.  Chevrolat. 

(D.  et  C.) 

*APTOSIMUM,  Burchell,  fide  Benth., 
in  Bot.  reg.,  sub  tab.  1832  (  «  priv.  ;  r.zù- 
t u/j.oç  ,  caduc  ;  parce  que  le  fruit  persiste 
après  la  déhiscence).— Peliostomum,  Benth., 
ibid.  —  Ohlendorffia,  Lehm.  bot.  pii.  — 
Genre  de  la  famille  des  Scrophularinées , 
tribu  des  Salpiglossidées  de  M.  Bentham  , 
qui  lui  assigne  pour  caract.  :  Calice  campa- 
nulé,  semi-5-fide,  2-bractéolé  à  la  base.  Co¬ 
rolle  à  tube  évasé  au  dessus  du  calice ,  res¬ 
serré  à  la  base  ;  limbe  sub-2-labié ,  à  cinq 
lobes  arrondis,  plans  ,  presque  égaux.  Éta¬ 
mines  didynames,  déclinées  ;  anthères  sub- 
dithèques,  velues  au  dos;  bourses  confluen¬ 
tes  ,  déhiscentes  par  une  seule  fente  trans¬ 
verse;  celles  des  étamines  supérieures  plus 
petites,  souvent  abortives.  Style  indivisé, 
terminé  par  un  stigmate  très  légèrement  2- 
lobé.  Capsule  courte ,  obeordiforme  ,  sub¬ 
globuleuse  à  la  base ,  comprimée  au  som¬ 
met  ,  2-loculaine ,  courtement  4-valve  au 
sommet,  à  la  fois  septicide  et  loculicide. 
Graines  subtrigones ,  strophiolées.  —  Sous- 
arbrisseaux  raides,  le  plus  souvent  diffus  ou 
touffus.  Fleurs  axillaires.  Ce  g.,  qui  com¬ 
prend  six  esp.,  appartient  aux  environs  du 
Cap.  (Sp.) 

*  ÂPTUS.  ins.  — M.  Habn  (Wanzenar- 
tigen  însekt.  ;  emploie  cette  dénomination 


APU 

pour  désigner  un  genre  de  la  famille  des 
Réduviens,  de  l’ordre  des  Hémiptères,  exac¬ 
tement  synonyme  de  Nabis.  Voy.  ce  mot. 

(Bl.) 

APTYCHUS.  moll.  foss.  —  Voyez 

TRIGONELLITE.  (C.  D’O.) 

APULE  JA,  Martius.  bot.  pii. — Genre 
de  la  famille  des  Légumineuses ,  sous- 
ordre  des  Césalpiniées ,  tribu  des  Cas- 
siées ,  que  son  auteur  dit  voisin  de  VExo- 
stylis, ,  et  dont  il  expose  les  caract.  ( Herb . 
Flor.  Brasil.  in  Flora,  1837,  t.  II,  p.  173 , 
comme  il  suit  :  Calice  urcéolé,  3-parti.  Pé¬ 
tales  3,  courtement  onguiculés,  presque  éta¬ 
lés.  Quelquefois  le  calice  est  4-parli ,  et 
la  corolle  4-pétale.  Étamines  5,  saillantes, 
insérées  devant  les  segments  calicinaux  ;  fi¬ 
lets  filiformes;  anthères  linéaires-oblongues, 
2-thèques.  Ovaire  linéaire-oblong ,  compri¬ 
mé  ,  pauci-ovulé.  Style  courbé  ;  stigmate 
grand,  disciforme. — Ce  g.  est  fondé  sur  une 
seule  espèce  ( A .  prœcox ,  Mart.  loc.  cil.)  ; 
c’est  un  arbre  des  environs  de  Rio-Janeiro; 
ses  feuilles  sont  imparipennées,  9-î3-folio- 
lées  (  à  folioles  alternes ,  non  stipellées  ) ,  à 
stipules  caduques  ;  les  fleurs  sont  blanches, 
plus  précoces  que  les  feuilles ,  et  disposées 
en  corymbes  bractéolés;  les  pédoncules,  les 
calices,  les  filets  des  étamines  et  les  pistils , 
sont  couverts  d’un  duvet  soyeux  roussâtre. 

(Sp.) 

APUS  (  «priv.;  pied),  ois.  —  Nom 
donné  par  Scopoli  au  g.  Martinet.  Voy.  ce 
mot.  (Lafr„) 

APUS  (à  augmentatif  ;  *o3ç,  pied),  crust. 
—  Genre  très  remarquable  de  l’ordre  des 
Crustacés  branchiopodes ,  caractérisé  par 
l’existence  d’une  grande  carapace  scutifor- 
me  ,  qui  recouvre  la  tête  et  le  thorax  ;  de 
pattes-mâchoires  rameuses  ,  de  pattes  bran¬ 
chiales  au  nombre  de  soixante  paires  en¬ 
viron  ,  et  d’une  espèce  de  queue  formée 
par  2  appendices  sétacés  très  longs.  Ces  ani¬ 
maux  habitent  les  eaux  douces  et  atteignent 
à  peu  près  deux  pouces  de  long.  (M.  E.) 

APUS  (  «  priv.  ;  ir ouç,  pied),  bot.  cr.  — 
Mot  synonyme  de  sessile,  et  qui  s’applique 
aux  Champignons  dont  le  chapeau  ou  la  par¬ 
tie  qui  supporte  les  organes  de  la  fructifi¬ 
cation  adhère  par  un  point,  ou  par  un  bord 
seulement ,  aux  corps  sur  lesquels  ils  se 
sont  développés.  Dans  les  Agarics ,  les  Po¬ 
lypores,  lesHydnes,  etc.,  il  y  a  toujours  une 


àQU  47 

section  désignée  sous  le  ntrni  (VApus,  et  qui 
comprend  toutes  les  espèces  sessiles. 

(LÉv.) 

*APYRE  (  «priv.;  nùp ,  feu  ;  c’est-à- 
dire  infusible),  min.  —  Nom  donné  à  un 
minéral  que  l’on  avait  d’abord  rapproché 
des  Feldspaths,  mais  dont  on  a  fait  depuis 
une  espèce,  sous  le  nom  de  Maele  ou  d’An- 
dalousite.  On  avait  remarqué  qu’il  se  distin¬ 
guait  des  Feldspaths  ordinaires  par  son  in» 
fusibilité;  et  on  le  nommait ,  en  conséquen¬ 
ce,  Feldspath  apyre.  —  Voy.  macle. 

(Del.) 

*APYRITE  (  à  priv.  ;  KÙp ,  feu),  min. — 
Nom  d’une  espèce  particulière  de  Tourma¬ 
lines,  qui  se  distingue  des  autres  par  une  plus 
grande  résistance  à  la  fusion.— Fo?/.  Tour¬ 
maline.  (Del.) 

AQUARIA  (  Aquarius ,  pris  substanti¬ 
vement  pour  Arrosoir,  qui  concerne  l’eau). 
moll.— Le  genre  Arrosoir  était  depuis  long¬ 
temps  établi  par  Bruguière  et  par  Lamarck, 
lorsque  M.  Perry  le  créa  de  nouveau  dans  sa 
Conchyliologie  sous  le  nom  d 'Aquaria,  qui 
n’a  point  été  adopté.  Voy.  arrosoir. 

(Desïi.) 

AQUARIUS  (  Aquarius  ,  qui  concerne 
l’eau),  ins.  —  Nom  donné  par  Schellen- 
berg  )Hémipt.  suec.)  à  un  genre  de  l’ordre 
des  Hémiptères  ayant  déjà  reçu  de  Fabri- 
cius  la  dénomination  d 'Hydromelra.  Voy. 
ce  mot.  (Bl.) 

AQUARTIA.  bot.  pii.  —  Lisez  Ac- 
quartia,  Jacq.,  Plant,  am.  Voyez  sola- 
num.  (C.  L.) 

AQUAT5LE.  Aqnatilis.  bot.  —  Syn. 
inusité  d’ aquatiques.  (C.  d’O.) 

*  AQUATIQUE.  Âquaticus.  bot.  — 

Voyez  AQUATIQUES.  (C.  D’O.) 

*  AQUATIQUES.  Aquatilia.  zool. 
bot.  —  Cette  dénomination  ,  donnée  à  diffé¬ 
rentes  div.  du  règne  animal,  s’applique  à  tous 
les  animaux  qui  vivent  dans  l’eau  ou  sur  ses 
bords.  Boddaert  a  donné  le  nom  d’Aquati- 
ques  à  une  section  de  la  classe  des  Mammi¬ 
fères;  Latreille,  Ritgen  et  Carus,  à  une  sec¬ 
tion  de  celle  des  oiseaux  ;  Cuvier ,  à  une  fa¬ 
mille  de  la  classe  des  Mollusques;  Latreille, 
à  une  division  de  celle  des  Crustacés ,  La- 
mark  ,  à  une  tribu  de  la  famille  des  Cimici- 
des,  et  Walckenaër,  à  une  division  de  sa 
tribu  des  Araignées.  —  En  Botanique,  on 
donne  ce  nom  aux  plantes  qui  vivent  dans 


48 


A  QU 

l’eau,  sur  le  bord  des  rivières  et  des  ruis¬ 
seaux  ,  ou  bien  dans  les  lieux  humides  et 
inondés.  Les  racines  des  plantes  qui  nais¬ 
sent  dans  l’eau,  comme  celles  des  Lemna 
et  des  Utriculaires,  prennent  aussi  le  nom 
d' Aquatiques.  (C.  n’O.) 

AQUIFOLIACÉES.  bot.  —  Voyez 
ilicinées.  (Ad.  J.) 

AQUIFOLIUM,  Tourn.  Aquifolium , 
Hort.  bot.  ph. — Synonyme  du  genre  llex, 
Linn.,  delà  famille  des  A  quifoliacées  ou  Ili- 
cinées.  Chez  les  anciens  botanistes,  le  nom 
d"1  Aquifolium  désignait  spécialement  le  Houx 
( llex  Aquifolium,  L.).  (Sp.) 

AQUÎLA.  ois.  — Synonyme  latin  d’Ai- 
gle.  Voy.  ce  mot.  (C.  d’O.) 

AQUI  L  AIRE.  Aquilaria  Schreb.  [Aqui- 
la ,  Aigle),  bot.  pii.  — Genre  type  de  la 
famille  des  Aquilarinées  ou  Aquilariacées. 
M.  Arnott  (  in  Hook.,  Je.  Plant.  ,  tab.  6  ) 
lui  a  assigné  les  caractères  suivants  :  Galice 
turbiné,  coriace,  5-fide;  tube  garni  en  de¬ 
dans  de  dix  squammules  défléchies,  velues  , 
alternes  avec  les  étamines.  Etamines  10 , 
toutes  fertiles  ,  insérées  au  tube  calicinal  ; 
filets  courts.  Ovaire  non  stipité,  obové,  ob¬ 
tus.  Stigmate  sessile ,  convexe.  Capsule  li¬ 
gneuse,  2-loculaire,  2-valve,  1-sperme.  Ar¬ 
bres.  Feuilles  subsessiles.  Fleurs  petites , 
disposées  en  ombelles  latérales  et  termina¬ 
les  ,  subsessiles  ;  pédicelles  courts,  filifor¬ 
mes. 

Ce  genre  est  propre  à  l’Asie  équatoriale  ; 
on  y  rapporte  quatre  espèces,  dont  une  seule 
est  bien  avérée  :  c’est  VA.  Agallocha ,  Roxb., 
indigène  dans  les  montagnes  du  Thibet,  en¬ 
tre  les  24°  et  25°  de  lat.  nord.  Cet  arbre 
produit  le  bois  odorant  connu  sous  les  noms 
de  bois  cVAlo'es,  Agalloche  ou  Calambac ; 
sa  substance  odorante  est  une  huile  essen¬ 
tielle  contenue  dans  des  veines  d’une  cou¬ 
leur  foncée,  éparses  dans  le  corps  du  vieux 
bois  ;  cette  huile  ,  qu’on  extrait  en  faisant 
bouillir  le  bois  d’Agalloche  dans  de  l’eau , 
est  un  parfum  très  estimé  par  les  Orientaux, 
qui  l’appellent  Aggur  ou  Uggor.  (Sp.) 

AQUILARIACÉES.  bot.  pu. -Voy. 

AQUILARINÉES.  (Ad.  J.) 

*  AQUILARINÉES.  bot.  ph.  -  Ce 
nom,  que  M.  Lindley  a  changé  en  celui  d’A- 
quilariacées,  a  été  donné  par  M.  R.  Brown  à 
une  petite  famille  de  plantes  dicotylédones 
à  étamines  périgynes ,  qui  offre  les  caract. 


AQÜ 

suivants  :  Calice  à  cinq  divisions,  dont  le  tube 
s’allonge  en  cylindre  ou  se  raccourcit  en 
coupe,  et  présente,  insérées  à  son  ouverture, 
cinq  ou  six  squammules  velues.  Étamines 
en  nombre  égal  ou  double,  insérées  un  peu 
plus  bas ,  opposées  dans  le  premier  cas  aux 
divisions  calicinalcs ,  à  filets  courts  ,  à  an¬ 
thères  introrses,  biloculaires  ,  attachées  par 
le  dos  et  s’ouvrant  en  dedans  par  une 
fente  longitudinale.  Ovaire  libre ,  sessile  ou 
stipité,  comprimé,  offrant  ,  dans  une  loge 
unique,  deux  placentas  correspondant  à  ses 
deux  faces  aplaties ,  assez  saillants  pour  se 
toucher  presque,  et  former  ainsi  une  cloison 
apparente  au  milieu  de  la  loge,  portant  cha¬ 
cun,  suspendu  à  son  sommet,  un  ovule  ana- 
trope.  Stigmate  simple  en  tête,  sessile,  ou 
porté  sur  un  style  terminal  et  filiforme. 
Capsule  de  même  forme  que  l’ovaire,  se  sé¬ 
parant  en  deux  valves  placentifères  par  leur 
milieu.  Deux  graines,  ou  une  seule  par  avor¬ 
tement  ,  suspendues  à  un  long  funicule  di¬ 
laté  en  manière  d’arille,  dépourvues  de  pé- 
risperme,  à  radicule  courte  et  supère,  à  co¬ 
tylédons  charnus  et  droits. 

Les  esp.  fort  peu  nombreuses  de  cette 
famille  sont  des  arbres  ou  arbrisseaux  ori¬ 
ginaires  de  l’Inde  et  de  la  Chine  ;  à  feuilles 
alternes,  dépourvues  de  stipules,  très  en¬ 
tières  ;  à  fleurs  disposées  en  petits  faisceaux 
sessiles  ou  en  ombelles  aux  aisselles  des  feuil¬ 
les  ou  à  l’extrémité  des  rameaux. 

Genres  :  Aquilaria ,  Lam.  (  avec  lequel 
semble  devoir  se  confondre  VOpliispermum , 
Lour.  )  ;  Gyrinops,  Gœrtn.  (Ad.  J.) 

AQU1LE.  Aquilus  ( Aquilus ,  de  couleur 
sombre),  moll.  —  Genre  inutile  créé  par 
Montfort,  dans  le  t.  II  de  sa  Conchyliologie 
pour  le  Murex  cutaceus  de  Linné  ,  qui  of¬ 
fre  tous  les  caract.  du  g.  Triton  de  Lamarck. 
Voy.  triton.  (Desh.) 

AQUILEGIA  ( Aquilegia ,  nom  latin  de 
cette  plante),  bot.  ph. — Voy.  ancolie. 

(Sp.) 

AQUILICIA,  L.  bot.  ph.  —  Double 
emploi  du  g.  Leea,  L.,  de  la  famille  des  Am- 
pélidées.  ^  (Sp.) 

AQUIL1NÉES.  Aquilinœ  ( Aquila , 
aigle  j.  ois.— -S.-famille  de  notre  famille  FaL 
conidce ,  ayant  pour  caract.  :  Proportions 
en  général  fortes.  Bec  robuste,  droit  depuis 
sa  base ,  et  ne  se  courbant  que  vers  le  tiers 
de  sa  longueur,  son  extrémité  se  proion- 


ARA 


49 


ÀQU 

géant  en  pointe  tombante  et  plus  ou  moins 
longue.  Ailes  longues  ,  les  rémiges  primai¬ 
res  s’étendant  souvent  jusqu’à  l’extrémité 
de  la  queue;  celle-ci  courte  ou  médiocre, 
carrée  ou  légèrement  arrondie,  rarement 
conique.  Pieds  robustes ,  à  tarses  courts  ou 
médiocres,  souvent  emplumés  ;  ongles  puis¬ 
sants  ,  très  acérés ,  ou  canaliculés  et  fort 
tranchants  sur  leurs  bords  internes,  ou  cy- 
lindracés,  et ,  alors ,  singulièrement  longs 
et  arqués.  Oiseaux  chasseurs  et  pêcheurs. 

Des  différents  genres  qui  composent  cette 
sous-famille,  les  uns  se  nourrissent  de  Mam¬ 
mifères  et  de  gros  gibier  ;  les  autres ,  de 
menues  espèces  et  même  d’insectes  ;  d’au¬ 
tres,  de  Poissons  et  Animaux  marins  ;  d’au¬ 
tres  enfin,  de  Poissons  d’eau  douce.  Tous, 
sans  montrer  dans  leur  chasse  le  courage  et 
l’audace  des  Accipitrinées  et  des  Falconi- 
dées ,  en  ont  cependant  beaucoup  plus  que 
les  espèces  des  sous  -  familles  précédentes , 
les  Butéoninées  et  les  Milvinées. 

Nous  avons  cru  devoir  former  un  genre, 
sous  le  nom  d7 chthyète  (  Ichthyetus  ),  du 
Falco  ichthyetus  d’Horsfield,  figuré  dans  le 
n°  3  de  ses  Zool.  research.  in  Java ,  le  Py- 
gargue  ichthyophage  (Less. ,  Tr.  ),  parce 
que  cet  oiseau ,  qui ,  d’auprès  Horsfield  ,  ne 
vit  que  de  Poissons  d'eau  douce ,  qu’il  pê¬ 
che  dans  les  grands  lacs  et  les  rivières  de 
Java,  a,  ainsi  que  notre  Balbusard,  des  on¬ 
gles  d’une  longueur  et  d’une  courbure  ex¬ 
traordinaires,  arrondis  et  non  canaliculés 
en  dessous  ;  mais ,  comme  il  n’en  a  ni  les 
Urses  réticulés  ni  la  coupe  d’ailes,  il  for¬ 
me  pour  nous  un  genre  distinct ,  quoique 
très  voisin.  —  Les  Rosthrames  de  Lesson 
(  Cymindis  de  Temminck  ) ,  quoique  de  di¬ 
mension  bien  inférieure  ,  sont  aussi  de  ra¬ 
paces  pêcheurs  d’eau  douce,  chez  lesquels 
la  forme  de  bec  et  d’ongles  particulière  à 
ce  groupe  est  poussée  à  son  maximum.  Les 
Bachas  ,  rangés  jusqu’ici  dans  les  Buses  , 
mais  que  leurs  habitudes  plus  courageuses 
et  leurs  armes  plus  puissantes  ont  fait 
grouper  par  Vigors  dans  un  genre  particu¬ 
lier  ,  sous  le  nom  d '’Hœmatornis ,  doivent 
encore  prendre  place  dans  nos  Aquilinées. 
—  Seulement ,  à  l’imitation  de  M.  Robert 
Gray  ,  nous  substituerons  à  ce  nom  d’JTce- 
matornis,  déjà  employé  antérieurement  par 
Swainson  ,  celui  de  Spilornis  (Gray). 

Notre  sous-famille  Aquilinée  se  compose- 

T.  II. 


ra  donc  des  g.  Rosthrame  ,  Pygargae ,  Bal- 
busard  ,  Ichthyète ,  Bateleur  y  genres  pis¬ 
civores),  Circaïte ,  Bacha  et  Aigle  (genres 
carnivores  ).  Voy.  ces  mots.  (Lafr.) 

*  AQUIPARES.  (  Aqud  parère ,  en¬ 
gendrer  dans  l’eau),  rept.  —  M.  de  Blain- 
ville  donne  ce  nom  à  un  groupe  qui  com¬ 
prend  la  majeure  partie  des  Batraciens 
anoures,  tous  ceux  qui,  comme  les  Grenouil¬ 
les,  les  Crapauds,  etc.,  déposent  leurs  œufs 
dans  l’eau  pour  les  y  faire  éclore.  Les  Pipas, 
dont  les  œufs  sont,  après  la  ponte,  placés 
sur  le  dos  des  femelles  et  y  passent  leur 
vie  embryonaire  et  de  têtards  ,  sont  seuls 
exceptés,  et  reçoivent  le  nom  d cDorsipares. 

(P.  G.) 

*AQUITÈLES.  arach. — M.  Walcke- 
naër,  après  avoir  divisé  les  Araignées  en  deux 
tions,  les  terrestres  et  les  aquatiques,  ajou¬ 
te  au  nom  d1  Aquatiques  la  dénomination 
d'Aquitèles  comme  sous-section.  Les  Aqui- 
tèles  se  composent  du  seul  genre  argyro- 
iseta.  Voy.  ce  mot.  (Bl.) 

ARA.  Ara,  Brisson.  —  Macrocercus , 
Vieillot,  ois.  —  La  plupart  des  auteurs  ont 
distingué  sous  ce  nom  d’Aras  les  grandes 
espèces  de  Perroquets  du  Nouveau-Monde  , 
à  queue  longue  et  pointue,  et  remarquables 
autant  par  leur  grande  taille  que  par  la  ri¬ 
che  bigarrure  de  leurs  couleurs. 

Brisson,  adoptant  comme  générique  cette 
dénomination  d’Ara,  qui  n’est  autre  qu’une 
imitation  des  cris  rauques  de  ces  oiseaux  , 
crut  devoir  l’employer  également  en  latin. 
Vieillot,  l’adoptant  aussi  plus  tard,  la  ren¬ 
dit  en  latin  par  le  nom  générique  de  Macro¬ 
cercus,  assez  généralement  employé  depuis. 
Dans  ces  derniers  temps,  cependant,  Wa- 
gler,  dans  sa  Monographie,  lui  substitua 
celui  de  Sittace  ,  et  M.  Bourjot  Saint-Hilai¬ 
re  ,  dans  son  5e  volume  des  Perroquets  de 
Levaillant,  celui  d’Arara.  Celui  d’Ara  de 
Brisson  étant  le  plus  ancien  ,  nous  croyons 
devoir  l’adopter,  comme  vient  de  le  faire 
aussi  M.  Robert  Gray,  dans  sa  nouvelle  liste 
des  genres  des  Oiseaux,  où  il  a  cherché  à 
rendre  aux  genres  comme  aux  espèces  leurs 
plus  anciennes  dénominations. 

La  plupart  des  esp.  que  l’on  a  désignées 
par  ce  nom  étant  remarquables ,  entre  tou  • 
tes  celles  d’Amérique,  par  leur  grande  taille, 
la  longueur  extrême  de  leur  queue  et  la 
nudité  de  leurs  joues ,  il  était  assez  naturel 
4 


50 


ARA 


ARA 


d’en  former  un  groupe  ou  un  genre  à  part  ; 
d’autres ,  ne  présentant  ces  caract.  qu’à  un 
degré  moins  élevé ,  n’ayant  même  souvent 
de  nu  sur  la  face  que  le  tour  des  yeux  ou 
quelque  petite  partie  des  joues,  furent 
nommées  par  Levaillant  Perruches  -  Aras  ; 
d’autres  enfin,  ne  présentant  plus  sur  la 
face  aucune  partie  nue ,  reçurent  simple¬ 
ment  le  nom  de  Perruches. 

Wagler  n’ayant  pu  trouver  (  dit -il  dans 
sa  Monographie  des  Perroquets  )  des  carac¬ 
tères  génériques  suffisants  pour  établir  par¬ 
mi  les  Perroquets  à  longue  queue  d’Amé¬ 
rique  ces  trois  distinctions ,  les  a  tous  réu¬ 
nis  et  confondus  sous  le  même  nom  géné¬ 
rique  de  Sittace.  Il  est  certain  qu’il  est  à 
peu  près  impossible  d’établir  la  moindre 
délimitation  un  peu  rigoureuse  entre  ces 
trois  groupes  américains ,  et  qu’ici ,  plus 
encore  peut-être  que  dans  beaucoup  d’au¬ 
tres  grands  genres  nombreux  en  espèces,  on 
trouve  des  transitions  graduées  et  abondan¬ 
tes.  Si  on  adopte  comme  caract.  génériques 
pour  le  g.  Ara  la  nudité  des  joues  ,  des  lo- 
rum  et  du  menton ,  jointe  à  la  plus  forte 
taille  et  à  la  plus  grande  queue  ,  on  se  voit 
sur-le-champ  obligé  d’en  distraire  l’Ara 
hyacinthe ,  figuré  dans  la  galerie  de  Vieil¬ 
lot  ,  pl.  24,  qui ,  quoique  le  géant  de  tout  le 
groupe,  et  offrant  tous  ses  autres  caractères 
d’énormité  de  bec  ,  de  longueur  de  queue , 
etc.,  portés  même  au  maximum,  a  néan¬ 
moins  les  joues  emplumées ,  et  n’a  de  nu 
que  le  tour  de  l’œil ,  et  une  bande  entou¬ 
rant  la  mandibule  inférieure.  Une  autre  esp. 
un  peu  moindre  que  celle-ci ,  mais  égale 
aux  autres  grandes  esp. ,  l’Ara  azuvert 
(Macrocercus  glaucus  ,  Vieillot) ,  a  la  face 
encore  plus  emplumée  ,  n’ayant  qu’un  cer¬ 
cle  très  étroit  autour  de  l’œil  et  une  plaque 
à  l’ouverture  du  bec  dénués  de  plumes.  Elle 
doit  donc  en  être  également  éloignée  ,  tan¬ 
dis  qu’on  admettra  comme  Aras ,  ainsi 
que  l’a  fait  Vieillot ,  la  Perruche- Ara  de 
Buffon  ( Enl .,  864) ,  sous  le  nom  d’Ara  ma- 
kavouana ;  l’Ara  d’Uliger ,  l’Ara  severa  ou 
maracana ,  esp.  infiniment  moindres  que 
les  deux  que  nous  venons  de  citer  ,  et  pré¬ 
sentant  ,  en  outre ,  une  nudité  faciale  beau¬ 
coup  moins  étendue  que  chez  les  esp.  types, 
l’Ara  Macao,  YAra  rauna,  YAra  militai¬ 
re  et  l’Ara  canga,  figuré,  Ois.,  pl.  5,  fig. 

I,  de  ce  Dictionnaire. 


Les  esp.  dont  on  a  fait  un  second  g.,  sous 
le  nom  de  Perruches-  Aras,  présentent  en¬ 
tre  elles  au  moins  autant  de  différence, 
quant  au  caract.  de  nudité  faciale,  que  les 
grandes  esp.  d’Aras  :  car  les  unes  ont  une 
portion  de  la  joue  et  les  lorum  nus  ;  les 
autres  n’ont  qu’un  petit  cercle  étroit  autour 
de  l’œil  dénué  de  plumes ,  et  viennent  se 
fondre,  par  conséquent,  avec  celles  qui  ont 
cette  partie  emplumée ,  les  Perruches  pro¬ 
prement  dites. 

Nous  pensons  donc  ,  comme  Wagler , 
qu’on  ne  peut ,  sans  déranger  l’ordre  natu¬ 
rel  ,  former  trois  genres  différents  de  ces 
Perroquets  à  longue  queue  conique,  du  Nou¬ 
veau-Monde  ;  mais ,  pour  ne  pas  nous  trou¬ 
ver  en  opposition  avec  la  plupart  des  au¬ 
teurs  modernes  ,  nous  proposerons,  tout  en 
n’adoptant  que  le  seul  g.  Ara ,  de  lui  lais¬ 
ser  pour  sous-genres  les  Perriches-Aras  et 
les  Perriches  à  longue  queue  de  Buffon. 

Les  caract.  du  genre  Ara  seront  alors  : 
Bec  très  fort.  La  mandibule  supérieure 
élevée,  très  arquée  ,  terminée  par  une  poin¬ 
te  descendante  fort  allongée  ,  et  dépassant 
de  beaucoup  l’inférieure  ;  cette  pointe  mu¬ 
nie  en  dedans  de  petites  stries  élevées, 
obliques,  en  forme  de  chevrons  brisés  ,  très 
rapprochées  ;  ses  bords  tantôt  simplement 
sinueux,  tantôt  largement  dentés;  mandi¬ 
bule  inférieure  beaucoup  plus  courte  que  la 
supérieure  ,  très  élevée  ,  quelquefois  beau¬ 
coup  plus  haute  que  longue ,  et  aussi  haute 
que  large ,  arquée ,  et  remontant  brusque¬ 
ment  de  la  base  à  la  pointe  ;  cette  poiute 
s’appliquant  sur  une  carène  transverse  et 
interne  de  la  supérieure ,  apparente  chez  la 
plupart  des  esp. ,  peu  saillante  chez  quel¬ 
ques  unes ,  à  peine  visible  chez  d’autres. 
Tarses  très  courts,  un  peu  aplatis,  robustes; 
doigts  externes  allongés  ,  plutôt  grêles  que 
gros.  Queue  longue ,  très  étagée,  longicône. 
Ailes  longues  ,  construites  sur  le  type  aigu 
ou  sub-aigu  (genre  américain). 

Dans  le  sous -genre  Ara,  il  nous  paraît 
naturel  de  ranger  d’abord  toutes  les  plus 
grandes  esp.  à  bec  le  plus  fort  et  à  queue  la 
plus  longue ,  proportionnellement  ;  puis 
celles  qui,  quoique  de  taille  inférieure, 
présenteront ,  comme  les  premières ,  une 
entière  nudité  de  joues  et  de  lorum.  Les 
deux  grandes  esp.,  l’Ara  hyacinthe  et  l’Ara 
azuvert  de  Vieillot ,  qui  n’ont  qu’une  peti- 


ARA 


ARA 


51 


te  portion  de  la  face  dénuée  de  plumes, 
pourraient  alors  en  former  une  sous-division 
sous  le  nom  (P  Aras  à  face  emplumée,  ou 
Aodorhynchus  de  Spix. 

Le  second  sous  -  genre  Perriche  -  Ara 
(  Psittacara,  Yigors  )  se  composerait  d’esp. 
de  taille  inférieure,  ayant  le  bec  moins  fort, 
la  queue  moins  longue  ,  et  les  doigts  moins 
allongés  proportionnellement  que  les  Aras  ; 
ayant  la  mandibule  inférieure  moins  courte, 
vu  sa  hauteur,  et  n’ayant  que  le  tour  des 
yeux  ou  quelque  portion  seulement  des 
joues  dénués  de  plumes. 

Enfin,  dans  le  sous-genre  Perriche  (  Co- 
nurus ,  Kuhl  ) ,  on  pourrait  ranger  les  esp. 
qui  n’ont  aucune  partie  nue  sur  la  face , 
qui  ont  le  bec  le  plus  petit ,  avec  la  mandi¬ 
bule  supérieure  toujours  dentée,  et  qui 
ont  les  doigts  les  moins  allongés. 

On  nous  reprochera  peut-être  d’avoir 
employé  la  taille  comme  caract.  sous-géné¬ 
rique  peu  méthodique.  Nous  répondrons  à 
cette  objection  que ,  dans  les  genres  nom¬ 
breux  ,  cette  considération  n’est  pas  à  re¬ 
jeter  ,  parce  qu’il  s’y  joint  presque  toujours 
d’autres  caract.  de  forme  et  des  différences 
de  mœurs  ,  et  il  nous  paraît  beaucoup  moins 
choquant  de  rapprocher  les  Aras  hyacin¬ 
the  et  azuvert  des  Aras  rauna  et  macao 
que  de  les  rejeter  ,  à  cause  de  leurs  joues 
emplumées,  près  des  petites  Perriches-Aras 
couronnée  et  à  gorge  variée. 

Nous  employons  les  noms  de  Perriches 
et  Perriches-Aras,  donnés  par  Buffon  pour 
distinguer  les  esp.  à  longue  queue  du  nou¬ 
veau  continent  de  celles  de  l’ancien ,  parce 
qu’adoptant  les  nouveaux  noms  latins  de 
Psittacara  et  Conurus  comme  basés  sur 
cette  distinction  géographique ,  souvent  la 
meilleure  ,  il  nous  a  paru  juste  de  recourir 
à  ces  anciens  noms  français  de  notre  célè¬ 
bre  Buffon ,  qui  leur  sont  synonymes. 

(Lafr.) 

*  ARABERI.  poiss.  —  Dénomination 
sous  laquelle  Marcgrave  a  décrit  une  petite 
espèce  de  Clupée ,  voisine  des  Sardines. 

(Y  AL.) 

*  ARABETTE.  Araha  (  àpot.® tw,  je  fais  ! 
du  bruit? ).  ms.  —  Genre  de  l’ordre  des 
Diptères,  établi  par  M.  Robineau-Desvoidy 
dans  sa  famille  des  Myodaires,  tribu  des  En- 
tomobies,  et  auquel  il  donne  pour  caractè¬ 
res  :  Antennes  descendant  jusqu’à  l’épisto-  ! 


me  ;  les  deux  premiers  articles  très  courts  , 
le  troisième  long ,  cylindrique  ;  chète  apical 
à  premiers  articles  très  longs.  Front  assez 
large  ;  angle  frontal  très  prononcé  ;  optiques 
argentés  ;  face  oblique  ;  faciaux  ciligères  ; 
péristome  carré ,  à  épistome  non  saillant  ; 
corps  conique,  couvert  d’un  duvet  gris  pul¬ 
vérulent  ;  la  cellule  de  l’aile  ouverte  bien 
avant  le  sommet ,  avec  la  nervure  transverse 
cintrée. 

Les  Arabettes  sont  les  Parasites  des  Hymé¬ 
noptères  fouisseurs,  tels  que  les  Scolies ,  les 
Pompyles,  les  Sphèges ,  et  voici  comment. 
On  sait  que  les  femelles  de  ces  Hyméno¬ 
ptères  creusent  dans  le  sable  ou  dans  la 
terre  un  trou  où  elles  déposent  un  œuf, 
après  y  avoir  enseveli  préalablement  une 
araignée  ou  une  chenille  pour  servir  de  nour¬ 
riture  à  la  larve  qui  sortira  de  cet  œuf.  L’A- 
rabette  saisit  l’instant  où  l’Hyménoptère 
fouisseur  s’éloigne  de  son  trou  pour  y  pé¬ 
nétrer  ,  et  se  hâter  d’y  pondre  avant  qu’il 
l’ait  fermé  ;  de  sorte  que  c’est  pour  une  pos¬ 
térité  ennemie  que  celui-ci  a  fait  des  pro¬ 
visions  :  car  la  larve  de  l’Arabette  ne  tarde 
pas  à  se  développer ,  et  absorbe  la  nourri¬ 
ture  destinée  à  celle  de  PHyménoptère  avant 
l’éclosion  de  cette  dernière. 

M.  Macquart  comprend  dans  son  genre 
Metopia  les  Arabettes  de  M.  Robineau-Des¬ 
voidy,  qui  en  décrit  dix  espèces.  Nous  n’en 
citerons  qu’une  seule,  qui  est  très  commune 
sur  les  talus  sablonneux  percés  par  les  Hy¬ 
ménoptères  :  c’est  V Araha  leucocephala , 
Tachina  id.  de  Meigen.  (D.) 

ARABI.  poiss.  —  Nom  que  Forskal  a 
indiqué  comme  la  dénomination  vulgaire 
du  Mugü  crenilabris ,  mais  qui  paraît  s’ap¬ 
pliquer  à  plusieurs  espèces.  (Val.) 

ARABIBE.  Ârabis,  Linn.  bot.  psi.— 
Genre  de  la  famille  des  Crucifères  (  Sili- 
queuses ,  Spach  ;  type  de  la  tribu  des  Ara- 
bidées,  DC.) ,  dont  la  circonscription  est 
fort  diversement  envisagée  par  les  auteurs 
modernes.  Nous  allons  exposer  ici  les  ca¬ 
ract.  que  lui  assigne  M.  C.  A.  Meyer  (in  Le- 
deb. ,  Flor.  Alt »,  t.  III ,  p.  15),  quoiqu’il 
nous  semble  que  la  délimitation  de  cet  auteur 
soit  loin  d’être  assez  restreinte;  et  que ,  par¬ 
mi  les  8  sections  ou  sous-genres  qu’il  y  éta¬ 
blit  ,  il  se  trouve  probablement  plusieurs 
genres  très  distincts.  — Sépales  dressés  :  les 
latéraux  à  base  soit  égale ,  soit  saccjforme* 


52 


ARA 


ARA 


Glandules  hypogynes  au  nombre  de  4,  de  6 
ou  de  8.  Filets  libres,  non  dentés.  Stigmate 
indivise.  Silique  non  stipitée,  allongée  ,  li¬ 
néaire  ,  aplatie  ,  2-loculaire  ,  2-valve  ,  po- 
lysperme;  valves  presque  planes,  1-nervées 
(par  exception  innervées")  ;  nervures-placen- 
tairicnnes  à  dos  arrondi.  Graines  margi- 
néesouimmarginées,  1-sériées,  comprimées, 
suspendues;  funicules  filiformes,  libres,  ou 
moins  souvent  adnés  au  diaphragme.  — 
Herbes  annuelles,  bisannuelles,  ou  viva¬ 
ces,  ou  rarement  suffrutescentes,  plus  ou 
moins  rameuses,  en  général  pubescentes  ou 
cotonneuses  ;  poils  le  plus  souvent  bifur- 
quésou  étoilés.  Feuilles  indivisées  ou  moins 
souvent  lyrées ,  en  général  éparses  :  les  ra¬ 
dicales  roselées  ,  ordinairement  pétiolées  ; 
les  caulinaires  le  plus  souvent  sessiles ,  à 
base  souvent  bi-auriculée ,  amplexicaule. 
Grappes  terminales,  aphylles.  Pétales  blancs, 
ou  roses  ,  ou  rarement  bleuâtres ,  onguicu¬ 
lés,  ou  linéaires-spatulés  ,  toujours  indivi- 
sés  ,  quelquefois  rétus.  Filets  subulés.  An¬ 
thères  elliptiques,  ou  suborbiculaires,ou  ob- 
longues.  Style  en  général  nul  ou  columnaire 
et  court.  Pédicelles-fructifères  dressés.  Grai¬ 
nes  lisses  ou  finement  chagrinées.  Cotylé¬ 
dons  minces,  plans,  rectilignes,  accom- 
bants.  Radicule  ascendante,  rimale. 

M.  C.  A.  Meyer  établit  dans  ce  g.  les  sous- 
divisions  suivantes  :  Euarabis ,  Pseudo- 
Arabis,  Dendro-Arabis ,  Leptostylis ,  Cara- 
daminopsis ,  Turritella  ,  Catolobus  ,  et 
Campylocarpus.  (  Voy.  ces  mots.  Voyez  , 
en  outre,  pour  des  g.  ou  sous-g.  établis  sur 
des  Arabis  par  d’autres  auteurs:  abasicar- 

POV  ,  ARABÏDIUM,  ARABISA,  LOMASPO- 
ra,  turrîtina  et  TURRiTA.)—  La  section 
désignée  par  M.  de  Candolle  ( Syst . ,  t.  II, 
p.  214;  Prodr.,  1. 1,  p.  142)  sous  le  nom  d’Aïo- 
matium  est  tout  à  fait  artificielle  ,  et  com¬ 
prend  toutes  les  esp.  dont  les  graines  sont 
soitimmarginées,  soit  légèrement  marginées. 

La  plupart  des  Arabides  croissent  en  Eu¬ 
rope  ou  dans  les  contrées  extra-tropicales 
de  l’Asie.  Le  nombre  des  espèces  a  été  porté 
à  environ  80;  mais  il  est  sans  doute  exagéré, 
et  ne  saurait  être  fixé  que  par  un  bon  tra¬ 
vail  monographique.  (Sp.) 

*ARABîDÉES.  bot.  ph.— M.  de  Can¬ 
dolle  (Syst.,  t.  II ,  p.  146;  Prodr.,  t.  I,  p. 
142)  donne  ce  nom  à  une  tribu  de  Crucifè¬ 
res,  à  laquelle  il  attribue  pour  caract.  di¬ 


stinctifs  :  Silique  déhiscente  ,  h  diaphragme 
linéaire ,  plus  large  que  les  graines.  Graines 
ellipsoïdes,  comprimées,  souvent  margi¬ 
nées.  Cotylédons  plans  ,  accombants  ,  paral¬ 
lèles  au  diaphragme.  (Sp.) 

*ARABIBIA,  Tausch.  (  Hort .  Canal., 
fasc.  I  [allusion  à  Arabis ]  ).  bot.  pu.  — 
Genre  ou  sous-genre  de  la  famille  des  Saxi- 
fragées,  fondé  sur  le  Saxifraga  stellaris ,  L., 
et  quelques  esp.  voisines.  Ses  caract.  dis¬ 
tinctifs  sont  les  suivants  :  Calice  inadhé¬ 
rent  ,  5-parti ,  à  segments  étalés  ou  réflé¬ 
chis.  Pétales  longuement  onguiculés  (  quel¬ 
quefois  anisomètres  ).  Filets  subulés.  — 
Herbes  vivaces  ,  touffues.  Feuilles  roselées, 
planes  ,  non  cartilagineuses  aux  bords ,  sub¬ 
persistantes.  Tiges-florifèrcs  aphylles ,  an¬ 
nuelles.  (Sp.) 

*ÂRABIDIXJM,  Spach.  ( Hist .  des  plan¬ 
tes  ph. ,  t.  VI,  p.  436).  (Allusion  à  Arabis ). 
—  Arabis ,  sectio  Euarabis ,  C.  A.  Meyer. 
bot.  pïi.  —  Genre  de  la  famille  des  Cruci¬ 
fères  (Siliqueuses)  (tr.  des  Arabides,  DC.), 
fondé  sur  V Arabis  alpina,  L.  (auquel  nous 
rapportons  comme  variétés  ou  synonymes  : 
l’A.  albida ,  Stev.  ;  l’A.  caucasica ,  Willd.  ; 
les  A.  Billardieri,  brevi folia,  longi folia  et 
viscosa ,  DC.  ,  etc.).  —  Les  caractères  di¬ 
stinctifs  de  ce  genre  sont  les  suivants:  Sé¬ 
pales  dressés,  naviculaires  :  les  deux  laté¬ 
raux  plus  larges,  sacciformes  à  la  base.  Pé¬ 
tales  onguiculés,  obovales.  Glandules  hypo¬ 
gynes  au  nombre  de  quatre  (1  devant  chaque 
sépale):  les  deux  latérales  scutelliformes, 
2-appendiculées  à  la  base.  Étamines  6  :  les 
filets  des  deux  impaires  filiformes,  ascen¬ 
dants;  les  quatre  autres  plus  gros,  ancipi- 
tés,  élargis  à  la  base,  rectilignes,  dressés; 
anthères  sagittiformes-oblongues.  Ovaire  li¬ 
néaire,  comprimé  parallèlement  au  dia¬ 
phragme  ,  2-loculaire ,  multi-ovulé.  Style 
court ,  columnaire  ;  stigmate  pelté ,  hémi¬ 
sphérique.  Silique  linéaire,  apiculée,  apla¬ 
tie,  2-loculaire,  polysperme;  valves  immargi- 
nées,  planes,  minces,  finement  1-nervées; 
nervures  placentairiennes  filiformes,  super¬ 
ficielles.  Graines  suspendues,  1-sériées  dans 
chaque  loge,  comprimées,  marginées  ;  coty¬ 
lédons  plans ,  rectilignes  ,  accombants.  — 
Herbes  vivaces,  touffues ,  stolonifères ,  cou¬ 
vertes  ou  parsemées  d’une  pubescence  en 
général  étoilée.  Stolons  ascendants  ,  radi- 
cants ,  suffrute^cents ,  feuîllés,  finalement 


ARA 


ARA 


53 


allonges  en  tige  florifère.  Feuilles  dentées  : 
les  radicales  et  celles  des  stolons  pétiolées, 
spatulées;  les  caulinaires  sessiles,  à  base  am- 
plexicaule  ,  2  -auriculée.  Grappes  termi¬ 
nales  ou  axillaires  et  terminales,  aphylles, 
ébractéolées  ,  longuement  pédonculées  , 
très  lâches  après  la  floraison.  Pédicelles 
fructifères  filiformes,  tantôt  ascendants, 
tantôt  horizontaux  ou  plus  ou  moins  diver¬ 
gents  ,  tantôt  défléchis.  Fleurs  assez  gran¬ 
des.  Corolle  blanche.  Filets  libres,  inappen- 
diculés ,  tétradynames.  Anthères  isomètres, 
jaunes.  Silique  rectiligne  ou  un  peu  arquée. 
Graines  finement  chagrinées ,  à  rebord 
étroit ,  membraneux.  L’esp.  type  de  ce  g. 
(  A .  alpinum ,  Sp.  )  est  connue  en  horticul¬ 
ture  sous  les  noms  de  Tourette  ou  Ara- 
bette  printanière  ,  ou  Arabette  des  Alpes 
(  la  variété  à  feuilles  non  cotonneuses  )  ;  la 
variété  à  feuilles  cotonneuses  est  désignée 
par  les  noms  &  Arabette  blanchâtre  ou 
Arabette  du  Caucase.  C’est  une  plante  d’or¬ 
nement  très  commune,  et  précieuse  à  cause 
de  sa  floraison  précoce.  (Sp.). 

*  AR  ABÎDOPS1  S,  DC.  (Styst.,  t.  II,  p. 

480  ;  Prodr.,  t.  ï  ,  p.  195,  sub  Sisymbrio  ). 
bot.  pii.  —  Section  du  g.  Sisymbrium 
famille  des  Crucifères  ,  que  M.  C.  A. 
Meyer  (in  Ledeb.  Flor.  Alt.,  t.  III,  p. 
156)  caractérise  ainsi  qu’il  suit  :  Grappes 
aphylles.  Fleurs  blanches  ou  roses.  Silique 
subcylindrique.  Style  court  (  par  exception  , 
allongé  ).  Diaphragme  sans  nervures.  — 
Herbes  en  général  parsemées  d’une  pubes¬ 
cence  rameuse.  On  rapporte  à  cette  section 
une  dizaine  d’espèces ,  dont  le  S.  thdliana 
Gay.  (  Arabis  thaliana ,  L.  )  peut  cire  con¬ 
sidéré  comme  type.  (Sp.) 

*  ARABIQUE  ou  FAUSSE  ARLE¬ 

QUINS.  moll.  —  Nom  vulgaire  que  l’on 
donne  à  l’une  des  espèces  les  plus  commu¬ 
nes  du  genre  Porcelaine.  Yoy.  porcelai¬ 
ne.  (Desh.) 

*AUABIS.  Adans.  (nonL.).  bot.  pii. — 
Synonyme  du  genre  lberis,  L.,  delà  famille 
des  Crucifères.  (Sp.) 

*AIIABISA ,  Reiclib.  (allusion  à  Ara- 
bis).  bot.  ph.  —  M.  Rcichenbach  (Flor. 
Germ.  excurs.,  p.  677)  donne  ce  nom  à 
un  sous -genre  qu’il  établit  dans  le  g.  Ara- 
bis  (famille  des  Crucifères) ,  et  auquel  il  at¬ 
tribue  pour  caract.  distinctifs  :  Pétales  à 
lame  étalée.  Silique  subcylindrique ,  toru- 


leuse.  Graines  ailées  à  l’extrémité  inférieu¬ 
re.  —  Ce  sous  -  genre  comprend  V Arabis 
vochinensis ,  Spreng.  ;  PA.  ovirensis ,  Wulf., 
et  VA.  Jîalieris  L.  (Sp.) 

*ARACANTHUS  («/îx  est-ce?  âxx'jBu, 
épine),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères,  de  la  famille  des  Curculionites ,  di¬ 
vision  des  Entimides,  crée  par  Say  et  adopté 
par  Schœnherr  (Gen.  et  sp.  Curcul.,  t.  V, 
page  821  ) ,  qui  lui  donne  les  caractères 
suivants  :  Antennes  médiocres,  un  peu  grê¬ 
les;  leur  scapus  dépassant  à  peine  les  yeux  ; 
le  premier  article  de  leur  funicule  un  peu 
allongé,  piriforme,  les  autres  courts  et  ob- 
coniques;  massue  ovale.  Rostre  court,  très 
épais ,  parallélipipède  ,  légèrement  aplati  en 
dessus  ,  canaliculé.  Yeux  grands,  ronds,  dé¬ 
primés.  Corselet  un  peu  oblong,  tronqué  à 
la  base  ,  un  peu  arrondi  latéralement ,  lar¬ 
gement  lobé  de  chaque  côté  dans  sa  partie 
supérieure.  Écusson  invisible.  Élytres  oblon- 
gues  ,  subovales ,  tronquées  à  la  base ,  avec 
les  épaules  carrées.  Pattes  fortes,  toutes  mu- 
tiques.  —  Ce  genre  a  pour  type  VA.  palli - 
dus,  Say,  de  l’Amérique  septentrionale. 

(D.  et  C.) 

ABACARI.  Pteroglossus ,  Illig.  (mipw, 
plume;  y)w<7<7x,  langue  ).  ois.  —  Genre  de 
l’ordre  des  Grimpeurs  de  Cuvier,  de  celui 
des  Zygodactyles  de  Vieillot ,  et  de  no¬ 
tre  famille  Ramphastidée.  Ses  caractères 
sont  :  Bec  très  grand  ,  mais  faible  ,  quoique 
plus  fort  et  moins  cellulaire  que  celui  des 
Toucans ,  plus  long  que  la  tête  et  quelque¬ 
fois  du  double ,  presque  aussi  épais  qu’elle 
à  sa  base  supérieure ,  qui  est  un  peu  dépri¬ 
mée  et  élargie,  emboîtant  exactement  le 
front  ;  les  deux  mandibules  courbées  en  bas, 
vers  le  bout ,  et  crénelées  sur  leurs  bords. 
Narines  orbiculaires ,  contiguës  au  front ,  et 
situées  dans  les  premières  plumes  frontales. 
Langue  médiocre ,  étroite  ,  cartilagineuse  et 
en  forme  de  plume.  Tarses  médiocres  ; 
doigts  externes ,  allongés  et  grêles;  les  deux 
antérieurs  soudés  ensemble  jusqu’à  la  se¬ 
conde  articulation.  Ailes  à  rémiges  fort 
courtes,  un  peu  concaves  ,  obtuses  ou  sur- 
obtu-ses ,  ne  dépassant  que  de  peu  la  base  de 
la  queue.  Celle-ci  composée  de  dix  rectrices, 
allongée  et  très  étagée. 

Bufl'on  avait  déjà  distingué  les  Aracaris 
des  Toucans.  En  Amérique  ,  ils  le  sont  éga¬ 
lement  par  les  indigèrçes ,  qui  leur  donnent 


54 


AU  A 


ARA 

aussi  ces  deux  noms  différents.  Vieillot  n’en 
a  fait  qu’une  section  de  ses  Toucans,  sous 
le  nom  de  Toucans-Aracaris.  Ils  diffèrent 
des  premiers  par  leu-r  bec ,  moins  long  et 
moins  gros ,  mais  plus  dur  et  plus  solide  ; 
par  leur  queue ,  plus  longue  en  général  et 
très  étagée ,  tandis  qu’elle  est  carrée  chez  les 
Toucans.  Ces  oiseaux ,  particuliers  à  l’Amé¬ 
rique  méridionale  comme  les  Toucans , 
sont  frugivores,  et  quelquefois  insectivores; 
mais ,  dans  le  temps  de  la  nidification , 
ils  font,  dit  Azara,  une  grande  destruc¬ 
tion  d’œufs  et  de  jeunes  oiseaux  ,  qu’ils  ava¬ 
lent  entiers,  les  lançant  en  l’air  avec  la 
pointe  de  leur  bec,  et  les  recevant  dans  leur 
large  gosier,  comme  ils  font  pour  tous  leurs 
aliments.  Us  vont  ordinairement  par  petites 
troupes,  ont  le  vol  peu  facile,  et  assez  ana¬ 
logue  à  celui  de  la  Pie;  aiment  à  se  tenir 
dans  les  bois  ,  vers  le  haut  des  arbres  ,  où  ils 
sautent  de  branche  en  branche  avec  assez  de 
prestesse  ;  mais  ne  grimpent  jamais  com¬ 
me  les  Pics.  A  terre ,  où  ils  ne  descendent 
que  rarement,  ils  sautillent  obliquement, 
de  mauvaise  grâce  et  les  pieds  très  écartés  ; 
ils  font  leur  nid  dans  des  trous  d’arbre ,  et 
leur  ponte  n’est  que  de  deux  œufs.  Quoique 
ces  observations  aient  été  faites  sur  des  Tou¬ 
cans  proprement  dits,  les  Aracaris  n’étant 
réellement  que  des  Toucans  de  moindre 
taille  ,  à  queue  étagée ,  il  n’est  pas  douteux 
qu’elles  ne  puissent  également  leur  être  ap¬ 
pliquées.  Nous  ajouterons  à  ces  détails  une 
observation  que  nous  avons  pu  faire  nous- 
même  sur  un  Toucan  vivant  :  c’est  que , 
lorsque  cet  oiseau  dort ,  il  cache ,  comme 
tous  les  Oiseaux ,  sa  tête  entre  les  plumes  de 
son  dos,  et  son  énorme  bec  se  trouve  alors 
étendu  jusqu’à  l’origine  de  la  queue  ;  mais , 
de  plus ,  il  a  la  faculté  de  relever  et  de  rabat¬ 
tre  cette  queue  sur  son  dos  pour  en  recou¬ 
vrir  son  bec  et  sa  tête,  en  sorte  que,  dans  le 
sommeil,  sa  longueur  totale  paraît  être  ré¬ 
duite  à  celle  du  tronc.  Les  espèces  d’Araca- 
ris  les  plus  connues  et  figurées  dans  Buffon 
sont  l’Aracari  grigri  ( Ramp .  aracari,  Lin.  ; 
Buff.,  Enl. ,  166)  ;  —  l’ Aracari  vert  (Fiera, 
viridis ,  Enl.,  727,  728;  —  L’Aracari  kou- 
lik  ( Piperivorns  ,  Enl. ,  557). 

Dans  ces  derniers  temps,  M.  Gould  a  for¬ 
mé  parmi  ces  Oiseaux  un  nouveau  genre 
sur  l’Aracari  à  bec  sillonné  (  Pleroglossus 
sidcatus ,  Swams,;  Tem,,  Col.  556),  sous  le 


nom  d'Àulacorhynchus.  Cette  espèce  nou¬ 
velle  présentait ,  en  effet ,  dans  la  forme  de 
son  bec,  fortement  sillonné  latéralement,  et 
dans  son  plumage  uniformément  vert ,  deux 
caractères  nouveaux  dans  ce  groupe ,  mais 
peut-être  insuffisants  pour  en  former  un 
genre.  Cependant  M.  Gould  a  cru  y  recon¬ 
naître  encore  d’autres  caractères  distincts 
de  ceux  des  Aracaris ,  tels  qu’un  bec  plus 
court,  plus  large  et  plus  aplati  en  dessus ,  la 
base  de  la  mandibule  inférieure  s’étendant 
obliquement  au  delà  de  la  ligne  des  yeux; 
des  ailes  très  courtes  et  très  arrondies,  la  4» 
penne  la  plus  longue;  les  5e,  6e  et  7e,  à  peu 
près  égales,  et  enfin  une  queue  plus  courte 
et  moins  étagée.  Il  a  alors  placé  dans  ce 
nouveau  g.  quatre  ou  cinq  autres  nouvelles 
espèces  à  plumage  uniformément  vert  com¬ 
me  l’Aracari  à  bec  sillonné ,  mais  ne  pré¬ 
sentant  plus  comme  lui  ce  caractère  de  sil¬ 
lons  au  bec  ;  caractère  qui ,  selon  nous ,  au¬ 
rait  été ,  avec  ce  genre  de  coloration ,  le 
seul  caractère  distinct  :  nous  possédons  trois 
espèces  de  ce  nouveau  groupe  ;  et,  après  de 
scrupuleuses,  comparaisons  avec  nos  autres 
Aracaris,  nous  n’avons  pu  y  reconnaître 
d’autre  différence  que  celles-ci.  ISAulaco- 
rhynchus  prasinus  (Gould,  Froceed.,  1854, 
p.  78  )  ne  présente  pas  les  moindres  vestiges 
de  sillons,  et  plusieurs  vrais  Aracaris  en  ont 
même  quelque  indication  ,  qu’il  n’offre  pas. 
Sur  nos  trois  esp.,  une  seule  présente  ce  ca- 
ract.  :  c’est  notre  Pterog.  cœrulei-cinctus , 
espèce  nouvelle  rapportée  par  M.  d’Orbigny. 
Le  seul  caractère  de  forme  vraiment  distinct, 
celui  de  bec  sillonné,  disparaissant  donc  en¬ 
tièrement  chez  quelques  espèces  de  ce  grou¬ 
pe,  mais  la  coloration  verte  uniforme  demeu¬ 
rant  constante  chez  toutes,  il  nous  a  paru 
qu’elle  n’était  pas  assez  importante  pour 
donner  lieu  à  la  formation  d’un  genre  ou 
même  d’un  sous-genre ,  et  nous  proposerons 
d’en  former  seulement  dans  le  genre  Aracari 
une  section  sous  le  nom  d’> Aracaris  prasinus 
(Pteroglossi  prasini ),  et  qui  ne  diffèrent 
réellement  des  Aracaris  que  par  un  plumage 
uniformément  vert-pré ,  un  peu  olive  ou 
doré  en  dessus  ,  plus  clair  et  quelquefois  un 
peu  bleuâtre  en  dessous,  avec  la  gorge  blan¬ 
che  ,  quelques  espèces  présentant  d’ailleurs 
un  bec  sillonné  dans  sa  longueur.  —  Dans 
cette  section  figureront  alors  l’Aracari  à  bec 
sillonné  (  Pterog .  sulcatvs ,  Sw.  ;  Tenj. 


ARA 


55 


ARA 

Col.  356);  —  L’Aulac.  prasinus ,  Licht. 
(Gould,  Proceed.,  1834,  p.  78);  —  VAul. 
hœmatopygus (Gould,  id.,  ibid.,  p.  147);  — 
VAul.  derby  anus  (Gould,  id.,  1855,  p.  49), 
et  nos  deux  nouvelles  espèces  Pter.  cœrulei- 
cinctus  et  albivitta  ,  cette  dernière  décrite 
par  nous  dans  le  May.  de  zool. ,  et  nous 
ayant  été  vendue  par  M.  Boissonneau  com¬ 
me  venant  de  Santa-Fé  de  Bogota.  Parmi 
les  véritables  Aracaris ,  nous  citerons  com¬ 
me  espèce  remarquable  l’Aracari  à  crête 
bouclée  (Eydoux  et  Gervais),  Voy.  de  la 
Favorite,  et  May.  de  Guérin,  pl.  62,  décrit 
antérieurement  par  Gould  (Proceed.,  1853 , 
p.  58,  et  Monoyr.  of  Rhamphastidœ),  dont 
la  tête  est  couverte  de  plumes  sans  barbes , 
élargies  en  lamelles,  bouclées  en  copeaux 
sur  le  dessus  de  la  tête,  droites  et  en  spa¬ 
tules  sur  ses  côtés  et  sur  ia  gorge  ;  la  colora¬ 
tion  du  bec  et  du  plumage  étant  variée,  du 
reste ,  comme  chez  les  autres  Aracaris. 
Quant  à  cette  singularité  de  plumes  lamel- 
leuses,  qui  se  retrouve  encore  chez  un  Bec 
ouvert,  un  Coq,  un  Ibis,  un  Cassican  ,  et 
chez  nos  Jaseurs,  je  l’ai  encore  observée 
dernièrement  à  Londres,  au  Muséum  de  la 
Société  zoologique ,  chez  une  nouvelle  esp. 
deMalkoha  rapportée  des  Philippines  par  M. 
Cuming ,  et  dont  la  tête  et  le  haut  du  cou 
o firent  le  même  caractère  que  PAracari  cité 
ci-dessus.  (Lafr.) 

*AR  ACATCHA  (Aracacha  suivant  l’or- 
thographe  espagnole),  bot.  ph. —  Nom  vul¬ 
gaire  donné  par  les  habitants  de  la  Colom¬ 
bie  à  l’Arracacha  esculenta.  Voyez  ar- 
RACACHA.  (SP.) 

ARACÉES.  Araceœ.  bot.  ph.  —  M. 
Schott  ( Meletemata ,  p.  16)  a  nommé  ainsi 
la  famille  des  Aroïdées.  Voy.  Aroïdées. 

(A.  R.) 

ARACHIDE.  Arachis ,  Linn.;—  Ara - 
chidna,  Plum.  (  Gen. ,  tab.  57  ;  Mœnch  , 
Meth.y,  — Mundubi ,  Adans.  (Fam.).  bot. 
pii.  —  Genre  de  la  famille  des  Légumi¬ 
neuses  suivant  M.  de  Candolle,  sous -or¬ 
dre  des  Césalpiniées,  tribu  des  Géoffrées; 
suivant  M.  Bentham ,  sous-ordre  des  Papi- 
lionacées  ,  tribu  des  Ilédysarées  ,  et  voisin 
du  g.  Stylosanthes.  M.  Bentham  (Trans.  of 
the  Linn.  Soc.,  t.  XVIII,  p.  155)  en  expose 
les  caract.  ainsi  qu’il  suit  :  Fleurs  polyga- 
ines-monoïques  :  les  unes  hermaphrodites  , 
stériles;  les  autres  femelles,  fertiles.  — 


Fleurs  hermaphrodites:  Tube  calicinal  très 
long  ,  filiforme  ;  limbe  profondément  2- 
iabié  ;  lèvre  supérieure  courtement  4-den- 
tée  ;  lèvre  inférieure  étroite,  indivisée.  Co¬ 
rolle  papilionacée ,  insérée  à  la  gorgé  du 
calice.  Étendard  suborbiculaire.  Ailes  ob- 
longues  ,  libres ,  transversalement  plissées  ; 
carène  courbée ,  rostrée.  Étamines  10  (  ou 
accidentellement  9,  par  l’avortement  de  l’é- 
tamine  vcxillaire),  monadelphes,  ayant  mê¬ 
me  insertion  que  la  corolle.  Anthères  alter¬ 
nativement  suborbiculaires  (médifixes  )  et 
oblongues  (  basifixes  ).  Ovaire  subsessile  au 
fond  du  tube  calicinal ,  petit ,  2-ou  3-ovu- 
lé.  Style  filiforme ,  égal  aux  anthères  ;  stig¬ 
mate  inapparent. — Fleurs  femelles  apétales, 
anandres.  Ovaire  stipité,  pointu,  1-loculaire, 
2  à  4-ovulé;  ovules  ovoïdes,  anatropes,  1-sé- 
riés.  Style  très  court,  terminé  par  un  stigmate 
dilaté.  Légume  hypogé,  oblong,  subtoruleux, 
2  à  4-sperme ,  fragile,  indéhiscent,  réticulé. 
Graines  irrégulièrement  ovoïdes.  Embryon 
rectiligne ,  huileux.  Cotylédons  gros  ,  char¬ 
nus;  radicule  courte,  obtuse.  — L’A.  hy- 
pogœa,  L.  [A.  africana  et  A.  asiatica , 
Loureir. — A.  americana ,  Ténor.),  connue 
sous  .le  nom  vulgaire  de  Pistache  de  terre, 
constitue  à  elle  seule  ce  genre.  C’est  une 
herbe  annuelle ,  rameuse ,  poilue.  Ses 
feuilles  sont  pari-pennées ,  4-foliolées ,  pé- 
tiolées  ;  à  stipules  adn&is ,  inéquilatérales , 
acérées ,  et  à  folioles  obovales ,  entières , 
obtuses.  Les  fleurs  sont  petites,  jaunes, 
axillaires  ,  sessiles  ,  ordinairement  gémi¬ 
nées.  Après  la  fécondation ,  le  stipe  de  l’o¬ 
vaire  des  fleurs  femelles ,  court  dans  l’ori¬ 
gine,  s’allonge  peu  à  peu  ,  et  finit  par  éle¬ 
ver  l’ovaire  au  dessus  du  tube  calicinal , 
lequel  persiste  sous  forme  de  pédoncule. 
Alors  le  jeune  fruit  se  recourbe  vers  la  ter¬ 
re  ,  s’y  enfonce ,  et  y  accomplit  sa  matura¬ 
tion  à  plusieurs  pouces  au  dessous  de  la 
surface. 

On  ignore  la  patrie  de  cette  plante,  qui 
est  fréquemment  cultivée  dans  la  zone 
équatoriale ,  ainsi  qu’en  Chine  et  dans  les 
provinces  méridionales  des  Etats-Unis;  elle 
réussit  aussi  dans  les  parties  les  plus  chau¬ 
des  du  midi  de  la  France.  Ses  graines,  qui 
ont  la  grosseur  d’une  noisette  ,  et  une  sa¬ 
veur  assez  agréable  (surtout  après  avoir  été 
torréfiées),  fournissent  beaucoup  d’huile 
grasse,  qu’on  dit  être  d’aussi  bonne  qualité 


56 


ARA 


ARA 


que  l’huile  d’olives ,  et  qui  se  conserve  fort 
long-temps  sans  rancir.  On  a  prétendu  que 
les  Pistaches  de  terre  peuvent  remplacer  le 
Cacao  pour  la  fabrication  du  chocolat. 

(Sp.) 

*ARACHIDNA  ,  Mœnch  Meth.  {àpà-y- 
vtcTa,  espèce  de  gesse',  bot.  pii.  —  Syno¬ 
nyme  du  genre  Arachis ,  L.  ,  de  la  famille 
des  Légumineuses.  (Sp.) 

*ARACMNE,  Neck.  (âp&x^n,  araignée). 
bot.  pu.  —  Synonyme  du  g.  Andrachne , 
de  la  famille  des  Euphorbiacées.  Voy.  an¬ 
drachne.  (Sp.) 

ARACHNIDES  (  àpà.y'j'n ,  araignée  ). 
zool.  —  Les  Arachnides  constituent,  dans 
la  méthode  la  plus  généralement  répandue 
aujourd’hui,  la  seconde  classe  de  l’embran¬ 
chement  des  Animaux  articulés.  Cette  classe, 
établie  par  Lamarck ,  adoptée  par  Latreille 
et  la  plupart  des  autres  naturalistes,  offre 
des  caractères  qui  la  séparent  nettement 
des  Crustacés,  des  Myriapodes  et  des  Insec¬ 
tes.  La  tête  est  confondue  avec  le  thorax,  et 
forme,  ainsi  que  dans  le  plus  grand  nombre 
des  Crustacés,  un  ensemble  inséparable, 
nommé  Céphalothorax.  La  bouche  est  com¬ 
posée  1°  de  deux  mandibules  monodac¬ 
tyles  ou  didactylesse  mouvant  en  sens  con¬ 
traire  des  mandibules  des  insectes,  c’est- 
à-dire  de  haut  en  bas ,  ou  ayant  la  forme 
de  deux  lames  pointues  dans  les  Arachnides, 
dont  la  bouche  est  en  forme  de  suçoir  ; 
2°  d’une  languette  placée  au  dessous  des 
mandibules  ,  et  fixée  entre  les  mâchoires  ; 
5°  d’une  paire  de  mâchoires  supportant  cha¬ 
cune  un  palpe  de  plusieurs  articles ,  sou¬ 
vent  très  développé,  et  4°  d’une  lèvre  infé¬ 
rieure  nommée  sternale,  formée  par  un 
prolongement  du  sternum.  Les  organes  de 
la  vision  ne  consistent  qu’en  de  petits  yeux 
simples,  analogues  aux  ocelles  ou  slemma- 
tes  de  certains  insectes,  en  nombre  variable, 
groupés  de  différentes  manières,  selon  les 
familles  et  les  genres.  Le  corps  est  divisé 
en  anneaux  ordinairement  peu  nombreux,  et 
offre  à  sa  surface  des  ouvertures  stigmati- 
ques  destinées  à  l’intromission  de  l’air. 
Les  pattes  sont  au  nombre  de  huit,  c’est-à- 
dire  de  quatre  paires. 

Les  Arachnides  sont ,  ainsi  que  les  Crus¬ 
tacés  et  les  Myriapodes  ,  complètement  dé¬ 
pourvues  d'ailes,  et  ne  subissent  aucune  mé¬ 
tamorphose;  mais  elles  éprouvent  seulement 


quelques  mues  ou  changements  de  peau. 
Leur  corps  est  généralement  de  consistance 
molle,  surtout  l’abdomen  ,  et  peu  garni  de 
poils  propres  à  le  protéger:  aussi  la  plupart 
de  ces  animaux  vivent  dans  des  endroits  très 
retirés,  ou  se  tiennent  élevés  au  dessus  du 
sol. 

Les  Arachnides  manquent  totalement  de 
labre  ou  de  lèvre  supérieure;  leurs  mandi¬ 
bules  paraissent  généralement  situées  très 
en  avant  de  la  tête,  et,  quand  elles  sont  mo¬ 
biles,  elles  ne  se  meuvent  jamais  dans  le  sens 
latéral,  comme  celles  des  Insectes.  Latreille 
alors  a  pensé  que  les  mandibules  des  Arach¬ 
nides  ne  devaient  pas  être  considérées  com¬ 
me  analogues  à  celles  des  Insectes,  mais 
plutôt  à  leurs  antennes  ;  et ,  pour  cette  rai¬ 
son,  il  leur  donne  le  nom  de  Chelicères  (  an - 
tennes-pinces  ).  Quoi  qu’il  en  soit ,  nous  ne 
croyons  pas  que  l’opinion  de  Latreille  soit 
juste  :  car ,  en  donnant  des  antennes  aux 
Araignées ,  on  ne  leur  trouverait,  plus  rien  de 
comparable  aux  mandibules  des  Insectes,  et 
leur  position  au  dessus  des  mâchoires ,  et 
tout  à  fait  en  avant  de  la  tête,  ne  nous  sem¬ 
ble  pas  permettre  de  les  considérer  comme 
des  appendices  d’une  toute  autre  nature 
que  les  mandibules  des  Insectes.  Si  l’on  ad¬ 
met  en  effet  que  le  bord  antérieur  de  la  tê¬ 
te  ,  ou  épistome ,  supporte  un  appendice 
analogue  au  labre  des  Insectes ,  leurs  man¬ 
dibules  se  trouveront  alors  absolument  dans 
les  mêmes  rapports.  Ce  labre ,  si  développé 
chez  les  Coléoptères  carnassiers,  est  presque 
rudimentaire  dans  les  Prioniens  (fam.  des 
Longicornes);  il  disparaît  entièrement  chez 
certains  Crustacés.  Pourquoi  n’admettrions- 
nous  donc  pas  qu’il  en  soit  de  même  chez  les 
Arachnides  ;  et  d’ailleurs,  d’après  toutes  les 
lois  d’analogie,  on  pourrait  presque  affirmer 
que,  si  l’on  venait  à  découvrir  quelque  Arach¬ 
nide  pourvue  d’antennes,  ces  antennes  se¬ 
raient  situées  en  avant  des  yeux ,  au  dessus 
de  l’insertion  des  mandibules ,  et  vers  les 
angles  antérieurs  du  céphalothorax.  Quant 
aux  mâchoires,  elles  ont  trop  de  ressem¬ 
blance  avec  celles  des  Insectes,  pour  que 
l’analogie  soit  contestée  ;  la  languette  nous 
paraît  entièrement  comparable  à  la  lèvre 
inférieure  des  Insectes ,  qui  serait  refoulée 
entre  les  mâchoires  ;  enfin ,  d’après  ce  que 
nous  venons  d’exposer,  la  bouche  des  Arach¬ 
nides  ne  différerait  de  celle  des  Insectes  que 


ARA 


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57 


par  l’absence  du  labre  et  par  le  prolonge¬ 
ment  du  sternum  formant  une  seconde 
lèvre  inférieure,  pour  clore  exactement  en 
dessous  l’orifice  buccal.  Les  Arachnides  sont, 
avons-nous  dit,  munies  de  quatre  paires  de 
pattes;  ces  pattes,  situées  sur  les  côtés  du  tho 
rax,  à  égale  distance  les  unes  des  autres,  pré¬ 
sentent  un  certain  nombre  d’articulations 
que  nous  croyons  pouvoir  assimiler  à  celles 
des  Insectes,  mais  auxquelles  M.  Savigny  a 
appliqué  des  dénominations  difl'érentes.  Elles 
offrent  d’abord  un  premier  article,  qui  est  la 
hanche  ou  rotule  ;  vient  ensuite  un  second 
article  ( exinguinal ,  Savign.)  qui  n’est  autre 
chose  que  le  trochanter  ;  ensuite  la  cuisse  {fé¬ 
moral,  Savign.),  puis  l’article  dépendant  de 
la  jambe  ( génual ,  Savign.);  ensuite  la  jambe 
proprement  dite  ( tibial ,  Savign.),  et  enfin  le 
tarse,  ordinairement  composé  de  deux  arti¬ 
cles,  et  quelquefois  de  trois.  Les  pattes  des 
Arachnides  ne  présenteraient  dès  lors  d’au¬ 
tre  différence  avec  celles  des  Insectes  que 
la  division  de  la  jambe  en  deux  articles.  L’ab¬ 
domen  des  Arachnides  est  attaché  au  thorax 
par  un  simple  pédicule  ,  ou  fixé  dans  toute 
sa  largeur,  ou  enfin  entièrement  annexé  au 
thorax  sous  un  derme  commun. 

Sous  le  point  de  vue  anatomique  ,  les  A- 
rachnides  ont  été  beaucoup  moins  bien  étu¬ 
diées  que  les  Crustacés  et  les  Insectes  ;  la 
cause  en  est  due  à  la  petite  dimension  des 
individus  qu’on  a  pu  observer ,  à  la  mol¬ 
lesse  des  téguments,  et  à  l’extrême  délicatesse 
des  organes ,  en  sorte  que  plusieurs  points 
essentiels  de  l’anatomie  de  ces  animaux  sont 
encore  fort  douteux. 

Les  importants  travaux  deTréviranus,  de 
Lyonnet,  de  L.  Dufour,  de  Marcel  de  Serres, 
et,  dans  ces  derniers  temps,  de  M.  Brandt, 
qui  a  publié  avec  M.  Ratzeburg  quelques  dé¬ 
tails  curieux  sur  l’anatomie  des  Arachnides 
dans  son  ouvrage  intitulé  :  Getreue  Dar- 
stellung  und  Beschreibung  der  Thiere  die 
in  der  Arzneimittellehre  in  Betracht  kom- 
men ,  et  qui  a  ajouté  de  nouveaux  faits  dans 
un  Mémoire  spécial  inséré  dans  les  Annales 
des  sciences  naturelles,  nous  fournissent 
bien  la  description  plus  ou  moins  exacte 
des  divers  organes  dans  quelques  espèces , 
mais  le  nombre  en  est  trop  peu  considé¬ 
rable  pour  que  nous  puissions  en  déduire 
des  faits  généraux  :  car  ce  sont  surtout  les 
Arachnides  inférieures ,  celles  chez  lesquel- 

T.  II. 


les  nous  observons  la  plus  grande  diversité 
dans  les  formes,  dont  l’anatomie  est  presque 
complètement  ignorée,  bien  que  pour  les 
esp.  les  plus  parfaites  cette  étude  soit  encore 
très  peu  avancée. 

Nous  n’avons,  sur  le  système  musculaire 
de  ces  animaux,  qu’une  description  trop  peu 
détaillée  de  quelques  uns  des  principaux  mus¬ 
cles  de  l’Épeire-diadème  pour  que  nous  puis¬ 
sions  rien  préciser  de  général.  Quant  au 
système  digestif,  il  se  compose  d’un  canal 
intestinal  présentant ,  dans  les  esp.  les  plus 
parfaites,  un  œsophage  élargi  d’avant  en  ar¬ 
rière,  formant  un  proventricule  divisé  en 
deux  parties  égales  par  une  ouverture  ronde. 
Il  offre,  de  chaque  côté,  cinq  tubes  en  forme 
de  sac,  dont  la  première  paire  est  dirigée  en 
avant  et  les  autres  vers  l’insertion  des  pattes. 

Le-çanal  intestinal  se  rétrécit  considéra¬ 
blement  en  passant  par  le  pédicule  de  l’ab¬ 
domen,  et  se  renfle  ensuite  en  un  estomac 
propre,  de  forme  oblongue,  atténué  en  ar¬ 
rière,  où  il  est  pourvu  d’un  appendice  ob- 
long,  en  forme  de  sac.  Tréviranus  a  signalé 
des  vaisseaux  biliaires  qui  seraient  simples 
à  l’extrémité,  comme  ceux  des  insectes,  et 
M.  Brandt  prétend  qu’ils  offrent  plusieurs 
ramifications  étalées  dans  l’intérieur  de  l’ab¬ 
domen. 

Dans  les  Arachnides  trachéennes,  le  canal 
intestinal  est  beaucoup  plus  linéaire ,  et  il 
ne  présente  pas  de  tubes  latéraux  ni  de  ré¬ 
trécissement  très  prononcé  dans  son  milieu, 
le  corps  ne  diminuant  pas  de  largeur. 

Le  système  nerveux,  dans  la  plupart,  nous 
offre  un  volumineux  ganglion  central  situé  à 
la  partie  médiane  du  thorax,  présentant  en 
avant  deux  autres  ganglions  dont  la  réunion 
n’est  point  complète,  et  qui  donnent  nais¬ 
sance  aux  nerfs  optiques ,  partant ,  deux  à 
deux,  de  chacun  de  ces  ganglions  (au  moins 
chez  les  espèces  pourvues  de  huit  yeux),  et 
qui,  se  bifurquant  ensuite,  se  rendent  sépa¬ 
rément  aux  yeux.  Deux  autres  branches 
prennent  naissance  sur  les  mêmes  ganglions 
et  paraissent  destinées  aux  parties  de  la 
bouche.  Le  ganglion  central  émet ,  de  cha¬ 
que  côté,  quatre  rameaux  aboutissant  aux 
pattes,  et,  en  arrière ,  deux  grands  cordons 
nerveux,  se  divisant,  àlabase  de  l’abdomen, 
en  quatre  ou  cinq  rameaux  se  subdivisant 
eux-mêmes. 

Chez  les  scorpions,  les  ganglions  ne  sont 
4* 


m 


ARA 


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point  réunis  en  une  masse  centrale,  comme 
dans  la  plupart  des  Araignées ,  mais  ils  sont 
à  peu  près  également  espacés  sur  deux  cor¬ 
dons  longitudinaux. 

La  respiration  s’effectue,  chez  les  uns,  au 
moyen  de  poumons,  sortes  de  petites  po¬ 
ches  composées  d’une  grande  quantité  de 
petites  lames,  unies  et  rapprochées  entre 
elles  comme  les  feuillets  d’un  livre.  Ces  po¬ 
ches  communiquent  à  des  ouvertures  exté¬ 
rieures  transversales ,  nommées  stigmates , 
et  pour  lesquelles  Latreille  avait  proposé  la 
dénomination  bien  préférable  de  pneumosto- 
mes  ;  ces  ouvertures  pulmonaires  varient  en 
nombre  :  quelquefois  il  en  existe  huit,  quel¬ 
quefois  quatre,  et  souvent  deux  seulement. 
Chez  les  autres,  la  respiration  s’opère,  com¬ 
me  chez  les  insectes,  au  moyen  de  trachées. 
Enfin,  d’après  quelques  observations  assez  ré¬ 
centes,  certaines  Arachnides,  déjà  pourvues 
de  poumons  ,  auraient  encore  des  trachées 
analogues  à  celles  des  Arachnides  inférieu¬ 
res  ,  et  réuniraient  ainsi  les  deux  modes  de 
respiration. 

Le  système  circulatoire  consiste  en  un 
cœur  ayant  la  forme  d’un  gros  vaisseau  al¬ 
longé,  donnant  naissance  à  des  artères  qui 
se  rendent  aux  diverses  parties  du  corps; 
mais,  dans  les  Arachnides  trachéennes,  il 
n’existe  très  probablement,  dans  la  plupart, 
qu’un  simple  vaisseau,  sans  ramifications, 
analogue  au  vaisseau  dorsal  des  insectes. 

Les  organes  générateurs  existent  à  la  base 
de  l’abdomen.  Plusieurs  observateurs  avaient 
pensé  qu’ils  étaient  situés  chez  les  mâles  à 
l’extrémité  des  palpes;  mais  ces  parties  ne 
sont  évidemment  que  des  organes  excita¬ 
teurs.  L’appareil  générateur  mâle  se  com¬ 
pose  de  deux  testicules,  d’un  double  canal 
afférent  terminé  par  la  verge ,  et  de  quel¬ 
ques  autres  pièces  accessoires  ;  l’appareil 
femelle  est  composé  des  ovaires ,  consistant 
en  deux  tubes  auxquels  sont  suspendus  les 
œufs  en  forme  de  grappe,  de  l’oviducte ,  et 
de  la  vulve. 

La  plupart  des  Arachnides  sont  ovipares  ; 
les  petits  éclosent  quelques  jours  après  la 
ponte,  et  ils  ont  déjà  la  même  forme  que 
les  adultes,  sauf  quelques  espèces,  qui  nais¬ 
sent  seulement  avec  six  pattes  et  en  acquiè¬ 
rent  deux  autres  après  un  changement  de 
peau  ;  mais ,  en  général ,  ces  animaux  ne 
sont  propres  à  reproduire  qu’après  le  qua¬ 


trième  ou  cinquième  changement  de  peau, 

Les  Arachnides  se  nourrissent  en  géné¬ 
ral  de  divers  insectes  ;  les  unes  les  saisissent 
dans  des  toiles,  les  autres  dans  des  fils 
soyeux  jetés  çà  et  là;  d’autres  les  prennent 
à  la  course  ou  en  sautant  ;  d’autres,  enfin , 
s’attachent  sur  différents  animaux  et  sur 
l’homme  lui-même  ,  et  occasionnent  quel¬ 
quefois,  par  leur  grandeur  ,  des  ulcères  et 
des  plaies  très  considérables. 

La  classe  des  Arachnides  était  confondue 
par  Linné  et  plusieurs  autres  zoologistes 
dans  la  classe  des  Insectes,  sous  la  dénomi¬ 
nation  vague  d 'Insecta  optera  ;  Brisson  en 
forma,  avec  les  Crustacés ,  une  classe  parti¬ 
culière  ;  mais  l’importance  des  caractères 
qu’elle  fournit  ne  permettait  pas  de  la  lais¬ 
ser  réunie  à  l’une  ou  à  l’autre  de  ces  deux 
classes,  quoiqu’elle  présente  réellement  dans 
plusieurs  familles  des  caractères  qui  la  lient 
avec  l’une  et  avec  l’autre.  En  effet,  les 
Arachnides  se  rapprochent  des  Crustacés 
par  l’absence  totale  d’ailes ,  par  la  réunion 
de  la  tête  avec  le  thorax  ,  par  le  mode  de 
circulation,  par  la  permanence  des  formes 
dans  tous  les  âges  ;  mais  aussi  elles  s’en  éloi¬ 
gnent  par  les  pattes ,  n’excédant  jamais  le 
nombre  de  huit;  par  les  ouvertures  situées 
sur  les  côtés  du  corps  pour  l’intromission  de 
l’air  respiré  au  moyen  des  poumons  ou  des 
trachées,  et  par  l’absence  d’antennes. 

Certaines  Arachnides  trachéennes  offrent 
de  grands  rapports  avec  la  classe  des  In¬ 
sectes  par  leur  mode  de  respiration ,  par  le 
nombre  des  pattes,  qui  n’est  alors  que  de  six 
au  moment  de  leur  naissance,  comme  chez 
les  Insectes;  mais  l’absence  d’antennes,  les 
organes  de  la  vision  ne  consistant  qu’en  de 
petits  yeux  simples ,  ou  n’existant  même 
plus ,  et  enfin  le  nombre  de  pattes  qu’elles 
présentent  quand  elles  sont  adultes ,  les 
éloignent  bien  sensiblement  des  Insectes. 

Les  Arachnides,  dans  la  méthode  de  Fa- 
bricius ,  constituent  la  classe  des  Unogata , 
qu’il  caractérise  ainsi  :  Deux  palpes  avan¬ 
cés,  une  mâchoire  cornée  ou  onguiculée.  Il 
divise  cette  classe  en  cinq  genres  ;  ce  sont 
les  genres  Trombidium ,  Aranea ,  Pliatan- 
gium,  Tarantula  et  Scorpio ,  et  il  place  à  la 
fin  l’ordre  des  Antliata  (Diptères),  le  genre 
Acarus ,  et  de  plus  les  genres  Nymphon  et 
Pycnogonum ,  regardés  par  Latreille  comme 
devant  constituer  une  famille  de  l’ordre  des 


ARA 


ARA 


Arachnides  trachéennes ,  et  placés  depuis , 
par  M.  Milne  Edwards  dans  la  classe  des 
Crustacés;  ces  animaux  ne  présentant  aucune 
ouverture  extérieure  pour  la  respiration. 

Latreille,  dans  son  Précis  des  caractères 
génériques  des  Insectes ,  avait  appliqué  la 
dénomination  d'Acéphales  à  la  classe  des 
Arachnides,  prenant  essentiellement  en  con¬ 
sidération  l’absence  d’une  tête  distincte. 
Dans  ses  ouvrages  postérieurs,  il  lui  substi¬ 
tua  celle  d' Acérés,  indiquant  l’absence  d’an¬ 
tennes  ;  enfin ,  dans  le  Règne  animal  de  Cu¬ 
vier  ,  il  adopte  le  nom  d’ Arachnides ,  pro¬ 
posé  par  Lamarck ,  et  il  divise  la  classe  en 
deux  ordres:  les  Arachnides  pulmonaires  et 
les  Arachnides  trachéennes. 

L’ordre  des  Arachnides  pulmonaires  com¬ 
prend  les  Araignées  pourvues  de  sacs  pul¬ 
monaires,  ayant  un  cœur  et  des  artères  très 
distincts;  ce  sont  celles  qui  ont  la  plus  grande 
analogie  avec  les  Crustacés ,  elles  ont  deux 
mandibules  terminées  par  un  onglet  ou  sorte 
de  doigt;  de  plus,  dans  quelques  g.,  l’extré¬ 
mité  de  l’article  antérieur  se  prolonge  ,  et 
forme  un  autre  doigt,  qu’on  désigne  sous  le 
nom  d'index  ;  et  l’inférieur  constitue  alors 
le  pouce.  Les  mâchoires  supportent  chacune 
un  palpe  ayant  souvent  la  forme  d’une  patte, 
et  d’autres  fois  terminé  en  pince,  comme  les 
pattes  antérieures  des  Crabes  et  des  Écrevis¬ 
ses.  Elles  ont  généralement  de  six  à  huit 
petits  yeux  lisses  ;  mais  chez  plusieurs  ce 
nombre  s’élève  à  dix  et  à  douze. 

Cet  ordre  se  partage  en  deux  familles,  dont 
la  première  est  celle  des  Arachnides  fileuses 
ou  Aranéides.  Celles-ci  ont  des  mandibules 
terminées  par  un  onglet  mobile,  replié  in¬ 
férieurement.  Ces  mandibules  sont  perfo¬ 
rées,  et  ont  à  leur  base  une  vésicule  conte¬ 
nant  un  liquide  venimeux  qui  s’épanche  par 
le  canal  interne  et  donne  la  mort  aux  in¬ 
sectes  qui  ont  été  piqués  par  la  pointe  de 
ces  mandibules  ;  chez  ces  Aranéides ,  les 
palpes  sont  en  forme  de  petites  pattes  sans 
pince  à  l’extrémité  ;  l’abdomen  est  attaché 
au  thorax  au  moyen  d’un  pédicule  fort  court; 
il  offre  en  dessous  quatre  mamelons  coni¬ 
ques,  perforés  à  leur  extrémité  par  une  infi¬ 
nité  de  petits  trous  destinés  à  donner  passage 
aux  fils  soyeux  partant  de  vaisseaux  inté¬ 
rieurs  qui  sécrètent  la  matière  soyeuse. 

Latreille  subdivise  ces  Aranéides  en  deux 
groupes.  Le  premier  çomprend  le  g.  My- 


59 

gale  et  quatre  autres  sous-genres  ;  le  se¬ 
cond  ,  le  genre  Aranea  et  vingt-sept  sous- 
genres,  groupés  dans  plusieurs  sections. 

La  seconde  famille  des  Arachnides  pub 
monaires  (les  Pédipalpes)  est  caractérisée 
par  un  corps  revêtu  d’un  derme  assez  soli  ¬ 
de  ;  des  palpes  fort  grands  terminés  en  pince 
ou  en  griffe  ;  des  mandibules  à  deux  doigts, 
dont  l’un  mobile,  et  un  abdomen  sans  fi¬ 
lières  ,  composé  de  segments  très  distincts. 
Ces  Pédipalpes  se  divisent  en  deux  grou¬ 
pes  :  l’un  caractérisé  par  des  mandibules  en 
griffe  ;  par  un  abdomen  dépourvu  de  peignes 
à  sa  base  et  d’aiguillon  à  l’extrémité ,  et 
attaché  au  thorax  par  un  pédicule  très  étroit; 
l’autre  par  un  abdomen  intimement  uni  au 
thorax  dans  toute  sa  largeur ,  présentant  à 
sa  base  deux  lames  mobiles  en  forme  de  pei¬ 
gne,  terminé  par  une  queue  noueuse,  et 
armé  d’un  aiguillon. 

M.  Walckenaër ,  qui  a  donné,  dès  1805, 
un  tableau  présentant  la  classification  fort 
ingénieuse  des  Aranéides  (c’est-à-dire  de  la 
première  famille  des  Arachnides  pulmonai¬ 
res)  d’après  le  nombre  et  la  disposition  des 
yeux,  nous  donne,  dans  les  Suites  à  Ruffon , 
un  travail  général  sur  la  classe  des  Arachni¬ 
des,  dont  malheureusement  il  n’a  encore 
paru  que  la  première  partie.  Il  conserve 
pour  la  classe  entière  la  dénomination  d’A- 
cères,  et  il  la  divise  en  six  ordres  :  les  Ara¬ 
néides  (Arachnides  fileuses)  ;  les  Phrynéidest 
correspondant  au  premier  groupe  des  Pédi¬ 
palpes  de  Latreille  ;  les  Scorpionides,  corres¬ 
pondant  au  second  groupe  de  la  même  fa¬ 
mille  ;  les  Solpugides,  analogues  à  la  famille 
des  Faux  Scorpions;  les Phalangides,  iden¬ 
tiques  avec  la  tribu  des  Phalangiens ,  de  la 
famille  des  Holêtres ;  et,  enfin,  les  Acarides , 
analogues  à  la  tribu  du  même  nom  dans  les 
ouvrages  de  Latreille. 

M.  Walckenaër  divise  ensuite,  comme 
Latreille,  les  Aranéides  en  deux  tribus.  Il 
désigne  la  première  sous  la  dénomination  de 
Téraphoses,  et  la  seconde  sous  celle  d’ Arai¬ 
gnées  ;  nous  renvoyons  à  l’article  Aranéides 
pour  de  plus  amples  détails  sur  la  classifi¬ 
cation  de  cet  ordre ,  d’autant  plus  que  M. 
Walckenaër  n’a  pas  encore  fait  connaître  sa 
classification  pour  les  autres  ordres. 

Le  second  ordre  de  la  classe  des  Arachni¬ 
des  ,  les  Trachéennes ,  est  essentiellement  ca¬ 
ractérisé  par  les  organes  de  la  respiration , 


60 


ARA 


ARA 

consistant  en  trachées  communiquant  à  l’ex¬ 
térieur  par  deux  ouvertures  stigmatiques,  et 
par  les  yeux,  seulement  au  nombre  de 
deux  ou  de  quatre.  La  plupart  de  ces  Arach¬ 
nides  trachéennes  sont  d’une  très  petite 
taille.  Quelques  unes  se  rapprochent  des 
Arachnides  pulmonaires  par  les  parties  de 
la  bouche  ;  mais  ,  chez  le  plus  grand  nom¬ 
bre  ,  ces  mêmes  parties  forment  une  sorte 
de  trompe  ou  de  petit  suçoir.  Latreille  di¬ 
vise  cet  ordre,  en  trois  familles  :  la  pre¬ 
mière  ,  celle  des  Faux  Scorpions ,  est  ca¬ 
ractérisée  par  un  thorax  articulé  avec  le 
segment  antérieur  en  forme  de  corselet  ; 
par  des  palpes  très  grands  en  forme  de 
pattes  ou  de  pinces,  et  des  mandibules  di- 
dactyles  :  cette  famille  ne  comprend  que 
deux  genres.  La  seconde  ,  les  Pycnogoni- 
des ,  est  remarquable  par  l’absence  d’ouver¬ 
tures  respiratoires ,  et  c’est  pour  cette  rai¬ 
son  que  M.  Milne-Edwards  l’a  reportée  der¬ 
nièrement  à  la  fin  de  la  classe  des  Crusta¬ 
cés.  La  troisième  famille,  les  Holêtres , 
nous  offre  un  thorax  et  un  abdomen  réunis 
en  une  masse,  sous  un  derme  commun  ,  et 
la  partie  antérieure  avancée  en  forme  de 
museau.  Elle  renferme  deux  tribus  :  la  pre¬ 
mière,  celle  des  Plialangiens ,  ne  comprend 
que  quatre  genres ,  et  la  seconde ,  celle  des 
Acarides ,  a  pour  type  le  genre  Mite ,  Aca- 
rus ,  et  renferme  en  tout  dix-neuf  genres. 

Tels  sont  les  travaux  réellement  impor¬ 
tants  sur  la  classification  des  Arachnides  ;  il 
n’existe  d’ailleurs  que  quelques  mémoires 
sur  des  familles  ou  des  genres  isolés,  quel¬ 
ques  descriptions  jetées  çà  et  là ,  mais  au¬ 
cun  autre  corps  d’ouvrage  qui  nous  pré¬ 
sente  ces  animaux  considérés  dans  leurs 
rapports  entre  eux,  et  il  faudra  certainement 
encore  de  longues  études  pour  arriver  à  la 
connaissance  complète  de  ces  animaux,  com¬ 
me  on  y  est  déjà  arrivé  pour  quelques  fa¬ 
milles  de  la  classe  des  Insectes.  (Bl.) 

ARACHNIDES  FILEUSES.  Voij. 

ARANÉIDES.  (BL  J 

*  ARACHNIMORPHA  (à/?«Xv> h  arai¬ 

gnée  ;  jwo/spvj,  forme  ).  Desv.  (  in  Hamilt. 
Prodr.  28).  bot.  ph.—  Synonyme  (  suivant 
M.  de  Candolle)  du  g.  Rondeletia ,  Plum., 
de  la  famille  des  Rubiacées.  (Sp.) 

*  ARACHNIMORPHA(^»xv>3,  arai¬ 
gnée  ;  juLopfr i,  forme),  ins.  —  Kirby  (Zool. 
journal ,  t.  III,  p,  158, 1827)  désigne  ainsi. 


sans  indication  de  caraet. ,  un  s. -genre  de 
Coléoptères  pentamères  lamellicornes,  tri¬ 
bu  des  Mélolonthides  ,  auquel  il  rapporte 
VÂnisonyx  cinereum  ( Melolontha  cinerea, 
Oliv.),  et  quelques  autres  espèces  analo¬ 
gues.  Voy.  le  genre  lepitrin.  (D.  et  C.) 

*  ARACHNIODES  (  àpxyyi'Jitfyç ,  sem¬ 
blable  à  une  toile  d’Araignée  ).  bot.  cr. — 
Genre  de  Fougères  établi  par  Blume  pour 
une  plante  de  l’île  de  Java ,  de  la  tribu  des 
Cyathéaeées ,  qu’il  caractérise  ainsi  :  Grou¬ 
pes  de  capsules  arrondis,  épars,  insérés 
sur  un  réceptacle  peu  élevé.  Tégument  a- 
rachnoïde  recouvrant  les  capsules.  —  La 
seule  plante  qu’il  rapporte  à  ce  g.,  A.  aspi- 
dioides ,  a  la  forme  de  VAspidium  coria- 
ceum  Sw.  Par  la  conformation  de  ses  tégu¬ 
ments  ,  il  semblerait  se  rapprocher  un  peu 
des  g.  Trichopteris,  Presl.,  et  Clmoophora , 
Kaul.  ;  mais  ce  tégument  est  membraneux , 
et  la  forme  des  feuilles  ainsi  que  la  nerva¬ 
tion  sont  très  différentes.  Endlicher,  dans 
son  Généra  plantarum ,  réunit  tous  ces  g. 
aux  Alsophila,  R.  Br. 

Presl,  dans  la  suite  de  son  ouvrage,  laisse 
le  g.  Arachniodes  parmi  ceux  dont  l’organi¬ 
sation  ne  lui  était  pas  suffisamment  connue 
pour  pouvoir  les  classer.  (Ad.  B.) 

*ARACHNION,  Schxvin.  (^«xvtov,  toile 
d’araignée),  bot.  <jk.  —  Genre  de  Cham¬ 
pignons,  ainsi  nommé  parce  qu’il  ressemble 
au  petit  sac  dans  lequel  les  Araignées  ren¬ 
ferment  leurs  œufs.  Il  est  rangé  par  Fries 
(Syst.  myc .,  p.  505)  dans  l’ordre  des  Angio- 
gastères  et  dans  le  sous-ordre  des  TNidula- 
riées.  Ce  champignon  est  presque  globuleux 
et  pourvu  d’un  double  péridium;  l’externe 
est  fugace,  comme  formé  de  fils  d’araignées; 
l’interne,  de  consistance  subéreuse,  se  déchi¬ 
re  irrégulièrement,  est  rempli  de  sporanges 
nombreux ,  libres  et  pressés  les  uns  contre 
les  autres  ;  ils  renferment  un  grand  nombre 
de  spores  libres  et  égales.  Ij  Araclmion  al¬ 
bum  (  Schwœgr .  Syn.  Fung.  Car.,  n°  XIY, 
tab.I,  fig.  2)  est  sessile,  presque  globuleux, 
du  volume  d’une  petite  noix  ;  d’abord  d’un 
blanc  sale  et  aranéeux  ,  puis  glabre.  Les  in¬ 
nombrables  sporanges  globuleux  et  libres 
dont  il  est  rempli  contiennent  aussi  des  spores 
sous  la  forme  de  poussière  blanche.  Il  croît 
dans  la  Caroline,  en  faisceaux ,  sur  la  terre 
nue.  (LÉv.) 

*  ARACHNIPES  (  «pû/yy  f  araignée; 


ARA 


ARA 


01 


« ovç,  pied),  ins.  —  Nom  employé  par  Me- 
gerie  et  adopté  par  Pahl  dans  son  catalo¬ 
gue,  pour  désigner  des  Curculionites  du 
genre  Acalles  de  Schœnherr.  Voy.  ce  mot. 

(  P.  et  C.) 

*ARACHNIS.  bot.  ph.  —Le  genre  de 
la  famille  des  Orchidées  ainsi  nommé  par 
Blume  rentre  dans  le  g.  Renanthera ,  de 
Loureiro,  adopté  par  Lindley.  Voy.  renan- 
THÈRE.  (A.  R.) 

*  ARACHNORAS  (  àpà%n ,  araignée  ; 
/3«$,  participe  de  /3b«vw,  je  marche),  ins. — 
M.  Boisduval  (  Voyage  de  V Astrolabe,  En- 
tom.,  pag.  435)  appelle  ainsi  un  genre  de 
Coléoptères  tétrainères ,  de  la  famille  des 
Curculionites ,  que  M.  Guérin  (  Voyage  de 
la  Coquille,  Ins.,  pl.  6,  fig.  5)  avait  créé  et 
désigné  avant  lui  sous  le  nom  déArachno- 
pus,  qui  a  la  même  signification.  M.  Bois¬ 
duval  donne  pour  motif  de  ce  changement  la 
trop  grande  ressemblance  du  nom  d 'Ârach- 
nopus  avec  celui  d \Arachnipes,  appliqué  an¬ 
térieurement  par  Megerle  à  un  autre  genre 
de  Curculionides  ;  mais  comme  ce  dernier 
nom  n’a  jamais  été  adopté,  parce  qu’il  cor¬ 
respond  à  celui  d 'Acalles  de  Schœnherr  , 
dont  la  nomenclature  fait  ici  autorité,  il  est 
clair  que  la  substitution  opérée  par  M.  Bois¬ 
duval  se  trouve  sans  objet.  Quoi  qu’il  en  soit, 
M.  Schœnherr ,  qui,  dans  sa  Synonymie, 
cite  les  ouvrages  de  ces  deux  auteurs,  et  qui , 
par  conséquent,  n’ignorait  pas  lequel  des 
deux  noms  avait  été  publié  le  premier ,  a 
donné  cependant  la  préférence  à  celui  de 
M.  Boisduval,  quoique  plus  nouveau.  Quant 
à  nous,  nous  pensons  que  le  nom  de  M.  Gué¬ 
rin  doit  prévaloir,  avec  d’autant  plus  de  rai¬ 
son  que  cet  auteur  est  le  seul  qui  ait  donné 
les  caractères  du  genre  dont  il  s’agit.  Voy. 
en  conséquence  le  mot  Arachnopus. 

(D.  et  C.) 

*  ARACHNODERMA1RES  ,  A- 
RACHNODERMARÏA  (  àpàyy'n  ,  arai¬ 
gnée;  $kp<j.x,  peau  ;  c’est-à-dire  ayant  la  peau 
fine  comme  les  toiles  d’araignées),  acal. 
— M.  de  Blainville  nomme  ainsi  la  classe  des 
animaux  Radiaires  ou  Actinozoaires,  dans 
laquelle  se  placent  les  Méduses  et  les  Porpi- 
tes,  qu’il  éloigne  beaucoup  des  autres  Aca- 
lèphes  de  Cuvier,  c’est-à-dire  des  Beroës, 
des  Physales,  etc.  Voy.  méduses.  (P.  G.) 

ARACHNOÏDE.  Araehnois,  Merium 
Médial  àpùyyyi,  toile  d’araignée:  etfyc,  ressem¬ 


blance).  an at.  —  On  appelle  Arachnoïde ,  à 
cause  de  sa  ténuité,  l’une  des  trois  membra¬ 
nes  qui  servent  d’enveloppes  au  cerveau  et 
à  la  moelle  épinière.  Cette  membrane  ap¬ 
partient  à  la  classe  des  séreuses ,  qui,  en  gé¬ 
néral  (  à  l’exception  du  péritoine,  forment 
un  sac  sans  ouverture.  Les  anatomistes  qui 
admettent  encore  l’existence  de  l’arachnoïde 
dans  les  cavités  ventriculaires  du  cerveau 
parlent  d’une  arachnoïde  extérieure  et 
d’une  arachnoïde  intérieure  ou  ventricu¬ 
laire;  mais,  d’après  mes  propres  recherches, 
consignées  dans  une  thèse  soutenue  à  la  Fa¬ 
culté  de  médecine  de  Paris  en  1829,  cette 
prétendue  arachnoïde  ventriculaire  n’existe 
pas.  Yoir,  pour  plus  de  détails,  en  raison  de 
l’importance  du  fait,  l’article  méninge. 

(M.  S.  A.) 

ARACHNOÏDE.  Arachnoide  s  {âpàyyri, 
toile  d’araignée;  «%,  semblable  à). —  En 
zoologie,  on  donne  cette  épithète  1°  à  une 
espèce  de  singe  américain ,  Ateles  arach- 
noides ,  parce  que  ,  dans  ce  genre ,  les 
membres  sont  plus  grêles  et  plus  longs  que 
dans  tous  les  autres  quadrumanes  ;  2°  à  un 
insecte ,  le  Galeodes  arachnoides,  de  la  fa¬ 
mille  des  Faux-Scorpions  de  Latreille  ,  dont 
la  figure  ressemble  à  celle  des  Aranéides  vé¬ 
ritables;  3°  à  des  coquilles  hérissées  d’épines, 
ou  marquées  de  stries  colorées,  d’une  extrême 
finesse,  qui  les  font  ressembler  à  un  réseau 
arachnoïdien  :  tels  sont  le  Spondylus  arach¬ 
noides,  les  Conus  araneosus,  etc.  ;  4°  à  des 
polypes,  comme  VAstrea  aranea ,  que  la 
texture  et  la  disposition  concentrique  de 
leurs  cellules  font  ressembler  aux  toiles 
que  quelques  espèces  d’Araignées  tendent 
dans  nos  jardins.  —  En  botanique  ,  on 
donne  ce  nom  à  toutes  les  parties  du  végé¬ 
tal  couvertes  de  fils  fort  déliées ,  et  pré¬ 
sentant  la  texture  d’une  toile  d’araignée  ; 
ainsi  l’on  appelle  poils  arachnoïdes  ceux 
qui  recouvrent  les  feuilles  de  certaines 
plantes,  comme  le  Sempervivum  arachnoi- 
dum;  chapeau  arachnoïde,  la  membrane 
qui  unit  le  chapeau  au  stipe  dans  VAgari- 
cus  araneosus.  Le  Tegmen  présente  aussi 
parfois  une  texture  arachnoïde. 

(C.  D’O.) 

*ARACHNO!DIUS  (  àrAyyr,,  araignée  ; 
sFcTos ,  forme),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
pentamères,  famille  des  Çarabiques,  établi 
par  M.  le  baron  de  Chaudoir  (Tableau  d’une 


62 


ARA 


ARA 


nouvelle  subdivision  du  genre  Feronia  , 
Dcjean ,  pag.  9  et  16  ),  et  qu’il  caractérise 
ainsi  :  Premier  article  des  antennes  plus  long 
que  le  troisième.  Palpes  très  saillants.  Qua¬ 
trième  article  des  tarses  antérieurs  des  m⬠
les  étroit  et  allongé.  Pattes  très  longues.  Il 
a  pour  type  le  Pterosticus  fasciato-puncta- 
tus,  Fabr.  (D.  et  C.) 

*  ARACHNOLOGIE.  Arachnologia 
(à/iâxvv),  araignée;  >oyos,  discours),  zool. 
—  Traité  sur  les  Araignées.  (C.  d’O.) 

* ARACHNOPUS  (  àp&xyn,  araignée  ; 
rfous,  pied  ou  patte),  ins.  —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  tétramères  ,  famille  des  Curculio- 
nites,  établi  par  M.  Guérin  dans  la  partie 
entomologique  du  Voyage  de  la  Coquille  , 
(Zool. ,  t.  II  ,  part.  2  ,  lre  div. ,  pag.  127) , 
et  auquel  il  assigne  les  caractères  suivants  : 
Antennes  courtes,  assez  épaisses,  insérées 
vers  le  bout  du  rostre  ;  le  premier  arti¬ 
cle  aussi  long  que  le  funicule  ,  un  peu 
renflé  à  son  extrémité  ;  le  second  et  le  troi¬ 
sième  allongés  ,  obconiques  ;  les  suivants 
courts ,  devenant  insensiblement  plus  épais 
jusqu’au  neuvième  ;  les  dixième  et  onzième 
diminuant  et  se  terminant  en  pointe  arron¬ 
die.  Rostre  long,  cylindrique,  courbé,  ayant 
deux  sillons  obliques  sur  les  côtés.  Lèvre 
inférieure  linéaire  ;  mandibules  saillantes , 
bidentées.  Corselet  très  étroit  en  avant,  très 
élargi  en  arrière ,  arrondi  sur  les  côtés  ; 
ayant  en  dessous  un  faible  sillon  impropre  à 
recevoir  entièrement  le  rostre  dans  le  re¬ 
pos.  Elytres  coniques  en  arrière,  assez  bom¬ 
bées.  Pattes  très  grandes ,  avec  les  cuisses 
un  peu  renflées  et  ornées  d’une  petite  dent 
en  dessous.  Tarses  courts,  larges,  aplatis, 
avec  l’avant-dernier  article  en  cœur,  pro¬ 
fondément  bilobé. 

Ce  nouveau  genre  vient  se  placer,  suivant 
l’auteur,  entre  les  genres  Cleogonus  et  Ocla- 
dius  de  Schœnherr.  Il  renferme  deux  espè¬ 
ces  trouvées  à  Doreï  dans  la  Nouvelle-Gui¬ 
née  :  l’une  est  nouvelle ,  et  a  été  nommée 
par  M.  Guérin  Arach.  striga;  l’autre,  sui¬ 
vant  M.  Boisduval ,  est  le  Curculio  Gazel- 
la  d’Olivier.  (D.  et  C.) 

*ARACHNOSPERMUM  (àpûyv^  arai¬ 
gnée;  semence;  graine  qui  ressem¬ 

ble  à  une  araignée),  bot.  ph.— Steudel  cite 
ce  genre  comme  synonyme  de  VHypochœris. 
Yoy.  ce  mot.  (J.D.) 

*AUACHAOTUKRE,  Arachnothera 


(  âpiyn,  araignée  ;  5sp*ta  ,  je  chasse  ).  ois. 
—  Genre  formé  par  Temminck ,  et  démem¬ 
bré  de  celui  de  Souimanga  pour  recevoir 
les  Souimangas  modestes ,  à  long  bec  et  à 
joues  jaunes ,  du  même  auteur,  pl.  col.  84 
et  388.  Les  caract.  en  sont  :  Bec  très  long  et 
assez  gros  dans  une  partie  de  sa  longueur,1 
légèrement  arqué.  Mandibule  supérieure 
élargie  à  sa  base ,  et  recouvrant  les  bords  de 
l’inférieure  jusque  près  de  sa  pointe.  Narines 
entièrement  membraneuses  ,  n’ayant  qu’une 
ouverture  inférieure  en  forme  de  scissure 
arquée  et  horizontale.  Bords  des  deux 
mandibules  finement  striés  ou  denticulésj 
comme  chez  les  Souimangas.  Pattes  assez  ro¬ 
bustes,  conformées  comme  chez  les  Souiman¬ 
gas.  Ailes  à  rémiges  allongées,  à  premiè¬ 
re  penne  bâtarde  ;  obtuses  ou  surobtuses , 
c’est-à-dire  que  la  4e  ou  la  4e  et  la  5e  sont  les 
plus  longues.  Queue  courte,  légèrement  ar¬ 
rondie.  Langue  courte  et  cartilagineuse. 
Oiseaux  se  nourrissant  uniquement  d’arai¬ 
gnées,  selon  le  naturaliste  voyageur  hollan¬ 
dais  Y  an  Hasselt.  Ce  dernier  caractère  de 
forme  et  de  mœurs,  que  M.  Temminck 
trouva  consigné  dans  les  manuscrits  de  ce 
voyageur  après  sa  mort,  l’engagea  à  former 
ce  genre  Arachnothère ,  qu’il  ne  fait  encore 
qu’annoncer  dans  ses  pl.  col.,  art.  Sowi- 
manga  à  joues  jaunes ,  et  qu’il  se  contente 
d’indiquer  plus  tard ,  et  sans  caractéristi¬ 
que,  dans  le  tableau  méthodique  qui  a  ter¬ 
miné  son  magnifique  recueil.  Les  caract.  de 
forme  qui  éloignent  ce  petit  groupe  des  Soui¬ 
mangas  sont  donc  des  formes  en  général 
plus  robustes  ,  le  bec  plus  grand  ,  plus  lar¬ 
ge  à  sa  base  surtout ,  et  moins  comprimé  ; 
les  pattes  plus  robustes ,  une  plus  grande 
taille  en  général ,  un  plumage  ni  brillant  ni 
métallique  ,  mais  uniformément  vert-olive  et 
jaunâtre,  et  enfin  un  dernier  caract.  le  plus 
important,  et  d’où  résulte  un  genre  de  nour¬ 
riture  différent  :  celui  d’une  langue  courte 
et  cartilaginense ,  et  non  filiforme ,  tubu¬ 
leuse  ,  bifurquée  et  rétractile ,  comme  chez 
les  Souimangas,  véritables  Melliphages. 
Nous  sommes  étonné  que  M.  Swainson,  ad¬ 
optant  ce  genre  dans  sa  classification ,  l’ait 
indiqué  comme  ayant  le  bec  entier,  et  l’ait 
placé  dans  son  groupe  des  Philédons  plutôt 
que  dans  celui  des  Souimangas.  La  denti- 
culation  des  bords  des  mandibules  est  si 
prononcée  chez  VAr,  à  joues  jaunes ,  qu’jl 


ARA 

cite  comme  type ,  qu’elle  est  très  visible  à 
l’œil  nu.  (Lafr.) 

ARACHUS,  Neck.  bot.  ph.—  Genre 
non  admis ,  fondé  4sur  le  Vicia  bithynica , 
L.,  famille  des  Légumineuses,  espèce  qui, 
suivant  M.  de  Candolle,  appartient  aux  La- 
thyms,  et,  suivant  M.Reichenbach,  auxEa- 
ba.  (Sp.) 

*ARACÎON.  Aracium  ( àpàxio'j ,  fiole, 
bouteille),  bot.  pii.  —  Genre  de  la  famille 
des  Synanthérées ,  tribu  des  Chicoracéés, 
proposé  par  Monnier  dans  ses  Essais  mono¬ 
graphiques  sur  les  Synanthérées.  Ses  ca¬ 
ractères  différentiels  sont  :  Fruit  colum- 
naire ,  strié  ;  aigrette  composée  de  poils 
raides  ,  barbellés  et  de  couleur  rousse  ;  cli- 
nanthe  nu  et  alvéolé,  et  péricline  imbrica- 
tif.  On  rapporte  à  ce  genre  les  Hieracium 
paludosum,  L.,  et  cœruleum,  Scop. 

(G.  d’O.) 

*ARABIEIXS.  ins. — Famille  de  l’ordre 
des  Hémiptères,  section  des  Hétéroptères , 
ainsi  désignée  d’abord  par  M.  Brullé  (Hist. 
des  Ins.,  t.  IX),  et  ensuite  par  nous  (  Hist. 
des  anim.  art. ,  tome  IY).  Cette  famille  , 
déjà  circonscrite  par  Latreille  sous  le  nom 
de  Membraneuses  ( membranacei ),  est  sur¬ 
tout  caractérisée  par  un  corps  fortement 
déprimé  ;  une  tête  pointue ,  avancée  entre 
les  antennes;  un  bec  inséré  dans  une  cavité 
dont  les  bords  sont  toujours  saillants,  et  des 
élytres  presque  membraneuses,  reçues,  ainsi 
que  les  ailes,  dans  une  dépression  située  au 
dessus  de  l’abdomen.  Les  Aradiens  sont  gé¬ 
néralement  de  petite  taille  ;  ils  sont  peu 
nombreux,  et  cependant  répandus  dans  les 
diverses  parties  du  monde;  leurs  habitudes 
sont  aussi  très  variées:  les  uns  sucent  le  sang, 
les  autres  attaquent  les  insectes  vivants , 
d’autres  enfin  vivent  de  matière  végétale. 
Nous  rapportons  à  cette  famille  les  genres 
Cirnex,  Brachyrhynchus ,  Dysodius,  Ara- 
dus ,  Tingis,  Eurycera,  Piesma,  Plilœa, 
Phymata,  Macrocephalus  (Syrtis),  et  quel¬ 
ques  autres  que  nous  rattachons  à  ceux-ci 
comme  de  simples  divisions  de  genre.  (Bl.) 

*  ARADITES.  i^s.  —  M.  Spinola  ( Es¬ 
sai  sur  les  Hémipt.  hétéropt.  )  applique 
ce  nom  à  sa  quatrième  famille  des  Géoco- 
rizes,  de  l’ordre  des  Hémiptères,  ne  com¬ 
prenant  que  les  genres  Aradus ,  Aneurus  et 
Dysodius,  et  formant,  avec  les  autres  genres 
que  nous  avons  rapportés  à  la  famille  des 


ARA  63 

Aradiens,  deux  familles  distinctes  sous  les 
noms  de  Tingidites  et  de  Phymatites. 

(Bl.) 

ARADUS.  ms.  —  Genre  de  la  famille 

des  Aradiens  ( membranacei ,  Lat.) ,  de  l’or¬ 
dre  des  Hémiptères ,  section  des  Hétéro¬ 
ptères,  établi  par  Fabricius  (Syst.  Rhyngot.) 
et  adopté  par  tous  les  entomologistes.  Tel 
qu’il  est  restreint  maintenant ,  ce  g.  est  ca¬ 
ractérisé  principalement  par  un  corps  très 
déprimé ,  des  antennes  cylindriques  ayant 
leur  dernier  article  généralement  aussi  grêle 
que  les  précédents;  un  bec  plus  long  que  la 
tête,  s’avançant  plus  ou  moins  entre  les  pat¬ 
tes,  et  des  élytres  recouvrant  entièrement 
l’abdomen.  Les  Arades  vivent  sous  les  écor¬ 
ces  des  arbres.  On  en  connaît  une  dizaine 
d’esp.,  la  plupart  sont  européennes;  le  type 
est  VA.  betulœ  [Cirnex  betulœ ,  Lin.),  répan¬ 
du  dans  la  plus  grande  partie  de  l’Europe. 

(Bl.) 

*  ARÆGERUS  (  âpxhç ,  mince  ;  xs- 
poiç ,  antéhne  ).  ms.  —  Genre  de  Coléo¬ 
ptères  tétramères,  famille  des  Curculionides, 
division  des  Anthribides,  établi  par  Schœn- 
herr  (  Gen.  et  sp.  Curcul. ,  t.  Y,  pag.  273) 
aux  dépens  du  genre  Anthribe  de  Fa¬ 
bricius  ,  et  auquel  il  assigne  les  caractères 
suivants  :  Antennes  peu  longues  ,  minces , 
insérées  librement  près  des  yeux,  sur  la  face 
supérieure  du  rostre;  massue  allongée,  é- 
troite,  composée  d’articles  séparés.  Rostre 
court,  large,  défléchi,  tronqué  à  l’extré¬ 
mité.  Yeux  latéraux ,  proéminents ,  arron¬ 
dis.  Thorax  court,  transverse,  bi-sinué  à  la 
base ,  bordé ,  avec  les  angles  postérieurs 
presque  aigus.  Élytres  oblongues,  convexes, 
arrondies  à  l’extrémité.  Pattes  peu  robustes, 
tarses  longs. 

Ce  genre  a  pour  type  l’Anthribe  du  café , 
Anthribus  coffeœ,  Fabr.,  qui  se  trouve  aux 
Indes-Orientales ,  au  Cap  de  Bonne-Espé¬ 
rance  et  dans  l’Amérique  méridionale.  Sa 
larve  vit  aux  dépens  des  graines  de  cet  ar¬ 
brisseau.  Cette  espèce  est  la  même  que  le 
Macrocephalus  cacao ,  décrit  et  figuré  par 
Olivier  dans  son  Entomologie  ,  tom.  IV, 
p.  13,  n°  21,  tab.  2,  fig.  21,  a,  b.  On  la 
rencontre  fréquemment  dans  les  envois  de 
denrées  coloniales. 

M.  Dejean ,  qui  adopte  le  genre  Arœce - 
rus  dans  son  dernier  Catalogue ,  n’y  rap¬ 
porte  que  deux  espèces  :  celle  dont  nous 


64 


ARA 


ARA 


venons  de  parler ,  et  une  de  l’Amérique  du 
nord  qu’il  nomme  Cinerascens  ;  mais  Schœn- 
herr  en  décrit  quatre  autres,  savoir  :  VA.  si - 
mulatus,  ainsi  nommé  par  lui;  VA.  fallax, 
VA.  rhodopus  de  Dalman,  et  l’A.  suturalis, 
toutes  quatre  de  Java.  (D.  et  C.) 

*ARÆOCERUS  {âpodoç,  mince;  xs/s«;; 
corne,  antenne),  ms.  —  Genre  de  Coléo¬ 
ptères  pentamères,  famille  des  Brachélytres, 
tribu  des  Fissilabres ,  établi  par  M.  Nord- 
mann  (  Symbolœ  ad  monograpliiam  Sta¬ 
phylinorum  ) ,  pour  y  placer  une  seule  es¬ 
pèce  de  Montevideo  qu’il  nomme  A.  niger  ; 
mais  M.  Erichson  ,  dont  nous  suivons  la 
méthode  comme  la  plus  récente  et  la  plus 
complète  sur  les  Brachélytres,  n’a  pas  ado¬ 
pté  ce  g. ,  et  rapporte  l’esp.  qui  lui  sert  de 
type  au  g.  Pinopkilus ,  Grav.  {Gen.  et  Sp. 
Staphyl .,  p.  67 2).  Voy.  en  conséquence  ce 
dernier  mot  pour  les  caract.  génériques. 

(D.  et  C.) 

*ARÆOCNEMUS(k/îouo;,  mince;  x-Aw, 
jambe),  ms.  —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères,  famille  des  Brachélytres,  tribu  des 
Fissilabres,  établi  par  M.  Nordmann  ( Sym¬ 
bolœ  ad  monograpliiam  Staphylinorum , 
1857,  pag.  165),  et  auquel  il  donne  pour  type 
le  Staphylinus  fui  g  eus  de  Fabr. ,  le  meme 
que  le  violaceus  d’Oliv.  M.  Dejean  ( Catal ., 
5r  éd.,  1857)  et  M.  Delaporte  ( Études  ento- 
mologiques ,  1854,  pag.  118)  ont  fondé  sur 
cette  même  espèce ,  le  premier  son  genre 
Plochionocerus ,  et  le  second  son  genre  Ster- 
culia,  qui  doit  prévaloir  sur  les  deux  autres 
comme  étant  le  plus  ancien  ;  aussi  M.  Erich¬ 
son  l’a-t-il  adopté  dans  son  Gen.  et  Spec. 
Staphylinorum ,  1840.  Voy.  en  conséquence 
ce  dernier  mot  pour  les  caractères  géné¬ 
riques.  (D.  et  C.) 

*ARÆOPUS  (âpxloç,  grêle  ;  rcoû;,  pied), 
ms.  —  Genre  de  la  famille  des  Fulgoriens, 
de  l’ordre  des  Hémiptères,  section  des  Ho- 
moptères*,  établi  parM.  Spinola  {Ann.  de  la 
Soc.  entomol.  de  France,  t.  VIII  )  sur  une 
seule  espèce  {A.  crassicornis,  Fabr.),  qu’il  a 
détachée  du  genre  Asiraca ,  Lat. ,  dont  elle 
ne  diffère  que  par  de  très  légères  modifica¬ 
tions,  dans  la  proportion  des  articles  des  an¬ 
tennes  ,  dans  la  forme  de  l’échancrure  des 
yeux,  etc.  (Bl.) 

*ARAGALU8,  Neck.  bot.  piï.—  Syn¬ 
onyme  du  genre  Astragalus  ,  de  la  famille 
des  Légumineuses.  (Sp.) 


ARAGNE.  zool.  —  Nom  de  l’Araignée 
dans  divers  dialectes  du  midi  de  l’Europe. 
On  a,  par  analogie,  donné  ce  nom  au  Gobe- 
Mouche  gris ,  à  certaines^espèces  de  Crabes, 
dont  les  pattes  sont  démesurément  allon¬ 
gées,  et  à  la  Vive  {Tracliinus  draco)  h  cause 
de  sa  morsure.  C.  d’O.) 

ARAGNO.  poîss.  —  Nom  provençal  de 
la  Vive,  Tracliinus  draco ,  L.  (C.  d’O.) 

ARAGOA.bot.  pu.— Voyez  aragoa- 
cées.  p  (Sp.) 

*ARAGOACÉES.  bot.  pii.—  M.  Don 
avait  établi  sous  ce  nom  une  famille  ayant 
pour  type  le  g.  Aragoa ,  que  son  auteur, 
M.  Runth,  mettait  avec  doute  à  la  suite  des 
Bignoniacces.  Maintenant ,  on  s’accorde  ù 
le  placer  parmi  les  Scrophularinées  ,  dans 
lesquelles  vient  se  confondre  la  famille  pro¬ 
posée  par  M.  Don.  (Ad.  J.) 

*  ARAGUAGA.  poiss.  —  Marcgrave  a 
figuré  sous  ce  nom  la  Scie  {Squaluspristis), 
qui  se  trouve  sur  les  côtes  du  Brésil. 

(Val.) 

*ARAG$JS,  Neck.  bot.  pu.— Synonyme 
du  genre  Astragalus ,  de  la  famille  des  Lé¬ 
gumineuses.  (Sp.) 

ARAIGNEE.  Aranea{àpy.yyrl,  araignée), 
ms. — Latreille  a  conservé  ce  nom  pour  un  g. 
de  la  tribu,  ou  même  famille  selon  nous,  des 
Araignées  de  l’ordre  des  Aranéides,  caracté¬ 
risé  essentiellement  par  leurs  quatre  yeux 
antérieurs  disposés  en  une  ligne  courbe  d’a¬ 
vant  en  arrière ,  et  par  leurs  deux  filières 
supérieures,  plus  longues  que  les  autres.  Le 
g.  Araignée  renferme  quelques  espèces  con¬ 
struisant  dans  les  maisons ,  dans  les  angles 
des  murs  ,  sur  les  haies  ,  une  grande  toile 
presque  horizontale,  ayant,  à  sa  partie  su¬ 
périeure  ,  un  tube  où  l’Araignée  se  cache 
pour  guetter  sa  proie.  Le  type  est  l’Araignée 
domestique  ( Aranea  domestica,  Linn.),  qui 
vit  dans  nos  demeures.  Latreille  avait  d’a¬ 
bord  appliqué  à  ce  genre  le  nom  de  Tegue- 
naria ,  adopté  par  M.  Walckenaër  ,  qui 
pensait  que  la  dénomination  à*  Araignée  de¬ 
vait  s’appliquer  à  toutes  les  esp.  de  la  fa¬ 
mille.  (Bl.) 

ARAIGNÉE  DE  MER,  ou  SCOR¬ 
PION.  zool.  —  On  donne  dans  nos  pro¬ 
vinces  ce  nom  à  la  Vive,  Tracliinus  draco, 
L.  Voy.  ARAGNO  et  vive. 

Les  amateurs  et  les  marchands  de  coquil¬ 
les  désignent,  sous  ce  nom,  diverses  espèces 


AP.  A 


ARA 


65 


du  genre  rtéroc'ere,  de  Lamarck ,  à  cause 
des  appendices  digités  dont  est  munie  leur 
lèvre  antérieure,  ce  qui  les  a  fait  comparer 
aux  pattes  d’Araignées. 

Le  Murex  tribulus ,  L. ,  a  aussi  reçu  le 
nom  d’Araignée  de  mer,  à  cause  des  épines 
divergentes  dont  sa  coquille  est  armée. 

Plusieurs  espèces  du  genre  Mciïa,  de  l’or¬ 
dre  des  Décapodes,  sont  aussi  connues  sous 
ce  nom  dans  nos  provinces  méridionales. 

(C.  p’O.) 

ARAIGNÉES.  Araneœ.  ins.  —  Linné, 
Fabricius  et  tous  les  anciens  auteurs,  compre¬ 
naient  sous  cette  dénomination  toutes  les 
Arachnides  jileuses  de  Latreille  ,  ou  Ara- 
néides  de  Walckenaër  ;  Latreille  ,  dans  ses 
derniers  ouvrages,  regardant  les  Arachnides 
Lieuses  comme  une  famille  de  l’ordre  des 
Arachnides  pulmonaires ,  la  divise  en  deux 
genres  principaux,  auxquels  il  rattache  tous 
les  autres  comme  sous-genres.  Le  premier 
est  celui  de  Mygale ,  le  second  celui  Arai¬ 
gnée  (. Aranea ).  M.  Walckenaër  regarde  ces 
deux  genres  comme  deux  tribus  qui ,  selon 
nous,  devraient  avoir  le  nom  de  familles  ;  la 
première  est  celle  des  Téraphoses ,  et  la  se¬ 
conde  celle  des  Araignées. 

Ces  Araignées  sont  caractérisées  par  des 
mandibules  cylindriques  ou  coniques,  de 
moyenne  longueur  dans  les  femelles  ,  plus 
longues  et  plus  grêles  dans  les  mâles  ;  par  des 
palpes  peu  allongés,  de  cinq  articles,  insérés 
au  côté  externe  des  mâchoires  près  de  la 
base,  ayant  leur  dernier  article  ovalaire,  ren¬ 
fermant  ,  à  son  extrémité ,  un  organe  ser¬ 
vant  dans  l’acte  de  la  copulation  ;  par  une 
languette  avancée  entre  les  mâchoires,  et 
des  sacs  pulmonaires  réduits  au  nombre  de 
deux,  ainsi  que  les  ouvertures  stigmatiques. 

La  plupart  de  ces  Araignées  filent  des  toi¬ 
les  dans  lesquelles  elles  saisissent  divers  in¬ 
sectes  ;  quelques  autres  ne  construisent  point 
de  toiles,  mais  elles  vont  à  la  chasse  des  in¬ 
sectes,  et  se  retirent  dans  des  trous  ou  des 
cavités  qu’elles  tapissent  de  leurs  fils  ;  enfin, 
il  en  est  une  espèce  qui  vit  dans  l’eau,  en  s’y 
construisant  avec  ses  fils  une  véritable  clo  ¬ 
che  à  plongeur.  Voyez  argïronète. 

Nous  pourrions  donner  de  beaucoup  plus 
longs  détails  sur  les  moeurs  des  Araignées , 
si ,  dans  cet  article ,  nous  les  considérions 
comme  les  anciens  auteurs  ;  mais  ici  nous 
ne  voulons  que  parler  d’une  tribu  ;  et,  pour 


éviter  le3  répétitions ,  nous  renvoyons  au 
mot  Aranéides,  pour  le  développement 
complet  de  l’histoire  de  ces  animaux 
intéressants.  En  effet,  sous  la  dénomination 
d? Aranéides  ,  on  comprend  aujourd’hui  ce 
que  tout  le  monde  connaît  sous  le  nom 
d’ Araignées ,  tandis  que  les  zoologistes  ne 
comprennent  sous  ce  même  nom  qu’une 
partie  de  l’ordre.  !1  paraîtra ,  sans  doute,  dès 
lors  beaucoup  plus  convenable  que  les 
mœurs  et  habitudes  diverses  de  toutes  les 
Araignées  composant  l’ordre  des  Aranéides 
soient  développées  en  même  temps.  Au  con¬ 
traire  ,  ici  nous  eussions  été  obligé  de  pas¬ 
ser  sous  silence  la  tribu  des  Téraphoses , 
si  remplie  d’intérêt ,  pour  ne  parler  que  de 
la  tribu  des  Araignées  proprement  dites. 
C’est  pour  éviter  de  trop  séparer  ces  deux 
tribus,  qui  ne  diffèrent  réellement  entre 
elles  que  par  un  caractère  purement  zoolo¬ 
gique,  que  nous  renvoyons  à  aranéides. 

Latreille  (Régne  animal)  é tablit,  dans  son 
grand  genre  Araignée  ,  plusieurs  divisions 
d’après  les  mœurs  et  les  habitudes,  afin  de 
grouper  plus  facilement  tous  les  sous-genres 
qu’il  y  rattache  ;  la  première  de  ces  divi¬ 
sions  est  celle  des  Araignées  sédentaires, 
qui  construisent  des  toiles  ou  jettent  au 
moins  des  fils  pour  saisir  leur  proie  ;  celles- 
ci  se  partagent  alors  en  Rectigrades  et  en 
Latèrigrades ,  d’après  le  mode  dont  s’effec¬ 
tuent  leurs  mouvements  de  progression.  Les 
Rectigrades  se  subdivisent  encore  1°  en 
Tubit'eles  ou  Tapissières ,  ayant  des  filières 
cylindriques;  elles  comprennent  les  sous-g. 
Clotho,  Walck.  ( Uroctea ,  Duf.)  ;  Drassus , 
Walck.  ;  Segestria  ,  Lat.  ;  Clubiona ,  Lat.  ; 
Aranea  (proprement  dit),  et  Argyroneta ; 
2°  en  Inéquitèles  ou  Araignées  filan- 
dières ,  pourvues  de  filières  coniques ,  et 
comprenant  les  sous-genres  Scytodes ,  Lat.  ; 
Theridion  ,  Walck.;  Episinus  ,  Walck.; 
3°  en  Orbiteles  ou  Araignées  tendeuses  , 
ayant  des  filières  presque  coniques  et  dis¬ 
posées  en  rosette;  celles-ci  renferment  les 
s.-g.  Linyphia ,  Lat.;  Uloborus ,  Lat.;  Te - 
tragnatha ,  Lat. ,  et  Epeira ,  Walck.  Les 
Araignées  latèrigrades ,  ayant  la  facul¬ 
té  de  marcher  dans  tous  les  sens,  de  côté, 
à  reculons,  en  avant,  se  composent  des  sous- 
g.  Micrommata,  Lat.  ( Sparassus ,  Walck.); 
Senelops,  Duf.;  Philodromus,  Walck.;  T/to- 
misus ,  Walck.  Viennent  ensuite  les  AraU 


T.  II. 


ARA 


ARA 


68 

gnées  vagabondes ,  qui  se  partagent  en 
Citigrades  ,  comprenant  les  sous  -  genres 
Oxyopes,  Lat.  ( Sphasus ,  Walck.);  Ctenus, 
Walck.;  Dolomedes ,  Lat.  ;  Lycosa ,  Lat.  ;  et 
Myrmecia ,  Lat.  ;  et  en  Saltigrades ,  ren¬ 
fermant  les  sous-genres  Tessarops,  Raffin.  ; 
Palpimanus ,  Duf.  ;  Eresus,  Walck.;  et 
Salticus,  Lat.  (. Attus ,  Walck.). 

M.  Walckenaër  [Hist.  nat.  des  ins .  aptè¬ 
res  )  classe  les  Araignées  d’après  le  même 
système,  mais  il  en  fait  une  application  un 
peu  différente.  En  effet,  il  divise  d’abord  sa 
tribu  des  Araignées  en  Terrestres ,  ha¬ 
bitant  sur  terre  ,  et  en  Aquatiques ,  habi¬ 
tant  au  milieu  de  l’eau  ;  il  partage  ensuite 
les  Terrestres  en  Vagabondes,  courant  pour 
chercher  leur  proie ,  en  Errantes ,  errant  à 
l’entour  de  leurs  nids  ,  et  en  Sédentaires  , 
construisant  des  toiles  pour  attraper  leur 
proie.  Les  Vagabondes  sont  ensuite  divisées 
en  Tuhicoles,  vivant  dans  des  tubes  soyeux  : 
celles-ci  renferment  les  genres  Dysdera  et 
Segestria;  en  Cellulicoles ,  se  composant 
des  g.  Uptiotes  et  Scytodes ;  en  Coureu¬ 
ses,  comprenant  les  g.  Lycosa,  Dolomedes , 
Storena,  Ctenus,  Hersilia,  Sphasus,  Dyc- 
tion ,  Dolophones ;  en  Voltigeuses,  renfer¬ 
mant  les  genres  Myrmecia,  Eresus,  Chersis, 
Attus;  et  en  Marcheuses,  se  composant  des 
genres  Arkys ,  Delena  ,  Thomisus  ,  Sele- 
nops,  Eripus,  Philodromus,  Olios,  Sparas- 
sus,  Clastes.  Puis  M.  Walckenacr  partage  les 
Araignées  errantes  en  Niditèles,  se  compo¬ 
sant  des  genres  Clubiona,  Desis ,  Drassus ; 
et  en  Filitèles,  comprenant  les  g.  Clotlio,  E- 
nyo,  Latrodectus,  Pholcus  et  Artema;  il  di¬ 
vise  ensuite  les  Sédentaires  en  Tapitèles, 
renfermant  les  genres  Tegenaria,  Lachesis, 
Agelena,  Nyssus  ;  enOrbitèles,  comprenant 
les  g.  Epeira,  Plectane,  T etragnatha,  Ulo- 
borus,  Zosis  ;  en  Napitèles,  se  composant 
du  seul  genre  Linyphia;  et  en  Rétitèles , 
comprenant  les  g.  Argus,  Episina,  Theri- 
dion. 

Viennent  enfin  les  Aquatiques,  nom¬ 
mées  encore  Nageuses  et  Aquitèles ,  et  ne 
renfermant  encore  que  le  genre  Argyro- 
neta. 

Telles  sont  les  différentes  méthodes  que 
l’on  a  employées  pour  classer  cette  grande 
famille  des  Araignées.  Le  tableau  présenté 
par  M.  Walckenaër  est  réellement  très  bien 
ordonné  et  très  facile  à  saisir ,  mais  nous 


pensons  que ,  lorsque  l’étude  des  Araignées 
sera  plus  avancée  sous  le  rapport  des  orga¬ 
nes  externes  et  internes ,  on  en  viendra  à 
prendre  en  considération  certains  caract. 
qui  jusqu’ici  ont  été  négligés.  (Bl.) 

*  ARAINIÉES.  Arainœ  (de  Ara,  un  des 
genres  de  cette  sous-famille),  ois.  —  Sous- 
famille  de  notre  famille  des  Psittacidées , 
ayant  pour  caract.  :  Bec  très  fort,  très  arqué 
dessus  et  dessous ,  à  mandibule  supérieure 
prolongée  en  une  pointe  tombante  et  dé¬ 
passant  de  beaucoup  celle  de  l’inférieure  ; 
cette  pointe  munie  en  dedans  de  petites 
stries  élevées,  transverses  et  obliques,  for¬ 
mant  des  espèces  de  chevrons  brisés  très 
rapprochés,  et,  de  plus,  d’une  petite  carè¬ 
ne  souvent  peu  saillante  et  même  obsolète  , 
où  vient  s’appliquer  l’extrémité  de  la  man¬ 
dibule  inférieure;  celle-ci  beaucoup  plus 
courte ,  aussi  haute  que  large ,  et  souvent 
beaucoup  plus  haute  que  longue;  la  supé¬ 
rieure  ayant  ses  bords  ou  simplement  si¬ 
nueux  ou  munis  d’une  forte  dent  élargie  et 
obtuse.  Tarses  courts ,  assez  aplatis ,  ro¬ 
bustes.  Doigts  externes  allongés,  plutôt 
grêles  que  gros ,  surtout  dans  les  grandes 
espèces.  Queue  longue  ou  très  longue,  très 
étagée  dès  la  base ,  longicône.  Ailes  aiguës 
ou  subaiguës,  à  rémiges  allongées. 

Cette  sous-famille,  toute  naturelle  et 
toute  géographique ,  ne  se  compose  que  des 
Perroquets  à  longue  queue  conique  du  Nou¬ 
veau-Monde.  Elle  renferme  le  genre  Ara , 
avec  ses  sous-genres  Perriche-Ara  et  Per- 
riche.  Voy.  ara.  (Lafr.) 

ARALIA,  Linn.  bot.  ph.  —  Genre 
type  de  la  famille  des  Araliacées.  Suivant 
nos.  observations,  ses  caractères  sont  :  Lim¬ 
be  calicinal  marginiforme ,  o-denté.  Disque 
annulaire ,  ou  confluent  avec  la  base  des 
styles.  Pétales  5 ,  imbriqués  en  préflorai¬ 
son.  Etamines  5;  filets  subulés  ;  anthè¬ 
res  médifixes  ,  échancrées  au  sommet ,  bi¬ 
fides  de  la  base  jusqu’au  milieu.  Ovaire  5- 
loculaire,  5-ovulé.  Styles  5,  courts,  obtus, 
soudés  par  la  base  ;  stigmates  petits,  subca- 
pitellés.  Drupe  (en  général  5-coque)  à  5 
noyaux  comprimés,  chartacés,  1-spermes. 
Graines  inadhérentes,  conformes  aux  noyaux; 
tégument  membraneux.  Périsperme  charnu, 
huileux. Embryon  minime.— Arbrisseaux,  ou 
herbes  Yivaces.  Feuilles  digitées,  ou  pen¬ 
nées,  ou  bipennées,  ou  tripennées,  ou  sub- 


ARA 


ARA 


G7 


triternées,  stipulées;  folioles  incisées  ou 
dentelées,  articulées  par  la  base,  penniner- 
vées;  pétiole  cylindrique,  articulé  et  noueux 
aux  ramifications ,  à  base  élargie  en  gaine 
amplexicaule  ou  semi-amplexicaule.  Inflo¬ 
rescences  terminales,  ou  axillaires  et  termi¬ 
nales.  Fleurs  jaunâtres  ou  blanchâtres ,  pe¬ 
tites,  disposées  soit  en  ombelle ,  soit  en  pa- 
nicule  composée  d’ombellules  ou  de  capi¬ 
tules.  Inflorescences  partielles  en  général 
accompagnées  d’une  collerette  de  bractées 
persistantes.  Pédicelles  nus ,  ou  couronnés 
d’un  calicule  cupuliforme.  Calice  turbiné , 
ou  subglobuleux,  ou  ovoïde.  Pétales  inon¬ 
guiculés,  ordinairement  réfléchis.  Anthères 
suborbiculaires,  ou  elliptiques,  ou  oblon- 
gues.  —  M.  de  Candolle  ( Prodr .,  IV*  p.  257) 
rapporte  à  ce  genre  42  espèces,  mais  il  n’en 
est  que  huit  à  dix  qu’on  y  puisse  admettre 
avec  certitude.  La  plupart  de  ces  dernières 
habitent  les  régions  extra-tropicales  de  l’an¬ 
cien  continent  ;  les  espèces  douteuses  appar¬ 
tiennent  à  la  Flore  équatoriale. 

VA.spinosa,  L.  (vulgairement  Angélique 
épineuse),  indigène  des  États-Unis,  se  cul¬ 
tive  comme  arbrisseau  d’ornement;  il  se 
fait  remarquer  par  une  tige  haute  de  huit 
à  douze  pieds,  en  général  très  simple,  héris¬ 
sée  d’aiguillons,  et  couronnée  d’une  touffe 
de  feuilles  qui  atteignent  deux  à  trois  pieds 
de  long  ;  l’inflorescence  est  également  ter¬ 
minale  ,  formant  une  panicule  large  d’un 
à  trois  pieds.  Les  feuilles  de  cet  Aralia  ont 
une  odeur  analogue  à  celle  de  la  carotte. 
L’écorce  de  sa  racine  est  un  drastique  fré¬ 
quemment  employé  par  les  médecins  anglo- 
américains.  —  V Aralia  umbraculifera  , 
Roxb.,  qui  croît  aux  Moluques ,  est  égale¬ 
ment  remarquable  par  un  port  très  pitto¬ 
resque  :  c’est  un  petit  arbre  à  tronc  très 
simple ,  couronné  d’une  touffe  de  feuilles 
longues  de  six  pieds,  et  d’une  panicule  très 
ample.  —  La  décoction  de  la  racine  de  VA. 
racemosa ,  L.  ,  plante  herbacée  ,  qu’on 
trouve  dans  les  forêts  du  Canada  et  des 
États-Unis ,  passe  pour  un  excellent  remède 
anti-rhumatismal. — Enfin,  la  racine  de  VA. 
nudicaulis,  L.  (  vulgairement  Salsepareille 
de  Virginie  ),  espèce  indigène  des  mêmes 
contrées  que  l’A.  racemosa,  participe,  sui¬ 
vant  le  docteur  Barton,  aux  propriétés  mé¬ 
dicales  de  la  Salsepareille.  (Sp.) 

,4RALÏ  AGEES.  bot.  ph.  —  Famille 


de  plantes  dicotylédones,  polypétales,  épigy- 
nés  ,  dont  les  caractères  sont  les  suivants  : 
Calice  soudé  avec  l’ovaire,  entier,  ou  à  dents 
égales  en  nombre  aux  pétales  et  alternes 
avec  eux.  Pétales  5-10,  à  préfloraison  val- 
vaire ,  caducs  ,  et  manquant  dans  un  petit 
nombre  de  genres.  Étamines  insérées  avec 
les  pétales  sur  le  pourtour  d’un  disque  qui 
surmonte  PoYaire  ,  égales  en  nombre  et  al¬ 
ternes  avec  eux  ,  plus  rarement  doubles  ;  à 
filets  courts  et  subulés  ;  à  anthères  inlror- 
ses ,  biloculaires.  Ovaire  à  loges  contenant 
chacune  un  ovule  pendant  et  anatrope  (  lo¬ 
ges  dont  le  nombre,  quelquefois  binaire, 
est  ordinairement  plus  grand  ,  et  peut  s’é¬ 
lever  jusqu’à  15)  ,  couronné  d’un  disque 
glanduleux  ,  du  centre  duquel  s’élèvent  au¬ 
tant  de  stigmates  séssiles  qu’il  y  a  de  loges, 
ou  autant  de  styles  courts ,  terminés  chacun 
par  un  stigmate  simple  ,  ou ,  plus  rarement, 
un  seul  style  résultant  de  la  soudure  de 
plusieurs.  Dans  le  fruit ,  le  sarcocarpe  est 
charnu  ou  sec  ,  et,  sous  lui ,  l’endocarpe , 
chartacé  ou  membraneux ,  se  sépare  en  au¬ 
tant  de  noyaux  monospermes.  Graines  à 
test  crustacé ,  contenant  au  sommet  d’un 
gros  périsperme  charnu  un  petit  embryon 
droit ,  à  radicule  supère  plus  longue  que 
les  cotylédons.  Les  Araliacées  sont  des  ar¬ 
bres  ou  arbrisseaux  souvent  grimpants,  ou, 
plus  rarement ,  des  herbes  originaires  des 
régions  tempérées  et  surtout  tropicales-;  à 
feuilles  ordinairement  alternes  ,  simples  ou 
composées ,  portées  le  plus  souvent  sur  de 
longs  pétioles  dilatés  à  leur  base ,  dépour¬ 
vues  de  stipules  ;  à  fleurs  régulières ,  her¬ 
maphrodites  ou  plus  rarement  polygames, 
disposées  en  ombelles  ou  en  têtes  qui  se 
groupent  en  grappes  ou  en  panicules  ,  nues 
ou  accompagnées  d’un  involucelle ,  axillaires 
ou  terminales. 

Genres.  *  Fleurs  pétalées  : 

Panax,  L.  (  Araliastrum,  Yaill.  ;  Plec - 
tronia,  Lour.  ;  Aureliana  ,  Catesb.  ).  — - 
Cussonia,  Thunb.  —  Maralia ,  P.  Th.  — 
Gilibertia ,  Ruiz  Pav. ,  non  Gmel.  (  W an¬ 
ge  nheimia  ,  Dietr.  ;  Ginnania  ,  Dietr.). — 
Gastonia,  Juss.  —  Polyscia ,  Forst.  —  To~ 
ricellia,  DC. —  Aralia,  L.  (  Schefflera , 
Forst .)—Sciodaphyllum,  P.  Brown.  (  Acti- 
nophyllum,  Ruiz  Pav.  ). —  Hcdera,  L.— 
Paratropia,  DC.  ( Heplapleurum ,  Gærtn.), 
-  Artrophyllum  ,  Blume, 


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ARA 


ARA 


Fleurs  apétalées  : 

Botryodcndron ,  Endl.  —  Miquelia , 
Meisn. 

A  ces  genres,  la  plupart  des  auteurs  ajou¬ 
tent  VAdoxa ,  L. ,  dont  la  place  dans  la  sé¬ 
rie  'naturelle  peut  cependant  donner  lieu 
encore  à  quelques  doutes ,  et  dont  la  fleur 
singulière  a  donné  lieu  à  des  interprétations 
diverses.  C’est  avec  plus  d’incertitude  enco¬ 
re  qu’on  rapproche  des  Araliacées  le  Tou- 
roulia,  Aubl.  ( Robinsonia ,  Schreb.). 

(Ad.  J.) 

ARALIÉES.  bot.  m.  —  Voyez  ara¬ 
liacées. 

ARAMACA.  roiss.  —  Marcgraye  a 
donné  sous  ce  nom  un  pleuronecte  des  cô¬ 
tes  du  Brésil.  ^  (Val.) 

*  AR AMINÉES.  Âraminœ  (  Aramus  , 
nom  latin  d’un  des  g.  de  cette  s.-famille  ). 
ois.  —  Sous- famille  de  notre  famille  Ardèi- 
dées.  Ses  caract.  sont  :  Bec  plus  long  que  la 
tète ,  grêle ,  comprimé  ,  droit ,  presque  cy- 
lindracé  ;  à  carène  aplatie  en  dessus ,  se 
renflant  en  dessous ,  à  quelque  distance  de 
sa  pointe ,  qui  est  légèrement  arquée  en 
dessus.  Narines  non  membraneuses ,  situées 
vers  la  base  du  bec ,  dans  un  sillon  latéral , 
profond  et  prolongé.  Jambes  à  moitié  dé¬ 
nudées  ,  fort  longues,  ainsi  que  les  tarses  et 
les  doigts  ;  ceux-ci  sans  membrane  interdi¬ 
gitale  à  leur  base  dans  l’un  des  deux  gen¬ 
res  qui  composent  cette  sous  -  famille ,  en 
étant  munis  dans  l’autre.  Pouce  posant  sur 
le  sol  ;  ongles  médiocres ,  légèrement  ar¬ 
qués  ;  celui  du  pouce  le  plus  court. 

Les  deux  genres  américains  ,  le  Courliri 
et  le  Caurale ,  qui  forment  à  eux  seuls  cet¬ 
te  sous-famille ,  ne  nous  ayant  pas  paru 
susceptibles  de  figurer  naturellement  dans 
les  Grues,  à  la  fin  desquelles  Cuvier  les  pla¬ 
çait,  ni  dans  les  Hérons  ou  les  Cigognes, 
d’après  la  forme  grêle  et  cylindracée  de 
leur  bec,  l’absence  delà  membrane  interdi- 
gitale  du  Courlan  ,  la  brièveté  de  l’ongle  de 
leur  pouce  ,  la  non-denticulation  de  celui  de 
leur  doigt  médian  ,  et  aussi  d’après  la  dif¬ 
férence  de  mœurs  et  de  nourriture  de  ce 
dernier,  selon  Azara ,  qui  l’a  observé  au 
Paraguay ,  nous  avons  pensé  qu’au  lieu  de 
les  intercaler  dans  l’une  de  ces  sous-famil¬ 
les  ,  où  ils  n’auraient  figuré  que  comme 
genres  exceptionnels ,  il  serait  plus  naturel, 
et  même  plus  méthodique  ,  d’en  former 


une  petite  sous-famille  américaine,  faisant 
partie  toutefois  de  notre  famille  Ardéidée , 
et  voisine  de  notre  sous-famille  Ibisinée. 
Nous  les  aurions  même  placés  dans  celle- 
ci  ,  dont  ils  ont  à  peu  près  le  bec ,  sauf  la 
courbure  ,  s’ils  n’en  eussent  pas  autant  dif¬ 
féré  par  les  pattes.  Ce  sont  évidemment  des 
genres  de  transition  des  Ardéidées  aux  Bal¬ 
adées.  Voy.  les  genres  courliri  et  cau¬ 
rale.  (Lafr.) 

ARAMUS.  ois.  —  C’est  le  nom  latin 
donné  par  Vieillot  au  g.  Courliri  (  VArdea 
scolopacea  de  Linné  ).  Voy.  courliri. 

(Lafr.  ) 

ARANEA  (àpàyytï ,  araignée),  aracii. 
—  Syn.  latin  d’ARAiGNÉE.  Voyez  ce  mot. 

(C.  D’O.) 

ARANEIDES.  ( Aranea ,  araignée.) 
arach.  — M.  Walckenaër  a  le  premier  em¬ 
ployé  cette  dénomination  pour  le  grand  genre 
Araignée  de  Linné,  qui  maintenant  forme  un 
ordre  de  la  classe  des  Arachnides.  Ces  Aranéi- 
des  nous  offrent  des  mandibules  mobiles  de 
haut  en  bas,  et  terminées  par  un  seul  crochet 
mobile  ,  très  acéré,  courbé  inférieurement, 
et  muni  vers  son  extrémité  d’une  ouverture 
pour  la  sortie  du  venin  ;  des  palpes  pédifor- 
mes  ,  terminés  dans  les  femelles  par  un  pe¬ 
tit  crochet,  et  ayant  dans  les  mâles  leur  der¬ 
nier  article  fortement  renflé ,  et  renfermant 
quelques  petites  pièces  cornées,  servant  au 
moins  d’organes  excitateurs  dans  l’acte  de  la 
copulation  ;  une  lèvre  inférieure  appliquée 
entre  les  mâchoires ,  et  une  seconde  lèvre 
formée  par  un  prolongement  du  sternum. 
Le  céphalothorax  des  Aranéides  présente 
ordinairement  une  impression  en  forme 
de  Y ,  semblant  indiquer  le  point  de  réu¬ 
nion  de  la  tête  et  du  thorax;  il  offre  en 
avant  six  et  plus  souvent  huit  yeux  ,  grou¬ 
pés  de  différentes  manières ,  selon  les  gen¬ 
res.  Les  pattes  sont  toutes  de  même  forme , 
mais  elles  varient  souvent  par  la  taille  ;  le 
dernier  article  de  leurs  tarses  est  terminé 
par  deux  crochets  dentelés ,  et  quelquefois 
aussi  par  un  troisième  plus  petit  et  sans 
dentelures. 

Les  yeux  des  Aranéides  sont  ramassés  et 
rapprochés  en  un  seul  groupe  sur  la  partie 
médiane  antérieure  du  céphalothorax,  dans 
la  plupart  des  Téraphoses  (  lre  famille  de 
l’ordre  des  Aranéides  ) ,  écartés  et  dissémi- 
|  nés  sur  le  devant  $t  sur  les  côtés  dans  tou- 


ARA 


ARA 


69 


tes  les  autres  Araignées  (  2e  famille  de  l’or¬ 
dre);  ces  yeux  sont  presque  toujours  au 
nombre  de  huit.  M.  Walckenaër  signale  seu¬ 
lement  cinq  genres  où  ce  nombre  n’est  que 
de  six. 

Les  mandibules ,  qui  ont  encore  reçu  les 
dénominations  de  forcipules  ,  de  chélic'e- 
res ,  antennes  -  pinces  ,  serres,  sont  tou¬ 
jours  placées  au  dessous  du  bord  antérieur 
du  céphalothorax  ,  et  composées  de  deux 
pièces,  la  tige  et  l’onglet  ;  la  tige  ,  qui  est 
considérablement  plus  grosse  que  l’onglet , 
est  aplanie  à  sa  face  interne ,  de  forme  plus 
ou  moins  cylindrique  ou  en  cône  tronqué. 
Souvent  ces  mandibules  présentent,  à  leur 
extrémité  et  vers  leur  côté  interne,  une  rai¬ 
nure  garnie  d’épines  aiguës,  dans  laquelle 
s’insère  le  crochet  ou  onglet  ;  ce  crochet , 
arqué,  extrêmement  dur  et  pointu ,  offre, 
près  de  la  pointe,  un  petit  trou  pour  le  pas¬ 
sage  du  venin  avec  lequel  l’Araignée  donne 
la  mort  aux  insectes. 

Les  mandibules  des  Aranéides  sont  gé¬ 
néralement  couvertes  de  poils  très  courts 
et  serrés  ;  et,  dans  quelques  unes,  on  en  re¬ 
marque  de  beaucoup  plus  longs  vers  la  par¬ 
tie  supérieure.  Dans  la  famille  des  Téra- 
phoses ,  les  mandibules  sont  arquées  hori  ¬ 
zontalement,  très  comprimées  latéralement, 
avec  leur  dos  arqué  ;  dans  la  famille  des 
Araignées,  au  contraire ,  elles  sont  articulées 
sur  un  plan  incliné,  et  peuvent  se  mouvoir 
latéralement  ;  elles  sont  cylindrico-coni- 
ques ,  diminuant  de  grosseur  de  la  base  à 
l’extrémité.  Dans  quelques  mâles  seule¬ 
ment  (: Tétragnathes  ),  elles  sont  fort  allon¬ 
gées  et  renflées  au  milieu  ;  mais  presque 
toujours  les  mandibules  des  mâles  sont  un 
peu  plus  longues  que  celles  des  femelles. 

Les  mâchoires  et  la  lèvre  sternale  sont , 
dans  toutes  les  Aranéides,  dirigées,  en  avant, 
c’est-à-dire  dans  le  sens  de  la  longueur  du 
corps.  Ces  mâchoires,  offrant  de  grandes  va¬ 
riétés  de  formes ,  nous  fournissent  de  bons 
caract.  pour  la  distinction  des  genres  ;  elles 
sont  ou  arrondies  ou  tronquées  oblique¬ 
ment  à  l’extrémité,  ou  terminées  en  pointe. 
(Nous  renvoyons,  pour  la  forme  particulière 
qu’affectent  les  mâchoires  des  Aranéides, 
aux  divers  genres  ,  dont  elles  fournissent  un 
des  principaux  caractères.)  Les  palpes,  insé¬ 
rés  au  côté  externe  des  mâchoires ,  ont  la 
forme  de  petites  pattes  ;  ils  sont  composés 


de  cinq  articles  terminés  en  massue  ova¬ 
laire  dans  les  mâles ,  et  par  un  crochet  dans 
les  femelles.  M.  Savigny  a  appliqué  des  dé¬ 
nominations  à  chacun  de  ces  articles  :  ainsi, 
le  premier  est  l 'axillaire ,  le  second  V hu¬ 
méral,  le  troisième  le  cubital ,  le  quatrième 
le  radial,  et  le  dernier  le  digital  ;  mais  nous 
devons  dire  qu’il  serait  très  facile  d’assimi¬ 
ler  ces  articles  à  ceux  des  pattes. 

La  lèvre  sternale  représente  souvent  un 
parallélogramme  plus  ou  moins  allongé  ; 
quelquefois  elle  est  allongée  ou  ovalaire,  ou 
même  triangulaire. 

La  languette ,  nommée  aussi  épichèle , 
située  au  dessous  des  mandibules  et  entre 
les  mâchoires,  est  semi-cartilagineuse,  et 
velue  latéralement  et  à  l’extrémité;  elle  pré¬ 
sente  dans  son  milieu  une  petite  fente  que 
plusieurs  naturalistes  regardent  comme  l’ou¬ 
verture  buccale  ;  mais  d’autres  pensent  que 
cette  ouverture  existe  au  dessous  de  la  lan¬ 
guette  ;  cette  languette  varie  beaucoup  par 
la  forme  :  elle  est  souvent  échancrée  ,  quel¬ 
quefois  pointue  ou  carrée. 

Telles  sont  les  pièces  qui  entrent  dans 
la  composition  de  la  bouche  des  Aranéides. 

Dans  notre  article  arachnides,  nous 
avons  exposé  la  structure  des  pattes,  le 
rapport  de  leurs  articles  avec  ceux  des  pat¬ 
tes  des  insectes,  etc.  ;  nous  n’y  reviendrons 
donc  pas  ici. 

L’abdomen  est  mobile  ,  ordinairement 
mou ,  souvent  fort  gros  par  rapport  à  la  par¬ 
tie  antérieure  du  corps  ;  il  est  fixé  au  thorax 
par  un  pédicule  court  et  extrêmement  min¬ 
ce;  et,  en  dessous,  il  présente  à  sa  base  une 
ouverture  médiane  qui  est  l’orifice  des  or¬ 
ganes  de  la  génération,  deux  ou  quatre  stig¬ 
mates  pour  l’intromission  de  l’air,  et  de 
plus,  Yers  l’extrémité,  quatre  mamelons  ar¬ 
ticulés  ,  cylindriques  ou  coniques  ,  perforés 
au  bout  par  une  multitude  de  petits  trous 
donnant  passage  aux  fils  soyeux ,  dont  la 
matière  est  fournie  par  les  réservoirs  inté¬ 
rieurs. 

L’anatomie  des  Aranéides  étant  encore 
très  peu  riche  en  faits,  et  ayant  eu  d’ail¬ 
leurs  l’occasion  d’en  donner  l’exposé  à  l’ar¬ 
ticle  arachnides,  nous  y  renvoyons  le 
lecteur.  Nous  nous  contentons  d’ajouter 
seulement  pour  les  Aranéides  quelques  dé¬ 
tails  sur  les  sécrétions  et  sur  les  organes  de 
la  respiration. 


70 


ARA 


ARA 


Les  sécrétions,  chez  les  Aranéides,  sont  de 
deux,  sortes  :  l’une,  dont  le  siège  se  trouve  à 
la  partie  antérieure  du  corps,  consiste  dans 
la  sécrétion  du  venin.  Ce  venin  est  contenu 
dans  une  vésicule  située  à  la  base  des  man¬ 
dibules,  qui  communique,  par  un  conduit  ex¬ 
créteur  renfermé  dans  l’intérieur  de  la  man¬ 
dibule,  à  l’extrémité  de  son  crochet,  auquel 
est  pratiquée  une  ouverture  pour  son  émis¬ 
sion. 

Lorsque  l’Araignée  atteint  un  insecte,  elle 
le  perce  avec  le  crochet  de  ses  mandibules. 
La  pression  qui  a  lieu  détermine  l’éjacu¬ 
lation  du  venin  dans  la  plaie,  et  cause 
promptement  la  mort  de  l’insecte  blessé. 

On  a  prétendu ,  et  l’on  prétend  encore 
dans  certaines  localités ,  et  principalement 
en  Italie  ,  en  Espagne  et  dans  le  midi  de  la 
France,  que  le  venin  de  certaines  espèces 
d’Araignées  peut  être  funeste  à  l’homme,  et 
même ,  en  certains  cas,  lui  causer  la  mort; 
mais  il  est  à  peu  près  certain  qu’il  n’en  est 
rien ,  car  M.  Walckenaër,  qui  s’est  fait  pi¬ 
quer  par  différentes  espèces,  nous  assure 
n’en  avoir  éprouvé  aucun  mal ,  et  nous  en 
avons  fait  autant ,  sans  en  avoir  éprouvé 
d’effets  fâcheux.  En  Italie  et  en  Corse, 
on  rencontre  une  espèce  du  genre  Théri- 
dion,  le  Theridion  rnarmignalto  (  Theri - 
dion  lo-guttatum ),  dont  on  redoute  beau¬ 
coup  la  morsure,  quoique  ce  Théridion  soit 
fort  petit;  mais  il  paraît  que  les  couleurs 
noire  et  rouge  dont  cette  espèce  est  ornée 
l’ont  fait  regarder  comme  diabolique. 

Personne  n’ignore  toutes  les  fables  racon¬ 
tées  et  si  complaisamment  reproduites  par 
tant  d’auteurs  sur  la  Tarentule.  D’après  tous 
ces  récits,  les  personnes  atteintes  d’üne  pi¬ 
qûre  de  Tarentule  éprouveraient  une  exci¬ 
tation  nerveuse  des  plus  violentes ,  et  jus¬ 
qu’à  présent  on  n’aurait  trouvé  d’autre  re¬ 
mède  que  la  musique  pour  guérir  les  ta- 
rentolati  (  c’est  ainsi  que  l’on  nomme  les 
personnes  piquées  par  la  Tarentule);  on 
aurait  été  jusqu’à  indiquer  les  différents  tons 
regardés  comme  les  plus  propres  à  guérir 
le  malade.  Peut-être  est -il  réel,  quoique 
nous  en  doutions  beaucoup,  que  la  piqûre 
de  la  Tarentule  occasionne  une  excitation 
nerveuse  ;  mais  il  est  plus  certain  qu’en  Ita¬ 
lie  on  rencontre  des  charlatans  qui ,  abu¬ 
sant  de  la  bonne  foi  publique ,  donnent  en 
spectacle  des  personnes  soi-disant  piquées 


par  la  Tarentule ,  et  réunissent  un  plus  ou 
moins  grand  nombre  de  musiciens  qui  exé¬ 
cutent  des  symphonies,  pendant  lesquelles 
le  malade  se  livre  à  des  danses  et  à  de  grands 
mouvements  qui,  dit-on,  doivent  prompte* 
ment  le  guérir. 

La  sécrétion  produite  à  la  partie  posté¬ 
rieure  du  corps  consiste  dans  l’émission  des 
fils  soyeux.  Elle  a  lieu  au  moyen  d’organes 
intérieurs  situés  à  la  partie  postérieure  de 
l’abdomen,  et  composés  de  vaisseaux  allon¬ 
gés,  contournés  et  renflés  dans  leur  milieu; 
près  des  filières  extérieures,  on  remarque  en¬ 
core  d’autres  vaisseaux  beaucoup  plus  petits , 
contenant  dans  leur  intérieur  une  matière 
qui  paraît  différer  de  celle  contenue  dans. les 
grands  vaisseaux.  Ces  vaisseaux  ne  sont  pas 
identiques  dans  toutes  les  Aranéides  :  en 
effet,  ils  varient  par  le  nombre,  par  l’absen¬ 
ce  ou  la  présence  de  ramifications,  et  par 
la  plus  ou  moins  grande  quantité  qu’ils  en 
présentent.  La  matière  renfermée  dans  ces 
vaisseaux  ressemble  à  une  gomme  visqueu¬ 
se  ,  insoluble  dans  l’eau  et  dans  l’alcool , 
se  cassant  comme  du  verre ,  et  n’offrant  de 
souplesse  que  lorsqu’elle  est  divisée  en  fils 
fort  minces;  l’émission  de  cette  matière, 
comme  nous  l’avons  annoncé  plus  haut ,  s’ef¬ 
fectue  au  moyen  de  quatre  filières  situées 
vers  l’extrémité  de  l’abdomen ,  et  fermées 
par  une  petite  plaque  perforée  d’une  infini¬ 
té  de  petits  trous ,  évalués  à  plus  de  mille 
pour  certaines  espèces.  La  matière  soyeu¬ 
se  ,  venant  à  s’écouler  par  ces  ouvertures 
imperceptibles,  forme  une  quantité  de  fils 
d’une  ténuité  incommensurable)  en  nom¬ 
bre  égal  à  celui  des  trous,  et  qui,  se  réunis¬ 
sant  tous  ensemble  à  leur  sortie ,  forment 
les  fils  destinés  à  construire  les  toiles  ;  l’A¬ 
raignée  les  dévide  par  le  seul  poids  de  son 
corps  ou  à  l’aide  de  ses  pattes. 

Les  fils  sécrétés  par  ces  Aranéides  sont 
de  différente  nature  :  car ,  dans  les  Orbitè- 
les ,  les  fils  disposés  en  cercle  sont  agglu¬ 
tinants,  les  fils  disposés  en  rayons  ne  le  sont 
pas  ;  et  le  sac  destiné  à  contenir  les  œufs  est 
d’une  toute  autre  texture ,  et  quelquefois  il 
est  encore  recouvert  d’une  bourre  de  soie. 
D’après  ces  observations ,  il  est  bien  éta¬ 
bli  que  les  Araignées  ont  des  réservoirs 
pour  différentes  sortes  de  matière  soyeuse  ; 
mais  jusqu’à  présent  on  ignore  quels  sont 
les  vaisseaux  propres  à  sécréter  tels  fils 


ARA 


ARA 


plutôt  que  tels  autres.  Au  moment  où  les 
fils  viennent  de  sortir  des  mamelons,  ils  sont 
gluants,  et  ce  n’est  qu’au  bout  de  quelques 
instants  que  la  dessiccation  a  lieu ,  quand 
l’évaporation  de  l’humidité  s’est  effectuée  ; 
mais ,  lorsque  la  température  est  élevée,  il 
su  Ait  d’un  moment,  car  ces  Araignées 
s’en  servent  dès  qu’ils  sont  sortis  de  leurs 
filières. 

Tout  le  monde  a  observé,  dans  les  beaux 
jours  du  printemps  et  de  l’automne  ,  après 
un  temps  brumeux,  des  flocons  blancs  soyeux 
voltigeant  dans  l’air  ,  et  désignés  vulgaire¬ 
ment  sous  le  nom  de  fils  de  la  Vierge .  On 
ne  doute  plus  aujourd’hui  que  ces  fils  ne 
soient  formés  par  des  Araignées,  et  princi¬ 
palement  par  des  espèces  appartenant  aux 
genres  Epeire  et  Thomise;  maison  avait  cru 
long- temps  qu’ils  se  formaient  dans  l’at¬ 
mosphère.  L’analyse  chimique  a  parfaite¬ 
ment  démontré  qu’ils  avaient  complètement 
la  nature  des  autres  fils  d’Araignées  ;  et , 
de  plus  ,  l’observation  attentive  faite  en  des 
endroits  où  des  Araignées  se  trouvaient  en 
plus  ou  moins  grand  nombre  ne  laisse  plus 
maintenant  aucun  doute.  Ce  sont  surtout  les 
plus  grands  fils,  ceux  devant  servir  à  consti¬ 
tuer  les  rayons  de  la  toile,  qui,  affaissés  par 
l’humidité ,  se  rapprochent  et  finissent  par 
se  rouler  en  peloton.  On  doit  en  attribuer 
aussi  à  de  très  jeunes  Araignées  qui,  n’ayant 
pas  encore  assez  de  soie  pour  construire 
des  toiles ,  jettent  seulement  quelques  fils. 

Quelques  personnes  ont  cherché  à  utili¬ 
ser  la  soie  des  Araignées  ;  mais,  comme  cette 
industrie  n’était  pas  susceptible  d’une  ap¬ 
plication  en  grand ,  les  essais  produits  n’ont 
fourni  aucun  résultat  important.  On  a  fa¬ 
briqué  avec  cette  soie  des  bas  et  des  gants  ; 
on  rapporte  aussi  que  Louis  XIV  voulut  en 
avoir  un  habit;  mais  le  peu  de  solidité 
qu’offrait  l’étoffe  dont  il  était  confectionné 
l’en  dégoûta  bientôt.  M.  Alcide  d’Orbigny , 
bien  connu  par  ses  longs  voyages  dans  l’A¬ 
mérique  méridionale ,  et  par  ses  travaux 
zoologiques ,  a  rapporté  au  Muséum  d'his¬ 
toire  naturelle  un  échantillon  de  la  soie 
d’une  Araignée,  dont  il  m’a  assuré  avoir  re¬ 
cueilli  en  Amérique  une  très  grande  quan¬ 
tité,  qui  lui  avait  servi  à  se  faire  confection¬ 
ner  un  pantalon  qu’il  a  long-temps  porté. 

Nous  avons  dit  que  les  Aranéides  respi¬ 
raient  au  moven  d’ouvertures  situées  à  la  | 


71 

base  de  l’abdomen  ;  que  ces  ouvertures 
étaient  au  nombre  de  deux  ou  de  quatre  :  or, 
comme  rtous  l’avons  déjà  exposé  dans  notre 
article  arachnides  ,  ces  ouvertures  com¬ 
muniquent  à  des  sacs  pulmonaires  formés  par 
la  superposition  de  feuillets  triangulaires 
extrêmement  minces ,  qui  tous  convergent 
à  l’orifice  des  stigmates.  Les  deux  ouvertu¬ 
res  postérieures,  chez  les  Aranéides ,  qui 
en  présentent  quatre ,  communiqueraient, 
comme  Dugès  l’a  si  bien  démontré  par  la 
belle  anatomie  qu’il  a  figurée  dans  la  nou¬ 
velle  édition  du  Régné  animal  de  Cuvier, 
à  des  vaisseaux  trachéens.  Le  même  savant 
a  le  premier  observé  que  les  Aranéides  pré¬ 
sentaient  ,  au  point  de  soudure  du  sternum 
avec  l’épisternum ,  une  élévation  formée 
par  l’épiderme,  et  entourée  d’un  sillon  car¬ 
ré  ;  que ,  dans  l’angle  postérieur  de  ce  car¬ 
ré  ,  on  apercevait  des  ouvertures  stigma- 
tiques ,  et  que  ces  ouvertures  communi¬ 
quaient  à  des  vaisseaux  trachéens.  Ainsi  les 
Aranéides  seraient  pourvues  de  deux  systè¬ 
mes  d’organes  de  respiration  :  elles  respi¬ 
reraient  par  leur  thorax  au  moyen  de  tra¬ 
chées  analogues  à  celles  des  insectes,  et  par 
leur  abdomen  au  moyen  de  sortes  de  pou¬ 
mons  propres  seulement  aux  Arachnides 
pulmonaires;  de  plus ,  ceux  de  ces  ani¬ 
maux  présentant  quatre  ouvertures  respira¬ 
toires  à  leur  abdomen  en  auraient  deux  con¬ 
sacrées  à  la  respiration  trachéenne,  et  deux 
à  la  respiration  pulmonaire.  Tels  sont  les 
faits  découverts  assez  récemment  sur  le 
mode  respiratoire  de  l’ordre  des  Aranéides. 

Maintenant  que  nous  avons  présenté  les 
détails  spécialement  relatifs  à  l’organisation 
des  Aranéides ,  nous  allons  exposer  d’une 
manière  générale  leurs  habitudes  et  leurs 
mœurs ,  renvoyant ,  pour  les  faits  particu¬ 
liers  ,  à  chacun  des  genres  de  l’ordre. 

Pendant  long-temps  on  est  resté  en  grande 
dissidence  sur  le  siège  des  organes  de  la  gé¬ 
nération  chez  les  Aranéides,  et,  de  là ,  on 
s’est  mépris  sur  la  manière  dont  s’opérait 
l’accouplement.  Aidé  de  l’anatomie  ,  Trévi- 
ranus  avait  parfaitement  reconnu  la  place 
qu’occupent  les  organes  générateurs  des 
Araignées  mâles ,  et  très  bien  démontré 
que  leur  orifice  devait  être  situé  à  la  ba¬ 
se  de  l’abdomen ,  comme  chez  les  femelles  ; 
mais  tous  les  autres  naturalistes  jusqu’à  lui, 
|  et  plusieurs  même  de  nos  jours ,  ont  pris , 


72 


ARA 


ARA 


pour  l’organe  reproducteur  mâle  ,  les  peti¬ 
tes  pièces  cornées  situées  à  l’extrémité  du 
dernier  article  des  palpes.  Cependant  il  est 
bien  certain  aujourd’hui,  pour  la  plupart  des 
naturalistes,  que  cet  organe  situé  à  l’extré¬ 
mité  des  palpes  n’est  qu’un  organe  excita¬ 
teur,  et  que  l’orifice  des  organes  mâles  se 
trouve  à  la  base  de  l’abdomen ,  comme  l’a¬ 
vait  si  judicieusement  pensé  Tréviranus. 

Les  Araignées  mâles  sont  généralement 
plus  petites  que  les  femelles ,  et  ces  derniè¬ 
res  ,  paraissant  souvent  peu  disposées  à  re¬ 
cevoir  leur  approche,  les  tuent  et  môme 
les  dévorent  quelquefois  :  aussi  les  mâles 
prennent-ils  toutes  les  précautions  imagina¬ 
bles  pour  atteindre  leur  but  sans  être  victi¬ 
mes  de  la  fureur  des  femelles.  Chez  les  Arai¬ 
gnées  sédentaires,  le  mâle  Ya  trouver  la  fe¬ 
melle  sur  sa  toile,  en  ayant  soin  de  ne  ja¬ 
mais  se  présenter  devant  elle  ;  mais  il  la 
guette  par  derrière ,  épiant  avec  la  plus 
grande  attention  le  moment  favorable.  Si  la 
femelle  fait  un  mouvement,  il  recule,  se 
rapproche  ensuite ,  et  si  la  femelle  ne  l’a 
pas  poursuivi,  il  finit  par  s’élancer  sur  elle; 
alors ,  avec  ses  palpes ,  il  la  caresse,  il  la  ti¬ 
tille,  il  l’excite  en  les  passant  sous  son  abdo¬ 
men  ;  mais  tout  cela  n’est  évidemment  qu’un 
prélude.  La  femelle  finit  par  céder  aux  dé¬ 
sirs  amoureux  du  mâle  :  elle  se  laisse  ren¬ 
verser  un  peu  de  côté  ,  et  alors  l’accouple¬ 
ment  a  lieu  ventre  à  ventre.  Dès  que  l’acte 
est  terminé  ,  le  mâle  fuit  aussitôt,  car  alors 
il  serait ,  de  nouveau  ,  exposé  à  être  dévoré 
par  la  femelle. 

Dans  les  espèces  qui  ne  construisent  pas 
de  toiles ,  les  mâles  ne  sont  pas  obligés  à 
moins  de  précautions;  l’accouplement  seule¬ 
ment  se  fait  à  terre.  Pour  l’Araignée  aqua¬ 
tique,  comme  nous  le  verrons  à  l’article 
Argyronète,  le  mâle  est  encore  contraint  à 
employer  de  plus  grands  stratagèmes.  Cel¬ 
le-ci  se  tenant  renfermée  dans  une  cloche 
qui  n’a  qu’une  ouverture  inférieure  par  où 
jamais  elle  ne  laisserait  entrer  le  mâle , 
celui-ci  n’a  d’autre  ressource  que  de  con¬ 
struire  une  cloche  près  de  celle  de  la  fe¬ 
melle;  il  fait  ensuite  une  galerie  communi¬ 
quant  d’une  cloche  à  l’autre  ;  il  perce  alors 
celle  de  la  femelle  pour  s’élancer  sur  elle, 
et  la  forcer  à  se  soumettre  à  ses  désirs. 

Les  Araignées  prennent  le  plus  grand  soin 
de  leur  progéniture;  les  femelles  forment! 


avec  une  soie  des  plus  fines  et  des  plus 
douces  une  sorte  de  petite  coque  dans  la¬ 
quelle  elles  placent  leurs  œufs.  Les  Arai¬ 
gnées  sédentaires  fixent  leur  cocon  dans  une 
encoignure  de  muraille ,  dans  quelque  cavi¬ 
té,  et  toujours  contre  leur  toile.  Les  espè¬ 
ces  errantes,  ne  construisant  pas  de  toiles, 
placent  leur  cocon  dans  leur  retraite.  Cer¬ 
taines  espèces,  telles  que  les  Thomises ,  res¬ 
tent  toujours  sur  leur  cocon,  et  semblent  le 
couver  ;  d’autres  enfin,  appartenant  à  la  di¬ 
vision  des  Coureuses,  le  portent  avec  elles, 
attaché  à  leur  abdomen,  et  ne  s’en  séparent 
jamais  tant  que  les  petits  ne  sont  pas  éclos. 
Si  l’on  vient  à  détacher  ce  cocon  du  ventre 
de  la  femelle,  elle  s’arrête  aussitôt,  et  cher¬ 
che  à  ressaisir  son  fardeau;  l’en  empêche-t-on, 
elle  tourne  aux  alentours ,  emploie  tous  les 
moyens  de  reprendre  ce  qui  lui  a  échappé, 
et  ne  se  décide  jamais  à  abandonner  le  ter¬ 
rain  qu’elle  ne  soit  parvenue  à  recou¬ 
vrer  le  berceau  de  sa  progéniture  ;  à 
peine  a-t-elle  pu  s’en  saisir,  qu’elle  l’at¬ 
tache  de  nouveau  à  son  abdomen ,  et  fuit 
en  toute  hâte.  Quand  elle  appréhende  une 
attaque  nouvelle ,  elle  emporte  même  son 
cocon  entre  ses  pattes ,  et  ne  l’attache  que 
lorsqu’elle  se  croit  hors  de  danger. 

Les  cocons  des  Araignées  offrent  entre 
eux  quelques  différences  :  généralement, 
ils  sont  parfaitement  arrondis;  plusieurs 
sont  ovalaires ,  d’autres  sont  plus  ou  moins 
comprimés. 

Le  développement  des  œufs  des  Araignées 
a  été  l’objet  d’observations  très  intéressan¬ 
tes  de  la  part  de  M.  Moritz-Hérold.  La  trans¬ 
parence  de  certains  œufs  lui  a  permis  d’é¬ 
tudier  toutes  les  phases  du  développement 
de  l’Araignée  dans  son  premier  état.  Nous 
allons  exposer  succinctement,  d’après  les 
observations  de  cet  auteur ,  les  faits  prin¬ 
cipaux  qui  se  rattachent  à  ce  premier  âge 
dans  les  Aranéides. 

Les  œufs  des  Araignées  sont  générale¬ 
ment  globuleux  ou  ovalaires,  et  ne  présen¬ 
tent  qu’une  seule  enveloppe  revêtue  d’une 
pellicule  extrêmement  mince.  Cette  pellicule 
recouvre  entièrement  la  surface  de  l’œuf, 
excepté  dans  l’endroit  où  l’œuf  se  trouve 
accolé  contre  un  autre  œuf;  l’enveloppe 
est  transparente  dans  cet  endroit,  mais 
elle  est  opaque  dans  le  reste  de  son  éten¬ 
due  ,  et  l’on  ne  parvient  à  la  rendre 


ARA 


transparente  qu’en  l’imbibant  d’huile.  Alors 
on  peut  aisément  distinguer  trois  parties 
distinctes  :  le  vitellus ,  tout  à  fait  à  l’inté¬ 
rieur  ,  formé  de  globules  ;  V albumen ,  lim¬ 
pide,  sans  globules,  entourant  le  vitellus; 
et  le  germe ,  qui  est  blanchâtre ,  lenticu¬ 
laire,  et  formé  de  petits  globules.  Le  germe 
se  dilate  d’abord  du  centre  à  la  circonfé¬ 
rence,  et  quelques  uns  de  ses  globules  com¬ 
mencent  à  se  mouvoir  et  à  se  confondre 
avec  l’albumen  ;  ensuite  le  centre  blanch⬠
tre  de  l’œuf  se  porte  vers  l’extrémité ,  sans 
se  détacher  de  la  partie  unie  avec  l’albu¬ 
men  ;  ce  mélange  du  germe  et  de  l’albu¬ 
men  forme  un  composé  que  M.  Hérold 
nomme  Colliquamentum.  Ce  mélange  de 
vient  bientôt  opaque  et  brillant,  et  cache 
entièrement  le  vitellus.  M.  Hérold  nomme 
ce  composé  le  cambium  ;  c’est  dans  ce  com¬ 
posé  ou  cambium ,  qui  n’occupe  guère  en 
volume  que  le  quart  de  celui  du  vitellus , 
que  les  parties  de  l’Araignée  commencent  à 
se  développer.  Il  s’opère  d’abord  une  division 
en  deux  parties  :  la  plus  petite  occupe  l’espace 
où  se  trouvait  le  germe  ;  c’est  là  le  composé 
céphalique ,  dans  lequel  se  développent 
promptement  les  palpes  et  les  parties  de  la 
bouche  ;  la  seconde  partie  constitue  le  com¬ 
posé  pectoral,  d’où  naissent  bientôt  les 
pattes.  Le  vitellus  reste  dans  la  partie  pos¬ 
térieure  de  l’œuf  ;  des  plissures  et  des  im¬ 
pressions  marquent  au  bout  de  peu  de 
temps  la  séparation  du  céphalothorax  et  de 
l’abdomen.  La  partie  antérieure  s’allonge  , 
ainsi  que  les  pattes  ;  le  vitellus  jaunâtre 
remplit  la  cavité  de  l’abdomen  et  les  côtés 
du  céphalothorax,  et  bientôt  après,  une  ligne 
dorsale  ,  qui  n’est  qu’un  rudiment  du  cœur, 
se  montre  sur  le  dos  du  vitellus.  Plus  le 
développement  de  l’œuf  fait  de  progrès, 
plus  l’enveloppe  se  tend  et  s’applique  con¬ 
tre  les  parties  qui  se  forment. 

La  partie  antérieure  du  céphalothorax  , 
les  pattes  et  le  sternum ,  qui  restent  blancs, 
sont  formés  seulement  du  cambium  ou  com¬ 
posé.  Au  contraire,  la  partie  postérieure  du 
céphalothorax  et  l’abdomen  sont  colorés  et 
composés  des  globules  du  vitellus  ;  enfin , 
les  yeux  paraissent  ;  les  organes  de  la  bou¬ 
che  et  les  articulations  des  pattes  se  dessi¬ 
nent.  Quand  l’Araignée  est  ainsi  formée,  la 
coque  de  l’œuf  se  fend  sur  le  céphalothorax, 
la  tête  se  montre  la  première,  les  mandi- 1 

T.  H. 


ARA  73 

bules ,  les  palpes  paraissent ,  les  patteâ  enfin 
se  dégagent;  et,  par  des  mouvements  de 
contraction  et  d’expansion,  l’enveloppe  se 
fend  entièrement ,  et  l'abdomen  se  trouve 
débarrassé. 

Au  moment  où  l’Araignée  vient  de  naître, 
elle  est  comme  engourdie  et  d’une  extrême 
taiblesse ,  et  ne  peut  se  mouvoir  qu’avec 
peine;  elle  est  obligée  de  rester  encore  plu¬ 
sieurs  jours  dans  Je  cocon  avant  de  pren¬ 
dre  son  essor,  car,  avant  d’être  apte  à  aller 
chercher  sa  proie,  elle  doit  encore  subir 
une  dernière  mue ,  qui  souvent  n’a  lieu 
qu’au  bout  d’une  semaine  ;  mais  dès  que  l’A¬ 
raignée  a  dépouillé  cette  peau ,  elle  com¬ 
mence  à  marcher,  quitte  aussitôt  le  cocon 
natal,  tire  de  ses  filières  un  fil  qui  l’emporte 
dans  l’air,  et  va  ainsi  se  fixer  à  quelques 
branches.  Alors  la  petite  Araignée  fileuse 
construit  une  toile  proportionnée  à  sa  taille, 
et  mène  déjà  le  même  genre  de  vie  que  les 
adultes.  Les  couleurs  de  la  petite  Araignée 
sont  encore  pâles  et  uniformes ,  mais  au  bout 
de  très  peu  de  temps  elle  se  colore ,  et  sa 
peau  acquiert  un  peu  plus  de  consistance. 

Toutes  les  Araignées  (  Aranéides  )  font 
leur  nourriture  de  proie  vivante;  il  n’en 
est  aucune  qui  vive  de  matière  végétale  ou 
de  matière  animale  morte.  Il  faut  que  l’A¬ 
raignée  elle-même  ait  donné  la  mort  à  l’in¬ 
secte  pour  qu’elle  s’en  nourrisse.  Générale¬ 
ment  les  Aranéides  font  leur  proie  d’insectes 
proportionnés  à  leur  grosseur  et  à  leur 
force;  et,  pour  les  prendre,  elles  emploient 
différents  stratagèmes. 

Certains  voyageurs  rapportent  que  ,  sous 
les  tropiques,  et  principalement  dans  l’Amé¬ 
rique  équatoriale ,  les  grosses  Mygales ,  ces 
géants  de  la  classe  des  Arachnides,  attaquent 
jusqu’à  des  Oiseaux-Mouches,  des  Colibris , 
et  de  petits  Reptiles.  Cependant  ces  Arai¬ 
gnées  ne  construisent  point  de  toiles  :  elles 
ont  seulement  des  tubes  dont  elles  font  leur 
retraite  ,  et  sont  obligées  de  combattre 
corps  à  corps.  Dans  notre  pays ,  dans  le 
midi  et  le  nord  de  l’Europe ,  et  dans  d’au¬ 
tres  contrées  ,  on  connaît  une  foule  d’Arai- 
gnées  qui  ne  font  pas  non  plus  de  toiles ,  et 
qui  cependant  ne  vivent  que  de  rapine.  Les 
unes,  queM.  Walckenaër  appelle  Tubicoles 
et  Cellulicoles ,  se  retirent  dans  des  tubes 
ou  des  cellules  ;  mais  elles  n’ont  aucun 
moyen  d’y  attirer  leur  proie  :  aussi  font- 
5* 


74 


ARA. 


ARA 


elles  des  excursions  pour  se  procurer  leur 
nourriture.  Les  Coureuses ,  telles  que  les 
Lycoses,  etc.,  courent  avec  agilité,  et  sai¬ 
sissent  leur  proie  à  la  course.  Les  Voltigeu¬ 
ses  (Saltigrades,  Lat.  )  se  tiennent  immo¬ 
biles  dans  certains  endroits,  et  s’élancent 
sur  les  petits  insectes  qu’elles  aperçoivent , 
soit  en  sautant- sur  eux  d’un  seul  bond ,  soit 
en  s’élançant  avec  une  telle  agilité ,  qu’elles 
semblent  voltiger.  Les  Marcheuses  (Latéri- 
grades  et  Citigrades ,  Lat.  )  sont  générale¬ 
ment  peu  agiles  ;  elles  ne  construisent  ce¬ 
pendant  pas  de  toiles,  mais  lancent  quel¬ 
ques  fils  dans  lesquels  elles  saisissent  des 
insectes.  M.  Walckenaër  dit  que  des  espè¬ 
ces  des  genres  Olios  et  Delena  attaquent 
jusqu’à  des  Kakerlacs.  Les  Filistates  er¬ 
rent  à  l’entour  de  leur  retraite ,  mais  elles 
tendent  de  longs  fils  pour  attraper  leur 
proie  ;  au  contraire  ,  toutes  les  Araignées 
appartenant  à  la  division  des  Sédentaires , 
et  que  M.  Walckenaër  subdivise  encore  en 
Tapitèles,  Orbitèles  ,  Napitèles,  Rétitèles , 
construisent  de  grandes  toiles  variant  par 
leur  structure,  mais  ayant  toutes  pour 
but  de  prendre  au  passage  les  insectes  qui 
viennent  s’y  précipiter.  Les  Aranéides  qui 
construisent  ces  toiles  se  tiennent  toujours 
sur  le  côté  ou  dans  le  milieu  ;  dès  qu’un 
insecte  vient  s’embarrasser  dans  les  mail¬ 
les,  elles  achèvent  de  l’enlacer  par  de  nou¬ 
veaux  fils  ;  et,  quand  elles  s’en  sont  ainsi  ren¬ 
dues  maîtresses,  elles  les  percent  du  crochet 
de  leurs  mandibules,  qui  leur  donne  bientôt 
la  mort  :  l’Araignée  suce  aussitôt  sa  victime , 
et  abandonne  ensuite  sa  dépouille,  qu’elle 
ne  saurait  digérer.  Enfin ,  les  Araignées 
aquatiques,  nageuses,  aquitèles,  ne  peu¬ 
vent  vivre  qu’au  sein  des  eaux  ;  et  pourvues 
d’organes  de  respiration  tout  à  fait  analo¬ 
gues  à  ceux  des  Araignées  terrestres ,  elles 
se  construisent  une  cloche  qu’elles  remplis¬ 
sent  d’air ,  pour  en  faire  leur  demeure , 
tendant  aux  alentours  des  fils  pour  saisir  les 
petits  animaux  qui  vivent  dans  l’eau ,  et 
dont  elles  font  leur  nourriture  exclusive. 

Ainsi,  parmi  les  Araignées,  les  unes  sont 
courageuses,  attaquent  audacieusement  la 
proie  qui  s’offre  à  elles,  comme  le  lion  et  le 
tigre  ;  les  autres ,  au  contraire ,  selon  l’ex¬ 
pression  du  savant  Kirby ,  offrent  la  ruse 
tranquille  et  sédentaire  du  Paresseux,  et  la 
dextérité  amphibie  de  la  Loutre. 


Tout  le  monde  sait  que  les  mouches  con¬ 
stituent  la  nourriture  la  plus  générale  des 
Araignées  faisant  des  toiles  ,  et  que  souvent 
ces  dernières  en  prennent  de  beaucoup  plus 
grosses  qu’elles;  mais  il  paraît  que  certains 
insectes,  même  d’une  taille  inférieure  à  la 
leur,  les  effraient  à  tel  point,  qu’elles  aban¬ 
donnent  plutôt  leur  toile  que  de  se  défen¬ 
dre  :  les  fourmis  semblent  être  du  nombre 
de  ces  insectes. 

Toutes  ces  Araignées  n’ont  de  cou¬ 
rage  que  sur  leur  toile  ;  autrement  elles  sont 
timides,  et  n’attaqueraient  jamais  les  insec¬ 
tes  qu’elles  prennent  si  bien  dans  leurs  la¬ 
cets. 

Les  Aranéides  peuvent  vivre  fort  long¬ 
temps  privées  de  toute  nourriture  ;  le  plus 
grand  nombre  hivernent;  elles  s’enferment 
dans  leur  retraite  au  commencement  de  l’hi¬ 
ver  et  n’en  sortent  plus  qu’au  printemps 
suivant.  Avant  l’hivernation,  ces  Araignées, 
qui  ont  pris  en  abondance  une  nourriture 
succulente,  sont  très  grasses  ;  mais,  après 
l’hiver,  elles  ont  vécu,  comme  tous  les  ani¬ 
maux  hivernants,  aux  dépens  de  leur  propre 
graisse,  et  elles  sont  extrêmement  mai¬ 
gres  quand  on  les  trouve  au  printemps. 

D’après  ce  qui  précède,  on  peut  juger  de 
l’utilité  des  Araignées.  Ces  animaux ,  bien 
loin  de  nuire  aux  produits  de  l’agriculture, 
détruisent  au  contraire  une  foule  d’insec¬ 
tes  très  nuisibles  aux  végétaux  :  aussi  M. 
Walckenaër  a-t-il  nommé  une  espèce  d’Ara- 
néide  Théridion  bienfaisant  (  Theridion  be- 
nignum  ) ,  parce  que  cette  petite  espèce  se 
tient  ordinairement  dans  les  grappes  de  rai¬ 
sin  ,  et  s’empare  des  petits  insectes  qui  vi¬ 
vraient  aux  dépens  de  ce  fruit. 

Mais  les  Aranéides  ont  aussi  de  nombreux 
ennemis.  11  existe  un  grand  nombre  d’oi¬ 
seaux  et  de  reptiles,  quelques  mammifères, 
comme  des  Singes,  des  Écureuils  ,  qui  leur 
font  une  guerre  à  outrance  ;  il  y  a  aussi 
des  Scolopendres  et  un  bon  nombre  d’insec¬ 
tes  qui  ne  sont  pas  pour  elles  des.  ennemis 
moins  redoutables,  comme,  par  exemple,  des 
espèces  de  Sphègiens  ,  Cràboniens,  qui  font 
la  chasse  aux  Araignées  pour  en  approvi¬ 
sionner  leurs  petits.  Le  Sphex  ou  lePompile 
perce  l’Araignée  de  son  aiguillon,  et  l’em¬ 
porte  dans  son  nid.  Celle-ci  est  complète¬ 
ment  engourdie  ;  elle  est  dans  un  état  de 
torpeur  indéfinissable ,  de  manière  qu’elle 


ARA 


sert  de  pâture  aux  petites  larves  du  Sphex  ou 
du  Pompile.  Certains  Ichneumonites  et  Chai- 
cidites  ne  sont  pas  moins  redoutables  pour 
les  Araignées,  car  ils  percent  leurs  œufs  avec 
l’extrémité  de  leur  tarière  et  déposent  un 
œuf  dans  son  intérieur. 

Les  Aranéides  sont  répandues  sur  la  pres¬ 
que-totalité  du  globe  ;  mais  c’est  principale¬ 
ment  sous  les  tropiques  que  vivent  les  es¬ 
peces  d’une  grande  taille  et  celles  aux  for¬ 
mes  bizarres ,  aux  couleurs  éclatantes  et 
variées.  Ces  belles  Épeires  dont  on  a  formé 
le  genre  Ârgyope ,  qui  se  font  remarquer 
par  l’éclat  de  leurs  couleurs  argentées  et 
dorées ,  et  ces  autres  espèces  hérissées  de 
longues  et  fortes  épines  (les  Gastéracan - 
tlies) ne  se  trouvent  que  dans  les  parties  les 
plus  chaudes  de  l’Amérique,  de  l’Asie  et 
de  l’Afrique.  Celles  qui  construisent  des 
toiles  paraissent  aussi  devenir  moins  nom¬ 
breuses  quand  on  se  dirige  vers  le  nord  ; 
au  contraire,  dans  le  sud,  elles  semblent 
être  de  plus  en  plus  abondantes.  Dans  le 
nord ,  les  espèces  qu’on  rencontre  le  plus 
fréquemment  sont  des  Thomises ,  des  Lyco- 
ses ,  des  Clubiones ,  des  Tégénaires,  toutes 
espèces  vivant  dans  des  cavernes  ,  sous  des 
pierres;  ce  sont  aussi  celles  qu’on  retrouve 
encore  sur  les  hautes  montagnes;  mais  les  A- 
raignées  qui  ont  les  plus  belles  couleurs  sont 
celles  qui ,  comme  les  Épeires ,  font  leurs 
toiles  au  grand  air  ;  celles,  comme  les  Tho¬ 
mises,  les  Sparasses,  etc.,  qui  fréquentent 
les  fleurs.  Au  contraire ,  les  Clubiones  ,  les 
Tégénaires,  les  Lycoses,  qui  ont  des  couleurs 
brunes  ou  grisâtres,  sont  celles  qui  vivent 
dans  les  endroits  les  plus  sombres  et  les  plus 
retirés. 

On  a  rapporté  bien  des  histoires  sur  l’in¬ 
stinct  des  Araignées  et  sur  leur  goût  pour 
la  musique  ;  mais  on  doit  certainement  en 
regarder  la  plupart  comme  erronées.  L’opi¬ 
nion  que  les  Araignées  sont  sensibles  à  la 
musique  paraît  très  accréditée.  On  raconte 
à  ce  sujet,  dans  divers  ouvrages,  que  des 
Araignées  blotties  dans  des  encoignures  de 
muraille  arrivaient  vers  l’endroit  où  l’on 
faisait  de  la  musique.  On  cite  aussi  l’histoi¬ 
re  d’une  Araignée  qui  s’était  accoutumée  à 
venir  sur  le  piano  deGrétry  dès  qu’il  jouait, 
et  qui  s’en  allait  dès  qu’il  avait  cessé.  Nous 
n’oserions  pas  avancer  comme  une  chose 
certaine  que  les  Araignées  ne  possèdent  pas 


ARA  75 

la  faculté  d’entendre,  car  nous  sommes  loin 
d’en  avoir  des  preuves  ;  mais  elles  man¬ 
queraient  de  ce  sens,  que  nous  n’en  serions 
nullement  étonné  :  en  effet,  leur  genre  de  vie 
ne  semble  pas  rendre  ce  sens  indispensable  ; 
ceux  de  la  vue  et  du  tact ,  chez  les  Arai¬ 
gnées,  jouent  certainement  le  plus  grand 
rôle  ;  et  d’ailleurs  on  peut  en  faire  l’expé¬ 
rience  comme  nous  l’avons  fait  souvent, 
et  l’on  restera  convaincu  que  le  bruit  ne 
paraît  influer  sur  elles  en  aucune  manière. 
Certes,  si  l’on  observe  une  Araignée  au  mi¬ 
lieu  de  sa  toile ,  elle  reculera  bientôt  si 
l’on  approche  de  trop  près  ;  elle  reculera 
également  si  l’on  agite  sa  toile  ,  même  très 
légèrement  ;  mais  elle  restera  immobile 
quand  on  fera  entendre  les  sons  les  plus 
pénétrants.  Nous  n’avons  jamais  pu  remar¬ 
quer  non  plus  que  les  sons  les  plus  suaves 
d’un  piano  agissent  d’une  manière  agréable 
sur  les  Araignées,  car  toutes  celles  que 
nous  avons  observées  restaient  immobiles , 
ou  le  plus  souvent  cherchaient  à  regagner 
leur  retraite. 

Il  suffit  qu’une  histoire  de  cette  na¬ 
ture  ait  été  dite  une  fois  pour  qu’elle  soit 
répétée  pendant  plusieurs  siècles  ;  mais  c’est 
aussi  une  raison  pour  vérifier  si  de  tels  faits 
que  l’on  reproduit  trop  facilement  sans  exa¬ 
men  ne  sont  pas  faux. 

Nous  devons  ajouter  que  nous  ne  sommes 
pas  éloigné  de  penser  que  les  insectes  per¬ 
çoivent  les  sons  par  vibrations  au  moyen 
de  leurs  antennes ,  et  que  les  Araignées, 
étant  dépourvues  de  ces  organes,  pourraient 
bien  manquer  du  sens  de  l’ouïe  ;  toutefois  , 
ce  n’est  pas  l’absence  des  antennes  qui  nous 
a  fait  concevoir  des  doutes  sur  la  faculté 
d’entendre  chez  les  Aranéides,  mais  bien  les 
expériences  que  nous  avons  faites  sur  elles 
et  sur  des  insectes.  On  assure  généralement 
aussi  avec  hardiesse  que  les  Araignés  peu¬ 
vent  parfaitement  être  apprivoisées  ;  ce 
sont  là  encore  des  choses  peu  certaines 
pour  nous ,  surtout  au  point  où  on  le  croit 
généralement.  Tout  le  monde  a  entendu 
parler  de  l’Araignée  de  Pélisson ,  ce  fameux 
prisonnier  de  la  Bastille.  D’Olivet  raconte 
que  Pélisson,  enfermé  dans  un  lieu  qui  ne 
recevait  le  jour  que  par  un  soupirail,  et 
n’ayant  pour  toute  compagnie  qu’un  Basque 
stupide  qui  ne  savait  que  jouer  de  la  mu¬ 
sette  ,  entreprit  d’apprivoiser  une  Araignée 


76 


ARA 


ARA 


qui  construisait  sa  toile  à  l’entrée  du  soupi¬ 
rail.  Il  mettait  des  mouches  près  d’elle , 
tandis  que  son  Basque  jouait  de  son  instru¬ 
ment.  Peu  à  peu  l’Araignée  s’accoutuma  à 
en  distinguer  le  son ,  et  à  sortir  de  son  trou 
pour  chercher  sa  proie  ;  au  bout  de  quel¬ 
ques  mois,  elle  était  si  bien  instruite, 
qu’elle  sortait  de  sa  retraite  au  moindre  si¬ 
gnal  ,  allait  prendre  une  mouche  au  fond 
de  la  chambre,  et  jusque  sur  les  genoux  du 
prisonnier. 

Nous  ne  serions  pas  étonné  que  l’histo¬ 
riette  eût  été  au  moins  un  peu  brodée  par 
le  narrateur. 

M.  Léon  Dufour  avait  accoutumé  aussi 
une  Lycose  tarentule  à  venir  prendre  une 
mouche  entre  ses  doigts  ;  mais  cela  se  com¬ 
prend  très  bien  ,  car  cette  espèce,  ordinai¬ 
rement  très  vorace ,  et  sans  doute  privée  de 
nourriture  dans  quelque  boîte ,  se  jetait  vo¬ 
lontiers  sur  une  mouche  tenue  entre  les 
doigts ,  quoique  probablement  elle  eût  pré¬ 
féré  aller  la  chercher  elle-même.  M.  Wal¬ 
ckenaër  nous  raconte  aussi  qu’une  Araignée 
conservée  par  une  jeune  demoiselle  dans 
un  petit  flacon  s’était  également  très  bien 
habituée  à  venir  chercher  la  mouche  qu’eüle 
lui  présentait. 

Mais  comme  les  histoires  rapportées  sur 
l’éducation  des  Araignées  sont  toutes  à  peu 
près  semblables,  nous  n’en  dirons  pas  da¬ 
vantage.  Nous  engagerons  seulement  les  na¬ 
turalistes  à  faire,  sur  ce  sujet  intéressant, 
des  observations  qui  puissent  détruire  ou 
corroborer  les  opinions  assez  généralement 
reçues. 

La  classification  de  l’ordre  des  Aranéides 
doit  les  progrès  qu’elle  a  faits  aux  importants 
travaux  de  M.  Walckenaër.  En  effet,  avant 
lui,  l’étude  zoologique  de  ces  animaux  était 
bien  peu  avancée.  Son  tableau  des  Aranéi¬ 
des,  publié  en  1805,  a  été  le  premier  ouvra¬ 
ge  important  sur  cette  matière,  et  il  a  paru 
généralement  très  commode  pour  étudier 
les  Araignées ,  car  jusque  là  l’on  ne  savait 
réellement  pas  quelles  étaient  les  parties 
pouvant  servir  à  établir  des  coupes  généri¬ 
ques  dans  cet  ordre.  M.Walckenaër  a  trouvé 
que  les  yeux,  par  leur  nombre,  par  leur  po¬ 
sition,  variaient  considérablement  ;  et,  dès 
lors,  mettant  ce  caractère  en  première  li¬ 
gne  ,  et  y  ajoutant  tous  ceux  fournis  par  les 
parties  de  la  bouche ,  il  a  pu  créer  de?  gen¬ 


res,  en  leur  assignant  des  caractères  faciles  à 
saisir.  Latreille  a  adopté  la  plupart  des  gen¬ 
res  deM.  Walckenaër,  et  il  a  formé  de  pe¬ 
tites  divisions  établies  d’après  les  mœurs , 
pour  grouper  plus  facilement  les  genres.  M. 
Walckenaër,  prenant  en  considération  les 
habitudes  des  Aranéides,  nous  donne,  dans 
son  Histoire  des  insectes  aptères,  un  tableau 
présentant  la  division  de  ces  animaux  en 
deux  tribus  (les  Téraphoses  et  les  Arai¬ 
gnées,  auxquelles  nous  renvoyons  pour  l’ex¬ 
position  des  divisions  et  des  genres  qu’elles 
renferment),  et  il  les  partage  ensuite  en  un 
certain  nombre  de  divisions  basées  sur  les 
habitudes.  Certainement  nous  trouvons  très 
bien  que  l’on  attache  une  grande  importan¬ 
ce  aux  mœurs ,  mais  il  serait  essentiel  que 
des  caractères  zoologiques  pussent  s’ajou¬ 
ter  à  ceux  fournis  par  les  habitudes ,  pour 
que  ces  petites  divisions,  que  nous  désignons 
dans  nos  ouvrages  sous  le  nom  de  groupes, 
aient  toute  l’importance  qu’on  y  attache. 

Tels  sont  les  principaux  faits  relatifs  à 
l’organisation,  aux  mœurs  et  à  la  classifica¬ 
tion  des  Aranéides.  (Bl.) 

*  ARANÉOIDES.  Araneoides  {Ara- 
nea,  araignée  ;  efcTos,  ressemblance),  aracii. 

—  Ficinus  et  Carus  ont  donné  ce  nom  à  la 
famille  des  Aranéides.  Voy.  ce  mot 

(C.  d’O.) 

ARANÉOLE.  poiss.  —  Nom  qu’on 
donne  sur  nos  côtes  à  la  petite  Yive  ( Tra - 
chinus  viper  a),  ou  à  la  Vive  commune  (Tra- 
chinus  draco)  quand  elle  est  jeune. 

(Val.) 

*ARANJEOLOGIE.  Araneologia  {Ara- 
nea ,  araignée  ,  >0705 ,  discours),  arach. 

—  Traité  des  Araignées.  (C.  d’O.) 

ARANIA.  poiss.  —  Voy.  vite. 

ARANJAT.  bot.  cr.  —  Nom  donné 

à  VAgaricus  aurantiacus  L.,  dans  quel¬ 
ques  uns  des  pays  méridionaux  de  l’Euro¬ 
pe.  (C.  d’O.) 

ARAPABACA,  Adans.  (Nom  vernacu¬ 
laire  ou  idéal),  bot.  ph.  —  Synonyme  du 
genre  Spigelia ,  de  la  famille  des  Spigélia- 
cées.  (Sp.) 

ARAPÈDE.  moll.  —  D’après  d’Argen- 
ville  ,  ce  nom  est  donné  aux  Patelles  sur 
nos  côtes  de  Provence.  (Desii.) 

*  ARAPÜNGA.  ois.  —  Nom  brésilien 
d’une  espèce  de  Cotinga  du  genre  Avera.no 
de  Temminck.  Voy .  averâN'o.  •Lafr.) 


ARA 


ARA 


ARARA.  ois.  —  C’est,  dans  Spix 
(. Aves  bras.,  etc.) ,  le  nom  générique  syno¬ 
nyme  de  Perruche -Ara  dans  Bu  (Ton  ,  et 
de  Psittacara  de  Yigors  ;  et  ,  dans  le  3mc 
yoI.  des  Perroquets  de  Levaillant ,  par  M. 
Bourgeot  Saint -Hilaire,  c’est  le  nom  que 
cet  auteur  emploie  pour  exprimer  en  latin 
celui  d 'Ara;  c’est  aussi  le  nom  vulgaire  de 
Y  Ara  rouge.  Voy.  ara.  (Lafr.) 

ARARACA.  ois.  —  C’est  le  nom  que 
les  naturels  du  Paraguay  donnent  aux  Aras, 
ainsi  que  celui  de  Guaha,  selon  Azara.  Voy. 
ara.  (Lafr.) 

AR AR AC AX GA.  ois.  —  C’est  le  nom 
que  les  Brésiliens  donnent  à  l’Ara  rouge. 

(Lafr.) 

ARARAUNA.  ois.  —  C’est  le  nom 
que  les  Brésiliens  donnent  à  Y  Ara  bleu. 

(Lafr.) 

ARASSADE.  rept.  —  Nom  vulgaire 
des  Salamandres.  Voyez  ce  mot. 

(C.  D’O.) 

*  ARATIRIGA. ois.  —C’est ,  dans  Spix 
[Av.  bras.),  un  nom  de  genre,  synonyme  de 
celui  de  Perriche  à  longue  queue  de  Buf- 
fon ,  et  de  Commis  de  Kuhl.  Voy.  ara. 

(Lafr.) 

ARAUCARIA,  bot.  pu.  —  Genre  de 
Conifères,  établi,  dans  le  Généra  plantarum, 
par  A.  L.  de  Jussieu,  qui  a  tiré  son  nom 
de  celui  des  Araucanos  ,  nation  qui  occupe 
les  parties  du  Chili  austral ,  où  croît  la  pre¬ 
mière  esp.  connue  du  g.  Araucaria.  Ce 
meme  g.  avait  déjà  été  désigné  par  Lamarck 
sous  le  nom  de  Dombeya ,  en  l’honneur  du 
célèbre  voyageur  qui  l’a  recueilli  le  pre¬ 
mier;  mais  ce  nom,  déjà  appliqué  à  un 
autre  g.,  a  dû  être  rejeté.  Plus  récemment, 
Salisbury  a  donné  aux  esp.  américaines  qui 
ont  servi  de  type  à  ce  g.  le  nom  de  Colum - 
bea ,  qui  a  été  également  rejeté  ,  et  le  nom 
^Araucaria  est  généralement  admis  ;  mais , 
peu  à  peu,  le  nombre  des  esp.  rapportées  à 
ce  g.  s’est  accru.  A  l’Arawcana  du  Chili , 
auquel  on  doit  conserver  le  nom  spécifique 
de  chilensis  ,  donné  par  Lamarck  (Dom¬ 
beya  chilensis  Lamk.  ;  Araucaria  im'  ri- 
cata  Ait ,  Mort.  Kev.  ;  Columbea  quadri- 
faria  Salisb.  ) ,  est  venue  se  joindre  l’esp. 
très  analogue  du  même  continent,  l’Arau¬ 
caria  du  Brésil  (  A.  brasiliensis  )  ;  puis  on 
a  rangé  dans  le  même  g.  le  Pin  de  l’île  de 
Norfolk  (Araucaria  excelsa ) ,  et  l’esp.  anâ- 


77 

logue  de  la  Nouvelle-Hollande  (  Araucaria 
Cunninghami  ).  Mais  ces  plantes ,  très  dif¬ 
férentes  par  leur  feuillage  et  par  leur  ger¬ 
mination  ,  et  qui  présenteront  peut-être 
d’autres  différences  dans  leurs  organes  de 
reproduction  lorsqu’ils  seront  mieux  con¬ 
nus,  doivent  former  un  g.  distinct ,  que  Sa¬ 
lisbury  avait  déjà  désigné  par  le  nom  d\E«- 
tassa.  Voy.  ce  mot. 

Les  vrais  Araucaria  ou  Arducaria  amé¬ 
ricains  sont  de  très  grands  arbres  à  tige 
droite  ,  portant ,  comme  les  Sapins  ,  des 
branches  rapprochées  en  faux  verticilles 
très  réguliers.  Ces  branches ,  surtout  dans 
l’esp.  du  Brésil ,  se  détruisent  vers  le  bas 
de  la  tige;  celles  voisines  du  sommet  per¬ 
sistent  ,  s’allongent ,  et  retombent  en  par¬ 
tie  ,  de  manière  à  donner  à  cet  arbre  un 
port  très  remarquable ,  qui  a  été  bien  re¬ 
présenté  dans  le  Voyage  au  Brésil  de  Ru- 
gendas. 

Les  rameaux  sont  couverts*  dans  ces  deux 
espèces,  de  larges  feuilles  lancéolées,  aiguës, 
beaucoup  plus  longues  et  étalées  dans  l’esp. 
brésilienne,  plus  courtes  et  lâchement  im¬ 
briquées  dans  celle  du  Chili.  Ces  feuilles 
sont  coriaces ,  très  dures ,  sessiles ,  et  ne 
tombent  que  très  tard  par  suite  de  leur  de¬ 
struction.  C’est  à  l’extrémité  même  des  ra¬ 
meaux  que  se  développent  sur  des  individus 
différents,  cas  fort  rare  dans  les  Conifères  , 
les  fleurs  mâles  et  les  fleurs  femelles. 

Les  chatons  mâles  sont  simples ,  très  vo¬ 
lumineux,  composés  d’écailles  nombreuses 
très  rapprochées,  terminés  par  un  prolon¬ 
gement  subulé  ;  chacune  d’elles  porte  à  sa 
face  inférieure  12  à  20  anthères  étroites,  li¬ 
néaires  ,  disposées  sur  deux  rangs  superpo¬ 
sés  ,  et  fixées  par  leur  extrémité  opposée  à 
l’axe  de  la  partie  élargie  de  l’écaille. 

Les  chatons  femelles  ou  les  jeunes  cônes 
terminent  de  même  les  rameaux  ,  et  leurs 
écailles  ne  sont,  pour  ainsi  dire,  que  la  suite 
des  feuilles  de  ces  rameaux;  chacune  pré¬ 
sente  une  cavité  formée  par  la  réunion  de 
l’écaille  proprement  dite  et  de  la  bractée  ; 
et  dans  cette  cavité  ouverte  supérieurement 
se  trouve  contenue  une  seule  graine  réflé¬ 
chie  ,  c’est-à-dire  fixée  par  la  chalaze  vers 
l’extrémité  libre  de  l’écaille ,  et  dont  le  mi- 
cropyle  est  dirigé  vers  l’axe  du  cône.  Les 
cônes  mûrs  sont  très  gros ,  égalant  presque 
je  volume  de  la  tète  d’un  enfant  ;  les  écail- 


78 


ARA 


AKA 


les,  renfermant  chacune  une  graine,  sont  ca¬ 
duques,  terminées  par  un  appendice  subulé. 
La  graine  cylindroïde,  plus  grosse  que  celle 
du  Pin  pignon  ,  renferme  un  périsperme 
très  épais ,  doux  et  bon  à  manger.  L’em¬ 
bryon,  cylindrique,  présente  deux  cotylédons 
appliqués  l’un  contre  l’autre ,  et  qui ,  dans 
la  germination,  ne  sortent  pas  de  la  graine. 
Par  ce  caractère ,  ces  Araucaria  se  distin¬ 
guent  de  toutes  les  Conifères  dont  la  germi¬ 
nation  est  connue,  et  surtout  des  Entassa 
ou  Araucaria  de  l’Australie,  qui  ont  qua¬ 
tre  cotylédons  foliacés  portés  sur  une  lon¬ 
gue  tigelle. 

Les  deux  Araucaria  américains,  tous  deux 
propres  aux  parties  australes  et  tempérées 
de  l’Amérique  méridionale ,  l’un  abondant 
surtout  dans  l’île  de  Chiloë  ,  l’autre  dans  la 
province  de  Saint-Paul  au  Brésil ,  sont  des 
arbres  d’une  taille  très  élevée,  dont  le  bois 
paraît  d’une  très  bonne  qualité.  Tous  deux 
pourraient  peut-être  se  cultiver  en  pleine 
terre  dans  les  parties  méridionales  de  l’Eu¬ 
rope,  et  l’espèce  du  Chili  paraît  même  pou¬ 
voir  résister  aux  hivers  de  l’Europe  tem¬ 
pérée. 

Les  Araucaria,  \esEutassa,  les  Dam- 
mara  ,  et  peut-être  quelques  autres  Coni¬ 
fères  ,  présentent  une  structure  de  leurs  fi¬ 
bres  ligneuses  qui  les  distingue  facilement 
des  Pins  et  de  la  plupart  des  autres  Coni¬ 
fères.  C’est  la  disposition  des  ponctuations 
des  parois  latérales  de  ces  fibres  qui  for¬ 
ment  plusieurs  rangées  longitudinales  sur 
chaque  fibre,  ordinairement  2  ou  3,  et  dont 
les  ponctuations  alternent  dans  deux  ran¬ 
gées  contiguës.  Ce  dernier  caractère  les  di¬ 
stingue  des  bois  de  quelques  Conifères,  tels 
que  les  Taxodium,  qui  ont  aussi  deux  ran¬ 
gées  de  ponctuations  ,  mais  formant  des  sé¬ 
ries  transversales  perpendiculaires  à  la  di¬ 
rection  des  fibres  ligneuses.  (Ad.  B.) 

*  ARAUCARÏTES.  bot.  foss.  —  Ce 
nom  a  été  donné  par  M.  Endlicher  (  Gen. 
pl. ,  p.  263)  h  des  bois  fossiles  découverts 
dans  les  terrains  houillers  ou  dans  des  for¬ 
mations  aussi  anciennes,  et  qui  ont  la  struc¬ 
ture  essentielle  des  Conifères  du  g.  Arauca¬ 
ria.  Cette  structure ,  comme  nous  l’avons 
indiqué  à  l’article  Araucaria ,  consiste  dans 
l’existence  ,  sur  les  parois  latérales  de  cha¬ 
cune  des  fibres  ou  cellules  allongées  qui 
constituent  le  bois ,  de  ponctuations  dispo¬ 


sées  non  en  une  seule  série  comme  dans  les 
Pinus ,  ou  en  deux  séries,  dont-  les  ponctua¬ 
tions  sont  opposées  à  la  même  hauteur,  com¬ 
me  dans  les  Taxodium  ,  et  quelquefois  dans 
les  Pinus ,  mais  en  deux  ou  trois  séries  al¬ 
ternant  entre  elles.  Ce  caractère  appartient 
aux  Araucaria  d’Amérique  ,  type  de  ce 
genre,  aux  Entassa  ou  Araucaria  de  l’Au¬ 
stralasie,  et  aux  Dammara,  qui  constituent 
un  groupe  naturel  et  remarquable  parmi  les 
Conifères. 

Les  mêmes  caractères  essentiels  ont  été 
trouvés  dans  plusieurs  bois  fossiles  apparte¬ 
nant  à  la  formation  houillère,  et  qui  ont  été 
décrits  et  figurés  dans  le  Fossil  flora  de 
MM.  Hutton  et  Lindley,  sous  le  nom  de  Pi~ 
nites ,  quoiqu’ils  diffèrent  essentiellement 
des  Pinus  actuels  par  la  structure  de  leur 
bois  ;  les  analogues  de  ceux-ci  ne  se  trou¬ 
vent  que  dans  les  terrains  plus  récents. 

Le  Piniles  Brandlingii ,  Fossil  flora,  n°  i , 
est  surtout  très  analogue  aux  Araucaria, 
et  peut  être  considéré  comme  le  type  des 
Araucarites.  Le  Pinites  Withami  des  mô¬ 
mes  terrains  s’en  éloigne  davantage. 

Plusieurs  des  bois  fossiles  figurés  par  M. 
Wilham ,  tant  parmi  ceux  originaires  des 
terrains  anciens  que  parmi  ceux  trouvés 
dans  le  lias,  paraissent  offrir  aussi  une  orga¬ 
nisation  analogue  à  celle  des  Araucaria ,  et 
devoir  se  ranger  dans  le  groupe  des  Arau¬ 
carites.  (Ad.  B.) 

*ARAUJIA  (nom  d’homme),  bot.  fii.— 
Ce  genre,  qui  appartient  à  la  famille  des  Asclé- 
piadées,  a  été  établi  par  Bertero,  dans  les 
Trans.  Linn.  Soc.,  t.  XII.  Il  a  pour  synon. 
le  Physianthus ,  fondé  par  M.  Martius.  Ses 
caractères  sont  :  Calice  5-parti  ,  à  folioles 
étalées ,  grandes,  persistantes.  Corolle  cam- 
panulée  ;  tube  renflé  à  la  base ,  et  présen¬ 
tant  cinq  sortes  de  poches  alternant  avec  les 
folioles  calicinales  ;  limbe  à  5  divisions  lan¬ 
céolées,  aiguës,  étalées  ou  réfléchies.  Gy- 
nostème  inclus  ;  couronne  staminale  mem¬ 
braneuse  ,  courte ,  à  5  lobes  opposés  aux 
étamines.  Anthères  terminées  par  un  ap¬ 
pendice  lancéolé;  masses  polliniques  ova¬ 
les,  pendantes;  corpuscule  surmonté  d’une 
membrane  courte  et  tronquée.  Stigmate 
conique,  bifide.  Follicules  géminés,  oblongs, 
gros,  étranglés  vers  la  base,  déprimés  au 
sommet.  Graines  nombreuses,  garnies  de 
soies  vers  l'ombilic.— Les  Araujia  sont  des 


ARB 


ARB 


19 


plantes  du  Brésil  à  tiges  volubiles ,  garnies 
de  feuilles  glauques  blanches  en  dessous  ; 
les  fleurs,  grandes,  blanches,  et  parfois  lavées 
de  rose ,  sont  portées  sur  des  pédoncules 
assez  courts.  On  cultive  dans  les  serres  les 
A.  sericofera  Brot.  — Physianthus  albens 
de  M.  Martius.  (J.  D.) 

*  ARBACIA.  Arbacia.  échin.  — 
Nom  d’un  genre  établi  par  M.  Gray  (  Pro- 
ceed.  zool.  soc.  Lond.,  1835,  p.  58)  dans  la 
famille  des  Échinides  ou  Oursins.  Ses  ca¬ 
ractères  sont  :  Corps  déprimé  ;  aires  des  am- 
bulacres  très  rétrécies  ;  ambulacres  droits , 
minces;  quatre  ou  cinq  tubercules  mame¬ 
lonnés  sur  chaque  plaque,  ou  dix  rangées 
pour  chaque  aire,  peu  marqués  sur  le  dos  ; 
trou  de  l’anus  ovale,  fermé  par  quatre  pièces 
operculaires  couvertes  d’épines  ou  de  pi¬ 
quants.  Espèces  types  :  Echinus  pustulosus 
et  punctulatus ,  Lamarck,  ainsi  que  les  au¬ 
tres  espèces  de  la  section  A  des  Echinus  de 
VActinologie  de  M.  de  Blainville.  (P.  G.) 

ARBALÈTRE  ou  ARB  ALÉTRIE  R . 
ois.  —Nom  vulgaire  du  Martinet  noir,  Hi- 
rundo  apus  L.  (C.  d’O.) 

ARBOIS.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire  du 
Cytise  des  Alpes.  Voy.  ce  mot.  (C.  d’O.) 

*  ARBORÉE  [tige).  Caulis  arbore- 

us.  bot.  —  Cè  mot ,  qui  désigne  une  tige 
ligneuse  et  dépourvue  de  feuilles,  a  été 
introduit  dans  la  science  comme  correspon¬ 
dant  à  celui  de  tronc  ;  mais  cette  dernière 
expression  est  préférable  et  plus  généra¬ 
lement  adoptée.  (C.  d’O.) 

*  ARBORESCENCE.  Arborescentia. 
bot. —État  d’un  végétal  qui  a  acquis  la 
hauteur  ou  la  grosseur  d’une  arbre. 

(C.  D’O.) 

*  ARBORESCENT.  Arborescens.  bot. 

—  On  donne  cette  épithète  aux  plantes  à 
tige  ligneuse  et  nue  qui  sont  de  véritables 
arbres  ,  et  à  celles  qui  en  affectent  le  port , 
comme  le  Datura  arborea,  le  Lavatera  ar- 
borca,  etc.  (C.  d’O.) 

*  ARBORISATION,  min.  —  On  a 
donné  ce  nom  aux  dessins  arboriformes  qui 
se  rencontrent  dans  certains  grès  et  calcai¬ 
res,  dans  les  marnes  qui  alternent  avec  le 
gypse  des  carrières  de  Montmartre ,  et  sur¬ 
tout  dans  le  quartz  agate.  Ces  dessins  ,  que 
l’on  peut  comparer  aux  charmantes  végéta¬ 
tions  qui,  l’hiver,  couvrent  les  vitres  de  nos 
fenêtres,  sont  dus  à  la  cristallisation  de  mo¬ 


lécules  de  fer  ou  de  manganèse  interposées 
par  infiltration  entre  les  couches  de  ces  ro* 
ches,  et  affectant  la  disposition  particulière  à 
laquelle  on  a  donné  le  nom  d 1  arborisation. 
Quand  ces  cristallisations  sont  restées  à  la 
Surface  des  roches ,  elles  prennent  le  nom 
de  superficielles  ,  et  on  les  appelle  pro/on- 
des  lorsqu’elles  en  ont  pénétré  la  sub¬ 
stance. 

On  désigne  sous  le  nom  d’ herborisations 
les  agrégations  cristallines  légères  ressem¬ 
blant  à  des  mousses  ou  à  des  herbes. 

Le  synonyme  scientifique  d’arborisation 
est  Dendrite.  (C.  d’O.) 

*ARBOR  VERNICIS,  Rumph.  (4m- 
boin. ,  t.  II ,  p.  259  ,  tab.  86  ).  bot.  pii.  — 
Jack  [Malayan  Mise,  in  Hook.  Bot.  Mag. 
Comp. ,  t.  I ,  p.  267)  rapporte  ce  synonyme 
à  son  g.  Stagmaria  de  la  famille  des  Téré- 
binthacées  (  Anacardiées  ou  Cassuviées  R. 
Br.).  (Sp.) 

ARBOUSE,  bot.  pk.  —Fruit  de  l’Ar¬ 
bousier.  Voy.  ce  mot.  (C.  d’O.) 

ARBOUSIER.  Arbutus  (  ?  altération 
du  nom  celte  de  cet  arbrisseau),  bot.  pu. 
—  Genre  de  la  famille  des  Éricacées,  tribu 
des  Andromédées,  formé  par  Tournefort , 
et  adopté  par  tous  les  botanistes  modernes, 
qui  le  caractérisent  ainsi  :  Calice  5 -par¬ 
ti.  Corolle  hypogyne ,  globuleuse  ou  ovée, 
campanulée ,  à  limbe  5-fide  ,  réfléchi.  Éta¬ 
mines  10,  insérées  au  bas  de  la  corolle,  à  fi¬ 
laments  courts  ;  à  anthères  comprimées 
d’un  côté ,  fixées  par  le  dos  au  dessous  du 
sommet,  biaristées-réfléchies,  déhiscentes  au 
sommet  par  deux  pores.  Ovaire  quinquélo- 
culaire,  ceint  d’un  disque  hypogyne,  ou  se- 
mi-immergé,  à  loges  multi-ovulées.  Style 
simple;  stigmate  obtus.  Baie  subglobuleuse, 
granulée-tuberculée  ,  5-loculaire,  à  placen¬ 
tas  libres ,  pendants  du  sommet  de  l’angle 
central.  Graines  assez  rares,  anguleuses ,  à 
tissu  coriace. —  Les  Arbousiers  ou  Arboises 
sont  des  arbustes  ou  des  arbrisseaux,  répan¬ 
dus  dans  l’Europe  australe,  les  îles  Canaries, 
l’Amérique  boréale ,  dans  le  Mexique  et  le 
Chili  ;  à  feuilles  alternes ,  très  entières  ou 
dentées  ;  à  inflorescence  en  grappes  termi¬ 
nales  paniculées  ,  dont  les  fleurs  sont  pédi- 
cellées  ,  bractéées ,  blanches  et  rosées.  On 
en  connaît  environ  une  douzaine,  presque 
toutes  cultivées  comme  arbrisseaux  d’orne¬ 
ment  dans  les  jardins.  L’espèce  la  plus  com- 


80 


ARB 


ÀRB 


« 


mune,  Arbutus  unedo  L. ,  a  fourni  sept  ou 
huit  variétés  aux  cultivateurs;  ses  fruits, 
d’une  saveur  aigrelette,  de  la  grosseur  d’u¬ 
ne  cerise  et  de  la  forme  d’une  fraise ,  sont 
recherchés  par  les  enfants  et  surtout  par  lg§ 
oiseaux  ;  ils  mûrissent  à  l’entrée  de  Phive^, 
tandis  que  ses  fleurs  paraissent  dès  les  mojs 
de  mars  et  d’avril.  Sous  notre  climat ,  il  faut 
rentrer  en  orangerie  la  plupart  de  ces 
plantes.  (C.  L.) 

ARBRE.  Arbor.  bot.  ph.  —  Ce 
nom,  suivi  d’une  épithète  significative, 
a  souvent  été  employé  par  le  vulgaire ,  ou 
même  par  les  voyageurs,  pour  désigner  cer¬ 
tains  végétaux  ligneux,  presque  toujours  re¬ 
marquables  par  quelques  unes  de  leurs  pro¬ 
priétés.  Il  est  donc  souvent  utile  de  rappor¬ 
ter,  autant  que  possible ,  ces  dénominations 
vulgaires  à  des  espèces  végétales  bien  déter¬ 
minées.  Nous  signalerons  ici  quelques  unes 
de  ces  déterminations.  Ainsi,  on  a  nommé  : 

Arbre  a  l’ail,  plusieurs  arbres  dont  les 
feuilles  ou  quelques  autres  parties  exhalent 
l’odeur  de  l’ail.  Tels  sont,  au  Pérou,  suivant 
Ruiz  et  Pavon,  l’arbre  dont  ils  ont  fait  leur 
genre  Cerdana ;  au  Brésil,  les  espèces  du 
'genre  Seguieria. 

4rbre  d’amour  ,  selon  Durante ,  le  Gai- 
nier,  Cercis  siliquastrum  L. 

Arbre  d’argent,  le  Protea  argentea, 
au  cap  de  Bonne-Espérance. 

Arbre  aveuglant  (  arbor  excœcans  ), 
YExcœcaria  agalloclia ,  qui  croît  dans  l’In¬ 
de  ,  et  appelé  ainsi  par  Rumphius  parce 
que  la  tige  contient  un  suc  âcre  et  véné¬ 
neux,  qui  détermine  de  violentes  inflam¬ 
mations  des  yeux. 

Arbre  des  Banians  ,  le  Ficus  benga- 
lensis  L. 

Arbre  de  baume  ,  plusieurs  arbres  qui 
fournissent  des  matières  balsamiques  et  ré¬ 
sineuses  :  tels  sont  le  Bursera  gummifera , 
encore  connu  sous  les  noms  dcnGomart  et  de 
Baumier  à  cochon;  l’ Hedwigia  gummifera; 
et ,  aux  îles  de  France  et  de  Bourbon  ,  une 
espèce  de  Badamier,  ou  Terminalia,  et  les 
Hypericum  angustifolium  et  lanceolatum. 

Arbre  a  beurre,  le  Bassia  butyra - 
cea ,  palmier  qui  croît  dans  l’Inde. 

Arbre  a  bourre  ;  selon  Bory  Saint- 
Vincent,  VAreca  crinita ,  à  111e  Bourbon. 

Arbre  a  brai,  un  arbre  de  Manille, 
«ucore  inconnu  des  botanistes,  qui.  donne 


une  matière  résineuse  employée  dans  les 
constructions  navales. 

Arbre  du  Brésil,  ou  Brésillet,  ou  bois 
du  Brésil ,  le  Cœsalpinia  echinata. 

Arbre  a  calebasses,  le  Crescentia 
]  cujete.  Voyez  calebassier. 

Arbre  de  Garoni,  le  Galipea  officina - 
lis ,  dont  l’écorce  porte  le  nom  d'Angustu- 
re  vraie. 

Arbre  de  Castor,  le  Magnolia  glau - 
ca ,  dans  l’Amérique  du  Nord. 

Arbre  du  ciel  ou  de  Gordon,  le  Gen- 
go,  Gincko  biloba.  Voyez  gengo. 

Arbre  a  cire  ,  plusieurs  végétaux  qui 
laissent  suinter  de  leur  écorce  ou  de  leurs 
fruits  une  matière  tout  à  fait  analogue  à  la 
cire  des  Abeilles  :  tels  sont  le  Myrica  ceri- 
fera ,  de  l’Amérique  du  Nord ,  et  le  beau 
Palmier  des  Andes ,  décrit  et  figuré  par 
Humboldt  et  Bonpland  sous  le  nom  de  Ce- 
roxylon  andicola.  En  Chine,  on  donne  le 
nom  d1  Arbres  à  cire  à  plusieurs  arbres  sur 
lesquels  un  insecte  encore  mal  connu  dé¬ 
pose  une  cire  blanche  et  pure.  M.  Stanislas 
Julien  a  donné  des  détails  très  intéressants 
(1 Voyez  les  comptes-rendus  de  l’Acad.  des 
sciences,  15  avril  1840)  sur  cette  cire  et  les 
arbres  qui  nourrissent  son  insecte.  Les  Chi¬ 
nois  ,  selon  M.  Julien,  élèvent  les  insectes  à 
cire  sur  trois  sortes  d’arbres,  dont  deux  sont 
bien  connus  en  Europe  :  ce  sont  le  Niu- 
tching  (Rhus  succedaneum,  selon  M.  Adolphe 
Brongniart),  le  Tong-tsing  ( Ligustrum  gla- 
brum  de  Thunberg),  et  le  Choui-kin,  qui  pa¬ 
raît  être  de  la  même  famille  que  le  Mou-Jcin 
(Hibiscus  syriacus) ,  c’est-à-dire  une  malva- 
cée.  Voy.,  pour  plus  de  détails ,  le  mot  cire. 

Arbre  des  conseils,  le  Ficus  religiosa 
L,,  cultivé  dans  l’Inde,  auprès  des  temples 
et  des  pagodes,  et  sous  lequel  les  habi¬ 
tants  ont  coutume  de  s’assembler. 

Arbre  de  corail,  YErythrina  corallo- 
dendrum ,  à  cause  de  ses  grappes  de  fleurs 
d’un  rouge  éclatant ,  et  Y  Arbutus  Andra- 
cline ,  à  cause  de  ses  branches  nues,  lisses, 
et  quelquefois  d’un  rouge  assez  Yif. 

Arbre  a  cordes  ,  selon  Bory  de  Saint  ' 
Vincent ,  plusieurs  Figuiers  dont  l’écorce 
fournit,  à  l’ile  Bourbon,  des  liens  très  soli¬ 
des. 

Arbre  de  Cypre,  dans  nos  Antilles,  le 
Cordia  gerascanthus ;  à  la  Louisiane,  le 
Cyprès  chauve  (  Taxodium  distichum  ) ,  et 


ÀRB 


dans  diverses  contrées  de  l’Orient,  le  Pinus 
alcpensis,  et  même  d’autres  espèces  du  g. 

Pin. 

Arbre  de  Cythère  ,  le  Spondias  cythe- 
rea  Lamk. ,  aux  îles  de  France  et  de  Bour¬ 
bon. 

Arbre  du  diable  ou  Pet  du  diable ,  le 
Hura  crepitans  ou  Sablier ,  dont  le  fruit 
éclate  avec  fracas  quand  il  est  parvenu  à  sa 
maturité. 

Arbre  de  Dieu,  le  Ficus  religiosa ,  dans 
l’Inde. 

Arbre  de  Dragon  ou  Dragonnier ,  le 
Dracœna  draco. 

Arbre  d’encens  ,  plusieurs  arbres  qui 
donnent  des  matières  résineuses,  et,  entre 
autres,  les  diverses  espèces  des  genres 
Amyris  et  Jcica. 

Arbre  a  enivrer,  le  Piscidia ,  aux  An¬ 
tilles,  parce  qu’il  est  employé  pour  étour¬ 
dir,  stupéfier  les  poissons.  On  se  sert  enco¬ 
re,  pour  le  même  usage,  des  fruits  connus 
sous  le  nom  de  Coques  du  Levant. 

Arbre  de  fer  ,  le  Mesua  ferrea ,  dans 
l’Inde  ;  à  l’île  de  France ,  le  Stadmannia 
de  Lamarck. 

Arbre  de  la  folie  ,  Y  Amyris  carana 
de  Kunth. 

Arbre  a  fraises,  l’Arbousier  ( Arhutus 
unedo ,  L.),  dont  les  fruits,  rouges  et 
mamelonnés,  ont  en  effet  quelque  ressem¬ 
blance  avec  ceux  du  Fraisier. 

Arbre  a  franges,  le  Chionanthus  vir- 
gineus ,  à  cause  de  ses  belles  grappes  de 
fleurs  blanches,  dont  les  pétales  sont  linéai¬ 
res  et  très  longs. 

Arbre  a  la  glu,  le  Houx  ( Ilex  aquifo- 
lium,  L.),  parce  que  son  écorce  sert  à  la 
préparation  de  la  glu.  Le  même  nom  est  ap¬ 
pliqué,  à  la  Martinique,  à  YHippomane  bi- 
glandulosa. 

Arbre  a  la  gomme,  divers  Acacies  qui 
donnent  les  gommes  arabique  et  du  Séné¬ 
gal.  Le  même  nom  a  été  appliqué  par  quel¬ 
ques  voyageurs  à  des  arbres  résineux  de  la 
Nouvelle  -  Hollande ,  tels  que  Y  Eucalyptus 
resinifera ,  et  le  Metrosideros  costata. 

Arbre  a  grives,  le  Sorbier,  Sorbus  au- 
cuparia ,  dans  plusieurs  cantons  du  midi  de 
la  France. 

Arbre  de  Gordon.  Voyez  arbre  du 
ciel. 

Arbre  d’huile  ou  a  l’huile,  le  Dryan- 


ARB  81 

dra  vernica  d’Ad.  de  Jussieu,  et  le  Termi¬ 
nais  catappa ,  L. 

Arbre  immortel,  YErythrina  coral- 
lodendrum  et  Y Endrachium  madagasca- 
riense. 

Arbre  impudique  ou  indécent  ,  plu¬ 
sieurs  esp.  de  Vaquois  ( Pandanus ),  des  îles 
de  France  et  de  Bourbon ,  à  cause  de  leurs 
grosses  racines  aériennes  charnues  et  pen¬ 
dantes. 

Arbre  de  Judas  ou  de  Judée,  le  Cercis 
Süiquastrum ,  en  France,  et  le  Kleinhovia 
hospita,  dans  les  Antilles. 

Arbre  a  lait  ,  plusieurs  Apocynées  et 
Euphorbiacées  qui  sont  remplies  d’un  suc 
blanc  et  laiteux. 

Arbre  aux  lis,  le  Tulipier,  à  cause  de 
ses  grandes  et  belles  fleurs,  semblables  à 
des  lis. 

Arbre  de  mai  ou  de  Saint-Jean ,  aux 
Antilles,  un  Millepertuis  et  un  Panax  qui 
fleurissent  communément  aux  mois  de  mai 
et  de  juin. 

Arbre  a  la  main,  le  Cheirostemon  pla- 
tanifolium ,  de  Bonpland ,  au  Mexique ,  à 
cause  de  ses  cinq  étamines  groupées  comme 
les  doigts  de  la  main  rapprochés. 

Arbre  de  mature,  selon  Sonnerat, 
YUvaria  longifolia. 

Arbre  a  la  migraine  ,  selon  Bory  de 
Saint- Vincent,  le  Premna  integrifolia ,  à 
l’île  de  France. 

Arbre  de  mille  ans  ,  le  Baobab  (Adan- 
sonia  digitatà). 

Arbre  de  Moïse  ,  le  Mespilus  pyracan- 
tha ,  L.,  également  connu  sous  le  nom  de 
Buisson  ardent,  à  cause  de  la  couleur  rouge 
de  feu  de  ses  fruits. 

Arbre  ordéal  ou  à  épreuves,  YErytliro - 
phleum ,  ou  Casa ,  du  Congo  ;  arbre  de  la 
famille  des  Légumineuses,  dont  on  fait  boi¬ 
re  la  décoction  aux  accusés ,  comme  une 
sorte  de  jugement  de  Dieu.  S’ils  la  suppor¬ 
tent  sans  succomber,  ils  sont  déclarés  inno¬ 
cents. 

Arbre  de  neige,  plusieurs  arbrisseaux 
à  fleurs  blanches  :  le  Viburnum  opulus ,  le 
Chionanthus  virginicus,  etc. 

Arbre  a  pain  ,  YArtocarpus  incisa. 

Arbre  a  papier,  le  Broussonetia  pa 
pyrifera,  ou  Mûrier  à  papier. 

Arbre  a  la  pistache  ,  le  Staphylea 
pinnato, ,  L. 


T.  II. 


6 


ÀRB 


82  ARB 

Arbre  pluvieux,  le  Cœsalpinia pluvio- 
sa ,  DC. 

Arbre  au  poivre,  dans  le  midi  de 
l’Espagne  et  en  Sicile^  le  Schinus  molle , 
dont  les  fruits  ont  une  saveur  piquante  et 
aromatique. 

Arbre  puant  ,  le  Fœtidia,  le  Sterculia 
fœtida ,  YAnagaris  fœtida ,  à  cause  de  la 
mauvaise  odeur  répandue  par  leur  bois. 

Arbre  aux  quarante  écus  ,  le  Gine- 
ko  biloba. 

Arbre  saint,  le  Melia  azedarach,  dont 
les  noyaux  servent  à  faire  des  grains  de  cha¬ 
pelet. 

Arbre  de  Saint-Jean.  Voyez  arbre 

DE  MAI. 

Arbre  de  Saint-Thomas,  le  Bauhinia 
variegata ,  parce  que,  suivant  Zannoni,  les 
chrétiens  de  l’Inde  croyaient  que  les  fleurs 
de  cet  arbre  avaient  été  teintes  du  sang  de 
ce  saint  au  moment  de  son  martyre. 

Arbre  a  sang,  à  la  Guyane,  une  esp.  de 
Millepertuis  arborescent  ;  probablement  une 
espèce  du  genre  Vismia ,  qui  donne ,  par 
incision ,  un  sucre  propre ,  d’une  couleur 
rouge  de  sang. 

Arbre  de  seringue  ou  à  seringue ,  VHe- 
vea  guyannensis ,  d’Aublet,  d’où  découle  le 
suc  qui  ,  en  se  concrétant ,  forme  le  caout¬ 
chouc  ,  avec  lequel  on  fait  quelquefois ,  aux 
Antilles ,  des  bouteilles  et  meme  des  serin¬ 
gues. 

ArbrL  de  soie  ,  plusieurs  arbres  ou  ar¬ 
brisseaux  qui  donnent  un  duvet  blanc  et 
soyeux,  comme  certaines  Apocynées.  Le 
même  nom  est  donné  au  Mimosa  julibri- 
sin ,  à  cause  des  longs  filaments  de  ses  éta¬ 
mines. 

Arbre  a  sltf  ,  le  Crôton  sebiferum. 
Arbre  triste  ,  le  Nyclanthes  arbor 
tristis ,  L.,  dont  les  fleurs  restent  constam¬ 
ment  closes  pendant  le  jour. 

Arbre  aux  tulipes,  le  Tulipier,  Lirio- 
dendron  tulipifera,  L. 

Arbre  a  la  vache,  le  Galactodendron 
utile  de  M.  de  Humboldt,  qui  donne  un 
suc  blanc,  doux  et  agréable,  tout  à  fait 
comparable  au  lait. 

Arbre  a  velours,  le  Tournefortia  ar- 
gentea ,  de  la  famille  des  Borraginées. 

Arbre  au  vermillon,  le  Quercus  cocci- 
fera ,  sur  lequel  se  développe  l’esp.  de  Coche¬ 
nille  connue  sous  le  nom  de  Fermes  végétal . 


Arbre  au  vernis  ,  plusieurs  espèces  de 
Terminalia ,  le  Rhus  vernix ,  L.,  etc. 

Arbre  de  vie,  les  espèces  du  genre 
Thuya. 

Arbre  du  voyageur,  l’ZJrama  specio - 
sa ,  dont  les  feuilles ,  terminées  inférieure¬ 
ment  par  une  vaste  gaine,  contiennent  quel¬ 
quefois  une  quantité  considérable  d’eau,  qui 
peut  être  d’une  grande  utilité  pour  les  voya¬ 
geurs.  (A.  R.) 

ARBRE,  chim.  —  Les  anciens  chimis¬ 
tes  ont  donné  le  nom  d ‘‘Arbres  à  certaines 
cristallisations  artificielles  qui  imitent  la 
forme  arborescente  ,  et  produisent  à  la  lu¬ 
mière  un  effet  vraiment  magique.  C’est  une 
des  plus  séduisantes  applications  populaires 
de  la  Chimie,  et  nos  pharmaciens  s’en  ser¬ 
vent  encore  pour  attirer  sur  leur  étalage , 
naturellement  peu  attrayant ,  les  regards 
curieux  des  passants. 

Les  cristallisations  les  plus  brillantes  sont 
l’arbre  de  Diane  et  l’arbre  de  Saturne  ,  qui 
doivent  leur  nom  à  ce  qu’on  emploie  pour 
former  le  premier  l’argent ,  que  les  alchi¬ 
mistes  appelaient  Diane ,  et  le  plomb ,  aux¬ 
quels  ils  donnaient  le  nom  de  Saturne ,  il 
cause  de  leur  couleur. 

Pour  obtenir  ce  dernier ,  on  dispose  dans 
un  vase  de  verre  à  large  embouchure,  et  de 
deux  à  trois  litres  de  capacité,  des  fils  de 
laiton  écartés  les  uns  des  autres,  et  imitant 
le  tronc  et  les  branches  d’un  arbre  ;  on  pend 
au  milieu,  en  la  fixant  au  bouchon,  une  lame 
de  zinc,  et  l’on  verse  sur  le  tout  de  l’eau 
contenant  la  trentième  partie  de  son  poids 
d’acétate  de  plomb.  Au  bout  de  cinq  à  six 
jours ,  le  zinc  et  les  fils  de  laiton  sont  cou¬ 
verts  de  paillettes  de  plomb  qui  jettent  un 
grand  éclat. 

L’Arbre  de  Diane  se  prépare  différem¬ 
ment.  On  met  15  à  20  grammes  de  mercure 
dans  un  vase  à  pied ,  et  l’on  verse  par  des¬ 
sus  50  à  60  grammes  d’eau  contenant  de  7 
à  8  grammes  de  nitrate  d’argent.  On  bou¬ 
che  le  vase  et  on  le  laisse  en  repos.  La  cris¬ 
tallisation  commence  au  bout  de  quelques 
jours.  (C.  d’O.) 

ARBRES.  Arbores,  bot.  ph.  —  Déno¬ 
mination  générale  par  laquelle  on  désigne 
les  végétaux  à  tige  ligneuse ,  par  opposition 
à  celles  d 'herbes  ou  de  plantes  herbacées , 
qui  s’appliquent  à  ceux  dont  la  tige  meurt 
chaque  année  ;  mais  cependant  les  botanistes 


ARB 


ont  donné  au  mot  arbre  une  acception  plus 
précise  et  plus  limitée.  On  a  réservé  ce  nom 
pour  les  végétaux  ligneux  les  plus  grands , 
ceux  dont  la  tige  est  simple  inférieurement 
et  ne  commence  à  se  ramifier  qu’à  une  hau¬ 
teur  plus  ou  moins  considérable  au  dessus 
du  sol ,  en  un  mot  pour  les  végétaux  qui  ont 
un  tronc.  Tous  les  autres  végétaux  ligneux 
ont  reçu  les  noms  d  Arbrisseaux  ,  d Arbus¬ 
tes  et  de  Sous-arbrisseaux. 

1°  Les  Arbrisseaux  (  Arbusculœ  )  ont  la 
tige  ramifiée  dès  la  base,  et  rivalisent  pres¬ 
que  avec  les  arbres  par  leur  vigueur  et  par 
leur  élévation.  Tels  sont,  par  exemple,  les 
Lilas,  les  Noisetiers,  etc.  La  limite  entre 
ces  deux  groupes  de  végétaux  ligneux  est 
loin  d’être  rigoureusement  tracée.  On  voit 
fréquemment  des  Arbrisseaux  prendre  le 
caractère  des  arbres  ,  c’est-à-dire  avoir  une 
tige  simple  à  la  base ,  tandis  que  des  végé¬ 
taux  qui  sont  communément  sous  la  forme 
d’arbres  peuvent ,  par  des  causes  très  va¬ 
riées  ,  se  ramifier  dès  leur  base  et  devenir 
des  arbrisseaux. 

2°  Les  Arbustes  ( Frutices )  ont  également 
leur  tige  ligneuse  ramifiée  dès  la  base;  mais 
ils  s’élèvent  peu  et  dépassent  rarement  la 
hauteur  d’un  mètre  :  tels  sont  les  Bruyères, 
les  Ralmia,  etc. 

5°  Enfin  les  Sous-arbrisseaux  (  Suffru- 
tices )  tiennent ,  en  quelque  sorte  ,  le  milieu 
entre  les  arbustes  et  les  plantes  herbacées. 
Leur  tige  est  ramifiée  dès  la  base,  ligneuse 
inférieurement  ;  mais  leurs  jeunes  rameaux 
sont  herbacés  et  meurent  chaque  année, 
tandis  que  la  portion  ligneuse  est  la  seule 
qui  persiste  et  vive  un  grand  nombre  d’an¬ 
nées  :  telles  sont  la  Rue  officinale ,  la  Vigne 
vierge,  les  Clématites,  etc.  (A.  R.) 

ARBRES  VERTS,  bot.  pii.  —  On 
appelle  ainsi  les  arbres  et  les  arbrisseaux 
qui,  conservant  leur  feuillage  pendant  l’hi¬ 
ver,  ne  sont  dépouillés  dans  aucune  saison  : 
tels  sont  les  Lauriers,  les  Alaternes,  les  Yeu¬ 
ses,  etc.  ;  mais  ce  nom  est  plus  particulière¬ 
ment  réservé  pour  les  Pins ,  les  Sapins ,  les 
Genévriers,  les  Thuyas,  et  autres  arbres  ré¬ 
sineux  de  la  famille  des  Conifères.  Dans  la 
zone  torride ,  on  peut  dire  que  les  forêts 
sont  uniquement  composées  d’arbres  verts, 
car  la  végétation  y  est  constamment  en  ac¬ 
tivité,  et  les  arbres  ne  s’y  dépouillent  pres¬ 
que  jamais  de  leurs  feuilles.  (A.  R.) 


ARC  83 

ARBRISSEAUX,  bot.  ph.  -  Voyez 
ARBRSS.  (A.  R.) 

ARBRISSEAUX  (sous-),  bot.  pii.— 
Voyez  arbres.  (A.  R.) 

*  ARBUSUULAIRE  ,  arbuscularis. 
zool.  —  On  appelle  ainsi  les  appendices 
ramifiés  à  la  manière  d’un  petit  arbre,  com¬ 
me  ceux  qui  garnissent  la  bouche  des  Holo¬ 
thuries.  (C.  D’O.j 

ARBUSTES,  bot.  ph.  —  Voyez  ar¬ 
bres.  (A.  R.) 

ARBUTUS.  bot.  ph.— Synonyme  latin 
d’Arbousier.  (C.  L.) 

ARC-EX-CIEL.  météor.  —  Ce  mé¬ 
téore  ,  auquel  les  anciens  donnèrent  le  nom 
dlris ,  messagère  des  dieux ,  n’apparaît 
que  sous  deux  conditions  indispensables  :  la 
présence  du  soleil  à  l’horizon ,  et  la  résolu¬ 
tion  d’un  nuage  en  pluie  ;  il  faut ,  de  plus, 
que  l’observateur,  pour  l’apercevoir,  soit 
placé  entre  le  soleil ,  auquel  il  doit  tourner 
le  dos ,  et  le  lieu  où  tombe  la  pluie.  On  re¬ 
marque  presque  toujours  deux  Arcs  offrant 
les  sept  couleurs  du  spectre  solaire  ;  dans 
l’Arc  interne ,  les  couleurs  affectent  l’ordre 
suivant ,  en  commençant  par  en  haut  :  rou¬ 
ge  ,  orangé ,  jaune,  vert,  bleu,  indigo,  vio¬ 
let ;  dans  l’Arc  externe,  l’ordre  est  inverse. 
Il  est  assez  rare  de  voir  apparaître  trois 
Arcs. 

La  partie  visible  de  l’Arc-en-ciel  n’est  pas 
toujours  la  même.  Si  le  soleil  est  à  l’hori¬ 
zon,  l’Arc  présente  la  forme  d’un  demi-cer¬ 
cle  ;  mais,  à  mesure  que  l’astre  s’élève,  l’Arc 
va  en  diminuant  ;  enfin  il  disparaît  quand  le 
soleil  està42<>  au  dessus  de  l’horizon.  L’Arc 
externe  cesse  d’être  visib-le  quand  la  hau¬ 
teur  du  soleil  est  de  54°.  On  conçoit,  par  ce 
qui  précède,  que  l’observateur  placé  sur  un 
point  élevé  ,  quand  le  soleil  est  à  l’horizon , 
puisse  apercevoir  un  cercle  entier. 

L’Arc-en-ciel  résulte  de  la  décomposi¬ 
tion  ,  de  la  réfraction  et  de  la  réflexion  des 
rayons  lumineux  dans  les  gouttes  d’eau 
suspendues  en  l’air.  Ce  phénomène,  pour 
l’explication  duquel  nous  renvoyons  le  lec¬ 
teur  aux  traités  de  physique ,  offre  la  plus 
grande  analogie  avec  celui  qui  se  produit 
dans  le  prisme. 

Les  couleurs  de  TArc-en-ciel  se  remar¬ 
quent  souvent  à  la  cime  d’un  jet  d’eau  ou 
à  la  surface  de  l’herbe  d’une  prairie  hu¬ 
mectée  par  la  rosée.  La  lumière  lunaire 


84 


ARC 


ARC 


donne ,  dans  certains  cas ,  lieu  à  un  Arc-en- 
ciel  complètement  blanc. 

Le  phénomène  connu  sous  le  nom  d' Apo¬ 
théose  des  voyageurs  est  du  même  genre 
que  l’Arc-en-ciel.  Placés  sur  un  des  points 
élevés  de  la  chaîne  des  Cordillères ,  aux  en¬ 
virons  de  Quito,  l’académicien  La  Conda- 
mine  et  ses  deux  compagnons  de  voyage  vi¬ 
rent  leur  propre  image  réfléchie  dans  un 
brouillard  très  fin  ,  et  entourée  de  plusieurs 
cercles  concentriques  ornés  des  couleurs  de 
l’Iris.  r  (A.  D.) 

ARCACÉES  (area,  petit  coffre,  ar¬ 
che).  moll.  —  La  famille  des  Arcacées  de 
Lamarck  était  ,  pour  ainsi  dire ,  préparée 
d’avance  dans  le  genre  Arche  de  Linné.  On 
trouve ,  en  effet ,  assemblées  dans  ce  seul 
genre,  des  espèces  appartenant  à  presque 
tous  ceux  qui  constituent  aujourd’hui  la  fa¬ 
mille  des  Arcacées. 

Chemnitz  avait  également  compris  com¬ 
bien  est  naturel  le  rapprochement  des  di¬ 
verses  Coquilles  du  genre  Area.  Il  les  dis¬ 
tingua  nettement  en  plusieurs  groupes  qui 
correspondent  assez  exactement  aux  diffé¬ 
rents  g.  proposés  plus  tard  par  Bruguière 
et  Lamarck;  mais  Chemnitz,  par  une 
fausse  appréciation  des  caractères  des  Per- 
nes,  les  rapprocha  des  Arches,  quoique 
celles-ci  soient  dimyaires ,  tandis  que  cel¬ 
les-là  sont  monomyaires.  Proposée  pour  la 
première  fois  dans  sa  Philosophie  zoologi¬ 
que  ,  cette  famille  est  composée  des  cinq 
genres  Nucule ,  Pétoncle ,  Arche,  Cucullée 
et  Trigonie.  Dans  l’ordre  général  de  sa  clas¬ 
sification,  Lamarck  met  cette  famille  à  la 
suite  de  celle  des  Naïades.  Il  n’y  apporta 
aucun  changement  dans  YExtrait  du  cours  ; 
mais,  dans  son  dernier  ouvrage ,  il  la  rédui¬ 
sit  à  quatre  genres ,  ayant  établi  une  fa¬ 
mille  des  Trigonées,  dans  laquelle  se  trouve 
naturellement  le  genre  Trigonie.  Cuvier, 
dans  la  première  édition  du  Règne  animal, 
n’a  point  adopté  la  famille  des  Arches.  Il 
rend  au  genre  Arche  la  valeur  que  lui  don¬ 
nait  Linné  ;  seulement  il  le  partage  en  qua¬ 
tre  sous -genres,  et  le  place,  dans  les 
Ostracées  à  deux  muscles ,  à  la  suite  des 
Avicules  et  des  Jambonneaux.  M.  de  Fé- 
russac  a  conservé  les  rapports  indiqués  par 
Cuvier,  tout  en  admettant  la  famille  des  Ar¬ 
cacées  de  Lamarck.  Nous  verrons,  en  trai¬ 
tant  des  genres  Arche  et  Pétoncle,  ce  qui , 


dans  l’organisation  de  ces  genres ,  s’oppose 
à  l’adoption  de  l’opinion  de  Cuvier,  opinion 
qu’il  a  cependant  conservée  dans  la  seconde 
édition  du  Règne  animal.  Nous  pensons  que 
cette  famille,  réduite  comme  l’a  fait  La¬ 
marck  ,  peut  être  conservée  dans  une  mé¬ 
thode  naturelle  ;  cependant  on  pourrait  en 
élaguer  encore  le  genre  Cucullée,  qui  ne  pa¬ 
raît  guère  différer  des  Arches  proprement 
dites.  Toutes  les  Coquilles  renfermées  dans 
la  famille  des  Arcacées  sont  parfaitement 
caractérisées  par  la  nature  de  leur  charnière; 
cette  charnière  est  composée  d’un  grand 
nombre  de  dents  petites  et  sériales ,  et  qui 
s’articulent  avec  une  grande  exactitude.  Ces 
dents  sont  en  ligne  droite  dans  les  Arches 
et  les  Cucullées,  en  ligne  courbe  dans  les 
Pétoncles,  et  sont  disposées  sur  une  ligne 
anguleuse  dans  les  Nucules.  Outre  ces  ca¬ 
ractères,  il  y  a  encore  celui  du  ligament, 
qui  a  une  disposition  qu’on  ne  rencontre 
dans  aucun  autre  groupe  de  Mollusques.  En 
efi‘et,le  dos  de  la  Coquille  présente,  au  côté 
interne  des  crochets,  une  surface  plane  sur 
laquelle  le  ligament  est  appliqué  comme  une 
sorte  de  toile.  Dans  les  Nucules,  le  ligament 
est  rassemblé  dans  un  petit  espace  triangu¬ 
laire  ,  et  quelquefois  il  est  porté  par  un  pe¬ 
tit  cuilleron  interne  ;  enfin,  tous  les  animaux 
de  cette  famille  ont  les  lobes  du  manteau 
complètement  désunis,  et  presque  tous  ont 
un  pied  bipède  au  moyen  duquel  ils  peuvent 
s’appuyer  sur  le  sol,  et  même  ,  dit-on,  y 
ramper.  Dans  les  Arches ,  un  certain  nom¬ 
bre  d’espèces  dont  M.  Broderip  a  proposé  de 
faire  dernièrement  un  genre  Bysso-arca 
ont  un  pied  très  gros ,  au  sommet  duquel 
se  trouve  un  byssus  épais,  corné,  qui  n’a 
guère  de  ressemblance  avec  l’organe  soyeux 
des  Pinnes  ou  des  Moules;  mais,  par  sa  na¬ 
ture  et  sa  position,  on  doit  le  regarder 
comme  l’analogue  des  autres  Byssus.  Voy. 
le  nom  des  genres  mentionnés  dans  cet  ar¬ 
ticle.  (Desh.) 

ARCACITE.  Arcacites  {area,  coffret , 
arche),  moll.  —  On  a  actuellement  aban¬ 
donné,  dans  la  nomenclature  scientifique,  les 
dénominations  qu’on  employait  pour  dési¬ 
gner  les  espèces  fossiles  d’un  genre.  Ce  mot 
Arcacite,  que  des  Oryctographes  du  dernier 
siècle  employaient  pour  les  Arches  fossiles , 
ne  se  trouve  plus  maintenant  dans  aucune 
méthode.  Voy.  archb.  (Desh.) 


ARC 


ARC 


85 


ARCANETTE.  ois.  —  Nom  vulgaire 
de  la  Sarcelle  d’été,  Anas  querquedula,  L., 
en  Lorraine.  (C.  d’O.) 

ARCANJ1E  (area,  coffret),  crust.  — 
Genre  de  Crustacés  décapodes, delà  section 
desBrachyures,  de  la  famille  des  Oxystomes 
et  de  la  tribu  des  Leucosiens ,  établi  par 
Leach, et  caractérisé  parla  forme  circulaire 
de  la  carapace  ;  par  la  disposition  du  cadre 
buccal,  qui  est  assez  large  antérieurement, 
et  par  l’existence  de  fossettes  antennaires 
très  grandes  et  longitudinales.  On  n’en 
connaît  qu’une  espèce,  VArcanie  hérisson. 
Voy.  Edwards,  Atlas  du  Règne  animal  de 
Cuvier,  Crustacés,  pl.  24,  fig.  2.  (M.  E.) 

*ARCAS  (nom  propre),  ins.  —  Genre 
de  Lépidoptères  diurnes,  tribu  des  Lycéni- 
des,  établi  par  M.  Swainson  (  Zoological 
illustrations ,  etc.,  pl.  88),  qui  lui  donne 
pour  caractères  :  Palpes,  dans  les  deux  sexes, 
deux  fois  aussi  longs  que  la  tête,  épais, 
courbés  inférieurement  ;  tous  les  articles 
couverts  d’écailles  serrées.  Ailes  postérieu¬ 
res  terminées  chacune  par  trois  queues. 

Ce  genre  a  pour  type  le  Pap.  imperialis 
de  Cramer,  qui  appartient  au  genre  Thecla, 
Fabr.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

ARCEAUX  (  arcus ,  arc  ).  zool.  — 
On  nomme  ainsi  les  parties  constituantes 
des  anneaux  du  corps  des  Animaux  articu¬ 
lés,  et  l’on  en  distingue  deux:  l’un  supérieur, 
l’autre  inférieur.  Voy.  les  mots  anneaux 
et  ARTICLES.  (P.  G.) 

*  ARCELLE  (  arcella ,  petite  arche). 
INF  us.  —  M.  Ehrenberg  a  donné  ce  nom  à 
un  genre  voisin  des  Difllugies.  Voici  quels 
caractères  il  lui  assigne  :  Appendices  (fila¬ 
ments  protéiformes  émis  par  le  corps)  va¬ 
riables  ,  nombreux  et  épars.  Carapace  dé¬ 
primée  en  forme  de  bouclier.  —  Il  en  ad¬ 
met  quatre  espèces ,  qui  toutes  se  rencon¬ 
trent  près  de  Berlin.  MM.  Dujardin  et  Pel- 
tier  ont  retrouvé  dans  les  eaux  des  environs 
de  Paris  des  microscopiques  de  ce  gen¬ 
re  ,  et  constaté  que  leur  organisation  est 
bien  la  même  que  celle  des  Protées ,  des 
Difllugies,  et  des  prétendus  Céphalopodes 
microscopiques  ou  foraminifères  auxquels 
le  premier  de  ces  observateurs  a  donné  le 
nom  de  Rhizopodes.  (P.  G.) 

*ARCELLI-NÈS.  Arcellina  (  arcella , 
genre  d’infusoires),  infus.  —  M.  Ehren¬ 
berg,  dans  ses  travaux  sur  la  classification 


des  Infusoires,  nomme  ainsi  une  famille 
comprenant  les  genres  Arcelle  ,  Difflu- 
gie  et  Cyphidie  (  Voyez  ces  mots').  Les 
caractères  qu’il  donne  aux  Arcellines  sont 
les  suivants  :  Poly gastriques  sans  canal  ali¬ 
mentaire;  une  seule  ouverture  au  corps, 
appendices  variables ,  carapace  univalve  ur- 
céolée  ou  scutiforme,  avec  une  ouverture 
simple. 

Les  appendices  sont  des  filaments  protéi¬ 
formes  et  diflluents.  M.  Dujardin  les  place 
parmi  les  Rhizopodes.  (P.  G.) 

ARCESTHIDE  (â/wi&ôts,  baie  du  ge¬ 
névrier).  bot.  —  Desvaux  donne  ce  nom  à 
un  fruit  sphérique  composé  d’écailles  char¬ 
nues  restant  closes  à  l’époque  de  la  matu¬ 
rité,  comme  dans  le  Juniperus  communis. 

(C.  D’O.) 

ARCEUTHOBIUM,  Bieberst.  {Suppl., 
p.  629).  —  Hook.  Flor.  Bor.  Amer.,  t.  I , 
p.  278,  t.  99.  (sc/sxsvdoç ,  genévrier  ;  /2tqs,  vie). 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Loran- 
thacées  ,  dont  M.  Endlicher  (  Gen.  plant., 
p.  800)  expose  les  caract.  comme  il  suit  : 
Fleurs  dioïques  :  les  males  sessiles;  les  fe¬ 
melles  courtement  pédicellées.  Fleurs  m⬠
les  :  Périanthe  simple,  subcoriace,  2-4-par- 
ti  ;  segments  ovales,  concaves,  étalés.  An¬ 
thères  en  même  nombre  que  les  segments 
du  périanthe,  et  insérées  au  milieu  de  ceux- 
ci,  sessiles,  subglobuleuses,  1-thèques,  mem- 
branacées,  déhiscentes  par  une  petite  fente 
transverse.  Pistil  rudimentaire,  glandifor- 
me ,  2  ou  5-lobé.  Fleurs  femelles  :  Périan¬ 
the  simple,  adhérent,  à  limbe  2-denté.  Point 
de  rudiments  d’étamines.  Ovaire  ellipsoïde, 
comprimé,  infère,  1-loculaire ,  1-ovulé  ; 
ovule  suspendu.  Stigmate  sessile,  petit,  ob¬ 
scurément  lobé.  Baie  subcylindracée  ,  pul¬ 
peuse,  1-sperme.  Graine  à  tégument  mince  ; 
embryon  niché  au  sommet  d’un  périsperme 
charnu  ;  cotylédons  courts ,  subdivariqués  ; 
radicule  épaisse,  cylindrique  ,  supère. — Pe¬ 
tit  arbuste  aphyllc,  parasite  sur  les  gené¬ 
vriers  ;  tige  et  rameaux  charnus ,  dichoto- 
mes ,  articulés  ;  articles  engainants,  subté- 
tragones  ;  fleurs  terminales  et  latérales,  très 
petites,  en  général  ternées.  Le  Viscum  Oxy- 
cedri ,  L.,  constitue  à  lui  seul  ce  genre; 
cette  plante  habite  l’Europe  méridionale,  le 
Caucase  et  l’Amérique  septentrionale. 

(Sp.) 

ARCÎÎANGELICA  ,  Hoffm.  bot.  i>k. 


86 


ARC 


—  Genre  de  la  famille  des  Ombellifères 
(tribu  des  Angélicées),  offrant  pour  caract.  : 
Limbe  calicinal  minime,  5-denticulé.  Pétales 
égaux,  ovales,  aeuminés ,  infléchis  au  som¬ 
met.  Disque  plan  ,  crénelé  au  bord.  Styles 
courts,  d’abord  dressés,  recourbés  après  la 
floraison.  Péricarpe  elliptique -lenticulaire 
(comprimé  dorsalement),  subéreux,  4-ptére; 
môricarpes  ailés  au  bord ,  5-costés  au  dos  : 
côtes  carénées,  assez  grosses  ,  rapprochées  ; 
commissure  plane ,  creusée  d’un  sillon  lon¬ 
gitudinal.  Carpophore  2-parti.  Graine  in¬ 
adhérente  (tantôt  piano -convexe,  tantôt 
subconvolutée) ,  couverte  de  quantité  de 
bandelettes.  (Spach ,  Eist.  des  plant,  plian., 
8,  p.  158.)  —  Ce  genre  est  très  caractérisé 
par  ses  graines  inadhérentes;  les  4  ou  5 
esp.  que  plusieurs  auteurs  de  nos  jours  lui 
attribuent  sont  à  réunir  en  une  seule ,  qui 
est  la  plante  connue  sous  les  noms  vulgaires 
( V  Archangélique ,  Angélique  officinale ,  ou 
Angélique  (sans  autre  épithète).  Cette  esp. 
habite  les  xllpes  et  le  nord  de  l’Europe, 
aiilsi  que  la  Sibérie  ;  toutes  ses  parties,  mais 
surtout  ses  racines  et  ses  fruits ,  sont  forte¬ 
ment  aromatiques.  On  sait  que  les  confi¬ 
seurs  ,  les  liquoristes  et  les  pharmaciens , 
les  font  entrer  dans  beaucoup  de  prépara¬ 
tions.  Dans  le  Nord ,  on  mange  les  jeunes 
pousses  de  la  plante ,  qui  passent  pour  un 
excellent  anti-scorbutique.  (Sp.) 

*  ARCHANGELIQUE.  bot.  pii.  — 

Nom  français  de  VArchangelica.  Sp.) 

ARCIIARIAS.  ins.  —  Nom  créé  par 
Mégerle,  et  adopté  par  Dabi,  dans  son  Cata¬ 
logue  ,  pour  désigner  génériquement  des 
Bliynchœnus  de  Fabr.,  avec  lesquels  Ger- 
mar  et  Schoenherr  ont  formé  leur  genre  Ba- 
laninus.  Voyez  ce  mot. 

M.  Dejean,  dans  son  Catalogue  de  1S21, 
avait  appliqué  ce  même  nom  générique  d’Ar- 
charias  à  plusieurs  espèces  de  Curculioni- 
des,  qu’il  rapporte  aujourd’hui  (datai.,  3e  é- 
dition  )  au  genre  Homalonotus ,  de  Schoen¬ 
herr.  Voy.  ce  mot.  (D.  etc.) 

*  ARCM ASTER  (ff/^;,  force;  àc-ïp  , 
étoile),  échin.  — Genre  d’Astérides  pro¬ 
posé  par  MM.  Müller  et  Troschel  pour  deux 
espèces  nouvelles  d’Astéries  pourvues  d’a¬ 
nus  et  de  deux  rangs  de  tentacules  à  la  face 
inférieure.  Leur  corps  est  aplati  aux  deux 
faces,  et  pourvu  de  deux  lignes  de  grandes 
plaques  marginales  dont  les  inférieures  ont 


ARC 

des  épines  mobiles,  et  les  dorsales  des  ap¬ 
pendices  couronnés  de  soies.  L’anus  est  cen¬ 
tral.  (P.  G.) 

ARCHE.  Area  (  area,  coffre,  arche). 
moll.  —  Dans  les  premières  éditions  du 
Stjstema  naturœ  ,  Linné  confondait  les  Ar¬ 
ches  dans  sa  famille  des  Conques  ;  mais  déjà, 
dans  le  Muséum  Tessinianum,  il  mentionne 
ce  g.  à  part,  sous  le  nom  qu’il  lui  a  conservé 
depuis;  c’est  dans  la  10e  édition  du  Syslema 
que  le  g.  Arche  fut  définitivement  caracté¬ 
risé,  et  Linné  y  introduit  sans  distinction 
toutes  les  Coquilles  dont  la  charnière  est 
composée  de  petites  dents  sériales.  Mais  dé¬ 
jà,  long-temps  avant  Linné,  Selon,  Kondc- 
let,  Gessner,  Aldrovande  ,  ainsi  que  Fabius 
Colonna,  avaient  fait  connaître  plusieurs  esp. 
d’Arche ,  que  ce  dernier  auteur  caractérisa 
particulièrement  par  le  nom  de  Concha 
commissura  multidentata.  Scilla ,  dans  son 
ouvrage  si  remarquable  ( Lavana  specula- 
zione),  en  a  fait  connaître  quelques  espèces 
fossiles,  que  déjà  à  cette  époque  (1670)  il 
regardait  comme  les  analogues  de  celles  qui 
vivent  encore  dans  la  Méditerranée.  Lister 
en  fit  connaître  des  esp.  vivantes  plus  qu’au¬ 
cun  de  ses  devanciers.  Ronanni ,  Rumfius, 
Gualtieri  et  Dargenville,  en  ajoutèrent  quel¬ 
ques  unes  à  celles  de  Lister.  Depuis  Linné, 
le  g.  Arche  fut  généralement  adopté  et  con¬ 
servé  pendant  long-temps  dans  le  même  état 
que  l’a  laissé  le  grand  naturaliste  suédois. 
Ainsi  Chemnitz,  Schroter,  Schreber,  Gme- 
lin,  et  tous  les  auteurs  anglais  jusqu’à  Dil- 
vvin,  ont  conservé  le  g.  linnéen  dans  son  in¬ 
tégrité.  Bruguière ,  le  premier  ,  indiqua  la 
réforme  qu’il  était  nécessaire  d’opérer  dans  le 
g.  Arche.  Il  le  divisa  en  trois  groupes  :  les  esp. 
à  charnière  droite,  celles  à  charnière  angu¬ 
leuse,  et  enfin  celles  à  charnière  courbe.  Dès 
ses  premiers  travaux ,  c’est-à-dire  dans  sa 
classification  de  1799,  insérée  dans  les  Mé¬ 
moires  de  la  Société  d'histoire  naturelle  de 
Paris,  Lamarck,  avec  sa  sagacité  habituelle, 
fit  un  g.  de  chacune  des  sections  de  Bru¬ 
guière.  A  la  même  époque ,  Poli  travaillait 
à  son  grand  et  magnifique  ouvrage  sur  les 
Testacés  des  Deux-Siciles ,  et  il  démontrait 
par  les  faits  anatomiques  l’utilité  des  genres 
créés  par  Lamarck.  Avant  les  recherches  du 
savant  napolitain,  et  malgré  l’abondance  sur 
nos  côtes  de  plusieurs  Arches,  de  Pétoncles 
j  et  de  Nucules ,  on  ne  connaissait  absolument 


ARC 


ARC 


87 


rien  de  leurs  animaux ,  si  ce  n’est  une  très 
mauvaise  figure  d’Aldrovande,  dans  laquelle 
on  croit  reconnaître  Y  Area  Noë,  les  valves 
entrouvertes  et  laissant  entrevoir  quelques 
parties  grossièrement  dessinées  de  l’animal. 
Poli  distingua  très  bien  les  deux  genres  Ar¬ 
che  et  Pétoncle.  Comme  le  savent  les  zoolo¬ 
gistes  ,  ce  naturaliste  a  créé  une  nomencla¬ 
ture  toute  nouvelle  pour  les  animaux  mol¬ 
lusques  qu’il  observa,  et  pour  leurs  coquilles. 
Il  nomme  Daphné  l’animal  du  g.  Arche,  et 
Daphnoderme  sa  coquille.  Malgré  leur  sépa¬ 
ration  en  g.  distincts,  les  trois  g.  sortis  des 
Arches  de  Linné  restèrent  inséparablement 
unis,  parce  qu’en  effet  ils  ont  entre  eux  les 
plus  intimes  rapports.  Nous  avons  vu,  en 
traitant  de  la  famille  des  Arcacées,  que  c’est 
cette  famille  tout  entière  qui  a  varié  dans 
ses  rapports,  mais  non  pas- un  de  ses  genres 
pris  en  particulier,  si  ce  n’est  les  Trigonies, 
que  Lamarck  avait  eu  tort  d’y  ajouter  après 
coup. 

Quoique  l’attention  des  naturalistes  ait  été 
portée  sur  le  genre  Arche,  cependant  on  ne 
connaît  encore  d’une  manière  complète  que 
l’espèce  qui  a  été  anatomisée  par  Poli  ;  né¬ 
anmoins  il  y  a  dans  le  genre  Arche,  tel  que 
les  collections  en  rassemblent  les  espèces , 
deux  groupes  qui  paraissent  bien  distincts  •. 
l’un  serait  caractérisé,  par  exemple,  par  VAr- 
ca  Noë ,  et  contiendrait  des  coquilles  bâil¬ 
lantes  inférieurement  pour  le  passage  d’un 
Byssus  ;  et  le  second,  auquel  pourrait  servir 
d’exemple  VArca  antiquata  de  Linné,  et 
dans  lequel  il  n’y  aurait  que  des  esp.  parfai¬ 
tement  closes.  Il  resterait  à  savoir  s’il  existe 
des  différences  zoologiques  considérables  en¬ 
tre  les  animaux  de  ces  deux  groupes;  et,  dans 
le  cas  où  ces  différences  existeraient,  alors  on 
pourrait  admettre  le  genre  Bysso-arca  de 
M.  Swainson  ;  mais  nous  soupçonnons  avec 
quelque  raison  que  cela  sera  inutile,  car  nous 
voyons  dans  une  grande  série  d’esp.  le  g.  Ar¬ 
ea  de  Lamarck  s’établir  un  passage  insensi¬ 
ble  entre  les  esp.  trapézoïdes  et  bâillantes,  et 
celles  qui  sont  plus  arrondies  et  complètement 
fermées.  Cette  transition  d’un  groupe  à  l’au¬ 
tre,  qui  nous  a  souvent  utilement  guidé  pour 
apprécier  les  rapports  qui  n’avaient  point 
été  suffisamment  sentis,  sert  encore  aujour¬ 
d’hui  de  base  à  notre  opinion  ,  et  nous  fait 
supposer  que  le  genre  Bysso-arca  ne  sera 
pas  confirmé  par  la  suite.  Lamarck  a  encore 


ajouté  un  genre  à  ceux  que  Bruguière  avait 
indiqués.  Ce  g.,  il  l’a  nommé  Cucullée,  et 
il  paraît  être  dans  le  même  cas  que  ceiui 
dont  nous  venons  de  parler.  Si  l’on  juge  de 
ce  g.  d’après  la  seule  espèce  vivante  ,  il  pa¬ 
raîtra  suffisamment  distinct  des  Arches  et 
des  autres  g.  de  la  famille  des  Arcacées  ; 
mais  si  l’on  y  joint  le  plus  grand  nombre 
possible  d’espèces  fossiles,  on  voit  alors  les 
caract.  des  Cucullées  disparaître  insensible¬ 
ment,  et  se  fondre  avec  ceux  des  Arches. 
Déjà  nous  avions  fait  connaître ,  parmi  les 
fossiles  des  environs  de  Paris,  une  esp.  qui 
participe  à  la  fois  des  caract.  des  deux  g.  ; 
mais,  depuis,  nous  avons  réuni  les  espèces 
provenant  des  terrains  jurassiques,  et  dans 
lesquelles  l’ambiguïté  des  caract.  se  manifes¬ 
te  avec  autant  d’évidence  que  dans  l’esp.  pa¬ 
risienne  :  aussi  nous  proposerions  de  parta¬ 
ger  le  g.  Arche  en  trois  groupes  principaux 
représentés  par  les  Bysso-arca ,  par  les  Cu¬ 
cullées,  et  par  les  Arches  proprement  dites. 

L’animal  des  Arches  est  allongé  ,  trapé- 
zoïde  comme  sa  coquille  ;  il  a  le  dos  très 
élargi;  et,  comme  tous  les  autres  Conchi- 
fères  ,  il  est  enveloppé  dans  un  manteau  à 
deux  lobes  égaux,  désunis  dans  toute  la  cir¬ 
conférence  ,  si  ce  n’est  dans  toute  la  lon¬ 
gueur  du  dos,  où  ils  se  confondent.  L’animal 
est  pourvu  de  deux  muscles  adducteurs,  et 
èomplétement  dépourvu  de  siphons  posté¬ 
rieurs.  Son  corps  est  formé  d’une  masse 
viscérale  considérable  remplissant  une  grande 
partie  de  la  coquille,  et  de  chaque  côté  de 
laquelle  s’étendent  deux  grands  feuillets 
branchiaux,  et  ayant  presque  toute  la  lon¬ 
gueur  de  la  cavité  palléale.  Nous  ne  suivrons 
pas  l’habile  anatomiste  Poli  dans  tous  les 
détails  d’organisation  qu’il  a  fait  connaître 
dans  l’animal  des  Arches;  nous  ajouterons 
seulement  que  l’ouverture  de  la  bouche  est 
grande ,  transverse ,  garnie  de  larges  lèvres 
se  continuant  de  chaque  côté  en  palpes  la¬ 
biaux,  adhérents  dans  presque  toute  leur 
étendue.  Nous  ajouterons  que  dans  ce  genre 
il  existe  deux  cœurs  ,  exception  unique  jus¬ 
qu’à  présent  dans  toute  la  série  des  Conchi- 
fères,  et  l’on  s’explique  cette  singulière  ano¬ 
malie  lorsque  l’on  considère  l’élargissement 
considérable  du  dos,  et  l’écartement  des 
branchies,  qu’il  entraîne  à  sa  suite.  Chacun 
des  cœurs  est  composé  d’un  petit  ventricule 
et  d’une  petite  oreillette.  Enfin ,  nous  ajou- 


88 


ARC 


ARC 


terons,  toujours  d’après  Poli ,  qu’il  y  a  peu 
de  Mollusques  acéphales  chez  lesquels  le 
système  nerveux  soit  aussi  considérable. 

Il  nous  reste  maintenant  à  parler  sommai¬ 
rement  des  coquilles  qui  appartiennent  au 
genre  Arche.  Toutes  sont  transverses,  équi- 
valves,  régulières ,  presque  toujours  inéqui¬ 
latérales.  Les  crochets  sont  généralement 
grands;  ils  sont  opposés  et  dominent  le  bord 
cardinal.  Le  bord  supérieur  est  toujours 
droit  ,  et  présente  une  surface  trapézoïde 
plus  ou  moins  large  ,  quelquefois  plane  ,  le 
plus  souvent  concave  ou  formant  un  angle 
rentrant  dont  les  bords  supérieurs  sont  plus 
ou  moins  écartés.  C’est  sur  cette  surface  que 
le  ligament ,  semblable  à  une  toile  peu 
épaisse,  semble  coller  avec  force.  Des  lignes, 
quelquefois  nombreuses,  forment  des  sortes 
de  chevrons  le  long  de  cette  surface  plane, 
et  présentent  des  trapèzes  lorsque  les  deux 
valves  sont  réunies.  Le  bord  supérieur 
est  toujours  droit  ;  chez  un  grand  nom¬ 
bre  d’espèces,  la  charnière  reste  exactement 
dans  la  direction  du  bord ,  mais  chez  d’au¬ 
tres  elle  se  courbe  légèrement  vers  les  extré¬ 
mités.  Il  en  est  meme  chez  lesquelles  les 
dents  deviennent  de  plus  en  plus  divergentes, 
et  les  dernières  sont  transverses,  comme  dans 
les  Cucullées.  Mais,  dans  toutes  les  esp.,  les 
dents  sont  petites,  nombreuses,  séparées  en¬ 
tre  elles  par  de  petites  fossettes  assez  pro¬ 
fondes,  dans  lesquelles  les  dents  de  la  valve 
opposée  viennent  s’enfoncer  :  aussi  l’on  peut 
très  justement  comparer  ce  mode  d’articu¬ 
lation  aux  dentelures  de  deux  peignes  que 
l’on  intercalerait  les  unes  dans  les  autres.  A 
l’intérieur ,  on  trouve  à  chaque  extrémité 
une  impression  musculaire  assez  grande , 
circulaire  ,  indiquant  très  bier  la  forme 
et  la  position  des  muscles  adducteurs  ;  ces 
impressions  communiquent  entre  elles  au 
moyen  d’une  impression  paléale  simple  , 
qui  s’étend  de  l’une  à  l’autre  en  suivant  les 
bords.  Enfin ,  en  examinant  le  bord  cardinal 
à  l’intérieur ,  on  y  trouve  une  grande  im¬ 
pression  musculaire  subtriangulaire:  c’est  là 
que  s’insère  le  muscle  rétracteur  du  pied. 
La  plupart  des  Arches  sont  des  coquilles 
épaisses  qui  presque  toutes  sont  ornées  de 
côtes  ou  de  stries  longitudinales  ;  toutes 
celles  que  nous  connaissons  sont  pourvues 
d’un  épiderme  plus  ou  moins  épais  ,  lisse 
dans  un  très  petit  nombre  d’espèces,  et  très 


velu  dans  presque  toutes  les  autres.  D’après 
ce  que  nous  venons  d’observer,  il  devient 
assez  facile  de  donner  les  caract.  génériques 
du  genre  Arche. 

Caractères  génériques  :  Animal  transverse, 
subtrapézoïde ,  ayant  les  lobes  du  manteau 
divisés  dans  toute  leur  étendue  ;  deux  mus¬ 
cles  adducteurs  écartés  ;  bouche  transverse, 
grande,  accompagnée  de  palpes  adhérents  ; 
deux  branchies  très  allongées  et  à  feuillets 
presque  égaux.  Pied  coriace,  portant  un 
byssus  presque  toujours  transformé  en  une 
masse  cornée,  épaisse  ;  deux  cœurs.  Coquille 
transverse,  oblongue,  à  bord  supérieur  droit, 
aplati,  recevant  un  ligament  plat  appliqué 
dans  toute  l’étendue  de  la  face  supérieure 
des  crochets;  charnière  droite,  composée  d’un 
très  grand  nombre  de  petites  dents  sériales. 

On  connaît  actuellement  un  grand  nom¬ 
bre  d’espèces  dans  le  genre  Arche  ;  nous 
en  comptons  près  de  80,  tant  vivantes  que 
fossiles,  dans  notre  seule  collection,  et  nous 
ne  possédons  pas  toutes  celles  qui  sont  ré¬ 
pandues  dans  les  cabinets  des  amateurs.  Les 
esp.  fossiles  se  distribuent  particulièrement 
dans  les  terrains  tertiaires  ;  il  y  en  a  cepen¬ 
dant  dans  les  terrains  crétacés,  et  même  dans 
les  terrains  jurassiques  ;  mais  nous  n’en 
connaissons  aucune  dans  les  terrains  de 
transition.  (Desh.) 

*ARCHÉGO]VE.  Archegonium  ( 
principe  ;  yovos ,  rejeton),  bot.  gr.  —  Dans 
un  excellent  Mémoire  sur  la  famille  des  Hé¬ 
patiques,  M.  Bischoff  a  proposé  de  donner 
ce  nom  à  l’organe  qui,  dans  les  Mousses  et 
les  Hépatiques,  correspond  au  pistil  des 
Phanérogames.  Ce  savant  désirerait  même 
qu’on  étendît  son  application  aux  premiers 
développements  du  fruit  dans  toutes  les  au¬ 
tres  Cryptogames ,  réservant  le  nom  d’Ar- 
chégone  pistilliforme  au  pistil  des  plantes 
des  deux  premières  familles. 

Dans  tout  Archégone  pistilliforme ,  M. 
BischolF  distingue  ,  comme  on  le  fait  pour 
le  pistil  des  plantes  vasculaires,  une  portion 
inférieure  renflée,  à  laquelle  il  donne  le  nom 
d’ovaire  ( germen ) ,  et  une  partie  supérieure 
amincie  qu’il  considère  comme  un  style.  Ce¬ 
lui-ci  ,  terminé  par  un  évasement  stigma- 
toïde  composé  de  cellules  plus  lâches,  est 
parcouru  dans  toute  sa  longueur  par  un 
canal  d’abord  fermé ,  mais  qui  s’ouvre  dans 
le  stigmate.  L’ovaire  est  lui-même  formé 


ARC 


d’un  épigone  stylifère  cellulo-membraneux  , 
et  d’un  endogone  ou  nucléus  du  fruit,  des¬ 
tiné  à  devenir,  s’il  est  fécondé,  le  sporange 
ou  la  capsule ,  tandis  que  l’épigone,  qui  ne 
manque  jamais  ,  formera  la  calyptre  ou  la 
coiffe. 

Le  nombre  des  Archégones  est  souvent 
assez  grand  dans  la  même  fleur,  et  presque 
toujours  constant  pour  la  même  espèce.  11 
varie  entre  cinq  et  vingt  ;  mais  le  plus  com¬ 
munément  il  n’y  en  a  qu’un  seul  ou  du 
moins  qu’un  fort  petit  nombre  qui  se  déve¬ 
loppent.  Les  autres  avortent,  et  on  les  ren¬ 
contre  dans  les  Mousses  autour  de  la  gaine 
ou  sur  elle,  et  dans  les  Hépatiques  autour 
de  la  base  du  pédicelle.  Ce  sont  ces  corps 
qu’Hedwig  nommait  adductores.  La  posi¬ 
tion  de  ces  organes  sur  la  gaine  des  Mous¬ 
ses  prouve  que  celle-ci  peut  être  considé¬ 
rée  comme  un  gynophore  ,  c’est-à-dire  un 
simple  allongement  du  sommet  de  la  tige , 
ou  de  ce  qu’on  pourrait  nommer  le  récep¬ 
tacle.  Ils  sont  dressés,  et  ordinairement  ac¬ 
compagnés  de  cellules  filiformes  cloison¬ 
nées  qu’on  nomme  paraphyses ,  et  dont  nous 
traiterons  en  leur  lieu. 

Si  l’on  compare  les  Archégones  aux  pis¬ 
tils  des  plantes  phanérogames ,  on  trouve 
entre  ces  organes  des  différences  essentiel¬ 
les. 

Chez  celles-ci ,  le  pistil  devient  le  fruit, 
puisque  la  feuille  dont  il  est  la  transforma¬ 
tion  porte  jusqu’à  la  maturité  l’ovule  qu’elle 
renferme  ou  supporte  ;  le  sommet  de  cette 
feuille,  style  ou  stigmate,  est  intimement 
uni  avec  l’enveloppe  propre  du  fruit  ou  le 
péricarpe.  Dans  les  Mousses  et  les  Hépati¬ 
ques,  au  contraire,  cette  enveloppe  n’a  pas 
d’adhérence  intime  avec  le  fruit,  et  ne  fait 
que  le  recouvrir.  La  partie  supérieure  sty- 
liforme  persiste  sur  la  coiffe  ou  la  calyptre; 
la  partie  inférieure,  ou,  pour  mieux  dire,  in¬ 
térieure,  répondant  à  l’ovaire,  ne  porte  au¬ 
cune  trace  de  style,  et  reste  libre  avec  son 
pédoncule  dans  la  coiffe.  La  portion  de  cette 
coiffe  que  l’on  considère  comme  un  style 
n’est  donc  qu’un  simple  appendice,  et  ne 
peut  être  regardée  comme  partie  essentielle 
du  fruit. 

Nous  voyons  conséquemment  avec  regret 
que  le  nom  significatif  imposé  à  ces  orga¬ 
nes  par  l’auteur  cité  n’ait  pas  été  générale¬ 
ment  adopté ,  et  que  plusieurs  cryptogamis- 


ARC  89 

tes  persistent  à  conserver  le  nom  de  Pistil. 

(C.  M.) 

*ARCHEMORA,  DG.  (Mêm.,  Y,  p.  52  ; 
Prodr.,  t.  IY,  p.  188).  (Nom  mythologi¬ 
que).  bot.  ph. — Genre  de  la  famille  des 
Ombellifères ,  tribu  des  Peucédanées.  Son 
auteur  en  expose  les  caract.  ainsi  qu’il 
suit  :  Limbe  calicinal  marginiforme,  5-den- 
té.  Pétales  obcordiformes  ,  terminés  en 
languette  infléchie.  Péricarpe  elliptique  ou 
obovale ,  plan ,  comprimé  dorsalement. 
Méricarpes  à  5  côtes  filiformes ,  subcaré¬ 
nées  ,  équidistantes  ,  rapprochées;  les  côtes 
latérales  dilatées  en  aile  membranacée , 
presque  aussi  large  que  la  graine.  Yallécules 
remplies  par  une  bandelette  solitaire;  com¬ 
missure  à  2  bandelettes.  Graine  aplatie.  — 
Herbes  vivaces ,  ayant  le  port  des  OEnan- 
the  et  des  Sium.  Feuilles  pennées.  Om¬ 
belles  dépourvues  d’involucre,  ou  à  involu- 
cre  oligophylle.  Involucelles  polyphylles. 
Corolle  blanche.  —  Ce  g.  appartient  à  l’A¬ 
mérique  septentrionale.  M.  de  Candolle  en 
a  énuméré  4  esp.,  déjà  décrites  par  d’autres 
auteurs  soit  pour  des  Sium ,  soit  pour  des 
OEnanthe.  Ces  plantes  sont  très  vénéneu¬ 
ses.  (Sp.) 

ARCHERS.  Toxotes ,  Cuv.  poiss.  — 
Genre  de  Poissons  de  la  famille  des  Squam- 
mipennes ,  voisin  des  Brama  et  des  Pem- 
phérides,  dont  on  ne  connaît  qu’une  espèce 
qui  a  été  placée  dans  presque  autant  de  gen¬ 
res  différents  qu’il  y  a  d’auteurs  qui  en  aient 
parlé.  Ainsi  Pallas  le  fit  connaître  sous  le 
nom  de  Sciœna  jaculatrix;  Gmelin  ,  sous 
celui  de  Scarus  Schlosseri;  M.  deLacépède, 
sous  celui  de  labrus  jciculator ;  Hamilton 
Buchanan  ,  sous  celui  de  Coius  çhattcireus. 
11  est  à  remarquer  que  ce  poisson  ne  devait 
entrer  dans  aucun  de  ces  genres;  il  n’offre 
aucun  caractère  qui  justifie  ce  rapproche¬ 
ment.  îl  a  des  caractères  propres  qui  le 
constituent  en  un  genre  particulier,  qui  a  été 
établi,  par  M.  Cuvier,  sous  la  dénomination 
que  nous  rappelons  ici.  Ces  caract.  consi¬ 
stent  dans  la  position  reculée  de  la  dorsale  , 
recouverte  d’écailles  ;  dans  une  anale  égale¬ 
ment  écailleuse  ;  dans  les  sept  rayons  de  sa 
membrane  branchiostége  ;  dans  ses  dents  en 
fin  velours,  aux  deux  mâchoires,  sur  les  pa¬ 
latins  et  sur  le  vomer;  dans  ,  la  fine  dente¬ 
lure  du  sous-orbitaire  et  du  bord  horizon-1 
tal  du  préopercule.  Les  autres  pièces  opér¬ 
ée 


T.  II. 


90 


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culalres  n’offrent  rien  de  remarquable;  le 
corps  et  la  tête  sont  couverts  de  grandes  é- 
cailles.  On  ne  connaît  qu’une  seule  espèce 
de  ce  genre,  verdâtre,  à  reflets  argentés,  avec 
quatre  ou  cinq  bandes  brunes  verticales.  La 
bouche  est  très  largement  fendue  ,  mais  elle 
est  peu  protractile,  et  le  museau  est  aplati 
en  dessus.  On  trouve  ce  poisson  dans  les 
eaux  saumâtres  ou  salées  de  l’Archipel  des 
Indes,  depuis  le  détroit  de  Malacca  jusqu’à 
la  Nouvelle -Guinée.  On  lui  a  donné  l’é¬ 
pithète  de  jaculator ,  dont  M.  Cuvier  a 
tiré  la  dénomination  du  genre  ,  à  cause  de 
l’habitude  fort  singulière  que  ce  poisson  a 
de  lancer  de  l’eau ,  à  la  hauteur  de  plus 
d’un  mètre,  pour  faire  tomber  les  Insectes 
qui  volent  au  dessus  ,  et  en  faire  sa  nour¬ 
riture.  M.  Reinwardt  ,  qui  a  été  témoin 
du  fait ,  m’a  raconté  que  l’eau  est  lancée 
avec  force  et  avec  une  telle  adresse  ,  que 
l’on  s’amuse  à  Java  ,  où  l’on  garde  ce 
poisson  par  curiosité  dans  les  maisons,  à  lui 
montrer  des  insectes  avec  les  doigts,  et 
qu’aussitôt  le  Toxotes  lance  l’eau  dessus.  Je 
n’ai  pas  trouvé  cependant  dans  les  muscles 
moteurs  des  opercules  ou  du  pharynx  un  plus 
grand  développement ,  ni  aucune  particula¬ 
rité  d’organisation  qui  explique  comment 
ce  poisson  de  petite  taille  est  doué  d’une 
telle  force.  (Val.) 

ARCHES.  Area.  moll. —Plusieurs  zoo¬ 
logistes  préfèrent  ce  nom  à  celui  d’Arcacées, 
donné  par  Lamarck  à  la  famille  formée 
des  genres  démembrés  du  genre  Arche  de 
Linné.  Voy.  arcacées  et  arche. 

(Desii.) 

ARCHIDIE.  Archciias.  foram.  — 
Montfort  ( Conchyl .  sijst.,  p.  190)  forme,  sous 
ce  nom,  un  g.  de  Coquille  cloisonnée,  pris 
dans  Fichtel  et  Moll.  (Test,  microsc. ,  p. 
115,  t.  22,  fig.  6  a  e).  C’est  le  jeune  âge  d’une 
Orbiculine.  Voy.  ce  mot.  (A.  d’O.  ) 

*ARCH!DIUM  (diminutif  d’«/5x>i,  ori¬ 
gine).  bot.  cr.  —  Genre  monotype  de  la 
famille  des  Mousses,  tribu  des  Phascacées , 
établi  par  Bridel  dans  sa  Bryol.  unir>. ,  t.  I, 
p.  747,  revu  et  mieux  étudié  par  MM.  Bruch 
et  Schimper,  qui,  dans  leur  Bryol.  europ. , 
le  caractérisent  de  la  manière  suivante  : 
Capsule  astome,  membraneuse,  globuleuse, 
sessile  au  sommet  dilaté  de  la  tige  ou  des 
rameaux,  s’ouvrant  par  déchirure  à  la  ma¬ 
turité.  Coiffe  enveloppant  le  fruit  dans  sa 


jeunesse,  remarquable  par  la  délicatesse  de 
son  tissu,  pâle ,  long-temps  persistante  et 
adhérente  soit  à  la  gaîne ,  soit  à  la  capsule, 
sur  laquelle  on  en  voit  des  lambeaux,  quand, 
par  son  accroissement,  celle-ci  en  a  opéré  la 
rupture.  Pédoncule  très  court,  pâle,  entiè¬ 
rement  immergé  dans  une  gaîne  hémisphé¬ 
rique,  circonstance  qui  avait  trompé  Bridel, 
en  lui  faisant  croire  que  cette  Mousse  était 
privée  de  ce  dernier  organe.  Séminules  très 
grandes ,  lisses,  globuleuses  ou  polyèdres. 
Columelle  nulle ,  remplacée  par  une  mem- 
branule  qui  disparaît  à  la  maturité  du  fruit. 
Fleur  terminale,  hermaphrodite  ou  dicline. 
Anthères  oblongues,  presque  sessiles.  Pistils 
petits  et  nombreux.  Paraphyses  filiformes , 
articulées,  hyalines. 

Cette  Mousse  est  vivace,  et  forme  des  ga¬ 
zons  aplatis  ou  des  coussinets  peu  saillants. 
Sa  tige  est  déprimée  et  rampante.  Ses  ra¬ 
meaux  sont  ascendants,  tantôt  courts  et  char¬ 
gés  de  fruit  au  sommet ,  tantôt  plus  longs 
et  stériles.  Ses  feuilles  sont  subulées.  Elle 
n’a  encore  été  trouvée  que  dans  les  terrains 
argileux  ou  les  marais  desséchés  du  centre 
de  l’Europe  et  en  Sardaigne.  (C.  M.) 

*  ARCHIMERUS  {àpxh  ,  dominante  ; 
/«/jos,  cuisse),  ins. — Nom  appliqué  parM.Bur- 
meister  (Il'andb.  der  Eut .)  à  un  g.  de  la  fa¬ 
mille  des  Coréens,  de  l’ordre  des  Hémiptères, 
établi  par  M.  Laporte  ( Essai  sur  les  Hérriipt.) 
sous  le  nom  de  Pachymeria ;  mais  cette  der¬ 
nière  dénomination,  étant  trop  semblable  à 
celle  de  Pachymerus,  déjà  adoptée  pour  un 
autre  genre  ,  devait  nécessairement  être 
changée.  Du  reste ,  le  genre  Archimerus  a 
la  plus  grande  analogie  avec  le  genre  Me- 
ropachys,  auquel  l’ont  rattaché  quelques  au¬ 
teurs.  Il  en  diffère  surtout  par  l’écusson,  qui 
est  de  forme  triangulaire,  et  non  arrondi  en 
spatule.  On  ne  connaît  que  quelques  espèces 
américaines  de  ce  genre;  celles  qui  peuvent 
servir  de  types  sont  les  A.  squalus,  Burm., 
du  Brésil,  et  lunatus ,  Burm.,  du  Mexique. 

(Bl.) 

ARCHIPEL  (  üpyjji ,  je  domine  ;  nê- 
Aûzyoç ,  la  mer),  géograph.  —  On  nomme 
Archipel  un  ensemble  ou  groupe  d’îles  réu¬ 
nies  sous  l’eau  et  à  peu  de  distance  les  unes 
des  autres.  De  même  que  certaines  îles  de 
l’Océanie  nous  donnent  des  exemples  en  grand 
d’Archipels ,  de  même,  dans  une  multitude 
de  lieux,  des  îlots,  des  bancs,  des  écueils  ou 


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91 


des  récifs  groupés  ensemble  nous  représen¬ 
tent  des  Archipels  plus  ou  moins  en  minia¬ 
ture.  D’après  cela,  on  voit  qu’il  y  a  des  Ar¬ 
chipels  tout  aussi  bien  dans  les  lacs,  les 
fleuves  et  les  moindres  étendues  d’eau, 
qu’au  milieu  de  l’immensité  de  l’Océan. 
Enfin,  notre  globe,  tel  qu’il  existe  mainte¬ 
nant  ,  avec  ses  terres ,  ses  eaux,  et  tel  que 
l'apercevrait.  un  observateur  placé  à  une 
certaine  distance  dans  l’espace,  n’est  qu’un 
vaste  Archipel  gisant  au  milieu  d’une  masse 
liquide. 

Parmi  les  Archipels,  les  uns  sont  formés 
par  des  atterrissements,  des  sédiments,  des 
courants,  des  sources,  etc.;  d’autres  le  sont 
par  des  animaux  qui  concrètent  des  ma¬ 
tières  calcaires  ( Voy .  le  mot  îles  madré- 
porïques)  ;  d’autres  par  des  volcans  sous- 
marins;  d’autres  par  des  soulèvements  ou 
des  affaissements;  d’autres,  enfin,  doivent 
leur  origine  à  plusieurs  de  ces  causes  com¬ 
binées. 

Jadis,  pendant  la  formation  des  terrains 
anciens,  la  surface  de  la  terre  n’offrait 
qu’un  vaste  Archipel  composé  d’une  infinité 
d’îles  basses  ;  mais  ,  à  mesure  que  le  globe 
vieillit,  les  grands  Archipels  diminuent  en 
nombre,  tandis  que  les  petits  paraissent 
augmenter  en  divers  endroits,  comme  la 
mer  se  resserre  et  devient  plus  profonde. 

C’est  au  milieu  des  Archipels  ordinaires 
qu’il  convient  surtout  d’étudier  avec  soin 
les  phénomènes  de  soulèvements ,  d’affais¬ 
sements  ,  d’atterrissements ,  les  dépôts  con- 
crétionnés,  les  courants,  les  volcans  sous- 
inarins,  les  sillons  tracés  au  fond  de  la  mer, 
etc.  :  car,  là,  on  voit  des  phénomènes  compa¬ 
rables  entre  eux  et  produits  sur  une  échelle 
accessible  à  l’observation  directe  de  l’hom¬ 
me.  Nous  trouvons  la  preuve  de  la  justesse 
de  cette  assertion  même  chez  les  anciens , 
parmi  lesquels  nous  citerons  les  Grecs , 
dont  le  génie  poétique  avait  placé  les  îles 
de  l’Archipel  sous  la  protection  des  divi¬ 
nités  ,  et  qui  avaient  établi  dans  ces  îles  la 
scène  de  grands  événements  ou  des  mer¬ 
veilles  de  la  nature.  C’est,  en  effet,  dans 
l’Archipel  grec  qu’on  retrouve  ces  îles  dont 
les  noms  rappellent  à  l’esprit  tous  les 
grands  souvenirs  des  beaux  temps  de  la 
Grèce  ;  par  exemple ,  Candie ,  l’ancienne 
Crète ,  qui  renferme  le  fameux  mont  Ida , 
oit  fut  construit  le  labyrinthe;  Négrepont, 


l’ancienne  Eubée  ;  Scio ,  l’ancienne  Chio  • 
Sousam ,  l'ancienne  Samos  ;  Rhodes,  si  cé¬ 
lèbre  par  son  colosse;  Lemnos,  aux  forges 
de  Yulcain,  etc.  (R.) 

*ARCHON  («/îxgüV,  prince),  ins. — Genre 
de  Coléoptères  pentamères,  famille  des  La¬ 
mellicornes  ,  tribu  des  Xylophiles ,  établi 
par  MM.  Kirby  et  Spence  (  Introd.  to  ent., 
t.  III,  466,  et  Transact.  Linn.  of  London  , 
1825-1825 ,  p.  567),  qui  lui  donnent  pour 
caractères  :  Mandibules  arrondies,  édentées. 
Lèvre  presque  cordiforme,  bilobée.  Langue 
rétractée.  Menton  très  court.  Mâchoires 
voûtées,  tronquées  à  l’extrémité,  unidentées 
intérieurement.  Corps  oblong.  Tête  à  vertex 
presque  cornu,  échancré.  Prothorax  caréné 
transversalement  dans  le  milieu.  Ce  genre 
est  fondé  sur  une  espèce  que  les  auteurs 
nomment  Archon  emarginatus ,  sans  indica¬ 
tion  de  patrie.  (D.  et  C.) 

ARCHONTE.  Archonta  oyro$, 

chef),  moll.  —  Montfort,  qui,  dans  sa  Con¬ 
chyliologie  systématique ,  ainsi  que  dans  ses 
autres  travaux ,  a  si  souvent  donné  de  si 
justes  motifs  de  défiance  sur  sa  véracité,  ra¬ 
conte  qu’après  un  violent  coup  de  vent  de 
l’équinoxe  d’automne,  il  ramassa  sur  la  plage 
de  Dunkerque  une  petite  coquille  qui  s’y 
trouva  en  abondance.  Cette  coquille,  mince 
et  transparente,  paraît  avoir  les  caractères 
des  Hyales  et  des  Clios.  Depuis  cette  épo¬ 
que  ,  cette  espèce  n’a  jamais  été  retrouvée 
dans  l’Océan ,  et  nous  supposons  que  Mont- 
fort,  voulant  détourner  l’attention  des  natu¬ 
ralistes,  et  voulant  éviter  aussi  par  là  une  ac¬ 
cusation  de  plagiat ,  se  contenta  de  copier, 
en  y  faisant  quelques  changements,  la  figure 
que  donne  Soldani  dans  son  admirable  ou¬ 
vrage  sur  les  Coquilles  microscopiques  de 
la  mer  Adriatique  ;  malheureusement  la  fi¬ 
gure  de  Soldani  ne  présente  pas  non  plus  le 
moyen  de  décider  à  quel  genre  appartient 
la  Coquille  qu’elle  représente.  (Desh.) 

*  ARCI-IYTÆA ,  Martius  et  Zuccar. 
Nov.  gen.  et  spec.,  t.  I,  p.  116,  tab.  75.  — 
Cambess.  in  Mém.  du  Mus.,  t.  XYI,  p.  410. 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Tern- 
strémiacées  (tribu  des  Laplacées,  Endl.  ). 
Suivant  les  auteurs  précités,  il  offre  pour  ca¬ 
ractères  :  Calice  persistant ,  ébractéolé,  à  5 
sépales  distincts,  imbriqués,  presque  égaux. 
Pétales  5,  hypogynes.  Étamines  hypogynes, 
très  noinbreqses  ;  filets  filiformes,  soudés 


92 


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par  leur  base  en  cinq  faisceaux  opposés  aux 
sépales;  anthères  introrses,  dressées,  réni- 
formes-didymes,  2-thèques ,  longitudinale¬ 
ment  déhiscentes.  Ovaire  inadhérent ,  5-lo- 
culaire  ;  ovules  très  nombreux  et  2-sériés 
dans  chaque  loge,  anatropes,  renversés,  at¬ 
tachés  à  l’angle  interne  des  loges.  Style  in- 
divisé,  couronné  d’un  stigmate  5-lobé.  Cap¬ 
sule  5-loculaire,  incomplètement  septicide- 
5-valve,  polysperme  ;  axe  central  conique  , 
5-gone  ;  valves  coriaces ,  se  détachant  infé¬ 
rieurement  de  l’axe ,  mais  sans  se  désunir 
vers  leur  sommet.  Graines  linéaires,  imbri¬ 
quées  ,  2-sériées  dans  chaque  loge.  —  Ar¬ 
brisseaux  du  Brésil,  à  feuilles  alternes,  co¬ 
riaces,  1-nervées,  veineuses,  très  entières, 
non  stipulées,  agrégées  vers  l’extrémité  des 
ramules;  pétiole  court,  articulé  par  sa  base; 
pédoncules  terminaux  ,  5-flores  ;  pédicelles 
1-bractéolés  à  la  base. On  n’en  connaît  qu’une 
espèce.  (Sp.) 

*ARCIMBALDA,  Endl.  ( Gen .  plant., 
p.  755).  bot.  piî.  —  Syn.  du  g.  Menzie- 
sia  (famille  des  Éricacées),  Smith ,  réduit 
aux  limites  que  lui  assigne  M.  Don  ;  ou 
bien,  si  l’on  préfère  ne  pas  admettre  les 
genres  fondés  par  M.  Don  aux  dépens  de 
l’ancien  genre  Menziesia,  VArcimbalda 
devient  un  sous-genre  fondé  sur  le  Menzie¬ 
sia  globularis,  et  dont  les  caract.  distinctifs 
sont  :  Calice  5-parti.  Corolle  globuleuse , 
4-fide.  Étamines  8,  à  anthères  obtuses,  mu- 
tiques.  (Sp.) 

ARCINELLE.  Ârcinella  (  diminutif 
d’Arca,  petite  arche),  moll.  —  Il  existe 
une  espèce  de  Came  qui  depuis  long-temps 
est  connue  sous  le  nom  vulgaire  d’Arcinelle; 
les  marchands  lui  donnaient  également  au¬ 
trefois  le  nom  de  Marron  d’Inde.  M.  Ocken  , 
dans  sa  Zoologie,  a  proposé  un  genre  Arci- 
nelle,  non  pour  le  Chama  arcinella  des 
auteurs ,  mais  pour  des  Coquilles  dont 
Bruguière  avait  fait  depuis  long-temps  son 
g.  Cardita.  Le  g.  de  M.  Ocken ,  étant  un 
double  emploi,  n’a  point  été  adopté.  Voy. 
cardite.  (Desh.) 

AREOPAGES  («/îxo?,  pour  upy.voç, 
ours  ;  rciyos ,  hauteur),  ins.— Genre  de  Co¬ 
léoptères  dimères,  désigné  par  Stephens, 
dans  son  Catalogue,  comme  ayant  été  créé  par 
Leach,  mais  sans  dire  dans  quel  ouvrage.  Il  le 
place  dans  sa  tribu  des  Psélaphides  ;  M.  West- 
•^rood  l’a  adopté  dans  son  Synopsis,  elle  carac-  j 


térise  ainsi  :  Corps  court,  très  convexe.  Cor¬ 
selet  très  large  antérieurement.  Second  ar¬ 
ticle  des  antennes  médiocrement  long.  M. 
Aubé ,  qui  n’a  pas  conservé  ce  genre  dans 
sa  Monographie  des  Psélaphiens  ,  en  place 
les  espèces  dans  le  genre  Bythinus.  Voy.  ce 
mot.  (D.  et  C.) 

ARCTIBEUS.  3i am.  —  Voyez  ar- 
tibeus.  (A.  de  Q.) 

*  ARCTICOLES  (üpy.zcç,  le  nord; 
coleo ,  j’habite).  Arcticolœ.  ins.  —  Je  dé¬ 
signe  ainsi  (Ann.,  de  la  Soc.  eut.  de  Fran¬ 
ce ,  t.  II,  p.  102  )  un  groupe  de  Lépidoptè¬ 
res  diurnes  du  genre  Satyre  de  Latreille , 
parce  que  toutes  les  espèces  dont  il  se  com¬ 
pose  habitent  de  préférence  les  contrées 
les  plus  voisines  du  pôle  arctique.  Ce  qui 
caractérise  ce  groupe,  c’est  d’avoir  les  ner¬ 
vures  costale,  médiane  et  sous-médiane  des 
premières  ailes  sans  dilatation  sensible  à 
leur  origine,  avec  les  antennes  assez  fortes 
et  à  massue  allongée.  Tels  sont  les  Satyres 
Aello,  N  orna,  Tarpeya,  Jutta,  Bore,Boo- 
tes,  Balder,  OEno  et  Also,  dont  M.  Boisdu- 
val  a  fait  son  genre  Chionobas.  Voy.  ce  mot. 

(D.)' 

ARCHE.  Arctia  (  apxTcç ,  ours),  ins. 
— Genre  de  l’ordre  des  Lépidoptères  noctur¬ 
nes,  établi  par  Schrank,  et  adopté  par  La¬ 
treille,  qui  le  place  dans  sa  tribu  des  Noc- 
tuo-bombyeites,  en  lui  donnant  pour  carac¬ 
tères:  Langue  très  courte  et  dont  les  deux 
filets  sont  ordinairement  disjoints.  Palpes 
hérissés.  Antennes  bi-pectinées ,  dans  les 
mâles  au  moins.  Ainsi  que  l’indique  l’éty¬ 
mologie  de  son  nom,  Schrank  ne  comprend 
dans  ce  genre  que  ceux  des  Lépidoptères 
nocturnes  dont  les  Chenilles  sont  très  ve¬ 
lues  ,  et  qui,  à  l’état  parfait ,  sont  connues 
des  Lépidoptéristes  français  sous  le  nom  vul¬ 
gaire  d 'Écailles;  mais  Latreille,  en  l’ado¬ 
ptant,  a  cru  devoir  y  réunir  beaucoup  d’au¬ 
tres  espèces  qui  sont  loin  d’être  dans  ce  cas, 
et  qui  appartiennent  aux  genres  Liparis  et 
Orgyia  des  auteurs  allemands.  Cependant 
Godart,  dans  1  ''Histoire  naturelle  des  Lé¬ 
pidoptères  de  France ,  quoique  censée  ba¬ 
sée  sur  la  méthode  de  Latreille,  a,  de  l’as¬ 
sentiment  de  ce  célèbre  naturaliste,  restreint 
le  genre  Arctie  aux  seules  espèces  qui  doi¬ 
vent  y  être  comprises  d’après  Schrank,  et  a 
rattaché  les  autres  au  genre  Bombyx.  R 
|  s’est  permis ,  en  outré  ,  toujours  avec  l’as- 


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93 


sentiment  de  Latreille,  de  remplacer  le  nom 
un  peu  dur  d'Arctia  par  celui  plus  eupho¬ 
nique  de  Chelonia ,  par  allusion  à  la  cou¬ 
leur  des  ailes  de  îa  plupart  des  papillons 
dont  il  s’agit,  lesquelles  sont  tachetées  com¬ 
me  l’écaille  des  tortues.  ( Voy .  le  mot  ché- 
lonie.)  Ainsi,  le  mot  Ârctia  avait  disparu  de 
la  nomenclature  des  Lépidoptères,  du  moins 
dans  les  auteurs  français ,  lorsque  M.  Bois- 
duval,  dans  son  Généra  et  index  methodi - 
eus,  etc.,  qui  a  paru  en  mai  1840 ,  l’a  fait 
revivre,  en  l’appliquant  à  un  groupe  de  neuf 
espèces  qu’il  a  retranchées  des  Chélonies  de 
Godart ,  et  auxquelles  il  assigne  les  caract. 
génériques  suivants  :  Chenilles  solitaires,  1u- 
bricipèdes.  Insectes  parfaits  :  Palpes  courts, 
écartés,  très  distincts ,  fortement  infléchis  , 
poilus,  un  peu  garnis  d’écailles  ou  presque 
nus.  Antennes  du  mâle  pectinées  ou  ci¬ 
liées  ;  celles  de  la  femelle  presque  filiformes. 
Ailes  supérieures  unîcolores,  sans  taches,  ou 
seulement  ponctuées  de  noir.  Les  deux  sexes 
d’égaler'grandeur.  Yol  nofcturne.  Nous  cite¬ 
rons  comme  type  de  ce  genre  VA.  fuligino- 
sa ,  Latr.,  espèce  figurée  et  décrite  dans  un 
grand  nombre  d’auteurs ,  et  qui  se  trouve 
assez  communément  aux  environs  de  Paris, 
dans  le  courant  du  mois  de  mai.  Fabricius, 
en  parlant  de  la  femelle  de  ce  Lépidoptère, 
dit  que  Stroem  a  remarqué  que ,  lorsqu’on 
la  rencontre  courant  sur  la  neige ,  c’est  un 
signe  que  l’été  sera  froid ,  et  que  les  récol¬ 
tes  seront  peu  abondantes.  «  Hieme  in  nive 
obambulans,  œstates  frigidiores  et  annonce 
caritatem  prœnunciat.  »  Godart  conteste 
l’exactitude  de  cette  remarque. 

M.  Curtis,  dans  son  Catalogue  des  insec¬ 
tes  de  l’Angleterre,  adopte  également  la  dé¬ 
nomination  générique  d’ Arctia  ;  mais  il 
l’applique  à  cinq  espèces  qui  appartiennent 
au  genre  Liparis  des  autres  auteurs.  Voy.  ce 
mot.  (D.) 

ARCTIO  (  c^xtos ,  ours),  bot.  pu.  — 
Synonyme  d'Arctium.  Voy.  ce  mot. 

(J.  D.) 

ARCTIQUE,  poiss.  —Nom  spécifique 
donné  à  plusieurs  poissons,  à  une  espèce  du 
genre  Chimère ,  à  une  autre  du  genre  Sau¬ 
mon ,  etc.,  etc.  „  (Val.) 

^ARCTIQUE.  Arctica  (  apx. rtxôç,  sep¬ 
tentrional).  moll.  — Dans  son  Essai  dJun 
nouveau  système  des  Coquilles, par  M.  Schu¬ 
macher  »  et  qui  a  paru  en  1828 ,  l’auteur 


propose  ce  genre  pour  la  Venus  Mandiea 
de  Müller  ,  de  Chemnitz  et  de  Linné.  M. 
Schumacher  aurait  pu  s’éviter  le  soin  de 
créer  ce  nouveau  genre ,  car  Lamarck  l’a¬ 
vait  caractérisé  dans  le  t.  V  de  son  Histoire 
naturelle  des  animaux  sans  vertèbres,  qui 
parut  en  1818.  Il  nous  semble  inutile  d’ajou¬ 
ter  que  le  genre  de  M.  Schumacher  ne  peut 
être  adopté.  (Desii.) 

*  ARCTiSCON.  systolides.  —  Nom 
donné  par  Schranck  à  un  petit  animal  arti¬ 
culé,  très  voisin  du  Tardigrade  de  Spallan- 
zani.  Récemment  Perty  l’a  employé  aussi 
pour  désigner  un  groupe  générique  ,  établi 
par  Schultze  sous  le  nom  de  Macrobiotus , 
et  qui  comprend  plusieurs  espèces  de  Tardi- 
grades  assez  différentes  entre  elles.  Voy. 
TARDIGRADES.  (M.  E.) 

ARCTITIS,  Temrn.  mai.  —  Voyez 

PARADOXURE.  (A.  DK  Q.) 

*ARGTIUM  (  apy-zoe, ,  ours;  à  cause  des 
poils  qui  couvrent  les  fruits  des  plantes  qui 
composaient  anciennement  ce  genre),  bot. 
pii.  —  Ce  nom  est  réservé  aujourd’hui  h 
une  plante  des  montagnes  du  Dauphiné  et 
du  Piémont ,  laquelle  était  décrite  sous  ce¬ 
lui  de  Berardia;  les  autres  espèces  qui 
composaient  le  genre  Arclium  de  Linné 
forment  actuellement  le  genre  Lappa.  La 
plante  qui  nous  occupe  présente  les  carac¬ 
tères  suivants  :  Capitule  homogame,  à  fleurs 
égales;  involucre campanulé,  formé  de  plu¬ 
sieurs  rangées  d’écailles  linéaires,  subulées 
au  sommet.  Réceptacle  offrant  des  alvéoles 
entourées  de  fimbrilles.  Corolle  tubuleuse, 
cylindracée,  à  5  divisions  peu  profondes  ;  fi¬ 
laments  des  étamines  glabres  ;  anthères  mu¬ 
nies  d’appendices  basilaires.  Style  à  peine 
renflé  au  sommet,  où  la  portion  stigmatique 
est  courte,  obtuse  et  divariquée.  Fruits  très 
glabres,  anguleux-comprimés  ,  dépourvus 
d’aréole  terminale  et  surmontés  d’une  ai¬ 
grette  composée  de  plusieurs  séries  de  soies 
scabres  souvent  enroulées  en  crosse.  —  Ce 
genre  renferme  aujourd’hui  deux  espèces  : 
une  d’Europe  ;  l’autre ,  indigène  des  mon¬ 
tagnes  de  la  Perse.  La  seule  qui  soit  dé¬ 
crite  est  une  plante  vivace ,  sans  tige  , 
pourvue  de  feuilles  rondes,  velues,  disposées 
en  rosettes  appliquées  sur  le  sol,  et  du 
centre  desquelles  naît  un  capitule  assez 
volumineux.  Suivant  les  observations  de 
Guettard  et  de  Yillars,  les  feuilles  radicales 


94 


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ARC 


de  VA.  lanuginosum  naîtraient  sous  les  co¬ 
tylédons  en  perçant  la  tigelle.  Ce  phéno¬ 
mène  n’est  pas  particulier  à  cette  plante  : 
il  s’explique  par  la  soudure  longitudinale 
des  deux  pétioles  des  cotylédons,  à  la  partie 
inférieure  desquels  se  trouve  la  plumule  qui, 
en  se  développant ,  les  écarte  d’abord  à  la 
base  et  se  fait  ainsi  jour  au  dehors.  (J.  D.) 

*  ARCTOCEPHALU8.  Fr.  Cuv.  {&p<- 

t 05,  ours  ;  xepaLj ,  tête),  mam.  —  Voyez 
PHOQUE.  (  A.  DE  Q.V 

ARCTOCORIS  (é^-os,  ours;  X0/5Î,  , 
punaise),  ms.  —  Genre  de  la  famille  des 
Scutellériens ,  groupe  des  Scutellérites ,  de 
l’ordre  des  Hémiptères,  établi  par  Henrich- 
Schœffer  ( Wanzenartig .  insect.,  t.  Y)  sur 
quelques  espèces  détachées  du  genre  Odon- 
toscelis ,  remarquables  par  la  surface  de 
leur  corps  ,  entièrement  couverte  de  poils 
laineux,  et  par  les  jambes,  munies  de  qua¬ 
tre  rangées  d’épines.  Ce  genre  ne  comprend 
qu’un  petit  nombre  d’espèces  européennes 
et  africaines;  les  plus  répandues  sont  les  A. 
fuliginosus ,  Panz.,  d’Europe  ;  A.plagiatus, 
Germ.,  d’Egypte ,  etc.  (Bl.) 

*  ARCTOCRANIIA.  bot.  ph.  —  Nom 

de  section  donné  par  M.  Endlicher  (  Gen. 
plant.)  aux  espèces  de  Cornus  à  tiges  her¬ 
bacées.  (Sp.) 

*  ARCTODIUM  (  diminutif  d’»/3xros , 
ours),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères,  famille  des  Lamellicornes,  tribu  des 
Scarabéides ,  établi  par  M.  Dejean  dans  son 
dernier  Catalogue,  d’après  une  espèce  du 
Chili  qu’il  nomme  A.  villosum.  Ce  g.  avait 
été  nommé  antérieurement  Cratoscelis  par 
M.  Erichson,  qui  appelle  Vulpina  l’espèce 
de  M.  Dejean.  Voy.  le  mot  cratoscelis 
pour  les  caractères  génériques.  (D.  et  C.) 

*  ARCTOGE  RQN  («/«ros,  boréal;  ysjsuv, 
vieillard),  bot.  pii.  —  Ce  genre,  très  voisin 
des  Erigeron,  de  la  famille  des  Composées, 
a  pour  caractères  :  Capitule  radié,  rayon 
composé  d’un  seul  rang  de  fleurs  femelles  ; 
celles  du  disque  hermaphrodites.  Réceptacle 
étroit,  plan ,  à  peine  alvéolé.  Involucre  for¬ 
mé  de  trois  séries  d’écailles  fortement  im¬ 
briquées,  lancéolées,  acuminées,  parcourues 
par  une  forte  nervure  verte  et  bordées  d’une 
membrane  blanche  et  scarieuse.  Ligules  ova- 
les-oblongues,  dentées  au  sommet,  du  dou¬ 
ble  plus  longues  que  l’involucre.  Stigmate 
des  fleurs  du  disque  et  du  rayon  court  et 


épais.  Fruit  oolong,  légèrement  comprimé, 
couvert  d’une  grande  quantité  de  poils 
soyeux,  et  couronné  par  une  aigrette  com¬ 
posée  de  plusieurs  séries  de  soies  persistan¬ 
tes,  scabres,  de  longueur  inégale. — La  seule 
espèce  de  ce  genre  habite  les  parties  sablon¬ 
neuses  de  la  Sibérie  transbaïcalienne  ;  c’est 
une  très  petite  plante,  vivace,  à  rhizome  fru¬ 
tescent,  cespiteux,  duquel  naissent  des  feuil¬ 
les  étroites,  subulées,  raides  ,  assez  sembla¬ 
bles  à  celles  des  Armeria  ;  la  hampe  ,  qui 
dépasse  à  peine  les  feuilles ,  porte  un  seul 
capitule,  dont  le  disque  est  jaune  et  les  rayons 
blancs.  (J.  D.) 

*ARCTOMYDES.  Arctomides.  {a.px t&s, 
ours;  pàç,  rat),  mam.  — Latreille  adonné 
ce  nom  à  une  famille  de  la  classe  des  Mam¬ 
mifères,  qui  a  pour  type  le  g.  Arctomys. 

(C.  D’O.) 

ARCTOMYS,  Gmel.  mam.  —  Voyez 

MARMOTTE.  (C.  D’O.) 

*ARCTONYX  (apy.roç,  ours;  ovu£,  on¬ 
gle).  mam.  —  Genre  de  Carnassiers  plan¬ 
tigrades,  établi  par  F.  Cuvier  dans  son  Hist. 
des  mammif.  pour  un  animal  appelé  dans 
l’Inde  Bali-Saur ,  et  qu’il  ne  connaissait 
que  d’après  une  figure  de  M.  Duvaucel.  De 
nouvelles  observations  ont  démontré  que 
cet  animal  n’était  autre  que  le  Blaireau. 

(P.  G.) 

ARCTOPITHÈQUE.  Arctopithccus , 
Gessn.  («py.Toç,  ours;  i«0v]xo?,  singe),  mam. 
—  Voyez  paresseux.  (A.  de  Q.) 

ARCTOPUS  {oipy.Toç,  ours  ;  « oy?,  pied). 
Linn.  —  Apradus  ,  Adans.  bot.  ph.  — 
Genre  delà  famille  des  Ombellifères,  tri¬ 
bu  des  Smyrnées  ,  auquel  M.  de  Can- 
dolle  (  Prodr.  ,  IY,  p.  256  )  assigne  pour 
caractères  :  Fleurs  polygames  -  dioïques. 
Limbe  calicinal  marginiforme ,  5-denté. 
Pétales  lancéolés ,  terminés  en  languette 
pointue,  entière,  infléchie  au  sommet. 
Fleurs  mâles  :  Étamines  deux  fois  plus 
longues  que  la  corolle.  Stylopode  plan. 
Ovaire  abortif,  couronné  de  deux  styles 
très  courts.  Fleurs  femelles  :  Étamines 
nulles.  Ovaire  couronné  de  deux  styles  di- 
variqués  au  sommet,  épaissis  à  la  base. 
Fruit  ovoïde ,  rostré ,  couronné  du  limbe 
calicinal ,  adné  de  la  base  jusqu’au  milieu  à 
l’involucre ,  déprimé  et  1-sulqué  antérieu¬ 
rement  ,  point  bipartible ,  mais  à  deux  lo¬ 
ges,  dont  l’une  est  abortive.  Graine  arron- 


ARC 


die,  convexe  d’un  côté,  concave  de  l’autre. 
VA.  echinatusy  L.  ,  constitue  à  lui  seul  ce 
genre;  c’est  une  herbe  vivace,  indigène  du 
Cap  de  Bonne-Espérance.  Ses  feuilles  radi¬ 
cales  sont  étalées  sur  terre ,  roselées ,  à  pé¬ 
tiole  plan,  et  à  limbe  arrondi,  trifide  ,  cilié 
de  dents  spiniformes.  Les  ombelles  mâles 
sont  pédonculées,  composées,  accompa¬ 
gnées  d’un  involucre  d’environ  5  folioles 
accrescentes  après  la  floraison;  les  ombel- 
lules  sont  subglobuleuses.  Les  ombelles 
femelles  sont  sessiles,  accompagnées  d’un 
involucre  de  4  folioles  coriaces,  réticulées, 
entregrelïées ,  recouvrant  le  fruit.  Les 
fleurs  sont  blanches.  (Sp.) 

*  ARCTORNIS.  («,*xros,  ours;  Spvtç,  oi¬ 
seau).  INS.  —  Dénomination  générique  sous 
laquelle  Germar  réunit  les  mêmes  Lépido¬ 
ptères  dont  Schranck  avait  formé  avant  lui 
le  genre  Arctie.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

ARCTOSTAPHYLOS.  Mairania 
Neck.  [cipy.roç,  ourse,  constellation  du  nord; 
«rr«?u ).ô,  raisin),  sot.  pii.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Éricacées,  tribu  des  Andromé- 
dées,  formé  par  Adanson  ( Fam t.  II,  165), 
adopté  par  tous  les  botanistes  modernes 
avec  ces  caractères  :  Calice  5-parti.  Co¬ 
rolle  hypogyne,  globuleuse  ou  ovée-campa- 
nulée,  à  limbe  5-fide,  réfléchi.  Étamines  10, 
insérées  au  bas  de  la  corolle;  filaments  courts; 
anthères  comprimées  latéralement ,  atta¬ 
chées  par  le  dos  au  dessous  du  sommet  et 
bi-aristées-réfléchies,  déhiscentes  au  sommet 
par  deux  pores.  Ovaire  quinquéloculaire  , 
ceint  d’un  disque  hypogyne,  à  loges  uni-ovu- 
lées.  Style  simple  ;  stigmate  obtus.  Drupe 
subglobuleuse,  renfermant  cinq  nucules  os¬ 
seux  ,  monospermes.  Graines  inverses.  — 
Arbrisseaux  ou  sous-arbrisseaux  indigènes 
dans  l’Europe  australe  et  boréale;  à  feuilles 
alternes  ;  à  inflorescence  en  grappes  termi¬ 
nales,  pédiculées,  bractéées.  On  en  connaît 
cinq  ou  six  espèces,  dont  quelques  unes  cul¬ 
tivées  dans  les  jardins;  la  plus  commune  est 
VA.  uva  ursi  [unde  nomen  gencricum),  Ar- 
butus  uva  ursi  de  Linné.  (C.  L.) 

*  ARCTOTÉES.  (  ours  ).  bot. 

pii.  — Ou  Arctotidées ,  prototypes,  suivant 
Cassini ,  se  caractérisant  par  les  involucres, 
dont  les  folioles  sont  toutes  libres  et  lisses  ;  par 
les  capitules,  constamment  pourvus  de  rayons 
composés  de  fleurons  femelles  ou  neutres  et 
de  fruits  souvent  ailés.  Les  plantes  qui  con- 


ARC  95 

slituent  cette  petite  division  ont  le  port  des 
Caîendulacées.  (J.  D.) 

ARCTOTHECA  (  a/5XT0î  ,  ours  ;  , 

boîte),  bot.  ph.  —  Ce  genre,  créé  aux  dé¬ 
pens  de  quelques  esp.  d 'Arctotis,  a  pour  ca- 
ract.  :  Capitule  radié  ;  fleurs  du  rayon  ligu- 
lées,  neutres  ;  celles  du  disque  tubuleuses,  5- 
dentées,  hermaphrodites  ;  réceptacle  fimbril- 
lifère.  Involucre  campanulé ,  composé  de 
plusieurs  rangées  d’écailles  ;  les  extérieures 
linéaires  foliacées,  les  intérieures  plus  gran¬ 
des,  très  obtuses,  scarieuses.  Étamines  à  fila¬ 
ments  papilleux.  Fruits  ovales  ,  presque  té- 
tragones  ,  dépourvus  d’aigrette. — Les  Arc- 
totlieca  sont  originaires  du  Cap  ;  ce  sont  des 
plantes  vivaces,  couvertes  d’un  duvet  to- 
menteux,  blanc; les  feuilles, pinnatifides-ly- 
rées,  sont  rudes  ou  lisses  à  la  face  supérieu¬ 
re  ,  et  tomenteuses  en  dessous  ;  les  pédon¬ 
cules,  qui  naissent  à  leurs  aisselles  et  les  dé¬ 
passent  ,  supportent  un  capitule  renfermant 
des  fleurs  jaunes.  Ces  plantes  se  cultivent 
dans  les  jardins  de  botanique.  (J.  D.) 

ARCTOTIDÉES.  bot.  ph.  —  Les 
Arctotidées  forment,  dans  les  Composées,  un 
petit  groupe  rangé  par  Cassini  entre  les  Ca- 
lendulacées  et  les  Échinopsées.  M.  de  Can- 
dolle  les  considère  comme  une  sous-tribu 
des  Cynarées.  Ces  plantes  ,  qui  sont,  à  un 
très  petit  nombre  d’exceptions  près,  origi¬ 
naires  du  Cap ,  ont  pour  caractères  com¬ 
muns  de  présenter  des  capitules  multiflores, 
homogames-discoïdes,  ou  plus  généralement 
pourvus  d’une  rangée  de  rayons  ,  dont  les 
fleurons  sont  neutres  ou  femelles;  les  fleurs 
du  disque  hermaphrodites  ;  celles  du  centre 
parfois  rendues  stériles  par  l’effet'  de  la  com¬ 
pression  ;  les  anthères  munies  de  courts  ap¬ 
pendices  basilaires;  le  style  des  fleurs  herma¬ 
phrodites,  qui  offre,  à  sa  partie  supérieure,  un 
renflement  accompagné  de  poils  disposés  en 
collerette  ou  verticilles ,  se  divise,  au  som¬ 
met,  en  deux  lobes  rapprochés,  couverts  de 
très  petits  poils  à  la  face  externe  et  de  pa¬ 
pilles  stigmatiques  sur  le  côté  interne.  Cette 
structure  remarquable  a  déterminé  le  rap¬ 
prochement  des  Arctotidées  des  Cardua- 
cées ,  chez  lesquelles  on  trouve  les  mêmes 
caractères.  Les  fruits  sont  turbinés,  presque 
toujours  velus,  surmontés  ou  privés  d’ai¬ 
grette,  laquelle  est  formée  d’écailles  paléa- 
cées  ou  rarement  sétiformes.  (J.  D.) 

*  ARCTOTIS  (  Taillant  institua  ce 


96 


ARC 


genre  sous  le  nom  tfArctotlieca,  de  xpxroi, 
ours ,  et  Sw ,  boîte ,  par  allusion  à  ses 
fruits  velus.  Linné  transforma  plus  tard  ce 
nom  en  celui  dPArctotis).  bot.  i*h.  —  Ce 
genre,  type  delà  sous-tribu  des  Arctotidées, 
parmi  les  Composées,  a  pour  caractères  : 
Capitules  radiés  ;  fleurs  du  rayon  ligulées, 
femelles  ;  celles  du  disque  tubuleuses ,  5- 
dentées,  hermaphrodites.  Involucre  campa- 
nulé,  composé  de  plusieurs  rangées  d’écailles 
libres;  les  extérieures  petites,  presque  fo¬ 
liacées  ;  les  intérieures  plus  longues,  obtuses, 
membraneuses  en  leurs  bords.  Filets  des  é- 
tamines  lisses.  Les  fruits,  de  forme  ovoïde  et 
munis  de  trois  ailes  à  la  face  dorsale,  dont 
les  deux  latérales  sont  repliées  à  l’intérieur, 
ont  souvent  leurs  bords  dentés.  Les  poils 
nombreux  qui  accompagnent  ces  fruits  par¬ 
tent  immédiatement  de  leur  base  ou  du  court 
support  qui  les  fixe  au  réceptacle.  L’aigrette 
est  uni-sériée ,  composée  de  deux  séries  de 
paillettes,  parmi  lesquelles  ,  avant  l’anthè- 
se ,  on  en  observe  très  souvent  huit  de  la 
rangée  intérieure,  qui  sont  tordues  en  spi¬ 
rale  les  unes  autour  des  autres.  —  Les 
Arctotis  habitent  le  Cap.  On  en  connaît  en¬ 
viron  une  trentaine  d’espèces.  Ce  sont  des 
plantes  herbacées  ou  caulescéntes,  à  feuilles 
membraneuses  ,  couvertes  d’un  duvet  blanc 
et  mou;  es  capitules  ,  solitaires  et  pédoncu- 
lés,  contiennent  des  fleurs  jaunes  ou  d’une 
teinte  verdâtre.  (J.  D.) 

*ARCTURE.  crust.— Genre  de  l’ordre 
des  Isopodes  et  de  la  famille  des  Idotéides, 
établi  par  Latreille ,  et  caractérisé  princi¬ 
palement  par  la  conformation  remarquable 
des  pattes,  dont  les  quatre  premières  paires 
sont  lainelleuses  au  bout,  natatoires,  et  im¬ 
propres  à  la  marche  et  à  la  préhension  ;  tan¬ 
dis  que  celles  des  trois  dernières  paires  sont 
ambulatoires.  Il  est  aussi  à  noter  que  les 
antennes  de  la  seconde  paire  sont  pédifor- 
mes.  Cette  petite  division  générique  ne  dif¬ 
fère  pas  de  la  division  établie  par  M.  John¬ 
ston  sous  le  nom  de  Leachia.  (M.  E.) 

*  ARCTURÎJ8  (  àp'.-îovpaç,  arcture, 
nom  d’une  étoile  de  la  Grande-Ourse),  ins. 
—  M.  Curtis,  dans  son  Catalogue  des  insec¬ 
tes  de  l’Angleterre ,  désigne  ainsi  un  genre 
de  Lépidoptères  qu’il  a  créé  pour  y  placer 
une  espèce  qu’il  nomme  Sparshali  ;  mais 
M.  Boisduval  prétend  que  cette  espèce,  qui 
se  trouve  en  Amérique,  est  étrangère  à  l’Eu- 


ARC 

rope  ;  elle  a  beaucoup  de  rapports ,  pour  la 
taille  et  la  couleur,  avec  les  Liparis  salicis  et 
Chrysorrliœa.  (D.) 

*AR€TÏJRXJS,  Bentham,  bot.  ph.  — 
Sous-genre  de  la  famille  des  Scrophulari- 
nées,  dont  le  type  est  le  Celsia  Arcturus, 
Linn.  Son  auteur  le  caractérise  ainsi  qu’il 
suit  :  Étamines  soit  toutes  barbues,  soit  les 
deux  majeures  glabres  ;  anthères  toutes  mé- 
difixes,  à  bourses  confluentes.  (Sp.) 

*  ARCTYLE.  Arctylus  («/sx tû)os,  our¬ 

son  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  hété- 
romères,  famille  des  Mélasomes,  adopté  par 
M.  Dejean  dans  son  dernier  Catalogue ,  d’a¬ 
près  un  premier  travail  de  M.  Solier,  qui 
l’a  réuni  depuis  à  son  genre  Calymmapho- 
rus.  Voy.  ce  mot.  (D.  et  C.) 

*  ARCYPHYLLUM.  Elliot,  Sketch. 
(«/oxvç,  réseau;  <p ùMoy ,  feuille),  bot.  pu. 

—  Synonyme  du  genr eRhynchosia,  delà 

famille  des  Légumineuses ,  sous-ordre  des 
Papilionacées.  (Sp.) 

ARCYPTERA  (a/sxv?,  réseau  ;  «r e/scv, 
aile),  ins.  — M.  Serville  (Hist.  des  orthopi., 
suites  à  Buff.)  donne  ce  nom  à  une  division 
qu’il  a  établie  dans  le  genre  OEdipoda ,  de  la 
famille  des  Acridiens  ,  sur  les  esp.  qui ,  pré¬ 
sentant  les  caractères  génériques  des  vérita¬ 
bles  OEdipoda  ,  ont  le  bord  marginal  anté¬ 
rieur  des  élytres  un  peu  dilaté ,  et  les  ner¬ 
vures  transversales  saillantes  et  nombreuses. 
M.  Serville  signale  quelques  espèces  euro¬ 
péennes  appartenant  à  cette  division,  dont 
les  plus  répandues  sont  les  OEdipoda  (Ar- 
cyptera )  cothurnata  (. Gryllus  cothurnalus , 
Creutz.),  OEdipoda  ( Arcyptera  )  parallela 
(i Gryllus  parallelus  ,  Zetterst),  espèces  ré¬ 
pandues  en  France  et  dans  le  midi  de  l’Eu¬ 
rope.  (Bl.) 

ARCYRIA  («/îxuç,  réseau),  bot.  cr. 

—  Hill  (History  of  plants ,  p.  47)  a  décrit 
sous  ce  nom  un  genre  de  Champignons  que 
Micheli,  auparavant,  avait  nommé  Clathroï- 
des.  Il  appartient  aux  Trichospermes  de 
Persoon  et  aux  Myxogastres  de  Fries.  Le 
péridium  est  simple,  membraneux  et  fugace 
à  sa  partie  supérieure ,  qui  se  sépare  régu¬ 
lièrement  et  circulairement.  Le  capillitium 
est  élastique  et  adhère  à  la  partie  inférieure 
du  péridium  ,  qui  persiste  sous  forme  de 
calice.  Cette  élasticité  du  capillitium  pour¬ 
rait  le  faire  confondre  avec  le  genre  Trichia ; 
mais ,  dans  celui-ci ,  le  péridium  disparaît 


ARD 


97 


,  en  totalité;  il  en  est  de  même  du  g.  Stemo- 
nitis,  que  l’on  reconnaît  facilement  à  l’axe 
solide  qui  traverse  le  capillitium  dans  toute 
sa  longueur.  Les  genres  Physarum,  Did ar¬ 
ma,  etc.,  ont  aussi  des  caractères  qui  ne 
permettent  pas  de  les  confondre.  Quand  les 
Arcyria  commencent  à  se  développer,  elles 
ne  présentent  d’abord  qu’un  mucilage  dans 
lequel  il  est  difficile  de  reconnaître  une  or¬ 
ganisation  ;  plus  tard ,  les  péridies  se  déve¬ 
loppent.  A  l’époque  de  la  maturité,  leur  partie 
supérieure  disparaît,  et  le  capillitium  s’élance 
avec  élasticité  et  disperse  les  spores.  Celui- 
ci  reste  souvent  fort  long-temps  adhérent  au 
petit  calice,  ce  qui  produit  un  joli  coup  d’œil. 
h1  Arcyria  punicea ,  Fers.,  qui  est  l’espèce 
la  plus  commune,  croît  sur  le  vieux  bois,  et 
se  fait  remarquer  par  sa  belle  couleur  rou¬ 
ge  ;  les  autres  espèces  sont  moins  brillantes, 
mais  elles  flattent  aussi  agréablement  l’œil 
par  leur  forme  et  par  la  délicatesse  de  leur 
structure.  (LÉv.) 

*ARCYTOPHYLLUM, Willd.  Jt>xcu- 
0oî,  genévrier;  <?ÿ//ov, feuille),  bot.  ph. — 
Synonyme  du  genre  Hedyotis,  de  la  famille 
des  Rubiacées.  (Sp.) 

*  AUDE  A.  ois. —  Nom  latin  du  héron. 
Voyez  ce  mot.  _  (C.  d’O.) 

*ARBÉIBÉES.  Ardeidœ  ( Ardea ,  nom 
d’un  genre  de  cette  famille),  ois.— Famille 
de  l’ordre  des  Échassiers  de  Cuvier ,  répon¬ 
dant  à  sa  famille  desCultrirostres  et  à  celle 
des  Hérodions  de  Vieillot.  Ses  caractères 
sont  :  Grande  taille  ;  bec  long,  gros  et  fort , 
comprimé  sur  les  côtés,  le  plus  souvent 
droit ,  tranchant  sur  ses  bords  et  pointu , 
arqué  et  grêle  dans  un  seul  cas.  Cou  long 
et  grêle  ;  tête  et  cou  ayant  souvent  des  es¬ 
paces  nus  et  colorés;  jambes  ayant  leur  moi¬ 
tié  inférieure  dénuée  de  plumes  ;  tarses  et 
doigts  longs  et  robustes  ;  ceux-ci  réunis  à 
leur  base,  du  moins  l’externe  et  le  médian, 
par  une  courte  membrane;  pouce,  ou  long, 
et  appuyant  sur  le  sol  dans  toute  sa  lon¬ 
gueur,  ou  court ,  élevé  sur  le  tarse,  et  l’at¬ 
teignant  à  peine  à  son  extrémité. 

Cette  famille  nombreuse,  qui  renferme  la 
plupart  des  grandes  espèces  d’Échassiers,  ne 
serait  que  le  représentant  des  Cultrirostres 
de  Cuvier ,  si  nous  n’avions  cru  devoir  lui 
réunir  les  Ibis,  faisant  partie  de  sa  famille 
suivante  (les  Longirostres) ,  parce  que  ces  oi¬ 
seaux  ,  quoiqu’en  apparence  très  voisins ,  par 

T.  II. 


ARD 

i  leur  hcc  grêle  et  arque,  des  Courlis,  auxquels 
on  les  réunissait,  en  diffèrent  réellement 
par  des  caractères  essentiels  qui  les  rappro¬ 
chent  au  contraire  de  nos  Ar déidées.  Tels 
sont  une  taille  généralement  plus  forte,  des 
espaces  nus  sur  la  tête  et  sur  le  cou,  un  bec 
plus  robuste  et  quadi  angulaire  à  sa  base,  un 
pouce  plus  long  et  s’appuyant  sur  le  sol , 
quelquefois  des  espèces  de  panaches  dor¬ 
saux  formés,  comme  chez  les  Tantales,  par 
les  tertiaires  à  barbes  décomposées  et  pro¬ 
longées  ;  un  plumage  le  plus  souvent  bril¬ 
lant  et  à  reflets  métalliques ,  et  enfin  un 
caractère  anatomique  important ,  qui  con¬ 
siste  dans  la  forme  de  leur  appareil  sternal, 
fort  différent ,  selon  M.  Lherminier  et  d’a¬ 
près  nos  propres  observations,  et  tellement 
semblable,  au  contraire,  à  celui  des  Spatules, 
que  ce  savant ,  dans  son  Essai  de  la  classi¬ 
fication  des  oiseaux ,  a  formé  de  ces  deux 
genres,  d’après  la  forme  du  sternum ,  un 
petit  groupe  à  la  suite  de  ses  Hérodions 
et  avant  les  vrais  Échassiers  ou  Longiro¬ 
stres  de  Cuvier ,  avec  lesquels  il  range  les 
Courlis. 

Quant  aux  deux  genres  Courliri  et  Çaa- 
rale,  genres  vraiment  anomaux  et  à  carac¬ 
tères  mixtes ,  que  Cuvier  a  placés  dans  ses 
Cultrirostres  ,  comme  espèces  de  transition 
des  Grues  aux  Cigognes,  l’impossibilité  de 
les  faire  figurer  naturellement  dans  aucune 
de  ces  deux  sous-familles  nous  a  décidé  à 
en  former  une  nouvelle ,  faisant  partie  de 
nos  Ardéidées ,  et  sous  le  nom  éPAraminèes, 
iVAramus,  nom  latin  du  Courlan.  Notre  fa¬ 
mille  ARDEIDEES  comprendra  donc  les 
sous-familles  grfinées  ,  aroéinées  ,  ci- 
CONINÉES,  IBISINÉES  et  AR  AMINÉES.  Voy. 

ces  mots.  ;  __  (Lafr.) 

*  ARDÉ1NÉES.  Ardeinœ  (Ardea,  nom 
d’un  genre  de  cette  sous-famille),  ois.  — 
Sous-famille  de  notre  famille  Ardéidées , 
répondant  au  groupe  des  Hérons  de  Cuvier, 
et  ayant  pour  caractères  :  Bec  plus  long  que 
la  tête,  robuste,  droit,  comprimé  en  carène 
arrondie  en  dessus;  dans  un  seul  cas,  énor¬ 
mément  large  et  aplati.  Narines  recouvertes 
d’une  membrane,  et  placées  dans  un  sillon 
prolongé.  Jambes  dénuées  de  plumes  dans 
leur  moitié  inférieure.  Tarses  très  longs , 
scutellés  en  avant  ;  doigts  longs  et  forts , 
pouce  appuyant  en  entier  sur  la  surface  du 
sol  ;  ongles  souvent  allongés ,  peu  arqués , 

7 


98 


ARD 


celui  du  pouce  robuste ,  plus  grand  et  plus 
arqué ,  pouce  articulé  sur  le  tarse ,  un  peu 
en  dedans;  ongle  du  doigt  médian  serri- 
forme  sur  son  bord  interne. 

Cette  sous-famille,  telle  que  nous  là  con¬ 
cevons  ,  et  dégagée  des  genres  Courliri  et 
Caurale ,  qu’il  n’était  guère  possible  d’y  in¬ 
troduire,  est  des  plus  naturelles  ;  elle  ne  se 
compose  alors  que  des  g.  Savacou  èt  Héron, 
ce  dernier  se  subdivisant  en  diverses  sec¬ 
tions  ou  sous-genres  reconnus  depuis  long¬ 
temps  ,  mais  que  leurs  caractères  différen¬ 
tiels  trop  peu  importants  n’ont  pas  permis 
de  regarder  comme  genres. 

Tous  ces  oiseaux  sont  piscivores  et  repti- 
livores ,  habitants  des  marais  et  des  bords 
des  rivières  ;  ils  se  perchent  et  nichent  sur 
les  arbres.  Voy.  héron  et  savacou  ,  les 
seuls  g.  que  renferme  cette  sous-famille. 

(Lafr.) 

ARDENET  ou  ARDERET.  ois.  — 
Nom  vulgaire  du  Gros-bec  des  Ardennes, 
Fringilla  montif ring  ilia,  L.  Voyez  gros- 
bec.  (C.  d’O.) 

ARDEOL  A  (  diminutif  d 'Ardea  ).  ois. 
—  Genre  formé  par  Ch.  Bonaparte ,  dé¬ 
membré  du  genre  Ardea ,  et  synonyme  du 
groupe  des  Hérons  Blongios  de  Vieillot,  et 
des  Crabiers  de  Cuvier ,  formés  bien  anté¬ 
rieurement  ;  nous  l’admettons  comme  nom 
latin  de  notre  sous-genre  Blongios.  Voy. 
héron.  (Lafr.) 

*ARDÉOLE.  ois.— Nom  de  l’espèce 
du  genre  Brome.  Voyez  brome. 

(Lafr.) 

ARDERELLE ,  ARDEROLLE  , 
ARDEZELLE.  ois.  —  Nom  vulgaire  de 
la  Mésange  charbonnière,  Parus  aler,  L. 
Voy.  mésange.  (C.  d’O.) 

ARDERET.  ois.  —  Voyez  ardenet. 

*ARDINGHELIA.  bot.  pii.  —  Com- 
merson,  dans  ses  Manuscrits,  donnait  ce  nom 
à  un  genre  d’Euphorbiacées,  le  Kirganelia. 
Voy.  ce  mot.  (Ad.  J.) 

ARDÏSIA  (a/Ji't;,  pointe,  dard,  flèche.) 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Myrsi- 
nacées  ,  type  de  la  tribu  des  Ardisiées ,  éta¬ 
bli  par  Swartz  (Prod.,  40),  revu  et  plus 
complètement  défini  par  M.  A.  de  Candolle 
( Linn .  Trans.,  t.  XVII,  p.  115)  par  ces  ca- 
ract.  :  Calice  5-fide  ou  5-parti.  Corolle  hy- 
pogyne,  subrotacée  ,  5-partie  ;  lacinies  à  es¬ 
tivation  imbricatiVe ,  étalées  ou  subréflé- 


ARD 

chies  lors  de  l’anthèse.  Étamines  5,  insérées 
à  la  gorge  de  la  corolle ,  et  opposées  aux 
lacinies  ;  filaments  courts  ,  subulés ,  libres. 
Anthères  conniventes ,  libres,  ou  plus  rare¬ 
ment  connées,  aussi  longues  ou  plus  lon¬ 
gues  que  les  filaments,  dressées  ,  biloculai- 
res ,  triangulaires ,  aiguës  ou  acuminées  , 
déhiscentes  longitudinalement.  Ovaire  uni¬ 
loculaire  ,  à  placenta  basilaire  ,  libre  ,  sub¬ 
globuleux  ;  ovules  indéfinis  ,  peltés-amphi- 
tropes.  Style  simple  ,  persistant  ;  stigmate 
subulé  ou  ponctiforme.  Baie  monosperme. 
Graine  convexe  d’un  côté ,  ombiliquée-con- 
cave  de  l’autre.  Embryon  arqué  ou  flexueux 
dans  un  albumen  corné  ,  transverse  à  l’om¬ 
bilic,  à  radicule  vague. — M.  A.  de  Candol¬ 
le,  dans  son  travail  ( loc .  cit.),  a  sous -divi¬ 
sé  ce  g.  de  la  manière  suivante  :  1°  Euar- 
disia  ,  sous-divisé  ffii  -  même  en  a  Pyrgus , 
fi  Bladiaj  2°  Hymenandra;  3°  Micranthe- 
ra;  4°  Tyrbœa  (  Voy.  ces  mots).  C’est  au 
premier  de  ces  sous- genres  qu’on  doit  ra¬ 
tionnellement  rapporter  en  synonymie  les 
g.  Pyrgus,  Lour.  ;  Jcacorea ,  Aubl.  ;  He- 
berdenia ,  Banks;  Anguillaria ,  Gaertn. 
(  Voy.  ces  mots  ).  Les  Ardisies  sont  assez 
nombreuses  (50  environ).  Ce  sont  des  ar¬ 
bres  ,  des  arbrisseaux  ou  des  sous-arbris¬ 
seaux  ,  propres  à  l’Asie  et  à  l’Amérique  tro¬ 
picale  ,  dont  on  trouve  aussi  quelques  rares 
esp.  au  Japon  et  aux  Canaries  ;  à  feuilles 
alternes ,  plus  rarement  opposées  ou  ter- 
nées,  ponctuées,  très  entières  ou  plus  sou¬ 
vent  denticulées  ;  à  inflorescence  paniculée, 
tantôt  terminale ,  tantôt  axillaire  ;  à  fleurs 
blanches  ou  roses.  On  en  cultive  dans  les  ser¬ 
res  d’Europe  plus  de  vingt  esp. ,  dont  une 
des  plus  remarquables  est  VA.  paniculata , 
ornée  de  feuilles  très  amples,  et  de  longues 
panicu4es  de  fleurs  roses,  petites,  mais  assez 
élégantes.  ^  (C.  L.) 

ÂRDISIACÉËS.  bot.  ph.  —  Une  fa¬ 
mille  fut  proposée  sous  ce  nom  par  A.L.de 
Jussieu,  et,  à  peu  près  dans  le  même  temps, 
elle  fut  établie  par  R.  Brown  sous  celui  de 
Myrsinées ,  qui  a  plus  généralement  été  ado¬ 
pté,  et  auquel,  par  conséquent,  nous  ren¬ 
voyons.  (Ad.  J.) 

ARDOISE,  géol.  —  Voyez  phyl- 
lade.  CC.  d’O.) 

*  ARDOISIER.  géol.  —  Omalius 
d’Halloy  donne  ce  nom  à  un  groupe  de  ter- 
|  rains  qui  comprend  tous  ceux  qui  présen- 


à  HL 


AKE 


99 


lent  une  disposition  feuilletée ,  et  ont  une 
tendance  à  passer  à  l’Ardoise.  (C  n’Q.) 

*  ARDOPTÈRE.  Ardoptera  (  ftqfw  , 
j’arrose;  * rèpov,  aile),  ins.—  Genre  de  l’or¬ 
dre  des  Diptères  ,  division  des  Brachocères, 
subdivision  des  Tétrachoètes,  famille  des  Ta- 
nystomes,  tribu  des  Empides,  formé  par  M. 
Macquart  aux  dépens  des  g.  Tachydromia 
de  Fallen,  et  Hemerodromia  de  Meigen  ;  il 
présente  les  caractères  suivants  :  Corps  fort 
étroit.  Tête  déprimée,  ovale  ;  partie  infé¬ 
rieure  portée  en  avant;  trompe  conique, 
assez  épaisse ,  un  peu  plus  courte  que  la 
tête,  et  dirigée  en  avant  ;  palpes  très  courts, 
couchés.  Antennes  de  deux  articles  distincts, 
le  dernier  conique.  Style  allongé.  Thorax 
cylindrique.  Pieds  grêles.  Ailes  étroites  ; 
nervures  marginale  et  sous-marginale  ondu¬ 
leuses;  une  seule  cellule  marginale,  trois 
sous-marginales,  quatre  postérieures.  M. 
Macquart  décrit  comme  type  Y  Hem.  irro- 
rata  de  Meigen,  espèce  d’Europe ,  qui  se 
trouve  au  mois  de  mai  dans  les  bois ,  mais 
assez  rarement.  (D.) 

ARDSAKf.  ois.  —  Nom  vulgaire  du 
loriot.  Voyez  ce  mot.  (C.  d’O.) 

ARDUINA (Ârduini,  botaniste  italien, 
1759).  bot.  pii.  —  Genre  de  la  famille  des 
Apocynacées,  tribu  des  Carissées,  formé 
par  Linné  ,  et  réuni  par  les  botanistes  mo¬ 
dernes  au  g.  Carissa  du  même ,  dont  il  ne 
diffère  guère  que  par  des  loges  monosper¬ 
mes.  Voy.  carissa.  (C.  L.) 

AREC.  Areca.  bot.  ph.  —  Le  nom  d’A- 
reca  paraît  être  donné,  dans  quelques  parties 
de  l’Inde,  à  la  graine  de  l’esp.  de  Palmiers  que 
Linné  a  décrite  sous  le  nom  d 'Areca  Cate- 
chu;  mais  ce  nom  est  loin  d’être  général 
dans  les  langues  du  pays  :  car,  suivant  les 
contrées  de  l’Asie  et  même  de  l’Inde,  on 
paraît  le  désigner  sous  les  noms  de  Fanfel, 
de  Caunga,  de  Pinanga ,  etc.  C’est  cepen¬ 
dant  de  celte  désignation  vulgaire  d?  Arec  a 
que  Linné  a  dérivé  le  nom  du  genre  qui 
nous  occupe;  on  avait,  plus  tard,  réuni  sous 
ce  nom  générique  quelques  espèces  améri¬ 
caines  aux  espèces  asiatiques  qui  lui  avaient 
servi  de  type  ;  mais  une  étude  plus  appro¬ 
fondie  a  montré  que  ces  Palmiers  américains, 
et  en  particulier  celui  qu’on  désigne  sous 
le  nom  de  Chou  palmiste,  aux  Antilles,  Are¬ 
ca  oleracea,  Jacq.,  doivent  être  exclus  du 
genre  Areca,  et  rentrent  dans  le  genre  Oreo- 


doxa,  Willd.,  g.  très  voisin,  du  reste ,  des 
Areca.  Les  caractères  essentiels  de  ce  der¬ 
nier  genre  sont  d’avoir  les  Heurs  unisexuées, 
mais  réunies  dans  la  même  panicule,  qu’on 
désigne,  dans  cette  famille,  sous  le  nom  de 
spadix  ou  de  régime,  et  contenues,  avant  la 
floraison,  dans  une  spathe  simple  ou  double, 
qui  les  enferme  complètement.  Les  fleurs  fe¬ 
melles  sont  placées  vers  la  base  des  rameaux 
du  régime,  en  petit  nombre,  sur  chacun  de 
ces  rameaux  ;  les  fleurs  mâles  sont  portées 
en  grand  nombre  sur  les  parties  terminales 
de  ces  rameaux.  Toutes  sont  sessiles  et  mê¬ 
me  enfoncées  dans  les  excavations  des  ra¬ 
meaux. 

Les  fleurs  mâles  ont  un  calice  à  trois  lo¬ 
bes  profonds,  carénés;  une  corolle  à  trois 
pétales  lancéolés,  rapprochés  en  préflorai¬ 
son  valvaire. 

Les  étamines  sont  au  nombre  de  trois , 
six  ou  douze ,  et  naissent  de  la  base  de  la 
corolle  ;  les  filaments  sont  subulés  et  pres¬ 
que  réunis  par  la  base;  les  anthères  ovales  , 
sagittées;  il  y  a  un  rudiment  d’ovaire  impar¬ 
fait.  Les  fleurs  femelles  ont  aussi  deux  en¬ 
veloppes  florales ,  mais  elles  sont  plus  lar¬ 
ges  et  imbriquées  ;  il  n’y  a  que  des  rudi¬ 
ments  d’étamine;  l’ovaire,  ovale,  triloculai- 
re ,  est  surmonté  de  trois  stigmates  sessiles, 
distincts ,  et  renferme  un  ovule  fixé  dans  le 
fond  de  chaque  loge. 

Le  fruit  est  un  drupe  charnu,  à  péricarpe 
fibro-charnu,  recouvrant  une  membrane 
mince,  qui  ne  présente  qu’une  seule  loge 
monosperme. 

La  graine,  ovale,  a  un  périsperme  consi¬ 
dérable,  corné,  sans  cavité  centrale,  et  ru¬ 
miné,  c’est-à-dire  pénétré  par  des  prolonge¬ 
ments  fibreux  du  test  ;  l’embryon  est  petit, 
et  placé  à  la  hase  même  du  périsperme. 

Ces  Palmiers  Gnt  une  tige  élancée ,  mar¬ 
quée  de  cicatrices  transversales  assez  espa¬ 
cées  et  sans  épines. 

Les  feuilles  sont  allongées,  pennées,  et  pré¬ 
sentent  des  gaines  assez  longues  et  envelop¬ 
pantes  ;  les  folioles  sont  nombreuses ,  plus 
ou  moins  lancéolées,  aiguës  ;  le  rachis  et  le 
pétiole  sont  lisses. 

Les  régimes  naissent  à  l’aisselle  des  feuil¬ 
les,  mais  ne  se  développent  qu’aprèsla  chute 
de  ces  feuilles ,  et  sont  ainsi  inférieurs  aux 
feuilles  qui  couronnent  la  tige  au  moment 
de  la  floraison. 


100 


ARE 


ARE 

Ces  Palmiers  étaient  très  imparfaitement 
connus  jusque  dans  ces  derniers  temps  ; 
mais  Plume ,  dans  l’excellent  ouvrage  sur 
les  plantes  des  îles  d’Asie  qu’il  public  sous 
le  titre  de  Rumpliia ,  a  fait  une  étude  ap¬ 
profondie  des  Arécinées  asiatiques,  et  a  don¬ 
né  des  Areca  un  caract.  mieux  défini,  et 
dans  lequel  nous  avons  puisé  la  description 
précédente.  Il  en  a  séparé  le  genre  Pinan¬ 
ga.  qui  en  diffère  par  ses  fleurs  femelles, 
disposées  dans  toute  la  longueur  des  ra¬ 
meaux  du  spadix,  et  accompagnées  chacune 
de  deux  fleurs  males  placées  sur  leurs  côtés  ; 
enfin  ,  il  a  fait  connaître  neuf  espèces  ap¬ 
partenant  au  genre  Areca  proprement  dit , 
et  croissant  tous  dans  les  îles  d’Asie  ,  dans 
les  parties  tropicales  de  ce  continent.  Quant 
aux  Pinanga ,  qui  comprennent  plusieurs 
espèces  précédemment  classées  parmi  les 
Areca,  il  en  énumère  douze  espèces,  et  rap¬ 
porte  avec  doute  au  meme  genre  les  Areca 
alba ,  rubra  et  crinita  de  Bory  St-Vincent, 
croissant  aux  îles  de  France  et  de  Bourbon. 
L '‘Areca  lutescens,  du  meme  auteur,  appar¬ 
tient  au  genre  Hyophorbe  de  Gærtner. 

Mais ,  de  toutes  les  esp.  de  ce  genre ,  la 
plus  remarquable  est  celle  qui,  dans  l’Inde, 
fournit  la  noix  d’Arcc.  Elle  a  été  désignée  par 
Linné  sous  le  nom  d 'Areca  Catechu,  parce 
qu’il  croyait  qu’elle  fournissait  le  Cachou. 
Ce  nom  lui  a  été  conservé ,  quoiqu’il  soit 
bien  reconnu  que  c’est  une  erreur  ;  Gærtner 
la  désigne  sous  le  nom  d ’ Areca  Fanfel,  qui 
serait  plus  convenable.  Cette  esp.,  répandue 
dans  presque  toute  l’Asie  équatoriale,  mais 
qui  paraît  originaire  de  la  presqu’île  de  Malac- 
ca,  a  le  fruit  gros  comme  un  œuf  de  poule.  Le 
brou,  fibreux  et  charnu  lorsqu’il  est  frais,  et 
qu’on  mange  dans  cet  état,  recouvre  une  noix 
ou  graine  de  la  grosseur  d’une  muscade,  ovale, 
aplatie  à  la  base,  dont  lepérisperme  est  pé¬ 
nétré  par  de  nombreux  prolongements  du 
tégument  de  la  graine ,  et  présente  des  mar¬ 
brures  remarquables  ;  ce  périsperme  est  très 
âpre  et  styptique ,  et  cette  saveur  le  fait 
employer,  dans  toutes  les  Indes  orientales  , 
comme  masticatoire  et  probablement  com¬ 
me  facilitant  la  digestion.  Mais  ce  n’est  pas 
isolé  qu’on  l’emploie  :  on  en  masque  la  saveur 
désagréable  au  moyen  de  la  poudre  de  Bé¬ 
tel  ,  espèce  de  poivre ,  et  de  la  chaux.  Cette 
poudre ,  ainsi  mélangée ,  est  mise  dans  la 
bouche  ,  et  la  salive  qui  l’humecte  d’abord 


est  rejetée  pour  enlever  l’excès  de  chaux, 
dont  la  causticité  serait  dangereuse;  ensui¬ 
te  on  conserve  la  pale  dans  la  bouche  en 
avalant  le  suc  qu’on  en  extrait,  jusqu’à  ce 
qu’elle  soit  devenue  insipide. 

Les  Orientaux  portent  habituellement  sur 
eux  cette  poudre  préparée,  et  en  font  un 
usage  fréquent.  ^  (Ad.  B.) 

*  ARECINEES.  Arecinæ.  bot.  piï.— 
Tribu  de  la  famille  des  Palmiers,  à  laquelle 
M.  Martius  rapporte  les  genres  Chamœdo- 
rea ,  Willd.;  IJyospathe ,  Mart.;  Moreriia, 
Ruiz  et  Pay.;  Kunthia ,  H.  et  B.;  Hyophorbe , 
Gærtn.  ;  Leopnldinia  ,  Mart.  ;  Euterpe  , 
Mart.  ;  OEnocarpvs  ,  Mart.  ;  Oreodoxa  , 
Willd.  ;  Areca ,  L.  ;  Dypsis,  Norouh.  ;  Sea- 
forthia,  R.  Br.  (Ptycliosperma,  Labill.) , 
Orania ,  Blume  ;  Harina,  Hamilt.  (  Walli - 
chia,  Roxb.  ,  non  Ï)C. );  Iriartea,  R.  et  P. 
( Ceroxylon ,  H.  et  B.)  ;  Ârenga,  Labill.  (Sa- 
guerus ,  Roxb.,  Blume);  Caryota,  L. 

M.  Blume  a  formé  une  tribu  distincte,  sous 
le  nom  de  Caryotinœ,  des  genres  Caryota , 
Orania,  Saguerus  et  Ptycliosperma,  et  pro¬ 
bablement  de  quelques  autres  de  la  fin  de 
l’énumération  précédente  ,  tels  que  Harina 
et  iriartea. 

Il  a  ,  au  contraire  ,  ajouté  à  la  tribu  des 
Arécinées  proprement  dites  les  nouveaux 
genres  Oncosperma,  Kentia,  Pinanga ,  Cyr- 
tostachys,  Calyptrocalyx  et  Iguanura.Yoy. 
ces  mots  et  palmiers.  (Ad.  B.) 

AREBULA.  ois.  —  Synonyme  latin  du 
nom  de  l’Hirondelle  de  cheminée ,  Hirun- 
do  rustica,  L.  (C.  d’O.) 

AREGMA  (à  priv.;  pîypx ,  rupture). 
bot.  cr.  —  Fries  ( Systema  mycol. ,  vol. 
III,  p.  403)  donne  ce  nom  au  g.  Phragmi- 
dium,  parce  que  les  spores ,  ou  plutôt  les 
sporanges  ,  supportés  par  de  longs  péri  icel¬ 
les,  sont  indéhiscents.  Voy.  phragm!- 
DIUM.  (LÉV.) 

*ARELINA.  bot.  pii.— Synonyme  du 
genre  Stobœa  de  la  famille  des  Composées. 

(J.  D.) 

AREMONIA,  Neck.  [Elem.,  768).  — 
Amonia,  Nestl.  ( Monogr .  Potent.). — Agri- 
monioides  ,  Tourn.  — Spallanzania,  Pol- 
lin.  Giorn.  di  fisic.  Pav.  ,  1816,  p.  187, 
cum  icône,  bot.  pu.  —  Genre  de  la  famil¬ 
le  des  Rosacées  ,  tribu  des  Dryadées  (famil¬ 
le  des  Dryadrées  ,  Bartl.).  Ce  g. ,  constitué 
par  une  seule  espèce  (  A.  agrimonioides 


ARE 


101 


DC. — Agrimonia  agrimonioides  ,  L.,  plante 
indigène  d’Italie  ),  est  très  voisin  des  Aigre- 
inoines,  et  offre  pour  caract.  distinctifs  : 
Involucre  caliciforme  ,  5-ou  G -fi  de.  Tube 
calicinal  oblong;  limbe  4-ou  5-fidc ,  urcéo- 
lc ,  à  gorge  bouchée  par  les  styles  ;  seg¬ 
ments  garnis  à  leur  base  d’une  dent  finale¬ 
ment  spinescente.  Pétales  4  ou  5.  Etamines 
5  - 10.  Pistil  de  2  ovaires  distincts.  Styles 
terminaux.  Akènes  (  en  général  solitaires 
par%avortement  )  submembranacés,  recou¬ 
verts  par  le  tube  calicinal ,  devenu  globu¬ 
leux  et  presque  osseux,  5-spinelleux  au 
sommet.  Graine  appendante.  ■ —  Herbe  vi¬ 
vace.  Feuilles  imparipennée's  ;  folioles  den¬ 
telées  ,  subsessiîes  :  les  inférieures  petites  ; 
les  suivantes  graduellement  plus  grandes. 
Fleurs  petites  ,  jaunes ,  en  eymes  termina¬ 
les  ;  limbe  calicinal  persistant ,  à  segments 
connivents  après  la  floraison.  (Sp.) 

* ARENACE.  Arenàceus  ( arena ,  sable). 
géol.  polyp.  —  On  donne  cette  épithète 
aux  roches  friables,  composées  de  petits 
grains  se  désagrégeant  facilement,  et  ayant 
l’aspect  du  sable.  On  dit  :  Dépôt  arénacé  , 
structure  arénacée ,  etc. 

Le  même  nom  a  été  donné  à  un  Polypier, 
le  F  lustra  arenacea ,  parce  qu’il  construit 
à  la  surface  du  sable  des  cellules  irréguliè¬ 
res.  ^  r  (C.  b’O.) 

*  ARÉNACÉES.  Arenaceœ.  géol.  — 
M.  Brongniart  désigne  sous  ce  nom  un  grou¬ 
pe  de  roches  friables,  de  texture  grossière, 
et  se  désagrégeant  facilement.  (C.  b’O.) 

*  ARÉNAIRE.  Arenarius  (arena,  sa¬ 
ble).  zool.  bot.  —  Ce  nom  s’applique, 
comme  spécifique,  à  tous  les  êtres  organisés 
qui  vivent  dans  les  sables;  ainsi  nous  trou¬ 
vons,  en  zoologie,  le  Mus  arenarius ,  petit 
mammifère  de  l’ordre  des  Rongeurs,  qui  vit 
dans  les  plaines  sablonneuses;  parmi  les  in¬ 
sectes,  le  Sphex  sabulosa ,  Vîulus  sabulo- 
sus ;  dans  la  classe  des  Mollusques,  la  Septa- 
ria  arenaria,  etc.,  qui  ne  vivent  qu’au  milieu 
des  sables.  En  botanique ,  on  trouve  un 
grand  nombre  de  plantes  qui  prennent  cette 
épithète,  parce  qu’elles  ne  croissent  que 
dans  les  sables  et  les  terrains  secs  et  arides  : 
tels  sont  le  Phleum  arenarium,  YElymus 
arenarius ,  la  Viola  arenaria ,  etc. 

(C.  d’O.) 

ARENAIRE.  Arenaria  (  Arenarius , 
qui  vit  dans  le  sable),  moll.—  Sous  le  nom 


ARE 

de  Ligula,  Montagu,  dans  su  Conchyliologie 
d'Italie ,  a  proposé  un  genre  très  voisin  des 
Lulraires  et  des  Amphidesmes.  Long-temps 
après»  M.  Mégerle,  dans  sa  Classification  des 
coquilles  bivalves  ,  publiée  en  1811  dans  le 
Bulletin  de  Berlin,  a  formé  un  genre  Are¬ 
naria  qui  correspond  exactement  au  genre 
Ligule  de  Montagu.  Le  genre  Arénaire  doit 
donc  disparaître  de  la  nomenclature  ,  quel 
que  soit  le  sort  ultérieur  des  Ligules.  Voy. 
LIGULES  et  LUTRAIBES.  (ÜESIÏ.) 

ARENARIA.  ois.  —  Nom  donné  par 
quelques  ornithologistes  au  Sanderling 
( Charadrius  calidris ,  L.),  et  par  Brisson  au 
Tournepierre,  T  ring  a  morinella,  L.  Voy. 

SANDERLING  et  TOURNEPIERRE. 

(C.  B’O.) 

ARENARIA,  Linn.  ;  vulgairement SA- 
BLINE  (arena,  sable). — Eremogone ,  Fenzl. 
—  Gouffeia  ,  Robiil.  et  Cast.  bot.  pii.  — 
Genre  de  la  famille  des  Caryophyllées  (sous- 
ordre  ou  tribu  des  Alsinées,  section  des  Aré- 
nariées ,  Fenzl).  M.  Fenzl  (in  Endl.  Gen. 
Plant.,  p.  967)  en  circonscrit  les  caractères 
ainsi  qu’il  suit  :  Calice  5-parti ,  à  segments 
herbacés  ,  dressés ,  opprimés  après  la  florai¬ 
son.  Corolle  (quelquefois  nulle)  de  5  pétales 
périgynes  ,  très  entiers ,  ou  denticulés ,  ré¬ 
tus  ou  éehancrés.  Bisque  (quelcjtiefois  inap¬ 
parent}  à  glandules  périgynes  ou  subhypo- 
gvnes ,  mcmbranacécs  ou  charnues ,  di¬ 
stinctes  ,  le  plus  souvent  tronquées  ou  à  3 
bosses.  Étamines  10,  toutes  fertiles,  insé¬ 
rées  au  disque  ;  filets  subuîés  ou  sétacés ,  li¬ 
bres  ;  anthères  2-thèques,  longitudinale¬ 
ment  déhiscentes.  Ovaire  1-loculaire,  pauci- 
ou  multi-ovulé  ;  ovules  amphitropes  ,  atta¬ 
chés  à  un  placentaire  central  columnaire , 
libre.  Stigmates  2  ou  5  (rarement  4  ou  5), 
filiformes.  Capsule  mcmbranacée  ,  ou  char- 
tacée,  ou  crustacée ,  globuleuse  ou  ovoïde, 
i-loculaire ,  en  général  polysperme,  s’ou¬ 
vrant  d’abord  au  sommet  par  deux  fois  au¬ 
tant  de  dents  qu’il  y  avait  de  stigmates, 
puis  en  deux  ou  trois  valves  2-dentées  ou  2- 
fides.  Graines  lenticulaires,  piriformes,  ou 
globuleuses,  scabres ,  ou  rugueuses,  opa¬ 
ques  (  par  exception  lisses  et  luisantes  ) ,  à 
hile  sans  strophiole.  Embryon  annulaire  , 
périphérique  ;  cotylédons  incombants  ou 
moins  souvent  obliquement  accombants  ; 
radicule  souvent  saillante.  —  Herbes  (quel¬ 
quefois  suffrutescentes  à  la  base)  en  général 


102 


A  HE 


ARE 


basses ,  diffuses  ;  fleurs  soit  solitaires  \.di- 
chotoméaires  et  terminales  ,  ou  axillaires  et 
terminales),  soit  disposées  en  cyme  feuilléc 
ou  bractéolée,  corymbiforme  ou  panicu- 
lée  ;  pétales  blancs  ou  très  rarement  pour¬ 
prés.  —  M.  Fenzl  sous-diyise  les  Ârcnaria 
en  6  sous-'genres ,  savoir  :  Eremogone, 
Euthalia,  Porphyrantha ,  Gouffeia  et 
Dicranilla  ( Voy .  ces  mots)  ;  mais  plusieurs 
de  ces  groupes  peuvent  être  considérés  à 
tout  aussi  juste  titre  comme  des  genres  di¬ 
stincts. 

Beaucoup  d 'Ârenaria,  des  auteurs  sont  à 
transférer  dans  différents  autres  genres 
[Voy.  Alsine,  Sabulina ,  Honkeneya, 
Merckia,  Bolophragma ,  Mœhringia ,  Ho- 
losteum  et  Lepigonum).  La  plupart  des  vrais 
Arenaria  habitent  les  contrées  extra-tro¬ 
picales  de  l’hémisphère  septentrional  ;  le 
genre  paraît  manquer  absolument  dans  la 
Nouvelle  -  Hollande  et  dans  la  Polynésie. 

(Sp.) 

*ARENARÎUM,  Seringe,  in  DG.  Prod. 
sub  Arenaria.  bot.  pu.  —  Synonyme  du 
genre  Lepigonum,  Fries,  de  la  famille  des 
Caryophyllées.  (Sp.) 

*  ARENARIUS.  ins.  —  Nom  donné 
par  Yoët  à  un  genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères  ,  famille  des  Carabiques ,  qui  corre¬ 
spond  au  genre  Cicindela  de  Linné.  Voy. 
ce  mot.  (D.) 

ARENRALÏTE  (d’Arendal ,  nom  de 
lieu),  min. — Nom  d’une  variété  d’Epidote, 
qu’on  trouve  à  Arcndal ,  en  Norwége.  Voy. 
épidqte.  (Del.) 

ARENDOULO.  foïss.  —  Dénomina¬ 
tion  vulgaire ,  selon  M.  Risso,  de  l’Exocet 
sauteur {Ex.  exsiliens.  H.),  àNices.  (Val.) 

ARENDRANTE  (Gomme  d’).  bot.— 
Voyez  copal.  (G.  d’O.) 

ARENG.  bot.  pu.  —  Nom  vulgaire,  à 
Java,  d’un  Palmier  dont  Labillardière  a  for¬ 
mé  le  g.  Arenga.  Ce  meme  Palmier,  d’après 
Rumphius  ,  est  désigné  par  les  Malais  sous 
le  nom  de  Gomuto,  et  habituellement  par  le 
nom  portugais  de  Sagueiro.  Rumphius  en  a 
dérivé  le  nom  latin  de  Saguerus ,  sous  le¬ 
quel  il  l’a  décrit  et  figuré,  Ge  dernier  nom  a 
été  adopté  avec  raison ,  comme  le  plus  an¬ 
cien  nom  scientifique,  par  Roxburgh  et  Blu- 
me.  Celui  (Y  Arenga  a  été  conservé  parMar- 
tius  dans  son  Histoire  des  Palmiers.  Voy. 
SAGUERUS.  (Ad.  B.) 


ARENGA.  bot.  pii.  —  Nom  de  l’Areng 
de  Java  ,  adopté  comme  nom  générique  de 
ce  Palmier  par  Labillardière.  Cette  espèce 
ayant  déjà  été  désignée  par  Rumphius  sous 
le  nom  de  Saguerus,  ce  nom  a  été  adopté 
de  préférence  par  plusieurs  auteurs.  Voy. 
SAGUEF.VS.  (Ad.  B.) 

ARÉNICOLE.  Arenicoja  (  arena , 
sable;  colere  ,  habiter  ).  année.  —  Genre 
d’Ànnélides  sétigères  errantes,  établi  par  La- 
marck ,  et  dont  l’espèce  type  avait  reçu  de 
Selon  la  dénomination  de  Lumbricus  ma- 
rinus,  adoptée  par  Linné,  et  de  Pallas 
celle  de  Nereis  lumbricoides.  Boucher  d’Ab¬ 
beville  indiqua  le  premier,  en  179S,  que  cette 
espèce  de  Ver  devait  former  un  genre  à  part. 

Les  Arénicoles,  dont  on  a  fait  une  famille 
à  part  sous  le  nom  d’Arénicoliens ,  ont  les 
caractères  génériques  suivants  :  Corps  allon¬ 
gé,  fusiforme,  à  tête  peu  distincte,  sans  yeux 
ni  antennes  ni  mâchoires  ;  bouche  entourée 
de  papilles  subradiaires  ;  anneaux  du  corps 
subdivisés  en  segments  secondaires;  les  an¬ 
térieurs  sans  branchies ,  ceux  de  la  partie 
moyenne  branchifères,  au  nombre  de  treize 
à  vingt;  les  postérieurs  apodes,  constituant  ce 
que  l’on  peut  appeler  l’abdomen  ;  le  thorax 
étant  formé  par  les  anneaux  antérieurs  et  mé¬ 
dians  ;  pieds  composés  de  deux  rames  :  l’une, 
dorsale,  représentant  un  tubercule,  garnie 
d’un  faisceau  de  soies  simples  et  subulées  ; 
l’autre ,  ventrale ,  en  mamelon  transverse  , 
armé  d’une  rangée  de  soies  à  crochets  ;  anus 
terminal,  dépassé  par  un  demi-anneau. 

Les  Arénicoles  ont  été  souvent  étudiées 
sous  le  rapport  de  leur  organisation.  Pallas, 
Cuvier,  Everard  Home,  et  plus  récemment 
Milne-Edwards  et  Grube ,  s’en  sont  succes¬ 
sivement  occupés.  Leur  tube  digest  if  s’étend 
en  ligne  droite  de  la  bouche  à  l’anus.  Sa 
largeur  est  assez  considérable  à  l’endroit  où 
le  corps  se  renfle,  et  l’est  encore  davan¬ 
tage  au  dessous  des  vésicules  jaunâtres  qui 
constituent  le  foie.  On  y  distingue  trois  par¬ 
ties  :  1°  une  trompe  protractile  couverte  de 
papilles ,  et  présentant  à  l’une  de  ses  extré¬ 
mités  l’ouverture  buccale;  2°  l’œsophage,  ou 
pharynx,  qui  fait  suite  à  la  trompe,  et  con¬ 
siste  en  un  tube  s’étendant  jusqu’à  la  hau¬ 
teur  des  vésicules  hépatiques;  3°  l’intestin 
proprement  dit ,  qui  fait  suite  à  une  dilata¬ 
tion  stomacale.  Cet  estomac  présente  une 
foule  de  petits  sacs  vésiculeux,  que  M.  Grube 


ARE 


ARE 


103 


regarde  comme  destinés  à  l’absorption  de  la 
substance  nutritive,  et  qui,  d’après  M.Milne- 
Edwards ,  sont ,  au  contraire,  des  organes 
biliaires.  D’après  ce  dernier  observateur,  la 
circulation,  dont  les  organes  ont  été  étudiés 
par  G.  Cuvier  et  Ev.  Home,  et,  depuis,  par 
M.  Grube,  a  lieu  comme  si  les  branchies  fai¬ 
saient  l’office  de  cœur  à  l’égard  du  sang 
contenu  dans  le  système  vasculaire  dorsal , 
et  le  cours  de  ce  liquide ,  dans  le  système 
circulatoire  ventral ,  est  déterminé  par  les 
battements  de  deux  réservoirs  contractiles 
placés  vers  le  tiers  antérieur  du  corps.  Ces 
réservoirs  méritent ,  à  tous  égards  ,  le  nom 
de  cœurs.  Une  partie  remarquable  des  vais¬ 
seaux  constitue  autour  du  canal  alimentaire 
un  réseau  qui  déverse  dans  deux  vaisseaux 
rampant  sur  les  côtés  de  ce  canal ,  et  qui 
font  l’office  de  veines  caves.  Ils  montent  jus¬ 
que  vis-à-vis  le  bas  de  l’œsophage ,  et  là  ils 
font  une  inflexion  pour  communiquer  avec 
la  grande  artère  dorsale ,  en  traversant  les 
renflemements  cordiformes  cités  plus  haut. 
Le  vaisseau  dorsal  va  en  diminuant  à  mesure 
qu’il  s’approche  des  extrémités  antérieure 
et  postérieure  ;  il  donne  des  vaisseaux  laté¬ 
raux  en  nombre  proportionné  à  celui  des 
branchies.  Celles-ci  ont  la  forme  d’arbuscu- 
les  ou  d’aigrettes,  composées  de  huit  à  dix 
brins  principaux ,  qui  partent  d’une  base 
commune  et  s’écartent  en  se  courbant  légè¬ 
rement.  Chacun  de  ces  brins ,  dit  Cuvier 
(Dict.  des  sc.  nat.,  t.  II,  p.  474),  porte  une 
douzaine  de  petites  branches  qui  se  subdivi¬ 
sent  deux  à  trois  fois  en  petits  rameaux.  Tout 
cet  appareil  ne  se  peut  bien  voir  que  pen¬ 
dant  un  instant  très  court,  pendant  lequel  il 
est  étendu  en  tous  sens  et  d’une  belle  cou¬ 
leur  rouge.  L’instant  d’après ,  il  s’affaisse 
sur  lui-même  ;  toutes  ses  branches  se  ploient, 
il  pâlit  et  devient  tout  à  fait  gris. 

A  la  partie  antérieure  du  corps  sont,  de 
chaque  côté,  des  bourses  noirâtres  dont  Cu¬ 
vier  admet  cinq  paires  et  dontM.  Grube  porte 
le  nombre  à  six ,  la  paire  postérieure  étant 
parfois  si  peu  prononcée,  qu’il  est  diffici¬ 
le  de  l’apercevoir.  Toutes  sont  placées  dans 
un  sillon  étroit,  situé  à  la  partie  inférieure  de 
la  couche  musculaire,  à  partir  du  quatrième 
faisceau  de  soie  jusqu’au  dixième.  Elles  s’ou¬ 
vrent  par  une  fente  étroite ,  au  dessous  et 
un  peu  en  arrière  des  faisceaux  de  soies  des 
mamelons  inférieurs.  Ces  bourses  servent 


probablement  de  testicules.  D’après  M.  Gru- 
bc,  les  ovaires  seraient  situés  dans  la  cavité 
ventrale,  où  les  œufs  nagent  au  milieu  d’un 
fluide  épais  et  trouble,  dans  lequel  ils  sont 
en  quantité  si  prodigieuse ,  qu’à  la  partie 
postérieure  du  corps  ils  remplissent  presque 
tout  l’espace  compris  entre  l’intestin  et  la 
couche  musculeuse.  Le  véritable  siège  des 
ovaires  serait  plusieurs  vaisseaux  qui  naissent 
fasciculairement  du  tronc  ventral  placé  sous 
l’intestin.  Ces  vaisseaux ,  examinés  à  un 
grossissement  de  cent  fois ,  paraissent  plus 
épais  dans  des  endroits  et  plus  minces  dans 
d’autres  ;  autour  de  chacun  d’eux  semble 
s’être  entortillée  une  masse  bourgeonnéc, 
tendre  et  membraneuse ,  qui  ressemble  aux 
ovaires  des  Pléiones  lorsqu’ils  sont  vides  ; 
mais  il  faudrait ,  pour  en  décider,  étudier 
des  Arénicoles  vivantes.  A  la  face  ventrale 
du  corps  existe  une  fente  par  laquelle  les 
œufs  peuvent  sortir  du  corps,  en  traversant 
la  couche  musculaire. 

Ces  Annélides ,  dans  plusieurs  points  de 
leur  organisation ,  se  rapprochent  assez  des 
Siponeles,  avec  lesquels  ils  ont  même  cer¬ 
taines  analogies  de  formes  et  d’hâbitudes.Ils 
vivent ,  ainsi  que  l’indique  leur  nom  ,  dans 
le  sable  des  bords  de  la  mer,  à  la  limite  des 
basses  eaux,  et  ils  se  tiennent  dans  un  tube 
fort  profond,  communiquant  au  dehors  par 
ses  deux  extrémités. 

L’Arénicole  ordinaire,  A.  piscatorum , 
Lamk. ,  a  24  à  50  centimètres  de  longueur, 
et  ses  branchies  sont  toujours  au  nombre  de 
treize.  On  la  trouve  sur  nos  côtes  de  l’O¬ 
céan  et  dans  quelques  localités  de  la  Médi¬ 
terranée  ;  mais  elle  n’est  pas  également  com¬ 
mune  partout.  Les  pêcheurs  recherchent  cet¬ 
te  espèce  pour  amorcer  leur  ligne,  et  la  con¬ 
sidèrent  comme  le  meilleur  appât  pour  le 
poisson  de  met  :  aussi  sont-ils  obligés,  dans 
les  lieux  qui  ne  la  produisent  pas,  d’en  faire 
venir  de  quelque  autre  point.  On  trouve 
l’Arénicole  à  50  ou  60  centim.  dans  le  sable  , 
et  sa  retraite  se  découvre  par  de  petits  sil¬ 
lons  ou  des  cordons  de  sable  dont  le  ver  s’est 
vidé ,  qu’il  laisse  derrière  lui ,  et  qui  abou¬ 
tissent  à  l’ouverture  de  son  trou.  Comme  sa 
galerie  est  assez  profonde,  il  faut  lui  couper 
la  retraite  si  l’on  veut  s’en  emparer.  La 
couleur  extérieure  de  l’Arénicole  est  rou¬ 
geâtre,  changeant  en  vert  foncé.  Lorsqu’on 
1  la  touche ,  elle  sécrète  une  liqueur  jaune 


104 


ARE 


ARE 


de  bile  qui  tache  les  doigts.  MM.  Audouin 
et  Edwards  rapportent  à  l’Àrénicole  des  pê¬ 
cheurs  les  A.  carbonaria,  Leach,  et  À.  cla- 
vatus ,  Ranzani ,  et  désignent  sous  le  nom 
d’A.  branchiales  une  espèce,  de  Saint-Malo, 
qui  a  dix-neuf  paires  de  branchies  au  lieu  de 
treize.  M.  Johnston  {London’’ s  magaz.)  a- 
joute  VA.  ecaudata,  qui  est  des  mers  d'An¬ 
gleterre.  (P.  G.) 

*  ARÉNICOLE.  Arenicolus  {arma, 

sable;  colo ,  habiter),  züol.  —  Qui  vit  dans 
les  endroits  sablonneux.  Exemple  :  Lacerta 
arenicola.  (C.d’O.) 

*AR  ENICOLES.  Arenicolœ.  ins.  -La- 
treille,  dans  ses  familles  naturelles,  désigne 
ainsi  une  division  de  la  tribu  des  Scarabéi- 
des  dans  la  famille  des  Lamellicornes,  ordre 
des  Coléoptères  pentamères,  et  M.  Delaporte 
érige  cette  division  en  tribu  {Buffon-Dumé- 
nil ,  t.  II,  p.  99  ,  en  lui  assignant  les  mêmes 
caractères  que  Latrcille,  à  quelques  modifi¬ 
cations  près.  Ces  caractères  sont  :  Antennes 
de  neuf  à  onze  articles ,  les  trois  derniers 
formant  la  massue.  Mandibules  cornées  , 
presque  toujours  visibles  et  arquées.  Lobe 
terminal  des  mâchoires  droit.  Labre  coriace 
et  débordant  souvent  le  chaperon.  Palpes 
labiaux  terminés  par  un  article  plus  grand. 
Elytres  recouvrant  entièrement  l’abdomen. 
Pattes  postérieures  très  reculées  en  arrière. 
Cette  tribu  se  divise  en  trois  sous-tribus. 
La  première,  les  ægialites,  ne  comprend 
que  le  genre  Ægialia;  la  seconde,  les  géo- 
trupites  ,  se  compose  des  genres  Lethrus , 
Geotrupes ,  Athyreus,  Elephaslomus,  Ocho- 
dœus  et  Bolboceras;  la  troisième,  les  tro- 
gites,  renferme  les  genres  Cryplodus ,  Me- 
chidius,  Trox ,  Hybosorus ,  Geobius ,  Phœo- 
chrous  et  Acanthoceras. 

Les  Arénicoles  ont  à  peu  près  les  mêmes 
mœurs  que  les  Coprophages  ;  ils  vivent  dans 
les  bouses,  s’enfoncent  profondément  dans 
la  terre  pour  y  déposer  leurs  œufs,  et  volent 
le  soir  par  un  temps  serein;  la  plupart  affec¬ 
tionnent  les  endroits  sablonneux. 

(  D.  et  C.  ) 

*  ARÉNICOLIENS  'd’ArénieoIe).  an¬ 
née. —  MM.  Audouin  et  Milne  -  Edwards 
nomment  ainsi  {Ann,  des  sc.  nat.,  lr  sé¬ 
rie,  t.  XXX,  p.  418)  la  famille  d’Annélides 
qui  renferme  les  Arénicoles.  Les  caractères 
de  cette  famille  sont  résumés  ainsi  qu’il  suil 
par  ces  auteurs  :  Pieds  d’une  seule  espèce. 


armés  de  soies  à  crochets  aussi  bien  que  de 
soies  proprement  dites.  Point  de  cirrhes,  de 
tête  distincte,  d’antennes,  de  mâchoires  ni 
d’yeux  ;  des  branchies  en  arbuscules  sur  la 
portion  moyenne  du  dos. 

M.  Savigny  {Syst.  des  Ann. ,  p.  95)  don¬ 
nait  à  la  famille  des  Arénicoles  le  nom  de 
Téléthuses.  M.  de  Blainville  les  place  dans 
le  même  ordre  que  les  Clymènes,  et  n’ad¬ 
met  pas  {Dict.  des  sc.  nat.,  t.  LVII ,  p.  445  ) 
qu’on  doive  en  faire  une  famille  à  part. 

(P.  G.) 

*  ARENICOLÎNS.  Arenicolia.  an- 
nél.  —  Sous-famille  d’Annélides ,  dans  la¬ 
quelle  M.  Rafinesque  (  Analyse  de  la  na¬ 
ture)  place,  outre  le  g.  Arénicole,  les  g. 
qu’il  nomme  Prolomedea,  Chrysaora,  Ne- 
lidus ,  Abarbaris,  Euryurus.  (P.  G.) 

*  ARÉNIFÈRE.  Areniferus  {  arena , 
sable;  fero,  je  porte),  géol. — On  donne 
cette  épithète  aux  roches  qui  contiennent 
accidentellement  des  grains  de  sable. 

(C.  D’O.) 

*  ÀRÉNÎ FORME.  Areniformis  {  are¬ 

na,  sable;  forma,  forme).  —  Qui  ressem¬ 
ble  à  du  sable.  Exemple  :  Mélange  aréni- 
forme.  (C.  d’O.) 

*  ARENOCORÎS.  ins.  —  Genre  de  la 

famille  desCoréens,  groupe  des  Coréites,  de 
l’ordre  des  Hémiptères,  établi  par  Haller 
{Wanzenartig.  insect.),  et  caractérisé  prin¬ 
cipalement  par  un  corps  ovoïde,  déprimé, 
avec  le  thorax  sans  dilatation,  et  par  les  an¬ 
tennes  ,  ayant  leur  premier  article  aplati ,  le 
second  et  le  troisième  grêles,  celui-ci  le 
plus  long  et  le  quatrième  renflé.  Ce  genre, 
correspondant  à  celui  de  Pseudophlœus  de 
Burmeister,  ne  renferme  que  quelques  espè¬ 
ces  indigènes,  de  moyenne  taille  et  de  cou¬ 
leur  sombre,  dont  le  type  est  1\4.  Fallenii 
{Coreus  Fallenii,  Schilling).  (Bl.) 

AREODA.  ixs.  — Genre  de  l’ordre  des 
Coléoptères  pentamères,  famille  des  Lamel¬ 
licornes,  tribu  des  Scarabéides,  établi  par 
Mac-Leay  {Horœ  entomolog.,  p.  159)  aux 
dépens  du  g.  Rutèle  de  Latreille,  et  auquel 
il  assigne  les  caractères  suivants  :  Antennes 
de  dix  articles  ;  le  basilaire  oblong,  conique, 
velu  ;  le  second  court ,  presque  globuleux  ; 
l*>s  cinq  suivants  courts  ;  les  trois  derniers 
réunis  en  forme  de  massue  allongée,  presque 
lancéolée.  Labre  corné ,  avec  le  bord  épais 
antérieurement,  profondément  échancré  à 


ARE 


ARE 


105 


sa  partie  inférieure.  Mandibules  cornées, 
fortes,  presque  triangulaires,  planes  en  des¬ 
sus,  avec  le  côté  externe  entier,  arrondi  ; 
l’interne  cilié  et  échancré  ,  à  peine  tridenté 
au  sommet.  Mâchoires  fortes,  cornées,  gar¬ 
nies  de  six  dents  au  sommet.  Palpes  maxil¬ 
laires  ayant  l’article  basilaire  Court,  le  second 
allongé,  conique;  le  troisième  court,  coni¬ 
que  ;  le  dernier  allongé ,  ovale  où  cylindri¬ 
que,  et  terminé  en  pointe  peu  aiguë.  Palpes 
labiaux  insérés  aux  côtés  du  menton ,  avec 
leur  dernier  article  presque  ovoïde.  Menton 
presque  carré ,  Un  peu  rétréci  vers  le  som¬ 
met,  avec  les  angles  arrondis.  Tête  presque 
carrée  ;  les  côtés  du  chaperon  arrondis,  avec 
le  bord  réfléchi.  Corps  ovale,  convexe.  Les 
élytres  ne  couVrànt  pas  entièrement  l’abdo¬ 
men.  Prothorax  presqile  trapézoïdal,  deux 
fois  plus  large  que  long  à  sa  base.  Ecusson 
médiocre,  en  forme  de  cœur  tronqué.  Ster¬ 
num  s’avançant  jusqu’à  l’origine  de  la  se¬ 
conde  paire  de  pattes.  Pieds  assez  robustes  ; 
jambes  bidehtées;  crochets  des  tarses  sim¬ 
ples. 

M.  Dejean  a  admis  ce  genre  dans  son 
dernier  Catalogue,  et  y  rapporte  six  espèces, 
dont,  cinq  du  Brésil,  et  une  de  l’Amérique 
septentrionalë,  qui  se  trouve  aussi  a  la  Gua¬ 
deloupe  ;  toutes  sont  remarquables  par  leurs 
reflets  brillants  et  métalliques.  Nous  n’en 
citerons  qu’une  :  VAreoda  Kirhyi,  figurée 
dans  Y  Iconographie  du  Règne  animal  de 
Cuvier ,  par  M.  Guérin,  pl.  24  bis,  fig.  10. 

(D.  etc.) 

*  ARÉOLAIRE.  Areolaris.  bot.  — 

Cette  expression  s’emploie  souvent  comme 
synonyme  de  cellulaire .  (C.  d’O.) 

*ARÉOLATION.  Areolatio.  bot.cr. 
—  Forme  que  revêtent  les  mailles  d’un  ré¬ 
seau  cellulaire  quelconque.  Voyez  aréole. 

(C.  M.) 

*  ARÉOLE.  Areola  [area,  aire,  surface  ; 
areola ,  petite  aire),  zool.  bot.  —  On  don¬ 
né  ce  nom  aux  plaques  écailleuses  qui  cou¬ 
vrent  la  boîte  osseuse  des  Chélonicns. 

üirby  appelle  ainsi  les  espaces  que  lais¬ 
sent  entre  elles  les  nervures  des  ailes  des 
Diptères. 

11  est  employé  en  général  comme  synony¬ 
me  de  cellule  ou  de  petite  cavité. 

(C.  d’O.) 

Dans  les  Cryptogames,  on  nomme  ainsi  : 
1°  les  petits  espaces  circonscrits  par  des  !!- 

T.  II. 


gnes  colorées  ou  saillantes  ,  des  crevasses  9 
des  fentes,  etc.,  qu’on  observe  soit  à  la  sur¬ 
face  des  Algues  membraneuses ,  soit  sur  les 
croûtes  de  certains  Lichens,  comme  le  Le- 
cidea  geographica ;  2°  les  mailles  dont  est 
composé  le  réseau  des  feuilles  des  Mousses 
et  des  Hépatiques.  (C.  M.) 

ARÉOLE,  rept.  —  Espèce  terrestre 
du  genre  Tortue.  (C.  d’O.) 

*  AREOLÉ.  Areolatus.  bot.  —  Mar¬ 
qué  de  rides  ou  de  rugosités  peu  apparentes. 

^  (C.  d’O.) 

ARÈQUE.  bot.  piï.  —  Voyez  arec. 

ARÉQUIER.  bot.  pu.-— Voyez  arec. 

(Ad.  B.) 

*ARESCUS  («/î£crz&?,  agréable),  iss.— 
Genre  de  Coléoptères  tétramères,  famille 
des  Cycliques,  Latr. ,  ou  Chrysomélines , 
Dej. ,  tribu  des  Cassidaires  ,  Latr. ,  éta¬ 
bli  par  M.  Perty,  qui  lui  donne  pour  ca¬ 
ractères  principaux  :  Antennes  renflées  vers 
l’extrémité,  ayant  leur  article  basilaire  ar¬ 
mé  d’un  ongle.  Ecusson  avancé.  Corselet 
carré.  Elytres  nautiques.  —  Ce  genre,  voisin 
des  Hispes ,  est  fondé  sur  une  espèce  du  Bré¬ 
sil  ,  nommée  par  l’auteur  Arescus  labia - 
tus,  et  figurée  et  décrite  dans  un  ouvrage 
qui  a  pour  titre  :  Delectus  animalium  arti- 
culatorum  quœ  in  itinere  per  Brasiliam, 
annis  1817-1820 ,  colligerunt  Boctor  J. 
B.  de  Spix  et  Boctor  C.  F.  Pli.  de  Mar- 
tius ,  Monachii,  1850,  p.  101,  tab.  XX,  fig.  7. 
Ce  genre  correspond  à  celui  que  Gray  a 
nommé  Chelobasis  (  The  anim.  kingdom, 
t.  XV,  Ins.,  vol.  Iï,  p.  140,  pl.  67,  fig.  4,  et 
pl.  101,  fig.  4,  1852);  il  ne  se  composait  que 
de  deux  espèces  originaires  du  Brésil  ;  mais 
M.  Guérin-Méneville,  dans  son  Iconogr.  du 
règne  anim.,  en  a  fait  connaître  deux  autres, 
provenant  de  la  Colombie.  L’espèce  type  est 
VA.  labiatus  de  Perty.  (D.  et  C.) 

ARÊTE.  Arisla.  Acies.  zool.,  bot., 
géol.  —  En  zoologie ,  on  appelle  ainsi  les 
os  longs  et  minces  qui  forment  la  charpente 
des  poissons.  Voy.  os.  —  En  botanique,  on 
désigne  sous  ce  nom ,  dans  les  végétaux , 
toute  partie  de  la  fleur  qui ,  sous  la  forme 
d’une  pointe  plus  ou  moins  raide,  n’est  ordi¬ 
nairement  que  là  continuation  d’une  des 
nervüres  ;  mais  ,  dans  la  famille  des  Grami¬ 
nées  ,  ce  mot  a  reçu  une  signification  plus 
précise  et  plus  distincte.  Palissot  de  Beau¬ 
voir  a  Cherché  le  premier  à  bien  distinguer 
7* 


106 


ARE 


ARE 


dans  les  plantes  de  cette  famille  l’arête  (  a- 
rista)  de  la  soie  ( seta ).  L’arête  est  un  pro¬ 
longement  filiforme,  raide  et  coriace,  nais¬ 
sant  brusquement  sur  le  dos  ou  au  sommet 
des  valves  de  la  glume,  tandis  que,  selon  le 
même  botaniste  ,  la  soie  serait  une  prolon¬ 
gation  manifeste  d’une  des  nervures.  L’arête 
en  diffère  donc  par  son  insertion  brusque , 
par  sa  consistance  dure  et  coriace,  et  parce 
que,  le  plus  souvent,  elle  est  coudée  et  tor¬ 
due  en  spirale  à  sa  base.  Le  Blé,  le  Seigle, 
l’Orge,  l’Avoine,  ont  une  arête.  Voy.  gra¬ 
minées.  (A.  R.) 

En  minéralogie  et  en  géologie,  c’est  la 
ligne  formée  par  la  réunion  de  deux  surfa¬ 
ces  inclinées  l’une  sur  l’autre.  (C.  d’O.) 

ARETHUSE.  acal.— Nom  que  Brown 
emploie,  dans  son  Histoire  de  la  Jamaïque , 
pour  indiquer  le  g.  nommé  depuis  Physa- 
lus  par  Osbeck.  Voy.  physale. 

(P.  G.) 

ARETHUSE.  Arethusa  (nom  mythol.). 
foram. — Montfort  ( Conchyl .  syst.,  p.  302)  a 
formé,  sous  ce  nom,  un  g.  de  Coquilles  mul¬ 
tiloculaires  sur  une  figure  de  Soldani  {Test., 
t.  107,  fig.  II).  C’est,  à  notre  avis,  une  esp. 
indéterminable  de  notre  ordre  des  Enallo- 
stègues,  mais  dont  on  ne  peut  avec  certitude 
déterminer  le  genre.  (A.  d’O.) 

ARETHUSE.  Arethusa  (nom  myth.). 
bot.  pii.  —  Genre  de  la  famille  des  Orchi¬ 
dées  ,  type  de  la  tr.  des  Aréthusées ,  qui  ne 
se  compose  que  d’une  seule  esp.,  V Arethusa 
bulbosa,  L.  Lamk.,  111.,  tab.  729,  f.  1  ;  Bot. 
mag.,  t.  2,204.  Les  caract.  de  ce  g.  sont 
les  suivants  :  Les  trois  sépales  externes  sont 
colorés,  adhérents  entre  eux  par  leur  base, 
redressés  et  réunis  en  casque;  les  deux  in¬ 
térieurs  et  latéraux  sont  concaves  et  rap¬ 
prochés  à  la  face  interne  des  sépales  exté¬ 
rieurs.  Le  labelle ,  soudé  à  sa  base  avec  le 
gynostème,  est  creux  dans  sa  partie  moyenne, 
et  présente  une  portion  saillante  et  velue. 
Le  gynostème  est  dilaté  et  pétaloïde  dans  sa 
partie  supérieure. 

L' Arethusa  bulbosa  est  originaire  de  l’A¬ 
mérique  septentrionale;  c’est  une  petite 
plante  terrestre,  dépourvue  de  feuilles,  ayant 
une  hampe  terminée  par  une  fleur  purpurine 
assez  grande.  __  (A.  R.) 

^ARÉTHUSÉES.  bot.  pii. —C’est  la 
cinquième  tribu  établie  dans  la  famille  des 
Orchidées  par  M.  Lindley  ( Gcn .  et  sp.  Or¬ 


chid.,  p.  581).  Voici  les  caractères  qui  lui 
ont  été  assignés  parce  savant  botaniste: Le 
pollen  est  pulvérulent  ou  ses  grains  sont 
réunis  en  lobules  très  petits  par  une  ma¬ 
tière  élastique.  L’anthère  est  terminale,  en 
forme  d’opercule ,  persistante  ou  caduque. 
Ce  sont  des  plantes  herbacées,  variées  dans 
leur  port ,  généralement  terrestres ,  rare¬ 
ment  épidendres  et  parasites  ;  elles  habitent 
principalement  les  régions  tempérées  de  l’un 
et  de  l’autre  hémisphères,  et  particulièrement' 
de  l’hémisphère  austral.  Jusqu’à  présent 
elles  n’ont  point  encore  été  observées  en 
Afrique.  Quelques  unes ,  ayant  le  port  des 
Orobanches,  vivent ,  comme  elles,  en  para¬ 
sites,  sur  la  racine  des  autres  végétaux.  Les 
feuilles,  généralement  allongées,  sont  mem¬ 
braneuses  ,  quelquefois  réticulées ,  d’autres 
fois  plissées  longitudinalement;  ou  elles  sont 
coriaces,  épaisses  et  charnues. 

M.  Lindley  réunit  aux  Aréthusées  ,  pour 
n’en  former  qu’une  simple  section,  la  tribu 
des  Gastrodiées  ,  établie  par  Rob.  Brown , 
et  celle  des  Vanillacées,  qu’il  avait  lui-même 
considérée  comme  distincte.  Il  résulte  de  là 
que  la  tribu  des  Aréthusées  se  partage  en 
trois  sections,  de  la  manière  suivante  : 

1°  Gastrodiées  :  Pollen  sectile,  composé 
de  lobules  adhérents  par  une  matière  élasti¬ 
que;  stigmate  placé  à  la  base  du  gynostème. 

2°  Euaréthusées  :  Pollen  granuleux  ou 
pulvérulent  ;  stigmate  placé  au  sommet  du 
gynostème  ;  feuilles  engainantes. 

3°  Vanillées  :  Pollen  pulvérulent,  granu¬ 
leux,  ou  comme  pulpeux;  stigmate  placé  au 
sommet  du  gynostème;  feuilles  généralement 
sans  gaines,  réticulées,  articulées  à  la  tige. 

(A.  R.) 

ARETIA(J5.  Aretius,  botaniste  suisse, 
1561  ).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Primulacées,  formé  par  Linné,  et  réuni  par 
les  botanistes  modernes,  comme  section,  au 
g.  Androsace  du  même  auteur  ;  il  ne  diffère 
de  ce  g.  qu’en  ce  que  ses  pédoncules  sont 
uniflores,  les  fleurs  sans  involucre ,  l’ovaire 
o-8-ovulé.  (G.  L.) 

*  ARETIASTRUM  (  qui  ressemble  à 
un  Aretia  ).  bot.  ph.  —  Section  du  genre 
Valériane ,  caractérisée  par  ses  fleurs  jau¬ 
nes  presque  cachées  sous  les  feuilles  supé 
rieures,  qui  sont  imbriquées  et  disposées 
en  rosette  comme  celles  des  Joubarbes.  — 
Les  deux  plantes  qui  constituent  cette  sec- 


ÀRG 


ARG 


107 


lion  sont  particulières  à  l’Amérique  :  l’une 
habite  les  hautes  montagnes  du  Pérou; 
l’autre,  les  îles  Malouines  et  Falkland. 

(J.  D.) 

*  ARFWEDSONITE  (d’Arfwedson , 
nom  d’un  chimiste  suédois),  min.  —  M. 
Brookc  a  décrit,  sous  cette  dénomination,  un 
minéral  noir,  que  MM.  Mitscherlich  et  Arf- 
wedson  ont  reconnu  ensuite  pour  être  une 
variété  de  l’Amphibole  hornblende.  Voyez 
AMPHIBOLE.  (Del.) 

ARGALA.  ois.— Nom  d’une  espèce  de 
grande  Cigogne  à  cou  nu,  du  genre  Mara- 
bou  de  Lesson.  Voyez  marabou.  (Lafr.) 

ARGALI  ( ovis  fera  siberica,  Pall.,  Spi- 
cil.,  XI).  mamm.  —  Le  mot  Argali,  dérivé 
d’an/a,  crête  de  montagne,  est  le  nom 
mongol  d’un  Mouton  sauvage  qui  habite  les 
montagnes  par  lesquelles  la  Sibérie  est  bor¬ 
née  du  côté  du  midi.  Les  Russes,  lorsqu’ils 
commencèrent  à  étendre  leurs  conquêtes 
dans  ces  tristes  régions  ,  rencontrant  un 
animal  qui  n’avait  point  de  nom  dans  leur 
langue,  car  il  ne  se  trouve  dans  aucune  des 
provinces  dont  se  composait  l’ancien  empire 
moscovite ,  adoptèrent  en  général  le,  nom 
mongol  ;  cependant  ils  ont  fait  quelquefois 
usage  des  noms  composés ,  tels  que  Dikoï 
Bar  an  (  Mouton  sauvage  ) ,  Kammcnoï  Ba- 
ran  (Mouton  de  montagne) ,  et  Stepnoï  Ba¬ 
ron  (Mouton  des  steppes).  Ce  dernier  nom, 
on  peut  le  remarquer  en  passant,  est  tout  à 
fait  impropre  :  car,  bien  que  l’Argali,  dans 
certaines  localités  ,  s’avance  chaque  année 
assez  loin  dans  les  steppes ,  on  le  voit  tou¬ 
jours  ,  à  une  époque  déterminée ,  regagner 
les  montagnes  ;  dans  beaucoup  de  lieux  mê¬ 
me  ,  il  ne  les  quitte  jamais ,  et  toutes  ses 
migrations  se  réduisent  à  passer,  suivant  les 
saisons ,  des  vallées  au  sommet  des  monta¬ 
gnes.  Dans  ce  cas ,  il  habite  en  général  plus 
haut  l’hiver  que  l’été ,  ce  qui  est  précisé¬ 
ment  le  contraire  de  ce  qu’on  s’attendrait 
d’abord  à  trouver  ;  mais  cette  apparente  bi¬ 
zarrerie  s’explique  aisément  quand  on  songe 
que  les  vallées  dans  lesquelles  croissent  les 
plantes  que  l’animal  préfère  commencent , 
en  automne  ,  à  s’encombrer  de  neige  ,  tan¬ 
dis  que  les  sommets  escarpés  où  il  cherche 
alors  un  refuge  ,  étant  toujours  balayés  par 
les  vents ,  restent  plus  ou  moins  complète¬ 
ment  dégagés.  Malgré  leur  stérilité  ,-  ces  ré¬ 
gions  lui  fournissent ,  dans  les  lichens  qui 


tapissent  les  rochers,  dans  les  gazons  secs 
dont  les  pentes  les  moins  abruptes  sont  re¬ 
couvertes  ,  et  dans  les  jeunes  pousses  des 
arbustes  dont  les  racines  pénètrent  entre  les 
pierres ,  une  nourriture  facile ,  quoique  peu 
substantielle. 

Nous  disions  tout  à  l’heure  que  l’Argali  a 
été  connu  des  Russes  à  l’époque  où  ils  ont 
commencé  à  s’étendre,  du  côté  de  l’orient , 
dans  les  pays  occupés  par  les  Mongols.  Gela 
n’est  peut-être  pas  absolument  exact,  et  il 
est  à  croire  qu’ils  ont  pu  entendre  parler  de 
l’animal  dans  des  temps  beaucoup  plus  re¬ 
culés,  lorsque  c’était  le  tour  des  peuples 
mongols  de  s’avancer  en  conquérants  vers 
la  Russie  ;  mais  quand  les  envoyés  des  prin¬ 
ces  moscovites  suivaient  humblement  la 
cour  nomade  des  fils  de  Gengis-Khan  ,  ils 
avaient  de  tout  autres  soucis  que  l’étude  de 
l’histoire  naturelle.  D’ailleurs ,  ce  qu’ils  au¬ 
raient  pu  apprendre  eût  été  perdu  pour  le 
reste  de  l’Europe  ,  dont  les  relations  étaient 
presque  nulles  avec  des  barbares  qui  n’é¬ 
taient  alors  rien  moins  que  redoutables. 

C’est  à  un  homme  parti  dé  nos  pays ,  à 
un  envoyé  de  saint  Louis ,  un  moine  bra¬ 
bançon  ,  le  frère  Ruisbroeck ,  ou ,  comme 
on  l’appelle  communément ,  Rubruquis  , 
que  nous  devons  probablement  les  premiers 
renseignements  sur  le  Mouton  sauvage  de 
l’Asie  boréale. 

«  Je  vis ,  dit-il ,  dans  ce  pays ,  grande  a- 
bondance  d’Anes  sauvages,  qui  ressemblent 
à  des  Mules  (  probablement  le  Dzigguetai 
ou  Hemione )  ;  je  vis  aussi  une  sorte  de  bê¬ 
te  appelée  Arta/c,  dont  le  corps  ressemble 
à  celui  d’un  Bélier ,  et  qui  a  aussi  des  cor¬ 
nes  recourbées  ,  mais  si  grosses ,  que  c’était 
tout  ce  que  je  pouvais  faire  que  d’en  soule¬ 
ver  une  paire  d’une  seule  main.  » 

Quoique  Rubruquis  ne  dise  point  en 
quels  lieux  il  a  trouvé  ces  Moutons  sauvages, 
comme  il  associe  leur  nom  à  celui  des  Hé- 
miones ,  il  est  probable  qu’il  les  a  observés 
dans  le  même  pays,  c’est-à-dire  dans  le  voi¬ 
sinage  des  Alpes  sibériennes  (1)  ;  d’ailleurs  , 

(1)  La  même  conclusion  se  tire  de  la  ressem¬ 
blance  du  mot  Arlag  avec  Kir  Taga,  nom  que 
porte  V  Argali  dans  certaines  parties  de  la  Tartarie. 
La  différence  ,  comme  l’ont  remarqué  quelques 
naturalistes,  peut  être  due  uniquement  à  une  mau¬ 
vaise  lecture  du  manuscrit  ;  au  contraire,  les  nom* 


108 


ARG 


ARG 


il  en  aurait  pu  voir  aussi  dans  son  voyage 
le  long  du  Volga,  car  nous  savons  qu’on  en 
rencontre  quelquefois  jusque  sur  les  bords 
de  ce  fleuve.  (  Ferry  ,  Mém.  pour  servir  à 
l'intelligence  de  la  carte  de  la  mer  Cas¬ 
pienne.) 

Ces  Moutons  du  Volga ,  ceux  que  Frédé¬ 
ric  Gmelin  et  plus  récemment  Fraser  ont 
vus  en  Perse  ,  p t  dont  M.  Botta  a  rapporté , 
l’an  passé  (1840) ,  une  belle  tête  provenant 
des  environs  de  Tauris  ;  ceux  de  la  Mingré- 
lie ,  mentionnés  anciennement  par  le  P. 
Lamberti,  puis  par  M.  Gamba,  qui  en  a  en¬ 
voyé  les  cornes  au  Muséum  (  c’est  sur  cette 
dernière  pièce  que  M.  ïsid.  Geoffroy  fonde 
son  espèce  Ovis  longicornis)  ;  ceux  enfin 
que  le  colonel  Chesney  a  vus  dans  les  par¬ 
ties  hautes  du  Diarbekir,  et  M.  Dubois  dans 
l’Àrarat ,  diffèrent  à  quelques  égards  des 
Moutons  sibériens  ,  de  sorte  que  Pallas  a 
fini  par  les  en  distinguer  spécifiquement 
( Zograph .  rosso-asiatica ,  t.  I,  p.  251),  re¬ 
venant  ainsi  sur  l’opinion  qu’il  avait  soute¬ 
nue  dans  ses  Spicilegia.  Mais,  en  supposant 
que  ce  grand  naturaliste  ait  eu  raison  de 
séparer  ces  Moutons  de  l’Asie  occidentale 
de  ceux  qui  se  trouvent  plus  à  l’est ,  en  les 
réunissant,  comme  il  l’a  fait  dans  sa  derniè¬ 
re  publication,  aux  Mouflons  de  Corse  et 
de  Sardaigne ,  il  est  tombé  dans  une  er¬ 
reur  certainement  beaucoup  plus  grande 
que  celle  qu’il  s’accuse  d’avoir  d’abord  com¬ 
mise. 

Les  cornes  envoyées  de  Tifllis  par  M. 
&amba,  et  celles  que  M.  Botta  a  rapportées 
de  Tauris  ,  présentent  des  différences  assez 
marquées,  de  sorte  qu’avec  de  la  bonne  vo¬ 
lonté  ,  on  trouverait  encore  de  quoi  faire  là 
deux  espèces ,  et  l’on  pourrait ,  avec  plus 
de  raison  ,  en  faire  une  troisième  du  Mou¬ 
flon  de  Chypre ,  du  moins  en  supposant 
exacte  la  figure  donnée  par  Brandt  et  Ra- 
tzeburg  (  Animaux  employés  en  médecine , 
t.  I ,  pl.  9 ,  fig.  ï  et  A  )  :  car  la  fig.  A  nous 
montre  les  cornes,  à  leur  origine,  se  regar¬ 
dant  par  leur  convexité  ,  pendant  que  c’est 
le  contraire  dans  tous  les  autres  Moutons. 

Laissant  de  côté  cette  espèce  insulaire , 
et  revenant  à  celles  du  continent,  nous  fe- 

employés  dans  l’Asie  occidentale,  Touri,  Kotsch 
hui,  Dach,  Tusch,  etc.,  n’ont  pas  la  moindre  ana¬ 
logie  avec  Artak . 


rons  remarquer  que,  si,  dans  l’Asie  occiden¬ 
tale  ,  les  Moutons  nous  offrent  des  variétés 
d’un  lieu  5  un  autre ,  rien  ne  nous  prouve 
qu’il  n’en  soit  pas  de  même  dans  les  régions 
orientales.  En  effet,  pour  pouvoir  affirmer 
quelque  chose  à  cet  égard,  il  faudrait  avoir, 
pour  deux  points  extrêmes  du  parcours  assi¬ 
gné  à  l’Argali,  pour  l’Altaï,  et  pour  les  mon¬ 
tagnes  du  Kamtschatka  par  exemple,  des  de¬ 
scriptions  et  des  figures  qui  nous  fissent  bien 
connaître  l’animal ,  avec  toutes  les  modifi¬ 
cations  dépendantes  de  l’âge,  du  sexe,  des 
saisons  :  or  Pallas ,  malgré  son  zèle ,  n’a 
pu  réunir  tous  ces  éléments  pour  une  loca¬ 
lité  déterminée.  La  description  qu’il  nous  a 
laissée ,  il  le  déclare  lui-même  ,  est  faite 
d’après  un  vieux  mâle  de  l’Irtisch  ,  une  fe¬ 
melle  et  son  petit  de  l’extrémité  orientale 
de  la  Daourie ,  et  la  peau  d’un  jeune  mâle 
tué  dans  le  Kamtschatka.  Nous  remarquons 
cette  lacune  que  Pallas  a  laissée  forcément 
dans  l’histoire  de  l’Argali ,  non  qu’elle  soit 
quelque  chose  de  fort  rare  en  zoologie  (dans 
les  descriptions  des  Mammifères ,  il  y  en  a 
neuf  sur  dix  qui  donneraient  lieu  à  sem¬ 
blable  remarque ,  sans  que  leurs  auteurs 
aient  à  alléguer  les  mêmes  excuses),  mais 
parce  que  la  nécessité  d’avoir  des  rensei¬ 
gnements  positifs  sur  l’étendue  des  modifi¬ 
cations  dépendantes  du  climat  et  d’autres 
agents  extérieurs  se  fera  sentir  lorsque  , 
comparant  entre  eux  tous  les  Moutons  sau¬ 
vages  connus ,  nous  aurons  à  rapprocher 
l’Argali,  d’une  part,  du  Barrhal  de  l’Hima- 
laya,  et,  de  l’autre,  du  Mouton  des  Monta¬ 
gnes  rocheuses.  Entre  l’Himalaya  et  les  Al¬ 
pes  sibériennes ,  malgré  l’espace  qui  les  sé¬ 
pare  ,  la  communication  pour  des  animaux 
tels  que  ceux  qui  nous  occupent  se  conçoit 
sans  peine;  entre  le  Kamtschatka  et  l’Amé¬ 
rique  ,  cette  communication  présente  plus 
de  difficultés  ;  mais  elle  n’est  nullement 
invraisemblable ,  et  elle  a  pu  s’effectuer  soit 
par  le  détroit  de  Behring ,  soit  par  la  chaî¬ 
ne  des  îles  Aloutiennes.  L’Argali  existerait 
même  encore  dans  ces  dernières  îles,  s’il 
en  fallait  croire  Tillesius.  ïl  est  probable, 
d’ailleurs ,  que  ce  naturaliste  a  été  induit 
en  erreur  :  car  non  seulement  les  voyageurs 
qui  nous  ont  donné  les  renseignements  les 
plus  détaillés  sur  les  productions  de  cet 
archipel  sont  muets  à  cet  égard ,  mais  il 
suflit  de  connaître  la  disposition  des  fieux  et 


ARG 


ijaa 


AR.G  ~  - 

les  habitudes  des  indigènes  pour  se  convain¬ 
cre  que  l’Argali,  en  supposant  qu’il  eût 
habité  ces  îles  à  l’époque  où  les  Aleutes  y 
arrivèrent,  n’aurait  pas  tardé  à  en  dispa¬ 
raître. 

L’animal  est  défiant ,  il  est  vrai ,  et ,  sur 
le  continent ,  il  échappe  souvent  aux  pour¬ 
suites  en  gagnant,  au  premier  indice  de 
danger ,  des  lieux  inaccessibles  ;  mais  ,  dans 
des  pays  dénués  de  hautes  montagnes ,  son 
agilité  à  gravir  les  rochers  lui  eût  bien  peu 
servi,  et  cette  agilité  cependant  est  sa  prin¬ 
cipale  ressource  :  car ,  pour  des  ruses ,  il 
n’en  a  pas  plus  que  notre  Mouton  domesti¬ 
que.  Joignez  à  cela  que  l’espèce  est  peu  fé¬ 
conde  ,  et  qu’ainsi  les  naissances  annuelles 
eussent  été  bien  loin  de  réparer  les  pertes. 

Tillesius  nous  parle  encore  des  îles  Kuri- 
les  comme  habitées  par  l’Argali ,  et ,  cette 
fois ,  il  n’est  pas  le  seul  à  le  dire  ;  cepen¬ 
dant  rien  ne  prouve  encore  que  l’animal 
désigné  dans  ces  îles  sous  le  nom  de  Ren¬ 
ne  des  hauteurs  soit,  comme  le  suppo¬ 
sent  plusieurs  voyageurs,  un  véritable  Mou¬ 
ton.  On  remarquera  même  que  Krasche- 
ninnikof,  dans  une  Synonymie  qu’il  nous 
a  donnée  pour  quelques  unes  des  espèces 
animales  et  végétales  du  nord  de  l’Asie, 
dit  positivement  que  l’Argali  n’a  point  de 
nom  dans  la  langue  des  Kurdes,  et  qu’il 
n’est  point  connu  de  ces  peuples. 

Afin  de  ne  pas  faire  de  double  emploi , 
nous  ne  donnerons  point  ici  la  description 
de  l’Argali  ;  cette  description ,  de  même 
que  l’exposition  des  mœurs  de  l’animaljj, 
sera  mieux  placée  à  l’article  mouton,  où 
nous  aurons  à  comparer  entre  elles  les  di¬ 
verses  espèces  dont  ce  genre  se  compose. 

(Roulin.) 

*  ARGANTE  (nom  d’homme),  ins.  — 
Genre  de  l’ordre  des  Coléoptères  pentamè¬ 
res  ,  famille  des  Sternoxes ,  tribu  des  Bu- 
prestides ,  établi  par  Gistl ,  et  qui  répond 
au  g.  Dicerca  d’Eschscholtz.  Voyez  ce  mot. 

(D.  et  C.) 

ARGAS(«/îy«s,  nom  d’un  animal  regar¬ 
dé  comme  funeste  par  les  Grecs),  ara  en.  — 
Genre  de  la  famille  des  Acariens  (  tribu  des 
Acarides,  Latr.),  de  l’ordre  des  Arachni¬ 
des  trachéennes,  établi  par  Latreille,  et 
signalé  aussi  par  Hermann  sous  le  nom  de 
Rhynchoprion.  Ce  genre  est  principalement 
caractérisé  par  un  corps  ovalaire,  par  une 


bouche  située  en  avant  et  tout  à  fait  à  la  par¬ 
tie  inférieure  du  corps,  et  par  les  palpes,  de 
quatre  articles ,  et  de  forme  conique,  n’en- 
gaînant  pas  le  suçoir.  Les  Argas,  qui  ont  de 
grands  rapports  avec  les  Ixodes,  s’en  dis¬ 
tinguent  essentiellement  par  la  position  de 
la  bouche,  et  par  les  palpes ,  offrant  un  ar¬ 
ticle  de  plus.  Toutes  les  espèces  de  ce  g. 
vivent  sur  différents  animaux ,  et  acquiè¬ 
rent  un  grand  développement  quand  elles 
se  sont  gorgées  de  sang.  Le  type  est  l’A. 
bordé,  A.  reflexus,  Fab. ,  vivant  sur  les 
Pigeons.  Une  autre  esp.J’A.  persica ,  con¬ 
nue  des  voyageurs  sous  le  nom  de  Punaise 
venimeuse  de  Miana ,  est  fort  redoutée  en 
Orient ,  où  elle  paraît  être  assez  commune. 

(Bl.) 

*  ARGE  (Argé,  nom  d’une  nymphe). 
u\s.  —  Nom  d’une  espèce  de  Lépidoptèresi 
diurnes,  du  genre  Satyre ,  converti  en  nom 
générique  par  M.  Boisduval ,  pour  grouper 
toutes  les  espèces  de  ce  genre  à  ailes  blan¬ 
ches  tachetées  de  noir,  lesquelles,  indépen¬ 
damment  de  cela,  offrent  des  caractères  as¬ 
sez  tranchés  pour  former  un  genre  distinct; 
aussi  l’avons-nous  adopté,  dans  notre  Catal. 
méthodique  des  Lépidoptères  d’Europe,  en 
lui  conservant  le  nom  d 'Argé,  quoique  nous 
ne  soyons  pas  très  grand  partisan  de  ces 
conversions  de  noms  spécifiques  en  noms 
génériques  ;  mais  nous  en  avons  agi  ainsi 
pour  ne  pas  surcharger  inutilement  d’un 
nouveau  nom  la  nomenclature. 

Ce  genre,  peu  nombreux,  paraît  confiné 
en  Europe  ;  du  moins  on  n’en  a  encore  trou¬ 
vé  aucune  espèce  sur  le  reste  du  globe,  à 
l’exception  cependant  de  deux,  dont  l’une 
(Arg.  Larissœ)  se  trouve  également  dans  la 
Turquie  d’Europe,  et  les  parties  de  l’Asie 
mineure,  qui  l’avoisinent ,  et  l’autre  (Arg. 
Darceti )  a  été  trouvée  dans  les  montagnes 
du  Liban  ;  mais  ce  qu’il  y  a  de  singulier, 
c’est  que  la  Corse  et  la  Sardaigne,  si  voisines 
de  l’Italie  et  de  la  Sicile ,  où  les  espèces  du 
genre  Argé  sont  très  communes ,  en  sont 
tout  à  fait  dépourvues. 

Parmi  les  sept  ou  huit  espèces  d’Argé  con¬ 
nues  ,  une  seule  paraît  répandue  dans  toute 
l’Europe,  sans  descendre  plus  bas,  toutefois, 
que  le  52e  degré  de  latitude  nord  :  c’est  P  Arg. 
galathœa  des  auteurs  (  le  Demi-Deuil  de 
Geoffroy),  qui  se  trouve  communément  aux 
environs  de  Paris;  les  autres  n’habitent  que 


ARG 


il  0  ARG 

les  contrées  plus  ou  moins  méridionales  de 
cette  partie  du  globe;  telle  est,  entre  autres, 
P Arg.  Psyché  Fabr.,  qui  est  très  commune 
en  Languedoc  et  en  Provence.  (D.j 

*  ARGELIA  (Argel,  nom  arabe),  bot. 
pii.— Synonyme  de  solenostemm a. Voyez 
ce  mot.  __  (J.  D.) 

ARGEMOME.  Argemone ,  Tourn.  — 
Ecthrus ,  Loureir.  ( Flor .  Cochinch.).  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Papavéracées 
(tribu  des  Papavérées ,  sous-tribu  des  Papa- 
vérinées,  Spach.),  offrant  pour  caract.  :  Ca¬ 
lice  de  5  (  accidentellement  de  2  )  sépales 
cuculliformes ,  corniculés  au  dessous  du 
sommet,  caducs  dès  l’épanouissement.  Co¬ 
rolle  de  6  (  accidentellement  de  4  ou  de  5  ) 
pétales  éphémères,  obovales ,  courtement 
onguiculés ,  étalés ,  2-sériés  ;  les  5  exté¬ 
rieurs  plus  larges.  Réceptacle  assez  gros, 
annulaire.  Etamines  nombreuses,  plurisé- 
riées ,  beaucoup  plus  courtes  que  les  péta¬ 
les;  filets  filiformes  ou  capillaires.  Anthères 
linéaires  -  tétragones  ,  tronquées  aux  deux 
bouts,  déhiscentes  aux  bords;  connectif 
très  étroit.  Ovaire  1-loculaire,  ovoïde  ou 
ellipsoïde,  peu  ou  point  stipité,  3-7-gone  ; 
placentaires  pariétaux ,,  nerviformes ,  en 
même  nombre  que  les  angles ,  et  correspon¬ 
dant  à  ceux-ci;  ovules  anatropes,  nidu- 
lants,  en  nombre  indéfini  sur  chaque  pla¬ 
centaire.  Style  court  ou  presque  nul ,  per¬ 
sistant,  obeonique ,  couronné  d’un  stig¬ 
mate  mince  ,  coloré  ,  pelté  ,  profondément 
divisé  en  3  à  7  lobes  condupliqués,  ondulés, 
arrondis,  plus  ou  moins  recourbés,  velou¬ 
tés  en  dessous ,  alternes  avec  les  placentai¬ 
res.  Capsule  chartacée,  5-à  7-sulquce,  5-à 
7-nervée  ,  subréticulée  ,  1-loculaire  ,  poly- 
sperme ,  déhiscente  au  sommet  par  3  à  7 
valvules  persistantes,  finalement  réfléchies; 
placentaires  filiformes,  persistants,  alter¬ 
nes  avec  les  valvules  Graines  subglobuleu¬ 
ses  ,  scrobiculées,  strophiolées  ;  funicule 
dentiforme  ,  persistant.  Embryon  minime. 
Cotylédons  très  courts ,  obtus  ,  elliptiques , 
un  peu  divergents  ;  radicule  conique  ,  api- 
culée.  —  Herbes  annuelles,  à  tige  panicu- 
lée,  feuillée.  Suc  propre  jaunâtre.  Feuilles 
penninervées ,  glauques,  glabres,  marbrées 
(de  taches  blanches),  sinuées-pennatifides 
et  dentées  (  dents  et  lobes  ordinairement 
terminés  en  spinule  )  ;  les  radicales  et  les 
caulinaires  inférieures  rétrécies  en  pétiole  ; 


les  autres  sessiles,  amplexicaules.  Pédon¬ 
cules  terminaux  ou  subterminaux,  solitai¬ 
res,  1-florcs  ,  toujours  dressés  ,  en  général 
courts.  Corolle  jaune  ou  blanche,  grande. 

Ce  genre ,  dont  on  ne  connaît  que  3  ou 
4  esp.  bien  caractérisées ,  appartient  à  l’A¬ 
mérique,  ainsi  qu’à  l’Asie  équatoriale.  Le 
suc  propre  de  ces  végétaux  est  âcre  et  dras¬ 
tique;  les  médecins  hindous  l’emploient 
à  l’extérieur  contre  les  maladies  de  la  peau. 
Au  Brésil,  il  passe,  à  tort  ou  à  raison, 
pour  un  antidote  contre  la  morsure  des 
serpents  ;  aux  Antilles ,  les  graines  des  Ar- 
gémones  sont  employées  comme  purga¬ 
tif.  On  cultive  dans  nos  jardins  comme 
plantes  d’ornement  VArgémone  commune 
(  A.  vulgaris ,  Spach.  ;  A.  mexicana  ,  L. 
[  Bot.  Mcig.  ,  tab.  243  ]  ;  A.  ochroleuca , 
Sweet.  [ Brit .  Flow.  Gard.,  tab.  242;  Bot. 
Reg.,  tab.  1343]  ;  A.  Barckleyana,  Link. 
et  Otto  [Te.  sel.]  ); —  VArgémone  à  fleurs 
blanches  (A.  albiflora ,  Horn.  [Bot.  Mag., 
tab.  2342]  ),  et  VArgémone  à  grandes  fleurs 
(A.  grandiflora,  Sweet.  [Brit.  Flow.  Gard., 
tab.  226;  Bot.  Reg.,  tab.  1264]  ).  (Sp.) 

ARGENT.  Argentum  (  «/r/u^os ,  ar¬ 
gent  ).  min.  —  L’une  des  substances  sim¬ 
ples  de  la  chimie,  faisant  partie  du  grou¬ 
pe  des  métaux  proprement  dits  ,  et  consti¬ 
tuant,  dans  les  méthodes  minéralogiques 
où  les  esp.  sont  rangées  d’après  les  bases,  le 
type  d’un  genre  composé  d’une  vingtaine 
d’espèces,  dont  nous  allons  présenter  ici  le 
tableau  complet,  renvoyant  la  description  de 
quelques  unes  d’entre  elles  à  d’autres  ar¬ 
ticles  généraux ,  où  elles  seront  plus  avan¬ 
tageusement  placées  pour  l’étude  de  la  Mi¬ 
néralogie  comparative. 

1°  Argent  natif.  Gediegenes  Silber,  W. 
C’est  l’Argent  pur,  ou  libre  de  toute  combi¬ 
naison.  Ce  métal  est  blanc,  ductile,  sonore 
et  tenace.  Sa  pesanteur  spécifique  est  de 
10,5;  sa  dureté  de  2,5  à  l’échelle  de  Mohs. 
Il  cristallise  en  octaèdre  régulier ,  est  sus¬ 
ceptible  d’être  réduit  en  fils  d’une  grande 
finesse ,  se  laisse  limer  et  couper  avec  fa¬ 
cilité  ,  ne  fond  qu’à  la  température  du 
rouge-blanc  ,  et  ne  se  ternit  pas  dans  l’air 
pur.  Il  est  soluble  à  froid  par  l’acide  nitri¬ 
que.  La  solution  colore  la  peau  en  noir ,  et 
dépose  de  l’Argent  métallique  sur  une  lame 
de  cuivre;  elle  donne  par  l’acide  chlorhy¬ 
drique  un  précipité  blanc  de  chlorure  d’ar- 


ARG 


lit 


gcnt,  attaquable  par  l’ammoniaque,  et  qui , 
à  la  lumière,  passe  rapidement  au  bleu  et  au 
noirâtre.  On  le  trouve  dans  la  nature ,  tan¬ 
tôt  cristallisé  en  octaèdre,  cube  et  cubo-oc- 
taèdre  ;  tantôt  sous  la  forme  de  dendrites , 
de  lamelles,  de  filaments  contournés,  ou  de 
réseaux  pénétrant  les  matières  pierreuses 
des  filons ,  où  il  se  rencontre  accidentelle¬ 
ment  associé  aux  sulfures  et  chlorures  d’Ar- 
gent,  qui  sont  les  principaux  minerais  de  ce 
métal.  Quelquefois  il  se  présente  dans  ces 
memes  filons  en  masses  ou  en  blocs  d’un 
volume  assez  considérable  :  on  en  a  cité  qui 
pesaient  plusieurs  quintaux.  Enfin  on  le  ren¬ 
contre  encore  disséminé  assez  abondam¬ 
ment,  mais  en  particules  imperceptibles, 
dans  des  argiles  ferrugineuses  qui  remplis¬ 
sent  les  fissures  des  filons  argentifères  (mine 
d’AUemont ,  en  Dauphiné) ,  on  dans  les  dé¬ 
pôts  ferrugineux  auxquels  on  donne  les 
noms  de  Pacos  et  de  Colorados ,  dans  l’Amé¬ 
rique  équatoriale  (mines  de  Zacatecas,  etc., 
au  Mexique  ;  de  Pasco,  au  Pérou).  Dans  ces 
divers  gisements,  l’Argent  contient  quelque¬ 
fois  des  traces  d’ Antimoine  ,  d’Arsenic,  de 
Cuivre,  de  Fer,  etc.  ;  et  souvent  il  est  recou¬ 
vert  d’un  enduit  sale  et  noirâtre  qui  le  dé¬ 
pare.  Les  gangues  pierreuses  de  l’Argent  na¬ 
tif  sont  ordinairement  le  Calcaire,  le  Quartz 
et  la  Barytine.  Les  principales  mines  où  on 
le  trouve  sont  celles  de  Kongsbcrg,  en  Nor- 
wége  ;  du  Potosi,  dans  la  république  de  Bo- 
livia;  de  Schlangenberg,  en  Sibérie  ;  d’Him- 
melfürst,  de  Schneeberg  et  de  Johanrigeor- 
genstadt,  en  Saxe;  de  Joaehimsthal,  en  Bo¬ 
hème;  d’Andreasberg,  au  Harz;  de  Witti- 
chen,  en  Souabe;  d’ÀUemont,  en  Dauphiné, 
et  de  Sainte -Marie -aux- Mines  ,  dans  les 
Vosges. 

2°  Argent  aururé,  ou  Eleclrum.  Voyez 

oit. 

5°  Argent  hydrargyré ,  ou  Amalgame. 
Voyez  mkrcüre. 

4»  Argent  telluré.  Voyez  tellure. 

5°  Argent  antimoniuré ,  ou  Discrase , 
Beud.  Syn.  :  Argent  antimonial  ;  Spiessglas- 
silber,  Antimonsilber.  Substance  d’un  blanc 
d’argent,  cristallisant  sous  les  formes  pro¬ 
pres  au  système  rhombique ,  et  avant  pour 
type  fondamental  un  prisme  rhomboïdal 
droit  de  11 8°, 4’.  Les  cristaux  sont  clivabies 
perpendiculairement  à  l’axe,  et  striés  verti¬ 
calement.  Leur  couleur  passe  au  jaunâtre 


A  RG 

ou  au  gris  noirâtre.  Ils  sont  aigres,  et  fon¬ 
dent  facilement  au  chalumeau  en  grains  mé¬ 
talliques,  qui,  après  avoir  donné  des  vapeurs 
d.’Antimoine,  se  réduisent,  en  un  bouton  d’Ar- 
gcnt  malléable.  La  pesanteur  spécifique  est 
de  9,5.  La  composition  de  cette  espèce  est, 
en  formule  atomique,  Ag<Sb,  ou  en  poids: 
Argent,  77,02;  Antimoine,  22,98.  —  On  la 
trouve  dans  les  mines  d’Argent  arsénifères , 
à  Andreasberg,  au  Harz  ;  à  Guadaleanal,  en 
Espagne;  à  YVolfach,  dans  le  pays  de  Bade, 
et  à  Allernont ,  dans  le  Dauphiné. 

Elle  se  mélange  souvent  avec  de  l’Arsé- 
niure  d’Argent,  et  constitue  alors  l’Argent 
antimonial  arsénifère ,  ou,  lorsque  l’Arsenic 
prédomine,  V Argent  arsenical  de  de  Born, 
qui  est  moins  lamelleux,  et  a  ordinairement 
une  structure  grenue  (Andreasberg  et  Gua- 
dalcanal). 

6*  Argent  séléniuré.  Voyez  sélénium. 

7°  Argent  sulfuré ,  ou  Argyrose,  Beud. 
Syn.  :  Argent  vitreux ,  Glaserz  ,  Silberglanz  , 
Weich  Gewæchs.  Substance  métalloïde  d’un 
gris  d’acier  noirâtre,  non  clivable  ,  à  struc¬ 
turé  compacte,  tendre,  et  se  laissant  couper 
facilement  avec  un  couteau  ;  cristallisant 
dans  le  système  cubique  comme  la  Galène , 
avec  laquelle  elle  est  isomorphe,  et  souvent 
intimement  mélangée  ;  pesant  spécifique¬ 
ment  6,9  ;  fusible  au  chalumeau  ,  en  déga¬ 
geant  des  vapeurs  sulfureuses,  et  réductible 
en  un  bouton  d’Argent.  Sa  composition  est, 
en  formule,  Ag2S;  en  poids  :  Argent,  87,05  ; 
Soufre,  12,95.  Ses  formes  cristallines  les  plus 
ordinaires  sont  le  cube,  l’octaèdre  régulier, 
le  rhombododécaèdre  et  le  trapézoèdre.  On 
la  rencontre  encore  à  l’état  de  dendrites,  de 
ramifications,  de  filaments  et  de  petites  mas¬ 
ses  amorphes.  Elle  forme  aussi  des  enduits 
à  la  surface  des  matières  qui  proviennent 
des  filons  ;  mais  elle  ne  forme  point  de  filon 
par  elle-même.  Lorsqu’on  la  chauffe  lente¬ 
ment  et  avec  certaines  précautions ,  de  ma¬ 
nière  à  éviter  la  fusion,  le  Soufre  se  volati¬ 
lise,  et  l’on  voit  reparaître  l’Argent  métal¬ 
lique,  sortant  de  l’intérieur  de  la  masse  sous 
forme  de  filaments  contournés.  On  pense 
qu’une  partie  de  l’Argent  filamenteux  que 
L’on  trouve  dans  la  nature  doit  sa  formation 
à  une  décomposition  de  ce  genre.  L’Argent 
sulfuré  est  le  minerai  d’Argent  le  plus  pré¬ 
cieux,  celui  qui  fournit  presque  tout  l’Ar¬ 
gent  du  commerce.  On  le  rencontre  dans 


i!2 


A IU. 


ÀRG 


presque  toutes  les  mines  argentifères  ,  et 
principalement  dans  celles  de  Frcyberg,  en 
Saxe;  de  Joachimsthal  ,  en  Bohême;  de 
Scliemnitz,  en  Hongrie,  et  dans  celles  du 
Mexique. 

L’Argent  sulfuré  passe  quelquefois  à  l’état 
terreux,  et  constitue  alors  l’Argent  noir  ter¬ 
reux,  le  Silberschwærze  des  minéralogistes 
allemands. 

8°  Argent  et  Cuivre  sulfurés,  ou  Stro- 
meyérirte,  Beud.  Syn.  :  Cuivre  sulfuré  ar¬ 
gentifère,  Argent  gris,  Silberkupferglanz. 
Substance  métalloïde,  d’un  gris  d’acier  noi¬ 
râtre  ,  fragile,  composée  d’un  atome  de  sul¬ 
fure  d’Argent  et  d’un  atôme  de  sulfure  de 
Cuivre.  Les  deux  sulfures  dont  il  s’agit  sont 
susceptibles  de  cristalliser  dans  deux  sys¬ 
tèmes  différents ,  et  sont  isomorphes  en 
même  temps  que  dimorphes  ;  la  combinai¬ 
son  mixte  est  pareillement  isomorphe  avec 
les  sulfures  simples  ;  on  a  trouvé  en  effet  à 
Rudolstadt,  en  Silésie,  des  cristaux  de  Stro- 
meyérine  qui  présentaient  les  formes  ordi¬ 
naires  et  même  les  groupements  caractéris¬ 
tiques  du  Cuivre  sulfuré  ou  de  laChalkosinc. 
(Voy.  en  alrosiixe.)  Ces  formes  appartien¬ 
nent  au  système  rhombique.  La  Stromeyé- 
rincest  donc  aux  deux  sulfures  d’Argent  et 
de  Cuivre,  ce  que  la  Dolomie  est  aux  carbo¬ 
nates  simples  de  Chaux  et  de  Magnésie.  La 
Strornevérine  est  fusible  au  chalumeau  et 
soluble  dans  l’acide  nitrique.  La  solution 
précipite  du  Cuivre  sur  une  lame  de  Fer,  et 
de  l’Argent  sur  une  lame  de  Cuivre.  Cette 
substance  est  très  rare  ;  on  ne  la  trouve, 
qu’en  petites  masses ,  le  plus  souvent  com¬ 
pactes,  dans  les  mines  de  Schlangenberg,  en 
Sibérie,  et  dans  celle  de  Rudolstadt,  en  Si¬ 
lésie. 

9°  Argent  et  Fer  sulfurés ,  ou  Sternber- 
gite,  Haid.  Substance  métalloïde  d’un  brun 
de  tombac  foncé,  à  poussière  noire,  cristal¬ 
lisant  en  petites  tables  hexagonales,  modifiées 
sur  quatre  de  leurs  bords  horizontaux,  et  qui 
sont  flexibles  comme  des  lames  d’Etain.  Ces 
cristaux  minces  sont  clivablcs  parallèlement 
à  leur  base.  Ils  dérivent  d’un  octaèdre  rec¬ 
tangulaire,  dont  les  angles  sont  128°  49’,  t  4° 
28’  et  118°.  Pesanteur  spécifique,  5.  Compo¬ 
sition  en  formule  :  S2  A  g  Fe;  en  poids  : 
Argent,  53,2;  Fer,  56;  Soufre,  50,  d’après 
l’analyse  de  Zippe.  On  trouve  ce  minéral, 
avec  d’autres  espèces  argentifères ,  dans  les 


mines  de  Joachimsthal ,  en  Bohême ,  où 
compose  de  petites  masses  comme  feuille¬ 
tées  ou  des  groupes  en  forme  de  roses. 

10°  Argent  antimonié  sulfuré ,  ou  Àrgy - 
rythrose,  Beud.  Syn.:  Argent  rouge  sombre, 
DunklesRothgültigerz.  Substance  rouge  ou 
d’un  gris  de  plomb  bleuâtre  ou  noirâtre  ;  à 
poussière  d’un  rouge  cramoisi  ;  fragile,  fa¬ 
cile  à  racler  avec  le  couteau,  et  se  réduisant 
aisément  à  la  flamme  du  chalumeau,  en  don¬ 
nant  des  vapeurs  d’Antimoine  et  d’acide  sul¬ 
fureux.  Ses  formes  cristallines  appartiennent 
au  système  rhomboédrique,  et  dérivent  d’un 
rhomboèdre  obtus  de  108°  20’,  très  rappro¬ 
ché,  comme  on  le  voit ,  de  ceux  que  l’on 
observe  si  fréquemment  parmi  les  carbona¬ 
tes.  Les  formes  secondaires  ,  qui  rappellent 
singulièrement  celles  du  calcaire  ,  sont  des 
prismes  hexagonaux  simples  ou  modifiés 
par  des  sommets  de  rhomboèdres  ou  de 
scalénoèdres  ordinairement  très  surbaissés. 
Ces  formes  présentent  quelquefois  un  cas 
d’hémimorphisme  semblabie  à  celui  qui  ca¬ 
ractérise  le  système  de  la  Tourmaline,  c’est- 
à-dire  que  l’un  des  deux  prismes  hexago¬ 
naux  qui  dérivent  d’un  rhomboèdre  se  ré¬ 
duit  à  trois  faces,  et  que  des  différences  de 
configuration  se  montrent  en  même  temps 
vers  les  deux  extrémités. 

La  composition  de  ce  minéral  est  en  for¬ 
mule  :  S  >  Ag*  S ù2  ;  ou  en  poids  :  Soufre, 
17,56;  Antimoine,  25,46;  Argent.  58,98.  On 
le  trouve  presque  toujours  en  cristaux  im¬ 
plantés,  quelquefois  en  dendrites  ou  incrus¬ 
tations  ,  en  petits  mamelons  groupés  en 
grappes,  en  petites  masses  compactes,  tou¬ 
jours  peu  volumineuses.  Le  plus  souvent,  ce 
n’est  qu’une  substance  subordonnée  aux  gîtes 
d’Argcnt  sulfuré  ou  de  Galène  argentifère, 
mais  elle  forme  quelquefois  la  partie  princi¬ 
pale  des  dépôts,  comme  dans  les  mines  du 
Mexique. 

11°  Argent  arsénié,  sulfuré  ou Proustite, 
Beud.  Syn.  :  Argent  rouge  clair;  Lichtes 
Rothgültigerz.  Substance  non  métalloïde, 
transparente,  d’un  rouge  de  cochenille  ou 
de  carmin  ;  à  poussière  d’un  rouge  clair  ; 
fragile,  fusible  au  chalumeau  en  donnant 
des  vapeurs  arsénicales  très  prononcées ,  et 
laissant  un  boulon  d’Argent.  Cette  espèce 
est  isomorphe  avec  la  précédente.  Scs  for¬ 
mes,  parmi  lesquelles  dominent  des  scalé¬ 
noèdres  aigus,  dérivent  d’un  rhomboèdre  de 


ARG 


ARG 


113 


107°  36’.  Sa  composition  en  formule  est  : 
St]AgüAs-,  ou,  en  poids  :  Soufre,  19,46  ;  Ar¬ 
gent,  63,58;  Arsenic,  13,16.  Sa  pesanteur 
spécifique  est  5,6.  On  la  trouve  dans  les 
memes  lieux  et  dans  les  mêmes  gisements 
que  l’Argyrythrose,  avec  laquelle  elle  a  été 
long-temps  confondue.  C’est  au  chimiste 
Proust  qu’est  due  la  séparation  des  deux 
espèces. 

12°  Argent  myargyrite.  H.  Rose.  Syn.  • 
Unobinargulden  ,  W.  —  Substance  métal¬ 
loïde,  d’un  gris  d’acier  ou  fi’un  noir  de 
fer;  à  poussière  d’un  rouge  brunâtre,  opa¬ 
que  ,  cristallisant  en  prisme  rhomboïdal 
oblique,  dont  les  pans  font  entre  eux  un  an¬ 
gle  de  86°4\  et  dont  la  base  est  inclinée  sur 
chacun  d’eux  de  97°53’.  Cette  espèce  se  com¬ 
porte  au  chalumeau  comme  l’Argyrythrose  , 
avec  laquelle  elle  a  été  confondue  jusqu’au 
moment  où  M.  Rose  en  a  fait  l’analyse,  et  a 
prouvé  qu’elle  renfermait  moins  d’Argent. 
Sa  composition  en  formule  est  S4A<72$62 , 
ou,  en  poids  :  Soufre  ,  21,55  ;  Antimoine, 
42,79  ;  Argent,  55,86.  Ce  minéral  n’a  encore 
été  observé  que  dans  la  mine  de  Brauns- 
dorf,  en  Saxe. 

13°  Argent  antimonié  sulfuré  noir,  ou 
Psathurose,  Beud.  Syn.  :  Argent  sulfuré  ai¬ 
gre,  ou  fragile;  Sprodglaserz,  Schwarzgül- 
tigerz ,  Roschgewâchs ,  Prismatisch  Melan- 
glanz.  — Substance  métalloïde  d’un  gris  de 
fer  ou  de  plomb  ;  à  poussière  noire,  aigre, 
fragile,  pesant  spécifiquement  6,2.  Sa  com¬ 
position  chimique  est  en  formule:  S9  A#1 2S62, 
et,  en  poids  :  Soufre,  15,69;  Antimoine, 15, 98; 
Argent ,  70,33.  Elle  cristallise  en  prismes  à 
six  pans  ordinairement  très  courts ,  et  qui 
dérivent  d’un  prisme  rhombique  droit  de 
115°39’.  Les  pans  de  ce  prisme  sont  striés 
verticalement.  Ces  cristaux  sont  souvent 
groupés  ,  et  ils  présentent  dans  leurs  grou¬ 
pements  une  assez  grande  analogie  avec  ceux 
du  Fer  sulfuré  prismatique,  ou  ceux  de  l’Ar- 
ragonite.  Ce  minéral  se  trouve  dans  les 
mêmes  gisements  que  l’Argyrythrose  ,  dont 
il  était  regardé  jadis  comme  une  simple  al¬ 
tération.  Les  plus  belles  variétés  viennent 
des  mines  de  l’Erzgebirge ,  notamment  de 
celles  des  environs  de  Freyberg ,  des  mines 
de  Schemnitz  ,  en  Hongrie  ,  et  de  celles  du 
Mexique. 

14°  Argent  polybasite ,  II.  Rose.  Syn.  : 
Mildglanzerz ,  W.  Cette  espèce  a  été  con- 

T.  II. 


fondue  tantôt  avec  le  Sprüdglaserz,  tantôt 
avec  la  Bournonite.  C’est  une  substance 
métalloïde  d’un  noir  de  fer  ,  à  poussière 
noire,  qui  cristallise  ordinairement  en  ta¬ 
bles  hexagonales  régulières ,  avec  des  facet¬ 
tes  additionnelles  menant  â  des  formes  rhom- 
boédriques.  Les  pans  sont  striés  horizonta¬ 
lement  ;  les  bases  le  sont  dans  trois  direc¬ 
tions  parallèles  aux  arêtes  d’un  triangle 
équilatéral.  Ces  cristaux  minces  sont  sou¬ 
vent  recouverts  d’un  enduit  de  Chalkopyrite. 
Leur  pesanteur  spécifique  est  de  6,2;  ils 
sont  composés  chimiquement  de  9  atomes 
de  Sulfure  d’Argent  ou  de  Cuivre,  et  de  1  ato¬ 
me  de  Sulfure  d’Antimoine  ou  d’Arsenic. 
Une  variété  de  Guarisamey,  au  Mexique, 
a  donné  à  M.  Rose  :  Soufre,  17,04;  Anti¬ 
moine,  5,09;  Arsenic,  3,74;  Argent,  64,29; 
Cuivre,  9,93  ;  plus,  des  traces  de  Fer.  La  Po¬ 
lybasite  se  trouve  en  cristaux  et  à  l’état 
compact  dans  les  mines  de  Guanaxuato  et 
de  Guarisamey  au  Mexique,  de  Schemnitz, 
de  Neue-Morgenstern  et  d’Himmelsfürst,  près 
de  Freyberg,  en  Saxe,  etc. 

15°  Argent  et  plomb  antimoniés  sulfurés. 
Syn.  ;  Schilfglaserz,  Freiesleben,  Peritomer 
Antimonglanz,  Mohs.  Substance  métalloïde, 
d’un  gris  d’acier  clair  ou  d’un  gris  de  plomb 
tirant  sur  le  blanc  d’argent,  cristallisant  en 
prismes  rhombiques  de  67° ,  clivables  paral¬ 
lèlement  à  leur  base,  et  striés  verticalement 
sur  leurs  pans.  Pesanteur  spécifique ,  6,38. 
Us  renferment  environ  ,  sur  100  parties  ,  de 
20  à  24  d’Argent ,  et  de  28  à  30  de  Plomb. 
Les  cristaux  sont  souvent  groupés  à  la  ma¬ 
nière  de  ceux  de  la  Staurotide.  Ce  minéral 
fort  rare  ne  se  trouve  que  dans  les  mines 
des  environs  de  Freyberg. 

Nous  mentionnerons  ici  un  autre  minéral 
encore  peu  connu ,  que  M.  Brooke  a  indiqué 
sous  le  nom  d 'Argent  sulfuré  flexible,  et  qui 
cristallise, selon  lui, en  prismes  obliques  rhom- 
boïdaux  ,  dont  les  pans  font  entre  eux  l’an¬ 
gle  de  121°  ;  la  base  s’inclinant  sur  l’arête 
de  cet  angle  de  125°.  Ces  cristaux  sont  cli¬ 
vables  parallèlement  à  l’axe  et  à  la  diagonale 
oblique  ;  ils  sont  noirs  extérieurement ,  et 
forment  des  lames  minces,  flexibles ,  qui  se 
coupent  aisément  au  couteau;  ils  provien¬ 
nent  de  la  mine  dellabacht,  à  Freyberg. 

16°  Argent  ioduré.  Yoy.  iodures. 

17°  Argent  chloruré ,  ou  Kérargyre , 
Beud.  Syn.  :  Argent  muriaté  ,  H.  ;  Argent 
8 


ARG 


114  ARG 

corné ,  Silberhornerz  ;  Hornsîlber  des  Alle¬ 
mands.  Substance  molle  comme  la  cire;  de¬ 
mi-transparente,  d’un  gris  de  perle  ou  de 
couleur  verdâtre,  fusible  à  la  flamme  d’une 
bougie,  en  répandant  une  odeur  de  Chlore, 
et  facile  à  réduire  au  chalumeau.  Elle  cris¬ 
tallise  dans  le  système  cubique  ;  sa  pesan¬ 
teur  spécifique  est  de  5,6  ;  c’est  un  bi-chlo- 
rure  composé,  sur  100  parties  ,  de  75,34 
d’ Argent,  et  de  24,66  de  Chlore.  Cette  espèce 
est  sujette  à  noircir  lorsqu’elle  est  exposée 
au  contact  de  l’air.  C’est  un  des  minerais 
d’Argent  les  plus  précieux  et  les  plus  abon¬ 
damment  répandus,  surtout  dans  les  mines 
du  Pérou  et  du  Mexique  ;  on  le  trouve  aussi 
dans  la  plupart  des  mines  de  la  Saxe,  de  la 
Norxvége  et  de  la  Sibérie  :  il  constitue  quel¬ 
quefois  des  masses  assez  considérables. 

18°  Argent  carbonate ,  'Windenmann. 
Substance  noire  ou  d’un  gris  cendré ,  ter¬ 
reuse,  amorphe, très  tendre  et  facile  à  réduire, 
faisant  effervescence  avec  les  acides  compo¬ 
sée,  d’après Selb,  de  72,5  d’Argent, 12  d’Acide 
carbonique,  et  de  15,5  de  Carbonate  d’ Anti¬ 
moine.  On  ne  l’a  encore  trouvée  que  dans 
la  mine  de  Wolfach,  au  pays  de  Bade,  dans 
une  gangue  de  Barytine ,  accompagnée  de 
différents  Sulfures. 

Ainsi  que  nous  l’avons  dit  plus  haut ,  les 
seules  espèces  argentifères  qui  soient  exploi¬ 
tées  pour  l’extraction  de  l’Argent  sont  : 
l’Argent  natif,  l’Argent  sulfuré,  l’Argent 
chloruré,  et  les  diverses  combinaisons  con¬ 
nues  sous  le  nom  &  Argent  rouge.  Le  trai¬ 
tement  métallurgique  de  ces  différents  mi¬ 
nerais  est  fort  simple  :  il  se  réduit  à  deux 
procédés  qui  consistent,  l’un  à  dissoudre 
l’Argent  par  le  moyen  du  Plomb,  pour  lequel 
il  a  une  grande  affinité  lorsque  les  deux 
métaux  sont  à  l’état  de  fusion  ;  l’autre ,  à 
l’amalgamer  avec  le  Mercure,  après  l’avoir 
préalablement  amené  à  l’état  de  Chlorure, 
en  grillant  le  minerai  mélangé  avec  du  sel. 

Si  l’on  excepte  les  mines  de  Plomb  et  de 
Cuivre  argentifère ,  la  France  ne  possède 
de  mines  d’Argent  proprement  dites  que 
dans  deux  départements ,  et  encore  sont- 
elles  à  peu  près  abandonnées  :  à  Allemont , 
dans  l’Isère,  et,  dans  les  Vosges,  à  Sainte- 
Marie-aüx-Mines ,  Lacroix ,  etc.  La  mine 
d’Allemont  ou  des  Chalanches  consiste  en 
minerais  d’Argent  très  riches ,  disséminés 
dans  une  argile  qui  remplit  des  fentes  et  des 


cavités  au  milieu  de  roches  talqueuses  et 
amphiboliques.  Dans  les  Vosges ,  les  mi¬ 
nerais  d’Argent  sont  associés  à  des  minerais 
de  Plomb  et  de  Cuivre  argentifères  qui  for¬ 
ment  des  filons. 

Les  mines  d’Argent  européennes  sont  beau¬ 
coup  moins  importantes  que  celles  du  Nou¬ 
veau-Monde  ;  la  plupart  même  ne  sont  que 
des  minerais  de  Plomb  ou  de  Cuivre  argen¬ 
tifères,  auxquels  sont  accidentellement  asso¬ 
ciés  quelques  autres  minerais  d’Argent.  Les 
mines  d’Argent  proprement  dites  sont  celles 
de  Rongsberg  en  Norwége,  où  l’Argent  na¬ 
tif  est  le  minerai  principal  ;  celles  de  Saxe 
(Freyberg,  Marienberg,  Schneeberg,  etc.)  ; 
celles  du  Harz  (Annaberg,  Andreasberg),  et 
celles  de  Hongrie  (Schemnitz,  Cremnitz, 
Rœnigsberg,  etc.).  Tous  ces  pays  tirent  aussi 
une  grande  partie  de  l’Argent  qu’ils  produi¬ 
sent  des  minerais  de  Plomb  argentifère.  Ce 
sont  les  mines  de  Hongrie  qui  donnent  les 
produits  les  plus  considérables;  viennent 
après  les  mines  de  Saxe,  puis  celles  du  Harz. 
La  Prusse  et  l’Angleterre  n’ont  point  de 
mines  d’Argent  proprement  dites  ;  la  Savoie 
a  la  mine  de  Pesey,  dont  le  minerai  n’est 
qu’un  Plomb  argentifère  ;  l’Espagne  n’offre 
guère  de  mine  en  exploitation  que  celle  de 
Guadalcanal,  dont  le  produit  est  très  faible. 
En  somme ,  la  quantité  d’Argent  produite 
annuellement  par  les  mines  d’Europe  est  de 
72,000  kil.,  ce  qui  n’est  que  la  onzième  par¬ 
tie  de  celle  que  fournissent  les  mines  de 
l’Amérique  espagnole.  La  Sibérie  possède 
une  mine  d’Argent  à  Sméof  ou  Schlangen- 
berg,  dans  les  monts  Altaï  ;  le  produit  de 
cette  mine  et  de  quelques  autres  moins  im¬ 
portantes  du  district  de  Rolywan ,  joint  à 
celui  des  mines  de  Nertschinsk ,  est  de 
21,000  kil. 

Les  mines  d’Argent  du  Nouveau-Monde, 
qui  sont  les  plus  importantes  de  ce  conti¬ 
nent,  sont  situées  dans  les  Cordillières,  prin¬ 
cipalement  au  Mexique,  au  Pérou  et  au 
Chili.  Le  Mexique  offre  à  lui  seul  plus  de 
trois  mille  exploitations  établies  sur  cinq 
mille  filons  ou  amas  de  minerais  d’Argent. 
Les  filons  les  plus  riches  sont  ceux  de  Gua- 
naxuato,  de  Catorce,  de  Zacatecas,  de  Bato- 
pilas,  de  Sombreretc  et  de  Real  del  Monte. 
Le  filon  de  Guanaxuato,  qu’on  appelle  la 
Veta-Madre ,  est  maintenant  la  plus  riche 
mine  du  monde  entier  ;  il  a  une  puissance 


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115 


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de  40  à  45  mètres ,  et  on  l’exploite  sur  une 
étendue  de  trois  lieues.  La  seule  mine  de 
Valenciana ,  qui  en  fait  partie ,  produit  an¬ 
nuellement  plus  de  8  millions  de  francs;  les 
mines  de  Guanaxuato  donnent  à  elles  seules 
près  du  quart  du  produit  de  toutes  les  mines 
du  Mexique ,  qui  était ,  il  y  a  quelques  an¬ 
nées  ,  de  126  millions  de  francs.  Les  filons 
métallifères  du  Mexique  traversent,  comme 
ceux  de  la  Hongrie  ,  des  roches  de  cristalli¬ 
sation  et  de  formation  platonique,  parmi 
lesquelles  on  distingue  surtout  certains  por¬ 
phyres  comme  très  riches  en  Or  et  en  Ar¬ 
gent.  On  trouve  aussi  ces  métaux  précieux 
disséminés  dans  des  minerais  argilo-ferru- 
gineux,  appelés  dans  le  pays  colorados. 

L’ancien  Pérou  est  aussi  très  riche  en 
mines  d’Argent;  la  république  actuelle  de 
ce  nom  possède  la  mine  célèbre  de  Pasco  ou 
Lauricocha,  celles  de  Huantajaya,  de  Micui- 
Pampa,  etc.  La  république  de  Bolivia ,  qui 
fait  partie  du  Haut-Pérou,  nous  offre  la  fa¬ 
meuse  mine  de  Potosi,  dont  le  minerai  était 
jadis  fort  riche,  mais  qui  s’est  appauvri  d’une 
manière  extraordinaire  ;  cependant ,  il  y  est 
encore  si  abondant ,  que  la  montagne  de 
Potosi  est  peut-être  toujours  la  mine  la  plus 
riche  du  monde,  après  le  filon  de  Guanaxua¬ 
to.  Cette  mine  est,  en  outre,  remarquable  par 
sa  prodigieuse  élévation  au  dessus  du  niveau 
de  la  mer  ;  les  mineurs  y  travaillent  à  une 
hauteur  supérieure  à  celle  du  Mont-Blanc. 
Les  mines  du  Pérou  ont  rapporté  jusqu’à 
11  millions  par  an ,  et  l’on  a  calculé  que  la 
seule  mine  de  Potosi  a  produit,  depuis  sa 
découverte,  en  1545,  pour  6  milliards  d’Ar¬ 
gent.  Le  Chili  a  aussi  des  mines  d’Argent 
à  Coquimbo  ;  le  métal  y  est ,  comme  à  Pas¬ 
co,  disséminé  en  parties  imperceptibles  dans 
des  minerais  terreux  et  ferrugineux ,  analo¬ 
gues  aux  Colorados  du  Mexique ,  et  qu’on 
nomme  Pacos  dans  l’Amérique  du  sud. 

Au  commencement  du  19e  siècle  ,  les  co¬ 
lonies  espagnoles  produisaient  annuellement 
en  Argent  846,662  kil. ,  et  le  Mexique  seul 
entrait  pour  572,598  kil.  dans  ce  total  ;  mais, 
depuis  les  guerres  de  l’indépendance ,  cet 
état  de  choses  a  changé  :  le  produit  n’est 
plus  que  de  205,268  kil.  ;  il  a  donc  souffert 
une  diminution  de  près  des  trois  quarts. 
Depuis  trois  siècles,  l’Amérique  a  fourni 
125,457,690  kil.  d’Argent.  D’après  le  calcul 
de  M.  de  Humboldt,  toute  cette  masse  réu¬ 


nie  formerait  une  sphère  de  28  mètres  de 
diamètre.  La  valeur  du  kil.  d’Argent  pur 
est  actuellement  de  222  fr.  22  c.;  le  rapport 
de  la  valeur  du  kil.  d’Argent  au  kil.  d’Or  est 
de  1  à  15,5. 

Argent  blanc,  le  Weissgültigerz  des  Alle¬ 
mands.  Nom  donné  à  diverses  espèces  de 
Cuivre  gris  (Panabase)  et  de  Bournonite, 
dans  lesquelles  le  sulfure  de  Cuivre  est  rem¬ 
placé  par  le  sulfure  d’Argent. 

Argent  corné.  —  Voy.  argent  chlo¬ 
ruré. 

Argent  de  chat.  —  Voy.  mica  argen¬ 
tin. 

Argent  gris ,  le  Graugültigerz  des  Alle¬ 
mands.  —  Voy.  CUIVRE  GRIS. 

Argent  merde  -  d'oie.  —  Voy.  cobalt 

OXYDÉ. 

Argent  noir.  —  Voy.  argent  psathu- 
rose. 

Argent  rouge.  —  Voy.  argent  anti- 

MONIÉ  SULFURÉ. 

Argent  vif.  —  Voy.  mercure. 

Argent  vitreux.  —  Voy.  argent  sul¬ 
furé.  (DEL.) 

*  ARGENTIFÈRE.  Argentiferus. 
min.  —  Qui  contient  accidentellement  de 
l’Argent.  (C.  d’O.) 

ARGENTINA  ,  Lamk.  bot.  pii.  — 
Synonyme  du  genre  Potentilla ,  L. ,  de  la 
famille  des  Rosacées.  (Sp.) 

ARGENTINE,  poiss.  —  Poisson  de  la 
famille  des  Salmonoïdes  ,  connu  et  mention¬ 
né  depuis  les  auteurs  du  16e  siècle,  mais 
qui  n’a  été  bien  caractérisé  que  depuis  le 
travail  publié  dans  les  Mémoires  du  Mu¬ 
séum  (t.  I,  p.  228,  pl.  11,  fig.  1)  parM.  Cu¬ 
vier.  Les  caractères  consistent  dans  une 
bouche  petite,  déprimée  horizontalement,  à 
mâchoires  sans  dents,  dont  la  langue  est  ar¬ 
mée  de  dents  fortes  et  crochues  ;  il  y  en  a 
aussi  sur  le  chevron  du  vomer.  On  compte 
six  rayons  à  la  membrane  branchiostége  : 
la  première,  dorsale,  sur  le  milieu  du  corps, 
a  dix  rayons;  la  seconde  est  une  très  petite 
adipeuse  que  la  plupart  des  auteurs  ont  né¬ 
gligé  de  signaler.  La  peau  n’a  point  d’écail- 
les,  la  ligne  latérale  est  droite.  Les  côtés 
de  la  tête  et  une  large  bandelette  longitudi¬ 
nale  brillent  du  plus  pur  éclat  d’argent  poli. 
Le  dos  est  verdâtre  ;  le  ventre  comme  trans¬ 
parent.  A  l’intérieur ,  l’estomac  est  d’un 
noir  très  profond  ;  son  pylore  a  huit  appcip 


ARG 


ARG 


06 

dices  cœcaux;  le  foie  est  jaune-pâle  ;  la  ves¬ 
sie  aérienne,  longue,  peu  large,  pointue  aux 
deux  bouts,  épaisse,  est  d’une  si  belle  cou¬ 
leur  d’argent,  qu’elle  semble  formée  d’une 
lame  repliée  de  ce  métal  ;  le  péritoine  est 
aussi  argenté. 

Ce  poisson  ,  abondant  dans  la  Méditerra¬ 
née,  et  surtout  dans  l’Adriatique,  y  est  l’ob¬ 
jet  d’une  pêche  importante ,  parce  que  la 
matière  argentée  qui  colore  les  parties  bril¬ 
lantes  de  son  corps  se  laisse  facilement  sé¬ 
parer,  et  que,  recueillie,  elle  est  employée 
à  argenter,  ou,  comme  on  dit,  à  orienter  les 
fausses  perles  ,  de  même  qu’on  le  fait  dans 
nos  pays  avec  le  produit  fourni  par  V Ablette. 
Voy.  ce  mot. 

L’Argentine,  mal  caractérisée  d’abord,  est 
devenue  type  d’un  genre  tout  aussi  mal  ca¬ 
ractérisé,  dans  lequel ,  jusqu’à  Gmelin,  on  a 
réuni  tant  d’espèces  disparates,  que  le  genre 
linnéen  ne  peut  être  adopté  dans  un  species 
des  poissons.  L’Argentine  de  la  Méditerra¬ 
née,  indiquée  d’abord  par  Rondelet,  et  puis 
par  Willughby,  fut  le  type  du  genre  créé  par 
Artedi,  mais  qui,  le  caractérisant  d’après  les 
figures  et  les  descriptions  de  ses  prédéces¬ 
seurs,  ne  parle  pas  de  sa  nageoire  adipeuse. 
Linné  introduisit  dans  ce  genre  une  espèce 
à  dix  rayons  branchiaux,  et  de  la  famille  des 
Brochets  ;  Gronovius  donna  pour  tel  un 
poisson  ayant  des  dents  aux  deux  mâchoires, 
et  adjoignit  à  cet  inconnu  un  Anchois  (c’est- 
à-dire  un  poisson  d’une  troisième  famille, 
celle  des  Clupéoïdes)  des  côtes  d’Amérique. 
Le  genre  Argentine  est  donc  devenu  une  com¬ 
binaison  d’erreurs  et  d’omissions  qui  ren¬ 
dirent  son  caractère  tout  à  fait  inappli¬ 
cable  aux  espèces  que  l’on  y  rapportait.  En¬ 
fin,  Linné  ajoute  encore  à  ces  erreurs  en  y 
rangeant,  sous  le  nom  tfArgentina  caroli- 
na,  un  poisson  à  vingt-huit  rayons  branchio- 
stéges,  et  qui  est  évidemment  un  Elops.  Voy. 
ce  mot. 

Forskal  chercha  aussi  à  ramener  dans  le 
genre  Argentine  un  poisson  de  la  mer  Rouge, 
qui  a  la  langue  et  le  palais  garnis  de  petites 
dents  arrondies  et  serrées.  Il  en  fit  son  Ar~ 
gentina  glossodonta ,  qui  est  d’un  tout  au¬ 
tre  genre,  celui  des  Butyrins.  Voy.  ce  mot. 

Dans  l’état  actuel  de  l’ichthyologie,  il  faut 
réduire  le  genre  Argentine  à  la  seule  espèce 
de  la  Méditerranée,  que  j’ai  fait  connaître  au 
commencement  de  cet  article-  (Val.) 


*  ARGES  (  nom ,  dans  la  mythologie 
grecque,  de  l’un  des  fils  d’Uranus  et  de  la 
Terre),  poiss.  —  Genre  de  Poissons  de  l’A¬ 
mérique  méridionale ,  appartenant  à  la  fa¬ 
mille  des  Siluroïdes ,  et  distinct  des  Pimé- 
lodes  par  la  forme  des  dents. 

Les  caract.  génériques  consistent  dans  des 
dents  bifides  à  leur  extrémité ,  chaque  poin¬ 
te  étant  recourbée  en  dedans.  Ces  dents, 
disposées  sur  une  bande  étroite ,  forment 
une  sorte  de  herse  à  l’extrémité  de  la  bou¬ 
che,  dont  aucun  autre  poisson  ne  m’a  en¬ 
core  offert  l’exemple.  Le  palais  est  lisse  et 
sans  dents  ;  la  bouche  n’a  que  deux  barbil¬ 
lons  larges  et  aplatis  ;  les  lèvres  sont  en¬ 
tourées  d’une  sorte  de  rebord  membraneux 
qui  forme  une  espèce  de  ventouse  orale. 
La  dorsale  est  petite ,  et  n’a  qu’un  faible 
rayon  en  avant  ;  la  nageoire  adipeuse  est 
longue  ;  les  autres  nageoires  ont  leur  pre¬ 
mier  rayon  prolongé  en  filet. 

On  ne  connaît  encore  que  deux  esp.  de 
ce  genre  :  l’une ,  qui  vient  des  eaux  douces 
de  la  mission  de  Santa-Anna,  dans  le  Haut- 
Pérou  ,  d’où  elle  a  été  rapportée  par  M. 
Pentland  ;  on  l’y  nomme  Sabalo.  C’est  un 
poisson  recherché  comme  aliment.  Ce  Sa¬ 
balo  n’a  pas  de  vessie  natatoire. 

La  seconde  espèce  est  le  petit  poisson  ob¬ 
servé  en  1805  par  M.  le  baron  Alex,  de 
Kumboldt ,  et  rejeté  par  le  volcan  du  Co- 
topaxi  :  c’est  YArges  cyclopum ,  que  M.  de 
Humboldl  avait  nommé  Pimelodus  cyclo¬ 
pum.  Les  habitants  des  Andes  le  nomment 
Pregnadillas ,  dénomination  qui  s’applique 
aussi  à  un  autre  poisson  d’un  genre  voisin  , 
mais  distinct  par  l’absence  de  l’adipeuse, 
et  que  j’ai  nommé  Broutes  (  Voy.  ce  mot). 
Cette  petite  esp.  offre  un  des  plus  singuliers 
phénomènes,  celui  d’être  rejeté  du  sein  des 
eaux  souterraines  par  les  efforts  d’éruption 
des  volcans  actifs  des  Andes  :  car  non  seule¬ 
ment  le  Cotopaxi,  que  j’ai  déjà  nommé,  mais 
le  Tungurahua ,  le  Sungay,  l’Imbaburu,  le 
Cargueirazo,  rejettent  aussi  des  Pregnadillas. 
Ils  sortent  par  le  cratère  du  volcan  ou  par  des 
fentes  ouvertes  à  5,000  ou  5,200  mètres  d’élé¬ 
vation  au  dessus  du  niveau  de  la  mer,  et  à 
2,600  mètres  au  dessus  des  plaines  d’alentour, 
sur  lesquelles  tombent  les  poissons  lancés  au 
dehors.  Ils  sont  rejetés  en  si  grande  quantité, 
que ,  sur  les  terres  du  marquis  de  Salvalè- 
gre ,  l’odeur  infecte  s’en  répandit  au  loin. 


ARG 


ARG 


117 


Le  volcan  d’Imbaburuen  vomit  des  milliers 
en  4691  sur  les  environs  de  la  ville  d’Ibara. 
Les  fièvres  pestilentielles  qui  désolèrent  ces 
contrées  furent  attribuées  aux  miasmes  pro¬ 
duits  par  les  exhalaisons  putrides  des  pois¬ 
sons  amoncelés  sur  le  sol,  et  exposés  à  l’ac¬ 
tion  du  soleil.  Lorsque  la  cime  du  volcan  de 
Cargueirazo  s’affaissa, le  10  juin  1698, des  mil¬ 
liers  de  Pregnadillas  sortirent  de  ses  flancs, 
au  milieu  des  boues  argileuses  et  fumantes 
vomies  par  la  montagne.  Quels  courants 
d’eau  peuvent  donc  exister  dans  ces  monta¬ 
gnes,  pour  y  amener  ces  poissons?  Com¬ 
ment  l’eau  soumise  à  la  haute  température 
de  ces  fournaises  contient-elle  encore  assez 
d’air  pour  y  laisser  respirer  les  poissons? 
Comment  ces  animaux,  petits  et  à  chair  très 
molle,  ne  sont-ils  pas  détruits  par  une  sorte 
de  cuisson  en  traversant  les  colonnes  de  fu¬ 
mée  qui  entourent  les  masses  boueuses  re¬ 
jetées  pendant  l’éruption?  Combien  d’au¬ 
tres  questions  tout  aussi  difficiles  à  résou¬ 
dre  ces  curieux  phénomènes  ne  font-ils  pas 
encore  poser?  (Val.) 

*  ARGILACE.  Ârgüaceus  ( argila ,  ar¬ 
gile).  Qui  a  la  couleur  de  l’argile.  Tels  sont  : 
VAgaricus  argilaceus ,  V Hélix  argila- 
cea ,  etc.  On  emploie  encore  cette  épithète 
pour  désigner  les  végétaux  qui  vivent  sur 
l’argile,  comme  le  Peziza  argilacea. 

(C.  D’O.) 

ARGILE.  Argila.  géol. — La  nature  des 
Argiles  est  beaucoup  plus  difficile  à  détermi¬ 
ner  qu’on  ne  pourrait  le  soupçonner  au 
premier  aperçu  ;  aussi  trouve-t-on ,  dans  I 
les  auteurs,  très  peu  de  notions  satisfaisantes  1 
à  cet  égard.  Ils  sc  sont  contentés  ,  pour  la  < 
plupart,  de  spécifier  les  Argiles  plutôt  d’a-  - 
près  leurs  usages  que  d’après  leur  véritable  < 
composition.  Par  suite  des  recherches  iné-  < 
dites  qui  ont  été  faites  à  ce  sujet  par  M.  < 
Cordier,  nous  allons  pouvoir  donner  une  < 
définition  exacte  et  complète  des  Argiles.  ] 

On  donne  le  nom  d’Argiles  à  des  masses  < 
terreuses,  très  différentes  par  leur  composi¬ 
tion  et  par  la  proportion  de  leurs  parties  élé-  < 
mentaires.  Elles  n’appartiennent  point  à  la  j 
minéralogie  proprement  dite,  mais  à  la  géo-  i 
logie.  Ce  sont  des  roches  meubles,  à  parties  \ 
submicroscopiques  indépendantes,  mécani-  < 
quement  mélangées  ,  et  dont  le  volume  se  < 
réduit  dans  beaucoup  de  cas  à  celui  des  < 
molécules  chimiques  composantes.  Les  prin-  < 


s  cipaux  éléments  de  ces  mélanges  sont  des 
.  sous-hydrates  de  Silice  et  d’Alumine,  des  si- 
;  licates  d’Alumine  plus  ou  moins  hydratés, 
-  parfois  du  sous-hydrate  de  Magnésie,  de 
■  l’hydrate  de  Fer,  de  la  Silice  et  de  l’Alumine 
en  particules  excessivement  ténues,  etc.  A 
!  ces  parties  élémentaires  sc  joignent  souvent 
des  parties  arénacées  communément  quart- 
zeuses ,  d’un  volume  beaucoup  moins  atté¬ 
nué,  mais  qui  cependant  sont  fréquemment 
submicroscopiques  :  de  là  les  caractères  si 
variés  des  Argiles,  et  les  emplois  si  différents 
auxquels  elles  peuvent  donner  lieu  dans  les 
arts. 

Nous  renvoyons  à  l’article  général  ro¬ 
ches  argileuses  les  détails  que  nous 
avons  à  donner  sur  les  diverses  variétés 
d’Argiles  dont  l’origine  est  aussi  une  ques¬ 
tion  géologique  importante.  (C.  d’O.) 

*ARGILE  INFLAMMABLE,  géol. 
—  M.  Cordier  a  donné  ce  nom  à  une  espèce 
de  sa  famille  des  roches  à  base  de  bitume 
gris,  qui  est  composée  d’Argile  ordinaire  mé¬ 
langée  de  bitume  gris  pour  environ  un  tiers. 
Elle  est  légère,  spongieuse  et  de  couleur  gé¬ 
néralement  grisâtre.  Quelques  géologues  la 
confondent  avec  l’Argile  ordinaire;  mais 
elle  s’en  distingue  par  la  facilité  avec  la¬ 
quelle  elle  brûle,  et  par  l’odeur  fétide  qui 
accompagne  sa  combustion.  Cette  roche  ap¬ 
partient  à  la  période  salino-magnésienne,  et 
contient  différents  fossiles  de  cette  époque. 

(C.  D’O.) 

ARGILE  DE  KIMMERSDGE 

(Kimmeridge  clay  des  Anglais),  géol.— Ce 
terrain ,  auquel  quelques  géologues  français 
donnent  aussi  le  nom  de  Marnes  argileuses 
havriennes ,  et  de  Marnes  à  gryphées  vir¬ 
gules  ,  est  le  dépôt  marneux  le  plus  récent 
de  l’étage  oolithique.  Il  a  pris  un  assez  grand 
développement,  surtout  en  Angleterre  et 
en  France,  où  il  est  très  bien  caractérisé 
par  YOstrea  deltoidea  et  la  Gryphœa  vir •• 
gula.  (C.  d’O.) 

ARGILE  D’OXFORD  (  Oxford  clay 
des  Anglais),  géol.  —  On  nomme  ainsi  un 
grand  dépôt  de  matières  argileuses  et  aré¬ 
nacées  ,  appartenant  à  l’étage  oolithique,  et 
placé  immédiatement  au-dessous  du  Cal¬ 
caire  à  coraux  ( Coral  rag  des  Anglais).  Ce 
dépôt,  qui  s’étend  sur  une  grande  partie 
de  l’Angleterre  et  de  la  France ,  contient 
de  nombreux  débris  de  reptiles  gigantes- 


ns 


ARG 


ARG 


ques  et  de  coquilles  fossiles ,  mais  il  est 
surtout  caractérisé  par  la  Gryphœa  dilata- 
ta ,  d’où  le  nom  de  sous-étage  des  argiles 
à  grypkées  dilatées ,  que  vient  de  lui  donner 
51.  Cordier  dans  sa  nouvelle  classification 
des  terrains  exposés  au  Muséum  d’histoire 
naturelle.  (C.  d’O.) 

*  ARGILE  PHYLLADIGÈNE. 

GEOL.— Voy.  ROCHES  ARGILEUSES. 

(C.  D’O.) 

*  ARGILE  SALIFÈRE.  géol. — Voy . 

SEL  GEMME.  (G.  D’O.) 

ARGILETTE.  Pkascum  (  d’argile  ). 
bot.  cr.  (  Mousses.  )  —  C’est  un  de  ces  mots 
forgés  par  Bridel  pour  traduire  en  français 
les  noms  génériques  de  ces  plantes.  Synon. 
de  Phasque  ou  Phase ,  celui-là  devenait  ab¬ 
solument  inutile  :  aussi  n’a-t-il  été  employé 
que  par  cet  auteur,  qui  voulait  lui  faire 
exprimer  la  nature  du  terrain  dans  lequel 
croissent  le  plus  ordinairement  les  esp.  de  ce 
genre.  Voy.  phàscum.  (G.  M.) 

ARGILEUSE  [Odeur),  géol.  —  On 
donne  ce  nom  à  une  odeur  particulière  qui 
se  dégage,  par  l’effet  de  l’humidité,  des  ro¬ 
ches  argileuses ,  et  même  d’une  foule  de 
corps  qui  ne  contiennent  pas  un  atome  d’A- 
lumine ,  ni  même  de  Silice  à  l’état  molécu¬ 
laire.  M.  Cordier  pense  que  cela  est  sans 
doute  occasionné  par  une  action  chimique 
très  faible,  analogue  à  celle  que  les  épon¬ 
ges  métalliques  produisent  sur  différents 
corps  exposés  à  l’action  électro  -  galvanique 
de  leurs  cavités.  Comme  l’Argile  est  compo¬ 
sée  de  parties  excessivement  atténuées,  elle 
jouit  de  cette  propriété  d’une  manière  plus 
sensible  que  tous  les  autres  corps  réduits 
à  l’état  terreux.  Suivant  M.  Cordier,  du 
Quartz  pulvérisé  et  trituré  convenable¬ 
ment  donne  l’odeur  argileuse. 

(C.  D’O.) 

*  ARG1LIFÈRE.  Ârgili férus  (, argüa , 

argile  ;  fero  ,  je  porte),  géol.  —  Qui  con¬ 
tient  accidentellement  de  l’Argile.  Tel  est 
le  Calcaire  argilifère.  (C.  d’O.) 

*  ARGILIFORME.  Argiliformis  {ar¬ 
güa  ,  argile  ;  forma  ,  forme),  géol.  —  Qui 
a  l’aspect  de  l’Argile  :  Trass  argili forme. 

(G.  d’O.) 

ARGILÏTE.  geol.  —  Voyez  roches 

ARGILEUSES.  (C.  D’O.) 

*ARGILOIBE.  Argiloides.  géol.  — 
Cette  épithète  est  donnée  aux  roches  dont 


la  masse  principale  présente  l’aspect  de 
l’Argile,  ou  à  celles  qui  possèdent  quelques 
unes  de  ses  propriétés.  Telle  est  la  Brèche 
à  pâte  argiloïde.  (C.  d’O.) 

ARGILOLITHE.  géol.  —  Suivant  M. 
Cordier,  plusieurs  géologues  confondent,  à 
tort  sous  cette  dénomination,  1°  de  véritables 
argiles  sédimentaires,  à  un  état  d’endurcis¬ 
sement  plus  ou  moins  complet  (  Argilite )  ; 
2e  des  Pétrosilex  décomposés  ;  3°  des  Tra- 
chytes  également  décomposés  et  passés  ainsi 
à  l’état  de  Téphrine.  Voy.  Argilite  ,  Pe- 

TROSILEX  DÉCOMPOSÉ  et  TÉPHRINE. 

(C.  D’O.) 

ARGILOPHYRE.  géol.  —  Suivant 
M.  Cordier ,  divers  géologues  confondent 
sous  ce  nom  :  1°  les  Porphyres  pétrosiliceux 
décomposés  (Porphyre  argilitique);  2°  les 
Trachytcs  et  Porphyres  leueosüniques  dé' 
composés  et  passés  à  l’état  de  Porphyre  tc-r 
phrinique  ;  3°  certaines  variétés  de  Tra- 
chytessilicifères,  à  pâte  très  fine  et  d’un  as¬ 
pect  terreux.  Voy.  Porphyre  argiliti- 
que,  Porphyre  téphrinique  et  Tra- 
chyte  silicifère.  (C.  D’O.) 

ARGO-RUCC1NUM  ( Argo-buccinum , 
Buccin,  navire  des  Argonautes.  Voy.  laMy- 
thol.).  moll.  —  Nom  donné  par  Klein  à  un 
des  genres  qu’il  a  formés  dans  son  Tenta- 
men  methodi  Ostracologiœ.  Celui-ci  ne  con¬ 
tient  qu’une  seule  espèce,  inscrite  par  Lin¬ 
né  dans  son  genre  Murex  ,  sous  le  nom  de 
Murex  Argus.  Lorsque  Lamarck  forma  le 
genre  Ranelle  aux  dépens  des  Murex  de 
Linné,  l’espèce  de  Klein  y  fut  transportée 
et  elle  doit  y  rester,  car  elle  a  tous  les  ca 
raetères  des  véritables  Ranelles.  Voyez  ce 
mot.  (Desh.) 

ARGODERME.  Argoderma  (A/tyfa, 
Argus,  nom  mythol.  ;  c Upfiet,  peau),  moll. 
— Poli,  dans  son  grand  ouvrage  sur  les  Mol¬ 
lusques  des  Deux-Siciles ,  a  caractérisé  les 
genres  de  Mollusques  bivalves  d’après  l’ani¬ 
mal  lui  seul ,  auquel  il  donne  un  nom,  et 
réunit  les  Coquilles  sous  un  nom  dérivé  de 
celui  de  l’animal.  Ce  savant  observateur 
nomme  Argoderme  les  Coquilles  de  son  g. 
Argus,  et  dans  ce  genre  il  comprend  les 
Spondyles  et  les  Peignes.  Voyez  ces  deux 
mots  et  argus.  (D^sn.) 

ARGOLASIE.  Argolasia.  bot.  pii.- 
Le  genre  établi  sons  çe  nom  par  Jussieu, 
et  qui  appartient  à  la  famille  des  Hæmodo- 


ARG 


ARG 


119 


racées,  est  le  même  que  le  Lanaria  d’Ai- 
ton.  Voy.  lanakia.  (A.  R. 

*  ARGOLIDES.  Argolidœ.  crust.  — 
Leach  donne  ce  nom  à  une  famille  d’Ento- 
mostracés  dont  le  type  est  le  genre  Argus. 

(C.  D’O.) 

A'RGONAJ]TE.Argonauta[àf,yovoivT,lç, 

argonaute),  moll.  —  Nom  de  genre  donné 
par  Linné  (Sgst.  nat .,  éd.  XII)  à  la  coquille 
d’un  Céphalopode  connu  des  Grecs  (Aristote, 
Hist.  des  an.,  lib.YI,  cap.  I.— Athénée,  Deip- 
neisopMstarum  lib.  VII,  cap.  cv,  etc.)  sous 
la  dénomination  de  vaurDos,  de  v«ür îxos,  Nau¬ 
tique,  de  Pompile,  etc.,  et  des  Latins  (Plinius, 
àist.  nat.,  -46  ix,  cap.  XXIX)  sous  celle 
de  Nautilus.  Linné ,  au  contraire ,  appli¬ 
que,  à  tort,  le  même  nom  de  Nautilus  h 
un  genre  de  coquille  que  ces  auteurs  ne 
connaissaient  pas  ;  mais  ces  genres  étant 
consacrés  dans  la  science,  il  n’est  plus  pos¬ 
sible  de  les  changer  sans  inconvénient  pour 
l’avancement  de  la  zoologie. 

Nous  allons  donner  un  aperçu  rapide  de 
ce  qu’on  sait  aujourd’hui  sur  l’Argonaute, 
dont  nous  avons  traité  avec  beaucoup  de 
développement  dans  notre  Monographie 
des  Céphalopodes  acétabulifères. 

Il  est  peu  d’animaux  marins  aussi  célè¬ 
bres  et  aussi  anciennement  connus  que  l’Ar¬ 
gonaute.  Les  brillantes  fictions  sur  sa  navi¬ 
gation  sont  pourtant  à  jamais  détruites  par 
l’observation  immédiate ,  puisqu’il  nage  à 
reculons,  comme  les  autres  Céphalopodes, 
par  le  refoulement  de  l’eau,  au  moyen  de 
son  tube  locomoteur.  L’Argonaute  n’est 
plus  cet  élégant  nautonnier  enseignant  aux 
hommes  à  fendre  l’onde  au  moyen  d’une 
voile  et  de  rames  ,  ce  joli  vaisseau  portant 
en  lui-même  tous  les  attributs  de  la  navi¬ 
gation  ,  guidant  le  marin  dans  sa  course 
aventureuse ,  et  lui  présageant  une  heu¬ 
reuse  traversée.  Non... ,  ces  croyances  , 
plus  anciennes  qu’ Aristote ,  qui  les  a  sans 
doute  empruntées  aux  poètes  qui  l’ont  pré¬ 
cédé,  embellies  par  le  génie  des  Athénée, 
des  Oppien ,  des  Élien ,  reproduites  par 
tous  les  auteurs  du  moyen-âge,  et  même 
par  plusieurs  de  nos  écrivains  modernes  ; 
ces  croyances  si  naïves  et  si  séduisantes , 
n’ont  pris  naissance  que  dans  la  fécondité 
de  leurs  imaginations  exaltées.  Il  nous  faut 
aussi  renoncer  à  cette  jolie  fiction  d’Op- 
pien ,  qui  nous  présente  les  Pompiles  en¬ 


traînés  par  la  joie  la  plus  vive  à  la  vue  des 
vaisseaux  qui  sillonnent  les  mers ,  les  sui¬ 
vant  à  l’envi,  sautant  et  se  jouant  à  la  proue 
de  ces  chars  maritimes.  «  Comme  on  voit 
un  prince  qui  vient  de  prendre  une  ville, 
comme  on  voit  un  homme  vainqueur  dans 
les  jeux  publics,  le  front  ceint  d’une  cou¬ 
ronne  de  fleurs  nouvelles  ,  autour  desquels 
se  presse  un  peuple  immense,  ainsi  les  Pom¬ 
piles  vont  toujours  en  foule  à  la  suite  des 
navires,  tant  qu’ils  ne  sont  pas  troublés  par 
la  crainte  du  voisinage  de  la  terre  ,  dont  la 
seule  approche  semble  pour  eux  une  bar¬ 
rière  infranchissable.  O  poisson  justement 
cher  aux  navigateurs  !  ta  présence  annonce 
les  vents  doux  et  amis  ;  tu  ramènes  le  cal¬ 
me  et  tu  en  es  le  signe.  » 

Engendré  du  sang  du  ciel ,  dit  Athénée  , 
le  Pompile,  sous  la  direction  des  dieux, 
conduit  la  barre  et  le  reste  du  gouvernail. 
Homme  d’abord,  il  dut  sa  métamorphose  à 
une  belle  passion  d’Apollon,  épris  d’amour 
pour  la  jeune  nymphe  Ocyrrhoé ,  que  les 
Heures  avaient  douée  des  charmes  les  plus 
séduisants.  Elle  était  dans  l’âge  brillant  de 
la  jeunesse ,  lorsque  ce  dieu  puissant  essaya 
de  l’enlever ,  quand  elb  se  rendait  à  une 
fête  de  Diane.  Craignant  Lie  devenir  la  proie 
d’un  ravisseur,  elle  pria  certain  Pompile, 
nautonnier  qui  connaissait  tous  les  gouffres 
de  la  mer,  de  la  conduire  en  sûreté  dans  sa 
patrie  ;  mais  Apollon  parut  à  l’improviste , 
ravit  la  jeune  fille ,  pétrifia  le  navire,  et 
changea  Pompile  en  un  poisson  qui  depuis 
a  porté  son  nom.  Il  est  toujours  prêt  à  ser¬ 
vir  en  mer  les  vaisseaux  qui  la  traverse  ra¬ 
pidement. 

Les  Chinois  ,  à  l’article  Pei-siao  de  l’En¬ 
cyclopédie  japonnaise,  parlent  assez  lon¬ 
guement  du  Poulpe  à  bateau ,  auquel  ils 
reconnaissent ,  disent-ils,  une  propriété  vé¬ 
néneuse  :  de  là  vient  sans  doute  l’erreur  de 
Bontius ,  qui  rapporte  que  l’animal ,  qu’il 
tenait  dans  la  main  ,  lui  causa  une  douleur 
très  vive,  semblable  à  une  brûlure  ,  ajou¬ 
tant,  à  ce  sujet,  que  les  Chinois  se  servaient 
de  cette  propriété  de  l’Argonaute  pour  em¬ 
poisonner  les  liqueurs  données  aux  Euro¬ 
péens,  ses  compagnons ,  ce  qui,  assure-t-il, 
causa  la  mort  de  plusieurs  d’entre  eux. 
Rumphius  nous  raconte  que,  dans  l’Inde,  on 
attache  un  grand  prix  à  la  coquille  de  l’Ar¬ 
gonaute,  regardée  par  les  femmes  de  ce  pays 


120 


ARG 


comme  le  plus  bel  ornement.  Dans  les  jours 
de  fêtes  solennelles,  où  l’on  danse  le  Lego- 
lego,  la  première  danseuse  en  porte  une 
dans  sa  main  droite,  en  l’élevant  au-dessus 
de  sa  tête ,  comme  un  objet  appelé  à  aug¬ 
menter  la  considération  qu’elle  inspire  déjà. 

L’Argonaute  n’est  pas  moins  célèbre  par 
la  discussion  à  laquelle  il  a  donné  lieu  en¬ 
tre  les  zoologistes,  sur  la  question  de  savoir 
si  le  mollusque  céphalopode  qu’on  trouve 
dans  cette  coquille  est  son  véritable  auteur, 
ou  si  ce  n’est  qu’un  animal  parasite  qui 
viendrait  s’y  loger,  après  en  avoir  chassé 
son  véritable  propriétaire  ;  question  vive¬ 
ment  débattue  de  part  et  d’autre. 

Au  moyen-âge,  Belon,  Rondelet,  Gessner, 
Aldrovande,  ont  regardé  l’Élédon  comme 
l’animal  de  l’Argonaute,  tout  en  reprodui¬ 
sant  les  croyances  des  anciens  Grecs  sur  la 
navigation  à  la  voile  de  l’Argonaute,  que 
Rumphius,  le  premier,  démentit  et  ramena 
à  sa  juste  valeur;  mais  D’Argenville,  qui  con¬ 
sidère  aussi  à  tort  l’Élédon  comme  l’habitant 
de  la  coquille,  dit  plus  loin ,  avec  raison, 
qu’on  l’en  trouve  souvent  séparé,  tandis  que 
Minasi,  tout  en  décrivant  très  bien  les  fonc¬ 
tions  des  bras  palmés  du  véritable  animal, 
combat,  dès  1771,  le  parasitisme. 

Depuis,  MM.  Lamarck,  Bosc,  Rafinesque, 
Leach,  Blainville,  Say,  Sowerby,  Broderip, 
Deshayes  et  Gray,  ont  successivement  défen¬ 
du  l’opinion  du  parasitisme;  les  premiers  se 
basant  sur  la  fausse  croyance  que  l’Élédon 
était  l’animal,  quelques  autres  adoptant,  d’a¬ 
près  Rafinesque,  l’Ocythoé  comme  l’animal 
parasite  de  la  coquille,  et  s’appuyant  surtout, 
avec  raison  {c’est  l'opinion  de  M .  de  Blain¬ 
ville),  sur  la  non-adhérence  de  l’animal  avec 
la  coquille;  fait  en  contradiction  avec  les 
lois  zoologiques  connues. 

D’un  autre  côté ,  MM.  Bruguière,  Mont- 
fort,  Cuvier,  Duvernoy,  Ranzani,  Férussac, 
Poli,  Rapp,  Mauriani,  Dellechiaje,  Richard 
Owen,Rang,  madame  Power  et  nous,  avons 
soutenu  l’opinion  contraire  par  de  nombreux 
arguments  basés  sur  des  faits  incontestables. 
La  partie  est  donc  à  peu  près  égale. 

!>Tous  ne  pouvons  pas  ici  reproduire  tous 
les  points  de  discussion.  Il  nous  suffira  de 
présenter  en  abrégé  quelques  uns  des  faits 
nombreux  qui ,  d’après  nos  observations, 
nous  semblent  décider  la  question  en  faveur 
du  non-parasitisme  : 


ARG 

1°  L’animal  de  l’Argonaute  diffère  zoolo¬ 
giquement  et  anatomiquement  des  Poulpes  : 
zoologiquement ,  d’après  nous  ,  par  sa  for¬ 
me  générale,  comme  ployée  sur  elle-même; 
par  la  complication  de  son  appareil  de  rési¬ 
stance  ;  par  ses  ouvertures  aquifères  ;  par  ses 
bras  supérieurs  palmés ,  et  par  la  coquille 
mince ,  fragile  ,  représentant  une  petite  na¬ 
celle  chez  laquelle  les  anciens  croyaient  voir 
la  proue  dans  la  partie  antérieure ,  et  la 
poupe  dans  la  partie  postérieure,  etc.  ;  ana¬ 
tomiquement,  d’après  M.  Owen ,  par  des 
branchies  différentes.  Ce  sont  donc  des  ani¬ 
maux  distincts  quant  à  leur  organisation, 
et  susceptibles  dès  lors  d’un  genre  de  vie 
tout  opposé ,  bien  que  normal,  par  rapport 
à  ces  mêmes  formes. 

2°  La  forme  ployée  de  l’animal ,  non  en 
ligne  droite,  est  en  rapport  avec  la  forme  de 
la  coquille,  de  même  que  sa  position  connue 
dans  la  coquille  :  les  rapports  de  l’un  avec 
l’autre  sont  dès  lors  évidents. 

3°  La  forme  de  l’animal  s’oppose  à  ce 
qu’il  puisse  vivre  hors  de  sa  coquille. 

4°  Les  rapports  des  parties  coloriées  de 
l’animal  avec  sa  position  habituelle  dans  la 
coquille  sont  évidents. 

5°  Les  bras  palmés,  par  leurs  membranes 
extensibles,  sont,  comme  l’a  dit  M.  Rang, 
destinés  à  envelopper  la  coquille.  Ils  nous 
paraissent  être  une  dépendance  absolue  du 
mode  d’existence  de  l’Argonaute  et  un  trait 
de  conformité  de  plus  entre  l’animal  et  sa 
coquille. 

6°  La  contexture  spongieuse  et  poreuse 
du  côté  interne  des  membranes  est  en  rap¬ 
port  avec  la  supposition  que  les  bras  sécrè¬ 
tent  la  coquille. 

De  ces  faits,  et  de  bien  d’autres  que  nous 
ne  pouvons  placer  ici ,  résulte  évidemment 
que  l’animal  concorde  par  tous  les  points 
avec  la  coquille,  et  que  l’un  paraît  être  une 
dépendance  de  l’autre.  Cherchons  mainte¬ 
nant  ,  dans  l’examen  de  la  coquille  et  de  son 
mode  d’accroissement,  d’autres  preuves  qu’il 
serait  difficile  de  ne  pas  admettre  : 

7°  La  coquille  diffère  de  celles  de  tous  les 
Mollusques  gastéropodes  ,  par  son  manque 
du  nucléus ,  qui  se  développe  ordinairement 
dans  l’œuf. 

8°  La  concordance  de  la  forme  de  la  co¬ 
quille  avec  la  natation ,  et  le  genre  de  vie 
pélagien  des  Argonautes  est  parfaite. 


ÀRG 


121 


ARG 

90  Sa  contexture  annonce  qu’elle  a  été 
formée  par  un  organe  sécréteur  bien  diffé¬ 
rent  de  celui  des  autres  mollusques ,  et  se 
trouve  en  rapport  avec  l’hypothèse  de  sa 
formation  par  les  bras. 

40°  La  coquille ,  fraîche ,  d’abord  lisse, 
polie  sur  ses  bords,  se  couvre  d’un  léger  é- 
piderme  à  quelque  distance  du  bord.  Cet 
épiderme  devient  de  plus  en  plus  épais ,  jus¬ 
qu’au  sommet  de  la  spire,  ce  qui  prouve 
qu’il  n’a  pas  précédé  la  transsudation  cal¬ 
caire  destinée  à  former  la  coquille,  comme 
chez  presque  tous  les  mollusques ,  qui  ont, 
au  contraire,  l’épiderme  d’autant  plus  épais 
qu’il  approche  du  bord  ;  mais  qu’il  est  pos¬ 
térieur  à  la  formation  de  la  coquille,  et 
qu’il  ne  peut  dès  lors  être  déposé  que  par 
un  organe  purement  extérieur,  expliqué  en¬ 
core  par  la  position  constante  des  membra¬ 
nes  des  bras  de  l’Argonaute  sur  la  coquille. 

11°  La  coquille  n’existe  pas  dans  l’œuf  ; 
mais,  en  étudiant,  sur  une  très  jeune  co¬ 
quille  encore  cartilagineuse,  son  mode  de 
formation,  nous  avons  reconnu  qu’elle  est 
sécrétée  par  les  bras  palmés. 

42°  L’animal  répare  sa  coquille  lorsqu’elle 
est  brisée  ;  il  a  donc  un  moyen  de  sécrétion 
dans  ses  bras,  qui  enveloppent  constamment 
la  coquille,  comme  les  lobes  du  manteau 
des  Porcelaines,  qui  sécrètent  également  la 
matière  propre  à  former  et  à  épaissir  la  co¬ 
quille. 

La  forme,  la  contexture  et  l’accroisse¬ 
ment  de  la  coquille  sont  parfaitement  d’ac¬ 
cord  avec  l’animal  et  la  supposition  que  les 
bras  la  sécrètent;  ainsi  :  rapports  de  l’ani¬ 
mal  avec  la  coquille,  rapports  de  la  coquille 
avec  l’animal. 

Voyons  maintenant  quelques  faits  tirés 
des  mœurs  : 

43o  On  a  toujours  rencontré  dans  les  co¬ 
quilles  des  animaux  de  grandeur  propor¬ 
tionnée  ,  ce  qui  n’a  pas  lieu  pour  les  Pagures 
parasites. 

44°  On  n’a  jamais  rencontré  que  l’animal 
à  bras  palmés  dans  la  coquille,  et  toujours 
la  même  espèce  d’animal  dans  la  même  es¬ 
pèce  de  coquille. 

45°  Il  est  difficile  de  ne  pas  croire  que  les 
animaux  pris  par  nous  à  500  lieues  des  cô¬ 
tes  ,  ayant  leur  coquille  encore  cartilagi¬ 
neuse,  et  vivant  en  troupes  avec  des  individus 
plus  âgés  ou  à  peine  éclos,  ne  soient  pas  nés 


avec  une  coquille  qui  leur  appartient,  qu’ils 
ont  formée  eux-mêmes  ;  car  on  ne  pourrait 
supposer  que ,  sortis  de  l’œuf  à  2  ou  500 
lieues  des  côtes,  ils  aient  franchi  cet  espace 
pour  aller  chercher  une  coquille  ,  et  qu’ils 
soient  revenus  ensuite  au  point,où  nous  les 
avons  trouvés,  en  refranchissant  la  même  di¬ 
stance. 

On  voit,  par  ce  qui  précède ,  extrait  de 
trente-deux  arguments  de  même  nature, 
que  notre  opinion  sur  le  non-parasitisme  de 
V Argonaute  est  toute  de  conviction,  et  ba¬ 
sée  sur  des  observations  prolongées  et  mi¬ 
nutieuses  ,  faites  tant  sur  les  lieux  que  dans 
le  cabinet,  sur  un  grand  nombre  d’animaux 
et  de  coquilles  de  diverses  espèces. 

On  connaît  bien  positivement  trois  espèces 
d’Argonautes  :  VArgonauta  argo  ,  VA.  tu - 
berculata ,  et  l’A-  Mans,  dont  les  animaux 
forment ,  pour  quelques  auteurs  ,  VOcythoe 
tuberculata ,  Rafin.  ;  l’O.  antiquorum, 
Leach  ,  Blainv. ,  et  l’O.  CraucMi ,  Leach  , 
Blainv. 

La  première  espèce  est  de  la  Méditerra¬ 
née,  des  Antilles  et  de  l’Inde;  la  seconde, 
de  l’Inde  seulement  ;  la  troisième,  de  tout  îc 
Grand  Océan  et  de  l'Océan  Atlantique. 

On  n’a  pas  encore  la  certitude  d’avoir 
rencontré  d’Argonaute  fossile.  (A.  d’O.) 

ARGONAUTES  (  Nom  des  Grecs  qui 
s’embarquèrent  sur  le  vaisseau  Argo  pour 
aller  à  la  conquête  de  la  Toison  d’or),  ins. 
—  Cramer  désigne  ainsi  un  groupe  de  Pa¬ 
pillons  diurnes,  qui  comprend  ceux  dont  les 
antennes  sont  en  massue  allongée  et  les  ailes 
inférieures  pourvues  de  deux  appendices  en 
forme  de  queue.  Ce  groupe  répond  à  une 
partie  des  Nymphales  de  Latreille ,  et  au 
genre  Cliaraxes  d’Ochsenheimer.  Voyez  ces 
deux  mots.  (B.) 

ARGONAUTIER.  moll.  cépis.— La- 
marck  a  donné  ce  nom  à  l’animal  de  V Ar¬ 
gonaute.  Voy.  ce  mot.  (A.  d’O.) 

ARGONAUTITE.  Argonautites.  fo- 
ram-  Montfort  ( Buffon  de  Sonnini,  Mol- 
kisq.,  t.  III)  a  nommé  ainsi  des  coquilles 
qu’il  a  représentées,  d’après  Soldani,  en  dé¬ 
naturant  îes  figures  de  l’auteur  italien.  Il 
les  considérait  comme  des  Argonautes  fos¬ 
siles;  mais  nous  avons  reconnu  que  ce  sont 
des  Peneroplis  mal  représentés.  (A.  d’O.) 

*ARGOPHYLLÉE  (àfiydç, blanc; 

U'j  feuille),  bot.  pii.  —  Section  du  genre 
-  8* 


T.  II. 


Î9  2 


ÂRG 


ARG 


Eurybia,  de  la  famille  des  Composées.  Elle 
comprend  les  esp.  dont  la  largeur  des  ligu¬ 
les  dépasse  de  beaucoup  celle  des  styles ,  et 
dont  les  fruits  sont  cylindracés.  (J.  D.) 

*ARGOPHYLLÉES  (allusion  à  Argo- 
phyllum).  bot.  ph.  —  M.  Endlicher  ( Gen . 
plant.,  p.  $23)  a  proposé  sous  ce  nom  un 
groupe,  jusque  aujourd’hui  monotype,  fondé 
sur  le  genre  Argophyllum ,  et  qu’il  place  à 
la  suite  des  Saxifragées-Escalloniées.  Ce 
rapprochement  avait  déjà  été  indiqué  par 
M.  Bartling  ( Ord .  nat.,  p.  428).  (Sp.) 

ARGOPHYLLUM  blanc; 

).ov,  feuille),  bot.  ph.  —  Genre  formé  par 
Forster  (Gen.  nov.  Cal.  15),  et  dont  la  place 
dans  les  familles  naturelles  n’est  pas  encore 
bien  déterminée.  On  le  range  assez  géné¬ 
ralement  parmi  les  Ericacées  (Yacciniées). 
En  voici  les  caractères  distinctifs  :  Calice 
turbiné-subhémisphérique,  sillonné,  à  limbe 
5-6-parti,  réfléchi  en  dedans,  persistant.  Co¬ 
rolle  subrotacée,  à  limbe  5ou6-parti,  étalé. 
Nectaire  inséré  à  la  gorge  de  la  corolle,  ex- 
sert,  tubulé  à  la  base,  5-6-gone,  5-6-fide  su¬ 
périeurement;  à  lobes  frangés ,  opposés  aux 
lacinies  de  la  corolle.  Étamines  5-6  ;  stig¬ 
mate  capité.  Capsule  semi-supère,  turbinée- 
obovée  ,  un  peu  déprimée  ,  5-4-loculaire  , 
3-4-loculicide,  à  valves  septifèresau  milieu. 
Graines  nombreuses,  attachées  à  des  pla¬ 
centas  centraux.  —  Ce  genre,  peu  connu, 
ne  contient  qu’une  seule  espèce  découverte 
à  la  Nouvelle-Écosse  par  l’auteur,  et  qui  ne 
paraît  pas  avoir  été  retrouvée  depuis.  C’est 
un  bel  arbrisseau,  à  feuilles  alternes,  entières 
ou  lâchement  dentées  ;  à  surface  inférieure 
couverte  d’un  duvet  d’un  blanc  d’argent. 
L’inflorescence  est  en  panicule  terminale. 
(Meisen,  Gen.  plant.)  (C.  L.) 

*ARGOPUS  (Afiyoç,  inactif;  iroüs,  pied). 
ins. —  Genre  de  Coléoptères  tétramères , 
famille  des  Chrysomélines,  établi  parM.  Fi¬ 
scher  deYYaldheim  (Ent.  russe,  1823,  t.  II, 
p.  183,  pl.  47,  fig.  3  et  4).  Ce  genre,  dit 
l’auteur ,  est  intermédiaire  entre  les  Chry- 
som'eles  et  les  Altises.  Il  diffère  des  pre¬ 
mières  en  ce  qu’il  a  les  cuisses  renflées  ,  et 
des  secondes  ,  parce  que  ,  malgré  ce  renfle¬ 
ment  des  cuisses,  il  n’a  pas,  comme  les  Al¬ 
tises,  la  faculté  de  sauter.  Du  reste,  le  corps 
des  Argopus  est  plus  allongé  que  celui  des 
Chrysomeles ,  et  plus  gros  que  celui  des 
Altises ,  dont  les  cuisses  de  derrière  sont 


seules  renflées,  tandis  qu’elles  le  sont  toutes 
chez  les  premiers;  mais  ce  qui  caractérise 
principalement  le  genre  dont  il  s’agit ,  c’est 
la  forme  singulière  du  chaperon,  qui  s’élève 
en  toit  et  se  prolonge  en  diminuant  jusqu’à 
l’insertion  des  antennes.  L’auteur  n’y  rap- 
porte  que  deux  esp.  ;  mais  on  y  en  compte 
aujourd’hui  une  vingtaine,  parmi  lesquelles 
nous  citerons  seulement  celles  qui  sont  dé¬ 
crites  r  savoir  :  A.  sicolor,  Fischer ,  de  la 
Russie  méridionale  ;  A.  nigritarsis,  Gebler, 
de  la  Sibérie  ;  A.  Arhensii,  Germ.,  de  Dal- 
matie;  A.  cardui,  Kirby ,  et  enfin  A.  tes - 
taceus,  Fabr.  Ces  deux  dernières  se  trou¬ 
vent  en  France.  (D.  et  C.) 

ARGOSTEMMA ,  YVallich.  —  Poman - 
gium,  Reinw.  (àpyà s ,  blanc  ;  ,  couron¬ 

ne).  bot.  pii.  —  Genre  de  la  famille  des 
Rubiacées  (tribu  des  Rondélétiées,  DC.  ) , 
offrant  pour  caractères  :  Tube  calicinal 
court,  obconique,  adhérent;  limbe  3-5-fide, 
supère,  persistant.  Corolle  3-5-fide,  rotacée. 
Étamines  insérées  à  la  gorge  de  la  corolle, 
en  même  nombre  que  les  lobes  de  celle-ci , 
saillantes.  Filets  filiformes.  Anthères  gran¬ 
des,  lancéolées-oblongues ,  dressées,  conni- 
ventes ,  2-thèques;  bourses  déhiscentes  au 
sommet  par  une  fente  courte  et  oblique. 
Ovaire  infère,  2-Ioculaire,  couronné  d’un 
disque  operculiforme,  charnu;  loges  multi- 
ovulées;  placentaires  convexes ,  adnés  à  la 
cloison.  Style  indivisé,  terminé  par  un  stig¬ 
mate  globuleux.  Capsule  2-loculaire ,  po- 
lysperme,  couronnée  du  limbe  calicinal  et 
du  disque,  s’ouvrant  au  sommet  par  une 
fente  transverse.  Graines  anguleuses.  — 
Herbes  (de  l’Asie  équatoriale)  basses,  his- 
pidules;  feuilles  opposées  (souvent  aniso- 
mètres),  ou  verticillées-quaternées,  pétiolées; 
pédoncules  terminaux  ou  subterminaux  , 
multiflores  (rarement  1-flores)  ;  fleurs  blan¬ 
ches,  en  général  fasciculées.  (YVallich ,  in 
Roxb.,  Flor.  Jnd.,  II,  p.  324;  Plant.  Asiat. 
rar.,  tab.  185.) — M.  De  Candolle  ( Prodr .  IV, 
p.  417  )  énumère  huit  espèces  de  ce  genre. 

(Sp.) 

ARGOUS1ER.  bot.  ph.— Voyez  Hip- 
pophae.  (C.  d’O.) 

ARGUILLE  ou  ARTILLE.  ois.  — 
Nom  vulgaire  du  Traquet  motteux ,  Mota- 
cilla  œnanthe,  L.  Voyez  traquet. 

(C.  D’O.) 

ARGULE.  crust.  —  Genre  établi  par 


ÀRG 


ARG 


193 


Miiller,  et  appartenant  à  la  division  des  Crus¬ 
tacés  suceurs,  famille  des  Siphonostomes. 
Il  est  remarquable  par  la  ‘forme  ovalaire  et 
discoïde  de  sa  carapace,  par  l’état  rudimen¬ 
taire  de  son  abdomen ,  et  par  la  conforma¬ 
tion  singulière  de  la  seconde  paire  de  pattes- 
mâchoires,  lesquelles  sont  terminées  par  des 
ventouses.  ISArgule  foliacée,  qui  a  servi  de 
type  pour  l’établissement  de  ce  genre  ,  est 
un  petit  parasite  qu’on  trouve  sur  le  corps 
des  têtards  de  Grenouille  et  des  Épinoches. 

(M.  E.) 

ARGUS  (Nom  mythologique  donné  à  cet 
oiseau  à  cause  de  la  quantité  de  taches  ocu¬ 
laires  répandues  sur  ses  ailes  ).  ois.  —  Genre 
de  l’ordre  des  Gallinacés  ,  formé  par  Tem- 
minck  dans  son  ouvrage  sur  cet  ordre,  adop¬ 
té  par  Vieillot  et  par  les  ornithologistes  mo¬ 
dernes,  mais  que  Cuvier  ne  fait  qu’indiquer 
dans  son  Règne  animal .,  citant  l’oiseau  qui 
en  est  le  type  comme  une  espèce  de  grand 
Faisan. 

Ce  g.  fera  partie  de  notre  famille  des  Pha- 
sianidées  et  de  notre  s.-famille  des  Pavoni- 
nées.  Les  caract.  en  sont  :  Bec  assez  allongé, 
nu  à  sa  base,  droit  et  non  courbé  dans  cette 
partie.  Mandibule  supérieure  peu  arquée ,  sa 
courbure  ne  commençant  que  vers  les  deux 
tiers  de  sa  longueur,  au-dessus  de  l'extrémité 
antérieure  des  fosses  nasales,  qui  sont  très 
grandes  et  en  occupent  plus  de  la  première 
moitié.Narines  situées  latéralement  au  milieu 
du  bec,  à  moitié  fermées  par  une  membrane. 
Tête,  joues  et  cou  nus,  n’ayant  d’autre  par¬ 
tie  emplumée  qu’une  bande  étroite  et  lon¬ 
gitudinale  sur  la  ligne  médiane  du  front,  du 
vertex,  et  de  la  partie  postérieure  du  cou  ; 
ces  plumes  étant  de  nature  duveteuse  et 
soyeuse,  ou  à  barbes  décomposées,  et  s’éle¬ 
vant  un  peu  vers  l’occiput  en  forme  de  pe¬ 
tite  huppe  verticale.Tarses  longs,  grêles,  sans 
éperons  ni  tubercules  ;  doigts  antérieurs  ré¬ 
unis  à  leur  base  par  de  courtes  membranes  ; 
pouce  grêle,  articulé  sur  le  tarse;  ongles 
médiocres.  Ailes  à  rémiges  secondaires  sin¬ 
gulièrement  allongées  et  élargies,  dépassant 
les  primaires  d’une  fois  leur  longueur  chez 
les  mâles.  Queue  cunéiforme ,  à  rectrices 
également  fort  élargies  et  arrondies  à  leur 
extrémité ,  les  deux  médianes  excessivement 
longues,  et  dépassant  la  queue  d’une  fois  et 
demie  sa  longueur. 

Tout  en  reconnaissant  que  l’oiseau  qui  est 


le  type  et  en  même  temps  l’unique  espèee 
du  genre,  le  Phasianus  argus  de  Linné,  ré¬ 
unissait  des  caractères  particuliers  et  assez 
distincts  pour  pouvoir  figurer  bien  natu¬ 
rellement  dans  les  genres  connus ,  nous 
sommes  étonné  qu’on  l’ait  souvent  rappro¬ 
ché  des  Faisans,  avec  lesquels  il  n’offre  pas 
les  moindres  rapports ,  tandis  qu’il  en  offre 
de  si  évidents  avec  les  Eperonniers ,  qu’on 
pourrait ,  selon  nous,  le  classer  avec  eux 
comme  sous-genre,  n’en  différant  réellement 
que  par  l’absence  d’éperons.  Il  a  effective¬ 
ment  leur  bec  effilé,  à  narines  médianes, 
courbé  seulement  vers  l’extrémité ,  et  non 
celui  des  Faisans,  qui  est  très  arqué,  courbé 
dès  sa  base,  et  à  narines  basales  ;  il  a  leurs 
tarses  élevés  et  grêles,  leurs  plumes  soyeuses 
et  décomposées  du  dessus  de  la  tête  et  du 
cou,  disposées  de  même  en  huppe  verticale, 
ce  qui  se  trouve  aussi  chez  les  Paons ,  tan¬ 
dis  que  chez  les  Faisans  toutes  les  huppes 
sont  recourbées  en  arrière.  Son  genre  de 
coloration,  si  remarquable ,  et  formé  d’une 
infinité  de  petites  taches  brunes  irrégulières, 
ressortant  sur  un  fond  plus  clair,  se  re¬ 
trouve  aussi  chez  les  Eperonniers,  et,  comme 
eux  et  les  Paons,  il  est  surtout  remarquable 
par  une  profusion  de  grandes  taches  ocu¬ 
laires  répandues  sur  son  plumage.  La  forme 
de  sa  queue,  qui,  au  premier  abord,  semble 
s’éloigner  entièrement  de  celle  des  Éperon- 
niers,  ordinairement  élargie  et  arrondie  vers 
le  bout ,  trouve  déjà  une  analogie  marquée 
dans  celle  d’une  nouvelle  espèce,  VÈperon- 
nier  chaleur  e,  de  Temminck ,  col.  519; 
et,  quant  à  la  singulière  disproportion  de 
ses  rémiges,  on  peut  remarquer  que,  chez  les 
Eperonniers,  les  primaires  sont  déjà  un  peu 
dépassées  par  les  secondaires. 

V Argus  giganteus  de  Temminck ,  Argus 
Luen  et  Pavoninusde,  Vieillot(GaL,  pl.  204), 
a  de  longueur  totale  5  pieds  et  quelques 
pouces,  dont  la  queue  occupe  5  pieds  8 
pouces.  La  peau  nue  de  ses  joues  et  de  son 
cou  est,  selon  les  auteurs,  d’un  rouge  cra¬ 
moisi  chez  l’oiseau  vivant.  Quoique  le  fond 
de  tout  son  plumage  ne  soit  composé  que 
de  teintes  ocreuses,  rousses  ou  brunes,  que 
ne  relève  aucune  nuance  vive  et  brillante, 
elles  y  sont  réparties  avec  tant  d’harmonie 
et  couvertes  d’une  si  grande  profusion  de 
petites  taches,  de  points  même,  tantôt  plus 
foncés,  tantôt  plus  clairs  que  ce  fond,  qu’elles 


124 


ÀRG 


ARG 


produisent  l’effet  le  plus  agréable  et  même 
le  plus  rare  dans  toute  la  série  ornithologi¬ 
que.  Ses  longues  et  larges  rémiges  secon¬ 
daires  sont  couvertes ,  dans  toute  leur  lon¬ 
gueur,  d’une  rangée  de  grandes  taches  ocu¬ 
laires,  imitant  merveilleusement  le  relief  de 
demi-globes,  dont  la  teinte ,  douce  comme 
celle  de  tout  le  plumage,  a  cependant  quel¬ 
que  chose  du  bronze  antique.  Les  primaires, 
à  barbes  externes  blanchâtres,  tigrées  de 
brun,  à  barbes  internes  fauves,  pointillées 
de  blanc ,  ont  leur  tige  du  plus  joli  bleu  de 
ciel. 

La  femelle  n’offre  ni  le  développement 
extraordinaire  de  la  queue  et  des  ailes,  ni 
les  taches  oculaires  du  mâle.  Son  plumage 
est  plus  obscur,  et  sa  longueur  totale  n’est 
que  de  26  pouces.  Lorsque  l’Argus  mâle 
piaffe  autour  d’elle ,  il  épanouit  ses  ailes 
presque  jusqu’à  terre,  selon  Yieillot,  et  re¬ 
lève  sa  queue  en  forme  d’éventail ,  habitude 
qui  lui  est  commune  avec  les  Paons  et  les 
Dindons,  et  ajoute  encore  aux  divers  motifs 
qui  nous  les  font  grouper  avec  eux ,  ainsi 
que  les  Éperonniers. 

Ce  superbe  oiseau  habite  les  forêts  obscu¬ 
res  et  sauvages  de  Java  et  de  Sumatra ,  de 
divers  points  du  continent  de  l’Inde,  et  sur¬ 
tout  de  Malacca,  où  il  est  très  commun.  Se¬ 
lon  Yieillot ,  l’Argus  est  très  farouche  ;  son 
cri  est  fort  et  désagréable,  comme  celui  du 
Paon ,  et  sa  chair  délicate  et  savoureuse. 
Selon  le  même  auteur,  il  s’accoutume 
difficilement  à  la  privation  de  la  liberté ,  et 
ses  yeux  s’offusquent  de  la  grande  lu¬ 
mière  du  jour ,  ce  qui  le  rend  triste  et  im¬ 
mobile  lorsqu’il  y  est  exposé,  et  lui  fait 
rechercher  l’obscurité.  Il  paraît  néanmoins 
que,  depuis  quelques  années ,  on  est  parve¬ 
nu  à  l’habituer  dans  les  basses-cours  de  Ba¬ 
tavia  ,  et  nous  venons  d’en  voir  un  vivant  à 
Londres  dans  le  Jardin  de  la  Société  zoolo¬ 
gique  ;  mais,  comme  l’a  remarqué  Yieillot, 
nous  avons  pu  observer  qu’il  se  tenait  con¬ 
stamment  caché  au  fond  de  sa  faisanderie , 
où  ,  pour  éviter  soit  notre  présenc^,  soit  la 
lumière  du  jour,  il  retournait  promptement 
lorsqu’on  l’en  avait  fait  sortir.  Cette  sorte  de 
sauvagerie  nous  a  empêché  de  faire  sur  cet 
oiseau ,  si  rarement  vivant  en  Europe ,  les 
diverses  observations  auxquelles  nous  nous 
étions  proposé  de  le  soumettre.  (Lafr.) 

ARGUS,  ins.  —  Scopoli  a ,  le  premier, 


employé  ce  nom  pour  désigner  générique¬ 
ment  une  foule  d’espèces  de  Lépidoptères 
diurnes,  par  le  seul  motif  qu’ils  ont  les  ailes 
ornées  de  taches  ocellées,  bien  que,  du  reste, 
ils  ne  se  ressemblent  nullement.  Geoffroy, 
en  adoptant  cette  dénomination  générique, 
ne  l’a  appliquée  qu’à  un  petit  groupe  de  Lé¬ 
pidoptères  très  homogènes,  qui  correspond 
à  une  partie  des  Plébéiens  rurauco  de  Lin¬ 
né  et  des  Folyommates  de  Latreille.  Enfin, 
M.  Boisduval,  dans  son  ouvrage  intitulé  : 
Icônes  historique  des  Lépidoptères  d'Eu¬ 
rope  nouveaux  ou  peu  connus ,  avait  aussi 
adopté  cette  même  dénomination  en  la  res¬ 
treignant  à  la  division  des  Folyommates  a- 
zurins  (cyanei)  de  Latreille  ;  mais,  depuis,  il 
a  replacé  ces  Folyommates  dans  le  genre 
Lycœna ,  Fabr. ,  auquel  ils  appartenaient 
auparavant  ;  de  sorte  que  le  nom  d 'Argus, 
dans  l’ordre  des  Lépidoptères,  ne  sert  plus 
qu’à  désigner  une  espèce  ainsi  nommée  par 
Linné.  Voy.  les  mots  polyommate  etLY- 
COENA.  (D.) 

ARGUS,  arach.—  YYalckenaër  donne 
ce  nom  à  un  g.  de  la  famille  des  Araignées,  de 
l’ordre  des  Aranéides,  groupe  des  Séden¬ 
taires  rétitèles ,  dont  il  n’a  pas  encore  pu¬ 
blié  les  caractères  ;  mais  cette  dénomination 
(P Argus ,  ayant  déjà  été  appliquée  à  un  g. 
de  l’ordre  des  Lépidoptères,  devra  nécessai¬ 
rement  être  changée  pour  celui-ci.  (Bl.) 

ARGUS  (nom  mythologique),  rept.  — 
Nom  d’une  espèce  de  Lézard  de  la  section 
des  Ameiva,  et  d’une  espèce  de  Couleuvre 
de  la  troisième  section  de  Daudin. 

(C.  D’O.) 

ARGUS  (  «pyâî ,  argus ,  nom  mythol.). 
moll.  —  Poli  a  institué  ce  genre  pour  ceux 
des  Mollusques  acéphalés  monomyaires,  qui, 
ayant  les  lobes  du  manteau  complètement 
désunis ,  présentent  sur  les  bords  libres  de 
cet  organe  plusieurs  rangées  de  tentacules 
coniques ,  parmi  lesquelles  on  en  remarque 
un  certain  nombre  de  subitement  tronquées, 
et  dont  la  troncature  semble  être  terminée 
par  un  point  oculaire.  Cette  disposition  se 
remarque  non  seulement  dans  les  Peignes 
elles  Spondyles  que  Poli  a  connus,  mais 
encore  dans  les  Houlettes,  d’après  les  obser¬ 
vations  de  M.  Quoy.  Poli,  ayant  pris  ces  ca¬ 
ractères  pour  déterminer  son  genre  Argus, 
y  rapportait  des  animaux  qui  peuvent  faci¬ 
lement  se  distinguer  en  deux  bons  genres  ; 


ARG 


ARG 


celui  des  Spondyles,  créé  par  Linné,  et  ce¬ 
lui  des  Peignes,  retiré  des  Huîtres  de  Linné 
par  Bruguière.  Voyez  peigne  et  spondy- 
LE.  (PlîSB..) 

ARGUTOR,  C.  (étymologie  inconnue). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères  , 
famille  des  Carabiques,  établi  par  Mégcrlc 
aux  dépens  du  g.  Pœcilus  de  Bonelli ,  et 
adopté  par  M.  de  Chaudoir  (Tableau  d’une 
nouv.  subdiv.  du  g.  Feronia,  Dej.,  pages  8 
et  14),  qui  lui  donne  pour  caractères  : 
Deuxième  article  des  tarses  antérieurs  des 
mâles  non  transversal.  Antennes  non  caré¬ 
nées,  à  articles  peu  allongés.  Corselet  carré 
ou  rétréci  postérieurement.  Il  y  rapporte 
seulement  dix  espèces,  parmi  lesquelles 
nous  citerons  les  suivantes  :  Àrg.  strenuus, 
Panzer  ;  A.  pullus,  Gyllenhal;  A.  eruditus , 
Mégerle;  A.  dorsalis ,  de  Chaudoir;  A.  chi- 
lensis ,  Dejean  ;  A.  rubripes  ,  Hoffmann  ; 
A.  negligens,  Sturm;  et  A.  rufus,  Mégerle. 
Dans  son  dernier  Catalogue,  M.  Dejean  a 
supprimé  le  g.  Argutor,  et  en  a  compris 
toutes  les  espèces  dans  la  deuxième  division 
du  g.  Feronia  de  Latreille.  (D.  et  C.) 

ARGUZIA ,  Amman,  bot.  pu.  —  Syn. 
du  g.  Tournefortia ,  L.,  de  la  famille  des 
Borraginées.  (  Sp.) 

ARGYCTIUS.  poiss.  —  Nom  imaginé 
par  M.  Rafinesque  pour  désigner  le  poisson 
que  Gouan  avait  appelé  Trachyptère,  mais 
qui  avait  été  méconnu,  par  presque  tous  les 
ichthyologistes,  depuis  la  mort  du  professeur 
de  Montpellier.  Il  y  a  dans  la  Méditerra¬ 
née  plusieurs  espèces  de  ce  genre.  II  est  très 
difficile ,  pour  ne  pas  dire  impossible ,  de 
rapporter  avec  quelque  certitude  à  l’une 
d’elles  le  poisson  nommé  par  M.  Rafinesque 
Argyctius  quadrimaculatus.  Voy.  au  mot 

TRACHYPTÈRE.  (VAL.) 

ARGYE.  Argya.  ois.  —  Genre  formé 
par  M.  Lesson,  dans  son  Traité  d'ornitho¬ 
logie ,  en  1851,  et  répondant  à  celui  de  Chœ- 
tops,  de  M.  Swainson,  de  la  même  année, 
dans  sa  North.  zool.  M.  Lesson  plaçait  dans 
ce  genre  deux  espèces  de  Merles  à  grandes 
jambes ,  dont  l’un  ,  le  Malurus  squamiceps 
de  Rüppel,  nous  paraît  faire  partie  du  genre 
Megalurus ,  et  devoir  être  placé  à  côté  du 
Megalurus  acaciœ  de  Rüppel ,  tandis  que 
l’autre,  le  Mérion  bridé  de  Temminck,  col. 
585,  devient  pour  nous  le  véritable  type  du 
genre  Argye,que  nous  caractériserons  ainsi  : 


13& 

Bec  médiocre  ,  conformé  comme  celui  des 
Merles  ,  mais  légèrement  plus  mince  et  plus 
arqué,  échancré  à  la  pointe.  Narines  basales 
percées  en  fente  étroite  dans  une  membra¬ 
ne  ;  plumes  du  front  et  de  tout  le  pourtour 
du  bec  rigides ,  à  tiges  prolongées  au  delà 
des  barbes,  et  piliformes.  Tarses  très  élevés 
et  robustes  ;  doigts  forts  ;  les  latéraux  pres¬ 
que  égaux,  le  médian  beaucoup  plus  long  ; 
ongles  peu  arqués;  les  antérieurs  courts, 
presque  égaux  entre  eux  ,  le  postérieur  al¬ 
longé.  Ailes  très  courtes,  obtuses  ou  sur¬ 
obtuses.  Queue  assez  longue,  élargie,  étagée 
et  très  arrondie. 

La  forme  des  pattes  de  l’espèce  type,  qui 
est  entièrement  celle  d’oiseau  marcheur, 
nous  l’avait  fait  classer ,  dans  notre  Essai  dis 
class.,  dans  notre  section  des  Merles  mar¬ 
cheurs  solitaires.  Des  renseignements  ulté¬ 
rieurs  et  circonstanciés  sur  ses  mœurs  ,  qui 
nous  ont  été  donnés  par  M.  J.  Terreaux,  qui 
l’a  observé  en  Afrique,  ont  pleinement  con¬ 
firmé  nos  prévisions,  et  nous  ont  indiqué 
des  rapports  si  marqués  entre  cet  oiseau 
et  les  grandes  espèces  de  Traquets  d’A¬ 
frique  ,  que  nous  n’avons  pas  balancé  à  le 
regarder  comme  un  véritable  Saxicolidée, 
mais  un  Saxicolidée  à  ailes  courtes  et  à  queue 
étagée,  formé  par  conséquent  sur  un  type 
particulier,  tandis  que  ses  mœurs  sont  en¬ 
tièrement  conformes  aux  leurs.  Il  se  tient 
en  effet  toujours  à  terre,  sur  des  terrains  a- 
rides  et  rocheux,  courant  à  la  poursuite  des 
insectes,  et  se  perchant  souvent  sur  les  ro¬ 
ches  elles-mêmes ,  à  la  manière  des  grands 
Traquets  et  des  Merles  de  roche.  L’espèce 
type,  l’Argye  bridé,  Argya  frœnata ,  Less. , 
Mérion  bridé,  Tem.,  col.,  585,  est  un  peu 
plus  grand  que  le  Moqueur  des  Etats-Unis, 
mais  à  tarses  et  doigts  plus  longs  et  plus 
forts,  à  ailes  beaucoup  plus  courtes.  La  par¬ 
tie  supérieure,  jusque  vers  le  milieu  du  dos, 
est  gris-de-cendre,  à  flammèches  noires;  le 
bas  du  dos,  le  croupion  et  le  dessous,  depuis 
la  poitrine,  sont  brun-marron  vif;  la  gorge, 
tout  le  devant  du  cou,  le  haut  de  la  poitri¬ 
ne  et  les  lorum,  sont  d’un  noir  intense,  bor¬ 
dé  de  chaque  côté  par  une  longue  strie 
blanche,  en  forme  cfe  moustache  prolongée; 
la  queue  est  noire ,  largement  terminée  de 
blanc,  couleur  qui  se  remarque  encore,  sous 
forme  de  taches,  sur  les  couvertures  supé- 
I  rieures  de  l’aile.  Nous  lui  réunissons  !e 


126 


ARG 


ARG 


Merle  podobé  du  Sénégal,  de  Buffon  ( Enl ., 
354) ,  Turdus  erythroplerus ,  Gmel. ,  qui 
offre  en  plus  petit  les  mêmes  caractères , 
et  une  coloration  analogue,  à  queue  noire 
terminée  de  blanc.  Nous  ne  savons  rien  sur 
ses  mœurs;  mais  ses  pattes,  conformées 
comme  celles  des  Traquets,  ne  nous  laissent 
aucun  doute  qu’il  ne  soit  marcheur.  Une 
seconde  espèce  du  Sénégal,  très  voisine  de 
la  dernière,  mais  toute  noire,  et  que  M. 
Swainson  a  décrite  et  figurée  dans  ses  Birds 
ofwest  Africa ,  pl.  29,  sous  le  nom  de  Me- 
lasoma  edolioïdes,  nous  paraît  devoir  y  être 
réunie,  et  nous  sommes  étonné  que  M. 
Swainson  ait  placé  cet  oiseau  à  bec  de  petit 
Merle,  à  longues  pattes  d’oiseau  marcheur, 
à  queue  étagée  et  à  ailes  obtuses ,  dans  son 
groupe  des  Drongos,  qui  sont  remarquables, 
au  contraire ,  par  leurs  tarses  courts,  leur 
gros  bec,  leur  queue  fourchue,  et  leurs  ailes 
pointues,  à  premières  rémiges  allongées. 

Ce  genre  Argye ,  ainsi  composé  et  re¬ 
streint  ,  fait  partie  de  notre  famille  Saxico- 
lidées,  et  de  notre  sous-famille  Argynées. 
Voy.  ces  mots.  (Lafr.) 

*ARGYLIA(un  duc  d’Argyle).  bot. 
ph. — Genre  de  la  famille  des  Bignoniacées, 
type  de  la  tribu  des  Argyliées,  formé  par 
Don  ( Edirnb .  phil.  Journ.,  t.  IX,  p.  260  et 
seq .),  avec  ces  caractères  :  Calice  5-parti. 
Corolle  hypogyne,  tubuleuse  à  la  base,  ven¬ 
true  à  la  gorge;  à  limbe  quinquélobé-bila- 
bié,  dont  les  lobes  obtus ,  presque  égaux. 
Étamines  4,  insérées  au  tube  de  la  corolle, 
didynames,  sans  rudiment  du  cinquième;  an¬ 
thères  biloculaires  ,  à  loges  divariquées-éta- 
lées.  Ovaire  biloculaire  ;  ovules  horizon¬ 
taux  ,  anatropes ,  peu  nombreux.  Style  sim¬ 
ple;  stigmate  bilamellé.  Capsule  en  forme 
de  silique,  toruleuse  ,  bivalve  ;  valves  sub- 
crustacées  opposées  à  la  cloison  séminifère  de 
chaque  côté.  Graines  transverses  ,  compri¬ 
mées,  subréniformes,  tuberculées-convexes 
sur  le  dos ,  un  peu  concaves  à  l’opposé ,  à 
endoplèvre  lâche ,  membranacée.  Embryon 
orthotrope,  exalbumineux  ;  cotylédons  lar¬ 
gement  réniformes,  bilobés ,  à  radicule  très 
courte,  centrifuge.  —  Ce  genre,  dont  le  Bi- 
gnonia  radiata,  L. ,  est  le  type  ,  renferme 
quelques  espèces  du  Chili,  à  tiges  dressées  ou 
ascendantes,  cylindriques,  un  peu  rugueuses, 
pubescentes,  à  feuilles  alternes,  pétiolées, 
peltées-digitées,  dont  les  folioles  bi  tripinna- 


tifides,  étalées,  à  segments  cunéiformes  ou 
oblongs-linéaires,  obtus,  très  entiers  ;  à  fleurs 
terminales,  presque  en  grappes,  dont  les  co¬ 
rolles  jaunes,  à  gorge  ponctuée  de  rouge. 

(C.  L.) 

*ARGYNÉES.  Argyneœ  ( Argya ,  un  des 
genres  de  cette  sous-famille  ).  ois.  —  Sous- 
famille  de  notre  famille  des  Saxicolidéësy 
ayant  pour  caract.:  Bec  médiocre  ressemblant 
à  un  bec  de  Merle,  mais  plus  comprimé  et 
plus  grêle  ;  tarses  fort  longs  ;  doigts  robus¬ 
tes,  mais  courts,  les  latéraux  surtout,  qui 
sont  égaux ,  le  médian  sensiblement  plus 
long.  Ongles  peu  arqués,  les  antérieurs 
courts,  le  postérieur  assez  long;  ailes  cour¬ 
tes  ou  moyennes,  de  forme  arrondie  ;  queue 
moyenne,  ou  sensiblement  étagée,  ou  seule¬ 
ment  arrondie.  Plumage  en  général  noir, 
mêlé  de  brun  marron  et  de  blanc.  Cette 
sous-famille  se  compose  des  genres  Argye 
et  Thamnobie.  Voy.  ces  mots.  (Lafr.) 

ARGYJXjXE.  Argynnis.  (fyyùw os,  sur¬ 
nom  de  Vénus),  ins.— Genre  de  l’ordre  des 
Lépidoptères ,  famille  des  Diurnes  ,  section 
des  Tétrapodes,  tribu  des  Argynnides,  éta¬ 
bli  par  Fabricius  et  adopté  par  Latreille , 
qui  y  réunit  les  Mélitées  du  même  auteur, 
mais  à  tort,  suivant  nous: car  ces  dernières 
en  diffèrent  sous  plusieurs  rapports,  non 
seulement  à  l'état  parfait ,  mais  par  leurs 
chenilles,  ainsi  qu’on  le  verra  à  leur  article. 
C’est  pourquoi,  en  adoptant  ce  même  genre 
dans  notre  catalogue  méthodique  des  Lé¬ 
pidoptères  d’Europe,  nous  l’avons  restreint 
aux  seules  Argynnes  de  Fabricius. 

La  plupart  des  Argynnes,  vues  en  dessus, 
sont  très  difficiles  à  distinguer  entre  elles,  à 
cause  de  l’uniformité  de  leur  couleur,  qui 
est  fauve ,  avec  des  taches  noires  disposées 
de  la  même  manière  dans  presque  toutes 
les  espèces  ;  mais  il  n’en  est  pas  de  même 
de  leur  dessous,  qui  est  orné  de  taches  ar¬ 
gentées  ou  nacrées,  dont  la  forme,  la  gran¬ 
deur  et  la  position  varient  dans  chaque  esp. 
En  général,  ce  sont  de  beaux  Papillons,  au 
vol  rapide,  qui  n’habitent  que  les  bois,  et  qui 
se  laissent  difficilement  approcher.  Leurs 
chenilles,  qui  sont  épineuses,  vivent  pour  la 
plupart  sur  les  violettes  ;  elles  ne  mangent 
que  la  nuit ,  et  se  cachent  pendant  le  jour. 
Ce  g.  renferme  un  grand  nombre  d’esp.  dont 
plusieurs  sont  propres  aux  pays  de  monta¬ 
gnes.  Nous  ne  citerons  ici  que  les  plus  con- 


ÀRG 


ARG 


nues:  YArg.  paphia,  Linn.,  vulgairement 
appelée  le  Tabac  d'Espagne;  VArg.  aglaia, 
Linn.,  ou  le  Grand  nacré  de  Geoffroy  ; 
YArg.  ïathonia,  Linn.,  ou  le  Petit  nacré,  et 
YArg.  pandora,  espèce  qui  habite  le  midi 
de  l’Europe  et  les  côtes  septentrionales  de 
l’Afrique.  (  D.) 

*  ARGYNNIDES.  Argynnidœ.  ins.— 
Tribu  de  l’ordre  des  Lépidopt.  diurnes,  que 
nous  avons  établie  aux  dépens  de  celle  des 
Nymphalides  de  Latreille,  et  qui  comprend 
les  g.  Argynne,  Mélitée  et  Agraulis.  ( Voy . 
ces  mots.)  Ses  caractères  sont  les  suivants  : 
Masse  des  antennes  courte  et  aplatie.  Ailes 
inférieures  ayant  neuf  nervures,  la  cellule 
discoïdale  ouverte,  et  les  deux  bords  inter¬ 
nes  réunis  et  creusés  en  gouttière  au-dessus 
de  l’abdomen,  qu'elles  cachent  entièrement 
lorsqu’elles  sont  relevées.  Chenilles  garnies 
tantôt  d’épines,  tantôt  de  tubercules  épi¬ 
neux  sur  tous  les  anneaux.  Chrysalides  plus 
ou  moins  cambrées,  tantôt  très  anguleuses  et 
ornées  de  taches  métalliques,  tantôt  à  angles 
arrondis  et  de  couleurs  variées.  (D.) 

*  ARGYOPE  (fyyo’s»  blanc;  &l>,  œil  ). 

ARACii.  —  Latreille  avait  donné  ce  nom  à 
un  genre  de  l’ordre  des  Aranéides ,  renfer¬ 
mant  un  assez  grand  nombre  d’espèces  , 
toutes  ornées  de  couleurs  d’Or  ou  d’Argent  ; 
mais,  comme  les  caractères  zoologiques  ne 
permettent  pas  de  séparer  les  Argyopes  des* 
Epeira,  M.  Walckenaër  les  regarde  comme 
une  simple  division  du  genre  Epeira.  [Voy. 
ce  mot.)  (Bl.) 

*ARGYRANTHUS  (üpyvpoç,  argent  ; 
«v0os,  fleur),  bot.  ph.  —  Synonyme  du  g. 
Ânaxeton  de  Cass.  Voy.  ce  mot.  (J.  D.) 

*  ARGYRE.  Argyra  [  üpyvpoç,  argent). 
ins.  —  Genre  de  l’ordre  des  Diptères  ,  di¬ 
vision  des  Brachocères,  subdivision  des  Té- 
trachœles,  famille  des  Brachystomes,  tribu 
des  Dolichopodes.  Ce  genre,  formé  par  M. 
Macquart  de  la  première  division  des  JPor- 
phyrops  de  Meigen ,  a  pour  caractères  : 
Front  déprimé;  face  étroite  chez  le  mâle, 
large  chez  la  femelle.  Troisième  article  des 
antennes  comprimé,  pointu.  Style  inséré 
près  de  l’extrémité  ,  pubescent.  Yeux  velus; 
appendices  de  l’abdomen  filiformes.  Le  nom 
d’’ Argyra  lui  a  été  donné  parce  que  ,  dans 
les  principales  espèces,  le  corps  est  couvert 
(f  un  épais  duvet  argenté,  d’un  éclat  remar¬ 
quable.  Quelques  Argyres  sont  d’un  vert 


131 

métallique.  Parmi  les  sept  espèces  euro¬ 
péennes  décrites  dans  ce  genre  par  M.  Mac- 
quart,  nous  ne  citerons  que  l’Arg.  diapha¬ 
ne,  Argyra  diapliana,  qui  est  le  Dolichopus 
diaphanus  de  Fabricius.  Cette  espèce  se 
trouve  communément  en  mai  et  juin,  et  re¬ 
paraît  ensuite  vers  la  fin  d’août.  (D.) 

ARGYREE.  Argyreus  (&pyvpos,  ar¬ 
gent).  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des  Lépi¬ 
doptères  diurnes,  famille  des  Papillonides, 
formé  par  Scopoli,  et  qu’il  compose  de  ceux 
de  ces  Insectes  qui  ont  les  ailes  ornées  à 
certaines  places  de  bandes,  de  taches  ou  de 
points  ocellés,  argentés  ou  dorés.  Il  renferme 
les  Argynnes  de  Latreille  ,  mais  aussi  d’au¬ 
tres  espèces  qui  leur  sont  tout  à  fait  étran¬ 
gères,  telles  que  la  Thaïs  rumina ,  les  Co- 
liades  palœno  et  hyale ,  et  le  Polyomm. 
argus  :  aussi  ce  genre  n’a  pas  été  con¬ 
servé,  et  ne  méritait  pas  de  l’être.  (D.) 

ARGYREIA.  [Lettsonia 9  Roxb.,  non 
R.  et  P.)  (  àpyi >petoçf  d’argent  .  bot.  pii. — 
Genre  de  la  famille  des  Convolvulacées,  tri¬ 
bu  des  Clonvolvulées,  établi  par  Loureiro 
[Flor.  cochinch.,t  I,  p  .166),  et  dont  voici  les 
caract.  constitutifs  :  Calice  5-phy lie  ,  corolle 
hypogyne,  campanulée,  à  limbe  5-plissé  ou 
5-fide.  Itamines  5,  incluses  ou  exsertes,  in¬ 
sérées  au  bas  de  la  corolle.  Ovaire  bilocu- 
laire,  à  loges  bi-ovulées.  Style  simple;  stig¬ 
mate  capité-bilobé.  Baie  biloculaire.  Grai¬ 
nes  4 ,  ou  en  moins  grand  nombre  par  avor¬ 
tement.  Embryon  courbe,  mucilagineux-al- 
bumineux;  cotylédons  ridés,  à  radicule  in¬ 
fère.— Ce  genre,  divisé  en  deux  sous-genres, 
Sannudra  et  Euargyreia  [Voy.  ces  mots), 
renferme  une  vingtaine  ,  à  peu  près  ,  d’ar¬ 
brisseaux  volubiles ,  appartenant  à  l’Asie 
tropicale;  à  feuilles  alternes,  ordinairement 
cordiformes,  amples,  entières,  tomenteuses 
ou  soyeuses,  blanchâtres;  à  pédoncules  axil¬ 
laires  et  terminaux,  uni-multiflores  ;  à  fleurs 
amples,  élégantes.  On  les  cultive  comme 
ornement  de  serre  chaude.  (C.  L.) 

ARGYRÉIOSE.  poïss.  —  Genre  de 
poissons  établi  par  Lacépède  pour  y  com¬ 
prendre  le  Z  eus  vomer,  de  Linné.  Les  caract. 
de  ce  g.  sont  fondés  sur  la  hauteur  de  la  face 
et  du  corps,  très  comprimés,  et  sur  la  présen¬ 
ce  de  deux  dorsales,  dont  le  premier  rayon,  et 
quelquefois  les  suivants ,  sont  prolongés  en 
filaments  ;  sur  ce  que  le  premier  rayon  est 
aussi  allongé  que  ceux  de  la  seconde  dor- 


f  98 


AHG 


ARG 

sale ,  et  sur  la  grandeur  des  veuiraics ,  qui 
cependant  n’ont  pas  de  filaments.  La  ligne 
latérale  n’a  pas  d’armure,  comme  celle  des 
Caranx ;  on  voit  cependant  quelques  traces 
de  tubercules  de  chaque  côté  de  la  queue. 
On  ne  possède  encore  qu’une  seule  espèce  de 
ce  genre  ,  qui  vit  en  très  grande  abondance 
sur  les  côtes  de  l’Amérique,  depuis  New- 
Yorck  jusqu’à  Buenos-Ayres.  Cependant  ce 
poisson  ,  très  commun  ,  connu  depuis  le 
commencement  du  Î7c  siècle,  est  un  de  ceux 
dont  les  ichthyologistes  ont  le  plus  embrouillé 
l’histoire. 

C’est  lui  que  Laët ,  en  faisant  imprimer 
Marcgrave ,  avait  figuré  sous  le  nom  brési¬ 
lien,  écrit,  selon  l’orthographe,  pour  une  pro¬ 
nonciation  hollandaise,  Awah-kattoejahwe. 
Il  plaça  à  côté  de  cette  figure  la  description 
de  l’Abacatuia,  qui  est  le  meme  nom,  écrit 
selon  l’orthographe  portugaise.  Mais,  ensuite, 
il  mit  un  autre  dessin  de  cette  espèce  à  côté 
de  la  description  d’un  autre  poisson  nommé 
Guaperva.  Celui-ci  est  le  Chœtodon  arcua- 
tus,  Linn. 

Il  résulte  de  là  une  première  confusion 
qui  en  entraîne  plusieurs  autres,  et  qui  a  fait 
croire  que  le  Zeus  vomer  s’appelait  aussi 
Guaperva.  D’un  autre  côté,  on  a  également 
confondu  YAbacatuia  avec  le  Zeus  gallus  , 
poisson  de  la  mer  des  Indes,  tout  différent. 
C’est  ce  qui  explique  comment  une  espèce 
américaine  a  été  portée  aux  Indes  orientales; 
mais  une  autre  confusion  est  encore  résultée 
de  ce  que  Müller  a  dit  de  son  Zeus  cauda 
bifurca,  Zeo  vomeri  a f finis,  et  que  Gme- 
lin  a  pris  pour  certaine  la  conjecture  du  sa¬ 
vant  Danois,  de  sorte  qu’il  a  dit  du  Zeus 
vomer  :  Habitat  in  mari  brasiliensi  et 
norvegico.  M.  de  Lacépède ,  adoptant  sans 
critique  cette  assertion  ,  explique  comment, 
une  même  espèce  peut  habiter  les  climats 
de  la  Nonvége  et  ceux  du  Brésil ,  et  com¬ 
ment  le  climat  n’influe  pas  sur  la  distri¬ 
bution  géographique  de  cette  espèce.  Tou¬ 
tes  ces  erreurs  ont  été  le  résultat  d’une 
simple  faute  de  typographie  facile  à  re¬ 
connaître. 

Nous  ne  connaissons  dans  ce  genre  qu’une 
seule  espèce  d 'Argyréiose  vomer,  Lac.  ( Zeus 
vGmer,  Linn.).  Cette  espèce  est  très  connue 
sous  le  nom  vulgaire  YAbacatuia  ,  d’après 
Marcgrave,  nom  que  l’on  trouve  à  tort  rap¬ 
porté  ,  dans  tous  les  autres  dictionnaires ! 


d’histoire  naturelle,  au  Zeus  gallus  de  Lin¬ 
né,  espèce  d’un  tout  autre  genre. 

Cet  Argyréiose  vomer ,  Lac. ,  a  été  aussi 
mentionné  par  Lacépède  dans  un  autre  genre 
nommé  par  lui  Selene  (voy.  ce  mot),  genre 
qui  doit  disparaître  de  la  liste  générique  en 
ichthyologie.  (Val.) 

*ARGYRIBES  (üpyvpoç ,  argent),  mîn, 
—  Ampère  dorme  ce  nom  à  un  genre  de 
corps  simples;  Beudant,  à  une  famille  de 
Minéraux  qui  ont  pour  type  l’Argent. 

(C.  D’O.) 

*  ÂRGYRÏTE.  Argyritis  («/syu/jqf,  ar¬ 
gent).  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des  Diptè¬ 
res,  famille  des  Athéricères,  établi  par  La- 
treille  (  Régné  animal,  t.  V,  p.  518,  1829) 
pour  y  placer  deux  nouvelles  espèces  de 
Muscides  prises  aux  environs  de  Montpellier 
par  M.  Marcel  de  Serre.  Latreille  ne  leur  a 
pas  donné  de  noms  spécifiques,  il  se  con¬ 
tente  de  les  signaler  ainsi  :  «  Elles  sont,  dit- 
il,  de  petite  taille,  et  ont  un  duvet  soyeux 
argenté  qui ,  dans  l’une  ,  garnit  tout  l’ab¬ 
domen.  »  Voici  comment  il  les  caracté¬ 
rise  génériquement  :  Antennes  insérées  au- 
dessous  du  front ,  très  courtes,  avec  le  der¬ 
nier  article  un  peu  plus  grand  que  le 
précédent,  presque  orbiculaire  et  muni 
d’une  soie  simple  et  coudée.  Palpes  se  ter¬ 
minant  en  une  massue  courte  ,  presque 
ovoïde  et  pointue.  Du  reste,  par  la  forme 
courte  de  leur  corps,  leur  abdomen  très 
aplati ,  presque  demi-circulaire  ,  leur  tête 
courte  et  large  et  leurs  ailes  écartées,  elles 
ressemblent  aux  Phasies. 

Ce  g.  ne  figure  pas  dans  la  méthode  de 
M.  Macquart.  (D.) 

ÂRGYRÏTE  ou  ARGYROLITHE 
{a.-pyvpoi,  argent;  >/0os,  pierre),  min. — 
Noms  de  la  lithologie  ancienne,  qui  se  rap¬ 
portaient  sans  doute  à  des  minerais  argen¬ 
tifères  dont  on  ne  peut  connaître  l’espèce  , 
faute  de  désignation  suffisante.  (Del.) 

*ARGYROCHÆTA  (  xflyvpo s,  argent  ; 
yxlryi,  soie  ou  chevelure),  bot.  ph.  — 
C’est  une  des  sections  du  g.  Parthenium 
(Composées) ,  qui  renferme  les  espèces  à 
feuilles  bipennées,  et  dont  les  paillettes  qui 
constituent  l’aigrette  sont  ovales-oblongues, 
obtuses  et  membraneuses.  (J.  D.) 

ARGYROCOME  (  « pyvpos ,  argent  ; 
xo>7 j,  chevelure),  bot.  pu.  —  Ce  mot,  ap¬ 
pliqué  à  un  genre  de  la  famille  des  Compo- 


* 


ARG 

sée. ,  sert  à  désigner  aujourd’hui  une  sec¬ 
tion  du  genre  Helipterum,  voisin  des  Im¬ 
mortelles.  r  (J* 

* ARGYROLÉPIE.  Argyrolepia{  xpyv- 
poi,  argent  ;  te* es,  écaille),  ins.  —  Genre  de 
l’ordre  des  Lépidoptères  nocturnes ,  fondé 
par  Stéphens  dans  sa  tribu  des  Tortricides, 
et  que  nous  avons  adopté,  en  le  plaçant  dans 
notre  tribu  des  Platyomides  (  Hist.  natur. 
des  Lépidopt.  de  France ,  t.  IX,  p.  425). 
Toutes  les  espèces  de  ce  genre  se  font  re¬ 
marquer  par  l’éclat  de  leurs  couleurs,  qui  se 
trouve  encore  augmenté  par  les  raies  et  les 
taches  argentées  dont  leurs  ailes  sont  ornées. 
La  plupart  appartiennent  aux  contrées  mé¬ 
ridionales  de  l’Europe,  et  aucune  d’elles  n’a 
encore  été  observée  dans  ses  premiers  états. 
Parmi  les  onze  espèces  figurées  dans  l’ou¬ 
vrage  précité,  nous  citerons  celle  qui  forme 
le  type  du  genre,  l’Argyrolépie  deBaumann, 
Pyralis  baumanniana  Fabr.,  qui  se  trouve 
principalement  dans  les  environs  de  Nîmes, 
où  elle  paraît  en  mai  et  juillet.  On  la  ren¬ 
contre  quelquefois  autour  de  Paris.  (D.) 

*  ARGYROLEPIS,  Spach,  Hist.  des 
plant,  phan.,  t.  YI,  p.  36  {ikpyvpos,  argent  ; 
).s*c's ,  écaille),  bot.  ph. —  Section  du  genre 
Hélianthème,  famille  des  Gistacées  ,  fondée 
sur  le  Helianthemum  squamatum  Pers. , 
et  caractérisé  comme  il  suit  :  Style  long,  fili¬ 
forme,  ascendant,  fortement  géniculé.  Eta¬ 
mines  peu  nombreuses,  1 -sériées;  anthères 
elliptiques-orbiculaires,  échancrées  aux  deux 
bouts.  — -  Sous  -arbrisseaux  couverts  d’une 
pubescence  furfuracée  ;  feuilles  toutes  oppo¬ 
sées  ;  grappes  terminales,  distiques,  souvent 
géminées  ;  pédicelles  allongés,  épaissis  au 
sommet ,  défléchis  après  l’anthèse  en  deux 
séries.  (Sp.) 

ARGYROLITHE  (« .pyvpos,  argent  ;  >£- 
6oî ,  pierre),  min.  —  Voyez  argyrite. 

(Del.) 

*ARGYROLOBIUM,  Fxkh  et  Zeyh., 
Plant.  Cap.,  t.  I,  p.  184  (ct/jyi^os,  argent; 
îoSiov,  cosse,  gousse). rot.  piï. — Genre  de 
la  famille  des  Légumineuses,  s. -ordre  des  Pa- 
pilionacées ,  tribu  des  Lotées,  s.-tribu  des  Gé- 
nistées.  Ses  auteurs  en  donnent  les  caract. 
suivants  :  Calice  profondément  2-labié  :  lèvre 
supérieure  2-dentée  ou  2-fide  ;  lèvre  infé¬ 
rieure  3-dentée.  Corolle  presque  glabre  ; 
pétales  tous  courtement  onguiculés;  éten¬ 
dard  semi-orbiculaire ,  rétréci  vers  sa  base, 
T.  II. 


ARG  129 

ou  bien  suborbiculaire  ,  ou  obovale ,  échan- 
cré  ;  ailes  oblongues,  obtuses,  élargies  vers 
leur  sommet;  carène  2-céphale  ,  obtuse. 
Étamines  monadelphes  ;  gaîne  soit  indivi- 
sée ,  soit  plus  ou  moins  profondément  fen¬ 
due  en  dessus.  Style  glabre,  infléchi;  stig¬ 
mate  terminal ,  déprimé.  Légume  linéaire- 
ensiforme,  polysperme,  apiculépar  le  style, 
pointu  aux  deux  bouts,  un  peu  comprimé, 
peu  ou  point  toruleux. —  Arbrisseaux  ou  s.- 
arbrisseaux.  Feuilles  pétiolées  ousubsessiles, 
2-foliolées,  2-stipulées.  Fleurs  1-  ou  2-brac- 
téolées ,  subsolitaires ,  ou  en  grappes.  Co¬ 
rolle  jaune.  Ce  genre  est  propre  à  l’Afri¬ 
que  australe  ;  ses  auteurs  en  ont  énuméré 
21  esp.,  parmi  lesquelles  se  trouvent  le  Cro- 
talaria  argentea  Jacq.,  et  plusieurs  Dichi- 
lus  d’autres  auteurs.  (Sp.) 

*  ARGYROMÎGES  (  ocpyvpofuy^ç,  mêlé 
d’argent),  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des  Lé¬ 
pidoptères  nocturnes,  formé  par  Curtis,  et 
adopté  par  Stéphens  ,  qui  le  place  dans  sa 
tribu  des  Yponomeutides.  Il  a  poùr  type  la 
Tinea  blancardella  de  Fabricius ,  qui  ap¬ 
partient  au  g.  Elachista  de  Treitschke,  que 
nous  avons  adopté.  Voy.  ce  dernier  mot. 

(D.) 

ARGYRONE  TE .  Argyroneta  {üpyvpo^ 
argent  ;  viw ,  filer),  arach.  —  Genre  de 
la  famille  des  Araignées,  groupe  des  Aqua¬ 
tiques  ,  de  l’ordre  des  Aranéides,  établi  par 
Latreille  et  adopté  depuis  par  tous  les  natu¬ 
ralistes.  Ce  genre  Argyroneta  est  caracté¬ 
risé  par  les  yeux ,  au  nombre  de  huit ,  dont 
deux  de  chaque  côté  très  rapprochés  l’un  de 
l’autre ,  et  placés  sur  une  éminence,  et  qua¬ 
tre  intermédiaires  formant  un  quadrilatère  ; 
par  la  lèvre  sternale  triangulaire ,  et  par  les 
mâchoires  inclinées  sur  cette  lèvre. 

Ce  genre  ne  renferme  encore  qu’une 
seule  espèce,  l’Argyronète  aquatique  {Ava¬ 
nça  aquatica  Lin.)  ;  mais  cette  seule  espèce 
est  peut-être,  dans  tout  l’ordre  des  Ara¬ 
néides  ,  la  plus  remarquable  par  ses  mœurs. 
En  effet,  condamnée  à  vivre  au  sein  des 
eaux,  elle  ne  peut  respirer  que  l’air  atmo¬ 
sphérique  ;  elle  n’a  que  des  poumons  comme 
toutes  les  autres  Araignées ,  et  aucun  or¬ 
gane  analogue  à  des  branchies  ,  pouvant 
décomposer  l’air  atmosphérique  dissous 
dans  l’eau ,  d’où  cette  Araignée  ne  sort  ja¬ 
mais.  Certainement  que  si  l’observation  n’a- 
Yait  pas  fait  connaître  le  genre  de  vie  de 


130 


ARG 


ARG 


cette  esp.,  on  épuiserait  toute  son  imagina¬ 
tion  sans  parvenir  à  se  douter  du  strata¬ 
gème  qu’elle  emploie.  Qui  aurait  pensé, 
lorsqu’on  a  inventé  la  cloche  à  plongeur , 
que ,  depuis  le  commencement  des  siècles, 
l’Araignée  aquatique  en  faisait  usage?  C’est 
pourtant  là  un  fait  bien  reconnu  depuis  le 
siècle  dernier. 

L’Argyronète  aquatique  fut  observée  pour 
la  première  fois  en  1744,  dans  une  petite  ri¬ 
vière  des  environs  du  Mans,  par  le  Père 
de  Lîgnac.  Ce  Père  de  l’Oratoire  nous 
dit,  dans  un  Mémoire  spécial ,  que,  se  bai¬ 
gnant  un  jour  dans  une  petite  rivière ,  il  fut 
frappé  d’étonnement  en  voyant  dans  l’eau 
des  bulles  qui  semblaient  se  diriger  à  leur 
gré  ,  et  qu’il  eut  grand’peur ,  lorsqu’il  s’a¬ 
perçut  que  ces  bulles  étaient  des  Araignées 
enveloppées  d’air.  Il  sortit  de  là  au  plus 
vite  ;  et ,  deux  ans  après,  il  avait  oublié  ces 
Araignées  ,  lorsque,  se  trouvant  à  Nantes , 
une  personne  de  sa  connaissance  lui  deman¬ 
da  si  déjà  il  avait  remarqué  de  grosses  Arai¬ 
gnées  aquatiques  très  abondantes  dans  la 
petite  rivière  d’Erdre.  L’abbé  de  Lignac  ne 
se  souvenait  qu’imparfaitement  de  cette  es¬ 
pèce  d’Araignée;  mais  son  ami  lui  en  pro¬ 
cura  plusieurs  individus ,  et ,  les  ayant  mis 
dans  une  carafe  remplie  d’eau ,  il  les  ob¬ 
serva  avec  le  plus  grand  soin  pendant  dix- 
huit  mois. 

L’Argyronète ,  très  peu  remarquable  par 
ses  formes  et  ses  couleurs,  est  d’un  gris 
brunâtre  sombre ,  et  revêtue  de  poils  assez 
longs.  Elle  vit  dans  les  eaux  dormantes  ou 
peu  courantes ,  dans  les  lieux  où  des  plan¬ 
tes  aquatiques  croissent  en  grand  nombre  ; 
c’est  là  qu’elle  fixe  sa  demeure.  Cette  Arai¬ 
gnée  sécrète  une  matière  soyeuse  qui  s’étale, 
et  prend  facilement  la  forme  qu’on  lui  don¬ 
ne.  Cette  matière  lui  sert  à  construire  sa 
cloche. 

L’industrieuse  naïade  vient  à  la  surface  de 
l’eau,  se  courbe  alors  un  peu  en  arc,  replie  ses 
pattes ,  et ,  rentrant  précipitamment  dans 
l’eau  ,  emporte  avec  elle  une  grosse  bulle 
d’air  qui  la  fait  paraître  toute  argentée  ; 
elle  va  aussitôt  placer  cette  bulle  d’air  sous 
quelque  feuille  de  plante  aquatique,  en 
s’en  débarrassant  à  l’aide  de  ses  pattes  ; 
l’Argyronète  alors  entoure  sa  bulle  de  ma¬ 
tière  soyeuse  et  transparente,  de  façon  qu’el¬ 
le  lui  sert  de  moule  pour  commencer  sa 


cloche,  qu’elle  fixe,  au  moyen  de  quelques 
fils,  aux  plantes  qui  l’entourent.  L’Araignée 
revient  bientôt  chercher  une  nouvelle  provi¬ 
sion  d’air  qu’elle  ajoute  à  la  première,  et,  en 
même  temps ,  agrandit  sa  cloche  en  éten¬ 
dant  avec  ses  pattes  la  matière  soyeuse 
qui  sort  de  ses  filières.  Répétant  le  même 
manège  une  dizaine  de  fois ,  sa  cloche  se 
trouve ,  au  bout  de  quelques  heures,  en¬ 
tièrement  achevée,  et  elle  atteint  alors 
presque  la  grosseur  d’une  petite  noix.  Or¬ 
dinairement  la  forme  en  est  parfaitement 
régulière  et  le  sommet  très  bien  arrondi; 
mais  quelquefois  elle  est  un  peu  réniforme 
ou  légèrement  irrégulière.  Elle  est  tou¬ 
jours  fermée  en  dessous,  et  n’offre  qu’une 
ouverture  étroite  pour  l’entrée  de  son  ha¬ 
bitant. 

Les  Argyronètes  vivent  d’animaux,  qu’el¬ 
les  saisissent  dans  l’eau  à  l’aide  de  fils  ten¬ 
dus  aux  alentours  de  la  cloche.  Quand  on 
jette  une  mouche  ou  quelque  autre  insecte 
à  la  surface  de  l’eau ,  elles  vont  bientôt  s’en 
emparer  ;  l’attachant  par  un  fil ,  elles  l’en¬ 
traînent  ainsi  dans  leur  retraite  pour  s’en 
nourrir.  Elles  se  dévorent  même  entre  el¬ 
les  ;  aussi ,  généralement,  on  les  rencontre 
à  une  assez  grande  distance  les  unes  des 
autres.  Quand  on  en  place  plusieurs  dans  un 
vase,  la  plupart  sont  tuées,  et  quelquefois  il 
n’en  reste  plus  qu’une  seule. 

Au  printemps  ,  lorsque  l’époque  de  l’ac¬ 
couplement  est  venue  pour  les  Argyronètes, 
le  mâle,  qui  ne  serait  jamais  admis  à  entrer 
dans  la  cloche  de  la  femelle,  vient  s’en  con¬ 
struire  une  tout  près  de  la  sienne;  mais, 
quand  il  l’a  terminée ,  tout  n’est  pas  fini 
pour  lui  :  il  doit  encore  ajouter  une  nou¬ 
velle  construction  pour  parvenir  au  terme  de 
ses  désirs  ;  il  établit  alors  une  galerie  com¬ 
muniquant  à  sa  retraite  et  aboutissant  à  celle 
de  la  femelle.  Dès  que  cette  galerie  ou  ce 
vestibule  se  trouve  achevé  et  rempli  d’air, 
comme  la  cloche  même ,  le  mâle  perce  la 
paroi  latérale  de  la  cloche  de  la  femelle , 
et  s’élance  sur  elle.  Quand  celle-ci  est  dispo¬ 
sée  à  l’accouplement,  elle  demeure  au  fond 
de  son  habitation  tenue  à  la  renverse  ,  et  le 
mâle  est  bien  reçu;  mais  à  peine  la  femelle 
est-elle  fécondée  que  le  mâle  s’enfuit,  car  la 
femelle  le  poursuit  souvent  jusque  dans  sa 
loge.  Lorsqu’elle  n’est  pas  disposée  à  rece¬ 
voir  l’approche  du  mâle,  elle  le  poursuit 


ARG 


131 


ARG 

dès  qu’elle  l’aperçoit,  et  le, tue  quand  elle 
peut  l’atteindre. 

L’Argyronète  femelle  forme  un  petit  co¬ 
con  de  la  soie  la  plus  fine  ,  la  plus  blan¬ 
che  ,  la  plus  éclatante  ;  elle  place  ses  œufs 
dans  ce  cocon,  qu’elle  fixe  dans  sa  loge  avec 
quelques  fils.  Au  bout  de  peu  de  jours  ,  les 
petites  Araignées  aquatiques  éclosent  ;  et  à 
peine  ont-elles  vu  le  jour,  que  toutes  s’agi¬ 
tent  dans  l’eau,  vont  s’approvisionner  d’air 
et  commencent  à  se  construire  une  cloche. 

Quoique  les  Argyronètes  ne  sortent  ja¬ 
mais  de  l’eau,  elles  peuvent  vivre  encore 
plusieurs  jours  à  l’air  libre  ;  mais  elles  dé¬ 
périssent  promptement,  et  ne  tardent  pas  à 
mourir. 

L’Argyronète  aquatique  se  trouve  quel¬ 
quefois  en  grande  abondance  dans  certaines 
localités  ;  mais  on  la  rencontre ,  aujour¬ 
d’hui,  assez  difficilement.  Autrefois  on  la 
trouvait  communément  à  la  Glacière,  près  de 
Paris,  dans  les  environs  de  Charenton;  mais 
depuis  un  grand  nombre  d’années  elle 
semble  en  avoir  entièrement  disparu.  On  la 
trouve  encore  dans  quelques  parties  de  la 
Fi  ance  ,  mais  plus  particulièrement  dans  le 
nord  de  l’Europe ,  jusqu’en  Suède  et  en  La¬ 
ponie.  (Bl.) 

*ARGYROPELECUS  (S^oj,  ar¬ 
gent  ;  ivéïey.vs ,  hache  ).  roiss.  —  Nom 
donné  par  M.  Anastasie  Cocco  au  Sterno- 
ptyx  de  la  Méditerranée.  Voy.  ce  mot. 

(Val.) 

*ARGYROPHYTONI  {apyvpoç,  argent; 
cpu r<5v,  plante),  bot.  ph.  — Synonyme  d’Jr- 
gyroxyphium.  Voyez  ce  mot.  (J.  D.) 

*  ARGYROPTÈRE.  Ârgxjroptcra 
(zpyvpoç,  argent  ;  mspdv,  aile),  ins.—  Genre 
de  l’ordre  des  Lépidoptères,  famille  des  Noc¬ 
turnes,  tribu  des  Platyomides,  créé  par  nous , 
et  dont  les  caract.  sont  :  Palpes  courbés  en 
forme  d’S.  Deuxième  article  plus  écailleux 
que  velu  ;  troisième  article  nu  et  cylindri¬ 
que.  Trompe  courte  ;  corps  mince  et  allon¬ 
gé.  Ailes  supérieures  très  étroites  et  termi¬ 
nées  par  une  frange  très  longue.  Ce  genre 
est  en  même  temps  un  des  plus  naturels  et 
des  plus  brillants  de  la  tribu  à  laquelle  il 
appartient  ;  il  est  pour  elle  ce  qu’est  celui  de 
Plusies  pour  les  Noctuélides.  Toutes  les  es¬ 
pèces  qu’il  renferme,  à  l’exception  d’une 
seule ,  se  font  remarquer  par  l’éclat  de  leur 
parure,  qui  se  compose,  chez  la  plupart,  de 


taches  ou  plaques  d’argent  ou  de  nacre,  en¬ 
cadrées  d’or.  Nous  n’en  citerons  qu’une  qui 
peut  être  considérée  comme  le  type  du  g., 
VArgyropt.  lalhoniana ,  ainsi  nommée  par 
Hubner  parce  que  les  taches  d’argent  dont 
elle  est  ornée  ont  quelque  ressemblance  avec 
celles  de  VArgynne  lathonia,  ou  Petit  nacré. 
Cette  belle  espèce  n’a  encore  été  trouvée 
qu’en  Hongrie.  (D.) 

*  ARGYROSE  (zpyvpoç ,  argent),  min. 

— Nom  donné  par  M.  Beudant  à  l’Argent  sul¬ 
furé.  Voy.  argent.  (Del.) 

*ARGYROSÉTIE.  Argyrosetia  (àpy u- 
poç,  argent  ;  7^5,  o^ro?,  teigne),  ins. —  Genre 
de  l’ordre  des  Lépidoptères  nocturnes ,  éta¬ 
bli  par  Stéphens  dans  sa  tribu  des  Ypono- 
meutides,  et  qui  a  pour  type  la  Tinea  goe- 
dartella  de  Linné ,  que  nous  plaçons  dans 
le  genre  OEcophore  de  Latreille.  Voy.  ce 
mot.  (D.) 

*  ARGYROTOZE.  Argyrotoza  (âpyv- 

pâxoÇos ,  qui  porte  un  arc  d’argent),  ins.  — 
Genre  de  l’ordre  des  Lépidoptères  noctur¬ 
nes,  établi  par  Stéphens  dans  sa  tribu  des 
Tortricides,  et  qui  a  pour  type  la  Tordeuse 
deBergmann,  Tortrix  bergmanniana  L. , 
que  nous  plaçons  dans  le  genre  Tortrix  de 
Linné.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

*  ARGYROXIPHIUM  (fyy^os,  ar¬ 
gent  ;  Stpiov,  épée  ;  à  cause  de  la  forme  et  de 
la  couleur  des  feuilles ,  qui  sont  couvertes 
de  poils  argentés  ).  bot.  ph.  —  M.  de  Can- 
dolle  a  fondé  ce  genre  sur  une  plante  de  la 
famille  des  Composées  ,  originaire  des  îles 
Sandwich;  elle  a  pour  caractères  :  Capitule 
multiflore  hétérogame:  fleurs  du  rayon  1- 
seriées,  ligulées,  femelles  ;  celles  du  disque 
hermaphrodites,  5-dentées.  Réceptacle  nu, 
plan.  Invol.  campanulé,  formé  de  2-3  séries 
d’écailles  lancéolées-linéaires  ,  presque  éga¬ 
les  ,  et  à  peu  près  de  même  longueur  que 
les  fleurs  du  disque.  Ligules  obovales,  cunéi¬ 
formes,  élargies  et  incisées  au  sommet.  Sty¬ 
le  à  rameaux  grêles  presque  filiformes,  di- 
variqués,  recourbés,  offrant  quelques  poils 
à  leur  extrémité.  Anthères  dépourvues  d’ap¬ 
pendices  basilaires.  Fruit  allongé,  glabre, 
comprimé,  présentant  quelques  cils  sur  les 
deux  angles.  Aigrette  persistante,  1-sériée, 
paléacée;  celle  du  rayon  auriculaire,  entière, 
acuminée,  située  vers  le  côté  externe  du  fruit; 
celle  du  disque  composée  de  2-5  écailles 
raides,  subfoliacées,  irrégulières,  deptées,™ 


132 


ARH 


ARH 


La  seule  espèce  connue  est  une  herbe  vi¬ 
vace,  à  tige  épaisse,  dont  la  texture  rappelle 
celle  de  quelques  Tussilages,  Cinéraires,  ou 
Ligularia  d’Europe.  Les  pédoncules  qui 
naissent  à  l’aisselle  des  feuilles  supérieures 
portent  un  capitule  de  fleurs  jaunes.  Voy. 
DC.  ( Mém .  comp.,  t.  VIII).  (J*  H») 

* ARGYRYTHROSE  (a/5yu/> os,  Ar¬ 
gent  ;  èpvdflôs,  rouge  ).  min.— Nom  donné  par 
Beudant  à  l’Argent  rouge  antimonié-  sulfu¬ 
ré.  Voy.  argent.  (Del.) 

ARGYTHAMNÏA  (wk ,  blanc;  Qà/t- 
vos ,  arbuste  ).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Euphorbiacées ,  établi  par  Patr. 
Brown  pour  un  arbuste  des  Antilles,  auquel 
sa  couleur  blanchâtre ,  due  aux  poils  qui  le 
couvrent,  a  fait  donner  ses  noms  généri¬ 
que  et  spécifique  (A.  candicans).  Ses  fleurs 
sont  monoïques.  Les  mâles  présentent  un 
calice  4-parti,  4  pétales  alternes,  velus;  au 
centre  4  étamines ,  dont  les  filets  saillants 
soutiennent  des  anthères  introrses ,  se  sou¬ 
dent  à  leur  base  au  dessous  d’un  petit  ru¬ 
diment  de  pistil,  et  alternent  avec  autant 
de  glandes.  Dans  les  femelles,  le  calice  est  à 
cinq  divisions  auxquelles  répondent  autant 
d’écailles;  il  n’y  a  pas  de  corolle  ;  l’ovaire, 
velu,  à  trois  lobes  et  autant  de  loges  uni- 
ovulées,  est  surmonté  de  trois  styles  bifides 
dont  les  branches  se  terminent  par  des  stig¬ 
mates  déchiquetés ,  et  devient  une  capsule 
à  3  coques.  Les  feuilles,  alternes  et  simples, 
sont,  ainsi  que  les  autres  parties  de  la  plan¬ 
te,  imbues  d’un  principe  colorant  rouge  qui 
se  manifeste  par  la  dessiccation,  et  pourrait 
être  analogue  à  celui  du  Tournesol ,  genre 
voisin.  Les  fleurs  sont  en  petites  grappes 
axillaires,  plusieurs  mâles  au  sommet;  les 
femelles  plus  grandes  et  solitaires  à  la  base. 
—  VAteramnus  du  même  auteur  doit ,  sui¬ 
vant  Adanson,  être  rapporté  au  même  g., 
et  y  formerait  ainsi  une  autre  espèce. 

(Ad.  J.) 

*ARHIIVES  («priv.;  narine). 

ins.  —  Genre  de  Coléoptères,  section  des  Té- 
tramères,  famille  des  Curculionides,  division 
des  Phyllobides ,  établi  par  Schoenherr 
( Généra  et  species  Curculionidum ,  tom.  II, 
pars  2,  p.  465). 

Ce  genre ,  qui  ne  figure  pas  dans  le  der¬ 
nier  Catalogue  deM.  Dejean,  ne  renferme 
qu’une  seule  espèce  originaire  du  Bengale  : 
’Arhines  languidus  deSchuppel,  dont  voici 


la  description  :  Corps  oblong,  noir,  peu  con¬ 
vexe,  couvert  d’un  épais  duvet  grisâtre.  An¬ 
tennes,  jambes  et  tarses  d’un  jaune  testacé. 
Rostre  ayant  une  carène  étroite.  Corselet 
rugueux  et  ponctué.  Élytres  avec  des  stries 
de  points  dont  les  intervalles  sont  lisses. 

(D.  et  C.) 

*  ARHIPIS  («'priv.;  éventail). 

ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères , 
famille  des  Sternoxes,  établi  par  M.  Dejean 
( Catal .,  3e  édit.)  sur  une  seule  espèce  rap¬ 
portée  de  Cayenne  par  M.  Lacordaire,  et 
nommée  par  lui  A.  ambulator.  Le  nom  gé¬ 
nérique  donné  à  cette  espèce  par  M.  Dejean 
semblerait  indiquer  que  ses  antennes  sont 
simples;  cependant  il  le  place  dans  son  Ca¬ 
talogue  à  côté  du  g.  Callirhipis  de  Latreil- 
le,  dont  les  antennes  sont  flabellées  dans  les 
mâles,  et  qui  appartient,  par  ce  motif,  à  la 
tribu  des  Rhipicérides.  Au  reste,  n’ayant  pas 
vu  l’espèce  dont  il  s’agit ,  nous  ne  pouvons 
rien  dire  de  ses  véritables  caractères  géné¬ 
riques,  qui  n’ont  pas  encore  été  publiés,  et 
nous  ne  la  mentionnons  ici  que  pour  mé¬ 
moire.  (  D.) 

*  ARIIIZES  («  priv.,  et  /L'Ç*,  racine 

ou  radicule),  bot.  ph.— Le  professeur  L.-C. 
Richard ,  ayant  pris  pour  base  de  la  divi¬ 
sion  première  des  végétaux  les  modifications 
du  corps  radiculaire  de  l’embryon ,  dési¬ 
gnait  sous  le  nom  d'Arhizes  les  végétaux 
privés  d’embryon,  et  par  conséquent  de  ra¬ 
dicule.  Cette  division  correspond  exacte¬ 
ment  à  celle  des  Acotylédonés  ou  Inembryo- 
nés.  Voy.  embryon.  (A.  R.) 

*  ARHIZOBLASTE  (  «  priv.  ;  /éiÇoc , 

racine;  /3>«otvi,  bourgeon),  bot.  —  Wilde- 
now  désigne  sous  ce  nom  les  embryons  qui 
restent  cachés  sous  terre  lors  de  leur  ger¬ 
mination  et  sont  privés  de  racines  ;  il  est 
opposé  à  Rhizoblaste.  (C.  d’O.) 

*  ARIIOPALE.  Arliopala  («  priv.; 
pôicoàov,  massue),  ins. — Genre  de  l’ordre  des 
Lépidoptères,  famille  des  Diurnes,  tribu  des 
Lycénides,  établi  par  M.  Boisduval,  et  fondé 
principalement,  ainsi  que  Linéique  son  nom, 
sur  l’absence  de  la  massue  dans  les  antennes 
des  Papillons  dont  il  se  compose.  Ce  genre, 
qui  ne  renferme  que  des  espèces  de  l’Océa¬ 
nie  et  de  l’archipel  indien  ,  a  pour  type  le 
Pap.  helias  de  Cramer.  M.  Boisduval,  dans  la 
partie  entomologique  du  Voyage  de  V Astro¬ 
labe,  en  décrit  deux  nouvelles  espèces,  l’une 


ARI 


ta:» 


de  la  Nouvelle-Guinée,  et  l’autre  de  la  Terre 
des  Papous.  Il  appelle  la  première  A.  phry- 
xus,  et  l’autre  A.  meander.  Elles  sont  figu¬ 
rées  toutes  deux  dans  l’Atlas  de  l’ouvrage 
précité.  (D.) 

*ARHOPALUS  (*  priv.;  pdna.'Xov,  mas¬ 
sue  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères  ,  famille  des  Longicornes ,  tribu  des 
Cérambycins ,  établi  par  M.  Serville  (Ann. 
de  la  Soc.  ent.  de  France,  t.  III,  p.  77)  aux 
dépens  du  g.  Callidie,  dont  il  ne  diffère  que 
par  le  corselet ,  peu  déprimé  en  dessus ,  et 
par  les  cuisses,  de  longueur  moyenne,  en 
massue  allongée  et  comprimée.  M.  Serville 
y  rapporte  six  espèces,  parmi  lesquelles  nous 
citerons,  comme  type  ,  le  Callidium  rusti- 
cum  Fabr. ,  qui  se  trouve  en  France  et  en 
Allemagne. — Ce  g.  correspond  à  celui  que 
M.  Dejean  désigne  dans  son  dernier  Catal. 
sous  le  nom  de  Criocephalum,  que  M.  Mul- 
sant,  dans  son  Hist.  des  Coléoptères  de 
France,  a  changé,  nous  ne  savons  pourquoi, 
en  celui  de  Criocephalus.  (D.  etc.) 

*ARHYNCHUS  (  A  priv  .;  /sûyxos,  bec). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétramères , 
famille  des  Curculionites,  établi  par  M.  De¬ 
jean  dans  la  troisième  édit,  de  son  Catalo¬ 
gue  ,  mais  dont  il  n’a  pas  publié  les  carac¬ 
tères.  Il  y  rapporte  deux  esp.  nommées  par 
lui,  l’une  A.  luridus,  et  l’autre  A.  tomento- 
sus ,  toutes  deux  de  l’Amérique  septentrio¬ 
nale.  N’avant  pas  vu  ces  espèces,  nous  ne 
pouvons  dire  en  quoi  elles  diffèrent  gé¬ 
nériquement  des  Peloporus  et  des  Haplu- 
rus  de  Schoenherr,  entre  lesquels  il  les 
place.  (D.) 

ARIA,  Sering.  (nom  ancien  de  l’Alisier 
commun  ).  bot.  ph.  —  Syn.  du  genre  Ali¬ 
sier  (  Cratœgus ,  L.  ;  Spach),  de  la  famille 
des  Pomacées.  Beaucoup  d’auteurs  ne  le 
considèrent  que  comme  une  section  du  g. 
Pyrus.  (Sp.) 

ARI  ADIRES  (Ariadne ,  nom  mythol.). 
arach.  —  M.  Savigny  avait  appliqué  ce 
nom  à  un  genre  que  M.  Walckenaër  regarde 
seulement  comme  une  division  du  genre 
Dysdera,  et  qui  est  caractérisée  par  les  yeux 
intermédiaires  de  la  ligne  postérieure,  plus 
gros  que  les  autres ,  et  par  les  mâchoires, 
arrondies  à  leur  extrémité  extérieure.  Le 
type  en  est  le  Dysdera  ( Ariadne )  insidiairix 
Sav.,  trouvé  en  Égypte.  Voy.  dysdera. 

(Bl.) 


ÂRI 

*AR5CIADÉES.  Ariciadœ  (d 'Aricia, 
genre  d’Annélides  ).  annél.  —  Nom  donné 
par  M.  Johnston  aux  Anciens  de  MM.  Au- 
douin  et  Edwards.  (P.  G.) 

*  ARIC1E.  Aricia  (Nom  d’une  prin¬ 
cesse  athénienne),  ins.  —  Genre  de  l’ordre 
des  Diptères,  division  des  Brachocères,  sub¬ 
division  des  Dichœtes ,  famille  des  Athé- 
ricères,  tribu  des  Muscides,  section  des  An- 
thomyzides.  Ce  genre ,  formé  aux  dépens 
des  g.  Anthomyia  de  Meigen ,  Musca  de 
Linné,  Fabricius  et  Fallen  ,  répond  à  la  sec  ¬ 
tion  des  Aricinœ  terrestres  de  M.  Robineau- 
Desvoidy ,  et  a  les  caract.  suivants  :  Styles 
des  antennes  plumeux.  Abdomen  ovale  , 
ordinairement  muni  de  soies.  Cuillerons  as¬ 
sez  grands  ;  la  valve  inférieure  dépassant  la 
supérieure.  Ailes  écartées.  Le  genre  Aride 
présente  des  rapports  avec  les  Muscies  ;  ce¬ 
pendant  il  en  diffère  par  l’ouverture  de  la 
première  cellule  postérieure ,  par  la  médio¬ 
crité  des  cuillerons,  par  les  soies  à  l’abdo¬ 
men  ,  et  par  la  couleur  ordinairement  fer¬ 
rugineuse  des  pieds,  et  quelquefois  du  corps. 
Les  Aricies  fréquentent  les  lieux  frais  et  hu¬ 
mides  ;  les  larves  se  développent  dans  les 
détritus  de  matières  végétales.  M.  Macquart 
en  décrit  52  esp.,  qu’il  partage  en  deux  di¬ 
visions  :  celles  qui  ont  les  yeux  velus,  et 
celles  qui  les  ont  nus.  Nous  en  citerons  une 
de  chaque  :  VA.  lardaria,  bu  la  Musca  id. 
de  Fabricius,  qui  est  commune  partout, 
et  VA.  testacea  ou  Musca  id.  du  môme 
auteur,  qui  se  trouve  dans  toute  l’Europe. 

(D.) 

ARICIE.  Aricia  (  Aricie ,  fille  de  Pal- 
lante).  annél. —  Genre  d’Annélides  sétigè- 
res  marines  ,  de  la  catégorie  des  Errantes , 
établi  par  M.  Savigny  ,  adopté  par  M.  de 
Blainville,  et  considéré  par  MM.  Audouin  et 
Edwards  comme  type  de  la  famille  des 
Anciens ;  M.  de  Blainville  le  rapporte  aux 
Néréides  Acérés.  Il  a  pour  principaux  ca¬ 
ract.  :  Tête  conique  ;  antennes  nulles  ou  ru¬ 
dimentaires;  pieds  de  deux  sortes,  et  rele¬ 
vés  sur  le  dos  ;  ceux  de  la  partie  antérieure 
du  corps  composés  de  deux  rames  très  dis¬ 
semblables  ,  et  les  autres  composés  de  deux 
rames  ayant  à  peu  près  la  même  forme. 

Le  corps  est  allongé  et  la  bouche  pourvue 
d’une  trompe  très  courte  ,  sans  papilles  ni 
dents.  Trois  espèces  des  côtes  d’Europe  : 
A.  sertulata  Sav.  ;  A.  Cuvierii  Aud.  et 


134 


ARI 


ARI 


Edw.;  A.  Latreillii  id.  MM.  Àudouin  et 
Edwards  pensent  qu’on  devra  y  rapporter 
aussi  le  Nereis  armiger  Müll. ,  type  du  g. 
Scoloplos  de  Blainville.  (P.  G.) 

*ARICIEN.§  (d'Aricia,  g.  d’Annélides). 
annél. —  MM.  Audouin  et  Milne-Edwards 
établissent  sous  ce  nom ,  que  M.  Johnston 
remplace  par  celui  d'Ariciadées,  une  famille 
d’Annélides  sétigères  errantes,  dont  le  genre 
principal  est  celui  des  Àricia.  Ceux  qui  s’y 
rapportent  avec  lui  sont  les  suivants  :  Leuco- 
dore ,  Johnst.  ;  Nérine  ,  id.  ;  Aonia,  Sav.  ; 
Ophelia,  Sav.;  Cirrhatula ,  Lamk. ,  ainsi 
que  ceux  de  Scoloplos  et  Scolelepis  de  M. 
de  Blainville.  Les  Anciens  ont  pour  caract. 
communs  :  Pieds  peu  saillants  et  d’une  struc¬ 
ture  peu  compliquée,  tantôt  similaires,  tan¬ 
tôt  dissemblables;  dans  les  différentes  par¬ 
ties  du  corps,  mai^ jamais  alternativement, 
pourvus  et  dépourvus  de  certains  appendi¬ 
ces  mous;  branchies  nulles  ou  très  simples; 
tôte  rudimentaire  ;  antennes  et  yeux  nuis 
ou  rudimentaires.  En  général ,  un  seul  cir- 
rhe  à  chaque  pied ,  et  le  second ,  lorsqu’il 
existe,  est  rudimentaire.  (P.  G.) 

*  ARICINIE.  citiM.—  Matière  colorante 

rouge,  insoluble,  des  fruits  de  VArecaCate- 
chu.  (C.  d’O.) 

*AIUCMES.  Aricinæ.  ins.— Nom  d’une 
tribu  de  Diptères,  établie  par  M.  Robineau- 
Desvoidy  dans  sa  famille  des  Mésomydes, 
division  des  Muscivores ,  et  qui  correspond 
aux  premières  sections  des  Antliomyes  de 
Meigen. 

Les  Aricines  se  divisent  en  terrestres  et 
en  littorales  ou  aquatiques.  La  première 
division  comprend  dix  genres,  et  la  seconde 
vingt-et-un. 

Les  larves  de  ces  Diptères  vivent  dans  les 
débris  de  tous  les  végétaux  en  décomposi¬ 
tion.  Les  Insectes  parfaits  préfèrent  en  gé¬ 
néral  les  lieux  retirés,  frais,  humides,  et 
même  aquatiques.  Quelquefois  les  femelles 
se  jettent  en  quantité  sur  les  quadrupèdes 
herbivores  dans  les  pâturages ,  et  leur  sont 
fort  importunes.  (D.) 

ARIB.  poiss.— Nom  donné  par  M.  Rup- 
pel  comme  la  dénomination  vulgaire  de  son 
Rhombus  pantherinus.  (Val.) 

*  ARIE.  poiss.  Aria.  ins.  —  Genre  de 
l’ordre  des  Diptères,  étanli  par  M.  Robineau- 
Desvoidy  dans  sa  tribu  des  Maeropodées , 
famille  des  Myodaires  ,  et  qu’il  caractérise 


ainsi  :  Caractères  des  Esthéries  et  des  Dinè~ 
res  ,  mais  chète  villeux.  Épistome  plus  sail¬ 
lant  ;  corps  assez  déprimé  ;  la  cellule  yC  fer¬ 
mée  et  non  pétiolée  au  sommet  de  l’aile.  — 
Ce  genre  n’est  fondé  que  sur  une  seule  es¬ 
pèce,  que  M.  Macquart  comprend  parmi  ses 
Omalogastres  :  c’est  Y  Aria  fulvicrus  R.D., 
qui  se  trouve  en  France,  au  printemps. 

(»•) 

*  ARÏETTNIUM.  bot.  ph.  —  Sous  le 
nom  d’Arietinum  americanum  Beck  (Bot. 
ofnorth  and  midd.  st.  332)  a  décrit  le  Cy- 
pripedium  arietinum  de  Brown,  qui  ne 
diffère  par  aucun  caractère  important  des 
autres  espèces  du  même  genre.  Voy.  cypbi- 
PEDIUM.  (A.  R.) 

ARILLE.  Arillus.  bot.  —  On  a  dé¬ 
signé  sous  ce  nom  un  organe  très  varié 
dans  sa  forme,  qui  recouvre  en  partie  ou  en 
totalité  certaines  graines,  et  qui  souvent  en 
a  été  considéré  comme  un  des  téguments, 
tandis  qu’en  réalité  il  fait  partie  du  péri¬ 
carpe,  et  non  de  la  semence.  En  effet,  l’arille 
peut  être  défini  :  Une  expansion  ordinaire¬ 
ment  charnue  du  trophosperme  se  répan¬ 
dant  sur  la  graine,  qu’elle  recouvre  en  partie 
ou  en  totalité  Quelques  exemples  vont  éclai¬ 
rer  cette  définition.  Dans  beaucoup  d’Euphor- 
biacées,  on  trouve  à  la  base  de  la  graine  un 
petit  corps  charnu,  caronculiforme,  à  l’aide 
duquel  la  graine  était  adhérente  au  péricar¬ 
pe  :  ce  corps  est  un  arille.  Dans  le  Polyga - 
la  vulgaris,  la  graine  est  embrassée  à  sa  base 
par  un  petit  corps  charnu  cupuloïde  trilobé  : 
c’est  encore  un  arille.  Dans  les  diverses  es¬ 
pèces  du  genre  Cupania ,  de  la  famille  des 
Sapindacées,  l’arille  constitue  une  cupule 
entière  qui  recouvre  la  graine  dans  sa  moi¬ 
tié  inférieure.  Dans  les  Turneru ,  l’arille  se 
redresse  sur  l’un  des  côtés  de  la  graine,  dont 
il  .égale  la  hauteur,  et  les  dentelures  qui  dé¬ 
coupent  son  contour  lui  donnent  quelque 
ressemblance  avec  une  feuille  d’acanthe. 
Tout  le  monde  connaît  ces  lanières  irrégu¬ 
lières,  charnues,  anastomosées,  qui,  sembla¬ 
bles  à  un  réseau,  recouvrent  la  graine  du 
Muscadier  :  c’est  encore  un  arille,  qui,  dans 
la  matière  médicale,  est  employé  sous  le 
nom  de  macis.  Dans  le  fusain  à  bois  galeux 
(Evonymus  verrucosus  L.) ,  l’arille  recouvre 
les  deux  tiers  inférieurs  de  la  graine;  enfin, 
dans  notre  fusain  commun  ( Evonymus  eu- 
ropœus  L.  ) ,  il  s’étend  sur  toute  la  graine , 


ARI 


135 


ARI 

et  l’enveloppe  d’une  membrane  charnue  d’un 
rouge  éclatant. 

L’arille,  meme  quand  il  enveloppe  com¬ 
plètement  la  graine,  n’est  nullement  adhé¬ 
rent  avec  sa  surface.  Il  n’y  adhère  qu’en  un 
point,  le  hile  ou  ombilic  externe,  par  lequel 
les  vaisseaux  nourriciers  du  péricarpe  pénè¬ 
trent  dans  la  semence.  Sur  tous  les  autres 
points,  il  y  est  simplement  appliqué,  et  peut 
être  enlevé  avec  la  plus  grande  facilité  et 
sans  produire  aucune  déchirure. 

Nous  avons  dit  précédemment  que  l’arille 
était  une  expansion,  un  épanouissement,  en 
quelque  sorte ,  du  trophosperme  ou  du  po- 
dospermesur  la  surface  externe  de  la  graine; 
mais  c’est  le  tissu  utriculaire  seul  du  tro¬ 
phosperme  qui  constitue  l’arille  ;  tout  le  tis¬ 
su  vasculaire  de  cet  organe  pénètre  dans  le 
tégument  propre  de  la  graine. 

On  a  quelquefois  considéré  comme  des  a- 
rilles  des  parties  entièrement  différentes  de 
cet  organe  ;  ainsi  :  1°  tantôt  le  tégument  pro¬ 
pre  de  la  graine  ,  manifestement  charnu , 
comme  dans  le  Jasmin,  le  Tabernemontana ; 
2°  tantôt  l’endocarpe  lui -même,  plus  ou 
moins  adhérent  à  la  graine,  comme  dans  le 
Café  et  quelques  Rutacées. 

Une  loi  qui  a  été  établie  par  mon  père,  et 
qui,  jusqu’à  présent,  n’a  pas  encore  offert 
d’exception ,  c’est  que  l’arille  ne  se  ren¬ 
contre  que  dans  les  polypétales  et  jamais 
dans  les  vraies  monopétales.  Les  plantes 
monocotylédonées  sont  également  dépour¬ 
vues  d’arille.  ^  (A.  R.) 

*  ARILLÉE  {graine),  bot.  —  La  grai¬ 

ne  arillée  est  celle  qui  est  pourvue  d’un 
arille,  par  opposition  à  celle  qui  manque 
de  cet  organe.  (A.  R.) 

*  ARILUS.  ins.  —Genre  de  la  famille 
des  Réduviens ,  de  l’ordre  des  Hémiptères, 
section  des  Hétéroptères ,  établi  par  Hahn 
(  Wanzenartig.  Insect.  ) ,  adopté  par  MM. 
Burineister  {Handb.  der  Ent .)  et  Spinola 
(Ess.  Hémipi.),  et  regardé  par  nous  (  Hist. 
des  anim.  art.,  t.  IV  )  comme  une  simple 
division  du  genre  Z  élus.  Ce  genre,  en  effet, 
ne  présente  pour  caractères  propres  essen¬ 
tiels  qu’une  tête  grêle,  offrant  un  long  cou  ; 
des  jambes  postérieures  sans  aucun  renfle¬ 
ment,  et  un  abdomen  plus  court  et  plus 
large  que  les  élytres.  Quelques  espèces  se 
font  encore  remarquer  par  leur  thorax  élevé 
en  forme  de  crête. 


Le  g.  Arilus  se  compose  d’une  vingtaine 
d’esp.  exotiques  ;  la  plupart  sont  de  l’Amé¬ 
rique  méridionale.  Le  type  est  VA.  serratus 
(  Cimex  serratus  Lin.  )  du  Brésil.  (Bl.) 

ARIMANON.  ois. — Nom  d’une  esp. 
de  petite  Perruche.  (Lafr.) 

*  AP»! NE.  Arina.  ins.  —  Genre  de  l’or¬ 
dre  des  Diptères,  établi  par  M.  Robineau- 
Desvoidy  dans  sa  tribu  des  Palomydes,  et 
qui  est  intermédiaire  entre  ses  Pherbines 
et  ses  Pherbellies.  Il  s’en  distingue  par  le 
chète  villeux ,  et  le  troisième  article  anten- 
naire ,  cylindrico-conique.  Il  est  fondé  sur 
une  seule  esp. ,  qu’il  nomme  A.  obscurci , 
trouvée  par  lui  dans  les  environs  de  Saint- 


Sauveur.  (D.) 

*ARÎOCARPUS  (  ario  P .  y.y.pndç, 


fruit).  BOT.  PH.  — Genre  de  la  famille  des 
Cactées,  que  M.  Scheidweiler  ( Act.  Acad. 
Brux. ,  1839)  formait,  en  même  temps  que 
nous  l’établissions  nous-même ,  dans  nos 
Cactearum  Généra  nova  Speciesque  novœ, 
sous  le  nom  <V  Anhalonium.  {Voyez  ce  mot 
dans  ce  Dictionnaire,  et  l’ouvrage  cité,  pour 
apprécier  les  causes  qui  déterminent  l’adop¬ 
tion  de  ce  dernier.)  (C.  L.) 

*ARIOBNE.  ins.  —  Genre  de  Lépi¬ 
doptères  diurnes,  de  la  tribu  des  Nympha- 
lides,  proposé  par  Horsfield  {Lepid.  ofjava), 
et  qui  a  pour  type  le  Pap.  Ariodne  des  au¬ 
teurs.  Ce  g.  correspond  à  celui  d'Ergolis 
de  M.  Roisduval.  Voyez  ce  mot.  (D.) 

ARION.  (Nom  myth.)  moll.  —  Depuis 
Swammerdam ,  tous  les  zoologistes  savent 
que  la  Limace  rouge,  si  commune  dans  les 
lieux  humides  en  France  et  en  Allemagne  , 
porte  à  l’extrémité  postérieure  du  corps  un 
crypte  muqueux  assez  considérable.  M.  de 
Férussac,  dans  ces  derniers  temps,  a  voulu 
faire  deux  genres  parmi  les  Limaces,  et  il  a 
réuni,  sous  le  nom  d’Arion ,  toutes  les  esp. 
qui,  comme  celle  dont  nous  venons  de  par¬ 
ler,  ont  un  pore  muqueux  à  l’extrémité  du 
corps.  Ce  caractère  ne  se  traduisant  à  l’in¬ 
térieur  par  aucune  modification  apparente 
dans  l’organisation,  toutes  les  personnes  qui 
s’occupent  avec  soin  de  la  science  des  Mol¬ 
lusques  ont  rejeté  ce  genre  comme  inutile. 
Voy.  limace.  (Desh.) 

*  ARIONA ,  ARJONA  (noms  estro¬ 
piés.)  bot.  pii.  —  Syn.  du  genre  Arjoona, 
Cavan.,  de  la  famille  des  Santalacées.  (Sp.) 

*  ARÏSAREES.  bot.  ph.— Première. 


136 


ARI 


AR1 


s.-tribu  établie  parSchott(AfeZef/im.,  p.  16) 
dans  la  tribu  des  Dracunculinées ,  de  la  fa¬ 
mille  des  Aroïdées.  Voy.  aroïdées.  (A.  R.) 

ARISARUM  (  àpiaocpov ,  nom  ,  chez  les 
Grecs,  d’une  esp.  d 'arum?),  bot.  ph.  — 
Famille  des  Aroïdées ,  s. -tribu  des  Arisarées. 
Genre  d’abord  établi  par  Tournefort,  réuni 
par  Linné  au  genre  Arum ,  puis  rétabli  de 
nouveau  par  le  professeur  L.-C.  Richard 
dans  les  notes  de  M.  Runth  sur  quelques 
g.  de  la  famille  des  Aroïdées.  Dans  le  g. 
Arisarum ,  la  spathe  est  tubuleuse  inférieu¬ 
rement,  terminée  en  languette  à  son  som¬ 
met.  Le  spadice  est  monoïque  ;  les  anthères 
sont  bivalves;  les  ovaires,  placés  à  la  par¬ 
tie  antérieure  et  inférieure  du  spadice,  con¬ 
tiennent  un  grand  nombre  d’ovules  dres¬ 
sés.  Ce  genre  ne  se  compose  que  de  deux 
espèces  :  Arisarum  australe  Rich.,  et  A. 
proboscideum  Schott;  plantes  vivaces  à 
feuilles  entières  ,  qui  croissent  dans  les  ré¬ 
gions  méridionales  de  l’Europe.  (A.  R.) 

*AR1SÈME.  Arisœma  {ü/us,  espèce  d’a- 
rum?  odjJLx,  sang;  allusion  aux  taches  des 
feuilles  et  des  spathes).  bot.  pii.  —  Fa¬ 
mille  des  Aroïdées.  Genre  établi  par  le  pro¬ 
fesseur  Martius  ,  et  appartenant  à  la  tribu 
des  Arisarées.  Yoici  ses  caractères  :  La  spa¬ 
the  est  roulée  dans  sa  partie  inférieure  ;  le 
spadice  porte  des  fleurs  polygames.  Les  éta¬ 
mines  ont  des  anthères  qui  s’ouvrent  en 
quatre  valves.  Les  ovaires  sont  placés  circu- 
lairement  autour  du  spadice ,  et  terminés 
chacun  par  un  style  assez  long  qui  se  con¬ 
tinue  avec  leur  sommet.  Chaque  ovaire  con¬ 
tient  généralement  quatre  ovules  attachés 
à  la  partie  inférieure  de  sa  cavité  ,  et  dres¬ 
sés.  Ce  genre  a  été  formé  aux  dépens  du  g. 
Arum ,  et  a  pour  type  l’Arum  dracontium 
L.  Dans  quelques  espèces ,  le  spadice  sup¬ 
porte  des  fleurs  monoïques  ou  dioïques.  Le 
genre  Arisœma  se  compose  d’une  douzaine 
d’espèces  qui  croissent,  soit  dans  l’Amérique 
du  Nord ,  soit  au  Japon  ou  dans  le  Népaul 
supérieur;  leurs  feuilles  sont  généralement 
pédalées,  et  se  développent  en  même  temps 
que  les  fleurs.  (A.  R.) 

ARISTA.  bot.  —  Voyez  arête. 

A  RI  STE.  Aristus  (xpiazcç,  courageux). 
uns.  —  Genre  de  l’ordre  des  Coléoptères 
pentamères ,  famille  des  Carabiques  ,  tribu 
des  Scaritides,  établi  par  Ziegler  aux  dé¬ 
pens  des  Ditomes  de  Bonelli ,  et  adopté  par 


Latreille  et  par  M.  Solier.  Ce  dernier  lui 
donne  pour  caractères  distinctifs  :  Échan¬ 
crure  du  menton  peu  profonde;  dent  de  son 
milieu  très  obtuse  ou  tronquée ,  atteignant 
presque  la  hauteur  des  lobes  latéraux  ,  qui 
sont  obtus.  Prothorax  trilobé  en  dessous  en 
avant;  ses  angles  antérieurs  aigus  et  sail¬ 
lants,  embrassant  la  tête.  M.  Solier  y  rap¬ 
porte  cinq  espèces,  que  M.  Dejean,  dans  son 
Species  et  son  Catalogue  ,  laisse  dans  le  g. 
Ditomus.  Nous  n’en  citerons  qu’une  seule , 
l’A.  sulcatus ,  dont  Fabricius  avait  fait  un 
Scaurus.  Les  caract.  génériques  de  cette  esp. 
sont  représentés  grossis  dans  le  t.  III  des 
Ann.  de  la  Soc.  entomol.  de  France ,  pl.  17. 

Les  Aristes  se  tiennent  ordinairement  ca¬ 
chés  sous  les  pierres  ;  leurs  larves  sont  très 
carnassières,  et  vivent  dans  des  trous  prati¬ 
qués  en  terre.  (D.) 

*ARISTÉ,  ÉE.  Aristatus,  a  (arista,  arê¬ 
te).  bot.  ph.  —  Cette  épithète  s’emploie  pour 
tous  les  organes  qui  sont  munis  d’une  arête. 
Dans  la  famille  des  Graminées,  on  dit  que 
la  glume  est  aristée,  par  opposition  à  glume 
mutique  ,  quand  cet  organe  est  dépourvu 
d’arête.  Voy.  arête.  (A.  R.) 

*  ARISTÉE.  Aristœa  ( arista ,  arête). 
bot.  ph. —Famille  des  Iridées.  Genre  établi 
par  Aiton  ( Hort .  kew .)  pour  VIxia  africana 
L. ,  qu’il  distingue  par  les  caract.  suivants  : 
Le  calice,  pétaloïde,  est  étalé  et  régulier  ;  son 
limbe  est  persistant  et  roulé  en  spirale  après 
la  floraison.  Les  trois  étamines  et  le  style  sont 
déclinés.  Le  stigmate  est  concave  en  forme 
de  coupe,  ouvert,  simple  ou  trilobé.  La  cap¬ 
sule  est  oblongue,  prismatique,  triangulaire, 
à  trois  loges  polyspermes.  Les  graines  sont 
comprimées  latéralement,  et  comme  chagri¬ 
nées  à  leur  surface.  —  Ce  g.  se  compose  de 
trois  ou  quatre  espèces ,  toutes  originaires 
du  cap  de  Bonne-Espérance ,  et  qui  ont  le 
port  des  Ixia.  (A.  R.) 

*ARISTELLA.  Aristella  ( arista ,  poil, 
arête),  bot.  cr. — M.  Kützing (Synop.  Dia- 
tom. ,  p.  35,  f.  42)  a  établi  ce  genre  parmi 
les  Diatomacées  ,  d’après  une  seule  espèce 
habitant  les  eaux  douces,  et  parasite  sur  les 
filaments  de  la  Conferva  glomerata.  Yoici 
les  caract.  qu’il  lui  assigne  :  Individus  (ellip¬ 
tiques  ou  cunéiformes)  parasites,  sessiles, 
terminés  par  un  filet  simple,  muqueux,  fu¬ 
gace,  excessivement  délié.  N’est-il  pas  à 
craindre  que  le  caractère  si  fugace  auquel 


ARI 


AK! 


137 


on  distingue  cette  production  du  genre  Exi- 
laria  ou  du  genre  Frustulia  ne  lui  soit 
complètement  étranger  ?  Pour  nous  ,  à  qui 
ce  g.  est  inconnu ,  nous  nous  contentons  de 
faire  part  de  nos  doutes,  sans  oser  rien  affir¬ 
mer  de  positif  à  cet  égard.  (C.  M.) 

ARÏSTËNIE.  Aristenia  ( arista ,  barbe, 
poil),  annél.  —  Genre  établi  par  M.  Savi- 
gny  ( Système ,  p.  64) ,  et  qui  n’est  pas  suffi¬ 
samment  connu.  M.  de  Blainville  le  consi¬ 
dère  comme  de  la  famille  des  Amphinoraes. 
Il  le  caractérise  ainsi  dans  le  Diction,  des 
sc.  nat.,  t.  LVII,  p.  455  :  Corps  fort  allon¬ 
gé  ,  s’atténuant  graduellement  d’une  extré¬ 
mité  à  l’autre,  et  composé  d’un  grand  nom¬ 
bre  d’articulations.  Tête  et  yeux  inconnus  ; 
tentacules  id.;  branchies  pectinées  et  supra- 
dorsales  ;  pieds  biramés;  les  soies  raides  et 
d’autant  plus  longues  qu’elles  sont  posté¬ 
rieures;  les  cirrhes  au  nombre  de  sept  à 
chaque  pied.  Type  :  A.  conspurcata  Sav., 
Égypte ,  pl.  2,  fig.  4.  (P.  G.) 

ARISTIDE.  Aristida  ( arista ,  barbe  de 
blé),  bot.  ph.  —  Grand  genre  de  la  famil¬ 
le  des  Graminées ,  tribu  des  Stipacées,  éta¬ 
bli  par  Linné  ,  et  adopté  depuis  par  tous  les 
auteurs  et  par  tous  les  agrostographes,  avec 
quelques  modifications.  Voici  la  manière 
dont  il  est  caractérisé  par  M.  Kunth  ( Gram ., 
tome  I ,  page  187)  :  Les  épillets  sont  uni- 
flores  ;  la  fleur  est  stipitée.  La  lépicène  est 
à  deux  valves  membraneuses ,  inégales,  or¬ 
dinairement  nautiques  ;  l’inférieure  est  plus 
courte.  Des  deux  paillettes  de  la  glume,  l’in¬ 
férieure  est  coriace ,  roulée  sur  elle-même , 
et  terminée  à  son  sommet  par  une  arête 
tripartite  ou  simplement  trifide,  quelquefois 
articulée  à  sa  base.  La  paillette  supérieure 
est  mutique  et  très  petite,  à  peine  plus  lon¬ 
gue  que  les  paléoles.  Les  étamines  varient 
d’une  à  trois.  L’ovaire  est  stipité  et  glabre. 
Les  deux  styles  sont  courts  et  terminaux,  et 
portent  chacun  un  stigmate  plumeux,  à  poils 
simples.  Les  paléoles  sont  glabres  et  entiè¬ 
res,  adnées  à  la  base  du  support  de  l’ovaire. 
Le  fruit  est  cylindrique  et  glabre. 

Tel  qu’il  vient  d’être  caractérisé,  le  genre 
Aristida  comprend  plusieurs  genres  qui  a- 
vaient  été  formés  à  ses  dépens  ,  comme  les 
genres  Chœtaria  et  Curtopogon ,  établis  par 
Palissot  de  Beauvois ,  et  le  genre  Streptachne 
de  M.  Runth.  Il  comprend  environ  quatre- 
vingts  espèces,  annuelles  ou  vivaces ,  toutes 

T.  II. 


étrangères  à  l’Europe,  mais  dispersées  dans 
les  autres  contrées  soit  de  l’ancien,  soit  du 
nouveau  continent.  Aucune  de  ces  espèces 
n’offrant  d’intérêt  spécial,  nous  ne  croyons 
pas  nécessaire  d’en  mentionner  aucune  en 
particulier.  (A.  R.) 

*  ARISTIFORME.  Aristiformis  ( aris¬ 
ta ,  crête,  arête;  forma ,  forme),  bot.  — 
Qui  est  en  forme  d’arête.  (C.  d’O.) 

ARISTOLOCHE.  Aristolochia,  L.  («- 
fliuT oïoyjx,  aristoloche  :  herbe  qui,  selon 
les  anciens,  facilitait  les  accouchements). 
bot.  ph.  —  Genre  type  de  la  famille  des 
Aristolochiées  ou  Aristolochiacées  (Asari- 
nées,  Bartl.),  dont  les  caractères  essentiels 
sont  les  suivants  :  Périanthe  marcescent  ou 
caduc,  tubuleux,  ventru  à  la  base  ;  à  limbe 
soit  liguliforme,  soit  bilabié  et  ringent ,  soit 
à  3  segments  presque  égaux ,  valvaires  en 
préfloraison.  Étamines  6  (  par  exception  5  ), 
adnées  au  style  o.u  au  stigmate  ;  filets  nuis 
ou  confondus  avec  le  style  ;  anthères  ex- 
trorses.  Ovaire  à  6  loges  multi-ovulées  (par 
exception,  à  5  loges);  ovules  horizontaux,  1- 
sériés.  Style  court  ou  nul  ;  stigmate  discoï¬ 
de,  ou  subglobuleux  ,  ou  stelliforme  et  à  6 
lobes.  Capsule  6-valve  ou  irrégulièrement 
ruptile,  polysperme.  —  Herbes  ou  arbustes  ; 
tiges  dressées,,  ou  diffuses,  ou  volubiles. 
Feuilles  indivisées  ou  paîmatilobées  ,  péda- 
tinervées,  alternes,  pétiolees,  quelquefois 
accompagnées  d’une  stipule  oppositifoliée. 
Pédoncules  solitaires  ou  fasciculés,  axillai¬ 
res,  1-2-ou  pluri-flores,  nus ou  garnis  vers 
leur  milieu  d’une  bractée  foliacée.  Fleurs 
très  amples  chez  certaines  espèces,  ordinai¬ 
rement  de  couleur  livide. 

Voy.,  pour  les  genres  ,  sous-genres  et  sec¬ 
tions  fondés  sur  des  Aristoloches,  les  articles 
Cardiolocliia ,  Dictyantlies ,  Einomenia  , 
Endodaca,  Glossula ,  Hocquartia ,  Isotre - 
ma,  Niphus,  Pistolocliia ,  Serpentaria,  Si - 
phidia,  Sipho  et  Siphonolochia. 

On  connaît  près  de  cent  espèces  de  ce 
genre  ,  dont  la  plupart  appartiennent  à  l’A¬ 
mérique  intertropicale.  Ces  végétaux  sont 
en  général  remarquables  par  des  propriétés 
médicales  très  prononcées;  leurs  racines 
sont  le  plus  souvent  aromatiques  et  amères  : 
de  ce  nombre  sont  notamment ,  parmi  les 
espèces  indigènes  ,  l’A.  Clematitis  L.  ;  l’A. 
longa  L.  (vulgairement  Aristoloche  lon¬ 
gue),  et  l’A.  rotunda  L.  (vulgairement 
9* 


138 


ARï 


ARi 


Aristoloche  ronde ) ,  qui  passent  pour  être 
d’excellents  remèdes  toniques  et  stimulants; 
l’A.  Serpentaria  L.  (vulgairement  Serpen¬ 
taire  de  Virginie ),  indigène  des  Etats-Unis; 
sa  racine  a  une  odeur  analogue  à  celle  de 
la  Valériane ,  et  une  saveur  très  piquante. 
Les  médecins  anglo-américains  l’adminis¬ 
trent  contre  les  fièvres  typhoïdes  :  on  la  re 
garde  aussi ,  à  tort  ou  à  raison  ,  comme  un 
antidote  contre  la  morsure  des  serpents  ve¬ 
nimeux.  La  racine  de  VA.  odoratissima 
s’emploie,  aux  Antilles  ,  à  titre  de  fébrifuge 
et  d’anti-dyssentérique  ;  il  en  est  de  même 
de  VA.  fragrantissima  Ruiz  et  Pav.,  indi¬ 
gène  du  Pérou.  Toutefois,  certaines  espèces 
exotiques  sont  extrêmement  fétides  et  parais¬ 
sent  être  plus  ou  moins  vénéneuses  ;  entre 
autres,  l’A.  grandiflora  Sw. ,  espèce  des 
Antilles ,  est  un  poison  pour  tous  les  ani¬ 
maux  domestiques  ,  et  sa  racine  ,  de  même 
que  ses  fleurs,  exhalent -une  odeur  nau¬ 
séabonde  analogue  à  celle  du  Chenopodium 
Vulvaria.  Beaucoup  d’Aristoloches  sont  re¬ 
marquables  par  l’ampleur  de  leurs  fleurs , 
et  se  cultivent,  pour  cette  raison,  pour  l’or¬ 
nement  des  serres  :  telles  sont  surtout  l’es¬ 
pèce  que  nous  venons  de  citer,  ainsi  que 
VA.  labiosa  Rer.  (  Bot.  Reg. ,  tab.  689.  — 
Nouv.  Herb.  de  l’Amat.,  II);  VA.  Sipho 
L’Hérit.,  connue  sous  les  noms  vulgaires 
(V Aristoloche  siphon  ou  Aristoloche  à 
grandes  feuilles  ,  originaire  des  États- 
Unis,  est  fréquemment  cultivée  comme  ar¬ 
buste  d’agrément  ,  parce  que  ses  longs 
sarments  et  son  ample  feuillage  la  rendent 
très  propre  à  couvrir  les  murs  et  les  ber¬ 
ceaux.  (Sp.) 

ARISTOLOCHIACÉES.  bot.  pii.- 

Voy.  ARISTOLOCHIÉES.  (Aü.  J.) 

ARISTOLOCHIÉES.  bot.  ph.— Fa¬ 
mille  de  plantes  dicotylédonées,  apétales, 
épigynes.  Elle  a  reçu  de  M.  Lindley  le  nom 
d'Aristolochiacées ,  et  celui  (VAsarinées  de 
M.  Agardh  et  de  M.  Bartling ,  qui  réservait 
le  nom  (VAristolochiées  à  un  groupe  plus 
considérable ,  ou  classe ,  composé  de  plu¬ 
sieurs  familles  [Balanophorées ,  Cytinées , 
Asarinées,  Taccées ).  Notre  famille  a  les  ca- 
ract.  suivants  :  Calice  adhérent  à  l’ovaire,  pro¬ 
longé  au  dessus  en  un  tube  souvent  renflé 
que  terminent  trois  segments  tantôt  égaux, 
tantôt  très  inégaux ,  à  préfloraison  valvaire. 
Etamines  6-12,  ou  très  rarement  en  nombre 


indéfini,  portées  sur  un  disque  annulaire  épi- 
gynique  ou  soudé  avec  la  base  du  style;  à 
anthères  presque  sessiles,  biloculaires.  Ovai¬ 
re  à  six,  plus  rarement  à  trois  ou  quatre 
loges  (dont  chacune  renferme  un  grand 
nombre  d’ovules  attachés  sur  deux  rangs  à 
l’angle  interne,  ascendants  ou  horizontaux), 
se  terminant  en  un  style  court  en  forme  de 
colonne  que  couronne  un  stigmate  divisé  en 
autant  de  rayons  qu’il  y  a  de  loges.  Fruit 
charnu  ou  plus  ordinairement  capsulaire,  à 
déhiscence  loculicide  ,  partagé  en  autant  de 
loges  polyspermes.  Graines  aplaties  ou  an¬ 
guleuses,  présentant,  vers  le  sommet  d’un 
gros  périsperme  charnu  ou  légèrement  cor¬ 
né,  un  embryon  très  petit,  droit,  dont  la  ra¬ 
dicule  ,  plus  longue  que  les  cotylédons ,  se 
dirige  vers  le  point  d’attache. — La  plupart  des 
Aristolochiées  se  rencontrent  dans  la  zone 
intertropicale  de  l’Amérique,  ainsi  que  dans 
les  zones  tempérées  des  deux  hémisphères, 
et  surtout  dans  la  région  méditerranéenne. 
Rares  aux  Indes ,  elles  disparaissent  com¬ 
plètement  au  Cap  et  dans  la  partie  de  la 
Nouvelle -Hollande  située  hors  des  tropi¬ 
ques. 

Ce  sont  des  plantes  herbacées  ou  des  ar¬ 
brisseaux  souvent  grimpants,  à  feuilles  alter¬ 
nes,  simples,  pétiolées,  où  les  stipules  (quand 
elles  ne  manquent  pas)  se  soudent  en  une 
seule  de  l’autre  côté  de  la  tige,  et  prennent 
souvent  un  développement  foliacé.  Les  fleurs 
sont  solitaires  ou  fasciculées  à  l’aisselle  des 
feuilles,  plus  rarement  disposées  en  grappes. 
La  tige  des  espèces  frutescentes  offre  une 
structure  remarquable,  et  différente  en  quel¬ 
ques  points  de  celle  qu’on  est  accoutumé  à 
trouver  dans  les  végétaux  dicotylédonés.  Le 
liber  forme  un  grand  nombre  de  petits  fais¬ 
ceaux  disposés  en  cercle  au  milieu  du  paren¬ 
chyme  cortical  et  vis-à-vis  les  faisceaux  du 
bois;  mais  ils  ne  croissent  pas  comme  ceux-ci, 
qui  continuent  à  s’allonger  en  se  multipliant 
par  division  complète  ou  incomplète  dans  le 
sens  des  rayons  médullaires.  On  a  dit,  à  tort, 
que  ce  bois  est  dépourvu  de  zones  concen¬ 
triques  :  il  en  présente  dans  les  espèces  li¬ 
gneuses  soumises  aux  vicissitudes  de  nos 
saisons,  mais  toujours  sans  formation  an¬ 
nuelle  de  liber. 

Genres.  —  Asarum ,  Tournef.  ;  He - 
terotropa ,  Dec.  et  Morr.  ;  Aristolochia , 
Tournef.  ( Glossula ,  Pistolochia,  Siphisia 


ARI 


ARJ 


138 


Endodaca  etEinomenia,  Rafin.;  Hocquar- 
tia,  Dumort.);  Bragantia ,  Lour.  ( Cera - 
mium9  Blum. ;  Munnichia,  Reich.;  Van- 
liallia ,  Schult.);  Thottea ,  Rottb. 

A  ces  g.  on  en  ajoute  deux  autres  impar¬ 
faitement  connus,  dont  quelques  caractères, 
notamment  la  diœcie  des  fleurs,  diffèrent  de 
ceux  qui  ont  été  précédemment  exposés  :  ce 
sont  les  Trichopodium,  Lindl.  ( Trichopus  , 
Gærtn.)  ;  Trimeriza,  Lindl.  (Ad.  J.) 

ARISTOTELA.  bot.  ph.— Ce  genre, 
de  la  famille  des  Composées  ,  et  consacré 
par  Adanson  à  la  mémoire  d’Aristote,  com¬ 
prenait,  selon  son  auteur,  les  genres  Jaco- 
bœa  ,  Comm.  ;  Jacobœastrum  ,  Yaill.  ; 
Othonna ,  Lin.,  et  Calthoides ,  Juss.,  dont 
l’involucre  était  formé  de  sept  à  dix  folioles 
soudées  entre  elles,  et  renfermant ,  à  la  cir¬ 
conférence,  des  fleurs  rayonnées  3-dentées, 
et  des  fleurs  hermaphrodites  5-dentées  au 
centre.  —  Ce  genre  se  trouve  actuellement 
réuni  à  l 'Othonna.  (J.  D.) 

ARISTOTELÏA,  L’Hérit.  (  Aptnozi- 
)>js,  Aristote),  bot.  pu.  —  Genre  sur  la 
classification  duquel  on  est  loin  d’être  d’ac¬ 
cord  :  A.-L.  de  Jussieu  le  place  parmi  les 
genres  non  classés;  suivant  M. R. Brown,  il 
appartient  à  la  famille  des  Homalinées  ou 
Homaliacées  ;  M.  Reichenbach  le  place  dans 
les  Escalloniées;  M.  Endlicher  le  met  à  la 
suite  des  Ternstrémiacées  ;  enfin,  M.  Lindley 
le  regarde  comme  le  type  d’une  famille  dis¬ 
tincte  ,  qu’il  appelle  Maquinées ,  et  qu’il  as¬ 
socie  aux  Philadelphées.  Ce  genre  offre  les 
caractères  suivants  :  Calice  turbiné,  5-ou 
6-fide;  segments  lancéolés,  pointus,  im¬ 
briqués  en  préfloraison.  Pétales  5  ou  6,  ob- 
cordiformes  ,  insérés  à  l’extérieur  d’un  dis¬ 
que  hypogyne.  Étamines  15  ou  18,  ayant 
même  insertion  que  les  pétales ,  opposées  3 
à  3  aux  segments  calicinaux.  Filets  courts. 
Anthères  dressées,  oblongues ,  pointues ,  2- 
thèques  :  bourses  déhiscentes  chacune  par 
une  courte  fente  terminale.  Ovaire  3-locu- 
laire  ;  loges  2-ovulées  ;  ovules  superposés  , 
suspendus.  Styles  3,  soudés  par  leur  base. 
Baie  subglobuleuse  ,  3-  gone ,  3-sulquée  , 
pulpeuse ,  3-loculaire.  Cloisons  très  min¬ 
ces  ,  membranacées.  Graines  géminées  dans 
chaque  loge,  superposées,  anguleuses. 
Test  osseux.  Hile  ventral.  Chalaze  termi¬ 
nale,  orbiculaire.  Embryon  axile  dans  un  pé- 
risperme  charnu,  rectiligne,  presque  aussi 


long  que  le  périsperme,  parallèle  au  hile. 
Cotylédons  elliptiques ,  foliacés,  plissés  lon¬ 
gitudinalement.  Radicule  subcylindracée , 
supère ,  éloignée  du  hile.  —  L’espèce  (  A. 
Maqui  L’Hérit.)  qui  constitue  ce  genre  est 
un  arbrisseau  indigène  du  Chili ,  où  on  le 
nomme  Maqui.  Les  feuilles  en  sont  subop¬ 
posées  ,  pétiolées,  coriaces ,  dentelées ,  ac¬ 
compagnées  de  stipules  caduques  ;  les  fleurs 
en  sont  petites ,  verdâtres  ,  disposées  en  cv- 
mules  axillaires  ;  les  baies  en  sont  mangea¬ 
bles  ,  et  l’on  en  prépare ,  au  Chili ,  une 
boisson  vineuse.  (Sp.) 

*  ARISTOTELÏA  (Àpia-rozè^ç ,  Aristo¬ 

te).  bot.  ph.  — Loureiro,  dans  sa  Flore  de 
Cochinchine ,  désigne  sous  le  nom  d’Ansfo- 
telia  spiralis  une  variété  du  Spiranthes 
australis  de  Lindley.  (A.  R.) 

*  ARITHMEMA  (àplOp.'tgj.a. ,  nombre). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  hétéromèrès , 
famille  des  Trachélides,  Latr.,  ou  des  Vési- 
cants,  Dej.,  tribu  des  Cantharidées ,  Latr., 
établi  par  M.  Chevrolat  aux  dépens  du  g. 
Hyclœus  de  Latreille.  II  n’en  diffère  essen¬ 
tiellement  que  parce  que  ses  antennes  ont 
un  article  de  moins  que  celles  du  genre  Hy¬ 
clœus  ,  c’est-à-dire  huit  au  lieu  de  neuf,  et 
parce  que  le  dernier  est  moins  gros  et  plus 
allongé  que  chez  celui-ci.  tle  g.  a  pour  type 
le  Mylabris  \0-guttala  de  Bilberg  (  Arith. 
10 -gutlata  Chevrolat),  figuré  dans  Vlcono- 
graphie  du  Règne  animal ,  par  M.  Guérin- 
Méneville,  pl.  35,  fig.  2,  et  fig.  2  a  (antenne 
grossie)  ;  mais ,  par  erreur,  ces  deux  figures 
sont  indiquées  au  bas  de  la  planche  comme 
se  rapportant  au  g.  Hyclœus.  Depuis,  M.  De¬ 
laporte  (  Buffon-Duménil ,  t.  II,  p.  268)  a 
formé  de  cette  même  espèce  son  g.  Acteno - 
dia,  et  M.  Dejean,  dans  son  dernier  Catalo¬ 
gue,  l’a  rapportée  à  son  g.  Synamma,  sous 
le  nom  de  12 -guttata  Dej.  (D.  et  C.) 

ARITRILLIS.  bot.  ph.  —  Synonyme 
de  Mercuriale  (  Voy.  ce  mot  ).  (C.  d’O.) 

ARJOONA,  Cavan.  (botaniste  espa¬ 
gnol).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Santalacées  ,  auquel  son  auteur  (le.,  IY,  p. 
57,  tab.  353)  attribue  les  caract.  suivants  : 
Fleurs  hermaphrodites.  Périanthe  2-brac- 
téolé  à  la  base,  tubuleux,  5-fide,  non  per¬ 
sistant.  Disque  épigyne,  charnu,  annulaire, 
très  entier.  Étamines  5,  alternes  chacune  a- 
vec  une  très  petite  squammule  poilue.  Ovaire 
3-ovulé.  Style  filiforme  ;  stigmate  obscuré- 


140 


ARK 


ARM 


ment  3-lobé.  Baie  1 -sperme.— Arbrisseau  (du 
Chili)  à  racine  pivotante ,  fusiforme ,  garnie 
de  fibres  tuberculeuses  ;  feuilles  alternes,  se- 
mi-amplexicaules ,  nerveuses,  glabres,  très 
rapprochées  ;  les  florales  laineuses.  Fleurs 
en  capitules  terminaux.  On  n’en  connaît 
qu’une  espèce.  (Sp.) 

ARKOSE.  géol.  —  M.  Brongniart  ap¬ 
pelle  Arkose  tous  les  grès  qui  contiennent 
du  Feldspath ,  soit  intact ,  soit  plus  ou 
moins  décomposé ,  mêlé  avec  des  quantités 
variables  de  Quartz. 

M.  Cordier  forme  trois  espèces  distinctes 
de  roches  résultant  de  ces  diverses  associa¬ 
tions,  savoir  :  1°  Grès  feldspathique ,  les 
mélanges  dans  lesquels  le  Feldspath  est  pré¬ 
dominant  ;  2°  Arkose ,  les  mélanges  de 
Feldspath  et  de  Quartz  dans  lesquels  ce  der¬ 
nier  élément  est  prédominant  ;  3°  enfin  Mé- 
taxite,  les  mélanges  de  Quartz  et  de  Feld¬ 
spath  décomposé  (Kaolin). 

Ces  trois  espèces  de  roches  ont  été  obser¬ 
vées  avec  détail,  pour  la  première  fois ,  dans 
les  assises  inférieures  des  terrains  du  Lias  ; 
mais,  depuis,  on  a  reconnu  qu’elles  figurent 
à  plusieurs  reprises,  soit  à  l’état  de  terrains, 
soit  à  l’état  de  couches  subordonnées,  dans 
presque  toute  la  série  des  étages  qui  com¬ 
posent  l’ensemble  de  l’écorce  secondaire  de 
la  terre.  M.  Cordier  en  a  reconnu  de  beaux 
gisements  dans  les  terrains  de  la  période 
phylladienne  de  plusieurs  parties  de  la  Fran¬ 
ce.  On  en  trouve  également  dans  les  ter¬ 
rains  de  la  période  palæothérienne  d’Auver¬ 
gne  et  du  département  du  Tarn  ,  et  même 
dans  des  étages  plus  récents,  tels  par  exem¬ 
ple  que  le  Crag.  Voy.  grès  feldspathi- 
QUE  et  MÉTAXITE.  (C.  D’O.) 

ARKT1ZITE  (a/jxT0$,  ours,  venant 
des  régions  arctiques),  min.  —  Nom  donné 
par  Werner  à  la  Wernérite  d'Arcndal ,  en 
Norwége.  Voy.  wernérite.  (Del.) 

ARKYS  («/îxus,  ret,  filet  ).  arach.  — 
Genre  de  la  famille  des  Araignées,  de  l’ordre 
des  Aranéides  ,  groupe  des  Marcheuses 
terrestres ,  établi  par  M.  Walckenaër  (  Ins. 
Aptères )  sur  une  seule  espèce  du  Brésil , 
qu’il  nomme  A.  lancearius.  Ce  genre  est 
caractérisé  par  des  yeux  au  nombre  de  huit, 
tous  à  peu  près  d’égale  grosseur  ,  et  placés 
sur  deux  lignes  occupant  la  partie  antérieure 
du  céphalothorax  ;  les  quatre  .yeux  intermé¬ 
diaires  sont  disposés  en  carré ,  et  les  laté¬ 


raux  sont  rapprochés  entre  eux  sur  les  côtés 
du  céphalothorax.  Les  parties  de  la  bouche 
et  la  longueur  proportionnelle  des  pattes 
contribuent  encore  à  caractériser  ce  genre. 

(Bl.) 

ARLEQUIN.  ois.  —  Nom  d’une  es¬ 
pèce  de  Colibri.  (Lafr.) 

ARLEQUIN  DE  CAYENNE,  ins. 
—  Nom  vulgaire  d’une  belle  et  grande  es¬ 
pèce  de  Coléoptères  du  genre  Acrocinus. 
Voyez  ce  mot.  (D.) 

AKLEQUINE.  moll.  —  Ce  nom  vul¬ 
gaire  est  donné  à  une  Porcelaine  qui  resta 
rare  pendant  fort  long-temps  dans  les  col¬ 
lections  ,  et  qui ,  depuis  quelques  années,  y 
est  devenue  fort  commune  :  c’est  le  Cyprœa 
Histrio  de  Linné.  Une  autre  esp.,  du  même 
genre ,  ayant  beaucoup  de  rapports  avec  la 
première,  est  connue  des  marchands  sous  le 
nom  de  fausse  Arlequine.  Linné  l’a  inscrite 
sous  le  nom  de  Cyprœa  arabica.  Voy.  por¬ 
celaine.  (Desii.) 

*ARMA.  ins.  — Hahn  (  Wanzenart.in - 
sect.  )  a  établi  sous  ce  nom  un  genre  de  la 
famille  des  Pentatomiens ,  de  l’ordre  des 
Hémiptères,  adopté  depuis  par  M.  Spinola, 
et  réuni  par  M.  Burmeister  à  son  g.  Asopus. 
Les  Arma  ne  paraissent  en  effet  caractérisés 
que  par  les  angles  huméraux  prolongés  en 
une  petite  épine.  On  en  connaît  un  petit 
nombre  d’espèces  ;  les  plus  répandues  sont 
les  A.  lurida  (  Cimex  luridus  Fab.  ),  et  A. 
custos  (  Cimex  custos  Fab.  ).  (Bl.) 

*  ARMADELLÏDÉE.  crust.— Genre 
de  l’ordre  des  Isopodes,  de  la  famille  des 
Cloportides,  de  la  tribu  des  Cloportides  ter¬ 
restres  et  de  la  division  des  Armadelliens, 
établi  par  M.  Brandt  pour  les  espèces  du  g. 
Armadille  de  Latreille,  chez  lesquelles  l’ar¬ 
ticle  terminal  externe  des  dernières  fausses 
pattes  est  grand ,  lamelleux  au  sommet  de 
l’article  précédent,  et  remplit  presque  en 
entier  l’échancrure  comprise  entre  les  deux 
derniers  anneaux  de  l’abdomen.  (M.  E.) 

*ARMABELLIENS.  crust.— Dans  la 
classification  des  Crustacés  employée  par 
M.  Milne-Edwards,  ce  nom  est  donné  à  une 
division  de  la  tribu  des  Cloportides  terres-, 
très  caractérisée  par  la  conformation  de 
l’abdomen,  dont  les  dernières  fausses  pattes 
sont  visibles  en  dessus  entre  les  deux  der¬ 
niers  anneaux  du  corps,  mais  ne  se  prolon- 
!  gentpas  au  delà  du  bord  postérieur  de  ces 


ARM 


ARM 


141 


anneaux.  On  y  range  les  genres  Armadille, 
Armadellidée  et  Diploexoque ,  (M.  E.) 

ARMADILLE.  crust.  —  Le  genre 
Armadille  de  Latreille  se  compose  des  Crus¬ 
tacés,  de  l’ordre  des  Isopodes  et  de  la  fa¬ 
mille  des  Cloportides,  dont  le  corps  ne  pré¬ 
sente  pas,  à  son  extrémité  postérieure,  d’ap¬ 
pendices  saillants,  mais  offre,  dans  l’échan¬ 
crure  située  de  chaque  côté ,  entre  les  deux 
derniers  anneaux  de  l’abdomen  ,  une  ou 
deux  pinces  lamelleuses ,  représentant  la 
dernière  paire  de  fausses  pattes.  M.  Brandt, 
à  qui  l’on  doit  un  travail  spécial  sur  les 
Oniscoïdiens,  restreint  davantage  les  limites 
du  genre  Armadille ,  et  ne  réserve  ce  nom 
qu’aux  Armadelliens  ayant  1°  l’article  termi¬ 
nal  des  dernières  fausses  pattes  rudimentaire 
et  inséré  au  bord  interne  du  précédent  qui 
remplit  l’échancrure  située  entre  les  deux 
derniers  anneaux  de  l’abdomen  ;  2°  les  an¬ 
neaux  thoraciques  dépourvus  d’apophyses 
horizontales  naissant  de  leur  bord  posté¬ 
rieur.  (M.  E.) 

ARMADILLE.  Armadillo ,  Briss. 
MAM.  —  Voyez  TATOU.  (A.  DE  Q.) 

ARMADILLUS  SQUAMMATUS. 
mam.  —  Séba  a  désigné  sous  ce  nom ,  en 
les  distinguant  par  les  épithètes  de  major 
et  de  minor ,  deux  espèces  de  Pangolins. 
Voyez  ce  mot.  (A.  de  Q.) 

ARMANIA  (nom  d’homme),  bot.  ph. 
—  Genre  de  la  famille  des  Composées ,  qui 
a  pour  caractères ,  d’après  M.  de  Candolle  : 
Capitule  multifiore  hétérogame  ;  fleurs  du 
rayon  Iigulées,  neutres,  1-sériées,  jaunes;  cel¬ 
les  du  disque  hermaphrodites,  à  tube  court,  à 
gorge  large ,  cylindracée  ,  terminée  par  un 
limbe  à  cinq  dents.  Involucre  formé  de  trois 
rangées  d’écailles  apprimées;  réceptacle  plan, 
paléacé  ;  les  rameaux  des  styles,  appartenant 
aux  fleurs  hermaphrodites ,  sont  simplement 
tronqués  et  terminés  par  des  poils.  Le  fruit, 
obcomprimé,  elliptique,  cartilagineux ,  cou¬ 
vert  de  poils,  est  couronné  antérieurement  de 
deux  soies  raides,  et  presque  lisses.— La  seule 
espèce  connue  est  un  sous- arbrisseau  dé¬ 
couvert  par  Bertero  ,  à  Pile  Sainte-Marthe  , 
dans  la  partie  de  l’hémisphère  austral  voi¬ 
sine  de  l’Amérique.  M.  de  Candolle  place 
•  ce  genre  près  des  Coreopsis.  (J.  B.) 

ARMÉ.  Armatus.  zool.  —  On  donne 
cette  épithète  aux  Poissons  dont  le  corps  est 
couvert  d’une  épaisse  cuirasse  ou  hérissé 


d’épines.  Tels  sont  VAspidophorm  armatus 
et  le  Silurus  militaris.  —  En  entomologie , 
on  appelle  ainsi  les  insectes  à  mandibules 
longues  ou  dressées  comme  des  cornes , 
exemple  :  VAnisotoma  armatum.  (C.  d’O.) 

ARMÉ,  poiss.  —  Nom  spécifique  don¬ 
né  par  Lacépède  à  plusieurs  esp.  de  Pois¬ 
sons  ,  Baliste  armé,  etc.  Voy.  baliste. 

(Val.) 

ARMEL,  bot.  ph.  — Syn.  de  Peganum 
Harmala  L.  Voyez  ce  mot.  (C.  d’O.) 

*ARMENIACA,  Tourn.  (Armeniacus , 
d’Arménie),  bot.  ph.— Sous  ce  nom,  Tour- 
nefort  et  plusieurs  auteurs  modernes  ont  éta¬ 
bli  un  genre  fondé  sur  l’Abricotier  et  sur  une 
ou  deux  autres  espèces  du  g.  Prunier  (Pru¬ 
nus),  lesquelles  ne  diffèrent  absolument  de 
leurs  congénères  que  par  le  fruit  à  sur¬ 
face  cotonneuse.  (8p.) 

ARMENT  A,  Laët.  mam.  —  C’est  le  Bi¬ 
son  d’Amérique.  Voy.  boeuf.  (A.  de  Q.) 

*  ARMENTAIRES.  Armentariœ  (ar- 

mentum,  troupeau),  ins.  —  Nom  donné  par 
M.  Robineau-Desvoidy  à  une  section  de  la 
famille  des  Muscides  comprenant  des  es¬ 
pèces  qui  tourmentent  à  l’excès  les  grands 
quadrupèdes.  (D.) 

*  ARMER!  A  (nom  présumé  d’une  espèce 
d’OEillet  chez  les  anciens),  bot.  ph. — Genre 
de  la  famille  des  Plumbaginacées ,  tribu  des 
Staticées  ,  formé  par  Willdenow  (Hort.  Be- 
rol.,  533  )  aux  dépens  de  quelques  espèces 
du  genre  Statice  de  Linné,  et  dont  le  type 
est  VArmeria  vulgaris  (  Statice  armeria 
L.).  Il  renferme  une  vingtaine  d’espèces, 
toutes  européennes ,  acaules,  vivaces,  à  feuil¬ 
les  radicales  réunies  en  touffes,  linéaires  ou 
lancéolées ,  nervées  ;  à  inflorescence  dispo¬ 
sée  en  pédoncules  monocéphales,  scapifor- 
mes.  La  plupart  sont  cultivées  comme  plan¬ 
tes  d’ornement  et  servent  à  faire  d’élé¬ 
gantes  bordures.  Voici  les  caractères  de  ce 
genre  :  Fleurs  réunies  en  un  capitule  in- 
volucré  ;  à  gaîne  renversée,  h  réceptacle 
paléacé.  Calice  infundibuliforme ,  à  limbe 
5-denté,  5-plissé,  scarieux  sur  les  bords.  Co¬ 
rolle  hypogyne  de  5  pétales,  dont  les  onglets 
velus,  cohérents  à  la  base.  Étamines  5,  insé¬ 
rées  à  la  base  de  l’onglet  de  ces  derniers. 
Ovaire  uniloculaire  ;  ovule  unique  ,  anatro- 
pe,  appendu  à  un  placenta  libre,  filiforme. 
Styles  5,  terminaux ,  distincts,  évidés  en 
stigmate  au  sommet.  Utricüle  calyptriforme, 


142 


ARM 


ARM 


membranacé ,  monosperme,  enserré  par  le 
calice  ;  libre  ensuite  à  sa  base,  et  multifide. 
Graine  inverse  ;  embryon  orthotrope ,  dans 
un  albumen  farinacé  peu  abondant,  à  radi¬ 
cule  supère.  __  (C.  L.) 

*  ARMÉ  RI  AGEES  (d 'Armeria).  bot. 
ph.  —  M.  Marquis  a  désigné  sous  ce  nom 
une  famille  de  plantes  ayant  pour  type  le 
genre  Armeria.  Voy.  ce  mot.  (C.  d’O.) 

ARMES.  Arma.  bot.  et  zool.  —  Ce 
nom  a  été  employé  par  quelques  auteurs 
pour  désigner  les  moyens  de  défense  dont 
sont  pourvus  certains  végétaux ,  comme  les 
Épines ,  les  Aiguillons ,  dans  les  Rosacées  , 
les  Légumineuses  ,  etc. ,  les  poils  excrétoi¬ 
res  de  VOrtie ,  du  Malpighia  urens  ,  de  la 
Loaza ,  etc.  Cette  épithète  sert  aussi  à  dé¬ 
signer  les  moyens  d’attaque  et  de  défense 
des  animaux.  (C.  d’O.) 

*  ARMICEPS.  Armicipites  (arma,  ar¬ 

mes;  caput ,  tête),  poiss. — Latreille  a  don¬ 
né  ce  nom  à  une  tribu  de  la  famille  desClu- 
péides,  comprenant  les  Poissons  dont  la  tête 
est  défendue  par  des  pièces  osseuses  ou  des 
écailles  pierreuses.  (C.  d'O.) 

*  ARMIDE  (  nom  propre  ).  crust.  — 

Genre  de  l’ordre  des  Isopodes,  proposé  par 
M.  Risso ,  mais  qui  n’a  pas  été  adopté  par 
les  autres  zoologistes;  il  a  pour  type  l’Ido- 
tée  hectique,  espèce  qui  ne  paraît  pas  de¬ 
voir  être  séparée  génériquement  des  autres 
Idotées.  (M.  B.) 

*ARMIDEUS.  (Armide,  nom  propre.) 
INS.  —  Nom  donné  par  Ziegler,  dans  le  Ca¬ 
talogue  de  Dahl  (1823),  à  une  division  des 
Géotrupes  de  Latreille,  avec  laquelle  M.  Fi¬ 
scher  de  Waldheim,  dans  l’ Entomographie 
russe ,  a  formé  son  .genre  Ceratophyus.  Voy. 
ce  mot.  ^  (D.  et  C.) 

*ARMI GENES.  Armigenœ  ( arma ,  ar¬ 
mes;  gêna,  joue),  poiss.  — Plusieurs  au¬ 
teurs  ont  désigné  sous  ce  nom  les  Poissons 
à  joues  cuirassées.  (C.  d’O.) 

ARMILLARIA.  ( Armilla ,  bracelet). 
bot.  cr.  —  Troisième  tribu  des  Agarics,  à 
spores  blanches,  de  Fries,  présentant  les  ca- 
ract.  suivants  :  Chapeau  charnu ,  convexe , 
dilaté  ;  épiderme  lisse  ou  écailleux,  pouvant 
se  détacher.  Lames  aiguës  aux  deux  extré¬ 
mités,  sinuées  ou  décurrentes;  spores  blan¬ 
ches.  Pédicule  plein  ,  solide  ,  fibreux  ,  muni 
d’un  anneau  persistant,  quelquefois  fugace. 
—  Cette  tribu  a  les  plus  grands  rapports 


avec  celle  des  Lépiotes ,  dont  les  lames  sont 
toujours  libres ,  et  le  pédicule  cotonneux  à 
l’intérieur. 

On  peut  regarder  comme  type  de  cette 
tribu  VAgaricus  melleus,  qui  est  comestible, 
et  croît  très  abondamment  en  automne  au 
pied  des  vieux  arbres  dans  les  forêts. 

(Léy.) 

ARMINE.  Arminia  ( Arminius ,  nom 
histor.).  moll.  —  Ce  genre,  à  peine  indi¬ 
qué  par  M.  Rafinesque ,  semble  se  rappro¬ 
cher  par  quelques  caract.  des  Linguelles  de 
M.  de  Blainville,  qui  elles -mêmes  ne  sont 
que  des  Diphyllides  de  Cuvier.  Avant  de 
se  prononcer  définitivement  sur  le  genre  de 
M.  Rafinesque,  il  serait  indispensable  d’avoir 
de  ce  naturaliste  des  renseignements  au 
moyen  desquels  on  pourrait  compléter  les 
caractères  de  son  genre.  (Desh.) 

ARMODILLO,  Wagn.  mam.-  Voyez 

PANGOLIN.  (A.  DE  Q.) 

ARMOISE  (corruption  d 'Artémise). 
bot.  ph.— On  désigne  sous  ce  nom  plusieurs 
plantes  officinales  de  la  famille  des  Compo¬ 
sées,  qui  appartiennent  en  grande  partie  au 
g.  Artemisia ,  qui  a  pour  caract.  :  Capitules 
discoïdes  homo-  ou-hétérogames.  Fleurs  du 
rayon  1-sériées ,  femelles,  3-dentées,  munies 
d’un  style  fendu  profondément;  celles  du  dis¬ 
que  5-dentées,  hermaphrodites,  ou  parfois 
mâles  ou  stériles  par  suite  de  l’avortement  de 
l’ovaire  ou  de  la  corolle.  Les  folioles  de  l’in- 
volucre,  membraneuses  sur  les  bords,  entou¬ 
rent  un  réceptacle  plan  ou  convexe ,  nu  ou 
couvert  de  fimbrilles  très  délicates.  Les  fruits, 
obovales,  dépourvus  d’aigrettes  ,  présentent 
à  leur  sommet  un  petit  disque  épigyne. 

Plusieurs  espèces  de  ce  genre  vivent  en 
société,  et  forment  souvent  à  elles  seules, 
au  centre  de  l’Asie,  entre  l’Altaï  et  les  Mus- 
tag ,  de  la  grande  muraille  de  la  Chine  jus¬ 
qu’au  lac  d’Aral ,  dans  une  largeur  de  plus 
de  deux  mille  lieues,  les  steppes  les  plus 
élevées  et  les  plus  vastes  du  monde. 

Les  propriétés  toniques,  communes  à 
toutes  les  esp.  de  ce  g. ,  ont  permis  de  les 
employer  indistinctement  aux  mêmes  usa¬ 
ges,  dans  leg  pays  tempérés  et  froids  de 
l’hémisphère  boréal,  qu’elles  habitent  exclu¬ 
sivement.  Les  plus  communes  et  les  plus 
généralement  usitées  sont  V Armoise  Ab¬ 
sinthe  ,  originaire  des  régions  tempérées  de 
l’Europe.  L’excessive  amertume  de  cette 


ARM 


ARM 


143 


plante  est  passée  en  proverbe.  On  se  sert 
communément  de  ses  feuilles,  et  surtout  des 
grappes  de  ses  fleurs ,  soit  en  infusion  dans 
le  vin,  soit  pour  en  former,  par  distillation, 
une  liqueur  qui  porte  le  nom  d’ Absinthe. 
On  assure  qu’elle  peut  en  outre,  et  sans  in¬ 
convénient  ,  remplacer  le  Houblon  dans  la 
fabrication  de  la  bière. 

L'Estragon  ou  Serpentine  ( Artemisia 
Dracunculus ).  Cette  espèce,  ainsi  nommée 
par  la  ressemblance  de  sa  racine  avec  celle 
d’un  Dragon  ou  d’un  Serpent  plusieurs  fois 
replié  sur  lui-même ,  est  employée  comme 
condiment,  à  cause  de  sa  saveur  âcre,  un 
peu  piquante,  aromatique,  qui  rappelle  le 
goût  de  l’Anis  ou  du  Fenouil  :  on  s’en  sert 
principalement  pour  aromatiser  le  vinaigre. 
Cette  plante  habite  les  parties  froides  et 
montueuses  de  l’Europe  orientale.  On  la 
rencontre  sur  les  bords  de  la  mer  Caspien¬ 
ne,  dans  l’Adzerbidjan ,  sur  les  monts  Altaï, 
jusque  sur  les  confins  de  la  Mongolie  chinoise. 

Les  montagnards  de  la  Suisse  désignent 
sous  le  nom  de  Genipi  plusieurs  espèces 
voisines  de  V Artemisia  glacialis,  qu’ils  font 
entrer  indistinctement  dans  leur  vulnéraire, 
et  avec  lesquelles  ils  fabriquent  un  vinaigre 
tout  à  fait  semblable  à  celui  d’Estragon. 

L'Aurone  ,  Citronelle ,  Garde-robe  (Ar- 
tem .  Abrotanum),  indigène  du  midi  de  l’Eu¬ 
rope,  se  cultive  fréquemment  dans  les  jar¬ 
dins  à  cause  de  son  odeur. 

L'Artem.  judaica  ou  Semen  -  contra 
(sous-entendu  vermes  )  produit ,  à  ce  qu’on 
suppose  ,  la  poudre  connue  dans  les  offici¬ 
nes  sous  le  nom  de  poudre  à  vers  ou  de 
semen-contra,  et  qui  nous  est  envoyée  sèche, 
du  Levant,  par  la  voie  du  commerce.  Cette 
poudre  ne  se  compose  pas,  comme  son  nom 
l’indique,  de  graines  ou  de  fruits  épurés  , 
mais  de  capitules  plus  ou  moins  écrasés,  au 
milieu  desquels  on  rencontre  des  fragments 
de  feuilles,  d’involucre  qui  probablement 
agissent  plus  directement  que  ne  le  feraient 
les  fruits  eux-mêmes. 

L'Artem.  moxa  ou  chinensis  produit ,  sur 
ses  tiges  et  ses  feuilles,  un  duvet  assez  abon¬ 
dant  pour  être  recueilli  et  employé,  dans  le 
nord  de  la  Chine,  en  guise  d’étoupe  ou  d’a¬ 
madou  ,  pour  établir  des  moxas  qu’on  al¬ 
lume  sur  les  parties  affectées  de  goutte  ou 
de  rhumatisme. 

Enfin ,  les  propriétés  amères ,  aromati¬ 


ques  et  un  peu  astringentes,  des  Armoises, 
font  que  plusieurs  d’entre  elles  ont  été  pro¬ 
posées  comme  succédanées  du  thé ,  et  no¬ 
tamment  V Abrotanum.  Ces  propriétés  sont 
dues,  suivant  M.  Braconot,  à  une  matière 
animalisée  extrêmement  amère  qui  forme 
les  18/100  de  son  poids.  Cette  plante  renfer¬ 
me  ,  en  outre  ,  une  huile  volatile  et  un  acide 
qu’il  croit  nouveau ,  et  qui  s’y  trouve  com¬ 
biné  avec  de  la  Potasse. 

L 'Armoise  commune  ou  Herbe  de  Saint- 
Jean  croît  dans  les  lieux  incultes  et  sur 
les  bords  des  chemins  ;  elle  est  apéritive  , 
stimulante  ;  extérieurement  elle  passe  pour 
vulnéraire  et  détersive ,  ainsi  que  plusieurs 
autres  espèces  du  même  genre.  (J.  D.) 

ARMORACIA.  Flora  der  Wetterau. 
—  Baumgart.,  Flor.  Transylv.  —  Koch , 
Deutschl.  Flora,  vol.  IV,  p.  566.  —  Spach, 
Hist.  des  plant,  phan. ,  vol.  VI,  p.  519. 
(Nom  donné  par  plusieurs  botanographes 
anciens  à  la  plante  sur  laquelle  est  fondé  le 
genre ,  et  faisant  allusion  à  ce  que  cette 
plante  est  commune  dans  le  nord-ouest  de 
la  France),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille 
des  Crucifères  (  tribu  des  Alyssinées  DC. , 
tribu  des  Siliculeuses  Spach) ,  auquel  nous 
avons  assigné  les  caractères  suivants  :  Calice 
de  4  sépales  cymbiformes,  égaux,  divergents, 
presque  étalés.  Pétales  4,  onguiculés.  Glan- 
dules  6,  denticuliformes,  confluentes  par  la 
base,  alternes  avec  les  étamines.  Étamines 
6;  filets  filiformes,  subisomères,  subrecti¬ 
lignes,  divergents  ;  anthères  sagittiformes- 
elliptiques,  obtuses  :  celles  des  deux  étami¬ 
nes  impaires  un  peu  plus  grandes  que  les 
autres.  Ovaire  ellipsoïde,  un  peu  comprimé 
(en  sens  contraire  du  diaphragme) ,  2-locu- 
laire,  multi-ovulé.  Ovules  marginaux ,  sub- 
réniformes,  résupinés.  Style  filiforme,  très 
court;  stigmate  pelté  ,  hémisphérique.  Sili- 
cule  tantôt  ellipsoïde,  tantôt  subglobuleuse, 
peu  ou  point  comprimée ,  érigée  ,  2-locu- 
laire  ,  courtement  apiculée  (par  le  style)  ; 
loges  4-20-spermes ;  valves  cymbiformes, 
non  carénées,  innervées,  minces ,  subcarti¬ 
lagineuses,  submarginées  ;  nervures  placen- 
tairicnnes  filiformes ,  incluses  avant  la  déhi¬ 
scence.  Graines  suspendues  ,  bisériées  dan? 
chaque  loge,  petites ,  finement  chagrinées  , 
subcylindriques,  immarginées;  cotylédons 
rectilignes,  subsemi-cylindriques,  en  géné¬ 
ral  accombants.  —  L 'Armoracia  rusticana 


144 


ARN 


ARN 


Flor.  Wett.  ( Cochlearia  armoracia  Linn. 
—  Raphanis  magna  Mœnch.  —  Cochlearia 
macrocarpa  Wald.  et  Rit.),  plante  connue 
sous  les  noms  vulgaires  de  Cram  ou  Cran 
de  Bretagne ,  Cranson  de  Bretagne ,  Cran- 
son  rustique ,  Cran  des  Anglais  ,  Raifort 
sauvage  ,  Grand  raifort ,  Moutardelle  , 
Moutarde  des  Allemands ,  et  Moutarde  des 
Capucins,  est  la  seule  espèce  qu’on  puisse 
rapporter  avec  certitude  à  ce  genre.  C’est 
une  herbe  vivace ,  à  racine  pivotante,  grosse, 
charnue ,  atteignant  deux  à  trois  pieds  de 
long.  La  tige  est  paniculée,  et  atteint  jus¬ 
qu’à  cinq  pieds  de  haut.  Les  feuilles  sont 
tantôt  indivisées,  tantôt  pennatifides  :  les  in¬ 
férieures  grandes,  pétiolées  ;  les  autres  ses- 
siles.  Les  fleurs  sont  disposées  en  grappes 
terminales  et  oppositifoliées,  nues,  denses , 
à  pédicelles  filiformes,  plus  ou  moins  diver¬ 
gents  après  la  floraison.  Les  sépales  sont 
d’un  jaune  verdâtre,  membraneux  aux  bords; 
les  pétales  blancs.  —  La  racine  de  cette 
plante  a  une  saveur  extrêmement  piquante, 
analogue  à  celle  de  la  graine  de  moutarde , 
mais  beaucoup  plus  forte  ;  lorsqu’on  la  broie 
étant  fraîche ,  elle  provoque  des  éternu- 
ments  fréquents  et  une  abondante  sécré¬ 
tion  lacrymaire  ;  elle  jouit  de  propriétés  ver¬ 
mifuges,  stimulantes,  diurétiques,  et  surtout 
anti-scorbutiques  ;  appliquée  fraîche  sur  la 
peau,  elle  agit  comme  épispastique.  En  An¬ 
gleterre,  en  Allemagne  et  dans  l’ouest  de  la 
France,  on  fait  beaucoup  usage  de  cette  ra¬ 
cine  comme  assaisonnement ,  en  guise  de 
moutarde.  (Sp.) 

ARMOSELLE.  bot.  ph.  —  Syn.  du 
genre  Seriphium ,  L.  Voyez  ce  mot. 

(C.D’O.) 

ARNEBIA,  Forsk.(F7or.  Ægypt.).  bot. 
pii.  —  Synon.  dug.Lithospermum ,  Tourn., 
de  la  famille  des  Borraginées.  (Sp.) 

ARNICA  (par  corruption  de  Ptarmica, 
qui  vient  de  sternutatoire).  bot. 

ph.  —  Genre  déplantés  appartenant  à  la  fa¬ 
mille  des  Composées,  tr.  des  Sénécionidées, 
lequel  a  pour  caractères  :  Capitules  hétéro- 
games,  radiés,  multiflores.  Fleurs  du  rayon 
1-sériées,  femelles,  renfermant  quelquefois 
des  rudiments  d’étamines  ;  celles  du  disque 
hermaphrodites. Involucre  campanulé,  formé 
de  deux  séries  d’écailles  linéaires-lancéolées, 
égales  entre  elles.  Réceptacle  velu  ou  cou¬ 
vert  de  paillettes  très  fines.  Corolle  à  tube 


velu  ;  rameaux  du  style  tronqués  ou  termi¬ 
nés  par  un  petit  cône,  et  couverts  extérieu¬ 
rement  de  papilles  qui  se  prolongent  sur  le 
style  lui-même.  Les  fruits  ,  cylindriques  , 
amincis  aux  deux  bouts ,  légèrement  velus 
et  sillonnés,  sont  couronnés  par  une  aigrette 
formée  d’une  rangée  de  soies  assez  raides  et 
scabres.  —  Ce  genre  renferme  une  dizaine 
d’espèces  particulières  à  l’hémisphère  bo¬ 
réal  ;  ce  sont  toutes  des  plantes  à  feuilles 
entières ,  opposées ,  et  garnies  de  capitules 
assez  grands  de  fleurs  jaunes.  L  '‘Arnica 
montana ,  très  répandue  dans  les  parties 
montueuses  delà  France,  passe  pour  un 
puissant  sternutatoire;  il  est  même  appelé 
Tabac  dans  les  Vosges ,  où  l’on  en  fait  un 
fréquent  usage  contre  les  chutes,  les  contu¬ 
sions,  etc.  (J.  D. ) 

*  ARNIDIUS.  nxs.  —  Genre  de  Coléo¬ 
ptères  pentamères,  famille  des  Carabiques , 
tribu  des  Scaritides,  établi  par  Leach,  et  qui 
correspond  exactement  au  g.  fondé  long¬ 
temps  auparavant  par  Bonelli  sous  le  nom 
de  Carenum ,  d’après  le  Scarites  cyaneus 
de  Fabricius,  espèce  de  la  Nouvelle-Hollan¬ 
de,  à  laquelle  Leach  a  donné  le  nom  de  Ar- 
nidius  emarginatus.  C’est  ici  le  cas  de  re¬ 
lever  une  erreur  assez  singulière  commise 
par  l’auteur  de  la  Faune  entomologique  du 
Voyage  de  V Astrolabe  (2e  part.,  p.  23  et  24). 
Non  seulement  il  ne  s’est  pas  aperçu  que  le 
g.  de  Bonelli  et  celui  de  Leach  ne  faisaient 
qu’un,  mais  il  a  cru  que  le  Carenum  cya- 
neum  du  premier  était  une  espèce  diffé¬ 
rente  de  VArnidius  emarginatus  du  second; 
de  sorte  que  d’une  seule  espèce  il  a  fait  à 
la  fois  deux  espèces  et  deux  genres  distincts, 
et  cela  sur  le  recto  et  le  verso  du  même 
feuillet.  Voy.  carenum.  (D.  et  C.) 

ARNOGLOSSUM,  Endl.  Gen.,  p.  347 
(«pos  ,  agneau  ;  y/o-rs-*,  langue),  bot.  pii. — 
Section  du  genre  Plantago,  L.,  comprenant 
les  espèces  dont  la  capsule  est  à  2  loges  4- 
spermes  :  par  exemple  le  P.  major  L. ,  le 
P.  maxima  Ait.,  etc.  (Sp.) 

*ARNOLDIA,  Arnold  (botaniste  an¬ 
glais),  bot.  ph.  — Ce  genre,  fondé  par  Cas- 
sini  aux  dépens  du  Calendula  chrysanthe - 
mifolia  Vent. ,  se  trouve  aujourd’hui  réuni 
aux  Dimorphotheca ,  où  il  constitue  une 
section  caractérisée  par  ses  fruits  trigones 
et  lisses,  appartenant  aux  fleurs  du  rayon. 

(J.  X>«) 


ARO 


ARO 


145 


ARNOPOGON  (  «/s» ,  âfivés ,  agneau ,  et 
rewywv  ,  barbe  ).  bot.  ph.  —  Synonyme 
d 'Urospermum.  Voy.  ce  mot.  (J.  D.) 

ARNOSERÏS  («/«s,  âjivôçy  agneau,  et  aé- 
fit;,  chicorée  ).  bot.  ph.  —  Ce  genre ,  de  la 
famille  des  Composées ,  ne  renferme  qu’une 
seule  espèce,  le  Hyoseris  minima  L.  ;  c’est 
une  plante  annuelle  qui  croît  à  l’ombre  des 
moissons  dans  les  terrains  secs  de  toute 
l’Europe.  Elle  a  pour  caractères  :  Capitules 
multiflores;  involucre  formé  d’environ  12 
écailles  linéaires  ,  lancéolées ,  acuminées  et 
accompagnées  inférieurement  de  squammel- 
les  plus  petites.  Les  unes  et  les  autres  se  re¬ 
dressent  à  l’époque  de  la  maturité  des 
fruits ,  de  manière  à  les  protéger  complète¬ 
ment.  Ces  fruits  sont  obovés-pentagones  et 
couronnés  par  une  aigrette  très  courte,  en¬ 
tière  ;  ceux  de  la  circonférence  se  trouvent 
à  peu  près  complètement  nichés  dans  le 
tissu  du  réceptacle.  —  La  seule  espèce  con¬ 
nue  est  une  herbe  annuelle,  à  feuilles  dispo¬ 
sées  en  rosette,  du  milieu  de  laquelle  nais¬ 
sent  plusieurs  tiges  renflées  et  fistuleuses  au 
sommet.  (J.  D.) 

*  ARNOTTIE.  Arnottia  (Arnott,  bota¬ 

niste  écossais),  bot.  ph.  — Nous  avons  éta¬ 
bli  sous  ce  nom  un  g.  dans  la  famille  des 
Orchidées,  tribu  des  Ophrydées,  qui  offre  les 
caracU suivants  :  Les  trois  sépales  extérieurs 
sont  inégaux  ;  les  deux  latéraux  sont  plus 
grands,  étalés  en  forme  d’ailes  ;  le  supérieur , 
qui ,  par  l’inversion  de  la  fleur,  est  devenu 
inférieur,  est  plus  petit  et  dressé.  Le  labelle, 
dépourvu  d’éperon ,  est  supérieur,  redressé , 
soudé  par  sa  base  avec  les  sépales  intérieurs, 
dont  il  n’est  pas  distinct  par  sa  forme.  Ce  g. 
ne  se  compose  que  d’une  seule  esp.,  Arnottia 
mauritiana  Rich.  (  Orch.  des  îles  de  Fr.  et 
de  Bourbon ,  p.  53,  t.  VII,  n°  1).  C’est  une 
plante  ayant  le  port  d’un  Orchis ,  qui  croît 
aux  îles  Maurice.  Ce  genre  est  très  voisin  du 
Gymnadenia ,  par  la  structure  de  son  an¬ 
thère  ;  il  en  diffère  par  les  divisions  exté¬ 
rieures  et  supérieures  de  son  calice,  prolon¬ 
gé  en  forme  d’ailes  ;  par  son  labelle  sans 
éperon ,  semblable  aux  autres  divisions  in¬ 
térieures  du  calice,  et  soudé  avec  elles  par 
sa  base.  (A.  R.) 

*  AROCATUS.  ins.  —  M.  Spinola  a 
établi,  sous  cette  dénomination ,  un  genre 
de  la  famille  des  Lygéens ,  de  l’ordre  des 
Hémiptères,  ne  différant  guère,  d’après  M. 

T.  II. 


Spinola  lui-même,  des  Lygœus  proprement 
dits  ,  que  par  le  canal  situé  à  la  partie  in¬ 
férieure  de  la  tête ,  assez  prolongé  pour  re¬ 
cevoir  le  premier  article  du  rostre.  Ce  g., 
que  nous  avons  réuni  au  g.  Lygœus ,  a  pour 
type  le  Lygœus  melanocephalus  Fab.,  très 
répandu  dans  l’Europe  méridionale.  (Bl.) 

*AROCERA.  nvs.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Scutellériens,  groupe  des  Pentato- 
mites,  de  l’ordre  des  Hémiptères,  établi 
par  M.  Spinola  (Essai  sur  les  Hémiptères ) , 
qui  en  a  tiré  les  caractères  les  plus  essen¬ 
tiels  :  1°  des  antennes,  composées  de  cinq 
articles ,  dont  les  deuxième  et  troisième 
aplatis  et  sillonnés;  et  2°  des  pattes,  dont 
les  jambes  ne  présentent  pas  d’épines  ai¬ 
guës.  La  seule  espèce  rapportée  à  ce  g.,  par 
M.  Spinola,  est  l’A.  aurantiaca  Spin.,  du 
Brésil.  (Bl.) 

AROIDÉES.  Aroideœ.  bot.  ph.  — 
C’est  le  nom  d’une  famille  de  plantes  mo- 
nocotylédonées,  établie  par  Jussieu,  et  qui 
a  pour  type,  le  genre  Arum.  Cette  famille  a 
aussi  été  désignée  sous  le  nom  tfAraceœ 
par  M.  Schott  ( Melethemata ,  p.  15),  et  ce  nom 
a  été  adopté  par  M.  Lindley  (Natural  syst., 
p.  565).  Pour  M.  Schott ,  le  nom  d' Aroideœ 
est  celui  d’une  classe  de  Monocotylédonées 
qui  se  compose  de  quatre  familles  :  1°  les 
Cyclanthées ,  2°  les  Pandanées ,  5°  les  Ara- 
cées,  4°  les  Acoroïdées.  Ces  quatre  familles 
ont  pour  caractères  communs  d’être  pour¬ 
vues  de  feuilles  et  d’avoir  des  fleurs  sans 
périanthe  vrai,  disposées  sur  un  axe  ou  spa- 
dice  allongé,  avec  lequel  elles  sont  conti¬ 
nues.  Quel  que  soit  celui  des  deux  noms 
qu’on  adopte  pour  désigner  la  famille  qui 
nous  occupe  ici ,  on  est  forcé  de  reconnaî¬ 
tre  qu’elle  forme  un  groupe  assez  naturel , 
quoique  assez  diversifié  dans  la  structure  de 
ses  fleurs. 

Les  Aroïdées  sont  des  plantes  vivaces ,  à 
racine  généralement  épaisse ,  tubéreuse  et 
charnue,  quelquefois  dépourvues  de  tige  et 
n’ayant  par  conséquent  que  des  feuilles  ra¬ 
dicales;  d’autres  fois  ayant  une  tige  tantôt 
dressée  ,  tantôt  sarmenteuse ,  et  s’élevant 
ainsi ,  à  l’aide  des  végétaux  ligneux,  à  une 
très  grande  hauteur.  Leurs  fleurs  sont  uni- 
sexuées,  monoïques,  dioïques  ou  polygames, 
attachées  sur  un  axe  ou  spadice  ,  qu’elles 
recouvrent  en  partie  ou  en  totalité,  et  envi¬ 
ronnées  par  une  spathe  quelquefois  très 
10 


146 


ARO 


grande ,  et  dont  la  forme  est  fort  variable. 
Les  fleurs  sont  dépourvues  de  véritable  pé- 
rianthe  ;  plus  rarement  elles  sont  accompa¬ 
gnées  d’un  certain  nombre  d’écailles,  dispo¬ 
sées  symétriquement  en  forme  de  calice; 
dans  ce  dernier  cas,  les  fleurs  sont  herma¬ 
phrodites,  c’est -à-dire  qu’en  face  de  chacune 
des  écailles  qui  environnent  le  pistil  est  placée 
une  étamine.  Les  fleurs  mâles  se  composent 
d’étamines  dont  le  filet  est  ordinairement 
court ,  et  d’une  anthère  terminale  à  une  , 
deux,  ou  même  à  plusieurs  loges,  s’ouvrant 
soit  par  une  fente  longitudinale  ou  transver¬ 
sale  ,  soit  par  un  pore  terminal.  Les  fleurs 
femelles  se  composent  d’un  ovaire  libre,  gé¬ 
néralement  à  une  seule  loge,  fort  rarement 
à  trois  loges  ,  contenant  chacune  plusieurs 
ovules,  tantôt  dressés  et  basilaires,  tantôt 
renversés  et  naissant  du  sommet  de  la  loge, 
tantôt  insérés  à  différents  points  de  sa  paroi 
intérieure.  Cet  ovaire  est  surmonté  d’un 
style  quelquefois  court  et  à  peine  marqué , 
d’autres  fois  assez  long,  terminé  par  un 
stigmate  simple  et  papilleux.  Le  fruit  est 
généralement  charnu  et  indéhiscent,  ayant 
comme  l’ovaire  une  seule ,  rarement  plu¬ 
sieurs  loges,  qui  contiennent  chacune  un 
petit  nombre  de  graines  ;  plus  rarement 
le  fruit  est  une  sorte  de  capsule  ou  de 
fruit  sec  et  coriace,  qui  reste  indéhiscent. 
Les  graines  ont  leur  surface  externe  souvent 
inégale  ;  elles  contiennent ,  dans  un  endo- 
sperme  charnu  ,  un  embryon  presque  cylin¬ 
drique  ,  tantôt  homotrope,  tantôt  antitrope, 
dont  la  radicule  est  obtuse.  A  la  base  du 
cotylédon ,  R.  Brown  a  observé  une  petite 
fente  longitudinale  placée  en  face  de  la  gem¬ 
mule,  qu’on  aperçoit  à  travers.  On  sait 
que  ce  caractère ,  indiqué  ici  pour  la  pre¬ 
mière  fois  par  le  célèbre  botaniste  de  Lon¬ 
dres  ,  a  été  constaté  depuis  par  M.  Adrien 
de  Jussieu  dans  les  embryons  de  toutes  les 
autres  Monocotylédonées ,  à  leur  premier 
état  de  développement. 

La  famille  des  Aroïdées  a  été  placée  dans 
une  même  classe  avec  les  Cyclanthées ,  les 
Pandanées  et  les  Acoracées.  Elle  se  distin¬ 
gue  facilement  des  deux  premières  par  son 
port  :  des  Pandanées ,  par  leurs  ovaires  sou¬ 
vent  soudés  et  réunis  plusieurs  ensemble  , 
à  une  seule  loge  et  à  un  seul  ovule  ,  et  par 
leurs  longues  feuilles  sessiles  et  disposées  en 
spirale  serrée  autour  de  la  tige  ;  des  Cyclan- 


ÂRO 

thées,  par  leurs  fleurs  souvent  soudées  et 
confluentes  latéralement ,  également  rou¬ 
lées  en  spirale  autour  d’un  axe  commun,  et 
par  leurs  trophospermes  pariétaux.  Quant  à 
la  famille  des  Acoracées  ,  nous  avons  déjà 
dit  [Voy.  ce  mot)  qu’elle  ne  nous  paraissait 
pas  devoir  être  séparée  des  Aroïdées.  En  ef¬ 
fet  ,  le  seul  caract.  qui  pourrait  distinguer 
les  Acoracées  des  Aroïdées,  ce  serait  la  forme 
des  feuilles  et  la  tige  souterraine  ou  rhizo¬ 
me  articulé  :  car  la  présence  d’écailles  péri- 
goniales  entourant  l’ovaire ,  et  les  étamines 
disposées  circulairement  autour  de  cet 
ovaire,  et  formant  par  conséquent  des  fleurs 
hermaphrodites,  se  retrouvent  dans  la  tribu 
des  Orontiacées.  Ces  étamines  ,  en  nombre 
déterminé  ,  sont  placées  devant  chaque  é- 
caille,  et  leur  sont  opposées.  Il  y  a  donc  ici 
une  analogie  dont  personne  ne  peut  contes¬ 
ter  l’évidence,  et,  à  moins  de  vouloir  éta¬ 
blir  les  familles  naturelles  uniquement  sur 
le  port  ou  les  organes  de  la  végétation,  nous 
ne  croyons  pas  qu’il  soit  nécessaire  de  sé¬ 
parer  le  genre  Âçorus  des  autres  genres 
qui  constituent  la  famille  des  Aroïdées. 

M.  Rob.  Brown  avait  réuni  à  la  famille 
des  Aroïdées  les  deux  genres  Typha  et 
Sparganium  ,  qui  constituent  la  petite  fa¬ 
mille  des  Typhacées  ;  mais  cette  réunion  n’a 
pas  été  adoptée  par  les  autres  botanistes. 

Le  travail  le  plus  complet  et  le  plus  ré¬ 
cent  sur  cette  famille  est  celui  de  M.  Schott 
(ï.  C’est  en  le  suivant  ici,  que  nous  al¬ 
lons  donner  l’énumération  des  genres  qui 
constituent  la  famille  des  Aroïdées  ou  Ara- 
cées. 

AROÏDÉES. 

I"  sous-ordre  :  ANDROGYNANTHÉES. 

Fleurs  nues. 

lre  tribu.  Ambrosimées,  Schott.  Spathe 
persistante  ;  spadice  appendiculé  au  som¬ 
met  ,  portant  inférieurement  une  fleur  fe¬ 
melle,  et  supérieurement  les  fleurs  mâles, 
qui  en  sont  séparées  par  une  sorte  de  cloi¬ 
son.  Ovaire  à  une  ou  plusieurs  loges;  stig¬ 
mate  terminal  étoilé.  —  Plantes  vivaces  à 
rhizome  stolonifère  et  à  pédoncules  très 
courts.  Genres  :  Cryptocorine ,  Fisch.;  Am~ 
brosinia ,  Miche  li. 

2e  tribu.  Bit ACUNCi) t! nées .  Spathe  per¬ 
sistante  ;  spadice  appendiculé  portant  infé¬ 
rieurement  les  fleurs  femelles ,  et  supérieu- 


ÀRO 


ARO 


rement  les  fleurs  mâles.  Anthères  de  cha¬ 
que  fleur  libres  ;  loges  séparées  par  un 
connectif.  Ovaire  uniloculaire ,  surmonté 
par  un  stigmate  capitulé  ou  lobé.  Plantes  à 
rhizome  tubériforme.  Pédoncules  dressés 
après  la  floraison. 

lre  sous-tribu.  Arisarées.  Spathe  striée, 
arquée;  spadice  monoïque  ou  dioïque,  ino¬ 
dore.  Étamines  éloignées  ,  à  filaments  très 
manifestes  et  à  anthère  peltée,  s’ouvrant  en 
deux  ou  quatre  valves.  Pas  de  fleurs  stéri¬ 
les.  Style  assez  long  et  continu.  Genres  : 
Arisarum,  Tournef.;  Arisœma ,  Mart. 

2e  sous-tribu.  Euaroïdées.  Spathe  dres¬ 
sée,  unicolore  ou  maculée;  spadice  monoï¬ 
que,  fétide.  Étamines  très  serrées,  éloignées 
des  ovaires.  Anthères  presque  sessiles  et 
basifixes,  s’ouvrant  par  une  fente  longitudi¬ 
nale.  Fleurs  stériles  nombreuses.  Stigmate 
sessile.  Genres  :  Biarum,  Schott;  Arum, 
L.  ;  Typhonium ,  Schott;  Sauromatum , 
Schott. 

3e  sous-tribu.  Dracunculées.  Spathe  dres¬ 
sée,  concolore  ;  spadice  monoïque  et  fétide. 
Étamines  serrées  et  rapprochées  des  ovai¬ 
res.  Anthères  basifixes  et  presque  sessiles , 
s’ouvrant  par  des  pores.  Fleurs  stériles,  peu 
nombreuses.  Style  manifeste.  Genres  :  Dra- 
cunculus ,  Tournef.;  Candarum,  Reichenb.; 
Pythonium ,  Schott. 

3e  tribu.  Caladiées,  Schott.  Spathe  tu¬ 
buleuse;  spadice .  quelquefois  appendiculé  , 
portant  des  fleurs  mâles  supérieurement,  et 
des  fleurs  femelles  à  sa  base.  Anthères  sou¬ 
dées  ou  libres,  à  loges  plongées  dans  un 
connectif  épais  et  comme  tronqué  et  pelté. 
Ovaire  à  une  ou  plusieurs  loges. 

-lre  sous-tribu.  Colocasiées ,  Schott.  Spa¬ 
the  à  tube  persistant  ;  spadice  nu  en  partie 
ou  en  totalité.  Anthères  soudées.  Ovaire  à 
une  ou  quatre  loges.  Genres  :  Remusatia , 
Schott;  Colocasia ,  Ray;  Caladium ,  Yen- 
ten . Peltandra ,  Ratines.  ;  Xanthosoma  , 
Schott;  Acontias ,  Schott;  Syngonium, 
Schott;  Benhamia,  Schott. 

2e  sous -tribu.  Philodendrées ,  Schott. 
Spathe  persistante  en  totalité,  fermée  après 
la  floraison  ;  spadice  couvert  de  fleurs  ser¬ 
rées.  Anthères  libres.  Ovaire  ayant  de  cinq 
à  quinze  loges  pluri-ovulées.  Ovules  dressés, 
attachés  à  l’axe  externe.  Genre  :  Philo¬ 
dendron,  Schott. 

4e  tribu.  Aïvaporées,  Schott.  Spathe 


147 

persistante;  spadice  couvert  complètement 
de  fleurs  en  partie  mâles  et  en  partie  her¬ 
maphrodites.  Fleurs  neutres  mêlées  aux 
fleurs  femelles.  Anthères  libres  ou  soudées , 
s’ouvrant  par  des  pores.  Ovaire  à  un  petit 
nombre  de  loges. 

lve  sous  -  tribu.  Spathicarpées .  Spathe 
persistante  ;  spadice  augmenté  de  la  partie 
inférieure  de  la  spathe,  portant  les  ovaires. 
Fleurs  éloignées.  Anthères  soudées ,  à  lo¬ 
ges  plongées  dans  un  connectif  tronqué  et 
pelté.  Ovaire  uniloculaire,  contenant  un  seul 
ovule  ascendant.  Stigmate  capitulé.  Gen¬ 
res  :  Spathicarpa ,  ïïook.  ;  Dieffenbachia , 
Schott. 

2e  sous-tribu.  Richardiées.  Spathe  per¬ 
sistante  ;  spadice  libre ,  portant  inférieure¬ 
ment  des  fleurs  hermaphrodites  et  des  fleurs 
mâles  à  sa  partie  supérieure.  Ces  fleurs  sont 
très  rapprochées  ;  leurs  anthères  sont  libres 
et  sessiles,  à  loges  opposées,  s’ouvrant  par 
un  pore  terminal.  Les  ovaires  sont  à  un  pe¬ 
tit  nombre  de  loges ,  contenant  des  ovules 
dressés  ou  attachés  à  l’axe.  Genres  :  Homa- 
lonema,  Schott;  Aglaonema ,  Schott;  Ri- 
chardia,  Kunth. 

IIe  s.-ordre  :  HERMAPHROD1TANTHÉES. 

Fleurs  hermaphrodites. 

lre  tribu.  Callacées  ,  Schott.  Spathe 
persistante  ou  caduque  ;  spadice  tout  cou¬ 
vert  de  pistils  et  d’étamines  nombreuses 
entremêlées.  Filets  des  étamines  plans; 
anthères  attachées  par  leur  partie  moyen¬ 
ne.  Connectif  très  petit;  loges  s’ouvrant 
par  des  valves.  Ovaire  pauciloculaire.  Gen¬ 
res  :  Calla,  L.  ;  Monstera ,  Adans.;  Scindap - 
sus,  Schott. 

2e  tribu.  Orontiacées,  R.  Brown.  Spa¬ 
the  persistante  ou  nulle;  spadice  couvert 
d’étamines  et  de  pistils  environnés  d’un  pé- 
rianthe  formé  de  plusieurs  écailles.  Filets 
des  étamines  plans  et  opposés  aux  écailles  ; 
anthères  attachées  par  leur  partie  moyenne. 
Connectif  très  petit. 

lre  sous-tribu.  Pothoïnées,  Schott.  Spa¬ 
the  persistante;  filaments  plans  et  inclus. 
Stigmate  sessile,  correspondant  aux  écailles 
intérieures.  Feuilles  naissant  en  même  temps 
que  les  fleurs.  Genres  :  Pothos,  L.;  Lasia , 
Lour.  ;  Anthurium ,  Schott  ;  StathyphyU 
lum ,  Schott. 


148 


ARO 


ARO 


2e  sous-tribu.  Dracontiées ,  Schott.  Spa- 
the  persistante  ;  filaments  subulés,  saillants. 
Stigmate  porté  par  un  style.  Feuilles  nais¬ 
sant  après  les  fleurs.  Genres  :  Dracontium , 
L.  ;  Symptocarpus,  Salisb. 

5e  sous-tribu.  Orontiées.  Spathe  nulle. 
Filaments  plans  et  inclus.  Stigmate  obtus. 
Genre  :  Orontium,  L. 

5*  tribu.  Acorées.  Spathe  nulle  ;  spadice 
naissant  des  parties  latérales  de  la  feuille  ; 
tout  couvert  de  fleurs  hermaphrodites.  Fila¬ 
ments  plans;  anthères  introrses ,  s’ouvrant 
en  travers.  Stigmate  presque  sessile.  Ovaire 
à  trois  loges.  Genres  :  Âcorus  ,  L.;  Gym- 
nostachys ,  R.  Brown.  (A.  R.) 

*AROMADENDRON,  Blume,  Bijdr., 
1. 1 ,  p.  10  ;  Flor.  Jav. ,  fasc.  19 ,  tab.  7  et  8 
(xpu)/j.x ,  arôme  ;  fêv-fyo'j,  arbre),  bot.  pii. — 
Genre  de  la  famille  des  Magnoliacées  (tribu 
des  Magnoliées,  DG.).  Suivant  la  description 
qu’en  donne  son  auteur ,  il  offre  pour  ca¬ 
ractères  :  Calice  de  4  sépales  verdâtres ,  fo¬ 
liacés,  caducs.  Corolle  de  20  à  54  pétales 
pluri-sériés,  étalés  ,  disposés  en  ordre  qua¬ 
ternaire  :  les  intérieurs  graduellement  plus 
petits.  Étamines  au  nombre  de  60  à  70,  plu- 
ri-sériées,  très  rapprochées  ,  imbriquées  en 
forme  de  cône  étranglé  au  milieu ,  plus 
courtes  que  les  pétales,  recouvrant  en  par¬ 
tie  le  pistil;  filets  très  courts;  anthères  li¬ 
néaires,  serrées,  introrses,  à  appendice  api- 
eilaire  subulé.  Gynophore  claviforme.  Ovai¬ 
res  très  nombreux ,  subquadrangulaires  ,  1- 
loculaires,  2-ovulés  ,  complètement  soudés. 
Styles  terminaux,  ascendants,  courts,  su¬ 
bulés,  non  persistants,  papilleux  à  la  sur¬ 
face  antérieure.  Syncarpe  globuleux  ou 
ovoïde,  gros,  presque  ligneux,  aréolé,  sti- 
pité ,  caduc  à  la  maturité  ,  composé  d’un 
très  grand  nombre  de  nucules  1-loculaires  , 
1-spermes,  obpyramidales,  polyèdres,  se  sé¬ 
parant  finalement  les  uns  des  autres  (  long¬ 
temps  après  la  chute  du  fruit ,  par  l’effet  de 
la  putréfaction);  épicarpe  subéreux;  méso¬ 
carpe  ligneux  ;  endocarpe  chartacé,  luisant  ; 
réceptacle  commun  claviforme ,  subéreux  à 
la  surface ,  ligneux  en  dedans ,  profondé¬ 
ment  alvéolé.  Graines  par  avortement  soli¬ 
taires  dans  chaque  loge  (nucule) ,  horizon¬ 
tales,  obovales,  lenticulaires,  arillées,  enfon¬ 
cées  chacune  dans  une  alvéole  du  récepta¬ 
cle;.  arille  rougeâtre,  finalement  membra¬ 
neux;  tégument  presque  osseux  ,  d’un  brun 


noirâtre.  Périsperme  huileux,  blanchâtre. 
Embryon  petit  ;  cotylédons  courts  ,  obtus , 
subfoliacés  ;  radicule  cylindrique ,  obtuse  , 
presque  trois  fois  plus  longue  que  les  coty¬ 
lédons.  —  Arbre  très  élevé.  Feuilles  alter¬ 
nes  ,  subdistiques ,  très  entières ,  coriaces, 
courtement  pétiolées  ;  stipules  vertes ,  li¬ 
néaires  ,  caduques.  Fleurs  grandes ,  très 
odorantes,  blanchâtres,  terminales,  soli¬ 
taires,  pédonculées,  avant  l’épanouissement 
enveloppées  chacune  dans  une  spathe  mo- 
nophylle,  coriace,  caduque,  insérée  au  som¬ 
met  du  pédoncule.  Pédoncules  fructifères 
latéraux  (par  le  développement  d’un  nou¬ 
veau  bourgeon).  M.  Blume  n’a  fait  connaître 
qu’une  seule  espèce  de  ce  genre  (  A.  elc- 
gans ).'  Ce  végétal  croît  dans  les  grandes 
forêts  de  Java ,  où  on  le  nomme  Kilung- 
lung  et  Kelatrang  ;  c’est ,  dit  M.  Blume , 
l’un  des  plus  beaux  arbres  que  l’on  puisse 
voir ,  et  qui  fournit  un  bois  de  construction 
très  solide  ;  parmi  toutes  les  Magnoliacées 
de  Java,  son  écorce  est  celle  qui  joint  à  l’a¬ 
mertume  l’arome  le  plus  agréable  ,  et  qui , 
par  cette  raison,  doit  être  employée  de  préfé¬ 
rence  comme  stomachique  ;  les  feuilles  sont 
aromatiques  et  à  peine  amères.  (Sp.) 

*  AROMADENDROSf,  Andrews.  ( non 
Blume  )  (  a^w/z-K ,  arôme  ;  févtyov ,  arbre  ). 
bot.  pii.  —  Synonyme  du  genre  Eucaly¬ 
ptus,  de  la  famille  des  Myrtacées.  (Sp.) 

*AROMARIA.  bot.  .pu.— Section  éta¬ 
blie  par  M.  Bentham  ( Labiat . ,  p.  51)  dans 
le  genre  Coleus,  Loureir.  (de  la  famille  des 
Labiées) ,  et  qu’il  caractérise  comme  il  suit  : 
Calice  fructifère  à  peine  décliné ,  à  gorge 
imberbe.  Faux-verticilles  denses,  subglobu¬ 
leux,  multiflores.  (Sp-) 

AROMATES.  Aroma  (  ü.p>s>f*.x ,  par¬ 
fum  ).  ohm.  —  On  donne  ce  nom  à  toutes 
les  substances  douées  d’une  odeur  suave,  et 
employées  soit  comme  médicaments,  soit 
comme  condiments ,  soit  comme  cosméti¬ 
ques.  Les  Aromates,  tirés  spécialement  des 
végétaux,  doivent  leur  parfum  à  des  huiles 
essentielles  ,  à  des  résines ,  et  quelquefois  à 
de  l’acide  benzoïque.  Les  pays  chauds  sont 
la  patrie  des  Aromates  ;  c’est  de  là  que  nous 
viennent  le  Poivre ,  le  Girofle ,  la  Cannelle , 
la  Muscade,  la  Vanille,  etc.  L’Anis,  le  Fe¬ 
nouil,  l’Aneth,  la  Coriandre,  leCarvi ,  sont 
également  des  Aromates  de  nos  pays;  mais 
leur  odeur  est  moins  pénétrante,  et  leur 


ARO 


ARO 


149 


parfum  a  moins  de  suavité.  Les  propriétés  I  l’Europe  ,  et  se  repose  sur  les  saules;  la  se- 


des  Aromates  sont  d’être  excitants  et  anti¬ 
spasmodiques  ;  leur  saveur  est  ordinaire¬ 
ment  chaude  ,  piquante  ,  et  souvent  même 
amère.  (C.  d’O.) 

AROMATITE  («/sw/za,  parfum),  min. 
(Pline  ).  —  Pierre  précieuse  que  l’on  trou¬ 
vait  en  Arabie  et  en  Égypte ,  et  qui  passait 
pour  avoir  l’odeur  de  la  Myrrhe.  Il  est  dif¬ 
ficile  de  dire  ce  que  ce  pouvait  être. 

(Del.) 

AROME  («/îw/zK,  parfum),  chim.  — 
Emanations  subtiles,  invisibles,  qui  s’écîiap 
pent  de  tous  les  corps  odorants.  On  croyait 
autrefois  que  l’Arome  existait  dans  les  plan¬ 
tes  comme  un  principe  particulier;  on  pen¬ 
se  généralement  aujourd’hui  qu’il  n’est  que 
le  résultat  de  la  vaporisation  du  corps  odo¬ 
rant  lui-même ,  et  que  beaucoup  de  substan¬ 
ces  différentes,  telles  qu’un  extrait,  une 
huile,  une  résine,  constituent  ics  divers  arô¬ 
mes  végétaux.  L’Arome  est  susceptible  de 
se  fixer,  au  moins  pour  un  temps,  dans  l’eau 
ou  d’autres  liquides  qui  lui  servent  de  véhi¬ 
cule  :  les  eaux  aromatiques  s’obtiennent  par 
la  distillation  ou  la  simple  imprégnation. 

(Del.) 

*  AROMÏA  (  upoi/uot ,  parfum  ).  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  tétramères  ,  famille 
des  Longicornes ,  tribu  des  Cérambycins  , 
établi  par  M.  Serville,  et  adopté  par  M.  De- 
jean  ,  ainsi  que  par  M.  Mulsant ,  qui ,  dans 
son  Histoire  naturelle  des  Coléoptères  de 
France ,  p.  56,  en  formule  les  caractères 
ainsi  qu’il  suit  :  Prothorax  inégal,  mais  sans 
rugosités  sur  sa  zone  médiane;  armé  de 
ehaque  côté  d’un  tubercule  épineux.  Man¬ 
dibules  faiblement  dentées  au  côté  interne, 
inerme  extérieurement  dans  les  deux  sexes. 
Palpes  renflés  vers  l’extrémité,  à  dernier  ar¬ 
ticle  obtriangulaire ,  aussi  long  que  tous 
les  précédents  réunis.  Antennes  glabres  ; 
élytres  presque  planes,  flexibles,  non  arron¬ 
dies  à  l’angle  suturai. 

M.  Dejean  ,  dans  son  dernier  Catalogue, 
rapporte  à  ce  genre  six  espèces,  parmi  les¬ 
quelles  nous  citerons  seulement  :  1°  le  Ce- 
rambyx  moschatus  de  Fabr.,  ou  Capricorne 
à  odeur  de  rose  de  Geoffroy  ;  cette  espèce 
exhale  en  effet  cette  odeur,  qui  augmente  à 
l’époque  de  l’accouplement  ;  2°  leCerambyx 
ambrosiacus  de  Steven,  qui  a  la  même  pro¬ 
priété.  La  première  est  répandue  dans  toute 


conde  ne  se  trouve  que  dans  les  parties  mé¬ 
ridionales  de  cette  partie  du  globe  et  en 

Orient.  (D.  et  C.) 

ARONDE.  ois.  —  Synon.  vulgaire  de 
YHirondelle  de  fenêtre.  (C.  d’O.) 

A  RONDE.  Avicula  (diminutif  d’iris, 
oiseau  ).  moll.  —  Cuvier  a  toujours  con¬ 
servé  au  genre  Avicula  de  Bruguière  le  nom 
français  d’Aronde,  qui  n’a  été  adopté  par 
personne,  tandis  que  celui  d’Avicule  est  en 
usage  dans  tous  les  ouvrages  de  Conchylio¬ 
logie.  Voy.  ayicule.  (Desh.) 

ARONDELLE  ou  IS  A  R  ONDE  L  LE . 
ois.  —  Noms  de  l’Hirondelle  en  vieux  lan¬ 
gage  français.  (C.  d’O.) 

ARONGANA  (  nom  vernaculaire  )  , 
Pers.,  Enchir.  bot.  ph.  —  Syn.  du  genre 
Haronga,  Petit-Thou.,  de  la  famille  des 
Hypéricacées.  (Sp.) 

ARONIA,  Pers.  Enchir . ,  t.  II,  p.  59. 
—  Spach,  Ilist.  des  plant,  phan.,  t.  Il ,  p. 
87.  —  Pyri  sectio  Adenorachis,  Sering.  in 
de  Cand.,  Prodr.,  vol.  II,  p.  657.  (  âpuvix, 
plante  qu’on  croit  être  le  Néflier  ).  bot. 
ph.— Genre  de  la  famille  des  Pomacées  (Ro- 
sacées-Pomacées,  Juss.) ,  auquel  nous  avons 
assigné  les  caractères  suivants:  Calice  cyathi- 
forme  ,  o-denté  ;  dents  dressées  pendant  la 
floraison,  finalement  charnues,  rabattues  en 
dedans.  Pétales  5,  courtement  onguiculés, 
orbiculaires  ,  imberbes  ,  réfléchis.  Étamines 
divergentes,  aussi  longues  que  les  pétales. 
Styles  5,  libres,  laineux  à  la  base  ;  stigma¬ 
tes  petits,  capitellés.  Fruit  5-Ioculaire,  om¬ 
biliqué  aux  deux  bouts;  endocarpe  mem- 
branacé.  —  Petits  arbres  ou  arbrisseaux. 
Feuilles  indivisées  ,  courtement  pétiolées 
(rarement  pennatifides  ou  lyrées,  longue¬ 
ment  pétiolées) ,  crénelées  ;  crénelures  or¬ 
dinairement  terminées  en  glandule  mucro- 
niforme  ,  côte  glanduleuse  en  dessus  ;  ner¬ 
vures  fines,  ordinairement  curvilignes.  Sti¬ 
pules  petites,  caduques.  Ramules  florifères 
plus  ou  moins  allongés ,  latéraux  et  termi¬ 
naux.  Fleurs  petites ,  disposées  en  cymes 
ou  en  corymbes.  Corolle  blanche.  —  Ce  g. 
appartient  à  l’Amérique  septentrionale;  on 
en  connaît  environ  10  espèces  ,  dont  plu¬ 
sieurs  se  cultivent  comme  arbrisseaux  d’or¬ 
nement  ;  les  plus  notables  sont  l’A.  sorbi- 
folia  Spach  (  Cratœgm  sorbifolia  Desfont., 
Pyrus  spuria  Lindl. ,  Bot.Eeg.,  tab.  1196, 


150 


ARÜ 


ARP 


Pyrus  sorbifolia  Wats.,  Dendr.  Brit .,  tab. 
55);  l’A.  densiflora  Spach  ( Cratœgus  ar- 
butifolia  Desfont. ,  Pyrus  alpina  Willd.  ) , 
et  VA.  pyrifolia  Pers.  ( Cratœgus  pyrifo- 
lia  Lamk.  ) ,  auquel  VA.  glabrescens  Spach , 
VA.  arbutifblia  Lindl. ,  et  VA.  floribunda 
Lindl.,  doivent  être  rapportées  comme  varié¬ 
tés.  ($p.) 

*ARONICUM  (par  opposition  à  Doro- 
nicum ).  bot.  ph.  —  Ce  genre,  formé  aux 
dépens  de  plusieurs  espèces  de  Doronicum, 
s’en  distingue  par  ses  fruits  munis  d’une 
aigrette  composée  de  plusieurs  rangées  de 
soies  dans  les  fleurs  du  disque,  et  ordinaire¬ 
ment  d’une  seule  rangée  dans  celles  qui  for¬ 
ment  le  rayon.  Ce  genre  se  trouve ,  par  ces 
caractères  intermédiaires ,  entre  les  Arnica 
et  Doronicum.  (J.  D.) 

*ARONQUE.  Aruncus,  Seringe  (inDC., 
Prodr.,  II,  sub  Spiræa).  bot.  ph.  — Sous- 
genre  de  la  famille  des  Rosacées,  fondé  sur 
le  Spiræa  Aruncus  L.  (vulgairement  Reine 
des  prés) ,  et  offrant  pour  caractères  essen¬ 
tiels  :  Fleurs,  par  avortement  dioïques. 
Ovaires  5,  disjoints,  réfléchis  après  la  florai¬ 
son.  Disque  épaissi  en  forme  d’annule  à  la 
gorge  du  calice.  Inflorescence  paniculée, 
composée  de  grappes  spiciformes.  Feuilles 
décomposées,  point  stipulées.  (Sp.) 

AROSPERMUM  ,  Scop.  faute  typo¬ 
graphique.  Voy.  UROSPERMUM  et  ARNO- 
POGON.  (J.  D.) 

*  AROTES  (à/jofYjs,  laboureur),  ins.  — 
M.  Gravenhorst  (  Ichneumonol.)  a  ainsi 
nommé  une  division  du  genre  Banchus,  qui 
est  principalement  caractérisée  par  des  ai¬ 
les  ,  ne  présentant  point  de  seconde  cellule 
cubitale,  et  par  l’abdomen,  subpédonculé , 
ayant  son  extrémité  comprimée  et  la  ta¬ 
rière  des  femelles  assez  longue.  Une  des 
espèces  les  plus  communes  de  cette  division 
est  le  Banchus  (  Arotes)  albicinctus  Grav., 
du  Portugal.  (Bl.) 

*ARGTON.  bot.  ph.  —  L’un  des  genres 
dans  lesquels  Necker  distribuait  les  nom¬ 
breuses  esp.  de  Croton ,  et  qui ,  d’après  ses 
caractères ,  doit  y  rentrer.  Ce  nom  semble 
avoir  été  formé  par  consonnance.  (Ad.  J.) 

AROUNA,  Aubl.  (nom  caraïbe),  bot. 
pk.  —  Syn.  du  genre  Dialium,  de  la  fa¬ 
mille  des  Légumineuses.  (Sp.) 

AROUSSE  ou  ARROUFLE.  bot. 
FH.—Nom  donné,  en  Auvergne,  à  VErvufn 


hirsutum  et  à  plusieurs  autres  espèces  de 
graines  légumineuses.  (C.  d’O.) 

ARPACTUS (  à/3irco«^s,  ravisseur;  il 
faudrait  écrire  Harpactus).  ins.  —  Jurine 
C Nouvelle  Méth.  pour  classer  les  Hymen.) 
applique  cette  dénomination  à  un  g.  de  la 
famille  des  Crabroniens,  de  l’ordre  des  Hy¬ 
ménoptères  ,  tout  à  fait  analogue  au  genre 
Goryies  de  Latreille.  Voy.  ce  mot.  (Bl.) 

*ARPEDIUM  ( à/îïrecPcàv ,  petite  corde?). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères, 
famille  des  Brachélytres,  tribu  des  Omali- 
nes,  établi  par  M.  Erichson  ( Généra  et  Spe- 
cies  Staphylinorum,  p.  858),  qui  lui  donne 
pour  caractères  essentiels  :  Mandibules  mu- 
tiques  ;  mâchoires  membraneuses.  Palpes 
maxillaires  ayant  leur  dernier  article  égal  au 
pénultième.  Jambes  mutiques.  Tarses  pos¬ 
térieurs  ayant  leur  premier  article  allongé. 
Il  y  rapporte  quatre  espèces ,  dont  nous  ne 
citerons  qu’une  seule,  VA.  quadrum  ( Orna  - 
lium  quadrum  Grav.),  qui  se  trouve  en  Al¬ 
lemagne,  en  France  et  en  Suède.  Les  Arpe- 
dium  ont  presque  le  port  de  VOmalium  flo¬ 
rale-,  mais,  parla  forme  du  corselet,  ils 
se  rapprochent  davantage  des  Acidotes.  Ces 
insectes  se  tiennent  sous  les  pierres  et  sous 
les  écorces.  (  D.) 

ARPENTEUR,  ois.  —  Nom  vulgaire 
du  grand  Pluvier  (  Charadrius  œdicnemus 
L.  ).  (C.  d’O.) 

ARPENTEUSES  ,  ou  GÉOMȬ 
TRES.  ins.  —  On  nomme  ainsi  certaines 
Chenilles  qui ,  au  lieu  de  marcher  en  ram¬ 
pant  et  par  ondulations,  font  de  grands  pas 
d’égale  longueur,  qui  leur  donnent  l’air  de 
mesurer  le  terrain  qu’elles  parcourent.  Cette 
allure  leur  vient  de  ce  qu’elles  n’ont  de  pattes 
qu’aux  deux  extrémités  de  leur  corps,  ce  qui 
les  oblige  à  rapprocher  ces  deux  extrémités, 
en  élevant  en  arc  la  partie  intermédiaire  à 
chaque  pas  qu’elles  font.  Comme  toutes  les 
autres  Chenilles  ,  elles  ont  six  pattes  écail¬ 
leuses  attachées  par  paire  aux  trois  premiers 
anneaux  ;  mais ,  chez  elles,  le  nombre  des 
membraneuses  se  réduit  à  quatre,  dont  deux 
anales  et  deux  attachées  au  dixième  an¬ 
neau.  Ces  Chenilles  sont  généralement  lisses, 
d’une  consistance  ferme,  minces,  allongées, 
cylindriques,  et  beaucoup  d’entre  elles  ont 
sur  le  dos  et  sur  les  côtés  des  verrues  ou 
des  tubercules  en  forme  de  nœuds  ou  de 
bourgeons;  ce  qui,  joint  à  leur  couleur  de 


ARP 


ARR 


151 


bois  ou  d’écorce,  les  fait  ressembler  aux  pe¬ 
tites  branches  sur  lesquelles  elles  se  tien¬ 
nent  de  préférence  dans  l’état  de  repos,  afin 
d'échapper,  par  cette  ressemblance,  à  la  vue 
de  leurs  ennemis.  Fixées  alors  seulement 
par  leurs  pattes  de  derrière,  les  unes  élèvent 
leur  corps  verticalement,  et  se  tiennent  rai¬ 
des,  dans  une  position  linéaire ,  qui  leur  a 
mérité  le  nom  d’Arpenteuses  en  bâton  ;  les 
autres  prennent  les  attitudes  les  plus  bizar¬ 
res,  car  on  en  voit  dont  le  corps  est  en  arc, 
en  zigzag,  etc.,  et  toutes  restent  ainsi  im¬ 
mobiles  des  heures  entières  ,  ce  qui  suppose 
chez  ces  petits  animaux  une  force  muscu¬ 
laire  qui  surpasse  l’imagination.  Toutes  les 
Chenilles  arpenteuses  produisent  des  Lépi¬ 
doptères  nocturnes  qui  appartiennent  à  la 
tribu  des  Phalénites.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

ARPEPHORUS  3,  faux  ;  yopâ s,  por¬ 
teur  ;  il  eût  fallu  écrire  Harpephorus).  iks. 
—  Nom  donné  par  M.  Hope  à  un  genre  de 
Coléoptères  pentamères ,  famille  des  Carabi- 
ques,  tribu  des  Scaritides,  lequel  paraît 
correspondre  au  genre  Oxygnatus  de  M. 
Dejean.  Voy.  ce  mot.  (D.  et  C.) 

ARPIDIPHORUS.  ms.  —  Mot  estro¬ 
pié  dans  le  Dictionnaire  classique  d’histoire 
naturelle ,  ainsi  que  dans  celui  de  M.  Dra¬ 
piez  ,  et  dont  la  véritable  orthographe  est 
Aspidiphorus.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

*ARPITIUM,  Neck.  bot.  pii.  —  Syn. 
du  genre  Laserpitium,  de  la  famille  des 
Ombellifères.  (Sp.) 

ARPOPHYLLUM  (  ,  faucille  ; 

pu),>ov,  feuille),  bot.  ph.  —  Famille  des 
Orchidées,  tribu  des  Yandées.  Ce  genre, 
établi  par  MM.  Lalave  et  Lexarza  ,  a  été 
adopté  par  M.  Lindley  (  Gen.  and  Sp. 
Orch.,  p.  151)  ;  il  peut  être  caractérisé  com¬ 
me  il  suit  :  Le  calice  est  étalé;  les  sépales 
latéraux  externes,  soudés  à  leur  base,  for¬ 
ment  une  gibbosité  ou  éperon  court.  Les  sé¬ 
pales  intérieurs  sont  étroits;  le labelle,  arti¬ 
culé  avec  la  base  du  gynostème  prolongée  en 
avant,  est  concave,  indivis,  et  se  termine  en 
un  éperon  court  à  sa  partie  inférieure.  Le 
gynostème,  dressé ,  porte  à  son  sommet  une 
anthère  operculiforme  qui  contient  huft 
masses  polliniques  piriformes.  —  Une  seule 
esp. ,  Arpophyllum  spicatum ,  compose  ce 
genre.  C’est  une  plante  parasite ,  privée  de 
bulbes,  dont  les  fleurs  purpurines  sont  pe¬ 
tites  ,  disposées  en  un  épi  dense ,  et  dont  la 


hampe  sort  de  l’aisselle  d’une  feuille  solitai¬ 
re,  coriace,  canaliculée  et  très  étroite.  Cette 
plante  croît  au  Mexique.  Le  genre  Arpo¬ 
phyllum  est  voisin  du  genre  Maxillaria , 
dont  il  diffère  surtout  par  ses  masses  polli¬ 
niques,  au  nombre  de  huit,  tandis  qu’on  n’en 
compte  que  deux  dans  ce  dernier  genre. 

(A.  R.) 

*ARQUES.  Arcuata.  zool.— Quelques 
zoologistes  ont  ainsi  appelé  les  Crustacés 
brachiures  qui  ont  le  thoracide  en  segment 
de  cercle  et  arqué  par  devant. 

(C.  D’O.) 

ARRABÏDÆA  (Nom  d’homme),  bot. 
m.  —  M.  Steudel  ( Nomencl .  Bot.)  donne 
ce  nom  à  un  g.  qu’il  fonde  sur  le  'Cæsia 
spinosa  Arrab. ,  arbrisseau  du  Brésil.  Il 
rapporte  ce  g.  avec  doute  à  la  famille  des 
Rhamnées  ;  les  caractères  n’en  ont  pas  été 
exposés.  (Sp.) 

* ARRACACHA,  Bancroft  (ex  Berlin. 
Gartenb.  Verhandl .,  1828,  p.  582).  — Arra- 
cacia,  Don.  (nom  vernaculaire),  bot.  piï.  — 
Genre  de  la  famille  des  Ombellifères,  tribu 
des  Smyrnées,  Koch  ;  tribu  des  Pleurosper- 
mées,  s. -tribu  desAmminées,  Tausch,  au¬ 
quel  M.  de  Candolle  (  Bibl .  univers .,  1829, 
janv.,  p.  74  ;  Prodr.,  IV,  p.  245)  assigne  les 
caractères  suivants  :  Limbe  calicinal  inappa¬ 
rent.  Pétales  lancéolés  ou  ovales,  entiers,  a- 
cuminés ,  infléchis.  Disque  gros ,  conique. 
Styles  finalement  recourbés.  Péricarpe  o- 
vale-oblong ,  un  peu  comprimé  bilatérale¬ 
ment  ;  méricarpes  à  cinq  côtes  égales ,  non 
crénelées:  les  côtes  latérales  marginantes; 
bandelettes  en  nombre  indéfini.  Graines  ad¬ 
hérentes,  subsemi-cylindriques,  canaliculées 
antérieurement. —  Herbes  vivaces,  à  racine 
tubéreuse.  Feuilles  bipennées  ,  ou  pennées, 
ou  pennatiparties;  les  inférieures  pétiolées  ; 
les  supérieures  sessiles  sur  leur  gaîne.  Om¬ 
belles  terminales,  ou  terminales  etoppositi- 
foliées,  pédonculées,  à  involucre  nul  ou  oli- 
gophylle  ;  involucelles  5-phylles.  Fleurs  po¬ 
lygames  :  les  marginales  hermaphrodites;  les 
autres  mâles  ou  neutres.  Ce  genre ,  propre 
à  l’Amérique  méridionale ,  ne  renferme  que 
deux  espèces  :  L’A.  xanthorhiza  Bancr. 
[A.  esculenta  DC. ,  Prodr.;  Plant,  dujard. 
de  Genève ,  t.  Y,  tab.  1.  —  Hook,  in  Bot. 
mag.  ,  tab.  5,092.  —  Conium  Arracacha 
Hook.  Exot.  flor.,  tab.  152,  excl.  syn.)  est 
cultivée  comme  plante  alimentaire  dans 


152 


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ïa  province  de  Santa-Fé  de  Bogota ,  où  on 
la  connaît  sous  le  nom  d "’Arracacha.  Ses 
tubercules,  qui  ont  une  saveur  très  agréable, 
constituent  un  des  mets  journaliers  pour  les 
habitants  du  pays.  Les  essais  tentés  à  diver¬ 
ses  reprises,  à  une  époque  encore  peu  éloi¬ 
gnée,  pour  naturaliser  en  Europe  la  culture 
de  celte  plante  ,  ont  toujours  été  infruc¬ 
tueux.  (Si*.) 

ARRAGONITE  ou  mieux  ARAGO¬ 
NITE  (delà  province  d’Aragon),  min.— 
Nom  donné  à  une  espèce  de  Carbonate  de 
chaux  trouvée  d’abord  dans  l’Aragon,  en  Es¬ 
pagne.  Voy.  CARBONATES.  (DEL.) 

ARREMON.  Arremon  (à^/zcov,  silen¬ 
cieux  ).  ois.  —  Genre  de  l’ordre  des  Passe 
reaux  dentirostres  de  Cuvier ,  de  celui  des 
Sylvains  de  Vieillot,  et  de  sa  famille  des  Pé- 
ricalles ,  répondant  à  celle  des  Tanagrinées 
de  Swainson.  Il  fait  également  partie  de 
notre  famille  Tanagridée  et  de  notre  sous- 
famille  Arrémoninée.  Vieillot  forma  ce  genre 
sur  une  seule  espèce ,  de  l’Amérique  méri¬ 
dionale,  VOiseau  silencieux  de  Buffon,  Enl ., 
p.  642  ( Tanagra  silens,  Lat.),  et  changea  à 
tort  son  nom  spécifique  en  le  remplaçant  par 
celui  (TArrèmon  à  collier  ( Arremon  tor- 
quatus,  Vieillot,  Gai.,  pl.  78),  d’après  celui 
de  Tordo  torquato,  que  lui  avait  donné  Aza- 
ra,  mais  postérieurement  à  Buffon. 

Ses  caractères  sent  :  Bec  assez  fort,  droit, 
longicône,  pointu,  à  bords  recourbés  en  de¬ 
dans:  mandibule  supérieure  échancrée  et  lé¬ 
gèrement  fléchie  seulement  à  son  extrémité; 
narines  petites,  basales,  à  demi  couvertes 
par  une  membrane,  et  les  petites  plumes 
hérissées  du  front.  Tarses  et  doigts  allongés, 
l’externe  ne  dépassant  pas  l’interne  ;  ongles 
médiocres,  excepté  celui  du  pouce,  qui  est 
évidemment  allongé  ;  mais  tous  peu  arqués 
et  à  courbure  prolongée.  Ailes  obtuses,  à 
rémiges  primaires,  courtes  et  étagées  jusqu’à 
la  quatrième;  celle-ci  et  la  cinquième  éga¬ 
les  et  les  plus  longues  de  toutes  ;  queue  mé¬ 
diocre,  très  arrondie ,  à  rectrices  élargies  et 
molles,  ainsi  que  les  rémiges  ;  coloration  le 
plus  souvent  olivâtre  ou  noirâtre  en  dessus, 
avec  des  bandes  longitudinales  plus  claires  sur 
la  tête  et  le  cou,  grise  ou  jaunâtre  en  dessous, 
avec  le  bec  noir. 

Il  est  facile  de  reconnaître  aux  caractères 
ci-dessus  que  les  oiseaux  de  ce  genre  ne 
peuvent  être  bons  voiliers,  mais  que,  d’a¬ 


près  la  longueur  des  tarses  et  du  doigt  mé¬ 
dian,  la  brièveté  de  l’externe  et  le  peu  de 
courbure  des  ongles ,  ils  doivent  être  mar¬ 
cheurs.  Ce  sont  effectivement  les  deux  carac¬ 
tères  de  mœurs  les  plus  distinctifs  des  Ar- 
rémons,  et  qui  les  éloignent  le  plus  des  vrais 
Tangaras.  Sonnini,  quia  observé  à  la  Guya¬ 
ne  l’Arrémon  silencieux,  a  remarqué  qu’il  se 
tenait  ordinairement  à  terre  dans  les  lieux 
couverts,  où  il  ne  se  reposait  même  que  ra¬ 
rement  sur  les  branches  basses  des  arbris¬ 
seaux  ;  qu’il  ne  fréquentait  pas,  comme  les 
Tangaras,  les  endroits  découverts  ;  qu’il  é- 
tait  d’un  naturel  tranquille ,  solitaire ,  et 
presque  stupide,  se  laissant  facilement  ap¬ 
procher  et  ne  laissant  entendre  aucun  cri 
ni  aucun  chant.  Azara ,  qui  le  décrit  éga¬ 
lement  dans  son  Histoire  du  Paraguay  sous 
le  nom  de  Troupiale  des  bois  à  hausse-col, 
se  trouve  d’accord  avec  Sonnini  sur  quelques 
uns  de  ces  points,  et  en  diffère  en  ce  qu’il 
dit  ne  l’avoir  vu  que  perché  et  lui  avoir  re¬ 
connu  un  chant  agréable  ;  différence  qui  ne 
provient,  sans  nul  doute,  que  de  celle  des 
époques  où  ces  deux  écrivains  l’ont  observé, 
l’un  à  la  Guyane,  et  l’autre  au  Paraguay, 
dans  la  saison  des  amours.  Quant  aux  habi¬ 
tudes  marcheuses  qu’Azara  dit  n’avoir  point 
reconnues  ,  Sonnini  met  en  note,  dans  sa 
traduction  de  cet  article  de  l’auteur  espa¬ 
gnol  ,  qu’étant  l’auteur  de  l’article  de  l’Oi¬ 
seau  silencieux  de  Buffon ,  il  n’a  rapporté 
en  cela  que  ce  qu’il  a  yu  et  bien  vu  à  la 
Guyane.  M.  d’Orbigny,  qui,dâns  son  voyage 
en  Amérique,  en  a  observé  et  rapporté  deux 
espèces ,  est  aussi  de  l’avis  de  Azara.  Pour 
nous ,  qui  ne  pouvons  juger  que  d’après 
les  formes  extérieures ,  nos  présomptions  , 
d’après  leur  examen,  sont  tout  à  fait  d’ac¬ 
cord  avec  le  récit  de  Sonnini.  Nous  ne  dou¬ 
tons  pas  néanmoins  que  ces  trois  voyageurs 
n’aient  bien  rapporté  ce  qu’ils  ont  vu  réel¬ 
lement,  n’attribuant  la  différence  de  leur 
récit  qu’à  celle  de  la  saison ,  du  moment 
même  où  ils  ont  observé  ces  Oiseaux.  En  re¬ 
gardant  les  Arrémons  comme  Oiseaux  mar¬ 
cheurs,  d’après  la  forme  de  leurs  pattes, 
nous  ne  voulons  pas  dire  que ,  comme  l’A¬ 
louette  des  champs,  ils  n’aient  d’autre  mode 
de  station  que  sur  le  sol  ;  nous  les  compa¬ 
rons,  au  contraire,  à  ceux  des  Oiseaux  per- 
cheurs  qui,  d’habitude,  cherchent  leur  nour¬ 
riture  à  terre,  comme  certaines  espèces  de 


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153 


Bruants,  le  Bruant  proyer,  par  exemple  ;  ce 
qui  n’empêche  pas  qu’ils  ne  se  perchent 
souvent  sur  les  arbres  ou  sur  les  buissons , 
et  qu’ils  n’y  fassent  entendre  leurs  chants 
au  moment  de  leur  nidification. 

Il  paraît  que  la  patrie  favorite  des  Arré- 
mons  est  bien  plutôt  dans  les  régions 
de  la  côte  ouest  de  l’Amérique  du  Sud 
que  dans  celles  qui  en  bordent  la  côte 
est ,  car  on  n’en  a  connu  ou  du  moins 
distingué  long-temps  qu’une  seule  espèce 
dans  la  Guyane  ,  le  Brésil ,  et  même  le  Pa¬ 
raguay  ;  tandis  que  le  Pérou  ,  la  Colombie 
occidentale  et  le  Mexique ,  en  ont  fourni  un 
grand  nombre  dans  ces  derniers  temps.  J’en 
possède  neuf  ou  dix  espèces  nouvelles  pro¬ 
venant  de  Santa-Fé-de-Bogota ,  de  Bolivie , 
de  Carthagène  et  du  Mexique ,  et  qui  réu¬ 
nissent  tous  les  caractères  de  forme  et  le 
système  de  coloration  de  l’Arrémon  silen¬ 
cieux;  ce  qui  justifie  pleinement  la  forma¬ 
tion  du  genre  par  Yieillot.  Elles  sont  toutes 
décrites  tant  par  M.  Boissonneau  que  par 
nous -même  dans  la  Revue  zoologique  de 
Guérin ,  année  1840. 

D’après  les  rapports  marqués  qui  existent 
entre  les  Arrémons ,  les  Embernagres  de 
Lesson  ,  et  les  Embérizoïdes  deTemminck, 
tant  en  raison  de  la  brièveté  de  leurs  ailes  que 
de  la  longueur  de  leurs  tarses,  la  forme  de 
leurs  doigts  et  le  peu  de  courbure  de  leurs 
ongles,  qui  font  de  ces  genres  3  genres  mar¬ 
cheurs,  nous  avons  été  tenté  d’en  former  une 
petite  sous-famille  basée  sur  ces  caractères  de 
forme  et  de  mœurs  qui  les  distinguent  de  tous 
les  autres  Tanagridées  ;  mais  nous  retrou¬ 
vons  chez  le  genre  Habia  tant  d’analogie 
dans  la  forme  de  toutes  les  autres  parties , 
et  surtout  dans  le  système  de  coloration  de 
presque  toutes  les  espèces ,  que  les  séparer 
eût  été,  ce  nous  semble,  mettre  un  jalon  où 
la  nature  avait,  au  contraire,  placé  des  chaî¬ 
nons  ,  et  nous  avons  préféré  les  réunir  dans 
notre  sous-famille  des  Arrémoninées. 

L’espèce  type  du  genre,  l’Arrémon  si¬ 
lencieux  ( Arremon  silens  Nob.  ;  l’Oiseau 
silencieux  de  Buffon ,  Enl.  742  ;  Tanagra 
silens  Lat.  ;  Arrémon  à  collier  (Ar.  torqua- 
tus )  de  Yieillot ,  Gai. ,  pl.  78  ;  Tordo  tor- 
quato  ou  Troupiale  des  bois  à  hausse-col , 
Azara,  esp.  78  )  est,  en  dessus,  d’un  vert 
olive  sombre,  avec  le  pli  de  l’aile  jaune 
vif,  le  dessus  et  les  côtés  de  la  tête  noirs , 

T.  II. 


avec  trois  bandes  longitudinales  ,  l’une 
médiane  et  verticale  cendrée ,  les  deux  au¬ 
tres  suroculaires,  blanches;  la  gorge  et  le 
devant  du  cou  de  cette  couleur,  encadrés 
par  une  sorte  de  hausse-col  noir ,  le  milieu 
du  ventre  et  de  l’abdomen  blancs,  avec 
leurs  côtés  gris  cendrés  ;  les  pattes  jaun⬠
tres  et  le  bec  noir.  On  retrouve  dans  pres¬ 
que  toutes  les  autres  espèces  un  système 
de  coloration  analogue,  c’est  à-dire  la  tête 
et  le  cou  d’une  couleur  différente  du  dos , 
plus  foncée  en  général ,  et  présentant  des 
bandes  longitudinales ,  principalement  sur 
le  vertex ,  plus  claires  que  le  fond ,  avec 
des  indices  de  hausse-col  chez  quelques  unes. 
Toutes  sont  remarquables  par  la  même  for¬ 
me  de  pattes  marcheuses  que  nous  avons  si¬ 
gnalées  d’abord.  Voij.  arrémoninées  et  les 

g.  EMBERNAGRE  et  EMBÉRIZOIDE.  (LAFR.) 

*  ARRÉMONINÉES.  Arremoninœ 
(Arrémon,  un  des  g.  de  ce  groupe),  ois. — 
Sous-famille  de  notre  famille  des  Tanagri¬ 
dées  ,  celle  -  ci  répondant  à  celle  des  Péri- 
calles  de  Yieillot ,  et  aux  Tangaras  de  Cu¬ 
vier.  Ses  caractères  sont  :  Bec  de  forme  très 
variable,  quelquefois  gros  et  élevé  à  sa  base, 
arqué  en  dessus  dans  sa  longueur;  quelque¬ 
fois  longicône,  toujours  échancré  à  sa  poin¬ 
te  et  comprimé  latéralement  ;  bords  de  la 
mandibule  supérieure  souvent  renflés  vers 
la  base  avec  un  sinus  rentrant,  plus  ou  moins 
prononcé ,  et  terminé  quelquefois  par  un 
angle  obtus  et  saillant  vers  le  milieu  de  la 
mandibule,  celle-ci  sensiblement  plus  haute 
que  l’inférieure.  Ailes  obtuses  ou  sur-obtu¬ 
ses,  à  rémiges  peu  longues ,  souvent  très 
courtes.  Tarses  de  longueur  moyenne,  sou¬ 
vent  robustes,  avec  les  ongles  à  courbure 
courte;  ou  allongés,  ainsi  que  les  doigts, 
avec  les  ongles  à  courbure  faible  et  pro¬ 
longée.  Queue  plus  ou  moins  étoffée  et  lon¬ 
gue  ,  arrondie  à  son  extrémité ,  rarement 
carrée  ,  et  quelquefois  très  étagée  et  en 
pointe  allongée.  Oiseaux  à  vol  bas  et  peu 
rapide,  buissonniers,  quelquefois  marcheurs, 
des  terrains  herbus ,  vivant  solitaires  ou  par 
couples ,  et  tous  particuliers  au  nouveau 
continent. 

On  avait,  depuis  long-temps,  réuni,  sous 
le  nom  de  Tangaras ,  une  infinité  d’esp. 
américaines  dont  beaucoup  semblaient  n’a¬ 
voir  réellement  de  commun  entre  elles  qu’un 
bec  voisin  de  celui  des  Fringilles  ou  des 
10* 


154 


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Gros-Becs,  mais  terminé  par  une  échan¬ 
crure.  Desmarets ,  le  premier ,  les  divisa  en 
plusieurs  sections,  et  après  lui  Vieillot  en 
forma  divers,  genres  qu’il  réunit  en  une  fa¬ 
mille  sous  le  nom  de  Péricalles ,  nom  que 
nous  aurions  adopté  si  nous  ne  nous  étions 
conformé  à  la  méthode  actuelle  de  former 
le  nom  des  familles  de  celui  d’un  des  genres 
les  plus  marquants  qu’elles  renferment.  Les 
genres  de  Vieillot  ont  été  généralement 
adoptés,  et  méritaient,  selon  nous,  d’au¬ 
tant  plus  de  l’être ,  qu’en  les  formant  cet 
auteur  n’avait  fait,  pour  ainsi  dire,  que  chan¬ 
ger  les  noms  d’autant  de  groupes  créés  pri¬ 
mitivement  par  Azara  ,  en  Amérique  , 
d’après  de  bonnes  observations  sur  la  diver¬ 
sité  de  leurs  formes  et  de  leurs  mœurs. 
Ainsi ,  les  Lindos  de  l’auteur  espagnol  sont 
restés  des  Tangaras  pour  Vieillot ,  comme 
ils  l’étaient  déjà  pour  BufTon.  Ses  Troupia- 
les  des  bois  sont  devenus  les  Tachyphones 
et  les  Arrémons  de  notre  auteur  ;  une  par¬ 
tie  de  ses  Becs-en-poinçon  ont  pris  le  nom 
de  Némosie.  Quant  à  ses  Habias  ,  non  seu¬ 
lement  Vieillot  a  adopté  le  genre ,  mais  il 
leur  a  conservé  le  même  nom ,  qu’il  a  rendu 
en  latin  par  celui  de  Saltator.  A  ces  divers 
genres,  déjà  indiqués,  comme  on  voit,  par 
Azara,  Vieillot  a  ajouté  ceux  de  Ramphocèle, 
Pyranga ,  Touit,  Phibalure  et  Viréon. 

Nous  adoptons  nous-même  tous  ces  g. 
de  Vieillot  dans  notre  famille  des  Tanagri- 
dées ,  excepté  ceux  de  Viréon,  Pliïbalure  et 
Touit ,  qui  nous  paraissent  plus  naturelle¬ 
ment  groupés  ailleurs ,  et  nous  y  joignons 
comme  sous-genres  les  Pityles  de  Cuvier , 
les  Cypsnagra  de  Lesson ,  et  les  Lamproies 
de  Swainson. 

Au  milieu  de  ces  genres  nombreux  qui, 
dans  cette  famille  plus  que  dans  toute  au¬ 
tre  ,  présentent  à  chaque  instant  des  esp. 
douteuses  et  mixtes  s’éloignant  plus  ou 
moins  des  caractères  génériques,  nous  avons 
reconnu  deux  types  principaux  et  assez  dis¬ 
tincts,  quant  aux  formes  et  aux  mœurs,  pour 
que  nous  ayons  cru  naturel  de  les  y  ratta¬ 
cher  tous,  et  nous  avons  subdivisé  la  famille 
en  deux  sous-familles ,  sous  le  nom  de  Ta- 
nagrinées  et  d’Arrémoninées,  y  en  ajoutant 
même  une  troisième,  sous  le  nom  de  Phy - 
tolominées. 

Quoique  ce  ne  soit  pas  encore  ici  le  lieu 
de  nous  occuper  de  la  première,  pour  mieux 


faire  comprendre  les  motifs  de  notre  subdf* 
vision ,  nous  indiquerons  succinctement  que 
les  principaux  genres  qui  en  font  partie  dif¬ 
fèrent  de  ceux  de  la  seconde,  qui  fait  le  su¬ 
jet  de  cet  article  ,  par  un  bec  moins  gros  et 
moins  élevé  ;  par  des  ailes  plus  pointues  et 
plus  longues  ;  par  une  queue  plus  courte , 
toujours  terminée  carrément,  quelquefois 
même  un  peu  échancrée;  par  des  pattes 
plus  petites ,  et  par  une  coloration  de  plu¬ 
mage  beaucoup  plus  brillante  et  plus  variée. 
Ils  en  diffèrent,  quant  aux  mœurs,  en  ce 
qu’ils  vivent  souvent  en  troupes ,  se  tien¬ 
nent  dans  des  lieux  plus  découverts,,  et  se 
perchent  dans  les  forêts  sur  la  cime  des  plus 
grands  arbres.  Tels  sont  les  Aglaias  de 
Swainson  ,  les  Euphones ,  les  Tangaras 
proprement  dits  ,  les  Némosies,  les  Pyran- 
gas ,  et  les  sous-genres  Lamprotes ,  Swain¬ 
son  ;  Cypsnagra ,  Lesson,  ou  Leucopygia , 
Swainson. 

On  conçoit  facilement ,  d’après  la  diffé¬ 
rence  des  caractères  ci-dessus  énoncés ,  que 
nous  ayons  cru  utile  de  former  ces  deux 
coupes.  Celle  des  Arrémoninées,  dont  nous 
nous  occupons,  renferme  les  g.  Tachy • 
phone ,  Ramphocèle  ,  Béthyle ,  Habia  avec 
son  sous-genre  Pity  le ,  Arrémon,  E'mber- 
nagre  avec  son  sous-genre  Embernagroïde , 
et  Emberizoïde  ,  qui  tous ,  excepté  celui  de 
Ramphocèle,  n’offrent,  dans  leur  coloration, 
que  des  teintes  sombres  et  peu  variées. 

Nous  avons  nommé  cette  sous -famille 
Arrémoninée,  parce  que  le  genre  Arrémon 
qui  en  fait  partie  peut  être  considéré  comme 
le  genre  type ,  et  comme  celui  de  transition 
d’une  partie  des  autres  genres  simplement 
buissonniers  à  ceux  qui  sont  buissonniers  et 
marcheurs  comme  lui.  Il  se  lie  presque  avec 
tous  par  quelques  unes  de  leurs  esp.  chez 
lesquelles  on  retrouve  ou  l’ensemble  de  ses 
formes,  ou  son  système  de  coloration,  ou 
la  forme  particulière  de  ses  pattes  d’oiseau 
marcheur.  Ainsi ,  d’après  l’ordre  où  nous 
les  avons  présentés ,  et  en.  remontant  vers 
la  première  sous-famille,  il  se  lie  de  la  ma¬ 
nière  la  plus  intime  avec  le  genre  voisin  Ha¬ 
bia  ,  chez  lequel ,  outre  de  grands  rapports 
de  forme ,  on  retrouve  entièrement  la  même 
coloration  olive  ou  gris-ardoise  en  dessus  , 
cendrée  et  blanchâtre  en  dessous,  avec  la 
tête  noirâtre,  des  bandes  sourcilières  et  la 
gorge  blanches  ,  celle-ci  bordée  latérale- 


ARR 


ARR 


155 


ment,  quelquefois  même  encadrée,  de  noir. 
Une  espèce  entre  autres ,  l’Habia  noir  cap 
(  Saîtator  alriceps  Less.,  Cent. ,  pl.  69), 
offre,  dans  son  plumage,  de  si  grands  rap¬ 
ports  avec  celui  de  Y  Arrémon  silencieux  , 
type  du  genre,  que  le  prince  de  Musignano 
en  a  fait  unArrémon,  et  l’a  décrit,  dans  les 
Proceedings  (1857 ,  p.  117),  sous  le  nom 
d ’  Arrémon  giganteus  ,  ignorant  sans  nul 
doute  qu’il  l’avait  été  précédemment.  Du 
reste,  la  force  et  le  peu  de  longueur  de  ses 
tarses,  la  grosseur  et  la  forme  de  ses  doigts 
et  de  ses  ongles,  ainsi  que  de  ses  autres 
parties,  en  font,  selon  nous,  un  véritable 
Habia ,  comme  l’avait  d’abord  jugé  M. 
Lesson. 

Parmi  les  Tachyphones ,  nous  trouvons 
encore  une  espèce ,  le  Tachyphone  palmiste 
(  Turdus  palmarum  Gmel.  ) ,  dont  la  colo¬ 
ration ,  le  bec  longicône  ,  sont  entièrement 
analogues  à  ceux  des  Arrémons  ;  du  reste 
ce  genre  Tachyphone,  par  ses  espèces  à  bec 
non  denté  et  buissonnières ,  se  lie  avec  les 
Ramphocèles,.  de  la  même  s. -famille,  qui  ont 
les  mêmes  formes  et  les  mêmes  mœurs ,  et 
par  ses  espèces  à  bec  denté  et  forestières  (les 
Lanions  de  Vieillot),  il  se  rapproche  des 
Pyrangas  de  notre  première  sous-famille. 

Si  dans  la  plupart  des  g.  de  notre  sous- 
famillé*  des  Arrêmoninées  qui  précèdent  ce¬ 
lui  d’ Arrémon  il  se  rencontre  des  espèces 
offrant  son  système  de  coloration  et  sa  con¬ 
formation  d’ailes  et  de  queue,  celui-ci  se 
distingue  de  tous  par  un  caractère  selon 
nous  fort  important,  celui  de  tarses  plus 
élevés  et  plus  grêles ,  de  doigts  plus  longs 
et  d’ongles  moins  courbés ,  caractère  qui  in¬ 
dique  un  oiseau  marcheur  devant  chercher 
sa  nourriture  sur  le  sol ,  et  qui  le  lie  inti¬ 
mement  avec  les  deux  genres  suivants,  en¬ 
core  plus  marcheurs  que  lui,  les  Emberna- 
gres  de  Lesson ,  et  les  Emberizoïdes  de 
Temminck.  Le  premier  a  pour  type  YErnbe- 
riza  platensis  de  Gmel.  ;  Habia  des  lieux 
aquatiques  de  Azara;  et  le  second,  le-Fn'n- 
gilla  macroura  Gmel.  ;  Emberizoïde  lon- 
gibande  Temm. ,  ou  PU  de  l’aile  jaune 
(Azara,  n°  230).  Ces  deux  derniers  genres 
sont  particuliers  aux  terrains  couverts  de 
grandes  herbes  ,  de  joncs ,  de  petits  buis¬ 
sons  ,  sur  lesquels  ils  se  perchent ,  lorsqu’ils 
quittent  la  surface  du  sol  sur  lequel  ils  cher¬ 
chent  habituellement  leur  nourriture.  Ils 


pourraient,  avec  le  g.  Arrémon ,  former  dans 
notre  sous-famille  des  Arrémoninées  une 
petite  section  sous  le  nom  à’ Arrémoninées 
marcheurs  des  herbes. 

Après  avoir  scrupuleusement  comparé  les 
Pityles  de  Cuvier  avec  les  Habias  de  Vieillot, 
ils  ne  nous  ont  offert  aucuns  caractères  diffé¬ 
rentiels  ,  et  la  caractéristique  même  qu’il  a 
donnée  dans  son  Règne  animal,  2e  édit.,  p. 
413,  de  son  genre  Pityle,  convient  parfaite¬ 
ment  à  celui  d’Habia.  Nous  sommes  seu¬ 
lement  étonné  que  ce  célèbre  naturaliste , 
qui,  dans  sa  classification  ornithologique  , 
était  pour  ainsi  dire  esclave  de  ses  .divisions 
d’après  la  forme  du  bec ,  ait  placé  dans  ses 
Conirostres  les  Pityles,  tous  remarquables 
par  une  échancrure  des  plus  apparentes  à 
l’extrémité  du  bec ,  et  qui  eût  dû  les  lui 
faire  reporter  dans  ses  Dentirostres ,  et  dans 
la  famille  des  Tangaras ,  leur  place  natu¬ 
relle.  Son  Pitylus  grossa ,  et  l’espèce  voi¬ 
sine  ,  le  Coccothraustes  cœrulescens  ,  de 
Vieillot,  réunissent  à  tous  les  caractères 
des  vrais  Habias  leur  système  de  colora- 
ration ,  et  ne  sont  remarquables  que  par  un 
bec  un  peu  plus  élevé ,  et  dont  le  feston 
basal  et  marginal  est  un  peu  plus  prononcé 
que  chez  la  plupart  des  esp.  chez  lesquelles 
toutefois ,  comme  chez  tous  les  Tanagri- 
dées  ,  on  voit  le  bec  varier  à  l’infini  de  for¬ 
me  comme  de  dimension  d’une  espèce  à 
l’autre.  Ses  Pitylus  erythromelas  et  cana- 
densis  offrant,  outre  un  bec  moins  compri¬ 
mé  ,  une  coupe  d’ailes  moins  arrondie  que 
les  deux  espèces  ci-dessus,  nous  les  lais¬ 
sons  comme  types  des  Pitylus ,  qui,  dès  lors, 
ne  peut  plus  figurer  que  comme  sous-genre 
d’Habia,  ses  caractères  génériques  étant 
pour  ainsi  dire  les  mêmes. 

Voyez  TACHYPHONE,  RAMPHOCÈLE,  BÉ- 
THYLE,  HABIA,  ARRÉMON,  EMBERNAGRE 

et  emberizoïde  ,  et  de  plus  les  mots  ta- 

NAGRIOÉES  et  TANAGRINÉES.  (LAFR.) 

*  ARREAG  ( Arrenga ,  du  nom  javanais 
de  l’espèce  type),  ois.  —  Genre  formé  par 
Lesson,  dans  son  Traité,  sur  l’oiseau  décrit'et 
figuré  par  Horsfield  (Reis.  in  Java )  sous  le 
nom  de  Turdus  cyaneus,  et  par  Temminck  , 
pl.  col.  194 ,  sous  celui  de  Brève  bleuet 
(. Pitta  glaucinà),  et  plus  tard  dans  ses  gé¬ 
néralités  du  genre  Myiophone ,  sous  celui 
de  Myiophone  bleuet  (  Myiophonus  glau- 
einus )« 


156 


ARR 

Les  caractères  assignés  au  genre  par  M. 
Lesson ,  tant  dans  son  Traité  que  tout  ré¬ 
cemment  in  litteris  ,  sont  :  Bec  fort ,  re¬ 
courbé  ,  à  arête  vive ,  terminée  par  une 
pointe  crochue  ,  fortement  dentée  ,  très 
comprimé  sur  les  côtes.  Narines  nues ,  ron¬ 
des,  percées  dans  une  fosse  triangulaire.  Plu¬ 
mes  de  la  commissure  décomposées ,  à  bar- 
bules  très  fines;  pas  de  soies.  Ailes  longues, 
atteignant  les  deux  tiers  de  la  queue,  à  pre¬ 
mière  penne  bâtarde  ,  les  2e  et  5e  étagées  , 
4e,  5e,  6e,  égales  et  les  plus  longues  ;  queue 
médiocre  ,  égale.  Tarses  longs,  robustes ,  à 
pouces  robustes.  Ongles  crochus,  recourbés. 
(Des  îles  d’Asie ,  une  espèce.) 

Quoique  la  réunion  de  cette  espèce  par 
M.  Temminck  à  ses  Myiophones  paraisse 
des  plus  fondées ,  M.  Lesson  persiste  (  in 
litteris,  et  dans  la  Revue  zool. ,  Guérin , 
1840,  p.  267)  à  l’en  séparer.  Pour  nous , 
après  l’avoir  scrupuleusement  comparée  aux 
trois  Myiophones  connus,  nous  avons  trouvé 
qu’elle  en  réunissait  complètement  les  ca¬ 
ractères  génériques  et  le  système  de  colo¬ 
ration  à  taches  pectorales  luisantes.  Voyez 

MYIOPHONES.  (LAFR.) 

*  ARRÉNTURE.  Arrenurus  («A fav  , 
mâle  ;  où/sx ,  queue  ).  arach.  —  Genre  éta¬ 
bli  dans  la  famille  des  Hydrachnes  par  Dugès, 
et  comprenant  les  Hydrachna  emargina- 
tor,  albator,  testudo ,  etc.,  des  auteurs,  et  un 
nombre  assez  considérable  d’espèces  nou¬ 
vellement  décrites  par  M.  Koch.  Scs  caractè¬ 
res  sont  :  Palpes  courts,  claviformes,  à  qua¬ 
trième  article  plus  long  et  plus  fort  que  les 
autres ,  le  cinquième  falciforme.  Mandibu¬ 
les  onguiculées.  Bec  court.  Corps  cuirassé, 
pourvu,  dans  le  mâle,  d’un  appendice  cau- 
diforme.  Yeux  écartés.  Cuisses  très  larges; 
le  bord  de  la  vulve  aplati.  Larves  non  en¬ 
core  observées.  (P.  G.) 

*ARRESTERON.  bot.  cr.— Ce  mot, 
qui  signifie,  en  patois  gascon,  petit  râteau , 
sert  à  désigner ,  dans  les  environs  de  Dax , 
l’IIydne  sinué  ,  Hydnum  repandum,  Lin. 
Voy.  HYDNE.  (LÉ Y.) 

ARRÊTE-BOEUF.  bot.  ph.  —  Nom 
vulgaire  de  VOnonis  spinosa,  et  de  quelques 
autres  espèces  congénères.  (Sp.) 

ARRÊTE  NEF.  poiss.  —  Dénomina¬ 
tion  vulgaire  de  VEcheneis  Rémora.  Voy. 
ce  mot.  (Y al.) 

ARRHENÎACHNfE {«■ pfav,  mâle;  «xn, 


ARR 

paillette  ).  bot.  pu.  — Ce  genre ,  fondé  par 
Cassini,  fait  aujourd’hui  partie  des  Bac - 
charis.  _  (J.  D.) 

ARRHÉNIATHÈRE.  Arrhenatlie- 
rum  (appw ,  mâle  ;  àBÿp ,  barbe  d’épi),  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Graminées  , 
tribu  des  Avénacées  ,  établi  par  Palissot  de 
Beauvois ,  adopté  par  Trinius,  Kunth ,  et 
tous  les  agrostographes  modernes.  Ce  g., 
qui  a  pour  type  V  Avena  elatior  L. ,  offre 
les  caractères  suivants  :  Les  épillets  sont  bi- 
flores ,  avec  le  rudiment  d’une  troisième 
fleur  sous  la  forme  d’un  filament.  La  fleur 
inférieure  est  mâle,  et  la  supérieure  est  her¬ 
maphrodite.  La  lépicène  se  compose  de 
deux  valves  membraneuses  et  concaves  ;  la 
supérieure,  un  peu  plus  longue  ,  est  de  la 
même  hauteur  que  les  fleurs.  Les  paillettes 
de  la  glume  sont  herbacées  :  l’inférieure  est 
concave  et  aristée;  la  supérieure  est  bica- 
rénée. 

Dans  la  fleur  mâle ,  l’arête  est  très  lon¬ 
gue,  tordue  à  sa  partie  inférieure,  et  naissant 
de  la  base  de  la  paillette  ;  dans  la  fleur  her¬ 
maphrodite,  au  contraire,  elle  est  beaucoup 
plus  courte ,  et  naît  un  peu  au  dessous  du 
sommet.  L’ovaire  est  piriforme,  poilu  au 
sommet.  Les  stigmates  sont  presque  sessiles, 
en  forme  de  pinceaux,  et  à  poils  simples  et 
denticulés.  Les  paléoles  sont  glabres ,  très 
longues,  et  lancéolées. 

Ce  genre  ne  se  compose  que  de  deux  es¬ 
pèces  :  l’une,  Arrhenatherum  avenaceum 
Beauv.  ( Agr .,  55,  t.  II,  f.  5) ,  Avena  elatior 
L.,  est  une  grande  plante  vivace,  très  com¬ 
mune  dans  tous  nos  prés  ;  l’autre,  Arrhena¬ 
therum  pallens  Link.  (  Hort .  ber.,  t.  I , 
p.  124  ),  croît  en  Portugal.  (A.  R.) 

ARRHÉNODES  (  ,  viril , 

fort),  ins.  —  Genre  d’insectes  Tétramères, 
famille  des  Curculionides ,  ordre  des  Or- 
thocères,  division  des  Brenthides  ,  établi 
par  Steven  aux  dépens  des  Brentes  de  Fa- 
bricius,  et  adopté  par  Schœnherr,  qui  le  ca¬ 
ractérise  ainsi  :  Antennes  ou  courtes,  ou 
médiocrement  longues  ,  dont  les  articles 
sont  ou  obconiques  inférieurement ,  et  sub¬ 
cylindriques  extérieurement,  ou  entièrement 
de  forme  presque  ronde.  Rostre  avancé, 
très  souvent  cornu  et  dilaté  dans  les  mâles, 
avec  les  mandibules  exsertes  ,  grandes  ,  ro¬ 
bustes  ,  arquées  et  acuminées  chez  la  plu¬ 
part  ;  allongé,  mince,  presque  filiforme , 


ARR 


ARR 


57 


avec  les  mandibules  petites  dans  les  femel¬ 
les.  Tête  très  souvent  courte  dans  les  deux 
sexes ,  assez  large  postérieurement,  et  cou¬ 
pée  devant  les  yeux  ;  cou  bulbiforme.  Cor¬ 
selet  ovale-oblong,  plus  étroit  antérieure¬ 
ment  ,  convexe  en  dessus.  Élytres  allongées, 
subcylindriques,  convexes. 

Ce  genre  figure  dans  le  dernier  Catalogue 
de  M.  Dejean,  qui  y  rapporte  27  espèces 
toutes  exotiques,  à  l’exception  d’une  seule, 
VArrhenodes  coronatus  de  Germar ,  qui  se 
trouve  en  Italie  et  en  Illyrie ,  et  qui  est  la 
même  espèce  que  le  Brentus  italiens  de 
Bonelli.  (D.  et  C.) 

*  ARRHENOPLITA  ,  mâle  ; 
6 Aiurys,  armé),  ins.  —  Sous-genre  de  Co¬ 
léoptères  hétéromères  ,  famille  des  Taxicor- 
nes ,  tribu  des  Diapériales  ,  établi  par  Kirby 
(Fauna  Borealis  Americana ,  pag.  255,  an¬ 
née  1837)  aux  dépens  du  genre  Diaperis  , 
Fabr.,  et  auquel  il  donne  pour  type  la  Dia¬ 
peris  hœmorrhoidalis  Fabr. 

Ce  genre  correspond  au  genre  Neomida 
de  Ziegier  (Catalogue  de  Dabi),  et  au  genre 
Oplocephala  de  MM.  Delaporte  et  Brullé 
(  Ann.  des  sciences  naturelles ,  t.  XXIII, 
p.  338  ).  Voyez  oplocephala. 

(D.  et  C.) 

ARRBENOPTERUM  («^v,  mâle; 
Ktepév ,  aile),  bot.  cr.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Mousses,  division  des  Acrocarpes, 
établi  par  Hedwig,  et  qui,  depuis  sa  fonda¬ 
tion,  a  subi  plusieurs  vicissitudes,  rejeté  par 
les  uns  sous  le  prétexte  que  son  péristo- 
me  ne  le  distinguait  pas  suffisamment  des 
Bryum,  admis  par  les  autres,  à  cause  des 
différences  notables  qu’il  présente  dans  ses 
caractères  essentiels ,  et  enfin  assez  solide¬ 
ment  établi  par  deux  des  bryologistes  le 
plus  justement  célèbres,  MM.  Hooker  et 
Schwægrichen.  En  voici  les  caract.  :  Cap¬ 
sule  ovale  -  cylindrique ,  courbée  et  striée 
dans  le  sens  de  sa  longueur ,  munie  d’un 
anneau.  Péristome  double  ;  l’extérieur  com¬ 
posé  de  16  dents  portant  un  sillon  longitu¬ 
dinal  ;  l’intérieur  très  délicat,  hyalin,  divisé 
en  un  nombre  égal  de  dents  lancéolées ,  li¬ 
néaires,  très  étroites ,  percées  de  trois  trous 
ou  lacunes ,  qui  se  confondent  presque  en¬ 
semble  ,  et  séparées  l’une  de  l’autre  par  trois 
cils  capillaires  qui  les  égalent  en  longueur. 
Pédoncule  né  d’une  gaine  ovoïde ,  court  et 
incliné  au  sommet.  Opercule  convexe,  sur- 


|  monté  d’un  bec  court  et  recourbé.  Coiffe 
subulée,  étroite,  un  peu  plus  longue  que 
la  capsule.  Séminules  petites.  Fleurs  mo¬ 
noïques,  les  mâles  composées  d’anthères 
nombreuses,  oblongues ,  accompagnées  de 
paraphyses  plus  longues  qu’elles,  filifor¬ 
mes,  articulées,  et  situées  dans  l’aisselle 
des  feuilles  caulinaires  ;  les  femelles  pla¬ 
cées  au  sommet  des  tiges ,  et  consistant  en 
un  petit  nombre  de  pistils  dont  un  seul  fé¬ 
condé  ,  également  environnées  de  paraphy¬ 
ses. 

Le  port,  les  fleurs  mâles  latérales,  rappro¬ 
chent  ce  genre  des  Hypnes  ;  mais  le  réseau 
des  feuilles  n’appartient  ni  aux  Hypnes,  ni 
aux  Brys.  Il  se  compose  d’une  seule  espèce, 
propre  au  continent  de  l’Amérique  sep¬ 
tentrionale.  (C.  M.) 

ARRHIZES  {Plantes),  bot.  —  Voyez 
ariiizes.  (C.  d’O.) 

ARRIAX.  ois.  —  Espèce  de  Vautour 
très  commune  dans  les  Pyrénées.  C’est  le 
Vultur  arrianus  de  Daudin.  (C.  d’O.) 

ARRIÈRE-FAIX.  Secondinœ.  Secon- 
dine  ou  Délivre,  zool.  —  Organes  mem¬ 
braneux  ,  vasculaires  et  épidermoïdes ,  dé¬ 
pendant  du  fœtus  de  l’homme,  de  celui 
des  bipèdes  et  de  celui  des  quadrupèdes  pen¬ 
dant  la  gestation ,  et  expulsés  de  la  matrice 
le  plus  ordinairement  après  la  parturition. 

Voy.  CIRCULATION  DU  SANG  CHEZ  LE 
FOETUS  ,  CORDON  OMBILICAL  ,  OEUF  ,  et 

placenta.  (M.  S.-A.) 

ARROCHE.  Atriplex ,  Tourn.  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Chénopo- 
dées.  M.  Moquin-Tandon  ( Chenopodearum 
Monogr.,  p.  50)  en  expose  les  caractères 
comme  il  suit  :  Fleurs  monoïques  (  très  ra¬ 
rement  hermaphrodites). —  Fleurs  mâles  (et 
fleurs  hermaphrodites  )  ébractéolées.  Pé- 
rigone  5-5-phylle ,  inappendiculé  .  Étami¬ 
nes  3  ou  5,  insérées,  au  réceptacle. — Fleurs 
femelles  2-bractéolées  ;  bractées  finalement 
amplifiées,  dressées,  conniventes,  tantôt  dis¬ 
tinctes,  tantôt  soudées  inférieurement.  Péri- 
gone  nul.  Styles  2  ,  soudés  inférieurement. 
Péricarpe  très  mince,  friable,  membranacé, 
recouvert  par  les  bractées  (  hastiformes  ou 
rhombiformes).  Graine  verticale,  inadhé¬ 
rente,  sublenticulaire;  tégument  double, 
l’extérieur  coriace  ou  subcrustacé.  Périsper- 
me  copieux  ,  farineux,  blanc.  Embryon  an¬ 
nulaire  ,  blanchâtre;  radicule  infère,  quel- 


158 


ÀRR 


ARR 


quefois  subascendante.  Herbes  ou  sous-ar¬ 
brisseaux  ;  parties  herbacées  le  plus  souvent 
pulvérulentes  ou  couvertes  d’une  pubes¬ 
cence  furfuracée.  Feuilles  alternes  ou  rare¬ 
ment  subopposées,  pétiolées,  le  plus  souvent 
subhastiformes  ou  triangulaires,  anguleuses, 
ou  sinuées-dentées,  ou  très  entières.  Fleurs 
glomérulées;  glomérules  disposés  en  épis 
interrompus. 

M.  Moquin- Tandon  énumère  quarante- 
neuf  espèces  de  ce  genre ,  parmi  lesquel¬ 
les  ne  sont  pas  comprises  un  certain  nom¬ 
bre  d’espèces  considérées  par  plusieurs 
auteurs  comme  des  Atriplex ,  mais  qui  ap¬ 
partiennent  au  g.  Obione ,  Gærtn.  On  trou¬ 
ve  des  Arroches  dans  presque  toutes  les  ré¬ 
gions  du  globe. 

L’Arroche  des  jardins  (  Atriplex 
hortensis  L.  )  est  la  plante  potagère  con¬ 
nue  sous  les  noms  de  Belle-Dame  ,  Bonne- 
Dame  et  Follette.  Cette  plante ,  comme  on 
sait,  a  des  qualités  analogues  à  celles  de 
l’Épinard;  ses  graines,  au  contraire,  sont 
émétiques  et  purgatives ,  mais  on  n’en  fait 
plus  usage  en  thérapeutique.  Plusieurs  es¬ 
pèces  rangées  dans  ce  genre  par  Linné  (no¬ 
tamment  VA.  Halimus)  constituent  le  g. 
Halimus.  (Sp.) 

ARROCHE  PUANTE,  bot.  ph.  — 
Nom  vulgaire  du  Chenopodium  Vulvaria. 

(Sp.) 

ARRONDIES,  arach.— M.  Walcke- 
naër  emploie  cette  dénomination  pour  dési¬ 
gner  une  petite  division  du  g.  Thomisus ,  ca¬ 
ractérisée  par  un  abdomen  déprimé  et  ar¬ 
rondi.  Voy.  thomisus.  (Bl.) 

ARROSOIR.  Aspergillum.  moll.  — 
Dès  1685,  Lister,  dans  son  Synopsis  conchy- 
liorum,  fut  le  premier  qui  donna  une  figure 
exacte  d’une  coquille  de  ce  genre;  il  lui 
imposa  le  nom  de  Phallus  marinus ,  et  il 
la  plaça  dans  le  voisinage  des  Dentales, 
des  Vermets  et  des  Serpules.  Quelques  an¬ 
nées  après,  Bonanni,  dans  ses  Observations 
microscopiques ,  représente  une  espèce  très 
voisine  de  celle  de  Lister,  et  l’indique  com¬ 
me  une  coquille  jusque  alors  inconnue,  ap¬ 
partenant  à  la  classe  des  Vers  marins.  Rum- 
phius,  Gualtieri,  d’Argenville,  ont  également 
donné  des  figures  de  quelques  autres  espè¬ 
ces,  et  Ebenstret,  dans  son  Muséum  richte - 
rianum ,  mentionna  le  Phallus  marinus  avec 
le  Taret  dans  un  genre  qui  renferme  à  la 


fois  des  Dentales,  la  Cloisonnaire,  l’Arrosoir, 
un  Siliquaire  et  des  Vermets.  Dans  la  pre¬ 
mière  édition  du  Systema  naturœ,  Linné 
comprenait  les  Arrosoirs  parmi  les  espèces 
de  son. genre  Dentale.  Linné  conserve  le 
même  arrangement  dans  la  sixième  édition 
du  Système ,  et  l’on  conçoit  qu’avant  les 
observations  récentes  sur  le  genre  Clava- 
gelle  il  était  très  difficile  de  classer  con¬ 
venablement  le  genre  Arrosoir.  L’embarras 
devint  bientôt  plus  grand ,  lorsque  Marvye, 
dans  un  petit  opuscule  intitulé  :  Méthode 
nécessaire  aux  marins  et  aux  voyageurs 
pour  recueillir  et  conserver  les  divers  ob¬ 
jets  d’histoire  naturelle ,  fit  représenter  un 
groupe  d’Arrosoirs  d’après  lequel  il  semble¬ 
rait  que  ces  animaux,  attachés  aux  corps 
sous-marins ,  à  la  manière  des  Serpules  ,  se 
relèvent  et  se  détachent  les  uns  des  autres.j 
Confiants  dans  cette  figure ,  les  auteurs  ont 
dû  croire  que  les  Arrosoirs  appartiennent 
à  la  classe  des  Annélides  tubicoles  ,  et  c’est 
d’après  cette  opinion  que  Linné  plaça  l’es¬ 
pèce  qu’il  connaissait  dans  son  genre  Ser-  j 
pule.  Tous  les  auteurs  linnéens  sans  excep¬ 
tion  conservèrent  au  genre  qui  nous  occu¬ 
pe  les  mêmes  rapports  que  Linné.  Favanne 
contribua  à  accréditer  l’opinion  générale¬ 
ment  reçue,  en  donnant  de  l’Arrosoir  une 
figure  conforme  à  celle  de  Marvye.  Bruguière 
ne  tarda  pas  à  ébranler  l’opinion  vulgaire 
au  sujet  des  Arrosoirs,  en  créant  le  premier, 
sous  le  nom  qui  lui  est  encore  conservé,  le 
genre  Arrosoir ,  pour  le  Serpula  pénis  de 
Linné.  Dans  les  tableaux  qui  sont  en  tête  du 
premier  vol.  de  1  ^Encyclopédie ,  Bruguière 
place  son  genre  Arrosoir  parmi  les  Coquilles 
univalves,  entre  les  Serpules  et  les  Siliquai- 
res.  Dans  sa  première  classification ,  La- 
marck  adopte  cette  opinion  sans  modifica¬ 
tion  ;  et  Cuvier,  dans  son  Tableau  élémen¬ 
taire  d’histoire  naturelle ,  adopte  une  opi¬ 
nion  peu  différente  de  celle  de  Bruguière  et 
de  Lamarck.  Lorsque  Lamarck  étudia  les 
fossiles  des  environs  de  Paris,  et  publia  les 
Mémoires  dans  lesquels  il  décrivit  les  es¬ 
pèces  recueillies  avec  tant  de  soin  par 
M.  Defrance,  ce  savant  naturaliste  eut 
occasion  d’observer  un  genre  très  curieux, 
qu’il  confondait  alors  avec  les  Fistulanes, 
et  dont  il  fit  depuis  son  genre  Clavagelle . 
La  connaissance  de  ce  genre  pouvait  le 
l  conduire  à  établir  les  véritables  rapports 


ARR 


ARR 


159 


des  Arrosoirs;  mais,  en  cela,  il  fut  précédé 
parM.  de  Roissy,  qui,  avec  une  sagacité  peu 
commune,  prévit  que  les  Arrosoirs  devaient 
faire  partie  des  Coquilles  bivalves,  et  n’é¬ 
taient  pas  éloignés  desFistulanes  et  des  Ta- 
rets.  Il  était  certainement  difficile  de  devi¬ 
ner  plus  juste,  surtout  dans  un  temps  où 
rien  n’était  encore  préparé  en  faveur  de  cette 
opinion,  et  où  il  fallait  lutter  contre  la  ma¬ 
nière  de  voir  des  principaux  zoologistes. 
M.  de  Roissy  a  donné  plus  d’une  fois  la  preu¬ 
ve  qu’il  saisissait  avec  une  grande  justesse 
les  rapports  naturels  des  êtres,  ce  qui  nous 
a  toujours  fait  regretter  que  son  dévoûment 
à  la  science  se  soit  borné  à  la  publication 
des  deux  volumes  qui  terminent  la  Conchy¬ 
liologie  du  Buffon  de  Sonnini  commencée  par 
Montfort.  Lamarck  ne  manqua  pas  d’adop¬ 
ter  l’opinion  de  M.  de  Roissy  lorsque ,  dans 
sa  Philosophie  zoologique ,  il  créa  des  fa¬ 
milles  naturelles  dans  le  règne  animal.  Les 
Arrosoirs  font  partie  de  la  famille  des  Phola- 
daires,  à  la  suite  des  genres  Pholade,  Taret 
et  Fistulane.  Dans  les  Mémoires  sur  les 
Fossiles  de  Paris ,  Lamarck  avait  indiqué 
d’une  manière  précise  la  transition  des  Fis- 
tulanes  aux  Arrosoirs  par  l’intermédiaire 
d’une  espèce  attribuée  alors  à  ce  premier 
genre  ,  et  dans  laquelle  il  avait  observé  que 
l’une  des  valves  était  comprise  dans  l’épais¬ 
seur  des  parois  du  tube.  Ce  ne  fut  qu’en 
1812,  dans  VExtraitdu  cours ,  que  Lamarck 
créa  le  genre  Clavagelle,  dont  la  nécessi¬ 
té  fut  confirmée  depuis  par  toutes  les  ob¬ 
servations  qui  y  ont  rapport.  Malgré  l’im¬ 
portance  des  faits  qui  venaient  appuyer 
de  plus  en  plus  l’opinion  de  M.  de  Roissy 
et  de  Lamarck ,  Cuvier,  dans  la  première 
édition  du  Régne  animal,  persista  dans  sa 
première  opinion,  et  considéra  toujours  les 
Arrosoirs  comme  des  tubes  appartenant  à 
des  Annélides  tubicoles  ,  voisines  des  Am- 
phitrites.  Comme  on  doit  le  croire ,  La¬ 
marck,  dans  son  Histoire  des  animaux 
sans  vertèbres,  ne  renonça  pas  pour  cela  à 
son  opinion;  et,  quelques  années  plus  tard, 
nous  y  ajoutâmes  un  nouveau  degré  de  pro¬ 
babilité  en  faisant  connaître  pour  la  pre¬ 
mière  fois  la  Clavagelle  couronnée,  terminée 
à  l’extrémité  antérieure  en  un  disque  aplati, 
sur  l’angle  duquel  naissent  des  tubulures 
branchiées.  Jusque  alors,  l’animal  de  l’Arro¬ 
soir  était  resté  inconnu,  et  comme  il  existe 


des  Annélides  qui  se  terminent  par  un  grand 
nombre  de  tentacules ,  et  chez  lesquelles 
ces  tentacules  sont  protégées  à  leur  base 
par  des  tuyaux  calcaires ,  on  pouvait  très 
bien  leur  comparer  les  Arrosoirs ,  et  soute¬ 
nir,  avec  Cuvier,  que  ce  genre  appartient  à  la 
classe  des  Annélides.  L’examen  de  plusieurs 
espèces  d’Arrosoirs,  et  surtout  de  l’esp.  à 
manchette,  admirablement  figurée  dans  le 
grand  ouvrage  d’Égypte,  rendait  désormais 
impossible  d’admettre  comme  vraies  les  fi¬ 
gures  de  Marvye  et  de  Favanne.  Nous  som¬ 
mes  convaincu  que  ces  pièces  de  collec¬ 
tion,  payées  à  des  prix  très  élevés  par  des 
amateurs  du  dernier  siècle,  étaient  le  résul¬ 
tat  de  l’industrie  des  marchands,  qui  ne  se 
faisaient  pas  scrupule  d’ajuster  sur  de  véri¬ 
tables  Serpules  des  tubes  d’Arrosoir,  et  de 
dissimuler  avec  artifice  ce  rapprochement , 
calculé  par  l’intérêt,  de  deux  choses  qui  n’ont 
entre  elles  aucun  rapport.  On  doit  la  dé¬ 
couverte  de  l’animal  de  l’Arrosoir  h  man¬ 
chettes  à  M.  Ruppel ,  qui ,  dans  un  voyage 
sur  la  mer  Rouge,  fut  assez  heureux  pour 
se  le  procurer.  Cette  découverte  est  venue 
complètement  confirmer  les  prévisions  de 
M.  de  Roissy  et  de  Lamarck ,  et  de  tous 
ceux  des  conchyliologues  qui  s’y  sont  asso¬ 
ciés.  L’animal  rapporté  par  M.  Ruppel ,  et 
figuré  par  lui  dans  la  partie  zoologique  de 
son  Voyage  en  Abyssinie,  a  la  plus  grande 
ressemblance  avec  celui  des  Fistulanes,  et 
il  en  a  également  beaucoup  avec  celui  des 
Clavagelles,  dont  on  doit  la  connaissance 
anatomique  à  M.  Ovven.  Il  résulte  de  l’état 
actuel  des  observations  que  le  genre  Arro¬ 
soir  doit  venir  commencer  la  série  des  Mol¬ 
lusques  acéphales,  si,  avec  Lamarck,  on 
adopte  une  classification  marchant  du  sim¬ 
ple  au  composé.  Tel  qu’il  est  actuellement 
connu,  le  genre  Arrosoir  peut  être  caracté¬ 
risé  de  la  manière  suivante  : 

Animal  cylindrique,  terminé  postérieu¬ 
rement  en  deux  siphons  réunis  et  très  con¬ 
tractiles.  Les  lobes  du  manteau,  soudés 
entre  eux ,  fort  épais,  sans  aucune  trace  de 
leur  séparation,  si  ce  n’est  à  leur  extrémité 
antérieure ,  où  l’on  trouve  une  très  petite 
fente  correspondant  à  celle  du  disque. 
Masse  abdominale  médiocre ,  surmontée 
d’un  pied  rudimentaire ,  placée  en  face 
de  la  fente  du  manteau.  Une  paire  de 
branchies  de  chaque  côté,  s’étendant  sur 


160 


ÀRR 


ARR 


toute  la  longueur  du  siphon  ;  deux  muscles 
postérieurs  s’insérant  dans  l’intérieur  des 
valves  de  la  coquille.  Tube  testacé,  allongé, 
cylindracé,  terminé  antérieurement  en  un 
disque  hérissé  de  courtes  tubulures,  et  pré¬ 
sentant,  au  milieu,  une  petite  fente  longitu¬ 
dinale.  Sur  la  circonférence  de  ce  disque 
s’élève  une  rangée  de  tubulures  rapprochées 
et  dichotomes.  Une  petite  coquille  bivalve, 
régulière,  symétrique,  insérée  en  entier  sur 
le  côté  dorsal  et  antérieur  du  tube.  Ce  tube, 
terminé  postérieurement  par  une  ouverture 
simple  ,  ovale  ou  arrondie  ,  est  quelquefois 
garni  d’une  ou  de  plusieurs  expansions  folia¬ 
cées  en  forme  de  manchettes. 

Les  Arrosoirs  sont  des  coquilles  tubu¬ 
leuses,  cylindracées,  claviformes  ,  dont  l’ex¬ 
trémité  antérieure  ressemble ,  en  quelque 
sorte ,  à  la  corolle  d’une  fleur.  On  y  trouve 
un  disque  central  hérissé  de  petites  tubulu¬ 
res  ,  et  au  milieu  duquel  existe  constam¬ 
ment  une  petite  fente  longitudinale,  courte 
et  étroite.  A  la  circonférence  de  ce  disque 
s’élève  une  rangée  de  tubulures  beaucoup 
plus  grandes,  très  rapprochées ,  régulières , 
et  qui ,  parvenues  à  une  certaine  hauteur , 
se  divisent  en  deux  ;  de  sorte  que  ,  quoique 
rayonnants ,  les  tubes  sont  aussi  rapprochés 
à  leur  extrémité  libre  qu’à  Leur  point  de 
départ.  Sur  la  ligne  dorsale  et  médiane  du 
tube,  et  à  peu  de  distance  du  disque ,  on 
remarque  une  impression  dans  laquelle  on 
reconnaît  toutes  les  formes  d’une  petite  co¬ 
quille  bivalve  dont  les  valves,  très  étalées, 
ont  leurs  contours  saisis  dans  l’épaisseur  du 
tube ,  et  laissent  saillir  au  dehors  leurs 
crochets.  Ces  valves  diffèrent  de  formes 
selon  les  espèces;  et,  si  on  les  examine  à 
leur  surface  intérieure ,  on  y  découvre  des 
impressions  musculaires  par  lesquelles  l’a¬ 
nimal  est  attaché  dans  l’intérieur  du  tube 
qu’il  habite.  Les  Arrosoirs  vivent  enfoncés 
perpendiculairement  dans  le  sable.  En  cela, 
ils  ressemblent  à  plusieurs  Fistulanes  ;  aussi 
remarque-t-on  ce  fait,  commun  aux  deux 
genres,  que  certaines  espèces  ,  en  sécrétant 
leurs  tubes  ,  saisissent,  dans  l’épaisseur  des 
parois,  des  grains  de  sable  et  les  autres 
corps  étrangers  qui  les  touchent.  On  con¬ 
naît  peu  d’espèces  appartenant  au  genre  Ar¬ 
rosoir,  et  pendant  long-temps  on  a  cru  qu’il 
n’en  existait  aucune  à  l’état  fossile.  Cepen¬ 
dant  M.  Hœninghaus  de  Créfelt  en  a  fait 


connaître  une  provenant  des  terrains  ter¬ 
tiaires  de  Bordeaux.  Néanmoins  les  person¬ 
nes  qui,  sur  la  localité  même,  s’occupent  le 
plus  des  esp.  fossiles  du  bassin  de  l’Adour , 
prétendent  que  cette  coquille  n’est  point 
fossile.  M.  Defrance  a  cru  trouver  une  très 
petite  espèce  d’ Arrosoir  fossile  dans  les  sa¬ 
bles  du  Grignot;  nous  pensons  toutefois  que 
le  petit  corps  dont  il  est  question ,  n’ayant 
aucune  trace  de  fente  ou  tubulure  sur  le 
disque ,  ni  aucun  prolongement  tubulifor- 
me ,  n’est  point  un  Arrosoir  ;  ce  serait  plu¬ 
tôt  l’opercule  d’une  Annélide  tubicole. 

(Desh.) 

*ARROSTIA ,  Rafin.  bot.  ph.  —  Syn. 
du  genre  Gypsophila ,  de  la  famille  des 
Caryophyllées.  (Sr.) 

ARROUFLE.  bot.  ph.  —  Voyez  a- 
rousse.  (C.  b’O.) 

ARROUSSE.  bot.  ph.  —  Voy.  arous- 
SE.  (C.  B’O.) 

ARROW SMITH!  A  (nom  d’homme). 
bot.  ph.  — M.  de  Candolle  ,  qui  a  fondé  ce 
genre  de  Composées,  a  cru  devoir  le  laisser 
à  la  suite  de  cette  famille  parmi  les  Incertœ 
sedis.  Ses  caractères  sont  les  suivants  :  Ca¬ 
pitules  multiflores  hétérogames;  fleurs  du 
rayon  1-sériées ,  femelles  ligulées  ;  celles 
du  disque  5-dentées ,  hermaphrodites.  L’in- 
volucre  composé  d’écailles  imbriquées,  ci¬ 
liées  ,  de  longueur  inégale ,  les  extérieures 
ovales-aiguës ,  les  intérieures  oblongues, 
membraneuses  au  sommet,  entourent  un 
réceptacle  couvert  de  soies  raides,  scabres, 
plus  longues  que  les  ovaires.  Le  tube  des 
corolles  est  couvert  de  poils  dans  sa  partie 
supérieure  ;  les  anthères  se  terminent  infé¬ 
rieurement  par  de  courts  appendices;  les 
rameaux  du  style  appartenant  aux  fleurs 
femelles  sont  linéaires-obtus ,  glabres  en 
dehors;  ceux  des  fleurs  hermaphrodites,  au 
contraire,  sont  ovales  et  légèrement  velus 
sur  leur  face  externe  ;  les  fruits ,  dépourvus 
d’aigrette,  présentent  à  la  base  une  aréole 
cornée.  Ce  genre,  indigène  du  Cap,  semble 
se  rapprocher  des  OEdériées  plus  que  de 
tout  autre  groupe.  Voy.  Deless.  icon.  select. 
t.  100.  (J.  D.) 

*  ARROZIE.  Arrozia .  bot.  ph.  — 
Schrader  a  désigné  sous  ce  nom  un  genre 
de  la  famille  des  Graminées,  tribu  des  Ory- 
zées,  formé  avec  le  Caryochloa  Brasilien- 
sis  de  Nees  et  Mart.,  Fl.  Bras.,  Il,  p.  229 , 


ARS 


et  qui  ne  paraît  nullement  rentrer  dans  le 
meme  g.  que  le  Caryochloa  Monleviden- 
sis  de  Sprengcl  (  Voy.  caryochloa  ).  Le 
g.  Arrozia  offre  des  épillets  uniflores,  m⬠
les  et  femelles ,  mélangés  dans  une  meme 
panicule.  Les  écailles  sont  mutiques;  les 
paillettes  manquent  complètement.  Les  éta¬ 
mines,  au  nombre  de  six ,  et  les  stigmates, 
sont  plumeux.  Le  fruit  est  globuleux  et  li¬ 
bre.  Une  seule  espèce ,  Arrozia  micrantha 
Schrad.,  in  Kunth,  Gram.,  I,  p.  H,  est  une 
plante  touffue,  à  feuilles  linéaires  et  planes, 
et  à  fleurs  disposées  en  panicule.  Elle  est 
originaire  du  Brésil,  où  on  la  connaît  sous 
le  nom  d'Arroz  de  mato,  ou  Riz  sauvage. 

(A.  R.) 

*ARRUDEA,  Cambess.  (nom  d’homme). 
bot.  pii. — Genre  de  la  famille  des  Guttifè- 
res ,  et  que  son  auteur  (  Mém.  du  Mus. ,  t. 
XYI,  p.  424)  caractérise  comme  il  suit  :  Fleurs 
hermaphrodites.  Calice  à  sépales  nombreux, 
imbriqués ,  inégaux ,  les  extérieurs  plus  pe¬ 
tits.  Pétales  9  ou  10,  subéquilatéraux ,  convo- 
lutés  en  préfloraison ,  étalés  lors  de  l’anthè- 
se.  Etamines  très  nombreuses,  multisériées, 
insérées  sur  un  réceptacle  conique,  soudées 
en  masse  compacte  ;  anthères  adnées ,  2- 
thèques ,  déhiscentes  par  deux  pores  apici- 
laires.  Ovaire  8-loculaire ,  enfoncé  dans  le 
réceptacle  ;  loges  4-ovulées.  Style  court , 
gros  ;  stigmates  8 ,  cunéiformes ,  distincts , 
disposés  en  étoile.  Fruit  inconnu. —  Arbris¬ 
seau  à  feuilles  très  entières.  Fleurs  solitai¬ 
res  ,  terminales  ;  corolle  grande ,  rose.  Ce 
genre  ne  comprend  qu’une  seule  espèce , 
qui  croît  dans  les  forêts  vierges  du  Brésil 
méridional.  (Sp.) 

ARSÉNIATES.  min.  —  Genre  com¬ 
posé  de  différents  sels  résultant  de  la 
combinaison  de  l’acide  arsénique  avec  les 
bases.  Ces  corps ,  lorsqu’ils  sont  chauffés 
dans  un  tube  de  verre  fermé  par  un  bout , 
ne  produisent  pas  de  sublimation  ;  avec  le 
charbon,  ils  donnent  de  l’acide  arsénieux 
et  l’odeur  d’ail.  Si  on  les  fond  avec  le  Car¬ 
bonate  de  soude,  on  obtient  un  sel  soluble 
dans  l’eau,  dont  la  solution  précipite  en 
brun  parle  nitrate  d’argent,  en  blanc  par 
le  nitrate  de  plomb.  Le  précipité  de  plomb 
est  réductible  au  chalumeau  sur  le  charbon, 
en  dégageant  l’odeur  d’ail.  Les  Arséniates 
étant  isomorphes  avec  les  phosphates  de 
même  formule  atomique ,  ces  deux  genres  de 
T.  II. 


ARS  ici 

sels  sont  souvent  mêlés  entre  eux  en  toutes 
proportions.  Dans  ce  cas,  le  précipité  de 
plomb  ne  se  réduit  qu’en  partie  ;  il  en  reste 
une  portion  qui  se  fond  et  produit  un  glo¬ 
bule  polyédrique.  Ces  sels ,  enfin  ,  renfer¬ 
ment  aussi  quelquefois  des  Chlorures,  et 
offrent  alors  les  réactions  propres  à  ces 
composés,  lorsqu’on  les  fond  avec  le  Sel  de 
phosphore  et  l’Oxyde  de  cuivre. 

La  nature  nous  offre  une  douzaine  d’es¬ 
pèces  d’Arséniates ,  que  nous  partagerons 
en  deux  séries  ;  les  Arséniates  à  bases  mé¬ 
talliques,  et  les  Arséniates  à  bases  d’oxydes 
terreux.  A  la  première  série  se  rapportent 
les  Arséniates  de  fer,  nommés  Pharmacosi- 
dérite  et  Scorodite ;  les  Arséniates  de  cui¬ 
vre,  appelés  Érinite,  Liroconite,  Olivénite , 
Eucliroïte  et  Aphanèse  ,-  les  Arséniates  de 
Cobalt  et  de  Nickel ,  et  l’Arséniate  de  Plomb 
chloruré  ,  ou  le  Mimétèse.  Nous  renvoyons 
la  description  de  ces  espèces  métalliques 
aux  mots  fer  ,  cuivre  et  plomb.  La  se¬ 
conde  série  ne  comprend  que  les  Arséniates 
de  chaux  hydratée,  auxquels  on  a  donné  les 
noms  d’Haidingérite  et  de  Pharmacolite. 

I.  Haidingérile ,  Turner.  Substance 
blanche,  en  petits  cristaux  minces,  allongés, 
ayant  la  forme  de  tables  rectangulaires  ,  bi- 
selées  sur  tous  les  côtés.  Cette  espèce  a  une 
grande  analogie  d’aspect  avec  la  suivante, 
qui  est  beaucoup  plus  répandue  ;  mais  elle 
s’en  distingue  par  sa  cristallisation  et  par  sa 
composition  chimique.  Ses  cristaux,  qui,  se¬ 
lon  M.  Haidinger,  appartiennent  au  système 
rhombique  ,  dérivent  d’un  prisme  rhomboï- 
dal  droit  de  100°  et  80°,  facile  à  cliver  dans 
le  sens  de  la  petite  diagonale.  Elle  est  com¬ 
posée,  d’après  M.  Turner,  d’Arséniate  an¬ 
hydre  de  chaux  ,  83,43 ,  et  d’eau  16,66.  On 
croit  qu’elle  provient  des  mines  de  Riegels- 
dorf,  en  Hesse. 

II.  Pharmacolite,  Karsten.  Chaux  arsé- 
niatée ,  II.  Arsénicite.  Substance  blanche , 
ou  accidentellement  rosée  par  son  mélange 
avec  l’Arséniate  de  Cobalt ,  en  aiguilles  eu 
petits  mamelons  fibreux,  translucide,  vi* 
treuse,  présentant  un  éclat  perlé  sur  ses 
faces  de  clivage.  Ses  cristaux  dérivent  d’un 
prisme  rhomboïdal  oblique  ,  dont  les  pans 
antérieurs  sont  inclinés  l’un  sur  l’autre  de 
417°24’,  tandis  que  la  base  est  inclinée  sur 
eux  de  95°46’.  Ce  prisme  se  clive  avec 
beaucoup  de  facilité  d^ns  le  plan  des  diago- 
11 


ARS 


ARS 


162 

nales  obliques.  Cette  substance  est  rayée 
par  le  Calcaire  ;  sa  densité  est  de  2,7.  Elle 
est  soluble  dans  l’acide  nitrique ,  fusible  en 
émail  blanc ,  et  donne  de  l’eau  par  calcina¬ 
tion.  C’est  une  substance  de  filons ,  qui  se 
trouve  dans  les  différents  gîtes  d’Ârséniures  ; 
elle  remplit  les  fissures  ou  cavités  de  la  gan¬ 
gue  ,  et  meme  de  la  roche  environnante.  A 
Wittichen  ,  en  Souabe  ,  elle  repose  sur  un 
granit  à  gros  grains,  avec  du  Gypse  et  delà 
Barytine.  On  la  rencontre  aussi  à  Riegels- 
dorf,  en  Hesse  ;  à  Andreasberg,  au  Harz ,  et 
à  Sainte-Marie-aux-Mines  ,  dans  les  Vosges. 
Le  minéral  appelé  Pikropharmacolite  n’est 
qu’une  variété  de  Pharmacolite  mélangée 
d’un  peu  d’Arséniate  de  Magnésie.  (Del.) 

ARSENIC.  Arsenicum  (  arsenicum, 
arsenic,  Pline),  chim.  —  Brandt  est  le 
premier  qui  ait  étudié  l’Arsenic,  en  1753. 
C’est  un  métal  d’un  gris  d’acier,  très  éclatant 
lorsque  la  cassure  en  est  récente ,  très  fa¬ 
cilement  pulvérisable,  qui  se  sublime  à  180° 
sans  se  fondre  j  à  moins  qu’on  ne  le  chauffe 
sous  une  pression  beaucoup  plus  considéra¬ 
ble  que  celle  de  l’atmosphère.  Sa  texture  est 
lamelleuse ,  sa  densité  de  5,7.  Exposé  à 
l’air,  il  s’y  recouvre  d’une  couche  terne, 
qui  est  un/ mélange  d’Acide  arsénieux  et 
d’Arsenic ,  ou  ,  suivant  quelques  chimistes  , 
un  sous-oxyde  particulier.  Lorsqu’on  chauf¬ 
fe  l’Arsenic  au  contact  de  l’air,  il  absorbe  ra¬ 
pidement  l’oxygène,  en  répandant  une  odeur 
alliacée  tout  à  fait  caractéristique,  et  se 
convertit  en  acide  arsénieux.  Ce  composé , 
connu  dans  le  commerce  sous  les  noms 
d  Arsenic,  de  Mort  aux  rats ,  est  un  poison 
très  violent.  On  le  rencontre  sous  forme  de 
masses  amorphes,  tantôt  transparentes, 
tantôt  opaques.  Ces  deux  variétés  d’acide  dif¬ 
fèrent  par  quelques  caractères.  La  solubi¬ 
lité  de  l’acide  vitreux  dans  l’eau  est  moin¬ 
dre  que  celle  de  l’acide  opaque  :  l’un  rou¬ 
git  la  teinture  de  tournesol ,  l’autre  ramène 
au  bleu  celle  qui  a  été  rougie  par  un  acide. 
Tous  deux,  à  l’exception  de  ces  caractères, 
se  comportent  de  la  môme  manière  aux 
réactifs. 

L’acide  arsénieux  est  inodore;  la  saveur  en 
est  légèrement  douce  et  cause  un  sentiment 
d’âcreté  dans  la  gorge  ;  il  est  peu  solu¬ 
ble  dans  l’eau  ,  plus  soluble  dans  les  acides 
et  notamment  dans  l’acide  hydrochlorique. 
Il  forme,  avec  la  crème  de  tartre  un  com¬ 


posé  analogue  à  l’émétique;  il  se  dissout 
dans  la  Potasse,  la  Soude,  et  forme  avec  ces 
bases  des  Arséniates  mal  définis.  Les  Arséni- 
tes  métalliques  sont  insolubles  ;  on  ne  les  ob¬ 
tient  que  difficilement. 

L’acide  arsénieux  produit ,  avec  l’hydro¬ 
gène  sulfuré ,  un  précipité  jaune  de  sulfure 
d’Arsenic  ; 

Avec  le  nitrate  d’argent  ammoniacal ,  un 
précipité  jaune  ; 

Avec  le  sulfate  ammoniacal  de  cuivre ,  un 
précipité  vert  d’absinthe. 

La  présence  de  matières  organiques  peut 
souvent  masquer  ces  caractères.  Nous  ren¬ 
voyons  à  l’article  empoisonnement  la 
description  des  procédés  à  employer  pour 
découvrir  l’Arsenic  dans  les  cas  de  médecine 
légale. 

Lorsqu’on  ajoute  à  une  dissolution  d’acide 
arsénieux  du  peroxyde  de  fer  dé  la  con¬ 
sistance  d’une  pâte  claire  ,  il  se  produit  une 
réaction  par  suite  de  laquelle  l’acide  arsé¬ 
nieux  disparaît,  et  le  mélange  cesse  d’être 
vénéneux.  Dans  ce  cas ,  l’acide  arsénieux  se 
convertit  en  acide  arsénique ,  en  réduisant 
le  peroxyde  de  fer  en  protoxyde  ,  et  se  com¬ 
bine  avec  ce  protoxyde. 

L’hydrate  de  protoxyde  de  fer  doit  être  gé¬ 
latineux  ;  on  le  prépare  en  ajoutant  un  excès 
de  bicarbonate  de  soude  à  un  sel  de  per¬ 
oxyde  de  fer.  On  a  conseillé  cette  prépara¬ 
tion  comme  antidote  de  l’acide  arsénieux. 
Quelques  médecins  emploient  aussi  les  diu¬ 
rétiques. 

Chauffé  avec  du  charbon ,  l’acide  arsé¬ 
nieux  est  réduit,  l’Arsenic  est  mis  en  liberté, 
et  il  se  dégage  de  l’acide  carbonique  mêlé 
d’oxyde  de  carbone. 

L’acide  arsénieux  est  très  employé  dans 
les  arts  :  il  entre  dans  la  composition  du 
vert  de  Schéèle,  sert  à  la  préparation  des 
pièces  anatomiques  ;  on  l’emploie  dans  les 
verreries  et  cristalleries,  à  dose  très  minime, 
pour  faciliter  la  vitrification. 

On  le  prépare  en  grillant  certains  mine¬ 
rais  arsénifères,  le  Cobalt  arsénical,  le  Mis- 
pickel,  ou  l’Arséniure  de  fer.  Il  se  présente 
sous  la  forme  d’une  poudre  blanche  ;  cette 
poudre,  appelée  fleur  d’arsenic  ,  est  portée 
par  des  tuyaux  dans  des  chambres  où  elle 
se  condense,  puis  elle  est  raffinée  par  la  su¬ 
blimation. 

L’acide  arsénieux  opaque  a  pour  densité 


ABS 


Ail  S 


163 


3o69’ ,  l’acide  transparent  5°75’.  Ce  der¬ 
nier  se  change  spontanément  en  la  premiè¬ 
re  modification.  Dissous  à  chaud  dans  un 
mélange  d’eau  et  d’acide  hydrochlorique, 
il  se  dépose  de  la  liqueur  des  cristaux  oc¬ 
taédriques  nombreux,  opaques ,  et  chaque 
cristal,  en  se  déposant,  produit  un  jet  de  lu¬ 
mière  assez  intense  pour  permettre  de  lire 
l’heure  à  une  montre  dans  une  chambre 
noire.  Cette  lumière  ne  se  manifeste  que  lors 
du  passage  de  l’acide  arsénieux  de  l’état  vi¬ 
treux  à  l’état  opaque  :  car  l’acide  opaque 
cristallise  dans  les  mêmes  circonstances, 
sans  répandre  de  lumière  sensible. 

L’acide  arsénique ,  ainsi  que  l’indique  y* 
terminaison  ique ,  renferme,  pour  la  même 
quantité  d’Arsenic,  plus  d’oxygène  que  l’aci¬ 
de  arsénieux.  Le  symbole  de  l’arsenic  est  : 
A  r  =  940. 

L’acide  arsénieux....  ArO5. 

L’acide  arsénique....  ArO5. 

On  convertit  l’acide  arsénieux  en  acide 
arsénique  en  le  faisant  bouillir  avec  de  Ta- 
cide  nitrique,  qui,  dans  cette  réaction,  se 
décompose  en  oxygène,  lequel  s’ajoute  à  l’aci¬ 
de  arsénieux ,  et  en  acide  hyponitrique,  qui  se 
dégage.  L’acide  arsénique  se  présente,  après 
l’évaporation ,  sous  la  forme  d’une  masse 
blanche  amorphe  ,  qui ,  chauffée  au  rouge  , 
dégage  de  l’oxygène  et  reproduit  l’acide  ar¬ 
sénieux. 

Exposée  à  l’air,  elle  en  attire  l’humidité 
et  tombe  en  déliquescence, 

L’Arsenic  forme  avec  l’hydrogène  un  com¬ 
posé  gazeux,  l’un  des  poisons  les  plus  vio¬ 
lents  qu’on  connaisse.  Ce  gaz  a  une  odeur 
fétide  alliacée.  L’eau  aérée  le  décompose  et 
en  sépare  l’Arsenic.  Le  Chlore  le  compose 
de  la  même  manière  ;  mais  l’action  est  plus 
énergique.  La  chaleur  seule  en  sépare  les 
éléments. 

Lorsqu’on  brûle  ce  gaz  dans  un  espace 
étroit,  ou  lorsqu’on  refroidit  la  flamme  qu’il 
produit,  avec  une  soucoupe  de  porcelaine  , 
par  exemple,  il  se  produit  un  dépôt  d’Arse¬ 
nic  sous  forme  de  taches  brillantes,  qui 
disparaissent  dans  l’acide  nitrique  ;  c’est  un 
des  caract.  les  plus  sensibles  de  l’Arsenic. 

L’hydrogène  arseniqué  reçu  dans  une 
dissolution  de  nitrate  d’argent  produit  un 
précipité  d’arséniure  d’argent. 

L’hydrogène  arseniqué  se  produit  lors¬ 
qu’on  traite  le  Zinc  par  l’acide  sulfurique  et 


l’eau  au  contact  d’une  substance  renfermant 
de  l’Arsenic  libre  ou  combiné.  Un  chimiste  an¬ 
glais  ,  Marsh ,  a  fondé  sur  cette  propriété  le 
mode  le  plus  sensible  de  reconnaissance  de 
l’Arsenic. 

On  prépare  l’hydrogène  arseniqué  en  trai¬ 
tant  par  l’acide  hydrochlorique  un  alliage 
de  parties  égales  d’Arsenic  et  de  Zinc ,  ou 
d’Arsenic  et  d’Etain. 

L’Arsenic  se  combine  au  Soufre  en  plu¬ 
sieurs  proportions.  Le  Réalgar ,  celui  des 
sulfures  d’Arsenic  qui  contient  le  moins 
de  Soufre,  se  trouve  dans  la  nature  et  peut 
être  obtenu  par  divers  procédés.  Il  est  so¬ 
lide,  rouge-orangé,  insipide,  absorbe  faci¬ 
lement  l’oxygène  à  chaud,  et  se  convertit 
en  acide  sulfureux  et  acide  arsénieux. 

L’Orpiment ,  appelé  autrement  acide  sul- 
fo-arsénieux ,  correspond,  par  sa  composi¬ 
tion,  à  l’acide  arsénieux ,  le  Soufre  rempla¬ 
çant  l’oxygène.  Il  se  rencontre  dans  la  na¬ 
ture,  et  se  produit  quand  on  traite,  par  l’hy¬ 
drogène  sulfuré,  une  dissolution  d’acide  ar¬ 
sénieux  dans  l’acide  hydrochlorique. 

Il  se  présente  sous  la  forme  d’un  précipité 
d’un  jaune  pur,  insoluble  dans  les  acides, 
soluble  dans  l’Ammoniaque.  L’Orpiment  est 
très  employé  dans  les  arts  par  les  peintres 
et  les  fabricants  de  toiles  peintes. 

Enfin,  l’hydrogène  sulfuré  produit,  dans 
une  dissolution  bouillante  d’acide  arséni¬ 
que,  un  précipité  pulvérulent,  d’un  jaune 
plus  clair  que  l’Orpiment.  Ce  nouveau  sul¬ 
fure  est  à  l’acide  arsénique  ce  que  l’Orpi¬ 
ment  est  à  l’acide  arsénieux.  Il  se  comporte, 
dans  toutes  ses  réactions,  comme  un  acide; 
soumis  à  l’action  de  la  chaleur,  il  fond  et 
se  sublime  sans  se  décomposer.  (Pel.) 

ARSENIC,  min.  —  Ce  métal  est ,  dans 
les  méthodes  minéralogiques  de  Haüy  et  de 
M.  Brongniart ,  la  base  d’un  genre  composé 
de  quatre  espèces ,  dont  l’une  est  le  métal 
même  à  l’état  natif ,  et  les  autres  résultent 
de  sa  combinaison  avec  l’Oxygène  ou  avec 
le  Soufre. 

I.  Arsenic  natif.  —  Il  se  rencontre  dans 
la  nature  en  masses  aciculaires ,  fibreuses , 
grenues ,  et  tuberculeuses  -  testacées.  Les 
indices  de  cristallisation  qu’il  présente  alors 
ne  sont  pas  assez  nettement  prononcés  pour 
qu’on  puisse  déterminer  sa  forme,  ni  même 
le  genre  de  son  système  cristallin  ;  mais 
l’Arsenic  fondq  cristallise  facilement,  et 


164 


ARS 


ARS 


c’est  d’après  cette  cristallisation  artificielle 
que  nous  en  ferons  connaître  les  caractères 
spécifiques. 

Le  système  cristallin  de  l’Arsenic  n’est  ni 
le  système  régulier ,  comme  le  pensait 
Haüy  ,  ni  celui  de  l’octaèdre  à  base  carrée  , 
comme  de  Bournon  l’a  prétendu ,  mais  bien 
le  système  rhomboédrique.  L’Arsenic  est 
isomorphe  avec  l’Antimoine  ;  comme  ce  der¬ 
nier  métal ,  il  a  pour  forme  fondamentale 
un  rhomboèdre  obtus,  clivable  non  seule¬ 
ment  dans  la  direction  de  ses  faces ,  mais 
encore  perpendiculairement  à  l’axe.  L’an¬ 
gle  dièdre  de  deux  faces  situées  vers  un 
même  sommet  du  rhomboèdre  a  pour  me¬ 
sure  114°  26’.  On  a  aussi  observé  ce  métal 
sous  la  forme  d’un  rhomboèdre  aigu,  de 
85°  et  demi.  Ses  variétés  naturelles  ont  leur 
gisement  dans  les  filons  métallifères ,  no¬ 
tamment  dans  ceux  qui  renferment  de  l’An¬ 
timoine  ,  de  l’Argent ,  du  Cuivre  et  du  Co  ¬ 
balt.  Les  substances  pierreuses  qui  lui  ser¬ 
vent  le  plus  souvent  de  gangue  sont  le 
Quartz,  la  Fluorine,  le  Calcaire  et  la  Baryti- 
ne.  La  Saxe,  la  Bohême,  le  Harz,  la  Soua- 
be ,  et  les  Yosges  en  France ,  sont  les  prin¬ 
cipales  localités  où  il  se  rencontre. 

II.  Arsenic  oxydé  o w  Arsenic  blanc ,  l’a¬ 
cide  arsénieux  des  chimistes.  —  On  le  trou¬ 
ve  cristallisé  quelquefois  en  octaèdres  régu¬ 
liers  ;  mais,  le  plus  souvent,  sous  forme  aci- 
culaire ,  à  la  surface  de  certains  minerais 
arsénifères.  Outre  la  forme  octaédrique 
dont  nous  venons  de  parler ,  on  obtient  en¬ 
core  ,  par  voie  artificielle ,  une  autre  forme 
incompatible  avec  la  précédente ,  savoir 
celle  d’un  prisme  rhomboïdal  droit ,  d’en¬ 
viron  127°,  et ,  dans  ce  dernier  cas  ,  l’Arse¬ 
nic  oxydé  est  isomorphe  avec  l’Antimoine 
oxydé  naturel.  L’Arsenic  oxydé  est  formé  , 
sur  100  parties ,  de  75,8  d’ Arsenic ,  et  de 
24,2  d’Oxygène  ;  il  est  tendre  ,  de  couleur 
blanche ,  et  pèse  spécifiquement  5,7. 

III.  Arsenic  sulfuré  jaune  ou  Orpiment , 
Rauschgelb,  W,  —  Substance  laminaire 
d’un  jaune  citrin  et  d’un  éclat  métalloïde , 
d’une  dureté  très  faible ,  divisible  à  la  ma¬ 
nière  du  Talc  en  lames  minces ,  flexibles  et 
non  élastiques.  Elle  est  facile  à  racler  avec 
le  couteau  ,  et  sa  poussière  conserve  la  cou¬ 
leur  jaune ,  qui  devient  seulement  un  peu 
plus  claire.  Il  est  rare  de  la  trouver  cristal¬ 
lisée  autrement  qu’en  masses  lamellaires  -, 


cependant  on  observe  quelquefois  à  la  sur¬ 
face  de  ces  masses  de  petits  cristaux  ayant 
la  forme  de  prismes  rhomboïdaux ,  termi¬ 
nés  par  des  sommets  tétraèdres ,  dont  les 
angles  paraissent  être  à  peu  près  les  mêmes 
que  ceux  des  sommets  semblables  que  l’on 
voit  sur  les  cristaux  d’Antimoine  sulfuré. 
Ces  deux  substances,  l’Antimoine  sulfuré  et 
l’Arsenic  sulfuré  jaune  ,  étant  de  même 
formule  atomique ,  seraient  isomorphes  en¬ 
tre  elles  ,  et  l’analogie  de  cristallisation 
s’étendrait  jusqu’à  ce  caractère  remarqua¬ 
ble  d’offrir  un  seul  clivage  d’une  netteté 
parfaite  ,  dans  un  sens  parallèle  à  l’axe  du 
prisme  fondamental.  L’Orpiment  est  compo¬ 
sé  de  deux  atomes  d’Arsenic  et  de  trois  de 
Soufre,  ou ,  en  poids ,  de  61  d’Arsenic  et  de 
39  de  Soufre.  Sa  pesanteur  spécifique  est 
de  3,5.  On  le  rencontre  dans  les  terrains 
secondaires ,  au  milieu  des  marnes  et  des 
argiles  (  Tajowa  ,  près  de  Neusohl  en  Hon¬ 
grie  ) ,  et  aussi  dans  les  filons ,  avec  l’espèce 
suivante ,  mais  toujours  en  très  petite  quan¬ 
tité. 

IY.  Arsenic  sulfuré  rouge  ou  Réalgar , 
Rauschroth  ,  W.  —  Substance  d’un  rouge 
aurore ,  fragile ,  à  poussière  de  couleur 
orangée  ,  acquérant ,  à  l’aide  du  poli ,  une 
sorte  d’éclat  demi-métallique ,  volatile  com¬ 
me  la  précédente  par  l’action  du  chalu¬ 
meau,  en  répandant  une  odeur  alliacée.  El¬ 
le  a  presque  le  même  degré  de  dureté  et 
la  même  densité  que  l’Orpiment,  avec  le¬ 
quel  Haüy  la  réunissait  dans  une  même  es¬ 
pèce  ;  mais  sa  composition  atomique  et  sa 
forme  cristalline  s’opposent  à  ce  que  l’on 
maintienne  ce  rapprochement.  Le  Réalgar 
est  composé  d’un  atome  d’Arsenic  et  d’un 
atome  de  Soufre  ,  ou,  en  poids,  de  70  d’Ar¬ 
senic  et  de  50  de  Soufre.  La  forme  fonda¬ 
mentale  de  ses  cristaux ,  qui  ne  sont  pas 
très  rares  dans  la  nature ,  est  un  prisme 
rhomboïdal  oblique ,  dont  les  pans  sont  in¬ 
clinés  entre  eux  de  74°30’ ,  tandis  que  l’a¬ 
rête  d’intersection  de  ces  pans  fait  avec  la 
base  un  angle  de  113°16’.  On  trouve  le 
Réalgar  en  cristaux  implantés  ,  en  enduits , 
en  petites  veines  ou  en  nodules ,  dans  les 
filons  ou  au  milieu  des  roches  des  terrains 
primordiaux,  et  notamment  dans  le  Gneiss, 
le  Schiste  argileux  et  la  Dolomie.  On  le  ren¬ 
contre  aussi  dans  les  terrains  trachytiques  , 
et  même  dans  les  terrains  volcaniques  mo- 


ARS 


ART 


165 


dernes,  où  il  a  été  produit  par  sublimation, 
et  déposé  avec  le  Soufre  sur  différentes  la¬ 
ves,  dans  le  voisinage  des  cratères,  au  Vé¬ 
suve  ,  à  l’Etna ,  à  la  Guadeloupe ,  au  Japon. 

(Del.) 

*  ARSÉNICITE.  min.  —  Voyez  ar- 

SÉNIATE  DE  CHAUX.  (DEL.) 

*  ARSÉNIICOXYDES.  min.  —  M.  Beu¬ 

dant  donne  ce  nom  à  un  genre  de  minéraux 
comprenant  les  combinaisons  de  l’Arsenic 
avec  l’Oxygène.  (G.  d’O.) 

*  ARSÉMDES.  min.  —  Ce  nom  a  été 

donné  par  M.  Beudant  à  une  famille  de  mi¬ 
néraux  comprenant  l’Arsenic  seul  ou  à  l’état 
de  combinaison  ,  et  par  MM.  Ampère  et 
G.  Pauquy  à  une  famille  de  corps  simples 
ayant  l’Arsenic  pour  type.  (C.  d’O.) 

*  ARSÉNJ5XJRES.  min.  —  Genre  mi¬ 
néralogique  ,  composé  d’espèces  qui  résul¬ 
tent  de  l’union  des  métaux  avec  l’Arsenic  , 
ce  dernier  élément  jouant,  dans  ces  combi¬ 
naisons,  le  rôle  de  principe  électro-négatif. 
Toutes  ces  espèces  possèdent  l’éclat  métal¬ 
lique  ,  et  donnent  par  le  grillage  une  fu¬ 
mée  blanche ,  à  odeur  alliacée.  Si  l’on  en 
excepte  l’Antimoine  arsénical ,  qui  est  plu¬ 
tôt  un  mélange  qu’une  combinaison  des 
deux  éléments  isomorphes  qui  le  consti¬ 
tuent,  toutes  laissent,  après  cette  opération, 
un  résidu  sensible  ;  elles  sont  toutes  atta¬ 
quables  par  l’acide  nitrique ,  et  leur  solu¬ 
tion  donne  par  les  réactifs  l’indice  des  bases 
qu’elles  contiennent.  On  connaît  mainte¬ 
nant  six  esp.’  d’Arséniures,  sans  compter  les 
combinaisons  sulfo  -  arséniurées  dont  nous 
parlerons  ailleurs  :  ces  Arséniures  sont  ceux 
de  Fer,  de  Nickel,  de  Cobalt  et  d’Argent. 

Nous  renvoyons  la  description  de  chacune 
de  ces  espèces  à  l’article  concernant  le  mé¬ 
tal  qui  lui  sert  de  base.  (Del.) 

*  ARSÈS.  Arses.  ois.  —  Genre  formé 
par  Lesson  ,  dans  son  Traité ,  pour  recevoir 
quelques  Muscicapidées ,  et  auquel  il  assi¬ 
gne  les  caractères  suivants  :  Bec  médiocre , 
crochu,  comprimé,  peu  large.  Ailes  am¬ 
ples,  allongées.  Queue  étalée ,  un  peu  élar¬ 
gie.  Tarses  courts ,  peu  robustes. 

Cet  auteur  réunissait  alors ,  sous  ce  g. , 
aux  Gobe-mouches  ornoir  et  à  lunettes ,  es¬ 
pèces  remarquables  du  Voyage  de  la  Co¬ 
quille  ,  où  elles  sont  figurées  pl.  18-1  et  2  , 
deux  autres  espèces,  dont  l’une  de  Suri¬ 
nam  et  l’autre  du  Sénégal  (le  Muscicam 


melanoptera ).  Depuis,  il  nous  a  fait  con¬ 
naître  (in  litteris)  que  le  genre  devait  être 
restreint  à  la  seule  espèce  de  l’Ornoir  (Mus- 
cica  y  <  hryscmela  Garnot). 

Swainson ,  dans  sa  classification  et  dans 
sa  monographie  des  Gobe-mouches  (Fly- 
catchers)  place  dans  le  genre  Monarcha , 
d’Hors.  et  Vig.,  qu’il  change  en  Monaclia, 
et  qui  est  synonyme  de  celui  de  Drymo- 
phile  de  Temminck,  mais  antérieur,  ces  deux 
espèces  de  la  Coquille ,  leur  trouvant  tous 
les  caractères  du  genre.  Nous  renvoyons 
donc  à  ce  genre  Monarche ,  dans  lequel 
Arsés  figurera  peut-être  comme  sous-gen¬ 
re  ,  si  d’ici  là  nous  sommes  à  même  de  pou¬ 
voir  comparer  ces  deux  espèces  fort  rares 
avec  les  Monarches  d’IIorsfield,  que  nous 
possédons ,  et  de  reconnaître  entre  elles  des 
caractères  suffisamment  distincts.  Voy.  mo¬ 
narche.  (Lafr.) 

*  ARSINOE  (nom  mythologique),  ins. 

—  Genre  de  Coléoptères  pentamères ,  fa¬ 
mille  des  Carabiques,  tribu  des  Troncati- 
pennes,  établi  par  M.  Delaporte  et  adopté 
par  M.  Dejean  dans  son  dernier  Catalogue, 
il  ne  renferme  qu’une  seule  espèce  ,  du  Gap 
de  Bonne-Espérance,  nommée  par  M.  Che- 
vrolat  A.  quadriguttata,  et  qui  est  figurée 
dans  les  Études  entomologiques  de  M.  De¬ 
laporte,  pl.  2,  fig.  6.  Cet  insecte  a  été  dé¬ 
signé  depuis  par  M.  de  Chaudoir  (Descri¬ 
ption  de  quelques  genres  nouveaux  et  de 
quelques  espèces  nouvelles  inédites  de  (  a- 
rabiques ,  p.  11  )  sous  le  nom  (VAxinopso- 
plius  quadrisignatus.  (D.  et  G.) 

ARSIS,  Loureir.,  Flor .  Cochinch.  (Zp - 
545,  élévation),  bot.  ph.  —  Synonyme  du 
g.  ou  sous-g.  Microcos  (  Grewia  ) ,  de  la 
famille  des  Tiliacées.  (8p.) 

*  ARTABOTRYS,  R.  Brown,  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Anonacées, 
offrant  les  caractères  suivants  (R.  Brown, 
in  Bot.  Reg-,  sub  n°  425.  —  Blume,  Ano- 
naceæ  in  Flor.  Jav.  )  :  Calice  triparti.  Péta¬ 
les  6 ,  connivents  par  leur  base  et  recou¬ 
vrant  les  organes  sexuels.  Étamines  nom¬ 
breuses.  Ovaires  5  à  11 ,  ou  rarement  plus , 
distincts,  2-ovulés.  Ovules  collatéraux,  ana- 
tropes,  renversés.  Styles  et  stigmates  sou¬ 
dés.  Péricarpe  composé  de  plusieurs  baies 
distinctes ,  charnues  ,  ovoïdes,  pulpeuses  en 
dedans,  dispermes,  ou,  par  avortement,  1- 
snerraes.  Graines  solitaires  ou  collatérales, 


166 


ART 


ART 


renversées,  inarillées,  planes  d’un  côté,  con¬ 
vexes  de  l’autre.  Test  osseux. — Arbustes  sar- 
menteux ,  glabres  ;  ramules  oncinés,  au  som¬ 
met.  Pédoncules  uniflores,  subterminaux, 
fasciculés.  Fleurs  d’un  jaune  tirant  sur  le 
roux.  Ce  genre,  dont  on  ne  connaît  que 
quatre  espèces,  paraît  être  propre  à  l’Asie 
équatoriale.  Ces  végétaux  sont  remarqua¬ 
bles  par  un  port  élégant  et  des  fleurs  très 
odorantes.  (Sp.) 

ARTAMIE.  Artamia  (  de  Artamus  , 
nom  latin  donné  au  genre  Langrayen  par 
Yieillot).  ois.  —  Genre  formé  par  M.  Isid. 
G.-Saint-Hilaire  dans  son  Mémoire  intitulé 
Considérations  sur  les  caractères  employés 
en  Ornithologie ,  etc.  (  Nouvelles  annales 
du  Muséum  d’hist.  nat.,  t.  ï,  p.  557).  Ce 
genre  est  un  démembrement  de  celui  de 
Langrayen  pour  recevoir  le  Langrayen  san¬ 
guinolent  de  Temminck,  col.  499,  et  quel¬ 
ques  autres  espèces  différant  comme  lui  des 
vrais  Langrayens  sous  plusieurs  points  im¬ 
portants.  Les  caractères  assignés  par  l’au¬ 
teur  à  ce  nouveau  genre  sont  :  Bec  allongé, 
non  renflé  à  sa  base ,  triangulaire ,  à  arête 
bien  marquée;  mandibule  supérieure  un 
peu  arquée ,  terminée  par  un  crochet  bien 
prononcé,  et  présentant  une  échancrure 
très  distincte;  mandibule  inférieure  pré¬ 
sentant  aussi ,  de  chaque  côté  ,  une  petite 
échancrure.  Narines  percées  à  la  base  du 
bec,  et  comparables  à  des  triangles  de  forme 
allongée,  ayant  leurs  sommets  en  avant.  Tar¬ 
ses  courts,  écussonnés.  Ongles  comprimés, 
de  longueur  moyenne.  Queue  longue ,  car¬ 
rée.  Ailes  moyennes,  se  terminant  au  niveau 
de  la  moitié  de  la  queue ,  et  obtuses. 

Ces  caractères  ainsi  posés  conviennent 
parfaitement  à  l’espèce  type  (le  Langrayen 
sanguinolent),  mais  non  au  Langrayen  vert 
ou  le  Tchachert  de  Buffon,  Enl .,  32-2,  qui 
a  la  queue  courte  ,  avec  les  ailes  en  attei¬ 
gnant  l’extrémité,  et  qui  cependant  ne  peut 
rester  avec  les  Langrayens ,  et  doit  figurer 
ici.  Il  nous  semble  donc  qu’au  lieu  de 
former  encore  une  subdivision  dans  le  gen¬ 
re  Artamie ,  il  serait  plus  simple  de  modi¬ 
fier  la  caractéristique  en  disant  :  Queue  de 
longueur  variable ,  carrée.  Ailes  moyen¬ 
nes  et  obtuses ,  ou  se  terminant  vers  la 
moitié  de  la  queue  ou  en  atteignant  l’extré¬ 
mité  ;  ce  qui  se  remarque  chez  le  Langrayen 
vert. 


Nous  regardons  comme  des  plus  naturel¬ 
les  la  séparation  générique  de  ces  espèces 
d’avec  les  Langrayens,  si  remarquables  en¬ 
tre  tous  les  Passereaux  dentirostres  par  leurs 
ailes  d’hirondelle,  longues,  pointues,  aiguës 
ou  sur-aiguës ,  et  par  leurs  pattes  robustes , 
qui ,  comme  celles  des  Martinets,  semblent 
destinées  à  les  maintenir  cramponnés.  Ce 
double  caract.  de  forme  indique ,  sans  nul 
doute,  quelques  particularités  de  mœurs 
qui  ne  doivent  pas  se  retrouver  chez  les 
Artamies  à  ailes  obtuses  et  à  pattes  plus 
faibles. 

M.  Lesson,  dans  son  Traité  publié  en 
1851 ,  avait  déjà  formé  dans  le  genre  Lan¬ 
grayen  deux  sous-genres ,  dont  le  premier 
renfermait  les  Langrayens  proprement  dits, 
et  le  second  ,  sous  le  nom  de  Langrayens- 
Merles ,  renfermait  le  Langrayen  sanguino¬ 
lent  de  Temminck,  et  le  Langrayen  vert. 
Dernièrement ,  ce  savant  a  publié  dans  la 
Revue  zool.  de  Guérin,  1840,  le  nouveau 
genre  Érythrolane  ( Erythrolanius )  pour  re¬ 
cevoir  deux  seules  espèces ,  dont  encore  le 
Langrayen  sanguinolent  et  une  nouvelle  es¬ 
pèce  ,  à  laquelle  il  donne  le  nom  < VEryth , 
rubricollis.  Nous  sommes  étonné  de  ce 
nouveau  nom  pour  un  genre  qui,  outre  ce¬ 
lui  (T Artamie  de  M.  Is.  Geoffroy,  avait  en¬ 
core  pour  synonymes  celui  d 'Analcipus,  de 
Swainson  ,  et  celui  de  Philocarpus ,  de 
Muller,  que  M.  Lesson  cite  tous  trois  com¬ 
me  synonymes  du  sien.  Comme  il  n’indi¬ 
que  point  l’époque  de  sa  formation,  nous 
ne  pouvons  savoir  si  elle  est  antérieure  ou 
non  à  celle  d’ Artamie.  Ce  dernier  a  été 
adopté  par  M.  Temminck  dans  son  Tableau 
méthodique ,  qui  a  paru  dans  la  dernière 
livraison  de  ses  pl.  col.  ;  il  y  range  son 
Langrayen  sanguinolent,  col.  499,  et  son 
Échenilleur  bicolore ,  col.  278.  Nous  y  pla¬ 
çons  encore  le  Langrayen  vert  ou  Tcha¬ 
chert,  Buff.,  Enl.,  32-2,  le  Schet-bé  de  Ma¬ 
dagascar  (  Lanius  rufus  Gmel. ,  Enl. ,  298- 
2),  que  nous  possédons,  et  le  Tchachert-bé 
de  Madagascar  ( Lanius  leucocephalus  L., 
Enl.,  574),  qui,  d’après  ses  formes  et  sa  co¬ 
loration  ,  nous  paraît  tout  à  fait  voisin  du 
Langrayen  vert. 

Ces  différentes  espèces ,  originaires  de 
l’Afrique  méridionale  et  des  îles  indiennes , 
forment  un  groupe  de  transition  entre  les 
vrais  Langrayens  et  les  Pies-grièches,  avec 


ART 


lesquelles  elles  se  lient  par  les  Tephrodor- 
nis  de  Swainson.  Voy.  ocyptérinées. 

(La.fr.) 

ARTAMUS.  ois.  —  Nom  latin  donné 
par  Vieillot  au  genre  Langrayen  ,  que  Cu¬ 
vier  avait  déjà  désigné  antérieurement  par 
celui  (VOcypterus .  Voy.  langrayen. 

(Lafr.) 

*  ARTAMUS  (  ,  je  suspends),  a- 

rach.  —  Genre  d’Aranéides1,  de  la  famille 
des  Thomisides,  établi  par  M.  Koch  (ÏJe&er- 
sicht  des  Arachnidensystems ,  p.  27,  1837), 
et  rentrant  dans  la  famille  des  Thomisides. 
Il  comprend  VAranea  lœvipes  Linn. ,  et  le 
Thomisus  griseus  Hahn  ,  p.  121,  pl.  54,  f.  91, 
ainsi  que  deux  espèces  nouvellement  décri¬ 
tes  par  M.  Koch.  (P.  G.) 

*  A  RT  ANE  MA ,  D.  Don.  bot.  ph.  — 

Genre  de  la  famille  des  Scrophularinées , 
fondé  sur  le  Torenia  scabra  R.  Br.;  sui¬ 
vant  M.  Bentham,  il  doit  être  réuni  au 
genre  Acliimenes  ,  Vahl.  (Sp.) 

*  ARTE.  ins.  —  Nom  donné  par  Ste¬ 
phens  à  un  genre  de  Lépidoptères  de  la  fa¬ 
mille  des  Nocturnes,  et  de  la  tribu  des  Pha- 
lénites ,  lequel  correspond  aux  genres  Fido- 
nia  et  Zerene  de  Treitscbke.  Voy.  ces  mots. 

(D.) 

ARTEDIAjL.  (Artedi,  naturaliste  sué¬ 
dois).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Ombellifères ,  tribu  des  Daucinées,  offrant 
les  caract.  suivants  :  Limbe  calicinal  inappa¬ 
rent.  Pétales  obovales,  échancrés,  terminés 
en  languette  infléchie;  ceux  des  fleurs  exté¬ 
rieures  radiants ,  bipartis.  Péricarpe  aplati 
dorsalement.  Méricarpes  à  5  côtes  primaires, 
et  à  4  côtes  secondaires  ;  côtes  primaires  fili¬ 
formes:  les  deux  latérales  situées  sur  le  plan 
commissural ,  les  trois  autres  dorsales  ;  les 
deux  intérieures  des  côtes  secondaires  filifor¬ 
mes  ;  les  deux  extérieures  aliformes ,  sinuées- 
lobées  ;  bandelettes  nulles  ;  carpophore  bi¬ 
parti.  Graine  aplatie.  (Koch,  Umbell. ,  p. 
76,  fig.  9  et  10.  )  —  Ce  g.,  très  bien  carac¬ 
térisé  par  son  fruit  à  ailes  élégamment  dé¬ 
coupées  ,  n’est  constitué  que  par  une  seule 
espèce  (  A.  squamata  L.  );  c’est  une  plante 
annuelle,  très  glabre,  grêle,  indigène  de 
Syrie.  Ses  feuilles  sont  profondément  dé¬ 
chiquetées  en  lanières  filiformes.  Les  om¬ 
belles  sont  composées ,  munies  d’involucre 
et  d’involucelles  à  bractées  semblables  aux 
feuilles.  Les  fleurs  sont  blanches ,  les  ra- 


ART  167 

diantes  grandes ,  à  corolle  très  irrégulière. 

(Sp.) 

ARTEMA.  arach.  —  Voyez  artè* 
me.  (c.  d’O.) 

*ARTEMATOPUS  [a.pz'fi/j.u,  «t oç,  ap¬ 
pendice;  Trous,  piedï.  INS.  —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  pentamères,  famille  des  Serri- 
cornes,  tribu  des  Ptiniores,  établi  par  M. 
Perty,qui  lui  donne  pour  caractères  essen¬ 
tiels  :  Antennes  filiformes,  de  la  longueur  du 
corps.  Les  2%  3e  et  4e  articles  des  tarses,  munis 
d’appendicules  membraneux.  Corps  ovale.Ce 
g.  est  fondé  sur  une  espèce  du  Brésil ,  nom¬ 
mée  par  l’auteur  Artematopus  longicornis, 
et  figurée  et  décrite  dans  un  ouvrage  qui  a 
pour  titre  :  Delectus  animalium  articula- 
torum  quœ  in  itinere  per  Brasiliam  ,  an- 
nis  1817-1820,  colligerunt  D.  J.  B.  de  Spix 
et  D.  C.  F.  Ph.  de  Martius,  Monachii.  1830, 
page  115,  tab.  XXÏI,  fig.  16.  —  Ce  genre 
correspond  à  celui  que  M.  Chevrolat  a  créé 
depuis  ( Coléopt .  du  Mexique,  2e  centurie , 
n°  150,  1835)  sous  le  nom  de  Brachymor- 
phus ,  et  que  M.  Dejean ,  dans  son  dernier 
Catalogue ,  place  dans  la  tribu  des  Térédy- 
les,  entre  les  genres  Corynetes  et  Eno- 
plium.  M.  Chevrolat  n’y  rapporte  qu’une 
espèce,  originaire  de  Tuspan,  et  qu’il  nom¬ 
me  A.  ve'stitus.  Ce  Coléoptère  est  carnassier, 
et  fait  sa  proie  des  autres  insectes  ,  au’il 
poursuit  sur  les  branches  mortes. 

(D.  et  C.) 

ARTÈME.  ema  tout  objet 

suspendu),  aracii.  —  Genre  de  la  famille 
des  Araignées,  de  l’ordre  des  Aranéides,  di¬ 
vision  des  Errant  es  filit'eles,  établi  par  M. 
Walckenaër  sur  quelques  espèces  exotiques. 
Ce  genre  est  caractérisé  par  des  yeux  au 
nombre  de  huit,  disposés  sur  deux  lignes 
courbées  en  arrière ,  les  intermédiaires  pos¬ 
térieurs  étant  plus  écartés  entre  eux  que 
les  antérieurs;  par  les  mâchoires,  longues  et 
étroites,  la  lèvre  large,  surtout  à  sa  base,  et 
par  les  pattes  grêles  et  très  longues. 

Les  espèces  décrites  par  M.  Walckenaër 
sont  l’A.  atlanta,  de  l’Amérique  méridio¬ 
nale,  et  VA.  mauritiana ,  de  l’île  de  France. 

(Bl.) 

*ARTEMIE.  Artemia.  crust.— Genre 
de  Crustacés  branchiopodes ,  de  l’ordre  des 
Phyllopodes  et  de  la  famille  des  Branchip- 
piens,  établi  par  Leach  pour  recevoir  un 
petit  Crustacé  qui  se  trouve  dans  les  marais 


168 


ART 


ART 


salants ,  et  qui  ressemble  beaucoup  aux 
Branchipes,  mais  s’en  distingue  par  la  forme 
de  la  nageoire  caudale  et  des  antennes. 

Dans  ces  derniers  temps ,  M.  Payen  a  at¬ 
tribué  à  la  présence  des  Artémies  la  colora¬ 
tion  en  rouge  qui  se  remarque  souvent  dans 
les  eaux  des  salines  prêtes  à  cristalliser ,  et 
qui  donne  à  ces  eaux  un  aspect  sanguinolent  ; 
ïnais,  d’un  autre  côté,  M.  Joly  a  constaté  que 
ce  phénomène  curieux  ne  dépend  jamais  des 
Artémies,  mais  bien  de  l’existence  d’un  nom¬ 
bre  immense  de  Monades  d’une  espèce  par¬ 
ticulière.  ( Voy .  Annales  des  Sc.  nat.,  2e  sé¬ 
rie,  Zoologie  ,  t.  XIII ,  p.  225.)  (M.  E.) 

*  ARTÉMIS.  Artemisus.  crust.  — 
Nom  employé  par  Lamarck  pour  désigner 
le  g.  Artemia  de  Leach.  (M.  E.) 

ARTÉMISE.  Artemisia.  crust.  — 
Nom  que  Latreille  a  substitué  par  erreur  à 
celui  d 'Artemia  ,  employé  par  Leach  pour 
désigner  un  genre  particulier  de  Crustacés 
branchiopodes.  (M.  E.) 

ARTEMISIA  (  nom  mythologique  ). 
bot.  ph.  —  Synonyme  latin  du  g.  Armoi¬ 
se.  (C.  d’O.) 

*  ARTÉMISIÉES.  bot.  pii. —Tribu 
du  groupe  des  Composées,  ayant  beaucoup 
d’affinité  avec  la  sect.  des  Hélianthées  et  des 
Ambrosiées  ;  elles  ressemblent  aux  Sénécio- 
nées  et  aux  Inulées  par  la  forme  des  stigma¬ 
tes  ,  mais  elles  s’en  distinguent  par  les  au¬ 
tres  organes  floraux.  Les  Artémisiées  ont 
les  capitules  discoïdes ,  homo  ou  hétéroga- 
mes;  les  fleurs  du  disque  hermaphrodites, 
à  style  bifide,  celles  du  rayon  souvent  fe¬ 
melles  uni  ou  plurisériées  ;  les  fruits  cylin- 
dracés ,  parcourus  par  des  côtes  plus  ou 
moins  saillantes,  s’insèrent  sur  un  récepta¬ 
cle  dépourvu  de  paillettes ,  et  sont  dépour¬ 
vus  d’aigrettes.  Les  plantes  qui  forment  ce 
groupe  sont  la  plupart  aromatiques.  Voy. 
ARMOISE.  (J.  D.) 

ARTÉMISIOIDES  (  Artemisia ,  eïfoç, 
forme,  aspect;  qui  ressemble  à  V Artemisia). 
bot.  ph.  —  Section  du  genre  Piqueria 
{Voy.  ce  mot) ,  établie  par  M.  de  Candolle , 
comprenant  les  espèces  à  tiges  ligneuses , 
glabres,  ainsi  que  les  feuilles ,  pubescentes 
ou  visqueuses  au  sommet.  (J.  D.) 

ARTEMISUS.  crust.  —  Voyez  ar- 
témis.  (C.  d’O.) 

ARTÈRES.  Arteriœ  (à-pr/ipix,  tranchée, 
artère),  anat.  etzooL.  —  On  donne  généra-  j 


lement  ce  nom  aux  vaisseaux  qui ,  partant 
du  cœur,  conduisent  le  sang  dans  toutes  les 
parties  du  corps.  Les  anciens  se  sont  faits 
diverses  idées  sur  la  nature  de  ces  vaisseaux, 
et  sur  les  usages  auxquels  ils  sont  destinés. 
Quelques  auteurs  grecs  semblent  avoir  con¬ 
fondu  sous  une  même  dénomination  les  artè¬ 
res  avec  les  veines.  Erasistrate  s’est  servi  le 
premier  du  mot  art'ere  pour  désigner  les 
vaisseaux  connus  aujourd’hui  sous  ce  nom  ; 
Gallien  a  parlé  de  la  communication  qui 
existe  entre  les  dernières  ramifications  arté¬ 
rielles  et  les  radicules  veineuses  ;  Yesale  et 
Fallope  ont  jeté  encore  plus  de  jour  sur  la 
nature  de  ces  conduits  sanguins,  et  les  au¬ 
teurs  modernes  enfin  ne  laissent  rien  à  dé¬ 
sirer  sur  cette  question. 

Caractères  distinctifs  des  artères.  —  Le 
premier  de  tous ,  celui  qui  les  fait  recon¬ 
naître  au  premier  abord ,  c’est  :  1°  le  batte¬ 
ment,  ou  pulsation,  appelé  pouls  ;  il  naît  de 
l’impulsion  vive  et  brusque  que  le  cœur  im¬ 
prime  au  sang  qu’il  lance  dans  leur  inté¬ 
rieur,  et  de  l’élasticité  des  parois  artériel¬ 
les.  2°  La  plus  petite  ouverture  pratiquée  à 
une  artère  donne  lieu  à  un  jet  de  sang  qui 
sort  par  saccades  à  chaque  contraction  du 
cœur ,  et  la  compression  de  ce  vaisseau  ou¬ 
vert  ,  faite  entre  le  cœur  et  la  plaie ,  arrête 
immédiatement  la  sortie  du  sang.  3°  Les 
parois  des  artères  ont  plus  d’épaisseur  que 
les  autres  vaisseaux  ,  et  leur  calibre  ne  s’ef¬ 
face  pas  après  la  mort.  On  a  dit  aussi,  mais 
à  tort,  que  la  nature  du  sang  que  contien¬ 
nent  les  artères  est  d’un  rouge  vermeil , 
sans  faire  attention  que  les  artères  pulmo¬ 
naires,  généralement  très  volumineuses,  con¬ 
tiennent  du  sang  noir  ou  veineux,  et  que, 
chez  les  Reptiles  comme  chez  le  fœtus  de 
l’homme  lui -même,  c’est  du  sang  artériel 
et  veineux,  mélangé  dans  le  cœur,  qui  pas¬ 
se  ensuite  dans  toutes  les  artères.  C’est 
donc  d’une  manière  beaucoup  moins  géné¬ 
rale  qu’on  peut  dire  des  artères  qu’elles 
contiennent  du  sang  rouge  ou  vermeil. 

Considérations  anatomiques.  —  Les  ar¬ 
tères  représentent  une  succession  non  inter¬ 
rompue  de  canaux  décroissants ,  qui  nais¬ 
sent  de  troncs  communs.  Les  grosses  artè¬ 
res  ont,  d’une  manière  absolue ,  des  parois 
plus  fortes  que  les  petites;  mais,  relative¬ 
ment  à  leur  calibre ,  l’épaisseur  des  parois 
augmente  à  mesure  qu’on  s’éloigne  du 


ART 


*69 


cœur.  Les  artères  pulmonaires  et  leur  tronc , 
qui  forment  un  système  artériel  à  part 
(Foy.  pulmonaire  ,  trong  ),  présentent 
quelques  variétés  de  texture  qui  expliquent 
jusqu’à  un  certain  point  la  rareté  des  ané¬ 
vrismes  et  le  petit  nombre  d’altérations  pa¬ 
thologiques  de  ces  vaisseaux.  Trois  tuniques 
superposées  constituent  les  parois  des  artè¬ 
res  ;  l’externe  est  constituée  par  un  tissu  fi¬ 
lamenteux,  aréolaire,  nommé  tunique  cel¬ 
lulaire.  C’est  à  cette  tunique  que  M.  Cru- 
veilhier  croit  devoir  rapporter  tous  les  phé¬ 
nomènes  de  contractilité  qu’on  a  attribués 
à  la  tunique  moyenne.  Celle-ci,  nommée 
tunique  propre  des  artères  ,  est  jaunâtre, 
serrée ,  épaisse ,  composée  de  fibres  circu¬ 
laires  qui  s’entrecroisent  à  angle  très  aigu. 
Elle  est  extensible  ,  fragile ,  se  déchire  avec 
la  plus  grande  facilité  par  les  tractions  exer¬ 
cées  suivant  sa  longueur  ,  et  se  coupe  sous 
la  ligation.  La  tunique  interne  est  une  pel¬ 
licule  transparente,  d’une  excessive  ténuité, 
d’une  couleur  légèrement  rosée  ,  et  lubré- 
fiée  par  de  la  sérosité.  A  l’intérieur  des  artè¬ 
res  il  existe ,  au  niveau  de  chaque  division  ex¬ 
térieure  ,  une  saillie  qu’on  nomme  éperon , 
formée  par  la  membrane  moyenne  elle-même, 
recouverte  en  ce  point,  comme  partout , 
par  la  membrane  interne.  Cet  éperon  sail¬ 
lant  est  situé  du  côté  opposé  au  cœur  quand 
l’angle  de  division  est  aigu ,  moins  marqué 
et  placé  du  côté  du  cœur  lorsque  cet  angle 
est  obtus;  lorsqu’il  est  droit,  une  saillie 
circulaire ,  égale  dans  toute  la  circonféren¬ 
ce,  remplace  cet  éperon.  La  disposition  et 
la  structure  anatomiques  de  ces  espèces  de 
valvules ,  propres  à  modifier  le  cours  du 
sang,  ont,  dans  ces  derniers  temps,  fixé 
l’attention  de  M.  le  docteur  Vernois,  qui, 
dans  une  thèse  fort  remarquable,  soutenue 
à  la  Faculté  de  médecine  de  Paris,  a  jeté 
un  nouveau  jour  sur  ce  point. 

Les  vaisseaux  sanguins  des  artères  sont 
très  nombreux  ;  ils  portent  le  nom  de  vasa 
asorum.  Des  nerfs  accompagnent  ces  arté- 
•ioles  du  système  céphalo-rachidien ,  et  ils 
viennent  plus  particulièrement  du  tri- 
spl  a  x  c  12NIQU e  {Voij.  ce  mot),  auquel  le  sys¬ 
tème  artériel  sert ,  pour  ainsi  dire,  de  char¬ 
pente.  Quant  aux  vaisseaux  lymphatiques  des 
artères ,  ils  ne  sont  bien  démontrés  que  sur 
les  gros  troncs. 

Le  tissu  artériel,  examiné  sous  le  rapport 


ART 

chimique,  se  compose,  suivant  les  uns,  de 
gélatine  et  de  petites  proportions  de  fibrine. 
Voilà  quant  à  la  structure  et  à  la  composi¬ 
tion  chimique  des  artères.  Maintenant,  si 
nous  envisageons  l’ensemble  du  système  ar¬ 
tériel  sous  le  rapport  des  anomalies ,  nous 
trouvons  qu’il  est  le  plus  sujet  aux  variétés 
anatomiques,  et  que  ces  variétés  portent 
tantôt  sur  le  trajet ,  tantôt  sur  l’origine  des 
troncs.  Les  artères  principales  suivent  en  gé¬ 
néral  la  direction  de  l’axe  des  membres  ;  elles 
sont  presque  rectilignes ,  et  les  légères  in¬ 
flexions  qu’elles  présentent  donnent  à  l’ar¬ 
tère  une  longueur  plus  considérable  que 
celle  du  membre  auquel  elles  appartiennent, 
ce  qui  prévient  la  déchirure  du  vaisseau 
dans  l’état  d’allongement  et  d’extension  des 
organes.  On  peut  constater  l’utilité  des 
courbures  artérielles  en  examinant  les  par¬ 
ties  qui  sont  soumises  à  des  alternatives  de 
dilatation  et  de  resserrement  considérable  : 
telles  sont  les  artères  du  cœur  ,  de  l’utérus, 
celles  qui  se  distribuent  aux  lèvres,  etc. 
Dans  le  cours  de  leur  trajet ,  les  artères 
communiquent  entre  elles  par  des  branches, 
qui  tantôt  unissent  l’un  à  l’autre  deux  troncs 
différents ,  tantôt  font  communiquer  deux 
parties  d’un  même  tronc  :  ce  mode  de  com¬ 
munication  porte  le  nom  d 'anastomose. 

Les  artères  sont  toujours  en  rapport  avec 
des  veines  qui  leur  sont  accolées.  Lorsqu’il 
existe  deux  veines  satellites  pour  une  artère, 
celle-ci  est  toujours  intermédiaire.  Les  ter¬ 
minaisons  des  artères  ont  lieu  dans  l’épais¬ 
seur  des  organes.  Le  nombre  de  ramifica¬ 
tions  qui  se  distribuent  dans  chacun  d’eux 
est  en  rapport  avec  l’activité  de  ses  fonc¬ 
tions;  les  organes  qui  sont  chargés  d’une 
sécrétion  quelconque  sont  bien  plus  riches 
en  vaisseaux  que  ceux  qui  sont  bornés  aux 
fonctions  nutritives. 

Enfin  les  artères  aboutissent  au  système 
capillaire ,  et  communiquent  par  ce  moyen 
avec  les  veines.  Elles  paraissent  se  former  en 
même  temps  que  celles-ci ,  et  les  deux  systè¬ 
mes  de  vaisseaux  existent  avant  la  formation 
du  cœur.  Le  tissu  artériel  est  très  mou  dans 
le  premier  âge  ;  sa  consistance  devient  plus 
grande  chez  l’adulte  ;  il  est  sec ,  et  pour 
ainsi  dire  cassant,  chez  le  vieillard.  Il  finit 
souvent,  à  cette  époque,  par  s’ossifier  ;  mais 
cela  n’est  pas  constant ,  car  on  cite  des  cen¬ 
tenaires  dont  les  artères  ne  présentaient  point 
11* 


T.  U. 


ART 


m  ART 

cette  ossification.  Voy.  circulation  et 

VAISSEAUX.  (M.  S.  A.) 

ARTHÉMIDE.  Arthemis  (  Arthemis , 
surnom  de  Diane  ,  Myth.  ).  moll.  —  Poli 
est  le  créateur  du  g.  Arthemis  ;  avant  lui , 
les  Coquilles  qui  en  font  partie  étaient 
comprises  par  Linné  parmi  les  espèces  de 
son  g.  Venus  ,  et ,  avant  Linné  ,  ces  mêmes 
espèces  étaient  rapportées  par  Lister  à  son 
g.  Chame ,  et  confondues  avec  des  Coquil¬ 
les  d’un  genre  très  différent.  Chemnitz , 
Muller,  et  tous  les  auteurs  modernes ,  ont 
adopté  le  sentiment  de  Linné ,  qui  reçut  de 
Lamarck  une  modification  peu  importante 
lorsqu’il  sépara  lesCythérées  des  Vénus.  Les 
Arthemis  de  Poli  furent  entraînées  à  la  sui¬ 
te  des  Cythérées.  On  savait ,  par  quelques 
observations  d’Adanson,  que  les  animaux 
des  Vénus  ont  les  lobes  du  manteau  réunis 
à  leur  partie  postérieure ,  et  prolongés ,  de 
ce  côté ,  en  deux  siphons  séparés  dans  toute 
leur  étendue.  Poli  a  confirmé  ce  fait  par  un 
grand  nombre  d’exemples  ;  mais  il  y  a  ajou¬ 
té  un  grand  nombre  d’observations  anato¬ 
miques,  et  il  a  fait  voir,  entre  autres,  qu’une 
Vénus  de  Linné  dont  Lamarck  a  fait  le  ty¬ 
pe  de  son  g.  Cythérée  avait  les  deux  si¬ 
phons  réunis  ;  aussi  Poli ,  rigoureux  dans 
l’application  des  caract.  génériques  qu’il  a 
formulés  dans  son  ouvrage ,  a-t-il  compris 
cette  coquille  dans  le  même  g.  que  celui 
des  Martres,  la  séparant  ainsi  des  Venus  de 
Linné.  Quant  au  g.  Arthemis ,  Poli  en  a 
trouvé  le  type  dans  la  Venus  exoleta  de 
Linné,  et  ce  genre,  que  l’on  a  trop  long¬ 
temps  négligé  ,  mérite ,  par  ses  caractères , 
d’être  introduit  dans  toutes  les  méthodes  de 
conchyliologie.  L’un  des  premiers  ,  nous  a- 
vons  cherché  à  faire  apprécier  la  valeur  de 
ces  caractères,  et,  depuis,  plusieurs  con- 
chyliologues  l’ont  mentionné  dans  leurs  ou¬ 
vrages.  L’animal  des  Arthemis  est  orbicu- 
laire  ;  les  lobes  de  son  manteau  sont  désu¬ 
nis  dans  une  grande  partie  de  leur  circon¬ 
férence  :  ils  se  joignent  à  la  partie  posté¬ 
rieure,  et  se  prolongent,  en  arrière,  en  un 
seul  siphon,  réunissant,  sous  une  même  en¬ 
veloppe,  deux  tuyaux  inégaux.  La  masse  ab¬ 
dominale  est  assez  considérable  ;  elle  se  ter¬ 
mine  inférieurement  en  un  pied  dont  la 
forme  est  toute  particulière  à  ce  genre ,  et 
qui  se  rapproche  cependant  assez  de  celui 
des  Pétoncles.  En  effet,  il  est  sécuriforme  , 


tranchant  à  son  bord  ,  et  non  fendu  sur  ce 
bord,  comme  dans  les  Pétoncles.  Il  y  a  donc, 
relativement  à  ces  deux  parties  de  l’animal, 
le  siphon  et  le  pied ,  une  combinaison  par¬ 
ticulière  qui  ne  se  montre  point  dans  les 
autres  Mollusques  acéphales.  De  chaque  cô¬ 
té  de  la  masse  abdominale  viennent  se  pla¬ 
cer  des  feuillets  branchiaux  fort  inégaux  ; 
ceux  du  côté  interne  sont  beaucoup  plus 
grands  que  ceux  qui  sont  à  l’extérieur ,  et 
ils  ne  se  réunissent  point  à  la  partie  posté¬ 
rieure  du  corps.  L’ouverture  de  la  bouche 
est  très  petite  ;  on  la  voit  à  la  réunion  du 
pied  et  du  muscle  adducteur  antérieur  ;  elle 
est  très  petite  et  garnie  de  deux  paires  de 
palpes  labiales  triangulaires  et  très  molles. 
Lorsque  l’animal  est  vivant,  et  qu’il  fait  sor¬ 
tir  les  bords  de  son  manteau ,  on  le  voit 
découpé  en  petites  lanières ,  sur  lesquelles 
s’implantent  de  très  petits  tentacules;  par 
cette  disposition  du  manteau,  cet  animal  se 
rapproche  de  celui  des  Vénus.  Ce  que  nous 
venons  de  dire  suffit  pour  faire  admettre  le 
g.  Arthemis  de  Poli,  puisqu’il  offre  dans 
ses  caractères  zoologiques  une  combinaison 
qui  ne  se  montre  dans  aucun  autre.  Nous 
devons  ajouter  que,  dans  ce  genre,  le  muscle 
rétracteur  des  siphons  est  en  proportion 
plus  étroit,  toujours  d’une  forme  triangulai¬ 
re  ,  et  se  prolongeant  obliquement  jusqu’au 
milieu  des  valves.  Quant  aux  coquilles, 
toutes ,  sans  exception  ,  sont  orbiculaires , 
lenticulaires ,  peu  épaisses.  Toutes  celles 
que  nous  connaissons  sont  striées  transver¬ 
salement  ;  toutes  ont  une  lunule  cordifor- 
me  plus  ou  moins  enfoncée.  Leur  charniè¬ 
re,  très  voisine  de  celle  des  Cythérées ,  s’en 
distingue  cependant  par  quelques  différen¬ 
ces.  Le  bord  cardinal  est  généralement  lar¬ 
ge  en  proportion  de  la  grandeur  de  la  co¬ 
quille  ;  le  ligament  porté  sur  une  nymphe 
déprimée  ,  et  presque  toujours ,  en  grande 
partie ,  cachée  par  le  bord  du  corselet.  Sur 
la  valve  droite,  en  allant  d’arrière  en  avant, 
on  trouve  une  dent  postérieure  étroite ,  et 
allongée  dans  la  direction  de  la  nymphe. 
Immédiatement  au  dessous  du  crochet  tom¬ 
bent  presque  perpendiculairement,  et  un 
peu  en  divergeant,  deux  petites  dents  iné¬ 
gales,  qui  laissent  entre  elles  une  petite 
fossette  très  étroite  ;  enfin  ,  à  l’extrémité  de 
la  dent  la  plus  antérieure ,  on  trouve  une 
petite  fossette  destinée  à  recevoir  la  dent 


ART 


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171 


latérale  antérieure  de  la  valve  opposée.  Sur 
la  valve  gauche ,  toujours  en  suivant  la 
charnière  d’arrière  en  avant ,  on  trouve 
une  grande  fossette  oblongue ,  où  s’intro¬ 
duit  la  grande  dent  oblique  de  la  valve 
droite.  En  avant  s’élève  une  dent  oblique 
postérieure,  jointe  à  son  sommet  à  une  au¬ 
tre  dent  qui  est  antérieure ,  et  qui  s’in¬ 
cline  dans  le  sens  de  la  lunule.  Cette  dent , 
très  mince  dans  la  jonction  des  valves, 
se  place  entre  les  deux  dents  antérieures 
de  la  valve  opposée  ;  enfin ,  un  peu  en 
avant  de  cette  dent ,  et  à  sa  base ,  on  en 
trouve  une  petite  latérale  antérieure ,  qui , 
dans  presque  toutes  les  espèces,  reste  à 
l’état  rudimentaire.  Les  impressions  mus¬ 
culaires  sont  généralement  grandes,  l’an¬ 
térieure  est  ovale ,  subtrigone ,  et  descend 
jusque  vers  la  moitié  de  la  longueur  de  la 
coquille.  La  postérieure  est  semi-lunaire , 
et  descend  quelquefois  plus  bas  que  celle 
du  côté  opposé.  La  sinuosité  de  l’impres¬ 
sion  paléale  correspond  exactement  à  la 
forme  du  muscle  rétracteur  des  siphons  ; 
elle  est  étroite,  très  profonde  ;  et,  si  l’on  fait 
passer  une  ligne  par  son  axe,  cette  ligne 
vient  presque  toujours  tomber  vers  l’extré¬ 
mité  supérieure  de  l’impression  musculaire 
antérieure.  Il  résulte  de  ce  que  nous  venons 
d’exposer  que  le  genre  Arthemis  peut  être 
caractérisé  de  la  manière  suivante  : 

Caractères  génériques .  —  Animal  orbi- 
culaire,  comprimé  latéralement,  ayant  les 
lobes  du  manteau  frangés  et  désunis  dans 
toute  la  longueur  du  bord  inférieur,  et 
terminé  postérieurement  en  deux  siphons 
coniques  réunis  dans  toute  leur  longueur. 
Pied  comprimé,  demi-circulaire,  tranchant 
à  son  bord  et  occupant  tout  le  bord  infé¬ 
rieur  et  antérieur  de  la  masse  abdominale  ; 
une  paire  de  branchies  de  chaque  côté  com¬ 
posée  de  deux  feuillets  inégaux  fort  larges. 
Coquille  orbiculaire,  déprimée,  peu  épais¬ 
se,  striée  transversalement.  Crochets  petits, 
très  pointus ,  dominant  une  lunule  cordi- 
forme ,  profonde  et  toujours  nettement  cir¬ 
conscrite.  Charnière  ayant  à  chaque  valve 
trois  dents  cardinales,  inégales,  dont  la  pos¬ 
térieure  est  toujours  la  plus  grande;  une 
dent  latérale  antérieure ,  rudimentaire  ;  im¬ 
pression  musculaire ,  grande  et  presque  é- 
gale.  Sinus  paléal  étroit ,  profond ,  oblique 
et  très  aigu  au  sommet. 


Le  nombre  des  espèces  appartenant  au 
genre  Arthemis  est  assez  considérable  ;  elles 
sont  répandues  dans  presque  toutes  les 
mers ,  et  l’une  d’elles  est  très  communé¬ 
ment  répandue  dans  la  Méditerranée  et 
dans  les  mers  d’Europe.  Cette  coquille  offre 
cette  particularité  qui  vaut  la  peine  d’être 
notée ,  qu’elle  se  trouve  depuis  le  cap  Nord 
Jusqu’au  Sénégal  et  dans  toute  la  profon¬ 
deur  de  la  Méditerranée.  Cette  espèce,  inté¬ 
ressante  par  le  grand  espace  qu’elle  occupe, 
se  trouve  fossile  en  Sicile,  et  quelques  unes 
de  ses  variétés  septentrionales  dans  des  ter¬ 
rains  tertiaires,  connus  des  géologues  anglais 
sous  le  nom  de  Crag.  Elle  existe  également 
fossile  dans  les  terrains  récents  de  la  Suède 
et  de  la  Norwége.  Nous  en  connaissons  ac¬ 
tuellement  une  vingtaine  d’esp.,  dont  la  plu¬ 
part  vivantes  et  quelques  unes  fossiles ,  re¬ 
marquables  par  leur  grandeur,  proviennent 
des  terrains  tertiaires  d’Italie  et  de  ceux  de 
l’Amérique  septentrionale.  (Desh.) 

*  ARTHENEIS.  ins.  —  Genre  de  la 
famille  des  Lygéens,  de  l’ordre  des  Hémi¬ 
ptères  ,  établi  par  M.  Spinola  (Ess.  sur  les 
Hémipt.)  sur  deux  petites  esp.  trouvées  ré¬ 
cemment  en  Italie.  Ce  genre ,  qui  paraît 
avoir  de  grands  rapports  avec  les  Cymus  de 
Hahn  par  l’ensemble  général  du  corps  et 
par  les  antennes  ,  s’en  distingue  surtout  par 
un  long  canal  situé  à  la  partie  inférieure  de 
la  tête ,  pouvant  loger  complètement ,  pen¬ 
dant  le  repos ,  le  premier  article  du  rostre. 
Le  type  du  g.  est  VA.  cymoides  Spin.,  des 
environs  de  Gênes.  M.  Spinola  pense  que 
sa  seconde  espèce,  A.  foveolata,  de  Sardai¬ 
gne,  pourrait  constituer  un  genre  distinct. 

(Bl.) 

*  ARTHONIA  («/9  efc>,  j’arrose),  bot. 
CR.  —  Acharius  ,  dans  sa  Lichenographia 
universa ,  donne  ce  nom  à  un  genre  qui  ne 
peut  être  conservé.  Les  Arthonies  de  cet 
auteur  se  composent  en  effet  de  Lichens 
dont  les  Apothécies  ont  subi  des  anamor¬ 
phoses  plus  ou  moins  profondes.  Elles  con¬ 
sistent  alors  en  de  simples  taches  noires 
plus  ou  moins  difformes,  sans  aucun  rebord 
ni  propre ,  ni  thallodique  ,  et  dans  lesquel¬ 
les  l’excipulum  et  le  nucléus  sont  confondus 
en  une  masse  pulvérulente  noirâtre.  On 
peut  bien  encore,  à  l’analyse ,  y  trouver  des 
thèques;  mais  celles-ci  ont  elles -mêmes 
changé  de  forme  et  sont  méconnaissables. 


172 


ART 


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Les  Graphidées  et  les  Yerrucariées  ont  cer¬ 
tainement  fourni  le  plus  grand  nombre  des 
espèces  inscrites  dans  ce  genre  :  ainsi  VA. 
gibberulosa  n’est  qu’une  forme  de  la  varié¬ 
té  b.  nothci  de  VOpeyrapha  varia;  les  A.  ra- 
diosa  et  Swartziana  ne  sont  qu’une  dégé¬ 
nérescence  de  VOpegrapha  atra.  Quelques 
autres  appartiennent  au  genre  Lecanactis; 
ex.  :  A.  lyncea  Ach.  Enfin  on  y  rencontre 
aussi ,  mais  plus  rarement ,  des  Lécidées  et 
meme  des  Parmélies  dégénérées  ;  on  ne  sau¬ 
rait  donc  l’admettre  tel  qu’il  a  été  circon¬ 
scrit  par  son  fondateur. 

Eschweiler,  après  avoir  lui-même  contribué 
à  détruire  le  g.  d’Acharius ,  a  tenté  (  Mart. 
Fl.  Bras.,  I,  p.  109)  de  le  faire  revivre  en  le 
limitant  à  une  ou  deux  espèces  brésiliennes  ; 
il  le  définit  ainsi  :  Thalle  crustacé  ;  apothé- 
cies  linéaires  et  difformes ,  ou  en  forme  de 
verrues,  nues,  renfermant,  dans  un  nucléus 
gélatineux,  des  thèques  piriformes  qui  con¬ 
tiennent  elles-mêmes  ce  qu’il  appelle  ,  lui , 
des  thèques ,  mais  que  nous  nommons , 
nous,  des  sporidies.  Il  rapporte  l’une  de 
ces  espèces  au  Spiloma  maculans  d’Acha- 
rius.  Nous  ne  saurions  nous  prononcer  sur 
la  valeur  de  ce  g.,  qu’Eschweiler  donne  d’ail¬ 
leurs  lui-même  comme  douteux.  C’est  Ar- 
donia  qu’aurait  dû  s’appeler  ce  g.,  d’après 
l’étymologie  que  lui  donne  Acharius.  C’est 
en  effet  cfyxTw  (et  non  upQta ,  qu’on  trouve 
dans  cet  auteur),  qui  signifie  irrigare ,  ad- 
spergere;  üpQu  n’est  pas  un  verbe  grec. 

(C.M.) 

*  ARTHOSTEMA,  Neck.  bot.  ph.— 
Synonyme  du  genre  Thoa ,  Aubl.,  de  la  fa¬ 
mille  des  Conifères.  (Sp.) 

ARTHRATHERUM  (üpOpov ,  articu¬ 
lation;  àQÿp,  arête),  bot.  ph.  —  Genre  de 
la  famille  des  Graminées,  établi  par  Palissot 
de  Beauvois  pour  les  esp.  (VAristida  qui  ont 
l’arête  trifide  au  sommet ,  articulée  et  cadu¬ 
que. 

Ce  genre  n’a  pas  été  adopté  par  les  autres 
agrostographes.  Voy.  aristida.  (A.  R.) 

ARTHRAXON  ( &pdpov ,  articulation; 

,  axe  ).  bot.  ph.  —  Palissot  de  Beauvois 
a  nommé  ainsi  un  genre  de  la  famille  des 
Graminées,  établi  pour  VIschœmum  ciliare 
Retz.  —  Ce  genre  n’a  pas  été  adopté.  Voy. 
ÏSCSIOEMUM.  (A.  R.) 

* ARTHRENÏA  [xpSpov  ,  articulation). 
selm.  —Genre  non  décrit  de  Yers  intesti¬ 


naux  ,  signalé  par  M.  Rafinesque  (  Analyse 
de  la  nature ,  p.  150)  dans  sa  famille  des 
Arthréniens ,  qui  comprend  les  Yers  articu¬ 
lés  à  la  manière  des  Tœnia.  (P.  G.) 

*  ARTHRÉNIENS  (  d 'Arthrmia  ). 

helm.  —  Famille  des  Yers  intestinaux,  dé¬ 
nommée  par  M.  Rafinesque  (  Analyse  de 
la  nature,  p.  150),  et  comprenant ,  outre  le 
genre  Arthrenia ,  dont  l’auteur  ne  donne 
pas  les  caract. ,  ceux  de  Tœnia ,  Halysis , 
Hepatoxylon ,  e te.  (P.  G.) 

*ARTHRIA  (  üpdpov,  article),  ins.  — 
Genre  de  l’ordre  des  Diptères  ,  division  des 
Némocères ,  famille  des  Tipulaires ,  tribu 
des  Bibionides,  établi  par  Kirby,  et  adopté 
par  M.  Macquart  dans  son  ouvrage  intitulé  : 
Diptères  nouveaux  ou  peu  connus.  Les  ca¬ 
ractères  en  sont  :  Palpes  de  quatre  ou  cinq  ar¬ 
ticles.  Des  ocelles.  Tarses  munis  de  trois 
pelotes,  de  cinq  articles.  Jambes  non  épi¬ 
neuses  ;  les  antérieures  terminées  en  poin¬ 
te.  Une  cellule  marginale.  Antennes  termi¬ 
nées  en  massue. 

Ce  genre,  voisin  des  Aspites ,  est  fondé 
sur  une  seule  esp. ,  nommée  A.  analis  par 
Rirby  dans  sa  Faune  de  V Amérique  boréa¬ 
le.  (D.) 

ARTHRINIUM  (  üpdpov,  article),  bot. 
cr.  —  Runze  (  Myc .  Hefte,  t.  II,  p.  101  ) 
désigne  sous  ce  nom  de  petits  champignons 
qui  se  trouvent  sur  les  feuilles  mortes  des 
Carex,  et  que  Fries  range  dans  l’ordre  des 
Dématiés.  Ils  présentent  pour  caractères  un 
thallus  composé  de  filaments  entassés,  sim¬ 
ples  ,  cloisonnés ,  comme  moniliformes  , 
noirs  et  parsemés  de  spores  fusiformes  ob¬ 
scures,  beaucoup  plus  volumineuses  que  les 
filaments  qui  les  supportent.  —  C’est  avec 
raison  que  Link  a  séparé  de  ce  g.  VArthri- 
nium  puccinioides  de  Runze  pour  en  for¬ 
mer  le  genre  Goniosporium,  dont  les  spo¬ 
res  sont  anguleuses.  L’A.  caricicola ,  qui 
est  le  type,  forme,  sur  les  feuilles  mortes  de 
quelques  Carex,  de  petits  points  saillants  et 
noirs,  du  volume  d’un  grain  de  moutarde  , 
mais  aplatis.  (LÉv.) 

*  ARTHROBOTRYS  (  üpOpov  >  ar¬ 
ticulation;  Gôzpvç,  botrys  ).  bot.  —  Yfal- 
lich,  dans  son  Catalogue ,  a  désigné  sous  le 
nom  (VArthrobotrys  macrocarpa  une  fou¬ 
gère  du  groupe  des  Aspidiées ,  que  Presl  a 
rapportée  avec  les  Aspidium  dilatatum ,  ri- 
gidum,  cristatum,  et  quelques  autres  es- 


ART 


173 


pèces  moins  connues ,  à  une  section  de  son 
genre  Lastrea ,  qu’il  désigne  sous  le  nom 
donné  par  Wallich.  (Ad.  B.) 

ARTHROCÉPHALÉS  (  tkpQpov ,  arti¬ 
cle,  articulation  ;  *£<?«>/;,  tête),  crust.  — 
Nom  employé  par  M.  Duméril  pour  dési¬ 
gner  une  division  de  la  classe  des  Crustacés, 
comprenant  toutes  les  espèces  dont  la  tête 
est  séparée  du  thorax,  telles  que  les  Squel- 
les ,  les  Crevettes,  et  autres  Amphipodes. 

(M.  E.) 

*  ARTIiROCLADIA  (upQpo-J,  article, 
,  rameau),  bot.  cr.  —  Genre  créé 
par  M.  Duby  (Bot.  Gall.,  p.  971)  pour  une 
Phycée  dont  Hudson  et  Dillwyn  faisaient 
une  Conferve ,  et  M.  Agardh  un  Sporoch- 
nus.  Il  est  ainsi  caractérisé  :  Filaments  flexi¬ 
bles,  très  allongés ,  d’une  substance  cornée  ; 
rameaux  par  dichotomies  successives ,  qui 
vont  en  s’atténuant  peu  à  peu.  Ces  filaments 
portent  à  chaque  articulation  un  verticille 
de  fils  fort  déliés  ,  flexibles  et  rameux  eux- 
mêmes.  La  fructification  consiste  en  de  très 
petits  conceptacles  presque  cylindriques  , 
réunis  bout  à  bout  en  petits  rameaux  pédi- 
cellés,  cylindriques,  obtus  ,  sous  la  forme  de 
silique  toruleuse  et  portés  par  les  cils  en 
question  :  c’est  surtout  à  la  base  de  ceux-ci 
qu’on  les  observe.  Les  conceptacles  s’échap¬ 
pent  enfin  du  petit  rameau ,  et  le  laissent 
vide,  flasque  et  comme  désorganisé. — Se  fon 
dant  sur  ce  que  la  fronde  de  cette  Algue  est 
articulée,  M.  Duby  la  place,  en  outre,  dans 
sa  tribu  des  Céramiées.  M.  Greville  (  Algœ 
Britann.  )  maintient  cette  plante  dans  le  g. 
Sporochnus ,  et  nous  nous  rangeons  de  son 
avis.  (C.  M.) 

*  ARTHROCNEMUM ,  Moq.  Tand. 

(  Chenopodearum  Monogr.,  page  111  )  (ap- 
Opov  ,  articulation  ;  ,  rayon  ).  bot. 

pii. — Genre  de  la  famille  des  Chénopodées, 
auquel  son  auteur  assigne  les  caractères 
suivants  :  Fleurs  hermaphrodites,  ébrac- 
téolées ,  cachées  par  les  articles  des  ra¬ 
meaux.  Périgone  subtrigone  ou  subtétrage- 
ne ,  ventru,  tronqué  ou  5-5-denté  au  som¬ 
met;  le  fructifère  fongueux,  inappendiculé. 
Étamines  1  ou  2 ,  insérées  au  réceptacle. 
Styles  2  ,  connés  inférieurement.  Péricarpe 
membranacé,  comprime,  recouvert  par  le 
périgone  amplifié.  Graine  inadhérente,  ver¬ 
ticale,  lenticulaire,  subrostellée  ;  tégument 
double ,  l’extérieur  crustacé  Périsnerme 


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central  et  latéral ,  copieux  ,  farinacé.  Em¬ 
bryon  semi-annulaire  ,  verdâtre  ;  radicule 
descendante.  — Sous-arbrisseaux  ou  herbes, 
aphylles,  glabres.  Tiges  et  rameaux  articu¬ 
lés.  Rameaux  florifères  spiciformes.  Fleurs 
(non  plongées  dans  les  excavations  du  ra¬ 
chis)  minimes,  eh  général  ternées.  —  Ce 
genre  est  fondé  sur  le  Salicornia  fruticosa 
L.  et  quatre  esp.  voisines.  Ces  plantes  ha¬ 
bitent  la  région  méditerranéenne  ,  l’Inde , 
la  Nouvelle-Hollande  et  l’Amérique  septen¬ 
trionale.  (Sp.) 

*  ARTHRODACTYLA  (*fi9pw,  arti¬ 
cle;  c/axT  1)5.05,  doigt),  ins. —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  hétéromères ,  famille  des  Téné- 
brionites ,  établi  par  Kîug.  Ce  genre,  voi¬ 
sin  des  Calcar,  en  diffère  par  les  articles 
des  tarses,  qui  sont  très  courts,  larges  et 
aplatis ,  profondément  incisés,  serrés  les  uns 
contre  les  autres,  et  recouverts  en  dessous 
d’un  épais  duvet.  Il  se  compose  de  deux  es¬ 
pèces  rapportées  de  Madagascar  par  le  voya¬ 
geur  Goudot,  et  nommées  par  Rlug,  l’une 
A.  elongata ,  et  l’autre  A.  nttënuata.  Toutes 
deux  sont  figurées  et  décrites  dans  un  ou¬ 
vrage  de  cet  auteur  intitulé  :  Bericht  über 
eine  au f  Madagascar  veranstaltete  Samm- 
lung  von  Insecten  aus  der  ordnung.  Co- 
leoptera,  p.  90,  tab.  4 ,  fig.  5,  e-f.  (D.) 

ARTHRODACTYLÎS  f'fyfyov,  arti¬ 
culation;  cPaxru)is,  de  la  grosseur  du  doigt/). 
bot.  ph.  —  Le  genre  désigné  sous  ce  nom 
par  Forster  (Gen.,  n.  57)  a  été  réuni  au  g. 
Pandanus.  Voy.  ce  mot.  (A.  R.) 

*ARTMROBE!S  (àpdpûHs,  articulé). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  hétéromères , 
famille  des  Mélasomes,  tribu  des  Érodites, 
établi  par  M.  Solier  aux  dépens  du  genre 
Erodius  de  Fabr.  (Ann.  de  la  Soc.  entom. 
de  France ,  t.  III,  1854,  pag.  508  et  515), 
et  dont  voici  les  principaux  caractères,  sui¬ 
vant  cet  auteur  :  Tibias  antérieurs  fortement 
bidentés.  Mandibules  ayant  en  dessus  une 
dent  saillante.  Labre  subtriangulaire  ou  ca¬ 
ché.  Antennes  n’ayant  que  dix  articles  appa¬ 
rents  ,  le  dernier  court ,  pas  sensiblement 
ovalaire.  Il  y  rapporte  5  esp.  d’Égypte,  dont 
2  nommées  par  lui  A.  crucialus  et  A.  obli- 
teratus,  et  la  5e  parM.  Dejean  A.  rotunda- 
tus.  Ce  dernier,  n’ayant  pas  trouvé  le  g.  dont 
il  s’agit  assez  caractérisé,  ne  l’a  pas  adopté 
dans  son  dernier  Catalogue.  (D.) 

*  ARTHRODESMIES  (  tpfyov ,  arti- 


174 


ART 


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cle  ;  tfsctftài ,  lien),  bot.  cr.  (Phycées).  — 
M.  Ehrenberg  a  donné  ce  nom ,  dans  son 
grand  ouvrage  sur  les  Infusoires,  à  un  gen¬ 
re  de  Bacillariées  qui  correspond  exacte¬ 
ment  au  genre  Scenedesmus ,  de  M.  Meyen, 
créé  antérieurement,  et  consigné  dans  la 
plupart  des  auteurs  qui  ont  écrit  sur  les 
Algues  microscopiques.  Ce  changement  de 
nom ,  dont  rien  n’indique  la  nécessité  ,  ne 
peut  donc  être  adopté.  Le  genre  Scenedes¬ 
mus  appartient  à  la  tribu  des  Desmidiées. 

(Bréb.) 

ARTHRODIE  [àpBp  wcTt'a,  articula¬ 
tion).  bot.  cr.  (Phycées). —  Ce  genre  a  été 
établi  par  Rafinesque  pour  une  production 
végétale ,  flottant  en  taches  vertes  sur  les 
eaux  douces  de  la  Sicile ,  et  à  laquelle  il 
donne  pour  caractères  de  présenter  des  cor¬ 
puscules  allongés  ,  libres  ,  simples  ,  plans , 
divisés  en  deux  articles  remplis  d’une  ma¬ 
tière  granuleuse ,  sporulifère.  Quelques  al- 
gologistes  ont  cru  y  reconnaître  un  Micro- 
cystis  ou  Palmella  ;  nous  pensons  que  ce 
doit  être  plutôt  une  Desmidiée  appartenant 
au  genre  Cosmarium ,  Cord.  ;  Heterocar- 
pella ,  Turp.  (Bréb.) 

ARTHRODîÉES  {âpdpufl*,  articula¬ 
tion).  bot.  cr.  (Phycées).  —  Sous  ce  nom, 
imposé  par  M.  Bory  de  St-Vincent,  se  trou¬ 
ve  placé  un  groupe  très  considérable  de  la 
famille  des  Algues,  auquel  se  réunissent 
peut-être  quelques  Infusoires.  Les  êtres  que 
renferme  cette  grande  division, qui  semble  de¬ 
voir  appartenir  principalement  au  règne  vé¬ 
gétal, se  rapprochent  néanmoins,  pour  un  cer¬ 
tain  nombre,  assez  intimement  des  Polypiers 
pour  ne  pas  oser  assurer  qu’ils  ne  sont  point 
pourvus  d’animalité.  Ce  sont  ces  considéra¬ 
tions,  que  les  limites  de  cet  article  ne  nous 
permettent  pas  de  discuter,  qui  ont  engagé  le 
célèbre  physiologiste  que  nous  venons  de  ci¬ 
ter  à  proposer  la  création  d’un  règne  intermé¬ 
diaire,  le  règne  Psychodiaire  ,  qui  prouve¬ 
rait,  comme  le  dit  cet  auteur ,  «  que  cette 
division  générale  de  règnes  n’est  pas  plus 
réelle  que  l’existence  de  classes  et  de  gen¬ 
res  dont  les  limites  se  confondent,  au  point 
qu’il  est  souvent  impossible  d’assigner  au¬ 
quel  des  deux  groupes  voisins  appartien¬ 
nent  certaines  espèces  placées  sur  les  con¬ 
fins  de  tant  de  divisions  arbitraires.  » 

Nous  nous  bornerons  à  offrir  ici  les  ca¬ 
ractères  assignés  à  cette  famille  ;  mais  ce¬ 


pendant  des  observations  postérieures  nous 
la  font  envisager  comme  composée  d’espèces 
qui  ne  peuvent  être  rapprochées,  et  que 
nous  traiterons  successivement  aux  mots  : 

DIATOMÉES,  OSCILLARIÉES  et  ZYGNÉ- 

mées,  tribus  qui  correspondent  à  celles 
établies  par  M.  Bory  de  St-Yincent,  qui, 
dès  ce  temps-là  (1822),  pensait  avec  raison 
qu’elles  étaient  susceptibles  de  former  au¬ 
tant  de  familles  nouvelles  très  distinctes. 

Les  caractères  généraux  des  Arthrodiées 
consistent  en  des  filaments  généralement 
simples ,  formés  de  deux  tubes,  dont  l’un 
extérieur,  transparent ,  contenant  un  fila¬ 
ment  intérieur  articulé  rempli  de  la  ma¬ 
tière  colorante. 

La  première  tribu,  Fragillaires,  ren¬ 
ferme  trois  genres  :  Diatoma,  DC.  ;  Acli- 
nanthes ,  Bory,  et  Nematoplata ,  Bory.  — 
La  deuxième  tribu  ,  Oscillaires  ,  quatre 
genres  :  Dillwynella ,  Bory  ;  Oscillaria , 
Bosc;  Vaginaria ,  Bory,  et  Anabaina ,  Bory. 
—  La  troisième  tribu,  Conjuguées,  quatre 
genres  :  Leda,  Bory;  Tendaridea ,  Bory; 
Salmacis,  Bory,  et  Zygnema ,  Ag. — La  qua¬ 
trième  tribu ,  Zoocarpées  ,  trois  genres  : 
Anthophysis ,  Bory  ;  Tiresias  ,  Bory ,  et 
Cadmus,  Bory.  Plusieurs  de  ces  noms  n’ont 
pas  été  généralement  adoptés.  (Bréb.) 

*  ARTH ROLOBIUM ,  Desv.  ( Journ . 
de  Bot. ,  t.  III ,  p.  121 ,  tab.  4 ,  fig.  10  ).  — 
Astrolobium  (par  erreur  typographique, 
recopiée  par  la  plupart  des  auteurs) ,  DC. 
(. Prodr .,  t.  II,  p.  311)  (àpdpov,  articulation, 
article  ;  ïoSio-;,  cosse ,  gousse),  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Légumineuses  , 
sous-ordre  des  Papilionacées,  tribu  des  Hé- 
dysarées ,  DC. ,  compris  par  Linné  dans  son 
genre  Ornithopus.  Les  caractères  essen¬ 
tiels  en  sont  :  Calice  tubuleux,  5-denté, 
point  bractéolé;  dents  presque  égales.  Co¬ 
rolle  à  carène  minime,  comprimée.  Étami¬ 
nes  diadelphes  (9  et  1).  Légume  subcylin¬ 
drique,  à  articles  nombreux,  1-spermes,  in¬ 
déhiscents,  cylindracés ,  tronqués  aux  deux 
bouts. — Herbes  annuelles;  feuilles  impari- 
pennées  ;  stipules  nulles ,  ou  soudées  en 
écaille  oppositifoliée,  2-dentée;  fleurs  jaunes, 
disposées  en  capitules  dépourvus  de  brac¬ 
tées  foliacées.  M.  deCandolle  (Le.)  rapporte 
I  à  ce  genre  quatre  espèces  ;  mais,  suivant 
M.  Koch  ( Deutschl .  Flora,  vol.  Y,  p.  204) , 
I  IM.  ebracteatum  DC.  (  Ornithopus  lœvi - 


ART 


ART 


175 


gains  Smith  ;  —  Ornithopus  ebracteatus 
Brotero  ;  —  Ornithopus  exstipulatus  Tho- 
re)  est  la  seule  qui  y  appartienne  réelle¬ 
ment  ;  tandis  que  les  trois  autres  doivent  être 
transférées  aux  genres  Coronilla  et  Hippo- 
crépis.  (Sp). 

ARTHROLOBTJS ,  Andrz. ,  msc.  (  ’âp- 
Bpov ,  articulation;  Mos ,  gousse),  bot.  ph. 

—  Syn.  du  genre  Rapistrum,  Bœrh. ,  de 

la  famille  des  Crucifères.  (Sp.) 

ARTHROLOBUS,  Stev.  msc.  ;  non  An¬ 
drz.  (ckpOpov,  articulation;  XdS ©'$,  gousse). 
bot.  ph.  —  Syn.  du  genre  Sterigma  ,  DC., 

de  la  famille  des  Crucifères.  (Sp.) 

*ARTHROMACRA  (&pOfiW ,  article; 
pocxpcç,  grand  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptè¬ 
res  hétéromères,  famille  des  Hélopiens,  éta¬ 
bli  par  M.  Kirby  ( Fauna  borealis  ameri- 
cana,  page  238,  année  1837),  aux  dépens  de 
son  genre  Stenochia ,  d’après  une  seule  es¬ 
pèce  trouvée  au  Canada,  et  qu’il  nomme 
A.  donacioides,  à  cause  de  sa  ressemblance 
avec  une  Donacie.  Ce  genre  est  le  même 
que  celui  créé  par  Latreille  sous  le  nom  de 
Statyra.  Voy.  ce  mot.  (B.  et  C.) 

*  ARTIi  ROM  ARIA  (  %p6pov  ,  article  ; 

à p ta ,  frêne?  ).  bot.  cr.  —  Nom  donné  par 
M.  Fries  (  Syst.  orb.  Veget.  ,  p.  282)  à  des 
taches  lichénoïdes  ,  réticulées  ,  noirâtres  , 
qu’on  observe  sur  l’écorce  lisse  de  certains 
arbres,  sur  le  Frêne,  par  exemple.  L’auteur 
les  compare  à  VOpegrapha  crassa  DC.,  qui 
est  un  véritable  Lichen,  tandis  que  l’absen¬ 
ce  des  thèques ,  dans  la  production  dont  il 
est  question,  doit  la  faire  rayer  du  catalogue 
des  végétaux.  (C.  M.) 

*  ARTHRONEMUS  [kpfrpoy,  articula¬ 

tion  ;  vtyy.se,  chaîne),  annél.  —  Genre  non 
décrit  d’Annélides,  voisin  des  Sangsues  et  de 
la  même  famille  qu’elles  ,  signalé  sans  de¬ 
scription  par  M.  Rafînesque  ( Analyse  de  la 
nature ,  p.  135).  (  P.  G.  ) 

ARTHRONIE.  Arthronia.  bot.  cr. 

—  Voyez  ARTHONIA.  (C.  M.) 

*  ARTHROPHYLLUM ,  Blume  (  àp- 
Opoy ,  articulation  ;  <pv).).ov  ,  feuille  ).  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Araliacées  ; 
son  auteur  ( Bijdr .  878)  en  donne  les  ca¬ 
ractères  suivants  :  Limbe  calicinal  supère , 
court,  obscurément  5-denté.  Pétales  5,  in¬ 
sérés  au  bord  d’un  disque  épigyne.  Étami¬ 
nes  5.  Ovaire  1-loculaire ,  1-ovulé.  Style 
très  court;  stigmate  simple,  obtus.  Baie  1- 


sperme ,  couronnée.  —  Arbrisseaux  (de 
Java)  inermes.  Feuilles  2-pennées,  ou  im- 
paripennées ,  ou  ternées  ;  folioles  très  en¬ 
tières.  Inflorescence  en  ombelles  pétiolaires, 
composées.  On  en  connaît  trois  espèces. 

(Sp.) 

ARTHROPODE.  Arthropodium  (  ï.p- 
Bpo'j ,  articulation  ;« ou?,  oiïa,  pied),  bot.  ph. 
—  Genre  formé  par  R.  Brown  (Prodr.  276) , ' 
et  ainsi  caractérisé  :  Périgone  corollacé ,  6- 
partite  ;  à  segments  étalés  ,  dont  les  3  inté¬ 
rieurs  ondulés  ou  frangés  sur  les  bords.  Éta¬ 
mines  6 ,  insérées  à  la  base  du  périgone ,  à 
filaments  barbus.  Ovaire  3-loculaire,  à  ovu¬ 
les  nombreux.  Style  filiforme,  à  stigmate 
hispidule.  Capsule  membranacée,  subglobu¬ 
leuse,  3-loculaire,  loculicide-5-valve,  Grai¬ 
nes  subanguleuses ,  peu  nombreuses ,  à  om¬ 
bilic  nu.  Embryon  courbe.  —  Il  renferme 
environ  une  douzaine  de  plantes  herbacées 
ou  à  peine  suffrutescentes ,  appartenant  tou¬ 
tes  à  l’Australasie.  Elles  sont  glabres  ;  à  ra¬ 
cines  composées  de  fibres  épaisses,  fascicu- 
lées,  ou  de  bulbes  pédicellés  ;  à  feuilles  li¬ 
néaires  ou  ovales-lancéolées-atténuées,  flas¬ 
ques  ;  à  inflorescence  en  grappes  lâches; 
pédicelles  agrégés  ou  solitaires,  articulés  au 
milieu  ( und'e  nomen  )  ;  à  fleurs  pendantes, 
dont  le  périgone  connivent  après  l’anthèse, 
et  bientôt  circoncis  au  dessous  de  sa  base, 
qui  persiste  en  forme  de  coupe.  Bien  que  ce 
genre  soit  encore  incomplètement  détermi¬ 
né,  ces  derniers  caractères  le  distinguent 
suffisamment  du  genre  Antheric  (  Voy.  ce 
mot) ,  dont  il  est  très  voisin.  On  en  cultive 
dans  les  jardins  sept  ou  huit  espèces,  dont 
la  plus  remarquable  est  i’A.  cirrhatum  R. 
B.,  de  la  Nouvelle-Zélande.  (C.  L.) 

*  ARTHROPOGON.  Arthropogon  (jkp- 
Bpov  ■  articulation  ;  ir otywv  ,  barbe  ).  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Graminées, 
tribu  des  Andropogonées,  établi  par  le  pro¬ 
fesseur  Nees  d’Esenbeck  (  in  Mart.  Gram. 
Bras.  2,  p.  320).  Les  épillets  sont  tous  sem¬ 
blables,  pédicellés  et  biflores ,  articulés  sur 
leur  pédoncule,  environnés  à  leur  base  par 
des  poils  mous.  Les  fleurs  sont  mutiques  : 
l’inférieure  est  mâle,  la  supérieure  est  her¬ 
maphrodite.  Les  écailles  sont  un  peu  coria¬ 
ces  ;  l’inférieure  est  subulée  ,  la  supérieure 
naviculaire  et  carénée,  bifide  à  son  som¬ 
met  et  terminée  par  une  arête  courte.  Les 
paillettes  sont  minces  et  hyalines;  l’infé- 


176 


ART 


ART 


rieure,  dans  la  fleur  mâle,  est  papyracée.  Les 
étamines  sont  au  nombre  de  trois.  L’ovaire 
est  glabre  ;  les  stigmates  sont  plumeux  et  à 
poils  simples.  Les  paléoles  sont  glabres  et 
dolabriformes.  Le  fruit  est  glabre  et  nu.— Ce 
genre  ne  se  compose  que  d’une  seule  es¬ 
pèce  ,  Ârthropogon  villosus  Nees  ab  Esenb., 
I.  c.,  Kunth  ( Gram .  Iï,  p.  573,  t.  200).  C’est 
une  graminée  vivace  originaire  du  Brésil. 
Ses  chaumes  sont  touffus  ;  ses  feuilles  sont 
linéaires-lancéolées  ;  ses  fleurs  sont  en  pa- 
nicule  simple.  Ce  genre  est  voisin  du  genre 
Neurachne,  Brown.  Il  en  diffère  par  ses 
écailles  soyeuses  à  leur  base,  et  par  son  in¬ 
florescence.  (A.  R.) 

ÂRTHROPSES.  Arthtropsia  (ikpQpo'j, 
articulation;  apparence).  zool.  — 
Nom  donné  par  M.  Rafinesque  dans  son 
Analyse  de  la  Nature,  p.  156  ,  à  la  sous-fa¬ 
mille  des  Bermopsia ,  qui  comprend  les  J  sis 
et  autres  Coralliens  articulés.  (P.  G.) 

*  ARTHROPTERU  S  (&p9pov ,  membre, 

article;  ntépvÇ,  aile),  ins. — Genre  de  Coléo¬ 
ptères  tétramères ,  famille  des  Xylophages  , 
tribu  des  Paussides,  établi  par  Mac  Leay  aux 
dépens  du  g.  Cerapterus  de  Swederus  (11- 
lustr .  of  the  zoology  of  South  Africa,  etc., 
p.  75,  tab.  4,  fig.  a),  et  modifié,  depuis,  par 
M.  WestvVbod  (the  Entomolog.  Magaz.,  p. 
505) ,  qui  le  caractérise  ainsi  :  Tête  plus 
étroite  que  le  corselet  ;  celui-ci  presque 
carré.  Antennes  renflées  à  dernier  article 
médiocre.  Élytres  étroites,  plus  courtes  que 
l’abdomen  ;  tibias  armés  de  2  épines  à  l’ex¬ 
trémité,  avec  l’angle  externe  très  aigu. — Le 
typedeceg.  est  le  Cerapt.  Maclèayi  de 
Donovan  ,  espèce  de  la  Nouvelle-Hollande , 
figurée  dans  le  premier  des  deux  ouvra¬ 
ges  précités,  ainsi  que  dans  le  vol.  II,  2e  par¬ 
tie  des  Trans.  de  la  Soc.  ent.  de  Londres  (p. 
95,  pl.  10,  fig.  7)  ;  mais  nous  devons  dire  ici 
que  ces  deux  figures,  qui  diffèrent  notable¬ 
ment  entre  elles  par  la  forme  du  corselet, 
ne  s’accordent  guère  avec  les  caractères  gé¬ 
nériques  de  M.  Westwood  quant  aux  an¬ 
tennes,  dont  le  premier  article,  dit-il,  est 
médiocre,  tandis  que  les  deux  figures  le  re¬ 
présentent  très  volumineux.  N’ayant  pas  vu 
l’espèce  en  nature ,  nous  ne  pouvons  dire 
de  quel  côté  est  l’inexactitude.  (D.) 

*  ARTHROSTACHYA  (jtffî,  arti¬ 
culation;  gzùxvî,  épi),  bot.  pii.  —  Fa¬ 
mille  des  Graminées.  La  plante  désignée  1 


par  le  professeur  Link  ( Hort .  berol.,  ï,  p. 
151)  sous  le  nom  d 'Arthrostachya  coarc- 
tata  est  VAvena  coarctata  de  Desfontaines 
( Cat .  1829,  p.  22),  et  appartient  réellement 
au  genre  Avena.  Voy.  avoine.  (A.  B.) 

ARTHROSTEMMA.  bot.  pii.  — 
Voyez  ARTHROSTEMA.  (C.  D’O.) 

*  ARTHROSTEMA  ,  D.  Don ,  in 
Mem.  Wern.  Soc.,  t.  IY,  p.  292.  —  De 
Cand.,  Prodr.,  t.  III,  p.  135  (üpQpcv,  arti¬ 
culation  ;  <rr YjUx  ,  étamine  ).  bot.  pu.  — 
Genre  de  la  famille  des  Mélastomacées  (tri¬ 
bu  des  Mélastomées,  s. -tribu  des  Osbéckiées, 
DG.  ) ,  auquel  M.  de  Candolle  assigne  les 
caractères  suivants  :  Tube  calicinal  turbiné 
ou  campanulé,  souvent  poilu  ,  ou  sétifère  , 
ou  écailleux,  h  4  lobes  lancéolés,  persistants  ; 
interstices  des  lobes  inappendiculés.  Péta¬ 
les  4.  Étamines  8  ;  filets  glabres.  Anthères 
oblongues,  s’ouvrant  au  sommet  par  un 
seul  pore;  connectif  allongé,  2-auriculé  à 
la  base.  Ovaire  sétifère  au  sommet.  Capsule 
4-loculaire.  Graines  cochléariformes ,  à  hile 
orbiculaire ,  basilaire.  —  Herbes  ou  sous- 
arbrisseaux.  M.  de  Candolle  rapporte  à  ce 
genre  25  espèces,  toutes  indigènes  de  l’A¬ 
mérique  méridionale ,  et  qu’il  groupe  sous 
cinq  sections  ou  sous-genres,  savoir  t  Chœ- 
topetalum,  Brachyotum ,  Ladanopsis,  Tri - 
furcarium  et  Monochœtum  (  Voy.  ces 
mots). 

De  même  que  la  plupart  des  autres  Mé¬ 
lastomacées  ,  les  Arthrostèmes  se  font  re¬ 
marquer  par  l’élégance  de  leurs  fleurs  ; 
aussi  en  cultive-t-on  plusieurs  espèces  comme 
plantes  d’ornement  de  serre  ;  les  plus  nota¬ 
bles  £ont  :  \’A.  versicolor  DC.  (  Rhexia 
versicolor  Bot.  Reg.,  tab.  1066),  et  l’A.  ni- 
tida  Hook.  (Bot.  May.,  tab.  5142).  (Sp). 

*ARTHROSTERTUS  (&p Qpov,  membre, 
article;  orevo’s,  étroit),  ins.  — Genre  de  Co¬ 
léoptères  ,  section  des  tétramères ,  famille 
des  Curculionides,  division  des  Cryptorhyn- 
chides,  établi  par  Schœnherr,  qui  y  rapporte 
trois  espèces ,  dont  deux  nommées  par  lui 
A.  spadiceus  et  A.  cinereus ,  et  la  troisième 
A.fullo  par  Boeber.  Cette  dernière  provient 
du  bord  oriental  de  la  mer  Caspienne.  Ces 
insectes  ont  le  corps  ovale-oblong,  convexe, 
squammeux ,  ailé  ;  ils  sont  de  grandeur 
moyenne ,  et  ont  le  faciès  des  Èrirhines. 

(D.  et  C.) 

*ARTHROSTIGMA  Endl.  (G en.  PL, 


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p.  337  ,  sub  Petrophila )  (ckpOpov ,  articula¬ 
tion  ;  rriy/ix ,  stigmate  ).  bot.  ph.  —  Sec¬ 
tion  du  genre  Petrophila ,  R.  Br.  (de  la  fa¬ 
mille  des  Protéacées  ),  comprenant  les  es¬ 
pèces  à  stigmate  articulé  (l’article  inférieur 
glabre,  anguleux;  le  supérieur  cotonneux), 
et  à  feuilles  filiformes ,  indivisées.  (Sp.) 

*  ARTHROSTYLÉES  (S^y,  join¬ 
ture  ;  ory>05,  style  ).  bot.  pu.  — M.  Bumor- 
tier  a  donné  ce  nom  à  sa  quatrième  série 
des  Synanthérées  ,  comprenant  les  Cardua- 
cées  dont  le  style  offre,  sous  les  deux  bran¬ 
ches,  une  sorte  de  renflement  ou  d’articu¬ 
lation.  (J.  B.) 

ARTHROSTYLÏS  {fyOp  o'j ,  articu¬ 
lation;  otvMç,  petit  style),  bot.  ph.— Genre 
de  la  famille  des  Cypéracées  ,  établi  par  R. 
Brown  {Prodr.,  1. 1,  p.  229)  pour  une  plante 
dépourvue  de  feuilles ,  Arthrostylis  aphyl- 
la ,  qui  croît  à  la  Nouvelle-Hollande.  Ses 
fleurs  sont  réunies  en  un  capitule  simple , 
environné  d’un  involucre  formé  de  trois  à 
quatre  folioles  courtes  et  subulées.  Les  épil- 
lets  sont  uniflores  ,  composés  d’écailles  im¬ 
briquées.  Les  organes  sexuels  ne  sont  pas 
environnés  de  soies  hypogynes.  L’ovaire  est 
surmonté  d’un  style  subulé ,  triangulaire , 
articulé  avec  son  sommet,  et,  par  conséquent, 
caduc  ;  il  est  terminé  par  trois  stigmates 
subulés.  Le  fruit  est  un  akène  triangulaire. 
Ce  genre  est  très  voisin  des  genres  Abild- 
gaardia  et  Rhynchospora.  11  diffère  du 
premier  par  ses  épillets  uniflores  et  ses  chau¬ 
mes  dépourvus  de  feuilles  ;  du  second  par 
son  style  caduc  et  l’absence  des  soies  hypo¬ 
gynes.  (A.  R.) 

*ARTHROTOMA  (fyfyov,  article  ;  t o- 
W,  section),  bot.  cr.  (Phycées.)  —  Genre 
établi  par  M.  Corda  dans  le  Beitrage  du 
docteur  Weitenweber,  1840,  5e  partie,  et 
rapproché  par  lui  des  Gaillonella ,  dont  il 
diffère  complètement  par  la  nature  non  si¬ 
liceuse  des  enveloppes  de  ses  espèces.  Nous 
croyons  qu’il  se  rapprocherait  plutôt  des 
Conjuguées  ,  où ,  tout  au  plus ,  des  Besmi- 
diées  filamenteuses.  Voici  les  caractères  gé¬ 
nériques  présentés  par  l’auteur  :  Articles 
mous ,  unis  pu  rarement  biloculaires  ,  rap¬ 
prochés  en  séries  filamenteuses  ,  longues , 
flexibles  et  simples  ;  enveloppe  générale  lis¬ 
se,  anguleuse,  cylindrique,  quelquefois  com¬ 
primée  ;  endochrome  granuleux  ou  en  ban¬ 
des  transverses  non  rayonnantes. 


vn 

Quatre  espèces  sont  décrites  et  figurées 
par  M.  Corda  ;  la  première ,  YÀrtlir.  lenti- 
gerum  Cord.,  rappelle  certaines  formes  du 
Desmidium  mucosum  Bréb.  (Bréb.) 

*  ARTHROZAMIA.  bot.  —  Reichen- 

bach,  dans  son  Conspectus  regni  vegetabilis , 
a  donné  ce  nom  à  un  g.  séparé  des  Zamia , 
qui, d’après  le  caractère  qu’il  a  signalé  comme 
le  distinguant  des  vrais  Zamia ,  savoir,  les 
anthères  couvrant  toute  la  face  inférieure 
des  écailles  des  cônes  mâles,  doit  renfermer 
les  espèces  africaines  de  Zamia  dont  Leh- 
mann  a  ,  depuis  ,  formé  le  genre  Encepha - 
lartos.  Endlicher,  dans  son  Généra ,  cite 
cependant  à  tort  ce  nom  comme  synonyme 
des  vrais  Zamia  américains.  (Ad.  B.) 

*  ARTÎiRURXJS  (  ,  articulation; 

où/® »,  queue),  helm. — M.  Rafinesque (Ana¬ 
lyse  de  la  nature )  nomme  ainsi  un  genre 
de  Gordius  ou  Dragonneaux  ;  mais  il  ne  le 
décrit  pas.  (P.  G.) 

ARTIBEUS,  Leach.  mam.  —  Voyez 
PHYLLOSTQME.  (A.  DE  Q.) 

*  ARTÏCERUS  («/JÏ7GS ,  entier;  zé/îaç, 
corne),  os.  —  Genre  de  Coléoptères  di¬ 
mères  ,  famille  des  Psélaphiens ,  créé  par 
Balman ,  et  adopté  par  M.  Aubé  (  Mono- 
graphia  Pselaplüorum,  etc.,  p.  65),  qui  lui 
donne  les  caractères  suivants:  Antennes  di¬ 
rigées  en  avant;  massue  allongée,  cylindri¬ 
que  ,  sans  articles  distincts ,  tronquée  à 
l’extrémité.  Yeux  latéraux,  distincts,  sail¬ 
lants.  Habitus  du  genre  Claviger.  Bouche 
fermée.  Deini-élytres  ;  abdomen  grand  , 
bordé. 

Ce  genre  remarquable ,  qui  doit  être  pla¬ 
cé  à  la  fin  des  Coléoptères,  dit  Balman, 
est  très  voisin  des  Clavigères ;  cependant 
on  ne  peut  s’empêcher  de  l’en  séparer ,  à 
cause  de  la  massue  de  ses  antennes,  qui  est 
d’une  seule  pièce  ;  du  moins  les  articles  en 
sont  si  bien  joints,  qu’il  est  impossible  de 
les  distinguer,  tandis  que  les  antennes  des 
Clarig'eres  se  composent  de  six  articles  iné¬ 
gaux  ,  bien  distincts.  D’un  autre  côté ,  les 
yeux  sont  très  visibles ,  et  placés  de  chaque 
côté  de  la  tête  dans  le  genre  Articere ,  au 
lieu  que  dans  le  genre  Clavigere  ils  sont 
tellement  oblitérés,  que  MM.  Müller  et  Au¬ 
bé  n’ont  jamais  pu  parvenir  à  en  découvrir 
les  rudiments. 

Le  genre  Articere  est  fondé  sur  une  seule 
espèce  nommée  oar  Balman  A.  armatus}  et 
12 


T.  II. 


ART 


m  art 

décrite  et  figurée  par  lui  d’après  deux  in¬ 
dividus  renfermés  dans  un  morceau  de  co¬ 
pal  (  Dalman ,  om  Insect  innés ,  i  copal , 
p.  23,  tab.  4,  fig.  12).  (D.  et  C.) 

ARTICHAUT.  Cinara  Scolymus.  bot. 
pii.  —  Ce  genre  appartient  à  la  famille  des 
Composées,  tribu  des  Cinarées  ou  Floscu- 
leuses  de  Tournefort.  Des  capitules  homo- 
games;  un  involucre  ovoïde  ,  formé  d’é- 
cailles  coriaces,  imbriquées,  apprimées,  sur¬ 
montées  d’un  large  appendice  obtus  ou  spi- 
nescent,  étalé  ou  réfléchi  :  celui  des  écail¬ 
les  extérieures  légèrement  coriace;  celui  des 
écailles  intérieures  presque  scarieux;  co¬ 
rolle  ringente,  tubuleuse,  très  inégalement 
divisée  en  5  lobes  linéaires  ;  tube  recour¬ 
bé  ;  étamines  à  filets  papilleux ,  terminées 
par  des  appendices  basilaires  courts  et  su- 
bulés  ;  stigmates  très  longs ,  filiformes ,  ob- 
.us,  soudés  jusqu’au  sommet;  fruits  presque 
osseux  ,  oblongs ,  subtétragones ,  finement 
striés  sur  une  face ,  gibbeux  sur  le  côté  op¬ 
posé,  et  munis  inférieurement  d’une  aréo¬ 
le  basilaire  centrale ,  assez  grande  ,  couron¬ 
nés  par  une  aigrette  pluri-sériée,  plumeuse, 
dont  les  soies  sont  soudées  à  la  base  en  un 
anneau  corné  et  caduc  à  la  maturité  ;  ré¬ 
ceptacle  charnu,  couvert  de  fimbrilles  subu- 
lées  très  ténues,  qu’on  désigne  communé¬ 
ment  sous  le  nom  de  foin  ;  tels  sont  les  ca¬ 
ractères  assignés  au  genre  Cinara ,  dont 
l’Artichaut ,  suivant  certains  auteurs ,  sem¬ 
ble  n’être  qu’une  race  obtenue  du  Car¬ 
don. 

Le  g.  Cinara  compte  environ  6  ou  7  es¬ 
pèces  ;  nous  n’aurons  à  nous  occuper  ici  que 
du  C.  Scolymus  (Artichaut)  et  C.  Cardun- 
culus  (Cardon). 

L’étymologie  du  mot  Artichaut  est  fort 
obscure.  M.  de  Theis  la  fait  dériver  de  deux 
mots  celtiques,  art,  épine,  et chaulx,  chou, 
chou  épineux  ;  mais  on  trouve  dans  Tral- 
lien  cette  plante  désignée  sous  le  nom  grec 
de  àfiTvuxi,,  dont  on  aura  fait  en  italien  Ar- 
ticoca,  et  plus  tard  Artichaut,  sous  lequel 
elle  est  généralement  connue. 

C’est  probablement  à  l’Artichaut ,  ou  cer¬ 
tainement  à  une  Cynarée  ou  Cardon  qu’il 
faut  rapporter  le  xôxtps  de  Théophraste, 
dans  les  feuilles  épineuses  de  laquelle  quel¬ 
ques  commentateurs  de  l’époque  de  la  re¬ 
naissance  ont  cru  reconnaître  le  Cactus  Opun¬ 
tia.  Plus  tard  on  en  a  conclu  que  la  Figue 


d'Inde  était  connue  <w  Europe  long-temps 
avant  la  découverte  de  l’Amérique ,  quoi¬ 
qu’il  ne  soit  fait  mention  d’une  plante  aussi 
remarquable  dans  aucune  des  relations  des 
croisés.  Cependant,  en  rapportant  l’Arti¬ 
chaut  au  xsbtros ,  je  dois  faire  observer  que 
Théophraste  attribue  à  sa  plante  des  tiges 
rampantes  :  «  Statim  à  radice  caules  repen¬ 
tes  in  terram  mittit ,  folio  lato  atque  spi - 
noso....  caules  vocant  cactos  » ,  caract.  qui 
ne  se  trouve  ni  dans  l’une  ni  dans  l’autre 
espèce  cultivée,  mais  qui  pourrait  conve¬ 
nir  à  certains  Atractylis  (  A.  gummifera 
Desf.  ),  dont  les  Arabes  mangent  encore 
aujourd’hui  les  racines  ou  les  tiges  rampan¬ 
tes  et  souterraines. 

Enfin  les  noms  de  Cinara  et  de  SxoXv/ws,  as¬ 
sociés  à  tort  par  Dioscorides  pour  désigner 
la  seule  plante  qui  cous  occupe,  ont  encore 
donné  lieu  à  une  autre  confusion.  On  a  cru 
qu’on  mangeait  les  racines  et  le  réceptacle 
des  fleurs  d’une  seule  et  même  plante  «  edulis 
tum  radix  turh  floris  hasis  ipsa  » ,  ce  qui  est 
faux.  On  cultive  dans  quelques  provinces  mé¬ 
ridionales  le  Scolymus  hispanicus  pour  en 
manger  les  racines  comme  celles  de  la  Scorso¬ 
nère ;  mais  il  est  évident  qu’on  n’a  jamais  pu 
tirer  parti  de  ses  réceptacles ,  ni  des  raci¬ 
nes  de  Cardon  ou  d’ Artichaut,  pour  en  faire 
un  légume.  Le  Cinara  et  le  Scolymus  sont 
deux  genres  parfaitement  distincts.  L’épi¬ 
thète  de  Scolymus  ajoutée  au  nom  de  Cina¬ 
ra  servait  uniquement  à  indiquer  la  res¬ 
semblance  entre  les  feuilles  et  le  port  de  ces 
deux  plantes. 

Quant  au  nom  de  Cinara,  il  provient, 
suivant  Columelle,  qui  nous  a  laissé  une  de¬ 
scription  excellente  de  l’Artichaut  ou  du  Car¬ 
don  (liv.  10),  de  la  coutume  où  l’on  était  de 
le  fumer  avec  de  la  cendre  :  «  à  cinere  quo 
stercorari  amat»  ;  coutume  encore  recom¬ 
mandée  au  16e  siècle,  mais  dans  un  autre  but, 
par  Ch.  Étienne  dans  sa  Maison  rustique  : 
«La  cendre  de  figuier  répandue  autour  des 
plantes  ,  dit-il,  est  très  propre  à  écarter  les 
rats  ou  les  souris,  qui  causent  de  grands  dom¬ 
mages  aux  artichautières.  »  Or,  il  est  clair 
que  l’emploi  de  la  cendre  de  Figuier  ne  peut 
avoir  lieu  dans  les  climats  septentrionaux, 
et  que  Ch.  Étienne  a  emprunté  sa  recom¬ 
mandation  à  quelques  cultivateurs  italiens. 

Sous  le  Bas-Empire,  les  traducteurs  chan¬ 
gèrent  l’orthographe  latine  de  Cinara  en  cel- 


ART 


le  de  Cynara,  le  faisant  dériver  de  xüwy, 
xuvo's,  chien  ;  et  c’est  ainsi  qu’on  le  trouve 
écrit  dans  le  traité  De  alimentis ,  de  Galien, 
médecin  de  Marc-Aurèle,  et  dans  la  plupart 
des  commentateurs  de  la  renaissance. 

J’ignore  à  quelle  époque  précise  la  cultu¬ 
re  de  l’Artichaut  s’est  introduite  en  France. 
Vincent  de  Beauvais ,  qui  nous  a  laissé  des 
détails  sur  les  plantes  alimentaires  le  plus 
généralement  cultivées  au  15e  siècle ,  n’en 
fait  mention  nulle  part.  Ce  qu’il  dit  du  Car- 
duus  ne  peut  se  rapporter  à  l’Artichaut, 
quoiqu’il  ait  évidemment  emprunté  aux  an¬ 
ciens  une  partie  des  renseignements  qu’il 
donne  au  sujet  de  la  culture  de  ce  dernier. 
Ch.  Étienne,  en  1564,  n’en  cite  qu’une  seule 
espèce ,  tandis  qu’à  peu  près  à  la  même  épo¬ 
que  Lobel  et  Bauhin  décrivent  plusieurs 
des  races  ou  espèces  que  nous  cultivons  en¬ 
core  de  nos  jours. 

Suivant  quelques  auteurs,  l’Artichaut  ne 
serait  qu’une  race  obtenue  de  culture  et  is¬ 
sue  du  Cardon,  qui  seul ,  jusqu’à  ce  jour , 
semble  avoir  été  trouvé  à  l’état  sauvage. 
Aussi,  comme  les  Cinara  font  partie  d’un 
groupe  dont  les  espèces,  sans  exception, 
sont  originaires  du  bassin  méditerranéen , 
nous  pouvons  être  disposé  d’avance  à  adop¬ 
ter  l’opinion  qui  fait  provenir  celle  qui  nous 
occupe  de  la  même  patrie  que  ses  congénè¬ 
res.  Clusius ,  dont  le  témoignage  ne  peut  être 
révoqué  en  doute,  assure  avoir  rencontré 
le  Cardon,  à  l’état  sauvage,  dans  les  plaines 
incultes  du  midi  de  l’Espagne,  du  Portu¬ 
gal,  et  surtout  aux  bords  du  Guadiana.  M. 
Boissier  l’a  recueilli  en  Andalousie,  où  il 
est  connu  sous  le  nom  d’Alcarcil  ou  Al- 
calcile,  qui  semble  déceler  une  origine  a- 
rabe. 

Enfin  on  indique  également  en  Sicile  et  en 
France ,  aux  environs  de  Montpellier ,  une 
plante  congénère  qui  porte  le  nom  de  Car- 
donette  ou  Cardonnetta. 

Si  l’on  ne  peut  rapporter  à  la  culture,  d’u¬ 
ne  manière  certaine,  l’origine  de  l’Artichaut, 
il  nous  est  du  moins  possible  de  lui  attri¬ 
buer,  en  toute  confiance ,  la  naissance  des 
diverses  variétés  que  les  deux  races  de  nos 
jardins  nous  y  présentent.  On  en  compte 
aujourd’hui  six  variétés  dont  les  plus  esti¬ 
mées  sont  : 

l°L’ Artichaut  vert  ou  commun,  cultivé  de 
préférence  dans  nos  départements  du  Nord; 


ART  IV#; 

ilfaut  lui  rapporter  la  sous -variété  connon 
sous  le  nom  d’A.  de  Laon ,  plus  grosse  et  à 
écailles  larges  et  ouvertes ,  et  celle  de  Bre¬ 
tagne  ou  Camus ,  à  écailles  obtuses,  très  peu 
ouvertes.  2°  Le  Violet ,  fruit  plus  allongé; 
écailles  d’une  teinte  violette  à  la  pointe.  3° 
Le  Rouge,  moins  gros  que  le  précédent ,  en 
forme  de  pomme  ;  écailles  extérieures  d’un 
rouge  pourpre.  4°  Le  Blanc,  espèce  délica¬ 
te  et  par  cela  même  peu  cultivée. 

Quant  au  Gardon,  on  n’en  cultive  que  deux 
variétés  :  le  C.  d’Espagne,  dépourvu  d’é¬ 
pines  ,  moins  haut  et  moins  étalé  que  le  C . 
de  Tours ,  préféré  au  précédent ,  malgré  les 
épines  dont  il  est  armé,  parce  qu’il  est 
moins  sujet  à  monter. 

L’Artichaut  craint  les  gelées  des  climats 
septentrionaux.  Comme  il  a  de  grosses  et  lon¬ 
gues  racines,  il  lui  faut  une  terre  profonde 
et  meuble.  On  le  multiplie  de  graines  ou 
d’œilletons.  La  propagation  par  semences 
n’est  usitée  que  dans  le  cas  où  les  anciennes 
plantes  ont  péri  par  accident.  En  hiver,  on  le 
protège  en  le  buttant,  après  avoir  coupé  les 
tiges  rez  terre ,  et  avoir  rapproché  les  feuil¬ 
les,  auxquelles  on  ne  laisse  qu’une  longueur 
d’un  pied  environ.  Si  les  gelées  augmentent, 
on  couvre  la  butte  de  litière  ou  de  feuilles. 
Les  Cardons  se  cultivent  à  peu  près  de  mê¬ 
me  ;  seulement ,  il  faut  les  arroser  davanta¬ 
ge  ,  et  les  faire  blanchir  quand  ils  ont  ac¬ 
quis  une  certaine  taille.  A  cet  effet,  on  rap¬ 
proche  les  feuilles,  on  les  lie  ,  on  les  enve¬ 
loppe  de  paille;  et,  trois  semaines  après 
l’opération,  ils  sont  bons  à  manger.  An¬ 
ciennement,  on  servait  ces  feuilles  ainsi 
blanchies  crues  et  assaisonnées  de  poivre 
et  de  sel  :  «  foliorumpediculi  abruti,  candi- 
di ,  à  cute  emundati,  hyeme  crudi ,  cum 
sale  et  piper e  ,  in  cibos  veniunt  (  Bauh . , 
Pinax  )  >>. 

De  nos  jours ,  le  Cardon ,  transporté  aux 
environs  de  Montevideo,  s’y  est  tellement 
propagé,  qu’il  envahit  des  plaines  immenses , 
et  infeste ,  suivant  le  rapport  de  M.  Aug. 
de  Saint-Hilaire ,  les  campagnes  du  Rio  de 
la  Plata  et  de  l’Uraguay.  (J.  D.) 

ARTICLE.  Articulus.  zool.  —  h' ar¬ 
ticle,  mot  duquel  dérive  le  nom  d’articulés 
donné  aux  animaux  à  articulations  exté¬ 
rieures,  devrait  être,  logiquement  parlant , 
la  portion  du  corps  comprise  entre  deux  ar¬ 
ticulations  ;  mais,  le  terme  d'arweau®  ayant 


ART 


ART 


*80 

été  adopté  pour  désigner  les  segments  du 
corps  des  articulés,  on  a  réservé  celui 
d'articles  pour  les  pièces  qui  entrent  dans 
la  composition  des  différents  appendices  dont 
ces  animaux  sont  porteurs ,  tels  que  les  an¬ 
tennes  ,  les  palpes ,  les  tarses ,  etc.  L’im¬ 
portance  de  ces  appendices  dans  la  classifi¬ 
cation  fait  pressentir  la  nécessité  d’étudier 
avec  soin  le  nombre,  la  disposition,  le  mode 
d’articulation  des  articles. 

En  botanique,  on  a  donné  par  analogië  le 
nom  d 'articles  aux  espaces  compris  ,  dans 
les  Conferves  ,  les  Prêles  et  autres  plantes 
articulées,  entre  deux  nœuds  ou  deux  points 
d’articulation.  (A.  D.) 

ARTICLE.  Articulas.  bot.  cr.  — -Les 
Algues  submergées,  ou  Phycées  ,  sont  con¬ 
tinues  ou  articulées  ;  celles-ci  consistent  en 
une  suite  plus  ou  moins  nombreuse  de  cel¬ 
lules  simples  ou  composées,  placées  bout  à 
bout  dans  un  tube  cylindrique  simple  ou 
rameux,  et  séparées  entre  elles  par  des  cloi¬ 
sons  ( endophragmes ,  Gaill.) ,  ou  complètes 
ou  rudimentaires ,  au  niveau  desquelles  on 
observe  quelquefois  un  rétrécissement.  On 
nomme  article  ou  endochrome  la  portion 
comprise  entre  deux  cloisons  ou  deux  rétré¬ 
cissements.  Nous  en  traiterons  plus  au  long 
au  mot  endochrome.  (C.  M.) 

ARTICLES,  bot.  ph.  —  Voyez  arti¬ 
culations.  (A.  R.) 

ARTICULAIRE.  Articularis  («.pQpov , 
article),  zool.  bot.  —  On  appelle  artères 
et  veines  articulaires  celles  qui  appartien¬ 
nent  à  l’articulation  du  genou ,  et  naissent 
de  l’artère  et  de  la  veine  poplitées;  les  liga¬ 
ments  capsulaires  qui  environnent  certaines 
articulations  portent  le  nom  de  capsules 
articulaires  ;  les  apophyses  au  moyen  des¬ 
quelles  les  os  sont  articulés  entre  eux  ont 
été  appelées  apophyses  articulaires.  —  En 
botanique  ,  on  nomme  feuilles  articulaires 
celles  qui  naissent  des  nœuds  ou  des  articu¬ 
lations  de  la  tige  ou  de  ses  ramifications. 
Telles  sont  celles  des  Graminées  et  de  plu¬ 
sieurs  Caryophyllées.  (C.  d’O.) 

ARTICULATION.  Articulatio  des 
Latins  (jonction  ou  jointure),  zool.  bot. — 
Dans  son  acception  générale ,  ce  mot  signi¬ 
fie  la  réunion,  l’assemblage  de  deux  ou 
plusieurs  pièces,  qu’elles  soient  mobiles  ou 
non  les  unes  sur  les  autres.  Les  naturalistes 
désignent  par  ce  nom  les  parties  distinctes 


de  certaines  coquilles  multiloculaires  qui 
sont  le  résultat  des  déplacements  successifs 
que  l’animal  a  éprouvés  en  grossissant.  Cha¬ 
que  loge,  chaque  rétrécissement,  marquent 
une  époque  d’accroissement. 

On  l’emploie  aussi  pour  indiquer  le  mode 
d’union  qui  existe  entre  la  tête  d’un  insecte 
et  son  corselet ,  ou  bien  pour  indiquer  le 
point  où  deux  parties  d’un  végétal  s’unis¬ 
sent  et  s’emboîtent. 

En  anatomie,  on  entend  par  Articulation 
l’assemblage  des  os  les  uns  avec  les  autres , 
et  leur  mode  d’union,  quel  qu’il  soit. 

Elles  se  divisent,  d’après  les  moyens  d’u¬ 
nion  qui  les  constituent ,  en  trois  classes 
principales  : 

1°  Les  Diarthroses ,  comprenant  toutes  les 
Articulations  à  surfaces  contiguës  ou  li¬ 
bres; 

2°  Les  Synarthroses,  ou  les  Articulations 
à  surface  continue  et  sans  mouvement; 

5°  Les  Amphiarthroses  ou  Symphyses, 
ou  Articulations  en  partie  contiguës  et 
en  partie  continues  h  l’aide  d’un  tissu  fi¬ 
breux. 

Ire  classe.  Diarthroses.  Leurs  caractè¬ 
res  généraux  sont  :  surfaces  articulaires 
contiguës  ou  libres,  configurées  de  manière 
à  se  mouler  exactement  les  unes  sur  les  au¬ 
tres  ;  toutes  pourvues  :  1°  de  cartilage  d’en¬ 
croûtement  ;  2°  de  synoviales  ;  3°  de  liga¬ 
ments  périphériques.  Les  Articulations  mo¬ 
biles  ou  Diarthroses  se  divisent  en  six  gen¬ 
res  : 

1°  Enarthroses ,  lorsque  la  tête  d’un  os 
est  reçue  dans  la  cavité  profonde  d’un  autre 
os  et  peut  s’y  mouvoir  en  tous  sens. 

2°  Articulations  par  emboîtement  réci¬ 
proque.  Ici  les  surfaces  articulaires  sont 
concaves  dans  un  sens ,  convexes  dans  un 
sens  perpendiculaire  au  premier,  de  maniè¬ 
re  à  s’enfourcher  réciproquement. 

3°  Articulations  condyliennes,  quand  les 
mouvements  sont  plus  étendus  dans  deux 
sens  que  dans  les  deux  autres.  C’est  encore 
une  tête  qui  est  reçue  dans  une  cavité;  mais 
cette  tête  est  allongée ,  de  manière  à  pré¬ 
senter,  en  général,  son  plus  petit  diamètre 
dans  le  sens  du  mouvement  :  elle  prend 
alors  le  nom  de  Condyle ,  et  de  là  le  nom 
d' Articulation  condylienne. 

4°  Le  Ginglyme  ,  articulation  qui  ne  per¬ 
met  des  mouvements  que  dans  deux  sens 


ART 


ART 


‘  opposés.  Lorsque  les  mouvements  ont  lieu 
à  la  manière  d’une  charnière  ,  sans  dé¬ 
placement  latéral,  c’est  un  Ginglyme  par¬ 
fait  ;  lorsque  l’engrenure ,  moins  exacte , 
permet  de  légers  mouvements  latéraux ,  le 
Ginglyme  est  imparfait.  Ces  Articulations 
sont,  de  toutes,  les  plus  composées  :  deux 
ligaments  latéraux  maintiennent  les  surfa¬ 
ces  en  rapport  ;  d’autres  ligaments,  et  mô¬ 
me  des  prolongements  osseux,  bornent  le 
mouvement  d’extension. 

5°  Trochoïde ,  ou  Articulation  dans  la¬ 
quelle  l’os  roule  sur  son  axe  ? 

6°  Arthrodies.  Quand  il  a  fallu  de  sim¬ 
ples  mouvements  de  glissement,  les  sur¬ 
faces  articulaires  sont  planes  ou  presque 
planes,  et  alors  des  trousseaux  ligamenteux 
très  serrés ,  irrégulièrement  placés  tout  au¬ 
tour  ,  maintiennent  les  surfaces  articulaires 
en  rapport,  et  s’opposent  au  déplacement 
dans  tous  les  sens. 

IIe  classe.  Synarthroses.  Ces  Articula¬ 
tions  ont  des  surfaces  articulaires  armées 
de  dents  ou  d’inégalités  qui  s’engrènent  ré¬ 
ciproquement,  ce  qui  leur  a  fait  donner  le 
nom  de  sutures.  On  peut  établir  trois  gen¬ 
res  de  Synarthroses  :  1°  les  Sutures  den¬ 
tées  ,  2°  les  Sutures  écailleuses ,  5°  les  Su¬ 
tures  harmoniques ,  suivant  que  les  surfaces 
articulaires  sont  disposées  en  dents ,  en 
écailles,  ou  simplement  rugueuses  et  juxta¬ 
posées. 

On  a  donné  le  nom  de  Gomphoses  à  une 
espèce  d’Articulation  sans  mouvement,  dans 
laquelle  un  os  entre  comme  un  pivot  dans 
une  fosse  d’un  autre  os. 

IIIe  classe.  Amphiarthroses  ou  Sym¬ 
physes.  Ces  Articulations  ont  des  surfaces 
articulaires  planes  ou  presque  planes ,  en 
partie  contiguës ,  en  partie  continues ,  à 
l’aide  d’un  tissu  fibreux  plus  ou  moins  épais 
qui  ne  permet  que  de  très  petits  mouve¬ 
ments. 

Comme  on  le  voit,  rien  de  plus  varié  que 
les  Articulations,  soit  pour  la  mobilité  qu’el¬ 
les  permettent ,  soit  pour  les  moyens  d’u¬ 
nion  qui  les  constituent.  Leur  étude  nous 
apprend  non  seulement  à  classer  et  assigner 
le  genre  d’Articulation  propre  à  çhaque  être, 
mais  encore  à  établir  que  les  os  correspon¬ 
dants  ne  sont  pas  toujours  articulés  de  la 
même  manière  dans  tous  les  Animaux. 

On  trouvera,  du  reste,  au  mot  sqitelet- 


481 

te,  l’application  de  ce  que  nous  a»o:w 
dit  dans  cet  article.  (M.  S.  A.-J 

Les  divers  organes  dont  se  compose  le  vé 
gétal  à  son  état  parfait  de  développement  ap 
partiennent  tous  à  un  même  système  organi¬ 
que,  c’est-à-dire  que  les  éléments  organi¬ 
ques  qui  les  composent  se  continuent  de 
l’un  à  l’autre ,  sans  interruption  apparente. 
Ainsi ,  par  exemple  ,  le  tissu  cellulaire  et  les 
vaisseaux  de  la  tige  passent  dans  les  bran¬ 
ches  ,  de  celles-ci  dans  les  rameaux ,  des 
rameaux  dans  les  feuilles  ou  les  fleurs,  sans 
qu’on  puisse  observer  d’interruption  au 
point  d’origine  de  chacune  de  ces  parties. 
Cependant ,  il  y  a  quelques  organes  appen¬ 
diculaires,  des  feuilles ,  par  exemple ,  qui 
s’insèrent  à  l’axe  végétal  par  un  rétrécisse¬ 
ment  brusque ,  qu’on  désigne  sous  le  nom 
d'articulation.  On  dit  alors  que  les  feuilles 
sont  articulées,  par  opposition  à  celles  qui , 
n’offrant  pas  ce  rétrécissement,  sont  dites 
continues.  En  général  les  feuilles  articulées 
tombent  de  bonne  heure ,  et  c’est  toujours 
dans  le  point  rétréci  ou  dans  l’articulation 
que  se  fait  la  séparation.  On  avait  dit  gé¬ 
néralement  que  les  feuilles  articulées  étaient 
les  seules  qui  fussent  susceptibles  de  mou¬ 
vement  ,  et  que  c’était  dans  l’articulation 
que  ces  mouvements  avaient  lieu  ;  mais  il 
résulte  des  expériences  faites  par  M.  Du- 
trochet  sur  la  Sensitive  que  les  mouve¬ 
ments  des  feuilles  de  ce  curieux  végétal  se 
passent  non  dans  la  partie  rétrécie  qui  con¬ 
stitue  à  proprement  parler  l’articulation , 
mais ,  au  contraire ,  dans  la  partie  renflée  ou 
l’espèce  de  bourrelet  placé  immédiatement 
au  dessus.  Voy.  feuilles. 

L’expression  d'articulés  a  aussi  été  appli¬ 
quée  à  tous  les  organes  de  la  plante  formés 
de  segments  placés  bout  à  bout ,  suscepti¬ 
bles  de  se  séparer  facilement  les  uns  des  au¬ 
tres.  Chacun  de  ces  segments  porte  le  nom 
d'article.  Ainsi ,  le  fruit  de  beaucoup  de 
Légumineuses ,  celui  des  Hédysarées  entre 
autres ,  est  articulé.  Les  tiges  de  beaucoup 
!  de  Caryophyllées  sont  également  articulées, 
etc. 

Henri  Cassini  nommait  article  anthéri- 
fère  ,  dans  la  famille  des  Synanthérées ,  la 
partie  du  connectif  placée  au  dessous  de 
l’anthère ,  et  qui  s’articule  avec  le  sommet 
du  filet.  Voyez  anthère  et  étamine. 

(A.  R,) 


ART 


m  ART 

ARTICULE,  ÉE.  bot.  ph.  —  Voyez 
A  ''4T1  jITj A-TIONS.  (A.  R.) 

ARTICULÉES,  bot.  cr.  —  Dans  la 
famille  des  Phycées ,  les  divisions  principa¬ 
les  se  tirent  de  la  couleur,  et  les  divisions 
secondaires  de  la  structure  continue  ou 
articulée,  en  sorte  que  chacune  des  trois 
grandes  sections  ou  sous-familles  peut  avoir 
et  a  en  effet  des  formes  articulées.  Il  faut 
bien  se  garder  de  confondre  avec  celles-ci 
certaines  Phycées  continues,  dont  la  fronde 
cylindrique,  rétrécie  de  distance  en  distance, 
simule  des  articulations  véritables.  Dans  les 
Articulées ,  un  seul  tube ,  ordinairement 
anhiste,  simple  ou  rameux,  contient,  dans 
son  intérieur,  une  série  de  cellules  simples 
ou  multiples  placées  bout  à  bout,  sur  un 
même  plan,  et  diversement  colorées,  selon 
que  la  Phycée  appartient  à  telle  ou  telle 
section.  ^  (C.  M.) 

ARTICULÉS  [Animaux). zool.  —  On 
nomme  ainsi  l’un  des  quatre  embranche¬ 
ments  dans  lesquels  M.  Cuvier  a  reconnu , 
dès  1812,  qu’on  pourrait  diviser  le  règne 
animal.  Les  trois  autres  embranchements 
sont  ceux  des  Vertébrés ,  des  Mollusques  , 
et  des  Zoopliytes  ou  des  Animaux  rayon- 
nés.  Voy.  ces  mots. 

Un  Papillon ,  une  Abeille  ,  une  Mouche, 
qui  appartiennent  à  la  classe  des  Insectes  ; 
une  Araignée ,  un  Scorpion ,  qui  font  partie 
de  la  classe  des  Arachnides  ;  une  Écrevisse, 
un  Crabe ,  qui  sont  réunis  dans  la  classe 
des  Crustacés  ;  une  Sangsue  même ,  un 
Lombric,  appelé  vulgairement  ver  de  terre, 
qui  appartiennent  à  la  classe  des  Annélides, 
sont  des  Animaux  articulés ,  dans  l’accep¬ 
tion  que  M.  Cuvier  a  donnée  à  ces  mots. 
Tous  ces  animaux  ont  en  effet  des  caractè¬ 
res  communs  très  importants,  qui  décèlent 
un  même  plan  général  dans  leur  organisa¬ 
tion. 

Leur  forme  est  symétrique ,  c’est-à-dire 
que  les  deux  moitiés  latérales  de  leur  corps 
sont  similaires. 

Ce  corps  se  compose  d’un  nombre  varia¬ 
ble  de  segments  ou  d’anneaux  articulés  en 
série  les  uns  derrière  les  autres ,  ou  réunis 
par  la  peau ,  qui  se  continue  de  l’un  à  l’au¬ 
tre  ,  mais  qui  est  plus  mince  aux  endroits 
de  leur  jonction. 

A  cette  forme  générale  se  joint  un  sys¬ 
tème  nerveux  dont  les  parties  centrales  sont 


dans  la  ligne  médiane  du  corps.  Elles  se 
composent  :  1°  d’un  cerveau  situé  au  dessus 
de  l’origine  du  canal  alimentaire,  et  2°  d’un 
cordon  principal ,  le  plus  généralement  et 
évidemment  double.  Il  s’étend  d’avant  en 
arrière  sous  ce  canal ,  après  l’avoir  embras¬ 
sé  à  son  origine,  en  descendant  du  cerveau, 
où  il  commence  par  deux  filets,  sur  ses  côtés 
qu’il  contourne  jusqu’à  la  ligne  médiane 
inférieure.  Une  double  série  de  ganglions 
médullaires ,  dont  le  nombre  et  les  propor¬ 
tions  sont  très  variables ,  donnent  à  ce  dou¬ 
ble  cordon  une  apparence  noueuse.  Des 
filets  nerveux  vont  en  divergeant  de  ces 
renflements  dans  les  parties  correspondantes 
renfermées  dans  chaque  anneau ,  et  trans¬ 
mettent  l’action  nerveuse  de  la  circonfé¬ 
rence  du  corps  au  centre,  ou  du  centre  à 
la  circonférence.  Tout  animal  qui  présente, 
dans  sa  forme  et  dans  la  disposition  géné¬ 
rale  de  son  système  nerveux  ,  les  caractères 
que  nous  venons  d’énoncer  est  un  animal 
articulé. 

Il  a  de  plus  constamment  un  canal  ali¬ 
mentaire  pourvu  d’une  entrée  et  d’une  is¬ 
sue.  Ce  canal  est  renfermé  dans  une  cavité 
viscérale;  ses  parois  sont  conséquemment 
bien  distinctes  de  l’enveloppe  générale  du 
corps. 

Le  sujet  de  cet  article,  dont  nous  venons 
de  donner  une  description  succincte  ,  ayant 
une  certaine  importance  relativement  aux 
principes  de  classification ,  nous  y  revien¬ 
drons  à  ce  dernier  mot,  et  en  traitant  de  la 
méthode  naturelle. 

Cependant ,  l’intérêt  qu’il  présente  sous 
le  rapport  de  l’histoire  de  la  Zoologie  clas¬ 
sique  et  de  la  Zoologie  philosophique  ou 
spéculative  nous  détermine  à  lui  donner 
ici,  dès  à  présent,  une  certaine  étendue. 

Nous  le  diviserons  en  plusieurs  paragra¬ 
phes  ,  dans  chacun  desquels  nous  envisage¬ 
rons  les  Animaux  articulés  sous  un  point 
de  vue  particulier. 

Comme  c’est  la  première  fois  que  nous 
avons  l’occasion  de  traiter  de  Pun  des  grou¬ 
pes  les  plus  importants  du  règne  animal, 
il  ne  sera  pas  hors  de  propos  de  faire  pré¬ 
céder  ce  que  nous  avons  à  dire  sur  les  Ani¬ 
maux  articulés ,  sous  le  rapport  de  leur 
histoire  naturelle  classique ,  de  quelques 
observations  de  principes ,  afin  de  mettre  le 
lecteur  à  même  d’apprécier  la  valeur  des 


ÀRT 

classifications,  en  général,  et  pour  qu’il  soit 
moins  surpris  des  variations  qui  existent,  à 
cet  égard,  dans  les  ouvrages  des  naturalistes. 
Il  pourra  en  conclure  que  la  science  est 
moins  arrêtée  qu’on  ne  le  pense  générale¬ 
ment;  mais  cette  réflexion,  loin  de  décou¬ 
rager  la  jeunesse  ,  doit  l’exciter  à  se  mettre 
en  état  de  travailler  à  ses  progrès. 

§  I.  —  Quelques  idées  sur  les  classifica¬ 
tions  ,  pour  servir  d'introduction  à  celle 
des  animaux  articulés  ,  et  à  l'intelli¬ 
gence  des  différentes  acceptions  de  ces 
termes  dans  les  ouvrages  des  natura¬ 
listes. 

L’opération  de  l’esprit  au  moyen  de  la¬ 
quelle  le  naturaliste  réunit  dans  tel  ou  tel 
groupe,  qu’il  nomme  genre,  famille,  ordre, 
classe ,  type ,  règne ,  un  être  quelconque  de 
la  nature ,  et  le  sépare  de  tous  les  autres , 
est  un  jugement  fondé  sur  la  connaissance 
qu’il  a  acquise  des  ressemblances  de  cet 
être  avec  ceux  auxquels  il  le  réunit,  et  des 
différences  qu’il  a  aperçues  entre  ce  même 
être  et  ceux  dont  il  le  sépare.  Ce  jugement, 
qui  suppose  une  comparaison  compliquée , 
sera  d’autant  plus  juste ,  que  ce  naturaliste 
aura  une  connaissance  plus  étendue  de  ces 
ressemblances  et  de  ces  différences ,  et  sau¬ 
ra  mieux  apprécier  leur  valeur.  Il  dépendra 
encore  de  la  portée  des  facultés  intellec¬ 
tuelles  et  de  la  justesse  d’esprit  du  savant 
classificateur. 

On  comprendra  facilement  par  ce  peu 
de  mots  combien  il  y  a  de  circonstances 
variables  dans  les  vues  de  classification  ; 
combien  elles  dépendent ,  en  premier  lieu , 
de  l’état  de  la  science  au  moment  où  elles 
sont  adoptées  ;  en  second  lieu,  des  savants 
qui  les  conçoivent,  et  qui  sont  plus  ou  moins 
influencés  par  leur  époque ,  ou  par  la  di¬ 
rection  particulière  de  leurs  études  et  la 
constitution  de  leur  esprit. 

Sans  doute  une  méthode  de  classification 
est  le  fil  d’Ariadne  nécessaire  ,  comme  le 
disait  Linné,  pour  ne  pas  s’égarer  dans  le 
labyrinthe  des  êtres  innombrables  de  la  na¬ 
ture  ;  mais  il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  que 
c’est  une  création  de  l’esprit  observateur , 
et  qu’elle  exprime  d’une  manière  plus  ou 
moins  juste,  mais  très  souvent  incomplète, 


.  ART  m 

quelquefois  imparfaite  ou  inexacte,  lea  si»j> 
ports  ou  les  différences  de  toute  espèce  çui 
existent ,  en  réalité ,  parmi  les  êtres  nalu 
rels. 

C’est  surtout  en  les  arrangeant  par  sé 
ries  de  genres,  de  familles  ou  même  de 
groupes  plus  relevés,  que  ces  imperfections 
deviennent  manifestes. 

«  Nos  méthodes  de  classification,  a  dit 
l’un  des  maîtres  de  la  science  (1),  n’envisa¬ 
gent  que  les  rapports  les  plus  prochains  ; 
elles  ne  veulent  placer  un  être  qu’entre 
deux  autres ,  et  elles  se  trouvent  sans  cesse 
en  défaut.  La  véritable  méthode  voit  cha¬ 
que  être  au  milieu  de  tous  les  autres  ;  elle 
montre  toutes  les  irradiations  par  lesquelles 
il  s’enchaîne  plus  ou  moins  étroitement  dans 
cet  immense  réseau  qui  constitue  la  nature 
organisée ,  et  c’est  elle  seulement  qui  donne 
des  idées  grandes,  vraies,  et  dignes  d’elle  et 
de  son  auteur  ;  mais  dix  ou  vingt  rayons 
souvent  ne  suffiraient  pas  pour  exprimer 
ces  innombrables  rapports.  » 

Je  prie  le  lecteur  de  méditer  ce  passage  , 
et  de  le  prendre  pour  règle  dans  tous  les 
jugements  qu’il  portera  sur  la  série  des  types, 
des  classes,  des  ordres,  etc.,  d’une  classi¬ 
fication  quelconque  ,  de  celle,  entre  autres, 
adoptée  dans  le  Règne  animal. 

Il  en  conclura  qu’il  serait  extrêmement 
injuste  de  prononcer  contre  tels  de  ces 
arrangements  des  sentences  de  condamna¬ 
tion,  et  de  prétendre  que  M.  Cuvier  n’a 
connu  ,  n’a  apprécié  que  les  rapports  indi¬ 
qués  par  la  succession  des  classes  ou  des 
ordres  qu’il  a  dû  adopter ,  pour  le  méca¬ 
nisme  de  l’exposition  nécessairement  suc¬ 
cessive  de  leurs  caractères  et  de  leur  his¬ 
toire  abrégée. 

Disons  encore  que  ,  dans  un  livre  destiné 
à  l’enseignement ,  on  ne  doit  pas  remplacer 
des  caractères  d’organisation  positifs,  faciles 
à  exprimer  et  à  faire  comprendre,  par  des 
idées  spéculatives  plus  ou  moins  conjectu¬ 
rales,  par  des  théories  sur  la  complication 
progressive  ou  sur  les  dégradations  suc¬ 
cessives  des  divers  organismes  du  règne 
animal. 

Il  en  résulterait  que  la  Zoologie  classique 
ne  serait  plus  une  science  pratique,  fondée 

(1)  Cuvier ,  Histoire  naturelle  des  poissons , 
1 1. 1 ,  p.  569. 


ART 


*H4  ART 

sur  l’organisation  telle  que  l’anatomie  la  dé¬ 
montre.  Elle  deviendrait  une  science  spécu- 
uiJive  groupant  les  êtres ,  rapprochant  ces 
groupes  et  les  rangeant  en  série ,  d’après 
des  idées  qui  peuvent  être  très  ingénieuses, 
mais  qui  ne  renfermeraient  presque  rien 
de  positif  sur  leur  commune  organisation. 

§  II.  — De  la  première  appréciation  des 
rapports  qui  existent  entre  les  Animaux 
articulés ,  et  de  la  première  application 
de  ces  vues  à  leur  classification . 

En  1812 ,  on  distinguait  seulement  deux 
grandes  et  principales  divisions  dans  le  rè¬ 
gne  animal  :  celle  des  Animaux  vertébrés , 
et  celle  des  Animaux  sans  vertèbres.  Voy. 
ces  mots. 

Le  groupe  des  Animaux  vertébrés ,  fondé 
sur  des  caractères  positifs,  sur  un  plan  com¬ 
mun  d’organisation ,  indiqué  entre  autres 
par  l’existence  d’une  colonne  vertébrale, 
renfermant  et  protégeant  le  principal  cor¬ 
don  des  nerfs ,  etc. ,  est  resté  dans  la  scien¬ 
ce,  et  forme  le  premier  embranchement, 
le  type  supérieur  du  règne  animal. 

Ce  groupe  se  compose  de  quatre  classes : 
celles  des  Mammifères,  des  Oiseaux,  des 
Reptiles  et  des  Poissons,  dont  les  carac¬ 
tères  distinctifs  ne  sont  que  des  modifica¬ 
tions  de  ce  plan  général  bien  évident, 
d’après  lequel  les  animaux  de  ces  classes, 
compris  sous  la  dénomination  commune  de 
vertébrés ,  ont  été  organisés. 

Mais  la  dénomination  (P Animaux  sans 
vertèbres ,  exprimant  un  caractère  négatif 
et  n’indiquant  rien  de  positif  dans  leur 
organisation ,  était  loin  de  donner  une 
idée  exacte  des  Animaux  rassemblés  dans 
cette  seconde  grande  division  du  règne 
animal. 

Il  suffira  de  lire  ,  pour  s’en  convaincre  , 
l’embarras  où  se  trouve  Lamarck  pour  la 
définir  ( Système  des  animaux  sans  vertè¬ 
bres  ,  Paris,  1801,  p.  33). 

«  Ils  manquent  (  les  Animaux  sans  vertè¬ 
bres)  de  véritable  sang.  Ils  ont  le  corps 
mollasse  et  éminemment  contractile.  Ce  sont 
ceux  en  qui  les  facultés  de  régénérer  leurs 
parties  et  de  se  multiplier  par  la  généra¬ 
tion  ont  le  plus  d’étendue.  » 

On  voit  que  dans  cette  énumération  de 


caractères ,  il  n’y  en  a  aucun  de  forme  ou 
d’organisation  qui  puisse  faire  distinguer 
un  animal  sans  vertèbres. 

Dans  un  Mémoire  de  la  plus  haute  por¬ 
tée  ,  lu  à  l’Institut  en  juillet  1812 ,  sur  un 
rapprochement  à  établir  entre  les  classes 
du  Règne  animal  (1),  M.  Cuvier  reconnut 
pour  la  première  fois ,  dans  les  animaux 
sans  vertèbres ,  trois  types  bien  manifestes, 
aussi  distincts  les  uns  des  autres  qu’ils  le 
sont  eux-mêmes  des  vertébrés. 

«  J’ai  trouvé ,  dit-il ,  qu’il  existe  quatre 
formes  principales,  quatre  plans  généraux, 
d’après  lesquels  tous  les  Animaux  semblent 
avoir  été  modelés ,  et  dont  les  divisions  ul¬ 
térieures  ,  de  quelques  noms  que  les  natu¬ 
ralistes  les  aient  décorées,  ne  sont  que  des 
modifications  fondées  sur  le  développement 
ou  sur  1  "'addition  de  quelques  parties,  mais 
qui  ne  changent  rien  à  l’essence  du  plan.» 

a  Le  système  nerveux,  ajoute-t-il  plus 
bas,  est  le  même  dans  chaque  forme;  les 
autres  systèmes  ne  sont  là  que  pour  le  ser¬ 
vir  ou  l’entretenir  ;  il  n’est  donc  pas  éton¬ 
nant  que  ce  soit  d’après  lui  qu’ils  se  rè¬ 
glent.  » 

»  Cette  nouvelle  répartition  se  réduit  au 
fond  à  ces  mots  (  je  me  sers  toujours  des 
expressions  de  M.  Cuvier  )  :  Les  Animaux 
vertébrés  tous  ensemble  ;  les  Animaux  ar¬ 
ticulés  tous  ensemble,  forment  deux  grou¬ 
pes  ,  lesquels  n’équivalent ,  en  importance , 
qu’aux  Mollusques  et  aux  Zoophytes.  » 

M.  Cuvier  montre,  dans  ce  même  travail, 
que  l’embranchement  ou  le  type  des  Ani¬ 
maux  articulés  se  divise,  comme  celui  des 
vertébrés  ,  en  quatre  groupes  secondaires 
ou  classes  :  celles  1°  des  Crustacés ,  2°  des 
Arachnides ,  5°  des  Insectes ,  et  4°  des  An- 
nélides.  Voy.  ces  mots. 

Cette  espèce  de  révolution ,  faite  dans  la 
distribution  du  règne  animal ,  et  particu¬ 
lièrement  la  détermination  du  groupe  des 
Animaux  articulés ,  a  été  adoptée  dans 
beaucoup  d’ouvrages  généraux  ou  spéciaux 
de  zoologie  ou  d’anatomie  comparée.  Chez 
les  uns  cependant ,  ce  groupe  est  pris  abso¬ 
lument  avec  l’acception  que  M.  Cuvier  lui  a 
donnée  ;  chez  les  autres ,  cette  acception 
s’y  trouve  plus  ou  moins  modifiée. 

(1)  Voir  les  Annales  du  Muséum  d’histoire  na¬ 
turelle  de  Paris,  t.  XIX,  p.  73. 


ART 

Voyons  d’abord  le  sens  que  lui  a  donné 
son  premier  auteur. 

§  UL  —  Caractères  organiques  des  Ani¬ 
maux  articulés ,  tels  que  M.  Cuvier  les 

a  exposés  dans  ses  ouvrages  (1). 

Dans  la  forme  générale ,  le  premier  des 
caract.  évidents  d’un  animal  articulé,  nous 
voyons  le  corps  et  les  membres,  ou  l’une  ou 
l’autre  de  ces  parties ,  divisés  en  segments 
ou  en  anneaux,  qui  sont  joints  ensemble 
par  des  articulations  le  plus  souvent  mo¬ 
biles. 

«  Les  anneaux  articulés  qui  entourent  le 
corps  et  souvent  les  membres  tiennent  lieu 
du  squelette  des  vertébrés ,  et,  comme  ils 
sont  presque  toujours  assez  durs ,  ils  peu¬ 
vent  prêter  au  mouvement  tous  les  points 
d’appui  nécessaires;  en  sorte  qu’on  trouve 
ici,  comme  parmi  les  vertébrés,  la  mar¬ 
che,  la  course,  le  saut,  la  natation,  le  vol. 
Il  n’y  a  que  les  familles  dépourvues  de  pieds 
(  telles  que  les  sangsues) ,  ou  dont  les  pieds 
n’ont  que  des  articles  membraneux  et  mous 
(les  chenilles),  qui  soient  bornées  à  là  repta¬ 
tion. 

»  Cette  position  extérieure  des  parties  du¬ 
res,  et  celle  des  muscles,  dans  leur  intérieur, 
réduit  chaque  article  à  la  forme  d’un  étui , 
et  ne  lui  permet  que  deux  genres  de  mou¬ 
vements. 

»  Les  articles  qui  composent  le  corps  sont 
unis,  le  plus  souvent,  par  des  membranes 
flexibles,  ou  bien  ils  emboîtent  l’un  dans 
l’autre,  et  alors  leurs  mouvements  sont  plus 
variés,  mais  n’ont  pas  la  même  force  que 
ceux  des  membres.  Dans  ceux-ci ,  l’article 
mobile  tient  à  l’article  voisin  par  une  join¬ 
ture  ferme  ;  il  y  est  fixé  par  deux  points,  et 
ne  peut  se  mouvoir  que  dans  un  seul  plan, 
ce  qui  exige  des  articulations  plus  nom¬ 
breuses  pour  produire  une  même  variété  de 
mouvements. 

»Le  système  d’organes  par  lequel  les  Ani-  j 
maux  articulés  se  ressemblent  le  plus,  c’est 
celui  des  nerfs. 

(1)  Voir  le  mémoire  cité  .•  Annales  du  Muséum, 
d’hist.  nal.  de  Paris,  t.  XIX,  p.  73;  le  Règne  ani¬ 
mal,  de  Cuvier,  première  édit,  de  1817,  t.  II,  p. 
508-510 ,  et  deuxième  édit.,  1829,  t.  I ,  p.  50  et  51  j 
t.  III,  1830,  p.  180  à  186. 


ART  1 frf. 

»  Leur  cerveau  ,  placé  sur  l’œsophage , 
fournissant  des  nerfs  aux  parties  qui  adhè¬ 
rent  à  la  tête,  est  fort  petit.  Deux  cordons, 
qui  embrassent  l’œsophage,  se  continuent 
sur  la  longueur  du  ventre,  se  réunissent 
d’espace  en  espace  par  de  doubles  nœuds 
ou  ganglions,  d’où  partent  les  nerfs  du  corps 
et  des  membres. 

»  Si  l’on  ajoute  à  cela  que  les  mâchoires 
des  Animaux  articulés ,  lorsqu’ils  en  ont , 
sont  toujours  latérales,  et  se  meuvent  de 
dehors  en  dedans ,  et  non  de  haut  en  bas , 
on  aura  exprimé  à  peu  près  tout  ce  qui  s’en 
laisse  dire  de  général.  » 

Ajoutons  encore  que ,  pour  ceux  dont  on 
a  pu  observer  le  développement  (  les  Crus¬ 
tacés  et  les  Arachnides  ),  le  sac  vitellin  est 
en  communication  avec  l’intestin  par  la 
face  dorsale  du  corps,  et  non  par  la  face 
abdominale,  comme  dans  les  Animaux  ver¬ 
tébrés. 

«Le  groupe  des  Animaux  articulés,  après 
ces  ressemblances  générales,  présente  de 
grandes  différences  dans  l’existence  d’orga¬ 
nes  de  l’ouïe  ;  dans  l’existence ,  le  nombre 
et  la  forme  de  ceux  de  la  Yue  ;  le  produit 
et  le  mode  de  génération  ;  l’espèce  de  re¬ 
spiration;  la  couleur  du  sang  (les  réservoirs 
de  ce  fluide),  son  mode  de  circulation ,  qui 
servent  à  caractériser  les  classes  ou  leurs 
subdivisions.  » 

Celles  des  Insectes ,  des  Arachnides  et 
des  Crustacés ,  que  Linné  laissait  réunies 
sous  la  dénomination  commune  d’insectes  , 
ont  entre  elles  ,  en  effet ,  de  nombreuses  et 
évidentes  ressemblances,  qui  les  distinguent 
en  même  temps  des  Annélides  :  non  seule¬ 
ment  leur  corps  est  manifestement  articulé, 
mais  encore  les  pieds,  dont  les  Animaux  de 
ces  trois  classes  sont  constamment  pourvus 
à  l’état  parfait. 

La  classe  des  Annélides ,  au  contraire , 
n’a  tout  au  plus  que  des  soies ,  emboîtées 
dans  les  replis  ou  les  mamelons  de  la  peau, 

I  pour  l’aider  dans  ses  mouvements.  Certaine 
famille ,  celle  des  Hirudinées ,  qui  fait  par¬ 
tie  de  cette  classe ,  est  même  privée  de  ces 
soies  ou  de  toute  autre  espèce  d’appendice 
se  séparant  de  la  peau  pour  constituer  un 
pied  distinct. 

Ainsi ,  les  caractères  généraux  des  quatre 
classes  des  Animaux  articulés ,  qui  forment 
le  tableau  de  l’organisation  de  ce  type,  n’a- 
12* 


T.  II 


m 


ART 


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valent  pas  empêché  M.  Cuvier  de  recon¬ 
naître,  entre  les  trois  premières  classes,  des 
rapports  plus  nombreux  qu’avec  la  dernière. 
( Règne  animal ,  édit,  de  1817,  t.  II,  p.  515, 
et  édit,  de  1830,  t.  III,  p.  186.) 

§  IV.  —  Des  différentes  acceptions  des 
mots  animaux  articulés,  c’est-à-dire 
des  limites  du  groupe  des  Animaux  ar¬ 
ticulés ,  et  du  rang  qu’il  occupe  parmi  les 
grandes  divisions  du  règne  animal,  dans 
quelques  uns  des  ouvrages  les  plus  usuels 
de  zoologie  et  d’anatomie  comparée. 

Tous  les  auteurs  de  zoologie  et  d’anato¬ 
mie  comparée  qui  ont  adopté  la  dénomina¬ 
tion  d’ Animaux  articulés  n’en  font  pas 
usage  avec  la  même  acception.  Nous  croyons 
nécessaire  d’expliquer  ici  les  différentes  si¬ 
gnifications  de  ces  mots  dans  quelques  uns 
des  principaux  ouvrages  où  ils  ont  été  em¬ 
ployés.  Tel  devrait  être ,  il  nous  le  semble 
du  moins,  le  but  principal  d’un  article  de  dic¬ 
tionnaire,  afin  qu’il  pût  servir  à  l’intelligence 
des  ouvrages  où  le  même  sujet  serait  traité. 

Déjà  en  1816  (dans  son  Prodrome  (1) 
d’une  nouvelle  distribution  du  règne  ani¬ 
mal),  M.  de  Blainville  prenait  ce  mot  d  Ani¬ 
maux  articulés  dans  un  sens  différent  de 
M.  Cuvier. 

Le  premier  tableau  de  ce  Prodrome  mon-  ! 
tre  tout  le  règne  animal  divisé  en  trois  grou-  ! 
pes  principaux ,  appelés  sous-règnes ,  et  ca¬ 
ractérisés  par  la  forme  générale ,  ce  sont  : 

1°  Les  Animaux  pairs  ou  Artiomorphes  ; 
2°  Les  Animaux  rayonnés  ou  Actinomor- 
phes  ; 

3°  Les  Animaux  sans  forme  régulière  ou 
Hétéromorphes. 

Les  Animaux  pairs  sont  ensuite  sous-divi- 
sés  en  deux  types,  les  Vertébrés  et  les  Inver¬ 
tébrés.  Ces  derniers  comprennent  trois  sous- 
types.  Le  premier,  celui  des  Non-articulés , 
répond  au  type  des  mollusques  de  Cuvier, 
moins  ses  Oscabrions,  qui  font  partie  de  ses 
Gastéropodes ,  et  moins  sa  classe  des  Cirrho- 
podes.  Le  second,  celui  des  Sub-articulés , 
réunit  précisément  les  Oscabrions ,  sous  le 
nom  classique  de  Polyplaxiphores,  et  la 
classe  des  Cirrhipodes  ;  enfin  le  sous-type 

(1)  Bulletin  des  sciences  de  la  Société  philo¬ 
mathique.  Paris,  1816,  p.  105  et  suiv. 


des  Articulés  comprend  non  seulement  les 
quatre  classes  des  Articulés  de  Cuvier,  mais 
encore  ses  Intestinaux. 

Les  Articulés,  appelés  encore  Entomo- 
zoaires  dans  cette  méthode  de  classifica¬ 
tion,  sont  sous-divisés  en  huit  classes,  qui 
portent,  dans  la  série  de  ces  groupes  du  rè¬ 
gne  animal ,  les  nos  X  à  XVII. 

Dans  un  second  tableau ,  offrant  une  dis¬ 
position  systématique  de  tous  les  corps  na¬ 
turels  ,  les  Animaux  articulés  ou  les  Ento- 
mozoaires  forment  le  premier  sous -type 
des  animaux  pairs  ou  du  type  Ier.  Ce  sous- 
type  comprend  non  seulement' les  classes 
indiquées  dans  le  précédent,  qui  sont  les 
Articulés  extérieurement ,  mais  encore  les 
Vertébrés,  appelés  ici  Ostéozoaires ,  qui 
sont  articulés  intérieurement. 

Quelques  années  plus  tard,  en  1822,1e  Ta¬ 
bleau  synoptique  des  subdivisions  du  règne 
animal  publié  par  le  même  auteur  (1)  pré¬ 
sente  tous  les  Animaux  articulés  dans  les 
mêmes  rapports,  mais  leurs  premières  divi¬ 
sions  sont  élevées  au  grade  supérieur  de 
types. 

Les  Articulés  intérieurement  constitue¬ 
ront  le  type  Ier  des  animaux  pairs,  celui  des 
animaux  Vertébrés. 

Le  type  IIe  comprend  les  Articulés  exté¬ 
rieurement  ou  les  Entomozoaires,  avec  des 
limites  différentes,  quelques  changements 
dans  la  nomenclature ,  et  d’autres  numéros 
dans  les  huit  classes  qui  composent  ce  type, 
la  première  étant  devenue  la  sixième  du  rè¬ 
gne  animal  (au  lieu  de  dixième  du  premier 
tableau  de  1816) ,  et  la  dernière  ayant  le  n® 
13  au  lieu  du  17e. 

Cette  treizième  classe  ne  répond  plus 
qu’aux  Intestinaux  cavitaires  de  Cuvier  ; 
tandis  que  ses  Intestinaux  parenchymateux 
sont  placés  dans  un  autre  sous-règne ,  celui 
des  Animaux  rayonnés,  et  forment  la  dix- 
huitième  classe ,  celle  des  Annélidaires.  Les 
Annélidaires  constituent  même  le  sous- 
type  des  Subrayonnés ,  appelés  encore  par 
le  même  auteur  Gastrohyzaires ,  et,  en 
dernier  lieu ,  Par  entomozoaires  (2). 

Enfin,  dans  l’article  animal  ( Supplé¬ 
ai)  A  la  fin  du  1. 1  de  ses  Principes  d’anatomie 
comparée.  Paris,  1822. 

(2)  Art.  vers  du  Dictionnaire  des  sciences  na¬ 
turelles,  t.  LVII,  p.  530.  Paris,  4828. 


ART 


187 


ART 

ment  du  Dict.  des  sciences  naturelles ,  'Pa¬ 
ris  ,  1840  ),  M.  de  Blainville  divise  le  règne 
animal  en  cinq  types.  Le  second ,  celui  des 
Entomozoaires ,  comprend  [es  Articulés  de 
Cuvier  et  tous  les  Intestinaux ,  qui  ne  sont 
plus  séparés  ,  comme  en  1828 ,  en  deux 
sous -règnes  et  en  deux  types  distincts.  Il 
réunit  encore  à  ses  Entomozoaires  les  Cir- 
rhopodes  et  des  animalcules. 

Un  naturaliste  expérimenté  et  clairvoyant 
qui  parviendra  à  comprendre  ces  différentes 
combinaisons  ne  peut  manquer  d’y  décou¬ 
vrir  des  vues  de  rapports  qui  doivent  con¬ 
tribuer,  par  là  même  que  ce  sont  des  aper¬ 
çus  sur  les  ressemblances  ou  les  différences 
caractéristiques  des  animaux,  à  faire  appré¬ 
cier  la  méthode  naturelle  de  leur  classifica¬ 
tion.  Pour  s’élever  à  cette  juste  apprécia¬ 
tion  ,  il  faudra  mesurer  exactement  la  va¬ 
leur  de  ces  différences  ou  de  ces  ressem¬ 
blances  ,  relativement  à  l’ensemble  des  or¬ 
ganismes. 

Pour  M.  Duméril  (  Éléments  des  sciences 
naturelles,  troisième  édition,  Paris,  1825  ;  et 
quatrième  édition  ,  Paris,  1830 ,  deux  vol. 
in-8°),  le  règne  animal  se  partage  en  deux 
grandes  divisions,  les  Animaux  articulés  et 
les  Animaux  non  articulés.  Le  première  se 
sous-divise  en  deux  sections  : 

La  première  section ,  celle  des  Ar¬ 
ticulés  en  dedans  ou  des  Vertébrés,  com¬ 
prend  les  quatre  classes  1°  des  Mammi¬ 
fères  ,  2°  des  Oiseaux ,  3°  des  Reptiles  ,  4° 
des  Poissons. 

La  seconde  section,  celle  des  Articulés 
en  dehors,  se  compose  5°  des  Insectes ,  6° 
des  Crustacés ,  et  7°  des  Vers. 

Le  second  type ,  celui  des  Animaux  non 
articulés,  ne  comprend  que  deux  classes  : 
8°  les  Mollusques,  9°  les  Zoophytes. 

Dans  cette  classification,  l’acception  du 
mot  Articulés  se  rapproche  de  celle  ad¬ 
mise  par  M.  de  Blainville ,  avec  des  diffé¬ 
rences  très  grandes  dans  le  nombre  des  clas¬ 
ses  et  dans  leurs  limites,  celle  des  Vers  ne 
comprenant  pas  les  Intestinaux  de  Cuvier, 
laissés,  à  son  imitation,  parmi  les  Zoophytes. 

Les  mots  articulés  en  dehors  expriment 
sans  doute  une  forme  générale,  et  consé¬ 
quemment  un  caractère  extérieur  -,  tandis 
que  l’expression  articulés  en  dedans  signi¬ 
fie  un  caractère  de  structure  caché  généra¬ 
lement  dans  l’axe  du  corps  et  dans  sa  pro¬ 


fondeur.  Cette  opposition  est  en  même 
temps  une  ressemblance,  mais  une  res 
semblance  qui  ne  se  lie  qu’à  un  petit  nom¬ 
bre  d’autres ,  et  ne  constitue  pas  un  plan 
dominant,  qui  se  ferait  jour  dans  toute  l’or¬ 
ganisation  à  travers  les  modifications  qui 
constituent  les  classes  et  leurs  divisions. 

Cependant  nous  devons  dire  qu’ici  la  for¬ 
me  articulée  est  en  même  temps  symétri¬ 
que,  et  qu’elle  coexiste  avec  un  cordon  prin¬ 
cipal  des  nerfs  situé  dans  la  ligne  médiane 
du  corps ,  sur  le  canal  alimentaire ,  ou  au 
dessous  de  ce  canal ,  lequel  est  toujours  sur¬ 
monté  ,  à  son  origine ,  par  le  cerveau ,  lié 
lui-même  avec  ce  cordon  principal,  quelle 
que  soit  sa  position. 

Ces  caractères  sont  assez  remarquables 
pour  pouvoir  rapprocher  une  sangsue  ou 
un  lombric  de  l’animal  vertébré  le  plus 
parfait  ;  mais  ils  ne  suffisent  pas  pour  faire 
comprendre  le  plan  réel ,  sauf  la  forme  sy¬ 
métrique  ,  d’après  lequel  cette  sangsue  ou 
ce  lombric  et  cet  animal  vertébré  ont  été 
organisés. 

La  désignation  d 1  Animaux  articulés  n’est 
employée  pour  aucune  des  divisions  adop¬ 
tées  par  Lamarck  dans  son  Histoire  des 
Animaux  sans  vertèbres.  Paris,  1815  (1). 

Les  deux  principaux  groupes,  celui  des  a- 
nimaux  apathiques  et  celui  des  animaux 
sensibles ,  n’y  sont  guère  distingués  que  par 
des  caractères  négatifs. 

L’auteur  avait  bien  senti  que  cette  classi¬ 
fication  était  défectueuse  et  ne  montrait 
pas  tous  les  rapports  des  classes  entre  elles. 

Il  établissait,  dans  l’introduction  qui  est  en 
tête  du  même  ouvrage ,  que  les  animaux  ne 
se  lient  pas  les  uns  aux  autres  de  manière 
à  former  une  série  simple;  que  leur  série 
est  double  et  rameuse ,  et  que  la  composi¬ 
tion  organique  progressive  n’existe  que  dans 
les  masses  principales  ou  classiques. 

Un  tableau  fort  remarquable  de  tout  le 
règne  animal  donne  une  idée  de  la  classifi¬ 
cation  de  ce  règne,  telle  que  Lamarck  l’avait 
conçue  d’après  ces  principes. 

Tous  les  Animaux  y  sont  rangés  en  deux 
séries  :  celle  des  Animaux  inarticulés ,  et 
celle  des  Animaux  articulés. 

^l)  Il  paraît  une  nouvelle  édition  de  cet  impor¬ 
tant  ouvrage,  soignée  par  MM.  Desbayes  et  Milne- 
Edwards. 


188 


ART 


ART 


Cette  seconde  série  commence  par  la  clas¬ 
se  des  Vers  (épizoaires),  de  laquelle  sortent, 
comme  branches ,  d’un  côté ,  la  classe  des 
Annélides ,  sans  autre  succession,  et,  de 
l’autre ,  les  Insectes  ,  qui  se  divisent  en  di¬ 
vers  rameaux  :  le  rameau  des  Arachni¬ 
des,  qui  n’a  pas  d’autre  progression,  et 


celui  des  Crustacés  et  des  Cirrhipèdes  (1). 

L’intérêt  de  ce  tableau,  qui  a  des  rapports 
avec  les  classifications  proposées  en  dernier 
lieu ,  du  moins  pour  le  rapprochement  des 
Vers  intestinaux  et  des  Annélides,  et  leur 
classement  dans  le  groupe  des  Articulés,  me 
détermine  à  le  présenter  ici. 


ORDRE  PRÉSUMÉ  DE  LA  FORMATION  DES  ANIMAUX 

OFFRANT  DEUX  SÉRIES  SÉPARÉES,  SUBRAMEUSES. 


SÉRIE  DES  ANIMAUX  INARTICULÉS. 


SÉRIE  DES  ANIMAUX  ARTICULÉS. 


Annélides. 


Insectes. 

Arachnides. 


Crustacés. 


Cirrhipèdes. 


!  Poissons. 
Reptiles. 
Oiseaux. 
Mammifères. 


(*;  v  oyez  ifftst,  des  Animaux  sans  vertèbres  de  Lamarck.  1. 1 ,  p.  457,  édition  de  1815,  ef  n,  520 

édition,  * 


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189 


Dans  un  ouvrage  estimable  de  zoologie, 
M.  Fleming  (1)  admet  les  deux  grandes  di¬ 
visions  des  Animaux  vertébrés  et  sans  ver¬ 
tèbres. 

Ceux-ci  sont  ensuite  sous-divisés  en  1° 
Gangliata  (  les  Mollusques),  2°  Annulosa , 
et  3°  Radiata. 

Les  Annulosa  ,  ou  les  Annelés ,  se  sous- 
divisent  encore  en  plusieurs  groupes  de  dif¬ 
férentes  valeurs. 

La  première  subdivision  comprend  les 
Animaux  à  corps  et  pieds  articulés,  c’est-à- 
dire  1°  les  Crustacés,  2°  les  Arachnides, 
3°  les  Insectes,  4°  les  Myriapodes. 

Dans  la  deuxième  subdivision  sont  réunis 
les  Animaux  annelés  ,  sans  pieds  articulés  , 
dont  les  uns  ont  une  habitation  externe,  ce 
sont  les  Cirrhipèdes  et  les  Annélides  ;  les 
autres  vivent  dans  les  autres  animaux,  ce 
sont  les  Entozoa. 

Dans  les  Familles  du  régné  animal  (Pa¬ 
ris,  1825  ) ,  Latreille  distribue  tous  les  ani¬ 
maux  en  trois  séries.  C’est  dans  la  seconde, 
celle  des  Céphaloïdiens ,  qu’il  range  les  ani¬ 
maux  articulés ,  mais  sans  employer  cette 
dénomination.  La  série  des  Céphaloïdiens  se 
sous-divise  en  races  :  la  première  est  celle 
des  Mollusques  ;  la  seconde  celle  des  Hel- 
minthoïdes,  qui  se  compose  de  deux  classes  : 
les  Cirrhipèdes  et  les  Annélides.  La  troisième 
race  est  celle  des  Condylopes  ;  elle  comprend 
quatre  autres  classes  d’articulés  :  les  Crus¬ 
tacés,  les  Arachnides ,  les  Myriapodes  et  les 
Insectes. 

Les  quatre  types  du  règne  animal  sont 
adoptés  par  M.  Carus  dans  son  Traité  élé¬ 
mentaire  d’ Anatomie  comparée ,  mais  avec 
quelques  modifications  dans  la  distribution 
des  classes. 

Celle  des  Cirrhipèdes  est  restée  parmi  les 
Mollusques  ,  comme  dans  le  Régne  animal 
de  Cuvier. 

La  série  des  animaux  articulés  commence 
par  les  Entbelminthes  (  les  Intestinaux  ) , 
comme  dans  le  tableau  de  Lamarck ,  se  con¬ 
tinue  par  les  Neusticopodes(lesEntomostra- 
cés),  les  Décapodes,  les  Isopodes,  les  Arach¬ 
nides,  et  finit  par  les  Hexapodes  (2). 

(1)  The  Philosophy  of  zoology,  by  John  Fie- 
nrnng,  in  two  volumes.  Edinburgh ,  1822. 

a2)  Traduit  de  l’allemand,  sur  la  deuxième  édi¬ 
tion,  par  M.  Jourdain.  Paris,  1835. 


Pour  exposer  l’organisation  des  animaux 
sans  vertèbres,  ou  plutôt  celle  des  trois  der¬ 
niers  types,  des  Zoophytes,  des  Articulés  et 
des  Mollusques,  M.  Delle-Chiaje  les  admet 
exactement  dans  l’acception  et  les  limites  du 
Règne  animal  de  Cuvier,  et  il  en  traite 
dans  le  même  ordre  relatif  ,  c’est-à-dire 
qu’il  place  les  articulés  entre  les  Zoophytes 
et  les  Mollusques,  et  qu’il  rapproche  ceux- 
ci  des  Vertébrés  (1). 

M.  R.  Wagner  (dans  ses  Éléments  d'ana¬ 
tomie  comparée ,  publiés  en  allemand,  Leip¬ 
zig,  1834  et  1835,  un  vol.  in-8°)  admet 
également  les  quatre  types  de  Cuvier ,  avec 
cette  différence  que  les  Zoophytes,  les  Mol¬ 
lusques  et  les  Articulés ,  font  partie  de  la 
première  grande  division  du  règne  animal , 
celle  des  Animaux  sans  vertèbres ,  la  se¬ 
conde  étant  celle  des  Vertébrés . 

Les  Animaux  articulés  comprennent  cinq 
classes  : 

1°  Les  Cirrhopodes ,  2°  les  Vers  annelés , 
3°  les  Crustacés ,  4°  les  Arachnides ,  5°  les 
Insectes. 

Dans  cette  méthode  de  classification,  les 
Vers  (intestinaux)  forment  la  quatrième 
classe  des  Zoophytes,  et  sont  séparés  de  la 
classe  des  Vers  annelés  (  les  Annélides  de 
Cuvier  et  de  Lamarck)  par  la  cinquième 
classe  du  même  type,  celle  des  Rayonnés 
(les  Échinodermes  de  Cuvier)  ;  par  le  type 
entier  des  Mollusques  ,  qui  est  placé  entre 
celui  des  Zoophytes  et  celui  des  Articulés, 
et  par  la  classe  des  Cirrhopodes  ,  la  premiè¬ 
re  de  ce  dernier  .type  ,  dans  ce  tableau  pro¬ 
gressif  de  l’organisation  du  règne  animal. 

M.  Milne-Edwards  (2)  se  rapproche  beau¬ 
coup,  dans  sa  manière  de  voir  les  rapports 
et  les  limites  de  l’embranchement  des  Ar¬ 
ticulés,  de  celle  indiquée  dans  le  tableau 
de  Lamarck,  que  nous  avons  fait  connaître. 

Suivant  ce  savant  zoologiste ,  les  deux 
classes  des  Helminthes  et  des  Annélides 
constituent  un  sous-embranchement,  qu’on 
pourrait  désigner  sous  le  nom  de  Vers  (3),  et 

(1)  Insliiuzioni  di  analomia  e  fisiologia  com- 
parata,  1. 1.  Napoli,  1832. 

(2)  Encyclopédie  du  19'  siècle ,  art.  vers. 

(3)  Ainsi  que  le  fait  observer  M.  Milne-Edwards, 
ce  serait  revenir  à  l’acception  que  Cuvier  avait 
donnée  au  mot  ver,  dans  son  Tableau  élémentaire 
des  animaux ,  publié  en  1797. 


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ART 


190 

auquel  on  devrait  réunir  l’ordre  des  Infu¬ 
soires  rotateurs  de  Cuvier,  érigé  en  classe 
par  Ehrenberg. 

L’autre  sous-embranchement  se  compo¬ 
serait  des  Arachnides ,  des  Insectes ,  des 
Crustacés  et  des  Cirrhopodes. 

Ces  exemples  suffisent  pour  avoir  une  idée 
générale  des  différentes  acceptions  qui  ont 
été  données ,  sous  le  rapport  des  classifica¬ 
tions  ,  aux  mots  animaux  articulés.  Ils 
montrent,  en  même  temps,  que  la  plupart 
des  ouvrages  dans  lesquels  on  a  eu  pour  but 
principal  d’exposer  l’organisation  des  ani¬ 
maux  sont  précisément  ceux  où  l’on  a  adop¬ 
té  exactement,  ou  avec  les  modifications  les 
moins  importantes,  les  groupes  principaux 
et  la  distribution  des  classes  proposés  par 
M.  Cuvier  dès  1812. 

§  Y.  —  Du  rang  que  doit  occuper  dans  la 
méthode  naturelle  le  type  des  Animaux 
articulés,  et  des  limites  qui  paraissent 
devoir  être  assignées  à  ce  type ,  eu  égard 
aux  derniers  progrès  de  la  science  de 
V  organisation. 

A  présent  que  nous  connaissons  le  grou¬ 
pe  des  Animaux  articulés,  tel  que  Cuvier  l’a 
reconnu  et  caractérisé  il  y  a  vingt-huit  ans , 
et  les  principales  acceptions  de  cette  déno¬ 
mination  ou  des  désignations  correspondan¬ 
tes  dans  les  classifications  des  naturalistes, 
nous  devons  examiner  si  les  progrès  de  la 
zoologie  positive  ne  permettent  pas  d’amé¬ 
liorer  cette  partie  de  la  méthode  naturelle 
du  règne  animal ,  soit  relativement  au  rang 
que  doivent  occuper  les  Animaux  articulés 
parmi  les  autres  types,  soit  relativement  aux 
classes  qui  le  composent  et  aux  Animaux 
des  deux  autres  types  inférieurs  (des  Mollus¬ 
ques  et  des  Zoophytes)  qu’on  pourrait  y  ré¬ 
unir. 

Les  Vertébrés  et  les  Articulés  ont  été 
réunis  par  MM.  de  Blainville  et  Duméril 
dans  un  seul  groupe ,  d’après  une  ressem¬ 
blance  générale,  celle  d’être  articulés.  Nous 
avons  déjà  indiqué  d’autres  caractères  qui  les 
rapprochent,  tels  que  la  forme  symétrique, 
l’existence  d’un  canal  alimentaire ,  la  pré¬ 
sence,  dans  la  ligne  médiane  du  corps,  des 
principaux  centres  nerveux. 

Ajoutons  que  les  trois  premières  classes 
de  ce  type  ont  généralement ,  pour  se  mou¬ 


voir  dans  les  différents  milieux  où  elles  vi¬ 
vent,  une  facilité  due  à  une  perfection  orga¬ 
nique  qui  les  élève,  pour  la  plupart,  au  des¬ 
sus  des  Mollusques. 

Leur  instinct ,  et  les  actions  qu’exécutent 
les  Animaux  de  ces  classes,  poussés  par  ce 
moteur  intellectuel,  sont  très  remarquables. 

En  général,  les  fonctions  qui  caractéri¬ 
sent  l’animalité  paraissent  incontestable¬ 
ment  plus  parfaites  dans  la  grande  généra¬ 
lité  des  Animaux  articulés  que  dans  le  type 
des  Mollusques. 

Nous  pensons  que  les  premiers  se  rappro¬ 
chent  davantage,  sous  les  rapports  que 
nous  avons  indiqués,  du  type  des  Vertébrés. 

Mais  il  ne  faudrait  pas  perdre  de  vue,  dans 
ce  changement  de  rang ,  que  la  classe  des 
Céphalopodes,  parmi  les  Mollusques,  mon¬ 
tre  aussi  plusieurs  caractères  organiques  et 
fonctionnels  qui  la  rapprochent  du  type 
le  plus  parfait. 

Relativement  aux  limites  du  type  des  ar¬ 
ticulés  et  aux  Animaux  qu’il  doit  compren 
dre  ,  nous  pensons ,  avec  beaucoup  de  zoo¬ 
logistes,  que  les  Cirrhopodes  ou  les  Cirrhi- 
p'edes ,  que  Cuvier  a  laissés  parmi  les  Mol¬ 
lusques  ,  à  la  vérité,  en  les  rangeant  à  la  fin 
de  ce  type ,  comme  indiquant  un  passage 
aux  Articulés,  décèlent  le  plan  de  ces  der¬ 
niers  dans  plusieurs  des  principaux  points 
de  leur  organisation ,  et  entre  autres  dans 
leur  système  nerveux ,  leurs  mâchoires  , 
leurs  pieds,  et  doivent  leur  être  réunis. 

On  ne  doit  cependant  pas  oublier  que  c’est 
une  classe  anormale  ou  mixte,  qui  participe 
du  plan  d’organisation  de  plusieurs  types, 
et  montre  que  les  principaux  groupes  du 
règne  animal  ne  sont  pas  sans  liaison  au¬ 
cune. 

«  Nous  voici  arrivés,  dit  M.  Cuvier  en 
commençant  son  Mémoire  sur  Vanatomie 
des  Anatifes  et  des  Balanes  (1),  à  des  Ani¬ 
maux  bien  différents  de  tous  les  Mollus¬ 
ques  dont  nous  avons  parlé  jusqu’à  présent  : 
des  membres  cornés ,  articulés  en  quelque 
sorte,  une  bouche  garnie  de  lèvres  et  de 
mâchoires  ,  un  système  nerveux  formé  d’u¬ 
ne  suite  de  ganglions,  tout  annonce  que  la 
nature  va  nous  conduire  à  l’embranchement 

(1)  Mémoires  du  Muséum  d’histoire  naturelle 
de  Paris,  t.  II,  p.  8S-101 ,  avec  une  pi.  P»ris, 
181S. 


ART 


ART 


des  animaux  articulés.Il  n’y  aurait  môme  rien 
d’étonnant  que  bien  des  naturalistes ,  d’a¬ 
près  la  description  que  nous  allons  donner, 
pensassent  que  les  Cirrhopodes  appartien¬ 
nent  déjà  à  cet  embranchement  ,  et  nous 
ne  blâmerons  pas  ceux  qui  croiront  devoir 
les  y  ranger. 

»  Cependant,  ajoute  M.  Cuvier,  comme  le 
corps  lui-même  n’est  pas  articulé  ;  comme 
nous  avons  déjà,  dans  le  genre  des  Tarets, 
qui  appartient  sans  contestation  aux  Mol¬ 
lusques  acéphales,  des  exemples  de  mem¬ 
bres  articulés  ;  comme  enfin  la  coquille  des 
Anatifes  semble  modelée  sur  celle  de  plu¬ 
sieurs  bivalves ,  nous  croyons  pouvoir  lais¬ 
ser  cet  ordre  parmi  les  Mollusques.  » 

En  1817,  il  en  faisait  une  classe  dans  la 
première  édition  de  son  Règne  animal ,  et 
la  plaçait  à  la  fin  de  ce  type ,  rangé  lui-mê¬ 
me  immédiatement  avant  celui  des  Animaux 
articulés. 

Cette  liaison  sera  conservée  en  classant  les 
Cirrhopodes  à  la  fin  des  Articulés,  à  la  suite 
desquels  nous  venons  de  ranger  les  Mollus¬ 
ques. 

Tous  les  Insectes,  sauf  un  seul  ordre,  ce¬ 
lui  des  Myriapodes,  n’ont  que  six  pieds  à 
l’état  parfait. 

Les  Myriapodes  en  ont  bien  davantage 
(  M.  Brandt  en  indique,  dans  un  travail 
récent,  de  10  à  100  paires,  et  plus,  sui¬ 
vant  les  espèces).  On  observe  une  grande 
uniformité  dans  les  anneaux  de  leur  corps , 
au  point  qu’on  ne  peut  plus  distinguer  dans 
celui  -  ci ,  comme  dans  les  Insectes  hexapo¬ 
des,  le  thorax,  que  supportent  leurs  six 
pieds ,  et  auquel  les  ailes  sont  attachées 
quand  elles  existent;  ni  l’abdomen,  qui  n’a  | 
dans  ces  mêmes  Hexapodes  aucun  des  ap¬ 
pendices  de  la  locomotion. 

Ces  circonstances  ont  déterminé  plu¬ 
sieurs  naturalistes,  ainsi  que  nous  l’avons  vu 
dans  le  paragraphe  précédent ,  à  ériger  l’or¬ 
dre  des  Insectes  myriapodes  en  une  classe 
distincte  (1). 

On  verra  au  mot  crustacés,  et  dans 
l’exposition  des  caractères  et  des  limites  de  j 

j 

(1)  C’est  à  M.  Leach  qu’on  doit  la  première  pro-  j 
position  de  ce  changement.  Voir  le  Bulletin  des  • 
sciences,  par  la  Société  philomathique  de  Paris,  | 
a!*î«ée  1816,  p.  51.  j 

M .  Brandt  ne  l’admet  pas,  et  conserve  les  Myria-  ] 


191 

cette  classe ,  s’il  conviendrait  d’y  réunir 
la  singulière  famille  des  Lernées  (  Voy. 
ce  mot),  qui  montrent  encore  des  traces  de 
la  forme  articulée  ,  mais  chez  lesquelles  on 
n’a  pu  découvrir  de  système  nerveux,  line 
observation  précieuse  de  M.  Surirey  a  con¬ 
duit  MM.  Audouin  etMilne-Edxvards  à  l’idée 
que  ces  animaux  sont  des  Crustacés,  recon¬ 
naissables  à  l’état  d’embryon,  mais  qui  per¬ 
dent  bientôt  la  forme  caractéristique  de  cette 
classe  par  la  nourriture  abondante  que  leur 
procure  une  vie  parasite.  {Voy.  Règne  ani¬ 
mal ,  édit,  de  1817,  t.  IY,  p.  36.  N.  B.,  et 
édit,  de  1830,  p.  255,  note  2;  et  Annales 
des  sc.  natur.t  t.  IX,  p.  345.) 

La  classe  des  Vers  intestinaux ,  appelés 
encore  Entozoaires ,  Helminthes,  Helmin- 
thides,  doit-elle  être  transportée  tout  entiè¬ 
re  ou  en  partie  dans  le  type  des  Articulés  ? 
Cette  question  ne  pourra  être  traitée  avec 
tous  les  détails  qu’elle  exige  qu’à  l’un  des 
mots  par  lesquels  on  désigne  cette  classe ,  à 
la  suite  duquel  ses  caractères  seront  suffi 
samment  exposés. 

En  attendant,  ce  qu’on  sait  positivement 
sur  quelques  points  de  l’organisation  de  ces 
animaux  servira  à  fixer  nos  idées  à  cet  é- 
gard,  par  la  comparaison  que  nous  en  ferons 
avec  les  caractères  des  Animaux  articulés. 

Les  Vers  intestinaux  ont-ils  la  forme  ar¬ 
ticulée?  Cette  forme  n’existe  d’une  manière 
prononcée  dans  aucun  cavitaire.  Le  corps 
même  des  Linguatules ,  malgré  les  appa¬ 
rences  ,  n’est  que  plissé,  et  non  articulé. 

Parmi  les  Parenchymateux ,  les  uns,  tels 
que  les  Douves,  sont  plats  et  sans  aucune  divi¬ 
sion  ;  d’autres  sont  en  effet  composés  d’arti¬ 
cles  très  distincts  :  ce  sont  les  Témioïdes ,  sauf 
les  Ligules ;  mais  les  dispositions  en  rayons  des 
suçoirs  et  des  appendices  de  l’extrémité  cé¬ 
phalique  décèlent  le  plan  des  Rayonnés.  Cette 
disposition  avait  déterminé  M.  de  Blainville  à 
laisser  cet  ordre  des  Intestinaux  dans  le  type 
des  Rayonnés  ,  ou  de  ses  Actinozoaires. 

Ce  que  nous  savons  du  système  nerveux 
des  Intestinaux  n’est  pas  plus  en  faveur  de 
leur  réunion  avec  les  Articulés. 

podes  dans  la  classe  des  Insectes  ,  qu’il  divise  en 
trois  ordres  comprenant  les  Insectes  hexapo¬ 
des.  les  Myriapodes  et  les  Arachnides  trachéennes. 

( Voyez  le  Journal  de  l’Institut  n.  372,  îevrier 
1841 ,  p.  48  et  suiv.) 


192 


ART 


ART 


Celui  des  Ascarides  paraît  se  composer 
de  deux  cordons  très  fins  qui  occupent  la 
ligne  médiane  des  deux  faces  dorsale  et  ab¬ 
dominale.  On  pourrait  voir  dans  chacun  de 
ces  cordons  l’analogue  du  filet  nerveux 
d’un  rayon  d’Astérie.  Le  Strongle  géant 
aurait ,  d’après  M.  Otto  ,  un  rudiment  de 
système  nerveux  d’Articulé  composé  d’un 
cordon  noueux  sous-intestinal,  sans  cerveau 
sus-œsophagien. 

Les  Linguatules,  dont  trois  auteurs,  MM. 
R.  Owen,  C.  Ed.  Miram,  etDiesing,  ont  dé¬ 
crit  presque  en  même  temps  l’organisation , 
leur  ont  offert  un  système  nerveux  à  part , 
qui  tient  plutôt  du  plan  des  Rayonnés  que 
de  celui  des  Articulés.  Il  est  composé  d’un 
ganglion  sous  -  œsophagien  ,  qui  produit , 
comme  autant  de  rayons,  plusieurs  filets 
très  courts  pour  les  organes  de  la  tête  ,  et 
deux  longs  cordons  qui  se  portent  en  ar¬ 
rière  ,  écartés  l’un  de  l’autre  loin  de  la  ligne 
médiane ,  en  longeant  chaque  côté  de  l’ani¬ 
mal.  Aucun  ganglion  ne  vient  les  renforcer 
dans  ce  trajet,  pendant  lequel  ils  suivent 
les  sinuosités  formées  par  les  plis  ou  les  par¬ 
ties  rentrantes  des  téguments. 

Le  système  nerveux  des  Distomes  et  des 
Amphistomes ,  les  seuls  g.  des  Parenchy¬ 
mateux  où  l’on  ait  découvert  des  nerfs , 
ressemble  beaucoup  à  celui  des  Linguatules. 

Ainsi ,  outre  la  forme  si  variable  dans  les 
diverses  familles  des  Intestinaux ,  et  très 
différente  de  celle  des  Articulés,  leur  systè¬ 
me  nerveux,  quand  il  est  évident,  ne  mon¬ 
tre  pas  la  disposition  de  celui  des  Articulés, 
ou  ne  la  montre  que  très  incomplètement 
(le  Strongle  géant). 

Les  Cavitaires  seulement  ont  un  canal 
alimentaire  dans  une  cavité  viscérale,  avec 
une  entrée  et  une  issue.  Les  Parenchyma¬ 
teux  présentent,  à  cet  égard,  toutes  les  dé¬ 
gradations  possibles ,  jusqu’à  l’absence  en¬ 
tière  de  ce  canal  (les  Ligules). 

Il  ne  serait  donc  pas  possible  de  réunir 
les  Vers  intestinaux  au  type  des  Articulés 
sans  renoncer  à  le  distinguer  par  des  carac¬ 
tères  positifs,  ainsi  que  doit  le  faire  la  Zoo¬ 
logie  classique,  que  j’appelle  positive  ou 
pratique ,  pour  la  séparer  de  la  Zoolo¬ 
gie  également  classique,  mais  spéculati¬ 
ve.  Il  n’y  aurait  plus  que  des  généralités 
vagues ,  exceptionnelles ,  à  exprimer  sur 
type  ,  et  l’on  ne  pourrait  plus  lui  as¬ 


signer  un  plan  commun  d’organisation. 

Sans  doute  la  classe  des  Intestinaux,  qui 
appartient  au  type  inférieur  du  règne  ani¬ 
mal  par  plusieurs  caractères  essentiels,  sem¬ 
ble  aboutir  aux  Annéiides  par  l’ordre  des 
Cavitaires  ;  tandis  que  l’ordre  des  Parenchy¬ 
mateux  montre ,  par  son  canal  alimentaire 
ramifié  ou  nul ,  par  la  disposition  rayonnée 
des  appendices  céphaliques ,  quand  ils  exi¬ 
stent,  et  par  l’identité  de  l’organisation  et 
l’indépendance  de  vie  de  chaque  article, 
chez  les  Ténioïdes,  des  caractères  de  forme, 
de  structure  et  d’agrégation,  qui  en  font 
évidemment  des  Zoophytes. 

Cette  classe,  d’ailleurs,  est  très  naturelle  ; 
je  ne  pense  pas  qu’on  puisse  la  scinder 
en  deux  types  différents.  Vivant  enfouie 
dans  les  organes  des  animaux,  tout  son  or¬ 
ganisme  est  constitué  pour  ce  séjour ,  qui 
devient  ici ,  par  cela  même  ,  quoi  qu’on  en 
ait  dit ,  un  caractère  très  rationnel  de  clas¬ 
se.  On  sait  que  tous  les  animaux  de  ce 
groupe  manquent  absolument  d’organe  par¬ 
ticulier  de  respiration,  et  que  leur  oxygéna¬ 
tion  n’est  qu’indirecte,  comme  la  respira¬ 
tion  des  fœtus  de  mammifères. 

Si  je  n’adopte  pas  la  manière  de  voir  de 
plusieurs  de  mes  savants  confrères  relative¬ 
ment  à  la  réunion  des  Intestinaux  aux  ani¬ 
maux  Articulés,  parce  qu’elle  ne  me  paraît 
pas  pratique ,  je  suis  loin  de  blâmer  les 
vues  spéculatives  qui,  dans  un  enseignement 
élevé  de  zoologie  philosophique,  montre¬ 
raient  les  rapports  qui  peuvent  exister  en¬ 
tre  les  Intestinaux  et  les  Annéiides. 

Cuvier  a  laissé  à  la  fin  du  type  des  Zoo¬ 
phytes  les  Animalcules  rotifères,  tout  en  pré¬ 
voyant  que  des  connaissances  plus  précises 
sur  leur  organisation  pourraient  changer 
cette  classification,  fondée  sur  un  caractère 
de  peu  de  valeur,  l’extrême  petitesse  de 
leur  corps. 

On  verra  au  mot  rotifères  si  les  con¬ 
naissances  acquises  dans  ces  derniers  temps 
sur  l’organisation  de  ces  animaux  nous 
donnent  des  raisons  suffisantes  pour  ies  clas¬ 
ser  dans  le  second  type  du  règne  animal . 
celui  des  Animaux  articulés.  Nous  ne  le 
pensons  pas ,  même  après  avoir  étudié  at¬ 
tentivement  les  déterminations  de  leurs  or¬ 
ganes,  proposées  par  M.  Ehrenberg  (1). 

(l)  Annales  des  sciences  naturelles,  deuxième 
série,  t.  IV,  p.  185-191. 


ART 


103 


Mais ,  selon  toute  apparence ,  quelques 
Animaux  compris  dans  cette  classe  sont  ré¬ 
ellement  des  Animaux  articulés. 

Dans  l’état  actuel  de  la  zoologie  positive, 
fondée  sur  la  connaissance  de  l’organisation 
et  la  juste  appréciation  de  ses  degrés  de 
complication  ,  le  type  des  Animaux  articulés 
reconnu  par  Cuvier  serait  donc  placé  le  se¬ 
cond. 

Il  se  composerait  de  six  classes,  dont  cinq 
normales  et  une  anormale. 

Quatre  de  ces  classes  :  les  Insectes ,  les 
Myriapodes ,  les  Arachnides  et  les  Crusta¬ 
cés ,  forment  le  groupe  des  Condylopes , 
dont  le  corps  et  les  pieds  sont  articulés. 

Une  cinquième ,  celle  des  Annélides,  qui 
manquent  de  pieds  ou  n’en  ont  pas  d’articu¬ 
lés  ,  et  dont  le  corps  seul  est  annelé ,  établit 
la  liaison  de  l’embranchement  des  Articulés 
à  celui  des  Rayonnés,  par 'la  classe  des  In¬ 
testinaux. 

Enfin  une  sixième ,  composée  des  Cirrho- 
podes ,  classe  très  anormale  de  ce  même 
type ,  montre  encore,  dans  son  plan  d’orga¬ 
nisation  ,  ainsi  que  nous  l’avons  fait  remar¬ 
quer  ,  plusieurs  caractères  de  celui  des  Mol¬ 
lusques  ,  et  particulièrement  des  Acéphales 
testacés  et  des  Brachiopodes. 

§  VI.  Rapports  théoriques  entre  les  Ani¬ 
maux  articulés  et  les  Animaux  verté¬ 
brés . 

Nous  avons  vu ,  dans  les  §§  IV  et  V,  les 
ressemblances  générales  de  ces  deux  types , 
et  les  caractères  organiques  communs ,  qui 
leur  ont  fait  donner  la  dénomination  (T Ar¬ 
ticulés. 

De  ces  expressions,  adoptées  par  MM. 
Duméril  et  de  Blainville,  que  les  Vertébrés 
sont  des  articulés  intérieurement ,  tandis 
que  les  Insectes,  les  Crustacés,  etc.,  sont 
articulés  extérieurement ,  on  pouvait  con¬ 
clure  en  quelque  sorte,  avec  M.  Geoffroy 
Saint-Hilaire,  que  ceux-ci  vivent  en  dedans 
de  leur  colonne  vertébrale. 

Mais  la  zoologie  spéculative  a  dépassé  de 
beaucoup  ces  caractères  positifs  et  cette 
première  vue  théorique  :  elle  a  voulu  expli¬ 
quer  le  système  nerveux  des  Animaux  arti¬ 
culés  par  celui  des  Vertébrés,  et  en  déter¬ 
minant,  dans  le  double  cordon  abdominal 
T.  II. 


ART 

des  Articulés,  l’analogue  des  grands  sympa¬ 
thiques  ou  du  système  nerveux  ganglionnaire 
des  Vertébrés  ,  elle  n’a  pas  hésité  ,  pour  se 
rendre  compte  de  la  position  de  ce  double 
cordon  nerveux  sous  le  canal  alimentaire , 
d’annoncer  que  tout  animal  articulé  est  un 
animal  renversé. 

Il  est  curieux  de  voir  comment  un  homme 
de  génie  (1)  qui,  à  la  vérité,  n’était  pas  ana¬ 
tomiste,  s’est,  amusé  à  défaire  un  animal 
vertébré  pour  en  faire  un  animal  articulé , 
absolument  comme  l’artiste  qui  s’exerce  sur 
l’argile  ou  la  cire  à  réaliser  ses  inspirations 
avant  de  les  fixer  définitivement  sur  le  mar¬ 
bre.  C’était  d’ailleurs  oublier  qu’il  aurait 
fallu  suivre  un  procédé  inverse  pour  imiter 
la  marche  croissante  de  la  complication  or¬ 
ganique,  dans  la  succession  des  animaux, 
suivant  certain  système  de  la  zoologie  spé¬ 
culative. 

C’était,  surtout  oublier  que  le  cerveau 
existe  à  la  face  supérieure  du  corps,  dans 
les  Articulés  comme  dans  les  Vertébrés ,  et 
qu’il  n’a  pas  été  renversé  avec  le  reste  de 
l’organisme. 

Ajoutons  que  le  système  des  nerfs  stoma- 
co-gastriques,  qui  se  trouve  le  plus  ordinai¬ 
rement  placé  vers  la  face  dorsale  du  corps, 
mais  qui  peut  aussi  être  situé  à  sa  face  ven¬ 
trale  (dans  les  Sangsues),  paraît  être  l’ana¬ 
logue  du  grand  sympathique  des  Verté¬ 
brés  (2). 

Ce  qu’il  y  a  de  plus  clair  dans  cette  suite 
d’hypothèses  ,  au  moyen  desquelles  on  dé¬ 
fait  un  animal  vertébré  pour  en  faire  un 

(1)  Nous  lui  avons  été  sincèrement  attaché, 
peut-être  moins  encore  par  la  haute  idée  que  nous 
avions  de  sa  puissance  intellectuelle ,  que  par  ses 
qualités  morales  :  cet  homme  de  génie  était  le  cé¬ 
lèbre  Ampère.  Voir  Annales  des  sciences  natu¬ 
relles  ,  t.  II,  p.  255-510 , 16  fév.  1834  ,  et  t.  III,  p. 
193. 

On  dit  qu’assistant ,  au  Collège  de  France ,  à  une 
leçon  de  Cuvier,  où  l’illustre  professeur  réfutait , 
par  la  force  irrésistible  de  sa  logique,  et  par  des 
figures  faites  avec  une  rapidité  et  une  justesse  ad¬ 
mirables  ,  les  jeux  d’esprit  de  son  ami  et  collègue , 
celui-ci  ne  pouvait  s’empêcher  de  rire,  avec  l’audi¬ 
toire  nombreux ,  des  conséquences  de  son  systè¬ 
me. 

(2)  Voir  le  beau  travail  de  M.  Brandi  sur  les 
nerfs  stomaco  -  gastriques  (  Annales  des  sciences 
naturelles ,  deuxième  série,  t.  V,  p.  81  et  138). 

13 


194 


ART 


ART 


animal  articulé,  c’est  que  cés  animaux  sont 
en  effet  constitués  sur  deux  plans  différents , 
dont  nous  avons  exprimé ,  nous  l’espérons  du 
moins,  avec  vérité  et  exactitude,  les  princi¬ 
paux  caractères. 

Nous  désirons  qu’on  puisse  reconnaître 
dans  la  rédaction  de  cet  article ,  outre  le 
but  d’exposer  son  sujet  aussi  complètement 
que  possible,  dans  les  limites  qui  nous  sont 
assignées  ,  la  nécessité  de  poser  des  princi¬ 
pes  pour  classer,  d’après  leur  degré  de  cer¬ 
titude  ,  les  connaissances  de  toute  espèce 
dont  peut  s’enrichir  la  zoologie,  et  de  don¬ 
ner  ainsi  une  pierre  de  touche  pour  juger 
de  leur  importance.  Nous  sommes  loin  de 
repousser  toute  idée  spéculative  ;  elles  sont 
parfois  un  éclair  de  génie  qui  fait  briller  un 
jour  nouveau  sur  le  champ  de  la  science,  et 
elles  produisent  toujours  dans  les  esprits 
une  certaine  fermentation  qui  peut  contri¬ 
buer  aux  progrès  réels  de  la  science ,  lors¬ 
qu’elle  ne  les  détourne  pas  des  recherches 
positives. 

Afin  de  compléter  notre  pensée  à  cet  é- 
gard  ,  nous  terminerons  en  reproduisant  les 
paroles  prononcées  par  M.  Cuvier  devant 
l’Académie  des  sciences ,  au  moment  où  il 
venait  de  lui  exposer  les  efforts  qui  avaient 
été  faits  en  1820,  par  plusieurs  savants,  pour 
montrer  les  rapports  qu’ils  pensaient  exister 
entre  les  Animaux  vertébrés  et  les  insectes 
(représentant  les  Animaux  articulés ,  à 
pieds  articulés  ). 

«Sur  cette  route  (de  la  zoologie  spécula¬ 
tive)  ,  quelque  hasardeuse  qu’elle  soit ,  les 
observations  les  plus  précieuses  se  recueil¬ 
lent  ,  les  rapports  les  plus  délicats  se  saisis¬ 
sent  ,  et  quand  ,  en  définitive ,  on  découvri¬ 
rait  que  les  Vertébrés  et  les  insectes  ne  se 
ressemblent  pas  autant  qu’on  l’avait  cru , 
il  n’en  sera  pas  moins  vrai  qu’on  sera  arri¬ 
vé  à  connaître  beaucoup  mieux  les  uns  et 
les  autres  (1).  »  Devernoy. 

*  ARTICULINE.  Articulina ,  d’O.  fo- 
ram.  —  Genre  de  la  famille  des  Agathistè- 
gues,  famille  des  Multiloeulidées  ,  que  nous 
avons  établi  en  1825  ( Tabl .  méthod.  des 
Céph.)  pour  des  coquilles  libres,  inéquilaté¬ 
rales,  allongées,  formées  dans  le  jeune  âge, 

(4)  Histoire  des  progrès  des  sciences  naturel¬ 
les  ,  par  le  baron  Cuvier,  t.  III,  p.  442.  Paris, 
4828. 


comme  les  Triloculina,  d’un  pelotonnement 
sur  trois  faces,  puis  se  projetant  en  ligne 
droite.  Dans  le  jeune  âge,  les  loges  se  recou¬ 
vrent  de  manière  à  ce  qu’il  n’y  en  ait  que 
trois  apparentes  ;  puis ,  plus  âgée ,  la  co¬ 
quille  abandonne  l’accroissement  par  pelo¬ 
tonnement  et  continue  sur  une  seule  ligne, 
comme  les  Nodosaires.  Ouverture  unique 
dentée  ou  non. 

Ce  genre,  distingué  des  Triloculines  seu¬ 
lement  par  son  changement  de  mode  d’ac¬ 
croissement  dans  l’âge  adulte,  contient  deux 
espèces  :  l’une ,  vivante ,  de  l’île  de  Cuba 
(  Voy.  notre  ouvrage  sur  les  Foraminifè- 
res  de  Cuba  )  ;  l’autre ,  fossile ,  des  terrains 
tertiaires  du  bassin  de  Paris.  (A.  d’O.) 

ARTILE  ou  ARTILJLE.  ois.  —  Voyez 
arguille.  (C.  d’O.) 

ARTIMON  ENTORTILLÉ,  moll. 
—  Nom  vulgaire  du  Strombus  vittatus  L. 
Voyez  STROMBE.  (C.  D’O.) 

*ARTïOMORPHES  (aortes,  pair  ;  p.op- 
forme),  zool.  —  M.  de  Blainville, 
dans  son  Prodrome  de  1816,  nomme  ainsi 
une  subdivision  primordiale  du  règne  ani¬ 
mal  comprenant  les  Animaux  vertébrés  et  ar¬ 
ticulés  ,  ainsi  que  les  Mollusques ,  tous  ca¬ 
ractérisés  par  la  forme  paire  ou  binaire  de 
leur  corps.  Ce  mot  est  synonyme  de  celui 
de  Zygomorphes,  dont  les  racines  expriment 
d’ailleurs  la  meme  idée.  (P.  G.) 

*  ARTIOPTERYX.  Artiopteryx  [ikp- 
Ttos,  parfait,  entier;  «Té/syg,  aile),  ms. — 
Genre  de  l’ordre  des  Névroptères,  famille 
des  Planipennes,  tribu  des  Myrmélémides, 
établi  par  M.  Guérin-Méneville  ( iconogr .  du 
Règne  animal ,  texte  explicatif  des  Névro¬ 
ptères).  Ce  g.  diffère  des  Hémérobes,  dont  il 
est  très  voisin ,  par  son  corps  épais,  velu  ;  par 
sa  tête  petite ,  sans  yeux  lisses  apparents; 
par  ses  palpes  maxillaires,  assez  grands, 
un  peu  renflés  vers  l’extrémité ,  qui  est  ter¬ 
minée  en  pointe;  par  ses  antennes,  plus 
courtes  que  le  corps,  grenues,  également 
épaisses  dans  toute  leur  longueur,  et  par  ses 
ailes  très  larges  ayant  chacune,  près  du  mi¬ 
lieu,  trois  nervures  longitudinales,  parallèles 
au  bord  antérieur  et  entre  elles ,  et  n’arri¬ 
vant  qu’aux  trois  quarts  de  la  longueur  des 
ailes.  Les  autres  nervures  sont  plus  fines , 
toutes  longitudinales ,  et  ne  s’anastomosent 
pas  entre  elles  pour  former  un  réseau,  comme 
dans  les  Hémérobes.  On  ne  connaît  qu’une 


ART 


191 


ART 

espèce  de  ce  nouveau  genre,  qui  vient  de  la 
Nouvelle-Hollande.  (C.  d’O.) 

ARTIOZOAIRES  («/srtos,  pair  ;  Çwov, 
animal),  zool.  —  Nom  que  M.  de  Blain- 
ville  (  Bull.  soc.  philom.,  1816  )  donne  aux 
Animaux  artiomorphes ,  ou  dont  le  corps 
peut  être  partagé  en  deux  parties  similaires, 
au  moyen  d’un  plan  sécant  qui  passerait 
par  leur  grand  axe;  c’est  ce  qui  a  lieu  pour 
les  Animaux  vertébrés ,  articulés  et  mollus¬ 
ques.  (P-  G.) 

*  ARTIPUS  (âprlnovs,  qui  a  de  bons 
pieds),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères,  famille  des  Curculionides ,  établi 
par  Schuppel,  et  adopté  par  Schoenherr,  qui 
le  place  dans  sa  division  des  Brachydéri- 
des,  en  lui  assignant  les  caractères  suivants  : 
Antennes  médiocres ,  un  peu  grêles.  Scapus 
claviforme,  dépassant  les  yeux  ;  premier  ar¬ 
ticle  du  funicule  sub-obconique ,  les  autres 
turbinés.  Massue  ovale,  acuminée.  Rostre 
très  court ,  épais ,  large ,  canaliculé  au  mi¬ 
lieu,  cilié  avec  une  échancrure  profonde  et 
triangulaire  à  l’extrémité.  Fosse  profonde  à 
la  base.  Yeux  ronds  peu  saillants.  Thorax 
subcylindrique,  légèrement  bisinué  à  la  base, 
tronqué  au  sommet.  Élytres  ovales-oblon- 
gues,  faiblement  convexes,  avec  la  suture  ca¬ 
rénée  postérieurement  ;  chacune  d’elles  légè¬ 
rement  arrondie  à  la  base  ;  angles  des  épau¬ 
les  obtus.  Pattes  presque  égales  ;  tibias  ro¬ 
bustes,  crénelés  en  dedans,  anguleux  au  som¬ 
met,  sub-acuminés. 

Observations.  Corps  oblong ,  ailé ,  couvert 
d’écailles  très  serrées  ;  de  moyenne  gran¬ 
deur.  —  Ce  genre ,  adopté  par  M.  Dejean 
dans  son  dernier  Catalogue ,  ne  renferme 
que  deux  espèces  nommées  par  Schoenherr, 
l’une  A.  corycœus ,  et  l’autre  A.  psittacinus; 
toutes  deux  sont  des  Antilles.  (D.) 

ART! SONS,  ARTUSONS  ou  AR- 
TOISONS.  ins.  —  On  donne  indistincte¬ 
ment  ces  noms  à  des  insectes  qui  se  nour¬ 
rissent  de  matières  végétales  ou  animales , 
principalement  de  pelleteries  et  de  toutes 
sortes  d’étoffes.  Ils  appartiennent  à  des  gen¬ 
res  et  souvent  à  des  ordres  très  différents. 

Voy.  ANTHRÈNE  ,  DERMESTE  ,  TEIGNE  , 

psooue,  etc.  (C.  d’O.) 

ARTOCARPE.  Artocarpus ,  Forst. 
(Plant.  Esc.  55).  —  Linn.  fil.  (Suppl.  61).  — 
Sitodium,  Banks  (ïnGærtn.  Fruct.,  1, 545). 
—  Rademachia ,  Thunb.  (in  Act.  Holm 


XXXYI,  p.  252).—  Soccus ,  Rumph.  (Amb.% 
I,  104).—  Polyphema,  Loureir.  (Cochinch.) 
—  Rima,  Sonnerai  (Voyage,  99).  —  Durio , 
Adans. ,  non  Linn.  (üp-coç,  pain;  xxpnôç , 
fruit  ).  bot.  pii.  —  Genre  de  la  famille  des 
Urticées  ,  Juss.  (sous -ordre,  ou,  d’après 
d’autres  auteurs  ,  famille  des  Artocarpées  ), 
offrant  pour  caractères  essentiels  :  Fleurs 
monoïques ,  agrégées  en  chatons.  —  Fleurs 
mâles  1-andres,  à  périanthe  de  2  ou  5 
squammules  dressées ,  un  peu  inégales ,  plus 
ou  moins  cohérentes  par  la  base  ;  filet  linéai¬ 
re,  aplati;  anthères basifixes ,  2-thèques.-— 
Fleurs  femelles  à  périanthe  tubuleux,  in- 
divisé,  perforé  au  sommet,  pyramidal  vers 
le  sommet ,  cylindracé  inférieurement.  O- 
vaire  inadhérent,  1-loculaire,  1-ovulé  ;  ovu¬ 
le  pariétal,  pelté.  Style  latéral,  filiforme, 
saillant  ;  stigmate  indivisé  ou  2-fide ,  termi¬ 
nal.  Après  la  floraison  ,  les  périanthes  du 
chaton  femelle  s’accroissent ,  deviennent 
charnus ,  se  soudent  et  constituent  une  sor¬ 
te  de  syncarpe  très  gros ,  à  surface  tuber¬ 
culeuse  ou  spinelleuse.  La  plupart  des  ovai¬ 
res  avortent;  ceux  dans  lesquels  la  graine 
parvient  à  maturité  forment  des  nucules 
membraneuses  ou  coriaces,  cachées  dans 
la  substance  charnue  du  syncarpe.  Grai¬ 
ne  grosse  ,  à  cotylédons  inégaux  ,  et  à 
radicule  courte,  supère.  —  Arbres  à  suc 
propre  laiteux.  Feuilles  très  entières  ou 
pennatifîdes,  courtement  pétiolées,  un  peu 
scabres  en  dessous.  Stipules  grandes ,  coria¬ 
ces,  convolutées  et  recouvrantes  en  verna¬ 
tion,  caduques  dès  l’épanouissement  de  1s 
feuille.  Chatons  axillaires ,  ou  latéraux ,  ou 
terminaux,  ou  naissant  sur  le  tronc  et  sur 
les  branches,  globuleux,  ou  claviformes ,  ou 
spiciformes,  enveloppés  chacun,  avant  l’é¬ 
panouissement  ,  d’une  ou  de  plusieurs  brac¬ 
tées  spathacées,  caduques.  Ce  genre  com¬ 
prend  aujourd’hui  environ  15  espèces,  toutes 
indigènes  de  l’Asie  équatoriale ,  mais  dont 
quelques  uné's  se  retrouvent  aussi  dans  la 
Polynésie.  La  plupart  produisent  des  fruits 
comestibles,  et  sous  ce  rapport  deux  espè¬ 
ces  surtout ,  au  sujet  desquelles  nous  al¬ 
lons  entrer  dans  quelques  détails ,  occu¬ 
pent  sans  contredit  l’un  des  premiers  rangs 
parmi  les  végétaux  utiles. 

VA.  incisa  L.  est  le  végétal  connu  sous 
les  noms  de  Rimier,  ou  Arbre  à  pain.  C’est 
un  arbre  de  trente  à  cinquante  pieds  de 


196 


ART 


ART 


haut,  a  tronc  très  gros ,  à  branches  nom¬ 
breuses,  étalées,  fragiles,  formant  une 
tête  ample  et  touffue.  Les  feuilles,  qui  attei¬ 
gnent  jusqu’à  trois  pieds  de  long,  sur  un 
pied  et  demi  de  large,  sont  coriaces,  ovales, 
rétrécies  vers  leur  base,  lisses  en  dessus  , 
scabres  en  dessous ,  plus  ou  moins  profon¬ 
dément  découpées  en  5  à  9  lobes  pointus  ; 
toutefois ,  les  feuilles  des  jeunes  individus 
sont  le  plus  souvent  très  entières  et  peu  vo¬ 
lumineuses.  Les  chatons  naissent  solitaires 
aux  aisselles  des  feuilles,  vers  l’extrémité 
des  ramules  ;  les  mâles  sont  claviformes , 
longs  d’environ  six  pouces  ;  les  femelles 
globuleux.  Le  fruit  est  ovale  ou  presque 
globuleux,  d'un  jaune  verdâtre  à  l’extérieur, 
blanc  en  dedans,  en  général  du  volume 
de  la  tête  d’un  enfant,  à  surface  tantôt  a- 
réolée,  tantôt  couverte  de  tubercules  pris¬ 
matiques  très  serrés.  Cette  espèce  croît 
spontanément  aux  Moluques ,  aux  îles  de  la 
Sonde,  et  dans  tous  les  archipels  de  la  Po¬ 
lynésie.  Son  fruit  fournit  aux  habitants  de 
ces  contrées,  pendant  huit  mois  consécu¬ 
tifs,  une  nourriture  aussi  saine  qu’agréable. 
Ce  fruit,  plus  ou  moins  gros,  suivant  ses 
différentes  variétés,  mais  excédant  rare¬ 
ment  6  pouces  de  diamètre,  se  compose, 
avant  sa  parfaite  maturité,  d’une  chair  blan¬ 
che,  ferme  et  un  peu  farineuse.  C’est  en  cet 
état  qu’on  le  mange ,  soit  cuit  au  four  en 
guise  de  pain,  soit  bouilli  ou  accommodé  de 
diverses  autres  manières;  sa  saveur  est  compa¬ 
rable  à  celle  du  pain  de  Blé ,  avec  un  lé¬ 
ger  mélange  de  goût  d’Artichaut.  Les  Poly¬ 
nésiens  en  préparent  une  pâte  fermentée 
qui  se  conserve  assez  long-temps  ,  et  à  la¬ 
quelle  ils  ont  recours  pendant  la  saison  où 
l’arbre  à  pain  reste  dépourvu  de  fruits.  Ar¬ 
rivé  à  maturité  parfaite,  ce  fruit  devient 
pulpeux  et  d’une  saveur  douceâtre;  mais 
alors  il  est  purgatif  et  malsain.  Les  amandes 
de  l’arbre  à  pain  sont  du  volume  des  châtai¬ 
gnes,  et  elles  servent  également  aux  usages 
alimentaires.  Avec  l’écorce  intérieure  du 
tronc,  les  habitants  de  la  Polynésie  confec¬ 
tionnent  les  étoffes  dont  ils  s’habillent.  Les 
feuilles  sont  assez  grandes  et  assez  fermes 
pour  tenir  lieu  de  nattes.  Enfin,  les  chatons 
mâles  desséchés  s’emploient  comme  de  l’ama¬ 
dou,  et  le  suc  laiteux  qui  abonde  dans  toutes  les 
parties  du  végétal  sert  à  faire  de  la  glu.  Une 
variété  très  remarquable  de  l’Arbre  à  pain 


est  celle  dont  les  fruits  sont  dépourvus  de 
graines  :  cette  variété ,  originaire  de  Taïti , 
a  été  introduite  aux  Antilles,  en  1795,  par 
les  Anglais  ;  et,  depuis,  sa  culture  s’est  éten¬ 
due,  non  seulement  sur  ces  îles  ,  mais  aussi 
sur  beaucoup  d’autres  contrées  de  l’Améri¬ 
que  équatoriale.  On  assure  que  2  ou  5  de 
ces  arbres  peuvent  suffire  à  la  subsistance 
d’un  homme  pendant  une  année. 

L’A.  integrifolia  L.,  nommé  vulgaire¬ 
ment  Jaquier ,  Jaque  ou  Jack  (de  Tjaca, 
son  nom  malais),  indigène  de  l’Inde  et  des 
archipels  environnants ,  est  l’un  des  végé¬ 
taux  le  plus  généralement  cultivés  dans 
toute  l’Asie  équatoriale.  Son  port  ne  diffère 
point  de  celui  de  l’Arbre  à  pain  ;  mais  les 
feuilles  des  individus  adultes  sont  constam¬ 
ment  très  entières  et  n’atteignent  que  4 
à  6  pouces  de  long  ;  les  feuilles  des  jeunes 
individus  sont,  au  contraire,  presque  tou¬ 
jours  divisées  en  5  lobes.  Les  chatons  nais¬ 
sent  immédiatement  du  tronc  et  des  grosses 
branches.  Le  fruit  est  oblong ,  jaunâtre,  à 
surface  couverte  de  gros  tubercules  pointus, 
prismatiques,  serrés;  il  atteint  12  à  50 
pouces  de  long  sur  6  à  12  pouces  de 
diamètre,  et  son  poids  varie  de  10  à 
80  livres.  Certaines  variétés  sont  d’aussi 
bonne  qualité  que  le  fruit  de  l’Arbre  à  pain  ; 
mais ,  en  général ,  ce  fruit  ne  plaît  guère 
aux  Européens.  Les  Malais  et  les  Hin¬ 
dous  le  trouvent  délicieux  ,  et  en  font  leur 
principale  nourriture  pendant  une  grande 
partie  de  l’année.  Les  amandes  sont  presque 
en  forme  de  rein  et  du  volume  d’une  noix 
de  muscade;  elles  constituent  aussi  une 
denrée  alimentaire  assez  estimée  en  Asie. 
Le  bois  s’emploie  dans  l’Inde  à  des  ouvra¬ 
ges  d’ébénisterie.  Il  prend  la  couleur  de  l’a¬ 
cajou  ,  après  avoir  été  exposé  pendant  quel¬ 
que  temps  à  l’air.  (Sf.) 

ARTOCARPÉES.  bot.  ph.  -  Le 
grand  groupe  desUrticées,  qui  formait,  dans 
le  principe,  une  seule  famille,  a  été  séparé 
en  plusieurs,  dont  une  a  reçu  le  nom  d’Arfa- 
carpées.  Elle  paraît,  en  effet,  bien  distincte 
et  devoir  être  conservée  ;  mais,  pour  plus  de 
clarté  et  de  brièveté ,  nous  la  traiterons  à 
l’article  général  ïjrticées.  Yoy.  ce  mot. 

(Ad.  J.) 

ARTOISOIVS.  ms.  —  Voyez  arti- 
sons.  (C.  D’O.) 

ARTOLITHE  (  «/jto s,  pain;  M0os, 


ARU 


ARU 


197 


pierre  ).  min.  —  Pierre  en  forme  de  pain. 
Nom  donné  à  des  concrétions  pierreuses  de 
forme  arrondie  et  de  nature  diverse  ,  telles 
que  les  gâteaux  de  Strontiane  sulfatée  ,  les 
rognons  de  Gypse  compacte  ou  de  Silex , 
qu’on  rencontre  dans  les  couches  du  sol 
tertiaire.  (Del.) 

*ARTORHIZÉES.  Àrtorhizeœ  («ysros, 
nourriture;  /h'Ç* ,  racine),  bot.  ni.  —  Clas¬ 
se  de  végétaux  phanérogames ,  comprenant 
jusqu’ici  les  Dioscoréacées  et  lesTaccacées. 
Ce  sont  des  plantes  presque  toutes  exoti¬ 
ques  ,  herbacées  ou  suffrutescentes,  souvent 
grimpantes,  et  plus  ordinairement  dioïques 
par  avortement;  à  ovaire  infère,  1-3-locu- 
laire  ;  à  ovules  nombreux,  anatropes  ;  à  fruits 
capsulaires  ou  bacciformes.  —  Un  grand 
nombre  d’esp.  ont  des  rhizomes  charnus , 
dont  les  hommes  se  nourrissent  (  unde  no - 
men).  (C.  L.) 

ARTUSONS.  ins.  —  Voyez  arti- 
SONS.  (C.  D’O.) 

ARUANA.  poiss.  —  L'un  des  noms 
vulgaires  d’un  poisson  nommé  par  Linné 
Chœtodon  Âruanus ,  et  qui  est  devenu  le 
type  du  g.  Dascyllus.  Voy.  ce  mot. 

(VAL.) 

ARUBA,  bot.  ph.  —  C’est  le  nom  d’un 
arbrisseau  delà  Guyane,  suivant  Aublet , 
qui  en  a  fait  un  genre  qu’on  ne  peut  distin¬ 
guer  du  Simaba.  MM.  Nees  et  Martius  ont 
décrit  sous  le  même  nom  plusieurs  espèces 
brésiliennes  qui  paraissent  devoir  être  dis¬ 
tribuées  dans  les  g.  Almeidea  et  Galipea. 
Voy.  ces  mots.  (Ad.  J.) 

ARUM.  bot.  ph. — Nom  latin  du  genre 
Gouet,  type  de  la  famille  des  Aroïdées.  Voy. 
GOUET.  (A.  R.) 

ARUNA,  Willd.  bot.  ph.  —  Voyez 
arouna.  (Sp.) 

ARUND1NFA.  bot.  ph.—  C’est  le  nom 
d’un  genre  de  la  famille  des  Orchidées , 
tribu  des  Épidendrées ,  décrit  et  figuré  par 
M.  Blume  ( Bijdrag .,  page  401,  planche  73), 
et  adopté  par  M.  Lindley  Ce  genre ,  qui  se 
compose  de  quatre  espèces ,  offre  des  sépa¬ 
les  extérieurs  égaux ,  lancéolés,  étroits,  éta¬ 
lés,  et  un  peu  soudés  ensemble  par  leur 
base.  Le  labelle ,  continu  à  sa  base  avec  le 
gynostème,  l’environne  et  l’embrasse  ;  il  est 
entier  ou  à  trois  lobes,  et  offre,  sur  sa  par¬ 
tie  moyenne ,  soit  une  crête  longitudinale , 
soit  des  stries  plus  ou  moins  saillantes  Le 


gynostème  est  droit,  semi-cylindrique,  un 
peu  renflé  à  sa  partie  supérieure  ,  et  paral¬ 
lèle  avec  le  labelle.  L’anthère,  operculiforme 
et  terminale,  est  à  quatre  loges ,  qui  contien¬ 
nent  chacune  deux  masses  polliniques  égales 
entre  elles. 

Ainsi  que  nous  l’avons  dit  précédemment, 
ce  genre  se  compose  de  quatre  espèces,  tou¬ 
tes  originaires  des  Indes-Orientales.  Ce  sont 
des  plantes  terrestres  ,  non  parasites ,  ayant 
une  tige  garnie  de  feuilles  distiques  ensi- 
formes  et  plissées  longitudinalement.  Leurs 
fleurs,  de  couleur  purpurine ,  sont  grandes 
et  disposées  en  grappe.  Ce  genre  a  les  plus 
grands  rapports  avec  le  genre  Phajus ,  dont 
il  diffère  surtout  par  son  labelle,  dépourvu 
d’éperon  et  libre  ;  par  son  anthère  à  quatre 
loges  et  ses  feuilles  distiques.  (A.  R.) 

ARUNDINACÉES.  Arundinaceœ. 
bot.  ph.  —  L’une  des  tribus  établies  dans 
la  famille  des  Graminées.  Voyez  ce  mot. 

(A.  R.) 

ARUNDÏNAIRE.  Arundinaria.  bot. 
ph.  —  Famille  des  Graminées  ,  tribu  des 
Avénacées.  Ce  genre ,  établi  par  le  profes¬ 
seur  L.  C.  Richard  [in  Michx.  fl.  bor.  am ., 
1. 1,  p.  74),  et  adopté  depuis  par  tous  les  bota¬ 
nistes  agrostographes ,  peut  être  caractérisé 
de  la  manière  suivante  :  Les  épillets  sont 
très  comprimés  et  multiflores;  les  fleurs 
sont  distiques  et  écartées  ;  les  deux  valves 
de  la  lépicène  sont  petites,  nautiques,  mem¬ 
braneuses,  et  concaves;  la  supérieure  est 
deux  ou  trois  fois  plus  longue  que  l’infé¬ 
rieure.  Chaque  fleur  se  compose  de  deux 
paillettes  lancéolées,  aiguës,  carénées,  à  peu 
près  égales  ,  de  trois  étamines ,  d’un  ovaire 
glabre ,  de  trois  styles  très  courts  se  termi¬ 
nant  chacun  en  un  stigmate  pénicilliforme , 
à  poils  glanduleux  et  simples.  Les  paléoles , 
au  nombre  de  deux  ou  de  trois ,  sont  lan¬ 
céolées  ,  aiguës  ,  minces  et  comme  ciliées 
dans  leur  contour.  Le  fruit  est  allongé, 
presque  cylindrique,  un  peu  arqué,  termi¬ 
né  en  pointe  à  son  sommet. 

Ce  genre  a  pour  type  VArundo  gigantea, 
Walther  [Fl.  car.,  81)  ou  Arundinaria  ma - 
crosperma ,  Michx.  ( l .  c.  ) ,  graminée  arbo¬ 
rescente  et  presque  gigantesque  dont  les 
chaumes  ligneux  atteignent  quelquefois  jus¬ 
qu’à  trente  et  même  quarante  pieds  d’élé¬ 
vation,  dont  les  feuilles  sont  distiques  et  les 
fleurs  disposées  en  une  vaste  panieuîe  ra~ 


198  ARÜ 

meuse.  Cette  plante  croît  dans  l’Amérique 
du  nord. 

On  a  rapporté  au  même  genre  deux  au¬ 
tres  espèces  :  l’une,  Ârundinaria  glauces- 
csns  (Beauv.,  agr.  144),  est  originaire  de 
PInde;  l’autre,  A.  verticillata  (Nees  ab 
Escnb.,  Gram.  bres. ,  et  Kunth  ,  Gram.,  t. 
Il,  p.  485,  t.  155  et  156),  croît  au  Brésil. 

(A.  R.) 

ARUNDINELLA.  bot.  pii.  —  Le 
genre  de  Graminées  ainsi  nommé  par  Rad- 
d-i  ( Agrost .  bras.,  37)  et  par  Nees  ab  Esenb. 
( Agrost .  bras.,  t.  Iï,  p.  465),  et  qui  a  pour 
type  P Ischœmum  hispidum  de  Kunth  (m 
Murrib.  nov.  gen. ,  t.  I,  p.  194,  et  Gram., 
t.  100),  appartient  bien  réellement  à  ce 
dernier  genre.  Voy.  isciioemum.  (A.  R.) 

ARUABO  (  arundo ,  roseau  ).  bot.  ph. 
—  Ce  genre  de  la  famille  des  Graminées , 
fort  nombreux  en  esp.,  a  été  successivement 
partagé  par  les  agrostographes  modernes  en 
5  ou  6  g.  différents,  qui  constituent  la  tribu 
des  Arundinacées  dans  la  méthode  du  pro¬ 
fesseur  Kunth  (Agrost.,  t.  I,  p.  256).  Ces 
genres ,  ainsi  formés  aux  dépens  du  genre 
Arundo  de  Linné,  peuvent  être  partagés  de 
la  manière  suivante  :  1°  Épillets  unifier  es 
ou  subbiflores  :  Calamagrostis ,  Adans.; 
Deycuxia,  Clar.  ;  Ammophila ,  Host.;  2° 
Épillels  biflores  ou  multiflores  :  Arundo , 
Kunth;  Ampelodesmos ,  Link  ;  Phragmites, 
Trinius.  Ainsi,  le  genre  Arundo ,  tel  qu’il 
est  aujourd’hui  limité  par  les  agrostogra¬ 
phes  modernes,  se  trouve  déjà  débarrassé 
de  toutes  les  espèces  dont  les  épillets  sont 
uniflores,  ou  contiennent  deux  fleurs,  dont 
une  stérile. 

Indiquons  maintenant  quels  sont  les  caract. 
qu’il  présente ,  après  quoi  nous  ferons  con¬ 
naître  en  quoi  il  diffère  des  deux  g.  Ampe¬ 
lodesmos  et  Phragmites.  Ses  épillets  con¬ 
tiennent  de  deux  à  cinq  fleurs  distiques,  es¬ 
pacées  et  hermaphrodites.  Les  deux  valves 
de  la  lépicène  sont  aiguës ,  égales ,  allon¬ 
gées,  carénées ,  membraneuses,  de  la  même 
longueur  que  les  fleurs  et  écartées  l’une  de 
l’autre.  Les  paillettes  sont  également  mem¬ 
braneuses  ;  l’inférieure,  bifide  à  son  sommet, 
porte  une  petite  arête  entre  ses  deux  lobes, 
et  est  recouverte ,  surtout  à  sa  base ,  de 
longs  poils  soyeux  ;  la  supérieure  est  plus 
courte  et  bicarénée.  Les  styles  sont  longs  et 
portent  des  stigmates  plumeux.  Les  deux 


ARV 

paléoles  sont  glabres  et  charnues.  Le  fruit 
est  glabre.  Ainsi  caractérisé ,  ce  genre  a 
pour  type  V Arundo  donax  L.,  c’est-à-dire 
qu’il  correspond  au  genre  Donax  de  Palis- 
sot  de  Beauvois  et  de  Trinius.  Il  diffère  des 
genres  Ampelodesmos  et  Phragmites  par  sa 
paillette  externe,  bifide  et  aristée  à  son  som¬ 
met  ,  qui  est  entier  et  simplement  subulé 
dans  ces  deux  derniers  genres.  Les  espèces 
du  genre  Arundo  sont  peu  nombreuses.  M. 
Kunth  en  énumère  vingt-deux ,  dont  plus 
de  la  moitié  sont  incertaines.  Parmi  ces  es¬ 
pèces,  nous  mentionnerons  ici  :  1°  VArun- 
do  donax  L. ,  connue  sous  le  nom  de 
Canne  de  Provence.  Elle  est  originaire  des 
parties  orientales  de  l’Europe.  On  la  trou¬ 
ve  en  Égypte,  dans  le  Caucase,  etc.,  et  on  la 
cultive  dans  le  midi  de  la  France.  Sa  racine 
est  employée  en  médecine  comme  sudorifi¬ 
que;  ses  tiges,  qui  atteignent  quelquefois 
quatre  à  cinq  mètres  d’élévation,  servent  à 
faire  des  manches  de  quenouilles ,  des  can¬ 
nes,  des  manches  de  lignes,  etc.  2°  L’A. 
mauritanien  Desf.,  est  cultivée,  comme  la 
précédente,  dans  le  midi  de  l’Italie  ;  elle 
sert  aux  mêmes  usages,  et,  de  plus,  ses  ti¬ 
ges  sont  employées  aux  environs  de  Rome 
à  faire  des  échalas.  (A.  R.) 

ARUNGANA.  bot.  pu.  — ■  Nom  fran¬ 
çais  du  genre  Haronga.  (Sjl\) 

ARV  AN.  moll.  —  Adanson,  dans  son 
Voyage  au  Sénégal ,  donne  ce  nom  à  une 
Coquille  très  commune  au  Cap-Ycrt,  et  qui 
appartient  au  genre  Terebra  de  Lamarck. 
Linné  l’aurait  comprise  dans  sa  troisième 
section  des  Buccines  ;  mais  il  n’a  pu  men¬ 
tionner  cette  esp.  Elle  a  également  échappé  à 
Gmelin,  à  Dillwyn,  et  Lamarck  ne  la  men¬ 
tionne  pas  non  plus.  Voy.  vis.  (Desii.) 

*  ARVELIUS.  ins.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Pentatomiens ,  groupe  des  Penta- 
tomites,  de  l’ordre  des  Hémiptères,  établi 
par  M.  Spinola  (  Essai  sur  les  Hémipt.  ),  et 
regardé  par  Burmeister  et  par  nous  comme 
une  simple  division  du  g.  Acanthosoma.  Ce 
g.  ne  diffère  essentiellement  des  Acanthoso¬ 
ma  que  par  les  tarses ,  de  trois  articles ,  et 
par  les  antennes,  dont  le  premier  article  est 
plus  court  que  la  tête ,  avec  cette  dernière 
profondément  échancrée,  et  munie  de  deux 
épines.  Le  type  du  genre  est  le  Cimex  gla- 
diator  Fab.,  du  Brésil.  M.  Spinola  rapporte 
encore  à  ee  g.  deux  esp.  offrant  des  caraç- 


ARY 

tères  qui  nous  paraissent  les  éloigner  beau¬ 
coup  du  type.  (Bl.) 

ARVENSIS.  bot.  —  Voxjgz  auvin. 

(C.  D’O.) 

"ARVERSÏA,  Cambess. ,  in  Saint- 
Hil.  Flor.  Brasil.,  vol.  II,  p.  184,  tab.  112. 
—  Fenzl ,  in  Endl.  Gen.  plant.,  p.  960.  — 
Hapalosia ,  Wight  et  Arn.  (  Prodr .  Flor. 
Ind. ,  I ,  p.  558  ).  bot.  pii.  —  Genre  de  la 
famille  des  Paronychiées  (  tribu  des  Poly- 
carpées,  DC.  ),  auquel  M.  Fenzl  assigne  les 
caract.  suivants  :  Calice  5-parti;  segments 
herbacés,  membraneux  aux  bords  ,  égaux 
ou  inégaux  (les  deux  ou  trois  extérieurs  plus 
longs)  ;  tous  naviculaires,  comprimés,  caré¬ 
nés  au  dos ,  subcuculliformes  au  sommet, 
mutiques.  Pétales  5  ou  5,  insérés  au  fond  du 
calice,  linéaires,  très  entiers,  2-dentés  au  som¬ 
met.  Étamines  5  ou  5 ,  alternes  avec  les  péta¬ 
les  ,  et  ayant  même  insertion  que  ceux-ci  ; 
Glets  filiformes.  Anthères  2-thèques,  longitu¬ 
dinalement  déhiscentes.  Ovaire  1-loculaire , 
multi- ovulé;  placentaire  basilaire;  ovules 
amphitropes.  Style  3-parti,  à  stigmates  re¬ 
courbés.  Capsule  membranacée ,  1-loculai- 
re ,  3-valve  ,  poîysperme  ;  valves  concaves  , 
point  convolutées.  Graines  subfusiformes  ; 
hile  latéral ,  supra  -  médian.  Embryon  rec¬ 
tiligne  au  centre  d’un  périsperme  un  peu 
charnu;  radicule  éloignée  du  hile.  —  Her¬ 
bes  annuelles  (habitant  la  zone  équatoriale), 
multicaules,  pubescentes.  Feuilles  opposées 
ou  subverticillées ,  étroites ,  accompagnées 
de  stipules  scarieuses.  Fleurs  fasciculées  ou 
en  corymbes  ;  bractées  scarieuses.  Ce  genre 
comprend  quatre  ou  cinq  esp.,  parmi  les¬ 
quelles  se  trouvent  le  Polycarpon  apurense 
Kunth  ;  le  Polycarpœa  memphitica  Delile, 
et  le  Pharnaceum  depressum  L.  (Sp.) 

ARVICOLA ,  Lin.  mam.  —  Voyez 
CAMPAGNOL.  (A.  DE  Q.) 

ARVICOLIENS.  mam.  —  Famille  de 
l’ordre  des  Rongeurs.  (A.  de  Q.) 

ARVM.  Arvensis.  bot.  —  Qui  croît 
dans  les  champs.  (C.  d’Q.) 

ARYTÈME.  Arytena  (  àp'jzcavx,  sor¬ 
te  de  coupe  ou  de  vase),  moll.  —  Tel 
est  le  nom  que  M.  Oken  donne  bien  inuti¬ 
lement  au  genre  Arrosoir,  depuis  long-temps 
établi  par  Bruguière,  et  adopté  par  tous 
les  auteurs ,  sous  le  nom  de  Pinicilla ,  et 
plus  fréquemment  encore  sous  celui  d’As- 
pergillum.  Voy.  arrosoir.  (Desh.) 


ASA  '199 

ARYTHÈNE* moll.  —  Voyez  arytè- 

NE.  (DESIR) 

ARZILLA.  poiss.  —  L’un  des  noms 
vulgaires  de  la  Raie  miralet.  Voy.  ce  mot. 

(Yal.) 

4  ASAGRÆA.  bot.  ph.  —  M.  Lin- 
dley  vient  de  publier  sous  ce  nom  (Rot. 
Regist. ,  1859,  n.  53)  un  genre  nouveau, 
dédié  à  M.  Asa  Gray,  qui,  conjointement 
avec  M.  Torrey  ,  s’occupe  d'une  Flore  gé¬ 
nérale  de  V Amérique  du  nord.  Ce  genre  , 
qui  fait  partie  de  la  famille  des  Mélantha- 
cées  de  Rob.  Brown  ,  a  pour  type  le  Vera- 
trum  officinale  de  Schlechtendal  (Linnœa, 
VI,  p.  45),  ou  Bfelonias  officinalis  Don  (in 
Edinb.  new  phil.  Journ. ,  oct.  1832,  p. 
234).  Les  caract.  qui  lui  sont  assignés  sont 
les  suivants  :  Les  fleurs  sont  polygames, 
disposées  en  un  long  épi  nu.  Le  calice  est  à 
six  divisions  profondes ,  linéaires ,  à  peu 
près  égales ,  épaisses ,  et  marquées  d’une 
fossette  nectarifère  à  leur  base.  Les  étami¬ 
nes  ,  au  nombre  de  six ,  sont  alternative¬ 
ment  un  peu  plus  courtes ,  à  anthères  cor- 
diformes  et  presque  uniloculaires.  Les  trois 
pistils  sont  dressés ,  rapprochés  du  centre 
de  la  fleur.  L’ovaire ,  à  une  seule  loge ,  est 
atténué  à  son  sommet  en  un  style ,  terminé 
par  un  stigmate  excessivement  petit  et  à 
peine  distinct.  Le  fruit  consiste  en  trois  fol¬ 
licules  uniloculaires  très  minces ,  s’ouvrant 
par  toute  la  longueur  de  leur  côté  interne  , 
et  contenant  des  graines  ailées  d’un  côté. 

L’espèce  unique  dont  ce  genre  se  compo¬ 
se  ,  Asagrœa  officinalis  Lindley  (Bot.  Reg., 
1859,  n.  35),  est  une  plante  intéressante,  qui 
paraît  fournir  les  fruits  connus  sous  le  nom 
de  Cévadille  ou  Sabadille ,  employés  en 
médecine  comme  vermifuges.  Elle  est  ori¬ 
ginaire.  du  Mexique,  et  on  la  cultive  en  An¬ 
gleterre.  C’est  une  plante  bulbeuse;  à  feuil¬ 
les  étroites  ,  carénées,  graminiformes ,  ru¬ 
des  sur  les  bords.  La  hampe  est  longue  de 
plus  d’un  mètre.  Les  fleurs  sont  blanches.  — 
Ce  genre  se  distingue  surtout  des  Helonias 
et  Veratrum ,  auxquels  l’espèce  qui  le  con¬ 
stitue  avait  d’abord  été  rapportée ,  par  les 
segments  de  son  calice ,  qui  sont  excavés  et 
nectarifères  à  leur  base  ,  et  par  la  forme  de 
ses  anthères.  (A.  R.) 

ASAPI1E  (  KGQKpi\ç ,  incertain  ).  crust. 
foss.  —  M.  Brongniart  a  donné  ce  nom  à 
une  division  générique  de  l’ordre  des  Tri- 


200 


ASA 


ASA 


lobites ,  caractérisée  de  la  manière  suivante  : 
«Corps  large  et  assez  plat;  lobe  moyen  sail¬ 
lant  et  assez  distinct;  flancs  ou  lobes  laté¬ 
raux  ayant  chacun  le  double  de  la  longueur 
du  lobe  moyen.  Expansions  submembraneu¬ 
ses  dépassant  les  arcs  des  lobes  latéraux. 
Bouclier  (  tête  )  demi-circulaire,  portant 
deux  tubercules  oculiformes ,  réticulés.  Ab¬ 
domen  (thorax  E.)  divisé  en  huit  ou  douze 
articles  ».  —  Le  g.  Asaphe  a  été  générale¬ 
ment  adopté  par  les  auteurs  qui  ont  suivi 
M.  Brongniart  dans  l’étude  des  Crustacés 
fossiles  ;  mais  les  progrès  de  la  science  ont 
rendu  nécessaires  quelques  modifications 
dans  les  limites  ,  la  composition  et  la  défi¬ 
nition  de  ce  groupe.  L’ouvrage  le  plus  ré¬ 
cent  sur  l’histoire  naturelle  des  Crustacés 
place  ce  genre  dans  la  famille  des  Calymé- 
niens ,  et  n’y  comprend  plus  que  les  Tri- 
lobites ,  dont  la  tête  est  conformée  à  peu 
près  comme  chez  les  Ca'.ymènes ,  le  thorax 
trilobé  et  composé  seulement  de  huit  ou 
dix  anneaux,  et  l’abdomen  formé  d’un  nom¬ 
bre  considérable  de  segments  bien  distincts 
entre  eux ,  mais  réunis  par  une  bordure 
submembraneuse  ,  qui  souvent  se  prolonge 
postérieurement  en  forme  de  queue.  Le 
corps  de  ces  Crustacés  est  contractile.  Leur 
tête  est  grande ,  et  se  prolonge  souvent  en 
arrière  de  chaque  côté  du  thorax  (ou  abdo¬ 
men  ,  suivant  la  nomenclature  de  M.  Bron¬ 
gniart)  ;  son  lobe  médian  est  en  géné¬ 
ral  élargi  en  avant,  terminé  latéralement 
par  des  bords  à  peu  près  droits,  et  marqué, 
de  chaque  côté,  par  trois  ou  quatre  petits 
sillons  dirigés  en  travers,  au  lieu  d’être  obli¬ 
ques  ,  comme  chez  les  Calymènes.  Les  li¬ 
gnes  jugalcs  sont  bien  distinctes ,  et  les  yeux 
sont  gros,  réniformes,  granulés,  et  très  é- 
loignés  du  bord  latéral  des  joues.  Le  thorax 
est  bien  distinctement  trilobé ,  ce  qui  diffé¬ 
rencie  ces  Trilobites  de  ceux  dont  se  com¬ 
pose  le  genre  Homalonote  de  M.  Kœnig;  le 
lobe  médian  est  en  général  très  petit ,  et  les 
lobes  latéraux  offrent  vers  leur  milieu  un 
petit  sillon  oblique ,  et  se  terminent  ordi¬ 
nairement  en  pointe.  Enfin  l’abdomen  est 
bien  distinct  du  thorax ,  mais  ne  constitue 
pas  un  bouclier  semblable  à  celui  des  îsotè- 
les ,  et  présente ,  comme  nous  l’avons  déjà 
dit ,  une  espèce  de  bordurt  qui  paraît  avoir 
de  l’analogie  avec  celui  de  l’extrémité  pos¬ 
térieure  de  la  nageoire  caudale  des  Scylla- 


res.  Les  principales  esp.  du  g.  Asaphe  ains 
circonscrit  sont  VA.  caudatus,  VA.  mucro - 
natus ,  VA.  Debuchii ,  VA.  tyrannus,  et 
VA.  grandis,  trouvées  dans  les  terrains  si¬ 
luriens  de  l’Angleterre,  de  la  Norwége  ,  de 
l’Amérique ,  etc.  D’autres  Trilobites  dé¬ 
crits  par  M.  Brongniart,  Dalman,  etc.,  sous 
le  nom  d 'Asaphe,  appartiennent  aux  genres 
Isotelus,  Amphyx  et  Nileus.  (M.  E.) 

*  ASAPHES  (  ,  obscur ,  imper¬ 

ceptible).  ins.  —  Genre  de  la  famille  des 
Chalcidiens ,  groupe  des  Ptéromalites ,  de 
l’ordre  des  Hyménoptères  ,  établi  par  M. 
Walker  (  Ent.  Magaz. ,  2  ) ,  et  caractérisé 
principalement  par  une  tête  courte  à  peine 
plus  large  que  le  thorax,  des  palpes  maxil¬ 
laires  de  deux  articles ,  des  antennes  ter¬ 
minées  en  massue  et  composées  de  douze 
articles,  et  des  ailes  étroites  ne  présentant 
qu’une  seule  nervure  émettant  un  rameau 
assez  long. 

Ce  genre ,  qui  ne  renferme  que  quelques 
espèces  d’une  taille  des  plus  exiguës,  a  pour 
type  PA.  vulgaris  Walck. ,  de  France , 
d’Angleterre,  etc.  (Bl.) 

*  ASAPHES ,  DC.  (  Prodr.  II ,  p.  90  , 

non  Spreng.  )  («<7K<p^ç,  incertain),  bot.  ph. 
—  Synonyme  du  g.  Duncania ,  Reichb.,  de 
la  famille  des  Térébinthacées?  (Sp.) 

*  ASAPHES ,  Spreng.  (  Cur.  post. ,  p. 

225)  (àaxtpi j$,  incertain),  bot.  ph.  —  Gen¬ 
re  douteux ,  que  son  auteur  rapporte  aux 
Verbénacées.  On  n’en  connaît  qu’une  espè¬ 
ce  ( A .  nepalensis  Spr.,  I.  c .).  (Sp.) 

*ASARCA  («ao£/5xoç,  maigre ,  décharné). 
bot.  ph.  —  Le  docteur  Pœppig  ( Nov .  gen. 
et  sp.  Plant.  Chil.,  f.  2,  p.  15)  a  établi  sous 
ce  nom  un  genre  dans  sa  famille  des  Orchi¬ 
dées,  tribu  des  Aréthusées,  dans  lequel  ren¬ 
tre  le  g.  Gavilea  de  Feuillée.  Ce  genre  a  été 
adopté  sous  ce  nom  par  M.  Lindley  (Gen. 
and  sp.  Orch.,  406).  On  peut  le  caractériser 
de  la  manière  suivante  :  Le  calice  est  étalé 
et  oblique  à  sa  base.  Les  sépales  extérieurs 
et  latéraux  sont  un  peu  prolongés  infé¬ 
rieurement  ,  mais  sans  former  d’éperon  ;  ils 
sont  placés  au  dessus  du  labelle,  apiculés  et 
souvent  calleux  à  leur  sommet,  et  réfléchis. 
Le  labelle  est  attaché  au  gynostème  par  un 
onglet  court  et  présentant  deux  callosités  ; 
il  est  charnu,  à  trois  lobes ,  celui  du  milieu 
plus  étroit  et  plus  long  que  les  latéraux,  et 
relevé  de  veines  souvent  glanduleuses.  Le 


ASA 


ASB 


201 


gynoslème  est  dressé,  court,  demi-cylindri¬ 
que,  élargi  et  membraneux  à  son  sommet. 
Le  stigmate  est  saillant  et  obîong.  L’anthère 
est  terminale,  operculiforme,  à  quatre  loges 
incomplètes.  Les  masses  polliniques  sont  au 
nombre  de  quatre ,  ou  seulement  de  deux, 
qui  sont  biparties.  Ce  genre  renferme  envi¬ 
ron  huit  à  neuf  espèces ,  toutes  originaires 
du  Chili  ;  plusieurs  d’entre  elles  avaient  d’a¬ 
bord  été  placées  dans  le  g.  Chlorœa ;  elles 
en  diffèrent  surtout  par  leur  calice  étalé, 
non  galéiforme.  (A.  R.) 

ASARERO  ou  AZARERO.  bot.  ph. 

—  Syn.  de  Prunus  lusitanica .  Voyez  ceri¬ 
sier.  (C.  d’O.) 

ASARET.  Âsarum ,  Tourn.  bot.  ph. 

—  Genre  de  la  famille  des  Aristolochiées,  et 
type  de  la  tribu  des  Asarées.  Il  offre  pour 
caractères  essentiels  :  Périanthe  urcéolé  ou 
campanulé  ,  5-fide ,  accrescent ,  adné  infé¬ 
rieurement  à  l’ovaire.  Étamines  12  ,  libres , 
insérées  au  sommet  de  l’ovaire;  anthères 
cuspidées,  extrorses.  Ovaire  infère,  6-locu- 
laire  ;  loges  multi-ovulées  ;  ovules  renversés. 
Style  court ,  columnaire.  Stigmate  gros ,  pel- 
té  ,  à  six  lobes  réfléchis.  Capsule  6-loculaire, 
irrégulièrement  ruptile  ;  loges  par  avorte¬ 
ment  oligospermes.  Graines  ovoïdes-cym- 
biformes  ,  strophiolées.  —  Les  Asarets  sont 
des  herbes  vivaces ,  à  rhizôme  rampant , 
acaules  ou  à  tiges  courtes,  diphyiles  au  som¬ 
met  ,  aphylles ,  mais  écailleuses  inférieure¬ 
ment.  Les  feuilles  sont  réniformes  ou  subsa- 
gittiformes ,  longuement  pétiolées ,  subco¬ 
riaces  ,  les  radicales  persistantes ,  les  cauli- 
naires  opposées ,  dépérissant  avec  la  tige 
fructifère.  Les  pédoncules  sont  radicaux  ou 
terminaux ,  solitaires,  uniflores.  La  fleur  est 
nutante  ,  d’un  violet  livide.  On  connaît  qua¬ 
tre  espèces  de  ce  genre. 

Toutes  les  parties  des  Asarets  ont  une 
odeur  forte  et  nauséeuse ,  jointe  à  une  sa¬ 
veur  âcre  et  un  peu  amère  ;  de  même  que 
beaucoup  d’autres  Aristolochiées,  ces  plan¬ 
tes  ont  des  propriétés  fébrifuges  et  stimu¬ 
lantes  ;  mais,  à  fortes  doses,  elles  agissent  en 
drastiques  ;  leurs  racines,  séchées  et  réduites 
en  poudre,  sont  un  violent  sternutatoire. 

L’A.  europœumL.,  qui  est  la  seule  espèce 
indigène,  et  qu’on  connaît  sousles  noms  vul¬ 
gaires  de  Cabaret ,  Rondelle ,  Oreillette , 
Nard  sauvage ,  et  Girard  Roussin,  était  ja¬ 
dis  en  vogue  comme  remède  sudorifique, 


emménagogue,  fébrifuge,  céphalique  et  ster¬ 
nutatoire  ;  aujourd’hui ,  on  ne  l’emploie 
guère  que  dans  l’art  vétérinaire  ;  toutefois  , 
le  docteur  Loiseleur-Deslongchamps  le  re¬ 
commande  comme  une  excellente  succé¬ 
danée  de  l’Ipécacuanha  ;  suivant  cet  auteur, 
la  dose  de  ces  feuilles,  comme  émétique,  est 
de  20  à  40  grains.  Les  trois  autres  espèces 
habitent  l’Amérique  septentrionale  ;  F  A. 
virginîcum  L.,  et  VA.  arifolium  Michx.,  se 
cultivent  comme  plantes  d’agrément,  en  rai¬ 
son  de  l’élégance  de  leur  feuillage.  (Sp.) 

ASAR1NE.  Asarina.  bot.  pii. — Genre 
de  la  famille  des  Scrophularinées  (  tribu  des 
Antirrhinées ,  Bartl.  ),  établi  par  Tourne- 
fort,  mais  depuis  confondu  à  tort  par  la  plu¬ 
part  des  auteurs  avec  le  g.  Antirrhinum , 
dont  il  se  rapproche  par  la  structure  des 
fleurs ,  tandis  qu’il  en  diffère  notablement 
par  la  conformation  de  la  capsule ,  qui  est 
subglobuleuse ,  chartacée ,  irrégulièrement 
ruptile ,  à  deux  loges  parfaitement  égales. 
L’A.  cor di folia  Mœnch  (  Antirrhinum 
Asarina  L .  )  constitue  à  elle  seule  le  genre  : 
cette  plante,  indigène  de  l’Europe  méridio 
nale,  s’éloigne  en  outre  des  vrais  Antirrhi¬ 
num  par  des  tiges  décombantes  ou  diffuses, 
ainsi  que  par  des  feuilles  palmatinervées , 
incisées-lobées,  pétiolées,  toutes  opposées. 

(Sp.) 

*  ASAR1NËES.  bot.  ph.  —  C’est  le 
nom  donné  par  quelques  auteurs  aux  Aris¬ 
tolochiées.  (  Voy.  ce  mot.  )  M.  Link  divise 
celles-ci  en  Asarinées  et  en  Pistolochinées. 

(Ad.  J.) 

ASAROIRES.  bot.  pu.  —  Synonyme 
d’ Aristolochiées.  (Ad.  J.) 

ASARUM.  bot.  ph. — Voyez  asaret. 

A8BESTE  (  «<t££<7toç  ,  inextinguible  ). 
min.  —  Les  noms  déAsbeste  et  à1  Amiante 
ont  été  donnés  à  des  matières  filamenteu¬ 
ses  ,  remarquables  à  la  fois  par  une  grande 
souplesse ,  qu’on  peut  souvent  comparer 
à  celle  du  lin  ou  de  la  soie,  et  par  leur  in¬ 
combustibilité,  qui  les  distingue  de  ces  sub¬ 
stances  organiques,  auxquelles  elles  ressem¬ 
blent  par  leurs  caractères  extérieurs.  Ces 
matières  filamenteuses  ne  se  rapportent 
point  à  une  seule  esp.  minérale ,  comme  le 
pensait  lîaüy  ;  aujourd’hui ,  les  mots  d’As- 
beste  et  (V Amiante  ne  sont  plus  que  des 
termes  généraux ,  qui ,  comme  le  mot  de 
Lave,  désignent  seulement  une  maniéré 
'l5; 


T.  II. 


202 


ASB 


ASC 


d’être  particulière,  une  certaine  forme  ou 
texture  qui  peut  convenir  à  plusieurs  miné¬ 
raux  ,  et  qui  s’observe  en  effet  dans  diffé¬ 
rents  Silicates  pierreux,  tels  que  les  Am¬ 
phiboles,  Pyroxènes,  Diallages,  etc.  Toute¬ 
fois  ,  les  variétés  les  plus  communes  et  les 
plus  remarquables  paraissent  appartenir  aux 
Amphiboles  proprement  dits ,  groupe  dans 
lequel  on  rangeait  naguère  tous  les  Asbes- 
tes  sans  exception. 

L'Asbeste  n’est  pas  toujours  blanc,  sou¬ 
ple  et  soyeux ,  comme  celui  qu’on  con¬ 
naît  plus  particulièrement  sous  le  nom 
û' Amiante;  il  devient  quelquefois  clair, 
épais,  coloré,  et,  selon  sa  texture,  sa  forme 
et  sa  consistance  ,  prend  les  noms  de  Liège , 
de  Chair,  de  Cuir  ou  de  Papier  fossile. 

L’Amiante  le  plus  recherché  est  une  sub¬ 
stance  blanche  ou  grise ,  qui  se  sépare  en 
filaments  déliés,  soyeux,  longs  et  flexibles, 
susceptibles  de  se  filer  à  la  manière  du 
chanvre  et  du  coton ,  sinon  seuls ,  du 
moins  lorsqu’on  les  mêle  à  une  petite  quan¬ 
tité  de  ces  matières  végétales,  qu’on  fait 
ensuite  disparaître  en  les  brûlant.  L’A¬ 
miante  résiste  à  la  flamme  de  nos  foyers 
ordinaires  ;  mais,  s’il  est  difficile  à  fondre  en 
masse ,  il  se  fond  aisément  au  feu  du  cha¬ 
lumeau,  lorsqu’on  n’y  soumet  qu’une  peti¬ 
te  quantité  de  ses  filaments,  et  la  chaleur 
d’une  bougie  suffit  même  pour  faire  fondre 
un  filament  isolé.  On  voit  donc  que  les 
tissus  qu’on  pourrait  fabriquer  avec  cette 
substance  ne  seraient  pas  absolument  in¬ 
destructibles,  ainsi  qu’on  le  pensait  autre¬ 
fois. 

Les  anciens  ont  connu  l’Amiante,  qu’ils 
prenaient  pour  une  sorte  de  lin  fossile  ;  ils 
possédaient  l’art  de  filer  et  de  tisser  cette 
pierre.  Avec  la  toile  d’Amiante  ils  fabri¬ 
quaient  des  linceuls ,  dans  lesquels  on  en¬ 
veloppait  les  corps  des  personnages  dont  on 
voulait  recueillir  les  cendres  et  les  conser¬ 
ver  sans  mélange.  La  même  toile  servait 
aussi  à  faire  des  draps  et  des  nappes,  qu’il 
suffisait  de  jeter  au  feu ,  lorsqu’ils  étaient 
sales ,  pour  leur  rendre  leur  premier  éclat  ; 
d’où  le  nom  (P Amiante ,  qui  veut  dire  in¬ 
altérable  ou  qui  ne  peut  se  tacher.  Quant 
au  mot  Asbeste,  qui  signifie  inextinguible, 
il  rappelle  un  autre  usage  auquel  les  an¬ 
ciens  l’employaient.  Us  avaient  des  lampes 
dites  perpétuelle* ,  qu’alimentait  une  sour¬ 


ce  de  bitume  ,  et  qui  brûlaient  à  l’aide  d’u¬ 
ne  mèche  d’Amiante. 

On  a  tenté  de  nos  jours  de  faire  avec  les 
filaments  d’Asbeste  des  vêtements  à  l’usage 
des  pompiers ,  et  du  papier  qui  fut  à  l’abri 
des  atteintes  du  feu  ;  mais ,  lorsqu’on  jetait 
ce  papier  au  feu ,  l’écriture  en  était  enle¬ 
vée,  et  il  reparaissait  avec  sa  première 
blancheur.  Nous  avons ,  d’ailleurs  ,  fait  re¬ 
marquer  que  tous  les  tissus  de  cette  sorte , 
quoique  bien  réellement  incombustibles, 
n’en  sont  pas  moins  attaquables  par  un  feu 
violent ,  qui  peut  les  fondre  et  les  vitrifier. 

L’Amiante  tapisse  de  ses  filaments  certai¬ 
nes  roches  où  domine  la  Magnésie.  Le  pluâ 
beau  qu’on  connaisse  vient  des  montagnes 
de  la  Tarentaise  et  de  celles  de  la  Corse. 

(Del.) 

ASBESTINITE,  Kirxvan.  min.  -  Va¬ 
riété  fibreuse  d’Amphibole  actinote.  Voy. 
AMPHIBOLE.  (Del.) 

ASBESTOIDE.  min.  —  Même  chose 
qu 'Amiantoïde.  Voy.  ce  mot.  (Del.) 

*ASCA.  arach.  —  Petit  genre  voisin  des 
Cheyletus,  dans  l’ordre  des  Acariens,  et 
proposé  par  M.  Heyden  dans  son  travail  sur 
ces  animaux.  (P.  G.) 

ASCALABOS.  rept.  —  Nom  du  Gec¬ 
ko  des  murailles  (  Lacerta  mauritanica 
Linn.)  dans  Aristote.  Quelques  auteurs,  d’a¬ 
près  M.  Lichtenstein ,  conservent  à  un  gen¬ 
re  de  Geckos ,  qui  comprend  cette  espèce, 
le  nom  d ^ Ascalabotes.  (P.  G.) 

*ASCALABOTES  (âtrxûïocGos ,  nom  du 
Gecko  dans  Aristote),  rept.  —  Genre  établi 
par  Fitzinger ,  adopté  au  Musée  de  Vienne , 
et  admis  par  M.  Lichtenstein  (  Verz.  doubl . 
zool.  mus.  Berl.,  p.  102)  comme  synonyme 
de  celui  de  Phyllurus  (  Cuvier,  Règne  ani¬ 
mal  ,  1817).  M.  Lichtenstein  y  range  le  La¬ 
certa  pipiens  Pall. ,  et  VA.  Sthenodacty- 
lus,  devenu  depuis  le  genre  Stenodactylus , 
Fitz. 

Pour  d’autres  auteurs,  Ascalabotes  est  le 
nom  générique  des  Platydactyles  {Voy.  ce 
mot),  ou  d’une  partie  d’entre  eux  seule¬ 
ment,  et  il  comprend,  entre  autres,  1  o  Gecko 
fascicularis  ou  mauritaniens  du  périple 
méditerranéen.  C’est  dans  ce  sens  que  l’em¬ 
ploie  M.  Ch.  Bonaparte  ;  et  il  est  alors  syn¬ 
onyme  de  Jarentola ,  Gray  ,  et  d’une  des 
sections  du  genre  Platy dactyle  de  l’ouvrage 
de  MM.  Duméril  et  Bibron.  Ce  n’est  qu’une 


ASC 

partie  des  Ascalabotes  comme  les  compre¬ 
nait  Fitzinger.  (P.  G.) 

ASCALABOTES  (  «<r ,  le  Gec¬ 
ko  dans  Aristote  ).  rept.  —  MM.  Duméril 
et  Bibron  ( Erpétologie ,  t.  III,  p.  237)  em¬ 
ploient  ce  mot  comme  synonyme  de  celui 
de  Geckotiens ,  appliqué  à  une  famille  de 
Reptiles  dont  le  Gecko  du  midi  de  l’Europe 
est  l’espèce  la  plus  anciennement  connue. 

(P.  G.) 

* ASCALABOTOIDES  le 

Gecko  dans  Aristote  ;  etc Tos,  ressemblance). 
rept. — M.  Fitzinger  nomme  ainsi  la  famille 
des  Geckotiens.  (P.  G.) 

ASCALAPHE.  Ascalaphus  (àcrxcaâpos, 
nom  d’un  oiseau  chez  les  Grecs),  ins.  — 
Genre  de  la  famille  des  Myrméléoniens, 
groupe  des  Myrméléonites ,  de  l’ordre  des 
Névroptères ,  établi  par  Fabricius  (  Entom. 
System.),  adopté  depuis  par  tous  les  entomo¬ 
logistes,  et  confondu  autrefois  par  Linné  dans 
le  grand  genre  Myrméléon.  Les  Âscalaplies 
sont  parfaitement  caractérisés  par  des  an¬ 
tennes  presque  aussi  longues  que  le  corps  , 
terminées  brusquement  en  massue  ;  par  des 
palpes  labiaux  à  peine  plus  longs  que  les 
maxillaires,  et  par  des  ailes  plus  courtes  et 
plus  larges  que  chez  les  Myrméléons. 

Latreille  rapporte  que  Bonnet  a  observé 
aux  environs  de  Genève  une  larve  sembla¬ 
ble  aux  Fourmis-lions,  mais  qui  ne  marche 
point  à  reculons  et  ne  fait  point  d’enton¬ 
noir  ,  et  dont  l’abdomen  offre  à  son  extré¬ 
mité  une  plaque  bifide  et  tronquée  au  bout. 
Il  suppose  que  cette  larve  appartient  à 
V Ascalaphus  italicus  ,  propre  à  l’Europe 
méridionale. 

Les  Ascalaphes  sont  de  très  jolis  insec¬ 
tes  ayant  assez  l’aspect  des  Libellules  ou 
Demoiselles  ;  ils  sont  nombreux  en  espèces  et 
répandus  dans  les  diverses  parties  du  mon¬ 
de.  Leurs  ailes  sont  le  plus  ordinairement 
variées  de  noir  et  de  jaune.  Leur  taille  est  à 
peu  près  la  même  pour  toutes  les  espèces. 
Le  type  est  VA.  italiens  Fab.  (Bl.) 

*  ASCALAPHIE.  Ascalaphia  {  de  As- 
calaphe ,  nom  spécifique  de  l’espèce  type  ). 
ois.  —  Genre  formé  par  M.  Isidore  Geof¬ 
froy  Saint-Hilaire  dans  ses  cours  d’ornitho¬ 
logie  au  Muséum ,  et  démembré  du  genre 
Hibou  ( Otus ,  Cuvier;  Bubo ,  Savigny). 

Le  principal  caractère  qui  a  engagé  le  pro¬ 
fesseur  à  faire  ce  démembrement  nous  pa- 


ASC  203 

raît  consister  dans  la  forme  des  ailes,  qui , 
quoique  courtes ,  sont  construites  sur  le  type 
aigu.  L’espèce  qui  y  a  donné  lieu  est  le 
grand  Hibou  à  huppes  courtes,  Otus  ascala¬ 
phus  Cuv.,  Règne  animal,  dernière  édit., 
p.  541;  ( Bubo  ascalaphus  Sav.,  Égypte, 
Ois.,  pl.  5,  f.  2),  et  figuré  depuis  dans  les 
pl.  col.  de  Temminck,  n°  57 ,  sous  le  nom 
de  Hibou  à  huppes  courtes  ( Strix  ascala¬ 
phus  Sav.).  —  Cette  espèce,  qui  fut  rappor¬ 
tée  d’Égypte  par  M.  Savigny ,  et  qu’on 
rencontre  quelquefois  en  Europe ,  outre  le 
caractère  générique  tiré  de  la  forme  des  ai¬ 
les  ,  diffère  encore  de  nos  Hiboux  d’Europe 
par  des  aigrettes  très  courtes,  placées  à 
quelque  distance  en  arrière  des  yeux;  par 
un  bec  grêle,  caché  presque  entièrement 
dans  les  poils  très  longs  de  la  face.  Les 
plumes  sétacées  des  joues,  rebroussées  et 
courtes  au  dessous  de  l’œil ,  contribuent  à 
donner  au  front  et  au  sommet  de  la  tête  une 
forme  aplatie.  Les  tarses  sont  longs  et  ve¬ 
lus  ,  ainsi  que  les  doigts ,  presque  jusqu’à 
l’origine  des  ongles  ;  il  n’y  a  que  deux  écail¬ 
les  non  duvetées  à  l’extrémité  des  doigts. 
La  queue  est  de  moyenne  longueur  et  ar¬ 
rondie.  Cette  espèce,  commune  en  Égypte , 
visite  accidentellement  les  parties  méridio¬ 
nales  de  la  Sicile  et  de  la  Sardaigne,  où  quel¬ 
ques  individus  ont  été  tués,  et  se  trouverait 
aussi  en  Écosse,  selon  Pennant ,  qui  l’a  fait 
figurer  dans  sa  British  Zoology ,  plane.  B , 
n°  5;  mais  ce  dernier  habitat  est  encore 
douteux ,  son  apparition  dans  le  nord  ne 
paraissant  guère  probable.  (Lafr.) 

ASCALAPHUS.  ins.  —  Voyez  as  ca¬ 
la  pue.  (C.  d’O.) 

ASCARICIDA  {Ascarides,  Ascarides  ; 
cœdo,  je  tue),  bot.  ph. — Ce  nom  fait  allusion 
aux  propriétés  anthelmintiques  de  l’une  des 
espèces  (  Ascaricida  indica  Cass.  —  Verno- 
nia  anthelmintica  L.  )  réunie  aujourd’hui 
aux  Vernonia,  où  elle  constitue  une  section 
caractérisée  par  ses  capitules  terminaux  soli¬ 
taires  ou  en  corymbe,  et  dont  l’involucre  se 
compose  d’écailles  foliacées  appendiculées , 
plus  ou  moins  étalées ,  et  par  la  forme  de 
l’aigrette  qui  couronne  son  fruit.  (J.  D.) 

ASCARIDAIRES.  helm.  —  Voyez 

ASCARIDE  et  ASCARÏDIENS.  (P.  G.) 

ASCARIDE.  Ascaris  (  às^aplç,  sorte  de 
ver),  helm.— La  dénomination  d’’ Ascarides, 
appliquée  par  Aristote  à  plusieurs  sortes 


204 


ASC 


ASC 


d’animaux ,  et  particulièremeatà  une  esp.  de 
Vers  intestinaux ,  a  été  conservée  à  un  g. 
dont  cette  esp.  peut  être  considérée  comme 
ia  plus  importante.  Ce  genre  lui  -  même  r 
d’abord  très  nombreux  en  esp.,  a  été,  depuis 
quelques  années,  subdivisé  en  beaucoup 
d’autres,  et  la  famille  ou  l’ordre  dans  lequel 
il  prend  place  reçoit  également  les  noms 
d’Ascaridiens,  Oxycéphalés  ou  Nématoïdes; 
quelques  auteurs  considèrent  même  les  Né¬ 
matoïdes  comme  une  classe  à  part,  et  parmi 
eux  nous  citerons  M.  Ehrenberg. 

&  Ascaris  lumbricoides,  nommé  par  Goëze 
Ascaris  gigas ,  et  par  Zeder  Fusaria  lum¬ 
bricoides ,  séjourne  dans  les  intestins  de 
l’homme,  et  aussi  dans  la  vessie  et  les  reins. 
Plusieurs  animaux  domestiques  en  sont  éga¬ 
lement  affectés,  et  parmi  eux  les  Bœufs,  les 
Chevaux,  les  Anes  et  les  Cochons.  Il  atta¬ 
que  aussi  quelques  individus  d’espèce  dif¬ 
férente  vivant  au  milieu  de  nos  habita¬ 
tions  ou  dans  les  ménageries.  L’Orang-ou¬ 
tang  du  Muséum  de  Paris ,  le  Baw  ,  espèce 
de  Zèbre  dont  il  y  a  des  individus  au  même 
établissement,  et  un  Phoque  qui  y  vivait 
aussi,  ont  rendu  des  vers  que  leurs  carac¬ 
tères  ont  dû  faire  regarder  comme  des  Asca¬ 
rides  lombricoïdes.  Les  Helminthes  de  cette 
espèce  ont  le  corps  épais  de  deux  ou  trois 
lignes,  et  long  de  six  pouces  à  douze  ou 
quinze  ;  aussi  sont-ils  depuis  fort  long-temps 
connus  des  médecins  ;  on  les  appelait  an¬ 
ciennement  Lumbricus-,  et,  pour  les  distin¬ 
guer  des  Tœnioïdes,  ils  recevaient  l’épithète 
de  ter  es,  Lumbricus  ter  es-,  quelquefois  même 
on  les  regarda  comme  identiques  aux  vers 
de  terre  (g.  Lumbricus )  ;  mais  l’absence  de 
soies  ambulatoires ,  les  trois  papilles  buc¬ 
cales  ,  et  beaucoup  d’autres  caractères ,  les 
font  facilement  distinguer  de  ces  derniers , 
qui  sont  même  des  animaux  d’une  autre 
classe.  Tyson,  en  168Ô,  avait  déjà  indiqué 
la  plupart  de  ces  différences ,  et  cependant 
Brera  a  essayé ,  il  y  a  environ  trente-cinq 
ans ,  de  soutenir  l’opinion  ridicule  que  les 
endroits  où  s’opère  le  développement  des 
Ascarides  et  des  Lombrics,  la  nourriture 
qu’ils  y  prennent  et  la  température  qu’ils  y 
rencontrent,  sont  les  seules  causes  de  leurs 
différences  de  conformation.  Le  Stomacliide 
de  Peereboom  n’est  qu’un  Ascaride  lombri- 
coïde  mutilé  ou  défiguré ,  et  l’animal  trou¬ 
vé  par  Treutler  parmi  beaucoup  d’Ascari¬ 


des  de  la  même  espèce  lui  est  également 
identique,  bien  que  ,  par  anomalie ,  les  val¬ 
vules  de  sa  bouche  ne  fussent  qu’au  nom¬ 
bre  de  deux. 

L’anatomie  de  cet  Ascaride  a  été  faite 
par  plusieurs  auteurs,  et  particulièrement 
par  Rudolphi ,  Cuvier ,  Meckel,  de  Blain- 
ville  ,  J.  Cloquet ,  Morren  ,  etc. 

Nous  en  parlerons  à  l’article  Nématoïde 
de  ce  Dictionnaire  ,  en  la  comparant  à  celle 
de  plusieurs  autres  animaux  du  même  grou¬ 
pe  ,  particulièrement  étudiés  par  M.  Moritz 
Diesing  et  quelques  autres  observateurs. 

Le  genre  Ascaride  appartient  à  la  divi¬ 
sion  des  Nématoïdes  qui  ont  l’appendice 
mâle  double.  Il  comprend  un  nombre  assez 
considérable  d’espèces.  Rudolphi  en  con¬ 
naissait  quatre-vingt-dix.  Ces  animaux  sont 
tous  parasites,  et  leur  séjour  habituel  est  à 
la  surface  du  canal  intestinal  et  de  quelques 
autres  muqueuses.  On  en  a  trouvé  chez  les 
différentes  classes  de  Vertébrés ,  et  spé¬ 
cialement  dans  les  Poissons;  les  mâles  sont 
incomparablement  moins  fréquents  que  les 
femelles. 

M.  de  Blainville  résume  ainsi  les  caractè¬ 
res  de  ce  genre  :  Corps  rigidule ,  élastique 
et  un  peu  allongé ,  rond  ,  fusoïde  ou  renflé 
au  milieu  et  atténué  à  ses  deux  extrémités. 
Bouche  antérieure ,  terminale  ,  pourvue  de 
trois  nodosités  convergentes ,  deux  supé¬ 
rieures  et  une  inférieure.  Anus  un  peu  avant 
l’extrémité  postérieure  et  en  forme  de  fente. 
Orifice  de  l’organe  femelle  au  tiers  antérieur 
ou  à  peu  près.  Organe  mâle  ayant  à  l’exté¬ 
rieur  deux  spiculés  sans  gaines. 

Les  espèces  de  ce  genre  peuvent  être  par¬ 
tagées  en  trois  groupes,  suivant  qu’elles 
ont  le  corps  également  atténué  à  ses  deux 
extrémités ,  ou  plus  épais  en  avant  ou  plus 
épais  en  arrière.  A  chacun  de  ces  trois 
groupes  appartiennent  des  espèces  à  tête  ai¬ 
lée  ou  non  ailée ,  c’est-à-dire  aplatie  en 
arrière  de  la  bouche ,  et  présentant  bilaté¬ 
ralement  une  carène  saillante.  (P.  G.) 

ASCARIDES  (âvAûpifeç).  ins.  et  iielm. 
—  Aristote  nomme  ainsi  de  petits  vers  qui 
se  forment,  dit-il,  dans  le  limon  des  puits, 
et,  en  général,  dans  les  amas  d’eau  où  il 
se  dépose  dés  terres.  Ascarides  pris  dans 
ce  sens  est  synonyme  d'Empis.  Le  natura¬ 
liste  grec  appliquait  aussi  la  dénomination 
d’ Ascarides  à  une  des  trois  sortes  de  vers 


ASC 


205 


qu’il  signale  dans  les  intestins  de  l’homme. 
Chez  les  modernes ,  elle  sert  encore  à  dési¬ 
gner  une  espèce  de  ver  parasite  de  l’hom¬ 
me,  et  qui  est  le  type  d’un  genre  assez 
nombreux  en  espèces.  Voyez  ascaride. 

(P.  G.) 

*  ASCARIBiENS  ( Ascaris ,  genre  de 
Yers  intestinaux),  helm.  — M.  de  Blainville 
{Dict.des  sc.  nat.,  t.  LVIÎ,  p.  555)  nomme 
Ascaridiens  ou  Oxycéphalés  un  ordre  de 
Yers  apodes  quia  pour  type  l’Ascaride  lom- 
bricoïde ,  et  les  caractères  qu’il  lui  donne 
sont  les  suivants  :  Corps  médiocrement  al¬ 
longé,  rigidule  ou  assez  raide,  rond,  atté¬ 
nué  aux  deux  extrémités ,  avec  des  articu¬ 
lations  très  fines  ;  canal  intestinal  bien  com¬ 
plet.  Bouche  terminale  orbiculaire,  nue  ou 
pourvue  de  quelques  tubercules  radiaire- 
ment  disposées.  Anus  plus  ou  moins  ter¬ 
minal  ;  appareil  de  la  génération  bisexuel  ; 
les  sexes  séparés  sur  deux  individus  diffé¬ 
rents.  Ce  groupe  ,  qui ,  sauf  un  très  petit 
nombre,  comprend  tous  les  genres  dont  Ru- 
dolphi  a  fait  ses  Nématoïdes  ,  se  partage 
actuellement  en  un  nombre  considérable  de 
subdivisions  génériques  qu’on  pourrait  assez 
bien  rapporter ,  ainsi  qu’il  suit ,  à  trois  tri¬ 
bus  : 

1°  Ascaris,  Cucullanus ,  Bactylius,  0- 
phiostoma,  Heterocheilus,  Lecanocephalus , 
Ancyracanthus. 

2°  Gordius,  Füaria,  Trichocephalus , 
Trichosoma,  Mastigodes ,  Crossophorus , 
Cheiracanthus ,  Tropisurus  ,  Oxyurus,  Vi- 
brio,  Amblyura,  Anguillula,  Phanoglene, 
Enchilidium. 

5°  Strongylus,  Syngamus ,  qui  ne  re¬ 
pose  que  sur  une  fausse  interprétation  du 
précédent ,  StepJianurus  ,  Gnathostoma  _, 
Sclerostoma ,  Physaloptera,  Spiroptera. 

On  a  aussi  rapporté, «mais  avec  doute  ,  à 
l’ordre  des  Nématoïdes ,  les  g.  Thelazia , 
Liorhynchus ,  Hamularia ,  Odontobius,  et 
même  ceux  de  Trichina,  Agama,  Sphace- 
lura  et  Sphœrularia ,  dont  l’organisation 
parait  beaucoup  plus  simple. 

Voyez,  chacun  à  son  article,  les  différents 
noms  de  genres  cités  ici.  (P.  G.) 

ASCARINA ,  Forst.  bot.  ph.  —Genre 
de  la  famille  des  Chloranthacées,  très  impar¬ 
faitement  connu  ;  son  auteur  (Gen.,  n.  59) 
n’en  donne  que  les  caractères  suivants  : 
Fleurs  dioïques,  1-bractéolées ,  disposées  en 


ASC 

chatons  lâches,  spiciformes.  Fleurs  mâles 
1-andres  ;  filet  très  court  ;  anthère  oblongue, 
4-sulquée.  Fleurs  femelles  :  Ovaire  globu¬ 
leux,  1-loculaire  ,  \  -ovulé  ,  à  stigmate  sessi- 
le,  déprimé,  obscurément  5-lobé.  (Fruit 
drupacé?  )  L’A.  polystachia  Forst.  consti¬ 
tue  à  lui  seul  le  genre  ;  c’est  un  arbre  indi¬ 
gène  des  îles  de  la  Société  ;  ses  feuilles  sont 
opposées,  pétiolées,  dentelées,  à  pétioles 
connés  en  gaine  amplexicaule.  (Sp.) 

ASCARIS,  helm.  —  Voyez  ascari¬ 
de.  (P.  G.) 

*  ASCENDANT.  Ascendens ,  assur- 
gens.  bot.  pii.  —  Cet  adjectif  s’emploie 
pour  désigner  une  tige  ou  tout  autre  organe 
filiforme  qui ,  après  avoir  été  couché  ou  in¬ 
cliné  à  sa  base ,  se  redresse  verticalement 
dans  sa  partie  supérieure.  Exemple  :  la  Vé¬ 
ronique  en  épis.  Cette  expression  est  syno¬ 
nyme  d'assurgent  et  de  redressé.  (A.  R.j 

ASCHEE.  année. — 'Un  des  noms  vul¬ 
gaires  de  l’Arénicole  des  pêcheurs.  Voy . 
ARÉNICOLE.  (P.  G.)' 

ASCHER.  poiss.  —  L’un  des  noms 
vulgaires  du  Salmo  thymalus.  Voy.  ombre. 

(VAL.) 

ASCIIION  (  üuyjov ,  nom  qu’on  trou¬ 
ve  dans  Théophraste ,  et  qu’on  croit  se 
rapporter  aux  Truffes),  bot.  cr. — Wall- 
roth  (Flora  germ.,  IV,  p.  266  )  l’a  sub¬ 
stitué  au  mot  Tuber,  qui,  depuis  Pline 
jusqu’à  nos  jours,  avait  servi  à  désigner  ces 
champignons.  Ce  nom  n’a  pas  été  adopté 
par  les  auteurs ,  probablement  parce  qu’ils 
n’ont  pu  expliquer  les  causes  qui  avaient 
déterminé  ce  célèbre  botaniste  à  opérer  ce 
changement.  (Léy.) 

*  ASCHIPHASMA.  ins.  -  M.  West- 

wood  ( Zool .  journ .)  a  appliqué  ce  nom  à 
un  genre  de  la  famille  des  Phasmiens,  de 
l’ordre  des  Orthoptères,  qui  avait  déjà  reçu 
le  nom  de  Perlamorpha ,  généralement 
adopté.  Voy.  ce  mot.  (Bl.) 

ASCIDIA.  tuniciers.  —  Voyez  asci¬ 
die.  r  (P.  G.) 

*  ASCIDIACÉES  (d 'Ascidia,  genre 

de  Tuniciers).  tuniciers.  —  Synonyme 
d’Ascidiens.  Voy.  ascidie.  (P.  G.) 

*  ASCIDIBES.  Ascididœ.  helm.  — 
Mac-Leay  donne  ce  nom  à  une  famille  de 
la  classe  des  Tuniciers ,  ayant  pour  type  le 
genre  Ascidia.  Voy.  ce  mot.  (C.  d’O.) 

ASCIDIE,  Ascidia  (àcxL&w ,  petjtç 


206 


ASC 


ASC 


outre),  tukiciers.— Baster  ( Opusc .  subsec., 
Il,  X,  5)  donne  ce  nom  à  un  animal  marin  qui, 
depuis  la  remarque  de  Pallas  (Mise,  zool., 
p.  74  ) ,  a  été  reconnu  pour  être  du  même 
groupe  que  ceux  qu’Aristote  nommait  Té- 
thyes  (r<0 vx).  Aristote  n’avait  laissé  que  peu 
de  détails  relativement  aux  Téthyes;  la 
simplicité  apparente  de  ces  animaux  l’avait 
principalement  frappé.  Rondelet ,  dans  les 
chapitre  XIX  et  XXI  de  son  Histoire  des 
Poissons,  donna  des  renseignements  sur 
deux  espèces  d’Ascidies  qui  vivent  sur  nos 
côtes  de  Languedoc  ;  il  reconnut  parfaite¬ 
ment  leur  analogie  avec  les  Téthyes  d’A¬ 
ristote  ,  et ,  à  son  exemple ,  plusieurs  natu¬ 
ralistes  de  la  même  époque  adoptèrent 
cette  dénomination.  Les  premières  édi¬ 
tions  du  Systema •  naturœ  sont  très  fauti¬ 
ves  au  sujet  des  Téthyes.  Toutefois,  la  qua¬ 
trième  en  donne  une  espèce  sous  le  nom  de 
Tethys ,  et  il  y  est  même  indiqué  que  l’a¬ 
nimal  des  Coquilles  bivalves  n’est  pas  diffé¬ 
rent  de  celui  des  Téthyes,  ce  qui,  plus 
tard,  fut  adopté  par  Pallas,  G.  Cuvier,  etc. 
Mais  Linnæus  accepta  aussi  le  genre  Mi- 
crocosmus  de  Redi ,  qui  a  pour  objet  une 
Ascidie,  sur  l’enveloppe  de  laquelle  s’atta¬ 
chent  de  petites  coquilles  et  d’autres  pro¬ 
ductions  marines,  et,  par  suite  d’une  con¬ 
fusion  étrange,  l’esp.  type  de  ce  g.  est  signa¬ 
lée  comme  identique  avec  le  Microcosmus 
deBartholin,  prétendu  animal  de  la  mer 
du  Nord,  assez  grand  pour  paraître  comme 
une  île  et  pour  tromper  les  navigateurs.  La 
sixième  édition  du  même  ouvrage  donne , 
sous  le  g.  Tethys,  un  mélange  des  caract. 
des  Ascidies  et  de  ceux  des  animaux  aux¬ 
quels  Lamarck  a  depuis  réservé  ce  même 
nom  de  Tethys.  Le  Microcosmus  de  Re¬ 
di  et  celui  de  Bartholin  disparurent  l’un  et 
l’autre  de  la  dixième  édition  ;  les  Ascidies 
elles-mêmes  ne  furent  indiquées  que  fort  obs¬ 
curément  dans  le  genre  Priapus ,  et  le  nom 
de  Tethys  fut  appliqué  à  l’Aplysie  ,  qui 
elle  -  même  est  confondue  avec  les  Téthyes 
de  nos  catalogues  actuels.  Ce  fut  alors  que 
Bohadsh  et  Plancus  décrivirent  et  repré¬ 
sentèrent  fort  exactement  plusieurs  espèces 
d’Ascidies ,  auxquelles  ils  conservèrent  leur 
nom  aristotélicien.  Baster,  en  publiant 
sa  description  de  VÂscidium,  ajouta  une 
remarque  relativement  à  l’analogie  de  cet 
animal  avec  les  Huîtres ,  et  Pallas,  ainsi 


que  nous  l’avons  dit, 'proposa  la  réunion  de 
ces  Téthyes  et  de  l’Ascidie.  C’est  ce  que 
Linnæus  exécuta  dans  la  douzième  édition 
du  Systema;  et,  en  adoptant  la  'dernière  de 
ces  dénominations ,  il  ajouta  aux  'trois  es¬ 
pèces  de  Bohadsh  trois  autres  animaux  du 
même  groupe ,  observés  par  Koenig  dans  la 
mer  du  Nord. 

O.-F.  Müller,  dans  le  Zoologia  danica, 
ainsi  que  dans  le  Prodromus  de  cet  ouvra¬ 
ge  ;  O.  Fabricius ,  dans  son  Fauna  groen - 
landica;  Pallas  (Spicilegia  zool.  et  Mém. 
de  Pétersb.)  et  Dicquemare  (  Journal  de 
physique  )  ,  ajoutèrent  différentes  espèces 
à  celles  qu’on  connaissait  alors.  Bru¬ 
guière  a  reproduit,  dans  l’ Encyclopédie , 
presque  toutes  les  figures  d’Ascidies  don¬ 
nées  par  ces  auteurs ,  et  Gmelin ,  dans  son 
édition  du  Systema ,  porte  à  trente-quatre 
le  nombre  des  Ascidies  simples.  Depuis , 
on  a  décrit  un  nombre  assez  considérable 
de  ces  animaux.  Coquebert  de  Montbret  en 
a  indiqué  deux  espèces  dans  les  Bulletins 
de  la  Société  philomatique.  G.  Cuvier  a 
fait  à  leur  sujet  des  observations  anatomi¬ 
ques  et  zooclassiques ,  et  son  travail  a  paru 
en  1815,  dans  le  tome  II  des  Mémoires  du 
Muséum.  M.  Savigny  en  a  fait  l’objet  d’é¬ 
tudes  non  moins  importantes,  publiées 
dans  la  deuxième  partie  de  ses  Mémoires 
sur  les  Animaux  sans  vertèbres,  en  1816  ; 
depuis,  des  faits  nouveaux,  relatifs  à  leur  ana¬ 
tomie  et  à  leur  physiologie ,  ont  été  fournis 
par  MM.  Schalck,  Eysenhardt,  Mac-Leay, 
Milne-Edwards,  et  plusieurs  de  ces  derniers 
naturalistes ,  auxquels  il  faut  joindre  MM. 
Lesueur,  Risso,Quoy  et  Gaimard.  Belle 
Chiaje ,  etc.,  se  sont  occupés  de  la  détermi¬ 
nation  de  leurs  espèces  dans  les  différentes 
parties  du  globe. 

La  physionomie  des  Ascidies  rappelle  as¬ 
sez  bien,  comme  leur  nom  l’indique,  cel¬ 
le  d’une  outre  ou  d’une  bourse ,  et  l’ana¬ 
logie  sera  plus  évidente  encore  si  l’on  se 
rappelle  qu’elles  se  remplissent  habituel¬ 
lement  d’eau ,  qu’on  peut  leur  faire  rendre 
en  les  pressant  un  peu  fortement.  Cette  der¬ 
nière  particularité  et  la  forme  de  plusieurs 
d’entre  elles  les  ont  souvent  fait  comparer 
aux  parties  extérieures  de  la  reproduction 
chez  l’homme  et  les  animaux  ;  aussi  les  ha¬ 
bitants  du  littoral  où  on  les  trouve  leur  don 
nent-ils  souvent  de  semblables  noms.  Ron- 


ASC 


delct  et  quelques  naturalistes  de  son  époque 
ont  reproduit  ces  dénominations  grossières, 
et  quelquefois  sans  recourir  au  votte  dont 
l’emploi  de  synonymes  grecs  ou  latins  aurait 
pu  les  couvrir.  La  surface  extérieure  par 
laquelle  les  Ascidies  adhèrent  aux  corps 
sous-marins  est  toujours  plus  ou  moins  co¬ 
riace,  quelquefois  même  presque  cartilagi¬ 
neuse.  Elle  s’encroûte  souvent  de  sable  ou 
d’autres  corps  de  petite  dimension.  Sa  face 
interne  est  doublée  par  une  membrane  min¬ 
ce  ,  qu’on  décrit  comme  en  étant  la  conti¬ 
nuation  ,  et  qui  lui  donnerait,  ainsi  qu’aux 
Séreuses ,  l’apparence  d’une  poche  sans  ou¬ 
verture  dans  laquelle  est  renfermée  la  par¬ 
tie  viscérale  de  l’Ascidie.  Une  semblable 
disposition  se  voit  chez  les  Bryozoaires, 
animaux  dont  la  disposition  générale  dif¬ 
fère  à  peine.  C’est  entre  les  viscères  et  l’en¬ 
veloppe  terminale  que  l’eau  s’introduit ,  et 
le  tube  digestif  communique  au  dehors  par 
deux  ouvertures  qui  ont  fait  nommer  cer¬ 
taines  Ascidies  Polypes  à  double  orifice , 
Distomes,  etc.  C’est  à  cet  endroit  seulement 
que  les  parties  viscérales  et  tégumentaires 
communiquent  entre  elles  au  moyen  des 
muscles ,  des  vaisseaux  et  des  nerfs.  On  a 
indiqué  la  tunique  extérieure  comme  étant 
l’analogue  de  la  coquille  des  bivalves;  mais 
on  ne  saurait  se  dissimuler  qu’il  existe  en¬ 
tre  ces  deux  parties  bien  des  traits  de  dis¬ 
semblance. 

G.  Cuvier  s’est,  le  premier,  occupé  de 
classer  méthodiquement  les  diverses  esp. 
d’AsciDiES  simples.  Il  les  partage  en  qua¬ 
tre  tribus,  dont  les  caract.  sont  pris  dans  la 
forme  et  les  dimensions  du  sac  branchial. 
En  voici  le  résumé  : 

Sac  branchial  plissé  longitudinalement, 
descendant  jusqu’au  fond  delà  tunique  pro¬ 
pre  ,  sans  s’y  recourber  :  A.  microcosmus , 
A.  papillata. 

Sac  branchial  non  plissé ,  descendant 
jusqu’au  fond  de  la  tunique  propre  sans  s’y 
recourber  :  A.  fusca. 

3°  Sac  branchial  non  plissé ,  descendant 
jusqu’au  fond  de  la  tunique  propre,  se  re¬ 
courbant  ensuite,  et  remontant  jusqu’au  mi¬ 
lieu  du  corps  :  A.  mamülata  ,  A.  mona - 
chus. 

4°  Sac  branchial  ne  pénétrant  pas  jus¬ 
qu’au  fond  de  la  tunique  propre  :  A.  intes¬ 
tinale  ,  A.  clavata . 


ASC  2(V7 

Cuvier  ne  donnait  point  de  nom  à  chacun 
des  groupes  qu’il  établissait  ;  M.  Savigny  en 
imposa  aux  siens.  Voici  sa  classification: 

1°  Les  Ascidies  à  test  coriace  etpédiculé: 
genre  Boltenia. 

2°  Les  Ascidies  à  test  coriace  sessile  : 
genre  Cynthia. 

3«  Les  Ascidies  à  test  gélatineux,  sessile  : 
genre  Phallusia. 

4Ü  Les  Ascidies  à  test  gélatineux  pédicu- 
lé  :  genre  Clavelina. 

Ces  différents  genres  seront  traités  sépa¬ 
rément  dans  ce  Dictionnaire.  Voici  ceux 
qu’on  y  a  ajoutés  :  Cystingia ,  Mac  -  Leay , 
voisin  des  Bolténies  ;  Syphonotethis,  Gerv.  ; 
Bipapillaria,  Lamk.,  et  Todia.  Quant  aux 
Mammaria ,  Müll. ,  que  Lamarck  en  rap¬ 
prochait  ,  il  paraît  que  ce  sont  des  Acti- 
niens. 

M.  Milne-Edwards  a  considéré  les  Clavé- 
lines  comme  le  premier  genre  d’une  famille 
particulière  d’Ascidies  sous  le  nom  d’A.  so¬ 
ciales,  et  intermédiaires  aux  Ascidies  sim¬ 
ples  et  aux  Ascidies  composées.  Les  espèces 
de  cette  nouvelle  catégorie  vivent  réunies 
sur  des  prolongements  radiciformes  com¬ 
muns  ,  mais  elles  sont  d’ailleurs  libres  de 
toute  adhérence  entre  elles  ;  leur  reproduc¬ 
tion  a  lieu  aussi  bien  par  bourgeons  que 
par  œufs.  Il  faut  aussi  rapporter  à  la  famille 
de  ces  Ascidies  sociales  le  genre  Perophora 
établi  par  M.  Wiegmann  pour  une  espèce 
fort  curieuse  des  côtes  d’Angleterre,  décrite 
par  M.  Lister. 

Une  troisième  et  dernière  famille  des  As¬ 
cidies  comprend  les  Ascidies  composées, 
que  les  travaux  de  MM.  Savigny  et  Milne- 
Edwards  nous  ont  surtout  fait  connaître.  Il 
ne  semble  pas  qu’il  ait  été  question  de  ces 
Ascidies  dans  les  anciens  auteurs;  mais 
Rondelet  en  donne  déjà  trois  esp.  sous  les 
noms  de  Grappe  de  mer,  Albergame  de 
mer  et  Concombre  de  mer.  Plus  tard,  on  les 
rapporta  au  groupe  des  Alcyons,  et  c’est 
parmi  ces  animaux  qu’elles  sont  placées  dans 
la  treizième  édition  du  Systema  :  mais  la 
différence  qui  sépare  des  Polypes  gorgo- 
noïdes  les  Tuniciers  dont  il  est  ici  question 
ne  tarda  pas  à  être  démontrée  par  Gærtner 
dans  un  travail  publié  par  Pallas.  L 'Alcyo- 
nyum  Schlosseri  Pall.  ;  VA.  ficus  d’Ellis, 
et  VA.  ascidioides  de  Pallas,  furent  prin¬ 
cipalement  ceux  sur  l’observation  des- 


808 


ASC 


ASC 


quels  on  s’appuya.  Gærtner  fit  dès  lors, 
sous  le  nom  de  Botryllus,  un  genre  à  part 
de  VA.  Schlosseri ,  dont  chaque  étoile  fut 
reconnue  pour  un  assemblage  d’autant  d’a¬ 
nimaux  qu’il  y  a  de  branches  ,  et  VA.  asci- 
dioides  devint  le  type  de  son  g.  Distomus. 
En  1807,  Renieri,  dans  un  ouvrage  italien 
intitulé  Osservazioni ,  etc. ,  fit  connaître  , 
sous  le  nom  de  Pollicitorus ,  un  genre  qui 
paraît  renfermer  des  espèces  appartenant 
aux  deux  précédents.  «  Ces  animaux,  dit 
Renieri ,  ne  sont  pas  des  Polypes  comme 
ceux  que  l’on  appelle  coralligènes  ;  mais 
s’ils  étaient  isolés  et  sans  la  communication 
réciproque  qu’ils  ont  avec  la  substance  qui 
les  réunit,  ce  seraient  autant  d’Ascidies.  A 
la  fin  de  179';,  dans  une  lettre  adressée  à 
Olivi ,  et  insérée  dans  les  Opuscules  de  Mi¬ 
lan ,  j’ai  le  premier  observé  ce  fait...  »  M. 
Savigny,  et  MM.  Pesmarest  et  Lesueur  sont 
entrés  avec  succès  dans  cette  nouvelle  voie, 
et  le  premier  a  surtout  démontré  que  les 
Alcyons  gélatineux  et  autres  Ascidies  com¬ 
posées  ont  une  organisation  bien  supérieure 
à  celle  des  Polypes  qui  construisent  le  co¬ 
rail  ;  et ,  en  effet,  sauf  quelques  particularités 
que  l’étude  des  g.  nous  fera  connaître ,  et 
qui  sont  le  résultat  de  leur  mode  d’agré¬ 
gation  ,  les  Botrylles ,  les  Pistomes  et  au¬ 
tres  animaux  de  la  meme  famille,  ont  l’orga¬ 
nisation  des  Ascidies.  M.  Milne-Edwards  a 
continué  la  démonstration  de  cette  identi¬ 
té  dans  les  différents  systèmes  d’organes, 
et  ajouté  aux  faits  anatomiques  observés 
par  M.  Savigny,  des  détails  physiologiques 
plus  complets  que  ceuxqu’on  avait  donnés 
précédemment.  C’est  ainsi  que  la  circulation 
des  Ascidies  simples,  sociales  ou  composées, 
a  lieu  suivant  le  même  procédé  ;  leur  cœur 
forme  une  sorte  de  boyau  situé  au  dessous 
des  viscères ,  et  il  se  contracte  alternative¬ 
ment  dans  un  sens  et  dans  l’autre  ,  de  ma¬ 
nière  que  l’orifice  par  lequel  le  sang  a  été 
chassé  dans  une  des  contractions  est  celui 
par  lequel  il  rentre  pendant  la  suivante.  Les 
Ascidies  composées,  et,  sans  aucun  doute, 
les  autres  animaux  de  cette  classe,  sont  tous 
pourvus,  dans  le  même  individu,  d’un  testi¬ 
cule  aussi  bien  que  d’un  ovaire  ;  et ,  dans  leur 
premier  âge,  elles  subissent  une  véritable  mé¬ 
tamorphose.  Ces  animaux  jouissent,  en  outre, 
de  la  faculté  de  se  reproduire  par  stolons  et 
sans  le  secours  de  leur  appareil  générateur, 


ce  qui  s’observe  aussi  chez  les  Clavélines  et 
les  Pérophores,  de  la  famille  des  Ascidies 
sociales.  Voici  comment  M.  Savigny  a  classé 
les  Ascidies  composées  ,  dans  le  travail  jus¬ 
tement  célèbre  qu’il  a  publié  à  leur  sujet. 
Toutes  ont  le  corps  fixé  ;  le  seul  genre  Py- 
rosoma  ( Voy .  ce  mot),  qui  est  libre,  con¬ 
stitue  un  groupe  à  part  : 

1°  Les  deux  ouvertures  supérieures  et  à 
six  rayons  réguliers  :  genres  Diazona ,  Dis - 
toma ,  Sigillina. 

2°  Les  deux  ouvertures  supérieures,  l’une 
à  six  rayons  réguliers ,  l’autre  irrégulière  ou 
simple  :  genres  Synoicum,  Aplidium ,  Po- 
lyclinum,  Didemnum. 

3°  Les  deux  ouvertures  supérieures  et 
simples:  genres  Eucœlium ,  Botryllus. 

M.  Milne-Edwards  admet  aussi  trois  caté¬ 
gories  ou  tribus  d’Ascidies  composées,  mais 
il  les  dispose  différemment,  savoir:  les  Po- 
lyclinïens  ,  comprenant  les  genres  Sigil¬ 
lina,  Sav.  ;  Amarocium ,  Edw.;  Synoi¬ 
cum  ,  Sav.  ;  Aplidium ,  Sav.  ;  Polyclinum , 
Sav.  Les  Didemniens  ou  Disloma ,  Gærtn.  ; 
Diazona,  Sav.;  Leptoclinum,  Edw.  ;  Di¬ 
demnum,  Sav.  ;  Eucœlium,  Sav.  Les  Bo- 
tkylliexs  ou  Botryllus ,  Gærtn.  ;  Bo- 
trylloides ,  Edw.  Aux  Ascidies  composées 
appartiennent  encore  plusieurs  genres  moins 
complètement  connus;  ce  sont:  Podotethis , 
Gerv. ,  qui  tient  à  la  fois  des  Ascidies  socia¬ 
les  et  des  Didemniens ,  ainsi  que  les  g.  Sy- 
cozoa ,  Polyzoa  et  Holozoa  de  M.  Lesson. 

Si  on  recherche  la  place  que  les  Ascidies 
doivent  occuper  dans  la  série  zoologique,  et 
le  rang  qu’elles  y  tiendront,  il  sera  facile  de 
reconnaître  que  ces  animaux,  malgré  les 
nouvelles  découvertes  auxquelles  a  con¬ 
duit  l’étude  physiologique  des  organismes 
inférieurs,  ne  sauraient  être  réunis  aux  Po¬ 
lypes  à  tentacules  pectinés,  c’est-à-dire 
aux  Coraux  et  aux  Alcyons  ;  Cuvier  les  a 
joints  aux  Mollusques  acéphales,  et  cette 
manière  de  voir  a  été  acceptée  par  MM.  Sa¬ 
vigny  et  de  Blainville.  Pour  Lamarck,  au 
contraire,  les  Ascidies,  réunies  auxBiphores 
et  aux  Pyrosomes,  qui  constituent  avec  el¬ 
les  les  Acéphales  sans  coquilles  de  Cuvier, 
forment ,  parmi  les  Radiaires ,  un  groupe  à 
part,  sous  le  nom  de  Tuniciers.  Ce  groupe 
est  simplement  une  classe  pour  Lamarck; 
mais  il  serait  sans  doute  convenable  de  l’é¬ 
lever  au  rang  de  type  ou  embranchement , 


ASC 


209 


et  d’y  réunir  différentes  classes  d’animaux 
dont  les  uns  sont  regardés  comme  Mollus¬ 
ques,  et  les  autres  comme  Zoophytes,  quoi- 
qu’en  général  ils  semblent  également  dépla¬ 
cés  parmi  les  Mollusques  ou  parmi  les  Zoo¬ 
phytes.  Tels  sont  les  Polypes  bryozoaires, 
dont  l’analogie  avec  les  Ascidies  n’est  plus 
douteuse  ;  tels  sont  probablement  aussi  les 
Diphyes ,  les  Physsiphores  et  les  Béroïdes 
non  radiaires,  qui  seraient  autant  de  classes 
dans  le  groupe  remarquable  des  Tuniciers , 
dont  on  reculerait  ainsi  les  limites ,  en  mê¬ 
me  temps  qu’on  lui  donnerait  une  valeur 
plus  élevée.  (P.  G.) 

*ASCIDIÊE  (  feuille )  («cxîcftov,  petite 
outre),  bot.  —  M.  de  Mirbel  appelle  ainsi 
les  feuilles  terminées  par  un  appendice  cya- 
thiforme,  recouvert  d’un  opercule  mobile, 
comme  dans  le  JSepenthes  distillatoria. 

(C.  d’O.) 

ASCIDIENS  [dAscidia ,  genre  de  Tu¬ 
niciers).  tuniciers.  —  On  nomme  quel¬ 
quefois  ainsi  les  animaux  plus  généralement 
désignés  par  le  nom  d  Ascidies.  Voy.  as¬ 
cidie.  (P.  G.) 

*  ASCIDIOCARPES.  Ascidiocarpa 
(«ffxt'J'cov ,  utricule;  xotandç,  fruit),  bot.  cr. 
—  Luhnemann  a  donné  ce  nom  aux  Hépa¬ 
tiques,  comme  le  Riccia,  dont  le  fruit  s’ou¬ 
vre  au  sommet.  (C.  d’O.) 

*  ASCIDITES.  Ascidites .  helm.— Nom 
donné  par  Latreille  à  une  famille  de  la  clas¬ 
se  des  Tuniciers  qui  a  pour  type  le  genre 
Ascidia.  (C.  d’O.) 

ASCIDIUM  (àcrxtc hov,  petite  outre). 
bot.  cr. — Genre  de  la  famille  des  Lichens, 
tribu  des  Endocarpées ,  établi  par  M.  Fée 
(  Crypt .  offic.,  p.  96,  pl.  1  ,  f.  23)  sur  un 
Lichen  qu’on  rencontre  communément  sur 
les  écorces  des  Quinquinas  du  commerce. 
Voici  les  caractères  auxquels  on  pourra  le 
reconnaître  :  Thalle  membraneux,  illimité  ; 
verrue  formée  par  le  thalle,  déprimée  et 
percée  au  centre  d’une  ouverture  margi- 
née.  Thalamium  inclus ,  muni  d’un  double 
périthèce  membraneux.  Nucléus  globuleux, 
blanc  en  dedans  comme  en  dehors.  Spori- 
dies  naviculaires  renfermant  4  à  6  spores 
ovoïdes.  Nous  avons  analysé  un  échantillon 
que  nous  tenons  de  M.  Fée;  et,  soit  qu’il  fût 
imparfait ,  soit  que  nous  nous  y  soyons  mal 
pris,  nous  confessons  n’avoir  pas  été  assez 
heureux  pour  voir  le  double  périthèce  sur 

T.  II. 


ASC 

lequel  est  fondé  le  genre.  Nous  pensons 
donc  ,  pour  notre  compte ,  qu’il  ne  saurait 
être  distrait  du  genre  Thelotrema.  Voy.  ce 
mot.  (c.  M.) 

ASCÏDIUM  (àffxtcftov,  outre,  utricu¬ 
le).  bot.  cr.  —  Genre  de  Champignons 
créé  par  Tode  (  Schriften  der  Berl.  Ge- 
sellsch.  naturf.  Freunde,  vol.  III ,  p.  247), 
et  qu’il  a  désigné  plus  tard  ( Fung .  Meckl. , 
p.  13)  sous  le  nom  dAscophora.  Voy.  ce 
mot.  (  Lév.  ) 

ASCIE.  Ascia  (  «a- xe« ,  opaque  ).  ins.  — 
Genre  de  Lépidoptères  diurnes  établi  par 
Scopoli,  et  qui  comprend  ceux  des  Polyom- 
mates  de  Latreille ,  qui  n’ont  ni  queues  ni 
taches  aux  ailes  inférieures.  Voy.  polyom- 
MATE.  (D.) 

*  ASCIE.  Ascia  (  ««u* ,  opaque  ).  ins. — 
Genre  de  l’ordre  des  Diptères  ,  division  des 
Brachocères,  subdivision  des  Tétrachœtes, 
famille  des  Brachystomes ,  tribu  des  Syr- 
phides.  Ce  genre,  établi  par  Mégerle  et  ado¬ 
pté  par  Meigen,  ainsi  que  par  Latreille 
( Fam .  natur.  ),  a  été  créé  aux  dépens  des 
genres  Milesia  de  Fallen  et  de  Latreille 
{Généra),  Merodon  de  Fabricius,  et  Syr- 
phus  de  Panzer.  Parmi  les  espèces  rappor¬ 
tées  à  ce  genre  par  M.  Macquart ,  et  dont 
quelques  unes  sont  assez  rares,  nous  ne 
citerons  que  l’Asc,  podagrica  de  Mégerle, 
qui  est  commune  partout ,  et  qui  est  la 
même  espèce  que  le  Syrphus  podagricus 
de  Panzer  ou  Merodon  id.  de  Fabricius. 

(D.) 

*ASCIUM  ,  Schreb.  («u/tov,  petite  ou¬ 
tre).  bot.  PH.  —  Syn.  du  genre  Noran- 
tea ,  Aubl. ,  de  la  famille  des  Marcgravia- 
cées.  r  r  (Sp.) 

ASCLÉPIADÉES.  Asclepiadeœ.  bot. 
ph.  —  Famille  de  plantes  dicotylédones ,  à 
corolle  monopétale  hypogyne,  offrant  les  cs- 
ract.  suivants  :  Calice  5-parti  ou  5-fide,  en 
général  beaucoup  plus  court  que  la  corolle  ; 
segments  à  estivation  imbriquée ,  souvent 
accompagnés  dans  leurs  sinus  de  petites 
dents.  Corolle  hypogyne,  monopétale,  ca¬ 
duque  ,  5-partie  ou  5-fide,  campanulée  , 
urcéolée,  hypocratéri-  ou  infundibuliforme, 
souvent  rotacée;  segments  alternant  avec  les 
lobes  du  calice,  à  estivation  contournée  ou 
valvaire ,  quelquefois  accompagnés  dans 
leur  sinus  de  plis  peu  prononcés  ;  tube  nu 
ou  garni  d’écailles  de  formes  variables  à 
14 


210  ASC 

l’entrée.  Étamines  5,  insérées  à  là  base  de 
la  corolle  et  alternes  avec  les  segments  ;  fila¬ 
ments  comprimés,  soudés  en  un  tube  qui 
embrasse  étroitement  les  styles;  ce  tube  porte 
ordinairement  à  sa  partie  externe  des  appen¬ 
dices  simples  ou  composés  ,  dont  la  forme 
varie  d’un  genre  à  l’autre.  Les  anthères 
s’ouvrent  latéralement  ;  elles  sont,  dans  le 
plus  grand  nombre  des  genres,  terminées  par 
une  membrane  dépendante  du  connectif ,  qui 
se  rabat  sur  le  sommet  aplati  des  styles;  les 
bords  se  prolongent  inférieurement  en  deux 
sortes  d’ailes  cartilagineuses  au  sommet ,  et 
entre  lesquelles  on  remarque  un  corpus¬ 
cule  cordiforme ,  noir,  luisant,  de  la  base 
duquel  partent  à  droite  et  à  gauche  deux 
filets  jaunes  qui,  à  une  certaine  époque, 
vont,  en  s’accroissant,  se  mettre  en  rapport 
avec  les  masses  polliniques  qu’elles  sous- 
tendent  soit  par  leur  base  (masses  pollini¬ 
ques  dressées),  soit  par  leur  sommet  (masses 
polliniques  pendantes).  Il  résulte  de  cette 
singulière  disposition  qu’en  détachant  le 
corpuscule  situé  entre  chaque  anthère  on  en¬ 
lève  avec  lui ,  et  sous  la  forme  d’une  petite 
balance,  deux  masses  polliniques  qui  appar¬ 
tiennent  à  deux  anthères  distinctes.  Celles-ci 
sont  biloculaires ,  et ,  suivant  leurs  formes 
plus  ou  moins  allongées  dans  le  sens  de  la 
longueur  ou  de  la  largeur ,  ces  loges  s’ou¬ 
vrent  longitudinalement  ou  transversale¬ 
ment  (Gonolobées  ).  Les  masses  polliniques 
sont  généralement  en  forme  de  fuseau  ou 
de  petite  massue  plus  ou  moins  comprimée; 
cependant,  dans  les  Périplocées,  le  pollen  est 
granuleux  et)  les  grains  sont  réunis  4  par  4  ; 
dans  les  Sécamonées ,  les  masses  polliniques , 
au  lieu  de  former  un  corps  unique  dans 
chacune  des  loges ,  sont  disposées  par  petits 
groupes.  Les  ovaires  sessiles ,  géminés ,  su¬ 
perposés  suivant  l’axe,  entourés  à  leur  base 
d’un  disque  hypogynique,  sont  indépen¬ 
dants  ou  soudés  en  un  seul  par  leur  face 
ventrale,  qui  porte  de  nombreux  ovules  ana- 
tropes.  Les  styles  plus  ou  moins  allongés  se 
dilatent  au  sommet  en  un  plateau  charnu  , 
dont  la  fôrme  générale  présente  un  nombre 
infini  dé  modifications  secondaires.  On  s’est 
contenté  jusqu’ici  d’en  signaler  deux  princi 
pales  et  d’indiquer  le  cas  où  cet  organe  est 
mousse  ou  terminé  en  pointe  :  dans  l’un  ou 
l’autre  Cas,  on  distingue  toujours  une  divi¬ 
sion  pins  ou  moins  profonde  qui  indique 


&W 

l’origine  binaire  des  deux  corps  dont  il  ré¬ 
sulte.  C’est  à  la  face  inférieure  et  en  sur¬ 
plomb  du  plateau  que  se  trouve  la  portion 
stigmatiqüe,  la  seule  qui  serve  à  la  trans¬ 
mission  des  tubes  polliniques;  c’est  égale¬ 
ment  à  chacun  des  angles  de  ce  plateau  que 
se  trouvent  les  corpuscules  qui  supportent 
les  masses  polliniques.  Les  fruits ,  auxquels 
on  a  donné  le  nom  de  follicules,  s’ouvrent 
par  leur  face  ventrale  et  laissent  échapper 
à  leur  maturité  des  graines  munies  d’une  ai¬ 
grette.  Ces  follicules  géminés  ,  ou  solitaires 
par  avortement,  sont  lisses  ou  couverts  de 
prolongements  spiniformes,  mous  ;  leur  con¬ 
sistance  varie  :  en  général  elle  présente 
'celle  du  parchemin  ;  cependant  elle  acquiert 
parfois  celle  d’un  corps  ligneux.  On  trouve 
tous  les  intermédiaires  entre  ces  deux  degrés; 
aussi  arrive-t-il  que  plusieurs  d’entre  éüx 
sont  charnus  et  susceptibles  d’être  mangés. 
Les  graines  sont  obovales,  entières  ou  den- 
ticulées,  comprimées,  imbriquées  ;  leur  test, 
membraneux ,  cartilagineux  ou  subéreux, 
forme  un  rebord  circulaire,  échancré  à  la 
place  du  hile  et  du  micropyle  ,  d’où  part'  le 
bouquet  de  soies  ténues  qu’il  est  très  rare 
de  voir  manquer.  Le  périspefme,  charnu, 
forme  en  général  une  mince  couche  qui  en¬ 
toure  un  embryon  axile  à  radicule  supérieure, 
et  à  cotylédons  piano-convexes  ÔU  plus  fré¬ 
quemment  foliacés  ;  la  plumule  est  invisible. 

A.  L.  de  Jussieu  réunissait  les  plantes  qui 
constituent  cette  famille  à  celle  des  Apocy- 
nées  :  elles  y  formaient  en  majeure  partie 
une  section  caractérisée  par  ses  ovaires  gé¬ 
minés,  ses  fruits  biloculaires  renfermant  dès 
graines  pourvues  d’une  aigrette  vers  leur 
hile  ou  point  d’attache.  Plus  tard ,  M.  R. 
Brown  éleva  au  rang  de  famille  les  deux 
groupes  établis  par  de  Jussieu ,  et  donna  à  ce¬ 
lui*  qui  nous  occupe  le  nom  d’Asclépiadées , 
s’appuyant,  pour  fonder  cétte  dernière,  sur 
la  forme  de  la  corolle ,  la  présence  d’une 
rangée  d’appendices  soudés  aux  filets  des 
étamines,  qui,  eux-mêmes  réunis  eb colonne, 
embrassent  étroitement  les  styles  pour  faire 
corps  avec  leur  sommet  dilaté  ;  mais  c’est 
principalement  sur  la  singulière  organisa¬ 
tion  des  anthères  et  dès  masses  polliniques 
solides  que  repose  la  division  des  Asclépia- 
dées.  Toutefois  cette  séparation,  quoique  gé¬ 
néralement  admise,  n’est  pas  très  facile  à  li¬ 
miter  ;  car  le  groupe  des  Périplocées ,  pat  son 


ASC 


ASC 


211 


pollen  granuleux ,  semble  établir  la  con¬ 
nexion  des  Apocynées  avec  les  Asdépiadées, 
et  ne  laisser  ainsi  que  de  bien  faibles  caractè¬ 
res  pour  leur  distinction. 

Les  Asdépiadées  sont,  de  toutes  les  fa¬ 
milles  à  corolles  monopétales,  celle  dont 
l’appareil  staminad  présente  le  plus  de  com-  I 
plication.  On  a  souvent  comparé  la  struc¬ 
ture  de  leurs  fleurs  à  celle  des  Orchidées,  et 
cette  comparaison  ne  manque  pas  de  jus¬ 
tesse,  car  on  s’est  servi,  dans  l’une  comme- 
dans  l’autre ,  de  la  disposition  des  granules 
polliniques  libres  ou  réunis  en  masse  pour 
établir  dans  ces  groupes  les  divisions  pri¬ 
maires,  divisions  auxquelles,  dans  les  Asclé- 
piadées,  sont  venues  se  joindre,  pour  l’éta¬ 
blissement  des  genres  ,  les  innombrables 
formes  que  fournit  la  couronne  staminale, 
de  même  qu’on  s’est  servi  de  celles  du  la- 
belle  ,  et  de  l’adhérence  des  parties  de  la 
fleur  au  gynostème,  pour  créer  les  genres 
d’Orchidées. 

L’organisation  si  bizarre  et  si  compliquée, 
et,  par  suite,  la  difficulté  d’expliquer  le  mode 
de  fécondation  dans  les  Asdépiadées*  a  fixé 
à  diverses  époques  l’attention  des  plus  célè¬ 
bres  botanistes.  M.  R.  Brown ,  comme  en 
tant  d’autres  circonstances,  est  celui  qui  a 
le  plus  contribué  à  étendre  nos  connaissan¬ 
ces  à  ce  sujet,  d’abord  par  son  travail  géné¬ 
ral  de  classification,  puis,  plus  tard,  par  ses 
belles  recherches  sur  le  mode  d’imprégna¬ 
tion  de  l’ovule  de  cette  famille,  recherches 
entreprises  à  la  même  époque  et  poursui¬ 
vies  avec  un  égal  succès  par  M.  Ad.  Bron- 
gniart. 

Les  Asdépiadées  sont  des  plantes  herba¬ 
cées,  charnues  ou  frutescentes,  souvent  vo- 
lubiles  ;  à  feuilles  opposées,  simples,  indi¬ 
vises,  toujours  entières,  membraneuses  oui 
charnues  ;  à  inflorescence  généralement  in- 
terpétiolaire ,  multiflore ,  quelquefois  uniflo- 
re ,  en  ombelles,  capitules,  cymes  ou  pani- 
cules ,  dans  lesquels  les  fleurs  sont  accompa¬ 
gnées  de  3  bractéoles  subulées,  très  rarement 
développées.  Elles  habitent  principalement 
les  régions  tropicales  des  deux  continents, 
mais  quelques  genres  se  trouvent  appartenir 
exclusivement  à  certaines  parties  du  globe  : 
ainsi  les  nombreuses  esp.  du  g.  Asclepias 
sont  particulières  au  Nouveau-Monde,  tandis 
que  les  Gomphocarpus ,  également  très  nom¬ 
breux  en  espèces  et  à  peine  différents  du 


précédent,  habitent  presque  exclusivement 
la  région  australe  de  l’Afrique.  En  général , 
les  Asdépiadées  sont  comprises  entre  le  59° 
lat.  boréale  et  le  58°lat.  australe.  La  section 
à  masses  polliniques  dressées  se  trouve  li¬ 
mitée  à  l’ancien  continent ,  et  ce  n’est  que 
par  exception  qu’on  rencontre  aux  Antilles 
une  esp.  de  ce  groupe.  J’ai  donné,  dans  mes 
Etudes  sur  les  genres  et  espèces  d'Àsclépia- 
dées,  des  tableaux  qui  résument  la  distribu¬ 
tion  géographique  des  genres  et  des  sections 
de  cette  famille,  tableaux  auxquels  on  pour¬ 
ra  recourir  pour  se  faire  une  idée  générale 
à  ce  sujet. 

Les  racines  de  plusieurs  plantes  de  cette 
famille  jouissent  de  propriétés  émétiques; 
leur  suc  abondant  sert  à  faire  une  sorte  de 
caoutchouc,  et  l’on  attribue  à  celui  des  esp. 
de  Calotropis  des  propriétés  antisyphiliti¬ 
ques  des  plus  prononcées. 

Les  travaux  les  plus  complets  dont  les 
Asdépiadées  aient  été  l’objet  sont  ceux  de 
M.  R.  Brown ,  insérés  dans  les  Wernerian 
Trans .,  I,  p.  12, 1809,  et  Trans.  Lin.  Soc., 
celui  de  M.  Wight  pour  les  espèces  de  l’In¬ 
de  ;  enfin  le  mémoire  que  j’ai  inséré  dans 
les  Ann.  des  sc.  nat. ,  t.  IX ,  1837  ,  et  dans 
lequel  j’ai  donné  des  analyses  florales  des 
principaux  genres. 

Le  partage  des  Asdépiadées  en  3  tribus  , 
dont  le  principal  caract.  distinctif  est  em¬ 
prunté  à  la  position  des  masses  polliniques, 
qui  sont  dressées,  horizontales  ou  pendantes, 
appartient  à  M.  Brown.  Cette  dernière  , 
qui  renferme  la  plus  grande  partie  des  gen¬ 
res,  a  été  elle-même  subdivisée  en  plusieurs 
sections  d’après  des  considérations  tirées  de 
la  forme  des  couronnes  staminales;  enfin  la 
première  tribu,  celle  à  masses  polliniques 
dressées,  se  divise  en  deux  sections  suivant 
que  les  anthères  sont  mutiques  ou  terminées 
par  un  appendice. 

GENRES. 

Ire  Tribu.  —  Masses  polliniques  dres¬ 
sées.  CÉROPÉGIÉES  :  Ceropegia  ,  L.  R. 
Br.  ;  Piaranthus,  R.  Br.  ;  Huernia ,  R.  Br.; 
Apteranthes,  Mik.  ;  Hutchinia ,  W.  et  A.  ; 
Stapelia ,  L.  ;  Bucerosia ,  W.  et  A.  ;  Erio- 
petalum ,  W.  et  A.  ;  Caralluma,  R.  Br.  ; 
Heterostemma,  W.  et  A.  ;  Sisyranthus,  E. 
Mey.  ;  Microstemma,  R.  Br.  ;  Brachy - 
stelma ,  R.  Br,;  Qrtluwthera,  W.  et  A. 


ASC 


ASC 


212 

Leptadenia,  R.  Br.;  Hoyd,  R.  Br.;  Cen- 
trostemma,  Decaisn.  ;  Asterostemma ,  De- 
caisn.  ;  Tenaris ,  E.  Mey.  ;  Cosmostigma  , 
W.  et  A.  ;  Pterostelma  ,  W.  et  A.  ;  Physo- 
stelma  ,  Wight;  Sarcolobus ,  R.  Br.;  Gy- 
mnema,  R.  Br.;  Leptostemma,  Bl.  ;  Stepha- 
notis,  Pt.  Th.;  Marsdenia ,  R.  Br.;  Pergu- 
laria,  L.  ;  Baxter  a ,  Reichb.  ;  Micro- 
loma ,  R.  Br.  ;  Parapodium ,  E.  Mey.  ;  Me- 
tastelma,  R.  Br.  ;  Schubertia ,  Mart.  ;  Di- 
schidia,  R.  Br. 

2e  Tribu.  —  Masses  polliniques  horizon¬ 
tales.  GONOLOBÉES  :  Gonolobus ,  L.  L.-C. 
Rieh.  ;  Fischeria  ,  DC.  ;  Tweedia  ,  Hook. 
et  A.  ;  Lachnostoma ,  H.  B.  R.  ;  Matelea, 
Aubl.;  Dregea ,  E.  Mey.  ;  Tylophora ,  R.  Br. 

3e  Tribu.  —  Masses  polliniques  pendan¬ 
tes  supportées  par  des  processus  ailés  ac¬ 
compagnés  latéralement  d’un  corpuscu¬ 
le  corné.  OXYPÉTALÉES  :  Calostigma , 
Decaisn.  ;  Oxypetalum,  R.  Br.  ;  Schizo- 
stemma,  Decaisn.;  Morrenia ,  Lindl.;  Arau- 
jia ,  Brot. 

4e  Tribu.  —  Masses  polliniques  pendan¬ 
tes.  ASCLÉPIADÉES  VRAIES  :  Asclepias, 
L.  ;  Gomphocarpus ,  R.  Br.;  Lagarinthus , 
E.  Mey.  ;  Pachycarpui ,  E.  Mey.  ;  Xysmalo- 
bium ,  R.  Br.  ;  Acerates,  Eli.  ;  Podostigma, 
Eli.;  Hybanthera,  Endl.;  Bracliylepis, 
Hook.  etArn.;  Enslenia ,  Nutt.  ;  Otaria , 
H.  B.  R.  ;  Pentarhinum ,  E.  Mey.  ;  Aspido- 
glossum,  E.  Mey.  ;  Sonninia ,  Reichb.  ;  Ho- 
lostemma,  R.  Br.  ;  Cynanchum,  L.  ;  Endo- 
tropis ,  Endl.;  Cynoctonum,E.  Mey.;  Pyc- 
noneurum ,  Decaisn.  ;  Fockea,  Endl.  ;  Stein- 
heilia ,  Decaisn.  ;  Glossonema  ,  Decaisn.  ; 
Schizoglossum  ,  E.  Mey.;  Vincetoxicum , 
Mœnch.  ;  Cordijlogyne ,  E.  Mey.  ;  Soleno- 
stemma,  Hayn.  ;  Glossostephanus ,  E.  Mey.  ; 
Metaplexis ,  R.  Br.;  Seutera ,  Reichb.; 
Bhyssolobiun ,  E.  Mey.  ;  Kanaliia ,  R.  Br.  ; 
Sarcostemma ,  R.  Br.;  Raphistemma,  Wall.; 
Philibertia,  H.  B.  R.  ;  Calotropis,  R.  Br.  ; 
Pentatropis,  R.  Br.  ;  Jphisia ,  W.  et  A.  ; 
Oxystelma ,  R.  Br,  ;  Pantasachme ,  Wall.  ; 
Eustegia ,  R.  Br.  ;  Dœmia ,  R.  Br.  ;  Ditassa, 
R.  Br.  ;  Decanema,  Decaisn.  ;  Astephanus, 
R.  Br.;  Hœmax,  E.  Mey. 

5e  Tribu.  —  Masses  polliniques  granu¬ 
leuse s,  granules  4-lobés.  PÉRIPLOCÈES  : 
Cryptostegia ,  R.  Br.  ;  Periploca,  L.  ;  Fin- 
laysonia,  Wall.  ;  Streptocaulon,  W.  et  A.  ; 
Gymnanthera ,  R.  Br.  ;  Decalepis ,  W.  et 


A.  ;  Brachylepiiy  W.  et  A.  ;  Hemidesmus , 
R.  Br.  ;  —  *  Lepistoma ,  Bl.  ;  Phyllanthe - 
ra ,  Bl. 

6e  Tribu.  —  Anf/ière  4 -loculaire,  masses 
polliniques  20,  appliquées  4  jpar  4  aw  som¬ 
me*  des  corpuscules.  SÉCAMONÉES  :  Seca- 
mone,  R.  Br.  ;  Toxocarpus ,  W.  et  A.  ;  Go- 
niostemma,  W.  et  A.  (J.  D.) 

ASCLEPIAS  (  nom  d’Esculape  ).  bot. 
ph.  —  Toutes  les  espèces  de  ce  genre  sont 
originaires  du  Nouveau-Monde;  elles  s’é¬ 
tendent  ,  des  parties  tempérées ,  où  elles 
croissent  en  plus  grand  nombre,  jusqu’au 
delà  des  tropiques. 

Ce  sont  des  herbes  vivaces ,  à  feuilles  op¬ 
posées  ou  verticillées ,  à  ombelles  interpé- 
tiolaires  ou  rarement  terminales.  Ce  genre 
a  pour  caract.  :  Calice  5-parti.  Corolle  5- 
partite,  à  segments  réfléchis.  Couronne  sta- 
minale  3-phylle  ;  folioles  en  cornets  munis  à 
l’intérieur  d’une  sorte  de  corne  plus  ou  moins 
longue ,  faisant  constamment  saillie  en 
dehors  des  cornets  et  dépassant  même  par¬ 
fois  le  sommet  du  style ,  sur  lequel  elles  se 
courbent  en  général.  — Plusieurs  Asclepias 
se  cultivent  dans  les  parterres  comme  plan¬ 
tes  d’ornement.  Une  d’entre  elles  s’est  pro¬ 
pagée  sur  tous  les  points  du  globe  entre  les 
tropiques  :  c’est  l’A.  curassavica.  Une  autre, 
VA.  syriaca  L.,  se  rencontre  dans  certaines 
parties  de  l’Europe,  où  on  la  désigne  sous  le 
nom  (TApocyn  à  ouate  soyeuse ,  coton  sau¬ 
vage ,  plante  à  soie,  etc.,  à  cause  des  soies 
qui  surmontent  les  graines,  et  dont  on  a  cher¬ 
ché  à  tirer  parti  pour  en  former  des  étoffes. 
On  en  a,  en  effet,  fabriqué  des  velours,  des 
molletons,  etc.;  mais  d’un  côté  le  bon  mar¬ 
ché  du  coton  ordinaire,  et  de  l’autre  la  rareté 
de  la  matière  fournie  par  l’Asclépiade,  dont  la 
culture  a  toujours  été  fort  restreinte,  ont  ar¬ 
rêté  les  spéculations  manufacturières  à  son 
égard.  On  avait  également  cherché  à  utili¬ 
ser  les  tiges  de  cette  plante  en  les  faisant 
rouir  comme  celles  du  chanvre.  C’est  en 
Silésie  que  les  principaux  essais  de  culture 
ont  été  tentés.  En  1772,  on  en  voyait,  aux 
environs  de  Liegnitz,  une  plantation  d’envi¬ 
ron  100,000  pieds.  — L’épithète  de  syriaca 
appliquée  à  cette  plante  est  complètement 
inexacte,  car  cette  espèce,  comme  toutes  ses 
congénères,  est  originaire  des  Etats-Unis 
d’Amérique.  (J- D.  ) 

’('ASCLERA(«  priv.;  whpôç,  dur),  ins. 


ASC 


ASC 


2 13 


—  Genre  de  Coléoptères  hétéromères ,  fa¬ 
mille  des  Sténélyres,  établi  par  M.  Dejean, 
dans  la  troisième  édition  de  son  Catalogue  , 
aux  dépens  des  OEdémeres.  Il  y  rapporte 
21  espèces,  dont  14  exotiques  et  5  d’Europe, 
parmi  lesquelles  nous  citerons  celles  qui 
ont  été  décrites  par  Fabr. ,  savoir  :  A.  san- 
guinocollis,  À.  cœrulescens ,  A.  thalassina 
et  A.  viridissima.  Les  deux  premières  se 
trouvent  aux  environs  de  Paris ,  la  troisième 
en  Autriche  et  la  quatrième  en  Suède.  Les 
Asclera,  placés  par  M.  Dejean  entre  les  Na- 
cerdes  et  les  Anogcodes,  se  distinguent  des 
premiers  par  leurs  élytres  oblongues ,  et 
des  seconds  par  l’écusson,  qui,  chez  les 
Asclera,  est  de  moyenne  grandeur,  régu¬ 
lièrement  arrondi  et  déprimé  au  milieu , 
tandis  qu’il  est  prolongé  et  anguleux  chez 
les  Anogcodes.  Voy.  nacerdes  èt  anog¬ 
codes.  (D.  et  C.) 

*  ASCLERES.  Ascleria  (  «  priv.  ;  <rx  V 
pàç,  dur  ,  c’est-à-dire  sans  pièces  dures  ou 
charnues),  zooph.  —  Sous-ordre  des  Poly- 
stomes  de  M.  Rafinesque.  Il  comprend  les 
Zoanthes,  les  Sinoïques,  les  Yérétilles,  les 
Pennatules,  les  Encrines,  etc.,  réunion  d’ani¬ 
maux  qui  n’ont  pas  la  moindre  analogie  en¬ 
tre  eux.  (P.  G.) 

ASCOBOLUS  (  àcxo's,  outre  ;  /3o)o; , 
l’action  de  jeter),  bot.  cr. — Persoon  (  Obs. 
mycol.,  t.  I,  p.  55,  tab.  4,  fig,  5-6)  a  don¬ 
né  ce  nom  au  Peziza  stercoraria  Bull. , 
et  à  d’autres  espèces  voisines.  Le  réceptacle 
est  charnu ,  hémisphérique  pézizoïde ,  et 
son  hyménium  formé  de  thèques ,  dont 
quelques  unes  font  saillie  :  elles  renferment 
huit  spores  et  une  humeur  aqueuse.  Ce 
genre  ne  diffère  véritablement  pas  des  Pé- 
zizes,  si  ce  n’est  par  les  saillies  que  quelques 
thèques  forment  à  la  surface  de  l’hyme- 
nium ,  et  qui  ressemblent  à  de  petits  points 
noirs. 

Si  l’on  cherche  à  expliquer  comment 
les  thèques  sortent,  on  est  fort  embarrassé  ; 
car  on  ne  distingue  aucun  organe  qui  les 
pousse  en  avant;  mais  une  tranche  d’hy- 
menium  coupée  verticalement  et  soumise 
au  microscope  montre  qu’elles  se  déta¬ 
chent  spontanément  du  réceptacle  et  qu’el¬ 
les  sont  chassées  dehors  par  la  pression  que 
les  thèques  exercent  par  leur  développe¬ 
ment  les  unes  sur  les  autres.  Peut-être  dans 
les  auttes  Pézizes  en  est-il  de  même  ;  mais 


comme  les  thèques  et  les  spores  sont  blan¬ 
ches,  on  ne  s’aperçoit  pas  de  leur  déplace¬ 
ment. 

VAscobolus  furfuraceus  ( Peziza  fimeta- 
ria  Bull.)  croît  très  abondamment  sur  la 
fiente  des  animaux  ruminants,  et  principa¬ 
lement  sur  celle  des  Bœufs.  On  y  voit  très 
bien  le  phénomène  dont  j’ai  parlé.  L’Asco- 
bolus  trifolii  de  Bivona  Bernardi ,  qu’on 
trouve  très  fréquemment  sur  les  feuilles  de 
la  Luzerne  et  du  Trèfle,  me  paraît  plutôt 
appartenir  au  genre  Phacidium ,  parce  que 
sa  marge  est  ordinairement  garnie  de  dents. 

(Lét.) 

*ASCOCIIYTA  (  «7X05,  utricule,  thè- 
que  ;  xvtôç,  soluble),  bot.  cr.  —  Mademoi¬ 
selle  Libert  de  Malmédy  (  Cryptogames  des 
Ardennes),  avantageusement  connue  par 
plusieurs  travaux  intéressants  en  botanique 
et  surtout  en  cryptogamie,  a  donné  ce  nom 
à  de  petits  Champignons  parasites  qui  se 
développent  sur  les  feuilles  de  plusieurs  ar¬ 
bres.  Les  caractères  de  ce  genre  sont  très 
obscurs ,  ce  qui  tient  à  la  petitesse  des  es¬ 
pèces  qui  le  composent.  En  effet,  ils  ne  ma¬ 
nifestent  leur  présence  que  par  une  déco¬ 
loration  très  limitée  de  la  feuille,  qu’on 
prendrait  plutôt  pour  la  suite  d’une  piqûre 
d’insectes ,  et  par  un  petit  amas  de  spores 
qui  forme  une  légère  saillie  pointue ,  visible 
seulement  à  l’aide  d’une  forte  loupe.  Les 
réceptacles  sont  membraneux,  punctifor¬ 
mes  ,  cachés  dans  l’épaisseur  des  feuilles  ; 
leur  nucléus  est  blanc,  composé  de  spores 
ovales,  linéaires,  simples  ou  cloisonnées, 
mêlées  avec  une  substance  gommeuse,  dans 
laquelle  elles  paraissent  dissoutes  ,  et  qui 
sortent  sous  forme  de  fil  très  court  par  un 
ostiole  qu’on  devine  plutôt  qu’on  ne  le  voit. 
La  découverte  de  ce  genre ,  assez  nombreux 
en  espèces ,  fait  honneur  à  la  perspicacité 
de  son  auteur.  L’espèce  la  plus  commune 
se  rencontre  au  commencement  de  l’au¬ 
tomne  sur  les  feuilles  de  1  '‘Acer  campestre , 
alors  toutes  couvertes  de  petites  taches  or- 
biculaires ,  brunes  et  sèches.  (LÉv.) 

*  ASCOGA8TER  (  âor.oç ,  sac  ;  , 

ventre),  ins.  —  Genre  de  la  famille  des 
Ichneumoniens ,  tribu  des  Braconides,  de 
l’ordre  des  Hyménoptères,  établi  par  M. 
Wesmaêl  (  Monog .  des  Bracon.  de  Belg.  ), 
et  adopté  par  nous  (  Hist.  des  anim.  art. , 
t.  Y  ).  Ce  genre  ,  très  yoisin  des  Sigalphus, 


214 


ASC 


ASC 


Lat.  ;  et  Chelonus ,  Jurine,  s’en  distingue 
surtout  par  les  yeux  glabres  et  par  les  ailes! 
pourvues  de  trois  cellules  cubitales,  avec 
une  nervure  séparant  la  première  cellule 
cubitale  de  la  discoïdale  externe. 

Les  espèces  de  ce  genre  sont  de  petite 
taille  et  peu  nombreuses  :  les  unes  ont  les 
jambes  intermédiaires  droites  ,  et  la  cellule 
radiale  nullement  divisée  ;  c’est  notre  pre¬ 
mière  division  du  genre,  ou  les  vrais  Asco- 
gaster  de  Wesmaël;  les  autres  ont  les  jam¬ 
bes  intermédiaires  sinueuses  et  la  cellule 
radiale  divisée  par  une  nervure  peu  appa¬ 
rente.  Elles  forment  notre  seconde  division 
du  même  genre ,  ou  le  g.  Phanerotoma  de 
Wesmaël. 

Le  type  qui  appartient  à  notre  première 
division  est  VA.  rufipes  (  Chelonus  rufipes 
Lat.  ) ,  répandu  dans  une  grande  partie  de 
l’Europe.  (Bl.) 

*  ASCOMYCETES.  Ascomycètes  (  «<r- 
xo's,  outre  ;  /aù/.vk,  champignon),  bot.  cr.  — 
Nom  donné  par  Fries  à  une  sous -classe  de 
Champignons,  dont  les  sporidies  sont  ren¬ 
fermées  dans  des  élytres.  (C.  d’O.) 

ASCOM YS,  Lichtenst.  mam.  —  Voyez 
HAMSTER.  (A.  de  Q.) 

ASCOPHORA  (  àaxdç,  outre ,  vésicule  • 
fèpot ,  je  porte),  bot.  cr.  —  Tode  ( Fung . 
Mikl.,  p.  13)  a  donné  ce  nom  à  un  Champi¬ 
gnon  de  l’ordre  des  Mucédinées  qu’il  carac¬ 
térise  ainsi  :  Champignon  droit ,  stipité.  Ca¬ 
pitule  globuleux,  oblong,  dilaté,  opaque, 
élastique  ;  fructification  extérieure ,  stipe  sé- 
tacé.  On  le  prendrait  à  l’œil  nu  pour  le  Mu- 
cor  mucedo  L.  ;  mais  il  en  diffère,  en  ce  que 
la  vésicule  se  détache  circulairement  à  sa 
partie  inférieure  du  pédicelle,  et  forme  ainsi 
un  petit  chapeau  qui  ressemble  à  une  cupule 
renversée.  Selon  Tode,  cette  séparation  au¬ 
rait  lieu  brusquement  avec  élasticité ,  et  les 
spores  seraient  dispersées  dans  ce  moment. 
Tous  les  auteurs  ont  pu  voir  ce  petit  cham¬ 
pignon  ,  mais  tous  n’ont  pas  adopté  cette 
explication.  MM.  Martius,  Chevalier,  et  au¬ 
tres  auteurs ,  pensent  que  la  vésicule  ren¬ 
ferme,  au  contraire,  les  spores  dans  sa  ca¬ 
vité;  qu’elle  s’ouvre  au  sommet  et  que  ses 
bords  se  réfléchissent  en  bas ,  de  sorte  que 
les  spores  ne  deviennent  externes  que  par 
accident.  Ditmar  et  le  professeur  Link 
croient  que  la  partie  supérieure  de  la  vési¬ 
cule  disparaît,  et  que  l’inférieure  seule  per¬ 


siste.  Enfin ,  M.  Corda ,  dans  la  description 
de  VAscophora  candelabrum  ( icon.fung ., 
t.  I ,  p.  15,  tab.  2,  fig.  44),  a  décrit  et  fi¬ 
guré  un  nouvel  organe  qu’il  nomme  colu- 
melle ,  qui  se  trouve  à  l’extrémité  du  pédi¬ 
cule.  Sa  face  externe  est  couverte  de  spores 
et  cachée  dans  la  vésicule  elle-même,  qui 
se  sépare  du  pédicule  à  l’époque  de  la  ma¬ 
turité,  et  persiste  à  son  extrémité.  Quoique 
je  n’aie  pas  vu  cette  columelle ,  j’avoue  que 
cette  explication  me  paraît  probable,  car 
je  n’ai  jamais  pu  saisir  le  moment  du  ren¬ 
versement  ni  vu  la  déchirure  de  la  partie 
supérieure  de  la  vésicule.  Ce  genre  de 
Champignons,  malgré  sa  fréquence,  est 
encore  loin  d’être  parfaitement  connu ,  et 
demande  à  être  étudié  de  nouveau.  L’Asco- 
phora  mucedo ,  l’espèce  la  plus  répandue , 
croît  sur  les  matières  animales  et  végétales, 
sur  la  vieille  colle  de  farine  ,  dans  les  cavi¬ 
tés  du  pain,  etc.  Elle  forme  de  petites  forêts 
dont  tous  les  individus  sont  bien  distincts  ; 
le  pédicelle  est  simple ,  cloisonné  ,  surmon¬ 
té  d’une  vésicule  d’abord  aqueuse ,  puis 
noire  et  solide ,  qui  s’ouvre  circulairement 
à  sa  partie  inférieure  en  se  détachant  du 
pédicelle,  et  laisse  tomber  des  spores  nom¬ 
breuses,  globuleuses,  transparentes,  et  d’un 
assez  gros  volume.  (LÉv.) 

*  ASCOPîSOREÆ  («ffxo's ,  outre ,  utri- 

cule  ;  fépot ,  je  porte),  bot.  cr.  —  Famille 
de  Champignons  indiquée  par  Ehrenberg 
(  Sylv .  myc.  JBerol. ,  p.  43),  et  dont  il  ne 
donne  pas  les  caractères.  Elle  comprend  les 
genres  Pilobolus ,  Tode;  Didymocrater , 
Mart.;  Aspergillus,  Lk.;  Zizigites ,  Ehrenb.; 
Megalocarpus ,  Ehrenb.;  Acremonium,  Lk.; 
V erticillium ,  N.  E.  ;  Mucor,  Pers. ,  et 
Thamnidium ,  Lk.  Tous  ces  genres  appar¬ 
tiennent  aux  Mucédinées,  et  présentent  pour 
caractère  général  un  pédicelle  simple  ou 
rameux,  continu  ou  cloisonné ,  dilaté  à  son 
sommet  ou  à  l’extrémité  en  forme  d’utri- 
cule.  Cette  utricule  renferme  les  spores  qui 
s’échappent  quand  elle  vient  à  se  rompre. 
Le  g.  Thamnidium  seulement  s’éloigne  par 
sa  structure  et  sa  consistance  de  ceux  avec 
lesquels  il  se  trouve  réuni.  (LÉv.) 

*  ASCOPHYCÆ  (  dcxo's,  outre  ;  pvxoç, 
algue),  bot.  cr.  —  Nom  sous  lequel  M. 
Reichenbach  désigne  les  Fucacées  (Voy.  ce 
mot  ) ,  parce  que ,  chez  un  grand  nombre 
d’entre  elles ,  sinon  dans  toutes  ,  les  corps 


ASC 


ASC 


reproducteurs  ont  la  forme  des  thèqUes 
(Asci)  des  Lichens  et  des  Hypoxylées. 

(c«.  m.y 

*  ASCOSPORÉS.  Àscosporœ  (  fa/.ài , 
outre;  ortopà ,  spore),  bot.  cr.  —  Kêichen- 
bâch  donne  ce  nom  à  un  ordre  d(e  la  classe 
des  Lichens,  comprenant  ceux  dont  les  spo¬ 
res  sont  renfermées  dans  des  utricules. 

(G.  d’O.) 

*  ASCOSPORA  («<7xo5 ,  outre,  thèque; 
(titoptk ,  spore),  bot.  cr.  — Genre  de  Cham¬ 
pignons  ainsi  nommé  parce  que  lés  spores 
ressemblent  à  des  thèques.  Pries’  (%$f.  or  h. 
Veget.,  p.  112)  lé  place  dans  l’ordré  des 
Sphériacées  et  dans  le  sous-ordré  des  Bo- 
thidinées.  Les  réceptacles  sont  innés  et  s’ou¬ 
vrent  par  un  ostiole  simple  ;  leur  nucléus 
est  gélatineux  et  formé  de  spores  globu¬ 
leuses  ou  oblongues  qui  simulent  des  thè¬ 
ques*  et  qui  s’échappent  sous  forme  dé  fila¬ 
ments  contournés.  L’éspèce  qui  sert  de  type 
est  VÂscosporaÆgopodii,  ou  Sphœria  Ægo- 
podii  de  Persoon.  Ce  genre  est  celui  que 
Mademoiselle  Libert  ( Cryptogames  des  Ar¬ 
dennes)  a  nommé  Ascochyta .  Voy.  Ce  mot. 

(l  msf 

*  ASCRA,  Schott  (m  Spreng.  Cur.post., 
p.  407).  bot.  RH.  —  Synonyme  (suivant 
M.  Endlîcher,  Gén.,  p.  920)  du  genré  Bana- 
ra ,  Aubl.,  de  la  famille  des  Bixacées. 

(Sp.) 

ASCUS  outre,  utriculé).  bot. 

cr.  —  Mot  latin  dont  se  servent  les  Myco¬ 
logues  pour  exprimer  les  cellules  qui  ren¬ 
ferment'  les  Spores  des  Champignons  et  des 
Lichens.  Elles  sont  plus  ou  moins  arrondies 
Ou  allongées  ;  dans  cé  dernier  cas  ,  on  les 
nômme  ordinairement  Th'eques.  (  Voy.  ce 
mot.)  C’est  à  tort  que  les  auteurs  ont  indi¬ 
qué  Inexistence  de  ces  organes  dans  les  Hy- 
ménOmycètes,  comme  lés  Agarics ,  les  Bo¬ 
lets,  les  Hydriés,  les  Clavaires,  étc.  Bans  ces 
Champignons ,  les  Spores  sont  externes  et 
supportées  par  dés  prolongements  de  l’hy- 
menium  à  une  ou  plusieurs  divisions  aux¬ 
quels  j’ai  donné  le  nom  de  Basides.  (  Voy. 
ce  mot.)  On  trouve  les  thèques  dans  les 
Morelles ,  les  Pézizes ,  les  Géoglosses ,  etc. , 
et  les  utricules  dans  les  Truffes ,  les  Éry- 
ziphes ,  etc.  (LÉv.) 

*  ASCYREIA ,  Choisy  ( Prodr .  Hyp., 
p.  38,  et  in  De  Cand. ,  Prodr.,  ï,  p.  544) 

(  allusion  à  ).  bot.  Riï.  —  M.  Choi- 


215' 

i  sy  a  donné  ce  nom  à  une  section  absolument 
artificielle  de  son  g.  Hypericum.  La  plu¬ 
part  des  espèces  qu’il  range  dans  cetté  sec¬ 
tion  appartiennent  à  d’autres  genres ,  et 
notamment  aux  Androsœmum  et  aux  My- 
riandra.  (Sp.) 

ASCYRON,  Tourn.  (non  L.)  (  «ffXU/ÎOV, 
millepertuis),  bot.  ph.  —  Genre  inadmis¬ 
sible  et  absolument  artificiel;  il  a  été  fondé 
sur  plusieurs  Hypéricacées  appartenant  à 
divers  genres  de  cette  famille ,  et  il  corres¬ 
pond  à  peu  près  à  la  section  également  in¬ 
admissible  établie  pat  M.  Choisy,  dans  le  g. 
Hypericum ,  sous  le  nom  d ’Ascyreia. 

(Sp.J 

ASCYRUM,  L.  ;  Spach  (Hist.  des  Plan¬ 
tes  phan.,  vol.  Y,  p.  346  ;  id.  Nouv.  Ann.  des 
sc.  nat.,  vol.  Y,  p.  368)  (  «cxu/jov,  milleper¬ 
tuis  ).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Hypéricacées  (tribu  des  Hypéricées ,  sous- 
tribu  des  Ascyrinées,  Spach),  offrant  les  ca¬ 
ractères  suivants  :  Calice  de  4  sépales  2-sé- 
riés,  opposés-croîsés  ;  les  2  extérieurs  (  l’un 
supérieur ,  l’autre  inférieur  )  valvaires  en 
estivation  ,  et,  après  la  floraison,  beaucoup 
plus  grands,  subcordiforines,  finement  3  ou 
5-nervés;  les  2  intérieurs  (latéraux)  très 
étroits  ou  squamuliformes ,  petits ,  un  peu 
divergents.  Pétales  4 ,  non  persistants  ,  iné- 
quilaféraux ,  inégaux ,  obliquement  acumi- 
nés.  Étamines  en  nombre  indéterminé  (en 
général  de  60  à  100,  rarement  de  9  à  24), 
persistantes ,  à  peine  monadelphes  par  leur 
base  ;  filets  capillaires;  anthères  minimes, 
réniformes-didymes.  Ovaire  1-loculaire,  2-à 
4-style  ;  placentaires  suturaux,  en  même 
nombre  que  les  styles  ;  ovules  horizontaux , 
anatropes,  2-sériés  sur  chaque  placentaire. 
Stylés  subulés  ou  filiformes,  courts,  conni- 
vents  ou  recourbés  ;  stigmates  minimes , 
tronqués.  Capsule  finement  striée ,  1-locu- 
laire  ,  2-à  4-valve,  polysperme,  recouverte 
par  lé  calice.  Placentaires  filiformes  ou  la¬ 
melliformes,  intervalvaires,  persistant  après 
la  déhiscence,  ainsi  que  les  valves.  Graines 
minimes ,  cylindracées  ,  apiculées  aux  deux 
bouts ,  finement  scrobiculées.  —  Arbrisseaux 
ou  sous-arbrisseaux.  Rameaux  et  ramules 
ancipités ,  anguleux  ,  articulés  ,  feuillus. 
Feuilles  coriaces,  persistantes,  très  entiè¬ 
res  ,  sessiles  (  souvent  amplexicaules) ,  ac¬ 
compagnées,  de  chaque  côté  de  leur  base, 
d’une  glandule  globuleuse  ou  dentiforme , 


216 


ASE 


ASE 


ponctuées  (ainsi  que  les  sépales)  de  vésicu¬ 
les  transparentes.  Pédoncules  dichotoméâi- 
res  et  terminaux,  ou  axillaires  et  termi¬ 
naux,  solitaires  ou  ternés ,  1-flores  ,  2-brac- 
téolés  ,  4  -  èdres  ,  soit  courts  et  raides  , 
soit  filiformes  et  rabattus  après  la  ilorai- 
son.  Pédicelles  en  cymules.  Bractéoles  mi¬ 
nimes  ,  subulées.  Sépales  et  pétales  dis¬ 
posés  en  croix  renversée.  Corolle  et  étami¬ 
nes  jaunes.  Capsule  soit  comprimée  et  2- 
valve,  soit  subcylindrique,  5 -ou 4-sulquée 
et  3-ou4-valve.  —  Ce  genre  appartient  aux 
régions  chaudes  de  l’Amérique  septentrio¬ 
nale  ;  on  en  connaît  une  dizaine  d’espèces. 
L’A.  amplexicaule  Michx. ,  et  VA.  stans 
Michx.,  se  font  remarquer  par  l’élégance  de 
leurs  fleurs.  (Sp.) 

*  ASE1MOTRICHUM  («  priv.  ;  «mr 
jnetov ,  signe;  0/st'l,  poil,  filament),  bot. 
cr.  —  Corda  (  Voyez  Sturm  ,  Flor.  Germ. 
Heft.,  XII,  p.  43,  tab.  22)  a  décrit  et  figu¬ 
ré  sous  ce  nom  un  genre  de  Champignons 
appartenant  à  ses  Psilionacées  (  Icon.  Fung ., 
t.  I ,  p.  17  ) ,  ainsi  caractérisé  :  Filaments 
droits ,  réunis  en  faisceaux,  de  forme  varia¬ 
ble  ,  continus,  presque  transparents,  par¬ 
semés  de  spores  continues  ,  fusiformes  , 
et  de  petites  masses  vésiculeuses ,  diapha¬ 
nes  et  colorées.  L’ Âseimotrichum  ossium 
Cord.  forme  sur  les  os  de  petits  groupes 
dont  les  filaments  sont  bruns ,  les  spores 
blanches ,  aiguës  aux  deux  extrémités  ;  les 
vésicules  sont  jaunes  et  polymorphes.  Je  ne 
connais  ce  genre  que  d’après  la  description 
de  l’auteur.  (LÉv.) 

ASELLE.  Asellus.  crust.  — Geoffroy  a 
donné  ce  nom  à  un  petit  Crustacé  d’eau  dou¬ 
ce  ,  qui  est  devenu  le  type  d’une  division  gé¬ 
nérique  de  l’ordre  des  Isopodes,  et  qui  avait 
été  confondu  jusque  alors  avec  les  Cloportes 
et  les  Cymothoés.  Dans  la  méthode  de  clas¬ 
sification  de  M.  Milne  Edwards,  le  g.  Aselle 
prend  place  dans  la  section  des  Isopodes 
marcheurs,  famille  des  Asellotes ,  tribu  des 
Homopodes,  et  se  distingue  des  autres  gen¬ 
res  de  la  même  tribu  par  les  caractères 
suivants  :  Antennes  internes  beaucoup  plus 
courtes  que  les  externes.  Pattes  de  la  pre¬ 
mière  paire  subchéliformes.  Abdomen  com¬ 
posé  seulement  d’un  article  ;  fausses  pattes  de 
la  dernière  paire  ayant  la  forme  d’appendi¬ 
ces  allongés,  terminés  par  deux  articles  styli- 
formes.  —  Il  est  aussi  à  noter  que  l’abdomen 


porte  en  dessous  deux  lames  operculaires 
sous  lesquelles  sont  logées  les  fausses  pattes 
branchiales.  —  L ’ Aselle  vulgaire  est  très 
commun  dans  les  eaux  douces  et  stagnantes 
de  la  France;  Say  en  décrit  deux  autres 
espèces  propres  à  l’Amérique  septentrionale. 

(M.  E.) 

ASELLIDES.  crust.  —  Leach  et  La- 
marck  ont  désigné  ainsi  une  division  de 
Crustacés ,  renfermant  les  Aselles  ,  les  Ido- 
tées,  les  Sphéromes,  les  Cymothoés,  lesBo- 
pyres,  etc.  (  M.  E.  ) 

ASELLOTES.  crust.  —  Famille  de 
la  division  des  Isopodes  marcheurs,  carac¬ 
térisée  par  la  conformation  de  l’abdomen  , 
dont  le  dernier  article  est  grand  et  scutifor- 
me,  et  dont  les  fausses  pattes  postérieures 
sont  terminées  par  des  appendices  stylifor- 
mes  lesquels  se  prolongent  en  manière  de 
queue.  Le  corps  de  ces  Crustacés  est  plus  ou 
moins  allongé  et  souvent  presque  linéaire  ; 
les  antennes  de  la  première  paire  sont  très 
petites,  mais  faciles  à  voir  et  insérées  près 
de  la  ligne  médiane  ;  enfin  la  conformation 
des  pattes  varie ,  et  les  caractères  tirés  de  ces 
organes  servent  de  base  à  la  division  de 
cette  famille  en  deux  tribus,  savoir  : 

1°  Les  Asellotes  hétéropodes,  dont  les  pat¬ 
tes  de  la  première  paire  sont  terminées  par 
une  main  didactyle; 

2°  Les  Asellotes  homopodes,  dont  les  pat¬ 
tes  de  la  première  paire  sont  semblables  aux 
autres,  ou  seulement  subchéliformes  et  ter¬ 
minées  par  une  petite  griffe. 

La  première  de  ces  tribus  comprend  les 
genres  Apseude,  Rhoé,  et  Tanaïs.  La  tribu 
des  Asellotes  homopodes  se  compose  des 
genres  Limnorie,  Aselle,  Jœra,  Jœridine  et 
Oniscode.  (M.  E.  ) 

ASELLUS.  poiss.  —  Nom  par  lequel 
les  Latins  ont  traduit  la  dénomination  grec¬ 
que  (VOniskos ,  et  qu’ils  appliquaient  peut- 
être  à  l’un  des  Gades  de  la  Méditerranée. 
On  l’a  transporté,  sans  trop  de  fondement, 
à  l’espèce  que  nous  appelons  aujourd’hui 
églefin  (  Gadus  œglefmus  ).  Voy.  ce  mot. 

(Val.) 

*A  SEMAI  S,  C.  (affs/Avos,  sans  éclat),  ins. 
—  Genre  de  Coléoptères  tétramères ,  famil¬ 
le  des  Longicornes ,  établi  par  M.  Dejean 
dans  son  dernier  Catalogue ,  et  dont  il  n’a 
pas  publié  les  caractères.  Il  le  fonde  sur 
une  seule  espèce ,  dont  il  ignore  la  patrie , 


ASE 


AS1 


et  qu’il  rapporte  avec  doute  à  la  Saperda 
ünicoior  de  Fabricius.  D’après  cette  indi¬ 
cation  ,  ce  genre  appartiendrait  à  la  famille 
des  Lamiaires  de  M.  Serville.  (D.  et  C.) 

*  ASEMÜM  (  X7Y, /jLosj  qui  ne  porte  au¬ 

cun  signe  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
tétramères ,  famille  des  Longicornes ,  tribu 
des  Cérambycins  ,  établi  par  Eschscholtz 
(j Bulletin  de  la  Soc.  imp.  de  Moscou ,  vol. 
ÏI,  1830,  p.  66  ) ,  et  auquel  il  rapporte  3  es¬ 
pèces  :  Caliidium  rusticum  Fabr.,  Callid. 
striatum  id.,  et  Asemum  atrum  Esch.  M. 
Serville ,  dans  sa  Monographie  des  Longi¬ 
cornes  (  Ànn.  de  la  Soc.  eut.  de  France , 
t.  III ,  1834 ,  p.  79  ) ,  a  adopté  ce  genre  ; 
mais  il  le  fonde  sur  d’autres  caractères 
qu’Eschscholtz ,  et  n’y  comprend  pas  le 
Caliidium  rusticum,  dont  il  fait  le  type 
d’un  autre  g.  auquel  il  donne  le  nom  dAr- 
hopalus.  M.  Dejean  comprend  cette  même 
espèce  dans  son  g.  Criocephalum.  Voy.  ces 
deux  mots.  (D.  et  C.) 

*  ASEMÜS  («ffvjywo? ,  qui  ne  porte  aucun 

signe).  —  Sous-genre  de  Coléoptères  tétra¬ 
mères  ,  famille  des  Curculionides ,  établi 
par  Schoenherr  (  Curculionid.  dispos,  me- 
thod.  ,  etc. ,  p.  129  )  pour  y  placer  les  Cur- 
cul.  rusticus  et  chloroleucus  Wiedem.,  qu’il 
a  compris ,  depuis ,  dans  le  g.  Tanymecus 
de  Germar.-  Voy.  ce  mot.  (D.  et  C.) 

ASEPHANANTHES  (faute  d’ortho¬ 
graphe  ou  d’imp'ression  ).  bot.  ph.— Voyez 

ASTEPHANANTHES.  (SP.) 

*  ASEPÏS.  annél.  — Genre  de  Serpulai- 

res  voisin  des  Spirorbes.  M.  Rafinesque 
(Anal,  de  la  nat.,  p.  137)  l’indique  sans  le 
décrire.  (P.  G.) 

ASEROE  (  âaYipdç,  dégoûtant  ).  bot. 
CR.--Labillardière  ( Voyage  aux  terres  au¬ 
strales  ,  p.  145  )  a  décrit  sous  ce  nom  un 
champignon  voisin  du  g.  Phallus.  La  volve 
est  globuleuse ,  marquée  de  sillons  ;  le  ré¬ 
ceptacle  est  étalé ,  divisé  en  rayons  bifides  , 
et  supporté  par  un  pédicule  long ,  ouvert  à 
son  sommet.  L'Aseroe  rubra ,  la  seule  espè¬ 
ce  qu’on  connaisse  a  le  pédicule  rouge. 
L’auteur  l’a  trouvée  en  masse  dans  les  fo¬ 
rêts,  parmi  les  Mousses,  dans  la  terre  de 
Yan-Diemen.  —  Ce  genre  me  paraît  avoir 
les  plus  grands  rapports  avec  le  g.  Pentaci- 
na  d’Endlicher ;  mais,  dans  celui-ci,  les 
rayons,  au  lieu  d’être  bifides,  sont  simples. 
Si  ma  conjecture  est  vraie,  l’hymenium 

T.  XI. 


sn 

dont  Labillardière  n’a  pas  parlé ,  devrait 
être  placé  sur  la  face  interne  des  rayons , 
tandis  que  j  dans  les  autres  Phalloïdées  ,  il 
recouvre  la  face  externe  du  réceptacle. 

(LÉv.) 

*  ASEXE  (  à  priv.  ;  sexus  ,  sexe  ).  bot. 
cr.  —  Nom  hybride  employé  par  Adanson 
dans  ses  Familles  des  plantes  pour  désigner 
,  les  végétaux  qui  n’ont  pas  de  sexe  ,  comme 
les  Lichens  ,  les  Algues  ,  lés  Champignons 
et  les  autres  Cryptogames.  Ce  mot  n’a  pas 
été  adopté  ;  pourtant ,  Gærtner  s’est  servi 
de  celui  dAsexualis,  en  lui  donnant  le  mê¬ 
me  sens.  Voy.  aoames.  (Lév.) 

ASFUR.  poiss.  —  Ce  nom,  qui  signifie 
Moineau ,  a  été  employé  par  Forskal  comme 
épithète  de  son  Chœtodon  Asfur.  M.  de  La- 
cépède  a  cru  devoir  le  placer  parmi  ses 
Pomacanthesj  mais  le  fait  est  que  l’espèce 
appartient  à  ses  Holacanthes.  Voy.  ce  mot. 

(Yal.). 

^ASIATIQUES,  arâcii. — M.  YValcfcff- 
naër  nomme  ainsi  une  petite  division  de 
son  genre  attus.  Voy.  ce  mot.  (Bt.) 

ASID A  (  étymologie  inconnue  ).  iNS.  — 
Genre  de  Coléoptères  hétéromères ,  famille 
des  Mélasomes  ,  tribu  des  Blapsides ,  établi 
par  Latreille  aux  dépens  du  genre  Opatrum 
de  Fabricius,  et  auquel  il  assigne  pour  ca¬ 
ractères  :  Étuis  soudés.  Palpes  maxillaires 
terminés  par  un  article  plus  grand ,  trian¬ 
gulaire.  Menton  large ,  recouvrant  la  base' 
des  mâchoires.  Les  deux  derniers  articles’ 
des  antennes  réunis  en  un  bouton  ;  le  termi¬ 
nal  plus  petit.  M.  Soli.er,  dans  son  Essai  sur 
les  CollaptérideSj  place  ce  genre  dans  sa; 
tribu  des  Asidites ,  et  le  caractérise  d’une; 
manière  beaucoup  plus  détaillée.  Il  partage 
en  deux  division  g  les  quarante-deux  espèces 
qu’il  y  rappor  te.  La  première  comprend 
celles  qui  ont .  les  élytres  couvertes  d’éléva¬ 
tions  costifo  /mes  très  irrégulières,  fortement 
sinueuses  'ou  interrompues ,  fortement  gra¬ 
nuleuses  f  et  le  plus  souvent  couvertes  de  pe¬ 
tits  poi’  £s  serrés  ;  le  tergum  du  prothorax 
plus  o  fl  moins  prolongé  en  lobe  dans  le  mi¬ 
lieu  sa  base ,  l’écusson  peu  saillant.  La 
secr  jnde  se  compose  de  celles  qui  ont  les  é- 
lyf  .res  sans  côtes  ni  élévations  sensibles,  ou 
3  vec  des  côtes  longitudinales  droites,  ni  in¬ 
terrompues  ni  sinueuses,  lisses  ou  peu  tu- 
J  berculeuses  ;  le  tergum  du  prothorax  sub- 
{ tronqué,  ou  à  peine  saillant,  en  lobe,  au  mi* 
14* 


AS! 


ASI 


218 

lieu  de  sa  base  ;  la  saillie  de  l’écusson  beau¬ 
coup  plus  prononcée. 

Les  Asides  sont  toutes  propres  à  l’ancien 
continent;  on  ne  les  trouve  que  dans  les 
endroits  chauds  et  sablonneux.  M.  Dejean, 
dans  son  dernier  Catalogue ,  en  mentionne 
quarante-quatre  espèces,  dont  huit  d’Afrique 
et  les  autres  d’Europe.  Nous  n’en  citerons 
qu’une,  V  Asida  grisea  ( Asidum  griseum 
Fabr.).  C’est  la  seule  qui  se  trouve  aux  en¬ 
virons  de  Paris.  (D.) 

*  ASIDÏTES.  ins.  —  Groupe  de  la  tri¬ 
bu  des  Blapsidaires,  famille  des  Mélasomes, 
ordre  des  Coléoptères  hétéromères,  établi 
par  M.  Delaporte  (Hist.  naturelle  des  Colé- 
opt.,  faisant  suite  au  Buffon-Duménil,  t.  II, 
p.  205),  et  qui  se  compose  des  g.  Zopherus, 
Asida ,  Pelecyphorus ,  Microschatia ,  Mach- 
la,  Scotynus  et  Platynotus.  Ces  sept  g.  ont 
pour  caract.  communs  :  Menton  grand  ,  cor- 
diforme ,  occupant  transversalement  la  ma¬ 
jeure  partie  du  dessous  de  la  tête.  Corselet  à 
rebords  latéraux  très  grands.  Tarses  simples 
dans  les  deux  sexes.  Ces  insectes  habitent  de 
préférence  les  endroits  secs  et  arides,  et  par¬ 
ticipent  souvent  de  la  couleur  du  terrain  où 
ils  vivent.  Us  sont  en  général  de  couleur 
cendrée.  La  tribu  des  asidites,  suivant  M. 
Solier  [Ann.  de  la  Soc.  entom.  de  France , 
t.  Y,  p.  403),  se  compose  de  neuf  genres, 
dont  voici  les  noms  :  Asida ,  Pelecyphorus , 
Microschatia ,  Machla ,  Stenoides ,  Steno- 
morpha ,  Cardigenius ,  Scotinus ,  Hetero- 
scelis.  Voy.  ces  mots.  (D.) 

ASILE,  ojs.  —  Nom  sous  lequel  Ari¬ 
stote,  et,  d’après  lui,  pïusieurs  ornithologis¬ 
tes  ont  désigné  le  PouiUot ,  Motacilla  Tro- 
chilus  ,  Gm.  Voy.  sylyiïs-poijillot. 

(C.  »’0.) 

ASILE.  Asilus  (Mouche  qui  tourmente 
les  bestiaux ,  suivant  Virgile  et  Pline),  ins. 
— Genre  de  l’ordre  des  Diptères,  division  des 
Brachocères,  subdivision  des  Tetrachœtes, 
famille  des  Tanystomes,  tribu  des  Asiliques. 
Ce  genre ,  établi  par  Linné ,  a  été  adopté 
depuis  par  tous  les  auteurs  ;  mais  il  est  de¬ 
venu  si  nombreux  en  espèces ,  qu’on  a  senti 
la  nécessité  de  le  diviser  en  plusieurs  gen  res. 
Latreille  est  le  premier  qui  ait  fait  cette  di¬ 
vision  en  convertissant  le  genre  de  Linné 
d’abord  en  une  famille  sous  le  nom  d’Asili- 
ques  (généra),  ensuite  en  une  tribu  du  même 
nom,  faisant  partie  de  sa  famille  des  Tany¬ 


stomes  ( Fam .  natur.).  C’est  dans  cet  état 
de  choses  que  M.  Macquart  a  adopté  le  genre 
Asile,  qui  se  trouve  aujourd’hui  très  re¬ 
streint,  et  qu’il  caractérise  ainsi  :  Lèvre  su¬ 
périeure  tronquée  obliquement  ;  premier 
article  des  antennes  un  peu  allongé  ;  troisiè¬ 
me  long,  subulé,  comprimé  ;  style  sétacé,  un 
peu  allongé ,  de  deux  articles.  Abdomen  al¬ 
longé,  rétréci  postérieurement;  organe  co- 
pulateur  grand  chez  le  mâle  ;  tarière  com¬ 
primée,  bivalve  chez  la  femelle.  Cellule  mar¬ 
ginale  des  ailes  ordinairement  petite  ,  quel¬ 
quefois  plus  longue  que  la  première  ;  qua¬ 
trième  cellule  postérieure  fermée.  Des  trente- 
huit  espèces  que  M.  Macquart  rapporte  à  ce 
genre,  nous  n’en  citerons  que  deux  :  l’Asile 
barbaresque,  Asilus  barbarus  de  Fabricius, 
qui  se  trouve  dans  le  midi  de  l’Europe  et  en 
Barbarie  ;  l’Asile  frelon ,  Asilus  crabronifor- 
mis  de  Linné,  qui  se  trouve  dans  toute  l’Eu¬ 
rope  .  Cette  dernière ,  qui  a  servi  de  type  au 
genre,  a  été  décrite  et  figurée  par  Geoffroy, 
pl.  17,  fig.  3,  sous  le  nom  d’Asile  brun,  à 
ventre  de  deux  couleurs. 

Les  Asiles  ont  l’abdomen  en  cône  allongé, 
très  pointu  dans  les  femelles,  avec  les  pieds 
robustes.  Ce  sont  des  insectes  éminemment 
carnassiers  et  ravisseurs,  qui  se  nourrissent 
de  proie  vivante,  et  font  la  chasse  à  tous  les 
insectes  plus  faibles  qu’eux,  et  même  quel¬ 
quefois  plus  forts  en  apparence.  Leur  vol  est 
rapide  et  accompagné  d’un  bourdonnement 
assez  fort.  On  les  rencontre  surtout  à  la  fin 
de  l’été  et  en  automne  ;  les  uns  se  tiennent 
à  terre,  dans  les  endroits  secs  et  sablonneux  , 
les  autres  se  posent  sur  les  troncs  des  ar¬ 
bres  ou  sur  les  bois  coupés.  Frisch  a  ob¬ 
servé  les  métamorphoses  de  l’A.  frelon  et  de 
l’A.  cend'ré.  Degéer  abonné  aussi  des  dé¬ 
tails  sur  celles  de  cette  dernière  espèce. 
Leurs  larves  ,  pour  la  description  desquelles 
nous  renvoyons  à  ces  deux  auteurs,  vivent 
et  se  métamorphosent  dans  la  terre ,  à  l’in¬ 
star  de  celles  des  Tipulaires.  (D.) 

ASILIQUESt  Asilici.  ins.  —  Tribu  de 
l’ordre  des  Diptères,  division  des  Bracho¬ 
cères,  subdivision  des  Tétrachœtes,  famille 
des  Tanystomes.  Cette  tribu,  qui  a  pour  type 
le  genre  Asilus  de  Linné ,  a  été  établie  par 
Latreille  ,  et  adoptée  par  Meigen  ,  Fallen  et 
M.  Macquart.  Ce  dernier  auteur  (Hist.  naU 
des  Diptères,  faisant  suite  au  Buffon-Roret , 
t',  I ,  p.  275  )  la  compose  des  douze  genres 


ÀSÏ 


ASI 


219 


dont  voici  les  noms  :  Rhopalogastre,  Xipho - 
cere,  Laphrie ,  Mégapode,  Cératurge,  Dioc- 
trie,  Doripogon,  Mallophore,  Ommatie,  Go- 
nype  et  Damalis.  Leurs  caractères  sont  : 
Tête  fort  déprimée.  Trompe  peu  allongée; 
lèvres  terminales  formant  la  partie  saillante, 
tantôt  coniques,  tantôt  cylindriques.  Labre 
très  court,  conique.  Palpes  ordinairement 
petites.  Face  barbue.  Yertex  concave.  Yeux 
distants  dans  les  deux  sexes.  Style  des  an¬ 
tennes  quelquefois  nul.  Abdomen  ordinaire¬ 
ment  cylindrique,  déprimé  dans  les  femelles. 
Jambes  et  tarses  munis  de  soies.  Cellule  mar¬ 
ginale  des  ailes  ordinairement  fermée  ;  or¬ 
dinairement  cinq  cellules  postérieures. 

On  trouve  des  Asiliques  dans  les  champs, 
les  jardins  et  les  prairies,  surtout  vers  la  fin 
de  l’été  ,  en  automne.  Ils  volent  avec  rapidi¬ 
té,  particulièrement  quand  le  soleil  est  très 
chaud.  Ils  vivent  généralement  de  proie,  en 
saisissant  d’autres  insectes  au  vol  avec  leurs 
pattes  antérieures ,  qui  sont  très  robustes. 
Ils  les  tuent  en  les  piquant  avec  une  des  qua¬ 
tre  pièces  de  leur  suçoir  ,  qui  est  un  vérita¬ 
ble  stylet  très  pointu,  et  les  sucent  ensuite. 
L’enveloppe  coriace  des  Coléoptères  ne  les 
garantit  même  pas  de  cette  arme  meurtrière. 
Les  grandes  esp.,  comme  les  Taons,  atta¬ 
quent  aussi  les  bestiaux  et  les  tourmentent 
avec  acharnement.  Ces  Diptères  sont  beau¬ 
coup  plus  nombreux  dans  le  midi  que  dans 
le  nord,  où  l’on  ne  trouve  guère  que  quelques 
espèces  des  genres  Dioctrie  et  Asile.  (D.) 

*  ASILÏTES.  Asilitœ.  ms. — Nom  d’une 
sous-tribu  de  la  tribu  des  Asiliques  dans  l’or¬ 
dre  des  Diptères ,  division  des  Brachocères, 
subdivision  des  Tétrachœtes ,  famille  des  Ta- 
nystomes ,  établie  par  M.  Macquart  dans  son 
ouvrage  intitulé  Diptères  exotiques  nou¬ 
veaux  ou  peu  connus ,  et  qu’il  compose  de 
quatorze  genres,  dont  cinq  ont  déjà  été  cités 
dans  la  tribu  des  Asiliques  ;  les  autres  sont  : 
Craspédie,  Trupanée ,  Erax,  Apoclée,  Proc- 
tacanthe ,  Lophonote,  Sénoprosope ,  Léca- 
nie  et  Atractie.  ( Voy .  ces  mots.)  Leurs  ca¬ 
ractères  communs  sont  :  Antennes  à  style 
allongé  et  ordinairement  sétacé.  Ailes  à  cel¬ 
lule  marginale  et  quatrième  postérieure  or¬ 
dinairement  fermées.  (D.) 

ASILXJS.  ms.  —  Voyez  asile.  (D.) 

ASI  MI  N  A ,  Adans.  —  Orchidocarpon  , 
Michx.  —  Porcelia ,  Pursh  (non  Ruiz  etPa- 
von).  ( Asiminier ,  nom  vulgaire  donné  à  ces  | 


végétaux  par  les  Français  de  la  Louisiane.) 
bot.  pii.  —  Genre  de  la  famille  des  Ano- 
nacées,  offrant  les  caract.  suivants  (Spach  , 
Suites  à  Buffon,  Plant,  ph.,  t.  VII,  p.  526)  : 
Calice  3-sépale,  non  persistant.  Pétales  6 
(accidentellement  9),  distincts,  plus  ou  moins 
connivents,  ascendants  et  concaves  à  la  base  : 
les  trois  extérieurs  plus  grands  que  les  inté¬ 
rieurs.  Réceptacle  gros,  convexe.  Étamines 
nombreuses,  cunéiformes,  imbriquées  en  ca¬ 
pitule  hémisphérique  ;  anthères  subsessiles, 
extrorses,  à  appendice  apicilaire  convexe  ou 
concave ,  glandiforme.  Ovaires  3  à  8,  agré¬ 
gés  au  sommet  du  réceptacle  ,  non  stipités, 
distincts ,  serrés  ,  8-20-ovulés  ;  ovules  ana- 
tropes,  axiles,  horizontaux,  opposés-bisé- 
riés.  Styles  très  courts,  distincts,  terminés 
chacun  en  stigmate  subclaviforme  et  recour¬ 
bé.  Péricarpe  composé  de  1  à  3  baies  (  la 
plupart  des  ovaires  avortant)  distinctes, 
charnues,  pulpeuses  en  dedans,  ovoïdes,  ou 
oblongues  ,  ou  subglobuleuses,  inarticulées, 
substipitées ,  polyspermes ,  ou  par  avorte* 
ment  oligospermes.  Graines  subglobuleu¬ 
ses,  ou  plus  ou  moins  comprimées ,  lisses, 
inarillées,  par  avortement  1-sériées ,  sépa¬ 
rées  les  unes  des  autres  par  des  diaphrag¬ 
mes  pulpeux.  Test  dur,  coriace  ;  périsperme 
profondément  rimeux.  —  Arbrisseaux  ou 
petits  arbres.  Feuilles  soit  coriaces  et  persi¬ 
stantes,  soit  minces  et  non  persistantes,  en 
général  grandes  :  les  jeunes  couvertes  d’une 
pubescence  soyeuse.  Pédoncules  courts  ou 
presque  nuis  ,  nutants ,  solitaires ,  1-flores  , 
axillaires  sur  les  ramules  de  l’année  précé¬ 
dente  (  de  sorte  que  les  fleurs  des  espèces 
à  feuilles  non  persistantes  deviennent  com¬ 
me  latérales),  1  ou  2-bractéolés.  Fleurs  soit 
très  petites,  soit  plus  ou  moins  grandes ,  peu 
odorantes,  d’un  pourpre  brunâtre  ou  verd⬠
tre  ,  ou  bien  d’un  jaune  livide.  Baies  grosses, 
jaunes,  pendantes. 

Ce  genre  appartient  aux  régions  tempérées 
de  l’Amérique  septentrionale  ;  on  en  connaît 
six  espèces  ;  leur  écorce  et  leurs  feuilles  ex¬ 
halent  ,  lorsqu’on  les  broie ,  une  odeur  très 
fétide  ;  les  fruits  sont  mangeables ,  mais  peu 
savoureux.  Quelques  espèces  se  cultivent 
comme  arbustes  d’ornement;  ce  sont  les 
seules ,  parmi  toutes  les  autres  Anonacées , 
qui  puissent  résister,  en  plein  air,  aux  hivers 
du  nord  de  la  France.  (Sp.) 

*  A  SI  MI  NE.  Asimina.  bot,  —  ]\ora 


220 


ASI 


ASi 


donné  par  M.  Desvaux  au  fruit  appelé  Syn- 
carpe  par  M.  Richard.  Voy.  ce  mot. 

(C,  D’O.) 

*  ASIMMIER  ou  A8SIMIMER. 
bot.  ph.  —  Nom  donné  par  les  Français  de 
la  Louisiane  aux  espèces  du  genre  Asimina, 
indigènes  des  États-Unis.  (Sp.) 

ASINDULE.  Asindulum.  ms.— Genre 
de  l’ordre  des  Diptères,  division  des  Né- 
mocères ,  famille  des  Tipulaires ,  tribu  des 
Tipulaires  fongicoles ,  établi  par  Latreille  et 
adopté  par  M.  Macquart  (  Hist.  natur.  des 
Diptères,  faisant  suite  au  Buffon-Roret , 
t.  I,  p.  140).  Ce  genre  a  pour  type  et  unique 
espèce  VAsindulum  nigrum  de  Latreille 
(Hist.  nat.  des  Crusf.  et  Insect. ,  t.  XîV,  p. 
290  ;  Gener.,  t.  I ,  tab.  14,  fig.  1  ).  Cette  es¬ 
pèce  a  été  découverte  près  de  Paris  par  M. 
Léon  Dufour,  et  retrouvée  depuis  dans  les 
environs  de  Lille  par  M.  Macquart.  Elle  est 
longue  de  trois  lignes,  noire  ,  avec  les  pieds 
bruns  et  les  ailes  brunâtres,  plus  obscures  à 
l’extrémité  dans  la  femelle.  (D.) 

ASÏNUS.  mam.  —  Voyez  cheval. 

(A.  DE  Q.) 

ASIO.  ois.  —  Genre  formé  par  Swains. 
dans  sa  classification,  et  synonyme  du  genre 
Duc  (Bubo  ,  Cuv.).  Les  caract.  qu’il  lui  assi¬ 
gne  sont  :  Tête  grande,  avec  deux  aigrettes; 
oreilles  et  disque  facial  de  grandeur  moyen¬ 
ne,  ce  dernier  quelquefois  imparfait.  Oreil¬ 
les  sans  opercules.  Bec  court,  avec  la  man¬ 
dibule  supérieure  munie  quelquefois  d’un 
feston. 

Il  donne  à  ce  genre  deux  sous-genres,  dont 
le  premier,  Heliaptex,  a  pour  type  H.  arc- 
ticus  (  North .  Zool.,  pl.  32),  et  le  second, 
Scops,  ou  petit  Duc ,  espèces  bien  connues. 
Voy.  duc.  (Lafr.) 

*  ASIPIfOKOBRANCHES.  Asipho - 
nobranchiata  (  «crt^wv ,  wvos ,  privé  de  si¬ 
phon  ;  Gpà'/xix,  branchies,  ouïes),  moll. — 
M.  de  Blainville  a  divisé  les  Mollusques  pa- 
racéphalophores  dioïques  en  deux  grands 
ordres  :  ceux  qui  sont  siphonobranches , 
c’est-à-dire  qui  portent  au  dessus  de  la  tê¬ 
te  un  canal  formé  par  le  manteau ,  et 
destiné  à  porter  l’eau  sur  les  branchies  ;  le 
second  ordre  comprend  ceux  des  Mollus¬ 
ques  qui  n’ont  point  ce  canal.  La  présence 
ou  l’absence  de  ce  canal  entraîne  dans  la 
Coquille  des  modifications  importantes  :  car 
les  uns  ont  toujours  une  échancrure  ou  un 


canal  terminal ,  tandis  que  les  autres  ont 
constamment  l’ouverture  entière.  Pour  M. 
de  Blainville  ,  tous  ces  Mollusques  présen¬ 
tent  ce  caractère  commun  d’avoir  les  orga¬ 
nes  de  la  génération  séparés  dans  des  indi¬ 
vidus  différents.  Nous  verrons  à  l’article 
mollusques  quelle  importance  on  doit 
donner  aux  caractères  qui  ont  servi  de  base 
aux  divisions  primordiales  des  Mollusques 
proposées  par  M.  de  Blainville.  Voy.  mol¬ 
lusques.  (Desh.) 

*  ASIPHONOIDES.  Asiphonoidea  («- 
(jtipoüv,  covos ,  privé  de  siphon  ;  etcTo$ ,  aspect , 
forme),  moll.  —  Avant  la  classification 
des  Céphalopodes  par  M.  de  Haan ,  les  zoo¬ 
logistes  confondaient  avec  les  Coquilles  de 
ces  animaux  un  grand  nombre  de  Coquilles 
microscopiques ,  dont  les  travaux  de  Solda- 
ni  firent  connaître  les  formes  variées  et  les 
plus  singulières.  Linné  en  avait  connu  un 
petit  nombre,  et  il  les  rapportait  à  son 
genre  Nautile,  imité  en  cela  par  tous  les 
autres  zoologistes.  Ces  corps  ont  toujours 
été  rapportés  aux  Céphalopodes,  sans  qu’on 
ait  fait  assez  attention  à  la  différence  de 
leur  organisation  intérieure.  Dans  le  même 
temps ,  M.  de  Haan  de  son  côté  ,  et  M.  Al¬ 
cide  d’Orbigny  du  sien ,  séparaient  en  une 
classe  particulière  toutes  ces  Coquilles  mi¬ 
croscopiques  ,  parce  qu’elles  n’ont  point  de 
siphon.  L’absence  de  cette  partie  dans  ces 
Coquilles  a  fait  proposer  pour  elles  ,  par  M. 
de  Haan,  le  nom  d 'Asiphonoïdes.  Depuis 
leur  séparation  comme  classe  des  Céphalo¬ 
podes  ,  un  habile  observateur ,  M.  Dujar¬ 
din  ,  a  découvert  des  animaux  singuliers, 
créateurs  de  ces  Coquilles  microscopiques. 
Il  leur  a  trouvé  une  organisation  au  moins 
aussi  simple  que  celle  des  Zoophytes  ,  et  il 
a  proposé  pour  eux  une  classe  à  part  dans 
le  règne  animal.  Maintenant ,  les  Coquilles 
microscopiques  comprises  par  M.  de  Haan 
dans  sa  classe  des  Asiphonoïdes  ne  sont  plus 
comptées  parmi  les  Mollusques.  (Desh.) 

ASIRACA  (àcipxwq,  nom  d’un  insec¬ 
te  chez  les  Grecs),  ins.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Fulgoriens,  de  l’ordre  des  Hémi¬ 
ptères  ,  section  des  Homoptères,  établi  par 
Latreille,  et  adopté  par  tous  les  entomolo¬ 
gistes.  Ce  genre  est  principalement  caracté¬ 
risé  par  des  antennes  dépassant  la  longueur 
de  la  moitié  du  corps ,  et  insérées  en  de¬ 
hors  de  la  face ,  ayant  leur  premier  article 


ASO 


ASP 


221 


plus  long  que  le  second ,  et  celui-ci  plus 
grêle;  et  par  les  pattes  épaisses,  avec  les  jam¬ 
bes  postérieures  longues,  munies  d’une  é- 
pine  au  bord  externe,  et  d’une  pointe  plus 
grosse  à  l’extrémité. 

Les  Asiraca  se  composent  d’un  petit 
nombre  d’espèces  ,  répandues  dans  les  dit 
verses  parties  du  monde;  le  type  est  VA, 
clavicornis  (  Delphax  clavicornis  Fabr.  )  , 
qu’on  rencontre  dans  la  plus  grande  partie 
de  l’Europe.  (Bl.) 

*  ÂSOMOPES.  Asomopia  (  «  priv.;  o-S- 
corps;  rtoâg',  pied),  zooph.  —  Genre 
indiqué  parM.  Rafinesque  auprès  des  Mam¬ 
maires  [Anal,  de  la  nat.,  p.  154).  (P.  G.) 

*A SOFIA  (nom  mythologique),  ins.  — 
Genre  de  l’ordre  des  Lépidoptères ,  famille 
des  Nocturnes ,  tribu  des  Pyralites  ,  établi 
par  M.  Treistchke  aux  dépens  des  Botys  de 
Latreille ,  et  que  nous  avons  adopté  dans 
V Histoire  naturelle  des  Lépidoptères  de 
France  ,  en  le  caractérisant  ainsi  :  Palpes 
inférieurs  courts  ,  cylindriques ,  avec  le  der¬ 
nier  article  très  aigu.  Trompe  longue  et 
épaisse.  Antennes  simples  dans  les  deux 
sexes.  Corps  du  mâle  peu  allongé.  Ailes  su¬ 
périeures  étroites ,  les  inférieures  oblon- 
gues.  —  Ce  genre  comprend  pour  nous  11 
espèces,  dont  nous  ne  citerons  que  celle 
qui  lui  sert  de  type,  le  Botys  de  la  farine 
de  Latreille ,  Pyralis  farinalis  de  Linné ,  ou 
Phalène  à  ventre  relevé  de  Geoffroy.  En 
effet ,  c’est  l’attitude  qu’elle  prend  dans  l’é¬ 
tat  de  repos.  On  la  rencontre  souvent  ainsi 
dans  les  cuisines  et  dans  les  jardins,  sur  le 
tronc  des  arbres.  Sa  chenille  n’est  pas  en¬ 
core  connue ,  bien  que  Linné  dise  :  «  Ha¬ 
bitat  in  farina  culinari  cibis  parafa ,  se- 
dens  caude  erectâ  »  ;  mais  il  y  a  lieu  de 
croire  que  cette  phrase,  que  tous  les  au¬ 
teurs  ont  appliquée  à  sa  chenille,  ne  doit 
s’entendre  que  du  papillon.  (D.) 

*ASOPUS  (Asope ,  nom  mythologique). 
ins.  —  M.  Burmeister  applique  ce  nom  à 
un  genre  de  la  famille  des  Seutellériens , 
de  l’ordre  des  Hémiptères  ,  renfermant 
des  espèces  très  différentes  entre  elles  , 
quoiqu’il  les  distingue  en  général  de  la  plu¬ 
part  des  autres  Pentatomes  par  l’absence 
d’un  canal  propre  à  recevoir  le  premier 
article  du  rostre  ;  mais ,  sauf  ce  caractère  , 
auquel  nous  n’attachons  pas  autant  d’im¬ 
portance  que  M.  Burmeister ,  on  ne  trouve 


plus  que  de  très  grandes  différences  entre 
quelques  uns  de  ses  Asopus.  En  effet ,  cet 
auteur  y  rapporte  les  g.  Arma,  J alla,  Ey - 
sarcoris ,  de  Hahn ,  qui  se  lient  intime¬ 
ment  avec  les  vrais  Pentatoma  ( Cimex , 
Burm,),  et  les  g.  Stiretrus  et  Discoçera  de 
Laporte,  qui ,  par  la  forme  générale  de  leur 
corps  ,  et  par  la  grande  étendue  de  l’écus¬ 
son,  forment  un  passage  manifeste  entre  les 
Pentatomites  et  Scutellérites.  D’après  ce 
qui  précède ,  on  reconnaîtra  facilement  que 
la  dénomination  d 'Asopus  doit  être  suppri¬ 
mée  ,  puisque  les  trois  premiers  g.,  soit  qu’on 
les  réunisse  aux  Pentatoma ,  soit  qu’on  les 
regarde  comme  distincts ,  n’ont  pas  besoin 
d’autre  dénomination  que  celle  qu’ils  avaient 
déjà  reçue  ,  non  plus  que  les  seconds  nom¬ 
més  précédemment  par  M.  Laporte.  Voy. 
chacun  des  genres  cités ,  et  principalement 
Pentatoma  et  Stiretrus.  (Bl.) 

ASOTUS.  poiss.  —  Linné  a  donné,  on 
ne  peut  trop  deviner  pourquoi,  ce  nom  (dé¬ 
bouché)  à  un  Silure  observé  par  lui  dans 
le  cabinet  de  l’Académie  de  Stockholm,  et 
dont  tous  les  auteurs  ont  parlé  en  copiant  la 
courte  description  de  Linné.  Nous  avons , 
dans  notre  Ichthyologie ,  rapporté  le  nom 
de  Silurus  Asotus  à  une  esp.  de  Silure  du 
Bengale,  très  voisine  du  Silurus  atu ,  et  qui 
nous  a  paru  convenir  à  la  description  de 
Linné.  _  (Val.) 

*ASPALACIDÉS.  Aspalacidœ.  mai. 
—  Gray  donne  ce  nom  à  une  famille  de 
l’ordre  des  Rongeurs ,  qui  a  pour  type  le 
genre  Aspalax  ou  Rat-Taupe.  (C.  d’O.) 

* ASPALATÏIÏUM ,  Medicus  (Allu¬ 
sion  à  Aspalathus ).  bot.  ph.  —  Genre  non 
admis,  fondé  sur  le  Psoralea  palœstina  et 
le  Psoralea  bituminosa  L.,  de  la  famille 
des  Légumineuses.  (Sp.) 

*  ASPALATHOIDES ,  DG.  [sub  An- 
tliyllide)  («.axàù«.Qc  s,  genêt;  et  d'os,  ressem¬ 
blance).  bot.  ph.  —  M.  De  Candolle  donne 
ce  nom  à  une  section  du  genre  Anthyllis , 
qu’il  caractérise  ainsi  :  Calice  à  peine  bouf¬ 
fi.  Légume  1  ou  2-sperme,  point  septulé. 
Fleurs  solitaires ,  ou  subsolitaires,  ou  en 
épis  interrompus.  Arbustes  très  rameux, 
souvent  épineux  ;  feuilles  simples  ou  3-folio- 
lées.  Cette  section  comprend  VA.  cytisoi- 
des,  VA.  Aspalathi,  l’A.  Hermanniœ ,  etc. 

(SP.) 

ASPALATHUS,  L. — Eriocalyx, HocV, 


§22 


ASP 


ASP 


Scaligera,  Adans.—  Aulacintlms,  E.  Meyer; 
Buchenrœdera,  Eckl.  et  Zeyh.  (  foie «>«0os , 
sorte  de  genêt),  bot.  ph.  — Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Légumineuses,  s.-ordre  des  Papi- 
lionacées ,  tribu  des  Lotées  ,  s.-tribu  des 
Génistées,  DG.  Il  offre  pour  caract.  distin¬ 
ctifs  :  Calice  campanulé  ou  obconique,  5-fide 
ou  5-denté,  à  lobes  presque  égaux.  Corolle 
à  étendard  courtement  onguiculé;  ailes  fal- 
ciformes,  obtuses;  carène  2-céphale,  de  la 
longueur  des  ailes.  Etamines  10 ,  monadel- 
phes;  androphore  fendu  en  dessus.  Ovaire 
pauci-ovulé.  Style  filiforme,  ascendant  ;  sti¬ 
gmate  obtus.  Légume  1-à  3-sperme,  oblong. 

—  Arbrisseaux  ou  sous-arbrisseaux.  Feuilles 
digitées  (3-ou  5-foliolées),  subsessiles  ;  folio¬ 
les  planes  ou  trièdres  ;  stipules  nulles  ou 
conformes  aux  folioles.  Fleurs  solitaires, 
axillaires ,  ou  en  épis  terminaux.  Ce  genre 
appartient  à  l’Afrique  australe.  (Sp.) 

ASPALAX ,  Oliv.  («< -ncùxÇ,  nom  grec 
de  la  Taupe),  mam.  —  Voyez  rat-taupe. 

—  Séba  donne  ce  nom  au  chrysochlore. 

Voy.  ce  mot.  (A.  de  Q.) 

*  ASPALOSOME  (  kokcùxÇ,  taupe;  crô>- 
p* ,  corps  ).  térat.  —  M.  Geoffroy  Saint- 
Hilaire  a  donné  ce  nom  à  une  monstruosité 
d’un  fœtus  humain  dont  le  corps  avait  avec 
la  Taupe  certains  points  de  ressemblance. 

(C.  D’O.) 

*ASPARAGÉES.Aspara</eee.BOT.  ph. 

—  L’une  des  tribus  établies  par  M.  Lindley 

dans  la  famille  des  Liliacées,  et  qui  com¬ 
prend  une  partie  des  genres  autrefois  placés 
dans  la  famille  des  Asparaginées.  Voy.  ce 
mot  et  liliacées.  (A.  R.) 

ASPARAGINÉES.  Asparagineœ.  bot. 
ph.  —  Jussieu  ( Gen .  Plant.)  avait  établi 
sous  le  nom  d'Asparagi  une  famille  que 
plus  généralement  on  a  nommée  Asparagi¬ 
nées.  Elle  contenait  un  assez  grand  nombre 
de  genres  ayant  du  rapport  avec  le  g.  As¬ 
perge  ( Asparagus ) ,  et  qui  diffèrent  surtout 
des  Liliacées  et  des  Asphodélées  par  un 
fruit  généralement  charnu,  à  trois  loges 
contenant  chacune  une  ou  deux  graines 
seulement.  Depuis  cette  époque,  ce  groupe 
naturel  de  végétaux  a  été  l’objet  de  beau¬ 
coup  de  changements.  Ainsi  Robert  Brown 
en  a  d’abord  retiré  les  g.  qui,  comme  les 
Dioscorea  et  Tamus ,  ont  l’ovaire  infère, 
pour  en  constituer  la  famille  des  Dioscorées. 
Quant  aux  g.  plus  nombreux  qui  ont  l’o¬ 


vaire  libre ,  il  en  a  reporté  plusieurs  dans 
la  famille  des  Asphodélées,  et  a  formé  des 
autres  une  petite  famille  qu’il  a  nommée 
Smilacées,  distincte  surtout  des  Asphodé¬ 
lées  par  un  style  trifide  ou  trois  stigmates. 
Nous  avions  nous-même  ,  dans  nos  Élé¬ 
ments  de  Botanique ,  adopté  les  idées  de 
notre  savant  ami,  sans  néanmoins  retirer  du 
groupe  des  Smilacées,  auquel  nous  avions 
conservé  le  nom  d'Asparaginées,  les  genres 
qu’il  avait  colloqués  parmi  les  Asphodélées; 
mais  cependant  un  examen  attentif  des  g. 
nombreux  de  végétaux  autrefois  répartis 
dans  les  familles  des  Liliacées,  Mes  Asphodé¬ 
lées  ,  des  Hémérocallidées  et  des  Asparagi¬ 
nées,  nous  a  amené  h  les  considérer  comme 
formant  un  seul  et  même  groupe ,  auquel 
nous  conserverons  le  nom  de  Liliacées.  Au 
reste,  c’est  aussi  l’opinion  de  M.  Lindley, 
qui,  dans  la  2e  édition  de  son  Système  natu¬ 
rel  ,  a  réuni  ces  diverses  familles  sous  le 
nom  de  Liliacées .  Voy.  ce  mot.  (A.  R.) 

ASPARAGOIDES.  bot.  ph.  —  Ven- 
tenat  appelait  ainsi  la  famille  des  Asparagi¬ 
nées.  Voy.  ASPARAGINÉES  et  LILIACÉES. 

(A.  R.) 

ASPARAGOLITHE  (  àsrcàpxyoi ,  as¬ 
perge  ;  lldoç ,  pierre  ).  min.  —  Nom  donné 
par  Abildgaard  au  Spargelstein  (pierre  d’As- 
perge)  de  Werner.  Voy.  phosphate  de 
chaux.  (Del.) 

*  ASPARAGOPSIS  (ÂoKxpttyoç,  asper¬ 
ge,  et  oÿtç,  apparence),  bot.  cr.  —  (Phy- 
cées).  M.  Delile  a  décrit  dans  sa  Flore 
d'Égypte,  p.  151,  t.  LVII,  une  plante  marine 
que  ce  savant  avait  découverte  sur  la  côte 
d’Alexandrie,  et  à  laquelle  il  imposa  le  nom 
de  Fucus  taxiformis.  La  description  de 
cette  plante,  excellente  pour  une  époque  où 
l’imperfection  du  microscope  ne  permettait 
pas  de  scruter  la  structure  intime  des  végé¬ 
taux,  est  accompagnée  d’une  figure  qui  repré¬ 
sente  admirablement  son  port,  et  à  laquelle 
il  ne  manque  que  des  détails  analytiques. 
Malheureusement  M.  Delile  ne  trouva  pas 
son  algue  en  bon  état  :  jeune  et  privée  de 
sa  fructification,  il  fut  impossible  de  lui  as¬ 
signer  une  place  certaine  dans  la  famille. 
Aussi  M.  Agardh ,  et ,  après  lui ,  Sprengel, 
la  placèrent-ils  provisoirement  dans  leur  g. 
Chondria,  où  elle  se  trouvait  encore  quand 
MM.  Webb  et  Berthelot  eurent  la  bonne 
fortune  de  la  recueillir,  chargée  de  capsu- 


ASP 


223 


ASP 

les  mûres,  sur  le  littoral  des  îles  Fortunées. 

Ces  deux  savants  m’ayant  confié  le  soin  de 
faire  connaître  les  plantes  cryptogames  qu’ils 
avaient  rapportées  de  ces  îles,  j’ai  étudié 
cette  Thalassiophyte ,  et  j’en  ai  donné  une 
description  complète  et  une  figure  analyti¬ 
que  (F.  Hist.  natur.  des  Canar.,  Phytogr., 
sect.  ult.,  p.  166,  t.  VIII,  f.  6),  que  récla¬ 
mait  l’état  actuel  de  la  Phycologie  ;  mais , 
soit  que  j’aie  accordé  trop  de  confiance  à  la 
valeur  absolue  de  la  fructification,  sans  tenir 
assez  de  compte  de  la  structure  des  frondes; 
soit  que  j’aie  poussé  un  peu  trop  loin  la 
réserve  qu’on  doit  toujours  mettre  dans 
l’établissement  d’un  genre  quand  il  ne  pa¬ 
raît  pas  indispensablement  nécessaire ,  tou¬ 
jours  est-il  que  je  me  suis  borné  à  rappor¬ 
ter  cette  charmante  plante  marine  au  genre 
Dasya ,  dont  elle  a  les  capsules  et  les  spori- 
dies,  sans  présenter  toutefois ,  il  faut  bien 
l’avouer,  la  seconde  sorte  de  fructification. 
J’aurais  pu  tout  aussi  bien  la  ranger  parmi 
les  espèces  du  genre  Bonnemaisonia,  puisque 
les  capsules  sont  identiquement  semblables. 
Cependant ,  en  y  regardant  de  plus  près,  et 
surtout  en  tenant  plus  de  compte  du  systè¬ 
me  végétatif,  que  j’avais  trop  négligé,  sy¬ 
stème  qui,  pour  la  taxonomie  des  plantes  de 
cette  famille,  n’est  pas  d’une  moindre  im¬ 
portance  que  la  fructification  elle-même,  je 
me  suis  enfin  convaincu  que  mon  Basya  De- 
lilei,  sorte  de  passage,  il  est  vrai,  entre  ce  g. 
et  le  Bonnemaisonia ,  ne  pouvait  ni  rester 
dans  l’un ,  ni  entrer  dans  l’autre.  En  effet , 
le  port,  la  souche  rampante,  l’organisation 
des  frondes  et  la  disposition  des  ramules , 
l’éloignent  également  de  tous  les  deux.  Il 
faut  donc  ou  les  réunir  tous  trois,  ce  qui 
est  impossible ,  vu  le  faciès  et  les  considé* 
rations  tirées  de  la  structure,  ou  bien  éle¬ 
ver  au  rang  de  genre  l’espèce  qui  s’écarte 
de  l’un  et  de  l’autre  type.  C’est  ce  dernier 
parti  que  j’ai  pris,  et  j’ai  créé  le  genre  As- 
paragopsis ,  mot  qui  exprime  parfaitement 
le  port  de  ma  plante,  principalement  quand 
elle  est  en  fruit.  En  voici  les  caract.  distinc¬ 
tifs  :  Capsule  sphérique,  d’abord  acuminée, 
ou  surmontée  d’un  mucro  qui  disparaît 
bientôt,  portée  sur  un  assez  long  pédicelle 
et, placée  à  la  base  des  rameaux,  contenant 
des  sporidies  roses,  pyriformes,  ou  en  mas¬ 
sue,  attachées  à  son  fond  par  des  filaments 
cloisonnés  et  transparents.  Tige  ou  souche 


couchée  et  rampante  sur  le  sable  et  les  ro¬ 
chers  au  moyen  de  crampons  radiciformes 
(rameaux  métamorphosés)  d’où  s’élèvent,  à 
des  distances  assez  rapprochées  l’une  de 
l’autre ,  des  frondes  fertiles ,  dressées ,  fili¬ 
formes,  cylindriques,  continues,  rameuses. 
Rameaux  pénicilliformes,  épars  autour  de  la 
fronde  ou  tige  secondaire,  étalés,  les  infé¬ 
rieurs  et  les  supérieurs  de  plus  en  plus 
courts,  de  manière  à  ce  que  l’algue  revête  la 
forme  soit  d’un  petit  if,  d’où  le  premier  nom 
spécifique  ;  soit  d’une  tige  d’Asperge  en  mi¬ 
niature,  circonstance  qui  m’a  fourni  le  nom 
générique.  Ramules  membraneux ,  de  con¬ 
sistance  gélatineuse ,  très  délicats ,  un  peu 
aplatis,  disposés  alternativement  sur  deux 
rangées,  c’est-à-dire  pennés  et  bipennés. 
Pinnules  distinctement  articulées,  à  articles 
multiples,  comme  dans  les  Polysiphonies , 
chaque  endochrome  présentant  trois  cellules 
colorées,  une  moyenne  très  étroite,  en  forme 
de  pilon  à  deux  têtes,  et  deux  latérales,  pro- 
portionnément  plus  larges  et  carrées. 

Cette  algue ,  qui  fait  partie  de  la  tribu 
des  Floridées,  et  qui  prend  place  à  côté  du 
g.  Bonnemaisonia ,  revêt  la  forme  la  plus 
élégante ,  et  se  pare  des  plus  belles  comme 
des  plus  vives  couleurs.  D’abord  d’un  rose 
éclatant,  qui  passe  au  pourpre  ou  au  violet, 
elle  se  décolore  sur  la  fin  de  sa  vie ,  et  de¬ 
vient  d’un  jaune  sale  ;  mais ,  même  en  cet 
état ,  où  elle  a  perdu  tout  son  lustre ,  les 
sporidies  contenues  dans  les  capsules  con¬ 
servent  leur  teinte  rosée.  Sa  consistance  est 
différente  dans  les  tiges  rampantes  et  secon¬ 
daires,  qui  sont  cartilagineuses,  de  ce  qu’el¬ 
le  est  dans  les  derniers  ramules ,  remar¬ 
quables  par  leur  extrême  ténuité ,  leur  déli¬ 
catesse  et  leur  aspect  gélatineux. 

Cette  charmante  Thalassiophyte,  l’une 
des  plus  belles  assurément  de  toutes  les 
Floridées ,  n’a  encore  été  recueillie  que  sur 
les  côtes  d’Égypte  et  de  Syrie,  et  aux  Cana¬ 
ries.  L’esp.  unique  qui  constitue  ce  genre 
doit  prendre  le  nom  d'Asparagopsis  Dell - 
lei.  (C.  M.) 

ASPARAGUS,  bot.  ph.  —  Nom  latin 
du  genre  Asperge.  Voy.  ce  mot.  (A.  R.) 

*ASPASIA  (  àffTCKffios,  aimable),  ins. — 
Genre  de  Coléoptères  pentamères ,  famille 
des  Carabiques ,  tribu  des  Troncatipennes , 

I  établi  par  M.  Dejean  aux  dépens  du  genre 
I  Lebia ,  pour  y  placer  une  seule  espèce,  qu’il 


m 


ASP 


nomme  Cyanoptera ,  et  qui  est  originaire 
du  Brésil.  Yoici  les  caractères  qu’il  assigne 
à  ce  genre  dans  sort  Spécies,  t.  Y,  p.  564  : 
Crochets  des  tarses  dentés  en  dessous.  Le 
lernier  article  des  palpes  maxillaires  cylin¬ 
drique  et  tronqué  à  son  extrémité;  celui 
des  labiaux  très  fortement  sécUriforme. 
Antennes  filiformes.  Articles  des  tarses  lé¬ 
gèrement  triangulaires  ôu  cordiformes;  le 
pénultième  fortement  bilobé.  Corps  court 
et  aplati.  Tête  ovale ,  peu  rétrécie  posté¬ 
rieurement.  Corselet  c'ôfort,-  transversal , 
plus  large  qu’é  la  fêté  ,  légèrement  prolongé 
postérieurement  dans  sôn  milieu  ;  élytrés 
larges,  presque  carrés.  M.  ïfope  {Thé  Cô- 
leopterisVs  Manual,  part.  2,  p.  76)  cite  le 
genre  Aspasia  de  M.  Rejeah ,  comme  ayant 
été  créé  précédemment  par  Eschscholtz , 
sous  le  nom  de  Cryptobaiis.  Voy.  ce  mot. 

m 

*  ASPASïE.  AsptiMà.  bot.  ph.  — 

M.  Lindley  appelle  ainsi  {in  Hook.,  bot. 
mise.  etGen.  and  Sp.  orch.,  p.  159)  un  genre 
de  la  famille  des  Orchidées  et  de  la  tribu 
des  Vandées,  et  auquel  ce  botaniste  donne 
pour  Caractères  :  Un  calice  égal  et  étalé; 
des  sépales  latéraux  ,  externes ,  libres ,  tan¬ 
dis  que  le  supérieur  est  soudé  à  sa  base 
avec  les  deux  intérieurs  et  latéraux  ;  le  la- 
belle,  dépourvu  d’éperon,  est  soucié,  dans 
la  moitié  de  sa  longueur  ,  avec  lé  gynostème  ; 
il  est  concave,  allongé,  et  à  quatre  lobes  peu 
marqués.  Le  gynostème,  parallèle  au  Libel¬ 
le  ,  est  semi-cylindrique  ,  marginé  et  mem¬ 
braneux.  L’anthère  contient  deux  masses 
polliniques  pyriformes,  marquées  d’un  sil¬ 
lon  dans  sa  partie  postérieure  ,  portées  sur 
une  caudicule  plane  que  termine  un  petit 
rétinacle. — L’espècê  unique  qui  constitue  ce 
genre ,  V Àspasia  epidendroides  Lindl.  (£.  c.) 
est  une  plante  parasite,  dont  les  pseudo- 
bulbes  comprimés  et  comme  ailés  portent 
une  à  deux  feuilles  très  longues.  Les  fleurs 
forment  une  grappe  un  peu  plus  longue 
que  les  pseudo-bulbes.  (A.  R.) 

*  ASPELINIA  (Aspelin  ,  auteur  de 
l’une  des  dissertât,  des  Amcénit.  Acad.  ). 
bot.  ph.  —  Ce  g.,  fondé  par  Cassini ,  fait 
aujourd’hui  partie  des  Senecio.  (J.  D.  ) 

*ASPERA,  Mœnch  (  Meth.,  page  641)' 

( asper ,  âpre;  à  cause  du  fruit),  bot.  ph. 
—  Sous-genre  de  la  famille  des  Rubiacées , 
compris  dans  les  Galium  par  la  plupart  des 


4# 

auteurs.  Il  est  fondé  Sur  le  Sherardia  niu~ 
fàlis  Lîhn.  (  Âspèrâ  riutùhs  Mœnch  ;  Ga- 
liurn  ftiüràlé  DG;  ;  Apdrine  minima  AI- 
Iion.),  auquel  M.  De  Candolle  ajoute  deux 
autres  espèces  voisines.  Les  caractères  di¬ 
stinctifs  en  sont  :  Fleurs  hermaphrodites. 
Fruit  oblong,  hispide,  à  coques  (méricar- 
pes)  étroites,  allongées.  Inflorescences  la¬ 
térales.  Les  feuilles  sont  verticillées  -  qua- 
ternées  Ou  sénées;  la  racine  est  annuelle. 

(Sp.) 

*  ASPEREGREN1A ,  Pœpp.  et  Endl. 
(NoP.  Gen.  et  Spec.  Il,  p.  12,  tab.  116). 
bot.  pii.  —  Genre  de  la  famille  des  Orchi¬ 
dées  (  sous-ordre  des  Malaxidées,  tribu  des 
Pleurothallées  ) ,  auquel  ses  auteurs  assi¬ 
gnent  pour  caract.  :  Périanthe  à  folioles  li¬ 
bres  ,  conniventes  ;  les  extérieures  latérales 
placées  sous  le  labelle  ;  les  intérieures  égales. 
Labelle  continu  avec  la  base  du  gynostème, 
courteinent  onguiculé  ,  dréssé,  3-fide,  à 
segments  latéraux  filiformes,  et  à  segment 
moyen  large ,  5-lobé.  Gynostème  continu 
avec  t’ovaire  ,  petit ,  semi-cylindrique.  Mas¬ 
ses  polliniques  au  nombre  de  huit ,  collaté¬ 
rales.  —  On  n’en  connaît  qu’une  espèce  (  A. 
scirpoidea  P.  et  E.  )  ;  c’est  une  herbe  pa¬ 
rasite,  â  tiges  cylindriques,  vaginifères, 
semblables  à  celles  d’un  Scirpus  ;  les  fleurs 
sont  latérales,  fasciculées,  accompagnées  de 
bractées  glumacées.  Cette  plante  croît  au 
Pérou.  (  Sp.) 

ASPERÈLE.  bot.  cr.  —  Voyez 

PRÊLE.  (C.  D’O.) 

ASPERELLE.  bot.  ph.  —  Voyez 
ASÊRELLA.  (C.  D’O.) 

ASPERGE.  Asparagus  ( ÙGKÙpxyoz ,  as¬ 
perge).  bot.  ph.  —  Genre  autrefois  type 
de  la  famille  des  Asparaginées,  qui  est  deve¬ 
nu  depuis  une  simple  tribu  de  la  grande  fa¬ 
mille  des  Liliacées.  Nous  lui  avons  reconnu 
les  caract.  suivants  :  Un  calice  formé  de  six 
sépales  généralement  dressés  et  égaux,  un 
peu  soudés  par  leur  base ,  et  formant  ainsi  un 
périanthe  tubuleux  ou  subcampaniforme.  Six 
étamines,  attachées  chacune  à  la  face  interne 
des  sépales,  et  ayant  les  anthères  allongées, 
à  deux  loges ,  et  introrses.  Un  ovaire  globu¬ 
leux  ,  à  trois  loges ,  contenant  chacune 
deux  ovules  attachés  à  l’angle  interne  de 
la  loge.  Un  style  simple ,  à  trois  angles  ob¬ 
tus  ,  terminé  par  un  stigmate  trilobé.  Le 
fruit  est  une  baie  généralement  globuleu- 


ASP 


ASP 


se ,  contenant  trois,  deux  ou  même  uni  seu¬ 
le  graine  par  avortement.  Ces  graines , 
presque  sphériques,  offrent  un  embryon 
cylindrique,  placé  transversalement  au  hile, 
dans  l’intérieur  d’un  endosperme  dur  et 
presque  corné.  Les  Asperges  sont  des  plan¬ 
tes  vivaces,  quelquefois  des  arbustes  ou  des 
arbrisseaux  sarmenteux  et  grimpants ,  assez 
souvent  munis  d’épines.  Leurs  feuilles  sont 
généralement  petites  et  sétacées  ,  rarement 
planes  et  membraneuses.  Leurs  fleurs  ,  éga¬ 
lement  petites  et  jaunâtres,  sont,  le  plus  sou¬ 
vent,  incomplètement  unisexuées,  par  l’im¬ 
perfection  de  l’un  des  deux  organes  sexuels, 
qui  acquièrent  rarement  l’un  et  l’autre  un 
égal  développement  dans  une  même  fleur. 
On  compte  aujourd’hui  environ  une  cin¬ 
quantaine  d’espèces  dans  ce  genre.  Aucune 
d’elles  ne  croît  dans  le  nouveau  Continent. 
Près  des  deux  tiers  ont  été  trouvés  au  cap 
de  Bonne -Espérance  ;  huit  croissent  dans 
les  diverses  parties  de  l’Europe  méridiona¬ 
le  ,  et  les  autres,  soit  dans  les  îles  Canaries, 
soit  dans  111e  Maurice ,  soit  au  nord  de 
l’Asie. 

Aucune  des  esp.  de  ce  genre  n’est  culti¬ 
vée  dans  les  jardins  comme  plante  d’orne¬ 
ment  ,  à  cause  du  peu  d’agrément  de  leur 
port  et  de  la  petitesse  de  leurs  fleurs  ; 
mais  tout  le  monde  connaît  l’Asperge  com¬ 
mune  (  Asparagus  officinalis  L.  ),  les  soins 
dont  elle  est  l’objet  de  la  part  du  cultiva¬ 
teur,  et  ses  usages  importants  dans  l’écono¬ 
mie  domestique  et  la  médecine.  Les  jeunes 
pousses  de  l’Asperge  sont,  au  printemps , 
un  aliment  extrêmement  sain  et  recherché. 
On  en  fait,  à  cette  époque  de  l’année ,  une 
énorme  consommation ,  surtout  dans  les 
villes.  L’odeur  forte  et  fétide  que  l’usage 
des  Asperges  communique  si  rapidement  h 
l’urine  avait  dû  faire  penser  que  cette  plan¬ 
te  devait  exercer  une  action  puissante  sur 
la  sécrétion  urinaire;  c’est  ce  que  l’expé¬ 
rience  a  confirmé.  La  racine  d’Asperge  est 
un  diurétique  dont  on  fait  un  fréquent  usa¬ 
ge.  Ses  jeunes  pousses  ou  turions  jouissent 
aussi  d’une  propriété  fort  remarquable.  El¬ 
les  exercent  une  action  sédative  sur  la  cir¬ 
culation  et  particulièrement  sur  les  mouve¬ 
ments  du  cœur  ;  aussi  les  emploie-t-on  au¬ 
jourd’hui  pour  calmer  les  palpitations  et  les 
mouvements  convulsifs  de  l’organe  central 
de  la  circulation.  (A.  R.) 


225 

*  ASPERGÎLLIOT  (  aspersorius  ou 

aspergillum ,  aspersoir  ,  goupillon),  bot. 
cr.  —  Petite  famille  de  Champignons ,  créée 
par  Corda  (  Icônes  fung.,  t.  ï ,  p.  18  ) ,  qui 
présente  les  caract.  suivants  :  Stipe  droit  , 
simple  ou  rameux  ,  flocciforme ,  cloisonné 
ou  continu ,  formé  d’une  substance  char¬ 
nue,  cornée  ou  celluleuse ,  supporté  par  un 
hyphasme  plus  ou  moins  étendu.  Spores 
simples ,  réunis  irrégulièrement  sous  forme 
de  capitules  à  l’extrémité  des  stipes  ou  des 
rameaux ,  ou  disposés  en  chapelet.  Cette 
famille  comprend  les  g,  Polyactis ,  Gra- 
phium ,  Cephalotrichum ,  Periconia ,  Do- 
ratomyces ,  Ceratopodium,  Haplotrichum, 
Stilbum,  Peronospora ,  Verticillium,  Cla- 
dobotryum,  Stachylidium ,  Stachybotrys  , 
Dendryphium ,  Pénicillium,  Briarea,  Rho- 
docephalus ,  Stysanus.  Il  est  facile  de  voir, 
d’après  cet  énoncé ,  qu’elle  comprend  des 
genres  qui  diffèrent  trop  les  uns  des  autres, 
et  qu’elle  devra  subir  plus  tard  de  grandes 
modifications.  (LÉv.) 

*  ASPERGILLUM  {aspergillum ,  arro¬ 
soir,  goupillon),  moll.  —  Nom  latin  don¬ 
né  par  Lamarck  au  g.  Arrosoir ,  auquel 
Bruguière  avait  imposé  la  dénomination  la¬ 
tine  de  Penicillus.  Voy.  arrosoir. 

(Desh.) 

ASPERGILLUS  {dicitur  à  forma  as- 
persorii  quo  in  sacris  utimur ,  Micheli). 
bot.  cr.  —  Genre  de  Champignons  appar¬ 
tenant  aux  Aspergillinées  de  Corda  ,  et  aux 
Mucédinées  de  Fries ,  caractérisé  par  des 
pédicelles  simples ,  droits ,  cloisonnés ,  di¬ 
latés  au  sommet ,  et  recouverts  de  spores 
rondes  ou  ovales ,  disposées  en  chapelet.  Il 
ne  faut  pas  le  confondre  avec  le  g.  Pénicil¬ 
lium  ,  dont  les  spores  ont  la  même  disposi¬ 
tion  ,  mais  dont  les  pédicelles  ne  sont  pas 
dilatés  au  sommet  ;  ni  avec  le  g.  Haplotri¬ 
chum,  dont  les  spores  sont  séparées  et  re¬ 
couvrent  la  surface  des  pédicelles ,  qui  est 
renflée.  Persoon  a  réuni  les  différentes  es¬ 
pèces  qui  le  composent  dans  son  g.  Moni- 
lia. 

VAspergillus  glaucus,  auquel  le  pro¬ 
fesseur  Linck  rapporte  le  Mucor  crustaceus 
de  Linné ,  est  une  des  moisissures  les  plus 
communes  ;  on  le  trouve  sur  les  substances 
végétales  et  animales  en  décomposition,  sur 
les  sirops ,  les  confitures ,  etc.  Les  taches 
qu’il  forme  sont  souvent  très  étendues  ,  et 
15 


T.  H. 


226 


ASP 


ASP 


remarquables  par  leur  belle  couleur  vert 
glauque.  La  disposition  des  spores  en  séries 
linéaires ,  qui  rappellent  parfaitement  bien 
les  grains  d’un  chapelet ,  est  un  phénomène 
très  curieux  à  examiner ,  et  assez  difficile  à 
expliquer. 

M.  Ehrenberg  ( Sylv .  myc.  Berol.,  p.  24), 
qui  a  suivi  le  développement  de  VAspergil- 
lus  maximus  (  Sporidinia  grandis  Lk.  ) , 
dit  que  ce  champignon  ,  quand  il  commen¬ 
ce  à  végéter,  n’est  d’abord  qu’un  fil  ;  à  me¬ 
sure  qu’il  croît ,  il  se  divise  en  rameaux  di- 
chotomcs  ,  remplis  d’une  masse  sporuleuse. 
L’extrémité  de  ces  rameaux  devient  bientôt 
vésiculeuse,  et  on  voit  la  masse  sporuleuse 
s’y  engager.  Ce  mouvement ,  dit  l’auteur , 
est  visible ,  quoique  le  champignon  croisse 
rapidement.  A  l’époque  de  la  maturité,  cet¬ 
te  masse  prend  de  la  consistance  ,  et  se  divi¬ 
se  alors  en  globules  munis  d’un  péridiole. 
Quand  la  vésicule  se  rompt  pour  répandre 
les  semences ,  celles-ci ,  en  raison  de  leur 
viscosité,  sortent  adhérentes  les  unes  aux 
autres  ,  et  sont  rejetées  sous  forme  de  fils 
qui  restent  collés  à  la  face  externe  de  la  vé¬ 
sicule  qui  les  renfermait ,  qui  alors  se  con¬ 
tracte,  et  prend  la  forme  d’une  petite  mas¬ 
sue  que  les  mycologues  croyaient  exister 
primitivement.  Le  célèbre  auteur  de  cette 
observation  a  vu  le  meme  mouvement  des 
spores  s’opérer  dans  le  Syzygit.es  megalo- 
carpus,  le  Rïücor  rhombospora ,  et  il  pense 
qu'il  en  est  de  même  dans  le  Polyactis  car- 
nea.  Des  recherches  plus  multipliées  le  fe¬ 
ront  peut  -  être  reconnaître  dans  un  plus 
grand  nombre  d’Àscopborées.  (LÉv.) 

*  ASPÉRIFOLIËES.  bot.  ph.  — 

Linné,  parmi  ses  familles  naturelles,  dési¬ 
gnait  sous  ce  nom  la  famille  pour  laquelle 
les  règles  de  la  nomenclature  ont  fait  plus 
tard  adopter  celui  de  Borraginées.  Voy.  ce 
mot.  ^  (Ad.  J.) 

*  A  SPERME.  Aspermatus  (  «  priv.  ; 

çné/)/j.x  semence),  bot. —  M.  Turpin  donne 
ce  nom  aux  végétaux  axifères  qui  n’ont  pas 
encore  la  faculté  de  se  reproduire  eux-mê¬ 
mes.  (C.  d’O.) 

* ASPEROCAÜLON  ( àsper ,  rude,  et 
caulis ,  tige),  bot.  cr.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Phycéés,  tribu  des  Céramiées,  éta¬ 
bli,  en  1824,  par  M.  Greville,  dans  sa  Flore 
d'Édimbourg ,  sur  deux  esp.  de  Céramiées 
appartenant  au  g.  Dasya  d’Agardh.  Comme 


le  nom  l’indique,  ce  g.  était  principalement 
fondé  sur  les  caractères  suivants  :  Fronde 
rameuse  hérissée,  continue,  opaque.  Ra¬ 
meaux  articulés;  double  fructification;  cap¬ 
sule  et  stichidies  lancéolées,  contenant  des 
granules  sériés.  Aux  Dasya  coccinea  et  ar- 
buscula  Ag. ,  qui  composaient  primitive¬ 
ment  le  g.  Asperocaulon,  M.  Rudolphi 
(Linnœa,  1851,  p.  178)  avait,  plus  tard,  sous 
le  nom  d’A.  collabeus,  ajouté  une  troisième 
espèce,  originaire  du  Cap  de  Bonne-Espé¬ 
rance. —Ce  genre  n’a  été  adopté  par  per¬ 
sonne  ,  pas  même  par  les  compatriotes  de 
M.  Greville ,  qui  semble  l’avoir  lui-même 
abandonné.  Le  g.  Dasya ,  qui  avait  pour  lui 
la  priorité,  a  prévalu.  Voy.  ce  mot. 

(C.  M.) 

ASPÉROCOQUE.  Asperococcus  { as - 
per ,  raboteux,  et  coccum ,  grain),  bot.  cr. — 
Genre  de  la  famille  des  Phycées  ,  tribu  des 
Dictyotées,  créé  par  Lamouroux,  et  dont  les 
caractères,  très  bien  exposés  par  M.  Gre¬ 
ville  (Algœ  Britann .,  p.  50,  tab.  9),  sont 
les  suivants  :  Fronde  tubuleuse,  cylindracée 
ou  oblongue,  continue,  membraneuse,  d’un 
vert  olivacé  ou  brunâtre,  fixée  par  un  épa- 
tement  en  forme  de  bouclier.  La  fructifi¬ 
cation  consiste  en  filaments  articulés,  courts, 
claviformes  (en  massue),  épars  sur  la  fronde, 
où  ils  forment,  par  leur  agglomération ,  des 
macules  ponctiformes  ou  des  granulations 
qui  la  rendent  âpre  au  toucher.  Ces  fila¬ 
ments  ,  hyalins  à  leur  base ,  ont  leurs  der¬ 
nières  articulations  remplies  par  une  masse 
sporacée  brunâtre  ou  noirâtre  :  ce  sont  eux 
qui  sont  destinés  à  reproduire  la  plante. 

Tel  que  l’a  circonscrit  le  phycologue 
écossais ,  ce  genre  ne  comprend  que  quatre 
espèces,  dont  deux  habitent  nos  mers,  et  les 
deux  autres  les  mers  du  Chili  et  du  Pérou. 
Une  cinquième  espèce,  originaire  des  Indes 
occidentales ,  vient  d’y  être  ajoutée  par  M. 
Suhr.  M.  Agardh  a  publié  le  même  g.  sous 
le  nom  d'Encœlium-,  mais  l’antériorité  est 
acquise  au  nom  consacré  par  Lamouroux. 

(C.  M.) 

ASPÉROPORE.  polyp.  — Nom  géné¬ 
rique  employé  par  Lamarck ,  dans  son  Ex¬ 
trait  d'un  cours  de  Zoologie,  pour  une  di¬ 
vision  de  Polypiers  foraminés ,  mais  qui  n’a 
pas  été  reproduit  dans  les  ouvrages  subsé¬ 
quents  du  même  auteur ,  et  qui  n’a  pas  été 
adopté  par  ies  zoologistes.  (M.  É.) 


ASP 


22^ 


ASP 

ASPEROTRICHUM.  bot.  cr.  — 

Voyez  ASPOROTRICBUM.  (LÉV.) 

ASPERUGO,  Tourn.  bot.  psi.  — Gen¬ 
re  de  la  famille  des  Borraginées ,  offrant 
pour  caract.  essentiels  :  Calice  5  -  fide ,  ac- 
crescent ,  à  segments  connivents  après  la 
floraison ,  alternes  chacun  avec  un  appen¬ 
dice  dentiforme.  Corolle  infundibuliforme , 
à  gorge,  resserrée ,  fermée  par  des  squa- 
mules.  Étamines  5,  incluses.  Style  filiforme  ; 
stigmate  petit ,  capitellé.  Fruit  de  4  nucu- 
les  distinctes ,  ovales ,  comprimées  ,  chagri¬ 
nées  ,  attachées  à  la  base  du  style ,  recou¬ 
vertes  par  le  calice  très  amplifié ,  compri¬ 
mé  ,  sinueux.  —  Ce  genre  est  constitué  par 
une  seule  espèce  (4.  procumbens  L.)  :  c’est 
une  plante  annuelle ,  assez  commune  dans 
les  décombres.  (Sp.) 

ASPÉRULE.  Âsperula,  Linn.  (dimi¬ 
nutif  (Tasper,  âpre),  bot.  pii.  —  Genre  de 
la  famille  des  Rubiacées,  tribu  des  Stellatœ 
ou  Aspérulées;  il  offre  les  caract.  essentiels 
suivants  :  Limbe  calicinal  soit  inapparent, 
soit  5-denticulé,  très  court ,  non  persistant. 
Corolle  infundibuliforme  ou  campanulée,  4- 
fide  (rarement  5-fide);  gorge  nue.  Étamines 
4  (  rarement  5  ou  5),  un  peu  saillantes,  in¬ 
sérées  au  tube  de  la  corolle  ;  filets  filifor¬ 
mes;  anthères  oblongues  ou  linéaires.  Sty¬ 
les  2,  souvent  soudés  presque  jusqu’au  som¬ 
met.  Péricarpe  sec  ou  à  peine  charnu  ,  di- 
dyme-globuleux ,  point  couronné ,  se  sépa¬ 
rant  en  2  coques  1-spermes,  convexes  au 
dos,  planes  antérieurement.  Graines  adhé¬ 
rentes.  Embryon  un  peu  courbé.  Herbes  ou 
sous-arbrisseaux.  Fleurs  terminales  ou  axil¬ 
laires  et  terminales ,  solitaires ,  ou  fascicu- 
lées,  ou  en  cymes  trichotomes ,  ou  en  pani- 
cules.  Corolle  blanche,  ou  jaune,  ou  rouge. 

Ce  genre ,  propre  aux  régions  extratropica¬ 
les  de  l’ancien  continent,  comprend  environ 
40  esp. ,  qui ,  pour  la  plupart ,  habitent  les 
contrées  voisines  de  la  Méditerranée.  L’4. 
taurina  L.  se  cultive  comme  plante  de 
parterre  ;  l’4.  cynanchica  L. ,  espèce  com¬ 
mune  dans  les  pâturages  secs,  et  connue 
sous  les  noms  vulgaires  de  Rubéole ,  Petite 
Garance,  Herbe  de  vie  ou  Herbe  à  l’esqui- 
nancie ,  passait  jadis  pour  un  spécifique 
contre  les  maux  de  gorge  inflammatoires; 
sa  racine  peut  tenir  lieu  de  celle  de  la  Ga¬ 
rance  ,  pour  teindre  en  rouge.  L’4.  odorata 
L.  (vulgairement  Reine  des  bois ,  Hépatique 


des  bois  ou  Petit-Muguet )  est  remarqua¬ 
ble  par  une  odeur  de  Mélisse  qu’elle  exhale, 
surtout  à  l’état  sec;  l’infusion  de  cette 
plante  est  diurétique  et  sudorifique.  (Sp.) 

*  ASPÉRULÉES.  bot.  ru.— M.  Ach. 
Richard  a  désigné  sous  ce  nom  une  section 
fies  Rubiacées,  celle  que  Ray  appelait  autre¬ 
fois  Stellatœ,  que  d’autres  auteurs  ont  nom¬ 
mée  Aparinées  ou  Galiées,  et  dont  d’autres 
encore  pensent  qu’on  doit  faire  une  famille 
distincte,  qui  devrait  alors  conserver  le  nom 
de  Rubiacées.  Voy.  ce  mot.  (Ad.  J.) 

ASPHÆA.  polyp.  —  Voyez  asprea. 

(C.  D’O.) 

*ASPHÆRA  («priv.  ;  afutpx ,  sphère 
ou  boule),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
tétramères  ,  famille  des  Chrysomélines,  tri¬ 
bu  des  Alticides,  établi  par  M.  Chevrolat, 
et  adopté  par  M.  Dejean ,  dans  son  dernier 
Catalogue,  où  il  en  désigne  trois  espèces 
toutes  du  Brésil  et  nommées  par  lui  comme 
nouvelles  ,  savoir  :  4.  fallax  ( Zonata , 
Klug  ),  4.  subcincta  et  4.  viridifasciata. 
D’après  M.  Chevrolat ,  ce  g.  est  très  voisin 
de  celui  auquel  Latreille  a  donné  le  nom 
d '’OEdionychis  ;  il  n’en  diffère  essentielle¬ 
ment  que  parce  que ,  chez  lui ,  le  dernier 
article  des  tarses  postérieurs  est  simple , 
arqué,  et  non  renflé  en  boule.  (D.  et  C.) 

*  ASPHALIUM.  moll.  —  Genre  de 

la  famille  des  Dentales,  indiqué  parM.  Raû- 
nesque  ( Analyse  de  la  nat .),  mais  non  dé¬ 
crit.  (P.  G.) 

*  ASPïïALIUS.  crust.  —  Genre  de 

l’ordre  des  Décapodes,  de  la  section  des 
Macroures  et  de  la  famille  des  Salicoques  , 
établi  par  Roux  ( Monogr .  des  Salicoques ) 
d’après  la  mauvaise  figure  du  Palemonbre- 
virostris  d’Olivier,  publiée  dans  l’atlas  de 
VEncyclopédie  méthodique,  Ins.,  pl.  519, 
fig.  4.  Dans  l’état  actuel  de  la  science ,  ce 
genre  ne  peut  être  admis,  et  le  crusta¬ 
cé  pour  lequel  on  l’a  proposé  doit  prendre 
place  dans  le  g.  Alphée.  (M.  E.) 

ASPHALTE  (x7?*>tos.  bitume  ).  min. 
—  Bitume  solide,  noir,  à  cassure  résineuse 
et  conchoïdale ,  dur  et  cassant  à  froid,  un 
peu  plus  pesant  que  l’eau,  insoluble  dans 
l’alcool  et  fusible  à  une  température  plus 
élevée  que  celle  de  l’eau  bouillante.  lia  reçu 
les  surnoms  de  Bitume  de  Judée  et  Bitume 
des  momies ,  parce  qu’il  abonde  particuliè¬ 
rement  sur  les  bords  du  lac  Asphaltjte  ou 


ASP 


228  ASP 

mer  Morte,  et  que  les  Égyptiens  en  faisaient 
usage  dans  la  préparation  de  leurs  momies. 
L’Asphalte  de  Judée  est  connu  de  temps 
immémorial  ;  il  s’élève  continuellement  du 
fond  du  lac  à  la  surface  des  eaux,  où  il  ar¬ 
rive  dans  un  certain  état  de  mollesse  ;  les 
vents  le  poussent  ensuite  dans  les  anses  et 
les  golfes,  où  il  est  recueilli.  Il  prend  de  la 
consistance  par  l’exposition  à  l’air.  Au  dire 
de  Strabon ,  les  anciens  le  regardaient 
comme  un  produit  de  l’action  des  feux 
souterrains,  et  cette  opinion  s’accorde  avec 
celle  de  la  plupart  des  géologues  modernes. 
Nous  reviendrons  sur  cette  origine  au  mot 
bitumes,  où  nous  traiterons  comparative¬ 
ment  des  diverses  espèces  de  matières  bitu¬ 
mineuses,  tant  sous  le  rapport  minéralogi¬ 
que  que  sous  le  point  de  vue  géologique. 

Le  véritable  Asphalte  ne  se  trouve  pas 
seulement  en  Judée  ;  il  se  produit  égale¬ 
ment  à  la  surface  des  eaux  en  plusieurs  au¬ 
tres  lieux,  notamment  dans  l’île  de  la  Tri¬ 
nité.  Nous  avons  parlé  de  l’usage  que  les 
anciens  faisaient  de  cet  Asphalte  ;  on  s’en 
sert  aujourd’hui  pour  la  confection  d’une 
sorte  de  couleur  qu’on  nomme  momie;  on 
le  fait  entrer  aussi  dans  la  composition  des 
vernis  noirs,  et  même  de  la  cire  noire  à  ca¬ 
cheter. 

Il  ne  faut  pas  confondre  avec  la  substance 
dont  nous  parlons  une  autre  espèce  de  Bi¬ 
tume,  beaucoup  plus  connue  par  son  em¬ 
ploi  dans  les  arts,  et  qui  porte  dans  le  com¬ 
merce  le  nom  d’Asphalte.  Celui-ci  est  le  Bi¬ 
tume  glutineux,  auquel  les  minéralogistes 
donnent  les  noms  de  Malthe  et  de  Pissas- 
phalte.  Il  se  ramollit  à  la  moindre  chaleur 
quand  il  est  pur,  mais  il  devient  très  solide 
et  même  difficilement  inflammable  quand 
il  est  mêlé  avec  une  forte  dose  de  sable.  Il 
est  toujours  fusible  à  la  température  de 
l’eau  bouillante.  On  le  trouve  abondam¬ 
ment  en  France,  en  Auvergne,  dans  les 
Landes,  et  dans  les  départements  de  l’Ain 
et  du  Bas-Rhin.  Celui  de  Seissel,  près  la 
perte  du  Rhône,  est  employé  aujourd’hui  à 
Paris  pour  le  dallage  des  ponts  et  des  trot¬ 
toirs  ;  on  s’en  sert  aussi  pour  la  couverture 
des  édifices  et  des  terrasses  ;  et  l’on  vient 
d’essayer,  sur  quelques  points  de  la  capitale, 
de  l’appliquer  à  la  confection  d’une  nouvelle 
espèce  de  chaussée  pour  les  voitures  :  en  le 
mêlant  à  des  fragments  de  pierre  meulière , 


on  en  fait  des  pavés  très  solides,  auxquels  on 
donne  une  forme  rectangulaire;  on  pose 
ensuite  ces  pavés  les  uns  à  côté  des  autres 
sur  une  couche  de  sable  et  de  ciment  bien 
dressée,  et  on  les  réunit  en  un  tout  imper¬ 
méable  en  coulant  entre  leurs  joints  du  Bi¬ 
tume  fondu.  (Del.  ) 

ASPHODÈLE.  Àsphodelus  (àu^ocTs/o?, 
Asphodèle)  ,  bot.  ph.  — Genre  autrefois  type 
de  la  famille  des  Asphodélécs,  qui  a  été  réu¬ 
nie  à  la  famille  des  Liliacées.  (  Voy .  ce  mot.) 
Les  Asphodèles  sont  des  plantes  herbacées 
et  vivaces ,  à  racine  fasciculéc  ,  à  tige  simple 
inférieurement  et  ramifiée  dans  sa  partie  su¬ 
périeure.  Les  feuilles  sont ,  en  général ,  é- 
troites ,  linéaires,  et  éparses  sur  la  tige.  Les 
fleurs,  tantôt  jaunes ,  tantôt  blanches,  for¬ 
ment  une  grappe  simple  ou  ramifiée.  Chaque 
fleur,  qui  est  pédicellée,  est  accompagnée,  à 
sa  base,  d’une  petite  bractée.  Le  calice  est  co¬ 
loré,  pétaloïde,  étalé  régulièrement,  et  for¬ 
mé  de  six  sépales  égaux,  dont  trois  un  peu 
plus  extérieurs.  Les  étamines ,  au  nombre 
de  six ,  sont  insérées  h  la  base  même  des 
sépales.  Leurs  filets,  dilatés  et  plans  à  leur 
base  ,  sont  rapprochés  les  uns  des  autres  et 
forment  une  sorte  de  voûte  qui  recouvre 
l’ovaire  ;  les  anfhères  sont  ovoïdes-allongées, 
et  émarginées  à  leurs  deux  extrémités.  Les 
étamines  sont  déclinées  et  quelquefois  iné¬ 
gales.  Le  style,  également  décliné,  est  ter¬ 
miné  par  un  stigmate  à  trois  pointes.  Le 
fruit  est  une  capsule  ordinairement  globu¬ 
leuse  ou  triangulaire,  à  trois  loges,  s’ou¬ 
vrant  en  trois  valves  septifères.  Les  graines 
sont  peu  nombreuses,  anguleuses,  et  quel¬ 
quefois  presque  tétraédriques. 

Ce  genre  se  'compose  d’environ  une  ving¬ 
taine  d’espèces  qui,  pour  la  plupart,  crois¬ 
sent  dans  les  régions  méridionales  de  l’Eu¬ 
rope,  et  sur  les  côtes  de  l’Asie  et  de  l’Afri¬ 
que  baignées  par  la  Méditerranée.  Plusieurs 
de  ces  espèces  sont  depuis  long  -  temps  in¬ 
troduites  dans  nos  jardins ,  et  cultivées 
comme  plantes  d’ornement.  Telles  sont  :  1° 
l’Asphodèle  jaune ,  Asphodelus  luteus  L., 
vulgairement  désigné  sous  le  nom  de  Bâton 
de  Jacob.  La  tige  en  est  simple  ,  toute  cou¬ 
verte  de  feuilles  linéaires ,  striées  et  glau¬ 
ques  ,  un  peu  triquètres.  Les  fleurs ,  d’un 
beau  jaune,  forment  une  grappe  simple.  On 
en  a  obtenu  une  variété  à  fleurs  doubles. 

2"  L’Asphodèle  rameux ,  Asphodelus  ra- 


ASP 


ASP 


223 


nosus  L.,  vulgairement  Bâton  royal.  Ses 
feuilles  radicales  sont  ensiformes,  très  lon¬ 
gues;  sa  tige  est  rameuse  dans  sa  partie  su¬ 
périeure.  Ses  fleurs  forment  une  grappe 
très  ramifiée,  composée  de  fleurs  blanches , 
dont  les  sépales,  étalés,  sont  marqués  de 
lignes  roussàtres.  ^  (A.  R.) 

ASPHOBÉLÉES.  Asphodeleœ.  bot. 
pu.  —  La  famille  ainsi  nommée  par  Jussieu 
et  par  la  plupart  des  botanistes  a  été  réunie 
à  la  famille  des  Liiiacées  ,  où  ses  genres,  as¬ 
sez  nombreux ,  constituent  trois  tribus  :  celle 
des  Anthéricées ,  des  Scillées  et  des  Aloï- 
nées.  Voy.  liliacées.  (A.  R.) 

ASPHOBÉLOIBES.  bot.  ni.  - 
Mœnch  ( Méth .,  p.  654)  avait  proposé  de  fai¬ 
re  un  genre  à  part  de  VAsphodelus  fistulo- 
sus  L.  ;  mais  cette  séparation  n’a  pas  été  ad¬ 
mise  ,  cette  espèce  appartenant  bien  réelle¬ 
ment  au  genre  Asphodèle.  (A.  R.) 

*  ASPHODÉLINE.  Asphodeline  (  di¬ 
minutif  d'âcrepcid'e'Âoç,  sorte  de  Lys  chez  les 
Grecs),  bot.  pu.  — Genre  de  la  famille 
des  Liliacées,  tribu  des  Anthéricées,  formé 
par  Reichenbach ,  et  ainsi  caractérisé  :  Pé- 
rigone  corollacé  ,  6-parti  ;  tube  très  court, 
subglobuleux;  lacinies  étalées  -  réfléchies. 
Étamines  6  ,  insérées  au  tube  ;  les  alternes 
plus  courtes  ;  filaments  dilatés-voûtés  à  la 
basé ,  géniculés  au  dessus ,  ascendants.  Ovai¬ 
re  triloculairc;  ovules  collatéraux,  amphi- 
tropes,  deux  dans  chaque  loge.  Style  fili¬ 
forme;  stigmate  simple.  Capsule  charnue, 
3-loculaire,  loculicide-trivalve.  Graines  tri- 
quètre^ ,  en  nombre  égal  à  celui  des  ovules, 
à  test  crustacé,  à  ombilic  ventral,  linéaire. 
Embryon  axile ,  parallèle  à  l’ombilic,  égal  à 
l’albumen ,  à  extrémité  radiculaire  infère.  — 
Plantes  herbacées,  vivaces,  indigènes  dans 
l’Europe  australe  ;  à  tubercules  radicaux 
oblongs;  à  feuilles  nombreuses,  subulées- 
triquètres ,  courtes  ;  à  fleurs  blanches  ou 
jaunes,  bractéées,  disposées  en  grappes  sim¬ 
ples.  On  en  connaît  5  ou  6  espèces.  (C.  L.) 

ASPHYXIE  (cb asphyxie),  phy- 
siol.  —  L’Asphyxie  est  la  suspension  de  la 
respiration.  Elle  peut  donc  avoir  lieu  chez 
tous  les  animaux ,  parce  que  tous  respirent, 
et  parce  que  chez  tous  la  respiration  peut 
être  suspendue  ;  mais  il  y  a  une  grande  dif¬ 
férence  à  cet  égard  suivant  les  animaux,  et 
cette  différence  dépend  de  ce  qu’ils  sont  ani¬ 
maux  à  sang  froid  et  animaux  à  sang  chaud. 


Les  animaux  a  sang  froid  sont  non  seule¬ 
ment  les  animaux  invertébrés ,  mais  encore 
parmi  les  vertébrés  les  Poissons  et  les  Repti¬ 
les.  Les  animaux  à  sang  chaud  sont  donc  les 
Mammifères  et  les  Oiseaux. 

Nous  avons  dit  qu’il  y  a  une  grande  dif¬ 
férence  entre  la  durée  de  l’asphyxie  des  ani¬ 
maux  à  sang  froid  et  des  animaux  à  sang 
chaud.  Pour  ceux-là,  dans  des  températures 
ordinaires  ,  elle  dure  au  moins  une  heure  ; 
tandis  que  chez  les  animaux  à  sang  chaud 
elle  n’a  lieu  que  pendant  2  ou  5  minutes. 

Dans  l’asphyxie ,  il  y  a  plusieurs  fonc¬ 
tions  qui  s’exercent  en  même  temps  et  qu’il 
faut  distinguer  :  1°  la  fonction  nerveuse  et 
musculaire ,  2°  la  circulation  du  sang.  On 
peut  très  bien  les  distinguer.  Si  d’abord  on 
excisait  le  cœur  et  qu’on  mît  l’animal  sous 
l’eau ,  on  déterminerait  parfaitement  la  du¬ 
rée  de  la  vie  du  système  nerveux  et  du  sy¬ 
stème  musculaire  par  le  temps  pendant  le¬ 
quel  subsisteraient  les  mouvements  des  nerfs 
et  des  muscles.  En  comparant  ainsi  cette  du¬ 
rée  de  la  vie  avec  celle  de  la  même  espèce 
d’animal  simplement  plongée  dans  l’eau,  on 
voit  la  différence.  J’ai  fait  cette  expérience 
sur  des  Grenouilles,  et  la  différence  dans  ces 
deux  cas  a  été  quelquefois  de  vingt  heures 
en  faveur  des  animaux  asphyxiés  ;  ainsi  donc 
la  circulation  du  sang  apporte  une  grande 
différence  dans  la  durée  de  la  vie,  et  elle  la 
prolonge  beaucoup  au  delà  de  l’époque  que 
dure  la  vie  du  système  nerveux  et  muscu¬ 
laire. 

Il  s’agit  maintenant  de  savoir  si,  dans 
l’asphyxie ,  la  durée  de  la  vie  est  la  me¬ 
me  ,  qu’on  plonge  l’animal  sous  l’eau ,  ou 
qu’on  l’asphyxie  dans  l’air  en  l’étranglant. 
J’asphyxiai  six  Grenouilles  en  assujettissant 
fortement  une  ficelle  autour  de  leur  col.  Dans 
les  premiers  moments,  les  Grenouilles  furent 
paralysées  ;  mais  elles  reprirent  peu  à  peu 
leurs  forces  au  bout  de  quelques  minutes , 
sans  néanmoins  les  recouvrer  entièrement. 
Je  mis  un  pareil  nombre  de  Grenouilles  dans 
l’eau  ;  mais  elles  furent  mortes  au  bout  de 
dix  ou  douze  heures,  tandis  que  celles  qui 
étaient  étranglées  vécurent  d’un  à  cinq  jours. 
Afin  de  prolonger  l’expérience,  j’entrete¬ 
nais  leurs  corps  dans  un  état  d’humidité.  Je 
répétai  l’expérience  sur  des  Salamandres; 
celles  qui  étaient  dans  l’eau  vécurent  égale¬ 
ment  de  dix  à  douze  heures ,  tandis  que  les 


230 


ASP 


ASP 


autres  vécurent  bien  au  delà ,  et  l’une  d’el¬ 
les  môme  vécut  onze  jours.  Je  me  suis  as¬ 
suré  que ,  dans  ces  expériences  et  d’autres 
analogues  sur  la  strangulation ,  il  y  avait 
production  d’acide  carbonique  par  la  peau 
de  ces  animaux. 

Je  cherchai  ensuite  à  déterminer  quelle 
serait  la  durée  de  la  vie  d’animaux  pareils 
enfermés  dans  des  corps  solides. 

On  sait  qu’en  1777  ,  ïîiressont  renferma 
trois  Crapauds  dans  des  boîtes  scellées 
dans  du  plâtre,  qui  furent  déposés  dans 
l’Académie  des  sciences.  On  les  ouvrit  dix 
mois  après,  en  présence  de  quelques  uns  de 
ses  membres  ;  un  des  Crapauds  était  mort , 
les  deux  autres  vivaient.  On  prétend  qu’on 
en  a  trouvé  dans  de  vieux  murs  où  ils  avaient 
dû  vivre  bien  des  années,  et  meme  dans  des 
blocs  de  charbon  et  des  pierres  où  ils  avaient 
dû  vivre  un  temps  incalculable. 

Je  fis,  pour  examiner  la  durée  de  la  vie  des 
animaux  enfermés  dans  des  corps  solides, 
une  expérience  sur  15  Crapauds.  Le  24  février 
1817,  je  pris  cinq  boîtes  de  bois  blanc,  dont 
trois  avaient  quatre  pouces  ,  les  deux  autres 
quatre  et  demi  de  long  sur  quatre  de  large  et 
deux  et  demi  de  profondeur.  J’y  mis  du  pl⬠
tre  gâché,  et  je  plaçai  le  Crapaud  au  milieu; 
puis  les  boîtes  furent  fermées  et  scellées. 
Je  me  servis  ensuite  de  cinq  autres  boîtes 
circulaires  de  carton ,  ayant  trois  pouces  et 
demi  de  diamètre  et  deux  pouces  de  pro¬ 
fondeur  ,  et  j’y  enterrai  cinq  autres  Cra¬ 
pauds  avec  les  mômes  précautions.  En  même 
temps ,  j’en  mis  cinq  autres  dans  de  l’eau 
renfermée  dans  des  verres  renversés ,  pour 
comparer  la  durée  de  ce  genre  d’asphyxie 
avec  celui  qui  pouvait  avoir  lieu  dans  le 
plâtre. 

Le  même  jour  tous  les  Crapauds  que  j’a¬ 
vais  mis  dans  l’eau  étaient  morts  huit  heu¬ 
res  après.  Ayant  ouvert  le  lendemain  une 
des  boites  de  carton  à  quatre  heures  du  soir, 
et  ayant  trouvé  le  Crapaud  vivant,  je  le  re¬ 
couvris  de  plâtre  et  je  l’abandonnai  avec  les 
autres.  Je  ne  l’ouvris  que  le  15  mars  sui¬ 
vant,  et  je  le  trouvai  parfaitement  en  vie, 
le  dix-neuvième  jour  à  dater  du  commence¬ 
ment  de  l’expérience. 

Je  répétai  cette  expérience  sur  des  Sala¬ 
mandres,  et  j’en  trouvai  une  vivante ,  mais 
considérablement  amaigrie,  dix-neuf  jours 


Elles  vivent  donc  dans  le  plâtre,  tout 
en  se  desséchant  progressivement  jusqu’à  ce 
qu’elles  en  meurent;  mais  il  est  évident  que 
les  reptiles  doivent  mourir  beaucoup  plus 
lentement,  lorsqu’ils  sont  enterrés  dans  un 
corps  solide  que  lorsqu’ils  sont  exposés  à 
l’air  sec.  C’est  ce  que  j’ai  déterminé  par 
l’expérience ,  et  la  raison  en  est  qu’il  y  a  as¬ 
sez  d’air  dans  beaucoup  de  corps  solides 
pour  les  faire  vivre ,  et  que  dans  l’air  sec  le 
dessèchement  est  si  prompt ,  qu’il  les  tue 
rapidement. 

De  l’influence  de  la  température  actuelle 
sur  V Asphyxie  dans  Veau. 

Les  causes  de  variations  exigeaient  un  ter¬ 
me  de  comparaison  qui  pût  être  regardé 
comme  sûr.  Dans  cette  vue ,  je  fis  dans  le 
mois  de  juillet  quarante-deux  expériences 
sur  la  submersion  des  Grenouilles  dans  l’eau 
aérée,  pour  y  constater  la  durée  de  leur  vie. 
La  température  moyenne  du  mois  de  juillet 
était  de  15°  6’ ,  et  en  septembre  de  14°  1’. 
L’eau  aérée  dont  je  me  suis  servi  a  varié  de 
17°  à  15°;  j’en  remplis  des  verres  de  la  ca¬ 
pacité  de  0,-  litres,  et  je  les  renversai  sur 
des  soucoupes.  Je  terminai  l’expérience  lors¬ 
que  l’animal,  étant  pincé,  ne  donnait  plus  de 
mouvements.  Le  terme  moyen,  pour  le  mois 
de  juillet,  fut  d’une  heure  trente-sept  minu¬ 
tes,  et  pour  septembre  d’une  heure  quaran¬ 
te-cinq  minutes. 

Spallanzani  et  quelques  autres  naturalistes 
ont  trouvé  que  les  Grenouilles  submergées 
vivaient  plus  long-temps  en  hiver  qu’en  été  ; 
mais,  comme  ils  n’ont  pas  fait  de  recherches 
spéciales  sur  ce  sujet,  j’ai  voulu  éclaircir 
la  question. 

L’eau  de  la  Seine  était  à  17°;  je  la  refroi¬ 
dis  au  moyen  de  la  glace,  et.  je  la  maintins 
à  10°.  De  deux  Grenouilles  qui  y  furent 
plongées,  l’une  vécut  cinq  heures  cinquante 
minutes,  et  l’autre  six  heures  quinze  minu¬ 
tes  ;  ce  qui  est  près  du  double  de  la  plus 
grande  durée  obtenue  dans  les  quarante- 
deux  expériences  précédentes.  Ayant  ensuite 
porté  la  température  à  zéro,  et  la  mainte¬ 
nant  à  peu  près  à  ce  terme  ,  j’y  submergeai 
huit  Grenouilles,  qui  n’y  moururent  qu’au 
bout  de  six  heures  sept  minutes  et  de  huit 
heures  dix-huit  minutes  ;  ce  qui  fait  plus  du 
triple  du  premier  résultat. 


ASP 

Il  est  donc  évident  que,  dans  là  tempéra¬ 
ture  actuelle ,  la  durée  de  la  vie  sous  l’eau 
va  en  augmentant  avec  le  refroidissement 
de  la  température  jusqu’à  zéro.  Voilà  bien 
l’effet  de  la  température  actuelle  ;  mais  la 
question  est  maintenant  de  savoir  quelle  se¬ 
rait  la  durée  de  la  vie  aux  mêmes  tempéra¬ 
tures  par  un  temps  qui  a  été  antérieure¬ 
ment  beaucoup  plus  froid. 

Effets  du  froid  antérieur  aux  mêmes 
températures. 

Si  dans  une  autre  saison  ,  l’automne  par 
exemple,  au  lieu  de  l’été,  on  faisait  une 
seconde  série  d’expériences  aux  mêmes  tem¬ 
pératures  ,  on  pourrait  obtenir  un  autre  ré¬ 
sultat.  Nous  avions ,  en  été,  des  expériences 
à  10°  et  à  zéro;  mais ,  en  faisant  des  expé¬ 
riences  aux  mêmes  degrés  en  automne,  nous 
pourrions  ne  pas  avoir  la  même  durée  de  la 
vie,  parce  qu’en  été  la  température  précé¬ 
dente  était  élevée,  et  qu’en  automne  elle 
était  beaucoup  plus  basse.  Pendant  l’expé¬ 
rience,  il  est  évident  qu’en  été  et  en  automne 
la  température  était  également  à  10°  ;  mais 
la  température  antérieure  était  très  diffé¬ 
rente;  et,  comme  elle  a  duré  assez  long¬ 
temps  avant  l’expérience ,  il  se  pourrait 
qu’elle  ait  modifié  la  constitution  de  manière 
à  la  faire  durer  beaucoup  plus  long-temps  à 
l’asphyxie  dans  de  l’eau  à  10°.  J’en  fis  donc 
l’expérience  de  la  manière  suivante  :  l’eau  et 
l’air  étant  à  10°  au  mois  de  novembre  et  la 
température  de  ce  mois  ayant  été,  pendant 
presque  toute  sa  durée,  à  peu  près  au  même 
degré,  je  mis  cinq  Grenouilles  dans  de  l’eau 
à  cette  température.  Dans  cette  circonstan¬ 
ce  ,  elles  y  vécurent  de  cinq  heures  dix  mi¬ 
nutes  à  onze  heures  quarante  minutes;  mais 
ce  dernier  terme  était  environ  le  double  de 
la  durée  de  leur  vie  dans  l’eau  au  même  de¬ 
gré  qu’en  été. 

Les  expériences,  faites  dans  les  deux  sai¬ 
sons  ,  établissent  deux  faits  remarquables  : 
1°  l’influence  de  la  température  de  l’eau 
dans  laquelle  ces  animaux  sont  plongés;  2° 
l'influence  de  la  température  de  l’air  pen¬ 
dant  un  certain  nombre  de  jours  avant  l’ex¬ 
périence.  On  peut  même  évaluer  l’influence 
relative  de  ces  deux  causes.  Lorsqu’une  seule 
cause  change,  elle  produit  à  peu  près  le  mê¬ 
me  effet.  Il  suit  de  là  que,  lorsqu’on  réunit 


ASP  231 

les  deux  influences  analogues,  l’effet  est 
double. 

Mais  il  serait  intéressant  de  déterminer  si 
l’influence  de  la  température  antérieure  de 
l’air  s’arrête  à  ce  terme ,  ou  si  elle  va  en 
augmentant  jusqu’à  0°. 

Pour  décider  cette  question,  je  fis  les  expé¬ 
riences  suivantes  : 

Le  22  décembre  de  la  même  année,  la 
température  de  l’air  ayant  été  près  de  0°  de¬ 
puis  vingt  jours,  je  mis  trois  Grenouilles 
dans  de  l’eau  à  10°  ;  elles  y  vécurent  de  vingt 
à  vingt-quatre  heures  ;  ainsi ,  l’influence  de 
la  température  antérieure  de  l’air  s’est  ma¬ 
nifestée  encore  dans  cette  occasion  d’une 
manière  frappante:  car,  si  l’on  compare  cette 
durée  avec  celle  des  expériences  faites  en 
automne  et  en  été  dans  de  l’eau  au  même 
degré,  on  reconnaîtra  une  progression  re¬ 
marquable  ,  correspondant  aux  températu¬ 
res  précédentes  de  l’air. 

La  durée  de  la  vie  des  Grenouilles  dans 
de  l’eau  à  10°  était,  en  novembre,  double  de 
celle  qui  fut  constatée  en  été;  et,  en  dé¬ 
cembre,  les  résultats  furent  doubles  de  ceux 
obtenus  en  automne. 

Si  les  conséquences  que  nous  avons  tirées 
des  expériences  précédentes  sont  justes ,  on 
devrait ,  en  réunissant  la  température  pré¬ 
cédente  de  l’air  à  0°  et  celle  de  l’eau  égale¬ 
ment  à  0°,  pendant  l’expérience,  obtenir  un 
bien  plus  grand  effet,  qui  devrait  être  au 
moins  du  double  du  précédent,  si  les  mêmes 
causes  agissent  ici  dans  la  même  proportion. 
Pour  vérifier  cette  conjecture ,  je  fis  l’expé¬ 
rience  suivante  : 

Le  25  décembre,  la  température  étant  à  0°, 
et  s’étant  maintenue  à  peu  près  à  ce  degré 
depuis  le  commencement  du  mois,  je  mis 
4  Grenouilles  dans  de  l’eau  également  à  0°, 
en  me  servant  du  même  appareil  et  des  mê¬ 
mes  quantités  d’eau  que  dans  les  expérien¬ 
ces  précédentes.  Dans  cette  nouvelle  condi¬ 
tion,  elles  vécurent  de  vingt-quatre  à  soixan¬ 
te  héures ,  qui  sont  au  moins  le  double  de 
la  durée  précédente. 

Je  dirai,  pour  ne  laisser  aucun  doute  à  cet 
égard,  que  je  ne  me  suis  pas  contenté  do 
répéter  souvent  la  même  expérience;  mais 
que  j’ai  obtenu  le  même  résultat  deux  an¬ 
nées  de  suite. 


m 


ASP 


De  l’Asphyxie  des  animaux  à  sangchaua. 

L’espoir  de  modifier  les  conditions  vitales 
des  animaux  à  sang  chaud  de  manière  à 
leur  faire  supporter  beaucoup  plus  long¬ 
temps  la  privation  d’air  conduisit  Bufîon  à 
faire  une  expérience  très  importante  relati¬ 
vement  aux  jeunes  animaux  à  sang  chaud. 

Voici  le  fait  tel  qu’il  le  rapporte  : 

«  J’avais  pris  la  précaution  de  mettre  une 
grosse  chienne  de  l’espèce  des  plus  grands 
lévriers  dans  un  baquet  rempli  d’eau  chau¬ 
de  ;  et,  l’ayant  attachée  de  façon  que  les  par¬ 
ties  de  derrière  trempaient  dans  l’eau,  elle 
mit  bas  trois  chiens  dans  cette  eau,  et  ces 
petits  se  trouvèrent,  au  sortir  de  leurs  en¬ 
veloppes  ,  dans  un  liquide  aussi  chaud  que 
celui  d’où  ils  sortaient.  On  aida  la  mère  dans 
l’accouchement ,  on  accommoda  et  on  lava 
dans  cette  eau  les  petits  chiens  ;  ensuite  on 
les  fit  passer  dans  un  plus  petit  baquet  rem¬ 
pli  de  lait  chaud,  sans  leur  donner  le  temps 
de  respirer.  Je  les  fis  mettre  dans  du  lait 
au  lieu  de  les  laisser  dans  l’eau,  afin  qu’ils 
pussent  prendre  de  la  nourriture  s’ils  en 
avaient  besoin.  On  les  retint  dans  le  lait  où 
ils  étaient  plongés,  et  ils  y  demeurèrent  plus 
d’une  demi-heure  ;  après  quoi,  les  ayant  re¬ 
tirés  les  uns  après  les  autres ,  je  les  trouvai 
tous  trois  vivants.  Ils  commencèrent  à  re¬ 
spirer  et  à  rendre  quelque  humeur  par  la 
gueule  ;  je  les  laissai  respirer  pendant  une 
demi-heure  ,  et  ensuite  on  les  replongea 
dans  le  lait,  qu’on  avait  fait  réchauffer 
pendant  ce  temps;  je  les  y  laissai  une  se¬ 
conde  demi-heure  ,  et  les  ayant  ensuite  re¬ 
tirés,  il  y  en  avait  deux  qui  étaient  vi¬ 
goureux  et  qui  ne  paraissaient  pas  avoir 
souffert  de  la  privation  de  l’air  ;  mais  le 
troisième  me  paraissait  être  languissant.  Je 
ne  jugeai  pas  à  propos  de  le  replonger  une 
seconde  fois;  je  le  fis  porter  à  la  mère  ,  elle 
avait  d’abord  fait  ces  trois  chiens  dans  l’eau, 
et  ensuite  elle  en  avait  eu  six  autres.  Le  petit 
chien  qui  était  né  dans  l’eau,  qui  d’abord 
avait  passé  plus  d’une  demi-heure  dans  le 
lait  avant  d’avoir  respiré,  et  encore  une  autre 
demi-heure  après  avoir  respiré  ,  n’en  était 
pas  fort  incommodé  :  car  il  fut  bientôt  rétabli 
sous  la  mère,  et  il  vécut  comme  les  autres. 
Je  continuai  ces  épreuves  sur  ceux  qui  étaient 
dans  le  lait  ;  je  les  laissai  respirer  une  se- 


ÀSP 

conde  fois  pendant  une  heure  environ  ;  en¬ 
suite  je  les  fis  mettre  de  nouveau  dans  le 
lait  chaud,  où  ils  se  trouvèrent  plongés  pour 
la  troisième  fois.  Je  ne  sais  s’ils  en  avalèrent 
ou  non  ;  ils  restèrent  dans  ce  liquide  pen¬ 
dant  une  demi-heure ,  et  lorsqu’on  les  en 
tira  ils  paraissaient  presque  aussi  vigoureux 
qu’auparavant  ;  cependant ,  les  ayant  fait 
porter  à  la  mère,  l’un  d’eux  mourut  le  mê¬ 
me  jour.  » 

Legallois,  qui  avait  besoin  de  savoir  com¬ 
bien  de  temps  un  fœtus  h  terme ,  parmi  les 
animaux  à  sang  chaud,  peut  vivre  sans  re¬ 
spirer  lorsqu’il  a  cessé  de  communiquer 
avec  sa  mère ,  oubliant  la  célèbre  expérien¬ 
ce  de  Buffon ,  en  fit  une  nouvelle.  Il  fit 
ses  recherches  principalement  sur  les  La¬ 
pins  ,  et  il  détermina  que ,  lorsqu’il  les  pri¬ 
vait  de  la  respiration  en  les  plongeant  sous 
l’eau  ,  la  durée  moyenne  de  leur  vie  ne 
dépassait  pas  vingt-huit  à  trente  minutes. 
Cependant  il  découvrit  que  cette  faculté 
diminue  rapidement  avec  les  progrès  de 
l’âge.  Legallois  observa  qu’au  bout  des  cinq 
premiers  jours  les  Lapins  plongés  sous  l’eau 
ne  vivent  plus  que  seize  minutes.  Après  le 
même  espace  de  temps,  ils  sont  réduits  à 
cinq  minutes  et  demie ,  et  lorsqu’ils  sont 
âgés  de  quinze  jours ,  ils  ont  alors  atteint 
la  limite  de  la  durée  de  l’asphyxie  des  adul¬ 
tes. 

D’après  les  résultats  de  ces  expériences, 
on  serait  porté  à  croire  que  la  durée  de  la 
vie ,  dans  l’asphyxie  des  animaux  nouveau- 
nés,  est  d’environ  une  demi-heure  ;  mais,  en 
répétant  des  expériences  pareilles  sur  un 
grand  nombre  d’espèces  différentes  ,  je  fus 
fort  surpris  de  voir  que  le  Cochon  d’Inde  à 
sa  naissance ,  lorsqu’on  l’asphyxiait  dans 
l’eau,  ne  vivait  que  trois  ou  quatre  minutes 
de  plus  que  l’adulte. 

Les  recherches  sur  les  animaux  à  sang 
froid  m’ayant  fait  connaître  la  grande  in¬ 
fluence  que  la  température  exerce  sur  ce 
mode  d’existence,  ayant,  en  outre,  reconnu 
que  les  animaux  à  sang  chaud  présentaient 
entre  eux  des  différences  marquées  dans  la 
production  de  la  chaleur ,  j’ai  pensé  que 
cette  différence  devait  en  produire  une 
dans  la  durée  de  la  vie  dans  l’asphyxie. 

Comparons  donc  entre  elles  les  espèces 
dont  nous  venons  de  parler,  et  nous  verrons 
que  ce  rapport  se  vérifie.  D’une  part ,  les 


ASP 


233 


Chiens,  les  Chats  et  les  Lapins  nouveau-nés, 
se  comportent  de  la  même  manière  dans 
l’asphyxie.  Dans  cet  état ,  ils  donnent  tous 
des  signes  de  vie  pendant  près  d’une  demi- 
heure  et  quelquefois  au  delà;  or,  ce  sont 
précisément  les  espèces  chez  lesquelles  j’ai 
observé  une  production  de  chaleur  si  faible, 
qu’elle  les  rapproche  des  animaux  à  sang 
froid.  D’autre  part,  les  Cochons  d’Inde  sont 
dans  la  classe  de  ceux  qui  produisent  le  plus 
de  chaleur  à  leur  naissance;  aussi  n’en  ai-je 
jamais  vu  qui  vécussent  plus  de  7  minutes  en 
les  plongeant  sous  l’eau,  et  souvent  ils  n’at¬ 
teignent  pas  cette  limite.  (Edwards.) 

ASPIC,  rept.  —  Le  Serpent  dont  les 
anciens  ont  parlé  sous  ce  nom  est  YHaje, 
Col .  Haje,  dontM.  Savigny  a  donné  une  ex¬ 
cellente  figure  dans  l’ouvrage  français  sur 
la  description  de  l’Égypte. 

Linné  a  nommé  Coluber  aspis  une  espèce 
voisine  de  la  Yipère  commune.  Col.  berus,  et 
qui  vit  dans  quelques  parties  de  la  France  ; 
on  lui  donne  souvent  le  nom  d’Aspic. 

(P.G.) 

ASPIC  ou  SPIC.  bot.  ph. —  Nom 
vulgaire  de  la  Lavande ,  Lavandula  spica 
Lin. ,  du  Phalaris  canariensis  Lin.  Voy. 
LAVANDE  et  PHALARIS.  (C.  D’O.) 

ASPICARPA  (  àiTTrtç ,  bouclier;  xupnoç, 
fruit),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Malpighiacées,  remarquable  par  deux  sortes 
de  fleurs,  les  unes  terminales,  disposées 
par  quatre  en  ombelles  ,  et  que  nous  nom¬ 
merons  normales;  les  autres  extrêmement 
petites ,  verdâtres ,  presque  sessiles  et  ca¬ 
chées  aux  aisselles  des  feuilles ,  que  nous 
nommerons  anormales.  Fl.  normales  : 
Calice  5-parti,  dont  les  divisions  sont  mu¬ 
nies  de  deux  glandes  à  leur  base.  Pétales 
plus  longs,  onguiculés,  à  limbe  frangé,  d’un 
jaune  orangé.  Étamines  5,  opposées  au  cali¬ 
ce  ,  monadelphes ,  deux  anthérifères  sou¬ 
dées  dans  presque  toute  leur  longueur  ,  les  ! 
trois  attires  libres  dans  leur  plus  grande 
étendue  ,  et  terminées  par  des  masses  stéri¬ 
les  et  informes.  Ovaires  5,  soudés  vers  l’axe, 
libres  du  reste.  Un  seul  style  dont  la  base 
s’enfonce  entre  eux,  et  dont  le  sommet  por¬ 
te  un  stigmate  tronqué.  Fl.  anormales  : 
Calice  5-parti,  sans  glandes  ;  pas  de  pétales, 
et  une  seule  anthère  sessile  et  rudimentaire. 
2  ovaires  sans  style.  Carpelles  couchés ,  mu¬ 
nis  sur  leur  dos ,  qui  devient  ainsi  supérieur, 


ASP 

de  trois  crêtes,  une  moyenne  et  deux  mar¬ 
ginales  ,  indéhiscents.  —  On  connaît  deux 
espèces  de  ce  genre  ;  ce  sont  des  sous-ar¬ 
brisseaux  du  Mexique.  L’un  a  été  depuis 
long-temps  cultivé  dans  les  serres  d’Euro- 
pe  ,  et  il  est  fort  remarquable  qu’il  n’y  ait 
produit  que  des  fleurs  anormales,  d’après 
lesquelles  Richard,  n’en  connaissant  pas 
d’autres ,  avait  décrit  le  genre  que  Des  vaux, 
à  cause  de  sa  singularité  dans  la  famille, 
avait  nommé  Âcosmus.  (Ad.  J.) 

ASPICARPONE  bot.  ph.  —  Voyez 

ASPICARPA.  (C.  D’O.)- 

*  ASPICELA  («£ m'g,  bouclier),  ins.  — 

Genre  de  Coléoptères  tétramères ,  famille 
des  Chrysomélines ,  établi  par  M.  Dejean , 
dans  son  dernier  Catalogue,  et  dont  il  n’a 
pas  publié  les  caractères.  Il  y  rapporte  quatre 
espèces  de  l’Amérique  équinoxiale,  décrites 
comme  des  Altises  par  Latreille ,  dans  le 
Voyage  de  Humboldt,  sous  les  noms  de 
cretacea  ,  unipunctata ,  albomarginata  et 
scutata.  (D.) 

ÂSPIBALIS.  bot.  ph.  —  Section  du  g. 
Didelta,  qui  fait  partie  des  Composées  :  elle 
se  caractérise  par  les  dimensions  des  folio¬ 
les  internes  de  l’involucre  ,  beaucoup  plus 
longues  que  les  externes,  et  par  son  récep¬ 
tacle  profondément  alvéolé.  Le  nomd’Asjn- 
dalis ,  proposé  par  Gærtner,  a  été  changé 
par  son  auteur  en  celui  de  Cuspidia. 

(J.  B.) 

*  ASPIBECHIBNES.  Âspideckidnei 
(âgikts ,  bouclier  ;  ê%i$ycc ,  vipère),  rept.  — 
Nom  donné  par  J. -A.  Ritgen  à  une  famille 
d’Ophidiens ,  renfermant  les  Serpents  veni¬ 
meux  qui  ont  des  plaques  sur  la  tête. 

(C.  D’O.) 

*  ASPIBEItJM.  bot.  ph.  —  Synony¬ 
me  du  g.  Willemetia,  de  la  tribu  des  Chi- 
coracées,  famille  des  Composées.  (J.  D.) 

*ASPIBIA  («tiu's,  bouclier;  icTéa,  forme). 
ins.  —  Genre  de  l’ordre  des  Lépidoptères , 
famille  des  Nocturnes ,  tribu  des  Platyomi- 
des ,  établi  par  M.  Treitschke,  et  qae  nous 
avons  adopté  dans  1  ''Histoire  naturelle  des 
Lépidoptères  de  France ,  en  lui  donnant 
pour  caractères  :  Deuxième  article  des  pal¬ 
pes  très  large ,  très  velu  et  spatuliforme  ; 
troisième  article  très  court  et  à  peine  visi¬ 
ble.  Trompe  nulle.  Corps  mince  ;  ailes  su¬ 
périeures  très  larges  et  dont  la  côte  est  très 
arquée  dans  toute  sa  longueur.  Chenille  vi- 
15+ 


T.  II, 


234 


ASP 


ASP 


yant  en  société  dans  des  feuilles  réunies  en 
paquet,  et  se  métamorphosant  dans  un 
tissu  commun  recouvert  de  mousses  et  de 
feuilles  sèches.  —  Ce  genre  ne  renferme 
qu’une  seule  espèce  chez  M.  Treitschke ,  la 
Tortrix  solandriana  Lin.;  mais  nous  lui 
ayons  réuni  la  Pyralis  cynorbana  Fabr., 
qui  nous  a  paru  posséder  les  mêmes  carac¬ 
tères  génériques.  Ces  deux  espèces  se  trou¬ 
vent  aux  environs  de  Paris  et  sont  figurées 
dans  Hubner,  ainsi  que  dans  V Histoire  nat. 
des  Lép.  de  France  (t.  IX,  pl.  245,  fig.  1  et 
2).  r  (D.) 

*  ASPIDIACÉES.  bot.  —  Presl  don¬ 
ne  ce  nom  à  une  tribu  de  la  famille  des 
Fougères  qui  avait  été  déjà  désignée  sous 
le  nom  d 'Aspidiées  par  M.  Gaudichaud.  — 
Cette  tribu  correspond ,  en  effet,  au  genre 
Aspidium,  tel  que  Swartz  et  Willdenow 
l’avaient  admis  ;  genre  qui  fut  ensuite  sub¬ 
divisé  par  Roth ,  Bernhardi,  et  les  auteurs 
plus  récents. 

Cette  tribu  des  Aspidiées  ou  Aspidiacées 
est  donc  caractérisée  par  des  groupes  de 
capsules  arrondis  ou  ovales ,  insérés  sur  les 
nervures  ou  à  leur  extrémité,  et  recouverts 
par  un  tégument  orbiculaire  ou  réniforme. 

Cette  différence  dans  la  forme  du  tégu¬ 
ment  a  servi  de  base  à  Presl  pour  la  division 
de  cette  tribu  en  deux  sous-tribus  :  celle  des 
IVéphrodiées ,  dans  lesquelles  le  tégument 
est  réniforme ,  et  qui  comprend  les  genres 
Nephrodium,  Nephrolepis ,  Oleandra  et 
Lastrea ;  et  celle  des  Aspidiariées,  dont  les 
groupes  de  capsules  sont  recouverts  par  un 
tégument  arrondi  ou  ovale,  ombiliqué  et  in¬ 
séré  par  son  milieu,  et  qui  renferme  les  gen¬ 
res  Polystichum,  Aspidium, Didymochlena, 
Phanerophlebia ,  Cyclodium,  Cyrtomium 
et  Sagenia.  Voy.  ces  mots.  (Ad.  B.) 

*  ASPIDIARIÉES.  bot.  — Voyez  as¬ 
pidiacées.  (Ad.  B.) 

*  ASPIDIÉES.  bot.  —  Voyez  aspi¬ 
diacées.  (Ad.  B.) 

ASPIDIOTES  (àffirtJVirïi?,  qui  porte  un 
bouclier),  cuust.  —  M.  Duméril,  dans  sa 
Zoologie  analytique,  etLatreille,  dans  son 
Généra  Crustaceorum  ,  etc. ,  ont  donné  le 
nom  de  Clypéacés  ou  Aspidiota  à  une  divi¬ 
sion  des  Crustacés  Entomostracés ,  compre¬ 
nant  le^Limules,  les  Caliges,  les  Apus,  etc. 
Ce  groupe  n’est  pas  naturel.  (M.  E.) 

*  ASPIDIOTUS  (  iirfucTtcirvis ,  qui  porte 


un  bouclier  ;  sans  doute  parce  que  ces  ani¬ 
maux  ont  tout  le  corps  recouvert  d’une 
matière  blanche  et  laineuse),  uns.  —  Genre 
de  la  famille  des  Cocciniens  ,  de  l’ordre  des 
Hémiptères ,  section  des  Homoptères,  établi 
par  M.  Bouché  ( Naturgesch .  der  Jnsekt .)  et 
adopté  par  M.  Burmeister  et  par  nous.  Ce 
genre ,  qui  se  rapproche ,  à  beaucoup  d’é¬ 
gards,  des  Coccus  (Cochenilles),  s’en  distin¬ 
gue  par  les  antennes,  de  neuf  articles  dans 
les  mâles ,  et  de  six  dans  les  femelles ,  et  par 
l’absence  de  filets  abdominaux  chez  les  m⬠
les.  M.  Bouché  a  fait  connaître  cinq  espèces 
de  ce  genre,  et  depuis  on  en  a  découvert 
quelques  autres.  Les  plus  répandues  sont  les 
A.  rosœ ,  nerii,  lauri  Bouch.  (Bl.) 

*  ASPIDIPHORUS  («<mcTopo/5o?,  qui 

porte  un  bouclier  ).  ms.  —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  pentamères,  famille  des  Clavicor- 
nes,  tribu  des  Byrrhides,  établi  par  Zie- 
gler  et  adopté  par  M.  Dejean  dans  son  der¬ 
nier  Catalogue,  ainsi  que  par  M.  Westwood, 
qui,  dans  son  Synopsis,  le  caractérise  ainsi  : 
Corps  suborbiculaire.  Élytres  arrondies  au 
bout.  Antennes  de  dix  articles;  massue  lon¬ 
gue  ,  composée  de  trois  articles.  Ce  g.,  créé 
aux  dépens  du  genre  Nitidule  des  auteurs , 
a  pour  type  la  Nit.  orbiculata  de  Gyllen- 
hal ,  qui  se  trouve  en  Suède  et  aux  envi¬ 
rons  de  Paris.  Cet  insecte  se  nourrit  d’une 
espèce  de  lichen  qui  croît  sur  le  bois  mort. 
Sa  larve  est  très  renflée  sur  les  côtés  ,  blan¬ 
che  ,  et  ressemble  assez ,  pour  la  forme ,  à 
celle  d’un  Anthr'ene.  (D.  et  C.) 

*  ASPIDISCINE.  Aspidiscina.  isf. 

—  Famille  d’infusoires  admise  par  M.  Eh¬ 
renberg,  et  comprenant  le  seul  genre  Aspi- 
disque  de  ce  naturaliste.  Ses  caractères 
sont  :  Animaux  polygastriques  ;  à  carapace  ;  à 
canal  intestinal  distinct  et  à  deux  orifices. 
Anus  terminal.  (P.  G.) 

*  ASPIDISQUE.  Aspidisca  (àfffrtdVjxoj , 
petit  bouclier),  inf.  —  Genre  unique  de  la 
famille  des  Aspidisques ,  établi  par  fl.  Eh¬ 
renberg,  et  dont  le  type  est  le  Trichoda 
lynceus  de  Müller,  qui  est,  pour  M.  Bory, 
une  esp.  de  Ratule.  M.  Ehrenberg  y  rappor¬ 
te  aussi  une  seconde  esp.  prise  à  Berlin ,  et 
qu’il  nomme  A.  venticulata.  (P.  G.) 

*  ASPIDISTRA.  Macrogyne  ,  L.  et  O., 
Icon.  Sel.  (altération  d’à<7irt«Pt<7xos ,  petit  bou¬ 
clier;  forme  du  stigmate  .  bot.  pii.— Genre 
formé  par  lier  [Bot.  Reg.,  t.  629),  et  sur  la 


ASP 


place  duquel,  dans  le  système  naturel,  les 
auteurs  ne  sont  pas  d’accord  :  les  uns  le 
rapportant  (ainsi  que  le  Tupistra ,  genre 
fort  voisin ,  sinon  le  même)  aux  Acoracées 
ou  aux  Aroïdées  ;  les  autres  aux  Smila- 
cées ,  etc.  ;  place  qui  ne  sera  déterminée 
qu’après  une  analyse  parfaite  du  fruit ,  en¬ 
core  peu  connu.  Nous  penchons  à  croire 
qu’il  pourra  devenir  le  type  d’une  petite 
famille,  voisine  des  Aroïdées  et  des  Smila- 
cées ,  et  qui  comprendrait,  en  outre,  les  g. 
Tupistra  et  Rhodea.  Quoi  qu’il  en  soit ,  en 
voici  les  caractères  principaux ,  d’après  une 
analyse  faite  par  nous  :  [A.  lurida )  Fleurs 
hermaphrodites,  solitaires,  charnues,  pen¬ 
dantes  ;  pédoncules  insérés  sur  le  rhizome. 
Périgone  unique ,  corollacé  ,  campanulé,  6- 
8-fîde;  lacinies  étalées,  granulées,  relevées 
intérieurement  des  deux  côtés.  Étamines  en 
nombre  égal  aux  lacinies,  biloculaires,  ses- 
siles  (  filaments  nuis  ) ,  insérées  vers  la  base 
du  tube  ;  anthères  jaunes ,  dorsifixes.  Style 
continu  à  l’ovaire,  court,  épais;  stigmate 
fongiforme ,  fermant  le  tube  floral  comme 
d’un  bouclier,  relevé  de  saillies,  blanc,  en¬ 
tier  (radié ,  3-4-lobé,  Ker).  Ovaire  (Ker)  très 
petit,  subcylindrique,  5-4-loculaire ;  ovules 
(Ker)  superposés  (géminés,  Nob.),  amphi- 
tropes ,  2  dans  chaque  loge.  Fruit...?—  Plan¬ 
tes  herbacées,  acaules,  glabres;  à  rhizome 
rampant  ;  à  feuilles  solitaires  ou  subbifariées , 
pétiolées  ;  pédoncules  couverts  d’une  à  deux 
écailles.  Fleurs  bibractéées  ;  bractées  enve¬ 
loppant  la  base  du  tube,  et  munies  au  som¬ 
met  d’une  sorte  de  mucron.  Deux  ou  trois 
espèces  ,  indigènes  à  la  Chine  et  au  Japon. 
A  l’article  Tupistra ,  nous  traiterons  com¬ 
plètement  la  question  soulevée  plus  haut, 
et  nous  chercherons  à  la  décider  par  les 
recherches  auxquelles  nous  nous  livrerons. 

(C.  L.) 

*  ASPIDITES.  bot.  foss.  — M.  Gœp- 
pert ,  dans  son  bel  ouvrage  sur  les  Fougè¬ 
res  fossiles  de  la  Silésie ,  a  donné  ce  nom  à 
un  genre  renfermant  des  espèces  fossiles  qui 
ont  une  analogie  assez  prononcée  avec  les 
Aspidium ,  parmi  les  Fougères  vivantes; 
mais,  comme  il  le  remarque  lui-même,  une 
partie  de  ces  espèces  peuvent  appartenir  à 
d’autres  genres  de  Fougères ,  qui  ont  une 
nervation  analogue  et  des  feuilles  assez  sem¬ 
blables.  Plusieurs  de  ces  espèces  fossiles 
ont ,  il  est  vrai,  présenté  des  groupes  de 


ASP  235 

capsules  arrondies  ;  mais  cette  disposition , 
ainsi  que  la  forme  des  feuilles ,  les  rappro¬ 
che  au  moins  autant  des  Cyathea  que  des 
Aspidium enfin,  parmi  les  espèces  stériles, 
plusieurs  ont  autant  d’analogie  avec  cer¬ 
tains  Asplénium  et  avec  des  Polypodium , 
à  nervures  non  réticulées,  qu’avec  des  As¬ 
pidium.  C’est  ce  genre  de  considérations 
qui  nous  avait  empêché ,  jusqu’à  ce  qu’on 
connût  mieux  la  généralité  des  Fougères 
fossiles  ,  de  les  rapporter  aux  genres  établis 
parmi  les  Fougères  vivantes.  M.  Gœppert 
a  fait  des  efforts  très  louables  pour  arri¬ 
ver  à  ce  résultat  ;  mais  les  matériaux  ont 
souvent  été  trop  imparfaits  pour  qu’il  pût 
atteindre  son  but  avec  un  succès  complet. 
Il  divise  les  Aspidites  en  deux  sections  :  la 
première,  comprenant  les  espèces  à  feuilles 
simples,  correspond  au  g.  que  nous  avons 
nommé  Tœniopteris ,  et  renferme  sept  espè¬ 
ces,  dont  une  a  offert  des  indices  de  fructi¬ 
fication  ponctiforme  qui  semblerait  la  rap¬ 
procher  des  Oleandra  ( Aspidium  articu- 
latum  Swartz  )  ;  la  seconde  comprend  les 
espèces  à  feuilles  bipinnées ,  au  nombre  de 
26  ;  peu  d’entre  elles  ont  été  observées  en 
fructification  ,  et  celle  -  ci  se  rapproche  soit 
de  certains  Aspidium ,  soit  de  quelques  Cyar 
thea.  (Ad.  B.) 

ASPIDIUM.  bot.  —  Swartz,  dans  son 
Synopsis  filicum,  faisant  le  premier  entrer, 
comme  caractère  ,  les  téguments  membra¬ 
neux  ou  lndusium  qui  recouvrent  les  grou¬ 
pes  de  capsules  dans  beaucoup  de  Fougè¬ 
res  ,  partagea  presque  tous  les  Polypodes  de 
Linné  en  deux  genres  :  les  Polypodium , 
dont  les  groupes  de  capsules  arrondis  sont 
nus  et  dépourvus  de  toute  espèce  de  tégu¬ 
ment  ,  et  les  Aspidium,  dont  les  groupes  de 
capsules,  également  arrondis ,  sont  recou¬ 
verts  par  un  tégument  ombiliqué  ou  s’ou¬ 
vrant  latéralement.  Ce  dernier  genre  im¬ 
mense  fut  admis  encore  ainsi  par  Willde- 
now,  qui  y  comptait  déjà  147  espèces  ;  mais 
bientôt  une  étude  plus  attentive,  jointe  à  la 
découverte  de  nouvelles  espèces ,  conduisit 
à  le  subdiviser ,  et  même  à  en  éloigner 
quelques  plantes  qu’on  y  avait  placées  jus¬ 
que  alors  :  ainsi  Roth  créait  les  genres  Athy- 
rium,  plus  voisins  des  Asplénium  que  des 
Aspidium ,  et  Polystichum  ;  Bernhardi  le 
genre  Cystopteris  ;  Richard  ,  dans  la  Flore 
de  Michaux,  le  genre  Nephrodium ;  (Java- 


236 


ASP 


nilles  le  genre  Qleandra;  plus  récemment, 
Desvaux  établit  le  genre  Didymochlena , 
et  Bory  de  Saint -'Vincent  le  genre  Las- 
trea ;  enfin,  tout  récemment,  Schott  et 
Presl  ont  ajouté  à  ceux-ci  les  genres  Ne- 
phrolepis  ,  Phanerophlebia ,.  Cyclodium  , 
Cyrtonium  et  Sagenia ;  et,  malgré  tous 
ces  travaux ,  on  n’est  peut-être  pas  en¬ 
core  arrivé  à  bien  fixer  la  limite  et  sur¬ 
tout  les  limites  naturelles  de  ces  divers 
groupes.  ïl  résulte  de  ces  subdivisions  que 
le  genre  Âspidium,  tel  qu’il  est  défini  dans 
les  ouvrages  les  plus  récents  et  les  plus 
estimés  ,  est  maintenant  réduit  à  un  très 
petit  nombre  d’espèces  très  distinctes.  Leur 
caractère  générique  résulte  de  la  disposition 
des  nèrvures  et  de  l’insertion  des  capsules, 
ïl  est  ainsi  exprimé  :  Nervures  pinnées  éloi¬ 
gnées,  formant  des  côtes  plus  ou  moins 
flexueuses  et  rameuses  ;  nervures  secondai¬ 
res  anastomosées  et  formant  un  réseau  à 
mailles  ,  soit  hexagonales  et  inégales ,  soit 
quadrilatères  à  bords  courbes  ;  les  petites 
nervures  formant  un  réseau  plus  fin  analo¬ 
gue,  et  produisant  des  rameaux  simples  ou 
rameux ,  droits  ou  courbes ,  qui  se  termi¬ 
nent  librement  dans  les  mailles  du  réseau 
par  des  extrémités  aiguës.  Groupes  de  cap¬ 
sules  insérés  sur  le  dos  des  nervures  ou  aux 
angles  du  réseau,  globuleux,  très  gros.  Té¬ 
gument  orbiculaire  pelté.  Le  type  de  ce 
genre  est  V Aspidium  trifoliatum ,  espèce 
autour  de  laquelle  se  groupent  très  natu¬ 
rellement  plusieurs  autres  espèces  améri¬ 
caines  ,  telles  que  les  Aspidium  Plumieri , 
macrophyllum ,  heracleifolium. 

D’autres  espèces  rapportées  à  ce  genre , 
mais  formant ,  dans  l’ouvrage  de  Presl,  une 
autre  section  sous  le  nom  de  Bathmium ,  se 
distinguent  par  le  réseau  des  nervures  à 
mailles  quadrilatères  ;  toutes  sont  des  ré¬ 
gions  tropicales  de  l’ancien  continent. 

(An.  B.) 

*  ASPÏDOACHÏRES.  Aspidoachira 
(•c bouclier  ;  «  priv.  ;  ydp,  main),  rept. 
—  Nom  donné  par  J. -A.  Ritgen  à  une  fa¬ 
mille  de  Reptiles  sauriens  ,  renfermant  ceux 
qui  ont  le  corps  couvert  d’écailles  et  deux 
pieds  de  derrière,  sans  pieds  de  devant. 

(G.  1*0.) 

ASPIDOBRANJCHES.  Aspidobran- 
chiata  [AncUi  tcPos,  bouclier;  Spàyytx,  bran¬ 
chies  )„  moll,  —  M.  Scfiweigger  a  formé , 


ASP 

sous  ce  nom  ,  un  genre  de  Mollusques  quj 
correspond  assez  exactement  aux  Scutibran- 
ches  de  Cuvier  ;  seulement  le  zoologiste  al¬ 
lemand  a  ajouté  dans  son  groupe  le  genre 
Ombrelle ,  qui  appartient  aux  Inférobran- 
ches  de  Cuvier.  Voyez  ombrelle  et  scu- 

TIBR  ANCHES.  (DESH.) 

*  . ASPÏDOCARPUS ,  Neck.  {Élem., 
802)  (  tcToî,  bouclier;  xxpnds ,  fruit). 
bot.  ph.  —  Synonyme  du  genre  Paliurus , 
Tourn.,  de  la  famille  des  Rhamnées. 

(Sp.) 

*  ASPIDOCEPHALES.  Aspidoce- 
phali  (  àat rts,  bouclier  ;  xsç>« }vj,  tête),  rept. 
—  Non  donné  par  J. -A.  Ritgen  à  une  sec¬ 
tion  de  Reptiles  ophidiens,  comprenant  ceux 
qui  ont  la  tête  garnie  de  plaques. 

(C.  D’O.) 

*  ASPIDOCHIRES.  Aspidochiri  (k<x- 

îtc's,  bouclier;  y  dp ,  main),  rept.  —  Nom 
donné  par  J.-A.  Ritgen  à  une  famille  de 
Reptiles  sauriens,  comprenant  ceux  qui  ont 
le  corps  couvert  d’écailles  et  deux  pieds  de 
devant  seulement.  (C.  d’O.) 

*  ASPIDOCOLOBES.  Aspidocolobi 
(«o-îtcç,  bouclier;  xotaGç’s,  mutilé),  rept.  — 
Non  donné  par  J.-A.  Ritgen  à  une  famille 
de  Reptiles  sauriens ,  comprenant  ceux  qui 
ont  le  corps  couvert  d’écailles,  et  plus  ou 
moins  mutilé  à  l’égard  des  membres. 

(C.  D’O.) 

*  ASPIDOCOTYLE.  Aspidocotylus 

(  «sm'ç ,  plaque  ;  xorùh,  ventouse  ).  helm. — 
Genre  de  Vers  apodes  de  l’ordre  des  Poly- 
stomes ,  ou  mieux  Polycotylaires ,  Blainv., 
établi  par  M.  Diesing  dans  le  deuxième  vo¬ 
lume  des  Annales  du  Musée  de  Vienne,  et 
dont  l’espèce  unique,  A.  mutabilis  Dies,, 
vit  dans  les  intestins  d’une  nouvelle  espèce 
de  Cataphractus  de  l’Amérique  méridio¬ 
nale.  Ses  caractères  sont  :  Corps  allongé , 
déprimé,  rétréci  en  avant  ,  élargi  en  ar¬ 
rière,  où  il  est  pourvu  d’une  bordure  subor- 
biculaire,  garnie  de  nombreuses  ventouses. 
Bouche  orbiculaire ,  terminale  ;  un  cirrhe 
simple  et  conique  à  la  partie  antérieure  et 
centrale  du  corps.  (P.  G.) 

*ASPIBOGASTRE.  Aspidogaster  (ck- 
plaque  ;  y etsrÿp,  ventre),  helm. — Corps 
mou,  inarticulé,  ovale-allongé,  atténué  aux 
deux  extrémités  ,  pourvu  en  dessous  d’une 
lame  avec  des  barres  ;  les  deux  orifices  tout 
I  à  fait  terminaux  ;  le  postérieur  dilaté  en  ven- 


ASP 


ASP 


237 


touse  et  beaucoup  plus  grand  que  l’autre, 
qui  est  petit  et  rond. 

L’espèce  type  de  ce  genre  a  été  décrite 
par  M.  Baer,  sous  le  nom  d’A.  conchicola , 
(Baer,  Act .  Nqt.  Curios.  XIII,  part.  2,  pl. 
28);  elle  vit  parasite  des  Anodontes  et  des 
Mulettes.  M.  de  Blainville  rapporte  ce  genre 
aux  Porocéphales  ou  Trématodes.  M.  Bie- 
sing  en  a  signalé  une  seconde  espèce,  qu’il 
appelle  A.  limacoides.  (P.  G.) 

*  ASP1BOGLOSSUM,  E.  Meyer 
(  Comm .  Plant.  Afr.  austr.,  p.  200)  («tt 
bouclier;  y/wcrarx,  langue). bot. piî.  —  Gen¬ 
re  de  la  famille  des  Asclépiadées  (tribu  des 
Cynanchées ,  section  des  Asclépiées  ,  Endl.), 
dont  l’auteur  ne  donne  que  les  caract.  sui¬ 
vants:  Calice  5-parti.  Corolle  5-partie,  sub- 
rotacée.  Couronne  de  10  squamules  doubles , 
subulées ,  élargies  vers  leur  base.  Anthères 
surmontées  d’un  appendice  membraneux. 
Masses  polliniques  comprimées ,  pendantes , 
apicifixes.  Stigmate  déprimé,  mutique.  — 
Herbes  vivaces,  à  tiges  dressées.  Feuilles 
étroites.  Pédoncules  axillaires,  alternes,  fas- 
ciculés ,  nutants.  Ce  g.  appartient  à  l’Afrique 
australe  ;  on  en  connaît  3  espèces.  (Sp.) 

*  ASPIBOMOBPHA  (fani $,  £<fos,  bou¬ 

clier  ;  fiopw,  forme  ).  iss.  —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  tétramères,  famille  des  Cbrysomé- 
lines,  tribu  des  Cycliques,  établipar  M.Hope 
( ColeopteriVs  manual ,  part.  III,  pag.  158) 
aux  dépens  du  genre  Casside ,  mais  sans  in¬ 
dication  de  caractères.  D’après  les  noms 
des  espèces  qu’il  y  rapporte,  il  est  évidem¬ 
ment  le  même  que  le  g.  créé  par  M.  Che- 
vrolat  sous  le  nom  de  Deloyala ,  et  adopté 
par  M.  Dejean  dans  son  dernier  Catalogue , 
qui  a  paru  en  1837  ;  tandis  que  le  Manuel 
de  M.  Hope  n’a  été  publié  qu’en  1839.  Voy. 
DELOYALA.  (D.  et  C.) 

*  ASP1DONOTUS  (  «ffirt's ,  tcTog ,  bou¬ 
clier;  sSiros,  dos),  ins.  —  Genre  de  la 
famille  des  Locustiens,  de  l’ordre  des  Or¬ 
thoptères  ,  établi  par  M.  Brullé  {  Hist.  des 
Ins.,  9),  et  adopté  par  nous  (Hist.  des  Ani¬ 
maux  art.,  4).  Ce  genre,  très  singulier,  se 
rapproche  beaucoup  des  Phyllophora , 
Thunb.,  et  Hyperomala,  Serv.  ;  mais  il  est 
cependant  assez  nettement  caractérisé  par 
les  antennes,  tr^  rapprochées  à  leur  base  ; 
par  le  prothorax  recouvrant  complètement 
l’abdomen,  avec  le  prosternum  muni  de  deux 
épines  très  rapprochées ,  et  le  mésosternum 


ayant,  de  chaque  côté,  qn  tubercule  aigu 
surmonté  d’une  lamelle  divisée  en  deux 
feuillets.  —  La  seule  esp.  de  ce  genre  que 
nous  connaissions  encore  est  VA,  spinosus 
Brui.,  de  l’ile  de  Madagascar  ;  nous  ne  l’a¬ 
vons  vue  qu’à  l’état  aptère  ;  mais  il  serait 
possible  qu’elle  prît  des  ailes,  si,  comme 
nous  le  pensons,  les  individus  que  nous 
avons  observés  n’avaient  pas  atteint  leur 
état  parfait.  (Bl.) 

ASPIDOPUOBE  (affûte 'ofo/sos,  qui  por¬ 
te  un  bouclier),  poiss.  —  Nom  générique 
donné  par  Lacépède  à  des  Percoïdes  à  joues 
cuirassées,  ayant  deux  dorsales,  la  bouche 
peu  fendue,  à  mâchoires  garnies  de  petites 
dents ,  à  palatins  lisses  et  sans  dents ,  à 
chevron  du  vomer  également  sans  dents,  et 
à  corps  couvert  de  plaques  dures  et  osseu¬ 
ses,  formant  une  cuirasse  polyédrique,  dans 
lequel  le  poisson  est  enveloppé.  Les  pecto¬ 
rales  ,  assez  grandes ,  ont  des  rayons  sim¬ 
ples.  L’absence  des  dents  au  palais  les  distin¬ 
gue  des  Cottes ,  avec  lesquels  Linné  les  con¬ 
fondait.  Les  Aspidophores ,  par  leurs  cui¬ 
rasses,  sont  aux  Cottes  ce  que  les  Malarmats 
sont  aux  Trigles.  —  Ce  genre  a  été  établi 
par  Bloch,  dans  son  édition  posthume ,  sous 
le  nom  d'Agonus ,  et  Pallas  les  a  désignés 
sous  celui  de  Phalangista.  Ce  sont  des  Pois¬ 
sons  des  mers  du  Nord ,  dont  une  petite  es¬ 
pèce  s’avance  jusque  dans  la  Manche,  où  elle 
est  assez  abondante. 

Les  autres  espèces  ont  été  trouvées  dans 
les  latitudes  élevées  du  Ramtschatka  ou 
du  Groënland.  Tout  récemment  M,  Gay, 
qui  s’est  occupé  avec  tant  de  zèle  et  de  sa¬ 
gacité  de  l’histoire  naturelle  du  Chili,  et  des 
mers  avancées  dans  les  latitudes  australes , 
a  découvert,  à  Chiloé ,  une  esp.  nouvelle  de 
ce  genre.  Ce  fait  est  d’une  grande  impor¬ 
tance  dans  l’étude  de  la  distribution  géo¬ 
graphique  des  Poissons.  Comme  le  même 
naturaliste  a  trouvé  sur  ces  côtes  d’autres 
Poissons  du  g.  Gade ,  et  de  famille  voisine , 
qu’avant  lui  on  ne  savait  pas  encore  exister 
dans  l’hémisphère  austral,  ces  découvertes 
prouvent  qu’aux  deux  pôles  les  espèces  sont 
voisines  l’une  de  l’autre ,  et  appartiennent 
aux  mêmes  genres.  (Val.) 

ASPIBOPHOROIDE.  POISSONS.  — 
Genre  établi  par  Lacépède  pour  le  poisson 
qu’il  ne  connaissait  que  d’après  la  descri¬ 
ption  de  Bloch  ,  et  que  cet  ichthyologue , 


238 


ASP 


ASP 


* 


avait  nommé  Cottus  monopterygius.  Ce 
poisson,  qui  n’a  en  effet  qu’une  seule  dorsa¬ 
le  ,  doit ,  sous  ce  rapport ,  être  séparé  des 
Aspidophores,  qui  en  ont  deux.  Je  pense 
donc  que  le  genre  de  Lacépède  devra  être 
conservé.  J’ai  vérifié  moi-même,  sur  les 
exemplaires  du  Musée  de  Berlin ,  les  carac¬ 
tères  indiqués  par  Bloch  ,  et  j’ai  reconnu  l’i¬ 
dentité  spécifique  du  poisson  de  Bloch  avec 
d’autres  individus  que  M.  Reinhardt,  de 
Copenhague,  a  bien  voulu  envoyer  au  Ca¬ 
binet  du  Roi.  Ce  savant  a  prouvé ,  par  ses 
recherches,  que  l’Aspidophoroïde  vient, 
comme  la  plupart  des  autres  Cottoïdes ,  des 
mers  du  nord ,  et  que  Bloch  ne  l’a  indiqué 
des  mers  de  l’Inde  ,  à  Tranquebar,  que  par 
suite  des  confusions  auxquelles  il  n’était 
que  trop  sujet.  Quant  à  l’assertion  avancée 
dans  le  Dictionnaire  classique  à  l’article  As- 
pidophoroïde  par  M.  Bory  de  Saint-Vincent, 
qui  affirme  avoir  trouvé  lui-même  un  pois¬ 
son  de  ce  genre  sur  les  marchés  de  File  de 
France  ,  j’avoue  que  j’ai  peine  à  croire  que 
la  mémoire  de  ce  savant  ne  l’ait  pas  entraî¬ 
né  dans  une  grave  erreur  ;  car  il  ne  peut 
y  avoir  de  doute  que  l’Aspidophoroïde  ne 
se  trouve  sur  les  côtes  du  Groenland ,  et 
il  n’est  pas  possible  que  cette  même  es¬ 
pèce  se  retrouve  dans  les  mers  de  l’Inde , 
sous  un  climat  aussi  chaud  que  celui  de  l’île 
de  France.  Nous  avons  reçu  par  les  nom¬ 
breux  voyageurs  du  Muséum,  et  entre  au¬ 
tres  par  M.  Dussumier,  ou  par  M.  J.  Des¬ 
jardins  ,  de  nombreuses  collections  ichthyo- 
logiques  faites  à  l’île  de  France,  et  nous 
n’y  avons  jamais  observé  d’Aspidophore,  ou 
d’Aspidophoroïde.  Si  nous  conservons  le 
nom  générique  imposé  par  Lacépède,  l’on 
ne  pourra  pas  avoir  le  même  respect  pour 
la  dénomination  spécifique  qui  est  la  con¬ 
séquence  dans  laquelle  Bloch  l’avait  induit. 
Je  propose  de  le  nommer  Aspidophoroides 
borealis.  (Val.) 

*  ASPÎDOPTERYS  (  àfffri's ,  bouclier  ; 
irrs/juÇ ,  aile),  bot.  ph.  —  Sous  ce  nom  gé¬ 
nérique  nous  avons  distingué  les  espèces 
asiatiques  que  les  auteurs  confondaient  avec 
VHirœa ,  qui  n’a  de  représentants  qu’en 
Amérique.  Les  caractères  de  ce  nouveau 
genre  de  la  famille  des  Malpighiacées  sont 
les  suivants  :  Calice  court,  5-parti ,  dépour¬ 
vu  de  glandes.  Pétales  plus  longs ,  entiers  ,  ! 
sans  onglets.  Dix  étamines  à  filets  grêles , 


presque  entièrement  libres.  Trois  ovaires 
surmontés  d’autant  de  styles  allongés,  qui  se 
terminent  par  un  stigmate  en  tête  ,  entou¬ 
rés  chacun  en  dehors  d’une  aile  ovale,  et 
soudés  en  un  seul  qui  semble  ainsi  muni  de 
six  ailes.  Le  fruit  se  compose  de  trois  sa- 
mares,  dont  chacune  quelquefois  munie,  en 
dehors  à  son  milieu,  d’une  petite  crête,  offre 
toujours  une  aile  marginale  ovale  ou  orbi- 
culaire  en  forme  de  bouclier.  La  graine  est 
remarquable  par  son  embryon  droit.  —  On 
en  compte  onze  espèces  originaires  quelques 
unes  de  Java  ,  la  plupart  de  l’Inde.  Ce  sont 
des  arbrisseaux  grimpants ,  à  feuilles  en¬ 
tières  ,  glabres  ou  velues ,  sans  stipules  ap¬ 
parentes.  Les  panicules,  axillaires  ou  termi¬ 
nales,  se  composent  de  petites  grappes  ou 
ombelles ,  dans  lesquelles  les  deux  brac- 
téoles  placées  sous  chaque  fleur  le  sont  à 
une  certaine  distance  au  dessous  de  l’arti¬ 
culation  du  pédicelle.  Les  fleurs  sont  peti¬ 
tes  ,  blanches  ou  jaunes ,  sans  odeur. 

(Ad.  J.) 

*  ASPÏDORHYiYCHUS  (  «ffir iç ,  bou¬ 

clier  ;  pvyxoç,  bec  ).  poiss.  —  Genre  de  Pois¬ 
sons  fossiles  établi  par  M.  Agassiz.  Il  appar¬ 
tient  à  la  famille  des  Sauroïdes,  dans  l’ordre 
des  Ganoïdes.  Il  le  caractérise  par  un  corps 
allongé,  une  mâchoire  supérieure  prolongée 
en  bec,  dépassant  la  mandibule  inférieure. 
La  dorsale  est  très  reculée  et  opposée  à  l’a¬ 
nale  ;  la  caudale  est  fourchue.  Les  pectorales 
et  les  ventrales  sont  arrondies.  C’était  un 
poisson  voisin  de  nos  Lépisostées  ;  mais  ceux- 
ci  ont  les  deux  mâchoires  prolongées  égale¬ 
ment.  M.  Agassiz  en  mentionne  2  esp.  des 
couches  de  Solenhofen ,  et  une  5me  des  Lias 
de  l’Oberland  bernois.  Une  de  celles  de  So¬ 
lenhofen  est  très  bien  figurée  dans  les  Pois¬ 
sons  fossiles  de  M.  Agassiz.  (Val.) 

*  ASPIDOSPERMA,  Mart.  et  Zuccar. 
(«ont t’s,  bouclier;  an èpfix,  graine),  bot.  ph. 
—  Genre  de  la  famille  des  Apocynées ,  tribu 
des  Plumériées,  auquel  ses  auteurs  ( Nov . 
Gen.  et  Sp.  I,  p.  57  )  assignent  pour  caract.  : 
Calice5-parti.  Corolle  subinfundibuliforme; 
tube  ventru  à  la  base  ;  gorge  nue;  limbe  à 5 
lanières  obliques.  Style  filiforme ,  terminé 
en  stigmate  claviforme,  omboné,  nu,  ou 
barbu.  Point  de  squamul^  hypogynes.  Pé¬ 
ricarpe  de  2  follicules  (dont  l’un  souvent  ab- 

!  ortif)  ligneux,  obovés,  comprimés,  semi- 
bivalves  ,  polyspermes.  Graines  suborbicu- 


ASP 


ASP 


239 


laires ,  imbriquées,  comprimées,  peltées  , 
inaigrettées,  bordées  d’une  aile  membraneu¬ 
se  ,  striée.  —  Arbres  (  du  Brésil  )  à  rameaux 
étalés  ou  réfractés;  écorce  souvent  subéreu¬ 
se.  Feuilles  sessiles  ou  pétiolées ,  éparses. 
Fleurs  en  cymes  terminales.  On  en  connaît 
8  espèces.  (Sp.) 

,  *  ASPIDURA  (  «<m’s ,  écusson  ;  où/îa,  j 
queue  ).  échin.  —  Genre  de  la  famille  des 
Ophiures  ou  Astérophides ,  établi  par  M. 
Agassiz,  en  1836,  pour  VOphiura  loricata 
Goldf. ,  espèce  fossile.  Ses  caractères  sont  : 
Une  étoile  de  dix  plaques  recouvrant  la  sur¬ 
face  supérieure  du  disque ,  tandis  que  les 
rayons,  proportionnellement  gros  ,  sont  en¬ 
tourés  d’écailles  imbriquées.  (P.  G.) 

*  ASPIGONUS  bouclier;  y wvo5, 

angle  ).  ins.  —  M.  Wesmaël  (  Braconid. 
de  Belgique  )  a  donné  ce  nom  à  un  genre 
de  la  famille  des  Ichneumoniens ,  tribu  des 
Braconides,  de  l’ordre  des  Hyménoptères, 
que  nous  avons  regardé  (  Histoire  des  Ani¬ 
maux  articulés  y  IY)  comme  une  simple  di¬ 
vision  du  g.  Diospilus ,  Halid.  ;  car,  en  ef¬ 
fet,  les  Aspigonus  ne  diffèrent  essentielle¬ 
ment  de  ces  derniers  que  par  le  bord  anté¬ 
rieur  du  chaperon,  présentant,  dans  son  mi¬ 
lieu,  un  angle  droit.  —  Le  type  de  cette  divi¬ 
sion  générique  est  le  Diospilus  ( Aspigonus ) 
diversicornis  Wesm.,  trouvé  en  France,  en 
Belgique  et  en  Angleterre.  (Bl.) 

*  ASPILATES  (nom  d’une  pierre  pré¬ 
cieuse,  suivant  Pline),  ins. — Genre  de  l’or¬ 
dre  des  Lépidoptères  ,  famille  des  Noctur¬ 
nes  ,  tribu  des  Phalénites,  établi  par  M. 
Treitschke ,  aux  dépens  du  grand  g.  Geo- 
metra  de  Linné,  et  que  j’ai  adopté  dans  ma 
continuation  de  Y  Histoire  naturelle  des  Lé¬ 
pidoptères  de  France  y  par  Godart,  en  lui 
donnant  les  caractères  suivants  :  Antennes 
pectinces  dans  les  mâles ,  et  simples  dans 
les  femelles.  Bord  terminal  des  ailes  simple 
et  entier.  Corselet  étroit  et  squammeux.  Les 
premières  ailes  traversées  diagonalement 
par  une  ou  deux  raies  qui  partent  de  l’angle 
apical  ;  les  secondes  ailes  ayant  à  peu  près 
la  même  forme  que  les  premières.  Palpes 
aigus  et  dépassant  le  chaperon.  Pattes  très 
longues  ;  trompe  très  apparente.  Chenilles 
allongées,  lisses,  sans  tubercules,  seulement 
avec  deux  petites  pointes  sur  le  dernier  an¬ 
neau.  Chrysalide  contenue  dans  un  léger 
lissu  à  la  superficie  de  la  terre.  —Ce  genre  | 


renferme  un  assez  grand  nombre  d’es¬ 
pèces,  dont  nous  ne  citerons  que  deux,  l’A. 
gilvaria  Fabr. ,  et  VA.  pur  pur  aria  Lin. , 
ou  Vensanglantée  de  Geoffroy.  Cette  der¬ 
nière  est  très  commune  dans  les  champs  de 
luzerne  autour  de  Paris.  (D.) 

ASPILÏA.  bot.  pii.  —  Du  Petit- 
Thouars  a  fondé  ce  genre  sur  une  plante 
qui  a  pour  caractères  :  Capitules  multiflores, 
radiés;  ligules  5-10,  neutres,  unisériées, 
dentées  au  sommet  ;  fleurons  du  disque  tubu¬ 
leux,  hermaphrodites,  5-dentés.  Rameaux  des 
styles  terminés  par  un  petit  cône.  Récepta¬ 
cle  plan,  couvert  de  longues  paillettes  acu- 
minées,  pliées  dans  leur  longueur,  et  embras¬ 
sant  les  fruits,  qui  sont  linéaires,  couverts  de 
poils  apprimés,  et  terminés  par  une  aigrette 
en  forme  de  couronne  dentée-ciliée.  —  Les 
deux  espèces  qui  constituent  ce  g.  sont  des 
herbes  vivaces ,  originaires  de  Madagascar, 
et  dont  les. rameaux,  étalés  sur  le  sol ,  por¬ 
tent  des  feuilles  opposées,  des  capitules 
longuement  pédicellés,  solitaires ,  à  rayons 
jaunes.  (J.  D.) 

*  ASPILOTUM  ,  Soland.  bot.  ph.  — 

Synonyme  du  genre  Geniostoma ,  Fort.,  de 
la  famille  des  Loganiacées.  (Sp.) 

ASPIS  (àcnns,  bouclier),  rept.  —  Nom 
de  l’Aspic  chez  les  Grecs  et  les  Latins.  Aris¬ 
tote  nous  apprend  que  ce  Serpent  se  trouvait 
en  Libye.  On  en  fait ,  dit-il  dans  un  passa¬ 
ge  ,  un  poison  qui  corrompt  les  chairs  et 
contre  lequel  on  ne  connaît  point  de  remè¬ 
de.  Ailleurs ,  il  rapporte  les  combats  de 
l’Aspis  avec  l’Ichneumon.  Cet  Aspis  ou  As¬ 
pic  est  le  Coluber  Haje. 

YVagler  [Syst.  Amphib.)  donne  le  nom 
tfAspis  à  un  genre  d’Ophidiens  dont  le 
type  est  le  Colub.  naje  de  Linné  ou  Serpent 
à  lunettes.  Le  Col.  Haje  est  pour  cet  au¬ 
teur  l’objet  d’un  autre  genre  sous  le  nom 
tfUrœus.  (P.  G.) 

*  ASPISOMA  («<m's,  écusson; 
corps),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères  ,  famille  des  Malacodermes,  tribu  des 
Lampyrides,  établi  par  M.  Delaporte  [Ann. 
de  la  Soc.  entom.  de  France,  tom.  II,  pag. 
127  )  aux  dépens  du  genre  Lampyris  de 
Linné,  pour  y  placer  les  espèces  de  ce  genre 
qui  ont  les  élytres  ovales ,  assez  convexes , 
larges  à  la  base,  et  allant  en  se  rétrécissant 
vers  leur  extrémité.  Parmi  ces  espèces,  qui 
sont  au  nombre  de  7 ,  et  toutes  de  l’Améri- 


940 


ASP 


ASP 


rique  méridionale ,  nous  citerons  seulement 
le  Lampyris  ignita  Fabr.,  qui  appartient 
au  genre  Nyctophanes  de  M.  Dejean. 

(D.  et  C.) 

*  ASPISOMA  (  cWi's ,  bouclier  ;  , 

corps),  ins. —  Genre  de  Coléoptères  hétéro- 
mères,  famille  des  Ténébrionites,  établi  par 
M.  Dejean  ,  et  dont  il  n’a  pas  publié  les  ca¬ 
ractères.  Il  y  rapporte  quatre  espèces  iné¬ 
dites,  dont  deux  du  Brésil ,  une  de  Cartha- 
gène  en  Amérique  ,  et  la  quatrième  de 
Cayenne.  Nous  citerons  comme  type  du 
genre  celle  qu’il  nomme  Fulvipenne.  D’a¬ 
près  cette  espèce ,  les  principaux  caractè¬ 
res  génériques  pourraient  se  formuler  ain¬ 
si  :  Antennes  courtes  ,  moniliformes  ,  dont 
les  articles,  au  nombre  de  1  1  ,  vont  en  gros¬ 
sissant  vers  le  bout.  Corselet  transversal. 
Élytrcs  larges  et  courtes.  En  admettant  que 
ce  genre  soit  adopté,  le  nom  d1Aspisoma , 
que  lui  a  donné  M.  Dejean,  ne  peut  lui  être 
conservé,  puisque  M. Delaporte  l’avait  déjà 
appliqué  à  un  genre  de  la  tribu  des  Lam- 
pyrides.  (D.  et  C.) 

ASPISTEKIA  (  àtmÀiip  ,  soldat  armé 
d’un  bouclier).  ïîot.  en.  —  Acharius  avait 
donné  ce  nom  à  une  subdivision  de  son 
genre  Urceolaria  qui  comprenait  les  esp. 
dont  la  marge  de  l’excipulum  propre  était 
nul ,  ou  du  moins  confondu  avec  un  faux 
rebord  formé  par  l’élévation  du  thalle.  Non 
seulement  Acharius  a  négligé  cette  distinc¬ 
tion  dans  son  Synopsis,  mais  le  genre  Ur¬ 
ceolaria  lui-même  ne  forme  plus  qu’une 
section  du  genre  Parmélie.  Voy.  ce  mot. 

(C.  M.) 

*ASPISTOMUS  {àctiç,  bouclier  ;  a ro>«, 
bouche),  ms.  —  M.  Dejean,  dans  son  Spe- 
cies,  ainsi  que  dans  son  dernier  Catalogue  , 
rapporte  au  genre  H'elluo  de  Bonelli  un 
Carabique  du  Brésil  qu’il  aurait  reçu  de 
Schoenherr  sous  les  noms  générique  et  spé¬ 
cifique  d'Aspistomus  labrosus.  Nous  avons 
cherché  inutilement  ces  deux  noms  dans  les 
ouvrages  de  l’entomologiste  suédois.  (D.) 

ASPIStJRE  ('  «ciriç-,  bouclier;  oO/jk, 
queue  ).  poiss.  —  M.  de  Lacépède  avait 
établi  ,  sous  ce  nom  ,  un  genre  de  Poissons 
qu’il  croyait  distinct  des  Acanthures,  par¬ 
ce  que  l’épine  latérale  et  mobile  qui  exi¬ 
ste  sur  les  côtés  de  la  queue  de  ces  Pois¬ 
sons  eût  été  pointue  aux  deux  extrémités 
chez  les  Aspisures ,  tandis  que  l’extrémité 


antérieure  seule  l’eût  été  dans  les  Acanthu- 
rcs.  Ce  caractère  différentiel  est  faux,  en  ce 
que  les  épines  caudales  de  ces  Poissons  sont, 
dans  toutes  les  espèces,  terminées  en  pointe 
acérée  des  deux  extrémités.  Ce  genre  a  dû 
être  supprimé.  Voy.  ACÀNTHimE.  (Val.) 

ASPÏTES  («d  «rç,  bouclier),  ins. — Genre 
de  Diptères,  division  des  Némocères ,  fa¬ 
mille  des  Tipulaires ,  tribu  des  Tipulaires 
florales ,  établi  par  Hoffmansegg,  et  adopté 
par  Meigen ,  Latreille,  et  par  M.  Macquart. 
Ce  genre  ne  renferme  qu’une  seule  espèce 
{A.  beroliensis  Hoffm.)  trouvée  parM.  Ton 
Winthem  sur  les  feuilles  du  Tussilago  pe- 
tasites.  Ce  petit  Diptère ,  qui  n’a  qu’une  li¬ 
gne  de  longueur,  est  d’un  noir  de  poix, 
avec  l’anus  d’un  rouge  brun ,  les  jambes  et 
tarses  fauves,  et  les  ailes  hyalines  dans  les 
deux  sexes.  Son  nom  générique  fait  allusion 
à  la  forme  de  bouclier  que  prend  le  dernier 
article  de  ses  antennes.  Il  est  figuré  très 
grossi  dans  l’histoire  des  Diptères  faisant 
suite  au  Buffon-Roret,  t.  I,  pl.  4,  fig.  20. 

(D.) 

*  ASPIUS.  poiss. — Genre  deCyprinoïdes 
démembré  des  Leuciscus  de  Cuvier,  et  carac¬ 
térisé  par  M.  Agassiz  parla  diagnose  suivante: 
Corps  comprimé.  Mâchoire  inférieure  plus 
longue  que  la  supérieure.  Dents  pharyngien¬ 
nes,  allongées  et  crochues  à  leur  extrémité, 
sur  deux  rangs  :  la  dorsale  est  petite ,  l’a¬ 
nale  longue  ,  la  caudale  fourchue.  M.  Agas¬ 
siz  y  range  l’Ablette ,  Cyprinus  alburnus 
Lin.;  le  Cypr.  aspius  Lin.,  et  plusieurs 
autres  espèces  européennes  ou  étrangères. 
II  en  cite  deux  espèces  fossiles  d’OEningen 
(. Aspius  gracilis) ,  et  l’autre  de  Ménat  (As- 
pius  Brongnartii). 

Le  nom  d' Aspius  était,  dans  Linné  et 
dans  Bloch,  l’épithète  delà  plus  grande  es¬ 
pèce  de  ce  genre  ,  commune  dans  les  eaux 
douces  de  l’Allemagne  ,  mais  qui  ne  se 
trouve  pas  en  France.  (Val.) 

*  ASPLÉNIACÉES.  bot.  —  Le  genre 
Asplénium ,  l’un  des  plus  vastes  de  la  fa¬ 
mille  des  Fougères,  ayant  été  décomposé 
par  la  plupart  des  auteurs  modernes,  est  de¬ 
venu  le  type  d’une  tribu  spéciale  de  cette 
famille  ;  mais  les  limites  à  assigner  à  cette 
tribu  ne  sont  pas  admises  par  tous  les  au¬ 
teurs.  Presl,  le  dernier  botaniste  qui  ait  fait 
une  révision  générale  de  la  famille  des  Fou¬ 
gères  ,  désigne  sous  le  nom  d1  Asplénia- 


ASP 


ceœ,  une  tribu  très  étendue,  divisée  en  cinq 
sections,  qui  sont  les  Cycloptéridées,  les 
Bleclmaceœ ,  les  Aspleniariœ,  les  Dipla- 
zieœ  et  les  Scolopendrieœ ,  qui  ont  cha¬ 
cune  pour  type  le  genre  d’où  leurs  noms 
sont  tirés,  et  qui  suffisent  pour  donner  une 
idée  de  leurs  caractères  ;  mais  cette  classifi¬ 
cation  sera  difficilement  admise  :  car  si , 
d’une  part,  il  n’y  a  entre  les  trois  derniè¬ 
res  sections  que  des  différences  qui  ont  à 
peine  une  valeur  générique  et  qui  ne  parais¬ 
sent  pas  de  nature  à  devoir  faire  diviser  ces 
plantes  en  sections  distinctes ,  d’un  autre 
côté,  les  deux  premières,  et  surtout  celle 
des  Blechnées  ,  paraissent  totalement  diffé¬ 
rentes  des  autres  .  sections  d’Aspléniacées. 
Sous  ce  rapport ,  la  méthode  de  notre  sa¬ 
vant  compatriote  ,  M.  Gaudichaud  ,  semble 
beaucoup  plus  naturelle ,  les  Blechnées  for¬ 
mant  une  tribu  distincte. 

Les  caractères  communs  et  essentiels  des 
Aspléniacées  consistent  dans  la  position  de 
leurs  groupes  de  capsules,  généralement  li¬ 
néaires  ,  quelquefois  ovales  ou  arrondies  le 
long  d’une  des  nervures  secondaires,  rare¬ 
ment  vers  son  extrémité,  et  dans  le  tégu¬ 
ment  qui  le  recouvre,  qui  naît  latéralement 
de  cette  nervure,  et  est  fixé  dans  toute  sa 
longueur,  tandis  qu’il  est  libre  du  côté  op¬ 
posé.  (Ad.  B.) 

*  ASPLENIARIÆ.  bot.  —Cette  sec¬ 
tion  spéciale  des  Aspleniaceœ  dePresl  a  été 
caractérisée  par  cet  auteur  de  la  manière 
suivante  :  Spores  linéaires ,  allongées.  Indu- 
sium  linéaire,  allongé,  plan;  caractère  qui 
s’appliquerait  également  à  la  section  des  Di- 
plaziées  et  à  celle  des  Seolopcndriées,  qui 
ne  diffèrent,  en  effet,  des  Aspleniariœ  que 
par  de  légères  modifications  dans  l’anasto¬ 
mose  des  nervures  ou  dans  le  degré  de  di¬ 
vision  de  la  fronde.  Presl  rapporte  à  sa  sec¬ 
tion  des  Aspleniariœ  les  genres  Asplénium, 
Flenasiumet  Hemidictyum.  (Ad.  B.) 

*  ASPLENI  OPTE  RI  S.  bot.  foss. 
—  Ce  nom  a  été  donné  par  M.  de  Stern¬ 
berg  à  un  genre  d’impression  de  feuilles  fos¬ 
siles  qu’il  classait  dans  la  famille  des  Fou¬ 
gères,  et  auquel  il  donnait  les  caractères 
suivants  :  Fronde  pinnatifide  ;  nervures  peu 
nombreuses,  naissant  du  rachis  commun  , 
parallèles ,  simples  ou  fourchues.  Il  place 
dans  ce  genre  trois  espèces  :  deux  appar¬ 
tiennent  au  terrain  tertiaire  et  ne  sont  ccr- 


ASP  241 

tainement  pas  des  Fougères,  mais  des  feuil- 
'  les  dicotylédones,  analogues,  par  leur  nerva¬ 
tion  et  leur  forme  générale,  à  celles  du  Coin- 
ptonia  asplenifolia  de  l’Amérique  du  nord, 
et  aux  Driandra  de  la  Nouvelle -Hollan¬ 
de  ;  chaque  pinnule  de  ces  feuilles  pinnées 
présente  ,  en  effet ,  trois  nervures  principa¬ 
les  parallèles ,  mais  réunies  par  un  réseau 
de  nervures  plus  fines ,  disposition  tout  à 
fait  semblable  à  ce  qu’on  observe  dans  les 
plantes  que  je  viens  de  citer,  et  qui  ne  se 
présente  dans  aucune  Fougère  connue;  la 
troisième  espèce,  Aspleniopteris  Nilsoni 
Sternb. ,  trouvée  dans  les  grès  secondaires 
de  Hoer,  en  Scanie,  a  été  décrite  dans  mon 
Mémoire  sur  les  plantes  fossiles  de  cette  lo¬ 
calité  sous  le  nom  de  Pterophyllum  ma  jus, 
et  rapportée  à  la  famille  des  Cycadées.  Dans 
celle-ci,  des  nervures  nombreuses  et  fines 
naissent  du  rachis,  auquel  adhèrent,  par  toute 
leur  base,  lespinnules  quadrilatères  et  tron¬ 
quées  ;  ces  nervures  ne  sont  ni  bifurquées 
ni  anastomosées.  Cette  plante  et  quelques 
autres  analogues  s’éloignent  certainement 
beaucoup  des  Cycadées  vivantes;  mais  or» 
observe  parmi  ces  fossiles  toutes  les  transi¬ 
tions  ,  jusqu’aux  formes  de  certains  Zamia 
vivants;  tandis  qu’elle  n’offre  aucune  liaison 
avec  les  Fougères,  soit  actuelles,  soit  fossi¬ 
les  ;  d’où  l’on  peut  conclure  que  le  genre  A- 
spleniopteris,  ne  comprenant  que  des  plan¬ 
tes  étrangères  à  la  famille  des  Fougères, 
doit  être  supprimé.  (Ad.  B.) 

*  ASPLEKITES.  bot.  foss.  —  Ce 
nom  a  été  donné  par  M.  Gœppert  à  un 
genre  de  Fougères  fossiles  qu’il  considère 
comme  renfermant  des  plantes  analogues 
aux  Asplénium  de  la  végétation  actuelle.  Il 
les  caractérise  ainsi  :  Fronde  pinnée,  bi- 
pinnée  ou  tripinnée;  pinnules  égales  ou 
inégales ,  obliques ,  presque  rhomboïdales  ; 
nervures  secondaires  de  chaque  pinnule  obli¬ 
ques  ,  simples  ou  dichotomes  ;  groupes  de 
capsules  linéaires  ou  ovales-linéaires,  insé¬ 
rées  sur  les  nervures  secondaires. 

Huit  esp.  sont  rapportées  à  ce  genre  par 
M.  Gœppert  ;  presque  toutes  sont  nouvelles, 
à  l’exception  des  Sphenopteris  palmetta 
et  Virletti  Ad.  B.  (  Jlist.  des  végét.  foss.  ). 
Plusieurs  des  espèces  nouvelles,  provenant 
des  mines  de  Silésie,  ont  des  indices  très 
prononcésde  fructification;  mais,  si  quelques 
unes  de  ces  plantes  paraissent ,  par  la  forme 
16 


T.  II. 


ASP 


ASP 


§42 

de  leurs  feuilles  et  leur  fructification ,  se 
rapporter,  en  effet,  au  genre  Asplénium,  on 
peut  conserver  des  doutes  sur  l’exactitude 
de  ce  rapprochement  pour  plusieurs  d’entre 
elles.  (Ad.  B.) 

ASPLENIUM,  bot.  —  Ce  genre,  mal¬ 
gré  les  divisions  qu’on  lui  a  fait  subir,  est 
resté  l’un  des  plus  nombreux  de  la  famille  des 
Fougères.  Il  fut  d’abord  fondé  par  Linné, 
seulement  sur  la  forme  des  groupes  de  cap¬ 
sules  ;  et  cependant  le  genre  qu’il  créa  ainsi 
était  plus  naturel  que  la  plupart  des  autres 
genres  de  cette  meme  famille  établis  à  cette 
époque  ;  aussi  les  Asplénium  de  Linné  ren¬ 
trent-ils  tous  dans  la  tribu  des  Aspléniées 
des  auteurs  modernes. 

Cependant  on  en  a  séparé  d’abord  les 
Scolopendrium  et\esDiplazium,  qui,  mal¬ 
gré  leurs  nombreux  rapports  avec  les  As¬ 
plénium  ,  peuvent  s’en  distinguer  assez  fa¬ 
cilement;  et,  plus  tard ,  ces  genres  ont  été 
subdivisés  en  beaucoup  d’autres,  fondés 
sur  l’étude  de  la  nervation.  Le  genre  Asplé¬ 
nium,  tel  qu’il  est  adopté  par  Presl,  dans  sa 
Révision  des  Fougères ,  est  encore  extrê¬ 
mement  nombreux  et  l’un  des  plus  variés 
par  l’aspect  de  ses  formes  et  le  degré  de  di¬ 
vision  de  ses  feuilles  ;  ainsi ,  malgré  la  ten¬ 
dance  des  auteurs  modernes  à  subdiviser, 
on  trouve  encore  réunis  dans  ce  genre  l’As- 
plenium  nidus,  et  plusieurs  autres  espèces  h 
feuilles  simples  et  lancéolées,  et  les  Asplé¬ 
nium  myriophyllum ,  fœniculaceum ,  etc., 
à  feuilles  décomposées  en  lobes  fins  et  déli¬ 
cats. 

Le  genre  Darea,  Willd.,  ou  Cœnopteris, 
Berg.,  qui  ne  différait  essentiellement  des 
vrais  Asplénium  que  par  la  division  plus 
profonde  des  frondes ,  réduisant  chaque  lo¬ 
be  à  un  seul  groupe  de  capsules,  a  même 
été  réuni  par  M.  1\.  Brown  ,  et  par  tous  les 
auteurs  subséquents,  aux  Asplénium;  enfin, 
le  genre  Athyrium,  ayant  pour  type  VAspi- 
dium  filix-fœmina  de  Swartz,  est  extrême¬ 
ment  voisin  des  Asplénium ,  dont  il  ne  dif¬ 
fère  que  par  la  forme  moins  allongée  des 
groupes  de  capsules. 

Les  Asplénium  ont  donc  une  fronde  plus 
ou  moins  découpée ,  coriace  ou  membra¬ 
neuse,  h  nervures  pennées,  simples  ou  bifur- 
quées ,  jamais  réticulées  ou  anastomosées , 
excepté  à  leur  extrémité,  dans  le  seul  Asplé¬ 
nium  nidus,  dont  Pre.sl  forme  une  section 


spéciale  sous  le  nom  de  Thamnopteris.  Les 
groupes  de  capsules  sont  allongés,  linéaires, 
insérés  le  long  d’une  des  nervures,  et  recou¬ 
verts  par  un  tégument  membraneux  et  plat, 
naissant  de  cette  nervure.  Dans  toutes  ces 
plantes,  les  frondes  naissent  d’un  rhizome 
peu  allongé,  dressé,  jamais  arborescent.  Les 
esp.  de  ce  g.,  au  nombre  de  plus  de  cent 
cinquante,  sont  extrêmement  variées  d’as¬ 
pect  ,  et  appartiennent  aux  climats  les  plus 
différents  des  deux  continents.  (Ad.  B.) 

*  ASPONGOPUS.  ins.  —  Genre  de  la 

famille  des  Pentatomiens,  groupe  des  Pen- 
tatomites,  de  l’ordre  des  Hémiptères ,  établi 
par  Laporte  (Ess.  d’une  class.  des  Hémipt.), 
adopté  par  MM.  Burmeister  et  Spinola,  et 
réuni  par  Brullé  au  genre  Pentatoma.  Les 
Aspongopus  sont  très  faiblement  caracté¬ 
risés  par  une  tête  grêle  ,  avec  le  premier 
article  des  antennes  atteignant  son  bord 
antérieur;  par  le  sternum  sans  carène,  et 
l’abdomen  sans  pointe  à  la  base.— Les  espè¬ 
ces  de  ce  genre  ,  peu  nombreuses ,  sont  tou¬ 
tes  exotiques  ;  le  type  est  VA,  mactans 
( Edessa  mactans  Fab.) ,  de  l’Amérique  mé¬ 
ridionale.  (Bl.) 

*  ASPORINA  (Nous  ne  savons  ce  que 

l’auteur  a  voulu  dire  par  ce  mot,  dont  nous 
avons  vainement  cherché  la  racine  dans 
tous  les  dictionnaires  grecs,  y  compris  ce¬ 
lui  de  Henry  Étienne),  ins. —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  pentamères,  famille  des  Carabi- 
ques,  tribu  des  Patellimanes ,  Dej.,  fondé  par 
M.  Delaporte  (  Études  entom. ,  p.  84,  pl.  2, 
fig.  1)  sur  une  seule  esp.  qu’il  nomme  Asp, 
gigantea ,  et  que  M.  Dejean  comprend  dans 
le  genre  Chlœnius,  sous  le  nom  d’Anthraci- 
nus.  Le  genre  Asporina ,  suivant  M.  Dela¬ 
porte  ,  est  très  voisin  du  genre  Cynthia  de 
Latreille  ( Règne  animal )  ;  mais  il  s’en  dis¬ 
tingue  aisément ,  dit-il ,  par  la  forme  des 
palpes,  dont  les  derniers  articles  ne  sont  pas 
cordiformes  ;  le  labre  et  le  menton  présen¬ 
tent  aussi  des  différences  notables  ;  peut- 
être  ,  ajoute-il,  doit-on  y  rapporter  le  Platys - 
ma  licinoides  Perty  (Voyag.  de  Spix  et 
Martius;  Ins.,  pl.  3 ,  fig.  1  ).  Voy.  les  mots 
CHLOEN1ÜS  Ct  CYNTHIA.  (D.) 

ASPOROTRICHUM  (  «  priv.; 
semence;  dpll-,  cheveu,  pris  pour  fila¬ 
ment).  bot.  cr.  —  Genre  de  Champignons 
créé  par  Link ,  et  détruit  ensuite  par  lui- 
même,  comme  ne  présentant  pas  les  earaet. 


ASP 


ASS 


suffisants  pour  former  un  genre.  C’est  pro¬ 
bablement  par  erreur  typographique  qu’on 
trouve  Asperotrichum  dans  le  Systema  my- 
cologioum  de  Fries  *  (LÉv.) 

A8PREA.  folyp.  —  Genre  proposé 
par  Donati  pour  recevoir  des  Polypiers  mem¬ 
braneux,  foliacés,  et  composés  de  cellules, 
mais  qu’il  nous  serait  difficile  de  détermi¬ 
ner.  (M.  E.) 

ASPRÈDE.  poiss.  — Genre  de  Silu¬ 
roïdes,  établi  par  Linné  dans  les  Aménités 
académiques ,  mais  réuni  ensuite  par  lui  à 
son  genre  Silurus.  Gronovius  l’a  conservé 
avec  raison;  et  Bloch,  en  l’adoptant,  en  a 
confondu  à  tort  les  espèces  avec  celles  que 
Lacépède  a  réunies  sous  le  nom  de  Plotose. 
Ces  Poissons  diffèrent  de  tous  les  Siluroïdes 
par  la  réunion  complète  de  l’opercule  et  de 
l’interopercule  au  préopercule,  de  sorte  que 
le  mouvement  de  l’appareil  operculaire,  pour 
la  respiration  branchiale  ,  se  fait  par  le  jeu 
de  l’arcade  palato-ptérygoïdienne.  La  bou¬ 
che  a  ses  intermaxillaires  articulés  longitu¬ 
dinalement  sous  le  tfiuseau,  d’où  il  résulte 
que  les  maxillaires  paraissent  attachés  plus 
en  avant.  On  les  reconnaît  d’ailleurs  pour 
des  maxillaires  parce  qu’ils  sont  prolongés  en 
filaments  ou  barbillons  comme  dans  tous  les 
autres  Siluroïdes.  Les  Asprôdcs  ont  le  corps 
mou  et  la  peau  nue ,  là  tète  aplatie ,  la  ré¬ 
gion  humérale  très  élargie,  la  queue  grêle  , 
les  épines  pectorales  fortes  et  dentelées  on 
grosse  scie ,  cinq  rayons  aux  ouïes ,  et  ils 
manquent  de  nageoires  adipeuses.  Un  cer¬ 
tain  nombre  d’individus  femelles  ont  sous  le 
ventre,  dans  quelques  saisons  où  à  un  cer¬ 
tain  âge ,  des  sortes  de  ventouses  pédoncu- 
lées  qu’on  ne  trouve  pas  dans  tous  les  in¬ 
dividus  de  la  même  espèce ,  et  qui  varient 
d’une  espèce  a  l’autre.  On  n’en  connaît  en¬ 
core  que  cinq,  qui  viennent  des  eaux  dou 
ces  de  la  Guyane.  (Val.) 

ASPRÈLE.  bot.  cr.  —Voyez  prèle. 

(C.  D’O  ) 

ASPRELLÀ.  bot.  ph.  —  Ce  nom  a 
été  successivement  appliqué  h  plusieurs  gen¬ 
res  de  la  famille  des  Graminées  ;  ainsi  :  1° 
Cavanilles,  et  après  lui  Willdenow  (. Enu - 
mer.  pl .,  t.  I,  p.  132),  avaient  ainsi  nommé 
un  genre  qui  avait  pour  type  et  pour  espèce 
unique  VElymuS  hystrix  L.  Ce  genre  n’a 
été  adopté  ni  par  Palisot  de  Beauvois ,  ni 
par  Tf  jpfus,  dans  leur  Agrostograpfiie ;  mais 


»  Ui 

M.  Runlh  (  Agrost.  I,  p,  454)  vient  de  le  ré¬ 
tablir  ;  2°  Schreber  a  donné  le  même  nom 
au  genre  que ,  depuis  Swartz ,  tous  les  bo¬ 
tanistes  ont  appelé  Leersia -,  3°  enfin,  lïost 
(Gram.,  IV,  t.  29)  nommait  Asprella  nar- 
difbrmis  le  Nardus  aristata  L.,  qui  forme 
aujourd’hui  le  type  du  genre  P  silurus  de 
Trinius.  Voy,  elymus,  leersia  et  psi- 
LURUS.  (A,  R.) 

ASPREUM.  zoopii.  —  Donati  nomme 
ainsi  un  animal  du  groupe  des  Seritilariens. 

(P.  G.) 

ASPRO  (Asper,  rude),  poiss.  —  Syno¬ 
nyme  latin  d \4pron.  Voy.  ce  mot.  (Val.) 

ASSA,  Gmel.  bot.  pie  —  Synonyme 
du  genre  Tetraccra,  de  la  famille  des  Dil- 
léniacées.  (Sp.) 

ASSASI.  poîss.  —  Nom  qu’on  trou¬ 
ve  déjà  dans  Forskal ,  qui  a  été  aussi  em¬ 
ployé  par  Lacépède ,  et  que  M.  Rüppel  ap¬ 
plique  aux  Batistes  aculeatus  et  Bal.  steU 
latus .  .  (Val.) 

ASSËE.  ois.  —  Nom  vulgaire  de  la 
Bécasse.  Voyez  ce  mot.  (G.  d’O.) 

*  ASSÎLINE.  Assilina  (dimin.  d’Axsa; 
as,  monnaie  romaine),  foram.  —  Nous 
avons  formé ,  sous  ce  nom ,  un  sous-genre 
des  Nummulines ,  pour  les  espèces  dont 
les  tours  de  spire ,  embrassants  seulement 
dans  le  jeune  âge,  et  sans  appendices  com¬ 
me  les  Sidérolines ,  deviennent  ensuite  tous 
apparents  dans  l’âge  adulte.  Ces  Coquilles 
ressemblent  encore  plus  à  une  pièce  de 
monnaie  que  les  Nummulines. 

Nous  en  connaissons  cinq  espèces,  dont 
deux  vivantes  :  l’une  de  la  mer  Rouge,  l’au¬ 
tre  de  Rawack,  dans  la  mer  du  Sud,  Les  es¬ 
pèces  fossiles  sont  toutes  des  terrains  cré¬ 
tacés.  {Ai  d’O.) 

ASSIMILATION,  zool  -  Voyez 

NUTRITION.  (G-  D’Oé) 

*  ASSIMINEA.  mole.  *—  Genre  de 

Mollusques  de  la  famille  des  PalüdineS,  éta¬ 
bli  par  le  docteur  Leach  pour  une  espèeé 
d’Angleterre  à  laquelle  il  donnait  le  nom 
d'Ass.  grayana .  Voyez  paludinès. 

(P.  G,) 

ASSIMINIER.  Bot.  vu.— Voyez  asi- 
MtNIÉR.  (C.D’0.) 

*  ASSISES,  géol  —  Les  masses  miné¬ 
rales  qui  ont  été  déposées  par  les  eaux  sont 
presque  toujours  séparées  par  des  lignes  ou 
joints  parallèfés  (jui  en  forment  des  bancs 


944 


ASS 


AST 


distincts ,  analogues  aux  rangées  de  pierres 
qu’on  place  successivement  les  unes  sur  les 
autres  dans  les  constructions;  ce  sont  ces 
bancs  que  les  géologues  appellent  des  Assises. 
Les  roches  calcaires  sont  celles  dans  lesquel¬ 
les  la  division  en  Assises  naturelles  est  le 
mieux  marquée.  Les  Assises  sont  de  meme 
nature  minéralogique  et  souvent  du  même 
grain;  les  lignes  de  joint  qui  les  séparent  in¬ 
diquent  seulement  une  interruption  momen¬ 
tanée  dans  le  dépôt  d’un  même  sédiment,  et 
toujours  les  Assises  superposées  sont  d’un 
âge  différent.  Il  ne  faut  pas  confondre  les  li¬ 
gnes  de  joints  qui  séparent  deux  Assises  avec 
les  fissures  et  solutions  de  continuité  qui , 
par  suite  du  retrait  ou  du  brisement,  divi¬ 
sent  les  masses  minérales  en  tables,  prismes, 
colonnes ,  boules  et  fragments. 

Il  n’est  pas  indifférent ,  dans  l’emploi  des 
pierres  de  construction,  de  les  placer  sui¬ 
vant  le  sens  de  leur  assise  naturelle  ;  car 
elles  résistent  beaucoup  plus  au  poids  des 
masses  dont  on  les  charge  que  lorsqu’on  les 
met  dans  un  sens  différent.  Voy.  sol  et 
STRUCTURE  DU  SOL.  (C.  P.) 

ASSONTÏA,  Cavan.  (Diss.,  III,  p.  120, 
tab.  42). — Kœnigia,  Commers. —  Vahlia, 
Dahl.  bot.  pii.  —  Genre  de  la  famille  des 
Dombéyacées  ,  offrant  pour  caract.  :  Calice 
5-parti,  persistant ,  accompagné  d’un  invo- 
lucelle  1-phylle  ,  unilatéral ,  "-crénelé.  Pé¬ 
tales  5 ,  oblongs ,  subfalciformes ,  inéquila¬ 
téraux  ,  subscarieux,  persistants,  convo- 
lutés  en  préfloraison.  Étamines  20  (  dont  5 
stériles  ) ,  monadelphes  par  la  base  ;  andro- 
phore  cupuliforme  ;  filets  anthérifères  fili¬ 
formes  ,  alternes  5  à  5  avec  un  staminode 
claviforme  et  plus  court.  Anthères  intror- 
ses ,  dressées ,  2  -  thèques  ,  longitudinale¬ 
ment  déhiscentes.  Ovaire  non  stipité ,  5-lo- 
culaire  ;  ovules  géminés  dans  chaque  loge, 
collatéraux  ,  anatropes ,  renversés ,  attachés 
à  la  base  de  l’angle  interne  des  loges.  Sty¬ 
les  5 ,  très  courts ,  terminés  en  stigma¬ 
te  claviforme.  Capsule  5-loculaire,  sépa¬ 
rable  en  5  coques;  loges  2 -spermes. Grai¬ 
nes  collatérales,  trièdres.  —  Arbrisseaux 
(indigènes  de  Bourbon)  ayant  le  port  du 
Thespesia  populnea.  Feuilles  alternes ,  pé- 
tiolées,  cordiformes ,  acuminées ,  dente¬ 
lées  ou  crénelées.  Inflorescences  axillaires 
et  terminales ,  cymeuses  ,  pédonculées.  — 
On  n’en  connaît  que  2  espèces.  (Sp.) 


*  ASSULA  (assula,  copeau),  moll.  — 

M.  Schumacher,  dans  son  Essai  d’une  clas¬ 
sification  des  Testacés,  propose  de  sépa¬ 
rer  en  genre  particulier  le  Bulla  lignaria 
de  Linné;  et  il  donne  à  ce  genre  le  nom 
français  de  Copeau  et  le  nom  latin  d’Assu- 
la.  Ce  genre ,  ne  reposant  sur  aucun  carac¬ 
tère  zoologique,  ne  peut  être  reçu  dans 
une  méthode  naturelle.  (Desh.) 

ASSURGEAT.  Assurgens.  bot.  pm. 
—  Voyez  ascendant.  (A.  R.) 

*  A  ST  AGI  E  AS.  crust.  —  Nom  em¬ 

ployé  par  Latreille  et  par  plusieurs  autres 
naturalistes  pour  désigner  une  division  de 
Crustacés  Décapodes  Macroures,  ayant  pour 
type  le  genre  Astacus.  Dans  la  méthode  de 
classification  proposée  par  Milne-Edwards  , 
la  famille  des  Astaciens  comprend  tous  les 
Macroures  dont  les  antennes  externes  por¬ 
tent,  au  dessus  de  leur  pédoncule,  une  lame 
mobile  très  petite  et  hastiforme.  Il  est  éga¬ 
lement  à  noter  que  les  branchies  de  ces 
Crustacés  sont  en  brosse.  Ainsi  circonscrit , 
ce  groupe  correspond  au  g.  Astacus  de  Fa- 
bricius-,  et  se  subdivise  en  Écrevisses ,  Ho¬ 
mards  et  N ephrops.  (M.  E.) 

AST  ACOI  DE.  Astacoides  («irraxos,  écre¬ 
visse;  sbTos ,  ressemblance),  crust.  —  Gen¬ 
re  de  l’ordre  des  Décapodes,  famille  des 
Macroures ,  établi  par  M.  Guérin-Méneville 
(Rev.  zool. ,  avril  1859),  et  différant  des 
Écrevisses  par  ses  antennes  externes,  dé¬ 
pourvues  des  lames  mobiles.  La  seule  espè¬ 
ce  type  de  ce  genre  est  l’A.  Gondotii  Gucr. 
Elle  est  longue  de  6  à  7  pouces,  semblable 
à  une  Ecrevisse  commune ,  un  peu  plus  a- 
platie ,  avec  le  rostre  large  et  tronqué  an¬ 
térieurement.  Elle  a  été  découverte  à  Ma¬ 
dagascar  par  M.  Gondot  ;  elle  y  est  comes¬ 
tible.  Cette  même  espèce  a  été  publiée,  sous 
le  nom  d ’  Astacus  madagascariensis ,  par  M. 
Edwards  (journal  l’Institut ,  mai  1839). 

(C.  D’O.) 

ASTACOIDES.  crust.  —  Nom  don¬ 
né  par  M.  Duméril  à  une  grande  division  de 
la  classe  des  Crustacés  ,  caractérisée  par 
l’existence  d’une  croûte  calcaire,  et  com¬ 
prenant  les  Décapodes  ,  les  Stomapodes  et 
les  Amphipodes  des  carcinologistes.  M.  de 
Blainville  emploie  le  même  nom  pour  dési¬ 
gner  une  division  de  ses  Entomozoaires 
Décapodes.  (M.  E.) 

ASTACOLE.  Astacolus.  foram.  -r 


AST 


AST 


215 


Genre  établi  par  Montfort  ( Conchyl .  Syst ., 
p.  262)  sur  une  figure  de  Soldani  {Test.,  p. 
64,  t.  LVIII ,  fig.  1  ).  C’est  sans  doute  une 
espèce  du  g.  Cristellaire.  Voy.  ce  mot. 

(A.  d’O.) 

ASTACOLITES.  crust.  foss.  — 
Nom  employé  par  Davila  et  par  quelques 
autres  naturalistes  pour  désigner  divers 
Macroures  fossiles.  (M.  E.) 

*  ASTACOPS  («5T xxo’s,  écrevisse  ;  &<P, 
visage.)  ins.  —  M.  Boisduval  (Voy.  de  V As¬ 
tral.)  a  appliqué  cette  dénomination  à  un 
genre  de  la  famille  des  Coréens,  groupe 
des  Anisoscélites ,  de  l’ordre  des  Hémiptè¬ 
res.  Ce  genre,  remarquable  par  des  yeux 
très  saillants ,  mais  qui  a  cependant  la  plus 
grande  analogie  avec  les  Anisoscelis,  ne  ren¬ 
ferme  encore  qu’une  seule  espèce  de  Do- 
rey,  rapportée,  par  M.  d’Urville,  de  son 
premier  voyage  de  V Astrolabe.  (Bl.) 

ASTACUS.  crust.  —  Nom  générique 
des  Écrevisses.  Voyez  ce  mot.  (M.  E.) 

ASTAQUE.  crust.  —  Voyez  asta- 
cvs.  r  (C.  d’O.) 

ASTARTÉ.  Astarte  (nom  mythol.  ). 
moll. —  Nous  trouvons  dans  l’ouvrage  de 
Lister,  Traité  des  animaux  d’ Angleterre , 
la  première  figure  appartenant  au  genre 
Astarte  de  Sowerby.  L’espèce  dont  il  s’agit 
est  fossile,  et  provient  des  terrains  zoolithi- 
ques  de  la  Grande-Bretagne.  Quelques  per¬ 
sonnes  ont  prétendu  que  la  Venus  borealis 
de  Linné  était  une  véritable  Astarte.  Chem- 
nitz  cite  cette  espèce  parmi  ses  Venus ,  et  la 
figure  qu’il  en  donne  se  rapporte  assez  exac¬ 
tement  à  1  "'Astarte  danmoniensis  de  M. 
Sowerby.  Depuis  Chemnitz ,  tous  les  au¬ 
teurs  de  conchyliologie  ont  adopté  son  opi¬ 
nion  au  sujet  de  cette  espèce  ;  il  aurait  fal¬ 
lu  s’assurer  cependant  si  réellement  Chem¬ 
nitz  avait  eu  raison  de  prendre  pour  l’es¬ 
pèce  linnéenne  celle  qu’il  a  fait  figurer.  A 
notre  avis  ,  rien  ne  justifie  Chemnitz  ,  et  il 
suffit  de  lire  ce  que  Linné  dit  de  sa  Ve¬ 
nus  borealis  pour  se  convaincre  qu’il  ne  se 
rapporte  nullement  à  une  Àstarté  connue. 

A  sa  description,  beaucoup  trop  courte,  Lin¬ 
né  ajoute,  en  synonymie,  une  figure  de  Lis¬ 
ter,  qui  représente  avec  fidélité  1  e  Mactra 
paprita,  dont  Lamarck  a  fait  une  Lutraire. 
Personne  ne  disconviendra  de  l’erreur  de 
Chemnitz,  qui  transporte  d’une  espèce  à 
une  autre  le  nom  linnéen ,  espèces  qui  ne 


sont  même  pas  du  même  genre.  Depuis 
Chemnitz ,  quelques  autres  espèces  voisines 
de  sa  Venus  borealis  ont  été  figurées  et 
décrites,  et  toutes  rapportées  au  genre  Ve¬ 
nus,  jusqu’en  1816,  époque  où  M.  Sower¬ 
by  créa,  pour  plusieurs  espèces  fossiles  de 
la  Grande-Bretagne,  un  genre  Astarte, 
qu’il  décrivit ,  pour  la  première  fois  ,  dans 
son  Minerai  conchology.  Quelques  années 
plus  tard ,  Lamarck  ,  dans  le  tome  Y  de  son 
Histoire  des  animaux  sans  vertèbres,  pro¬ 
posa  un  genre  Crassine ,  qui  est  identique¬ 
ment  le  même  que  celui  de  M.  Sowerby; 
mais  le  genre  du  naturaliste  anglais,  ayant  la 
priorité  de  publication,  doit  être  conservé  , 
et  l’on  ne  doit  plus  considérer  actuellement 
celui  de  Lamarck  que  comme  un  double 
emploi.  Ce  naturaliste  n’a  mentionné  qu’u¬ 
ne  seule  esp.  vivante  dans  son  genre  Cras¬ 
sine;  et  cependant  il  en  connaissait  plu¬ 
sieurs  autres,  qu’il  mentionna  parmi  les  Vé¬ 
nus.  On  trouve  même  parmi  ses  Cypricar- 
des  quelques  espèces  fossiles  des  terrains 
zoolithiques,  et  dont  Lamarck  n’a  point  re¬ 
connu  le  véritable  genre,  probablement 
parce  qu’il  n’a  pu  en  étudier  la  charnière. 
Lamarck  comprenait  les  Crassines  dans  sa  fa¬ 
mille  des  Tellénides  à  la  suite  des  Capses.  Fai¬ 
sant  ainsi  servir  ce  genre  d’intermédiaire 
entre  cette  famille  des  Tellénides  et  celle 
des  Conques  ,  M.  de  Férussac  avait  d’abord 
compris  autrement  les  rapports  du  genre 
qui  nous  occupe  :  il  le  mettait  dans  ses  Ta¬ 
bleaux  méthodiques  des  Mollusques.  Il  pla¬ 
çait  les  Astarté  à  côté  des  Crassatclles  ; 
mais,  peu  de  temps  après,  à  l’article  as¬ 
tarte  du  Dictionnaire  des  Sciences  natu¬ 
relles ,  M.  de  Férussac  reconnut  que  ce  g. 
ne  devait  pas  être  éloigné  des  Vénus.  M.  de 
Blainville  ,  dans  son  Traité  de  Malacolo¬ 
gie,  revint  en  quelque  sorte  à  l’opinion  de 
Chemnitz,  deGmelin  et  deDillwyn,  en  rap¬ 
portant  aux  Vénus  le  g.  Astarte,  dont  il 
propose  de  faire  dans  ce  grand  genre  un  pe¬ 
tit  groupe  particulier.  Oublié  dans  la  pre¬ 
mière  édition  du  Règne  animal,  Cuvier, 
dans  la  seconde  édition  du  même  ouvrage  , 
adoptant  l’opinion  de  M.  de  Blainville  ,  fait 
des  Astarté  un  sous-genre  des  Vénus. 

Jusqu’à  présent  l’animal  du  genre  qui 
nous  occupe  est  resté  inconnu  ;  quant  aux 
Coquilles ,  il  y  en  a  actuellement  un  assez 
grand  nombre  de  répandues  dans  les  collée- 


246 


AST 


AST 


tions.  Presque  toutes  sont  des  Coquilles 
subtriangulaires  ,  transverses  ,  inéquilaté¬ 
rales  ,  parfaitement  closes ,  comprimées  la¬ 
téralement  ,  terminées  par  des  crochets 
plus  petits ,  opposés ,  et  légèrement  inflé¬ 
chis  au  dessus  d’une  lunule  ordinairement 
grande ,  enfoncée ,  et  toujours  nettement 
circonscrite.  Le  test  est  épais  et  compacte , 
caractère  qui  rapproche  un  peu  les  Àstartés 
des  Crassatelles  ;  mais  ce  qui  distingue  émi¬ 
nemment  les  deux  genres  ,  c’est  la  position 
du  ligament.  Il  est  toujours  intérieur  dans 
les  Crassatelles  ,  toujours  extérieur  dans  les 
Crassines;  dans  ce  dernier  genre,  la  char¬ 
nière  est  ordinairement  assez  large ,  et  elle 
porte,  sur  chaque  valve,  deux  dents  cardina¬ 
les  assez  épaisses ,  et  toujours  divergentes. 
Dans  l’intérieur  des  valves  on  trouve  deux 
impressions  musculaires  assez  grandes ,  ova¬ 
laires  ou  semi  -  lunaires ,  quelquefois  creu¬ 
sées  assez  profondément  dans  l’épaisseur 
du  test.  L’impression  palléale  simple,  pla¬ 
cée  assez  haut  dans  l’intérieur  des  valves , 
s’étend  d’une  impression  musculaire  à  l’au¬ 
tre  sans  former  aucune  sinuosité.  L’absence 
de  cette  sinuosité  a  fait  supposer  que  l’ani¬ 
mal  des  Astartés  a  les  lobes  du  manteau 
désunis  dans  toute  leur  étendue,  et  qu’il  est 
dépourvu  do  siphons  postérieurs  ;  mais  nous 
avons  l’expérience  que  cette  induction  pour¬ 
rait  fort  bien  n’êtrc  pas  juste  :  car  elle 
pourrait  s’appliquer  très  bien  au  g.  Cyprine 
de  Lamarck,  si  Millier,  dans  sa  Faune i 
danica ,  n’avait  pris  par  avance  le  soin  de 
nous  détromper  à  cô  sujet  en  donnant  une 
figure  de  l’animal  dés  Cyprines ,  et  en  nous 
apprenant  ainsi  que  des  Coquilles  peuvent 
avoir  une  impression  paléale  simple,  quoi¬ 
que  l’animal  qui  les  habite  Soit  terminé  pos¬ 
térieurement  par  deux  siphons  courts.  Il 
pourrait  en  cire  de  même  dans  le  g.  Àstcir- 
te ,  qui ,  par  là  ,  se  rattacherait  encore  da¬ 
vantage  âu  g.  Venus. 

Caractères  génériques .  —  Animal  incon¬ 
nu.  Coquille  subtrigone ,  transverse  ,  iné¬ 
quilatérale  ,  comprimée ,  portant  au  côté 
antérieur  une  lunule  cordiforme  ou  lancéo¬ 
lée  ,  presque  toujours  profonde  et  très  net¬ 
tement  circonscrite.  Charnière  large  ,  ayant 
deux  dents  divergentes  à  chaque  valve  et 
un  ligament  extérieur.  Impression  paléale 
simple  ;  valves  épaisses  et  parfaitement  clo¬ 
ses. 


Les  Astartés ,  d’après  ce  que  nous  venons 
de  dire,  sont  des  Mollusques  acéphalés, 
lamellibranches ,  qui ,  selon  toutes  les  pro¬ 
babilités,  sont  très  voisins  de  ceux  des  Vé¬ 
nus;  cependant  on  ne  sera  définitivement 
fixé  à  leur  égard  que  lorsque  l’animal  sera 
connu.  Jusqu’à  présent,  le  plus  grand  nom¬ 
bre  des  espèces  vivantes  connues  ont  été 
trouvées  dans  les  mers  du  nord.  Quelques 
espèces  se  montrent  dans  la  Méditerranée  ; 
mais  nous  n’en  connaissons  aucune  prove¬ 
nant  de  mers  plus  méridionales.  Les  Astar¬ 
tés  fossiles  sont  nombreuses;  on  les  rencon¬ 
tre  dans  presque  tous  les  terrains  tertiaires, 
et  elles  se  montrent  dans  presque  toute  la 
série  des  terrains  secondaires,  üno  coquille 
des  terrains  de  transition  *  que  nous  devons 
à  l’obligeance  de  M*  Desjardins,  nous  pa¬ 
raît  appartenir  au  g.  Astarte ;  et,  depuis  ce 
gisement,  nous  trouvons  des  esp,  de  ce  gen¬ 
re  dans  toutes  les  formations,  jusqu’à  celles 
de  la  Craie.  (Desh.) 

*  ASTARTEA,  DC.  (  nom  mythologi¬ 

que).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Myrtacées,  tribu  des  Leptospermées.  M.  De 
Candolle  (Dict.  class. ,XI,  p.  400  ;  Frodr.,  III, 
p.  210)  lui  assigne  pour  caractères  :  Tube 
calicinal  hémisphérique;  limbe  5- parti,  à 
segments  semi-orbiculaires.  Pétales  5,  orbi- 
cnlaires.  Etamines  très  nombreuses,  5-deI- 
phes  ;  phalanges  alternes  avec  les  pétales  ; 
filets  libres  vers  leur  sommet.  Ovaire  semi- 
supère  ,  3-loculaire  ;  loges  multi  -ovulées. 
Style  court  ;  stigmate  capitellé.  Capsule  5- 
loculaire,  polysperme,  loculicide-3 -valve, 
—  Ce  g.  est  fondé  sur  le  Mcldleuca  fasci - 
cularis  Labill.;  arbrisseau  de  la  terre  de 
Van-Diemen;  ses  feuilles  sont  opposées,  li¬ 
néaires,  charnues  ;  ses  fleurs  solitaires,  axil¬ 
laires,  fasciculées.  (Si».) 

*  ASTASIE.  Astdsia.  ureus.  —  Genre 

établi  par  M.  Ehrenberg,  et  rentrant  dans 
la  famille  des  Astasiés ,  qui  lui  doit  son  nom. 
Il  comprend  4  esp.  ayant  pour  caract.  com¬ 
muns  de  ne  pas  être  fixes ,  de  manquer 
d’yeux,  et  d’avoir  un  appendice  caudal  plus 
ou  moins  long.  (p.  G.) 

*  ASTASIES.  Astasiœa  (d 'Astasia, 
genre  d’infusoires),  infus.  —  Famille  éta¬ 
blie  par  M.  Ehrenberg,  et  comprenant  les 
g.  Astasia,  Amblyophis  ,  Euglena ,  Chlo- 
rogonium,  Colacium  et  Distigma. 

Dans  son  grand  ouvrage,  l’auteur  lui  doq- 


AST 


AST 


247 


ne  pour  caractères  :  Animaux  évidemment 
ou  vraisemblablement  polygastriques,  sans 
canal  alimentaire,  sans  appendices  (sans 
ramifications  )  du  corps  ,  sans  carapace  ; 
changeant  de  forme  à  leur  gré  ;  ayant  une 
seule  ouverture  au  corps ,  et  .souvent  une 
queue.  (P.  G.) 

A  ST  AT  A  «rraros,  inconstant),  ins.  — 
Genre  de  la  famille  des  Craboniens ,  grou¬ 
pe  des  Nyssonites,  de  l’ordre  des  Hyméno¬ 
ptères,  établi  par  Latreille,  et  généralement 
adopté  par  tous  les  entomologistes.  Les  As- 
tata  sont  essentiellement  caractérisés  par  des 
mandibules  bidentées;  par  des  antennes  fili¬ 
formes,  insérées  à  la  base  du  chaperon;  par 
des  ailes  supérieures  pourvues  d’une  cellule 
marginale ,  et  de  trois  cubitales ,  dont  la 
seconde  reçoit  deux  nervures  récurrentes  ; 
et  par  des  jambes  épaisses,  surtout  les  inter¬ 
médiaires  et  les  postérieures. 

Le  type  de  ce  genre ,  peu  nombreux  en 
esp.,  est  VA.  boops{Sphex  boops  Schranck) 
Ross.  (Bl.) 

*ASTEIA.  Asteiafârcio s,  propre,  poli). 
ins.  —  Genre  de  l’ordre  des  Diptères ,  di¬ 
vision  des  Brachocères,  subdivision  des 
Dichœtes,  famille  des  Athéricères,  tribu 
des  Muscides,  section  des  Acalyptères,  sous- 
tribu  des  Hétéromysides.  Ce  genre ,  établi 
par  Meigen ,  et  adopté  par  M.  Macquart,  a 
pour  caractères  :  Corps  étroit ,  tête  assez 
large.  Trompe  à  lèvres  terminales ,  allon¬ 
gées,  dirigées  en  arrière.  Face  et  front 
munis  de  soies.  Antennes  couchées;  pre¬ 
mier  article  très  petit;  troisième  large. 
Style  garni  de  quelques  soies  en  dessus  et  en 
dessous.  Abdomen  étroit.  Ailes  grandes , 
finement  ciliées  ;  nervure  médiastine 
courte ,  double  à  sa  base  ;  marginale  très 
courte,  dépassant  peu  la  médiastine; 
deuxième  transversale  nulle  ;  première  cel¬ 
lule  postérieure  un  peu  rétrécie  à  l’extrémi¬ 
té.  —  Ce  genre  se  compose  de  deux  esp.  ( A . 
amœna  et  concinna ) ,  qui  se  trouvent  en 
France  et  en  Allemagne.  Ces  petites  Musci¬ 
des,  ornées  de  couleurs  agréablement  dis¬ 
posées,  se  trouvent  dans  les  herbes.  (D.) 

ASTELIA  (lord  ou  lady  Astel ,  promo¬ 
teur  de  la  Botanique); Hamelinia,  A.  Riçh, 
{Fl.  Nov.-Zel.)  ;  Funkia ,  Willd. ,  non 
Spreng.  bot.  pii.  —  Genre  placé  jusqu’ici 
dans  la  famille  des  Joncacées,  mais  qui,  très 
’  probablement,  devra  plus  tard  en  être  sé¬ 


paré  ,  quand  il  sera  mieux  connu  ;  fondé 
par  Banks  et  Solander  {ex.  R.  Br.  Prod.  ) 
sur  ces  caractères  :  Fleurs  dioïques-poly- 
games  par  avortement.  Périgone  sex-parti- 
te  ,  semiglumaoé  ,  persistant.  Étamines  6  , 
insérées  à  la  base  du  périgone.  Ovaire  3-Io- 
culaire,  ou  uniloculaire  en  raison  de  cloisons 
incomplètes,  à  3  placentas  pariétaux.  Ovules 
nombreux.  Style  nul  ;  stigmates  3,  obtus. 
Baiel-3-loculaire,polysperme.  —  Il  se  com¬ 
pose  de  plantés  herbacées,  vivaces,  ayant 
à  la  fois  le  port  des  Tillandsia  et  des  Ca- 
rex  ,  et ,  comme  les  premiers ,  vivant  ordi¬ 
nairement  dans  les  enfourchurcs  des  arbres, 
à  la  Nouvelle-Zélande ,  sur  la  terre  de  Dié- 
men ,  etc.  Les  racines  en  sont  fibreuses  ;  les 
feuilles  radicales  imbriquées  ,  lancéolées-li- 
néaires,  ou  ensiformes,  carénées,  velues ,  à 
tiges  nulles  ou  courtes,  à  inflorescence  ver¬ 
dâtre  ,  soyeuse  ,  en  grappes  ou  en  panicules. 
Le  nombre  des  esp.  est  très  restreint;  depuis 
peu ,  on  en  cultive  en  Europe  une  très  belle , 
VA.  Banksii.  Nous  ne  sachons  pas  qu’elle  y 
ait  encore  fleuri  quelque  part.  (C.  L.) 

*ASTELMA  (  A  priv.  ;  cts)//.*  ,  couron¬ 
ne).  bot.  ph.  —  Section  du  g.  Ilelipte- 
rum{Argyrocome),  caractérisée  par  son  in- 
volucre  formé  d’écailles  imbriquées ,  sca- 
rieuses,  conniventes  ou  radiées;  par  son 
réceptacle  convexe ,  alvéolé  ;  par  ses  fleurs 
hermaphrodites ,  munies  d’anthères  caudi- 
culées ,  à  soies  plumeuses ,  et  semblables  à 
celles  de  l’aigrette  qui  couronne  le  fruit.  — 
Les  espèces  de  ce  groupe,  toutes  indigènes 
du  Cap,  faisaient  partie  du  genre  Helichry- 
sum ,  de  la  famille  des  Composées. 

(J.  D.) 

*  ASTEMMA  (  «  priv.  ;  G7ép./jioc,  couron¬ 
ne,  petit  œil),  ins.  —  Genre  de  la  famille 
des  Lygéens ,  de  l’ordre  des  Hémiptères  , 
établi  par  MM.  Lepelletier  Saint-Fargeau  et 
Serville  {Encyclopédie  méthod. ,  t.  X)  aux 
dépens  du  grand  g.  Lygœus  de  Fabricius. 
Les  Astemma  sont  surtout  caractérisés  par 
l’absence  d’ocelles  ou  yeux  lisses; par  la  tê¬ 
te  ,  plus  avancée  que  dans  les  esp.  des  gen¬ 
res  voisins ,  et  par  le  prothorax ,  dont  les 
bords  latéraux  sont  relevés  et  aigus.  —  On 
connaît  un  fort  grand  nombre  d’espèces  de 
ce  genre ,  répandues  dans  toutes  les  parties 
du  monde;  presque  toutes  sont  variées  de 
rouge  et  de  noir.  Le  type  est  VA.  apt-era 
'  {Cimecç  apterus  Lin.),  esp.  des  plus  commu* 


248 


AST 


AST 

nés  dans  toute  l’Europe  ,  au  nord  de  l’Afri- 
que  et  dans  l’Asie  mineure.  M.  Burmeister 
(Handb.  der  ent .)  applique  la  dénomination 
de  Pyrrhocoris  au  g.  Astemma ;  mais,  com¬ 
me  ce  dernier  nom  est  le  plus  ancien ,  il 
doit  prévaloir  sur  celui  de  M.  Burmeister. 
Nous  rattachons  encore  au  g.  Astemma  les 
g.  Meganotus  et  Odontopus  de  Laporte,  qui 
ne  s'en  distinguent  réellement  par  aucun 
caractère  important,  non  plus  que  le  genre 
Platynotus  de  Schilling  et  Hahn,  Voy.  cha¬ 
cun  de  ces  mots.  (Bl.) 

*  ASTEMMA  (  «  priv.  ;  «w« ,  cou¬ 
ronne  ).  bot.  Pii.  —  Ce  genre,  qui  a  été 
fondé  par  Lcssing  aux  dépens  du  Monactis 
dubia  Kunth ,  a  pour  caract.  :  Capitules  de 
10-1 5  fleurs  hoinogames,  discoïdes,  dioï- 
ques.  Involucrc  tubuleux-campanulé,  com¬ 
posé  de  folioles  linéaires,  obtuses,  légère¬ 
ment  imbriquées.  Réceptacle  couvert  de 
paillettes  membraneuses ,  semblables  à  des 
écailles.  Corolles  tubuleuses,  5 -dentées,  à 
lobes  recourbés;  les  femelles  renfermant  des 
étamines  avortées.  Fruit  linéaire,  dépourvu 
d’aigrette  ,  terminé  par  un  bec  court  et  sti- 
pité  —  L 'Astemma  appartient  à  la  tribu 
des  Sénécionées  parmi  les  Composées,  et  se 
classe  dans  la  division  des  Euxéniées.  La 
seule  espèce  connue  est  indigène  du  Pérou. 

(J.  D.) 

*  ASTEMMÏTES  («  priv.; 

couronne,  petit  œil),  ins. —  M.  Laporte  de 
Castelnau  ( Essai  d'une  class.  des  Hémipt.) 
a  établi  sous  cette  dénomination  une  tribu 
que  nous  regardons  comme  un  groupe  de 
notre  famille  des  Lygéens,  qui  est  essentiel¬ 
lement  caractérisé  par  l’absence  d’ocelles.  Ce 
groupe  renferme  les  g.  Largus ,  Hahn  (syn. 
Euryophthalmus,  Lap.);  Acinocoris,  Hahn, 
et  Astemma ,  Lap.  et  Serv. ,  genre  auquel 
nous  en  rattachons  divers  autres.  Voy.  ly- 
GÉENS.  (BL.) 

*  ASTENUS  (  «  aug.  ;  ,  étroit  ). 

I\s.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères , 
famille  des  Brachélytres,  tribu  des  Pædé- 
rides,  établi  par  M.  Dejean  dans  son  der¬ 
nier  Catalogue,  et  adopté  par  M.  Lacordai- 
re  dans  la  Faune  entomologique  des  en¬ 
virons  de  Paris  ,  mais  supprimé  par  M. 
Erichson  dans  son  beau  travail  sur  cette  fa¬ 
mille  ,  comme  rentrant  dans  le  genre  Su- 
nius ,  fondé  antérieurement  par  Leach.  Voy. 
SUNIUS.  (D.) 


ASTEOSPERME.  bot.  ph.  —  Faute 
typographique  pour  Ostéosperme. 

(J-  D.) 

*  ASTEPJIANANTHES,  Bory  (Ann. 

Gen.,  t.  II,  p.  138)  (  «priv.;  ars^avo;,  cou¬ 
ronne  ;  «v0os,  fleur),  bot.  pii.  —  Synony¬ 
me  du  genre  ou  sous-genre  Cieca ,  Medic., 
de  la  famille  des  Passiflorées.  (Sp. 

*  ASTEPHâNUS,  R.  Br.  (à  priv.;  w- 

ç>«v&s,  couronne),  bot.  ph.  —  Genre  de  la 
famille  des  Asclépiadées  (s.-ordre  des  Asclé- 
piadées  vraies,  R.  Br.;  tr.  des  Astéphanées, 
Endl.);  son  auteur  (  Mem.  of  the  Werner. 
soc.,  t.  II,  p.  54)  lui  assigne  pour  caract. 
distinctifs  :  Calice  5-fide.  Corolle  campanu- 
lée  ,  profondément  5-fide  ,  point  squamelli- 
fère.  Anthères  couronnées  d’un  appendice 
membraneux.  Masses  polliniques  pendantes, 
acuminées ,  attachées  par  leur  sommet.  Sti¬ 
gmate  mutique  ou  caudiculé.  —  Herbes  vo- 
lubiles.  Feuilles  opposées.  Ombelles  inter- 
péliolaires.  Fleurs  petites.  Ce  g.  comprend 
environ  10  esp.,  la  plupart  de  l’Afrique  aus¬ 
trale  ;  de  ce  nombre  sont  les  Apocynum 
cordatum  et  lanceolatum  Thunb. ,  et  V Apo¬ 
cynum  triflorum  L.  (Sp*) 

ASTER  (àerr^s,  nom  de  cette  plante  en 
grec  ;  allusion  à  la  disposition  radiée  des  fleu¬ 
rons),  bot.  pii  — La  plupart  des  esp.  qui  con¬ 
stituent  ce  g.  sont  indigènes  de  l’Amérique  du 
nord  ;  mais  quelques  unes  cependant  habitent 
les  régions  froides  ou  tempérées  des  deux 
hémisphères.  Ce  g.  a  pour  caract.  :  Capitules 
radiés.  Fleurs  du  rayon  ligulées,  fertiles,  dis¬ 
posées  sur  un  rang  ;  celles  du  disque  herma¬ 
phrodites,  5-dentées.  Réceptacle  plan,  pré¬ 
sentant  des  alvéoles  dont  les  bords  sont  plus 
ou  moins  denticulés.  Écailles  de  l’involucre 
plurisériées,  lâchement  imbriquées ,  plus 
ou  moins  herbacées ,  et  parfois  même  folia¬ 
cées.  Fruit  comprimé.  Aigrette  poilue ,  per¬ 
sistante,  formée  de  plusieurs  rangées  de 
soies  scabres,  souvent  d’inégale  longueur. 
—  Les  Aster  sont  des  herbes  vivaces,  à  rhi- 
zômes  rampants,  desquels  naissent  des  tiges 
souvent  rameuses,  toulîues,  portant  des 
feuilles  alternes  et  des  capitules  disposés  en 
corymbes;  les  fleurons  sont  blancs ,  roses , 
violets  ou  bleus,  et  le  plus  souvent  plus 
longs  que  les  fleurs  du  disque.  On  cultive 
beaucoup  d 'Aster  comme  plantes  de  parter¬ 
re.  Les  plus  belles  esp.  sont  les  suivantes  : 
parmi  celles  d’Europe ,  les  Â.alpinus,  amelr 


AST 


249 


lus  et  pyrenœus;  parmi  celles  d’Amérique  t 
les  A.  grandiflorus ,  punicœus ,  eminens , 
multiflorus ,  horizontalis ,  thyrsiflorus,  ro- 
sens  ,  etc.  (J.  D.) 

*  ASTERACANTHA,  Nees  («<T7 vtyî,  é- 

toilc  ;  «x«v0« ,  épine),  bot,  pii.  —  Genre  de 
la  famille  des  Acanthacées,  tribu  des  Echma- 
tacanthées  ,  s. -tribu  des  Barlériées ,  Nees. 
Son  auteur  (in  Wallich,  Plant.  Asiat,,  III, 
p.  90  )  le  caractérise  ainsi  qu’il  suit  :  Calice 
4-parti  :  lanière  postérieure  un  peu  plus 
grande  ;  lanière  antérieure  2-dentée.  Corolle 
2-Iabiée  :  lèvre  supérieure  2  -fide  ;  lèvre  in¬ 
férieure  5-fide.  Étamines  saillantes;  filets 
soudés  deux  à  deux.  Anthères  isomètres , 
glabres:  bourses  parallèles,  mutiques.  Sti¬ 
gmate  acuminé.  Capsule  2-loculaire,  8-sper- 
me.  Graines  ovales  ,  lisses ,  comprimées , 
tronquées  ;  funicule  court,— M.  Nees  d’Esen- 
beck  n’a  admis  dans  ce  genre  qu’une  seule 
espèce  (A.  longifolia) ,  qui  est  le  Barleria 
longifolia  L.,  indigène  de  l’Inde.  La  racine 
de  cette  plante  passe  pour  un  excellent  diu¬ 
rétique.  (Sp.) 

*  ASTÉRACANTBE  (  àffr-fl/9 ,  étoile  ; 
«xavôas,  épine  ).  poiss.  foss.  —  Agassiz  a 
créé  sous  ce  nom  une  division  générique , 
pour  y  placer  les  rayons  épineux  et  fossiles  de 
plusieurs  Poissons  de  l’ordre  des  Chondro- 
ptérygiens,  assez  analogues  aux  Chimères, 
et  considérés,  avant  lui,  comme  voisins  des 
Siluroïdes  ou  des  Balistes.  M.  Buckland  les 
nommait  Ichthyodorulites ,  comprenant  sous 
cette  dénomination  plusieurs  Poissons  de 
genres  et  d’espèces  très  diiïerents. 

Les  rayons  des  Astéracanthes  sont  grands, 
légèrement  arqués ,  arrondis  à  leur  bord 
extérieur ,  armés  de  deux  rangées  de  dents 
à  leur  bord  postérieur ,  et  couverts  en  avant 
de  tubercules  étoilés. 

La  base  est  lisse  ;  elle  porte  en  arrière  un 
sillon  large  et  évasé  dont  les  bords ,  en  se 
réunissant  vers  le  haut ,  forment  une  cavité 
intérieure  assez  spacieuse. 

Les  rayons  des  Astéracanthes  caractéri¬ 
sent  les  terrains  jurassiques  supérieurs ,  où 
ils  remplacent  les  Oracanthes  des  terrains 
carbonifères.  M.  Agassiz  en  cite  quatre  esp. 
venant  du  Kimmeridge-clay  d’Angleterre, 
ou  d’une  argile  supérieure  au  Cornbrash , 
du  calcaire  portlandien  des  environs  de  So- 
leure ,  et  du  Purbeck  des  environs  de  Swan- 
wick.  (Val.) 


AST 

*A  ST  E  R  AC  AN  T  H I  OIM  (&tv,  étoileî 
<2x«v0t’ov,  petite  épine),  échin. —  Genre  d’ As¬ 
téries  pourvues  d’un  anus  et  de  quatre  rangs 
de  tentacules  à  la  face  inférieure,  proposé 
par  MM.  Müller  et  îlenle  ( Archives  de  Wieg- 
mann ,  1840) ,  et  comprenant  les  Asterias 
rubens  Lamk.  ;  violacea  Müll.;  tenuispina 
Lamk.  ;  rosea  Müll.;  helianthus  Lamk.; 
granifera  Lamk. ,  et  gelatinosa  Meyen. 

(P- G.) 

ASTERACÉES.  bot.  ph.  —  Voyez 

ASTÉRO  IDÉES  et  ASTÉRII*ÉES.  (J.  D.) 

*  ASTÉRANTïSE.  Asteranthus  ,  Des¬ 

font.  (dcrip ,  étoile;  «v0os ,  fleur),  bot.  pii. 
— C’est  l’un  des  deux  genres  dont  se  compose 
la  singulière  famille  des  Napoléonées  ou  Bel- 
visiées.  Son  auteur  (  Annales  du  Muséum , 
t.  VI,  p.  9,  t.  3)  en  donne  les  caract.  sui¬ 
vants  :  Calice  à  tube  adhérent ,  très  court , 
turbiné  ;  limbe  plan  ,  à  bord  multidenté.  Co¬ 
rolle  supère  ,  rotacée ,  multifide.  Étamines 
très  nombreuses,  insérées  au  fond  de  la  co¬ 
rolle  ;  filets  filiformes ,  plus  courts  que  la 
corolle.  Anthères  2-thèques,  basifixes,  oblon- 
gues  ,  obtuses ,  longitudinalement  déhiscen¬ 
tes.  Ovaire  infère  ,  couronné  de  6  bourrelets 
rayonnants ,  confluents  avec  la  base  du  style. 
Style  indivisé;  stigmate  discoïde,  à  6  lobes 
obtus.  Le  fruit  est  inconnu.  —  L’unique  esp. 
(A.  brasiliensis  Besf.),  sur  laquelle  se  fonde 
ce  g.,  est  un  arbre  à  feuilles  alternes,  point 
stipulées,  ovales-lancéolées ,  très  entières, 
courtement  pétiolées.  Les  fleurs  sont  gran¬ 
des,  solitaires,  axillaires,  ébractéolées,  pé- 
donculées.  (Sp.) 

ASTÉRELLE  (asterella,  petite  étoi¬ 
le  ).  bot.  cr.  —  Palisot  de  Beauvois  avait 
déjà  tenté  le  démembrement  du  g.  Mar- 
chantia  de  Linné ,  démembrement  si  heu¬ 
reusement  opéré  aujourd’hui  par  les  tra¬ 
vaux  successifs  de  Raddi,  Nees  d’Esenbeck, 
Lehmann,  Lindenberg  et  Corda.  Il  en  avait 
séparé ,  sous  le  nom  qui  fait  le  sujet  de  cet 
article,  deux  espèces,  dont  l’une  est  devenue 
le  Reboullia  liemisphœrica  Raddi ,  et  l’au¬ 
tre  le  Fegatella  conica  du  même  auteur. 
Voy.  REBOULLIA  et  FEGATELLA.  (C.  M.) 

*  ASTÉRENCRÏNIDES  («*  r\p ,  étoi¬ 
le  ;  encrinus  ,  encline),  échu*.  —  M.  de 
Blainville  nomme  ainsi  la  troisième  famille 
des  Stellérides ,  comprenant  les  Comatules 
et  les  Encrines.  Les  caractères  qu’il  lui  don¬ 
ne  sont  les  suivants  :  Corps  régulier,  cupu- 

1(>* 


250 


AST 


A  ST 

liforme,  plus  ou  moins  distinct ,  libre  ou 
fixé,  pourvu  de  cinq  rayons  simples,  ou  bi¬ 
fides  ,  articulés  ,  pinnés  ;  bouche  subcentra¬ 
le  avec  une  cavité  viscérale,  ayant  un  grand 
orifice  béant  à  l’extrémité  d’une  sorte  de 
tube  simulant  un  anus.  (P.  G.) 

*  ASTERIADÆ  (d 'Asterias,  nom  la¬ 

tin  de  l’Astérie),  échin.  —  M.  J.-E.  Gray 
[Ann.  and  Mag.  ofnat.  hist .,  1840,  p.  178) 
appelle  ainsi  la  première  famille  de  l’ordre 
des  Asteroïda  ou  Astéries  ,  comprenant 
les  Asterias  proprement  dits,  ainsi  que  les 
Tonia,  Gray,  qui  sont  des  espèces  à  quatre 
rangées  de  pieds  dans  les  sillons  ambula- 
craires.  (P.  G.) 

ASTERIAS.  poiss.  —  Nom  spécifique 
de  quelques  poissons  des  genres  Squale , 
Raie,  etc.  (Yal.) 

*  ASTERIAS  ( asteria ,  étoile),  zoom. 
—  Nom  latin  des  Stellérides  dans  Linné, 
etc.  M.  Agassiz  le  réserve  à  un  sous-genre 
de  ces  animaux  ,  celui  des  Pentastéries, 
Blainv.;  ou  Stelleria,  Nardo.  MM.  Miiller  et 
Troschel  n’y  placent  que  des  espèces  dé¬ 
pourvues  d’anus.  Lamarck  avait  antérieure¬ 
ment  restreint  le  nom  Asterias  aux  Stel¬ 
lérides  ,  qui  ont  les  rayons  pourvus  de  pro¬ 
longements  en  cæcums  de  l’estomac,  c’est- 
à-dire  la  famille  des  Astérides,  Blainv. 

(P.  G.) 

ASTERIAS.  Bockh.  bot.  ph.  —  Gen¬ 
re  ou  sous-genre  de  la  famille  des  Gentia- 
nées.  Il  est  fondé  sur  le  Gentiana  luteaL ., 
et  offre  pour  caract.  distinctifs  :  Calice  mem- 
branacé ,  spathacé.  Corolle  rotacée ,  sans 
plis  et  sans  appendices.  Anthères  libres. 
Capsule  non  stipitée.  Graines  bordées  d’une 
aile  de  même  couleur  que  le  test.  (Sp.) 

*  ASTERIDEA.  bot.  ph.  —  Ce  genre 
a  été  établi  par  M.  Lindley,  sur  une  plante 
de  la  côte  occidentale  de  la  Nouvelle-Hollan¬ 
de  (rivière  des  Cygnes).  Il  lui  assigne  pour 
caractères  :  Capitule  hémisphérique  multi- 
flore,  radié  ;  fleurons  du  rayon  ligulés,  uni- 
sériés,  tridentés,  femelles  ;  ceux  du  disque 
hermaphrodites,  à  5  dents  glanduleuses  au 
sommet.  Involucre  formé  d’écailles  imbri¬ 
quées,  dont  les  extérieures  subulées  et  les 
intérieures  linéaires.  Le  réceptacle  est  plan, 
dépourvu  de  paillettes,  mais  présentant  des 
aréoles  élevées.  Les  anthères  sont  munies 
d’appendices  basilaires  sétacées.  Fruits  cou¬ 
ronnés  d’une  aigrette  composée  d’une  seule 


rangée  de  soies  légèrement  scabres  inférieu* 
rement,  et  presque  plumeuses  au  sommet.  — 
Le  g.  Asteridea  ne  renferme  encore  qu’une 
seule  espèce,  qui,  suivant  M.  Lindley,  res¬ 
semble  par  son  port  à  V Aster  de  la  Nouvelle- 
Angleterre^  (A.  IS.-Angliœ).  (J.  D.) 

*  ASTÉRIDES.  Asteridea  (  Asterias , 
astérie  ;  eta'os ,  forme  ).  échin.  —  M.  de 
Blainville  nomme  ainsi  la  famille  des  Stel¬ 
lérides  ou  Étoiles  de  mer,  chez  lesquelles  il 
y  a  un  tubercule  madréporique  sur  le  dos, 
et  dont  les  bras  renferment  des  appendices 
cœcaux  de  l’estomac.  Leur  corps  est  traver¬ 
sé  inférieurement  par  des  sillons  étendus  de 
la  bouche  à  l’extrémité  des  rayons  ou  lo¬ 
bes  du  corps,  et  contenant  plusieurs  rangées 
de  suçoirs  tentaculiformes.  (P.  G.) 

ASTÉRIE.  Asterias  (ùaz-Àp,  étoile). 
échin.  — De  tout  temps  on  a  employé ,  par 
allusion ,  dans  les  diverses  langues  anciennes 
et  modernes,  le  nom  d'Ètoile  de  mer  ou  ses 
synonymes,  pour  indiquer  des  Zoophytes  fort 
répandus  sur  toutes  les  côtes ,  assez  variés 
en  csp. ,  et  dont  la  forme  rappelle  toujours 
plus  ou  moins  celle  des  étoiles  ,  telles  qu’on 
les  voit  à  la  vue  simple  et  qu’on  les  repré¬ 
sente  dans  les  arts.  Aristote  parle  déjà  de 
ces  animaux  sous  le  nom  d’À<rr^3,  dont  on  a 
fait  Asterias  et  en  français  Astérie.  Pour 
Linné ,  les  Échinodermes  à  corps  plus  ou 
moins  stellé  étaient  également  des  Astéries; 
mais  Lamarck,  dans  ses  ouvrages ,  en  a  re¬ 
streint  l’application  aux  espèces  qui  ont  plus 
particulièrement  la  forme  d’étoiles,  et  qui , 
réunissant  un  bon  nombre  de  caractères 
communs,  doivent  être  considérées  comme 
formant  un  groupe  parfaitement  naturel,  qui, 
dans  sa  méthode  ,  n’avait  que  la  valeur  gé¬ 
nérique.  Les  groupes  aujourd’hui  nommés 
Comatule ,  Euryale  et  Ophiure ,  ont  été 
séparés  par  Lamarck  des  véritables  Étoiles 
de  mer,  et  il  en  sera  parlé  en  leur  lieu.  Voici 
quels  caract.  l’auteur  du  Système  des  Ani¬ 
maux  sans  vertèbres  donnait  au  genre  Asté¬ 
rie  :  Corps  suborbiculaire,  déprimé,  divisé 
dans  sa  circonférence  en  angles ,  lobes  ou 
rayons  disposés  en  étoiles.  Face  inférieure 
des  lobes  ou  des  rayons  munie  d’une  gout¬ 
tière  longitudinale,  bordée,  de  chaque  côté, 
d’épines  mobiles,  et  de  trous  pour  le  passage 
de  pieds  tubuleux  et  rétractiles.  Bouche  in¬ 
férieure  et  centrale  dans  la  réunion  des  sil¬ 
lons  inférieurs. 


ASr 


AST 


251 


L’organisation  de  ces  animaux  a  été  étu¬ 
diée  avec  quelque  soin  depuis  Lamarck. 

Leur  système  nerveux,  d’abord  soupçonné 
par  G.  Cuvier  ( Leçons  d'Anat.  comp.  ),  a  été 
décrit  depuis  par  M.  Spix  et  nié  ensuite  par 
d’autres  observateurs.  La  disposition  de  ce 
système  nerveux  est  en  rapport  avec  la 
forme  de  l’animal.  A  la  face  inférieure  du 
corps,  vers  la  réunion  des  deux  vaisseaux 
hépatiques  de  chaque  rayon,  on  trouve, 
pour  chacun  de  ceux-ci,  deux  nodules  gri¬ 
sâtres,  semblables  à  un  grain  de  mil  un  peu 
allongé,  et  communiquant  entre  eux  par  un 
filet  transversal.  Il  part  de  chaque  double- 
nodule  :  1°  deux  ou  trois  filets  qui  vont  à  la 
face  supérieure  de  l’estomac ,  où  ils  s’ana¬ 
stomosent  entre  eux  et  avec  ceux  des  autres 
ganglions  ;  le  ramuscule  le  plus  extérieur  se 
replie  sur  le  lobe  hépatique  de  son  côté  ;  2° 
un  filet  latéral  qui  se  dirige  vers  le  double 
ganglion  voisin  ;  arrivé  à  la  moitié  de  l’es¬ 
pace  qui  l’en  sépare,  il  descend  par  un  petit 
trou  du  rebord  osseux  entre  le  sillon  longi¬ 
tudinal  et  la  saillie  intermédiaire  du  rayon, 
puis  se  ramifie  autour  de  là  bouche  et  peut- 
être  même  dans  la  peau  ;  3°  un  rameau,  le 
plus  long  et  le  plus  considérable ,  qui  sort 
de  chaque  ganglion,  sous  le  lobe  hépatique 
correspondant,  se  place  entre  le  sillon  lon¬ 
gitudinal  et  les  deux  rangs  de  testicules ,  à 
chacun  desquels  il  fournit  un  filet,  en  dimi¬ 
nuant  successivement  de  grosseur  à  mesure 
qu’il  approche  davantage  de  la  pointe  du 
rayon.  M.  Spix  admet  que  ces  filets  ner¬ 
veux  sont  composés  de  trois  membranes,  et 
il  dit  s’être  assuré  de  leur  nature  par  des 
expériences  galvaniques. 

M,  Tiedemann  reconnaît  aussi  le  système 
nerveux  chez  les  Astéries  ;  mais  M.  Belle 
Chiaje  conteste  formellement  que  l’organe 
dont  il  s’agit  ait  cette  signification.  M.  Du¬ 
jardin  est  du  même  avis.  Toutefois  l’opinion 
de  MM.  Spix  et  Tiedemann  nous  paraît  pré¬ 
férable,  et  plusieurs  anatomistes,  parmi  les¬ 
quels  nous  citerons  M.  Carus,  ne  la  mettent 
pas  en  doute.  Un  système  nerveux  sembla¬ 
blement  disposé  se  retrouve  chez  les  Our¬ 
sins. 

Nous  n’avons  que  très  peu  de  chose  à 
dii$  sur  les  organes  des  sens  chez  les  Asté¬ 
ries.  Ceux  qui  président  au  toucher  sont  les 
mêmes  que  chez  les  autres  Échinodermes  , 
et  M.  Ehrenberg  croit  que  ces  animaux  ont 


un  appareil  pour  la  vision.  Il  a  reconnu  , 
dit-il,  dans  VAsterias  violacen,  de  petits 
points  d’un  rouge  vif,  situés  à  la  face  infé¬ 
rieure  de  l’extrémité  des  rayons,  et  aux¬ 
quels  il  a  vu  aboutir  un  filet  nerveux,  cou¬ 
rant  le  long  du  rayon  et  renflé  à  son  extré¬ 
mité.  L’œil  ou  le  point  rouge  ainsi  placé  en 
dessous  se  trouve  ramené  en  dessus  peur 
servir  à  la  vision  par  le  redressement  de 
l’extrémité  du  rayon. 

Les  téguments  extérieurs  des  Astéries 
présentent  des  variations  assez  nombreuses 
dans  la  nature  et  la  forme  de  leurs  épines 
et  des  plaques  ou  ossicules  qui  les  solidi¬ 
fient  ;  ce  qui  constitue  autant  de  caractères 
au  moyen  desquels  on  a  établi  leur  classifi¬ 
cation.  Les  rayons  de  leur  corps  varient 
aussi  en  nombre;  et,  chez  quelques  espèces, 
la  forme  stellée  a  presque  entièrement  dis¬ 
paru.  Sous  chacun  de  leurs  bras  ou  rayons 
du  corps,  quel  qu’en  soit  le  nombre,  il  exi¬ 
ste  une  rainure  ou  gouttière  répondant  aux 
aires  ambulacraires  des  Oursins ,  et  par  la¬ 
quelle  sortent  une  ou  deux  rangées  d’ap¬ 
pendices  tentaculiformes ,  indistinctement 
appelés  pieds  ou  suçoirs. 

D’autres  suçoirs  contractiles  ou  les  cirrhes 
existent  sur  divers  points  du  corps  des  Asté¬ 
ries  ,  et  font  partie  de  leurs  organes  respira¬ 
toires.  M.  Ehrenberg  a  reconnu  qu’ils  sont 
pourvus  de  cils  vibratiles  à  leur  face  externe, 
et  il  a  vu  la  circulation  qui  s’effectue  dans 
leur  intérieur.  Le  mouvement  circulatoire 
du  sang  dans  les  diverses  parties  a  lieu  au 
moyen  de  canaux  assez  compliqués,  et  dont 
se  sont  successivement  occupés  plusieurs 
anatomistes. 

La  bouche  des  Astéries  est  toujours  cen¬ 
trale  et  placée  à  la  face  inférieure  de  leur 
corps.  Elle  est,  ou  non,  garnie  de  dents,  et 
conduit,  à  travers  un  tube  court  représen¬ 
tant  l’œsophage,  à  l’estomac,  qui  envoie  dans 
les  rayons  ou  bras  des  canaux  très  ramifiés 
à  leur  partie  latérale,  et  qui  ne  sont  pas 
sans  analogie  avec  l’organe  hépatique.  Bosc 
et  quelques  autres  ont  admis  que  les  As¬ 
téries  ont  un  anus,  et  O.  Fabricius  pen¬ 
sait  que  les  excréments  de  ces  animaux 
filtrent  à  travers  le  tubercule  osseux  du  dos, 
appelé  tubercule  madréporique.  M.  Wieg- 
mann  a  aussi  observé  à  cette  place ,  dans 
une  variété  de  VAsterias pleyadella,  un  ori¬ 
fice  qu’il  supposait  pouvoir  bien  être  un 


252 


AST 


AST 


anus,  et  M.  Yan  Beneden  et  moi  fîmes,  en 
$838 ,  une  remarque  analogue  sur  une  de 
nos  grandes  Astéries  de  la  Méditerranée. 
MM.  J.  Müller  et  Troschel  ont  dernièrement, 
ainsi  que  nous  l’apprend  leur  intéressant 
mémoire ,  confirmé  la  présence  d’un  anus 
chez  la  plupart  des  Astéries,  et  ils  ont  con¬ 
staté  que  certaines  espèces  seulement  en 
sont  réellement  dépourvues  :  ainsi  VA.  ru- 
bens  a  un  anus,  et  VA.  aurantiaca  en  est 
privée. 

Les  Étoiles  de  mer  sont  toutes,  comme 
leur  nom  l’indique,  habitantes  des  eaux  ma¬ 
rines,  et  on  les  trouve  à  diverses  profondeurs. 
Beaucoup  d’entre  elles  sont  littorales,  et  le 
reflux  les  laisse  souvent  à  sec  sur  la  plage. 
Elles  se  nourrissent  de  substances  animales, 
et  il  en  est  de  très  voraces.  Souvent  on  les 
voit  manger  des  mollusques ,  et  sur  nos  cô¬ 
tes  elles  s’attaquent  souvent  à  la  Mactre  li- 
sor,-  elles  font  saillir  leur  membrane  sto¬ 
macale,  en  enveloppent  en  partie  la  coquille 
et  pénètrent  même  entre  ses  valves.  Les 
plus  grandes  avalent  quelquefois  une  grande 
quantité  d’aliments ,  et  parmi  eux  des  ani¬ 
maux  entiers  ;  ainsi ,  M.  Pouchet  rapporte 
avoir  retiré  dix-huit  Vénus  intactes,  offrant 
chacune  six  lignes  de  longueur,  de  l’esto¬ 
mac  d’une  grande  Astérie  qu’il  disséquait 
sur  les  bords  de  la  Méditerranée. 

M.  Spix  a,  depuis  long-temps ,  admis  la  bi¬ 
sexualité  des  Astéries.  Leurs  ovaires,  qui  sont 
connus  de  tous  les  observateurs ,  consistent 
en  deux  corps  oblongs,  rameux ,  compara¬ 
bles  à  une  grappe  de  raisin  ,  et  qui  flottent 
au  dessus  des  lobes  hépatiques  dans  chaque 
rayon  de  l’animal.  Ce  sont  des  ramuscules 
composés  de  vésicules  aboutissant  à  deux 
grands  canaux,  qui  s’ouvrent  chacun  près 
de  la  réunion  de  deux  rayons.  L’organe 
mâle,  d’après  l’auteur  cité  ,  se  trouve  con¬ 
stamment  dans  les  différentes  formes  de  la 
famille  des  Astéries  ;  c’est  le  tubercule  spon¬ 
gieux  et  rond  situé  à  la  face  supérieure  du 
corps ,  près  de  la  réunion  de  deux  des  rayons. 
Il  présente  quelques  légères  modifications 
suivant  les  espèces  qu’on  étudie ,  et  a  été 
nommé  par  les  auteurs  Tubercule  madré- 
porique.  Nous  avons  vu  plus  haut  que  ce 
tubercule  recouvrait  l’orifice  anal.  Il  est 
quelquefois  double  par  accident,  et,  suivant 
M.  Gray,  on  devrait  considérer  comme  au¬ 
tant  de  tubercules  inadréporirçues  les  saillies 


de  forme  analogue  ,  et  au  nombre  de  douze 
ou  treize,  qui  se  remarquent  à  la  face  dor¬ 
sale  del’A.  echinites ,  de  l’Amérique  du  Sud. 
Quoi  qu’il  en  soit,  la  duplicité  sexuelle  des 
Astéries,  même  avec  le  caractère  dioïque  que 
ne  leur  supposait  pas  M.  Spix ,  n’a  rien  d’im¬ 
probable  ,  les  Oursins  et  beaucoup  d’autres 
animaux  radiaires  l’ayant  offerte  d’une  ma¬ 
nière  évidente. 

On  n’a  également  que  peu  de  renseigne¬ 
ments  sur  le  développement  de  ces  Zoo- 
phytes.  M.  Sars  a  néanmoins  donné  sur 
leur  forme,  au  moment  de  la  naissance,  des 
détails  fournis  par  l’A.  sanguinolenta ,  ét 
dont  nous  devons  dire  quelques  mots. 

Les  Astéries  de  cette  espèce  ont  alors  le 
corps  déprimé,  arrondi,  et  muni  de  quatre 
appendices  ou  bras  très  courts  ,  en  massue, 
à  l’extrémité  antérieure.  Quand  ils  sont  un 
peu  plus  avancés  en  âge ,  on  peut  distinguer, 
à  leur  face  supérieure,  quelques  papilles 
disposées  sur  cinq  séries  rayonnantes.  Ces 
jeunes  Astéries  se  meuvent  lentement,  mais 
uniformément  en  ligne  droite,  avec  leurs 
quatre  bras  antérieurs.  Leur  mouvement 
est  probablement  produit  par  des  cils  vibra- 
tiles  ;  leurs  bras  peuvent  d’ailleurs  leur  ser¬ 
vir  aussi  à  se  fixer  ou  à  ramper  lentement 
le  long  des  parois.  Au  bout  de  douze  jours, 
les  cinq  rayons  du  corps,  qui  jusque  alors 
étaient  arrondis ,  commencent  à  s’accroître  ; 
après  huit  autres  jours,  les  deux  rangées  des 
pieds  tentaculiformes  se  sont  développés  en 
ambulacres  sous  chaque  rayon,  et  peu¬ 
vent  servir  au  mouvement  de  l’animal  en 
se  contractant  tour  à  tour  et  en  faisant 
fonction  de  ventouses  ;  enfin ,  dans  l’espace 
d’un  mois ,  les  quatre  bras  primitifs  dispa¬ 
raissent  ,  et  l’animal,  d’abord  symétrique  ou 
binaire ,  est  devenu  radiaire  au  degré  où  le 
sont  les  autres  Astéries. 

Quelques  uns  de  ces  animaux,  parvenus  à 
l’âge  adulte,  se  meuvent  avec  assez  de  rapi¬ 
dité,  soit  en  nageant,  soit  en  rampant.  Il  est 
des  rivages  où  ils  sont  très  abondants  ;  et, 
comme  on  n’a  pas  encore  su  les  utiliser 
d’une  manière  plus  lucrative,  on  les  ramasse 
pour  fumer  les  terres.  Nos  côtes  de  l’Océan 
et  de  la  Méditerranée  en  nourrissent  de 
plusieurs  sortes,  et  leurs  formes  sont  assez 
variées  pour  qü’on  les  place  même  aujour¬ 
d’hui  dans  des  genres  différents,  le  genre 
Âsterias  de  Lamarck  ayant  pris  le  rang  de 


AST 


famille  naturelle,  ou  même ,  dans  quelques 
ouvrages,  celui  d’ordre  distinct. 

MM.  de  Blainville  ,  Nardo  ,  Agassiz,  Mül- 
ler  et  Troschel,  et  plus  récemment  M.  J.-E. 
Gray  ,  se  sont  successivement  occupés  de  la 
classification  naturelle  des  Astéries,  déjà 
entreprise  par  Linck  en  1753  ,  et  d’üne  ma¬ 
nière  beaucoup  moins  complète  par  Rafll- 
nesque  en  1815. 

Le  nombre  des  coupes  génériques,  aujour¬ 
d’hui  fort  considérable,  ne  l’était  pas  moins 
dans  Linck  (De  Stellis  marinis  liber  sin- 
gularis  ).  Yoici  un  tableau  de  sa  classifica¬ 
tion. 

Sectio  I.  stellîè}  ÿïsSÆ. 

Classis  I.  àXtyây.t?  :  Stellàrum  pauciorum 
quant  quinque  radiorum. 

Généra  :  Trisactis ,  Tetractis. 

Classis  IL  ttev'rKXtLocPoç ,  sivé  Stellàrum 
quinque  fidarunt. 

Généra  :  Pentagonaster ,  Pentaceros  , 
Astropecten ,  Palmipes ,  Stella  corideca , 
Sol  marinus,  Pentadactylosaster. 

Classis  Ilï.  ïioWa/.t-tvocPos,  sine  Stellàrum 
multifidarum . 

Généra  :  ffexactin ,  Beptactin,  Octac- 
tin ,  Énneactin,  Decactin,  Dodecactinl 

La  plupart  des  coupes  admises  par  Linck 
ont  reçu  des  auteurs  modernes  des  déno¬ 
minations  particulières.  À  celles  de  là  troi¬ 
sième  classe  répondent  les  genres  Solaster  , 
Forbes;  Crossaster,  Müll.  et  Trosch.  ;  En- 
deçà ,  Gray  ;  Polyaster,  Gray,  etc.  Les  gen¬ 
res  Gouiaster ,  Àgass.  ;  Stellaria ,  Nardo  ; 
Ànseropoda,  Nardo;  Stellonia,  Forbes  ; 
TJnckia ,  Nardo;  Echinaster ,  Müll.  et 
Trosch.,  répondent ,  au  contraire ,  à  des  sub¬ 
divisions  de  la  seconde  classe.  Quant  aux 
genres  îrisactis  et  Tetractis  de  Linck,  ils 
ont  pour  objet  des  Astéries  mutilées  de  la 
catégorie  des  espèces  à  cinq  branches.  Ré- 
aumür  a  fait  des  expériences  très  curieuses, 
au  sujet  des  mutilations  que  peuvent  sup¬ 
porter  les  Astéries  et  de  leur  force  de  ré¬ 
dintégration. 

Il  serait  beaucoup  trop  long  d’énumérer 
ici  lés  diverses  classifications  des  Astéries 
proposées  par  les  auteurs  récents  .  et  nous 
nous  bornerons  à  signaler,  dans  l’ordre  mé¬ 
thodique  que  nous  avons  adopté  ailleurs,  la 
série  des  genres  qu’ils  ont  admis,  en  indi¬ 


ÀST  253 

quant  d’une  manière  générale  leur  syno¬ 
nymie. 

I.  Astéries  à  quatre  rangées  de  suçoirs  ou 
de  pieds  tentaculiformes  à  la  face  buccale 
des  rayons  ;  la  plaque  madréporiqué  simple  ; 
un  anus. — Famille  première  des  Astéries , 
Müll.  et  Trosch.  (  Wiegmann’s  Archiv ., 
1840,  p.  320);  Asteriadœ ,  Gray  [Ann.  and 
Magas .  ofnai.  hist.,  1840,  p.  178). 

Stellonia,  comprenant  :  i°  Uraster  , 
Agass.  ;  Asteracanthion,  Müll.  et  Trosch.  ; 
Beliaster  ,  Gray  ;  2°  Stichaster  ,  Müll.  et 
Trosch.;  3°  T  onia,  Gray. 

II.  Astéries  à  ambulacres  pourvus  de 
deux  rangées  de  pieds  tentaculaires. 

g  1.  Point  d’anus.  —  Famille  troisième 
des  Astéries,  Müll.  et  Trosch.  (loc.  cit.,  p. 
525);  Astropectinidœ  (pro  parte,  Gray,  loc. 
cit. ,  p.  180). 

Astropecten,  Comprenant:  Astr'O - 

pectèn,  Linck  ;  Crenaster ,  Luid  ;  Stellaria, 
Nardo  ;  Astcrias ,  ÀgasS. *  et  Astropecten  de 
M.  Gray,  qui  nomme  Asiropus  une  des 
sections  de  ce  genre  ;  2°  Nuricia,  Gray  ;  3° 
Cœlaster,  Agass. 

Luidia  ,  Forbes,  auquel  se  rapporte 
comme  synonyme  le  genre  Hermicnemis  , 
Müll.  et  Trosch.,  et,  comme  subdivision,  ce¬ 
lui  de  Petalaster ,  Gray. 

g  2.  Un  anus.  —  Famille  deuxième  dés 
Astéries,  Müll.  et  Trosch.  (loc.  cité ,  p. 
324). 

SoLAster.  Ses  synonymes  sont  :  Solas - 
térieS,  Blainv.;  Stellonia (pro  parte,  Agass.); 
Solaster ,  Forbes;  Crossaster,  Müll.  et 
Trosch.  Les  espèces  qui  s’y  rapportent 
sont  les  A.  papposa  et  endecà,  M.  Gray 
fait  de  la  première  le  sous-genre  Polyaster, 
et  dé  l’autre  celui  qu’il  nomme  Endeca. 

GoniAsTER,  Agass.  Ce  genre  répond  à 
peu  près  aux  Pentaceros  de  Linck  ,  et  aux 
Pentacerotidce  pentacerotina  de  M.  Gray. 
Ce  dernier  naturaliste  le  subdivise  dans  les 
groupes  suivants  :  Pentaceros ,  Stellaster, 
Comptbhia,  Gymnasteria ,  Paulia ,  Rdn - 
dasia,  Anthenca,  Bosia,  Hippasterids , 
Calliaster,  Goniaster ,  Pentagonaster ,  Tù - 
sia,  auxquels  il  faut  joindre  celui  d’Asfe- 
ropsis ,  Müll.  et  Trosch. 

Echinaster,  Gray,  non  Müll.  et  Tro- 
schel.  Nous  avons  remplacé  ce  nom  par  ce¬ 
lui  d 'Àcanthaster. 

Echinaster,  Müll»  et  Trosch.,  non  Gray» 


254 


AST 


AST 


Les  genres  du  Synopsis  de  M.  Gray  qu’on 
peut  en  rapprocher  sont  au  nombre  de 
quatre  :  Othilia ,  Metrodira ,  Rhopia ,  et 
Ferdina. 

Ophidi aster,  Agass.,  et  pourM.  Gray  : 
Dactylosaster ,  Tamaria,  Cistina,  et  Ophi- 
diaster ,  subdivisé  en  Hacelia  et  Pliaria. 

Linckia,  Nardo,  ou  Cribella,  Agassiz.  Ce 
sont,  pour  M.  Gray,  les  genres  Fromia , 
Gomopliia ,  Nardoa ,  Narcissa,  Nectria, 
Nephantia. 

Tiennent  ensuite  les  genres  Mithrodia 
et  Uniophora  du  meme  auteur  ;  et,  non  loin 
de  là,  le  genre  Pleuraster,  Agass.,  dont  les 
espèces  sont  fossiles. 

Culcita,  Agass.,  établi  pour  la  section 
des  Astéries  oreilles,  de  M.  de  Blainville. 

Asteriscus  ,  Müll.  et  Trosch.  Ce  sont  : 
1°  Palmipes,  Linck  ;  Palmasterias,  Blainv.; 
Ânseropoda ,  Nardo  ;  2°  Porania,  Gray  ;  5° 
Asterina,  Nardo  ;  4°  Patiria,  Gray  ;  5°  So~ 
comia,  Gray  ;  6°  Archaster ,  Müll.  et  Trosch. 

Divers  terrains  secondaires  et  tertiaires 
ont  fourni  des  débris  fossiles  d’Astéries,  et 
les  espèces  que  ces  débris  ont  fait  recon¬ 
naître  ont  pu,  dans  certains  cas,  servir  à  l’é¬ 
tablissement  de  genres  distincts  parmi  les¬ 
quels  nous  citerons  Cœlaster ,  Agassiz  ; 
Pleuraster,  Agass.;  et  Comptonia ,  Gray. 
C’est  dans  les  ouvrages  de  Linck,  de  La- 
marck,  de  MM.  Brandt  et  Gray,  qu’il  faut 
chercher  la  description  des  Astéries  con¬ 
nues  ;  MM.  Agassiz ,  Müller  et  Troschel , 
n’ont  donné  jusqu’ici  que  des  détails  fort 
étendus  sur  celles  dont  on  leur  doit  la  dis¬ 
tinction.  (P.  G.) 

ASTÉRIE  (àarvi/j,  étoile),  min.  —  On 
donne  ce  nom  à  une  sorte  d’étoile  régulière 
à  plusieurs  branches,  formée  par  la  lumière 
qui  émane  d’un  point  lumineux ,  et  qui  va 
se  réfléter  transversalement  sur  des  systè¬ 
mes  de  Gbres  ou  de  lignes  réfléchissantes, 
parallèles  entre  elles,  soit  au  dedans  d’un 
cristal  lorsqu’on  vise  à  travers  sa  masse , 
soit  seulement  à  la  surface  lorsque  la  lu¬ 
mière  ne  pénètre  pas  dans  l’intérieur.  Ces 
lignes  réfléchissantes ,  qu’on  doit  conce¬ 
voir  comme  autant  de  petits  miroirs  plans  , 
très  étroits  et  de  forme  linéaire ,  provien¬ 
nent  très  probablement  des  solutions  de 
continuité  qui  interrompent  fréquemment 
les  couches  d’accroissement  des  cristaux,  et 
qui  produisent  sur  leurs  plans  des  stries  ou 


cannelures  souvent  très  marquées.  Ce  jeu 
de  lumière  est  donc  en  rapport  avec  la  dis¬ 
position  des  systèmes  de  stries  dans  les  cris¬ 
taux  ,  et,  par  conséquent,  avec  les  lois  do 
leur  structure;  c’est  sous  ce  point  de  vue 
qu’il  est  intéressant  pour  le  minéralogiste. 
Nous  renvoyons  les  détails  que  nous  nous 
proposons  de  donner  sur  les  particularités 
de  ce  phénomène  et  sur  son  explication  aux 
mots  corindon  et  grenat  ,  parce  que 
c’est  seulement  dans  les  espèces  connues 
sous  ces  dénominations  qu’on  a  pu  jusqu’à 
présent  l’observer  et  l’étudier  avec  une  at¬ 
tention  suffisante.  (Del.) 

*ASTÉRIGÉRÎ]\fE.  Asterigerina,  d’O. 
(  aster,  étoile  ;  gero ,  je  porte  ).  foram.  — 
Genre  de  l’ordre  des  Entomost'egues ,  famil¬ 
le  des  Astérigérinidées ,  que  nous  avons  éta¬ 
bli  dans  les  Foraminifères  de  Cuba,  et  auquel 
nous  assignons  les  caract.  suivants  :  Coquille 
libre ,  spirale.  Spire  enroulée  sur  le  côté,  ap¬ 
parente  en  dessus,  embrassante  en  dessous  ; 
composée  en  dessus  de  loges  uniques,  formée 
en  dessous  sur  la  moitié  de  sa  largeur  par  la 
continuité  des  loges  supérieures  et  par  d’au¬ 
tres  loges  formant  étoile,  venant  alterner 
avec  celles-ci  dans  l’accroissement  de  l’en¬ 
semble.  Loges  de  deux  sortes  :  les  loges  or¬ 
dinaires  spirales,  supérieures  ;  les  loges  infé¬ 
rieures  médianes  ,  qui  servent  à  former  une 
étoile  centrale  ;  chacune  d’elles  venant  l’u¬ 
ne  après  l’autre  alternativement.  Ouvertu¬ 
re  sur  le  côté  de  la  dernière  loge. 

Ce  genre ,  singulier  par  l’espèce  d’étoile 
qu’il  porte  sur  l’un  des  côtés  de  la  coquille, 
se  compose,  d’après  nos  recherches,  de  qua¬ 
tre  espèces  ;  deux  propres  aux  Antilles,  une 
de  Patagonie  et  une  fossile  du  bassin  ter¬ 
tiaire  de  la  Gironde.  r  (A.  d’O.) 

*  ASTÉRIGÉRINIDÉES.  Asterigeri- 
nidœ.  foram.— Famille  de  l’ordre  des  En¬ 
tomost'egues,  que  nous  avons  établie  pour 
réunir  les  genres  Asterigerina ,  Amphiste - 
gina,  Helerostegina ,  et  que  nous  carac¬ 
térisons  ainsi  :  Coquille  libre,  régulière,  iné¬ 
quilatérale  ;  spire  régulière ,  oblique ,  em¬ 
brassante  ou  non  ;  loges  dont  l’alternance  a 
lieu  d’un  seul  côté. 

Les  Coquilles  de  cette  famille  sont  toutes 
ornées  d’un  côté  d’une  rosace  ou  d’une 
étoile  formée  par  l’assemblage  des  sections 
des  loges  ;  ce  qui  nous  a  déterminé  à  les 
nommer  Astérigérinidées.  (A,  d’O.) 


AST 


AST 


255 


*  ASTERINA  (  diminutif  d'Asterias  ).  i 
éçhix.  —  M.  Nardo  nomme  ainsi  (  Isis , 
4834  )  un  genre  d’Astérides,  dans  lequel  il 
place  les  A.  exigua  et  minuta.  (P.  G.) 

ASTÉRINÉES.  bot.  pii.  —  Sous- tri¬ 
bu  du  groupe  des  Composées- Astéroïdées  , 
qui  se  caractérise  par  des  capitules  homo- 
ou-hétérogames ,  souvent  radiés  ;  des  an¬ 
thères  dépourvues  d’appendices  basilaires , 
et  des  feuilles  presque  constamment  alter¬ 
nes.  (J-  R.) 

*  ASTERINIDÆ  (  d ’  Asterina ,  genre 
d’Astéries).  échin.  —  M.  Gray,  dans  son 
Synopsis  des  Ann.  and  Magas.  of  nat. 
hist.,  1840,  p.  288 ,  nomme  ainsi  la  quatriè¬ 
me  famille  de  son  ordre  des  Asleroida  ou 
Astéries,  et  y  place,  outre  le  g.  Asterina, 
Nardo  ;  ceux  de  Palmipes ,  Linck  ;  Porania , 
Gray  ;  Patiria ,  Gray  ;  et  Socomia ,  Gray. 

IP.G.) 

*  ASTER!  SCI  UM,Chamiss.  etSchlech- 
tend.  —  Cassidocarpus ,  Presl.  bot.  ph. — 
Genre  de  la  famille  des  Ombellifères  (tribu 
des  Mulinées ,  DC.),  auquel  RI.  I)e  Candolle 
(  Prodr . ,  t.  IV,  p.  82)  assigne  les  caract. 
suivants  :  Limbe  calicinal  à  5  dents  ovales , 
persistantes.  Pétales  terminés  en  languette 
infléchie ,  échancrée  au  sommet ,  à  sinus 
calleux.  Fruit  tétragone  -  prismatique  ,  cou¬ 
ronné  ,  arrondi  à  la  base.  Méricarpes  5-cos- 
tés  :  les  deux  côtes  intermediaires  ailées  ; 
les  3  autres  aptères  ,  filiformes  ;  vallécules 
sans  bandelettes  ;  commissure  très  étroite. 
—  Herbes  vivaces ,  très  glabres.  Tiges  cy¬ 
lindriques,  rameuses,  médiocrement  fouil¬ 
lées.  Feuilles  pétiolées  ,  simples  ,  cunéifor- 
mes-orbiculaires ,  inégalement  dentées,  sub¬ 
trilobées  ,  5  -  eu  5-nervées ,  subcoriaces  ; 
ombelles  simples  ,  subglobuleuscs  ,  à  invo- 
lucre  court,  polyphy  lie.  Fleurs  polygames  : 
les  unes  males,  longuement  pédicellées;  les 
autres  hermaphrodites.  —  Ce  g.  est  propre 
au  Chili.  On  en  connaît  5  espèces.  (Sp.) 

*  ASTERISCUS  (d'Asterias ,  étoile  de 
mer),  échin.  —  Nom  que  Luid  et  PetiYer 
donnent  à  des  Astéries  des  genres  Ansero- 
poda  et  Asterina  de  M.  Nardo  ( Isis ,  1854). 
MM.  Müller  et  Troschel  réunissent  ces  deux 
derniers  genres  en  un  seul  r  auquel  ils  lais¬ 
sent  le  nom  d' Asteriscus .  Les  espèces  qui 
s’y  placent  ont  un  anus,  quatre  rangs  de 
tentacules  à  la  face  buccale  des  rayons,  etc. 
Ce  sont  les  Asterias  membranacea  Lamk. , 


penicillaris  Lamk.,  exigua  Delle  Chiaje , 
et  pentagonus  Müll.  et  Trosch.  (P.  G.) 

ASTERISCUS  (à<7T£/5 èrzoç ,  petite  étoi¬ 
le  ;  à  cause  de  la  disposition  des  fleurs). 
bot.  ph.  —  Les  Asteriscus  appartiennent 
à  la  division  des  Inuléés,  parmi  les  Compo- 
sées-Astéroïdées.  Ce  genre  a  pour  caract.  : 
Capitules  terminaux  radiés  ,  Iigulés ,  1  -  sé¬ 
riés,  cunéiformes,  tridentés  au  sommet; 
à  tube  court,  biauriculé  ;  fleurons  du  dis¬ 
que  à  tube  épaissi  inférieurement ,  et  dé¬ 
pourvu  d’auricules  ou  d’ailes  membraneu¬ 
ses.  Anthères  munies  de  longs  appendices 
basilaires.  Fruits  obeomprimés  -  trigones. 
Aigrette  en  forme  de  couronne,  irrégulière¬ 
ment  denticulée.  —  Les  plantes  qui  compo¬ 
sent  ce  g.  sont  indigènes  du  bassin  méditer¬ 
ranéen  ;  ce  sont  des  herbes  annuelles  ou  vi¬ 
vaces,  rameuses,  portant  des  feuilles  oblon- 
gues ,  entières  ,  et  des  capitules  de  fleurs 
jaunes.  Cassini  a  rangé  ce  genre  dans  sa  3e 
tribu  des  Inulées ,  comprenant  les  Buph- 
thalmées.  (J.  D.) 

•*  ASTÉRISQUE.  Asterisca  (âàveptà- 
xos-i  petite  étoile),  bot.  cr.  —  Genre  de  la 
famille  des  Lichens.  Presque  à  la  même 
époque,  en  1825,  parurent  trois  méthodes 
lichénographiques ,  où  le  même  genre  se 
retrouve  sous  les  trois  noms  de  Medusula 
(Eschwciler,  Syst.  Lich.),  de  Sarcographa 
(Fée,  Crypt.  Offre.),  et  d' Asterisca  (Meyer, 
F lecht.).  Depuis  lors,  Eschxveiler  (Lich. 
bras.  )  a  réuni  sou  Medusula  au  g.  Leio- 
gramma  (  V&y.  ce  mot  ) ,  et  n’en  fait  plus 
qu’une  section.  C’est  sans  doute  ce  qui  a 
conduit  M.  Lindley  (A  natur.  Syst.  of  Bot.) 
à  rapporter  les  deux  autres  au  g.  Glyphis. 
Nous  examinerons  là  ce  qu’il  faut  penser  de 
cette  confusion.  Voy.  glyphis.  (C.  M.) 

*  AST.ERIZA  (Av-é/ucç ,  étoilé;  à  cause 
des  taches  jaunes  dont  1  insecte  est  parse¬ 
mé  sur  un  fond  brun),  ms.  —  Genre  de 
Coléoptères  tétramères,  famille  des  Chryso- 
mélines ,  créé  par  M.  Chevrolat ,  et  adopté 
par  M.  Dejean  (  Cat. ,  3e  éd.  )  pour  y  placer 
la  Cassida  flavicornis  d’Olivier  ,  originaire 
de  Saint-Domingue.  Ses  caract.  génériques 
sont  :  Tête  enfoncée  dans  le  corselet,  et 
recouverte  par  le  bord  antérieur  de  celui- 
ci.  Antennes  de  12  articles  dont  le  troisième 
est  le  plus  long;  les  suivants  égaux,  qua- 
drangulaires  ;  le  dernier  très  court ,  obtus. 
Corselet  s’avançant  en  angle  sur  le  milieu 


256 


AST 


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des  élytres.  Corps  semi  -  orbiculaire  en  des¬ 
sus.  —  Ce  genre  se  distingue  de  celui  qui 
l’avoisine ,  ffybosa  du  même  auteur ,  en  ce 
que  les  crochets  dépassent  un  peu  le  troi¬ 
sième  article  des  tarses.  (D.  et  C.) 

*  ASTEROCARPUS  (  iwip  ,  étoile  ; 
*«/jîî<j’s  ,  fruit  ).  bot-  foss.  —  Sous  ce  nom  , 
M.  Gœppert  a  décrit  un  genre  particulier 
de  Fougères  fossiles,  qu’il  rapproche  des 
Gleichéniées ,  en  se  fondant  surtout  sur 
la  disposition  des  fructifications  qu’il  pré¬ 
sente.  Ï1  le  caractérise  ainsi  :  Fronde  bipin- 
nce.  Capsules  disposées,  sur  la  face  infé¬ 
rieure  des  pinnules ,  en  groupes  de  3  à  4  , 
rayonnantes ,  adhérentes  par  leurs  parties 
latérales ,  et  ayant  l’apparence  de  capsules 
o-4-loculaires.-La  seule  espèce  de  ce  g.  est 
Une  Fougère  à  fronde  très  découpée,  dont 
on  n’a  vu  qu’un  fragment ,  à  pinnules  assez 
petites ,  oblongues ,  obtuses ,  dont  la  nerva¬ 
tion  n’est  pas  visible  ;  portant  chacune  six  h 
sept  groupes  arrondis  de  capsules ,  qui  pa¬ 
raissent  ,  d’après  la  figure  qu’en  a  publiée 
M.  Gœppert ,  composés  chacun  de  trois , 
quatre  ou  cinq  capsules  rayonnantes,  et 
en  partie  soudées  entre  elles.  Ce  savant 
compare  cette  disposition  à  celle  des  Glei- 
çhenia  et  à  celle  des  Kaulfussia  parmi  les 
Fougères  vivantes ,  et  admet  qu’il  se  rap¬ 
proche  surtout  du  premier  de  ces  genres. 
L’esp.  unique  décrite  par  M.  Gœppert  sous 
le  nom  d’A sicrocarpus  Sternbergii  a  été 
trouvée  dans  les  mines  de  houille  de  Saar- 
bruck.  (Ad.  B.) 

*  ASTEROCARPUS,  Eckl.  et  Zeyh. 
{non  Adans.  )  (  &rrr(  p,èpo$,  étoile;  xa/irto's, 
fruit),  bot.  pu.  —  Synonyme  du  g,  Ptero- 
celastrus ,  Meisn.,  de  la  famille  des  Célas- 
trinées.  (Sp.) 

ASTÉROCÉPIIALE.  Aster  oc  ephalus, 
Vaill.  (  à?7(tp ,  étoile;  ,  tête  ).  bot. 

pii.  —  Genre  de  la  famille  des  Dipsacées, 
offrant  les  caractères  suivants  :  Capitules 
presque  plans  ,  radiants.  Involucre  formé 
de  bractées  foliacées,  nautiques,  étalées  , 
l-ou2-sériées,  soudées  par  la  base.  Récep¬ 
tacle  conique  ou  hémisphérique ,  garni  de 
paillettes  membranacées  ,  sublinéaires ,  mu- 
tiques,  presque  planes,  courtes.  Calicule  à 
tube  4-gone  ,  ésulqué  inférieurement ,  creu¬ 
sé  dans  sa  moitié  supérieure  de  huit  fos¬ 
settes  profondes,  contiguës,  longitudinales; 
limbe  eyathiforme ,  membranacé,  scarieux, 


plissé,  multi-nervé,  denticulé  au  sommet. 
Calice  à  tube  souvent  prolongé  en  col  colum- 
naire  ou  filiforme  ;  limbe  charnu,  cupulifor- 
me,  couronné  de  cinq  soies  subulées,  sca- 
bres,  alternes  chacune  avec  une  dent  peu 
marquée.  Corolle  des  fleurs  radiales  ringen- 
te,  bilabiée  ;  lèvre  supérieure  petite,  2-par- 
tie  ;  lèvre  inférieure  très  grande,  profondé¬ 
ment  3 -lobée.  Corolle  des  fleurs  du  disque 
subrégulière,  obeonique,  5-lobée.  Étamines 
4.  Style  filiforme  ,  épaissi  au  sommet  ;  stig¬ 
mate  disciforme,  ou  unilatéral  et  oblique. 
Nucule  petite,  aigrettée,  recouverte  par  le 
calicule ,  dont  le  tube  devient  subcoriace. 
— Herbes  ou  sous-arbrisseaux.  Feuilles  très 
entières  ou  pennatifides,  pétiolées  ;  pétioles 
de  chaque  paire  connés  par  la  base.  Pédon¬ 
cules  longs,  dressés,  ou  un  peu  inclinés  du¬ 
rant  la  floraison.  Ce  genre  renferme  une 
quinzaine  d’espèces  ,  la  plupart  indigènes  ;  à 
l’exemple  de  Linné ,  beaucoup  d’auteurs  ne 
les  séparent  pas  desScabieuses.  Les  plus  no¬ 
tables  en  sontl’A.  caucasiens  Spreng.  ( Sca - 
biosa  caucasica  Bieberst.— Bot.  mag tab. 
886);  l’A.  creticus  Spreng.  ( Scabiosa  cre- 
tica  L.  )  ,  et  VA.  graminifolius  Spreng. 

( Scabiosa  graminifolia  L.  —  Bot.  reg t. 
835).  Ces  trois  espèces  se  cultivent  comme 
plantes  d’ornement.  (Sp.) 

*  ASTÉROCIIOETE.  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Cypéracées,  tribu  des 
Cladjées ,  proposé  par  le  professeur  Nees 
d’Escnbeck  (in  Linnea ,  t.  IX,  p.  300)  pour 
deux  plantes  placées  précédemment  dans  le 
g.  Schœmis ,  et  qui  a  été  adopté  par  M.  Kunth 
(■ Cyperac .,  p.  312),  qui  y  a  ajouté  plusieurs 
espèces.  On  distinguera  ce  genre  aux  carac¬ 
tères  suivants  ;  Les  épis  sont  biflores;  cha¬ 
que  fleur  est  hermaphrodite.  Les  écailles  , 
peu  nombreuses,  sont  carénées,  allongées  et 
distiques  ;  les  inférieures  sont  vides.  Six  soies 
hispides  et  plumeuses,  persistantes  ,  environ¬ 
nent  les  organes  sexuels,  qui  consistent  en 
trois  étamines,  en  un  ovaire  triangulaire 
surmonté  d’un  style  trifide,  renflé  et  comme 
pyramidal  à  sa  base.  Le  fruit  est  un  akène 
triangulaire,  portant  à  son  sommet  la  partie 
inférieure  du  style,  persistante  et  environ¬ 
née  par  les  soies  hypogynes.  —  M.  le  pro¬ 
fesseur  Kunth  (l.  c.)  rapporte  six  espèces 
à  ce  genre.  Deux  sont  originaires  du  cap 
de  Bonne-Espérance,  une  des  Moluques,  et 
deux  de  l’île  Maurice.  Ce  sont  des  plantes 


AST 


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257 


vivaces;  à  tige  triangulaire;  à  feuilles  raides 
et  planes,  dont  les  épis,  solitaires  ou  comme 
capilulés,  sont  disposés  en  .panicule  axil¬ 
laire  ou  terminale.  (A.  R.) 

ASTERODERME  (àaxr.p  ,  étoile;  isp- 
u.a,  peau),  roiss.  foss.  —  Genre  de  ‘Pois¬ 
sons  fossiles,  établi  par  M.  Agassiz.  Ils 
sont  de  l’ordre  des  Chondroptérygiens  ,  de 
la  famille  des  Raies.  Leur  corps  était  couvert 
de  tubercules  en  étoile  à  cinq  rayons,  comme 
on  les  voit  représentés  dans  son  Histoire 
des  Poissons  fossiles ,  vol.  III ,  p.  44  , 
fig.  5  et  6.  M.  Agassiz  ajoute  que  ce  poisson 
fossile  forme  un  genre  de  Raies  très  remar¬ 
quable  par  la  présence  de  côtes  grêles ,  et 
par  la  structure  de  la  ceinture  thoracique  du 
bassin.  La  figure  ne  représente  aucune  par¬ 
tie  de  la  tête  ;  mais  ce  qu’on  voit  de  la 
cage  de  la  poitrine,  de  la  ceinture  thoraci¬ 
que  et  de  celle  de  l’abdomen ,  de  la  forme 
ovale  de  la  nageoire  pectorale,  dont  la  plus 
grande  largeur  correspond  à  l’insertion  des 
rayons  sur  la  ceinture  du  thorax,  et  du  pro¬ 
fil  de  la  nageoire  ventrale,  ne  me  laisse  au¬ 
cun  doute  sur  une  très  grande  affinité  entre 
ce  poisson  et  les  Rhinobates.  Ceux-ci  ont 
aussi  des  côtes  grêles,  semblables  à  celles 
du  fossile,  et  plusieurs  espèces  ont  le  corps 
couvert  de  tubercules  étoilés ,  semblables , 
selon  M.  Agassiz,  à  ceux  de  l’Astéroderme. 
Les  Squatines ,  parmi  les  Chondroptéry¬ 
giens  ,  ont  aussi  des  côtes  et  des  boucliers 
étoilés  sur  la  peau;  mais  la  forme  des  pecto¬ 
rales  des  Squatines  ne  se  rapporte  pas  aussi 
bien  à  celle  des  nageoires  du  poisson  fossile 
que  celles  du  Rhinobate.  Je  vois,  sur  le  des¬ 
sin  de  mon  célèbre  ami  de  Neufchâtel ,  des 
traces  de  ces  longs  appendices,  dépassant  en 
arrière  les  nageoires  ventrales  des  Raies,  des 
Squales ,  et  qui  sont  bien  plus  isolés  dans 
les  Rhinobates.  On  les  regarde  communé¬ 
ment  comme  appartenant  aux  mâles  des 
Chondroptérygiens  ;  mais  il  paraîtrait,  d’a¬ 
près  un  passage  de  Steph.  Lorenzinide  Flo¬ 
rence,  cité  par  Schneider,  que  cet  anatomiste 
en  a  vu  sur  des  femelles  pleines.  Voici  le 
passage  ,  auquel  on  n’a  pas  fait  assez  d’at¬ 
tention  : 

«  Negat  eliam  appendices  pinnarum 
ventralium  masculo  sexui  proprias 
esse ,  utpoie  reportas  in  gravidis  fœ~ 
minis  Torpcdinum  aliarumque  Raja - 
rum.  » 


N’ayant  pas  vu  les  dents  du  poisson  fos¬ 
sile  figuré  par  M.  Agassiz,  je  n’ose  me  pro¬ 
noncer;  mais  j’ai  tout  lieu  de  croire  qu’il 
appartient  aux  Rhinobates ,  et  que  ,  par 
conséquent,  le  genre  Astèroderme  ne  de¬ 
vra  pas  être  conservé.  L’exemplaire  parfai¬ 
tement  caractérisé  dans  ce  qui  reste  du 
poisson ,  est  déposé  dans  le  cabinet  de  la 
Société  géologique  de  Londres  ;  il  vient  de 
Solenhofen.  M.  Agassiz  a  nommé  l’espèce 
Asferodermns  platypterns.  (Val.) 

*  ASTEROIDA  (  àcmnp  ,  étoile;  etAcç , 
forme),  échin. — M.  J.-E.  Gray  {Ann.  and 
Magas.  of  nat.  hist 1840,  p.  178)  ap¬ 
pelle  ainsi  le  groupe  des  véritables  Asté¬ 
ries,  qu’il  élève  au  rang  d’ordre.  (P.  G.) 

*  A-STÉROIDÉES .  bot.  ph.  —  On  dé¬ 

signe,  sous  ce  nom,  une  des  grandes  tribus 
des  Composées ,  à  laquelle  Cassini  assigne 
les  caract.  suivants  :  Ovaire  plus  ou  moins 
comprimé  bilatéralement,  obovale-oblong; 
aigrette  irrégulière.  Branches  du  style  con¬ 
vergentes  ,  arquées  en  dedans,  ayant  une 
partie  inférieure  demi  cylindrique,  bordée 
de  deux  bourrelets  stigmatiques  non  con¬ 
fluents,  et  une  partie  supérieure  semi-co¬ 
nique,  garnie  de  poils  collecteurs  sur  la  face 
interne.  Anthères  privées  d’appendices  ba¬ 
silaires.  (J.  D.) 

ASTÉROÏDES,  bot.  ph. — Tournefort 
et  Vaillant  ont  décrit ,  sous  ce  nom  ,  plu¬ 
sieurs  plantes  qui  font  aujourd’hui  partie 
des  Buphthalmum  ,  Telekia  et  Asteris- 
cus.  (J.  D.) 

*  ASTÉROÏDES  (dcarvip  ,  étoile; 
aspect,  ressemblance),  met.  —  On  sait  au¬ 
jourd’hui  qu’il  tombe  souvent  sur  notre 

globe  des  masses  pierreuses  tantôt  en  un 
seul  bloc ,  tantôt  en  une  multitude  de  frag¬ 
ments.  Jusqu’à  l’époque  de  la  pluie  de  pier¬ 
res  qui  a  eu  lieu  à  l’Aigle  en  1810,  et  qui 
a  été  régulièrement  observée,  beaucoup  de 
personnes  doutaient  encore  de  la  réalité  de 
ce  singulier  phénomène  ;  aujourd’hui  les 
faits  nouveaux  servent  de  point  d’appui  aux 
relations  anciennes.  On  possède  un  nom¬ 
breux  catalogue  de  chutes  de  pierres ,  ac¬ 
compagnées  de  circonstances  variables  de 
lumière  et  de  bruit  d’explosions.  Voy.  a £- 

ROLITHES. 

La  théorie  la  plus  probable  consiste  à  ad¬ 
mettre  qu’il  existe  autour  du  soleil  une  zône 
immense  de  corps  solides  plus  ou  moins 
17 


T.  II. 


258 


AST 


volumineui,  circulant  autour  de  lui  comme 
les  planètes,  mais  beaucoup  trop  petits 
pour  être  aperçus  dans  les  cas  ordinaires. 
On  admet  encore  que  la  terre  se  trouve ,  à 
certaines  époques,  dans  le  voisinage  de  cette 
zône  ;  qu’alors  elle  attire  ces  petits  corps 
vers  elle  ;  qu’ils  s’enflamment  en  traversant 
notre  atmosphère ,  se  fondent,  éclatent,  et 
produisent  les  Aérolithes.  Dans  ce  système, 
présenté  avec  tant  d’intérêt  par  M.  Arago , 
les  étoiles  filantes  auraient  la  même  origine. 

C’est  à  cette  multitude  de  petits  corps , 
circulant  ainsi  dans  l’espace  comme  des 
astres  en  miniature,  qu’on  a  donné  le  nom 

Astéroïdes.  (P.) 

*  ASTEROLIIVOIV,  Lk.  et  HoPfmanns., 
Flore  portug.  ;  Nees,  jun.  gen.  plant, 
fa sc.  XII ,  tab.  11  (  à<m$p ,  étoile  ;  Xîvov  , 
lin  ).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille 
des  Primulacées ,  fondé  sur  le  Lysima- 
chia  Linum-stcl latum  L. ,  et  dont  les 
caract.  essentiels  sont  les  suivants  :  Ca¬ 
lice  5-parti.  Corolle  subrotacée,  profondé¬ 
ment  5-fide,  marcescente.  Étamines  5,  li¬ 
bres,  distantes,  saillantes,  insérées  à  la 
gorge  de  la  corolle.  Capsule  5-valve  du  som¬ 
met  jusqu’à  la  base,  oligosperme.  Graines 
oblongues,  piano-convexes,  transversale¬ 
ment  rugueuses.  —  VA.  stellatum  Lk. 
et  H.,  qui  constitue  à  lui  seul  le  genre,  est 
une  très  petite  plante  annuelle  ;  à  feuilles 
opposées;  à  fleurs  solitaires,  axillaires, 
courtement  pédonculées.  (Sp.) 

ASTEROMA  (àa-vip,  ép  g;,  étoile),  bot. 
cr. — M.  De  Candolle  a  décrit,  sous  ce  nom, 
dans  son  quatrième  mémoire  sur  les  Cham¬ 
pignons  parasites  (  Mém.  du  Muséum  , 
tom.  III,  p.  329),  un  genre  de  Champignons 
qu’il  caractérise  ainsi  :  te  Les  Asteroma 
sont  composés  de  filaments  byssoïdes,  ra- 
meux ,  dichotomes ,  disposés  sur  le  même 
plan  horizontal,  appliqués  et  comme  collés 
sur  la  feuille,  rayonnant  d’un  centre  com¬ 
mun,  et  formant  ainsi  une  tache  assez  ré¬ 
gulière.  Dans  leur  vieillesse,  on  voit  naître, 
près  du  centre  de  la  tache,  de  petites  proé¬ 
minences  analogues  aux  tiges  de  certaines 
Sphéries,  mais  que  je  n’ai  jamais  vues  s’ou¬ 
vrir.  » 

Il  est  impossible  de  décrire  plus  exacte¬ 
ment  les  caractères  de  ce  genre.  Lorsque  le 
célèbre  professeur  de  Genève  écrivait  ces 
lignes,  on  consultait  plutôt,  pour  établir  les 


AST 

genres,  l’ensemble  des  formes  que  la  struc¬ 
ture  intime  des  organes  de  la  fructification. 
En  1826,  mademoiselle  Libert,  dans  un  Mé¬ 
moire  sur  le  genre  Asteroma ,  inséré  dans 
les  Ann.  de  la.  Société  linnéenne  (vol.  Y, 
p.  405,  pl.  5,  fig.  2  et  3),  a  donné  les  carac¬ 
tères  aussi  complètement  que  possible 
(  Fibrillæ  innatœ,  repentes.  Sporangia 
mcmhranacea  apice  poro  pertusa.  Asci 
cluvati  3-4  annulati  ).  M.  le  professeur 
Fries,  dans  le  Systema  mycologicum ,  a 
fait  de  ce  genre  une  simple  section  des  Do- 
fhidea ;  mais,  d’après  les  caractères  indi¬ 
qués  plus  haut ,  il  est  manifeste  qu’on  ne 
peut  adopter  cette  réunion,  puisque  les  Do- 
ihidea ,  du  moins  les  espèces  principales, 
présentent  la  fructification  des  Sphéries, 
c’est-à-dire  des  thèques  renfermant  des 
spores.  On  doit  donc,  aux  deux  espèces  dé¬ 
crites  et  figurées  par  mademoiselle  Libert, 
ajouter  celles  de  M.  De  Candolle,  plus  les 
esp.  que  M.  Fries  y  a  jointes.  — Ces  Cham¬ 
pignons  naissent  sur  la  surface  supérieure 
des  feuilles.  On  ne  voit  à  l’œil  nu  qu’une 
tache  noire;  mais,  à  l’aide  de  la  loupe,  on 
distingue  parfaitement  les  fibrilles  qui  les 
composent;  elles  sont  d’abord  nues  ;  puis, 
à  l’époque  de  la  maturité,  elles  se  recou¬ 
vrent  de  petits  tubercules  noirs,  ponctifor- 
mes,  qui  renferment  les  organes  de  la  re¬ 
production.  (Lév.) 

*  ASTEROMÆA  (àtrrr.p,  étoile  ;  6u.ücçf 
semblable  ;  qui  ressemble  à  un  Aster  )J 
bot.  ph.  —  M.  Blume  a  fondé  ce  genre  sur 
l 'A.  indicus  L.,  dont  la  patrie  est  inconnue,1 
mais  qui  se  trouve  très  fréquemment  culti¬ 
vée  dans  les  jardins  de  l’Inde  et  des  Molu- 
ques.  Les  caract.  en  sont  :  Capitule  multi- 
flore,  hétérogame.  Fleurs  du  rayon  ligulées, 
1-sériées ,  femelles  ;  celles  du  disque  her¬ 
maphrodites,  tubuleuses,  5-dentées.  Récep¬ 
tacle  convexe ,  alvéolé.  Involucre  composé 
de  deux  séries  d’écailles  presque  égales, 
membraneuses  sur  les  bords,  herbacées  au 
sommet.  Fruit  légèrement  comprimé,  à  4 
côtes ,  atténué  à  sa  base ,  couvert  de  poils 
courts,  glanduleux,  et  terminés  par  une  ai¬ 
grette  formée  d’une  seule  série  de  paillettes 
courtes,  presque  soudées  à  la  base,  et  fine¬ 
ment  découpées  au  sommet.  —  VAstcro- 
mœa  indica  a,  comme  son  nom  l’indique, 
le  port  d’un  Aster.  C’est  une  plante  à  feuilles 
alternes,  dentées,  et  qui  porte  au  sommet’ 


AST 


AST 


259 


des  rameaux  des  capitules  solitaires  dont  les 
rayons  sont  bleus  ou  blancs ,  et  le  disque 
jaune.  (J.  D.) 

*  ASTEROPEA  (à<nr,p-,  étoile;  Trotéw, 

je  fais),  annèii.  —  Genre  d’Annélides  am- 
phytrites ,  indiqué  sans  description  par 
M.  Rafinesque  (  Analyse  de  La  nature  , 
p.  136).  ‘  (P.  G.) 

ASTEROPEIA,  Thouars(àaTvip,  étoile; 
ir&u'to ,  je  fais  ).  bot.  i»h.  —  Genre  que 
M.  'De  Candolle  rapporte ,  avec  doute , 
à  la  famille  des  Homalinées,  et  M.  Rei- 
chenbach  à  celle  des  Amygdalées.  Son 
auteur  (  Gen.  madag.  ,  n°  73  ;  Hist.  des 
vègel.  de  V Afr.  austr.,  p.  51,  tab.  15)  en 
donne  les  caract.  suivants  :  Calice  grand  , 
5-fide,  persistant,  à  lobes  oblongs,  étalés. 
Pétales  5 ,  insérés  au  calice  ,  interposés  , 
étalés,  non  persistants.  Étamines  10,  al¬ 
ternativement  plus  longues  et  plus  courtes  ; 
filets  filiformes,  alternativement  plus  longs 
et  plus  courts ,  soudés  par  leur  base  en 
androphore  urcéolé,  adné  au  calice.  An¬ 
thères  ovales,  obtuses,  dithèques,  introrses, 
dorsiüxes ,  longitudinalement  déhiscentes. 
Ovaire  inadhérent,  3-loculaire  ;  loges  pauci- 
ovulées  ;  ovules  superposés,  attachés  à  l’an¬ 
gle  interne  des  loges.  Style  court,  3-fide  ; 
stigmates  capitellés.  Capsule  3-loculaire. 
Graines  réniformes. — dû  Aster  opeia  multi- 
flora  Th.  ,  est  la  seule  espèce  connue  ; 
c’est  un  petit  arbre  de  Madagascar,  ayant  de 
l’affinité,  suivant  Aubert  du  Petit-Thouars, 
avec  les  BlackweLlia  ;  les  feuilles  en  sont 
alternes, très  entières,  courtement  pétiolées; 
les  fleurs  en  panicules  terminales.  (Sp.) 

*  ASTÉROPHIDES  (  ào-rvio ,  étoile  ; 

ocpi; ,  serpent),  échin.  —  M.  de  Blainville 
nomme  ainsi  la  famille  de  son  ordre  des 
Stellérides,  dans  lequel  il  place  les  Ophiu¬ 
res  et  les  Euryales.  Les  caractères  des  As- 
térophides  sont  les  suivants  :  Corps  petit , 
disciforme,  très  aplati,  pourvu,  dans  sa  cir¬ 
conférence,  d’appendices  plus  ou  moins  al¬ 
longés,  serpentiformes,  squammeux,  sans 
sillons  inférieurs.  (P.  G.) 

ASTEROPHORA  (â<rrnip,  étoile;  <psp&>, 
je  porte),  bot.  cr. — Dittmar  ( Nouv.journ . 
de  hot.  de  Schrader,  t.  III,  p.  56,  tab.  2, 
fig.  2)  a  décrit,  sous  ce  nom,  un  champi¬ 
gnon  parasite  qui  se  développe  dans  l’é¬ 
paisseur  du  chapeau  de  VAgaricus  lyco- 
perdoides  de  Buîliard ,  qui  lui-même  est 


parasite  sur  d’autres  Agarics,  et  principa¬ 
lement  sur  VAgaricus  adustus.  On  a  cru 
pendant  longtemps  que  VAgaricus  lyco~ 
perdoides  et  V Asterophora  n’étaient  qu’un 
seul  et  même  champignon  ;  mais  les  obser¬ 
vations  de  Vittadini  et  de  Corda ,  dont  j’ai 
plusieurs  fois  vérifié  l’exactitude,  ont  in¬ 
contestablement  prouvé  que  V Asterophora 
était  un  genre  particulier,  et  que  l’Agaric 
qui  le  nourrit  a  des  lames  véritables ,  sur 
lesquelles  existent  des  Basides  tètra spo¬ 
res.  M.  Fries  en  a  même  formé,  dans  les 
Agaricinés,  un  genre,  qu’il  nomme  ISycta- 
lis.  Dittmar  est  parvenu  à  inoculer  ce  petit 
champignon  à  VAgaricus  adustus ,  et  il  a 
obtenu  les  deux  espèces  en  même  temps  ; 
seulement  les  Champignons  venus  de  se¬ 
mences  ne  ressemblaient  pas  à  leurs  pa¬ 
rents.  Ceux-ci  avaient  de  trois  pouces  à 
trois  pouces  et  demi  de  hauteur  ;  ils  étaient 
parfaitement  blancs  ;  le  pédicule  était  cour¬ 
bé  ;  les  feuillets  ainsi  que  la  marge  du 
péridium  étaient  blancs.  Ceux  qui  en  pro¬ 
venaient,  au  contraire,  étaient  petits,  hauts 
d’un  demi- pouce  à  un  pouce  et  demi  ;  le  pé¬ 
dicule  était  droit,  gris  ;  les  feuillets  d’un  gris 
bleu,  et  le  péridium  n’avait  pas  de  marge. 
M.  Corda,  qui  a  suivi  très  attentivement  le 
développement  de  ce  champignon  parasite, 
dit  que,  dans  la  substance  de  VAgaricus 
lycoperdoides ,  il  naît  des  filaments  gros  , 
transparents  et  cloisonnés,  très  serrés,  qui 
en  recouvrent  ensuite  la  surface  ;  ils  sup¬ 
portent  des  spores  globuleuses,  oblongues, 
rarement  ovoïdes,  quelquefois  appendicu- 
lées,  grosses,  d’abord  jaunes,  puis  de  cou¬ 
leur  d’or  ;  elles  sont  recouvertes  d’un  épi- 
spore  coloré,  fenêtré,  hérissé  de  pointes 
bifides,  obtuses.  De  toutes  les  figures  de  ce 
champignon  ,  publiées  jusqu’à  ce  jour ,  il 
n’en  est  pas  une  qui  en  donne  une  idée  plus 
parfaite  que  celle  de  M.  Corda.  Voy.  Icon. 
fung.,  t.  IV,  p.  7,  pl.  3,  fig.  24.  (LÉv.) 

ASTÉROPHYLLITES  (àcrr'p,  étoile  ; 
cpûXXov,  feuille),  bot.  foss.  —  Dans  l’essai 
de  classification  des  végétaux  fossiles  , 
inséré,  en  1822,  dans  les  Mémoires  du 
Muséum  d’histoire  naturelle,  j’ai  désigné 
par  ce  nom  un  groupe  nombreux  de  plantes 
fossiles,  que  la  disposition  de  leurs  feuilles, 
réunies  en  grand  nombre  en  vcrticillcs  et 
disposées  en  étoile,  distingue  au  piemicr  as¬ 
pect  de  tous  les  végétaux  fossiles  et  de  la  plq- 


260 


AST 


AST 


part  des  plantes  vivantes. — On  avait  généra¬ 
lement  comparé  ces  impressions  de  plantes 
à  des  Galium  ou  à  des  Hippnris  -,  mais  il 
était  facile  de  signaler  de  nombreuses  dif¬ 
férences  entre  ces  genres  actuellement  exis¬ 
tants  et  les  plantes  fossiles  qui  nous  occu¬ 
pent  5  ainsi,  dans  les  Rubiacées  dites  étoi¬ 
lées,  les  feuilles  ne  dépassent  jamais  le 
nombre  de  dix  par  verticille;  ordinairement 
même  elles  ne  sont  réunies  que  par  4,  6  ou  8  ; 
dans  les  Astérophyllites,  au  contraire,  elles 
sont  presque  toujours  au  nombre  de  12  à  20 
par  verticille.  Dans  les  Hippnris,  le  nom¬ 
bre  plus  considérable  des  feuilles  semble¬ 
rait  établir  plus  d’analogie  5  mais,  sans  par¬ 
ler  de  l’aspect  fort  ditîérent  de  ces  plantes, 
la  disposition  des  feuilles  étudiée  avec  soin 
est  très  différente,  et  l’examen  de  ce  carac¬ 
tère  a  conduit  même  à  diviser  le  genre  As¬ 
térophyllites  en  plusieurs  :  l’un  ,  sous  le 
nom  d 'Annularia,  renferme  des  espèces 
à  feuilles  étalées  dans  un  même  plan,  élar¬ 
gies  dans  leur  partie  moyenne  ,  souvent  ob¬ 
tuses  au  sommet ,  et  réunies  en  une  sorte 
d’anneau  très  distinct  à  leur  base.  C’est  sur 
ce  caractère  que  M.  De  Sternberg  a  fondé 
essentiellement  la  distinction  de  ce  genre; 
mais  je  crois  que  ce  caractère  existe  égale¬ 
ment  d’une  manière  moins  distincte ,  les 
feuilles  n’étant  soudées  que  sur  une  très 
petite  étendue ,  dans  les  vrais  Astérophylli¬ 
tes,  dont  il  avait  formé  les  genres  Bornia , 
Bruckmannia  et  Beckera.  Ce  caractère 
peu  apparent  dans  les  Astérophyllites,  bien 
distinct  dans  les  Annvlaria,  est  si  marqué 
dans  le  genre  Phyllotheca,  que  cette  par¬ 
tie  soudée  forme  une  vraie  gaine ,  comme 
celle  desÉquisétacées.  Il  distingue  ces  plan¬ 
tes  de  toutes  les  plantes  phanérogames  que 
nous  connaissons,  et  les  indique  comme  le 
type  d’une  famille  détruite.  Il  se  retrouve , 
il  est  Yrai ,  au  plus  haut  degré  ,  parmi  les 
Cryptogames  dans  les  Eqnisctnm,  et  parmi 
les  Dicotylédones  dans  les  Casnarina  ; 
mais  l’existence  de  cette  gaine ,  dans  ces 
deux  genres  si  différents,  entraîne  l’avorte¬ 
ment  des  feuilles ,  réduites  à  de  simples 
dents,  tandis  que  dans  les  Astèrophy liées , 
les  feuilles  sont  très  développées. 

Des  trois  genres  que  je  signalais  comme 
composant  cette  famille ,  deux,  les  Annu - 
laria  et  le  Phyllotheca  avstralis  de  la 
Nouvelle-Hollande,  n’ont  présenté  jusqu’à 


ce  jour  aucune  trace  de  fructification.  Les 
vrais  Astérophyllites,  au  contraire,  ont 
offert  deux  sortes  d’organes  axillaires  ver- 
licillés,  dont  on  prendrait  les  uns  pour  des 
fruits ,  les  autres  pour  des  anthères  :  les 
premiers  semblent  des  nucules  monosper¬ 
mes  ,  indéhiscentes ,  bordées  d’une  aile 
membraneuse  ;  les  autres  des  sacs  pollini- 
ques ,  fixés  à  la  face  supérieure  et  vers  la 
base  des  feuilles,  réunies  entre  elles  en  une 
sorte  de  gaine  étalée,  et  dont  la  succession 
forme  comme  un  épi  ou  un  chaton ,  ayant 
quelque  analogie  avec  ceux  des  Conifères  ou 
des  Gyeadécs.  Ce  sont  ces  rameaux  fructi¬ 
fères  qui  ont  été  généralement  figurés  sous 
les  noms  éC  Astérophyllites  ou  de  Bruck¬ 
mannia  tuhcrcvlata ,  et  de  IVolkman- 
nia  polysiachyn. 

Des  échantillons ,  figurés  par  MM.  Lin- 
dley  et  Halton  dans  le  Fossil  flora  sous  le 
nom  de  Calamites  nodosvs ,  et  d’autres 
sous  celui  &  Astérophyllites  grandis,  sem¬ 
bleraient  indiquer  que  les  Astérophyllites 
ne  seraient  souvent  que  des  rameaux  jeunes 
et  garnis  de  feuilles  de  quelques  espèces  de 
Calamites ;  sicette  identité  d’origine  se  con¬ 
firmait,  elle  jetterait  beaucoup  de  jour  sur  la 
nature  de  l’un  et  de  l’autre  de  ces  genres  ; 
mais  les  faits  qui  peuvent  le  faire  penser 
sont  encore  trop  peu  nombreux  pour  qu’on 
puisse  en  tirer  une  conclusion  positive. 

Il  résulte  donc  des  observations  faites 
jusqu’à  ce  jour,  qu’il  reste  beaucoup  plus 
de  doutes  à  éclaircir  qu’il  n’y  a  de  certi¬ 
tudes  établies  sur  les  plantes  fossiles  de  ce 
groupe  ;  mais  aussi  que  les  Astérophyllées 
et  les  Calamites,  qui  ont  sans  doute  beau¬ 
coup  d’analogie  entre  elles,  s’il  n’y  a  pas 
identité  d’origine,  constituaient  une  famille 
toute  spéciale,  entièrement  détruite,  qui  n’a 
aucun  rapport  avec  les  plantes  phanéroga¬ 
mes  que  nous  connaissons,  mais  qui  pro¬ 
bablement  se  rapporterait  à  la  division  des 
Gymnospermes. 

Dans  notre  opinion  ,  les  plantes  de  cette 
famille  ne  doivent  constituer,  d’après  l’é¬ 
tat  actuel  de  nos  connaissances,  que  les 
trois  genres  PhyllAheca ,  Annnlaria  et 
Astérophyllites  ;  les  genres  Bornia  , 
Beckera  ,  Bruckmannia  et  Wolkman- 
7 lia  de  M.  De  Sternberg,  n’étant  que  des  sy¬ 
nonymes,  ou  des  états  particuliers  souvent 
en  rapport  avec  le  développement  des  fruc- 


AST 


lifications  du  dernier  de  ces  genres  et  d’une 
partie  des  Annularia .  A  cette  famille  vien¬ 
dra  peut-être  même  se  rattacher  le  genre 
Splicnophyllum ,  malgré  la  forme  si  spé¬ 
ciale  de  ses  feuilles. 

Les  plantes  de  cette  famille  sont  très 
nombreuses  dans  les  terrains  houillers  de 
toute  l’Europe,  et  paraissent  limitées  à  cette 
époque  ;  on  n’en  a  jusqu’à  ce  jour  retrouvé 
aucune  trace  dans  les  terrains  plus  récents. 
Les  espèces  en  sont  assez  variées;  mais  la 
plus  commune  dans  les  couches  houillères 
de  tout  le  globe,  est  X* Annularia  longi- 
folia ,  ou  Bornia  slcllata  Sternb.,  fré¬ 
quente  dans  toute  l’Europe  et  dans  les  mi¬ 
nes  de  l’Amérique  septentrionale. 

Une  des  planches  de  l’Atlas  de  ce  Diction¬ 
naire  représente  quelques  exemples  bien  ca¬ 
ractérisés  XX Annularia  et  (X  As  terophy  l- 
lites.  (Ad.  B.) 

*  ASTEROPSIS  (  aarÉp  ,  étoile  ;  '% , 

ressemblance),  échin. — Genre  d’Astérides, 
à  deux  rangs  de  tentacules,  à  la  face  ventrale 
et  à  anus,  indiqué  par  MM.  Millier  et  Tro- 
schel  ( Archives  de  Wiegmann ,  1840),  et 
comprenant  X  As  ter ia s  carinifera  Lamk. 
Voyez  astéries.  (P.  G.) 

*  ASTEÏIOPSIS  (  àcrr'p  ,  étoile  ;  o«J>t; , 

figure  ;  qui  a  de  la  ressemblance  avec  un 
Aster),  bot.  rn. — Section  du  g.  Athrixia , 
caractérisée  par  ses  capitules  multiflores, 
et  par  son  aigrette  composée  alternative¬ 
ment  de  paillettes  courtes  et  de  longues 
soies.  (J.  D.) 

*  ASTEÏIOPSIS.  bot.  th.  —  Ce  genre 

est  formé  sur  une  plante  du  Brésil.  M.  Les- 
sing  le  caractérise  de  la  manière  suivante  : 
Capitules  solitaires  offrant  un  rayon  de  fleurs 
femelles,  et  celles  du  disque  régulières,  her¬ 
maphrodites  ;  des  fruits  piano-comprimés , 
non  bordés,  légèrement  étranglés  au  som¬ 
met,  et  couronnés  d’une  aigrette  unisériée, 
poilue.  Ce  genre  ,  d’après  son  auteur ,  est 
très  voisin  des  Aster.  (J.  D.) 

ASTEROPTERUS  (àar r'p,  astre,  étoile; 
Tprspov ,  plume  ;  parce  que  les  espèces  de  ce 
genre  ressemblent  à  X Aster  par  la  forme 
des  fleurs,  et  que  les  ovaires  sont  couron¬ 
nés  de  fleurs),  bot.  th.  —  Section  du  genre 
Leysscra  (Composées),  caractérisée  par  les 
écailles  internes  de  l’involucre,  qui  ne  sont 
pas  repliées  et  n’embrassent  pas  étroitement 
les  ovaires,  et  par  les  fleurons  du  disque  dont 


AST  261 

l’aigrette  est  composée  de  soies  plumeuses 
dès  la  base.  (J.  D.) 

*  ASTEROPTYCHIUS  (àorr.p,  étoile  ; 

Tzrùyj;  (irrbi-)  écailles),  roiss.  —  Je  trouve , 
sous  ce  nom  générique  ,  dans  le  Catalogue 
des  Poissons  de  la  collection  du  comte  de 
Enniskillen  et  de  sir  Philippe  Grey  Eger- 
ton  ,  l’indication  d’un  fossile  du  système 
carbonifère  de  l’Irlande  ,  découvert  près 
d’Armagh.  L’esp.  est  nommée  Asteropty - 
chius  ornatus.  (Yad.) 

*  ASTÉROSCOPE.  Astcroscopus  (àa- 

ryip,  astre;  gkcttc'w,  je  regarde),  ins. — Genre 
de  l’ordre  des  Lépidoptères ,  famille  des 
Nocturnes,  établi  par  M.  Boisduval,  et  qui 
a  pour  type  le  Bombyx  cassinia  de  Fabri- 
cius,  ou  B.  Sphinx  d’Esper,  ainsi  nommé 
à  cause  de  l’attitude  que  prend  sa  chenille 
dans  l’état  de  repos.  M.  Boisduval  avait 
d’abord  placé  ce  genre  dans  sa  tribu  des 
Pseudo-Bombyces  ;  mais  ,  dans  son  G e- 
nera  et  index  methodicus  ,  qui  a  paru  en 
1840,  il  l’a  rattaché  à  celle  des  Notodonti- 
des.  Ce  genre  ne  contient  que  trois  espèces  : 
XA.  cassinia  Fabr.,  déjà  nommée,  laquelle 
se  trouve ,  en  novembre ,  sur  le  tronc  des 
Ormes ,  dans  les  environs  de  Paris  ;  XA- 
2) u lia  Hubn.,  qui  habite  la  Hongrie  et  le 
midi  de  la  France,  et  paraît  en  septembre  ; 
et  XA.  nubeculosa  Esper,  qu’on  trouve  en 
Allemagne  et  dans  notre  département  du 
Nord  ;  cette  dernière  éclôt  en  mars  et  avril. 
Ces  trois  espèces  sont  figurées  et  décrites 
dans  notre  Histoire  des  Lépidoptères  de 
France.  (D.) 

*  ASTEROSPERMA  (  àaTiîp ,  étoile  ; 
ffirepaa,  semence  ;  graine  étoilée  ;  par  allu¬ 
sion  à  la  disposition  de  l’aigrette  qui  sur¬ 
monte  le  fruit),  bot.  th. — V Asterospcrma 
a  le  port  de  X Aster  à  feuille  d’Hysope  ; 
c’est  un  petit  arbrisseau  très  rameux,  blan¬ 
châtre,  portant  des  feuilles  linéaires,  et,  au 
sommet  des  rameaux,  des  capitules  solitaires 
à  rayons  bleus.  M.  Lessing,  qui  a  fondé  ce 
g.,  lui  attribue  les  caractères  suivants  :  Ca¬ 
pitule  radié.  Aigrette  composée  de  deux  sé¬ 
ries  de  soies  dont  les  intérieures  plus  lon¬ 
gues.  Branches  du  style  terminées  par  un 
cône  court  et  couvert  de  petits  poils  redres¬ 
sés.  Les  fruits,  dépourvus  d’ailes,  mais 
comprimés,  sont  parcourus  par  deux  côtes 
marginales.  —  V Asterosperma  ,  qui  fait 
partie  des  Composées,  e$t  classé  par  M 


262 


AST 


près  des  Cinéraires.  On  n’en  connaît  qu’une 
seule  esp.,  indigène  du  Cap.  (J.  D.) 

ASTEROSPORIUM  (  aorrina  ,  étoile  ; 
cnropa,  spore),  bot.  cr. — Kunze  ( Flor .  Ra- 
tisb.,  1819,  p.  225)  a  décrit,  sous  ce  nom,  le 
Stilbospora  asterosperma  de  Persoon.  Ce 
champignon  appartient  aux  Stilbosporées  ; 
il  croit  sur  l’écorce  du  Fagus  sylvatica , 
qu’il  tache  comme  le  feraient  des  pâtés 
d’encre.  Si  l’on  soumet  au  microscope  la 
matière  noire  qui  forme  ces  taches,  on  voit 
qu’elle  est  composée  de  spores  à  peu  près 
pyriformes,  noires,  avec  quatre  ou  cinq 
cloisons  transversales.  Les  auteurs  qui  ont 
étudié  ce  champignon  ne  l’ont  examiné  que 
dans  l’état  que  je  viens  de  décrire,  et,  par 
conséquent  ,  quand  il  était  vieux  et  pour 
ainsi  dire  détruit  5  mais,  si  on  l’examine 
dans  le  jeune  âge,  on  trouve  un  réceptacle 
charnu ,  rempli  d’une  pulpe  noire ,  compo¬ 
sée  de  spores  pyriformes  d’abord  transpa¬ 
rentes  ;  il  s’y  développe  ensuite  des  granu¬ 
lations  ;  enfin  les  cloisons  se  manifestent  et 
elles  prennent  alors  une  couleur  noire  très 
intense.  Toutes  sont  fixées  au  réceptacle 
par  leur  petite  extrémité ,  à  l’aide  d’un  pé- 
dicellc  blanc,  court,  transparent.  Cette  or¬ 
ganisation  est  très  curieuse  et  existe  dans  un 
très  grand  nombre  d’autres  petits  Champi¬ 
gnons  dont  on  croyait  les  spores  libres. 
M.  Corda  ( Icônes  fung .,  t.  III,  tab.  4)  l’a 
retrouvée  également  dans  les  genres  Me- 
laneonium  ,  Slcgonosporium  et  Sporo- 
endus .  (Lév.) 

*  ASTEROTHRÏX  (àarrip,  étoile;  ôptÇ, 
cheveu  ;  poil  étoilé  ).  bot.  rn.  —  Genre 
de  Composées,  tribu  des  Chicoracées,  éta¬ 
bli  par  Cassini  sur  VApargia  asperrima 
et  hispanica ,  dont  les  caractères  sont  : 
Capitule  multiflore.  Involucre  imbriqué  ou 
subimbriqué ,  composé  d’écailles  hispides 
sur  la  face  dorsale  ;  réceptacle  nu.  Fruits 
cylindracés,  terminés  par  une  sorte  de  bec 
ténu,  et  de  consistance  différente  de  celle 
de  l’ovaire.  Aigrette  blanchâtre,  formée  de 
plusieurs  séries  de  soies  très  longuement 
plumeuses,  non  dilatées  à  la  base,  et  toutes 
semblables  entre  elles. —  Les  Astcrothrix 
sont  des  plantes  herbacées  dont  la  tige  se 
termine,  le  plus  ordinairement,  par  un  seul 
capitule .  Les  feuilles,  ainsi  que  toute  la  plan¬ 
te,  sont  couvertes  de  poils  raides,  étalés, 
général  étoilés,  bi-ou  trifurqués  Ce  genre 


AST 

participe,  par  ces  caractères,  des  Apargia , 
Scorzonera  et  Tragopogon.  (J.  D.) 

*  ASTHEMURUS.  ms.— Genre  formé 
par  Swainson  dans  sa  Classif.  of  birds , 
et  démembré  de  celui  de  Picumne  de  Tem- 
minck,  pour  y  placer  toutes  les  espèces  amé¬ 
ricaines  appartenant  à  ce  genre ,  n’y  lais¬ 
sant  que  l’espèce  indienne,  le  Picumne 
abnorme  de  Temminck. 

Ce  genre  est  synonyme  de  celui  de  Pi- 
cule,  Pieu  lus ,  proposé  par  M.  Is.  Geof- 
froy-Saint-Hilaire  dans  son  mémoire  inti¬ 
tulé  :  Considérations  sur  les  caractères 
employés  en  Ornithologie ,  etc.,  lu,  le  3 
août  1832,  à  la  Société  d’histoire  naturelle 
de  Paris ,  et  faisant  partie  des  Nouvelles 
Annales  d’Hist.  nat. ,  t.  I,  p.  357.  Voy. 
ncuLE.  (Lafr.) 

*  ASTHRÆÏJS.  ins.  —  Genre  de  l’or¬ 
dre  des  Coléoptères  pentamères,  famille  des 
Sternoxes,  tribu  des  Buprestides,  établi  par 
MM.  Delaporte  et  Gory  dans  leur  belle 
iconographie  de  cette  famille.  —  Ce  g.  a 
pour  type  une  espèce  de  la  Nouvelle-Hol¬ 
lande ,  nommée  par  les  auteurs  A.flavo 
pictus ,  et  queM.Dejean,  dans  son  dernier 
Catalogue,  place  dans  son  g.  Poly chroma. 

(D.) 

*  ASTIANTHUS,  Don;  in  Bdinb.pht 

los.  journ.,  t.  IX,  p.  363.  bot.  i>h. — Genre 
de  la  famille  des  Bignoniacées,  auquel  son 
auteur  assigne  les  caractères  suivants  :  Ca¬ 
lice  tubuleux,  régulier,  5-denté.  Corolle 
infundibuliforme-bilabiée  ,  5-lobée  ;  lobes 
obtus,  ondulés,  l’antérieur  très  grand.  Éta¬ 
mines  4,  didynames ,  accompagnées  d’un 
staminode  rudimentaire.  Anthères  2-thè- 
ques  ;  bourses  égales,  confluentes.  Style  in- 
divisé  ;  stigmate  bilamellé.  Capsule  siliqui- 
forme,  longue,  coriace,  2-loculaire,  2- valve, 
polysperme.  Cloison  parallèle  aux  valves. 
Graines  transverses,  comprimées ,  peltées, 
ailées,  attachées  aux  bords  de  la  cloison. — 
VA.  longifolius  Don,  constitue  à  lui  seul  le 
g.;  c’est  un  arbrisseau  du  Mexique,  à  feuil¬ 
les  simples  ,  verticillées-ternées  ,  longues, 
linéaires,  coriaces,  très  entières;  à  fleurs  en 
panicules  terminales.  (Sr.) 

*  ASTICTA  (a<mmç,  qui  ne  porte  au¬ 
cune  marque).  ins. — M.  Newmann(Ercû9ra. 
ma  gaz.,  t.  IY  et  Y  )  donne  ce  nom  à  un 
genre  qui,  ne  différant  guère  des  Tenthredo 
que  par  la  proportion  des  articles  des  aq- 


AST 


AST 


263 


tennes ,  ne  devrait  sans  doute  pas  en  être 
séparé.  Le  type  est  VA.  ianthe  Newm., 
d’Angleterre.  Voy.  tenthredo.  (Be.) 

*  ASTIGIS  (ancien  nom  de  la  ville  d’É- 
cijà,  en  Espagne),  ins. —  Genre  de  Coléop¬ 
tères  pentamères,  famille  des  Carabiques, 
tribu  des  Féroniens ,  créé  par  le  docteur 
Rambur,  dans  sa  Faune  cntomologique 
de  V Andalousie  ,  aux  dépens  du  genre 
Argutor  de  Mégerle  ,  et  auquel  il  donne 
pour  caractères:  Menton  triflde,  côtés  (lobes 
latéraux  )  un  peu  échancrés  vers  leur  som¬ 
met  ,  qui  est  séparé  en  un  petit  lobule  al¬ 
longé.  Dernier  article  des  palpes  en  fuseau; 
mandibules  un  peu  denticulées  à  la  base  du 
côté  interne;  labre  très  légèrement  échan- 
cré.  Antennes  un  peu  comprimées  ,  à  arti¬ 
cles  presque  égaux.  Les  trois  premiers  ar¬ 
ticles  des  tarses  antérieurs  légèrement  di¬ 
latés  dans  les  mâles,  le  second  cordiforme, 
le  troisième  presque  en  croissant.  Corselet 
un  peu  en  cœur. 

Ce  genre  a  pour  type  V Argutor  rubri- 
pes  d’Hofl'mansegg ,  trouvé  communément 
par  le  docteur  Rambur  ,  dans  le  lit  des  tor¬ 
rents  et  des  rivières  ,  aux  environs  de  Ma- 
laga,  de  Grenade,  etc.  M.  Dejean  ( Cat .,  3e 
éd.)  place  cette  espèce  dans  la  2e  division 
du  grand  genre  Feronia  de  Latreille ,  qui 
correspond  au  genre  Argutor  de  Mégerle, 
et  M.  de  Chaudoir  la  met  -parmi  les  vrais . 
Argutor ,  dont  le  genre  se  réduit  pour  lui 
à  dix  espèces.  (D.  et  C.). 

*  ASTILBE,  Hamilt.  bot.  th. —  Genre 
de  la  famille  des  Saxifragacées  (sous-ordre 
des  Saxifragées) ,  auquel  M.  Don  ( Prodr . 
flor.  ncpal. ,  p.  210)  assigne  les  caractères 
suivants  :  Calice  4-ou  5-parti ,  coloré  ;  seg¬ 
ments  imbriqués,  oblongs,  obtus,  concaves. 
Corolle  nulle.  Étamines  en  nombre  double 
des  sépales  et  insérées  devant  ceux-ci;  filets 
subulés;  anthères  globuleuses,  2-lhèques. 
Styles  2  ;  stigmates  tronqués.  Capsule  2-lo- 
culaire,  2-rostre,  polysperme.  La  seule  es¬ 
pèce  qui  appartienne  certainement  à  ce 
genre  est  VA.  rivularis  Hamilt.  —  Herbe 
vivace,  élancée  ,  ayant  le  port  du  Spirœa 
Aruncus ,  et  hérissée  de  poils  roux.  Ses 
feuilles  sont  grandes,  biternées,  à  folioles 
'dentelées,  à  pétioles  engainants  ;  ses  fleurs 
.sont  blanchâtres ,  disposées  en  panicule 
^composée  de  grappes  spiciformes  ,  garnies 
de  bractéoles  ovales,  concaves.  (Sp.  ) 


*ASTILBUS  (à  priv.;  <m Xêoç,  luisant). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères , 
famille  des  Bachélytres ,  tribu  des  Aléo- 
charides  ,  établi  par  Dilwyn  ,  et  adopté  par 
M.  Westwood,  qui  le  caractérise  ainsi: 
Corps  étroit,  déprimé.  Abdomen  plus  large 
que  le  corselet.  Palpes  filiformes.  Corselet 
oblong.  —  Ce  genre ,  qui  a  pour  type  le 
Staphylinus  canaliculatus  Fabr.,  paraît 
correspondre  à  celui  que  Lcach  a  nommé 
Drusilla,  et  que  M.  Erichson  a  fondu  de¬ 
puis  dans  son  genre  Myrmcdonia.  Voy. 

DRUSIREA  et  MYRMEDONIA.  (D.) 

*  ASTOUSMA  (aarolîou.o;,  sans  orne¬ 
ment).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères  ,  famille  des  Chrysomélines  ,  tribu 
des  Alticides,  établi  parM.  Dejean,  dans  son 
dernier  Catalogue,  et  dont  il  n’a  pas  publié 
les  caract.  Il  n’y  rapporte  qu’une  seule  esp., 
nommée  par  lui  A.  murina ,  sans  indica¬ 
tion  de  patrie.  —  Celte  esp.  ne  nous  étant 
pas  connue ,  nous  ne  pouvons  rien  dire  de 
ses  caractères  génériques,  et  nous  ne  la 
mentionnons  ici  que  pour  mémoire.  (D). 

*  ASTOMA,  DC.  {Coll.  Mem .,  5,  p.  71, 
tab.  17;  id. Prodr.,  IV,  p.  249.  non  Gray). — 
Jj^omœa,Reichenb  ( Syst .  Nat.),  (à  priv.; 
aTop.a,  bouche  ou  ostiole).  bot.  th. — Ge 

de  la  famille  des  Ombellifères  (tribu  des 
Coriandrées,  Koch).  Suivant  son  auteur,  il 
ne  diffère  des  Bifora  qu’en  ce  que  la  com¬ 
missure  des  méricarpes  est  plus  étroite  et 
point  perforée.  On  n’en  connaît  qu’une 
seule  esp.  (A.  ses eli folium  DC.),  plante 
indigène  d’Égypte.  (Sr.) 

*  ASTOMA  (à  priv.;  G~cg.cn. ,  bouche  ou 
ostiole).  bot.  cr. — Gray  donne  ce  nom  aux 
Sclèrotes.  Voy.  ce  mot. 

Sous  le  nom  d 'Astoma,  Persoon  a  réuni 
toutes  les  Sphéries  dont  les  ostioles  sont 
nuis  ou  peu  visibles.  Cette  sous-division  a 
été  dispersée  dans  la  distribution  de  ce  gen¬ 
re  qu’en  a  faite  le  professeur  Fries.  (Lév.) 

*  ASTOMÆ A ,  Reichb.  {Syst.  Nat .); 
bot.  th.  —  Synonyme  du  g.  Asioma,  DC., 
de  la  famille  des  Ombellifères.  (Sp.) 

ASTOME.  Asioma  (à  priv.;  arcy.y., 
bouche),  arach.  —  Genre  d’ Acariens  à  six 
pattes,  établi  par  Latreille  pour  la  Mite  pa¬ 
rasite  des  Diptères  (  Degéer,  t.  vil,  pl.  7, 
fig.  7) ,  avec  ces  caractères  :  Bouche  infé¬ 
rieure  pectorale,  très  petite  ;  les  suçoirs  et 
les  pattes  non  apparents.  Six  pattes,  point 


264 


AST 


AST 


d’yeux. — C’est  une  larve,  comme  le  remar¬ 
que  Dugès,  et  qu’on  doit  rapporter,  ainsi 
que  le  faisait  Hermann,  qui  nomme  l’espèce 
type  de  ce  genre  Trombidium  parasiti- 
cum ,  à  la  famille  des  Trombidies  ;  la  famille 
des  Acariens  à  six  pattes,  dans  laquelle  La- 
treille  le  plaçait,  ne  renfermant  que  des  ani¬ 
maux  des  diverses  autres  familles  n’ayant 
point  encore  acquis  leur  développement. 

(P.  G.) 

*  ASTOME.  Astomum  (<xavoy.oç,  privé 
de  bouche),  bot.  cr. — M.  Hampe  a  proposé 
{Linnœa,  1838)  de  séparer  du  g.  Phascum , 
de  la  famille  des  Mousses,  et  de  réunir  au 
groupe  des  Weissiacées,  sous  le  nom  géné¬ 
rique  Astomum,  les  espèces  suivantes  : 
Phascum  curvicollum ,  axillare ,  suhu- 
latum  et  crispum.  Nous  ne  saurions  don¬ 
ner  notre  assentiment  à  un  pareil  démem¬ 
brement,  qui  ne  nous  semble  point  fondé. 

(C.  M.) 

ASTOMELLE.  Astomella  (  aorc^oç  , 
sans  bouche),  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des 
Diptères,  division  des  Brachocères,  subdi¬ 
vision  des  Tétrachœtes  ,  famille  des  Tany- 
stomes,  tribu  des  Vésiculeux,  établi  par  M. 
Léon  Dufour  et  adopté  par  Latreille ,  ainsi 
que  par  M.  Macquart  dans  son  Hist.  nat . 
des  Dip  tères,  faisant  suite  au  Buffon-Roret 
(t.  I,  p.  367). 

Ce  genre,  dont  le  nom  indique  l’absence 
apparente  de  la  trompe,  a  pour  type  une 
espèce  trouvée  en  Espagne ,  sur  les  fleurs, 
au  mois  de  juin ,  par  M.  Léon  Dufour,  et 
décrite  par  lui  dans  les  Annales  des  scien¬ 
ces  naturelles ,  1833,  p.  210,  sous  le  nom 
d'Ast.  curviventris ,  parce  qu’en  effet  elle 
a  l’abdomen  courbé.  M.  Macquart  y  réunit 
une  seconde  esp.  trouvée  dans  les  environs 
de  Bologne  par  M.  Vanderlinden,  et  décrite 
par  Klug  sous  le  nom  de  Henops  vaxelii 
( Mag .  Berl.,  1807,  4e  cat. ,  p.  273,  tab.  7," 
fig-  6).  (D.)  ' 

ASTOMES.  Astoma  (à  priv.  ;  <ttoW.  , 
bouche),  ins.  —  M.  Duméril  nomme  ainsi 
sa  quatrième  famille  de  l’ordre  des  Diptè¬ 
res,  et  lui  donne  pour  caractères  :  Diptères 
sans  suçoir  et  sans  trompe,  à  bouche  rem¬ 
placée  par  trois  points  enfoncés.  Cette  fa¬ 
mille  ne  renferme  que  le  genre  OEstre. 
Voy.  ce  mot.  (D.) 

ASTOMES.  A  stomi  (owimo;,  sans  bou¬ 
che).  bot.  CR.  —  Les  bryologistes  donnent 


ce  nom  à  une  des  divisions  de  la  famille  des 
Mousses,  caractérisée  par  des  capsules  qui, 
à  la  maturité,  ne  s’ouvrent  point  d’une  ma¬ 
nière  régulière ,  c’est-à-dire  par  la  sépara¬ 
tion  et  la  chute  d'un  opercule.  Chez  ces 
Mousses,  les  séminules  sortent  par  une  dé¬ 
chirure  ou  une  rupture  quelconque  des  pa¬ 
rois  de  la  capsule,  rupture  indépendante  de 
toute  cause  extérieure  et  amenée  par  les 
progrès  de  la  végétation.  Les  genres  Phas¬ 
cum.,  Archidium,  Voitia  ,  Bruchia  et 
plusieurs  autres  encore  sont  dans  ce  cas.  On 
dit  alors  Yoperctde  persistant. 

(C.  M.) 

ASTRAGALE.  Astragalus,  Linn.  (Le 
nom  de  à^Tpa^aXo?  est  employé  par  les  bota- 
nographes  grecs  pour  désigner  une  ou  plu¬ 
sieurs  Légumineuses,  qu’on  suppose  appar¬ 
tenir  au  g.  Astragale),  bot.  th. — Genre  de 
la  famille  des  Légumineuses  ,  sous-ordre 
des  Papilionacées  ,  tribu  des  Astragalées , 
Adans.  M.  De  Candolle,  en  constituant  son 
genre  Oxytropis  aux  dépens  d’un  nombre 
assez  considérable  d’espèces  comprises,  par 
les  auteurs  plus  anciens,  parmi  les  Astraga¬ 
les  ,  assigne  à  ceux-ci  pour  caractères  es¬ 
sentiels  :  Calice  5-denté.  Corolle  à  carène 
obtuse.  Étamines  diadelphes.  Légume  bilo- 
culaire  ou  semi-biloculaire  par  le  rentre- 
ment  des  bords  de  la  suture  inférieure.  — 
Herbes  ou  sous-arbrisseaux.  Feuilles  impa- 
ripennées  ou  abrupti-pennéesj  fleurs  jaunes, 
ou  rouges,  ou  bleues, ou  blanchâtres,  axillai¬ 
res,  solitaires,  ou  en  grappes,  ou  en  épis,  ou 
en  capitules  ;  fruit  de  formes  très  variées.  Ce 
genre  comprend  environ  300  espèces,  la  plu¬ 
part  indigènes  des  contrées  extra-tropicales 
de  l’hémisphère  septentrional,  et  abondant 
surtout  en  Sibérie.  VA.  gummifer  et  quel¬ 
ques  autres  espèces  d’Orient  produisent  de 
la  gomme  adragante.  (Sp.) 

ASTRAGALÉES,  DC.  bot.  ph. — Sous- 
division  de  la  tribu  des  Lotées  (famille  des 
Légumineuses,  sous-ordre  des  Papiliona¬ 
cées),  et  dont  le  genre  Astragale  est  le 
type.  (Sp.) 

ASTRAG ALGIDES,  Adans.  bot.  ph. 
—  Syn.  du  genre  Phaca ,  de  la  famille  des 
Légumineuses.  (Sp.) 

*  ASTRAGALOIDES,Mœnch(.teA, 
p.  168).  bot.  rn. — Genre  non  admis,  fondé 
par  son  auteur  sur  les  Astragales  dont  les 
gousses  sont  subcordiformes  et  bouffies; 


AST 


565 


par  exemple,  VA.  Glaux  L.,  VA.  alopecu- 
roidcs  L.,  VA.  CicerL.,  etc.  (Sr.) 

ASTR  AIRES.  POLYP. —  Voyez  ASTREES. 

(c,  D’O.) 

ASTRANCE.Æs/rarc/ïV2,Tourn.;Linn. 
[excl.  sj).)  —  Koch  ( Umbcll. ,  p.  138,  fig.  42 
et  43).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Ombellifères  (tribu  des  Saniculées,  Koch; 
tribu  des  Pleurospermées,  s. -tribu  des  Sé- 
sélinées,  Tausch.),  offrant  les  caractères 
suivants  :  Limbe  calicinal  de  5  folioles  glu- 
macées,  dressées,  persistantes.  Pétales  5, 
égaux,  dressés,  connivents,  oblongs-obcor- 
diformes,  terminés  en  languette  infléchie. 
Disque  concave,  crénelé  au  bord.  Styles 
longs,  dressés,  finalement  recourbés.  Péri¬ 
carpe  fusiforme  ou  oblong,  presque  cylin¬ 
drique  ;  méricarpes  5-costés  :  côtes  caré¬ 
nées,  creuses,  squammelleuses  ;  épicarpe 
membraneux,  adhérent  seulement  à  la  com¬ 
missure  ;  endocarpe  crustacé.  Point  de  ban¬ 
delettes.  Carpophore  adné.  Graines  adhé¬ 
rentes, semi-cylindriques. — Herbes  vivaces. 
Feuilles  palmées  ou  pédalées  :  les  inférieu¬ 
res  longuement  pétiolées  ;  les  supérieures 
(souvent  indivisées)  sessiles.  Fleurs  polyga¬ 
mes,  longuement  pédicellées.  Ombelles  so¬ 
litaires  ou  fasciculées,  simples, longuement 
pédonculées,  multiflores  ,  accompagnées 
chacune  d’une  collerette  polyphylle ,  à  fo¬ 
lioles  grandes,  colorées,  nerveuses,  souvent 
dentelées.  Corolle  rose  ou  blanche,  en  géné¬ 
ral  plus  courte  que  le  limbe  calicinal.  Ce  g., 
l’un  des  mieux  caractérisés  de  la  famille 
des  Ombellifères ,  ne  comprend  que  4  ou  5 
espèces,  toutes  indigènes  d’Europe  ou  d’O- 
ricnt. — L’ Astrance  commune  (. Astrantia 
major  L.),  espèce  commune  dans  les  prai¬ 
ries  des  Alpes  et  des  Pyrénées,  est  cultivée 
comme  plante  de  parterre  ;  du  reste,  ses 
congénères  se  font  également  remarquer 
par  une  inflorescence  très  élégante.  (Sr.) 

ASTRANTHUS,  Loureir.  bot.  ph.  — 
Synonyme  du  genre  Blackwellia ,  Com- 
mcrs.,  de  la  famille  des  Homalinées.  (Sr.) 

ASTRAPÆUS  (àcr rpôwratc?,  qui  produit 
la  fondre),  ins. — Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères,  famille  des  Brachélytres,  tribu  des 
Staphylinides,  établi  par  Gravenhorst  aux 
dépens  du  genre  Staphylinns  de  Linné,  et 
adopté  par  tous  les  entomologistes .  M  Erich- 
son  ( Généra  Staphylinorum ,  p.  552)  lui 
donne  pour  caractères  essentiels  :  Tous  les 


AST 

palpes  à  dernier  article  sécuriformc.  Lan¬ 
guette  arrondie ,  coupée  au  milieu ,  plus 
courte  que  les  paraglossçs.  Pattes  intermé¬ 
diaires  rapprochées.  L’auteur  n’y  rapporte 
qu’une  seule  espèce.  VA.  ulmi  (Slaph. 
ulmineus  Fabr.),  qui  se  trouve  sous  les 
écorces  dans  une  grande  partie  de  l’Europe. 
Elle  est  figurée  dans  Rossi  et  Oln  ier.  (D.) 

*  ASTRAPE  (deerrpa rra,  éclair),  roiss. 

—  Genre  établi  par  MM.  Muller  et  Henle 

pour  réunir  les  Chondroptérygiens  de  la 
famille  des  Torpilles ,  qui  n’ont  qu’une 
seule  nageoire  sur  le  dos  de  la  queue.  Ces 
Poissons  ont  d’ailleurs  le  corps  aplati  , 
arrondi  en  avant  ;  de  petits  yeux  placés 
près  des  évents  ;  la  bouche  étroite  et  pro- 
tractile;  des  dents  dépassant  à  peine  le 
bord  de  la  mâchoire.  On  rapporte  à  ce  genre 
deux  espèces,  indiquées  déjà  dans  le  cata¬ 
logue  de  Bloch  (édit,  de  Schneider),  sous  les 
noms  d  eRaia  cap  en  sis  et  Raia  diptery- 
gia.  Celle-ci  appartient  à  ce  genre,  parce 
que,  dans  la  manière  de  compter  les  nageoires 
de  la  queue,  Schneider  comprenait  celle  qui 
termine  cet  organe ,  et  disait  de  la  Torpille 
ordinaire  Cauda  tripinnata.  La  première 
esp.  remarquable  par  la  puissance  de  ses 
batteries  électriques.  (Val.) 

ASTRAPÉE.  Astrajxjea,  Lindl.  [Col¬ 
lecta  tab.  14);  Martius  [Amen.  bot.  Mo- 
nac.  ,  tab.  4).  (àa-rpa-irn,  éclat),  bot.  ph. 

—  Genre  de  la  famille  des  Dombéyacées 
(  de  la  famille  des  Malvacées ,  suivant 
M.  Lindley).  Les  caractères  en  sont  :  Calice 
de  5  pétales  linéaires-lancéolés ,  accom¬ 
pagné,  soit  d’un  involucelle  3-phylle ,  soit 
d’une  seule  bractée.  Corolle  de  5  pétales, 
oblongs-obovales,  plus  longs  que  le  calice, 
convolutés  et  imbriqués ,  de  manière  à 
simuler  une  corolle  tubuleuse.  Étamines 
au  nombre  de  25  (dont  5  stériles) ,  mona- 
delphes,  aussi  longues  ou  plus  longues 
que  la  corolle  ;  androphore  tubuleux,  cylin- 
dracé ,  5-nervé  ;  filets  courts  ,  terminaux  : 
les  5  extérieurs  liguliformes-cuspidés,  anan- 
thères  ;  les  20  autres  anthérifères,  sub-bisé- 
riés,  filiformes.  Anthères  2-thèques,  dres¬ 
sées,  introrses,  oblongues,  longitudinale¬ 
ment  déhiscentes.  Ovaire  non  stipité ,  5-lo- 
culaire  ;  loges  2-ovulées  ;  ovules  anatropes , 
superposés,  renversés.  Style  terminal,  fili¬ 
forme  ,  saillant ,  couronné  de  5  stigmates 
courts,  pointus,  étalés.  (Péricarpe  inconnuA 

■  'W-  ■—  17* 


T.  SI 


266 


AST 


AST 


—  Arbres  (indigènes  de  l’Inde  et  de  Mada¬ 
gascar)  remarquables  par  l’élégance  du  feuil¬ 
lage  et  des  fleurs  ;  rameaux  gros ,  cylindri¬ 
ques  ,  fistuleux ,  couverts  d’une  pubescence 
étoilée  5  feuilles  alternes,  longuement  pétio- 
lées,  grandes,  cordiformes,  acuminées,  en¬ 
tières,  ou  crénelées,  ou  lobées,  pubérules 
en  dessus,  cotonneuses  en  dessous  ;  stipules 
foliacées,  persistantes,  grandes,  acuminées. 
Pédoncules  longs,  solitaires,  axillaires,  poi¬ 
lus  ,  multiflores  ;  fleurs  pédicellées ,  dispo¬ 
sées  soit  en  corymbe  très  dense,  dépourvu 
d’involucre ,  soit  en  gros  capitule  accompa¬ 
gné  d’un  involucre  de  quantité  de  bractées 
ovales-orbiculaires  5  corolle  écarlate  ou  blan¬ 
châtre.  On  connaît  trois  espèces  d’Astra- 
pées  ;  ces  végétaux  se  cultivent  comme  plan¬ 
tes  d’ornement  de  serre  ;  la  plus  notable  est 
VA.  penduliflora  DC.  (  A.  Wallichii 
Lindl.)  (Sp.) 

ASTRAPIE.^sfra^n#  éclat), 

ois. — Genre  de  l’ordre  des  Passereaux  de  Cu- 
Yier,  des  Oiseaux  Syl vains  de  Vieillot,  et  de 
sa  famille  des  Coraces. Ce  genre  a  été  formé 
par  Vieillot  pour  recevoir  une  seule  espèce 
de  la  Nouvelle-Guinée,  qui,  n’arrivant  de  ce 
pays  que  sans  ses  pattes,  comme  la  plupart 
des  Oiseaux  de  paradis,  et  sans  qu’on  sache 
encore  rien  sur  ses  mœurs,  a  été  placée  par 
différents  ornithologistes  dans  divers  gen¬ 
res.  Latham  et  Gmelin,  d’après  la  richesse 
de  son  plumage ,  en  ont  fait  un  Oiseau  de 
paradis  5  Le  Vaillant  l’a  rangée  avec  les 
Pics  ;  Cuvier  l’a  réunie  à  ce  groupe  de  Mer¬ 
les  marcheurs  désignés  par  Temminck  sous 
le  nom  de  Lamprofornis ,  et  Vieillot  en  a 
formé  un  genre  qu’il  met  dans  sa  famille 
des  CGraces.  Nous  pensons,  comme  Vieil¬ 
lot  ,  qu’elle  diffère  assez  en  apparence  de 
tous  ces  groupes  pour  devoir  être  le  type 
d’un  nouveau  genre  ;  mais  il  nous  semble 
impossible  de  déterminer  la  place  où  ce  g. 
doit  figurer,  tant  qu’on  ne  saura  rien  de  ses 
mœurs ,  et  surtout  qu’on  ne  connaîtra  pas 
la  forme  de  ses  pattes.  Dès  qu’on  aura  ac¬ 
quis  des  notions  sur  les  unes  et  les  autres, 
celles  des  Oiseaux  de  paradis  déjà  bien  con¬ 
nues  sont  trop  caractéristiques  pour  qu’on 
ne  reconnaisse  sur-le-champ  s’il  doit  appar¬ 
tenir  à  des  Oiseaux  percheurs,  sylvïcoles  et 
frugivores  comme  eux,  ou  à  des  Oiseaux 
marcheurs  et  vivant  en  troupes  comme  les 
Lamprofornis.  Nous  avouons  que,  malgré 


la  forme  de  son  bec  assez  analogue  à  celui 
de  ces  derniers,  nous  croyons  reconnaître 
dans  la  nature ,  l’étalage  et  la  richesse  de 
son  plumage ,  dans  la  communauté  de  pa¬ 
trie  ,  des  rapports  avec  les  Paradisiers  ou 
avec  les  Épimaques,  qui  nous  feraient  sup¬ 
poser  que  cette  espèce  en  est  plus  voisine 
que  de  tout  autre  groupe.  Les  caractères  du 
genre  sont ,  d’après  Vieillot  :  Bec  nu  à  la 
base,  très  comprimé  par  les  côtés,  pointu  5 
mandibule  supérieure  étroite  en  dessus,  en¬ 
taillée  et  fléchie  à  la  pointe.  Narines  rondes 
et  glabres.  Tarses  nus ,  annelés  ,  robustes. 
Doigt  intermédiaire  réuni  à  la  base  avec 
l’externe  ,  totalement  séparé  de  l’interne. 
Ongles  forts,  très  crochus.  Queue  très  lon¬ 
gue,  très  étagée,  à  douze  rectrices. 

Vieillot  a-t-il  décrit  les  pattes  de  cet  oi¬ 
seau  sur  une  peau  non  montée,  ou  sur  un 
individu  monté ,  auquel  on  aurait  pu  don¬ 
ner  des  pattes  étrangères?  Nous  l’ignorons  5 
pour  nous ,  nous  n’avons  encore  yu  que  des 
peaux  sans  leurs  pattes. 

L’espèce  type ,  le  Paradisœa  gularis 
Lath.,  Paradisœa  nigra  Gmel.,  figurée 
par  Le  Vaillant,  Ois.  de  par.  20  et  21,  sous 
le  nom  de  Pie  de  Paradis ,  et  par  Vieillot, 
Ois.  de  par.,  pl.  8  et  9,  et  Galerie ,  pl.  107, 
sous  celui  d’ Asfrapie  à  gorge  d,or{Aslra- 
pia  gularis ),  est  un  des  Oiseaux  dont  le 
plumage  a  le  plus  de  magnificence.  Le  mâle 
a  la  tête  ornée  de  deux  huppes  latérales  de 
plumes  longues  et  soyeuses  s’étendant  sur 
les  côtés  du  cou  5  la  gorge  est  d’un  cuivre 
rouge  brillant ,  le  manteau  et  le  corps  en 
dessous  éméraude,  le  dos  acier  rougi  :  ses 
plumes,  à  reflets  les  plus  brillants  d’or  et  de 
cuivre  de  rosette,  ont  la  plupart  la  forme 
d’écailles;  les  ailes  et  la  queue  sont  d’un  noir 
violet.  Sa  grosseur  est  celle  du  Choucas,  et 
sa  longueur  de  28  pouces,  dont  21  pour  la 
queue,  qui  est  très  étagée.  La  femelle,  figu¬ 
rée  par  Le  Vaillant,  n’a  rien  du  luxe  et  de 
la  magnificence  du  mâle  ;  elle  est  d’un  noir 
fuligineux,  excepté  la  queue  qui  est  brun 
roux.  On  les  trouve  à  la  Nouvelle-Guinée. 

(Lafr.) 

ASTRÉE  (âcronp,  astre),  toryp.  —  Genre 
très  nombreux  de  la  classe  des  Polypes  paren¬ 
chymateux,  ou  Polypes  proprement  dits,  et 
de  l’ordre  des  Zoanthaires ,  ainsi  nommé  à 
raison  de  la  disposition  étoilée  des  lamelles 
qui  garnissent  intérieurement  chacune  des 


F 


AST 

loges  du  polypier.  Ces  Polypes  ressemblent 
beaucoup  aux  Actinies  par  leur  forme  géné¬ 
rale  ;  leur  corps  étant  cylindrique,  terminé 
supérieurement  par  un  disque  circulaire , 
portant  l'ouverture  buccale  à  son  centre  et 
une  double  rangée  de  tentacules  coniques  et 
simples  vers  sa  circonférence  ;  mais  les  la¬ 
melles  verticales  qui  divisent  intérieurement 
la  grande  cavité  abdominale  ne  restent  pas 
isolées  comme  chez  les  Actinies,  et  se  réu¬ 
nissent,  pour  la  plupart,  vers  la  partie  infé¬ 
rieure  de  cette  cavité,  de  façon  à  constituer 
un  axe  central  entouré  de  locules  rayonnées  ; 
enfin,  par  les  progrès  du  développement ,  il 
s'établit  aussi,  entre  ces  cloisons,  de  petites 
lamelles  transversales  qui  bouchent  le  fond 
des  cavités  ainsi  circonscrites  ;  ces  lamel¬ 
les  ,  de  même  que  les  cloisons  verticales  et 
l’enveloppe  tégumentaire,  se  durcissent  par 
le  dépôt  de  matières  calcaires  dans  leur  épais¬ 
seur,  de  façon  à  constituer  un  polypier  pier¬ 
reux,  divisé  intérieurement  par  des  lames 
rayonnantes,  et  terminé  supérieurement 
par  une  sorte  de  cupule  étoilée  et  peu  pro¬ 
fonde.  Par  ces  caractères ,  les  Astrées  res¬ 
semblent  aux  Caryophyllies ,  aux  Dendro- 
phyllies,  etc.;  mais  ils  s’en  distinguent  par 
leur  mode  de  multiplication.  En  effet ,  ces 
animaux,  en  se  reproduisant  par  bourgeons, 
ne  se  séparent  pas  entre  eux,  et  les  divers 
individus  ainsi  agrégés  s’élèvent  parallèle¬ 
ment  les  uns  aux  autres  et  sont  réunis  par  un 
tissu  assez  compacte,  de  façon  à  constituer 
des  masses  épaisses  et  souvent  glomérulées. 
Le  polypier  des  Astrées  est  donc  caractérisé 
principalement  par  la  continuité  de  chacune 
de  ces  espèces  de  colonnes  creuses  depuis 
la  base  jusqu’au  sommet  de  la  masse  ;  par 
la  nature  du  tissu  interloculaire  ;  par  la  réu¬ 
nion  de  la  plupart  ou  de  toutes  les  cloisons 
rayonnantes  de  chaque  individu  sur  l’axe  de 
son  corps,  et  par  l’existence  de  parois  bien 
distinctes  et  peu  ou  point  poreuses  autour  de 
chacune  de  ces  cellules  étoilées.  On  connaît 
un  grand  nombre  d’ Astrées  récentes  qui, 
pour  la  plupart ,  habitent  les  mers  des  ré¬ 
gions  chaudes  du  globe.  Les  espèces  fos¬ 
siles  sont  également  abondantes,  et  se  ren¬ 
contrent  principalement  dans  les  terrains 
tertiaires  et  jurassiques.  La  forme  et  la 
structure  du  polypier  offre,  dans  ces  diverses 
espèces,  des  différences  assez  considérables, 
et  a  fourni  aux  zoologistes  des  caractères 


AST  267 

1  pour  la  subdivision  des  Astrées  en  plu¬ 
sieurs  groupes  secondaires,  tels  que  ceux  dé¬ 
signés  par  M.  de  Blainville  sous  les  noms  de 
Sidèrasirècs ,  Gemrnastrees,  etc.  (M.  E.) 

ASTRÉES  (àarvîp,  astre).  polyi*.  —  La- 
mouroux  désigne  ainsi  le  troisième  ordre  de 
ses  Polypiers  pierreux  lamellifères,  compre¬ 
nant  les  genres  Échmopore ,  Explanaire 
et  Astrée.  (m.  E.) 

ASTRÉOIDE  (àsrvip,  astre  ;  et^oç,  res¬ 
semblance).  poiiYP.  —  Nom  employé  par 
M.  de  Blainville  pour  désigner  une  sub¬ 
division  du  genre  Astrée ,  ayant  pour  type 
P  A.  calycularis.  (M.  E.) 

ASTRÉOPORE.  polyp. —  Genre  établi 
par  M.  de  Blainville  pour  recevoir  quelques 
Polypiers  rangés  par  Lamarck  dans  le  genre 
Astrée,  mais  qui  paraissent  se  rapprocher 
des  Madrépores  proprement  dits.  Il  lui  as¬ 
signe  les  caractères  suivants  :  «  Loges  sail¬ 
lantes,  mamelonnées,  cannelées  ou  subra¬ 
diées  intérieurement ,  et  irrégulièrement 
éparses  à  la  surface  d’un  polypier  calcaire , 
extrêmement  poreux  et  échinulé ,  élargi  en 
membrane  fixe  ou  glomérulée.  »  Exemple  ; 
Aslrea  myriophthalma  Lamk.  (M.  E.) 

ASTREP1IIA  ,  Dufresne  ,  Valer.  — 
Hemesotria  ,  Rafin.  {Ann.  yen.  des  sc. 
phys .,  t.  VI,  p.  88).  bot.  ph. — Genre  de  la 
famille  des  Valérianées  ;  il  ne  diffère  des 
Valérianelles  que  par  une  corolle  éperonnée 
ou  gibbeuse,  et  un  style  trifurqué.  M.  De 
Candolle  {Prodr.y  t.  IV,  p.  629)  n’en  admet 
que  deux  espèces.  Ces  plantes  croissent  au 
Pérou.  (Sp.) 

b  ASTRES  (àcrpov,  astre),  astr.  —  Cette 
expression  est  très  générique,  et  s’applique 
sans  exception  à  tous  les  corps  célestés 
qu’on  peut  apercevoir  dans  le  ciel  par  un 
temps  serein. 

Nous  dirions  fort  peu  de  choses  ici 
de  ces  corps  célestes,  si  nous  ne  nous  étions 
proposé  de  prouver  au  mot  Astronomie 
que  cette  science  est,  en  quelque  sorte, 
la  mère  de  toutes  les  autres  connaissances 
naturelles,  et  qu’elle  a  même  un  côté  ou  un 
aspect  particulier  sous  lequel  son  étude 
devient  très  importante,  eu  égard  à  l’in¬ 
fluence,  non  plus  chimérique  comme  celle 
de  l’Astrologie,  mais  matérielle  et  positive, 
que  les  astres  exercent  sur  les  phénomènes 
sublunaires,  et  plus  particulièrement  sur 
les  êtres  organiques. 


268 


ÀST 


AST 


Nous  allons  donc  entrer  dans  quelques 
développements  indispensables  à  nos  inten¬ 
tions  futures. 

Les  astres  qu’on  peut  observer  à  la  vue 
simple  sont  extrêmement  nombreux,  et 
ceux  qu’on  a  pu  distinguer  nettementavecun 
télescope  sont  au  nombre  de  plus  de  17,000. 
Presque  tousse  présentent  comme  un  point 
lumineux ,  se  détachant  sur  la  voûte  appa¬ 
rente  qu’on  nomme  Ciel ,  et  qui  est  d’un 
bleu  plus  ou  moins  foncé. 

Un  examen  un  peu  plus  attentif  fait  bien¬ 
tôt  reconnaître  que  l’immense  majorité  de. 
ces  astres  ne  changent  pas  de  place,  les  uns 
par  rapport  aux  autres ,  ce  qui  les  a  fait 
nommer  Étoiles  fixes ,  tandis  qu’au  corn 
traire  un  petit  nombre  de  ces  corps  sont 
évidemment  doués  d’un  mouvement  propre 
qui  fait  incessammentchanger  leurs  rapports 
avec  les  étoiles  fixes.  On  a  reconnu  que  ces 
corps  mobiles  circulent  comme  la  Terre  au¬ 
tour  du  Soleil,  et  on  les  a  nommés  Pla¬ 
nètes. 

En  outre,  plusieurs  de  ces  planètes  pré¬ 
sentent  des  corps  plus  petits  qui  circulent 
autour  d’elles  comme  la  Lune  autour  de  la 
Terre,  et  on  les  nomme  Satellites ;  enfin, 
il  est  des  corps  lumineux ,  aperçus  tempo¬ 
rairement  dans  le  ciel ,  corps  qu’on  nomme 
Comètes ,  et  qui  le  plus  souvent  sont  ac¬ 
compagnés  d’une  immense  lueur  qu’on  ap¬ 
pelle  leur  chevelure  ou  leur  queue,  suivant 
qu’elle  les  précède  ou  les  suit. 

Étoiles  fixes.  —  Malgré  leur  nom,  les 
étoiles  fixes  paraissent  se  mouvoir  unifor¬ 
mément  autour  de  nous,  d’orient  en  occi¬ 
dent;  mais,  depuis  Copernic,  on  sait  que  ce 
n’est  là  qu’une  illusion  d’optique  qui  dé¬ 
pend  du  mourraient  de  rotation  diurne  de 
la  terre,  en  sorte  que  l’observateur  terres¬ 
tre  est,  à  l’égard  des  étoiles  fixes,  dans  le 
même  cas  que  l’homme  placé  dans  un  ba¬ 
teau,  qui  croit  voir  fuir  le  rivage. 

Les  étoiles  fixes  ont  un  grand  éclat  et 
projettent  une  lumière  scintillante;  mais 
quand  on  éteint  ces  effets  dans  les  instru¬ 
ments  astronomiques,  elles  se  réduisent  à 
un  point  qui  n’offre  aucune  dimension  ap¬ 
préciable. 

Le  vif  éclat  des  étoiles,  comparé  à  celui 
de  notre  Soleil,  doit  faire  présumer  qu’elles 
ont  un  très  grand  volume  ;  et,  comme  elles 
qe  soutendent  pas  un  angle  de  T,  les  astro¬ 


nomes  en  concluent  avec  certitude  que  l’é¬ 
toile  fixe  la  plus  rapprochée  de  nous  est 
placée  à  plus  de  vingt  milliards  de  lieues, 
en  sorte  que  la  lumière  ,  qui  parcourt 
soixante-dix  mille  lieues  par  seconde,  met¬ 
trait  six  ans  à  venir  de  l’étoile  la  plus  voi¬ 
sine,  et  qu’un  boulet  de  canon,  se  mouvant 
à  raison  de  sept  lieues  par  minute,  emploie¬ 
rait  deux  millions  d’années  à  faire  ce 
voyage. 

Comme  au  reste  on  ne  peut  pas  douter 
qu’il  y  ait  des  étoiles  fixes  mille  fois  plus 
éloignées  que  les  plus  voisines,  il  est  cer¬ 
tain  que  notre  univers  visible  est  assez 
grand  pour  que  la  lumière  ne  puisse  le  tra¬ 
verser  quen  douze  mille  ans. 

On  a  toujours  remarqué  que  quelques- 
uns  de  ces  corps  ,  malgré  leur  nom  d’étoi¬ 
les  fixes,  semblent  disposés  par  couples  et 
tournent  l’un  autour  de  l’autre  ;  on  observe 
aussi  de  petits  nuages  lumineux ,  tantôt  va¬ 
gues  et  confus,  tantôt  présentant  quelques 
points  brillants  et  distincts.  On  nomme  ces 
petites  masses  nébuleuses ,  et  l’on  en  con¬ 
naît  déjà  plus  de  mille. 

La  Voie  lactée  n’est  autre  chose  qu’une 
zône  de  l’espace ,  dans  laquelle  se  trouvent 
rapprochées  plus  qu’ailleurs  d’innombra¬ 
bles  étoiles. 

Aucun  doute  que  les  étoiles  fixes  ne 
soient  des  soleils  qui  peut-être  sont  en¬ 
tourés  d’un  système  planétaire  analogue  au 
nôtre;  car  on  en  voit  parfois  briller  tout-à- 
coup  pendant  un  temps  et  puis  s’éteindre, 
soit  pour  toujours,  soit  périodiquement, 
comme  s’ils  étaient  temporairement  éclip¬ 
sés  par  quelques  corps  opaques. 

Les  étoiles  fixes,  nonobstant  l’immense 
distance  qui  les  sépare  de  nous,  et  peut- 
être  à  cause  de  leur  grand  nombre,  sont  loin 
de  demeurer  sans  influence  sur  le  petit  globe 
que  nous  habitons.  D’abord  elles  versent 
incessamment  sur  la  terre  une  quantité  de 
lumière  assez  considérable;  et,  si  nous  ne 
les  voyons  pas  le  jour,  c’est  que  notre  Yue 
imparfaite  se  trouve  éblouie  par  la  plus 
grande  lumière  de  notre  Soleil  ;  mais,  pen¬ 
dant  l’absence  de  cet  astre,  elles  nous  éclai¬ 
rent  assez  pour  diriger  la  plupart  de  nos 
mouvements.  En  outre,  les  étoiles  envoient 
vers  notre  atmosphère  une  quantité  très  no¬ 
table  de  calorique  rayonnant,  à  défaut  du¬ 
quel  toute  la  constitution  de  cette  atmos» 


AST 


phôre  et  des  êtres  qui  y  vivent  se  trou¬ 
verait  considérablement  modifiée  ;  tant  il 
est  vrai  que,  quelle  que  soit  l’immen¬ 
sité  du  tout  qu’on  appelle  Univers ,  et  la 
multitude  innombrable  des  corps  qui  l’ha¬ 
bitent,  il  n’est  aucun  point  du  système 
entier  dont  le  mode  d’existence  ne  soit  in¬ 
timement  lié  à  l’ensemble  général.  Nous 
subissons  nous-mêmes  cette  loi ,  et  nous 
réagissons  certainement  nous-mêmes  sur  le 
système  général,  quoique  nous  soyons  bien 
petits;  car,  en  supposant  un  observateur 
placé  dans  une  étoile  fixe,  il  suffirait  d’un 
cheveu  situé  à  un  pied  de  son  œil  pour  lui 
cacher  tout  notre  système  planétaire. 

Planètes.  —  La  Terre  que  nous  habi¬ 
tons,  fait  partie  d’un  système  dont  notre 
Soleil  est  le  centre.  Onze  corps  solides  prin¬ 
cipaux,  presque  sphériques,  circulent  au¬ 
tour  de  ce  centre ,  et  cet  ensemble  porte  le 
nom  de  Système  planétaire. 

L z  Soleil  est  une  masse  lumineuse  à  peu 
près  sphérique,  qui  tourne  sur  elle-même, 
et  projette  incessamment  de  la  chaleur  et 
de  la  lumière.  Sa  distance  de  la  Terre  est 
en  moyenne  de  34,500,000  lieues  ;  mais  la 
Terre  se  trouve  tantôt  plus  près,  tantôt  plus 
loin  de  cet  astre  d’environ  12,000  lieues.  Le 
volume  du  Soleil  est  très  considérable  :  il 
st  1,400,000  fois  plus  gros  que  la  Terre,  et 
son  diamètre  est  110  fois  celui  de  notre  pla¬ 
nète.  Pour  se  faire  une  idée  relative  de  ce 
volume,  on  peut  se  représenter  que,  si  le 
centre  du  Soleil  était  placé  au  même  point 
qu’occupe  le  centre  de  la  Terre,  sa  circonfé¬ 
rence  s’étendrait  presque  deux  fois  aussi 
loin  que  le  lieu  où  se  trouve  la  Lune. 

Celte  masse  immense  n’a  pas  seulement 
pour  objet  d’envoyer  sans  cesse  et  sans  fin 
les  flots  de  chaleur  et  de  lumière  qui  pro¬ 
duisent  et  entretiennent  la  vie  sur  notre 
globe,  et  peut-être  dans  beaucoup  d’autres  ; 
elle  fait  encore  du  Soleil  ce  centre  puissant 
d’attraction  autour  duquel  tout  le  système 
planétaire  se  meut  en  décrivant  des  courbes 
immenses ,  pendant  que  lui-même ,  à  peine 
influencé ,  n’éprouve  que  de  légers  déplace¬ 
ments  relatifs. 

Dans  un  plan  commun  qui  passe  par  le 
centre  du  Soleil,  et  qu’on  nomme  l 'Éclipti¬ 
que,  se  meuvent  toutes  les  planètes  du  sys¬ 
tème,  chacune  avec  une  vitesse  qui  dépend 
(je  sa  distance  au  centre ,  et  toutes  en  décri- 


AST  269 

vant  une  courbe  elliptique  dont  le  Soleil  oc¬ 
cupe  un  foyer. 

C’est  sans  contredit  le  plus  grand  pas 
qu’ait  jamais  fait  l’esprit  humain  que  de 
découvrir  et  de  déterminer  la  loi  qui  pré¬ 
side  à  ces  grands  mouvements.  Képler  a  la 
gloire  d’avoir  découvert  les  trois  faits  géné¬ 
raux  qui  président  à  tous  ces  mouvements, 
savoir  :  1°  que  toutes  les  planètes  se  meu¬ 
vent  dans  des  courbes  planes  qui  sont  des 
ellipses  dont  le  Soleil  occupe  un  foyer  ;  2° 
que  les  arcs  parcourus  par  les  planètes  sont 
proportionnés  aux  aires  parcourues  par  les 
rayons  vecteurs  ;  3°  que  les  carrés  des  temps 
des  révolutions  sont  entre  eux  comme  les 
cubes  des  grands  axes  des  ellipses .  New¬ 
ton  a  eu  la  gloire  plus  grande  encore  de 
rattacher  ces  faits  généraux  à  une  seule 
loi  générale,  savoir,  que  les  particules  de 
la  matière  s’attirent  avec  une  force  égale 
dans  tous  les  points  de  l’univers  ;  que  cette 
force  est  conséquemment  proportionnelle 
aux  masses ,  et  qu’enfin  son  intensité  est  en 
raison  inverse  de  la  racine  carrée  des  dis¬ 
tances.  Cette  belle  loi,  qu’il  a  nommée  gra¬ 
vitation  ,  est  d’autant  plus  remarquable , 
qu’elle  régit  les  attractions  des  plus  petits 
corps  aussi  bien  que  les  mouvements  des 
astres. 

Les  onze  planètes  qui  circulent  autour 
du  Soleil  sont  rangées ,  par  rapport  à  leur 
distance  de  cet  astre  ,  dans  un  ordre  remar¬ 
quable.  Si  l’on  écrit  de  suite  les  nom¬ 
bres  0,  3,  6,  12,  24,  48,  96,  192,  et  qu’on  ajoute 
4  à  chacun  d’eux ,  on  aura  la  série  des  nom¬ 
bres  4,  7,  10,  16,  28,  52,  100,  196. 

Cette  série  de  nombres  exprime  exacte¬ 
ment  les  rapports  des  distances  des  planètes 
au  Soleil.  Mercure  et  Yénus,  placés  plus 
près  du  soleil  que  la  terre,  sont  quelquefois 
nommés  planètes  inférieures  ;  vient  ensuite 
la  Terre,  puis  Mars,  la  première  des  pla¬ 
nètes  supérieures  ;  après  cela,  Ycsta ,  Pal- 
las,  Cérès  et  Junon,  quatre  petites  planètes 
récemment  connues ,  très  voisines  les  unes 
des  autres,  et  qu’on  regarde  comme  les 
éclats  d’un  même  globe  ;  plus  loin,  Jupiter, 
Saturne  ;  et,  enfin  ,  tout-à-fait  aux  limites 
du  système  ,  Uranus  ou  Herschel. 

Mercure.  —  Très  petite  planète,  rare¬ 
ment  visible ,  à  cause  de  son  voisinage  du 
Soleil;  présentant  néanmoins  des  phases 
comme  la  Lune.  Le  temps  de  sa  révolution 


Ü70 


AST 


AST 


ou  son  année  n’est  que  de  87  jours  ;  sa  dis¬ 
tance  au  Soleil  est  de  18,860,000  lieues  5  elle 
tourne  sur  son  axe  en  24  heures  et  6  minu¬ 
tes  ;  c’est  la  planète  qui  se  meut  le  plus  vite 
dans  son  orbite  :  elle  parcourt  40,000  lieues 
à  l’heure  ;  sa  densité  est  plus  du  double  de 
celle  de  la  Terre,  ce  qui  fait  que  son  volume 
n’en  est  que  le  seizième.  Elle  est  entourée 
d’une  atmosphère  très  épaisse.  Sa  tempéra¬ 
ture  doit  être  sept  fois  celle  de  la  Terre. 

Vénus.  —  L’étoile  du  berger,  l’étoile  du 
matin,  l’étoile  du  soir,  ou  Vésper.  C’est,  en 
apparence,  la  plus  brillante  et  la  plus  consi¬ 
dérable  de  toutes  les  planètes  5  elle  est  si 
lumineuse  quand  elle  est  voisine  de  la  Terre, 
qu’on  peut  la  voir  en  plein  jour.  Elle  a  des 
phases  très  distinctes,  à  l’aide  desquelles  on 
y  a  pu  remarquer  des  montagnes  qui  doi¬ 
vent  avoir  plus  de  40,000  mètres  de  hauteur. 
Elle  est  placée  à  24,960,000  lieues  du  Soleil  5 
son  année  est  de  224  jours  et  16  heures  ,  et 
son  jour  de  23  heures  et  21  minutes.  Elle 
parcourt  30,000  lieues  par  heure  5  son  volume 
est  presque  égal  à  celui  de  la  Terre,  mais  sa 
densité  est  plus  grande  ;  son  atmosphère  est 
beaucoup  plus  considérable  que  la  nôtre , 
et  sa  température  double. 

La  Terre  est  à  34,500,000  lieues  du  soleil; 
son  année  est  de  365  jours,  5  heures  et  49 
minutes.  Sa  révolution  sur  son  axe,  qui 
s’appelle  un  jour ,  est  divisée  en  24  heures  ; 
on  en  juge  par  l’intervalle  qui  sépare  le  le¬ 
ver  d’une  étoile  fixe  à  l’horizon  au  lever 
suivant:  c’est  ce  qu’on  nomme^oî/r  sidéral. 
Le  diamètre  de  la  Terre  est  de  2,865  lieues  ; 
sa  circonférence,  de  8,920  lieues  de  2280 
toises  ;  c’est  la  quarante  millionième  partie 
de  ce  cercle  qu’on  appelle  un  mètre ,  lequel 
équivaut  à  3  pieds  11  lignes  et  296  millièmes. 
La  Terre  est  entourée  d’une  atmosphère  de 
16  lieues  d’épaisseur  ;  sa  vitesse  de  transla¬ 
tion  est  d’environ  600,000  lieues  par  jour 
ou  412  lieues  par  minute.  Elle  a  un  satellite 
qu’on  nomme  Lune.  Voy.  les  mots  terre  et 

IiUNE. 

Mars ,  la  première  des  planètes  supérieu¬ 
res,  est  plus  loin  du  Soleil  que  la  Terre.  Sa 
distance  en  est  de  52,600,000  lieues  ;  son  an¬ 
née  est  de  686  jours  et  23  heures  ;  sa  vitesse 
de  translation ,  de  19,500  lieues  par  heure  ; 
son  jour,  de  24  heures  31  minutes.  Il  paraît 
peu  éclairé  ;  son  atmosphère  est  épaisse  et 
nébuleuse  j  ses  phases  sont  moins  apparen¬ 


tes  que  pour  les  planètes  situées  entre  la 
Terre  et  le  Soleil  ;  elles  n’ont  plus  l’appa¬ 
rence  de  croissants ,  mais  de  surfaces  ova¬ 
laires  ;  son  volume  n’est  que  1/5  de  celui  de 
la  Terre ,  sa  densité  est  un  peu  moindre  ; 
la  chaleur  que  le  Soleil  y  entretient  est  pres¬ 
que  la  moitié  plus  faible  que  sur  la  Terre. 

Vesta  ,  J  un  on  ,  Cérès  et  P  allas ,  sont 
quatre  petits  corps  dont  les  orbites  se  décri¬ 
vent  entre  Mars  et  Jupiter,  à  une  distance 
de  81  à  96  millions  de  lieues  du  Soleil.  Ves¬ 
ta  ,  la  plus  petite ,  a  un  volume  qui  n’est 
que  la  quinze  millième  partie  de  celui  de  la 
Terre  ;  elle  a  été  découverte  en  1807.  Junon, 
aperçue  en  1804,  a 24 lieues  de  diamètre.  Cé¬ 
rès  n’a  que  25  lieues  de  diamètre  ;  son  vo¬ 
lume  est  le  quart  de  celui  de  la  Terre.  On 
l’a  vue  pour  la  première  fois  en  1801.  Pal- 
las,  découverte  en  1802,  est  presque  aussi 
grosse  que  la  Lune. 

Jupiter  est  la  plus  grosse  des  planètes  ; 
elle  semble  entourée  d’une  atmosphère  très 
nuageuse  et  très  agitée  ;  elle  est  à  180,000,000 
de  lieues  du  Soleil  ;  son  année  est  de  11  ans 
315  jours  ;  sa  vitesse  de  translation  est  donc 
bien  moindre  que  celle  de  la  Terre.  Le  Soleil 
doit  lui  paraître  cinq  fois  plus  petit;  sa 
chaleur  et  sa  lumière  doivent  lui  paraître 
vingt-sept  fois  moindres;  sa  journée  n’est 
que  de  10  heures  ;  et,  comme  son  diamètre 
est  douze  fois  celui  de  la  Terre,  la  force  cen¬ 
trifuge  qui  anime  sa  masse  est  beaucoup 
plus  grande  que  pour  la  Terre;  ce  qui  occa¬ 
sionne  vers  les  pôles  un  aplatissement  d’un 
treizième  de  diamètre.  Jupiter  est  1281  fois 
aussi  volumineux  que  la  Terre,  et  cepen¬ 
dant  sa  masse  n’est  que  309  fois  aussi  con¬ 
sidérable  ,  ce  qui  tient  à  ce  que  sa  densité 
est  environ  quatre  fois  moindre.  Il  est  ac¬ 
compagné  de  Quatre  lunes  ou  satellites. 

Saturne  est  à  329,000,000  de  lieues  du  so¬ 
leil  ,  son  année  est  de  30  ans ,  et  son  jour  de 
10  heures  1/2;  sa  vitesse  de  translation  n’est 
que  de  8,000  lieues  par  heure,  mais  sa  vitesse 
de  rotation  est  très  grande,  car  son  diamètre 
est  neuf  fois  et  demie  celui  de  la  terre.  Il  en 
résulte  que  la  force  centrifuge  est  considé¬ 
rable  ,  et  l’aplatissement  aux  pôles  d’un 
onzième  de  diamètre.  Comme  sa  densité 
n’est  qu’un  dixième  de  celle  de  la  Terre,  sa 
masse  n’est  guère  que  94  fois  plus  grande. 

Ce  que  Saturne  offre  de  plus  remarqua¬ 
ble,  c’est  une  bande  opaque  qui  l’environ- 


AST 


AS1 


no,  et  qu’on  appelle  son  anneau.  Cette 
bande  circulaire,  qui  peut  avoir  10,000  lieues 
de  large,  est  partout  séparée  de  la  planète 
par  un  intervalle  aussi  de  10,000  lieues. 
Rien  d’aussi  varié  que  les  aspects  sous  les¬ 
quels  se  présentent  Saturne  et  son  anneau, 
l’un  faisant  alternativement  ombre  à  l’au¬ 
tre.  Il  serait  fort  difficile  de  comprendre 
l’existence  et  la  position  de  cet  anneau,  si 
l’on  n’admettait  l’hypothèse  de  Cassini,  re¬ 
nouvelée  ces  jours  derniers  par  M.  Châle,  et 
qui  suppose  que  ce  prétendu  anneau  est 
formé  d’une  quantité  innombrable  de  très 
petits  satellites  se  mouvant  tous  dans  le 
même  plan. 

Saturne  est  en  outre  accompagné  de  sept 
satellites  distincts  qui  se  meuvent  à  peu 
près  dans  le  plan  de  l’anneau. 

Saturne  ,  quoique  très  volumineux ,  est 
sombre  et  peu  éclairé  ;  le  Soleil  doit  lui  pa¬ 
raître  90  fois  plus  petit  qu’à  nous  ;  sa  lu¬ 
mière  et  sa  chaleur  doivent  être  réduites  à 
peu  de  chose ,  et  si  un  observateur  y  était 
placé,  il  ne  pourrait  probablement  aperce¬ 
voir  de  tout  notre  système  que  le  Soleil  et  la 
planète  Jupiter. 

U r anus  ou  Herschcl  forme  jusqu’à  pré¬ 
sent  la  limite  extérieure  de  notre  système 
planétaire  ;  elle  est  à  peine  visible  à  l’œil 
nu  ;  elle  a  été  découverte  par  Herschel,  avec 
son  grand  télescope  ;  elle  est  placée  à 
662,000,000  de  lieues  du  Soleil;  son  année 
est  de  84  ans  et  29  jours  ;  sa  masse  n’est  pas 
double  de  celle  de  la  Terre,  quoique  son  vo¬ 
lume  soit  81  fois  aussi  considérable  ,  parce 
que  sa  densité  est  de  50  fois  moindre  ,  en 
sorte  qu’elle  est  plus  légère  que  du  liège. 
On  lui  suppose  un  mouvement  de  rotation. 
Herschel  a  cru  lui  voir  six  lunes  ou  satel¬ 
lites. 

Après  avoir  décrit  ainsi  généralement 
notre  système  planétaire  et  ses  mouvements, 
il  est  fort  important  de  remarquer  que  les 
planètes  s’attirant  entre  elles  aussi  bien 
qu’elles  sont  attirées  par  le  Soleil,  et  leur 
distance  réciproque  variant  continuelle¬ 
ment,  il  doit  en  résulter,  et  il  en  résulte  , 
en  effet,  une  foule  d’irrégularités  soit  dans 
leur  marche ,  soit  dans  celle  de  leurs  sa¬ 
tellites  ;  en  sorte,  par  exemple ,  que  l’é¬ 
cliptique  ou  le  plan  dans  lequel  se  meut  une 
planète ,  d’une  part ,  11’est  pas  rigoureuse¬ 
ment  un  plan  ,  et,  d’autre  part,  s’incline 


‘27  i 

plus  ou  moins  sur  celui  des  autres  astres. 

Sans  entrer  dans  les  détails  de  ces  cir¬ 
constances  qui  forment  la  partie  la  plus  dif- 
cile  et  la  plus  savante  de  l’astronomie,  il  nous 
suffira  d’en  donner  les  deux  résultats  prin¬ 
cipaux,  qui  sont  d’un  intérêt  général. 

1°  Les  irrégularités  dans  la  marche  des 
astres  s’accroissent  pendant  un  temps  dans 
un  sens,  deviennent  stationnaires,  puis 
marchent  dans  le  sens  contraire  ;  de  sorte 
qu’au  bout  d’un  temps,  quelquefois  de  plu¬ 
sieurs  milliers  d’années,  qu’on  nomme  Cy¬ 
cle ,  l’état  primitif  se  rétablit  intégralement. 

2°  Il  est  aujourd’hui  démontré  que  toutes 
ces  irrégularités  qu’on  nomme  Perturba¬ 
tions  ,  et  qui  pouvaient  faire  craindre  un  dé¬ 
rangement  progressif  dans  le  système  du 
monde ,  se  compensent  rigoureusement 
dans  le  cours  des  siècles,  de  telle  sorte  que 
notre  système  planétaire  et  ses  mouve¬ 
ments  présentent  une  existence  fixe  ,  affec¬ 
tée  seulement  de  quelques  oscillations. 

Indépendamment  des  planètes  et  de  leurs 
satellites  qui  circulent  autour  du  Soleil,  on 
aperçoit  encore,  dans  le  ciel,  certains  astres 
qui  11’apparaissent  que  d’un  manière  ac¬ 
cidentelle  et  passagère  c’est  ce  qu’on 
nomme  des  Comètes.  Des  observations  déjà 
fort  anciennes,  et  suivies  avec  beaucoup  de 
précision,  ont  fait  connaître  que  ces  Comètes 
se  meuvent  autour  du  soleil  en  décrivant 
des  ellipses  extrêmement  allongées,  de  fa¬ 
çon  qu’elles  ne  deviennent  visibles  pour 
nous  que  quand  elles  en  atteignent  l’extré¬ 
mité  qui  correspond  au  foyer  que  le  Soleil 
occupe. 

Les  Comètes  diffèrent  des  planètes  par 
plusieurs  circonstances  importantes  :  d’a¬ 
bord,  la  courbe  qu’elles  décrivent  est  telle¬ 
ment  allongée ,  que  nous  ne  les  voyons  or¬ 
dinairement  que  pendant  six  mois,  tandis 
qu’elles  mettent  quelquefois  plus  de  500 
ans  à  parcourir  leur  orbite  ;  ensuite ,  toutes 
les  planètes  se  meuvent  dans  le  même  sens 
et  presque  dans  le  même  plan  autour  du 
Soleil,  au  lieu  que  les  Comètes  se  meuvent 
indifféremment  dans  toutes  les  directions 
et  dans  des  plans  divers ,  de  sorte  qu’el¬ 
les  viennent  croiser  et  pénétrer  en  tous 
sens  les  orbites  des  planètes.  Les  planètes 
paraissent  toutes  solides,  tandis  que  les 
Comètes  présentent  quelquefois  un  noyau 
solide,  mais  le  plus  souvent  laissent  passer 


272 


AST 


AST 


la  lumière.  Les  planètes  parcourant  des  el¬ 
lipses  qui  se  rapprochent  du  cercle,  ne  sont 
jamais  ni  beaucoup  plus  près ,  ni  beaucoup 
plus  loin  du  Soleil  dans  un  temps  que  dans 
un  autre  5  les  Comètes,  au  contraire,  arrivant 
d’une  très  grande  distance,  passent  quel¬ 
quefois  très  près  du  soleil  ;  c’est  ainsi  que 
la  comète  de  1660  a  dû  éprouver,  par  son 
rapprochement  du  soleil,  une  chaleur  28,000 
fois  plus  grande  que  la  nôtre  ;  de  là  nais¬ 
sent,  sans  doute,  les  apparences  singulières 
que  présentent  ces  astres.  Quand  ils  com¬ 
mencent  à  s’approcher  de  notre  système 
planétaire,  on  les  aperçoit  en  général  com¬ 
me  un  petit  globe  plus  ou  moins  lumineux; 
mais,  à  mesure  qu’ils  approchent  du  soleil, 
on  les  voit  s’entourer  d’une  espèce  de  che¬ 
velure  qui  a  fourni  l’étymologie  de  leur 
nom,  et  ils  paraissent  laisser  après  eux  une 
longue  traînée  de  vapeur  qu’on  appelle  leur 
queue.  Cette  queue  peut  être  simple  ou 
multiple;  on  en  a  compté  jusqu’à  six;  elles 
sont  dirigées  à  l’opposé  du  soleil.  Ces  ap¬ 
parences  tiennent  sans  doute  à  une  partie 
de  la  substance  de  la  comète  que  la  chaleur 
vaporise  ;  car  elles  s’accroissent  à  mesure 
que  la  comète  s’approche,  et  disparaissent 
quand  elle  s’éloigne. 

Il  suffit  aux  astronomes  de  trois  obser¬ 
vations  exactes  de  la  situation  d’une  comète 
dans  le  ciel  pour  calculer  la  courbe  qu’elle 
décrit,  et,  par  conséquent,  prédire  l’époque 
de  son  retour.  En  1831,  on  a  pu  calculer 
la  marche  de  137  comètes  ;  mais  il  s’en  faut 
que  ces  prédictions  se  réalisent  constam¬ 
ment  ;  car  en  s’approchant  des  planètes, 
elles  en  sont  attirées  ,  et  elles  éprouvent 
de  grandes  perturbations  dans  leur  marche. 
Les  planètes  n’éprouvent  point  de  perturba¬ 
tions  analogues ,  parce  que  la  masse  des 
Comètes  est  généralement  très  petite. 

O11  ne  peut  pas  reconnaître  une  comète 
aux  apparences  accessoires  de  sa  chevelure 
et  de  sa  queue;  car  il  paraît  que  les  Comètes 
abandonnent  dans  l’espace  une  grande  par¬ 
tie  de  la  matière  qui  produit  ces  apparen¬ 
ces  ;  ainsi,  en  1682,  on  vit  une  comète  qui 
avait  déjà  paru  un  grand  nombre  de  fois  et 
qu’on  a  revue  depuis,  sa  période  étant  de  76 
ans  ;  en  1006,  elle  paraissait  quatre  fois  plus 
grande  que  Yénus ,  et  avait  le  quart  de  la 
lumière  de  la  Lune  ;  en  1456,  elle  a  passé 
très  près  de  la  Terre,  et  avait  une  queue  im¬ 


mense  en  forme  de  sabre;  on  l’a  revue  en  1835 
avec  des  apparences  beaucoup  moindres. 

Pour  plus  de  détails  sur  ces  Astres  inté¬ 
ressants  et  sur  les  influences  qu’eux-mêmes 
ou  leurs  queues  peuvent  exercer  sur  notre 
globe,  Voy.  comètes.  (Peeeetan.) 

ASTRICIUM.  bot.  cr  — Voyez  astry- 
cium.  (C.  d’O.) 

ASTRILD.  Estrelda.  ois.  —  Sous- 
genre  formé  par  Swainson  dans  son  genre 
Amadîna(Class.of  birds),et  répondant  au 
groupe  des  Bengalis.  Voy. amadina.  (Lakr.) 

ASTROJBLÈPE  (aarpo v,  étoile;  feo., 
je  regarde),  roiss. —  Genre  de  Poissons  dé¬ 
couvert  et  nommé  par  M.  Alex,  de  Hum- 
boldt,  que  j’ai  démontré  être  de  la  famille 
des  Siluroïdes,  ayant  pour  caractères  :  Une 
tête  aplatie,  couverte  d’un  peau  molle,  à 
une  seule  dorsale  ;  pas  de  nageoire  adi¬ 
peuse  ,  ni  de  nageoires  ventrales.  Bouche 
garnie  de  barbillons ,  et  quatre  rayons  à  la 
membrane  branchiostège. 

On  11’cn  connaît  qu’une  seule  espèce 
nommée  par  l’illustre  voyageur,  à  qui  nous 
en  devons  la  description ,  Astroblepus 
Grixulvit, qui  vitdans  leRiode  Palace, près 
de  Popayan ,  où  elle  est  appelée  Pesrado 
tir  y  ru.  On  la  mange  dans  cette  ville.  Ce 
poisson  est  voisin  des  Aryès  ou  des  Bron - 
tes.  Voy.  ces  mots.  (Val.) 

*  ASTllOCARPUS,  Neck.  ( Blem.)(h - 

rpyj,  étoile  5  jcctprroç,  fruit),  bot.  i*h. — Syno¬ 
nyme  du  g.  Scsamella ,  Reichenb.,  de  la  fa¬ 
mille  des  Résédacées.  (Sp.) 

*  ASTROCAïlYUM.  bot. —  G.  Meyer, 
dans  sa  Flore  d’Essequebo,  a  établi  ce  gen¬ 
re  de  Palmiers  d’après  une  plante  de  cette 
famille  croissant  à  la  Guyane,  mais  qu’il  n’a¬ 
vait  vue  que  dans  un  état  très  imparfait  ;  des 
espèces  nombreuses  de  ce  genre  se  sont 
représentées  depuis,  tant  à  la  Guyane  qu’au 
Brésil,  cette  partie  orientale  de  l’Amérique 
du  Sud  paraissant  être  la  région  habitée  de 
préférence  par  les  plantes  de  ce  genre.  M. 
Martius,  dans  son  bel  ouvrage  sur  les  Pal¬ 
miers,  en  a  donné  une  description  très  com¬ 
plète,  et  en  a  figuré  plusieurs  espèces.  Les 
Astrocuryum  appartiennent  à  la  tribu  des 
Cocoïnées,  comme  l’indique  la  structure  de 
leurs  fruits;  mais  ils  se  distinguent  des  di¬ 
vers  genres  de  cette  tribu  par  les  caractères 
suivants  :  Fleurs  monoïques  sur  le  même 
spadice,  à  régime  renfermé  dans  une  spathe 


AST 


simple ,  fusiforme,  s’ouvrant  à  sa  face  in¬ 
terne,  s’endurcissant  et  persistant  long¬ 
temps.  Fleurs  mâles,  réunies  en  grand  nom¬ 
bre  sur  la  partie  supérieure  des  rameaux, 
et  sessiles  dans  des  alvéoles  excavées  dans 
le  rachis.  Calice  triparti  ou  trifide  ,  à  laniè¬ 
res  aiguës;  corolle  tripartite,  divisions  lan¬ 
céolées,  droites,  membraneuses  ou  char¬ 
nues  à  la  base.  Étamines  G  ou  quelquefois 
davantage,  opposées  par  paires  aux  pétales, 
incluses;  filaments  filiformes,  droits.  An¬ 
thères  sagittées,  incombantes.  Ovaire  rudi¬ 
mentaire.  Fleurs  femelles  solitaires,  placées 
à  la  base  des  rameaux  qui  portent  les  fleurs 
mâles,  sessiles  ou  portées  sur  un  pédoncule 
court  et  élargi.  Calice  urcéolé,  tridenté.  Co¬ 
rolle  urcéolée ,  charnue  ;  orifice  contracté , 
tridenté,  ou  irrégulièrement  trifide.  Ovaire 
ovale,  à  trois  loges,  dont  deux  rudimentai¬ 
res,  une  seule  développée.  Style  conique  ; 
stigmates-3,  confluent  en  un  corps  conique 
ou  lobé.  Drupe  ovale  ou  globuleuse,  mono¬ 
sperme,  à  chair  fibreuse;  noyau  osseux,  per¬ 
cé  de  trois  trous  au  sommet  (d’où  partent 
en  général  des  stries  rayonnantes ,  qui  ont 
déterminé  la  dénomination  de  ce  genre). 
Albumen  corné,  uniforme,  creux  au  centre  ; 
embryon  supérieur,  correspondant  à  un  des 
trous. 

Ces  Palmiers  sont  quelquefois  presque 
sans  tige  apparente  ;  la  plupart  ont  une  tige 
grêle  et  élevée,  couverte  d’épines  noires, 
longues  et  grêles,  souvent  aplaties,  qui  cou¬ 
vrent  aussi  les  pétioles.  Les  feuilles  sont 
pennées,  les  pinnules  linéaires  souvent  rap¬ 
prochées  par  faisceaux,  ciliées  et  épineuses, 
blanchâtres  en  dessous  ;  les  spathes  et  les 
spadiccs  eux -mêmes  sont  aussi  hérissés 
d’épines.  Les  fruits  mûrs  sont  jaunes  ou 
orangés,  et  quelquefois  aussi  hérissés  de 
poils  épineux. 

A  ce  genre  appartiennent  :  t°  le  Palmier 
Murnmuru  de  la  Guyane  et  du  Brésil  sep¬ 
tentrional,  dont  le  bois  est  dur  et  à  faisceaux 
fibreux,  fins  et  serrés,  mais  que  sa  surface 
externe  ,  irrégulière  ,  empêche  d’employer 
habituellement  dans  les  arts  ;  2°  le  Palmier 
Airi,  du  Brésil,  probablement  le  Grigri 
des  Antilles  ,  et  plusieurs  autres ,  dont  les 
noms  vulgaires  sont  inconnus  ou  moins 
souvent  cités  par  les  voyageurs.  (Ad.  B.) 

*  ASTROCOMA,  Neck.  (aarpov,.  étoile  ; 
chevelure),  bot.  i*h. —  Synonyme  du 


AST  273 

g.  Staavia ,  Thunb.,  de  la  famille  des 
Bruniacées.  (Sr.) 

*  ASTROCOMA  (àcxTpcv ,  astre ,  étoile 

acpi,  chevelure),  échin.  —  M.  de  Blainville 
propose  (Dict.  sc.  ?iat.,  t.  LX,  p.  229)  de 
remplacer  par  ce  nom,  dans  la  nomenclature 
des  Stellérides ,  celui  de  Comatules ,  que 
Lamarck  a  donné  aux  S  le  Uœ  crinitæ  de 
Link.  (p.  G.) 

*  ASTROBEKBRONT,  Dennst.  (àorpov, 

étoile;  ^sv^pov,  arbre),  bot.  th. —  Suivant 
M.  Endlicher,  c’est  un  double  emploi  du  g. 
Southiveiïia ,  Salisb.,  de  la  famille  des  Stcr- 
culiacées.  (Sr.) 

ASTROBERME  (àorpov,  étoile;  ctépaa, 
peau),  roiss.  —  Genre  de  Poissons  établi 
par  M.  Bonelli  et  que  peu  de  temps  après 
M.  Risso  nommait  Diana.  Ils  ont  le  corps 
élevé,  la  tête  tranchante,  la  bouche  peu  fen¬ 
due,  les  ventrales  très  petites,  la  dorsale 
unique  et  étendue  tout  le  long  du  dos.  Une 
longue  anale  est  étendue  sous  le  Yentre.  Les 
côtés  de  la  queue  sont  carénés.  La  mem¬ 
brane  branchiostège  a  quatre  rayons.  Le 
corps  est  couvert  de  petites  écailles  relevées 
par  des  tubercules,  rayonnant  de  tous  côtés 
comme  des  étoiles.  On  peut  juger  que  ces 
Poissons  tiennent  des  Coryphènes  par  la 
forme  de  leur  tête  et  de  leur  dorsale ,  des 
Zées  par  l’état  de  la  bouche;  et  leur  anatomie 
montre  qu’ils  appartiennent  auxScombres. 
Ce  caractère  de  la  peau,  saisi  par  M.  Bo¬ 
nelli,  lui  a  fait  imaginer  le  nom  que  nous 
avons  conservé.  En  1833,  on  ne  connais¬ 
sait  encore  qu’une  seule  espèce  de  ce  genre 
fort  rare  dans  la  Méditerranée,  où  elle  a  été 
découverte  dès  1 8 1 4,  par  M.  Risso,  et  nom¬ 
mée  Coryyhœna  elegans.  M.  Bonelli,  en 
établissant  ce  genre ,  a  nommé  cette  même 
espèce  Aslroderrnus  coryphœnoides.  Il 
l’avait  reçue  de  Nice,  et  du  golfe  de  Cagliari. 
Depuis,  M.  Anastasie Cocco  en  a  trouvé  une 
seconde  espèce  qu’il  a  nommée  Astrodcr- 
mus  Valencienne  si-  Elle  est  plus  petite,  et 
est  ornée  de  brillantes  couleurs.  (Val.) 

*  ASTRODCM,  Benth.  (a <rrp&y,  étoile  ; 
cÆoûç,  dent),  bot.  rn.  —  Sous-genre  ou 
section  établi  par  M.  Bentham  (Labial., 
p.  61  l)dans  le  g.  Leu  cas,  R.  Br.,  de  la  fa¬ 
mille  des  Labiées ,  et  qu’il  caractérise 
comme  il  suit  :  Calice  tubuleux,  à  bord 
égal,  à  1(3  dents  ordinairement  étalées  en 
forme  d’étoile.  Gorge  le  plus  souvent  très 

18 


T.  II. 


27/» 


AST 


velue.  Faux  verticilles  le  plus  souvent  glo¬ 
buleux,  multiflores,  solitaires  ou  en  petit 
nombre  ;  les  supérieurs  parfois  rapprochés 
en  capitule.  (Se.) 

*ASTRODONTÎUM  (àarpcv,  étoile  5 
dÆoûç,  cvro;,  dent),  bot.  cr. — Genre  pleuro- 
carpe,  de  la  famille  des  Mousses,  établi  par 
M.  Schwægriehen  {Supplèm. ,  II,  P.  1, 
p.  1 28,  t.  134)  sur  une  esp.  unique,  propre 
aux  îles  Canaries  et  à  Madagascar.  La  partie 
cryptogamiquc  de  1’  Histoire  naturelle  des 
Canaries ,  de  MM.  Webb  et  Berthelot,  nous 
ayant  été  confiée,  nous  avons  eu  l’occasion 
d’étudier  cette  belle  mousse,  dont  voici  les 
caractères  :  Péristome  double  :  l’extérieur 
composé  de  seize  dents  charnues  ,  courtes, 
représentant  un  triangle  isocèle,  ayant  leur 
sommet  connivent  ou  rapproché  dans  l’état 
de  sécheresse,  réfléchies  en  dehors  par  l’hu¬ 
midité  ;  l’intérieur  consistant  en  une  mem¬ 
brane  annulaire,  étroite ,  presque  horizon¬ 
talement  placée,  et  marquée  de  seize  créne- 
lures.  Capsule  sphérique,  assez  grosse,  éga¬ 
le,  sans  anneau.  Coiffe  ventrue,  subulée  au 
sommet,  enveloppant  la  capsule  et  se  rom- 
pantlaté  râlement. Fleurs  dioïques?  latérales. 
Séminules  globuleuses  ou  oblongues,  dif¬ 
formes  ,  d’un  jaune  brunâtre ,  et  couvertes 
de  petites  aspérités  papilliformes.  Ces  sé- 
minulés  ont  jusqu’à  un  vingt-cinquième  de 
millimètre  en  diamètre.  Elles  sont  fixées 
dans  la  capsule,  à  une  columelle  évasée  du 
sommet  à  la  base,  et  plissée  dans  sa  lon¬ 
gueur.  Les  crénelures  du  péristome  interne 
sont  soudées ,  dans  le  jeune  âge,  au  pour¬ 
tour  de  son  évasement  supérieur. 

VA.  canariense  est  une  mousse  qui  se 
plaît  sur  l’écorce  des  arbres.  Elle  a  le  port 
du  Leucodon  sciuroides  Schwægr. ,  et , 
sans  sa  capsule ,  on  la  prendrait  pour  un 
individu  géant  de  cette  dernière.  (C.  M.) 

*  ASTROGYNE,  Benth.  {Plant.  Hart- 
wcg.;\).  14)  (àorpcv,  étoile;  pvn,  femelle). 
bot.  th. — Genre  de  la  famille  des  Euphor- 
biacées ,  et  fondé  sur  le  Croion  gracilis 
Kunth.  M.  Bentham  en  expose  les  caractè¬ 
res  comme  il  suit  :  Fleurs  dioïques.  — 
Fleurs  mâles  :  Calice  o-fide,  imbriqué  en 
estivation.  Corolle  nulle.  Cinq  glandules  in¬ 
sérées  au  fond  du  calice,  antéposées.  Éta¬ 
mines  6  à  10,  infléchies  en  préfloraison, 
libres.  Anthères  2-thèques  ;  bourses  juxta¬ 
posées,  adnées.  Point  de  rudiment  de  pistil. 


AST 

1  —Fleurs  femelles:  Calice  5-fide,  sans  glam 
dules.  Point  de  corolle  ni  d’étamines.  Ovaire 
globuleux,  3-loculaire ;  loges  1-oYuîées; 
ovules  suspendus  au  sommet  des  loges. 
Styles  3,  courts,  terminés  chacun  par  quatre 
longs  stigmates  infléchis,  étalés  en  étoile. 
Capsule  à  3  coques;  coques  2-valves,  1-sper- 
mes.— Sous-arbrisseaux  rameux  dès  la  base; 
rameaux,  feuilles  et  calices,  couverts  d’une 
pubescence  étoilée.  Fleurs  mâles  courte- 
ment  pédicellées,  disposées  en  grappes  ter¬ 
minales  ou  oppositifoliées ,  spiciformes, 
bractéolées.  Fleurs  femelles  solitaires.  Ce 
genre  n’est  constitué  que  par  une  seule  es¬ 
pèce  indigène  du  Mexique  et  de  la  Cali¬ 
fornie. 

ASTROIDE.  Astroidcus  (aarpov,  étoi¬ 
le;  et £oç,  similitude),  bot.  cr.  — Épithète 
donnée  à  un  lichen,  Parmentaria  astroi- 
dea,  parce  que  ses  apothécies  sont  disposées 
en  étoiles.  (C.  d’O.) 

ASTROI3Y.  bot.  ph.  —  Voyez  astro- 
NIUM.  (C.  D’O.) 

*  ASTROIDE.  potyp. — Genre  proposé 
par  MM.  Quoy  et  Gaimard  pour  recevoir 
une  espèce  trouvée ,  par  ces  naturalistes, 
dans  la  baie  d’Algésiras ,  et  qui  n’est  autre 
que  le  Madrepora  calycularis  de  Ca- 
volini  ou  Caryophyllia  calycularis  de 
Lamarck  (  Voy.  Annales  des  sciences  na¬ 
turelles  ,  t.  X,  et  les  additions  à  la  nou¬ 
velle  édition  de  Lamarck,  t.  II,  p.  348). 

(M.  E.) 

ASTROITES.  polyp.  —  Nom  employé 
par  Merceti  Guettard  et  plusieurs  autres 
naturalistes,  pour  désigner  des  Polypiers  à 
cellules  étoilées,  tels  que  les  Astrées. 

(M.  E.) 

ASTROLE  (àapov,  étoile).  Moi,ii.  —  La¬ 
marck  a  désigné,  sous  ce  nom,  le  genre  Poly- 
clinumde  Savigny.  Voy.  ce  mot.  (C.  d’O.) 

ASTROLEPAS  (àa-rpov,  astre,  étoile  5 
Xewxç,  patelle),  moll. —  Nom  donné  aux  Pa¬ 
telles  rayonnées  et  principalement  à  la  Pa- 
tella  saccharina.  Voy .  patelle. 

Klein  a  aussi  désigné,  sous  le  même 
nom,  la  Coronula  testudinaria  de  La¬ 
marck.  Voy.  corontjle.  (C.  d’O.) 

ASTROLOBIUM,  Desv.  (faute  typogra- 

que  ).  BOT.  TH.  -  Voyez  ARTHROLOBIUM. 

(Sp.) 

ASTROLOGUE.  poïss.  —  Voyez  ura- 
noscope.  (C.  d’O.) 


AST 


275 


ASTROLOMA,  R..  Br.  (àaroGv,  étoilé  ; 
Xwa a,  bordure),  bot.  ph.  —  Genre  de  la 
famille  des  Épacridées,  auquel  son  âu- 
teur  ( Prodr .,  538  )  assigne  pour  caractè¬ 
res  distinctifs  :  Calice  â-parli,  /,-ou  pluri- 
bractéolé.  Corolle  tubuleuse*  courtemenl  5- 
lobée,  ventrUé  au-dessus  du  milieu,  garnie 
en  dedans,  vers  sa  base,  de  cinq  faisceaux 
de  poils  alternes  avec  les  lobes  ;  lobes  étalés, 
barbus.  Étamines  5 ,  insérées  au  sommet 
du  tube  dé  la  corolle.  Disque  cyathiforme. 
Drupe  presque  sec,  à  noyau  osseux ,  5- 
loculâire.  Graines  solitaires  dans  chaque 
loge,  suspendues. — Arbustes  feüiilus,  bas, 
lé  plus  souveht  diffus  ou  décombants.  Feuil¬ 
les  alternes,  très  rapprochées,  souveht  ci¬ 
liées.  Fleurs  axillaires,  solitaires,  dressées. 
Ce  genre  est  propre  à  la  Nouvelle  -  Hol¬ 
lande.  On  en  connaît  7  espèces ,  dont 
quelques-unes  se  cultivent  dans  les  collec¬ 
tions  de  serre.  (Sp.) 

*  ASTROMARCHANTIA  (  àcrpov  , 

étoile  ;  Marchantia ,  genre  d’Hépati- 
ques).  bot.  cr.  —  M.Nées  d,Esenbeck(Ew- 
rop .  Leherm .,  IY,  p.  61)  établit  deux  sec¬ 
tions  dans  le  g.  Marchantia,  de  la  famille 
des  Hépatiques.  La  première,  qu’il  nomme 
Astromarchantia,  se  compose  des  espè¬ 
ces  dont  le  pédoncule  occupe  le  Centre  dü 
réceptacle  femelle  ;  dans  la  seconde,  nom¬ 
mée  Chlamidium ,  le  pédoncule  est  excen¬ 
trique.  (C.  M.) 

*  ASTROMYCTER  ,  Harris,  (àarpov, 
étoile  j  [/.u-Arn'p,  nez),  mam. — Voyez  condy- 

I.URE.  (A.  DE  Q.) 

*  ASTRONIA,  Blume  (àa-rpov,  astre). 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Mé- 
lastomacées  (  tribu  des  Charianthées  ,  Se- 
ring.  ). —  M.  Blume  ( Bijdr .,  102;  Rum- 
phiù ,  I,  p.  20  ,  tab.  6  et  7  )  en  donne 
lés  caract.  suivants  :  Tube  calicinal  hémi¬ 
sphérique  *  adhérent  ;  limbe  supère  ,  5- 
fide,  persistant.  Pétales  5  ou  6,  obovales. 
Étamines  10  ou  12.  Anthères  transverses, 
dolabriformes*  déhiscentes  par  deux  fentes 
longitudinales.  Ovaire  infère  ,  2-à  4-locu- 
laire  ;  placentaires  basilaires,  muîti-ovulés. 
Style  filiforme;  stigmate  grand,  pelté.  Cap¬ 
sule  2-à  4-loculaire,  polysperme,  déhiscente 
par  2  à  4  fentes  longitudinales.  Graines 
scobiformes.— Arbres  à  pubescence  furfura- 
cée,  roussâtre.  Feuilles  3-nervéesoutripli- 
nervées,  longuement  pétiolées,très  entières, 


AST 

discolores.  Fleurs  petites,  pourpres,  par 
avortement  dioïques,  disposées  en  pahicüles 
axillaires  et  terminales.  Ce  genre,  propre 
à  l’Asie  équatoriale,  ne  renferme  que  3  es¬ 
pèces.  (Sp.) 

ASTRONHBÏ,  Jàèq.  (Amer.,  p.  26i, 
tab.  181,  fig.  9g),  (ôccrpov,  astre),  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Térébin- 
thacées  (  Cassuviées  ou  Anàcardiéés  ,  R. 
Br.  ),  auquel  M.  Kunth  (  Ann.  des  sc. 
nat. ,  t.  Il,  p.  3^1)  assigne  pour  carac¬ 
tères  :  Fleurs  dioïques.  Calice  petit,  coloré, 
5-parti.  Segments  égaux,  suborbiculaires 
dans  les  fleurs  mâles,  accrescents  et  spâ- 
thulés  dans  les  fleurs  femelles.  Disque  pé- 
rigÿhe,  à  ô  lobes  arrondis.  Pétales  5, 
oblongs,  obtus,  insérés  sous  le  disque,  mi¬ 
nimes  dans  les  fleurs  femelles.  Étamines  5 
(rudimentaires  dans  les  fleurs  femellés), 
insérées  entre  les  lobes  du  disque,  alternes 
avec  les  pétales,  et  plus  courts  qu’eux  ;  fi¬ 
lets  libres,  subulés.  Anthères  introrses,  2- 
thèques,  oblongues,  échancrées  à  la  basé  , 
supra-basifixes ,  longitudinalement  déhis¬ 
centes.  Ovaire  inadhérent  ,  non  stipité , 
ovoïde,  f-loculaire,  couronné  de  3  styles 
courts,  réfléchis.  Stigmates  sübcapitellés , 
obtus,  terminaux.  Caryopse  oblongUe,  Cy- 
lindtaCéfe,  rostrée*  sèche,  mince,  submem- 
branacée,  1-sperme,  accompagnée  du  calice 
très  amplifié,  scarieux,  étalé.  Graine  pres¬ 
que  plane  d’un  côté,  du  reste  conforme  au 
péricarpe;  hile  linéaire,  oblong,  situé  vers 
le  milieu  du  côté  plan  de  la  graine.  Em¬ 
bryon  rectiligne.  Cotylédons  charnus,  piano- 
convexes,  un  peu  inégaux,  accombants  ;  ra¬ 
dicule  latérale,  ascendante,  plus  courte  que 
les  cotylédons.  —  Arbres  (de  l’Amérique 
équatoriale)  à  suc  propre  résineux,  coloré, 
dépouillés  dé  feuilles  durant  l’épOqüe  de  la 
floraison  et  de  la  maturation  des  fruits. 
Feuilles  alternes,  imparipennéeS ,  folioles 
opposées,  non  ponctuées  ;  fleurs  petites,  pé- 
dicellées,  rougeâtres,  disposées  en  panicules 
bractéolées;  les  paniculéS  femelles  termi¬ 
nales,  ICS  mâles  axillaires.  On  en  connaît  3 
espèces ,  dont  2  dü  Brésil  et  l  de  la  Nou¬ 
velle-Grenade.  (Sp.) 

ASTRONOMIE  (aarpov,  astre;  vgU©£, 
loi).  — -  Aucun  sujet  plus  vaste  et  plus  dif¬ 
ficile  ne  s’est  jamais  présenté  à  l’investiga¬ 
tion  de  l’homme  que  cette  recherche  du 
nombre,  de  la  nature  et  des  mouvements  du 


276 


AST 


ces  points  brillants  qu’on  aperçoit  dans  le 
ciel  par  une  nuit  sereine;  et,  chose  très  re¬ 
marquable  ,  l’Astronomie  est  pourtant  à-la- 
fois  la  plus  simple,  la  plus  vulgaire  et  la 
plus  facile  à  acquérir  des  connaissances  hu¬ 
maines ,  quand  on  ne  lar  considère  que  sous 
un  certain  point  de  vue  ;  tandis  qu’il  n’y  a 
pas  encore  assez  des  facultés  intellectuelles 
les  plus  développées,  de  l’usage  des  instru¬ 
ments  les  plus  perfectionnés,  et  des  mé¬ 
thodes  de  calcul  les  plus  transcendantes, 
pour  arriver  à  une  juste  appréciation  de  ce 
qui  se  passe  réellement  entre  ces  innom¬ 
brables  corps  dispersés  dans  l’espace. 

Il  n’y  a  pas  de  branche  des  connaissances 
humaines  à  l’égard  de  laquelle  de  plus  gros¬ 
sières  erreurs  aient  été  aussi  longtemps 
accréditées;  il  n’en  est  point  qui  présente  à 
cette  heure  des  notions  plus  certaines,  ni 
plus  précises. 

Nous  dirons  encore,  quoique  cette  pro¬ 
position  soit  de  nature  à  surprendre  beau¬ 
coup  d’esprits ,  que  cette  Astronomie ,  dont 
les  notions  sont  considérées  par  le  vul¬ 
gaire  comme  fort  incertaines  et  d’ail¬ 
leurs  d’une  très  médiocre  utilité,  est  en 
réalité  la  mère  des  autres  connaissances  na¬ 
turelles  ;  c’est,  en  effet,  dans  ce  mouvement 
des  astres  si  éloignés  de  nous  et  qui  sem¬ 
blent  importer  si  peu  à  notre  existence, 
qu’on  a  été  chercher  et  qu’on  a  trouvé  la  loi 
la  plus  générale  de  la  nature,  et  celle  qui 
influe ,  sans  aucune  exception ,  sur  tous  les 
phénomènes  qui  se  passent  autour  de  nous 
et  même  dans  notre  propre  organisation. 

Cette  grande  importance  de  la  science  as¬ 
tronomique  et  ces  contrastes  que  nous  ve¬ 
nons  d’indiquer,  ressortiront  parfaitement 
d’une  simple  explication  des  différents 
aspects  sous  lesquels  la  connaissance  des 
astres  peut  être  considérée. 

Il  y  a  une  Astronomie  qu’on  peut  nom¬ 
mer  pratique  ou  expérimentale ,  qui  con¬ 
siste  à  observer  avec  attention  tous  les 
corps  brillants  qui  paraissent  au  ciel,  à 
noter  et  retracer  leur  situation  respective , 
en  les  réunissant  par  groupes  qu’on  appelle 
des  Constellations;  enfin,  à  remarquer  et 
noter,  chaque  jour,  l’heure  à  laquelle  toutes 
ces  étoiles,  et  notre  soleil,  et  notre  lune 
elle-même ,  se  lèvent  à  l’horizon  ou  dispa¬ 
raissent  du  côté  opposé,  coipme  s’ils  décri¬ 
vaient  un  demi-cercle  au-dessus  de  nos 

• 


AST 

têtes.  Cette  Astronomie  date  de  la  plus 
haute  antiquité  ;  elle  a  dû  faire  une  des  oc¬ 
cupations  et  un  des  charmes  de  la  vie  de 
tous  les  peuples  pasteurs. 

Cette  science  de  pure  observation  a  con¬ 
servé  de  nos  jours  toute  son  importance  ; 
son  horizon  s’est  étendu  par  l’intervention 
d’une  foule  d’instruments  qui ,  d’une  part , 
ont  ajouté  à  la  puissance  naturelle  du  sens 
de  la  vue ,  et  lui  ont  fait  découvrir  une  mul¬ 
titude  de  corps  qui ,  sans  eux ,  ne  l’auraient 
jamais  frappée,  et,  d’autre  part,  ont  ajouté 
à  l’observation  même  un  degré  de  précision 
impossible  sans  eux. 

Mais  cette  Astronomie  d’observation, 
qui  serait  pleine  de  vérités  si  tout  était  im¬ 
mobile,  se  compose,  au  contraire,  d’une 
foule  d’illusions  qui  résultent  des  mouve¬ 
ments  et  des  faux  jugements  qu’ils  nous  en¬ 
traînent  incessamment  à  porter.  C’est  ainsi 
que  toutes  les  étoiles  et  le  soleil  lui-même 
semblent  se  mouvoir  autour  de  nous,  tan¬ 
dis  que  la  terre  que  nous  habitons,  tour¬ 
nant  en  un  jour  sur  son  axe ,  est  la  seule 
cause  de  toutes  ces  apparences.  Ces  illusions 
sont  d’ailleurs  si  puissantes,  qu’ aujourd’hui 
même,  où  tout  le  monde  est  si  bien  con¬ 
vaincu  que  le  soleil  est  immobile,  tout  le 
monde  répète  encore  chaque  jour  que  le 
soleil  se  lève  et  que  le  soleil  se  couche . 
Les  savants  même  ont  conservé  ces  expres¬ 
sions  et  n’ont  point  imaginé  d’autres  mots 
pour  les  remplacer. 

Le  second  point  de  vue  sous  lequel  l’As¬ 
tronomie  peut  être  considérée ,  porte  le  nom 
d’Astronomie  physique  ;  son  but  est  aussi 
difficile  et  aussi  élevé  que  celui  de  l’Astro¬ 
nomie  d’observation  était  simple.  L’Astro¬ 
nomie  physique  a  pour  objet  la  connais¬ 
sance  des  mouvements  réels  que  les  astres 
exécutent,  et  la  recherche  des  lois  qui  pré¬ 
sident  à  ces  mouvements.  C’est  particulière¬ 
ment  sous  ce  point  de  vue  que  l’Astronomie 
a  été  si  longtemps  plongée  dans  de  pro¬ 
fondes  erreurs.  Ptolémée  plaçait  la  terreau 
centre  du  monde  et  la  supposait  entourée  de 
onze  cercles:  sept  pour  les  planètes,  deux 
cristallins,  un  cercle  premier  mobile,  et 
enfin  le  plus  extérieur  de  tous ,  qu’il  nom¬ 
mait  empiréc  et  qu’il  assignait  pour  séjour 
aux  bienheureux. 

Une  pareille  supposition,  qui  semblait 
d’accord  avec  les  plus  grossières  observa- 


277 


AST 

tions,  a  bientôt  présenté  d’énormes  diffi¬ 
cultés  dont  nous  ne  citerons  qu’un  exemple. 

Les  planètes  se  mouvant  effectivement 
autour  du  soleil,  chacune  à  des  distances 
différentes  et  avec  des  vitesses  aussi  très 
différentes ,  il  en  résulte  que ,  vues  de  la 
terre ,  ces  planètes  semblent  marcher  tantôt 
dans  un  sens  et  tantôt  dans  l’autre.  On  ne 
peut  se  faire  aucune  idée  des  efforts  d’ima¬ 
gination  et  de  calcul  qu’il  a  fallu  faire  pour 
essayer  de  concilier  chaque  nouvelle  ob¬ 
servation  avec  le  système  adopté;  et,  par 
exemple,  il  a  fallu  supposer  que  certains 
corps  se  mouvaient  dans  un  cercle  dont  le 
centre  parcourait  lui-même  un  autre  cercle, 
lequel  avait  à  son  tour  son  centre  enchaîné 
dans  un  troisième;  car  on  s’était  fait  une 
singulière  idée  d’une  certaine  noblesse  des 
astres  qui  ne  leur  permettait  pas  de  se  mou¬ 
voir  autrement  que  dans  un  cercle,  la  plus 
noble,  la  plus  symétrique  et  la  plus  par¬ 
faite  de  toutes  les  figures  géométriques. 

Pendant  quatorze  cents  ans,  le  système  de 
Ptolémée  a  subsisté ,  et  les  astronomes  ont 
déployé,  pour  le  défendre  et  le  concilier 
avec  les  observations,  cent  fois  plus  de  gé¬ 
nie  et  de  travail  qu’il  n’en  a  fallu  depuis 
pour  en  démontrer  l’erreur. 

Copernic  a  osé ,  le  premier,  attaquer  une 
erreur  si  tenace,  et  il  a  fait  voir  que  toutes 
les  observations  se  conciliaient  aisément,  et 
que  le  système  du  monde  devenait  très 
simple,  en  admettant  que  le  soleil,  aussi 
bien  que  les  étoiles,  étaient  immobiles,  pen¬ 
dant  que  la  terre  et  toutes  les  planètes  tour¬ 
naient  autour  de  leur  axe  et  autour  du  soleil 
comme  centre ,  non  dans  des  cercles ,  ainsi 
qu’on  le  croyait  autrefois,  mais  dans  des 
ellipses. 

Il  est  remarquable  que  l’ouvrage  de  Co¬ 
pernic,  où  son  système  est  développé,  et 
qui  est  intitulé  :  De  revolutionihus  ce- 
lestihus j  a  paru  précisément  le  jour  de  sa 
mort. 

C’est  un  caractère  des  grands  génies ,  de 
deviner  des  faits  encore  inconnus.  Copernic 
écrivait  avant  l’invention  du  télescope ,  qui 
seul  a  permis  de  distinguer  les  phases  des 
planètes  ;  il  a  cependant  établi  l’existence  de 
ces  phases  et  prédit  qu’on  les  découvrirait. 

Ce  n’était  point  assez  pour  l’Astronomie 
physique  de  découvrir  la  réalité  des  mou¬ 
vements  célestes,  il  fallait  encore  en  con- 


AST 

stater  les  lois  :  ç’a  été  l’œuvre  de  Képler, 
ainsi  que  nous  l’avons  dit  au  mot  astres. 

Connaître  certaines  lois  des  mouvements 
des  planètes  ,  analyser  ceux  de  la  terre  et 
du  satellite  qui  lui  est  enchaîné,  vérifier  les 
lois  du  mouvement  qui  entraîne  les  petits 
corps  vers  la  terre  elle-même,  ce  n’était 
encore,  en  quelque  sorte,  qu’observer  judi¬ 
cieusement  les  phénomènes  de  la  nature  ; 
il  était  donné  à  Newton  de  surprendre  son 
secret  et  d’annoncer  qu’une  seule  et  même 
puissance ,  agissant  avec  égalité  et  suivant 
les  mêmes  lois,  sur  toutes  les  particules 
matérielles  du  monde  visible,  était  la  cause 
unique  de  tous  les  phénomènes  observés. 

C’est  la  découverte  de  cette  loi  générale 
de  la  nature  qui  nous  a  fait  dire  que  l’As¬ 
tronomie  était ,  en  quelque  sorte  ,  la  mère 
de  toutes  les  connaissances  naturelles  ;  car 
c’est  l’Astronomie  qui  a  fourni  à  Newton 
l’occasion  et  la  preuve  de  sa  découverte. 
En  étudiant  les  mouvements  de  la  lune  au¬ 
tour  de  la  terre ,  il  chercha  à  déterminer 
de  combien  elle  s’approcherait  de  celle-ci 
en  une  minute,  si  elle  était  abandonnée  à 
elle-même.  Or,  comme  la  lune  est  placée  à 
une  distance  de  la  terre  égale  à  soixante 
fois  le  rayon  de  celle-ci,  s’il  était  vrai  que 
l’attraction  s’exerçât,  comme  il  le  suppo¬ 
sait,  en  raison  inverse  du  carré  des  dis¬ 
tances,  la  lune  ne  devait  tomber  sur  la 
terre  que  d’une  quantité  3,600  fois  plus 
petite  que  les  corps  placés  au  bout  du  rayon 
de  la  terre ,  c’est-à-dire  à  sa  surface  ;  or  , 
ces  corps  tombant  de  15  pieds  dans  une 
seconde ,  la  lune  ne  devait  tomber  que  de 
1 5  pieds  dans  une  minute. 

Pour  connaître  la  valeur  de  cette  force 
qui  attire  la  lune,  il  fallait  connaître  exac¬ 
tement  l’étendue  de  l’arc  décrit  par  elle 
dans  son  orbite  en  une  minute  :  or ,  les 
tables  de  la  lune  étaient  alors  fort  peu 
exactes,  et  Newton  dut  attendre  15  ans 
qu’elles  se  fussent  perfectionnées  pour  voir 
enfin  le  petit  sinus  varié  de  l’arc  décrit 
par  la  lune  en  une  minute,  égaler  précisé¬ 
ment  l’espace  parcouru  en  une  seconde  par 
un  corps  qui  tombe  à  la  surface  de  la  terre. 

Newton  a  douté,  nous  devons  en  conve¬ 
nir,  que  cette  belle  loi  de  l’attraction  qu’il 
avait  démontrée  pour  les  corps  célestes,  fût 
également  applicable  aux  dernières  molé¬ 
cules  des  petits  corps  qui  sont  a  notre 


278 


AST 


AST 

disposition;  il  fi’a ,  par  conséquent,  pris 
connu  toute  la  beauté  et  toute  la  généra¬ 
lité  de  sa  découverte  ;  mais  lés  physiciens 
qui  lui  ont  succédé  ont  constaté,  par  expé¬ 
rience,  l’exactitude  de  la  loi  pour  des  petits 
corps  voisins  les  uns  des  autres  ;  et  notre 
célèbre  de  Laplacé  est  parvenu  à  la  conci¬ 
lier  avec  les  phénomènes  d’adhésion  et  de 
cohésion. 

Une  troisième  branche  de  l’Astronomie  , 
non  moins  difficile  et  non  moins  brillante 
dans  ses  résultats ,  a  pour  objet  l’applica¬ 
tion  des  plus  hautes  méthodes  mathéma¬ 
tiques  à  ces  mouvements  si  variés  et  sou¬ 
mis  à  tant  d’influences  diverses  que  les 
astres  exécutent.  Outre  la  difficulté  des  mé¬ 
thodes  elles-mêmes ,  les  calculs  astrono¬ 
miques  sont  souvent  d’une  multiplicité  et 
d’une  étendue  capables  de  lasser  la  patience 
la  plus  robuste.  Heureusement,  Napier,  en 
inventant  les  logarithmes ,  les  a  considéra¬ 
blement  facilités. 

C’est  à  cette  belle  science  du  calcul  qu’est 
dû  ce  grand  effort  de  l’esprit  humain ,  par 
lequel  un  homme  semble  se  survivre  à  lui- 
même,  et  par  lequel  il  est  devenu  possible  de 
prédire,  avec  la  plus  grande  exactitude,  des 
phénomènes  qui  n’arriveront  que  dans  un 
temps  très  éloigné:  c’est  ainsi,  par  exemple, 
qu’une  éclipse  de  soleil  est  annoncée  avec 
la  plus  minutieuse  exactitude  pour  son 
commencement ,  pour  sa  durée  et  pour  sa 
fin  ;  c’est  ainsi,  et  ce  résultat  est  plus  ad¬ 
mirable  encore ,  que  de  Laplace  a  réussi  à 
démontrer  qu’au  milieu  de  ces  variations 
perpétuelles ,  l’ensemble  de  notre  système 
planétaire  avait  une  constitution  fixe  et  im¬ 
muable. 

Une  quatHèmé  branche  de  l’Astronomie 
devrait  traiter,  non  plus  comme  autrefois, 
sous  le  nom  d 'Astrologie,  de  l’influence 
imaginaire  des  astres  sur  les  événements 
de  la  vie ,  filais  de  l’iriflUence  matérielle , 
importante  et  générale,  que  les  astres  exer¬ 
cent  sur  les  phénomènes  qui  se  passent  à 
la  surface  du  globe ,  et  en  particulier  sur 
ceux  que  présentent  les  êtres  organisés. 

Cette  science  n’existe  point  encore,  il  est 
vrai,  comme  réunion  systématique  et  uni¬ 
voque  ;  mais  les  faits  qui  doivent  la  com¬ 
poser  sont  épars  dans  une  foule  de  bran¬ 
ches  scientifiques  de  différents  noms.  On 
peut  citer,  pour  exemple ,  l’influence  des 


etbiiès  fixés  ét  du  soleil  sur  la  température 
des  différents  points  du  globe  ,  toute  la 
théorie  des  climats,  les  Causes  et  les  lois 
des  marées  proprement  dites ,  celles  des 
marées  atmosphériques ,  la  configuration 
actuelle  et  les  changements  de  forme  fu¬ 
turs  de  notre  globe,  etc.,  etc. 

Il  serait  fort  à  désirer  que  quelque  ha¬ 
bile  homme  se  chargeât  de  réunir,  à  l’usage 
des  naturalistes ,  toutes  les  notions  astro¬ 
nomiques  qui  leur  seraient  utiles  i  et 
qu’il  leur  est  aujourd’hui  si  difficile  de 
rassembler.  Notre  illustre  collaborateur , 
M.  Arago ,  serait  éminemment  propre  à 
réaliser  ce  beau  travail  ;  il  nous  a  du  moins 
promis  quelques-unes  des  principales  no¬ 
tions  de  cet  ordre,  qu’on  trouvera  aux 

mots  LUNE  j  COMÈTE  ,  SOLEIL  ,  INFLUENCES 
STELLAIRES,  etC.  (pELLETAN.) 

* ASTHOPECTEN  (astrum  ,  astre, 
étoile  ; pécten ,  peigne),  zooph. — Sous-genre 
d’ Astéries  admis  par  Linck  et  correspondant 
à  celui  de  Pantastcrias ,  Blainv.,  etc.  Voy. 

ASTÉRIE.  (P.  G.) 

*  ASTROPECTINIDÆ  (d 'Astropec- 
ten ,  genre  d’ Astéries),  échin.  —  M.  J.-E. 
Gray  (Ann- andMayas-  ofnat  hist ,  \  8  H), 
180)  établit,  soüs  ce  nom,  une  famille  de 
l’ordre  des  Astéries  om  Asteroida ,  et  y  place 
les  Nauricià ,  Gray;  Luîdià ,  Forbes;  Pc ( fi¬ 
las  ter,  Gray;  Solaster,  Forbes;  Astropcc - 
ten,  Linck;  et  Henri  cia,  Gray.  Ces  animaux 
n’ont  que  deux  rangées  de  suçoirs  aux  sil¬ 
lons  des  ambulacres  ;  leur  dos  est  aplati , 
garni  de  nombreux  tubercules  surmontés 
d’épines  radiées  à  leur  sommet,  et  que 
M.  Gray  nommé  Pàxilli.  (P.  G.) 

*  ASTROPHEA,  DC.  ( Prodr .,  III,  p 

322,  snb  Pa?si/ïora)(à.<STpc'i ,  astre;  cpaw, 
üatvw,  je  brille).  Bbt.  nt. — Genre  ou  s. -gen¬ 
re  de  la  famille  des  Passifloréés,  adjoint  par 
son  auteur,  avec  doute,  au  genre  Passiflo- 
râ.  Il  est  fondé  sur  les  Passiflora  glauca 
et  emarginata  Humb.  et  Bonpl.  (Plant, 
èquat.,  tâb.  22  et  23);  espèces  qui  diffèrent 
dé  toutes  les  autres  Passiflores  en  ce  qu’el¬ 
les  sont  de  grands  arbrisseaux  non  sarmen- 
teüx  et  dépourvus  de  vrilles  ;  leurs  fleurs , 
dépourvues  d’involucre,  offrent  des  périan- 
thes  a -partis.  (Sp.) 

ÀSTItOPMYTE .  A  s  t  rophylôn  (aor  p  ov, 
astre;  eputov ,  planté).  ÉchîN.  —  Nom  par 
lequel  Linck  désignait  les  animaux  échifio- 


AST 


dormes  de  Tordre  des  Stellariés,  appelés, 
depuis,  1 fyiryale  par  Lamèrcb.  (p.  G.) 

A^TÏVOPIÏYTON  (aorpov,  astre,  étoile  ; 
(puroy,  plante),  échiw,  t-  LincK,  dans  son 
(frs  BtoUes  de  mer,  publiée  en 
1 7  q  3  ?  appelait  ainsi  une  classe  de  la 
deuxième  section  des  Étoiles,  et  qui  répond 
parfaitement  au  genre  Eqryale,  tel  que  La- 
marcjt  l’a  depuis  établi  (Voy.  euryale). 
Quelques  auteurs  ont  adopté  le  nom  d’4$- 
trophyfon.  (P-  G.) 

(wTpoy,  étoile; 
cpuTo'v,  plante),  pot.  th.  tt-Nqus  ayons  fondé 
ce  genve  de  la  famille  des  çactacées,  sur  une 
plante  fort  extraordinaire  par  ses  formes, 
lesquelles  s’éloignent,  par  leur  àspect  inso¬ 
lite,  des  formes  déjà  Si  extraordinaires  elles- 
mêmes  de  petto  famille  singulière-  C’est  une 
plante  subglobuleuse,  à  cinq  ou  six  angles 
très  robustes ,  obronds  ou  légèrement  ai¬ 
gus,  d’un  vert  glauque,  parsemée  d’une 
myriade  de  petits  points  blancs,  qui,  vus  à 
la  loupe,  présentent  une  petite  touffe  de 
poils  (uMçïe  nçtmen  spççifienm)'  som¬ 
met  en  esf  légèrement  ombiliqué,  et  la 
crête  des  cèpes  est  roupie  ,  au  lieu  de  fais¬ 
ceau  d’épines ,  d’une  touffe  de  soies  brunes 
ou  fauves ,  et  quelquefois  de  2  oq  3  aiguil¬ 
lons  d’une  extrême  petitesse  ,  quoique  fort 
raides.  Cette  plante,  qui  paraît  n’avoir  en¬ 
core  fleuri  que  chez  M.  le  Prince  de  Salm  , 
tient  des  Qpuntiées  par  ses  aréoles ,  et  des 
Échinocactes  par  ses  fleurs  et  sa  forme. 
Nous  reviendrons  sur  son  compte  à  l’ar- 
tjele  cactacées  ,  dans  lequel  nous  espérons 
en  donner  la  diagnose  complète {Voy-  Cac- 
tearum  nova  généra  spççiçsque  novce , 
où  se  trouve  upe  description  provisoire  dé¬ 
taillée).  VA:  myriostigma  paraît  indigène 
au  Mexique ,  d’où  il  a  été  envoyé,  en  1^30, 
en  Europe.  (G-  L-) 

ASTIIQPOPE  (<&TTpoy,  étoile  jîcoûs,  pied)- 

ÉCBIW.rrr?  VoyCZ  ASTRQTC'S.  (ff.  G.) 

*  ASTRQFUS  (acTpsv,  astre;  nwi,  pied). 
ÉcHiN.  —  m.  Gray,  dans  son  Synopsis  p/ 
Starfish ,  publié  dans  l’année  1840  des 
Ann.  and  Magaz.  of  nat.  hist .,  donne  ce 
nom  à  un  sous-genre  (V  Aslropccien,  com¬ 
prenant  l’espèce  nouvelle  qu’il  appelle  4- 
Longipçs.  (P.  G.) 

*ASTROFU§,  Spreng.  Eut., 

III,  p.  64).  (aa-pov,  étoile  ;  wçQç,  pied),  bot. 
ru.  --  Double  emploi  du  genre  Walthe- 


AST  279 

ria,  L.  ;  de  la  famille  des  Byttnériacées. 

(Sr.) 

*  ASTROTPELÏÏJM  (*arf> qv,  étoile  ; 
ôïdon,  mamelon),  bot.  cr.  —  Genre  de  la 
famille  des  Lichens,  tribu  des  Trypéthélia- 
çées,  établi  par  Eschweiler  ( Syst .  Lich., 
p.  18,  f.  25,  et  Mart.  FL  Bras.,  I,  t.  9,  f. 
5),  et  auquel  il  donne  pour  caractères  : 
Thalle  crustacé.  Périthèpes  plus  ou  moins 
nombreux,  disposés  en  cercle  et  profondé¬ 
ment  immergés  dans  des  verrues  formées 
par  UU  stroma  cploré.  Ostioles  allongés, 
convergents,  et  s’ouvrant  par  un  pore  com¬ 
mun  au  sommet  de  la  verrue.  Ce  genre, 
comme  on  le  voit,  est  bien  voisin  des  T>y- 
petfielium;  il  n’en  diffère  essentiellement, 
selon  le  lichénographe  allemand,  que  comme 
son  g.  Pyrenastrvyn  {Papmentoria,  Fée) 
diffère  lui-même  des  Yerrucqires,  c’est-à- 
dire  par  des  ostiqles  allongés  et  conver¬ 
gents.  Qn  a  véritablement  poussé  un  peu 
loin  les  distinctions  génériques  dans  les 
deuy  tribus  des  Yerrqcariées  et  des  Trypé- 
théliacées,  et  Fries  a  eu  raison  de  dire  que 
les  genres  Jrypetbcli uni,  4strotikeliu?n 
et  Parmentaria,  ne  diffèrent  pas  plus  des 
vraies  Yermcaires  que  lesSpbéries  des  tri¬ 
bus  liijnosœ ,  Jncasce ,  Circinalœ ,  ne 
diffèrent  des  Spbéries  simples.  Il  existe,  en 
effet,  soit  entre  les  genres  Trypctheliam 
et  Astmtheliurft,  soit  entre  les  Parmenta¬ 
ria  et  les  Yermcaires,  une  foule  d’états 
transitoires  qui  doivent  jeter  une  grande  in¬ 
certitude  sqr  le  genre  auquel  il  faut  rappor¬ 
ter  l’individu  qu’on  observe.  Comme  ce 
genre  pavait  adopté  par  Fries  et  que 
MM-  Lipdley  {Anat.  Syst.  ofBot.)  et  End- 
licher  (Geper.  Plqnt.)e n  ont  tenu  compte, 
nous  n’avops  pas  dû  l’omettre  dans  ce  Die- 
tionnaire.-r-  Çe  genre,  exclusivement  tropi¬ 
cal,  comme  les  deux  aqtres  de  la  même  tri¬ 
bu,  ne  se  compose  que  de  quatre  espèces. 
Eschwefler  y  rapporte  le  Trypeffrelium  la- 
genifernm  Açh.,  et  le  T.  Sprçngelii  Fée, 
non  Açh.  Il  y  a  là  certainement  une  grande 
et  déplorable  confusion  qui  pe  cessera  qu’à 
une  Seule  condition  :  c’est  que  les  lichéno- 
grapbes  se  feront  un  devoir,  la  chose  étant 
possible,  de  communiquer  les  types  de 
leurs  espèces,  et  ne  prendront  pas  à  tâche 
de  les  soustraire  à  l’examen  de  ceux  dont  ils 
semblent  ainsi  redouter  le  contrôle.  Ces 
cachotteries  dénotent  une  défiance  très  pré- 


sso 


AST 


AST 


judiciable  aux  progrès  de  la  science.  Un 
échantillon  mis  en  circulation  la  sert  cent 
fois  mieux  que  la  meilleure  description.  Et 
d’ailleurs,  entre  le  puissant  intérêt  de  la 
vérité  et  l’intérêt  précaire  de  l’amour-propre, 
devrait-il  être  permis  de  balancer  un  in¬ 
stant?  (G.  M.) 

*  ASTROTRICHA,  DC.  (âatpov,  étoile; 
6 pii- ,  cheveu),  bot.  th.  —  Genre  de  la 
famille  des  Ombellifères  (tribu  des  Hy- 
drocotylées,  Koch;  tribu  des  Disaspidos- 
permées ,  sous  -  tribu  des  Xanthosiées , 
Tausch.).  M.  De  Candolle  ( Mèm .,  Y,  p. 
29,  tab.  5  et  6;  id.  Prodr.;  t.  IY,  p.  74) 
en  donne  les  caract.  suivants  :  Tube  calici- 
nal  ovale;  limbe  minime,  5-denticulé.  Pé¬ 
tales  elliptiques-oblongs,  persistants,  plans, 
veloutés  en  dessous.  Styles  2 ,  filiformes, 
point  épaissis  vers  leur  base.  Méricarpes 
ovales-oblongs,  contractés  vers  la  commis¬ 
sure,  à  9  côtes  très  obtuses,  à  peine  sail¬ 
lantes;  les  deux  côtes  latérales  marginantes, 
presque  ohlitérées.  Point  de  bandelettes 
dorsales;  commissure  à  2  bandelettes. — 
Sous  -  arbrisseaux  à  pubescence  étoilée. 
Feuilles  alternes,  pétiolées,  très  entières, 
glabres  en  dessus,  pubérules-blanchàtres  en 
dessous.  Inflorescences  paniculées,  compo¬ 
sées  d’ombelles  simples.  Involucres  oligo- 
phylles,  à  folioles  linéaires.  Ce  genre  ap¬ 
partient  à  la  Nouvelle-Hollande  ;  on  en  con¬ 
naît  six  espèces.  (Sp.) 

ASTRYCIUM,  plus  correctement  AS- 
TRICIUM  (àanr.?,  étoile),  bot.  cr. — Genre 
de  Champignons,  qu’on  trouve  énoncé  par 
Rafinesque  Schmaltz  ,  dans  le  prospectus 
des  plantes  trouvées  aux  États-Unis  {Med. 
repertory  of  Netv-York,  vol.  Y,  p.  356, 
et  Journal  de  Lot.  de  Desvaux ,  vol.  II, 
p.  166).  Ce  g.  appartient  à  la  section  des 
Lycoperdacées.  Il  est  caractérisé  par  un  pé- 
ridium  quinquéfide  et  dimidié  qui  ne  s’ouvre 
pas.  La  fructification  est  placée  au  centre. 
Les  caract.  que  lui  donne  Rafinesque  sont 
si  incomplètement  exposés,  qu’aucun  au¬ 
teur  n’en  a  fait  mention.  Il  croît  dans  le 
New-Jersey  et  la  Pensylvanie.  (L£v.) 

ASTTJR.  ois. — Nom  ancien  de  l’Autour. 
Voyez  ce  mot.  (C.  d’O.) 

ASTURINE.  Asturina  (d 'Asl/tr,  nom 
latin  de  l’Autour,  avec  lequel  les  espèces  de 
ce  g.  ont  du  rapport  de  plumage),  ois.  — 
Genre  formé  par  Yieillot  sur  une  espèce  d’oi¬ 


seau  de  proie  figurée  dans  Bufîon  (Enl.,  473) 
sous  le  nom  de  petit  Autour  de  Cayenne 
(. Falco  ca.ycnnensis  Gml.),  et  est  elle- 
même  l’espèce  type  du  g.  Cymindis  de 
Cuvier,  que  nous  admettons  de  préférence, 
ainsi  que  tous  les  ornithologistes  modernes. 
Asturine  n’est  donc  que  le  synonyme  de 
Cymindis.  Voy.  ce  dernier  mot.  (Lafr.) 

*A8TYCIJS  (àatuxcl;,  galant,  poli). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétramères, 
famille  des  Curculionides,  ordre  des  Gona- 
thocères,  légion  des  Brachyrhynques ,  divi¬ 
sion  des  Brachydérides,  établi  par  Schoen- 
herr  ( Généra  et  Species  Curculionidum, 
t.  II,  pars  I,  p.  91  ). 

Les  espèces  de  ce  genre  ont  le  faciès  des 
Tanymescus  ;  mais  elles  en  diffèrent  par 
leurs  antennes,  plus  courtes,  et  par  la  struc¬ 
ture  de  leur  rostre  anguleux ,  plan  en  des¬ 
sus  et  canaliculé.  Leur  corps  est  allongé, 
convexe  et  ailé.  M.  Dejean,  dans  son  der¬ 
nier  Catalogue,  en  désigne  4  espèces,  dont 
2  des  Indes  orientales,  une  de  la  Nouvelle- 
Hollande  ,  et  une  dont  la  patrie  est  incon¬ 
nue.  M.  Schoenherr  n’en  décrit  que  deux  : 
l’une,  qu’il  nomme  A.  variahilis,  et  qui  lui 
a  été  communiquée  par  M.  Chevrolat;  l’autre 
qui  est  le  Curculio  laleralis  de  Fabr.  Tou¬ 
tes  deux  sont  du  Bengale.  (D.) 

*ASTYDAMIA,  DC.  bot.  th.  —  Gen¬ 
re  de  la  famille  des  Ombellifères  (tribu  des 
Peucédanées ,  Koch  ;  tribu  des  Diclidosper- 
mées,  s. -tribu  des  Peucédanées ,  Tausch.), 
auquel  son  auteur  {Mèm.,  t.  Y,  p.  53,  tab.  I , 
fig.D;  id.  Prodr.,  t.  IV,  p.  190)  assigne 
pour  caract.:  Calice  à  bord  5-denté.  Pétales 
obovales,  entiers,  surmontés  d’une  languette 
infléchie.  Stylopodes  épais. Styles  trèseourts. 
Fruit  comprimé,  à  rebord  épais  ;  méricarpes 
subfongueux,  5-costés  ;  les  trois  côtes  dor¬ 
sales,  cristées,  rapprochées;  les  deux  côtes 
latérales  confluentes  avec  le  rebord.  Ban¬ 
delettes  peu  nombreuses. — Herbe  suffrutes- 
cente,  charnue,  glabre.  Feuilles  pennatipar- 
tites;  à  segments  cunéiformes,  incisés-dcn- 
tés  au  sommet.  Involucre  et  involucelles 
polyphylles.  Fleurs  jaunes.  Ce  genre  ne 
comprend  qu’une  seule  espèce  (  A.  cana- 
riensis  DC.)  :  c’est  le  Crithmum  latifo - 
liumlt.,  le  Ténor ia  canariensis  Sprcng., 
et  le  Laserpitium  crithmifolium  Link. 

(Sv.) 

*ASTYIJG.  Aslyltts  (à  priv. ;  urù).o;f 


281 


ASY 

style),  bot. —  Wachendorff  a  donné  cette 
épithète  aux  plantes  dont  les  fleurs  sont  dé¬ 
pourvues  de  style.  (C.  d’O.) 

* ASTYLU8  (à  priv.  5  gtÛXoç,  stylet). 
INS. — Genre  de  l’ordre  des  Coléoptères  pen¬ 
tamères  ,  famille  des  Malacodermes ,  tribu 
des  Mélyrides,  établi  par  M.  Delaporte  aux 
dépens  du  g.  Dasyles  de  Paykull  ( Revue 
eiitom .  deSilbermann,  t.  IV,  p.  32).  L’au¬ 
teur  rapporte  à  ce  genre  les  Dasytes  linea- 
tus  Fabr.,  variegatus  Germar,  Antis  Por- 
ty  ou  faciatus  Germ. ,  quadrilineatus 
Germ.,  et  autres  grandes  et  belles  espèces 
du  Pérou  et  du  Chili.  (D.) 

*  ASTYIVOMU8  («feruvc^ôç,  édile),  ins. 

—  M.  Dejean  {Cat.%  3e  édit.)  désigne  ainsi 
un  genre  de  Coléoptères  tétramères,  famille 
des  Longicornes,  tribu  des  Lamiaires ,  que 
M.  Serville  avait  publié  avant  lui  {Ann.  de 
la  Soc.  ent.  de  Fr.,  1835,  t.  IV,  p.  32) 
sous  le  nom  d 'Ædilis,  qui  est  celui  de  l’es¬ 
pèce  qui  lui  sert  de  type  {Lamia  Ædilis 
des  auteurs).  Quoique  cette  conversion  d’un 
nom  spécifique  en  nom  générique  soit,  à  no¬ 
tre  avis,  très  vicieuse,  nous  avons  dû  adopter 
le  nom  d’ Ædilis  de  M.  Serville  comme  plus 
ancien.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

*  ASYMÉTRIQUE  (à  priv.;  oup.[i.sTpia , 
symétrie),  moud.  — Les  conchyliologistes 
donnent  ce  nom  aux  coquilles  univalves 
dont  les  côtés  ne  sont  pas  réguliers,  par 
rapport  à  un  axe  tiré  du  sommet  à  la  base. 

(C.  d’O.) 

*  ASYSTASIA,  Blume  {Bijdr, p.  796). 
(aouoraaia,  confusion),  bot.  ph. — Genre 
de  la  famille  des  Acanthacées  (tribu  des 
Echmatacantées  ,  sous -tribu  des  Ruel- 
liées ,  Nees) ,  offrant  pour  caractères  es¬ 
sentiels  :  Calice  5-parti ,  régulier.  Corolle 
subinfondibuliforme,  5-fide  :  lobes  presque 
égaux.  Étamines  4  ,  incluses,  didynames, 
insérées  au  tube  de  la  corolle  5  filets  soudés 
deux  à  deux  par  la  base  ;  anthères  à  bour¬ 
ses  étroites,  parallèles,  calleuses  ou  appen- 
diculées  à  la  base.  Ovaire  1 -style,  à  deux 
loges  2-ovulées.  Stigmate  1-lobéou  2-denté, 
capitellé.  Capsule  stipitée,  4-gone,  2-locq- 
laire,  4 -sperme.  Graines  disciformes.  — 
Herbes  ou  sous-arbrisseaux  de  l’Asie  équa¬ 
toriale  ;  feuilles  opposées  ;  grappes  axillai¬ 
res  ou  terminales,  spiciformes,  unilatérales; 
bractées  et  bractéoles,  petites,  isomètres. 

(Si*-) 


ATA 

ATA.  $qt.  rs.  —  Nqm  générique  des 
Cistes  dans  une  partie  de  l’Espagne  où  ils 
couvrent  les  terres  incultes.  (C.  d’O.) 

ATACAMITE.  min.  —  Voyez  ataka- 
Mïte.  (Dei..) 

*  ATACCIE.  Alaccia  .  bot.  ph. — Genre 

établi  par  Près,!  ( Reliq .  Haenk.  î,  p.  149) 
pour  le  Tacca  integrifolia  de  Ker  {Bot. 
mag.  t.  1488)  et  Roxb. {Corom.  t.  257).  Ce 
g.  ne  diffère  pas  sensiblement  du  Tacca. Le 
seul  caractère  qui  le  distinguerait ,  c’est 
un  ovaire  à  3  trophospermes  pariétaux  et 
saillants,  de  manière  à  simuler  un  fruit 
comme  à  3  loges  ;  tandis  qu’il  est  bien 
réellement  uniloculaire  dans  le  g.  Tacca . 
Voy.  ce  mot.  (A.  R.) 

*  ATACTOMORPHOSE.  Atactomor- 
phosis  (àraîCTcç ,  inflexible  ;  p-opcpii,  forme). 
zool.  —  Les  entomologistes  appellent  ainsi 
l’état  complet  d’immobilité  de  certaines 
Nymphes,  qui  n’en  sortent  qu’à  l’époque  de 
leur  dernière  métamorphose.  (C.  d’O.) 

ATAGAS.  Atagen.  ois.  —  Nom  du 
Lagopède  en  habit  diète  selon  Maudiut. 

(Lafr.) 

ATAGO  ou  ATTAGAS.  ois.—  Noms 
corrompus  de  celui  d ' Attagennc  r  qu’on 
donne  à  VAUagas  ou  Lagopède .  Voy.  ce 
dernier  mot.  (Lafr.) 

ATAJA.  poiss. —  Nom  d’un  poisson  de 
la  mer  Rouge,  indiqué  et  décrit  par  Fors- 
kal  sous  le  nom  de  Sciœna  ruhra.  Dans 
le  Dictionnaire  classique,  ce  nom  est  donné 
comme  synonyme  d’une  esp.  du  g.  Hola- 
canthe  de  la  famille  des  Squamipennes.  Nous 
avons  retrouvé  l’esp.  de  Forskal,  et  c’est  au 
g.  des  Scorpènes  qu’elle  appartient.  (Val.) 

ATAMAMITE  (  d 'Atakama  ,  nom  de 
lieu),  min.  —  Nom  sous  lequel  on  désigne 
le  cuivre  oxy-cfiloruré ,  rapporté  pour  la 
première  fois  du  désert  d’Atakama*  dans 
l’Amérique  méridionale.  Voy.  cuivre  oxy¬ 
chlorure.  (Dei,.) 

*ATALANTA,  Nutt.;  Gen.  Amer.  2 , 
p.  73.  non  Corréa  (nom  d’homme),  bot. 
th.  —  Synonyme  du  g.  Peritoma ,  DC.,  de 
la  famille  des  Capparidées.  (Sp.) 

*  ATAUANfTBUS  (  Atalanthe ,  nom 
myth.  ).  bot.  th.  —  Genre  de  la  famille  des 
Composées,  fondé  parM.  Don,  et  réuni  ac¬ 
tuellement,  par  M.  De  Candollc,  au  g.  Son- 
chus  ,  dont  il  ne  paraît  différer  que  par 
l’absence  de  renflement  à  la  base  de  \  invo- 

•  .  is* 


t.  il. 


ATE 


282  ATA 

lucre  ;  les  deux  esp.  sur  lesquelles  M.  Don 
avait  établi  son  g.  sont  les  Prenanthes 
pinnata  et  spinosa.  (J.  D.) 

*  ATALAXTIA ,  Corréa  (Annal,  du 

Mus. ,  t.  TI,  p.  383).  bot.  pïï.  — Genre  de 
la  famille  des  Aurantiacées,  offrant  pour  ca- 
ract.  :  Calice  4-ou  5-denté.  Pétales  4  ou  5. 
Étamines  8  ou  10;  filets  libres  et  subulés  au 
sommet,  soudés  inférieurement  en  tube. 
Anthères  cordiformes  ,  oyales.  Ovaire  glo¬ 
buleux  ,  ordinairement  4-loculaire  ;  ovules 
géminés  dans  chaque  loge,  collatéraux,  at¬ 
tachés  vers  la  base  de  l’angle  interne.  Style 
aussi  long  que  l’androphore;  stigmate  3-ou 
4-lobé.  Baie  3-ou  4-loculaire,  3-ou4-sper- 
me,  globuleuse.  —  Arbres  ou  arbrisseaux 
épineux.  Feuilles  simples.  Fleurs  axillaires 
et  terminales.  Ce  g.  comprend  4  ou  5  esp., 
toutes  indigènes  de  l’Asie  équatoriale.  La 
plus  remarquable  est  VA.  monophylla  DC. 
(Limonia  monophylla  L.  —  Roxb.  Co¬ 
rom.  I,  tab.  82.;  Turrœa  virens  Kœn.; 
Trichilia  spinosa  Willd .  )  (Sp.) 

ATALAPHE.  mam.  —  Genre  proposé 
par  Rafinesque ,  et  fort  imparfaitement 
connu.  Voy.  vespertieiens.  (I.  G. -S. -H.) 

ATALERRIE.  bot.  ph.— Syn.  d’ Hydro- 
Ica  zeylanicaVdh\.  Voy.  hydrole.  (C.d’O.) 

*  ATAMISQIJE  A  ^  Miers  (Travels  in 
Chili ,  II,  p.  529.  —  Hook.  et  Arn.  Bot. 
Mise.  III,  p.  143)  (nom  vernaculaire),  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Capparidées, 
DC.  (tribu  des  Capparées,  DC.).  D’après 
les  descriptions  des  auteurs  précités,  il  of¬ 
fre  les  caract.  suivants  :  Calice  de  4  sépales; 
les  2  extérieurs  (postérieur  et  antérieur) 
ovales,  obtus,  concaves,  velus  en  dessus  ; 
les  2  intérieurs  (  latéraux  )  beaucoup  plus 
petits,  oblongs,  obtus,  velus.  Disque  char¬ 
nu,  triangulaire,  tapissant  le  fond  du  calice, 
à  angle  postérieur  prolongé  en  forme  de  li¬ 
gule.  Pétales  4  ,  linéaires-lancéolés  ,  con¬ 
caves  ,  velus  en  dessus  ;  les  2  supérieurs 
alternes  avec  le  prolongement  liguliforme 
du  disque  ;  les  2  inférieurs  insérés  devant 
les  2  angles  antérieurs  du  disque.  Étamines 
6 ,  monadelphes  par  la  base  ;  androphore 
velu  ,  globuleux  ,  fortement  gibbeux  pos¬ 
térieurement  ,  engainant  la  base  du  stipe 
de  l’ovaire  ;  filets  glabres ,  arqués  en  de¬ 
dans  ;  le  rudiment  d’une  7  e  étamine  en¬ 
tre  les  2  filets  postérieurs.  Ovaire  sti- 
pité,  claviforme,  acuminé»  arqué  en  de¬ 


dans.  Style  court ,  terminé  en  stigmate 
pointu.  Baie  globuleuse,  1 -sperme,  crusta- 
cée,  apiculée  par  le  style,  couverte  d’une 
pubescence  furfuracée.  Graine  apérisper- 
mée.  Embryon  à  cotylédons  grands,  épais, 
convolutés  ;  radicule  latérale ,  cylindrique  , 
supère.  —  Arbuste  (  du  Chili  )  à  rameaux 
cylindriques,  subspinescents ,  incanes  par 
une  pubescence  furfuracée.  Feuilles  courle- 
ment  pétiolées,  étroites,  échancrées,  vertes 
en  dessus ,  furfuracées  en  dessous  ;  la  plu¬ 
part  opposées,  les  supérieures  éparses.  Pé¬ 
doncules  axillaires  ,  solitaires  ,  1 -flores  J 
VA.  emarginata  Miers ,  constitue  seul  ce 
genre.  (Sr.) 

ATAX.  arach. — Dénomination  appli¬ 
quée,  par  Fabricius,  à  un  g.  de  la  classe  des 
Arachnides  trachéennes,  synonyme  de  celle 
d ' Hydrachna  de  Müller.  Voy.  ce  mot. 

(Be.) 

*  ATAXIE.  Ataxia  (àra^a,  imperfec¬ 

tion).  bot.  ph. — Genre  de  la  famille  des  Gra¬ 
minées  ,  qu’il  ne  faut  pas  confondre  avec  le 
g.  Ataccia  du  groupe  des  Taccacées.  Le  g. 
Ataxia  a  été  fondé  par  R.  Brown  dans  sa 
Flore  de  l’île  Melville,  p.  35,  et  adopté  par 
notre  savant  ami,  le  professeur  Kunlii 
(Agrost.  39).  C’est  une  petite  plante  ayant 
l’aspect  d’un  Anthoxanthum ,  mais  dont 
les  caract.  n’ont  pas  encore  été  donnés  d’une 
manière  complète.  Ses  épillets  sont  triflo- 
res  ;  la  fleur  inférieure  est  mâle  ,  celle  du 
milieu  est  neutre  et  la  supérieure  est  her¬ 
maphrodite.  La  plante  est  originaire  de 
Java.  (A.  R.) 

*  ATE.  Ale.  bot.  ph.  - —  Genre  de  la  fa¬ 

mille  des  Orchidées,  tribu  des  Ophrydécs, 
très  voisin  du  g.  Habenaria,  dont  il  ne  dif¬ 
fère  que  par  l’interposition  entre  les  deux 
processus  charnus  qui  naissent  de  la  base  de 
l’anthère,  d’une  lame  cornée,  obtuse,  spa- 
thulée,  réfléchie  et  canaliculée.  Ce  caract. 
nous  paraît  d’une  bien  faible  importance 
pour  séparer  ce  g.  des  autres  espèces  du  g. 
Habenaria.  (A.  R.) 

*  ATECHNA  (à  priv.;  ts'xvvi,  art;  sans 
malice),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères,  famille  des  Chrysomélines ,  établi 
par  M.  Chevrolat  et  adopté  par  M.  Dejean , 
qui,  dans  son  dernier  Catalogue  (3e  édit.), 
en  désigne  19  esp.,  dont  18  du  Cap  de 
Bonne-Espérance  et  une  de  la  Nouvelle- 
Hollande  (A.  trilineata ),  rapportée  par 


283 


AIE 

le  capitaine  de  vaisseau  Dumont-d’Urville. 
D’après  les  renseignements  que  nous  a 
fournis  M.  Cheyrolat  sur  ce  genre  inédit, 
ses  caractères  sont  :  Élytres  presque  à  de¬ 
mi  sphériques  ;  épipleures  larges ,  plans  ; 
dessous  du  corps  aplati.  Palpes  maxillaires 
à  pénultième  article  en  cône  arqué  à  son 
origine  ;  dernier  article  oblong  ;  l’un  et  l’au¬ 
tre  représentant,  par  leur  réunion  ,  un 
gland  avec  son  calice  ou  sa  cupule.  Pattes 
simples,  presque  droites;  jambes  élargies 
vers  le  sommet.  —  Ce  g.  a,  suivant  l’au¬ 
teur  ,  beaucoup  d’analogie  avec  les  Parop- 
sis  et  renferme,  entre  autres  esp.,  6  Chry- 
somèles  de  Fabricius  qui  sont  :  C.  guttata, 
C.  14  decem-guttata ,  C.  altemans ,  C. 
linea ,  C.  striata  et  C.  vulpina . 

(D.  et  C.) 

*  ATELA,  C.  (àTeXuiç,  imparfait),  ins. 
—  Genre  de  Coléoptères  pentamères,  fa¬ 
mille  des  Malacodermes ,  établi  par  M.  De- 
jean  dans  son  dernier  Catal.  (3me  édit.)  et 
dont  il  n’a  pas  publié  les  caract.  Il  n’y  rap¬ 
porte  qu’une  seule  esp.  nommée  par  lui  A. 
cephalotes  et  qui  est  du  Brésil.  Il  place 
ce  g.  entre  les  Omalises  de  Geoffroy,  et 
les  Phengodes  d’Hoffmansegg.  C’est  tout  ce 
que  nous  pouvons  en  dire,  n’ayant  pas  vu 
l’insecte  qui  a  servi  à  l’établir.  (D.  et  C. 

*ATELAIVDRA,  Lindl.  (areXinç,  im¬ 
parfait;  àvrip ,  â'pcç,  homme),  bot.  th.  — 
Genre  de  la  famille  des  Labiées,  auquel 
son  auteur  attribue  les  caract.  suivants  (. Bo - 
tany  of  Swan  river,  in  Bot.  Reg.  Ap- 
pend.  3 ,  p.  1 1 9)  :  Calice  2-labié  :  lèvre  su¬ 
périeure  2-dentée;  lèvre  inférieure  3-den- 
tée.  Corolle  à  tube  court  :  lèvre  supérieure 
plus  large ,  échancrée  ;  lèvre  inférieure  3- 
partie ,  à  lanière  -  moyenne  plus  grande , 
concave.  Étamines  4  ;  les  2  inférieures 
plus  longues.  Anthères  glabres,  dithèques  ; 
l’une  des  bourses  ascendante ,  pollinifère  ; 
l’autre  descendante,  stérile.  Stigmates  ani- 
somètres  :  le  supérieur  minime  (péricarpe 
inconnu).  —  Ce  g.  est  fondé  sur  une  seule 
esp.,  qiai  croît  dans  la  Nouvelle-Hollande. 

(Sp.) 

ATEEÉCYCLE  (  axe X-fo ,  imparfait  ; 
xwXoç,  cercle),  crust.  —  Genre  de  Décapo¬ 
des  brachyures ,  établi  par  Leach  ,  et  rangé 
par  Milne  Edwards  dans  la  famille  des 
Oxystomes,  tribu  des  Corystiens.  Il  se  dis¬ 
tingue  des  autres  genres  de  la  même  di- 


ATE 

vision  par  la  forme  arrondie  de  la  carapace; 
par  la  ponction  longitudinale  de  ses  fos¬ 
settes  antennaires  ;  par  son  front  dentelé , 
etc.  On  en  connaît  deux  espèces  des  mers 
d’Europe  et  une  du  Chili.  (M.  E.) 

*ATELEIA,  Moc.  etSess.  (aTeXsia,  im¬ 
perfection).  bot.  ph.  —  Synonyme  du  g. 
Pterocarpus ,  de  la  famille  des  Légumi¬ 
neuses.  ^  (Sr.) 

*  ATÉLÉNÈVRE .  Atelenevra  (ocTeXvîç, 
imparfait;  vsupov  ou  veupa,  nerf),  ins.  — 
Genre  de  l’ordre  des  Diptères,  division  des 
Brachocères,  subdivision  des  Dichœtes,  fa¬ 
mille  des  Athéricères ,  tribu  des  Céphalop- 
sides;  établi  aux  dépens  du  g.  Pipuncu- 
lus  de  Latreille  ,  par  M.  Macquart,  qui 
lui  assigne  les  caract.  suivants  :  2me  article 
des  antennes  un  peu  allongé  ,  presque  cy¬ 
lindrique;  3me  ovalaire.  Point  de  cellules 
discoïdales  aux  ailes  ;  2  postér.  ;  point  d’a¬ 
nale.  —  Ce  g.  dont  le  nom  indique  l’im¬ 
perfection  des  nervures ,  a  pour  type  VA. 
velutina  ou  Pipunculus  spurius  de 
Meigen.  M.  Macquart  y  réunit  le  Pipun - 
culus  holosericeus  du  même  auteur ,  qu’il 
nomme  A.  holosericea.  Ces  2  esp.  se  trou¬ 
vent  en  Allemagne  et  dans  le  nord  de  la 
France.  (D  ) 

ATÉLÉOPODES.  Ateleopodes  (dcTsXnî;, 
imparfait  ;  7roüç,  pied),  ois. — C’est,  dans  la 
méthode  de  Vieillot,  la  seconde  tribu  do 
l’ordre  des  Oiseaux  nageurs,  dont  les  caract. 
sont:  3  doigts  dirigés  en  avant;  pouce  nul. 

(Lafr.) 

ATÈLES.  Ateles  (àx eXviç,  imparfait). 
mam. —  Ce  genre,  établi  par  M.  Geof¬ 
froy  Saint-Hilaire  {Ann.  du  Mus.,  t.  VII) 
et  adopté  par  tous  les  auteurs  moder¬ 
nes,  comprend  un  certain  nombre  de  Singes 
américains,  fort  remarquables  par  leur 
queue  très  longue  ,  fortement  prenante  , 
calleuse  inférieurement  dans  sa  partie  ter¬ 
minale  ;  par  leurs  membres  très  grêles ,  et 
par  leurs  mains  antérieures  seulement  té- 
tradactyles.  C’est  à  ce  dernier  caractère  que 
se  rapporte  le  nom  à’ Atèles,  c’est-à-dire 
Singes  imparfaits ,  Singes  à  mains  impar¬ 
faites. 

Les  Atèles  appartiennent  à  la  troisième 
tribu  des  Singes  ( Voyez  ce  mot),  et  se  pla¬ 
cent  naturellement  près  des  Hurleurs, desLa- 
gotriches  et  des  Ériodes,  qui,  outre  les  traits 
généraux  de  la  troisième  tribu,  ressemblent 


•  284 


ATÈ 

aux  Atèles  par  la  disposition  de  leur  queue. 
Les  Atèles  se  distinguent,  au  premier  aspect, 
des  deux  premiers  de  ces  genres,  par  la 
longueur  considérable  des  membres  et  par 
l’état  rudimentaire  des  pouces  antérieurs  , 
qui  tantôt  ne  sont  nullement  apparents  à 
l’extérieur ,  tantôt  (  et  seulement  dans  une 
espèce)  se  montrent  au  dehors  sous  l’ap¬ 
parence  d’un  simple  tubercule  sans  ongle. 
Ces  deux  caractères  sont  communs ,  sauf 
quelques  modifications ,  aux  Atèles  et  aux 
Ériodes,  et  ont  motivé  autrefois  la  réunion, 
encore  admise  par  quelques  auteurs ,  des 
uns  et  des  autres  en  un  seul  genre.  Mais  les 
Atèles  ont  aussi  de  nombreux  caractères 
distinctifs  à  l’égard  des  Eriodes.  Ainsi, 
chez  les  premiers ,  et  contrairement  à  ce 
qui  a  lieu  chez  les  seconds  ,  lé  pelage  est 
long  et  soyeux  ;  les  ongles  sont  élargis,  dis¬ 
posés  en  gouttière  et  de  forme  demi  cylin¬ 
drique,  comme  chez  presque  tous  les  Singes; 
les  narines,  de  forme  allongée,  sont  assez 
écartées  l’une  de  l’autre ,  et  tout-à-fait  laté¬ 
rales  ;  les  molaires  sont,  aux  deux  mâchoi¬ 
res,  petites,  et  à  couronne  irrégulièrement 
arrondie  ;  les  incisives  inférieures ,  égales 
entre  elles  et  assez  grandes,  surpassent  sen¬ 
siblement  en  volume  les  molaires.  A  la  m⬠
choire  supérieure,  les  incisives  intermédiai¬ 
res  sont  beaucoup  plus  longues  et  beaucoup 
plus  larges  que  celles  de  la  paire  externe. 
Enfin,  parmi  les  caractères  qui  séparent  les 
Atèles  des  Ériodes,  nous  devons  noter  en¬ 
core  ceux  qu’offre  le  clitoris ,  qui ,  aussi 
bien  que  le  pénis,  est  nu  comme  chez  la 
plupart  des  Singes,  et  d’un  volume  si  consi¬ 
dérable  qu’on  prend  souvent  les  femelles 
pour  des  mâles.  Il  n’est  pas  rare  que  le  cli¬ 
toris  ait  jusqu’à  6  centimètres  de  longueur. 

La  conformation  générale  de  la  tête ,  et 
notamment  les  proportions  du  crâne  et  de 
la  face ,  sont  sensiblement  lés  mêmes  chez 
les  Atèles ,  les  Eriodes  et  les  Lagotriches. 
La  boîte  cérébrale  est  arrondie  et  Volumi¬ 
neuse  ,  et  i’anglé  facial  est  de  60°  environ. 
Les  orbites ,  larges  et  profondes ,  se  font 
remarquer  chez  les  vieux  individus  par  une 
sorte  de  crête  existant  dans  la  portion  su¬ 
périeure  et  la  portion  externe  de  leur  cir¬ 
conférence.  La  mâchoire  inférieure  est  assez 
haute,  et  ses  branches  sont  larges,  quoique 
beaucoup  moifls  que  chez  les  Hurleurs.  Le 
corps  de  f  hyoïde  est  une  lame  très  étendue 


ATÈ 

de  haut  en  bas,  et  recourbée  sur  elle-même 
d’avant  en  arrière  ;  disposition  qui  rappelle, 
en  petit ,  les  modifications  si  remarquables 
de  l’hyoïde  chez  les  Hurleurs.  L’ouverture 
antérieure  des  fosses  nasales  est  de  forme 
ovale.  Une  circonstance  remarquable  et  ca¬ 
ractéristique  des  Atèles  est  qu’une  partie 
du  contour  de  cette  ouverture  est  formée 
par  les  apophyses  montantes  des  os  maxil¬ 
laires;  les  intermaxillaires  ne  se  portant  pas 
jusqu’aux  os  nasaux,  et  par  conséquent  ne 
s’articulant  pas  avec  eux  ,  comme  il  arrive 
chez  la  plupart  des  Singes ,  et  spécialement 
dans  tous  les  genres  les  plus  voisins  des 
Atèles. 

Les  Atèles  sont  généralemëntdoux,  crain¬ 
tifs,  mélancoliques,  pafesseüx  ;  et,  lorsque 
rien  ne  les  presse  ,  très  lents  dans  leurs 
mouvements.  Leur  voix  est,  dans  les  cir¬ 
constances  ordinaires ,  une  sorte  de  siffle¬ 
ment  doux  et  flûté.  Leur  locomotion  s’exerce, 
tantôt  par  une  marche  lente,  durant  laquelle 
ils  s’appuient  sur  leurs  poings  fermés;  tan¬ 
tôt  par  des  sauts,  quelquefois  très  considé¬ 
rables,  d’une  branche  d’arbre  à  une  autre  ; 
mais  ,  le  plus  souvent ,  ils  se  tiennent  par 
troupes  dans  les  arbres  élevés;  et,  lorsqu’ils 
veulent  changer  de  place,  se  bornent  à  éten¬ 
dre,  pour  aller  les  accrocher  plus  loin,  soit 
leurs  longs  membres,  soit  leur  queuè,  qu’on 
peut  véritablement  appeler  chez  eux  un 
cinquième  membre ,  et  peut-être  même  le 
plus  ptiissant  des  cinq.  Dampierre  et  Da- 
coSta  affirment  que  lorsque  des  Atèles  veu¬ 
lent  frahchir  une  rivière,  ou  passer,  sans 
descendre  à  térfe,  sur  un  arbre  trop  éloigné 
pour  qu’ils  puissent  y  arriver  par  un  saut , 
ils  s’attachent  les  uns  aüi  autres,  formant 
une  sorte  de  chaîne  dans  laquelle  chaque 
individu  est  supporté  par  la  queue  d’un 
autre,  et  qu’ils  dirigent,  en  la  faisant  os¬ 
ciller  Vers  le  but  où  ils  tendent  ;  dès  qu’il 
devient  possible  à  l’ün  d’eux  d’atteindre  ce 
but ,  il  s’y  accroche  ,  et  tire  ensuite  à  lui 
tous  les  autres.  Nous  sommes  loin  de  ga¬ 
rantir  ce  récit,  dans  lequel  nous  voyons  plu¬ 
tôt  une  exagération  de  la  vérité  que  la  vérité 
même  ;  mais  il  est  certain  qü’un  Atèle  peut 
s’accrocher  par  l’extrémité  de  sa  queue, 
rester  ainsi  fixé  pendant  un  temps  plus 
ou  moins  long,  la  tête  et  les  membres  pen¬ 
dants,  et  même,  dans  cette  position,  saisir 
et  supporter  un  autre  individu. 


AIE 


28  5 


ATÈ 

La  queue,  outre  sa  fonction  la  plus  habi¬ 
tuelle,  celle  de  concourir  à  la  locomotion  et 
d’assürer  la  station,  en  s’accrochant  à  quel¬ 
que  branche  d’arbre,  est  employée  par  les 
Atèles  à  beaucoup  d’autres  usages.  Us  s’en 
servent  pour  aller  saisir  au  loin  divers  ob¬ 
jets  sans  mouvoir  le  corps,  et  souvent  même 
sans. y  diriger  les  yeux  ;  et  cela  parce  que  la 
callosité  de  la  queue  en  fait  une  véritable 
main ,  tout  à  la  fois  organe  de  toucher  et 
instrument  de  préhension.  Nous  n’avons 
jamais  vu ,  du  reste ,  lés  Atèles  se  servir 
de  leur  queue  pour  porter  leurs  aliments  à 
la  bouche  ,  suivant  une  habitude  que  leur 
attribuent  plusieurs  voyageurs.  Au  con¬ 
traire  ,  rien  n’est  plus  fréquent ,  dans  nos 
climats ,  qüe  dë  voir  les  Atèles  s’entourer 
de  leur  queue,  et  se  faire  ainsi  d’une  partie 
d’eux-mêmes  tin  abri  contre  le  froid.  Us  en 
agissent  même  parfois  ainsi  à  l’égard  d’au¬ 
tres  Singes,  soit  de  leur  espèce  ,  soit  d’une 
espèce  étrangère  ou  même  d’un  autre  gen¬ 
re  ;  car  les  Singes,  ainsi  que  nous  l’avons 
très  fréquemment  constaté,  sont  disposés  à 
prendre  en  affection  tous  les  autres  ani¬ 
maux  de  la  même  famille  ,  même  ceux  que 
nous  regardons  comme  les  plus  éloignés 
par  leurs  rapports  naturels. 

Les  Atèles ,  quoique  répandus  dans  une 
grande  partie  de  l’Amérique  du  sud,  et  no¬ 
tamment  dans  plusieurs  des  pays  que  fré¬ 
quentent  les  Européens,  sont  rares  en 
Europe.  Une  grande  partie  de  ceux  qu’on 
essaie  d’y  apporter,  meurent  en  route ,  et 
les  autres  ne  vivent  ordinairement  que  peu 
de  temps  sous  un  climat  dont  la  tempéra¬ 
ture  paraît  constamment  les  faire  souf¬ 
frir.  Nous  avons  néanmoins  observé  vivants 
un  assez  grand  nombre  d’ Atèles,  apparte¬ 
nant  à  six  espèces  différentes  :  l’un  d’eux 
avait  vécu  plusieurs  années  à  Paris. 

Le  CoAÏTA,Buff.;  Atelcspaniscus  Geoff.- 
S.-H.  ;  Simia  p'àftisbUÊ  L.,  est  l’espèce 
qu’on  voit  le  plus  communément  en  Fran¬ 
ce.  C’est  un  animal  à  pelage  entièrement 
noir,  avec  la  face  de  couleur  de  mulâtre.  Sa 
taille  est  de  deux  tiers  de  mètre,  non  com¬ 
prise  la  queue,  qui  est  plus  longue  que  le 
corps.  U  habite  la  Guyane,  où  il  est  connu 
sous  le  nom  de  Codïta  ou  Coata ,  que 
les  zoologistes,  depuis  Buffon,  lui  ont  con¬ 
servé. 

D’ Atèle  noir  ôü  Cayou,  Alélès  ater  Fr. 


Cuv.,  a  d’abord  été  distingué  par  M.  Geof- 
froy-Saint-Hilaire,  qui  le  considérait  comme 
une  simple  variété  de  X  Atelcs  pa?iiscus  :  il 
diffère  de  celui-ci  par  sa  face  noire.  U  ha¬ 
bite  aussi  la  Guyane,  d’après  M.  Geoffroy- 
Saint-Hilaire. 

L’ Atèle  a  face  encadrée,  Atcles  margi- 
natus  Geoff.-S.-H.,  a,  comme  les  précé¬ 
dents  ,  le  pelage  généralement  noir  ;  mais 
la  face  est  entourée,  surtout  supérieure¬ 
ment,  d’une  fraise  de  poils  blancs.  U  ha¬ 
bite  le  Brésil.  Les  auteurs  le  disent  com¬ 
mun  sur  les  bords  des  fleuves  Santiago  et 
des  Amazones. 

M.  Bennett  a  récemment  décrit,  sous  le 
nom  d \4teles  frontalis  (  Voy  .Proccedings 
of  the  zool.  Soc.  of  London,  1830-31),  un 
Atèle  qu’il  considérait  comme  nouveau , 
mais  qui  nous  paraît  n’être  qu’un  double 
emploi  de  X Atcles  marginatus. 

L’ Atèle  Belzébuth  ,  Atcles  Belzebuth 
Geoff.-S.-H.,  est  une  espèce  indiquée  d’a¬ 
bord  sous  ce  nom  par  Brisson,  et  différente 
des  précédentes  par  des  caractères  assez 
tranchés.  Sa  taille  est  sensiblement  moin¬ 
dre.  Son  pelage  est  généralement  d’un  noir 
brunâtre,  et  non  d’un  noir  pur  ;  et  les  par¬ 
ties  inférieures  ,  ainsi  que  le  dedans  des 
membres,  sont  d’un- blanc  légèrement 
jaunâtre.  Cette  espèce  (qü’il  ne  faut  pas 
confondre  avec  le  Simià  Beelzehul  ;  Voy. 
hurleur)  habite  lés  bords  de  l’Orénoque. 

L’ Atèle  métis,  Atcles  hybridus  Is. 
Geoff.  ( Mèm .  du  Mus.,  et  Études  zoo  lo¬ 
giques)  ,  est  plus  distinct  encore  par  son 
pelage ,  qui  n’est  pas  noir,  mais  d’un  cen¬ 
dré  brun  clair  en  dessus ,  et  d’un  blatic 
assez  pur  en  dessous ,  à  la  face  interne  des 
membres  et  au  milieu  du  front.  Cette  es¬ 
pèce  habite  la  Colombie,  où  elle  est  connue 
sous  le  nom  de  Mono  zamho  ,  c’est-à-dire 
Singe  métis.  Ce  nom,  que  nous  lui  avoùs 
conservé,  a  été  donné  à  ce  Singe  à  cause  dé 
sa  couleur  génétaîe  qui  est  celle  du  métis 
dü  Nègre  et  de  l’Indien.  Depuis  que  nous 
avons  établi  cette  espèce  d’après  des  indi¬ 
vidus  envoyés  en  France  par  Plée,  nous 
avons  eu  occasion  d’en  confirmer  l’exis¬ 
tence  par  l’observation  de  deux  sujets  qui 
ont  vécu  à  la  ménagerie  du  Muséum. 

L’ Atèle  mélanochire,  A  télés  melnno- 
chir  Desm. ,  est  ainsi  caractérisé  par  cet 
auteur,  d’après  un  individu  de  la  collection 


286 


ATÉ 

de  Paris  :  Pelage  gris  ;  dessus  de  la  tête , 
extrémité  des  quatre  membres  et  une  tache 
oblique  et  externe  sur  chaque  genou ,  d’un 
brun  noir  ou  d’un  gris  brun.  Cette  espèce, 
lors  de  la  publication  de  la  M arrima  loyie 
de  M.  Desmarest,  en  1820,  a  été  considérée 
par  tous  les  auteurs  comme  douteuse ,  et , 
depuis  cette  époque  ,  aucune  observation 
nouvelle  n’est  venue  en  confirmer  l’exis¬ 
tence. 

L’Ateee  pentadactyee  ou  Chamek ,  A  té¬ 
lés  jpentadaciylus  Geoff.-S.-H.,  ressemble 
aux  Ateles  paniscus  et  ater  par  son  pelage 
généralement  noir;  mais  il  diffère  de  ceux- 
ci  ,  aussi  bien  que  de  tous  les  autres ,  par 
l’état  moins  complètement  rudimentaire 
des  pouces  antérieurs  qui  se  montrent  au 
dehors  sous  la  forme  de  tubercules  ou  de 
verrues  sans  ongles.  Ce  dernier  Atèle  , 
comme  l’indique  son  nom ,  n’est  donc  pas 
véritablement  tétradactyle.  Spix,  dans  son 
ouvrage  sur  les  Singes  du  Brésil ,  a  cru  de¬ 
voir,  pour  cette  raison,  le  séparer  des  vrais 
Atèles,  le  réunir  avec  l’Ériode  hypoxanthe , 
Singe  qui  s’en  éloigne  sous  des  rapports  beau¬ 
coup  plus  importants,  et  former,  pour  ces 
deux  primates,  un  genre  pour  lequel  cet 
auteur  a  proposé  le  nom  de  Court-i*ouck, 
Brachyteles.  C’est,pvec  toute  raison  que  les 
auteurs  n’ont  point  admis  ce  genre  dont  on 
pourrait  former  tout  au  plus  une  section 
parmi  les  Atèles.  L’ Atèle  pentadactyle,  en 
effet,  non-seulement  ne  peut  être  séparé  du 
genre  Atèle,  mais  il  a,  en  particulier,  avec 
deux  de  ses  espèces,  V Ateles  paniscus  et 
Va.  ater,  une  telle  analogie,  qu’il  a  été 
longtemps  confondu  avec  elles.  L’ Atèle  pen¬ 
tadactyle,  d’après  les  auteurs,  habite  le  Pé¬ 
rou  et  la  Guyane.  (I.  G. -S. -Hilaire.) 

*  ATÉLESTITE  (àxéXca toç,  imparfait). 
min.  —  M.  Breithaupt  a  indiqué  sous  ce 
nom ,  dans  sa  caractéristique  du  règne  mi¬ 
néral,  une  substance  encore  imparfaitement 
connue,  qui  ne  s’est  encore  rencontrée 
qu’en  petits  cristaux  jaune  de  soufre  et 
transparents ,  implantés  sur  le  Bismuth- 
blende  ou  Silicate  de  bismuth  tétraédrique 
de  Schneeberg,  en  Saxe.  Ces  cristaux  se  rap¬ 
portent  au  système  klinorhombique,  et  ont 
une  certaine  ressemblance  d’aspect  avec 
ceux  de  Sphène  du  St-Gothard.  Leur  éclat 
est  gras  ou  diamantaire;  leur  dureté  médio¬ 
cre  ;  leur  densité  considérable.  Au  chalu- 


ATE 

meau ,  ils  donnent  les  réactions  propres  au 
Bismuth.  (Dee.) 

*ATELESTTJS  (àrs'Xearcç,  imparfait). 
ins. — Genre  de  Diptères,  établi  par  M.  Wal- 
ker  ( The  entomological  magazine ,  t.  IV, 
p.  229) ,  avec  cette  seule  indication  :  sem¬ 
blable  aux  Collomyics  et  aux  Platypèzcs , 
mais  ayant  les  nervures  des  ailes  disposées 
autrement.  Il  est  fondé  sur  une  seule  espèce 
qu’il  nomme  A.  sylvicola,  trouvée  en  juin 
dans  les  bois  du  Hampshire.  (D.) 

*ATELIA  (aTsXÉia ,  imperfection),  bot. 
cr.  —  Sprengel  a  donné  ce  nom,  dans  la 
Flore  de  Halle ,  à  la  20me  classe  de  plan¬ 
tes  qui  répond  à  la  Cryptogamie  de  Linné, 
à  cause  de  l’imperfection  des  organes  de 
la  fructification.  Il  la  divise  en  OEthioga- 
mes,  Épiphyllospermes,  Ptéroïdes,  Mous¬ 
ses,  Hépatiques ,  Homalophyllées,  Lichens, 
Algues,  Gastromyques ,  Champignons  et 
Bysses.  Cette  disposition  n’a  pas  été  adop¬ 
tée  par  les  auteurs,  et  Sprengel  lui-même 
ne  l’a  pas  conservée  dans  son  édition  du 
Systcma  naturœ ,  ni  dans  le  Gênera 
planiarum.  (Lév.) 

*  ATÉLINES.  Atelinœ  (àxeXé'.a,  im¬ 
perfection).  bot.  cr. — Link  donne  ce  nom  à 
la  2  lmc  et  dernière  classe  dans  sa  distribu¬ 
tion  des  végétaux.  Elle  comprend  les  Al¬ 
gues,  les  Lichens  et  les  Champignons,  dont 
les  organes  de  la  fructification  peu  saillants 
sont  regardés  comme  imparfaits.  (Lév.) 

*  ATELOCERA  (  àr  eX-fo,  imparfait; 
xi? aç,  corne,  antenne;  parce  que  ces  anten¬ 
nes  présentent  un  article  de  moins  que  dans 
les  genres  voisins),  ins.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Pentatomiens,  groupe  des  Pen- 
talomites,  de  l’ordre  des  Hémiptères,  établi 
par  M.  Laporte  ( Ess .  sur  les  Hèmipt.  hè~ 
ter.),  adopté  par  M.  Burmeister,  et  rangé 
par  nous  dans  une  division  du  g.  Halys, 
dont  les  Atelocera  diffèrent  seulement  par 
des  antennes  n’ayant  que  4  articles,  et  la 
tête  un  peu  moins  acuminée.  Le  type  est 
VA.  armata  Lap.,  du  Sénégal.  (Be.) 

*  ATELOCERIJS.  ins.  —  Voyez  ate- 

EOCERA.  (Be.) 

*  ATELQDESMIS  (  àreXr.ç ,  imparfait  ; 

,  bouquet),  ins.  —  Genre  de  Coléop¬ 
tères  tétramères,  famille  des  Longicornes, 
établi  par  M.  Dejean  dans  son  dernier  Ca¬ 
talogue.  D’après  la  place  qu’il  lui  donne,  ce 
g.  appartiendrait  à  la  tribu  des  Lamiaires 


ATE 


ATE 


287 


de  M.  Serville  et  rentrerait  dans  la  branche 
des  Pogonochèraircs  de  M.  Mulsant.  M. 
Chevrolat  assigne  à  ce  g.  les  caractères  sui¬ 
vants  :  Corps  subcylindrique ,  un  peu  aplati 
en  dessus.  Élytres  arrondies  régulièrement 
à  l’extrémité  de  chaque  étui.  Corselet  aussi 
long  que  large,  droit  par  le  haut  et  par  le 
bas,  et  dont  chaque  côté  est  muni,  dans  son 
milieu,  d’une  petite  épine  assez  large  à  sa 
base.  Tête  coupée  droit  en  devant,  convexe 
et  uni-sillonnée  sur  le  front.  Antennes  in¬ 
sérées  un  peu  au-dessus  du  milieu  antérieur 
des  yeux,  de  1 2  articles,  dont  les  5  premiers 
sont  garnis  de  poils  tellement  épais  qu’il 
est  presque  impossible  de  distinguer  les  ar¬ 
ticulations;  les  7  suivants  dénudés;  ongles 
assez  robustes,  simples.  —  On  n’en  con¬ 
naît  encore  que  2  esp.  du  Brésil,  VA.  ves- 
tita  Dej.  etl’J.  Mannerheimii.  Yoicî  la 
description  de  cette  dernière  :  entièrement 
d’un  blanc  jaunâtre  sale  ;  élytres  parsemées 
de  veines  d’un  jaune  verdâtre  ;  2  lignes  lon¬ 
gitudinales  de  cette  même  couleur  sur  le 
corselet.  Les  mandibules,  les  yeux  et  la  vil¬ 
losité  des  2-5  articles  des  antennes,  avec  le 
sommet  des  suivants,  sont  noirs.  (D.  etc.) 

*  ATEMELES  (  cctyiiasX'Îiç  ,  négligent). 

ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères , 
famille  des  Brachélytres  ,  tribu  des  Sta- 
phylinides,  établi  par  Dilwyn  et  adopté  par 
Westvood ,  qui  le  caractérise  ainsi  :  Corps 
large,  pénultième  article  de  l’abdomen 
échancré,  avec  des  prolongements  latéraux. 
2e  et  3e  art.  des  antennes,  courts.  Ce  genre, 
créé  aux  dépens  du  g.  Lomechusa  de  Gyl- 
lenhal,  a  pour  type  la  L.  paradoxa  de  cet 
auteur.  M.  Erichson,  dans  son  beau  travail 
sur  les  Staphylins  (p.  202),  n’adopte  pas 
ce  g.  et  laisse  l’espèce  sur  laquelle  il  est 
fondé  parmi  les  Lomechusa  de  Graven- 
horst.  Voy.  ce  mot.  (D.  et  C.) 

ATERAMNES.  bot.  th.  —  Voyez  ar- 

GYTHAMNIA.  (Ad.  J.) 

*  ATERICA.  ins. — Genre  de  Lépidop¬ 
tères  létraptères,  famille  des  Diurnes  ou 
Rhopalocères,  établi  par  M.  Boisduval  dans 
la  tribu  des  Nymphalides ,  et  auquel  il  as¬ 
signe  les  caractères  suivants  :  Chenille  in¬ 
connue.  Insecte  parfait  :  Tête  grosse  ; 
yeux  saillants  ;  palpes  rapprochés ,  assez 
gros,  ne  dépassant  pas  le  chaperon ,  cou¬ 
verts  de  poils  très  serrés.  Antennes  lon¬ 
gues  ;  massue  très  allongée,  formée  insen¬ 


siblement  dans  leur  quart  supérieur.  Cor¬ 
selet  épais,  assez  robuste,  de  la  largeur  de 
la  tête.  Ailes  inférieures  arrondies ,  à  peine 
dentelées  ;  le  bord  postérieur  des  ailes  su¬ 
périeures  coupé  presque  droit. 

Ce  g.  a  pour  type  le  Papillo  Cupavius 
de  Cramer,  auquel  viennent  se  joindre 
d’autres  espèces  africaines  ,  entre  autres 
celle  que  M.  Boisduval  nomme  rabena ,  et 
qui  a  été  rapportée  de  Madagascar  parM.  le 
capitaine  Sganzin;  elle  se  trouve  à  Tintin- 
gue,  à  Tamatave  et  à  Sainte-Marie,  dans  les 
bois,  en  décembre,  et  reparaît  en  juillet  et 
août.  Elle  est  figurée  dans  la  Faune  ento- 
mologique  de  Madagascar,  Bourbon  et  Mau¬ 
rice,  pl.  8,  fig.  2.  (D.) 

*ATERPUS  (arspito?,  désagréable),  ins. 
— Genre  de  l’ordre  des  Coléoptères  tétramè- 
res,  famille  des  Curculionides ,  établi  par 
Schœnherr  ( Syn .  Ins.  Cur.,  t.  II,  p.  230), 
qui  le  place  dans  sa  division  des  Cléonides  et 
lui  donne  les  caract.  suivants  :  Antennes  mé¬ 
diocres  ,  assez  minces  ;  les  2  premiers  arti¬ 
cles  du  funicule  assez  longs  ;  les  3-G  courts  ; 
le  7e  un  peu  plus  long  et  réuni  à  la  massue  ; 
tous  presque  obeoniques  ;  massue  ovale. 
Rostre  court,  un  peu  épais,  bossu,  comme 
rongé  à  l’extrémité  ;  yeux  brièvement  ob- 
ovales,  peu  convexes.  Thorax  oblong,  tron¬ 
qué  à  la  base,  plus  étroit  postérieurement, 
s’élargissant  sur  les  côtés  avant  le  milieu, 
arrondi  antérieurement,  parfaitement  lobé 
derrière  les  yeux.  Élytres  oblongues,  sub¬ 
ovales,  tronquées  à  la  base,  arrondies  à  leur 
extrémité ,  avec  les  angles  huméraux  bien 
prononcés. — Obs.  Le  corps  est  oblong,  sub¬ 
ovale,  dur,  rigide,  sculpté,  tuberculeux,  ailé, 
de  grandeur  médiocre.  M.  Dejean ,  qui  a 
adopté  ce  g.  dans  la  dernière  édit,  de  son 
Catalogue  ,  y  rapporte  2  esp.  ;  M.  Schœn¬ 
herr  en  décrit  une  de  plus,  qu’il  a  nommée 
A.  horrens  ;  M.  Chevrolat  en  possède  une 
4e  inédite;  toutes  sont  de  la  Nouvelle-Hol¬ 
lande.  (D.  et  C.) 

*ATEECHITES  (  izzuyrç,  sans  ar¬ 
mes).  ins. —  Groupe  de  la  tribu  des  Copro- 
phages,  famille  des  Lamellicornes,  ordre 
des  Coléoptères]  pentamères,  établi  par 
M.  Delaporte  (Hist.  nat.  des  Col .,  faisant 
suite  au  Bulfon-Duménil ,  t.  II,  p.  63),  et 
qui  se  compose  des  g.  Ateuchus ,  Circel- 
lium ,  Pachysoma ,  Canthon ,  Scato- 
nomusj  Gymnopleurus ,  Ilyhoma,  Min - 


288 


ATE 


ATE 


iophilus  et  Sisyphus.  Ces  9  g.  ont  pour 
caract.  communs  :  Écusson  non  visible.  .Les 
jambes  des  2  dernières  paires  de  pattes  cy¬ 
lindriques,  longues,  point  élargies  à  l’extré¬ 
mité.  Pattes  intermédiaires  beaucoup  plus 
écartées  entre  elles  à  leur  naissance  que  les 
autres. 

Les  Àteuchites  sont,  pour  la  plupart,  des 
insectes  de  grande  ou  de  moyenne  taille,  de 
forme  large,  peu  convexe,  et  généralement 
noirs.  Cependant  quelques-uns  sont  revêtus 
de  couleurs  métalliques  très  brillantes,  qui 
contrastent  avec  leur  manière  de  vivre  dans 
les  fientes  et  les  excréments  des  animaux  ; 
mais  ce  qui ,  de  temps  immémorial ,  a  ap¬ 
pelé  sur  eux  l’attention  des  observateurs , 
c’est  l’instinct  qu’ils  ont  de  former  avec  ces 
matières  une  boule  assez  grosse  qu’ils  rou¬ 
lent  avec  leurs  pattes  de  derrière.  Cette 
boule,  qui  renferme  leurs  œufs,  est  d’abord 
de  consistance  molle  et  de  figure  irrégu¬ 
lière  ;  mais,  à  force  d’être  roulée,  elle  s’ar¬ 
rondit  et  durcit,  et,  lorsqu’elle  a  acquis  la 
solidité  convenable ,  l’insecte  la  pousse  jus¬ 
qu’au  trou  qu’il  a  creusé  avec  ses  pattes  an¬ 
térieures,  qui  sont  robustes  et  armées  de 
3  à  4  fortes  dentelures ,  et  l’y  enfonce  ;  elle 
sert  à  la  fois  d’habitation  et  de  nourriture 
aux  larves  qui  naissent  des  œufs  qu’elle 
renferme.  C’est  au  commencement  du  prin¬ 
temps  qu’on  voit  les  Ateuchites  occupés  à 
rouler  leurs  boules.  Quelquefois  plusieurs  se 
réunissent  pour  en  rouler  une  en  commun. 
Il  arrive  assez  souvent  que,  pendant  ce  tra¬ 
vail,  l’un  d’eux  perd  l’équilibre,  roule  d’un 
côté  et  la  boule  de  l’autre  ;  et,  pendant  le 
temps  qu’il  met  à  se  relever,  elle  devient  la 
propriété  du  premier  qui  s’en  empare.  Dès 
qu’il  est  parvenu  à  se  remettre  sur  ses 
pattes ,  il  va  à  la  recherche  d’une  autre 
boule,  et  s’il  n’en  trouve  pas,  il  travaille  avec 
une  ardeur  infatigable  à  en  former  une  nou¬ 
velle.  Ces  insectes  marchent  mal  et,  lors¬ 
qu’ils  sont  renversés  sur  le  dos  ,  ont  beau¬ 
coup  de  peine  à  se  remettre  sur  leurs  pattes; 
mais  ils  volent  assez  bien.  La  faculté  qu’ils 
ont  de  fabriquer  des  boules  et  de  les  rouler 
n’avait  pas  échappé  à  Aristote ,  qui,  pour 
cette  raison  ,  donne  à  ces  insectes  le  nom 
de  Pilulaires.  Leurs  larves  ressemblent  à 
celles  des  Oryctès  ;  elles  ont  le  corps  mou 
et  gros ,  replié  sur  lui-même  ;  la  tête  écail¬ 
leuse;  la  bouche  munie  de  mandibules  et 


mâchoires  distinctes  ;  enfin  six  pattes  cour¬ 
tes  ,  cornées  et  terminées  par  un  seul  cro¬ 
chet.  (D.  et  C.) 

ATEUCIIUS  (  à-reu^r,; ,  sans  armes). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères, 
famille  des  Lamellicornes ,  tribu  des  Sca- 
rabéides  coprophages,  fondé  par  Weber 
(Observ.  etiiom.,  p.  10)  aux  dépens  du  g. 
Copris  de  Geoffroy  et  d’Olivier ,  qui  lui- 
même  est  un  démembrement  du  grand  g. 
Scarahæus  de  Linné,  et  adopté  par  un 
grand  nombre  de  Naturalistes ,  en  tête 
desquels  il  faut  citer  Latreille.  Ce  g.,  de¬ 
puis  que  ,  pour  former  le  g.  Gymnoplcu - 
rus ,  on  en  a  retranché  les  esp.  à  chaperon 
échancré  et  à  élytres  sinuées  au-dessus 
des  angles  huméraux  ,  peut  être  carac¬ 
térisé  ainsi  :  Antennes  de  9  art.;  8e  et  9e 
formant  une  massue  courte ,  ovale.  Palpes 
labiaux  courts,  velus,  insérés  aux  angles 
supérieurs  du  menton.  Maxillaires  à  article 
basilaire  très  petit ,  2e  et  3e  obeoniques , 
dernier  ovale,  cylindrique,  presque  du  dou¬ 
ble  plus  long  que  le  2e.  Çhaperon  divisé  en 
3  lobes  et  présentant  6  dentelures.  Tête 
large,  aplatie.  Écusson  non  visible.  Élytres 
déprimées,  presque  carrées.  Contrairement 
à  l’opinion  de  Latreille ,  il  a  été  reconnu 
que  les  Aieuchns  manquent  de  tarses  aux 
pieds  antérieurs,  comme  les  Onitis 

Ces  insectes,  connus  des  anciens  sous  le 
nom  de  Hcliocaniharus ,  sont  tous  d’assez 
grande  taille,  et  ne  se  rencontrent  guère 
au-delà  du  4 5°  de  latitude  N'-  ;  fis  paraissent 
propres  aux  pays  chauds  de  l’ancien  conti¬ 
nent,  particulièrement  à  l’Afrique.  Ils  vi¬ 
vent  dans  les  fientes  et  les  excrémen  ts  (  Voy., 
pour  leurs  mœurs,  le  mot  Ateuchites). 
M.  Mac-Leay,  dans  ses  ploræ  Entomol ., 
en  décrit  22  esp.,  et  M.  Dejean,  dans  son 
dernier  Catalogue,  en  désigne  31 ,  dont  2 
des  Indes  orientales,  17  d’Afrique  et  12  de 
l’Europe  méridionale.  Nous  n’en  citerons 
que  2  ,  savoir  :  1°  V Ateuchus,  sncer 
{Scarah.  id.  Linné)  ,  représenté  d’une 
manière  très  reconnaissable  sur  les  an¬ 
ciens  monuments  de  l’Égypte  ,  et  appelé 
pour  cette  raison  saccr  par  Linné ,  qui 
l’indique  comme  se  trouvant  à  la  fois  en 
Égypte,  en  Barbarie,  en  Italie,  en  Espagne 
et  dans  la  France  méridionale  ;  mais,  du 
temps  de  ce  célèbre  naturaliste ,  on  ne  dis- 
tlngqait  pas  les  espèces  aussi  minutieuse- 


ATÏÏ 


ATI! 


289 


ment  qu’on  le  fait  aujourd’hui ,  et  il  paraît 
que  celle  qui  habite  l’Égypte  diffère  de  celle 
qu’on  trouve  dans  les  autres  contrées  qu’il 
désigne.  Si  cela  est,  en  effet,  il  serait  lo¬ 
gique  de  conserver  à  la  première  le  nom  de 
sacer  ,  qui  serait  un  non -sens  s’il  était 
transporté  à  uneesp.  étrangère  à  l’Égypte, 
sauf  à  donner  un  autre  nom  à  celle  qu’on 
trouve  ailleurs.  Cependant  c’est  le  contraire 
qu’on  a  fait  dans  les  collections  de  Paris, 
du  moins  dans  celles  que  j’ai  consultées,  où 
le  nom  de  sacer  est  donné  à  V Ateuchus  du 
midi  de  la  France,  et  celui  de  religiosus  à 
l’esp.  d’Égypte.  Au  reste,  M.  Dejean,  que 
j’ai  consulté  à  ce  sujet,  pense  que  le  sacer 
d’Europe  se  trouve  aussi  en  Égypte.  Tou¬ 
jours  est-il  qu’on  l’a  reçu  d’Alger  et  d’O- 
ran,  ce  qui  est  une  forte  raison  de  croire 
qu’il  habite  également  les  autres  parties  de 
l’Afrique  qui  bordent  la  Méditerranée ,  et 
par  conséquent  l’Égypte. 

2°  V Ateuchus  Ægypliorum  Latr.  Ce¬ 
lui-ci  n’a  point,  sur  le  vertex,  les  deux  tuber¬ 
cules  qui  caractérisent  VA.  sacer ;  il  en  dif¬ 
fère,  en  outre,  en  ce  qu’au  lieu  d’être  noir, 
il  est  d’un  beau  vert  cuivreux  ou  doré.  Il 
habite  le  Sennaar,  d’où  il  a  été  rapporté 
par  M.  Caillaud.  Cette  esp.  a  d’abord  été 
décrite  et  figurée  par  Latreille  dans  une 
brochure  intitulée  :  Descript.  d’ins.  d’A- 
frique,  recueillis parM.  Caillaud ,  etc., 
et  ensuite  par  M.  Guérin-MéneYille ,  dans 
son  Iconogr.  du  Règne  animal  de  Cu¬ 
vier ',  pl.  21,  fig.  1.  (D.  et  C.) 

ATHALAMES.  Athalarni  (àpriv.; 
0a?.ap.oç,  lit),  bot.  cr. — Acharius  donnait  ce 
nom  à  des  productions  lichénoïdes  qu’il  n’a- 
Yait  pu ,  faute  de  fructification ,  faire  ren¬ 
trer  dans  ses  3  divisions  principales  de  la  fa¬ 
mille  des  Lichens.  Il  réunissait,  sous  le  nom 
générique  de  Lepraria,  toutes  les  esp.  à 
thalle  crustacé  pulvérulent  privées  d’apo- 
thécies,  imaginant  que  leurs  sporidies  ou 
gongyles,  comme  il  les  nommait,  étaient 
mélangés  avec  la  poussière  de  la  croûte. 
Nous  verrons  au  mot  bepraria  que  toutes 
les  esp.  qu’y  faisait  entrer  cet  auteur,  sont 
loin  d’avoir  la  même  origine.  (C.  M.) 

ATHALIA  (Athalie ,  nom  propre),  ins. 
—  Genre  de  la  famille  des  Tenthrédiniens, 
de  l’ordre  des  Hyménoptères ,  section  des 
Térébrans,  établi  par  Leach  et  généralement 
adopté  par  tous  les  entomologistes.  Les 


Alhalies  sont  principalement  caractérisées 
par  un  corps  court  et  assez  plat;  une  tête 
large;  des  antennes  composées  de  10  art. 
au  moins ,  un  peu  en  massue  ou  pectinées 
dans  les  mâles,  et  des  ailes  ayant  2  cellules 
radiales  égales ,  et  4  cellules  cubitales  iné¬ 
gales.  —  On  connaît  un  grand  nombre  d’esp. 
de  ce  g.,  presque  toutes  propres  à  l’Europe  ; 
les  plus  répandues  sont  les  A.  bicolor  Lep. 
S.-Farg.,  A .  ahdomin alis  Ponz.,  etc.,  etc. 

(Bl.) 

ATHAMANTA,  L.  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Ombellifères  (tribu  des 
Pleurospermées,  section  des  Sésélinécs , 
Tausch.;  tribu  des  Sésélinées,  Koch.),  dont 
les  caract.  distinctifs  sont  les  suivants  : 
Limbe  calicinal  marginiforme,  5-denté.  Pé¬ 
tales  obeordiformes,  terminés  en  languette 
infléchie.  Fruit  cotonneux,  oblong,  rétréci 
au  sommet  ;  méricarpe  à  5  côtes  filiformes  ; 
vallécules  de  1  à  3  bandelettes;  commissure 
à  4  bandelettes.  — Herbes  vivaces,  à  feuilles 
décomposées.  Ombelles  hémisphériques  ; 
involucre  oligophylle;  involucelles  poly- 
phylles.  Fleurs  blanches.  Dans  ses  limites 
actuelles,  ce  g.  comprend  environ  12  esp., 
la  plupart  indigènes  d’Europe  ou  de  Sibérie. 
VA.  cretensis  L.,  plante  commune  dans 
les  pâturages  des  Alpes,  passait  jadis  pour 
avoir  des  vertus  lithontriptiques  ;  ses  grai¬ 
nes  ont  une  saveur  aromatique  agréable. 

(Sr.) 

ATHAMUS.  bot.  fh.  —  Nom  généri¬ 
que  proposé  par  Necker,  pour  désigner  les 
Carlina  salicifolia  et  xeranthemoide s 
qui,  aujourd’hui,  constituent  seulement, 
sous  le  nom  de  Carloivisia,  une  section 
des  Carlina.  (J.  D.) 

ATHANASE  (àôaveuna,  immortalité). 
crust.  —  Genre  de  Décapodes  Macroures 
établi  par  Leach,  et  appartenant  à  la  famille 
des  Salicoques.Milne  Edwards  le  range  dans 
la  tribu  des  Alphéens,  et  y  assigne  les  carac¬ 
tères  suivants  :  «  Yeux  libres.  Pattes,  m⬠
choires  externes  sub-pédiformes.  Antennes 
internes,  terminées  par  3  filets;  pattes  an¬ 
térieures  grosses  et  terminées  en  pince  ; 
celles  de  la  seconde  paire  également  didac- 
tyles,  mais  filiformes.  »  On  ne  connaît 
qu’une  seule  espèce  qui  habite  nos  côtes  et 
qui  ressemble  à  un  petit  homard. 

(M.  E.) 

ATHA1VASIA  (àôavaaia,  immortalité). 

19 


T.  II. 


290 


ATH 


ATH 


bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Compo¬ 
sées  ,  tribu  des  Sénécionidées ,  qui  a  pour 
caractères  :  Capitules  multiflores,  homoga- 
mes ,  discoïdes  ;  réceptacle  plan ,  paléacé  ; 
involucre  formé  d’écailles  sèches ,  étroite¬ 
ment  imbriquées  ;  les  extérieures  plus  cour¬ 
tes.  Fruits  cylindracés  ;  aigrette  composée 
de  poils  caducs,  courts,  très  fragiles  et  con¬ 
stamment  formés  d’une  seule  rangée  de  cel¬ 
lules  superposées.  —  Les  Athannsia ,  au 
nombre  d’une  trentaine  environ ,  sont  de 
petits  arbrisseaux  indigènes  du  Cap ,  et  qui 
portent  des  feuilles  entières  ou  lobées ,  des 
capitules  globuleux  ou  oblongs,  disposés  en 
corymbe,  discoïdes,  à  fleurons  jaunes. 

(J.  D.) 

*  ATHANASIEES.  bot.  ph.  —  Une 

des  divisions  de  la  sous-tribu  des  Anthé- 
midées  (famille  des  Composées) ,  caracté¬ 
risée  par  son  réceptacle  paléacé,  sur  lequel 
naissent  des  fleurs  bomogames  ,  à  corolles 
cylindracées.  (J.  D.) 

*  ATHANASIOIDES.  bot.  ph. — Nom 

appliqué  à  la  lre  section  du  genre  Morysia, 
caractérisée  par  ses  capitules  ovales-oblongs, 
renfermant  de  9  à  12  fleurs.  M.  De  Can- 
dolle  suppose  que  les  espèces  que  renferme 
cette  section  devront  être  un  jour  rapportées 
au  g.  Athnnasia.  (J.  D.) 

ATHÉCIE.  Athecia.  bot.ph.— rGærtner 
a  décrit,  sous  ce  nom,  un  fruit  qu’il  figure 
sous  celui  de  Forslera  ylahra  { Gærtn .  de 
fruct . ,  I,  p.  241  ,  t.  28),  et  qui  lui  avait 
été  communiqué  par  Forster  ;  mais,  comme 
le  célèbre  carpologiste  n’avait  eu  à  sa 
disposition  que  le  fruit  sans  aucune  autre 
partie  de  la  plante,  le  genre  Àthécie  est  resté 
fort  douteux,  et  n’a  été  mentionné  et  classé 
dans  la  série  des  familles  naturelles  par  au¬ 
cun  des  auteurs  systématiques  modernes. 

(A.  R.) 

ATHELIA  (à,  privatif;  OnXtf,  papille). 
bot.  cr. — Genre  de  Champignons  byssoïdes 
établi  par  Persoon  {Champ.  comm.,y.  67, 
et  Myc.  europ.,  sect.  1,  p.  83),  qui  a  la 
plus  grande  analogie  avec  quelques  Théïé- 
pbores  résupinées,  mais  qui  en  diffère  par 
l’absence  des  papilles.  Les  espèces  qui  le 
composent  se  présentent  sou?  la  forme  de 
pellicules  membraneuses  extrêmement  min¬ 
ces,  lisses,  dont  le  pourtour  estbyssoïde  et 
filamenteux.  Dans  cet  état  les  organes  de  la 
fruéfificalion  ne  son?  pas  toujours  dévelop¬ 


pés,  et  même  très  souvent  ils  ne  se  dévelop¬ 
pent  pas,  parce  que  les  circonstances  ne 
sont  pas  favorables  ;  dans  le  cas  contraire, 
ces  pellicules  deviennent  plus  épaisses, 
presque  charnues ,  et  on  peut  constater 
comme  sur  tous  les  Hyménomycètes  des 
basides  tétraspores  ;  alors  elles  ne  diffèrent 
plus  desThéléphores,  avec  lesquelles  le  pro¬ 
fesseur  Fries  les  a  réunies.  Voy.  thélé- 

PHORE.  (LÉV.) 

ATHENÆ  A ,  Schreb.  {non  Adanson). 
bot.  th. — Syn.  du  genre  Casearia,  delà  fa¬ 
mille  des  Samydées.  (Sr.) 

*  ATHENE.  Athene  (aôwn  ,  nu;  nom 
de  Minerve,  à  qui  était  consacré  le  Hibou), 
ois. — Genre  formé  par  Boie  et  démembré 
de  celui  de  Chevêche ,  Noctua ,  Cuv.  et 
Sav. ,  pour  y  placer  les  petites  espèces  de 
Chevêches  de  la  section  que  Cuvier  indique 
comme  ayant  la  queue  courte  et  les  doigts  em¬ 
plumés,  mais  dont  le  plus  grand  nombre  ce¬ 
pendant  n’a  aux  doigts  que  des  poils  clair¬ 
semés. 

Ce  genre  est  synonyme  de  celui  de  Nyc- 
iipetes  et  de  Scoto/>hilus  de  Swainson 
{Class.  of  birds).  Ses  caractères  sont  : 
«  Taille  très  petite.  Disque  facial  à  peine 
visible  ;  oreilles  fort  petites.  Ailes  très  cour¬ 
tes,  arrondies;  queue  moyenne,  arrondie. 
Tarses  de  longueur  variable  ;  doigt  médian 
allongé.  »  Les  espèces  qu’on  doit  rapporter 
à  ce  genre  sont ,  d’après  Swainson  ,  la 
Chouette  perlée  ( Strix  perlât, a  Vaili. 
afr.  6,  pl.  284),  qui  nous  paraît  absolu¬ 
ment  la  même  que  l’esp.  décrite  par  Tem- 
minck,  pl.,  col.  34,  sous  le  nom  de 
Chouette  occipitale  et  qui  est  du  Sénégal, 
et  la  Chouette  échasse  {Strix  cimicula- 
ria ,  ou  yrullaria,  Tem. ,  col.  1 4 G) ,  d’A¬ 
mérique.^  (Lafr.) 

ATHÉRICÈïlES.  Athericera  (àôiip, 
pointe;  x/paç,  corne),  ins.  —  Famille  de 
l’ordre  des  Diptères,  division  des  Bracho- 
cères ,  subdivision  des  Dichœtes.  Cette  fa¬ 
mille  ,  établie  par  Latreille  et  adoptée  par 
M.  Macquart,  contient  toutes  les  races  in¬ 
férieures  des  Diptères ,  à  l’exception  des 
Pupipares,  qui  forment  eux-mêmes  une 
famille  peu  nombreuse  .  Les  caractères  gé¬ 
néraux  des  Athéricères  sont:  Suçoir  ren¬ 
fermé  dans  la  trompe.  Antennes  ayant  gé¬ 
néralement  le  dernier  article  patelliforme. 
Style  ordinairement  dorsal.  Ailes  communé- 


ATH 


A  T  H 


291 


ment  à  une  seule  cellule  marginale  ;  3  posté¬ 
rieures.  Cette  famille  se  subdivise  en  8  tri¬ 
bus  :  les Scènoj) inicns,  les  Cèphalopsides , 
les  Lonchoptèrines ,  les  Platypèzines , 
les  Conopsaires,  les  Myopaires,  les  OEs- 
t  ride  s  y  et  l’innombrable  tribu  des  Musci¬ 
des,  partagée  elle-même  en  3  sections  et 
2  4  sous-tribus.  Les  divers  organes  présen¬ 
tent  des  modifications  dans  ces  différentes 
tribus,  et  l’on  remarque  également  que  les 
larves  de  ces  Diptères  se  partagent  en  deux 
principaux  groupes ,  d’après  leur  manière 
de  vivre;  car,  tandis  que  les  larves  des  4  pre¬ 
mières  tribus  et  de  quelques  Muscides  trou¬ 
vent  leur  subsistance  dans  les  matières  ani¬ 
males  ou  végétales  en  décomposition,  celles 
des  OEst rides,  des  Conopsaires,  des  Myo¬ 
paires  et  des  Muscides  supérieures,  vivent 
en  parasites  dans  le  corps  d’animaux  vi¬ 
vants,  et  n’en  sortent  que  pour  passer  à  l’é¬ 
tat  de  nymphes.  Nous  renvoyons  pour  plus 
amples  détails  à  chacune  des  tribus  dénom¬ 
mées  dans  cet  article.  (D.) 

ATHÉRINE.  A  therina  (àôsptva,  a  ris  ta 
ou  a  ris  tu  la,  selon  Gaza  (racine  à0r,o  ,  épi) , 
à  cause  de  leurs  arêtes  assez  nombreuses, 
ou  selon  d’autres  àôsp^stv,  mépriser,  parce 
que  ce  poisson  est  petit),  roiss.  — Genre  de 
Poissons  déjà  nommé  par  Linné,  et  dont  le. 
caractère  consiste  à  avoir  deux  dorsales  et 
des  ventrales  abdominales  ;  la  mâchoire  su¬ 
périeure  protractile,  garnie  de  petites  dents  ; 
les  maxillaires  atténués  en  pointe  à  leur 
extrémité  libre  ;  la  mandibule  inférieure 
amincie  vers  la  symphyse,  mais  non  relevée 
en  un  petit  tubercule  ;  la  membrane  bran¬ 
chiale  à  6  rayons. 

Quelques  espèces  ont  des  dents  aux  pala¬ 
tins  ,  d’autres  n’en  ont  qu’au  chevron  du 
vomer ,  et  enfin  il  y  en  a  qui  ont  le  palais 
entièrement  lisse. 

Les  sous-orbitaires  sont  petits  et  sans 
dentelures  ;  les  pièces  de  l’appareil  opercu- 
laire  sont  de  même  lisses  et  sans  épines  ni 
dentelures,  et  ces  os  ne  sont  pas  bombés  ; 
les  pharyngiens  sont  hérissés  de  petites 
dents  serrées.  L’estomac  est  un  simple  canal 
membraneux,  sans  branche  montante  ,  ni 
cæcum  ou  pylore  ;  l’intestin  est  court  et  fait 
peu  de  replis;  les  œufs  sont  gros. La  vessie 
aérienne,  assez  ample,  est  souvent  prolongée 
en  un  cône  logé  dans  un  canal  des  vertèbres 
caudales.  Le  péritoine ,  argenté  en  dehors , 


sous  les  muscles,  est  noir  à  sa  face  interne. 
La  couleur  est  ordinairement  verdâtre  sur  le 
dos,  blanche  sous  le  ventre,  avec  une  ban¬ 
delette  argentée  plus  ou  moins  large  le  long 
des  flancs.  Dans  l’esprit  des  naturalistes  de 
l’école  de  Linné,  cette  dernière  particularité 
semblait  constituer  le  principal  caractère  de 
ces  Poissons  ;  aussi  a-t-on  fait  entrer  dans  ce 
g.  plusieurs  Poissons  dont  les  flancs  sont 
ornés  de  cette  bande  argentée ,  et  qui  ce¬ 
pendant  n’ont  aucune  autre  affinité  avec  les 
Athérines. Telles  sont  VAtherina  Browuii 
Gmel.  ,qui  est  un  Anchois,  VA  therina  aus- 
tralis  de  John  White ,  VAtherina  Corn- 
mer  soni  de  Shaw,  etc.  ,  qui  n’ont  qu’une 
seule  dorsale.  En  comparant  les  autres  ca¬ 
ractères  que  nous  avons  résumés  plus  haut, 
on  conclut  que  les  Athérines  ont  des  affini¬ 
tés  avec  les  Muges;  mais  elles  ne  doivent  pas 
y  être  réunies  comme  le  voulait  Pallas.  Les 
Muges  en  diffèrent  par  l’échancrure  de  la  lè¬ 
vre  supérieure  ;  par  le  tubercule  de  la  lèvre 
inférieure  ;  par  des  sous-orbitaires  dentelés; 
par  des  opercules  convexes  ;  par  un  appareil 
pharyngien  très  compliqué  ;  par  un  estomac 
charnu,  sorte  de  gésier  analogue  à  celui  des 
Oiseaux,  et  très  rare  dans  les  espèces  de  la 
classe  des  Poissons.  La  bandelette  argentée 
des  flancs,  leur  a  sans  doute  fait  donner  par 
nos  pêcheurs  de  l’Océan  les  épithètes  de 
Près  très,  d  ''Ahnsseau  ou  de  Petits  Ahhès, 
de  Prestras  ;  sur  les  côtes  de  la  Manche, 
du  Calvados,  on  les  appelle  aussi  Rose  res  ; 
en  Languedoc  et  en  Provence,  elles  sont  dé¬ 
signées  par  les  noms  de  Joël,  de  Saur  tels, 
de  Cahassous;  en  Italie,  elles  sont  appelées 
Coroneda ,  Atharina  ou  Athcrno.  Ces 
dernières  dénominations  rappellent  sans 
aucun  doute  celle  d’àôepîvv}  qui  se  trouve 
dans  plusieurs  passages  des  anciens  et  don¬ 
née  aux  petits  Poissons  qui  fournissaient 
cette  espèce  d’Aphie  (  Voy.  ce  mot),  nommée 
É'Hitô*.  Les  petits  demeurent  rassemblés  en 
masses  considérables,  pendant  les  premiers 
jours  qui  suivent  leur  naissance.  C’est  ce 
qu’on  prend  sur  les  rivages  de  la  Méditerra¬ 
née  pour  le  vendre  frit  ou  cuit  dans  du  lait, 
sous  le  nom  de  Nonnat.  Adultes,  les  Athé¬ 
rines  vivent  aussi  en  troupes,  assez  grandes 
pour  être  l’objet  d’une  pêche ,  et  on  les  vend 
sous  le  nom  de  Faux-Êperlans.  Elles  sont 
quelquefois  si  abondantes  qu’on  les  aban¬ 
donne  pour  la  nourriture  de  nof  CMMSSiérÿ 


292 


ATI! 


ÀTH 


domestiques. On  a  même  aussi,  sur  quelques 
points  de  la  côte  de  Bretagne  l’habitude  de  les 
saler  ou  de  les  conserver  dans  l’huile  pour  les 
vendre  en  même  temps  que  les  Sardines.  La 
Méditerranée  et  l’Océan  en  nourrissent  six 
espèces  que  nous  trouvons  sur  nos  côtes  de 
France;  et,  à  ce  nombre  ,  il  faut  en  ajouter 
21  étrangères.  (Val.) 

ATHÉRIX.  Atherix.  ins.  —  Genre  de 
l’ordre  des  Diptères,  division  des  Brachocè- 
res,  subdivision  des  Tétracbœtcs,  famille  des 
Brachystomes,  tribu  des  Leplides.  Ce  genre, 
établi  par  Meigen,  a  été  adopté  par  Latreille, 
ainsi  que  par  M.  Macquart,  qui  lui  assigne 
les  caractères  suivants  :  Trompe  convexe  en 
dessus  ;  lèvre  supérieure  pointue.  Palpes  re¬ 
levés;  troisième  article  des  antennes  ovale, 
transversal,  incliné;  style  paraissant  ordi¬ 
nairement  dorsal.  Poitrine  peu  saillante. 
Abdomen  déprimé.  Des  sept  espèces  que 
M.  Macquart  rapporte  au  g.  dont  il  s’agit , 
nous  citerons  :  l°  VA.  ibis  de  Meigen,  le 
même  que  l’J.  maculutnsfàl&îxtilXt,  dont 
Fabricius  a  regardé  chaque  sexe  comme  une 
esp.  distincte  et  appartenant  même  à  un  g. 
différent  :  il  nomme  le  mâle  Rhagio  ibis  et 
la  femelle  Anthrax  titanus.  Cette  espèce 
assez  rare  se  trouve  dans  les  prairies;  2°  VA. 
mary  inata  de  Meigen,  ou  le  Bibio  id.  de 
Fabricius,  qui  fréquente  le  bord  des  rivières, 
et  se  pose  sur  les  bateaux;  3°  enfin,  VA .  im~ 
maculata  de  Fabr. ,  qui  est  commun  sur 
les  herbes  au  mois  de  mai.  (D.) 

ATHÉROPOGON.  Atkeroj)oyo?i(ÿbr^, 
épi;  -o'rywv,  barbe),  bot.  ph.  — Famille  des 
Graminées.  Ce  genre  ainsi  nommé  par  Müh- 
lenberg  a  été  réuni  par  Trinius,  à  son  genre 
Eutriana.  Voy.  ce  mot.  (A.  B..) 

ATHÉROSPERME.  Alherosperma 
(  àOxp ,  épi  ;  crKzçya. ,  graine  ).  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Monimiées ,  tribu 
des  Athérospermées ,  établi  par  Labillar- 
dière  ( Fl ■  ISouv.-Holl. ,  II,  p.  74,  t.  224), 
pour  un  arbre  originaire  de  la  Nouvelle- 
Hollande,  qui  présente  les  caractères  sui¬ 
vants:  Fleurs  monoïques  ;  les  mâles  ont  un 
calice  à  tube  très  court ,  à  limbe  campa- 
nulé ,  divisé  en  8  lanières  obtuses  et  dispo¬ 
sées  sur  deux  rangées ,  les  plus  intérieures 
étant  plus  minces  et  comme  pétaloïdes.  Éta¬ 
mines  variant  de  dix  à  vingt,  insérées  au 
fond  du  calice  :  elles  sont  entremêlées  d’é- 
cailles  pétaloïdes  qui  sont  autant  d’étamines 


stériles;  filets  plans,  courts  et  munis  de  deux 
petites  écailles  à  leur  base.  Anthères  à  deux 
loges  allongées,  séparées  par  un  connectif 
et  s’ouvrant  par  une  valve  qui  s’enlève  de  la 
base  vers  le  sommet.  Ces  caractères  rap¬ 
pellent,  comme  il  est  facile  de  le  voir,  la 
structure  des  étamines  dans  les  Laurinécs. 
Les  femelles  ont  le  même  calice  que  les  m⬠
les,  mais  offrant  beaucoup  d’écailles  inté¬ 
rieures  qui  peuvent  être  considérées  comme 
des  étamines  avortées.  Les  pistils  occupent 
le  fond  du  calice  ;  ils  sont  nombreux,  sessi- 
les ,  uniloculaires,  et  contiennent  chacun  un 
seul  ovule  dressé.  Le  style  est  un  peu  laté¬ 
ral,  filiforme,  terminé  par  un  stigmate  aigu. 
Les  fruits  sont  de  petites  noix,  enveloppées 
par  le  calice  persistant  et  terminées  à  leur 
sommet  par  un  long  appendice  plumeux , 
formé  par  le  style  persistant  qui  s’est  accru. 

Une  seule  espèce  compose  ce  genre  : 
c’est  V  Atherosperma  moschala  Labill. 
(. N.-Holl .,  t.  224);  arbre  aromatique,  à  ra¬ 
meaux  tétragones  ;  à  feuilles  simples  et  op¬ 
posées,  et  à  fleurs  solitaires  et  axillaires. 

(A.  R.) 

ÆTHEROSPERMACEES.  bot.  ph.— 

VoyCZ  ATHEROSrERMEES.  (Ad.  J.) 

ATHÉROSPERMÉES.  bot.  ph.  — 
Genres:  Alherosperma ,  Labill.;  Laurclia, 
Juss.  {Pavotiia ,  Ruiz.  Pav. ,  non  Cav.); 
Dorypliora ,  Endlich.  bot.  ph. — La  famille 
établie  par  M.  R.  Brown  sous  ce  nom ,  que 
M.  Lindley  change  en  celui  d’Asthéroperina- 
cées  et  considérée  par  M.  Endlicher  comme 
une  simple  tribu  des  Monimiées,  appartient 
à  la  classe  des  plantes  diclines.  Les  fleurs  de 
sexe  différent  sont  réunies  dans  un  même 
involucre  ou  séparées  sur  des  involucres 
distincts  :  ceux-ci  offrent  un  tube  divisé,  à 
son  sommet,  en  segments  disposés  sur  deux 
rangs,  dont  l’intérieur  a  l’apparence  péla- 
loïde,  et  simulent  ainsi  un  calice  portant 
des  pétales  périgynes.  Les  mâles  consistent 
en  un  nombre  indéfini  d’étamines  insérées 
sur  la  paroi  interne  de  l’involucre,  et  dont 
chacune  peut  être  considérée  comme  une 
fleur  distincte  ;  les  unes  stériles  et  réduites 
à  l’état  d’écailles  ;  les  autres  fertiles,  à  fi¬ 
lets  élargis  à  leur  base  ou  un  peu  plus  haut 
en  deux  appendices  squamiformes ,  et  por¬ 
tant  une  anthère,  dont  les  deux  loges  s’ou¬ 
vrent  par  une  valve  de  la  base  au  sommet; 
les  femelles  présentent  plusieurs  ovaires, 


* 

AT  H 


ATH 

accompagnés  d’autant  de  styles  partant  du 
sommet  ou  du  côté  que  termine  un  stigmate 
simple,  et  contiennent  chacune  un  ovule 
unique,  dressé.  Ils  deviennent  autant  de 
noix  monospermes  surmontées  de  leurs 
styles ,  qui  prennent  l’apparence  plumeuse 
et  entourées  par  l’involucre  développé.  La 
graine  contient  un  petit  embryon  droit ,  à 
radicule  infère,  situé  à  la  base  d’un  péri- 
sperme  mou  et  charnu.  Les  espèces  de  cette 
famille,  originaires  de  la  Nouvelle-Hollan¬ 
de  et  de  l’Amérique  du  sud,  sont  des  arbres 
à  feuilles  opposées,  sans  stipules,  aux  ais¬ 
selles  desquelles  naissent  les  invoîucres 
solitaires.  (Ad.  J.) 

*  ATHÉRURE.  Atherurus.  mam.  — 
Nom  d’un  genre  établi  par  Cuvier,  parmi  les 
Hystriciens,  et  qui  est  voisin  des  Porcs- 
épics  proprement  dits.  Voy.  forc-éfic. 

(I.  G.-S.-H.) 

*  ATHËRURUS.  bot.  ph.  —  Genre  de 
la  famille  des  Aroïdées ,  tribu  des  Spa- 
thicarpées ,  établi  par  Blumc  (Rumph., 
t.  XXVII,  f.  F.),  mais  sans  en  tracer  les  ca¬ 
ractères.  Endlicber  (Gen.  plant n°  1693)  a 
donné,  d’après  la  figure  publiée  par  Blume, 
les  caractères  suivants  :  Spathe  roulée  dans 
sa  partie  supérieure,  ouverte  à  sa  base. 
Spadice  androgyne.  La  partie  qui  porte  les 
fleurs  femelles  est  séparée  par  une  cloi¬ 
son  membraneuse  de  la  portion  qui  sou¬ 
tient  les  fleurs  mâles.  Le  sommet  nu  du 
spadice  se  prolonge  en  un  long  appendice 
filiforme.  Les  anthères  sont  très  rappro¬ 
chées,  sessiles,  à  deux  loges  apposées, 
s’ouvrant  comme  en  deux  valves  par  un 
sillon  longitudinal.  Les  ovaires  sont  nom¬ 
breux  et  monospermes.  Les  fruits  sont  des 
baies  uniloculaires,  contenant  une  seule 
graine  allongée  et  dressée.  (A.  R.) 

* ATHLI A  ( aôXto; ,  misérable),  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  pentamères ,  famille 
des  Lamellicornes,  tribu  des  Scarabéides 
phyllophages,  établi  par  Erichson  (  Arch . 
d’Hist.  nat.  de  Wiegman),  qui  le  caracté¬ 
rise  ainsi  :  Antennes  courtes  de  9  art.:  les  4 
premiers  obeoniques,  le  4e  très  court,  les  5e 
et  6e  moins  courts  et  transverses,  les  3  der¬ 
niers  brièvement  lameilés  5  les  B  premières 
lamelles  concaves  en  dessus ,  la  dernière 
ovale.  Labre  membraneux,  caché;  mandibu¬ 
les  également  cachées,  petites,  avec  le  bord 
interne  membraneux. Mâchoires  assez  épais- 


293 

ses,  à  demi  cornées ,  garnies  de  G  dents  ai  - 
gués.  Palpes  maxillaires  ayant  le  1er  art. 
court,  étroit,  le  2e  un  peu  allongé,  le  3e 
presque  obeonique,  le  4e  légèrement  sécuri- 
forme  ;  palpes  labiaux  insérés  sous  le  bord 
latéral  du  menton,  courts  avec  le  dernier 
article  cylindrique.  Menton  profondément 
échancré  à  la  base,  avec  les  bords  latéraux 
entiers.  Corps  ovale,  oblong,  convexe; 
écusson  arrondi  latéralement,  recourbé  an¬ 
térieurement,  légèrement  sinué,  coupé  aux 
angles.  Hanches  postérieures  médiocrement 
dilatées,  couvrant  à  peine  le  Ier  segment  de 
l’abdomen.  Pieds  médiocres;  jambes  anté¬ 
rieures  tridentées;  tarses  longs,  peu  épais; 
tous  les  articles  des  tarses  antérieurs  garnis 
de  poils  épais  en  dessous  5  ongles  égaux, 
bifides  à  leur  extrémité. 

Ce  g.  est  fondé  sur  une  seule  espèce  du 
Chili,  nommée  par  l’auteur  Athlia  rus  t  ica, 
et  qui ,  d’après  la  figure  qu’il  en  donne  dans 
l’ouvrage  précité,  tab.  3  ,  fig.  4  ,  nous  a 
paru  se  rapprocher  beaucoup  du  g.  Ancy- 
Ion  y  c ha  de  Dejèan.  Voy,  ce  mot. 

(D.  etc.) 

ATHCM.  roiss. — Nom  vulgaire  du  Thon 
dans  le  midi  de  la  France.  Voy.  ce  mot. 

(C.  d’O.) 

*  ATHORACIQUES  (à  priv.  ; 

poitrine,  thorax),  crust. — M.  de  Blainvilie  a 
donné  ce  nom  à  un  ordre  de  la  classe  des 
Décapodes,  renfermant  les  Crustacés  qui 
paraissent  ne  pas  avoir  de  thorax,  et  com¬ 
prenant  les  genres  Phronime  et  Phyllo- 
some .  (C.  d’Ô.) 

*  ATHOUS  ( àôwoç,  innocent),  ins.  — . 
Genre  de  Coléoptères  pentamères,  famille 
des  Sternoxes,  tribu  des  Élatérides,  établi 
par  Eschscholtz  et  adopté  par  M.  Dejean 
dans  son  dernier  Catalogue,  ainsi  que  par 
M.  Lacoi'daire  dans  la  Faune  entomologi- 
que  des  environs  de  Paris ,  à  laquelle  nous 
renvoyons  (t.  I,  p.  637)  pour  le  développe¬ 
ment  des  caract.  génériques,  trop  longs 
pour  être  rapportés  ici.  Les  Athous  se  re¬ 
connaissent  principalement  à  leurs  tarses  , 
dont  les  crochets  sont  simples  ;  à  leur  pro¬ 
thorax  sans  rainures  pectorales  ;  à  leur  tête 
non  fléchie  ;  à  leur  carène  frontale  saillante  ; 
à  leurs  hanches  postérieures  étroites ,  non 
dilatées  à  leur  côté  interne  ,  et  enfin  à  leur 
prosternum  prolongé  antérieurement. 

Ce  g.  est  un  des  plus  pombyeux  de  la  tribu 


294 


ATH 


AT  II 


des  Élalérides.  M.  Dejean,  dans  son  dernier 
Catalogue,  y  rapporte  54  espèces  de  divers 
pays ,  mais  celles  d’Europe  en  forment  la 
majeure  partie.  Nous  citerons  parmi  ces  der¬ 
nières  r  Elnter  Rhombeus  d’Olivier,  VE. 
hirtus  de  Herbst  ou  aterrimns  de  Fabr. , 
ou  niger  d’Oliv.,  et  enfin  VE.  lonyicollis 
de  Fabr.  Ces  3  espèces  se  trouvent  aux  en¬ 
virons  de  Paris.  (D.  et  C.) 

*  ATHRXCHÏA.  ins. — Nom  donné  par 

Schrank  à  un  genre  de  Diptères,  de  la  fa¬ 
mille  des  Athéricères ,  tribu  des  Scénopi- 
niens,  lequel  correspond  au  g.  Sccnopinus 
de  Latr.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

*  ATHMXIA  (à  priv.;  ôfi!* ,  cheveu). 

bot.  th.  — Genre  de  la  famille  des  Compo¬ 
sées,  tribu  des  Sénécionidées,  et  qui  a  pour 
caract.  :  Capitules  multiflores  hétérogames; 
fleurs  du  rayon  unisériées  femelles ,  ligu- 
lées  ou  biligulées  ;  celles  du  disque  tubu¬ 
leuses,  5-dentées.  Réceptacle  nu.  Involucre 
turbiné  -  campanulé  ,  composé  d’écailles 
nombreuses,  imbriquées,  terminées  par  une 
arête  assez  longue,  déjetée  sur  le  côté.  Fruits 
oblongs ,  glabres  et  quelquefois  accompa¬ 
gnés,  à  la  base,  d’un  bouquet  de  poils.  Ai¬ 
grette  l -sériée,  composée  de  soies  filiformes 
légèrement  scabres,  ou  de  soies  et  de  pail¬ 
lettes  alternes,  dentées  au  sommet.  — Les 
A  ihrixia  habitent  le  Cap  ou  Madagascar  ; 
ce  sont  des  sous-arbrisseaux  qui  ont  de  la 
ressemblance  avec  certains  Aslers  ou  Ver- 
nonia ,  et  portent  des  feuilles  linéaires, 
raides ,  mucronulées ,  décurrentes ,  tomcn- 
tcuses  sur  la  face  inférieure  et  couvertes , 
sur  la  supérieure,  de  très  petits  points.  Les 
capitules  solitaires  sont  munis  de  rayons 
pourpres ,  lilas  ou  blancs.  (J.  D.) 

AXHïVODACTYLIS  pour  Ar.thb.odac- 
TYBis.  Voyez  ce  mot.  (A.  R.) 

*  ATHROISMA  (aôf  ci<jp.a,  amas  ;  allu¬ 
sion  à  la  disposition  des  capitules  ramassés 
en  glomérule  terminal  et  couleur  de  paille  ). 
bot.  th.  —  Ce  genre  est  fondé  sur  une  plante 
découverte  par  M.  Wallich  ,  dans  l’Inde 
orientale,  et  désignée,  dans  ses  collections, 
sous  le  nom  de  Sphœranihus  laciniatus. 
Elle  est  en  effet  voisine  du  Sphœranthns  ; 
mais  elle  en  diffère  clairement  par  les  caract. 
suivants  :  Plusieurs  capitules  réunis  en  un 
glomérule  ovale  dont  l’axe  cylindrique  porte 
des  bradées  concaves,  ovales,  aiguës.  Cha¬ 
cun  des  capitules,  pluriflore  hétérogame  , 


offre  un  réceptacle  muni  lui-même  de  plu¬ 
sieurs  bractées  membraneuses,  concaves 
Involucre  formé  d’un  petit  nombre  de  fo¬ 
lioles  à  peine  distinctes  de  celles  du  récep¬ 
tacle.  Les  fleurs  extérieures,  au  nombre  de 
4-5,  femelles,  tubuleuses,  à  2-5  dents  ;  les 
intérieures  également  peu  nombreuses,  sont 
tubuleuses,  à  gorge  dilatée,  5-dentées.  Style 
des  fleurs  femelles  bifide,  presque  glabre. 
Fruits  obeomprimés ,  ovales ,  plans  d’un 
côté,  convexes  de  l’autre  et  ciliés  à  la  partie 
supérieure  du  rebord.  (J.  D.) 

*  ATMRONIA.  bot.  th. — Genre  établi 
par  Necker  et  considéré  comme  synonyme 
de  l1  Acmella.  Voyez  ce  mot.  (J.  D.) 

*  ATHROTOMUS  (iflpooç,  serré;  tojmç, 
division  ,  article),  ins.  —  Genre  de  Coléop¬ 
tères  tétramères,  famille  des  Curculionides, 
établi  par  Klug  et  adopté  par  Schoenherr, 
qui  le  range  dans  sa  division  des  Cossonides, 
ordre  des  Gonatocères.  Klug  le  caractérise 
ainsi  :  Antennes  médiocrement  longues  ; 
funicule  de  7  articles  serrés;  le  1er  conique, 
les  autres  brièvement  transverses  ,  plus 
épais  en  se  rapprochant  de  la  massue;  celle- 
ci  composée  de  3  articles.  Tarses  courts , 
aplatis;  pénultième  article  distinctement 
bilobé,  garni,  en  dessous,  d’un  épais  duvet. 
Corps  et  surtout  le  prothorax  plus  aplati  et 
proportionnellement  plus  large  que  dans  les 
Cossonus.  Écusson  grand,  arrondi.  Cuisses 
antérieures  renflées,  armées  au  bord  in¬ 
terne,  environ  vers  le  milieu,  d’une  forte 
épine. 

Klug  place  ce  g.  entre  les  g.  Calandra 
et  Cosionus  de  Fabr.;  il  est  fondé  sur  une 
seule  espèce  rapportée  de  Madagascar  par 
M.  Goudot  et  publiée  par  l’auteur  sous  le 
nom  de  Alhroiomus  dépressifs  (Ins.  von 
Madagascar ,  pag.  113,  n°  178,  lab.  4, 
fig.  12).  Ce  g.  est  très  voisin  des  Trypctcs 
de  Schoenherr.  (D.  et  C.) 

*  ATHROZOPHYTE.  Athrozophy- 
tum  (àôp&üjw,  |éunir;  çutov  ,  plante),  bot. 
cr.  —  Necker  ‘donne  ce  nom  aux  Algues , 
dont  les  frondes  s’accumulent  par  suite 
d’une  évolution  continue  du  végétal. 

(C.  d’O.) 

ATHIUJPHYLLUM ,  Loureiro  (  Co- 
chinch.,  p.  14J)  (àGpooç,  ramassé;  cpûXXov, 
feuille),  bot.  m. — Syn.  du  genre  Myrsine , 
L.;  de  la  famille  des  Ardisiacées.  (Sr.) 

*  ATIIRYCIE.  A thrycia  (à  priv.  ;  ôft; , 


ATH 


AT  H 


295 


poil),  ins.  —  Genre  de  Diptères  établi  par 
M.  Robineau-Desvoidy  dans  sa  famille  des 
Myodaires  ,  tribu  des  Entomobies,  section 
des  Faunides.  Les  Athrycies  ont  les  plus 
grands  rapports  avec  les  Lalrcillies  ;  mais 
ils  en  diffèrent  par  le  second  article  anten- 
naire  plus  long  et  nu;  par  le  chète  plus  court, 
ayant  le  second  article  plus  long,  et  par  les 
faciaux  non  ciliés,  le  long  des  fossettes.  Du 
reste  leur  corps  est  noir  et  cylindrico- 
allongé.  Ce  genre  ne  renferme  que  deux  es¬ 
pèces  nommées  par  Fauteur  :  l’une,  A.  ery- 
throcera ,  et  l’autre,  A.  flavescens  ;  toutes 
deux  se  trouvent  aux  environs  de  Paris. 

(D.) 

*  ATHYLACE.  Athylax  (à  privatif; 

66Xa| ,  sac,  bourse),  mam.  —  Genre  proposé 
par  Fr.  Cuvier  pour  un  Carnassier  que  les 
autres  auteurs  placent  parmi  les  Mangous¬ 
tes.  Yoy.  ce  mot.  (I.  G.-S.-H.) 

*  ATHYMALXJS  (  à  priv.  ;  rtOuu.aXoç , 
Tithymale  ;  qui  n’est  pas  un  Tithymale  ). 
lot.  ph.  —  Un  des  genres  établi  aux  dépens 
de  YEuphorbia ,  par  Necker,  d’après  cer¬ 
taines  modifications  de  la  forme  de  l’invo- 
lucre  et  qui  n’a  pas  été  adopté.  L’auteur  joint 
à  ce  nom  latin ,  le  nom  français  de  Faux- 
TiihymaU  qui  indique  son  étymologie. 

(Ad.  J.) 

*  ATHYREUS  (  à  priv.;  forçeoç,  écus¬ 
son).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères  ,  famille  des  Lamellicornes,  tribu 
des  Scarabéides  arénicoles,  établi  par  Mac- 
Leay,  et  dont  voici  les  caractères  d’après 
l’Encyclopédie  :  Antennes  presque  sembla¬ 
bles  à  celles  du  g.  Elephastomus  (  Voy .  ce 
mot)  ;  seulement  la  massue  est  un  peu  plus 
arrondie.  Labre  large,  en  carré  transversal, 
à  peine  trilobé  antérieurement.  Mandibules 
cornées,  fortes,  triangulaires,  un  peu  ar¬ 
quées,  planes  en  dessus,  bidentées  extérieu¬ 
rement.  Dernier  article  des  palpes  labiaux, 
égalant  presque  en  longueur  celui  des 
maxillaires.  Menton  presque  carré.  Lèvre 
bifide.  Chaperon  dilaté  postérieurement  de 
chaque  côté ,  se  prolongeant  en  une  lame 
presque  carrée,  portant  dans  son  milieu  une 
élévation  munie  de  trois  pointes,  dont  l’in¬ 
termédiaire  est  plus  longue.  Corps  très  con¬ 
vexe,  velu  en  dessous.  Corselet  mucroné  en 
devant,  prolongé  en  dessus  à  sa  partie  pos¬ 
térieure  au  dedans  de  l’écusson.  Écusson 
linéaire  peu  divisé,  se  prolongeant  entre  les 


élytres.  Pattes  intermédiaires  très  écartées 
l’une  de  l’autre.  Jambes  antérieures  mu¬ 
nies  de  4  ou  5  dents  extérieures. 

Mac-Leay  a  fondé  ce  genre  sur  trois  es¬ 
pèces  toutes  du  Brésil.  A  en  juger  par  leurs 
noms,  aucune  n’est  identique  avec  les  cinq 
que  M.  Dejean  mentionne  de  son  côté  dans 
son  dernier  Catalogue.  Nous  en  citerons 
deux ,  une  de  chaque  auteur  :  VA.  furcifer 
Dej.,  de  Cayenne,  et  1’^.  bifurcatus  Mac- 
Leay  ,  du  Brésil.  Une  espèce  du  Sénégal  a 
été  figurée  et  décrite  dans  Y  le.  on.  du  Rcg 
anim .,  par  M.  Guérin,  sous  le  nom  de 
A .  castaneus  ;  enfin  M.  Sallé  en  a  pris  une 
au  Mexique,  qui  se  trouvait  sous  terre  à  une 
très  grande  profondeur;  ce  qui  donne  à 
penser  que  ces  insectes  sont  crépusculaires 
comme  les  Bolbooères  qui  les  avoisinent. 

(D.  etc.) 

ATHYRXUM  (à  priv.;  ôûptov,  petite 
porte),  bot.  foss. —  Genre  de  Fougères  con¬ 
fondues  longtemps  avec  les  Aspidium  et 
dont  le  type  est  le  P oly podium  filix- 
fæmina  L.  ou  Aspidium  filix-fœmina, 
plante  qui  a  cependant ,  par  ses  carac¬ 
tères  essentiels ,  beaucoup  plus  de  rapports 
avec  les  Asplénium  qu’avec  les  Aspi¬ 
dium.  Roth  le  premier  la  sépara  des  Aspi¬ 
dium,  sous  le  nom  générique  d 'Athyrium; 
et  on  y  rangea  successivement  les  Aspi¬ 
dium  fontanum ,  rutaceum ,  asplcnioi - 
des  et  plusieurs  autres  plantes  classées,,  tan¬ 
tôt  dans  le  genre  Aspidium ,  tantôt  parmi  les 
Asplénium. Les  caractères  distinctifs  de  ces 
plantes  sont  d’avoir  les  groupes  de  capsules 
ovales  ou  oblongs,  mais  peu  allongés,  insé¬ 
rés  le  long  d’un  des  côtés  d’une  des  nervu¬ 
res  secondaires  et  recouvertes  par  un  tégu¬ 
ment  membraneux  ,  convexe ,  naissant  de 
cette  nervure,  dans  toute  la  longueur  du 
groupe  de  capsules. Ces  plantes  ont  la  môme 
nervation  que  les  Asplénium ,  c’est-à-dire 
des  nervures  pinnées  simples  ou  bifurquées, 
jamais  anastomosées.  Elles  ne  diffèrent  de 
ce  genre  que  par  leurs  groupes  de  capsules 
moins  allongés  et  leur  tégument  courbé  et 
convexe. 

M.  Presl  croit  que  le  genre  Allantodia 
de  R.  Brown ,  fondé  essentiellement  sur 
Y  Aspidium  umbrpsum  ne  diffère  pas  de 
celui-ci.  Cependant,  d’après  la  description 
qu’en  donne  ce  célèbre  botaniste  (  Prodr. 
fl.  Nov.  lloll. ,  p.  i  4 D),  et  la  comparaison 


296 


ATL 


ATL 


qu’il  établit  entre  ces  plantes  et  les  Àlhy 
rium,  ils  seraient  parfaitement  distincts. 

Le  genre  Athyrium ,  placé  par  Prcsl,  on 
ne  sait  sur  quels  motifs,  dans  la  section  des 
Blechnées,  est  bien  plus  voisin  des  Dip  la- 
sium  et  Asplénium.  Ses  espèces  peu  nom¬ 
breuses,  surtout  si  les  Allantodia  en  sont 
réellement  distinctes ,  croissent  dans  les 
climats  tempérés  et  sont  en  général  petites 
et  herbacées.  (Ad.  B.) 

*  ATHYRTUS,  Neck.  (àôupc;,sans porte). 
bot.  ph.  —  Synonyme  du  g.  Lathyrus  ,  de 
la  famille  des  Légumineuses.  (Sp.) 

*  ATILAX.  mam.  —  Fr.  Cuvier  a  écrit 

ainsi,  dans  son  Supplément  à  Buffon ,  le 
nom  du  genre  qu’il  avait  antérieurement 
proposé  sous  le  nom  plus  régulièrement 
formé  d \ithylace.  (I.  G.-S.-H.) 

*ATIMUS  (à-riji. g;,  méprisé),  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  pentamères ,  famille 
des  Lamellicornes,  établi  parM.Dejean  dans 
son  dernier  Catalogue  (3e  édit.),  et  qui  se 
rapporte  au  g.  Phœochrous  de  M.  Dela¬ 
porte  (Bufïon-Duménil ,  Coléopt.,  t.  II,  p. 
108).  Voy.  ce  mot.  (D.  etc.) 

ATINGA  ou  ATINGUE.  .poiss.  — Es¬ 
pèce  du  genre  Biodon.  Voyez  ce  mot. 

(C.  d’O.) 

ATIRSIT A.  bot.  th.  —  Synonyme  de 
Plantago  cororiopus  L.  Voyez  plantain. 

(C.  d’O.) 

ATLANTE.  Atlanta  {^tlantca ,  nom 
myth.).  moll.  —  La  découverte  du  genre 
Atlante  est  due  à  Lamanon,  le  malheureux 
compagnon  de  l’infortuné  Lapeyrouse.  La¬ 
manon  crut  trouver  dans  ce  genre  le  re¬ 
présentant  vivant  des  Ammonites ,  répan¬ 
dus  en  grande  abondance  dans  tous  les 
terrains  secondaires  de  l’Europe  ;  mais  il 
n’en  vit  que  la  coquille  et  se  laissa  trom¬ 
per  par  l’apparence  ;  car ,  après  avoir 
recherché  les  caractères  de  la  structure 
intérieure  des  Ammonites ,  la  moindre 
comparaison  avec  sa  coquille  vivante  lui 
aurait  fait  reconnaître,  avec  la  plus  grande 
facilité,  qu’elle  n’a  qu’un  rapport  fort  éloi¬ 
gné  avec  les  Ammonites.  M.  Lesueur,  l’ami 
et  le  compagnon  de  Péron  qui,  après  la 
mort  trop  prématurée  de  ce  savant  natura¬ 
liste  ,  consacra  une  partie  de  sa  vie  à  des 
voyages  qui  le  mirent  à  même  d’agrandir 
le  champ  de  l’observation,  M.  Lesueur,  plus 
heureux  que  Lamanon ,  découvrit  l’animal 


de  la  prétendue  Corne-d’Ammon  vivante  ; 

!  lit  voir  qu’il  n’avait  aucun  rapport  avec  les 
Céphalopodes,  et  indiqua  sa  place  parmi  les 
Ptéropodes,  en  créant  pour  lui  le  genre  At¬ 
lante.  Depuis,  ce  genre  a  été  conservé  par 
presque  tous  les  naturalistes  ;  mais  tous  ne 
l’ont  pas  placé  parmi  les  Ptéropodes.  M. 
Lesueur,  il  faut  en  convenir  aujourd’hui, 
n’avait  pas  fait  parfaitement  connaître  l’ani¬ 
mal  des  Atlantes,  et  l’on  conçoit  que  les 
zoologistes,  guidés  par  des  renseignements 
incomplets,  ont  dû,  malgré  eux,  se  faire  une 
opinion  erronée  sur  l’animal  dont  il  s’agit. 
Presque  tous  adoptant  l’opinion  de  M. 
Lesueur,  l’ont  compris  parmi  les  Ptéropo¬ 
des  ;  mais  M.  Rang,  habile  observateur, 
ayant  eu  dans  ses  voyages  l’occasion  d’ob¬ 
server  vivant  l’animal  des  Atlantes ,  et 
l’ayant  conservé  dans  la  liqueur,  le  sou¬ 
mit  à  des  recherches  anatomiques  ,  ce 
qui  le  porta  à  publier  sur  ce  sujet  un  tra¬ 
vail  plein  d’intérêt  dans  les  Mémoires  de 
la  Société  d’histoire  naturelle  de  Paris. 
Dans  ce  Mémoire,  M.  Rang  fait  voir  que 
le  genre  Atlante  ne  peut  rester  parmi  les 
Ptéropodes  ,  mais  qu’il  appartient  indubi¬ 
tablement  aux  Gastéropodes.  Il  démontre 
que  les  Atlantes  sont  des  Gastéropodes 
nageurs,  voisins  à  certains  égards  des  Fi- 
roles  et  des  Carinaires.  Depuis  ce  beau  tra¬ 
vail  de  M.  Rang,  tous  les  zoologistes  sont 
d’accord  sur  la  place  que  les  Atlantes  doi¬ 
vent  occuper  dans  la  série  méthodique. 
Presque  tous  les  auteurs  les  avaient  rap¬ 
prochés  du  genre  Limacine  de  Cuvier.  Cu¬ 
vier,  adoptant  les  conclusions  du  Mémoire 
de  M.  Rang,  mit  le  genre  qui  nous  occupe 
dans  sa  famille  des  Hétéropodes ,  le  con¬ 
sidérant  comme  sous-genre  des  Ptérotra¬ 
chées,  et  le  plaçant,  à  ce  titre,  entre  les  Ca¬ 
rinaires  et  les  Firoles. 

D’après  M.  Rang,  l’animal  des  Atlantes 
est  proportionné  à  la  grandeur  de  sa  co¬ 
quille.  Son  extrémité  antérieure  la  plus 
épaisse  se  partage  en  trois  parties  bien  dis¬ 
tinctes  ,  dont  la  première  est  la  tête;  la  se¬ 
conde, un  pied  considérable;  et  la  troisième 
un  appendice  de  ce  pied ,  destiné  à  por¬ 
ter  un  opercule.  La  tête ,  assez  grosse ,  est 
en  forme  de  trompe,  et  portée  presque  à 
angle  droit  sur  un  col  assez  long.  Son 
extrémité  antérieure  présente  une  petite 
ouverture  buccale  sans  renflement  labial. 


ATI. 


297 


Vers  son  sommet  se  trouvent  deux  tenta¬ 
cules  cylindriques  à  la  base  desquels  les 
yeux  sont  placés  postérieurement  sur  des 
tubercules  très  courts.  Ces  yeux  sont  grands 
en  proportion  de  la  taille  de  l’animal ,  et 
ont  beaucoup  d’éclat  lorsque  l’animal  est 
vivant.  Le  milieu  du  corps  est  formé  par 
un  grand  pied  comprimé,  qui  prend  la  for¬ 
me  d’une  grande  nageoire  sur  le  bord  posté¬ 
rieur  de  laquelle  se  trouve  une  petite  ven¬ 
touse  semblable  à  celle  qu’on  remarque 
chez  les  Carinaires  ;  derrière  ce  pied  s’élève 
un  appendice  musculaire  qui  semble  être 
l’extrémité  du  pied  des  Gastéropodes  rame¬ 
né  en  haut  et  à  l’extrémité  duquel  est  fixé 
un  petit  opercule  corné,  extrêmement  mince 
et  transparent  comme  du  verre.  Nous  ne 
suivrons  pas  M.  Rang  dans  les  d-étails  qu’il 
donne  sur  l’animal  des  Atlantes  ;  nous  ren¬ 
voyons  à  son  Mémoire ,  qui  nous  a  suffi 
pour  exposer  les  caractères  zoologiques  au 
moyen  desquels  on  peut  déterminer  rigou¬ 
reusement  la  place  que  doit  occuper  le  gen¬ 
re.  On  voit,  d’après  ce  que  nous  venons 
de  dire,  que  M.  Lesueur  s’est  laissé  trom¬ 
per  par  l’apparence.  Il  a  cru  voir,  dans  les 
deux  parties  du  pied,  les  deux  nageoires 
qui  caractérisent  les  Ptéropodes ,  tandis 
que  les  observations  de  M.  Rang  constatent 
irrévocablement  que  les  Atlantes  sont  de 
véritables  Gastéropodes  nageurs.  Depuis 
ces  nouvelles  observations ,  il  est  devenu 
indispensable  de  changer  les  caractères  gé¬ 
nériques.  Les  voici  tels  que  les  propose  M. 
Rang  :  Animal  spiral,  comprimé ,  pourvu 
d’un  pied  médian,  très  aplati ,  en  forme  de 
nageoire,  assez  grand  et  portant  une  petite 
ventouse  à  son  bord  supérieur.  Tête  assez 
grosse  ,  en  trompe  ;  deux  tentacules  cylin¬ 
driques,  implantés  en  avant  de  deux  tuber¬ 
cules  aplatis,  au  sommet  desquels  les  yeux 
sont  placés.  Une  branchie  pectinée  dans  une 
cavité  subcervicale,  peu  considérable.  Co¬ 
quille  discoïde,  planorbulaire ,  ayant  l’ex¬ 
trémité  de  la  spire  saillante  d’un  côté  ;  ou¬ 
verture  symétrique,  subtransverse  ou  lon¬ 
gitudinale,  profondément  échancrée  au  mi¬ 
lieu  du  bord  droit.  Une  carène  mince  et 
tranchante  régnant  à  la  circonférence  du 
dernier  tour  ;  coquille  très  mince,  transpa¬ 
rente,  vitrée,  fermée  par  un  opercule  éga¬ 
lement  mince  et  transparent. 

Les  coquilles  des  Atlantes  ne  sont  pas 


ATL 

parfaitement  symétriques  comme  on  l’a  cru 
pendant  longtemps;  presque  toutes  sont  dis¬ 
coïdes,  aplaties,  et  M.  Ale.  d’Orbigny,  dans 
son  Voyage  dans  l’Amérique  méridionale,  a 
donné  connaissance  de  plusieurs  faits  très  in¬ 
téressants  touchant  les  Atlantes.  Il  a  décou¬ 
vert  plusieurs  espèces  qui  commencent  par 
une  spire  très  saillante,  tandis  que  le  dernier 
tour  s’agrandit  assez  subitement  dans  un 
plan  different  de  ceux  qui  le  précèdent.  Tou¬ 
tes  les  Atlantes  ont  le  test  extrêmement  min¬ 
ce,  transparent,  fragile.  Le  dernier  tour  dans 
les  individus  adultes  est  symétrique  ,  et 
porte,  sur  le  milieu  ,  une  carène  très  sail¬ 
lante,  mince,  tranchante,  dont  l’extrémi¬ 
té  antérieure  vient  aboutir  à  une  fente 
plus  ou  moins  profonde  qui  divise  le  bord 
en  deux  parties  égales.  L’ouverture  plus 
ou  moins  évasée ,  selon  les  espèces ,  est 
longitudinale  dans  le  plus  grand  nombre, 
et  ovale  subtransverse  dans  l’espèce  de  la 
Méditerranée.  Cette  ouverture  est  fermée 
par  un  opercule  qui  en  reproduit  exac¬ 
tement  la  forme.  Si  l’on  compare  ces  co¬ 
quilles  à  celles  du  genre  Bellérophe ,  ou 
doit  reconnaître  qu’il  se  trouve  entre  elles 
de  très  grandes  ressemblances  ;  aussi  pen¬ 
sons-nous  ,  contre  l’opinion  de  quelques 
personnes ,  que  le  genre  que  nous  venons 
de  mentionner  ne  doit  pas  être  éloigné  des 
Atlantes.  Les  Atlantes  sont  des  Mollusques 
nageurs  par  excellence;  elles  se  rencon¬ 
trent  quelquefois  en  grande  abondance  au 
milieu  du  Grand  -  Océan  et  loin  de  toute 
terre.  Ces  animaux  nagent  avec  une  grande 
rapidité,  et  il  leur  suffit  de  rester  immobiles 
pour  s’enfoncer  dans  les  profondeurs  de  la 
mer.  Le  nombre  des  espèces  connues  est  peu 
considérable  ;  on  les  rencontre  principale¬ 
ment  dans  les  mers  chaudes  ;  et  il  y  en  a 
une,  V Atlante  de  Keraudren,  qui  abonde 
dans  la  Méditerranée.  (Desh.) 

ATLAS.  ins.  —  Nom  d’une  grande  et 
belle  espèce  de  Lépidoptères  nocturnes  qui 
appartient  au  g.  Attacus  de  Linné  (  Voy . 
ce  mot),  et  qui  est  connue  des  marchands 
sous  le  nom  de  Phalène  à  miroirs ,  parce 
qu’elle  a ,  sur  le  milieu  de  chaque  aile  ,  une 
grande  tache  triangulaire,  transparente,  en¬ 
cadrée  de  noirâtre  ,  sur  un  fond  d’un  rouge 
fauve.  Elle  se  trouve  principalement  dans 
le  midi  de  la  Chine  et  aux  îles  Moluques. 
Elle  est  figurée  dans  Cramer,  pl.  9,  fig.  A, 
19* 


T.  II. 


298 


ATL 


ATM 


pl.  381,  fig.  C,  et  pl.  382,  fig.  4.  (D.) 

ATLAS  (nom  myth.).  moll.  —  Genre 
resté  incertain  depuis  que  M.  Lesueur  l’a 
proposé,  en  même  temps  que  le  genre  Atlan¬ 
te,  dans  les  Annales  du  Muséum.  L’auteur 
de  ce  genre  ayant  eu  à  observer  un  animal 
très  petit,  a  laissé  plusieurs  lacunes  dans 
sa  description  ;  ce  qui  explique  comment 
plusieurs  zoologistes  ont  vacillé  dans  leurs 
opinions  au  sujet  de  l’animal  dont  il  s’a¬ 
git.  C’est  ainsi  que  M.  de  Blainville , 
adoptant  d’abord  l’opinion  de  M.  Lesueur , 
regarde  comme  l’organe  branchial  les  cils 
nombreux  qui  sont  autour  de  la  tête  ;  mais, 
un  peu  plus  tard ,  guidé  par  la  position  de 
l’anus  et  par  quelques  autres  caractères ,  le 
même  auteur  pense  que  l’animal  doit  avoir 
une  cavité  respiratoire  sur  l’arrière  du  corps 
et  dans  le  voisinage  de  l’anus.  En  conséquen¬ 
ce  de  cette  supposition  nouvelle,  M.  de  Blain¬ 
ville,  dans  son  Traité  de  Malacologie ,  pro¬ 
pose  de  comprendre  le  genre  Atlas  dans  la 
famille  des  Acérés.  Rien  à  nos  yeux  ne  jus¬ 
tifie  cette  seconde  opinion ,  pas  plus  que  la 
première  :  et  nous  ne  voyons  dans  les  Atlas 
qu’un  genre  très  incertain,  sur  lequel  il  faut 
tout  attendre  de  l’observation.  (Desh.) 

ATLAS  (àrXaç).  anat.  — Nom  donné 
à  la  première  vertèbre  cervicale ,  parce 
qu’elle  supporte  la  tête,  comme  Atlas  sup¬ 
portait  le  monde,  dans  l’ancienne  mytho¬ 
logie.  Cette  vertèbre,  par  sa  forme  ,  diffère 
complètement  des  autres.  Elle  consiste , 
chez  l’homme,  en  une  sorte  d’anneau  irré¬ 
gulier,  qui  reçoit  antérieurement  l’apo¬ 
physe  odontoïde  de  l’ Axis ,  deuxième  ver¬ 
tèbre  cervicale ,  et  qui  donne  passage 
postérieurement  à  la  moelle  épinière. 

On  conçoit  que  la  position  verticale  ou 
horizontale  de  la  tête ,  chez  les  différentes 
classes  de  vertébrés,  doit  amener  des  modi¬ 
fications  dans  la  forme  de  V Atlas  ;  ainsi, 
dans  la  plupart  des  Mammifères,  cette  ver¬ 
tèbre  offre  plus  de  largeur  que  chez 
l’homme  et  présente,  en  outre ,  de  grandes 
apophyses  transverses  aliformes;  chez  les 
Oiseaux,  elle  redevient  presque  entière¬ 
ment  annulaire,  etc.  (  Voy .  colonne  verté¬ 
brale  et  squelette.  (A.  D.) 

*  ATLODYME.  Atlodymus  (  àfXaç , 
atlas,  nom  de  la  première  vertèbre,  en  grec 
comme  en  français ,  et  de  la  terminaison 
commune  dyme,  formée  du  radical  <$üj/.oç). 


térat.  — Genre  de  monstres  doubles,  ap¬ 
partenant  à  la  famille  des  Monosoniens. 

(I.  G.-S.-H.) 

*  ATMETONYCHUS  (àrp.Yiro;,  non  di¬ 
visé;  ovu Ç,  ongle),  ins.  — Genre  de  Coléop¬ 
tères  tétramères,  famille  des  Curculionides, 
tribu  des  Brachydérides ,  établi  par  Schœn- 
herr  (Syn.  Ins.  Cur.,  t.  YI,  p.  213)  aux 
dépens  de  son  g.  Anoemervs ,  et  qu’il  ca¬ 
ractérise  ainsi  :  Antennes  assez  courtes, 
peu  fortes,  ayant  les  deux  premiers  articles 
du  funicule  très  brièvement  obeoniques; 
les  autres  courts,  presque  tronqués  au  som¬ 
met  ;  le  dernier  ne  pressant  pas  la  massue  ; 
celle-ci  ovale,  acuminée.  Front  large,  un 
peu  avancé  sur  les  yeux.  Rostre  court, 
large ,  plan  en  dessus ,  avec  trois  sillons. 
Yeux  semi  -  globuleux ,  très  proéminents. 
Corselet  presque  carré ,  légèrement  bisinué 
à  la  base,  presque  tronqué  au  sommet,  avec 
une  impression  cruciforme  en  dessus.  Ély- 
tres  en  ovale  allongé,  et  terminées  chacune 
en  pointe.  Tarses  allongés,  légèrement  di¬ 
latés,  spongieux  en  dessous,  avec  un  seul 
ongle  au  dernier  article.  —  Ce  g.  a  pour 
type  le  Curculio  peregrinus  d’Olivier, 
que  M.  Dejean  (<7«L,  3e  éd.)  place  dans  le 
g.  Anœmcrus.  (D.  et  C.) 

ATMOSPHÈRE  ou  AIR  ATMO¬ 
SPHÉRIQUE  (arjAo'ç, vapeur;  ccpaipa,  sphè¬ 
re).  thys.  —  L’Atmosphère  est  cette  couche 
de  gaz  et  de  vapeurs  qui  enveloppe  la  terre, 
et  dont  une  foule  de  phénomènes  nous  ré¬ 
vèlent  l’existence.  Réfléchissant  la  lumière 
que  les  astres  nous  envoient,  elle  nous  les 
fait  voir  en  des  lieux  différents  de  ceux 
qu’ils  occupent  réellement:  c’est  ainsi  que  le 
Soleil  peut  encore  être  aperçu  ,  bien  que 
déjà  il  soit  au-dessous  de  l’horizon.  Sans 
Atmosphère,  il  n’y  aurait  ni  aurore,  ni  cré¬ 
puscule.  Cette  singulière  illusion  d’optique, 
à  laquelle  on  a  donné  le  nom  de  Mirage 
(  Voyez  ce  mot),  ne  saurait  avoir  lieu  si  la 
terre  n’était  entourée  d’une  Atmosphère. 
L’existence  des  vents,  la  formation  des 
nuages  ,  leur  suspension  ,  l’inégalité  de  la 
chute  des  corps  pesants  ,  sont  encore  au¬ 
tant  de  preuves  évidentes  de  la  présence 
d’un  fluide  atmosphérique  autour  de  notre 
globe. 

La  densité  de  l’Atmosphère  décroît  à  me¬ 
sure  qu’on  s’élève,  ainsi  que  l’indiquent 
les  phénomènes  physiologiques  ,  et  que  le 


ATM 


ATM 


299 


démontre  le  Baromètre ,  instrument  destiné 
à  apprécier  le  poids  de  l’air.  Cette  densité 
décroît,  disons-nous,  et  assez  rapidement 
pour  qu’à  la  hauteur  de  15  à  20  lieues  (60  à 
80  kilomètres  environ  )  on  puisse  regarder 
le  degré  de  raréfaction  comme  supérieur  à 
celui  qu’on  peut  atteindre  dans  les  meil¬ 
leures  machines  pneumatiques.  On  peut 
donc  conclure  des  observations  faites  à  ce 
sujet,  que  l’Atmosphère  a  pour  limite  la 
hauteur  indiquée  plus  haut. 

Il  s’en  faut,  cependant,  que  cette  opinion 
ait  été  généralement  adoptée.  Mariotte  re¬ 
gardait  l’Atmosphère  comme  infinie ,'  ce 
qui  est  peu  probable;  car  il  est  évident  que, 
dans  ce  cas ,  la  Lune ,  en  vertu  de  son  at¬ 
traction,  s’en  serait  appropriée  une  partie 
pour  s’en  former  une  Atmosphère  parti¬ 
culière  ;  or ,  tout  tend ,  jusqu’à  présent ,  à 
démontrer  que  le  satellite  de  la  terre  n’en 
possède  pas,  à  moins  que  les  observations 
de  Schreuter  ne  se  confirment. 

Mairan  estima  ,  d’après  l’élévation  at¬ 
teinte,  en  certaines  circonstances,  par  les 
aurores  boréales, que  l’Atmosphère  terrestre 
devait  avoir  plus  de  200  lieues  de  hauteur. 

Laplace,  établissant  que  la  limite  de  l’At¬ 
mosphère  doit  se  trouver  au  point  où  l’effet 
de  la  pesanteur  est  détruit  par  la  force  cen¬ 
trifuge  ,  développée  pendant  le  mouvement 
diurne,  calcula  qu’elle  s’étend  jusqu’à  cinq 
rayons  terrestres  et  demi. 

Poisson  ,  dans  son  Traite  de  mécani¬ 
que  ,  avance  qu’il  y  a  tout  lieu  de  croire  , 
qu’avant  de  parvenir  à  une  si  grande  hauteur, 
l’air  est  liquéfié  par  le  froid  qui  augmente  ra¬ 
pidement  à  mesure  qu’on  s’élève.  On  peut 
donc,  dit  l’illustre  géomètre,  se  représenter 
une  colonne  d’air  atmosphérique  s’appuyant 
sur  la  mer,  comme  un  fluide  élastique  ter¬ 
miné  par  deux,  liquides,  dont  l’un  (inférieur) 
l  une  densité  et  une  température  ordinaires, 
tandis  que  l’autre  (  supérieur  )  a  une  den¬ 
sité  et  une  température  extrêmement  fai¬ 
bles.  L’objection  la  mieux  fondée  qui  ait  été 
faite  à  cette  opinion  est  que  cette  couche 
liquide,  si  elle  existait,  donnerait  lieu  à  des 
phénomènes  lumineux  tout  différents  de 
ceux  que  nous  observons. 

Au  commencement  du  xie  siècle  ,  un 
savant  arabe  trouva  un  moyen  ingénieux 
de  reconnaître  la  hauteur  de  l’Atmosphère. 
S’appuyant  sur  certaines  considérations  pui-  | 


sées  dans  la  théorie  du  crépuscule,  il  déter¬ 
mina  la  hauteur  des  dernières  couches  d’air 
susceptibles  de  réfléchir  la  lumière  solaire. 
Ce  fut  en  calculant  d’après  celte  méthode 
queKépler,  et,  de  nos  jours,  Delambre, arri¬ 
vèrent  à  donner  à  l’Atmosphère  une  hau¬ 
teur  de  seize  à  dix -sept  lieues  de  France. 
Cette  opinion  concorde,  comme  on  le  voit,  ( 
avec  celle  qui  est  basée  sur  la  raréfaction.  I 

La  forme  de  l’Atmosphère  est  celle  d’un 
sphéroïde  aplati  vers  les  pôles  et  renflé  vers 
l’équateur  ;  cette  forme  résulte  de  la  force 
centrifuge  plus  grande  à  l’équateur  et  de  la 
température  plus  élevée  qui  y  règne  et  qui 
doit,  par  conséquent,  tendre  à  y  dilater  l’air 
plus  que  sous  les  pôles.  Le  rapport  des  axes 
de  l’Atmosphère  aux  pôles  et  à  l’équateur 
est,  suivant  Laplace,  comme  celui  de  2  à  3. 

L’air  atmosphérique ,  malgré  sa  transpa¬ 
rence,  intercepte  sensiblement  la  lumière 
et  la  réfléchit;  cependant,  comme  les  par¬ 
ticules  qui  le  composent  sont  extrêmement 
ténues  et  écartées  les  unes  des  autres,  elles 
ne  sont  visibles,  que  réunies  en  grande 
masse  ;  alors  les  rayons  qu’elles  transmet¬ 
tent  se  colorent  en  bleu  et  produisent  sur 
les  yeux  une  impression  sensible. 

L’air  n’est  point  lumineux  par  lui-même, 
puisqu’il  ne  nous  éclaire  point  quand  le  So¬ 
leil  est  éloigné  de  notre  hémisphère  ;  il  em¬ 
prunte  à  cet  astre  la  lumière  qu’il  nous  trans¬ 
met,  et  sa  teinte  bleue  indique  qu’il  réfléchit 
les  rayons  de  cette  couleur  en  plus  grande 
quantité  que  les  autres.  L’Atmosphère  est 
donc  autour  de  la  terre  comme  une  sorte 
de  miroir  qui  multiplie  et  propage  la  lu¬ 
mière  solaire  par  une  infinité  de  réflexions  ; 
et,  en  effet,  sur  les  hautes  montagnes,  où 
l’air  a  perdu  une  grande  partie  de  sa  den¬ 
sité,  on  reçoit  à  peine  d’autre  lumière 
que  celle  qui  vient  directement  du  Soleil , 
puisque  l’observateur  ,  placé  à  l’ombre  , 
aperçoit  les  étoiles  en  plein  midi.  U  faut 
ajouter,  comme  preuve  de  la  diminution  du 
pouvoir  de  réflexion  ,  la  couleur  de  plus  en 
plus  foncée  de  l’Atmosphère,  à  mesure  qu’on 
s’élève. 

L’air  atmosphérique,  tel  qu’il  se  pré¬ 
sente  à  nous,  est  un  gaz  inodore,  insipide, 
incolore  en  couche  peu  épaisse,  bleu  dans 
le  cas  contraire,  comme  nous  venons  de  le 
dire.  Sa  pesanteur ,  méconnue  ou  à  peine 
soupçonnée  jusqu’au  temps  de  Galilée ,  fut 


300 


ATM 


ATM 


mise  hors  de  doute  par  les  expériences  de 
ce  grand  homme,  par  celles  de  son  disciple 
Toriceîli ,  inventeur  du  baromètre,  et  par 
celles  de  Pascal.  Comparée  à  celle  de  l’eau 
prise  à  0P  et  à  la  pression  de  0m,76,  elle  est 
comme  1  est  à  811.  Le  poids  de  la  colonne 
atmosphérique  équivaut  à  celui  d’une  co¬ 
lonne  d’eau  de  10m,60  ou  d’une  colonne  de 
mercure  de  0m,76  :  il  en  résulte  que  la  pres¬ 
sion  que  supporte  un  corps  humain  de  3m 
de  surface  est  de  plus  de  15,000  kilogr. 
Cotte  énorme  pression,  qui  se  trouve  con¬ 
trebalancée  par  celle  des  fluides  intérieurs, 
décroît  de  35  kilogr.  par  l’abaissement  de 
0ra,01  dans  la  hauteur  de  la  colonne  de  mer¬ 
cure  ;  aussi  remarque-t-on  que ,  sur  les 
montagnes  élevées,  la  diminution  du  poids 
de  l’air  fait  éprouver  des  vertiges,  des  nau¬ 
sées,  des  hémorrhagies  et  un  état  de  mal¬ 
aise  qui  se  terminerait  infailliblement  par 
la  mort,  si  l’ascension  était  poussée  jusqu’à 
ses  dernières  limites. 

L’air  a,  comme  tous  les  corps  transpa¬ 
rents  ,  le  pouvoir  de  briser  les  rayons 
lumineux  et  de  les  éloigner  de  la  per¬ 
pendiculaire  ;  ce  phénomène  de  réfrac¬ 
tion ,  dont  la  connaissance  est  si  importante 
en  astronomie,  a  pour  résultat  de  faire  pa¬ 
raître  tous  les  corps  célestes  plus  élevés  au- 
dessus  de  l’horizon  qu’ils  ne  le  sont  réelle- 
lement.  Cependant,  malgré  cette  déviation, 
la  lumière  nous  arrive  encore  avec  une  in¬ 
croyable  vitesse  (69,244  lieues  par  seconde). 
L’air  nous  transmet  également  le  son,  mais 
bien  moins  promptement  (337  mètres  seule¬ 
ment  par  seconde). 

L’air  est  élastique  et  compressible ,  ainsi 
que  le  démontrent  les  expériences  du  fusil  à 
vent  et  du  briquet  pneumatique.  Dilatable 
par  le  calorique,  il  n’éprouve  aucune  alté¬ 
ration  dans  sa  composition  chimique ,  quel 
que  soit  le  degré  de  chaleur  et  de  froid  au¬ 
quel  il  est  soumis. 

Regardé  longtemps  comme  un  élément, 
l’air  atmosphérique ,  dont  lq  composition, 
entrevue  par  J.  Rey  (4630),  fut  démontrée 
par  Priestley,  Scheele,  Cavendish,  Lavoi¬ 
sier,  etc. ,  est  un  mélange  de  plusieurs  gaz 
et  d’une  quantité  très  variable  de  vapeur 
d’eau.  On  peut  donc  ranger  en  trois  sec¬ 
tions  les  fluides  qui  entrent  dans  sa  compo¬ 
sition  ;  la  première  comprend  VAir,  fluide 
atmosphérique  par  excellence,  et  dont  nous 


donnerons  plus  bas  l’analyse;  la  seconde,  les 
vapeurs  aqueuses  dont  l’appréciation  forme, 
sous  le  nom  d '‘Hygrométrie  (  Voy .  ce  mot), 
une  branche  particulière  de  la  physique  ;  la 
troisième,  enfin,  différents  gaz  accidentels 
qui  se  manifestent,  soit  visiblement,  soit 
par  leurs  effets. 

L’air  atmosphérique,  proprement  dit, 
donne  à  l’analyse  chimique  20,81  de  gaz 
oxygène  en  volume,  pour  79,19  de  gaz  azote  ; 
il  contient,  en  outre,  quelques  millièmes 
de  gaz  acide  carbonique.  Les  proportions 
d’oxygène  et  d’azote  paraissent  constantes 
dans  toute  l’étendue  de  l’Atmosphère ,  ou  , 
du  moins ,  ont  paru  telles  jusqu’à  présent. 
Ce  furentles  résultats qu’obtinrentMM.Biot 
et  Gay-Lussac,  dans  les  analyses  de  l’air 
recueilli  par  eux  pendant  leurs  ascensions. 
Quelques  détails  sur  ces  mémorables  voyages 
ne  seront  point  sans  intérêt  pour  le  lecteur. 

Depuis  la  découverte  de  Montgolfier,  les 
voyages  aérostatiques  n’avaient  été  que  de 
simples  objets  de  curiosité,  lorsqu’en  1803, 
deux  physiciens,  Robertson  et  Lhoest,  pen¬ 
sèrent  que  de  ces  ascensions  on  pourrait  re¬ 
tirer  des  résultats  utiles  à  la  science.  La  pre¬ 
mière  expédition  aérienne,  tentée  dans  ce  but, 
eut  lieu  à  Hambourg,  au  mois  de  juillet  de  la 
même  année.  Un  an  après,  Robertson  s’éleva 
de  nouveau  en  ballon  à  Saint-Pétersbourg, 
de  concert  avec  le  professeur  Sacharoff;  l’A¬ 
cadémie  des  Sciences  de  cette  capitale  avait 
rédigé  le  programme  des  expériences  à  faire 
pendant  le  voyage.  Un  grand  nombre  de 
faits  inconnus  furent  observés  dans  ces 
deux  ascensions  ;  l’un  des  plus  remarqua¬ 
bles  fut  une  diminution  considérable  du  pou¬ 
voir  magnétique.  De  Saussure,  dans  ses  ex¬ 
périences  au  col  du  Géant  (Alpes),  à  3,435m 
au-dessus  du  niveau  de  la  mer,  avait  fait 
des  observations  analogues. 

Tous  les  faits  annoncés  étaient  si  nou¬ 
veaux,  ils  étaient  si  précieux  pour  la  scien¬ 
ce,  qu’il  fallait,  avant  de  les  admettre,  les 
appuyer  par  de  nouvelles  expériences.  MM. 
Biot.  et  Gay-Lussac  s’offrirent,  en  consé¬ 
quence,  pour  tenter  une  troisième  ascen¬ 
sion  scientifique  ;  leur  but  était  de  constater 
l’état  électrique  et  magnétique  des  hautes 
régions  de  l’Atmosphère,  leur  température, 
leur  composition  chimique, etc.  Le  gouverne¬ 
ment  adopta  le  plan  des  deux  savants,  et  leur 
fournit  les  moyens  de  le  mettre  à  exécutjoii. 


301 


ATM 

Un  ballon,  qui  avait  été  employé  dans  l’ex¬ 
pédition  d’Égypte,  fut  mis  à  la  disposition  des 
expérimentateurs.  Les  moyens  de  transport 
assurés,  MM.  Biot  et  Gay-Lussac  s’occupè¬ 
rent  à  rassembler  les  instruments  nécessai¬ 
res  ;  ils  se  munirent  de  baromètres,  de  ther¬ 
momètres,  d’hygromètres,  d’électromètres  5 
ils  y  ajoutèrent  deux  boussoles,  une  ai¬ 
guille  d’inclinaison  ,  une  autre  aiguille  ai¬ 
mantée  avec  soin  ,  et  suspendue  à  un  fil  de 
soie  le  plus  ténu  possible,  afin  de  pouvoir 
déterminer,  par  ses  vibrations,  la  force 
d’attraction  dans  les  couches  élevées  de 
l’Atmosphère.  Pour  constater  l’état  élec¬ 
trique  des  mêmes  régions  ,  ils  prirent 
plusieurs  fils  métalliques  de  20  à  100ra 
de  long ,  ainsi  qu’un  petit  électrophore  ; 
pour  les  expériences  électriques,  ils  em¬ 
portèrent  une  pile  de  vingt  couples  de 
cuivre  et  de  zinc  ;  ils  complétèrent  enfin 
leur  bagage  avec  un  ballon  de  verre  d’une 
capacité  convenable,  dans  lequel  le  vide  était 
fait  aussi  complètement  que  possible,  et  qui 
devait  être  rempli ,  aux  limites  de  l’ascen¬ 
sion,  avec  de  l’air  qu’ils  se  proposaient  d’a¬ 
nalyser  à  leur  retour.  Quelques  insectes  , 
des  grenouilles,  des  oiseaux  furent  associés 
au  voyage. 

La  cour  du  Conservatoire  des  Arts  et 
Métiers  fut  le  point  de  départ.  Le  23  août 
1804,  au  moment  où  les  deux  intrépides 
voyageurs  mirent  le  pied  dans  la  nacelle , 
le  baromètre  était  à  0m,7643 ,  le  thermomè¬ 
tre  centigrade  marquait  16°,  40  ,  et  l’hygro¬ 
mètre  de  Saussure  80°,  8.  Quelques  instants 
s’étaient  à  peine  écoulés  qu’ils  étaient  déjà 
parvenus  à  la  région  des  nuages  ;  bientôt 
ils  se  trouvèrent  entourés  d’un  épais  brouil¬ 
lard  ,  qui  leur  fit  éprouver  une  légère 
sensation  d’humidité.  Le  ballon  se  trou¬ 
vant  complètement  gonflé  par  suite  de  la 
diminution  de  pression  atmosphérique  , 
MM.  Biot  et  Gay-Lussac  laissèrent  échap¬ 
per  une  certaine  quantité  de  gaz  et  se  dé¬ 
barrassèrent  d’une  partie  de  leur  lest. 
L’ascension  continuant  ,  ils  s’élevèrent 
promptement  au-dessus  de  la  couche  nua¬ 
geuse  et  atteignirent  une  hauteur  de  2,000m. 
Vus  de  ce  point,  les  nuages,  conservant 
leur  couleur  blanche,  s’étendaient  au  loin 
comme  une  vaste  plaine  de  neige ,  légère¬ 
ment  ondulée.  Arrivés  à  cette  élévation,  les 
deux  savants  commencèrent  leur  série 


ATM 

d’expériences.  L’aiguille  aimantée  fut  le 
premier  instrument  qu’ils  mirent  en  usage  $ 
elle  fut  attirée  par  le  fer ,  mais  le  mouve¬ 
ment  prolongé  de  rotation  du  ballon  ne  leur 
permit  pas  d’en  apprécier  les  oscillations. 
L’électricité  se  manifesta  par  les  mêmes 
effets  qu’à  terre  ;  la  pile  voltaïque  produisit 
les  phénomènes  accoutumés ,  tels  que  la 
commotion  nerveuse ,  la  décomposition  de 
l’eau ,  etc.  On  devait  s’y  attendre ,  dit 
M.  Biot,  puisque  l’action  de  la  pile  a  lieu, 
même  dans  le  vide.  A  2,700m  les  animaux 
parurent  souffrir  de  la  raréfaction  de  l’air. 
Une  abeille,  mise  en  liberté,  s’envola  ce¬ 
pendant  en  faisant  entendre  son  bourdonne¬ 
ment  ordinaire.  Le  thermomètre  était  des¬ 
cendu  à  13°,  50;  cependant,  loin  d’avoir  froid, 
les  voyageurs  étaient  brûlés  par  les  rayons 
du  soleil;  ils  furent  même  obligés  de  quit¬ 
ter  leurs  gants.  Les  pulsations  artérielles 
présentaient  une  accélération  considéra¬ 
ble  ;  chez  M.  Gay-Lussac,  la  vitesse  du 
pouls  s’était  accrue  dans  la  proportion  de 
60  à  80  ;  chez  son  compagnon ,  elle  s’était 
élevée  de  79  à  111  ;  mais ,  ni  chez  l’un  ni 
chez  l’autre  ,  il  n’y  avait  encore  de  gêne 
dans  la  respiration. 

Le  ballon,  avons -nous  dit,  tournait 
lentement  sur  lui-même  ;  cependant  comme 
le  mouvement  de  rotation  avait  lieu  tantôt 
dans  un  sens,  tantôt  dans  un  autre,  il  fut 
possible,  dans  le  court  intervalle  de  repos, 
qui  s’établissait  entre  ces  deux  mouvements, 
de  faire  des  observations  sur  l’aiguille 
aimantée.  Répétées  un  grand  nombre  de 
fois,  jusqu’à  la  hauteur  de  4,000m,  ces  expé¬ 
riences  démontrèrent  que  la  force  d’attrac¬ 
tion  magnétique  n’avait  pas  sensiblement 
diminué.  Ce  résultat,  comme  on  voit,  s’ac¬ 
cordait  peu  avec  ceux  obtenus  précédem¬ 
ment. 

A  3,400m,  une  linotte  ayant  été  lâchée 
s’envola  immédiatement  ;  mais  bientôt,  se 
trouvant  comme  éperdue  au  milieu  de  cette 
immensité  inconnue  pour  elle,  elle  revint  se 
poser  sur  le  ballon;  cependant,  rassemblant 
ses  forces,  elle  prit  de  nouveau  sa  volée,  et  se 
précipita,  en  tournoyant,  vers  la  terre,  dans 
une  direction  perpendiculaire.  Un  pigeon, 
mis  en  liberté  après  la  linotte ,  s’arrêta 
quelques  instants  sur  le  bord  de  la  na¬ 
celle,  comme  pour  mesurer  la  profondeur 
de  l’abîme  qui  s’ouvrait  devant  lui  5  puis 


302 


ATM 


ATM 


il  s’y  plongea,  en  décrivant  une  spirale  à  la 
manière  des  oiseaux  de  proie ,  et  disparut 
bientôt  dans  la  mer  de  nuages  qui  s’éten¬ 
dait  au-dessous  du  ballon. 

Ce  ne  fut  que  lorsqu’ils  furent  parvenus 
à  celte  élévation ,  que  les  Aéronautes  com¬ 
mencèrent  leurs  expériences  sur  l’électri¬ 
cité  atmosphérique.  Un  fil ,  suspendu  par 
eux  à  une  longueur  de  S0m  environ  ,  se 
chargea  d’électricité  résineuse  ou  négative  ; 
ce  résultat  confirma  les  faits  avancés  par  de 
Saussure.  MM.  Biot  et  Gay-Lussae  furent 
de  plus  amenés  à  conclure  que,  plus  on 
s’élève,  plus  l’Atmosphère  se  charge  d’é¬ 
lectricité. 

L’abaissement  de  la  température  ,  au 
point  le  plus  élevé,  ne  fut  point  aussi  con¬ 
sidérable  que  s’y  attendaient  les  voyageurs  ; 
il  fut  même  beaucoup  moindre  que  celui 
qui  s’observe  sur  les  montagnes  à  une  pa¬ 
reille  hauteur.  Le  thermomètre,  qui  était 
à  16°, 40  au  moment  du  départ ,  ne  descen¬ 
dit  qu’à  10°, 56  ;  ce  ne  fut  donc  qu’une  di¬ 
minution  d’un  degré  environ  par  650m. 
L’hygromètre,  qui,  en  partant,  indiquait 
80°, 8,  descendit  progressivement  à  30°,  à 
mesure  que  le  ballon  s’éleva. 

Trois  semaines  après ,  M.  Gay-Lussac , 
dont  le  courage  était  à  toute  épreuve ,  en¬ 
treprit  une  nouvelle  ascension  ,  pour  con¬ 
firmer,  par  des  observations  faites  à  une 
plus  grande  élévation,  le  fait  si  important  de 
la  persistance  de  la  force  magnétique.  Dans 
ce  second  voyage,  il  s’éleva  à  la  prodigieuse 
hauteur  de  7,000m,  et  obtint  des  résultats 
qui  vinrent ,  pour  la  plupart ,  à  l’appui  de 
ceux  que  M.  Biot  et  lui  avaient  obtenus  dans 
le  premier.  Mais  il  observa  un  abaissement 
considérable  de  la  température  ;  le  thermo¬ 
mètre,  qui,  au  moment  et  au  lieu  du  dé¬ 
part,  marquait  27°, 75,  descendit  à  9°, 5  au 
dessous  de  zéro,  à  la  limite  de  l’ascension. 
La  pression  atmosphérique  varia  de  0m,7652 
à  0m,3288.  L’abaissement  du  baromètre 
indiquait  donc  6,977m  pour  la  plus  grande 
élévation  au-dessus  de  Paris  ,  et  7,016m, 
au-dessus  du  niveau  de  la  mer. 

«  A  cette  hauteur  ,  dit  M.  Gay-Lussac  , 
je  commençais,  quoique  bien  vêtu,  à  sen¬ 
tir  le  froid,  surtout  aux  mains ,  que  j’étais 
obligé  de  tenir  exposées  à  l’air.  Ma  respi¬ 
ration  était  sensiblement  gênée  ;  mais  j’é¬ 
tais  encore  bien  loin  d’éprouver  un  mal¬ 


aise  assez  désagréable  pour  m’engager  à 
descendre.  Mon  pouls  et  ma  respiration 
étaient  très  accélérés  ;  ainsi ,  respirant  très 
fréquemment  dans  un  air  très  sec ,  je  ne 
dois  pas  être  surpris  d’avoir  eu  le  gosier  si 
sec  qu’il  m’était  pénible  d’avaler  du  pain . 
Avant  de  partir ,  j’avais  un  léger  mal  de 
tête,  provenant  des  fatigues  du  jour  précé¬ 
dent  et  des  veilles  de  la  nuit,  et  je  le  gardai 
toute  la  journée,  sans  m’apercevoir  qu’il 
augmentât.  Ce  sont  là  toutes  les  incommo¬ 
dités  que  j’ai  éprouvées.  » 

Une  particularité,  que  signala  notre  cou¬ 
rageux  observateur,  fut  l’existence  de  nuages 
fort  au-dessus  de  lui ,  quoiqu’il  eût  atteint 
une  élévation  bien  plus  considérable  que 
dans  la  première  ascension.  Dans  celle-ci, 
les  nuages  ne  se  soutenaient  pas  au-delà  de 
1200m,  et  au-dessus,  le  ciel  était  de  la  plus 
grande  pureté  5  sa  couleur,  au  zénith,  avait 
même  toute  l’intensité  du  bleu  de  Prusse. 
Dans  le  dernier  voyage,  M.  Gay-Lussac  ne 
vit  point  de  nuages  sous  ses  pieds ,  et  le 
ciel  lui  parut  constamment  vaporeux. 

Les  ballons  vides,  emportés  par  l’expé¬ 
rimentateur,  furent  remplis  d’air,  pris  à  la 
hauteur  de  6,561m  et  de  6,636m.  Analysé  dans 
le  laboratoire  de  l’École  polytechnique ,  cet 
air  présenta  une  identité  parfaite  de  com¬ 
position  avec  celui  qui  fut  recueilli  dans  la 
cour  même  de  cet  établissement. 

La  composition  de  l’air  atmosphérique 
paraissait  donc  tout-à-fait  hors  de  question, 
quand  ,  tout  récemment ,  l’attention  des 
savants  se  fixa  de  nouveau  sur  ce  point 
de  la  science;  et,  en  effet,  ce  n’est  que 
par  une  série  bien  combinée  d’observations 
sur  l’Atmosphère,  que  peuvent  être  éclair¬ 
cis  une  foule  de  problèmes  du  plus  haut 
intérêt,  sur  la  physique  du  globe,  sur  la 
météorologie  encore  dans  l’enfance,  sur  la 
physiologie,  sur  les  arts  eux-mêmes. 

L’Académie  des  sciences,  pénétrée  de 
toute  l’importance  d’une  pareille  étude, 
donna  l’impulsion  ,  et  une  commission  , 
prise  dans  son  sein ,  entreprit  d’établir, 
sur  plusieurs  points  de  l’Europe,  un  sys¬ 
tème  d’expériences,  d’après  le  plan  tracé  par 
MM.  Dumas  et  Boussingault. 

Les  questions  soulevées  étaient  tellement 
vastes  qu’il  fut  impossible  de  les  embras¬ 
ser  dans  leur  généralité.  Les  savants  que 
nous  venons  de  nommer  commencèrent 


ATM 


ATM 


303 


donc  par  celle  qu’on  est  en  droit  de  re¬ 
garder  comme  la  plus  importante,  puisqu’à 
elle  se  rattachent,  pour  ainsi  dire,  les  fon¬ 
dements  de  toute  la  physique  terrestre  ,  et 
que  de  sa  solution  découle  nécessairement 
l’éclaircissement  des  autres  5  c’est  donc  à 
l’analyse  de  l’air  qu’ils  se  sont  bornés  pour 
le  moment.  Il  s’agit ,  en  conséquence  ,  de 
savoir  si  les  proportions  d’oxygène  et  d’a¬ 
zote  dont  se  compose  le  fluide  qui  nous 
entoure  sont  invariables  ,  ou  si  elles  peu¬ 
vent  être  modifiées  par  quelque  cause  se¬ 
crète  et  inconnue. 

Quelques  physiciens,  dont  l’opinion  est 
d’une  grande  autorité  dans  la  science,  pen¬ 
sent  que  l’air  n’est  point  une  combinaison, 
mais  bien  un  simple  mélange  des  gaz  qui 
le  constituent,  et  que  ce  mélange  a  d’au¬ 
tant  plus  de  tendance  à  se  détruire  qu’il  est 
soumis  à  une  moindre  pression.  Dans  cette 
opinion,  les  deux  gaz,  obéissant  à  leur  pe¬ 
santeur  spécifique  differente, se  sépareraient 
à  une  certaine  hauteur,  et  il  en  résulterait 
que  l’azote,  plus  léger  que  l’oxygène  ,  for¬ 
merait,  à  lui  seul,  les  couches  les  plus  éle¬ 
vées  de  l’atmosphère  ;  ce  ne  serait  donc 
qu’à  la  surface  de  la  terre  que  l’air  aurait 
la  composition  connue  de  21  parties  d’oxy¬ 
gène  et  de  79  d’azote  ;  au-delà,  les  propor¬ 
tions  de  ce  dernier  gaz  augmenteraient. 
C’est  dans  le  but  d’arriver  à  la  confirma¬ 
tion  de  ce  fait  qu’a  été  institué  le  système 
d’expérimentation  dont  nous  avons  parlé 
plus  haut. 

De  nouveaux  procédés  d’analyse,  en  per¬ 
mettant  d’apprécier  une  variation  d’un 
demi-millième  d’oxygène  dans  la  composi¬ 
tion  de  l’air,  ont  déjà  conduit  à  entrevoir 
certaines  particularités  qu’on  était  loin  de 
soupçonner  ;  ainsi ,  bien  que ,  dans  toutes 
les  analyses,  même  les  plus  récentes,  10,000 
grammes  d’air  contiennent  2,300  grammes 
d’oxygène,  il,arrive  quelquefois  que,  sans 
cause  appréciable  ,  cette  quantité  descend 
tout-à-coup  à  2,290  et  même  au-dessous. 

Ces  résultats  ont  engagé  la  commission  à 
donner  la  plus  grande  extension  possible 
aux  expériences.  Les  analyses  se  sont  ré¬ 
pétées  dans  des  conditions  convenues  et 
arrêtées  à  l’avance  ,  sur  les  hautes  monta¬ 
gnes  de  la  Suisse  ,  en  Italie  ,  sur  les  bords 
de  la  mer,  en  Allemagne  et  même  aux  An¬ 
tilles.  Une  méthode ,  imaginée  par  MM. 


Boussingault  et  Dumas,  a  permis  en  outre 
de  rapporter,  de  loin  ,  de  grands  volumes 
d’air,  sans  qu’il  s’y  mêlât  aucun  corps 
étranger  ;  car  ce  n’est  plus  sur  quelques 
décilitres  ,  mais  bien  sur  de  grandes  quan¬ 
tités,  quinze  ou  vingt  litres  au  moins,  qu’il 
faut  opérer. 

Voici  comment  on  procéda  aux  premières 
expériences  :  deux  jeunes  savants  ,  MM. 
Martins  et  Bravais,  auxquels  la  commission 
avait  confié  douze  grands  ballons  dans  les¬ 
quels  le  vide  était  pratiqué  aussi  complète¬ 
ment  que  possible,  recueillirent,  à  des  épo¬ 
ques  déterminées  ,  sur  le  Faulhorn  ,  dans 
l’Oberland  bernois  ,  4  2,80Ôm  au-dessus  du 
niveau  de  la  mer,  300  litres  d’air  qu’ils  ex¬ 
pédièrent  à  Paris. 

Dans  le  même  temps  ,  c’est-à-dire  aux 
mêmes  jours  et  aux  mêmes  heures  ,  la 
commission  ,  par  les  soins  de  MM.  Dumas 
et  Boussingault ,  analysait  l’air  de  Paris. 
De  son  côté ,  M.  Brunner,  habile  chimiste 
de  Berne  ,  exécutait  de  semblables  expé¬ 
riences  dans  cette  ville.  On  put  donc  éta¬ 
blir  la  comparaison  entre  la  composition  de 
l’air,  à  Paris,  à  Berne ,  au  Faulhorn,  et  on 
obtint  les  moyennes  suivantes  :  à  Paris  , 
10,000  gr.  en  donnèrent  2,304  d’oxygène;  à 
Berne  ,  2,295  ;  au  Faulhorn,  2,297.  Si  ces 
différences  existent  réellement ,  elles  sont 
tellement  faibles  que  ce  n’est  que  par  une 
longue  suite  de  travaux  ,  qu’elles  peuvent 
acquérir  de  la  certitude. 

Les  expériences  se  continuent  dans  dif¬ 
férentes  localités  ;  il  serait  cependant  fa¬ 
cile  de  les  multiplier  sur  un  seul  point,  en 
renouvelant  les  voyages  aériens  de  MM. 
Biot  et  Gay-Lussac.  Un  tel  moyen  serait , 
sans  contredit,  le  meilleur  pour  décider 
quelle  influence  la  hauteur  exerce  sur  la 
composition  de  l’air. 

Cette  idée,  dont  la  priorité  appartient  de 
longue  date  à  l’illustre  ami  de  M.  Gay-Lus¬ 
sac,  à  M.  Thénard  ,  et  sur  laquelle  l’atten¬ 
tion  des  savants  a  été  tout  récemment  fixée 
par  M.  le  docteur  Donné  ,  si  recomman¬ 
dable  par  son  zèle  éclairé  pour  la  science , 
cette  idée  vient  d’être  accueillie  par  l’Aca¬ 
démie  des  sciences  ,  qui  semble  vouloir 
s’en  occuper  sérieusement. 

Les  Anglais,  de  leur  côté,  ne  restent  point 
en  arrière,  et  les  noms  les  plus  célèbres , 
ceux  des  Herschel,  des  Brewster,  se  ratta- 


ATM 


304  ATM 

chent ,  chez  nos  voisins  ,  à  un  semblable 
projet 

Espérons  que  tous  ces  efforts  hâteront 
la  solution  ou  du  moins  réclaircissement 
de  questions  si  importantes  et  encore  si 
obscures. 

M.  Boussingault ,  d’un  autre  côté  ,  s’est 
occupé  de  la  solution  d’un  problème  non 
moins  intéressant  ;  il  a  tenté  de  détermi¬ 
ner  la  composition  de  l’air  dans  les  villes 
et  hors  de  leur  enceinte  ,  en  hiver  comme 
en  été,  le  jour  aussi  bien  que  la  nuit.  De  tous 
les  principes  constituants  de  l’air,  il  n’y  en 
a  qu’un  seul  dont  les  proportions  soient 
variables  ;  c’est  le  gaz  acide  carbonique 
que  l’homme  ,  soit  par  lui-mème  ,  soit  par 
ses  différentes  industries  ,  verse  incessam¬ 
ment  dans  l’Atmosphère.  Les  analyses  mul¬ 
tipliées  de  l’air  de  Paris,  faites  en  diverses 
saisons  ,  par  cet  habile  et  savant  expéri¬ 
mentateur  ,  lui  ont  donné,  sur  dix  mille 
volumes  d’air,  quatre  volumes  d’acide  car¬ 
bonique  ,  quantité  trop  minime  pour  exer¬ 
cer  quelque  influence  appréciable  sur  nos 
organes.  Théodore  de  Saussure  avait  ob¬ 
tenu  les  mômes  chiffres  à  Genève. 

M.  Boussingault  s’est  ensuite  demandé 
si  toutes  les  combustions  et  consomma¬ 
tions  d’oxygène  qui  se  font  à  Paris  peuvent 
altérer  la  pureté  de  l’air.  Par  une  suite  de 
calculs ,  que  nous  ne  pouvons  retracer 
ici,  il  a  trouvé  que  la  somme  quotidienne 
du  gaz  acide  carbonique  produit,  dans  celte 
ville ,  par  la  population  ,  par  les  animaux  , 
par  la  combustion  du  bois,  du  charbon,  etc. , 
montait  à  2,944,241  mètres  cubes  ;  et  néan¬ 
moins,  l’analyse  ne  lui  a  présenté  qu’une 
différence  inappréciable  entre  l’air  de  la 
campagne,  pris  à  Saint-Cloud,  et  l’air  de 
Paris.  Il  existe  cependant  des  différences 
hygiéniques  bien  grandes  entre  les  deux 
localités  :  iL  faut  donc  en  conclure  qu’elles 
ne  tiennent  point  à  quelques  atomes  ,  en 
plus  ou  en  moins,  de  gaz  acide  carbonique, 
mais  bien  à  des  émanations,  à  des  miasmes 
insaisissables,  provenant  de  l’aggloméra¬ 
tion  d’hommes  sur  un  point  limité.  Quel¬ 
ques  faits  pourraient  môme  être  apportés 
à  l’appui  de  cette  opinion.  En  1630,  dans 
l’année  même  où  Jean  Rey  entrevoyait  la 
composition  de  l’air,  les  académiciens  del 
Cirncnto,  à  Florence,  voulant  déterminer  la 
nature  de  l’eau  contenue  dans  l’Atmosphère, 


firent  l’expérience  suivante:  ils  suspendi¬ 
rent  *  en  plein  air*  une  boule  métallique 
remplie  de  glace  ;  bientôt  toute  sa  surface 
extérieure  se  couvrit  de  vapeurs  aqueuses 
condensées.  Recueillies  avec  soin,  ces  va¬ 
peurs  ,  ou  pour  mieux  dire  celte  eau ,  ne 
tarda  point  à  donner  des  signes  de  décom¬ 
position  putride  ;  elle  contenait  donc  évi¬ 
demment  quelques  matières  animales,  et 
d’où  provenaient  ces  matières,  si  ce  n’est  de 
l’Atmosphère? 

Rigaud  Dclille,  au  commencement  du 
siècle,  fit  des  expériences  du  môme  genre 
sur  l’air  des  environs  de  Montpellier,  et 
arriva  à  des  résultats  analogues. 

Nous  dirons  encore  que  ,  par  des  procé¬ 
dés  chimiques  récemment  employés,  on  est 
parvenu  à  reconnaître  dans  l’air  un  prin¬ 
cipe  hydrogéné,  dont  la  proportion,  infini¬ 
ment  petite ,  n’avait  pu  être  appréciée  par 
les  anciens  moyens  d’analyse.  Ge  principe 
ne  serait-il  pas  la  source  des  miasmes  pu¬ 
trides,  germe  d’un  si  grand  nombre  de  ma¬ 
ladies? 

L’air  est  soluble  dans  l’eau,  qui  en  dis¬ 
sout  un  20e  environ  de  son  poids  à  la  pres¬ 
sion  de  0m,76  et  à  la  température  de  -f  10°. 
Mais  l’air  dissous  contient  une  plus  grande 
quantité  d’oxygène;  d’où  il  faut  conclure 
que  le  gaz  azote  est  le  moins  soluble  des 
deux.  Cependant  le  degré  de  solubilité 
de  l’oxygène  n’est  point  absolu  ;  une  cer¬ 
taine  quantité  d’eau  contiendra  d’autant 
plus  de  ce  gaz  qu’on  la  fractionnera  davan¬ 
tage  ,  c’est-à-dire  que  les  dernières  parties 
en  renfermeront  plus  que  les  premières; 
l’azote  présentera  un  résultat  inverse. 

L’air  sec  est  mauvais  conducteur  du  fluide 
électrique  ;  il  n’acquiert  la  conductibilité  , 
que  quand  il  contient  de  la  vapeur  d’eau,  il 
en  résulte  que,  dans  les  temps  secs,  en  été 
et  pendant  les  grandes  gelées,  l’électricité* 
qui  se  développe  à  la  surface  de  la  terre  * 
peut  rester  libre  dans  l’Atmosphère,  en  rai¬ 
son  du  peu  de  conductibilité  de  l’air  ;  elle 
y  existe  même  continuellement ,  mais  en 
quantité  variable,  suivant  la  hauteur,  l’heu¬ 
re,  la  saison.  Quand  les  nuages  se  forment, 
comme  ils  sont  meilleurs  conducteurs  que 
l’air,  toute  cette  électricité  s’attache  à  leur 
surface ,  et  donne  lieu  aux  phénomènes  de 
la  foudre  et  des  éclairs.  De  plus  amples  dé¬ 
tails  sur  ces  phénomènes  et  sur  l’état  élcc- 


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ATM 


305 


trique  de  l’Atmosphère  trouveront  leur 
place  aux  mots  Électricité  et  Météorologie. 
Nous  ne  terminerons  cependant  pas  ce  pa¬ 
ragraphe  sans  parler  des  modifications  chi¬ 
miques  que  le  fluide  électrique  ,  à  l’état  de 
foudre  ,  fait  subir  à  l’air  atmosphérique. 
Après  l’expérience  par  laquelle  Cavendish 
parvint,  à  l’aide  d’une  étincelle  électrique,  à 
réunir,  en  acide  nitrique  (azotique)  liquide, 
les  deux  éléments  gazeux  dont  se  compose 
l’air  que  nous  respirons,  on  pouvait  croire 
que  la  foudre  amenait  de  semblables  résul¬ 
tats  dans  l’Atmosphère. Ce  doute  a  été  chan¬ 
gé  en  certitude.  Il  y  a  quelques  années  (1827), 
un  chimiste  allemand,  le  professeur  Liebig, 
de  Giessen  ,  publia  l’analyse  de  77  résidus 
obtenus  par  la  distillation  de  77  échantil¬ 
lons  d’eau  de  pluie  recueillis  dans  des 
vases  de  porcelaine  à  77  époques  différen¬ 
tes.  Parmi  ces  échantillons,  17  provenaient 
de  pluies  d’orage  et  contenaient  une  plus 
ou  moins  grande  quantité  d’acide  nitrique 
combiné  avec  de  la  chaux  ou  de  l’ammo¬ 
niaque. 

Le  savant  et  spirituel  auteur  des  notices 
de  X Annuaire  du  bureau  des  Longitu¬ 
des,  à  qui  nous  empruntons  ce  fait,  ajoute 
les  réflexions  suivantes  :  «  Voilà  donc  la 
matière  fulminante  réalisant  une  des  plus 
brillantes  expériences  de  la  chimie  moderne. 
Ces  réunions  subites  de  l’azote  et  de  l’oxy¬ 
gène,  que  l’illustre  chimiste  anglais  opérait 
en  vases  clos,  la  foudre  les  détermine  dans 
les  hautes  régions  de  l’Atmosphère.  U  y  a  là, 
pour  les  physiciens  et  les  chimistes,  un  vaste 
et  important  sujet  d’expériences.  Il  faudra 
examiner  si,  toutes  les  circonstances  res¬ 
tant  égales ,  les  quantités  d’acide  nitrique 
engendrées  pendant  les  orages  ne  varient 
point  avec  les  saisons,  avec  les  hauteurs,  et, 
par  conséquent  aussi ,  avec  la  température 
des  nuées  d’où  la  foudre  s’élance  ;  il  faudra 
rechercher  encore,  si,  dans  les  régions  inter¬ 
tropicales,  où,  pendant  des  mois  entiers,  le 
tonnerre  gronde  chaque  jour  avec  tant  de 
force,  l’acide  nitrique,  créé  par  la  foudre  aux 
dépens  des  deux  éléments  gazeux  de  L’At¬ 
mosphère  ,  ne  suffirait  point  à  l’entretien 
des  nitrières  naturelles  ,  dont  l’existence  , 
dans  certaines  localités  où  les  matières  ani¬ 
males  ne  se  voyaient  nulle  part,  était  pour  la 
science  une  véritable  pierre  d’achoppement. 
Peut-être  qu’en  se  livrant  à  ces  investiga¬ 


tions  savantes,  on  découvrira  aussi  l’origine 
encore  cachée  de  quelques  autres  substan¬ 
ces,  de  la  chaux,  de  l’ammoniaque,  etc., 
qui  ont  été  trouvées  dans  des  eaux  prove¬ 
nant  de  pluies  d’orage  ;  mais,  ne  parvînt-on 
à  éclaircir  que  la  seule  question  des  ni¬ 
trières  naturelles  ,  ce  serait  déjà  beaucoup 
de  gagné.  Ne  voit-on  pas,  au  surplus,  tout 
ce  qu’il  y  aurait  de  piquant  à  prouver  que 
la  foudre  prépare,  qu’elle  élabore,  dans  les 
hautes  régions  de  l’air,  le  principal  élément 
de  cette  autre  foudre  (  la  poudre  à  canon  ) 
dont  les  hommes  font  un  si  prodigieux  usage 
pour  s’entre-détruire.  » 

L’Atmosphère  est  le  siège ,  le  théâtre  de 
tous  les  phénomènes  connus  sous  le  nom 
de  Météores.  Le  fluide  électrique  ,  le  fluide 
magnétique ,  la  vapeur  d’eau ,  l’action  iné¬ 
gale  de  la  chaleur  solaire ,  l’extrême  mobili¬ 
té  des  molécules  atmosphériques,  telles  sont 
les  principales  causes  de  ces  météores,  qui 
ont  été  divisés- ,  d’après  leurs  effets  appa¬ 
rents,  en  aqueux,  aériens,  lumineux 
( Voy •  météorologie). 

L’Atmosphère  est  l’immense  réservoir  où 
tous  les  êtres  puisent  la  vie  ;  c’est  dans  son 
sein  que  les  différents  fluides  élaborés  par 
les  corps ,  au  développement  et  à  l’accrois¬ 
sement  desquels  ils  ont  contribué ,  se  réu¬ 
nissent  pour  retourner  bientôt ,  après  des 
modifications  nécessaires,  au  siège  de  la  vie, 
et  y  exercer,  par  une  admirable  succession, 
une  reproduction  toujours  nouvelle. 

Un  de  nos  plus  illustres  professeurs,  qui 
prête  l’appui  de  ses  lumières  et  de  son  talent 
à  ce  Dictionnaire,  a,  tout  récemment,  re¬ 
tracé  en  termes  éloquents,  le  tableau  de  cet 
enchaînement  mystérieux  qui  lie  entre  eux 
tous  les  êtres  et  qui  les  rend  tous  tributaires 
du  même  élément,  de  l’air  atmosphérique, 
origine  et  fin  de  tout  ce  qui  a  vie ,  auquel 
tout  commence  et  tout  aboutit. 

Une  sèche  et  froide  analyse  ne  pourrait 
rendre  convenablement  la  profondeur  de 
pensée ,  l’éclat  d’expression  de  la  belle  le¬ 
çon  de  M.  Dumas  ;  nous  préférons  ,  dans 
l’intérêt  des  lecteurs ,  la  citer  textuelle¬ 
ment  : 

« . Les  plantes,  les  animaux  ,  l’homme 

renferment  de  la  matière;  d’où  vient-elle? 
que  fait-elle  dans  leurs  tissus  et  dans  les 
liquides  qui  les  baignent?  où  va-t-elle, 
quand  la  mort  brise  les  liens  par  lesquels 
20 


T  II 


ATM 


306  ATM 

ses  diverses  parties  étaient  si  étroitement 
unies? . 

«...  Ce  n’est  pas  sans  étonnement  qu’on 
reconnaît  qu’aux  nombreux  éléments  de  la 
chimie  moderne,  la  nature  organique  n’en 
emprunte  qu’un  petit  nombre  ;  qu’à  ces 
matières  végétales  ou  animales,  maintenant 
multipliées  à  l’infini ,  la  physiologie  géné¬ 
rale  n’emprunte  pas  plus  de  dix  ou  douze 
espèces ,  et  que  tous  ces  phénomènes  de  la 
vie,  si  compliqués  en  apparence ,  se  ratta¬ 
chent  ,  en  ce  qu’ils  ont  d’essentiel,  à  une 
formule  générale,  si  simple  qu’en  quelques 
mots,  on  a,  pour  ainsi  dire,  tout  annoncé  , 
tout  rappelé,  tout  prévu. 

«  N’avons-nous  pas  constaté,  en  effet, 
par  une  foule  de  résultats,  que  les  animaux 
constituent ,  au  point  de  vue  chimique ,  de 
véritables  appareils  de  combustion ,  au 
moyen  desquels  du  charbon  ,  brûlé  sans 
cesse,  retourne  à  l’Atmosphère  sous  forme 
d’acide  carbonique  ;  des  appareils  dans  les¬ 
quels  de  l’hydrogène  ,  brûlé  sans  cesse  de 
son  côté ,  engendre  continuellement  de 
l’eau  5  des  appareils  d’où  s’exhale,  enfin  , 
sans  cesse,  de  l’azote  libre  par  la  respira¬ 
tion,  de  l’azote  à  l’état  d’oxyde  d’ammo¬ 
nium  (ammoniaque)  par  les  urines. 

«  Ainsi,  du  règne  animal,  considéré  dans 
son  ensemble,  s’échappent  continuellement 
de  l’acide  carbonique  ,  de  la  vapeur  d’eau  , 
de  l’azote  et  de  l’oxyde  d’ammonium  ,  ma¬ 
tières  simples  et  peu  nombreuses ,  dont  la 
formation  se  rattache  étroitement  à  l’his- 
roire  de  l’air  lui-même. 

«N’avons-nous  pas  constaté,  d’autre  part, 
que  les  plantes,  dans  leur  vie  normale,  dé¬ 
composent  l’acide  carbonique  pour  en  fixer 
le  carbone,  et  en  dégager  l’oxygène;  qu’elles 
décomposent  l’eau  pour  s’emparer  de  son 
hydrogène  et  pour  en  dégager  aussi  l’oxy¬ 
gène;  qu’enfin,  elles  empruntent  de  l’azote, 
tantôt  directement  à  l’air,  tantôt  indirec¬ 
tement  à  l’oxyde  d’ammonium  ou  à  l’a¬ 
cide  nitrique  (azotique),  fonctionnant  ain¬ 
si  ,  de  tout  point ,  d’une  manière  inverse 
de  celle  qui  appartient  aux  animaux. 

«  Si  le  règne  animal  constitue  un  immense 
appareil  de  combustion  ,  le  règne  végé¬ 
tal,  à  son  tour,  constitue  donc  un  immense 
appareil  de  réduction  où  l’acide  carbonique 
réduit  laisse  son  charbon,  où  l’eau  réduite 
laisse  son  hydrogène,  où  l’oxyde  d’ammo¬ 


nium  et  l’acide  azotique  réduits  laissent 
leur  ammonium  ou  leur  azote. 

«  Si  les  animaux  produisent  sans  cesse 
de  l’acide  carbonique,  de  l’eau,  de  l’azote, 
de  l’oxyde  d’ammonium, les  plantes  consom¬ 
ment  donc  sans  cesse  de  l’oxyde  d’ammo¬ 
nium,  de  l’azote,  de  l’eau,  de  l’acide  carbo¬ 
nique.  Ce  que  les  uns  donnent  à  l’air,  les 
autres  le  reprennent  à  l’air,  de  sorte  qu’à 
prendre  ces  faits  au  point  de  vue  le  plus 
élevé  de  la  physique  du  globe,  il  faudrait 
dire  qu’en  ce  qui  touche  leurs  éléments 
vraiment  organiques,  les  plantes,  les  ani¬ 
maux  dérivent  de  l’air,  ne  sont  que  de  l’air 
condensé  ;  et  que ,  pour  se  faire  une  idée 
juste  et  vraie  de  la  constitution  de  l’Atmos¬ 
phère,  aux  époques  qui  ont  précédé  la  nais¬ 
sance  des  premiers  êtres  organisés  à  la  sur¬ 
face  du  globe,  il  faudrait  rendre  à  l’air,  par 
le  calcul,  l’acide  carbonique  et  l’azote  dont 
les  plantes  et  l’air  se  sont  approprié  les  élé¬ 
ments. 

«  Les  plantes  et  les  animaux  viennent 
donc  de  l’air  et  y  retournent  donc  :  ce  sont 
de  Véritables  dépendances  de  l’Atmosphère. 
Les  plantes  reprennent  donc  sans  cesse  à 
l’air  ce  que  les  animaux  lui  fournissent  ; 
c’est-à-dire  du  charbon  ,  de  l’hydrogène  et 
de  l’azote ,  ou  plutôt  de  l’acide  carbonique, 
de  l’eau  et  de  l’ammoniaque. 

«  Reste  à  voir  maintenant  comment ,  à 
leur  tour ,  les  animaux  se  procurent  ces 
éléments  qu’ils  restituent  à  l’Atmosphère  ; 
et  l’on  ne  peut  voir,  sans  admiration  pour 
la  simplicité  sublime  de  toutes  ces  lois 
de  la  nature ,  que  les  animaux  empruntent 
toujours  ces  éléments  aux  plantes  elles- 
mêmes. 

«  Nous  avons  reconnu,  en  effet,  par  des 
résultats  de  toute  évidence  ,  que  les  ani¬ 
maux  ne  créent  pas  de  véritables  matières 
organiques,  mais  qu’ils  les  détruisent  ;  que 
les  plantes,  au  contraire,  créent  habituelle¬ 
ment  ces  mêmes  matières,  et  qu’elles  n’en 
détruisent  que  peu  et  pour  des  conditions 
particulières  et  déterminées. 

«  Ainsi ,  c’est  dans  le  règne  végétal  que 
réside  le  grand  laboratoire  de  la  vie  organi¬ 
que;  c’est  là  que  les  matières  végétales  et 
animales  se  forment ,  et  elles  s’y  forment 
aux  dépens  de  l’air. 

«  Des  végétaux  ,  ces  matières  passent 
toutes  formées  dans  les  animaux  herbivores 


ATM 


307 


ATM 

qui  en  détruisent  une  partie ,  et  qui  accu¬ 
mulent  le  reste  dans  leur  tissu. 

<c  Des  animaux  herbivores,  elles  passent 
toutes  formées  dans  les  animaux  carnivores 
qui  en  détruisent  ou  en  conservent  selon 
leurs  besoins. 

«  Enfin  ,  pendant  la  vie  de  ces  animaux 
ou  après  leur  mort ,  ces  matières  organi¬ 
ques,  à  mesure  qu’elles  se  détruisent,  re¬ 
tournent  à  l’Atmosphère  d’où  elles  provien¬ 
nent. 

«  Ainsi  se  forme  ce  cercle  mystérieux  de 
la  vie  organique  à  la  surface  du  globe.  L’air 
contient  ou  engendre  les  produits  oxydés, 
acide  carbonique  ,  eau ,  acide  azotique  , 
oxyde  d’ammonium.  Les  plantes,  véritables 
appareils  réducteurs,  s’emparent  des  radi¬ 
caux  de  ces  produits,  carbone  ,  hydrogène, 
azote,  ammonium  ;  avec  ces  radicaux,  elles 
façonnent  toutes  les  matières  organiques  ou 
organisables,  qu’elles  cèdent  aux  animaux. 
Ceux-ci  à  leur  tour,  véritables  appareils  de 
combustion  ,  reproduisent  l’acide  carboni¬ 
que  ,  l’eau ,  l’oxyde  d’ammonium  et  l’acide 
azotique  qui  retournent  à  l’air  pour  repro¬ 
duire  de  nouveau  et  dans  l’immensité  des 
siècles  les  mêmes  phénomènes. 

«  Et  si  l’on  ajoute  à  ce  tableau ,  déjà  si 
frappant  par  sa  simplicité  et  sa  grandeur, 
le  rôle  incontesté  de  la  lumière  solaire  qui, 
seule,  a  le  pouvoir  de  mettre  en  mouve¬ 
ment  cet  immense  appareil ,  cet  appareil 
inimité  jusqu’ici,  que  le  règne  végétal  con¬ 
stitue,  et  où  vient  s’accomplir  la  réduction 
des  produits  oxydés  de  l’air,  on  sera  frappé 
du  sens  de  ces  paroles  de  Lavoisier  : 

«  L’organisation,  le  sentiment,  le  mon¬ 
te  vement  spontané ,  la  vie,  n’existent  qu’à 
«  la  surface  de  la  terre  et  dans  les  lieux  ex- 
«  posés  à  la  lumière.  On  dirait  que  la  fable 
«  du  flambeau  de  Prométhée  était  l’expres- 
«  sion  d’une  vérité  philosophique  qui  n’a- 
«  vait  point  échappé  aux  anciens.  Sans  la 
«  lumière,  la  nature  était  sans  vie,  elle 
«  était  morte  et  inanimée.  Un  Dieu  bien- 
«  faisant,  en  apportant  la  lumière,  a  répan- 
«  du  sur  la  surface  de  la  terre  l’organisa- 
«  tion,  le  sentiment  et  la  pensée.  » 

«  Ces  paroles  sont  aussi  vraies  qu’elles 
sont  belles.  Si  le  sentiment  et  la  pensée,  si 
les  plus  nobles  facultés  de  l’âme  et  de  l’in¬ 
telligence  ont  besoin  ,  pour  se  manifester , 
4’une  enveloppe  matérielle  ,  ce  sont  les 


plantes  qui  sont  chargées  d’en  ourdir  la 
trame  avec  des  éléments  qu’elles  emprun¬ 
tent  à  l’air  et  sous  l’influence  de  la  lumière 
que  le  soleil,  où  en  est  la  source  inépuisa¬ 
ble,  verse  constamment  et  par  torrents  à  la 
surface  du  globe. 

«  Et  comme  si,  dans  ces  grands  phéno¬ 
mènes,  tout  devait  se  rattacher  aux  causes 
qui  en  paraissent  le  moins  propres,  il  faut 
remarquer  encore  comment  l’oxyde  d’am¬ 
monium  ,  l’acide  azotique ,  auxquels  les 
plantes  empruntent  une  partie  de  leur  azote, 
dérivent  eux-mêmes,  presque  toujours,  de 
l’action  des  grandes  étincelles  électriques 
qui  éclatent  dans  les  nuées  orageuses ,  et 
qui,  sillonnant  l’air  sur  une  grande  éten¬ 
due,  y  produisent  l’azotate  d’ammoniaque 
que  l’analyse  y  décèle. 

«  Ainsi  des  bouches  de  ces  volcans,  dont 
les  convulsions  agitent  si  souvent  la  croûte 
du  globe ,  s’échappe  sans  cesse  la  princi¬ 
pale  nourriture  des  plantes,  l’acide  carbo¬ 
nique  ;  de  l’Atmosphère  enflammée  par  les 
éclairs,  et  du  sein  même  de  la  tempête,  des¬ 
cend  sur  la  terre  cette  autre  nourriture  non 
moins  indispensable  des  plantes,  celle  d’où 
vient  presque  tout  leur  azote,  le  nitrate 
d’ammoniaque  que  renferment  les  pluies 
d’orage. 

«  Ne  dirait-on  pas  un  souvenir  de  ce 
chaos  dont  parle  la  Bible,  de  ces  temps  de 
désordre  et  de  tumulte  des  éléments,  qui  ont 
précédé  l’apparition  des  êtres  organisés  sur 
la  terre  ? 

«  Mais  à  peine  l’acide  carbonique  et  l’azo¬ 
tate  d’ammoniaque  sont-ils  formés,  qu’une 
force  plus  calme,  quoique  non  moins  éner¬ 
gique,  vient  les  mettre  en  jeu  :  c’est  la  lu¬ 
mière.  Par  elle,  l’acide  carbonique  cède  son 
carbone ,  l’eau  son  hydrogène ,  l’azotate 
d’ammoniaque  son  azote.  Ces  éléments  s’as¬ 
socient,  les  matières  organisées  se  forment 
et  la  terre  revêt  son  riche  tapis  de  verdure. 

«  C’est  donc  en  absorbant  sans  cesse  une 
véritable  force  s  la  lumière  et  la  chaleur 
émanées  du  soleil ,  que  les  plantes  fonc¬ 
tionnent,  et  qu’elles  produisent  cette  im¬ 
mense  quantité  de  matière  organisée  ou  or¬ 
ganique,  pâture  destinée  à  la  consomma¬ 
tion  du  règne  animal. 

«  Et  si  nous  ajoutons  que  les  animaux 
produisent  de  leur  côté  de  la  chaleur  et  de 
la  force,  en  consommant  ce  que  Je  règne 


308 


ATM 


ATO 


végétal  a  produit  et  a  lentement  accumulé , 
ne  semble-t-il  pas  que  la  fin  dernière  de 
tous  ces  phénomènes,  que  leur  formule  la 
plus  générale  se  révèle  à  nos  yeux  ? 

«  L’Atmosphère  nous  apparaît  comme 
renfermant  les  matières  premières  de  toute 
l’organisation  ;  les  volcans  et  les  orages, 
comme  les  laboratoires  où  se  sont  façonnés 
d’abord  l’acide  carbonique  et  l’azotate  d’am¬ 
moniaque  ,  dont  la  vie  avait  besoin  pour  se 
manifester  et  se  multiplier. 

«  A  leur  aide ,  la  lumière  vient  dévelop¬ 
per  le  règne  végétal,  production  immense 
de  matière  organique  ;  les  plantes  absor¬ 
bent  la  force  chimique  qui  leur  vient  du  so¬ 
leil,  pour  décomposer  l’acide  carbonique, 
l’eau  et  l’azotate  d’ammoniaque,  comme  si 
les  plantes  réalisaient  un  appareil  réductif 
supérieur  à  tous  ceux  que  nous  connaissons; 
car  aucun  d’eux  ne  décomposerait  l’acide 
carbonique  à  froid. 

«  Viennent  ensuite  les  animaux,  con¬ 
sommateurs  de  matière  et  producteurs  de 
chaleur  et  de  force ,  véritables  appareils  de 
combustion.  C’est  en  eux  que  la  matière  or¬ 
ganisée  revêt  sa  plus  haute  expression  sans 
doute  ;  mais  ce  n’est  pas  sans  en  souffrir 
qu’elle  devient  l’instrument  du  sentiment 
et  de  la  pensée.  Sous  cette  influence,  la 
matière  organisée  se  brûle,  et  en  produisant 
cette  chaleur,  cette  électricité,  qui  font  notre 
force  et  qui  en  mesurent  le  pouvoir ,  ces 
matières  organisées  ou  organiques  s’anéan¬ 
tissent  pour  retourner  à  l’Atmosphère  d’où 
elles  sortent. 

«  L’Atmosphère  constitue  donc  le  chaînon 
mystérieux  qui  lie  le  règne  végétal  au  règne 
animal. 

«  Les  végétaux  absorbent  donc  de  la  cha¬ 
leur  et  accumulent  donc  de  la  matière  qu’ils 
savent  organiser. 

«  Les  animaux,  par  lesquels  cette  ma¬ 
tière  organisée  ne  fait  que  passer,  la  brû¬ 
lent  et  la  consomment  pour  produire,  à  son 
aide,  la  chaleur  et  les  diverses  forces  que 
leurs  mouvements  mettent  à  profit. 

«  Comme  si ,  empruntant  aux  sciences 
modernes  une  image  assez  grande  pour 
supporter  la  comparaison  avec  ces  grands 
phénomènes,  comme  si  nous  assimilions  la 
végétation  actuelle,  véritable  magasin  où 
s’alimente  la  vie  animale,  à  cet  autre  maga¬ 
sin  de  charbon  que  constituent  les  anciens 


dépôts  de  houille,  et  qui ,  brûlé  par  le  génie 
de  Papin  et  de  Watt ,  vient  produire  aussi 
de  l’acide  carbonique,  de  l’eau,  de  la  cha¬ 
leur,  du  mouvement,  on  dirait  presque  de 
la  Yie  et  de  l’intelligence. 

«  Comme  si  nous  disions  que  le  règne 
végétal  constitue  un  immense  dépôt  de 
combustible  destiné  à  être  consommé  par 
le  règne  animal,  et  où  ce  dernier  trouve  la 
source  de  la  chaleur  et  des  forces  locomo¬ 
tives  qu’il  met  à  profit . » 

Ici  l’auteur  se  livre  à  des  considérations 
de  haute  chimie,  dans  lesquelles  la  nature 
de  cet  ouvrage  ne  nous  permet  pas  de  le  sui¬ 
vre.  Mais  ce  que  nous  avons  cité  suffit  pour 
faire  apprécier  au  lecteur  combien  est  im¬ 
portant  le  rôle  que  joue  l’Atmosphère  dans 
tous  les  phénomènes  organiques,  et  com¬ 
bien  sont  nombreuses  les  applications  qui 
peuvent  être  tirées  de  la  connaissance  ap¬ 
profondie  de  ces  phénomènes,  soit  à  l’é¬ 
tude  de  la  physiologie  végétale  et  animale , 
soit  aux  sciences  d’application  comme  l’hy¬ 
giène,  la  médecine,  l’agriculture,  etc. 

Ainsi  donc,  l’étude  de  l’Atmosphère  se 
rattache  à  tout  ce  qu’il  y  a  de  plus  élevé 
dans  les  sciences,  à  l’astronomie,  à  la  phy¬ 
sique,  à  la  chimie,  à  la  haute  physiologie  ! 

Une  foule  d’instruments  ont  été  imaginés 
pour  étudier  l’air  ;  ce  sont  :  l’ Eudiomètre, 
pour  l’analyser;  le  Baromètre ,  pour  en 
connaître  la  pesanteur;  le  Thermomètre, 
pour  en  apprécier  la  température  ;  l’ Hygro¬ 
mètre,  pour  déterminer  la  quantité  d’eau 
qu’il  tient  en  suspension;  l’ Électromètre, 
pour  constater  son  état  électrique*;  le  Cya - 
nomètre ,  pour  en  mesurer  la  transpa¬ 
rence,  etc.,  etc.  Tous  ces  instruments  ont 
été  modifiés  de  mille  et  mille  manières. 
Nous  renvoyons,  pour  leur  description,  aux 
articles  qui  les  concernent.  (A.Duponchel.) 

* ATMOSPHÉROLOGIE .  Atmosphœ- 
rologia  (aTu.ccrcpatp%,  atmosphère;  Xoycç, 
discours),  thys. — Science  qui  traite  de  tous 
les  phénomènes  atmosphériques. 

(C.  d’O.) 

ATOCION,  Schott.  (à-roV.tc^ ,  nom  grec 
d’une  plante  qu’on  présume  être  une  esp. 
de  Caryophyllée).  bot.  th.  —  Section  du  g. 
Silène ,  caractérisée  par  des  fleurs  en  co- 
rymbe,  et  le  calice  claviforme,  à  10  stries. 

(Sp.) 

ATOCïRE.  bot.  ph.  —  Nom  portugais 


ATO 


309 


ATO 

de  YAnona  squamosa  L.,  ou  Corosollier 
écailleux.  (Sr.) 

*  ATOLARIA,  Neck.  bot.  th.  —  Sy¬ 

nonyme  du  g.  Crotalaria ,  de  la  famille  des 
Légumineuses.  (Sr.) 

*  ATOMAIRE.  Atomarius  (drou.o;, 

atome),  zool.  bot.  —  En  entomologie ,  on 
donne  cette  épithète  aux  organes  appendi¬ 
culaires  ou  aux  parties  du  corps  des  insec¬ 
tes  parsemés  de  points  colorés  ;  tels  sont 
les  élytres  du  Melolontha  atomaria ,  du 
Mycetophagus  atomarius  ;  et,  en  bota¬ 
nique,  aux  rameaux  ponctués  de  certaines 
plantes,  entre  autres  à  une  espèce  du  genre 
Cassia.  (C.  d’O.) 

*  ATOMARIA  (àrcp.o;,  entier;  à  cause 
des  élytres  non  séparées  à  leur  extrémité). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères, 
famille  des  Clavicornes ,  établi  par  Kirby 
aux  dépens  du  g.  Cryptophagus  de  Herbst, 
et  auquel  il  assigne  les  caractères  suivants 
(  Fauiia  borealis  Amcricana  ,  p.  lit)  : 
Corps  ovale.  Antennes  anté-oculaires ,  avec 
les  articles  intermédiaires  plus  minces  ;  le 
scapus  très  renflé  ;  les  3  articles  terminaux 
augmentant  graduellement  de  taille  ;  les  2 
premiers  presque  turbinés  ;  le  dernier  très 
aigu;  et  tous  trois  formant,  par  leur  réunion, 
une  massue  courte.  Tète  presque  triangu¬ 
laire  ;  yeux  petits ,  ronds  et  presque  con¬ 
vexes.  Prothorax  transverse,  convexe,  pres¬ 
que  carré,  avec  les  côtés  courbes  et  inermes. 
Écusson  transverse.  Élytres  réunies ,  for¬ 
mant  un  ovale  très  convexe.  Pattes  courtes, 
grêles  ;  tibias  arqués  ;  tarses  présumés  de 
5  articles;  ongles  longs,  simples. 

Les  insectes  de  ce  genre  sont  si  pe¬ 
tits  ,  qu’il  est  bien  difficile ,  môme  avec 
une  forte  loupe,  de  compter  les  articles  de 
leurs  tarses.  M.  Stephens  ( The  nomencla¬ 
ture  of  Britis h  Ins.,  p.  8)  en  désigne  une 
trentaine  d’espèces,  presque  toutes  nom¬ 
mées  par  des  auteurs  anglais ,  et  parmi 
lesquelles  il  s’en  trouve  4  seulement  qui 
appartiennent  au  genre  Cryptophagus  de 
Herbst,  savoir:  A  -  mesomelas  et  A.  a  ter  de 
cet  auteur,  A.  nigripennis  de  Paykull  et 
A.  fu  scip  es  de  Gyllenhall.  (D.  etc.) 

ATOMARIA  (à  priv.;  70’p.oç,  section, 
division),  bot.  cr.  —  Genre  de  Thalassio- 
phytes,  proposé  par  Stackhouse  ( Ner .  B  rit., 
t.  VI,  f.  1,  a,  h,  c),  et  auquel  il  attribue 
les  caractères  suivants  :  Fronde  membrana- 


cée,  mince,  rameuse;  à  rameaux  alternes, 
portant  dans  toute  leur  longueur  des  laci- 
niures  courtes,  dentées  au  sommet;  fruc¬ 
tification  en  grappe  et  variée.  —  Ce  g. , 
qui  réunit  deux  espèces  appartenant  à  des 
tribus  différentes  par  l’organisation,  le/L**?- 
tyota  dentata  Lamx.  et  Y  O  dont  ha  Lia 
dentata  Lyngb.  ,  11e  pouvait  donc  être 
adopté.  Il  ne  l’a  été,  en  effet,  par  aucun 
phycologue,  pas  plus,  au  reste,  que  la  plu¬ 
part  des  genres  créés  invita  naturâ  par 
le  même  auteur.  La  fructification  racémi- 
forme  ne  se  rencontre  que  dans  la  se¬ 
conde  espèce;  elle  est  d’ailleurs  bien  in¬ 
exactement  figurée.  (C.  M.) 

ATOME  (  àrop.&ç  ,  insécable  ).  —  Nom 
donné  aux  molécules  indivisibles  dont  on 
suppose  formées  les  parties  élémentaires  des 
corps.  On  donne  encore  ce  nom  aux  molé¬ 
cules  résultant  de  la  combinaison  des  atomes 
primordiaux  dont  le  volume  excède  le  leur; 
mais  dont  la  ténuité  est  telle  qu’elles  ne 
peuvent  être  perçues  par  les  sens.  Pour  plus 
de  développements,  voir  les  articles  ma¬ 
tière  et  THÉORIE  ATOMISTIQUE.  (C.  d’O.) 

*  ATOMOG  ASTRE.  Atomogaster 

(aTcao; ,  atome  ;  'yacrrYip ,  ventre  ).  ins.  — ■ 
Genre  de  l’ordre  des  Diptères,  division  des 
Erachocères ,  subdivision  des  Dichœtes,  fa¬ 
mille  des  Alhéricères,  tribu  des  Muscides, 
section  des  Anthomyzides.  Ce  genre,  dont 
M.  Robineau  Desvoidy  a  fait  sa  section  des 
Azèlidcs ,  a  pour  type  Y  Anthomyia  tri¬ 
que  Ira  de  Meigen.  M.  Macquart  lui  donne 
pour  caractères  :  Antennes  n’atteignant  pas 
l’épistome  ;  style  nu.  Abdomen  étroit,  cy¬ 
lindrique.  Anus  bicaréné  chez  la  femelle. 
Cuillerons  petits.  Pas  de  pointes  au  bord 
extérieur  des  ailes.  —  Ces  Muscides ,  très 
voisines  des  Chortophiles  ,  vivent  sur  les 
Ombellifères.  Les  femelles  sont  beau¬ 
coup  moins  communes  que  les  mâles. 
M.  Macquart  en  décrit  six  espèces,  toutes 
de  France  ou  d’Allemagne.  Leur  nom  gé¬ 
nérique  fait  allusion  aux  petites  taches  dont 
leur  ventre  est  bigarré.  (D.) 

*  ATOMOGYOTE  (àrop.cç,  indivisible  ; 
•vu vvî ,  femme),  bot.  th. — L’un  des  deux  or¬ 
dres  établis  par  le  prof.  L.  C.  Richard  dans 
la  Didynamie  de  Linné.  Il  correspond  à  celui 
que  le  célèbre  botaniste  suédois  avait  nom¬ 
mé  Angio spermie.  Voy.  ce  mot.  (A.  R  ) 

*  ATOMOSIE.  A  tomosia.  (a rcu.cz  t  ato- 


310 


ATR 


MO 

me),  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des  Diptères, 
division  des  Aplocères,  subdivision  des 
Tétrachœtes,  famille  des  Tanystomes,  tribu 
des  Asiliques,  sous-tribu  des  Laphrites, 
établi  par  M.  Macquart  dans  son  ouvrage 
intitulé  :  Diptères  exotiques ,  nouveaux 
ou  j) eu  connus,  et  dont  voici  les  carac¬ 
tères  :  Corps  ponctué.  Antennes  ordinaire¬ 
ment  allongées;  3mc  art.  menu,  terminé 
en  pointe.  Armure  copulatrice  des  mâles 
peu  développée ,  paraissant  sous  le  dernier 
segment  de  l’abdomen  ;  cuisses  postérieures 
non  renflées  ;  jambes  droites.  Les  deux  ner¬ 
vures  transversales  des  ailes  fermant  les 
cellules  discoïdale  et  quatrième  postérieure, 
presque  sur  la  même  ligne.  Ce  genre  est  un 
démembrement  des  Laphries  de  Wied- 
man.  Ce  qui  distingue  au  premier  coup- 
d’œil  les  espèces  qu’il  renferme  des  autres 
Asiliques ,  c’est  la  simplicité  du  dessin  que 
présentent  les  nervures  de  leurs  ailes.  Leur 
nom  générique,  d’après  M.  Macquart,  fait 
allusion  aux  points  enfoncés  dont  leur  corps 
est  couvert.  Celles  qu’on  connaît  sont  tou¬ 
tes  de  l’Amérique,  la  plupart  du  Brésil, 
une  de  Cuba  et  une  de  Géorgie.  Nous  cite¬ 
rons  comme  type  l’ Àtomosia  annutipes 
de  l’auteur  :  elle  est  du  Brésil.  (D.) 

ATOPA  (cxtctto;  ,  insolite),  ins. — Genre 
de  Coléoptères  pentamères,  famille  des 
Malacodermcs,  tribu  des  Cébrionites,  éta¬ 
bli  par  Latreille  sous  le  nom  de  Dascillus; 
mais  celui  d 'A  top  a  ,  qui  lui  a  été  donné  par 
Paykull,  quoique  postérieurement,  ayant  été 
adopté  par  Fabricius  et  tous  les  entomolo¬ 
gistes  qui  l’ont  pris  pour  guide,  a  prévalu 
dans  les  collections  sur  la  dénomination  gé¬ 
nérique  de  Latreille  ,  qui  est  injustement 
tombée  dans  l’oubli.  Quoi  qu’il  en  soit,  le 
genre  dont  il  s’agit  se  rapproche  beaucoup 
des  Cèb rions  et  des  Cy  p  lions  ;  mais  il  dif¬ 
fère  des  premiers  par  ses  antennes  simples; 
ses  mandibules  saillantes,  et  par  ses  tarses, 
dont  le  pénultième  article  est  bilobé  ;  et 
des  seconds,  par  la  forme  ovale  de  son  corps  ; 
son  corselet  en  trapèze  ;  ses  palpes  terminés 
par  un  article  tronqué  ou  très  obtus.  Les 
Atopes  sont  d’ailleurs  d’une  consistance 
bien  plus  ferme  que  les  Cyphons.  M.  De-  j 
jean ,  dans  son  dernier  Catalogue ,  men-  ; 
tionne  6  espèces  d \4topa  dont  k  indigènes  j 
et  2  d’Europe.  Nous  citerons  ces  deux  der¬ 
rières,  l’/j .  cinerea  Fabr.  et  VA.  cervina 


du  même,  qui  est  la  Chrysomela  id.  de 
Linné;  il  paraîtrait  que  ces  deux  espèces 
n’en  feraient  qu’une,  dont  l’une  serait  le 
mâle  et  l’autre  la  femelle.  On  les  trouve , 
mais  assez  rarement,  dans  les  parties  mon- 
tueuses  de  la  France.  (D.  et  C.) 

*  ATOPÏTES.  Atopidœ.  ins.  —  Sous- 

tribu  de  l’ordre  des  Coléoptères  pentamè¬ 
res,  famille  des  Serricornes,  établie  par 
M.  Delaporte  {Buffun-  Dumènil  ,  t.  I, 
p.  257),  dans  la  tribu  des  Rhypicérites ,  et 
qu’il  caractérise  ainsi  :  Corps  oblong  ;  pro¬ 
sternum  non  avancé  en  pointe.  Antennes 
non  munies  de  rameaux.  Tarses  sans  ap¬ 
pendices  velus  entre  les  crochets.  Il  y  com¬ 
prend  les  genres  Plilodactyla,  111.;  Lai- 
rus,  Delap.;  Atopa,  Fab.;  et  Petalon,  Per- 
ty.  Voy.  ces  mots.  (D.  et  C.) 

*  ATRACHYA  (a  priv.;  rpa ybr,,  rude). 

iNs.r— Genre  de  Coléoptères  tétramères  ,  fa¬ 
mille  des  Chrysomélines,  créé  par  M.Dejean , 
dans  la  3e  édit,  de  son  Catalogue,  mais  dont 
il  n’a  pas  publié  les  caractères.  Il  est  fondé 
sur  une  seule  espèce ,  originaire  du  nord  de 
la  Chine  et  nommée  par  Faldermann  Gallc- 
ruca  rnenesiresii{Coleoptcrorum  ah  if/. 
Bumjio ,  in  China  boreali,  Mong.,  etc., 
p.  103).  M.Dejean  place  ce  g.  entre  les^rf/- 
monia  et  les  Galleruca\ ;  mais  n’ayant  pas 
en  notre  possession  l’espèce  qui  a  servi  à 
l’établir,  nous  ne  pouvons  que  le  mention¬ 
ner  ici  pour  mémoire.  (D.  et  C.) 

*  ATIVACTIE.  Atractia  (arpootreç,  fu¬ 
seau).  ins. —  Genre  de  l’ordre  des  Diptères, 
division  des  Aplocères ,  subdivision  des 
Tétrachœtes,  famille  des  Tanystomes,  tribu 
des  Asiliques,  sous-tribu  des  Asilites,  éta¬ 
bli  par  M.  Macquart,  dans  son  ouvrage  in¬ 
titulé  :  Diptères  exotiques ,  nouveaux  on 
peu  connus,  et  auquel  il  assigne  les  carac¬ 
tères  suivants  :  Troisième  article  des  an¬ 
tennes  large,  comprimé,  fusiforme  ;  style 
très  menu.  Abdomen  menu,  glabre,  fine¬ 
ment  ponctué.  Organe  copulateur  des  mâles 
et  oviducle  des  femelles  cachés.  Jambes 
antérieures  très  couvertes  de  poils. 

Ce  genre,  créé  aux  dépens  de  celui  des 
Asiles ,  a  pour  type  V  Asilusp  silo  g  aster  de 
Wiedmann ,  espèce  du  Brésil  et  qui  n’est 
encore  connue  que  par  les  deux  individus 
déposés  au  Muséum  de  Berlin. 

Le  nom  générique  fait  allusion  à  l’appa¬ 
rence  fusiforme  des  antennes.  (D.) 


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311 


ATRACTIOI  (àrpaxToç,  fuseau),  bot. 
CR. — m.  le  professeur Link a  donné  ce  nom  à 
quelques  petits  Champignons,  dont  les  spo¬ 
res  sont  fusiformes.  Ce  genre  n’a  pas  été 
conservé.  VA.  cüiatum,  l’espèce  la  plus 
curieuse  qu’on  trouve  fréquemment  sur 
les  rameaux  et  les  feuilles  du  buis,  a  été 
décrite  comme  un  Tubercularia;  un  Fu- 
snrium  est  maintenant  un  Volutclla.  VA. 
olivaceum  Schm.  etKunze,  et  VA-  stilbas- 
ler  Lk.,  sont  aujourd’hui  placés  dans  le  g. 
Stilhum.  (Lév.) 

ATRACTOBOLUS  (àrpaxTo?,  fuseau  ,  • 
po'Xc;.  l’action  de  jeter),  bot.  cr.  —  Tode  a 
décrit  sous  ce  nom  ( Fungi  Meck .,  Fasc.  1 , 
p.  4  5,  tab.7,  fig.  59)  un  petit  genre  de 
Champignons  qui  représente  une  cupule 
sessile  ,  recouverte  d’un  opercule  ,  et  lan¬ 
çant  une  vésicule  allongée,  fusiforme,  com¬ 
posée  de  spores.  VA-  vbiquilarius ,  ainsi 
nommé  parce  qu’on  le  trouve  presque  par¬ 
tout,  se  rencontre  en  grande  quantité,  après 
les  pluies  d’orage,  sur  les  pierres,  les  os,  les 
bois;  il  est  très  petit.  La  cupule  est  blanche, 
l’opercule  mamelonné ,  celui-ci  est  soulevé 
élastiqucment  par  la  masse  des  spores  que 
fait  remarquer  sa  couleur  rouge.  M. 
Fries  ( Elenchus  fungorum ,  p.  50),  après 
avoir  examiné  très  attentivement  cette  pro¬ 
duction,  pense  qu’elle  est  de  nature  anima¬ 
le  ,  et  qu’elle  pourrait  bien  être  un  Cocons 
mais  ce  qu’il  y  a  de  plus  singulier,  c’est  qu’il 
dit  avoir  rencontré  un  autre  champignon 
qui  présente  exactement  les  mêmes  ca¬ 
ractères  ;  celui-ci  blanc,  velu,  repose  sur 
un  subiculum  villeux  ;  l’opercule  est  lisse  ; 
la  vésicule  est  cylindrique ,  saillante ,  et 
chasse  une  gélatine  brune  sous  forme  de  glo¬ 
bule.  —  Cette  espèce,  que  M.  Fries  nomme 
A.  hirtus ,  a  été  trouvée  abondamment  en 
Suède,  dans  le  mois  de  mars,  sur  les  bois 
des  Pins.  (Lév.) 

ATR ACTOCÈRE .Alrac tocern  ( à-p ax- 
70?,  fuseau  ;  yJ pa'ç,  corne),  ins.  —  Meigen  , 
dans  son  premier  ouvrage  sur  les  Diptères, 
avait  formé,  sous  ce  nom,  un  genre  dont  il 
a  réuni  les  espèces  à  celles  de  son  genre 
Simulia  dans  sa  classification  des  Diptè¬ 
res  d’Europe,  t.  I.  Voy.  simulia.  (D.) 

ATRACTOCÈRE.  Atrnciocerus  (d- 
Tpsovro? ,  fuseau  ;  xspaç ,  corne  ).  ins.  — 
Genre  de  l’ordre  des  Coléoptères  pentamè¬ 
res  ,  établi  par  Palisot  de  Beauvois ,  d’après 


une  espèce  trouvée  par  lui  dans  le  royaume 
i  d’Owarc  en  Afrique,  et  à  laquelle  il  a  donné 
le  nom  spécifique  de  necydaloides,  à  cause 
de  sa  ressemblance  avec  une  JSécydalc  (Mo- 
lorchus,  Fabr.).  Cette  espèce  est  la  même 
que  celle  désignée  par  Fabricius  sous  le 
nom  de  Lymexylon  nbbreviatum .  La- 
treille  a  adopté  ce  genre  qu’il  place  dans  sa 
tribu  des  Limebois  (  Xylolrogi ),  famille 
des  Malacodermes ,  à  côté  du  g.  Lymexy - 
Ion,  dont  il  ne  diffère  essentiellement  sui¬ 
vant  lui  que  par  la  forme  de  ses  antennes 
en  fuseau  et  la  brièveté  de  ses  élytres.  — 
L’insecte  qui  a  servi  de  type  à  ce  genre  a 
le  corps  roussâtre  avec  une  ligne  enfoncée, 
jaunâtre  sur  le  prothorax  ;  il  vit  dans  l’in¬ 
térieur  du  bois  qu’il  ronge.  Il  a  été  figuré  , 
non-seulement  par  Palisot  de  Beauvois  dans 
un  Mémoire  ad  hoc ,  mais  dans  V Icono¬ 
graphie  du  règne  animal  de  Cuvier  (pi. 
16,  fig.  8)  par  M.  Guérin,  qui  a  cru  devoir 
changer  le  nom  spécifique  de  necydaloi- 
des  de  l’auteur,  en  celui  de  molorchoides , 
attendu  que  le  nom  générique  de  A ’ecyda- 
lis  a  été  remplacé  depuis  longtemps  par 
celui  de  Molorchvs  ,  Fabr.  M.  Delaporte 
(  Revue  enfom .,  t.  IY,  p.  <59-60  )  com¬ 
prend  dans  ce  g.  G  espèces,  savoir  :  1 0  VA- 
traclocerus  madagascariensis  rapporté 
de  Madagascar  parM.Goudot;  2°  VA.  e mar¬ 
ginal  us  Java  qu’il  croit  nouveau;  3°  VA. 
abbrevialus  (Lymexylon  id.  Fabr.),  qui 
serait  le  même  que  VA.  nenjdaloides  de 
Pal.  Beauvois;  4°  VA.  brevicornis  (TSeey- 
dalis  id.  Linné),  qui  serait  le  Macrogastër 
abbrevialus  de  Thunberg  ;  5°  VA.  brasi - 
liens is  Lepel.  et  Serville  ,  qui  serait  VA. 
dipterum  de  Perty  (  lns.  bras.  ,  p.  25  , 
tab.  5,  fig.  15);  6°  enfin  VA.  Latreillei 
Lap.  citée  par  Latreille  (Règ.  a?iim.,  t.  I, 
p.  485).  Cette  esp.  est  beaucoup  plus  petite 
que  les  autres  ,  et  le  Muséum  en  possède 
un  individu  conservé  dans  du  succin. 

On  en  trouve  encore  au  Mexique  une 
7e  espèce  qui  est  très  petite  et  dont  M. 
Sallé  a  observé  les  habitudes.  Ces  insec¬ 
tes  seraient  nocturnes  et  se  rencontreraient 
dans  les  maisons  ,  où  ils  sont  attirés,  sans 
doute,  par  l’éclat  des  lumières  ;  ils  font  un 
bruit  très  fort  en  volant ,  et  causent  beau¬ 
coup  de  frayeur  aux  habitants.  (D.  et  C.) 

*  ATRACïODES  (àTpaxTGeiÔT]?,  en  for¬ 
me  de  fuseau),  ins. — Genre  de  Coléoptères 


312 


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pentamères ,  famille  des  Sternoxes ,  tribu 
des  Élatérides ,  établi  par  Germar  (  Zeits¬ 
chrift,  fur  die  Entomologie ,  etc.  ,  1839, 
p.  219),  pour  y  placer  trois  espèces  iné¬ 
dites  du  Brésil,  nommées  par  lui  A .  flaves- 
cens,  Â-comosus  et  A.  lutesccns.  Ce  genre, 
dont  les  caractères  sont  formulés  trop  lon¬ 
guement  pour  trouver  place  ici ,  est  voisin 
du  genre  Hypodesis  de  Latreille.  Voy.  ce 
mot.  (D.  et  C.) 

*  ATRACTODES  (àrpaxTosi^ç,  qui  a 
la  forme  d’un  fuseau  ).  ins. —  M.  Graven- 
horst  (Ichneumonol.)  applique  ce  nom  à 
une  division  du  genre  Ophion,  caractérisée 
par  des  antennes  assez  courtes;  par  des  ailes 
ayant  leur  seconde  cellule  cubitale  quin- 
quéangulaire,  et  par  la  tarière  des  femelles 
à  peine  saillante. — Le  type  de  cette  division 
est  X Ophion  (Atractodes)  bicolor  Grav., 
de  France,  d’Angleterre,  etc.  (El.) 

*  ATRACTOMERUS  (àroax-o?,  fu¬ 

seau  ;  [AVipdç,  cuisse),  ins.  —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  tétramères,  famille  des  Curculio- 
nites,  établi  par  M.  Dejean,  dans  son  der¬ 
nier  Catalogue,  3e  édit.,  pour  y  placer  une 
espèce  du  Brésil  qu’ii  nomme  A.  dromeda- 
rius.  Ce  genre ,  dont  il  n’a  pas  publié  les 
caractères ,  se  distingue  des  Loncophorus 
de  M.  Chevrolat  par  la  trompe  moinslongue; 
par  la  tête  plus  convexe  ;  par  le  corselet  plus 
élevé  ;  par  les  élytres  beaucoup  plus  courtes, 
gibbeuses  sur  la  partie  antérieure  du  dis¬ 
que,  inégales,  atténuées  au-delà  du  milieu, 
carénées  sur  l’épaule  et  la  suture.  Les  yeux, 
moins  arrondis,  sont  placés  un  peu  plus  en 
avant  ;  les  antennes  ont  absolument  la 
même  forme  que  celles  du  genre  Lonco¬ 
phorus.  M.  Chevrolat  possède  une  seconde 
espèce  de  Cayenne  également  inédite,  qu’il 
nomme  A.nigro-calearatus.  Sa  couleur 
générale  est  ferrugineuse  ;  les  éperons  des 
cuisses  sont  noirs,  ainsi  que  l’entourage  de 
l’écusson.  Le  corselet  est  réticulairement 
ponctué,  couvert  de  poils  crispés ,  de  cou¬ 
leur  chamois,  avec  une  ligne  longitudinale 
grisâtre.  Les  élytres  sont  revêtues  d’une 
croûte  de  couleur  chamois  avec  des  stries 
ponctuées,  dont  les  points  sont  gros  et 
assez  rapprochés.  (D.  et  C.) 

ATRACTOSOMES  (arpax-oç,  fuseau; 
cîüf/.<x ,  corps),  poiss.  —  M.  Duméril  appelle 
ainsi  une  famille  de  Poissons  de  l’ordre  des 
Holobranches  ;  à  corps  épais  vers  le  milieu 


et  aminci  aux  deux  extrémités;  ayant  les  na¬ 
geoires  inférieures  situées  sous  les  thoraci¬ 
ques.  Cette  famille  correspond  aux  Scombé- 
roïdes  de  Cuvier.  M.  de  Blainville  désigne, 
sous  ce  nom,  une  famille  de  l’ordre  des  Ju¬ 
gulaires,  à  corps  fusiforme,  renfermant  le 
genre  Xiphias.  (C.  d’O.) 

*  ATRACTUS  (àrpax.To;,  fuseau),  ins. 
—  Genre  de  Coléoptères  hétéromères  ,  fa¬ 
mille  des  Hélopiens,  établi  par  Mac-Leay  et 
adopté  par  M.  Dejean  [Cat.  3e  édit.),  qui  le 
place  auprès  du  genre  Prosternus  de  La¬ 
treille,  dont  il  se  rapproche  en  effet  ;  mais 
il  en  diffère  essentiellement  par  ses  man¬ 
dibules  très  visibles,  tandis  qu’elles  le  sont 
à  peine  dans  le  genre  Prosternus  ;  par 
ses  antennes  en  fuseau,  au  lieu  d’être  ren¬ 
flées  à  l’extrémité.  Du  reste ,  sa  forme  gé¬ 
nérale  est  moins  convexe ,  et  presque  apla¬ 
tie.  —  L’espèce  unique ,  qui  lui  sert  de 
type  {A tractas  viridis  Mac-Leay),  est  un 
insecte  d’un  vert  brillant  qu’on  prendrait  au 
premier  aspect  pour  une  Donacie ;  elle  est 
de  la  Nouvelle-Hollande.  (D.  et  C.) 

*  ATRAGTIJS  (arpaxTO?  ,  fuseau),  ins. 
— Synonyme  de  Pseudophlæus,  Burm.,  et 
Arenocoris ,  Hahn.,  employé  par  M.  La¬ 
porte  et  adopté  par  M.  Spinola  {Voy.  are- 

NOCORIS  et  rSEUDOPHXiÆUS.  (Bl.) 

ATRACTYLIS  (à-pax-nAis,  sorte  de 
Chardon,  dont  la  tige,  à  cause  de  sa  légèreté, 
servait  à  faire  des  fuseaux),  rot.  ph.  —  Ce 
genre  est  fondé  sur  plusieurs  plantes  dures, 
épineuses ,  qui  ont  le  port  des  Carlina  ou 
des  Circium  ,  des  feuilles  dentées  ou  pin- 
natifides  et  des  capitules  terminaux.  Ceux-ci 
sont  mulliflores,  souvent  homogames, munis 
d’un  double  involucre ,  dont  l’extérieur  se 
compose  constamment  de  feuilles  rappro¬ 
chées  dentées-épineuses,  et  l’intérieur  d’é- 
cailles  apprimées,  entières ,  non  rayonnées, 
quelquefois  même  non  scarieuses  au  som¬ 
met.  Le  réceptacle  est  chargé  de  fîmbrilles 
soudées  à  la  base  en  alvéoles  découpées  ou 
frangées  au  sommet.  Les  corolles  du  centre 
sont  toujours  tubuleuses,  à  5-divisions,  tan¬ 
dis  que  celles  du  rayon  sont  ou  semblables  à 
celles-ci,  faussement  ligulées,  ou  enfin  pal¬ 
mées,  à  5-Iobes.  Étamines  à  filets  glabres; 
anthères  appendiculées  au  sommet,  et  ter¬ 
minées  inférieurement  par  des  caudicules 
barbues.  Stigmates  à  peu  près  complète- 
|  ment  réunis.  Fruits  couverts  de  poils  soyeux 


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313 


très  nombreux,  qui  simulent  une  sorte 
d’involucre  autour  de  l’aigrette ,  composée 
de  i-2  séries  de  soies  coriaces,  plus  ou 
moins  soudées  à  la  base  et  plumeuses  au 
sommet.  (J.  D.) 

*  ATRACTYLOBES  (semblable  à  Y  A- 
tractylis  ).  bot.  th.  —  Ce  genre  se  trouve 
indiqué,  mais  non  caractérisé,  par  M.  Les- 
sing.  Il  se  rapporte  à  deux  plantes  du  Cap, 
décrites  par  Thunberg  sous  le  nom  d\4- 
tractylis ,  et  par  Willdenow  sous  celui  d’/i- 
carna.  (J.  D.) 

ATRAGÈXE.  Atrayene ,  Lin.  (nom 
d’une  plante  que  Théophraste  rapporte  à 
notre  Clématite),  bot.  ph. —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Renonculacées ,  tribu  des  Glé- 
matidées ,  DC.  Ce  genre  ,  confondu  par 
beaucoup  d’auteurs  avec  les  Clématites, 
diffère  essentiellement  de  celles-ci  par  la 
présence  de  pétales.  Il  offre  les  caractères 
suivants  :  Sépales  4,  pétaloïdes,  étalés  pen¬ 
dant  l’épanouissement;  en  estivation  ,  in- 
dupliqués  aux  bords.  Pétales  (staminodes 
de  plusieurs  auteurs)  en  nombre  indéfini , 
plans ,  spathulés ,  connivents ,  pauci  -  sé¬ 
riés.  Étamines  nombreuses,  conniventes; 
filets  membraneux:  les  extérieurs  plus  lar¬ 
ges  ,  subspathulés  ;  les  intérieurs  lancéolés 
ou  linéaires-lancéolés.  Anthères  suborbi- 
culaires  ou  linéaires,  inappendiculées,  la¬ 
téralement  déhiscentes.  Gynophore  sub¬ 
hémisphérique.  Styles  longs,  filiformes* 
obtus.  Péricarpe  composé  de  quantité  de 
nucules  coriaces,  comprimées,  marginées, 
terminées  chacune  en  longue  queue  plu¬ 
meuse,  agrégées  en  capitule  serré.  Graine 
inadhérente. 

Les  Atragènes  sont  des  arbustes  volu- 
biles  ou  diffus,  à  bourgeons  écailleux.  Les 
rameaux  adultes  sont  anguleux ,  non  can¬ 
nelés.  Les  feuilles  sont  tantôt  pennées- 
trifoliolées ,  tantôt  biternées  ;  leur  pétiole 
commun  est  cirvhiforme ,  et  sa  partie  infé¬ 
rieure  persiste  sur  les  ramules,  après  le 
dépérissement  des  folioles.  Les  ramules 
llorigères  naissent  aux  aisselles  des  feuilles 
de  l’année  précédente.  Les  pédoncules  sont 
longs,  solitaires,  nus,  uniflores,  avant  la 
floraison  pendants,  durant  l’anthèse  nu- 
tants  ou  infléchis  au  sommet  ;  enfin,  dres¬ 
sés  ou  redressés.  Les  fleurs,  de  couleur 
bleue,  ou  blanche,  ou  violette,  sont  grandes 
et  légèrement  odorantes. 


Ce  genre  est  propre  aux  contrées  extra¬ 
tropicales  de  l’hémisphère  septentrional.  Il 
ne  renferme  que  5  ou  4  espèces  Ces  végé¬ 
taux  sont  âcres  et  vénéneux.  L’Atragène 
se  cultive  comme  arbuste  d’ornement. 

(9*0 

ATR  ARH  ACE .  Atrayhaxis ,  L.  (aroa- 
<pâ£i;,  sorte  de  légume),  bot.  i>h.  —  Genre 
de  la  famille  des  Polygonacées  ,  tribu 
des  Polygonées,  Bcnth.,  offrant  pour  ca¬ 
ractères  essentiels  :  Fleurs  hermaphrodi¬ 
tes.  Périanthe  coloré,  persistant,  4 -parti  : 
les  2  segments  internes  plus  grands,  ac- 
crescents,  connivents  après  la  floraison 
Étamines  6  ,  antéposées,  géminées  devant 
les  segments  externes  ,  solitaires  devant  les 
segments  internes.  Ovaire  comprimé,  im- 
marginé,  2-style.  Stigmates  capitellés.  Pé¬ 
ricarpe  lenticulaire,  subcoriace,  aptère, 
recouvert  par  les  segments  intérieurs  du 
périanthe.  Graine  à  périsperme  farineux  ; 
embryon  latéral,  un  peu  courbé. — Arbris¬ 
seaux  très  rameux,  souvent  épineux.  Feuil¬ 
les  alternes  ou  fasciculées,  petites,  co¬ 
riaces,  persistantes,  très  entières,  rétrécies 
en  court  pétiole  articulé  au-dessus  de  sa 
base;  gaine  stipulaire  membranacée*  sca- 
rieuse,  petite,  adnée  inférieurement  aux 
bords  du  pétiole,  bifide  ou  finalement  bi¬ 
partie.  Pédicelles  axillaires,  fasciculés,  fili¬ 
formes,  inclinés,  articulés  vers  le  milieu. 
Périanthe  rose,  réticulé,  finalement  sca- 
rieux. — I/'  A  t  ra  y  h  a  x  is  sp  i  n  osuL.  se  cul¬ 
tive  comme  arbuste  d’ornement.  (Sp.) 

*  ATRAXYLE  (nom  vulgaire  des  Grecs 

pour  le  Kantroyliyllurh  lanàturn).  bot.  ru. 
— M.  De  Candolle  désigne  sous  ce  nom  une 
Section  du  genre  KenirophylLum ,  carac¬ 
térisée  par  les  folioles  intérieures  de  l’in- 
volucre,  qui  sont  presque  entières,  non  di¬ 
latées,  ainsi  que  par  la  série  interne  de  l’ai¬ 
grette  ,  tronquée  au  sommet ,  et  beaucoup 
plus  courte  que  l’externe.  (J.  D.) 

*  ATREMA,  DC.  (Mém.,  V,  p.  r\  ;  tab. 
18).  bot.  th.— Genre  de  la  famille  des  Om- 
bellifères,  tribu  des  Coriandrées,  Koch, 
auquel  son  auteur  ( Prôd. ,  IV,  p.  2.40)  as¬ 
signe  les  caractères  suivants  :  Calice  à  5 
dents  petites,  pointues,  persistantes.  Pé¬ 
tales  presque  égaux,  obovales,  cchancrés, 
surmontés  d’une  petite  languette  infléchie. 
Fruit  subdidyme.  Méricarpes  subglobuleux, 
ventrus,  à  5  côtes  fines.  Commissure  étroite, 

20* 


T.  II. 


ATR 


ATR 


3U 

close.  Graine  involutée  au  sommet.  —  Ce 
genre  est  fondé  sur  le  Coriandrum  ame- 
ricanum  Nutt.,  plante  indigène  de  la  Loui¬ 
siane.  C’est  une  herbe  annuelle;  à  tige 
sillonnée,  anguleuse;  ses  feuilles  sont  dé¬ 
coupées  en  lanières  linéaires  ;  les  ombelles 
et  les  ombellules  ont  de  5  à  8  rayons,  à 
involucre  et  à  hrvolucelles  polypbylles. 

(S*0 

*  ATRESIE  (à  privatif  ;  Tpniaiç,  perfo¬ 
ration).  térat.  —  M.  Breschet  comprend 
sous  ce  nom  les  Hémitéries  plus  géné¬ 
ralement  connues  sous  celui  Ü Imperfora¬ 
tions.  Voy.  HÉMITÉRIES.  (I.  G. -S. -H.) 

*ATREUS  ( ater ,  noir),  arach. —  M. 
Koch  ,  Uhersicht  des  Arachniden  Sys¬ 
tem ,  pl.  6,  f.  66,  nomme  ainsi  un  genre  de 
Scorpions  voisin  des  Bulhus ,  et  que,  dans 
son  texte,  p.  36,  il  appelle  Opistophthal- 
mus  ;  1837.  (P.  G.) 

ATRICHIUM  (âôpiÇ,  sans  poil). 

bot.  cr. —  Palisot  de  Beauvois  ( Prodrome 
des  Mousses)  avait  fondé,  sous  ce  nom,  un 
genre  de  Mousses  démembré  des  Polytries, 
que  plus  tard ,  dans  sa  Muséologie  ( Mèm . 
Soc.  Lin.  Par.  I,  p.  460)  il  reconnaît 
être  le  même  que  le  genre  Calharinea 
d’Ehrhart  ou  Olicjotricum ,  DC.  Voy.  ces 
mots,  et  surtout  tolytric.  (C.  M.) 

ATRIPLETTE  ou  ATRXPLOTTE. 
ms. — Nom  vulgaire  de  la  Motacilla  rufa. 
Voyez  sylyie.  (C.  d’O.) 

ÂTRIPLEX.  BOT.  TH.  -  Voyez  ARRO- 

CIIE.  (Sp.) 

*  ATRIPEEXUM.  bot.  ph. —  Nom  au¬ 
jourd’hui  inusité,  employé  par  les  anciens 
pour  diverses  esp.  du  g.  Atriplex.  (Sp.) 

ATRIPLICÉES.  Atriplicinccs.  bot. 
ph.  —  Le  nom  (V Air ip lices  ou  Arroches 
donné  ,  dans  l’origine,  à  cette  famille  par 
A.  L.  de  Jussieu,  et  dont  la  désinence  a  été 
changée  ensuite,  suivant  la  règle  générale¬ 
ment  adoptée ,  nous  parait  devoir  être  con¬ 
servé  ,  de  préférence  à  celui  de  Chénopo- 
diées  ou  Chénopodiacées  proposé  plus  tard, 
quoique  ce  dernier  paraisse  avoir  prévalu , 
et  quoiqu’un  petit  nombre  de  genres  primi¬ 
tivement  rapportés  à  cette  famille  en  ait  été 
exclu  pour  former  des  familles  nouvelles  ou 
se  ranger  dans  d’autres  déjà  connues.  Les 
Atriplicées  sont  des  plantes  apétales,  à  éta¬ 
mines  périgynes.  Leurs  fleurs  hermaphro¬ 
dites  ,  plus  rarement  polygames  ou  même 


diclines,  présentent  les  caractères  suivants  : 
Calice  à  trois,  quatre  ou  plus°ordinairement 
cinq  folioles  ,  rarement  libres  ,  ordinaire¬ 
ment  réunies  jusqu’à  une  plus  ou  moins 
grande  hauteur,  persistant  après  la  floraison, 
mais  changeant  souvent  de  nature ,  alors 
sec  ou  charnu ,  ou  présentant  quelquefois 
sur  le  dos  de  ses  folioles  des  angles  en 
forme  de  carène  ou  des  appendices  en  forme 
d’épine.  Étamines  en  nombre  égal  ou  quel¬ 
quefois  moindre  par  avortement ,  insérées 
sur  un  disque  qui  tapisse  le  fond  et  quel¬ 
quefois  le  côté  du  calice,  opposées  à  ses  di¬ 
visions,  à  filets  libres  et  courts,  à  anthères 
introrses,  biloculaires ,  dont  la  déhiscence 
est  longitudinale ,  alternant  dans  un  petit 
nombre  de  genres  avec  autant  d’écailles. 
Ovaire  simple,  oblong  ou  déprimé,  ordinai¬ 
rement  libre,  rarement  adhérent  au  calice, 
contenant,  dans  une  loge  unique ,  un  seul 
ovule  qui  monte  verticalement,  ou  qui,  sup¬ 
porté  par  un  funicule  dressé  du  fond  de  la 
loge,  pend  ou  se  dirige  horizontalement, 
surmonté  de  trois  ou  quatre  stigmates  fili¬ 
formes  ,  entièrement  distincts  ou  réunis  à 
leur  base  en  un  style  court.  Le  fruit,  or¬ 
dinairement  utriculé,  ou  coriace  et  même 
charnu,  doit,  le  plus  souvent,  cette  apparence 
au  développement  du  calice  persistant.  Sa 
graine,  qui  offre  dans  sa  direction  les  mêmes 
variétés  que  l’ovule,  présente,  sous  un  tégu¬ 
ment  simple  ou  double,  un  embryon  con¬ 
tourné  d’ordinaire  en  un  cercle  complet 
ou  incomplet  autour  d’un  périsperme  cen¬ 
tral  farineux,  d’autres  fois  enroulé  en  une 
spirale  qui  sépare  alors  en  deux  la  masse 
extrêmement  réduite  du  périsperme.  La  ra¬ 
dicule  occupe  toujours  la  partie  la  plus  exté¬ 
rieure  de  cette  courbe,  et  sa  pointe  vient  se 
terminer  près  du  hile. 

Les  Atriplicées  sont  des  herbes  annuelles 
ou  vivaces  ou  des  arbrisseaux,  répandus  sur 
toute  la  surface  du  globe  et  principalement 
en  dehors  des  tropiques ,  se  plaisant  les 
unes  sur  les  terrains  salés  et  riches  alors  en 
principes  salins,  les  autres  autour  des  lieux 
habités  et  alors  abondants  en  produits  azo¬ 
tés.  Les  unes  (l’Épinard,  la  Bette,  le  Quinoa, 
l’Arroche)  sont  employées  comme  alimen¬ 
taires  dans  l’usage  domestique  pour  leurs 
feuilles  ou  leurs  racines;  quelques-unes  sont 
riches  en  sucre  ;  d’autres  renferment  une 
huile  essentielle,  dont  les  propriétés  sont 


ATR 


ATR 


315 


miles  en  médecine,  surtout  comme  anthel- 
mintbiqucs.  Les  tiges  ordinairement  conti¬ 
nues  et  munies  de  feuilles  alternes  ou  plus 
rarement  opposées,  quelquefois  vermicu- 
laircs  et  charnues,  souvent  planes,  simples, 
très  entières,  ou  dentées,  ou  irrégulière¬ 
ment  découpées  ,  toujours  sans  stipules  , 
sont  d'autres  fois  articulées  et  sans  feuilles. 
Les  fleurs  sont  solitaires  ou  pelotonnées  à 
l'aisselle  des  feuilles,  souvent  aussi  dispo¬ 
sées  en  cymes,  en  épis  ou  en  panicules. 

Nous  suivrons  pour  la  division  de  cette 
famille  le  travail  monographique  le  plus 
récent  et  le  plus  complet,  celui  de  M.  Mo- 
quin-Tandon.  Il  la  partage  d'abord  en  deux 
grands  groupes  :  les  Cyclolobées  ou  Atripli- 
cées  à  embryon  annulaire ,  les  Spirolobées 
ou  Atriplicées  à  embryon  spiral.  D'autres 
modifications  de  l'embryon,  celles  de  l’in¬ 
florescence  liées  à  la  structure  de  la  tige, 
les  rapports  du  péricarpe  et  du  calice,  les 
enveloppes  de  la  graine  et  les  diverses  com¬ 
binaisons  des  fleurs ,  lui  fournissent  en¬ 
suite  des  caractères  pour  les  subdiviser  en 
7  tribus. 

CYCLOLOBÉES. 

lrc  tribu.  —  an  serinées.  Tige  continue 
et  garnie  de  feuilles  membraneuses,  planes. 
Fleurs  hermaphrodites  ,  toutes  de  même 
forme.  Péricarpe  libre.  Graine  revêtue  de 
deux  téguments,  l’extérieur  ordinairement 
crustacé. 

Genres  :  Cryptocarpus,  Kunth. — Rha- 
godia,  R.  Br. — Beta,  Tournef.  —  Tcloxis , 
Moq.  —  Cycloloma ,  Moq.  (Cyclolcpis , 
Moq.  t  S3 1 .  non  Don.) — Lipandra ,  Moq. 

(  Oligatidra,  Less.) —  Chcnopodium , 
Moq.  (  Chenopodii.  Spec.  Auct.  )  —  Am¬ 
brin  a  ,  Spach. —  Roubieva  ,  Moq. —  Bli- 
tum ,  Tournef.  [Morocarpus ,  Adans.  — 
Monolepis  ,  Schrad.  —  Agathophyton  , 
Moq.). 

2me  tribu.  —  sriNAciÉEs.  Tige  continue  et 
garnie  de  feuilles  membraneuses  ,  planes. 
Fleurs  diclines  ou  polygames  ;  les  mâles  de 
forme  différente  des  femelles,  où  le  calice 
est  souvent  réduit  à  deux  valves  et  le  fruit 
comprimé,  le  plus  souvent  libre.  Graine  re¬ 
vêtue  d’un  seul  tégument,  ou  plus  ordinai¬ 
rement  de  deux,  l’extérieur  crustacé. 

Genres  :  Exomis,  Fenzl.  —  A  triplex, 
Tourn.  —  Ohionc ,  Gærln.  —  Spinacia , 
Tpnrn.  —  Acnida ,  L-  — Axyn's,  L.  non 


Gærtn.- — Eurolia  ,  Adans.  ( Kraschcnin - 
nikovia ,  Guld.  —  Dioiis  ,  Schreb.  non 
Desf.  —  Guldcnsteedtia ,  Neck.  —  Ccra- 
iospermum ,  Pers.) —  Ceratocarpus  ,  L. 

3nic  tribu. — cAMrHORosMÉEs.  Tige  con¬ 
tinue,  garnie  de  feuilles  planes  ou  linéaires, 
rarement  charnues  et  demi  cylindriques. 
Fleurs  hermaphrodites  ou  polygames  par 
avortement ,  toutes  de  même  forme.  Péri¬ 
carpe  libre,  mais  à  peine.  Tégument  de  la 
graine  simple. 

Genres  :  Kentrojtsis ,  Moq.  —  Attisa - 
caniha  ,  R.  Br. —  Sclerolæna  ,  R.  Br. — 
Echinopsilon,  Moq.  ( Bassia ,  Ail.  non  L. 
—  Willcmetia ,  Mœrkl.  non  Neck.  ncc 
Brongn.)  — Kochia ,  Moq.  —  Panderia , 
Fisch.  — Maireana ,  Moq.  —  Chenolea , 
Thunb. — Londesia ,  Fiscln — Enchylœtia, 
R.  Br.  —  Camphorosma ,  L.  ( Campho - 
rata ,  Tournef.)  —  ThrelkeldÜa ,  R.  Br. 

4me  tribu.  —  corispermées.  Tige  conti¬ 
nue,  garnie  de  feuilles  coriaces,  planes,  li¬ 
néaires.  Fleurs  hermaphrodites,  toutes  de 
même  forme.  Péricarpe  adhérent.  Graine 
revêtue  d’un  tégument  simple  qui  se  con¬ 
fond  avec  le  péricarpe. 

Genres  :  Anthochlamys ,  Fenzl.  (Pclti- 
spermum ,  Moq.) —  Corispermum ,  Ant, 
Juss.  —  Agriophyllum ,  Bieb. 

âmP  tribu.  —  salicorniées.  Tige  articu¬ 
lée,  souvent  dépourvue  de  feuilles.  Fleurs 
hermaphrodites ,  toutes  de  même  forme , 
logées  dans  des  cavités  du  rachis  ou  dans 
les  articulations.  Péricarpe  libre  ou  adhé¬ 
rent.  Graine  revêtue  d’un  ou  de  deux  tégu¬ 
ments. 

Genres  :  Halocnemum ,  Bieb.  —  Ar- 
throenemum ,  Moq.  —  Salicornia ,  Moq. 
( Salicorniœ ,  Sp.  Auct.). 

SPIROLOBÉES. 

6me  tribu.  —  suædinées.  Tige  continue, 
garnie  de  feuilles  ordinairement  vermicu- 
laires  et  charnues.  Fleurs  hermaphrodites, 
toutes  de  même  forme.  Péricarpe  libre,  ra¬ 
rement  adhérent.  Graine  revêtue  de  deux 
téguments ,  l’extérieur  crustacé.  Embryon 
roulé  en  spirale  sur  un  même  plan. 

Genres  :  Schanginia ,  C.  A.  Mey.  — 
Suœda ,  Forsk  ( Lerchia  ,  Hall.- — Cochlio- 
spermum  ,  Lag.)  —  Schoberia ,  Moq. 

7me  tribu. — salsolées.  Tige  continue  ou 
articulée,  garnie  de  feuilles  ordinairement 
demi  cylindriques  et  charnues.  Fleurs  her- 


316 


ATR 


maphrodites ,  toutes  de  même  forme.  Péri¬ 
carpe  mince,  à  peine  libre.  Tégument  de  la 
graine  simple  et  membraneux.  Embryon 
roulé  en  spirale  sur  plusieurs  plans,  de  ma¬ 
nière  à  former  un  cône.  —  Cette  tribu  se 
subdivise  elle-même  en  deux  sections,  ca¬ 
ractérisées  par  l’absence  d’écailles  dans  les 
fleurs  de  la  première  (  halimocnémides  ) , 
par  leur  présence  dans  les  fleurs  de  la  se¬ 
conde  (anabasees). 

Genres  :  lre  section.  —  Sa  Isola,  Moq. 

( Salsolœ ,  Sp.  Auct.)  —  Kali ,  Tournef. — 
Caroxylum ,  Thunb. —  Trayanum,  De- 
liîe. — // alimocnemis,  C.  A.  Mey.  ( Nano - 
; phytum ,  Less.) — Ualoyeton ,  C.  A.  Mey. 

>.me  sect. — Cornulaca  ,  Delile. — Ana- 
hasis ,  L. — Brachylepis,  C.  A.  Mey. 

Dans  le  Généra  plantamm  de  M.  En- 
dlichcr,  les  divisions  adoptées  sont  à  peu 
près  analogues,  si  ce  n'est  que  les  lre  et 
3me  tribus  sont  réunies  en  une  seule  sous 
le  nom  de  chênopodiées  ,  qui  comprend  en 
outre  les  genres  Lecanocarpus,  Nees ,  et 
Hahlitzia ,  Bieb.,  que  M.  Moquin  considère 
comme  devant  être  portés  aux  Amarantha- 
cées.  La  2me  section  porte  le  nom  d\\- 
triplxcêes.  Les  g.  de  la  4me  sont  rejetés 
à  la  suite  de  la  famille ,  comme  ayant  avec 
elle  seulement  de  l’affinité.  Enfin  M.  En- 
dlicher  forme,  sous  le  nom  de  baseleées  et 
d’ANRÉDERÉEs,  deux  s. -tribus  dont  M.  Mo- 
quin  croit  devoir  former  une  petite  famille 
distincte  qu’il  nomme  baseleacées.  Voy.  ce 
mot.  (Ad.  j.) 

*  ATRSFLÎCINA ,  Moq.-Tand.  (Che- 
nop.  Monogr.,[).  70).  bot. fh. — Synonyme 
du  genre  Obione,  Gærtn.fde  la  famille  des 
Chénopodiées.  (Sp.) 

ATRÏPLOTTE.  ois.  —  Voyez  atri-  I 

TLETTE.  (C.  d’O.) 

ATROCE,  rept.  oph. — Espèce  du  genre 
Yipère.  Voyez  ce  mot.  (C.  d’O.) 

ATROPE.  Atropus.  poiss.  —  Genre 
formé  par  Cuvier  dans  la  famille  des  Scom- 
béroïdes  ,  ordre  des  Acanthoptérygiens  , 
pour  une  seule  esp.,  le  Brama  Atropvs  de 
Schneider,  ayant  pour  caractères  :  Corps 
comprimé  ;  museau  court  ;  front  déclive  5 
mâchoire  inférieure  en  saillie  ;  dorsale  à 
deux  ou  trois  épines  et  à  rayons  mous  fila¬ 
menteux.  Ce  poisson,  long  de  27  à  .il)  cen-  ! 
timètres,  se  pêche  dans  les  mers  des  Indes,  j 
H  principalement  à  Tranquebar.  (C.  d’O.)  I 


ATR 

*  ATROPÉES.  Atropcœ,  bot.  ph.  — 
Nom  donné  par  quelques  botanistes  à  une 
tribu  de  la  famille  des  Solanées,  ayant  pour 
type  le  genre  Atropa.  (C.  d’O.) 

ATROPOS (  nom  mythologique  ).  ins. 
—  Nom  d’une  espèce  de  Lépidoptères  cré¬ 
pusculaires,  de  la  tribu  des  Sphingides  et 
du  genre  Achèrontie ,  vulgairement  appelé 
Papillon  à  tête  de  mort,  parce  qu’il  porte 
sur  son  corselet  l’empreinte  assez  ressem¬ 
blante  de  la  face  du  squelette  humain.  Ce 
lépidoptère  ,  remarquable  d’ailleurs  par  sa 
grande  taille,  l’est  encore  davantage  par  la 
faculté  qu’il  possède  seul  entre  tous  les  in¬ 
sectes  de  faire  entendre  une  sorte  de  cri , 
d’autant  plus  fort  que  l’insecte  est  plus 
inquiété.  Ce  cri,  que  quelques-uns  ont 
comparé  à  celui  d’une  souris ,  semble  en 
effet  sortir  de  la  tête  et  n’avoir  rien  de  com¬ 
mun  avec  les  différents  bruits  ou  sons  mé¬ 
caniques  que  produisent  beaucoup  d’autres 
insectes ,  à  l’aide  d’organes  extérieurs  qui 
font  vibrer  l’air  ambiant  ;  aussi  a-t-il  attiré 
l’attention  de  tous  les  naturalistes  qui  ont 
été  à  portée  de  l’entendre  :  tous  ont  voulu 
s’en  rendre  raison  ,  et  chacun  d’eux  en  a 
donné  une  explication  différente.  Nous  al¬ 
lons  exposer  le  plus  succinctement  pos¬ 
sible  cette  diversité  d’opinions  ,  et  nous 
ferons  ensuite  connaître  la  nôtre,  car  la 
question  est  loin  d’être  décidée.  Réau- 
mur,  le  premier  qui  ait  cherché  à  ia  ré¬ 
soudre  ,  attribue ,  sans  élever  le  moindre 
doute ,  le  cri  de  notre  Sphinx  au  frotte¬ 
ment  de  la  trompe  contre  les  palpes,  et 
Rossi  partage  cette  opinion.  Un  M.  de  Johet, 
cité  par  Engramelle ,  dit  qu’il  est  occa¬ 
sionné  par  l’air  renfermé  sous  les  épaulettes 
ou  ptérygodes  du  corselet,  et  qui  en  est 
chassé  avec  force  par  le  mouvementdesailes. 
Le  docteur  Lorey  prétend  qu’il  a  pour  cause 
l’air  qui  s’échappe  de  deux  trachées  situées 
à  la  base  de  l’abdomen ,  que  ferme ,  dans 
l’état  de  repos,  un  faisceau  de  poils  réunis 
par  un  ligament  qui  prend  naissance  sur  les 
parties  latérales  et  internes  de  l’abdomen, 
tandis  qu’on  voit  ces  trachées  s’ouvrir  et 
les  faisceaux  de  poils  s’épanouir  et  former 
une  espèce  d’astérisque,  pendant  tout  le 
temps  que  l’insecte  fait  entendre  son  cri. 
D’après  M.  le  docteur  Passerini,  la  tête  se¬ 
rait  le  véritable  siège  de  l’organe  qui  le 
produit,  c’est-à-dire  que  les  sons  sortiraient 


ATR 


ATR 


317 


d’une  cavité  communiquant  avec  le  faux  1 
conduit  de  la  trompe ,  et  à  l’entrée  de  la-  j 
quelle  sont  placés  des  muscles  assez  forts,  ; 
qui  s’abaissent  et  s’élèvent  successivement,  ! 
de  manière  que  le  premier  mouvement  fait 
entrer  l’air  dans  cette  cavité,  et  l’autre  l’en 
fait  sortir.  En  effet,  dit-il,  qu’on  coupe 
la  trompe  à  sa  base ,  le  cri  n’en  continuera 
pas  moins,  tandis  qu’il  cessera  tout-à-coup 
si  l’on  paralyse  l’action  des  muscles ,  soit 
en  les  coupant  transversalement,  soit  en  les 
traversant  par  une  grosse  épingle  qu’on  en¬ 
fonce  verticalement  dans  la  tète.  Dans  son 
Essai  sur  la  stridulation  des  Insectes 
(t.  VI  des  Ann.  de  la  Soc .  Ent.  de  Fran¬ 
ce, i  p. 3 1-70),  M.  Goureau  pense  que  l’organe 
du  cri  de  notre  Sphinx  a  beaucoup  d’ana¬ 
logie  avec  celui  du  chant  de  la  Cigale ,  et 
il  en  place  le  siège  à  la  base  de  l’abdomen , 
c’est-à-dire  à  sa  jonction  avec  le  corselet  5 
mais  il  est  difficile  de  s’en  faire  une  idée 
nette  d’après  la  description  peu  précise 
qu’il  en  donne,  dans  un  Mémoire  lu  à  l’A¬ 
cadémie  des  Sciences  de  Saint-Pétersbourg, 
dans  sa  séance  du  8  déc.  1837.  M.  Nord- 
mann,  qui  ne  paraît  pas  avoir  eu  connais¬ 
sance  du  travail  de  M.  Goureau,  puisqu’il 
ne  le  cite  pas  parmi  les  auteurs  qu’il  a 
consultés ,  se  rencontre  parfaitement  avec 
cet  entomologiste  sur  la  cause  du  cri  que 
fait  entendre  le  Sphinx  Atropos  ;  comme 
lui,  il  en  place  l’organe  à  la  base  de 
l’abdomen ,  et  le  compare  à  l’appareil 
sonore  des  Cigales,  et  la  description  qu’il 
en  donne  ne  diffère  de  celle  de  M.  Goureau 
que  dans  les  détails ,  et  parce  qu’elle  est 
beaucoup  plus  développée.  Cette  identité  de 
vue ,  de  la  part  de  deux  observateurs  sépa¬ 
rés  par  une  distance  de  600  lieues,  et  qui 
ignoraient  les  travaux  l’un  de  l’autre ,  sem¬ 
blerait  avoir  résolu  le  problème  qui  nous 
occupe.  Cependant  on  va  voir  qu’il  n’en  est 
rien.  Dans  son  Traité  de  Physiologie  com¬ 
parée,  qui  a  paru  en  1838  (t.  II,  p.  225- 
227),  M.  le  professeur  Dugès ,  après  avoir 
passé  en  revue  toutes  les  opinions  émises 
avant  lui  sur  le  cri  du  Sphinx  Atropos,  ex¬ 
cepté  toutefois  celle  de  M.  Goureau,  qu’il  n’a 
connue  que  postérieurement,  ainsi  qu’on  le 
voit  dans  une  note  au  bas  de  la  page  224  de 
l’ouvrage  précité,  exprime  ainsi  la  sienne  : 

«  C’est,  dit-il,  sur  le  point  de  contact  et 
d’union  des  deux  moitiés  de  la  trompe  que  1 


nous  avons  trouvé  l’organe  sonore.  Le  ca¬ 
nal  central  est  formé  par  la  réunion  des 
gouttières  appartenant  à  chacune  des  moi¬ 
tiés  latérales  représentant  les  mâchoires,  et 
ces  deux  moitiés  peuvent  glisser  l’une  sur 
l’autre  sans  se  disjoindre  ,  parce  que  leurs 
bords,  et  surtout  le  postérieur,  sont  emboî¬ 
tés  ,  et  que  l’un  offre  une  rainure  pour  re¬ 
cevoir  l’autre  :  or,  le  fond  de  cette  rainure 
et  le  bord  qui  s’y  loge  sont  très  finement 
crénelés  en  travers,  et  leurs  frottements  ré¬ 
ciproques  sont  la  vraie  cause  de  ce  son,  dont 
la  théorie  a  été  tant  controversée.))  Du  reste, 
il  ajoute  que  ce  son  peut  être  renforcé  non 
par  la  membrane  molle  observée  à  la  région 
prébasilaire ,  mais  par  la  cavité  dont  cette 
membrane  tapisse  le  fond ,  et  que  consti¬ 
tuent  ensemble  la  spirale  de  la  trompe  et 
les  deux  palpes  qui  s’emboîtent.  La  tête 
même  est  d’ailleurs  en  grande  partie  rem¬ 
plie  d’air ,  qui  donne  au  crâne  dépouillé  de 
ses  poils  une  demi-transparence  remarqua¬ 
ble.  »  Ainsi ,  M.  Dugès  ,  contrairement  à 
l’opinion  de  MM.  Lorey,  Goureau  et  Nord- 
mann,  paraît  convaincu,  comme  Réaumur, 
Rossi  et  Passerini,  que  le  cri  part,  de  la  tête  ; 
mais  il  lui  donne  une  autre  cause  que  ces 
trois  derniers  naturalistes.  Maintenant  voici 
M.  Goureau  qui,  dans  une  seconde  note  insé¬ 
rée  dans  le  9e  vol.  des  Ann.  de  la  Soc.  Ent. 
de  France  (1840),  p.  121-128,  recon¬ 
naît  s’être  trompé  dans  sa  première  expli¬ 
cation,  et  en  donne  une  nouvelle,  de  la¬ 
quelle  il  résulte  que  le  cri  du  Sphinx  Atro¬ 
pos  n’est  pas  produit  par  un  organe  spécial, 
mais  qu’il  est  analogue  à  celui  des  Diptères 
et  des  Hyménoptères ,  c’est-à-dire  qu’il  est 
occasionné  par  les  vibrations  du  thorax,  mis 
en  mouvement  par  les  muscles  puissants 
qu’il  renferme  et  par  le  frottement  des  épau¬ 
lettes  contre  le  mésothorax  qui  frémit  sous 
elles.  Mais  nous  craignons  bien  que,  dans 
cette  nouvelle  explication,  M.  Goureau  n’ait 
confondu  le  bourdonnement  que  font  en¬ 
tendre  tous  les  Sphinx  en  volant,  et  qui  est 
plus  ou  moins  fort  suivant  les  espèces,  avec 
le  cri  particulier  au  Sphinx  Atropos.  Quoi 
qu’il  en  soit ,  nous  aussi ,  nous  avons  fait 
des  expériences  pour  tâcher  de  découvrir  le 
siège  de  l’organe  sonore  de  ce  Sphinx ,  et 
pour  leur  donner  plus  d’authenticité  ,  nous 
les  avons  faites  en  présence  de  plusieurs 
membres  de  la  Société  Entomologique  de 


518 


ATR 


ATR 


France  ;  mais  leur  résultat,  consigné  dans 
le  t.  VIII  des  Annales  de  cette  société,  est 
loin  d’être  satisfaisant  ;  ainsi  nous  avons 
bien  constaté  l’existence  de  l’appareil  décrit 
par  MM.  Lorey,  Goureau  et  Nordmann,  et 
nous  avons  vu  ,  comme  eux  ,  s’épanouir  en 
rayonnant  les  deux  faisceaux  de  poils  qui 
en  font  partie;  mais  cet  épanouissement  ne 
coïncidait  pas  toujours  avec  le  cri ,  et  il 
avait  lieu  souvent  pendant  que  l’insecte  se 
taisait,  et  vice  versa ;  de  sorte  qu’il  est 
évident  pour  nous  qu’il  ne  contribue  en  rien 
à  la  formation  du  son.  D’ailleurs,  ce  qui  le 
prouve  à  priori ,  c’est  que  cet  appareil, 
dont  l’usage  reste  à  découvrir,  existe  dans 
beaucoup  d’autres  Sphinx  qui  sont  absolu¬ 
ment  muets,  comme  l’a  fait  observer  M.  Pas- 
serini  en  combattant  l’opinion  de  M.  Lorey. 
D’un  autre  côté,  en  prêtant  une  oreille  at¬ 
tentive  ,  il  nous  a  été  facile  de  nous  con¬ 
vaincre  que  le  cri  ne  partait  pas  de  la  base 
de  l’abdomen,  mais  de  la  partie  antérieure 
du  thorax.  Nos  recherches  se  sont  en  con¬ 
séquence  dirigées  sur  ce  point ,  et  nous 
avions  déjà  dépouillé  cette  partie  de  l’é¬ 
paisse  fourrure  qui  la  revêt,  lorsque  notre 
lépidoptère,  affaibli  par  les  mutilations  que 
nous  lui  avions  fait  subir ,  a  cessé  de  vivre 
avant  que  nous  ayons  pu  atteindre  notre 
but.  Cependant,  mon  fils,  qui  tenait  le 
scalpel,  pense  que  le  cri  pourrait  bien  pro¬ 
venir  du  frottement  du  prothorax  contre  le 
mésothorax ,  et  alors  il  serait  analogue  à 
celui  que  font  entendre  la  plupart  des  Co¬ 
léoptères  Longicornes;  mais  il  faudrait  ad¬ 
mettre  pour  cela  que  ees  deux  parties  fus¬ 
sent  libres  et  pussent  agir  l’une  sur  l’autre, 
ce  qui  serait  une  exception  pour  le  Sphinx 
Atropos,  car  elles  sont  ordinairement  sou¬ 
dées  dans  les  autres  Lépidoptères.  Or , 
nous  n’avons  pu  nous  assurer  si  cette  ex¬ 
ception  existe  réellement,  à  cause  de  la  sé¬ 
paration  forcée  que  le  prothorax  et  le  mé¬ 
sothorax  ont  éprouvée  dans  la  dissection. 
En  attendant  que  de  nouvelles  observations 
viennent  détruire  ou  confirmer  cette  opi¬ 
nion  ,  il  nous  est  démontré  d’une  manière 
certaine  que  la  sortie  de  l’air  par  les  trachées 
latérales  de  la  base  de  l’abdomen ,  comme 
le  dit  M.  Lorey,  ou  par  le  faux  conduit  de 
la  trompe,  comme  l’exprime  M.  Passerini, 
ne  contribue  en  rien  à  l’émission  du  cri  que 
fait  entendre  le  Sphinx  Atropos.  Pour  dé- 


j  truire  l’assertion  de  ce  dernier,  il  suffit, 
comme  nous  l’avons  fait,  de  pincer  forte¬ 
ment  la  trompe  à  son  origine  avec  des  brucel¬ 
les  ,  et  l’insecte  n’en  criera  pas  moins 
malgré  cette  pression  ;  de  même  qu’il  con¬ 
tinuera  de  crier  si  l’on  déroule  la  trompe  et 
qu’on  l’isole  des  palpes  en  écartant  ceux-ci, 
malgré  l’opinion  contraire  de  Réaumur. 
Quant  à  celle  de  M.  Dugès ,  elle  n’est  pas 
mieux  fondée ,  puisque  la  pression  de  la 
trompe  à  sa  base,  en  paralysant  l’action  des 
deux  gouttières  crénelées  de  cet  organe,  de¬ 
vrait  empêcher  l’émission  du  son  qu’il  at¬ 
tribue  au  frottement  de  ces  deux  parties 
l’une  sur  l’autre,  et  c’est  ce  qui  n’est  pas. 
Enfin,  l’explication  donnée  par  l’observa¬ 
teur  cité  par  Engramelle,  se  réfute  d’elle- 
même  ,  car  le  mouvement  des  ailes  est  in¬ 
dispensable ,  suivant  lui,  pour  produire  le 
cri  de  l’insecte  :  or,  c’est  précisément  quand 
on  l’empêche  de  les  ouvrir  et  qu’on  le  gêne 
dans  ses  mouvements,  qu’il  crie  le  plus  fort, 
comme  s’il  voulait  exprimer  sa  colère. 

Il  résulte  de  cet  exposé  que  la  véritable 
cause  du  cri  que  fait  entendre  le  Sphinx  Atro¬ 
pos  est  encore  à  trouver.  Ce  cri,  joint  à  la 
figure  lugubre  qu’il  porte  sur  son  corselet,  a 
suffi  pour  répandre,  en  1 7  33,  l’alarme  et  l’ef¬ 
froi  parmi  le  peuple  de  la  Basse-Bretagne, 
ainsi  que  le  rapporte  Réaumur.  En  effet,  ce 
lépidoptère  ayant  été,  cette  année-là,  beau¬ 
coup  plus  commun  que  de  coutume,  et  son 
apparition  coïncidant  avec  une  épidémie  très 
meurtrière  qui  régnait  alors  dans  cette  pro¬ 
vince,  il  n’en  fallut  pas  davantage  aux  gens 
faibles  et  crédules  pour  l’accuser  d’être, 
sinon  la  cause,  au  moins  le  précurseur  du 
fléau.  Mais  si  l’innocence  de  notre  papil¬ 
lon  dans  ce  cas  était  facile  à  prouver ,  il 
n’en  est  pas  de  même  d’une  autre  accu¬ 
sation  qui  s’élève  contre  lui ,  et  d’après  la¬ 
quelle  on  prétend  qu’il  s’introduit  dans  les 
ruches  des  abeilles  pour  se  gorger  de  miel. 
Sa  présence  seule  cause  une  telle  épou¬ 
vante,  ou  du  moins  un  tel  désordre  parmi 
les  abeilles ,  qu’elles  finissent  par  déserter 
la  ruche  ,  après  avoir  essayé  vainement 
de  faire  périr  cet  audacieux  voleur  par 
leurs  coups  d’aiguillon  impuissants  con¬ 
tre  son  épaisse  fourrure.  M.  Lepelletier 
de  Saint-Fargeau  nie  la  possibilité  de  ce 
fait  ,  quoiqu’il  soit  attesté  par  le  célè¬ 
bre  Huber .  Il  fait  observer  d’abord  que  le 


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319 


Sphinx  Atropos  n’a  qu’une  trompe  très 
courte  ,  qui ,  par  son  organisation  ,  paraît 
impropre  à  pomper  le  suc  des  fleurs  ou  le 
miel  ;  ensuite  que  l’intervalle  qui  sépare  les 
gâteaux  de  miel  est  tellement  dispropor¬ 
tionné  avec  la  grosseur  de  ce  lépidoptère , 
que  ce  n’est  qu’en  les  brisant  avec  des  efforts 
prodigieux  qu’il  pourrait  arriver  aux  al¬ 
véoles  ;  que  ces  efforts  ne  peuvent  guère  se 
concilier  avec  la  fragilité  de  ses  ailes ,  et 
qu’en  admettant  le  contraire ,  il  se  trouve¬ 
rait  bientôt  aussi  empêché  dans  ses  mouve¬ 
ments,  par  le  miel  s’échappant  des  alvéoles, 
que  le  serait  une  fauvette  tombée  dans  un 
vase  rempli  de  glu.  Il  conclut  donc  de  ces 
objections,  que  si  le  Sphinx  Atropos  pénètre 
quelquefois  dans  les  ruches,  c’est  afin  d’y 
chercher  un  asile ,  et  non  dans  l’intention 
d’en  piller  le  miel.  En  effet,  beaucoup  de  ces 
Lépidoptères  éclosent  du  20  septembre  à  la  fin 
d’octobre  ;  et  tous  ceux  qui,  à  cette  époque, 
n’ont  pas  trouvé  à  s’accoupler,  de  même  que 
les  femelles  fécondées  qui  ne  trouveraient 
plus  de  plantes  pour  nourrir  leur  progénitu¬ 
re,  passent  l’hiver  dans  l’engourdissement, 
et  n’en  sortent  qu’au  printemps  suivant  :  cel- 
les-ci.pour  pondre  leurs  œufs  sur  les  plantes 
propres  à  la  nourriture  de  leurs  chenilles 
qui  ne  tarderont  pas  à  en  sortir  ;  les  autres 
pour  continuer  de  vivre  jusqu’à  leur  accou¬ 
plement.  Or ,  les  individus  qui  sont  dans 
Tune  de  ces  deux  circonstances,  ayant  be¬ 
soin  de  s’abriter  pendant  l’hiver,  se  réfu¬ 
gient  dans  les  ruches  qu’ils  rencontrent 
ouvertes,  comme  ils  le  feraient  dans  toute 
autre  cavité  qui  leur  offrirait  un  abri  con¬ 
tre  les  intempéries  de  l’air.  Au  reste , 
quel  que  soit  le  motif  qui  fasse  pénétrer  le 
Sphinx  Atropos  dans  les  ruches ,  toujours 
est-il  que  sa  présence  suffit  pour  obliger  les 
Abeilles  aies  déserter;  et,  que,  dans  les  pays 
où  il  est  très  commun ,  et  où  l’on  se  livre 
en  grand  à  l’éducation  de  ces  précieux  Hy¬ 
ménoptères ,  on  le  considère  avec  raison 
comme  un  de  leurs  ennemis ,  et  l’on  tue 
sans  pitié  tous  ceux  qu’on  surprend  volant 
ou  rôdant  autour  des  ruches. 

V Acherontia  Atropos  et  sa  chenille  sont 
figurés  et  décrits  dans  une  foule  d’ouvrages. 
Le  plus  récent  est  V Histoire  naturelle  des 
Lépidoptères  de  France ,  commencée  par 
Godart  et  continuée  par  l’auteur  de  cet  ar¬ 
ticle.  (D) 


*  ATROPOS  (nom  mythol.).  ins. —  Le 
docteur  Leach  a  établi,  sous  cette  dénomi¬ 
nation,  un  genre  de  la  famille  des  Termiens, 
de  l’ordre  des  Névroptères ,  aux  dépens  du 
genre  Psocus  de  Latreille.  Ce  genre  Atro¬ 
pos  est  caractérisé  par  un  corps  aptère;  une 
tête  oblongue  ;  des  tarses  de  trois  articles  ; 
les  cuisses  postérieures  renflées,  et  par 
l’abdomen  ovalaire  et  déprimé.  —  La  seule 
espèce  que  nous  connaissions  encore  est 
VA.  p ulsatorium  [Termes  pulsaiorinm 
Lin.),  très  petit  insecte,  fort  commun  dans 
les  collections ,  les  bibliothèques ,  etc. 

(B*-) 

ATROPOS.  reft.  — Ce  nom,  déjà  em¬ 
ployé  par  Linné  pour  désigner  une  Yipère 
d’Afrique  qu’il  avait  rangée  parmi  ses  Cou¬ 
leuvres,  a  été  ensuite  donné  à  tort,  par 
Wagler  ,  à  un  g.  d’Ophidiens  créé  pour 
une  toute  autre  espèce  que  le  Coluher  Atro¬ 
pos  de  l’auteur  du  Systema  nalurœ ,  c’est- 
à-dire  pour  un  Trigonocéphale  des  Indes- 
Orientales  ,  que  Reinwardt  a  fait  connaître 
sous  le  nom  de  T.  puniceus.  (G.  B). 

*  ATRYPA  (à  priv.;  rpu-rraw,  je  per¬ 
fore).  mole.  —  M.  Dalman ,  dans  son  Mé¬ 
moire  sur  les  Térébratules,  donne  ce  nom 
à  un  genre  démembré  inutilement,  selon 
nous,  des  Térébratules.  Voy.  ce  mot. 

(Desh.) 

ATTA.  ins. — Voyez  aïte. 

ATTACHES  MUSCULAIRES.  Li- 
gamejûa  muscularia.  moll. —  On  donne 
ce  nom  aux  impressions  que  laissent  sur  les 
coquilles  des  Mollusques  les  muscles  qui 
servent  à  attacher  l’animal  au  corps  pro¬ 
tecteur  qui  le  recouvre.  On  étudie  particu¬ 
lièrement  ces  impressions  musculaires  dans 
les  coquilles  bivalves  ;  et  nous  verrons  aux 
articles  conchifères  et  mollusques,  quel 
parti  on  en  peut  tirer  pour  la  classification. 

(Desh.) 

*  ATTACIBES.  ins. — Tribu  de  Lépi¬ 
doptères  nocturnes  créée  par  nous  aux  dé¬ 
pens  de  celle  des  Bombycites  de  Latreille, 
et  qui  a  pour  type  le  grand  genre  Altacxis 
de  Linné.  Ses  caractères  sont  :  Ailes  larges, 
étendues  dans  le  repos.  Antennes  des  mâles 
fortement  pectinées.  Trompe  nulle  ou  ru¬ 
dimentaire.  Corps  court  et  laineux.  Cette 
tribu  renferme  les  plus  grands  Lépidoptères 
connus.  Leurs  chenilles  sont  très  grosses  et 
très  belles  ;  chaque  segment  de  leur  corps 


320 


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est  arrondi  et  garni  de  tubercules  de  cou¬ 
leurs  vives ,  surmontés  soit  de  poils  raides 
et  divergents,  soit  d’épines  verticillées.  Leur 
métamorphose  s’opère  dans  des  coques  d’un 
tissu  très  solide  et  comme  feutré.  Voy.  at- 

TACUS.  ,  (D.) 

*  ATTACUS  (sorte  d’insecte  suivant  la 
Bible),  ins. — Linné  désigne  sous  ce  nom  la 
première  division  de  son  grand  genre  Pha- 
lœna ,  qui  embrasse  tous  les  Lépidoptères 
nocturnes  :  elle  comprend  ceux  qui  ont  les 
quatre  ailes  étendues  dans  le  repos,  avec 
les  antennes  tantôt  pectinées,  tantôt  séta- 
cées,  et  dont  les  uns  ont  une  trompe  et  les 
autres  n’en  ont  pas.  Cette  division  a  été 
indiquée  par  Latreille,  dans  ses  familles 
naturelles  publiées  en  1825,  comme  de¬ 
vant  former  un  genre  ayant  pour  type 
l’ Attaciis  Pavonia  major  de  Linné  (le 
Bomb.  grand  Paon);  mais  il  n’en  parle 
plus  dans  ses  ouvrages  subséquents,  où 
cette  espèce  et  ses  analogues  sont  placées 
dans  le  genre  Bombyx ;  tandis  que  les 
entomologistes  allemands  ont  formé  de 
ces  mêmes  espèces  leur  genre  a Saturnin 
adopté  par  M.  Boisduval,  dans  son  Ind. 
Melhod.  Quant  à  nous,  tout  en  adoptant 
également  ce  même  genre  dans  notre  sup¬ 
plément  à  l’histoire  des  Lépidoptères  de 
France,  nous  avons  cru  devoir  lui  restituer 
le  nom  $  Attaciis  de  Linné,  qu’il  avait  été 
dans  la  première  intention  de  Latreille  de 
lui  imposer  ;  et  nous  le  caractérisons  ainsi  : 
Antennes  pectinées  dans  les  deux  sexes, 
mais  à  dents  beaucoup  plus  longues  dans 
les  mâles  que  dans  les  femelles.  Palpes 
courts  et  très  velus.  Trompe  nulle  ou  rudi¬ 
mentaire.  Corselet  laineux.  Ailes  très  larges 
et  dont  le  centre  est  orné  ou  d’une  tache 
ocellée  ou  d’une  tache  diaphane,  traversé 
par  une  petite  nervure. — Ce  genre  renferme 
un  assez  grand  nombre  d’espèces  tant  exo¬ 
tiques  qu’indigènes.  Nous  citerons  comme 
type  des  premières,  Y  Attacus  atlas  Linn., 
l’un  des  plus  grands  Lépidoptères  qu’on 
connaisse ,  et  qui  se  trouve  en  Chine  ;  et 
comme  type  des  secondes,  le  Pavonia 
major  Linn.,  Saturnin  pyri  Ochs.,  le 
Grand  Paon  Geoffroy,  qui  est  très  com¬ 
mun  dans  les  environs  de  Paris.  Le  premier 
est  figuré  dans  Cramer ,  t.  I,  p.  13,  pl.  9, 
fig.  A.,  et  le  second  dans  beaucoup  d’ou¬ 
vrages  ,  et  entre  autres  dans  lés  Pap.  de 


France ,  par  Godart,  t.  IY,  p.  60,  pl.  4. 
Ce  dernier  provient  d’une  très  belle  che¬ 
nille  qui  vit  principalement  sur  l’orme  ;  elle 
est  très  grosse,  d’un  beau  vert,  avec  des 
tubercules  d’un  bleu  de  turquoise,  sur¬ 
montés  chacun  de  7  poils  raides  et  diver¬ 
gents ,  et  dont  celui  du  milieu,  plus  long 
que  les  autres,  se  termine  par  un  petit 
bouton.  (D.) 

ATTAGAS.  ois. — Oiseau  dont  les  an¬ 
ciens  ont  beaucoup  parlé  et  sur  l’identité 
duquel  on  était  fort  incertain ,  jusqu’à  ce 
que  Picot  Lapeyrouse  ait  prouvé ,  par  suite 
de  savantes  recherches,  que  l’Attagas  des 
anciens  et  des  modernes  est  le  même  oi¬ 
seau  que  le  Laijopède.  Voy .  ce  mot. 

(Lafr.) 

ATTAGEMJS  (nom  d’un  poisson  de 
mer),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères,  famille  des  Clavicornes ,  établi  par 
Latreille  aux  dépens  du  genre  Dermestes 
de  Linné,  dont  il  diffère  par  les  antennes 
dont  la  massue  est  allongée ,  avec  le  der¬ 
nier  article,  fort  long  dans  les  mâles;  par 
les  palpes  maxillaires  plus  allongées  et  plus 
grêles,  et  par  l’absence  d’une  dent  cornée 
au  côté  interne  des  mâchoires. — M.  Dejean, 
dans  son  dernier  Catalogue,  rapporte  à  ce 
genre  26  espèces,  dont  10  exotiques  et  16 
d’Europe.  Nous  citerons  parmi  ces  dernières 
les  Dermestes  pellio  et  undatus  de  Fa- 
bricius,  qui  se  trouvent  toutes  deux  aux  en¬ 
virons  de  Paris.  (D.  et  C.) 

*  ATT  AGÉNITES .  ins.  —  Groupe  de 

la  tribu  des  Dermestins ,  famille  des  Clavi¬ 
cornes  ,  ordre  des  Coléoptères  pentamères, 
établi  par  M.  Delaporte  (Hist.  nat.  des 
Colèopt.  faisant  suite  au  Buffon-Duménil , 
t.  Il,  p.  35),  et  qui  se  compose  des  genres 
Attayenus ,  Troyoderma ,  Anthrenus  et 
Globicornis.  Ces  4  genres  ont  pour  carac¬ 
tères  communs  :  Antennes,  ou  au  moins 
leur  massue,  se  logeant  dans  des  cavités 
thoraciques.  (D.) 

*  AT  T  AGIS.  Attayis.  ois. —  Genre  de 
l’ordre  des  Échassiers  de  notre  famille  des 
Chionidèes  et  de  notre  sous-famille  des 
Tinochorinèes.  Ce  genre,  formé  par  MM. 
Is.  G.  S. -H.  et  Lesson  et  publié  dans  la 
Centurie  zoologique  de  ce  derhier,  en  oc¬ 
tobre  1830,  a  pour  caractère ,  selon  ces  au¬ 
teurs  :  «Bec  court,  robuste,  comprimé  sur 
les  côtés,  voûté  et  convexe  en  dessus,  légè- 


ATT 


ATT 


rement  recourbé  à  la  pointe,  qui  est  arron¬ 
die  ;  mandibule  inférieure  convexe  en  des¬ 
sous,  droite,  relevée  sur  ses  bords  et  comme 
canaliculée ,  à  pointe  arrondie  et  mousse  ; 
bords  du  bec  lisses,  légèrement'recourbés  ; 
fosses  nasales  amples,  demi  circulaires,  en 
partie  recouvertes  par  une  lame  membra¬ 
neuse,  arrondie  et  convexe  à  son  bord  et  en 
partie  couverte  elle-même  par  les  plumes  du 
front  ;  narines  percées  de  part  en  part  sous 
la  lame  convexe  ;  tête  et  joues  emplumées  ; 
ailes  courtes,  pointues,  à  première  et  deuxiè¬ 
me  rémiges  plus  longues  ;  queue  courte,  lar¬ 
ge,  arrondie,  à  quatorze  reetrices  ;  jambes 
emplumées  ;  tarses  courts,  robustes,  réticu¬ 
lés,  à  plante  granuleuse  ;  les  doigts  médio¬ 
cres  ,  le  moyen  le  plus  long ,  scutellés  en 
dessus  ;  pouce  petit  surmonté  ;  les  ongles 
allongés,  recourbés ,  le  moyen  dilaté  à  son 
côté  interne.  » 

Les  deux  auteurs  précités,  frappés  des 
rapports  extérieurs  que  présentait  l’ Attagis 
de  Gay,  Attagis  Gayi  (Is.  G.  et  Less.  Cent . 
zool.,  pl.  47),  d’une  part,  avec  les  Gangas 
de  l’ordre  des  Gallinacés,  et,  de  l’autre,  avec 
les  genres  Chionis  et  Tinochore ,  genres 
américains  comme  lui,  le  réunirent  à  ces 
deux  derniers  et  en  formèrent  une  famille 
sous  le  nom  de  Ponioyalles  ou  Tètrn- 
ochores  que  M.  Lesson  publia  également 
dans  son  Traite  d’ Ornithologie ,  comme 
dernière  famille  des  Gallinacés. 

Depuis  cette  époque,  l’acquisition  faite 
par  le  Muséum  du  squelette  d’un  Chionis , 
que  le  savant  M.  de  Blainville  a  étudié  et 
analysé  avec  le  plus  grand  détail,  et  qu’il  a 
reconnu  être  presque  analogue  à  celui  de 
l’Huîtrier ,  et  des  observations  ultérieures 
sur  les  mœurs  des  deux  autres  genres  dues 
à  M.  Alcide  d’Orbigny,  ont  prouvé  claire¬ 
ment  que  ce  groupe  appartient  à  l’ordre  des 
Échassiers  et  non  à  celui  des  Gallinacés. 

Cette  seule  raison  ,  suffisamment  déter¬ 
minante  ,  nous  a  décidé  à  changer  le  nom 
de  Poîitogalles  ou  Tètraochores  qui,  dès- 
lors,  n’offrait  plus  qu’une  fausse  indication, 
en  celui  de  Chionidèes ,  formé  primitive¬ 
ment  par  M.  Lesson  dans  son  manuel  pour 
le  seul  genre  Chionis. 

L’ Attagis  de  Gay  (Is.  G.  et  Less.  Cent, 
zool.,  pl.  47)  de  la  taille  et  de  la  forme  d’une 
Perdrix  grise  ,  offre  néanmoins ,  dans  la 
forme  de  son  bec  et  dans  la  coupe  de  ses 


321 

ailes ,  des  rapports  évidents  avec  les  Gan¬ 
gas  ;  mais  il  est  facile  de  lui  reconnaître, 
avec  les  Chionis  et  les  Tinochores ,  une  vé¬ 
ritable  affinité  que  vient  encore  confirmer  la 
similitude  des  mœurs.  Le  fond  du  plumage 
est  roussâtre,  varié  sur  toute  la  partie  supé¬ 
rieure  de  blanchâtre ,  couvert  de  très  fines 
linéoles  anguleuses  et  de  bandes  squami- 
formes  d’un  noir  brun,  lesquelles  se  remar¬ 
quent  encore  sur  le  devant  du  cou.  La  poitrine 
et  les  flançs ,  ainsi  que  tout  le  reste  du  des¬ 
sous,  sont  d’un  blond  fauve -agréable.  La  fe¬ 
melle  ne  diffère  du  mâle  que  par  une  taille 
plus  petite  (30  centimètres,  au  lieu  de  34). 
Les  premiers  individus  de  cette  espèce  inté¬ 
ressante  que  le  Muséum  ait  possédés,  lui 
furent  envoyés  du  Chili ,  en  juillet  1830 , 
par  M.  Gay,  voyageur  et  naturaliste  zélé , 
mais  sans  détails  sur  les  mœurs  et  les  es¬ 
pèces.  Une  seconde  espèce,  faisant  partie  de 
la  collection  de  feu  M.  Pesquet,  à  Caen,  et 
provenant  aussi  du  Chili ,  a  depuis  été  dé¬ 
crite  et  figurée  par  M.  Lesson  ,  dans  ses 
Illustr.  de  zool.,  pl.  11,  sous  le  nom  (T At¬ 
tagis  de  Latreille.  Voy.  chionidèes  et 

TINOCHORINEES.  (LAFR.) 

ATTALÉE.  Attalea.  bot.  ph.  —  Un 
beau  Palmier,  trouvé  par  MM.  deHumboldt 
et  Bonpland  dans  l’Amérique  méridionale , 
est  devenu  le  type  de  ce  genre ,  établi  par 
Kunth  (/n  Humb.  nov.  gen.,  I,  p.  319,  t. 
95  et  96).  Ce  genre,  adopté  par  Martius 
dans  son  excellente  et  magnifique  mono¬ 
graphie  des  Palmiers,  offre  les  caractères 
suivants:  Fleurs  monoïques,  réunies  sur 
le  même  spadice ,  les  mâles  à  la  partie 
supérieure  des  rameaux,  et  les  femelles 
moins  nombreuses  vers  la  base.  Spathe 
simple.  Dans  les  fleurs  mâles,  le  périan- 
the  se  compose  de  six  sépales,  presque  li¬ 
bres  ou  seulement  un  peu  soudés  par  leur 
base.  Les  étamines ,  dont  le  nombre  varie 
de  dix  à  vingt-quatre  ,  ont  leurs  filets  iné¬ 
gaux  et  lancéolés  ;  leurs  anthères  dressées 
et  linéaires.  Dans  les  fleurs  femelles,  l’o¬ 
vaire  est  à  trois  loges;  plus  rarement  à 
quatre  ou  cinq.  Le  fruit  est  une  drupe  ovoïde 
ou  allongée,  dont  le  noyau,  très  dur,  est 
environné  d’un  mésocarpe  sec  et  fibreux. 
Ce  noyau  est  à  2,  3  et  5  loges  monospermes. 

Ce  genre  se  compose  de  5  à  6  espèces. 
Toutes  croissent  dans  l’Amérique  méridio¬ 
nale  ,  tantôt  dans  les  forêts  de  la  plaine , 
21 


T  IX 


322 


ATT 


ATT 

tantôt  sur  les  montagnes.  Leur  stipe  ac¬ 
quiert  quelquefois  de  très  grandes  dimen¬ 
sions;  d’autres  fois  il  est  court  ou  même 
presque  nul.  Les  frondes  sont  pinnées  et 
très  grandes.  Leur  spathe  est  généralement 
assez  petite.  On  mange  leurs  graines  dans 
les  pays  où  ils  croissent.  (A.  R.) 

ATT  A  VILLE.  roiss. — Espèce  de  Raie. 
Voyez  ce  mot. 

ATTE.  Atta  (  <&rm  ,  je  saute  ).  ins. 

■ —  Genre  de  la  famille  des  Formicîens, 
groupe  des  Myrmicites  ,  de  l’ordre  des 
Hyménoptères,  établi  par  Fabricius  ( Syst . 
Piez.  )  et  adopté  généralement  par  tous 
les  entomologistes.  Ce  genre,  très  voisin 
des  Myrmicites ,  s’en  distingue  surtout 
par  des  palpes  très  courts;  des  antennes 
entièrement  découvertes;  un  thorax  dé¬ 
pourvu  d’épines;  et  des  ailes  présentant 
trois  cellules  cubitales,  dont  la  troisième 
incomplète.  On  connaît  peu  d’espèces  de  ce 
genre  :  les  unes  sont  européennes ,  les  au¬ 
tres  sont  américaines.  Dans  certains  neutres 
la  tête  acquiert  un  volume  considérable. 
Les  espèces  les  plus  répandues  dans  notre 
pays  sont  les  A.  capitata  Lat.  et  A.  struc- 
tor  Lat.  Cette  dénomination  devra  être 
changée  ;  car  elle  a  été  appliquée  avant 
Fabricius  à  un  genre  d’Aranéides  par  M. 
Walckenaër.  (Bl.) 

ATTE.  Attns  (arm,  je  saute),  arach.  — 
Genre  de  l’ordre  des  Aranéides ,  établi  par 
M.  Walckenaër  [Tableau  clés  Aranéides), 
et  généralement  adopté  par  tous  les  ento¬ 
mologistes.  Ce  genre  est  principalement 
caractérisé  par  des  yeux  au  nombre  de  huit, 
inégaux  entre  eux,  disposés  sur  trois  lignes, 
en  avant  et  sur  les  côtés  du  céphalothorax  ; 
quatre  sur  la  ligne  antérieure,  dont  les 
deux  intermédiaires  plus  gros  que  les  au¬ 
tres  ,  et  deux  sur  chacune  des  deux  lignes 
postérieures.  La  lèvre  est  ovalaire,  allongée, 
et  les  mâchoires  sont  droites,  arrondies  et 
dilatées  à  leur  extrémité. 

Les  Attes  sont  fort  nombreux  en  espèces, 
généralement  de  petite  taille ,  ayant  souvent 
des  couleurs  vives  ou  variées  ;  ils  sont  ré¬ 
pandus  dans  les  diverses  parties  du  monde. 
Ces  petites  Aranéides  épient  leur  proie ,  la 
saisissent  à  la  course  ou  en  sentant;  elles 
se  renferment  dans  un  sac  de  soie  fine, 
entre  des  feuilles  réunies  ou  dans  des  fentes 
de  murailles,  etc.  M.  Walckenaër  établit 


quatre  divisions  principales  dans  le  genre 
Attns.  Ce  sont  :  les  sauteuses,  ayant  des 
pattes  grosses  et  courtes  dans  les  femelles. 
Une  première  race,  les  courtes ,  est  subdi¬ 
visée  en  européennes ,  africaines ,  co¬ 
lombiennes  ,  américaines ,  australa - 
siennes  et  asiatiques  ;  une  seconde,  les 
allongées ,  se  subdivise  en  européennes 
et  américaines  ;  une  troisième  race  est 
celle  des  aplaties.  Tient  ensuite  la  subdi¬ 
vision  des  voltigeuses  ,  ayant  des  pattes 
allongées,  propres  à  la  course  et  au  saut, 
et  des  palpes  longs  et  filiformes;  celle- 
ci  est  subdivisée  en  européennes ,  améri¬ 
caines  et  australa  siennes.  Enfin ,  les 
longimanes,  ayant  des  palpes  très  longs, 
et  les  caudées,  ayant  des  filets  sétifères  très 
grands.  Voy.,  pour  les  nombreuses  espèces 
qui  composent  ce  genre,  l’ouvrage  de 
M.  Walckenaër,  Histoire  naturelle  des 
Insectes  aptères  ( Suites  à  Buffon  ,  t.  I , 
p.  402. et  suivantes).  (Bu.) 

*  ATTE.  Attus  (arm,  je  saute),  ins.-^- 
M.  de  Hahn  ( Wanzen  art.  insekt .)  avait 
appliqué  cette  dénomination  à  un  genre  de 
la  famille  des  M  irions  ,  Br.  ou  Capsini , 
Burm.,  de  l’ordre  des  Hémiptères;  mais, 
comme  elle  était  déjà  employée  dans  la 
classe  des  Arachnides  et  dans  l’ordre  des 
Hyménoptères ,  nous  l’avons  changée  en 
celle  de  Sirongylocoris  ( Hist .  des  anim. 
art.).  Voy.  ce  mot.  (Bu.) 

ATTE.  bot.  th.  —  Fruit  de  V Anona 
squammosa  dans  quelques-unes  de  nos 
colonies.  Voy.  anone.  (C.  d’O.) 

ATTÉLÀBE.  Atlelabus  (àrtéXaêoç , 
insecte  qui  ronge  les  fruits),  ins.  —  Genre 
de  l’ordre  des  Coléoptères  tétramères ,  fa¬ 
mille  des  Curculionites ,  que  Schœnherr 
place  dans  sa  division  ou  tribu  des  Attéla- 
bides.  Voy.  ce  mot. 

Sous  le  nom  d 'Attelabus,  emprunté  à 
Aristote,  Linné  avait  réuni  dans  le  même 
genre  plusieurs  Coléoptères  très  différents 
de  moeurs  et  d’organisation.  Geoffroy,  en 
s’emparant  de  ce  nom  ,  l’appliqua  aux  His~ 
ters  ou  Escarbots  du  naturaliste  suédois, 
et  forma ,  avec  l’Attélabe  du  Coudrier , 
celui-ci  et  quelques  espèces  voisines ,  un 
genre  fort  naturel  qu’il  nomme  Becmare  en 
français  et  Rhinomacer  en  latin.  Fabricius 
ne  crut  pouvoir  mieux  faire  que  de  l’adop¬ 
ter,  en  lui  restituant  toutefois,  avec  raison, 


ATT 


ATT 


le  nom  ÜAltelabus  de  Linné,  comme  plus 
ancien.  Depuis ,  les  travaux  successifs  de 
Herbert,  de  Clairville,  d’Olivier,  et,  en  der¬ 
nier  lieu,  de  Schœnherr,  ont  apporté  de 
telles  modifications  au  genre  dont  il  s’agit, 
qu’il  se  restreint  aujourd’hui  aux  espèces 
qui  offrent,  d’après  Latreille,  les  carac¬ 
tères  suivants  :  Point  de  labre  apparent. 
Palpes  très  petits,  coniques.  Antennes  droi¬ 
tes  ,  de  onze  articles ,  dont  les  trois  der¬ 
niers  forment  une  massue  perfoliée. Trompe 
courte,  large,  dilatée  au  bout  ;  point  de  cou 
apparent;  mandibules  fendues  à  leur  ex¬ 
trémité.  Jambes  terminées  par  deux  forts 
crochets. — Les  Attélabes  ont  le  corps  plus 
ou  moins  ovale ,  très  corné  ;  le  prothorax 
est  sans  rebords ,  plus  large  que  la  tête  et 
moins  que  les  élytres  ;  celles-ci  sont  con¬ 
vexes  et  recouvrent  les  ailes  membraneuses; 
les  pattes  ont  une  longueur  moyenne  ;  l’ab¬ 
domen  est  court  et  a  plus  de  largeur  que 
de  longueur.  M.  Schœnherr  ( Syn .  1ns. 
CurcuLy  t.  V,  p.  199-318)  rapporte  à  ce 
genre  41  espèces  qu’il  partage  en  deux 
groupes ,  dont  le  second  répond  au  genre 
Euscelus  de  Germar,  qu’il  n’adopte  pas. 
Parmi  ces  espèces ,  qui  sont  presque  toutes 
exotiques ,  nous  n’en  citerons  que  deux  : 
l’Attélabe  curculionoïde ,  Attelabns  cur- 
culionoidcs  Fabr.,  qui  forme  le  type  du 
genre  ;  c’est  le  Becmare  Laque  de  Geoffroy, 
très  commun  aux  environs  de  Paris  ;  et 
l’Attélabe  longimane,  Altelabus  longi- 
manus  Fabr.,  remarquable  par  la  longueur 
de  ses  pattes  antérieures  ;  il  est  de  Cayenne. 
Ces  deux  espèces  sont  décrites  et  figurées 
dans  V Entomologie  d’Olivier,  t.  Y,  81, 
p.  5,  n°  1,  tab.  1 ,  fig.  1 ,  a,  Z>,  et  p.  7,  n°  4; 
tab.  l,  fig.  4,  «,  b.  (D.  etc.) 

*  ATTÉLABIDES.  Attelabides.  ins. 
—  Division  établie  par  Schœnherr  dans  la 
famille  des  Curculionides ,  et  qu’il  caracté¬ 
rise  ainsi  :  Rostre  ou  bec  subcylindrique , 
défléchi ,  souvent  filiforme  ou  plus  souvent 
dilaté  à  l’extrémité.  Tête  allongée  derrière 
les  yeux.  Antennes  ou  massue  de  il  à  12 
articles  ;  élytres  presque  carrées  ;  extré¬ 
mité  de  l’abdomen  à  découvert.  Cette  divi¬ 
sion  comprend  les  genres  Apoderiis,  Atte- 
labus ,  Rhynchites  et  Ptcrocolus.  Voy. 
ces  mots. 

Les  larves  des  Attélabides  sont  apodes , 
molles,  blanchâtres,  ramassées,  composées 


m 

de  douze  anneaux  peu  distincts  ;  leur  tête 
est  dure ,  écailleuse  et  armée  de  deux  man¬ 
dibules  assez  solides.  Leur  ventre  est  garni 
de  petits  tubercules  lubrifiés  par  une  hu¬ 
meur  visqueuse  qui  paraît  favoriser  leur 
progression  à  défaut  de  pattes  ;  elles  vivent 
toutes  de  substances  végétales.  Les  unes  se 
tiennent  dans  l’intérieur  des  tiges  ou  des 
fruits  qui  leur  servent  à  la  fois  d’abri  et  de 
nourriture  ;  les  autres  vivent  de  feuilles  ou 
de  fleurs  qu’elles  enroulent  autour  d’elles , 
à  l’instar  de  certaines  chenilles,  et  dont 
elles  rongent  seulement  le  parenchyme. 
Elles  changent  plusieurs  fois  de  peau  avant 
de  parvenir  à  toute  leur  taille.  Arrivées  à 
cette  époque,  elles  se  renferment  dans 
une  coque  composée  tantôt  de  pure  soie , 
tantôt  d’une  matière  résineuse  assez  solide, 
et  s’y  transforment  en  nymphes  pour  deve¬ 
nir  bientôt  insectes  parfaits.  Sous  cette 
forme ,  les  Attélabides  se  nourrissent  de 
la  liqueur  mielleuse  des  fleurs,  et  causent 
peu  de  dégâts  ;  mais  il  n’en  est  pas  de 
même  de  leurs  larves ,  qui  sont  très  vo¬ 
races,  et  qui,  lorsqu’elles  sont  nombreuses, 
font  beaucoup  de  tort  aux  végétaux ,  soit  en 
les  privant  de  leurs  feuilles ,  soit  en  atta¬ 
quant  les  jeunes  pousses,  soit  enfin  en 
rongeant  les  fleurs  et  les  fruits ,  ou  l’inté¬ 
rieur  des  tiges  dans  lesquelles  elles  vivent. 
Il  est  d’autant  plus  difficile  de  prévenir 
leurs  ravages ,  qu’elles  ne  travaillent  pas  à 
découvert,  et  qu’on  n’est  averti  de  leur 
présence  que  lorsque  le  mal  est  sans  re¬ 
mède. 

Le  tome  YIII ,  2me  part,  des  Mémoires 
de  la  Société  de  physique  et  d’histoire 
naturelle  de  Genève ,  renferme  un  mé¬ 
moire  très  intéressant  de  M.  Pierre  Huber 
sur  l’industrie  variée  qu’emploient  certaines 
espèces  d’ Attélabides  pour  contournei-  en 
cornet  l’extrémité  ou  le  rebord  des  feuilles 
sur  lesquelles  elles  vivent,  à  l’effet  d’y 
déposer  leurs  œufs.  Il  en  désigne  cinq , 
dont  une  seule  ( Attelabus  curculionoi- 
des )  appartient  au  genre  Attélabe  ;  les  au¬ 
tres  sont  des  Ayodères  et  des  Rhynchites. 

(D.  et  C.) 

*  ATTÉLABITES.  ins.-- M.  Delaporte 
( Hist .  nat.  des  Ins.  faisant  suite  au  Buf- 
fon-Dumènil ,  t.  II,  p.  288)  désigne  ainsi 
un  groupe  de  la  famille  des  Curculionitcs , 
auquel  il  donne  pour  caractères  :  Rostre 


ATT 


ATT 


324 

long,  presque  cylindrique,  allongé,  plus 
ou  moins  arqué.  Corps  ovalaire.  Il  se  com¬ 
pose  des  genres  Apoderus ,  Attelahus , 
Rhynchites ,  Pterocolus,  Diodyrhyncus , 
Rhinomacer,  Auletes,  Rhinotia ,  Relus, 
Ithycerus,  Eurynchus ,  Apion ,  Rham- 
phus  et  Tachygonus.  Voy.  attélabides. 

(D.) 

ATTJXABUS.  INS.  —  Voy.  ATTÉliABE. 

*  ATTÉNUÉ.  Aitenutus.  bot.  —  Cette 
épithète  s'emploie  pour  désigner  les  parties 
du  végétal  qui  vont  en  diminuant  du  som¬ 
met  à  la  base  ou  de  la  base  au  sommet. 

(C.  d’O.) 

ATTÉRISSEMENT.  géol.  — Les  ma¬ 
tières  que  les  eaux  continentales  charrient  et 
qu'elles  déposent  sur  leurs  rives  et  à  leur 
embouchure  finissent ,  dans  un  grand  nom¬ 
bre  de  localités,  par  faire  reculer  graduelle¬ 
ment  la  limite  de  celles-ci  et  par  étendre 
les  terres  émergées,  aux  dépens  de  celle  des 
bassins  qni  contiennent  les  eaux  ;  c’est  à  ces 
nouvelles  terres  qu'on  donne  le  nom  (VAt - 
tèrissemenl.  Les  vagues  de  la  mer ,  en  re¬ 
jetant  ,  sur  certains  points  de  ses  rivages , 
des  vases,  des  sables  et  des  galets,  donnent 
également  lieu  à  la  formation  de  vastes  ter¬ 
rains  de  cette  nature  :  il  y  a  donc  des  At- 
lérissements  marins  et  des  Attérissements 
fluviatiles  ;  mais  ,  dans  la  plupart  des  cas , 
les  fleuves  et  la  mer  concourent  à  la  pro¬ 
duction  des  grands  Attérissements.  En  effet, 
ce  sont  principalement  les  eaux  courantes 
qui ,  dans  leur  trajet  sur  les  terres  émer¬ 
gées  ,  les  ravinent  et  se  chargent  d'une  très 
grande  quantité  de  matières  ;  elles  déposent 
bien  une  partie  de  ces  matières  sur  leur  lit 
et  à  leur  embouchure,  mais  elles  en  portent 
une  très  grande  quantité  à  la  mer  qui ,  par 
un  mouvement  en  sens  opposé ,  arrête  la 
marche  des  sédiments  qu’elle  refoule  sur 
ses  rivages. 

La  matière  qui  compose  les  Attérisse¬ 
ments  n'est  pas  toujours  de  la  même  nature 
dans  un  même  lieu;  elle  varie  successive¬ 
ment  et  alternativement  en  raison  de  plu¬ 
sieurs  circonstances,  telles  que  la  nature  du 
sol  traversé  par  les  divers  affluents  d’un 
même  fleuve  ,  la  quantité  et  la  rapidité  des 
eaux  ;  ainsi ,  par  exemple  ,  la  Seine  dépose 
au-dessous  de  Paris  des  sédiments  argileux, 
jaunâtres,  lorsque,  grossie  dans  la  pre¬ 
mière  partie  de  son  cours ,  elle  a  lavé  le 


sol  de  la  Bourgogne  ;  tandis  que  les  sédi¬ 
ments  qu’elle  charrie  et  dépose  lors  des  dé¬ 
bordements  de  la  Marne  ,  sont  blanchâtres 
et  calcaires  comme  le  sol  crayeux  de  la 
Champagne.  C’est  une  des  causes  des  alter¬ 
nances  qu’on  observe  non-seulement  dans 
les  Attérissements ,  mais  dans  toutes  les 
formations  neptuniennes. 

La  vitesse  variable  avec  laquelle  mar¬ 
chent  les  eaux  occasionne  de  la  même 
manière  ,  sur  une  ligne  verticale ,  le  dépôt 
de  particules  grossières  et  pesantes ,  et  de 
matières  ténues  et  légères  ;  aussi  voit-on 
souvent,  dans  les  coupes  que  présentent 
d’anciens  Attérissements  ou  dans  les  puits 
qu’on  creuse  pour  les  traverser,  des  lits 
d’argile  recouverts  par  du  sable  ;  ce  dernier 
par  des  graviers  et  des  galets  que  recou¬ 
vrent  encore  des  argiles ,  et  ainsi  un  grand 
nombre  de  fois. 

C’est  principalement  à  l’embouchure  des 
cours  d’eau ,  soit  des  affluents  dans  les 
fleuves  principaux ,  soit  de  ceux-ci  dans  la 
mer ,  que  se  déposent  les  grands  Attérisse¬ 
ments.  Les  courants,  ralentis  dans  leur 
marche  par  l’action  d’autres  courants  ou 
par  les  mouvements  périodiques  ou  irré¬ 
guliers  des  vagues  de  la  mer ,  laissent  dé¬ 
poser  les  sédiments  qu’ils  transportent  ; 
des  hauts  fonds ,  des  bancs ,  des  barrages  , 
sont  le  produit  de  ces  dépôts  ;  ils  s’élèvent 
successivement ,  forment  des  îles  à  des  dis¬ 
tances  plus  ou  moins  grandes  des  côtes  ; 
mais ,  graduellement  entre  celles-ci  et  les 
premiers  Attérissements,  l’espace  se  trouve 
comblé.  A  des  lagunes  peu  profondes  suc¬ 
cèdent  des  étangs ,  des  marécages ,  puis 
enfin  de  vastes  plages  que  les  hommes  ne 
tardent  pas  à  rendre  habitables  et  dont  ils 
s’emparent,  à  cause  de  leur  grande  fertilité. 
Le  delta  du  Nil ,  celui  du  Gange  ,  ceux  des 
grands  fleuves  de  l’Amérique ,  une  partie 
des  côtes  de  la  Provence  ,  toute  la  Hollande 
et  les  bords  méridionaux  de  la  mer  Baltique, 
ne  sont  que  des  Attérissements,  dont  l’éten¬ 
due  et  la  forme  ont  considérablement  varié 
depuis  les  temps  historiques. 

On  reviendra ,  à  l’article  eau  et  forma¬ 
tion,  sur  l’histoire  des  Attérissements.  Voy. 
ces  mots.  (C.  P.) 

ATTICUS.  pois.  —  Synonyme  ^Es¬ 
turgeon.  Voyez  ce  mot. 

*  ATTJDES  (  Attus ,  genre  d’Aranéi- 


ATT 


ATT 


325 


des),  arach.  — MM.  Sundevall  et  Koch 
nomment  ainsi  la  famille  de  l’ordre  des 
Aranéides,  qui  comprend  le  genre  Atte  ou 
Saltique  et  ses  subdivisions,  ainsi  que  les 
Palmanes  et  les  Creses.  (P.  G.) 

ATTIER.  bot.  th.  — Nom  vulgaire  de 
l1  Anona,  squamosa  L.  ,  ou  Corosollier 
écailleux.  (Sp.) 

*  ATTILA.  Attila .  ois. — Genre  formé 
par  M.  Lesson,  dans  son  Traité  (T  Ornitho¬ 
logie,  sur  une  seule  espèce  américaine  du 
Musée  de  Paris.  Les  caractères  qu’il  assigne 
à  ce  genre,  qu’il  place  dans  sa  famille  des 
Coracines,  sont  :  «  Bec  triangulaire,  allongé, 
dilaté  à  la  base  ;  à  fosses  nasales  profondes, 
avec  l’arête  saillante,  arrondie,  terminée  en 
crochet  aigu  ;  mandibule  supérieure  com¬ 
primée  vers  l’extrémité,  dentée  5  bouche  ci¬ 
liée  ;  ailes  allongées ,  à  troisième  rémige  la 
plus  longue  ;  queue  ample,  élargie,  presque 
rectiligne  ;  tarses  allongés ,  scutellés.  » 

La  seule  espèce  du  genre  est  l’ Attila  bré¬ 
silien,  Attila  b  ras  i  liens  is  Le  ss.,  ou  Ty¬ 
ran  olive,  du  Musée  de  Paris,  à  bec  et  tar¬ 
ses  rougeâtres  ;  à  plumage  vert  olivâtre  en 
dessus ,  vert  jaunâtre  en  dessous ,  avec  le 
bas-Yentrc  jaune  clair  et  la  queue  roux  ca¬ 
ndie. 

Nous  ne  savons  pas  quel  est  cet  oiseau  et 
ne  pouvons  par  conséquent  émettre  aucune 
opinion  sur  ce  genre.  (Lafr.) 

ATTRACTION.  -*•  On  nomme  ainsi 
la  cause  ou  la  force  qui  sollicite  les  parties 
de  la  matière  à  se  porter  les  unes  vers  les 
autres.  Newton,  qui  a  établi  les  principales 
lois  de  cette  force  ,  en  a  fait  connaître  l’im¬ 
mense  influence  dans  les  grands  phénomè¬ 
nes  de  la  nature. 

L’attraction,  combinée  avec  une  impulsion 
primitive ,  fait  décrire  à  la  terre  et  aux  au¬ 
tres  planètes  des  orbites  elliptiques,  dont  le 
soleil  est  un  des  foyers  ,  et  qui ,  en  s’allon¬ 
geant  indéfiniment,  deviennent  les  orbites 
paraboliques  des  comètes.  C’est  elle  qui  fixe 
de  même  les  divers  systèmes  de  .satellites 
autour  de  leur  planète ,  et  qui  règle  leur 
cours.  C’est  elle  qui  produit  la  pesanteur  à 
la  surface  de  la  terre  et  des  autres  corps 
célestes,  le  poids  n’étant  que  l’effort  total 
des  forces  attractives.  C’est  elle  qui,  com¬ 
binée  avec  la  force  centrifuge  du  mouve¬ 
ment  de  rotation,  et  agissant  sur  des  mas¬ 
ses  encore  fluides,  a  élevé  l’équateur  des 


j  planètes  et  aplati  leurs  pôles  ;  l’est  elle  enfin 
:  qui  produit  la  nutation  de  l’axe  terrestre ,  la 
:  précession  des  équinoxes ,  ainsi  que  le  flux 
et  le  reflux  des  mers.  Tous  ces  phénomènes 
sont  autant  de  conséquences  nécessaires  et 
calculables  du  principe  de  l’attraction  uni¬ 
verselle. 

Outre  le  genre  d’attraction  que  nous  ve¬ 
nons  de  considérer,  il  existe  encore  d’autres 
forces  dont  la  tendance  est  semblable,  mais 
qui  se  développent  seulement  lorsque  les 
molécules  de  la  matière  sont  rapprochées 
les  unes  des  autres,  à  de  très  petites  distan¬ 
ces  pour  notre  appréciation.  Néanmoins  leur 
action  n’est  réellement  pas  limitée  :  au  con¬ 
traire  ,  elle  s’étend  aussi  indéfiniment  dans 
l’espace  ;  mais  son  intensité  décroît  avec 
l’éloignement  d’une  manière  tellement  ra¬ 
pide,  qu’elle  ne  peut,  pour  ainsi  dire  ,  pro¬ 
duire  d’effets  sensibles  que  tout  près  du 
contact  apparent.  Ce  sont  ces  forces  qui  pro¬ 
duisent  tous  les  phénomènes  chimiques ,  et 
l’ascension  ou  la  dépression  des  liquides  par 
rapport  à  leur  niveau  naturel,  dans  des  tu¬ 
bes  très  étroits ,  etc. 

On  observe  encore  dans  la  nature  des  for¬ 
ces  attractives  d’un  autre  genre,  qui  s’exer¬ 
cent  seulement  entre  certains  corps ,  ou 
entre  des  cofps  modifiés  d’une  certaine  ma¬ 
nière.  Telles  sont  les  attractions  magné¬ 
tiques  et  électriques  ;  les  premières  ayant 
lieu  seulement  entre  les  métaux  susceptibles 
d’aimantation ,  et  les  dernières  seulement 
entre  les  corps  amenés  à  l’état  électrique 
par  la  communication  ,  le  frottement,  etc.; 
il  se  produit  dans  ces  différents  cas  des 
forces  répulsives.  Nous  citerons  enfin  les 
attractions  qui  appartiennent  à  l’endosmose 
et  à  la  caléfaction ,  l’attraction  qu’exercent 
les  hautes  montagnes ,  etc. 

L’attraction  a  de  bonne  heure  occupé 
l’esprit  des  hommes  qui  cherchent  la  raison 
des  choses.  Différents  écrits  des  anciens 
prouvent  que  ceux-ci  avaient  des  idées  plus 
ou  moins  nettes  sur  l’attraction  de  la  ma¬ 
tière,  et  même  sur  la  gravitation  céleste. 
Parmi  les  modernes ,  c’est  Nicolas  Copernic 
qui,  le  premier,  a  employé  le  mot  Pe¬ 
santeur  pour  expliquer  la  cause  de  la  ten¬ 
dance  des  corps  à  prendre  la  forme  sphéri¬ 
que.  Le  docteur  Gilbert  parle  aussi  d’une 
attraction  générale ,  mais  il  ne  la  distingue 
pas  assez  clairement  de  l’attraction  magné- 


326 


ATT 


ATT 


tique.  Cette  distinction  est  mieux  établie  par 
François  Bâcon.  Il  représente  l’attraction 
comme  une  force  générale  de  la  nature,  et 
qui  s’applique  au  mouvement  des  corps 
célestes.  Néanmoins,  personne  avant  Des¬ 
cartes  et  Newton  ne  s’était  fait  une  idée 
aussi  juste  de  l’attraction  que  Hooke.  Des¬ 
cartes  regarda  l’éther  comme  la  cause  de  la 
plupart  des  phénomènes,  par  conséquent 
de  l’attraction  5  et  il  a  trouvé  sur  ce  point 
beaucoup  de  partisans.  Newton  eut,  dans 
le  principe ,  une  opinion  semblable  :  c’est 
de  la  pression ,  de  la  gravitation  de  l’éther, 
mais  non  des  tourbillons  ,  qu’il  fit  d’abord 
dériver  la  pesanteur.  Il  parie  d’un  éther  très 
subtil,  répandu  dans  toute  la  nature,  et  qui, 
par  suite,  existe  dans  tous  les  corps ,  dans 
les  pores  desquels  il  doit  encore  être  plus 
subtil.  En  partant  de  ces  idées  premières, 
il  expliqua  la  réfraction  de  la  lumière ,  la 
cohésion ,  l’adhésion  et  les  combinaisons 
chimiques.  De  même  que  cet  éther,  par  sa 
pression  constante,  déterminait  la  cohésion 
des  particules  des  corps,  de  même,  agis¬ 
sant  sur  tous  les  corps  et  sur  toute  la  sur¬ 
face  de  la  terre,  simultanément,  il  forçait 
ces  corps  à  tendre  constamment  vers  le  cen¬ 
tre  du  globe. 

Comme  on  ne  connaît  l’attraction  que 
par  ses  effets  et  non  par  sa  nature  intime, 
on  s’est  demandé  si  tous  les  phénomènes 
dont  nous  avons  parlé  appartenaient  à  une 
cause  unique,  bien  que  modifiée  dans  quel¬ 
ques  circonstances  5  ou  s’il  faut  les  attri¬ 
buer  à  plusieurs  causes ,  dont  l’action  con¬ 
comitante  produit  les  phénomènes  que  nous 
percevons.  Newton  assure  qu’il  considère 
les  forces  centripètes  comme  des  attractions, 
quoiqu’elles  ne  soient  peut-être ,  physique¬ 
ment  parlant,  que  de  véritables  impulsions. 
A  la  fin  de  son  traité  d’optique ,  il  s’expli¬ 
que  encore  sur  ce  sujet.  Je  n’examine  point, 
dit-il,  quelle  peut  être  la  cause  de  ces  at¬ 
tractions;  ce  que  j’appelle  ici  attraction 
peut-être  produit  par  impulsion ,  ou  par 
d’autres  moyens  qui  me  sont  inconnus  ;  je 
n’emploie  ce  mot  attraction ,  que  pour  qua¬ 
lifier  en  général  une  force  quelconque ,  en 
vertu  de  laquelle  les  corps  tendent  récipro¬ 
quement  les  uns  vers  les  autres ,  quelle 
qu’en  soit  la  cause.  S’Grave  Sande,  disciple 
de  Newton ,  s’est  tenu  dans  une  pareille  ré¬ 
serve  ;  mais ,  pendant  quelques  années ,  ce 


sujet  a  été  vivement  discuté.  On  voulait  à 
toute  force  découvrir  si  l’attraction  était 
une  qualité  essentielle  de  la  matière  ou  bien 
une  qualité  purement  adventive. 

Cette  question  agita  les  esprits  pendant 
un  assez  grand  nombre  d’années;  Kant  lui- 
même  crut  devoir  s’en  occuper.  Or,  il  con¬ 
sidéra  l’attraction  comme  une  force  infinie, 
absolue,  mais  qui  ne  peut  devenir  mani¬ 
feste  ou  objective  que  par  l’existence  de  la 
matière  ;  il  la  regarda  toutefois  comme  une 
force  spécialement  adventive  à  toute  ma¬ 
tière  connue. 

Depuis  quelque  temps ,  des  savants  ont 
prétendu  qu’il  était  oiseux  de  chercher  à 
expliquer  l’attraction.  Il  est  vrai  que  la  na¬ 
ture  intime  de  l’attraction  nous  sera  tou¬ 
jours  cachée  ;  qu’en  essayant  de  l’expliquer 
on  ne  fera  que  reculer  la  difficulté  ;  mais , 
dans  les  sciences  humaines  ,  expliquer  un 
phénomène  général,  c’est  le  rattacher  à  une 
cause  plus  générale  encore,  à  une  cause 
qui  rende  raison  et  du  phénomène  à  expli¬ 
quer  et  d’autres  phénomènes  généraux , 
paraissant  de  prime  abord  n’avoir  au¬ 
cune  relation  directe  avec  le  premier  ;  aussi 
plusieurs  autres  savants  illustres  de  nos 
jours ,  parmi  lesquels  nous  citerons  M. 
Arago,  pensent-ils  que  la  question  mérite 
d’être  approfondie  sous  ce  point  de  Yue. 

Naguère  MM.  Ampère  ,  Cauchy,  Savary, 
Becquerel,  de  La  Rive,  etc.,  ont  écrit,  sur 
la  constitution  des  corps  et  sur  la  nature 
des  agents,  des  travaux  qui  sont  destinés  à 
jeter  un  grand  jour  sur  l’attraction  et  les 
phénomènes  dépendants  de  cette  cause  ; 
nous  en  parlerons  aux  mots  cori>s,  matière, 
causes,  calorique,  etc.  Tout  récemment  M. 
de  Tessan  a  rattaché  à  la  cause  de  la  lumière 
l’attraction  moléculaire  à  grande  distance , 
et  l’attraction  moléculaire  à  petite  distance. 
Ce  savant  est  parti  des  travaux  de  Descar¬ 
tes  ,  de  Huyghens ,  d’Euler,  d’Young ,  de 
Fresnel,  sur  la  théorie  de  la  lumière,  et  du 
résultat  suivant ,  obtenu  par  M.  Lamé  et 
confirmé  en  partie  par  M.  Cauchy  :  l’exis¬ 
tence  de  corps  transparents  entraîne  néces¬ 
sairement  la  conclusion  que,  dans  l’éther  en 
équilibre,  la  pression  est  constamment  pro¬ 
portionnelle  à  la  densité  de  ce  fluide  ;  que 
les  molécules  des  corps  transparents  re¬ 
poussent  le  fluide  étbéré  ;  qu’en  fin  cette 
force  de  répulsion  suit  la  loi  de  la  raison  im 


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verse  du  carré  de  la  distance.  Il  prétend  avoir 
démontré  que  les  molécules  des  corps  ne 
s’attirent  pas  réellement  les  unes  les  autres, 
mais  qu’elles  sont  poussées  les  unes  vers  les 
autres  par  l’éther  qui  les  environne.  Il  croit 
avoir  démontré  aussi  que  cette  poussée  ou 
attraction  apparente  est  proportionnelle  à  la 
masse  des  corps,  et  qu’elle  varie  suivant  la 
raison  inverse  du  carré  de  leur  distance, 
quand  cette  distance  est  grande  ;  ce  qui  est 
le  caractère  de  la  gravitation.  Il  dit  avoir 
démontré,  enfin,  que  l’attraction  apparente 
de  deux  molécules  est  nulle ,  si  la  distance, 
venant  à  croître,  cesse  d’être  nulle;  qu’elle 
acquiert  une  très  grande  intensité  pour  une 
distance  encore  excessivement  petite  des 
deux  molécules  ;  et  qu’elle  décroît  ensuite 
avec  une  extrême  rapidité,  quand  la  distance 
continue  à  augmenter.  Tels  sont  les  carac¬ 
tères  de  la  force  de  cohésion  qui,  combinée 
avec  la  force  de  répulsion ,  rend  compte  de 
tous  les  phénomènes  que  présentent  les  di¬ 
vers  états  des  corps. 

Les  conclusions  du  travail  de  M.  de  Tes- 
san  sont  donc  les  suivantes  :  les  molécules 
des  corps  ne  s’attirent  réellement  pas  les 
unes  les  autres ,  mais  elles  sont  poussées 
les  unes  vers  les  autres  par  l’éther  envi¬ 
ronnant  ;  la  cause  de  l’attraction  apparente 
qu’on  observe  est  la  même  que  celle  de  la 
lumière ,  de  la  chaleur  :  c’est  là,  enfin ,  une 
conséquence  forcée  de  la  théorie  des  ondu¬ 
lations. 

Il  est  remarquable  que  la  cause  de  l’at¬ 
traction  se  trouve  être  ,  pour  M.  de  Tes- 
san,  à  très  peu  de  chose  près  celle  que 
Newton  lui  avait  assignée.  Or,  s’il  est  vrai 
que  la  cause  réelle,  la  cause  physique  de  la 
chaleur  réside  dans  l’éther,  comme  celle  de 
la  lumière  et  de  l’attraction  ,  on  peut  rai¬ 
sonnablement  espérer  qu’on  aura  bientôt 
rattaché  à  la  même  cause  les  phénomènes 
de  l’électricité,  dont  les  rapports  avec  ceux 
de  la  lumière ,  de  l’attraction  et  de  la  cha¬ 
leur  ,  sont  si  nombreux  et  si  intimes  ;  en 
sorte  que  l’éther ,  dont  on  parlait  à  peine , 
il  y  a  quelques  années,  dont  le  nom  même 
était  exclu  de  la  science ,  se  présenterait  au¬ 
jourd’hui  comme  la  cause  unique  de  presque 
tous  les  phénomènes  connus  de  la  nature. 

Les  conclusions  du  Mémoire  de  M.  de 
Tessan,  relatives  à  la  force  d’inertie ,  se¬ 
raient  de  nature  à  changer  complètement 


ATT  327 

les  idées  admises  aujourd’hui  sur  cette  pro- 
priété  générale  des  corps;  et  l’on  serait 
forcé  de  revenir  à  l’idée  première  que  na¬ 
turellement  on  s’en  fait ,  c’est-à-dire  à  l’i¬ 
dée  d’une  résistance  réelle ,  opposée  aux 
variations  du  mouvement  des  corps,  comme 
les  anciens  philosophes  l’admettaient,  avec 
cette  différence  toutefois  qu’ils  plaçaient 
cette  résistance  dans  les  corps  visibles  et 
palpables  ,  tandis  qu’il  faudrait  la  placer 
dans  l’éther  environnant,  qu’on  ne  peut  ni 
voir,  ni  toucher. 

Newton  a  ramené  à  l’attraction  toutes 
les  lois  découvertes  par  Képîer,  ainsi  que 
par  les  autres  astronomes  qui  l’avaient  pré¬ 
cédé  ,  en  y  ajoutant  d’autres  lois  que  lui  fit 
découvrir  sa  prodigieuse  sagacité.  Il  édifia 
alors  ce  grand  système  de  l’attraction  uni¬ 
verselle  ,  qu’on  peut  regarder  comme  la 
plus  belle  création  de  l’esprit  humain. 

Nous  allons  donc  présenter  les  principa¬ 
les  lois  qui  se  rapportent  à  l’attraction. 
Yoici  celles  deKépler  :  1°  Les  aires,  décrites 
par  les  rayons  vecteurs  des  planètes  dans 
leur  mouvement  autour  du  soleil,  sont  pro¬ 
portionnelles  aux  temps.  Il  en  résulte,  par 
le  calcul,  que  la  force,  qui  sollicite  les  pla¬ 
nètes,  est  dirigée  vers  le  centre  du  soleil. 
2° Les  orbes  des  planètes  et  des  comètes  sont 
des  sections  coniques,  des  ellipses,  dont  le 
soleil  occupe  un  des  foyers.  On  en  conclut 
que  la  force  qui  les  anime ,  est  en  raison 
inverse  du  carré  de  la  distance  du  centre 
de  ces  astres  à  celui  du  soleil  ;  réciproque¬ 
ment  ,  dès  que  la  force  suit  cette  raison  ,  la 
courbe  est  une  section  conique.  3°  Les  car¬ 
rés  des  temps  des  révolutions  des  planètes 
autour  du  soleil ,  sont  proportionnels  aux 
cubes  des  grands  axes  de  leurs  orbites. 
On  déduit  de  cette  troisième  loi  que  cette 
force  est  la  même  pour  tous  les  corps  ; 
qu’elle  ne  varie  de  l’un  à  l’autre  qu’en  rai¬ 
son  de  leur  distance  au  soleil  ;  en  sorte  que, 
s’ils  étaient  placés  à  des  distances  égales 
autour  du  centre  du  soleil,  et  abandonnés  à 
l’action  de  la  force  ,  qui  les  pousse  vers  cet 
astre,  ils  emploieraient  tous  le  même  temps 
à  tomber  sur  sa  surface  ;  d’où  l’on  voit  que 
la  force  qui  les  sollicite  pénètre  chacune  de 
leurs  molécules,  et  est  proportionnelle  à 
leur  masse. 

Newton  a  établi  les  principes  suivants  : 
l’attraction  ne  dépend  pas  du  temps  ;  car 


328 


ATT 


ATT 


elle  s’exercerait  immédiatement,  quelle  que 
fût  la  distance  entre  des  corps  qui  seraient 
créés  tout-à-coup  ;  de  plus,  elle  se  mani¬ 
feste  indifféremment  à  travers  toutes  les 
substances,  quel  que  soit  aussi  leur  état  de 
repos  ou  de  mouvement  ;  elle  est  toujours 
réciproque;  enfin,  elle  est  proportionnelle 
aux  masses  des  corps ,  tandis  qu’elle  a  lieu 
en  raison  inverse  des  carrés  de  leurs  dis¬ 
tances. 

Laplace ,  en  admettant  que ,  dans  les 
corps  les  plus  denses ,  la  somme  des  pores 
est  incomparablement  plus  considérable 
que  la  masse  des  corps  ,  a  ramené  l’attrac¬ 
tion  atomique  ou  moléculaire  à  l’attraction 
planétaire.  Les  conséquences  de  l’hypo¬ 
thèse  de  Laplace  et  du  calcul  de  Schmidt 
paraissent  être  admissibles,  en  faisant  la 
part  des  modifications  particulières  que 
peut  apporter  la  nature  des  corps. 

Coulomb  et  d’autres  physiciens  ont  dé¬ 
montré  que  les  lois  des  attractions  et  ré¬ 
pulsions  électriques  suivent  celles  de  l’at¬ 
traction  céleste. 

Enfin  on  a  reconnu  que  les  lois  de  l’at¬ 
traction  s’appliquent  à  notre  système  so¬ 
laire  entier  ;  et  l’analogie  peut  faire  pen¬ 
ser  qu’elles  régissent  les  autres  systèmes , 
et  par  suite  que  l’attraction  est  universelle. 
Au  reste ,  dans  l’observation  et  l’analyse 
des  phénomènes  qui  résultent  de  l’attrac¬ 
tion  ,  il  nous  est  souvent  impossible  d’em¬ 
brasser  tous  les  faits  particuliers,  toutes  les 
petites  causes  auxiliaires  ou  fortuites  qui 
concourent  à  l’accomplissement  de  l’en¬ 
semble.  De  là,  les  variétés  des  phénomè¬ 
nes  et  les  divisions  que  nous  établissons 
dans  les  lois  de  l’attraction  combinée  ;  mais, 
nous  le  répétons,  l’attraction  paraît  être  une 
cause  générale. 

Ce  qui  précède  suffit  pour  montrer  que  , 
par  rapport  aux  mouvements  célestes ,  le 
mot  attraction  n’est  au  fond  que  l’énoncia¬ 
tion  d’un  fait  certain  et  susceptible  de  me¬ 
sure  précise ,  et  que  toutes  les  consé¬ 
quences  déduites  par  le  calcul  demeureront 
vraies,  quelles  que  soient  les  diverses  cau¬ 
ses  qu’on  veuille  assigner  à  ce  fait. 

Comme  nous  l’avons  vu  ,  on  a  beaucoup 
discuté  sur  la  nature  de  l’attraction.  Son 
essence  a  toujours  été  réellement  cachée 
pour  les  observateurs  ;  car  l’homme  perçoit 
seulement  des  phénomènes  plus  ou  moins 


simples;  il  les  analyse,  mais  il  ne  voit  que 
des  faits  d’un  certain  ordre,  dans  une  cer¬ 
taine  limite  ,  et  non  la  cause  première  à 
laquelle  le  fait  obéit  en  s’accomplissant. 
Néanmoins,  en  comparant  les  phénomènes, 
en  les  généralisant,  nous  déduisons  des 
conséquences  qui  sont  regardées  comme  des 
lois  pour  la  sphère  de  nos  connaissances. 
Or,  si  nous  partions  de  ce  principe  et  si  nous 
devions  formuler  une  opinion,  nous  serions 
portés  à  croire  que  les  vibrations  de  l’éther 
donnent  naissance  aux  agents,  et  que  ces 
mouvements  proviennent  d’une  force  pre¬ 
mière  immatérielle,  unique  et  modifiée,  se¬ 
lon  une  loi  de  la  nature. 

On  donne  à  l’attraction  des  noms  parti¬ 
culiers  ,  suivant  les  circonstances  diffé¬ 
rentes  dans  lesquelles  elle  s’exerce ,  et  le 
genre  d’effets  qu’elle  produit.  On  l’appelle 
gravitation  ou  attraction  planétaire  ,  ou 
bien  encore  attraction  céleste ,  lorsqu’elle  a 
lieu  entre  les  astres;  pesanteur  ou  at¬ 
traction  terrestre ,  quand  elle  est  rela¬ 
tive  à  la  terre ,  ainsi  qu’aux  corps  qui  dé¬ 
pendent  de  celle-ci  ;  adhésion  ,  lorsque 
certains  liquides  adhèrent  aux  corps  solides 
qu’on  y  plonge  ,  ou  lorsque  les  particules 
liquides  ont  entre  elles  une  adhérence  très 
sensible,  ou  bien  encore  lorsque,  après 
avoir  mis  en  contact  les  surfaces  de  deux 
corps  solides  ,  ils  adhèrent  aussi  sensible¬ 
ment  ;  capillarité ,  quand  on  plonge  un 
tube  très  fin  dans  un  liquide,  et  que  le  li¬ 
quide  contenu  dans  le  tube  s’élève  au-dessus 
ou  s’abaisse  au-dessous  du  niveau  du  liquide 
extérieur,  ou  bien  quand  un  phénomène 
analogue  a  lieu  avec  des  corps  de  forme  et 
d’espèce  différentes;  cohésion  ou  attraction 
d’agrégation ,  lorsqu’elle  s’exerce  entre  les 
parties,  atomes  ou  molécules  de  même 
espèce  ;  affinité  ou  attraction  de  composi¬ 
tion,  lorsqu’elle  a  lieu  entre  les  parties  ou 
atomes  d’espèces  différentes.  On  donne 
également  à  la  cohésion  et  à  l’affinité  le 
nom  d’ attraction  atomique  ou  molécu- 
laire. Enfin  il  est  probable  que  X endosmose 
ou  la  cause  qui  permet  à  une  surface  po¬ 
reuse  d’absorber  plus  de  liquide  que  sa  ca¬ 
pacité  ne  peut  en  contenir  ,  que  Xoxos- 
mose ,  la  caléfaction ,  X  absorption  ,  la 
viscosité ,  l’ élasticité ,  etc. ,  sont  aussi 
des  cas  particuliers  de  l’attraction.  On  trou¬ 
verait  peut-être  encore  ;  si  l’on  voulait  ap- 


ATY 


ATY 


profondir  le  sujet,  que  la  piupart  des  phé¬ 
nomènes  de  la  végétation  et  de  la  vie  sont 
soumis  aux  lois  générales  de  l’attraction  ; 
mais  nous  laissons  à  d’autres  le  soin  de  dis¬ 
cuter  ces  questions ,  qui  touchent  de  trop 
près  aux  croyances  philosophiques  et  reli¬ 
gieuses.  Voyez  surtout  les  mots  :  causes  , 

FORCE,  ÉTHER,  GRAVITATION  ,  TESANTEUR  ,  CO¬ 
HESION  ,  COMBINAISONS  ,  CALEFACTION  ,  CAPIL¬ 
LARITE  ,  ÉLECTRICITÉ ,  MAGNÉTISME,  ENDOS¬ 
MOSE,  exosmose.  (Rivière.) 

ATTRACTION  des  montagnes.  Voyez 

MONTAGNES.  (R.) 

ATTRAPE-MOUCHE,  ois.  —  Syno¬ 
nyme  de  Gohc-mouche.  Voyez  ce  mot. 

(G.  d’O.) 

ATTRAPE-MOUCHE,  bot.  ph.  — 
Nom  vulgaire  du  Dionœa  museipulti  L., 
du  Silcne  musctpula  L.,  de  X  Apocynum 
andro s æmi folium  L.»  et  de  plusieurs  au¬ 
tres  plantes.  (Sr.) 

ATTUS.  ins.  —  Voyez  atte. 

ATTUS.  arach.  —  Voyez  atte. 

ATUNUS.  Rumph.,  Amh.  III,  tab.  63. 
bot.  ph.  —  Espèce  du  g.  Heritiera ,  famille 
des  Sterculiacées.  (Sp.) 

ATURIOjN  ou  ATYRION  (  à  priv.  ; 
ôûpiov,  turion  ).  bot.  foss.  —  Mauvaise  or¬ 
thographe  du  mot  grec  Athyrion ,  employé 
par  Dioscoride  pour  désigner  une  fougère 
qu’Adanson  place  dans  son  genre  Ceterach , 
qui  correspond  au  genre  asplénium  de 
la  plupart  des  auteurs,  et  comprend  le 
Ceterach  et  VAthyrii/m  des  botanistes 
plus  modernes.  Voy.  athyrium.  (Ad.  B.) 

*  ATYCHIDES.  Atychidœ.  ins.  — 
Tribu  de  Lépidoptères  crépusculaires ,  que 
nous  avons  établie  aux  dépens  de  celle  des 
Zigénides  de  Latreille  ,  et  à  laquelle  nous 
donnons  les  caractères  suivants  :  Antennes 
courtes,  diminuant  insensiblement  de  gros¬ 
seur  de  la  base  au  sommet,  bipectinées 
dans  les  mâles  et  simplement  ciliées  dans 
les  femelles.  Tête  très  petite.  Palpes  sépa¬ 
rés  du  front,  velus  ou  écailleux.  Trompe 
nulle  ou  presque  nulle.  Abdomen  long  et 
volumineux  dans  les  femelles.  Ailes  plus  ou 
moins  courtes.  Chenilles  inconnues.-— Cette 
tribu  ne  renferme  que  le  genre  Atychic. 
Voy.  ce  mot.  (D.) 

ATYCHIE.  Atychia  (àru misère). 
ins.  —  Genre  de  l’ordre  des  Lépidoptères , 
famille  des  Crépusculaires ,  créé  par  Holï- 


329 

mansegget  adopté  par  Latreille,  qui  le  place 
dans  la  tribu  des  Zygénides  ;  mais  nous 
pensons  qu’il  doit  en  être  distrait  pour  for¬ 
mer,  comme  nous  l’avons  fait  dans  notre  Ca¬ 
talogue  méthodique  des  Lépidoptères  d’Eu¬ 
rope,  le  type  d’une  nouvelle  tribu.  Ses  ca¬ 
ractères  sont  :  Tête  beaucoup  plus  étroite 
et  plus  basse  que  le  corselet.  Yeux  assez 
gros.  Palpes  droits,  velus,  séparés  du  front 
et  dépassant  le  chaperon  ,  avec  le  dernier 
article  très  distinct.  Antennes  courtes,  dé¬ 
croissant  insensiblement  de  la  base  à  la 
pointe,  bipectinées  dans  les  mâles  et  sim¬ 
plement  ciliées  dans  les  femelles.  Corselet 
très  velu.  Abdomen  de  grandeur  ordinaire 
dans  les  mâles ,  mais  très  long  et  renflé  vers 
le  milieu  dans  les  femelles,  avec  le  dernier 
segment  cylindrique,  et  beaucoup  plus  long 
et  plus  étroit  que  les  précédents.  Ergots 
des  jambes  postérieures  très  forts.  Ailes 
courtes  ;  les  supérieures  très  étroites. 

Les  chenilles  des  Atychies  ne  sont  pas 
encore  connues;  mais,  d’après  l’oviducte 
en  forme  de  tarière  de  la  femelle,  il  y  a 
lieu  de  croire  qu’elles  vivent,  comme  celles 
des  Sésies,  dans  l’intérieur  des  végétaux. 

Ce  genre,  dont  toutes  les  espèces,  au 
nombre  de  cinq,  appartiennent  particulière¬ 
ment  au  midi  de  l’Europe ,  a  pour  type  le 
Sphinx  appeadiculata  d’Esper,  ou  Chi- 
moora  de  Hubner.  Ce  dernier  nom  a  été 
converti  en  nom  générique  par  Ochsenhei- 
mer,  et  substitué  sans  motif  par  cet  auteur 
à  celui  tfAiychia  de  Hoffmansegg,  qu’il 
a  appliqué  aux  espèces  des  genres  Procris 
et  Aglaope  de  Latreille,  dont  nous  suivons 
la  nomenclature  ,  comme  ayant  pour  elle 
l’antériorité.  Voy.  ces  mots.  (D.) 

ATYE.  crust.  —  Genrê  de  Décapodes 
Macroures  de  la  famille  des  Salicoques  et 
de  la  tribu  des  Alphéens ,  remarquable  par 
la  grosseur  des  pattes  des  trois  dernières 
paires  et  la  conformation  anormale  de  celle 
des  deux  paires  antérieures  qui  sont  petites 
et  terminées  par  une  main  ovalaire ,  didac- 
tylc,  fendue  dans  toute  sa  longueur  et  arti¬ 
culée  avec  le  carpe  par  le  milieu  de  son  bord 
inférieur.  Ce  genre,  établi  par  Leacli,  ne  ren¬ 
ferme  encore  qu’une  seule  espèce,  propre 
aux  côtes  du  Mexique.  (M.  E.) 

ATYLE  (à  priv.;  tuXcç  ,  appendice). 
crust.  —  Genre  de  l’ordre  des  Crustacés 
Amphipodes,  établi  par  Leach  et  rangé  par 
21* 


T.  II. 


330 


ATY 


Milne  Edwards  dans  la  tribu  des  Cre- 
vettines  marcheuses ,  à  côté  des  Coro- 
phies,  etc.  ;  mais  n’ayant  pas  comme  celles-ci 
les  antennes  pédiformes  et  ayant  toutes  des 
pattes  non  chélifères.  (M.  E.) 

*  ATYLOSIA,  Wight  et  Arn.  (à  priv*. 

tuXo;,  callosité),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Légumineuses  (s. -ordre  des  Papi- 
lionacées,  tribu  des  Phaséolées,  et  voisin  des 
Cajanus ),  auquel  ses  auteurs (Prodr.Flor. 
Penins.  I?id .,  t.  I,  p.  257)  assignent  pour 
caract.  :  Calice  ébractéolé,  campanulé,  pro¬ 
fondément  2-labié  ;  lèvre  supérieure  courte- 
ment  2-fide;  lèvre  inférieure  3-partie,  à  seg¬ 
ment  moyen  plus  long  que  les  segments  laté¬ 
raux,  un  peu  plus  long  que  la  lèvre  supé¬ 
rieure.  Corolle  papilionacée ,  persistante, 
finalement  scarieuse  ;  étendard  large,  re¬ 
courbé,  point  calleux,  un  peu  plus  long  que 
les  autres  pétales  ;  carène  obtuse ,  légère¬ 
ment  falciforme.  Étamines  diadelphes  (9  et 
1),  alternativement  un  peu  plus  longues  et 
plus  courtes  ;  anthères  conformes.  Ovaire 
subquâdri-OYulé.  Style  à  partie  inférieure 
grêle,  poilue;  partie  supérieure  glabre  ;  stig¬ 
mate  subcapitellé.  Légume  oblong-linéaire, 
comprimé,  sub-4-sperme,  septulé  entre  les 
graines,  légèrement  toruleux.  Graines  sub¬ 
globuleuses  ,  caronculées  ;  hile  elliptique- 
oblong  ;  caroncule  grande,  charnue.  —  Ar¬ 
bustes  dressés  ou  diffus.  Branches  velues 
ou  cotonneuses.  Feuilles  digitées-trifolio- 
lées  ;  folioles  3-nervées  à  la  base,  non  sti- 
pellées.  Pédoncules  axillaires  ou  en  grappes 
terminales,  ordinairement  2-flores.  Légume 
velu  ou  cotonneux. — Ce  genre  est  propre  à 
l’Inde.  MM.  Wight  et  Arnott  y  rangent 
4  esp.,  dont  une  (  Atylosia  Candollii 
W.  et  A.  )  est  le  Collœa  trinervia  DC. 
(  Mèm.  Lègum.,  p.  247,  tab.  41  );  les  3 
autres  sont  nouvelles.  (Sr.) 

*  ATYPA  (  à  privatif  ;  tôttoç  ,  forme  ; 
informe  \  ins.  —  M.  Laporte  de  Castelnau 
(Ann.  Soc.  ent.  de  Fr.)  avait  employé  cette 
dénomination  pour  désigner  un  genre  de  la 
famille  desMembraciens,  de  l’ordre  des  Hé¬ 
miptères  homoptères,  qu’on  ne  saurait  dis¬ 
tinguer  du  genre  Hemiptycha  de  Germar, 
adopté  par  M.  Burmeister  et  par  nous  (Hist. 
des  anim.  art.  ,  G.).  Voy.  hemiptycha. 

(Be.) 

*  ATYPOMORPHOSE.  Atypo  rnor- 
phosis  rà  nrivj.  tutcoç,  type;  ^.opeprj ,  forme). 


AUB 

—  Expression  employée  en  entomologie 
pour  désigner  un  mode  de  métamorphose , 
dans  lequel  les  larves  se  changent  en  des 
nymphes  ou  chrysalides  ovoïdes  qui  ne  pré¬ 
sentent  à  l’extérieur  aucune  trace ,  soit  de 
leur  état  primitif,  soit  de  l’insecte  parfait; 
telles  sont  celles  de  la  plupart  des  Diptères. 

(D.) 

ATYPUS  (à  privât.;  rôxoç,  forme). 
arach. — Latreille  a  désigné,  sous  ce  nom,  un 
genre  de  l’ordre  des  Aranéides,  famille  des 
Téraphoses ,  qui  avait  été  établi  précédem¬ 
ment  par  M.  Walckenaër ,  sous  la  dénomi¬ 
nation  d’oRETERA.  Voy.  ce  mot.  (Br.) 

ATYS  ou  ATHYS  (nom  myth.).  moer. 
— Montfort  propose  ce  genre  dans  sa  Con¬ 
chyliologie  systématique ,  t.  II,  p.  14  2, 
pour  une  Coquille  appartenant  au  genre 
Bulle.  C’est  le  Bulla  naucum ,  dont  son 
auteur  veut  faire  le  type  de  ce  genre  complè¬ 
tement  inutile.  Voy.  burre.  (Desh.) 

ATYS.  mam.— Nom  spécifique  donné  par 
plusieurs  auteurs  à  un  Singe  blanc  qui  est 
une  simple  variété  albine.  D’après  l’examen 
récent  que  nous  avons  fait  de  cette  variété 
albine ,  l’espèce  à  laquelle  nous  avons  cru 
pouvoir  la  rapporter  avec  le  plus  de  vrai¬ 
semblance,  est  le  Ccrcopiihec  fusuligino- 
sus.  (I.  G.-S.-H.) 

*  AUBEXTONIA ,  Dombey.  bot.  ph. 

—  Synonyme  du  genre  Walthcria ,  de  la 

famille  des  Byttnériacées.  (Sp.) 

AUBÉPINE.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
commun  au  Mespilus  oxyacantha  L. , 
et  au  Mespilus  oxyacanthoides  Willd. 

(Sp.) 

AUBERGINE.  bot.  ph.  —  Synonyme 
de  Mèlongène  dans  nos  départements  mé¬ 
ridionaux.  Voy.  soranum.  (C.  n’O.) 

AUBERTIA  (Aubert  du  Petit-Thouars, 
botaniste),  bot.  cr. —  C’est  ainsi  que  Pali- 
sot  de  Beauvois  nommait  d’abord  un  genr  e 
de  Mousses ,  auquel  il  donna  plus  tard  le 
nom  de  Racopilum.  Voy.  ce  mot.  (C.  M.) 

AUBIER.  Alhurnum.  bot.  ph.  —  On 
appelle  ainsi,  dans  la  tige  ligneuse  des  vé¬ 
gétaux  dicotylédonés,  les  couches  ligneuses 
les  plus  extérieures,  qui,  par  leur  couleur 
généralement  plus  pâle  et  leur  moindre  so¬ 
lidité,  se  distinguent  au  premier  coup-d’œil 
du  bois  proprement  dit  ou  cœur  de  bois. 
Comme  il  n’existe  aucune  différence  de 
structure  entre  l’Aubier  et  le  Bois  propre- 


AUC 


AUC 


331 


ment  dit,  nous  traiterons  de  ces. deux  or¬ 
ganes  en  même  temps  au  mot  Bois.  Voy. 
bois.  (A.  R.) 

AUBIFOIN,  AUBITON.  bot.  ni.  — 
Noms  vulgaires  du  Centaurea  cyanus. 

Voy.  CENTAURÉE.  (C.  d’O.) 

AUBLETIA,  Lour.,  Flor.  Cochinch ., 
p.  348  (Aublet ,  auteur  d’une  flore  de  la 
Guyane),  bot.  ph.  —  Synonyme  du  genre 
Paliurus ,  Tourn.,  de  la  famille  des  Rham- 
nées.  (Sr.) 

AUBLETIA,  Schreb.,  Gen. bot.  ru. — 
Synonyme  du  genre  Apciba ,  Aubl.,  de  la 
famille  des  Tiliacées.  (Sr.) 

AUBOUR.  bot.  th.  — Le  même  qn’Al- 
bour,  synonyme  de  Vibumum  opulus  L. 
Voy.  viorne.  (C.  d’O.) 

AUBRESSIN.  bot.  th.  —  Nom  vul¬ 
gaire  du  Cratœgus  oxyacantha  L.  Voy. 
alizier.  (C.  d’O.) 

AUBRIER.  ois.  —  Nom  vulgaire  du 

Hobereau,  Falco  subhutcolj.  Voy.  fau¬ 
con.  (C.  d’O.) 

AUBRIETIA,  Adans.  bot.  th. — Genre 

de  la  famille  des  Crucifères  (tribu  des  Alys- 
sinées,  DC.;  Siliculeuses,  Spach).  Herbes  vi¬ 
vaces  ,  très  rameuses ,  touffues ,  à  tige  suf- 
frutescentes.  Feuilles  très  entières  ou  den¬ 
tées  ,  roselées  à  l’extrémité  des  ramules 
stériles.  Grappes  terminales  et  oppositifo- 
liées,  lâches,  nues,  pauciflores.  Pédicelles 
filiformes  ;  les  fructifères  point  réfléchis. 
Fleurs  inodores.  Corolle  d’un  pourpre  violet. 

Ce  genre  ne  comprend  que  2  espèces. 
VA.  deltoidea  DC.  (A  lyssurn  dcltoidcum 
L.),  dont  VA.  purpurea  du  même  auteur 
n’est  qu’une  variété ,  se  cultive  comme 
plante  d’ornement  ;  elle  forme  des  gazons 
serrés,  d’un  vert  glauque,  couverts  de  fleurs 
depuis  le  commencement  du  printemps  jus¬ 
qu’à  la  fin  de  mai  ;  elle  est  très  rustique , 
et  très  propre  à  garnir  des  glacis  ou  des 
rocailles.  Cette  plante  croît  dans  les  monta¬ 
gnes  de  l’Italie  méridionale,  de  la  Grèce,  de 
l’Asie  Mineure  et  de  la  Syrie.  VA.  Colum- 
7i æ  Ténor. ,  indigène  de  Calabre  et  des 
Abruzzes,  n’est  pas  moins  élégant  que  ses 
congénères.  (Sp.) 

*  AUBURON.  bot.  cr. — Nom  qu’on 

donne,  dans  le  département  des  Vosges,  à 
l’Agaric  poivré  (  Ag .  piperatiis  Auctor.), 
A.  acris  de  Bulliard.  (Lév.) 

*  AUCEPS.  arach.  —  M.  Walckenaër  I 


(  Ins.  aptères ,  Suites  à  Buflon)  dési¬ 
gne  sous  ce  nom  la  troisième  race  oli  di¬ 
vision  du  genre  Mygale,  ne  comprenant  en¬ 
core  qu’une  seule  espèce.  Voy.  mygale. 

(»*•) 

*  AUCHENANGIUM  (  a.ùyri'j  ,  COU  ; 
à'j-Ei'ov,  Yase).  bot.  cr. — Nom  par  lequel  Bri- 
del  avait  d’abord  fait  connaître  un  genre  de 
Mousses  acrocarpes,  qu’il  a  ensuite  désigné 
(  Bryol .  univ.  )  sous  celui  d 'O reas,  que 
MM.  Hooker  et  Schwægrichen  rapportent 
aux  Weissies,  et  qu’enfin  M.  Hornschuch  a 
définitivement  établi  en  lui  imposant  le 
nouveau  nom  de  Mielichhoferia.  Voy.  ce 
mot.  (C.  M.) 

AUGMENTA  (aùyîvtoç ,  qui  appartient  à 
la  tête  ou  au  cou),  ins.  — Genre  de  Coléop¬ 
tères  tétramères  ,  famille  des  Chrysoméli- 
nes  ,  établi  par  Mégerle  aux  dépens  du  g. 
Crioceris  de  Fabricius,  et  adopté  par  M. 
Dejean,  qui,  dans  son  dernier  Catalogue,  y 
rapporte  trois  espèces ,  toutes  d’Europe. 
M.  Westwood,  qui  l’adopte  également  dans 
son  Syjiopsis  of  Généra,  etc. ,  le  carac¬ 
térise  ainsi  :  Antennes  plus  courtes  que  le 
corps,  ayant  les  articles  allongés,  le  deuxième 
et  le  troisième  moins, longs  que  les  autres. 
Nous  citerons,  comme  type  du  g.,  V  Auche- 
nia  suhspinosa  (  Crioceris  id.  Fabr.  ) , 
qu’on  trouve  à  Paris  et  dans  presque  toutes 
les  Contrées  de  l’Europe.  (D.  et  C.) 

AUGMENTA,  (aùy^v,  cou),  mam,—  Nom 
latin  du  genre  Lama.  Voyez  ce  mot. 

AUCMÉNOPTERES.  (  a ùyry  ,  cou  ; 
iTTEpov ,  aile  ).  poiss.  —  Nom  donné  par 
M.  Duméril ,  dans  sa  Méthode  ichthyolo- 
gique ,  à  une  famille  de  Poissons  de  l’ordre 
des  Holobranches,  dont  les  nageoires  infé¬ 
rieures  précèdent  les  thoraciques  et  sont 
placées  sous  le  cou.  Elle  répond  à  l’ordre 
des  Jugulaires  de  Linné,  et  comprend  les 
genres  Callionyme  ,  Uranoscope  ,  Batra- 
choïde  ,  Murénoïde ,  Oligopode  ,  Blennie , 
Calliomore ,  Vive  ,  Gade ,  Chrysostrome  et 
Kurte ,  qui ,  dans  la  méthode  de  Cuvier  et 
dans  celle  de  M.  de  Blainville ,  sont  distri¬ 
bués  dans  plusieurs  ordres.  (C.  d’O.) 

AUCHÉNORHYNQUES  (  aùy;h'> ,  cou  j 
pô-yxoç,  bec),  ins. — M.  Duméril  (Considèr. 
gènèr.  sur  les  Ins.)  désigne,  sous  ce  nom, 
une  de  ses  familles  comprenant  la  plus 
grande  partie  des  Hémiptères  homoptères. 
et  renfermant  les  genres  Cicada  ,  Flata » 


332 


AUC 


AUD 


Mcmbracis ,  Fulgora ,  Lis  Ira,  Cercopis , 
Delphax,  Centrolus.  Voy.  chacun  de  ces 
mots.  (Bl.) 

*  AUCIIERA  (  Aucher-Eloy  ,  bota¬ 
niste-voyageur,  mort  à  Ispahan  ,  en  1839). 
bot.  ph.  —  La  seule  espèce  qui  consti¬ 
tue  ce  g.  est  originaire  de  la  Perse.  C’est 
une  herbe  vivace,  rameuse,  dont  la  tige 
porte  des  feuilles  pinnatiüdes ,  à  lobes  ai¬ 
gus,  et  terminée  en  une  sorte  de  panicule 
lâche  ,  composée  de  capitules  multiflores 
homogames,  présentant  un  involucre  com¬ 
posé  d’écailles  étroitement  imbriquées  et 
terminées  par  une  petite  pointe  raide  et 
calleuse.  Le  réceptacle  plan ,  .et  couvert  de 
longues  fibrilles ,  porte  des  fleurs  à  tube 
très  court,  à  gorge  longue,  cylindracée,  di¬ 
visée  en  5  lobes  dressés,  et  à  l’orifice  de  la¬ 
quelle  naissent  les  étamines ,  à  filets  gla¬ 
bres,  supportant  des  anthères  caudiculées. 
Les  fruits,  glabres,  comprimés,  terminés 
par  un  rebord  bidenté  et  une  aréole  basi- 
aire,  sont  couronnés  d’une  aigrette  unisé- 
riée  et  composée  de  soies  raides ,  à  peine 
dcnticulées  et  très  caduques.  — Le  g.  Au- 
cher  a,  très  voisin  de  V  Ancuthia,  fait  par¬ 
tie  du  groupe  des  Composées  -  Cynarées. 

(j-  »•; 

AUCUBA  ou  AUKUBA.  Aucuba , 
Thunb.  bot.  ph.^ — Ce  genre  a  de  l’affinité  avec 
la  famille  des  Rhamnoïdes,  où  je  l’ai  précé¬ 
demment  placé,  et  avec  celle  des  Loran- 
thées,  où  l’avait  mis  M.  Richard.  Les  carac¬ 
tères  en  sont  :  Fleurs  dioïques  ;  calice 
tronqué,  très  petit,  à  quatre  dents;  quatre  pé¬ 
tales  ovales,  ouverts.  Étamines  4  ;  un  style  ; 
un  stigmate  ;  baie  monosperme,  -—On  n’en 
connaît  qu’une  espèce,  qui  est  l’ Aucuba  du 
Japon  {Aucuba  japonica  Thunb.).  Ar¬ 
buste  de  quatre  à  cinq  pieds,  très  rameux. 
Ses  feuilles  sont  persistantes ,  opposées , 
ovales-aiguës ,  coriaces ,  d’un  vert  clair  et 
luisant,  tachées  ou  marbrées  de  jaune  ou  de 
blanc.  Ses  fleurs ,  qui  paraissent  en  avril , 
sont  brunes ,  petites  ,  peu  apparentes.  On 
cultive  beaucoup  cet  arbuste  dans  nos  jar¬ 
dins  pittoresques ,  à  cause  de  l’effet  qu’il 
produit,  surtout  en  hiver,  par  ses  feuilles 
d’un  vert  pâle  et  agréablement  panachées. 
On  le  plante  dans  une  terre  franche,  légère, 
à  une  exposition  à  demi  ombragée  ,  et  on 
le  garantit  de  l’humidité  pendant  l’hiver  ; 
mais  il  faut  avoir  le  soin  d’en  conserver 


quelques  pieds  en  orangerie  ;  car ,  sous  la 
latitude  de  Paris,  il  périt  quelquefois  dans 
les  hivers  rigoureux.  On  le  multiplie  fort 
aisément  de  marcottes  et  de  boutures,  qui 
sont  quelquefois  reprises  en  quinze  jours. 
Il  ne  faut  pas  regarder  les  taches  foliaires 
de  l’Aucuba  comme  un  caractère  spécifique, 
mais  seulement  comme  une  maladie  asthé¬ 
nique,  qui  se  communique  aisément  d’indi¬ 
vidu  à  individu  par  l’inoculation.  Du  reste, 
il  en  est  de  même  pour  tous  les  autres  vé¬ 
gétaux  panachés  ou  maculés,  tels  que  Buis, 
Alaternes ,  etc.  L’inoculation  se  pratique 
absolument  comme  la  greffe  en  écusson ,  à 
cette  différence  près  qu’il  n’est  pas  néces¬ 
saire  de  lever  un  œil  (gemme)  avec  l’écus¬ 
son,  mais  simplement  un  morceau  d’écorce. 
Ce  fragment,  se  trouvant  infecté  de  la  ma¬ 
ladie  ,  suffit  pour  en  infecter  toutes  les 
branches  qui  croissent  au-dessus  de  lui ,  et 
quelquefois  même  celles  qui  sont  placées 
dessous,  comme  l’expérience  me  l’a  prouvé. 

(Boit.) 

*  AUDIBERTIA,  Benth.  {Bot.  Reg., 

tab.  1469  ;  Labial p.  312).  bot,  th.  — 
Genre  de  la  famille  des  Labiées,  tribu  des 
Monardées,  s. -tribu  des  Salviées,  de  M. 
Bentham,  qui  lui  assigne  pour  caract.  : 
Calice  ovoïde,  2-labié  ;  lèvre  supérieure  en¬ 
tière  ou  courtement  3-dentée,  concave  ;  lè¬ 
vre  inférieure  2-fide  ;  gorge  nue.  Corolle  à 
tube  aussi  long  ou  plus  long  que  le  calice; 
lèvre  supérieure  à  2  lobes  étalés  ;  lèvre  in¬ 
férieure  3-fidc  ;  segments  latéraux  ovales  ou 
oblongs,  étalés;  segment  moyen  très  large, 
échancré.  Étamines  4  :  les  2  inférieures 
ascendantes,  fertiles,  souvent  saillantes  ; 
les  2  supérieures  minimes ,  clavifofmes , 
stériles.  Anthères  1-thèques,  linéaires,  à 
connectif  filiforme,  articulé  au  filet,  ascen¬ 
dant  ,  transverse  ,  inappcndiculé  ou  très 
courtement  rostré  postérieurement.  Stig¬ 
mates  courts,  subulés.  Akènes  trièdres, 
glabres.  Herbes  ou  sous-arbrisseaux  en 
grappes  ou  en  panicules.  Ce  g.  est  propre 
à  la  Californie;  M.  Bentham  en  a  énuméré 
6  espèces.  ($?.) 

*  AUDOUI1VELLE.  Audoinnclla  (nom 
propre),  bot.  cr.  —  Ce  g.,  de  la  famille  des 
Phycées  ,  a  été  fondé  par  M.  Borv  {Dict. 
class .,  t.  III,  p.  340)  aux  dépens  de  quelques 
Confervacées  ectocarpes.  Il  lui  a  assigné 
pour  caractères  :  filaments  cylindriques. 


AÜG 


AUG 


S  33 


sans  renflement  aux  articulations  ,  et  pro¬ 
duisant  des  gemmes  extérieures  ,  nues  , 
ovales-oblongues ,  opaques  et  stipitées.  Il 
le  dédia  à  son  collaborateur,  M.  Victor 
Audouin ,  célèbre  entomologiste ,  depuis 
membre  de  l’Institut.  M.  Bory  divise  en¬ 
suite  ce  genre  en  deux  sections:  l’une  con¬ 
tenant  des  espèces  à  gemmes  solitaires , 
l’autre  remarquable  par  ses  gemmes  agré¬ 
gées  sur  un  même  pédicule. 

Bonnemaison ,  dans  ses  Hydrophytes  lo- 
culées  ( Mèm .  du  Mus.  dJhist.  nat.,  1825), 
a  commencé  à  attaquer  le  genre  du  savant 
micrographe,  en  en  séparant  la  seconde  des 
deux  divisions,  dont  il  fait  le  type  du  genre 
A udouinella ,  rejetant  l’autre  parmi  les 
Ectocarpes. 

Enfin ,  M.  Duby,  qui ,  à  cette  époque  du 
moins,  semble  n’avoir  pas  eu  connaissance 
du  travail  de  Bonnemaison ,  puisqu’il  ne  le 
cite  pas,  M.  Duby  ayant  remarqué,  comme 
ce  naturaliste ,  que  l’une  des  espèces  com¬ 
prises  dans  le  genre  en  question  appartenait 
bien  évidemment  au  genre  Ectocarpus,  en 
entreprit  aussi  la  réforme  et  en  traça  ainsi 
les  nouveaux  caractères  :  Filaments  courts, 
rameux  ,  extrêmement  ténus  ,  doués  d’une 
certaine  rigidité ,  pourpres  ou  violets  ;  con- 
ceptacles  ovales-oblongs ,  sessiles  ,  termi  ¬ 
naux  ou  latéraux  ,  agglomérés  sur  des  ra¬ 
meaux  nombreux,  alternes,  extrêmement 
courts.  Les  deux  seules  espèces  qui  com¬ 
posent  ce  genre  ainsi  circonscrit  sont  les 
Conferva  chalybæa  et  Hermanni Roth., 
appartenant  toutes  deux,  mais  l’une  comme 
simple  variété  de  l’autre,  au  genre  Trenic- 
pohlia ,  Ag.,  norcHoffm.,  auquel  nous  ren¬ 
voyons  le  lecteur.  (G.  M.) 

*  AUDOUINI A ,  Brongn.  ( inAnn.de 

sc.  nat.,  t.  VIII,  p.  386,  tab.  38,  fig.  1). 
bot.  th.  —  Genre  de  la  famille  des  Brunia- 
cées,  fondé  sur  une  seule  espèce  ( A .  capi- 
tata  Brongn.,  Diosma  capitata  Thunb.). 
C’est  un  sous-arbrisseau,  habitant  le  Cap  de 
Bonne-Espérance  ;  ses  feuilles  sont  imbri¬ 
quées  en  spirale  ;  les  fleurs  ,  de  couleur 
pourpre,  agrégées  en  capitule  terminal  spi- 
ciforme.  (Sr.) 

*  AUGE  (aùpî,  éclat,  splendeur),  ins. — 
M.  Dejean,  dans  son  dernier  Catalogue  (3e 
édit.)  qui  a  paru  en  1837,  désigne  ainsi  un  g. 
de  Coléoptères  pentamères,  famille  des  Ma- 
lacodermes ,  tribu  des  Lampyrides ,  que 


M.  Delaporte  avait  créé  antérieurement  sous 
le  nom  de  Hyas  [Ann.  de  la  Soc.  ent.  de 
France ,  1833,  pag.  127  et  134),  pour  y  placer 
les  Lampyr.  denticornis  de  Germar,  fla- 
bellala  et  gutlata  ?  Fabr.  Ces  trois  espèces 
paraissent  être  identiques  avec  celles  que 
M.  Dejean  nomme  de  son  côté  :  A.  Hcrbstii, 
Olivieri  et  Panzcri.  La  première  est  ori¬ 
ginaire  du  Brésil  et  les  deux  autres  de 
Cayenne.  Le  nom  d 'Auge  fait  allusion  à  l’é¬ 
clat  phosphorescent  que  répandent  ces  in¬ 
sectes  pendant  la  nuit.  Voy.  hyas. 

(D.  et  C.) 

AUGEA,  Thunb.  ( Flor .  Cap.,  386  ). 
(aùyn,  éclat),  bot.  ph.  —  Genre  incomplète¬ 
ment  connu  et  non  classé.  Son  auteur  lui 
assigne  les  caract.  suivants  :  Calice  5-parti, 
persistant,  à  segments  ovales,  dressés,  con¬ 
caves.  Corolle  nulle.  Disque  urcéolaire , 
périgyne  court,  10-denté.  Étamines  10  ;  filets 
très  courts ,  insérés  aux  dents  du  disque  ; 
anthères  dressées,  subulées,  sillonnées. 
Ovaire  à  style  filiforme,  très  court.  Stigmate 
simple.  Capsule  charnue,  10-loculaire ,  10- 
valve,  polysperme.  Graines  à  arille  mem¬ 
braneux. — VAugea  capensis  est  la  seule 
espèce  du  genre  ;  c’est  une  herbe  charnue , 
annuelle ,  glabre ,  rameuse  dès  la  base ,  à 
feuilles  opposées,  connées,  cylindriques; 
les  fleurs  sont  géminées  ou  ternées,  solitai¬ 
res ,  latérales ,  pédicellées.  (Sr.) 

*  AUGEA,  Retz  [Oh s.,  V,  p.  3)  (corpi , 
éclat),  bot.  th. — Syn.  du  genre  Lanaria  , 
Thunb.,  de  la  famille  des  Hémodoracées. 

(Sx*-) 

AUGIA,  Lour.  [Flor.  Cochinch.,  p.411) 
(aCrpi,  éclat),  bot.  ph. —  Genre  incomplète¬ 
ment  connu,  qu’on  rapporte  avec  doute  à  la 
famille  des  Térébinthacées  ;  son  auteur  en 
donne  les  caractères  suivants  :  Calice  disci- 
forme,  minime.  Pétales  5,  oblongs,  étalés, 
insérés  au  réceptacle.  Étamines  très  nom¬ 
breuses  ,  insérées  au  réceptacle  ;  filets  fili¬ 
formes,  plus  longs  que  la  corolle;  anthères 
arrondies.  Ovaire  inadhérent ,  comprimé  , 
suborbiculaire.  Style  filiforme,  à  stigmate 
obtus.  Drupe  sublenticulaire,  verticalement 
comprimé,  petit,  luisant,  à  noyau  1-sperme. 
—  Le  genre  n’est  fondé  que  sur  une  seule 
espèce  :  A.  sinensis  Lour.;  c’est  un  arbre 
de  taille  médiocre;  à  écorce  scabre  ;  à  feuilles 
impari-pennées,  subquinquéjuguées ;  à  fo¬ 
lioles  très  entières  ;  les  fleurs  sont  en  pa- 


AUL 


AUL 


3  34 

nicules  grandes,  lâches,  subterminales.  Au 
témoignage  de  Loureiro,  cet  arbre  contient 
un  suc  résineux  ,  qui  donne  le  vrai  vernis 
de  Chine.  (Sp.) 

AUGITE.  Augitcs ,  Plin.  (aù-pi,  éclat). 
min.  —  Nom  employé  dans  la  minéralogie 
allemande  pour  désigner  le  Pyroxène  noir 
des  volcans.  Voy.  pyroxène.  (Del.) 

*  AUGNATHE.  Augnathus  (au,  ad¬ 

verbe  qui  exprime  le  redoublement,  la  ré¬ 
pétition  ;  ‘yvàQo?,  mâchoire),  térat.—  Genre 
de  Monstres  doubles  appartenant  à  la  famille 
des  Polygnathiens.  (I.  G. -S. -H.) 

*  AUGOCORIS  (  aùpi ,  éclat  ;  xo'ptç , 

punaise  ).  ins.  —  Genre  de  la  famille  des 
Scutellériens ,  de  l’ordre  des  Hémiptères, 
établi  par  M.  Burmeister  (. Hanclb .  der  ent.) 
et  adopté  par  M.  Brullé  ( Hist .  des  Ins.)  et 
nous  ( Hist .  des  anim.  art . ,  t.  IY).  Les 
Augocoris  ont  absolument  le  même  aspect 
que  les  espèces  du  genre  Scutcllera ,  dont 
on  ne  saurait  les  distinguer  au  premier 
abord;  en  effet,  ils  n’en  diffèrent  réelle¬ 
ment  que  par  leurs  antennes  composées 
seulement  de  trois  articles,  caractère  qui 
les  distingue  complètement  de  tous  les  au¬ 
tres  Scutellériens  ,  dont  les  antennes  ont 
quatre  articles  et  le  plus  souvent  cinq.  Nous 
ne  connaissons  encore  que  trois  espèces 
américaines  du  genre  Augocoris  ,  dont  la 
plus  répandue  est  VA.  Gomesii  Burm.  du 
Brésil.  (Bl.) 

AUGUO.  bot.  th. —  C’est  le  nom  qu’on 
donne,  sur  les  côtes  de  Provence,  à  la  Zos- 
tera  océanien  L.  Voy.  zostère.  (C.  d’O.) 

*  AUGUSTA,  Pohl.  [Plant.  Bras .,  II). 

bot.  ph. —  Synonyme  du  genre  Schreiber- 
sia  du  même  auteur,  de  la  famille  des  Ru- 
biacées.  (Sp). 

*  AUGUSTA.  bot.  ph.  —  Synonyme  du 
genre  Stiftia ,  Mik.  Voy.  ce  mot.  (J.  D.) 

*  AUGUSTEA,  DC.  ( Prod .,  IY,  p.  404). 
bot.  ru.  —  Synonyme  du  genre  Schrei- 
bersia ,  Pohl.,  de  la  famille  des  Rubiacées. 

AUJOM.  bot.  ph.  —  Synonyme  d’AjoNc. 

AUK.  ois.  —  Nom  du  Pingouin  ,  Alca 
torda,  en  Angleterre.  Voy.  pingouin. 

AUKUBA,  Kœmpf.  [Amoen).  bot.  ph. 
— Synonyme  du  genre  Ancuba.  (Sp.) 

AULACIA ,  Lour.  [Flor.  Cochinch ., 
1. 1,  p.  335).  bot.  ph.— On  suppose  que  c’est 
un  double  emploi  du  genre  Cookia  ,  de  la 
famille  des  Aurantiacées.  (Sp.) 


*AULACIDIUM,  Rich.  Mss.  bot.  ph 
—  Syn.  du  genre  Salpinga ,  Mart.,  de  la 
famille  des  Mélastomacées.  (Sp.) 

*  AUL  ACIGASTRE .  Aulacigasler 
(auXa£,  sillon;  ^aa-nif,  ventre),  ins. — Genre 
de  l’ordre  des  Diptères ,  division  des  Bra- 
chocères,  subdivision  des  Dichœtes,  famille 
des  Athéricères ,  tribu  des  Muscides  ,  sec¬ 
tion  des  Acalyptères,  sous-tribu  des  Hété- 
romyzides.  Ce  genre  est  formé  par  M.  Mac- 
quart  d’une  seule  espèce  [A.  rufitarsis ) , 
trouvée  aux  environs  de  Liège.  Le  petit 
diptère  sur  lequel  ce  genre  est  fondé  se 
distingue  particulièrement  des  autres  Hé- 
téromyzides  par  la  nervure  médiastine  des 
ailes,  qui  est  double  à  l’extrémité,  comme 
dans  les  Muscides  des  tribus  supérieures. 
Son  nom  générique  fait  allusion  aux  lignes 
transversales  dont  l’abdomen  est  sillonné. 

(D.) 

'AULACINTHUS,  E.  Meyer.  Buchen- 
rœdera- ,  Eck.  et  Zey.  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Papilionacées  (tribu  des 
Lotées ,  sous-tribu  des  Génistées  ) ,  auquel 
son  auteur  [Commet.,  p.  156)  assigne  pour 
caractères  :  Calice  inégalement  5-parti,  non 
bilobé ,  à  lobes  latéraux  connivents.  Éten¬ 
dard  ample,  déployé,  plus  long  que  la  ca¬ 
rène.  Carène  arquée,  obtuse,  plus  longue 
que  les  ailes.  Étamines  incluses.  Légume 
rectiligne  ,  polysperme  ,  bouffi  ,  à  suture 
dorsale  infléchie.  —  Arbustes  à  feuilles 
trifoliolées  ;  folioles  linéaires.  Fleurs  en 
grappes  terminales.  Ce  genre ,  propre  au 
Cap  de  Bonne-Espérance  ,  n’est  fondé  que 
sur  deux  espèces  ,  que  M.  Bentham  (  An¬ 
nal.  Wien.  Mi/s.,  II,  p.  142)  ne  croit  pas 
suffisamment  distinctes  des  Aspalathus. 

(Sp.) 

*AULACIUM  (auXal;,  sillon),  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  pentamères  ,  famille 
des  Lamellicornes,  tribu  des  Coprophages 
établi  par  M.  Dejean  [Cat.,  3e  édit.)  aux 
dépens  du  g.  Circellium  de  Latreille,  pour 
y  placer  une  espèce  qu’il  rapporte  à  VA- 
teuchus  Hollandiœ  de  Fabricius  ;  mais 
M.  Hope  [Coleopterist! s  Manual ,  p.  55) 
fait  observer  que  cette  espèce ,  qu’il  a  vue 
dans  plusieurs  collections  de  Paris,  est  très 
différente  de  celle  de  Fabricius;  et,  en  effet, 
la  figure  qu’il  donne  de  cette  dernière  ,  et 
qui  ressemble  parfaitement  à  celle  d’Oli¬ 
vier  (1,  3,  217,  pl.  13,  fig.  117),  citée  par  Fa- 


AUL 


335 


bricius,  représente  un  coléoptère  à  corse¬ 
let,  sans  carène  dans  le  milieu,  arrondi  à 
la  base  et  sur  les  côtés,  et  se  joignant  exac¬ 
tement  aux  élytres  ,  comme  dans  les  On- 
ihophagus ;  tandis  que  l’espèce  de  M.  De- 
jean,  dont  nous  avons  vu  trois  individus, 
l’un  dans  la  collection  du  Muséum ,  et  les 
deux  autres  dans  celles  de  MM.  Reiche  et 
Chevrolat,  ont  le  corselet  caréné  dans  le 
milieu  ,  très  dilaté  sur  les  côtés  ,  avec  les 
angles  postérieurs  très  saillants  et  la  base  si¬ 
nueuse  et  séparée  de  celle  des  élytres.  D’un 
autre  côté,  l'espèce  d’Olivier,  de  Fabricius  et 
de  M.  Hope,  est  de  la  taille  de  V  Onthopha- 
gus  Schrehcri ,  comme  le  dit  le  premier 
de  ces  trois  auteurs,  tandis  que  l’insecte  de 
M.  Dejean  est  du  double  plus  grand.  Le 
seul  point  de  ressemblance  qui  existe  entre 
ces  deux  espèces,  est  d’avoir  toutes  deux 
les  élytres  sillonnées;  du  reste,  elles  ont  un 
faciès  tellement  différent,  qu’elles  ne  peu¬ 
vent  appartenir  au  même  g.,  et  qu’on  ne 
conçoit  pas  comment  M.  Dejean  a  pu  rap¬ 
porter  la  sienne  à  celle  d’Olivier  et  de  Fa¬ 
bricius. 

M.  Delaporte,  dans  son  Hist.  nat.  des 
Coléoptères ,  faisant  suite  au  Buffon-Du- 
mènil ,  p.  74,  a  également  fondé,  sur  l’es¬ 
pèce  dont  il  s’agit,  un  genre  qu’il  nomme 
Menlophilus ;  et,  de  même  que  M.  Dejean, 
dont  il  aura  probablement  suivi  l’autorité, 
sans  se  donner  la  peine  de  vérifier,  il  a  aussi 
rapporté  cette  espèce  à  celle  d’Olivier  et  de 
Fabricius.  Il  résulte  de  tout  ceci  que  VAu- 
lacium  Hollandiœ  de  M.  Dejean  devra 
recevoir  un  autre  nom  spécifique.  Quant  à 
son  nom  générique  ,  il  faudra  opter  entre 
celui  de  cet  auteur  et  celui  de  M.  Delaporte. 
Four  nous ,  nous  pensons  que  c’est  le  der¬ 
nier  qui  doit  être  adopté,  quoique  plus  ré¬ 
cent,  par  la  raison  que  M.  Delaporte,  en 
le  publiant,  a  donné  les  caractères  du  g.; 
ce  que  n’a  pas  fait  M.  Dejean  à  l’égard  du 
sien.  Or  ,  ce  qui  constitue  un  g.,  ce  n’est 
pas  son  nom  ,  mais  bien  ses  caractères. 
Voy.  MENTOPHiiiUs ,  et  aussi  le  mot  tes- 
serôdon,  nom  du  g.,  créé  par  M.  Hope, 
d’après  le  véritable  Ateuchus  Hollandiœ 
de  Fabricius,  qui  ne  peut  appartenir  au  g. 
de  MM.  Dejean  et  Delaporte.  (D.  et  C.) 

*  AULACOCHEILUS(a5Xo£,  axoç,  sil¬ 
lon;  yjùx&ç,  bord),  ins. —  Genre  de  Coléop¬ 
tères  tétramères ,  famille  des  Chrysoméli- 


ATJL 

nés,  tribu  des  Érotylides,  établi  par  M. 
Chevrolat,  et  adopté  par  M.  Dejean  ( Catal . 
3e  édit.),  qui  y  rapporte  4  espèces,  dont 
3  de  Java  et  1  des  Philippines.  Nous  ne  ci¬ 
terons  que  la  seconde,  décrite  par  Fabricius, 
sous  le  nom  d 'Erotylus  h-pustulatus , 
comme  étant  de  Sumatra;  et  que  nous  avons 
mentionnée  dans  notre  monographie  des 
Érotyles,  pag.  49,  comme  ne  pouvant  ap¬ 
partenir  à  ce  g.  Les  caractères  assignés  au 
g.  Aulacocheilus ,  par  M.  Chevrolat,  sont  : 
Antennes  de  11  articles  ;  3e  aussi  long  que 
le  4e  et  5e  réunis  ;  massue  composée  de  3 
articles;  1er  triangulaire  renflé  au  milieu  et 
au  sommet  ;  2e  transverse,  à  peine  échan- 
cré  en  croissant;  dernier  au  3/4  circulaire. 
Palpes  maxillaires  à  dernier  article  en  bou¬ 
ton;  labiaux  modérément  allongés  et  renflés; 
leur  dernier  article ,  terminé  subitement  en 
pointe  courte.  Corps  ovalaire,  court,  large, 
convexe  ;  corselet  transversal  sinué  à  la 
base,  avec  le  milieu  légèrement  lobé  ;  écus¬ 
son  large,  irrégulièrement  arrondi  en  ar¬ 
rière,  et  tronqué  en  avant;  élytres  sillon¬ 
nées  sur  leurs  bords  latéraux.  Les  espèces, 
connues  jusqu’à  ce  jour,  sont  noires ,  à 
taches  jaunes  sur  les  élytres.  (D.  et  C.) 

*  AUX- ACOBE .  Aulacodus  (auXa£,  re- 
pli;  oô'cuç,  dent),  mam. — Dans  son  tableau 
des  Mammifères,  M.  Temminck  indique 
sous  ce  nom  un  genre  de  l’ordre  des  Ron¬ 
geurs  établi  par  le  professeur  W.  Swinder, 
de  Groningue;  et  il  lui  consacre  sa  septième 
monographie. 

Le  sujet  unique  observé  par  M.  Tem¬ 
minck  était  jeune ,  et  voici  quels  caractères 
on  a  pu  lui  reconnaître  : 

Incisives  2/2  ;  les  supérieures  fortement 
cennelées  et  pourvues  chacune  de  deux  sil¬ 
lons  ;  les  inférieures  lisses  ;  molaires  2/2, 
seulement  de  chaque  côté  ;  les  supérieures 
partagées  en  deux  sillons  profonds,  lesquels 
forment  trois  collines;  le  premier  de  ces  sil¬ 
lons  traverse  entièrement  la  dent  ;  mais  le 
second  est  arrêté  par  un  talon  interne,  qui 
réunit  l’extrémité  des  deux  crêtes  ou  col¬ 
lines  postérieures.  La  première  des  deux 
molaires  inférieures  a  trois  sillons  et  quatre 
collines  ;  le  sillon  postérieur  traverse  en¬ 
tièrement  la  dent;  la  seconde  molaire  res¬ 
semble  aux  deux  supérieures.  La  forme  de 
ces  dents  offre  quelque  analogie  avec  celle  des 
parties  correspondantes  dans  les  Marmottes. 


AUL 


AUL 


33G 

Point  d’abajoues  ;  le  museau  court,  large 
et  obtus  ;  à  l’extérieur  on  ne  voit  que  quatre 
doigts  à  tous  les  pieds  ;  mais  le  squelette 
montre  un  pouce  distinct ,  comme  cin¬ 
quième  doigt  aux  pieds  de  devant;  ce  doigt 
manque  de  phalange  onguéale  ,  et  n’est  pas 
visible  extérieurement.  La  queue  est  plus 
courte  que  la  moitié  du  corps  et  de  la  tête  et 
entièrement  couverte  de  poils.  Les  oreilles 
sont  très  grandes  ;  le  bord  externe  en  demi- 
cercle  complet,  et  la  conque  pourvue  de 
plusieurs  appendices  membraneux. 

«  Notre  animal ,  dit  M.  Temminck ,  a 
quelques  rapports  avec  les  Porcs-Épics ,  et 
c’est  des  Marmottes  qu’il  s’éloigne  le  moins 
par  la  forme  des  dents.  » 

L’espèce  unique  de  ce  genre,  X  Aula- 
oodus  swinderianus  Temm.  (  Monog. 
Mammal.,  t.  I,  p.  248),  était,  comme  on  le 
voit ,  trop  incomplètement  connue ,  pour 
qu’on  pût  en  déterminer  d’une  manière  posi¬ 
tive  les  rapports  zoologiques. Encore  très  rare 
aujourd’hui  dans  les  collections,  cet  animal 
y  est  cependant  représenté  par  quelques 
exemplaires;  et  M.  Jourdan  avait  commencé 
à  son  sujet  un  travail  dont  nous  avons  vu 
les  planches  en  épreuves,  mais  qui  n’a  pas 
encore  paru.  Le  Muséum  doit  à  l’un  de  ses 
voyageurs-naturalistes,  feu  M.  Heudelot,  un 
exemplaire  adulte  de  X  Aulacodus.  L’A¬ 
frique,  au  sud  du  Sénégal,  est  la  patrie  de 
ce  mammifère,  et  il  appartient  incontesta¬ 
blement  à  la  famille  des  Hystriciens  ou 
Porcs-Épics. 

Sa  queue  est  de  moyenne  longqeur,  et 
ses  poils  sont  épineux  ,  surtout  aux  parties 
supérieures.  Le  crâne  nous  a  présenté  les 
particularités  suivantes  :  il  est  trapu,  élargi 
à  l’espace  inter-orbitaire,  pourvu  d’une  crête 
occipitale  puissante  ;  d’un  grand  trou  sous- 
orbitaire  ;  d’apophyses  styloïdes  bien  dé¬ 
veloppées;  de  caisses  du  tympan  peu  renflées 
et  de  trous  incisifs  allongés.  Le  front  est 
bombé  de  chaque  côté,  et  les  os  du  nez  sont 
également  convexes  dans  leur  longueur,  ce 
qui  laisse  entre  eux  une  sorte  de  gouttière. 
Le  canal  lacrymal  s’ouvre  en  arrière  de  l’a¬ 
pophyse  jugale  du  maxillaire  ;  il  est  plus 
grand  que  chez  les  autres  Hystriciens. La  m⬠
choire  inférieure  est  assez  semblable  à  celle 
des  Capromys.  Sa  symphyse  est  élargie  et 
solide.  L’émail  des  molaires  forme  des  re¬ 
plis  assez  compliqués,  en  feston  et  inver¬ 


sement  disposés  à  chaque  mâchoire.  Il  y  a 
supérieurement  trois  replis  externes  et  deux 
internes  pour  chacune  des  quatre  paires  de 
molaires  (1),  et  inférieurement  trois  replis 
ou  festons  internes  et  deux  externes.  Les 
sommets  intérieurs  des  festons  externes  et 
internes  se  touchent  presque  ,  et  la  partie 
éburnée  qu’ils  laissent  entre  eux  est  très  peu 
considérable.  La  barre  ou  espace  vide  entre 
les  incisives  et  les  molaires  est  plus  considé¬ 
rable  supérieurement  qu’inférieurement. 
Les  incisives  sont  larges  et  puissantes;  celles 
d’en  haut,  les  seules  qui  soient  sillonnées, 
ont  chacune  trois  sillons  ;  un  presque  mé¬ 
dian  ,  le  plus  marqué  de  tous ,  et  deux  à 
son  bord  externe  ;  le  second ,  ou  le  plus 
interne,  étant  plus  considérable  que  l’autre. 
Longueur  du  crâne  :  10  centimètres. 

M.  Heudelot  étant  mort  avant  la  fin  de 
son  voyage,  on  n’a  aucun  détail  sur  les 
mœurs  de  l’Aulacode  adulte.  L’exemplaire 
qu’on  lui  doit  est  indiqué  comme  provenant 
du  Fouta  Dhiallon,  dans  la  Sénégambie. 

(P.  G.) 

*  AULACOBÏJS  ( auXcci; ,  sillon;  ôSoûî, 

dent),  ins. — Genre  de  Coléoptères  pentamè¬ 
res,  famille  des  Lamellicornes, tribu  des  Sca- 
rabéidesphyllophageSjétabliparEschscholtz 
( Entomo  graphie  a ,  Berlin,  1822),  qui  lui  at¬ 
tribue  pour  caractères  :  Mâchoires  cornées, 
sillonnées  à  l’extrémité,  dilatées  intérieure¬ 
ment,  ciliées.  Labre  transverse.  Les  quatre 
derniers  articles  des  tarses  antérieurs,  dila¬ 
tés;  une  épine  droite  entre  les  cuisses  anté¬ 
rieures.  Ce  g.,  voisin  des  Anomale*,  a  pour 
type  une  espèce  du  Brésil,  nommée  par  l’au¬ 
teur  A.  flavipes,  figurée  et  décrite  dans  l’ou¬ 
vrage  précité,  pag.  20,  tab.  1,  fig.  2.  M.  Mac- 
Leay  ( Horœ  entomologicœ ,  p.  78),  a  décrit, 
sous  le  nom  de  A .  kirbyanus ,  une  seconde 
espèce,  avec  laquelle  il  a  fait  son  genre  Leu- 
cothyrcus ,  qui  doit  prévaloir  comme  plus 
ancien.  Voy.  ce  mot.  (d.  et  C.) 

*  AULACOMEHUS  (au).ai; ,  sillon;  u.i- 
poç,  cuisse),  ins.  —  Genre  de  la  famille  des 
Ichneumoniens,  de  l’ordre  des  Hyménop¬ 
tères,  section  des  Térébrans,  établi  par  M. 
Spinola  ( Ann .  soc.  en!,  de  Fr.,  t.  IX),  sur 
une  seule  espèce  recueillie  à  Cayenne.  Ce 
genre  est  surtout  caractérisé  par  des  anten- 

(i)  Il  y  a  ,  en  effet ,  quatre  paires  de  molaires  à  cliaquo 
mâchoire ,  au  lieu  de  trois,  comme  le  supposait  IA.  Tcm- 
miti'k. 


AUL 


337 


nés  de  neuf  articles  seulement  ;  par  des  pal¬ 
pes  maxillaires  très  longs  et  filiformes  ; 
par  des  labiaux,  ayant  tout  au  plus  le  tiers 
de  la  longueur  des  maxillaires  et  leur  4e 
article  cylindrique  brusquement  terminé  en 
pointe  fine  ;  par  des  ailes  ayant  une  seule 
cellule  radiale  et  4  cubitales,  et  des  pattes  de 
la  3e  paire,  ayant  des  hanches  extrêmement 
grandes,  et  des  cuisses  encore  plus  longues, 
très  épaisses,  renflées,  etc.;  leur  bord  infé¬ 
rieur  offrant  un  profond  canal  dans  lequel 
la  jambe  peut  pénétrer.  La  seule  espèce 
connue  de  ce  genre  remarquable  est  VA. 
Buquetii  Spin.  (Bl.) 

*AULACOMNXON  (aStaÇ,  axo;,  strie, 
sillon  ;  jAvtov,  mousse  ).  bot.  cr.  —  Genre 
de  la  famille  des  Mousses,  division  des 
Acrocarpes ,  récemment  établi  par  M. 
Schwægrichen  ( Hedw .  Suppl.  III,  p.  1, 
t.  215)  aux  dépens  des  Mnium  de  Linné, 
et  qui  a  pour  type,  le  Mnium  androgy- 
num.  En  voici  les  caractères  :  Péristome 
double;  l’extérieur  composé  de  16  dents  li¬ 
bres  et  dressées  ;  l’intérieur  formé  d’une 
membrane  plissée  à  la  base ,  divisée  en  un 
nombre  égal  de  dents  opposées  aux  pre¬ 
mières  et  portant  des  cils  dans  leur  inter¬ 
valle.  Capsule  inégale,  oblique,  striée  ou 
sillonnée.  Opercule  conique.  Coiffe  subulée. 
Fleurs  dioïques  terminales.  Tiges  longues, 
droites,  rameuses,  à  rameaux  quelquefois 
dénudés  de  feuilles  ,  chargés  de  gemmes  à 
leur  sommet ,  ou  seulement  prolifères. 
Feuilles  lancéolées,  rapprochées,  à  nervure 
disparaissant  avant  la  pointe  et  à  réseau 
composé  de  cellules  rhomboïdales  ou  arron¬ 
dies.  Pédoncule  terminal,  droit,  en  général 
plus  court  que  la  tige.  —  Trois  Mousses 
européennes  ,  dont  deux  sont  communes  à 
l’Amérique  boréale,  composent  ce  genre. 
Elles  habitent  de  préférence  les  lieux  maré¬ 
cageux  ou  du  moins  très  humides.  MM. 
Bruch  et  Schimper  ( Bryol .  curop.  Fuse .  X) 
réunissent  à  ce  genre  V  Arrhcnoptcrum , 
dont  nous  avons  parlé  plus  haut.  (C.  M.) 

*  AUL  ACOP  ALPU  S  (mot  hybride  com¬ 
posé  de  auXa^,  axo;,  sillon,  et  de  palptis, 
palpe  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères, famille  des  Lamellicornes,  tribu  des 
Xylophiles  de  Lat. ,  établi  par  M.  Guérin- 
Méneville  (  Mag .  zool.  ,  1838  ,  Ins.  du 
j voyage  de  la  Favorite ,  pag.  57).  Ce  g.  est 
voisin  des  Amblyterus  de  Mac-Leay,  et 


AUL 

n’en  diffère  essentiellement  que  parce  que  le 
dernier  article  de  ses  palpes  maxillaires  est 
fendu  au  côté  interne,  et  surtout  parce  que 
son  labre  est  invisible.  Il  est  fondé  sur  une 
seule  espèce  trouvée  au  Pérou,  dans  les  en¬ 
virons  de  Lima,  et  nommée  Aul.  viridis 
par  l’auteur.  (d.  et  C.) 

*  AUL  ACOPHQRA  (a ùXai- ,  sillon  ;  <po- 
pa, action  de  porter),  ins. — Genre  de  Coléop¬ 
tères  tétramères,  famille  des  Chysomélines, 
tribu  des  Gallérucites  ,  établi  par  M.  Che- 
vrolat,  qui  lui  donne  les  caractères  sui¬ 
vants  :  Pénultième  article  des  palpes  maxil¬ 
laires  ovoïde,  dernier  turbiné,  court, poilu. 
Antennes  de  12  articles  assez  longs;  2e  court; 
12e  petit,  acuminé.  Chaperon  caréné  trans¬ 
versalement  et  longitudinalement  jusqu’au- 
delà  de  l’insertion  des  antennes.  Corselet 
transverse  ,  profondément  sillonné  en  tra¬ 
vers  et  un  peu  sur  les  bords  ;  ceux-ci  rele¬ 
vés  faiblement.  Tarses  munis  de  4  cro¬ 
chets;  les  internes  plus  courts,  isolés. —  Ce 
genre  a  été  adopté  par  M.  Dejean  qui,  dans 
son  dernier  Catalogue  ,  3e  édit.,  y  rapporte 
21  espèces ,  la  plupart  de  Java ,  les  autres 
des  Indes-Orientales ,  de  l’Afrique  et  de  la 
Nouvelle-Hollande.  Nous  citerons ,  parmi 
ces  espèces,  comme  type  du  g.,  la  Galle - 
ruea  quadraria  Oliv.,  de  Java. 

(D.  et  C.) 

*  AULACOPHORA  (  aùXa£  ,  sillon  ; 

©opa ,  action  de  porter),  bot.  ph.  — M.  De 
Candolle  a  donné  ce  nom  à  une  section  du 
g.  Cacalia  ,  laquelle  renferme  plusieurs 
espèces  indigènes  des  îles  de  France  et  de 
Madagascar,  et  caractérisées  principalement 
par  leurs  réceptacles  coniques ,  leurs  fruits 
sillonnés,  ainsi  que  leurs  fleurs  jaunes,  du 
centre  desquelles  s’élèvent  des  anthères  de 
couleur  lilas.  (J.  D.). 

*  AULACOPUS  ( auXaü; ,  sillon;  woj3ç, 

pied),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra¬ 
mères,  famille  des  Longicornes,  établi  par 
M.  Serville^nw.  Soc.  ent.  de  Fr.,  I,  p.  144), 
qui  le  place  dans  sa  tribu  des  Prioniens,  et  lui 
donne  pour  caractères  distinctifs  des  genres 
voisins  :  Mandibules  courtes  dans  les  deux 
sexes.  Corselet  sans  fortes  épines  latérales, 
sans  dilatation.  M.  Dejean,  qui  a  adopté  ce 
genre  dans  son  dernier  Catalogue,  n’y  rap¬ 
porte  qu’une  seule  espèce  du  Sénégal ,  dé¬ 
crite  par  M.  Serville,  sous  le  nom  d’/f.  re - 
ticulatus.  (D.  et  C.) 


t.  u« 


Aiir. 


338  AUL 

’  AULACORAMPHUS  (*5x*S ,  sillon  ; 
fAu.<po;f  bec),  ois. — M.  G.  B.  Gray,  dans 
sa  List  of  the  (jettera  ofhirds ,  a  cru  de¬ 
voir  substituer  ce  nom  générique  à  celui 
d’ Aulacorhynchus  de  Gould,  déjà  employé 
en  botanique.  Voy.  aracari.  (Lafr.) 

*  AULACORHYNCHUS  (a5x*Ç,  sil¬ 

lon;  pô'p'oç,  bec),  ois.  —  Genre  formé  par 
M.  Gould  dans  la  famille  des  Toucans. 
Voy.  aracari  ,  genre  dont  il  fait  partie 
comme  sous-genre.  (Lafr.) 

*AULACO RIIYjVQUE .  Aulacorhijn- 
chus  (auXai-,  sillon  ;  pù-y/o?,  bec),  bot.  m. 
— M.  le  professeur  Nees  d’Esenbeck  a  donné 
ce  nom  à  un  genre  de  la  famille  des  Cypé- 
racées  ,  tribu  des  Sclériées,  qui  a  pour  ca- 
ract.  distinctifs  :  Fleurs  unisexuées,  dis¬ 
posées  en  épillets.  Épillets  mâles  multiflo- 
res  ;  épillets  femelles  ne  contenant  qu’une 
seule  fleur.  Dans  les  épillets  mâles,  les 
écailles  sont  imbriquées  en  tous  sens  ;  les 
inférieures  sont  vides.  Étamines  au  nombre 
de  trois.  Dans  les  épillets  femelles  ,  les 
écailles  sont  également  imbriquées  en  tous 
sens.  La  fleur  se  compose  de  deux  paillettes 
entières  et  opposées.  Style  renflé  à  sa  base, 
trifide  à  son  sommet,  qui  porte  trois  stig¬ 
mates  allongés.  Le  fruit  est  un  akène  lagé- 
niforme,  terminé  par  un  bec  ferme  et  à 
trois  sillons.  —  Ce  genre,  très  voisin  des 
Scleria ,  se  compose  d’une  seule  espèce , 
qui  est  originaire  du  Cap  de  Bonne-Espé¬ 
rance.  (A.  R.) 

*  AULACOSCELIS  (  aûXaÇ  ,  sillon  ; 
oxsXê;,  cuisse),  ins.  — Genre  de  Coléoptères 
tétramères,  famille  des  Cbrysomélines,  éta¬ 
bli  par  M.  Chevrolat,  et  adopté  par  M.  De- 
jean,  qui,  dans  son  dernier  Catalogue,  n’y 
rapporte  qu’une  espèce  nommée  A  .melano- 
cera  par  M.  Chevrolat,  et  qui  a  été  trouvée 
dans  les  environs  de  Mexico .  Ce  genre  est  très 
voisin  du  genre  Phyllochara  de  Dalman, 
et  ses  caractères  ,  suivant  l’auteur ,  sont  : 
Corps  assez  long,  plan.  Tête  déprimée  se- 
mi-circulairement  au-dessus  des  antennes. 
Palpes  maxillaires  à  derniers  articles  en 
ovoïde  long.  Antennes  de  12  articles,  3-9, 
égaux,  élargis  angulairement  en  dedans. 
Les  parties  suivantes  sillonnées  :  le  corselet 
à  la  base  et  sur  les  côtés,  les  cuisses  à  leur 
extrémité  inférieure,  et  les  jambes  extérieu¬ 
rement.  L’espèce  unique  de  ce  genre  est 
écarlate ,  avec  les  derniers  articles  des  an¬ 


tennes  et  tes  pattes,  à  l’exception  des  cuis¬ 
ses,  noirs  ;  les  élytres  sont  finement  ponc¬ 
tuées  çà  et  là.  (D.  et  C.) 

*  AULACOSPERMUM,  Ledeb.  (aùXaH, 
sillon  ;  <nrspu. a,  graine  ).  bot.  th.  —  Syno¬ 
nyme  du  genre  Cnidium ,  Cuss.  (Sr.) 

*AULACUS  (aùXa£, sillon),  ins. — Genre 
de  l’ordre  des  Coléoptères  tétramères ,  fa¬ 
mille  des  Curculionites ,  établi  par  Mégerle 
qui  n’en  a  pas  publié  les  caractères.  Schoen- 
herr  l’a  réuni  à  son  genre  Gronops.  Voy. 
ce  mot.  (D.  et  C.) 

AULACUS  (aOXa£  axoç  ,  sillon),  ins. 
—  Genre  de  la  famille  des  Évaniens  ( Eva - 
niâtes ,  Lat.) ,  de  l’ordre  des  Hyménop¬ 
tères  ,  section  des  Térébrans ,  établi  par 
Jurine  (  Notiv.  méthode  pour  classer 
les  Hym .),  sur  une  seule  espèce  de  l’Eu¬ 
rope  méridionale  qu’il  a  nommée  Aulacus 
strialus.  Ce  genre,  adopté  par  tous  les  en¬ 
tomologistes,  se  fait  surtout  remarquer  par 
un  abdomen  en  forme  de  faucille  ,  avec  la 
tarière  des  femelles  longue  et  très  grêle  ; 
par  des  antennes  filiformes,  composées  de 
quatorze  articles,  et  par  des  ailes  présentant 
une  seule  cellule  radiale  et  trois  cubitales 
à  peu  près  d’égale  dimension.  (Bl.) 

*  AULADÈRE.  Auladera  (aùXa£,  sil¬ 

lon;  cou),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
hétéromères,  delà  famille  des  Mélasomes  de 
Latreille,  formé  par  Salier ,  aux  dépens  des 
Nyctélées,  dont  il  diffère  par  le  sillon  pro¬ 
fond  et  transversal  qui  semble  séparer  la 
partie  antérieure  de  la  tête  de  la  postérieure. 
Ce  g.  comprend  deux  espèces  :  les  A.  cre- 
nicosta  et  andicola ,  qui  ont  été  apportées 
du  Chili.  (C.  d’O.) 

* AULÆMRR AN CHE S .  Aulœdibran - 
chia  (aùXo'ç,  flûte;  gpa 7Xta,  branchies), 
roiss.  —  Latreille  donne  ce  nom  à  une  fa¬ 
mille  d’ichthyodères ,  et  MM.  Ficinus  et 
Carus  appellent  ainsi  une  famille  de  Pois¬ 
sons  dont  les  branchies  communiquent  à 
l’extérieur  par  des  trous  latéraux.  (C.  »’0.) 

*  AULASTOME.  Aulastoma  %£, 
sillon;  ardp.a,  bouche),  annét.  —  Genre  de 
la  famille  des  Hirudinées  ou  Sangsues , 
proposé  par  M.  Moquin-Tandon,  à  la  pag. 
123  de  sa  Monographie ,  pour  une  espèce 
de  France  (environs  de  Lyon) ,  et  qui  n’est 
pas  employée  en  médecine.  Son  principal 
caractère  générique  est  d’avoir  les  mâchoi¬ 
res  réduites  à  une  multitude  de  plis  sail- 


AUL 


AUL 


lants.  M.  de  Blainville  ( Dict .  des  sc.  nat ., 
t.  LVII,  p.  560) pense  que  la  Sangsue  type  de 
ce  genre  n’est  autre  que  VHœmopis  nigra 
Sav.,  qui  rentre  dans  son  genre  Pseudo- 
bdella.  (P.  G.) 

AULAX,  Berg.  ( FLor.  Cap.)  ( dùXdÇ , 
sillon),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille 
des  Protéacées ,  auquel  M.  R.  Brown  (  in 
Linn.  Trans.,  X,  p.  49)  assigne  les  ca¬ 
ractères  suivants  :  Fleurs  par  avortement 
dioïques;  les  mâles  en  grappes,  les  fe¬ 
melles  en  capitules.  Périanthe  4-parti  jus¬ 
qu’à  la  base ,  régulier.  Étamines  (  nulles 
dans  les  fleurs  femelles)  4,  insérées  au 
milieu  des  segments  du  périanthe.  Ovaire 
(abortif  dans  les  fleurs  mâles)  1-loculaire  , 
i-ovulé,  accompagné  de  4  squamules.  Style 
filiforme.  Stigmate  claviforme,  oblique,  his- 
pidule,  échancré.  Noix  1-sperme,  saillante, 
ventrue,  barbue.  —  Arbrisseaux  très  gla¬ 
bres.  Feuilles  alternes,  très  entières.  Inflo¬ 
rescences  terminales  ;  fleurs  1-bractéolées  ; 
les  grappes  mâles  point  involucrées,  agré¬ 
gées  ;  les  capitules  femelles  solitaires ,  ac¬ 
compagnés  d’un  involucre.  Ce  genre  est 
propre  à  l’Afrique  australe  ;  on  n’en  connaît 
que  2  espèces,  cultivées  comme  plantes  d’or¬ 
nement  de  serre.  (Sp.) 

AUL  AXA  AT  HE .  Àulaxanthus  (aù- 
XaH,  sillon  ;  àvôoç,  fleur),  bot.  ph.- —  Genre 
de  la  famille  des  Graminées,  établi  par  El- 
liot  dans  la  Flore  de  Géorgie ,  et  que  Nut- 
tal  a,  après  lui,  nommé  Aulaœie. 

(C.  d’O.) 

AULAXIE.  Aulaxia  (xùXai;,  sillon). 
bot.  ph.— Ce  genre  formé  par  Nuttal,  dans 
la  famille  des  Graminées ,  est  très  voisin 
des  g.Panicnm  ët  Milium, zi  a  surtout  une 
grande  analogie  avec  le  Milium  ampki- 
carpon.  Ses  caractères  différentiels  sont 
des  Yalves  presque  égales  et  munies  de  sil¬ 
lons  velus.  Nuttal  en  décrit  deux  esp.  natu¬ 
relles  à  l’Amérique  septentrionale.  L’une 
d’elles  a  été  décrite  par  Michaux ,  sous  le 
nom  de  P  ha  taris  villosa.  (C.  d’O.) 

*AULAXINA  (aùXaî;,  strie),  bot.  cr. — 
Ce  nom  a  été  donné  par  M.  Fée  à  un  genre 
de  ses  Squammariées  épiphylles,  caracté¬ 
risé  par  un  thallë  orbiculaire  ,  membra¬ 
neux,  marqué  de  stries  concentriques  et 
par  des  apothécies  (  pseudo-lirelles)  trian¬ 
gulaires  ,  à  angles  aigus  ,  impressionnées, 
ouvertes.  Nous  fie  pouvons  juger  de  cette 


3  39 

production  que  sur  la  figure  ( Crypt .  ecor. 
offre.,  t.  il,  f.  7)  qti’en  a  donnée  l’auteur, 
car  il  a  cru  superflu  de  la  décrire.  Elle  nous 
paraît  appartenir  plutôt  au  genre  Opègra - 
phe  qu’au  genre  Strignla ,  auquel  la  rap¬ 
porte  M.  Endlicher.  La  forme  des  thèques 
ne  s’oppose  point  à  ce  rapprochement.  Cette 
plante  a,  en  effet,  beaucoup  d’analogie  avec 
mon  Opcgrapha  filicina  (  flist.  nat ., 
Cuba,  t.  IX,  f.  1) ,  qui  croît  aüssi  sur  des 
feuilles.  L’espèce  de  M.  Fée  habite  les 
feuilles  des  arbres  et  se  trouve  à  Cayenne. 

(C.  M.) 

*AULAXIS,  Haw.  (auXaÇ,  sillon)  ( Sax ., 
p.  46).  bot.  ph.  —  Synonyme  du  genre  ou 
sous-genre  Hydatica ,  Neck. ,  de  la  famille 
dès  Saxifragées.  (Si*.) 

*  AULETES  (aûXïÎTYïç ,  joueur  de  flû¬ 

te).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétramè- 
res,  famille  des  Curculionides,  établi  par 
Schoenherr,  qui  le  range  dans  sa  division  des 
Rhinomacérides,  et  lui  assigne  les  caractè¬ 
res  Suivants  :  Antennes  médiocrement  lon¬ 
gues,  insérées  près  de  la  base  du  rostre,  de 
onze  articles,  avec  la  massue  allongée,  li¬ 
néaire  ,  distincte  ,  composée  d’articles  peu 
séparés.  Rostre  droit,  un  peu  défléchi,  cy¬ 
lindrique.  Élytres  oblongues,  convexes, 
avec  lés  angles  huméraux  obtus.— Ce  genre 
a  pour  typé  et  unique  espèce  VAiil.  tiibi- 
cen  Sch.,  qui  se  trouve  en  Dalmatie.  M. 
Dejean,  dans  son  dernier  Catalogue ,  avait 
appelé  cette  espèce  Tubicenus  Rytichiloi - 
des  ;  mais  dans  le  troisième  et  defnier,  il  a 
remplacé  ces  deux  noms  par  ceux  do 
Schoenherr.  (D.  et  G.) 

AULIQUE.  Anlicus.  reft. — C’est  aifisi 
que  Linné  à  désigné  une  espèce  de  son  g. 
Côluber ,  à  laquelle  il  faut  rapporter  la 
ColiledVre  Hébé  de  Dâudin ,  type  d’un  g. 
que  Boié  a  établi  sous  le  nom  de  Lycbdon. 
Voy.  éë  ihot.  (G.  B.) 

*  AULIZA.  èoT.  Vh. — Lé  genre  de  plan¬ 
tes  ainsi  nommé  par  SalisbUry  (  Trans. 
hort.  sbb.,  i,  p.  261)  n’est  qu’üfi  démem¬ 
brement  du  grand  genre  Epidchdrum  dans 
la  famille  des  Orchidées.  Voy.  èpidendre. 

(A.  R.) 

AULNE,  bot.  ph. —  Ancien  fiOm  fran¬ 
çais  de  l’Aüne  ,  AlnuS ,  L.  Voy.  ce  mot. 

AULNÉE.  6ot.  pb.  —  Vieux  nom  do 
l’Aun^e,  Inula  Helenium  L.  Voy.  aunée. 

(G.  b’O.l 


340 


AUL 


AULOPE.  Aulopus.  poiss.  —  Sous- 
genre  formé  par  Cuvier,  dans  le  genre  Sal - 
mo.  Voy ez  saumon.  (C.  d’O.) 

*AULOPIUM.  zooph.— -Mot  emprunté  à 
Donati ,  qui  s’en  servait  pour  désigner 
quelques  Zoophytes.  M.  Rafinesque  ( Ana¬ 
lyse  de  la  nature ,  p.  156)  l’applique  à  un 
genre  du  groupe  des  Isis,  les  Arthropses. 

(P.  G.) 

*AULOPORE .  Aulopora  (aùXoç,  flûte  ; 
TFo'poç,  pore),  zooph.  foss.  —  Genre  de  la 
famille  des  Sertulariés,  qui  se  trouve  dans 
les  terrains  secondaires  anciens. 

(C.  d’O.) 

AULOPUS.  roiss.  —  Voyez  aulope. 

AULOSTOMES  (aùXôç ,  flûte  ;  aro^a, 
bouche),  roiss.  —  Ce  genre,  établi  par  La- 
cépède  aux  dépens  du  g.  Fistularia ,  L.,  a 
été  restitué  par  CuYier  comme  un  simple 
sous-genre.  Voy.  fistueaire.  (C.  d’O.) 

*AULOSTOMIDES.  A  ulostomides  (aù- 
Xôç,  flûte;  GToaa ,  bouche),  poiss.  —  La- 
treille,  Ficinus,  Carus  etEichwald,  ont  don¬ 
né  ce  nom  à  une  famille  de  Poissons,  com¬ 
prenant  ceux  dont  la  tête,  allongée  en  un 
long  tube,  a  la  forme  d’une  flûte. 

(C.  d’O.) 

*AULTRIE.  géol. — Sommet  de  la  lon¬ 
gue  colline  qui  borde  la  Seine  entre  Triel  et 
Meulan,  et  forme  un  cap  au  confluent  de  la 
Seine  et  de  l’Oise.  Ce  sommet,  qui  pré¬ 
sente  une  assez  grande  étendue,  est  for¬ 
mé  par  les  meulières,  et  il  correspond  pour 
la  hauteur  aux  sommets  des  Champeaux 
de  Montmorency,  des  buttes  Sanois,  de 
Montmartre  et  de  la  plaine  de  laBeauce.  La 
colline  que  termine  l’Aultrie  offre  une  très 
belle  coupe  des  terrains  parisiens  entre 
Triel  et  Meulan.  Le  Gypse  y  est  exploité  à 
mi-côte  sur  une  grande  échelle.  (C.  P.) 

AULUS  (aùXo;,  tuyau,  siphon),  moee.— - 
Plusieurs  zoologistes,  comme  nous  le  ver¬ 
rons  en  traitant  du  genre  Solen ,  ont  tenté 
de  démembrer  ce  genre,  et  M.  Oken  ,  un 
des  premiers,  a  séparé  les  espèces  Tellinoï- 
des  en  un  genre  particulier,  auquel  il  a 
donné  le  nom  d'Aulus.  M.  de  Blainville  a 
fait  de  ces  espèces  son  genre  Solételline,  et 
nous  verrons  que  la  plupart  des  espèces 
aplaties  doivent  faire  partie  des  Psammo - 
lies.  Voy.  ce  mot.  Quant  au  genre  de 
M.  Oken,  plusieurs  de  ses  espèces  doivent 
rester  parmi  les  véritables  Solens,  tandis 


AUN 

que  d’autres  doivent  se  ranger  parmi  les 
Psammobies.  (Desh.) 

AUMUSSE  {Almucia,  tia,  tium  [basse 
latinité]),  moll.  —  Nom  vulgaire  d’une 
belle  espèce  de  Cône,  Conus  vexillum  de 
Bruguière  et  de  Lamarck.  Voy.  cône. 

(Desh.) 

* AUJVATRE.  Alnastcr,  Sp.  (allusion 
à  Alnus ,  Aune),  bot.  th. — Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Bétulacées,  tenant  le  milieu  entre 
les  Aunes  et  les  Bouleaux;  il  diffère  de 
ceux-ci  par  les  écailles  des  chatons,  qui  sont 
4-appendiculées  ;  par  les  fleurs  mâles,  qui 
ont  un  périanthe  d’environ  12-squamules 
égales  ,  et  à  peu  près  autant  d’étamines  ; 
par  les  filets  des  étamines  ,  qui  sont  indi- 
visés  ;  par  les  chatons  femelles ,  qui  sont 
disposés  en  grappes  ;  enfin  ,  par  la  con¬ 
formation  du  strobile ,  semblable  à  celui 
des  Aunes.  L’Aunàtre  diffère  des  Aunes 
par  les  chatons  mâles  qui  ne  sont  point 
disposés  en  grappes,  et  qui  ont  des  écailles 
uniflores  ;  par  le  périanthe  des  fleurs  m⬠
les,  qui  est  formé  de  squamules  disjointes  ; 
par  le  nombre  plus  considérable  d’étami¬ 
nes,  dont  les  anthères  ont  des  bourses  dis¬ 
jointes  ;  par  les  chatons  femelles,  qui  nais¬ 
sent  de  bourgeons  foliaires  ,  et  qui  sont  re¬ 
couverts  par  les  écailles-gemmaires  jusqu’à 
l’époque  de  la  floraison  ;  enfin,  par  les  nu- 
cules  ,  qui  sont  bordées  d’une  aile  dia¬ 
phane.  VA.  viridis  Spach  [Betula  ovata 
Schrank . ,  A  Inus  viridis  DC. ,  Betula  viri¬ 
dis  Vill.,  Betula  crispa  Mich.)  constitue 
seul  ce  genre;  c’est  un  arbuste  commun 
dans  les  hautes  régions  des  Alpes.  (Sp.) 

AUNE.  Alnus,  Tourn.  (nom  ancien  de 
quelques  espèces  de  ce  genre),  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Bétulacées,  offrant 
les  caractères  suivants  :  Chatons  mâles 
en  grappe  terminale  ;  écailles  triflores  , 
quadri-squamellées.  Fleurs  4-andres.  Pé¬ 
rianthe  régulier,  rotacé,  profondément  4- 
lobé.  Par  variation,  les  fleurs  ont  le  périan¬ 
the  à  5  ou  6  lobes,  et  à  autant  d’étamines. 
Étamines  insérées  à  la  base  des  lobes  du 
périanthe  ;  filets  filiformes,  courts,  indivi- 
sés  ;  anthères  elliptiques,  didymes,  médi- 
fixes,  à  bourses  disjointes  seulement  aux 
deux  bouts.  Chatons  femelles  solitaires 
ou  en  grappes,  courts,  cylindracés,  laté¬ 
raux  ;  écailles  biflores,  4-squamellées.  Stro¬ 
bile  ovoïde'  ou  subglobuleux,  court,  obtus, 


AU  N 

composé  d’écailles  ligneuses,  cunéiformes, 
horizontalement  superposées,  entregreffées 
jusqu’à  la  maturité,  épaissies  et  légèrement 
5-lobées  au  sommet,  s’écartant  finalement 
les  unes  des  autres,  mais  persistant  après 
la  chute  des  nucules.  Nucules  obovales  ou 
suborbiculaires,  complètement  recouvertes 
par  les  écailles  strobilaires,  bordées  d’une 
aile  opaque,  ou  (chez  une  seule  espèce)  d’un 
bourrelet  subéreux  (Spach,  Hist.  désolan¬ 
tes  phan..,i.  XI,  p.  246). — Les  Aunes  sont 
des  arbres  ou  des  arbrisseaux,  à  rameaux  an¬ 
guleux  étant  jeunes.  Les  bourgeons  sont 
stipités.  Les  fleurs  sont  beaucoup  plus  pré¬ 
coces  que  les  feuilles.  L’inflorescence  géné¬ 
rale  de  chaque  ramule  forme  une  panicule 
terminale,  aphylle  à  l’époque  de  la  florai¬ 
son,  composée  d’une  grappe  terminale  de  2 
à  5  chatons  mâles,  et  soit  de  1  à  B  grappes 
de  chatons  femelles ,  soit  de  2  à  5  chatons 
femelles  alternes.  Les  chatons  (tant  les  m⬠
les  que  les  femelles)  naissent  de  bourgeons 
aphyllcs,  dont  les  écailles  tombent  long¬ 
temps  avant  la  floraison  ;  ces  chatons,  qui 
deviennent  visibles  dès  l’été  précédent  aux 
aisselles  des  feuilles  des  jeunes  pousses, 
ont  acquis  presque  tout  leur  développe¬ 
ment  avant  l’entrée  de  l’hiver.  Les  chatons 
mâles,  d’abord  raides  et  dressés,  devien¬ 
nent  flasques  et  pendants  à  l’époque  de  la 
floraison  ;  ils  sont  longs,  grêles  cl  cylindra- 
cés.  Les  chatons  femelles  sont  dressés  ou 
ascendants ,  beaucoup  plus  petits  que  les 
chatons  mâles.  Les  feuilles  sont  dentelées , 
ou  sinuolées,  souvent  anguleuses  ou  si- 
nuées,  toutes  éparses,  pétiolées,  souvent 
ponctuées  ;  les  stipules  herbacées,  cadu¬ 
ques.  Les  strobiles  forment  des  grappes  ou 
des  panicules  latérales.  Dans  notre  mono¬ 
graphie  de  ce  gepre  [Ann.  des  sc.  nat.f 
1840),  nous  ne  reconnaissons  que  ces  espè¬ 
ces  admissibles  sans  contestation.  La  plu¬ 
part  habitent  les  régions  extra-tropicales 
de  l’hémisphère  septentrional.  On  en  trouve 
aussi  quelques-unes  dans  l’Amérique  équa¬ 
toriale  ,  à  la  faveur  des  stations  alpines  ou 
subalpines  que  leur  offrent  les  Andes  du 
Pérou,  de  la  Colombie  et  du  Mexique. 

Les  deux  espèces  les  plus  importantes 
sont  :  X Aune  visqueux ,  auquel  s’applique 
plus  spécialement  le  nom  d’Aune,  sans  au¬ 
tre  épithète,  et  X Aune  grisâtre. 

là  Aune  visqueux  ( Admis  giu'inosa 


AUN  341 

Linn.)  est  commun  dans  la  plus  grande 
partie  de  l’Europe  (les  régions  arctiques 
exceptées),  ainsi  qu’en  Orient  et  en  Sibé¬ 
rie.  C’est  un  arbre  pour  ainsi  dire  aquati¬ 
que}  car  il  prospère  surtout  dans  les  locali¬ 
tés  marécageuses  ou  très  humides ,  pourvu 
qu’elles  ne  soient  pas  constamment  inon¬ 
dées,  tandis  qu’il  reste  chétif  dans  les  ter¬ 
res  sèches  ;  il  se  refuse  aussi  à  croître  dans 
les  sols  glaiseux.  Sa  croissance  est  rapide, 
et  la  durée  de  sa  vie  de  80  à  100  ans.  Son 
tronc,  en  général  garni  de  rameaux  dès  la 
base,  est  très  droit,  et  il  peut  acquérir  jus¬ 
qu’à  3  pieds  de  diamètre  ;  la  hauteur  totale 
de  l’arbre  varie,  suivant  les  localités,  de  17 
à  33  mètres.  La  cime  est  pyramidale  et  très 
touffue.  Dans  le  nord  de  la  France,  sa  flo¬ 
raison  a  lieu  en  février  ou  en  mars,  un 
mois  avant  que  les  feuilles  ne  commencent 
à  pousser.  Les  chatons  ont  des  écailles  d’un 
pourpre  violet;  les  mâles  sont  longs  de  4  à 
7  centimètres  ;  les  femelles  forment  des 
grappes  paniculées.  Les  feuilles,  ordinaire¬ 
ment  longues  de  8  à  11  centimètres,  sur  à  peu 
près  autant  de  large,  sont  d’un  vert  foncé  et 
luisantes  aux  2  faces,  plus  ou  moins  vis¬ 
queuses,  poncticulées  (surtout  en  dessous), 
glabres  (excepté  en  dessous ,  aux  aisselles 
des  nervures,  où  elles  sont  ordinairement 
cotonneuses),  inégalement  dentelées  ou  cré¬ 
nelées  ,  le  plus  souvent  obovales  ou  ellipti- 
ques-obovales,  ordinairement  arrondies  au 
sommet  et  souvent  profondément  échan¬ 
gées.  Les  strobiles  sont  ovoïdes  ou  ellip¬ 
soïdes  ,  d’un  brun  verdâtre  en  automne,  fi¬ 
nalement  noirâtres,  du  volume  d’une  petite 
noisette. 

On  plante  fréquemment  cet  arbre  dans 
les  endroits  frais  et  humides  des  parcs , 
ainsi  qu’aux  bords  des  étangs  et  des  riviè¬ 
res  ;  ses  racines,  longues  et  entrelacées,  con¬ 
tribuent  à  fixer  le  sol  des  rivages.  La  cul¬ 
ture  de  VA  une  est  surtout  d’un  grand  avan¬ 
tage  dans  les  lieux  trop  marécageux  pour 
les  Saules  et  les  Peupliers;  et,  de  même 
que  ceux-ci,  il  repousse  avec  vigueur  après 
avoir  été  coupé  rez  terre.  Dans  les  localités 
convenables,  on  le  choisit  aussi  pour  faire 
des  clôtures ,  parce  que  le  bétail  en  rebute 
les  feuilles.  Le  bois  de  l’Aune  visqueux  est 
assez  dur,  pesant,  élastique,  d’un  grain  fin, 
de  couleur  blanche  à  l’état  frais.  Il  prend 
sur  la  blessure  une  couleur  d’un  rouge 


542 


.AUN 


AU  R 


orange,  qui  passe  bientôt  à  la  couleur  de 
chair  pâle ,  et  enfin  au  blanc  jaunâtre , 
couleur  qu’il  conserve  étant  sec.  Ce  bois 
n’est  guère  propre  aux  constructions  or¬ 
dinaires,  parce  qu’il  se  décompose  promp¬ 
tement  aux  alternatives  de  sécheresse  et 
d’humidité;  mais,  lorsqu’il  est  constam¬ 
ment  submergé ,  il  devient  aussi  incorrup¬ 
tible  que  le  bois  de  chêne  ;  aussi  le  choisit- 
on  de  préférence  pour  les  pilotis  et  autres 
ouvrages  destinés  à  séjourner  sous  l’eau. 
On  dit  que  les  édifices  de  Venise  reposent 
sur  des  pilotis  d’Aune.  Ce  bois  est  recher¬ 
ché  par  les  ébénistes,  les  tourneurs,  les  me¬ 
nuisiers  et  les  sabotiers  ;  il  est  susceptible 
d’un  beau  poli,  et  prend  facilement  la  cou¬ 
leur  de  l’Ébène  ou  de  l’Acajou.  Comme 
combustible,  il  est  presque  d’aussi  bonne 
qualité  que  le  bois  de  Bouleau,  pourvu 
qu’on  n’ait  pas  tardé  de  le  mettre  à  l’abri 
de  la  pluie.  Il  brûle  avec  une  flamme  vive  et 
presque  sans  fumée,  qualité  qui  le  rend  pré¬ 
cieux  pour  chauffer  les  fours  de  boulanger, 
de  verrier,  etc.  Le  charbon  de  bois  d’Aune  est 
l’un  des  meilleurs  pour  la  fabrication  de  la 
poudre.  Les  cendres  contiennent  beaucoup 
de  potasse  ;  elles  en  fournissent  à  peu  près 
la  septième  partie  de  leur  poids.  L’écorce, 
qui  est  très  astringente,  sert  au  tannage , 
ainsi  qu’à  teindre  en  noir  et  en  brun.  Sa 
décoction  était  autrefois  en  vogue  à  titre  de 
remède  détersif. 

L’aune  grisâtre  ( Alnus  iticnna  Willd., 
Bctula  intana  Linn.),  différant  de  l’Aune 
visqueux  par  ses  feuilles,  qui  ne  sont 
ni  visqueuses  ni  ponctuées  ;  point  lui¬ 
santes  en  dessus ,  d’un  vert  glauque  ou 
incanes  en  dessous  ,  ordinairement  acumi- 
nées  ou  pointues  ,  souvent  anguleuses ,  est 
très  commun  dans  le  Nord  de  l’Europe  èt 
de  l’Asie.  Son  bois  est  plus  blanc,  plus 
dur,  plus  tenace,  et  d’un  grain  plus  fin  que 
le  bois  de  l’Aune  visqueux ,  quoique  la 
croissance  de  l’arbre  soit  plus  rapide  ; 
comme  combustible,  il  est  d’aussi  bonne 
qualité  que  le  bois  du  Bouleau  blanc.  On  le 
préfère  pour  tous  les  ouvrages  auxquels  on 
emploie  l’Aune  visqueux. 

L’aune  a  feuilles  cordiformes  (  Alnus 
cordi folia  Ténor.,  Betula  cordaia  Lois.), 
qui  croît  dans  les  montagnes  de  l’Europe 
méridionale,  et  au  Caucase,  est  remarquable 
par  l’élégance  dé  son  feuillage,  et  se  cultive 


comme  arbre  d’ornement  ;  il  résiste  aux  Hi¬ 
vers  les  plus  rudes  du  nord  de  la  France,  et 
offre  l’avantage  de  prospérer  dans  les  terres 
les  plus  arides. 

L’aüne  a  feuilles  denticuléès  (  Alnus 
scrrülnia  Willd.  ,  Betula  serrulata 
Hort.  Ke\V.),  se  cultive  aussi  dans  les  jar¬ 
dins  potagers.  Cette  esp., indigène  de  l’Amé¬ 
rique  septentrionale,  ne  forme  qu’un  buis¬ 
son  de  2  à  4  mètres ,  à  feuilles  inégalement 
denticulées  ou  dentelées ,  obtuses  ou  poin¬ 
tues;  poncticulées  et  d’un  vert  pâle  en  des¬ 
sous,  pubescentes  aux  nervures.  (Sp.) 

AUNE  NOIR.  bot.  th.  —  Nom  de  la 
Bourdène,  Rhamnus  frangula ,  dans  cer¬ 
taines  parties  de  la  France.  Voyez  nerprun. 

(C.  d’O.) 

AUNÉE.  Initia.  bot.  ph.  —  Le  genre 
Initia  appartient  à  la  famille  des  Compo¬ 
sées  et  se  caractérise  par  scs  capitules  mul- 
tiflores  hétérogames,  ses  fleurs  du  rayon 
unisériées  femelles,  ordinairement  ligulées, 
quelquefois  neutres  par  avortement,  plus 
rarement  encore  tubuleuses,  B-dentées  : 
celles  du  disque  régulières,  tubuleuses,  à  S- 
dents;  anthères  munies  de  caüdicules 
Fruit  cylindracé ,  ou  subtétragone  dans 
V Helenium,  tronqué  au  sommet  et  cou¬ 
ronné  d’une  aigrette  composée  de  soies  ca¬ 
pillaires,  légèrement  scabres.  —  Les  Initia 
proprement  dites  sont  des  plantes  vivaces 
indigènes  de  l’Ancien  continent,  munies  de 
feuilles  alternes  et  de  capitules  de  fleurs 
jaunes  ,  disposées  en  corymbe.  L’une  des 
espèces  /.  Helenium  porte ,  dans  les  offi¬ 
cines,  le  nom  ôiEnula  campana ;  sa  ra¬ 
cine  est  amère  et  aromatique.  Le  nom 
d’ Helenium  ,  ÈXsvtcv,  vient  de  ce  que,  Sui¬ 
vant  les  Grecs ,  cette  plante  était  née  des 
larmes  d’Hélène  ;  d’autres  étymologistcs 
font  dériver  Aunée  d 'Alnus  ,  nom  latin  de 
l’Aune  ,  à  l’ombre  duquel  cette  espèce  d’/- 
iiilla  croît  ordinairement.  (J.  D.) 

AURA.  ois.  —  Nom  d’une  espèce  de 
Vautour  américain  du  genre  Catharic 
Voy.  ce  mot.  (Lafr.) 

AURAI) A ,  AURADE,  AURA® O. 
poiss.  —  Noms  donnés  dans  plusieurs  loca¬ 
lités  au  Spare  doré,  Sparus  aura  tus  L 
Voyez  spare.  (C.  d’O.) 

AUR  ANTI ACÉES .  A  u  ra  ht! a  ce  æ . 
bot.  pu.  —  Famille  de  plantés  dicotylé¬ 
dones,  à  corolle  polypétale  çt  à  étamines 


343 


AU  R 

hypogynes ,  qui  a  aussi  reçu  de  plusieurs 
auteurs  le  nom  à'Hespèridees.  Ses  carac¬ 
tères  sont  les  suivants  :  Calice  urcéolé  ou 
campanulé,  court,  à  3-4  ou  5  dents.  Pétales 
en  nombre  égal,  alternant  avec  ces  dents, 
libres  ou  soudés  dans  une  courte  étendue 
entre  eux  à  leur  base  toujours  large,  à  pré¬ 
floraison  légèrement  imbriquée.  Étamines 
en  nombre  double  ou  plus  rarement  mul¬ 
tiple  ,  à  filets  tantôt  libres ,  tantôt  soudés 
en  un  seul  tube  ou  en  plusieurs  faisceaux , 
insérés  avec  les  pétales  sur  le  pourtour  d’un 
disque  hypogynique,  à  anthères  introrses 
et  biloculaires  qui  s’ouvrent  longitudinale¬ 
ment.  Ovaire  libre ,  porté  sur  un  disque 
plus  ou  moins  saillant,  creusé  de  deux 
ou  de  plusieurs  loges ,  dont  chacune  con¬ 
tient  un  seul  ou  plusieurs  ovules  attachés , 
le  plus  souvent  pendants ,  à  son  angle  in¬ 
terne.  Style  simple,  assez  épais,  terminé 
par  un  stigmate  en  tête  simple  ou  lobé.  Le 
fruit  est  une  baie  sèche  ou  charnue,  revêtue 
d’une  écorce  épaisse,  dont  les  loges,  quel¬ 
quefois  réduites  par  avortement  à  l’unité  , 
renferment  dans  une  pulpe  mucilagineuse 
ou  dans  un  amas  de  vésicules  succulentes 
dont  l’origine  est  à  la  partie  postérieure  de 
la  loge,  une  ou  plusieurs  graines  pendantes 
ou  horizontales,  recouvertes  d’un  tégument 
membraneux,  sur  lequel  se  dessinent  net¬ 
tement  le  raphe  et  la  chalaze  ordinairement 
large  et  située  à  l’opposé  du  hile ,  et  pré¬ 
sentant  immédiatement  sous  lui  et  sans  pé- 
risperme  un  embryon  droit,  blanc  ou  vert, 
à  cotylédons  épais,  à  radicule  courte  et  cen¬ 
tripète.  La  graine  de  l’Oranger  présente 
communément  plusieurs  embryons  inégaux 
réunis  sous  up  seul  tégument. 

Les  Aurantiacées  sont  des  arbres  ou  ar¬ 
bustes,  dont  les  rameaux  avortent  assez 
souvent  en  se  changeant  en  épines  droites 
ou  recourbées,  situées  naturellement  à  l’aiSr 
selle  des  feuilles.  Celles-ci  sont  alternes , 
dépourvues  de  stipules ,  essentiellement 
pennées  avec  impaire,  mais  souvent  aussi 
comme  simples  par  l’avortement  de  toutes 
les  paires  latérales,  à  pétiole  fréquemment 
ailé ,  à  folioles  entières  ou  crénelées ,  gla¬ 
bres,  de  consistance  coriace,  et  criblées  de 
points  transparents  dus  à  la  présence  d’u- 
tricules  remplies  d’une  huile  volatile ,  qui 
t’observent  aussi  ordinairement  sur  les  di¬ 
verses  parties  de  la  fleur  et  du  fruit,  et  qui 


AUR 

communiquent  à  la  plante  une  odeur  plus 
ou  moins  forte  et  ordinairement  agréable. 
Les  fleurs,  régulières,  axillaires  ou  termi¬ 
nales,  solitaires  ou  réunies  en  corymbes  et 
en  grappes ,  de  couleur  blanche ,  rouge  ou 
jaune ,  ont  rarement  les  sexes  séparés  par 
suite  d’avortement. 

C’est  des  régions  tropicales  de  l’Asie  que 
les  espèces  sont  originaires  ;  car  on  n’en 
cite  jusqu’ici  que  deux  ou  trois  natives  de 
Madagascar,  et  deux  seulement  ont  été  ren¬ 
contrées  sauvages  en  Amérique.;  mais  la  cul¬ 
ture  a  répandu  quelques  espèces  et  leurs 
nombreuses  variétés  sur  toute  la  terre ,  où 
elles  croissent  soit  à  l’air  libre ,  soit  sous 
des  abris,  suivant  les  climats  plus  ou  moins 
favorables.  Les  qualités  des  Oranges  ,  Ci¬ 
trons,  Limons,  et  autres  fruits  du  genre 
Citrus ,  sont  trop  connues  pour  que  nous 
nous  y  arrêtions  ;  mais  ceux  d’autres  gen¬ 
res,  Cookia  ,  Glycosmis ,  Æyle  ( voy .  ces 
mots),  sont  aussi  estimés  dans  leurs  pa¬ 
tries.  La  qualité  du  bois  et  l’huile  parfumée 
qu’on  extrait  des  diverses  parties  donnent 
un  prix  de  plus  à  plusieurs  arbres  de  cette 
famille. 

M.  Endlicher,  dont  nous  suivrons  ici  le 
travail,  le  plus  récent  dont  elle  ait  été  l’ob¬ 
jet,  la  divise  en  trois  sections  fondées  sur 
le  nombre  relatif  des  étamines,  sur  celui 
des  ovules  et  sur  leur  disposition. 

1.  limonkes.  Étamines  doubles  des  pé¬ 
tales.  Un  seul  ovule  ou  deux  collatéraux. 

Genres  :  Atalantia  ,  Corr.  —  Tripha- 
sia  ,  Lour.  —  Limonia  ,  L.  {W  interlia  , 
Dennst.  ).  —  Glycosmis  ,  Corr.  —  Scle- 
rostylis ,  Blum. — Rissoa,  Arnott. — Ber¬ 
ger  a ,  Kœn. 

2.  ciAusÉNÉEs.  Étamines  doubles  des  pé¬ 
tales.  Deux  ovules  superposés. 

Genres  :  Murray  a  ,  Kœn.  (  Chalcas  , 
Lour.  ).  —  Cookia  ,  Sonner.  (  Quinaria  , 
Lour.  —  Clausena ,  Burm.  —  Microme- 
lum ,  Blum.  —  Paramignya  ,  Wight.  — 
Luvunga ,  Ham.  {Lavanga ,  Meissn.). 

3.  citrées.  Étamines  doubles  ou  multi¬ 
ples  des  pétales.  Plusieurs  ovules  sur  deux 
rangs. 

Genres  :  Feronia,  Corr. —  Ægle,  Corr. 
(Belou,  Adans.).  —  Citrus ,  L. 

A  la  suite  vient  se  placer  encore ,  mais 
avec  doute,  un  genre  à  feuilles  opposées,  le 
Chionotria  ,  Jack.  (A».  J.) 


AUR 


AUR 


344 

AURA1VTIUM,  Mill.  ( Dict .).  bot.  ph. 
— Synonyme  du  genre  Citrus ,  de  la  famille 
des  Aurantiacées.  (Sp.) 

AURELIA,  bot.  ph.  —  Synonyme  du 
genre  Grindelia.  Voyez  ce  mot. 

(J.  D.) 

AURELIAIVA,  Catesb.  bot.  ph.  — 
Synonyme  du  genre  Panax ,  L.,  de  la  fa¬ 
mille  des  Araliacées.  (Sp.) 

*  AURÉLIE,  ins.— Synonyme  de  Chry¬ 
salide  chez  les  anciens  auteurs.  Voyez  ce 
mot.  ;  (D.) 

AURÉLIE.  Aurélia .  zooph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Méduses,  établi  par  Péron 
et  Lesueur,  et  dont  les  caractères  sont  : 
Corps  circulaire  ,  diversiforme  ,  garni  à 
sa  circonférence  de  cils  tentaculiformes 
nombreux  et  de  huit  auricules  ;  cavité  sto¬ 
macale  quadrilobée,  avec  autant  de  petites 
ouvertures  que  de  loges,  sans  orifice  au 
centre  de  la  racine  de  quatre  longs  ap¬ 
pendices  brachidés  frangés  et  cotylifères 
à  leur  côté  interne  ;  quatre  ovaires.  Le 
type  de  ce  genre  est  le  Médusa  au  ri  ta  de 
Müller,  sur  le  développement  duquel  MM. 
Sars  et  Th.  de  Siebold  ont  fait  dernièrement 
des  observations  fort  curieuses ,  et  dont  il 
sera  parlé  à  l’article  de  ce  Dictionnaire  con¬ 
sacré  aux  Médusaires  en  général.  (P.  G.) 

AURÉLIÈRE.  ins.  —  Synonyme  de 
Forficule.  Voyez  ce  mot. 

AURÉOLÊS./iï^reoZï.ois. — C’est,  dans 
la  méthode  de  Vieillot,  la  3me  famille  de  son 
ordre  des  Oiseaux  sylvains  et  de  sa  tribu 
des  Zygodactyles  ,  famille  qui  ne  renferme 
que  le  genre  Jacamar.  Voy.  ce  mot. 

(Lafr.) 

*AURICULACÉS.  Auriculacea  (au- 
ricula ,  petite  oreille),  mole. — Lamarck 
avait  proposé,  dans  sa  Philosophie  zoologi¬ 
que,  une  famille  des  Auricufacés ,  dans  la¬ 
quelle  il  réunit  les  quatre  genres  suivants  : 
Auricule,  Mélanopside ,  Mélanie  et  Limnée. 
Lorsque  Lamarck  s’aperçut  que  cette  famille 
renfermait  à  la  fois  des  Mollusques  pecti- 
nibranches  et  des  Mollusques  pulmonés,  il 
l’abandonna  et  ne  la  reproduisit  plus  dans 
aucun  de  ses  ouvrages.  M.  de  Blainville , 
dans  son  Traite  de  Malacologie ,  reprit  le 
nom,  seulement  pour  l’appliquer  à  une  pe¬ 
tite  famille  correspondant  assez  exactement 
à  celle  des  Auricules  de  M.  de  Férussac. 
On  y  trouve,  en  effet ,  les  genres  Prétise  , 


Auricule  et  Pyramidelle.  Voy.  ces  mots, 
ainsi  que  auricules.  (Desh.) 

*  AURICULAIRE.  Auricularis  (au- 
ricula ,  petite  oreille),  zooe. — En  forme 
d’oreille ,  dépendant  de  l’oreille  ;  ainsi  l’on 
appelle  le  petit  doigt,  doigt  auriculaire , 
parce  qu’on  s’en  sert  pour  se  gratter  l’oreille. 
—En  ornithologie,  on  donne  le  nom  de  plu¬ 
mes  auriculaires  à  celles  qui  garnissent 
les  oreilles  des  oiseaux.  On  l’emploie  aussi 
dans  un  autre  sens, et  l’on  appelle  une  esp.  de 
Vautour,  Vultur  auricularis ,  parce  qu’il 
lui  pend,  de  chaque  côté  du  cou  et  dans  le 
voisinage  des  oreilles,  un  appendice  mem¬ 
braneux. — Les  conchyliologistes  ont  appli¬ 
qué  cette  épithète  à  une  espèce  de  coquille  , 
la  Limîiea  auricularia ,  dont  les  bords, 
largement  évasés,  ressemblent  à  la  conque 
de  l’oreille,  et  les  entomologistes  à  un  in¬ 
secte  du  genre  des  Orthoptères, la  Forficula 
auricularis ,  par  suite  d’un  préjugé  qui  fait 
croire  que  les  deux  appendices  cachés  qu’il 
porte  à  l’extrémité  de  l’abdomen  lui  ser¬ 
vent  à  percer  le  tympan  de  l’oreille ,  tandis 
que  ce  ne  sont  que  des  armes  défensives. 

(G.  d’O.) 

AURICULARIA  (  auricula  ,  petite 
oreille),  mole.— Nom  latin  donné  par  M.  de 
Blainville  aux  espèces  du  g.  Peigne ,  ayant  à 
la  naissance  de  l’oreille  de  la  valve  droite 
une  échancrure  denticulée  qui  donne  passage 
à  un  byssus.  Voy.  peigne.  (C.  d’O.) 

AURICULARIA.  bot.  ph. — Synonyme 
< VHedyotis . 

AURICULARIA  ( auricula ,  petite 
oreille),  bot.  cr.  —  Ce  genre  a  été  créé  par 
Bulliard,  auquel  il  donne  les  caractères  sui¬ 
vants  :  «  Les  Auriculaires  sont  sessiles ,  et 
pour  l’ordinaire  membraneuses  ;  elles  nais¬ 
sent  appliquées  par  tous  les  points  de  leur 
surface  inférieure  sur  des  troncs  d’arbre 
ou  sur  la  terre  ;  à  mesure  qu’elles  se  déve¬ 
loppent,  elles  se  renversent,  et  c’est  de 
leur  surface  supérieure  seulement,  deve¬ 
nue  alors  l’inférieure  ,  qu’elles  donnent 
leurs  semences  ;  l’émission  en  est  ordi¬ 
nairement  lente  et  durable.  »  Persoon  , 
Fries,  etc.,  ont  rangé  les  espèces  qui  com¬ 
posaient  ce  genre  parmi  les  Thélépho- 
res,  dont  elles  présentent  les  caractères. 
Bulliard  est  le  premier  auteur  qui,  dansF/Dz- 
ricularia  phylacteris,  a  remarqué  que  les 
spores  sont  supportées  par  des  bandes  té- 


3*5 


AUR 

traspores.  Ce  genre  a  été  rétabli  par  Fries 
(Epie.  syst.  myc .,  p.  555),  mais  avec  (Je 
nouveaux  caractères.  L’hymenium  est  in¬ 
fère,  plissé  irrégulièrement,  d’une  consis¬ 
tance  gélatineuse ,  et  supporté  par  un  cha¬ 
peau  d’une  structure  différente ,  sec  et  co¬ 
riace.  Nous  n’avons  en  France  qu’une  es¬ 
pèce  de  ce  genre ,  qui  est  l’ Auricularia 
mescntorica,  dont  on  fait  un  Thelephora , 
un  Phlehia  et  même  un  Merulius.  On  la 
rencontre  très  fréquemment  sur  les  vieux 
troncs,  où  elle  se  fait  remarquer  par  son 
chapeau  coriace,  élastique,  villeux  et  mar¬ 
qué  de  zones  brunes  sur  un  fond  cen¬ 
dré  ;  son  hyménium  présente  une  couleur 
violette  plus  ou  moins  foncée  et  quelques 
plis  irréguliers.  Les  autres  espèces  qui  ont 
été  décrites  appartiennent  aux  pays  étran¬ 
gers.  (Lév.) 

AURICULE  ( auricula ,  petite  oreille). 
zool.  bot. —  Les  ornithologistes  donnent  le 
nom  d’Auricules  aux  crêtes  dont  les  pennes 
les  plus  élevées  sont  placées  sur  le  vertex, 
ainsi  que  cela  se  voit  chez  plusieurs  espèces 
de  Chouettes. 

Les  botanistes  appellent  ainsi  les  appen¬ 
dices  latéraux  et  arrondis  en  forme  d’oreille 
qui  se  trouvent  à  la  base  de  certaines  feuil¬ 
les,  comme  dans  la  Sauge  officinale.  M.  Link 
désigne,  sous  ce  nom,  les  appendices  folia¬ 
cés  qui  garnissent  les  pétioles  du  Citrus 
Aurantium ,  et  Wildenow  les  stipules 
des  Jungermanniées ,  qui  ne  diffèrent  ce¬ 
pendant  en  rien  des  vraies  stipules. 

(C.  d’O.) 

AURICULE.  Auricula ,  Tourn.  (allu¬ 
sion  à  Auricule  ou  O  veille- cC  Ours,  noms 
vulgaires  de  ces  plantes),  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Primulacées,  réuni  par 
Linné  aux  Primula ,  dont  il  diffère  par  le 
calice,  qui  est  campanulé  ou  obeonique,  ni 
anguleux,  ni  ventru,  et  par  la  corolle,  dont 
la  gorge  est  dépourvue  de  glandules.  —  Les 
Auricules  sont  des  herbes  à  souches  vivaces, 
charnues,  feuillues  vers  le  sommet,  écail¬ 
leuses  inférieurement  par  les  restes  des  pé¬ 
tioles  des  anciennes  feuilles.  Les  feuille? 
sont  très  entières  ou  dentées,  roselées,  un 
peu  charnues  ,  non  rugueuses ,  subpersis¬ 
tantes  ,  point  convolutées  en  vernation  ,  à 
pétiole  ailé.  Les  fleurs  sont  portées  sur  des 
hampes  grêles ,  cylindriques ,  nues ,  dres¬ 
sées  ;  les  pédicelles  sont  disposés  en  om- 


AUR 

belle  terminale  ,  accompagnée  d’une  colle¬ 
rette  de  bractées  herbacées  ;  les  pédicelles 
fructifères  sont  dressés.  Ces  plantes  sont 
remarquables  par  l’élégance  de  leurs  fleurs. 
Tout  le  monde  connaît  les  nombreuses  va¬ 
riétés  de  V Auricule.  commune  (Primula 
Auricitla  L.)  ou  Auricule  des  fleuristes , 
qu’on  appelle  vulgairement  Oreille  d'ours, 
et  qui  se  cultive  si  communément  comme 
plante  de  parterre  5  cette  espèce  croît  spon¬ 
tanément  sur  les  rochers  des  Alpes.  (Sp.) 

AURICULE.  Auricula  ( auricula ,  pe¬ 
tite  oreille).  MOLia. — Les  Coquilles  du  genre 
Auricule  sont  pour  la  plupart  connues  de¬ 
puis  très  longtemps.  Bonanni,  Lister,  Rum- 
phius,  Gualtieri  et  d’Argenville  en  ont  fi¬ 
guré  avant  que  Linné  ne  les  introduisît 
dans  les  premières  éditions  du  Systema 
natures ,  dans  son  genre  Bulle ,  et  quel¬ 
ques  autres  dans  son  genre  Hélix.  C’est 
dans  ces  genres  qu’elles  se  trouvent  dans 
la  dixième  édition  du  Systema  et  dans  le 
Musée  de  la  princesse  Ùlrique.  Plus  tard, 
Linné  apporta  des  changements  assez  nota¬ 
bles  à  sa  classification  des  Coquilles,  et 
à  la  douzième  édition  du  Systema  na- 
turœ ,  il  transporta  parmi  les  Volutes  celles 
de  ces  Bulles  qui  ont  des  plis  à  la  colu- 
melle;  ce  qui  ne  l’empêcha  pas  de  laisser 
encore  parmi  les  Hélices  quelques  espèces 
très  voisines  de  celles  que  comprennent  les 
Volutes.  Il  est  certainement  fâcheux  que 
Linné  ait  confondu  dans  son  grand  genre 
Volute  des  Coquilles  aussi  diverses,  et  qu’il 
n’ait  pas  été  frappé  d’un  caractère  aussi  im¬ 
portant  que  celui  de  l’ouverture  entière  ou 
échancrée.  Il  avait  eu  soin  de  le  diviser  en 
plusieurs  sections  ;  mais  cela  ne  pouvait 
arrêter  la  confusion  qu’y  portèrent  bientôt 
très  loin  Martini,  Gpielin  et  d’autres  au¬ 
teurs.  Bruguière ,  d’abord ,  dans  les  plan¬ 
ches  de  l’Encyclopédie,  et  Lamarck  bientôt 
après,  apportèrent  une  sage  et  utile  réforme 
au  grand  g.  Volute,  de  Linné,  et  il  en  ré¬ 
sulta  successivement  un  assez  grand  nom¬ 
bre  de  g.  que  la  science  garda ,  parce  que 
tous  y  furent  utilement  introduits. 

Avant  les  deux  auteurs  que  nous  venons 
de  mentionner ,  Müller  avait  compris  que 
les  Auricules  ne  peuvent  rester  parmi  les 
Volutes;  aussi  les  rangea-t-il  parmi  les  Hé¬ 
lices,  ce  qui  les  mettait  plus  naturellement 
en  rapport.  Suivant  cet  exemple,  Bruguière 
22* 


T.  II. 


m 


AUR 


AUR 


les  entraîna  dans  son  genre  Bulime,  et  c’est 
là  que  Lamarck  les  prit  pour  en  faire  le 
genre  qui  nous  occupe.  Lamarck,  il  faut  en 
convenir,  fut  d’abord  très  incertain  sur  la 
place  que  son  genre  devait  occuper.  Dans 
sa  première  classification  de  1799,  il  met 
les  Auricules  entre  les  Pyramidelles  et  les 
Ampullaires,  non  loin  des  Mélanies  et  des 
Planorbes.Dans  son  Système  des  Animaux 
sans  vertèbres  de  1801,  il  intercale  mala¬ 
droitement  les  Volvaires  entre  les  Auricules 
et  les  Ampullaires  ,  ne  s’apercevant  pas 
que,  chez  les  Volvaires,  l’ouverture  est  tou¬ 
jours  échancrée  à  la  base.  M.  de  Roissy, 
dans  le  Buffon  de  Sonnini,  avec  la  sagacité 
qui  le  caractérise,  retira  les  Volvaires  du 
voisinage  des  Auricules,  revenant  sagement 
à  la  première  opinion  de  Lamarck.  La¬ 
marck,  convaincu  que  les  Auricules  sont  ter¬ 
restres,  les  fondit  avec  sa  famille  des  Poli- 
nacées,  lorsque,  dans  l’extrait  du  Cours,  il 
présenta  sa  classification  perfectionnée  des 
animaux  Mollusques.  Avant  cela,  le  sa¬ 
vant  professeur  avait  établi  {Philosophie 
zoologique),  une  famille  des  Auricula- 
cées,  où  les  Auricules  se  trouvaient  en 
contact  avec  des  genres  qui  n’ont  avec  elles 
aucun  rapport  naturel.  Montfort,  dans  le 
médiocre  ouvrage  qu’il  publia  sous  le  nom 
de  Conchyliologie  systématique, proposa 
un  genre  Scarabe  qu’il  fit  aux  dépens  des 
Auricules  de  Lamarck.  Cuvier,  se  persua¬ 
dant  qu’il  existait  de  grandes  différences 
entre  ces  Scarabes  et  les  Auricules  propre¬ 
ment  dites,  comprit  les  uns  dans  ses  Pul- 
monés  terrestres,  comme  sous-genre  des 
Hélices  ;  et  les  autres,  dont  il  sépara  les 
Conovules,  furent  jointes  aux  Pulmonés 
aquatiques,  entre  les  Physes  et  les  Torna- 
telles.  Malgré  cette  autorité  de  l’illustre 
professeur,  Lamarck  {Histoire  des  Ani¬ 
maux  sans  vertèbres )  n’en  continua  pas 
moins  à  partager  ses  Colimacés  en  deux 
sections,  et  dans  la  seconde,  comprenant 
ceux  à  deux  tentacules,  se  trouve  le  g. 
Auricule.  Le  g.  Conovule,  proposé  d’abord 
par  Lamarck  pour  les  esp.  aquatiques,  fut 
réuni  par  lui  aux  Auricules  de  son  dernier 
ouvrage. 

Ce  sont  là  les  traits  principaux  de  l’his¬ 
toire  du  g.  Auricule.  Ceux  des  auteurs  qui 
ont  eu  occasion  de  mentionner  ce  genre 
se  sont  plus  ou  moins  conformé^  soit 


à  l’opinion  de  Cuvier,  soit  à  celle  de  La¬ 
marck.  Jusque-là,  les  Coquilles  seules  du 
genre  Auricule  avaient  servi  à  caracté¬ 
riser  le  genre  et  à  lui  donner  des  rapports 
naturels.  Entraîné  par  des  caractères  ex¬ 
térieurs,  Lamarck  rapporta,  parmi  les  es¬ 
pèces  ,  un  assez  bon  nombre  de  Bulimes  à 
columelle  plissée.  M.  de  Férussac,  l’un  des 
premiers,  s’aperçut  de  ce  mélange,  et  dans 
le  Prodrome  de  son  grand  ouvrage,  apporta 
au  genre  d’utiles  changements.  On  ne 
connaissait  alors  les  animaux  que  de  deux 
espèces  d’Auricules,  l’une  terrestre,  dont 
Müller  a  fait  son  genre  Chartium ,  et  l’autre 
vivant  sur  les  bords  de  la  mer,  et  souvent 
plongé  dans  les  eaux  salées,  et  dont  Drapar- 
naud  a  fait  connaître  l’animal  ;  mais  il  res¬ 
tait  à  savoir  quelle  était  la  valeur  réelle  du 
genre  Scarabe  de  Montfort,  des  Conovules 
de  Lamarck,  et  du  genre  Piétin  d’Adanson. 
M.  Van-Hasselt,  dans  un  voyage  aux  Indes, 
observa  l’animal  des  Scarabes,  dont  bien¬ 
tôt  il  fit  les  figures  dans  l’ouvrage  de  M.  Les- 
son,  et  quelque  temps  plus  tard  dans  celui 
de  MM.  Quoy  et  Gaimard.  On  ignorait  si 
X Auricula  Myosotis  est  pulmoné  ou  pec- 
tinibranche.  M.  Lowe,  pendant  un  long  sé¬ 
jour  qu’il  fit  à  Madère,  s’occupa  avec  le  plus 
grand  succès  d’observations  et  d’expérien¬ 
ces  sur  plusieurs  genres  incertains,  et  en¬ 
tre  autres  sur  ces  petites  espèces  d’Auricules 
marines  et  de  Piétins  d’Adanson  ;  enfin  il 
restait  à  éclaircir  une  question  controversée 
parmi  les  zoologistes,  et  que  Lamarck  avait 
préjugée  avec  une  admirable  sagacité.  Cu¬ 
vier,  comme  nous  l’avons  vu,  avait  rappro¬ 
ché  les  Auricules  des  Tornatelles  ;  M.  de 
Férussac  n’avait  pas  manqué  d’insister  sur 
la  justesse  de  ce  rapprochement  auquel  M. 
de  Blainville  donna  une  nouvelle  valeur  en 
l’adoptant  dans  son  Traité  de  Malacolo¬ 
gie.  Nous  seuls  défendîmes  l’opinion  de  La¬ 
marck,  et  bientôt  nous  eûmes  la  satisfac¬ 
tion  d’apprendre  que  ce  grand  zoologiste, 
que  nous  avons  toujours  cherché  à  prendre 
pour  guide,  avait  eu  complètement  raison  ; 
car  M.  Gray  observa  bientôt  que  les  Torna¬ 
telles  sont  operculées  ;  et ,  peu  de  temps 
après,  nous  observâmes  également  l’oper¬ 
cule  des  Pyramidelles.  Ces  genres  ne  pou¬ 
vaient  donc  désormais  avoir  de  contact  avec 
les  Auricules,  et  M.  de  Blainville  lui-même 
corrigea  sa  première  classification  dans  les 


AUR 


AUR 


347 


corrections  et  additions  à  son  Traité  de  Ma¬ 
lacologie.  Tout  ce  que  nous  venons  de  dire 
n’est  pas  encore  suffisant  pour  la  réforme 
complète  des  Auricules  de  Lamarck.  On 
trouve  en  effet  parmi  elles,  sous  le  nom 
d’ Auricula  dombciana ,  une  coquille  qui 
n’a  pas  les  vrais  caractères  des  Auricules  et 
qui  ressemble  beaucoup  plus  à  une  Limnée 
dont  le  test  serait  fort  épais  ;  aussi ,  dans 
une  note  relative  à  cette  espèce,  dans  la 
nouvelle  édition  des  Animaux  sans  vertè¬ 
bres  de  Lamarck,  avons-nous  dit  que  ce  se¬ 
rait  de  préférence  dans  ce  genre  Limnée 
que  nous  placerions  l’espèce  en  question. 
Dans  le  même  temps,  Gray  proposait,  pour 
cette  coquille  et  quelques  autres  analogues, 
un  genre  particulier  sous  le  nom  de  Chile - 
sia,  et,  à  peu  près  à  la  même  époque, 
M.  Aie.  d’Orbigny  (  Voyage  dans  l'Amé¬ 
rique  méridionale ),  partageait  notre  opi¬ 
nion,  se  fondant  sur  la  connaissance  des  ani¬ 
maux  dont  il  a  donné  de  très  bonnes  figu¬ 
res.  Nous  verrons,  en  parlant  des  Limnées, 
la  petite  différence  qui  existe  entre  ces  es¬ 
pèces  péruviennes  et  les  nôtres. 

Depuis  très  longtemps,  Lamarck  avait 
fait  connaître  ( Mémoires  du  Muséum) 
une  petite  coquille  fossile  des  environs  de 
Paris ,  à  laquelle  il  donna  le  nom  (V Au¬ 
ricula  ringens.  Cette  coquille  ,  ainsi 
que  plusieurs  autres  qui  offrent  le  même 
caractère,  a  toujours  fort  embarrassé  les 
zoologistes,  et  a  été  successivement  trans¬ 
portée  des  Auricules  dans  les  Margineîles, 
des  Margineîles  dans  le  genre  Pedipes  d’A- 
danson,  du  g.  Pedipes  dans  les  Volutes, 
par  Brocchi ,  et  enfin  dans  les  Nasces  par 
M.  de  Férussac.  Nous  nous  sommes  déter¬ 
miné  à  créer,  pour  cette  espèce  et  ses  con¬ 
génères  ,  ün  genre  à  part,  voisin  des  Pedi¬ 
pes,  et  auquel  nous  avons  donné  le  nom 
de  Bingicule.  Voy.  ce  mot. 

Si  nous  reprenons  actuellement  les  faits 
importants  nouvellement  introduits  dans  la 
science,  relativement  aux  Auricules,  nous 
verrons  que,  d’après  les  observations  de 
Van-Hasselt,  de  MM.  Lesson,  Quoy  et  Gai- 
mard,  les  animaux  du  Scarabe  de  Mont- 
fort,  de  l 'Auricula  Midœ,  et  de  quelques 
espèces  de  Conovules,  ont  tous  deux  tenta¬ 
cules  sur  la  tête  et  les  yeux  placés  à  la  par¬ 
tie  postérieure  et  externe  de  la  base  de  ces 
tentacules.  Ces  animaux,  à  l’exception  de 


ceux  des  Conovules,  respirent  l’air  en  na¬ 
ture.  Les  observations  de  M.  Lowe  nous 
apprennent  que  très  probablement  les  Pié- 
tins,  V Auricula  Myosotis,  et  les  Cono¬ 
vules  sont  des  Mollusques  pectinibranches. 
II  résulte  de  ces  faits,  qu’il  faut  éliminer 
des  Auricules  de  Lamarck  :  1°  les  Bulimes  ; 
2°  l’Auricule  de  Dombey  qui  est  une  Lim¬ 
née  ;  3°  le  petit  genre  Ringicule,  qui  res¬ 
tera  très  probablement  dans  la  famille  des 
Auricules;  4°  enfin,  mais  avec  moins  de 
certitude,  les  Conovules  et  quelques  autres 
espèces  tant  vivantes  que  fossiles,  qui  lient 
ce  groupe  aux  Auricules  véritables.  Il  res¬ 
terait  donc,  dans  le  genre  ainsi  réformé,  les 
espèces  terrestres  à  deux  tentacules  et  qui 
respirent  l’air  en  nature.  Il  faut  ensuite 
estimer  la  valeur  d’un  caractère  que  nous 
n’avons  pas  encore  mentionné.  L’animal  de 
la  plus  grande  espèce  d’ Auricules,  V Auri¬ 
cula  Midæ,  a  le  sommet  de  ses  grands 
tentacules  terminés  de  la  même  manière 
que  ceux  des  Hélices,  sans  cependant  avoir 
le  point  oculaire  au  sommet  de  ces  tenta¬ 
cules.  On  peut  croire,  d’après  l’analogie  la 
mieux  fondée,  que  V Auricula  Judœ  doit 
présenter  la  même  disposition.  Les  Sca- 
rabcs,  au  contraire,  ainsi  que  V Auricula 
Myosotis  et  les  Conovules,  portent  sur  la 
tête  deux  tentacules  coniques  et  toujours 
pointus  au  sommet.  Cette  différence  est- 
elle  suffisante  pour  séparer  ces  animaux  en 
deux  genres  particuliers?  La  réponse  à  cetto 
question  est  tout  entière  dans  l’observa¬ 
tion  qu’il  reste  à  faire  sur  l’anatomie  in¬ 
terne  des  animaux  dont  il  s’agit.  Il  faut  sa¬ 
voir,  en  effet,  si  ces  petites  différences  exté¬ 
rieures  sont  traduites  en  dedans  par  d’au¬ 
tres  différences  appréciables  en  d’autres 
parties  de  l’organisation. 

Caractères  génériques. 

Animal  ovale,  rampant  sur  un  pied  assez 
large,  semblable  à  celui  des  Hélices.  Tête 
assez  large  et  épaisse,  portant  une  paire  de 
tentacules,  soit  coniques  et  pointus,  soit 
terminés  par  un  globule  pulpeux.  Yeux 
sessiles  placés  à  la  partie  postérieure  et  ex* 
terne  de  la  base  des  tentacules.  Respira¬ 
tion  aérienne.  Génération  monoïque,  comme 
celle  des  Hélices.  Coquille  ovale  oblongue, 
quelquefois  conoïde  ;  à  ouverture  entière , 
étroite,  longitudinale;  la  columclle  plissée, 
et  le  bord  droit  épaissi,  quelquefois  ren- 


AUR 


3Ù8  ADR 

yersé  en  dehors,  souvent  renflé  dans  son 
milieu. 

Les  Auricules  se  distinguent  assez  fa¬ 
cilement  de  tous  les  autres  genres  con¬ 
nus  ;  ce  sont  en  général  des  Coquilles 
épaisses  et  solides  ;  à  spire  courte  et  co- 
noïde ,  dont  les  tours  sont  nombreux  et 
étroits.  Plusieurs  espèces  sont  singulière¬ 
ment  comprimées  et  bordées  de  chaque 
côté  de  varices  très  plates,  ce  qui  les  a  fait 
comparer  aux  Ranelles.  Ces  espèces  se  lient 
insensiblement  aux  autres  Auricules  ,  soit 
par  des  varices  qui  surviennent  accidentel¬ 
lement  dans  quelques  espèces*  soit  par  une 
pression  analogue,  mais  moins  forte.  Dans 
l’autre  ,  l’ouverture  est  toujours  longitudi¬ 
nale  ,  bien  plus  haute  que  large  ;  elle  est 
perpendiculaire,  c’est-à-dire  qu’elle  ne  s’in¬ 
cline  point  sur  Taxe  longitudinal.  La  colu- 
melle  porte  deux  ou  trois  plis  et  quelquefois 
davantage,  et  le  bord  droit,  épaissi  à  l’inté¬ 
rieur,  est  assez  souvent  denté  en  dedans  et 
quelquefois  seulement  épaissi  à  la  manière 
des  Colombelles.Le  nombre  des  espèces  con¬ 
nues  est  actuellement  assez  considérable, 
surtout  si  l’on  y  joint  celles  qui  sont  fossi¬ 
les.  Ces  dernières  n’appartiennent  pas 
d’une  manière  exclusive  aux  terrains  ter¬ 
tiaires  ,  comme  on  l’a  cru  pendant  long¬ 
temps  ;  on  en  trouve  aussi  un  assez  bon 
nombre  dans  les  terrains  crétacés,  et  parmi 
elles  doit  se  trouver  le  Cassis  avellana 
de  M.  Brongniart,  que  ce  naturaliste,  trom¬ 
pé  par  une  cassure,  a  fait  représenter  avec 
un  canal  ascendant  qui  n’exista  jamais  que 
sous  le  crayon  de  son  dessinateur. 

On  sait  actuellement ,  par  les  obser¬ 
vations  des  voyageurs  dont  nous  avons 
parlé  dans  cet  article ,  que  les  Auricules 
sont  des  animaux  dont  les  moeurs  se  rap¬ 
prochent  beaucoup  de  celles  des  Hélices  : 
cependant  les  espèces  terrestres  ne  s’éloi¬ 
gnent  jamais  beaucoup  de  la  mer;  il  semble 
qu’elles  ne  puissent  se  passer  de  son  in¬ 
fluence  ,  et  plusieurs  vivent  sur  les  plantes 
des  rivages;  quelques  autres  s’éloignent 
davantage,  se  creusent  au  pied  des  ar¬ 
bres  des  retraites  assez  profondes,  où 
elles  se  tiennent  ensevelies  pendant  la 
mauvaise  saison.  Elles  aiment  les  lieux  hu¬ 
mides  ,  et  la  pluie  les  engage  a  sortir  pour 
aller  paître  les  feuilles  des  plantes  dont 
elles  se  nourrissent.  (Desh.) 


AURICULES.  Auriculœ  ( aurinula  , 
petite  oreille),  moix. —  M.  de  Férussac, 
dans  ses  Tableaux  systématiques  des 
Mollusques ,  ainsi  qu’à  la  fin  de  son  Pro¬ 
drome  sur  les  Hélices ,  a  donné  ce  nom  à 
une  famille  qui  rassemble  les  six  g.  suivants: 
Carychie  de  Müller  ;  Scarabe  de  Montfort  ; 
les  Auricules  aquatiques  de  Lamarck;  lesPy- 
ramidelles,  les  Tornatelles,  et  enfin  le  g. 
Piétin  d’Adanson.  D’après  ce  que  nous  avons 
dit  dans  l’histoire  du  genre  Auricule,  auquel 
nous  renvoyons ,  on  voit  déjà  que  cette  fa¬ 
mille  ne  peut  être  maintenue  qu’après  avoir 
subi  des  modifications.  Les  genres  Carychie, 
Scarabe  et  Auricule  doivent  être  réunis  jus¬ 
qu’à  nouvelles  observations.  Les  genres 
Pyramidelle  et  Tornatelle  doivent  en  être 
retranchés  pour  toujours,  et  au  genre  Piétin, 
il  faut  ajouter  notre  petit  genre  Ringicule , 
et  y  introduire  aussi  probablement  le  genre 
Conovule  de  Lamarck.  Ainsi  réformée,  cette 
famille  des  Auricules  nous  semble  néces¬ 
saire  ,  et  nous  l’avons  adoptée  depuis  long¬ 
temps  dans  notre  classification  jointe  à 
l’article  Mollusque  de  l’Encyclopédie.  Si 
maintenant  nous  cherchons  les  rapports 
naturels  de  cette  famille,  il  nous  semble 
qu’elle  ne  doit  pas  être  très  éloignée  de 
celle  des  Hélices,  servant  en  quelque  sorte 
de  passage  entre  les  Pulmonés  et  les  Pectini- 
branches.  Nous  ne  pensons  pas  qu’on  puisse 
en  approcher  le  genre  Cyclostome,  comme 
Lamarck  l’a  fait  dans  ses  différents  ouvra¬ 
ges.  (Desh.) 

*  AURICULES  (< auricula ,  petite  oreil¬ 
le).  bot.  cr. —  Dans  la  sous-tribu  des  Subu- 
lées  de  la  famille  des  Hépatiques,  les  feuilles 
sont  diversement  conformées  et  repliées 
vers  le  dessous  de  la  tige.  La  portion  repliée 
de  la  feuille  prend  le  nom  de  lobule  dans  le 
genre  Lqjeunia>  et  celui  d’ Auricule  dans  le 
genre  Frullania* On  peut  prendre  une  juste 
idée  de  Ge  repli,  en  observant  le  Jubula  Ta - 
maris  ci  (  J  ungërmannia  ,  L.  ),  espèce  de 
nos  contrées  la  plus  commune  sur  l’écorce 
des  arbres.  Cette  forme  elle-même ,  d’ail¬ 
leurs  fort  variable  dans  certaines  limites , 
mais  constante  pour  chaque  espèce,  est  sou¬ 
vent  d’un  grand  secours  pour  la  distinction 
des  espèces  entre  elles.  (G.  M.) 

AURICULITE  (  auricula ,  petite 
oreille),  more. — D’après  Bosc,  on  don¬ 
nerait  ce  nom  à  une  espèce  fossile  de 


AUR 


349 


AUR 

Gryphée,  mais  il  h’indiqüe  pas  laquelle. 

(Desh.) 

AURIDES.  Aurides.  min.  —  M.  Beu¬ 
dant  nomme  ainsi  une  famille  de  minéraux 
qui  comprend  l’Or  et  ses  combinaisons. 

(C.  d’O.) 

AURIFÈRE.  Aurifera.  mole.  — Nom 
donné  par  M.  de  BlainVille,  au  genre  Branle 
d’Oken.  Voyez  branve. 

*  AURÎFORMES  (  duris,  oreille  ;  for¬ 
ma  ,  formé).  Moll.  Latfeille ,  dans  ses 
Familles  naturelles  $  a  cherché  à  réformer 
la  famille  des  Macrostomes  de  Lamarck. 
Il  a  retiré  de  cette  famille  le  genre  Sir/aret, 
et  à  cause  de  ce  changement,  s’est  cru  auto¬ 
risé  à  changer  son  nom.  Il  lui  a  donné  Celui- 
ci  eh  y  conservant  les  trois  genres  Halio- 
lide,  stomate,  stomatelle.  il  la  place  eh 
tête  de  ses  Mollusques  scutibranches.  Nous 
verrons  à  l’article  Mollusques  ,  Si  CCS  rap¬ 
ports  doivent  être  maintenus  ;  si  une  fa¬ 
mille  composée  de  ces  genres  doit  être 
conservée,  elle  doit  conserver  aussi  le  nom 
que  Lamarck  lui  imposa  le  premier.  Voy. 

MACROStOMÊ.  (DESH.) 

*AURÏÜrÈIVË.  Auriyehd  (aypa  et  de 
-ys'vv),  qui  engendre  lé  vent),  ins.-—  Genre  de 
l’ordre  des  Coléoptères  pentamères,  famille 
des  SternoXes  ,  tribu  des  Bupresiides,  éta¬ 
bli  par  MM.  Gory  et  Delaporte  ,  dans  leur 
Iconographie  de  cette  tribu. 

Ce  genre  à  pour  type  le  Buprestis  lüÿu- 
bris  de  Fab  ricins  qui  se  trouve  èh  Autriche, 
et  que  M.  Dejeah  ,  dans  son  dernier  Catalo¬ 
gue,  rapporte  au  g.  PeroteS  de  Mégerle. 
M.  Spinolâ  {Ann.  de  la  Soc.  cnt.  de  Fr.,  t. 
VI,  p.  111)  le  place  également  dans  le  même 
g.  Cette  espèce  appartenait  auparavant  à 
une  division  du  g.  Lütipalpis  de  M.  Solier. 

(D.) 

AUREVIA  ,  Desv.  {Àutiifn ,  où  ;  allu¬ 
sion  à  la  couleur  des  fleurs),  bo't.  ph.  — 
Section  du  g.  Alyssum,âe  la  famille  des  Cru¬ 
cifères.  Les  caractères  distinctifs  en  sont  : 
Pétales  d’un  jaune  Vif ,  à  lame  bilobée  ou 
bifide;  filets  tous  calleux  antérieurement 
(peu  au-dessus  de  leur  base)  ;  callosités  ob¬ 
tuses,  dentiformes,  horizontales,  appliquées 
sur  l’ovaire  ;  ovaire  à  loges  2-à  6-ovuléés. 
Silicule  à  valves  plus  ou  moins  bombées 
(Spach,  Hist.  dès  Plant,  phan.,  t.  TI,  p. 
478).  L’esp.  la  plus  notable  de  ce  sous-genre 
est  X  Alyssum  mxatile  L.,  fréquemment 


cultivée  comme  plante  de  parterre,  sous  le 
nom  de  Corbeille  d’or.  (Se.) 

AURIO,  AURO.  bot.  ph. — Noms  vul¬ 
gaires  de  T Atriplex  Halimus.  Voyez 

ARROCHE. 

AURIOL,  AURIOIV,  AURIOU.  ois. 
poxss.  —  Noms  vulgaires  du  Loriot  com¬ 
mun  ,  Oriolus  Galbula  L.  Voy.  ce  mot. 

On  donne  aussi  ce  nom  au  Maquereau  , 
Scomber  Scoinber  L.,  sur  quelques  points 
de  nos  Côtes.  (C.  d’O.) 

AURIOLE.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Laürêole.  Voyez  ce  mot. 

AURIOIV.  Ois.  foiss.  —  Voyez  auriol. 

AURIOU.  Ois.  POISS. —  Voyez  AURIOL. 

AURISCALPE.  Aitriscdlpium  {au- 
risbdlpiurn  ,  Cure  -  oreille  ).  moll.  — 
Mégerle  ne  connaissant  pas  sans  doute  le 
genre  Anàtiue  de  Lamarck  l’a  reproduit 
dans  sa  classification  des  Bivalves  sous  le 
nom  tfAurisclilpium,  qui  fait  double  em¬ 
ploi  et  qui  rte  petit  être  adopté.  Voy.  ana- 

TlNEi  (DESH.) 

AURO.  bot.  Ph.  —  Voyez  aurio. 

AUROCHS  (  Bœuf  sauvage  dé  la  Li¬ 
thuanie;  Aiièr  des  Allemands;  Zubr  des 
Polonais;  Unis  des  classificateurs  moder¬ 
nes).  mam. — Comme  l’histoire  de  l’Aurochs 
se  trouve  nécessairement  comprise,  en  par¬ 
tie  dans  l’histoire  du  genre,  én  partie  dans 
Celle  dü  sous -genre  auquel  appartient  ce 
ruminant ,  nous  renverrons ,  pour  tout  ce 
qui  Concerne  son  organisation  et  ses  mœurs, 
aux  articles  boêup  et  bison,  et  nous  nous 
bornerons  ici  à  présenter  quelques  remar¬ 
ques  sur  les  deüx  noms  français  et  latin 
qu’il  porte  dans  les  ouvrages  d’histoire  na¬ 
turelle. 

Aurochs  est  Une  altération  de  l’allemand 
Ailetôchs  (  BœUf  Auer)  ;  Urus  est  le 
nom  donné  par  J.  César ,  et  après  lui  par 
plusieurs  écrivains  des  premiers  siècles  de 
notre  ère ,  à  un  Bœuf  sauvage  des  forêts  de 
la  Germanié.  En  voyant  ces  deux  noms 
employés  comme  synonymes ,  on  s’attend 
sans  dotite  à  trouver,  dans  ce  que  les  an¬ 
ciens  nous  ont  dit  de  leur  Urus  ,  quelques 
traits  qui  appartiennent  à  l’Aurochs  et  ne 
puissent  appartenir  qu’à  lui  ou  à  une  espèce 
très  voisine;  tel  n’est  pas  le  cas,  cependant, 
comme  on  pourra  le  reconnaître  en  compa¬ 
rant  les  deüx  passages  suivants: 

«  Lâ  troisième  sorte  d’animaux  propres 


350 


AUR 


AUR 

à  la  forêt  Hercynienne ,  dit  César  dans  ses 
Commentaires  (liv.  V,  ch.  28),  est  celle 
qu’on  désigne  sous  le  nom  d’ £/>?/$. Cet  ani¬ 
mal  est  d’une  taille  peu  inférieure  à  celle 
de  l’Éléphant.  Son  port,  sa  couleur  et  ses 
formes  sont  celles  de  notre  Taureau.  C’est 
un  animal  d’une  grande  vitesse  à  la  course , 
d’une  grande  force,  et  qui  n’hésite  pas  à  at¬ 
taquer  tout  homme  ou  toute  bête  qui  se 
présente  devant  ses  yeux. On  prend  les  Urus 
dans  des  fosses  habilement  préparées ,  et 
leur  chasse,  qui  est  très  propre  à  endurcir 
les  hommes  à  la  fatigue,  est  pour  la  jeu¬ 
nesse  de  ce  pays  un  exercice  favori.  Ceux  qui 
ont  tué  plusieurs  Urus  et  peuvent  en  mon¬ 
trer  les  cornes  qu’ils  conservent  comme 
des  témoignages  de  leur  valeur  ,  s’atti¬ 
rent  de  grands  éloges.  On  peut  prendre, 
comme  il  a  été  dit,  des  Urus  vivants;  mais 
on  ne  parvient  pas  à  les  habituer  à  la  vue 
de  l’homme  ,  à  les  apprivoiser ,  même 
quand  ils  sont  pris  tout  jeunes.  Les  cornes 
de  ces  animaux  ,  par  leur  grandeur,  par 
leur  forme  et  par  tout  leur  aspect  extérieur 
diffèrent  beaucoup  des  cornes  de  nos 
Bœufs.  Elles  sont  très  recherchées  par  les 
habitants,  qui  en  garnissent  le  bord  en  ar¬ 
gent  et  s’en  servent,  comme  de  coupes, 
dans  leurs  festins.  » 

Le  second  passage  que  nous  voulons 
rapprocher  du  premier  sera  emprunté  au 
Règne  animal  de  Cuvier. 

«  L’Aurochs ,  dit  ce  célèbre  naturaliste, 
passe  d’ordinaire,  mais  à  tort,  pour  la 
souche  sauvage  de  nos  bêtes  à  cornes.  Il 
s’en  distingue  par  son  front  bombé  ,  plus 
large  que  haut ,  par  l’attache  de  ses  cornes 
au-dessous  de  la  crête  occipitale ,  par  la 
hauteur  de  ses  jambes ,  par  une  paire  de 
côtes  de  plus ,  par  une  sorte  de  laine  cré¬ 
pue  qui  couvre  la  tête  et  le  cou  du  mâle,  et 
lui  forme  une  barbe  courte  sous  la  gorge , 
par  sa  voix  grognante....  » 

Les  signes  qui  viennent  d’être  énumérés 
dans  cette  courte  description  sont,  comme 
on  le  voit,  tous,  à  l’exception  d’un  seul  (la 
différence  dans  le  nombre  des  côtes),  des 
signes  extérieurs  et  qui  s’offrent  pour  ainsi 
dire  d’eux-mêmes  à  l’observation.  Quelques 
uns,  tels  que  la  crinière ,  la  barbe ,  sont 
de  nature  à  frapper  nécessairement  tout 
homme  qui  verra  pour  la  première  fois  un 
Aurochs.  Cet*homme  remarquera  encore, 


sans  doute,  l’énorme  développement  des 
épaules,  la  petitesse  comparative  de  la 
croupe,  la  brièveté  de  la  queue,  et,  quand 
il  voudra  faire  connaître  l’animal ,  il  ne 
manquera  pas  d’insister  sur  plusieurs  de 
ces  particularités.  Or,  comme  on  n’en  peut 
pas  citer  une  seule  qui  soit  mentionnée  dans 
tout  ce  que  les  anciens  nous  ont  dit  de 
Y  U  rus,  il  en  faut  conclure,  ou  que  leur 
Urus  était  un  être  imaginaire,  ou  que  c’é¬ 
tait  une  espèce  très  différente  de  l’Aurochs. 
Remarquons  bien  que  les  seules  différences 
qu’ils  signalent  entre  ce  Bœuf  et  la  race  do¬ 
mestique  italienne ,  ce  sont  la  taille  élevée 
de  l’animal ,  la  grandeur  et  la  forme  de  ses 
cornes  ;  mais  supposons  qu’un  bœuf  de  la 
campagne  de  Rome,  ou  des  steppes  de  la 
Hongrie  se  trouve  transporté  dans  une  fo¬ 
rêt  de  la  Bretagne,  les  paysans  du  voisinage 
pourront  en  dire  précisément  tout  ce  que 
les  anciens  latins  nous  disent  de  leur  Urus ; 
or,  la  race  bovine  en  Italie,  à  l’époque  où 
César  écrivait ,  ne  ressemblait  guère  plus  à 
la  race  que  nous  trouvons  aujourd’hui  dans 
ce  pays ,  que  n’y  ressemble  la  race  bre¬ 
tonne.  Ainsi,  soit  qu’on  voie  dans  les  Urus 
des  forêts  de  la  Germanie  des  Bœufs  ancien¬ 
nement  domestiques,  puis  repassés  à  l’état 
sauvage  (comme  il  est  arrivé  en  plusieurs 
endroits,  dans  les  temps  historiques,  et  no¬ 
tamment  dans  les  régions  tropicales  du 
Nouveau-Monde) ,  soit  qu’on  les  considère 
comme  appartenant  à  la  souche  sauvage 
de  notre  bétail  domestique ,  il  n’y  a  ni  dans 
l’une  ni  dans  l’autre  de  ces  opinions,  dont 
la  dernière  a  pour  elle  l’autorité  de  notre 
illustre  Cuvier,  rien  qui  soit  en  désaccord 
avec  les  témoignages  des  anciens  ;  au  con¬ 
traire,  dans  ces  témoignages,  il  n’y  a  rien 
qui  puisse  servir  à  établir  l’identité  de 
l’Aurochs  et  de  Y  Urus. 

Comment  se  fait-il  donc  que  les  zoolo¬ 
gistes  systématiques  aient  appliqué  ce  nom 
(Y  Urus  à  une  espèce  à  laquelle  il  paraît  si 
peu  convenir  ?  Disons-le  pour  leur  justifi¬ 
cation  ,  ce  ne  sont  pas  eux  qui  ont  eu  l’idée 
de  cette  application  5  ils  l’ont  trouvée  déjà 
faite  par  des  écrivains  qui  n’étaient  nulle¬ 
ment  naturalistes  ;  mais  ils  ont  eu  le  tort, 
après  l’avoir  adoptée  sans  réflexion ,  de  la 
défendre  par  des  sophismes.  Voici  à-peu- 
près  comme  ils  ont  raisonné  : 

«  César  ne  dit  pas  avoir  vu  Y  Urus,  ou 


AUR 


AUR 


351 


plutôt  il  avoue  implicitement  qu’il  ne  l’a 
pas  vu,  car  tout  en  affirmant  que  l’animal 
ne  vit  point  en  captivité ,  il  lui  donne  pour 
patrie  un  pays  dont  il  a  à  peine  entrevu  la 
frontière.  Les  autres  écrivains  n’ajoutent 
aucun  trait  à  la  description  qu’il  nous  a 
donnée,  ils  n’en  précisent  aucun;  ils  ont 
donc,  comme  lui ,  parlé  sur  de  simples  ouï- 
dire  ;  ainsi,  il  n’y  a  aucun  fond  à  faire  sur 
les  détails  qui  nous  ont  été  transmis,  et 
tout  ce  qu’on  peut  conclure  des  divers  pas¬ 
sages  où  se  trouve  le  nom  de  l 'Unis ,  c’est 
qu’au  commencement  de  notre  ère  ,  il 
existait,  dans  les  forêts  de  la  Germanie,  un 
Bœuf  sauvage  qu’on  désignait  sous  ce  nom. 

«  Maintenant  si  l’on  considère  que,  dans 
cette  forêt  Hercynienne,  patrie  de  VUrus 
au  temps  de  César ,  existe  aujourd’hui  une 
espèce  de  Bœufs  sauvages,  l’Aurochs,  et 
que  cette  espèce  est  la  seule  qu’on  y 
trouve,  ne  sera-t-on  point  porté  à  conclure 
que  les  deux  noms  désignent  un  seul  et 
meme  animal  ? 

«  La  comparaison  même  de  ces  deux 
noms  conduit  à  une  conclusion  toute  sem¬ 
blable;  car,  évidemment,  les  mots  Auer  et 
Urus  dérivent  d’une  même  racine,  ou  plu¬ 
tôt  c’est  le  même  mot  sous  deux  formes 
différentes.» 

Nous  admettrons  que  les  mots  Auer  et 
Urus  dérivent  d’une  même  racine;  mais 
on  nous  accordera  aussi  la  communauté  d’o¬ 
rigine  des  trois  mots  Vulves  (1),  Wolf{$), 
Whelp  (3),  et  nous  ne  nous  croirons  pas  pour 
cela  en  droit  d’en  conclure  qu’ils  désignent 
une  même  espèce. 

Si  l’argument  puisé  dans  les  considéra¬ 
tions  étymologiques  est  absolument  sans 
valeur,  on  va  voir  que  l’autre  n’a  pas  plus 
de  poids. 

Les  écrivains  anciens,  en  effet,  ne  nous 
donnent  pas  VUrus  comme  le  seul  Bœuf 
sauvage  des  forêts  de  la  Germanie  ;  au  con¬ 
traire  ,  ils  indiquent  sous  le  nom  de  Bison 
une  deuxième  espèce  qui  est  certainement 
notre  Aurochs.  A  la  vérité,  ils  auraient  pu 
parler  du  même  animal  sous  deux  noms 
différents ,  ce  qui  leur  est  arrivé  plusieurs 
fois;  mais  il  est  difficile  de  supposer  que 
ce  soit  ici  le  cas ,  quand  nous  voyons  un 

(i)  V ulpes  ,  en  lalin  ,  Renard. 

(s)  IVolf,  en  allemand  el  en  anglais,  Loup. 

W  Whilp,  en  anglais,  jeune  chien. 


poète  latin  parler  dans  un  même  vers  de 
VUrus  eldu  Bison  comme  ayant  paru  l’un 
et  l’autre  dans  les  jeux  du  cirque. 

De  ce  qu’il  n’existe  aujourd’hui  dans 
l’ancienne  forêt  Hercynienne  qu’une  seule 
espèce  de  Bœufs  sauvages,  conclure,  contre 
le  témoignage  formel  des  anciens,  qu’il  n’en 
existait  pas  dans  les  mêmes  lieux  une  se¬ 
conde,  il  y  a  deux  mille  ans,  c’est  procé¬ 
der  bien  hardiment.  En  raisonnant  de  la 
sorte ,  si  l’espèce  de  l’Aurochs ,  aujour¬ 
d’hui  réduite  à  un  très  petit  nombre  d’in¬ 
dividus  et  dont  la  destruction  complète  est 
sans  doute  très  prochaine ,  s’était  éteinte  il 
y  a  trois  siècles ,  on  n’hésiterait  pas  à  affir¬ 
mer  qu’aucune  espèce  du  genre  Bœuf  n’a 
existé  depuis  les  temps  historiques  à  l’état 
sauvage  dans  les  forêts  de  l’Europe. 

D’après  ce  qui  vient  d’être  dit,  on  voit 
que  pour  désigner  l’Aurochs  dans  la  no¬ 
menclature  latine,  les  classificateurs  avaient 
à  choisir  entre  deux  noms  donnés  par  les 
anciens  à  des  Bœufs  sauvages ,  l’un  dont 
l’application  était  parfaitement  légitime,  et 
ne  pouvait  entraîner  aucune  confusion , 
l’autre  dont  l’acception  était  au  moins 
douteuse  ;  c’est  ce  dernier  qu’ils  ont  pré¬ 
féré  :  évidemment  ils  ont  eu  tort;  mais, 
leur  erreur,  une  fois  reconnue,  convient-il 
de  la  réparer  ?  non,  sans  doute  ;  le  remède 
serait  pire  que  le  mal. 

Si  l’on  en  était  aujourd’hui  à  créer  pour  la 
zoologie  une  nomenclature  latine,  on  pour¬ 
rait,  on  devrait  peut-être  s’attacher  à  n’y 
pas  faire  entrer  un  seul  nom,  avant  de  s’être 
bien  assuré  qu’on  ne  le  détournait  point 
de  la  signification  qu’il  avait  anciennement. 
Pour  cet  examen  préalable ,  on  trouverait 
sans  doute  de  grands  secours  dans  les  re¬ 
cherches  de  certains  naturalistes  qui  unis¬ 
saient  à  une  parfaite  connaissance  des  faits 
et  à  beaucoup  de  sagacité  une  très  vaste 
érudition  ;  mais  quoique  ces  savants  aient 
pu  faire ,  le  travail  n’est  pas  terminé ,  et 
ceux  qui  s’occuperont  de  le  poursuivre 
rencontreront  de  grands  obstacles  ;  souvent 
il  leur  arrivera  de  ne  recueillir  aucun  fruit 
de  leurs  recherches. 

Il  n’est  pas  rare  en  effet,  comme  nous  le 
faisions  remarquer  plus  haut,  de  trouver 
dans  les  écrits  des  anciens  le  même  animal 
désigné  par  plusieurs  noms  différents,  sui¬ 
vant  les  pays  dans  lesquels  il  a  été  observé, 


35^ 


AUR 


AUR 


et  c’est  déjà  là  une  cause  de  confusion  ; 
mais  ce  qui  est  au  moins  aussi  commun,  et 
beaucoup  plus  fâcheux ,  c’est  l’applica¬ 
tion  d’un  même  nom  à  la  désignation  de 
plusieurs  espèces  distinctes.  Constater  ce 
double  emploi  du  mot  est  chose  difficile  à 
cause  de  la  brièveté  des  indications  qui 
d’ordinaire  s’y  rattachent.  Quand  par  ha¬ 
sard  on  trouve  des  descriptions, .elles  sont 
toujours  incomplètes,  et,  quand  l’auteur  n’a 
pas  parlé  de  visu ,  elles  sont  presque  né¬ 
cessairement  inexactes.  Ce  n’est  pas  tout 
encore  ;  souvent  les  écrits  originaux  ont  été 
perdus,  et  nous  n’obtenons  les  renseigne¬ 
ments  qu’ils  contenaient  que  par  l’inter¬ 
médiaire  des  compilateurs.  Or  ceux-ci  ne  se 
sont  pas  toujours  contentés  de  transcrire,  à 
la  suite  les  unes  des  autres,  les  diverses  don¬ 
nées  qui  se  rattachaient  à  un  nom  commun; 
quelquefois  ils  les  ont  combinées  pour  en 
faire  un  seul  animal  ;  alors  la  difficulté  est 
vraiment  inextricable. 

Supposons  cependant  tous  ces  obstacles 
surmontés,  et  voyons  quelle  sera,  relative¬ 
ment  à  la  nomenclature,  l’importance  d’un 
résultat  si  péniblement  obtenu  ;  très  peu  de 
chose,  en  vérité.  Pour  les  Mammifères,  par 
exemple,  si  nous  passons  en  revue  les  noms 
qui  nous  ont  été  transmis  par  les  anciens, 
nous  voyons  qu’il  y  en  avait  bien  trente  à 
peu  près  dont  l’application  n’était  pas  dou¬ 
teuse;  eh!  bien,  toutes  les  recherches  des 
savants  n’ont  guère  abouti  qu’à  augmenter 
ce  nombre  d’une  vingtaine.  Admettons  que 
les  recherches  futures  l’augmentent  encore 
d’autant,  ce  seront  soixante-dix  noms  qu’on 
aurait  pu  employer  sans  scrupule  dans  la 
nomenclature  zoologique.  Tous  les  autres 
noms  anciens  d’ailleurs  en  auraient  dû 
être  bannis ,  comme  propres  à  donner  de 
fausses  idées  ;  ainsi ,  pour  le  cas  qui  nous 
occupe,  le  mot  Bison  serait  appliqué  à 
l’Aurochs  et  le  mot  TJrus  disparaîtrait,  du 
moins  comme  nom  d’une  espèce  aujourd’hui 
vivante.  La  même  proscription  s’étendrait  au 
mot  Bonasus,  à  moins  qu’on  ne  l’appli¬ 
quât  à  l’Aurochs  du  Caucase ,  dans  le  cas  où 
des  recherches  ultérieures  prouveraient, 
ce  qui  est  assez  peu  probable  ,  qu’il  dif¬ 
fère  spécifiquement  de  l’Aurochs  de  Li¬ 
thuanie. 

Certes,  ce  serait  un  assez  mince  avantage 
pour  une  nomenclature  que  d’être  vraie 


sous  le  point  de  vue  historique,  et  ce  n’est 
pas  là  ce  qu’on  doit  lui  demander,  mais  en¬ 
fin  ce  serait  un  avantage  réel.  On  pourrait 
donc  s’étonner  de  voir  que ,  dans  les  nom¬ 
breux  systèmes  de  nomenclature  qui  ont 
été  proposés  depuis  quelques  années  et  qui 
menaceraient,  si  leurs  auteurs  jouissaient 
d’assez  de  crédit  pour  se  faire  écouter ,  de 
jeter  la  science  dans  une  confusion  com¬ 
plète,  on  n’ait  jamais  pensé  à  faire  prévaloir 
ce  principe.  C’est  que  pour  en  faire  l’appli¬ 
cation,  il  faudrait  du  travail ,  il  faudrait  des 
connaissances  que  n’ont  point  les  novateurs 
auxquels  nous  faisions  allusion  ;  c’est  qu’il 
est  bien  plus  facile  de  forger,  au  moyen  du 
Dictionnaire  grec,  cent  noms  nouveaux, 
plus  ou  moins  sonores ,  plus  ou  moins  si¬ 
gnificatifs,  que  de  déterminer  d’une  ma¬ 
nière  satisfaisante  la  véritable  acception 
d’un  nom  ancien,  restée  douteuse  jusqu’à  ce 
jour.  (Roui*.) 

AUROXE.  bot.  ph.  -T-  Voyez  armoise. 

*AUROPOUÏ)RE.  min.  —  Nom  donné 
à  un  Aurure  de  palladium  et  d’argent,  d’une 
couleur  d’or  sale ,  qui  se  trouve  en  petits 
grains  cristallisés  au  Brésil,  dans  la  capitai¬ 
nerie  de  Porper.  Il  est  composé,  suivant 
M.  Berzélius,  sur  100  parties,  de  85,98  d’or; 
9,85  de  palladium  ;  et  4,17  d’argent.  (Del.) 

AURORE,  phys.  —  On  nomme  ainsi 
la  lumière  qui  précède  le  lever  du  soleil. 
Le  crépuscule  du  matin  que  parfois  l’on 
confond  avec  l’Aurore  n’est  que  la  première 
lueur  qui  succède  à  la  nuit  et  qui  ne  suffit 
point  encore  pour  distinguer  les  objets. 
L’Aurore  commence  quand  le  crépuscule 
cesse,  et  lorsque  chaque  chose  revêt  la  cou¬ 
leur  qui  lui  appartient.  Le  levant ,  qui  n’of¬ 
frait  qu’une  légère  bande  lumineuse,  prend 
une  teinte  orangée  qui  s’anime  graduelle¬ 
ment;  les  nuages  se  colorent  des  plus  vives 
nuances  d’or  et  de  pourpre ,  l’horizon  de¬ 
vient  tout  resplendissant ,  et  cet  admirable 
spectacle  n’est  effacé  que  par  la  lueur  du 
soleil. 

L’Aurore  est  un  double  phénomène  de 
réfraction  et  de  réflexion.  La  lumière  du 
soleil,  qui  commence  à  paraître  lorsque  cet 
astre  est  encore  à  18°  au-dessous  de  l’hori¬ 
zon,  nous  est  envoyée  ,  non  par  transmis¬ 
sion  directe ,  mais  par  réflexion  sur  les  va¬ 
peurs  atmosphériques ,  sur  de  petites  mo¬ 
lécules  solides  qui  y  flottent  et  peut-être 


AUR 


AÜP 


353 


aussi  sur  les  atomes  matériels  réels  de 
l’air  lui-méme  (Herschel). 

Quelques  physiciens  considèrent  l’Au¬ 
rore  comme  un  phénomène  de  diffraction 
(modification  qu’éprouve  la  lumière  par  son 
passage  auprès  des  extrémités  des  corps).  Ils 
pensent  expliquer  ainsi  plus  facilement  les 
modifications  que  font  éprouver  à  l’Aurore 
non-seulement  l’état  hygrométrique  ou  ther¬ 
mométrique  de  l’atmosphère,  mais  encore 
les  dispositions  locales  de  la  contrée  dans 
la  direction  du  soleil  levant.  (A.  D.) 

AURORE  BORÉALE.  MÉTÉOR.  - 

Dans  les  régions  voisines  du  pôle ,  on  ob¬ 
serve  parfois,  quelques  heures  après  le  cou¬ 
cher  du  soleil,  un  météore  lumineux,  dont 
nous  allons  décrire  les  différentes  phases. 
Il  s’annonce  d’abord  par  une  espèce  de 
brouillard  qui  occupe  la  partie  nord  de  l’ho¬ 
rizon,  en  tirant  un  peu  vers  l’occident,  et 
qui  présente  la  figure  d’un  segment  de  cercle 
dont  l’horizon  forme  la  corde.  La  partie  vi¬ 
sible  de  la  circonférence  de  ce  brouillard 
paraît  bientôt  bordée  d’une  lueur  blanch⬠
tre  ,  produisant  un  arc  lumineux  ou  plu¬ 
sieurs  arcs  concentriques,  séparés  par  des 
bandes  obscures.  Des  jets  et  des  rayons  de 
lumière,  diversement  colorés,  s’élancent  en¬ 
suite  de  l’arc ,  ou  plutôt  du  segment  nébu¬ 
leux  où  se  forme  toujours  quelque  brèche 
éclairée  qui  semble  leur  livrer  passage. 
Quand  le  phénomène  augmente  et  qu’il  doit 
occuper  une  grande  étendue,  ses  progrès 
se  manifestent  par  un  mouvement  général, 
par  une  sorte  de  trouble  dans  toute  la  masse. 
Des  brèches  nombreuses  se  forment  dans 
l’arc  et  dans  le  segment  obscur,  et  dispa¬ 
raissent  à  l’instant;  des  vibrations  de  lu¬ 
mière,  des  éclairs  viennent  frapper,  comme 
par  secousses,  toutes  les  parties  du  météore. 
Enfin ,  lorsqu’il  est  arrivé  à  sa  plus  grande 
extension,  on  voit  se  former  au  zénith 
une  couronne  de  feu ,  vers  laquelle  conver¬ 
gent  une  multitude  de  traits  enflammés. 
C’est  alors  que  le  phénomène,  dans  toute  sa 
magnificence ,  présente  un  spectacle  admi¬ 
rable  ,  tant  par  la  variété  des  figures  lumi¬ 
neuses  qui  se  jouent  de  mille  manières  dans 
les  hautes  régions  de  l’atmosphère,  que  par 
la  vivacité  et  la  richesse  des  couleurs  dont 
elles  brillent.  Il  diminue  ensuite  par  de¬ 
grés.  Les  jets  lumineux  et  les  vibrations  se 
renouvellent  cependant  encore  de  temps  en 


temps;  mais  enfin  le  mouvement  cesse  ;  la 
lumière  qui  s’était  étendue  dans  toutes  les 
portions  du  ciel  se  resserre  et  se  concentre 
vers  la  partie  boréale  ;  le  segment  obscur 
s’éclaircit ,  puis  finit  par  s’éteindre ,  tantôt 
subitement,  tantôt  avec  lenteur,  à  moins 
qu’il  ne  se  prolonge  pour  se  confondre  avec 
le  crépuscule  du  matin. 

Telle  est  l’Aurore  boréale  dans  tout  son 
éclat  :  c’est  ainsi  que  la  voient  les  habitants 
de  la  Laponie ,  de  la  Norv  ège ,  de  la  Russie 
septentrionale,  de  la  Sibérie  ;  ceux  du  nord 
de  l’Écosse,  de  l’Islande,  du  Groenland,  du 
Canada,  des  régions  arctiques,  en  un  mot; 
mais,  plus  on  s’éloigne  du  pôle,  moins  on 
en  voit  distinctement  les  diverses  périodes. 
Elle  ne  paraît  généralement  en  France  que 
comme  une  lumière  plus  ou  moins  écla¬ 
tante,  peu  élevée  au-dessus  de  l’horizon. 

L’Aurore  boréale  n’avait  point  échappé 
aux  observations  des  anciens.  On  rencontre, 
chez  leurs  historiens  et  chez  leurs  poètes, 
maintes  descriptions  qui  ne  permettent 
point  d’en  douter.  Nous  nous  bornerons  à 
nommer,  après  Tite-Live ,  Lucain ,  qui, 
dans  les  vers  suivants ,  décrit  ce  phéno¬ 
mène  avec  une  énergique  précision  : 

Ignota  obscuræ  viderunt  sidéra  noctes, 

Ardeutemque  Polum  flammis ,  cœloque  volantes 

Obliquas  per  inane  faces . 

(Phars.  ,  liv.  1.) 

Ces  auteurs,  toutefois ,  n’ont  point  eu 
en  vue  le  phénomène  lui -même;  ils  ne 
l’ont  considéré  que  comme  le  présage  de 
quelque  événement  considérable. 

Nous  pourrions  trouver  plus  de  lumières 
à  ce  sujet  chez  les  philosophes  de  l’anti¬ 
quité,  en  général  bons  observateurs  ;  mais 
il  faut  remarquer,  qu’habitant  des  contrées 
méridionales  ,  ils  eurent  peu  d’occasions 
d’observer  des  Aurores  boréales  complètes. 
Aristote,  cependant,  en  donna  une  descrip¬ 
tion  satisfaisante;  après  lui,  Sénèque  et 
Pline  en  parlèrent  de  manière  à  ne  laisser 
aucun  doute  ;  plus  tard  encore ,  Julius  Ob- 
sequens  et  Isidore  de  Séville  en  firent  men¬ 
tion. 

En  arrivant  aux  temps  modernes,  il  nous 
serait  facile  d’augmenter  la  liste  des  auteurs 
qui  ont  parlé  de  l’Aurore  boréale;  mais 
laissant  de  côté  ce  luxe  d’érudition ,  nous 
nous  empresserons  d’arriver  à  ceux  qui  ont 
observé  ce  phénomène  en  savants  et  non 
23 


T.  U 


364  AUR 

en  diseurs  de  bonne  aventure.  Le  premier 
fut  Gassendi ,  qui  rendit  compte  d’une 
Aurore  boréale  observée  par  lui  en  Pro¬ 
vence,  et  vue,  en  même  temps,  dans  toute 
la  France,  en  Syrie,  à  Alep,  c’est-à-dire 
dans  une  étendue  de  700  lieues  de  l’ouest  à 
l’est,  et  à  douze  degrés  sud  environ,  de 
Paris. 

Depuis  Gassendi  les  observations  se  mul¬ 
tiplièrent.  On  reconnut  que  ce  météore  n’é¬ 
tait  point  particulier  au  pôle  nord  ;  que  le 
pôle  sud  avait  ses  Aurores  australes,  moins 
souvent  signalées ,  peut-être  à  cause  du 
nombre  moins  considérable  d’observateurs, 
mais  n’en  existant  pas  moins  réellement  (à)-. 

Avec  les  observations  se  multiplièrent 
les  explications ,  les  théories ,  sans  que  jus¬ 
qu’à  présent  la  nature  de  l’Aurore  boréale 
ait  été  parfaitement  définie. 

Nous  allons  faire  connaître  les  principales 
opinions  émises. 

On  crut  d’abord  que  l’Aurore  boréale  était 
produite  par  des  vapeurs  et  des  exhalai¬ 
sons  élevées  dans  la  région  moyenne  de 
l’air.  De  leur  mélange  résultait  une  fermen¬ 
tation  très  vive ,  suivie  de  coruscations ,  de 
flammes  et  de  détonations.  Lemonnier  et 
Muschenbroëck  furent  partisans  de  cette 
opinion. 

Halley  supposa  que  l’Aurore  boréale  est 
due  à  des  tourbillons  magnétiques  traver¬ 
sant  la  terre  du  sud  au  nord ,  avec  une  ex¬ 
cessive  vitesse,  et  pouvant  devenir  lumineux 
par  eux-mêmes  ou  par  leur  contact  avec  les 
substances  terrestres  qu’ils  rencontrent. 
Les  tourbillons  furent  abandonnés,  et  Mai- 
ran  vint  à  son  tour  (1733)  proposer  une 
nouvelle  théorie. 

Partant  du  fait  qu’il  existe  autour  du  so¬ 
leil  une  espèce  de  vapeur  lumineuse  d’une 
extrême  ténuité,  ce  savant  admit  que  l’Au¬ 
rore  boréale  n’est  qu’une  portion  de  cette  va¬ 
peur,  ou  plutôt  une  portion  de  l’atmosphère 
solaire ,  que  la  terre  rencontre  sur  sa  route 
et  emporte  avec  elle  dans  l’espace.  Comme , 
d’après  cette  théorie,  l’Aurore  boréale  a  né¬ 
cessairement  son  siège  dans  notre  atmos¬ 
phère,  et  comme  néanmoins  ce  météore  offre 
parfois  une  élévation  de  plus  de  200  lieues , 
Mairan  fut  obligé  de  supposer  à  cette  at- 

(1)  Le  météore  dont  nous  parlons  se  présentant  aux  deux 
p41es,  le  nom  d 'Aurore  polaire  lui  conviendrait  mieux; 
mai»  le  premier  a  prévalu. 


AtlR 

mosphère  une  hauteur  incomparablement 
plus  considérable  que  celle  qu’on  lui  attri¬ 
bue  communément. 

Cette  objection  n’échappa  point  à  Euler, 
qui,  tout  en  repoussant  la  théorie  de  Mairan, 
en  proposa  lui-même  une  nouvelle.  Suivant 
l’illustre  géomètre  ,  les  rayons  solaires , 
exerçant  leur  impulsion  sur  les  particules 
de  l’atmosphère,  les  chassent  à  une  grande 
distance  et  les  rendent  lumineuses  en  se  ré¬ 
fléchissant  à  leur  surface.  Étendant  cette 
explication  à  la  queue  des  Comètes  et  à  la 
lumière  zodiacale ,  il  attribue  leur  appari¬ 
tion  à  une  impulsion  semblable ,  qui  agit 
d’une  part  sur  l’atmosphère  des  premières, 
et  de  l’autre,  sur  celle  du  soleil  lui-même. 

Quelques  physiciens  attribuèrent  l’Aurore 
boréale  aux  glaces  dont  les  terres  circumpo¬ 
laires  sont  couvertes.  D’après  eux,  ces  neiges 
et  ces  glaces,  comme  autant  de  miroirs, 
réfléchissent  vers  la  surface  des  couches  su¬ 
périeures  de  l’atmosphère,  les  rayons  du 
soleil  qui ,  dans  ces  climats,  s’abaisse  très 
peu  au-dessous  de  l’horizon;  et  les  molé¬ 
cules,  dont  ces  couches  sont  composées ,  dé¬ 
terminant  une  seconde  réflexion,  les  ren¬ 
voient  vers  la  surface  de  la  terre  ,  et  produi¬ 
sent  ainsi  les  phénomènes  de  l’Aurore 
boréale. 

Un  autre  savant,  l’abbé  Hell,  avança  que 
l’Aurore  boréale  a  son  origine  dans  la  ré¬ 
fraction  des  rayons  du  soleil  ou  de  la  lune, 
par  notre  atmosphère,  et  dans  leur  ré¬ 
flexion  par  des  nuages  lumineux,  formés  de 
particules  glacées.  Ce  serait,  d’après  cet 
astronome,  un  météore  semblable  aux  par- 
hèlies  ou  parasèlènes  ,  produites  par  la 
réflexion  des  rayons  du  soleil  ou  de  la  lune 
sur  des  vapeurs  congelées,  suspendues  dans 
l’atmosphère  à  différentes  distances  de  la 
terre ,  et  transportées  par  les  vents  comme 
de  légers  nuages. 

Au  milieu  de  toutes  ces  explications, 
celle  qu’avait  présentée  Mairan  réunissait 
les  plus  nombreux  suffrages  ;  elle  était 
adoptée  par  les  hommes  les  plus  distin¬ 
gués  de  l’époque ,  quand ,  en  1740 ,  Celsius 
et  Niorter  découvrirent  que  l’aiguille  ai¬ 
mantée  éprouve  une  agitation  extraordinai¬ 
re,  à  l’apparition  d’une  Aurore;  mais  lorsque 
les  propriétés  de  la  lumière  électrique  furent 
connues,  toutes  les  théories  précédentes 
furent  abandonnées  ;  Éberhart,  professeur 


AUR 


AUR 


à  Hall,  et  Paul  Frisi,  à  Pise,  proposèrent 
d’expliquer  l’Aurore  boréale  par  l’électri¬ 
cité,  en  s’appuyant  sur  les  faits  suivants  :  1° 
l’électricité  qui  passe  dans  le  vide  s’y  mon¬ 
tre  sous  les  mêmes  apparences  lumineuses 
que  celles  qu’on  observe  dans  l’Aurore  bo¬ 
réale  ;  2°  l’air  devenant  moins  dense  à  me¬ 
sure  qu’il  s’élève  au-dessus  de  la  surface  de 
la  terre,  les  décharges  électriques,  dans  les 
régions  supérieures,  doivent  présenter  les 
mêmes  apparences  que  dans  des  tubes  rem¬ 
plis  d’air  plus  ou  moins  raréfié. 

Ces  idées  furent  adoptées  par  Canton , 
Beccaria,  Wilke,  Franklin,  etc. ,  qui  y  ap¬ 
portèrent  néanmoins  quelques  modifica¬ 
tions. 

Il  est  à  remarquer,  du  reste,  que  depuis 
cette  époque,  quelque  éloignées  de  la  vrai¬ 
semblance  qu’aient  été  les  hypothèses  mises 
en  avant,  les  auteurs  ont  toujours  reconnu 
l’influence  électrique  ;  ainsi ,  à  l’époque 
où  le  gaz  inflammable  (  hydrogène  )  fut 
découvert ,  Yolta,  tout  en  cherchant ,  par 
plusieurs  expériences,  à  démontrer  que  ce 
gaz  pouvait  être  la  cause  de  l’Aurore  bo¬ 
réale  ,  ne  proposa  cette  théorie  que  comme 
une  supposition  sans  importance ,  et  il 
ajouta  même  :  «  Je  me  repens  déjà  d’a¬ 
voir  avancé ,  quoiqu’on  passant  seulement, 
quelques  idées  qui  heurtent  de  front  l’ortho¬ 
doxie  électrique.  » 

Malgré  l’anathème  que  l’auteur  lui-même 
avait  jeté  sur  sa  théorie,  elle  fut  reprise  par 
Patrin,  bien  qu’elle  ne  puisse  soutenir  l’é¬ 
preuve  de  l’expérience  5  et,  en  effet,  l’hydro¬ 
gène  ne  pouvant  s’allumer  sans  le  concours 
de  l’oxygène,  comment  sa  combustion  au¬ 
rait-elle  lieu  au  siège  de  l’Aurore  boréale , 
c’est-à-dire  dans  ces  hautes  régions  de  l’at¬ 
mosphère,  où  la  raréfaction  est  arrivée  à 
un  point  extrême  ;  et  à  plus  forte  raison , 
hors  de  l’atmosphère ,  si  l’on  admet  que 
c’est  là  que  se  produit  le  météore  ? 

Dans  les  dernières  années  du  siècle  der¬ 
nier,  le  physicien  anglais  Dalton  présenta  les 
idées  suivantes  sur  le  phénomène  qui  fait  le 
sujet  de  cet  article  :  «  il  se  passe,  dit-il,  à  150 
milles  d’élévation  de  la  surface  de  la  terre. 
En  s’élevant  au-dessus  de  fiotre  planète,  on 
trouve  d’abord  la  région  des  nuages ,  puis 
celle  des  météores ,  tels  que  les  étoiles,  fi¬ 
lantes,  les  globes  de  feu,  etc.  ;  au-delà  on  ren¬ 
contre  la  région  de  l’Aurore  boréale,  dont  la 


grande  élévation  se  déduit  de  sa  lumière  ex* 
trêmement  affaiblie  qui  peut  s’étendre  sur 
une  moitié  de  l’hémisphère.  Dalton  appelle 
encore  à  son  aide  les  effets  électriques 
lumineux  produits  dans  l’air  plus  ou  moins 
raréfié  ;  il  attribue  ,  en  outre ,  une  origine 
ferrugineuse  aux  rayons  du  météore  ,  en 
raison  des  propriétés  magnétiques  du 
fer ,  etc.  » 

Au  commencement  de  ce  siècle,  le  profes¬ 
seur  Libes  présenta  une  nouvelle  théorie 
qui,  au  premier  coup-d’œil,  semble  satisfai¬ 
sante.  D’après  ce  savant ,  la  production  du 
gaz  hydrogène  étant  presque  nulle  aux 
pôles,  le  fluide  électrique,  qui  reflue  de  l’é¬ 
quateur,  n’y  rencontre  qu’un  simple  mé¬ 
lange  d’oxygène  et  d’azote,  dont  il  déter¬ 
mine  la  combinaison.  Cette  combinaison  se 
manifeste  par  des  vapeurs  rutilantes  dé¬ 
cide  nitreux  (hypo-azotique) ,  qui  consti¬ 
tuent  le  phénomène  de  l’Aurore  boréale.  Si 
ce  phénomène,  ajoute,  l’auteur,  n’a  pas  lieu 
dans  les  zones  tempérées,  cela  tient  à  ce  que, 
dans  cette  atmosphère  fortement  échauffée, 
il  se  trouve  toujours  un  mélange  de  gaz  hy¬ 
drogène  et  de  gaz  oxygène ,  que  l’ étincelle 
électrique  enflamme  de  préférence,  en  pro¬ 
duisant,  en  même  temps  que  la  forma¬ 
tion  d’une  certaine  quantité  d’eau ,  les 
phénomènes  des  éclairs  et  de  la  foudre. 
Cette  théorie ,  plus  ingénieuse  que  solide , 
donne  lieu  à  la  même  objection  que  celle  de 
Yolta. 

Il  nous  reste  encore  à  exposer  la  théorie 
de  M.  Biot.  Dans  un  voyage  qu’il  fit,  en  1817, 
aux  îles  Shetland ,  l’illustre  physicien  ayant 
eu  l’occasion  de  voir  souvent  et  d’étudier  les 
Aurores  boréales,  proposa  l’explication  sui¬ 
vante  : 

a  Pour  s’assurer,  dit-il,  si  le  phénomène 
des  Aurores  existe  dans  notre  atmosphère 
ou  au  dehors,  il  suffit  de  voir  s’il  a  des  re¬ 
lations  quelconques  avec  le  mouvement 
diurne  de  la  terre;  or,  toutes  les  observations 
faites  jusqu’ici,  et  qui  ont  été  constatées 
aux  îles  Shetland ,  prouvent  que  les  arcs  et 
les  couronnes  ne  participent  en  rien  au 
mouvement  apparent  des  astres  d’orient 
en  occident  ;  dès  lors  ce  phénomène  est  pu¬ 
rement  atmosphérique,  » 

Ce  principe  établi ,  M.  Biot  fait  remar¬ 
quer  que  l’Aurore  horégle  est  en  résumé 
composée  de  véritables  puées ,  venant  ordi? 


356 


AUR 


AUR 


nairement  du  nord,  et  formées  d’éléments 
extrêmement  ténus  et  lumineux ,  flottants 
dans  les  airs  ;  que  ces  nuées  forment  sou¬ 
vent  des  colonnes  qui  prennent  la  direction 
de  l’aiguille  aimantée.  Or,  quelle  est  la  na¬ 
ture  de  ces  éléments  ?  L’auteur  résout  ainsi 
la  question  : 

«  Parmi  les  substances  terreuses ,  nous 
ne  connaissons  jusqu’à  présent  que  les  mé¬ 
taux  dont  les  particules  soient  susceptibles 
de  magnétisme  ;  encore  cette  propriété  est- 
elle  particulière  à  quelques-uns  d’entre 
eux.  Il  est  donc  vraisemblable  que  les  élé¬ 
ments  en  question  sont,  au  moins  en  grande 
partie,  composés  de  particules  métalliques 
réduites  à  une  ténuité  extrême  ;  mais  de  là 
résulte  aussitôt  une  autre  conséquence.  On 
sait  que  tous  les  métaux  connus  sont  d’ex¬ 
cellents  conducteurs  du  fluide  électrique  ; 
or ,  les  diverses  couches  qui  composent 
l’atmosphère  sont  habituellement  chargées 
de  quantités  très  inégales  d’électricité...  Si 
donc  des  colonnes ,  composées  en  partie 
d’éléments  métalliques ,  se  trouvent  sus¬ 
pendues  verticalement  dans  l’atmosphère , 
comme  le  sont  les  colonnes  de  l’Aurore  bo¬ 
réale,  lorsqu’elles  flottent  au-dessus  des  ré¬ 
gions  les  plus  voisines  du  pôle,  l’électricité 
des  couches  d’air  situées  au  sommet  et  au 
bas  des  colonnes ,  trouvera  en  elle  autant 
de  conducteurs  plus  ou  moins  parfaits  ;  et , 
si  la  tendance  de  cette  électricité,  pour  se 
répandre  uniformément ,  surpasse  la  ré¬ 
sistance  que  l’imperfection  des  colonnes 
conductrices  lui  oppose,  elle  s’écoulera  le 
long  de  ces  colonnes  en  illuminant  sa  route, 
comme  nous  voyons  que  cela  arrive ,  en  gé¬ 
néral,  avec  des  conducteurs  discontinus...» 

Après  cette  explication  fort  ingénieuse, 
sans  aucun  doute,  il  restait  à  démontrer 
comment  des  nuages  composés  de  parti¬ 
cules  métalliques  se  forment  dans  le  voi¬ 
sinage  des  pôles  plutôt  que  partout  ailleurs, 
pour  se  répandre  de  là  dans  le  reste  de  l’at¬ 
mosphère  ;  il  fallait  aussi  expliquer  ces  ef¬ 
fets  ,  véritables  phénomènes  d’inflamma¬ 
tion,  dans  ces  nuages  phosphorescents  qui, 
se  détachant  du  nuage  lumineux  principal , 
lancent  par  intervalle  des  jets  de  lumière. 
Ces  nouvelles  questions  furent  abordées  par 
M.  Biot  de  la  manière  suivante  : 

«  Le  pôle  magnétique  est  évidemment  le 
point  de  départ  des  colonnes  lumineuses  ; 


dès-lors,  les  parties  extrêmement  déliées 
qui  composent  ces  colonnes ,  et  la  nue  lu¬ 
mineuse  qui  leur  donne  naissance,  doivent 
sortir  de  la  terre  en  ce  point  ou  en  quelques 
autres  peu  éloignés.  Or,  les  contrées  sep¬ 
tentrionales  ont  été ,  dans  tous  les  temps, 
comme  elles  le  sont  aujourd’hui,  exposées 
à  de  violentes  éruptions  volcaniques.  Plu¬ 
sieurs  des  volcans  voisins  du  pôle  sont  en 
activité  autour  de  la  zone  où  se  trouve  le 
pôle  magnétique.  Je  citerai  particulièrement 
les  volcans  des  îles  Aleutiennes,  de  l’Is¬ 
lande  et  du  Kamschatka.  Ces  éruptions 
sont  toujours  accompagnées  de  phénomènes 
électriques  ;  la  foudre  sillonne  sans  cesse 
les  tourbillons  de  vapeurs  et  les  déjections 
pulvérulentes  qui  sortent  des  cratères.  Ces 
colonnes  ,  ces  tourbillons  de  poussière  vol¬ 
canique  ,  chargés  d’électricité ,  sont  trans¬ 
portés  ,  comme  on  sait ,  à  des  distances 
considérables,  et  abandonnent  à  l’air,  dans 
leur  trajet,  toute  l’électricité  dont  ils  étaient 
imprégnés  en  sortant  du  cratère. 

«  Ces  éruptions  si  vastes,  ajoute  l’auteur, 
partant  d’abimes  si  profonds  qu’ils  sem¬ 
blent  communiquer  entre  eux  par  dessous 
la  croûte  solide  du  globe ,  d’un  bout  à  l’au¬ 
tre  de  la  terre,  ne  doivent-elles  pas,  lors¬ 
qu’elles  durent  quelque  temps,  exciter,  au- 
dessus  du  gouffre  dont  elles  sortent ,  de 
violents  courants  d’air  et  de  véritables  Yents 
ascendants  qui  emportent  les  poussières 
volcaniques  jusqu’à  des  élévations  bien  su¬ 
périeures  aux  nuages  ordinaires  ?  D’un 
autre  côté,  l’on  sait,  au  rapport  des  voya¬ 
geurs  qui  ont  visité  l’Islande,  qu’on  voit 
quelquefois  au-dessus  de  l’ile,  pendant  les 
éruptions  volcaniques ,  un  brouillard  ,  ou 
pour  mieux  dire ,  des  nuages  de  nature  sul¬ 
fureuse  et  métallique ,  qui  irritent  dou¬ 
loureusement  les  yeux,  la  bouche  et  les 
narines.  Au  surplus,  l’existence  d’un  sem¬ 
blable  brouillard ,  composé  de  matières 
sèches  et  répandant  une  odeur  fétide  et 
sulfureuse,  fut  constatée  en  1783  ;  toute  l’Eu¬ 
rope  en  fut  alors  couverte,  et  les  voyageurs 
le  rencontrèrent,  au  sommet  des  Alpes,  sur 
la  Méditerranée  et  sur  l’Océan  atlantique,  à 
plus  de  cent  lieues  des  côtes.  Le  journal  de 
physique  (1784)  rend  également  compte  d’un 
brouillard  sec,  possédant  la  propriété  lumi¬ 
neuse  dont  sont  douées  les  nues  qui  com¬ 
posent  l’Aurore  boréale.  » 


AUR 


AUR 


357 


En  conséquence  de  la  nature  combustible 
qu’il  accorde  à  ces  nuées,  M.  Biot  pense 
que  des  décharges  électriques  répétées 
peuvent  les  enflammer.  . 

Un  habile  physicien  ,  M.  Becquerel ,  à 
qui  Ton  doit  une  histoire  complète  des  phé¬ 
nomènes  électrique  et  magnétique,  a  détruit 
la  théorie  de  M.  Biot,  en  démontrant  que, 
dans  l’état  actuel  de  nos  connaissances  géo¬ 
logiques,  on  ne  peut  admettre,  dans  les 
matières  vomies  par  les  volcans ,  et  par 
conséquent ,  dans  les  nuages  volcaniques , 
aucune  parcelle  métallique,  mais  seulement 
des  matières  vitreuses ,  des  silicates  et  au¬ 
tres  composés,  entièrement  dépourvus  de 
conductibilité. 

Quoi  qu’il  en  soit  des  théories ,  l’Aurore 
boréale  paraît  intimement  liée  au  magné¬ 
tisme  terrestre  ;  le  sommet  de  l’arc  lumi¬ 
neux  est  toujours  situé  dans  le  plan  du 
méridien  magnétique  du  lieu  de  l’observa¬ 
tion  ;  le  centre  de  la  couronne  suit  le  pro¬ 
longement  de  la  boussole  d’inclinaison,  ou 
d’un  aimant  suspendu  en  son  centre  de 
gravité,  quand  il  atteint  sa  position  d’équi¬ 
libre  5  enfin,  l’Aurore  boréale  occasionne 
des  variations  irrégulières  dans  l’inclinai¬ 
son  et  la  déclinaison  de  l’aiguille  aimantée. 

M.  Arago  a  remarqué  qu’à  Paris ,  dès  le 
matin  du  jour  où  une  Aurore  boréale  doit 
se  montrer,  l’aiguille  de  déclinaison  dévie 
vers  l’occident  ;  le  soir,  au  contraire,  elle 
dévie  à  l’orient  5  cette  déviation  va  quelque¬ 
fois  jusqu’à  un  quart  de  degré.  Des  obser¬ 
vations  analogues  ont  été  faites  dans  tous 
les  observatoires  de  l’Europe.  Il  est  donc 
facile  de  prédire,  dans  un  point  quelconque 
de  notre  hémisphère,  l’apparition  d’une  Au¬ 
rore  boréale.  Le  même  savant  a  voulu  re¬ 
connaître  si  les  Aurores  australes  exercent 
quelque  influence  sur  l’aiguille  aimantée  à 
Paris  ;  mais  il  est  arrivé  que  toutes  les  fois 
qu’une  Aurore  australe  a  été  observée  ,  elle 
a  coïncidé  avec  une  Aurore  boréale  :  doit-on 
en  conclure  que  cette  coïncidence  est  une 
des  lois  du  phénomène? 

Les  rapports  que  nous  venons  d’indiquer 
entre  le  magnétisme  terrestre  et  l’Aurore 
polaire ,  sont  jusqu’à  ce  jour  les  seules  don¬ 
nées  certaines  qui  puissent  servir  de  point 
de  départ ,  pour  la  recherche  des  causes  de 
ce  météore.  Se  produit-il  dans  les  limites  de 
notre  atmosphère  ou  au-delà  ?  ]Les  obser¬ 


vations,  et  par  conséquent  les  opinions,  se 
contredisent.  Si  l’on  en  croit  les  récits  des 
habitants  des  régions  du  nord,  des  îles 
Shetland,  par  exemple,  l’Aurore  boréale  est 
toujours  accompagnée  d’un  bruissement 
bien  sensible,  analogue  à  celui  que  produit 
une  succession  d’étincelles  électriques.  Ce 
fait,  s’il  est  vrai,  ne  semble  point  indiquer 
une  très  grande  élévation .  Des  mesures  d’an¬ 
gle  ,  prises  de  deux  lieux  différents  sur  la 
même  Aurore  boréale,  pendant  l’expédition 
du  capitaine  Franklin  au  pôle  nord ,  ne 
donnèrent  que  trois  ou  quatre  lieues  d’élé¬ 
vation  à  sa  couronne.  D’un  autre  côté, 
M.  Dalton,  dont  nous  avons  rapporté  plus 
haut  les  opinions ,  calcula  qu’une  Aurore 
boréale,  aperçue  et  mesurée  le  29  mars  1826, 
à  Manchester ,  à  Edimbourg ,  et  dans  d’au¬ 
tres  localités ,  devait  être  élevée  à  quarante 
lieues  au-dessus  de  la  terre. 

Les  expériences  de  plusieurs  physiciens, 
et,  entre  autres,  de  MM.  Harris  et  Becquerel, 

'  tendent  à  prouver  qu’un  corps  électrisé , 
placé  dans  le  vide  ,  loin  de  tout  corps  capa¬ 
ble  d’exercer  sur  lui  une  action  par  in¬ 
fluence  ,  conserve  indéfiniment  son  électri¬ 
cité  sur  sa  surface  ;  mais  que  si  les  corps 
sont  placés  à  une  distance  telle  que  l’action 
par  influence  puisse  avoir  lieu,  l’électricité 
franchit  l’espace  vide.  Si  donc,  l’électricité 
atmosphérique  intervient  dans  le  phéno¬ 
mène  des  Aurores  boréales ,  il  faut  qu’el¬ 
les  aient  lieu  dans  des  portions  de  l’at¬ 
mosphère  où  l’air  n’est  point  dans  un 
grand  état  de  raréfaction;  mais  comment 
expliquer  alors  ces  couleurs  si  variées  des 
rayons  lumineux,  qui  ont  tant  de  ressem¬ 
blance  avec  celles  des  décharges  électriques 
dans  le  vide ,  ou  dans  l’air  plus  ou  moins 
raréfié? 

On  voit,  d’après  tout  ce  qui  précède, 
qu’une  explication  complète  de  l’Aurore 
boréale  a  échappé  jusqu’ici  aux  investiga¬ 
tions  de  la  science.  Il  faut  donc  multiplier 
et  rendre  plus  précises  les  observations  sur 
ce  météore  et  le  magnétisme  terrestre  ; 
peut-être  ainsi  parviendra- 1- on  à  recon¬ 
naître  le  lien  caché  qui  semble  réunir  ces 
deux  grands  faits. 

(A.  Duponchel.) 

AURUM.  min.  —  Voyez  or. 

*  AURURES.  min.  —  Genre  formé  de 
l’alliage  ou  de  la  combinaison  de  l’Or  avec 


358 


AUS 


AUT 


d’autres  métaux,  à  l’égard  desquels  il  sem¬ 
ble  jouer  le  rôle  d’élément  électro-négatif. 
Ces  mélanges  ou  ces  combinaisons  ont 
pour  caractères  communs  d’être  attaquables 
par  l’eau  régale,  et  de  donner  ainsi  une  so¬ 
lution  qui  précipite  en  pourpre  par  le  Pro¬ 
tochlorure  d’étain.  Les  seules  qu’on  con¬ 
naisse  sont  d’un  jaune  d’or  pâle,  et  elles 
sont  solubles  dans  l’eau  régale  avec  préci¬ 
pité  immédiat  de  Chlorure  d’argent.  Ce 
sont  :  1°  l’Aurure  d’argent,  ou  l’Êlectrum 
(syn.  Or  argentifère )  ;  et  2°  l’Àurure  de 
palladium  et  d’argent ,  ou  l’Auropoudre 
(Or  palladifère  et  argentifère).  Voy.  or. 

(Del.) 

AUSERDA.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
de  la  Luzerne,  dans  le  Roussillon. 

(C.  d’O.) 

*  AUSTRALASIE.  Australasia.  ois. 

— Genre  formé  par  M.  Lesson  (Tr.  cl'Orn .), 
dans  la  famille  des  Perroquets,  et  syno¬ 
nyme  du  genre  Trichoglosse  de  Yig.  et 
Hors  ,  qui  lui  est  antérieur.  Voy.  tricho¬ 
glosse.  (Lafr.) 

*  AUSTRAL  ASIENNE  S  (Australasie) . 

arach. — M.  Walckenaër  ([ns.  apt .,  Sui¬ 
tes  à  Buffon)  applique  cette  dénomination  à 
deux  petites  subdivisions  de  son  genre  At- 
tus ,  comprenant  les  espèces  de  ce  genre 
qui  habitent  les  différentes  îles  de  l’Océa¬ 
nie  et  la  Nouvelle-Hollande.  (Bl.) 

AUSTRALICA  (suivant  l’auteur,  ce 
mot  veut  dire  originaire  de  l’Australasie). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétramères , 
famille  des  Chrysomélincs ,  établi  par  M. 
Chevrolat ,  aux  dépens  des  ChrysomèLcs , 
dont  il  se  distingue  par  ses  antennes  un  peu 
plus  courtes ,  épaisses  (  les  6  derniers  arti¬ 
cles  renflés)  5  par  son  corselet,  non  rebordé 
et  non  sillonné  sur  les  côtés  ;  par  l’écusson 
plus  régulièrement  arrondi  en  arrière  ; 
enfin ,  par  le  dernier  article  des  palpes 
maxillaires  en  forme  de  coupe,  aplati, 
tronqué  et  creusé  sur  la  troncature.  M.  De- 
jean,  qui  a  adopté  ce  g.  dans  son  dernier 
Catalogue,  y  rapporte  5  espèces,  dont  3  seu¬ 
lement  sont  des  Australien  pour  M.  Che¬ 
vrolat  :  ce  sont  les  A.  ruficeps9  Mac-Leay  5 
litura,  id.,  et  Curtisii,  Kirby,  que  M.  De- 
jean  nomme  P  niche  lia.  Toutes  trois  sont 
de  la  Nouvelle-Hollande.  (D.  et  C.) 

*  AUSTRALIMA,  Gaudich .  (in  Freycin . 

Voy.  Bol.,  p  505)  bot.  i-h.  —  Genre  in¬ 


complètement  connu,  fondé  sur  l’ Urtica 
pus  ilia  Poir.  M.  Gaudichaud  lui  assigne 
les  caractères  suivants  :  Involucre  presque 
nul.  Fleurs  axillaires  :  les  mâles  au  nombre 
de  1  ou  2  ,  les  femelles  au  nombre  de  1  à  3 
(à  chaque  aisselle).  Tiges  filiformes,  ram¬ 
pantes,  rameuses.  Feuilles  alternes. 

(Si-.) 

AUSTRALITE.  min.  —  Sable  gris⬠
tre,  trouvé  à  Sidney-Cove,  en  Australie,  et 
dans  lequel  on  avait  cru  reconnaître  une 
substance  terreuse  d’une  nature  particu¬ 
lière,  que  de  nouvelles  analyses  ont  prouvé 
11’ être  pas  exacte.  (Del.) 

*AUTALIA(étymologie  incertaine),  ins. 
—  Genre  de  Coléoptères  pentamères ,  fa¬ 
mille  des  Brachélytres,  tribu  des  Aléocha- 
rides,  fondé  par  Leach,  et  adopté  par  MM. 
Mannerheim,  Dejean,  Lacordaire  et  Erich- 
son.  Yoici  comment  ce  dernier,  dont  nous 
suivons  ici  la  méthode ,  comme  la  plus 
récente  et  la  plus  complète  sur  cette  fa¬ 
mille,  caractérise  le  g.  dont  il  s’agit  (Gé¬ 
néra  et  Species  Staphy linorum,  p.  48)  : 
Mâchoires  à  lobe  intérieur  mutique,  bordé 
intérieurement  de  petites  épines.  Languette 
allongée,  garnie  de  deux  franges  dont  l’in¬ 
terne  est  très  courte  et  l’externe  linéaire  ; 
paraglosses  petites ,  étroites ,  acuminées. 
Palpes  labiaux  de  deux  articles.  Tarses  des 
pattes  postérieures  seuls  de  5  articles,  dont 
les  quatre  premiers  égaux  entre  eux  ;  tarses 
des  autres  pattes  composés  seulement  de  4 
articles. 

Les  Autalies  sont  des  Insectes  très  petits, 
qui  ont  le  faciès  de  quelques  Psélaphiens  , 
suivant  M.  Lacordaire,  et  qui  vivent  dans 
les  Bolets  et  autres  végétaux  en  décomposi¬ 
tion.  Selon  M.  Erichson,  ils  se  rapprochent 
des  Falagria  par  leurs  paraglosses  acumi¬ 
nées,  et  s’en  éloignent  par  leur  menton 
profondément  échancré  et  leur  languette  al¬ 
longée  et  quadrifidc.  Cet  auteur  n’en  décrit 
que  deux  espèces  :  VA,  impress  a  (Aleoch- 
idem  Gravenh.),  et  VA.  rivularis  (Al- 
eoch.  id.  Gravenh.),  toutes  deux  d’Europe. 
Mais  M.  Shuckard  (Eléments  of  British 
entoniology  »  etc.,  pag.  14 1),  en  désigne  4 
autres  sous  les  épithètes  de  plicala  Kirby, 
et  de  ruficornis ,  aterrima  et  angusticol- 
lis  Stephens.  Nous  n’en  citerons  qu’une 
comme  type  du  g.,  VA.  impressa  Gravenh., 
figurée  dans  Olivier  sous  le  nom  de  Sla- 


AUT 


359 


AUT 

phyl.  impressus  ( Ent .  III,  42,  23,  28,  t.  5, 
fig.  41).  (D.  et  G.) 

*  AUTARCITE.  bot.  cr.  —  Nom 
proposé  par  Leclerc  pour  remplacer  celui 
de  Prolifère.  Cette  dénomination  n’ayant 
pas  été  adoptée,  nous  renvoyons  pour  ces 
détails  au  mot  vaucherie.  (C.  d’O.) 

*AUTOCARPIENS  (fruits),  bot.ph.— 
M.  Desvaux,  dans  sa  Classification  géné¬ 
rale  des  fruits,  appelait  ainsi  ceux  qui  con¬ 
sistent  uniquement  dans  le  développement 
du  pistil,  sans  addition  d’aucun  autre  organe 
de  la  fleur.  Voy.  fruits.  (A.  R.) 

AUTOMOLITE  et  AUTOM ALITE. 

MIN.  -  VoyCZ  GAHNITE.  (DEL.) 

*  AUTONOMES .  crust.  —  Genre  de 

Décapodes  macroures  de  la  famille  des  Sa- 
licoques  et  de  la  tribu  des  Alphéens,  ayant 
les  pattes  de  la  2e  paire  monodactyles  ;  les 
antennes  supérieures  terminées  par  deux 
filets;  les  pattes-mâchoires  externes  non 
foliacées  :  les  yeux  libres,  etc.  Cette  petite 
division  générique  a  été  établie  par  M. 
Risso,  d’après  une  Salicoque  de  la  Méditer¬ 
ranée.  (M.  E.) 

*  AUTOPSIDE S .  Aulopsides  (  àurcç , 

soi-mème;  oTrrop.at ,  voir),  min.  — Haüy 
a  donné  ce  nom  à  une  classe  de  sub¬ 
stances  métalliques  possédant  par  elles- 
mêmes  de  l’éclat.  (C.  d’O.) 

*  AUTORITAIRES.  Autositarii  (aù- 
toç,  soi-même;  âÎToç,  nourriture),  térat. 
—  Premier  ordre  des  Monstres  doubles.  Ce 
nom  doit  être  donné  aussi  au  premier  ordre 
des  Monstres  triples  et  généralement  de 
chacune  des  sous-classes  qui  pourront  être 
établies  parmi  les  Monstres  composés. 

L’ordre  des  Monstres  doubles  autositai- 
res,  moins  anomal  et  plus  étendu  que  l’or¬ 
dre  des  parasitaires  qui  le  suit ,  comprend 
un  très  grand  nombre  de  monstres ,  com¬ 
posés  de  deux  individus  semblablement 
égaux  en  développement.  Cette  égalité  d’or¬ 
ganisation,  qui  est  le  caractère  essentiel  de 
l’ordre,  indique  suffisamment  que  les  deux 
individus  composants  jouissent  d’une  égale 
activité  physiologique.  C’est,  en  effet,  ce  qui 
a  constamment  lieu,  soit  que  les  deux  sujets 
composants,  réunis  seulement  dans  une 
région  ,  vivent  chacun  d’une  vie  presque 
distincte  ,  soit  que  ,  plus  intimement  con¬ 
fondus  ,  ils  concourent  également  à  la  nu¬ 
trition  et  à  l’accomplissement  des  autres 


fonctions  nécessaires  à  la  vie  commune.  On 
peut  résumer  en  quelques  mots  les  carac¬ 
tères  et  l’organisation  de  cet  ordre  ,  en  di¬ 
sant  que  tout  monstre  double  Autositaire 
peut  être  considéré  comme  le  résultat  de 
l’union  de  deux  Autosites.  Au  contraire , 
tout  monstre  double  parasitaire  est  le  ré¬ 
sultat  de  la  greffe  d’un  Parasite  ou  d’un 
Omphalosite  sur  un  Autosite. 

Les  monstres  doubles  Autositaires,  quoi¬ 
que  fort  nombreux,  se  rapportent  tous  à 
trois  tribus  naturelles ,  dont  chacune  se 
subdivise  en  deux  familles  : 

Tribu  I.  Sujets  composants,  doubles  in¬ 
férieurement  et  supérieurement,  réunis  seu¬ 
lement  dans  une  région.  Huit  genres,  dont 
trois,  Pygopage ,  Mèiopage ,  Céphalo- 
page,  forment  la  famille  des  eusomi>ha- 
diens,  et  cinq,  Ischiopage ,  Xiphopage , 
Slerropage ,  Ectopage  ,  Hémipage ,  celle 

des  MONOMFHAEIENS. 

Tribun.  Individus  composants,  bien  dis¬ 
tincts,  séparés  même  â  leur  extrémité  pel¬ 
vienne,  se  confondant  au  contraire  inti¬ 
mement  à  leur  extrémité  céphalique.  Les 
deux  familles  de  cette  tribu  se  composent 
chacune  de  trois  genres ,  savoir  :  celle  des 
sycéfhaliens,  des  g.  Janiccps,  Iniopes  et 
Synoies,  celle  des  monocéphadiens,  des  Dè- 
radelphes ,  Thoradelphes  et  Synadcl- 
phes. 

Tribu  III.  Modifications  inverses  de  celles 
qui  caractérisent  les  précédents  :  l’extrémité 
céphalique  est  double,  tandis  que  les  deux 
sujets  composants  sont  réunis ,  et  souvent 
même  entièrement  confondus  inférieure¬ 
ment.  Aux  Sycéphaliens  correspondent,  dans 
cette  famille,  les  sysomiens,  comprenant  les 
genres  Psodyme  ,  Xiphodyme  et  Déro- 
dyme ;  aux  Monocéphaliens,  lies  monoso- 
miens,  comprenant  les  genres  Allodynie , 
Iniodyrne  et  Opodyme. 

Il  existe  quelques  monstres  triples  Au¬ 
tositaires  ;  mais  ils  sont  si  peu  connus  et 
en  si  petit  nombre ,  qu’il  nous  suffit  ici 
de  mentionner  leur  existence ,  sans  présen¬ 
ter  le  résumé  de  leur  classification.  Voy . 

MONSTRES  COMPOSÉS.  (i.  G.-S.-H.) 

*  AUTORITES.  Aulositi  (afe,  lui- 
même  ,  soi  -  même  ;  cT-oç,  nourriture  ). 
térat.  —  Premier  ordre  de  la  classe  des 
Monstres  unitaires.  Il  comprend ,  comme 
l’indique  son  rang,  les  moins  anomaux  des 


360 


AUT 


AUT 


Monstres  unitaires.  Chez  tous  les  Autosi¬ 
tes  ,  en  effet ,  se  trouvent  réunis  les  carac¬ 
tères  généraux,  suivants  :  A  l’extérieur,  les 
organes,  quelques  modifications  qu’ils  aient 
subies,  sont,  au  moins  pour  la  plupart, 
disposés  symétriquement  des  deux  côtés  du 
plan  médian  ou  de  l’épine  {voy.  axe).  De 
plus ,  outre  sa  division  en  moitiés  droite  et 
gauche,  l’ensemble  de  l’être  se  partage  en 
plusieurs  régions  distinctes  ;  à  l’intérieur, 
un  grand  nombre  d’organes  sont  conservés, 
et  la  plupart  même  avec  des  conditions  peu 
différentes  de  l’état  normal.  Enfin,  et  ce  ca¬ 
ractère,  qu’exprime  le  nom  de  l’ordre,  est  la 
conséquence  des  précédents,  la  vie  est  possi¬ 
ble  après  la  naissance  pendant  un  temps  dont 
la  durée  est  d’ailleurs  extrêmement  varia¬ 
ble  ,  et  toujours  en  rapport  avec  le  rang  de 
chaque  type  dans  l’échelle  tératologique  ; 
ainsi ,  les  premiers  Autosites  sont  complè¬ 
tement  viables,  et  peuvent  même  se  repro¬ 
duire,  tandis  que,  chez  ceux  qui  viennent 
ensuite,  la  vie  ne  se  prolonge  jamais  au-delà 
de  quelques  semaines,  de  quelques  jours, 
et  même  pour  les  derniers  genres,  de  quel¬ 
ques  heures. 

Cet  ordre  est  le  plus  étendu  de  la  classe 
des  Monstres  unitaires.  Il  comprend,  dans 
l’état  présent  de  la  science ,  huit  familles , 
qui  doivent  être  partagées  en  quatre  tribus. 

Tribu  I.  Anomalies  portant  surtout  sur 
les  membres.  Deux  familles  :  les  ectromé- 
riens  ,  comprenant  les  genres  llèmimcle , 
Ectromèle  et  Phocomèle ,  et  les  symériens, 
comprenant  les  genres  Symèle ,  Urvmèle 
et  Sirénomèle. 

Tribu  II.  Anomalies  portant  surtout  sur 
le  tronc,  qui  est  affecté  de  déviations  graves 
et  complexes.  Une  seule  famille  :  les  céro- 
somiens  ,  comprenant  les  six  genres  sui¬ 
vants  :  Aspalasome ,  Agérosome ,  Cyllo- 
some ,  Schistosome ,  Pleurosome  et  Céla- 
some. 

Tribu  III.  Anomalies  portant  principa¬ 
lement  sur  l’axe  cérébro-spinal.  Trois  fa¬ 
milles  :  les  EXENCÉPHALIENS  ,  leS  TSEUDEN- 
céphariens  et  les  anencépharieks.  A  la  pre¬ 
mière  appartiennent  les  six  genres:  Nolen- 
céphale ,  Proencèphale ,  Podencéphule , 
Hypér  encéphale ,  Iniencéphale  et  Exen¬ 
céphale  i  à  la  seconde ,  les  trois  genres 
N  o  s  encéphale,  Thlipsencéphale  et  Pseu- 
dencéphale ;  enfin  à  la  troisième,  les  deux 


genres  Dérencéphale  et  Anencéphale , 
qui  ont  été  précédemment  décrits. 

Tribu  IV.  Anomalies  portant  sur  la  tête 
entière,  et  spécialement  caractérisées  par 
l’atrophie  de  quelques-unes  des  parties  cen¬ 
trales  de  la  face ,  et  le  rapprochement  ou 
même  la  fusion  médiane  des  parties  laté¬ 
rales.  Deux  familles  :  les  cycrocéphariens  , 
comprenant  les  cinq  genres  Ethmocéphalc , 
Cébocéphale  ,  Rhinocéphale  ,  Cyclocé- 
phale  et  Stomocéphalc ,  et  les  otocépha- 
riens  ,  auxquels  se  rapportent  également 
cinq  genres  ,  savoir  :  Sphénocéphale  , 
Otocéphale ,  Èdocèp-halc ,  Opocèphale  et 
Triocèphale.  (I.  G. -S. -H.) 

AUTOUR.  Astur ,  Briss.;  Dœdalion  , 
Sav.  {Asterias ,  étoilé  ;  à  cause  du  plumage 
de  cet  oiseau),  ois.  —  Genre  de  l’ordre  des 
Rapaces ,  de  la  famille  des  Falconidées  et 
de  notre  sous-famille  des  Accipitrinées.  Ce 
genre,  en  apparence  fort  naturel  comme  le 
genre  Faucon  ,  est  néanmoins  beaucoup 
moins  circonscrit  dans  ses  limites  généri¬ 
ques,  et  les  nombreuses  espèces  étrangères 
qu’il  renferme  dans  toutes  les  parties  du 
monde  se  départissent  plus  ou  moins  des 
caractères  qu’on  lui  assigne  ordinairement, 
basés  en  général  sur  nos  deux  espèces  eu¬ 
ropéennes  ,  V Autour  et  VÉpérvier.  En 
ayant  égard  aux  diverses  modifications 
qu’elles  présentent  sur  les  divers  points 
du  globe ,  leurs  caractères  génériques  peu¬ 
vent  être  exprimés  ainsi  :  «  Bec  court , 
comprimé,  courbé  dès  sa  base  et  forte¬ 
ment  crochu  ;  mandibule  supérieure  non 
dentée ,  mais  dilatée ,  vers  le  milieu  de  son 
bord ,  en  un  feston  plus  ou  moins  pro¬ 
noncé  ,  ou  simplement  sinueuse  ;  l’infé¬ 
rieure  tronquée  et  retroussée  à  son  extrémi¬ 
té  ;  narines  ovalaires  ;  tarses  et  doigts  tan¬ 
tôt  longs  et  grêles,  garnis  en  dessous  de  pe- 
lottes  saillantes  ou  de  longueur  médiocre, 
mais  robustes,  avec  des  doigts  allongés  et 
vigoureux  ,  ou  longs  et  forts  avec  les  doigts 
courts  ;  ces  tarses  écussonnés  ou  réticulés  ; 
ongles  des  doigts  antérieurs  très  inégaux  ; 
l’interne  souvent  de  moitié  plus  grand  que 
l’externe  et  presque  aussi  fort  que  celui  du 
pouce  ;  tête  généralement  petite,  déprimée; 
ailes  longues,  quant  à  leur  ostéologie,  mais 
de  forme  obtuse,  sub-obtuse  ou  sur-obtuse, 
à  rémiges  primaires  médiocres  ou  courtes , 
atteignant  dans  le  repos  la  moitié  ou  seule- 


AUT 


AUT 


361 


ment  le  tiers  de  la  queue  ;  celle-ci  longue, 
ou  médiocre  ou  courte ,  étagée ,  arrondie 
ou  carrée.»  On  peut  ajouter  encore  que,  chez 
ces  Oiseaux,  la  courbure  de  l’épine  dorsale  et 
le  rétrécissement  du  ventre  les  fait  paraître 
comme  bossus ,  et  que  la  plupart  se  dis¬ 
tinguent  (mâles  et  femelles  adultes)  par  des 
raies  transversales  dans  le  plumage  du  des¬ 
sous  de  leur  corps. 

Tous  les  Rapaces,  qui  composent  ce  gen¬ 
re  nombreux,  sont  chasseurs  et  en  général 
courageux  comme  les  Faucons  ;  mais  ils  en 
diffèrent  totalement  dans  leur  manière  d’at¬ 
taquer  et  de  poursuivre  leur  proie  ;  car  les 
Faucons  n’exercent  leur  courage  qu’au  mi¬ 
lieu  des  airs  ,  se  laissant  tomber  oblique¬ 
ment  avec  la  rapidité  d’un  trait  sur  la  proie 
qui  s’enfuit,  se  relevant  incontinent  s’ils 
l’ont  manquée,  pour  fondre  de  nouveau  sur 
elle,  et  cherchant  toujours  l’avantage  de  la 
hauteur.  — Les  Autours  et  Éperviers,  au 
contraire,  ne  chassent  qu’en  rasant  la  sur¬ 
face  du  sol ,  presque  sans  mouvement  ap¬ 
parent  de  leurs  ailes  ;  ou  bien,  immobiles 
sur  un  arbre  ,  ils  attendent  qu’une  proie 
vienne  à  passer  pour  fondre  dessus,  et  si 
elle  leur  oppose  une  fuite  rapide,  ils  la 
poursuivent  à  tire  d’aile  jusqu’au  milieu  des 
bois  et  des  lieux  couverts  où  elle  cherche 
en  vain  un  abri  ;  mais  si,  parmi  les  nom¬ 
breuses  espèces  étrangères,  on  remarque 
diverses  modifications  dans  les  formes  ,  on 
en  retrouve  aussi  de  nombreuses  dans  le 
mode  de  chasse  et  dans  le  degré  de  courage 
dont  elles  sont  douées. 

Jusqu’ici  l’on  n’a  guère  établi  dans  le  gen¬ 
re  que  deux  subdivisions  basées  principale¬ 
ment  sur  les  différences  qu’offrent  entre 
elles  nos  deux  espèces  indigènes  :  X Autour 
et  XÊpervier.  En  cela,  nous  suivrons  la 
plupart  des  ornithologistes ,  en  y  com¬ 
prenant  toutefois  les  espèces  étrangè¬ 
res  ;  mais  nous  ne  pensons  pas  que  ces 
subdivisions  doivent  être  élevées  au  rang 
de  genres,  comme  elles  l’ont  été  derniè¬ 
rement;  car  nous  trouvons  parmi  les  Au¬ 
tours  étrangers  de  petits  groupes  s’éloi¬ 
gnant  au  moins  autant  de  l’espèce  ty¬ 
pe,  notre  Astur  palumharius  que  notre 
Èpervier,  et  qui,  par  conséquent,  devraient 
comme  lui  former  aussi  les  types  d’autant 
de  genres.  Nous  croyons  que,  dans  le  grand 
genre  Astur ,  il  suffit  de  former  deux  sous- 


genres  :  Astur  et  Ancipitcr,  nous  réser¬ 
vant  de  faire  connaître  les  divers  groupes 
que  nous  avons  remarqués  dan^  le  sous- 
genre  Astur. 

Les  caractères  sous-génériques  et  diffé¬ 
rentiels  (X  Astur  et  Accipiter  sont  donc  que, 
chez  le  premier,  les  tarses  sont  toujours 
robustes,  de  longueur  médiocre  ou  allon¬ 
gés  ,  écussonnés  ou  réticulés  ,  avec  des 
doigts  proportionnés  ou  courts,  quelquefois 
réticulés  avec  le  tarse  écussonné  ;  le  bec  de 
grosseur  moyenne  ou  élevé  avec  sa  cour¬ 
bure  un  peu  prolongée  en  avant,  et  un  sim¬ 
ple  sinus  quelquefois  à  peine  sensible  au 
bord  de  la  mandibule  supérieure  ;  les  ailes 
variant  de  la  forme  obtuse  à  celles  sub¬ 
obtuse  et  sur-obtuse,  et  la  queue  de  la  forme 
courte  et  carrée  à  celles  moyenne  et  arron¬ 
die,  ou  longue  et  étagée.  Quant  à  l’ana¬ 
tomie,  il  y  a  présence  de  cæcum,  selon  Sa- 
vigny,  qui  nomme  ces  espèces  Dœdalio - 
nés  Astures,  ne  prenant  toutefois  pour 
type  que  le  Dœdalion  palumbarius  ou 
l’Autour  proprement  dit. 

Chez  le  second  sous-genre  ou  Accipiter , 
les  tarses  sont  toujours  longs,  grêles  et 
écussonnés  ,  ainsi  que  les  doigts.  Le  doigt 
médian  surtout  est  dans  les  espèces  types 
d’une  longueur  remarquable,  d’où  il  résulte 
que  sa  première  phalange  est  plus  longue 
que  le  doigt  postérieur,  sans  son  ongle,  et 
égale  à  l’interne  sans  son  ongle  également. 
Les  verrues  plantaires  sont  grêles  et  pédi- 
cellées.  Le  bec  est  petit,  très  court,  à  cour¬ 
bure  subite  ,  avec  un  feston  très  prononcé, 
formant  presque  une  dent  obtuse  chez  cer¬ 
taines  espèces.  Les  ailes  varient  de  la  forme 
obtuse  à  celle  sub-obtuse  et  la  queue  de  la 
forme  longue  et  arrondie  à  celle  fort  longue 
et  étagée.  Il  y  a  absence  de  cæcum,  d’après 
Savigny,qui  les  appelle  Dœdalio  ne  s  sim - 
plices ,  prenant  pour  type  l’Épervier  com¬ 
mun,  Falco  ni  sus  L.,  Dœdalion  fringih 
larùis  Sav. 

Les  espèces  de  ce  sous-genre,  en  général 
de  petite  taille ,  sont  remarquables  par  la 
grande  célérité  de  leurs  mouvements  et  sur¬ 
tout  par  l’extrême  dextérité  de  leurs  pattes. 
Cette  grande  longueur  du  doigt  médian  leur 
rendant  l’action  de  saisir  et  d’empoigner 
beaucoup  plus  facile,  et,  sûres  de  ce  double 
avantage,  elles  poursuivent  leur  victime  jus¬ 
que  sous  le  couvert  et  l’atteignent  souvent 
23* 


T.  II. 


AUT 


AUT 


362 

au  milieu  des  branchages  ;  emportées  par 
leur  ardeur ,  on  les  a  vues  souvent  se  faire 
prendre  dans  des  bâtiments  à  la  poursuite 
du  Moineau  qui  venait  y  chercher  un  refuge. 
Le  mâle  de  notre  espèce,  quoique  incompa¬ 
rablement  plus  petit  que  la  femelle,  est  en¬ 
core  plus  entreprenant  et  plus  courageux 
qu’elle.  J’en  ai  eu  plusieurs  individus  vivants 
des  deux  sexes.  Lorsque  je  leur  jetais,  même 
d’assez  loin,  un  morceau  de  viande,  ils  s’en 
saisissaient  toujours  en  l’air,  et  le  mâle 
avec  plus  de  prestesse  que  la  femelle  ;  mais 
si  par  hasard  elle  l’avait  saisi  la  première, 
il  s’y  cramponnait  aussi  d’une  patte  et  de 
l’autre  la  harcelait  jusqu’à  ce  qu’il  lui  eût 
fait  lâcher  prise. 

On  rencontre  des  espèces  de  ce  sous- 
genre  Épervier  dans  toutes  les  parties  du 
monde. Un  certain  nombre  sont  entièrement 
conformées  ,  quant  à  la  longueur  du  doigt 
médian  comme  notre  espèce  type;  les  autres 
s’en  éloignent  un  peu  par  ce  doigt  plus 
court  et  les  pattes  moins  grêles. 

Nous  citerons,  parmi  les  premières  et 
comme  espèce  européenne,  notre  épervier 
commun,  Accipiicr  nisus ;  comme  africai¬ 
nes,  1’ autour  menu,  Falco  exilis  (Tem.,^?Z. 
col.  496),  et  I’épervier  minule,  Accipiter 
minulus  Vaill. ,  pl.  34;  comme  Austra¬ 
lienne  ,  1’ autour  a  couuier  roux,  Fa  Ico  for~ 
quatus  Guv.  (Tem.,/;£.  col.  43  et 93);  espèce 
remarquable  par  le  feston  de  son  bec ,  pro¬ 
noncé  en  forme  de  véritable  dent  obtuse,  et 
aussi  en  ce  qu’elle  a  pour  compatriote  une 
autre  espèce  entièrement  semblable  de 
forme  et  de  coloration,  ne  différant  que  par 
une  taille  de  moitié  plus  forte  et  par  des  pattes 
d’ Autour ,  c’est  YAstur  approximans 
de  Yigors ,  véritable  Autour.  Nous  citerons 
encore  1’ autour  a  bec  sinueux  ,  Falco  pcn - 
sylvanicus  Wilson  (Tem.,  pl.  col.  67)  de 
l’Amérique  septentrionale;  I’autour  chape¬ 
ronné,  Falco  pileatus  { Tem.,  pl.  col.  205) 
du  Brésil  et  I’épervier  maufini  ,  Sparvius 
striatus,  Vieillot  am.  pl.  14. 

Parmi  les  espèces  qui  s’éloignent  un  peu 
des  espèces  types,  nous  citerons  1’ au¬ 
tour  dussumier,  Falco  Dussumieri  (Tem. 
pl.col.  308)  del’lnde;l’^ccijptïer  bractylus 
Swains.  {West.  Afr.  7,  p.  118)  ,  du  Séné¬ 
gal,  et  I’épervier  gabar  (Tem.,  col.  122), 
du  même  pays  et  du  cap  de  Bonne-Espé- 
Tance,  à  tarses  et  doigts  moins  grêles  et  à 


quatrième  penne  de  l’aile  à  peine  plus  lon¬ 
gue  que  la  troisième,  d’où  il  résulte  qu’elles 
sont  toutes  deux  les  plus  longues.  Nous  re¬ 
marquons  chez  1’ autour  coucoïde  ,  Falco 
cuculoides{Tem.,pl.  coZ.129-110),une  forme 
d’ailes  et  de  pattes  si  différente  de  celles  des 
Éperviers,  que  cette  espèce  nous  semblerait 
devoir  y  former  un  sous-genre;  chez  elle 
effectivement  l’aile  est  sensiblement  plus 
longue  que  chez  toutes  les  autres  espèces , 
s’étendant  jusqu’aux  deux  tiers  de  la  queue, 
et  sa  troisième  penne  évidemment  plus 
longue  que  la  seconde  et  la  quatrième  ;  d’où 
il  résulte  une  aile  à  forme  sub-obtuse  ;  les 
tarses  et  les  doigts  assez  gros,  et  le  médian 
non  prolongé,  diffèrent  également  de  ces 
parties  chez  les  Éperviers ,  et  parmi  eux , 
c’est  une  espèce  des  plus  anomales  qu’on 
pourrait  peut-être,  malgré  sa  petitesse,  faire 
figurer  plus  convenablement  en  tête  du 
sous-genre  Autoiir. 

Dans  le  second  sous-genre  Autour  ( As - 
tiir) ,  nous  avons  cru  devoir  former  divers 
groupes  que  nous  allons  décrire  successive¬ 
ment  ,  d’après  la  forme  de  leurs  ailes  plus 
ou  moins  bien  organisées  pour  le  vol;  ainsi, 
nous  remarquons  :  1°  chez  quelques  espèces 
africaines,  une  aile  plus  allongée;  des  pennes 
primaires  étagées  seulement  jusqu’à  la  troi¬ 
sième  ,  qui  est  exactement  égale  à  la  qua¬ 
trième  ,  toutes  deux  se  trouvant  alors  les 
plus  longues  de  l’aile,  tandis  que,  chez  toutes 
les  autres  espèces ,  l’aile  positivement  ob¬ 
tuse  est  étagée  jusqu’à  la  quatrième;  celle-ci 
formant  avec  la  cinquième  les  deux  plus 
longues  ;  les  bords  du  bec  sont  sans  feston 
et  presque  droits  ;  les  tarses  et  les  doigts 
robustes  ;  ceux-ci  assez  courts  ;  la  queue 
moyenne,  étagée  ou  carrée. 

L’autour  chanteur  ,  Falco  musicus , 
Faucon  chanteur  (Vaillant,  pl.  27),  est  le 
type  de  ce  petit  groupe  qu’on  pourrait 
nommer  autours  falcoïdes  ,  Astures  fal~ 
coides,  d’après  la  forme  de  leurs  ailes,  qui 
se  rapprochent  un  peu  de  celles  des  Faucons 
et  aussi  parce  que  Le  Vaillant,  décrivant 
l’espèce  type  dans  ses  Oiseaux  d’Afrique, 
en  fait  un  Faucon  sous  le  nom  de  Faucon 
chanteur,  z t dit  que,  malgré  sa  ressem¬ 
blance  avec  un  grand  Épervier,  ses  ailes 
plus  longues ,  sa  queue  plus  courte  et  son 
corps  plus  épais  l’ont  décidé  à  le  ranger 
parmi  les  Faucons.  U  le  décrit  aussi  comme 


AUT 


AUT 

grand  destructeur  de  Lièvres ,  Perdrix , 
Cailles,  par  conséquent  comme  intrépide 
chasseur. 

Nous  trouvons  chez  Vautour  monogramme 
du  Sénégal  (Tem.,  pl.  col.  314)  une  forme 
d’aile  entièrement  semblable,  les  mêmes 
nuances  de  plumage  et  aussi  la  même  colo¬ 
ration  rouge  orangée  des  tarses  et  de  la  cire 
du  bec ,  particulière  aux  mâles  de  ces  espè¬ 
ces,  principalement  au  temps  des  amours  ; 
mais  chez  l’Autour  monogramme,  les  tarses 
robustes  sont ,  comme  chez  l’Autour  chan¬ 
teur,  très  courts,  tandis  qu’ils  sont  allongés 
chez  ce  dernier;  leurs  doigts  également  ro¬ 
bustes  sont  très  courts  et  réticulés  chez  le 
premier,  de  longueur  médiocre  et  écusson- 
nés  chez  le  second.  Chez  celui-ci  la  queue 
est  terminée  carrément;  elle  est  étagée 
chez  l’autre.  L’Épervier  Gabar  d’Afrique  de 
Le  Vaillant,  par  l’ensemble  de  ses  for¬ 
mes  ,  des  nuances  de  son  plumage  et  par 
le  rouge  de  ses  tarses  et  de  sa  cire,  semble 
représenter  en  petit  l’Autour  chanteur  et 
devoir  lui  être  réuni,  tout  en  s’en  éloignant 
néanmoins  par  des  tarses  et  des  doigts  grê¬ 
les  d’Épervier,  et  par  une  légère  différence 
dans  la  coupe  de  l’aile  ;  mais  il  peut  être 
considéré  comme  espèce  de  transition  entre 
ce  petit  groupe  et  les  Éperviers. 

Dans  le  second  groupe  du  sous-genre  Au¬ 
tour,  nous  plaçons  Vautour  proprement  dit; 
Vautour  royal,  (Tem.,  pl.  col.  495),  Falco 
atricapillus  Wilson ,  pl.  52-3;  Vautour 
blanc  de  la  Nouvelle  -  Hollande ,  et  un 
certain  nombre  d’ Autours  américains  de 
taille  moyenne  et  de  forme  ramassée  ; 
à  queue  courte  et  carrée;  à  pattes  vigoureu¬ 
ses,  mais  non  allongées,  et  qui  toutes  ont, 
comme  notre  Autour  type,  les  rémiges 
étagées  jusqu’à  la  quatrième,  et  cette  qua¬ 
trième  et  la  cinquième  les  plus  longues  de 
l’aile  ;  ce  sont  :  Vautour  mille  raies  (Tem., 
pl.  col.  87  et  294);  Vautour  a  dos  noir,  Spar¬ 
vius  melanops'Ldit.  Vieillot  (D ict.,  10-339), 
le  même  que  Vautour  mélanope,  Falco  me- 
Ztf7io/MLat.(Tem.,^.  eoZ.105),  mais  anté¬ 
rieurement  nommé  en  français  par  Vieillot; 
Vautour  cul  blanc  deQuoy  et  Gaim.  ( Zool . 
de  VU ranie,  pl.  13)  ;  Vépervier  a  gros  bec, 
Falco  magnirostris  des  auteurs,  etc. 

Parmi  les  espèces  s’éloignant  un  peu  de 
ce  type  normal ,  nous  citerons  Vautour 
«aunatrk  ,  Sparvius  radiatus  Vieillit, 


363 

(  Dicl.y  10-340  ),  Falco  radiatus  Lath.,  le 
même  que  Vautour  radieux,  Falco  radia¬ 
tus  (Tem.,  pl.  col.  123),  de  la  Nouvelle-Hol¬ 
lande,  changé  en  Astur  approximans ,  par 
MM.  Vigors,  Horsfield  et  Gould,  à  cause  de 
son  entière  similitude  de  plumage  avec  VÉper- 
Vier  à  collier  roux  du  même  pays  cité  plus 
haut.  Cet  Autour  a  les  formes  plus  sveltes, 
les  pattes,  la  queue  et  les  ailes  plus  longues 
que  chez  les  espèces  précédentes  avec  les 
troisième  et  quatrième  rémiges  les  plus  lon¬ 
gues  de  toutes;  V Autour  iachiro  d’Afrique 
Le  Vaill.  pl.  24  (Tem  ,  pl.  col.  377),  qui,  aux 
formes  sveltes  de  ce  dernier  joint  des  ailes  à 
rémiges  courtes  qui  le  rapprochent  de  la 
forme  des  Éperviers  et  du  groupe  qui  va 
suivre. Toutes  ces  espèces  n’ont  qu’un  feston 
peu  prononcé.  On  pourrait  nommer  ce  se¬ 
cond  groupe  autours  normaux,  Asturcs 
normales . 

Un  troisième  groupe ,  que  je  nommerai 
autours  brachyptères  ,  renferme  un  cer¬ 
tain  nombre  d’espèces  de  l’Amérique  du 
sud,  à  rémiges  fort  courtes  et  à  longues 
pattes;  leurs  ailes  sont  plus  obtuses;  les 
rémiges  primaires  plus  courtes  et  les  secon¬ 
daires  plus  longues  et  plus  larges  que  chez 
les  autres  ;  d’où  il  résulte  que,  l’aile  étant 
ployée,  les  primaires  ne  dépassent  les  secon¬ 
daires  que  d’un  court  espace.  Le  bec  est 
plus  élevé  et  sa  courbure  est  moins  brus¬ 
que  avec  ses  bords  peu  sinueux.  Les  tarses 
sont  allongés,  réticulés  chez  la  plupart, 
avec  les  doigts  assez  courts.  La  queue  est 
longue  et  étagée.  Le  plumage  est  souvent 
noirâtre  ou  brun  en  dessus  avec  la  queue 
noire ,  terminée  de  blanc  et  traversée  de 
quelques  bandes  de  la  même  couleur,  mais 
étroites  et  en  forme  de  taches.  Ces  espèces 
sont  vives  et  courageuses ,  quoiqu’en  appa¬ 
rence  peu  favorisées  pour  le  vol  ;  mais 
peut-être  la  grandeur  de  leurs  pennes  se¬ 
condaires  supplée-t-elle  en  cela  à  la  briè¬ 
veté  des  primaires. 

Ces  espèces  sont  :  Vépervier  noir  et 
blanc  d’Azara,  Sparvius  melanoleucus 
Vieillot  ( Dict .,  10-327,  le  même  que  Vau¬ 
tour  BRACHYPTÈRE(Tem.,  pl.  col.  14  et  116)  ; 
Vépervier  a  quatre  lignes  ,  Falco  con- 
c entrions  Illig. ,  Cuv.,  ou  épervier  a  gorge 
cendrée.  Vieillot  [Dict.,  10-323;  Vépervier 
a  cou  roux,  Sparvius  ruficollis  Vieillot 
(. Diet 10-322),  le  même  que  Vautour  a  roi- 


36/4 


AUX 


trïne  rousse  (ïeiti.,  pl.  col.  92)  ;  1’ autour  a 

NUQUE  BLANCflE  (Teïïl.,  pl.  COI.  306). 

Quelques  autres  espèces  enfin ,  égale¬ 
ment  de  l’Amérique  du  sud,  sont  remar¬ 
quables  comme  ces  dernières  par  des  tarses 
fort  élevés ,  mais  gros,  à  doigts  peu  vigou¬ 
reux  et  dont  l’externe  est  si  court  et  si  menu 
qu’il  paraît  disproportionné.  Leurs  ailes 
sont  sur-obtuses,  c’est-à-dire  qu’elles  sont 
étagées  jusqu’à  la  cinquième  penne  qui  est 
par  conséquent  la  plus  longue  ;  toutes  leurs 
rémiges  primaires  et  secondaires  sont  de 
longueur  moyenne,  mais  ont  peu  de  fer¬ 
meté.  La  queue  est  très  ample,  longue  et  ar¬ 
rondie  ,  et  ses  larges  pennes  ont  peu  de 
raideur.  Le  bec  petit  et  faible  n’a  qu’un 
sinus  peu  sensible.  Ces  espèces,  qui  tien¬ 
nent  un  peu  des  Busards  par  l’élévation  de 
leurs  tarses,  la  faiblesse  de  leur  bec  et  de 
leurs  serres  et  l’ampleur  de  leur  queue  tra¬ 
versée,  comme  chez  eux,  de  larges  zones  ru¬ 
banées,  en  diffèrent  cependant  par  beaucoup 
moins  de  longueur  d’ailes  et  par  leurs  tar¬ 
ses  beaucoup  plus  hauts  et  plus  gros  ;  elles 
en  tiennent  encore  par  leurs  habitudes  peu 
courageuses,  car  Azara,  et  après  lui  M.  Aie. 
d’Orbigny,ont  observé  qu’elles  s’éloignaient 
beaucoup,  par  leurs  mœurs,  des  Éperviers 
proprement  dits,  qu’elles  étaient  beaucoup 
moins  vives,  et  que  leur  genre  de  vie  et 
les  localités  qu’elles  affectionnaient  les 
rapprochaient  davantage  des  Buses  et  des 
Busards  ,  se  tenant  habituellement  aux 
bords  des  marais  et  des  lieux  inondés  ou 
probablement  elles  vivent  de  Reptiles  aqua¬ 
tiques,  peut-être  même  de  Poissons.  Azara 
avait  placé  l’une  des  espèces  dans  ses  Buses 
mixtes  et  non  dans  ses  Éperviers. 

Nous  désignerons  ce  dernier  petit  groupe 
par  le  nom  d’ autours-busards  ,  Astures 
circoides.  La  seule  espèce  qui  en  fasse  par¬ 
tie  jusqu’à  ce  moment ,  et  dont  M.  Tem- 
minck  avait  fait  deux  espèces,  dans  ses  Pl. 
col.,  sous  les  noms  d’ Autour  à  doigt  court, 
le  mâle,  et  d’ Autour  grêle,  la  femelle,  est 
pour  nous  1’ autour -busard  coureur  de 
plomb,  Astur  cœrulescens  Vieillot.  Azara 
l’ayant  nommé  le  premier  buse  mixte  cou¬ 
leur  de  plomb,  n°  22,  et  Vieillot  lui  ayant 
donné  le  premier  nom  latin  de  cœrules- 
cens  ( Dict .,  10-318),  auquel  il  a  joint  à  tort 
le  nom  français  d’Épervier  ardoisé. 

Au  milieu  de  ces  nombreuses  modifica- 


AUX 

lions  dans  la  forme  de  l’aile,  et  surtout  de 
ses  pennes  primaires ,  graduellement  éta¬ 
gées  jusqu’à  la  troisième ,  la  quatrième  ou 
la  cinquième,  selon  les  espèces,  on  peut  re¬ 
marquer  qu’elle  ne  s’éloigne  cependant  pas 
de  celle  que  M.  ï.  Geoffroy  a  caractérisée 
et  nommée  aile  obtuse ,  se  subdivisant  en 
aile  sub-obtüse  et  aile  sur-obtuse ,  ce  qui 
confirme  l’observation  de  ce  savant ,  que , 
dans  le  même  genre,  la  forme  de  l’aile 
peut  offrir  deux  modifications  différentes, 
outre  celle  qui  est  caractéristique  ;  mais 
ce  ne  peut  être  que  celle  qui  la  précède 
et  celle  qui  la  suit  immédiatement ,  d’a¬ 
près  l’ordre  où  il  les  a  rangées  sur  son 
tableau  (voy.  le  mot  aile)  ;  ainsi  la  forme 
caractéristique  du  grand  genre  autour  étant 
l’aile  obtuse ,  nous  trouvons  néanmoins , 
chez  quelques  espèces,  Une  aile  sub-ob- 
tuse  ;  chez  d’autres ,  une  aile  sur-obtuse , 
avec  les  sous-modifications  de  chacune  de 
ces  deux-ci  ;  ce  qui  établit  en  tout ,  dans 
l’aile  obtuse,  cinq  modifications  graduées, 
que  nous  avons  retrouvées,  en  effet,  chez  les 
différentes  espèces  que  nous  venons  de  pas¬ 
ser  en  revue.  Cette  observation  a  été  l’un  des 
motifs  qui  nous  ont  engagé  à  les  renfermer 
dans  un  seul  grand  genre  ,  se  subdivisant 
en  deux  sous-genres ,  et  qui  nous  ont  em¬ 
pêché  d’adopter  les  deux  genres  nouveaux 
proposés  par  M.  G.  R.  Gray,  dans  sa  List 
ofthe  gênera,  etc.,  qui  sont  :  Melicrax , 
pour  le  Falco  musicus ,  et  Micronisus , 
pour  l’Épervier  Gabar ,  ainsi  que  celui  de 
Brachypterus  de  M.  Lesson  ,  dans  son 
Tableau  des  Accipitres  [Rev.  zool.,  1839, 
Po  132).  Ces  trois  nouveaux  genres  n’étant 
d’ailleurs  qu’indiqués  nominativement  par 
leurs  auteurs  et  sans  caractéristique. 

L’autour  a  queue  cerclée,  Falco  uni- 
cinctus  (Tem.,  pl.  col.  313),  qui  n’est 
autre  que  la  buse  mixte  noirâtre  et  rouge 
d’ Azara,  n°  19,  nous  parait,  d’après  le  grand 
développement  de  ses  ailes  et  de  sa  queue, 
la  courbure  prolongée  et  la  forme  de  son 
bec ,  et  surtout  d’après  son  système  de  co¬ 
loration,  analogue  à  celui  de  V  Urubithiga 
et  des  Buses  reptilivores  américaines,  ses 
compatriotes  ;  comme  aussi ,  d’après  son 
peu  de  vivacité  et  de  courage ,  et  son  habi¬ 
tation  près  des  eaux  et  des  marais,  au  rapport 
de  M.  Alp.  d’Orbigny,  devoir  figurer  plus 
naturellement  près  de  ces  Oiseaux  que  dans 


365 


AUT 

le  genre  Autour.  Voyez  Accxpitrinées. 

(Lafr.) 

AUTOURSERIE  (  Autour  ,  nom  de 
l’espèce  d’oiseau  de  proie  qu’on  dressait 
particulièrement  à  cette  chasse),  ois.  —  On 
a  ainsi  appelé  l’art  d’élever,  de  familiariser 
et  de  dresser  à  la  chasse  du  vol  les  Autours 
et  Éperviers.  En  fauconnerie,  l’on  distin¬ 
guait  deux  genres  de  chasse  à  l’oiseau  :  la 
Fauconnerie  proprement  dite,  ou  chasse  de 
haut  vol,  à  laquelle  se  dressaient  naturel¬ 
lement  les  Faucons,  Laniers,  Gerfaults, 
Hobereaux  etÉmcrillons,  les  espèces  enfin 
du  genre  Faucon  proprement  dit  5  et  l’Au- 
tourserie  ou  chasse  de  bas  vol,  où  l’on  em¬ 
ployait  les  Autours  et  Éperviers.  Celte  dis¬ 
tinction  est  fort  ancienne,  car  les  Romains 
avaient  aussi  Vars  falconaria ,  et  Vars 
acciyitraria. 

On  n’a  eu  besoin,  pour  faire  cette  dis¬ 
tinction  ,  que  d’observer  et  de  suivre  l’in¬ 
stinct  et  le  mode  de  chasse  naturels  et  parti¬ 
culiers  à  chacun  de  ces  deux  groupes  de  ra¬ 
paces  ,  et  dépendants  des  différences  de 
leur  organisation  extérieure.  En  effet,  toutes 
les  espèces  du  genre  Faucon  ,  pourvues 
d’ailes  très  fermes,  longues  et  pointues,  et 
douées,  par  suite,  d’un  vol  très  facile  et 
très  rapide,  aiment  à  s’élever  au  haut  des 
airs,  à  s’y  ébattre,  et  n’exercent  d’ordinaire 
leur  adresse  et  leur  courage  qu’en  se  lais¬ 
sant  tomber  obliquement  d’une  région  plus 
élevée  sur  leurs  victimes,  que  la  rapidité  du 
vol  ou  de  la  course  ne  peut  soustraire  à 
cette  chute  précipités  et  comparable  à  celle 
de  la  foudre. 

Les  espèces  du  genre  Autour ,  au  con¬ 
traire,  ayant  les  rémiges  beaucoup  plus 
courtes,  l’aile  plus  arrondie,  mais  pourvues 
de  pattes  plus  longues  et  plus  déliées,  ne 
chassent  pour  ainsi  dire  qu’à  la  surface  du 
sol,  dont  elles  parcourent,  en  planant  ra¬ 
pidement,  les  divers  accidents.  Elles  y  sur¬ 
prennent  les  espèces  d’Oiseaux  qui  s’élèvent 
peu  dans  les  airs  ,  les  poursuivent  avec  in¬ 
trépidité  jusqu’au  milieu  des  bocages  et  sous 
les  taillis,  où  elles  les  saisissent  au  moyen 
de  leurs  pattes  longues  et  agiles. 

Ainsi  donc,  pour  tirer  parti  en  fauconne¬ 
rie  de  ces  deux  modes  de  chasse  fort  diffé¬ 
rents,  on  habituait  les  Faucons ,  dès  qu’on 
était  entré  en  chasse,  et  qu’on  les  avait  dé¬ 
chaperonnés,  à  s’élancer  sur-le-champ  de  I 


ÀTJT 

dessus  le  poing,  à  prendre  leur  essor  dans 
les  airs,  où  on  les  abandonnait  à  eux-mê¬ 
mes,  et  où  l’on  avait  soin  de  les  faire  monter 
le  plus  haut  possible,  avant  de  faire  partir  le 
gibier  sur  lequel  ils  se  précipitaient  d’après 
leur  instinct  naturel.  Presque  toujours, 
aussi,  on  en  lâchait  trois  en  même  temps, 
afin  d’être  plus  sûr  de  la  prise  du  gibier. 

Les  Autours,  au  contraire,  n’étaient  point 
chaperonnés.  Ils  étaient  élevés  au  sortir  du 
nid,  et  non  pris  vieux  au  filet,  comme  les 
Faucons  à  leur  double  passage,  et  ils  étaient 
assez  familiarisés  pour  rester  constamment, 
la  tête  découverte,  sur  le  poing  du  chasseur, 
ou  y  revenir  lorsqu’il  les  réclamait.  Ils 
n’en  partaient  qu’au  moment  où  l’on  faisait 
lever  devant  eux  un  gibier  quelconque.  Ils 
le  poursuivaient  à  tire  d’aile,  et,  lorsqu’ils 
l’avaient  atteint,  le  chasseur  le  leur  retirait 
facilement  en  leur  présentant  quelques  bec¬ 
quées  de  viande;  il  les  reprenait  de  nou¬ 
veau  sur  le  poing  et  pouvait  ainsi  leur  faire 
voler  trois  ou  quatre  Perdrix  de  suite.  On 
s’en  servait  également  pour  le  Faisan,  le  Ca¬ 
nard,  l’Oie  sauvage,  le  Lièvre  et  le  Lapin. 

En  comparant  cette  chasse,  dite  Autour- 
serie,  avec  la  première  qui  se  passait  au 
haut  des  airs,  où  l’on  voyait  trois  ou  quatre 
Faucons  planer,  venir,  à  la  voix  du  faucon¬ 
nier,  tournoyer  en  se  jouant  au-dessus  de 
lui  et  des  spectateurs,  et  se  précipiter 
enfin  avec  la  rapidité  d’un  trait  sur  le  gibier 
qu’on  leur  faisait  partir,  et  qui,  s’il  échap¬ 
pait  à  l’un,  ne  pouvait  éviter  les  serres  de 
l’autre ,  on  jugera  facilement  que  celle-ci 
était,  sans  nul  doute,  une  chasse  de  luxe  et 
vraiment  royale;  aussi  était-elle  l’apanage 
des  rois  et  des  princes,  tandis  que  l’autre, 
beaucoup  moins  dispendieuse  et  plus  lucra¬ 
tive,  était  surtout  exercée  par  les  particu¬ 
liers  et  les  simples  gentilshommes.  Cepen¬ 
dant,  lorsque  la  fauconnerie  existait  encore 
en  France,  outre  tous  les  Oiseaux  de  haut 
vol  apportés  chaque  année  à  Versailles , 
des  diverses  provinces,  par  les  fauconniers 
qui  les  y  avaient  pris  et  dressés,  on  y  pré¬ 
sentait  aussi  douze  Autours  élevés  et  dres¬ 
sés  en  France. 

Si  la  chasse  à  l’oiseau  etl’Autourserie  en 
particulier  ne  sont  plus  du  tout  en  usage  en 
France ,  elles  subsistent  encore  dans  cer¬ 
taines  parties  de  l’Allemagne,  en  Pologne, 
en  Perse  etc.  En  Pologne,  on  a  su  prq» 


366 


AUT 


fiter  de  la  terreur  qu’inspire  au  gibier  la 
vue  d’un  Autour,  pour  prendre  au  filet, 
chaque  année  avant  l’hiver,  un  certain  nom¬ 
bre  de  Perdrix  vivantes ,  qu’on  garde  dans 
des  volières,  et  qu’on  relâche  au  printemps, 
pour  peupler  de  nouveau  les  campagnes. 
Les  seigneurs  polonais,  pour  soustraire  leur 
gibier  à  la  rigueur  du  froid  et  des  neiges, 
emploient  le  moyen  suivant.  Plusieurs  gar¬ 
des  et  chasseurs  se  réunissent.  Un  d’eux 
porte  sur  le  poing  un  Autour  dressé  ;  un 
autre  fait  battre  la  campagne  à  un  chien 
d’arrêt  pour  trouver  les  Perdrix  5  un  troi¬ 
sième  porte  une  longue  perche,  terminée 
par  un  juchoir  en  forme  de  T ,  sur  lequel 
on  a  coutume  d’attacher  la  viande  dont  on 
repaît  l’Autour.  Lorsque  le  chien  a  rencon¬ 
tré  des  Perdrix,  l’homme  porteur  de  la  per¬ 
che  court  se  placer  au  loin,  de  manière  à 
ce  que  le  gibier  se  trouve  à  peu  près  en  li¬ 
gne  entre  lui  et  l’homme  qui  porte  l’Au¬ 
tour.  U  élève  alors  sa  perche  sur  laquelle 
est  attachée  un  peu  de  viande ,  et ,  à  son 
coup  de  sifflet,  l’Autour  quitte  le  poing  de 
son  conducteur,  et,  d’un  vol  rapide,  vient 
se  percher  et  se  repaître  sur  le  juchoir.  Les 
Perdrix  qui  ont  vu  leur  cruel  ennemi  passer 
au-dessus  d’elles ,  et  qui  le  voient  encore 
sur  sa  perche,  en  sont  tellement  épouvan¬ 
tées  qu’elles  restent  immobiles  et  blotties 
sur  le  sol ,  se  laissant  facilement  couvrir 
de  grands  filets  dont  un  ou  deux  chasseurs 
à  cheval  les  enveloppent  à  l’instant. 

En  Perse  ,  on  chasse  encore  aujour¬ 
d’hui,  avec  l’Autour,  le  Lièvre  et  même  la 
Gazelle.  Pour  celle-ci,  l’on  a  des  Autours 
habitués  à  ne  trouver  leur  nourriture  que 
dans  le  trou  des  yeux  d’une  Gazelle  empail¬ 
lée  qu’on  a  soin  d’agiter  pendant  son  re¬ 
pas.  Lorsqu’une  Gazelle  part  en  plaine,  le 
chasseur  à  cheval,  posté  de  la  manière  la 
plus  favorable,  lâche  son  oiseau  qui  vole 
droit  à  elle ,  plane  un  instant  au-dessus , 
puis  se  précipite  sur  sa  tête  où  il  se  cram¬ 
ponne,  et  ne  cesse  de  lui  donner  des  coups 
de  bec  dans  les  yeux.  Le  malheureux  ani¬ 
mal,  arrêté  dans  sa  fuite  par  cette  attaque 
cruelle,  est  bientôt  transpercé  d’un  coup  de 
lance  par  un  des  chasseurs ,  ordinairement 
désigné  d’avance,  et  auquel  on  a  voulu  faire 
honneur.  (Lafr.) 

AUTRUCHE.  Struthio  (orpouGo;,  Au¬ 
truche  r  ou  oTpouÔofcàjAYiXoç ,  Autruche-Cha- 


AUT 

meau,  d’après  l’analogie  qu’il  y  a  dans  la 
forme  des  doigts,  les  callosités  de  la  poitrine 
et  du  bas-ventre ,  et  par  suite,  dans  la  ma¬ 
nière  de  se  coucher  de  ces  deux  animaux), 
ois.  —  Genre  de  l’ordre  des  Échassiers  de 
Cuvier  et  Vieillot ,  de  celui  des  Coureurs 
( Cursorcs )  de  Lacépède ,  Illiger,  de  Blain- 
ville  et  Temminck ,  et  de  la  famille  des 
Brévipennes  de  Cuvier.  Ses  caractères  sont  : 

«  Très  grande  taille  ;  pattes  très  robustes  ; 
à  jambes  demi  nues  ,  très  musculeuses  et 
charnues  5  à  tarses  longs,  gros  et  arrondis, 
terminés  par  deux  doigts  dirigés  en  avant , 
dont  l’externe  ,  formé  de  cinq  phalanges  et 
sans  ongle,  est  plus  court  que  l’interne, 
qui  a  quatre  phalanges  avec  un  ongle  large 
et  obtus  ;  ailes  fort  courtes ,  impropres  au 
vol,  terminées  par  un  double  éperon,  gar¬ 
nies,  ainsi  que  la  queue,  au  lieu  de  rémiges 
raides  ,  de  plumes  à  barbes  longues  et  l⬠
ches,  molles  et  très  flexibles  ;  bec  déprimé, 
élargi ,  droit ,  obtus ,  à  mandibule  supé¬ 
rieure  onguiculée;  narines  oblongues,  pla¬ 
cées  un  peu  à  la  surface  et  vers  le  milieu  du 
bec;  tête  chauve,  calleuse  en  dessus  et 
aplatie.  » 

A  ces  caractères  extérieurs  ,  on  peut 
en  joindre  d’intérieurs,  et  entre  autres, 
comme  caractères  ostéologiques,  un  ster¬ 
num  dépourvu  de  bréchet,  en  forme  de  plas¬ 
tron,  ressemblant  à  celui  des  Tortues  ;  une 
épaule  non  composée,  comme  chez  tous  les 
oiseaux,  de  trois  os  distincts,  les  coracoïdes, 
la  clavicule,  et  l’omoplate,  mais  n’en  pré¬ 
sentant  qu’un  seul  formé  des  trois,  soudés 
ensemble  dans  l’âge  adulte.  Comme  carac¬ 
tères  anatomiques,  une  langue  charnue  ar¬ 
rondie,  légèrement  libre  à  son  extrémité; 
un  tube  digestif  se  rapprochant,  par  la  tex¬ 
ture  de  ses  appareils  et  le  volume  de  ses 
intestins  ,  de  celui  des  quadrupèdes  ;  un 
vaste  réceptacle  où  l’urine  s’accumule 
comme  dans  une  vessie  ,  et  auquel  se  joint 
une  faculté  tout  exceptionnelle  dans  cette 
classe,  celle  d’uriner  ;  enfin,  une  verge  très 
grande,  souvent  apparente  au  dehors,  et, 
par  suite,  une  fécondation  qui  ne  s’opère 
point  par  simple  compression ,  mais  bien 
par  intromission  et  durant  quelques  in¬ 
stants. 

Lorsqu’on  rapproche  ces  divers  carac¬ 
tères  qui  sont  presque  tous  autant  d’anoma¬ 
lies  dans  la  classe,  qui  semblent  faire,  des 


AUT 


AUT 


367 


cinq  ou  six  espèces  de  Struthionidées  qui 
les  possèdent,  des  espèces  de  transition  en¬ 
tre  cette  classe  et  celles  des  mammifères  et 
des  reptiles,  et  pourraient  autoriser  à  les 
séparer  au  moins  comme  sous-classe  de 
tous  les  autres  oiseaux,  on  est  étonné  que 
plusieurs  de  nos  savants  naturalistes  et  ana¬ 
tomistes  les  plus  distingués  se  soient  bor¬ 
nés  à  n’en  former  qu’une  famille  distincte, 
qu’ils  ont  placée  tantôt  dans  l’ordre  des  Gal¬ 
linacés  ,  tantôt  dans  celui  des  Échassiers , 
leur  adjoignant  même  quelquefois  les  Ou¬ 
tardes,  les  Courtvites,  etc.  Ce  n’a  pas  été 
cependant  l’opinion  de  tous;  et,  en  remon¬ 
tant  vers  l’antiquité,  nous  voyons  qu’Aris- 
tote  avait  dit  de  l’Autruche  :  partim  avis , 
partira  quadrupes.  Les  Grecs  la  nom¬ 
maient  Slruthos ,  StruthocameLos ,  et  les 
Latins  Struthio  Came  lus,  d’après  les  rap¬ 
ports  qu’ils  lui  trouvaient  avec  le  Chameau. 
De  nos  jours  Latham,  en  1790,  en  forma  un 
ordre  distinct  sous  le  nom  de  Struthiones, 
qui  devint  le  sixième  de  son  Système.  En 
1799,  Lacépède,  dans  sa  Classification,  divi¬ 
sant  les  Oiseaux  en  deux  sous-classes,  forma 
des  Autruches  une  des  deux  divisions  de  la 
seconde  sous-classe,  sous  le  nom  N  Oiseaux 
coureurs .  M.  de  Blainville  lut  à  l’Institut, 
en  1816,  et  publia,  en  1821,  un  Mémoire  sur 
l’emploi  de  la  forme  du  sternum  et  de  ses  an¬ 
nexes  dans  la  classification  naturelle  des  Oi¬ 
seaux,  qu’il  divisa  en  neuf  ordres,  et  où  les 
Autruches  et  les  Casoars  en  forment  un  dis¬ 
tinct,  le  septième,  sous  le  nom  de  Coureurs 
(Cursores),  qu’il  place  entre  celui  desGalli- 
nacéset  celui  des  Échassiers.  C’est  le  système 
qu’il  continue  encore  aujourd’hui  de  profes¬ 
ser.  En  1827,  M.  Lherminier,  élève  de  M.  de 
Blainville,  publia,  sous  le  titre  de  Recher¬ 
ches  sur  V appareil  sternal  des  oiseaux , 
suivies  d’un  Essai  sur  leur  distribu¬ 
tion ,  une  nouvelle  méthode,  où  déve¬ 
loppant  celle  de  M.  de  Blainville,  quant  aux 
familles  et  aux  genres,  il  adopte  une  base 
de  classification  différente,  en  divisant  la 
classe  entière  en  deux  sous-classes  sous  le 
nom  Oiseaux  normaux  et  d’ Oiseaux 
anomaux ,  et  ne  formant  celle-ci  que  des 
genres  Autruche ,  Nandou  ,  Casoar  et 
Émou.  M.  Lesson,  dans  son  Traité  d’ Orni- 
tholoç/ie,  publié  en  1831 ,  a  suivi  ces  deux 
grandes  divisions,  excepté  qu’à  l’inverse 
deM.  Lherminier,  il  commence,  au  lieu 


de  finir,  par  celle  des  oiseaux  anomaux. 
Convaincu,  comme  M.  de  Blainville  et  ces 
derniers  auteurs,  de  l’importance  des  carac¬ 
tères  distinctifs  et  même  anomaux  des  Au¬ 
truches  et  des  Casoars ,  ainsi  qu’eux  aussi 
nous  n’hésitons  pas  à  les  regarder  comme  ne 
pouvant  figurer  dans  aucun  des  ordres 
déjà  établis;  mais  doivent-ils  former  sim¬ 
plement  un  ordre  nouveau ,  ou  plutôt  une 
grande  section  distincte  de  tous  les  autres 
Oiseaux  ?  C’est  ce  que  nous  sommes  loin  de 
prétendre  décider  ni  même  discuter  ici. 
Nous  nous  conformerons  aux  vues  du  sa¬ 
vant  zoologiste  M.  de  Blainville,  adoptant, 
par  conséquent ,  son  ordre  des  Coureurs 
( Cursores ),  dont  le  genre  Autruche  fait 
partie. 

Le  genre  Autruche  proprement  dit  ne 
renferme  qu’une  seule  espèce  ,  répandue 
dans  tout  l’intérieur  de  l’Afrique ,  depuis 
l’Égypte  et  la  Barbarie  jusqu’au  Cap  de 
Bonne-Espérance;  et,  en  Asie,  depuis  l’Ara¬ 
bie,  où  elle  est  commune,  jusque  dans  la 
partie  de  l’Inde  en  deçà  du  Gange,  où  elle 
est  devenue  rare.  C’est  l’Autruche  propre¬ 
ment  dite  ( Struthio  Camelus  Linn.  Lat.), 
Buff.  pl.  enl.  457  ;  Vieill.  Gai.  pl.  223.  Cet 
oiseau,  le  géant  de  sa  classe,  atteint  jusqu’à 
2  mètres  de  hauteur,  et  son  poids  est  de 
40  kilogrammes.  Sa  petite  tête ,  munie  de 
grands  yeux,  à  paupières  mobiles  et  garnies 
de  cils,  d’oreilles  dont  l’orifice  est  à  décou¬ 
vert,  et  son  cou  effilé,  long  de  près  de  trois 
pieds,  sont  presque  nus  ou  seulement  recou¬ 
verts  de  poils  épars.  Le  mâle  adulte  a  le  plu¬ 
mage  du  corps  noir,  varié  de  blanc  et  de  gris, 
avec  les  grandes  plumes  des  ailes  et  de  la 
queue  blanches  et  noires.  La  peau  nue  ducou, 
couleur  de  chair,  prend,  de  même  que  celle 
des  jambes  également  nues,  une  teinte  de 
rouge  vif  au  temps  de  l’accouplement.  La  fe¬ 
melle  est  brune  et  d’un  gris  cendré  sur  le 
corps  où  le  mâle  est  noir  ;  elle  n’a  de  plumes 
noires  qu’à  la  queue  et  aux  ailes.  Les  petits, 
dans  les  premiers  jours  qui  suivent  leur 
éclosion ,  ont  la  tête  et  le  col  couverts  d’un 
duvet  épais  et  soyeux  de  couleur  fauve  clair, 
plus  foncée  sur  la  tête  ;  dans  cette  partie , 
le  devant  et  les  côtés  du  cou  sont  tigrés  de 
taches  et  de  bandes  noires,  et  le  derrière 
en  est  parcouru  dans  toute  sa  longueur  par 
trois  bandes  longitudinales  de  cette  cou¬ 
leur.  Tout  le  dessus  du  dos  et  ses  côtés,  les 


o  68 


AUT 


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ailes  et  la  queue  présentent  une  particula¬ 
rité  tout  à  fait  remarquable  ;  les  faisceaux 
de  long  duvet  sortant  de  chaque  tuyau ,  et 
ayant  déjà  l’aspect  des  barbes  fines  et 
moelleuses  qui  plus  tard  se  remarqueront 
sur  tout  le  plumage ,  sont  variés  de  noir 
et  de  brunâtre  et  terminés  par  de  longues 
lamelles  très  étroites ,  légèrement  spatuli- 
formes,  les  unes  noires  ,  les  autres  couleur 
de  paille  ,  et  arquées  en  sens  divers  ;  d’où  il 
résulte  qu’à  ce  premier  âge  du  jeune  autru¬ 
chon  ,  son  cou  et  sa  tète  rappellent  entière¬ 
ment  la  première  livrée  des  marcassins  et 
des  jeunes  bêtes  fauves  ,  tandis  que  le  reste 
de  son  corps  a  tout  à  fait  l’aspect  de  celui 
d  un  Hérisson.  A  cette  première  livrée,  il 
en  succède  bientôt  une  autre  couleur  gris 
cendré,  où  la  jeune  Autruche  a  la  tête,  le 
cou  et  les  jambes  couverts  de  plumes  pen¬ 
dant  une  année  5  mais  elles  tombent  bientôt 
pour  ne  plus  revenir  sur  ces  parties. 

L’Autruche  se  couche  en  pliant  d’abord 
le  genou ,  puis  en  s’appuyant  sur  la  partie 
qui  recouvre  le  sternum  et  calleuse  à  cet 
effet;  ensuite  elle  se  laisse  tomber  sur  la 
partie  inférieure  du  corps.  Elle  court  avec 
une  telle  rapidité  qu’un  cheval  au  galop  ne 
peut  l’atteindre  que  lorsqu’elle  est  fatiguée. 
Son  instinct  la  porte ,  quand  elle  est  pour¬ 
suivie  de  près,  à  lancer  en  arrière,  avec  ses 
robustes  pieds,  tout  en  courant,  des  pierres 
sur  son  ennemi.  Elle  pond  dans  les  sables 
exposés  à  l’ardeur  du  soleil  une  quin¬ 
zaine  d’œufs  qu’elle  couve  dans  les  ré¬ 
gions  les  moins  chaudes  de  l’Afrique ,  mais 
qu’elle  abandonne  sous  la  zone  torride  à  la 
chaleur  solaire  pendant  le  jour,  ayant  soin  de 
les  couver  la  nuit.  Du  reste,  la  femelle  veille 
avec  sollicitude  sur  sa  nichée  dont  elle  ne 
s’éloigne  pas  beaucoup;  et  si  elle  est  surprise 
par  les  hommes ,  au  lieu  de  fuir  en  ligne 
droite,  elle  se  contente  de  courir  en  faisant 
de  petits  circuits  et  déployant  ses  grandes 
plumes,  ce  qui  annonce  que  son  nid  est 
dans  le  voisinage.  Ce  nid  est  un  enfonce¬ 
ment  formé  par  l’oiseau  dans  le  sable ,  de 
trois  pieds  de  diamètre  à  peu  près  ,  et 
de  quelques  pouces  d’élévation  ,  entouré 
d’une  rigole  où  l’eau  de  la  pluie  se  ras¬ 
semble.  La  durée  ordinaire  de  l’incubation 
est  de  six  semaines,  du  moins  dans  les  con¬ 
trées  où  l’Autruche  couve  à  la  manière  des 
autres  Oiseaux,  comme  dans  l’Afrique  mé¬ 


ridionale.  Ses  œufs  fort  gros,  de  forme 
arrondie  et  raccourcie,  ont ,  du  moins  celui 
que  nous  possédons,  15  centimètres  de  dia« 
mètre  longitudinal  et  12  centimètres,  24 mil¬ 
limètres  de  diamètre  transversal.  Ils  sont 
d’un  blanc  légèrement  nuancé  de  couleur  de 
paille  et  couverts  de  gros  points  enfoncés  qui 
leur  donnent  l’air  d’être  tiquetés  de  points 
bruns.  Ces  œufs  sont,  dit-on,  un  assez  bon 
manger  et  d’une  grande  ressource  aux  voya¬ 
geurs. 

On  voit  souvent  les  Autruches  réunies  et 
en  grandes  troupes  ;  elles  sont  herbivores. 
On  les  rencontre  quelquefois  au  midi  de 
l’Afrique ,  paissant  de  compagnie  avec  le 
Zèbre  et  le  Couagga.  Elles  ont  l’ouïe  fine  et 
la  vue  perçante  ,  mais  en  même  temps  les 
sens  du  goût  et  de  l’odorat  extrêmement 
obtus  et  presque  nuis  ,  à  ce  qu’il  paraît  ; 
car ,  en  domesticité ,  on  les  a  vues  avaler 
non-seulement  toutes  les  substances  végé¬ 
tales  et  animales ,  mais  encore  des  matières 
minérales,  même  les  plus  pernicieuses, 
telles  que  du  fer,  du  cuivre,  du  plomb, 
des  pierres,  de  la  chaux,  du  plâtre,  tout  ce 
qui  se  présente,  enfin,  jusqu’à  ce  que  leur 
grand  estomac  soit  rempli.  Il  est  doué 
d’une  force  si  digestive  et  si  dissolvante, 
qu’elles  rendent  les  métaux  qu’elles  ont 
avalés,  usés  et  même  percés  par  le  frotte¬ 
ment  et  la  trituration. 

L’Autruche,  malgré  sa  force,  a  les  mœurs 
paisibles  des  Gallinacés  ;  elle  n’attaque 
point  les  animaux  plus  faibles  qu’elle ,  et 
ne  se  soustrait  au  danger  que  par  une 
prompte  fuite.  Dans  les  pays  cultivés,  elle 
dévaste  les  moissons  en  dévorant  les  épis  et 
ne  laissant  que  la  lige.  Son  cri  ressemble  à 
une  sorte  de  gémissement,  plus  fort  chez 
le  mâle  que  chez  la  femelle;  mais  tous  deux, 
quand  on  les  irrite,  font  entendre  un  siffle¬ 
ment  analogue  à  celui  des  Oies.  Lorsque  le 
mâle  recherche  la  femelle,  au  temps  de 
l’accouplement,  ce  cri  ressemble,  dit-on, 
quelque  peu  au  rugissement  du  Lion. 

On  est  parvenu  à  réduire  pour  ainsi  dire 
les  Autruches  en  domesticité  dans  leur  con¬ 
trée  natale.  On  les  y  fait  parquer  en 
troupeaux ,  afin  de  s’assurer  la  récolte  de 
leurs  plumes  qui,  comme  on  sait,  sont 
un  objet  considérable  de  commerce;  car 
chez  tous  les  peuples,  on  a  su  tirer  parti  de 
l’élégance  de  ces  plumes  gracieuses,  soi# 


AVA 


369 


AUT 

pour  orner  la  tête  des  femmes,  ou  les  coif¬ 
fures  militaires  des  hommes,  l’encolure 
même  des  chevaux,  au  temps  de  la  che¬ 
valerie  ;  soit  pour  décorer  les  ameublements 
des  riches  ou  des  dignitaires.  Leur  peau  est 
assez  épaisse  pour  fournir  aux  naturels,  qui 
savent  l’apprêter  avec  beaucoup  d’intelli¬ 
gence  ,  un  cuir  solide,  dont  ils  se  font  des 
boucliers  et  des  sortes  de  cuirasses  pour 
leurs  combats.  La  chair  en  est  médiocre  ; 
cependant  des  nations  entières  de  l’Arabie 
s’en  nourrissaient  autrefois;  ce  qui  leur  avait 
valu  de  la  part  des  anciens  le  nom  de  Stru- 
thiophages,  et  plusieurs  tribus  africaines 
s’en  nourrissent  encore  aujourd’hui. 

Secondé  par  ses  excellents  coursiers,  l’A¬ 
rabe  parvient  à  s’emparer  de  l’Autruche  après 
une  poursuite  des  plus  opiniâtres  où  l’oi¬ 
seau  finit  par  tomber  de  fatigue,  victime 
de  son  habitude  de  décrire  ,  en  fuyant,  de 
grands  cercles  que  le  chasseur  sait  couper  à 
propos ,  épargnant  ainsi  à  son  cheval  une 
grande  partie  du  trajet.  Lorsqu’il  a  répété 
ce  manège  un  bon  nombre  de  fois,  il  par¬ 
vient  enfin,  mais  seulement  parfois  après  8 
ou  10  heures  de  chasse,  à  s’emparer  de  l’oi¬ 
seau,  dont  la  course  est  plus  rapide  que 
celle  du  cheval  le  plus  léger.  S’il  emploie 
des  Lévriers  à  cette  chasse ,  elle  devient 
moins  pénible  et  moins  longue.  Les  peuples 
d’Afrique  la  font  de  la  même  manière  avec 
le  secours  de  chevaux  barbes. 

Il  paraît  probable  aujourd’hui  que  l’île  de 
Madagascar  est  habitée  par  l’Autruche  d’A¬ 
frique  ou  une  espèce  voisine;  car,  au  rapport 
de  Flaccourt  {Hist.  gèn.  des  voy.,  t.  VIII, 
p.  606),  «  le  Vourou-Patra  de  Madagascar 
serait  une  espèce  d’ Autruche  qui  se  retire 
dans  les  lieux  déserts  et  pond  des  œufs 
d’une  singulière  grosseur  ;  »  fait  qui 
semble  confirmé  par  les  débris  de  coquilles 
d’œufs  que  M.  Goudot,  le  voyageur,  a  rap¬ 
portés  de  cette  île  ces  dernières  années,  et 
qui  annoncent  des  œufs  du  volume  de  ceux 
d’ Autruche. 

Il  serait  d’un  grand  intérêt  de  s’assu¬ 
rer  si  ce  Vourou-Patra  de  Madagascar 
est  réellement  l’Autruche  d'Afrique  ,  ou 
une  seconde  espèce  particulière  à  celte 
grande  île,  comme  la  Patagonie  nous  offre 
aujourd’hui  une  seconde  espèce  de  Nandou 
dans  l’Amérique  méridionale. 

(Lafr.) 


AUTRUCHE  de  magellan  ( Azarà ). 
ois. —  Voyez  nandou.  (Lafr.) 

AUTRUCHE  A  TARSES  EM  ELUMES.  OIS.— 
Voyez  nandou  a  tarses  emtlumÉs.  (Lafr.) 

AUTUMNÆA.  CRUST. -  V.  AUTONOMÉE. 

*AUXH)E  {Aux j s  ,  nom  ancien  d’un 
poisson  de  la  famille  des  Thon  s),  poiss.— Sous- 
genre  de  la  famille  des  Scombres,  ordre  des 
Acanthoptérygiens  ,  ayant  pour  caractères  , 
outre  le  corselet  et  les  pectorales  médiocres 
des  Thons ,  les  deux  dorsales  séparées 
comme  dans  les  Maquereaux.  Ce  sous-genre 
comprend  l’Albacore  de  Sloane ,  le  Tasard 
de  Lacépède  ,  l’A.  Bonicou  (  Scomber  La¬ 
roche  de  Risso  ou  Sc.  Bisus  Rafin.),  et 
une  autre  espèce  commune  dans  les  parages 
des  Antilles  où  elle  porte  le  nom  de  Thon. 

(C.  d’O.) 

AVAGNON  ou  AVIGNON,  moll.  — 
Nom  vulgaire  qu’on  donne  sur  nos  côtes 
à  une  coquille  fort  commune  que  Linné  a 
nommée  Vcjius  Borealis ;  Gmelin  :  Mac- 
tra  jrijperata ,  et  que  Lamarck  a  introduite 
sous  ce  dernier  nom  spécifique  dans  son 
genre  Lutraire.  Voy.  lutraire.  (Desh.) 

*  AVAHI.  mam.  —  Genre  nouvellement 
proposé  par  M.  Jourdan  et  très  voisin  de 
l’Indri.  Voyez  ce  mot  et  lémuriens. 

AVALANCHES,  LAVANGES ,  ou 
LAUVINES.  géol. — Ce  sont  des  masses  de 
neige  qui,  accumulées  pendant  l’hiver  dans 
les  hauts  vallons  des  montagnes,  se  déta¬ 
chent  subitement,  lorsque  le  retour  de  la 
saison  moins  froide  diminue  leur  adhé¬ 
rence  avec  le  sol.  En  suivant  des  pentes 
plus  ou  moins  rapides,  leur  mouvement 
s’accélère ,  et  il  devient  tel  que  rien  ne  peut 
résistera  leur  passage.  Elles  renversent  et 
détruisent  tout  ce  qu’elles  rencontrent  ;  ce¬ 
pendant,  comme  assez  généralement,  les 
avalanches  ont  lieu  dans  les  mêmes  locali¬ 
tés,  les  habitants  des  montagnes  cherchent  à 
se  garantir  de  leurs  effets,  soit  en  réservant 
des  forêts  sur  leur  trajet,  soit  au  moyen  de 
gigantesques  constructions. 

Au  printemps,  les  voyageurs  prennent 
toutes  les  précautions  possibles  pour  ne  pas 
être  surpris  par  les  chutes  de  neige.  Les 
guides  leur  recommandent  de  ne  pas  faire 
de  bruit ,  dans  la  crainte  que  le  moindre 
ébranlement  de  l’air  ne  détermine  la  chute 
d’une  avalanche;  en  Suisse,  dans  les  endroits 
les  plus  dangereux,  on  va  jusqu’à  empêcher 
24 


T.  II. 


370  AVE 

les  grelots  et  les  Sonnettes  des  mulets  de 
sonner;  ou  bien,  ayant  désengager  dans  les 
vallons ,  on  tire  quelques  coups  de  fusil  ou 
de  pistolet,  pour  déterminer  les  masses  de 
neige  à  Se  détacher. 

On  donne  aussi  le  nom  d’ Avalanches  à 
des  tourbillons  de  neige  dure  entraînée  par 
un  vent  impétueux,  et  qui  exposent  aussi 
lés  voyageurs  à  de  grands  dangers  — On  les 
appelle  Lauvines  venteuses ,  tandis  que 
les  neiges,  qui  se  détachent  en  masses  et 
roulent  par  leur  poids,  sont  des  Lauvines 
joncières.  (C.  P.) 

AVAOUSSÉS  ou  AVAUX,  bot.  fh. 
—  Synonyme  de  Quercus  coccifera  L.,  en 
Languedoc.  Voyez  chêne.  (C.  d’O.) 

AVARI  ou  AV  ATI.  bot.  ph. —  Syno¬ 
nyme  de  Maïs.  Voyez  ce  mot. 

AVAUX.  BOT.  PH.  -  Voyez  AVAOUSSES. 

AVEL  ANEDE .  bot.  th.  —  Nom  de  la 
cupule  de  diverses  espèces  de  glands  et  par¬ 
ticulièrement  de  celle  du  Quercus  Ægilops 

L.  Voyez  chêne.  (C.  d’O.) 

AVELINE,  SCARABÉ  ou  GUEULE- 

DE-LOUP.  moue.  —  Noms  vulgaires  sous 
lesquels  on  connaît  chez  les  marchands  une 
coquille  du  genre  Auricule  de  Lamarck, 
Auricula  Scarabœus  et  Iîelix  Scara- 
bœus  de  Linné,  et  dont  Montfort  a  fait  son 
genre  Scarabe.  Voy.  auricuee.  (Desh.) 

AVELINE,  bot.  ph. — Grosse  variété  de 
Noisettes.  Voyez  noisetier. 

AVELINIER  ou  AVELLANIER.bot. 
ph.  — Variété  à  gros  fruits  du  Corylus 
Avellana  L.  (C.  d’O.) 

AVELLANO.  bot.  ph.- —  Synonyme  de 
quadria.  Voyez  ce  mot. 

AVENA.  bot.  ph.  — Nom  latin  de  l'A¬ 
voine.  Voyez  ce  mot.  (A.  R.) 

AVENACÉES.  Avenaceœ.  bot.  ph. — 

M.  le  Prof.  Kunth  donne  ce  nom  à  sa  neu¬ 
vième  tribu  des  Graminées ,  qui  renferme 
les  genres  Carynepkorus,  Descharnpsia , 
Âiraj  Trisetum  ,  Avenu ,  Danthonia  , 

etC.  Voy.  GRAMINEES.  (A.  R.) 

AVÉNÉRON  ou  AVÉRON.  bot.  ph  - 
Nom  vulgaire,  dans  les  provinces  méridio¬ 
nales  de  la  France ,  de  la  folle  Avoine  et 
de  quelques  autres  Graminées  qui  ont  des 
rapports  avec  elle.  (A.  R.) 

*  AVENTIA  (  nom  d’une  divinité  gau¬ 
loise).  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des  Lépi¬ 
doptères,  famille  des  Nocturnes,  tribu  des 


AVE 

Phalénites  ,  établi  par  moi  aux  dépens  du 
g.  Bnnomos  de  M.  Treitschke ,  et  adopté 
par  M.  Boisduval  dans  son  nouvel  Index 
mcthodicus.  Voici  les  caractères  que  je  lui 
donne  :  Antennes  pectinées  dans  les  mâles 
et  simples  dans  les  femelles.  Corselet  étroit 
et  peu  velu.  Les  premières  ailes  fortement 
échancrées  au-dessous  de  leur  angle  supé¬ 
rieur;  les  secondes  ailes  arrondies.  Palpes 
dépassant  le  chaperon  avec  leur  dernier 
article  large  et  déprimé.  Trompe  longue. 
Chenilles  plates  et  garnies  de  franges  sur 
les  côtés,  comme  celles  des  Catacala ,  avec 
la  tête  petite  et  arrondie.  Leur  transforma¬ 
tion  a  lieu  dans  un  cocon  lâche  entre  des 
feuilles.  Ce  genre  ne  renferme  qu’une 
espèce  que  Laspeyres  a  rapportée  mal  à 
propos  au  g.  Platipteryx ;  c’est  le  Bom¬ 
byx  flcxula  deFabr.  ou  Geom.flexularia 
d’Hubn.  (tab.  4,  fig.  19),  ou  le  Crochet 
d’Engramelle  (tom.  V,  pl.  210,  fig.  280, 
a ,  b).  Cette  espèce  se  trouve,  mais  assez  ra¬ 
rement,  aux  environs  de  Paris.  (D.) 

AVENTURINE.  min.— On  a  donné  le 
nom  d’AYenturine  naturelle  à  des  variétés 
de  Quartz  grenu,  ou  de  Feldspath,  coloré  le 
plus  souvent  en  rouge  ou  en  jaune,  et  dans 
lesquelles  de  petites  parcelles  minérales , 
plus  vitreuses  que  le  reste  de  la  masse, 
ou  bien  des  paillettes  de  Mica ,  uniformé¬ 
ment  disséminées,  forment  des  points  bril¬ 
lants  dont  la  pierre  est  comme  parsemée. 
Ce  nom  leur  vient  de  ce  qu’elles  offrent  une 
imitation  bien  imparfaite  de  l’Aventurine 
artificielle,  sorte  de  verre  coloré  ,  où 
l’on  a  mêlé  ,  lorsqu’elle  était  en  fusion , 
des  parcelles  d’un  composé  métallique, 
dont,  d’après  les  essais  de  Lebaillif,  le 
Cuivre  et  le  Fer  font  partie.  On  prétend 
qu’un  ouvrier  de  Venise  ayant  laissé  tomber 
par  hasard,  ou  comme  on  dit,  par  aventure, 
de  la  limaille  de  ce  composé  dans  du  verre 
en  fusion ,  fut  agréablement  surpris  du  ré¬ 
sultat  de  ce  mélange ,  auquel  il  donna  le 
nom  d’Aventurine.  Ce  produit  de  l’art  est 
incomparablement  plus  brillant  que  l’Aven- 
turine  naturelle.  Si  l’on  vient  à  l’examiner 
au  microscope,  on  voit  qu’il  est  formé 
d’une  multitude  incalculable  de  petits  cris¬ 
taux  opaques ,  appartenant  au  système  cu¬ 
bique  ,  ou  tétraédrique,  et  qui  se  montrent 
sous  la  forme  de  triangles  équilatéraux  ,  ou 
d’hexagones  réguliers.  (Dee.) 


AVE 


AVE 


371 


AVERAVÜ.  C/iasmarhynchos  (xàa- 
p.a,  gouffre;  ,  bec),  ms.  —  Genre 

formé  par  Temminck,  en  1820,  dans  son 
Aiial •  d’un  syst .  yen.  dJ Orn . ,  en  tête 
de  son  manuel,  et  démembré  par  cet 
auteur  de  celui  de  Coiinya  (Ampelis , 
Lin.).  Le  nom  d’ Averano  vient  de  celui  de 
ave  de  verano  (oiseau  d’été),  donné  par 
les  Portugais  du  Brésil  à  une  des  espèces 
du  genre,  parce  qu’elle  ne  chante  que  pen¬ 
dant  les  plus  fortes  chaleurs  de  ces  climats 
intertropicaux.  Les  caractères  génériques  en 
sont  :  Bec  large,  très  déprimé,  faible  et  flexi¬ 
ble  à  la  base ,  comprimé  et  corné  à  la  poin¬ 
te  ;  fosses  nasales  très  amples ,  recouvertes 
par  une  membrane  garnie  de  petites  plu¬ 
mes  rares  ;  narines  grandes  ,  ovoïdes  , 
ouvertes,  placées  vers  la  pointe  du  bec; 
mandibule  supérieure  échancrée  vers  son 
extrémité;  l’inférieure  cornée  seulement 
à  la  pointe  ;  le  reste  de  cette  mandibule, 
surtout  ses  bords,  minces  et  flexibles; 
pieds  à  tarses  plus  longs  que  le  doigt  du  mi¬ 
lieu  ,  à  doigts  soudés  à  la  base  ;  les  laté¬ 
raux  égaux  ;  ailes  à  deux  premières  rémi¬ 
ges  étagées,  avec  la  3rae  et  la  4me  les  plus 
longues.  » 

Les  espèces  peu  nombreuses  de  ce  genre 
et  qui  faisaient  partie  des  Cotingas  Am¬ 
pelis  de  Linné,  en  furent  détachées  par  II- 
liger,  qui  les  réunit  à  son  nouveau  genre 
Procnias ,  ayant  pour  type  X  Amp  élis 
icrsa  ;  mais  Temminck  leur  trouvant  des 
caractères  génériques  distincts  de  celui-ci, 
les  en  retira  pour  former  son  genre  Ave- 
rano ,  ne  laissant  alors  dans  celui  de  Procnè 
que  l’espèce  type.  Cuvier  emploie  le  nom 
générique  de  Procnias  d’Illiger,  dans  sa 
2rae  édit,  du  Règ.  an.,  pour  les  Averanos 
de  Temminck,  qu’il  subdivise  alors  en 
Procnias  proprement  dits,  ou  espèces  à 
gorge  emplumée  et  en  Averanos ,  ou  espè¬ 
ces  à  gorge  nue,  adoptant  alors  le  genre  Ter- 
sine  ( Tersina )  de  Vieillot  pour  X Ampelis 
ter  sa.  Cette  subdivision  ne  nous  paraît  pas 
basée  sur  des  caractères  suffisants,  puisque 
cette  nudité  de  la  gorge  est  la  seule  distinc¬ 
tion  entre  les  espèces  qui,  d’ailleurs,  sont 
entièrement  conformes  sous  tous  les  rap¬ 
ports,  et  quant  à  la  coloration  du  plumage , 
en  général  blanc  chez  les  mâles,  verdâtre 
chez  les  femelles  et  les  jeunes. 

Trois  espèces  composent  ce  genre.  Ce 


sont  les  Ampelis  carunculata  et  varie - 
gata  de  Linné  et  X  Averano  araponga  de 
Temminck,  col.  368  et  383.  Chez  chacune  de 
ces  trois  espèces ,  le  mâle  est  remarquable, 
soit  par  la  nudité  de  la  gorge  et  du  devant  du 
cou,  soit  par  une  caroncule  charnue  s’éle¬ 
vant  de  dessus  le  front.  Ces  Oiseaux,  particu¬ 
liers  à  l’Amérique  méridionale,  font,  à  l’épo¬ 
que  de  la  nidification,  retentir  les  forêts 
de  cris  bruyants  et  sonores,  qui  imitent 
parfaitement  le  son  produit  par  des  coups 
de  marteau  sur  l’enclume,  ou  par  une  cloche 
fêlée.  Parmi  leurs  espèces ,  celle  nommée 
Averano guirapunga  ( C hasmarhynchos 
variegata Tcm.,col.  SI),  etquiestleCWzn- 
ga  averano  de  Buffon ,  se  fait  remarquer  par 
la  nudité  de  sa  gorge  et  du  devant  de  son 
cou,  d’où  pend  un  faisceau  d’appendices 
charnus,  aplatis,  vermiformes,  larges  d’une 
ligne  et  longs  au  moins  d’un  pouce  chez 
l’adulte ,  d’une  teinte  bleuâtre  et  suscepti¬ 
bles  de  se  colorer  en  rouge,  quand  l’oiseau 
est  animé.  Son  plumage  est  d’un  gris  pres¬ 
que  blanc,  avec  la  tête  couverte  d’une  ca¬ 
lotte  brune,  les  ailes,  le  bec  et  les  pieds  sont 
noirs.  La  troisième  penne  de  l’aile  qui 
est  la  plus  longue,  est  pointue  et  contour¬ 
née  à  son  extrémité.  La  femelle  est  ver¬ 
dâtre  avec  la  gorge  emplumée  et  sans  ca¬ 
roncules. 

On  n’a  que  très  peu  de  détails  sur  les 
mœurs  des  Averanos.  On  les  regarde  ce¬ 
pendant  comme  essentiellement  frugivores. 
La  largeur  de  leur  bec  et  son  peu  de  fer¬ 
meté,  qui  lui  donne  une  analogie  marquée 
avec  celui  des  Hirondelles ,  nous  fait  présu¬ 
mer  que,  comme  elles,  ils  avalent,  sans  les 
dépecer,  les  fruits  ou  insectes  entiers,  qui 
leur  servent  de  nourriture.  (Lafr.) 

AVERNO.  bot.  ph.  Nom  vulgaire  de 
l’Aune,  Ain  us,  en  Provence. 

A  VÉRON.  bot.  ph.— Syn.  d’AvénéRorr. 
Voy.  ce  mot. 

AVERRHOA.  bot.  ph.  —  Nom  donné 
au  Carambolier,  en  l’honneur  d’Averrhoës. 

Voy.  CARAMBOLIER. 

A  VET  ou  AVETTE.  bot.  ph.  — Syno¬ 
nyme  de  Mélèze  ou  de  Sapin  dans  quelques 
parties  de  la  France. 

AVEUGLE,  poiss.  —  Nom  donné  à  des 
Poissons  de  l’ordre  des  Suceurs  ou  Cyclos- 
tomes,  tels  que  la  Lamproie  rouge  ( Petro - 
myzon  ruber )  et  le  genre  Myxinç  ou  Gai- 


372 


AVI 


AVI 


trobranche ,  dans  lequel  on  ne  voit  aucune 
trace  d’yeux.  Une  espèce  de  Morue,  le  Bib 
(  Gadus  luscus  Penn.),  a  également  reçu 
ce  nom.  (C.  d’O.) 

AVEUGLE,  rept.  —  On  donne  ,  dans 
quelques-uns  de  nos  départements,  le  nom 
de  Serpent  aveugle  à  l’Orvet  commun,  An- 
guis  fragilis  L.,  par  suite  d’un  préjugé 
qui  faisait  croire  que  les  tronçons  de  ce  Ser¬ 
pent,  qui  se  brise  facilement,  devenaient 
un  être  complet,  mais  privé  de  la  vue.  Le 
même  nom  a  été  donné  à  une  espèce  du 
genre  Acontias  ( A .  cœcus  Cuv.  ),  qui  est 
entièrement  aveugle.  A  la  Guyane ,  on 
donne  le  nom  d’ Aveugles  aux  Amphis- 
bènes ,  qui  ont  les  yeux  fort  petits  ;  et,  à  la 
Martinique,  il  y  en  a  une  espèce ,  Amph. 
cœca  Cuv.  ,  qui  est  privée  d’yeux.  Voy. 

les  mots  ORVET  ,  ACONTIAS  et  AMPHISBÈNE. 

(C.  d’O.) 

AVICEDA.  ois.  —  Genre  formé  par 
Swainson  ,  en  1837,  dans  son  ouvrage  inti¬ 
tulé  Birds  o f  Western  Africa ,  sur  un 
oiseau  de  proie  de  cette  contrée ,  auquel  il 
assigne  les  caractères  suivants  dans  sa 
Class.  of  birds  :  «Bec  de  forme  de  faucon  ; 
mandibule  supérieure  avec  deux  dents  de 
chaque  côté,  petites  et  anguleuses;  l’infé¬ 
rieure  avec  une  seule;  narines  transverses  ; 
ailes  allongées  à  4me  rémige  la  plus  longue, 
les  lre,  2me  et  3me  échancrées  à  leur  bord 
interne  ;  pattes  très  courtes  ;  tarse  pas  plus 
long  que  le  pouce  ,  et  ongle  emplumé  jus¬ 
qu’à  moitié,  à  squamelles  irrégulières,  hexa¬ 
gones';  doigt  médian  fort  allongé,  plus  long 
sans  son  ongle  que  le  tarse  ;  doigts  latéraux 
presque  égaux  ;  l’externe  plus  court  ;  la 
plante  très  large,  étalée  et  sans  pelottes; 
tous  les  doigts  séparés  à  leur  base  ;  queue 
large,  moyenne,  carrée;  ongles  grêles, 
moyens.  » 

Swainson ,  en  décrivant  l’espèce  type, 
Aviceda  cuculoides,  dans  ses  West.A- 
frica  birds ,  et  après  l’avoir  rapproché,  à 
cause  de  la  double  dent  du  bec,  des  genres 
Bide?is  ou  Biodon  d’Amérique  et  Lophotes 
de  l’Inde  et  d’Australie ,  et  l’avoir  rangée, 
ainsi  qu’eux ,  à  la  suite  des  vrais  Faucons , 
avoue  cependant  qu’en  comparant  le  bec, 
les  narines ,  les  ailes ,  les  pattes,  la  forme 
générale  enfin  de  cet  oiseau  avec  ces  mêmes 
parties  chez  le  genre  Cymindis  ,  il  n’y 
trouvait  aucune  différence,  et  que  le  bec  seul 


”7 

en  offrait, étant  analogue  à  celui  des  Faucons. 

Nous  sommes  étonné  que  ce  seul  carac¬ 
tère  de  bec  à  double  dent,  qui  d’ailleurs 
n’est  point  réellement  celui  des  Faucons,  ait 
déterminé  ce  savant  ornithologiste  à  placer 
son  oiseau  près  d’eux,  dans  sesFalconinées, 
ainsi  que  le  genre  Lophotes ,  qui  a ,  d’ail¬ 
leurs,  les  plus  grands  rapports  avec  lui  dans 
toutes  ses  parties.  La  comparaison  qu’il 
établit  entre  son  oiseau  et  le  genre  Cymin¬ 
dis  nous  a  paru  si  exacte  et  si  positive  que 
nous  trouvons  tout  naturel  de  rapprocher 
ces  deux  genres.  Comment,  en  effet,  lors¬ 
que  deux  genres  offrent  une  analogie  par¬ 
faite  dans  toutes  leurs  parties,  et  même  dans 
la  forme  générale  du  bec ,  et  qu’ils  ne  diffè¬ 
rent  que  parce  que  ce  bec  présente  chez  l’un 
une  dent  bifide,  et,  chez  l’autre ,  une  dent 
simple  et  obtuse  ;  comment ,  dis-je ,  ne  pas 
les  rapprocher,  sinon  dans  le  même  genre, 
au  moins  dans  la  même  sous-famille  ? 

Nous  avons  donc  pensé  que  la  place  la 
plus  naturelle  du  genre  Aviceda ,  comme  du 
genre  Lophotes ,  qui  en  est  si  voisin  ,  était 
près  du  genre  Cymindis  de  Cuvier,  dont 
l’espèce  type,  l e  petit  autour  de  Cayenne 
(Buff.),  Falco  Cayennensis  (L.),  présente 
une  dent  obtuse  au  bec  ;  et,  comme  ce  der¬ 
nier  genre  offre,  selon  nous,  des  rapports 
très  marqués  avec  les  Bondrées ,  dans  la 
brièveté  des  tarses  à  demi  emplumés  et 
réticulés ,  dans  la  forme  des  narines ,  en 
fissure  étroite  et  presque  fermée ,  nous 
avons  cru  naturel  de  rapprocher  ces  deux 
nouveaux  genres,  Aviceda  et  Lophotes , 
de  ceux  de  Cymindis  et  Pernis.  Enfin,  ces 
quatre  genres  offrant  aussi  des  rapports 
marqués  avec  les  Milans  américains ,  sur¬ 
tout  avec  le  genre  Ictinie  de  Vieillot  qui , 
comme  le  g.  Cymindis ,  se  fait  remarquer 
par  une  dent  obtuse  vers  le  milieu  du  bec , 
nous  les  ferons  figurer  dans  la  sous-famille 
des  Milvinèes  ;  par  conséquent  bien  loin 
des  vrais  Falconinées. 

L’espèce  type ,  et  unique  jusqu’à  ce  mo¬ 
ment,  est  Y  Aviceda  cuculoides  (Swains. 
West.  Afr .,  I,  p.  104,  pl.  1),  qui  a  45 centi¬ 
mètres  de  longueur,  avec  le  tarse  seulement 
de  35  millimètres  et  dont  le  dessus  est 
d’un  gris  foncé  avec  le  dos  brun  ;  la  gorge 
et  la  poitrine  gris  pâle  ;  le  ventre  blanc, 
ocreux ,  traversé  de  larges  bandes  brunes; 
la  queue  terminée  d’une  large  bande  noire; 


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$73 


la  cire  et  les  pieds  jaunes.  L’auteur  ne  dit 
rien  des  mœurs  de  cet  oiseau,  l’unique  in¬ 
dividu,  peut-être,  qui  soit  encore  connu, 
d’une  des  espèces  les  plus  intéressantes 
de  Cymindis,  par  ses  formes,  jointes  à  un 
bec  à  dent  biflde. 

Ce  dernier  caractère,  qui  avait  paru  suffi¬ 
sant  à  M.  Swainson  pour  rapprocher  trois 
genres  chez  lesquels  il  se  trouve,  et  les  pla¬ 
cer  près  des  Faucons,  quoique  différents 
entre  eux  et  avec  ceux-ci  sous  beaucoup 
d’autres  rapports ,  ne  nous  a  paru ,  au  con¬ 
traire,  que  tout  à  fait  secondaire  dans  ce 
cas-ci ,  d’abord  parce  que,  chez  tous  trois, 
cette  double  dent  et  le  bec  diffèrent  de 
forme,  et  aussi  parce  que  si  l’on  retrouve 
chez  les  deux  genres,  Aviceda  et  Lophotes , 
assez  d’analogie  dans  leurs  autres  parties 
pour  les  rapprocher  et  les  grouper  avec  les 
Cymindis,  le  troisième  genre ,  Diodon  , 
s’en  éloigne,  au  contraire,  par  ses  ailes 
courtes  et  n’est,  selon  nous,  qu’une  espèce 
de  transition  des  Faucons  aux  Autours  à 
tarses  courts  d’Amérique.  (Lafr.) 

*AVICELIÆS.arach. — M.Walckenaër 
(Ins.  apt.-,  Suiles  à  Buffon)  emploie  ce 
nom  pour  désigner  une  petite  subdivision 
du  genre  Mygale,  comprenant  les  espèces 
dont  les  pattes  sont  allongées  et  presque 
égales  entre  elles.  Voy.  mygale.  (Bl.) 

AVICENNIA,  Linn.;  Halodendrum , 
Thouars.;  Sceura,  Forsk.  bot.  m. — Genre 
voisin  des  Verbénacées  et  des  Myoporinées. 
M.  Endlicher  le  considère  comme  type  d’une 
famille  nouvelle  (  les  Avicenniées).  On  lui 
assigne  les  caractères  suivants  :  Calice  4- 
parti,  régulier,  couvert  de  squamules  im¬ 
briquées.  Corolle  hypogyne,  à  tube  court, 
campanulé;  limbe  4-fide,  étalé,  à  segment 
postérieur  un  peu  plus  large.  Étamines  4, 
insérées  au  tube  de  la  corolle,  subdidy- 
names,  courtement  saillantes.  Ovaire  2-lo- 
culaire  ;  ovules  géminés  dans  chaque  loge, 
collatéraux,  pendants,  attachés  au  sommet 
d’un  axe  tétragone  comprimé.  Fruit  coriace, 
2-valve  ,  par  avortement  1-loculaire  et  1- 
sperme.  Graine  apérispermée ,  germant 
dans  le  fruit.  Embryon  à  radicule  infère , 
barbue;  cotylédons  très  larges,  épais,  bilo- 
bés  à  la  base ,  condupliqués.  —  Les  Avi- 
ccnniu  croissent  en  compagnie  des  Man- 
gliers  dans  la  vase  des  plages  de  la  zone 
équatoriale.  Ce  sont  des  arbres  dont  les  ra¬ 


cines  rampent  au  loin  à  la  surface  du  sol , 
produisant  de  nombreux  rejets  simples, 
nus,  et  semblables  à  des  baguettes.  Les 
feuilles  sont  opposées,  coriaces,  persistan¬ 
tes  ,  très  entières  ;  les  pédoncules  termi¬ 
naux  etdichotoméaires,  ternés,  multiflores  ; 
les  fleurs  sont  petites,  à  corolle  presque  co¬ 
riace.  On  connaît  six  espèces  de  ce  genre. 

(SpO 

AVICEPTOLOGIE  (  mot  hybride  : 

avis ,  oiseau  ;  capere,  prendre  ;  Xcfyoç,  dis¬ 
cours).  ois.  — C’est  l’art  de  prendre  les  Oi¬ 
seaux  vivants  ou  morts  par  toute  sorte  de 
moyens,  comme  pièges,  filets,  etc.  Ce  sujet 
n’étant  pas  du  ressort  de  ce  Dictionnaire  9 
nous  nous  contenterons  d’indiquer  le  recueil 
le  plus  étendu  en  ce  genre ,  qui  est  le  Dic¬ 
tionnaire  économique  de  Chomel ,  en 
2  vol.  in-fol.,avec  un  supplément  non  moins 
volumineux  par  Roger.  (Lafr.) 

AVICULA  (  avicula  ,  petit  oiseau  ). 
mole. — Nom  latin  du  genre  Hironde  de  Bru¬ 
guière,  Aronde  de  Cuvier  et  Avicule  de  La¬ 
ma  rck.  C’est  sous  ce  dernier  nom  français 
que  ce  genre  est  le  plus  généralement  adopté, 
et  c’est  à  lui  que  nous  renvoyons.  (Desh.) 

*  AVIGUL  AIRES .  arach.— M.  Walcke- 
naër  emploie  cette  dénomination  pour  dé¬ 
signer  la  seconde  race  ou  division  du  genre 
Mygale ,  caractérisée  par  des  pattes  as¬ 
sez  courtes,  inégales  entre  elles;  la  pre¬ 
mière  étant  moins  longue  que  la  quatrième. 
L’auteur  rapporte  à  celte  division  trois  espè¬ 
ces  américaines.  Voy.  mygale.  (Bl.) 

AYICULARIA  ,  Meisn.  (  Polygon . 
p.  85).  bot.  fh.  —  Synonyme  du  g.  Poly- 
gonum  de  Tournefort;  M.  Meisner  ne  le 
considère  que  comme  une  section  du  g. 
Polygonum  de  Linné.  (Sp.) 

AVICULE.  Avicula  (  avicula  ,  petit 
oiseau  ).  moll.  —  Longtemps  avant  que 
Linné  rassemblât  parmi  ses  Mytilus  les 
Coquilles  du  genre  Avicule,  Watton,  dans 
son  livre  si  remarquable  de  Differentiis 
animalium ,  avait  désigné  les  Avicules  sous 
le  nom  de  Concha  margaritifera ,  les  dis¬ 
tinguait  très  bien  des  Jambonneaux,  et  re¬ 
connaissait  cependant  l’analogie  qu’elles  ont 
avec  ce  genre.  Belon ,  dans  son  livre  des 
Poissons ,  donne  un  extrait  de  l’ouvrage  de 
Watton,  et  professe  les  mêmes  opinions. 
Rondelet  ajoute  une  figure  conforme  à  la 
description  de  ses  devanciers,  et  l’on  re- 


374 


AVI 


connaît  en  elle  l’ Avicule  mère-perle  men¬ 
tionnée  dans  les  ouvrages  des  anciens.  Gess- 
ner  commence  par  copier  la  figure  de  Ron¬ 
delet  ;  puis,  quelques  pages  plus  loin,  il 
représente  la  même  coquille  par  une  très 
bonne  figure  de  grandeur  naturelle  ;  mais 
Gessner  n’avait  point  reconnu  la  ressem¬ 
blance  de  sa  coquille  avec  celle  de  Ronde¬ 
let  ;  aussi  leur  donne-t-il  des  noms  diffé¬ 
rents.  Il  n’en  est  pas  de  même  d’Aldro- 
vande,  qui,  sous  le  nom  de  Concha  mar~ 
tjaritifcra ,  donne  trois  figures  exactes  de 
la  grande  Avicule ,  où  se  trouvent  les  plus 
belles  perles  orientales.  Dans  une  autre 
partie  de  son  ouvrage ,  à  la  page  465,  il  re¬ 
présente,  sous  le  nom  de  Concha  tennis 
iestœy  un  groupe  assez  considérable  de 
l’Avicule  de  la  Méditerranée  ;  et  cette  fi¬ 
gure  ,  quoique  grossière,  ne  permet  aucune 
erreur.  Les  Avicules  n’échappèrent  pas  à 
l’observation  de  Fabius  Colonna  ;  il  en  fit 
représenter  une  espèce  dans  ses  Observa - 
tiones  animalium  aquatilinm  et  terres - 
trium .  Nous  soupçonnons  qu’il  s’agit  d’une 
espèce  fossile.  A  la  fin  de  son  Traité  de  l’His¬ 
toire  naturelle  ,  Ferrante  Imperato  donne 
également  une  figure  très  reconnaissable  de 
l’Avicule  mère-perle,  déjà  mentionnée  par  la 
plupart  de  ses  prédécesseurs.  Enfin  Bonanni, 
Lister,  Rumphius,  ont  ajouté  plusieurs  espè¬ 
ces  intéressantes  à  celles  déjà  connues. L’une 
des  figures  de  l’Avicule  mère-perle  ,  qu’on 
peut  citer  comme  très  exacte,  est  celle  qu’on 
trouve  à  la  page  198  du  Metallotheca  va  U - 
enfin  de  Mescati.  Les  ouvrages  de  Gualtieri 
et  de  d’Argenville  ,  quoique  plus  modernes 
que  celui  que  nous  venons  de  mentionner, 
n’ont  pas  de  figures  dont  la  perfection  appro¬ 
che  de  celle-ci.  Jusque-là,  à  l’exception  de 
Fabius  Colonna ,  tous  les  auteurs  que  nous 
avons  mentionnés  n’ont  connu  que  des 
espèces  vivantes  d’ Avicule.  Volfart,  dans 
son  Historia  naturalis  Asiœ  inferioris , 
paraît  être  le  premier  qui  en  ait  figuré  une 
espèce  fossile  ;  mais  nous  devons  prévenir 
que  cette  coquille  fort  singulière  a  été  long¬ 
temps  rangée  parmi  les  Mytilus,  sous  le 
nom  de  Mytilus  socialis.  Nous  aurons  oc¬ 
casion  d’en  reparler  plus  tard.  Tandis  que 
Linné  travaillait  aux  premières  éditions 
du  Syslema  nalurœ  ,  Adanson  publiait 
son  ouvrage,  si  utile  encore  aujourd’hui, 
su?*  les  Coquilles  du  Sénégal.  Dans  les  mers 


AVI 

qui  baignent  cette  contrée,  on  trouve  assez 
fréquemment  une  espèce  d’ Avicule,  à  la¬ 
quelle  Adanson  donna  le  nom  de  Chanon ; 
il  ne  connut  pas  l’animal  de  son  espèce ,  et 
entraîné  par  l’analogie  des  Coquilles,  il  l’a 
confondue  avec  des  Modioles ,  des  Moules , 
et  une  Cardite  dans  son  genre  Jambonneau. 
Lorsque  Linné  publia  la  dixième  édition  du 
Systema  nalurœ ,  il  sut  éviter  une  partie 
de  la  confusion  d’ Adanson  ;  mais  ,  vou¬ 
lant  ne  pas  trop  multiplier  ses  genres  , 
il  rapprocha  dans  chacun  d’eux  toutes  les  es¬ 
pèces  auxquelles  pouvaient  s’appliquer  des 
caractères  fort  étendus  ;  aussi ,  Linné  ras-? 
sembla-t-il,  sous  le  nom  de  Mytilus  Arun » 
do ,  presque  toutes  les  Avicules  connues 
de  son  temps.  La  plupart  des  auteurs  qui 
succédèrent  à  Linné  ne  manquèrent  pas  de 
l’imiter  ;  et ,  comme  le  nombre  des  espèces 
s’accroissait  toujours,  il  en  est  résulté  une 
extrême  confusion  dans  la  synonymie  du 
Mytilus  Arundo.  Bruguière  conçut  l’heu¬ 
reuse  idée  de  réformer  la  plupart  des  genres 
linnéens  :  il  retira  des  Moules  le  Mytilus 
Arundo ,  et  créa  pour  lui,  dans  les  Planches 
de  l’Encyclopédie,  le  genre  Hirundo  Api - 
eu  la  ,  auquel  il  rapportait  judicieusement 
VAstrea  Maliens  de  Linné,  dont  plus  tard 
Lamarck  a  fait  le  genre  Marteau.  Peu  de 
temps  après  la  mort  trop  prématurée  de 
Bruguière,  Lamarck,  dans  sa  première  clas¬ 
sification  des  Mollusques  (  Mémoires  de  la 
Société  d'hist.  nat.  de  Paris ,  1799  )  porta 
plus  loin  que  son  prédécesseur  la  réforme 
dans  les  genres  linnéens;  et,  déjà  à  cette 
époque,  on  trouve  le  genre  Avicule  dans  des 
rapports  très  naturels  entre  les  Marteaux  et 
les  Perles.  A  cette  époque,  Lamarck  n’avait 
point  encore  établi  sa  classification  des  Co¬ 
quilles  bivalves  d’après  le  nombre  des  mus¬ 
cles;  et,  quoique  ce  caractère  d’une  haute 
valeur  lui  ait  alors  échappé ,  sa  grande  ha¬ 
bitude  de  l’observation  lui  a  fait  deviner  dès 
le  principe  les  rapports  des  genres,  de  telle 
manière  que,  dans  ses  méthodes  suivantes, 
il  eut  peu  de  changements  à  faire  pour  les 
mettre  entièrement  d’accord  avec  les  nou¬ 
velles  observations.  Depuis,  le  genre  Avi¬ 
cule  ,  généralement  adopté  ,  est  resté  con¬ 
stamment  dans  les  mêmes  rapports  ;  seu¬ 
lement  Lamarck,  pour  en  simplifier  da¬ 
vantage  les  caractères ,  a  voulu  en  séparer, 
comme  genre  particulier ,  l’Avicule 


AVI 


AVI 


375 


perle  et  quelques  autres  espèces  qui  n’ont 
presque  pas  de  prolongement  postérieur. 
Ce  nouveau  genre ,  d’abord  admis  par  quel¬ 
ques  personnes ,  est  actuellement  rejeté  , 
parce  qu’il  ne  se  lie  que  de  la  manière  la  plus 
insensible  avec  les  Avicules  proprement 
dites.  Les  anciens  zoologistes  et  Linné  lui- 
même  n’ignoraient  pas  que  les  Avicules  vi¬ 
vent  à  la  manière  des  Moules,  attachées  au 
fond  de  la  mer  au  moyen  d’un  byssus.  Poli, 
dans  son  grand  ouvrage ,  fit  le  premier  con¬ 
naître  avec  tous  les  détails  convenables  l’a¬ 
nimal  d’une  Avicule  assez  commune  dans  la 
Méditerranée.  Son  travail,  publié  dès  1795, 
fut  longtemps  à  se  répandre  en  France,  n’eut 
aucune  influence  sur  les  premiers  travaux 
de  Lamarck  ;  et  l’on  peut  dire ,  avec  vérité, 
que  la  connaissance  de  l’animal  des  Avicules 
a  confirmé  les  rapports  que  Lamarck  avait 
assignés  à  ce  genre. 

Les  Avicules  sont  des  Coquilles  singu¬ 
lières  dont  le  bord  supérieur,  dans  un  assez 
grand  nombre  d’espèces,  se  prolonge  en  une 
sorte  de  queue  assez  grêle ,  plus  ou  moins 
longue,  entièrement  détachée,  de  sorte  que, 
les  valves  étant  entr’ouverles ,  la  coquille 
offre  la  représentation  assez  grossière  d’un 
oiseau  qui  vole.  Toutes  sont  inéquivalves, 
très  inéquilatérales ,  presque  toujours  apla¬ 
ties;  la  valve  gauche  est  la  plus  grande  et  la 
plus  profonde.  Dans  quelques  espèces ,  la 
valve  droite  est  d’une  petitesse  tellement 
disproportionnée  qu’on  ne  pourrait  croire, 
si  on  ne  les  voyait  réunies,  que  les  deux  val¬ 
ves  appartiennent  à  la  même  coquille.  Le 
bord  cardinal  est  droit,  ordinairement  sim¬ 
ple,  et  offre  quelquefois  une  ou  deux  dents 
rudimentaires  ;  ce  bord ,  comme  celui  des 
Limes  ou  des  Huîtres,  se  prolonge  en  dehors 
en  une  sorte  de  talon  dont  la  surface  plane 
est  creusée  obliquement  d’une  fossette  trian¬ 
gulaire  et  peu  profonde ,  où  s’attache 
un  ligament  assez  épais  et  solide.  Dans 
toutes  les  espèces ,  l’extrémité  antérieure 
présente,  au-dessous  d’une  oreillette,  une 
échancrure  plus  ou  moins  profonde,  qui  pé¬ 
nètre  dans  l’intérieur  des  valves  lorsqu’elles 
sont  rapprochées,  et  qui  est  destinée  à  don¬ 
ner  passage  au  byssus.  Si  nous  examinons  les 
Avicules  à  l’intérieur ,  nous  observons  vers 
le  centre  des  valves  une  grande  impression 
musculaire,  ovale,  semi-lunaire,  ordinaire¬ 
ment  peu  profonde.  Si  l’on  partage  par  une 


ligne  longitudinale  la  coquille  en  deux  par¬ 
ties  égales ,  on  s’aperçoit  que  l’impression 
musculaire  est  presque  tout  entière  com¬ 
prise  dans  le  côté  postérieur.  Si  l’on  a  sous 
les  yeux  un  grand  nombre  d’espèces  d’ Avi¬ 
cules,  soit  vivantes,  soit  fossiles ,  voici  ce 
qu’on  observe,  relativement  aux  formes 
extérieures  :  dans  l’ Avicule  mère-perle,  dont 
Lamarck  a  fait  le  type  de  son  genre  Penta- 
dine,  la  coquille  est  subquadrangulaire ,  et 
ses  extrémités  supérieure  et  postérieure  ne 
présentent  aucun  indice  d’une  oreillette  pos¬ 
térieure.  A  côté  de  cette  espèce,  viennent  s’en 
placer  quelques  autres  qui  ont  les  mêmes 
caractères,  mais  chez  lesquelles  on  voit  ap¬ 
paraître  le  rudiment  d’une  oreillette  posté¬ 
rieure,  indiquée  par  une  légère  inflexion  du 
bord  postérieur.  Peu  à  peu,  en  passant  à  de 
nouvelles  espèces ,  on  voit  se  creuser  l’in¬ 
flexion  du  bord  postérieur,  et  l’appendice 
de  ce  côté  se  prolonger  de  plus  en  plus  et 
parvenir  enfin,  par  une  série  non  interrom¬ 
pue  de  modifications, à  une  longueur  presque 
égale  à  la  coquille  elle-même.  Ce  prolon¬ 
gement  postérieur  des  valves  est  tout  à 
fait  comparable  à  celui  qu’on  remarque 
dans  les  Marteaux  et  dans  quelques  espèces 
de  Perles;  mais  quelle  que  soit  la  longueur  de 
cet  appendice  postérieur,  tous  les  caractères 
n’en  restent  pas  moins  les  mêmes,  de  telle 
sorte  qu’il  est  impossible  de  séparer  géné¬ 
riquement  les  espèces  dépourvues  de  cet 
appendice ,  de  celles  où  il  se  trouve  le  plus 
développé.  Nous  passons  sous  silence  plu¬ 
sieurs  modifications  à  l’une  desquelles  se 
rattache  le  Myiilus  socialis  de  Schlott- 
heim  ;  coquille  restée  pendant  quelque 
temps  problématique  pour  la  plupart  des 
personnes  qui  l’ont  mentionnée.  Le  pre¬ 
mier,  guidé  par  une  analogie  qui  nous  a  ra¬ 
rement  trumpé,  nous  avons  reconnu  les 
caractères  de  cette  espèce,  et  l’avons  rangée 
dans  le  genre  auquel  elle  appartient  rceüc- 
ment.  Il  suffit  d’ouvrir  les  valves  d’une  Avi¬ 
cule  pour  s’apercevoir  que  les  Coquilles  de 
ce  genre  ont  une  composition  différente 
de  celle  des  Vénus,  par  exemple  ;  mais  qui 
se  rapproche  beaucoup  de  celle  dcsPinnes  et 
des  Pernes.  On  voit ,  en  effet ,  que  la  plus 
grande  partie  de  la  partie  interne  des  valves 
est  formée  d’une  couche  de  substance  na¬ 
crée  très  brillante,  et  l’on  aperçoit  vers  les 
bords  la  substance  nacrée  subitement  remu 


AVI 


AVI 


376 

placée  par  le  prolongement  de  la  couche 
extérieure  du  test,  prolongement  qui  est 
plus  ou  moins  considérable ,  selon  les  es¬ 
pèces.  Si  l’on  vient  à  casser  cette  partie  non 
nacrée  de  la  coquille,  on  s’aperçoit ,  en  la 
soumettant  à  un  grossissement  convenable, 
qu’elle  a  une  structure  fibreuse  à  fibres  per¬ 
pendiculaires  ;  structure  tout  à  fait  sembla¬ 
ble  à  celle  des  Pinnes  et  à  celle  de  quelques 
autres  Coquilles  du  même  groupe. 

D’après  les  observations  de  Poli,  l’animal 
des  Avicules  est  réellement  intermédiaire 
entre  celui  des  Pinnes  et  celui  des  Moules. 
Les  lobes  du  manteau,  désunis  dans  toute 
leur  longueur,  sont  épais  et  garnis  d’un 
plus  ou  moins  grand  nombre  de  petits  ten¬ 
tacules.  La  masse  abdominale  est  peu  consi¬ 
dérable  ,  et  porte  à  l’extrémité  antérieure 
un  pied  un  peu  en  massue ,  au  moyen  du¬ 
quel  l’animal  file  un  byssus,  dont  les  élé¬ 
ments  restent  assemblés  en  un  corps  cylin- 
dracé,  fort  solide,  terminé  par  un  large  em¬ 
pâtement,  au  moyen  duquel  l’animal  s’at¬ 
tache  fortement  aux  corps  sous-marins.  La 
bouche  est  grande,  transverse,  garnie  de 
petites  lèvres  tentaculifères.  Ce  que  nous  ve¬ 
nons  d’exposer  nous  permet  de  résumer 
les  caractères  de  ce  genre  de  la  manière  sui¬ 
vante  : 

Caractères  génériques. 

Animal  ovale  ,  oblong,  subtransverse  , 
ayant  les  lobes  du  manteau  libres  et  char¬ 
gés  de  petits  tentacules.  Pied  petit ,  subcla- 
viforme ,  portant  à  sa  base  un  byssus  com¬ 
pacte  ,  .dont  les  filaments  sont  réunis.  Bou¬ 
che  transverse,  garnie  de  lèvres  tentaculi¬ 
fères;  un  seul  muscle  subcentral  adducteur 
des  valves. 

Coquille  oblongue,  subtransverse  ou  lon¬ 
gitudinale,  inéquivalve,  inéquilatérale,  as¬ 
sez  souvent  prolongée  du  côté  postérieur  en 
appendice  de  dimensions  variables.  Une 
oreillette  antérieure  échanerée  à  la  base  de 
la  valve  droite  pour  le  passage  d’un  byssus  ; 
bord  cardinal  droit,  presque  toujours  sim¬ 
ple,  présentant  quelquefois  une  ou  deux 
dents  obsolètes  et  creusées  sous  le  crochet 
d’une  gouttière  oblique  ,  peu  profonde, 
large  et  triangulaire,  pour  le  ligament. 

Les  Avicules  ont  des  mœurs  assez  sem¬ 
blables  à  celles  de  nos  Moules;  elles  vivent 
généralement  à  de  faibles  profondeurs ,  se 
fixant  aux  rochers  ou  aux  coraux,  et  souvent 


se  mettant  les  unes  sur  les  autres  et  for¬ 
mant  ainsi  des  paquets  considérables.  L’es¬ 
pèce  la  plus  connue  est  celle  qui  fournit 
presque  toutes  les  Perles  répandues  dans  le 
commerce;  aussi  est-elle  presque  toujours 
mentionnée  dans  les  catalogues  sous  le  nom 
de  Mère-perle  ou  de  Margaritifère.  Cette 
espèce,  la  plus  grande  de  toutes,  fournit  éga¬ 
lement  au  commerce  presque  toute  la  na¬ 
cre  de  perles  qui  s’emploie  dans  la  bijou¬ 
terie  et  comme  ornement.  On  fait  des  pê¬ 
ches  régulières  de  cette  coquille  dans  plu¬ 
sieurs  parties  de  la  mer  de  l’Inde  et  du 
golfe  persique.  Nous  en  parlerons  à  l’article 
de  ce  Dictionnaire  particulièrement  des¬ 
tiné  à  rendre  compte  de  la  formation  des 
Perles.  Le  genre  Avicule  n’étant  pas  le 
seul  qui  en  offre ,  il  convient  de  rassem¬ 
bler  en  un  seul  article  tout  ce  qui  a  rap¬ 
port  aux  Perles.  Le  nombre  des  espèces 
que  renferme  actuellement  le  genre  Avi¬ 
cule  est  assez  considérable  :  elles  sont  dis¬ 
tribuées  dans  presque  toutes  les  mers, 
mais  surtout  dans  les  mers  les  plus  chau¬ 
des.  On  les  rencontre  fossiles  dans  presque 
tous  les  terrains  ;  on  les  observe  régulière¬ 
ment  réparties  depuis  les  terrains  tertiaires 
jusque  dans  les  terrains  de  transition. 
Elles  se  montrent  en  abondance  dans  une 
formation  très  intéressante  que  les  géo¬ 
logues  connaissent  sous  le  nom  de  Mu- 
schelkalk.  On  en  rencontre  un  assez  grand 
nombre  dans  la  formation  oolithique  ;  c’est 
parmi  celles  de  ce  terrain  qu’on  remar¬ 
que  les  espèces  les  plus  inéquivalves.  Le 
terrain  crétacé  en  contient  aussi  plusieurs 
qui  lui  sont  tout  à  fait  particulières; 
et,  quoique  notre  collection  soit  loin  d’ê¬ 
tre  complète  ,  nous  y  comptons  quarante 
espèces  fossiles  et  vingt-cinq  espèces  vi¬ 
vantes.  Nous  connaissons  dans  les  auteurs 
au  moins  une  vingtaine  d’espèces  qu’il  faut 
ajouter  pour  se  faire  une  juste  idée  de  ce 
qu’on  connaît  aujourd’hui  dans  le  genre 
Avicule.  (Desh.) 

AVICULÉES.  MCLii. — Sous  ce  nom  de 
famille  ,  Férussac  a  proposé  de  réunir  les 
genres  Avicula  ,  Pinna  ,  Crenatula , 
Ma  Iléus,  etc.  Suivant  la  méthode  de  La- 
marck,  ces  genres  appartiendraient  aux  fa¬ 
milles  des  Myiilacèes  et  des  Malléacèes. 
Voy.  ces  mots.  A  cet  égard,  nous  pensons 
que  zoologiquement  on  devrait  rassembler 


AVO 


AVO 


les  Coquilles  pourvues  de  byssus,  distinctes 
des  Pecten  et  des  Area ,  dans  une  seule 
famille,  celle  des  Mytiiïdècs.  Voy.  ce  mot, 
(A.  d’O.) 

AVIGNON,  moll.  —  Nom  qu'on  em¬ 
ploie  comme  synonyme  d’AYagnon  ou 
d’Avignon.  Voy.  avagnon.  Nous  ferons  ob¬ 
server  que  la  coquille,  ainsi  désignée,  est 
le  Mactra  piperata  deGmelin,  Lutraria 
piperata  de  Lamarck;  coquille  dont  Cu¬ 
vier  a  fait  son  genre  Avignon;  Mégerle, 
son  genre  Arénaire.  Montagu  a  créé  pour 
elle  son  genre  Ligule ,  et,  enfin  tout  récem¬ 
ment  ,  M.  Turton  en  a  fait  son  genre  Lis¬ 
tera.  Voy.  ces  différents  mots ,  ainsi  que 
lutraire.  (Desh.) 

AVIOSA.  rept.  —  Synonyme  de  Boa 
devin .  Voyez  boa. 

AVIRONS,  ins.  —  Nom  sous  lequel 
on  a  désigné  les  pattes  aplaties  de  certains 
Insectes  nageurs  :  tels  que  les  Dytiques  et 
les  Hydrophiles,  parmi  les  Coléoptères  ;  les 
Notonècles  et  les  Sigares,  parmi  les  Hémip¬ 
tères.  Voy.  PATTES.  (D.) 

*  AVTSUGES.  Avisuga  {avis,  oiseau  ; 
sugo ,  je  suce),  ins.  —  Nom  donné  par 
M.  Duméril  à  une  famille  d’insectes  aptères 
qui  vivent  en  parasites  sur  les  Oiseaux. 

(C.  d’O.) 

AVOCAT  ou  POIRE- AVOCAT,  bot 
ph.  — Nom  vulgaire  du  fruit  de  l’Avocatier. 

(Sp.) 

AVOCATIER,  bot.  ph. — Nom  vulgaire 
du  Persea  graiissima  Nees  {Laurus  Per - 
sea  L.),  de  la  famille  des  Laurinées.  (Sp.) 

AVOCETTE.  Recurvirostra ,  L.  ois. — 
Genre  de  l’ordre  des  Échassiers,  de  la  famille 
des  Longirostres  de  Cuvier  et  de  celle  des 
Palmipèdes  de  Vieillot.  Pour  nous,  ce 
genre  fait  partie  de  la  famille  des  Scolopaci *■ 
dées  et  de  la  sous-famille  des  Rècurviros - 
trinèes,  où  nous  le  groupons  avec  le  genre 
Échasse ,  celui  de  Leptorhynque  de  Dubus 
( Mag .  de  Zool.  de  Guérin),  qui  forme  le 
lien  de  transition  entre  les  deux,  et  celui  de 
Drôme.  Ses  caractères  sont  :  «Bec  allongé, 
très  grêle ,  très  déprimé  dans  toute  sa  lon¬ 
gueur,  se  rétrécissant  insensiblement  jus¬ 
qu’à  la  pointe ,  qui  est  singulièrement  fine 
et  flexible  ; .  ce  bec  se  recourbant  en  haut 
progressivement  depuis  la  moitié  de  sa  lon¬ 
gueur  ;  narines  linéaires  ,  situées  en  des¬ 
sus,  ,dans  un  sillon  qui  s’étend  jusqu’au  tiers 


377 

du  bec  ;  la  mandibule  inférieure  sillonneé 
aussi  latéralement  ;  pattes  grêles,  très  éle¬ 
vées,  à  ja'îhbes  demi  nues,  à  tarses  réticulés  ; 
doigts  antérieurs,- réunis  jusqu’aux  trois 
quarts  de  leur  longueur  par  une  membrane 
largement  échancrée  ;  pouce  très  petit , 
presque  nu  et  s’articulant  très  haut  sur 
le  tarse.  Ailes  longues,  pointues,  sur-aiguës, 
atteignant  presque  l’extrémité  de  la  queue 
qui  est  très  courte.  »  Ce  genre  d’oiseau, 
remarquable  par  la  forme  toute  particulière 
de  son  bec  retroussé  en  arc  dans  une  partie 
de  sa  longueur ,  ne  l’est  pas  moins  parmi 
les  Échassiers  ,  par  ses  pieds  palmés ,  qui 
l’ont  fait  grouper,  par  Vieillot,  avec  le 
Flammant  ,  dans  sa  famille  des  Palmi¬ 
pèdes,  et  par  M.  Lesson ,  avec  ce  même 
Flammant  et  le  Drôme  ardèolc ,  dans  son 
sous-ordre  des  Hémipalmes;  et  dans  sa 
famille  des  Hétérorostres.  Cette  demi-pal¬ 
mure  ,  qui  se  retrouve  d’ailleurs  plus  ou 
moins  prononcée  chez  d’autres  genres  d’É- 
chassiers,  tels  que  le  Chevalier  semi-palmé, 
les  Phalaropes,  etc.,  ne  nous  paraît  pas  ici 
un  caractère  suffisant  pour  rapprocher  des 
Oiseaux  aussi  disparates  que  le  Phèni- 
coptère  et  Y  Avocette ,  tandis  qu’entre 
ces  derniers  et  l’Échasse ,  il  y  a  des  rap¬ 
ports  généraux  et  vraiment  naturels.  Mê¬ 
mes  mœurs,  mêmes  proportions,  même 
coloration  de  plumage  ,  même  forme  de 
bec  grêle ,  acuminé  ,  sauf  la  courbure  en 
haut,  dont  on  voit  déjà,  toutefois,  un  indice 
chez  l’Échasse  d’Amérique ,  mêmes  tarses 
écussonnés  ;  et ,  quant  à  la  palmure  des 
doigts  de  l’Avocette ,  dont  il  existe  déjà  des 
vestiges  chez  les  Échasses ,  cet  oiseau  de  la 
Nouvelle-Hollande ,  dont  M.  Dubus  a  fait 
son  genre  Leptorhynque ,  et  qui  réunit ,  à 
des  pieds  palmés  d’Avocette,  des  formes  et 
un  bec  d’Échasse  ,  au  point  que  M.  Gould, 
dans  son  Synop •  austr. ,  en  a  fait  une 
Échasse  sous  le  nom  d ' Himantopus  pal- 
matus  (Échasse  à  pieds  palmés)  ;  cet  oi¬ 
seau,  dis-je,  peut  être  regardé  comme  l’es¬ 
pèce  de  transition  qui  lie  ces  deux  genres. 
C’est  ce  qui  nous  a  engagé  à  les  réunir 
tous  trois  en  un  groupe  particulier  dans 
les  Scolopacidées ,  leur  adjoignant  encore 
le  genre  Drôme.  Wilson  trouvait  tant 
de  rapports  entre  l’ Avocette  d’Amérique 
et  l’Échasse  du  même  pays,  qu’il  faisait 
de  cette  dernière  une  Avocette  sous  le 
24* 


T.  II 


378 


AYO 


AYO 


nom  de  Recurvirostra  Himantojms. 

Les  Avocettes ,  d’après  la  conformation 
même  de  leur  bec  si  faible ,  si  atténué  et 
retroussé  à  son  extrémité,  ne  peuvent  l’em¬ 
ployer  à  la  recherche  de  leur  nourriture  que 
dans  les  matières  les  plus  molles  ;  aussi, 
est-ce  dans  la  vase  et  le  limon  charié  par  les 
rivières  à  leur  embouchure,  et  dans  l’écume 
des  bords  de  la  mer  qu’elles  l’enfoncent 
assez  profondément,  pour  y  chercher  les 
petits  animaux  dont  elles  se  nourrissent. 
Elles  sont  d’un  naturel  sauvage  et  fort  in¬ 
quiet  ,  et  ne  se  laissent  approcher  que  par 
surprise ,  au  moins  notre  espèce  d’Europe. 
Wilson,  qui  a  observé  celle  d’Amérique  au 
moment  de  sa  ponte ,  dit  qu’alors  elle  a 
tout  à  fait  les  mêmes  allures ,  les  mêmes 
cris  répétés  que  l’Échasse,  la  même  manière 
de  faire  son  nid  et  de  le  placer  dans  des 
touffes  de  longues  herbes  aux  bords  des 
marais  salés  ,  et  que  ses  œufs  ont  la  même 
coloration ,  olive  pâle ,  marquée  de  grandes 
taches  noires ,  irrégulières.  Les  Avocettes 
fréquentent,  particulièrement  en  Amérique, 
les  marécages  salés  et  bas  qu’elles  parcou¬ 
rent  à  gué,  ayant  souvent  de  l’eau  jusqu’au 
ventre,  pour  chercher  ,  sur  le  fond  vaseux, 
les  Vers  marins ,  les  petits  Mollusques  et 
Crustacés  qui  s’y  trouvent  en  abondance , 
et  dont  elles  font  leur  nourriture  ,  selon 
Wilson.  Elles  nagent  aussi  fort  bien,  lors¬ 
que  l’eau ,  plus  élevée ,  leur  fait  perdre  le 
fond. 

On  ne  connaît  encore  que  quatre  ou 
même  cinq  espèces  d’ Avocettes ,  si  l’on  ad¬ 
met  comme  telle  le  genre  Leptorhynque 
(Dubus),  réparties  sur  toutes  les  grandes 
contrées  du  globe ,  ainsi  qu’il  suit  :  une  en 
Europe  et  en  Afrique,  une  dans  l’Inde,  une 
en  Australie  et  une  en  Amérique.  Elles  ont 
toutes  la  plus  grande  analogie  de  forme, 
de  taille  et  de  coloration.  Celle  d’Europe  , 
qui  se  retrouve  aussi  en  Égypte  et  au  Cap 
de  Bonne-Espérance  ,  VAvocette  (  Bufif. 
Enl.  353),  ou  plutôt  VAvocette  à  nuque 
noire  Tem.,  Man.  ( Recurvirostra  Âvo- 
cetta  Gmel.),  est  d’un  beau  blanc  ,  avec  le 
dessus  de  la  tête ,  la  partie  postérieure  du 
cou,  les  scapulaires,  les  petites  et  moyennes 
tectrices  et  les  huit  premières  rémiges 
noires  ;  le  bec  est  noir ,  l’iris  brun  rou¬ 
geâtre  et  les  pieds  couleur  de  plomb.  Sa 
longueur  est  de  47  centimètres.  (Lafr.)  | 


AVOINE.  Avena.  bot.  th.  —  Grand 
genre  de  la  famille  des  Graminées,  type  de 
la  neuvième  tribu,  les  Avénacées.  Ce  genre, 
fort  ancien  dans  la  science,  a  été  successive¬ 
ment  modifié  dans  ses  caractères  et  dans 
les  espèces  qui  y  ont  été  rapportées  par  les 
différents  auteurs  d’agrostographie.  Pali- 
sot  de  Beauvois  me  paraît  être  le  botaniste 
qui  a  le  mieux  déterminé  les  limites  de  ce 
genre  ,  en  en  retranchant  un  grand  nombre 
d’espèces  qui  en  diffèrent  assez  pour  en 
avoir  constitué  les  genres  Trisetum  et  Ar~ 
rhenatherum.  Cette  opinion  de  Beauvois 
a  été  adoptée  parM.  Kunth  ( Agrost t.  I, 
p.  299),  tandis  que  Trinius  avait  proposé 
une  autre  délimitation  du  genre  Avena.  Ce 
célèbre  agrostographe  adoptait  le  genre 
A rrhcna therum  deBeauYois,  etréunissait 
dans  le  genre  Avena ,  non-seulement  les 
espèces  dont  on  avait  fait  les  genres  Trise¬ 
tum  et  Gaudinia,  mais  toutes  les  espèces 
du  genre  Aira  de  Linné ,  conservées  sous 
ce  nom  par  tous  les  botanistes  modernes , 
ne  laissant  dans  le  genre  Aira  que  celles 
dont  Persoon  avait  créé  le  genre  Kœleria , 
généralement  adopté  par  tous  les  botanis¬ 
tes.  Cette  manière  d’envisager  le  genre 
Avena  n’a  pas  été  adoptée.  Voici  quels 
sont  les  caractères  du  genre  Avena,  tel 
qu’on  le  comprend  aujourd’hui  et  en  particu¬ 
lier  M. Kunth.  Les  épillets  contiennent  trois, 
ou  un  plus  grand  nombre  de  fleurs,  plus  ou 
moins  écartées  sur  leur  axe ,  et  dont  la  ter¬ 
minale  est  à  l’état  rudimentaire.  Les  deux 
valves  de  la  lépicène  sont  membraneuses, 
mutiques  ,  terminées  en  pointe  à  leur 
sommet  ;  les  deux  paillettes  de  la  glume 
sont  également  membraneuses ,  bifides  à 
leur  sommet;  l’extérieur  porte  sur  le  milieu 
de  son  dos  une  arête  longue,  raide  et  tordue 
en  spirale  à  sa  base  ;  les  deux  paléoles  sont 
glabres,  ovales,  lancéolées.  Le  fruit  est  cy- 
lindracé  ,  allongé ,  marqué  d’un  sillon  lon¬ 
gitudinal  et  généralement  velu  à  son  som¬ 
met.  Les  fleurs  sont  disposées  en  panicule  ; 
rarement  elles  semblent  constituer  une 
grappe  ou  un  épi.  Ce  genre  se  compose  d’au 
moins  cinquante  espèces ,  presque  toutes 
originaires  d’Europe ,  un  petit  nombre  du 
cap  de  Bonne-Espérance.  Parmi  ces  espèces, 
quelques-unes  sont  extrêmement  intéres¬ 
santes  par  leurs  usages  et  tiennent  un  rang 
distingué  dans  l’agriculture  européenne. 


AVO 


AVO 


379 


t.  L’avoine  commune,  Avcna  sativa  L., 
est  la  plus  généralement  répandue.  Elle 
offre  un  très  grand  nombre  de  variétés,  soit 
dans  la  coloration  de  ses  fruits,  soit  dans 
la  présence  ou  l’absence  des  arêtes.  —  2. 
L’avoine  nue  ou  avoine  a  gruau,  Avena 
nuda  L.,  porte  également  le  nom  d’ Avoine 
de  Tartarie.  Son  grain,  plus  petit,  se 
détache  facilement  des  paillettes  de  la 
glume.  —  3.  L’avoine  de  Hongrie  OU  d’o¬ 
rient,  Avena  orientalis  L.  Ses  grains  sont 
gros,  blancs,  lourds  et  farineux;  mais  cette 
espèce  a  l’inconvénient  de  s’égrainer  facile¬ 
ment. 

L’Avoine  est  une  céréale  fort  importante. 
Non-seulement  c’est  la  nourriture  par  ex¬ 
cellence  du  cheval  ;  mais,  dans  beaucoup  de 
pays,  où  le  froid  et  l’humidité  s’opposent  à 
la  culture  du  Seigle  et  du  Froment,  l’homme 
y  trouve  une  nourriture  assez  substantielle, 
mais  non  aussi  savoureuse  que  celle  du 
froment.  L’Avoine  s’emploie  comme  ali¬ 
ment,  surtout  en  Bretagne,  en  Écosse  et 
dans  les  régions  les  plus  reculées  du  nord 
de  l’Europe ,  ou  dans  les  pays  montagneux 
que  leur  élévation  rapproche  des  pays  du 
nord,  quant  à  leur  végétation.  Le  Gruau 
d? Avoine,  c’est-à-dire  les  grains  dépouillés 
de  leur  péricarpe  et  de  la  partie  extérieure 
de  leur  amande  et  grossièrement  concas¬ 
sés  ,  servent  à  faire  des  bouillies  très  nu¬ 
tritives.  Tout  le  monde  sait  que  la  décoc¬ 
tion  du  gruau  d’Avoine  est  fréquemment 
employée  en  médecine,  comme  une  boisson 
adoucissante ,  dont  on  fait  usage  dans  les 
rhumes  ou  dans  les  affections  chroniques 
des  organes  respiratoires.  (A.  R.) 

AVOINE  FROMENTAL.  bot.  ph  — 
Voyez  arrhênathère.  (A.  R.) 

AVORTEMENT.  Abortio.  zoou.  —  Ce 
mot,  considéré  sous  le  rapport  purement 
physiologique ,  signifie  l’expulsion  du  fœtus 
avant  qu’il  ait  atteint  l’époque  de  la  viabi¬ 
lité.  Les  causes  qui  déterminent  l’Avorte¬ 
ment  sont  fort  nombreuses ,  et  les  plus 
communes  sont  l’irrégularité  d’évolution 
du  fœtus ,  un  développement  anomal , 
confirmé  par  un  grand  nombre  de  faits  té¬ 
ratologiques  ,  la  coexistence  de  produits 
étrangers  dans  l’utérus,  des  travaux  trop 
prolongés ,  les  météorisations ,  la  mauvaise 
construction  des  habitations,  des  commo¬ 
tions  violentes,  des  hémorrhagies  prolon¬ 


gées,  des  modifications  subites  dans  l’état 
de  l’atmosphère ,  et,  pour  la  femme,  il  faut 
ajouter  à  ces  causes  physiques,  les  peines 
morales  et  une  sensibilité  exaltée  jusqu’à 
l’état  maladif  ;  aussi  est-ce  chez  elle  que 
l’Avortement  est  le  plus  fréquent  ;  viennent 
ensuite  les  animaux  domestiques,  dont  la 
constitution  a  été  modifiée  par  l’esclavage , 
et  surtout  les  bêtes  à  cornes.  Cet  accident 
est  très  rare  chez  les  Chèvres  et  les  Truies, 
et  plus  rare  encore  chez  les  Chattes  et  les 
Chiennes. 

L’état  pathologique  de  la  femelle  chez 
laquelle  un  Avortement  est  imminent  ne 
cesse  qu’après  l’expulsion  du  fœtus  ;  et  le 
danger  qu’elle  court  est  d’autant  moindre 
que  cet  accident  a  lieu  à  une  époque  plus 
rapprochée  de  la  conception. 

Nous  ne  parlerons  pas  ici  de  l’Avorte¬ 
ment  dû  à  des  pratiques  criminelles,  et  qui, 
dans  le  cas  de  réussite  ou  d’insuccès ,  est 
toujours  fatal  à  la  mère  et  au  fœtus. 

L’ Avortement  a  également  lieu  chez  les 
Oiseaux.  Les  œufs  à  coque  molle,  appelés 
œufs  hardes,  ne  sont  autre  chose  que  des 
germes  avortés  dont  on  ne  peut  attendre 
aucun  produit.  (C.  d’O.) 

AVORTEMENT,  thysioi..  végét.  — 
En  physiologie  végétale,  comme  en  physio¬ 
logie  animale  ,  le  mot  Avortement  expri¬ 
me  la  suppression  naturelle  ou  le  non-dé¬ 
veloppement  ,  soit  d’un  organe ,  soit  seule¬ 
ment  d’une  partie  d’un  organe  composé, 
soit  enfin  de  plusieurs  organes.  L’Avorte¬ 
ment  peut  être  complet,  c’est-à-dire  que 
l’organe  qui  manque  a  disparu  sans  laisser 
aucune  trace,  ou  bien,  au  contraire,  l’Avor¬ 
tement  est  incomplet ,  l’organe  existant , 
mais  déformé ,  rapetissé ,  en  un  mot  atro¬ 
phie  :  d’où  le  nom  $  Atrophie,  donné  à 
cet  Avortement  incomplet- 

L’Avortement  peut  avoir  lieu  à  une  épo¬ 
que  où  les  organes  échappent  par  leur  pe¬ 
titesse  à  tous  nos  moyens  d’investigation,  de 
telle  sorte  que,  dès  que  la  partie  à  laquelle  cet 
organe  appartient  est  visible  et  appréciable 
à  nos  sens,  nous  ne  pouvons  saisir  aucune 
trace  de  l’organe  manquant  ;  ainsi ,  par 
exemple,  dans  les  Labiées,  une  des  cinq  éta¬ 
mines  avorte  de  si  bonne  heure ,  qu’il  n’y 
a  aucune  période  de  la  vie  de  la  plante 
où  elle  soit  visible.  On  a  donné  à  ces 
Avortements  le  nom  d’ Avortements  in- 


380 


AVO 


ÀVG 


ternes  ;  tandis  qu’on  nomme  Avorte¬ 
ments  externes ,  ceux  qui  se  font  en  quel¬ 
que  sorte  sous  nos  yeux  par  la  disparition 
d’organes  qui  se  sont  d’abord  montrés  pen¬ 
dant  un  certain  temps. 

On  a  encore  divisé  l’Avortement  en  con^ 
stant  ou  naturel  et  en  inconstant  ou 
accidentel.  Le  premier  est  celui  qui  se 
reproduit  constamment  et  sans  interrup¬ 
tion  dans  la  série  de  tous  les  individus  de 
la  môme  espèce  ;  le  second,  au  contraire,  se 
montre,  pour  ainsi  dire,  par  exception,  pro¬ 
duit  par  une  cause  accidentelle  ,  qui  n’agit 
que  sur  un  individu  isolé. 

L’étude  des  Avortements  est  d’une  haute 
importance  en  botanique.  Elle  conduit  à  la 
solution  des  problèmes  les  plus  compliqués 
de  l’organisation  végétale ,  et  c’est  par  elle 
que  nous  pouvons  arriver  à  la  connaissance 
de  la  véritable  structure  et  surtout  du  type 
normal  des  végétaux.  En  effet,  l’homme  qui 
étudie  la  science  d’une  manière  philosophi¬ 
que  peut  reconnaître ,  au  milieu  des  varia¬ 
tions  sous  lesquelles  se  présentent  les  plan¬ 
tes  d’une  famille  naturelle  ou  d’une  tribu 
ou  groupe  de  familles,  un  type  fondamen¬ 
tal  dont  toutes  ces  variations  ne  sont  que 
des  modifications  dues,  soit  à  l’Avortement 
de  quelques  parties,  soit  au  contraire  à  leur 
multiplication. 

Nous  avons  dit  précédemment  que  l’A¬ 
vortement  ne  laissait  quelquefois  aucune 
trace  de  l’existence  de  l’organe  avorté;  d’au¬ 
tres  fois,  au  contraire,  il  est  remplacé  par  un 
organe  d’une  apparence  tout  à  fait  diffé¬ 
rente  ,  quoique  d’une  nature  physiologique 
semblable.  Il  y  a  donc  une  extrême  connexité 
entre  ces  deux  phénomènes  :  Avortement 
et  Métamorphose;  ainsi  qui  ne  sait,  par 
exemple,  que  dans  les  fleurs  qui  doublent, 
les  étamines  avortées  se  transforment  en 
pétales. 

C’est  dans  la  fleur  surtout  qu’il  est  im¬ 
portant  de  rechercher  les  Avortements  : 
d’abord,  parce  qu’ils  sont  le  plus  fré¬ 
quents  dans  cet  organe,  et  en  second  lieu, 
parce  qu’ils  y  exercent  une  influence  plus 
marquée  ,  en  troublant  la  disposition  ré¬ 
gulière  des  parties  constituantes.  En  ef¬ 
fet,  quand  une  partie  constituante  d’un 
des  verticilles  floraux  vient  à  avorter , 
il  est  bien  rare  que  les  autres  parties  du 
môme  vertieille  n’en  éprouvent  pas  une 


influence  plus  ou  moins  considérable.  Gé¬ 
néralement  les  parties  restantes  se  dé¬ 
veloppent  davantage;  aussi  plusieurs  au¬ 
teurs  attribuent-ils  l’Avortement  des  or¬ 
ganes  qui  manquent  à  l’inégalité  primitive 
de  force  de  nutrition  des  organes,  dont  les 
plus  forts  absorbent ,  à  l’exclusion  des  au¬ 
tres,  les  fluides  nutritifs  qui  leur  étaient 
destinés  en  commun  ,  et  s’opposant  ainsi  à 
leur  nutrition  les  font  complètement  dispa¬ 
raître. 

De  ce  développement  plus  considérable 
des  parties  subsistantes  résulte  en  général 
un  trouble,  un  dérangement  dans  la  dispo¬ 
sition  normale  de  la  fleur,  qui  devient  irré¬ 
gulière  ;  aussi,  selon  nous,  l’irrégularité  de 
la  fleur  reconnaît-elle  pour  cause,  du  moins 
dans  le  plus  grand  nombre  des  cas ,  l’A¬ 
vortement  d’une  partie  d’un  des  verticilles 
floraux  ;  ainsi ,  par  exemple  ,  l’irrégularité 
des  fleurs  dans  les  Orchidées,  dans  les  La¬ 
biées,  les  Antirrhinées,  etc. ,  est  le  résultat 
évident  de  l’absence  naturelle  ou  de  l’Avor¬ 
tement  de  deux  des  trois  étamines  dans  la 
première  de  ces  familles  et  d’une  des  cinq 
dans  les  deux  autres.  Ce  qui  prouve  évi¬ 
demment  l’opinion  que  nous  émettons 
ici,  c’est  que,  quand  ces  étamines  avortent 
d’habitude  ou  viennent  accidentellement 
à  se  développer,  la  fleur  reprend  sa  régu¬ 
larité  normale.  C’est  ce  que  prouvent  les 
exemples  d’Orchis  à  trois  étamines  déve¬ 
loppées  et  à  fleurs  régulières ,  de  Digitale 
et  de  Pédiculaire  à  cinq  étamines  et  à 
corolle  régulière  que  nous  avons  fait  con¬ 
naître  à  différentes  époques. 

Quand,  dans  un  vertieille  floral,  la  moitié 
des  organes  qui  le  composent,  vient  à  man¬ 
quer,  l’harmonie  de  la  fleur  peut  ne  pas 
être  troublée.  Ainsi,  dans  le  genre  Géra¬ 
nium ,  la  fleur  a  dix  étamines  et  est  parfaite¬ 
ment  régulière  ;  dans  le  genre  Erodium  de 
la  même  famille,  cinq  des  étamines  de  la 
fleur  avortent,  et  celles  qui  sont  ainsi  rédui¬ 
tes  à  leur  état  rudimentaire  alternent  régu¬ 
lièrement  avec  celles  qui  se  développent  ; 
aussi  la  fleur  des  Erodium  conserve-t-elle  sa 
régularité  ;  mais ,  dans  le  genre  Pélargo¬ 
nium  où  trois  des  étamines  sont  avortées  et 
sept  sont  restées  fertiles,  l’harmonie  est  dé¬ 
rangée  et  la  corolle  est  d’une  grande  irrégu¬ 
larité.  Il  en  est  de  même  dans  la  Capucine 
(: Tropæolum ),  dont  deux  étamines  Sur  dit 


AXE 


381 


AXE 

ne  se  développant  jamais ,  la  fleur  est  irré¬ 
gulière. 

Nous  ne  saurions  donc  trop  le  répéter  : 
l’élude  approfondie  des  Avortements  et  de 
leur  influence  sur  la  disposition  générale 
des  parties  subsistantes  est  la  clef  de  la 
plupart  des  anomalies  qu’on  observe  dans 
l’arrangement  des  parties  constituantes  des 
végétaux.  Elle  appelle  donc  l’attention  des 
botanistes  philosophes.  Voy.  fleur,  mon¬ 
struosités,  etc.  (A.  R.) 

*AXANTHES,  Blum.;  Maschalanthe , 
Blum.  ;  W a  Llirhia ,  Rein>vardt(/mrc  nlior .), 
in  Flora  ,  1825,  p.  107.  bot.  ph. — Genre  de 
la  famille  des  Rubiacées  (tribu  des  Hamé- 
lites  DC.),  auquel  son  auteur  (. Bijdr p. 
1002)  assigne  les  caract.  suivants  :  Fleurs 
hermaphrodites  ou  par  avortement  dioïques. 
Limbe  calicinal  urcéolé ,  presque  très  en¬ 
tier.  Corolle  rotacée,  à  tube  court,  cylin¬ 
drique  ;  gorge  garnie  de  5  faisceaux  de  poils; 
limbe  5-fide.  Étamines  5,  à  peine  saillantes, 
insérées  à  la  gorge  de  la  corolle.  Ovaire  5- 
loculaire,  à  disque  sillonné.  Style  indivisé  ; 
stigmate  à  5  lobes,  connivents  avant  l’an- 
thèse.  Baie  globuleuse,  5-loculaire,  poly- 
sperme,  couronnée.  Graines  petites,  poncti- 
culées.  —  Arbres  ou  arbrisseaux.  Feuilles 
opposées.  Fleurs  en  capitules,  ou  en  cymes, 
ou  en  corymbes ,  axillaires.  Ce  genre  ap¬ 
partient  aux  îles  de  la  Sonde  et  aux  autres 
archipels  des  mêmes  parages  ;  on  en  connaît 
7  espèces.  (Sp.) 

*  AXARQUES.  Axarchia  ,  Rafin. 
zooph.  —  Famille  du  sous-ordre  des  As- 
clères  de  Rafinesque  et  qui  comprend  les 
Pennatules ,  les  Vérétilles ,  plus  les  En- 
crines.  (p.  G.) 

*AXE  (à|<ov,  essieu,  axe),  zool.  et  térat. 
— Ce  mot,  fort  anciennement  emprunté  à  la 
mécanique  par  la  géométrie,  l’astronomie  et 
même  l’architecture,  d’un  emploi  plus  récent 
en  physique  et  en  minéralogie,  a  été  intro¬ 
duit  en  dernier  lieu  dans  les  sciences  biolo¬ 
giques.  Son  emploi  en  botanique,  en  zoolo¬ 
gie  ,  en  tératologie ,  est  même,  depuis  quel¬ 
ques  années ,  devenu  très  fréquent  ;  et  c’est 
pourquoi  nous  avons  cru  devoir  ne  pas  nous 
borner  ici,  comme  dans  les  dictionnaires 
précédents ,  à  de  simples  renvois  aux  arti¬ 
cles  généraux. 

§  I.  De  la  signification  du  mot  axe. 

Lorsqu’un  terme  passe  d’une  science 


dans  une  autre ,  il  est  bien  rare  qiie  sa  va¬ 
leur  primitive  ne  subisse  pas  dans  celle-ci 
quelque  altération  ;  ainsi ,  le  sens  du  mot 
Axe  n’est  exactement,  ni  en  géométrie,  ni 
en  minéralogie,  le  même  qu’en  mécanique  ; 
mais  les  différences  sont  très  légères  ;  et  la 
même  définition,  pourvu  qu’elle  soit  élevée 
à  un  certain  degré  de  généralité ,  est  appli¬ 
cable  sans  nulle  difficulté  à  toutes  ces  scien¬ 
ces.  La  définition,  au  contraire,  doit  être  plus 
profondément  modifiée  ,  lorsque  des  po¬ 
lyèdres,  idéalement  réguliers,  de  la  géomé¬ 
trie,  et  des  cristaux  que  la  minéralogie  assi¬ 
mile  à  ceux-ci,  on  veut  transporter  les  lignes 
idéales  appelées  Axes,  dans  l’étude  des  êtres 
vivants.  Les  formes  très  complexes  des  vé¬ 
gétaux  et  surtout  des  animaux  {voy.  forme) 
deviennent  alors  une  cause  de  sérieuses  dif¬ 
ficultés  sur  lesquelles  on  ne  s’est  pas  arrêté, 
et  qu’on  n’a  pas  résolues.  Les  zoologistes, 
en  particulier,  ont  paru  croire  qu’ils  pou¬ 
vaient  tout  aussi  bien  emprunter  à  la  géo¬ 
métrie  et  à  la  cristallographie  la  définition 
du  mot  Axe,  que  le  mot  lui-même  ;  et  c’est 
pourquoi  ils  l’ont  employé ,  sans  jamais  le 
définir ,  comme  une  expression  ,  dont  le 
sens,  généralement  compris,  est  à  l’abri  de 
toute  équivoque. 

En  s’écartant  du  principe  logique,  qui 
veut  que  nul  mot  ne  soit  introduit  dans  la 
science  sans  être  rigoureusement  défini, 
on  s’exposait  à  de  graves  inconvénients  qui, 
en  effet,  n’ont  pas  manqué  de  se  produire. 
Le  mot  Axs  a  reçu,  dans  les  livres  des  zoo¬ 
logistes,  plusieurs  acceptions  fort  différen¬ 
tes  ;  et  il  n’est  pas  jusqu’aux  meilleurs  ou¬ 
vrages  dans  lesquels  on  ne  les  retrouve 
simultanément  admises.  Cuvier  lui -mê¬ 
me,  dans  le  Règne  animal ,  n’éYite  pas 
cette  cause  de  confusion  et  d’erreur.  L’Axe 
est  tantôt  pour  lui  une  ligne  idéale ,  autour 
de  laquelle  un  certain  nombre  de  parties , 
analogues  entre  elles ,  se  disposent  circulai- 
rement  ;  tantôt  un  plan  idéal ,  des  deux 
côtés  duquel  les  parties  analogues  se  ran¬ 
gent  symétriquement  par  paires  ;  tantôt,  en¬ 
fin  ,  une  partie  ou  un  ensemble  de  parties 
matérielles ,  telles  que  le  tronc  ou  Axe 
principal  d’un  polypier ,  et  ses  branches 
ou  Axes  secondaires .  Cette  dernière  accep¬ 
tion  et  la  première,  les  seules  qu’on  trouve 
en  botanique,  se  lient  d’ailleurs  entre  elles 
d’une  manière  intime.  De  même  que  VAspç 


AXE 


AXE 


matériel  ou  essieu  d’une  machine  peut 
être  ramené  abstractivement  à  un  Axe  idéal 
passant  par  le  centre  du  premier ,  rien  ne 
s’oppose  à  ce  qu’on  considère  VAxe  ma¬ 
tériel  d’un  végétal  ou  d’un  polypier,  en 
d’autres  termes,  sa  'portion  axile ,  selon 
une  expression  déjà  consacrée  par  l’usage 
en  botanique,  comme  traversé  par  une  ligne 
fictive ,  l’ Axe  idéal. 

En  indiquant  les  divers  sens  attribués 
par  Cuvier  au  mot  Axe,  nous  avons  eu 
pour  but ,  non-seulement  de  montrer  com¬ 
bien  sa  signification  est  encore  loin  d’être 
fixée ,  mais  aussi  d’établir  dès  à  présent  un 
fait  très  important  sur  lequel  nous  revien¬ 
drons  bientôt,  savoir:  que  les  parties  qui 
se  correspondent  symétriquement ,  sont 
coordonnées,  chez  les  animaux,  tantôt  par 
rapport  à  des  lignes ,  tantôt  par  rapport 
à  des  plans ,  ou  mieux,  plus  généralement, 
par  rapport  à  des  surfaces  :  car  les  sur¬ 
faces  ,  aussi  bien  que  les  lignes  de  coordi¬ 
nation,  sont  quelquefois  courbes  et  non 
droites. 

Devrons-nous  donner  également  le  nom 
d ''Axe  à  toutes  ces  lignes  et  à  toutes  ces 
surfaces  de  coordination  ? 

En  géométrie  et  en  astronomie,  un  Axe 
est  toujours  une  ligne  droite.  De  même,  en 
minéralogie,  les  Axes  sont  des  lignes  droi¬ 
tes ,  autour  desquelles  sont  disposés  symé¬ 
triquement  les  faces  analogues  d’un  cristal. 
L’architecture  ,  au  contraire  ,  a  déjà  admis 
des  Axes  courbes  aussi  bien  que  droits  ; 
et  cette  extension  de  sens  n’a,  au  fond, 
rien  de  contraire  aux  principes  de  la  géomé¬ 
trie  elle-même ,  qui  peut  toujours  décom¬ 
poser  un  Axe  courbe  en  une  suite  infinie 
d’Axes  droits.  Rien  ne  s’oppose  donc  à  ce 
que  nous  appelions  Axe ,  toute  ligne  au¬ 
tour  de  laquelle  se  coordonnent  les  par¬ 
ties  analogues  d’un  être.  Cette  définition 
très  générale,  selon  laquelle  l’Axe  peut  être 
également  rectiligne  ou  curviligne,  est,  par 
cela  même ,  comme  on  le  verra  bientôt,  la 
seule  acceptable  en  zoologie. 

Autant  il  est  rationnel  d’étendre  le  nom 
d 'Axes  à  toutes  les  lignes  de  coordination , 
autant  il  est  peu  logique  de  confondre  avec 
celles-ci ,  sous  ce  même  nom ,  les  surfaces 
de  coordination.  Celles-ci  ne  correspon¬ 
dent  nullement  aux  Axes  des  géomètres  et 
des  cristallographes ,  mais  à  leurs  plans 


de  symétrie.  Les  surfaces ,  les  lignes  de 
coordination ,  peuvent  d’ailleurs  être  cour¬ 
bes  aussi  bien  que  droites ,  et  par  consé¬ 
quent,  cette  expression  géométrique,  plan 
de  symétrie  ,  non  plus  que  sa  définition  , 
ne  sont  admissibles  en  zoologie.  Nous  pro¬ 
posons  ,  comme  terme  plus  général,  le  mot 
Épine ,  déjà  usité  dans  cette  acception ,  en 
architecture  surtout,  et  nous  l’appliquerons 
à  toute  surface  des  deux  côtés  de  la¬ 
quelle  se  coordonnent  les  parties  ana¬ 
logues  d’un  être. 

Cette  définition  générale  de  l’ Épine  re¬ 
produit  presque  mot  pour  mot,  comme  on 
le  voit,  la  définition  précédemment  don¬ 
née  de  VAxe ,  et  il  devait  en  être  nécessai¬ 
rement  ainsi.  En  effet,  toute  épine  plane , 
aussi  bien  que  les  plans  d’axes  déjà  admis 
par  l’illustre  Brewster ,  dans  ses  Mémoires 
sur  la  double  réfraction,  peut  être  consi¬ 
dérée  comme  composée  d’une  infinité 
êVAxes  rectilignes  ;  et  de  même,  toute 
Épine  courbe,  comme  composée  d’une  in¬ 
finité  d 'Axes  curvilignes. 

Pour  que  VAxe  et  V Épine,  tels  qu’ils 
viennent  d’être  définis ,  correspondent 
exactement  à  VAxe  et  au  plan  de  symé¬ 
trie  des  géomètres  et  des  cristallographes, 
il  faut  qu’ils  réunissent  deux  conditions 
dont  l’une  a  déjà  été  indiquée ,  et  dont  la 
seconde ,  non  encore  exprimée  ,  dérive 
de  celle-ci.  La  première  est  que  VAxe  soit 
rectiligne  ou  V Épine  plane;  disposition 
dont  s’écartent  un  très  grand  nombre 
d’animaux  chez  lesquels  les  lignes  et  les  sur¬ 
faces  de  coordination  sont  non-seulement 
courbes,  mais  très  sinueuses,  souvent 
même  contournées  en  spirale.  L’autre  est 
que  les  parties  analogues  se  correspondent 
régulièrement,  outre  leur  volume  et  leur 
forme ,  par  leur  distance ,  et  généralement 
par  leur  disposition  par  rapport  à  l’Axe  ou 
à  l’épine  ;  en  d’autres  termes,  qu’ils  soient 
symétriques .  Il  en  est  ainsi  le  plus  sou¬ 
vent  quand  l’Axe  est  rectiligne  ou  l’épine 
plane  ;  mais ,  s’ils  sont  courbes ,  par  cela 
même,  il  n’y  a  plus  symétrie ,  mais  seule¬ 
ment  similitude ,  correspondance ,  coordi¬ 
nation  de  parties  analogues.  C’est  pourqnoi 
nous  avons  dû,  dans  la  définition  des  Axes  et 
des  Épines ,  les  considérer  comme  des  li¬ 
gnes  et  surfaces  de  coordination  ,  et  non 
comme  des  lignes  et  plans  de  symétrie ; 


AXE 


AXE 


383 


expressions  dont  les  premières  sont  géné¬ 
ralement  vraies,  et  dont  les  secondes  sont 
applicables  seulement  à  un  cas  particulier, 
qui  est,  il  est  vrai,  le  plus  remarquable,  et 
en  même  temps,  le  plus  fréquent  de  tous 
ceux  qui  se  présentent  à  l’observation. 

En  insistant,  comme  nous  venons  de  le 
faire,  sur  la  valeur  des  mots^es  et  Épines , 
nous  avons  eu  pour  but  de  donner  à  leurs 
définitions  la  rigueur  et  la  précision  dont 
les  sciences  biologiques  ont  été  si  long¬ 
temps  privées ,  et  qui,  cependant,  ne  leur 
sont  pas  moins  indispensables  qu’aux  scien¬ 
ces  dites  exactes. 

Nous  présenterons  maintenant,  sur  la 
forme  des  animaux ,  quelques  remarques 
générales  dont  nous  avons ,  depuis  quel¬ 
ques  années,  donné  le  développement  dans 
nos  cours  (surtout  dans  les  leçons  faites  en 
1839  à  la  Faculté  des  Sciences ,  et  dont  di¬ 
verses  analyses  ont  été  publiées).  Il  sera 
facile  au  lecteur  de  voir  quelle  extension 
peut  être  donnée  aux  considérations  de  ce 
genre  ,  lorsqu’on  ne  s’en  tient  pas,  comme 
nous  devons  le  faire  ici ,  à  quelques  re¬ 
marques  sommaires  sur  les  groupes  princi¬ 
paux  du  Règne  animal  (1). 

S  II.  Des  Axes  cl  des  Épines  dans  les 
animaux. 

Comme  l’a  établi  depuis  longtemps  M.  de 
Blainville ,  les  animaux  peuvent  être  rame¬ 
nés  à  trois  types  principaux ,  d’après  leur 
forme  générale  :  les  animaux  pairs ,  bi¬ 
naires  ou  zygomorphes  ;  les  radiaires , 
rayonnés  ou  actinomorphes  ;  enfin  les 
irréguliers ,  amorphes  ou  hétéromor- 
phes.  Nous  examinerons  successivement 
quels  systèmes  d’Axes  et  d’épines  corres¬ 
pondent  à  ces  trois  types,  ou  du  moins  aux 
deux  premiers ,  les  seuls  dont  l’organisa¬ 
tion  générale  soit  bien  connue. 

1°  Animaux  binaires.  La  disposition 
générale  qui  caractérise  les  animaux  binai¬ 
res,  et  qui  leur  est  commune  avec  l’homme, 
a  de  tout  temps  fixé  l’attention  et  n’est 
ignorée  de  personne  ;  mais  elle  a  été  géné- 

(i)  Oulre  plusieurs  autres  articles  généraux  de  ce  die 
tionnaire,  tels  que  Cristaux,  Forme  ,  Monsthes  composés. 
Rayonnés,  on  peut  consulter  comme  complément  de  ces 
remarques  et  de  celles  qui  suivent ,  les  deux  thèses  fort  re¬ 
marquables  que  notre  savant  collaborateur,  M-  Delafosse, 
a  soutenues  en  septembre  i84o  devant  la  Faculté  des 
Sciences  de  Paris,  l’une  sur  la  structure  des  cristaux ,  l’au* 
tre  sur  la  symétrie  en  général. 


râlement  mal  exprimée.  Il  est  fort  inexact 
de  dire,  comme  on  le  fait  ordinairement, 
que  les  organes  sensitifs  et  locomoteurs , 
et  le  plus  souvent  aussi  les  organes  repro¬ 
ducteurs  ,  sont  disposés  symétriquement 
des  deux  côtés  de  la  ligne  médiane  ou  de 
l’Axe.  La  coordination  ,  qui  d’ailleurs  est 
loin  d’être  constamment  symétrique  ,  n’a 
jamais  lieu  par  rapport  à  une  ligne  ou 
Axe ,  mais  par  rapport  à  une  surface  ou 
épine:  rectification  d’autant  plus  impor¬ 
tante,  que  la  coordination  par  rapport  à 
une  ligne  ou  Axe  forme  précisément  la  con¬ 
dition  essentiellement  caractéristique  de  la 
forme  dans  le  second  type  du  règne  animal. 

L’épine  offre  le  plus  souvent  la  disposi¬ 
tion  générale  d’un  plan  de  symétrie ,  sans 
mériter  cependant  ce  nom  dans  la  rigueur 
de  son  acception  géométrique.  C’est  ce  qui 
a  lieu  chez  l’homme  :  son  corps  offre  une 
disposition  généralement  symétrique  ;  mais 
les  courbures  de  la  colonne  épinière  et  la 
prédominance  du  côté  droit  rendent  la  symé¬ 
trie  imparfaite.  Chez  les  Animaux  vertébrés, 
chez  les  articulés ,  chez  les  Mollusques  su¬ 
périeurs,  la  disposition  générale  est  la  même 
que  chez  l’homme  5  toutefois  la  symétrie 
est  presque  toujours  beaucoup  plus  com¬ 
plète.  Au  contraire  ,  chez  la  plupart  des 
Mollusques  à  coquille,  l’épine,  au  lieu  d’être 
plane,  est  courbe  ;  le  plus  souvent  même , 
elle  présente  une  courbure  très  marquée 
qui ,  chez  une  multitude  d’espèces ,  affecte 
la  disposition  spirale  dans  une  grande  par¬ 
tie  de  son  étendue.  Lorsqu’il  en  est  ainsi, 
l’être  se  trouve  partagé,  non  pas  en  deux 
moitiés,  mais  en  deux  portions  inégales, 
l’une  plus  grande,  située  du  côté  convexe 
de  la  courbure ,  l’autre  plus  petite ,  du  côté 
concave. 

Ainsi,  dans  le  premier  des  trois  types 
que  présente  à  notre  observation  l’ensem¬ 
ble  du  règne  animal,  il  existe  non  une  sim¬ 
ple  ligne ,  mais  une  surface  de  coordina¬ 
tion  ;  non  un  Axe ,  mais  une  Épine.  Si  cette 
épine  est  plane ,  il  y  a  symétrie ;  si  elle 
est  courbe ,  simple  disposition  binaire  de 
parties  analogues,  mais  inégales  ;  d’où  l’on 
voit  que  la  coordination  par  rapport  à  une 
épine ,  et  la  disposition  bilatérale  des  par¬ 
ties  qui  est  la  conséquence  de  cette  coerdi- 
nation ,  sont  des  faits  généraux  et  essen¬ 
tiellement  caractéristiques  du  premier  type, 


AXE 


AXE 


'SBA 

tandis  que  la  symétrie ,  par  l’existence  de 
laquelle  on  a  si  souvent  caractérisé  ce  même 
type,  n’est  pour  lui  qu’un  fait  non  constant 
et  d’une  importance  secondaire. 

Et  s’il  est  besoin  de  confirmer  ce  résul¬ 
tat  qui,  du  reste ,  est  la  conséquence  ri¬ 
goureuse  de  faits  généralement  connus, 
une  remarque  bien  simple  fera  com¬ 
prendre  comment  l’existence  de  l’épine 
étant  fort  importante,  sa  disposition  droite 
ou  courbe  n’est  au  contraire  que  d’un  inté¬ 
rêt  fort  secondaire.  Chacun  de  nous  peut, 
et  il  lui  suffit  pour  cela  d’incliner  latérale¬ 
ment  son  thorax,  changer  la  disposition  de 
son  épine ,  la  rendre  courbe ,  de  plane 
qu’elle  est  normalement,  et  par  suite,  alté¬ 
rer  momentanément  la  symétrie  bilatérale. 
Cette  meme  possibilité  ,  qui  est  chez  nous 
renfermée  entre  d’étroites  limites,  existe  à 
un  très  haut  degré  chez  une  multitude  d’a¬ 
nimaux.  Dans  les  espèces  en  particulier  qui 
ont  le  corps  très  allongé,  et  en  môme  temps 
les  téguments  flexibles,  la  courbure  de  l’é¬ 
pine  peut  devenir  extrêmement  prononcée, 
et  souvent  même  arriver  jusqu’à  la  dispo¬ 
sition  spirale.  Et  si,  dans  ce  cas,  la  disposi¬ 
tion  générale  peut  être  changée  momenta¬ 
nément,  par  conséquent  sans  aucune  modi¬ 
fication  importante  de  l’organisation,  si 
l’épine  peut  être  tour  à  tour,  chez  le  même 
animal,  plane  ,  demi  circulaire ,  sinueuse  , 
contournée,  spirale,  ne  conçoit-on  pas  aus¬ 
sitôt  la  possibilité  de  trouver  toutes  ces 
dispositions  réalisées,  et  d’une  manière 
permanente,  chez  d’autres  animaux  du 
même  groupe  ,  surtout  parmi  ceux  dont  la 
peau  est  indurée  et  non  flexible. 

Après  l’épine  principale  qui  partage  l’être 
en  deux  portions  latérales,  tantôt  égales 
et  symétriques  ,  tantôt  inégales  ,  mais  cor¬ 
respondantes  ,  on  peut  distinguer,  chez  les 
animaux  du  premier  type ,  un  grand  nom¬ 
bre  d’épines  et  aussi  d’Axes  secondaires. 
J’appellerai  surtout  l’attention  sur  la  dis¬ 
position  remarquable  qu’offre  la  portion 
postérieure  du  corps  chez  un  grand  nombre 
de  Poissons,  et  spécialement  chez  les  Pleu- 
ronectes.  Outre  l’épine  principale  qui,  con¬ 
tournée  et  sinueuse  en  avant ,  est  posté¬ 
rieurement  plane  et  presque  comparable 
par  sa  régularité  à  un  plan  de  symétrie ,  il 
existe  une  seconde  épine  plane,  on  peut 
presque  dire  un  second  plan  de  symétrie 


perpendiculaire  au  premier.  La  symétrie 
est  donc  ici,  non-seulement  bilatérale,  mais 
en  même  temps  bilatérale  et  inféro-supé- 
rieure  ;  et  les  organes  post-abdominaux, 
se  correspondant  par  zones  de  quatre  cha¬ 
cune,  sont  coordonnés  par  rapport  à  la  ligne 
d’intersection  des  deux  plans;  ligne  qui  tra¬ 
verse  le  centre  des  corps  vertébraux,  et 
qui  constitue  un  véritable  Axe. 

L’Axe  optique,  autour  duquel  les  diverses 
parties  de  l’œil  sont  disposées  circulaire- 
ment,  est  encore  un  exemple  trop  remar¬ 
quable  pour  être  omis ,  mais  trop  connu 
pour  que  nous  insistions  sur  lui.  Disons 
seulement  que  l’Axe  principal  de  l’oeil  con- 
prend ,  outre  le  centre  de  la  sphère  que 
représente  cet  organe  dans  son  ensemble , 
les  centres  des  divers  cercles,  zones  et 
segments  sphériques  que  son  examen  exté¬ 
rieur  offre  à  l’observation. 

Enfin,  nous  ferons  remarquer  qu’un  très 
grand  nombre  d’appareils  et  d’organes  en 
particulier  sont  divisibles,  aussi  bien  que  le 
corps  tout  entier,  soit  par  des  épines  planes, 
soit  plus  fréquemment  par  des  épines 
courbes,  diversement  sinueuses  ;  fait  gé¬ 
néral,  déjà  indiqué  dans  le  premier  volume 
de  notre  Histoire  générale  des  Anomalies 
(  Voyez  aussi  Essai  de  zoologie  géné¬ 
rale  ). 

2°  Animaux  radiaires.  Lorsqu’ils  veu¬ 
lent  définir  d’une  manière  générale  la  forme 
des  animaux  radiaires,les  auteurs  disent  tan¬ 
tôt  que  les  parties  sont  disposées  comme  les 
rayons  autour  d’un  centre;  tantôt  qu’el¬ 
les  sont  disposées  autour  d’un  Axe,  sur 
deux  o je  plusieurs  rayons ,  ou  sur  deux 
ou  plusieurs  lignes  allant  d'un  côté  à 
Vautre.  De  ces  deux  expressions,  qui  tou¬ 
tes  deux  sont  empruntées  au  Règne  ani¬ 
mal,  la  première ,  qu’on  trouve  presque 
partout  reproduite,  est  fort  inexacte  ;  ce  qui 
ressort  clairement  des  considérations  plus 
haut  présentées.  La  seconde  est  exacte,  mais 
insuffisante.  Les  véritables  radiaires,  et  des 
remarques  analogues  sont  applicables  à  un 
grand  nombre  d’organes  dans  les  végétaux, 
ont  en  effet  leurs  organes  coordonnés  par 
rapport  à  un  Axe  principal ,  mais  aussi  en 
même  temps,  et  secondairement  par  rap¬ 
port  à  des  Épines,  souvent,  et  notamment 
dans  les  Polypes  ,  à  peine  indiquées ,  très 
manifestes,  an  contraire,  dans  les  classes 


AXE 

supérieures,  par  exemple  dans  les  Échino- 
dermes  et  les  Acalèphes. 

La  disposition  générale  de  ces  épines 
nous  est  connue  à  l’avance  ;  car  elle  est  la 
même  que  celle  de  V épine  principale  des 
animaux  du  premier  type.  Seulement,  au 
lieu  d’une  seule  épine  ,  il  y  en  a  ici  au¬ 
tant  que  le  corps  a  de  rayons  ou  lobes , 
chacun  d’eux  ayant  sa  propre  épine  qui  le 
divise  en  deux  parties  correspondantes, 
mais  inégales,  si  l’épine  est  courbe,  égales 
et  symétriques,  si  elle  est  plane.  Ces  deux 
parties ,  non-seulement  se  correspondent 
l’une  à  l’autre,  mais  encore  ont  des  ana¬ 
logues  dans  chacun  des  autres  lobes. 

De  là,  un  premier  mode  de  coordination, 
comparable  à  celui  qui  caractérise  le  type 
précédent  :  la  coordination  des  parties  ana¬ 
logues  de  chaque  lobe  par  rapport  à  son 
épine. 

En  même  temps  que  chaque  épine  divise 
un  lobe  de  l’animal  en  deux  parties  corres¬ 
pondantes  et  souvent  symétriques ,  elle  di¬ 
vise  de  même,  si  on  la  prolonge  suffisam¬ 
ment  par  la  pensée ,  l’animal  tout  entier. 
Si  le  nombre  des  lobes  est  pair,  l’épine 
d’un  rayon  ,  étant  prolongée  ,  divisera  pa¬ 
reillement  le  rayon  opposé  à  celui-ci,  ou,  en 
d’autres  termes,  se  confondra  avec  l’épine 
de  celui-ci.  Si  le  nombre  est  impair,  l’épine 
prolongée  passera  entre  deux  lobes,  mais  de 
même  en  partageant  l’animal  en  deux  par¬ 
ties  correspondantes,  et  le  plus  souvent 
même  égales  l’une  à  l’autre.  Tout  radiaire 
est  donc,  comme  tout  animal  binaire,  di¬ 
visé  en  deux  moitiés,  ou  au  moins  en  deux 
portions  analogues;  seulement  il  y  a  cette 
différence  que  ces  deux  moitiés  ou  portions 
peuvent  être  prises  d’autant  de  manières  dif¬ 
férentes  qu’il  y  a  de  lobes  et  par  consé¬ 
quent  d’épines. 

Ce  système  de  coordination,  quelque  re¬ 
marquable  qu’il  soit,  n’est  ni  le  seul,  ni 
même  le  principal.  Toutes  les  épines  con¬ 
vergent  vers  la  région  centrale,  et  viennent 
s’y  rencontrer  en  une  ligne  d’intersection, 
qui  est  V Axe  principal,  renfermant  en  lui 
le  centre  de  figure ;  ainsi,  les  parties  se 
coordonnent  des  deux  côtés  des  épines ,  et 
les  épines,  à  leur  tour,  se  coordonnent  au¬ 
tour  de  Y  Axe;  double  système  de  coordina¬ 
tion  ,  d’où  résulte ,  lorsque  la  coordination 
est  parfaite  et  vraiment  symétrique ,  une 

T.  II. 


AXE  385 

forme  presque  aussi  régulière  que  celle  des 
solides  géométriques  eux-mêmes. 

Les  radiaires,  comparés  aux  animaux 
binaires ,  présentent  donc  trois  ordres  de 
différences  : 

A.  Leur  organisation  est  soumise  à  une 
double  loi  de  coordination:  coordination 
directe  des  parties,  par  rapport  aux  épines; 
coordination  directe  des  épines  (mais  indi¬ 
recte  pour  les  parties)  par  rapport  à  X Axe. 

B.  C’est  en  définitive  à  une  ligne,  et 
non  ,  comme  dans  le  premier  type ,  à  une 
surface ,  que  se  rapportent  toutes  les  con¬ 
ditions  de  coordination  et  de  régularité. 
Cette  différence,  qui  résulte  directement 
de  la  première ,  ne  serait  pas  appréciée  à 
toute  sa  valeur,  si  nous  ne  rappelions  que  , 
dans  les  radiaires  inférieurs,  les  lobes  du 
corps,  et  par  conséquent  aussi  leurs  épines, 
s’effacent  peu  à  peu  ;  mais  Y  Axe  subsiste 
toujours. 

C.  Enfin  chaque  partie  n’a  pas  une  seule 
analogue,  mais  un  grand  nombre  d’analo¬ 
gues  ;  nombre  qui  est  toujours  d’autant  de 
fois  deux  qu’il  y  a  d’épines.  En  termes  con¬ 
cis,  les  radiaires  ne  sont  donc  pas  doubles  ; 
ils  sont  multiples ,  leurs  conditions  de 
multiplicité  étant  du  reste  rigoureusement 
définies. 

3°  Animaux  hétéromorphes.  Ces  ani¬ 
maux,  et  spécialement  les  spongiaires,  ont- 
ils  une  forme  complètement  irrégulière  ? 
Méritent-ils  réellement  le  nom  amorphes 
qu’on  leur  a  quelquefois  donné?  Il  suffit  de 
considérer  la  disposition  générale  d’une 
masse  spongiaire  ,  d’examiner  l’arrange¬ 
ment  et  la  forme  de  ses  oscules  pour  re¬ 
connaître  qu’il  y  a  aussi,  même  chez  ces 
êtres  inférieurs ,  une  tendance  à  la  régula¬ 
rité.  Du  reste,  leur  nature  est  encore  beau¬ 
coup  trop  obscure,  et  surtout  les  naturalis¬ 
tes  qui,  comme  nous  ,  ont  été  privés  de  la 
possibilité  de  les  étudier  sur  le  vivant ,  les 
connaissent  trop  imparfaitement,  pour  qu’il 
soit  possible  de  discuter  ici  à  leur  égard , 
du  moins  dans  les  étroites  limites  où  nous 
sommes  renfermés ,  la  question  de  l’exis¬ 
tence  des  Axes  de  coordination.  Cependant 
ne  serait-on  pas  autorisé  dès  à  présent  à 
dire  que  la  dualité ,  caractérisant  le  pre¬ 
mier  type  du  règne  animal,  et  la  multipli¬ 
cité  définie ,  le  second ,  les  hétéromorphes 
paraissent  offrir  un  troisième  mode  de  ré- 
2$ 


386 


AXE 

pétition,  le  seul  qu’on  puisse  concevoir 
après  les  précédents  :  la  multiplicité  in¬ 
définie  de  parties  tendant  à  se  disposer  au¬ 
tour  de  points ,  et  non  de  lignes  ou  Axes? 
Disposition  qui  existe  d’ailleurs  incontesta¬ 
blement  chez  d’autres  êtres  des  degrés  infé¬ 
rieurs  de  l’échelle  zoologique,  spécialement 
chez  plusieurs  des  animaux  si  longtemps 
confondus  par  les  auteurs  sous  le  nom  d’In- 
fusoires. 

S  III.  Des  Axes  et  des  Épines  chez  les 
êtres  anomaiix. 

Nous  ne  nous  arrêterons  ni  aux  êtres 
anomaux  des  trois  premiers  embranche¬ 
ments  (  voyez  anomalies  ),  ni  aux  Mons¬ 
tres  unitaires.  Les  derniers  de  ceux-ci  ex¬ 
ceptés  ( voyez  ANIDIENS  et  zoomyiiens),  tous 
ces  êtres  anomaux  ont  leurs  parties  coor¬ 
données  ,  quoique  moins  régulièrement, 
d’après  les  mêmes  épines  ou  Axes  auxquels 
se  ramène  la  conformation  normale  de 
leurs  espèces. 

Chez  les  Monstres  composés,  la  considé¬ 
ration  des  épines  et  des  Axes  offre  beaucoup 
plus  d’intérêt.  L’organisation  d’un  monstre 
double,  pour  prendre  ici  le  type  le  plus 
simple  que  puisse  offrir  un  monstre  com¬ 
posé  ,  est  coordonnée  très  régulièrement , 
par  rapport  à  trois  épines,  presque  toujours 
planes,  et  par  conséquent  comparables  à  des 
plans  de  symétrie ,  savoir  :  Y  épine  indi¬ 
viduelle  de  chacun  des  sujets  composants 
(sa  ligne  médiane ,  comme  on  dit  ordinai¬ 
rement),  et  Y  épine  ou  plan  d’union ,  c’est- 
à-dire  le  plan  selon  lequel  se  fait  l’union  des 
deux  sujets  composants,  et  qui ,  selon  une 
expression  impropre ,  mais  souvent  usitée, 
est  la  ligne  médiane  du  monstre  tout  en¬ 
tier.  Ce  plan  médian,  ou  plan  d’union,  est 
toujours  ,  comme  l’indique  son  nom  et 
comme  il  résulte  de  sa  disposition ,  inter¬ 
posé  entre  les  deux  épines  individuelles. 

Il  peut  d’ailleurs  être  ,  par  rapport  à 
celles-ci,  et  celles-ci  peuvent  être  entre 
elles,  dans  des  rapports  très  différents, 
soit  d’étendue ,  soit  de  disposition  ;  ainsi 
les  trois  épines  peuvent  être  égales  ou 
inégales.  L’épine  ou  plan  d’union  peut  être 
parallèle  aux  épines  individuelles;  il  peut 
leur  être  perpendiculaire  ;  il  peut  aussi  leur 
être  oblique;  et,  de  là,  des  différences  dont 
l’importance  est  telle ,  que ,  les  exprimer 
avec  exactitude,  c’est  véritablement  résu- 


AXE 

mer  en  quelques  mots  toutes  les  modifi¬ 
cations  essentielles  de  l’organisation  des 
Monstres  doubles.  Nous  pourrions  montrer 
que  la  même  classification  des  Monstres 
doubles ,  à  laquelle  nous  avons  été  conduit 
par  de  laborieuses  recherches  d’analyse  , 
eût  pu  être  déduite  presque  tout  entière 
de  la  manière  la  plus  simple ,  de  la  seule 
considération  des  trois  épines.  C’est  ainsi , 
et  ces  exemples  suffiront  pour  bien  faire 
comprendre  notre  pensée ,  que  la  division 
générale  des  Monstres  doubles  en  deux  or¬ 
dres  ,  les  Autositaires  et  les  Parasi¬ 
taires  ( voy .  ces  mots),  eût  pu  être  four¬ 
nie  immédiatement  par  la  seule  considéra¬ 
tion  de  l’étendue  relative  des  deux  épines 
individuelles,  toujours  égales  dans  le  pre¬ 
mier  ordre,  inégales  dans  le  second.  De 
même,  la  considération  de  la  direction  de 
l’épine  ou  plan  d’union,  tantôt  parallèle, 
tantôt  perpendiculaire  aux  deux  autres  épi¬ 
nes,  tantôt  oblique  sur  celles-ci,  eût  pu 
nous  fournir  les  principales  subdivisions  de 
ces  ordres.  Bien  plus  encore,  elle  pouvait 
faire  prévoir  approximativement  le  nombre 
des  genres  que  chacun  peut  comprendre. 
Qui  ne  voit,  en  effet,  que  les  épines  peu¬ 
vent  présenter  des  degrés  très  divers  d’o- 
bliquité  ,  se  rencontrer  sous  des  angles 
très  différents;  que  les  combinaisons  fon¬ 
dées  sur  le  parallélisme  des  épines  sont  né¬ 
cessairement  moins  nombreuses  ;  enfin  que 
l’incidence  perpendiculaire  de  l’épine  mé¬ 
diane  ou  d’union  sur  les  épines  individuelles 
n’est  possible  qu’avec  un  nombre  beaucoup 
moindre  encore  de  combinaisons  ? 

Les  Monstres  composés  plus  que  doubles, 
par  exemple,  les  Monstres  triples,  les  seuls 
dont  l’existence  soit  encore  authentique , 
peuvent  donner  lieu  à  des  considérations 
analogues  à  celles  que  nous  venons  d’indi¬ 
quer.  Dans  tout  monstre  triple,  il  y  a  trois 
épines  individuelles  et  deux  plans  d’union  : 
la  question  est  donc  plus  complexe ,  mais 
elle  n’est  réellement  pas  plus  difficile  ;  et  il 
en  serait  de  même  de  Monstres  plus  compo¬ 
sés  encore,  si  l’on  venait  à  en  établir  l’exis¬ 
tence  avec  certitude.  Quels  qu’ils  fussent, 
tous  se  ramèneraient ,  par  la  considération 
de  leurs  épines,  à  des  notions  fort  simples, 
en  ce  qui  concerne  leur  disposition  géné¬ 
rale  ;  et  il  ne  serait  même  pas  difficile  de 
la  prévoir  ,  et  d’en  résumer  à  l’avance  les 


S  87 


AXE 

conditions  dans  une  formule  commune  à 
tous  les  Monstres  composés.  Voyez  notre 
Histoire  générale  des  anomalies  ,  t.  III, 
et  l’article  monstres  composés  de  ce  Dic¬ 
tionnaire.  (I.  G. -S. -H.) 

AXE  (a£<oy,  axe),  min. — Dans  l’étude  des 
cristaux,  on  donne  ce  nom  à  certaines  lignes 
droites,  ou  directions  principales,  qu’on  ima¬ 
gine  passer  par  le  centre  d’un  cristal,  ou  mê¬ 
me  par  le  centre  de  chacune  de  ses  molécules, 
et  qui  servent  à  exprimer  les  lois  des  diverses 
propriétés ,  soit  géométriques  ,  soit  physi¬ 
ques,  qui  ne  se  montrent  pas  les  mêmes 
dans  tous  les  sens.  Dans  la  cristallographie 
proprement  dite,  on  distingue  des  Axes  de 
cristallisation,  qui  sont  des  Axes  de  figure 
ou  de  symétrie ,  passant  par  le  centre  du 
cristal ,  qu’on  suppose  ramené  à  sa  plus 
grande  régularité,  et  qui  vont  aboutir  soit 
à  des  sommets  d’angles  solides,  soit  à  des 
milieux  de  faces  ou  d’arêtes.  Il  y  a  toujours 
dans  un  cristal  quelconque  plusieurs  sys¬ 
tèmes  d’Axes ,  parmi  lesquels  on  en  dis¬ 
tingue  un  comme  principal  :  tel  est ,  par 
exemple ,  dans  les  systèmes  cubiques  ou 
prismatiques,  le  système  des  trois  Axes, 
qui  aboutissent  aux  sommets  de  l’octaèdre 
fondamental,  ou  aux  milieux  des  faces  du 
parallélipipède  circonscrit ,  par  lequel  on 
remplace  souvent  cet  octaèdre.  Il  est  clair 
que  ce  système  d’Axes ,  qui  est  en  quelque 
sorte  la  charpente  ou  le  squelette  géomé¬ 
trique  de  l’octaèdre  ,  peut  tenir  lieu  de  ce¬ 
lui-ci,  lorsqu’il  est  déterminé  en  longueur 
et  en  direction;  et  voilà  pourquoi  les  Axes 
cristallins  jouent  un  si  grand  rôle  dans  la 
cristallographie  allemande ,  où  ils  servent 
de  principal  fondement  à  la  détermination 
des  systèmes  cristallins. 

Dans  la  physique  des  cristaux ,  on  dis¬ 
tingue  aussi  plusieurs  sortes  d’Axes,  et  l’on 
peut  en  admettre  d’autant  d’espèces  diffé¬ 
rentes  qu’il  y  a  de  propriétés  susceptibles 
de  varier  avec  la  direction  autour  d’un 
même  point.  Tels  sont  les  Axes  optiques 
(Axes  de  double  réfraction,  ou  de  polarisa¬ 
tion  ) ,  les  Axes  d’élasticité ,  les  Axes  ther¬ 
miques,  etC.  VOy.  CRISTALLOGRAPHIE. 

(Del.) 

AXE.  Axis  (  a^wv ,  axe),  bot.  —  Ce 
nom  a  été  donné,  en  botanique,  à  plusieurs 
organes  différents  du  végétal  ;  ainsi  c’est  la 
partie  principale  de  la  plante,  celle  qui  sept 


AXI 

de  support  à  tous  les  organes  appendiculai¬ 
res.  Suivant  la  position  qu’il  occupe,  cet  Axe 
porte  des  noms  différents;  il  est  successive¬ 
ment  la  souche,  la  tige,  le  rameau,  le  pé¬ 
doncule,  le  réceptacle  de  la  fleur,  la  co- 
lumelle,  etc.  On  a  aussi  donné  le  nom  d’Axe 
au  support  commun  des  épillets  dans  les  Gra¬ 
minées,  et  particulièrement  dans  celles  dont 
les  fleurs  sont  disposées  en  épis.  (A.  R.) 

*  AXEST.US  (à  priv.;  ^ccttoç,  uni),  ins.— 
Genre  de  Coléoptères  tétramères,  famille 
des  Curculionites ,  établi  par  M.  Dejean 
dans  son  dernier  Catalogue,  et  dont  il  n’a 
pas  publié  les  caractères.  Il  n’y  rapporte 
qu’une  seule  espèce ,  originaire  de  Java , 
et  nommée  par  lui  A .  morosus.  Il  place  ce 
g.  entre  les  g.  Lcpyrus  et  Hylohius  de 
Germar,  qui  appartiennent  à  la  division  des 
Molytides  de  Schoenherr,  ordre  des  Gona- 
toeères.  (D.) 

AXÏ  (à£wv,  axe),  bqt.  i>h.  — Synonyme 
de  Piment .  Voyez  ce  mot. 

*AXÏA.  zooph. — Synonyme  d’Axiotime, 
Axiotima.  Voyez  ce  mot.  (P.  G.) 

AXIA  ,  Loureir.  (  à£a ,  importance  ). 
bot.  ph .  —  Genre  incomplètement  connu, 
qu’on  a  rapporté  avec  doute  à  la  famille  des 
Nyctaginées,  ainsi  qu’à  celle  des  Valérie- 
nées.  Son  auteur  lui  attribue  les  caractères 
suivants  :  Calice  triphylle,  court,  irrégulier, 
caduc.  Corolle  campanulée,  minime,  à  limbe 
10-fide  régulier,  plan.  Étamines  3;  filets  fili¬ 
formes,  aussi  longs  que  la  corolle  ;  anthères 
didymes,  à  bourses  globuleuses.  Ovaire  in¬ 
fère,  ovoïde,  sillonné.  Style  filiforme,  à  stig¬ 
mate  épaissi,  péricarpe  sec,  indéhiscent, 
ovoïde,  sillonné,  velu.  — Loureiro  ne  fait 
mention  que  d’une  seule  espèce  (VAxia  (A. 
cochinchinensis)  ;  c’est  un  arbuste  à  tiges 
nombreuses,  très  rameuses,  noueuses,  pro- 
cumbantes ,  rougeâtres  ;  à  feuilles  petites , 
opposées  ,  inégales,  sub-crénelées  ;  à  fleurs 
petites,  rougeâtres,  disposées  en  grappes 
sub-terminales.  La  racine  de  cette  plante 
est  charnue  et  fusiforme  ;  on  la  substitue,  en 
Cochinchine,  au  célèbre  Gin-Seng.  (Sr.) 

AXIE.  crust.  —  Genre  de  Décapodes 
macroures ,  établi  par  M.  Leach  ,  rangé  par 
Milne  Edwards  dans  la  famille  des  Thalassi- 
niens  ou  Macroures  fouisseurs  ;  tribu  des 
Cryptobranchides  et  caractérisés  de  la  ma- 
nière  suivante  :  Antennes  internes  portant 
deux  filaments  très  alloués,  faites  de  la 


388 


AXI 


ÀXÏ 


seconde  et  de  la  première  paires  didactyles  ; 
celles  des  trois  paires  suivantes  monodac¬ 
tyles  ;  nageoire  caudale  à  cinq  lames  élar¬ 
gies  et  foliacées.  On  ne  connaît  qu’une  es¬ 
pèce  d’Axie  ,  savoir  :  VA.  siirhynque  qui 
habite  nos  côtes.  (M.  E.) 

*AXIFERES  (axis,  axe;  fero,  je  porte). 
bot.  —  Dans  son  Essai  d’une  iconographie 
élémentaire  et  philosophique  des  végétaux, 
Turpin  a  donné  ce  nom  à  des  végétaux  qui , 
comme  les  Champignons  et  les  Algues  ter¬ 
restres  et  maritimes ,  se  composent  d’un 
axe  diversement  modifié ,  et  dont  l’inté¬ 
rieur  ne  contient  que  du  tissu  cellulaire. 

(C.  d’O.) 

*  AXELE.  Ernbryo  axilis  (Embryon). 
bot.  ph.  —  Embryon  dirigé  suivant  l’axe  de 
la  graine  et  surtout  de  l’endosperme.  Voy . 

EMBRYON.  (A.  R.) 

AXILLA.  bot.  ph. — Nom  latin  de  l’ais¬ 
selle  ou  angle  formé  par  la  soudure  d’un 
organe  sur  un  autre  organe.  Voy.  aisselle. 

(A.  K.) 

*  AXILLAIRE.  Axillaris.  ins.  —  On 

nomme  ainsi  une  petite  pièce  triangulaire 
qui  remplit  l’intervalle  existant  entre  les 
angles  postérieurs  du  corselet  et  les  angles 
huméraux  des  élytres  dans  les  Cètonidcs. 
Voy.  ce  mot.  (D.) 

*  AXILLAIRE.  Axillaris.  bot.  ph. — 

Cette  expression  s’emploie  pour  désigner 
tous  les  organes  placés  à  l’aisselle  d’un  autre 
organe,  mais  particulièrement  des  feuilles. 
C’est  dans  ce  sens  qu’on  dit:  fleurs  ou  fruits 
axillaires ,  par  opposition  à  fleurs  termi¬ 
nales  ,  fruits  terminaux.  Voy.  inflores¬ 
cence.  (A.  R.) 

*AXILLARIA,  R  a  fin.  bot.  ph.  — Sy¬ 
nonyme  du  g.  Polygonatum,  Desf.,de  la 
famille  des  Asparaginées.  (Sp.) 

AXILLARIS.  ins.- —  Voyez  axillaire. 

AXILLARIS. bot. ph. — Voy.  axillaire. 

AXLV.  Axinus  (à£îvv),  hache),  moll. — 
M.  Sowerby,  dans  son  Minerai  Concho- 
logy,  a  proposé  ce  genre  pour  des  Coquilles 
fossiles  dont  le  moule  seul  lui  était  connu  ; 
il  est  fort  difficile ,  en  l’absence  des  carac¬ 
tères  que  donne  la  charnière,  d’établir  de 
bons  genres  ;  aussi  il  est  à  regretter  que 
M.  Sowerby  ait  proposé  celui-ci.  En  exami¬ 
nant  les  figures,  nous  trouvons  aux  Co¬ 
quilles  du  genre  Axinus  une  très  grande 
analogie  avec  les  Lucines  et  nous  pensons 


que  les  deux  genres  pourront  être  réunis 
(voy.  lucine).  Nous  trouvons  en  effet,  à  la 
planche  314,  une  coquille  dont  le  moule  in¬ 
térieur  offre  deux  impressions  musculaires 
fort  écartées,  dont  l’antérieure  se  prolonge 
à  la  manière  de  celle  des  Lucines.  Ce  qui 
nous  confirme  dans  notre  opinion,  c’est  que 
d’après  les  mêmes  figures,  l’impression 
palléale  paraît  simple  et  sans  échancrure 
postérieure ,  également  comme  dans  les 
Lucines.  (Desh.) 

AXINA  (dd-îvYi,  hache),  ins.  —  Genre  de 
l’ordre  des  Coléoptères  pentamères ,  établi 
par  Kirby  (Lin.  Soc.  Trans.,  t.  XII, 
p.  389),  et  cité  par  Latreille  dans  son 
ouvrage  intitulé  :  Familles  naturelles  du 
règne  animal ,  où  il  le  place  dans  sa  tribu  ! 
des  Clairones ,  entre  les  g.  Eurypus  et 
Priocerus.  Ce  genre  est  très  voisin  des  No- 
toxus  de  Fab.,  et  renferme  deux  espèces 
du  Brésil  :  VAxina  analis  du  fondateur 
du  genre  et  VA.  rufiiarsis  de  Perty  (No- 
toxus ) ,  toutes  deux  figurées  :  la  lre,  loc. 
cit.  tab.  30,  f.  6;  la  2e  (Dclectus  an. 
pl.  6,  f.  16,  p.  30).  (D.  et  C.) 

AXINÆA,  Ruiz  et  Pav.  (à^tvvi ,  hache). 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Mélas- 
tomacées  (tribu  des  Lavoisiérées ,  DC.). 
Ses  caractères  distinctifs ,  suivant  M.  Don 
(  Mèm .  Wcrn.  Soc.  4,  p.  320),  sont  :  Ca¬ 
lice  cyalhiforme,  nu  à  la  base,  à  limbe  per¬ 
sistant,  5-ou  6-denticulé.  Pétales  5  ou  6. 
Anthères  obtuses  au  sommet,  simplement 
éperonnées  à  la  base ,  déhiscentes  par  2 
pores  apicilaires.  Capsule  5-ou  6-loculaire, 
inadhérente.  —  Arbres  ou  arbrisseaux. 
Feuilles  ovales-lancéolées  ou  cordiformes, 
dentelées  ou  crénelées,  5-nervées,  réticu¬ 
lées,  coriaces,  pétiolées,  cotonneuses-fer- 
rugineuses  en  dessous.  Fleurs  blanches  ou 
pourpres,  grandes,  terminales,  disposées 
en  corymbe  ou  en  grappe.  Ce  genre  est 
propre  à  l’Amérique  équatoriale  ;  il  com¬ 
prend  5  espèces.  (Sp.) 

*AXIIVE.  Axinefâ'.jy,  hache),  année.— 
Abildgardh  et  Oken  ont  signalé  sous  ce  nom 
un  genre  d’ Animaux  parasites  de  VEsox  Uc- 
lone ,  poisson  sur  les  branchies  duquel  ils 
vivent.  M.  Oken  range  ce  genre  parmi  les 
Lernées,  maisM.  dcBlainville  (Dict.des  sc . 
nat.  t.  VII,  568)  l’a  rapproché  de  la  famille 
des  Hirudinées,  parmi  les  Annélides.  D’a¬ 
près  M.  Diesing,  les  Axines  qu’il  appelle 


AXI 


AXI 


389 


Iferctacanthus  ( TSov .  net.  curios.  XVIII, 
310)  seraient  plus  voisins  des  Polystomes 
ou  Polycolylaires ,  et  voici  comment  il  les 
caractérise  :  Corps  comprimé ,  allongé  , 
atténué  et  tronqué  en  avant;  bouche  granu¬ 
leuse  ;  deux  suçoirs  de  chaque  côté  de  la 
partie  antérieure  du  corps  ;  extrémité  cau¬ 
dale,  pourvue  de  deux  petits  crochets. 

A  l’ Axine  Bcllonis ,  type  du  genre  , 
M.  Diesing  ajoute  une  seconde  espèce  , 
trouvée  sur  le  même  poisson  ,  et  qu’il  ap¬ 
pelle  Ilet.  saijittatus.  M.  Nordmann  doute 
que  cette  nouvelle  espèce  soit  réellement 
distincte.  (P.  G.) 

AX1XEE.  Axinœa  («?£vy],  hache),  moll. 
—  Poli,  l’un  des  premiers,  a  séparé  les 
Pétoncles  du  grand  genre  Arche  de  Linné. 
Il  a  fondé  cette  séparation  sur  des  caractères 
zoologiques  d’une  grande  importance,  et  il 
a  donné  aux  animaux  le  nom  Axinœa, 
qui  aurait  dû  être  conservé  ;  mais  Lamarck, 
dont  la  nomenclature  a  prévalu,  ayant  établi 
le  même  genre  sous  le  nom  de  Péronile ,  ce 
nom  a  définitivement  été  adopté  et  nous  y 
renvoyons.  (Desh.) 

AXINITE(à^vï),  hache),  min. — Synony¬ 
me  de  Thumerstein.  Ce  nom  a  été  donné  par 
Haüy,  à  un  Silicate  d’alumine  et  de  chaux, 
qui  se  présente  souvent  en  cristaux  amincis, 
dont  les  bords  sont  tranchants  comme  le  fer 
d’une  hache.  Ces  cristaux  ,  d’une  forme  très 
remarquable,  appartiennent  au  système 
klinoédrique,  et  ont  pour  forme  fondamen¬ 
tale  et  dominante  un  prisme  oblique  à  la 
base  de  parallélogramme  PMT,  dont  les 
deux  pans  M,  T,  sont  inclinés  l’un  sur  l’au¬ 
tre  de  135°, 24f ,  et  dont  la  hase  P  fait  avec  M 
un  angle  de  134°, 48r,  et  avec  T  un  angle  de 
115°, 39\  Les  deux  pans  sont  striés  verticale¬ 
ment  et  la  base  est  striée  parallèlement  à 
son  arête  d’intersection  avec  le  pan  M.  Il  y 
a  des  indices  de  clivage  parallèlement  aux 
faces  P  et  M ,  et  aussi  dans  le  sens  d’une 
troncature  faite  sur  l’arète  aiguë  formée  par 
l’intersection  des  mêmes  faces. — La  cassure 
des  cristaux  est  légèrement  écailleuse;  et  leur 
éclat  vitreux.  La  dureté  est  de  6,  5  à  l’échelle 
de  Mohs  ;  la  pesanteur  spécifique  de  3,3. 
Ce  minéral  est  transparent,  et  presque  tou¬ 
jours  coloré,  quelquefois  en  vert  pâle,  par  un 
mélange  grossier  de  chlorite,  le  plus  souvent 
en  brun  de  girofle ,  ou  en  brun  violâtre  par 
un  mélange  intime  d’oxyde  manganique  .On  a 


cru  reconnaître  dans  ses  cristaux  des  indices 
d’électricité  polaire ,  après  les  avoir  préala¬ 
blement  exposés  à  l’action  de  la  chaleur. 

Inattaquable  par  les  acides,  elle  fond  au 
chalumeau  avec  boursoufflement,et  se  trans¬ 
forme  en  une  matière  vitreuse  d’une  cou¬ 
leur  sombre.  La  poudre  fine  de  l’Axinite 
fondue  donne  une  gelée  avec  l’acide  chlor¬ 
hydrique.  Si  l’on  fait  digérer  cette  poudre 
dans  l’acide  sulfurique,  qu’on  évapore  en 
bouillie,  et  qu’on  allume  dessus  de  l’alcool, 
ce  dernier  brûle  avec  une  flamme  Yerte.  L’a¬ 
nalyse  chimique  donne  pour  éléments  de  sa 
composition  :  Silice  45  ;  Alumine  19  ;  Chaux 
12;  Oxyde  ferrique  12;  Oxyde  manganique  9; 
et  Acide  borique  2. 

Cette  substance  appartient  aux  terrains  de 
cristallisation,  et  se  rencontre  en  petits 
nids,  en  veines  et  en  cristaux  implantés  dans 
les  roches  de  Protogyne,  de  Diorite ,  de 
Schiste  amphibolique  et  Schiste  argileux. 
Elle  est  accompagnée  d’Épidote,  d’Asbeste, 
de  Prehnite,  de  Feldspath  et  de  Calcaire  spa- 
■  thique.On  la  trouve  principalement  au  Bourg 
d’Oisans  en  Dauphiné;  aux  Pyrénées,  dans 
les  environs  de  Barrèges;  dans  le  Cornouail¬ 
les  ;  dans  la  vallée  de  Chamouny  ;  au  Tyrol; 
à  Thum  en  Saxe ,  et  à  Treseburg  au  Hartz. 

(Del0 

AXINODERME.  Axinoclerma  (  à^îvr, , 
hache;  iïippoc,  peau),  moll.— -C’est  sous  ce 
nom  que  Poli,  dans  son  Système  de  nomen¬ 
clature  ,  désigne  les  Coquilles  de  son  genre 
Axinœa,  qui  est  identique  au  g.  nommé 
Pétoncle  par  Lamarck.  (Desh.) 

*  AXIN OP ALPIS  (mot  hybride  :  à^vr,, 
hache;  palpus ,  palpe),  ins.  — -  Genre  de 
Coléoptères  tétramères,  famille  des  Longi- 
cornes  ,  tribu  des  Cérambycins  ,  établi  par 
M.  Dejean  dans  son  dernier  Catalogue.  La 
seule  espèce  connue  de  ce  g.  vient  d’Autriche, 
et  a  été  nommée  par  Ziégler  Obrium  gra¬ 
cile.  Elle  est  testacée,  ponctuée  profondé¬ 
ment  ,  et  d’une  manière  serrée  en  dessus, 
luisante  en  dessous ,  avec  les  yeux  noirs , 
couverts  de  fortes  hachures.  Ceux-ci  sont 
étroits,  échancrés  en  avant,  plus  élargis 
par  le  bas  que  par  le  haut. 

Ce  genre  ressemble  assez  à  un  Obrium; 
mais  dans  ceux-ci  les  palpes  sont  amincis, 
tandis  que  dans  le  genre  en  question,  les  4 
derniers  articles  sont  fortement  en  hache. 

(D.  et  C.) 


390 


AXI 


AXO 


*AXIftfOPHORXJS  (jfym,  hache  ;  cpdpo?, 
porteur),  ins.  —  Genre  de  Tordre  des  Co¬ 
léoptères  tétramères,  famille  des  Cureu- 
lionites,  établi  par  Schoenherr  {Syn.  Ins. 
Cur -,  t.  IV,  p.  863),  qui  la  range  dans  sa 
division  des  Rhynchophorides. 

Ce  genre,  créé  aux  dépens  du  g.  Lixus, 
Fabr.  et  du  g.  Calandra ,  Hlig.,  ne  figure 
pas  dans  le  dernier  Catalogue  de  M.  Dejean. 
Schoenherr  n’y  rapporte  qu’une  seule  espèce, 
le  Lixus  gages  de  Fabr.,  qui  se  trouve  en 
Guinée.  »  (D.  et  G.) 

*AX]NOPHORUS  (à£vv), hache;  cpcpd,', 
porteur),  ins.  — Nom  de  genre  donné  par 
M.  Gray  {Jn  thc  animal  Kingdom. )  à 
un  coléoptère  du  Brésil  de  la  famille  des 
Carabiques,  qu’il  a  nommé  A-  hrasilien- 
sis.  MM.  Brullé  et  Solier  ont  décrit  peut- 
être  le  même  insecte  sous  le  nom  de  Ca- 
tajrieris  nitida  {Ann-  Soc.  Ent.  de  Fr., 
t.  IV  et  V,  p.  43  et  593).  M.  Mannerheim 
a  publié  encore  ,  sous  celui  de  Hololissus 
lucanoid.es ,  un  insecte  qui  ne  nous  paraît 
pas  différent  de  V  Axionoph.  hrasiliensis* 
de  M.  Gray.  On  retrouve  un  quatrième  nom 
de  genre  employé  par  M.  Westwood ,  celui 
de  Basilæa  ,  pour  désigner  une  autre  es¬ 
pèce  qui  appartiendrait  aussi  au  g.  Axino- 
pliorus.  (C.) 

*  AXINOPSOPHUS  (  à^yj ,  hache  ; 
tyo'œcç,  bruit),  ins.  — Genre  de  Coléoptères 
pentamères,  famille  des  Carabiques,  établi 
par  M.  le  baron  de  Chaudoir  {Bulletin  de 
la  Soc .  imp.  des  naturalistes  de  Moscou, 
année  1837,  pag.  9),  pour  y  placer  une  es¬ 
pèce  nouvelle  du  Cap  de  Bonne-Espérance  , 
qu’il  nomme  Ax.  quadrisignatus . 

Cette  espèce  est  la  même  que  celle  d’a¬ 
près  laquelle  M.  Delaporte  a  fondé  son 
genre  Arsinoe,  et  qu’il  a  figurée  sous  le 
nom  de  4 -guttata,  d’après  M.  Clievrolat , 
dans  ses  Études  eniomo  logique  s ,  qui  ont 
paru  en  1834,  c’est-à-dire  trois  ans  avant  la 
publication  de  M.  de  Chaudoir ,  dont  les 
noms  générique  et  spécifique  doivent,  par 
conséquent ,  être  considérés  comme  non 
avenus.  Voy.  arsinoe.  (D.  et  G.) 

*  AXIXOTOMA  (  à'£!vri ,  hache  $  toiat'  , 
section),  ins.— Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères,  famille  des  Carabiques,  tribu  des 
Harpaliens,  établi  par  M.  Dejean  dans  son 
dernier  Catalogue,  et  dont  il  a  publié  les 
caractères  au  t.  IV,  p.  29,  de  son  Species. 


Il  n’y  rapporte  qu’une  seule  espèce,  originai¬ 
re  du  Sénégal,  qu’il  nomme  A.  fallax.  Ce 
genre,  dans  sa  méthode,  précède  immédiate¬ 
ment  le  g.  Acinopus  de  Ziégler.  (D.  et  C.) 

*AXINURE.  Axinurus .  roiss. — Genre 
établi  par  Cuvier  dans  la  famille  des  Acan- 
thoptérygiens ,  pour  une  espèce  nouvelle 
rapportée  de  la  Nouvelle-Guinée  par  MM. 
Quoy  et  Gaimard,  et  ayant  pour  caractères  : 
Quatre  rayons  aux  branchies  et  trois  mous 
aux  ventrales.  Le  corps  plus  allongé  que  les 
Nasons,  et  la  queue  armée  de  chaque  côté 
d’une  seule  lame  carrée ,  tranchante ,  sans 
bouclier.  La  bouche  est  petite  et  les  dents 
grêles.  Cette  espèce  unique  a  reçu  le  nom 
d’/f.  tkynnoides.  (C.  d’O.) 

*  AXIOTHEATA  (  à£t.çôsa*&$  ,  digne 
d’être  vu),  ins.  — Genre  de  Coléoptères  té¬ 
tramères,  famille  des  Chrysomélines,  tribu 
des  Allicides ,  établi  par  M.  Chevrolat  et 
adopté  par  M.  Dejean,  qui,  dans  son  der¬ 
nier  Catalogue  ,  y  rapporte  deux  espèces , 
trouvées  à  Cayenne  par  M.  Lacordaire  : 
l’une  nommée  par  lui  A.  divisa ,  et  l’autre 
par  M.  Dejean,  A.  crocata.  Ses  caractères, 
d’après  M.  Chevrolat ,  sont  :  Corps  globu¬ 
leux.  Antennes  épaisses ,  perfoliées  de  12 
art.  :  1er  et  3e  longs  ;  les  suivants  courts , 
moniliformes  '  dernier  petit  et  acuminé,  de 
même  que  celui  des  palpes  maxillaires. 

(D.  etc.) 

*  AXÎOTIME.  Axiolima  (àÇioTipt.oç,  di¬ 
gne  d’honneur),  zoom.  —  Genre  de  Béroï- 
des,  proposé  par  M.  Eschscholtz  pour  une 
espèce  des  mers  australes,  VA.  Gaïdis 
Eschsch.  ( Acalephen ,  p.  34,  pl.  2,  f.  6). 
Ses  caractères  sont:  Corps  peu  élevé,  trans¬ 
verse  ,  très  comprimé,  prolongé  à  droite  et 
à  gauche  en  espèces  d’appendices,  portant, 
vers  leur  moitié  terminale  seulement,  et 
jusqu’à  la  pointe ,  des  séries  de  cils. 

M.  Eschscholtz  avait  d’abord  nommé  ce  g. 
Axia ;  d’après  feu  M.  Mertens,  il  repose  sur 
l’étude  d’un  échantillon  incomplet.  (P.  G.) 

AXIS.  mam.  —  Nom  d’une  espèce  du 
genre  Cerf.  On  en  a  fait  aussi  le  nom  d’un 
sous -genre  dans  le  même  groupe.  Voy. 
cerf.  (I.  G. -S. -H.) 

AXIS.  BOT.  TH.  —  Voyez  axe. 

AXOLOPHUS,  DC.  (à£tov,  axe;  Ào'cpcç, 
panache),  bot.  ph.  —  Section  du  g.  Lava - 
tera  (famille  des  Malvacées),  fondée  sur  le 
Lavatera  marilima .  (Sp.) 


AYD 


391 


AXOIYOPE.  Axonopvs  (aÇwv,  axe; 
oro?,  suc),  bot.  ru. — Le  genre  ainsi  nommé 
par  Palisot  de  Beativois,  pour  quelques  es¬ 
pèces  de  Paspàlum ,  a  été  réuni  au  genre 
Urochloa  du  même  auteur.  Vor/.  urochloa. 

.  (A.  R.) 

*  AXOYOPIiYTE .  Axonoyhy  ht th  (a- 

Iwv,  axe;  cpurov,  plante),  bot.  th.  —  Necker 
donne  ce  nom  aux  plantes  Amentacées , 
dont  les  fleurs  sont  groupées  autour  d’un 
axe  commun.  (G.  d’O.) 

*AXONOTECHIUM,  Fenzl  (  in  Ann. 
Wien.  Ah/s.  ,  t.  I,  p.  354  ).  bot.  th.  — 
Double  emploi  (  suivant  M.  Fenzl  même , 
Etnll.  G  en.  PL.,  p.  952)  du  genre  Oryqia, 
Forsk.,  de  la  famille  des  Portulacées.  (Sp.) 

AXYXOPHORUS.  ins.  —  Voyez  axi- 

NtfPilORUS. 

AXYRIS ,  L.  (ài;ufioç,  non  rasé),  bot. 
ru. — Genre  de  la  famille  des  Chénopodiées  ; 
on  en  connaît  quatre  espèces  ;  ces  plantes 
croissent  dans  la  Russie  méridionale  et  dans 
la  Sibérie.  (Sp.) 

A  Y  AM.  ois.  —  Mot  par  lequel  les  Ja¬ 
vanais  et  les  Malais  désignent  le  Coq  et 
même  Ses  Gallinacés  en  général.  Ainsi ,  à 
Java,  le  Coq  de  basse-cour  est  désigné  par 
le  mot  Ayant  seulement,  et  les  Coqs  sau¬ 
vages  Bnnkira  et  Aid  S,  par  ceux  Ü  Ayarn 
Bnnkivn ,  Ayant  A  La  s.  Dans  la  même  île, 
une  espèce  de  Perdrix  porte  le  nom  de 
Ayant  ayant  han  ,  dont  Temminck  a  fait 
sa  Perdrix  ayant  han.  (Lafr.) 

*  AYDE XBRON ,  Nees  et  Martius  (in 
Linnœa  VIII,  p.  36).  (al-wv,  axe;  «J'c'vcîpov , 
arbre),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille 
des  Laurinées  ,  auquel  M.  Nees  ( Syst . 
Laur.  ,  p.  245)  assigne  pour  caractères: 
Fleurs  hermaphrodites ,  paniculées.  Pé- 
rianthe  infondibuliforme  ,  6-fide;  segments 
égaux  ,  irrégulièrement  décidus.  Étamines 
9.  Filets  gros,  courts,  hérissés;  les  3  in¬ 
térieurs  garnis  de  2  glandules  basilaires, 
scssileS,  comprimées.  Anthères  4-valvu- 
laires  ;  les  3  intérieures  extrorses  ,  plus 
petites.  Trois  staminodes  squamiformes , 
subulés.  Stigmate  petit,  tronqué.  Baie  en 
forme  de  gland  ,  finalement  caliculée  par 
la  partie  subsistante  du  périanthe. —  Ar¬ 
bres  à  feuilles  penninervées  ,  persistantes. 
Panicules  axillaires  (  finalement  latérales  , 
par  suite  de  la  chute  des  feuilles),  brac- 
téolées  avant  la  floraison.  Ce  genre  est 


AZA 

propre  à  l’Amérique  équatoriale  ;  il  rem 
ferme  douze  espèces,  dont  la  plupart  sont 
très  aromatiques.  VA.  Cujumary  Nees 
( Ocotea  Cujumary  Martius),  indigène  du 
Brésil,  ell’j .  Lattrel  Nees  [Ocotea  Pichtt- 
rzmKunth),  qui  croît  aux  environs  de  Vene¬ 
zuela,  produisent  des  fruits  à  amande  très 
aromatique,  qu’on  emploie  comme  stoma¬ 
chique  dans  l’Amérique  méridionale.  (Sp.) 

AYE-AYE.  mam.  —  Voyez  cheiromys. 

A  YEN!  A,  Linn. —  Dayenia ,  Mill.  Ic. 
tab.  118.  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille 
des  Byttnériacées.  Ses  caractères ,  suivant 
M.  Endlicher  {G en.  Plant.,  p.  998), sont: 
Calice  mcmbranacé  ,  5-parti,  persistant; 
segments  égaux.  Pétales  5 ,  longuement  on¬ 
guiculés,  connivents,  à  lame  cuculliforme, 
munie  postérieurement,  au-dessous  de  son 
sommet ,  d’une  glandfile  stipitée.  Andro- 
pîiore  subinfondibuliforme,  10-ou  15-denté  : 
5  ou  10  des  dents  obtuses  ,  ananthères  ;  les 
5  autres  (opposées  aux  pétales)  anthérifères. 
Anthères  extrorses,  2-thèques  ;  bourses  dis¬ 
jointes,  2-valves.  Ovaire  courtement  stipité, 
sub-globuleux  ,  5-loculaire  ,  recouvert  par 
l’androphore;  loges  î-ovulées  ;  ovules  ana- 
tropes,  suspendus,  attachés  au-dessous  du 
sommet  de  l’angle  interne.  Style  indivisé  , 
terminé  pari  stigmate  sub-capitellé,  5-gone, 
obscurément 5-lobé. Capsule  globuleuse,  mu- 
riquée,  5-loculaire,  à  5  coques  1-spermes,  2- 
vaîves,  se  détachant  de  l’axe  central  et  s’ou¬ 
vrant  au  dos  en  2  valves;  axe  filiforme,  persis¬ 
tant.  Graines  apérispermées ,  ovales,  3-go- 
nes  ;  test  crustacé,  scabre  ;  raphé  longitudi¬ 
nal,  sulciforme  ;  chalaze  apicilaire,  orbicu- 
laire,  déprimée;  hile  basilaire. Cotylédons  fo¬ 
liacés,  sub-orbiculaires,  2-lobés,  convolutés 
en  spirale  autour  de  la  radicule  ;  radicule 
fusiforme. — Herbes  (de  l’Amérique  équato¬ 
riale)  annuelles  ou  Yivaces.  Feuilles  alter¬ 
nes,  pétiolées,  dentelées  ;  stipules  sétacées; 
pédoncules  1-ou  pauci-flores ,  axillaires, 
courts.  On  en  connaît  6  espèces.  (Sp.) 

AY\jANT\W..Aylanthvs.  bot.  ph.-— Il 
n’est  pas  très  rare  de  rencontrer  cette  ortho¬ 
graphe  vicieuse  du  mot  Ailanthe.  (Ad.  J.) 

AYLMERIA.  Martius.  bot.  th. — Genre 
de  la  famille  des  Amarantacées.  On  n’en 
connaît  que  2  espèces;  elles  habitent  la 
Nouv. -Hollande.  (Sp.) 

AZABARACHT.  bot.'W.  — -  Voyez 

AZEDARACH. 


392  AZA 

AZADARACHTA.  bot.  ph.  —  Voyez 

AZADIRACHTA.  (C.  d’O.) 

AZADARICHTA.  bot.  th.  —  Il  n’est 
pas  rare  de  trouver  cité  sous  ce  nom ,  ou 
sous  celui  d\4  zaradichta  ,  par  une  trans¬ 
position  vicieuse  de  lettres,  celui  qu’on  doit 
écrire  Azadirachta.  Voyez  ce  mot. 

(Ad.  J.) 

AZADIRACHTA.  bot.  ph.  —  Ce  nom 
est  un  des  dérivés  d’Azedarach  et  servait  à 
désigner  spécifiquement  un  arbre  rapporté 
au  même  genre  que  rAzedarach  commun , 
Melin  azcdarach  L.,  type  de  la  famille 
des  Méliacées  et  de  la  tribu  des  Méfiées. 
Nous  avons  cru  devoir  l’en  séparer  en  lui 
conservant  le  même  nom  comme  générique 
et  en  le  caractérisant  de  la  manière  sui¬ 
vante:  Calice  5-parti;  5  pétales  étalés;  10  filets 
soudés  en  un  tube  que  terminent  dix  lobes 
courts,  réfléchis,  au-dessous  desquels  s’in¬ 
sèrent  dix  anthères  opposées,  oblongues. 
Style  en  forme  de  colonne  ;  siginate  par¬ 
tagé  en  3  lobes  coniques.  Ovaire  porté  sur 
un  disque  court,  à  3  loges,  contenant  cha¬ 
cune  deux  ovules  pendants  et  collatéraux. 
Drupe  uniloculaire  et  monosperme  par  avor¬ 
tement.  —  L’espèce  unique  de  ce  genre  est 
un  arbre  indien,  à  feuilles  pennées  avec  ou 
sans  impaire,  dont  les  folioles  très  obli¬ 
ques  sont  dentées  et  glabres,  à  fleurs  dis¬ 
posées  en  panicules  axillaires.  Voy.  Brey- 
nyus,  Icon .,  1;  Cav.,  Diss.,  tab.  108;  et 
Ad.  J.,  Meliac .,  tab.  2,  n°  5.  (Ad.  J.) 

AZALEA,  L.  {ex cl.  sj)ec.)  —  Àntho - 
dendron ,  Reichb.  —  Osmathamnusta ■  , 
DC.  —  Rhododendron,  G.  Don.  —  Theis, 
Salisb.  —  Tsnlsusi,  Adans.  (âÇaX sa,  brû¬ 
lée).  bot.  ph. —  Genre  de  la  famille  des 
Éricacées  (  tribu  des  Rhodorées  )  ;  ses 
caractères  distinctifs  sont  :  Calice  petit , 
5-parti.  Corolle  ringente ,  sub-bilabiée , 
hypocratériforme  ;  limbe  5-parti.  Étamines 
5,  hypogynes,  longuement  saillantes,  dé¬ 
clinées  ,  ascendantes  au  sommet  ;  filets  fili¬ 
formes  ,  arqués  ;  anthères  elliptiques  ou 
oblongues,  obtuses,  échancrées,  sub-mé- 
difixes  ,  déhiscentes  par  2  pores  apicilaires. 
Ovaire  ô-loculaire;  loges  multi-ovulées. 
Style  filiforme,  saillant,  arqué,  ascendant, 
épaissi  au  sommet.  Stigmate  disciforme , 
5-lobé.  Capsule  oblongue,  5-loculaire,  5- 
valve,  septicidje,  polysperme;  axe-central 
5-ptère.  Graines  petites,  scobiformes,  ap- 


AZE 

pendiculées  aux  2  bouts.  —  Arbrisseaux  à 
ramules  sub-verticillés.  Feuilles  sub-persis- 
tantes  ou  non  persistantes,  éparses,  très 
entières,  ciliées.  Bourgeons-floraux  aphyl- 
les,  multiflores,  terminant  les  ramules  de 
l’année  précédente.  Fleurs  odorantes,  dis¬ 
posées  en  corymbes  ;  pédicelles  1-bractéo- 
lés  à  la  base  :  les  florifères  plus  ou  moins 
inclinés  ;  les  fructifères  dressés.  Bractées 
caduques,  scarieuses.  Corolle  jaune  ou  blan¬ 
che  ,  ou  rouge ,  ou  panachée ,  poilue  ou  glan¬ 
duleuse  ,  assez  semblable  à  celles  des  Chè¬ 
vre-feuilles. —  Ce  genre  ,  qui  appartient  aux 
régions  extra-tropicales  de  l’hémisphère 
septentrional,  est,  comme  on  sait,  pré¬ 
cieux  pour  l’horticulture,  qui  lui  doit  plu¬ 
sieurs  espèces  très  recherchées  comme  ar¬ 
brisseaux  d’ornement ,  dont  les  plus  remar¬ 
quables  sont  VA.  poniica  L.;  VA.  speciosa 
W.  (A.  nudiflora  L.  ;  A.  calendulacea 
Pursh.;  A.  canescens  et  A.  periclymena 
Mich.) ,  et  VA.  viseosa  L.  On  possède  un 
grand  nombre  de  variétés  de  chacune  de  ces 
espèces,  ainsi  que  beaucoup  d’hybrides  ob¬ 
tenues  par  la  fécondation  artificielle.  (St.) 

*AZAJYZA,  DC.  (nom  vernaculaire). 
bot.  ph.  —  M.  De  Candolle  (  Prodr., 
I,  p.  453)  donne  ce  nom  à  une  section  du 
g.  Hibiscus ,  section  dont  la  plupart  des 
espèces  doivent  être  rapportées  au  g.  Pari- 
tium,  Ad.  Juss.  (famille  des  Malvacées) 
(Sp.) 

AZARA,  Ruiz  et  Pav.  (nom  d’homme). 
bot.  ph. — Genre  de  la  famille  des  Bixacées; 
on  en  connaît  7  espèces,  toutes  indigènes 
du  Chili.  (Sp.) 

* AZAROLUS,  Borkh.  (a'Ca,  suie;  oXoç, 
limon),  bot.  ph.  —  Syn.  du  genre  Oro- 
nia,  Pers.,  de  la  famille  des  Pomacées. 

(Sp.) 

AZE.  mam.  —  Nom  de  l’Ane  dans  les 
dialectes  méridionaux. 

AZÈBRE.  mam. — Nom  ancien  du  Zèbre. 

AZEDAR  ACH,  AZED  ARACHS.  bot. 
th.  —  Ce  nom,  qui  désigne  un  arbre  bien 
connu,  Melia  Azedarach  L.,  vient  de  celui 
d '  Azadaracht,  que  lui  donnait  l’Arabe  Avi¬ 
cenne.  Il  a  passé  en  français,  et,  dans  le 
principe ,  s’était  étendu  non-seulement  au 
genre,  mais  à  toute  la  famille  dont  cet  ar¬ 
bre  fait  partie. — Les  noms  de  Melia  et  Mè- 
liacèes  {voy.  ces  mots)  ont  prévalu  mainte¬ 
nant.  (Ad.  J.) 


AZQ 


393 


AZO 

À#iÉJul3)ES.  Àzetidæ.  ins.  —  Nom 
donne  par  M.  Robineau-Desvoidy  à  une 
section  de  sa  tribu  des  Anthomydes,  dans 
l’ordre  des  Diptères ,  et  qu’il  caractérise 
ainsi  :  Chète  paraissant  nu.  Tête  de  gros¬ 
seur  ordinaire;  péristome  carré.  Abdomen 
des  mâles  non  atténué.  Corps  piqueté  de 
noir.  Cette  section  ne  comprend  que  le  g. 
Azèlie.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

*  AZÉLÏE.  Azelia  (àÇnXta,  sans  ja¬ 

lousie  ).  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des 
Diptères,  établi  par  M.  Robineau-Des¬ 
voidy  dans  sa  tribu  des  Anthomydes,  sec¬ 
tion  des  Azélides ,  et  auquel  il  donne  les 
caractères  suivants  :  Chète  nu  ou  parais¬ 
sant  nu.  Épistome  non  saillant.  Anus  des 
femelles  offrant  deux  carènes  superpo¬ 
sées.  Abdomen  des  mâles  piqueté  de  noir  ; 
teintes  noirâtres.  Taille  petite.  —  Il  y  rap¬ 
porte  9  espèces ,  dont  la  plupart  volent  sur 
les  Ombellifères.  Nous  n’en  citerons  qu’une, 
V Azelia  gentilis  R.  D.,  qui  se  trouve  sur 
les  fleurs  du  Persil  et  du  Cerfeuil.  Ce  genre 
répond  au  g.  Atomog astre  de  M.  Macquart. 
Voy.  ce  mot.  (D.) 

AZERBES.  bot.  ph.  —  Nom  d’une  es¬ 
pèce  de  Muscade  sauvage,  dépourvue  de  sa¬ 
veur.  (C.  d’O.) 

AZEROLE  et  AZEROLIER.  bot.  ph. 

—  Voy .  ALISIER. 

AZIER-MAC  AQUE .  bot.  ph. —  Voyez 

MÉLASTOME. 

AZ1MA,  Lamk.,  III.,  tab.  807  (à^vip'a, 
impunité),  bot.  ph. —  Synonyme  du  g.  l\lo- 
netia.  Lhérit.,  qu’on  range,  avec  doute,  à 
la  suite  des  Aquifoliacées  ou  Ilicinées. 

(Sp.) 

*  AZINEPHORA  (  à£r,v ,  barbe  ;  cpopà , 
action  de  porter),  ins.  — Nom  donné  par 
Stéphens  à  un  genre  de  Lépidoptères  de  la 
famille  des  Nocturnes,  tribu  des  Phalénites, 
lequel  correspond  à  notre  g.  Numeria  , 
qui  est  un  démembrement  du  g.  Fidonia 
de  Treitschke.  Voy.  ces  deux  mots.  (D.) 

AZIO.  roiss.  —  Un  des  noms  de  Y  Ai¬ 
guillât.  Voy.  ce  mot. 

AZOLLA.  bot.  th.  — Lamarck  a  donné 
dans  l’Encyclopédie  ce  nom  à  une  pe¬ 
tite  plante  rapportée  par  Commerson  du 
détroit  de  Magellan ,  et  qu’il  a  supposé  de¬ 
voir  former  le  type  d’un  nouveau  genre  de 
la  famille  des  Naïades ,  quoique  l’absence 
de  toute  espèce  d’organes  de  fructification 


dût  laisser  dans  le  doute  à  cet  égard ,  et  que 
l’aspect  de  ces  petites  plantes  les  rappro¬ 
chât  ,  comme  il  le  fait  observer ,  des  Fou¬ 
gères  et  des  Jungermannes. 

En  effet,  les  Azolla,  dont  on  a  depuis  dé¬ 
couvert  plusieurs  espèces  en  Amérique,  de¬ 
puis  le  Canada  jusqu’au  détroit  de  Magel¬ 
lan  et  à  la  Nouvelle-Hollande,  ont  l’appa¬ 
rence  de  petites  Jungermannes ,  à  rameaux 
pennés  ,  à  feuilles  petites  et  imbriquées , 
flottant  sur  les  eaux  douces,  sans  être  fixées 
au  sol. 

On  a  longtemps  ignoré  la  nature  des  or¬ 
ganes  reproducteurs  de  ces  petits  végétaux. 
Ils  ont  été  d’abord  découverts,  dans  les  es¬ 
pèces  de  la  Nouvelle-Hollande ,  par  M.  R. 
Brown ,  qui  en  a  donné  une  excellente  des¬ 
cription  ,  accompagnée  de  figures  analyti¬ 
ques,  aussi  parfaites  qu’on  pouvait  les  at¬ 
tendre  du  célèbre  peintre  Ferd.  Bauer,  dans 
l’appendice  au  Voyage  de  Flinders.  Ce  n’est 
que  depuis  peu  d’années  que  la  fructifica¬ 
tion  des  espèces  américaines  a  été  obser¬ 
vée,  décrite  et  figurée  par  M.  Martius,  dans 
ses  Icônes  seleclæ  plantamm  Cryplo- 
gamicarum  Brasiliensis  (p.  125,  pl.  74 
et  75).  Ces  deux  auteurs  s’accordent  dans  la 
plupart  des  points ,  et  leurs  observations 
semblent  prouver  qu’il  n’y  a  pas  de  diffé¬ 
rences  importantes  entre  la  structure  des 
Azolla  de  ces  deux  parties  du  monde  ;  ce¬ 
pendant  ces  différences  ont  paru  à  M.  Meyen 
suffisantes  pour  considérer  les  espèces  amé¬ 
ricaines  et  les  espèces  australiennes  comme 
constituant  deux  genres  distincts ,  dont  le 
premier  conserverait  le  nom  primitif  d’J- 
zgIIu  ,  et  le  second  recevrait  celui  de  Rhi- 
zosperma.  Nous  exposerons  ces  différen¬ 
ces  ,  en  faisant  connaître ,  aussi  bien  que 
cela  est  possible  sans  le  secours  des  figures, 
la  structure  remarquable  de  ces  plantes. 

Tous  les  Azolla  ont  des  tiges  pinnées  ou 
bipinnées,  quelquefois  paraissant  dichoto- 
mes,  s’étalant  en  rosette  de  quelques  centi¬ 
mètres  de  large ,  et  flottant  à  la  surface  de 
l’eau;  des  tiges  principales  naissent  des  ra¬ 
cines  simples ,  souvent  garnies  de  poils  et 
plongeant  dans  l’eau.  Les  feuilles,  très  pe¬ 
tites  ,  ovales ,  obtuses ,  entièrement  cellu¬ 
leuses  ,  sont  imbriquées ,  et  dans  l’espèce 
du  Brésil  (  Azolla  microphylla  Mart.), 
elles  sont  disposées  sur  quatre  rangs  :  deux 
inférieurs  correspondant  à  l’eau,  deux  su- 
25* 


T.  II. 


AZO 


AZO 


394 

périeurs  en  rapport  avec  l’air  ;  les  pre¬ 
mières,  plus  grandes,  sont  roses  etlisses; 
les  secondes  sont  vertes  et  papilleuses. 

C’est  vers  la  base  de  la  tige ,  à  l’aisselle 
des  feuilles,  dans  les  espèces  australiennes, 
dans  une  position  qui  paraîtrait  indépen¬ 
dante  de  ces  organes  dans  l’espèce  brési¬ 
lienne  ,  que  se  développent  les  organes  re¬ 
producteurs.  Ils  sont  de  deux  natures  ;  mais 
leurs  fonctions  ont  été  diversement  com¬ 
prises  par  les  savants  qui  les  ont  étudiés, 
et  il  reste  nécessairement  encore  des  doutes 
à  cet  égard. 

L’un  de  ces  organes  est  un  sac  membra¬ 
neux  fermé  de  toutes  parts,  formé  d’une 
membrane  celluleuse,  mince  et  uniforme, 
renfermant  des  corps  sphériques,  pédicellés, 
nombreux,  dont  les  pédicelles  naissent  tous 
du  fond  de  cet  involucre.  Chacun  de  ces  corps 
sphériques  ( Capsula ,  R.  Br.)  est  lui-même 
formé  d’une  membrane  celluleuse ,  fine , 
continue,  ne  s’ouvrant  que  par  déchirement, 
et  renfermant  dans  l’espèce  de  la  Nouvelle- 
Hollande,  d’après  M.  Brown,  de  6  à  9  corps 
anguleux  ,  qu’il  désigne  sous  le  nom  de 
graines,  et  qui  offrent  dans  leur  angle  inté¬ 
rieur  quelques  fibrilles  saillantes,  considé¬ 
rées  par  ce  savant  comme  des  radicules. 
L’espèce  américaine ,  d’après  M.  Martius , 
offre  des  involucres  ( Organœ  indusiala 
Mart.  )  dont  l’organisation  générale  est  la 
même  que  celle  que  nous  venons  de  dé¬ 
crire,  mais  dont  les  sporanges  ( Capsulœ , 
R.  Br.  )  renferment  de  4  à  8  corps  globu¬ 
leux  ,  dont  la  surface  est  hérissée  de  poils 
crochus ,  et  dont  l’intérieur  renferme  des 
vésicules  contenant  des  granules  jaunes, 
souvent  quaternés.  Cette  structure  inté¬ 
rieure  semble  éloigner  l’idée  de  comparer 
ces  corps  à  des  graines,  comme  M.  R.  Brown 
l’avait  fait  pour  les  corps  analogues  de  l’es¬ 
pèce  de  la  Nouvelle-Hollande. 

L’autre  organe,  d’une  structure  beau¬ 
coup  plus  extraordinaire ,  est  désigné  par 
M.  Brown  comme  organe  mâle,  et  par  M. 
Martius  sous  le  nom  à1  Orgaiium  calyp - 
tratum. 

Il  présente  un  sac  membraneux  ellip¬ 
soïde,  divisé  en  deux  cavités  par  une  cloi¬ 
son  transversale ,  et  dont  la  partie  qui  cor¬ 
respond  à  la  cavité  supérieure  se  sépare 
par  une  division  transversale  et  se  détache 
comme  une  coiffe;  la  cavité  inférieure,  qui 


est  parfaitement  close,  et  qui  est  envelop¬ 
pée  par  la  prolongation  de  la  membrane  qui 
forme  la  coiffe  et  par  une  enveloppe  propre 
qui  se  continue  avec  la  cloison  transversale, 
est  remplie  ,  d’après  M.  Brown  ,  d’un  li¬ 
quide  trouble,  qui  devient  ensuite  une  sub¬ 
stance  pulvérulente ,  et ,  d’après  M.  Mar¬ 
tius,  des  globules  disposés  en  série  et  rem¬ 
plis  d’une  masse  grumeleuse. 

La  cavité  supérieure  de  ces  mêmes  orga¬ 
nes,  qui  se  trouve  mise  à  découvert  par  la  sé¬ 
paration  de  la  coiffe  qui  la  recouvre  d’abord, 
présente  un  axe  ou  columelle  naissant  du 
milieu  de  la  cloison  qui  sépare  les  deux  cavi¬ 
tés  et  se  terminant  supérieurement  par  une 
touffe  de  fibrilles.  A  cette  columelle,  que 
MM.  Brown  et  Martius  considèrent  comme 
perforée  dans  toute  sa  longueur,  sont  fixés 
des  corps  solides,  arrondis  ou  anguleux,  au 
nombre  de  3  dans  l’espèce  américaine ,  de 
6  ou  9  dans  les  espèces  australiennes.  Ces 
corps  sont  formés  d’un  tissu  très  fin  et  très 
serré ,  semblable  à  celui  de  la  columelle 
elle-même  ;  ils  avaient  d’abord  été  dési¬ 
gnés  par  M.  Brown  sous  le  nom  d’anthères 
(  Proclr. ,  p.  166);  mais  il  a  renoncé  plus 
tard  à  cette  dénomination ,  et  paraît  consi¬ 
dérer  cet  organe  tout  entier  comme  une  an¬ 
thère  ,  dont  la  matière  d’abord  fluide,  puis 
pulvérulente,  contenue  dans  la  cavité  infé¬ 
rieure,  serait  le  pollen. 

Ainsi  M.  Brown ,  à  l’époque  déjà  reculée 
où  il  a  publié  la  description  de  cette  struc¬ 
ture  si  anomale,  considérait  le  premier  de 
ces  organes  comme  un  involucre  renfer¬ 
mant  des  capsules  contenant  chacune  6  à  9 
graines ,  ou  plutôt  6  à  9  embryons  à  radi¬ 
cules  saillantes,  et  le  second  organe  comme 
un  organe  mâle  dont  la  cavité  inférieure  re¬ 
présentait  l’anthère  pleine  de  pollen. 

M.  Martius ,  qui  a  observé  la  structure 
très  jingulière  des  corps  considérés  comme 
des  graines  par  M.  Brown,  paraît  pencher 
à  les  regarder  comme  des  vésicules  poïli- 
niques  et  à  admettre  chacun  de  ses  Organa 
calyptrata  pour  une  graine.  Dans  ce  cas, 
la  matière  pulvérulente  comparée  au  pollen 
serait  analogue  à  la  fécule  qui ,  renfermée 
dans  une  vésicule  spéciale,  forme  l’embryon 
des  Chara  et  d’autres  plantes  cryptogames. 

Malgré  les  doutes  que  peuvent  encore 
laisser  plusieurs  points  obscurs  de  l’orga¬ 
nisation  de  ces  parties ,  et  l’ignorance  où 


AZO 


nous  sommes  de  la  germination  de  ces 
plantes,  celte  dernière  opinion  de  M.  Mar¬ 
ti  us  me  paraît  plus  vraisemblable  et  plus 
en  rapport  avec  ce  qu’on  sait  actuellement 
de  la  structure  des  organes  reproducteurs 
des  autres  plantes  cryptogames ,  plus  ou 
moins  analogues  aux  Azolla . 

Les  différences  de  structure  intérieure 
que  nous  avons  indiquées  entre  l’ Azolla 
microphy  lia  du  Brésil  et  les  Azolla  pin- 
nata  et  ruhra  de  la  Nouvelle -Hollande, 
paraissent  tenir  plutôt  à  la  manière  dont  les 
observations  ont  été  faites  qu’à  la  nature 
même  des  choses,  à  l’exception  du  nombre 
des  lobes  ou  corps  solides  fixés  à  la  colu- 
melle  des  organes  biloculaires  qui  varie¬ 
raient  de  3  à  9.  Il  y  a  cependant  une  autre 
différence  qui  ne  paraît  avoir  qu’une  im¬ 
portance  tout  à  fait  secondaire  :  c’est  la 
manière  dont  les  organes  que  nous  avons 
décrits  sont  enveloppés.  Dans  les  espèces 
australiennes,  les  premiers  de  ces  organes 
sont  contenus  chacun  isolément  dans  un 
second  involucre  extérieur,  et  les  seconds 
sont  réunis  deux  par  deux  dans  un  invo¬ 
lucre  semblable.  Dans  l’espèce  américaine, 
dont  la  fructification  a  été  observée,  ces  or¬ 
ganes  sont  au  contraire  nus  et  isolés.  La 
combinaison  de  ces  divers  caractères  con¬ 
duira-t-elle  un  jour  à  admettre  la  division 
proposée  par  Meyen  de  ce  genre  en  deux 
genres,  sous  les  noms  Azolla  et  de  Rhi- 
zosperma  ?  c’est  ce  que  des  observations 
répétées  sur  les  autres  espèces  américaines 
et  sur  celles  de  la  Nouvelle-Hollande  pour¬ 
ront  seulement  décider. 

Ces  plantes  paraissent  très  répandues 
dans  l’Amérique  :  on  les  a  observées  sur 
les  eaux  stagnantes  des  terres  Magellani- 
ques,  du  Chili,  du  Brésil,  du  Pérou,  de  la 
Colombie,  dans  plusieurs  parties  des  États- 
Unis  ;  mais  elles  paraissent  très  rares  en 
fructification ,  et  les  espèces  n’en  ont  pas 
encore  été  distinguées  convenablement  ;  on 
ne  les  a  pas  jusqu’à  ce  jour  signalées  ail¬ 
leurs  qu’à  la  Nouvelle  -  Hollande  ,  hors  du 
continent  américain.  (Ab.  B.) 

*  AZOMA.  bot.  cr.  —  M.  Fries  ( Syst ^ 
Myc .,  vol.  III,  index  al ph.,  pag.  55) consi¬ 
dère  ce  genre  comme  un  état  du  Cladospo- 
rvumherJiarum.  Voy.  azosma.  (Lév.) 

*  AZOOTIQUE.  Azooticus  (à  priv.; 
Ç«ov,  animal),  géol.  — Épithète  donnée  aux 


AZO  395 

terrains  entièrement  privés  de  débris  orga¬ 
niques.  (C.  d’O.) 

*  AZOPHORA ,  Neck.  (  àÇ-nv ,  barbe  ; 

cpopa,  action  de  porter),  bot.  th.  —  Syn. 
du  genre  Rhizophora,  de  la  famille  des 
Rhizophorées.  (Sp.) 

AZORELLA,  Lamk.  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Ombellifères  ;  il  paraît 
être  propre  à  l’Amérique  australe;  on  y 
rencontre  7  espèces.  (Sp.) 

*  AZOSMA  (  je  n’ai  jamais  pu  découvrir 

l’étymologie  de  ce  mot),  bot.  cr.  —  Genre 
de  Champignons  que  Corda  place  dans  les 
Helminthosporiées  ,  et  qui  ne  renferme 
qu’une  seule  espèce ,  décrite  dans  la  Flora 
Germanica  de  Sturm  (pl.  8,  p.  35).  Il 
est  caractérisé  par  des  filaments  droits,  dia¬ 
phanes  ,  simples,  sur  lesquels  sont  répan¬ 
dus  des  spores  ovales ,  pyriformes  ,  trans¬ 
parentes  et  cloisonnées.  VA.  helminthos- 
poroides  C.  croît  sur  les  feuilles  des  Coni¬ 
fères.  Quoique  je  ne  connaisse  que  la  figure 
de  cë  genre ,  je  crois  que  c’est  avec  raison 
que  le  professeur  Fries  en  a  fait  un  Hel - 
?ninthosporoides .  (Lév.) 

AZOTE  (aprivatif;  Çcôgw,  vie),  chim.  — 
Le  gaz  Azote,  confondu  d’abord  avec  le 
gaz  acide  carbonique  ,  en  fut  distingué,  en 
1772,  par  Rutterford  ;  son  existence  fut  dé¬ 
montrée  trois  ans  plus  tard  ,  dans  l’air  at¬ 
mosphérique,  par  Lavoisier. 

Rangé  par  les  chimistes  modernes  parmi 
les  métalloïdes,  l’Azote  qst  l’un  des  corps 
simples  les  plus  répandus  dans  la  nature  ;  il 
forme  en  effet  les  soixante-dix-neuf  centiè¬ 
mes  de  l’air  atmosphérique  ;  il  entre  dans  la 
composition  de  toutes  les  matières  anima¬ 
les,  à  l’exception  des  substances  grasses  ;  il 
concourt  à  la  formation  d’un  certain  nom¬ 
bre  de  principes  immédiats  des  végétaux. 
Plus  rare  dans  le  règne  minéral,  il  s’y  ren¬ 
contre  néanmoins,  combiné  avec  l’oxygène, 
à  l’état  d’acide  azotique  (nitrique)  uni  avec 
des  bases. 

L’Azote  n’a,  pour  ainsi  dire,  que  des  carac¬ 
tères  négatifs;  car,  dès  qu’un  gaz  ne  pré¬ 
sente  aucune  des  propriétés  qui  caractérisent 
les  autres  gaz  connus ,  on  peut  en  conclure 
que  c’est  de  l’Azote.  U  est  toujours  gazeux  ; 
il  est  incolore,  inodore,  insipide  ;  il  éteint 
les  corps  en  combustion.  Son  pouvoir  ré¬ 
fringent  est  supérieur  à  celui  de  l’air  ;  sa 
densité  est  un  peu  moindre.  Soluble  dans 


396 


AZO 


AZY 


l’eau ,  il  Test  cependant  moins  que  l’oxy¬ 
gène.  Impropre  à  la  respiration,  il  donne 
la  mort ,  mais  sans  exercer  d’action  délé¬ 
tère  ;  il  semble ,  au  contraire  ,  exercer  dans 
l’air  atmosphérique  ,  un  rôle  providentiel , 
en  tempérant  l’action  trop  vive  de  l’oxygène 
sur  l’appareil  respiratoire  des  êtres  orga¬ 
nisés. 

L’Azote  se  dégage  quelquefois  des  fentes 
de  la  terre,  dans  les  phénomènes  volcani¬ 
ques  ,  ou  dans  les  tremblements  de  terre  ; 
c’est  à  ce  gaz  qu’on  attribue  l’asphyxie  des 
animaux  qui  a  quelquefois  lieu  dans  ces 
grandes  convulsions  de  la  nature.  Mélangé 
à  l’oxygène  dans  la  proportion  des  quatre 
cinquièmes  environ  ,  l’Azote  constitue , 
comme  nous  l’avons  déjà  dit,  l’air  atmos¬ 
phérique,  et  prend  ainsi  part  à  tous  les  phé¬ 
nomènes  dont  nous  avons  rendu  compte 
dans  l’article  Atmosphère ,  auquel  nous 
renvoyons  le  lecteur. 

Combiné  avec  ce  même  oxygène,  l’Azote 
donne  .lieu  à  cinq  composés,  dans  lesquels 
la  proportion  d’oxygène  croît  comme  de  1  à 
5.  Ce  sont  le  protoxyde  d'azote,  le  bioxyde 
d’azote  ,  et  les  acides  azoteux,  hypozo- 
tique  et  azotique.  Les  deux  premiers  sont 
gazeux;  le  troisième  n’a  pu  encore  être 
isolé;  les  deux  derniers  sont  liquides.  Au¬ 
cun  de  ces  composés  ne  se  rencontre  dans 
la  nature,  bien  qu’ils  puissent  s’y  former 
sous  l’empire  de  certaines  circonstances. 
Le  plus  connu  est  Macule  azotique  (acide 
nitrique,  eau  forte),  dont  les  arts  font  un 
usage  habituel.  Voyez  acides. 

Cet  acide  ,  le  plus  oxygéné  des  composés 
d’ Azote  et  d’oxygène ,  se  trouve  dans  la  na¬ 
ture  ,  combiné  avec  des  bases.  Ces  combi¬ 
naisons  font  partie  de  la  famille  minéralo¬ 
gique  des  Azotides  (Nitrides,  Beudant). 

L’Azote  est  l’un  des  principes  consti¬ 
tuants  du  gaz  ammoniaque ,  composé 
d’ Azote  et  d’hydrogène  ,  dont  la  formation 
est  fréquente  partout  où  il  se  rencontre  des 
matières  animales;  il  forme  aussi,  avec  le 
carbone  ,  le  cyanogène ,  radical  binaire  du 
plus  haut  intérêt  ;  enfin  il  peut  se  combiner 
avec  quelques  métaux.  (A.  D.) 


*  AZOTIDES  ou  NITRIDES.  min. — 

Dans  la  classification  de  M.  Beudant ,  c’est 
le  nom  d’une  famille  de  minéraux,  dont 
l’Azote  est  le  type,  et  qui  réunit  aux  di¬ 
verses  espèces  de  nitrates  naturels,  l’A¬ 
zote  ,  l’Ammoniaque  et  l’Air  atmosphéri¬ 
que.  (Dec.) 

*  AZOTOXYDES.  min.  —  M.  Beudant 
donne  ce  nom  aux  minéraux  comprenant 
les  combinaisons  de  l’azole  avec  l’oxygène. 

AZUR  (Pierre  d’).  min.  —  Synonyme 
de  laztjlite.  (Del.) 

AZUR  DE  CUIVRE,  min.  —  Syn. 

d’AzuRiTE.  (Del.) 

*  AZURITE.  min. — Ce  nom  a  été  donné 

d’abord  à  la  Klaprothine ,  qui  est  un  phos¬ 
phate  d’alumine  et  de  magnésie  coloré  en 
bleu;  ensuite,  et  plus  généralement,  au 
carbonate  bleu  de  cuivre ,  Kupferlasur  des 
Allemands.  Voy.  carbonates.  (Del.) 

AZURIN  (l’Azurin).  Turclus  cyanu- 
rus.  ois.  —  C’est  le  nom  d’une  espèce  du 
genre  Brève.  Voy.  brève.  (Laer.) 

*  AZYGITES  (à  priv.;  Çup; ,  pair). 
bot.  cr.  —  Genre  de  Champignons  décou¬ 
vert  par  M.  Mongeot ,  et  ainsi  nommé  par 
M.  Fries  (  Syst.  Myc.  vol.  III,  p.  330  ), 
parce  que  les  péridioles  sont  solitaires ,  au 
lieu  d’être  géminées  comme  dans  le  g.  Sy- 
zigites.  Ses  filaments  sont  tubuleux,  conti¬ 
nus,  droits,  rameux.  Les  péridioles  sont  so¬ 
litaires  et  placées  à  l’extrémité  des  pédi- 
celles  latéraux  ;  ils  renferment  dans  leur 
milieu  un  globule  opaque  formé  par  la  réu¬ 
nion  des  spores.  L’ Azy gîtes  Mongeotii  F. 
croît  en  automne  sur  les  Bolets  corrompus. 
Je  l’ai  rencontré  une  fois  dans  les  environs 
de  Paris.  C’est  une  plante  très  curieuse  qui 
demande  à  être  étudiée  de  nouveau,  parce 
que  la  description  que  je  viens  de  donner  a 
été  faite  sur  des  échantillons  secs.  (Lév.) 

*  AZYGOCÈRES  (à  priv.  ;  Çu-yo'ç ,  pair  ; 

xàpaç,  corne ,  tentacule  ).  annèl. — Nom  que 
M.  de  Blain ville  (Dict.  des  <Sc.  nat.,  LVII, 
472)  donne  à  une  section  des  Néréidiens  , 
correspondant  au  genre  Eunice  de  Cuvier. 
Le  système  tentaculaire  de  ces  Annélides 
est  impair.  (P.  G.) 


B 


BABA.  ois.  «—  Synonyme  de  Pélican 

blanc.  Voyez  pélican. 

BABA1V.  ins.  —  On  donne  ce  nom,  sur 
les  côtes  de  Nice ,  à  un  insecte  qui  détruit 
les  Oliviers  et  qu’on  rapporte  au  genre 
Thrips.  Voy.  ce  mot.  (C.  d’O.) 

BAB  ATAMBI  ou  BABATEMBI.  bot. 
ph.  —  Synonyme  de  trioptère.  Voyez  ce 
mot. 

BABEURRE.  zool.  mam.  — On  donne 
ce  nom  au  liquide  restant  dans  la  baratte 
après  la  fabrication  du  Beurre.  Il  est  com¬ 
posé  de  la  partie  séreuse  du  lait,  vulgaire¬ 
ment  appelée  petit  lait ,  et  de  Fromage  ou 
matière  caseuse.  Le  petit  lait  obtenu  par 
filtration  de  la  Babeurre  est  une  boisson  ai¬ 
grelette  fort  agréable  au  goût ,  très  rafraî¬ 
chissante  et  légèrement  purgative.  C’est  par 
l’évaporation  lente  du  petit  lait  qu’on  ob¬ 
tient  les  cristaux  appelés  sel  ou  sucre  de 
lait.  Voy.  ces  mots.  (C.  d’O.) 

*  BABIA  (nom  mythologique),  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  tétramères,  de  la  fa¬ 
mille  des  Chrysomélines,  créée  par  M.  Che- 
vrolat  et  faisant  autrefois  partie  des  Cly - 
thra.  Ce  genre  a  été  adopté  par  M.  le  comte 
Dejean,  qui,  dans  son  dernier  Catalogue, 
en  mentionne  23  espèces ,  dont  22  sont  pro¬ 
pres  à  l’Amérique  méridionale  et  septen¬ 
trionale.  L’espèce  qu’il  a  citée  comme  se 
trouvant  au  Cap  de  Bonne-Espérance  ne 
nous  paraît  pas  appartenir  à  ce  genre. 
Nous  ne  mentionnerons  que  la  seule  espèce 
décrite,  qui  est  la  Clythra  quadriguttata 
d’Olivier.  Ces  Insectes  se  distinguent  de  la 
plupart  de  leurs  congénères  par  une  forme 
bien  plus  arrondie ,  quoique  oblongue.  La 
couleur  générale  est  le  noir ,  le  vert  et  le 
bleu  foncé ,  toujours  luisante  ;  les  élytres 
ont  presque  toujours  des  taches  fauves  ou 
rouges ,  ou  les  étuis  sont  rouges  avec  une 
bande  médiane  de  couleur  obscure.  (C.) 

BABIANA.  bot.  ph.  —  Dans  les  Anna¬ 
les  de  botanique  et  dans  sa  révision  des 
genres  de  la  famille  des  Iridées,  Ker  a  sépa¬ 
ré,  comme  genre  distinct,  plusieurs  espèces 
l 'Ixia,  qui  offrent  à  peine  des  différences 


propres  à  les  en  distinguer.  Ainsi ,  le  genre 
Babiana  a  son  calice  évasé  et  comme  in- 
fondibuliforme ,  celui  des  véritables  Jxia 
étant  hypocratériforme  ;  les  stigmates  sont 
cunéiformes  dans  le  premier  de  ces  genres 
et  subulés  dans  le  second.  Le  fruit  est  co¬ 
riace  et  épais  dans  le  Babiana  ;  le  péri¬ 
carpe  est  mince  et  membraneux  dans  les 
lxia.  Au  reste  le  genre  Babiana  n’a  pas 
été  généralement  adopté.  Voy.  ixie. 

(A.  R.) 

BABILLARD,  ois.  —  Nom  donné,  à 
cause  de  son  gazouillement  continuel ,  au 
Gobe  -  Mouche  Yert  de  la  Caroline ,  de 
Buffon,  Muscicapa  viridis  L. 

BABILLARDE.  ois.  —  Espèce  du 
genre  Fauvette,  Motacilla  curruca  L. 
Voyez  ce  mot. 

BABINGTONITE  (nom  propre),  min. 
— Espèce  minérale,  établie  par  Lévy,  et  nom¬ 
mée  ainsi  en  l’honneur  de  Babington.  Elle 
ne  s’es.t  encore  présentée  qu’en  petits  cris¬ 
taux,  d’un  noir  verdâtre,  à  la  surface  de  l’AI- 
bite,  avec  de  la  Hornblende  et  du  Feldspath 
rouge  de  chair,  à  Arendal,  en  Norwège.  Sui¬ 
vant  Lévy,  ces  cristaux  dérivent  d’un  paral- 
lélipipède  obliquangle  PMT,  dans  lequel 
l’incidence  des  pans  M  et  T  est  de  112°, 30f, 
et  celles  de  la  base  P  sur  les  mêmes  pans 
de  92°,î?4\  et  88°.  On  observe  des  clivages 
parallèlement  à  P  et  à  T.  La  forme  générale 
de  ces  cristaux  est  celle  d’un  prisme  à  huit 
pans,  terminé  par  des  sommets  dièdres. 
Ils  ressemblent  beaucoup  à  certaines  va¬ 
riétés  de  Pyroxène  augitede  couleur  foncée. 
D’après  les  essais  de  M.  Children ,  ils  se¬ 
raient  formés  de  Silice ,  de  Chaux ,  d’Oxy- 
des  de  fer  et  de  manganèse ,  et  d’un  peu 
d’Oxyde  de  titane.  Leur  dureté  est  d’envi¬ 
ron  S, 5;  leur  pesanteur  spécifique,  3,4. 
Il  sont  opaques ,  et  d’un  éclat  vitreux.  Ils 
fondent  en  émail  noir  à  la  flamme  du  cha¬ 
lumeau.  (Del.) 

BABIROUSSA  [sus  Babym/ssa, Lin., 
Syst.  nat.,  édit.  XII).  mam. —  Le  mot  Ba- 
biroussa  que  les  Hollandais  et  les  Anglais 
prononcent  comme  nous,  quoiqu’ils  l’écri- 
25** 


».  Il, 


398 


BAB 


BAB 


vent  quelquefois  différemment  ( Babi-roesa 
et  Baby-Rusa),  est  un  mot  composé ,  ap¬ 
partenant  à  la  langue  malaise  et  qui  signifie 
Cochon  -  Cerf  L’animal  qu’on  désigne 
sous  ce  nom  dans  les  pays  qu’il  habite , 
c’est-à-dire  dans  certaines  îles  de  l’Archi¬ 
pel  indien ,  appartient  en  effet  à  la  famille 
des  Cochons ,  et  les  naturalistes  s’accordent 
à  le  placer  dans  le  genre  des  Cochons  pro- 
prements  dits,  où  il  forme  une  espèce  par¬ 
faitement  tranchée.  En  le  désignant  sous  le 
nom  de  Cochon-Cerf,  pour  le  distinguer  de 
{espèce  qui  se  trouve  à  l’état  domestique 
dans  leur  pays,  les  Malais  ont  certainement 
fait  allusion  à  ses  défenses  qui ,  à  raison  de 
leur  grandeur  et  de  leur  position,  ont  été  as¬ 
similées  à  des  cornes  5  mais  les  naturalistes 
européens,  entendant  différemment  le  mot , 
ont  cru  qu’il  se  rapportait  aux  proportions  de 
l’animal  ;  et,  dans  presque  toutes  leurs  figu¬ 
res,  ils  lui  ont  donné  un  port  élancé  qu’il  n’a 
point  Ce  défaut  se  retrouve  même,  jusqu’à 
un  certain  point,  dans  l’Atlas  du  voyage 
de  l’Astrolabe ,  quoique  les  naturalistes  de 
l  expédition,  MM.  Quoy  et  Gaimard,  qui 
ramenèrent  en  France  deux  de  ces  animaux 
vivants ,  eussent  pris  soin  de  signaler  l’er¬ 
reur  dans  laquelle  leurs  devanciers  étaient 
tombés  à  cet  égard. 

Quoique  habitant  un  pays  très  éloigné  du 
nôtre ,  cet  animal  paraît  avoir  été  connu  fort 
anciennement  en  Europe.  Aristote,  à  la  vé¬ 
rité,  n’en  parle  point  encore ,  et  ce  que  dit 
Élien  des  Cochons  cornus  d’Éthiopie,  pour¬ 
rait  bien ,  comme  l’ont  déjà  remarqué  plu¬ 
sieurs  zoologistes  ,  être  relatif  à  des  es¬ 
pèces  africaines  ;  mais  le  passage  suivant  de 
Pline  est  plus  explicite  et  ne  peut  guère 
se  rapporter  qu’au  Babiroussa.  «  Dans  l’In¬ 
de,  dit  ce  célèbre  écrivain  (Livre  VIII,  cha¬ 
pitre  52) ,  se  trouvent  des  Sangliers  dont  le 
boutoir  est  armé  de  deux  dents  recourbées, 
longues  chacune  d’un  empan,  et  qui  en 
portent  deux  autres  au  front,  eomme  les 
cornes  d’un  jeune  Taureau.  >» 

Les  Cochons  cornus  d’Éthiopie  sont  men¬ 
tionnés  par  Élien  dans  deux  passages  diffé¬ 
rents  de  son  étrange  et  curieux  ouvrage. 
D’abord,  au  chapitre  27  du  Ve  livre,  on  lit: 
«Agatharchides  nous  apprend  qu’en  Éthiopie 
les  Cochons  ont  des  cornes  5  »  et  plus  loin  , 
ùu  chapitre  10  du  livre  XVII,  «  Dinon  rap¬ 
porte  qu’en  Éthiopie  il  y  a  des  Oiseaux  uni- 


cornes,  des  Cochons  à  quatre  cornes,  et 
des  Moutons  qui ,  au  lieu  de  laine  ,  portent 
un  poil  semblable  à  celui  du  Chameau.  » 

MM.  Quoy  et  Gaimard,  en  rappelant  ce 
dernier  passage,  disent  qu’il  leur  paraît 
devoir  être  appliqué  au  Sanglier  d’Éthiopie 
ou  Phacoohœre ,  plutôt  qu’au  Babiroussa , 
qu’on  n’a  point  encore  trouvé  en  Afrique. 
Cette  détermination ,  fondée  sur  Y  habitat 
connu  des  deux  espèces,  serait  valable  si 
le  mot  d’Éthiopie  employé  par  Élien  dési¬ 
gnait  bien  certainement  l’Afrique  ;  mais 
dans  les  auteurs  anciens,  le  mot  n’a  pas  une 
signification  aussi  précise  que  le  supposent 
les  deux  habiles  naturalistes  que  je  viens  de 
nommer.  Ce  n’est  pas  à  l’Afrique  seulement 
qu’on  l’a  appliqué,  mais  encore  à  tous  les 
pays  dont  les  habitants  sont  noirs  ou  très 
basanés,  et  dans  plusieurs  passages  que 
je  pourrais  citer,  il  désigne  évidemment  cer¬ 
taines  contrées  de  l’Inde  tropicale.  Or,  il  est 
certain  qu’Élien  a  eu  sur  les  animaux  de 
cette  partie  de  l’Asie  des  renseignements 
assez  nombreux,  et  ce  serait  dans  son  livre, 
bien  plutôt  que  dans  celui  du  naturaliste 
romain,  qu’on  aurait  dû  s’attendre  à  trouver 
quelques  renseignements  sur  le  Babiroussa. 

Malheureusement  nous  ne  savons  pas 
quel  était  le  sujet  du  livre  de  Dinon,  et  quoi¬ 
que  ce  qu’il  dit  puisse  très  bien  s’appliquer 
à  l’Afrique ,  pays  où  les  Moutons  ont  en  gé¬ 
néral  du  poil  au  lieu  de  laine,  et  où  il  existe 
plusieurs  espèces  d’Oiseaux  unicornes  (des 
Calaos),  ces  indications  pourraient  aussi 
convenir  à  d’autres  pays,  En  effet,  d’une 
part ,  le  genre  Calao  n’est  pas ,  à  beaucoup 
près,  un  genre  exclusivement  africain,  et 
on  lqi  connaît  plusieurs  représentants  dans 
ces  Archipels  de  l’Océan  indien  où  vit  le 
Babiroussa  ;  de  l’autre ,  la  nature  particu¬ 
lière  du  pelage  des  Moutons  est  un  phéno¬ 
mène  qui  ne  tient  pgs  au  sol  de  l’Afrique 
mais  à  l’ardeur  du  climat,  et  il  n’y  a  pas  de 
raison  pour  croire  qu’il  n’ait  pu  se  produire 
dans  certaines  parties  de  l’Inde  tropicale, 
comme  il  s’est  manifesté  dans  les  régions 
les  plus  chaudes  de  l’Amérique ,  où  je  l’ai 
moi-même  observé  (  Mém.  des  sav.  ëtr 
t.  VI ,  p.  34). 

Nous  ne  savons  donc  pas  au  juste  quelle 
était  la  patrie  du  Sanglier  cornu  de  Dinon,  et 
nous  sommes  dans  la  môme  incertitude  pour 
|  celui  d’ Agatharchides ,  même  en  supposant 


BAB 


BAB 


399 


que  cet  écrivain  soit  l’auteur  d’un  Traité  de 
la  Mer  Rouge ,  dont  il  nous  reste  quelques 
fragments,  puisque  cette  mer,  plutôt  asia¬ 
tique  qu’africaine  ,  était  la  voie  principale 
par  laquelle  arrivaient  en  Europe  les  faibles 
notions  qu’on  recevait  relativement  au  litto¬ 
ral  et  aux  îles  de  l’Océan  indien. 

Entre  Élien  et  Cosmas,  le  premier  auteur 
qu’on  cite  après  lui,  comme  ayant  parlé  de 
l’animal  qui  nous  occupe,  il  y  a  un  intervalle 
de  trois  siècles.  Cosmas  a-t-il,  en  effet, 
parlé  du  Babiroussa  ?  C’est  ce  qu’a  supposé 
un  premier  traducteur,  homme  étranger  aux 
sciences  naturelles  ,  et  ce  qu’ont  répété  un 
peu  légèrement,  comme  nous  le  montre¬ 
rons  bientôt,  tous  les  zoologistes.  Voici 
comment  s’exprime,  à  ce  sujet,  M.  F.  Cu¬ 
vier,  dans  un  article,  d’ailleurs  excellent 
et  qui  contient  des  observations  très  cu¬ 
rieuses  sur  les  habitudes  de  l’animal  en 
captivité. 

«  Cosmas,  le  solitaire  qui,  comme  on 
sait,  avait  voyagé  dans  l’Inde  au  commen¬ 
cement  du  vie  siècle,  donna,  dans  sa  Topo¬ 
graphie  chrétienne,  une  très  passable  fi¬ 
gure  du  Babiroussa,  sous  le  nom  de  Cochon- 
cerf,  en  ajoutant  qu’il  avait  vu  cet  animal 
et  en  avait  mangé  ( Rec .  des  Voy.,  par  Thé- 
Yenot).  » 

Qu’il  nous  soit  permis  d’abord  de  repren¬ 
dre  dans  cette  phrase  un  défaut  de  rédaction 
qui  pourrait  faire  supposer,  certainement 
contre  l’opinion  de  l’auteur,  que  la  figure 
jointe  à  l’extrait  que  Thévenot  a  donné  de 
l’ouvrage  de  Cosmas,  est  la  reproduction 
d’une  figure  trouvée  dans  le  manuscrit 
original  ou  dans  quelque  très  ancienne 
copie.  La  vignette,  il  convient  de  le  faire 
remarquer  aux  personnes  qui  n’ont  pas 
le  loisir  de  remonter  aux  sources ,  a  été 
ajoutée  par  l’éditeur,  et  nous  dirons  bientôt 
où  il  l’avait  prise.  Cette  remarque  n’est  pas 
sans  importance  ;  car  on  conçoit  bien  que 
si  l’image  était  contemporaine  du  texte ,  il 
ne  serait  pas  permis  de  douter  que  l’animal, 
indiqué  par  l’ancien  voyageur,  ne  fût  en  effet 
le  Babiroussa 5  tandis  que,  la  figure  étant 
démontrée  moderne ,  s’il  n’en  existait  pas 
d’autres  antérieures  à  l’établissement  des 
Européens  dans  les  Moluques ,  la  question 
d’identité  reposerait  tout  entière  sur  la  dis¬ 
cussion  de  la  phrase  de  Cosmas.  Or,  cette 
phrase,  isolée  de  ce  qui  la  précède  et  de  ce 


qui  la  suit,  semblerait  se  rapporter  à  un 
animal  très  différent  des  Cochons.  Voici , 
en  effet,  le  passage  original  : 

«  Tôv  iïè  Xotp^Xotcpov  >cxi  stAov  xat  e<pa^ov.  » 

«  Quant  au  Chœrélaphos,  j’en  ai  vu  et 
j’en  ai  mangé.» 

Le  mot  Xot.psXacpcc  est  formé  de  la  réu¬ 
nion  de  deux  mots  ayant  la  même  significa¬ 
tion  que  ceux  dont  se  compose  le  moi  Babi¬ 
roussa  et  placés  dans  le  même  ordre  ;  ce¬ 
pendant  a-t-il  la  même  signification?  C’est 
ce  qui  au  premier  abord  paraît  au  moins 
fort  douteux.  En  effet,  la  langue  malaise  et 
la  langue  grecque  suivent  dans  la  forma¬ 
tion  des  mots  composés  des  règles  diffé¬ 
rentes:  dans  la  première,  le  mot  placé  le 
second  est  toujours  le  déterminatif  ( Bain - 
Roussa  ,  Cochon-Cerf,  Orang  -  outan  , 
homme  sauvage ,  Cambiny-outa?i ,  bouc 
sauvage,  Orang-laut ,  homme  de  la  mer. 
Crawfurd);  dans  l’autre,  c’est  tout  le  contrai¬ 
re  (Xoipo-mÔYixoç ,  Singe-Cochon,  îwwsXaçoj, 
Cerf-Cheval.  Arist. ).  Si  donc,  nous  trou¬ 
vions  ,  dans  Aristote ,  le  mot  XoipeXaçoç, 
nous  chercherions  l’animal  auquel  il  fau¬ 
drait  l’appliquer,  non  parmi  les  Pachyder¬ 
mes,  mais  parmi  les  Ruminants  à  cornes  ca¬ 
duques.  Le  nom  de  Cerf-Cochon  (car  c’est 
ainsi  que  le  mot  grec  devrait  être  rendu ,  si 
on  le  trouvait  dans  un  ouvrage  des  bons 
temps)  est  appliqué  aujourd’hui  par  les  na¬ 
turalistes  à  désigner  une  espèce  particulière 
de  Cerf  ;  mais  dans  l’usage  vulgaire  ,  ce 
nom  qui  fait  allusion  à  la  taille,  à  l’allure 
pesante  et  à  la  facilité  avec  laquelle  s’en¬ 
graissent  les  individus  qu’on  garde  dans 
une  sorte  de  demi-domesticité,  sert  à  dési¬ 
gner  plusieurs  espèces  appartenant  à  des 
groupes  différents  ,  et  qui  seulement  ont  à 
peu  près  les  mêmes  proportions,  la  même 
disposition  à  l’obésité.  Rien  n’empêcherait 
de  croire  que  cette  désignation  remontât  à 
une  époque  fort  reculée,  et  cette  supposi¬ 
tion  n’a  rien  d’inconciliable  avec  la  phrase 
de  Cosmas ,  puisque  la  chair  des  Cerfs- 
Cochons  est  un  mets  assez  commun. 

Il  faut  remarquer  cependant  que  Cosmas 
n’écrit  pas  le  grec  comme  l’écrivait  Aris¬ 
tote  5  c’est  un  homme  qui  a  vécu  longtemps 
en  pays  étranger,  et  les  voyageurs  sont, 
comme  on  sait ,  sujets  à  confondre  les  syn¬ 
taxes.  Christophe  Colomb,  par  exemple, 
dans  des  lettres  écrites  en  italien ,  emploie 


BAB 


BAB 


m 

à  chaque  instant  des  tournures  de  phrase 
purement  espagnoles,  et  quand  il  fait  usage 
d’un  mot  commun  aux  deux  langues ,  c’est 
souvent  l’acception  espagnole  qu’il  lui  donne. 
Il  se  pourrait  donc  fort  bien  que  Cosmas  eût 
péché  de  la  même  façon  que  le  navigateur 
génois,  et  qu’en  forgeant  ce  mot  XotpéXaçoç, 
il  eût  cru  rendre  le  sens  de  Cochon-Cerf. 
Cela  se  pourrait,  dis-je,  mais  cela  n’est  pas 
prouvé,  et  il  n’y  a,  comme  on  a  pu  le  re¬ 
marquer,  dans  la  phrase  où  le  mot  se  trouve 
employé,  rien  qui  vienne  à  l’appui  de 
cette  conjecture.  A  la  vérité  ,  si  au  lieu  de 
considérer  la  phrase  isolément,  on  la  con¬ 
sidère  dans  ses  rapports  avec  ce  qui  la  pré¬ 
cède  et  ce  qui  la  suit,  on  aperçoit  quelque 
raison  de  croire  que  c’est,  en  effet,  un 
Cochon  et  non  un  Cerf  que  l’auteur  a  voulu 
désigner. 

Les  animaux,  mentionnés  par  Cosmas, 
sont  dans  l’ordre  suivant  :  l°le  Rhinocéros; 
2°  un  ruminant  de  genre  douteux  ,  qu’il  dé¬ 
signe  sous  le  nom  de  Taups'Xacpo;  ;  3°  la  Gi¬ 
rafe  ;  4°  le  Bœuf  sauvage  (Bœuf  à  queue  de 
Cheval,  Tak  des  naturalistes)  ;  S°  le  Musc; 
6°  le  Monocéros  ou  Licorne  ;  7°  le  Xoipé- 
Xacpo? et  8°  l’Hippopotame.  Cosmas  dit,  et  cela 
fait  honneur  à  sa  véracité ,  qu’il  n’a  pas  vu 
la  Licorne  ;  il  n’a  connu  que  des  figures  de 
l’animal  qü’il  désigne  sous  ce  nom  ,  et  qui 
n’est  pas  pour  lui,  comme  il  l’est  pour  plu¬ 
sieurs  auteurs  anciens,  le  Rhinocéros,  puis¬ 
que,  comme  on  l’a  vu,  il  fait  de  ce  dernier  une 
mention  à  part.  Or,  à  l’époque  où  Cosmas 
écrivait ,  quoique  le  Narval  fût  encore  in¬ 
connu  des  peuples  riverains  de  la  Méditer¬ 
ranée  ,  les  défenses  de  ce  cétacé  ne  l’é¬ 
taient  pas  entièrement,  et  elles  étaient  déjà 
venues  compliquer  l’histoire  des  Monocéros. 
Il  y  avait  donc  une  Licorne  qui  fournissait 
de  l’Ivoire;  l’Hippopotame  en  fournit  égale¬ 
ment;  n’était-ce  pas  là  un  motif  pour  croire 
que  les  armes  qui  avaient  valu  son  nom 
au  Xotps'Xacpoç  étaient  aussi  de  substance 
éburnée  ? 

Pour  que  cette  conjecture  eût  quelque 
poids,  il  fallait  que,  dans  l’ouvrage  de  Cos¬ 
mas,  les  trois  animaux  se  trouvassent  men¬ 
tionnés  à  la  suite  les  uns  des  autres,  comme 
ils  le  sont  dans  le  fragment  donné  par  Thé- 
venot.  La  vérification  était  facile ,  puisque 
Montfaucon  a  publié  ( Collcclio  nova  Pa- 
irum f  t.  II  )  une  traduction  complète  de  la 


Topographie  chrétienne.  J’eus  donc  recours 
à  cette  collection,  et  je  reconnus  d’abord 
que  Thévenot  n’a  rien  omis,  et  qu’il  a  re¬ 
produit  complètement  le  dixième  livre  du 
Traité  de  Cosmas  ;  mais  je  trouvai  plus  que 
je  ne  cherchais.  En  effet,  le  savant  bénédic¬ 
tin  a  joint  à  sa  traduction  des  figures  qui 
accompagnaient  un  manuscrit  du  ixe  siècle, 
et  qui,  selon  lui,  sont  la  copie  des  figures 
appartenant  à  un  manuscrit  beaucoup  plus 
ancien ,  peut-être  même  au  manuscrit  auto¬ 
graphe  du  voyageur.  Dans  une  des  planches 
sont  représentés  tous  les  animaux  mention¬ 
nés  dans  le  livre  X ,  le  XoipéXacpoç ,  aussi 
bien  que  le  Movoxepwç ,  tous  les  deux  avec 
leur  nom  bien  lisiblement  écrit.  Le  dernier 
est  de  tout  point  semblable  à  la  Licorne 
qui  sert  de  support  aux  armes  d’Angleterre, 
ayant  comme  elle  de  la  barbe  au  menton  et 
portant  au  front  une  corne  droite  tournée 
en  spirale,  une  véritable  défense  de  Narval. 
Ma  conjecture  était  donc  fondée  ;  mais  je 
n’en  étais  déjà  plus  réduit  aux  conjectures, 
puisque  j’avais  la  figure  du  XoipéXaçoç.  L’a¬ 
nimal  est  certainement  un  Cochon,  mais 
ce  n’est  point  un  Babiroussa ,  car  s’il  a  de 
longues  défenses  qui  lui  sortent  de  la  bou¬ 
che,  il  n’en  a  point  qui  naissent  du  chan¬ 
frein,  en  perçant  la  peau  du  museau  ;  or  c’est 
là  un  caractère  trop  saillant  pour  que  Cos¬ 
mas  n’eût  pas  souhaité  qu’on  l’exprimât,  et 
pour  que  son  dessinateur,  quelque  mala¬ 
droit  qu’il  pût  être,  fût  embarrassé  pour  le 
rendre.  Ce  signe  et  l’existence  d’une  cri¬ 
nière  bien  marquée  sur  le  dos  porte  donc  à 
considérer  le  XotpfiXaçoç  comme  un  de  ces 
Sangliers  à  grandes  défenses  d’Afrique. 
Personne  n’ignore  que  Cosmas  avait  voyagé 
dans  l’Éthiopie  aussi  bien  que  dans  l’Inde, 
et  il  ne  dit  point  auquel  des  deux  pays  ap¬ 
partient  l’animal. 

Le  manuscrit,  dont  Thévenot  a  fait  usage 
et  qui  est  différent  de  celui  de  Montfaucon, 
contenait  aussi  certainement,  quoiqu’il 
n’en  dise  rien,  la  figure  des  animaux  décrits 
par  Cosmas,  et  ces  figures  dans  les  deux 
manuscrits  devaient  être  les  mêmes  ;  ce  qui 
leur  donne  un  nouveau  degré  d’authenticité. 
En  effet,  dans  la  vignette  de  Thévenot,  nous 
voyons,  à  côté  du  Babiroussa,  le  Musc,  dont 
la  figure  est  tout  à  fait  conforme  pour  les 
proportions  et  la  pose  à  celle  de  la  planche 
de  Montfaucon  ;  c’est  évidemment  une  qo- 


BAB 


401 


BAB 

pie  qu’on  a  cherché  à  améliorer  par  l’addi¬ 
tion  de  deux  caractères  en  effet  importants  : 
la  saillie  des  canines  et  la  protubérance  du 
sac  qui  renferme  la  matière  odorante. 

Pour  terminer  cette  discussion  déjà  trop 
longue  peut-être  ,  je  ferai  remarquer  que, 
lors  même  qu’on  contesterait  la  date  as¬ 
signée  par  Montfaucon  au  manuscrit  dont 
il  s’est  servi ,  cela  ne  changerait  rien  à  la 
question,  puisque  cette  date  serait  toujours 
fort  antérieure  à  celle  où  l’Europe  a  com¬ 
mencé  à  recevoir  d’une  manière  suivie  des 
informations  sur  les  productions  de  l’Inde, 
c’est-à-dire  à  l’époque  où  se  sont  établies 
les  relations  par  mer  entre  les  deux  pays. 

Les  îles  qu’habite  le  Babiroussa  furent 
visitées  par  les  vaisseaux  européens  dès  le 
premier  quart  du  seizième  siècle;  mais  leurs 
animaux  furent  peu  remarqués ,  et  il  sem¬ 
blait  que  de  toutes  les  productions  de  ce 
pays ,  les  épices  étaient  les  seules  qui  fus¬ 
sent  dignes  d’attirer  l’attention.  Cependant 
Antonio  Gai  van  qui  avait  été  gouverneur  des 
Moluques,  et  que  le  roi  de  Portugal ,  malgré 
les  éminents  services  qu’il  en  avait  reçus , 
laissa  mourir  à  l’hôpital,  mentionne,  à  deux 
reprises  différentes,  le  Babiroussa,  dans  un 
petit  ouvrage  qu’il  nous  a  laissé,  un  précis 
des  découvertes  géographiques,  qui  ne  fut 
publié  qu’après  sa  mort,  survenue  en  1557, 
et  que  Hakluit,  en  1601,  traduisit  en  anglais. 
Il  en  parlait  sans  doute  plus  en  détail  dans 
une  histoire  des  Moluques,  qu’il  avait  écrite 
et  qu’on  a  laissé  perdre.  Des  deux  indica¬ 
tions  contenues  dans  le  précis,  la  première 
est  faite  à  l’occasion  du  naufrage  de  F.  Ser- 
rano,  arrivé  en  1512,  et  par  suite  duquel 
cinq  ou  six  Portugais,  les  premiers  qui 
soient  arrivés  aux  Moluques,  furent  jetés  à 
Mindanao  ;  la  seconde  se  rapporte  à  l’épo¬ 
que  de  l’administration  de  Gai  van.  Dans 
une  des  missions  entreprises  par  ses  or¬ 
dres,  soit  pour  un  but  politique ,  soit  pour 
la  propagation  de  la  foi,  ses  envoyés  visitè¬ 
rent  plusieurs  des  îles  où  se  trouve  le  Babi¬ 
roussa  ;  c’est  sur  leur  témoignage  et  sur 
celui  de  quelques  Espagnols  que  repose  ce 
qu’il  nous  apprend  de  l’animal ,  n’ayant  ja¬ 
mais  eu  lui-même  l’occasion  de  l’observer.  Il 
signale  les  quatre  défenses  longues  chacune 
d’un  empan  et  demi ,  et  dont  deux ,  au  lieu 
de  sortir  de  la  bouche ,  naissent  du  chan¬ 
frein  ;  la  position  de  la  seconde  paire  est 


mal  indiquée  dans  la  version  anglaise,  mais 
peut-être  est-ce  la  faute  du  traducteur; 
c’est  une  vérification  à  faire  et  que  je  re¬ 
commande  à  ceux  qui  pourront  consulter  le 
texte  original. 

Lorsque  les  Moluques,  qui  avaient  passé 
de  la  domination  des  Portugais  à  celle  des 
Espagnols ,  furent  devenues ,  vers  la  fin  du 
xYie  siècle,  la  conquête  des  Hollandais,  leurs 
productions  les  plus  curieuses  ne  tardèrent 
pas  à  affluer  dans  les  collections  publiques 
et  privées  des  Pays-Bas ,  venant  ainsi,  en 
quelque  sorte,  s’offrir  à  l’observation  des 
hommes  studieux  qu’attirait  de  toutes  parts 
la  réputation  déjà  très  grande  des  nouvelles 
universités.  Le  Danois  Thomas  Bartholin , 
qui,  moins  que  tout  autre,  paraissait  avoir 
besoin  d’aller  chercher  au  loin  l’instruction 
quand  il  trouvait  dans  sa  propre  famille 
une  si  grande  réunion  de  lumières,  Thomas 
Bartholin,  dis-je,  fut  un  de  ces  étrangers  , 
et  c’est  à  lui  que  nous  devons  les  premières 
notions  un  peu  exactes  sur  les  formes  de 
l’animal  qui  nous  occupe. 

Dans  la  seconde  centurie  de  ses  Hist. 
anat.  rar.,  publiées  à  la  Haye ,  en  1654 ,  il 
donne  l’histoire  de  deux  Cochons  étrangers, 
l’un  de  l’Inde  et  l’autre  de  l’Amérique.  «  Le 
premier,  dit-il,  est  originaire  de  Bouro, pe¬ 
tite  île  située  à  30  lieues  d’Amboine.  Les  in¬ 
digènes  l’y  désignent  sous  le  nom  de  Babi¬ 
roussa.  Sa  tête,  semblable  pour  la  forme  h 
celle  du  Porc  ordinaire ,  s’en  distingue  par 
quatre  défenses  longues  et  recourbées 
comme  des  cornes  de  Bélier  :  deux  sont  por¬ 
tées  par  la  mâchoire  inférieure;  les  deux  au¬ 
tres  naissent  de  la  mâchoire  supérieure  et 
apparaissent  au  dehors ,  en  se  faisant  jour  à 
travers  la  peau  du  chanfrein  ;  les  molaires 
ressemblent  à  celles  de  notre  Cochon.  La 
taille  de  l’animal  est  celle  d’un  Chien  cou¬ 
chant.  Le  poil  ressemble  plus  au  poil  de  nos 
Chiens  de  chasse  qu’à  des  soies  de  Porc  ; 
sa  couleur  est  d’un  gris  doré.  Les  pieds  sont 
comme  ceux  de  la  Chèvre.  Je  ne  crois  pas 
que  l’animal  ait  été  décrit  jusqu’à  présent. 
J’en  ai  vu  un  crâne  dans  le  Musée  royal  de 
Copenhague  et  la  figure  que  j’en  donne  ici 
montre  les  singulières  apophyses  qui  servent 
d’alvéoles  aux  défenses  de  la  mâchoire  su¬ 
périeure.  La  figure  de  l’animal  entier  est 
gravée  d’après  une  peinture  exécutée  à  Ba¬ 
tavia  ,  en  1650.  » 

26 


xi. 


m 


BAB 


Cette  figure  de  l’animal  entier  est  assez 
médiocre  ;  elle  est  surtout  défectueuse  pour 
les  pieds,  dont  les  doigts  semblent  garnis 
d’ongles  plutôt  que  de  sabots.  C’est  sans 
doute  la  faute  du  graveur,  puisque,  dans  le 
texte,  Bartholin,  comme  on  l’a  vu,  compare 
ces  pieds  à  ceux  d’un  ruminant.  La  figure 
de  la  tête  osseuse ,  quoique  grossièrement 
exécutée,  rend  bien  les  formes  générales, 
la  disposition  des  défenses  et  la  direction 
de  l’alvéole  pour  celles  de  la  mâchoire  supé¬ 
rieure.  On  reconnaît  bien  aussi  cinq  mo¬ 
laires  à  chaque  mâchoire,  et  les  trois  incisi¬ 
ves  de  la  mâchoire  inférieure  ;  quant  à 
celles  de  la  mâchoire  supérieure,  elles  ne  se 
distinguent  point,  la  figure  étant  tout  à  fait 
confuse  en  ce  point.  Bartholin,  d’ailleurs, 
paraît  ne  pas  avoir  observé ,  du  moins  il  ne 
le  mentionne  point,  la  différence  qui  existe 
dans  le  nombre  des  incisives  aux  deux  m⬠
choires. 

Cette  omission  ne  peut  pas  être  repro¬ 
chée  à  un  auteur  qui ,  quatre  ans  plus 
tard,  et  de  même  en  Hollande,  fit  paraître 
un  livre  où  se  trouve  une  notice  sur  le  Ba- 
biroussa ,  notice  également  accompagnée 
d’une  figure  de  l’animal  entier  et  d’une  re¬ 
présentation  de  la  tête  décharnée.  Cet  au¬ 
teur  est  Pison ,  qui ,  ayant  donné  en  1658 
une  seconde  édition  de  ses  œuvres  et  de 
celles  de  Marcgraff,  déjà  publiées  en  1648 
par  Laët,  y  joignit  quelques  écrits  encore 
inédits  de  Bontius,  médecin  hollandais, 
mort  à  Batavia  en  1531.  Le  chapitre  sur  le 
Babiroussa  est  une  addition  de  l’éditeur.  Il 
dit  que  personne  avant  lui  n’a  fait  connaître 
cet  animal ,  et  pourtant  il  copie  l’article  de 
Bartholin ,  auquel  il  n’ajoute  rien  d’impor¬ 
tant.  Il  signale,  il  est  vrai,  comme  je  le  di¬ 
sais,  une  différence  dans  le  nombre  des  in¬ 
cisives  ,  en  haut  et  en  bas;  mais ,  au  lieu  de 
quatre ,  il  n’en  donne  que  deux  (une  de  cha¬ 
que  côté)  à  la  mâchoire  supérieure.  Quant 
aux  molaires,  il  dit  qu’elles  sont  «  au  nom¬ 
bre  de  12  environ  ,  »  étrange  manière  de 
s’exprimer,  et  qui  tient  sans  doute  à  ce 
que,  dans  la  tête  qu’il  a  fait  figurer,  tête 
qui  faisait  partie  de  la  collection  d’un 
pharmacien  d’Amsterdam,  il  se  sera  trouvé 
6  molaires  en  haut  et  5  seulement  en  bas  ; 
il  aura  cru  qu’il  manquait  une  molaire  à 
la  mâchoire  inférieure ,  tandis  que  c’est  là 
réellement  le  nombre  complet  :>  la  sixième 


BAB 

molaire  supérieure  même  manque  habituel¬ 
lement,  et  tfest  pour  cela  qu’on  n’eu  voit 
que  5  à  chaque  mâchoire,  dans  la  figure  de 
la  tête  osseuse  donnée  par  le  savant  danois. 
Dans  Pison,  la  figure  de  l’animal  entier  est 
exécutée  avec  plus  de  soin  que  dans  Bar¬ 
tholin;  mais  elle  est  plus  défectueuse  à  tous 
égards,  sauf  pour  la  forme  des  pieds.  Ou¬ 
tre  la  gravure  en  bois  qui  est  intercalée 
dans  le  texte,  il  y  a  dans  le  frontispice  une 
figure  du  Babiroussa,  où  l’animal  est  re¬ 
présenté  couché.  C’est  cette  figure  que  Thé- 
venot  a  reproduite  en  tête  de  son  extrait  de 
Cosmas;  seulement  le  graveur,  pour  s’é¬ 
pargner  de  la  peine,  l’a  copiée  sur  le  cui¬ 
vre  telle  qu’il  la  voyait  sur  l’estampe ,  ce 
qui  fait  que  dans  l’épreuve  elle  est  tournée 
en  sens  opposé.  La  figure  du  Musc,  qu’il 
donne  dans  la  même  vignette,  et  qui  est 
faite  comme  je  l’ai  dit,  d’après  celle  des  ma¬ 
nuscrits  de  Cosmas,  se  trouve  également 
retournée. 

Des  différents  écrivains  que  nous  avons 
cités  jusqu’ici,  aucun,  comme  on  l’a  pu  re¬ 
marquer,  ne  parle  de  visu,  et  il  faut  arriver 
jusqu’au  second  quart  du  xvmp  siècle 
avantde  trouver  un  auteur  qui  nous  donne, 
relativement  au  Babiroussa,  les  résultats  de 
ses  propres  observations,  et  de  renseigne¬ 
ments  recueillis  sur  les  lieux.  Cet  auteur  est 
Valentyn,  qui,  en  1724-26,  publia  un  ouvrage 
ayant  pour  titre  :  «  Les  Indes  orientales 
anciennes  et  modernes ,  comprenant 
un  traite  détaillé  de  la  puissance  Néer¬ 
landaise  dans  ce  pays.  »  (5  tomes  en  8 
volumes  in-folio).  Cet  immense  ouvrage, 
qui  eut  contribué  puissamment  aux  progrès 
de  l’histoire  naturelle ,  s’il  eût  été  écrit  en 
toute  autre  langue  qu’en  Hollandais ,  ren¬ 
ferme  une  histoire  du  Babiroussa,  qu’ont 
copiée  successivement,  en  la  tronquant  plus 
ou  moins ,  tous  les  naturalistes,  jusqu’à 
l’époque  de  l’expédition  de  l’Astrolabe  ;  ex¬ 
pédition  qui  procura  à  notre  ménagerie 
deux  de  ces  animaux  vivants. 

«  On  trouve  dans  l’île  de  Boero,  dit  notre 
auteur,  un  quadrupède  que  je  n’ai  vu  nulle 
part  ailleurs ,  et  que  je  n’ai  trouvé  men¬ 
tionné  par  aucun  écrivain.  On  le  nomme  en 
malais  Babi-Roesa ,  c’est-à-dire  Cochon- 
Cerf,  comme  si  c’était  un  mélange  des  deux 
animaux.  Son  port  est  à  très  peu  près  celui 
de  notre  Sanglier,  si  ce  n’est  que  le  mâle 


BÂB 


603 


l)Alï 

Ufrre  une  particularité  qui  n’exfeté  point 
chez  le  Sanglier  commun  ;  èn  effet  ,  outre 
les  deüx  défenses  qu’il  possède  comme  ce 
dernier  à  la  mâchoire  inférieure  ,  le  Babi- 
Roesa  en  porte  à  la  mâchoire  supérieure 
deux  aiitres ,  placées  juste  au-dessus  des 
premières ,  et  qui,  se  recourbant  en  arriéré 
jusqu’à  former  un  demi-cercle,  lui  donnent 
un  aspect  étrange.  Souvent  ces  défenses  se 
recourbent  à  tel  point  qu’elles  viennent 
s’implanter  dans  l’os  frontal.  La  partie  an¬ 
térieure  dés  mâchoires  est  garnie  d’inci¬ 
sives  ,  au  nombre  de  4  en  haut  et  de  6  en 
bas,  dont  les  plus  externes  sont  dirigées 
en  avant.  En  arrière  des  incisives  supé¬ 
rieures,  et  à  la  place  qu’occupent  ordinai¬ 
rement  leS  canines ,  sont  les  deux  défenses 
singulières  dont  nous  avons  parlé  ;  puis  de 
chaque  côté  six  mâchelières ,  dont  les  pos¬ 
térieures  sont  trilobées.  Dans  là  femelle  , 
les  défenses  ne  font  pas  saillie  au-dehors. 

«  Le  Bâbi-Roesa  a  une  peau  fine  et  peu  ré¬ 
sistante;  le  poil  est  court,  ras  et  assez  souple; 
le  dos  est  dépourvu  des  longues  soies  qu’il 
nous  présente  chez  le  Sanglier.  La  couleur 
de  la  robe  est  ün  gris  cendré ,  légèrement 
roussâtre  en  quelques  placés  et  mêlé  d’un 
peu  de  noir.  Là  tête  est  plus  effilée  que  celle 
du  Cochon  ;  les  oreilles  sont  assez  courtes  ; 
les  yeux  petits.  La  queue,  plus  allongée  que 
celle  du  Sahglier,  est  terminée  par  Un  petit 
bouquet  dé  poils.  Chaque  pied  est  garni  de 
quatre  sabots,  deux  grands  et  deux  petits. 
Le  train  dé  devant  est  sensiblement  plus 
bas  que  celui  dë  derrière ,  et  c’est  peut-être 
à  cela  que  tient  l’allure  pesante  et  saccadée 
que  j’ai  observée  chez  l’animal. 

«  Là  châsse  du  Bâbi-Roesa  donne  peu  de 
peine ,  et  l’animal  une  fois  atteint  par  les 
Chiehs  est  bientôt  rendu  ;  car  sa  peàü  mince 
et  mai  protégée  par  un  poil  court  et  rare  , 
n’offre  à  leurs  dents  aucune  résistance.  ïl 
est  vrai  que  sés  défenses  inférieures  se¬ 
raient  des  armes  assez  redoutables  ;  mais 
lés  supérieures ,  à  raison  dë  leur  Courbure , 
sont  à  péu  près  inutiles,  et  nuisent  à  l’effèt 
des  autres.  Les  Chiens  donc  sont  rarement 
blessés  à  cette  châsse,  pour  laquelle  ils 
montrent  beaucoup  d’ardeur.  Une  fois  sur 
la  piste  dé  lâ  bête ,  on  dit  qu’ils  ne  la 
quittent  jamais ,  et  qu’il  est  même  très  rare 
de  lèür  voir  prendre  le  change. 

«  Le  Babi-Roésa  a  POdOrat  très  fin  ;  et, 


pour  éventer  son  ënhemi ,  il  a  coutume  de 
se  dresser  sür  ses  pieds  de  derrière,  en  s’ap¬ 
puyant  contre  le  tronc  d’Un  arbre.  C’est  dans 
cette  posture  qu’il  dort  la  nuit ,  afin  dé  pou¬ 
voir  sentir  de  plus  loin,  ét  c’est  ainsi  que  le 
trouvent  souvent  les  chasseurs.  Tl  a  aussi 
l’habitude  d’accrocher  ses  défenses  à  queU 
que  branche  d’arbre  ou  à  quelque  liane,  afin 
de  dormir,  ainsi  suspendu,  avec  plus  de 
commodité. 

«  La  chair  de  cet  animal  est  très  savou¬ 
reuse;  elle  rappelle,  par  le  goût,  la  chàir  du 
Cerf  plutôt  que  celle  du  Porc;  mais  elle 
l’emporte  en  finesse  sUr  l’Une  et  sur  l’aUtre  ; 
elle  n’a  pour  ainsi  dire  point  de  lard.  La 
nourriture  du  Babi-Roesa  n’est  pas  la  même 
que  celle  du  Sanglier ,  qui  së  trouve  âüssi 
dans  ces  pays  ;  ét  tandis  que  le  dernier  est 
très  friand  de  Canaris  (sorte  d’amandes  dé 
l’Inde  ) ,  l’autre  ne  vit  que  d’herbes  ,  de 
feuilles  de  (Waringin ,  et  d’autres  fèüilles 
d’arbres  sauvages  ;  aussi  ne  lui  arriVe-t-il 
point,  comme  au  premier,  de  faire  invasion 
dàhs  les  jardins,  de  forcer  les  clôtures  et  de 
bouleverser  les  plantations  ;  il  ne  commet 
même,  on  peut  lé  dire,  aucune  sorte  de 
dommages. 

«  Les  Babi-Roésas  sont  très  abondants 
dans  i’îlé  de  BoerO,  et  les  soldats  qüi  Vont 
leur  faîte  la  châsse  sont  presque  certains  d’en 
trOUVer  dans  la  baie  de  Câjeli.  On  les  trouve 
encore  auX  îles  de  Xoeslasche,  surtout  à 
Xoela-Mongoli ,  ainsi  qu’à  Bangaÿ,  sur  la 
côte  occidentale  de  Célèbes,  et  également 
à  Manado.  L’ile  de  Boero  a  aussi,  Comme  je 
l’ai  dit,  de  vrais  Sangliers,  et  cës  animaux , 
que  les  Maures  n’iUquiètënt  point,  parce 
qu’ils  ne  mangent  d’âücune  espèce  de  Co¬ 
chons,  y  sont  devenus  très  nombreux;  mais 
jamais  Oh  ne  voit  en  leur  compagnie  de 
Babi-Roesas ,  lëS  deüx  espèces  marchant 
toujours  séparément. 

«  Quand  les  Babi-Roesas  sont  poursuivis 
pàr  les  Chiebs ,  et  qU’iïs  commencent  à  se 
sentir  fatigués,  ils  tâchent  de  gagner  le  bord 
de  la  mer  ;  s’ils  y  parviennent,  ils  se  jettent 
aussitôt  à  l’eau ,  et  y  plongent  comme  des 
Canards.  Par  ce  moyen ,  ils  échappent  sou¬ 
vent  à  leurs  ennemis,  ils  peuvent  nager 
très  longtemps,  et  passent  ainsi  quelquefois 
d’une  île  à  l’autre. 

«  On  a  essayé  de  Pourrir  les  Babi-Roesas 
qu’on  avait  pris  par  hasard  Vivants,  en  leur 


BAB 


BAB 


m 

donnant  du  Riz  et  des  feuilles  de  Patates, 
mais  on  est  rarement  parvenu  à  les  conser¬ 
ver.  J’en  ai  vu  un  cependant,  chez  M.  Pad- 
brugge,  qui  avait  été  nourri  de  cette  ma¬ 
nière.  Il  y  en  avait  un  autre  à  Amboine , 
dans  la  maison  d’un  amateur  qui  le  gardait 
depuis  longtemps.  Cet  animal  avait  appris  à 
reconnaître  le  nom  qu’on  lui  donnait,  et 
venait  quand  les  enfants  l’appelaient  ;  il  se 
plaisait  à  se  faire  gratter  le  dos  par  eux,  et 
permettait  même,  dans  ces  moments  de  sa¬ 
tisfaction,  qu’ils  lui  montassent  sur  le  corps. 
Ce  Babi-Roesa  mangeait  des  Canaris,  du  Riz 
et  du  Paddy,  et  était  très  friand  de  poisson. 
Il  avait  dans  sa  robe  plus  de  roux  et  de  noi¬ 
râtre  que  n’en  ont  d’ordinaire  ces  animaux; 
il  avait  aussi  le  poil  plus  crépu ,  et  l’on  ne 
remarquait  point  en  lui  cette  finesse  d’odo¬ 
rat  qui  est  si  développée  chez  les  individus 
sauvages. 

«Les  Babi-Roesas  font  rarement  entendre 
leur  voix,  qui  a,  du  reste,  quelque  rapport 
avec  le  grognement  du  Cochon.  » 

Le  passage  de  Valentyn  sur  le  Babirous- 
sa  conservant  encore  aujourd’hui  de  l’im¬ 
portance  ,  j’ai  cru  devoir  le  reproduire 
presque  textuellement  (1) ,  et  c’est ,  à 
plus  forte  raison ,  ce  me  semble,  le  parti 
qu’auraient  dû  prendre  les  naturalistes  du 
dix-huitième  siècle.  Cependant  ils  ne  nous 
en  ont  donné  que  des  lambeaux  auxquels 
plusieurs  ont  eu  le  tort  de  rattacher  des  faits 
pris  ailleurs ,  et  sans  s’être  bien  assurés 
qu’ils  ne  se  rapportaient  pas  à  une  espèce 
toute  différente  des  Cochons.  Les  sources 
où  ils  ont  puisé  sont  même  quelquefois  des 
plus  suspectes  :  ainsi  Buffon ,  pour  reculer 
les  limites  de  V habitat  de  notre  animal , 
s’appuie  sur  un  passage  du  Voyage  de  Ro¬ 
bert  Lade  (t.  XII,  p.  383).  Or,  cette  préten¬ 
due  relation  de  voyage ,  celle  de  F.  Correal, 
et  de  deux  ou  trois  autres  qu’on  trouve  ci- 

(1)  Deux  phrases  seulement  ont  été  omises,  parce  qu’elles 
suspendaient  le  sens  ;  l’une  se  rapporte  à  la  figure  qui  ac¬ 
compagne  le  texte  et  que  l’auteur  dit  avoir  été  fuite  d’après 
nature  ;  l’autre  parle  des  têtes  osseuses  qu’on  envoyait  en 
Hollande  comme  objet  de  curiosité,  et  qui  ,  dit  Valentyn, 
étaient  devenues  assez  communes  dans  les  cabinets.  Toutes 
n’allaient  pas  directement  en  Europe;  et,  dans  les  différentes 
colonies  Hollandaises,  les  amateurs  en  achetaient  des  ma¬ 
telots  qni  avaient  touché  aux  Moluques.  De  là  vient  qu’on 
en  recevait  quelquefois  par  des  navires  partis  des  ports  de 
l’Inde  continentale  ,  ainsi  que  nous  l’apprend  Seba  ,  qui 
semble  conclure  de  ce  fait  que  l’animal  habite  la  terre 
ferme  aussi  bien  que  les  iles.  Seba  dit  avoir  vu  plus  de 
cinquante  de  ces  têtes. 


tées  comme  des  autorités  respectables  par 
Buffon  ,  par  Montesquieu ,  par  Rousseau , 
et  par  divers  philosophes  et  moralistes  de  la 
même  époque,  sont  de  misérables  impostu¬ 
res,  des  ramas  de  faits  pris  çà  et  là ,  géné¬ 
ralement  mal  compris  et  liés  par  des  évé¬ 
nements  de  pure  invention. 

Je  ne  dois  pas  laisser  l’ouvrage  de  Valen¬ 
tyn  sans  faire  remarquer ,  en  terminant , 
qu’il  n’y  a  pour  ainsi  dire  rien  à  reprendre 
dans  tout  ce  qu’il  dit  de  l’animal.  Il  indi¬ 
que  très  bien  (ce  qui  est  rare  chez  les  écri¬ 
vains  de  cette  époque,  même  chez  les  natu¬ 
ralistes  de  profession) ,  le  nombre  et  la 
disposition  des  dents.  On  désirerait,  à  la 
vérité,  un  peu  plus  de  précision  dans  ce 
qu’il  dit  des  défenses  supérieures  ;  mais  la 
figure  de  l’animal  entier  et  celle  de  la  tête 
osseuse  qui  se  trouvent  en  regard  de  la  des¬ 
cription,  quoique  mauvaises  l’une  et  l’autre, 
suppléent  au  silence  du  texte,  montrent  la 
direction  des  alvéoles  d’où  naissent  ces 
longues  canines ,  et  la  sortie  de  celles-ci  à 
travers  la  peau  du  chanfrein.  Il  indique 
exactement  le  nombre  normal  des  mâche- 
lières  supérieures ,  mais  il  ne  parle  point 
du  nombre  des  inférieures ,  et  c’est  la 
principale  omission  qu’on  ait  à  lui  repro¬ 
cher. 

Ce  qu’il  dit  des  habitudes  de  l’animal 
est  à  peu  près  tout  ce  que  nous  en  savons 
jusqu’à  ce  jour.  Le  seul  renseignement  sus¬ 
pect  est  celui  qui  se  rapporte  à  la  coutume 
qu’aurait  l’animal  d’accrocher  ses  défenses 
à  une  branche  pour  dormir  debout.  On  peut 
croire  que  Valentyn,  dans  ce  cas,  a  mal 
compris  les  récits  des  chasseurs  qui  auront 
dit,  non  pas  que  l’animal  prenait  pour 
dormir  une  position  verticale ,  mais  seule¬ 
ment  qu’il  dormait  debout  sur  ses  quatre 
jambes ,  comme  font  volontiers  les  grandes 
espèces  dans  cette  famille  des  Pachydermes. 
C’est  ainsi  que  l’a  en  tendu  Buffon,  lequel  rap¬ 
proche  le  fait  de  ce  qu’il  a  observé  chez  un 
vieil  Éléphant  qui ,  afin  de  n’être  pas  in¬ 
commodé  par  le  poids  de  ses  défenses ,  les 
introduisait ,  lorsqu’il  voulait  dormir ,  dans 
deux  trous  qu’il  avait  pratiqués,  à  cet  effet, 
dans  la  muraille.  Ainsi  interprété  le  fait  me 
paraît  encore  peu  vraisemblable;  mais  il  est 
tout  à  fait  absurde  de  la  manière  dont  l’ont 
compris  quelques  écrivains ,  qui  supposent 
que  dans  son  sommeil  le  Babiroussa  est  com- 


BAB 

plètement  suspendu  et  sans  que  ses  pieds  de 
derrière  touchent  à  la  terre. 

Le  même  conte,  au  reste,  pour  le  remar¬ 
quer  en  passant ,  a  été  fait  pour  plusieurs 
animaux.  On  le  trouve,  par  exemple,  dans 
quelques  écrits  du  moyen  âge  et  dans  les 
Encyclopédies  chinoises,  relativement  à  un 
ruminant  à  cornes  recourbées  en  crochet 
comme  celle  du  Chamois. 

Un  ruminant  sans  cornes ,  un  Chevro- 
tain,  est  aussi,  dans  quelques  parties  de 
l’Archipel  indien,  l’objet  d’une  histoire  à 
peu  près  semblable.  Suivant  les  habitants 
du  pays,  le  Kanchil ,  quand  il  est  pour¬ 
suivi  par  les  Chiens,  ne  cherche  d’abord  qu’à 
gagner  du  terrain;  mais,  comme  il  ne  sou¬ 
tiendrait  pas  comme  eux  une  longue  course, 
lorsqu’il  est  hors  de  leur  vue,  il  se  détache 
de  la  terre  par  un  bond ,  et ,  s’accrochant 
à  quelque  branche  à  l’aide  des  longues  cani¬ 
nes  qu’il  porte  à  la  mâchoire  supérieure  ,  il 
reste  suspendu  à  environ  trois  mètres  de 
hauteur,  de  sorte  que  les  ennemis,  emportés 
par  l’ardeur  de  la  chasse,  passent  au-des¬ 
sous  de  lui  sans  l’apercevoir. 

Pour  en  revenir  au  Babiroussa,  je  répète 
que,  pour  tout  ce  qui  concerne  les  habitudes 
de  l’animal,  l’ouvrage  hollandais  est  encore 
aujourd’hui  à  peu  près  l’unique  source  où 
l’on  ait  à  puiser,  et  que  pour  les  formes,  sauf 
en  ce  qui  concerne  celles  de  la  tête  osseuse, 
les  naturalistes  ,  pendant  près  d’un  siècle  , 
n’ont  rien  ajouté  d’important  à  ce  qu’avait 
ditValentyn.  Je  puis  donc  me  dispenser 
de  parler  ici  de  leurs  descriptions,  et  passer 
directement  à  celle  que  nous  ont  donnée 
les  naturalistes  de  l’Astrolabe  ,  MM.  Quoy 
et  Gaimard. 

Ce  fut  à  la  générosité  de  M.  Merkus , 
alors  gouverneur  des  Moluques,  que  l’ex¬ 
pédition  dut  le  don  de  deux  beaux  Babi- 
roussas  vivants,  mâle  et  femelle ,  qu’on 
conservait  depuis  quelque  temps  au  comp¬ 
toir  de  Manado,  sur  l’ile  de  Célèbes.  M.  Mer¬ 
kus  ajouta  à  ce  présent  celui  d’une  femelle 
sauvage  qu’on  venait  de  prendre.  Elle  ne  put 
être  conservée  et  l’on  dut  la  tuer;  mais  on  eut 
par  là  l’occasion  de  s’assurer  que  la  chair  du 
Babiroussa  est  en  effet  fort  bonne  à  manger. 

L’expédition  reçut*  en  outre  de  M.  le  ca¬ 
pitaine  Lang  ,  directeur  de  l’artillerie  à  Am- 
boine ,  un  jeune  mâle  qui  mourut  peu  de 
temps  après  être  arrivé  ,à  bord ,  épuisé,  à  ce 


BAB  fto5 

qu’on  supposa,  par  suite  de  fréquentes 
copulations  avec  la  femelle  d’un  Cochon  or¬ 
dinaire.  Cet  individu  était  fort  apprivoisé, 
et  on  l’a  vu,  presque  mourant, venir  caresser 
son  maître,  en  agitant  les  oreilles  et  la  queue. 
Dans  leur  jeune  âge,  ces  animaux  se  dis¬ 
tinguent  à  peine  du  Cochon  ordinaire  et  ce¬ 
lui-ci  avait  été  donné  comme  tel  à  M.  Lang, 
qui  ne  le  reconnut  pour  un  Babiroussa  que 
lorsque  ses  défenses  commencèrent  à 
pousser. 

A.  l’état  adulte ,  les  Babiroussas  sont  des 
animaux  trapus ,  à  formes  arrondies.  Leur 
tête  est  petite  ;  le  museau  est  très  pointu  et 
plus  allongé  dans  la  femelle  que  dans  le 
mâle  ;  le  boutoir  assez  peu  évasé  ;  les  na¬ 
rines  terminales,  larges  et  arrondies;  la  m⬠
choire  inférieure,  à  cause  du  développement 
du  boutoir,  paraît  moins  avancée  que  la  su¬ 
périeure.  L’œil  est  petit;  son  grand  angle 
se  prolonge  en  forme  de  larmier.  L’iris  est 
rougeâtre  ;  la  pupille  est  grande  ,  arrondie; 
cependant  elle  a  été  trouvée  un  peu  oblique 
sur  un  des  individus  observés.  Les  oreilles 
sont  écartées,  petites,  pointues,  droites  et 
dirigées  en  arrière.  Les  dents  canines  supé¬ 
rieures  percent,  comme  on  sait,  la  peau  du 
museau,  et  se  recourbent  au  point  de  s’en¬ 
foncer  quelquefois  dans  les  chairs  du  front. 
Les  inférieures  remontent  verticalement  en 
soulevant  un  peu  la  lèvre  supérieure. 

Les  jambes,  comprimées  latéralement, 
sont  proportionnellement  courtes  et  peu 
fortes  ;  les  pieds  sont  un  peu  déjetés  en 
dehors  ;  les  ongles  sont  petits ,  arrondis , 
bien  séparés  ;  ceux  des  doigts  postérieurs 
ne  portent  point  habituellement  à  terre.  La 
queue  grêle,  nue  et  munie  d’un  petit  bou¬ 
quet  de  poils  terminal,  ne  se  tortille  point 
comme  dans  les  Cochons.  La  peau  rude, 
épaisse ,  forme  des  plis  dans  plusieurs  par¬ 
ties  du  corps  ,  notamment  entre  les  oreil¬ 
les  et  sur  les  joues.  Dans  le  mâle,  le  front  est 
couvert  de  petits  tubercules  rapprochés.  La 
tête  est  brune  en  dessus.  Les  oreilles  sont 
couvertes,  à-  leur  base  et  dans  tout  l’inté¬ 
rieur  de  la  conque,  de  petits  poils  fins.  Le 
corps,  d’un  brun  sale,  est  parsemé  de  poils 
assez  rares,  très  courts,  sortant  de  petits 
tubercules  qui  contribuent  à  donner  de  la 
rudesse  à  la  peau.  Le  dessus  du  cou  et  du 
ventre  est,  ainsi  que  la  face  intérieure  des 
membres»  d’une  couleur  rougeâtre  assez 


BAB 


m 

marquée.  Une  bande  dërsale  blonde,  large 
d’un  pouce  à  son  origine,  commence  au-des¬ 
sous  du  cou  et  và  se  terminer  près  de  la 
queue  :  elle  est  plus  fournie  de  poils  que  les 
autres  parties  du  corps  et  moins  marquée 
chez  la  femelle  que  chez  le  mâle.  Chez  ce 
dernier,  les  testicules  Sont  saillants  et  re¬ 
jetés  en  arrière  comme  dans  les  Cochons. 
Les  canines  de  la  femelle  sont  très  courtes  et 
ne  font  seulement  que  percer  la  peau. 

Les  Babiroussas  amenés  par  l’Astrolabe 
furent  nourris,  pendant  la  traversée,  de 
pommés  de  terre  et  de  farine  délayée  dans 
l’eau  ;  mais  si  ces  aliments  étaient  ceux 
qu’ils  préféraient,  ils  mangeaient  cependant 
à  peu  près  de  tout,  comme  les  Cochons 
ordinaires ,  même  de  la  viande ,  dont  ils 
rongeaient  les  oS,  en  les  tenant  entre  leurs 
pattes,  presque  à  la  manière  des  Chiens. 
Pour  se  défendre  ou  pour  attaquer,  ils  sou¬ 
levaient  brusquement  et  très  souvent  le  mu¬ 
seau,  comme  disposés  à  se  servir  des  dé¬ 
fenses  que  la  nature  leur  a  données. 

Malgré  tout  leur  zèle,  MM.  Quoy  et  Gai- 
mard  ne  trouvaient  pas  à  bord  d’un  navire 
les  mêmes  facilités  pour  observer  les  mœurs 
des  Babiroussas  qu’en  eut  plus  tard  M.  F. 
CUvier ,  quand  les  animaux  eurent  été 
déposés  à  la  ménagerie  du  Muséum  : 
aussi  est-ce  du  livre  de  ce  consciencieux  na¬ 
turaliste  que  nous  allons  extraire  ce  qui 
nous  reste  à  ajouter  sur  ce  sujet. 

Les  deux  individus  donnés  âu  Muséum  y 
arrivèrent  en  juillet  1829;  et,  en  février  1830, 
la  femelle  mit  bas  un  jeune  mâle  qui  mou¬ 
rut  en  décembre  1831.  La  femelle  mourut  en 
1832  et  le  mâle  l’année  Suivante.  Malgré  tou¬ 
tes  les  précautions  qu’on  prit ,  on  ne  put 
les  préserver  des  atteintes  de  la  phthisie  pul¬ 
monaire,  maladie  à  laquelle  succombent  la 
plupart  des  animaux  amenés  des  pays  chauds 
en  France. 

Malgré  l’état  parfait  de  santé  dans  le¬ 
quel  étaient  arrivés  les  Babiroussas ,  l’âge 
avancé  du  mâle,  son  extrême  obésité,  la  pe¬ 
santeur  de  ses  mouvements  et  leur  mala¬ 
dresse  dans  quelques  circonstances,  avaient 
fait  craindre  qu’il  ne  fût  plus  propre  à  la  re¬ 
production.  Cependant,  le  10  février  1830, 
au  moment  où  l’homme  qui  soignait  ces 
animaux  entra  dans  leur  écurie ,  la  femelle 
furieuse  lui  sauta  au  visage,  et  le  poursuivit 
jusqu’à  ce  qu’il  se  fût  soustrait  à  ses  at-< 


BAB 

teintes.  Pendant  Cette  lutte ,  on  entendit  un 
léger  cri  sortir  de  dessous  là  litière  ;  ce  qui 
fit  soupçonner  la  naissance  d’un  petit,  qu’on 
découvrit  en  effet,  en  tenant  la  femelle 
éloignée ,  tandis  qu’on  visitait  la  paille.  Ce 
jeune  animal  avait  à  peine  15  à  20  centimètres 
de  longueur  ;  il  était  nu  ,  mais  ses  yeux 
étaient  ouverts  et  il  marchait.  Pendant  plu¬ 
sieurs  semaines ,  la  femelle  ne  permit  pas 
qu’on  approchât  de  son  petit ,  qu’elle  tenait 
toujours  caché ,  qu’elle  surveillait  avec  la 
plus  grande  sollicitude  et  qu’elle  nourrissait 
avec  le  plus  grand  soin.  Le  mâle  vécut  en 
paix  comme  par  le  passé  avec  la  femelle  , 
mais  il  ne  prit  aucun  soin  du  petit  ,  qui 
bientôt  se  montra  en  suivant  sa  mère.  A  six 
semaines,  ce  jeune  animal  avait  environ 
quinze  pouces  de  hauteur  ;  et,  à  l’époque  de 
sa  ifiort,  c’est-à-dire  à  vingt-deux  mois,  sa 
hauteur  était  de  45  à  50  centimètres.  U 
avait  les  mêmes  proportions  que  sa  mère , 
mais,  étant  moins  gros ,  il  paraissait  plus 
élevé  sur  ses  jambes  ;  ses  canines  ne  se 
voyaient  point  encore  au-dehors ,  mais  se 
montraient  par  la  saillie  qu’elles  impri¬ 
maient  à  la  peau  à  l’endroit  où  elles  de¬ 
vaient  gercer. 

Le  mâle,  comme  nous  l’avons  dit,  était 
fort  âgé ,  et  son  obésité  le  rendait  lourd  et 
inactif  ;  il  passait  sa  vie  à  dormir  caché  sous 
sa  litière ,  et  ne  semblait  se  réveiller  que 
pour  boire  et  manger.  La  femelle,  plus  jeune 
et  plus  vive,  était  moins  grasse  et  ne  dor¬ 
mait  pas  d’un  sommeil  aussi  profond  ;  mais 
autant  le  premier  était  paisible  et  inofîen- 
sif ,  autant  celle-ci  était  irritable  et  hostile  à 
tous  ceux  qu’elle  ne  connaissait  pas.  Elle 
vivait  d’ailleurs  avec  son  compagnon  dans 
la  plus  parfaite  intelligence,  et  avait  pour  lui 
les  soins  les  plus  marqués.  Comme  on  s’é¬ 
tait  bientôt  aperçu  du  besoin  très  grand 
qu’ils  avaient  de  se  coucher,  on  leur  don¬ 
nait  chaque  jour  une  épaisse  litière,  dis¬ 
posée  dans  un  coin  de  leur  écurie  de  telle 
manière  qu’elle  ne  pouvait  pas  se  disperser 
par  leurs  mouvements.  Lorsque  le  mâle 
voulait  se  reposer,  il  venait  se  coucher  sur 
cette  litière  ;  aussitôt,  et  sans  que  cela  man¬ 
quât  jamais ,  la  femelle  arrivait ,  saisissait 
successivement  avec  sa  bouche  celle  litière , 
et  en  couvrait  le  mâle  de  manière  à  le  sous¬ 
traire  entièrement  à  la  vue  ;  et,  si  le  repos 
lui  devenait  Aelle-même  nécessaire,  elle  se 


BAB 

glissait  sous  la  litière  restante ,  de  manière 
aussi  à  ne  pouvoir  être  aperçue. 

«  Ces  soins  instinctifs,  commandés  par  la 
nature  à  la  femelle  envers  son  mâlp,  ne  per¬ 
mettent  pas ,  remarque  M.  F-  Cuvier ,  de 
douter  que,  dans  l’état  sauvage,  ces  animaux 
ne  vivent  par  paires.  La  nature ,  toujqqrs 
conséquente  dans  ses  œuvres,  n’a  pas  im¬ 
posé  yainement  un  besoin  à  un  animal ,  et 
celui  que ,  dans  les  circonstances  que  nous 
venons  de  rappeler,  manifeste  la  femelle  du 
Eabiroussa,  serait  inutile  et  sans  but  si  elle 
avait  été  destinée  à  vivre  solitaire.  Çet  in¬ 
stinct  a  aussi  pour  objet  de  soustraire  ces 
animaux  à  leurs  ennemis,  et  c’est  le  seul 
exemple  de  ce  genre  que  nous  connais¬ 
sions.  » 

Nous  pensons  avec  M.  F.  Cuvier  que  les 
Observations  faites  sur  les  deux  Babiroussas 
captifs  autorisent  à  croire  que ,  dans  l’état 
de  liberté ,  ces  animaux  vivent  en  effet  par 
couples;  mais  quant  aux  moyens  qu’ils  em¬ 
ploient  pour  se  dérober  aux  yeux,  nous  ne 
pouvons  admettre  qu’ils  soient  aussi  excep¬ 
tionnels  que  le  suppose  le  savant  naturaliste. 

Les  rapports  des  mâles  avec  }es  femelles 
chez  les  Vertébrés  à  sang  chaud,  non-seule¬ 
ment  varient  d’un  genre  à  l’autre  ;  mais 
encore  dans  le  même  genre,  ils  présentent, 
selon  les  espèces,  des  différences  très  tran¬ 
chées;  ainsi,  des  deux  espèces  de  Cerfs  que 
possède  notre  pays ,  l’une  est  monogame 
dans  toute  la  force  du  mot ,  i’autre  ne  forme 
même  pas  d’union  temporaire.  Le  Cerf,  dans 
le  temps  du  rut,  poursuit  toutes  les  femelles 
indistinctement;  le  Chevreuil  garde,  en  toute 
saison,  et  toute  sa  vie  la  même  compagne. 
Dans  le  genre,  ou  si  l’on  veut,  dans  la 
famille  des  Cochons ,  on  connaissait  aussi 
déjà  des  particularités  selon  les  espèces. 
Par  exemple,  pour  le  Pécari  à  mâchoires 
blanches ,  les  habitudes  sont  à  peu  près 
c, elles  qu’on  a  signalées  dans  le  Cheval  :  un 
vieux  mâle  guide  en  tout  temps  une  troupe 
plus  ou  moins  nombreuse.  Pour  le  Pécari  à 
collier,  au  contraire,  on  le  rencontre  habi¬ 
tuellement  par  paires  ou  seulement  avec  la 
famille  de  l’année.  En  Europe,  notre  San¬ 
glier  n’accompagne  la  Laie  qu’environ  un 
mois  sur  douze,  et  les  petites  troupes  qu’on 
voit  dans  le  reste  de  l’année  sont,  ou  une  fa¬ 
mille  d’une  à  deux  années  conduite  par  la 
mère ,  ou  la  réunion  de  plusieurs  de  ces  fa- 


BAB  407 

milles ,  majs  sans  qu’il  s’y  trouve  jamais  un 
Vieux  mâle.  L’espèce  du  Babiroussa  semble 
nous  offrir  un  quatrième  système ,  et  peut- 
être  en  trouverons-nous  encore  d’autres 
quand  nous  pourrons  étudier  les  mœurs 
des  Sangliers  à  masque  et  celles  des  Phaco- 
chæres. 

Parlons  maintenant  du  soin  que  pre¬ 
naient  nos  Babiroussas  de  se  cacher  sous  la 
paille,  lorsque  dans  le  jour  ils  voulaient 
dormir.  On  ne  nous  dit  point  si,  dans  l’obs¬ 
curité,  ils  prenaient  les  mêmes  précautions  : 
du  reste  ,  le  besoin  de  la  chaleur  eût  pu  en¬ 
core  dans  cette  circonstance  suffire  pour 
les  déterminer  à  se  tapir  sous  leur  couver¬ 
ture  ;  car,  en  toute  circonstance,  ils  se  mon¬ 
traient  assez  frileux,  et  l’on  n’en  eût  rien 
pu  conclure,  relativement  à  leurs  habitudes 
dans  les  régions  très  chaudes  où  la  nature 
les  a  placés.  Ce  que  nous  savons,  c’est 
qu’en  général  Ja  nuit  n’est  point  pour  les 
Cochops,  dans  l’état  de  liberté,  un  temps  de 
repos.  C’est,  au  contraire,  le  temps  où  ils 
sont  le  plus  actifs ,  et  où  ils  errent  pour 
chercher  leur  nourriture  ;  du  moins,  est-ce 
ce  que  nous  observons  chez  Ips  Sangliers. 
Pendant  le  jour,  au  contraire,  ces  animaux 
(  surtout  ceux  qui  vivent  solitaires  comme 
les  vieux  mâles  et  qui  ont  déjà  de  l’em¬ 
bonpoint)  passent  une  partie  de  leur  temps 
à  dormir;  et,  afin  den’être  point  surpris, 
ils  placent  leur  bauge  dans  la  partie  la  plus 
reculée  de  la  forêt ,  dans  les  lieux  les  plus 
fourrés.  La  tendance  à  se  cacher  pendant 
le  sommeil  du  jour  est,  on  peut  le  dire , 
commune  à  cette  famille  d’animaux  ;  les 
moyens  d’y  parvenir  doivent  différer  selon 
les  lieux  et  selon  les  espèces. 

Une  autre  tendance  également  commune 
à  la  famille  est  celle  de  changer  d’habita¬ 
tion,  selon  les  saisons.  Nos  Sangliers  d’Fu- 
rope,  en  été,  se  rapprochent  des  lisiè¬ 
res  des  forêts  pour  être  à  portée  des  blés 
et  des  vignes  où  ils  vont  fourrager  pendant 
la  nuit;  en  automne,  ils  se  retirent  dans  les 
futaies  pour  y  manger  le  Gland  et  la  Faîne  ; 
en  hiver ,  ils  s’enfoncent  dans  le  bois  pour 
y  vivre  de  vers,  de  racines,  etc.  M.  de  La 
Borde  nous  apprend  de  même  qu’en  Améri¬ 
que  les  Pécaris ,  après  la  saison  des  pluies, 
quittent  les  forêts  épaisses  et  s’approchent 
des  lieux  bas  et  des  marécages.  Enfin,  au 
Bengale ,  un  Sanglier,  qui  ressemble  beau- 


BAB 


m 

coup  à  notre  Sanglier  commun ,  mais  qui 
peut-être  un  jour  sera  reconnu  comme  une 
espèce  distincte,  quitte  aussi  les  bois  après 
la  saison  des  pluies,  et  yient  s’établir  dans 
les  lieux  découverts.  Les  plaines  qu’il  habite 
à  cette  époque  ne  sont  point  cultivées,  et  l’a¬ 
nimal  y  peut  rester  de  jour,  sans  être  inquié¬ 
té  par  les  hommes ,  au  lieu  que  notre  San¬ 
glier,  qui  n’a  pas  les  mêmes  motifs  de  sé¬ 
curité,  est  obligé  de  regagner  chaque  matin 
la  forêt.  Cependant  le  Sanglier  indien  n’en 
éprouve  pas  moins  le  besoin  de  se  soustraire 
pendant  le  jour,  non-seulement  aux  regards 
des  importuns,  mais  encore  aux  rayons  du 
soleil  ;  car  tous  les  Cochons  souffrent  de 
l’excès  de  la  chaleur  comme  de  l’excès  du 
froid.  Or,  voici  le  moyen  que  lui  a  enseigné 
la  nature  pour  arriver  à  ce  but.  Les  plaines, 
où  il  a  fixé  sa  demeure  temporaire ,  sont 
couvertes  d’une  grande  espèce  de  grami¬ 
nées  qui  atteint  une  hauteur  de  1  mètre  à  1 
mètre  25  centimètres ,  et  dont  on  se  sert 
dans  le  pays  pour  couvrir  les  maisons.  Notre 
Sanglier,  avec  ses  dents,  coupe  cette  herbe 
aussi  nettement  que  le  ferait  un  faneur  avec 
sa  faux  ;  il  en  forme  des  meules  allongées, 
parfaitement  régulières,  et  qu’on  prendrait 
de  loin  pour  le  toit  allongé  d’une  maison. 
Sous  cet  amas  de  foin,  il  pratique  une  sorte 
de  galerie  longitudinale ,  dans  laquelle  il 
ménage  d’espace  en  espace  de  petites  ou¬ 
vertures  à  peine  visibles  du  dehors ,  mais 
qui  lui  servent  comme  de  fenêtres  pour  ob¬ 
server,  lorsqu’il  ne  dort  point,  les  bêtes  ou 
les  gens  qui  s’approchent  de  sa  retraite 
(Johnson  Sketches  of Indian  field-sports , 
2e  édit.  Lond.,  1827,  in-8,  p.  278). 

On  peut  bien  supposer  que  le  Babiroussa 
a,  dans  l’état  de  liberté,  des  habitudes  à  peu 
près  semblables  à  celles  de  ce  Sanglier.  Il 
n’y  a  point  d’invraisemblance  même  à  croire 
que  quelque  chose  d’analogue  a  pu  être  pra¬ 
tiqué  autrefois  par  nos  Sangliers  d’Europe, 
dans  les  pays  où  ils  avaient  à  leur  portée  de 
grandes  prairies  naturelles,  et  qu’ils  aient 
perdu  plus  tard  cet  instinct  par  suite  des  per¬ 
sécutions  de  l’homme,  comme  nos  Castors 
du  Rhône  ont  perdu  ,  par  la  même  cause  , 
l’habitude  de  se  bâtir  des  habitations.  Nous 
voyons  encore,  dans  la  femelle  de  notre 
Cochon  domestique  ,  la  tendance  à  former 
une  litière  au  moment  où  elle  est  près  de 
mettre  bas.  Si  cette  tendance  n’est  presque 


BAC 

jamais  suivie  d’un  effet  utile,  cela  tient  à  la 
dégradation  d’instinct  produite  par  une 
longue  domesticité.  Il  en  est  de  même  de 
la  maladresse  de  Serins,  lorsqu’ils  cher¬ 
chent  à  se  construire  un  nid  à  l’époque  de 
la  ponte.  L’espèce  se  propage  depuis  long¬ 
temps  en  captivité,  et  les  soins  de  l’homme 
en  prévenant  ses  besoins  lui  ont  fait  per¬ 
dre  la  faculté  d’y  pourvoir  elle -même. 
L’inhabileté  du  Yer-à-soie  à  se  porter  d’une 
feuille  sur  l’autre,  quand  on  l’abandonne 
sur  un  mûrier,  est  encore  un  exemple  plus 
frappant  de  ce  pouvoir  de  notre  espèce 
pour  anéantir  les  instincts  des  espèces  in¬ 
férieures  qu’elle  s’est  soumises.  (Roulin). 

BABOUCARB.  ois.  —  Nom  donné  à 
plusieurs  espèces  du  genre  Martin-Pêcheur. 
Voyez  ce  mot. 

*  BABOUNYA.  bot.  ph.  —  (Babouny , 
nom  sous  lequel  les  fleurs  sèches  de  cette 
plante  sont  vendues  dans  les  boutiques  de 
Cahira.)  —  Synonyme  de  Santolina  fra- 
(jrantissima. 

BABOUIN,  mam.  —  Synonyme  de  Cy¬ 
nocéphale.  Voyez  ce  mot. 

BABYRUSSA.  mam.  —  Voyez  babi¬ 
roussa. 

BACA.  bot.  ph.  —  Synonyme  de  Bœa. 
Voyez  ce  mot. 

B  AC  AU  ou  BACAUVAN.  bot.  ph. — 
Espèce  du  genre  Manglier  dont  L’Héritier 
a  formé  un  genre  sous  le  nom  de  Bru - 
guiera.  Voyez  ce  mot.  (C.  d’O.) 

BACAZIA.  bot.  fh. —  Genre  établi  par 
M.  De  Candolle  dans  le  groupe  des  Labia- 
tiflores,  tribu  des  Mutisiacées,  famille  des 
Synanthérées  ,  par  le  démembrement  du  g. 
Barnadesia.  Ruiz  et  Pavon  avaient  déjà 
donné  ce  nom  aux  B.  lanceolata  et  co- 
rymbosa ;  mais  M.  De  Candolle  l’a  res¬ 
treint  à  cette  dernière  espèce.  —  C’esl  un 
arbuste  des  Andes  du  Pérou.  (C.  d’O.) 

BACBAKIRI.  ois.  —  Nom  donné,  à 
cause  de  son  cri ,  au  Lanius  hachakiri 
Shaw,  par  les  habitants  de  l’Afrique. 
Voyez  pie-grièche.  (C.  d’O.) 

BACCA.  bot.  Voyez  baie. 

BACCANTE.  bot.  ph.  —  Orthographe 
vicieuse  du  mot  Bacchante.  Voyez  bac- 
charide. 

BACCAREO.  mam.  —  Nom  d’un  ani¬ 
mal  de  l’Indoustan  qu’on  croit  être  X Axis* 
Voyez  csftF. 


BAC 


BACC4R0IDPS.  bot.  th.~ Synonyme 
de  baccharoïdes.  Voyez  ce  lïipt.  (A.  R.) 

BACCAEBAipÉ.  ror.  ?h.  —  M’  D^s" 
vaux  a  établi,  sous  ce  nem?  up  genre  de  fruits 
composé  dp  plusieurs  ovaires  distincts,  bac- 
ciformes ,  non  soudés ,  quelquefois  même 
plus  ou  moins  éloignés  les  uns  des  autres 
et  provenant  d’une  seule  et  même  fleur  : 
exemple  le  fruit  des  Drymis ,  des  Zan- 
thoxylum.  Yoyez  fruit.  (A.  R.) 

BACCAUREA, Loureir.  ( bacca ,  baie; 
ayrea ,  dorée),  bot.  ph. — Genre  incomplète¬ 
ment  conpu,  qu’gn  rapporte  avec  doute  à  la 
famille  des  Rhamnées.  Son  auteur  en  signale 
3  espèces ,  indigènes  de  la  Cochinchine. 

¥■) 

BACCHA  ((Bax;xvi,  prêtresse  deBacchus). 
ins. —  Genre  de  l’ordre  des  Diptères,  divi¬ 
sion  des  Brachocères,  subdivision  des  Tétra- 
cbœtes,  famille  des  Brachystomes ,  tribu 
des  Syrphides ,  créé  par  Fabricius  et  adopté 
par  Meigen,  ainsi  que  par  Fallen  etM.  Mac- 
quart.  Ce  dernier  ( Histoire  natur.  des 
Diptères  ;  tome  I,  p.  577),  le  caractérise 
ainsi:  Corps  grêle,  allongé.  Tête  convexe 
antérieurement.  Face  à  proéminence.  Troi¬ 
sième  article  des  antennes  assez  grand,  car¬ 
ré,  arrondi.  Abdomen  allongé,  menu,  rétréci 
à  la  base.—  M.  Macquart  y  rapporte  trois  es¬ 
pèces  dont  nous  ne  citerons  que  la  B.  ae- 
eongée,  Baccha  elongata  Fab. ,  Fallen 
n°  1  et  Meig.  n°  1,  tab.  28,  f.  13.  Cette  es¬ 
pèce  est  assez  commune  et  se  trouve  en 
Europe.  Latreille  avait  d’abord  considéré  ce 
g.  comme  rentrant  dans  celui  qu’il  a  créé 
de  son  côté  sous  le  nom  de  sépédon  ;  mais 
depuis  il  l’en  a  séparé  dans  ses  familles  na¬ 
turelles.  (D.) 

BACCHANTE  (prêtresse  deBacchus). 
ins. — Geoffroy  désigne  ainsi  un  lépidoptère 
diurne,  Papilio  Dcjanira  Lin.,  qui  appar¬ 
tient  au  g.  Satyre ,  Latr.  Voyez  ce  mot. 

m 

BACCHANTE,  bot.  ph.  —  Synonyme 
de  baccharide.  Voyez  ce  mot. 

BACCHARIDE  '  ou  BAÇCHANTE. 
Baççharis.  rot.  rr.  —  Genre  de  la  fa- 
rnille  des  Synantltéréps  porymbifères ,  tribu 
des  Astéroïdées,  ayqnf  pojir  carget.:  Capi¬ 
tales  mpltiflores  dioïques  ;  corolles  homoga- 
mes ,  tubuleuses.  Réceptacle  nu  on  sub- 
paléacé  dans  up  petit  nombre  d’espèces  ;  in- 
Yolucre  hémisphérique  ou  allongé ,  plurisé- 


PAC  409 

rié,  imbriqué.  Ces  plantes,  communément 
frutescentes,  sont  pour  la  plupart  originaires 
de  l’Amérique  méridionale.  On  en  compte 
plus  dp  200  espèces.  —  La  Baccharide  de 
Yirginie,  B.  halimifolia ,  ou  Séneçon  en 
arbre,  et  la  h-  afeuilees  deeaurier  rose,  ou 
B.  neriifoliçi ,  sont  cultivées  dans  nos  jar¬ 
dins  comme  plantes  d’agrément.  La  pre¬ 
mière  passe  l’hiYer  ep  pleine  terre ,  l’autre 
demande  l’orangerie. 

Le  genre  Baçcharib  assez  naturel  pour 
ne  pas  souffrir  de  démembrement,  est  très 
voisin  du  g.  Conyza ,  dopt  il  ne  diffère  que 
par  ses  fleurs  dioïques.  (G.  d’O.) 

BACCHAROIBE8.  bot.  ph. — Le  genre 
ainsi  pommé  par  Linné  (FA  zeyl .,  196)  fait 
aujourd’hui  partie  du  grand  g.  Vcrnonia , 
dans  la  famille  des  Sypapthérées.  Voyez 

VERNONÏE.  (A.  R.) 

*  BACCHIDE.  Bacchis (divinité  égyp¬ 
tienne).  ins.— Genre  de  Diptères,  établi  par 
M.  Rpbineaq-Desvoidy  dans  son  ouvrage  sur 
Jes  Myodaires,  et  qu’il  place  dans  la  famille 
des  Napéellées  et  la  tribu  des  Putrellidées. 
Ses  caractères  sont  ceux  des  Nèrèes ,  dont 
il  ne  diffère  que  par  des  pattes  plus  allon¬ 
gées  et  les  tibias  intermédiaires  nus.  Les 
espèces  de  ce  genre,  au  nombre  de  4,  et 
toutes  nommées  par  l’auteur,  se  trouvent 
plus  particulièrement  dans  les  caves ,  sur 
le  vin  qui  dégoutte  de  la  cannelle  des  ton¬ 
neaux.  pilles  sautillent  lorsqu’on  veut  les 
saisir.  Une  espèce  se  joue  à  la  surface  des 
eaux.  Nous  citerons  comme  type  celle  que 
l’auteur  nomme  B .  cellarum ,  et  dont  voici 
ime  courte  description  :  Long.  2  à  3  millimè¬ 
tres.  Tout  le  corps  d’up  noir  luisant,  gla¬ 
bre;  quelquefois  les  pattes  sont  d’un  brun 
pâle.  Ailes  ayant  une  légère  teinte  fujigi- 
neqse.  Çette  espèce  vit  sur  le  vin  corrompu 
et  exposé  à  l’air.  (d.) 

BAÇÇHUS.  roiss.  —  Ce  nom  qui  se 
trouve  daps  Pline ,  paraît  appartenir  à  une 
espèce  de  Lotte,  Gçidus  molua. 

BACCHUS.  ins.  —  Yçyez  rhynchitrs. 

BACÇIENS  (fruits),  bot.  eh.  —  On 
appelle  aipsi  tous  lps  fruits  à  péricarpe 
cpamu  qpi  ont  du  rapport  avec  la  baie.  Voy. 
FWT-  (A.  R.) 

BACCiyOBES.  Baccivori.  ois.— Nom 
donné  par  Yieillot  à  sa  seizième  famille  des 
Oiseaux  sylvains ,  qu’il  suppose  se  nourrir 
dp  haies. 


T.  II. 


610 


BAC 

*  BACCrVORTDÉES.  Baccivoridæ 
(mangeurs  de  Baies),  ois.  —  Famille  faisant 
partie  de  l’ordre  des  Passereaux  dentiros- 
tres  de  Cuvier  et  de  notre  sous-section  des 
Dentirostres  à  bec  déprimé. 

Au  mot  AMPÉT.INÉES ,  nous  avons  indiqué 
cette  sous-famille  comme  faisant  partie  de 
notre  famille  des  Baccivores  ;  mais  vou¬ 
lant  nous  conformer  à  l’usage  adopté  pres¬ 
que  généralement  aujourd’hui  dans  les  clas¬ 
sifications  d’histoire  naturelle ,  de  terminer 
en  idées  les  noms  de  famille  et  en  inèes  ceux 
de  sous-famille,  nous  avons  cru  devoir  faire 
ici  le  petit  changement  de  Baccivores  en 
Baccivoridées. 

Ce  nom  de  famille ,  employé  primitive¬ 
ment  par  Yieillot  pour  rapprocher  un  cer¬ 
tain  nombre  de  genres  américains  à  bec 
large,  déprimé,  très  fendu,  et  mangeurs  de 
baies  et  de  fruits  mous ,  nous  a  paru  si  na¬ 
turel  et  si  expressif,  que  nous  avons  cru 
devoir  l’adopter  pour  ces  mêmes  espèces , 
l’étendant  toutefois  à  beaucoup  d’autres 
genres,  la  plupart  américains  aussi,  et  of¬ 
frant  les  mêmes  caractères  de  mœurs  sylvi- 
coles  et  baccivores  ,  quoique  différant  quel¬ 
quefois  par  un  bec  moins  élargi  et  moins 
déprimé,  ou  par  une  taille  plus  forte.  Nous 
devons  convenir  que ,  dans  la  nombreuse 
réunion  de  genres  dont  nous  composons 
cette  famille ,  nous  avons  à  peu  près 
suivi  les  idées  du  célèbre  Cuvier  dans  son 
Règne  animal ,  et  du  savant  ornithologiste 
anglais  Swainson  dans  la  composition  de  sa 
famille  Amjpelidœ  ou  F ruit-eaters  ,  ou 
Chatterers.  Nous  y  avons  cependant  ap¬ 
porté  quelques  changements  qui  nous  ont 
paru  plus  conformes  à  la  nature.  Ainsi,  nous 
y  avons  ajouté  les  Coracinées ,  les  Cépha- 
loptères  et  genres  voisins  d’Amérique,  for¬ 
mant  les  Coracinées  des  auteurs  modernes, 
parce  que  ces  espèces ,  quoique  de  plus 
grande  taille  que  les  Cotingas  ou  Âtmpé- 
linées  leurs  compatriotes ,  en  ont  entière¬ 
ment  la  forme ,  les  pattes  courtes  et  per- 
cheuses,  le  bec  large  et  déprimé,  les  mœurs 
frugivores,  et  sont  loin  d’indiquer,  sous 
tous  ces  rapports,  le  moindre  motif  de  rap¬ 
prochement  avec  les  Corvidées ,  où  Swain¬ 
son  les  plaçait.  Les  mêmes  raisons  nous  ont 
décidé  à  y  introduire  les  Folles  et  Rol- 
liers ,  les  Eurylaimes ,  dont  quelques  es¬ 
pèces  sont  entièrement  frugivores,  et  même 


^  BAC 

les  Loriots ,  dont  le  bec ,  quoique  en  appa¬ 
rence  conformé  comme  celui  des  Merles , 
est  néanmoins  beaucoup  plus  élargi  et  dé¬ 
primé  à  la  base,  dont  les  pattes  courtes,  les 
ailes  longues  et  pointues  indiquent  des  Oi¬ 
seaux  à  mœurs  percheuses  et  forestières,  et 
qui  sont  effectivement  presque  uniquement 
frugivores. 

Nous  avons  cru  devoir  grouper  en  tête 
de  notre  famille  des  Baccivoridées  les  sous- 
familles  tenant  encore  des  familles  précé¬ 
dentes,  par  des  pattes  assez  longues  ;  par  un 
bec  comprimé ,  quoique  large  à  la  base ,  et 
par  une  nourriture  moitié  insectivore,  et 
moitié  frugivore. 

Il  résulte  de  cette  nombreuse  association 
de  genres  à  mœurs  à  peu  près  semblables , 
que  notre  sous-section  des  Dentirostres  à 
bec  déprimé  se  trouve  ne  renfermer,  pour 
ainsi  dire ,  que  deux  grandes  familles  ,  les 
Baccivoridées  et  les  Muscicapidées ,  très 
rapprochées  par  la  forme  du*  bec  et  les 
mœurs,  et  dont  un  assez  grand  nombre  d’es¬ 
pèces  participant  de  ces  deux  genres  de  nour¬ 
riture  forment  le  passage  de  l’une  à  l’autre. 

Lorsqu’on  compare  l’immense  quantité 
d’espèces  de  toute  grandeur  que  cette  fa¬ 
mille  et  la  famille  voisine ,  les  Muscicapi¬ 
dées,  nous  offrent  dans  le  nouveau  monde, 
au  nombre  exigu  de  leurs  représentants 
en  Europe ,  où  il  est  borné  à  trois  dans 
la  première  et  à  quatre  dans  la  seconde, 
et  qu’on  observe  les  modifications  sans 
nombre  du  bec  ,  plus  ou  moins  déprimé, 
plus  ou  moins  élargi,  quelquefois  même 
fendu  à  l’excès  chez  ces  espèces  améri¬ 
caines  ,  il  est  facile  d’y  reconnaître ,  et  on 
ne  peut  trop  admirer  la  balance  conserva¬ 
trice  ,  les  sages  proportions  avec  lesquelles 
l’auteur  de  la  nature  a  réparti ,  suivant  les 
lieux  et  les  climats ,  ses  diverses  produc¬ 
tions.  Sous  les  zônes  torride  et  tropicale,  en 
effet ,  où  des  flots  d’une  chaleur  humide  et 
continue  déterminent  une  végétation  aussi 
somptueuse  que  variée,  des  fruits,  des  baies 
de  toute  espèce ,  de  toute  dimension ,  cou¬ 
vrent  les  plantes,  les  arbustes  et  les  arbres 
gigantesques  des  forêts.  Par  suite  de  cette 
haute  température,  les  Reptiles,  les  Insectes, 
les  Mollusques  terrestres  et  fluviatiles,  se 
présentent  tantôt  avec  un  développement 
presque  incroyable,  tantôt  sous  des  propor¬ 
tions  moyennes  et  même  petites,  mais  tou- 


BAC 


BAC 


jours  en  nombre  immense.  Là  aussi  l’on  re¬ 
trouve  dans  la  classe  des  Oiseaux  une  mul¬ 
titude  ,  une  variété  d’espèces ,  destinées , 
suivant  leur  taille  et  les  proportions  de  leur 
bec,  à  engloutir  par  centaines  ces  Reptiles, 
ces  Mollusques ,  ces  essaims  innombrables 
d’insectes  et  ces  fruits  si  variés  ;  ainsi,  près 
des  lacs  et  des  vastes  marécages ,  dans  les 
bois  qui  les  avoisinent ,  ou  abondent  les 
Reptiles  aquatiques  et  terrestres ,  une  in¬ 
finité  d’oiseaux  de  proie  reptilivores ,  qui 
semblent  avoir  perdu  tout  le  courage  et  l’ar¬ 
deur  de  nos  espèces  européennes ,  se  con¬ 
tentent  de  cette  proie  facile,  qu’ils  guettent 
de  dessus  la  branche  où  ils  se  tiennent  im¬ 
mobiles;  parmi  eux,  quelques  espèces  encore 
moins  carnassières ,  vont  chercher  sous  le 
feuillage  ces  énormes  Bulimes  sylvicoles 
qu’elles  savent  extraire  de  leur  coquille  au 
moyen  de  leur  bec  terminé  en  crochet  pro¬ 
longé. 

A  côté  de  ces  Fourmis  gigantesques  et 
voyageuses,  de  ces  Termites  destructeurs, 
dont  les  innombrables  légions  menacent 
d’envahir  le  sol  américain ,  vous  retrouvez 
une  multitude  d’Oiseaux  formicivores ,  et 
cette  féconde  famille  de  Fourmiliers  (fa¬ 
mille  étrangère  à  l’Europe  )  qui ,  fidèle 
au  but  de  la  nature,  ne  cesse  de  poursuivre 
à  outrance  les  Insectes  nuisibles  dont  elle 
fait  son  unique  nourriture.  Au  milieu  de 
ces  antiques  forêts  si  riches  en  fruits  sa¬ 
voureux  ,  en  baies  de  toute  dimension ,  et 
sur  leurs  lisières,  que  peuplent  des  légions 
d’insectes ,  on  voit  aussi  voltiger  en  grand 
nombre  les  diverses  espèces  de  nos  Bacci- 
vores  et  de  nos  Muscicapidées ,  sans  cesse 
occupées  à  découvrir  ces  fruits  ou  à  pour¬ 
suivre  ces  Insectes  ailés  que  la  nature  leur 
a  destinés  comme  aliment. 

A  propos  de  ces  deux  familles  d’Oiseaux 
frugivores  et  insectivores,  nous  devons  citer 
une  anomalie  des  plus  remarquables  dans  les 
mœurs  d’une  espèce  de  la  famille  des  Engou¬ 
levents  en  Amérique,  et  qui  prouve  que  si  à 
chaque  instant  la  nature  nous  présente  des 
espèces  dont  les  formes  anomales  sont  en¬ 
tièrement  rebelles  à  nos  classifications,  elle 
en  a  créé  d’autres  qui  ne  le  sont  pas  moins  par 
leurs  mœurs  et  leur  nourriture  ;  ainsi,  dans 
cette  famille  des  Engoulevents,  si  éminem¬ 
ment  insectivore  sur  tous  les  points  du 
globe,  l’Amérique  nous  offre  une  espèce,  le 


411 


Guacharo  ( Steaiomis  de  Humboldt), 
uniquement  frugivore ,  et  les  cavernes ,  les 
rochers  en  pleine  mer  qui  lui  servent  de 
retraite  diurne,  sont  jonchés  des  noyaux  des 
divers  fruits  que  ces  Oiseaux  avalent  entiers, 
mais  dont  ils  ne  peuvent  digérer  que  la  pulpe . 

On  peut  assigner  pour  caractères  gé¬ 
néraux  à  la  famille  des  Baccivoridées  • 
Bec  de  longueur  variable,  mais  toujours 
élargi  à  sa  base  dégarnie  de  poils ,  le  plus 
souvent  large ,  déprimé  et  très  fendu ,  plus 
ou  moins  comprimé  sur  les  côtés ,  vers  la 
pointe,  qui  est  échancrée  et  quelquefois 
assez  brusquement  courbée.  Pattes  à  tarses 
courts  ;  doigts  courts  ou  moyens ,  quelque¬ 
fois  syndactyles  :  l’externe  allongé ,  soudé 
plus  ou  moins  loin  avec  le  médian,  et  beau¬ 
coup  plus  long  que  l’interne.  Ailes  courtes 
ou  moyennes ,  ou  longues ,  ayant  quelque¬ 
fois  quelques-unes  de  ses  premières  ré¬ 
miges  rétrécies ,  ensiformes  ou  même  atro¬ 
phiées.  Queue  courte  ou  moyenne  ,  coupée 
carrément  ou  légèrement  arrondie ,  ayant 
quelquefois  ses  deux  rectrices  médianes 
prolongées. 

Les  sous-familles  dont  elle  se  compose , 
en  suivant  l’ordre  que  nous  avons  indiqué 
ci-dessus,  sont  : 


(Sous  familles  à  bec  plus  com¬ 
primé  ,  Insectivores  et  Bac- 
civores.) 

Pachycèphalinècs. 
Lèiothrieinèes . 
Coraciadinèes . 
Oriolinèes. 


(Sous.familles  à  bec 
déprimé  et  Bacci- 
Tores.) 

Pipnnèes  - 
Ampèlinèes. 
Coracininèes. 
Eurylaiminècs . 


Virèoninèes. 


Voy .  ces  mots.  (Lafr.) 

BACHA,  ois. — Aigle  d’Afrique,  appar¬ 
tenant  au  genre  Faucon.  Voyez  aigle. 

BACHA  DE  MER.  poiss.  — Synonyme 
du  genre  Triure  Bougainvillien ,  de  Lacé- 
pède.  Voy.  triure. 

BACHALA.  bot.  ph. — Synonyme  d’^4- 
maranthus  oleraceusV.  Voy.  amaranthe. 

BACH  AO ,  BACHAS.  bot.  ph.  —  Sy¬ 
nonyme  de  bacau.  Voy.  ce  mot. 

BACHE  (Palmier  Bâche),  bot.  —  Nom 
vulgaire,  à  la  Guiane ,  du  Maiiritîa  flcxuo- 
sa  Linn.  {Suppl.)  ,  Palmier  très  répandu 
dans  les  lieux  humides  et  voisins  de  la  mer, 
depuis  l’embouchure  de  la  rivière  des  Ama¬ 
zones  jusqu’à  celle  de  l’Orénoque.  Voy. 
mauritia.  (Ad.  B.) 

BACHEBO.  ois.  —  Nom  vulgaire  du 


Ü12  BAC 

Pic-Vert,  Picus  viridis  L.  Voyez  ne. 

(C.  m.) 

B  AGILE.  Crithmum.  bot.  ph.-— Genre 
de  la  famille  dès  Ombellifères,  comprenant 
originairement  six  espèces ,  dont  cinq  ont 
été  distribuées  dans  les  g.  Astydamia ,  Ce- 
noloj)hiùm  ,  Pituranthes  et  Seseli.  Le 
Crithmuni  maritimum ,  vulgairement  ap¬ 
pelé  Perce-pierre  ou  Pas&e-pièrre ,  et  que 
Sprengel  a  appelé  Cachrys  mariiimai  est 
une  plante  herbacée,  cültivée  dans  les 
jardins  potagers  pour  ses  feuilles ,  qu’on 
confit  ait  vinaigre  comme  l’Estragon.  Elle 
croît  sur  les  rochers  du  littoral  de  la  Médi¬ 
terranée,  sur  les  bords  de  l’Océan  occiden¬ 
tal,  depuis  le  Portugal  jusqu’aux  Canaries, 
et  sur  ceUx  de  la  mer  Noire.  Il  eti  existe  une 
variété,  à  feuilles  plus  larges,  qu’on  ap¬ 
pelle  C.  cahariense.  (C.  d’O.) 

BACILLAIRE .  Bacillaria  ( hacillus , 
baguette),  inf.  végét.  —  Müller  avait  donné 
ce  nom  à  un  genre  ddfit  les  nombreuses 
subdivisions  constituent  aujourd’hui  la  fâ- 
ihille  des  Bacillariées.  M.  Ehrenberg  le  ré¬ 
serve  aux  espèces  qui  ont  pour  caractères 
d’être  libres;  à  carapace  simple,  bivalve 
ou  multivalve,  ëiliceuse,  prismatique,  et 
qui  forment  des  chaînes  brillantes  ou  des 
polypiers  en  zig-zag,  par  la  division  spon¬ 
tanée  imparfaite  de  la  carapace,  et  par  la 
division  parfaite  du  corps. 

Les  Bacillaria  paradoxa  Gmeî.,  B. 
pectinalis  Nitzen ,  et  quelqÜeS  autres  sont 
dans  ce  cas.  (P.  G.) 

BACILLAIRE  ( hacillus ,  baguette). 
min.  - —  Nom  qu’on  donne  à  certains  cris¬ 
taux  en  prismës  allongés  et  arrondis , 
comme  ceux  dé  l’Arrégonite,  dë  l’Ëpidoté  et 
du  Plomb  carbobaté.  (Bel.) 

BACILLAïtfENS.  infLs. — Synonyme 
de  bacillariées.  Voy .  ce  mot.  (P.  G.) 

BACILLARIÉES.  BacillaHa  (Bacil¬ 
laire,  genre  d’infusoires  ).  infus.  végét.  • 
M.  Ehrenberg  nomme  ainsi  la  famille  à  la¬ 
quelle  les  Bacillaires  servent  de  type.  Les 
Bacillariées  sont  pour  lui  des  Infusoires  ani¬ 
maux,  et  il  lés  classe  parmi  lés  polygaslri- 
ques.  Beaucoup  d’autres  naturalistes  ad¬ 
mettent  an  contraire  qüé  ce  Sont  des  pro¬ 
ductions  végétales. 

Les  genres  de  la  famille  des  Bacillariées 
sont  fort  nombreux  et  c’est  surtout  à  M.  Eh¬ 
renberg  qu’on  en  doit  la  distinction,  ainsi  l 


BAt 

düe  celle  de  la  plupart  des  espèces  qui  s’y 
rapportent.  Ce  sont  en  général  des  corps  de 
fort  petite  taillé,  et  qu’on  nè  peut  étudier  sans 
le  SeCOUrs  dû  microscope;  il  y  en  a  beaucoup 
dans  nos  eaux  douces  ;  les  eaux  de  la  mer  en 
fournissent  aussi  et  M.  Ehrenberg  en  a  re¬ 
connu  à  l’état  fossile  dans  des  roches  prove¬ 
nant  de  différents  points  du  globe.  Le  lit  si¬ 
liceux  des  Bacillariées  se  conserve  en  effet 
avec  beaucoup  de  facilité.  Or  ,  comme  cés 
êtres  organisés  se  reproduisent  eh  grande 
quantité  dans  les  eaux  stagnantes ,  et  que 
les  individus  se  succèdent  rapidement ,  le 
dépôt  de  toUs  leurs  petits  cadavres  ne  larde 
pas  à  prendre  une  certaine  épaisseur.  Il  y  a 
aussi  des  débris  de  Bacillariées  dans  laBa- 
régirie,  et  la  Fâmie  fossile  de  Suède  en  ren¬ 
ferme  également  beaucoup.  M.  Ehrenberg , 
dans  son  grand  ouvragé  sur  les  infusoires , 
a  traité  Cès  divers  points  de  vue  de  l’histoire 
des  Bacillaires,  avec  beaucoup  d’extension, 
et  il  a  doUUë  des  figurés  de  tous  cés  pré¬ 
tendus  animaux.  Ott  lui  doit  aussi  des  tra¬ 
vaux  plus  récents  sur  ce  sujet,  insérés  dans 
les  Mémoires  de  l’Académie  dé  Berlin.  Il 
en  sera  traité  plus  longuement  à  l’article 
infusoires  ,  auquel  noüs  priohs  le  lecteur 
de  recourir.  (P.  G.) 

*  BACILLES  {hacillus ,  baguette),  ins. 
—  Genre  de  la  famille  des  Phasmiens,  de 
l’ordre  des  Orthoptères,  établi  par  Latreille 
aux  dépens  du  géhre  Phasma  de  Fabricius, 
et  adopté  depuis  par  tous  les  entomologistes. 
Lés  Èacillûs  sont  caractérisés  principale¬ 
ment  pàr  un  Corps  grêle;  linéaire,  en  forme 
de  baguette,  et  par  des  antennes  très  courtes 
et  moniliformés,  composées  d’un  nombre 
d’articles  qui  n’etcèdé  pas  douze.  Ces  In¬ 
sectes,  qUi  sont  aptères  dans  les  deux  sexes, 
se  tiennent  sur  les  arbrisseaux  exposés  à 
i’ardéurdü  soleil,  et  ils  se  traînent  lentement 
et  coüiine  avec  peine  Sur  leurs  branches. 

Lé  geni-e  Èacillûs  lie  renferme  qu’un 
petit  nombre  d’espèces ,  dont  deux  sont 
propres  à  l’Ëiifopë  méridionale  :  l’une ,  le 
B.  Rossii  Fâb.,  habité  1U  France  méridio¬ 
nale  et  l’Italie;  l’autre ,  lé  B ■  granulàlus 
Brui.,  a  été  recueillie  en  Morée,  ét  se  trouve 
probablement  dans  d’autres  parties  de  l’Eu¬ 
rope  méridionale.  (bl.) 

BACINET,  BASSINET,  bot.  ph.  — 
Noms  vulgaires  dè  lé  Renoncule  bulbeuse. 

Ÿ0y .  RENONCULE. 


BAG 


MC 

*  BACÎS  (étÿriibld^ié  ihcônntië).  iks.— 
Genre  dé  Coléoptères  tétrainères ,  faüiille 
des  Chrysdihélinës ,  établi  par  M.  Dejëan 
(< Catalogue ,  Bë  édit.),  mais  dont  les  carac¬ 
tères  n’ont  pas  été  publié^.  Il  y  rapporte  B 
espèces,  toutes  de  Cayenne ,  dont  une  nom¬ 
mée  A.  sculellaris  pat  M.  Lacôrdaire.  Par 
la  place  qu’il  occupe  dans  le  Catalogue,  ce  g. 
paraît  voisin  du  g.  Ægithus  de  Fabricius. 
M.  Hope  ( Revue  cutiièHennc  ,  1831)  lui 
donne  pour  caractères  :  Formé  des  Scaphi- 
dimorphes  ;  antennes  à  peine  plus  longues 
que  lé  corselët.  CorSelét  presque  échancré 
antérieurement ,  à  peine  sinueux  à  la  base , 
avec  les  Côtés  arrondis.  ÉlytreS  arrondies  à 
l’extrémité.  Le  corpS,  en  dessous,  plus  con¬ 
vexe  au  miliëii.  Jambes  à  peine  courbées. 

(D.  et  C.) 

BÀClÜCCO,  BÀTICUEA.  bot.  fh.— 
Synonyme  de  Crithmum  maHlimutn  L. 
Voyez  bacile. 

BACKELYS  ,  BAKELEYS.  mam. 
—  Les  Hottentots  donnent  ce  nom  à  des 
Bœufs  d’une  race  particulière,  employés  par 
eux ,  suivant  le  récit  de  Kolbe ,  à  la  garde 
des  troupeaux.  Voy.  boeuf.  (C.  d’O.) 

BACONIA,  DC.  bot.  fh.  ■ —  Genre  de 
la  famille  des  Rubiacéës  (  tribu  des  Cofféâ- 
cées),  auquel  son  auteur  assigne  pour  ca- 
ract.  distinctifs  :  Limbe  câiicinal  4-fide.  Co¬ 
rolle  infondibuliforme,  à  gorge  barbue  ;  lim¬ 
be  4-fide,  contourné  ett  estivation.  Étamines 
4.  Ovaire  2-locülaire  ,  couronné  d’un  disqüe 
conique  ;  loges  1-ovulées  ;  ovules  peltés , 
amphitropes,  insérés  au  milieu  de  la  cloi¬ 
son.  Style  filiforme,  saillant;  stigüiàtc  cla- 
viforme.  Baie  sèche,  SubglobuleUSë,  ombî- 
liquée  ,  contenant  2  noyaux  crustacés  ,  1- 
spermes.  Graines  semi-globüiëüsëS,  à  hile 
ventral  ;  radicule  infère.  —  Ce  genre  n’eSt 
fondé  que  sur  une  seule  espèce  (B.  corym- 
bosa  DC.  — Ixora  niliàa  Schum.  )  :  c’est 
un  arbuste  de  Sierra-Leone  à  feuilles  op¬ 
posées  ,  pétiolées ,  acüminëës  ;  à  stipules 
connées,  engainantes  ;  à  fleurs  blanchâtres, 
disposées  en  corymbes  terminaux  tricho- 
tomes.  (Sp.) 

BACOPA,  Aubl.  bot.  rn.  —  Genre  que 
M.  Bentham  rapporte  à  la  famille  des  Scro- 
phularinées,  en  lui  assignant  les  caract.  sui¬ 
vants  :  Calice  5-parti  ;  segment  postérieur 
plus  grand.  Corolle  sub-rotacée  ou  eampa- 
nulée,  régulière,  5-fide.  Étamines  S,  insé- 


*15 

réës  au  tube  de  la  cordlle;  toutes  fertiles, 
alterbes  avec  les  segments  de  la  corolle. 
Ovaire  à  2  loges  multi-dvülées.  Style  indi¬ 
vise;  Stigmate  bilartiellé.  Capsule  membra- 
nacée  ,  indéhiscente  ,  2  -  loculaire  ;  poly- 
sperine.  Graines  scrobiculées.  —  On  ne 
connaît  que  deux  espèces  de  ce  genre  :  ce 
sont  des  herbes  glabres ,  indigènes  de 
l’Amérique  équatoriale  ;  à  feuilles  oppo¬ 
sées;  à  pédoncules  solitaires  ou  fascicu- 
lés,  axillaires,  1-flores;  à  corolle  blanche 
ou  bleuâtre.  (Sp.) 

BACOVE.  bot.  ph.  —  Variété  de  Ba¬ 
nane.  Voyez  ce  mot. 

*  BACTEHIA  (pa^TYipta,  bâton),  ins. — 
Genre  de  la  famille  des  Phasmiens,  de  l’ordre 
des  Orthoptères;  établi  par  Latreille  aux  dé¬ 
pens  des  Phasmctj  et  addpté  depuis  par  tous 
les  entomologistes  avee  de  plus  ou  moins 
grandes  restrictions.  Les  Bactcrià  ont  un 
corps  long,  étroit  et  filiforme,  entièrement 
aptère;  des  antennes  plus  longues  que  le  tho¬ 
rax  et  d’une  extrême  ténuité;  et  le  premier 
article  des  tarses  plus  long  que  les  trois  sui¬ 
vants. 

Ce  genre  renferme  un  assez  grand  nom¬ 
bre  d’espèces ,  provenant  de  toutes  les  ré¬ 
gions  intertrdpicales.  Le  type  est  la  B . 
arnmatià  Stoll  ( PhàsYna  ferula  Fab.), 
des  IndeS-Orientales.  (Bl.) 

*  BACTERIE.  Bacteriuni  (Paxttiptov, 
bâtoh).  infus.  —  M.  Ehrenberg  établit  sous 
cë  noin,  dans  ses  ouvrages  sur  les  Infusoires, 
un  genre  de  sa  famille  des  Yibriohiens, 
dont  l’espèce  type  est  le  Monas  punc - 
tatian  dè  Müller.  Les  Bactéries  sont  en 
chaînes  filiformes;  rectilignes  et  inflexibles. 

(P.  G.) 

*BACTRA  ((3a&Tpov,  bâton),  ins.— Gehre 
dé  Lépiddptères  nocturnes,  établi  par  Ste¬ 
phens  et  adopté  par  Westwdod  {Synops.  of 
ike  généra  of  British  insccts ,  p.  108), 
qui  le  place  dans  sa  famille  des  Tortricides, 
et  lui  donne  peur  caractères  :  Pâlpes  mé¬ 
diocrement  longs,  Comprimés,  épais;  squahi- 
üiëiix  ;  le  dernier  article  caché.  Ailes  hori¬ 
zontales;  les  antérieures  très  étroites,  avec 
ié  bord  postérieur  tromfué  obliquement,  èt 
l’angle  apical  aigu.  Ce  g.  a  pour  type  le 
Toririx  paitperana  de  Ilaworth ,  espèce 
propre  à  l’Angleterre,  que  nous  ne  connais- 
sbhs  pas ,  mais  qui ,  d’après  Ses  caractères 
génériques ,  paraîtrait  appartenir  au  genre 


BAG 


k\lx  BAC 

Pkoxopteryx  de  Treitschke.  Voy.  ce  mot. 

(D.) 

BACTRIDIEES.  Bactridieœ.  bot.  cr. 

—  Nom  donné,  par  M.  Ad.  Brongniart,  à 
une  tribu  de  la  famille  des  Urédinées. 

(C.  d’O.) 

BACTRIDIUM  (  pajcTïipî^tov  ,  petite 
canne),  bot.  cr. — Kunze  et  Schmidt  ont  dé¬ 
crit,  sous  ce  nom,  des  petits  Champignons  qui 
appartiennent  aux  Hypomycètes  de  Link  et 
auxMucédinées  de  Fries.  Ils  se  développent 
sur  le  tronc  des  arbres.  Les  filaments  qui  les 
composent  sont  cloisonnés,  le  plus  souvent 
simples  ;  leur  extrémité  se  tuméfie ,  s’al¬ 
longe,  et  se  remplit  d’une  matière  granu¬ 
leuse  formée  par  les  spores  ;  le  dernier  ar¬ 
ticle  seulement  reste  vide  et  transparent. 

—  On  en  connaît  trois  espèces.  J*ai  souvent 

rencontré  dans  les  environs  de  Paris  le 
Bactridium  flavum  sur  l’écorce  des  Peu¬ 
pliers.  Bulliard  l’a  figuré  sous  le  nom  de 
Tremella  mucoroides .  Ce  petit  genre  de¬ 
mande  encore  à  être  étudié  pour  son  déve- 
loppemenl,  quoique  Kunze  et  Schmidt  en 
aient  donné  d’excellentes  figures  (  Mycol . 
Ileft.).  (LÉv.) 

*  BACTRIDIUM  (  (3axTr,pi<5'icv ,  petite 
canne),  bot.  ph.  —  Nom  employé  par  Sa- 
lisbury,  comme  synonyme  du  genre  Erica. 

(C.  d’O.) 

BACTRIS  (  (3a//rpov,  bâton  ).  bot.  —  Ce 
nom  a  été  donné  par  Jacquin  à  un  genre  de 
Palmiers,  dont  il  a  décrit  deux  espèces 
sous  les  noms  de  Bactris  minor  et  Bac- 
tris  major .  La  première ,  que  ce  célèbre 
botaniste  a  fait  connaître  avec  détail ,  est 
restée  le  type  de  ce  genre;  la  seconde, 
dont  il  n’a  vu  que  des  individus  en  fruit, 
n’est  conservée  qu’avec  doute  dans  ce 
genre.  Le  Bactris  minor  de  Jacquin  ( Bac¬ 
tris  minima  Gœrtn.)  est  un  petit  Palmier 
en  forme  de  roseau  ;  à  tige  grêle ,  ne  dé¬ 
passant  pas  la  grosseur  du  pouce ,  de  B  à  4 
mètres  d’élévation  ,  d’un  tissu  très  dense , 
et  formant  des  cannes  très  solides ,  dures 
et  noires ,  qui  ont  été  connues  dans  le  com¬ 
merce  sous  le  nom  de  Cannes  de  Talago. 
C’est  de  cet  usage  d’en  fabriquer  des  cannes 
que  Jacquin  a  tiré  le  nom  de  Bactris. 

Depuis  que  les  Palmiers  de  l’Amérique, 
et  surtout  du  Brésil ,  ont  été  étudiés  avec 
soin  par  M.  Martius,  un  grand  nombre 
d’espèces  sont  venues  s’ajouter  aux  deux 


espèces  primitives  de  Jacquin.  M.  Kunth, 
dans  son  Enumeratio  plantarum ,  en 
compte  24.  Toutes  sont  de  l’Amérique  mé¬ 
ridionale  ,  et  la  plupart  du  Brésil.  Ce  sont 
aussi  des  Palmiers  grêles ,  à  tige  arundina- 
cée ,  ne  s’élevant  ordinairement  qu’à  quel¬ 
ques  mètres  de  haut ,  presque  toujours  hé¬ 
rissée,  ainsi  que  les  gaînes  des  feuilles,  d’é¬ 
pines  aplaties,  noires  comme  de  l’ébène,  et 
souvent  fort  longues.  Les  feuilles,  assez 
éloignées,  embrassantes,  recouvrant  la  tige 
dans  une  grande  longueur ,  au  moins  par 
leurs  gaînes  persistantes ,  sont  pinnées ,  à 
folioles  éparses  ou  réunies  en  faisceaux  par 
leur  base ,  presque  toujours  hérissées  d’é¬ 
pines  plus  ou  moins  fortes.  Les  fleurs  sont 
portées  sur  un  spadice  simple  ou  rameux , 
qui  sort  d’une  spathe  double,  coriace,  éga¬ 
lement  hérissée  d’épines.  Les  femelles  nais¬ 
sent  vers  la  base  et  les  mâles  vers  le  som¬ 
met  du  même  spadice  ;  ces  dernières  sont 
souvent  mêlées  à  la  base  avec  les  fleurs  fe¬ 
melles. 

Les  fleurs  mâles  sont  formées  d’un  dou¬ 
ble  périanthe;  l’extérieur  mince,  triparti; 
l’intérieur  à  trois  pétales,  plus  épais,  ovales, 
aplatis,  striés.  Étamines  6-9-12,  naissant 
d’un  réceptacle  épais ,  souvent  adné  à  la 
base  des  pétales  ;  filaments  subulés  ;  an¬ 
thères  droites,  linéaires-sagitlées. 

Les  fleurs  femelles  sont  plus  fermes;  le 
calice  est  en  forme  de  cupule  à  bord  entier, 
tronqué  ou  légèrement  tridenté;  la  corolle 
est  urcéolée  ou  cylindrique ,  à  bord  tron¬ 
qué,  à  trois  petites  dents.  L’ovaire,  ovale 
ou  trigone,  est  à  une  seule  loge  fertile  ;  il  est 
surmonté  de  trois  stigmates  sessiles,  aigus, 
pyramidaux  ,  d’abord  connivents  ,  ensuite 
étalés  et  réfléchis.  Le  fruit  est  un  drupe 
ovale  ou  presque  globuleux,  monosperme, 
dont  l’épiderme  coriace  recouvre  une  chair 
pulpeuse,  sous  laquelle  se  trouve  un  noyau 
très  dur,  percé  vers  le  sommet  de  trois 
trous.  Le  périsperme  est  corné  ,  uniforme , 
généralement  sans  cavité  centrale  ;  l’em¬ 
bryon  est  placé  vers  le  sommet. 

Ce  genre  appartient ,  comme  on  le  voit , 
par  ces  caractères,  à  la  tribu  des  Cocoïnées, 
où  il  est  voisin  des  genres  Desmoncas  et 
Astrocaryurn ,  dont  le  fruit  est  fort  ana¬ 
logue,  et  qui  sont  également  hérissés  de  ces 
aiguillons  noirs,  plats,  durs  et  acérés,  qui 
rendent  le  contact  de  ces  plantes  si  redou- 


BAC 


BAC 


table.  Tous  les  Bactris  connus  jusqu’à  ce 
jour  sont  du  continent  de  l’Amérique  du 
Sud  ;  on  n’en  cite  pas  dans  les  Antilles  ni 
au  nord  de  l’Isthme  de  Panama.  La  plupart 
sont  originaires  des  grandes  plaines  du  Bré¬ 
sil,  arrosées  par  l’Amazone  et  le  Rio-Negro. 
—  Le  Bactris  sctosa  Mart.,  et  le  Bactris 
caryotœfolia  croissent  aux  environs  de 
Rio-Janeiro  5  les  deux  espèces  décrites  par 
Jacquin  proviennent  des  environs  de  Car- 
thagène ,  et  deux  autres ,  dont  une  est  le 
Martinczia  ciliata  de  Ruiz  et  Pavon,  ha¬ 
bitent  le  Pérou.  (Ad.  B.) 

*BACTRQCÈRE.#rac£oeer«((3ax:TpGv, 
bâton;  xspa;,  corne),  ins.  —  Genre  de  Dip¬ 
tères,  créé  par  M.  Guérin  {Voyages  de  la 
Coquille ),  et  adopté  par  M.  Macquart, 
qui  le  place  dans  la  division  des  Bracho- 
cères,  subdivision  des  Dichœtes,  famille 
des  Athéricères,  tribu  des  Muscides,  section 
des  Acalyptères,  sous-tribu  des  Téphriti- 
des.  Ce  genre,  suivant  M.  Macquart,  est 
voisin  des  Dacus  de  Meigen,  et  il  est  vrai¬ 
semblable,  dit-il ,  qu’une  partie  des  espèces 
exotiques  auxquelles  Wiedmann  donne  ce 
nom  ,  appartient  à  cette  nouvelle  coupe  gé¬ 
nérique.  Quoi  qu’il  en  soit ,  il  faut  observer 
que  le  diptère  sur  lequel  M.  Guérin  l’a  fon¬ 
dé  se  distingue  par  trop  de  différences 
caractéristiques  du  Dacus  de  V Olivier 
qu’on  peut  considérer  comme  type  du  genre 
pour  ne  pas  l’en  séparer.  Les  principales 
sont  :  La  saillie  de  l’épistome  ;  la  petite  émi¬ 
nence  au  milieu  du  front  ;  la  dimension  res¬ 
pective  des  articles  des  antennes  et  la  dis¬ 
jonction  des  nervures  des  ailes.  Le  nom  gé¬ 
nérique  fait  allusion  à  la  forme  en  bâton 
des  antennes. 

L’espèce  unique  sur  laquelle  ce  genre  de 
Diptères  est  fondé  a  été  prise  au  fort  Pras- 
lin.  M.  Guérin  l’a  nommée  Bactrocère 
longicorne,  Bactroccra  longicornis  ,  et 
décrite  et  figurée  dans  la  partie  entomo- 
logique  du  voyage  précité  (pl.  19,  fig.  13). 

(D.) 

BACTYRILOBIUM,  Willd. 

bâton;  XoGtov,  cosse),  bot.  ph.  — Synonyme 
(suivant  M.  Bentham)  du  genre  Cassia. 

(s*0 

BACULITE.  Baculites  {  baculus , 
petit  bâton),  mole.  céph. — Lam^yck  a  créé, 
en  1801 ,  ce  genre  de  Céphalopodes  pour  des 
Coquilles  cloisonnées,  ayant  la  forme  de 


ai  5 

petits  bâtons.  Ce  genre,  d’après  mes  nou¬ 
velles  observations ,  peut  être  caractérisé 
ainsi  qu’il  suit  :  Coquille  multiloculaire , 
non  spirale,  droite,  régulièrement  conique, 
ronde  ou  comprimée ,  représentant  une 
corne  droite ,  dont  la  partie  supérieure , 
sur  une  assez  grande  longueur,  est  toujours 
dépourvue  de  cloison  ;  cette  cavité  étant 
sans  doute  destinée  à  contenir  l’animal. 
Bouche  ovale  ou  comprimée  projetée  en 
languette  du  côté  dorsal.  Cette  coquille  est 
partagée  régulièrement  par  des  cloisons, 
traversées  du  côté  dorsal  par  un  siphon  con¬ 
tigu  et  divisées  en  quatre  ou  six  lobes  for¬ 
més  de  parties  paires. 

Les  Baculites  diffèrent  des  Hamites,  avec 
lesquelles  elles  ont  souvent  été  confondues, 
par  leur  ensemble  droit  et  non  reployé,  et 
par  leur  bouche  prolongée  en  languette. 
Les  Baculites  sont  les  Coquilles  les  plus  sim¬ 
ples  de  la  famille  des  Ammonidées. 

Ce  genre  de  Coquilles  fossiles  était  connu 
du  temps  de  Languis ,  de  Bourguet,  de 
Yalch  et  Knorr,  et  avait  été  considéré 
comme  voisin  des  Ammonites.  M.  Dé¬ 
fiance  le  premier  y  découvrit  le  siphon  ,  et 
Sowerby  en  observa  la  bouche.  On  a  décrit 
jusqu’à  présent  onze  espèces  de  Baculites. 
Sur  ce  nombre  j’ai  reconnu  que  quatre 
espèces  sont  des  doubles  emplois  (les  Ba¬ 
culites  dissimilis ,  obliquatus ,  Favjasii 
et  Knorii );  deux  sont  des  Hamites  (les 
Baculites  cylindracea  et  gigantea );  deux 
me  sont  inconnues  (les  Baculites  ovata 
Say,  et  vertebralis) ,  et  trois  espèces  seu¬ 
lement  sont  restées,  après  cette  revue  sévère; 
ce  sont  les  Baculites  baculoïdcs ,  incur- 
vavatus  et  anceps,  auxquelles  j’ai  rajouté 
encore  le  B.  neocomiensis  {voyez  ma  Pa¬ 
léontologie  française). 

De  ces  quatre  espèces  le  j?.  neocomiensis 
caractérise  les  couches  néocomiennes,  et  les 
trois  autres  l’étage  de  la  Craie  chloritée. 
Comparées  par  bassins  géographiques  ,  les 
Baculites  m’offrent,  à  l’époque  du  terrain 
néocomien  ,  une  espèce  spéciale  au  bassin 
provençal.  Pour  les  trois  espèces  de  la  Craie 
chloritée  ,  le  Baculites  incurvatus  est 
propre  à  l’ancien  golfe  de  la  Loire  ;  le  B. 
anceps  au  golfe  du  Cotentin,  dans  le  bassin 
parisien,  tandis  que  le  B.  baculoïdcs  se 
trouve  simultanément  au  sein  des  bassins 
parisien  et  méditerranéen.  (A.  d’O.) 


BADA,  BABAS,  mam. — Synonyme  de 

HHINQCÉROS  d’afRIQUE. 

B  AB  AMI  A,  Gært.  rot.  ph.  —  Syno¬ 
nyme  du  genre  Terminaliar  de  la  famille 
des  Combrétacées.  (Sr.) 

BABAMIER.  rot.  ru.— -Nom  vulgaire 
du  Terminnlia  catalpa  L.,  dans  les  îles 
Maurice  et  Mascareigne,  formé  par  corrup¬ 
tion  du  nom  de  Bois  de  damier.  Cette  dé¬ 
nomination  a  été  transportée  à  tout  le  genre. 

Voy.  TERMINALIA.  (C.  p’O-) 

*BABAROA,  Berterp.  rot.  ph. — Syno¬ 
nyme  du  g.  Bryonia ,  de  la  famille  des 
Cucurbitacées.  (Sp.) 

BABASE.  rot.  th.  —  Syn.  de  Lavan- 
diila  spica  L.,  dans  le  Languedoc.  Voyez 

LAVANDE. 

BABASSO.  rot.  pi?.  — Honi  provençal 
di?  Planta yo  cynops.  Voy .  plantain. 

(C.  d’O.) 

BABïAM.  rot.  ph.  —  Synonyme  de 
Badiane. 

BABÏANE.  Illicium ,  L.  rot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Magnoliacées,  tribu 
des  Illiciées,  ayant  ppur  caract.  :  Calice  5-ou 
6- sépale  ;  corolle  composée  d’un  grand  nom¬ 
bre  de  pétales  étroits,  disposés  sur  plusieurs 
rangs.  Étamines  20  à  30  plus  courtes  que 
la  corolle  et  attachées  sous  l’ ovaire  au  torus. 
Anthères  ad  nées  à  la  facp  interne  des  filets; 
ovaires  de  6  à  18,  disposés  en  étoile,  soudés 
par  leur  facp  interne  et  à  une  seule  loge 
moposperme.  Fruit  composé  de  6  à  12  car¬ 
pelles,  disposés  circulairement  et  s’ouvrant 
à  leur  partie  supérieure.  Arbres  toujours 
verts,  aromatiques;  à  feuilles  alternes,  par¬ 
semées  de  points  translucides  ;  à  fleurs  pé- 
doncplées,  solitaires  pt  axillaires. 

On  connaît  trois  espèces  de  Badiane, 
l’une,  1’//.  anisaturri  ou  Anis  étoilé,  propre 
à  la  Chine  et  au  Japon  ,  dont  lps  capsules 
aromatiques  servant  à  donner  à  l’Anisettp 
de  Bordeaux  lp  parfum  fini  la  distingue; 
lps  dppx  autres  II.  floridanum  pt  parvi- 
fqriim,  sont  originaires  des  Florides.  Elles 
Spnt  cultivées  dans  nos  serres,  et  leurs  cap¬ 
sules  sont  moins  aromatiques  que  celles  de 
l’Anis  étoilé.  (C.  d’O.) 

*BABÏERA,  DC.  bot.  rn. — Genre  de  la 
famille  des  Polygalées ,  auquel  son  auteur 
assigne  les  caract.  suivapts  :  Calice  5-sépale, 
caduc ,  presque  régulier.  Corolle  de  3  péta¬ 
les  cohérents  par  la  base;  l’intermédiaire 


concave,  imberbe.  Étamines  8,  monadel» 
phes.  Capsule  obcordiforme,  comprimée, 
2-locuîaire,  sillonnée  au  bord.  Graines 
glabres,  à  arille  très  ample,  huileux. —  Ce 
g.  appartient  à  l’Amérique  équatoriale  ;  on 
en  connaît  5  esp.  ;  ce  sont  des  arbustes  à 
feuilles  très  entières,  alternes ,  à  fleurs  en 
grappes  axillaires.  (Sp.) 

BABISTEB  (paôWriç,  coureur),  ins. — 
Genre  de  Coléoptères  pentamères ,  famille 
des  Carabiques,  tribu  des  Patellimanes,  éta¬ 
bli  par  Clairville  aux  dépens  du  g.  Licinus 
de  Latreille ,  et  adopté  par  tous  les  entomo¬ 
logistes.  Les  Badister  ont  bien  quelques 
rapports  avec  les  Licinus  ,  mais  ils  sont 
beaucoup  plus  petits,  ordinairement  variés 
de  couleurs  tranchées ,  et  leurs  caractères 
génériques  présentent  des  différences  bien 
sensibles ,  telles ,  par  exemple ,  que  le  dé¬ 
faut  de  dents  aux  mandibules.  Toutes  les 
espèces  connues  de  ce  g.  appartiennent  ex¬ 
clusivement  à  l’Europe  et  se  trouvent  ordi¬ 
nairement  dans  les  endroits  humides ,  sous 
les  pierres  et  les  débris  de  végétaux.  M.  De- 
jean,  dans  la  3me  édition  de  son  Catalogue, 
en  désigne  6  espèces.  Nous  citerons  seule¬ 
ment  le  B.  bipuslulatus ,  Car.  id.  Fabr., 
Car.  crux-minpr ,  Oliv.  III,  35,  p.  99, 
n°  137,  t.  VIII,  fig.  96,  a.  b.  Cette  espèce  se 
trouve  en  Suède  et  aux  environs  de  Paris. 

(D.) 

BABOUA.  poiss.  —  Nom  vulgaire  du 
Blennie  cornu,  Blennius  cornutus  L., 
sur  la  côte  de  Nice  qu’habite  ce  poisson. 
Voy.  blennie.  (C.  d’O.) 

BABOVA.  roiss.  —  Nom  vulgaire  du 
Blennie  pholis ,  Blennius  p  ho  lis  L.,  sur 
les  côtes  de  Nice.  Voy.  blennie. 

(C.  d’O.) 

BABULA ,  Juss.  —  Synonyme  du  g. 
Myrsit\e ,  de  la  famille  des  Ardisiacées. 

BÆA,  Commers.  ((3ata,  petite),  bot.  p?i. 
—  Genre  de  la  famille  des  Yrtandracéps , 
auquel  on  attribue  les  caract.  suivants  :  Calice 
5-parti,  régulier  ;  corolle  à  tube  court,  sub- 
campanuié  ;  limbe  sub-bilabié,  inégalement 
5-parti.  Étamines  2,  insérées  à  la  gorge  de  la 
corolle;  anthères  réniformes,  1-thèques,  co¬ 
hérentes  au  sommet. Ovaire  incomplètement 
2-loculaire.  Style  indivisé;  stigmate  courte- 
mept  2-lobé.  Capsule  siliquiforme,  2-locu- 
laire,à  2  valves  contournées  après  la  déhis- 


BÆO 


BAG 


eence. Graines  minimes,  très  nombreuses. — 
Herbes  acaules.  Feuilles  radicales  obovales, 
crénelées ,  cotonneuses  en  dessous,  hygro¬ 
métriques  (comme  desséchées  lorsque  l’air 
est  sec)  ;  hampes  débiles,  ascendantes,  pau- 
ciflores;  fleurs  en  panicule  lâche;  corolle 
bleue.  Ce  genre  appartient  à  la  Chine  et 
à  la  Nouvelle-Irlande  ;  on  n’en  connaît  que 
deux  espèces.  (Sr.) 

BÆCKEA,  L.  bot.  th. — Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Myrtacées.  Les  caractères  essen¬ 
tiels  en  sont  :  Calice  turbiné  ;  limbe  5-fide , 
persistant.  Pétales  5.  Étamines  au  nombre  de 
5,  de  8,  de  10,  ou  de  15,  insérées  à  la  gorge  du 
calice  ;  filets  subulés  ;  anthères  suborbi- 
culaires.  Style  court  ;  stigmate  capitelié. 
Capsule  3-loculaire,  polysperme. — Arbustes 
à  feuilles  opposées ,  non  stipulées,  ordinai¬ 
rement  aciculaires.  Fleurs  solitaires  ou  fasci- 
culées,  axillaires,  sessiles  ou  pédonculées. 
On  connaît  une  vingtaine  d’espèces  de 
ce  genre  ;  la  plupart  habitent  la  Nouvelle- 
Hollande.  Plusieurs  d’entre  elles  se  cultivent 
dans  les  collections  d’orangerie.  (Sr.) 

BÆYAK.  poiss.  —  Espèce  du  genre 
bodian.  Voyez  ce  mot. 

*BÆlVODACTYLES  (fJaivw,  je  marche; 
£oan>Xoç,  doigt),  rept.  — Ritgen  donne  ce 
nom  à  une  famille  de  Reptiles  Sauriens , 
comprenant  ceux  qui  se  servent  de  leurs 
pattes  pour  marcher.  (C.  d’O.) 

*  BÆIVOSAURIENS.  Bœnosaurii 

(j3atvo) ,  je  marche  ;  aaupoç,  Lézard),  rept. — 
Ritgen  appelle  ainsi  les  Sauriens  dont  les 
pattes  font  les  fonctions  d’organes  ambu¬ 
latoires.  (C.  d’O.) 

BÆOBOTRYS  (êatà,  petite;  êo'rpu? , 
grappe),  bot.  ph. —  Genre  de  la  famille  des 
Éricées,  établi  par  Forster  et  correspondant 
au  genre  Mæsa  de  Forskal.  Voy.  mæsa. 

(C.  d’O.) 

*  BÆOMETRA  (Saiâ ,  petite  ;  [/irpov  , 
mesure),  bot.  ph. — Genre  de  la  famille  des 
Mélanthacées,  tribu  des  Yératrées,  établi  par 
Salisbury  ( Trans .  horticult.  soc.,  I,  330) 
pour  une  plante  du  Cap ,  comprenant  une 
seule  espèce,  le  B.  columcllaris.  (C.d’O.) 

BÆOMYCES.  bot.  cr.  —  Voyez  béo- 

MYCES. 

*  BÆOTHRYOIV  (êaio; ,  petit  ;  ôpu&v , 
jonc),  bot.  ph.  —  L’une  des  tribus  établies 
par  le  prof.  Nees  d’Esenbeck  dans  le  grand 
genre  Sctrpus.  Voy .  scxrpe.  (A.  R.) 


un 

*BÆRIA.  bot;  ph.  — MM.  Fischer  et 
Meyer  ont  établi,  sous  ce  nom,  d’après  une 
plante  de  la  Californie  ,  qu’ils  ont  nommée 
B.  chrysostoma ,  un  g.  que  M.  Lindlcy 
croit  devoir  être  placé  dans  la  famille  des 
Synanthérées  ,  tribu  des  Sénécionidées  , 
sous-tribu  des  Héléniées.  (C.  d’O.) 

*  BÆTIS.  ins. — Genre  de  la  famille  des 
Éphémériens,  de  l’ordre  des  Névroptères, 
établi  par  Leach  aux  dépens  du  g.  Ej)he- 
mera.  Les  Bœtis  sont  caractérisées  essen¬ 
tiellement  :  1°  par  des  ailes  distinctement 
réticulées,  ayant  de  très  nombreuses  ner¬ 
vures  transversales  ;  2°  par  des  ocelles  au 
nombre  de  trois,  très  rapprochés  les  uns  des 
autres  sur  le  tubercule  frontal;  et,  3°  par 
des  tarses  de  cinq  articles. 

Ce  genre  renferme  un  petit  nombre  d’es¬ 
pèces  des  différentes  parties  du  monde  ; 
le  type  en  est  la  B .  vcnosaYzb.,  qui  habile 
une  grande  partie  de  l’Europe.  (Bl.) 

*  BÆUMERTA (Flor.  Wetternv.).  bot. 
ph.  —  Synonyme  du  genre  Naslurtmm. 

(s*0 

BAGADAIS.  Prionops ,  "Vieil,  (rçpiov  , 
scie  ;  S<|> ,  œil  ;  à  cause  du  cercle  de  peau 
nue  et  dentelée  en  scie  qui  entoure  les  yeux 
des  Oiseaux  de  ce  genre ,  comme  chez  les 
Pigeons  mondains  nommés  Bagadais).  ois. 
—  Genre  de  l’ordre  des  Passereaux ,  de  la 
famille  des  Lanidées  et  de  notre  sous-fa¬ 
mille  des  Laniarinées.  Ses  caractères  gé¬ 
nériques  sont  :  Bec  droit,  tendu,  comprimé, 
ne  se  courbant  que  près  de  son  extrémité , 
qui  est  très  crochue  et  légèrement  échan¬ 
gée;  sa  base  garnie  de  plumes  longues, 
sétacées ,  assez  rigides ,  recouvrant  les  na¬ 
rines  et  dirigées  verticalement  et  en  avant 
jusqu’à  moitié  de  sa  longueur.  Yeux  bordés 
d’un  cercle  de  peau  nue ,  rebordée ,  et  le 
plus  souvent  festonnée.  Tarses  et  doigts  de 
longueur  médiocre  ;  l’externe  plus  long  que 
l’interne  et  réuni  au  médian  à  sa  base  ; 
l’interne  entièrement  libre.  Ailes  assez  dé¬ 
veloppées,  atteignant,  dans  le  repos,  la 
moitié  de  la  queue  ;  celle-ci  assez  longue , 
terminée  presque  carrément  ou  légèrement 
arrondies;  formes  assez  sveltes. 

Ce  genre  fut  formé  par  Yieillot,  sur  une 
seule  espèce  de  Pie-grièche  du  Sénégal,  que 
Levaillant  décrivit  et  figura  le  premier,  en 
1799,  dans  ses  Ois.  (V Afr .,  pl.  80,  81,  sous 
le  nom  de  Le  Geoffroy ,  parce  qu’eile  avait 
27 


x.  ». 


BAG 


BAG 


418 

été  rapportée  la  première  fois  par  M.  Geof¬ 
froy  de  Villeneuve.  Presqu’en  même  temps, 
en  1800,  Shaw  la  décrivait  et  la  figurait  aussi 
en  Angleterre,  dans  sa  Gen.  zool. ,  sous  le 
nom  de  Lanius  plumatus. 

Cette  espèce,  longtemps  la  seule  connue 
du  genre,  est  remarquable,  non-seule¬ 
ment  par  la  touffe  hérissée  de  ses  plumes 
frontales  et  par  le  cercle  de  peau  nue 
qui  entoure  ses  yeux  (caractères  du  genre), 
mais  aussi  par  une  huppe  de  plumes  allon¬ 
gées,  s’élevant  du  sommet  de  la  tête  en 
forme  de  plumet  ;  la  tête ,  le  cou  et  tout  le 
dessous  sont  blancs  5  la  nuque  est  grise  ;  le 
dos  est  noir,  ainsi  que  les  ailes  ,  qui  sont 
parcourues  par  une  bande  blanche  dans  leur 
longueur  ;  la  queue  est  également  noire , 
terminée  et  largement  bordée  de  blanc. C’est 
le  Bagadais  Geoffroy,  Prionops  Geoffroyi 
(Vieil.  Gai.,  pl.  142);  Le  Geoffroy  (Le¬ 
vaillant,  Afr.,  pl.  80);  Lanius  plumatus 
(Shaw)  ;  —  Prionops  plumatus  (Swains. 
Birds  of  Western  Africa,  vol.  VII,  pl.  26). 

Quoique  cette  espèce  soit  commune  au 
Sénégal  d’où  on  la  rapporte  souvent  en 
grand  nombre,  on  11’a  pas  encore  recueilli 
de  renseignements  sur  ses  mœurs  ,  et 
M.  Swainson  lui-même,  dans  ses  Birds  of 
Western  Africa ,  1837,  n’en  a  donné  au¬ 
cun.  Levaillant,  qui  ne  l’avait  point  ren¬ 
contrée  dans  ses  voyages  au  sud  de  l’Afri¬ 
que,  ayant  remarqué  que  les  individus  rap¬ 
portés  du  Sénégal  avaient  souvent  le  bec 
terreux,  en  avait  auguré  que  l’espèce  devait 
chercher  sa  nourriture  à  terre  ,  en  des  en¬ 
droits  humides,  et  probablement  en  troupes 
comme  les  Étourneaux  ;  ce  qui  lui  faisait 
penser  qu’elle  ne  devait  pas  être  réunie  aux 
Pies-grièches. 

Dans  ces  dernières  années  ,  deux  nou¬ 
velles  espèces  ont  été  ajoutées  à  l’espèce 
type  :  l’une,  le  Prionops  cristatus  Rüpp. 

(  Faune  d’ Abyssinie ,  2e  partie,  Ois., 
pl.  12,  fig.  2)  a  été  découverte  par  ce  voya¬ 
geur  en  Abyssinie  ;  l’autre ,  le  Prionops 
Falacon\a  Sm.  ( Illust .  of  the  zool .  of 
south  A  frica,  Ois.,  pl.  5),  l’a  été  par  le 
docteur  Smith,  dans  son  exploration  de  l’A¬ 
frique  centrale,  où  il  ne  l’a  rencontrée  que 
depuis  le  25me  degré  de  latitude  sud ,  et  au- 
delà  vers  le  nord.  Ces  deux  nouvelles  espèces 
ont  les  plus  grands  rapports  de  coloration 
avec  celles  du  Sénégal.  La  première  en  dif¬ 


fère  en  ce  que  le  dos  et  les  ailes  spot  iipj* 
formément  noires  et  que  sa  huppe  est  courte, 
projetée  en  avant,  et  n’a  pas  la  forme  d’un 
plumet  ;  et,  la  seconde,  par  l’absence  totale 
de  la  huppe.  Le  docteur  Smith  a  donné,  sur 
cette  dernière,  quelques  détails  de  mœurs 
qui  semblent  confirmer  les  présomptions  de 
Levaillant,  quant  à  celles  de  l’espèce  du 
Sénégal.  Il  l’a  rencontrée  dans  des  localités 
garnies  de  buissons  bas,  par  bandes  de 
sept  à  huit  individus,  s’occupant  activement 
à  chercher  des  Insectes ,  soit  à  travers  ces 
buissons,  soit  sur  le  sol  des  environs.  Les 
Termites  lui  ont  paru  être  leur  nourriture 
favorite ,  car  l’estomac  de  presque  tous  les 
individus  qu’on  put  se  procurer  en  était 
rempli,  il  a  remarqué  que  c’était  un  oiseau 
sauvage  et  criard,  que  souvent  tous  les  in¬ 
dividus  de  chaque  bande  faisaient  entendre 
leurs  cris  en  même  temps  ,  soit  en  volant, 
soit  en  cherchant  des  Insectes  sur  le  sol  ou 
dans  les  buissons. 

L’observation  du  docteur  Smith ,  sur  la 
nourriture  de  son  Prionops  Falacoma,  es¬ 
pèce  d’ailleurs  si  voisine  de  celle  du  Séné¬ 
gal,  nous  porte  à  croire,  par  analogie,  que 
cette  dernière  a  probablement  le  même 
genre  de  nourriture  dans  une  autre  partie  de 
l’Afrique ,  où  les  Termites  abondent  égale¬ 
ment,  et  explique  pourquoi  Levaillant  avait 
remarqué  de  ces  individus  du  Sénégal,  à  bec 
terreux.  Elle  nous  suggère  ,  à  nous,  l’idée 
que  ces  plumes  hérissées  du  front  et  de 
toute  la  partie  antérieure  de  la  tête,  qui  s’é¬ 
tendent  sur  le  bec  au  point  d’en  cacher  en¬ 
tièrement  l’ouverture  des  narines,  n’ont  été 
ainsi  conformées  chez  ces  trois  espèces , 
mangeuses  de  Termites ,  que  pour  protéger 
leurs  narines  et  leurs  yeux  de  la  morsure 
cruelle  de  ces  Insectes.  Cette  supposition 
nous  paraît  d’autant  plus  probable  qu’on 
retrouve  cette  même  disposition  de  plumes 
frontales  chez  un  certain  nombre  de  Four¬ 
miliers  d’Amérique  et  en  particulier  chez 
les  espèces  formant  le  genre  Mèrulaxe  de 
Lesson ,  et  celui  de  Malachorhynchus  de 
M.  Ménétrier,  dans  sa  Monographie  des 
Fourmiliers,  et  dont  l’espèce  type  est  le 
Mèrulaxe  noir  Less.  (Traité ,  p.  397,  et 
Cent.  zool. ,  pl.  30),  ou  Malachorhyn- 
chus  cristatcllus  Ménétr.  (pl.  12);  aussi  ce 
genre  Bagadais  nous  paraît-il  un  véritable 
chaînon  des  Pies-grièches  aux  Fourmiliers. 


BAG 


Cette  particularité  de  plumes  rigides  et 
protectrices  ne  peut  être,  comme  les  huppes, 
un  simple  ornement  accordé  à  ces  Oiseaux 
et  nous  paraît  bien  plutôt  un  de  ces  moyens 
innombrables  et  souvent  cachés ,  aussi  in¬ 
génieux  qu'admirables ,  employés  par  la 
nature  pour  la  conservation  des  espèces  et 
dont  un  si  grand  nombre  nous  sont  encore 
inconnus.  (Lafr.) 

15  AG  AL  ATT  A .  bot.  ph.  —  Voyez 

EISSAMPELOS. 

BAGASSA,  Aubl.  bot.  ph. — Genre  in- 
tomplètement  connu,  qui  paraît  appartenir 
à  la  famille  des  Artocarpécs.  Il  est  fondé  sur 
une  seule  espèce ,  qui  croît  à  la  Guiane  ; 
c’est  un  arbre  lactescent ,  à  feuilles  oppo¬ 
sées,  ovales,  trilobées  :  à  stipules  caduques. 
Le  fruit  est  un  syncarpe  sub-globuleux ,  du 
volume  d’une  Orange ,  composé  de  nucules 
ovoïdes.  (Sp.) 

BAGASSIER  ou  BAGAU.  bot.  ph.  — 
Synonyme  de  bagassa. 

BAGATBAT,  BAGATPAT.  bot.  ph. 
—  Synonyme  de  sonnératie. 

BAGATPAT. bot. ph. —  Voyez  bagatbat. 

BAGATTO.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
micocoulier.  Voyez  ce  mot. 

BAGAU.  BOT.  PH.  —  Voyez  BAGASSIER. 

BAGLAFECHT.  ois.  —  Espèce  du 
genre  Tisserin,  Loxia  phiïippina  L. 

Voy.  TISSERIN. 

*  BAGOUS  (Bagous,  eunuque),  ins. — 
Genre  de  Coléoptères  tétramères ,  famille 
des  Curculionites  ,  établi  par  Germar  et 
adopté  par  tous  les  autres  entomologistes. 
Schœnherr  le  range  parmi  ses  Gonatocères , 
division  des  Cryptorhynchides.—  Les  espèces 
de  ce  genre  ont  le  corps  oblong ,  presque 
ovale ,  un  peu  convexe  en  dessus ,  garni  de 
petites  écailles,  souvent  aussi  couvert  d’une 
boue  visqueuse.  Elles  sont  ailées,  d’une 
moyenne  ou  de  très  petite  taille.  On  en 
trouve  dans  toute  l’Europe,  en  Afrique,  en 
Amérique ,  en  Sibérie  et  dans  les  Indes 
orientales,  Schœnherr  en  décrit  22,  parmi 
lesquelles  nous  citerons  comme  type  du  g. 
le  B.  binodulus  de  Herbst,  Rhynchœnus 
id.  Gyllen.,  de  la  Suède  ,  et  qui  se  trouve 
aussi  aux  environs  de  Paris.  Elle  est  figurée 
dans  l 'Iconographie  du  Règne  animal 
de  M.  Guérin,  pl.  B8,  fig.  2,  a.  (D.) 

BAGUARI.  ois.  —  Espèce  du  genre 
Cigogne. 


BAG  Ü9 

BAGUE,  ins.  —  Dans  certains  cantons 
de  la  France ,  les  jardiniers  donnent  ce  nom 
aux  anneaux  que  forment,  autour  des  petites 
branches  des  arbres  fruitiers,  les  œufs  du 
Bombyx  neustria  de  Lihné,  vulgairement 
appelé  la  Livrée.  Cette  espèce  appartient 
aujourd’hui  au  g.  Clisiocampe  de  Stephens. 
Voy.  ce  mot.  (D.) 

BAGUE,  roiss.  —  Synonyme  de  bogue. 
Voyez  ce  mot. 

BAGUENAUDIER.  Colutea  ,  L.  bot. 
ph. — Genre  de  la  famille  des  Légumineuses, 
sous-ordre  des  Papilionacées ,  tribu  des  Ga- 
légées.  Les  caract.  essentiels  en  sont  :  Calice 
cupuliforme,  5-denté.  Étendard  ample,  dé¬ 
ployé  ,  sub-orbiculaire ,  calleux  à  la  base. 
Étamines  diadelphes.  Style  barbu  à  la  sur¬ 
face  postérieure;  stigmate  onciné ,  latéral. 
Légume  stipité ,  vésiculeux,  cymbiforme, 
membraneux.  —  Les  Baguenaudiers  sont 
des  arbrisseaux  dépourvus  d’épines.  Les 
feuilles  sont  paripennées,  à  stipules  petites, 
caulinaires.  Les  fleurs  naissent  en  courtes 
grappes  axillaires.  Ce  genre,  dans  les  li¬ 
mites  que  lui  ont  assigné  les  botanistes  mo¬ 
dernes,  ne  renferme  que  trois  ou  quatre  es¬ 
pèces,  toutes  indigènes  d’Europe  ou  d’O- 
rient.  Tout  le  monde  sait  que  ces  arbustes  se 
plantent  fréquemment  dans  les  bosquets. 
On  les  recherche  en  raison  de  leur  port  élé¬ 
gant  et  de  la  singularité  de  leurs  gousses  : 
leurs  feuilles  sont  purgatives ,  et  peuvent , 
au  besoin ,  être  substituées  au  Séné  ;  les 
graines ,  au  témoignage  du  docteur  Loise- 
leur-Deslongchamps,  agissent  comme  émé¬ 
tique  ,  à  la  dose  d’un  scrupule. 

L’espèce  la  plus  répandue  est  le  Bague- 
naudier  commun  (  Colutea  arborescens 
L.),  qui  croît  spontanément  en  France  et 
dans  toutes  les  contrées  plus  méridionales 
de  l’Europe  ;  ce  Baguenaudier  prospère 
dans  les  sols  les  plus  ingrats  et  même  dans 
la  Craie  pure  ;  il  forme  un  buisson  de  4  à  5 
mètres  de  haut  ;  ses  feuilles  sont  composées 
de  folioles  elliptiques,  rétuses,  glauques  en 
dessous  ;  les  fleurs  sont  d’un  jaune  foncé , 
et  disposées  au  nombre  de  6  ou  plus ,  en 
grappes  très  lâches. 

Le  Baguenaudier  a  fleurs  rouges  (Co- 
lutea  cimenta  Hort.  Kew.)  diffère  du  Ba¬ 
guenaudier  commun ,  en  ce  qu’il  ne  s’élève 
pas  à  plus  de  deux  mètres  ;  par  ses  folioles 
obcordiformes  ou  obovales,  glauques  au* 


BAI 


420  BAI 

deux  facesj  et  par  ses  fleurs  rougeâtres, 
naissant  seulement  au  nombre  de  4  ou  5  sur 
chaque  pédoncule.  Cette  espèce  est  origi¬ 
naire  d’Orient  ;  on  en  forme  des  haies  d’un 
aspect  fort  agréable.  (Sp.) 

BAGUETTE.  BOT.  PH.  —  Voyez  BOIS- 

BAGUETTE. 

BAGUETTES,  bot.  ph. — Nom  donné 
par  les  amateurs  de  Tulipes ,  aux .  plantes 
qu’ils  laissent  monter  à  graine,  ou  celles 
qui  sont  portées  sur  des  pédoncules  trop 
longs.  (C.  d’O.) 

BAGUNTKEN.  poiss.  —  Synonyme  de 
Surmulet.  Voyez  mulle. 

*  B  AH  AB  A.  bot.  ph.— Ce  genre,  créé 
par  Hamilton,  répond  au  g.  Terminalia , 
L.,  famille  des  Myrobolanées. 

BAHEL.  bot.  ph.  —  On  connaît  sous  ce 
nom  deux  plantes,  le  B.  fsjulli,  qui  répond 
au  Colvmnca  longi folia,  et  le  B.  Schulli , 
synonyme  de  Barleria  longi  folia. 

BAIIIA.  bot.  ph.  —  Genre  établi  par 
Lagasca,  et  qui,  d’après  Sprengel,  est  syno¬ 
nyme  de  Bellium.  Voy.  ce  mot.  (C.  d’O.) 

BAIANTTES.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Ximenia . 

B  AïC  ALITE.  MIN. - Voyez  BÀIKALITE. 

BAIE.  Bacca.  bot.  ph. — Dénomination 
générale  qui  s’applique  à  tous  les  fruits 
charnus  qui  ne  contiennent  pas  de  noyau. 
Quand  on  examine  attentivement  les  di¬ 
verses  espèces  de  fruits  qui  ont  reçu  le  nom 
de  Baie,  on  reconnaît  entre  elles  des  diffé¬ 
rences  extrêmement  tranchées.  Ainsi,  il  y  a 
des  Baies  uniloculaires  et  monospermes  , 
soit  primitivement ,  soit  par  suite  d’avorte¬ 
ment  ;  d’autres  qui  proviennent  d’un  ovaire 
à  deux ,  trois ,  ou  à  un  plus  grand  nombre 
de  loges  polyspermes,  dont  les  graines  sont 
attachées  à  l’angle  interne  de  chaque  loge , 
comme  dans  les  genres  de  la  famille  des  So- 
lanées ,  à  fruits  charnus  ;  d’autres,  au  con¬ 
traire  ,  proviennent  d’ovaires  à  graines  pa¬ 
riétales  ,  comme  les  Groseillers.  Tantôt  la 
Baie  résulte  d’un  ovaire  libre;  tantôt,  au 
contraire ,  l’épicarpe  est  formé  par  le  calice 
adhérent  avec  l’ovaire  infère.  Ces  observa¬ 
tions  suffisent  pour  prouver  que  la  dénomi¬ 
nation  de  Baie  est  encore  peu  précise,  puis¬ 
qu’elle  s’applique  à  des  structures  fort  dif¬ 
férentes.  (A.  R.) 

BAIÉRINE  (  de  Bayern  ,  Bavière  ). 
min.  —  Nom  donné  par  M.  Beudant  à  la 


Tantalite  de  Bavière.  Voy.  tantale.  (Del.) 

BAIGNOIRE,  moll.  —  Deux  Coquilles 
fort  différentes  ont  reçu  le  nom  de  Bai¬ 
gnoire  :  l’une  est  le  Triton  crotorium  de 
Lamarck ,  avec  laquelle  Montfort  a  fait  un 
genre  inutile  [voy.  triton)  ;  l’autre  appar¬ 
tient  au  genre  Avicule  ;  c’est  l’ Avicula 
macroptera ,  assez  souvent  désignée  chez 
les  marchands  sous  le  nom  de  Baignoire  cui¬ 
vrée.  Voy.  avicule.  (Desh.) 

BAIKALITE  (nom  du  lac  Baïkal).  min. 
— Yariété  de  Pyroxène  sahlite,  trouvée  dans 
un  calcaire  laminaire,  près  du  lac  Baïkal,  en 
Sibérie.  Voy.  pyroxène.  (Del.) 

*  BAILLANTS.  Hiantes.  ois.— Savigny 
donne  ce  nom  à  une  tribu ,  et  Goldfuss  à 
une  famille  de  l’ordre  des  Passereaux , 
renfermant  ceux  dont  le  bec  est  largement 
fendu.  (C.  d’O.) 

BAILLARD,  BAILLARGE,  BAIL- 
LORGE  (du  vieux  mot  bailler,  donner  ;  à 
cause  de  la  production  abondante),  bot. 
ph.  — Yariété  de  l’Orge,  très  productive. 

(C.  d’O.) 

BAILLIERIA.  bot.  ph.  —  Genre  éta¬ 
bli  par  Aublet  pour  un  végétal  de  la  Guiane, 
de  la  famille  des  Synanthérées ,  tribu  des 
Sénécionidées  ;  il  est  synonyme  de  Cliba- 
dium,  Lin.  (C.  d’O.) 

BAILLON.  poiss.  —  Voyez  cæsiomore. 

BAILLORGE.  bot.  ph.  — Voyez  bail- 
lard. 

BAILLOUVIANA  (nom  d’homme). 
(Phycées).  —  bot.  cr.  Nom  donné  par  Gri- 
sellini  à  une  Algue  fort  élégante  de  la  mer 
Adriatique  ,  très  bien  décrite  par  cet  obser¬ 
vateur  (  Observ.  sur  la  Scolop.  mar.  , 
p.  83)  et  passablement  figurée  pour  l’époque. 
Adanson  [Fam.  des  PL,  II,  p.  13)  adopta 
comme  nom  générique  le  nom  de  Grisellini, 
que  Gmelin  employa  plus  tard  d’une  manière 
spécifique  pour  désigner  un  de  ses  Fucus. 
M.  Agardh,  qui,  lors  de  la  publication  de 
son  Species  Algarum,  ne  connaissait  pro¬ 
bablement  pas  l’algue  du  naturaliste  ita¬ 
lien  ,  en  reçut  des  échantillons  de  New- 
York  ,  d’où  nous  la  tenons  nous-même , 
lesquels  privés  de  leurs  filaments  pénicilli- 
formes  lui  parurent  devoir  être  rapportés  à 
son  genre  Sphœrococcus.  C’est  sur  cette 
même  espèce  que  plus  tard  il  fonda  son 
genre  Dasya ,  presqu’en  même  temps  que 
Martius,  de  son  côté,  créait  pour  elle  le  g. 


BAK 


421 


Rhodonema.  Malgré  les  réclamations  des 
phycologues  italiens,  le  nom  qui  fait  le 
sujet  de  cet  article,  bien  qu’ayant  évidem¬ 
ment  la  priorité  sur  ceux  de  Dasya  et  de 
Rhodonema ,  ne  nous  semble  pas  suscepti¬ 
ble  d’être  conservé ,  du  moins  sans  modifi¬ 
cation,  et  cela  par  la  raison  que  sa  désinence 
adjective  le  fait  pécher  contre  les  règles  gé¬ 
néralement  admises.  M.  Agardh  avait  donc 
le  droit  de  choisir  entre  ces  deux  partis , 
soit  de  le  modifier  en  celui  de  Bdillouvia , 
ce  qui  eût  peut-être  été  juste ,  soit  d’en  ad¬ 
mettre  un  autre;  mais,  dans  ce  dernier  cas , 
l’équité  commandait  de  conserver  comme 
nom  spécifique ,  ainsi  que  nous  l’avons  fait 
(  Canar.  Crypt .,  p.  165) ,  le  nom  créé  par 
Grisellini  et  employé  déjà  comme  tel  par 
Gmelin  ( Fuc .,  p.  165),  ou  bien,  comme  l’a 
préféré  M.  Nardo,  d’adopter  le  nom  du 
premier  inventeur.  (C.  M.) 

BAIN  DE  VÉNUS,  bot.  th.  —  On  a 
quelquefois  donné  ce  nom  au  Chardon  a 
foulon  ( Dipsacus  fullonum  L.).  (A.  R.) 

B  AIT  ARIA,  Ruiz  et  Pav.  bot.  th.  — 
Genre  non  classé ,  auquel  ses  auteurs  as¬ 
signent  pour  caract.  :  Calice  tétraphylle  , 
persistant  ;  les  2  folioles  inférieures  plus 
petites  ,  insérées  à  quelque  distance  des 
deux  autres.  Corolle  hypogyne,  hypocraté- 
riforme;  limbe  5-parti.  Étamines  environ 
18,  insérées  au  fond  de  la  corolle.  Style  su- 
bulé ,  trifide.  Capsule  ovoïde  ,  acuminée  , 
trièdre,  triloculaire,  loculicide-trivalve,  po- 
lysperme.  Graines  lenticulaires.  —  Ce  g. 
n’est  constitué  que  sur  une  seule  esp.;  c’est 
une  herbe  acaule,  indigène  du  Pérou  (Sp.) 

BAJAN  ou  BAJANG.  bot.  th.  — 
Genre  établi  par  Adanson  pour  deux  espè¬ 
ces  d’Amaranthes  décrites  par  Rumph,  dont 
les  pétioles  sont  munis  de  deux  épines  à 
leur  base  et  dont  les  étamines  ainsi  que  les 
sépales  sont  au  nombre  de  cinq.  (C.  d’O.) 

BAJET.  moll. —  Sous  ce  nom,  Adan¬ 
son,  dans  son  Voyage  au  Sénégal ,  page 
201 ,  décrit  une  assez  belle  espèce  d’Huître, 
qui  n’est  autre  chose  que  YOstrea  cristata 
de  Lamarck.  Voyez  huître.  (Desh.) 

BARELEYS.  mam.  —  Voyez  backelys. 

*  BAKÉRINE.  —  M.  Bory  de  Saint- 
Vincent  a  formé,  sous  ce  nom,  dans  la  fa¬ 
mille  des  Thikidées ,  un  g.  d’animaux  mi¬ 
croscopiques  qui  a  pour  caract.  :  Un  corps 
contractile,  renfermé  dans  un  fourreau  sans 


BAL 

y  adhérer  ;  pas  de  tentacules  ;  une  tête  bien 
marquée,  et  de  chaque  côté  un  appareil  ro¬ 
tatoire  ,  composé  de  longs  cirrhes  vibratiles 
portés  sur  un  pédoncule.  (C.  d’O.) 

*  BALADE  VA  (étymologie  inconnue). 
ins.  —  Sous-genre  de  Coléoptères  tétramè- 
res,  famille  des  Longicornes,  tribu  des  Prio- 
nides,  établi  dans  le  g.  Dorysthencs  de 
M.  Yigors,  par  M.  Watherhouse  ( Transact . 
cniomol.  ofthe  society  of  London ,  vol.  II, 
part.  4,  pag.  225-227,  pl.  21,  fig.  1,  «,  c.), 
et  qui  a  pour  type  une  grande  espèce  de 
Prionides  des  Indes-Orientales,  à  laquelle  il 
donne  le  nom  de  Baladera  Walkerii.  Elle 
est  surtout  remarquable  par  le  grand  déve¬ 
loppement  de  ses  mandibules,  très  aiguës 
et  courbées  vers  la  terre.  Voy.  dorysthenes. 

Cette  espèce  se  distingue  du  Prionus 
rostratus  Fab.  par  l’absence  d’une  forte 
épine  au  prosternum  ;  par  le  prothorax,  qui 
est  avancé  sur  les  côtés  et  armé  de  trois 
grandes  dents.  (D.  et  C.) 

*  BALÆNIDES.  Balænidœ.  mam.  — 

Nom  donné  par  M.  Gray  à  une  famille  de  la 
classe  des  Mammifères,  ayant  pour  type  le 
genre  Baloena.  (C.  d’O.) 

BALÆNOPTERA.  mam.  —  Voyez  ba- 
léinOptère. 

BALAIS,  bot.  cr. — Nom  qu’on  donne, 
dans  quelques  endroits  de  la  France,  au 
Clavaria  coralloidcs  L. ,  en  raison  de  la 
forme  qu’elle  présente.  Voyez  les  mots  cla¬ 
vaire  ,  CLAVARIA.  (LÉV.) 

BALAIS,  min.  —  Voyez  rubis  et  srr- 

NELLE. 

BALANCE,  thys.  — On  nomme  ainsi 
tout  instrument  destiné  à  déterminer  le 
poids  des  corps. Une  Balance,  quelle  que  soit 
du  reste  sa  forme,  qu’elle  soit  à  bras  égaux 
et  à  deux  plateaux,  ou  qu’elle  soit  à  bras  iné¬ 
gaux  comme  la  romaine  ,  est  toujours  un 
levier  du  premier  genre ,  ayant  son  point 
d’appui  au  milieu,  et  dont  l’une  des  extré¬ 
mités,  chargée  du  corps  à  peser,  représente 
la  résistance,  tandis  que  l’autre,  chargée  du 
poids  faisant  équilibre ,  représente  la  puis¬ 
sance. 

Nous  ne  parlerons  ici  que  des  Balances 
employées  pour  les  opérations  délicates  des 
sciences. 

Les  conditions  auxquellesune  Balance  doit 
satisfaire  pour  donner  des  résultats  exacts 
sont  :  1°  le  moindre  frottement  possible  du 


BAL 


BAL 


fléau  sur  son  support  ;  2°  un  équilibre  par¬ 
fait  entre  les  deux  bras  de  levier,  par  le  seul 
effet  dé  leur  pesanteur. 

La  Balance  de  Fortin  ,  pour  la  description 
de  laquelle  nous  renvoyons  aux  ouvrages  de 
physique,  remplit  toutes  ces  conditions.  Les 
meilleures  Balances ,  construites  par  cet  ar¬ 
tiste  pour  peser  un  kilogramme,  trébuchent 
à  un  milligramme,  et  permettent,  par  con¬ 
séquent,  d’évaluer  les  poids  à  un  millioniè¬ 
me  d’erreur  près  ;  celles  qui  ne  sont  faites 
que  pour  aller  à  quelques  grammes  sont 
plus  délicates  encore  ;  elles  oscillent  aux 
fractions  de  milligramme. 

Malgré  toute  la  précision  que  semble 
présenter  une  Balance  ainsi  construite  ,  il 
est  convenable  ,  pour  éviter  toute  cause 
d’erreur,  d’employer  la  méthode  des  dou¬ 
bles  pesées.  Yoici  en  quoi  elle  consiste  : 
on  met  dans  l’un  des  plateaux,  le  corps 
qu’on  veut  peser  ;  dans  l’autre ,  on  place 
des  poids  non  marqués,  comme  de  la  gre¬ 
naille  de  plomb  et  des  fragments  de  clin¬ 
quant  pour  compléter  l’équilibre.  Cela  fait, 
on  enlève  le  corps  soumis  à  l’expérience , 
et  on  le  remplace  par  des  poids  marqués  , 
dont  la  somme  indique  le  véritable  poids 
du  corps,  puisqu’ils  font  le  même  effet  que 
lui,  pour  équilibrer  ceux  qui  se  trouvent 
dans  l’autre  plateau. 

La  Balance  de  Berzélius  ,  très  répandue 
aujourd’hui  dans  les  laboratoires,  est  con¬ 
struite  de  manière  à  éviter  la  double  pesée. 

Toute  pesée  faite  dans  l’air  exige  une 
correction  ;  car  un  corps ,  entouré  de  ce 
fluide,  perd  de  son  poids  réel  une  quan¬ 
tité  égale  au  poids  du  volume  d’air  qu’il  dé¬ 
place.  Bien  que  cette  quantité  soit  peu  con¬ 
sidérable  ,  elle  ne  saurait  être  négligée  dans 
des  expériences  minutieuses. 

La  Balance  hydrostatique  n’est  autre 
chose  qu’une  Balance  ordinaire ,  dont  l’un 
des  plateaux  porte  inférieurement  un  cro¬ 
chet  auquel  on  suspend  un  corps  solide  par 
un  fil  très  mince.  Avec  cette  Balance ,  on 
peut  mesurer  la  densité  des  corps  solides. 

On  entend  par  densité  d’un  corps ,  sa 
pesanteur  spécifique  ;  or,  cette  densité  est 
égale  au  rapport  du  poids  au  volume.  Comme 
on  est  convenu  de  prendre  pour  unité  de 
densité  celle  de  l’eau  distillée ,  à  4°  au-des¬ 
sus  de  zéro,  point  du  maximum  de  densité 
de  ce  liquide ,  le  nombre  qui  exprime  la 


densité  d’un  corps  indique  combien  de  fois 
la  masse  de  ce  corps  contient  celle  de  i’eàu 
occupant  le  même  volume. 

Quand  on  veut  obtenir  la  pesanteur  spé¬ 
cifique  d’un  corps  au  moyen  de  la  Balance 
hydrostatique,  on  cherche  d’abord  son 
poids  dans  l’air ,  par  le  procédé  ordinaire  , 
et  ensuite  le  poids  de  l’eau  qu’il  déplace , 
quand  on  le  pèse  suspendu  dans  ce  liquide. 
Le  premier  poids ,  moins  le  second ,  est  la 
densité  cherchée. 

Pour  comparer  la  densité  des  liquides , 
on  a  recours  à  des  instruments  qui  portent 
le  nom  d’ aréomètres. 

Les  aréomètres  sont  à  volume  constant 
oü  à  poids  constant. Les  premiers,  qui  sont 
applicables  à  tous  les  liquides,  se  composent 
ordinairement  d’un  cylindre  en  verre  ou  en 
métal,  terminé  par  deux  bases  coniques.  Ce 
cylindre  est  lesté  inférieurement  par  une 
masse  de  plomb  ou  de  mercure,  qui  le 
maintient  en  équilibre;  de  l’autre  côté,  il 
est  surmonté  par  une  tige  verticale  qui  porte 
une  petite  cuvette  destinée  à  recevoir  des 
poids.  Un  trait,  marqué  sur  cette  tige,  indi¬ 
que  le  point  d’ affleurement.  La  diffé¬ 
rence  des  poids  nécessaires  pour  faire  plon¬ 
ger  l’instrument  jusqu’au  point  d’affleure¬ 
ment  dans  deux  liquides  différents  indique 
ia  différence  de  densités.  On  doit  cet  aréo¬ 
mètre  à  Fahrenheit. 

Celui  de  Nicholson  diffère  du  précédent 
en  ce  que  la  masse  inférieure ,  qui  sert  de 
lest,  est  en  forme  de  cuvette.  Au  moyen  de 
cette  addition,  cet  instrument  peut  servir 
à  mesurer  les  densités  des  corps  solides. 

Les  aréomètres  à  poids  constant ,  dont 
la  première  invention  remonte  à  Baumé , 
sont  généralement  connus  sous  le  nom  de 
pèse-liqueurs. 

Us  consistent  en  un  tube  de  verre  cylin¬ 
drique,  soufflé  en  boule  vers  le  bas  ;  au-des¬ 
sous  de  cette  sphère  creuse ,  est  une  autre 
cavité  contenant  du  mercure  qui  sert  de 
lest.  Si  l’aréomètre  doit  servir  à  mesurer  des 
liquides  d’une  densité  supérieure  à  celle  de 
l’eau,  il  est  lesté  de  manière  à  s’enfoncer 
presque  entièrement  dans  l’eau  pure;  le  point 
d’affleurement  devient  le  zéro  de  l’échelle. 
Dans  le  cas ,  au  contraire ,  où  il  s’agit  de  li¬ 
quides  moins  denses  que  l’eau,  l’instrument 
ne  plonge  dans  ce  liquide  que  du  cinquième 
environ  de  sa  longueur. 


BAL 


Les  corps  solides  et  liquides ,  exposés  à 
des  températures  variables ,  changent  par 
conséquent  de  densité  ;  et,  comme  ils  n’é¬ 
prouvent  ni  la  même  dilatation  ni  la  même 
contraction  par  les  mêmes  variations  de 
température,  il  en  résulte  que  leurs  rap¬ 
ports  de  densité  ne  restent  pas  les  mêmes  ; 
il  y  a  donc  nécessité  de  rapporter  les  densi¬ 
tés  de  ces  corps  à  une  certaine  température, 
ou  de  corriger  celles  qui  n’ont  point  été  ob¬ 
servées  à  cette  température  normale,  afin  de 
rendre  les  résultats  comparables  entre  eux. 

La  densité  des  gaz  se  mesure  par  un  pro¬ 
cédé  fort  simple  en  apparence,  mais  qui  ce¬ 
pendant  exige,  pour  arriver  à  des  résultats 
exacts,  de  grandes  précautions  et  une  atten¬ 
tion  soutenue.  On  pèse  successivement  un 
même  vase,  un  ballon  de  verre ,  par  exem¬ 
ple,  rempli  d’qir  d’abord,  puis  ensuite 
du  gaz  dont  on  veut  connaître  la  pesanteur 
spécifique;  on  retranche,  des  poids  obtenus, 
celui  du  ballon  vide  de  toute  matière  pon¬ 
dérable  ;  le  rapport  des  deux  différences  est 
la  densité  cherchée. 

La  Balance  de  torsion  ,  dont  on  doit 
l’invention  à  Coulomb  ,  est  un  instrument 
dans  lequel  la  force  de  torsion  est  opposée 
à  d’autres  forces  qu’on  veut  mesurer,  et 
qu’il  est  difficile  d’apprécier  sans  un  appa¬ 
reil  extrêmement  sensible.  C’est  avec  cette 
Balance  qu’on  mesure  les  forces  d’attrac¬ 
tion  ou  de  répulsion  des  corps  faiblement 
électrisés.  L’instrument  se  compose  essen¬ 
tiellement  d’un  fil  métallique  retenu  supé¬ 
rieurement  par  une  pince  et  portant  infé¬ 
rieurement  un  levier  horizontal.  La  pince 
traverse  un  tuyau  dont  le  bord  supérieur 
présente  un  cercle  gradué,  sur  lequel  une 
aiguille  qui  la  termine  supérieurement  peut 
s’arrêter;  il  est  facile  d’évaluer  ainsi  la 
torsion  qu’on  est  obligé  de  faire  subir  au  fil 
pour  que  le  levier,  sollicité  par  une  force 
étrangère  ,  puisse  garder  une  certaine  po¬ 
sition.  L’angle  total  de  torsion  sert  alors 
de  mesure  à  cette  force ,  en  prenant  pour 
unité  celle  qui  ne  produirait  qu’un  écarte¬ 
ment  d’un  degré. 

Ce  fut  au  moyen  d’une  Balance  de  tor¬ 
sion,  d’une  construction  particulière,  que 
Cavendish  démontra  que  les  corps  de  la  na¬ 
ture  s’attirent  mutuellement,  et  qu’il  trouva 
que  la  densité  de  la  terre  est  égale  à  cinq 
fois  et  demie  celle  de  l’eau.  (A.  Dui>onchel.) 


bai,  m 

BALANCEIJR.  ois.  —Espèce  de  Gros- 
bec  de  l’Amérique  méridionale. 

BALANCIERS.  Haltères ,  Libra- 
menta.  ins.  —  On  nomme  ainsi  deux  pe¬ 
tits  appendices  membraneux,  mobiles,  très 
minces,  plus  ou  moins  longs,  insérés  de 
chaque  côté  du  mélalhorax  des  Diptères , 
dans  l’angle  formé  par  la  jonction  du  cor¬ 
selet  avec  l’abdomen.  Chacun  de  ces  appen¬ 
dices  se  compose  de  ces  deux  parties  :  le 
style  ou  filet  (stylus),  ordinairement  allon¬ 
gé  ;  et  le  sommet  ou  bouton  ( capitulas ), 
arrondi,  ovale  ou  tronqué,  le  plus  souvent 
très  comprimé.  Du  reste ,  la  forme  et  la 
grandeur  de  ces  organes  varient  suivant  les 
genres  ou  les  tribus;  ils  sont  très  allongés 
chez  les  Tipules  et  les  Cousins,  de  longueur 
moyenne  chez  les  Taons  et  les  Asiles ,  et 
excessivement  courts  chez  les  Œstres  et  les 
Hippobosques  ;  tantôt  ils  sont  à  nu ,  et 
tantôt  recouverts  par  deux  autres  pièces 
également  membraneuses  qu’on  nomme 
Ailerons  ou  Cuillerons  [voyez  ces  mots). 
Ces  pièces  manquent  dans  la  plupart  des 
Tipulaires  ;  mais  elles  existent  dans  pres¬ 
que  toutes  les  autres  familles,  et  leur  gran¬ 
deur  est  toujours  en  raison  inverse  de  celle 
des  Balanciers  et  vice  vers â.  La  persistance 
de  ces  appendices  chez  tous  les  Diptères , 
alors  même  qu’ils  manquent  d’ailerons,  an¬ 
nonce  qu’ils  sont  pour  eux  des  organes  très 
importants;  il  serait  donc  intéressant  de 
savoir  à  quelles  parties  de  l’organisation 
des  autres  Insectes  ils  correspondent;  mais 
les  entomologistes  sont  loin  de  s’accorder 
sur  ce  point  :  Latreille  les  regarde  comme 
des  appendices  Yésiculeux  dépendant  des 
deux  trachées  postérieures  du  thorax ,  et 
représentant  les  valves  qui  accompagnent 
les  stigmates  de  quelques  larves  aquatiques 
(éphémères,  gyrins),  ou  qui  vivent  dans  des 
matières  en  putréfaction  [Musca  carna- 
ria,  Echynomia  grossa).  Il  se  fonde  prin¬ 
cipalement  sur  ce  que  les  ailes  inférieures 
naissent  toujours  des  sommités  latérales  et 
antérieures  du  troisième  anneau  thoraci¬ 
que  ,  à  une  très  courte  distance  des  ailes 
supérieures,  et  en  avant  des  deux  stigmates 
postérieurs  du  thorax ,  tandis  que  les  Ba¬ 
lanciers  partent  de  beaucoup  plus  bas ,  et 
sont  toujours  placés  dans  le  voisinage  de 
ces  ouvertures  aériennes,  souvent  même 
sur  leur  bord  interne.  M.  Macquart,  sans 


BAL 


BAL 


m 

s’expliquer  sur  les  fonctions  de  ces  organes, 
dit  positivement  qu’ils  sont  insérés  sur  le 
segment  médiaire  dépendant  de  l’abdomen 
et  contigu  au  thorax,  et  qu’ainsi  il  faut  bien 
se  garder  de  le  considérer  comme  des  rudi¬ 
ments  des  secondes  ailes  qui,  en  effet,  ne 
peuvent  tirer  leur  origine  d’un  segment  ab¬ 
dominal.  De  son  côté,  M.  Audouin,  qui  a  fait 
une  étude  approfondie  de  la  composition  du 
corselet  chez  tous  les  ordres  d’insectes, 
pense  que  les  Balanciers  des  Diptères  en  sont 
une  dépendance,  et  il  faut  convenir  que  ses 
raisons  sont  très  spécieuses.  En  effet,  le  dé¬ 
veloppement  de  chacun  des  trois  anneaux 
thoraciques  se  faisant  toujours  aux  dépens 
de  celui  des  deux  autres  ,  et  les  appendices 
qui  en  naissent  étant  nécessairement  sou¬ 
mis  à  la  même  loi,  il  n’est  pas  étonnant  que 
les  secondes  ailes  se  réduisent  à  de  simples 
filets  membraneux  chez  les  Diptères,  puis¬ 
que  le  métathorax,  dont  elles  tirent  leur 
origine ,  est ,  chez  ces  Insectes ,  aussi  exigu 
que  leur  mésothorax  est  énorme.  Toutefois, 
pour  qu’il  ne  s’élevât  aucun  doute  à  cet  égard, 
il  fallait  retrouver,  à  la  base  des  Balanciers, 
des  épidèmes  et  des  muscles  analogues  à 
ceux  qui  font  mouvoir  les  secondes  ailes 
chez  les  Insectes  qui  en  ont  quatre.  Or, 
malgré  l’extrême  difficulté  d’observer  des 
organes  aussi  minimes  ,  M.  Audouin  pré¬ 
tend  y  être  parvenu  à  l’aide  du  micros¬ 
cope,  et  avoir  démontré  l’existence  de  ces 
organes  dans  son  travail  général  sur  le  tho¬ 
rax,  lu  à  l’Académie  des  sciences,  le  20  mai 
1820.  Pour  contredire  ou  confirmer  l’asser¬ 
tion  de  ce  savant  professeur,  il  faudrait 
avoir  répété  ses  observations  microscopi¬ 
ques,  et  c’est  ce  que  nous  n’avons  pas  fait  ; 
mais  ce  qui  nous  ferait  partager  son  opi¬ 
nion  ,  c’est  que  les  Balanciers ,  principale¬ 
ment  chez  les  Tipulaires,  où  ils  sont  à  nu  et 
très  développés,  nous  ont  paru  insérés  ab¬ 
solument  à  la  même  place  que  les  secondes 
ailes  chez  les  Némoptères,  lesquelles  ailes , 
par  leur  forme  linéaire ,  ont  la  plus  grande 
analogie  avec  les  appendices  dont  il  s’agit. 

Si  les  entomologistes  ne  s’accordent  pas 
sur  la  partie  du  corps  des  Diptères  qui 
donne  naissance  aux  Balanciers  ,  ils  diffé¬ 
rent  également  d’opinion  sur  l’usage  de  ces 
organes  ;  la  plupart  pensent  qu’ils  servent, 
comme  l’indique  leur  nom  ,  à  maintenir 
l’insecte  en  équilibre  pendant  le  vol ,  et  ils 


citent,  en  effet,  des  expériences  desquelles 
il  résulte  que,  si  l’on  coupe  un  des  Balan¬ 
ciers,  l’insecte  perd  l’usage  de  l’aile  située 
du  même  côté,  et  finit  par  tomber  en  tour¬ 
billonnant  sur  lui-même ,  et  que  si  on  les 
coupe  tous  deux ,  il  se  trouve  tout  à  fait 
dans  l’impossibilité  de  voler.  Cependant 
M.  Lacordaire,  dans  son  Introduction  à 
l’Entomologie ,  assure  avoir  répété  ces  ex¬ 
périences,  et  n’avoir  rien  observé  de  sem¬ 
blable.  D’autres  entomologistes  comparant 
l’aileron  à  une  espèce  de  tambour,  et  le 
balancier  à  une  sorte  de  baguette ,  en  ont 
conclu  que  l’action  de  l’un  sur  l’autre  ser¬ 
vait  à  produire  le  bourdonnement  que  la 
plupart  des  Diptères  font  entendre  en  vo¬ 
lant;  mais  cette  opinion  est  contraire  à 
l’observation  ,  puisque  des  Insectes  qui 
manquent  de  cet  appareil,  tels  que  les 
Abeilles  et  les  Guêpes,  et  ceux  qui  ont  des 
Balanciers  sans  ailerons ,  comme  les  Asiles 
et  les  Bombyles,  bourdonnent  et  font  en¬ 
tendre  un  bruit  plus  fort  que  ceux  qui  sont 
pourvus  à  la  fois  de  ces  deux  organes.  On 
va  même  jusqu’à  dire  que  si  l’on  prive  un 
diptère  de  ses  Balanciers  ,  on  l’entendra 
bourdonner  aussi  fort  qu’auparavant. 

Olivier  pense  que  ces  organes  doivent 
être  considérés  comme  servant  avec  les  ai¬ 
lerons  à  faciliter  le  vol  des  Diptères ,  et  il 
se  fonde  sur  ce  que  les  espèces  qui  man¬ 
quent  d’ailerons  ont  leurs  Balanciers  beau¬ 
coup  plus  grands  que  celles  qui  sont  pour¬ 
vues  en  même  temps  de  ces  deux  appendi¬ 
ces  ;  toujours  est-il  qu’on  voit  souvent  les 
Balanciers  vibrer  avec  la  plus  grande  rapi¬ 
dité,  lors  même  que  l’insecte  est  en  repos , 
et  qu’ainsi  leur  motilité  est  indépendante 
de  l’action  du  vol. 

Enfin  l’opinion  la  plus  probable,  suivant 
M.  Lacordaire ,  qui  en  cela  se  range  du  côté 
de  Latreille,  est  que  les  Balanciers  ont 
quelques  rapports  avec  la  respiration,  et 
qu’ils  peuvent  contribuer  à  faire  ouvrir  et 
fermer  les  stigmates  postérieurs  du  thorax  ; 
mais  il  convient  que  cette  opinion  est  hypo¬ 
thétique  et  que  de  nouvelles  expériences 
sont  nécessaires  pour  déterminer  avec  exac¬ 
titude  les  fonctions  de  ces  organes.  (D.) 

BALANE.  Balamis  (paXavoç,  gland). 
cirr.  — Ce  genre,  de  la  famille  des  Bala- 
nides,  avait  été  jusqu’ici  considéré  comme 
un  Mollusque  ;  mais  des  travaux  récents  de 


BAL 


BAL 


M.  Martin-Saint- Ange  ont  démontré,  d’une 
manière  positive,  que  les  Balanes  et  les  au¬ 
tres  genres  deCirrhipèdes  sont  de  véritables 
animaux  articulés,  formant  une  classe  à  part, 
pour  laquelleM.  Martin-Saint-Angé  propose 
le  nom  de  Cirrhipèdiens . — Les  caractères 
de  ce  genre  sont  :  Animal  conique,  déprimé 
oucylindroïde,  semblable  aux  Anatifes,  mais 
dépourvu  de  pédicule,  et  ayant  les  branchies 
en  forme  d’ailes,  attachées  à  la  face  interne 
du  manteau.  Coquille  conique ,  souvent  in¬ 
fléchie,  plus  ou  moins  élevée,  formée  de  six 
valves  distinctes,  articulées  entre  elles,  ayant 
un  support  calcaire ,  plat ,  assez  épais ,  ou 
quelquefois  pas  de  support.  Opercule  pyra¬ 
midal,  oblique,  composé  de  4  valves  trian¬ 
gulaires  ,  dont  les  deux  plus  petites  présen¬ 
tent  un  cuilleron  droit  et  aplati. 

Les  Balanes  étaient  connus  des  an¬ 
ciens,  qui,  frappés  de  leur  ressemblance 
grossière  avec  le  gland  du  Chêne,  leur 
ont  donné  le  nom  qu’ils  portent  aujourd’hui. 
Aristote  en  fait  à  peine  mention,  ce  qui 
prouve  qu’il  n’avait  pas  eu  l’occasion  d’étu¬ 
dier  ces  animaux  5  mais  Athénée  en  parle 
avec  de  grands  détails,  et  dit  que  ceux  qui 
venaient  d’Égypte  étaient  les  plus  estimés. 
Macrobe  en  fait  aussi  mention  comme  d’un 
mets  recherché  ;  et ,  quoiqu’ils  soient  peu 
nourrissants,  partout  et  ep  tout  temps  nous 
les  voyons  entrer  dans  l’alimentation  Rum- 
phius  dit  même  que  l’espèce  la  plus  répan¬ 
due,  le  B.  Tintinnabulum ,  appelée  vul-  | 
gairement  le  Gland  de  mer,  la  Tulipe,  le 
Turban,  etc.,  est  regardée  en  Chine  comme 
un  mets  délicat ,  et  qu’on  l’y  apprête  au. sel 
et  au  vinaigre  ;  et  il  ajoute  que  ce  même 
mollusque,  étant  cuit,  a  un  goût  qui  se 
rapproche  de  la  chair  d’Écrevisse. 

Les  anciens  auteurs,  tout  en  confondant 
les  Anatifes  avec  les  Balanes,  distinguaient 
pourtant  ces  derniers  sous  le  nom  $e  Glan¬ 
des,  d’où  le  nom  de  Gland  de  mer,  qui  leur 
a  été  donné  par  les  premiers  méthodistes. 
Malgré  le  profond  sentiment  de  dissem¬ 
blance  qui  les  portait  à  établir,  dans  la  classe 
des  Cirrhopodes,  une  division  si  naturelle 
et  si  bien  justifiée,  Linné  les  réunit  avec  les 
Anatifes  dans  son  g.  Lepas ,  formant,  avec 
les  Oscabrions  et  les  Pholades,  ses  Testa - 
cea  rnullivalviq.  Ce  fut  Bruguières  qui 
rendit  aux  Balanes  la  place  qui  leur  con¬ 
venait  ,  et  en  forma  son  genre  Balanite , 


42.5 

dont  le  type  était  le  B.  Tintinnabulum . 

Depuis  lors,  les  travaux  sur  les  Balanes  ne 
manquèrent  pas.  Poli  les  étudia  avec  soin, 
et  en  donna  le  premier  une  bonne  ana¬ 
tomie.  Cuvier  vint  compléter  les  notions 
recueillies  par  ses  prédécesseurs,  et  tous  les 
naturalistes  ont,  malgré  les  dissemblances 
qui  pouvaient  exister  entre  leurs  systèmes, 
conservé  le  genre  Balanus  pur  de  tout 
mélange.  Cependant,  il  reste  encore  beau¬ 
coup  à  faire  pour  avoir  une  détermination 
nettement  établie  et  une  bonne  synonymie 
des  espèces  vivantes,  et  la  plus  grande  con¬ 
fusion  règne  encore  parmi  elles  ,  même 
pour  les  plus  communes. 

Les  Balanes  s’attachent  à  la  surface  des 
rochers,  des  pierres,  des  coquilles,  des 
Crustacés  ,  des  plantes  marines  et  des 
corps  flottants,  sans  cependant  y  jamais  pé¬ 
nétrer  ,  et  ils  tapissent  quelquefois  les 
flancs  des  navires  en  si  grand  nombre, 
que  leur  marche  en  est  ralentie.  On  les 
trouve  toujours  réunis  par  groupes  considé¬ 
rables,  et  si  pressés  les  uns  contre  les  au¬ 
tres,  que  leur  forme  en  devient  irrégulière. 

La  fécondité  des  Balanes  est  prodigieuse; 
ils  pondent  leurs  œufs  en  été;  et,  suivant 
le  témoignage  de  Poli,  au  bout  de  quatre 
mois,  les  jeunes  sont  aptes  à  la  reproduc¬ 
tion.  Pendant  leur  première  jeunesse,  la 
coquille  des  Balanes  ne  consiste  presque 
que  dans  l’opercule. 

Dans  l’eau ,  les  Balanes  agitent  con¬ 
tinuellement  ,  avec  une  grande  vitesse , 
leurs  bras  ciliés  ;  les  plus  longs  servent 
à  établir  un  tourbillon  où  s’engagent  les 
animaux  dont  ils  font  leur  nourriture,  et 
les  plus  petits  retiennent  la  proie  qui  tente¬ 
rait  de  s’échapper.  A  la  moindre  apparence 
de  danger,  tout  ce  mouvement  cesse,  les 
Balanes  s’empressent  de  rentrer  dans  leurs 
bras  et  ferment  leurs  opercules. 

Le  nombre  des  espèces  qui  composent 
ce  genre  est  difficile  à  déterminer;  car  il  en 
existe  dans  toutes  les  mers,  aussi  bien  sous 
les  pôles  que  sous  l’équateur,  et  les  mê¬ 
mes  espèces  se  rencontrent  dans  des  para¬ 
ges  fort  éloignés,  de  sorte  qu’il  est  difficile 
de  dire  si  celles  que  nous  possédons  sur 
nos  côtes  sont  indigènes.  On  a  divisé  les 
Balanes  en  deux  groupes,  suivant  qu’ils  ont 
ou  non  un  support  calcaire.  (C.  d’O.) 

BALANGA  .bot.  ph Voyez  baeangue. 

27* 


T.  II. 


BAL 


BAL 


426 

BALANGHAS.  bot.  ph.  —  Espèce  du 
genre  Sterculia.  Voyez  sterculier. 

BALANGUE.  Balança,  bot.  ph.  — 
Gærtnera  décrit,  sous  ce  nom,  un  fruit  de 
Madagascar,  provenant  d’un  végétal  encore 
inconnu. 

*  BALANIDES.  Balanidea.  cirr.  — 

Une  des  familles  naturelles  établie  dans  la 
classe  des  Cirrhopodes  pour  ceux  qui  sont 
sessiles  et  dont  le  type  est  le  genre  Balane. 
Les  Balanides  comprennent  les  g.  Pyrgoma , 
Sav.;  Verruca ,  Schum.(OchthosiedeRanz); 
Creusia,  Conia ,  Leach  \Tubicinellay  Co- 
ronula,  Lam.;  Chthamalus ,  Ranz;  Ba- 
lanus ,  Brug.  ;  Acasta ,  Leach,  et  Octome- 
ris ,  Sow.  ^  (C.  d’O.) 

*  BAL ANIFÈRES.  Balaniferœ  ( bala - 
nus,  {gland;  fera,  je  porte),  bot.  ph.  — 
Marquis  a  proposé  de  désigner  sous  ce  nom 
la  famille  des  Quercinées,  à  cause  des  glands 
que  portent  les  plantes  de  ce  groupe. 

(C.  d’O.) 

BALANINIJS  ((BaXavîvoç ,  provenant  du 
gland),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères,  famille  des  Curculionides ,  établi 
par  Germar  aux  dépens  du  g.  Rhynchœnus 
de  Fabricius ,  et  adopté  par  tous  les  autres 
entomologistes.  Schœnherr  le  range  parmi 
ses  Gonatocères,  division  des  Érirhinides. 

Les  espèces  de  ce  genre  ont  généralement 
le  corps  en  ovale  court ,  squammeux,  ailé. 
Elles  sont  de  moyenne  ou  de  petite  taille. 
Schœnherr  en  décrit  22,  dont  5  d’Amérique, 
3  d’Afrique,  une  des  Indes  orientales ,  une 
de  la  N ouv. -Hollande  et  12  d’Europe.  Nous 
citerons ,  parmi  ces  dernières,  la  plus  con¬ 
nue  ,  et  qui  peut  être  considérée  comme  le 
type  du  g.,  c’est  le  Charançon  des  noisettes 
de  Geoffroy,  dont  la  larve  vit  dans  l’inté¬ 
rieur  de  ce  fruit:  Curculio  nucum  Lin.; 
Rhynchœnus  id.  Fabr.  ;  Balaninus  id. 
Germ.  Cette  espèce,  remarquable  surtout 
par  la  longueur  et  la  ténuité  de  sa  trompe 
ou  de  son  rostre  arqué ,  est  répandue  dans 
toute  l’Europe  ;  elle  est  figurée  dans  V Ico¬ 
nographie  du  Règ .  anim.  de  M.  Guérin, 
t.  38,  f.  4,  a.  (D.) 

BALANITE.  Balanites($&kà.'to$i  gland). 
cirr.  foss.  —  Bruguières  ,  en  instituant 
son  genre  Balane,  donna  le  nom  de  Bala¬ 
nite  au  Gland  de  mer,  Balanus  Tintinna- 
hulum;  mais  il  a  depuis  été  employé  pour 
désigner  les  espèces  fossiles  du  g.  Balane* 


Bajerus  est  le  premier  oryclographe  qui  ait 
parlé  des  Balanites,  car  avant  lui  on  les 
croyait  fort  rares.  Nous  en  connaissons  au¬ 
jourd’hui  une  trentaine  d’espèces  qui  se 
trouvent  dans  le  calcaire  grossier ,  en 
France,  en  Angleterre,  en  Italie,  en  Suisse, 
à  Malte,  en  Silésie  et  en  Pologne.  Quoique 
M.  Schlottheim  cite  des  Balanites  dans  des 
terrains  inférieurs  à  la  Craie ,  ces  fossiles 
se  trouvent  plus  communément  dans  les 
couches  supérieures  à  ce  terrain.  On  trouve 
parmi  ces  corps  fossiles  quelques  espèces 
qui  ont  des  analogues  vivants.  (C.  d’O.) 

BALANITES,  Delille  (PaXavoç,  gland). 
bot.  ph. — Genre  dont  la  place  n’est  pas  abso¬ 
lument  certaine,  mais  qui  paraît  être  voisin 
de  la  famille  des  Olacinées.  Ses  principaux 
caractères  sont  les  suivants  :  Calice  5-parti 
Pétales  5,  hypogynes  de  même  que  les  éta¬ 
mines,  qui  sont  au  nombre  de  10.  Ovaire  5- 
loculaire,  5-ovulé.  Drupe  ovoïde  par  avorte¬ 
ment  ,  1-loculaire  et  1-sperme  ;  noyau  li¬ 
gneux,  pentagone.  Graine  suspendue,  apé- 
rispermée.  Embryon  rectiligne,  à  radicule 
supère.  —  Ce  g.  n’est  fondé  que  sur  une 
seule  esp.  ( B .  œgyptiaca  Del.,  Ximenia 
œgypttaca'L .);  c’estun  arbre  indigène  d’ɬ 
gypte  ,  de  la  Nubie  et  du  Sénégal.  (Sr.) 

BALANOIDE.  ÉCHIN.  FOSS.  -  Nom 

donné  par  quelques  auteurs  aux  pointes 
d’Oursins  fossiles. 

*  B  AL  ANOMORPH  A  (êa'Xavoç,  gland; 
p.cpcpvi,  forme),  ins. —  Genre  de  Coléoptères 
tétramères,  de  la  famille  des  Chrysomélines, 
créé  par  M.  Chevrolat  avec  une  des  subdivi¬ 
sions  de  la  9e  famille  des  Haltica  d’Uliger 
(Altitarses).  M.  le  comte  Dejean,  qui  a 
adopté  ce  genre  dans  son  dernier  Catalogue, 
en  mentionne  six  espèces,  dont  cinq  se 
trouvent  en  Europe  et  la  dernière  aux  États- 
Unis  d’Amérique.  Parmi  les  premières, 
nous  citerons  la  Chrys.  rustica  Lin.; 
Haltica  rustica  111.  (ou  Serai  -  œ  ne  a 
Fabr.),  et  VAttica  ohiusata  Gyllen.  M.  Sté¬ 
phens  a  établi,  avec  ces  Insectes,  son  genre 
Mantura.  Voy.  ce  mot.  (C.) 

BALANOPHORE.  Balanophora  (êoc- 
Xavoç,  gland;  cpop o'ç,  porteur),  bot.  ph.  — 
Type  de  la  famille  des  Balanophorées. 
Ce  genre,  établi  par  Forster  (Gen.  99, 
t.  50),  a  été  successivement  adopté  par  tous 
les  botanistes  qui  ont  traité  de  cette  famille, j 
et,  en  particulier,  par  le  prof.  L.  C.  Richard, 


BAL 


BAL 


dans  le  Mémoire  où  il  a  établi  la  famille  des 
Balanophorées  ( voyez  ce  mot).  Ce  genre  ne 
se  compose  que  de  deux  espèces  :  Balano- 
phora  tannensis  Forst.  et  Balanophora 
javanica  Bl.  Ce  sont  des  plantes  char¬ 
nues,  fungiformes;  à  tige  très  courte;  à 
racine  renflée  et  parasite  sur  les  radicelles 
des  Figuiers.  Les  fleurs  sont  monoïques , 
disposées  en  capitules  recouverts  d’ écailles 
à  leur  base,  et  composés  inférieurement 
d’un  petit  nombre  de  fleurs  mâles ,  pédi- 
cellées ,  tandis  que  tout  le  reste  du  capitule 
est  couvert  de  fleurs  femelles.  Les  fleurs 
mâles  ont  un  calice  composé  de  trois  à 
quatre  et  quelquefois  de  huit  sépales 
étalés.  Les  étamines  en  même  nombre  que 
les  sépales ,  sont  symphysandres  ,  c’est-à- 
dire  ,  soudées  à  la  fois  par  les  filets  et  les 
anthères;  celles-ci  s’ouvrent  à  leur  face  ex¬ 
terne  par  un  sillon  longitudinal.  Les  fleurs 
femelles ,  beaucoup  plus  nombreuses ,  sont 
très  serrées  les  unes  contre  les  autres. Elles 
sont  dépourvues  de  périanthe  ;  leur  ovaire 
est  uniloculaire ,  terminé  par  un  style  sé- 
tacé.  On  ne  connaît  pas  encore  leur  fruit.  La 
description  précédente  prouve  qu’il  reste 
encore  à  connaître  plusieurs  points  impor¬ 
tants  de  la  structure  de  ces  végétaux.  Voy. 

BALANOPHORÉES.  (A.  R.) 

BALANOPHORÉES.  Balanophoreœ. 
bot.  ph. —  Petite  famille  de  végétaux  mono- 
cotylédonés  qui ,  dans  ce  grand  embranche¬ 
ment  du  règne  végétal ,  représentent ,  par 
leur  port  et  leur  mode  de  végétation  para¬ 
site,  les  Orobanches ,  les  Hypocistes,  et  les 
Lathrœn  de  l’embranchement  des  Dicotylé- 
donés.  Cette  famille  a  été  établie  par  le  prof. 
L.  C.  Richard,  dans  un  travail  spécial  in¬ 
séré  dans  le  VIIIe  volume  des  Mémoires  du 
Muséum  d’hist.  naturelle .  Depuis  cette 
époque,  M.  Martius,  à  la  fin  du  IIIe  volume 
de  ses  Nov.  gen.  et  Sp.  Bras.,  p.  150,  et 
MM.  Schott  et  Endlicher  (Meletemata , 
p.10),  se  sont  successivement  occupés  de  ce 
groupe  de  végétaux  ,  en  déterminant ,  avec 
plus  de  précision  qu’on  ne  l’avait  fait  jus¬ 
qu’alors,  plusieurs  points  de  leur  organisa¬ 
tion.  C’est  en  nous  aidant  de  ces  travaux  et 
de  nos  propres  observations  que  nous  allons 
reproduire  ici  les  caractères  généraux  des 
Balanophorées. 

Les  Balanophorées  sont  des  plantes  para¬ 
sites  sur  les  racines  d’autres  végétaux, 


hn 

ayant,  comme  nous  l’avons  dit  précédem¬ 
ment,  un  port  qui  rappelle  beaucoup  celui 
des  Orobanches  et  des  Hypocistes. Elles  sont 
épaisses,  charnues,  fungiformes,  dépour¬ 
vues  de  véritables  feuilles ,  remplacées 
par  des  écailles  qui  se  rapprochent  sou¬ 
vent  vers  la  partie  supérieure  de  sa  tige 
où  elles  forment  une  sorte  d’involucre  au¬ 
tour  des  capitules.  Avant  leur  développe¬ 
ment,  ces  tiges  sont  en  général  renfermées 
dans  une  sorte  de  spathe  tubuleuse.  Les 
fleurs  sont  généralement  petites, unisexuées, 
monoïques  ou  dioïques,  le  plus  souvent  dis¬ 
posées  en  un  gros  capitule  terminal  et  so¬ 
litaire  ,  très  rarement  en  capitules  distincts 
et  comme  paniculés;  enfin,  dans  un  seul 
cas,  les  fleurs  mâles  constituent  une  sorte  de 
grappe  terminale. Tantôt  chaque  capitule  se 
compose  à  la  fois  de  fleurs  mâles  et  de  fleurs 
femelles  réunies  ;  tantôt  ils  ne  portent  cha¬ 
cun  que  des  fleurs  d’un  même  sexe.  Ces 
capitules,  comme  nous  l’avons  déjà  exposé, 
sont  environnés  d’ écailles  de  même  nature 
que  celles  qui ,  sur  les  tiges,  remplacent  les 
feuilles.  Les  fleurs  sont  réunies  sur  un  pho- 
ranthe  ou  réceptacle  rarement  nu ,  le  plus 
souvent  chargé  de  soies  ou  d’écailles  de 
formes  très  variées. 

Les  fleurs  mâles ,  souvent  pédicellées  , 
ont  un  périanthe  composé  d’un  à  trois  ou 
quatre  sépales  étalés ,  planes  ou  concaves  ; 
des  étamines  dont  le  nombre  varie  comme 
celui  des  sépales.  Quand  il  n’y  a  qu’une 
seule  étamine  ,  elle  se  compose  d’un  filet 
plus  ou  moins  allongé ,  terminé  par  une 
anthère  arrondie  ,  à  deux  loges ,  s’ouvrant 
chacune  par  un  sillon  longitudinal  ;  quand 
les  étamines  sont  au  nombre  de  trois ,  ce 
qui  est  le  nombre  en  quelque  sorte  normal, 
elles  sont  symphysandres ,  c’est-à-dire  que 
les  filets  sont  soudés  en  un  androphore  al¬ 
longé  et  cylindrique ,  tantôt  très  court 
( Langsdorffia ) ,  tantôt  très  allongé  (Zfe- 
losis) ,  et  qqe  les  anthères  sont  soudées  à  la 
manière  des  Synanthérées.  Ces  anthères 
sont  toujours  biloculaires  et  s’ouvrent  cha¬ 
cune  par  un  sillon  longitudinal.  Le  pollen, 
dans  les  espèces  où  il  a  été  observé,  se 
compose  de  particules  globuleuses. 

Les  fleurs  femelles,  tantôt  sessiles,  tan¬ 
tôt  pédicellées ,  se  composent  d’un  ovaire 
infère,  couronné  par  un  limbe  calicinal,  tan¬ 
tôt  formé  de  plusieurs  sépales  distincts , 


BAL 


m 

tantôt  tronqué  et  à  peine  distinct.  Cet  ovaire 
est  à  une  seule  loge,  qui  contient  un  ovule 
unique  naissant  de  son  sommet  ;  plus  ra¬ 
rement  il  est  à  deux  loges,  dont  une  géné¬ 
ralement  plus  petite  et  en  quelque  sorte 
oblitérée.  Tantôt  un  seul  style,  tantôt  deux 
styles  partent  du  sommet  de  l’ovaire. 

Les  fruits  sont  en  général  assez  coriaces, 
secs  ou  légèrement  charnus,  distincts  ou 
soudés,  ou  simplement  agglutinés  plusieurs 
ensemble.  Chacun  d’eux  est  uniloculaire  et 
monosperme.  En  général,  la  graine  est  peu 
distincte  du  péricarpe  :  elle  se  compose  d’un 
tégument  coriace  et  comme  osseux ,  recou¬ 
vrant  un  gros  endosperme  celluleux,  charnu, 
blanc ,  contenant  un  très  petit  embryon , 
presque  globuleux,  placé  dans  une  petite 
cavité  superficielle. 

La  famille  desBalanophorées  forme,  com¬ 
me  nous  l’avons  déjà  remarqué ,  un  groupe 
fort  distinct  parmi  les  Monocotylédonés. 
Quelques  botanistes,  et  entre  autres  MM. 
Lindley,  Schott  et  Endlicher  ,  etc.,  l’ont 
rapprochée  des  Cytinées  et  des  Rafflésia- 
cées  ( voy .  ces  mots) ,  pour  en  former  une 
classe  à  part,  différente  à  la  fois  des  Mo¬ 
nocotylédonés  et  des  Dicotylédonés.  Quoi 
qu’il  en  soit,  cette  famille  a,  par  sa  structure, 
des  rapports  intimes  avec  les  Aroïdées  et 
les  Hydrocharidées,  tandis  que  par  son  port 
et  par  son  mode  de  végétation  elle  se  rappro¬ 
che  des  Cytinées  et  des  Orobanchées. 

Les  genres  de  cette  famille  ont  été  par¬ 
tagés  de  la  manière  suivante  : 

lre  tribu:  Sarcophytées.  Capitules  distincts 
et  réunis  plusieurs  ensemble  sur  la  même 
tige.  Étamines  libres.  Ovaire  uniloculaire. 

Genre  Sarcophyte ,  Sparm.  ( Act.Holm ., 
37,  p.  300,  t.  7). 

2me  tribu  :  Lophophytèes.  Capitules  dis¬ 
tincts  ,  réunis  plusieurs  ensemble  sur  la 
même  tige.  Étamines  distinctes.  Ovaire  à 
deux  loges. 

Genres  :  Lophophytum ,  Sch.  et  Endl. 
(Mclctem.,  1  *  t.  1).  —  Ombrophytum 
de  Pœppig. 

3rae  tribu  :  Cynomorièes.  Capitules  soli¬ 
taires,  terminaux.  Étamines  libres  ou  Sym- 
physandres.  Ovaire  uniloculaire. 

Genres  :  Cynomorinm,  Mich.  ( Gen ., 
17, 1. 12;  Rich.,  Balan .,  t.  21). —  Balano- 
phora ,  Forst.  ( Gen .,  50). 

4me  tribu  :  Hélosiêes.  Capitules  solitaires 


BAL 

et  terminaux.  Étamines  symphysandrês. 
Ovaire  biloculaire. 

Genres  :  Cynopsole ,  Endl.  (Gen.,  h.  719). 
—  Scybalium,  Sch.  et  Endl.  ( Meletem ., 
3,  t.  2). —  Helosis,Rich.  (Balanoph.,  t.20). 
— Langsdorffïa ,  Mart.  (A.  R.) 

BALANOPTERIS.  bot.  ph.  —  Syno¬ 
nyme  d 'Heritiera.  Voy.  ce  mot. 

BALANTION.  bot.  cr.  —  Synonyme 
de  Balantium. 

"  BALANTIXJM  (ëaXccvn'ov,  bourse),  bot. 
cr.  —  Genre  établi  par  Kaulfüss  ( Enum . 
228,  1. 1,  f.  13),  dans  la  famille  des  Fougères, 
tribu  des  Polypodiacées,  pour  le  Dicksonia 
culcita  de  l’Héritier  qui  lui  a  paru  se  distin¬ 
guer  de  ses  congénères  par  des  caractères 
assez  saillants  pour  former  un  getire  à  part. 
Quelques  botanistes  seulement  ont  admis 
cette  séparation.  (O.jj’O.) 

*  BALANTIUM.  Desv.  bot.  ph.  —  Sy¬ 
nonyme  du  genre  Hirtella ,  de  la  famille  de& 
Chrysobalanées. 

*  B  AL  ANTIOPHTHALME  (fcXavrtov, 
bourse;  ocp9aXp.ôç, œil),  poiss. —  Schneider  a 
proposé  de  substituer  ce  nom  à  celui  de  Cru- 
ménophthalme.  Voy.  ce  mot.  (C.  d’O.) 

BALANOS.  bot.  th.  —  Synonyme  de 
Balanus.  Voyez  ce  mot. 

BALANTIA.  mam.  —  Synonyme  de 
Phalanger.  Voyez  Cè  mot. 

BALANTINE.  bot.  ph.  —  Synonyme 
d’ Hemnndie.  Voyez  ce  mot. 

BALANUS  ou  BALANOS.  bot.  ph.— 
Synonyme  du  %enteMoringa.  Voyez  ce  mot. 1 

On  a  aussi  appliqué  ce  mot  au  Querciis 
ceScuiiis.  Voy.  chêne.  (C.  d’O.) 

BALANUS.  mode.  —  Voyez  barane. 

BALAON  ou  BALAOtJ.  poiss.  — 

Voyez  BAEAAtf. 

*B ALARDIA,  Cambess.  bot.  ph.— Sy¬ 
nonyme  du  genre  Spergutaria ,  Pers.,  de 
la  famille  des  Caryophyllées. 

BALARINA.  ôts.  —  Synonyme  pié- 
montais  des  Bergeronnettes  jaune  et  prin¬ 
tanière.  Voyez  BERGERONNETTE.  (C.  b’O.) 

B  AL  AT  AS.  bot.  ph.  —  Ce  nom  sert  à 
désigner  divers  arbres  dont  le  bois  est  em¬ 
ployé  dans  les  constructions,  et  qu’on  ne 
peut,  d’après  les  indications  des  auteurs, 
rapporter  à  aucun  genre  ;  on  croit  cependant 
que  le  Baeatas  blanc  est  un  Coüratari,  et  que 
le  Baeatas  rouge  et  le  Bois  de  marte  sont 
des  SapotiÜer$.  (C.  d’O.) 


BAL 


BAL 


BALATE.  échin.  —  Ësp.  de  Zoophÿtes 
qu'on  croit  appartenir  au  genre  Holothurie, 
et  qui  jusqu’à  ce  jour  sont  encore  mal  con¬ 
nus.  On  sait  que  la  Balate  se  pêche  en  abon¬ 
dance  dans  la  mer  des  Philippines,  et  est 
portée  à  la  Chine ,  où  elle  est  recherchée 
comme  un  mets  délicat.  (C.  d’O.) 

RÀLÀUSTE  ((kXàucmov ,  fleur  du  Gre¬ 
nadier).  bot.  ph.  —  Les  botanistes  ont 
donné  ce  nom  à  un  fruit  multiloculaire,  po- 
lysperme ,  à  écorce  dure ,  couronné  par  les 
dents  du  calice ,  et  renfermant  des  graines 
à  épiderme  drupacé,  tel  que  le  fruit  du  Gre¬ 
nadier,  Punica  granatum.  (C.  d’O.) 

BALAUSTIER.  bot.  th. — Voyez  gre¬ 
nadier. 

BALADEUR  (le),  OU  le  Glaireux  gri¬ 
sâtre  de  Paulet.  bot.  cr.  —  Espèce  d’A- 
garic  dont  le  chapeau  est  grisâtre  ou  d’un 
gris  sale ,  recouvert  d’un  épiderme  mucila- 
gineux  qui  retient  les  corps  avec  lesquels  il 
se  trouve  en  contact ,  comme  la  terre ,  le 
sable,  les  feuilles,  etc.  Ses  feuillets  sont 
jaunes  et  son  pédicule  blanc.  Paulet  dit  que 
ce  Champignon  croît  à  Ville-d’Avray.  Son 
goût  est  fade  ;  donné  aux  animaux,  il  ne  les 
a  point  incommodés.  La  description  que 
l’auteur  en  donne  est  trop  incomplète  pour 
qu’on  puisse  le  rapporter  avec  certitude  à 
quelqu’espèce  connue ,  quoique  celle  dont 
il  se  rapproche  le  plus  soit  V Agaricus  glu - 
iinosîis  de  Batsch.  (Lév.) 

*  B ALBISI A ,  Cavan.  ( non  DC.).  bot, 
ph.  —  Synonyme  du  genre  Ledocarpon. 

*  BALBISIA.  bot.  ph. — Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Synanthérées,  tribu  des  Sénécio- 
nidéeS.  Synonyme  deTridax,  L.  (C.  d’O.) 

BALBISIE.  Balbisia  (Balbis,  nom  d’un 
botaniste  piémontais).  bot.  ph. —  Genre  de 
la  famille  des  Synanthérées,  tribu  des  Séné- 
cionidées,  division  des  Balbisiées.  On  n’en 
connaît  qu’une  seule  espèce,  le  B.  clongata , 
plante  herbâcée ,  annuelle,  à  feuilles  oppo¬ 
sées  ,  pédonculées  et  velues.  Involucre 
simple  ;  fleurs  radiées ,  de  couleur  jaune  ; 
graines  couronnées  d’une  aigrette  plumeuse. 
— Cette  plante  est  originaire  du  Mexique  ;  on 
en  connaît  une  Variété  découverte  dans  l’A¬ 
mérique  du  Nord,  à  laquelle  on  a  donné  le 
nom  de  B .  canes  cens.  Quelques  botanistes 
la  regardent  comme  une  espèce. 

(C.  d’O.) 

*BALBlSlEÉS.  bot.  pb. — Division  éta- 


429 

blie  par  De  Candolle,  dahs  la  famille  des  Sy¬ 
nanthérées,  tribu  des  Sénécionidées  ,  qui 
comprend  les  deux  genres  Balbisia  et  Ro - 
binsonia.  (C.  d’O). 

BALBUZARD,  Buff.;  Pandion ,  Sav., 
Vieil.,  Cuv.  ois.  —  Genre  de  l’ordre  des 
Oiseaux  de  proie  de  Cuvier,  de  la  famille 
des  Falconidées  et  de  la  sous  -  famille 
des  Aquilinées.  Ses  caractères  sont  :  «  Bec 
assez  grand,  presque  droit  à  sa  base,  à 
pointe  très  crochue,  très  acérée  et  très 
prolongée  ;  narines  obliques  ;  bords  de 
la  mandibule  supérieure  dilatés  en  un 
fëSton  à  peine  sensible.  Cuisses  et  jambes 
très  musculeuses,  vêtues  de  plumes  cour¬ 
tes,  serrées  et  lustrées ,  couvrant  aussi  le 
haut  de  la  partie  antérieure  du  tarse  ;  ces 
tarses  fort  courts ,  mais  remarquablement 
gros,  garnis,  sur  leurs  deux  faces,  d’ écailles 
hexagones,  rudes,  saillantes,  imbriquées 
de  haut  en  bas  antérieurement  et  de  bas  en 
haut  postérieurement.  Doigts  robustes,  dé¬ 
nués  de  toute  membrane  interdigitale  ;  le 
médian  excédant  de  peu  les  latéraux  ;  l’ex¬ 
térieur  versatile  ;  tôus  garnis  eh  dessous , 
sous  les  articulations, de  pelottes  rugueuses, 
munies  ainsi  que  toute  la  plante  de  petites 
écailles  spiniformes ,  rudes  et  èn  forme  de 
râpe  ;  ongles  presque  égaux  entre  eux,  sin¬ 
gulièrement  grands,  arqués  en  demi-cercle, 
parfaitement  cylindriques  et  arrondis  en 
dessous  et  non  creusés  en  gouttière  comme 
dans  toute  la  série  des  Oiseaux  carnassiers. 
Ailes  fort  allongées,  dépassant  la  queue,  de 
forme  pointue  ;  la  seconde  et  la  troisième 
pennes  étant  égales  et  les  plus  longues  de 
toutes.  Queue  moyenne,  coupée  carrément; 
ses  pennes,  ainsi  que  celles  des  ailes,  très 
fermes;  plumes  de  la  tête  et  du  cou  tassées, 
acuminées  et  imbriquées  comme  chez 
les  Aigles  ;  ensemble  du  corps  très  ro¬ 
buste.  » 

Il  est  facile  de  reconnaître  que  tous  ces 
caractères  de  forme  sont  parfaitement  én 
harmonie  avec  les  besoins  et  le  genre  de  vie 
du  Balbuzard,  le  plus  intrépide  pêcheur 
de  tous  les  OiSéauX  carnassiers  et  qui 
montre  autant  de  courage  à  fondre  sur 
d’énormes  Poissons  au  sein  des  eaux, 
que  le  Faucon  à  poursuivre  sà  proie  au  mi¬ 
lieu  des  airs. 

Ses  longues  ailes  fermes  et  pointues  lui 
servent  aussi  à  planer  ét  à  sé  balancer  comme 


m 


BAL 


BAL 


le  Faucon  dans  l’espace,  puis  à  fondre  avec 
la  rapidité  de  la  foudre  sur  sa  proie  humide 
qu’il  ne  saisit  souvent  qu’à  plusieurs  pieds 
au-dessous  de  la  surface  des  flots.  C’est 
pour  cette  immersion  que  la  nature  pré¬ 
voyante  a  revêtu  ses  cuisses  et  ses  jambes 
de  plumes  courtes  et'  tassées  (  l’opposé  de 
ce  qui  se  remarque  chez  tous  les  autres  Oi¬ 
seaux  de  proie),  c’est  pour  qu’il  puisse  plus 
facilement  saisir  et  retenir  cette  proie  que 
sa  peau  visqueuse  et  écailleuse  rend  si  glis¬ 
sante  qu’elle  a  garni  ses  plantes,  ses  doigts 
et  ses  tarses  d’écailles  rudes  comme  des 
râpes;  qu’elle  a  armé  ses  doigts  de  si  grands 
ongles  demi  circulaires  et  cylindriques  qui, 
en  raison  de  cette  forme,  peuvent  pénétrer 
aussi  facilement  sous  les  écailles  que  s’en 
retirer  à  volonté  ;  dans  la  pointe  très  pro¬ 
longée  et  très  acérée  du  bec ,  on  ne  peut 
voir  non  plus  qu’un  instrument  nécessaire 
pour  entamer  et  dépecer  la  peau  coriace  et 
écailleuse  de  la  plupart  des  Poissons. 

La  plupart  des  auteurs  ont  pensé  que  le 
genre  Balbuzard  était  restreint  à  une  seule 
espèce ,  celle  d’Europe,  qui  se  retrouve  en¬ 
tièrement  la  même  sur  tous  les  points  les 
plus  éloignés  des  autres  continents,  comme 
au  cap  de  Bonne-Espérance  ,  au  Japon,  en 
Asie  et  à  la  Nouvelle-Hollande;  celle  de 
l’Amérique  du  nord  offre  néanmoins,  dans 
son  plumage  et  même  dans  ses  mœurs,  quel¬ 
ques  différences  constantes  qui  nous  la 
font  regarder,  ainsi  qu’à  Vieillot,  dans  sa 
Galerie,  et  à  Bonaparte,  comme  espèce  dis¬ 
tincte. 

Celle  d’Europe  est  I’Offraye  de  Belon,  le 
Balbuzard  deBuffon  (Enl.414,  Falco  Galioe- 
tus  de  Linné  etGmelin),  le  Pandionflu- 
vialis  de  Savigny  et  Vieillot  ( Dict .,  t.  III, 
p.  161).  C’est  encore  1’ Aigle  balbuzard  de 
Temminck  et  le  Balbuzard  offraye  de  Vieill . 
( Encycl .)  et  de  Lesson  ( Tr.d’orn .),  long 
de  45  à  55  centimètres  ;  il  est  en  dessus 
d’un  brun  noirâtre,  ou  uniforme,  ou  marqué 
de  bordures  plus  pâles  autour  des  plumes, 
entremêlé  de  blanc  jaunâtre  sur  la  tête  et 
sur  la  nuque ,  avec  une  large  bande  brune , 
descendant  de  l’œil,  le  long  du  cou  ;  tout  le 
dessous  blanc  ;  souvent  des  taches  brunes 
triangulaires  sur  la  poitrine  ;  la  cire  et  les 
pieds  bleus. 

Cette  espèce  est  indiquée  par  tous  les 
auteurs  comme  habitant  l’intérieur  des 


terres  proches  des  eaux  douces,  des  lacs  et 
des  rivières ,  comme  douée  d’une  grande 
patience  pour  épier  sa  proie  de  dessus  une 
branche  ou  une  pointe  de  rocher  sur  la¬ 
quelle  elle  reste  quelquefois  immobile  une 
heure  entière,  jusqu’à  ce  qu’un  poisson 
s’approche. 

L’oiseau  de  l’Amérique  du  nord  décrit  et 
figuré  par  Wilson  et  Vieillot  dans  sa  Galerie, 
pl.  11,  SOUS  le  nom  de  Balbuzard  américain, 
Pandion  amcricanus ,  et  qui  est  encore 
le  Falco  carolinensis  et  leverianus  de 
Gmelin,  diffère,  selon  Vieillot,  de  l’espèce 
européenne,  par  des  couleurs  plus  sombres 
et  plus  uniformes  sur  les  parties  supérieu¬ 
res;  par  un  blanc  plus  pur  sur  les  inférieu¬ 
res,  qui  règne  aussi  sur  le  front  et  forme  une 
très  large  bande  sur  les  yeux  et  les  côtés  du 
cou;  par  la  couleur  jaune  de  ses  tarses;  par 
une  tête  moins  grosse  et  une  taille  plus 
svelte,  et,  selon  nous,  par  les  plumes  de  la 
tête  et  du  cou,  qui,  au  lieu  d’être  tassées  et 
subulées,  sont  lâches  et  arrondies.  Il  nous 
semble,  en  outre,  que  ces  deux  espèces  pré¬ 
sentent  aussi  des  différences  marquées  dans 
leurs  habitudes  et  le  genre  de  poisson  dont 
elles  se  nourrissent ,  comme  on  peut  s’en 
convaincre  par  les  lignes  suivantes  que 
nous  extrayons  de  la  description  détaillée 
et  pleine  d’intérêt  de  Wilson,  écrivain  aussi 
véridique  qu’observateur  éclairé. 

«Lorsque  le  Fish-Hawk  (Faucon  pê¬ 
cheur  ou  Balbuzard)  quitte  sa  retraite  ou 
son  nid,  dit-il,  il  vole  directement  vers  le 
rivage.  Il  est  facile  alors  de  le  reconnaître 
et  de  le  distinguer  de  tous  les  autres  Oiseaux 
de  proie  à  la  longueur  et  surtout  à  la  gran¬ 
de  courbure  de  son  envergure.  Arrivé  à  la 
mer,  il  s’élève  insensiblement  en  planant 
sans  mouvement  apparent  de  ses  ailes  et 
décrivant  de  grands  cercles  concentriques 
comme  autour  d’un  pivot  jusqu’à  la  hauteur 
de  50  à  60  mètres  environ  ,  quelquefois 
beaucoup  plus ,  ne  cessant  pendant  tout  ce 
temps  de  diriger  ses  regards  sur  les  flots. 
Quelquefois  il  s’arrête  tout  à  coup,  et' agi¬ 
tant  alors  ses  ailes  pour  se  soutenir,  il  sem¬ 
ble  fixé  dans  l’espace;  mais  l’objet  ou 
plutôt  le  poisson  qui  avait  un  instant  attiré 
ses  regards  a  disparu  ,  et  il  a  repris  sa 
course  tournoyante;  il  s’arrête  de  nouveau, 
puis  se  laisse  descendre  avec  une  grande  ra¬ 
pidité  ;  mais  avant  d’avoir  atteint  la  surface 


BAL 


des  flots,  il  a  repris  son  vol ,  comme  hon¬ 
teux  d’avoir  laissé  échapper  cette  seconde 
victime.  D’autres  fois,  il  ne  s’élève  qu’à  peu 
de  hauteur,  puis  descend  de  nouveau  en  dé¬ 
crivant  deszig-zags  ;  et,  sans  paraître  même 
s’être  mouillé  les  pattes,  il  a  saisi  un  pois¬ 
son  à  la  surface  ;  mais,  mécontent  de  sa  pri¬ 
se,  il  ne  l’emporte  qu’à  peu  de  distance,  le 
laisse  tomber  ou  l’abandonne  au  Pygargue, 
pirate  habitué  de  ces  côtes.  Il  a  déjà  repris 
son  vol;  et,  décrivant  de  nouveau  des  cercles 
en  spirale  ascendante,  il  s’élève  alors  au 
plus  haut  des  airs,  où  on  le  voit  se  balancer 
d’un  vol  aussi  facile  que  majestueux.  Tout 
à  coup  serrant  ses  ailes  contre  son  corps,  il 
se  précipite  perpendiculairement  comme 
une  flèche  du  haut  des  régions  éthérées, 
il  plonge  et  disparaît  sous  les  flots  avec  un 
bruit  retentissant.  Cette  fois,  le  succès 
est  certain  ;  au  bout  de  quelques  instans,  il 
s’élance  hors  de  l’eau,  tenant  dans  ses  ser¬ 
res  sa  forte  proie  qu’il  saisit  toujours  près 
de  la  tête  et  qui  se  débat  avec  violence.  A 
peine  s’est-il  élevé  à  quelques  pieds  que , 
s’arrêtant,  il  se  secoue  brusquement  comme 
l’Épagneul  qui  sort  de  l’eau,  puis  d’un  vol 
pénible  et  lent,  se  dirige  vers  le  rivage  avec 
son  pesant  fardeau.  Si  le  vent  est  fort  et  que 
par  hasard  il  lui  soit  opposé,  pour  regagner 
son  nid,  il  est  alors  aussi  curieux  qu’amu¬ 
sant  d’observer  avec  quelle  adresse  et  quelle 
intelligence,  il  sait,  en  courant  diverses 
bordées,  se  rendre  maître  du  vent  et  parve¬ 
nir  à  son  but.  C’est  d’autant  plus  surpre¬ 
nant  que  les  Poissons  qu’il  transporte  sont 
souvent  d’une  grosseur  prodigieuse.  On  en 
a  retiré  un  ,  un  jour,  des  serres  d’un  Bal¬ 
buzard  ,  qui  pesait  encore  six  livres ,  quoi¬ 
que  ce  dernier  eût  déjà  fait  à  même  un  co¬ 
pieux  repas. 

«  Quelquefois  le  Balbuzard  devient  vic¬ 
time  de  son  courage  entreprenant  en  atta¬ 
quant  un  poisson  trop  gros  et  trop  fort 
Ipour  qu’il  puisse  l’emporter.  Celui-ci  l’en¬ 
traîne  alors  avec  lui  sous  les  flots;  quelque¬ 
fois  après  une  lutte  prolongée  et  après 
avoir  disparu  sous  les  flots  et  reparu  à  leur 
surface  jusqu’à  trois  ou  quatre  fois  de  suite, 
le  Balbuzard  parvient  enfin  à  se  dégager; 
mais  le  plus  souvent,  il  ne  peut  y  réussir  et 
'tous  deux  finissent  alors  par  périr;  car  on  a 
(trouvé  différentes  fois  sur  la  plage  où  les 
'flots  les  avaient  rejetés  des  cadavres  d’Es- 


~ -  BAL  431 

turgeons  ou  autres  gros  Poissons  avec  celui 
d’un  Balbuzard  cramponné  sur  eux.  » 

Le  même  auteur  raconte,  avec  non  moins 
d’intérêt,  l’espèce  de  piraterie  qu’exerce 
contre  le  Balbuzard  ,  dont  il  fait  son  pour¬ 
voyeur,  le  Pygargue  à  tête  blanche,  habitant 
comme  lui  des  côtes  maritimes  de  l’Améri¬ 
que  du  nord.  Lorsque  ce  dernier,  perché  sur 
la  cime  desséchée  de  quelque  arbre  gigan¬ 
tesque,  a  reconnu  le  Balbuzard  planant  sur 
les  flots,  il  l’épie  attentivement,  et  au  mo¬ 
ment  où  il  le  voit  retirer  un  poisson  de 
l’eau ,  il  s’élance  et  l’a  bientôt  atteint.  Le 
Balbuzard  pour  l’éviter  cherche  à  s’élever 
dans  les  airs,  mais  le  Pygargue  l’y  poursuit 
avec  acharnement  ;  il  s’établit  alors  entre 
les  deux  antagonistes  une  lutte  d’ascension 
aérienne  qui  donne  lieu  aux  évolutions  les 
plus  curieuses,  mais  l’Aigle  qu’aucun  poids 
ne  retarde  domine  bientôt  son  adversaire 
qui,  poussant  un  cri  de  fureur,  laisse  tomber 
sa  proie  ;  l’Aigle  se  précipite  dessus  avec  la 
violence  d’un  tourbillon,  la  saisit  avant 
qu’elle  ait  touché  les  flots  et  l’emporte  dans 
ses  serres  vers  la  forêt  la  plus  voisine. 

Vieillot,  qui  a  habité  l’Amérique  du 
nord,  raconte  aussi  cette  lutte,  dont  il  a  été 
témoin  dans  l’état  de  New-York ,  sur  la  ri¬ 
vière  d’Hudson  ou  du  Nord ,  au  moment 
où  l’espèce  de  Poissons,  nommés  Basses , 
la  remonte  pour  frayer,  et  cette  lutte  ,  qui 
alors  s’y  renouvelle  fréquemment,  procure, 
dit-il,  aux  navigateurs  un  spectacle  tout  à 
fait  amusant.  Wilson  dit  que  le  Balbuzard 
est  de  tous  les  Oiseaux  de  proie  l’espèce  la 
plus  nombreuse  aux  États-Unis  ;  il  s’y  ren¬ 
contre  sur  toute  la  côte ,  depuis  la  Géorgie 
jusqu’au  Canada  ;  sur  certains  points ,  il  a 
pu  d’un  coup-d’œil  compter  jusqu’à  vingt 
de  leurs  nids  dans  l’espace  d’un  demi-mille 
au  plus,  et  l’un  de  ses  amis  lui  avait  assuré 
que,  dans  une  petite  île  voisine  de  la  côte, 
où  il  faisait  sa  résidence,  il  y  avait  au  moins 
trois  cents  de  ces  nids,  contenant  pour  la 
plupart  des  petits,  ce  qui  lui  faisait  évaluer 
à  six  cents  Poissons  au  moins  leur  consom¬ 
mation  journalière. 

D’après  ces  divers  récits,  il  est  aisé  de  re¬ 
connaître  que  si  le  Balbuzard  d’Europe  est 
regardé  comme  oiseau  pêcheur  de  nos  lacs  et 
nos  rivières,  et  se  nourrissant  par  conséquent 
de  Poissons  d’eau  douce,  celui  d’Amérique 
peut ,  à  plus  juste  titre ,  passer  pour  pê- 


BAL 


m 

cfieur  de  l’Océan  et  pour  se  nourrir  de  Pois¬ 
sons  de  mer.  Ces  différences  de  moeurs  et 
de  nourriture  auxquelles  aucun  auteur  n’a 
fait  attention  jusqu’ici,  jointes  à  celles  du 
plumage  que  nous  avons  signalées  plus 
haut,  nous  font  regarder,  comme  'Vieillot 
l’a  fait  dans  sa  Galerie  seulement ,  le  Bal¬ 
buzard  d’Amérique  comme  différant  spéci¬ 
fiquement  de  celui  d’Europe  et  comme  con¬ 
stituant  une  seconde  espèce  dans  le  genre 
Balbuzard  ( Pandion ,  Sav.). 

Ayant  retrouvé  chez  un  grand  oiseau  de 
proie  de  Java  et  du  Bengale  le  Falco  Ich- 
thyetns  d’Horsfield  ( Zool .  res  car.  in  Ja¬ 
va ,  n°  3,  pl.  5)  ou  Pygargue  ichthyophage 
( Less .  Tr.y  pl.  42),  des  ongles  cylindriques 
non  creusés  en  gouttière  et  entièrement 
conformés  comme  ceux  du  Balbuzard  ,  et 
ce  rapace  ne  vivant ,  d’après  les  observa¬ 
tions  d’Horsfield,  que  de  poissons  d’eau 
douce  qu’il  lui  a  vu  souvent  pêcher,  à  la 
manière  du  Balbuzard,  sur  les  rivières  et  les 
grands  lacs  de  Java,  cet  auteur  ayant  été 
frappé  lui-même  des  divers  rapports  exis¬ 
tants  entre  ces  deux  Oiseaux  ,  nous  avons 
cru  devoir  les  rapprocher  dans  un  même 
petit  groupe  ;  mais,  comme  le  Falco  Ich- 
thyetus  nous  a  offert  des  différences  dans 
ses  tarses  moins  robustes  et  non  réticulés  ; 
dans  ses  ailes  beaucoup  plus  courtes  et  plus 
arrondies,  nous  avons  cru  qu’il  pouvait  fi¬ 
gurer  comme  sous-genre  du  genre  Balbu¬ 
zard  ,  sous  sa  dénomination  d 'Ichthyetus , 
qui,  de  spécifique  qu’elle  était,  devient  alors 
sous-générique  ,  et  comme  M.  Horsfield 
nous  apprend  que  les  Javanais  le  nomment 
Iokowuru,  il  nous  a  paru  convenable  de  lui 
laisser  son  nom  Javanais  ;  il  devient  donc 
pour  nous  V  Ichthyete  johowuru{ Ichtfiye- 
tus  jokowuru),  sous-genre  du  genre  Pan¬ 
dion.  Son  plumage  est  d’un  gris  cendré  sur 
la  tête  et  le  cou  ;  d’un  gris  plus  foncé  et  bru¬ 
nâtre  sur  le  dos,  la  poitrine  et  le  ventre  ;  d’un 
brun  noirâtre  sur  les  ailes  5  et  d’nn  blanc  pur 
sur  les  cuisses,  les  jambes,  le  bas-ventre  et 
les  couvertures  inférieures.  La  queue  pst 
tantôt  brun  noirâtre  et  tantôt  blanche,  ter¬ 
minée  par  un  large  ruban  noir.  Il  varie  sin¬ 
gulièrement  dans  ses  proportions,  depuis  50 
centimètres  jusqu’à  60  et  65  centimètres  en 
longueur.  (Lafr.) 

BALDINGEBA.  bot.  ph.— -  Trois  gen¬ 
res  ont  porté  successivement  ce  nom,  et  ap- 


BAL 

cun  d’eux  n’est  resté  dans  la  science  ;  ainsi 
le  genre  Baldixigera  de  Dennstadt  est  le 
même  que  le  P  remua  dans  la  famille  des 
Yerbénacées.  Le  genre  Baldixigera  de 
Gærtner  fils  {Flor.  Wctter.)  a  été  réuni  au 
genre  Phalaris.  Enfin  Necker  a  établi  un 
genre  Baldingeria ,  qui  n’est  point  distinct 
du  genre  Cotula ,  dans  la  famille  des  Sy- 
nanthérées.  (A.  R.) 

BAIBINGÉIUE .  Baldingeria .  bot. 
fh.  —  Le  genre  ainsi  nommé  par  Necker 
n’est  pas  distinct  du  Cotula .  Voyez  çoture 
(A.  R.) 

B  ALIMf  SSERITE .  min.— -Carbonate  de 
magnésie  de  Baldissero,  en  Piémont.  Voyez 
giobertite.  (Der.) 

BALDOGÉE  (yvî,  terre;  Baldo ,  nom 
de  montagne  ).  min.  —  Terre  verte  du 
Mont  Baldo,  ainsi  nommée  par  Saussure, 
qui  en  a  fait  la  découverte  dans  les  environs 
de  Nice.  Voyez  chrorite.  (Der.) 

BALBLÎNA.  bot.  pr. — Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Synanthérées ,  tribu  des  Sénécio- 
nidées.  Ce  sont  des  plantes  herbacées,  vi¬ 
vaces,  propres  à  la  Yirginie  et  aux  Florides. 
On  en  connaît  deux  espèces ,  la  B.  multi- 
flora  et  la  B.  uniflora .  Ce  genre  se  rap¬ 
proche  beaucoup  des  Galardia  et  des  Lep- 
tojoda.  (C.  »’0.) 

BALE  ou  BALLE.  Tegmcn,  Glxima. 
bot.  ph.  —  Quelques  botanistes  français  ont 
donné  ce  nom  à  l’enveloppe  la  plus  extérieu¬ 
re,  ordinairement  composée  de  deux  écail¬ 
les  ,  dans  les  épillets  des  Graminées.  C’est 
l’organe  que  nous  désignons  sous  le  nom  de 
Lépicène.  Voy . répicène  et  graminées . (A .  R.) 

BALEA  {halea ,  barque),  morr. — 
M.  Gray  a  proposé  d’établir,  sous  ce  nom  , 
un  genre  particulier  pour  celles  des  espèces 
de  Clausilies  des  auteurs  qui  n’ont  point  de 
plis  columellaires  ou  de  dents  sur  le  bord 
droit.  Quoique  ces  espèces  offrent  pour  la 
plupart  des  caractères  singuliers,  cepen¬ 
dant  elles  se  lient  au  genre  Clausilie  par  des 
nuances  insensibles.  Nous  croyons  inutile 
ce  nouveau  genre  du  naturaliste  anglais. 
Voy.  crarsirie.  (Desh.) 

BALÉAIIIQIJE.  Balearica ,  Briss. 
(  du  nom  spécifique  de  l’espèce  type  de  ce 
genre ,  que  les  anciens  regardaient  comme 
habitant  les  îles  Baléares  ).  ois.  —  Genre 
démembré  de  celui  des  Grues ,  de  l’ordre 
des  Échassiers ,  de  la  famille  des  Cultri- 


BAL 


BAL 


rostres  de  Cuvier  et  de  sa  tribu  des  Grues. 

Brisson  forma  ce  genre ,  dans  son  Orni¬ 
thologie,  t.  Y,  p.  511,  pour  recevoir  la  Grue 
couronnée  ou  l’Oiseau  royal,  qu’il  jugea 
avec  raison  devoir  être ,  d’après  ses  carac¬ 
tères  différentiels ,  distrait  du  genre  Grue  , 
et  il  forma  son  nom  générique  du  nom  spé¬ 
cifique  donné  à  cet  oiseau  par  les  anciens 
auteurs. 

Vieillot  n’ayant  point  égard  à  ce  nom  gé¬ 
nérique  de  Brisson  forma  celui  d’ Anthro¬ 
poïde  (. Anthropoïdes ),  pour  recevoir  la  Grue 
dite  Demoiselle  de  numidie  ( Ardea  virgo ) 
et  la  Grue  couronnée.  M.  Lesson ,  dans  son 
Traité ,  p.  587,  tout  en  admettant  ce  der¬ 
nier  nom  générique,  signifiant  qui  ressem¬ 
ble  à  t  homme ,  pour  la  Demoiselle  de  Nu¬ 
midie  ,  espèce  réellement  remarquable  en 
captivité  par  des  gestes,  des  mouvements 
affectés  et  bizarres ,  imitant  une  sorte  de 
danse ,  lui  réunit  une  seconde  espèce ,  et 
conserva  avec  raison  celui  de  Baléarique 
de  Brisson  à  l’espèce  pour  laquelle  ce  savant 
et  judicieux  ornithologiste  l’avait  ancienne¬ 
ment  créé  (la  Grue  des  Baléares  des  anciens). 
Ce  genre,  que  nous  nous  empressons  d’ad¬ 
mettre  ,  et  qui  fait  partie  de  notre  famille 
des  Ardéidées  et  de  notre  sous-famille  des 
Gruinées ,  a  pour  caractères  particuliers  et 
distincts  des  autres  Gruinées  :  Bec  robuste, 
conique ,  déprimé  depuis  sa  base  jusqu’au 
milieu ,  puis  légèrement  arqué  jusqu’à  son 
extrémité.  Narines  ovalaires,  grandes,  per¬ 
cées  de  part  en  part,  vers  le  milieu  et  à 
l’extrémité  antérieure  ,  de  larges  fosses 
nasales  recouvertes  d’une  membrane.  Tête 
ornée ,  vers  l’occiput ,  d’un  faisceau  de 
plumes  filiformes,  imitant  des  racines  de 
Chiendent;  joues,  tempes  et  gorge  nues  et 
vivement  colorées  ;  front  avancé  et  arrondi  ; 
plumes  du  front  et  du  vertex  veloutées; 
celles  du  thorax  linéaires,  lancéolées.  Queue 
courte ,  tronquée.  Jambes  et  tarses  très 
élevés  ;  les  premières  dénudées  dans  une 
grande  partie  de  leur  longueur,  fortement 
réticulées ,  ainsi  que  ces  derniers. 

L’espèce  type  est  la  Grue  couronnée  ou 
Oiseau  royal  (  Aràea  pavonina  Gmel.  ) , 
Briss.,  Omith.y  pl.  41,  enl.  265;  Anthro¬ 
poïdes  pavonina  Vieil.,  Gai. ,  pl.  sans 
numéro  (adulte),  et  pl.  257  (la  jeune),  En- 
cycl.y  pl.  48,  f.  2.  C’est  d’après  Brisson 
la  Grus  Balearica  Jonst.,  Grus  Balea- 

T.  II. 


UZ$ 

rtca  Plinii  Aldrov. ,  Grus  Balearica 
AldrovandiWiWuga.  Elle  est  figurée,  pl.  9, 
fig.  1  de  ce  Dictionnaire ,  sous  le  nom  de 
Grue  couronnée.  Elle  est  haute  de  un  mètre 
trente  centimètres;  la  peau  nue  qui  couvre  les 
côtés  de  sa  tête  est  blanche  sur  les  tempes, 
d’un  rouge  vif  sur  les  joues,  descend  jusque 
sous  le  bec  et  se  termine  en  un  fanon  pen¬ 
dant  sous  la  gorge.  Le  duvet  qui  recouvre 
le  front  et  le  vertex  est  noir,  fin  et  serré 
comme  du  velours;  les  brins  qui  composent 
son  aigrette  touffue  sont  de  couleur  de 
paille,  aplatis  et  filés  en  spirale.  Chaque 
brin  est  hérissé  de  très  petits  filets  à  pointe 
noire  et  terminé  par  un  petit  pinceau  de  la 
même  couleur.  Le  cou  et  tout  le  corps  des¬ 
sus  et  dessous  sont  d’un  cendré  clair  bru¬ 
nâtre.  Les  plumes  du  cou  et  de  la  poitrine 
sont  longues  et  étroites  ;  les  premières 
pennes  des  ailes  et  celles  de  la  queue  sont 
noires  ;  les  secondaires  sont  d’un  beau  brun 
marron  ,  et  s’étendent  jusqu’à  l’extrémité 
des  primaires  et  de  la  queue  ;  toutes  les 
couvertures  sont  d’un  beau  blanc ,  ce  qui 
fait  paraître  l’aile  pliée  presque  toute  blan¬ 
che  ;  celles  qui  dépassent  les  scapulaires , 
vers  la  queue ,  sont  d’un  jaune  paille  et  à 
barbes  décomposées;  le  bec  et  les  pattes 
sont  noirs.  La  femelle  ne  se  distingue  du 
mâle  que  par  une  taille  un  peu  moindre  ; 
par  la  nudité  de  la  tête ,  d’un  rouge  moins 
vif,  et  dont  la  partie  blanche  est  un  peu 
terne  ;  du  reste ,  le  plumage  est  coloré  de 
même  (observation  de  Wagler  différant  en¬ 
tièrement  de  la  description  de  la  femelle 
donnée  par  tous  les  auteurs  ).  Cet  oiseau , 
qu’on  apporte  souvent  vivant  du  Sénégal 
et  de  la  côte  de  Guinée,  se  familiarise  très 
aisément  ;  il  semble  aimer  et  rechercher  la 
société  de  l’homme  ;  car,  en  captivité,  il  suit 
les  personnes  qui  le  regardent  et  marche  à 
côté  d’elles.  Il  est  commun  dans  tout  le 
nord  de  l’Afrique  et  sur  ses  côtes  occiden¬ 
tales,  aux  îles  du  Cap  Vert,  et  se  rencontre 
aussi  sur  celles  d’Europe ,  dans  la  Méditer¬ 
ranée  ,  puisque  les  anciens  le  désignaient 
comme  habitant  des  Baléares.  De  nos  jours, 
M.  Swainson,  dans  sa  Classification ,  t.  Il, 
pag.  178,  dit  qu’il  croit  être  le  premier  qui 
ait  découvert  le  genre  en  Europe;  car,  pen¬ 
dant  son  séjour  à  Malte ,  des  individus 
de  V Ardea  pavonina  lui  furent  apportés 
de  la  petite  île  de  Lampedosa  ,  où  ils  ne 
28 


BAL 


BAL 


m 

sont  point  rares.  Notre  auteur  n’eût  pas 
probablement  émis  cette  opinion  de  prio¬ 
rité  ,  s’il  eût  réfléchi  à  son  ancien  nom  de 
Balcarica.  Il  est  étonnant,  d’après  ces 
renseignements  d’ habitat  anciens  et  mo¬ 
dernes,  que  M.  Temminck,  dans  son  Ma¬ 
nuel  des  Oiseaux  d’Europe ,  et  dans  la  4me 
partie,  n’ait  pas  fait  mention  de  cet  oiseau. 

On  a  cru  généralement  qu’il  n’existait 
qu’une  espèce  du  genre  ;  et  la  plupart  des 
ornithologistes  ont  confondu,  sous  le  même 
nom  spécifique,  les  individus  du  nord  et  ceux 
du  midi  de  l’Afrique.  Ils  forment  cependant 
deux  espèces  réellement  distinctes,  et  nous 
avons  été  à  portée  de  nous  en  convaincre  par 
nos  propres  yeux ,  dans  la  ménagerie  de  la 
Société  zoologique  de  Londres,  où  l’on  con¬ 
serve  vivantes  les  deux  espèces. 

Dans  la  séance  du  12  novembre  des  Pro- 
ceedings ,  1888 ,  M.  Richard  Owen ,  prési¬ 
dent,  rappela  à  la  Société,  à  propos  de  deux 
individus  nouvellement  apportés  du  Cap  de 
Bonne-Espérance,  qu’ils  devaient  être  dis¬ 
tingués,  comme  espèces,  de  ceux  du  nord  du 
même  continent  ;  que  cette  distinction  avait 
déjà  été  signalée  depuis  près  de  trente  ans 
par  le  père  du  professeur  Lichtenstein ,  qui 
donna  alors  à  l’espèce  du  Cap  le  nom  de  Grus 
regulorum ,  laissant  à  celle  du  nord  de  l’A¬ 
frique  l’ancien  nom  de  Grus  pavonina. 
Il  ajouta  que  cette  distinction  n’avait  pas  été 
généralement  connue  des  ornithologistes, 
quoiqu’elle  eût  été  observée  par  les  mem¬ 
bres  de  la  Société  zoologique,  qui  possédait 
un  certain  nombre  de  peaux  et  quelques  in¬ 
dividus  vivants  de  ces  deux  localités.  Il  éta¬ 
blit  ensuite  la  distinction  des  deux  espèces 
de  la  manière  suivante  : 

Anthropoïdes  pavoninus,  Vieill.  Anth. 
genis  midis ,  superne  a  Ibis,  infer  ne  laie 
roscis  ;  paleari  minimo;  gutturis  plu- 
mis  elongatis  nigrescentibus. 

Ardea  pavonina ,  Linn.  et  Auct. 

Habitat  in  Africa  septentrionali  et 
occidentali. 

Anthropoïdes  regulorum.  Anth.  genis 
nudis  3  albis  superne  roseis  ;  paleari 
magno ;  gutturis plumis  elongatis ,  pen- 
dulis  cœrulescenti-cinereis. 

Grus  regulorum ,  Licht. 

Habitat  in  Africa  meridionali. 

Il  est  probable,  ajoute-t-il,  que  cette  der¬ 
nière  espèce  a  été  figurée  par  Petiver  et  par 


Kolbe  ;  mais  leurs  figures  sont  loin  d’être 
assez  soignées  pour  qu’on  puisse  y  ren¬ 
voyer  d’une  manière  un  peu  certaine. 

(Lafr.) 

BALEINAS.  mam.  —  Nom  donné  au 
pénis  des  Cétacés. 

BALEINE.  Balæna  ,  Lin.  mam.  — 
Genre  appartenant  à  l’ordre  des  Cétacés,  et 
qu’on  caractérise  ainsi  :  Point  de  dents , 
celles-ci  remplacées  par  des  fanons  ou  la¬ 
mes  cornées,  transverses,  minces,  fibreu¬ 
ses,  effilées  à  leur  bord,  occupant  la  m⬠
choire  supérieure  seulement,  l’inférieure 
étant  nue  et  sans  armure.  Deux  évents. 

Ce  genre,  ou  plutôt  cette  famille,  se  di¬ 
vise  en  deux  tribus  assez  bien  caractérisées, 
savoir  :  les  Baleines  proprement  dites,  qui 
n’ont  point  de  nageoire  sur  le  dos,  mais 
quelquefois  une  bosse  5  et  les  Baléinoptères 
{Balænoptera  »  Lacép.;  Rorqualus ,  Fr. 
Cuv.),  qui  ont  une  nageoire  dorsale  adi¬ 
peuse.  Le  genre  Baleine  a,  du  reste,  été 
fort  embrouillé  par  les  voyageurs,  faute 
d’observations  bien  faites,  et  les  anciens 
naturalistes,  en  s’emparant  de  ces  maté¬ 
riaux  incomplets,  ont  encore  augmenté  la 
confusion.  Frédéric  Cuvier  lui-même,  dans 
son  Histoire  naturelle  des  Cétacés,  des  Sui¬ 
tes  à  Buffoii ,  n’a  pas  jeté  un  grand  jour  sur 
ce  sujet,  et  sa  critique  ne  nous  paraît  pas 
toujours  bien  fondée.  Cependant  nous  nous 
emparerons  du  peu  de  lumières  qu’il  a  ré¬ 
pandues  sur  cette  branche  difficile  de  l’his¬ 
toire  naturelle. 

§  I.  Dos  sans  nageoires.  Les  Baleines. 

1°  Dos  lisse ,  sans  bosse. 

La  Baleine  franche  (. Balæna  mystice - 
tus  Lin.),  si  l’on  s’en  rapportait  aux  an¬ 
ciens  voyageurs,  atteindrait  jusqu’à  trente- 
trois  mètres  de  longueur  ;  mais  il  est  à  croire 
que  ce  chiffre  est  exagéré;  car  les  plus  gran¬ 
des  qu’on  ait  vues  de  nos  jours  ne  dépas¬ 
saient  pas  vingt-trois  mètres ,  et  nos  pê¬ 
cheurs  n’en  rencontrent  que  fort  rarement 
qui  en  aient  plus  de  vingt.  Un  animal  de 
cette  dernière  taille  pèse ,  selon  Scoresby , 
soixante-et-dix  mille  kilogrammes.  Son  corps 
est  proportionnellement  court  et  gros,  ayant 
son  plus  grand  diamètre  un  peu  en  arrière 
des  nageoires  pectorales.  A  ce  point  il  est 
cylindrique ,  et  peut  avoir  de  dix  à  treize 
mètres  de  ci» conférence;  il  va  ensuite  en 
diminuant  de  grosseur ,  affectant  de  plus  en 


BAL 


BAL 


435 


plus  une  forme  un  peu  carrée ,  jusqu’à  la 
naissance  de  la  nageoire  caudale ,  et  là  son 
diamètre  n’est  plus  que  d’un  mètre  ou  un 
mètre  cinquante  centimètres.  Le  tronc  est 
distingué  de  la  tête  par  une  légère  dépression 
qui  indique  le  cou  ;  la  tête  est  d’une  gros¬ 
seur  énorme,  égale  à  celle  du  corps,  et  fait 
à  peu  près  le  tiers  de  la  longueur  totale  de 
l’animal;  elle  est  obtuse  en  avant,  presque 
aussi  large  que  longue. La  gueule,  d’une  gran¬ 
deur  prodigieuse,  de  deux  à  trois  mètres  de 
largeur  sur  trois  à  quatre  mètres  de  hauteur 
intérieurement,  porte  à  la  mâchoire  supé¬ 
rieure  environ  sept  cents  lames  transverses 
de  fanons ,  dont  les  bords  effilés  servent  à 
retenir  les  Vers ,  les  Mollusques  et  autres 
petits  animaux  dont  la  Baleine  se  nourrit 
uniquement.  .Ces  lames  portent  dans  le 
commerce  le  nom  de  Baleines  et  s’em¬ 
ploient  à  faire  des  baguettes  de  fusil ,  des 
buses  de  corset,  etc.,  etc.  Lorsque  l’animal 
ouvre  la  gueule  pour  aspirer  sa  proie  ,  les 
Vers  et  Mollusques  y  sont  précipités  avec 
la  masse  d’eau  qui  les  contient.  La  Baleine 
alors  ferme  la  bouche,  et  l’eau,  tamisée  à 
travers  les  filets  des  fanons,  y  laisse  pris  ces 
petits  animaux ,  qu’elle  avale  aussitôt  pour 
recommencer  la  même  manœuvre.  Une  par¬ 
tie  de  cette  eau  contenue  dans  sa  bouche  est- 
elle  lancée  au  dehors  par  les  évents?  c’est  ce 
qui  paraît  encore  douteux ,  quoique  en  aient 
dit  plusieurs  naturalistes ,  et  la  plupart  des 
voyageurs.  Scoresby,  observateur  conscien¬ 
cieux,  qui  a  vu  prendre  sous  ses  yeux  plus 
de  trois  cents  Baleines  franches,  assure  n’a¬ 
voir  jamais  vu  sortir  de  ces  conduits  de  la 
respiration  qu’une  vapeur  plus  ou  moins 
épaisse ,  qui  se  condense  par  le  contact  de 
l’air  froid,  retombe  en  forme  de  pluie,  et  ne 
forme  aucun  jet.  Les  évents ,  au  nombre  de 
deux  dans  toutes  les  Baleines ,  sont ,  dans 
ces  animaux,  non-seulement  le  conduit  de 
la  respiration ,  mais  encore  renferment  les 
organes  de  l’odorat ,  qu’on  a  vainement 
cherchés  dans  les  autres  Cétacés.  Ce  fait  a 
été  démontré  par  Delalande ,  sur  le  Nord- 
Caper  austral ,  après  avoir  été  avancé  par 
Hunter  et  Albers.  Ils  sont  placés  à  peu  près 
au  sommet  de  la  tête  et  à  cinq  mètres  ou  5 
mètres  cinquante  centimètres  de  son  extré¬ 
mité.  L’œil  est  proportionnellement  très  pe¬ 
tit,  situé  un  peu  au-dessus  de  la  bouche  et 
de  la  commissure  des  lèvres  9  à  soixante- 


cinq  centimètres  environ  en  avant  des  na¬ 
geoires  pectorales  ;  celles-ci  sont  longues  de 
deux  mètres  cinquante  centimètres  à  trois 
mètres,  et  larges  de  un  ou  deux  mètres.  La  na¬ 
geoire  caudale  s’étend  horizontalement  et  af¬ 
fecte  une  forme  à  peu  près  triangulaire  ;  elle 
n’a  pas  moins  de  six  à  sept  mètres  de  largeur, 
d’une  pointe  à  l’autre.  Le  dos  de  la  Baleine 
est  lisse ,  sans  nageoire  ni  bosse  ;  la  cou¬ 
leur  de  toutes  les  parties  supérieures  varie 
du  noir  au  gris  plus  ou  moins  foncé  ;  quel¬ 
quefois  le  fond  est  noir,  varié  de  gris.  Les 
parties  inférieures  sont  d’un  gris  blanchâtre 
dans  les  jeunes,  grises  ou  blanches  dans  les 
adultes. 

Cette  monstrueuse  Baleine ,  ce  géant  de 
la  création  ,  dont  la  force  est  prodigieuse, 
n’en  est  pas  moins  un  des  animaux  les  plus 
timides  et  les  plus  inoffensifs.  Le  moindre 
bruit ,  la  moindre  agitation  de  l’eau  l’effraie 
et  la  met  en  fuite  ;  sans  cesse  elle  est  aux 
aguets  pour  découvrir  la  présence  d’un 
ennemi,  et  l’éviter  en  s’enfonçant  rapide¬ 
ment  dans  la  profondeur  des  mers ,  où , 
grâce  à  son  organisation  ,  elle  peut  rester 
un  quart  d’heure  et  plus  sans  venir  respirer 
à  la  surface,  lorsqu’elle  se  croit  menacée 
d’un  danger  pressant.  Dans  les  circonstan¬ 
ces  ordinaires ,  et  surtout  lorsqu’elle  joue, 
elle  reparaît  après  huit  à  dix  minutes  ; 
enfin,  lorsqu’elle  est  en  repos  ou  qu’elle 
dort ,  sa  respiration  a  lieu  assez  fréquem¬ 
ment.  Elle  nage  avec  une  rapidité  qu’on 
a  beaucoup  exagérée  ;  dans  sa  plus  grande 
vitesse  elle  ne  peut  faire  que  trois  lieues 
marines  à  l’heure;  et,  dans  les  circonstan¬ 
ces  ordinaires  elle  n’en  fait  que  deux.  Sa 
queue  seule  est  l’organe  moteur  avec  lequel 
elle  se  pousse  en  avant,  et  ses  nageoires 
pectorales,  qu’elle  tient  constamment  éten¬ 
dues  horizontalement,  ne  lui  servent  qu’à  se 
maintenir  en  équilibre  et  à  ne  pas  tomber  sur 
les  côtés.  Elle  plonge  à  une  grande  profon¬ 
deur  avec  la  plus  grande  facilité  et  une 
telle  vitesse  que ,  quand  elle  est  très  ef¬ 
frayée  ,  il  lui  arrive  de  se  blesser  et  même 
de  s’assommer  contre  les  rochers  du  fond  de 
la  mer.  Scoresby  rapporte  qu’une  Baleine, 
atteinte  par  le  harpon ,  s’est  précipitée  à 
quatre  cents  brasses  de  profondeur  avec  une 
vitesse  de  quatre  lieues  à  l’heure.  Le  même 
auteur  ajoute  que  parfois  on  retire  du  fond 
de  la  mcr?  au  moyen  du  harpon  qu’elles 


636 


BAL 


BAL 


ont  entraîné,  des  Baleines  qui,  dans  la  pré¬ 
cipitation  de  leurs  mouvements  ,  se  sont 
brisé  les  mâchoires  et  la  tête,  en  se  heur¬ 
tant  contre  les  rochers  du  fond. 

La  fin  de  l’été  paraît  être  la  saison  des 
amours  pour  ces  animaux,  et  ils  mettent 
bas  au  commencement  du  printemps  ;  mais 
de  combien  de  temps  est  la  gestation  ?  C’est 
ce  qu’on  ne  sait  pas  encore.  Le  rapproche¬ 
ment  des  deux  époques  que  je  yiens  de  citer 
a  fait  penser  à  la  plupart  des  auteurs  que  la 
Baleine  ne  porte  que  huit  à  neuf  mois  ;  mais, 
si  l’on  en  juge  par  analogie ,  la  durée  de  la 
gestation  ne  peut  être  moindre  de  dix-huit 
à  dix -neuf.  En  effet,  il  est  d’observation  gé¬ 
nérale  que  plus  la  masse  d’un  animal  est 
considérable,  plus  le  fœtus  met  de  temps  à 
se  former  dans  le  sein  de  sa  mère.  Cepen¬ 
dant  cette  règle  n’est  pas  sans  exception  , 
et  la  Baleine  en  offre  peut-être  une;  La  por¬ 
tée  n’est  que  d’un  seul  Baleineau ,  qui ,  en 
naissant,  est  de  la  grosseur  d’un  Bœuf,  et  a 
jusqu’à  trois  à  quatre  mètres  de  longueur. 
La  mère  le  nourrit  de  son  lait  et  a  pour 
lui  le  plus  grand  attachement.  Elle  le  suit 
dans  ses  jeux ,  le  surveille,  ne  le  perd  pas 
de  vue  un  seul  instant,  le  protège  contre 
tous  les  dangers  en  le  couvrant  de  son  corps, 
le  défend  avec  un  courage  furieux ,  ne 
l’abandonne  pas  même  après  sa  mort,  et 
devient  elle-même  victime  de  l’amour  ma¬ 
ternel,  en  se  laissant  harponner  sur  le  ca¬ 
davre  de  son  enfant.  Les  baleiniers  ,  qui 
connaissent  parfaitement  l’affection  que  ces 
animaux  ont  les  uns  pour  les  autres,  ont  su 
le  mettre  à  profit.  Dès  qu’ils  aperçoivent, 
au  milieu  de  plusieurs  de  ces  êtres  mon¬ 
strueux,  un  jeune  individu  ordinairement 
imprudent  et  sans  expérience,  c’est  lui  qu’ils 
s’empressent  d’attaquer,  bien  sûrs  que  sa 
mère  ne  tardera  pas  à  se  présenter  et  à  se 
livrer  à  leurs  coups. On  dit  que,  pour  allaiter 
son  petit,  elle  se  renverse  sur  le  côté,  et 
présente  tour  à  tour  les  deux  mamelles  : 
celles-ci  sont  placées  sur  la  poitrine. 

La  Baleine  ne  se  défend  guère  que  par  la 
fuite  contre  ses  nombreux  ennemis.  Après 
l’homme,  le  plus  dangereux  et  le  plus  cruel 
est  le  Dauphin  gladiateur.  Plusieurs  de  ces 
animaux  l’entourent ,  la  harcèlent ,  la  fati¬ 
guent  en  la  mordant  sans  cesse,  et  la  for¬ 
cent  ainsi  à  ouvrir  une  gueule  de  quatre  à 
çinq  mètres  de  diamètre.  Alors  ils  se  jet¬ 


tent  sur  sa  langue,  qui  est  épaisse  et  molle, 
la  lui  déchirent  en  lambeaux,  la  dévorent, 
et  l’énorme  animal  meurt  de  douleur,  dans 
un  désespoir  impuissant.  On  dit  encore  que 
le  Narval  et  la  Scie  de  mer  la  percent  avec 
leurs  longues  défenses;  mais  ce  fait  me 
paraît  extrêmement  douteux  ;  car  cette  atta¬ 
que  serait  sans  but  pour  eux,  et,  par  consé¬ 
quent,  contre  la  marche  ordinaire  de  la  na¬ 
ture.  On  peut  encore  mettre  au  nombre 
des  ennemis  de  la  Baleine  franche  quelques 
Mollusques  et  Crustacés  qui  s’attachent  à  sa 
peau  et  y  multiplient  comme  sur  un  rocher; 
mais,  quoi  qu’on  en  ait  dit,  cette  espèce  n’est 
jamais  attaquée  par  les  Balanes ,  coquillage 
qui  perce  la  peau  de  la  plupart  des  autres 
Cétacés  à  fanons ,  et  pénètre  dans  leurs 
chairs ,  ou  du  moins  dans  leur  lard. 

Presque  toujours  les  Baleines  vont  en 
troupes,  ou  au  moins  réunies  par  paires. 
De  temps  en  temps,  elles  plongent  en  jouant 
entre  elles  ;  mais  ordinairement  elles  na¬ 
gent  à  la  surface ,  ayant  hors  de  l’eau  une 
partie  du  dos  et  de  la  tête,  et  dorment 
dans  cette  attitude.  La  Baleine  franche  ha¬ 
bite  toutes  les  mers  du  globe,  mais  particu¬ 
lièrement  celles  des  deux  pôles ,  où  elle 
est  beaucoup  plus  commune  que  partout 
ailleurs.  Le  nombre  en  est  considérable¬ 
ment  diminué  depuis  que  les  pêcheurs  leur 
font  annuellement  la  guerre,  et  elles  se  sont 
réfugiées  maintenant  dans  les  glaces  du 
Groenland,  du  Spitzberg,  dans  le  détroit  de 
Davis,  la  baie  de  Baffin,  etc.  Elles  ne  des¬ 
cendent  que  très  rarement,  aujourd’hui, 
au-dessous  du  cercle  polaire,  et  ce  n’est  que 
par  accident  qu’on  en  a  vu  des  individus 
près  des  tropiques.  Au  moment  où  nous 
écrivons  ceci,  M.  de  Blainville  va  à  Dun¬ 
kerque  pour  observer  un  de  ces  monstres 
échoué  sur  nos  côtes  ;  mais  nous  ne 
savons  encore  à  quelle  espèce  il  peut  ap¬ 
partenir. 

Pêche  de  la  Baleine .  Les  Cétacés,  en 
général ,  ont  entre  la  peau  et  les  muscles 
une  couche  épaisse  de  graisse ,  ou  plutôt  de 
lard,  qui,  fondu,  fournit  au  commerce  une 
huile  précieuse  dans  les  arts  industriels. 
C’est  pour  se  procurer  cette  huile  et  des  fa¬ 
nons  qu’on  fait  la  pêche  de  ces  animaux. 
Autrefois  les  Basques  et  les  Hollandais  s’y 
sont  beaucoup  livrés  et  en  ont  retiré  des 
bénéfices  considérables.  La  Hollande  seule 


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y  envoyait  annuellement  vingt-mille  hom¬ 
mes;  mais  alors  les  Baleines  étaient  en  grand 
nombre,  et  l’huile  qu’on  en  tirait  avait  plus 
de  yaleur  que  maintenant.  Si  cette  pêche  est 
beaucoup  moins  lucrative  de  nos  jours , 
si  elle  s’est  beaucoup  réduite,  il  faut  l’attri¬ 
buer  à  plusieurs  causes,  dont  voici,  je  crois, 
les  principales  :  1°  Comme  je  l’ai  dit ,  ces 
animaux  sont  devenus  beaucoup  moins  com¬ 
muns  ,  et  il  ne  serait  pas  très  difficile  de  cal¬ 
culer  dans  combien  d’années  l’espèce  aura 
presque  entièrement  disparu  ;  2°  fuyant  de¬ 
vant  nos  pêcheurs  et  se  retirant  continuel¬ 
lement  vers  le  nord  ,  la  présence  des  glaces 
rend  les  expéditions  plus  dangereuses ,  et 
leurs  succès  moins  sûrs;  3°  enfin,  tous  les 
peuples  maritimes  s’étant  livrés,  depuis  à 
peu  près  un  siècle,  à  ce  genre  d’industrie , 
les  vaisseaux  baleiniers  s’encombrent  dans 
les  parages  favorables  à  la  pêche,  se  nuisent 
les  uns  aux  autres;  beaucoup  ne  réussissent 
pas,  et  s’en  reviennent  à  vide,  d’où  il  résulte 
des  pertes  qui  diminuent  les  bénéfices,  et 
souvent  même  les  balancent. 

Les  navires  destinés  à  la  pêche  de  la 
Baleine  sont ,  en  raison  de  leur  destination 
pour  le  nord  ou  les  autres  parages ,  frétés 
plus  ou  moins  légèrement.  Ils  sont  ordi¬ 
nairement  du  port  de  quatre  ou  cinq  cents 
tonneaux,  équipés  de  six  à  huit  chaloupes, 
et  abondamment  pourvus  des  ustensiles  né¬ 
cessaires,  savoir  :  des  harpons,  des  lances, 
des  crocs,  des  crochets,  etc. 

Le  harpon  est  une  espèce  de  fer-de-Iance, 
d’environ  quinze  à  vingt  centimètres  de  lon¬ 
gueur,  dont  l’extrémité,  nommée  dard,  est 
très  pointue  ;  les  côtés  du  fer-de-lance ,  ou 
ailerons,  de  la  même  grandeur  dans  leur  plus 
grande  largeur,  sont  tranchants  et  quelque¬ 
fois  munis  de  barbes  comme  le  fer  d’une 
flèche,  ou  comme  un  hameçon,  afin  de  ne 
pouvoir  plus  être  arrachés  de  la  plaie.  Ce 
dard  est  terminé  par  une  douille  d’environ 
quatre-vingts  centimètres  de  longueur,  res¬ 
semblant  à  celle  d’une  bêche  de  jardinier, 
creusée  de  manière  à  recevoir  un  manche  de 
bois  assez  court.  Dans  cette  douille  est 
passé  un  anneau  de  fer  auquel  s’attache 
une  bonne  corde  de  quelques  centaines  de 
brasses  de  longueur.  Quand  on  se  sert  du 
harpon ,  cette  corde  est  roulée  dans  la  cha¬ 
loupe  de  manière  à  se  déployer  et  glisser  sur 
le  bord  de  la  petite  embarcation,  en  suivant 


le  harpon  emporté  par  l’animal  blessé.  On  y 
attache,  de  distance  en  distance  ,  quelques 
morceaux  de  liège  ou  de  bois  léger, qui  servent 
à  indiquer,  en  surnageant,  la  route  de  la  Ba¬ 
leine.  D’autres  cordages  sont  préparés,  en 
cas  de  nécessité,  pour  servir  de  prolonge.  Si, 
malgré  cette  précaution  ,  la  maîtresse  corde 
ne  suffit  pas ,  on  a  soin  d’ajouter  une  bouée 
à  son  extrémité  pour  pouvoir  la  retrouver 
lorsqu’on  l’a  laissée  échapper. 

La  lance  est  un  instrument  d’environ 
quatre  à  cinq  mètres  de  longueur,  dont  le 
tiers  est  en  fer  et  le  reste  en  bois.  Le  fer  est 
piquant  et  tranchant;  les  matelots  en  frap¬ 
pent  l’animal  mourant ,  remuent  et  font 
tourner  la  lame  dans  la  plaie,  et  hâtent  ainsi 
sa  mort  en  lui  faisant  de  larges  et  profondes 
blessures.  Souvent  ils  achèvent  de  le  tuer 
avec  une  massue.  Les  autres  instruments 
n’offrant  rien  de  particulier  n’ont  pas  be¬ 
soin  d’être  décrits. 

Les  expéditions  partent  ordinairement 
pour  le  nord  au  mois  d’avril ,  et  pêchent 
pendant  les  mois  de  mai,  juin  et  juillet;  plus 
tôt  ou  plus  tard  les  glaces  les  en  empêche¬ 
raient.  Ordinairement  plusieurs  navires  par¬ 
tent  ensemble  pour  se  prêter  un  mutuel  se¬ 
cours  en  cas  de  besoin.  Arrivés  dans  les  pa¬ 
rages  fréquentés  par  les  Baleines,  on  marche 
avec  les  plus  grandes  précautions  ;  un  temps 
brumeux  est  le  plus  favorable,  parce  que  les 
pêcheurs  se  dérobent  plus  aisément  à  la  vue 
de  ces  animaux ,  qui  sont  très  défiants  et 
fuient  à  la  moindre  apparence  de  danger. 
La  Baleine  a  la  vue  très  perçante;  et,  chose 
qui  paraîtra  fort  singulière,  elle  y  voit  beau¬ 
coup  mieux  quand  elle  a  les  yeux  enfoncés 
sous  l’eau,  à  une  petite  profondeur,  que 
lorsqu’elle  les  a  au-dessus  de  la  surface  de 
la  mer  ;  ce  qui  peut  s’expliquer  jusqu’à  un 
certain  point  par  l’aplatissement  de  sa  cor¬ 
née.  Quant  à  l’ouïe ,  il  paraît ,  selon  Sco- 
resby,  qu’elle  est  tellement  obtuse,  que  l’a¬ 
nimal  n’entend  pas  l’explosion  d’une  arme 
à  feu  d’un  bout  d’un  navire  à  l’autre  ;  du 
moins  ce  bruit,  s’il  l’entend,  ne  produit  sur 
lui  aucun  effet.  Il  n’en  est  pas  de  même  du 
mouvement  des  vagues  occasionné  par  l’ap¬ 
proche  d’un  vaisseau  ;  il  le  sent  très  vite 
et  prend  aussitôt  la  fuite. 

Une  troupe  de  matelots ,  nommés  guet¬ 
teurs,  se  met  en  observation  sur  les  hu¬ 
niers,  pu,  si  l’on  est  près  des  côtes,  sur  les 


BAL 


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points  élevés  dés  rochers.  Lorsqu’ils  aper¬ 
çoivent  une  Baleine,  ils  signalent  sa  pré¬ 
sence  et  indiquent  sa  direction.  Aussitôt 
deux  embarcations  sont  mises  à  la  mer. 
Chacune  est  montée  par  six  rameurs,  un  ti¬ 
monier  et  un  ou  deux  harponneurs.  Ils  font 
force  de  rames  vers  l’endroit  indiqué ,  et 
s’approchent  en  gardant  le  plus  profond  si¬ 
lence  et  faisant  avec  leurs  rames  le  moins 
de  bruit  possible.  Lorsqu’ils  aperçoivent 
l’énorme  animal  dormant  sur  l’eau,  les  ra¬ 
meurs  redoublent  de  précautions  pour  rider 
le  moins  possible  la  surface  de  la  mer.  Le 
harponneur,  le  bras  tendu,  l’œil  aux  aguets, 
saisit  le  moment  où  il  est  à  la  distance  con¬ 
venable,  cherche  la  partie  du  corps  la  plus 
facile  à  percer,  lance  son  harpon  et  fait  à 
l’animal  une  profonde  blessure.  C’est  tou¬ 
jours  près  d’une  nageoire  pectorale  qu’un 
habile  harponneur  cherche  à  le  percer,  parce 
que  la  peau  est  plus  tendre  dans  cette  par¬ 
tie  ,  et  qu’il  peut  atteindre  le  cœur ,  le  foie 
ou  les  poumons,  toutes  parties  où  les  coups 
sont  promptement  mortels. 

La  Baleine  surprise,  plonge  aussitôt,  em¬ 
portant  avec  elle  le  fer  du  harpon,  dont  le 
manche  de  bois  reste  dans  la  main  du  pê¬ 
cheur  ou  tombe  dans  la  mer.  A  mesure 
qu’elle  fuit,  on  lui  lâche  de  la  corde  en  for¬ 
çant  de  rames  pour  la  suivre.  Quelquefois 
on  est  obligé  d’ajouter  cinq  ou  six  cents 
brasses  de  cordes  qu’on  attache  à  la  pre¬ 
mière.  Le  pêcheur  expérimenté  prévoit  l’en¬ 
droit  où  la  Baleine  reparaîtra  sur  l’eau  pour 
respirer,  ordinairement  à  cent  brasses  de  la 
place  où  elle  a  reçu  la  première  blessure,  et 
il  s’apprête  à  lui  donner  un  second  coup  de 
harpon  qui  achève  souvent  de  la  tuer.  Quel¬ 
quefois  cette  seconde  attaque  ne  fait  que 
la  mettre  en  fureur  ;  alors  elle  s’élance  sur 
les  chaloupes,  les  renverse  d’un  coup  de 
queue,  et  met  en  danger  les  hommes  qui  les 
montent;  mais  ensuite  elle  plonge  de  nou¬ 
veau  ;  son  sang  rougit  la  surface  de  l’eau , 
et  lorsqu’elle  remonte  pour  la  troisième  fois, 
on  reçonnaît  que  ses  blessures  sont  mor¬ 
telles  au  sang  qui  sort  par  jets  de  ses 
évents.  Elle  plonge  encore,  mais  plus  elle 
s’affaiblit  moins  elle  s’éloigne  de  la  surface 
où  elle  reparaît  plus  souvent.  Comme  elle 
pourrait  encore  aller  loin ,  on  l’attaque  à 
coups  de  lance  et  de  massue.  Bientôt  elle 
perd  toutes  ses  forces,  vacille,  se  laisse  aller 


sur  le  flanc ,  expire  et  montre  son  ventre 
blanchâtre  sur  les  flots. 

Lorsqu’elle  est  morte,  on  lui  introduit 
dans  la  gueule  un  crochet  ou  un  croc ,  atta¬ 
ché  à  une  forte  chaîne,  et  les  chaloupes  la 
remorquent,  soit  jusqu’à  terre,  soit  auprès 
du  navire,  où  on  la  dépèce;  on  met  sa  graisse 
en  tonneaux ,  ou ,  ce  qui  vaut  beaucoup 
mieux  ,  on  en  extrait  l’huile  sur-le-champ. 

Souvent  des  Baleines  harponnées  vont 
mourir  sous  les  glaces  ou  échouer  sur  quel¬ 
que  rivage.  Elle  deviennent,  dans  ce  dernier 
cas,  la  proie  des  Oiseaux  de  mer  et  quelque¬ 
fois  des  Ours  blancs ,  à  moins  qu’elles  ne 
soient  trouvées  par  des  pêcheurs  ,  qui  en 
tirent  partie  si  elles  ne  sont  pas  encore  cor¬ 
rompues.  On  en  rencontre  quelquefois  de 
blessées  qui  sont  venues  à  bout  de  se  débar¬ 
rasser  du  harpon ,  ou  au  moins  de  sa  cor¬ 
de.  Si  elles  sont  assez  affaiblies  pour  qu’on 
puisse  les  atteindre  à  force  de  rames,  il 
faut  les  approcher  avec  précaution;  car  elles 
entrent  en  fureur  à  l’attaque  et  souvent  cau¬ 
sent  des  accidents.  Depuis  peu  d’années,  on 
a  trouvé  un  moyen  de  harponner  les  Balei¬ 
nes  sans  danger.  Il  consiste  à  leur  lancer,  à 
distance ,  un  harpon  avec  une  sorte  de  fusée 
à  la  congrève. 

La  chair  très  grossière  de  ces  animaux 
ne  convient  pas  du  tout  au  goût  délicat  des 
habitants  du  midi  de  l’Europe;  mais  les  peu¬ 
ples  du  nord  la  mangent  fort  bien,  et  quel¬ 
ques-uns  ,  bordant  les  rives  de  la  mer,  en 
font  même ,  dit-on ,  leur  principale  nour¬ 
riture. 

Si  l’on  s’en  rapporte  à  quelques  anciens 
voyageurs ,  les  sauvages  de  la  Floride  pren¬ 
nent  les  Baleines  d’une  manière  aussi  hardie 
que  singulière.  Lorsqu’ils  en  aperçoivent 
une  endormie,  deux  habiles  nageurs,  armés 
chacun  d’une  petite  massue  et  d’une  longue 
cheville  de  bois,  se  mettent  à  la  nage  et 
approchent  de  l’animal.  Ils  lui  montent  sur 
le  dos  le  plus  doucement  possible  pour  ne 
pas  l’éveiller ,  s’approchent  de  ses  évents , 
et  y  plantent  à  la  fois  les  chevilles  qu’ils 
enfoncent  d’un  coup  de  massue.  L’animal 
plonge  aussitôt  et  les  deux  pêcheurs  s’en 
éloignent;  mais  la  Baleine  ne  pouvant  plus 
respirer  ne  tarde  pas  à  étouffer  ,  et  alors  , 
pour  la  dépecer,  on  la  remorque  au  rivage 
avec  des  cordes.  Tout  ceci  est  possible,  mais 
fort  peu  probable 


Si  nous  nous  sommes  un  peu  longuement 
étendu  sur  la  pêche  de  la  Baleine  franche, 
c’est  parce  que  tout  ce  que  nous  en  avons 
dit  peut  également  s’appliquer  à  la  pêche  de 
tous  les  grands  Cétacés ,  à  quelques  modi¬ 
fications  près  que  nous  indiquerons  à  leurs 
articles  respectifs. 

La  Baleine  du  CAr  OU  Nord-caper  austral 
[Balœna  australis  Kl.  ;  Balœna  an- 
tarctica  Fr.  Cuv.)  est  plus  grande  que  la 
précédente  et  atteint  assez  souvent  jusqu’à 
vingt-sept  mètres.  Elle  en  diffère  anatomi¬ 
quement  par  la  soudure  des  sept  vertèbres 
cervicales  et  par  deux  paires  de  côtes  de 
plus  ;  sa  tête  est  beaucoup  plus  déprimée  ; 
ses  nageoires  pectorales  plus  longues  et  se 
terminant  en  pointe  plus  aiguë  ;  les  lobes  de 
sa  queue  sont  séparés  par  une  échancrure 
moins  profonde.  Elle  est  entièrement  noire, 
même  dans  sa  jeunesse,  et  le  grand  diamètre 
de  son  œil  est  horizontal.  Delalande,  à  qui 
l’on  doit  la  connaissance  de  ce  monstrueux 
animal  et  qui  en  a  envoyé  deux  squelettes 
au  Muséum  d’histoire  naturelle  ,  dit  que  , 
chassée  par  la  violence  des  vents  du  nord- 
ouest,  elle  se  rapproche  des  côtes  et  pénètre 
dans  les  baies  voisines  du  Cap  de  Bonne- 
Espérance,  du  10  ou  20  juin  ;  et,  après  y 
avoir  mis  bas  un  Baleineau  de  quatre  à  cinq 
mètres  de  longueur,  elle  en  sort  et  gagne  la 
haute  mer  au  mois  d’aoûî  et  de  septembre. 
Cet  infatigable  voyageur  a  remarqué  que 
les  femelles,  dans  cette  espèce  ,  sont  beau¬ 
coup  plus  nombreuses  que  les  mâles,  ce  qui 
est  le  contraire  dans  la  Baleine  franche, 
dont,  au  reste,  elle  a  absolument  les  mœurs 
et  les  habitudes. 

Le  Nord-caper  ( Balæna  glaciaiis 
Kl.  —  Lacép.  ,  pl.  2  et  B.  —  Le  Nord 
caper  Anders.)  aurait  beaucoup  d’analogie 
avec  la  Baleine  franche ,  et  n’en  différerait 
que  par  sa  mâchoire  inférieure  très  arron¬ 
die,  très  haute  et  très  large  ;  par  l’obliquité 
du  plus  grand  diamètre  de  l’œil  ;  par  son 
corps  et  sa  queue  plus  allongés;  celle-ci  plus 
large  proportionnellement,  ainsi  que  les 
nageoires  qui  sont  aussi  plus  grandes.  Il  est 
gris,  ayant  le  dessous  de  la  tête  blanc  avec 
quelques  taches  éparses  brunes. 

Martens,et,  après  lui,  Anderson  etEdgède 
sont  les  premiers  qui  aient  parlé  du  Nord- 
caper,  et  qui  l’aient  séparé  spécifiquement 
de  la  Baleine  franche.  Tout  ce  que  les  au-  | 


teurs  en  ont  dit  depuis  leur  a  été  em¬ 
prunté,  et  aucuns  renseignements  nouveaux 
ne  sont  venus  confirmer  l’existence  de  cette 
espèce. Il  résulte  de  ceci  que  Frédéric  Cuvier, 
après  avoir  discuté  assez  clairement ,  mais 
surtout  très  consciencieusement ,  tous  les 
faits  rapportés  pour  et  contre  la  réalité  de 
cette  espèce  ,  regarde  le  Nord-caper  comme 
n’étant  qu’une  Baleine  franche ,  dont  les  in¬ 
dividus  observés  par  Martens  étaient  plus 
petits  et  plus  minces  ;  telle  est  aussi  mon 
opinion.  Quoi  qu’il  en  soit,  le  Nord-caper, 
selon  Martens,  habiterait  les  mers  entre  le 
Spitzberg  et  la  Norwège;  il  serait  moins 
gros  que  la  Baleine  franche  et  produirait 
beaucoup  moins  de  graisse.  Anderson, 
sur  le  témoignage  de  quelques  pêcheurs, 
ajoute  qu’il  nage  avec  plus  de  rapidité; 
qu’il  chasse  les  bancs  de  Harengs,  de  Ma¬ 
quereaux  et  de  Merlans,  avec  beaucoup 
d’ardeur  et  jusque  sur  les  côtes  de  l’Islande, 
et  qu’il  a  l’adresse  de  les  pousser  vers  les 
anses  étroites  pour  les  y  enfermer  et  s’en 
emparer  ensuite  plus  commodément  ;  que 
souvent  il  devient  lui-même  la  proie  des  Is¬ 
landais,  qui  lui  font  une  guerre  active;  enfin 
qu’il  est  attaqué  par  les  Balanes,  ou  Glands 
de  mer,  dans  sa  peau  et  quelquefois  jusque 
dans  son  lard.  Edgède  se  borne  à  dire  que 
ses  fanons  ont  peu  de  valeur.  C’est  sur 
ces  matériaux  seulement  que  Lacépède  se 
croit  suffisamment  fondé  à  établir  l’espèce 
du  Nord-caper.  Il  indique  comme  figures 
de  cet  animal  toutes  les  gravures  qui  re¬ 
présentent  des  Baleines  plus  minces  et 
plus  longues  que  celle  figurée  par  Martens 
et  qu’on  croyait  représenter  fidèlement  la 
Baleine  franche.  Or ,  il  est  arrivé  une  chose 
assez  singulière  :  c’est  que  depuis  que  Sco- 
resby  a  publié  un  portrait  exact  de  la  Ba¬ 
leine  franche  ,  on  a  été  forcé  de  reconnaître 
cette  dernière  dans  toutes  les  figures  citées 
par  Lacépède  comme  représentant  le  Nord- 
caper  ,  et  la  figure  de  Martens ,  quoique  co¬ 
piée  par  presque  tous  les  auteurs,  ne  passe 
plus  aujourd’hui  que  pour  un  mauvais  des¬ 
sin,  enflé  et  raccourci  dans  toutes  ses 
parties. 

2°  Baleines  douteuses  ;  dos  portant  une  ou 
plusieurs  bosses. 

La  Baleine  noueuse  (  Balœna  nodosa 
Lacép.,  Bonat.)  a  sur  le  dos,  près  de  la 
queue,  une  bosse  penchée  en  arrière,  de  la 


BAL 


BAL 


UUO 

grosseur  de  la  tête  d’un  homme;  ses  na¬ 
geoires  pectorales  sont  blanches  et  très  lon¬ 
gues.  Cette  espèce  prétendue  n’est,  si  elle 
existe,  qu’une  variété  de  Rorqual,  observée 
sur  les  côtes  de  la  Nouvelle-Angleterre ,  par 
Dudley;  car  cet  auteur  dit  expressément  que 
ce  cétacé  a  des  plis  longitudinaux  sur  le 
ventre  et  sur  les  côtés ,  depuis  la  tête  jus¬ 
qu’à  la  naissance  des  nageoires  pectorales. 
Or,  ce  caractère  ne  convient  qu’à  une  sec¬ 
tion  des  Baléinoptères  renfermant  le  Ror¬ 
qual. 

La  Baleine  a  bosses  (  Balœna  gibbosa 
Lacép.,  Bonat.)  aurait  les  plus  grands  rap¬ 
ports  avec  la  Baleine  franche,  mais  elle  por¬ 
terait  sur  le  dos  cinq  ou  six  bosses  ou  émi¬ 
nences  ,  et  ses  fanons  seraient  blancs.  Elle 
habiterait  les  mêmes  côtes  que  la  précé¬ 
dente.  Selon  Dudley,  le  seul  auteur  qui  l’ait 
observée,  elle  aurait  une  grande  quantité  de 
graisse.  Son  existence  est  fort  douteuse,  et 
peut-être  n’est-ce  aussi  qu’une  variété  du 
Rorqual. 

La  Baleine  lunulèe  ( Balœna  lunulata 
Lacép.)  est  aussi  douteuse  que  les  précé¬ 
dentes,  et  pourrait  bien  n’être  qu’un  Dau¬ 
phin,  si,  ainsi  que  la  représente  le  dessin 
chinois  d’après  lequel  elle  a  été  décrite,  son 
évent  est  placé  en  arrière  des  yeux.  Ses  deux 
mâchoires  sont  ‘hérissées,  à  l’extérieur, 
de  poils  ou  petits  piquants  noirs  ;  elle 
est  verdâtre,  parsemée  de  petites  taches 
blanches  lunulées.  Elle  habite  les  mers  du 
Japon. 

La  Baleine  japonaise  ( Balœna  japo- 
nica  Lacép.)  nous  paraît  encore  plus  dou¬ 
teuse  que  les  précédentes,  puisqu’elle  n’a  été 
connue  et  décrite  parLacépède  que  sur  la  vue 
d’un  dessin  chinois,  ainsi  que  la  précédente. 
Elle  a  trois  bosses  garnies  de  tubérosités 
placées  longitudinalement  sur  le  museau; 
le  dessus  est  noir  ;  le  ventre  est  très  blanc  ; 
cette  dernière  couleur  borde  ses  mâchoires 
et  ses  nageoires.  Sa  queue  est  grande,  et  ses 
évents  sont  placés  un  peu  en  avant  des  yeux. 
Elle  habiterait  les  mers  du  Japon. 

De  tout  ce  que  nous  venons  de  dire ,  il  ne 
faut  pas  conclure  que  les  mers  ne  possèdent 
réellement  que  deux  Baleines,  la  franche  et 
l’australe ,  mais  seulement  que  les  autres 
espèces  qui  peuplent  l’Océan  ne  sont  pas 
suffisamment  connues  jusqu’à  ce  jour  pour 
être  rigoureusement  déterminées. 


S  II.  Une  nageoire  adipeuse  sur  le  dos  j 
les  Baléinoptères. 

Les  Baléinoptères  ,  outre  la  nageoire 
qu’elles  portent  sur  la  partie  postérieure  du 
dos,  se  distinguent  encore  des  Baleines  par 
leur  tête  plus  allongée,  plus  aplatie,  compa¬ 
rable  jusqu’à  un  certain  point  à  celle  d’un 
Brochet. 

A.  Point  de  plis  sous  la  gorge  ni  sous  le  'ventre. 

Le  Gibbar  ou  Baléinoptère  a  ventre 
lisse  ( Balœnoplera  Gibbar  Lacép.;  Ba¬ 
lœna  phy  sains  Lin.)  n’a  été  vu  que  par 
très  peu  de  voyageurs ,  à  qui  l’on  ne  peut 
guère  se  fier ,  d’où  il  résulte  que  cette 
espèce  a  été  rejetée  par  Frédéric  Cuvier. 
Le  premier  qui  en  ait  parlé  est  Martens , 
et  il  la  nomme  Wine-Visch.  Il  dit  que 
c’est  une  Baleine  à  museau  aplati  et  à  na¬ 
geoire  dorsale,  sans  parler  de  plis  au  ventre, 
et  la  figure  qu’il  en  donne  n’indique  pas  non 
plus  de  plis.  Anderson  n’a  fait  que  copier 
Martens,  et  Rondelet,  toujours  d’après  Mar¬ 
tens  ,  en  a  donné  une  figure  d’imagination 
et  fort  ridicule ,  sous  le  nom  de  Balœna. 
*era.  Sans  autres  documents  plus  précis, 
les  auteurs  venus  après  ceux-ci  ont  admis 
que  cet  animal  n’a  pas  de  plis  au  ventre , 
parce  que  Martens  n’en  parle  pas  ;  et ,  en 
conséquence ,  ils  en  ont  fait  une  espèce  dis¬ 
tincte.  Cependant,  Adrien  Camper  dit  que  le 
Gibbar  a  douze  côtes,  ce  qui  supposerait 
qu’il  avait  sur  cet  animal  d’autres  docu¬ 
ments  que  ceux  que  nous  venons  de  citer. 
En  attendant  qu’on  ait  des  renseignements 
plus  certains ,  il  me  semble  qu’il  ne  faut 
pas,  comme  l’a  fait  Fr.  Cuvier,  se  hâter  de 
se  prononcer. 

Le  Gibbar,  selon  les  auteurs,  est  plus 
grand  que  la  Baleine  franche,  et  atteint  jus¬ 
qu’à  trente-trois  mètres  de  longueur.  Ses  fa¬ 
nons,  grâce  au  peu  de  courbure  de  ses 
mâchoires,  n’ont  pas  plus  de  trente-trois 
centimètres  de  longueur,  et  sont  bleu⬠
tres.  Son  corps  est  mince  et  allongé,  sa 
tête  formant  le  tiers  de  sa  longueur  to¬ 
tale  ;  sa  nageoire  dorsale  est  triangulaire; 
il  est  brun  en  dessus  et  blanc  en  dessous. 
On  lè  trouve  dans  les  deux  Océans ,  et  on 
l’aperçoit  de  fort  loin ,  à  cause  de  la  force 
avec  laquelle  il  souffle  l’eau.  Il  nage  avec 
beaucoup  plus  de  vitesse  que  la  Baleine 
franche ,  et  poursuit  les  bancs  de  Poissons 
jusque  sous  les  tropiques.  Sa  vigueur  est 


BAL 


BAL 


égale  à  sa  légèreté,  et  il  a  beaucoup  de  cou¬ 
rage;  ce  qui  fait,  selon  Duhamel,  que  les 
pêcheurs  n’osent  pas  l’attaquer. 

JH.  Des  plis  longitudinaux  sous  la  gorge  et 
sous  le  'ventre . 

La  Baléinoptère  jubarte  ( Balœnoptera 
juhartis  Lacép.;  Balœna  boops  Lin.; 
le  Rorqual  jubarte  (  Rorqualus  boops 
Fr.  Cuv.)  a  la  nuque  élevée  et  arrondie  ;  le 
museau  avancé ,  large  et  un  peu  arrondi  ; 
des  tubérosités  presque  demi  sphériques  au 
devant  des  évents;  la  nageoire  dorsale  cour¬ 
bée  en  arrière.  Ses  évents  s’ouvrent  vers  le 
milieu  de  la  tête ,  au  sommet  d’un  tuber¬ 
cule  élevé.  La  mâchoire  inférieure  est  plus 
courte  et  plus  étroite  que  la  supérieure.  Cet 
animal  est  noir  en  dessus  ;  sa  gorge  et  ses 
nageoires  en  dessous  sont  blanches;  la  par¬ 
tie  interne  des  plis  est  d’un  rouge  de  sang. 
Quoique  plus  mince  que  la  Baleine  franche, 
elle  atteint  une  plus  grande  longueur,  qui 
dépasse  quelquefois  vingt-sept  mètres. 

Cette  espèce  habite  les  deux  Océans , 
mais  elle  se  trouve  plus  communément  dans 
les  mers  du  Groenland.  Les  pêcheurs  la  re¬ 
doutent  à  cause  de  ses  mouvements  prompts 
et  impétueux  lorsqu’elle  est  irritée  ou  bles¬ 
sée  ;  aussi  ne  i’atiaquent-ils  qu’avec  beau¬ 
coup  de  prudence;  et,  malgré  toutes  leurs 
précautions,  il  arrive  souvent  des  acci¬ 
dents.  Il  paraît  que  les  Jubartes  vivent 
en  troupes ,  ou  au  moins  en  famille , 
et  qu’elles  ont  beaucoup  d'attachement  les 
unes  pour  les  autres.  Anderson  raconte 
qu’un  mâle  ayant  été  harponné,  sa  femelle 
ne  le  quitta  pas  et  se  laissa  prendre  à  côté 
de  lui  plutôt  que  de  l’abandonner  et  de  fuir. 
Elle  met  bas  un  seul  petit  qui  la  suit  et  re¬ 
çoit  ces  soins,  jusqu’à  ce  qu’elle  fasse  une 
nouvelle  portée.  Ces  animaux  font  particu¬ 
lièrement  la  guerre  aux  Harengs,  et  les  sui¬ 
vent  quelquefois  fort  au-delà  des  limites  de 
leur  demeure  habituelle;  c’est  ainsi  qu’on 
en  a  vu  plusieurs  venir  échouer  sur  les  côtes 
de  France,  et  l’une  d’elles,  entre  autres,  était 
d’une  si  grande  taille,  qu’on  construisit 
un  salon  de  société  dans  l’intérieur  de  son 
squelette,  apporté  à  Paris  et  montré  comme 
objet  de  curiosité ,  il  y  a  peu  d’années.  Si 
l’on  juge  de  la  quantité  d’aliments  nécessaires 
à  ces  animaux  par  l’énorme  grandeur  de 
leur  gueule ,  elle  doit  être  considérable  ; 
car,  si  l’on  en  croit  Sibbald,  une  chaloupe 


Uhi 

avec  son  équipage  entra  tout  entière ,  et 
sans  s’en  apercevoir,  dans  la  bouche  béante 
d’une  Jubarte  échouée  près  du  rivage.  Quoi 
qu’il  en  soit ,  les  pêcheurs  ne  se  détermi¬ 
nent  à  attaquer  cette  espèce  que  faute  d’en 
trouver  d’autres ,  non  seulement  à  cause 
du  danger  qu’ils  ont  à  braver,  mais  encore 
parce  qu’elle  donne  peu  d’huile,  propor¬ 
tionnellement  à  sa  taille ,  et  que  ses  fanons 
sont  de  peu  de  valeur. 

Le  Rorqual  (  Balœnoptera  rorqual 
Lacép.  ;  Balœna  musculus  Lin.;  Ror¬ 
qualus  musculus  Fr.  Cuv.).  Cette  espèce, 
peu  distincte  de  la  précédente,  paraît  n’être 
pas  tout  à  fait  aussi  grande.  Sa  mâchoire 
inférieure  est  arrondie,  plus  avancée  et 
beaucoup  plus  large  que  celle  d’en  haut  ; 
la  tête  est  courte  proportionnellement  au 
corps  et  à  la  queue;  toutes  les  parties  supé¬ 
rieures  sont  noires,  à  reflets  grisâtres;  le 
reste  est  entièrement  blanc ,  et  la  mâchoire 
inférieure  a  des  teintes  rosées;  les  nageoi¬ 
res  pectorales  sont  entièrement  noires.  Un 
seul  Rorqual  peut  donner  jusqu’à  cinquante 
tonnes  d’huile  et  davantage.  Cet  animal  fait 
la  chasse  aux  Harengs  et  pénètre,  en  les 
poursuivant,  jusque  dans  la  Méditerranée. 
Sa  présence  dans  cette  mer  a  fait  penser 
aux  auteurs  que  ce  devait  être  le  Mysticetus 
d’Aristote  et  le  Musculus  de  Pline.  Du 
reste ,  ce  qu’on  sait  de  ses  mœurs  ne  dif¬ 
fère  en  rien  de  ce  qu’on  dit  de  celles  de  la 
Jubarte,  à  cela  près  que  sa  pêche  offre 
moins  de  dangers.  Il  n’est  pas  rare  dans 
l’Océan  atlantique. 

La  Baléinoptère  a  bec  ( Balœnoptera 
acuto-r o strata  Lacép.;  Balœna  rostra- 
ta  Hunter.  ;  Rorqualus  antarcticus  Fr. 
Cuv.;  Balœna  rostrata  australis  Des- 
moul.)  se  distingue  des  précédentes  par 
ses  deux  mâchoires  pointues  ;  celle  d’en 
haut  plus  courte  et  beaucoup  plus  étroite 
que  celle  d’en  bas  ;  ses  fanons  sont  courts 
et  blanchâtres  ;  toutes  les  parties  supérieu¬ 
res  sont  d’un  noir  foncé  en  dessus  ,  et  d’un 
blanc  nuancé  de  noirâtre  en  dessous.  Elle 
est  beaucoup  moins  grande  que  les  précé¬ 
dentes,  mais  cependant  elle  atteint  jusqu’à 
dix-sept mètres  de  longueur.  Elle  a,  sous 
l’œsophage  et  entre  les  branches  de  la  m⬠
choire  inférieure,  une  grande  poche  vésicu- 
leuse  dont  on  ignore  l’usage,  et  qui,  pro¬ 
bablement,  peut  être  gonflée  à  la  volonté 
28* 


T.  II. 


BAL 


BAL 


hk  2 

de  ranimai.  Cette  Baleine  a  été  observée  au 
cap  par  Delalande  et  aux  îles  Malouines, 
par  MM.  Quoy  et  Gaimard;  mais  on  ne  sait 
rien  de  ses  mœurs. 

La  Baléinoptère  poeskop  (Balœnoptera 
capensis )  a  été  nommée  pocskop  par  les 
Hollandais,  parce  qu’elle  a  une  bosse  sur 
l’occiput.  Elle  se  distingue  de  toutes  les 
autres  Baléinoptères  par  sa  nageoire  dor¬ 
sale,  placée  à  peu  près  au-dessus  des  pec¬ 
torales.  Les  parties  supérieures  du  corps  sont 
noires  ;  la  gorge  est  d’un  rose  marbré,  et  le 
ventre  est  blanc.  Les  nageoires  pectorales 
sont  fort  longues,  et  proportionnellement 
étroites,  ce  qui  résulte  de  ce  qu’elle  a  les 
deux  doigts  moyens  munis  de  huit  à  neuf 
phalanges.  On  la  trouve,  mais  très  rare¬ 
ment,  dans  les  mers  qui  baignent  le  cap  de 
Bonne-Espérance,  où  elle  a  été  observée 
et  décrite  par  Delalande.  Les  pêcheurs  l’at¬ 
taquent  rarement,  parce  qu’elle  fuit  avec 
une  vitesse  bien  supérieure  à  celle  du  Nord- 
caper ,  et  que,  du  reste,  elle  est  fort  mai¬ 
gre,  et  produit  très  peu  d’huile. 

§  III.  Baléinoptères  douteuses. 

*  Baleines  décrites  par  Lacépède,  d’après  des 
dessins  chinois. 

La  Baléinoptère  mouchetée  (. Balœnop¬ 
tera  punctata  Less.  ;  Balœna  punctata 
Lacép.).Elle  aurait  cinq  ou  six  bosses  placées 
longitudinalement  sur  le  museau.  Nageoi¬ 
res  pectorales  et  corps  mouchetés  de  blanc 
sur  un  fond  noir;  nageoire  du  dos  petite. 
Elle  habiterait  l’Océan  pacifique. 

La  Baléinoptère  bleuâtre  ( Balœnoptera 
cœrulescens  L.  ;  Balœna  cœrulescens 
Lacép.  ).  Mâchoire  supérieure  étroite;  à 
contour  relevé  presque  verticalement  au 
devant  de  l’œil  ;  plus  de  douze  sillons  incli¬ 
nés  de  chaque  côté  de  la  mâchoire  infé¬ 
rieure.  Nageoire  dorsale  petite,  plus  près 
de  la  queue  que  de  l’anus.  Corps  générale¬ 
ment  d’un  gris  bleuâtre.  Elle  se  trouverait 
dans  les  mers  du  Japon. 

La  Baléinoptère  noire  ( Balœnoptera 
nigra  Less.;  Balœna  nigra  Lacép.).  M⬠
choire  supérieure  comme  dans  la  précé¬ 
dente  ;  quatre  bosses  placées  longitudina¬ 
lement  sur  le  museau  et  sur  le  front  ;  corps 
noir;  à  nageoires  et  mâchoires  bordées  de 
blanc.  Mers  du  Japon. 

La  Baléinoptère  tachetée  ( Balœnoptera 
maculata  Less.;  Balœna  maculata  La¬ 


cép.).  Mâchoires  arrondies  à  leur  extré¬ 
mité;  l’inférieure  plus  avancée  que  la  supé¬ 
rieure.  Yeux  près  de  la  commissure  des  lè¬ 
vres;  évents  un  peu  en  arrière  des  yeux. 
Nageoire  dorsale  placée  à  égale  distance  des 
pectorales  et  de  la  caudale.  Corps  noir,  avec 
quelques  taches  arrondies,  inégales,  blan¬ 
ches,  irrégulièrement  semées  sur  les  flancs. 
Des  mers  du  Japon. 

§  IV.  Baleines  alèoutiennes . 

Pallas,  dans  sa  Zoographie  russe ,  cite 
six  espèces  de  Baleines  qui  habitent  les  mers 
du  Kamstschatka,  et  particulièrement  les 
parages  des  îles  Alèoutiennes.  M.  de  Cha- 
misso  étant  resté  quelque  temps  chez  les 
Aléoutes,  et  désirant  vérifier  la  citation  de 
Pallas,  se  fit  sculpter  en  bois  et  colorer  par 
les  pêcheurs  du  pays  la  figure  de  ces  ani¬ 
maux,  et  les  publia  dans  les  Mémoires  de 
la  société  Léopoldine  des  curieux  de 
la  nature  (t.  XII,  lre  partie).  Nous  allons 
rapporter  le  peu  qu’on  a  pu  apprendre  sur 
ces  Cétacés,  d’après  d’aussi  vagues  maté¬ 
riaux. 

Le  Kuliomoch  des  Aléoutes  ;  le  Culam - 
mak  de  Pallas;  le  Kuliomagadoch  des 
Aléoutes,  pendant  son  jeune  âge.  Il  atteint 
cinquante  -  six  mètres  de  longueur  ;  son 
corps  est  cylindrique,  noir  en  dessus,  blanc 
en  dessous,  ainsi  que  les  nageoires  pecto- 
torales  ;  environ  cinq  cents  fanons,  très 
longs,  bleuâtres  ;  évents  placés  vers  le  mi¬ 
lieu  de  la  tête  ;  une  tubercule  vers  l’extré¬ 
mité  du  museau,  et  six  bosselures  sur  le 
dos  ;  des  plis  sur  la  poitrine. 

L’ Abugulich  des  Aléoutes;  V Vmgullic 
de  Pallas;  VAmgolia  des  Russes  atteindrait 
jusqu’à  cinquante-six  mètres  de  longueur. 
Fanons  très  courts  ;  peu  de  graisse,  mais 
d’une  saveur  agréable  ;  toutes  les  parties 
du  corps  uniformément  noires  ;  pas  de 
protubérance  dorsale  ;  des  plis  comme  les 
Baléinoptères;  nageoire  caudale  fourchue. 
Les  Aléoutes  font  des  habits  avec  l’épi¬ 
derme  de  sa  langue  ,  des  cordes  avec  les 
tendons  de  sa  queue,  et  des  armes  avec  ses 
os. 

Le  Mangidach  des  Aléoutes  ;  le  Man - 
gidak  de  Pallas  ;  le  Magula  des  Russes. 
Pallas  croit  devoir,  d’après  la  description 
que  le  docteur  Mark  donne  de  celte  espèce, 
la  rapporter  au  Balœna  musculus.  Sa 
taille  ne  dépasserait  pas  neuf  mètres.  Le 


BAL 


BAL 


corps  serait  uniformément  noir,  avec  un 
disque  blanc  sur  la  poitrine  ;  ses  fanons 
n’auraient  que  seize  centimètres  de  longueur, 
le  tout  selon  M.  de  Chamisso.  Selon  Pallas  et 
Mark,  cette  espèce  atteindrait  vingt-trois 
mètres  de  longueur.  Les  Aléoutes  trou¬ 
vent  excellente  la  chair  du  ventre  des  jeunes 
individus. 

UAyamachtchich  des  Aléoutes,  VAg- 
gamachtchik  de  Pallas  et  des  Russes ,  ne 
dépasse  jamais  huit  mètres  de  longueur; 
selon  Pallas,  elle  en  atteindrait  plus  de  vingt. 
Ses  fanons  sont  petits,  lisses,  longs  au  plus 
de  soixante-cinq  centimètres.  Sa  tête  rappelle 
celle  des  Marsouins ,  mais  l’animal  a  des 
plis  sous  le  ventre.  Pallas  dit  que  le  ventre 
est  blanc,  plan  et  marqué  de  rides. 

V Aliomoch  ou  Allama  des  Aléoutes  ; 
VAliamot  des  Russes  ;  VAllamak  de  Pal¬ 
las.  Les  Aléoutes  nomment  A liamagadach 
cet  animal  dans  son  jeune  âge.  Sa  taille  ne 
dépasse  jamais  dix  mètres  ;  ses  fanons 
sont  très  courts  ;  ses  nageoires ,  qui  sont 
blanches  ainsi  que  le  dessous  de  sa  queue , 
sont  plus  grandes  que  celles  du  précédent  ; 
il  a  des  plis  au  ventre ,  et  sa  tête  a  de  l’a¬ 
nalogie  avec  celle  d’un  Marsouin.  Sa  graisse 
est  abondante  et  molle. 

Le  Tschikagluch  des  Aléoutes  ;  le 
Tschickagluk  de  Pallas  ;  le  Tschicka- 
gliok  des  Russes,  est  la  moins  grande  de 
toutes  les  Baleines,  selon  M.  de  Chamisso , 
tandis  que ,  selon  Pallas ,  elle  aurait  cin¬ 
quante-trois  mètres  de  longueur;  ses  fanons 
sont  très  courts  ;  sa  nageoire  dorsale  est  ex¬ 
trêmement  petite  ;  les  nageoires  pectorales 
et  le  dessous  de  la  queue  sont  blancs  ;  il  y 
a  un  disque  blanc  sous  la  poitrine  ;  la  tête 
se  rapproche  de  celle  des  Marsouins.  Les 
Aléoutes  font  des  cordes  très  fortes  et  di¬ 
vers  autres  ustensiles  avec  ses  tendons  :  ses 
os,  à  cause  de  leur  dureté,  sont  très  estimés 
par  ces  peuples  pour  faire  des  haches  et  des 
harpons. 

On  voit ,  par  ce  que  nous  venons  de  dire 
sur  les  Baleines ,  que  ces  animaux  sont  loin 
d’être  bien  connus  ,  quoique  formant  un 
genre  du  plus  haut  intérêt.  La  difficulté  de 
leur  étude  vient  de  ce  que  leur  énorme  gran¬ 
deur  empêche  de  pouvoir  conserver  leurs 
dépouilles  dans  nos  musées ,  de  ce  qu’ils 
vivent  dans  un  élément  qui  dérobe  à  notre 
yuç  une  grande  partie  de  leur  corps,  et 


m 

enfin  de  ce  qu  ils  habitent  le  pius  ordinai¬ 
rement  des  mers  glacées,  où  peu  de  natu¬ 
ralistes  instruits  auront  le  courage  d’aller 
les  observer.  (Boitard.) 

BALEINEAU  ou  BALEINON.  mam. 
—  Noms  des  jeunes  Baleines. 

BALEINES  FOSSILES  .  mam. — L’ana¬ 
tomie  des  diverses  espèces  de  Baleines  vivan¬ 
tes  étant  fort  peu  ou  même  point  connue,  il 
en  résulte  que  la  détermination  des  espèces 
fossiles  est  extrêmement  difficile  à  faire  ; 
aussi ,  nous  bornerons-nous  à  signaler  ici 
celles  sur  lesquelles  on  ne  peut  guère  avoir  de 
doutes,  vue  l’antiquité  des  couches  où  leurs 
ossements  ont  été  trouvés. 

Le  Rorqual  de  Cuvier  (  Balænoptera 
Cuvierii  )  a  été  trouvée  par  Cortési ,  à 
Monte-Pulgnasco ,  en  1806.  Son  squelette , 
parfaitement  conservé ,  reposait  sur  le  pen¬ 
chant  d’une  colline,  à  deux  cents  mètres  d’é¬ 
lévation  au-dessus  de  la  plaine  environnante, 
dans  une  couche  régulière  d’ Argile  bleuâtre 
remplie  de  coquilles  marines.  Ce  cétacé  était 
remarquable  par  la  dépression  de  sa  tête , 
haute  seulement  de  trente  centimètres  au- 
dessus  du  plan  inférieur  des  condyles,  et 
longue  de  deux  mètres  depuis  l’occiput 
jusqu’au  bout  de  l’inter  -  maxillaire.  Ses 
fosses  temporales  étaient  fort  grandes,  ainsi 
que  le  sillon  et  la  crête  occipitale.  L’obli¬ 
quité  du  canal  de  l’évent  était  telle  que  sa 
direction  était  presque  horizontale  ;  la  m⬠
choire  inférieure  dépassait  la  supérieure  de 
douze  centimètres;  toutes  ses  vertèbres 
cervicales  étaient  libres,  et  on  comptait 
vingt-quatre  côtes.  L’animal  avait  sept  mè¬ 
tres  de  longueur. 

Le  Rorqual  de  Cortési  (  Balænoptera 
Cortesii ) ,  trouvé  par  le  même  naturaliste , 
en  1816,  à  Montezago,  près  d’un  petit  ruis¬ 
seau  qui  se  jette  dans  la  Chiavenna,  l’un  des 
affluents  du  Pô.  Il  ressemble  parfaitement 
au  précédent,  mais  il  est  beaucoup  plus  pe¬ 
tit;  car  sa  longueur  totale  n’est  que  de  quatre 
mètres,  sa  tête  ayant  un  mètre  trente  cen¬ 
timètres.  Si  tous  les  caractères  du  squelette 
n’annonçaient  affirmativement  un  animal 
adulte,  on  pourrait  croire  que  c’est  un  jeune 
individu  de  l’espèce  précédente. 

La  Baleine  de  Lamanon  (  Balœna  La- 
manonii )  a  été  trouvée,  en  1779,  dans  la 
cave  d’un  marchand  de  vin  de  la  rue  Dau¬ 
phine  ,  à  Paris  ;  il  ne  permit  pas  de  faire 


BAL 


BAL 


hl\  4 

des  fouilles  suffisantes  dans  sa  propriété , 
de  manière  qu’on  ne  put  recueillir  qu’un 
énorme  fragment  d’os  déterré  par  les  ma¬ 
çons  qui  travaillaient  à  une  réparation.  Le 
naturaliste  Lamanon  s’en  empara  et  le  dé¬ 
crivit,  puis  notre  célèbre  Georges  Cuvier.  Il 
résulte  des  savantes  observations  de  ce  der¬ 
nier  que  cette  Baleine  devait  avoir  environ 
dix-huit  mètres  de  longueur,  sans  compter , 
ainsi  que  dans  les  précédentes,  la  nageoire 
caudale  ni  l’épaisseur  des  lèvres.  Elle  devait 
différer  de  la  Baleine  franche  par  son  tem¬ 
poral  moins  oblique  ;  la  face  articulaire  pour 
la  mandibule  s’y  étend  moins;  l’angle  sail¬ 
lant  de  son  bord  externe  n’a  au-dessus  de 
lui  aucun  arc  rentrant.  Si  jamais  le  hasard 
fait  retrouver  le  reste  de  ce  squelette ,  on 
aura  sans  doute  à  énumérer  des  différences 
encore  plus  saillantes. 

La  Baleine  a  grosse  tete  ( Balœna  ma - 
crocephala  Desmoul.)  se  fait  remarquer 
parmi  les  Baleines  connues  par  la  courbure 
de  son  bec  dont  la  convexité  est  inférieure  ; 
l’évent  y  est  presque  vertical  ;  les  maxillai¬ 
res  ,  ainsi  que  dans  les  Cachalots ,  sont  très 
élargis  à  leur  base;  et,  après  avoir  doublé  le 
frontal,  se  replient  en  voûte  en  dedans  et  en 
avant.  Cette  espèce  est  connue  seulement 
par  une  tête  trouvée  sur  la  plage  de  Sos, 
dans  le  département  des  Boüches-du-Rhône, 
et  elle  appartient  à  notre  Muséum  d’histoire 
naturelle ,  ainsi  que  la  suivante. 

La  Baleine  a  bec  arqué  (  Balœna  ar- 
cuata  ) ,  aussi  connue  par  une  tête  seule , 
a  été  trouvée  à  Anvers,  en  creusant  le  bas¬ 
sin.  Son  bec  est  tellement  arqué,  que  les 
inter-maxillaires  font  presque  un  angle  droit 
sur  le  plan  des  frontaux  ;  l’évetit  a  son  canal 
parallèle  à  ce  plan,  et  les  os  du  nez  font  une 
saillie  entre  les  deux  évents. 

Beaucoup  d’autres  os  de  Baleines  ont  été 
trouvés  dans  divers  pays  ;  mais  ils  ont  été 
si  mal  décrits  et  surtout  si  mal  dessinés, 
qu’il  est  jtisqu’à  Ce  jour  impossible  de  déci¬ 
der  quelque  chose  de  simplement  probable 
sur  les  animaux  vivants  dont  ils  sont  la  dé¬ 
pouille.  (Boitard.) 

BALEÏMM.  MAM. -  Voy.  BALEINEAU. 

BALÉNOPTÈRE.  maM. —  Voyez  ba¬ 
leine. 

BALEMC  AN®  A  -SCHUL  ARMANBI . 
bot.  th.  —  Synonyme  d ' Ixic  de  la  Chine. 

BALÉNAS.  MAM,  Voy .  BALÉINÀS. 


BALENEAU.  MAM. -  Voy.  BALEINEAU. 

BALERl.  ois.  — Un  des  noms  vulgaires 
du  Falco  iinnunculus  L.,  Faucon  cresse- 
relle.  Voy.  faucon. 

BALÉXERMA.bot.  th.  —  Synonyme 
du  genre  Nanodea. 

BALFOUR.  bot.  th.  —  Synonyme  de 
Balfouria.  Voyez  ce  mot. 

BALFGURÏA  ,  R  .Br.  bot.  ph. — Genre 
de  la  famille  des  Apocynées.  Son  auteur  lui 
assigne  pour  caract.:  Calice  5-parti,  garni  en 
dedans  de  10  folioles.  Corolle  infondibuli- 
forme  ,  6-fide  ;  gorge  couronnée  d’un  petit 
tube  crénelé.  Étamines  5.  Ovaire  à  2  loges 
multi-ovulées.  Style  filiforme,  dilaté  au  som¬ 
met  en  stigmate  anguleux.  Point  de  squa- 
mules  hypogynes.  Le  fruit  n’est  pas  connu. 

—  Ce  g.  est  fondé  sur  un  petit  arbre  de  la 
Nouv. -Hollande.  Ses  feuilles  sont  opposées, 
lancéolées-linéaires  ;  les  fleurs  naissent  en 
cymes  trifides,  latérales  et  terminales. 

(Sp.) 

B  ALI  ou  BALI-SALAN  BOCRIT. 

rept.  —  Serpent  peu  connu  qui  se  trouve  à 
Ternate ,  dans  les  montagnes ,  et  qu’on 
croit  être  le  Coluber  plalilis.  Voy.  cou¬ 
leuvre.  (C.  d’O.) 

B  ALI-SAUR  (nom  de  pays),  mam.  — 

Voyez  ARCTONYX. 

BALICUS.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Cytisus  cajan. 

B  ALIGOULE.  bot.  cr. — En  Provence, 
on  donne  ce  nom  à  VAgaricUs  Erÿngti  DC. 
Voyez  agaricus.  (LÉv.) 

BALÎMBA  oü  BOLIMBA.  bot.  ph.  — 
Synonyme  de  Bilimbi.  Voy.  te  mot. 

BALNGASAIV.  bot.  ph.  —  Arbre  de 
l’Inde  qu’on  croit  devoir  rapporter  au  genre 
Stravadium.  Voyez  ce  mot. 

*  BALIOSPERME.  Baliospermum , 
((3aXioç,  moucheté  ;  (nrspjAa,  graine),  bot.  ph. 

—  Genre  de  la  famille  des  Euphorbiacëes, 
établi  d’après  un  arbrisseau  de  Java ,  par 
M.  Blume,  qui  lui  assigne  les  caractères 
suivants  :  Fleurs  monoïques.  Calice  5-parti, 
à  préfloraison  imbriquée.  Pas  dé  corolle. 
Fleurs  mâles :  Étamines  au  nombre  de  16-20, 
portées  sur  un  disque  plan ,  glanduleux  à 
son  pourtour,  et  dont  les  anthères  sont  ad- 
nées  au  sommet  de  filets  libres  ,  dressés 
dans  le  bouton.  Fleurs  femelles  :  Ovaire 
entouré  à  sa  base  d’un  petit  rebord  membra¬ 
neux  j  à  trois  loges  1-ovulées ,  suribopté  de 


BAL 


BAL 


trois  stigmates  sessiles ,  soüdés  entre  eux  a 
leur  base ,  élargis  et  échancrés  à  leur  som¬ 
met.  Capsule  à  trois  coques  bivalves  de 'con¬ 
sistance  chartacée.  Graines  panachées,  sur¬ 
montées  d’une  caroncule.  —  Feuilles  alter¬ 
nes,  oblongues,  dentées,  biglanduleuses 
à  leur  base.  Fleurs  soutenues  par  des  pé- 
dicelles  qu’accompagne  une  petite  bractée , 
les  mâles  réunies  en  faisceaux  aux  aisselles 
des  feuilles;  les  femelles  solitaires:  des  poils 
sur  toutes  ces  diverses  parties.  (Ad.  J.) 

BALISE.  moll.  —  Dans  le  commerce 
d’histoire  naturelle  du  siècle  dernier,  on 
nommait  ainsi  le  Ceritkiam  tclescoyium ; 
ce  nom  est  tombé  en  désuétude.  (Desh.) 

BALISIER.  Canna,  bot.  th.  —  Genre 
de  plantes  monocotylédones  formant  le  type 
de  la  famille  des  Amomées  ou  Cannées 
(  voyez  amomées  )  et  offrant  les  caractères 
suivants:  Le  calice  est  coloré  et  pétaloïde, 
adhérent  à  sa  base  avec  l’ovaire  infère  ;  il  a 
son  limbe  double  ;  l’extéfieur  composé  de 
' rois  segments  égaux  est  beaucoup  plus  court 
eue  l’interne .  Celui-ci  est  également  composé 
de  trois  divisions  formant  un  tube  à  leur 
partie  inférieure  et  d’égale  grandeur.  En  de¬ 
dans  de  ce  limbe  intérieur  du  calice, se  voient 
trois  appendices  pétaloïdes  beaucoup  plus 
grands ,  un  peu  réunis  en  tube  à  leur  base, 
et  se  confondant  avec  le  calice  intérieur. 
Enfin,  tout  à  fait  au  centre  de  ces  trois  ap¬ 
pendices,  on  en  trouve  deux  autres  ,  égale¬ 
ment  colorés  et  pétaloïdes,  l’un  dressé, 
assez  épais  et  raide,  et  glanduleux  sur  un 
de  ses  côtés.  Cette  aréole  glanduleuse  est  le 
stigmate  ;  l’autre ,  souvent  recourbé,  porte, 
sur  un  de  ses  côtés,  une  anthère  libre,  uni¬ 
loculaire,  surmontée  par  un  petit  appen¬ 
dice  pétaloïde  et  se  prolongeant  inférieure¬ 
ment  en  un  bord  plus  épais  qui  représente 
le  filet.  L’ovaire  est  à  trois  loges,  contenant 
chacune  un  grand  nombre  d’ovules,  insérés 
sur  deux  rangs  à  leur  angle  interne.  Le  fruit 
est  une  capsule  ovoïde ,  couronnée  par  le 
limbe  du  calice  extérieur  qui  est  persistant. 
Elle  est  à  trois  loges  contenant  chacune  plu¬ 
sieurs  graines  globuleuses,  ordinairement 
disposées  sur  deux  rangs,  et  s’ouvre  en  trois 
valves  septifères  sur  le  milieu  de  leur  face 
interne.  Les  graines  sont  portées  sur  un  po- 
dosperme  peu  développé,  cylindrique  et  tout 
couvert  de  longs  poils  laineux.  Les  graines, 
QUtre  leur  tégument  propre  assez  épais,  se 


hhh 

composent  d’un  très  gros  endosperme  blanc 
et  charnu ,  contenant  dans  une  cavité  qui 
pénètre  jusqu’au  delà  de  son  centre  un  em¬ 
bryon  presque  cylindrique,  dont  l’extrémité 
cotylédonaire  ou  interne  est  plus  renflée  que 
l’externe  ou  radiculaire. 

Les  Balisiers  sont  de  grandes  et  belles 
plantes  Yivaces;  à  racine  épaisse,  charnue, 
tubéreuse  et  irrégulière,  qui  croissent  dans 
toutes  les  contrées  chaudes  de  l’un  et  de 
l’autre  continent.  Leur  tige  cylindrique  et 
pleine  s’élève  quelquefois  à  deux  ou  trois 
mètres  de  hauteur.  Elle  porte  de  grandes 
feuilles  alternes  et  engainantes,  ànervures 
latérales  très  fines  et  obliques  sur  la  côte 
moyenne;  des  fleurs  assez  grandes,  d’une 
belle  couleur  rouge  ou  jaune,  quelquefois 
variées  de  nuances  dans  les  différentes  par¬ 
ties  qui  les  composent.  Ces  fleurs  ,  réunies 
en  petits  groupes  et  accompagnées  de  brac¬ 
tées  plus  ou  moins  grandes  et  quelquefois 
colorées,  forment  une  sorte  de  grappe  ter¬ 
minale  et  ramifiée  au  sommet  de  la  tige. 

Si  nous  considérons  attentivement  la  na¬ 
ture  physiologique  des  diverses  parties  de 
la  fleur ,  que  nous  nous  sommes  contenté 
d’énumérer  dans  l’exposition  du  caractère 
générique,  nous  reconnaîtrons  que,  malgré 
une  irrégularité  très  frappante ,  cette  fleur 
peut  être  rapportée  au  type  que  nous  avons 
attribué  précédemment  ( voyez  amomées)  à 
tous  les  genres  qui  composent  cette  famille. 
Le  Canna  offre,  comme  tous  les  autres  gen¬ 
res  qui  ont  du  rapport  avec  lui ,  un  calice 
double  dont  le  limbe  est  à  six  lobes  :  trois 
extérieurs  plus  petits  et  trois  intérieurs. 
Toutes  les  parties  pétaloïdes  et  colorées 
qu’on  trouve  en  dedans  du  calice  intérieur , 
doivent  être  considérées  comme  des  étami¬ 
nes  transformées. Ces  étamines  sontau  nom¬ 
bre  de  six.  Il  faut  donc  les  retrouver  dans 
ces  appendices  pétaloïdes.  Or,  ceux-ci  sont 
au  nombre  de  cinq  ;  trois  plus  extérieurs  et 
plus  grands,  un  peu  inégaux,  disposés 
comme  en  deuxtlèvres ,  savoir  :  deux  supé¬ 
rieurs  dressés  et  un  inférieur  rabattu  ;  et 
deux  plus  intérieurs ,  savoir  :  un  auquel  le 
style  et  le  stigmate  sont  intimement  unis  et 
comme  confondus  ,  et  un  qui ,  sur  un  de 
ses  côtés,  porte  une  étamine  dont  l’anthère 
libre  est  à  une  seule  loge.  Ce  dernier  appen¬ 
dice,  quelquefois  bilobé,  doit  être  considéré 
comme  formé  de  la  réunion  de  deux  étami- 


BIJL 


BAL 


m 

nés  :  une  fertile  et  une  avortée ,  qui  est  re¬ 
présentée  par  la  lame  pétaloïde  sur  un  des 
côtés  de  laquelle  l'anthère  est  insérée.  On 
a  ainsi  les  six  étamines  qui  forment  le  ca¬ 
ractère  et  le  nombre  le  plus  fréquent  dans 
toutes  les  familles  de  plantes  monocotylé- 
donées. 

Le  nombre  des  espèces  de  Balisiers  est 
peut-être  de  quinze  à  vingt.  Plusieurs  es¬ 
pèces  sont  cultivées  comme  plantes  d’or¬ 
nement,  à  cause  de  la  beauté  de  leur  feuil¬ 
lage  et  de  leurs  fleurs  ;  telles  sont  :  1°  le 
Balisier  de  l’Inde  ,  Canna  indien i  L.,  dont 
les  fleurs  sont  d’un  rouge  vif  et  éclatant;  les 
feuilles  très  grandes  et  très  larges.  On 
peut  la  mettre  en  pleine  terre  au  prin¬ 
temps  ;  elle  acquiert  alors  des  dimensions 
beaucoup  plus  considérables.  Mise  le  long 
d’un  mur,  et  par  conséquent  abritée  des 
grands  froids,  sa  racine  peut  résister  à  nos 
hivers ,  quand  ils  ne  sont  pas  trop  rigou¬ 
reux  ;  mais,  communément,  on  déplante  ces 
racines  en  automne  et  on  les  met  à  l’abri  sur 
des  planches  ,  dans  la  serre  tempérée.  On 
en  cultive  encore  plusieurs  autres  espèces , 
Canna  lutea ,  Canna  glauca,  etc.,  etc., 
également  belles ,  mais  presque  toutes  un 
peu  plus  délicates  que  la  première  et  exigeant 
en  général  une  basse  serre  chaude  ou  au 
moins  une  bonne  serre  tempérée.  (A.  R.) 

BALISIERS.  Canneœ.  bot.  fh  -^-C’est 
le  nom  français  sous  lequel  Jussieu  et  plu¬ 
sieurs  autres  botanistes  désignaient  la  fa¬ 
mille  dont  nous  avons  traité  au  mot  Amo- 
mées.  Voyez  amomées.  (A.  R.) 

BALISIOBDES.  bot.  fh .-—Voyez  amo¬ 
mées. 

BALISTE.  Batistes .  roiss.  —  Premier 
sous-genre  du  g.  Baliste,  se  distinguant  des 
autres  espèces  de  ce  groupe  par  ses  grandes 
écailles  rhomboïdales ,  dures  et  non  imbri¬ 
quées  ;  par  les  trois  aiguillons  décroissant 
de  longueur  dont  est  munie  leur  dorsale  ; 
par  un  bassin  toujours  saillant  et  hérissé  à 
l’extrémité,  et  portant  en  arrière  des  épines 
qu’on  a  regardées  comme  les  rayons  ru¬ 
dimentaires  des  ventrales. 

On  les  a  divisés  en  trois  sections ,  sui¬ 
vant  que  leur  queue  est  dégarnie  d’épines 
et  que  les  écailles  qui  se  trouvent  derrière 
les  opercules  sont  égales  à  celles  qui  cou¬ 
vrent  le  reste  du  corps ,  ou  plus  grandes , 
ou  que  leur  queue  est  armée  de  plusieurs 


rangées  d’aiguillons  recourbés  en  avant ,  et 
variant  de  deux  à  quinze,  et  par  les  grandes 
écailles  qu’ils  ont  derrière  les  ouïes.  Cer¬ 
taines  espèces  ont  encore  des  aiguillons  peu 
sensibles  et  réduits  à  de  simples  tubercules. 

Les  Balistes  proprement  dits  sont  le 
groupe  le  plus  considérable  de  tout  le  genre, 
et  l’on  en  compte  une  trentaine  d’espèces. 
Les  plus  connues  sont  : 

Le  Baliste  caprisque  ,  B.  capriscus , 
Pesce  halestra ,  Caper  des  anciens,  qui 
se  trouve  dans  la  Méditerranée  et  jusque 
dans  les  parages  du  continent  américain.  Il 
est  d’un  gris  brunâtre,  nuancé  de  violet,  de 
bleu  et  d’or. 

Le  B.  vieille,  B.  veiula ,  dont  le  corps 
est  brun ,  avec  une  bande  bleue  en  travers 
de  la  tête ,  et  quelques  lignes  de  même  cou¬ 
leur  disposées  en  rayon  autour  des  yeux. 
Quand  on  prend  ce  poisson,  il  fait  entendre 
une  espèce  de  sifflement  qu’on  a  comparé 
aux  sons  d’une  voix  cassée,  et  qui  lui  a  valu 
le  nom  qu’il  porte.  Cette  particularité  lui  est 
commune  avec  l’espèce  qui  précède. 

Le  B.  noir,  B.  niger,  remarquable  par 
ses  dents  supérieures  latérales  prolongées 
en  canines  et  les  grandes  fourches  de  sa 
queue. 

Le  B.  A  GRANDES  TACHES,  B.  fîlSCîlS,  dont 

les  joues  nues  sont  garnies  de  rangées  de 
tubercules. 

Le  B.  étoilé,  B.  stellatus ,  dont  les  cou¬ 
leurs,  sans  être  vives ,  flattent  par  leur  ré¬ 
gularité.  Il  est  gris  sur  le  dos ,  blanchâtre 
en  dessous ,  et  la  partie  supérieure  de  son 
corps  est  semée  de  taches  blanches  qui  le 
font  paraître  étoilé. 

Le  B.  écharpe,  B.  rectangulus ,  ou  me- 
dinilla ,  une  des  plus  belles  espèces  du 
genre ,  dont  le  nom  est  dû  à  la  bande  d’un 
noir  très  foncé  qui  part  de  l’œil  et  va  obli¬ 
quement  et  en  s’élargissant  jusqu’à  l’anus. 

Le  B.  a  verrues,  B .  verrucosus ,  le  même 
genre  que  le  B.  P  ras  lin  de  Lacép.  et  vi- 
ridis  de  Schn.,  orné  de  belles  couleurs  et 
dont  la  chair  est  saine  et  agréable. 

Nous  citerons  encore  les  B.  lineatus , 
armatus ,  conspicillum ,  viridescens , 
ringens  et  bursa.  (C.  d’Q.) 

BALISTES.  Balista  (nom  d’une  ma¬ 
chine  de  guerre  des  anciens),  poiss.  — Nom 
d’un  groupe  de  la  famille  des  Sclérodermes, 
ordre  des  Plectognathes ,  ayant  pour  cafac- 


BAL 


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tères  :  Un  corps  comprimé  ;  huit  dents  à 
chaque  mâchoire,  le  plus  souvent  tranchan¬ 
tes  ;  la  peau  grenue  ou  écailleuse  ;  deux  dor¬ 
sales  :  la  première  composée  d’un  ou  plu¬ 
sieurs  aiguillons  articulés  sur  un  os  tenant 
au  crâne  et  présentant  un  sillon  dans  le¬ 
quel  ils  se  logent  en  s’abaissant  ;  la  seconde, 
molle,  longue  et  vis-à-vis  d’une  anale  à  peu 
près  de  même  nature  ;  pas  de  ventrales ,  et 
portant  un  os  du  bassin  suspendu  à  ceux 
de  l’épaule. 

Les  Balistes  brillent  des  couleurs  les  plus 
vives,  et  les  naturalistes  qui  les  ont  décrits 
n’ont  pas  trouvé  d’expressions  assez  pom¬ 
peuses  pour  en  peindre  la  beauté.  Us  se 
nourrissent  de  Crabes,  de  petits  Mollus¬ 
ques  ,  de  Polypes ,  de  Coraux ,  dont  elles 
paraissent  avides,  et  de  Fucus.  Leur  chair 
est  peu  estimée;  et,  dans  certaines  saisons  et 
sur  quelques  plages,  ceux  qui  en  ont  mangé 
on  été  si  gravement  incommodés ,  qu’on  a 
cru  que  ces  poissons  renfermaient  un  poi¬ 
son  subtil  ;  mais  on  attribue  avec  plus  de 
raison  ces  effets  délétères  aux  animaux  dont 
ils  font  leur  nourriture. 

Us  habitent  de  préférence  la  zone  torride, 
le  pays  des  animaux  aux  brillantes  couleurs, 
et  l’on  n’en  trouve  qu’une  seule  espèce  dans 
la  Méditerranée.  C’est  près  des  rochers  à 
fleur  d’eau  qu’ilsjse  tiennent  de  préférence, 
et  ils  s’élèvent  à  la  surface  des  eaux  au 
moyen  d’une  vessie  natatoire,  grande,  ovale 
solide ,  située  près  du  dos ,  et  en  gonflant 
d’air  leur  corps  extensible ,  faculté  qui  est 
commune  à  tous  les  Plectognathes ,  ce  qui 
n’empêche  pas  que  leur  allure  ne  soit  em¬ 
barrassée  et  qu’ils  ne  nagent  avec  diffi¬ 
culté. 

L’aiguillon  dont  est  armée  la  dorsale  des 
Balistes  leur  sert  d’arme  défensive  et  rare¬ 
ment  agressive.  Quand  l’animal  est  me¬ 
nacé,  il  le  redresse  avec  vivacité,  et  fait  à 
l’ennemi  qui  l’attaque  de  cruelles  blessures. 
C’est  à  la  présence  de  cette  arme  qu’ils  doi¬ 
vent  le  nom  qui  leur  a  été  donné  par  Artédi. 

Les  Balistes  ont  été  divisés  par  Cuvier  en 
quatre  sous -genres  :  les  Balistes  propre¬ 
ment  dits ,  les  Monacanthes  ,  les  Alutères 
et  les  Triacanthes.  Voy.  ces  mots. 

(C.  d’O.) 

BALIVEAUX,  bot.  —  Jeunes  arbres 
réservés  lors  de  la  coupe  d’un  taillis  pour 
devenir  des  bois  de  haute  futaie.  On  donne 


hUl 

encore  ce  nom  aux  Chênes  qui  n’ont  pas 
atteint  leur  quarantième  année.  (C.  »’0.) 

BALLARIA  et  BALLARION.  bot.cr. 
—  Selon Adanson,  ce  nom  était,  chez  les 
anciens ,  synonyme  de  Lichen.  Voyez  ce 
mot. 

BALLARIS.  bot.  cr.  —  Synonyme  de 
Conferve.  Voyez  ce  mot. 

BALLE.  bot.  —  Voyez  bale. 

BALLEL.  bot.  ph. — Synonyme  de  Con~ 
volvulus  riper  s  L.  Voyez  eiseron. 

*  B  ALLIA  (nom  propre),  bot.  cr.  (Phy- 
cées). —  Une  algue  recueillie  aux  Maloui- 
nes  par  M.  Gaudichaud  ,  et  décrite  par  M.- 
Agardh  (Spec.  Alg.,  II,  p.  23,  et  le.  Alg. 
eur.  Fasc.,  I,  t.  6)  sous  le  nom  d eSphace- 
laria  callitricha,  sert  de  type  à  ce  nou¬ 
veau  genre,  publié  par  M.  Harvey  dans  le 
Jow'nal  de  Botanique  de  M.  Hooker, 
(mai  1840,  p.  191,  t.  IX).  Les  échantillons 
vus  par  M.  Agardh,  de  même  que  ceux 
que  nous  avons  décrits  et  figurés  (voyez 
Amer,  mer.,  parM.  Aie.  d’Orbigny,  Sert. 
Patag.j  p.  7,  t.  IV,  f.  2),  étaient  complète¬ 
ment  décolorés  et  les  rameaux  peu  nom¬ 
breux,  qui  conservaient  une  teinte  rosée,  ne 
suffisaient  pas  pour  prononcer  avec  quel¬ 
que  certitude  sur  la  couleur  primitive  et 
normale  de  cette  algue.  II  paraît  que  M. 
Harvey  a  vu  le  premier  des  échantillons 
bien  conservés ,  et  qu’il  a  été  conduit  par 
cette  coloration;  caractère,  comme  nous 
l’avons  vu  déjà ,  d’une  assez  grande  valeur 
dans  les  Algues,  à  distraire  cette  plante, 
non  seulement  du  genre ,  mais  encore  de 
l’ordre  où  elle  avait  été  placée ,  et  à  l’élever 
ail  rang  de  genre,  dans  la  sous-famille  des 
Floridées.  Voici  les  caractères  qu’il  lui  assi¬ 
gne  :  Fronde  rose ,  transparente ,  composée 
d’une  tige  principale  cylindrique ,  cartilagi¬ 
neuse,  continue,  recouverte  de  villosités,  et 
de  rameaux  articulés,  distiques ,  plusieurs 
fois  pennés  ,  à  pinnules  opposées.  Fructifi¬ 
cation  ;  masse  presque  globuleuse ,  d’un 
rouge  brun ,  renfermée  dans  les  sommets 
sphacélés  des  rameaux  principaux  ou  se¬ 
condaires.  Nous  pensons  que  M.  Harvey  a 
bien  fait  de  reporter  cette  algue  parmi  les 
Floridées  ;  mais,  pour  éviter  de  nouveaux 
synonymes,  n’aurait- il  pas  dû  conserver  le 
nom  spécifique  de  callitricha  ? 

M.  Hombron ,  dans  l’expédition  au  pôle 
austral,  commandée  parM.  le  contre  amiral 


BAL 


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UkS 

d’Urville,  a  retrouvé  cette  algue,  et  en  a 
rapporté  des  îles  Aukland  deux  nouveaux 
individus  dans  un  bel  état  de  conservation. 
Saisissant  l’occasion  de  la  soumettre  à  un 
nouvel  examen ,  nous  avons  fait  les  obser¬ 
vations  suivantes.  La  tige  principale  repré¬ 
sente  un  tube  à  parois  épaisses  et  continues, 
composées  de  deux  ou  trois  couches  de  cel¬ 
lules  allongées ,  colorées  et  anastomosées 
entre  elles  dans  la  couche  extérieure,  comme 
on  le  voit  dans  les  Dasya;  mais  ce  tube  est 
cloisonné  de  distance  en  distance  dans  son 
intérieur  et  les  cloisons  participent  elles- 
mêmes  de  la  coloration  de  la  plante.  Quant 
à  la  fructification,  nous  avons  en  vain  cher¬ 
ché  celle  indiquée  par  M.  Decaisne  ( PI .  de 
VArah.  heur.,  p.  128),  et  qui  consiste, 
selon  lui ,  en  un  faisceau  de  filets  articulés 
assez  raides ,  du  milieu  desquels  naissent , 
comme  dans  les  Cernmium ,  de  un  à  trois 
utricules  tétrasporées.  Nous  n’avons  trouvé 
que  ce  que  M.  Agardh  avant  nous  et  plus 
récemment  M.  Harvey  ont  regardé  comme 
le  réceptacle  des  spores,  c’est-à-dire  un  ren¬ 
flement  sphéroïde  ou  en  massue  des  ra¬ 
meaux  de  premier  et  de  second  ordre.  De¬ 
puis  que  sa  couleur  normale  nous  est  con¬ 
nue  ,  nous  nous  garderions  bien  d’affirmer 
que  tels  sont  les  véritables  conceptacles  de 
l’algue  en  question,  et  encore  moins  de 
nier  la  présence  des  utricules  tétrasporées 
vues  par  M.  Decaisne.  Toutefois,  et  quoique 
nous  n’ayons  pu  y  rencontrer  de  vraies  spo¬ 
res,  nous  ne  saurions  non  plus  nous  résou¬ 
dre  à  trancher  la  question  et  à  décider  que 
ce  ne  soit  pas  là  un  des  moyens  de  repro¬ 
duction  de  cette  plante,  ainsi  que  l’ont  avancé 
les  deux  phycologues  cités  et  comme  nous 
l’avons  d’abord  cru  nous-même.  A  l’espèce 
déjà  connue  de  ce  genre  vient  s’en  ajouter 
une  seconde  dont  le  port  est  bien  différent 
et  qui  a  été  découverte  à  Akaroa  par  M. 
Hombron.  Ces  plantes  n’ont  encore  été 
trouvées  qu’aux  îles  Malouines ,  aux  îles 
Aukland  et  sur  les  côtes  de  la  Nouvelle-Hol¬ 
lande.  Ce  genre ,  dont  l’espèce  connue  res¬ 
semble  à  s’y  méprendre  au  Ptilota  plumo- 
sa  Ag.,  appartient  à  l’ordre  des  Céramiées. 
Il  a  des  affinités  d’une  part  avec  les  Cal - 
lithamnions  et  les  Dasya  ,  de  l’autre 
avec  les  Sphacélaires,  dont  il  parait  l’analo¬ 
gue  dans  cette  sous-famille,  et  enfin  avec  les 
Ceramium •  (C.  M  ) 


BALLIEIUA.  bot.  ph.  —  Voyez  bail- 

RIERIA. 

BALLIGOLLE  ,  BOULIGOXJLE, 
BRIGOULE.  bot.  cr. — Voyez  baligoule, 

BALLOT  A,  Tourn.  bot.  ph.  — ■  Genre 
de  la  famille  des  Labiées ,  dont  les  caractè¬ 
res  essentiels  sont  :  Calice  hypoeratérifor- 
me,  imberbe,  à  5  dents  égales.  Corolle  à 
tube  inclus  ;  lèvre  supérieure  en  forme  de 
casque  ;  lèvre  inférieure  à  lobe  moyen  ob- 
cordiforme ,  et  à  lobes  latéraux  échancrés. 
On  ne  connaît  qu’une  espèce  de  ce  genre;  le 
B.  foetida  Lamk.  ( Ballota  alba ,  et  Ballo- 
ta  nigra  Lin.);  cette  plante,  connue  sous 
les  noms  vulgaires  de  Marrube  puant.  oq 
Marruhc  noir,  est  commune  dans  les 
haies  et  les  décombres  ;  elle  participe  aux 
propriétés  stimulantes  qui  se  rencontrent 
chez  beaucoup  d’autres  Labiées.  (Sp.) 

*  BALLOTÉES.  bot.  ph. — On  a  donné 
ce  nom  à  une  sous-tribu  de  la  famille  des 
Labiées  {voyez  ce  mot) ,  ayant  pour  type 
le  genre  Ballota.  (A».  J.) 

BALLUM.  ois. —  Marsden  a  décrit  sous 
ce  nom  une  espèce  de  Pigeon  de  Sumatra, 
trop  peu  connue  pour  être  déterminée. 

BALMISIA.  bot.  ph. — Synonyme  d'A- 
risarum.  Voyez  ce  mot. 

BALO.  bot.  ph. — Nom  ou  genre  du  Plan 
coma  pendulum ,  qui  croit  en  abondance 
sur  les  côtes  de  Ténériffe.  Voyez  peacoma. 

*BALOGHIA  (nom  propre),  bot.  pe.t- 
Genre  de  plante  de  la  famille  des  Euphorbia- 
cées,  dédié  par  son  auteur,  M.  Endlicher,  à 
un  médecin  botaniste  et  voyageur,  Joseph 
Balogh,  qui  a  écrit  sur  les  plantes  de  la  Se- 
vie,  sa  patrie. — Les  fleurs  monoïques  pré¬ 
sentent  un  calice  5-parti,  imbriqué,  avec  les 
divisions  duquel  alternentô  pétales  et  un  dis¬ 
que  annulaire  à  cinq  lobes  opposés  à  ces 
mêmes  divisions;  les  mâles,  des  étamines  en 
nombre  indéfini,  dontles  filets  soudés  à  leur 
base  en  une  courte  colonne,  portent  chacun 
adnée  à  leur  sommet  une  anthère  extrorse  ; 
les  femelles,  un  ovaire  à  trois  loges  1-ovulées, 
surmonté  de  trois  stigmates,  chacun  profon¬ 
dément  divisés  en  deux  branches  longues  et 
contournées.  Le  fruit,  que  revêt  extérieu¬ 
rement  une  enveloppe  un  peu  charnue,  se 
sépare  néanmoins  à  la  maturité  en  trois 
coques  bivalves,  dont  s’est  séparé  préala¬ 
blement  le  sarcocarpe.  —  La  seule  espèce 
connue,  le  B .  lucida ,  est  un  arbrisseau,  de 


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449 


Pile  de  Norfolk  ;  à  feuilles  opposées  et  en¬ 
tières,  accompagnées  de  stipules  membra¬ 
neuses;  à  fleurs  disposées  en  corymbes 
terminaux,  dans  lesquels  toutes  sont  femel¬ 
les,  ou  les  inférieures  mâles.  Elle  est  figurée 
avec  une  excellente  analyse  dans  VJconogr. 
Gener .  Plant.  d’Endlicher,  5811  et  5812. 

(Ad.  J.) 

*  BALSAMACÉES.  bot.  i>h. —  Nom 

donné  par  M.  Lindley  aux  Balsamifluées. 
Voyez  ce  mot.  (Ad.  J.) 

BALSAMARIA.  bot.  th.  —  Genre 
de  la  famille  des  Guttifères,  établi  par 
Loureiro,  pour  le  Calophyllum  Ino- 
j)hyllum  L.,  à  cause  des  caractères  qui  le 
distinguent  de  ses  congénères,  et  qui  consis¬ 
tent  en  un  calice  composé  de  2  folioles  ;  5 
pétales  à  sa  corolle,  et  ses  étamines  réunies 
en  six  faisceaux.  Ce  végétal,  naturel  aux 
Indes-Orientales,  fournit  un  suc  connu  sous 
le  nom  de  Balsamum  Mariœ ,  et  qui  lui 
a  valu  son  nom.  (C.  d’o.) 

*  BALSAME A,  Gleditsch.  bot . th .  — Sy¬ 
nonyme  du  genre  Balsamodendron .  (Sr.) 

*  BALSAMIA.  bot.  va.  —  Synonyme 
d1  Arts  arum. 

*  BALSAMIFÈBE  ( Balsamum ,  Bau¬ 

me  ;  feroj  je  porte),  bot.  th. —  Qui  produit 
du  Baume.  (C.  d’O.) 

*  BALSAMIFLUÉES.  bot.  th.  —  M. 
Blume  a  séparé  le  genre  Liquidamhar  des 
Amentacées,  où  on  le  rapprochait  autre¬ 
fois  du  Platane,  et  il  en  a  formé  une  petite 
famille  distincte  à  laquelle  il  donne  ce  nom, 
et  qui  offre  les  caract.  suivants  :  Fleurs  uni- 
sexuelles,  où  les  deux  sexes  sont  réunis  sur 
le  même  arbre,  mais  séparés  sur  des  cha¬ 
tons  globuleux  différents. — Fleurs  mâles  : 
Anthères  nombreuses ,  dont  chacune  peut 
être  considérée  comme  une  fleur,  oblon- 
gues ,  presque  sessiles,  sans  calice,  mais 
entremêlées  de  quelques  petites  écailles  sur 
le  réceptacle  commun.  Fleurs  femelles  : 
Ovaire  accompagné  de  plusieurs  écailles 
verticillées  en  manière  de  calice ,  sur¬ 
monté  de  deux  styles  oblongs,  tout  hé¬ 
rissés  dans  leur  longueur,  sur  leur  moi¬ 
tié  interne  ,  de  papilles  stigmatiques  ;  à 
deux  loges  contenant  chacune  6-8  ovules 
peltés,  attachés  à  leur  angle  interne.  Il  de¬ 
vient  une  capsule  qui  s’ouvre  à  son  som¬ 
met  entre  les  deux  styles,  et  contient  une 
ou  plusieurs  graines  aplaties  et  amincies 


en  aile  membraneuse  dans  leur  pourtour. 
L’ensemble  de  ces  capsules  entremêlées 
des  écailles  qui  se  sont  accrues  et  durcies 
forme  une  sorte  de  cône.  La  graine,  sous 
une  enveloppe  membraneuse  et  sous  un 
périsperme  mince  et  cartilagineux,  présente 
un  embryon  droit ,  à  cotylédons  foliacés,  à 
radicule  courte,  dirigée  vers  le  sommet  du 
fruit.  —  Les  espèces  du  genre  unique  jus¬ 
qu’ici  connu  [yoy.  liquidambar)  sont  de 
grands  arbres  à  feuilles  alternes,  dont  un 
croît  dans  l’Amérique  du  nord ,  et  deux  en 
Asie.  Ils  sont  remarquables  par  l’abondance 
de  suc  résineux  de  la  nature  des  Baumes  que 
fournit  leur  écorce,  et  dont  on  a  tiré  le  nom 
de  la  famille  et  celui  de  l’espèce  la  plus 
communément  répandue.  (Ad.  J.) 

BALSAMINACÉES.  bot.  va.— Voyez 

BALSAMINEES. 

BALSAMINE.  Balsamina,  Tournef.; 
Impatiens,  Lin.  bot.  th.— -  Ce  genre  a  été 
démembré  de  la  famille  des  Géraniacées , 
pour  devenir  le  type  de  celle  des  Balsami- 
nées.  Ses  caractères  sont  :  Calice  à  deux 
divisions  ;  corolle  à  quatre  pétales,  irrégu¬ 
lière:  le  pétale  supérieur  en  capuchon;  l’in¬ 
férieur  éperonné,  et  les  deux  latéraux  bi- 
appendiculés  ou  bilobés.  Étamines  5,  à  an¬ 
thères  d’abord  un  peu  connées  ;  capsule 
supère  à  cinq  valves  ,  s’ouvrant  avec  élas¬ 
ticité.  —  Sur  douze  espèces  environ  que 
renferme  ce  genre,  deux  méritent  d’être 
connues.  La  Balsamine  des  jardins  ( Im¬ 
patiens  Balsamina  Lin.  )  est  annuelle 
et  originaire  de  l’Inde,  d’où  elle  fut  appor¬ 
tée  en  Europe  dès  avant  le  xve  siècle.  Sa 
tige  est  haute  de  quatre  à  huit  décimètres, 
épaisse,  charnue,  rougeâtre  ou  blanchâtre, 
très  rameuse.  Ses  feuilles  sont  sessiles, 
alternes,  lancéolées,  dentées,  un  peu  char¬ 
nues.  Ses  fleurs  sont  réunies  en  bouquets 
sur  des  pédoncules  simples  et  axillaires. — 
Cette  plante  est  très  cultivée  dans  nos  jar¬ 
dins,  et  on  en  a  obtenu  beaucoup  de  varié¬ 
tés  à  fleurs  simples  ou  doubles ,  rouges, 
roses,  violettes ,  panachées  ou  blanches, 
produisant  toutes  un  effet  assez  agréable. 
On  la  multiplie  en  semant  au  printemps 
des  graines  cueillies  sur  de  belles  variétés, 
et  l’on  obtient  des  fleurs  d’autant  plus 
grosses  et  plus  belles ,  qu’on  arrose  da¬ 
vantage.  —  La  Balsamine  des  bois  {Impa¬ 
tiens  noli-tangere  Lin.)  est  vivace  et  se 
29 


T.  II. 


450 


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BAL 


trouve  en  France,  dans  les  "bois.  Sa  tige  est 
haute  de  six  à  huit  décimètres.  Ses  feuilles 
sont  grandes,  ovales,  dentées ,  courtemenl 
pétiolées.  Ses  fleurs  jaunes ,  éperonnées, 
produisent  peu  d’effet,  et  cependant  ce 
végétal  mériterait  d’être  cultivé  à  cause  de 
ses  feuilles,  qui  se  mangent  comme  les  épi¬ 
nards,  et  qui,  en  outre,  servent  à  teindre 
la  Laine  en  jaune.  —  On  a  nommé  ces 
plantes  impatientes  parce  que,  lors  de  la 
maturité,  pour  peu  qu’on  touche  à  leur 
tige ,  les  capsules  se  contractent  subite¬ 
ment,  et  leurs  valves,  en  se  roulant,  lan¬ 
cent  leurs  graines  au  dehors.  (Boit.) 

B  ALS  AMINÉE  S.  bot.  ph.  —  Cette  fa¬ 
mille  de  plantes  (Jicotylédonées ,  à  corolle 
polypétale  et  étamines  hypogynes  ,  qui  a 
reçu  aussi  le  nom  de  Balsaminacèes ,  et, 
d’après  un  de  ses  genres  ,  celui  ÜHydro- 
cèrêes ,  présente  le  plus  souvent  des  fleurs 
irrégulières  ,  qui  ont  été  considérées  sous 
des  points  de  vue  différents  par  les  divers 
auteurs.  Nous  suivrons  ici  le  travail  le  plus 
récent  et  le  plus  complet,  celui  de  M.  Rœ- 
per,  dont  les  résultats  paraissent  aujour¬ 
d’hui  généralement  adoptés ,  et  d’après  le¬ 
quel  les  caractères  peuvent  être  exposés  de 
la  manière  suivante  :  Calice  à  cinq  folioles, 
dont  deux,  celles  qui  sont  situées  en  dehors 
dans  l’inflorescence,  sont  souvent  dans  un 
des  genres  très  petites ,  rudimentaires ,  ou 
même  disparaissent  complètement,  et  ré¬ 
duisent  ainsi  le  nombre  apparent'  des  fo¬ 
lioles  à  trois  ;  de  ces  trois ,  deux  fort  petites 
elles  -  mêmes  sont  extérieures  ,  opposées 
entre  elles  sur  les  côtés  de  la  fleur  ;  la  troi¬ 
sième  enfin  est  tournée  du  côté  de  l’axe  de 
l’inflorescence ,  fort  grande ,  au  point  d’em¬ 
brasser  dans  le  bouton  presque  tout  le  reste 
de  la  fleur,  prolongée  inférieurement  en 
un  éperon  creux  plus  ou  moins  long,  élar¬ 
gie  et  concave  dans  tout  le  reste  de  son 
étendue.  Pétales  au  nombre  de  cinq  et  al¬ 
ternant  avec  les  folioles  du  calice ,  mais  dont 
le  nombre  et  les  rapports  apparents  sont 
souvent  aussi  changés  par  la  soudure  des  4 
pétales  les  plus  intérieurs  deux  à  deux  ;  le 
cinquième,  qui  les  embrasse  dans  le  bouton, 
situé  directement  en  dehors  dans  l’inflores¬ 
cence,  et  par  conséquent  opposé  à  la  foliole 
éperonnée,  présente  souvent  extérieurement 
une  couleur  verte,  qui  l’a  fait  compter  parmi 
les  nièces  du  calice  par  quelques  auteurs,  qui 


reconnaissent  alors  seulement  4  sépales  et  4 
pétales  et  supposent  l’avortement  du  cinquiè¬ 
me.  L’irrégularité  cesse  pour  les  autres  ver- 
ticilles  de  la  fleur,  qui  ne  peuvent  donner  lieu 
à  aucun  doute,  et  qui  ont  pu  ainsi  servir  de 
guides  pour  déterminer  rigoureusement  les 
précédentes.  On  a  cinq  étamines  alternes 
avec  les  pétales  ,  intimement  et  constam¬ 
ment  soudées  entre  elles  par  les  bords  de 
leurs  anthères  et  le  sommet  de  leurs  filets 
élargis,  tandis  que  les  bases  de  ceux-ci  sont 
distinctes.  Ovaire  coiffé,  à  une  certaine  épo¬ 
que,  par  l’appareil  des  étamines  soudées, 
dont  les  filets  se  sont  inférieurement  rom¬ 
pus  ,  libre ,  à  cinq  loges  alternant  avec 
les  étamines  et  renfermant  chacune  un  ou 
plusieurs  ovules  suspendus  à  l’angle  in¬ 
terne  ,  surmonté  d’un  stigmate  sessile , 
conique ,  entier  ou  5-parti.  Il  devient  un 
drupe  à  noyau  5-loculaire,  ou,  plus  ordinai¬ 
rement  ,  une  capsule  dont  la  portion  exté¬ 
rieure  se  sépare  élastiquement  à  la  matu¬ 
rité  en  5  valves,  roulées  chacune  soit  en  de¬ 
dans,  soit  en  délions,  tandis  que  l’intérieure 
•persiste  sous  la  forme  d’une  colonne  cen¬ 
trale  chargée  de  graines ,  entre  les  rangs 
desquelles  on  aperçoit  le  reste  des  cloisons 
longitudinales  qui  étaient  incomplètes  vers 
le  sommet.  La  graine,  de  forme  ovoïde, 
sous  une  enveloppe  mince  et  membràfieuse, 
présente  un  embryon  dépourvu  de  péris- 
perme ,  dont  la  radicule  est  supère  et  très 
courte ,  dont  les  cotylédons  plans  par  leurs 
surfaces,  en  contact  et  convexes  sur  l’autre, 
forment  presque  toute  la  masse. 

Les  Balsaminées  sont  des  plantes  herba¬ 
cées,  d’un  tissu  le  plus  ordinairement 
assez  succulent  ;  à  feuilles  simples ,  oppo¬ 
sées  ou  alternes ,  sans  stipules  ;  à  fleurs  so¬ 
litaires  ,  ou  réunies  au  nombre  de  2  ou  B  aux 
aisselles  des  feuilles ,  ou  rarement,  par  l’a¬ 
vortement  de  celles-ci ,  formant  une  grappe 
terminale,  dont  les  corolles  jaunes ,  blan¬ 
ches,  roses,  violacées,  ont  beaucoup  de  ten¬ 
dance  à  se  panacher  et  à  doubler  par  la  cul¬ 
ture.  —  Leurs  espèces,  qui  se  plaisent  dans 
les  lieux  humides  et  ombragés ,  se  rencon¬ 
trent  presque  toutes  dans  les  parties  chau¬ 
des  ou  tempérées  de  l’Asie  orientale.  On 
trouve  un  petit  nombre  en  Afrique  et 
dans  l’Amérique  du  nord,  une  seule  en 
Europe. 

Genres  :  Impatiens ,  L.  (Balsamina  f 


BAL 


Riv. ,  distingué  encore  génériquement  par 
quelques  auteurs).  —  Hydroccra,  Blum. 
(Tytonia,  Don.).  (Ad.  J.) 

BALSAMITE.  Balsamita  (  Balsa- 
mum ,  Baume),  bot.  th.  —  Genre  de  la 
famille  des  Synanthérées,  tribu  des  Sé- 
nécionidées,  formé  par  Desfontaines  au 
moyen  du  démembrement  du  genre  Ta- 
nacetum.  Ses  caractères  essentiels  sont  : 
Involucre  imbriqué  ;  fleurons  tubuleux  et 
graines  membraneuses.  —  On  en  con¬ 
naît  environ  douze  espèces  propres  à  l’an¬ 
cien  continent.  La  plus  commune  et  la  plus 
remarquable  est  la  B.  suaveolcns  Desf., 
vulgairement  appelée  Baume  des  jardins 
ou  Menthe-Coq.  C’est  une  plante  vivace } 
fort  aromatique,  qui  croît  naturellement 
dans  les  parties  méridionales  de  la  France , 
et  est  cultivée  dans  nos  jardins.  Les  botanis¬ 
tes  modernes  ont  fait  de  la  Balsamite  le  g. 
Plagius,  et  c’est  sous  ce  nom  que  la  dési¬ 
gnent  Endlicher,  De  Candolle  et  Lindley. 

(C.  d’O.) 

*  BALSAMODENBRON,  Kunth  ((3aX- 
oap.o; ,  Baume  ;  J'svô'pov ,  arbre).  bot.  th. 

—  Genre  de  la  famille  des  Térébinthacées, 
auquel  son  auteur  assigne  les  caractères 
suivants  :  Fleurs  diclines.  Calice  4-denté, 
persistant.  Pétales 4,  linéaires-oblongs,  val- 
vaires  en  préfloraison.  Étamines  8,  insé¬ 
rées  sous  un  disque  annulaire  ;  filets  alter¬ 
nes  chacun  avec  une  glandule.  Style  court, 
indiYisé  ,  obtus.  Drupe  1-ou  2-îoculaire  , 
ovoïde,  pointu,  4-sulqué  ;  loges  1-spermes. 

—  Arbres  ou  arbrisseaux.  Feuilles  3-ou  5- 

foliolées;  folioles  sessiles,  non  ponctuées. 
Ce  genre,  fondé  aux  dépens  des  Amyris , 
ne  comprend  que  4  ou  ô  espèces;  l’une 
d’elles  ( B .  Opobalsamum  Kunth)  est  re¬ 
marquable  parce  qu’elle  produit  le  fameux 
Baume  de  la  Mecque ,  ou  Bauime  de 
Judée.  (Sr. 

BA’LSAMOftfA  ((3àX<ja[/.ov,  Baume),  bot. 
ph.  —  Synonyme  de  Cuphea.  Voyez  ce 
mot. 

BALSAMOPHORA  ([3aXcau.oç,  Baume; 
«popo'ç,  qui  porte),  bot.  ph.  —  Synonyme 
d  '  Heliopsis. 

BALSAMORHIZA  ((3àX<r<mo?,  Baume  ; 
pî£a,  racine),  bot.  ph.  — •  Synonyme  d’He- 
liopsis  lerebinthacea . 

BALSAMIJM.bot.ph. — Synonyme  latin 
de  Baume.  Voyez  ce  mot. 


BAM  451 

BALTIMORA..  bot,  ph,  —  Synonyme 

de  Fougerouxia. 

BALTIMORE,  ois.  — Espèce  du  genre 
Troupiale,  Oriolus  baltimora  ,  dont 
Vieillot  a  formé  le  genre  Baltimore  , 
Yphantes.  Voy.  troupiale. 

*  BALTIMOREES.  Baltimorœ.  bot. 
ph. — Cassini  a  donné  ce  nom  à  un  groupe  de 
la  section  des  Hélianthées  rudbecldées ,  et 
Lessing  à  une  section  de  la  sous-tribu  des 
Sénécionidées  ambrosiées,  ayant  pour  type 
le  genre  Baltimora.  (C.  d’O.) 

BAMBOCHES,  bot.  ph.— Nom  donné 
aux  jeunes  pousses  du  Bambou, ’dont  on  fait 
des  cannes. 

BAMBOS.  bot.  ph.  —  Syn.  de  bambou. 

BAMBOU.  Bambusa.  bot.  ph. — Genre 
de  la  famille  des  Graminées,  d’abord  établi 
par  Retz  ( Observ .,  p.  24) ,  sous  le  nom  de 
Bambos,  qui  a  été  simplement  modifié  en 
celui  de  Bambusa,  par  Schreber.  Ce  genre 
a  pour  type  YArundo  Bambos  de  Linné  , 
graminée  gigantesque,  originaire  de  l’Inde, 
et  décrite  par  tous  les  voyageurs  sous  le 
nom  de  Bambou.  Nous  allons  d’abord 
donner  les  caractères  du  genre  Bambusa , 
tel  que  le  circonscrivent  aujourd’hui  la  plu¬ 
part  des  agrostographes  et  botanistes  mo¬ 
dernes, après  quoi  nousindiquerons  sommai¬ 
rement  les  espèces  qu’on  en  a  retirées  pour 
en  constituer  des  genres  distincts.  Voici  les 
caractères  du  genre  Bambusa:V pillets  géné¬ 
ralement  comprimés  et  multiüores.  Fleurs 
disposées  sur  deux  rangs  ;  les  inférieures 
ordinairement  neutres  et  avortées,  réduites 
à  une  simple  écaille  ,  tout  à  fait  analogue 
à  celles  qui  composent  la  lépicène  ;  les  au¬ 
tres  fleurs,  tantôt  hermaphrodites  ,  tantôt 
au  contraire  mâles ,  avec  une  seule  qui  soit 
hermaphrodite.  Lépicène  formée  de  deux 
écailles  petites,  concaves  et  dépourvues  d’a¬ 
rête.  Glume  composée  de  deux  paillettes 
coriaces:  l’inférieure  concave,  allongée  ou 
plus  ou  moins  mucronée  au  sommet  ;  la  su¬ 
périeure  plus  étroite  et  portant  deux  ner¬ 
vures  saillantes.  Étamines  généralement 
au  nombre  de  six,  plus  longues  que  les 
valves  de  la  glume.  Ovaire  accompagné  à 
sa  base  par  trois  paléoles  courtes ,  entières 
et  ciliées  dans  leur  contour,  et  surmonté 
d’un  style  simple  inférieurement ,  divisé 
en  deux  ou  trois  branches,  portant  cha¬ 
cune  un  stigmate  plumeux.  Fruit  sim- 


BAN 


Ü52  BÀM  - . - 

élément  recouvert  par  les  paillettes  de  la 
glume. 

Tel  que  nous  venons  de  le  caractériser,  le 
genre  Bambusa  se  compose  d’une  dou¬ 
zaine  d’espèces  ,  Graminées  souvent  gigan¬ 
tesques,  toutes  originaires  de  l’Inde  ou  des 
grandes  îles  de  la  Sonde  Plusieurs  genres 
ont,  avec  celui  que  nous  venons  de  décrire, 
beaucoup  d’analogie ,  et  ont  été  formés 
d’espèces  qui  d’abord  avaient  fait  partie 
du  genre  Bambusa.  Tels  sont  surtout  les 
genres  Nastus ,  Chnsquea  et  Guadua ■  Le 
genre  Nastus ,  établi  par  Jussieu,  diffère 
surtout  par  ses  épillets  qui  ne  contiennent 
jamais  qu’une  seule  fleur  hermaphrodite 
terminale,  toutes  les  autres  étant  neutres  et 
réduites  à  une  seule  écaille  ,  enfin  par- ses 
trois  stigmates  sessiles.  M.  Kunlh  a  formé, 
sous  le  nom  de  Chusquea ,  un  genre  dont 
les  épillets  sont  simplement  triflores  5  la 
fleur  terminale  est  seule  hermaphrodite. 
Cette  fleur  offre  trois  étamines,  deux  styles 
et  deux  stigmates.  Le  genre  Guadua , 
du  même  botaniste,  se  distingue  par  des 
épillets  multiflores  et  cylindriques ,  et  les 
fleurs  inférieures  sont  neutres  ef  stériles. 
Enfin,  on  a  dû  former  un  genre  distinct, 
sous  le  nom  de  Beesha ,  déjà  indiqué  par 
Rheede,pour  le  Bambusa  bac  ci  fer  a  Roxb . 

( Çorom .,  III,  p.  30,  t.  242);  genre  qui  se  dis¬ 
tingue  surtout  par  son  fruit  charnu  et  très 
volumineux. 

Parmi  les  espèces  du  genre  Bambusa  , 
nous  mentionnerons  ici  la  plus  remarqua¬ 
ble  et  la  plus  intéressante  de  toutes,  la 
Bambusa  arundinacea Roxb .  {Corom. ,  I, 
p.  56,  t.  79).  C’est  une  graminée  gigantes¬ 
que  qui  croît  dans  l’Inde ,  soit  au  milieu 
des  forêts ,  soit  dans  les  plaines  ou  sur  les 
montagnes,  où  elle  recouvre  souvent  d’im¬ 
menses  espaces.  C’est  de  l’Inde ,  sa  patrie 
primitive,  qu’elle  a  ensuite  été  transportée 
dans  toutes  les  régions  chaudes  du  globe  où 
elle  a  fini  par  se  naturaliser.  Rien  de  plus 
merveilleux  que  les  touffes  du  Bambou, 
dont  les  tiges  élégantes  s’élèvent  quelque¬ 
fois  à  une  hauteur  de  vingt  et  même  de 
vingt-cinq  mètres.  Ce  végétal  à  la  fois  élé¬ 
gant  et  majestueux,  imprime,  ainsi  que 
l’ont  remarqué  la  plupart  des  voyageurs,  un 
cachet,  un  aspect  tout  particulier  aux  pay¬ 
sages  des  régions  tropicales.  Ses  tiges  sont 
simples  ;  mais  de  leurs  nœuds  naissent  sou¬ 


vent  un  très  grand  nombre  de  petits  ra¬ 
meaux  verticillés,  chargés  de  feuilles  nom¬ 
breuses.  Celles-ci,  souvent  fort  grandes, 
sont  d’un  vert  clair  et  agréable.  Les  fleurs 
forment  des  espèces  de  panicules  interrom¬ 
pues  et  ramifiées. 

Dans  les  pays  où  le  Bambou  croît  spon¬ 
tanément,  comme  dans  ceux  où  on  le  cultive, 
on  tire  un  grand  avantage  de  cet  arbre  ;  ain¬ 
si,  ses  tiges  creuses  et  légères  sont  cepen¬ 
dant  d’une  très  grande  solidité.  Les  plus 
grosses  servent  souvent  de  charpente  pour 
la  construction  des  édifices  publics  ou  des 
habitations  particulières.  On  peut  égale¬ 
ment  en  faire  des  vases,  des  sceaux  ou 
d’autres  ustensiles  de  ménage.  Les  tiges 
plus  faibles  sont  employées  pour  faire  des 
palissades,  des  clôtures ,  des  parois  ou  des 
cloisons  dans  les  habitations.  Enfin,  avec  les 
fibres  qu’on  en  détache,  on  fait  des  nattes, 
des  corbeillles  ou  des  paniers  très  solides. 
A  une  certaine  époque,  il  découle  de  leurs 
nœuds  une  liqueur  douce ,  agréable  et  su¬ 
crée  ,  susceptible  de  fermenter  et  qui  sert 
de  boisson  dans  plusieurs  des  pays  où  le 
Bambou  est  abondant.  (A.  R.) 

BAMBUSACÉES.  bot.  ph.  —  Voyez 

BAMBUSÉES. 

*BAMBUSÉES.  jSamÙMseaî.BOT.rH. — 
Le  professeur  Nees  d’Esenbeck  {Linnœa , 
t.  IX,  p.  461)  a  formé  sous  ce  nom  une  tribu 
dans  la  famille  des  Graminées,  tribu  compo¬ 
sée  des  genres  Arundinaria,  Rich.  ;  Strep- 
togyna,  P.  Beauv.;  Chusquea, Kunth. ;  Me- 
rostachys,  Spreng.;  Nastus ,  Juss.;  Bam¬ 
busa,  Schreb.;  Beesha ,  Rheed.;  Strepto- 
chæta ,  Nees.  Voy.  graminées.  (A.  R.) 

*  BAMBUSELLA  (diminutif  de  Bam¬ 
busa).  bot.  ph.  —  Nom  employé  par  Rei- 
chenbach  et  qui  est  synonyme  de  Pani- 
cum. 

B  AN  AB  A.  bot.  ph. —  Voy.  banava. 

B  AN  AN  A  ou  BONANA.  ois.  —  Syn. 
de  Troupiale  et  de  Gros-Bec,  selon  Sloane 
et  Brisson.  Voy.  ces  deux  mots. 

BANANE,  bot.  ph.  —  Fruit  du  Bana¬ 
nier.  Voyez  ce  mot. 

BANANIER.  Musa ,  Lin.  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Musacées  ou  Scita- 
minées,  ayant  pour  caractères  :  Régime  en¬ 
veloppé  dans  une  spathe  avant  la  floraison  ; 
ovaire  inférieur,  très  grand,  triloculaire. 
Style  terminé  par  un  stigmate  concave  et 


BAN 


bordé  de  six  dents.  Étamines  6,  insérées  au 
sommet  de  l’ovaire.  Périgone  à  deux  péta¬ 
les  :  l’un  relevé ,  droit ,  à  cinq  lanières  au 
sommet;  l’autre  concave,  en  partie  renfermé 
dans  le  premier.  Fruit  consistant  en  une 
sorte  de  baie  triangulaire  et  allongée. —  Le 
Bananier  n’est  point  un  arbre ,  comme  on  le 
croit  généralement  en  Europe  ;  mais  bien 
une  plante  herbacée ,  vivace  seulement  par 
ses  drageons ,  et  dont  la  tige  périt  aussitôt 
qu’elle  a  donné  son  fruit.  Cette  plante,  dans 
sa  végétation,  a  une  analogie  frappante  avec 
celle  de  la  famille  des  Liliacées  ;  un  plateau 
charnu  ,  analogue  à  une  bulbe  ,  émet  des 
racines  fibreuses  en  dessous  et  des  feuilles 
en  dessus.  Ces  feuilles,  longues  de  deux  à 
trois  mètres  et  larges  d’un  mètre  environ , 
se  succèdent  rapidement,  et  leurs  pétioles 
persistants,  qui  s’engaînent  les  uns  dans  les 
autres,  forment,  en  se  desséchant,  une  sorte 
de  tige  atteignant  de  trois  à  cinq  mètres  de 
hauteur.  Elle  est  traversée,  dans  son  centre 
et  dans  toute  sa  longueur,  par  une  hampe 
qui  naît  sur  le  milieu  de  la  bulbe  et  va  sor¬ 
tir  au  sommet,  à  côté  de  la  feuille  terminale. 
Là,  cette  hampe  se  recourbe,  se  penche  vers 
la  terre,  et  se  termine  par  une  espèce  de 
régime  portant  les  fleurs  femelles  et  les 
fruits  à  sa  base ,  et  les  fleurs  mâles  à  l’ex¬ 
trémité.  Dans  les  climats  chauds,  toutes  ces 
évolutions  se  font  en  un  an  ou  dix-huit 
mois ,  et  la  plante  périt  quand  ses  fruits 
sont  mûrs  ;  mais ,  dans  nos  serres ,  il  n’en 
est  pas  de  môme,  probablement  faute  de 
chaleur;  et  je  me  souviens  d’avoir  vu,  dans 
les  serres  de  M.  Boursault,  un  Bananier 
qui  a  vécu  plus  de  douze  ans. 

Les  chrétiens  d’Orient  ont  avancé  que  le 
Bananier  n’était  rien  moins  que  l’arbre 
fatal  de  la  science  du  bien  et  du  mal,  dont  le 
fruit  tenta  notre  première  mère,  et  ils  ajou¬ 
tent  que,  lorsque  Adam  et  Eve  reconnurent 
leur  nudité,  c’est  avec  les  feuilles  de  cette 
plante  qu’ils  la  couvrirent. Quoi  qu’il  en  soit, 
ce  végétal,  d’un  aspect  superbe  et  tout  à 
fait  étrange  aux  yeux  d’un  Européen ,  est 
un  des  plus  utiles  de  ceux  que  la  nature  a 
plantés  entre  les  tropiques.  Deux  espèces 
surtout,  le  Bananier  du  paradis  et  le  Bana¬ 
nier  des  sages,  fournissent  aux  malheureux 
nègres  une  bonne  partie  de  leur  nourriture 
habituelle.  Le  fruit  du  premier,  nommé 
Banane ,  et  plus  ordinairement  Planta - 


BAN  hht, 

i  nier  par  les  Espagnols ,  demande  à  être 
cueilli  un  peu  avant  sa  maturité,  c’est-à-dire 
au  moment  où  sa  couleur ,  d’abord  verte , 
commence  à  passer  au  jaune  ;  une  peau  un 
peu  rude  recouvre  une  chair  molle ,  d’une 
saveur  douce  et  agréable,  mais  on  le  mange 
rarement  cru.  Communément, on  le  fait  cuire 
au  four  ou  sous  la  cendre ,  ou  dans  l’eau 
avec  de  la  viande  salée  ;  ainsi  préparé ,  il 
est  très  sucré ,  très  nourrissant  et  d’une  fa¬ 
cile  digestion.  Quelquefois,  après  l’avoir 
pelé,  on  le  coupe  par  tranches  longues  qu’on 
enveloppe  d’une  pâte  légère  qu’on  fait 
frire  comme  des  beignets.  La  Banane  cour¬ 
te,  ou  Figue  Banane,  produite  par  le  Ba¬ 
nanier  DES  sages,  se  mange  toujours  crue; 
sa  chair  est  délicate,  molle,  fraîche,  excel¬ 
lente,  et  n’a  besoin  d’aucun  assaisonnement. 
Les  Bananes  vertes  contiennent  beaucoup  de 
fécule  ;  mûres ,  elles  n’offrent  plus  que  du 
sucre ,  mais  en  telle  abondance  que  sous  ce 
rapport  elles  le  disputent  à  la  Canne  et  à  la 
Betterave.  Ces  fruits  ne  peuvent  pas  se  gar¬ 
der  longtemps  ;  aussi ,  pour  les  conserver, 
a-t-on  imaginé  de  les  couper  en  tranches 
mincés  et  de  les  faire  sécher.  Quelquefois 
encore  on  les  râpe  après  les  avoir  dépouillés 
de  leur  peau;  on  les  met  à  la  presse,  et  on  les 
fait  cuire  ensuite  dans  une  poêle,  à  la  ma¬ 
nière  du  Manioc.  Ce  procédé  les  convertit 
en  une  farine  longtemps  saine  et  bonne, 
et  dont  on  peut  faire  une  bouillie  agréa¬ 
ble  et  très  nourrissante.  Dans  les  Phi¬ 
lippines,  on  utilise,  en  les  filant,  les  fi¬ 
bres  extrêmement  ténues  qui  composent  en 
grande  partie  le  pétiole  des  feuilles ,  et  l’on 
en  forme  des  tissus  extrêmement  fins, connus 
sous  le  nom  de  nipis. Partout  on  couvre  les 
cases  et  les  pauvres  habitations  avec  les 
feuilles  de  Bananier,  quoiqu’elles  soient  très 
fragiles  et  ordinairement  déchiquetées  trans¬ 
versalement  par  les  vents. 

Les  Bananeries  s’établissent  ordinaire¬ 
ment  dans  les  terrains  frais  et  ombragés , 
sur  le  bord  des  rivières,  des  ruisseaux  et 
des  ravins,  en  un  mot,  au  fond  des  vallées 
les  plus  profondes,  afin  de  les  préserver  des 
ouragans  qui  les  renversent  et  les  déraci¬ 
nent.  On  les  plante  à  deux  ou  trois  mètres 
de  distance  en  tous  sens,  et  une  fois  arrivés 
à  un  certain  degré  de  force  ils  ne  demandent 
aucun  soin.  Chaque  cenü  mètres  carrés,  bien 
tenus  et  dans  une  exposition  convenable, 


BAN 


BAN 


m 

produisent,  terme  moyen,  deux  mille  kilo¬ 
grammes  de  Bananes  ;  ce  qui  fournit  une  ré¬ 
colte  plus  considérable,  en  matière  nutritive, 
qu’aucune  autre  plante  cultivée.  Le  Froment, 
dans  une  même  étendue,  ne  donne  guère  que 
quinze  kilogrammes  de  grains  ;  et  les  Pom¬ 
mes  de  terre  produisent,  en  poids,  quarante- 
trois  fois  moins  que  les  Bananes.  On  les 
multiplie  uniquement  de  rejetons,  et  cepen¬ 
dant  on  en  a  obtenu  un  grand  nombre  de 
variétés ,  depuis  la  grosseur  d’un  petit  Cor¬ 
nichon  jusqu’à  celle  d’un  moyen  Concombre. 
Leur  culture  est  très  répandue  en  Amérique, 
où  ils  ont  été  transportés ,  en  Asie  et  en 
Afrique.  M.  Bory  de  Saint-Vincent  dit  en 
avoir  vu  à  Madère,  ce  qui  prouverait  que 
cette  plante  exige  moins  de  chaleur  qu’on 
ne  le  croyait. 

Le  Bananier  a  fruit  long  ( Musa  para- 
disiaca  Lin.)  est  originaire  des  Indes.  Sa 
tige  est  cylindrique ,  grosse  de  quatre  à  six 
mètres  de  hauteur,  et  se  termine  par  une 
touffe  de  feuilles  longues  de  deux  à  trois  mè¬ 
tres  et  larges  de  soixante-cinq  centimètres  à 
un  mètre  de  largeur;  elles  sont  pétiolées, très 
lisses,  ovales  oblongues,  à  nervures  trans¬ 
versales  et  parallèles;  le  spadiceest  penché. 
Les  fleurs  mâles  sont  persistantes  ;  les 
fruits,  longs  de  douze  à  quinze  centimètres, 
un  peu  arqués,  sont  quelquefois  au  nombre 
de  cent  et  plus  sur  le  même  régime.  En 
France,  on  le  cultive  dans  les  serres  chaudes, 
d’où  il  ne  doit  jamais  sortir,  et  il  y  fructifie 
assez  aisément,  si  on  l’y  plante  en  pleine 
terre  légère  et  substantielle.  Il  exige  beau¬ 
coup  d’arrosement  en  été,  et  se  multiplie  de 
drageons ,  ou  de  graines  quand  il  en  pro¬ 
duit  ,  ce  qui  est  très  rare ,  même  dans  son 
pays.  Toutes  les  espèces  se  cultivent  de 
même  et  produisent  un  magnifique  effet 
dans  nos  serres.  On  en  possède  une  char¬ 
mante  variété,  Musa  violacea  H.  P. 

Bananier  figuier  (  Musa  sapientum 
Lin.)  des  Indes.  Sa  tige  est  maculée  de 
pourpre  foncé,  et  s’élève  plus  que  celle  du 
précédent.  Ses  feuilles  sont  veinées  de  la 
même  couleur.  Ses  fleurs  mâles  ne  sont  pas 
persistantes;  ses  fruits  sont  meilleurs,  plus 
courts,  plus  droits,  plus  serrés.  Comme  le 
précédent,  il  a  fourhi  un  grand  nombre  de 
variétés,  parmi  lesquelles  on  cultive  le  Mu¬ 
sa  ylauca  H.  P. 

Bananier  des  troglodytes  (  Musa  tro- 


glodytarum  Lin.  ,  Musa  uranoscopus 
Rumph.)  des  Moluques.  Il  diffère  des  précé¬ 
dents  par  son  spadice  droit  et  par  ses  spathes 
caduques.  Ses  fruits  sont  petits,  irrégulière¬ 
ment  tachés  de  rouge  et  striés  de  noirâtre. 

Bananier  écarlate  ( Musa  coccinca  An- 
dr.)  de  la  Chine.  Tige  de  un  à  deux  mètres  ; 
spadice  droit  ;  spathes  serrées ,  grandes , 
d’un  écarlate  très  brillant,  jaunes  à  leur 
extrémité  ;  stigmates  en  tête,  lisses  ;  semen¬ 
ces  lisses  et  ovales. 

Bananier  de  la  chine  ( Musa  sinensis 
H.  P.).  Ce  n’est  probablement  qu’un  variété 
du  sapien  tum  ;  mais  il  est  plus  vigoureux 
et  ne  s’élève  qu’à  la  hauteur  de  deux  mètres 
environ  ;  régime  très  grand  ;  fruits  petits , 
excellents,  mûrissant  très  bien  en  serre. 

Bananier  a  sfathe  rose  ( Musa  discolor 
et  Musa  rosea  Hortul.).  Tige  de  trois  à 
quatre  mètres.  Feuilles  violacées  en  dessous 
dans  leur  jeunesse  ,  et  ensuite  seulement 
sur  leur  nervure  principale  ;  spadice  droit  ; 
à  spathes  roses  et  caduques.  (Boit.) 

BANANIERS,  bot.  ph.— Synonyme  de 
musacées.  Voyez  ce  mot. 

BANARA,  Aubl.  bot.  th. —  Genre  de 
la  famille  des  Bixacées,  auquel  on  attribue 
les  caractères  suivants  :  Fleurs  hermaphro¬ 
dites;  calice  6-parti,  persistant;  pétales  6, 
arrondis,  insérés,  sous  un  disque  hypogyne. 
Étamines  très  nombreuses  ;  ovaire  1-locu- 
laire,  à  3  placentaires  multi-ovulés.  Style 
indivisé  ;  stigmate  capitellé.  Baie  presque 
sèche,  globuleuse,  I-loculaire,  polysperme. 
— Ce  genre  appartient  à  l’Amérique  équa¬ 
toriale.  On  n’en  connaît  que  quelques  es¬ 
pèces  ;  ce  sont  des  arbrisseaux  à  feuilles 
alternes ,  denticulées,  stipulées  ;  à  fleurs  en 
grappes  axillaires  et  terminacées.  (Sr.) 

BANAVA  ou  BANABA.  bot.  th.  — 
Nom  donné  par  Camelli ,  dans  ses  Icônes  , 
fig.  42,  à  un  arbre  décrit  par  Ray  d’une 
manière  trop  incomplète  pour  que  sa  place 
puisse  être  déterminée  avec  certitude.  On 
croit  que  c’est  le  Munchausia  de  Jussieu. 

(C.  d’O.) 

B  ANCHE.  géol.  —  Au  bord  de  la  mer, 
et  particulièrement  sur  }es  côtes  occidenta¬ 
les  de  la  France ,  on  donne  ce  nom  à  des 
bancs  de  Marne  argileuse  qui,  alternative¬ 
ment  humectés  par  les  vagues  et  séchés 
par  le  contact  de  l’air,  blanchissent  et  pren¬ 
nent  à  leur  surface  la  consistance  de  la 


BAN 


pierre  ;  ces  bancs  sont  assez  souvent  percés 
par  des  Pholades  et  autres  Mollusques  litho- 
phages  auxquels  ils  servent  d’habitation. 

(C-  PO 

BANCIÏIJS.  ins.  —  Genre  dé  la  fa¬ 
mille  des  Ichneumoniens ,  de  l’ordre  des 
Hyménoptères,  établi  par  Fabricius  et  adop¬ 
té  par  Latreille,  Gravenhorst  et  tous  les  en¬ 
tomologistes.  Il  se  distingue  essentiellement 
des  autres  Ichneumoniens  par  un  abdo¬ 
men  comprimé  latéralement,  sessile  ou 
syfbpédonculé. 

On  a  formé,  dans  le  genre  Ranchus , 
plusieurs  divisions  que  certains  entomolo¬ 
gistes  regardent  comme  autant  de  g.  dis¬ 
tincts:  ce  sont  les  Ëxelastes ,  Leptobatus , 
Coleocentrus ,  Tropistes ,  Arotes  (  voyez 
chacun  de  ces  mots).  Les  véritables  Ban- 
chus  en  diffèrent  par  des  ailes ,  dont  la 
seconde  cellule  cubitale  est  presque  rhôm- 
boïdale  ;  par  un  abdomen  sessile  ou  presque, 
sessile  et  par  une  tarière  cachée.  Ils  sont 
peu  nombreux  en  espèces  ;  le  type  est  le 
Banc  hits  volutatorius  ( Ichneurnon  vo- 
lutatorins  Lin.),  répandu  dans  üfïè  grande 
partie  de  l’Europe.  (Él.) 

BANCOXJLIER.  Ambinux ,  Commers. 
bot.  th. —  Commerson  avait,  dans  Ses  ma¬ 
nuscrits,  désigné  sous  le  nom  de  Noix  de 
Bancoul  le  fruit  d’une  euphorbiacéc  trans¬ 
portée  des  Indes  à  l’Ile-de-France  et  qu’on 
a  reconnu  pour  faire  partie  du  genre  Aleu- 
rites.  Voyez  ce  mot.  (C.  d’O.) 

*  BANCROFÏTA,  Macfad.  [Flora  of 
Jamaica ,  I,  p.  112).  bot.  ph.  — Genre  in¬ 
complètement  connu  qu’on  rapporte  avec 
doute  à  la  famille  des  Tiliacées.  (Sjp.) 

BANCS,  zoot.  —  On  appelle  ainsi  les 
légions  nombreuses  d’animaux  aquatiques 
qui  vivent  rassemblés  sur  un  même  point  et 
voyagent  en  troupes.  On  ne  peut  considérer 
ces  réunions  comme  étant  fondées  sur  le 
sentiment  de  sociabilité  ;  Car  il  n’existe,  en¬ 
tre  les  individus  qui  les  composent,  aucune 
solidarité  ;  et  peut-être  sont-elles  dues  seu¬ 
lement  à  l’éclosion  sur  un  même  point  d’un 
nombre  considérable  d’œufs,  et  à  l’existence, 
dans  les  localités  où  ils  sont  réunis,  des 
moyens  de  subsistance.  Les  Morues  ,  les 
Harengs,  les  Maquereaux,  les  Thons,  etc., 
sont  connus  par  leurs  voyages  périodiques; 
et,  chaque  année ,  on  les  voit  paraître  en 
troupes  à  une  époque  semblable  dans  les 


BAN  455 

mêmes  parages.  Les  Mollusques  de  la  classe 
des  Ptéropodes,  tels  que  les  Hyales,les  Clios, 
etc.,  sont  également  réunis  en  bancs  consi¬ 
dérables,  et  certaines  parties  de  la  mer  sont 
couvertes  au  loin  de  myriades  de  Zoophytes 
qui  flottent  au  gré  des  eaux.  (C.  d’O.) 

BANCS,  géol.  —  Les  substances  miné¬ 
rales  qui  entrent  dans  la  composition  du 
sol  et  particulièrement  celles  qui  ne  sont 
que  des  précipités  ou  des  sédiments  formés 
dans  le  sein  des  eaux,  sont  disposées  en 
Couches  plus  ou  moins  puissantes  et  éten¬ 
dues  qui  se  superposent  comme  les  feuilles 
d’un  livre.  Les  géologues  appellent  Strates , 
d’une  manière  générale ,  les  assises  distinc¬ 
tes  que  leur  présente  une  tranche  du  sol,  et 
Stratification  cette  disposition  à  une  divi¬ 
sion  en  Couches ,  Bancs ,  Lits,  Feuillets , 
à  peu  près  parallèles  entre  eux.  Quant  à  la 
valeur  relative  et  fixe  de  chacune  de  ces  der¬ 
nières  expressions,  elle  n’est  pas  encore  dé¬ 
finitivement  arrêtée,  et  beaucoup  de  géolo¬ 
gues  les  emploient  comme  synonymes  les 
unes  des  autres.  Cependant,  on  doitentendre 
plus  particulièrement  par  Bancs  ceux  des 
strates  qui  sont  formés  de  Substances  con¬ 
sistantes,  et  dire  plus  particulièrement  des 
Bancs  calcaires,  gypseux ,  de  grès;  et  des 
Lits  d’argile,  de  marne.  Les  Bancs  super¬ 
posés  peuvent  être  de  même  nature  miné¬ 
ralogique,  comme  on  le  voit  dans  les  grands 
dépôts  calcaires ,  ou  bien  de  nature  diffé¬ 
rente.  C’est  ainsi  que  des  Bancs  de  calcaire 
sont  séparés  par  des  Bancs  de  grès  ou  par 
des  lits  d’argile.  (Yoir,  pour  plus  de  détails, 
les  articles  stratification  et  structure  du 
sot .  ) 

Les  marins  et  les  géographes  donnent  au 
mot  Bancs  une  toute  autre  acception  que 
les  géologues ,  puisqu’ils  appellent  ainsi  les 
amoncellements  plus  ou  moins  considéra¬ 
bles  de  Sable ,  de  Gravier,  de  Galets  et  de 
Yase  que  les  eaux  des  fleuves  et  celles  de  la 
mer  forment  sur  le  sol  submergé.  Ces  Bancs, 
composés  de  matières  meubles ,  s’accrois¬ 
sent  graduellement  dans  certains  parages  et 
particulièrement  à  l’embouchure  des  fleuves 
et  sur  les  rivages  ,  de  manière  à  devenir  un 
obstacle  pour  la  navigation  ;  quelquefois 
aüssi  ils  se  déplacent  et  se  déforment  lors¬ 
que  la  direction  des  courants  vient  à  chan¬ 
ger;  d’autres  fois,  s’élevant  au  dessus  du  ni¬ 
veau  des  eaux  et  se  réunissant  aux  terres 


456 


BAN 

précédemment  émergées ,  ils  augmentent 
l’étendue  de  celles-ci.  Voy.  alt.uvions,  at- 

TÉRISSEMENT  et  STRUCTURE  DU  SOL.  (C.  P.) 

BAIVDINA.  bot.  th.  —  Nom  vulgaire 
du  Sarrazin,  Polygonum  Fagopyrurn  L., 
en  Languedoc.  Voyez  renouée. 

*  BANFFYA,  Baumg.  bot  th. —  Double 
emploi  du  g.  Gypsophila.  (Si*.) 

BAiYGI.  bot.  ph.  —  Arbrisseau  lactes¬ 
cent  des  Philippines ,  à  fruits  comestibles 
et  à  graines  vénéneuses.  On  croit  que  cette 
plante  est  voisine  des  Strychnus. 

BANGIE.  Bangia  (nom  d’homme). 
bot.  cr.  —  (Phycées).  C’est  Lyngbye  ( Hy - 
droph.  Dan.,  p.  82,  t.  XXI Y)  qui  fonda 
ce  genre  et  le  dédia  à  son  compatriote 
Hoffmann  Bang.  Tel  qu’il  est  défini  par 
l’auteur  danois,  ce  genre  comprend  des 
Algues  d’une  nature  et  d’une  organisation 
si  diverses  qu’il  était  de  toute  impossibilité 
de  les  conserver  réunies.  Mieux  limité  par 
M.  Agardh  ,  voici  les  caractères  auxquels 
on  pourra  le  distinguer  des  autres  genres 
de  la  tribu  des  Oscillatoriées  ,  parmi  les¬ 
quelles  le  range  sa  structure  :  Filaments 
capillaires,  membraneux,  comprimés  ou 
plans,  continus,  renfermant  des  granules 
colorés,  elliptiques,  globuleux  ou  cylindra- 
cés,  quelquefois  agglomérés  en  petites  mas¬ 
ses,  mais  le  plus  souvent  disposés  par  ban¬ 
des  ou  séries  transversales,  parallèles  entre 
elles.  —  Presque  toutes  les  espèces  de  ce 
genre  sont  marines.  L’une  d’elles  (B.  atro- 
purpurea  Ag.  )  est  commune  dans  les 
ruisseaux  et  s’attache  surtout  aux  roues  des 
moulins  que  leur  eau  met  en  mouvement. 
On  en  connaît  huit  à  neuf  espèces ,  toutes 
européennes.  (C.  M.) 

BANGIELLA.  BOT.  TH. - Voy.  BANGIA. 

BANISTERIA  (nom  d’homme),  bot. 
th.  —  Jean  Banister  est  cité  comme  un 
des  martyrs  de  la  botanique.  Cet  An¬ 
glais,  en  herborisant  sur  les  rochers  de 
la  Virginie,  périt  d’une  chute  que  Lin¬ 
né  a  immortalisée  par  la  dédicace  de  ce 
genre ,  et  dont  nous  rappelons  ici  les 
propres  mots  :  Dicta  itaque  fuit  plan¬ 
ta  Americana  scandens  ,  f rue  tu  con- 
fraclo  sanguinolento.  Plusieurs  espèces 
étaient  signalées  antérieurement  ,  mais 
confondues  avec  les  Érables.  Le  genre 
Banisteria ,  une  fois  établi ,  reçut  pres¬ 
que  toutes  les  Malpighiacées  (famille  à  la- 


BAN 

quelle  il  appartient)  dont  le  fruit  se  pré¬ 
sentait  surmonté  d’une  aile  ;  mais  leur 
nombre  finit  par  croître  tellement ,  qu’on 
dut  le  couper  successivement  en  plusieurs 
autres,  et  aujourd’hui  nous  ne  reconnais¬ 
sons,  comme  devant  y  être  rapportées,  que 
celles  qui  offrent  les  caractères  suivants  : 
Calice  5-parli,  dont  4  divisions  portent  sou¬ 
vent  chacune  deux  grosses  glandes  ;  d’au¬ 
tres  fois  il  n’y  en  a  aucune.  Pétales  plus 
longs,  onguiculés,  à  limbe  frangé  ou  denté 
dans  son  contour,  glabre  ou  pubescent,  or¬ 
dinairement  inégaux.  Étamines  10,  toutes 
fertiles,  inégales  entre  elles;  à  filets  infé¬ 
rieurement  soudés  ;  à  anthères  glabres  ou 
velues,  dont  le  connectif  se  renfle  et  même 
se  prolonge  souvent  en  forme  de  glande. 
Styles  3,  terminés  par  un  stigmate  en  tête  et 
plus  tard  tronqué.  Ovaires  3,  soudés  par  leur 
face  interne,  velus ,  prolongés  chacune  sur 
leur  dos  en  une  petite  bosse.  Fruit  composé 
de  trois  samares,  dont  une  ou  deux  avortent 
assez  souvent  et  dont  chacune  est  surmon¬ 
tée  d’une  aile  oblongue ,  épaissie  sur  son 
bord  antérieur,  plus  mince  et  membraneuse 
sur  le  bord  postérieur  ;  on  observe  quelque¬ 
fois  en  outre  des  crêtes  ou  des  pointes  sur 
les  côtés  du  fruit.  —  Les  espèces  sont  des 
arbrisseaux,  ou  pour  la  plupart  des  lianes 
originaires  des  régions  inlertropicales  de 
l’Amérique.  Leurs  feulles  sont  opposées , 
rarement  verticillées  3  par  3,  très  entières, 
à  pétiole  court  ou  même  nul ,  munies  sou¬ 
vent  vers  leur  base  de  deux  glandes  ou 
plus,  accompagnées  de  deux  stipules  courts 
et  caducs  ,  mais  qui  souvent  élargis  à 
leur  base  dessinent  un  anneau  autour  de  la 
branche.  L’inflorescence  peut  aider  à  dis¬ 
tinguer  deux  sections  dans  ce  genre  ;  le  plus 
souvent  elle  est  composée  d’ombelles  4-flo- 
res  qui,  par  leur  rapprochement,  forment 
des  panicules  terminales  ou  latérales  plus 
ou  moins  amples  ;  plus  rarement  de  grap¬ 
pes  qui  se  groupent  de  même  en  panicules. 
Les  fleurs  sont  portées  sur  des  pédicelles 
plus  ou  moins  longs ,  articulés  à  leur  base 
et,  au  dessous  de  l’articulation,  accompa¬ 
gnées  d’une  bractée  extérieure  et  de  deux 
bractéoles  situées  à  peine  au  dessus.  Les 
fleurs  sont  roses  ou  jaunes,  plus  rarement 
blanches.  Leur  couleur  et  leur  surface  gla¬ 
bre  ou  pubescente  peut  fournir  des  sous- 
divisions  assez  naturelles  dans  la  section 


BAN 


457 


la  plus  nombreuse.  La  somme  totale  des  es¬ 
pèces,  après  toutes  les  réductions  que  nous 
avons  signalées  ,  se  monte  encore  aujour¬ 
d’hui  à  plus  de  50.  (Ad.  J.) 

*  B A1VISTÉ RIÉES .  bot.  th.  —  Tribu 

de  la  famille  des  Malpighiacées  ( voyez  ce 
mot).  Pour  M.  De  Candolle,  elle  compre¬ 
nait  tous  les  genres  à  trois  styles  et  à  fruit 
ailé.  Pour  nous,  elle  renferme  seulement 
ceux  dont  l’aile  est  le  prolongement  de  la 
nervure  dorsale  du  carpelle,  quel  que  soit 
le  nombre  des  styles.  (Ad.  J.) 

*  BANJOLEA.  bot.  ph. — Genre  encore 

fort  mal  connu,  établi  parBowdich  ( Madeir . 
396),  et  placé  à  la  suite  de  la  famille  des 
Acanthacées.  Il  a  été  formé  pour  une  plante 
herbacée,  velue,  à  feuillesr  ovales  et  oppo¬ 
sées,  dont  les  fleurs  forment  des  épis  axil¬ 
laires  et  imbriqués.  Leur  calice,  accompa¬ 
gné  d’une  seule  bractée,  est  quadrifide  ;  la 
corolle  violette  est  irrégulière,  à  quatre  lobes 
sinueux.  Les  étamines  sont  au  nombre  de 
deux.  Le  fruit  est  une  capsule  biloculaire,  à 
loges  polyspermes.  (A.  R.) 

* BA1STK.ESIA,  Bruce,  bot.  th. —  Syno¬ 
nyme  du  genre  B  rayera.  (Sr.) 

BA1XKSEA.  bot.  ph.  — Le  genre  ainsi 
nommé  par  Kœnig(t/i  Retz,  Qbs.  III,  p.  76), 
a  été  réuni  au  genre  Costus  de  Linné,  dans 
la  famille  des  Amomées.  Voyez  costus. 

(A.  R.) 

BÀ1VKSIA,  L.  bot.  ph.  —  Genre  de  la 
famille  des  Protéacées,  dont  les  caract. 
essentiels  sont  :  Périanthe4-parti  ou  4-fide. 
Étamines  4,  nichées  dans  les  fovéoles  des 
segments  du  périanthe.  Quatre  squamules 
hypogynes.  Ovaire  1  -  loculaire ,  2-ovuIé  ; 
ovules  collatéraux.  Style  filiforme  ;  stigma¬ 
te  claviforme.  Follicule  ligneux,  biloculaire, 
2-sperme.  Graines  ailées  au  sommet. —  Ce 
genre,  propre  à  la  Nouvelle-Hollande,  ren¬ 
ferme  beaucoup  d’espèces  que  l’élégance 
de  leur  feuillage  fait  cultiver  dans  les  col¬ 
lections  de  serre.  Ce  sont  des  arbrisseaux  à 
rameaux  disposés  en  ombelle  ;  les  feuilles 
sont  éparses  ou  verticillées  ,  très  entières, 
ou  dentelées,  ou  pennatifides,  souvent  dis¬ 
semblables  sur  le  même  individu.  L’inflo¬ 
rescence  est  terminale  ou  latérale ,  en  épis 
dépourvus  d’involucre  ;  les  fleurs  sont  gé¬ 
minées  sur  le  rachis ,  et  chaque  paire  est 
accompagnée  de  trois  bractées  persistantes. 

(S*-) 


PAP 

*  BANK  SIA.  bot.  th. —  Nom  employé 
par  Dombey,  comme  synonyme  de  Cu~ 
j)hea. 

.  BANRSÏANÜS.  ois.  —  Voyez  bank- 

SIEN . 

*  BANRSIÉES.  bot.  ph.— Tribu  de  la 
famille  des  Protéacées.  Voyez  ce  mot. 

(Ad.  J.) 

*  BÂNRSIEN.  Banksianus.  ois.  ■ — 
C’est ,  dans  le  Traité  cl’ Ornithologie  de 
M.  Lesson,  le  nouveau  nom  qu’il  donne  au 
genre  qu’il  avait  nommé  précédemment , 
dans  son  Manuel  d?  Ornithologie ,  Calyp - 
lorhynque,  d’après  celui  de  Calyptorhyn- 
chus,  donné  au  même  genre  par  Vigors  et 
Horsfield.  Voyez  cauyptorhynque.  (Lafr.) 

BANNÎ8TÉROIDÉ.  bot.  th.— Voyez 

PEUUA. 

BÂNÏÀJÀM.  mam.  — Nom  du  Nasique 
masqué  à  Bornéo. 

BANTÏALE.  bot.  ph.  —  Nom  sous 
lequel  Rumph  a  décrit,  d’une  manière  in¬ 
complète,  deux  plantes  parasites, dont  l’une, 
la  B.  rouge,  paraît  être  un  Épidendre ,  et 
l’autre ,  la  B.  ivoire,  un  Gui.  Des  Fourmis 
rouges  ou  noires  se  creusent  des  galeries 
dans  les  feuilles  des  Bantiales,  sans  que  ces 
plantes  paraissent  souffrir  de  la  présence 
de  ces  animaux.  (C.  d’O.) 

BAOBAB.  bot.  rn.  —  Voyez  adansonia. 

*BAPÏIIA,  Afzel.  (paori,  teinture).  bot. 
ph.' —  Genre  rapporté  avec  doute  aux  Swart- 
ziées.  M.  De  Candolle  en  donne  les  caract. 
suivants  :  Calice  en  forme  de  coiffe,  finale¬ 
ment  caduc.  Corolle  à  étendard  arrondi , 
étalé  ;  ailes  linéaires,  aussi  longues  que  l’é¬ 
tendard;  carène  pointue  .  Légume  falciforme, 
6-sperme. —  On  n’en  connaît  qu’une  espèce 
{B.  niticla  ).  C’est  un  arbre  de  Sicrra- 
Leone  ;  à  feuilles  imparipennées,  2-juguées, 
et  à  pédiceïles  axillaires,  1-flores  ;  son  bois, 
appelé  par  les  Anglais  Cam  wood ,  sert  à  la 
teinture.  (Sp.) 

*  BAPHORHIZA,  Linlc.  (Pacprî,  tein¬ 

ture  ;  pî£a,  racine),  bot.  ph.  —  Genre  ou 
sous-genre  de  la  famille  des  Borraginées, 
fondé  sur  l’ Ânchusa  tinctoria  L.  Il  ne  dif¬ 
fère  des  Anchusa  qu’en  ce  que  les  appen¬ 
dices  de  la  corolle  sont  plus  courts  que  les 
étamines  et  inclus.  (Sp.) 

*BAPTA  (paTrrw,  je  teins),  ins. — Genre 
de  Lépidoptères  nocturnes  ,  de  la  tribu  des 
Phalénites  ou  Géomètres ,  établi  par  Sle- 
29* 


T.  n, 


BAH 


658  BAR 

phens,  et  qui  correspond  à  notre  g.  Cory- 
cïa.  Voyez  ce  mot.  (D.) 

BAFTISIA ,  Yent.  (paTFTtatç,  action  de 
teindre),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille 
des  Légumineuses  (sous-ordre  des  Papi- 
lionacées,  tribu  des  Sophorées).  Les  carac¬ 
tères  distinctifs  en  sont  :  Calice  4-ou  5- 
fide,  bilabié.  Pétales  presque  égaux  ;  éten¬ 
dard  à  bords  réfléchis.  Étamines  caduques. 
Légume  stipité,  bouffi,  polysperme. —  Her¬ 
bes  vivaces.  Feuilles  simples  ou  trifoliolées. 
Fleurs  en  grappes.  Ce  genre  appartient  à 
l’Amérique  septentrionale.  On  en  connaît 
environ  15  espèces.  Ces  plantes  sont  remar¬ 
quables  par  l’élégance  de  leurs  fleurs;  aussi 
plusieurs  espèces  (notamment  les  B.  aus- 
tralis ,  B.  tinctoria  et  B.  alla)  se  culti¬ 
vent-elles  fréquemment  pour  rornementdes 
jardins.  (Sp.) 

BAR  ou  BARS,  poiss.  —  C’est  la  dé¬ 
nomination  vulgaire  usitée  par  les  pê¬ 
cheurs  de  nos  côtes  de  Normandie  pour  dé¬ 
signer  un  poisson  qui  ressemble  tellement 
à  la  Perche  d’eau  douce ,  qu’il  y  a  lieu  de 
s’étonner  que  ce  ne  soit  pas  lui  qui  ait  reçu, 
des  riverains  de  la  Méditerranée,  le  nom  de 
Perche  de  mer.  Les  Anglais  ont  adopté  une 
dénomination  fondée  sur  cette  ressemblan¬ 
ce  ;  car  ils  le  nomment  Bass  ou  See  Bass , 
et  je  crois  que  c’est  dans  la  corruption  de 
ce  mot  qu’il  faut  chercher  l’origine  du  nom 
français,  adopté  maintenant  jusque  dans 
nos  ouvrages  scientifiques.  Sur  les  côtes  de 
Bretagne  et  de  la  Guyenne ,  notre  Bars  se 
nomme  Loubine  ou  Loup ,  et  ce  nom,  ainsi 
conservé  par  tradition  ancienne,  semble 
justifier  le  rapprochement  qu’on  croit  de¬ 
voir  faire  entre  notre  poisson  et  celui  que 
les  anciens  désignaient  en  latin  par  le  mot 
de  Lupus ,  et  que  les  Grecs  appelaient 
Xâêpa!-.  Il  y  a  lieu  de  penser,  en  effet ,  que 
notre  Bars  a  été  remarqué  de  tout  temps 
dans  la  Méditerranée,  où  il  est  très  abon¬ 
dant,  où  il  devient  très  grand,  et  d’un  goût 
très  délicat.  Le  Bars  a  le  corps  argenté  ,  les 
opercules  écailleux,  les  sous-orbitaires  sans 
dentelures,  le  préopercule  dentelé  :  les  den¬ 
telures  du  bord  montant  sont  très  fines, 
celles  du  bord  horizontal  deviennent  trois 
ou  quatre  fortes  dents  récurrentes.  Il  y  a 
des  bandes  étroites  de  dents  en  velours  ras 
aux  mâchoires,  aux  palais  et  sur  la  langue. 
Le  dos  a  deux  dorsales  ;  les  ventrales  sont 


thoraciques  et  insérées  sous  les  pectora¬ 
les.  La  membrane  branchiostège  est  sou¬ 
tenue  par  sept  rayons.  La  ligne  latérale  est 
droite  et  fine.  La  couleur  est  gris  bleu 
d’acier  à  reflets  argentés  sur  le  dos,  et  tout 
à  fait  blanc  sous  le  ventre.  On  trouve  ordi¬ 
nairement  ces  Poissons  de  la  taille  de  60  à  80 
centimètres  ;  mais  on  assure  en  avoir  pris 
de  beaucoup  plus  grands  et  du  poids  de  dix 
kilogrammes.  On  rencontre  dans  l’Océan, 
comme  dans  la  Méditerranée,  une  variété 
tachetée  de  ces  Bars  ,  et  nous  en  avons  de 
toute  taille  ;  de  même  que  j’ai  observé  nom¬ 
bre  de  Bars  de  toute  grandeur,  depuis  1  à  2 
centimètres  de  longueur  jusqu’à  80  centimè¬ 
tres,  sans  aucune  tache.  La  variété  tachetée 
est  plus  abondante  sur  les  côtes  d’Égypte  que 
partout  ailleurs  ;  elle  y  a  même  reçu  un  nom 
particulier.  C’est  V Abou  Noct.  des  Arabes, 
ou  le  Père  à  la  tache ,  et  dont  on  a  fait  à 
tort  une  espèce  distincte  sous  le  nom  de 
Perça  noct.,  ou  de  Perça  punctaia.  ; 
espèce  qui  avait  encore  été  reproduite  sous 
le  nom  de  Sciœna  diacantha  Bl. 

Les  principaux  caractères  du  Bars  s’é¬ 
tant  retrouvés  dans  plusieurs  espèces  d’A¬ 
mérique  ou  des  Indes,  nous  avons  jugé 
convenable  d’en  faire  un  genre  de  Poissons 
voisin  des  Perches  ;  mais  qui  s’en  distingue 
par  la  présence  des  dents  sur  la  langue, 
par  l’absence  de  dentelures  aux  sous-orbi¬ 
taires,  aux  sous-opercules  et  à  l’inter-oper- 
cule. 

Nous  distinguons  dans  la  Méditerranée 
une  seconde  espèce  de  Bars,  nommée  par 
M.  Geoffroy  Perça  elongata  ,  c’est  notre 
Labrnx  elongalus.  Une  autre  espèce  vient 
des  États-Unis  et  y  est  très  célèbre  par 
l’excellence  de  sa  chair  ;  elle  surpasse  notre 
Bars  en  grandeur  et  en  beauté.  Les  pêcheurs 
américains  l’amènent  au  marché  de  New- 
York  sous  le  nom  de  Striped  Bass  (Bars 
rayé)  ou  de  Roch-fish  (poisson  de  roche). On 
l’y  porte  depuis  le  poids  de  30  à  60  grammes 
jusqu’à  celui  de  35  kilogrammes.  C’est  un 
poisson  qui  dépasse  un  mètre  de  long,  qui  a 
le  museau  plus  aigu ,  les  dents  plus  fortes 
que  notre  Bars,  et  qui  a  le  dos  rayé  longi¬ 
tudinalement  ,  sur  un  fond  gris ,  de  sept  à 
huit  lignes  noires,  qui  en  font  un  fort  joli 
poisson.  Le  ventre  est  argenté.  L’espèce 
avait  été  confondue  par  les  auteurs  améri¬ 
cains  parmi  les  Perça ,  mais  sous  plusieurs 


BAR 


BAR 


459 


noms  :  Bloch  en  fit  une  Sciène,  et  M.  de  La- 
cépède  a  reproduit  encore  cette  espèce 
comme  un  Centropome.  On  connaît  en¬ 
core  quatre  à  cinq  autres  espèces  de  Bars. 

(Val.) 

BARBA.  zool. —  Voyez  barbe. 

BARBA.  bot.  ph.  —  Voyez  barbe. 

BARBACÉNIE.  Barbacenia.  bot.  th. 
—  Genre  de  la  famille  des  Hémodoracées, 
établi  primitivement  par  Vandelli  ( in  Rœ- 
mer  Script .  Lusit.  98,  t.  VI,  f.  9),  mais  qui  a 
surtout  été  parfaitement  illustré  par  le  prof. 
Martius,  dans  sa  belle  Flore  du  Brésil.  Les 
Earbacénies  sont  des  plantes  d’un  port  tout 
particulier,  qui  rappelle  en  petit  celui  des 
Yucca .  Leur  tige  est  simple  ou  rameuse, 
ne  portant  de  feuilles  qu’à  l’extrémité  de  ses 
rameaux,  tout  le  reste  de  son  étendue  étant 
couvert  des  cicatrices  ou  des  vestiges  des 
feuilles  anciennes.  Ces  feuilles  sont  dures, 
étroites ,  raides ,  souvent  carénées.  Les 
hampes  ou  pédoncules  sont  solitaires  ou 
groupées  au  sommet  de  la  tige  ou  de  ses 
ramifications.  Les  fleurs  sont  généralement 
grandes,  souvent  de  couleur  vive,  verte, 
jaune  ou  rouge.  Le  calice  est  tubuleux,  adhé¬ 
rent  à  sa  base  avec  l’ovaire  infère  ;  il  est 
ordinairement  un  peu  dilaté  dans  sa  partie 
supérieure,  découpée  en  six  lobes  égaux  ;  à 
l’extérieur  il  est  souvent  recouvert  de  papilles 
glandulaires.  Les  étamines,  au  nombre  de 
six,  sont  insérées  à  la  base  des  divisions 
calicinales.  Leurs  filets  sont  un  peu  plans 
et  bifurqués  au  sommet.  L’ovaire  est  ovoïde, 
à  trois  loges  polyspermes.  Le  style  est 
triangulaire,  et  porte  à  son  sommet  un  stig¬ 
mate  en  tète  et  comme  à  trois  côtes.  Le  fruit 
est  une  capsule  un  peu  triangulaire,  recou¬ 
verte  par  le  tube  calicinal  qui  finit  par  s’en 
séparera  l’époque  de  la  maturité  complète. 
Elle  est  à  trois  loges  qui  contiennent  cha¬ 
cune  un  grand  nombre  de  graines  angu¬ 
leuses  et  dressées. 

On  connaît  environ  douze  à  quinze  espè¬ 
ces  de  ce  joli  genre.  Ce  sont  des  arbustes 
tous  originaires  du  Brésil.  On  les  trouve 
surtout  dans  les  parties  montueuses  de  ce 
riche  pays,  à  une  hauteur  de  trois  cent 
trente  à  dix-huit  cent  trente  mètres  au- 
dessus  du  niveau  de  la  mer.  M.  Martius 
( Nov .  yen.  et  Sp.  plant,  brasil .,  vol.  I.) 
en  a  décrit  et  figuré  six  espèces,  toutes  nou¬ 
velles.  (A.  R.) 


B  ARBACOU.  Monasa  ({/.ovas,  solitaire), 
ois.  —  Genre  de  l’ordre  des  Grimpeurs  de 
Cuvier  et  de  sa  famille  des  Barbus,  formé 
par  Levaillant,  qui  lui  donna  ce  nom  de  Bar¬ 
bacou,  à  cause  des  rapports  qu’il  remarqua 
dans  le  bec  des  Oiseaux  qui  en  font  partie 
avec  celui  des  Barbus  et  des  Coucous  ;  plus 
tard,  Vieillot  changea,  on  ne  sait  pourquoi, 
ce  nom  générique  très  expressif  en  celui  de 
monase,  Monasa,  tiré  des  mœurs  tranquilles 
et  solitaires  de  ces  Oiseaux.  Tout  en  conser¬ 
vant  l’ancien  nom  français  de  Barbacou , 
nous  avons  cru  devoir  lui  adjoindre  comme 
l’a  fait  M.  Lesson  dans  son  Traité,  celui  de 
Monasa ,  Vieill.,  comme  le  plus  ancien  en 
grec  ;  car  celui  de  Lypomix  de  Wagler  lui 
tst  postérieur. 

Ce  genre,  qui  fait  partie  de  nos  Zygodac- 
tyles  grimpeurs  de  notre  famille  des  Buccoï- 
dées,  et  de  notre  sous-famille  des  Tamatia- 
nées,  a  pour  caractères  :  «  Bec  un  peu  ou 
à  peine  plus  court  que  la  tête ,  assez  grêle, 
légèrement  arqué  dans  toute  sa  longueur  et 
non  terminé  par  une  pointe  subitement 
crochue  comme  dans  les  Tamatias,  compri¬ 
mé  ,  plus  haut  que  large ,  très  pointu  et  à 
bords  très  lisses.  Mandibule  inférieure , 
suivant  parfaitement  la  courbure  de  la  su¬ 
périeure,  et  par  conséquent  légèrement  flé¬ 
chie  en  bas,  vers  la  pointe,  et  non  re¬ 
troussée  comme  chez  les  Tamatias  ;  ce  bec 
entouré  à  sa  base  de  poils  ou  plumes  raides, 
touffus  et  prolongés.  Pieds  petits  et  grêles. 
Queue  courte  ou  moyenne,  assez  longue 
dans  quelques  espèces.  Ailes  assez  dévelop¬ 
pées,  atteignant  quelquefois  l’extrémité  de 
la  queue,  pointues,  à  première  rémige  très 
courte  ;  la  troisième  la  plus  longue  ;  la  qua¬ 
trième  à  peine  plus  courte  qu’elle.  Corps 
moins  trapu  et  plus  allongé  que  chez  les 
Tamatias  et  tête  moins  grosse.  » 

Les  Barbacous  se  lient  si  étroitement 
avec  les  Tamatias  leurs  compatriotes,  qu’on 
pourrait,  sans  déranger  l’ordre  naturel, 
les  réunir  en  un  seul  genre  subdivisé  en 
sous -genres,  comme  l’a  fait  Swainson. 
Nous  préférons  cependant ,  imitant  en  cela 
la  plupart  des  auteurs  et  l’excellent  obser¬ 
vateur  Wagler,  les  séparer  génériquement. 
Toutefois  nous  croyons  devoir  subdiviser 
notre  genre  Barbacou  en  trois  sous-gen¬ 
res  ,  répondant  aux  trois  coupes  indi¬ 
quées  par  ce  savant  j  ainsi,  dans  le  pre- 


BAR 


BAR 


460 

mier ,  le  sous-genre  Barbaeou ,  remar¬ 
quable  par  une  queue  assez  longue ,  ar¬ 
rondie  à  son  extrémité;  par  une  colora¬ 
tion  noirâtre  ou  ardoisée  et  uniforme , 
nous  laissons  les  Barbacous  a  bec  rouge  et 
a  face  elanche  de  Vieillot,  et  le  Lypornix 
nnicolor  de  Wagler,  très  voisin  du  pre¬ 
mier;  dans  le  second  sous-genre,  auquel 
nous  laissons  le  nom  de  Lypornix  donné 
au  genre  par  Wagler,  et  différant  du  pre¬ 
mier  par  une  queue  de  longueur  médiocre 
et  étagée;  par  une  coloration  variée,  brune 
et  roussâtre ,  se  rapprochant  de  celle  des 
Tamatias ,  nous  plaçons  le  Barbacou  rufal- 
bin  de  Temminck  ( PL  col.  323,  f.  2);  le  Ly¬ 
pornix  torquata  de  Wagler;  le  Tamatia 
brun  de  Levaillant,  ou  Barbu  brun  de  Vieil¬ 
lot  (. Bucco  fuscus  des  auteurs) ,  qui  n’est 
point  le  jeune  du  Lypornix  torquata 
comme  le  pense  Wagler,  mais  une  espèce 
distincte,  selon  Natterer,  et  enfin  le  Lypor- 
nix  rufa  de  Wagler  ( Bucco  ru  fus  Spix,  pl. 
40,  f.  1);  dans  le  troisième  sous-g.  nommé 
Chelidoptcra  par  Gould  ,  nous  plaçons, 
comme  lui,  le  Monasa  tenebrosa  de  Vieil¬ 
lot  ( Cuculus  tcnchrosus  Pall.,  Gmel.  et 
Lath.) ,  espèce  remarquable  par  une  queue 
fort  courte  et  tronquée  carrément  ;  par  des 
ailes  longues  et  pointues  qui  en  atteignent 
presque  l’extrémité. 

Les  Barbacous ,  habitant  comme  les  Ta¬ 
matias  l’Amérique  méridionale,  sont  ainsi 
qu’eux  des  Oiseaux  sédentaires  et  soli¬ 
taires,  à  mœurs  indolentes  et  inactives, 
restant  souvent  perchés  et  dans  un  état 
d’immobilité  qu’ils  n’interrompent,  selon 
Vieillot,  que  pour  se  saisir  des  Insectes  qui 
passent  à  leur  portée.  M.Lesson  ajoute,  dans 
son  Traité,  qu’ils  ont  des  habitudes  noctur¬ 
nes  ,  ce  que  nous  ne  trouvons  indiqué  par 
aucun  autre  auteur.  M.  Swainson,  qui  a  pas¬ 
sé  du  temps  en  Amérique,  ne  le  dit  pas,  mais 
raconte  qu’ils  se  tiennent  des  heures  en¬ 
tières  perchés  sur  une  branche  sèche ,  d’où 
ils  s’élancent  sur  les  Insectes  qui  passent 
près  d’eux  et  que  souvent  aussi  ils  s’élèvent 
perpendiculairement  en  l’air  pour  s’en  sai¬ 
sir,  après  quoi  ils  redescendent  à  leur  pre¬ 
mier  poste. 

Ce  genre  contient  aujourd’hui  sept  espè¬ 
ces  soigneusement  décrites  par  Wagler. 
Une  des  plus  connues  est  le  Barbacou  a  face 
branche  {Monasa  personata  Vieill.,  Gal.3 


pl.  36) ,  à  bec  jaunâtre ,  avec  une  bande 
frontale  et  une  large  tache  gutturale,  arron^ 
die,  de  couleur  blanche  ;  le  reste  du  plumage 
gris  ardoisé ,  noir  sur  la  partie  antérieure 
de  la  tête  dont  il  borde  le  masque  blanc, 
sur  les  ailes  et  la  queue.  Elle  vit  au  grésil. 
Voyez  buccoïdées  et  tamatianées. 

(Lafb.) 

BARBAJOU.  bot.  ph . —  Nom  vulgaire 
de  la  Joubarbe  des  toits.  Voyez  joubarbe. 

BARS!  AL  A.  moue. —  Voyez  barbeuue. 

BARBAIV.  ins.  —  Nom  vulgaire  d’une 
espèce  du  genre  Thrips  qui,  dans  les  envi¬ 
rons  de  Nice,  fait  beaucoup  de  tort  aux 
Olives.  Voyez  THRirs.  (C.  d’O.) 

BAîVBABEA,  R.  Br.  bot.  ph.-^- Genre 
de  la  famille  des  Crucifères.  Les  caract.  en 
sont  :  Sépales  naviculaires,  dressés  ;  les  la¬ 
téraux  plus  larges,  légèrement  sacciformes 
à  la  base.  Pétales  onguiculés.  Six  glandujes 
hypogynes.  Style  conique,  ou  filiforme,  ou 
nul;  stigmate  pelté, hémisphérique. Silique 
tronquée,  ou  cuspidée,  ou  apiculée,  colum- 
naire,  tétraèdre,  2-loculaire,  2 -valve, 
polysperme;  valves  1-nervées  ;  nervures 
placentairiennes  filiformes,  superficielles. 
Graines  unisériées,  un  peu  comprimées, 
immarginées,  scrobiculées  ;  cotylédons  sub- 
semi-cylindriques,  incombants.  —  Herbes 
bisannuelles.  Feuilles  la  plupart  lyrées;  les 
inférieures  longuement  pétiolées,  les  supé¬ 
rieures  amplexicaules.  Grappes  terminales 
ou  terminales  et  oppositifoliées,  nues,  mul- 
tiflores,  assez  denses  même  après  la  flo¬ 
raison.  Fleurs  petites ,  jaunes ,  odorantes, 
en  corymbe  serré  lors  de  l’anthèse.  Pé- 
dicelles  fructifères  plus  ou  moins  épaissis, 
dressés  ou  ascendants ,  ou  divergents,  ou 
étalés. 

Le  B  vulgaris  R.  Br.  (Erysimum  Bar- 
barea  L.),  plante  commune  dans  les  terrains 
sablonneux  et  humides,  est  connu  sous  les 
noms  vulgaires  d’ Herbe  de  Ste-Barbe}  Her¬ 
be  aux  Charpentiers  ,  Julienne  jaune , 
Barbarie  et  Bondotte.  Toutes  ses  parties 
ont  une  saveur  piquante ,  assez  semblable 
à  celle  du  Cresson  ;  les  feuilles  et  la  racine 
sont  fort  en  vogue  dans  la  médecine  popu¬ 
laire,  à  titre  de  remède  détersif,  vulnéraire 
et  dépuratif.  Les  jeunes  feuilles  peuvent 
être  mangées  en  salade.  Une  variété  du 
Barbarea  vulgaris ,  à  fleurs  doubles,  est 
très  recherchée  comme  plante  de  parterre- 


BAR 


Le  B.  prœcox  R.  Br.  ( Erysimum  prœ - 
cox  Sm.),  qui  croît  dans  les  mêmes  loca¬ 
lités  que  la  précédente,  mais  beaucoup 
moins  communément,  se  cultive  comme 
salade ,  sous  le  nom  de  Roquette  des  jar¬ 
dins.  (Sr.) 

BARBARIN.  foiss. — Nom  donné,  dans 
divers  pays, aux  Poissons  dont  les  mâchoires 
sont  garnies  de  Barbillons  ;  ainsi,  on  Ta  ap¬ 
pliqué  au  Silurus  clarias  Bl.  et  au  Mut¬ 
ins  barbatus  L.  Voyez  pimélode  et  mulle. 

(C.  d’O.) 

B  ARBASTELLE. te  Wws.mam. 
—  Sous-genre  de  Chauve-Souris.  Voyez 

OREILLARDS. 

BARBE.  Barba,  zool.  —  En  zoologie, 
on  donne  ce  nom  aux  poils  qui  garnissent 
certaines  parties  du  visage  de  l’homme  et 
de  quelques  autres  animaux,  tels  que  les 
Boucs  et  plusieurs  espèces  de  Singes.  On 
appelle  encore  ainsi ,  chez  les  Baleines,  les 
longs  filaments  qui  bordent  les  fanons ,  et 
chez  les  Oiseaux ,  les  faisceaux  de  petites 
plumes  qui,  dans  quelques  espèces,  sont 
implantées  à  la  base  du  bec,  comme  chez 
les  Barbus,  les  Pies-Grièches,  etc. 5  et  l’on 
a,  par  extension,  appliqué  ce  nom  aux  fila¬ 
ments  disposés  de  chaque  côté  de  la  tige 
de  la  plume  et  qui  lui  donnent  de  l’ampleur 
et  de  la  consistance. 

Les  entomologistes  ont  appelé  Barbe  les 
poils  qui,  chez  certains  Diptères,  leur  gar¬ 
nissent  le  front  et  entourent  la  base  de  la 
trompe.  (C.  d’O.) 

BARBE.  mam.  —  Nom  donné  à  une  es¬ 
pèce  de  Cheval  originaire  de  Barbarie. 

BARBE.  Arista.  bot.  ph. — On  désigne 
quelquefois  sous  ce  nom  l’arête  des  Gra¬ 
minées.  Voyez  arête. 

H.  Cassini  a  également  donné  ce  nom 
aux  appendices  des  poils  qui  composent 
l’aigrette  dans  le  plus  grand  nombre  des 
genres  de  la  famille  des  Synanlhérées.  Le 
même  auteur  distingue  les  Barbes ,  les 
Barbettes  et  les  Barbellules.  Les  squa- 
melles  ou  poils  sont  barbées ,  dit-il,  quand 
elles  émettent  des  ramifications  très  lon¬ 
gues,  flexueuses  et  capillaires,  comme  dans 
les  Cirses  ;  elles  sont  barbellèes  quand  ces 
ramifications  sont  beaucoup  plus  courtes  , 
raides,  droites,  cylindriques,  obtuses,  com¬ 
me  dans  les  Centaurées  ;  elles  sont  barbel- 
lulées ,  quand  elles  sont  hérissées  de  petits 


BAR  461 

appendices  coniques  ,  pointus  /semblables 
à  des  épines,  comme  dans  les  Asters. 

(A.  R.) 

BARBE  BE  BOUC.  bot.  cr.  —  Nom 
sous  lequel  on  désigne,  dans  quelques 
contrées  de  la  France ,  quelques  espèces  de 
Clavaria  et  particulièrement  le  Clavaria 
coralloides  de  Linné.  Voyez  les  mots  cla¬ 
vaire  ,  CLAVARIA.  (LÉV.) 

BARBE  BE  CHÈVRE,  bot.  cr.  — 
Nom  qu’on  donne  dans  quelques  départe¬ 
ments  de  la  France  au  Clavaria  coralloi¬ 
des  L.  Voyez  les  mots  clavaire,  clavaria. 

(Lév.) 

BARBE  BE  MOINE.  BOT.  PH.  — r  Nom 
vulgaire  du  Cuscuta  europœa.  Voyez 

CUSCUTE. 

BARBÉ.  Barbatus.  bot.  fh.  —  Voyez 

BARBE. 

BARBEAU,  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
du  Bluet  des  champs,  Centaurea  cyanus 
L.  On  a  donné  ce  nom  à  plusieurs  espèces 
de  Centaurées;  ainsi  l'on  appelle  Barbeau 
jeune  le  Centaurea  suaveolens,  Barbeau 
musqué  le  C.  moschata ,  et  Barbeau  de  mon¬ 
tagne  ou  vivace  le  C.  montana  L.  Voyez 
centaurée.  (C.  d’O.) 

BARBEBON.  bot.  th.  — Nom  vulgaire 
du  Salsifis  dans  quelques-uns  de  nos  dépar¬ 
tements  méridionaux. 

BARBELEE.  Barhala.  moll.  —  Dans 
le  Mus.  Calonn. ,  p.  59 ,  dont  la  partie 
de  l’histoire  naturelle  a  été  faite  par  Hum- 
phrey,  on  trouve  sous  ce  nom  une  coupe  gé¬ 
nérique  dans  laquelle  se  trouve  comprise  la 
grande  Iridine.  Si  l’on  voulait  considérer  un 
catalogue  de  cette  espèce ,  comme  un  ou¬ 
vrage  scientifique  et  destiné  à  l’avancement 
de  la  zoologie,  on  pourrait  peut-être  récla¬ 
mer  en  faveur  de  son  auteur  la  priorité  d’un 
genre  que  Lamarck  n’a  songé  que  beau¬ 
coup  plus  tard  à  établir  d’une  manière  mé¬ 
thodique,  sous  le  nom  d "Iridine.  (Desh.) 

BARBELLE.  BOT.  TH.  Vouez  BARBE. 

(A.  R.) 

BARBELLULE.  bot.  th.  —  Voyez 

BARBE.  (A.  R.) 

*  BARBELLINA  (diminutif  de  Barba , 
petite  barbe,  barbelle).  bot.  ph. —  Cassini  a 
donné  ce  nom  au  Stœhelina  arborescens 
dont  le  fruit  glabre  est  terminé  par  une  ai¬ 
grette  à  soies  munies  de  barbes  très  fines. 
M-  De  Candolle  a  considéré  le  genre  pro«> 


462 


BAR 


BAR 


posé  par  Cassini  comme  section  des  Stœhc- 
lina  qui  appartiennent  à  la  tribu  des  Com¬ 
posées  Cynarées.  (J.  D.) 

BARBENIA,  Th.  bot.  th. —  Genre  in¬ 
complètement  connu  et  non  classé.  (Sr.) 

*  BARBE  SIA.  bot.  cr.  — Nom  qu’on 
donne  en  Piémont  au  Bolctus  frondo- 
sus  de  Schrank.  Cette  espèce  est  comesti¬ 
ble.  M.  De  Candolle  fait  observer  qu’il  faut 
faire  cuire  ce  champignon  pendant  long¬ 
temps  pour  qu’il  ne  soit  pas  malfaisant. 

(LÉv.) 

BARBET,  zoor..  —  Parmi  les  Mammi¬ 
fères,  ce  nom  désigne  une  race  de  Chiens  ; 
parmi  les  Poissons,  c’est  le  nom  vulgaire  que 
portent  le  Rouget  et  le  Mulet.  (C.  d’O.) 

BARBIAIJX.  roiss. — Un  des  noms  vul¬ 
gaires  du  Barbeau,  Cyprinus  barbus  L. 

BARBICAX.  Poyonias  (-juü^wvtaç,  bar¬ 
bu).  ois,  —  Genre  de  l’ordre  des  Grim¬ 
peurs,  de  la  famille  des  Barbus  de  Cuvier, 
dont  le  nom  français  fut  donné  par  Buffon  , 
comme  nom  spécifique,  à  l’oiseau  type  du 
genre,  et  dont  le  nom  grec  le  fut  par  Illiger. 
Buffon  forma  le  premier  de  ceux  de  Barbu 
et  de  Toucan,  à  cause  de  l’analogie  qu’il 
remarquait  entre  ces  Oiseaux  et  son  espèce 
nouvelle;  et  Illiger,  dans  celui  de  Poyo¬ 
nias,  voulut  exprimer  les  soies  nombreu¬ 
ses  ou  l’espèce  de  barbe  dont  la  base  du  bec 
est  entourée.  Vieillot ,  on  ne  sait  trop 
pourquoi ,  changea  Poyonias  en  Poyonia 
pour  ce  même  genre.  Ses  caractères  sont  : 
«  Bec  de  la  longueur  de  la  tête  ou  un  peu 
plus  long,  robuste,  presque  aussi  large  que 
haut  à  sa  base,  où  il  est  garni,  sur  les  côtés 
et  en  dessous ,  de  soies  nombreuses  et  rai¬ 
des,  dirigées  en  avant.  Mandibule  supé¬ 
rieure  ayant  une  courbure  égale  de  la  base 
à  l’extrémité ,  très  pointue  ,  quelquefois 
marquée  d’un  ou  deux  sillons  longitudinaux; 
ses  bords  festonnés  et  munis,  vers  les  deux 
tiers  de  sa  longueur,  d’une  forte  dent  poin¬ 
tue,  quelquefois  de  deux;  sa  pointe  dépas¬ 
sant  un  peu  celle  de  la  mandibule  inférieure; 
celle-ci  arquée  dans  le  sens  opposé,  légè¬ 
rement  sinueuse  sur  ses  bords,  marquée, 
chez  l’espèce  type,  de  deux  sillons  latéraux, 
et  d’un  grand  nombre  d’autres  transver¬ 
saux.  Narines  petites,  orbiculaires,  situées 
à  la  base  du  bec  et  du  sillon  supérieur, quand 
il  y  en  a.  Tarses  scutellés,  courts  ainsi  que 
les  doigs  internes  qui  sont  en  outre  faibles. 


tandis  que  les  externes  sont  prolongés  et 
beaucoup  plus  forts  ;  ongles  médiocres,  mais 
très  arqués.  Queue  composée  de  dix  rectri- 
ces,  moyenne  ou  courte,  légèrement  arron¬ 
die  à  son  extrémité.  Ailes  médiocres,  ar¬ 
rondies  ;  les  3me,  4me,  5me  et  6me  rémiges 
différant  peu  en  longueur,  et  les  plus  lon¬ 
gues  de  toutes.  » 

Quoique  plusieurs  auteurs,  et  Vieillot 
entre  autres,  n’aient  compris  dans  ce  genre 
que  l’espèce  type,  le  Barbican  proprement 
dit  de  Buffon,  nous  croyons  qu’à  l’exemple 
de  Cuvier,  de  Temminck  et  de  Wagler ,  on 
doit  lui  réunir  toutes  les  espèces  africaines 
comme  lui,  et  comme  lui  aussi  munies 
d’une  ou  de  deux  dents  à  la  mandibule  su¬ 
périeure,  quoique  d’ailleurs  leur  bec  soit 
beaucoup  moins  fort,  moins  sillonné,  quel¬ 
quefois  même  lisse,  et  à  barbes  moins  for¬ 
tes.  Notre  opinion  est  surtout  basée  sur  ce 
que,  malgré  ces  légers  caractères  différen¬ 
tiels,  nous  retrouvons,  chez  la  plupart  d’en¬ 
tre  elles,  une  coloration  analogue  à  celle  du 
Barbican.  Cette  analogie  de  plumage,  à  la¬ 
quelle  souvent  on  ne  fait  pas  assez  d’atten¬ 
tion,  lorsqu’elle  se  rencontre  chez  des  es¬ 
pèces  d’ailleurs  voisines  de  formes  et  habi¬ 
tantes  des  mêmes  contrées,  est,  selon  nous, 
une  des  plus  fortes  indications  qif  elles  sont 
réellement  congénères;  ainsi,  chez  le  Barbu 
masqué  de  Temminck,  chez  les  Poyonias 
Brucii  et  undatus  de  Ruppell  et  autres 
nouvelles  espèces ,  cette  analogie  se  mani¬ 
feste  de  la  manière  la  plus  marquée. 

Cette  conformité  d’habitation  et  de  plu¬ 
mage  nous  a  encore  engagé  à  réunir  aux 
Barbicans,  mais  comrqe  sous-genre,  et  sous 
leur  ancien  nom  de  Barbion,  ces  petites 
espèces  africaines  désignées  par  Levaillant 
sous  cette  dénomination  synonyme  de  petit 
Barbu ,  nom  expressif  qu’on  aurait  dû  leur 
conserver  et  ne  pas  appliquer  à  un  genre 
nouveau  qui  comprend  au  contraire  d’assez 
fortes  espèces.  M.  Lesson  avait  eu  la  même 
idée  ,  et  en  a  fait  un  sous  -  genre  dans 
son  Traité  ;  ainsi ,  nos  Barbions  sous- 
genre  de  nos  Barbicans ,  et  ayant  pour  type 
le  Barbion  de  Levaillant ,  n’ont  pas  à  la 
vérité  de  dent  à  la  mandibule  supérieure  ; 
mais,  chez  le  Barbion  proprement  dit  {Bncco 
parvus),  on  retrouve  entièrement  le  plu¬ 
mage  du  Barbican  à  gorge  noire  {Poyonias 
niger),  son  compatriote. 


BAR 


463 


BAR 

Ce  n’est  que  depuis  peu  de  temps  qu’on 
a  eu  quelques  notions  sur  les  mœurs  des 
Barbicans.  C’est  au  docteur  Burchell,  qui 
les  a  observés  dans  l’Afrique  méridionale, 
qu’on  en  est  redevable,  et  il  est  le  pre¬ 
mier  qui  ait  reconnu  que  ces  Oiseaux  grim¬ 
paient  sur  les  branches  à  la  manière  des 
Pics,  quoique  beaucoup  moins  lestement,  et 
que,  comme  eux  aussi,  ils  en  frappaient  l’é¬ 
corce  à  coups  redoublés.  Cette  découverte 
a  engagé  M.  Swainson  à  ranger  les  Barbi¬ 
cans  d’Afrique ,  les  Barbus  d’Asie,  et  les 
Barbions  américains  de  Temminck,  dans 
une  seule  sous-famille  et  dans  la  famille 
des  Pics,  et  à  les  séparer  des  Tamatias,  qui 
ne  grimpent  pas. 

Adoptant  ces  idées  jusqu’à  un  certain 
point,  et  dans  la  supposition  que  les  petits 
Barbions  d’Afrique,  les  Promépics  du  même 
continent,  et  les  Barbions  américains,  sont 
grimpeurs  aussi,  ce  qu’on  est  autorisé  à 
préjuger  d’après  la  grande  analogie  qui  se 
remarque  dans  la  forme  de  leurs  pattes,  et 
celle  des  Barbicans,  le  genre  Barbican  ( Po - 
gonias  )  fera  partie  de  nos  Zygodactyles 
grimpeurs,  de  notre  famille  des  Buccoïdées, 
et  de  notre  sous-famille  des  Pogoninées  ;  tan¬ 
dis  que  les  Tamatiadées  d’Amérique,  qu’on 
s’est  assuré  n’être  point  grimpeurs,  et  dont 
les  pattes  sont  en  général  plus  petites,  plus 
faibles  que  chez  tous  les  Buccoïdées,  forme¬ 
ront,  sous  le  nom  de  Tamatianées ,  une 
troisième  sous  -  famille  de  notre  famille 
des  Buccoïdées. 

Quoique  les  Barbions  d’Afrique  de  Tem¬ 
minck  ,  tels  que  le  Promèpic  de  Levaillant, 
le  Barbion  perlé  de  Temminck  et  une  troi¬ 
sième  espèce  n’aient  point  le  bec  denté ,  il 
nous  a  paru  naturel  de  les  grouper  près  des 
Barbicans,  leurs  compatriotes,  mais  comme 
sous-genre,  sous  le  nom  de  Promèpic  qui 
fut  imposé  à  l’espèce  type  par  Levaillant, 
et  non  sous  celui  de  Barbion,  que  ce  même 
auteur  employa  pour  désigner  d’autres  pe¬ 
tits  Barbus  d’Afrique.  A  côté  de  ce  sous- 
genre  et  de  celui  de  Barbion  de  Levaillant , 
nous  en  placerons  un  troisième ,  composé 
des  Barbions  américains  de  Temminck,  mal¬ 
gré  la  différence  de  leur  habitat;  mais,  leur 
trouvant  une  grande  analogie  déformé  et  de 
coloration  avec  les  Barbicans ,  nous  leur 
conserverons  leur  nom  générique  de  Mi~ 
cropogon  de  Temminck ,  et  nous  rempla¬ 


cerons  leur  nom  français  de  Barbion  par 
celui  de  Barbus  éric  que  M.  Lesson  leur  a 
donné  dans  son  Traité. 

Notre  genre  Barbican  [Po  g  onia  s)  se  sub¬ 
divisera  donc  géographiquement  en  quatre 
sous-genres,  3  africains  et  un  4me américain  : 
1°  celui  de  Barbican,  proprement  dit,  ayant 
pour  type  le  Barbican  de  Buffon  (Enl., 
602,  Vieil.,  Gai.,  pl.  32) ,  (  Bucco  dubitts 
des  auteurs);  2°  celui  de  Barbion  ( Pogoniu - 
lus,  Nob.)  ayant  pour  type  le  Barbion  de 
Levaillant  (Bucco  parvus  Gmel.)  ;  3°  celui 
de  Promèpic  ,  LeYaill.  (  Promepicus  , 
Nob.),  ayant  pour  type  le  Promèpic  de  cet 
auteur  (Prom.,  pl.  32);  et  4°  celui  de  Bar- 
buséric  de  Lesson  (Micropogon,  Tem.), 
ayant  pour  type  le  Barbu  de  cayenne  Buff.- 
(Enl. ,  206)  (  Bucco  caycnnensis) ,  qui 
devient  notre  Micropogon  caycnnensis. 

L’espèce  la  plus  intéressante  à  faire  con¬ 
naître  est  bien  certainement  une  de  celles 
que  le  voyageur  Ruppell  a  trouvées  en  Abys¬ 
sinie  ,  et  qu’il  a  décrite  et  figurée  dans  son 
second  voyage  sous  le  nom  de  Pogonias 
brucii  (Barbican  de  Bruce) ,  parce  qu’il  a 
reconnu  qu’elle  n’était  autre  que  le  fameux 
Phytotome  a  trois  doigts  de  Daudin ,  ou 
Gmfso  Balito  de  Bruce ,  qui,  du  reste , 
avait  été  déjà  décrit  deux  fois  par  Latham, 
sous  les  noms  èü Abyssinian  Barbican 
(t.  III,  pl.  53)  et  Aby  s  sinian  plnnicut- 
ter  (t.  VI,  pl.  98).  Cet  oiseau ,  du  reste  , 
n’est  point  tridactyle  comme  son  nom  l’indi¬ 
quait  ;  c’est  un  vrai  Barbican  qui  a  les 
pieds  conformés  comme  tous  les  autres 
du  genre  et  des  rapports  de  coloration  avec 
le  Barbican  masqué  de  Temminck,  car  il  a 
toute  la  partie  antérieure  de  la  tête  et  du 
cou,  ainsi  que  la  poitrine,  d’un  rouge  vif, 
le  reste  du  dessous  et  le  dessus  du  corps 
noirs  ;  la  queue  et  les  ailes  noirâtres  ;  les 
rémiges  et  leurs  couvertures  bordées  de 
blanc  jaunâtre.  Il  se  trouve  à  Sierra-Leone 
comme  en  Abyssinie.  C’est  le  genre  Hyreus 
de  Stevens  et  Swainson  décrit  par  ces  au¬ 
teurs  d’après  la  description  obscure  et  la 
figure  grossière  de  Latbam  ( Synops .  sup., 
2,  pl.  133) ,  mais  dont  le  voyageur  Ruppell 
a  donné,  dans  son  second  voyage ,  une  ex¬ 
cellente  figure  (pl.  20,  1). 

Temminck,  dans  ses  généralités  du  genre 
Barbican  (pl.  col.),  indique  huit  espèces 
du  genre.  Ruppell,  dans  son  second  voyage, 


BAR 


BAR 


464 

en  décrit  et  figure  encore  deux  nouvelles, 
dont  celle  de  Bruce,  ce  qui  porte  le  nombre 
total  à  dix  au  moins ,  toutes  africaines. 

(Lafr.) 

BARBICHE.  bot.— Nom  vulgaire  de  la 
Nigelle. 

*BARBICORWE.jSœrôec0rm\î(ù«rôa, 
barbe;  cornu,  corne),  ins.  —  Genre  de 
Lépidoptères,  famille  des  Diurnes ,  section 
des  Hexapodes  *  tribu  des  Papillonides , 
établi  par  Latreille  (  Encyclop .  méthode 
t.  IX,  p.  705)  et  qu’il  caractérise  ainsi  : 
Antennes  sétacées  ,  plumeuses.  Palpes 
s’élevant  à  peine  au-delà  du  chaperon  ;  ailes 
inférieures,  ayant  la  cellule  discoïdale  ou¬ 
verte,  le  bord  interne  concave  et  replié. — Ce 
g.  se  rapproche  des  Uranies  par  ses  anten¬ 
nes  sétacées  et  fait  le  passage  de  la  tribu 
des  Papillonides  à  celles  des  Hespérides  ;  il 
est  fondé  sur  une  seule  espèce  du  Brésil , 
nommée  par  l’auteur  Burbicornis  basilis , 
et  décrite  dans  l’ouvrage  précité  (p.  706, 
n°  1).  (D.) 

BARBIER.  poiss.  —  Nom  vulgaire  d’un 
poisson  commun  et  abondant  sur  les  côtes 
de  la  Méditerranée  et  de  l’Espagne.  Il  avance 
aussi  dans  l’Océan  Atlantique  jusqu’aux  Ca¬ 
naries.  L’espèce  est  du  genre  Anthias. 
Voyez  ce  mot.  (Yad.) 

BARRIERIA,  DC.  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Légumineuses  (sous-ordre 
des  Papilionacées,  tribu  des  Clitoriées),  au¬ 
quel  son  auteur  assigne  les  caract.  suivants  : 
Calice  tubuleux ,  5-fide ,  2-bractéolé  à  la 
base;  segments  acuminés ,  égaux.  Pétales 
longuement  onguiculés;  ailes  plus  courtes 
que  la  carène  ;  carène  plus  courte  que  l’éten¬ 
dard  .Étamines  diadelphes;  l’étamine  libre  de 
moitié  plus  courte  que  les  autres.  Style  fili¬ 
forme  longitudinalement,  barbu  au  som¬ 
met;  stigmate  obtus.  Légume  1-loculaire, 
polysperme.  —  Ce  genre  est  fondé  sur  le 
Clitoria  polyphylla  Poir.  ( B.  polyphylla 
DC.,  Galactia  pinnata  Pers.).  C’est  un 
arbrisseau  à  feuilles  imparipennées  ;  à  fo¬ 
lioles  stipellées  ;  à  grappes  axillaires,  cour¬ 
tes*  pauciflores.  (Sp.) 

BARBIFÈRE  [barba,  barbe;  fero,  je 
porte),  bot.  cr.  —  Synonyme  de  Barbula. 

BARBILANIER.  ois.  —  Ce  genre,  sy¬ 
nonyme  du  g.  Sparactes  d’Illiger  et  du 
Bec  de  fer  de  Levaillant ,  quoiqu’adopté 
par  plusieurs  auteurs  *  devrait  disparaître 


des  méthodes ,  puisqu’il  est  fondé  sur  une 
supercherie.  L’individu  qui  a  donné  lieu  à 
la  création  de  ce>  genre  paraît  évidemment 
avoir  été  fait  avec  le  Corps  d’un  Barbican,  la 
huppe  d’un  Dronge  et  les  tarses  d’une  Pie- 
Grièche  ou  d’un  Tyran,  par  esprit  de  cupi¬ 
dité  ,  sans  doute ,  pour  tromper  un  riche 
amateur  hollandais.  (C.  d’O.) 

BARBIO.  poiss.  —  Synonyme  de  Bar¬ 
beau. 

BARBÏOA.  Micropogon  (u.w cpo's,  pe¬ 
tite;  Trtôywv,  barbe),  ois.  —  Genre  formé 
par  Temminck  pour  recevoir  tous  les  Barbus 
d’Afrique,  d’Asie  et  d’Amérique,  différant 
des  autres  par  un  bec  plus  comprimé  et 
l’absence  de  longs  poils  à  sa  base.  Cette 
modification  du  bec  se  retrouvant  effective¬ 
ment  chez  quelques  espèces  de  ces  trois 
grands  groupes  géographiques,  modifica¬ 
tion  qui  ne  nous  paraît  pas  plus  importante 
ici  que  chez  tant  d’autres  genres  où  il  s’en 
rencontre  de  semblables ,  nous  avons  cru 
plus  naturel,  tout  en  sectionnant  géogra¬ 
phiquement  toutes  les  espèces  du  grand 
genre  Barbu,  de  séparer  aussi  ces  Barbions 
de  Temminck  pour  les  grouper  comme  sous- 
genres  avec  ceux  des  Barbus  qui  sont  leurs 
compatriotes.  Nous  n’avons  pu  cependant 
en  agir  ainsi  pour  les  Barbions  américains, 
ne  connaissant  pas  de  vrais  Barbus  en  Amé¬ 
rique  ;  car  nous  sommes  très  porté  à  croire 
que  les  deux  espèces  citées  comme  telles  par 
Temminck  [PI.  col.,  art.  Barbu)  sous  les 
noms  de  Barbu  des  Maynas  (  Brisson , 
pl.  7,  f.  3,  et  Buff.,  enl.  330),  et  de  Barbu 
orànvert  Yaill.  [Bar b.  sup.,  pl.  col.),  ne 
sont  eux-mêmes  que  des  Barbions  de  Tem¬ 
minck  ou  Barbusérics  de  Lesson.  Nous  ne 
pouvions  non  plus  les  réunir  aux  Tamatia- 
nées  leurs  compatriotes ,  qui ,  malgré  leurs 
rapports  dans  l’ensemble  de  leurs  formes , 
s’en  éloignent  cependant  par  celle  de  leur 
bec  droit  en  dessus,  de  leur  coloration  ob¬ 
scure  ,  et  en  ce  qu’ils  n’auraient  pas  la  fa¬ 
culté  de  se  cramponner  aux  arbres,  faculté 
que  nous  supposons  appartenir  aux  Barbu¬ 
sérics  américains ,  d’après  la  conformité  de 
leurs  pattes  et  de  leur  ensemble  avec  les 
Barbicans  et  les  Promépics ,  les  uns  réelle¬ 
ment  grimpeurs,  les  autres  au  moins  cram- 
ponneurs,  si  je  puis  m’exprimer  ainsi.  Nous 
les  avons  alors  rapprochés  des  Barbicans , 
avec  lesquels  ils  nous  ont  parü  avoir  le  plus 


BAR 


BAR 


de  rapports  décoloration.  Déjà,  quelques  au¬ 
teurs  modernes  avaient  fait  plusieurs  sub¬ 
divisions  dans  les  Barbions  de  Temminck, 
sous  les  noms  génériques  ou  sous-généri¬ 
ques  de  Micropogon  ,  Barbusèric  ,  Cou¬ 
cou  pin,  etc. $  nous  n’avons  fait,  tout  en 
adoptant  ces  nouveaux  noms ,  que  de  les 
grouper  chacun  comme  sous-genre  seule¬ 
ment  dans  la  section  des  Barbus  dont  ils 
sont  compatriotes.  Ainsi  les  Barbions  afri¬ 
cains  sont  devenus  notre  sous-genre  Pro- 
mépic  ( Proînepicus ,  Nob.),  du  nom  spécifi¬ 
que  donné  par  Levaillant  à  l’espèce  type. 
Le  docteur  Smith ,  dans  son  Report  of  ihe 
expédition  for  exploring  central  Africa, 
june  23 ,  1834,  pag.  53,  établit  le  sous-genre 
Polysticte  sur  une  espèce  qu’il  n’a  pas  re¬ 
connue  et  qui  est  positivement  le  Promépic 
de  Levaillant  auquel  il  donne  le  nom  de 
Polysticte  quopopa.  Nous  avons  commis 
la  même  erreur  en  le  publiant  dans  le  Ma¬ 
gasin  de  Zoologie ,  sous  le  nom  de  Barbion 
soufré  (Micropogon  sulphuratus).  Ceux 
de  l’Inde  nous  ont  paru  réunir  les  caractères 
assignés  par  M.  Lesson  à  son  genre  indien 
Caloramphc,z tnous  avons  conservé  le  nom 
générique  de  Micropogon  de  Temminck 
pour  les  espèces  américaines,  en  changeant 
le  nom  français  de  Barbion  comme  donné 
anciennement  par  Levaillant  à  de  petits 
Barbus  d’Afrique ,  en  celui  de  Barbuseric, 
que  lui  a  substitué  M.  Lesson,  dans  son 
Traité  d’ Ornithologie.  Voyez  barbu,  BAR¬ 
BICAN  ,  BUCCOÏDÉES  et  POGONINEES.  (LAFR.) 

BARBION.  Pogoniulus ,  Nob.  ( Pogo - 
niulus ,  diminutif  de  Pogonias ,  Barbican). 
oxs.  —  Sous-genre  que  nous  avons  cru  de¬ 
voir  former,  parmi  les  Barbicans  d’Afrique, 
de  deux  petites  espèces  ne  présentant  pas 
comme  eux  de  dents  au  bec,  et  dont  l’une, 
type  de  notre  sous-genre ,  est  le  Barbion 
de  Levaillant ,  Bucco  parvus  des  auteurs, 
Pogoniulus parvus  Nob.  Voyez  barbican. 

(Lafr.) 

*BARBIONS  (les  Barbions),  ois.— C’est, 
dans  le  Traite  d  Ornithologie  de  M.  Les¬ 
son  ,  son  troisième  sous-genre  de  son  genre 
Barbu.  (Lafr.) 

*  BARBIROSTRÉ.  Barbirostris  (bar¬ 
ba,  barbe  ;  rostrum ,  bec),  zool.  bot. —  En 
zoologie,  on  donne  cette  épithète  aux  Oiseaux 
et  aux  Insectes  dont  le  bec  ou  la  trompe  est 
garni  de  poils.  Les  botanistes  l’ont  donnée 


â65 

à  une  espèce  de  cryptogame,  la  Spheria 
barbirostris ,  dont  les  ostioles  sont  allon¬ 
gés  en  forme  de  bec,  et  pubescents. 

(C.  d’O.) 

*BARBITISTES  ((SapêmÇw,  je  joue  du 
luth  ;  à  cause  de  la  stridulation  que  pro¬ 
duisent  ces  Insectes),  tns.  —  Genre  de  la 
famille  des  Locustiens ,  de  l’ordre  des  Or¬ 
thoptères,  établi  par  Charpentier  (Borœ 
entomologicœ )  sur  la  Locusta  ephippiger 
de  Fabricius  et  quelques  autres  espèces  eu¬ 
ropéennes.  Depuis,  MM.  Serville  (Ins. 
orth.)  et  Burmeïster  (Uandb.  der  Eut.) 
n’ont  conservé  sous  le  nom  de  Barbilistes 
que  les  espèces  dont  les  élytres  sont  en 
forme  de  folioles  oblongues,  et  dont  les  an¬ 
tennes  sont  insérées  sur  le  sommet  du  front. 
Telles  sont  les  B.  autumnalis  Hagenb.  , 
B.  serricauda  Fab.,  etc.,  de  la  France  et 
de  l’Europe  méridionale.  Ces  deux  auteurs 
ont  adopté  le  nom  générique  d  Ephippi¬ 
ger,  proposé  par  Latreille  pour  la  Locus~ 
ta  ephippiger  Fab.  (Locusta  perforata 
Ross.,  Ephippiger  vitium  Serv.  )  et  les 
espèces  voisines  qui  ont  les  élytres  en  forme 
d’ écailles  courtes,  bombées  ou  arrondies, 
et  les  antennes  insérées  au  milieu  du  front. 
Voy.  ethipfiger.  (Bu.) 

BARBOTA,  pois.  —  Un  des  noms  du 
grand  Esturgeon,  Acipenser  huso. 

BARBOTE  ou  BARBOTTE.  pois.  — 
Un  des  noms  vulgaires  de  la  Lotte  commune, 
Gadus  lôtta. 

BARBOTEAU.  rois.  —  Un  des  noms 
de  la  Loche  franche  et  du  Cyprinus  jeses . 
Voyez  loche. 

BARBOTEIJR.  ois.  — -  Nom  vulgaire 
du  Canard  chipeau,  Anus  strepera  L. 

BARBOTINE.  bot.ph. — Nom  vulgaire 
de  l’Armoise. 

BARBOTTE.  poiss. —  Voyez  barbote. 

BARBOTTE.  bot.  fh. — Nom  vulgaire 
de  laVesce,  Vicia  sativa,  dans  plusieurs 
de  nos  départements. 

*  BARBU.  Barbatus.  zool.  bot. —  En 
zoologie,  on  donne  cette  épithète  aux  Mam¬ 
mifères,  dont  la  partie  antérieure  de  la  face 
est  garnie  de  poils,  et  aux  crins  qui  bordent 
les  fanons  des  Baleines  ;  chez  les  Oiseaux , 
à  ceux  dont  le  bec  est  garni  de  poils  à  la 
base,  ou  dont  la  partie  inférieure  des  joues 
est  munie  de  moustaches.  Les  ichthyologis- 
tes  l’appliquent  aux  Poissons  dont  la  mâ- 


T.  II. 


BAR 


A6Ü  BAR 

choire  inférieure  porte  des  barbillons  ou 
de  longs  filaments.  Cette  épithète  est  aussi 
donnée  à  certaines  Coquilles  bivalves  du 
genre  Arche,  dont  l’épiderme  est  couvert  de 
pointes  raides  et  dures,  et  aux  Insectes  dont 
les  cuisses  antérieures,  la  tête  ou  la  trompe , 
sont  couvertes  de  poils. 

En  botanique,  ce  mot  s’emploie  quelque¬ 
fois  comme  synonyme  d 'Arislê;  mais  on 
l’applique  communément  à  toutes  les  par¬ 
ties  d’un  végétal  garnies  de  poils ,  réunies 
en  touffes  ou  munies  de  filets  longs  et  aigus 
comme  dans  certaines  Graminées. 

(C.  d’O.) 

BARBU.  Bucco.  ois.  —  Genre  formé 
par  Brisson  dans  son  Ornithologie ,  t.  IV, 
p.  91,  et  adopté  depuis  par  tous  les  ornitho¬ 
logistes.  U  créa  le  nom  français  à  cause 
(dit-il)  des  plumes  raides  et  en  forme  de 
poils  ou  de  barbes,  dont  la  base  du  bec  de 
ces  Oiseaux  est  garnie,  et  le  nom  latin, 
Bucco ,  à  cause  du  renflement  des  côtés  de 
la  bouche  ( Buccarum )  et  de  la  grosseur  de 
la  tête.  Sous  ce  nom,  Brisson  confondait  les 
espèces  asiatiques  et  américaines.  Buffon , 
le  premier,  en  fit  une  distinction  très  judi¬ 
cieuse,  en  le  laissant  aux  espèces  de  l’an¬ 
cien  continent,  et  désignant  celles  du  nou¬ 
veau  par  le  nom  de  Tamatias.  Il  réunit 
alors,  sous  ce  nom,  les  vrais  Tamatias  et 
les  Barbions  américains  ou  Barbusérics  de 
Lesson. 

Nous  avons  cru  devoir  restreindre  ce 
genre  aux  espèces  asiatiques,  d’abord  parce 
qu’elles  diffèrent  des  espèces  africaines  (nos 
Barbicans)  par  l’absence  de  dents  au  bec;  par 
le  renflement  beaucoup  plus  prononcé  de  sa 
base,  et  l’arqûre  moins  forte  de  sa  carène  ; 
parce  que  presque  toutes  nous  offrent,  dans 
leur  plumage  analogue  à  celui  des  Perro¬ 
quets  ,  une  bigarrure  de  couleurs  les  plus 
vives,  de  vert,  de  rouge,  de  jaune  doré  et  de 
bleu  ;  ce  qui  ne  se  retrouve  pas  chez  les  espè¬ 
ces  africaines,  qui  n’ont  jamais  de  bleu  ni 
de  vert  pur,  mais  seulement  un  mélange  de 
noir,  de  rouge  et  d’olivâtre  ou  jaunâtre; 
puis  ,  enfin ,  parce  que  les  sections  géogra¬ 
phiques,  dès  qu’elles  nous  présentent  chez 
leurs  espèces  quelques  différences,  soit  dans 
les  formes  extérieures,  et  la  coloration  du 
plumage,  soit  dans  les  habitudes,  nous  pa¬ 
raissent  les  plus  naturelles  et  bien  préfé¬ 
rables  à  toute  autre.  U  est  certain  que  cha¬ 


que  grand  continent  renferme  un  grand 
nombre  de  genres  ou  familles  qui  lui  sont 
particuliers  et  ne  se  retrouvent  pas  sur  les 
autres;  et,  lorsque  quelques-uns  de  ces 
genres  s’y  retrouvent  représentés  par  des 
espèces  analogues,  il  est  rare  qu’elles  n’of¬ 
frent  pas  quelque  caractère,  sinon  dans  les 
formes,  au  moins  dans  la  coloration,  qui  ne 
puisse  les  faire  sectionner  en  groupes  afri¬ 
cains,  asiatiques  et  américains. 

Notre  genre  Barbu  (Bucco,  Briss.,  L., 
etc.)  ainsi  restreint,  aura  donc  pour  ca¬ 
ractères  :  «Bec  très  robuste,  droit,  coni¬ 
que,  arqué  dessus  et  dessous,  renflé  latéra¬ 
lement  à  sa  base,  surtout  à  celle  de  la  man¬ 
dibule  supérieure,  garni,  selon  Cuvier,  de 
cinq  faisceaux  de  barbes  raides  dirigées  en 
avant,  dont  un  derrière  chaque  narine,  un 
de  chaque  côté  de  la  base  de  la  mandibule 
inférieure,  et  le  cinquième  sous  la  sym¬ 
physe.  Ailes  courtes  et  obtuses.  Queue 
courte  et  légèrement  arrondie,  composée  de 
dix  rectrices  seulement.  Pattes  assez  ro¬ 
bustes  ;  à  doigts  internes  beaucoup  plus 
courts  et  plus  faibles  que  les  externes  ;  l’in¬ 
terne  antérieur  réuni  à  l’externe  par  toute 
sa  première  phalange.  Formes  raccourcies, 
lourdes  et  massives  ;  plumage  peint  de  vives 
couleurs ,  vives  et  tranchées  comme  chez  ies 
Perroquets ,  généralement  vert ,  varié  de 
rouge,  de  bleu,  de  jaune  doré  vers  la  tête. 
Toutes  les  espèces  asiatiques.  » 

Ce  genre  fait  partie  de  nos  Zygodactyles 
grimpeurs,  de  notre  famille  des  Buccoïdées, 
et  de  notre  sous-famille  des  Buccoïnées.  De¬ 
puis  qu’on  a  reconnu  que  les  Barbus  d’Afri¬ 
que  ou  Barbicans  avaient  la  faculté  de  grim¬ 
per  le  long  des  troncs  d’arbres,  que  les  Pro- 
mépics  du  même  pays  s’y  tenaient  cram¬ 
ponnés  verticalement,  on  n’a  pas  balancé  à 
les  ranger  près  des  Pics ,  comme  Oiseaux 
grimpeurs,  et,  par  analogie,  on  y  a  placé 
aussi  les  Barbus  d’Asie  et  même  les  Barbu¬ 
sérics  d’Amérique.  Nous  ignorons  si  ces 
deux  derniers  groupes  jouissent  de  la  même 
faculté;  mais  il  nous  paraît  tellement  indis¬ 
pensable  de  les  réunir  tous  en  une  même 
famille,  que ,  lors  même  qu’ils  en  seraient 
privés,  on  ne  pourrait,  selon  nous,  encore 
les  séparer. 

Les  Barbus  sont  frugivores  et  insectivores. 
Le  lieutenant-colonel  Sykes  n’a  trouvé  que 
ces  deux  substances  dans  l’estomac  des  es- 


BAR 


BAR 


pèces  indiennes  qu’il  a  disséquées.  Il  ne  dit 
point  qu’il  les  ait  vues  grimper  ou  se  cram¬ 
ponner  su;  les  troncs  d’arbres.  Les  fruits 
dont  ils  se  nourrissent  sont,  surtout,  diver¬ 
ses  espèces  de  Figues. 

Temminck  n’a  cité  et  décrit  (PI.  col .), 
dans  ses  Barbions,  qu’une  seule  espèce 
asiatique,  le  Barbion  fuligineux,  espèce 
remarquable  par  sa  coloration  uniformé¬ 
ment  fuligineuse  en  dessus,  blanc  jaunâtre 
ou  roussâtre  en  dessous,  et  par  un  bec  très 
comprimé  et  dont  l’arête  supérieure  est  cou¬ 
pante  à  son  insertion  dans  les  plumes  fron¬ 
tales.  M.  Lesson  ayant  assigné  ce  caractère 
et  quelques  autres,  qui  se  retrouvent  en¬ 
core  chez  le  Barbion  fuligineux,  à  un  nou- 
veau  genre  indien  de  Buccoïnées,  son  genre 
Caloramphe  (  Ca toram /* hus ,  Less.,  Rev . 
zool,  1840,  p.  134) ,  nous  avons  cru  devoir 
adopter  ce  nom  de  Caloramphe  pour  dési¬ 
gner  les  Barbions  d’Asie  et  comme  sous- 
genre  de  notre  genre  Barbu.  Ce  genre  Ca- 
loramphus  est  synonyme,  selon  M.  Les¬ 
son,  de  celui  de  Xylopogon  de  M.  Tem¬ 
minck.  Nous  adopterons  encore  comme 
sous-genre  ,  dans  notre  genre  Barbu,  le 
genre  Psilopogon  de  Boié,  formé  sur  une 
superbe  espèce  indienne  nouvellement  dé¬ 
couverte  et  publiée  par  Temminck,  dans  ses 
Planches  coloriées ,  sous  le  nom  d e,  Bucco 
Pyrolophus  (col-  597) .  Ce  Barbu  est  effec¬ 
tivement  remarquable  par  son  bec  diverse¬ 
ment  coloré  ;  par  un  faisceau  de  poils  allon¬ 
gés  formant  une  aigrette  recourbée  en 
avant  et  s’élevant  du  front  ,  et  par  une 
queue  allongée  et  étagée.  L’aigrette  frontale 
est  d’un  rouge  éclatant;  le  bec  d’un  jaune 
verdâtre,  traversé  vers  son  milieu  d’une 
bande  noire.  La  tête  est  noire  jusqu’au  ver- 
tex,  qui  est  traversé  d’une  bande  inter-ocu¬ 
laire  grise,  suivie  d’une  autre  d’un  rouge 
noirâtre,  avec  l’occiput  noir  tranchant  sur 
le  gris  des  joues;  une  bande  sourcillaire 
d’un  vert  éclatant,  et  un  demi-collier  pec¬ 
toral  d’un  jaune  orpin,  bordé  d’un  second 
noir  plein ,  avec  le  reste  du  plumage  vert, 
forment  la  parure  de  cet  oiseau  remarqua¬ 
ble  de  Batavia. 

Notre  genre  Barbu  ( Bucco )  aura  donc 
pour  sous-genres  :  1°  Barbu  (Bucco)’,  2° 
Caloramphe  (  Coloramphus ,  Less.,  OU 
Xylopogon ,  Tem.),  ayant  pour  type  Ca- 
loramphus  sanguinolcntus  Less.,  ou 


407 

Xylopogon  Lathami  Tem.,  de  Sumatra, 
auquel  nous  croyons  pouvoir  rattacher  le 
Barbion  fuligineux  de  Temminck  ;  3°  Psi¬ 
lopogon  de  Boié,  ayant  pour  type  le  Bucco 
Pyrolophus  Tem.  (PL  col.  597). 

Nous  citerons  entre  autres,  comme  Bar¬ 
bu  proprement  dit,  et  comme  espèce  re¬ 
marquable  par  sa  taille  comme  par  son  bril¬ 
lant  plumage,  le  Barbu  a  moustaches  jaunes 
(Bucco  Chrysopogon  Tem.,  col. 2 85),  qui 
a  jusqu’à  trente  centimètres  de  longueur,  et, 
dans  ce  cas,  le  bec  aussi  fort  que  celui  du 
Corbeau  d’Europe,  large  et  déprimé  à  sa 
base.  Les  narines  sont  recouvertes  d’une 
tache  d’un  beau  rouge.  Cette  couleur  se  re¬ 
trouve  sur  le  dessus  de  la  tête ,  du  vertex  à 
l’occiput ,  en  petites  taches  triangulaires 
sur  un  fond  azur,  couleur  qui  forme  un 
demi-collier  antérieur  au  bas  du  cou  ;  une 
large  bande  frontale  et  la  gorge  sont  d’un 
gris  un  peu  jaunâtre  soyeux.  Une  large 
moustache  jaune  s’étend  de  la  mandibule 
inférieure  au  dessous  des  joues  qui  sont 
brunes  ;  tout  le  reste  du  corps  est  vert  fon¬ 
cé  en  dessus,  plus  clair  en  dessous.  De  Su¬ 
matra. 

Comme  espèce  anomale  dans  son  plu¬ 
mage  et  par  la  nudité  de  sa  tête ,  nous  in¬ 
diquerons  notre  Barbu  chauve  (Bucco  cal- 
vus  de  Lafr.,  Rev.  zool.,  1841,  p.  241),  long 
de  quinze  centimètres,  d’un  brun  fuligineux 
uniforme ,  plus  clair  en  dessous ,  avec  de 
petites  stries  plus  pâles  sur  la  tige  des  plu¬ 
mes  du  dos  et  de  la  poitrine;  la  tête  dégarnie 
de  plumes  jusqu’à  l’occiput  et  sur  les  côtés, 
jusqu’au-delà  des  oreilles  ;  le  bec  de  gros¬ 
seur  médiocre ,  ayant  un  court  sillon  sur  la 
mandibule  supérieure,  depuis  la  narine,  un 
peu  plus  long  sur  la  mandibule  inférieure  avec 
la  carène  supérieure  coupante  comme  chez 
le  Barbion  fuligineux  de  Temminck  et  le 
petit  Barbu  à  bandeau  d’or  (id. ,  pi.  col.  536, 
2).  Nous  ignorons  sa  patrie ,  mais  nous  le 
croyons  indien. 

Temminck,  dans  ses  PI.  col.,  art. Barhu, 
indique  vingt-et-une  espèces  de  Barbus  de 
l’Ancien  continent  et  deux  du  nouveau ,  le 
Barbu  élégant  ou  des  Maynas,  Beau  Tama- 
tia  Buff.  (Enl.,  330,  Bucco  maynanensis 
auct.),  ét  le  Barbu  oranvert  Vaill.  (Barh. 
supp.,  pl.  e)  ;  ne  sont-ce  point  plutôt  des 
Barbusérics,  ou  Barbions  de  Temminck  ? 

(Lafr.) 


m 


BAR 


BAR 


*  BARBU,  bot.  cr. — Nom  donné,  dans 
quelques  pays  de  la  France ,  au  Clavaria 
ooralloides  L.  Voyez  les  mots  clavaire, 

CLAVARIA.  (LÉV.) 

BARBULA,  Loureir.  (non Swartz).  bot. 
pu.—  Synonyme  du  genre  Mastacanthus. 

(Sr.) 

BARBULE.  Barbula  (diminutif  de 
barba  ,  barbe  ).  bot.  cr.  —  Genre  de 
Mousses,  fondé  par  Hedwig  (Sp.  Musc., 
p.  115),  et  distingué  par  le  même  auteur  du 
genre  Tortula  (l.  c.,  p.  122),  sur  le  seul 
caractère  de  la  position  des  fleurs  mâles. 
Frappés  de  ce  que  quelques  espèces  de  l’un 
et  de  l’autre  genre  d’Hedwig  présentaient 
les  cils  de  leur  péristome  tissu,  sous  forme 
de  membrane  à  la  base ,  Weber  et  Mohr 
établirent  pour  ces  espèces  le  genre  Syn- 
irichia.  Bridel ,  en  adoptant  ce  dernier 
genre  ( Bryol .  univ .,  I,  p.  578),  réserva  le 
nom  de  Barbnla  pour  les  espèces  dont  les 
cils  sont  libres  à  leur  origine,  et  M.  Endli- 
cher  a  admis  cette  distinction  dans  son 
(j  encra  Plantarum ,*  mais,  ie  nom  de  Bar¬ 
bu  la  ayant  été  depuis  longtemps  consacré 
par  Loureiro  à  un  genre  de  la  phanéroga- 
mie,  et  ce  genre  étant  universellement  adop¬ 
té,  nous  renverrons  au  mot  Tortula ,  admis 
par  nous  dans  le  sens  étendu  quellui  donne 
M.  Hooker.  C’est  là  que  nous  signalerons 
les  différents  caractères  qui  distinguent  ce 
genre  et  les  deux  sous  -  genres  dans  les¬ 
quels  doivent  être  réparties  ses  espèces. 
V oyez  tortula .  (C .  M .  ) 

*BARBULES  ( barbnla  diminutif  de 
barba,  barbe),  ois.  —  Nom  donné  par  les 
ornithologistes  aux  petits  crochets  cornés 
qui  garnissent  les  barbes  des  plumes  des 
Oiseaux.  (C.  d’O.) 

*BARBULES  ( barbnla ,  diminutif  de 
barba ,  barbe),  bot. — Necker  a  appelé  ainsi 
le  petit  corps  barbu  formé  par  la  réunion 
des  cils  du  péristome  soudés  ensemble  et 
qu’on  remarque  dans  les  Tunia ,  genres  de 
Mousses.  (C.  d’O.) 

*BARBULOIDES.  Barbuloides.  bot. 
cr.  —  Nom  donné  par  Bridel  à  une  famille 
de  Mousses  dont  le  genre  Barbula  est  le 
type.  (C.  d’O.) 

*  BARBUS,  ois. —  C’est,  dans  le  Règne 
animal  de  Cuvier  (dernière  édition),  le 
nom  qu’il  donne  au  groupe  ou  au  grand 
genre  qu’il  subdivise  en  trois  sous-genres  : 


1°  les  Barbicans;  2°  les  Barbus  propre- 
1  ment  dits,  qu’il  indique  comme  des  deux 
continents,  leur  réunissant  les  Barbions 
d’Amérique,  et  3°  les  Tamatias  ;  il  en  ex¬ 
clue  les  Barbacous  qu’il  place  dans  sa  fa¬ 
mille  des  Coucous.  Les  Barbus  ou  Buccoï - 
nées  sont  également ,  dans  le  Traite  dû  Or¬ 
nithologie  de  M.  Lesson  ,  le  nom  qu’il 
donne  à  la  même  famille,  qui  comprend 
les  genres  Barbacou  et  Barbican,  ce  der¬ 
nier  composé  seulement  de  l’espèce  type 
le  Barbu ,  renfermant  les  autres  Barbicans 
d’Afrique  comme  premier  sous-genre;  les 
vrais  Barbus  d’Asie  comme  second  sous- 
genre;  les  Barbions  de  Levaillant  comme 
troisième  sous-genre;  les  Barbusèrics  d'A¬ 
mérique  comme  quatrième  ;  Coucoupic 
comme  cinquième  et  Tamatia  comme 
sixième.  (Lafb.) 

BARBUS.  Barbati.  ins.  —  Latreille 
désigne  ainsi,  dans  le  Règne  animal  de 
Cuvier,  une  division  de  la  famille  des  Co¬ 
léoptères  carnassiers,  tribu  des  Carabiques, 
comprenant  les  genres  Nébrie ,  Pogono- 
phore  ,  Loricère  et  Omophrone ,  lesquels 
offrent  pour  caractères  communs  d’avoir  le 
côté  externe  des  mâchoires  dilaté  et  cilié  à 
sa  base.  Voyez  carnassiers  et  carabiques. 

(D-) 

*  BARBIISERIC.  Micropogon ,  Tem. 
(p.wpoç,  petite;  barbe;  à  cause  de 

l’absence  de  longs  poils  autour  du  bec  de  ces 
espèces  de  Barbus),  ois.  —  Sous-genre  for¬ 
mé  par  M.  Lesson ,  dans  son  Traité  d' Or¬ 
nithologie,  du  genre  Barbion  ( Micropogon 
de  Temminck)  et  ne  renfermant  que  les 
Barbions  d’Amérique  de  cet  auteur. 

Nous  adoptons  ce  sous-genre  de  M.  Les¬ 
son,  auquel  nous  conservons  le  nom  grec  de 
Micropogon ,  donné  par  M.  Temminck  à 
tous  les  Barbions ,  mais  que  nous  restrei¬ 
gnons  ici  à  ceux  d’Amérique  seulement. 

D’après  nos  idées  de  groupement  géogra¬ 
phique  ,  nous  aurions  désiré  les  accoler  aux 
Tamatiadées  leurs  compatriotes  et  les  repré¬ 
sentants  des  Barbus  en  Amérique  ;  mais  ils 
s’en  éloignent  évidemment  par  la  forme  beau¬ 
coup  plus  courte,  plus  arquée  et  très  compri¬ 
mée  de  leur  bec,  et  par  la  coloration  de  leur 
plumage,  tandis  que,  par  tous  ces  caractères, 
ils  se  rapprochent  singulièrement  des  Bar¬ 
bicans  d’Afrique.  Trois  ou  quatre  espèces 
seulement  composent  ce  petit  groupe  à  plu- 


BAR 


BAR 


mage  mélangé  de  noir  et  d’olivâtre  en  des¬ 
sus,  jaunâtre  pâle  en  dessous  et  relevé  par 
un  rouge  vif  ou  un  jaune  doré  sur  la  tête  ou 
sur  le  cou.  L’espèce  type  est  le  Microjjo- 
gon  cayennensis  Tem.,  Barbu  ob  cayenne 
Buff.  (  Enl. ,  206),  Buceo  cayennensis 
Gmel.,  de  la  Guiane.  (Laf.) 

BARBYLUS,  P.  Br.  bot.  ph.  —  Genre 
douteux,  qui  paraît  appartenir  aux  Térebin- 
thacées.  (Sp.) 

BARCKHAUSIE.  bot.  ph.  —  Voyez 

BARKHAUSIA. 

* BARCL AYA, Wallich .  bot.  ph\—  Gen¬ 
re  de  la  famille  des  Nymphéacées,  auquel  on 
assigne  pour  caract.  :  Calice  5-sépale,  inad¬ 
hérent,  hypogyne,  subherbacé.  Corolle 
gamopétale ,  insérée  au  sommet  d’un  ré¬ 
ceptacle  globuleux;  tube  cylindracé;  limbe 
à  8  ou  10  segments  courts,  inégaux,  2-ou 
3-sériés.  Étamines  très  nombreuses,  plu- 
risériées,  libres,  insérées  au  tube  de  la  co¬ 
rolle,  incluses  :  les  deux  séries  supérieures 
recourbées,  stériles  ;  filets  très  courts,  su- 
bulés  ;  anthères  basifixes.  Ovaire  recouvert 
par  le  réceptacle,  inadhérent ,  supère  rela¬ 
tivement  au  calice,  infère  relativement  à  ta 
corolle,  multiloculaire,  multi-ovulé,  à  som¬ 
met  creusé  d’une  cavité  infondibuliforme 
qui  descend  jusqu’au  centre.  Styles  nom¬ 
breux.  subulés,  courts,  convergents,  entre¬ 
greffés  à  la  base  en  anneau  adné  au  fond 
de  la  corolie;  stigmates  simples,  obtus. 
Fruit  polysperme,  gélatineux  en  dedans ,  à 
loges  se  disjoignant  sans  s’ouvrir.  Graines 
globuleuses,  hérissées  au  sommet  de  soies 
succulentes,  étalées.— Ce  genre  remarquable 
s’éloigne  des  autres  Nymphéacées  par  la 
s'.ructure  de  son  réceptacle  et  par  sa  co¬ 
rolle  gamopétale  ;  il  n’est  fondé  que  sur 
une  seule  espèce.  C’est  une  plante  habitant 
les  eaux  stagnantes  du  Pégu,  et  semblable 
à  un  Potamogeton  par  le  port  ;  ses  feuilles 
sont  flottantes  ou  submergées,  oblongues, 
subhasliformes  à  la  base,  luisantes  en  des¬ 
sus,  cotonneuses  en  dessous,  penninervées; 
les  fleurs  sont  inodores,  verdâtres,  larges 
d’environ  quatre  centimètres.  (Sp.) 

*BARCLAYÉES.  bot.  ph. —  Une  des 
tribus  établies  par  M.Endlicher  dans  la  fa¬ 
mille  des  Nymphéacées.  Voyez  ce  mot. 

(Ad.  J.) 

bardane.  bot.  ph.  —  Voyez  lappa. 

bardeau  ou  BARDOT.  MAM. - Mé- 


m 

tis  du  Cheval  avec  l’Anesse.  Voyez  mulet. 

BARDIGLIONE.  min.  —  Nom  donné 
par  de  Bournon  à  la  Karsténite  ou  Sulfate 
anhydre  de  chaux ,  d’après  celui  de  Bar- 
diglio ,  sous  lequel  on  désigne  en  Italie  la 
Karsténite  lamellaire  ou  Pierre  de  Yulpino. 

(Del.) 

BARDOT.  mam.  —  Voyez  bardeau. 

BARDOTTIER .  bot.  ph.  —  Synonyme 
(V  lmb  r  ica  ire. 

BARERIA.  bot.  ph. — Voyez  barreria. 

BARETIA.  bot.  ph.  —  Nom  donné  par 
Commerson  au  Quivisia  de  Jussieu,  de  la 
famille  des  Méliacées. 

BARGE.  Limosa ,  Briss.  ois.  —  Genre 
de  l’ordre  des  Échassiers  et  de  la  famille 
des  Longirostres  de  Cuvier ,  formé  par 
Brisson  qui  lui  donna  pour  nom  français 
celui  par  lequel  Belon  avait  désigné  ancien¬ 
nement  une  des  espèces,  et  pour  nom  latin 
scientifique  celui  même  que  les  Vénitiens 
donnaient  à  cette  même  espèce.  On  est  en¬ 
core  étonné  de  voir  Vieillot,  tout  en  adop¬ 
tant  ce  genre,  en  changer,  sans  motif  ap¬ 
parent,  la  dénomination  de  Limosa  en 
celle  de  Limicula. 

Ce  genre,  qui  fait  partie  de  notre  famille 
des  Scolopacidées  et  de  notre  sous-famille 
des  Totaninées,  a  pour  caractères  :  Bec  très 
long,  cylindracé,  plus  ou  moins  recourbé  en 
haut,  mou  et  flexible  dans  toute  sa  longueur, 
déprimé  vers  la  pointe  ;  les  deux  mandibules 
sillonnées  dans  toute  leur  longueur,  obtuses 
et  légèrement  dilatées  à  leur  extrémité.  Na¬ 
rines  latérales,  longitudinalement  fendues 
dans  le  sillon  et  percées  de  part  en  part. 
Pieds  longs ,  grêles ,  avec  un  grand  espace 
nu  au  bas  de  la  jambe  ;  quatre  doigts  ;  le 
doigt  médian  antérieur  réuni  à  l’extérieur  à 
sa  base  par  une  membrane  qui  s’étend  plus 
ou  moins  en  avant;  l’intérieur  libre,  ou 
engagé  (chez  un  sous-genre)  par  une  mem¬ 
brane  semblable;  le  pouce  fort  petit ,  arti¬ 
culé  sur  le  tarse;  tous  les  doigts  ayant  de 
chaque  côté  une  étroite  bordure  membra¬ 
neuse;  l’ongle  médian  ayant  son  bord  inter¬ 
ne  légèrement  dilaté  en  forme  de  tranche 
saillante ,  quelquefois  dentée.  Ailes  à  ré¬ 
miges  de  longueur  médiocre  ;  la  première 
et  la  seconde  égales  et  les  plus  longues  ; 
queue  courte. 

Les  Barges  qui  faisaient  partie  du  genre 
Scoloyax  de  Linné,  sont  d’assez  grands  Oi- 


470 


BAR 


BAR 


seaux ,  très  haut  montés  sur  pattes  et  à  bec 
très  long.  En  les  rapprochant  des  Cheva¬ 
liers,  des  Bécasseaux  et  même  des  Courlis, 
on  est  frappé  de  la  grande  analogie  qu’ils 
offrent  avec  ces  différents  genres  dans  la 
forme  des  pattes ,  du  bec  et  de  la  queue , 
et  aussi  dans  leur  double  mue ,  prenant 
comme  eux  au  printemps  un  plumage  où 
le  roux  domine  fortement,  ce  qui  en  a  fait 
multiplier  à  tort  les  espèces.  Elles  pré¬ 
sentent  néanmoins  un  caractère  de  sexe 
qui  leur  est  particulier ,  c’est  que  le  mâle 
est  constamment  plus  petit  que  la  femelle 
(observation  qui  fut  faite  pour  la  première 
fois  par  M.  Bâillon  d’Abbeville,  qui  la  com¬ 
muniqua  à  vieillot,  comme  celui-ci  nous 
l’apprend  à  son  article  Barge  du  Diction¬ 
naire).  Elles  ont  encore  de  particulier  que 
ces  femelles  prennent  leur  plumage  roux 
d’été  plus  tard  que  les  mâles  et  lorsque 
ceux-ci  en  sont  déjà  entièrement  revêtus. 

Ces  Oiseaux  se  plaisent  à  l’entour  des  ma¬ 
récages,  particulièrement  des  marais  salés 
et  sur  les  bords  fangeux  des  fleuves  près  de 
leur  embouchure.  Leur  bec  très  mou  et  flexi¬ 
ble  ,  propre  seulement  à  fouiller  dans  les 
boues,  dans  les  limons,  ou  dans  le  sable 
mouvant  baigné  par  les  vagues  de  la  mer , 
est  certainement  doué  d’une  grande  délica¬ 
tesse  de  tact  qui  leur  fait  distinguer,  à  une 
certaine  profondeur,  dans  la  vase  ou  le  sable 
mouvant ,  le  petit  crustacé ,  le  ver  aquati¬ 
que  propre  à  leur  nourriture.  Qui  sait  môme 
si,  dans  cette  fonction  alimentaire,  le  sens 
de  l’odorat  ne  leur  est  pas  aussi  d’un  grand 
secours?  Nous  voyons  que  chez  V  Aptéryx  de 
la  Nouvelle-Zélande  ,  le  bec  qui  a  la  plus 
grande  analogie  de  forme  extérieure  avec 
celui  des  Courlis  et  par  conséquent  des 
Barges,  est  muni  de  deux  espèces  de  tuyaux 
depuis  les  narines,  celles-ci  n’ayant  leur 
ouverture  qu’à  son  extrémité.  Il  n’est  pas 
douteux  que  cette  conformation  particulière 
du  sens  de  l’odorat,  chez  cet  oiseau  singu¬ 
lier  qui  ne  se  nourrit  que  la  nuit  de  Vers 
qu’il  va  chercher  dans  les  parties  humides 
des  forêts,  ne  lui  ait  été  accordée  que  pour 
faciliter  cette  recherche.  Chez  les  Barges 
comme  chez  les  nombreuses  espèces  de  Bé¬ 
casseaux,  chez  les  Bécasses  et  Bécassines 
et  autres  genres  voisins ,  nous  voyons ,  non 
pas  deux  conduits  cylindriformes  depuis  les 
parines  jusqu’à  la  pointe  du  bec,  mais  deux 


rainures  qui  semblent  en  tenir  lieu  et  pour¬ 
raient  bien  servir  de  conduit  aux  parties 
odorantes  lorsque  le  bec  agite  la  vase,  et  in¬ 
diquer  à  l’oiseau,  aussi  bien  que  le  tact,  la 
présence  de  petits  animaux. 

On  ne  connaissait  que  deux  espèces  de 
B,arges  en  Europe  :  la  Barge  a  queue  noire 
( Limosa  meianura  Tem.,  Man.  664),  ou 
Barge  commune  (Buff.,ZJ?z/.  874)  et  la  Barge 
rousse  [Limosa  rufa  Briss.  ,Tem. , ibid .  ,668) 
OU  Barge  aboyeuse  OU  a  queue  rayée  (Cuv., 
Rètj.  anim.\  car  M.  Temminck,  après  en 
avoir  décrit  une  troisième  dans  la  première 
édition  de  son  Manuel  sous  le  nom  de 
Barge  de  meyer  ( Limosa  Meyeri )  d’après 
les  indications  du  docteur  Leister,  annonce 
dans  sa  seconde  édition  que  c’est  par  erreur, 
et  qu’il  a  reconnu  que  cette  prétendue  es¬ 
pèce  n’est  établie  que  sur  de  grands  indi- 
dividus  de  la  Limosa  rufa;  puis,  dans  la 
quatrième  partie  de  son  Manuel,  publiée 
en  1840,  il  annonce  formellement  que  c’est  à 
tort  que,  dans  sa  seconde  édition ,  il  avait 
réuni  comme  même  espèce  les  Limosa  Meye¬ 
ri  et  Limosa  rufa,  que  ce  sont  bien  des 
espèces  distinctes  et  sans  nul  doute,  ce  qui 
porte  à  trois  le  nombre  des  espèces  eu¬ 
ropéennes.  Celui  des  espèces  étrangères 
est  peu  considérable ,  car ,  outre  les  trois 
nôtres  qui  se  retrouvent  presque  partout, 
on  n’en  connaît  guère  qu’une  autre,  la 
Barge  marbrée  OU  fédoa  [Limiouia  mar- 
moraia  Vieil.  ,  Gai.,  pl.  243;  Wilson,  pl. 
56-4),  de  l’Amérique  méridionale. 

Comme  nous  l’avons  indiqué  au  com¬ 
mencement  de  cet  article ,  les  Barges  ont 
au  printemps  une  double  mue  dans  laquelle^ 
ainsi  que  chez  plusieurs  espèces  de  Bécas¬ 
seaux  ,  la  couleur  de  leur  plumage  change 
presque  totalement,  en  sorte  que  le  blan¬ 
châtre,  entremêlé  de  noirâtre  de  la  partie 
supérieure  de  leur  corps,  devient  noir  et 
roux,  tandis  que  la  tête,  le  cou  et  tout  le 
dessous,  ordinairement  blancs  ou  d’un  blanc 
grisâtre  ,  deviennent  d’un  roux  prononcé. 
—  Ces  Oiseaux  ont  encore  de  particulier  de 
pondre  des  œufs  très  gros  à  proportion  de 
leur  volume. 

Une  petite  espèce  asiatique ,  Scolopax 
terek  Lat.,  cinerea  Gmel.,  Barge  a  pieds 
r armés  ( Limicula  indiana  Less.,  Tr.  554) 
diffère  des  précédentes  par  une  taille  beau¬ 
coup  plus  petite  ,•  par  des  tarses  plus  courts 


BAR 


BAR 


à  proportion,  et  par  ses  pieds,  dont  le  doigt 
interne  est  aussi  réuni  au  médian  à  sa  base 
comme  l’externe;  par  une  portion  de  mem¬ 
brane  interdigitale  plus  développée  que  chez 
les  autres  espèces  ;  son  bec  est  également 
plus  retroussé  au  bout.  M.  Lesson  ,  dans 
son  Traité,  en  a  fait  simplement  une  sec¬ 
tion  dans  le  genre  Barge.  Bonaparte  en  a 
fait  un  genre  voisin  des  Barges,  sous  le  nom 
de  Terekia ,  et  M.  Horsfield  Bavait  décrite 
sous  le  nom  de  Tringa  j  avanie  a.  M.  Tem- 
minck,  dans  la  4me  partie  de  son  Manuel , 
p  426 ,  la  décrit  comme  européenne  ,  en 
ajoutant  toutefois  qu’elle  ne  se  montre  en 
Europe  qu’accidentellement ,  qu’elle  vit  en 
Russie  ,  en  Sibérie,  sur  les  bords  de  la  mer 
Caspienne,  au  Japon  et  aux  îles  de  la  Sonde. 
Elle  se  rencontre  également  à  la  Nouvelle- 
Hollande.  Cette  espèce  est  en  quelque  sorte 
une  miniature  des  autres  espèces  de  Barges. 
On  peut  adopter  le  nom  de  Terekia  comme 
sous-genre  seulement  de  Limosa  et  la  dé¬ 
signer  alors  par  le  nom  de  Terekia  terek 
(Bonap,).  (Lafr.) 

B  ARH  ARA.  bot.  ph.  —  Synonyme  du 
genre  Wormia  de  De  Candolle. 

*  BARIDIUS  (  flapis ,  vaisseau  ;  ièêa. , 
forme),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères,  famille  des  Curculionides,  ordre  des 
Gonatocères ,  division  des  Gboîides ,  établi 
par  Schœnherr  aux  dépens  des  g.  Rynckœ- 
nus  et  Calandra  de  Fabricius.  Les  espèces 
de  ce  genre  ont  le  corps  oblong,  sub-ellip- 
tique,  un  peu  convexe  en  dessus,  ailé  ;  elles 
sont  de  médiocre  ou  de  très  petite  taille. 
Schœnherr  en  décrit  jusqu’à  112,  dont  le 
plus  grand  nombre  est  de  l’Amérique  méri¬ 
dionale  :  une  seule  est  de  la  Nouvelle-Hol¬ 
lande  ,  7  appartiennent  à  l’Afrique  ,  3  aux 
Indes-Orientales ,  et  29  à  l’Europe.  Parmi 
ces  dernières,  nous  citerons ,  comme  type 
du  g.,  le  Baridius  nitens,  Calandra  id. 
Fabr. ,  qui  se  trouve  à  la  fois  dans  le  midi 
de  la  France,  à  Tanger  en  Afrique,  et  même 
en  Perse,  suivant  Schœnherr.  Le  g.  Baris 
de  Germar,  auquel  M.  Dejean  rapporte  125 
espèces  dans  son  dernier  Catalogue ,  est  sy¬ 
nonyme  de  celui  de  Baridius.  (D.) 

BABILLE.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Soude ,  considéré  sous  le  rapport  de  son 
rapport  économique.  On  donne  encore  ce 
nom  au  Bâtis  maritima. 

BARILLET,  zoofh. — Quelques  auteurs 


471 

appellent  ainsi  en  français  le  genre  très  peu 
connu  que  Otto  a  établi  sous  le  nom  de 
Doliole ,  Doliolum.  Voyez  doeiole. 

(P.  G.) 

BARIPHONUS.  ois. — Orthographe  vi¬ 
cieuse;  on  devrait  toujours  écrire  Bary- 
p  bonus.  Voyez  ce  mot, 

*  BARIPLfS  (fkpuT  ouc,  qui  marche  len¬ 

tement).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères,  famille  des  Carabiques,  tribu  des 
Féroniens,  établi  par  M.  Dejean,  dans  son 
Species  général  (t.  III,  p.  24).  Ses  princi¬ 
paux  caractères  sont  :  Dernier  article  des 
palpes  labiaux  presque  cylindrique,  tronqué 
à  l’extrémité  et  légèrement  sécuriforme. 
Corselet  convexe,  presque  ovalaire.  L’auteur 
y  rapporte  deux  espèces  :  l’une  du  Brésil , 
nommée  B.  speeïosus  par  Klug,  et  l’autre 
de  Buénos-Ayres,  qui  est  le  Molops  riva - 
lis  de  Germar.  (D.) 

BARIS  (fîâptç,  vaisseau),  ins. — -Germar 
désigne  ainsi ,  à  cause  de  sa  forme ,  un  g. 
de  Curculionides  que  Schœnherr  avait  sinon 
établi ,  du  moins  publié  avant  lui ,  sous  le 
nom  de  Baridius ,  qui  a  la  même  significa¬ 
tion.  Voyez  ce  dernier  mot.  (D.) 

BARÎSTUS.  ois.  —  Synonyme  de  Si- 
telle. 

*  BARTCTVÉES.  Baritinæ  ( Barita  , 
nom  d’un  des  genres  de  cette  sous-famille), 
ois.  —  Sous-famille  formée  par  Bonaparte, 
répondant  à  la  sous-famille  Gymnorhini- 
nœ  de  G.  R.  Gray,  dans  sa  List  ofthe  gé¬ 
néra  o/'hirds ,  renfermant  le  genre  Cassi- 
can  et  ses  sous-genres  et  le  genre  Calybé  de 
Cuvier.  Nous  adoptons  cette  sous-famille, 
qui  alors  fait  partie  de  notre  famille  des  Cor- 
vidées.  Swainson  trouvant  une  grande  analo¬ 
gie  de  formes  entre  les  Cassicans  et  les  Cor¬ 
beaux  ,  les  a  placés  non  seulement  dans  sa 
famille  Corvidœ,  mais  même  dans  sa  sous- 
famille  Corvinæ ,  immédiatement  après  ses 
genres  Corvus ,  F  ica  et  ISucifraga ,  et 
avant  sa  sous-famille  Garrulino p,  qui  com¬ 
prend  les  Geais  proprement  dits  et  les  Pies  et 
Geais  du  Nouveau-Monde.  Cuvier  trouvant, 
au  contraire,  dans  le  bec  très  crochu  et  denté 
de  quelques  espèces,  des  rapports  évidents 
avec  celui  des  grandes  espèces  de  Pies-griè¬ 
ches,  les  groupa  près  d’elles  dans  son  Règne 
animal.  Bonaparte,  tout  en  en  formant  une 
sous-famille  à  part,  en  a  fait  autant.  Vieil¬ 
lot  les  avait  placés  dans  sa  famille  Coracet, 


BAR 


472  BAR 

répondant  aux  Corvidées  des  auteurs  mo¬ 
dernes. 

Ce  qu’il  y  a  de  certain ,  c’est  que  ce  genre 
est  un  genre  de  transition  entre  les  Pies- 
grièches  et  les  Corbeaux ,  dont  quelques  es¬ 
pèces  ,  telles  que  le  Cassican  proprement 
dit  de  Buffon  ,  le  Vanga  destructeur  ,  ou 
plutôt  le  Cassican  destructeur  de  Tem¬ 
minck,  ont,  dans  leurs  habitudes  criardes  , 
dans  leur  bec  fortement  échancré  ou  denté 
et  brusquement  crochu  à  la  pointe,  des  rap¬ 
ports  évidents  avec  les  Pies-grièches,  tandis 
que  quelques  autres  de  taille  plus  forte ,  à 
plumage  plus  noir  et  à  bec  plus  arqué  en 
dessus  et  à  peine  crochu  à  la  pointe,  telles 
que  les  Cassicans  rèveilleur  et  flûleur , 
en  ont  de  plus  marqués  avec  les  Corbeaux. 
C’est  ce  qui  a  déterminé  M.  Lesson  à  déta¬ 
cher  ces  dernières  espèces  de  sa  famille  des 
Cassicans,  et  à  en  former,  dans  son  Traité, 
un  groupe  sous  le  nom  de  Rèveilleur , 
qu’il  place  comme  sous -genre  dans  son 
genre  Corvus. 

Temminck,  croyant  trouver  dans  une  es¬ 
pèce  nouvelle  de  Cassicans  des  rapports  im¬ 
médiats  avec  l’oiseau  de  Madagascar  décrit 
et  figuré  par  Buffon  sous  le  nom  de  Vanga , 
adopta  ce  dernier  nom  comme  nom  géné¬ 
rique  ,  et  figura  sa  nouvelle  espècé  sous 
le  nom  de  Vanga  destructeur,  dans  ses 
Planches  coloriées.  Plus  tard,  il  reconnut 
son  erreur,  replaça  son  Vanga  destruc¬ 
teur  dans  le  genre  Cassican  ,  dont  il  n’au¬ 
rait  jamais  dû  sortir  ,  et  annonça  que  le 
genre  Vanga  devait  être  annulé  comme 
genre,  puisque  l’oiseau  auquel  ce  nom  avait 
été  donné  primitivement  était  une  grande 
Pie-grièche  du  genre  Batara  et  voisine  du 
Blunchot  de  Levaillant. 

Nous  sommes  étonné ,  d’après  cela ,  que 
les  auteurs  modernes  anglais,  Swainson , 
Gould,  etc.,  aient  adopté  et  maintenu  ce 
genre  Vanga  pour  les  espèces  de  Cassicans 
à  bec  très  droit  et  très  crochu ,  réservant 
celui  de  Barila  (Cuvier)  aux  espèces  à  bec 
de  Corbeau ,  dont  M.  Lesson  avait  fait  son 
sous-genre  Rèveilleur. 

Quant  à  nous ,  voici  ce  que  nous  adop¬ 
tons,  comme  le  plus  naturel  et  le  plus  juste 
d’après  l’ordre  d’ancienneté.  Nous  for¬ 
mons,  comme  Bonaparte,  une  sous-famille 
des  Cassicans  sous  le  nom  de  Baritinées  ,  et 
la  plaçons  dans  la  famille  des  Corvidées. 


Dans  cette  sous-famille,  nous  prenons  pour 
type  du  genre  Cassican ,  Buff.  ;  Barila , 
Cuv.  ;  l’oiseau  pour  lequel  Buffon  créa  ce  nom, 
et  sous  lequel  il  le  figura  dans  ses  planches 
coloriées,  ne  sachant  pas  que  Latham  l’avait 
décrit  avant  lui  sous  celui  de  Coracias  va¬ 
ria  ;  nous  admettons  comme  sous-genres 
celui  de  Réveilleur  ( Strepera )  de  M.  Les¬ 
son  ,  et  peut-être  (ne  le  connaissant  que  par 
la  planche  de  Temminck)  celui  de  Pytiria- 
sis  du  même ,  pour  le  Cassican  à  tête 
chauve  de  Tem.,  et  pour  second  genre  ce¬ 
lui  deCalysé  (Chalibœus ,  Cuv.,  ou  Pho- 
vygame  de  Lesson.  Les  caractères  de  cette 
sous-famille  sont  :  Bec  robuste ,  dur ,  al¬ 
longé,  ou  très  droit  en  dessus  avec  la  pointe 
très  crochue,  ou  légèrement  arqué  avec  cette 
pointe  simplement  inclinée  5  la  mandibule 
supérieure  entamant  les  plumes  du  front 
par  une  échancrure  plus  ou  moins  large , 
profonde ,  ovalaire  ou  anguleuse  ;  narines 
ouvertes  en  fente  étroite  dans  la  partie  cor¬ 
née  du  bec,  et  en  partie  recouverte  par  elle 
sans  aucune  membrane.  Pieds  robustes ,  à 
doigt  externe  plus  long  que  l’interne,  et 
réuni  au  médian  par  sa  première  phalange. 
Ailes  médiocres  ou  longues  ;  les  quatre  pre¬ 
mières  rémiges  étagées  ;  la  quatrième  et  la 
cinquième  les  plus  longues.  Taille  et  faciès 
des  Corneilles  et  des  Pies.  (Lafr.) 

BARIUM  ((3apu<j,  pesant),  chim.  — 
Métal  extrait  de  la  Baryte  par  Bavy,  au 
moyen  de  la  pile  galvanique.  Voyez  baryte. 

(Del.) 

BARKANIA,  Ehrenb.  bot.  fh. — Syno¬ 
nyme  du  g.  Halo  phi  la.  (Sr.) 

BARRHAUSENIA  ,  Hop  bot.  fh.  — 
Synonyme  du  g.  Barkhausia.  (Sp.) 

BARRHAUSIA  (nom  d’homme),  bot. 
fh.  —  Genre  de  la  tribu  des  Chicoracées , 
caractérisé  par  ses  fruits  cylindracés,  que 
sont  tous ,  ou  ceux  du  centre  seulement , 
longuement  atténués  au  sommet  ;  ceux  de 
de  la  circonférence  tronqués ,  ou  terminés 
par  un  court  prolongement,  portent,  comme 
ceux  du  centre,  une  aigrette  composée  de 
poils  blancs  très  ténus.  L’involucre  est  cali- 
culé  ;  le  réceptacle  presque  nu  ou  couvert 
de  fimbrilles.  — Les  Barkausia  sont  des 
herbes  annuelles  ou  vivaces.  On  en  cultive 
une  espèce  dans  les  jardins  comme  plante 
d’agrément  j  c’est  la  B.  purpurea. 

(J.  D.) 


BAR 


BAR 


473 


*  BARKHAUSiA,  Nutt.  BOT.  PH.  - 

Synonyme  de  Pyrrhopappus. 

(C.  d’O.) 

BARRERIA  ou  BARRELERïA  (Bar- 
relier,  nom  d’hommej.  bot.  ph. — Genre  de 
la  famille  des  Acanlhacées,  tribu  des  Ecma- 
tacanthées,  s. -tribu  des  Barlériées  ,  ayant 
pour  caract.  :  Calice  inégal,  4-sépaIe,  muni 
de  2  bractées.  Corolle  infondibuliforme,  5- 
fide.  Capsule  2-loculaire ,  presque  tétra- 
gone.— Les  Barleria  sont  des  plantes  her¬ 
bacées  ou  frutescentes  ;  à  feuilles  opposées  ; 
à  fleurs  axillaires  ou  en  épi  ;  à  bractées  lar¬ 
ges  ou  étroites,  et  à  bractéoles  ciliées  ou 
épineuses.  Corymbes  bleus,  blancs  ou 
jaunâtres,  plus  ou  moins  veinés.  Les  Par¬ 
ler  > a,  dont  on  compte  une  quarantaine  d’es¬ 
pèces,  sont,  pour  la  plupart,  originaires  de 
l’Asie  tropicale.  On  en  trouve  quelques- 
unes  en  Afrique,  en  Amérique  et  à  la  Nou¬ 
velle-Hollande.  (C.  d’O.) 

*  BARLÉRIÉES.  bot.  ph. — Section  de 
la  tribu  des  Ecmatacanthées,  dans  la  famille 
des  Acanlhacées.  Voyez  ce  mot.  (Ad.  J.) 

BARNADESIA  (nom  d’homme),  bot. 
ph.  — Les  Barnadesia  qui  font  partie  de 
la  tribu  des  Composées-Mutisiacées,  et  pres¬ 
que  tous  indigènes  des  parties  montueuses 
du  Pérou,  sont  des  sous-arbrisseaux,  garnis 
de  feuilles  alternes ,  coriaces,  mucronées , 
souvent  accompagnées  d’aiguillons  stipu¬ 
lâmes.  Les  capitules  assez  grands  présentent 
un  involucre  formé  d’ écailles  raides  ,  lisses 
et  jaunâtres  ;  le  réceptacle  couvert  de  pail¬ 
lettes  ténues ,  tordues  en  spirales ,  porte 
des  fleurs  en  général  bilabiées,  à  étamines 
monadelphes.  Ces  deux  caractères  de  la 
corolle  et  des  étamines  servent  à  distinguer 
les  Barnadesia  des  Flotovia  et  des  Chu- 
quiraga  avec  lesquels  ils  offrent  les  plus 
grands  rapports.  (J.  D.) 

*BARNADÉSIÉES.  bot.  ph. — Section 
des  Composées-Mutisiacées  ou  Labiatiflores, 
comprenant  les  genres  à  anthères  dépour¬ 
vues  d’appendices  basilaires.  (J.  D.) 

*BARNARBIE.  Barnardia.  bot.  ph. 
—  M.  Lindley  {Bot.  reg .,  t.  1029)  a  formé 
bous  ce  nom  un  genre  dans  la  famille  des 
Liliacées,  pour  VOmith^galum  Japoni- 
cum  de  Thunberg.  Il  se  distingue  par  son 
calice  formé  de  six  sépales  colorés,  égaux 
et  étalés  ;  des  étamines  en  même  nombre 
insérées  à  la  base  des  sépales  et  ayant  leurs 


filets  dilatés  à  une  aile.  L’ovaire  est  à  trois 
loges  contenant  chacune  un  seul  ovule 
dressé.  Le  style  est  subulé ,  droit,  terminé 
par  un  stigmate  simple.  Ce  g.  diffèrç  sur¬ 
tout  des  Ornithogales  par  ses  ovules  soli¬ 
taires  dans  chaque  loge.  (A.  R.) 

B  ARME  T.  moll.  — Adanson  {Voyage 
au  Sénégal ,  p.  46,  pl.  10)  assigne  ce  nom  à 
une  petite  espèce  de  son  genre  Buccin.  D’a¬ 
près  la  description  qu’il  donne  de  cette  co¬ 
quille,  elle  aurait  beaucoup  de  rapports  avec 
le  Columbella  nitida  de  Lamarck;  mais 
nous  ne  sommes  pas  certain  de  l’identité 
des  deux  Coquilles  dont  il  est  ici  question. 
Nous  pouvons  ajouter  que  le  mollusque 
nommé  ainsi  par  Adanson  n’est  point  un 
véritable  Buccin ,  mais  appartient  bien 
plutôt  aux  Colombelles.  Voyez  ce  mot. 

(Desh.) 

BAROLA.  bot.  ph.  — -  Nom  donné  par 
Adanson  ,  dans  ses  Familles  naturelles,  au 
Bar hy lus  de  Brown,  qu’il  place  après  le 
Plelœa . 

BAROLITHE  (ffépoç,  poids  j  Xtôoç, 
pierre),  min.  —  Synonyme  de  Baryte  car- 
bonatée.  Voyez  baryte.  (Del.) 

BAROLLEA.  bot.  ph. —  Synonyme  de 
Pekea. 

BAROMÈTRE  (jüapoç,  poids;  j/.£rpov, 
mesure),  phys.  —  Il  n’y  a  pas  bien  long¬ 
temps  encore ,  deux  siècles  tout  au  plus , 
qu’on  expliquait  l’ascension  de  l’eau  dans 
le  corps  de  pompe  par  V horreur  de  la  na¬ 
ture  pour  le  vide.  Or,  en  1640,  des  fontai- 
niers  de  Florence,  ayant  voulu  construire 
des  pompes  dont  les  tuyaux  avaient  plus  de 
10  mètres  et  demi  (environ  32  pieds) ,  re¬ 
marquèrent  avec  surprise  que  le  liquide 
refusait  de  s’élever  au  dessus  de  cette  li¬ 
mite  ;  ils  en  demandèrent  la  cause  à  Gali¬ 
lée,  et  l’on  prétend  que  le  philosophe, 
pris  au  dépourvu,  leur  répondit ,  en  plai¬ 
santant  il  est  vrai ,  que  la  nature  n’avait 
horreur  du  vide  que  jusqu’à  trente-deux 
pieds.  Cependant ,  par  la  réflexion ,  l’il¬ 
lustre  Florentin  crut  reconnaître  dans  ce 
phénomène  un  effet  de  la  pression  atmos¬ 
phérique.  Pascal ,  alors  à  Rouen,  ayant  eu 
connaissance  de  ce  fait,  résolut  de  le  sou¬ 
mettre  à  l’expérience  :  ayant  fait  construire 
à  cet  effet  un  tube  de  13  mètres  de  long  ; 
puis  l’ayant  rempli  de  vin ,  alors  qu’il  le 
tenait  dans  une  position  horizontale,  il  le 
30* 


T.  It, 


BAR 


BAR 


klU 

redressa,  et  vit  le  niveau  supérieur  du  liqui¬ 
de  se  fixer  à  10  mètres  et  demi  environ  au 
dessus  de  celui  du  bassin  dans  lequel  plon¬ 
geait  l’extrémité  inférieure  du  tube. 

Quelque  temps  après  (1643),  Toricelli,  dis¬ 
ciple  de  Galilée,  ayant  médité  sur  le  phéno¬ 
mène  en  question,  en  conclut  ce  que  son  maî¬ 
tre  n’avait  fait  que  soupçonner,  c’est-à-dire 
que  l’eau  s’élève  dans  les  pompes  par  la  pres¬ 
sion  que  l’air  extérieur  exerce  sur  elle ,  et 
que  cette  pression  n’a  que  le  degré  de  force 
nécessaire  pour  faire  équilibre  à  une  co¬ 
lonne  d’eau  de  10  mètres  et  demi.  Il  appuya 
cette  opinion  par  une  expérience  qui  la  mit 
hors  de  doute  :  pensant,  avec  raison,  que  la 
hauteur  de  la  colonne  de  liquide  à  laquelle 
la  colonne  atmosphérique  fait  contrepoids 
doit  être  en  raison  inverse  de  la  densité  du 
même  liquide ,  il  remplit  de  mercure  un 
tube  de  verre  d’environ  un  mètre  de  hau¬ 
teur,  et  fermé  hermétiquement  à  l’une  de 
ses  extrémités  ;  puis  il  le  plongea,  par  son 
extrémité  ouverte,  dans  un  bain  du  même 
métal.  A  peine  le  tube  eût-il  pris  la  verti¬ 
cale,  que  la  colonne  de  mercure  descendit, 
oscilla  et  se  fixa  enfin  à  la  hauteur  de  76  cen¬ 
timètres  environ,  laissant,  entre  elle  et  l’ex¬ 
trémité  close  du  tube,  un  espace  vide  d’air, 
et  contenant  à  peine  quelques  atomes  de 
vapeur  mercurielle,  à  supposer  que  cette 
vapeur  puisse  se  former  à  la  température  à 
laquelle  se  faisait  l’expérience.  Or,  le  poids 
d’une  colonne  de  mercure  de  76  centimè¬ 
tres  correspondant  précisément  à  celui 
d’une  colonne  d’eau  de  10  mètres  et  demi, 
puisque  la  densité  du  métal  est  unjjeu  plus 
de  treize  fois  et  demie  celle  de  l’eau  ,  Tori¬ 
celli  fut  en  droit  de  conclure  que  la  pres¬ 
sion  atmosphérique  équivaut  à  une  colonne 
d’eau  ou  à  une  colonne  de  mercure  ,  ayant 
les  hauteurs  ci-dessus  énoncées. 

Telle  fut  l’origine  de  l’un  des  plus  pré¬ 
cieux  instruments  que  possède  la  physique, 
du  Baromètre ,  qui  n’est  encore  aujour¬ 
d’hui,  malgré  les  nombreux  perfectionne¬ 
ments  qu’il  a  reçus ,  que  le  tube  de  Tori¬ 
celli. 

L’année  suivante  (1644) ,  le  bruit  de  l’ex¬ 
périence  de  Toricelli  s’étant  répandu  en 
France,  elle  y  fut  répétée  par  Pascal;  enfin, 
en  1647,  celui-ci  imagina  de  la  rendre  plus 
décisive  encore,  en  la  répétant  à  différentes 
hauteurs.  Il  envoya ,  en  conséquence ,  ses 


instructions  à  son  ami  Perrier ,  qui ,  ayant 
porté  le  tube  barométrique  au  sommet  du 
Puy-de-Dôme  ,  constata  un  abaissement 
graduel  du  mercure  à  mesure  qu’il  s’éleva, 
et  un  retour  progressif  au  premier  niveau 
lorsqu’il  descendit. 

Les  résultats  obtenus  par  Perrier  furent 
si  concluants,  que  le  Baromètre  devint  bien¬ 
tôt  d’un  usage  général ,  quand  il  fut  néces¬ 
saire  de  mesurer  la  pression  atmosphéri¬ 
que  ;  et  cette  nécessité  se  présentait  à  cha¬ 
que  instant ,  puisque  cette  pression  étant 
une  force  qui  se  combine  toujours  avec  les 
autres ,  il  est  indispensable  d’en  tenir 
compte. 

Dans  le  principe,  on  se  contenta  de  l’ap¬ 
pareil  de  Toricelli.  Un  tube  rempli  de  mer¬ 
cure  était  renversé  sur  une  cuvette  conte¬ 
nant  une  certaine  quantité  du  même  métal; 
mais  cet  appareil  incomplet  donnait  lieu  à 
de  grandes  inexactitudes.  Le  mercure  et  les 
parois  du  tube  retenaient  de  l’air ,  qui ,  en 
vertu  de  sa  légèreté ,  se  rassemblait  à  l’ex¬ 
trémité  du  tube,  agissait,  par  son  élasticité, 
sur  la  partie  supérieure  de  la  colonne  mé¬ 
tallique,  la  déprimait,  et  devenait  ainsi  une 
source  d’erreurs  d’autant  plus  graves,  qu’il 
éprouvait  lui-même  une  plus  ou  moins 
grande  dilatation ,  par  l’effet  de  la  tempé¬ 
rature  extérieure. 

Les  physiciens  mirent  donc  tous  leurs 
soins  à  perfectionner  la  construction  du 
Baromètre.  La  première  condition  à  rem¬ 
plir  était  de  purger  et  le  mercure  et  le 
tube  de  l’air  qui  s’y  trouvait  retenu  ;  on  y 
parvint  facilement ,  en  faisant  bouillir  le 
métal  et  en  séchant  le  tube ,  d’après  des 
procédés  qui  ne  peuvent  prendre  place  ici , 
mais  dont  on  trouve  la  description  dans 
tous  les  ouvrages  de  physique. 

Une  autre  cause  d’erreurs  se  présentait  : 
comme  on  employait  ordinairement  une  cu¬ 
vette  d’un  petit  diamètre,  le  niveau  du  mer¬ 
cure  qu’elle  contenait  s’élevait  ou  s’abais¬ 
sait  à  mesure  que  la  colonne  barométrique 
diminuait  ou  augmentait,  et  il  en  résultait 
que  la  hauteur  du  mercure  dans  le  tube  ne 
marquait  plus  d’une  manière  précise  le  de¬ 
gré  de  la  pression  atmosphérique.  En  em¬ 
ployant  une  large  cuvette  ,  on  parait  à  cet 
inconvénient;  mais  l’instrument  devenait 
moins  maniable. 

Nous  ne  parlerons  point  ici  des  nom- 


BAR 


BAR 

breuses  modifications  qui  furent  successi¬ 
vement  apportées  à  la  construction  du  Ba¬ 
romètre  depuis  son  invention ,  et  qui  toutes 
à  peu  près  consistent  à  substituer  alterna¬ 
tivement  le  siphon  à  la  cuvette  et  la  cuvette 
au  siphon  ;  nous  nous  bornerons  à  rappor¬ 
ter  celles  auxquelles,  de  nos  jours,  M.  le 
professeur  Gay-Lussac ,  d’une  part ,  et  M. 
Fortin,  artiste  distingué,  de  l’autre,  ont  at¬ 
taché  leurs  noms. 

Le  Baromètre  de  M.  Gay-Lussac  est  à  si¬ 
phon il  se  compose  d’un  tube  présentant 
trois  parties  distinctes  :  la  première  et  la 
troisième  ont  un  même  diamètre,  égal  à  ce¬ 
lui  du  tube  barométrique  ordinaire  (0m,004)  ; 
la  seconde,  qui  forme  le  coude  du  si¬ 
phon,  est  beaucoup  plus  étroite,  afin  de 
prévenir  toute  introduction  de  l’air  dans  la 
plus  longue  branche  de  l’appareil.  Cette 
branche  est  fermée  supérieurement ,  tandis 
que  l’autre  communique  avec  l’atmosphère 
par  une  très  petite  ouverture  qui  laisse  en¬ 
trer  l’air ,  mais  par  laquelle  le  mercure  ne 
peut  sortir.  Le  tube  est  fixé  sur  une  échelle 
graduée  double,  et  renfermé  dans  une  boîte 
longue  et  étroite. 

Le  Baromètre  de  Fortin  est  à  cuvette  -, 
mais  il  se  distingue  des  autres  instruments 
du  même  genre,  en  ce  qu’on  peut  toujours 
ramener  avec  exactitude  le  niveau  du  mer¬ 
cure  de  la  cuvette  au  zéro  de  l’échelle ,  en 
rendant  ce  niveau  mobile  et  en  laissant  l’é¬ 
chelle  fixe.  A  cet  effet,  le  fond  de  la  cu¬ 
vette  est  formé  par  un  sac  de  peau  qui , 
s’appuyant  sur  une  tête  de  vis,  et  devenant 
mobile  lorsqu’on  fait  marcher  cette  vis, 
peut  toujours  ramener  le  mercure  au  zéro 
de  l’échelle. 

Le  Baromètre  de  M.  Gay-Lussac ,  moins 
lourd ,  et  par  conséquent  plus  portatif  que 
celui  de  Fortin ,  est  cependant  moins  em¬ 
ployé  que  ce  dernier,  parce  qu’il  exige  deux 
opérations  de  hauteur  au  lieu  d’une  ,  ce  qui 
double  les  chances  d’incertitude  du  résultat. 
Ce  désavantage  se  fait  surtout  sentir  quand 
il  s’agit  de  constater  de  légères  différences 
dans  la  pression  atmosphérique  ;  car  de 
très  petites  variations  de  hauteur,  sensibles 
dans  l’instrument  de  Fortin,  peuvent  rester 
inaperçues,  partagées  entre  les  deux  bran¬ 
ches  du  Baromètre  à  siphon. 

Le  Baromètre  à  cadran  n’est  qu’un  Ba¬ 
romètre  à  siphon ,  fixé  derrière  un  cadran 


4  75 

dont  l’aiguille  se  meut  à  l’aide  d’une  petite 
poulie  très  mobile.  Sur  la  gorge  de  cette 
poulie  passe  un  fil  portant  à  ses  deux  extré¬ 
mités  deux  poids  parfaitement  égaux  5  l’un 
de  ces  poids  entre  dans  l’ouverture  de  la 
petite  branche  et  repose  sur  le  mercure  ; 
l’autre  pend  librement  au  dehors.  Lorsque 
la  pression  atmosphérique  augmente  ,  le 
mercure  descend  dans  la  branche  ouverte , 
ainsi  que  le  poids  qui  pèse  à  sa  surface ,  et 
l’aiguille,  suivant  le  mouvement  de  la  pou¬ 
lie  entraînée  par  le  fil ,  vient  s’arrêter  sur 
un  point  du  cadran.  Si,  au  contraire,  la  pe¬ 
santeur  de  l’atmosphère  diminue ,  le  mer¬ 
cure  remonte  avec  le  poids,  et  l’aiguille 
tourne  en  sens  contraire.  Comme  la  cir¬ 
conférence  parcourue  par  l’aiguille  est  plus 
grande  que  celle  de  la  gorge  de  la  poulie , 
il  s’ensuit,  en  apparence  du  moins,  que  les 
plus  petites  différences  de  niveau  dans  la 
colonne  de  mercure,  et  par  conséquent,  les 
moindres  variations  atmosphériques ,  sont 
appréciables  sur  le  cadran.  Ces  indications 
sont  loin  cependant  d’être  aussi  précises 
qu’on  pourrait  le  croire  au  premier  aspect  ; 
il  faut,  avant  que  l’aiguille  se  mette  en  mou¬ 
vement,  que  la  force  qui  fait  monter  ou  des¬ 
cendre  le  mercure  dans  la  petite  branche 
surmonte  la  résistance  que  lui  oppose  le 
double  frottement  de  la  poulie  sur  son  axe 
et  du  fil  sur  la  poulie.  Aussi,  quand  on  veut 
consulter  cet  instrument,  qui  n’est  du  reste 
employé  que  dans  les  usages  habituels  de  la 
vie ,  est-il  bon  de  le  frapper  doucement  à 
petits  coups,  pour  faire  mouvoir  l’aiguille. 

Les  observations  barométriques  doivent 
toujours  subir  deux  corrections  pour  donner 
une  mesure  exacte  de  la  pression  de  l’air  : 
l’une,  relative  à  la  capillarité,  tient  compte 
de  la  dépression  occasionnée  dans  la  colonne 
de  mercure  par  son  contact  avec  le  tube  de 
verre  :  l’autre  est  relative  à  la  température 
dont  les  variations  ,  en  déterminant  des 
changements  dans  la  densité  du  mercure  $ 
obligent  de  réduire  les  hauteurs  observées  à 
la  même  température  normale,  pour  qu’elles 
puissent  devenir  comparables  ;  aussi  est-il 
ordinaire  de  joindre  un  Thermomètre  à 
l’appareil  barométrique. 

Revenons  maintenant  aux  usages  du  Ba¬ 
romètre.  Les  expériences,  faites  au  Puy- 
de-Dôme  par  l’ami  de  Pascal,  ayant  dé¬ 
montré  qu’on  ne  pouvait  s’élever  sans 


BAR 


BAR 


476 

que  le  mercure  s’abaissât  dans  le  tube  ba¬ 
rométrique,  on  en  conclut  qu’il  serait  possi¬ 
ble  de  reconnaître  ainsi  la  hauteur  d’un 
point  quelconque  ;  mais  il  fallait  détermi¬ 
ner  préalablement  la  loi  suivant  laquelle  les 
variations  de  la  colonne  de  mercure  répon¬ 
daient  aux  élévations  des  lieux  observés. 

Si  la  densité  de  l’air  était  toujours  la 
même  à  toutes  les  hauteurs,  il  aurait  été 
facile  de  calculer  l’abaissement  progressif 
de  la  colonne  de  mercure,  à  mesure  qu’on 
s’élève.  En  effet  ,  lorsque  le  Baromètre 
est  à  0m,76  et  la  température  à  0°,  on  trouve, 
par  expérience,  qu’il  faut  s’élever  de  JLQm,05 
pour  faire  baisser  le  mercure  de  0ra,00î,  en 
sorte  que, sous  l’empire  de  ces  circonstances, 
un  cylindre  de  mercure  d’un  millimètre  de 
hauteur  a  précisément  le  même  poids  qu’un 
cylindre  d'air  de  même  base  et  d’une  hau¬ 
teur  de  dix  mètres  et  demi.  Les  mêmes  cir¬ 
constances  se  présentant  dans  toutes  les 
couches  atmosphériques,  il  était  donc  évi¬ 
dent  que,  chaque  millimètre  de  la  colonne 
barométrique  répondant  à  dix  mètres  cinq 
décimètres  de  la  colonne  atmosphérique, 
la  hauteur  de  l’atmosphère  devait  être  égale 
à  760  fois  10m5  ou  à  7,980  mètres  ;  or,  ce 
résultat  est  bien  loin  de  la  vérité,  puisque, 
dans  sa  mémorable  ascension ,  M.  Gay- 
Lussac  s’éleva  à  7,000  mètres  et  plus,  et 
qu’à  cette  prodigieuse  hauteur,  le  mercure 
du  Baromètre  ne  descendit  qu’à  0m328. 

La  source  de  ce  mécompte  découlait  d’une 
des  propriétés  physiques  de  l’air,  de  sa  com- 
pressibiLitè.  Il  résulte,  en  effet,  de  l’expé¬ 
rience,  que  l’air  se  comprime  en  raison  du 
poids  dont  il  est  chargé ,  et  qu’en  consé¬ 
quence  la  densité  de  ce  fluide,  dans  un  point 
quelconque,  est  toujours  proportionnelle 
au  poids  de  la  partie  supérieure  de  la  co¬ 
lonne  atmosphérique  sous .  laquelle  il  est 
placé,  ou  bien ,  ce  qui  revient  au  même ,  à 
l’élévation  du  mercure  dans  le  Baromètre  à 
ce  point.  En  appliquant  le  calcul  à  cette  ob¬ 
servation  ,  on  trouve  que  les  différences  de 
hauteur  des  diverses  couches  au  dessus  du 
niveau  de  la  mer  sont  proportionnelles  aux 
différences  des  logarithmes  des  hauteurs 
du  mercure  dans  le  Baromètre. 

Rien ,  comme  on  voit,  n’était  plus  simple 
que  cette  règle ,  si  le  nombre  ou  module , 
par  lequel  il  fallait  multiplier  la  différence 
des  logarithmes,  pouvait  être  regardé 


comme  constant  ;  mais ,  à  mesure  qu’on 
s’élève  dans  l’atmosphère ,  la  densité  de 
l’air,  qui  décroît  en  raison  de  la  diminution 
de  pression  des  couches  supérieures , 
éprouve  une  variation  en  sens  inverse  par 
le  refroidissement  qui  a  lieu  à  mesure 
qu’on  s’éloigne  de  la  surface  terrestre. 

Deluc,  Tremblay  et  quelques  autres  sa¬ 
vants  cherchèrent  à  déterminer  la  loi  de  ce 
refroidissement,  et  de  la  condensation  qui 
en  résulte.  Laplace ,  après  eux,  imagina 
une  méthode  qui  parait  être  celle  qui  se 
rapproche  le  plus  de  la  vérité,  et  dont  Haüy 
fit  l’application  aux  observations  faites  par 
de  Saussure  sur  le  Mont-Blanc.  Nous  consi¬ 
gnerons  ici  les  résultats  obtenus,  en  laissant 
de  côté  les  calculs  qui  rentrent  tout  à  fait 
dans  le  domaine  de  la  physique. 

Le  Baromètre  observé  à  Genève,  à  25  mè¬ 
tres  au  dessus  du  niveau  du  lac,  avait  mar¬ 
qué  0m7385,  la  température  étant  de  28,05. 
Les  observations  faites  au  même  instant , 
à  un  mètre  au  dessous  de  la  cime  du  Mont- 
Blanc  avaient  donné  0ra4342  pour  le  Baro¬ 
mètre  ,  et  2°87  au  dessous  de  zéro  pour  le 
Thermomètre.  Par  des  calculs  établis  sur  ces 
bases,  en  tenant  compte  de  la  condensa¬ 
tion  de  l’air  et  du  mercure  par  le  refroidis¬ 
sement  des  couches  supérieures ,  Haüy 
trouva  que  la  hauteur  totale  du  Mont-Blanc, 
au  dessus  du  lac  de  Genève,  devait  être 
évaluée  à  2,224  toises,  3  pieds  (4,360m46). 
Les  observations  trigonométriques  offrirent 
des  résultats  à  peu  près  semblables. 

Plus  récemment ,  un  savant  allemand  , 
M.  Oltmanns  a  dressé,  pour  calculer  la 
hauteur  des  montagnes,  des  tables  qui  faci¬ 
litent  singulièrement  l’opération,  du  moins 
lorsqu’on  renonce  à  l’usage  toujours  com¬ 
pliqué  des  logarithmes.  Voici  comment  on 
procède. 

Soit  h  la  hauteur  barométrique  de  la 
station  inférieure  exprimée  en  millimètres  ; 
h'  celle  de  la  station  supérieure  ;  T  et  T' les 
températures  centigrades  des  deux  Baromè¬ 
tres  ;  t  et  {  celles  de  l’air  aux  deux  stations. 
On  cherche, dans  la  première  table, le  nombre 
qui  correspond  à  h  et  que  nous  appellerons 
a  ;  on  cherche  de  même  celui  qui  corres¬ 
pond  à  h',  nous  le  désignerons  par  b  ;  c 
sera  le  nombre,  généralement  très  petit, 
qui,  dans  la  deuxième  table,  est  en  face  de 
T  T'  :  la  hauteur  approchée  sera  donc  a — * 


BAR 


477 


BAR 

l _ c.  (Si  T  T'  était  négatif,  il  faudrait  écrire 

a — Z»+c) 

Pour  appliquer  à  cette  hauteur  approxi¬ 
mative  la  correction  dépendant  de  la  tempé¬ 
rature  des  couches  d’air,  il  suffira  de  multi¬ 
plier  la  millième  partie  de  cette  hau¬ 
teur  par  la  double  somme  2  ( t+tr )  des  ther¬ 
momètres  libres  5  la  correction  sera  positive 
ou  négative,  suivant  que  t+tr  sera  lui- 
même  positif  ou  négatif. 

La  seconde  et  dernière  correction ,  celle 
de  la  latitude  et  de  la  diminution  de  la  pe¬ 
santeur,  s’obtiendra  en  prenant,  dans  la 
troisième  table,  le  nombre  qui  correspond 
verticalement  à  la  latitude,  et  horizontale¬ 
ment  à  la  hauteur  approchée.  Cette  correc¬ 
tion,  qui  ne  peut  jamais  surpasser  28ra,  est 
toujours  additive. 

Dans  les  cas  très  rares  où  la  station  in¬ 
férieure  serait  elle -même  très  élevée  au 
dessus  du  niveau  de  la  mer,  il  faudrait 
appliquer  au  résultat  une  petite  correction 
dont  on  trouverait  la  valeur  à  l’aide  de  la 
table  quatrième. 

Au  moyen  de  ces  formules  qui  touchent 
pour  ainsi  dire  à  la  perfection ,  le  Baromètre 
est  devenu  d’un  usage  habituel ,  non  seule¬ 
ment  pour  le  physicien  qui  veut  constater 
le  degré  de  pression  atmosphérique ,  mais 
encore  pour  le  naturaliste  qui  cherche  à 
fixer  la  hauteur  à  laquelle  se  trouvent  les 
minéraux ,  les  plantes  ,  les  animaux  qu’il 
observe. 

Les  différences  de  niveau  dans  la  colonne 
barométrique  ne  se  manifestent  pas  seule¬ 
ment  en  passant  d’un  lieu  plus  bas  à  un 
lieu  plus  élevé,  on  les  observe  encore  dans 
un  même  lieu  :  ainsi  à  Paris  il  n’y  a  pas  de 
jours  où  ce  niveau  ne  change  de  plusieurs 
millimètres.  En  général ,  on  remarque  deux 
sortes  de  variations  dans  le  Baromètre ,  les 
variations  acrtdentelies  et  les  variations 
horaires.  Celles-ci ,  se  reproduisant  régu¬ 
lièrement  et  à  des  heures  marquées ,  sont 
d’une  étendue  constante  ;  les  autres  sur¬ 
viennent  irrégulièrement,  sans  qu’on  puisse 
en  prévoir  ni  l’époque ,  ni  l’étendue. 

Dans  nos  climats,  les  variations  horaires 
sont  tellement  dissimulées  par  les  variations 
accidentelles ,  qu’il  a  fallu  toute  la  sagacité 
et  toute  la  persévérance  d’un  observateur 
comme  M.  Ramond ,  pour  les  découvrir  et 
les  mesurer.  Cet  habile  physicien  a  reconnu, 


par  une  longue  suite  d’expériences,  que  les 
moments  de  ces  variations  changeaient  avec 
les  saisons  ;  ainsi,  en  hiver,  le  maximum 
de  hauteur  est  à  9  heures  du  matin ,  le  mi¬ 
nimum  à  3  heures  de  l’après-midi ,  et  le 
second  maximum  à  9  heures  du  soir  ;  en 
été  ,  les  heures  critiques  sont  8  heures  du 
matin,  4  heures  de  l’après-midi  et  11  heures 
du  soir.  Au  printemps  et  en  automne ,  ces 
heures  sont  intermédiaires  à  celles  de  l’été 
et  à  celles  de  l’hiver.  L’étendue  moyenne 
des  variations  n’est  pas  la  même  pour  toutes 
les  années  j  mais,  en  général,  la  différence 
est  peu  considérable.  En  dix  ans,  de  1816  à 
1825,  la  moyenne  des  variations  atteignît  à 
peine  quatre  millimètres. 

Sous  l’Équateur,  les  mouvements  de  dé¬ 
pression  et  d’ascension  sont,  d’après  M.  de 
Humboldt  qui  les  a  longuement  observés, 
tellement  réguliers,  qu’ils  pourraient  servir 
à  indiquer  les  heures,  comme  le  ferait  une 
horloge  ;  seulement  ils  ont  peu  d’amplitude, 
car  ils  s’accomplissent  dans  une  étendue  qui 
ne  dépasse  point  deux  millimètres. 

Les  variations  accidentelles  ne  sont  sou¬ 
mises  à  aucune  loi.  A  Paris,  par  exemple , 
le  Baromètre  est  en  oscillation  continuelle 
au  dessus  ou  au  dessous  de  la  moyenne  de 
l’année,  et  quelquefois  ces  oscillations  oc¬ 
cupent  une  très  grande  étendue  ;  ainsi,  dans 
cette  localité,  où  la  hauteur  moyenne  du  Ba¬ 
romètre  est  à  peu  près  de  0,754,  on  observa 
dans  la  même  année,  en  1821 ,  deux  oscilla¬ 
tions  présentant  entre  elles  une  différence 
de  0m,061  ;  en  février,  la  colonne  de  mer¬ 
cure  s’éleva  à  0,7889  ;  en  décembre,  elle  des¬ 
cendit  à  0,719. 

Les  variations  du  Baromètre  indiquent 
ordinairement  un  changement  présent  dans 
l’atmosphère  ;  il  descend  rapidement  avec 
les  tempêtes,  et  il  éprouve,  en  quelques  heu¬ 
res,  de  grandes  oscillations  quand  elles  ont 
lieu.  L’expérience  semble  même  avoir  dé¬ 
montré  que  ces  variations  annoncent  un 
changement  futur  ,  et  qu’il  suffit  de  savoir 
bien  consulter  le  Baromètre  quelque  temps 
à  l’avance  pour  pouvoir  prédire,  à  coup  sûr, 
la  pluie  et  le  beau  temps.  En  général,  il  s’é¬ 
lève  lorsque  le  temps  doit  se  mettre  au  beau  ; 
il  s’abaisse,  au  contraire,  quand  il  doit  pleu¬ 
voir.  On  a  expliqué  l’abaissement  de  la  co¬ 
lonne  barométrique  en  cas  de  pluie ,  et  par. 
conséquent  la  diminution  de  la  pression  at- 


478 


BAR 


mosphérique,  par  la  présence  dans  l’atmos¬ 
phère  d’une  certaine  quantité  de  vapeur 
d’eau  plus  légère  que  le  volume  d’air  qu’elle 
remplace.  Il  s’en  faut  cependant  que  celte 
explication  soit  complètement  satisfaisante, 
bien  qu’on  ne  puisse  guère  attribuer  la  va¬ 
riation  de  pesanteur  dans  l’atmosphère  qu’à 
des  variations  d’élasticité  produites  par  l’é¬ 
vaporation. 

On  remarque  que  c’est  dans  les  pays  les 
plus  éloignés  de  l’Équateur  que  les  varia¬ 
tions  accidentelles  du  Baromètre  ont  le  plus 
d’étendue  ;  nous  avons  vu  qu’à  Paris  il  ar¬ 
rive  qu’elles  dépassent  six  centimètres;  elles 
se  réduisent  à  onze  millimètres  sous  les 
Tropiques  et  à  deux  millimètres  dans  le 
voisinage  de  la  Ligne,  où  ni  les  pluies  pé¬ 
riodiques,  ni  les  ouragans  même  ne  font 
sortir  le  Baromètre  de  sa  tranquille  uni¬ 
formité.  La  hauteur  exerce  la  même  in¬ 
fluence  sur  ces  variations,  qui  sont  en  effet 
d’autant  moins  grandes  qu’on  s’élève  da¬ 
vantage. 

Nous  terminerons  cet  article  en  disant 
quelques  mots  des  pressions  différentes  que 
supporte  une  surface  d’un  mètre  carré  sui¬ 
vant  les  hauteurs  du  Baromètre.  La  colonne 
de  mercure  étant  à  0m,76  (niveau  de  l’O¬ 
céan  ) ,  cette  surface  est  chargée  d’un  poids 
de  10,825  kilogrammes ,  qui  diminue  de  18 
kilogrammes  et  demi  par  chaque  millimètre 
de  dépression.  Or,  le  Baromètre  marquant 
environ  0m,600  au  Mont-d’Or  et  à  la  maison 
de  poste  du  Mont-Cenis,  il  en  résulte  qu’un 
voyageur  de  moyenne  taille  ,  partant  du  ni¬ 
veau  de  la  mer  pour  s’élever  sur  ces  mon¬ 
tagnes,  est  soulagé  d’un  poids  de  3,950  kil. 
Sur  l’Etna  et  sur  le  mont  Liban,  où  le  Baro¬ 
mètre  ne  marque  plus  que  0ra,500  ,  la  dimi¬ 
nution  de  poids  est  de  5,300  kilogrammes. 

(A.  Dufonchel.) 

BAROMETZ.  bot.  cr.  —  (Fougères). 
Espèce  de  Polypode,  Polypodium  Baro- 
metz  de  Linné. 

*  BAROSCOPE.  Baroscopium  ($apo ç, 
pesanteur;  «j/cotwî'w,  je  regarde),  phys. — Sorte 
de  Baromètre  inventé  par  Caswel ,  indi¬ 
quant  les  moindres  variations  de  l’atmos¬ 
phère.  ^  (G.  d’O.) 

BAROSÉLÉNITE  ((3ocpcç,  poids  ;  ozkrr 
vîrr,;,  Sélénite  ou  Gypse;  c’est-à-dire Sélé- 
nite  pesante),  min.  —  Synonyme  de  Baryte 
sulfatée,  Voy.  baryte.  (Dee.) 


BAR 

BAROSMA  (papùç, pesant,  fort;  oop.r,, 
odeur),  bot.  fh.  —  Genre  de  la  famille  des 
Diosmées,  de  la  tribu  de  celles  du  Cap  ou 
des  Diosmées  proprement  dites.  Les  carac¬ 
tères  en  sont  les  suivants  :  Calice  ponctué  , 
à  5  divisions  plus  ou  moins  profondes  ,  re¬ 
vêtu  dans  son  fond  d’un  disque  dont  le  bord 
libre  forme  un  anneau  entier  à  peine  sail¬ 
lant.  Pétales  courlement  onguiculés.  Filets 
au  nombre  de  10 ,  dont  5  opposés  aux  pé¬ 
tales  en  offrent  l’apparence  sans  onglets  et 
sans  anthères,  et  sont  bordés  de  petits  cils  ; 
5  alternes  plus  longs,  glabres  ou  légère¬ 
ment  hérissés,  capillaires,  avec  un  élargis¬ 
sement  inférieur  ,  portant  chacun  une  an¬ 
thère  ovoïde  ordinairementsurmontée  d’une 
petite  glande.  Ovaires  5,  soudés  éntre  eux , 
surmontés  chacun  en  dehors  d’une  oreillette 
libre ,  tout  couverts  le  plus  souvent  de  tu¬ 
bercules  glanduleux  et  renfermant  deux 
ovules  superposés.  Les  5  styles  soudés  en 
un  seul,  de  la  longueur  des  pétales,  un  peu 
arqué,  glabre  ou  velu  à  la  base  seulement, 
s’amincissant  à  son  sommet ,  que  termine 
un  petit  stigmate  à  5  lobes.  Le  fruit  est  une 
capsule  à  5  coques.  —  On  en  compte  une 
dizaine  d’espèces. Ce  sont  des  arbrisseaux  ori¬ 
ginaires  de  l’Afrique  australe,  d’une  odeur 
forte  et  pénétrante,  comme  toutes  les  plan¬ 
tes  de  cette  famille  ;  à  feuilles  opposées  ou 
éparses ,  coriaces ,  planes ,  ponctuées ,  en¬ 
tières  ou  bordées  de  dents  glanduleuses. 
Les  fleurs,  blanches  ou  rougeâtres,  sont  so¬ 
litaires  aux  aisselles  des  feuilles,  ou  réunies 
deux  ou  trois  sur  un  court  rameau  qui  si¬ 
mule  un  pédoncule,  ou  rapprochées  plu¬ 
sieurs  en  faisceaux  par  la  contraction  de 
ce  pédoncule  commun  axillaire.  (Ad.  J.) 

BAROTE  ((3âpo;,  poids),  min.  —  Nom 
ancien  de  la  Baryte.  Voyez  ce  mot. 

BARRACOL.  foiss.  —  Synonyme  de 
Raie  miraillet ,  Raia  miraletus  L.  Voyez 

RAIE. 

BARRALET.  bot.  ph. — Nom  vulgaire 
duMuscari,  Hyacinthus  comosi/s  L. 

BARRAS,  bot.  ph. — Suc  résineux  qui, 
après  avoir  découlé  des  incisions  faites  à 
dessin  au  Pin  maritime  ,  s’est  desséché 
spontanément. 

BARRE.  mam.  —  Un  des  noms  de  l’ɬ 
léphant. 

BARRE,  géol.  —  A  l’embouchure  de 
presque  tous  les  fleuves ,  la  rencontre  des 


BAR 


BAR 


m 


eaux  douces  qui  se  versent  dans  la  mer  et 
des  flots  de  celle-ci  qui  viennent  frapper  les 
rivages  détermine  le  dépôt  des  matières 
que  ces  eaux  tiennent  en  suspension  ;  il  en 
résulte  des  Bancs  ou  Barres  qui  s’oppo¬ 
sent  souvent  à  l’entrée  des  vaisseaux  dans 
les  fleuves ,  les  obligent  à  attendre  le  mo¬ 
ment  de  la  haute  mer,  ou  bien  à  chercher 
des  Passes  ou  Cheneaux  en  contournant  la 
Barre,  entre  laquelle  et  les  rivages  il  se 
trouve  presque  toujours  un  canal  profond , 
plus  ou  moins  large. 

La  Seine,  la  Gironde,  l’Adour,  les  grands 
fleuves  du  Sénégal,  du  Gange,  des  Ama¬ 
zones,  présentent  ainsi  à  leur  embouchure 
des  Barres  bien  connues  des  navigateurs. 
On  donne  également  le  nom  de  Barre  à  la 
remontée  subite  et  impétueuse  d’une  ou  plu¬ 
sieurs  vagues,  à  une  distance  plus  ou  moins 
grande,  dans  le  lit  des  fleuves  au  moment  du 
flux  de  la  marée  montante.  Ce  phénomène 
quotidien  paraît  être  dû  à  la  Barre  sub¬ 
mergée  dont  nous  avons  parlé  précédem¬ 
ment  ;  en  effet,  d’un  côté,  celle-ci  s’oppose 
à  l’écoulement  des  eaux  du  fleuve  ,  et  d’un 
autre ,  elle  arrête  les  premiers  flots  de  la 
marée  montante.  Lorsque  ceux-ci  accumu¬ 
lés  contre  l’obstacle  viennent  à  en  triom¬ 
pher  et  à  le  franchir,  ils  refoulent  les  eaux 
du  fleuve  et  remontent  avec  elles  dans  le  lit 
de  celui-ci ,  dont  le  rétrécissement  favorise 
encore  l’élévation  locale  des  eaux. 

On  donne  des  noms  particuliers  à  cet 
effet  dans  plusieurs  localités  :  c’est  le  Mas¬ 
caret,  dans  la  Gironde;  le  Pororoca,  dans 
plusieurs  fleuves  de  l’Amérique.  Voy.  ces 
mots  et  marée.  (C.  P.) 

BARRELIERA.  bot.  ph.  —  Synonyme 
de  Barleria.  Voyez  ce  mot. 

BARRERIA.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Poraqueiba. 

BARRES.  mam. — On  appelle  ainsi  l’es¬ 
pace  vide  qui ,  chez  le  Cheval ,  les  Rumi¬ 
nants  et  les  Rongeurs  ,  sépare  les  canines 
des  molaires. 

BARRI.  mam. —  Nom  vulgaire  du  jeune 
Yerrat. 

BARRIXGTOXIA,  Forst.  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Myrtacées  (type  de  la 
tribu  des  Barringtoniées).  On  lui  assigne  les 
caractères  suivants  :  Tube  calicinal  ovoïde  ; 
limbe  2-à  4-parti,  supère,  persistant.  Pétales 
4,  grands,  coriaces.  Étamines  très  nombreu¬ 


ses,  plurisériées,  insérées  sur  un  disque 
annulaire,  épigyne  ;  filets  filiformes,  libres, 
longs.  Ovaire  2-à  4-loculaire  ;  loges  2-à  6- 
ovulées.  Style  filiforme ,  à  stigmate  simple. 
Baie  fibreuse  ,  tétragone  ,  pyramidale  ,  ou 
oblongue,  uniloculaire,  couronnée  du  limbe 
calicinal  ;  endocarpe  presque  osseux ,  mo¬ 
nosperme  par  avortement.  Graine  obovée , 
suspendue  ,  apérispermée.  Embryon  sub¬ 
globuleux,  à  cotylédons  cntregrefîés.  —  Ce 
genre,  propre  à  l’Asie  équatoriale,  ne  ren¬ 
ferme  que  deux  espèces  ;  ce  sont  des  arbres 
à  feuilles  opposées  ou  verticillées  ;  à  fleurs 
très  grandes  ,  disposées  en  thyrse  ou  en 
grappe.  (Sp.) 

*  BARRINGTONIÉES.  bot.  ph.  —Sec¬ 
tion  établie  par  De  Candolle  dans  la  famille 
des  Myrtacées.  Voyez  ce  mot.  (Ad.  J). 

BARRIS,  mam. — Nom  donné  sur  la  côte 
de  Guinée  au  Troglodyte  et  au  Mandrill. 

BARRES,  mam.  — Nom  latin  de  l’Élé¬ 
phant. 

BARS.  poxss.  —  Voyez  bar. 

BARTALAI.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
du  Cnicns  ferox  de  Linné. 

BARTHELIEM.  bot.  cr. —  Ce  genre, 
établi  par  Achar,  a  été  depuis  réuni  par  lui 
au  g.  Trypet hélium. 

* BARTHESIA ,  Commers.  bot.  ph. — 
Synonyme  du  g.  Myrsine.  (Sp.) 

BARTHOLIXA.  bot.  ph.  —  Genre  de 
la  famille  des  Orchidées,  fondé  par  R.  Brown 
( Hort .  keiL'.,  Y,  p.  194)  pour  une  espèce  ori¬ 
ginaire  du  cap  de  Bonne-Espérance  (Orchis 
Burmania  L.).  Ce  g.,  très  rapproché  du 
g.  Orchis,  a,  comme  ce  dernier,  son  labelle 
trilobé  et  éperonné  à  sa  base;  mais  son 
anthère  est  disposée  comme  dans  les  es¬ 
pèces  du  genre  Ophrys  des  auteurs  mo¬ 
dernes  ,  c’est-à-dire  que  chaque  masse  pol- 
linique,  caudiculée  à  sa  base ,  a  son  rélina- 
cle  contenu  dans  une  petite  bourse  parti¬ 
culière,  tandis  que ,  dans  les  vraies  espèces 
<V Orchis ,  les  deux  rétinacles  sont  renfer¬ 
més  dans  une  bourse  commune.  (A.  R.) 

*  BARTLIXGIA ,  Brongn.  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  desMyrtacées,  auquel  son 
auteur  assigne  pour  caract.:  Tube  calicina 
hémisphérique,  2-bractéolé  à  la  base;  limbe 
à  5  segments  imbriqués  en  préfloraison.  Pé¬ 
tales  insérés  au  fond  du  calice ,  minimes , 
plans,  arrondis.  Étamines  10,  alternative¬ 
ment  plus  longues  et  plus  courtes,  insérées 


680 


BAR 


BAR 


au  fond  du  calice  inclus.  Ovaire  inadhérent, 
comprimé,  1-loculaire,  2-ovulé.  Style  ter¬ 
minai,  subulé,  court,  à  stigmate  simple. — 
On  n’en  connaît  qu’une  esp.;  c’est  un  sous- 
arbrisseau  de  la  Nouv. -Hollande;  à  feuilles 
très  entières  ,  alternes ,  courtement  pétio- 
lées,  glabres,  bistipulées  ;  à  fleurs  termi¬ 
nales  ,  agrégées.  (Si*.) 

BARTOLIWA.  bot.  ph.  —  Synonyme 
de  T  rida  jt. 

BARTONIA,  Nutt.  bot.  ph.— Genre  de 
la  famille  des  Loasées ,  offrant  pour  caract. 
essentiels  :  Limbe  calicinal  5-parti.  Pétales 
10,  plans,  courtement  onguiculés,  lancéolés, 
bisériés ,  contournés  et  imbriqués  en  pré¬ 
floraison.  Étamines  très  nombreuses  ;  filets 
libres  ,  filiformes  :  les  extérieurs  souvent 
stériles  et  pétaloïdes.  Style  à  stries  spiralées; 
stigmate  tronqué.  Capsule  cylindracée , 
grêle ,  1-loculaire ,  polysperme,  3-à  7-valve 
au  sommet;  placentaires  nerviformes. Grai¬ 
nes  horizontales  ,  comprimées  ,  bisériées 
sur  chaque  placentaire.  —  Herbes  bisan¬ 
nuelles  ou  vivaces,  hérissées  de  poils  raides. 
Feuilles  alternes ,  sessiles  ,  pennatifides. 
Fleurs  blanches  ou  jaunes,  nocturnes,  ter¬ 
minales. 

Ce  genre  est  propre  à  l’Amérique  septen¬ 
trionale  ;  on  n’en  connaît  que  deux  espèces. 
Le  B.  orna  ta  Nutt.  ( B .  decapetala  ;  Bot. 
Mag. ,  tab.  1487)  mériterait  d’être  cultivé 
comme  plante  d’ornement.  Ses  fleurs  sont 
odorantes  ,  d’un  blanc  jaunâtre  ,  larges  de 
10  à  13  centimètres,  et  pourvues  de  200  à  250 
étamines.  (Sr.) 

*BARTONÎA,  Mühlenb. ,  Pers.  ( non 
Nutt.)  bot.  ph.  —  Synonyme  du  g.  Centau- 
rella.  (Sp.) 

*  B  ARTR AMIE .  Bartramia^  Less.  ois. 
—  Sous-genre  formé  par  M.  Lesson,  dans 
son  Traité  d* Ornithologie  ,  ayant  pour 
type  le  Chevalier  a  longue  queue  {Tôt anus 
Barirarnia  Tem.).  Voyez  chevalier. 

(Lafr.) 

BARTRAMIE.  Batramia  (nom  pro¬ 
pre).  bot.  cr.  —  (Mousses).  Ce  g.  très  na¬ 
turel,  de  la  division  des  Mousses  acrocarpes, 
n’a  éprouvé  que  bien  peu  de  variations  de¬ 
puis  qu’il  a  été  établi  par  Hedwig  {Musc. 
Frond. ,  II,  p.  3,  t.  40),  qui  le  dédia  à  Bar- 
tram,  colon  de  l’Amérique  septentrionale, 
souvent  cité  par  Dillen.  La  seule  que  Bridel 
lui  ait  fait  subir  consiste ,  en  effet ,  dans  la 


séparation  des  espèces  qui  se  plaisent  dans 
les  lieux  marécageux ,  et  cela  sur  des  carac¬ 
tères  si  légers  que  le  genre  Phiionotis  qui 
en  résulte  n’a  pas  été  universellement 
adopté.  Tel  qu’il  a  été  limité  par  Hedwig  et 
Schwægrichen  et  tel  que  nous  l’admettons 
ici,  le  g.  Bartramia ,  type  de  la  tribu  des 
Bartramiées ,  se  compose  de  Mousses  dont 
la  capsule ,  brièvement  ou  longuement  pé- 
donculée,  est  terminale  ou  pseudo-latérale, 
sphéroïde ,  ovoïde  ou  obpyriforme,  inégale; 
c’est-à-dire  que,  le  pédoncule  étant  excen¬ 
trique  ,  elle  paraît  et  est  effectivement  pen¬ 
chée.  Elle  est  en  outre  sillonnée  dans  toutes 
les  espèces  ,  à  l’exception  du  Bartramia 
ar ouata  ,  surtout  après  la  dispersion  des 
spores.  Son  orifice,  resserré  et  oblique , 
est  muni  d’un  péristome  ordinairement 
double,  mais  aussi  quelquefois  simple  (ex.  : 
B.  s  trie  ta  Brid.).  Le  péristome  unique  , 
ou ,  quand  il  y  en  a  deux ,  le  péristome  ex¬ 
térieur  se  compose  de  seize  dents  infléchies. 
L’intérieur  consiste  en  seize  cils  entiers  ou 
bifides,  dont  les  segments  écartés  reçoivent 
dans  leur  intervalle  les  dents  extérieures. 
Chez  quelques  espèces ,  on  observe  encore 
d’autres  petits  cils  {ciliola)  interposés  en¬ 
tre  les  premiers.  L’opercule  est  convexe  ou 
conique ,  mais  toujours  mousse.  La  coiffe 
est  en  capuchon,  caractère  qui,  joint  à  la 
présence  du  péristome  ,  peut  suffire  à  faire 
distinguer  ce  genre  d’un  autre  infiniment 
voisin  qu’on  a  nommé  Glyphocarpus 
{voyez  ce  mot).  Les  fleurs  sont  hermaphro¬ 
dites,  monoïques  ou  dioïques  selon  les  es¬ 
pèces.  M.  Schwægrichen  a  même  observé 
que,  sur  le  même  individu,  on  rencontre 
maintes  fois  des  fleurs  diclines  et  d’autres 
hermaphrodites.  Dans  les  espèces  monoï¬ 
ques  ou  dioïques ,  les  mâles  sont  en  tête  et 
se  composent  de  6  à  12  anthéridies,  accom¬ 
pagnées  de  paraphyses  filiformes  ou  en 
massue  et  articulées.  La  fleur  femelle  ne 
contient  qu’un  petit  nombre  de  pistils,  dont 
un  seul ,  entouré  des  mêmes  paraphyses 
qu’on  rencontre  dans  le  mâle  ,  devient  fé¬ 
cond  et  se  développe.  La  fleur  hermaphro¬ 
dite  est  composée  de  4  à  12  anthéridies  et 
d’autant  de  pistils  qu’accompagnent  les 
mêmes  paraphyses  que  nous  avons  vues 
dans  les  autres  fleurs ,  soit  monoïques,  soit 
dioïques. 

Ces  mousses  vivaces,  que  distinguent  un 


BAR 


BAR 


m 


port  tout  particulier,  forment  des  gazons 
touffus  sur  la  terre  et  les  rochers ,  soit  dans 
les  lieux  ombragés  et  les  forêts  de  la  zone 
froide  ou  tempérée,  soit  sur  les  montagnes 
élevées  des  contrées  tropicales  où  elles  ac¬ 
quièrent  souvent  une  taille  gigantesque. 
Leurs  feuilles,  dressées  ou  ouvertes,  sont 
remarquables  par  une  base  élargie  qui  em¬ 
brasse  la  tige.  De  cette  base,  elles  vont  en 
se  rétrécissant  en  une  pointe  acérée ,  quel- 
fois  subulée.  Leurs  bords  présentent  le  plus 
souvent  des  dentelures  très  fines.  Trente  à 
quarante  espèces,  croissant  sous  toutes  les 
latitudes  ,  constituent  ce  genre.  Quelques- 
unes  ont  la  capsule  très  courtement  pédon- 
culée;  toutes  les  autres  ont  un  pédoncule 
plus  ou  moins  long.  (C.  M.) 

*BARTRAMÏÉES.  bot.  cr.—  Cette 
tribu  ou  ce  groupe,  de  la  subdivision  des 
Mousses  acrocarpes,  dontM.  Schwægrichen 
(Spec.  Musc ,  p.  90)  fait  une  petite  famille 
sous  le  nom  de  Barlramieœ,  offre  les  ca¬ 
ractères  suivants.  Les  tiges  de  ces  Mousses 
sont  le  plus  souvent  droites,  réunies  en 
touffes  et  généralement  très  longues.  Leurs 
feuilles  sont  serrées  contre  la  tige ,  ou 
seulement  dressées,  et  forment  avec  elle 
un  angle  plus  ou  moins  ouvert;  elles  sont 
lancéolées,  ou  lancéolées  très  aiguës.  Les 
fleurs  terminales  et  en  disque,  ou  latérales 
par  suite  des  innovations  de  la  tige ,  sont 
ordinairement  assez  grandes.  Les  pédoncu¬ 
les  sont  terminaux  ou  latéraux,  le  plus  sou¬ 
vent  longs  et  dressés,  rarement  courts  et 
recourbés,  et,  dans  ce  dernier  cas,  à  peine 
deux  fois  plus  longs  que  la  capsule.  Celle- 
ci  est  presque  globuleuse,  inégale,  sillonnée 
suivant  sa  longueur  et  resserrée  à  son  ori¬ 
fice.  Le  péristome,  court,  est  double,  simple 
ou  manque  tout  à  fait.  L’opercule  est  court, 
convexe  ou  conique.  La  coiffe  est  subulée, 
un  peu  plus  longue  que  la  capsule,  ou  bien 
entière  et  en  forme  de  mitre  (exemple  Gly- 
phocarpus  Wcbhii  Nob.). 

Les  genres  qui  composent  ce  groupe 
sont  les  suivants  :  Cryptopodium ,  Brid.; 
Bartramia ,  Hedw.  ;  Glyphocarpus,  Rob. 
Br.,  et  Conostomum ,  Sw.  Ces  Mous¬ 
ses  vivent  sur  la  terre,  dans  les  endroits 
marécageux.  Il  en  est  qui  préfèrent  les  lieux 
secs  et  stationnent  sur  les  rochers. 

(C.  M.) 

*  BARTRAMÎOIBES.  Bartramioi- 


dœ.  bot.  cr.  — Furnrobr  a  donné  ce  nom 
à  un  groupe  de  la  famille  des  Mousses  ayant 
pour  type  le  genre  Bartramia.  (C  d’O.) 

*  BARTSCUIA,  Endl.  bot.  th. — Sub¬ 
division  du  genre  Bartsia.  (Sr.) 

BARTSIA,  Lin.  bot.  th. — Genre  de 
la  famille  des  Scrophularinées  (Rhinantha- 
cées).  Les  caractères  distincts  en  sont:  Calice 
campanulé,  presque  également  4-fide ,  à 
fente  inférieure  un  peu  plus  profonde.  Co¬ 
rolle  tubuleuse;  limbe  infondibuliforme, 
obliquement  4-fide.  Étamines  incluses. 
Anthères  velues,  courtement  mucronées. 
Style  longtemps  persistant.  Capsule  bouf¬ 
fie  ,  cuspidée,  2-loculaire,  2-vaWe.  Graines 
un  peu  courbes;  tégument  muni  de  7  plis 
aliformes  transversalement  striés.  —  Ce 
genre  ne  comprend  que  2  ou  3  espèces.  Ce 
sont  des  herbes  vivaces,  à  feuilles  dentelées 
ou  incisées,  opposées,  sessiles;  les  fleurs 
naissent  aux  aisselles  des  feuilles  supé¬ 
rieures.  (Sr.) 

BARUCE.  bot.  th.  —  Fruit  du  Sablier. 

*BAIIYBAS (ftapûç,  lourd;  [3aç, participe 
de  6aw(«>,  je  marche),  ins. — Genre  de  Co¬ 
léoptères  pentamères  ,  famille  des  Lamel¬ 
licornes  ,  établi  par  M.  Dejean,  qui  y  rap¬ 
porte  trois  espèces,  dont  une  du  Brésil, 
B.  nubilusDc].,  une  de  Carthagène ,  B. 
ceruginosus  id. ,  et  la  troisième  de  Cayen¬ 
ne,  B.  modeslus  Lacord.  L’auteur  n’a  pas 
publié  les  caractères  de  ce  genre  ;  mais  il 
le  place  (Calai. ,  3e  édit.)  à  côté  du  g. 
Dasyus ,  qui  appartient  à  la  tribu  des 
Scarabéides,  division  des  Phyllophages. 

(D.  etc.) 

*BARYCEROS  (papuç,  épais;  xspaç , 
corne,  antenne),  ins. — Genre  de  la  famille 
des  Ichneumoniens ,  de  l’ordre  des  Hymé¬ 
noptères,  établi  par  Gravenhorst.  Il  offre  de 
grands  rapports  avec  les  Cryptus  ;  mais 
il  s’en  distingue  essentiellement  :  1°  par  des 
antennes  un  peu  plus  courtes  que  le  corps , 
élargies  et  comprimées  entre  le  milieu  et 
l’extrémité,  et  allant  ensuile  en  diminuant 
de  grosseur;  et  2°  par  des  ailes  sans  cellule 
cubitale  interne  dis|incte,  et  pourvues  d’une 
petite  nervure  joignant  les  deux  autres  cel¬ 
lules  cubitales.  Les  Baryceros  ont  des 
pattes  longues  et  grêles,  et  un  abdomen  de 
forme  ovalaire. 

On  ne  connaît  encore  qu’une  seule  espèce 
de  ce  genre:  c’est  le  B.  guttatus  Gravenh., 
81 


T.  II. 


482 


BAR 


trouvé  dans  les  environs  de  Dresde.  (Bl.) 

*BARYCERÏJS  (|3<xp6ç,  lourd}  x=paç , 
corne),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères,  famille  des  Curculionides,  ordre  des 
Gonatocères ,  division  des  Mécorhynchides, 
subdivision  des  Baridides ,  établi  par , 
Schœnherr.  Ce  genre  se  rapproche  beau¬ 
coup  du  g.  Baridius  ;  mais  il  en  diffère  i 
par  l’organisation  particulière  de  ses  an¬ 
tennes.  Il  est  fondé  sur  une  seule  espèce 
du  Brésil ,  nommée  B.  oollaris  par  l’au¬ 
teur  ;  elle  a  le  faciès  de  l’Attélabe,  et  est  un 
peu  plus  grande  que  VAttelabus  curcu- 
lionoides.  L’espèce  nommée  par  M.Dejean 
(Calai. ,  3e  édit.)  B.  Lacordairei ,  et  sur 
laquelle  il  a  établi  son  g.  Taxicerus  ,  pa-  ; 
raît  appartenir  au  g.  Baridius  de  Schœn- 
herr,  et  pourrait  bien  être  identique  avec  le ; 
B.collaris  de  ce  dernier  auteur.  (D.  et  C.) 

*  BARYNOTUS  { lapuvtùToç ,  recouvert 

d’un  cuir),  ins. — Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères,  famille  des  Curculionides,  établi  par 
Germar  et  adopté  par  Latreille ,  ainsi  que 
par  MM.  Dejean  et  Schœnherr.  Ce  dernier  , 
dont  nous  suivons  ici  la  méthode ,  le  place 
dans  sa  division  des  Cléonides ,  ordre  des 
Gonatocères.  Les  espèces  de  ce  genre  ont  le 
corps  presque  ovale,  convexe,  couvert  d’é- 
cailles.  Elles  sont  aptères,  de  petite  et  de 
moyenne  taille.  M.  Dejean  (Calai.,  3e  édit.) 
en  désigne  14  ,  toutes  d’Europe  ,  parmi  les¬ 
quelles  nous  citerons  comme  type  du  genre 
le  B.  margaritaceus  Germ.  ,  qui  se 
trouve  en  Suisse  et  en  Italie.  (D.) 

*BARYOSMA.bot.  ph. — Synonymede 
Dtp  ter  ix. 

BARYOSME.  Baryosma  (fkpuç,  pe¬ 
sant;  ÔGfAin,  odeur),  bot.  ph.  —  Rœmer  et 
Schultes  écrivent  ainsi  le  nom  du  Barosma 
(voy.  ce  mot),  genre  de  la  famille  des  Dios- 
mées.  Gærtner  le  donnait  à  un  genre  de 
celle  des  Légumineuses ,  le  Coumarouna 
d’Aublet.  (Ad.  J.) 

*  BARYPEMTHUS  (papuravOvk,  plongé 
dans  le  deuil  ;  à  cause  des  couleurs  sombres 
de  ces  Insectes),  ins. —  Genre  de  la  famille 
desPhryganiens,  de  l’ordre  desNévroptères, 
établi  par  M.  Burmeister  ( Haiulb .  derEnt.) 
sur  deux  espèces  du  Brésil ,  qu’il  nomme 
B.  concolor  et  rufipes.  Les  Barypenthus 
sont  caractérisés  essentiellement  par  des 
jambes  postérieures  et  intermédiaires  à 
peine  éperonnées  à  l’extrémité  et  nullement 


BAR 

au  milieu ,  et  par  des  palpes  maxillaires 
velus.  (Bl.) 

BARYPHONUS  (j3apucpwvo;,  qui  a  la  voix 
forte),  ois.  —  Synonyme  de  Momot,  Mo- 
motus ,  Briss.  Le  nom  de  Baryphonus  a 
été  donné  par  Yieillot  à  ces  Oiseaux  à  cause 
de  la  force  de  leur  voix.  (C.  d’O.) 

*  B  ARYPLOTÈRE  (P<xpuç,  pesant;  7rXw- 
TYip,  nageur),  ois. — Nom  donné  parRitgen 
à  une  famille  d’Oiseaux  aquatiques  compre¬ 
nant  ceux  qui  nagent  pesamment.  (C.  d’O.) 

*  BARYSCELIS  ((3apuç ,  lourd  ;  oxeXlç, 

cuisse),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  hété- 
romères,  famille  des  Ténébrionites ,  établi 
par  M.  Boisduval,  sans  indication  de  carac¬ 
tères  ,  dans  l’entomologie  du  Voyage  de 
V Astrolabe,  pour  y  placer  deux  espèces  de 
la  Nouvelle-Hollande  ,  nommées,  l’une  B. 
politus  par  Latreille,  et  l’autre  B.  laticollis 
par  M.  Dejean ,  qui  place  ce  genre  immé¬ 
diatement  avant  celui  de  Tenebrio,  Fabr. 
(Calai.,  3e  édit.).  (D.) 

*BARYSOMUS  ((3ap6ç ,  lourd  ;  awpia  , 
corps),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères  ,  famille  des  Carabiques ,  tribu  des 
Harpaliens,  établi  par  M.  Dejean  qui ,  dans 
son  Species  (t.  IY,  pag.  56),  lui  donne  les 
principaux  caractères  suivants  :  Tête  plus 
ou  moins  carrée  ou  triangulaire ,  non  rétré¬ 
cie  postérieurement.  Point  de  dents  au  mi¬ 
lieu  de  l’écbancrure  du  menton.  Mandibu¬ 
les  obtuses  et  non  saillantes.  Dernier  article 
des  palpes  plus  ou  moins  cylindrique  ou  ova¬ 
laire  et  tronqué  à  l’extrémité.  4e  article  des 
4  tarses  antérieurs  du  mâle  triangulaire  ou 
cordiforme.  Les  Barysomus ,  voisins  des 
Agonodères  (voy.  ce  mot),  sont  des  In¬ 
sectes  au  dessous  de  la  taille  moyenne , 
ayant  un  peu  le  faciès  des  Amara ,  mais 
une  forme  moins  ovalaire  et  presque  car¬ 
rée.  M.  Dejean  en  décrit  trois  espèces,  dont 
une  du  Mexique  et  deux  des  Indes-Orien¬ 
tales,  savoir  :  B.Ilopfneri  Dej.,  B .  Gyllen- 
halii  Dej.,  et  B.  semivittaius  Fabr.  (D.) 

*BARYSTOMUS  ((Üap6$,  lourd  ;  GTo'{/.a, 
bouche),  ins.  — Genre  de  Coléoptères  té- 
tramères,  famille  des  Curculionides,  établi 
par  Germar  et  non  adopté  par  Schœnherr , 
qui  en  place  les  espèces  dans  son  g.  Rhi- 
gus.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

BARYTE  (|3ap6;,  pesant),  min. — Oxyde 
de  barium  des  chimistes  ;  l’une  des  an¬ 
ciennes  terres  que  la  chimie  moderne  a 


BAH 


BAS 


683 


mise  au  rang  des  Oxydes  métalliques.  Elle 
est  formée  d’un  atome  de  Barium  et  d’un 
atome  d’Oxygène,  en  poids  de  89,55  de  Ba¬ 
rium  et  de  10,45  d’Oxygène.  Elle  a  été  nom¬ 
mée  d’abord  terre  'pesante,  puis  baryte ,  à 
cause  de  sa  pesanteur.  Dans  un  vase  bien 
fermé ,  elle  est  dissoute  par  une  grande 
quantité  d’eau  bouillante  :  la  dissolution 
porte  le  nom  d’eau  de  baryte.  Elle  est  re¬ 
marquable  par  sa  puissante  affinité  pour 
l’acide  sulfurique ,  qui  surpasse  celle  de 
toutes  les  autres  bases.  Le  composé  qu’elle 
forme  avec  cet  acide  est  absolument  inso¬ 
luble  dans  l’eau.  De  là,  le  moyen  qu’on 
emploie  pour  reconnaître  sa  présence  dans 
un  minéral,  lorsque  celui-ci  a  été  amené  à 
l’état  de  dissolution  :  une  goutte  d’acide 
sulfurique,  ou  d’un  sulfate,  y  produit  un 
précipité,  qui  se  forme  toujours  quelle  que 
soit  la  quantité  d’eau  qu’on  ajoute  à  la  li¬ 
queur. — Dans  les  anciennes  classifications, 
la  Baryte  était  la  base  d’un  genre  minéralo¬ 
gique  composé  de  deux  espèces  :  la  Baryte 
carbonatée  et  la  Baryte  sulfatée.  Ces  deux 
espèces  seront  décrites,  l’une  au  genre  Car¬ 
bonate,  l’autre  au  genre  Sulfate  {yoy.  ces 
mots).  La  Baryte  fait  aussi  l’une  des  parties 
constituantes  d’un  silicate  alumineux  (l’Har- 
motome)  et  d’un  minerai  de  manganèse  (le 
Psilomélane).  (Del.) 

BARYTILE.  min.  —  Synonyme  de  Ba¬ 
ryte  sulfatée.  Voyez  ce  mot. 

BARYTI1ME  ((3apu;,  pesant),  min.— Nom 
spécifique  de  Sulfate  de  baryte  dans  la  mé¬ 
thode  de  M.  Beudant.  Voyez  sulfate.  (Del.) 

*  B  ARYTHMIQUE .  Barytinicus .  min. 
—  Épithète  donnée  .par  M.  d’Omalius  à  un 
genre  de  minéraux  pierreux  sulfatés  com¬ 
prenant  le  Sulfate  de  baryte.  (C.  d’O.) 

BARYTOCALCITE  (mot  hybride; 
ëapuç,  pesant  ;  calx ,  ois,  chaux),  min.  — 
Double  Carbonate  de  chaux  et  de  baryte. 
Voyez  carbonate.  (Del.) 

*  BARYTOPUS  (  papuç ,  lourd  ;  iroü? , 
pied  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères ,  famille  des  Chrysomélines ,  tribu 
des  Clavipalpes,  établi  par  M.  Chevrolat 
aux  dépens  du  g.  Erotylus,  Fabr.  M.  De- 
jean  ( Catal .,  3e  édit.)  y  rapporte  14  espèces, 
parmi  lesquelles  nous  citerons  seulement 
l’ Erotylus  alternans  Fabr.  ,  comme  lui 
servant  de  type.  Les  caract.  de  ce  g.  n’ont 
pas  encore  été  publiés.  Ce  g  est  le  même 


que  celui  de  Scaphidomorphus ,  créé  pos* 
térieurement  par  M.  Hope  ( Revue  cuvié- 
ricnne ,  1841  ).  (D.  et  C.) 

BARYXYLON,  Loureir.  (jîapûç, pesant; 
£ùXov,  bois),  bot.  ph. — Synonyme  du  genre 
Gathartocarpus.  (Sp.) 

BASALTE  (mot  éthiopien),  géol.  — 
Boche  noire  ou  d’un  gris  bleuâtre  plus  dure 
que  le  verre,  très  tenace  et,  par  conséquent, 
difficile  à  casser  ,  d’apparence  homogène , 
mais  essentiellement  composée  de  Pyroxène 
et  de  Felspath  ( Orthose ,  Albitc,  Labra- 
do  rite),  et  contenant  une  très  grande  pro¬ 
portion  de  Fer  oxydé  ou  titané. 

Cette  roche ,  qui  se  présente  souvent  en 
masses  ou  pitons  non  stratifiés,  s’étend 
fréquemment  en  nappes ,  de  forme  et  d’é¬ 
paisseur  variables,  soit  sur  le  flanc  de  mon¬ 
tagnes  coniques,  soit  sur  le  sommet  de  pla¬ 
teaux  élevés,  soit  dans  les  plaines  basses  et 
les  vallées  profondes.  Ces  nappes  recouvrent 
quelquefois  d’autres  nappes  de  même  ma¬ 
tière  ,  ou  bien  des  dépôts  de  nature  diffé¬ 
rente  avec  lesquels  elles  alternent  même 
plusieurs  fois,  disposition  qui  alors  rappelle 
une  véritable  Stratification  ( voyez  ce 
mot).  Le  Basalte  se  rencontre  également 
en  filons ,  ou  dikes ,  qui  coupent  et  traver¬ 
sent  les  dépôts  stratifiés.  Dans  ces  divers 
gisements,  on  le  voit,  par  place,  se  diviser 
en  plaques,  en  sphéroïdes  à  couches  con¬ 
centriques  et  en  prismes  de  3  à  7  et  8  pans. 

Ainsi  caractérisé ,  le  Basalte  est  aujour¬ 
d’hui,  pour  tous  les  géologues,  un  pro¬ 
duit  de  formation  ignée,  sorti  du  sein 
de  la  terre  à  l’état  fluide ,  par  des  chemi¬ 
nées  étroites,  plus  ou  moins  cylindriques  , 
ou  par  de  longues  fissures.  La  matière  qui 
s’est  arrêtée  et  refroidie  dans  l’intérieur  du 
sol  et  dans  les  foyers  d’émission  a  formé  les 
dikes  et  les  pitons  massifs,  ou  culots ,  tan¬ 
dis  que  celle  qui,  après  avoir  traversé  le  sol, 
s’est  épanchée  à  la  surface ,  l’a  recouvert  de 
larges  manteaux  ou  de  nappes. 

Avant  que  cette  opinion  fût  généralement 
admise,  les  observateurs  ont  été  longtemps 
partagés  ;  les  uns ,  et  particulièrement  les 
Allemands  ,  cédant  à  l’influence  du  célè¬ 
bre  Werner,  regardaient  le  Basalte  comme 
le  résultat  de  précipités  formés  dans  le  sein 
des  eaux,  tandis  que  les  autres,  guidés  par 
l’étude  des  volcans  éteints  de  l’Auvergne  et 
de  l’Italie,  et  par  celle  des  volcans  en  act?* 


BAS 


BAS 


Ü84 

vilé  de  ce  dernier  pays,  soutenaient  que  les 
Basaltes  étaient  volcaniques. 

Quelque  acerbe  que  la  discussion  soit  de¬ 
venue  parfois  entre  les  neptuniens  et  les 
volcaniens ,  elle  a ,  en  définitive  ,  été  très 
utile  aux  progrès  de  la  science,  par  les  nom¬ 
breuses  observations  qu’elle  a  provoquées, 
et.  qui  ont  eu  pour  résultat,  non  seulement 
d’éclairer  sur  la  véritable  origine  du  Ba¬ 
salte  ,  mais ,  par  une  suite  d’analogie  ,  sur 
celle  de  toutes  les  roches  de  cristallisation 
dans  lesquelles  le  Feldspath,  l’Amphibole,  le 
Mica,  le  Pyroxène,  entrent  comme  éléments 
constituants,  roches  que,  contrairement  aux 
idées  des  géologues  wernériens,  qui  voyaient 
en  elles  les  précipités  formés  dans  un  li¬ 
quide  primitif,  on  considère  maintenant 
comme  les  produits  ignés  de  tous  les  âges. 

En  Irlande,  en  Écosse,  en  Bohême,  en 
Allemagne,  en  Italie,  en  France  ,  en  Amé¬ 
rique,  à  Ténériffe,  à  l’Ile-Bourbon,  et  dans 
un  grand  nombre  de  localités ,  le  Basalte 
se  présente  avec  des  caractères  minéralogi¬ 
ques  et  de  gisement  qui  sont  identiques. 
Les  analyses  chimiques  faites  sur  des  échan¬ 
tillons  de  divers  lieux  donnent  en  moyenne, 
sur  100  parties,  44  à  50  de  Silice,  15  à  16  d’A- 
lumine,  20  à  24  de  Fer  oxydé,  8  à  9  de  Chaux, 

2  de  Magnésie,  2  à  3  de  Soude  et  2  d’Eau. 

Quoique  généralement  noir,  le  Basalte 
passe  accidentellement  au  gris,  au  verdâtre 
et  au  rouge ,  soit  par  le  mélange  avec  diver¬ 
ses  substances  minérales ,  soit  par  la  dé¬ 
composition.  Sa  cassure  est  semi-cristalline 
et  même  terreuse  ;  il  agit  sur  le  barreau 
aimanté  ;  et,  en  fondant,  il  donne  un  émail 
noir;  sa  pesanteur  spécifique  ,  lorsqu’il  est 
compacte,  est  3.  Bien  que  la  pâte  du  Ba¬ 
salte  soit  homogène ,  l’œil ,  armé  d’une 
loupe,  distingue  ,  dans  sa  composition,  les 
cristaux  de  Pyroxène  et  de  Feldspath ,  dont 
il  est  essentiellement  formé  ;  il  y  découvre 
également,  mais  accidentellement,  des 
cristaux  d’ Amphibole,  de  Péridot,  d’Olivine 
et  de  Fer  titané.  Quelquefois  des  cristaux  de 
ces  diverses  substances  sont  visibles  à  l’œil 
nu ,  et  engagés  dans  la  pâte  basaltique  ;  ils 
donnent  à  la  roche  un  aspect  hétérogène  et 
porphyroïde,  qui  l’a  fait  distinguer  du  Ba¬ 
salte  par  plusieurs  géologues  qui  en  ont 
fait  le  Basanite  ( voyez  ce  mot). 

Le  Basalte  n’est  pas  toujours  compacte. 
On  voit  très  fréquemment  les  parties  rap¬ 


prochées  de  la  surface  des  masses,  ou  nap¬ 
pes  ,  comme  criblées  de  vacuoles  qui  sont 
restées  vides  ,  ou  qui  ont  été  remplies  après 
coup  par  des  substances  étrangères ,  telles 
que  l’Arragonite  ,  la  Calcédoine ,  la  Chaux 
carbonalée,  des  Zéolithes,  du  Fercarbonaté, 
du  Soufre  et  même  de  l’Eau. 

La  division  des  masses  basaltiques  en 
prismes  est  évidemment  l’effet  du  retrait 
par  suite  du  refroidissement  ;  mais  le  con¬ 
cours  de  plusieurs  circonstances  est  néces¬ 
saire  pour  que  ce  retrait  donne  lieu  à  des 
formes  aussi  constantes  et  aussi  régulières; 
car,  non  seulement  toutes  les  parties  d’une 
même  masse  ne  sont  pas  ainsi  divisées, 
mais  des  matières  d’une  toute  autre  compo- 
position ,  et  même  évidemment  d’une  autre 
origine ,  affectent  des  formes  analogues  ; 
telles  sont  le  Grunstein ,  le  Porphyre ,  et 
d’une  autre  part,  certaines  marnes  et  le 
Gypse  à  ossements  (Montmartre).  —  On 
dira  au  mot  retrait  ce  qu’on  peut  présu¬ 
mer  relativement  à  la  cause  de  la  division 
prismatique  en  général  et  à  celle  de  sa  plus 
ou  moins  grande  régularité.  Quant  aux 
prismes  basaltiques,  observés  avec  admira¬ 
tion  par  tous  les  voyageurs,  ils  diffèrent 
beaucoup  entre  eux  par  leur  grosseur  et 
leur  longueur  ;  on  en  a  décrit  de  20  mètres 
de  haut.  Leur  direction,  par  rapport  à  l’ho¬ 
rizon,  n’est  pas  toujours  la  même  ;  dans  les 
nappes  horizontales  l’axe  des  prismes  est 
généralement  perpendiculaire  au  plan  des 
nappes  ;  dans  les  grandes  masses  isolées  , 
ou  pitons ,  les  prismes  sont  très  fréquem¬ 
ment  verticaux ,  mais  ils  sont  aussi  placés 
dans  tous  les  sens  et  semblent  même  con¬ 
verger  vers  un  ou  plusieurs  points  (rochers 
de  Murat,  Auvergne). 

Les  prismes,  d’une  grande  longueur,  sont 
souvent  formés  de  tronçons  placés  bout  à 
bout,  et  qui  même  s’emboîtent  les  uns  dans 
les  autres ,  la  face  inférieure  de  chaque 
tronçon  offrant  une  convexité  qui  s’articule 
dans  une  concavité  correspondante  de  l’ex¬ 
trémité  supérieure  du  tronçon  contigu.  On 
a  remarqué  que  dans  un  faisceau  de  pris¬ 
mes  ainsi  articulés ,  les  articulations  sont 
sur  une  même  ligne,  c’est-à-dire  au  même 
niveau  ;  aussi,  lorsque  par  une  dénudation 
on  peut  voir  en  plan  une  surface  basaltique 
ainsi  divisée,  elle  ressemble  à  une  grande 
mosaïque  qu’on  a  ,  dans  diverses  localités* 


BAS 


désignée  sous  les  noms  de  pavé ,  de 
chaussée  des  Géants.  La  côte  septentrionale 
de  l’Irlande  est  particulièrement  citée  pour 
la  beauté  et  la  dimension  des  prismes  ba¬ 
saltiques  qu’on  y  rencontre,  et  par  la  fa¬ 
meuse  Chaussée  des  Géants  qu’on  voit  au¬ 
près  du  cap  de  Fairhead.  La  grotte  de  Fin- 
gai  ,  dans  l’île  de  Stalîa ,  à  l’ouest  de  l’É- 
cosse,  n’est  pas  moins  célèbre  par  ses  di¬ 
mensions  majestueuses.  Les  parois  de  cette 
grotte,  dans  laquelle  la  mer  s’engouffre, 
jusqu’à  près  de  50  mètres  de  profondeur,  avec 
un  bruit  effroyable,  sont  formées  de  prismes 
verticaux  réguliers,  dont  la  hauteur  est  de 
20  mètres,  et  qui  soutiennent  un  plancher 
divisé  lui-même  en  prismes  couchés  en 
diverses  directions. 

Quoique  le  Basalte  paraisse,  dans  certains 
cas,  résister  à  toutes  les  actions  atmosphé¬ 
riques  ,  cependant,  dans  d’autres,  il  subit 
des  altérations  très  profondes,  qui  le  trans¬ 
forment  en  une  matière  argileuse,  tendre, 
dans  laquelle  s’établit  une  riche  végétation. 
Quelquefois  aussi ,  il  se  désagrégé  en  peti¬ 
tes  sphères,  dont  les  dimensions  varient  de¬ 
puis  la  grosseur  d’un  pois  jusqu’à  celle 
d’une  boule  de  plusieurs  centimètres. 

La  sortie  des  Basaltes  du  sein  de  la  terre 
est  récente,  comparée  à  celle  des  Granités , 
des  Porphyres  et  des  Trachytes.  Cependant 
il  n’y  a  pas  de  ligne  nettement  tranchée  en¬ 
tre  l’émission  des  dernières  roches  graniti¬ 
ques  et  porphyriques  et  celle  des  plus  an¬ 
ciens  Basaltes.  Il  y  a  liaison,  alternance 
meme  entre  les  Basaltes  et  les  plus  anciens 
produits  de  la  cause  ignée,  comme  il  y  a 
rapports  intimes  entre  eux  et  les  laves  qui 
s’écoulent  encore  actuellement  par  la  bou¬ 
che  des  volcans  modernes. 

Le  mot  Basalte  n’est  pas  moderne  ; 
Pline  l’emploie  pour  désigner  une  pierre 
noire  très  dure  que  les  anciens  Égyptiens 
tiraient  de  l’Éthiopie  et  dont  ils  faisaient  des 
vases,  des  statues  et  des  tombeaux,  etc.,  qui 
sont  parvenus  jusqu’à  nous  sans  altération. 
Cette  pierre  n’est  pas,  pour  les  géologues 
modernes,  un  véritable  Basalte,  mais  plutôt 
une  Syénite  à  grains  fins ,  composée  de 
Feldspath  et  d’Amphibole,  et  non  pas  de 
Pyroxène.  C’est  Agricola  qui  paraît  avoir 
transporté  ce  nom  ancien  de  Basalte  aux 
prismes  de  Stolpen  ,  et  ce  nom  a  depuis  été 
appliqué  aux  roches  noires  pyroxéniques 


BAS  i 35 

qui  viennent  d’être  décrites.  Voy.  les  mots 

FORMATIONS  IGNEES  ,  VOLCANS. 

(C.  P.) 

BASALTINE.  min.  —  Nom  donné  par 
Kinvan  à  l’Amphibole  et  au  Pyroxène  qu’il 
avait  confondus. 

*BASALYS  (Posai;, marche;  àXv;,  désœu¬ 
vrement).  ins.  —  Genre  de  la  famille  des 
Oxyuriens  ( Oxyures ,  Lat.),  de  l’ordre  des 
Hyménoptères ,  établi  par  M.  Westwood , 
sur  une  seule  espèce  trouvée  en  Angleterre, 
et  nommée  par  lui  B.  fumipennis.  Ce  g.  est 
caractérisé  par  la  forme  des  cellules  des  ailes 
antérieures,  et  principalement  par  les  an¬ 
tennes  ayant  au  moins  quatorze  articles  dans 
les  mâles,  dont  le  quatrième  large  et  dilaté 
au  côté  interne.  (Bl.) 

*BASANISTES  (PaaaivTr'ç,  qui  tor¬ 
ture).  crust. —  Genre  de  Crustacés  suceurs, 
de  l’ordre  des  Lernéides  et  de  la  famille  des 
Lernéopodiens,  établi  par  M.  Nordmann  et 
ne  différant  guère  des  Tachéliostes  du  même 
naturaliste  que  par  la  brièveté  du  corps,  et 
par  l’absence  d’un  prolongement  en  forme 
de  cou.  On  connaît  deux  espèces  de  Basa- 
nistes  qui  vivent  l’un  et  l’autre  sur  des  Pois¬ 
sons  d’eau  douce.  (M.  E.) 

BASANITE  (ëâaavoç ,  pierre  de  tou¬ 
che).  géol.  —  D’après  le  principe  adopté 
par  M.  Brongniart,  pour  sa  classification 
minéralogique  des  roches ,  ce  géologue 
donne  le  nom  de  Basanite  au  Basalte 
lorsqu’il  contient  des  cristaux  visibles  et 
distincts  de  Pyroxène,  d’ Amphibole,  de 
Péridot  ou  de  toute  autre  substance,  réser¬ 
vant  exclusivement  le  nom  de  Basalte  à  la 
roche  d’apparence  homogène.  La  difficulté 
d’établir  une  limite  entre  ce  qu’il  faut  ap¬ 
peler  Basalte  et  Basanite,  lorsque  le  géo¬ 
logue  observe  les  grandes  masses  dans  leur 
gisement ,  n’a  pas  permis  d’adopter  géné¬ 
ralement  cette  distinction. 

Le  mot  Basanite  avait  été  employé  par 
Pline  pour  désigner  une  pierre  dure  dont  les 
anciens  se  servaient  comme  pierre  de  touche 
et  aussi  pour  faire  des  mortiers.  Les  minéra¬ 
logistes  ne  sont  pas  d’accord  sur  l’espèce 
minéralogique  à  laquelle  ce  nom  a  été  consa¬ 
cré  originairement.  Voy.  roche.  (C.  P.) 

*  B  ASANOMÉL  ANE ,  de  Kob.  (pâatç, 
base;  piXaç ,  noir),  min.  —  Ce  nom  a  été 
donné  au  Fer  oligiste  tilanifère,  qu’on  trouve 
au  Saint-Gothard ,  et  dans  quelques  autres 


686 


BAS 


BAS 


parties  des  Alpes,  en  cristaux  d’un  noir  de 
fer  foncé,  groupés  en  Rose.  D’après  l’analyse 
de  M.  de  Kobell,  ils  sont  composés  de  12,67 
d’acide  titanique ,  4,84  d’oxydule  de  fer,  et 
82,49  d’oxyde  ferrique.  (Del.) 

*  B  AS  ANUS  ((3«aavoç,  pierre  de  touche). 

ins.  —  Genre  de  Coléoptères  hétéromères , 
famille  des  Taxicornes,  établi  par  M.  De- 
jean  ( Catal .,  3me  édit.)  pour  y  placer  une 
seule  espèce  de  Java  qu’il  nomme  B.  forli- 
cornis.  Ce  genre  viendrait  après  les  Platy- 
dema  de  M.  Delaporte.  (D.  et  C.) 

BASCONETTE  ou  BASCOUETTE. 
ois.  —  Synonyme  de  Mésange  à  longue 
queue.  En  Basse-Normandie ,  c’est  le  nom 
vulgaire  de  la  Lavandière. 

BASCOUETTE.  ois,  —  Voyez  basco- 

NETTE. 

*BASE.  Basis.  ins. — Les  entomologis¬ 
tes  donnent  ce  nom  à  l’origine  des  diverses 
parties  dont  se  composent  extérieurement  le 
corps  d’un  insecte;  ainsi  l’on  dit:  la  base  de 
la  tête ,  du  thorax,  de  l’abdomen,  des  an¬ 
tennes  ,  des  ailes ,  des  élytres ,  des  cuisses , 
des  jambes ,  etc.  (D.) 

BASE.  Basis.  moll.  —  Comme  nous  le 
verrons  à  l’article  Coquilles ;  on  indique 
par  le  mot  Base  des  parties  qui  diffèrent  en 
raison  des  différentes  classes  de  Coquilles. 
Voyez  coquilles  et  mollusques.  (Desh.) 

BASELLA,  Lin.  bot.  th.  —  Genre 
qu’on  rapporte  ordinairement  à  la  famille 
des  Chénopodiées,  mais  qui  semble  plutôt 
se  rapprocher  des  Portulacacées. —  Herbes 
annuelles,  charnues,  succulentes,  volubiles. 
Feuilles  alternes,  pétiolées,  planes,  larges  , 
très  entières.  Épis  simples  ou  rameux , 
axillaires ,  solitaires  ,  dressés ,  aphylles ,  à 
fleurs  petites,  éparses,  méridiennes,  ad- 
nées  par  la  base ,  tribractéolées.  Pétales 
pourpres. 

Ce  genre  renferme  cinq  ou  six  espèces , 
toutes  indigènes  de  l’Asie  équatoriale ,  où 
on  les  cultive  comme  plantes  potagères;  en 
vertu  du  suc  acidulé  qu’elles  contiennent , 
elles  ont  des  propriétés  rafraîchissantes  et 
relâchantes.  (Sp.) 

*  BASELLACÊES.  bot.  ph. —  Sous  ce 
nom,  M.  Moquin-Tandon  propose  de  former 
une  petite  famille  distincte  aux  dépens  d’un 
petit  nombre  de  genres  généralement  réunis 
aux  Atriplicées.  Elle  en  diffère,  suivant  lui, 
par  des  fleurs  pédicellées,  demi  closes,  colo¬ 


rées;  par  un  calice  double,  vers  le  milieu  du¬ 
quel  s’insèrent  ordinairement  les  étamines  à 
filets  élargis  insensiblement  de  haut  en  bas, 
à  anthères  sagitlées,  dont  le  pollen  présente 
des  granules  cubiques  ;  par  la  présence  de 
stigmates  bien  manifestes  et  surtout  par  le 
port  des  plantes  qui  la  composent.  Ce  port 
rappelle  celui  des  Portulacées  ,  mais  les 
tiges  sont  volubiles.  Dans  les  Basellacées , 
comme  dans  les  Atriplicées,  le  calice  per¬ 
siste  membraneux  ou  charnu,  étendu  ou 
non  en  aile  ,  et  autour  d’un  périsperme 
plus  ou  moins  abondant  tourne  un  em¬ 
bryon  en  anneau  ou  en  spirale.  Il  a  la  pre¬ 
mière  de  ces  deux  formes  avec  un  calice 
membraneux  dans  les  Anrédérées ,  qui 
comprennent  les  deux  genres  A  nredera  et 
Boussingauliia  ;  il  a  la  seconde  forme 
dans  les  Basellées ,  dont  le  calice  est  char¬ 
nu,  et  que  compose  le  seul  genre  Basella . 

(Ad.  J.) 

BASELLÉES.  BOT.  PH.  —  Voyez  ba¬ 
sellacées  et  ATRIPLICÉES.  (Ad.  J.) 

*  B ASENTIDEME .  Basentidema  ((3oc- 
<rtç,  base  ;  sv-aÔYijj.t,  insérer),  ins. —  Genre  de 
l’ordre  des  Diptères,  division  des  Bracho- 
cères,  subdivision  des  Tétrachœtes,  famille 
des  Notacanthes ,  tribu  des  Stratyomydes, 
établi  par  M.  Macquart  ( Diptères  exoti¬ 
ques  nouv.  ou  peu  connus  ,  tom.  I,  lre 
partie,  pag.  197),  aux  dépens  du  genre  Stra- 
iyomys  de  Geoffroy,  pour  y  placer  une  seule 
espèce  originaire  du  Brésil  qu’il  nomme 
Basentidema  syrphoides.  Cette  espèce  a 
d’assez  grands  rapports,  dit-il,  avec  les 
Hoplistes;  mais  elle  en  diffère  particulière¬ 
ment  par  l’insertion  basse  des  antennes,  ce 
qu’exprime  son  nom  générique  ;  par  l’ab¬ 
sence  des  pointes  de  l’écusson  et  par  la 
longueur  moins  grande  des  pieds.  Elle  est 
figurée  dans  l’ouvrage  précité  (tab.  24, 
fig-  B).  (D.) 

BASEOPHYLLUM,  DC.  (pohnç,  base; 
cpûXXov,  feuille),  bot.  ph.  —  Subdivision  du 
g.  Cas  si  a. 

BAS-FONDS,  géol.  —  Parties  du  sol 
submergé  par  la  mer  qui  s’approchent  le 
plus  de  la  surface  des  eaux.  Ce  sont  ordi¬ 
nairement  les  attérissements  et  les  bancs 
de  sable  qui  forment  les  Bas-fonds ,  mais 
quelquefois  aussi  ceux-ci  sont  composés  de 
roches  solides  et  régulièrement  stratifiées. 
Dans  ce  dernier  cas,  les  Bas-fonds  donnent 


BAS 


BAS 


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lieu  à  ce  qu’on  appelle  écueils ,  récifs. 

Ordinairement  les  Bas-fonds  sont  le  pro¬ 
longement  des  plaines  à  pentes  douces  qui 
bordent  les  côtes  ;  lorsque  les  terres  se  ter¬ 
minent  brusquement  et  par  des  falaises  à 
pic  au  bord  de  la  mer ,  les  navigateurs  sa¬ 
vent  bien  que  celles-ci  sont  profondes.  Les 
dépôts  qui  se  forment  sur  un  bas-fond,  les 
animaux  et  les  végétaux  qui  y  vivent,  ne 
sont  pas  les  mêmes  que  ceux  des  profon¬ 
deurs,  et  il  importe  aux  géologues  de  con¬ 
naître  ces  différences,  pour  apprécier  les 
circonstances  diverses  sous  lesquelles  se 
sont  formés  les  dépôts  sédimentaires  qui 
composent  aujourd’hui  le  sol  émergé.  Voyez 

FORMATION.  (C.  P.) 

BASICÉRINE  (basis ,  base  ;  ccrinus , 
de  couleur  jaune),  min. —  Même  chose  que 
Fluate  basique  de  cérium.  Voyez  fluorure. 

(Det.) 

RASIGYNBE.  bot.  —  Synonyme  de 
Basigyne. 

BASIGYNE.  Basigynium  (  fixai;  , 
base;  yuvui,  pistil),  bot.  rn.  —  Le  profes¬ 
seur  L.-C.  Richard  appelait  ainsi  le  ré¬ 
ceptacle  de  la  fleur  plus  ou  moins  prolongé 
et  portant  un  pistil  conique.  Voyez  récep¬ 
tacle,  FLEUR,  PISTIL.  (A.  R.) 

BASILÆA.  bot.  —  Voyez  basilée. 

*  BASILAIRE  .B  as  a  iis .  ins  .  — Expres¬ 
sion  souvent  employée  en  entomologie  pour 
éviter  les  périphrases  :  ainsi  l’on  dit  qu’une 
ligne,  qu’une  nervure,  qu’une  aréole,  qu’une 
tache  est  basilaire ,  pour  exprimer  qu’elle 
tire  son  origine  de  la  base  de  l’aile  dont 
elle  fait  partie.  On  dit  aussi  :  article  ba¬ 
silaire ,  en  parlant  du  premier  article  des 
antennes,  etc.  Voyez  base.  (d.) 

BASILAIRE.  Basilaris .  bot.  ph.  — 
Expression  par  laquelle  on  exprime  qu’un 
organe  naît  de  la  base  d’un  autre  organe. 
Ainsi  le  style  est  basilaire  dans  l’Alche- 
melle.  (A.  R.) 

*B ASILE,  bot. — On  appelle  poils  basi- 
lés  ceux  qui  portent  sur  des  éminences  cel¬ 
luleuses,  comme  dans  l’Ortie  dioïque. 

(C.  d’O.) 

BASILEE.  Basilœa  (pacuXsta,  reine). 
bot.  ph.  —  Famille  des  Iridées.  Le  g.  ainsi 
nommé  par  A.-L.  de  Jussieu  ( Gen .,  p.  52) 
est  le  même  que  le  g.  Eucomis  de  Lhéritier, 
nom  qui  a  prévalu  dans  la  science.  Voyez 
eucomis.  (A.  R.) 


BASILIC.  Basiliscus  (  (foatXiraoç,  petiâ 
roi  ).  rept.  —  Genre  de  Reptiles  de  la  fa¬ 
mille  des  Iguaniens,  sous-famille  des  Igua- 
niens  pleurodontes,  ayant  pour  caractères 
essentiels  :  Une  expansion  cutanée  de  figure 
triangulaire,  s’élevant  verticalement  au-des¬ 
sus  de  l’occiput  ;  le  bord  externe  des  doigts 
postérieurs  garni  d’une  frange  dentelée  et 
composée  d’écailles  ;  une  arête  écailleuse , 
dentelée  en  scie ,  régnant  depuis  l’occiput 
jusqu’à  l’extrémité  de  la  queue,  et,  chez  les 
mâles  de  l’une  des  deux  espèces,  formant 
une  crête  élevée  ,  soutenue  par  les  apophy¬ 
ses  épineuses  des  vertèbres  ;  sous  le  cou,  un 
rudiment  de  fanon ,  suivi  d’un  pli  transver¬ 
sal  bien  marqué;  des  dents  palatines,  et 
pas  de  pores  fémoraux.  Le  dessus  du  tronc 
est  couvert  d’écailles  rhomboïdales ,  caré¬ 
nées  ,  disposées  par  bandes  transversales  ; 
le  ventre  est  garni,  suivant  les  espèces,  d’é¬ 
cailles  lisses  ou  carénées.  Les  membres  sont 
très  allongés ,  surtout  ceux  de  derrière  ;  les 
doigts  grêles;  la  queue  longue  et  comprimée. 

Basilic  a  capuchon  ,  B.  mit  ratas  D.  Ce 
saurien  est  long  d’environ  70  à  80  centimè¬ 
tres  et  a  de  4  à  5  centimètres  de  diamètre. 
Sa  queue ,  comprimée  ,  a  trois  fois  l’éten¬ 
due  de  son  corps.  Sa  tête,  de  forme  pyra- 
mido-quadri- angulaire  ,  porte  sur  l’occiput 
une  expansion  conique,  en  forme  de  capu¬ 
chon  arrondi  à  son  sommet  et  un  peu 
penché  sur  le  cou.  Cette  crête ,  rudimen¬ 
taire  chez  les  jeunes  sujets ,  ne  se  développe 
qu’avec  l’âge  ;  chez  les  individus  mâles  , 
les  crêtes  dorsale  et  caudale  sont  soutenues 
par  les  apophyses  épineuses ,  et  les  écailles 
du  ventre  sont  lisses.  Cet  animal  est  d’un 
brun  fauve  en  dessus  et  blanchâtre  en  des¬ 
sous.  Sa  gorge  porte  des  bandes  d’un  brun 
plombé ,  et ,  de  chaque  côté  de  l’oeil , 
règne  une  raie  blanchâtre,  lisérée  de  noir, 
qui  va  se  perdre  sur  le  dos.  On  remarque 
chez  les  jeunes  Basilics  et  chez  les  femelles 
des  accidents  de  coloration  fort  irréguliers. 

Le  Basilic  à  capuchon  est  originaire  d’A¬ 
mérique.  Tl  se  trouve  à  la  Guiane,  à  la  Marti¬ 
nique  et  au  Mexique,  ce  qui  lui  a  fait  donner 
le  nom  de  Basilic  d’Amérique.  Ses  mœurs 
sont  peu  connues  ;  on  sait  seulement  qu’il 
vit  sur  les  arbres ,  et  saute  de  branche  en 
branche  pour  cueillir  les  graines,  et  peut- 
être  aussi  pour  attraper  les  Insectes  dont  il 
fait  sa  nourriture. 


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BAS 


BAS 


Quoi  qu’on  ne  sache  à  quelle  espèce  rap¬ 
porter  le  célèbre  Basilic  des  anciens,  et  que 
ce  ne  puisse  être  celui  que  nous  venons  de 
décrire,  puisqu’il  est  originaire  d’Améri¬ 
que,  Linné,  frappé  de  sa  ressemblance  avec 
la  description  du  Basilic  des  Grecs  ,  lui  a 
applique  ce  nom  ;  mais  il  est  aussi  inoffensif 
que  l’autre  avait  de  puissance  malfaisante. 
D’après  les  récits  des  auteurs  de  l’antiquité, 
reproduits  par  les  écrivains  du  moyen  âge , 
le  Basilic  ,  quoique  de  petite  taille  ,  causait 
par  sa  piqûre  une  mort  instantanée  ,  et  si 
son  contact  était  redoutable,  son  regard  l’é¬ 
tait  encore  plus  ;  car  l’homme  dont  la  pru¬ 
nelle  venait  à  rencontrer  la  sienne  se  sentait 
dévoré  d’un  feu  soudain,  et  périssait  au  mi¬ 
lieu  des  tourments  :  en  revanche,  s’il  aper¬ 
cevait  le  Basilic  le  premier ,  il  n’avait  plus 
rien  à  craindre.  Le  Basilic  exerçait  sur  lui- 
même  une  influence  mortelle ,  et  les  chas¬ 
seurs  se  servaient  d’un  miroir  pour  le  pren¬ 
dre  ;  car  dès  que  l’animal  avait  fixé  son 
image,  il  devenait  victime  de  sa  puissance 
fatale.  Aux  époques  de  crédulité ,  les  char¬ 
latans  vendaient  aux  curieux  ignorants  de 
petites  Raies  façonnées  en  forme  de  Basi¬ 
lics.  La  tradition  a  transmis  jusqu’ànos  jours 
le  souvenir  de  cet  animal  fabuleux;  le 
vulgaire  pense  encore  que  les  œufs  hardés , 
à  enveloppe  membraneuse  et  sans  vitellus, 
sont  pondus  par  un  vieux  Coq  ,  et  donnent 
naissance  à  un  Basilic. 

Le  Basilic  a  bandes  ,  B.  vitlatus  Wieg., 
ne  diffère  du  précédent  que  par  le  moindre 
développement  de  la  crête  rachidienne;  par 
ses  écailles  ventrales  qui  sont  carénées,  au 
lieu  d’être  lisses  ,  et  par  des  bandes  noires  , 
au  nombre  de  six  ou  sept ,  régnant  en  tra¬ 
vers  du  dos.  Le  B.  à  bandes  est  originaire 
du  Mexique.  C’est  le  même  que  le  saurien 
inscrit  par  Wagler  ( Système  de  classifie . 
des  Amphibies  )  sous  le  double  nom  de 
Basiliscus  et  d’ Ædico ryphus.  (C.  d’O.) 

BASILIC.  Ocymum  (paciXtxo’ç ,  royal; 
à  cause  de  son  odeur),  bot.  m.  —  Genre 
de  la  famille  des  Labiées,  ayant  pour  ca¬ 
ractères  :  Calice  à  deux  lèvres  :  la  supérieure 
large  et  entière;  l’inférieure  à  4  dents  ai¬ 
guës.  Corolle  renversée,  ayant  la  lèvre  su¬ 
périeure  à  quatre  lobes  et  l’inférieure  plus 
longue  et  crénelée.  Étamines  4,  recourbées 
vers  la  partie  inférieure  de  la  fleur  ;  les  2 
plus  courtes  munies  d’un  petit  appendice  à 


leur  base.—  Plantes  herbacées  et  aromati¬ 
ques,  originaires,  pour  la  plupart,  des 
parties  chaudes  de  l’ancien  continent,  et 
comprenant  une  quarantaine  d’esp.  dont 
quelques-unes  sont  cultivées  dans  nos  jar¬ 
dins.  Tels  sont:  le  Basilic  commun,  Ocy¬ 
mum  basilicum  L.,  plante  annuelle,  ori¬ 
ginaire  des  Indes.  Sa  tige  est  haute  d’envi¬ 
ron  0m33,  carrée,  rameuse  et  rougeâtre  ;  ses 
feuilles  sont  pétiolées,  cordiformes,  légère¬ 
ment  ciliées,  dentées  sur  leurs  bords,  et 
d’un  vert  foncé  ;  fleurs  blanches  ou  purpu¬ 
rines  ,  en  épis  verticilîés  à  l’extrémité  de 
la  tige.  Cette  espèce  est  cultivée  fort  com¬ 
munément  à  cause  de  son  odeur  aromati¬ 
que,  et  sert  dans  les  apprêts  culinaires,  aux 
mêmes  usages  que  le  Thym.  On  en  connaît 
plusieurs  variétés.  Le  Basilic  petit,  O.  mi- 
ninum ,  à  feuilles  vertes  ou  violettes,  sui¬ 
vant  la  variété,  et  formant  une  touffe  épais¬ 
se,  haute  d’à  peine  0m20  ;  le  Basilic  de  Cey» 
lan,  O .  yratissimum ,  ligneux,  à  odeur 
très  forte  et  de  serre  chaude  ;  le  Basilic  a 
grandes  fleurs,  O.  y randiflorum ,  à  fleurs 
rares,  blanches,  plus  grandes  que  celles 
des  autres  et  à  odeur  peu  agréable. Les  Ba¬ 
silics  aiment  la  chaleur,  et  si  l’on  en  veut 
jouir  longtemps,  il  faut  les  tondre  en  boule 
au  moment  de  la  floraison. 

On  a  aussi  donné  le  nom  de  Basilic  sau- 
vaye  à  plusieurs  autres  plantes  de  la  famille 
des  Labiées,  tels  que  les  Clinopodes,  les 
Thyms,  etc.  (C.  d’O.) 

*  BASILINiNA  ((foatXtwa,  reine),  ois. 
—  Ce  genre  ,  établi  par  Boié,  est  synonyme 
de  PoLytmus  de  Brisson  ,  et  répond  à  la 
division  des  Émeraudes  deLesson,  dans  sa 
Monographie  des  Oiseaux-Mouches. 

(C.  d’O.) 

BASILISCUS.  rept.  —  Voy.  basilic. 

*IÎ  AS!  LOS  A  L  RUS  (,3aaiXsuç,  roi,  royal; 
craüpoç,  lézard),  taléont. — Nom  donné  par 
Richard  Harlan  à  un  animal  fossile  dont  les 
restes  ont  été  trouvés  dans  les  terrains  ter¬ 
tiaires  de  la  Louisiane,  parce  que  ce  natura¬ 
liste  croyait  que  cet  animal  était  un  reptile 
de  l’ordre  des  Sauriens.  M.  Richard  Owen, 
ayant  trouvé  que  ce  fossile  appartenait  à  un 
mammifère  de  l’ordre  des  Cétacés  herbivo¬ 
res  ,  a  dû  en  changer  le  nom ,  et  il  lui  a 
donné  celui  de  Zeuylodon.  Voyez  ce  mot. 

(L.  D.) 

*  BASINERVÉ.  Basinervis  ( basis  , 


BAS 


BAS 


hase;  lier  vus,  nerf,  nervure),  bot.  ru.- Celte 
expression  s’emploie  particulièrement  pour 
exprimer  une  disposition  spéciale  des  ner¬ 
vures  ;  ainsi ,  une  feuille  est  basinervée , 
quand  scs  nervures  principales  partent  tou¬ 
tes  en  divergeant  de  la  base  de  la  feuille , 
comme  dans  un  grand  nombre  de  plantes 
monotfotylédonées.  On  dit,  dans  le  même 
sens ,  que  les  feuilles  sont  digitinervées. 

.  .  ,  (A-  R.) 

*BASIPRIO]VOTA  ((3aaîç,base;  7tptovB- 
toç,  en  scie),  ins. —  Genre  de  Coléoptères 
tétramères,  famille  des  Chrysomélines,  éta¬ 
bli  par  M.  Chevrolat  et  adopté  par  M.  De- 
jean  [Calai.,  3e  édit.),  qui  y  rapporte  trois 
espèces,  toutes  des  Indes-Orientales.  Nous 
citerons  comme  type  du  genre  la  Cassida 
8-punctata  ou  Imatidium  8-punctatum 
dé  Fabricius,  qui  se  trouve  à  Siam.  Les  carac¬ 
tères  de  ce  g.  sont  :  Tête  découverte  ;  an¬ 
tennes  longues,  contiguës  à  la  base,  de  11 
articles  ;  3-11  filiformes  ;  dernier  un  peu  acu- 
miné.  Corselet  profondément  échancré  en 
avant ,  bisinueux  à  la  base  et  d’une  manière 
flexueuse  ;  celle-ci  est  dentée ,  ainsi  que  les 
étuis  ,  sur  le  dedans  ;  élytres  ovalaires. 
M.  Hope  a  fait  depuis  ,  avec  ces  Insectes 
( Coleoplerit .  Man.,  p.  152),  son  genre 
Priopiera.  (D.  et  C.) 

*  BASIPTA  (étym.  inconnue),  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  tétramères ,  de  la  fa¬ 
mille  des  Chrysomélines,  établi  par  M.  Che¬ 
vrolat  et  qui  faisait  autrefois  partie  des  Cas- 
sida.  M.  le  comte  Dejean,  dans  son  dernier 
Catalogue,  a  adopté  ce  genre.  On  n’en  con¬ 
naît  encore  qu’une  seule  espèce ,  originaire 
du  cap  de  Bonne-Espérance,  et  que  nous 
avons  nommée  B.glauca,  en  raison  de  sa 
couleur  générale  qui  est  d’un  vert  pâle,  tirant 
sur  le  jaunâtre;  les  côtes  du  corselet  en  des¬ 
sus  offrent  une  espèce  de  villosité  blanchâtre; 
les  élytres  ont  la  suture  un  peu  plus  obscure 
et  de  gros  points  irréguliers  qui ,  observés 
à  la  transparence ,  font  voir  des  cercles  vi¬ 
treux,  lesquels  présentent  une  tache  po¬ 
reuse  au  centre.  La  longueur  de  cet  insecte 
est  de  8  millimètres  et  de  la  largeur  de  6. 

(C.) 

*  BASISÔLUTÉ.  Basisolutus  ( basis , 
base  ;  solutus ,  détaché),  bot.  i>h.  —  Se  dit 
des  feuilles  dont  la  base  se  prolonge  en  un 
petit  appendice  sans  adhérence ,  comme 
dans  le  Sedum  rcflexum . 


*BASITOXE.  Basiioxus  (j^scon;*  base 
ro'^cv ,  arc),  ins.  — -  Genre  de  Coléoptères  té¬ 
tramères  ,  de  la  famille  des  Longicornes , 
établi  par  M.  Audinet-Serville,  qui  le  range 
dans  la  tribu  des  Prioniens  (Nouv.  classif. 
des  Longicornes,  Ann.  de  la  Soc.  eut.  de 
France,  tom.  I,  pag.  174).  Ses  caractè¬ 
res  essentiels  sont  d’avoir  les  mandibules 
épaisses  ;  le  premier  article  des  antennes 
gros,  conique  et  arqué  ;  l’angle  suturai  des 
élytres  sans  épine  distincte.  Il  y  rapporte 
deux  très  grandes  espèces  du  Brésil ,  nom¬ 
mées  par  lui,  l’une  B.  armatus  de  sa  Col¬ 
lection,  et  l’autre  B.  Maillei  de  celle  de 
M.  Mail.  (D.) 

*  BASOLEIA  (  étymologie  inconnue  ). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères, 
famille  des  Carabiques,  tribu  des  Ozénides, 
Hope ,  établi  par  Weslwood ,  et  qui  corres¬ 
pond  au  g.  Axinophorus  de  Gray  et  à  celui 
de  Catapiesis  de  Brullé.  Voyez  ces  mots. 

(D.) 

*BASSARIJDE.  Bas  saris  (  [Saacrapi? , 
renard  ).  mam.  —  Un  carnassier  digiti¬ 
grade  ,  découvert  au  Mexique ,  et  retrouvé 
depuis  en  Californie  ,  est  le  type  de  ce 
genre ,  établi  en  1834  par  M.  Lichtenstein 
(  Saeugthiere ,  liv.  IX),  et  depuis  diver¬ 
sement  classé  par  les  auteurs.  Il  est  con¬ 
sidéré  par  M.  Waterhouse  ( Procccd .  zool. 
society  of  London  ,  1839  )  comme,  appar¬ 
tenant  au  groupe  des  IJ r s  us  de  Linné;  par 
M.  de  Blainville ,  dans  un  mémoire  pré¬ 
senté  à  l’Académie  en  1837  [voy.  les  Comp¬ 
tes-rendus  hehdom.  de  l* Acad. ,  octobre 
1837),  par  moi-même  dans  mes  cours  ,  et 
par  MM.  Eydoux,  Gervais  et  Souleyet  ( Zoo¬ 
logie  de  la  Bonite ,  1841  ) ,  comme  un 
Viverra ;  enfin  par  M.  de  Blainville,  dans 
un  travail  tout  neuf  [Comptes-rendus , 
février  1842),  comme  un  Mustcla.  Les  mo¬ 
laires  sont  au  nombre  de  6  à  chaque  m⬠
choire  ,  savoir  :  en  haut ,  3  fausses  mo¬ 
laires,  1  carnassière,, et  2  tuberculeuses  ;  en 
bas,  4  fausses  molaires,  1  carnassière  et  1 
tuberculeuse.  Ce  sont  les  nombres  qu’on 
trouve  le  plus  ordinairement  chez  les  Yi- 
verriens  ;  et  les  formes  de  ces  diverses  dents 
se  rapprochent  aussi  beaucoup  de  celles 
qu’on  connaît  chez  la  plupart  de  ces  der¬ 
niers.  Les  doigts  sont  au  nombre  de  5  par¬ 
tout  ,  et  à  ongles  fortement  arqués ,  comme 
chez  plusieurs  Yiverriens  et  chez  la  plupart 


T.  Il, 


490 


BAS 


des  Mustéliens  ;  et  c’est  de  ceux-ci  que  la 
Bassaride  se  rapproche  par  ses  formes  gé¬ 
nérales,  le  corps  étant  allongé  et  porté  sui¬ 
des  membres  courts  :  caractères  qui  toutefois 
se  retrouvent  aussi  chez  les  Viverriens  dans 
plusieurs  genres,  notamment  dans  ceux  que 
nous  avons  nommés  Galidie  et  Galidictis. 

Les  détails  suivants,  empruntés  au  travail 
déjà  cité  de  MM.  Eydoux ,  Gervais  et  Sou- 
leyet ,  achèvent  de  montrer  dans  la  Bassa¬ 
ride  un  genre  appartenant  aux  Yiverriens , 
voisin  en  particulier  sous  quelques  rapports 
des  Geneltes ,  sous  d’autres  des  Gaîidies , 
mais  faisant  le  passage  aux  Mustéliens.  La 
langue  est  douce.  Il  n’existe  point  de  poche 
odorifère  ;  mais  il  existe  à  l’extrémité  de 
l’intestin  une  petite  plaque  crypteuse,  à  la 
surface  de  laquelle  débouchent  les  deux 
conduits  des  glandes  anales.  Enfin  le  pénis 
est  soutenu  par  un  os  considérable  :  carac¬ 
tère  qui  ,  ordinairement ,  existe  chez  les 
Mustéliens  et  manque  chez  les  Yiverriens. 

L’unique  espèce  de  ce  genre  a  reçu  l’épi¬ 
thète  spécifique  de  rusée,  nsluta.  Son  pe¬ 
lage  est  d’un  gris  fauve,  dont  la  nuance  uni¬ 
forme  est  relevée  par  la  coloration  remar¬ 
quable  de  la  queue.  Celle-ci  a  huit  anneaux 
noirâtres  incomplets  en  dessous. 

Avant  la  découverte  de  la  Bassaride ,  la 
famille  des  Yiverriens  ne  comptait  aucun 
représentant  en  Amérique.  Ce  genre  ,  quoi- 
qu’imparfaitement  connu,  offre  donc,  dès 
à  présent ,  un  assez  grand  intérêt ,  sous 
deux  points  de  vue,  savoir  :  comme  établis¬ 
sant  un  lien  intime  entre  les  Mustéliens  et 
les  Yiverriens,  et  comme  modifiant  les  idées 
généralement  admises  sur  la  distribution 
géographique  de  ceux-ci,  les  seuls  qui,  parmi 
tous  les  grands  groupes  de  Carnassiers  , 
fussent  encore  regardés  comme  apparte¬ 
nant  à  un  continent ,  à  l’exclusion  de  l’au¬ 
tre.  (I.  G.-S.-H.) 

BASSETS,  mam.  —  Race  de  Chiens  à 
jambes  basses,  droites  et  quelquefois  tor¬ 
ses.  Voyez  chien. 

BASSETS,  bot.  cr.  —  On  a  donné  ce 
flom  à  quelques  Champignons  à  pédicule 
court  et  particulièrement  à  des  Agarics. 

*BASSIA  (détroit  de  Bass).  TUNIC.  — 
Genre  cité  par  M.  de  Blainville  ( Actino - 
logie,  p.  135)  comme  ayant  été  proposé  par 
MM.  Quoy  et  Gaimard  ,  pour  leur  Bassia 
guadrilatera,  espèce  de  Diphye  du  détroit 


BAS 

de  Bass.  Il  rapporte  ce  genre  à  celui  des 
Abyles. 

Dans  la  partie  zoologique  de  leur  relation 
(  Voyage  de  V Astrolabe,  IV,  p.  9,  pl.  4  , 
f.  18-20),  MM.  Quoy  et  Gaimard  renoncent 
à  la  distinction  du  g.  Bassia ,  et  donnent  à 
l’animal  sur  lequel  il  reposait  le  nom  de 
Dipliycs  hassensis.  (P.  G.) 

BASSIA,  L.  bot.  ph.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Sapotées  ,  offrant  pour  caract.  : 
Calice  à  4  ou  6  segments  bisériés.  Corolle 
campanulée  ou  rotacée,  divisée  en  7  à  14  lo¬ 
bes  bisériés.  Gorge  inappendiculée.  Étami¬ 
nes  en  nombre  double  ou  triple  des  lobes  de 
la  corolle.  Ovaire  5 -à  12-loculaire  ;  loges 
1-ovulées.  Style  saillant;  stigmate  pointu. 
Baie  par  avortement  1-ou  pauci-loculairc , 
oligosperme,  ou  1-sperme.  Graines  apéris- 
permées,  lisses ,  grosses ,  nucamentacées  , 
à  hile  ventral.  — Arbres  lactescents.  Feuil¬ 
les  éparses,  coriaces.  Pédoncules  axillaires, 
ou  latéraux  ,  ou  agrégés  au  sommet  des  ra- 
mules.  Fleurs  nutantes  ou  pendantes, 
jaunes.  Ce  g.  est  propre  à  l’Asie  équato¬ 
riale  ;  on  en  connaît  8  espèces. 

Le  B.  longi  folia  W.  est  fréquemment 
cultivé  au  Bengale  (où  on  l’appelle  II  lu  pi  ) 
et  dans  beaucoup  d’autres  contrées  de  l’Inde, 
en  raison  de  ses  usages  économiques.  On 
exprime  de  ses  graines  une  huile  grasse, 
que  les  Hindous  emploient  très  communé¬ 
ment  à  l’éclairage,  ainsi  qu’à  la  préparation 
des  aliments  et  du  savon.  Les  fleurs  qui 
tombent  spontanément  des  arbres  sont  ra¬ 
massées  avec  soin  ;  on  les  mange  après  les 
avoir  fait  torréfier.  Le  fruit,  cueilli  soit  avant 
sa  maturité,  soit  mûr,  est  mangé  en  bouillie. 
Le  suc  laiteux  de  l’écorce  passe  pour  un  bon 
remède  contre  les  maladies  de  la  peau.  En¬ 
fin,  le  bois  de  cet  arbre  est  aussi  dur  et  aussi 
incorruptible  que  le  fameux  bois  de  Tek , 
mais  plus  difficile  à  travailler. 

Le  Bassia  la ti folia  ,  qui  croît  dans  les 
contrées  montueuses  du  Bengale,  ne  le  cède 
guère  en  utilité  au  B.  longi  folia.  Son  bois 
est  dur,  très  tenace,  propre  au  charronnage 
et  à  toutes  sortes  d’autres  ouvrages.  Les 
fleurs  ont  une  saveur  douce  et  vineuse  ;  on 
les  mange  sans  autre  préparation,  etl’ori  en 
extrait  une  boisson  alcoolique.  Les  graines 
fournissent  aussi  de  l’huile. 

Les  graines  du  Bassia  hutyracea  Roxb. 
contiennent  une  substance  qui,  à  l’état  frais, 


BAS 


BAS 


est  analogue  au  beurre  4  mais  qui ,  avec  le 
temps  durcit  peu  à  peu ,  et  devient  sem¬ 
blable  au  suif.  Cette  substance  jouit  d’une 
grande  vogue  dans  la  thérapeutique  des 
Hindous  ,  qui  la  regardent  comme  un  spé¬ 
cifique  contre  les  rhumatismes.  La  .pulpe 
du  fruit  de  cette  espèce  est  mangeable, 
mais  fade.  Le  bois,  au  témoignage  de  Rox- 
burgh ,  est  l’un  des  plus  légers  qu’on  con¬ 
naisse.  Ce  Bassia  croît  au  Népaul ,  où  on 
le  désigne  par  les  noms  de  Fuhuuh  ou 
Phuhvara.  (Sp.) 

BA.SSÏN.  anat.  —  On  donne  ce  nom  à 
la  partie  du  squelette  des  Vertébrés  qui  sert 
de  point  d’attache  aux  os  des  membres  pos¬ 
térieurs.  On  comprend,  d’après  cette  défini¬ 
tion,  que  ces  rapports  physiologiques  doivent 
établir  certaines  relations  de  développement 
entre  ces  membres  et  le  Bassin  ;  aussi  trou¬ 
vons-nous  ce  dernier  existant  constamment 
avec  tous  ses  caractères  chez  les  animaux 
*  plus  ou  moins  marcheurs  ;  et  le  voyons- 
nous  disparaître  en  quelque  sorte  pièce  à 
pièce  dans  les  animaux  rampants  etnageurs, 
à  mesure  que  les  membres  postérieurs  eux- 
mêmes  perdent  de  leur  importance. 

Chez  les  Mammifères  adultes,  le  Bassin 
semble  formé  de  trois  os  solidement  réunis 
par  des  ligaments  ou  des  cartilages,  de  ma¬ 
nière  à  former ,  à  la  partie  postérieure  de 
l’abdomen ,  une  sorte  de  canal  osseux  plus 
ou  moins  largement  ouvert  inférieurement , 
si  ce  n’est  dans  un  étroit  espace  où  la  cein¬ 
ture  est  complète.  C’est  à  lui  que  viennent 
aboutir  les  principaux  muscles  de  l’épine, 
du  bas-ventre  et  des  cuisses  ;  et  c’est  lui 
qui,  à  raison  de  son  peu  de  mobilité,  semble 
jouer  le  rôle  de  point  fixe  sur  lequel  ces 
organes  de  mouvement  prennent  leur  prin¬ 
cipal  appui.  Une  partie  des  viscères  du  bas- 
ventre,  entre  autres  la  vessie,  la  matrice, 
et  quelquefois  les  testicules,  sont  logés  dans 
sa  cavité. 

Les  trois  os  que  nous  avons  indiqués 
comme  composant  le  Bassin  des  adultes, 
sont  le  sacrum  et  les  deux  os  innominés.  Le 
premier  résulte  de  la  soudure  d’un  nombre 
variable  de  vertèbres  dites  vertèbres  sa¬ 
crées ,  et  fait  réellement  partie  de  la  co¬ 
lonne  vertébrale.  Les  os  innominés  sont 
également  formés  chez  les  jeunes  de  trois 
os  distincts:  Viléon,  le  pubis  et  l’ischion. 
Le  premier  forme  la  partie  antérieure  et 


491 

supérieure  du  Bassin.  En  bas  et  en  avant  se 
trouve  le  pubis  articulé  d’un  côté  avec  l’iléon 
et  de  l’autre  formant ,  avec  son  symétrique 
sur  la  ligne  médiane,  la  symphyse  du  pubis. 
En  arrière  de  l’iléon  se  trouve  l’ischion  qui, 
après  avoir  donné  la  tubérosité  et  l’écban- 
crure  appelées  ischiatiques ,  se  porte  en 
avant  pour  rejoindre  le  pubis.  Les  réunions 
de  ces  deux  os  laissent  au  milieu  de  l’os  in¬ 
nommé  un  trou  appelé  ovalaire.  Les  trois  os 
aboutissent  à  une  cavité  arrondie  ,  dans  la¬ 
quelle  s’engage  la  tête  du  fémur,  et  qui  porte 
le  nom  de  cavité  cotyloïde.  Telle  est  la 
composition  la  plus  générale  du  Bassin  des 
Mammifères  ;  mais  M.  Serres  a  découvert 
chez  un  certain  nombre  de  Carnassiers, 
un  quatrième  os  qui  entre  dans  la  formation 
de  la  cavité  cotyloïde  et  qu’il  a  appelé  ,  pour 
cette  raison  ,  os  coiyléal.  En  outre ,  les 
Marsupiaux  et  les  Monotbrèmes  présentent 
de  chaque  côté  un  os  particulier,  articulé  en 
avant  avec  les  pubis ,  et  qui  a  reçu  le  nom 
d’os  marsupial.  Nous  reviendrons  tout  à 
l’heure  sur  ces  détails. 

Le  Bassin  de  l’homme  diffère  de  celui  de 
tous  les  autres  animaux,  non  point  par  sa 
composition  essentielle  ,  mais  par  sa  forme 
générale.  Chez  lui  et  surtout  chez  la  femme, 
le  Bassin  est  assez  court,  tandis  que  les 
iléons,  largement  développés,  offrent  une 
large  surface  qui  supporte  le  paquet  des 
viscères  abdominaux.  Ces  os  sont  légère¬ 
ment  concaves  et  le  sacrum  est  fortement 
recourbé.  Le  bord  supérieur  du  pubis  se 
prolonge  à  la  surface  interne  de  l’iléon,  de 
manière  à  y  former  une  crête  saillante , 
correspondante  à  l’angle  sacro-vertébral. 
Ces  deux  saillies  forment  ce  qu’on  a 
appelé  le  détroit  antérieur  ou  supérieur 
qui  partage  le  Bassin  en  grand  Bassin,  ou 
Bassin  supérieur,  et  en  petit  Bassin,  ou 
Bassin  inférieur.  Ces  épithètes,  empruntées 
uniquement  au  langage  de  l’anatomie  hu¬ 
maine,  s’appliquent  souvent  mal  chez  les 
Mammifères.  Ainsi ,  chez  les  Tatous  et  les 
Fourmiliers,  c’est  le  petit  Bassin  qui  est  le 
plus  considérable,  tandis  que  le  grand  est 
presque  réduit  à  rien. 

De  l’inclinaison  des  plans  du  Bassin  vers 
la  colonne  vertébrale,  de  la  position  et  de  la 
direction  de  la  cavité  cotyloïde  dépend  en 
grande  partie  le  mode  de  station.  Chez 
l’homme,  les  plans  des  moitiés  antérieures 


m 


BAS 


BAS 


regardent  en  bas,  et  la  cavité  cotyloïde  est 
dirigée  de  côté,  en  bas  et  un  peu  en  avant. 
Son  échancrure  correspond  à  l’axe  de 
l’os  de  la  cuisse  dans  la  station  droite,  et 
voilà  pourquoi  cette  dernière  est  naturelle 
à  l’homme.  Dans  les  Singes,  qui  se  rappro¬ 
chent  le  plus  de  l’homme,  les  plans  dont 
nous  parlons  regarderaient  en  avant  et  en 
dehors  dans  cette  situation.  Il  s’ensuit 
que  la  cavité  cotyloïde  elle-même  change  de 
position  et  que ,  pour  que  l’axe  de  l’os  de 
la  cuisse  corresponde  à  son  échancrure ,  il 
faut  que  cet  os  soit  presque  perpendiculaire 
au  plan  de  l’épine  dorsale  et  c’est  en  effet 
la  position  du  fémur  dans  la  station  natu¬ 
relle  des  quadrupèdes.  Ainsi  que  nous  le 
disions  tout  à  l’heure,  les  Singes  ne  font 
pas  exception  à  cette  loi.  Les  Orangs ,  les 
Gibbons  ont  le  Bassin  plus  large  que  les 
autres  Quadrumanes  ,  et  surtout  les  iléons 
plus  développés;  mais  la  direction  des  plans 
est  presque  parallèle  à  l’épine  dorsale.  Le 
Bassin  est  en  outre  plus  allongé  que  chez 
l’homme  et  son  diamètre  transversc  est 
moindre  que  son  diamètre  antéro-pos¬ 
térieur. 

On  rencontre ,  dans  la  classe  des  Mam¬ 
mifères  ,  quelques  exceptions  remarquables 
à  la  disposition  générale  que  nous  venons 
d’indiquer  ;  ainsi ,  dans  la  Roussette  d’Ed- 
wards ,  le  pubis  et  l’ischion  ne  se  soudent 
pas  mais  se  prolongent  en  arrière.  Dans  la 
Taupe ,  la  Musaraigue ,  la  Chrysochore ,  on 
ne  trouve  pas  non  plus  de  symphyse  pu¬ 
bienne.  Nous  voyons  déjà  se  montrer  ici 
comme  exception  ce  qui  devient  la  règle 
dans  une  classe  inférieure,  ce  qui  ne  s’ob¬ 
serve  que  comme  monstruosité  chez  des 
Mammifères  plus  élevés.  En  outre,  la  Taupe 
présente  cette  particularité  unique ,  peut- 
être,  que  les  os  coxaux  sont  tellement  serrés 
contre  l’épine  du  dos  que  le  détroit  antérieur 
ne  peut  plus  servir  de  passage  aux  viscères 
abdominaux  et  que  ceux-ci  se  trouvent  re¬ 
jetés  en  dehors.  Enfin ,  chez  certaines 
Chauves-Souris,  les  ischions  se  soudent  en¬ 
semble  et  avec  l’extrémité  du  sacrum. 

Le  Bassin  est  une  des  parties  du  squelette 
auxquelles  se  rattachent  quelques-unes  des 
questions  les  plus  intéressantes  de  la  phi¬ 
losophie  anatomique.  Déjà  Yicq  -  d’Azyr 
avait  signalé  en  détail  ses  nombreuses 
analogies  avec  l’épaule.  Il  a  été  suivi 


dans  cette  voie  par  un  grand  nombre  de 
naturalistes,  qui  sont  loin  d’être  toujours 
d’accord  dans  leurs  déterminations.  Nous 
reviendrons  plus  tard  sur  ce  sujet  (  voyez 
épaule);  mais  la  comparaison  même  des 
divers  Bassins  de  Mammifères  entre  eux  a 
soulevé  déjà  bien  des  discussions.  Nous 
avons  parlé  du  cotyléal  comme  n’ayant  été 
signalé  que  dans  un  certain  nombre  d’ani¬ 
maux  de  cette  classe.  Quelques  naturalis¬ 
tes  y  ont  yu  le  représentant  du  marsupial  ; 
mais  ces  deux  os  existent  simultanément 
dans  quelques  Marsupiaux ,  et  entre  autres 
dans  un  Phalanger  de  la  Nouvelle-Hollande, 
où  le  cotyléal  présente  absolument  la  même 
disposition  que  dans  le  Lion  et  l’Hyène.  On 
a  aussi  cherché  à  le  regarder  comme  l’ho¬ 
mologue  de  l’os  de  la  verge  ;  mais  on  le 
trouve  bien  développé  chez  des  Carnassiers 
qui  présentent  également  ce  dernier,  par 
exemple  chez  l’Ours.  Lors  même  d’ailleurs 
que  les  faits  ne  seraient  pas  en  opposition 
avec  ces  diverses  déterminations,  elles  nous 
paraîtraient  peu  probables  ;  car  elles  se 
trouveraient  en  opposition  avec  une  des  lois 
auxquelles  la  nature  semble  le  plus  fidèle, 
la  loi  des  connexions  (Geoffroy-Saint-Hi- 
laire).  Il  nous  paraîtrait  difficile  de  recon¬ 
naître  dans  l’os  marsupial  placé  vers  l’ex¬ 
trémité  interne  du  pubis ,  ou  dans  l’os  de 
la  verge  qui  n’a  aucune  relation  avec  le 
reste  du  Bassin ,  ce  même  os  cotyléal  qui 
dans  l’Hyène,  par  exemple,  se  trouve  placé 
au  fond  de  la  cavité  cotyloïde,  et  en  rapport 
direct  avec  les  trois  os  élémentaires  du 
grand  os  innominé. 

Nous  nous  sommes  occupé  jusqu’à  pré¬ 
sent  du  Bassin  considéré  seulement  chez  les 
Mammifères,  qui  s’éloignent  le  moins  de 
leur  type.  En  arrivant  aux  Cétacés,  nous 
rencontrons  tout  à  coup  de  bien  grandes 
différences.  On  ne  trouve  plus  chez  ceux-ci 
que  quelques  petits  os  flottants  dans  les 
chairs ,  os  qui  ont  été  considérés ,  tantôt 
comme  appartenant  au  Bassin,  tantôt  comme 
les  rudiments  du  squelette  des  membres 
postérieurs.  Il  est  assez  difficile  de  se  déci¬ 
der  à  cet  égard,  avant  de  nouvelles  recher¬ 
ches  ;  car  ces  deux  opinions  peuvent  égale¬ 
ment  se  fonder  sur  des  analogies  tirées  de 
l’étude  des  Reptiles,  ainsi  que  nous  le  ver¬ 
rons  plus  bas. 

Dans  les  Oiseaux ,  le  Bassin  semble  être 


BAS 


BAS 


formé  d’un  seul  os,  résultant  de  l’union  des 
vertèbres  lombaires  et  sacrées  avec  les  os 
propres  du  Bassin.  Entre  autres  change¬ 
ments  ,  on  ne  retrouve  plus  chez  eux  la 
symphyse  des  pubis  ;  ces  deux  os ,  au  lieu 
de  se  réunir  en  avant ,  se  portent  directe¬ 
ment  en  arrière,  sous  la  forme  de  stylets. 
Dans  l’Autruche  seule ,  les  deux  pubis  se 
rejoignent  sur  la  ligne  médiane ,  et  c’est 
un  des  caractères  les  plus  saillants  par 
lequel  cet  oiseau  marcheur  se  rapproche 
des  Mammifères.  De  plus ,  l’iléon  se  porte 
presque  toujours  en  arrière  et  s’unit  avec 
l’ ischion  ,  de  manière  à  transformer  en  un 
trou  l’échancrure  ischiatique.  Enfin  la  ca¬ 
vité  cotyloïde  est  largement  ouverte  en  de¬ 
dans  ,  disposition  que  l’Échidné  offre  déjà 
dans  la  classe  des  Mammifères.  La  classe 
des  Reptiles  renfermant  des  types  si  diffé¬ 
rents  les  uns  des  autres ,  on  comprend  que 
le  squelette  tout  entier,  et  par  suite  la  partie 
qui  nous  occupe ,  doivent  offrir  de  grandes 
variations.  Dans  les  Tortues,  l’iléon,  et  par 
suite  le  Bassin  tout  entier,  sont  articulés  avec 
la  colonne  vertébrale  d’une  manière  mobile. 
On  y  retrouve  d’ailleurs  les  trois  os  coxaux 
principaux,  variant  de  forme  et  de  propor¬ 
tion  d’un  genre  à  l’autre  ,  mais  s’éloignant 
généralement  assez  peu  du  type  des  Mam¬ 
mifères.  Nous  pourrions  en  dire  autant 
à  peu  près  des  Batraciens  et  de  la  plupart 
des  Sauriens. 

On  voit  que  nous  intervertissons  un  peu 
ici  l’ordre  consacré  dans  les  classifications. 
C’est  qu’en  effet  l’organe  qui  nous  occupe 
présente  dans  les  derniers  Sauriens  et  les 
premiers  Serpents  des  faits  d’une  grande 
importance,  et  que  nous  allons  exposer  avec 
un  peu  plus  de  détails.  Chez  les  uns  et  les 
autres,  les  membres  postérieurs  n’existent 
plus  qu’à  l’état  rudimentaire,  et  leur  sque¬ 
lette  est  par  conséquent  dans  le  même  cas; 
mais  chez  les  uns  ,  la  partie  persistante 
semble  appartenir  au  membre  lui-même  , 
pendant  que  le  Bassin  manque  entière¬ 
ment,  tandis  que  le  contraire  semble  se 
présenter  chez  les  autres,  c’est-à-dire  qu’on 
trouve  des  rudiments  de  Bassin  avec  ab¬ 
sence  de  membres.  Ainsi ,  chez  l’Orvet 
(An guis  fragilis  ) ,  on  trouve  de  chaque 
côté  un  os  unique  situé  dans  la  rangée  des 
côtes ,  mais  s’en  distinguant  par  sa  forme  j 
et  son  volume.  Cet  osselet,  articulé  avec  la  I 


693 

colonne  vertébrale ,  a  été  généralement  re¬ 
gardé  comme  l’analogue  des  os  du  Bassin. 
On  ne  découvre  pas  d’ailleurs  la  moindre 
ftrace  de  membres.  Les  Ophisaures  et  les 
pChirotes  présentent  une  disposition  toute 

*  semblable.  Au  contraire,  dans  les  Typhlops , 
on  trouve  sous  la  peau ,  de  chaque  côté  de 

'  l’anus,  deux  os  étroits,  qui  paraissent  bien 
appartenir  à  un  reste  de  squelette  des  mem¬ 
bres  postérieurs,  et  qui  restent  non  seule¬ 
ment  isolés,  mais  fort  éloignés  de  la  colonne 
vertébrale  ,  celle-ci  n’offrant  d’ailleurs  au¬ 
cun  indice  de  sacrum  ou  d’os  çoxal.  Enfin 
PM.  Mayer  a  regardé  l’ergot  des  Boas ,  des 

*  Pythons,  etc.,  comme  un  véritable  ongle,  et 
a  montré  qu’il  existait  sous  la  peau  une  sé¬ 
rie  de  petits  osselets,  qu’il  regarde  comme 
ainsi  rangés,  en  procédant  de  dehors  en  de¬ 
dans  :  une  phalange  unguénale,  un  os  du 
métatarse  et  un  tibia  portant  deux  apophy¬ 
ses,  dont  chacune  représente  un  os  tarsien. 
On  voit  d’après  ce  qui  précède  qu’il  est  en¬ 
core  difficile  de  savoir  au  juste  quel  est  ce¬ 
lui  qui  disparaît  le  premier  du  Bassin  ou  du 
membre  auquel  il  sert  de  point  d’appui  ; 
mais,  en  tout  cas,  nous  trouvons  ici  la  preuve 
de  ce  que  nous  disions  en  commençant,  que 
sous  le  rapport  de  leur  développement ,  ces 
deux  parties  semblent  essentiellement  su¬ 
bordonnées  l’une  à  l’autre. 

L’étude  du  squelette  des  Poissons  confir¬ 
me  pleinement  ce  principe.  En  effet,  on  ne 
trouve  aucune  trace  de  Bassin  chez  les 
Apodes.  Quand  il  existe,  il  présente  le  carac¬ 
tère  remarquable  de  ne  plus  être  en  rapport 
direct  avec  la  colonne  vertébrale,  ou  du 
moins  avec  cette  partie  de  l’épine  qui  cor¬ 
respond  à  la  partie  postérieure  du  corps. 
Il  consiste  d’ordinaire  en  deux  os,  dont  l’un, 
placé  à  la  face  interne  du  eoracoïdien ,  sert 
d’attache  au  second ,  qui  se  porte  en  ar¬ 
rière  le  long  des  côtés  du  corps ,  au  milieu 
du  grand  muscle  latéral.  Ces  rudiments  de 
Bassin  manquent  d’ailleurs  dans  un  très 
grand  nombre  de  Poissons  osseux ,  alors 
même  qu’il  existe  encore  des  nageoires  ven¬ 
trales  qui  représentent  les  membres  posté¬ 
rieurs  ;  mais,  dans  les  Squales  et  dans  les 
Raies  en  particulier,  nous  voyons  notre 
ceinture  osseuse  reparaître  presque  en  en¬ 
tier  et  rappeler  ce  que  nous  avons  trouvé 
chez  les  Reptiles.  Ainsi,  sous  ce  report 
comme  sous  tant  d’autres,  ces  Poissons 


494 


BAS 


BAS 


cartilagineux,  encore  trop  peu  étudiés,  se 
montrent  bien  supérieurs  à  ceux  que  les 
ichthyologistes  ont  placés  en  tête  de  la 
classe  à  laquelle  ils  appartiennent. 

(A.  DE  Quatrefages.) 

BASSIN,  géol.  — Dépression  à  la  sur¬ 
face  du  sol  vers  le  centre  de  laquelle  coulent 
et  convergent  les  eaux  qui  tombent  dans  un 
certain  rayon.  — La  forme  et  rétendue  des 
Bassins  sont  très  variables  ;  un  même  Bassin 
peut  se  sous-diviser  en  Bassins  secondaires, 
qui  eux-mêmes  comprennent  de  plus  petits 
Bassins  ;  c’est  dans  ce  sens  qu’on  dit  :  le 
Bassin  général  des  mers  ou  l’Océan  ;  le 
Bassin  de  l’Atlantique  ;  le  Bassin  de  la  Mé¬ 
diterranée,  de  la  Mer  Noire  ;  le  Bassin  des 
fleuves,  celui  des  lacs ,  etc.  Par  cette  ex¬ 
pression,  on  ne  doit  pas  seulement  entendre 
la  partie  du  sol  sur  laquelle  se  réunissent 
les  eaux,  et  qui  en  est  couverte,  mais  toutes 
les  pentes  exondées  qui  convergent  vers  le 
fonds  commun.  De  cette  manière,  toute  la 
surface  delà  terre  est  divisée  en  Bassins  sé¬ 
parés  par  des  lignes  étroites,  qui  sont  celles 
du  partage  des  eaux.  Ces  lignes  ne  se 
voient  pas  seulement  dans  les  montagnes, 
comme  les  Alpes ,  les  Pyrénées ,  mais 
aussi  dans  les  plaines  basses,  comme  celles 
du  centre  de  la  Russie,  où  la  pente  qui  con¬ 
duit  les  eaux  vers  les  mers  du  Nord  se  réu¬ 
nit  d’une  manière  à  peine  sensible  à  celle 
qui  descend  vers  la  Mer  Noire. 

Il  s’en  faut  de  beaucoup  que  le  fond  des 
Bassins  soit  au  même  niveau.  On  trouve 
dans  les  Andes  ,  dans  les  Alpes  et  les  Py¬ 
rénées  ,  des  dépressions  du  sol  à  plusieurs 
mille  mètres  d’élévation  ,  et  souvent  en 
étage  au  dessous  les  uns  des  autres;  les 
grands  lacs  de  l’Amérique  du  Nord  fournis¬ 
sent  un  bel  exemple  de  Bassins  disposés 
ainsi  en  gradins. 

Beaucoup  de  parties  du  sol,  qui  sont  au¬ 
jourd’hui  à  sec,  ont  été  des  Bassins  circon¬ 
scrits  et  remplis  d’eau;  le  lit  de  presque 
tous  les  grands  fleuves  (le  Rhin,  le  Danube) 
se  partagent  en  Bassins  partiels,  qui  ne 
communiquent  entre  eux  que  par  des  pas¬ 
sages  étroits  à  travers  lesquels  le  fleuve  ac¬ 
tuel  s’écoule  ;  on  voit,  même  à  la  surface  du 
sol,  de  vastes  étendues  de  pays  aujourd’hui 
habités,  et  qui  sont  à  un  niveau  inférieur  à 
celui  des  mers  (bords  de  la  Caspienne,  As¬ 
trakan). 


La  disposition,  la  forme,  le  nombre  des 
Bassins  qui  partagent  la  surface  du  sol  n’ont 
rien  de  fixe,  et  les  mouvements,  les  dislo¬ 
cations  que  celui-ci  a  éprouvés,  et  qui  peu¬ 
vent  chaque  jour  avoir  lieu,  ont  changé  plu¬ 
sieurs  fois  les  rapports  des  parties  basses 
et  des  parties  élevées,  et  modifié  les  plans 
de  pente.  Voyez  sol  ,  dislocations. 

Il  faut  distinguer  les  Bassins  hydrogra¬ 
phiques  ,  dont  les  géographes  s’occupent 
spécialement,  des  Bassins  géologiques .  Ces 
derniers  sont  ceux  dont  les  parties  centrales 
les  plus  basses  sont  formées  par  les  ter¬ 
rains  les  plus  nouveaux  et  dont  les  bords 
sont  composés  par  les  terrains  plus  an¬ 
ciens  ,  qui  sortent  successivement  les  uns 
de  dessous  les  autres  ,  en  se  relevant. 
Tels  sont,  par  exemple,  les  Bassins  de  la 
Seine,  de  la  Tamise,  de  la  Dordogne,  du 
Pô.  Les  lits  de  ces  fleuves  appartiennent  en 
même  temps  à  un  Bassin  hydrographique  et 
géologique.  Au  contraire,  certains  fleuves, 
comme  la  Loire,  la  Meuse,  la  Moselle,  le 
Rhin,  ne  coulent  pas  dans  des  Bassins  géo¬ 
logiques.  Les  eaux  dont  la  réunion  compose 
ces  derniers  fleuves  ne  descendent  pas  tou¬ 
jours  des  terrains  anciens  vers  les  plus  nou¬ 
veaux  ;  elles  marchent  souvent  dans  un  sens 
inverse  (  la  Loire ,  de  Blois  à  Angers  ;  la 
Meuse,  de  Yerdun  à  Namur  ;  la  Moselle,  de 
Metz  à  Coblentz)  ;  de  sorte  que  la  direction 
des  cours  d’eau  n’est  pas  toujours  pour  le 
géologue  un  indice  de  la  disposition  des 
terrains  ;  elle  n’en  est  même  pas  un  de  la 
pente  du  sol  qui,  dans  certains  cas,  est  op¬ 
posée  à  celle  de  l’écoulement  des  rivières 
(Moselle).  Cela  tient  à  ce  que  certains  Bas¬ 
sins  ,  qu’on  peut  appeler  naturels ,  ont  été 
successivement  remplis  par  des  sédiments 
qui  n’ont  fait  que  couvrir  une  partie  des  dé¬ 
pressions  anciennes;  tandis  que  d’autres 
sont  le  résultat  de  dislocations  violentes, 
qui  ont  produit  de  larges  crevasses  et  des 
effondrements  vers  lesquels  les  eaux  se  sont 
portées. 

Il  est  très  important  d’établir  cette  dis¬ 
tinction  et  de  la  reconnaître  par  l’étude  géo¬ 
logique  du  sol,  avant  de  faire  des  recherches 
de  charbon  de  terre  et  d’eau  jaillissante, 
par  exemple.  On  reviendra  &ir  ce  sujet  aux 

mots  HOUILLE  et  TUITS  ARTÉSIEN.  (C.  P.) 

BASSINET.  BOT.  FH.  —  Voyez  BACI- 

NET. 


BAT 


BAT 


BASSON,  ois.  —  Nom  vulgaire  de  la 
Foulque  morelle  ou  macroule,  Fulica  atra 
Lath. 

BASSOIUA ,  Aubl.  bot.  ph.  —  Syno¬ 
nyme  du  g.  Solarium..  (Sp.) 

BASSUS.  ins.' — Genre  de  la  famille  des 
Ichneumoniens  ,  de  l’ordre  des  Hyménop¬ 
tères,  établi  par  Fabricius  et  adopté  par 
Gravenhorst  et  tous  les  entomologistes.  Les 
Bassus  sont  essentiellement  caractérisés 
par  un  abdomen  sessile  et  comprimé,  avec 
le  premier  segment  linéaire  et  aplati. 

Plusieurs  divisions  ont  été  établies  dans 
ce  genre;  mais  la  première,  c’est-à-dire 
celle  qui  renferme  les  véritables  Bas- 
sus,  se  distingue  des  autres  par  plusieurs 
caractères.  Les  ailes  de  ceux-ci  ont  la  se¬ 
conde  cellule  cubitale  triangulaire ,  quel¬ 
quefois  un  peu  oblitérée  ;  leurs  antennes  et 
leurs  pattes  sont  grêles.  Les  espèces  de 
ce  genre  sont  assez  nombreuses.  Presque 
toutes  celles  connues  sont  européennes  ;  le 
type  est  le  Bassus  lælalorius  ( Ichneu - 
mon  lætatorius  Fab.  )  ,  commun  dans 
presque  toute  l’Europe.  (Bl.) 

BASTABDIA,  Kunth.  bot.  ph. — Genre 
ou  sous-g.  de  la  famille  des  Malvacées  ;  il 
paraît  ne  différer  des  Sida  qu’en  ce  que  les 
coques  de  son  fruit  sont  vésiculeuses.  (Sp.) 

BASXERA.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Bohria.  Voij.  ce  mot. 

BAT.  ANNEE.  -  Voyez  CLITEEEUM. 

BATA.  bot.  ph.  —  Un  des  noms  vul¬ 
gaires  du  Bananier. 

BATARA,  A.Z&V. T kamnop  h  i lus, Vf  iziW. 
(0â|j.v oç,  buisson  ;  cpiXo; ,  qui  aime)  ois.  — 
Genre  de  l’ordre  des  Passereaux  de  Cuvier, 
de  sa  famille  des  Pies-grièches  et  de  celle 
des  Collurions  de  Yieillot.  Ce  dernier  au¬ 
teur  forma  ce  genre  sur  un  groupe  d’Oiseaux 
de  l’Amérique  méridionale,  déjà  décrits  par 
Azara  sous  le  nom  de  Bataras  ,  il  y  joignit 
le  nom  grec  latinisé  de  Thamnoyhilus. 
Celui  de  Batara  ne  leur  avait  été  donné 
par  l’auteur  espagnol  que  parce  que  c’était 
celui  même  par  lequel  les  habitants  de  Pa¬ 
raguay  désignaient  ces  Oiseaux ,  et  en  par¬ 
ticulier  une  de  leurs  espèces.  Leurs  carac¬ 
tères  génériques  sont  :  Bec  fort,  droit, 
tendu,  arrondi  en  dessus,  brusquement 
courbe  et  denté  à  son  extrémité  ;  mandi¬ 
bule  inférieure,  concave  en  dessous  à  sa 
base,  puis  bombée  jusqu’à  sa  pointe  qui 


495 

est  échancrée.  Pieds  forts  ;  tarses  et  doigts 
assez  allongés  :  l’externe  réuni  jusqu’à  la 
première  articulation,  l’interne  divisé;  tous 
terminés  par  des  ongles  forts,  larges  et 
très  arqués,  comme  chez  les  Oiseaux  essen¬ 
tiellement  percheurs.  Ailes  très  courtes, 
arrondies ,  à  rémiges  fortement  étagées 
jusqu’à  la  quatrième  ou  la  cinquième; 
queue  étagée,  le  plus  souvent  longue  et  lar¬ 
ge  ;  plumes  coccygiennes  longues;  le  plus 
souvent  du  blanc  à  la  base  des  plumes  in¬ 
terscapulaires  chez  les  mâles.  Les  deux  sexes 
diffèrent  tout  à  fait  de  teintes;  les  mâles, 
généralement,  avec  le  dessus  de  la  tête  noir 
et  plus  ou  moins  variés  de  cette  couleur  et 
de  blanc  ou  gris,  les  femelles  presque 
toujours  brunes  ou  rousses  variées  de  rous- 
sàtre  clair. 

Yieillot,  en  décrivant  les  espèces  de  ce 
genre  des  plus  naturels ,  quand  on  le  res¬ 
treint  à  celles  d’Amérique,  y  réunit  à  tort 
quelques  Pies-grièches  buissonnières  d’Afri¬ 
que  et  de  Madagascar ,  et  un  assez  grand 
nombre  de  Fourmiliers  d’Amérique.  Il  était 
bien  excusable,  sans  doute,  car  ces  Pies- 
grièches  en  sont  réellement  les  représen¬ 
tants  en  Afrique,  et  quant  aux  Fourmiliers, 
les  Bataras  ont  avec  eux  une  telle  analogie 
dans  leurs  mœurs  isolées  et  buisonnières, 
même  dans  l’ensemble  de  leurs  formes,  par 
leurs  espèces  à  bec  grêle,  qu’il  est  presque 
impossible  d’établir  une  distinction  entre 
celles-ci  et  celles  à  longue  queue  du  genre 
Fourmilier  Aussi,  quoique  Yieillot,  Cuvier 
et  la  plupart  des  ornithologistes  modernes 
aient  placé  les  Bataras  américains  dans  le 
groupe  des  Pies-grièches ,  tout  en  recon¬ 
naissant  leurs  grands  rapports  avec  les 
Fourmiliers  du  Nouveau-Monde,  ces  rap¬ 
ports  nous  ont  paru  si  intimes,  puisque 
certaines  espèces  des  deux  genres  finis¬ 
sent  par  se  rapprocher  au  point  d’avoir  été 
confondues  par  la  plupart  des  auteurs,  qu’il 
nous  a  paru  plus  naturel  de  les  grouper 
avec  ces  Fourmiliers  qu’avec  les  Pies-griè¬ 
ches.  Nous  avons  encore  été  fortifié  dans 
cette  opinion  par  ce  que  nous  en  a  dit 
M.  Aie.  d’Orbigny,  dans  notre  travail  de  col¬ 
laboration  avec  lui  sur  les  Oiseaux  de  son 
voyage  en  Amérique ,  où  il  a  été  à  portée 
d’observer  leurs  mœurs.  Ce  sont,  dit-il,  des 
Buissonniers  par  excellence,  qui  ne  se  ren¬ 
contrent  qu’à  l’est  de  la  grande  chaîne  des 


Y 


BAT 


BAT 


496 

Andes  ,  et  dans  tous  les  lieux  couverts  de 
fourrés  épais,  soit  dans  les  haies  autour 
des  maisons ,  soit  dans  les  champs  aban¬ 
donnés  ,  au  sein  même  des  forêts  ou  dans  ces 
petits  bois  peu  élevés  et  chargés  d’épines , 
nommés  chapttrrnles  par  les  Espagnols,  et 
qui  caractérisent  certaines  parties  du  centre 
de  l’Amérique  méridionale.  Ils  vont  habi¬ 
tuellement  isolés  ou  par  couples  ;  et,  les  plus 
familiers ,  s’approchent  des  lieux  habités  en 
sautillant  toujours  sur  les  branches  basses 
des  buissons  qu’ils  parcourent  en  tous  sens, 
pour  y  chercher  des  Insectes  et  leurs  larves 
ou  des  Fourmis.  Us  descendent  très  rare¬ 
ment  à  terre  et  seulement  pour  y  saisir  l’in¬ 
secte  qu’ils  vont  manger  ensuite  sur  les 
branches  basses  des  arbustes  ;  ils  paraissent 
sédentaires  dans  les  contrées  où  ils  naissent, 
quoique  passant  toujours  d’un  lieu  à  un  au¬ 
tre.  On  est  frappé,  ajoute  M.  Aie.  d’Orbi- 
gny,  de  qui  nous  empruntons  ces  détails 
de  mœurs ,  au  milieu  des  sites  sauvages  si 
communs  en  Amérique,  et  surtout  au  prin¬ 
temps,  des  chansons  bruyantes  des  Bataras, 
de  ces  gammes  sonores  que  les  mâles  font 
entendre,  surtout  au  temps  des  amours. 
La  femelle  y  répond  par  des  accents  moins 
prononcés ,  mais  c’est  en  vain  qu’on  cher¬ 
che  ceux  qui  les  produisent ,  ces  Oiseaux 
étant  presque  toujours  cachés  en  des  fourrés 
si  épais ,  que  les  rayons  -du  soleil  y  pénè¬ 
trent  à  peine.  C’est  aussi  là  qu’ils  déposent, 
à  quelques  pieds  au  dessus  de  terre ,  leur 
nid  ,  formé  de  bûchettes  en  dehors  et  quel¬ 
quefois  de  crin  en  dedans.  Leurs  œufs  ont 
beaucoup  de  rapports  avec  ceux  de  nos  Pies- 
grièches;  de  même  ils  sont  souvent  blan¬ 
châtres  ,  tachetés  de  rouge  violet. 

Nous  pensons  qu’on  peut  sectionner  les 
Bataras,  suivant  la  forme  de  leur  queue 
et  de  leur  bec,  en  trois  groupes ,  dont  le 
premier,  infiniment  plus  nombreux,  ren¬ 
fermera  les  espèces  à  queue  longue  et  large, 
fortement  étagée  ;  à  bec  fort ,  comprimé , 
très  crochu ,  bombé  en  dessous ,  et  chez 
lesquelles  les  mâles  sont  toujours  d’une 
couleur  différente  des  femelles.  Telles  sont 
le  Grand  Batara  Azar.  (  T hamnophilus 
mô/or  Vieil.),  le  Batara  RAYÉ(enl.  297-1),  le 
Tanga  OU  Batara  gris,  et  le  Vanga  ou  Ba¬ 
tara  roux  {Tham .  cinereus  et  ru  fus  Vieil . , 
Dict.  35,  p.  200),  l’espèce  géante  de  ce 
groupe  j  le  même  que  le  Vanga  strié  nurré 


(Voy.  de  Freyc .,  pl.  18  et  19,  ou  Thamncr 
philus  vigorsii  Such,  etc.). 

Dans  le  second  groupe,  nous  plaçons  de 
petites  espèces  à  pieds  conformés ,  comme 
les  précédents  ;  à  bec  semblable ,  mais  dont 
la  queue  est  très  courte ,  presque  carrée  ou 
légèrement  arrondie ,  et  chez  lesquelles  les 
mâles  et  les  femelles  diffèrent  peu  en  cou¬ 
leur.  Telles  sont  le  Fourmilier  tâchet 
(. Myot .  strictolhorax)  et  le  Fourmilier 
GORGERET  ( Myot .  911671  tdUs  TCUl.,  pl.  CûL 
179,  fig.  1,  2,  3),  le  Fourmilier  moucheté 
{Myrmolhern  guttata  Vieil.,  Gai.  pl.  155). 

Notre  troisième  groupe  renfermera  tous 
ces  petits  Bataras  à  bec  plus  ou  moins  grêle, 
très  peu  crochu  ;  à  queue  longue ,  moyenne 
ou  courte ,  plutôt  grêle  que  large ,  mais 
toujours  très  étagée  et  très  souvent  terminée 
par  des  taches  blanches  ;  à  pattes  faibles , 
mais  toujours  conformées  comme  chez  les 
précédents.  Ces  espèces,  dont  Temminck  et 
Lichtenstein  ont  fait  des  Fourmiliers  a 
longue  queue,  et  Swainson  son  genre  For- 
micivora ,  nous  paraissent,  d’après  la 
forme  de  leurs  pattes  percheuses  et  leur 
système  de  coloration,  appartenir  bien  plu¬ 
tôt  aux  Bataras  qu’aux  vrais  Fourmiliers;  et 
tels  sont,  parmi  les  espèces  à  queue  longue, 
le  Batara  a  coiffe  [Tham.  pileatus  d’Orb. 
etLafr.  Synops .  pl.  12,  Myolhera pileata 
Lichtens.,  n°  479,  le  Tham.  affxnis  d’Orb. 
etLafr.,  ihid ,  pl.  12,  n°  17,  les  7 Myolhera 
s  quant  a  ta  ,  superciliaris  Licht.,  ihid., 
n°  478  et  80) ,  les  Fourmiliers  châtains  et  a 
ailes  rousses  (Tem.,  pl.  col •  132),  et  parmi 
les  espèces  à  queue  courte ,  nous  indique¬ 
rons  le  Fourmilier  a  flancs  blancs  {Myo- 
thera  axillaris  Vieil. ,  fuliginosa  III. , 
Licht.,  n°  483)  et  le  petit  Gobe-mouche  ta¬ 
cheté  de  Cayenne  (Bu ff.,  enl.  pl.  831,  f.  2). 

Ces  espèces  forment  évidemment  la  tran¬ 
sition  des  Bataras  aux  Fourmiliers,  par  les 
Drymophila  de  Swainson ,  chez  lesquels 
les  tarses  et  les  doigts  deviennent  plus  longs 
et  plus  grêles ,  les  ongles  plus  minces,  plus 
longs  et  moins  courbés ,  caractères  qui  an¬ 
noncent  évidemment  des  Oiseaux  beaucoup 
plus  marcheurs. 

Nous  tenons  de  M.  Nalterer  de  Vienne, 
qui  a  passé  plusieurs  années  au  Brésil,  une 
particularité  de  mœurs  des  Bataras  assez 
curieuse.  Lorsque  les  Fourmis  d’Amérique, 
|  èt  surtout  la  Fourmi  de  visite ,  se  mettent 


BAT 


BAT 


497 


en  campagne,  à  l’approche  de  ces  armées 
formidables  et  dévastatrices,  tous  les  In¬ 
sectes,  àquelqueordre  qu’ils  appartiennent, 
saisis  d’épouvante ,  prennent  la  fuite  ,  soit 
en  gagnant  le  sommet  des  plantes  et  des 
Graminées ,  soit  en  s’envolant  sur  les  buis¬ 
sons  environnants.  On  voit  alors  une  se¬ 
conde  armée  composée  de  diverses  espèces 
de  Bataras,  accompagner  la  première  en 
éclaireurs,  voltigeant  de  buissons  en  buis¬ 
sons,  en  avant  et  sur  ses  flancs,  et  saisissant 
cette  foule  de  malheureux  Insectes ,  qui, 
pour  se  soustraire  à  un  danger,  se  sont  pré¬ 
cipités  au  devant  d’un  autre  plus  fatal 
encore. 

Notre  genre  Batara  (  Thamnophilus) 
se  compose  donc  des  Bataras  proprement 
dits  ,  OU  Bataras  a  grande  queue  ,  et  des 
Bataras  a  courte  queue,  et  du  SOUS-genre 
Formicivora  *de  Swainson  ,  ou  Bataras  a 

BEC  GRÊLE.  V 07J .  DRYMOI>HILE  ,  MYIOTHERI- 

dées  et  myiothérinees.  (Laer.) 

BATARD,  année.  —  Nom  donné  par 
les  pêcheurs  aux  petits  Vers  rouges  dont 
ils  se  servent  comme  d’appât,  et  qu’ils 
trouvent  entre  les  rochers.  (C.  d’O.) 

BAT AUCAULON ,  DC.  (paro?,  ronce  ; 
xauXog,  tige),  bot.  ph. —  Section  du  g.  Mi¬ 
mosa.  (Sp.) 

BATEAU,  moll.  —  On  donne  vulgai¬ 
rement  ce  nom  à  une  grande  et  belle  espèce 
de  Patelle ,  PaicLla  compressa  de  La- 
marck.  On  donne  également  le  nom  de  Ba¬ 
teau  ponté  aux  grandes  espèces  de  Cré- 
pidules.  (Desh.) 

BATELEUR.  Tcratopius ,  Less.  (rs- 
paTonrctoç,  qui  fait  des  prestiges),  ois.  — 
Genre  de  l’ordre  des  Oiseaux  de  proie  et 
de  la  famille  des  Aigles  de  Cuvier.  Levail- 
lant  donna  ce  nom  de  Bateleur  à  l’espèce 
africaine  ,  type  du  genre,  parce  qu’elle  fai¬ 
sait,  dans  les  airs,  en  volant,  certaines  évo¬ 
lutions  ou  cabrioles  qui  la  lui  firent  com¬ 
parer  à  un  faiseur  de  tours  ou  Bateleur. 

Ce  genre,  qui  faic partie  de  notre  famille 
des  Falconidées  et  de  notre  sous-famille 
des  Aquilinées,  a  pour  caractères  généri¬ 
ques:  Bec  droit  à  sa  base,  plus  allongé 
que  chez  la  plupart  des  Aquilinées,  ne 
commençant  à  se  courber  que  vers  la  moi¬ 
tié  de  sa  longueur  et  d’une  manière  peu 
prononcée  ;  mandibule  supérieure  très  éle¬ 
vée  dans  son  milieu ,  du  front  à  son  bord 


inférieur;  ce  bord  à  peu  près  rectiligne,  à 
ouverture  très  fendue  et  très  large.  Face 
nue;  tout  l’espace  du  lorum  n’ayant  que 
quelques  petits  poils  à  peine  visibles;  nari¬ 
nes  ovalaires,  verticales.  Tarses  robustes, 
très  courts,  largement  réticulés ,  ainsi  que 
les  doigts ,  jusqu’aux  deux  tiers  de  leur 
longueur  ;  le  dernier  tiers  recouvert  d’une 
rangée  de  trois  ou  quatre  larges  écailles. 
Queue  rectiligne ,  extrêmement  courte , 
tronquée,  dépassée  de  beaucoup  par  les 
ailes  pliées;  celles-ci  de  longueur  médiocre, 
aiguës  comme  chez  les  Faucons ,  à  rémiges 
primaires,  décroissant  brusquement  com¬ 
me  chez  les  Hirondelles  ;  la  quatrième  étant 
de  4  centimètres  plus  courte  que  la  seconde, 
qui  est  la  plus  longue;  la  cinquième  plus 
courte  que  la  quatrième  de  8  centimètres, 
et  la  sixième  de  5  centimètres  plus  courte 
que  la  cinquième  ;  rémiges  secondaires  très 
développées  en  largeur  et  recouvrant  en 
partie  les  primaires;  plumes  des  côtés  de  la 
tête  très  grandes,  pouvant  se  redresser  et  s’é¬ 
taler  latéralement  comme  chez  les  Cacatois. 

Nous  croyons  être  le  premier  qui  ayons 
remarqué  ce  double  caractère  d’ailes  con¬ 
struites  sur  le  type  aigu  et  à  décroissance  si 
brusque  des  primaires,  caractères  vraiment 
anomaux  dans  la  sous-famille  des  Aquili¬ 
nées,  et  qui  paraissent  avoir  échappé  à 
M.  Lesson  en  établissant  le  genre,  puisqu’il 
ne  les  indique  pas  dans  son  Traité. 

L’extrême  brièveté  de  la  queue  de  ce  ra¬ 
pace  est  certainement  une  bizarrerie  ,  une 
anomalie  même,  des  plus  singulières,  dans 
l’ordre  des  Oiseaux  de  proie;  car  ce  mem¬ 
bre  faisant  l’office  de  gouvernail  chez  l’oi¬ 
seau  dont  les  ailes  font  celui  de  rames  lors¬ 
qu’il  vole,  il  semblait  devoir  conserver  ses 
justes  proportions  et  toute  son  énergie  chez 
l’oiseau  de  proie,  qui ,  pour  se  procurer  sa 
nourriture  ,  a  besoin  d’un  vol  plus  rapide 
ou  au  moins  plus  facile  que  les  autres. 

La  seule  espèce  du  genre  que  Levaillant 
nous  a  fait  connaître  le  premier  est  le  Ba¬ 
teleur  (Levail.,  Afriq .,  pl.  7  et  8  etp.  20, 
Falco  ecaiidatus  Sh.),  le  Bateleur  a 
courte  queue  (  Teraiopius  ccaudatus 
Less.  ,  Tr.  ,  p.  47,  Hclotarsus  f.ypus 
Srn.)  Il  est  au  moins  de  la  taille  de  l’Ai¬ 
gle  Jean-Leblanc,  mais  beaucoup  plus  court; 
car  l’individu  mâle  adulte  que  nous  possé¬ 
dons  a  de  largeur,  vu  de  face  et  d’un  pli  de 
m 


T.  It 


BAT 


BAT 


m 

l’aile  à  l’autre ,  près  de  22  centimètres ,  et 
n’a  de  longueur,  du  bec  à  l’extrémité  de  la 
queue,  que  51  centimètres ,  et  à  l’extrémité 
des  ailes  62  centimètres.  On  voit  que  ces 
ailes  ployées  dépassent  la  queue  de  11  cen¬ 
timètres.  Celle-ci  porte  à  peine  ^centimè¬ 
tres.  Ses  couvertures  supérieures  la  recou¬ 
vrent  jusqu’à  8  centimètres  de  son  extré¬ 
mité,  et  les  inférieures  jusqu’à  cette  extré¬ 
mité  même.  La  tête,  le  cou,  tout  le  des¬ 
sous  et  les  jambes ,  les  ailes  et  les  scapu¬ 
laires  ,  en  forme  de  deux  bandes  longitudi¬ 
nales  ,  sont  d’un  beau  noir  avec  quelques 
reflets  vert  foncé  ;  tout  le  dos  et  la  queue 
d’un  beau  brun  roux  très  vif.  Toutes  les 
couvertures  petites  et  moyennes  de  l’aile 
d’un  gris  cendré ,  formant  une  large  bande 
alaire ,  se  détachant  sur  le  noir  des  rémiges 
et  des  scapulaires  ;  la  cire ,  la  large  peau 
nue  des  lorum  et  les  tarses  d’un  jaune  ou 
rouge  orangé. 

C’est,  comme  on  voit,  un  des  Oiseaux 
de  proie  dont  le  plumage  est  le  plus  mar¬ 
quant  ,  en  même  temps  qu’il  offre  les  for¬ 
mes  les  plus  bizarres  ;  car,  à  cette  queue 
presque  atrophiée ,  il  joint  les  plumes  la¬ 
térales  de  la  tête ,  susceptibles  de  s’ébour- 
riffer,  et  qui  lui  donnent  un  peu  la  phy¬ 
sionomie  d’un  rapace  nocturne. 

Ses  allures  et  ses  mœurs  présentant  aussi 
quelques  singularités,  nous  extrayons  de 
Levaillant  les  faits  suivants. 

Quand  il  vit,  pour  la  première  fois,  voler 
le  Bateleur,  il  crut  que  quelque  accident  l’a¬ 
vait  privé  de  sa  queue,  d’autant  plus  qu’il  re¬ 
marqua  dans  son  vol  un  mouvement  très 
extraordinaire  ;  mais  il  reconnut  bientôt  que 
la  queue  écourtée  de  cet  oiseau  était  un  ca¬ 
ractère  de  l’espèce ,  et  sa  manière  de  voler 
un  jeu  dont  il  s’amusait,  en  provoquant  sa 
femelle  qui  lui  répondait  de  la  même  ma¬ 
nière.  Il  plane,  dit  l’auteur,  en  tournoyant, 
et  laisse  échapper  de  temps  en  temps  deux 
sons  très  rauques ,  l’un  d’une  octave  plus 
haut  que  l’autre.  Souvent  il  rabat  tout  à 
Coup  son  vol  jusqu’à  une  certaine  distance 
de  la  terre,  en  battant  l’air  de  ses  ailes,  de 
manière  à  faire  croire  qu’il  s’en  est  cassé 
une  et  qu’il  va  tomber.  Sa  femelle  ne  man¬ 
que  jamais  alors  de  répéter  le  même  jeu.  Ces 
coups  d’aile  s’entendent  à  une  très  grande 
distance,  et  leur  bruit  peut  être  comparé  à 
celui  d’une  voile  dont  un  des  coins  s’est 


détaché  et  que  le  vent  agite  avec  violence. 

Ces  Oiseaux  sont  très  communs  près  des 
bois  de  Lagoa ,  au  cap  de  Bonne-Espérance, 
dans  tout  le  pays  d’ Auteniquoy ,  et  le  long 
de  la  côte  Natal  jusqu’en  Cafrerie.  Ils  se 
tiennent  par  couples  isolés  dans  les  monta¬ 
gnes.  La  femelle  est  d’un  quart  plus  forte 
que  le  mâle,  et,  par  conséquent,  que  l’in¬ 
dividu  de  notre  description ,  et  ses  couleurs 
ont  en  général  un  ton  plus  faible.  Elle  con¬ 
struit  son  nid  sur  les  arbres ,  et  ses  œufs , 
au  nombre  de  trois  ou  quatre,  sont  entière¬ 
ment  blancs. 

Le  Bateleur,  dit  encore  Levaillant,  se 
repaît  comme  les  Yautours,  de  toute  sorte 
de  charogne;  cependant  il  attaque  souvent 
les  jeunes  Gazelles,  les  Agneaux  ou  les 
Moutons  malades  près  des  habitations ,  et 
les  jeunes  Autruches  encore  petites,  lors¬ 
qu’elles  se  trouvent  séparées  de  leurs  père 
et  mère. 

Il  suffit  de  jeter  un  coup  d’œil  sur  cet 
oiseau  pour  reconnaître  qu’il  n’a  point 
les  caractères  des  Aigles  ;  ses  serres  sont 
moins  fortement  arquées,  et  son  bec  aussi, 
par  conséquent,  moins  vigoureux.  C’est  en¬ 
core  une  de  ces  espèces  ambiguës  qui  tien¬ 
nent  autant  du  Yautour  que  de  l’Aigle. 

L’opinion  de  cet  excellent  observateur 
est  d’autant  plus  fondée ,  qu’il  ajoute  plus 
loin  qu’il  a  remarqué  que  ces  Oiseaux  em¬ 
portaient,  dans  leurs  jabots,  la  nourriture 
qu’ils  dégorgeaient  ensuite  à  leurs  petits , 
habitude  particulière  aux  Yautours. 

C’est  donc  avec  grande  raison  que  M.  Les- 
son  a  formé  un  genre  particulier  de  cet  oi¬ 
seau,  qui  ne  pouvait  rester  dans  les  Cir¬ 
caètes  où  le  plaçait  Cuvier.  C’est  une  de  ces 
espèces  à  caractères  mixtes  et  même  bi¬ 
zarres  dans  les  formes  comme  dans  les 
mœurs,  qu’on  ne  peut  placer  dans  aucun 
groupe  connu,  et  qui  doivent  être  type  d’un 
nouveau  genre.  Le  docteur  Smith,  dans  son 
expédition  de  l’Afrique  australe,  et  pendant 
son  séjour  au  cap  de  Bonne-Espérance ,  a 
formé  de  cet  oiseau  son  genre  Helotarsus , 
et  l’a  appelé  Helotarsus  typus ;  mais  nous 
croyons  la  formation  de  celui  de  Terato - 
pins  antérieure.  Celui  de  Bateleur,  comme 
nom  générique  français,  est  certainement 
le  premier.  (Lafr.) 

*  B  ATEM  ANNIE .  Batcmannia.  bot, 
pu.  —  Genre  de  la  famille  des  Orchidées, 


tribu  des  Yandées,  établi  par  M.  John 
Bindley  {Bot.  reg .,  t.  1714)  pour  une  plante 
originaire  de  l’Amérique  tropicale ,  et  dont 
les  caractères  sont  les  suivants  :  Les  sépales 
sont  étalés  ;  les  inférieurs  ,  opposés  au  la- 
belle  ,  sont  égaux  et  onguiculés  à  leur  base  ; 
les  deux  intérieurs,  plus  larges,  sont  obli¬ 
ques  et  attachés  sur  les  parties  latérales  du 
prolongement  inférieur  du  gynostème  ;  le 
labelle ,  articulé  avec  la  base  du  gynostème 
prolongé  ,  est  concave  et  trilobé.  L’an¬ 
thère  ,  petite  et  biloculaire,  contient  deux 
masses  polliniques,  bilobées  dans  leur  par¬ 
tie  postérieure  et  appliquées  sur  un  réti- 
nacle  triangulaire. 

Les  pseudobulbes  sont  ovoïdes  et  comme 
à  quatre  angles  ;  les  feuilles  obovales,  oblon- 
gues,  plissées  ;  les  fleurs,  longuement  pédi- 
cellées  et  d’une  teinte  brune  pourprée,  sont 
accompagnées  chacune  d’une  bractée  con¬ 
cave,  renflée  et  comme  quadrilatère.  Elles 
forment  une  grappe  radicale.  (A.  R.) 

BATHELIXJM  (par 7i ,  percé  ;  ôviXyi  ,  ma¬ 
melle).  bot.  cr.-— (Lichens).  Acharius avait 
d’abord  créé  ce  genre  {Meth.  Licht.,y.  111) 
pour  un  lichen  africain ,  qu’il  a  depuis  re¬ 
porté  dans  son  g.  Trypethelium.  Voyez  ce 
mot.  (C.  M.) 

*BATIIIS.  ins. — Genre  de  Coléoptères 
tétramères,  famille  des  Chrysomélines,  éta¬ 
bli  par  M.  Dejean  (  Catal. ,  3e  édit.  )  sans 
publication  de  caractères.  Il  y  rapporte  deux 
espèces ,  l’une  du  Brésil  méridional ,  nom¬ 
mée  par  lui  B.  cognata,  et  l’autre  de  Bué- 
nos-Ayres,  nommée  par  M.  Buquet  B. 
bonariensis.  Ce  genre  faisait  autrefois 
partie  des  Colaspis.  (D.  et  C.) 

*BATHSEBA (nom mythologique),  ins. 
—  Genre  de  Coléoptères  tétramères,  famille 
des  Chrysomélines,  établi  par  M.  Dejean 
{Catal. ,  3e  édit.),  qui  n’en  a  pas  publié  les 
caractères.  Ce  g.  ne  renferme  qu’une  seule 
espèce,  nommée  par  lui  B.  transvcrsalis , 
et  qui  est  du  cap  de  Bonne-Espérance.  Ce  g. 
appartenait  autrefois  à  celui  de  Colaspis . 

(D.  etc.) 

BATHYERGUS,  Illig.  mam.  —  Voyez 

ORYCTÈRES. 

*  BATMYRHY1VCHES,  Macn.  (M'uç, 

vaste  \  bec),  ois. — Genre  synonyme 

de  celui  de  Paradoxornis  de  Gould.  Voyez 

PARADOXORNIS.  (LAFR.) 

*  B ATIA  (nom  d’une  Naïade),  ins. — M. 


Westwood  (  Synops.  of  généra  Briiish 
ins.  ?  pag.  113)  désigne  ainsi ,  d’après  Ste¬ 
phens,  un  g.  de  Lépidoptères  nocturnes , 
de  la  famille  des  Tinéides,  et  auquel  il  donne 
pour  type  la  Tinea  flavi  frontella  de  Fa- 
bricius.  Voyez  teigne.  (d.) 

*BATILLUS  pelle),  mole.— 

M.  Schümacher,  dans  son  Essai  dyu?ic 
Classification  des  Testacès ,  donne  ce  nom 
latin  à  un  genre  qu’il  nomme  Pelleron  en 
français ,  et  qui  est  inutilement  créé  pour 
quelques  espèces  du  genre  Turbo  de  Linné. 

(Desh.) 

BATIS,  L.  (ëaxo?,  ronce),  bot.  ph.  — 
Genre  non  classé  dont  les  caractères  sont  : 
Fleurs  dioïques.  Fleurs  mâles  :  Chatons 
compactes,  à  écailles  1-flores,  arrondies,  1- 
flores ,  convexes  à  la  base ,  concaves  aux 
bords,  quadrisériées.  Périanthe  spathacé, 
monophylle,  comprimé.  Étamines  4;  filets 
subulés;  anthères  oblongues,  dithèques, 
incombantes. —  Fleurs  femelles  :  Chatons 
charnus,  à  écailles  uniflores,  acuminées, 
presque  planes,  distancées,  quadrisériées. 
Ovaire  subovoïde ,  pointu ,  adné  au  chaton. 
Stigmate  grand,  sessile ,  bilobé.  Baies  suc¬ 
culentes,  1-loculaires,  agrégées  en  syncarpe, 
oblongues.  Graines  au  nombre  de  4  dans 
chaque  baie,  triangulaires.  —  Arbrisseau 
diffus.  Rameaux  opposés  ;  les  jeunes  sont 
tétragones.  Feuilles  opposées,  charnues. 
Chatons  axillaires,  solitaires.  Ce  genre  n’est 
fondé  que  sur  une  seule  espèce ,  le  B.  ma¬ 
ri  tima  Sw.,  qui  croît  sur  les  plages  de  l’A¬ 
mérique  équatoriale.  (Sp.) 

*  B ATOCER A  ($âxoç,  buisson  ;  xspaç, 
corne),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra¬ 
mères,  famille  des  Longicornes,  établi  par 
M.  Dejean  dans  la  3e  édition  de  son  Cata¬ 
logue.  On  connaît  plus  d’une  dizaine  d’es¬ 
pèces  qui  rentrent  dans  ce  genre,  parmi  les¬ 
quelles  trois  seulement  ont  été  décrites  : 
Cerambyx  armatus  01.  ou  humeridens 
Latr. ,  Lamia  &-rnaculata  et  L.  rubus 
Fabr.,  toutes  originaires  des  Indes  orien¬ 
tales  ;  cependant  la  dernière  se  rencontre 
aussi  aux  îles  Bourbon,  de  France  et  de  Ma¬ 
dagascar.  M.  W.  W.  Saunders  a  fait  insérer 
une  notice  sur  les  habitudes  de  cette  espèce 
{Trans.  ofthe  Ent.  soc.,  vol.  I,  p.  60),  et 
il  dit  à  ce  sujet  :  Ces  Insectes  se  trouvent 
pendant  les  mois  de  mai  et  juin,  dans  le 
voisinage  de  Calcutta,  sur  le  Pipai  {Ficus 


500 


BAT 


BAT 


religiosa) ,  dont  ils  mangent  les  nourgeons. 
Ils  sont  si  fortement  attachés  aux  branches 
de  cet  arbre,  qu’on  ne  peut  les  en  détacher 
que  par  une  forte  secousse.  Leur  vol  a  lieu 
en  ligne  droite,  et  leur  grande  taille  les  fait 
ressembler  à  de  petits  Oiseaux.  Ce  genre  se 
distingue  des  autres  Lamiaires,  leurs  congé¬ 
nères,  par  ses  antennes  de  12  articles,  gar¬ 
nies  en  dessous  d’un  grand  nombre  de  peti¬ 
tes  épines  scabreuses  ou  crochues.  Le  corse¬ 
let  est  fortement  étranglé  près  des  extrémi¬ 
tés,  et  armé,  sur  le  milieu  latéral,  d’une  forte 
épine  aiguë.  Les  élytres  sont  tronquées , 
chargées  de  tubercules  à  leur  base  5  l’é¬ 
paule  est  saillante  et  munie  d’une  épine  ;  le 
sommet  de  la  suture  en  offre  aussi  une  pe¬ 
tite.  (D.  et  C.) 

BATOLITE.  Batolitcs.  moll. — Mont- 
fort,  dans  sa  Conchyliologie  systémati¬ 
que a  proposé  ce  genre  pour  une  coquille 
fossile ,  qu’il  regarde  comme  cloisonnée,  à 
la  manière  des  Orthocères.  Ce  genre,  cor¬ 
respondant  exactement  à  celui  que  Lamarck 
nomme  Hippurite ,  a  été  reconnu  comme 
un  double  emploi  absolument  inutile.  Quel¬ 
ques  auteurs  l’ont  cependant,  à  l’imitation 
de  Montfort,  conservé  parmi  les  Cépha¬ 
lopodes  décapodes  ;  mais  ,  depuis  très 
longtemps ,  nous  avons  démontré  que  les 
Hippurites,  et  par  conséquent  les  Batolites, 
sont  des  Coquilles  bivalves,  voisines  des 
Sphérulites,  et  appartenant  à  la  famille  des 
Rudistes  de  Lamarck.  Voyez  hippurite  et 
kudiste.  (Desh.) 

BATON,  bot.  —  Les  jardiniers  donnent 
ce  nom  aux  plantes  dont  les  fleurs  sont  dis¬ 
posées  en  épi  le  long  d’un  axe  redressé  et 
rigide.  C’est  d’après  ce  principe  qu’on  a 
nommé  :  Bâton  de  Jacob,  V Àsphodelus 
luteus  ;  Bâton  de  saint  Jean,  le  Polygo- 
num  orientale-,  Bâton  d’Or  ,  le  Cheiran- 
thus  cheiri  ;  Bâton  royae  ,  l’ Asphodelus 
albus.  (C.  d’O.) 

BATONNET,  mole.  —  Nom  vulgaire 
d’une  jolie  espèce  de  Cône  ,  Conus  tendi- 
neus  des  auteurs.  Voyez  cône.  (Desh.) 

* BATOSCELIS  (Pàroç,  buisson;  ax.e- 
Xlç,  cuisse  ou  jambe),  ins. —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  pentamères,  famille  des  Cara- 
biques,  tribu  des  Harpaliens,  établi  par 
M.  Dejean  dans  son  dernier  Catalogue  , 
mais  dont  il  n’a  pas  publié  les  caractères. 
D’après  une  note  qui  nous  a  été  communi¬ 


quée  par  M.  Reiche ,  l’un  de  nos  Coléopté- 
ristes  les  plus  instruits ,  ce  genre  se  distin¬ 
gue  de  ses  voisins  par  un  corps  cylindrique; 
par  un  corselet  presque  carré ,  très  légère¬ 
ment  rétréci  postérieurement;  par  des  man¬ 
dibules  saillantes,  très  arquées,  et  enfin 
par  des  pattes  courtes,  robustes,  dont  les 
antérieures  sont  fortement  échancrées  inté¬ 
rieurement  et  armées  extérieurement  de  6 
dents  spiniformes  ;  et  les  intermédiaires  et 
les  postérieures  hérissées  d’épines  au  côté 
externe ,  ce  que  l’auteur  a  voulu  exprimer  par 
le  nom  de  Batoscelis.— Ce  genre  a  pourtype 
le  B.  Reichei  Dej.  C’est  un  insecte  du 
Bengale  qui  a  tout  à  fait  l’aspect  d’un  Cli- 
vina  ;  mais  M.  Reiche  pense  que  M.  De¬ 
jean  a  eu  tort  de  lui  donner  pour  congénères 
les  Agonoderus  ohlongus  et  discipenn  is 
de  son  Species ,  qui  n’ont  que  deux  dents  au 
côté  interne  des  pattes  antérieures,  au  lieu 
de  six  qui  caractérisent  le  genre  dont  il  est 
ici  question.  (D.) 

*B  AT  E  AC1XIDE  A  (^ârpax  cç,  gren  oui  l- 
le;  iiï sa,  forme),  ins. — M.  Serville  (Ins.  or- 
thop-i  Suites  à  Buffon )  applique  cette  dé¬ 
nomination  à  une  division  du  genre  7c- 
trix ,  de  la  famille  des  Acridiens ,  compre¬ 
nant  les  espèces  dont  les  ailes  sont  fort 
courtes  et  rudimentaires,  et  dont  l’extré¬ 
mité  du  prothorax  ne  dépasse  pas  le  bout 
de  l’abdomen. 

M.  Serville  rapporte  à  cette  division  les 
Tetrix  mucronata  (  Encycl.  du  Brésil) 
et  hipunctata  (  Gryllus  bipunc  talus 
Lin.),  commune  dans  une  grande  partie  de 
l’Europe.  (Br.) 

*  B  ATR  AC  MON  (.Sxrpayjov,  petite  gre¬ 
nouille).  ins. —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères  ,  famille  des  Carabiques ,  tribu  des 
Harpalides ,  établi  par  M.  Chevrolat  et 
adopté  par  M.  Dejean  qui,  dans  son  dernier 
Catalogue,  en  mentionne  trois  espèces  pro¬ 
pres  au  Mexique  5  la  première  nommée  par 
lui  B.  chalconotum  et  les  deux  autres  B. 
rana ,  et  B.  rufipalpum  Ch.  Ce  genre  est 
voisin  des  Hypolithus.  Ses  principaux  ca¬ 
ractères  sont  :  Corps  large  ,  aplati.  Palpes 
labiaux  ,  à  deuxième  article  arqué  et  renflé 
par  l’extrémité  ;  pénultième  presque  uni¬ 
que,  très  aminci  par  le  bas  ;  dernier  oblong, 
mince.  Yeux  saillants ,  grands,  arrondis, 
latéraux.  Menton  échancré  semi-circulaire- 
ment,  armé  d’une  dent  ;  deux  larges  fosset- 


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501 


tes  entre  les  yeux,  et  deux  autres  sur  la  base 
du  corselet  :  celui-ci  est  presque  droit  en 
avant  et  en  arrière,  coupé  cependant  un  peu 
obliquement  près  de  l’angle  postérieur , 
et  élargi  et  arrondi  sur  le  côté  antérieur. 
Élytres  courtes,  sinueuses  près  de  l’extré¬ 
mité,  à  côtes  peu  élevées.  Pattes  à  4  articles 
dilatés  5  3  et  4  trianguliformes.  Le  premier 
article  des  tarses  des  pattes  postérieures  est 
très  allongé  et  le  suivant  d’un  tiers  plus 
court.  (G.) 

15  Aï  K  ACHIT  E  (  Parpa^cç,  grenouil¬ 
le  ).  min.  —  M.  Breithaupt  a  désigné 
sous  ce  nom  un  minéral  d’un  gris  verdâtre 
et  d’un  éclat  gras  qui ,  par  son  aspect,  lui 
a  paru  avoir  quelque  ressemblance  avec  le 
frai  de  Grenouille  ,  et  qui  vient  du  Mont- 
Rizoni ,  dans  la  partie  méridionale  du  Ty- 
rol.  Il  est  en  masses  compactes,  présentant 
quelques  indices  de  clivages,  qui  mènent  à 
un  prisme  rhombique  de  115°.  Sa  dureté  est 
celle  de  l’Apatite  ;  sa  pesanteur  spécifique 
est  de  3,04.  Ses  composants  essentiels  pa¬ 
raissent  être  la  Silice  et  la  Magnésie. 

(Del.) 

BATRACIIOIBE.  Bairachus ,  Scbn. 
(Pàrpajroç,  grenouille),  foiss. —  Genre  de 
Poissons  ainsi  nommé  par  Lacépède,  parce 
que  l’une  des  espèces  qu’il  réunissait  à  celle 
sur  laquelle  il  a  établi  ce  genre  avait  reçu 
de  Muller  l’épithète  de  Raninus.  C’est  le 
Gadus  raninus  de  Muller, devenu  le  Blen- 
nius  raninus  de  Linné,  mais  associé  à  tort 
par  Lacépède  au  Gadus  tau  Lin.  L’espèce 
a  la  tète  large  et  grosse,  ce  qui  fait  ressem¬ 
bler  ce  poisson  à  un  têtard  de  Grenouille. 
Bloch  ,  dans  son  édition  posthume  de 
Schneider,  eut  la  même  idée,  car  il  a  nom¬ 
mé  Batrackus  le  genre  formé  sur  la  même 
espèce.  Le  caractère  de  ce  genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Acanthoptérygiens,  à  pectorales 
pédiculées ,  consiste  dans  une  tète  large  et 
plate;  une  gueule  amplement  fendue,  le 
plus  souvent  garnie  de  lambeaux  cutanés  ; 
une  dorsale  très  petite ,  sortant  à  peine 
de  la  peau,  suivie  d’une  seconde  très  lon¬ 
gue  et  étendue  jusqu’à  la  caudale  ;  des  pec¬ 
torales  portées  sur  des  bras  courts  et  plats, 
situées  en  arrière  des  ventrales;  des  jugulai¬ 
res  à  trois  rayons,  dont  le  premier  est  très 
élargi  par  le  bord  de  la  peau.  Les  mâchoires, 
le  palatin  et  le  vomer  portent  des  dents,  et 
enfin  le  sous-opercule,  armé  de  deux  fortes 


épines, est  aussi  considérable  que  l’opercule. 
La  membrane  branchiostège  a  six  rayons. 
On  retrouve  d’ailleurs,  dans  ce  poisson,  le 
caractère  constant  de  tous  ceux  de  cette  fa¬ 
mille  qui  est  de  manquer  de  sous-orbitaire. 
Lacépède,  comme  nous  l’avons  dit,  et  Bloch 
ont  gâté  le  genre  naturel  qu’ils  dénom¬ 
maient  en  associant  ensemble  plusieurs  es¬ 
pèces  tout  à  fait  éloignées  les  unes  des  au¬ 
tres.  Aussi  peut-on  dire  que,  seulement  de¬ 
puis  la  Monographie  publiée  dans  notre 
Ichthyologie ,  le  genre  a  été  régulière¬ 
ment  fondé  sur  des  caractères  naturels. 
Linné  en  connaissait  deux  espèces  :  l’une  le 
Gadus  tau  ;  l’autre  le  Cottus  grunniens. 

Cette  dernière  épithète  a  été  donnée  par 
Linné  à  l’espèce  de  Batavia,  parce  que  les 
Hollandais  de  cette  colonie  ont  appliqué  à 
ce  poisson  le  nom  de  Knorrhan  (  Coq 
bruyant  ou  grognant),  qui  est  la  dénomi¬ 
nation  du  petit  Coq  de  Bruyère  ( Tetrao 
ictrix  Lin.),  et  qui  a  été  aussi  appliqué  à 
des  Poissons  du  genre  des  Trigles  et  autres 
voisins.  Willugby  a  traduit  par  Gallus 
grunniens  le  nom  hollandais  qu’il  pre¬ 
nait  dans  NicuholT,  et  c’est  ainsi  que  l’épi¬ 
thète  est  restée  à  l’une  des  espèces.  Ce  genre 
est  embarrassant  à  placer  dans  la  méthode 
ichthyologique;  mais,  en  examinant  par 
quel  plus  grand  nombre  de  leurs  caractères 
les  Batrachoïdes  ressemblent  aux  autres 
Poissons  ,  on  est  conduit  à  les  rapprocher 
des  Baudroies.  Il  en  existe  dans  les  deux 
Océans.  Les  uns  ont  la  peau  nue,  d’au¬ 
tres  l’ont  écailleuse.  On  trouve ,  sur 
deux  rives  de  l’Amérique  méridionale,  des 
espèces  à  peau  nue  et  sans  barbillons,  dont 
les  dents  sont  longues  et  crochues ,  et 
qui  pourraient  bien  être  distinguées  généri¬ 
quement.  Je  ne  l’ai  pas  fait,  parce  que  tous 
les  autres  caractères  rappellent  suffisam¬ 
ment  les  Batrachoïdes.  L’une  d’elles  est  le 
Niqtji  de  Marcgrave.  (  Val.) 

*  BATRACBOBHIIVA  (parpa^ç,  gre¬ 
nouille  ;  p’v,  nez),  ins. — Genre  de  Coléop¬ 
tères  tétramères,  famille  des  Longicornes, 
établi  par  M.  Dejean  dans  son  3e  Catalogue, 
avec  une  espèce  qu’il  nomme  B.cylindrica, 
et  qui  se  trouve  aux  îles  de  France  et  de 
Bourbon.  Ce  genre  a  été  placé  par  lui  après 
les  Xylotrihus  de  Serville,et  par  conséquent 
dans  la  tribu  des  Lamiaires  de  cet  auteur  j 
mais  sa  place  véritable  est  à  côté  des  7’mc- 


502 


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BAT 


sxstcmus  de  Latreille ,  faisant  partie  de  sa 
tribu  des  Cérambycins.  Il  en  diffère,  en  ce 
que  le  corselet  est  convexe  ,  presque  en 
disque,  qu’il  s’avance  anguleusement  sur 
l’écusson  ,  et  que  les  étuis  en  sont  plus 
étroits  et  arrondis  chacun  sur  l’extrémité. 
Le  présternum  est  large  et  arrondi  ;  il  ne 
dépasse  guère  l’origine  des  pattes  antérieu¬ 
res  et  ne  fait  que  les  séparer  entre  elles.  Le 
mésosternum  offre  une  petite  saillie  arron¬ 
die  ,  en  avant  de  laquelle ,  en  dessous  ,  est 
une  faible  dépression  pour  recevoir  une  par¬ 
tie  du  présternum.  (C.) 

BATRACHOSPEÇME.  Batrachos- 
permum  (  pârpayo;  ,  grenouille  ;  cnrep|x«  , 
semence),  bot.  cr. —  (Phycées). Genre  établi 
par  Roth  pour  le  Conferva  gdalinosa  de 
Linné ,  nom  sous  lequel  plusieurs  plantes 
étaient  confondues.  Depuis,  ce  g.  a  été  sub¬ 
divisé  en  plusieurs  autres.  Les  caractères 
distinctifs  de  celui-ci  peuvent  être  établis 
ainsi  :  Fronde  entourée  d’un  mucus  assez 
épais,  formée  de  filaments  le  plus  souvent 
rameux,  pellucides,  articulés,  striés  longi¬ 
tudinalement,  chargés,  au  sommet  de  cha¬ 
que  article ,  de  faisceaux  verticillés  de  ra- 
mules  articulés,  moniliformes,  colorés.  Au 
milieu  des  ramules  se  trouvent  des  gemmes 
arrondies,  considérées  comme  des  organes 
fructifères.  Les  détails  que  renferme  l’ar¬ 
ticle  batrachospermées  ,  qui  suit  immédia¬ 
tement,  sont  destinés  à  compléter  celui-ci. 

Les  esp.  du  g.  Batrachosperme,  au  nom¬ 
bre  de  huit  à  dix,  habitent  les  eaux  douces, 
ou  si  quelques  individus  ont  été  trouvés  sur 
les  bords  de  la  mer ,  c’est  sur  des  points 
où  des  rivières  viennent  mêler  leurs  eaux 
à  l’eau  salée.  Ces  Algues  aiment  surtout  les 
eaux  vives  et  courantes  ;  elles  ont  un  port 
élégant.  L’esp.  la  plus  commune  et  la 
plus  connue,  le  B.  moniLiforme  R.,  est 
polymorphe.  Elle  est  remarquable  par  sa 
consistance  gélatineuse  et  les  paquets  glo¬ 
buleux  de  ses  ramules,  qui,  se  trouvant  es¬ 
pacés  assez  également  sur  les  filaments 
principaux ,  lui  donnent  quelque  ressem¬ 
blance  avec  le  frai  de  Grenouille,  ainsi  que 
l’exprime  l’étymologie  du  nom  de  ce  genre. 
Cette  algue,  d’une  couleur  brunâtre  plus  ou 
moins  foncée ,  adhère  fortement  au  papier 
sur  lequel  on  en  prépare  des  échantillons 
pour  l’herbier  ;  et ,  dans  cet  état ,  si  elle 
reste  exposée  à  l’influence  de  la  lumière , 


elle  ne  tarde  pas  à  prendre  une  teinte  d’un 
beau  violet.  Le  B.  vagum  Ag.  est  quelque¬ 
fois  d’un  vert  bleuâtre.  Le  B.  tenuissi- 
rnum  Bor.  a  des  filaments  déliés  comme 
des  cheveux ,  et  dont  les  articles  allongés 
sont  à  peine  chargés  de  quelques  ramules 
très  courts.  (Bréb.) 

*  BATRACHOSPERMÉES  (Pârpa yoçf 
grenouille  5  arapp.a  ,  semence  ).  bot.  cr. 
—  (Phycées  ).  Tribu  renfermant  un  certain 
nombre  de  genres  qui  ont  été,  pour  la  plu¬ 
part  ,  établis  aux  dépens  du  g.  Batrachos- 
permum  de  Roth.  Les  caractères  généraux 
de  ce  genre  d’ Algues  sont  :  Une  fronde  fila¬ 
menteuse  ou  globulaire,  formée  de  filaments 
articulés ,  rameux ,  enveloppés  d’un  mucus 
gélatineux.  Dans  ces  plantes  ,  le  filament 
principal ,  sorte  de  tronc  primitif  sur  le¬ 
quel  sont  implantés  des  faisceaux  de  ra¬ 
mules  souvent  verticillés,  semble  d’une 
autre  nature  que  les  filaments  accessoires. 
Les  loges  de  ceux-ci  sont  pourvues  d’un  en- 
dochrome  abondant,  coloré  ,  tandis  que  les 
articulations  du  filament  central  qui  a  at¬ 
teint  tout  son  développement  sont  presque 
toujours  diaphanes  et  à  peine  marquées  de 
taches  ou  zones  endochromiques.  Les  ra¬ 
mules  articulés  sont  souvent  terminés  par 
des  prolongements  capillaires  diaphanes, 
d’une  grande  ténuité,  et  qui  paraissent  inar¬ 
ticulés,  lors  même  qu’ils  sont  examinés  avec 
un  microscope  dont  le  pouvoir  amplifiant 
est  très  puissant.  On  a  regardé  comme  des 
fructifications  des  gemmes  qui  se  trouvent 
au  milieu  des  rameaux.  Elles  sont  formées 
de  corpuscules  agrégés,  entourés  de  ra¬ 
mules.  Nous  croyons  qu’on  doit  les  consi¬ 
dérer  comme  des  sortes  de  bourgeons  ;  et,  à 
ce  titre,  on  peut  leur  reconnaître  des  fa¬ 
cultés  reproductrices. 

Six  genres  doivent  être  rapportés  à  cette 
tribu:  ce  sont  les  g .Diidresnaya,  Bonnem.; 
Mesogloia ,  Ag.;  Thorea, Bor. ;  Batrachos- 
permum ,  R.;  Draparnalclia ,  Bor.;  et 
Chœtopkora ,  Ag.  Les  deux  premiers  ren¬ 
ferment  des  Algues  marines  ;  les  autres  ne 
représentent  que  des  espèces  d’eau  douce. 

(Bréb.) 

*  BATRACHOSPERMELLÀ  (parpa- 
X oç,  grenouille;  <nr£pp.a,  semence),  bot.  cr. 
(Phycées).  —  Nom  donné  au  g.  Batrachos- 
permum  par  Benj.  Gaillon,  qui  voulait  faire 
adopter  une  terminaison  identique  pour  tous 


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les  noms  de  certains  groupes  d’Algues. 

(Bréb.) 

*  BATRACHOSTOMUS,  G.  (Pefrpaxoc, 
grenouille  ;  oro^ a  ,  bouche),  ois.  —  Genre 
formé  par  Gould  de  celui  de  Podarge  de 
Cuvier ,  pour  l’espèce  décrite  et  figurée  de 
Temminck  dans  ses  Planches  coloriées , 
sous  le  nom  de  Podarge  cornu.  (Lafr.) 

*  BATRACHOTETRIX  (  parpa^oç  , 

grenouille;  rïtpiÇ,  sorte  d’oiseau),  ins.  — 
Genre  de  la  famille  des  Acridiens,  de  l’ordre 
des  Orthoptères,  établi  par  M.  Burmeister 
(. Handb .  der  Eut.)  sur  deux  espèces  exoti¬ 
ques  :  B.  bufo  et  B.  granulata  Herb.;  la 
première,  du  cap  de  Bonne-Espérance,  fi¬ 
gurée  dans  l’ouvrage  de  Stoll,  pl.  8,  b  ,• 
l’autre,  des  Indes  orientales,  décrite  et  figu¬ 
rée  dans  les  Archives  de  Herbst.  Les  Ba- 
trachotetrix  se  rapprochent  des  Telrix  et 
des  Ommexecha ;  mais  ils  s’en  distinguent 
surtout  par  l’absence  d’ailes  dans  les  deux 
sexes.  (Bl.) 

BATRACHIÎS.  roiss.  —  Voyez  batra- 

CHOIDE. 

BATRACIENS  (fiat pa%o$,  grenouille). 
rept.  —  Les  Batraciens  forment  le  qua¬ 
trième  ordre  de  la  classe  des  Reptiles  ,  et 
diffèrent  des  trois  ordres  précédents  par 
des  caractères  tellement  distincts, qu’on  peut 
les  regarder  comme  formant  un  des  groupes 
les  mieux  définis  de  la  méthode  naturelle. 
Ils  ont  pour  caractères  :  Un  tronc  déprimé, 
trapu,  arrondi  ou  allongé  ;  un  sternum  dis¬ 
tinct  et  généralement  très  développé;  des 
côtes  rudimentaires  ou  nulles  ;  des  vertè¬ 
bres  dorsales  en  nombre  variable,  depuis 
dix  seulement,  comme  chez  les  Anoures, 
jusqu’à  quatre-vingt-dix  ,  comme  chez  les 
Sirènes.  Le  corps  terminé  par  une  queue  ou 
privé  de  ce  membre.  La  peau  nue,  molle, 
sans  aucune  apparence  d’écailles  ,  excepté 
chez  les  Cécilies.  La  tête  déprimée,  à  contour 
antérieur  semi-circulaire,  articulée  avec  l’a¬ 
tlas  par  deux  condyles  occipitaux. Le  cou  nul 
ou  non  distinct  de  la  tête  et  du  tronc.  Les 
pattes  nulles,  incomplètes  ou  variables  par 
leur  nombre  et  leur  proportion  ;  les  doigts 
dépourvus  d’ongles  ou  munis  tout  au  plus 
de  petits  étuis  cornés  ,  et  généralement  très 
propres  à  recevoir  les  impressions  tactiles. 
Les  fonctions  sensoriales  obtuses.  Chez  les 
uns ,  l’œil  se  rapprochant  de  celui  des  Pois¬ 
sons  et  chez  quelques  espèces  petit  ou  nul. 


SOS 

Les  paupières  mobiles  dans  1a  plupart  des 
cas;  conduit  auditif  externe.  Un  cœur  à  un 
seul  ventricule  et  à  une  seule  oreillette  cloi¬ 
sonnée  :  le  sang  à  globules  volumineux  et 
ellipsoïdes;  des  poumons  auxquels  se  joi¬ 
gnent,  dans  le  premier  âge,  des  branchies 
analogues  à  celles  des  Poissons,  supportées 
par  des  arceaux  cartilagineux,  résultant  du 
prolongement  de  l’os  hyoïde.  En  arrivant  à 
l’état  parfait ,  la  plupart  perdent  leur  appa¬ 
reil  branchial ,  tandis  que  d’autres  les  con¬ 
servent  toute  leur  vie.  La  respiration  pul¬ 
monaire  s’opérant  par  un  mécanisme  sem¬ 
blable  à  la  déglutition.  Point  d’organes  co- 
pulateurs  chez  les  mâles  ;  accouplement  par 
simple  contact,  et  se  prolongeant  pendant 
plusieurs  jours.  Des  œufs  à  enveloppe 
membraneuse ,  pondus,  le  plus  souvent , 
avant  la  fécondation  et  grossissant  après  la 
ponte.  Des  petits  subissant  divers  degrés  de 
transformations  :  d’abord  dépourvus  de 
membres  et  munis  d’une  queue ,  ils  pren¬ 
nent  ,  en  grandissant ,  quatre  pattes  et  per¬ 
dent  leur  queue  comme  les  Anoures,  ou  la 
conservent  comme  les  Urodèles  et  les  Pé- 
romèles.  Presque  tous  vivent  dans  l’eau  ou 
dans  les  lieux  humides;  ils  sont  herbivo¬ 
res  dans  leur  premier  âge  et  deviennent 
carnivores,  en  passant  à  l’état  parfait, 
mais  jamais  il  ne  se  nourrissent  de  débris 
d’animaux.  Tels  sont  les  caractères  com¬ 
muns  qui  unissent  les  Batraciens  ;  car,  sous 
tous  les  autres  rapports,  ils  présentent  des 
différences  marquées  dont  nous  avons  indi¬ 
qué  quelques-unes  seulement. 

Leur  histoire ,  longtemps  mal  connue  , 
n’est  sortie  du  chaos  qu’à  l’époque  où  Lau- 
renti  les  étudia  méthodiquement  et  les 
classa;  nous  devons  à  M.  Al.  Brongniart 
la  division  des  Reptiles  en  quatre  ordres. 
C’est  lui  qui  leur  a  assigné  les  noms  adoptés 
maintenant  par  la  plupart  des  naturalistes; 
mais  c’est  M.  Duméril  qui,  dès  1807,  a 
posé  les  bases  de  leur  distribution  actuelle, 
par  son  savant  Mémoire  sur  la  Division 
des  Reptiles  Batraciens.  Quoiqu’à  cette 
époque  il  eût  encore  laissé  les  Cécilies 
parmi  les  Ophidiens,  il  avait  déjà  indiqué 
avec  précision  les  caractères  qui  établissent 
des  points  de  similitude  entre  ces  Reptiles 
et  les  Batraciens.  C’est  d’après  cette  don¬ 
née  que  les  erpétologistes,  et  Oppel  le  pre¬ 
mier  ,  ont  fait  de  ce  genre  une  famille  de 


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Tordre  des  Batraciens ,  ce  que  G.  Cuvier 
n’avait  pas  encore  fait  dans  sa  seconde  édi¬ 
tion  du  Règne  animal ,  publiée  en  1829  , 
parce  qu’il  ignorait  que  ces  animaux  su¬ 
bissent  des  métamorphoses  ;  cependant , 
frappé  de  leur  analogie  avec  les  Reptiles,  il 
les  avait  placés  sous  le  nom  de  Serpents  nus, 
à  la  fin  de  l’ordre  des  Ophidiens,  comme 
établissant  le  passage  aux  Batraciens.  De¬ 
puis,  les  travaux  de  J.  Wagler,  du  prince 
Ch.  Bdhaparte  et  du  professeur  Müller  de 
Bonn  ,  ont  confirmé  l’arrangement  dont  la 
première  idée  est  due  aux  naturalistes  fran¬ 
çais.  Dans  la  méthode  adoptée  aujourd’hui 
par  MM.  Duméril  et  Bibron  ,  les  Reptiles 
qui  composent  Tordre  des  Batraciens  sont 
partagés  en  trois  sous-ordres ,  fondés  sur 
des  particularités  de  leur  organisation  ex¬ 
terne,  faciles  à  saisir;  ce  sont  l’absence 
complète  des  membres  et  la  privation  ou 
l’existence  de  la  queue. 

Le  premier  sous-ordre  est  celui  des  Pé- 
komèles,  Reptiles  de  structure  anomale,  et 
établissant,  d’un  côté,  le  passage  des  Ophi¬ 
diens  aux  Batraciens  et,  de  l’autre,  aux 
Poissons.  Leur  corps  est  cylindrique  et  nu; 
leurs  membres  nuis  ;  leurs  yeux  à  peu  près 
cachés  sous  la  peau  et  manquant  quelque¬ 
fois.  L’articulation  des  vertèbres  a  lieu 
comme  dans  les  Poissons;  elles  sont  creu¬ 
sées  en  avant  et  en  arrière  d’une  cavité  co¬ 
nique  remplie  d’un  liquide  gélatineux.  Leur 
squelette  présente,  comme  chez  les  Serpents, 
de  longues  rangées  de  côtes,  mais  trop 
courtes  pour  entourer  le  tronc.  Dents  maxil¬ 
laires  et  palatines  sur  deux  lignes  et  quel¬ 
quefois  recourbées  en  arrière,  comme  dans 
les  Ophidiens.  Les  Péromèles  forment  une 
seule  famille,  celle  des  Céciloïdes,  com¬ 
prenant  quatre  genres. 

Le  second  sous-ordre  est  celui  des  Anou¬ 
res,  qui  perdent  leur  queue  à  une  certaine 
époque  de  leur  vie,  et  ont  pour  caractères  : 
Corps  court  et  ramassé  ;  quatre  membres  ; 
queue  nulle  après  leur  métamorphose.  Pat¬ 
tes  plus  longues  que  le  tronc  dans  les 
Grenouilles,  et  plus  courtes  dans  les  Cra¬ 
pauds.  Doigts  élargis  en  pelottes  chez  les 
Rainettes  et  munis  d’étuis  cornés  chez  les 
Dactylèthres.  Les  Anoures  sont  divisés  en 
deux  groupes  :  les  Phanèroglosses ,  ou  à 
langue  distincte ,  composés  des  trois  fa¬ 
milles  des  Raniformes  ;  des  Hvlœformes  et 


des  Bufoniformes  ,  et  les  Phrynagh  $- 
ses ,  ou  à  langue  nulle ,  composée  de  la 
seule  famille  des  Pipœformes,  comprenant 
en  tout  quarante-six  genres. 

Le  dernier  sous-ordre  est  celui  des  Uro- 
dèues  à  métamorphose  moins  complète,  à 
queue  ronde  ou  comprimée  et  persistante, 
à  côtes  rudimentaires,  à  branchies  cadu¬ 
ques  ou  nulles.  Pattes  bien  ou  mal  déve¬ 
loppées,  et  quelquefois,  comme  chez  les  Si¬ 
rènes,  deux  pattes  antérieures  seulement. 
On  en  forme  deux  groupes  :  les  Atctroclè- 
res  ,  dont  le  cou  n’a  ni  trous  ni  branchies, 
et  qui  sont  composés  de  la  famille  unique 
des  Salamandrides ,  et  les  Trèmatodè- 
res  ,  dont  le  cou  a  des  fentes  ou  trous  dis¬ 
tincts,  et  qui  est  formée  des  deux  familles 
des  Amphiumides  et  des  Protéïdes. 

(C.  n’O.) 

*  BATRACIENS  FOSSILES,  pa- 
léont. —  Des  os  séparés  et  même  quelques 
squelettes  à  peu  près  complets  de  Batra¬ 
ciens  se  rencontrent  dans  les  parties  des  ter¬ 
rains  tertiaires  formées  par  les  eaux  douces, 
et  nous  savons  maintenant  que,  dès  que  les 
Reptiles  ont  existé  sur  la  terre,  il  y  a  eu  des 
animaux  de  cet  ordre  ,  ou  du  moins  qui  en 
possédaient  les  principaux  caractères.  C’est 
ce  qui  résulte  de  la  découverte  faite  par  M. 
Jæger,  dans  le  Keuper  de  Wurtemberg,  d’un 
reptile  qui,  par  la  composition  et  la  forme 
générale  de  sa  tête,  aussi  bien  que  par  son 
double  condyle  occipital,  doit  être  rangé 
parmi  les  Batraciens,  et  c’est  probablement 
le  Batracien  le  plus  gigantesque;  car  sa 
tête  présente  un  disque  aplati,  demi  ellip¬ 
tique,  qui  n’a  pas  moins  de  soixante-douze 
centimètres  de  long  sur  cinquante-sept  de 
large,  et  au  milieu  duquel  sont  percés  deux 
grands  orbites  oblongs.  La  composition  de 
cette  tète  se  rapproche  beaucoup  de  celle 
des  Pélobates  ;  mais  elle  offre  ceci  de  parti¬ 
culier  que  Tintermaxillaire  est  percé,  à  son 
extrémité  antérieure ,  de  deux  trous  pour 
laisser  passer  et  saillir  au  dehors,  comme 
deux  cornes ,  deux  longues  dents  coniques 
du  maxillaire  inférieur.  Ce  fossile  a  reçu  le 
nom  de  Salamandroides  Jœgeri.  Voyez  ce 
mot. 

C’est  parmi  ces  animaux  qu’a  dû  être 
classée  la  célèbre  pétrification  des  car¬ 
rières  schisteuses  tertiaires  d’OEningen, 
que  Scheuchzer  publia,  en  1728,  dans  une 


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dissertation  intitulée  :  l’Homme  témoin  du 
Déluge  {Hcmo  diliivii  testis),  et  que 
Cuvier,  grâce  à  la  précision  qu’il  avait 
introduite  dans  la  distinction  des  carac¬ 
tères  ostéologiques ,  reconnut  pour  être 
le  squelette  d’une  espèce  de  Salaman¬ 
dre  ,  qu’il  nomma,  en  considération  de  sa 
taille  (un  mètre  et  demi  de  longueur) ,  * Sa¬ 
lamandre  gigantesque.  Ce  fossile,  étudié 
de  nouveau  par  M.  de  Tschudi ,  a  été  placé 
par  lui ,  dans  sa  Classification  des  Batra¬ 
ciens  insérée  dans  le  tome  II  des  Mé¬ 
moires  de  Neufchâtel,  entre  le  Megaloba- 
trachus  (  grande  Salamandre  de  Java  )  et 
le  Mcnopoma.  Il  le  nomme  Andrias 
Scheuckzeri  (l’homme  de  Scheuchzer), 
en  commémoration,  sans  doute,  de  la  dé¬ 
couverte  et  de  l’erreur  de  ce  savant. 

Ces  mêmes  schistes  d’OEningen  ont 
fourni  deux  espèces  de  Crapauds,  dont  l’une 
a  été  rapprochée,  par  Cuvier,  du  Crapaud 
des  joncs,  et  l’autre,  publiée  par  M.  Agas- 
siz ,  sous  le  nom  de  Bombinator  OEnin- 
gensis.  M.  deTschudi  appelle  la  première 
Palæophrynos  Gesneri ,  et  la  seconde,  Pe~ 
lophilus  A gassizii.  Enfin  ce  dernier  au¬ 
teur  a  créé  les  noms  de  Paheobafrachus 
Goldfussii  pour  la  Grenouille  publiée  par 
M.  Goldfuss,  dans  le  XVe  volume  des  Cu¬ 
rieux  de  la  Nature,  sous  ceux  de  Rana  di~ 
luviana  ,  et  qui  se  trouve  dans  le  lignite 
schisteux  tertiaire  des  environs  de  Bonn , 
au  lieu  dit  des  Sept  Montagnes.  M.  Gold¬ 
fuss  a  également  trouvé,  dans  ce  même  li¬ 
gnite,  deux  autres  Batraciens  urodèles,  aux¬ 
quels  il  a  imposé  les  noms  de  Salaman- 
dra  oqygia  et  de  Triton  noachicns. 

Les  terrains  tertiaires  du  Brabant  méri¬ 
dional  ont  offert  à  M.  Charles  Morren  des 
ossements  de  Batraciens  en  assez  grand 
nombre  ;  mais  il  n’en  a  déterminé  ni  les 
genres  ,  ni  les  espèces. 

Enfin,  dans  les  terrains  tertiaires  du  dé¬ 
partement  du  Gers  ,  M.  Lartet  a  découvert 
des  Batraciens  anoures  et  urodèles.  U  pense 
avoir  reconnu  déjà  dix  à  douze  espèces  des 
premiers  et  quatre  à  cinq  des  seconds.  Il  a 
même  trouvé  des  vertèbres  qui  indiquent 
un  nouveau  genre,  car  elles  présentent  les 
formes  générales  de  celles  des  Grenouilles, 
et  cependant  leurs  corps  s’articulent  entre 
eux  comme  dans  les  Salamandres ,  c’est-à- 
dire  par  des  surfaces  convexes  en  avant  et 


BAT  505 

concaves  en  arrière*  contrairement  à  ce  qui 
se  voit  dans  les  Grenouilles. 

Au  dessus  des  terrains  tertiaires ,  l’épo¬ 
que  diluvienne  ne  présente  guère  d’osse¬ 
ments  de  Batraciens  que  dans  des  fentes  de 
rochers  et  dans  des  cavernes.  On  conçoit, 
en  effet ,  que  les  grands  mouvements  des 
eaux  et  des  matériaux  qu’elles  entraînaient 
à  cette  époque  ont  dû  anéantir  les  restes  si 
fragiles  de  ces  animaux,  excepté  dans  quel¬ 
ques  endroits  à  l’abri  des  grands  courants. 
Au  reste ,  l’ostéologie  des  Batraciens  étant 
généralement  assez  négligée ,  et  la  recher¬ 
che  des  dépouilles  que  ces  animaux  ont 
laissées  demandant,  pour  la  plupart  du 
temps,  une  patience  peu  commune,  il  n’est 
pas  étonnant  qu’on  n’en  connaisse  encore 
que  très  peu.  Nous  ne  doutons  pas  que  les 
géologisles  qui  se  trouveront  dans  des  cir¬ 
constances  favorables  n’en  découvrent  beau¬ 
coup  ;  car  plus  on  fouille  cette  mine  paiéon- 
tologique  ,  ouverte  avec  tant  de  bonheur 
par  Cuvier ,  plus  on  peut  se  convaincre  de 
la  justesse  de  l’idée  que  ce  savant  a  émise, 
qu’à  chaque  époque  géologique  existait  une 
population  nombreuse  en  genres  et  en  es¬ 
pèces,  afin  que  la  diversité  des  instincts  pût 
maintenir  par  leur  action  un  équilibre  sta¬ 
ble,  non  seulement  dans  le  règne  animal 
mais  aussi  dans  le  règne  végétal ,  c’est-à- 
dire  entre  tous  les  corps  organisés. 

(I,  D.) 

*  BATRATHEHUM  (|3a%  qui  mon¬ 
te  ;  àôrîp,  épi),  bot.  ph.  —  Famille  des 
Graminées,  tribu  des  Andropogonées.  Ce 
g.,  qui  a  pour  type  VAndropogon  lan- 
ceolatus  de  Roxburgh ,  espèce  indienne , 
a  été  formé  par  le  prof.  Nees  d’Esenbeck 
(  in  Edimb.  now  philosoph .  Journ.  , 
XVIII ,  p.  180).  Ses  épillets  sont  géminés  à 
chaque  dent  du  rachis  ou  axe  commun  ;  l’un 
des  épillets  est  sessile  et  fertile,  l’autre  est 
pédicellé  et  neutre.  L’épillet  fertile  se  com¬ 
pose  de  deux  fleurs  :  l’une  inférieure,  neutre 
et  unipaléacée;  l’autre  hermaphrodite  et  fer¬ 
tile.  La  lépicène  est  formée  de  deux  écailles 
égales  et  aiguës  ou  bidentées  au  sommet. 
Les  paillettes  de  la  glume  sont  un  peu  plus 
courtes  que  la  lépicène  :  l’extérieure  allon¬ 
gée,  un  peu  bidentée  à  son  sommet,  donne 
naissance,  à  la  partie  inférieure  de  son  dos, 
à  une  soie  géniculée  à  son  milieu  et  tordue  ; 
la  supérieure  ou  intérieure  est  petite,  étroite 
,  -  32* 


T  II. 


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506  BAT 

et  lancéolée  ;  les  deux  paléoles  sont  larges 
et  tronquées.  (A.  R.) 

*  BATBISUS.  ins.  — Genre  de  Coléop¬ 
tères  dimères,  établi  par  M.  Aubé  dans  la 
famille  des  Psélaphiens  ,  division  de  ceux  à 
tarses  monodactyles  ( Pselaphiorum  Mo- 
nographia ,  pag.  45),  et  qu’il  caractérise 
ainsi  dans  son  Synopsis  :  Corps  allongé  et 
cylindrique  ;  antennes  moniliformes  ,  lo¬ 
gées  dans  un  enfoncement  latéral  de  la 
tète  ;  corselet  trapézoïde ,  ayant  en  dessus 
trois  sillons  longitudinaux. —  M.  Aubé  rap¬ 
porte  à  ce  genre  huit  espèces ,  dont  5,  sui¬ 
vant  M.  Lacordaire,  se  trouvent  aux  envi¬ 
rons  de  Paris.  Ce  sont  de  très  petits  Insec¬ 
tes  qui  vivent  pour  la  plupart  en  société 
avec  les  Fourmis,  et  dont  quelques-uns 
habitent  sous  les  écorces  et  dans  le  bois  en 
décomposition.  Nous  citerons,  comme  type 
du  genre,  le  Bairisus  formicarius  Aub., 
figuré  dans  sa  Monographie ,  pl.  89,  fig.  1, 
a-d.  (D.) 

BATSCHIA  (  Batsch  ,  botaniste  alle¬ 
mand).  bot.  rn.  —  Ce  nom  a  été  appliqué 
par  Gmelin  à  une  section  du  genre  Litho- 
spermnm.  Yahl  l’a  employé  comme  syno¬ 
nyme  du  genre  IJumholdtia  ;  Thunberg , 
comme  synonyme  du  genre  Trichoa  ;  et 
Mœnch,  comme  synonyme  d 'Eupatorium 
azeratoides.  (Sp.) 

BATTANTS,  rept. — On  donne  ce  nom 
aux  deux  pièces  mobiles  qui,  dans  les  Émy- 
des  à  charnières,  se  trouvent  en  avant  et  en 
arrière  du  plastron,  et  permettent  à  ces  ani¬ 
maux  de  s’enfermer  dans  leur  test  comme 
dans  une  boîte,  en  les  rapprochant,  après 
qu’ils  ont  retiré  leur  tête,  leur  queue  et 
leurs  pattes.  (C.  d’O.) 

BATTANTS,  mole. — Dans  l’ancien  lan¬ 
gage  conchyliologique ,  on  nommait  ainsi  les 
valves  de  toutes  les  Coquilles  bivalves  ;  mais 
ce  mot  est  tombé  en  désuétude.  On  se  con¬ 
tente  de  nommer  valve  droite  et  valve  gauche 
les  deux  parties  d’une  coquille  bivalve. 

(Desh.) 

BATTANTS.  bot.--  Voyez  valves. 

B  ATT  ARE  A  (nom  propre),  bot.  cr. 
—  Persoon  (Syn.  Fung .,  p.  129,  tab.  111, 
fig.  1)  a  dédié  ce  genre  de  Champignons  à 
l’illustre  Battarra,  auteur  de  l’un  des  meil¬ 
leurs  ouvrages  en  cryptogamie [Fungorum 
a  g  ri  Ariminensis  historia).  Woodward 
(Ad.  angl .,  vol.  LXXIY,  p.  423,  tab.  161  a 


fait  le  premier  connaître  l’espèce  qui  a  servi 
de  type.  Ce  genre  appartient  à  la  famille  des 
Lycoperdacées,  quoique,  pour  la  forme  gé¬ 
nérale,  il  ait  des  rapports  avec  les  Phalloï- 
dées.  Il  est  caractérisé  par  une  volve  qui 
renferme ,  dans  les  deux  feuillets  dont  elle 
se  compose,  une  matière  gélatineuse.  Cette 
volve  se  rompt  et  il  en  sort  un  pédicule  creux, 
presque  ligneux,  qui  supporte  un  chapeau 
campaniforme  ,  lisse  en  dessous ,  filamen¬ 
teux  et  pulvérulent  en  dessus. La  membrane 
interne  de  la  volve  recouvre  toute  cette  par¬ 
tie  comme  le  ferait  un  capuchon. — On  con¬ 
naît  trois  espèces  de  ce  genre.  1°  Le  B. 
phalloides  Pers.,  trouvé  en  Angleterre 
Sa  volve  est  enfoncée  à  une  profondeur  de  18 
ou  20  centimètres  en  terre,  ovale  ,  blanche, 
formée  de  deux  membranes  qui  renferment 
une  matière  mucilagineuse.  Le  pédicule  est 
nu  ,  cylindrique,  d’une  consistance  presque 
ligneuse,  fendillé  et  écailleux  à  la  surface, 
et  presque  de  la  longueur  d’un  pied.  Le  cha¬ 
peau  est  campanulé,  courbé  en  bas,  glabre 
en  dessous  et  éloigné  du  pédicule.  Sa  face 
supérieure  présente  une  couche  assez 
épaisse  de  filaments  et  de  spores  rousses. 
Le  feuillet  interne  de  la  volve,  en  se  déchi¬ 
rant,  y  demeure  adhérent  et  la  recouvre 
comme  le  ferait  une  coiffé.  2°  Le  B.  Steve - 
niiY.  (JDendromyees  Stevenii  Libosch., 
Monog.  wien .,  1814,  fig.  1,  2)  croît  dans  les 
sables,  sur  les  bords  duWolga.il  atteint  jus¬ 
qu’à  35  centimètres  de  hauteur;  il  présente 
un  chapeau  coriace,  mince,  celluleux  en  des¬ 
sus  et  recouvert  d'une  très  grande  quantité 
de  spores  d’un  jaune  brun,  diaphanes  sous  le 
microscope.  3°  Le  B.  Gaudichaudii  Mont. 
(Ann.  des  sc.  na t. ,  t.  II,  p.  76,  tab.  4 , 
fig.  1)  a  été  découvert  en  juin  1831,  par 
M.  Gaudichaud  ,  près  de  Lima  ,  au  Pérou, 
sur  les  bords  desséchés  du  Rimac.  Des  des¬ 
criptions  et  des  figures  incomplètes  des  au¬ 
teurs,  dit  M.  Montagne,  il  résulte  pourtant 
que  notre  B.  Gaudichaudii  diffère  du  B. 
phalloides  Pers.  par  la  présence  d’un  cor¬ 
don  dans  la  cavité  du  stipe  et  la  non-con¬ 
fluence  du  stipe  ;  du  B.  Stevenii  par  un 
chapeau  convexe  hémisphérique,  et  de  tous 
les  deux  par  la  couleur  des  sporidies  qui 
sont  d’un  brun  pourpre.  Malgré  lés  détails 
dans  lesquels  je  suis  entré ,  je  regarde  le 
genre  Battarea  comme  peu  connu.  Tant 
au’ on  n’aura  pas  l’occasion  de  l’analyser  à 


BAÜ 


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dAU 

l’état  frais,  la  description  laissera  toujours 
quelque  chose  à  désirer.  (Lév.) 

BAl'BIS.  mam.  —  Yariété  du  Chien  do¬ 
mestique,  appelé  aussi  Chien  Normand , 
dont  le  corps  est  épais  et  la  tête  courte,  et 
qu’on  emploie  particulièrement  à  la  chasse 
du  Renard  et  du  Sanglier. 

BAUD.  mam.  —  Race  de  Chiens  origi¬ 
naires  de  Barbarie  et  qu’on  appelle  aussi 
Chiens  cerfs  ou  Chiens  muets. 

BAUDET,  mam.  —  Nom  vulgaire  de 
l’Ane. 

BAUDEYÏA,  Lesch.  (Baudin,  capitaine 
du  navire  que  montait  Riedlé).  bot.  ph.  — 
Synonyme  du  genre  Calothamnus . 

B  A  U  DISSÉ  RITE .  min. — Même  chose 
que  Baldissérite.  (Del.) 

BAUDRIER  DE  NEPTUNE,  bot.  cr. 
—  (Phycées).  Nom  vulgaire  de  la  La- 
min  aria  sciccharina  ,  en  raison  de  sa 
forme  et  de  la  longueur  souvent  considéra¬ 
ble  qu’elle  atteint.  Voyez  laminaire. 

(C.  M.) 

BAUDROIE  ouBE  AUDREUIE.poiss. 
— Nom  vulgaire  d’un  poisson  très  remarqua¬ 
ble  ,  que  les  pêcheurs  de  Marseille  ont , 
dit-on ,  composé  de  cette  sorte  de  bourse 
attachée  à  la  ceinture ,  et  qu’on  appelait  au¬ 
trefois  Baudrier ,  de  Balteus  et  de  (3aXav- 
rtov.  Ce  mot  a  été  employé  ensuite  comme 
dénomination  générique  des  espèces  qui 
viennent  se  grouper  près  de  celui-ci. 
Aussi  commune  dans  la  Méditerranée  que 
dans  l’Océan  d’Europe  ,  et  s’avançant  assez 
haut  vers  le  nord  ,  au  moins  jusqu’au  60e 
degré ,  la  Baudroie  est  un  poisson  célèbre 
par  sa  taille,  qui  va  jusqu’à  1  mètre  70  cen¬ 
timètres  ;  par  sa  forme  bizarre  et  laide  ; 
par  ses  instincts  ou  les  ruses  qu’on  lui  at¬ 
tribue;  parsa  conformation,  et  surtout  aussi 
par  les  exagérations  ajoutées  à  ce  qu’il  y  a 
de  vrai  et  de  naturel  dans  les  traits  que  nous 
allons  signaler. 

La  Baudroie  a  la  tête  énorme,  déprimée, 
et  comme  circulaire.  En  arrière,  le  disque 
se  prolonge  en  une  queue  conique ,  soute¬ 
nant  une  petite  nageoire.  Une  dorsale  basse 
et  courte  est  sur  le  tronçon  de  cette  queue  ; 
et,  sur  la  tête,  sont  trois  ou  quatre  longs 
filets,  terminés  par  un  lambeau  charnu 
que  M.  Cuvier  a  reconnu  pour  être  les 
rayons  d’une  première  dorsale  très  allongés 
et  avancés  jusque  sur  le  ver.tex,  entre  les 


yeux.  Leur  articulation  est  faite  au  moyen 
d’un  anneau  entré  dans  un  autre,  attaché 
à  l’inter-épineux  qui  doit  le  soutenir.  Ce 
mode  de  jonction  donne  à  ces  rayons  une 
mobilité  très  grande  ,  due  aux  muscles  dont 
ils  sont  pourvus.  Une  gueule  énorme  s’ou¬ 
vre  à  la  partie  antérieure  de  la  tête;  la  m⬠
choire  inférieure  dépasse  la  supérieure  ; 
les  dents  sont  longues  et  en  herse ,  et  les 
palatins  ainsi  que  le  vomer  en  sont  hérissés. 
La  largeur  prodigieuse  de  la  tête  tient  au 
grand  développement  de  la  membrane  bran- 
chiostège ,  soutenue  par  de  longs  rayons  au 
nombre  de  six,  et  qui,  au  lieu  d’être  fen¬ 
due  sur  les  côtés  des  ouïes ,  se  prolonge 
pour  se  contourner  et  embrasser  la  base  de  la 
nageoire  pectorale ,  qui  paraît  ainsi  sortir 
par  la  fente  de  l’ouïe ,  et  être  soutenue  sur 
une  espèce  de  pédicule  ou  de  petit  bras.  Le 
pourtour  du  disque  de  la  tête  est  garni 
de  lambeaux  cutanés ,  plus  ou  moins  fran¬ 
gés  ou  découpés,  et  ils  s’étendent  aussi  de 
chaque  côté  de  la  queue.  Ces  énormes  sacs 
contiennent  les  branchies  qui,  par  une  ex¬ 
ception  unique  dans  le  groupe  des  Acan- 
thoptérygiens , n’ont  que  trois  feuillets  seu¬ 
lement  de  chaque  côté.  Tous  les  autres 
Poissons  en  ont  quatre.  Un  autre  caractère, 
commun  à  tous  ceux  de  sa  famille,  consiste 
dans  l’absence  du  sous-orbitaire.  Les  pec¬ 
torales  sont  portées  sur  deux  os  du  carpe 
assez  allongés,  et  qu’on  a  cru  à  tort  être  le 
radial  et  le  cubital  de  l’avant-bras.  Ces  deux 
derniers  os  sont  employés  à  former,  comme  à 
l’ordinaire ,  la  ceinture  osseuse  de  l’épaule, 
et  à  donner  insertion  aux  os  pelviens  ,  aux¬ 
quels  sont  attachées  deux  petites  ventrales 
jugulaires.  Parmi  les  organes  des  sens,  celui 
de  l’odorat  mérite  d’être  mentionné,  à 
cause  de  la  singulière  disposition  de  la  na¬ 
rine.  Il  faut  rappeler  que,  chez  les  Poissons, 
il  y  a  deux  ouvertures  à  chaque  narine  :  une 
antérieure,  et  l’autre  située  au-delà.  Tantôt 
elles  se  touchent,  tantôt  elles  sont  éloignées, 
il  y  a  même  beaucoup  de  variations  à  ce  sujet. 
Chez  la  Baudroie,  les  deux  ouvertures  sont 
pratiquées  à  l’extrémité  d’un  tentacule 
charnu ,  long  d’un  centimètre  au  moins,  et 
traversé  par  le  nerf  olfactif  qui  s’ouvre 
sur  les  lamelles  de  la  membrane  pitui¬ 
taire,  logées  dans  le  tube.  U  paraît  que  cette 
disposition  a  pour  objet  de  favoriser  la  per¬ 
ception  des  odeurs,  l’animal  dressant  ses 


508 


BAU 


tentacules  et  les  portant  vers  les  corps  qui 
envoient  des  émanations  odorantes.  Je  crois 
aussi  que,  vivant  dans  le  sable  et  sou¬ 
vent  recouvert  de  limon ,  il  trouve  dans 
cette  conformation  un  moyen  de  tenir  les 
narines  au  dessus  de  la  surface  vaseuse ,  et 
de  garantir  ainsi  sa  membrane  pituitaire 
des  excitations  fâcheuses  que  lui  pourrait 
causer  l’introduction  de  corps  étrangers,  et 
de  lui  laisser  constamment  le  libre  usage  de 
cet  organe. 

L’habitude  de  ce  poisson  est  de  vivre  sur 
le  sable  ou  enfoncé  dans  la  vase,  et  de  faire 
flotter  au  dessus  les  filets  longs  et  très 
mobiles  de  sa  tête.  Les  lambeaux  qui  les 
terminent  semblent  des  appâts,  attirant 
autour  d’eux  les  petits  Poissons  que  la 
Baudroie  engloutit  facilement  dans  son 
énorme  gueule.  Je  crois  que  c’est  à  cela 
qu’il  faut  réduire  ce  qu’il  y  a  de  vrai  dans 
les  pêches  des  Baudroies.  La  force  de  ces 
Poissons  est  très  grande,  et  Rondelet  rap¬ 
porte  qu’ils  peuvent  vivre  longtemps  hors 
de  l’eau.  Cet  habile  ichthyologue  affirme 
qu’une  d’elles,  abandonnée  pendant  deux 
jours  parmi  les  herbes  du  rivage,  saisit  à  la 
patte  un  jeune  Renard  ,  et  qu’elle  le  retint 
pendant  longtemps,  ce  qui  prouve  la  force 
de  ses  mâchoires  et  des  dents  recourbées  qui 
y  sont  implantées.  Artédi  a  fait  avec  rai¬ 
son  un  genre  de  la  Baudroie,  en  se  servant 
des  données  que  lui  fournissaient  Be- 
lon,  Salviani,  Rondelet;  mais  il  a  mécon¬ 
nu  ses  caractères  naturels.  Il  commence 
par  nier  l’existence  de  la  membrane  bran- 
chiostège  chez  ce  poisson;  c’est,  au  contraire, 
celui  qui  l’a  de  tous  la  plus  développée  ;  ce¬ 
pendant  il  le  place  dans  son  ordre  des  Bran- 
chiostèges,  avec  plus  de  raison  que  ceux  qui 
en  font  un  poisson  cartilagineux,  et  plus  ju¬ 
dicieusement  surtoutque  Linné  qui  le  plaçait 
comme  un  reptile  avec  les  autres  cartilagi¬ 
neux,  dans  ses  Amyhibia  nantia.  Ce 
genre  reçut  d’ Artédi,  à  cause  de  l’espèce 
de  crête  ou  de  panache  formée  par  les 
grands  rayons  antérieurs,  le  nom  de  Lo- 
phius.  Deux  autres  espèces  y  furent  d’a¬ 
bord  réunies  ;  puis  Gmelin  et  Lacépède  en 
ajoutèrent  plusieurs  autres,  mais  qui  n’a¬ 
vaient  tout  au  plus  que  des  caractères  de 
famille  et  du  même  genre  que  la  Baudroie. 
M.  Cuvier,  en  établissant  la  famille  des 
àcanthoptérygiens  à  pectorales  pédiculces , 


BAU 

a  fait  une  entière  réforme  et  a  réduit  les  ca¬ 
ractères  du  genre  Baudroie  aux  suivants  : 

Acanthoptérygien  à  tête  grande,  grosse, 
large ,  déprimée  ,  épineuse  ;  à  gueule  très 
fendue ,  armée  de  dents  coniques  sur  les 
mâchoires ,  les  palatins  et  le  vomer  ;  point 
de  sous-orbitaire.  Six  rayons  à  la  membra- 
né  branchiostège  recouvrant  trois  arceaux 
branchiaux  seulement.  Deux  dorsales,  l’an¬ 
térieure  avancée  sur  la  tête  et  formée  de 
rayons  libres,  longs  et  grêles. 

Plusieurs  auteurs  admettent  une  seconde 
espèce  de  Baudroie  dans  la  Méditerranée. 
Il  y  en  a  deux  autres  dans  l’Atlantique  et 
une  dernière  dans  les  mers  du  Japon. 

(Va,..) 

BAUDRUCHE,  mam.  - —  Voyez  in¬ 
testins. 

BAUERA,  Salisb.  (Baüer,  frères,  bota¬ 
nistes  et  dessinateurs  allemands),  bot.  ph. 
— Genre  type  de  la  famille  des  Bauéracées. 
Les  caractères  essentiels  en  sont  :  Calice  6-8- 
parti.  Étamines  à  filets  filiformes.  Anthères 
ovales.  Capsule  didyme,  biloculaire,  polys- 
perme.  Graines  oblongues ,  tuberculeuses. 
—  Arbrisseaux.  Feuilles  opposées ,  sessi- 
les,  trifoliolées,  non  stipulées.  Fleurs  axil¬ 
laires  ou  terminales,  pourpres.  Ce  genre 
est  propre  à  la  Nouvelle-Hollande  :  on  en 
connaît  5  espèces.  (Sr.) 

*BAUÉRACÉES.  bot.  ph. — M.  Lindley 
sépare  le  genre  Bauera  des  Cunoniacées  ou 
Saxifragées  ( voyez  ce  mot) ,  auxquelles  on 
le  rapportait ,  pour  en  faire  le  type  et  jus¬ 
qu’ici  l’unique  genre  d’une  famille  qui  se  dis¬ 
tinguerait  des  précédentes  par  ses  étamines 
indéfinies,  dont  les  anthères  s’ouvrent  au 
sommet  par  deux  pores,  ainsi  que  par  son 
port  particulier.  Il  est  inutile  de  s’étendre 
sur  ses  autres  caractères ,  puisque  ce  se¬ 
raient  ceux  du  genre  Bauera.  (Ad.  J.) 

BAUHIAIA,  Plum.  (Bauhin,  frères,  bo¬ 
tanistes  du  xyie  siècle),  bot.  ph. — Genre  de 
la  famille  des  Légumineuses  (sous- ordre  des 
Césalpiniées).  M.  De  Candolle  (Prodr.,  II, 
p.  512)  lui  assigne  les  caractères  suivants  : 
Calice  spathacé  ou  irrégulièrement  5-fide, 
membranacé.  Pétales  5,  plus  ou  moins 
inégaux  :  le  supérieur  souvent  défléchi. 
Étamines  10  ;  soit  9  stériles  ,  monadel- 
phes  ,  et  une  seule  fertile  ,  libre  ;  soit 
toutes  monadelphes  par  la  base ,  et  tantôt 
toutes  fertiles,  tantôt  5  ou  8  seulement 


BAU 


BAU 


509 


fertiles.  Légume  1-loculaire ,  polysperme , 
2-valve.  Graines  ovales,  comprimées.  Em¬ 
bryon  rectiligne  ;  radicule  ovoïde  ;  cotylé¬ 
dons  plans.  —  Arbrisseaux  dressés  ou  vo- 
lubiles.  Feuilles  plus  ou  moins  profondé¬ 
ment  bilobées,  ou  indivisées.  Fleurs  en 
grappes  latérales  ou  terminales.  M.  De 
Candolle  énumère  56  espèces  de  ce  genre  ; 
toutes  habitent  la  zone  équatoriale.  (Sr.) 

*B  AUM  ANfNI  A ,  DC.  ( Hort .  G  en.  non 
?iot.  YI).  (Baumann ,  nom  d’homme),  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Éricacées, 
synonyme  de  Cassandra . 

*BAUMANNIA,  Sp.  bot.  ph. — Syno¬ 
nyme  du  genre  Anogra,  du  même  auteur. 

B  AUMJE .  Bals  à  m  u  m .  bot.  ph.  —  Les 
Baumes  sont  des  résines  qui  découlent  de 
certains  arbres,  et  dont  quelques-uns  pas¬ 
sent  à  l’état  solide  par  la  dessiccation,  tandis 
que  d’autres,  associés  à  une  certaine  quan¬ 
tité  d’huile  volatile,  restent  mous  ou  même 
fluides.  Ils  contiennent  tous,  ce  qui  les  dis¬ 
tingue  des  résines ,  de  l’acide  benzoïque, 
qu’on  peut  isoler,  en  les  traitant  à  chaud, 
avec  une  dissolution  de  carbonate  de  soude, 
qu’on  sature  ensuite  d’acide  sulfurique, 
ou  même  par  la  simple  sublimation.  Ces 
Baumes  sont,  comme  les  résines  ,  insolu¬ 
bles  dans  l’eau  et  très  solubles  au  contraire 
dans  l’alcool,  l’éther,  les  huiles  volatiles  et 
même  les  huiles  fixes  ;  ils  sont  très  inflam¬ 
mables  et  répandent,  en  brûlant,  une  odeur 
aromatique.  Les  acides  chlorhydrique,  acé¬ 
tique  et  sulfurique  les  dissolvent  sans  les 
décomposer,  tandis  que  l’acide  azotique  les 
attaque  avec  violence  ;  ils  s’unissent  aux  ba¬ 
ses  sans  se  saponifier. 

Les  Baumes  sont  employés  en  médecine 
Comme  stimulants,  ou  bien  encore  comme 
parfums,  comme  cosmétiques,  ou  pour  aro¬ 
matiser  certains  mets. 

Nous  ne  connaissons  pas  la  composition 
élémentaire  des  Baumes,  à  cause  de  la  va¬ 
riabilité  des  caractères  généraux  qu’ils  pré¬ 
sentent  et  qui  diffèrent  suivant  les  indivi¬ 
dus  et  les  circonstances  de  l’extraction. 

Les  Baumes  connus  sont  : 

Le  Baume  du  Pérou  ,  extrait  des  arbres 
du  Mexique  et  de  la  Colombie,  Myroxylum 
pemiferumetM  pnbescens ;  il  est  connu 
sous  les  noms  de  B.  brun,  B.  en  coque,  B. 
d’incision,  B.  sec. 

Le  Baume  de  Tolu,  produit  par  le  Tolid- 


fera  Balsamum ,  Myroxilum  loluifera , 
arbre  de  l’Amérique  méridionale,  croissant 
surtout  dans  la  province  de  Carthagène, 
aux  environs  de  la  ville  de  Tolu,  et  dans  l’île 
Saint-Thomas;  il  a  pour  synonyme  dans  le 
commerce,  les  noms  de  B.  d’Amérique, 
B.  de  Saint-Thomas,  B.  de  Carthagène  , 
B.  dur.  Tous  les  deux,  toujours  à  l’état  li¬ 
quide,  jouissent  des  mêmes  propriétés; 
mais  on  préfère  le  dernier. 

Le  Benjoin  ,  résine  balsamique  solide  à 
odeur  de  Yanille,  s’extrait  du  Styrax  ben - 
z o in ,  arbre  de  la  famille  des  Styracécs  , 
originaire  des  îles  de  la  Sonde.  Le  Benjoin  du 
commerce  peut  se  présenter  sous  trois  états 
differents  :  1°  en  masses  irrégulières,  d’un 
brun  rougeâtre,  à  cassure  résineuse,  conte¬ 
nant  des  larmes  blanches  et  irrégulières, 
c’est  le  Benjoin  amygdaloïde  ;  2°  en  larmes 
séparées,  d’un  blanc  opalin,  plus  ou  moins 
volumineuses  et  un  peu  aplaties  ;  8°  enfin 
en  masses  d’un  brun  rougeâtre,  à  cassure 
écailleuse,  qu’on  nomme  Benjoin  en  sorte. 
Il  est  employé  en  médecine,  soit  en  vapeur, 
soit  à  l’intérieur,  en  sirop  ou  en  teinture, 
comme  antirhumatismal ,  et  dans  les  ca- 
tharres  chroniques.  Sa  teinture  ,  étendue 
d’eau,  sert  à  la  toilette  sous  le  nom  de  Lait 
virginal  ;  dans  les  églises,  il  est  mêlé  à 
l’encens. 

Le  Styrax  calamite  ou  Storax  ,  résine 
d’une  odeur  agréable  qui  découle  des  inci¬ 
sions  faites  au  tronc  des  Aliboufiers  ( Sty¬ 
rax v,  surtout  de  celui  de  Syrie. 

Le  Styrax  liquide.  On  pense  que  ce 
Baume,  sur  l’origine  duquel  on  n’est  pas 
d’accord,  découle  par  incision  des  différen¬ 
tes  espèces  de  Liquidambar. 

La  teinture  alcoolique  de  ces  derniers  a 
été  longtemps  employée  comme  un  cosmé¬ 
tique  ,  et  ils  se  substituent  encore  au  Ben¬ 
join  dans  la  préparation  du  Lait  virginal. 

On  a  aussi  désigné  dans  le  commerce 
ou  dans  la  langue  vulgaire ,  sous  le  nom  de 
Baumes,  des  résines,  des  huiles  ou  des  vé¬ 
gétaux  à  odeur  pénétrante  et  aromatique  et 
qui  n’ont  que  le  nom  de  commun  avec  les 
véritables  Baumes.  Nous  allons  en  donner 
une  énumération  succincte. 

Baume.  Synonyme  de  Tanaisie. 

Baume  aquatique.  Synonyme  de  Ment  ha 
aquatica. 

Baume  blanc,  B.  de  Judée,  B.  de  la 


MO 


BAU 


BDE 


Mecque  ,  B.  de  Syrie  ,  B.  vrai,  B.  de  Con¬ 
stantinople,  B.  de  GilÉad  ,  B.  du  grand- 
Caire,  B.  d’Égypte  ,  résine  extraite  par  in¬ 
cision  du  tronc  ou  des  branches  de  l 'Am?/ ris 
opohalsamum,  arbre  de  l’Arabie  et  de 
l’Asie  centrale. 

Baume  de  Brésil  ,  de  CorAHu  OU  Huile 
de  Copahu.  Voyez  copaÏer  et  liquidambar. 

Baume  de  Canada.  Voyez  sapin. 

Baume  de  Carpathie,  B.  de  Hongrie. 
Noms  de  la  résine  du  Pin  sylvestre. 

Baume  des  champs.  Synonyme  général  de 
Menthe. 

Baume  des  chasseurs.  Synonyme  de  Pi¬ 
per  rotundifolium. 

Baume  a  cochon,  B.  sucrier.  Voyez 

HEDWIGIE. 

Baume  focot  ,  B.  vert  de  Madagascar. 
Voyez  TACAMAQUE. 

Baume  de  la  grande  terre.  Synonyme 
de  Lantana  involucratci. 

Baume  d’ambre.  Voyez  liquidambar. 

Baume  des  jardins.  Synonyme  de  Bal- 
samite. 

Baume  de  marie,  B.  vert.  Voyez  calo- 

THYLLE. 

Baume  de  momie,  B.  de  Sodome.  Voyez 

MOMIE. 

Baume  (Petit).  Voyez  croton  balsami- 
fère.  (G.  d’O.) 

*  BAUME  A.  bot.  th.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Cypéracées ,  tribu  des  Rhynchos- 
porées,  établi  par  M.  Ch.  Gaudichaud  (Voy. 
de  Freycinet,  Bot.,  p.  416,  t.  29)  pour  deux 
plantes  originaires,  l’une  des  Moluques, 
l’autre  des  îles  Mariannes.  Ce  sont  des  Cy¬ 
péracées  à  feuilles  radicales,  linéaires  et 
distiques;  à  fleurs  paniculées,  composées 
d’épillets  solitaires  ou  réunis  en  capitule. 
Chaque  épillet  est  uniflore  et  se  compose 
de  4  écailles  imbriquées,  distiques  et  con¬ 
caves  ;  les  deux  extérieures  plus  grandes 
que  les  internes;  trois  étamines  saillantes; 
un  ovaire  sessile,  glabre,  ellipsoïde.  Le  style 
a  sa  base  renflée,  conique,  velue  et  persis¬ 
tante.  Les  stigmates  sont  au  nombre  de 
trois.  Le  fruit  sans  soies  hypogynes  est  dur, 
elliptique,  trigone,  terminé  par  la  base  du 
style  qui  est  persistante. 

Quelques  botanistes  et  particulièrement 
Nees  d’Esenbeck  et  Endlicher  pensent  que 
ce  genre  est  le  même  que  Y  Blynanthus 
de  Palisot  de  Beauvojs.  (A.  R.) 


*BA  UMGARTENIE .  Baumgartenia 
(Baumgarlen,  botaniste  allemand),  bot.  ph. 
—  Famille  des  Liliacées.  Le  genre  ainsi 
nommé  par  Sprengel  ( Syst .,  2,  p.  91)  est  le 
même  que  le  Borya  de  Labillardière. 
Voyez  borye.  (A.  R.) 

BAUMGARTIA  (nom  propre),  bot. 
ru. —  Ce  genre,  formé  par  Mœnch  pour  le 
Menisperrnum  corallinum ,  a  été  réin¬ 
tégré  par  M.  De  Candolle,  dans  le  genre 
CüccuIus,  auquel  il  appartient.  (C.  d’O.) 

BAîJMIER.  bot.  ph.  —  Nom  donné 
quelquefois  à  des  végétaux  balsamifères  ou 
simplement  odorants,  tels  que  le  Balsa- 
mier,  les  Mélilots,  etc. 

BAÏJMÏER  A  COCHON,  bot.  ph.  — 
Synonyme  d 'Hediviyia. 

BAURACH.  min.  —  Synonyme  de 
Borax  ou  Borate  de  Soude.  Voyez  borate. 

(Del.) 

BAUXIA.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 

Cipura. 

BAVEOLE.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
de  la  Centaurée  bleuet. 

BAVÈQUE  ou  BAVEUSE.  POISS.  - 

Synonyme  de  Blennie. 

BAVERA,  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Barreria. 

BAVEUSE.  poiss.  —  Voyez  blennie. 

*BAXTERA,  Reichb.  (Baxter,  botaniste 
allemand),  bot.  ph.  — Genre  de  la  famille 
des  Asclépiadées,  fondé  sur  une  seule  es¬ 
pèce  [B.  loniceroides ;  Harris  sonia  loni- 
ceroides  Hook,  Bot.  ma  y.,  tab.  2699).  C’est 
un  arbuste  du  Brésil  ;  à  tige  dressée  ;  à 
feuilles  opposées ,  coriaces  ;  à  fleurs  en 
ombelles  terminales.  (Sp.) 

*BAZA,  Hodgs.  ((jauÇ<i),  j’aboie),  ois. — 
Genre  de  la  famille  des  Falconidées ,  in¬ 
séré  dans  le  journal  de  la  Société  asiati¬ 
que  du  Bengale  en  1836  ,  et  cité  par  Gray 
dans  sa  List  of  the  généra  of  birds  } 
comme  synonyme  du  genre  Lophotes , 
Less.  (1831)  ,  et  Lepidogcnys ,  Gr.  (1839). 
Voyez  lophûte.  (Lafr.) 

BBELLE.  Bdella  (fiiïùla. ,  sangsue). 
arach.  —  Genre  de  la  famille  des  Bdellés 
(Tiques  de  Latreille),  de  l’ordre  des  Aca¬ 
riens  ,  établi  par  Latreille ,  et  adopté  par 
Dugès.  Ce  genre  est  essentiellement  carac¬ 
térisé  par  des  palpes  obtus,  munis  à  leur 
extrémité  de  soies  raides  ;  par  des  mandi¬ 
bules  en  forme  de  pinces;  par  un  labre  trfan^ 


BDE 


BEA 


511 


gulaire,  égal  aux  mandibules;  par  un  corps 
ceint  par  un  profond  sillon  et  par  des  yeux 
au  nombre  de  quatre. 

Les  larves  des  Bdelles  sont  hexapodes; 
mais,  du  reste,  en  tout  semblables  aux 
adultes. 

Les  deux  espèces  de  Bdella  les  plus  com¬ 
munes  sont  les  B.  vulgaris  ( Scirus  vulga- 
ris  Herm.)  et  B.  cœruleipes  Dug.,  qu’on 
rencontre  assez  fréquemment  sous  les 
pierres.  (Bl.) 

BDELLE  sangsue;  de  (3£aXXw, 

je  suce),  annél. — Genre  établi  par  M.  Sa- 
vigny,  dans  la  famille  des  Hirudinëes,  pour 
quelques  Annélides  des  eaux  douces  d’ɬ 
gypte  ,  ayant  pour  caractères  :  Corps  dé¬ 
primé  ;  mâchoires  grandes  et  sans  den¬ 
telures  ;  yeux  au  nombre  de  huit  et  peu 
distincts,  rangés  sur  une  ligne  courbe;  les 
deux  postérieurs  un  peu  isolés;  la  ventouse 
orale  concave,  et  la  lèvre  supérieure  peu 
avancée  ;  la  ventouse  anale  obliquement 
terminale.  —  On  n’en  connaît  qu’une  seule 
espèce,  la  B.  du  Nit.  ( B .  nilotica) ,  qui 
porte  dans  le  pays  le  nom  d 'Alak  dont  le 
corps,  composé  de  98  anneaux  égaux  entre 
eux ,  est  brun  marron  en  dessus  et  rouge 
vif  en  dessous.  Hérodote,  qui  parle  de  cette 
annélide ,  dit  qu’elle  vit  parasite  sur  le 
Crocodile.  (C.  d’Q.) 

*  BDELLES.  Bdellei.  arach.  —  Le  sa¬ 
vant  Dugès  a  appliqué  cette  dénomination 
à  l’une  des  six  familles  qu’il  a  établies  dans 
l’ordre  des  Acariens ,  de  la  classe  des 
Arachnides  trachéennes.  Cette  famille  est 
caractérisée  par  un  corps  oblong  et  gonflé  ; 
par  des  palpes  antenniformes  ;  par  des 
mandibules  onguiculées  ou  en  pinces  ;  par 
des  hanches  écartées ,  et  par  des  pattes 
propres  à  la  course. 

M.  Dugès  ne  rapporte  que  deux  genres  à 
cette  famille  :  le  genre  Bdella  et  le  genre 
Scirus.  Les  Bdellés  sont  de  petits  Aca¬ 
riens  qui  se  logent  sous  les  pierres  et  dans 
toutes  sortes  de  cavités.  Il  est  probable  qu’ils 
s’accrochent  à  divers  animaux  pour  en  su¬ 
cer  le  sang  ;  mais  leurs  mœurs  ne  sont  pas 
encore  bien  connues.  (Bi..) 

*BDELLIENi\ES  .  année. — Nom  donné 
par  Savigny  à  une  section  de  la  famille 
des  Hirudinées ,  ayant  pour  type  le  genre 
Bdelle.  (C.  d’O.) 

BDELLIIJM  (ftôsXtacv,  nom  grec  de 


cette  plante),  bot.  pu.  —  Gomme-résine 
déjà  connue  des  anciens  et  en  particulier 
de  Dioscorides,  qui  en  mentionne  trois  es¬ 
pèces.  La  plus  commune  vient  d’Afrique  ; 
on  la  trouve  toujours  mélangée  avec  la 
gomme  du  Sénégal.  Elle  est  en  larmes  glo¬ 
buleuses  ,  d’un  volume  qui  varie  de  celui 
d’un  pois  à  celui  d’une  noix;  d’un  jaune 
terne,  quelquefois  légèrement  colorée  en 
vert  ou  en  jaune;  d’une  cassure  terne  et  ci¬ 
reuse.  L’odeur  en  est  faible  et  la  saveur 
amère.  Cette  espèce  est  produite  par  un  ar¬ 
brisseau  que  nous  avons  désigné  sous  le  nom 
tflleudelolia  af ricana  (. Flor .  Sénêg I,  p;j 
150,  t.  39),  genre  qui  n’est  pas  suffisamment 
distinct  du  Balsamodendrum.  (A.  R.) 

BEAKTILLE.  bot.  cr.  —  (Mousses). 
Nom  français  proposé  par  Bridel  pour  le 
genre  Ânœctangium  d’Hedwig,  mais  qu’on 
n’a  pas  dû  admettre,  parce  qu’il  est  formé 
contrairement  à  l’analogie  de  notre  langue. 

Voyez  ANŒCTANGIUM.  (C.  M.) 

*BE  ATOMIA.  bot.  ph.  —  Famille  des 
Iridées.  Genre  encore  fort  obscur,  proposé 
par  Herbert ,  et  qui  me  paraît  rentrer  dans 
le  genre  Cypella  du  même  auteur.  Voyez 

CYFELEE.  (A.  R.) 

*BEATSOjVIA,  L.  (Beatson,  voyageur 
anglais),  bot.  ph. — Ce  genre  de  Roxburgh 
est  rapporté  par  les  auteurs  suivants  en  sy¬ 
nonymie  au  genre  Frankenia  de  Linné. 
Voyez  ce  mot.  (C.  L.) 

BEALDRELIL.  POISS,  —  Voy.  BAUDROIE. 

BEAUFORTIA  (Mary,  Dsse  de  Beau», 
fort  ;  promotrice  de  la  botanique),  bot.  ph. 
—  Ce  genre  de  la  famille  des  Myrtacées, 
tribu  des  Leptospermées  mélaleucées,  a  été 
fondé  par  M.  R.  Brown  (in  Ait.  hort. 
Kew.,é dit.  2,  p.  418).  Il  renferme  un  très  pe¬ 
tit  nombre  d’arbrisseaux  indigènes  en  Aus¬ 
tralie,  et  remarquables  par  leur  port  élégant 
et  leurs  belles  fleurs,  dont  la  disposition 
est  à  peu  près  la  même  que  celle  des  Me- 
trasideros,  si  communs  chez  les  amateurs. 
Le  Beaufortia  decussata  est  connu  depuis 
longtemps  et  cultivé  dans  les  collections. 
Voyez  Bot.  Reg.,  1. 18;  Bot.  mag.,  1. 1733). 

(C.L.) 

BEAÏJHARNOISIA  (  nom  propre  ). 
bot.  ph. — Genre  de  la  famille  des  Clusiacées, 
formé  par  Ruiz  et  Pavon  (Ann.  du  Mus., 
71 ,  t.  IX)  et  rapporté  comme  synonyme  au 
g.  To  vomi  ta,  Aubl.  Voy •  ce  mot.  (C.  L.) 


512 


BEC 


BEC 


*  BëâUM ARIA ,  Deless.  bot.  ph.  — 
Synonyme  (TAristotelia  macqui. 

BEAUMEUTA.  bot.  ph.  —  Synonyme 
de  Cresson  de  fontaine  ( Sisymbrium  nas- 
turtium ). 

*BEAXJM(MTIA  (Mistriss  Beaumont, 
amateur  de  plantes),  bot.  ph.  —  Genre  de 
la  famille  des  Apocynacées  ,  tribu  des 
Échitées  ,  formé  par  le  D.  Wallich  (Ten- 
tam.  Fl.  nep .,  I,  15,  t.  17)  pour  une  très 
belle  espèce  de  plante  grimpante,  originaire 
de  l’Inde,  et  remarquable  surtout  par  ses 
grandes  fleurs  blanches  ,  teintées  de  rose. 
C’est  un  arbrisseau  à  ramules  pubescentes, 
garnies  d’amples  et  belles  feuilles  opposées, 
pétiolées,  oblongues,  et  se  terminant  par 
des  corymbes  multiflores.  La  corolle  est 
campanulée,  ventrue,  à  tube  et  à  gorge  dé¬ 
pourvue  de  squames;  les  étamines  sont 
insérées  au  sommet  du  tube  et  les  anthè¬ 
res,  qui  le  dépassent  un  peu,  Sont  cohé¬ 
rentes  autour  des  stigmates  Deux  folli¬ 
cules  très  grands  et  polyspermes  succèdent 
aux  fleurs.  —  Le  Beaumontia  grandiflora 
est  une  des  plantes  favorites  de  nos  serres 
chaudes  ,  où  malheureusement  elle  est  en¬ 
core  rare.  On  en  cultive  encore  une  seconde 
espèce,  en  Angleterre,  sous  le  nom  de  B. 
longifolia.  (C.  L.) 

BE AUMULïX ,  Wild.  bot.  ph.  —  Sy¬ 
nonyme  de  Reaumuria  hypericoides. 

BEAU  TI  A ,  Commers.  bot.  i>h.  — 
Synonyme  de  Thilachium  africanum. 

BÉBÉ,  poiss.  —  Nom  vulgaire  du  Mor- 
inyre  oxyrhynque. 

*  BEBELIS  (pséviXd? ,  profane),  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  tétramères,  famille 
des  Longicornes,  établi  par  M.  le  comte 
Dejean  dans  son  dernier  Catalogue,  et  dont 
les  caractères  n’ont  pas  été  publiés  à  notre 
connaissance.  Il  ne  renferme  qu’une  seule 
espèce  nommée  B.  lignosa  par  M.  Bu- 
quet;  elle  est  du  Brésil.  (D.) 

BEC.  Rostrum.  zoob.  —  C’est  propre¬ 
ment  la  bouche  de  l’oiseau  dont  les  os 
maxillaires  prolongés  antérieurement  sont 
revêtus  d’une  substance  cornée  fort  dure,  à 
bords  plus  ou  moins  tranchants,  et  termi¬ 
nés  en  pointe  le  plus  souvent  recourbée. 
Cet  organe  sert  aux  Oiseaux,  non  seulement 
à  saisir  leur  nourriture,  mais  chez  quel¬ 
ques-uns  à  la  dépecer,  à  la  concasser;  chez 
d’autres  9  il  fait  l’office  d’une  troisième 


patte  pour  grimper  et  s’accrocher  aux 
branches.  Ses  formes  varient  à  l’infini, 
suivant  le  genre  de  nourriture  des  espè¬ 
ces,  et  cette  grande  diversité  sert  souvent 
de  caractère  pour  nos  classifications  mé¬ 
thodiques. 

Les  innombrables  modifications  qu’il 
éprouve  dans  sa  forme  étant  toutes  en  rap¬ 
port  immédiat  avec  les  différentes  fonctions 
qu’il  doit  remplir,  on  ne  peut,  sans  être  saisi 
d’admiration,  opérer  ce  rapprochement  du 
but  et  des  moyens.  Ainsi,  chez  l’oiseau  de 
proie  essentiellement  carnassier,  sa  forme 
courte,  comprimée,  arquée  et  crochue,  douée 
par  conséquent  d’une  grande  force  ,  et  ses 
bords  tranchants,  munis,  de  chaque  côté, 
d’une  sorte  de  dent,  lui  servent  merveilleu¬ 
sement  à  arracher,  à  déchker  des  lam¬ 
beaux  de  chair,  et  même  à  briser  les  os  de 
ses  victimes.  Chez  les  Perroquets,  Oiseaux 
entièrement  frugivores ,  on  retrouve  à  peu 
près  cette  même  forme  de  bec  crochu  et 
denté,  mais  avec  la  mandibule  inférieure 
plus  arquée,  plus  haute,  et  par  conséquent 
encore  plus  forte  que  chez  l’oiseau  de  proie. 
L’application  de  cette  grande  force  est  ici 
toute  différente  chez  ces  Oiseaux  destinés 
à  se  nourrir,  en  partie,  des  amandes  et  des 
noyaux  les  plus  durs.  Les  dents  latérales 
empêchent  de  glisser  ces  noyaux,  retenus 
encore  par  une  barre  transverse  et  interne 
de  la  pointe  de  la  mandibule  supérieure, 
contre  laquelle  l’extrémité  échancrée  de 
l’inférieure  vient  s’appliquer  ;  pressés  de  la 
sorte,  ils  ne  peuvent  résister  à  cet  instru¬ 
ment  formidable ,  comparable  à  de  fortes 
tenailles  chez  les  Cacatoès  et  les  Aras.  Cette 
dent,  qu’on  retrouve  seulement  chez  les 
Pies-grièches ,  s’oblitère  et  est  remplacée 
par  une  légère  échancrure  dans  toute  la  tribu 
des  Dentirostres  de  Cuvier ,  où  elle  n’est 
destinée  qu’à  retenir  de  bien  faibles  proies 
Parmi  eux  ,  et  chez  une  famille  qui  ne  se 
nourrit  que  de  moucherons  qu’elle  saisit  au 
vol,  et  qu’elle  avale  incontinent,  ce  bec,  qui 
n’a  plus  besoin  de  force,  au  lieu  d’être 
comprimé  est,  au  contraire,  déprimé,  fai¬ 
ble,  élargi  même  jusqu’à  l’excès,  et  garni,  à 
son  ouverture ,  de  longs  poils  raides  qui  en 
font  une  sorte  de  gouffre  que  l’insecte  ne 
peut  éviter.  Chez  les  Granivores,  au  con¬ 
traire,  cet  organe  est  conique,  sans  échan¬ 
crure,  et  d’autant  plus  court  et  plus  gros  à 


BEC 


sa  base,  que  les  espèces  doivent  se  nourrir 
de  graines  ou  môme  de  noyaux  plus  durs  ; 
chez  certains  Gros-becs  étrangers,  sa  di¬ 
mension  est  réellement  monstrueuse.  Chez 
les  Colibris,  les  Oiseaux-Mouches,  véritables 
représentants  des  Papillons  Sphinx,  ce  n’est 
plus  qu’un  tube  des  plus  grêles,  même  un 
peu  flexible,  qu’ils  introduisent  dans  le  ca¬ 
lice  des  fleurs  pour  y  saisir  le  pollen  et  les 
très  petits  Insectes  qui  font  leur  nourriture. 
Chez  les  Pics,  véritables  charpentiers  de  nos 
forêts  ,  il  a  exactement  la  forme  d’un  coin 
pyramidal,  et  est  doué  d’une  telle  force, 
que  ces  Oiseaux  l’emploient  non  seulement 
à  fouiller  sous  les  écorces  des  arbres  et  à 
pénétrer  dans  leurs  fentes,  pour  en  retirer 
les  larves  et  les  Insectes,  mais  à  se  creuser 
des  trous  cylindriques  et  profonds  dans  les 
troncs  d’arbre  les  plus  sains  et  les  plus 
durs. 

Chez  le  Pique-Bœuf,  dont  la  bizarre  des¬ 
tination  est  de  débarrasser  les  Buffles  d’A¬ 
frique  des  larves  d’OEstres,  cachées  dans 
l’épaisseur  de  leur  peau,  il  est  quadrangu- 
laire  et  en  forceps.  Chez  les  Toucans  et  les 
Calaos,  il  est  si  volumineux,  qu’au  premier 
abord  on  s’étonne  que  ces  Oiseaux  en  puis¬ 
sent  facilement  supporter  le  poids  ;  mais 
son  tissu ,  singulièrement  mince  et  cellu¬ 
leux,  le  rend  au  contraire  fort  léger.  La 
disposition  particulière  de  l’ouverture  des 
narines  chez  ces  deux  groupes,  jointe  à 
ces  sortes  de  casques  ou  expansions  de  la 
mandibule  supérieure,  particuliers  au  der¬ 
nier,  nous  font  soupçonner  qu’il  y  a,  chez  ces 
Oiseaux ,  une  modification  particulière  du 
sens  de  l’odorat,  qui  exigeait  ce  grand  dé¬ 
veloppement  de  leur  enveloppe  cornée. 
Chez  les  Toucans,  l’espèce  de  crénelure  des 
bords  internes  des  mandibules  leur  sert  à 
briser  le  corps  des  jeunes  Oiseaux  dont  ils  se 
repaissent  avant  de  les  avaler  entiers.  Chez 
les  Bécasses  et  Bécassines,  nous  retrouvons 
la  forme  grêle  et  cylindracée  du  bec  des  Oi¬ 
seaux-Mouches  ;  mais  chez  les  Échassiers, 
qui  ne  trouvent  leur  nourriture  que  dans  la 
vase  et  les  terrains  marécageux,  ce  bec  est 
mousse,  flexible  à  son  extrémité,  et  paraît 
doué,  en  cette  partie,  d’un  tact  des  plus  dé¬ 
licats.  Chez  le  Savacou  d’Amérique,  il  a  la 
forme  toute  anomale  de  deux  cuillères  rap¬ 
prochées;  mais  il  n’est  pas  douteux  que 
cette  forme  ne  soit  la  plus  favorable  pour 


BEC  51 S 

saisir  les  Crustacés  et  les  Mollusques,  dont 
il  se  nourrit. 

Parmi  les  Oiseaux  de  rivage,  il  n’est  pas 
de  bec  plus  singulier  que  celui  du  Flam- 
mant  ;  il  est  assez  volumineux,  mais  dé¬ 
primé  en  dessus  et  subitement  fléchi  ou 
coudé  vers  la  moitié  de  sa  longueur.  Con¬ 
tre  l’ordinaire,  c’est  la  mandibule  inférieure 
qui  est  la  plus  haute  et  la  plus  large;  la 
supérieure,  depuis  la  courbure ,  est  tout  à 
fait  aplatie  en  lame.  Le  Flammant  profite  de 
celte  forme  toute  particulière  ;  et,  lorsqu’il 
cherche  dans  les  marais  salés  ou  sur  le  ri¬ 
vage  les  petits  Mollusques  et  Vers  aquati¬ 
ques  qui  font  sa  nourriture,  il  pose  son  bec 
sur  le  sol  près  de  ses  pattes,  de  manière  à 
ce  que  cette  mandibule  supérieure  se  trouve 
appliquée  sur  son  plat  contre  terre.  Tandis 
qu’il  piétine  dans  le  marécage  pour  éparpil¬ 
ler  les  petits  animaux  ou  le  frai  de  poisson, 
la  mandibule  inférieure,  qui  se  trouve  alors 
en  dessus  ,  s’entr’ouvre  et  les  saisit  dans 
l’eau,  qui  s’écoule  bientôt  à  travers  les  den¬ 
telures  cartilagineuses  de  ses  bords. 

Chez  la  Spatule  et  l’Avocettc,  nous  voyons 
des  formes  de  bec  non  moins  bizarres  desti¬ 
nées,  chez  l’une,  à  recueillir  le  frai,  les  Vers 
aquatiques  et  les  petits  Poissons  à  la  surface 
des  grèves;  chez  l’autre,  à  s’enfoncer  et  les 
aller  chercher  au  fond  des  Yases  et  des 
sables  mouvants. 

Parmi  les  Oiseaux  nageurs,  nous  remar¬ 
quons,  chez  le  Pélican,  un  bec  d’une  énorme 
dimension,  dont  la  mandibule  supérieure 
aplatie  se  termine  en  un  fort  crochet ,  et 
dont  l’inférieure  n’est  formée  que  de  deux 
branches  amincies  et  flexibles,  servant  de 
support  à  un  vaste  sac  de  peau  nue  et  pen¬ 
dant  au  dessous,  où  le  poisson  pêché  sé¬ 
journe  avant  de  passer  dans  l’œsophage. 

Chez  le  Bec  en  ciseaux,  ou  Rhynchops, 
nous  trouvons  la  forme  de  bec  la  plus  ex¬ 
traordinaire  peut-être ,  de  toute  la  série, 
mais  en  même  temps  la  mieux  adaptée  au 
genre  de  pêche  de  l’oiseau  qui  en  est  pour¬ 
vu.  Les  deux  mandibules  sont  droites  et 
si  comprimées  ,  si  amincies ,  qu’elles  res¬ 
semblent  à  deux  lames  de  couteau  pla¬ 
cées  verticalement  l’une  au  dessus  de  l’au¬ 
tre.  Toutes  deux  sont  coupantes  à  leur  bord 
interne,  et  néanmoins  la  supérieure,  beau¬ 
coup  plus  courte  que  l’autre,  la  reçoit  dans 
une  étroite  scissure  de  ce  bord.  Toutesdeux 


t.  .  n. 


83 


m 


BEC 


BEC 

ne  commencent  à  perdre  leur  forme  lami¬ 
naire  et  à  se  diviser  en  deux  branches  qu’à 
l’entrée  du  gosier,  qu’elles  ne  dépassent 
pas  en  largeur.  Le  Bec  en  ciseaux,  pour  pê¬ 
cher  les  petites  Crevettes  et  très  petits  Pois¬ 
sons  dont  il  fait  sa  nourriture,  rase,  en  vo¬ 
lant,  la  surface  des  flots,  de  manière  à  tenir 
plongée  la  mandibule  inférieure ,  tandis 
que  la  supérieure  ouverte  se  trouve  hors  de 
l’eau.  Cette  lame  verticale  et  coupante  ne 
trouve  aucune  résistance  5  et  cet  oiseau , 
muni  d’ailes  des  plus  longues  et  des  plus 
vigoureuses,  vu  sa  taille,  sillonne  ainsi,  avec 
la  plus  grande  facilité ,  la  surface  de  l’eau, 
recueillant  tout  en  volant  la  nourriture  qui 
lui  est  destinée.  Je  ne  pousserai  pas  plus 
loin  cet  examen  qui ,  dans  chaque  groupe, 
mériterait  une  étude  toute  particulière  ; 
j’observerai  seulement  que  chez  les  Oiseaux 
dont  le  bec  est  d’une  très  grande  dimension 
en  Ion  gueur  ou  en  hauteur, cet  organe  est  loin 
d’avoir  sa  taille  et  sa  forme  dès  la  première 
année. Ce  n’est  qu’au  bout  de  deux  et  même 
de  trois  ans  qu’il  les  atteint  complètement  : 
ce  qu’on  peut  observer  chez  les  Calaos 
dépourvus  de  casque  la  première  année, 
et  alors  tout  à  fait  méconnaissables  ,  chez 
les  Toucans ,  les  Spatules  ,  la  plupart  des 
Échassiers  longirostres ,  et  enfin  chez  les 
Macareux  et  les  Pingouins  qui,  la  première 
année,  au  lieu  d’avoir  le  bec  sillonné,  l’ont 
entièrement  lisse  et  de  moitié  moins  haut 
que  dans  l’âge  adulte. 

Si  cet  organe  peut  fournir  de  bons  carac¬ 
tères  dans  la  classification,  pour  les  princi¬ 
paux  groupes  ou  familles,  il  faut  se  garder 
d’y  attacher  la  même  importance  pour  les 
groupes  secondaires,  et  surtout  pour  les 
genres,  dans  l’ordre  des  Passereaux  ;  car, 
dansbeaucoup  de  ces  genres,  nous  le  voyons 
varier  de  forme  de  la  manière  la  plus 
étrange,  chez  des  espèces  formant  évidem¬ 
ment  des  groupes  naturels,  et  qui  ne  peu¬ 
vent  être  séparées  génériquement  sans  le 
plus  grand  inconvénient.  Nous  citerons  en¬ 
tre  autres  le  genre  Alouette  ,  où  il  varie  tant 
de  la  Calandre  au  Sirly  ,  le  genre  Picucule, 
où  ses  variations  sont  bien  plus  étonnantes 
et  plus  nombreuses,  depuis  l’espèce  à  bec 
de  Fauvette  jusqu’à  celle  à  bec  de  Promé- 
rops.  En  de  telles  circonstances ,  il  nous 
paraît  plus  nuisible  qu’utile  à  la  science 
d’ériger  en  genres  ces  simples  modifica¬ 


tions  du  bec,  chez  des  espèces  entièrement 
conformes,  d’ailleurs,  dans  toutes  leurs  au¬ 
tres  parties ,  jusque  dans  la  coloration  de 
leur  plumage. 

Certaines  particularités  de  structure  dans 
le  bec  des  Oiseaux  ont  donné  naissance  à 
des  dénominations  vulgaires  qui  ont  même 
passé  dans  la  science  comme  noms  généri¬ 
ques,  et  qui,  chaque  jour,  disparaissent  des 
méthodes ,  quoique  quelques-uns  aient  en¬ 
core  été  conservés  5  ainsi  l’on  a  nommé  : 

Bec  a  cuiller,  la  Spatule. 

Bec  a  figue,  le  Bec  fin  locustelle. 

Bec  en  crous ,  le  Bec  croisé  commun. 

Bec  courbe  ,  l’Avocette. 

Bec  croche,  le  jeune  Ibis  rouge. 

BEC  CROISÉ.  Loxia ,  Briss.,  Cuv., 
Yieill.  (Xo& àç,  courbe),  ois.  —  Genre  formé 
par  Brisson  ,  et  dont  les  caractères  sont  : 
Bec  fort ,  élevé  et  assez  allongé ,  mais  très 
comprimé  depuis  sa  base  ;  les  deux  man¬ 
dibules  très  arquées  dans  le  sens  opposé , 
et  se  croisant  vers  les  deux  tiers  de  leur 
longueur ,  où  leurs  pointes  se  trouvent  lé¬ 
gèrement  déjetées  latéralement  et  leurs 
bords  rapprochés  en  lame.  Pieds  robustes, 
à  tarses  et  doigts  assez  courts  ;  les  latéraux 
à  peu  près  égaux  ;  tous  armés  d’ongles  puis¬ 
sants,  élevés  et  presque  triangulaires,  mais 
peu  courbés  ;  ceux  du  pouce  et  du  doigt 
médian  beaucoup  plus  forts  que  les  autres 
et  à  peu  près  de  même  longueur.  Ailes  sur 
le  type  aigu ,  avec  les  trois  premières  ré¬ 
miges  à  peu  près  égales  et  de  longueur  mé¬ 
diocre.  Queue  courte,  échancrée. 

Le  nom  grec  Aoi-taç  fut  donné  d’abord 
au  Bec  croisé  commun  par  Conrad  Gesner  ; 
Linné  en  fit  le  nom  générique  Loxia,  pour 
tous  les  Gros-becs  en  général ,  et  Brisson 
restreignit  celui-ci  aux  seuls  Becs  croisés, 
tel  qu’il  est  généralement  adopté  aujour¬ 
d’hui. 

Il  est  facile  de  reconnaître  que  les  Oi¬ 
seaux  peu  nombreux  de  ce  genre  ne  sont  que 
des  espèces  de  Gros-becs,  destinées,  comme 
les  autres,  non  à  concasser  les  noyaux  et 
les  enveloppes  dures  des  semences,  mais 
à  extraire  celles-ci  d’entre  les  écailles  des 
cônes  résineux  ou  du  centre  des  fruits  pul¬ 
peux,  et  la  conformation  toute  particulière 
de  leur  bec  leur  sert  merveilleusement  à  cet 
usage.  Une  autre  conformation  ,  à  laquelle 
on  a  fait  peu  d’attention,  et  qui  cependant  est 


BEC 


BEC 


515 


une  conséquence  de  la  première  et  la  favor  ise 
merveilleusement,  est  celle  des  doigts  et 
des  ongles  singulièrement  robustes  chez  ces 
Oiseaux,  au  moyen  desquels  ils  se  suspen¬ 
dent  aux  cônes  rudes  et  entrouverts  de  tous 
les  Conifères  pour  en  extraire  les  semences. 
Ce  sont  réellement ,  parmi  les  Conirostres  , 
les  représentants  des  Perroquets,  et  formant 
avec  quelques  autres  genres,  tels  que  le 
Dur-bec  et  le  Psittacin,  un  petit  groupe  de 
Gros-becs  suspenseurs ,  dont  nous  compo¬ 
sons  notre  sous-famille  des  Loxianées  dans 
la  famille  des  Fringillidées. 

Ce  genre  offre  encore,  dans  ses  mœurs, 
une  anomalie  des  plus  étranges  5  car  il  pa¬ 
raît  positif  aujourd’hui  ,  d’après  les  der¬ 
nières  observations  du  savant  ornithologiste 
Brehm  (Tem.,  Man .,  part.  4),  que  la  ni¬ 
dification  et  la  ponte  de  ces  Oiseaux  ont  lieu 
dans  toutes  les  saisons ,  particularité  qu’il 
attribue  à  l’abondance  ou  à  la  disette  de 
nourriture.  Il  est  bien  certain  qu’ils  nichent 
en  décembre  comme  en  mars,  avril  ou  mai. 

L’espèce  qui  nous  vient  communément 
en  France ,  mais  à  des  époques  très  irrégu¬ 
lières,  et  qui  nous  reste  plus  ou  moins  long¬ 
temps  ,  suivant  l’abondance  de  nourriture , 
est  le  Bec  croisé  des  Pins  (  Loxia  curviros ~ 
tra  L.  ;  Buff.,  en?.,  218;  Vieill.,  Faun . 
franç.,  pl.  30,  fig.  1,  2,  3),  dont  les  teintes 
de  plumage  très  variables,  et  mal  indiquées 
dans  la  première  partie  du  Manuel  de  Tem- 
minck,  ont  été  rectifiées  dans  la  quatrième 
par  cet  auteur  de  la  manière  suivante  :  Les 
vieux  mâles  ont  un  plumage  rouge;  les  jeunes 
l’ont  rougeâtre,  jaune  rougeâtre  ou  jaunâtre  ; 
les  femelles  l’ont  d’un  vert  jaunâtre,  et  les 
jeunes  de  l’année  gris  ou  grisâtre.  Le  chan¬ 
gement  de  plumage  chez  le  Dur-bec  est  sou¬ 
mis  aux  mêmes  lois  de  coloration.  Ces  Oi¬ 
seaux  se  trouvent  dans  les  contrées  boréales 
de  l’Europe  et  de  l’Amérique,  et  se  plaisent 
de  préférence  dans  les  forêts  de  Pins  et  les 
plantations  d’arbres  résineux.  L’espèce  com¬ 
mune  ,  lorsqu’elle  passe  en  grand  nombre 
en  Normandie  ,  fait  quelquefois  tort  aux 
Pommes  à  cidre,  qu’elle  sait  ouvrir  et  mettre 
en  pièces  pour  en  manger  les  pépins. 

On  ne  connaît  que  quatre  espèces  de  ce 
genre  :  deux  européennes  et  deux  de  l’Amé¬ 
rique  du  nord ,  dont  une  ,  le  Curvirostra 
americana  de  Wilson  (pl.  31,  fig.  1,  2)  , 
semblable  de  plumage  à  notre  espèce  com¬ 


mune,  mais  plus  petite  d’un  quart,  a  été  re¬ 
gardée  par  certains  auteurs  comme  identi¬ 
que  avec  elle,  et  par  d’autres  comme  diffé¬ 
rente.  Aujourd’hui ,  Bonaparte  et  Audubon 
se  rangent  de  l’avis  de  Wilson ,  et  en  font 
une  espèce  distincte.  Voyez  loxianées  et 

DUR-BEC. 

Bec  d’argent,  le  Tangara  pourpré. 

Bec  d’asse,  la  Bécasse. 

Bec  de  cire,  le  Sénégali  rayé 

Bec  de  corne*;  plusieurs  Calaos. 

Bec  de  corne  batard,  lé  Scythrops. 

Bec  de  fer.  Voyez  barbilanier. 

Bec  de  hache  ,  l’Huîtrier. 

Bec  dur,  le  Gros-bec  commun. 

BEC  EN  CISEAUX,  Briss.;  Rhyn- 
chops,  L.;  Rhynchopsalia ,  Briss.  (pûyxoç , 
bec  ;  6<jj,  œil),  ois. — Genre  formé  par  Linné, 
de  l’ordre  des  Palmipèdes  de  Cuvier,  et  de  là 
famille  des  Longipennes  ou  Grands  voi¬ 
liers  ,  dont  les  caractères  sont  :  Bec  de 
forme  anomale  ,  aplati  latéralement  en 
deux  lames  superposées  ;  la  mandibule 
supérieure  beaucoup  plus  courte  que  l’in¬ 
férieure  ,  diminuant  insensiblement  d’é¬ 
paisseur  depuis  sa  base  jusqu’aux  trois 
quarts  de  sa  longueur,  où  elle  devient  la¬ 
melliforme  ;  ses  deux  bords  rapprochés  en 
dessous,  de  manière  à  former,  depuis  sa 
base,  une  étroite  rainure  comme  le  manche 
d’un  rasoir  ;  la  mandibule  inférieure  rétré¬ 
cie  brusquement  dès  sa  base,  ou  lame  cou¬ 
pante  dessus  et  dessous,  de  manière  à  en¬ 
trer  un  peu  dans  la  rainure  de  la  mandi¬ 
bule  supérieure  ;  celle-ci  obtuse  ,  l’autre 
coupée  carrément  à  son  extrémité.  Pattes 
courtes,  avec  la  jambe  en  partie  nue,  le 
tarse  comprimé,  les  doigts  à  membranes 
échancrées,  le  pouce  très  petit  et  les  on¬ 
gles  très  peu  arqués.  Ailes  singulièrement 
longues  et  aiguës  ,  dépassant  de  beaucoup 
la  queue,  qui  est  de  longueur  médiocre  et 
fourchue. 

Il  est  assez  singulier  que  Buffon  et  Cu¬ 
vier  aient  commis  chacun  une  erreur  diffé¬ 
rente,  à  propos  du  bec  dé  cet  oiseau,  le  pre¬ 
mier,  en  indiquant  la  mandibule  inférieure 
comme  creusée  en  gouttière ,  et  la  supé¬ 
rieure  comme  taillée  en  lame,  tandis  que 
c’est  le  contraire  ;  et  lé  second  eri  disant, 
dans  son  Régne  animal,  2e  édit.,  que  les 
deux  mandibules  sont  aplaties  en  lames 
simples,  dont  les  bords  se  répondent  éang 


516 


BEC 


BEC 


s’embrasser  ;  ce  qui  n’est  pas  exact,  puis¬ 
que  la  supérieure  reçoit  dans  sa  rainure  le 
bord  coupant  de  l’inférieure,  qui  seule  est 
effectivement  en  lame  simple. 

Avec  un  bec  aussi  singulièrement  con¬ 
formé,  le  Bec  en  ciseaux  est  obligé  de  sai¬ 
sir  sa  nourriture  d’une  manière  qui  paraît, 
au  premier  abord,  devoir  être  peu  com¬ 
mode.  C’est  effectivement  en  rasant  la  sur¬ 
face  de  la  mer,  qu’il  plonge,  tout  en  volant, 
sa  longue  et  coupante  Mandibule  infé¬ 
rieure,  tenant  l’autre  très  ouverte  et  hors 
de  l’eau.  Comme  son  cou  est  très  court,  il 
est  obligé  de  voler  la  tête  baissée  vers  l’eau 
pour  ne  pas  la  toucher  de  ses  ailes  ;  et,  lors¬ 
que  quelques  petits  Poissons  ou  Yers  ma¬ 
rins  viennent  à  frapper  le  dessus  de  sa  lame 
inférieure ,  il  referme  l’autre  et  avale  sa 
pêche.  C’est  cette  manière  de  fendre  l’eau 
tout  en  volant  qui  lui  a  valu  le  nom  de  cou¬ 
peur  d’eau.  Quoique  ce  genre  de  pêche,  qui 
a  fourni  à  la  plume  éloquente  de  Ruffon  un 
article  sï  intéressant,  semble  effectivement 
devoir  être  une  tâche  pénible  pour  ces  Oi¬ 
seaux  qu’on  est  tenté  de  regarder  en  consé¬ 
quence  comme  disgraciés  par  la  nature,  l’ex¬ 
cellent  ornithologiste  Wilson,  qui  les  a  atten¬ 
tivement  observés  en  Amérique,  assure  que, 
lorsqu’on  examine  avec  quelle  facilité,  au 
moyen  de  leur  immense  envergure  et  de 
l’ingénieux  appareil  de  leur  bec,  ils  se  pro¬ 
curent  leur  nourriture ,  on  reconnaît  que 
ce  manège  n’est  plus  pour  eux  qu’un  jeu 
bien  moins  pénible  que  les  fréquentes  et 
brusques  immersions  auxquelles  sont  assu¬ 
jettis  les  Sternes,  les  Mouettes  et  les  Bal¬ 
buzards.  Il  a  en  outre  remarqué  que,  pour 
éviter  que  l’eau  ne  s’introduise  dans  leur 
bec,  pendant  qu’ils  tracent  leur  sillon  aqua¬ 
tique,  l’ouverture  de  ce  bec  est  restreinte 
uniquement  à  celle  du  gosier,  ce  qui  empê¬ 
che  toute  mastication  d’avoir  lieu;  mais 
qu’en  revanche  l’estomac  ou  le  gésier,  au¬ 
quel  est  réservée  alors  toute  fonction  di¬ 
gestive,  est  beaucoup  plus  fort  et  plus  mus¬ 
culeux  que  chez  aucun  autre  oiseau  de  mer. 

Tous  les  écrivains  qui  ont  observé  le  Bec 
en  ciseaux  sur  les  rivages  des  deux  Améri¬ 
ques  ,  tels  que  Wilson ,  Azara,  Vieillot, 
Sonnini  et  autres,  ont  décrit  sa  manière  de 
pêcher  et  de  se  nourrir,  telle  que  nous  ve¬ 
nons  de  l’indiquer  d’après  eux,  et  jusqu’ici 
on  avait  cru  que  c’était  la  seule  ;  mais,  dans 


ces  derniers  temps,  M.  Lesson,  à  la  suite  de 
son  voyage  de  circumnavigation  sur  la  Co¬ 
quille ,  a  écrit  que  le  Bec  en  ciseaux  qui  pa¬ 
raissait  disgracié  par  la  forme  de  son  bec, 
s’en  servait  avec  avantage  et  avec  la  plus 
grande  adresse  pour  se  saisir  de  certains 
Mollusques  bivalves  dont  il  se  nourrit.  Sur 
les  côtes  du  Chili,  il  en  existe  des  bandes 
réunies  aux  Sternes  et  aux  Mouettes,  et 
nombreuses  au  point  d’obscurcir  l’air. 
Lorsque  la  marée  descendante  laisse  à  dé¬ 
couvert  ces  plages  sablonneuses ,  dont  les 
flaques  d’eau  restantes  se  trouvent  remplies 
de  Mactres ,  espèces  de  Bivalves ,  les  Becs 
en  ciseaux,  déjà  très  au  fait  de  cette  circon¬ 
stance,  se  placent  auprès  de  ces  Mollus¬ 
ques,  attendant  qu’ils  entr’ouvrent  un  peu 
leur  coquille,  et  profitent  de  ce  mouvement 
pour  enfoncer  la  lame  inférieure  et  tran¬ 
chante  de  leur  bec  entre  les  valves  qui  se 
referment  ;  alors  ils  enlèvent  la  coquille,  la 
frappent  sur  la  grève ,  coupent  le  ligament 
du  mollusque,  après  quoi  ils  l’avalent  sans 
obstacle.  Cet  observateur  a  été  plusieurs 
fois  témoin  de  cet  instinct  des  plus  remar¬ 
quables.  Azara  avait  déjà  observé  qu’ils  se 
posent  sur  le  bord  des  rivières  et  des  la¬ 
gunes  au  Paraguay  ,  qu’ils  y  marchent  et 
entrent  un  peu  dans  l’eau,  mais  sans  y  na¬ 
ger,  ce  qui  porterait  assez  à  croire  que, 
dans  ce  cas,  ils  ne  parcourent  ainsi  le  ri¬ 
vage  que  pour  y  découvrir  des  Mollusques 
Il  y  a  d’ailleurs  assez  d’analogie  entre  la 
forme  de  leur  bec  et  celle  de  l’Huîtrier,  à 
qui  l’on  attribue  le  même  instinct. 

On  ne  connaît  que  quatre  ou  cinq  espèces 
de  ce  genre,  offrant  toutes  la  même  forme 
de  bec  et  presque  le  même  plumage.  La 
plus  anciennement  connue  est  le  Bec  en  ci¬ 
seaux  (proprement  dit)  ou  noir  ,  Rhynchops 
nigra  L.  (Buff.  enl.  357.  Briss.  v.  YI,  pl.  21, 
f.  2),  qui  est  noir  en  dessus  avec  le  front, 
la  face  et  tout  le  dessous  blancs,  le  bec  noir, 
rouge  à  sa  base  ainsi  que  les  pattes  ;  il  a 
40  centimètres  de  long  jusqu’à  l’extrémité 
de  la  queue ,  50  jusqu’au  bout  des  ailes, 
et  un  mètre  20  centimètres  d’envergure. 
Il  se  rencontre  aux  États-Unis,  au  Brésil, 
au  Paraguay,  au  Chili,  ou  pour  mieux  dire 
dans  toutes  les  parties  chaudes  et  tempé¬ 
rées  des  deux  Amériques.  Ce  genre,  très 
voisin  des  Sternes,  et  qui  n’en  diffère  que 
par  le  bec ,  fait  partie  de  notre  famille  des 


BEC 


517 


BEC 

Loridées  et  de  notre  sous-famille  des  Rhyn- 
copsinées. 

Bec  en  cuiller,  le  Savacou. 

Bec  en  fourreau,  le  Cliionis. 

Bec  en  palette,  ies  Spatules. 

BEC  EN  POINÇON,  ois.  —  Nom 
qu’Azara  [Ois.  du  Paraguay )  a  donné  à  une 
famille  de  petits  Oiseaux  qui  ont ,  dit-il ,  le 
bec  affilé,  pointu,  conique,  et  qui  ne  sortent 
pas  des  forêts  où  ils  se  tiennent  habituelle¬ 
ment,  dans  la  partie  la  plus  élevée  des 
arbres,  dont  ils  parcourent  sans  cesse  les 
branches  les  plus  déliées ,  étant  dans  un 
mouvement  continuel  pour  y  chercher  les 
Insectes,  les  fleurs  et  les  fruits  dont  ils  se 
nourrissent.  Azara  décrit  onze  espèces  de 
cette  famille  parmi  lesquelles  Vieillot  a  cru 
reconnaître  trois  Tangaras,  un  Manakin  et 
deux  Fauvettes  voisines  des  Pipis.  Il  est 
effectivement  facile  d’y  reconnaître  le  Tan- 
gara  syacou J  les  Némosies  à  coiffe  noire, 
mâle  et  femelle,  sous  deux  noms  différents, 
à  gorge  noire,  rouge  cap  de  Vieillot  et  le 
Manakin  à  queue  en  pelle.  Quant  aux  cinq 
autres  espèces  dont  Vieillot  donne  la  des¬ 
cription  ,  d’après  Azara ,  dans  le  Nouveau 
Dict.  d'hist.  nat.,i\  est  probable  que,  lors¬ 
qu’on  les  aura  reconnues,  elles  rentreront, 
comme  les  précédentes ,  dans  des  genres 
déjà  existants,  en  sorte  que  le  nom  géné¬ 
rique  de  Bec  en  poinçon  d’ Azara  se  trou¬ 
vera  rayé  de  la  liste.  Il  est  très  probable, 
toutefois,  qu’il  a  servi  à  Vieillot  à  former 
son  genre  Némosie,  puisqu’il  y  range  quatre 
Becs  en  poinçon,  ajoutant  qu’il  soupçonne 
que  les  quatre  autres  espèces  restantes  ne 
seraient  pas  déplacées  à  la  suite  du  genre. 
Le  nom  de  Némosie  qu’il  a  adopté  paraît 
également  basé  sur  les  mœurs  forestières 
qu’ Azara  attribue  à  ses  Becs  en  poinçon. 
Voyez  némosie. 

Bec  en  scie,  le  Harle. 

BEC  FIGUE.  Ficedula ,  Briss.  ois. — 
Espèce  de  Gobe-Mouches  de  notre  pays,  très 
voisine  de  notre  Gobe-Mouche  à  collier. 

Voyez  GOBE-MOUCHE. 

Dans  le  midi  de  la  France  et  en  Italie , 
on  appelle  indistinctement  Becs  figues,  non 
seulement  l’espèce  de  Gobe-Mouches  de  ce 
nom,  mais  aussi  différentes  espèces  de 
Fauvettes  et  autres  Becs  fins  ,  qui ,  en 
automne,  au  lieu  de  continuer  à  faire  la 
chasse  aux  Insectes,  attaquent  et  mangent 


les  Figues,  les  Raisins  et  autres  fruits  savou¬ 
reux.  Cette  nourriture,  tout  en  les  engrais¬ 
sant  à  l’excès,  donne  à  leur  chair  le  goût  le 
plus  fin  et  le  plus  délicat  ;  aussi  leur  fait- 
on  alors  ,à  chasse  de  diverses  manières,  soit 
en  tendant  de*  collets  dans  les  vignobles  et 
les  haies,  soit  avec  des  nappes  et  des  appe¬ 
lants  ,  soit  enfin  avec  un  triple  filet  qui  se 
tend  verticalement,  appelé  Araigne  ou 
toile  d* Araignée  ou  Iranion. 

Sous  le  nom  générique  de  Bec  figue  (Fi¬ 
cedula)  ,  Brisson  a  décrit  tous  ces  petits 
Oiseaux  à  bec  menu ,  que  Linné  compre¬ 
nait  dans  son  genre  Motacilla  et  Latham 
dans  celui  de  Sylvia ,  formant  la  famille 
des  Becs  fins  de  Cuvier  ( Règne  anim .),  ou 
Sylviadèes  des  auteurs  modernes.  Voyez 

SYLVIADEES  et  SYLVIANÉES. 

Bec  figue  d’hiver,  la  Linotte  et  le  Pipi. 

BEC  FIN.  Sylvia.  ois.  —  Genre  formé 
par  Temminck  ,  dans  son  Manuel  d'orni¬ 
thologie,  pour  toutes  les  petites  espèces 
comprises  dans  les  genres  Sylvia,  Lath.; 
Motacilla,  Lin.,  zi  Ficedula,  Briss.,  sauf 
les  Traquets  et  Motteux  dont  il  forme 
le  genre  Saxicola.  Il  subdivise  son  genre 
Bec  fin  en  deux  sections  ,  les  Riverains  et 
les  Sylvains  ,  et  ces  derniers  en  Musci- 
vores ,  renfermant  les  Pouillots ,  les  Roite¬ 
lets  et  les  Troglodytes. 

*  BECS  FINS.  Motacilla,  L.  ois. — Sous 
ce  nom,  Cuvier  a  compris  une  famille  exces¬ 
sivement  nombreuse  de  petits  Oiseaux  à 
bec  droit  et  menu  que  Linné  renfermait 
dans  son  genre  Motacilla,  Latham  dans 
celui  de  Sylvia  et  Brisson  dans  celui  de 
Bec  figue  (Ficedula).  Tels  sont  les  Tra¬ 
quets,  Rubiettes,  Fauvettes,  Roitelets,  Tro¬ 
glodytes,  Hochequeues,  Bergeronnettes  et 
Farlouses. 

Dans  les  méthodes  nouvelles,  on  désigne 
cette  famille  par  le  nom  de  Sylviadèes,  et 
dans  celle  que  nous  adoptons ,  nous  la  sub¬ 
divisons  en  deux  familles ,  celle  des  Syl- 
viadées  et  celle  des  Saxicolidées.  Voyez 
ces  deux  mots. 

*  BECS  FLEURS.  ois.  —  C’est  le  nom 
français  par  lequel  Sonnini  a  traduit  dans 
les  Oiseaux  du  Paraguay  de  Azara ,  celui 
de  Picaflores ,  sous  lequel  Azara  a  décrit 
les  Oiseaux-Mouches  et  Colibris  du  Para¬ 
guay  au  nombre  de  onze  espèces.  Les  Gua¬ 
ranis  les  appellent  Mainumbi. 


518 


BEC 


BEC 


BEC  OUVERT.  Eians ,  Lacép.,  Cuv.: 
Ânastomus,  Illig.  {hians,  bâillant,  entrou¬ 
vert  ;  à  cause  de  la  forme  du  bec  de  ces 
Oiseaux),  ois.  —  Genre  de  l’ordre  des 
Échassiers  de  Cuvier,  de  sa  famille  des 
Cultrirostres  et  de  sa  tribu  des  Cigognes. 
Ses  caractères  sont  :  «  Bec  beaucoup  plus 
long  que  la  tête ,  élevé  ,  mais  très  com¬ 
primé  ;  à  mandibules  arquées  dans  le  sens 
opposé  et  laissant  entre  leurs  bords  un  inter¬ 
valle  vide,  depuis  leur  tiers  à  peu  prèsjusque 
vers  leur  extrémité,  en  sorte  que,  fermées, 
elles  ne  se  joignent  que  par  la  base  et  par  la 
pointe;  bords  de  la  mandibule  supérieure 
garnis  et  libre,  dans  leur  partie  élevée,  de 
petites  lamelles  fibreuses  très  rapprochées, 
et  verticales,  plus  hautes  vers  la  pointe  du 
bec ,  où  elles  remplissent  une  échancrure 
latérale  assez  forte  ;  narines  basales  ,  nues, 
percées  en  fente  longitudinale  dans  la  sub¬ 
stance  cornée  du  bec.  Jambes  en  grande 
partie  nues  ;  tarses  très  longs  et  pattes  con¬ 
formées  comme  celles  des  Cigognes.  Ailes 
amples;  queue  courte  rectiligne.  » 

Sonnerat  est  le  premier  qui  ait  fait  con¬ 
naître  l’espèce  type ,  sous  le  nom  de  Bec 
ouvert  des  Indes  (pl.  12  de  son  Second 
Voyage  aux  Indes J  publié  en  1782).  L’année 
suivante,  BufTon  décrivit  et  figura,  dans  son 
Histoire  des  Oiseaux  { Pl .  enl.  932),  le 
même  oiseau,  sous  le  nom  de  Bec  ouvert, 
s’attribuant  la  formation  de  ce  même  nom  , 
ce  qui  ne  paraît  pas  exact  d’après  la  date 
des  deux  publications.  Cuvier,  dans  son 
Règne  animal ,  présenta,  comme  nom  gé¬ 
nérique  ,  ce  nom  de  Bec  ouvert  ( Hians , 
Lacép.),  et  Vieillot  le  désigna  sous  celui 
d’ANASTOME  {Anastomus,  Illig.). 

Buffon  regardait  la  forme  singulière  de 
ce  bec  comme  une  défectuosité  et  comme 
un  reste  des  essais  imparfaits  que,  dans  les 
premiers  temps,  dut  produire  et  détruire 
la  force  organique  de  la  nature.  Cuvier, 
dans  son  Règne  animal ,  dit  à  son  sujet  que 
l’espace  Yide  entre  les  deux  mandibules 
paraît  en  partie  l’effet  de  la  détrition  ;  car 
on  y  voit  les  fibres  de  la  substance  cornée 
du  bec  qui  paraissent  avoir  été  usées.  Vieil¬ 
lot  décrit  cette  partie  comme  denticuiée. 

Les  diverses  manières  dont  ces  auteurs 
ont  décrit  et  expliqué  la  forme  bizarre  de 
ce  bec  nous  ont  engagé  à  l’étudier  attenti¬ 
vement  et  nous  avons  reconnu  :  1°  que  loin 


d’être  une  défectuosité,  c’était  au  contraire 
un  modèle  de  perfection  d’après  sa  desti¬ 
nation  ;  2°  que  l’espace  vide  entre  les  man¬ 
dibules  ne  pouvait  être  en  partie  l’effet  de 
la  détrition  ;  car  la  nature,  en  pourvoyant 
chaque  être  des  organes  propres  à  sa  con¬ 
servation  et  à  sa  nutrition,  a  eu  soin  de  les 
modifier  et  de  les  conformer  de  telle  sorte 
qu’ils  ne  puissent  éprouver  aucune  altéra¬ 
tion  dans  leur  forme  comme  dans  leur  du¬ 
rée  ,  par  suite  des  diverses  fonctions  aux¬ 
quelles  ils  sont  destinés  ;  ainsi  nous  voyons 
que  le  Perroquet  Ara,  le  Kakatoès,  appelés 
à  se  nourrir  des  amandes  des  noyaux  les 
plus  durs,  sont  munis  d’un  bec  auquel 
rien  ne  résiste,  qui  met  en  morceaux  les 
perchoirs  du  chêne  le  plus  dur  et  ploie  les 
plus  gros  fils  de  fer,  sans  que  ces  efforts  y 
laissent  la  moindre  trace  ou  la  moindre 
usure  ;  3°  enfin  que  les  bords  internes  ne 
sont  point  denticulés,  mais  garnis  ,  sur  la 
mandibule  supérieure,  de  fibres  verticales 
très  rapprochées,  en  partie  contiguës  et 
formant  de  chaque  côté,  jusqu’à  la  pointe,  où 
ils  garnissent  une  assez  grande  échancrure 
latérale,  une  bordure  mousse  et  inégale, 
destinée  probablement  à  retenir  et  empê¬ 
cher  de  glisser  certains  corps  ronds  ou 
ovales  ;  destination  que  semble  favoriser 
encore  la  courbure  opposée  des  deux  man¬ 
dibules.  Temminck,  dans  son  article  du  Bec 
ouvert  a  dames  {Pl.  col .  336) ,  émet  à  peu 
près  la  même  opinion;  enfin  le  colonel  Sykes 
de  l’armée  de  Bombay,  savant  observateur 
des  mœurs  des  Oiseaux  de  l’Inde,  est  venu 
confirmer  nos  soupçons,  en  faisantconnaître 
dans  son  Catalogue  des  Oiseaux  du  Dukhun 
{Proceedings,  1832,  p.  160)  que  le  Bec  ou¬ 
vert  de  l’Inde  se  nourrissait  de  l’animal 
d’une  grande  espèce  d’ünio  ou  Moule  flu- 
viatile,  que  la  forme  de  ses  mandibules, 
merveilleusement  adaptée  à  ce  but ,  lui 
donnait  la  possibilité  de  saisir  et  d’ouvrir, 
pour  en  manger  l’habitant.  Il  ajoute  que 
l’organisation  de  son  système  digestif  n’est 
pas  moins  singulière  que  son  bec;  car  la 
longueur  proportionnelle  du  tube  intestinal 
surpasse  celle  d’aucun  autre  oiseau  de  l’or¬ 
dre  des  Échassiers,  puisque,  dans  l’individu 
observé,  il  avait  cinq  fois  la  longueur  du 
corps,  y  compris  le  cou  et  le  bec. 

On  conçoit  maintenant  que ,  lorsque  cet 
oiseau  ,  au  moyen  de  ses  longues  jambes  $ 


BEC 


BEC 


519 


parcourt  à  gué  les  bords  des  fleuves  de 
l’Inde,  pour  y  chercher  les  Mollusques  au 
fond  de  leurs  eaux,  il  trouve  dans  la  forme 
arquée  de  ses  mandibules  à  bords  émous¬ 
sés  et  fibreux  un  instrument  des  plus  com¬ 
modes  pour  saisir  et  retenir  les  Coquilles 
ovalaires  et  glissantes. 

On  ne  connaît  encore  que  deux  espèces 
de  ce  singulier  genre  :  1°  l’espèce  type  in¬ 
dienne,  Hians  coromandelica  Cuv.;  Ar- 
dea  coromandelica  Lath.  et  Lin.  (l’adulte), 
et  dont  V Ardeaponticeriana  des  mêmes  est 
le  jeune,  qui  est  d’un  blanc  légèrement 
cendré,  avec  les  ailes,  les  scapulaires  et  la 
queue  noirs,  à  reflets  verts  et  violets  ;  2°  le 
Bec  ouvert  a  lames  ( Anastomus  lamelli- 
gerus  Tem.,  PL  col.  236)  d’Afrique,  d’un 
noir  brunâtre ,  avec  les  plumes  du  cou  et 
du  ventre  terminées  par  des  lamelles  lui¬ 
santes,  présentant,  du  reste,  dans  la  forme 
et  les  proportions  de  son  bec  et  dans  tout 
son  ensemble,  les  plus  grands  rapports  avec 
l’espèce  précédente  et  probablement  con- 
cbivore  comme  elle. 

Bec  tlat,  le  Canard  Souchet. 

Bec  rond,  le  Bouvreuil. 

Bec  tranchant,  le  Pingouin. 

(de  Lafresnaye.) 

Ce  nom  de  Bec  a  été  appliqué  à  des 
animaux  de  toutes  les  classes ,  chaque  fois 
que  chez  eux  la  forme  de  la  bouche  offrait 
une  ressemblance  plus  ou  moins  grande 
avec  le  bec  d’un  oiseau  ;  ainsi  l’on  a  appelé 
parmi  les  Mammifères  : 

Bec  d’oie,  le  Dauphin. 

Bec  d’oiseau  ,  l’Ornithorhynque. 

Parmi  les  Chéloniens  : 

Bec  de  faucon,  la  Tortue-Franche. 

Bec  d’oie  ou  Bec  de  poulf,  la  Tortue-Caret . 

Et  parmi  les  Poissons  : 

Bec  allongé,  une  espèce  du  genre  Chéto- 
don,  le  Chœtodon  rostratus  Lin. 

Bf.c  de  perroquet,  les  Scares  en  général, 
à  cause  de  la  forme  de  leur  bouche  et  sur¬ 
tout  le  Scarus  psittacus. 

Bec  pointu,  la  Raie  blanche.  (C.  d’O.) 

Quelques  entomologistes  ont  donné  le 
nom  de  Bec  aux  suçoirs  des  Hémiptères , 
ainsi  qu’à  la  tête  prolongée  en  forme  de  bec 
ou  de  trompe  de  la  plupart  des  Curculioni- 
des.  Voyez  rostre.  (D.) 

Le  nom  de  Bec  est  aussi  donné  vulgaire¬ 
ment  à  la  partie  saillante  d’une  coquille  qui, 


ordinairement,  est  creusée  en  gouttière. 
C’est  ainsi ,  que  dans  le  langage  ordinaire, 
les  Coquilles  univalves,  prolongées  à  la  base 
par  un  canal  court ,  sont  des  Coquilles  à 
bec.  Dans  les  Coquilles  bivalves,  le  bec  est 
presque  toujours  un  prolongement  de  l’ex¬ 
trémité  postérieure  des  valves,  comme  dans 
les  Corbules.  Quelquefois  on  a  ajouté  une 
épithète  caractéristique  ;  et  c’est  ainsi  que 
le  Lingula  anatina  est  nommé  Bec  de  Ca¬ 
nard.  On  nomme  vulgairement  Bec  de  flûte, 
le  Donax  scortum ,  et  Bec  de  Perroquet,  le 
Terebratula  psittacea.  Les  zoologistes  sa¬ 
vent  que  les  mâchoires  des  Céphalopodes 
ont  la  plus  grande  ressemblance  avec  le 
bec  d’un  Perroquet.  De  cette  ressemblance, 
il  résulte  qu’on  désigne  souvent  ces  parties 
par  la  dénomination  assez  exacte  de  Bec. 
Voyez  céphalopodes.  (Df.sh.) 

En  botanique  ,  le  nom  de  Bec,  appliqué 
par  Jacquin  à  la  peinte  qui  surmonte  les 
cornes  terminales  du  sac  des  Stapelia ,  a 
été  donné  à  des  plantes  dont  les  fruits  ou 
les  feuilles  ont  la  forme  de  cet  organe  ;  mais 
c’est  surtout  dans  les  Géraniums  que  cette 
ressemblance  est  frappante;  ainsi  l’on  a  ap¬ 
pelé  : 

Bec  de  cane,  VAloes  lingueformis . 

Bec  de  cigogne,  le  Géranium  ciconium. 

Bec  de  grue,  le  G.  gruinum. 

Bec  de  héron  ,  le  G.  arduinum  et  le 
Misemhrianthemum  rostratum. 

Bec  de  pigeon,  le  G.  columbinum. 

(C.  d’O.) 

BÉCABE.  ois.  —  Synonyme  vulgaire 
de  Bécasse. 

BÉCAïlB.  ois.  —  Un  des  noms  vulgai¬ 
res  du  Harle  commun. 

BÉCAMB.  poiss.  —  Nom  vulgaire  du 
Saumon  commun  mâle. 

BÉCABBE,  Buff. ;  Tityra ,  Vieil,  ois. 
—  Genre  de  l’ordre  des  Passereaux  de 
Cuvier  et  de  sa  famille  des  Pies-grièches , 
ayant  pour  caractères  :  Bec  grand ,  large 
et  bombé  dessus  et  dessous  ,  à  arête 
arrondie ,  dépourvu  de  poils  à  son  ou¬ 
verture;  l’extrémité  crochue  et  entaillée. 
Tête  grande ,  déprimée.  Pieds  courts  et 
faibles;  le  doigt  externe  plus  long  que 
l’interne.  Ailes  allongées,  à  troisième  penne 
la  plus  longue,  souvent  une  très  petite 
plume  acuminée,  ensiforme,  basale,  entre 
la  première  et  la  seconde  rémige.  Queue 


520 


BEC 


courte,  terminée  carrément;  souvent, une 
peau  nue ,  autour  des  yeux  ;  forme  courte 
et  trapue. 

Bulïon  donna  le  nom  de  Bécarde  à  un  oi¬ 
seau  d’Amérique,  décrit  et  figuré  depuis  dix 
ans  par  Brisson  dans  son  Ornithologie ,  sous 
les  noms  de  Pie-grièche  grise  et  Pie-griè- 

CHE  TACHETÉE  DE  CAYENNE  ( LdniUS  Cdl/an- 

nensis  cinereus ,  et  Lanius  cayannensis 
ncm'ws  Briss.,  t.  II ,  p.  158,  pl.  14,  f.  1  et  2). 
Buffon  voulant  rapprocher,  sous  ce  nom  de 
Bécarde  ou  oiseau  à  gros  bec  ,  plusieurs  es¬ 
pèces,  y  réunit  à  tort  un  Tyran,  le  Lanius 
sulphuratus  et  le  Vanga  de  Madagascar. 
Vieillot,  adoptant  ce  nom  de  Bécarde 
comme  nom  générique  français,  lui  adjoignit 
pour  nom  scientifique  celui  de  Tityra.  L’an¬ 
née  suivante,  Cuvier,  dans  son  Bègne  ani¬ 
mal ',  remplaça  ce  nom  de  Tityra  par  celui 
de  Psaris ,  nom  grec  d’une  espèce  d’oiseau 
inconnue.  Vieillot  plaçait  le  genre  dans  sa 
famille  des  Myothères  ou  Gobe-mouches,  et 
Cuvier  dans  celle  des  Pies-grièches.  Azara 
avait  formé  cc  groupe  sous  le  nom  de  Dis¬ 
tingués  et  en  avait  décrit  trois  espèces  outre 
la  Bécarde  de  Buffon.  Vieillot,  dans  le  Dic¬ 
tionnaire  de  Déterville ,  décrivit  aussi  ces 
trois  nouvelles  espèces  d’après  Azara  ,  tan¬ 
dis  que  Cuvier  n’en  admettait  qu’une,  la 
Bécarde  grise. 

Ce  genre ,  placé  tantôt  dans  les  Pies- 
grièches ,  tantôt  dans  les  Gobe  -  mou¬ 
ches  ,  tient  effectivement  de  ces  deux  gen¬ 
res.  Cependant  la  forme  très  élargie  du  bec 
et  non  comprimée  comme  chez  les  Pies- 
grièches,  indique  des  Oiseaux  qui,  comme 
les  Gobe-mouches ,  doivent  plutôt  prendre 
au  vol  et  avaler  entiers  les  Insectes  volants 
que  les  dépecer  comme  les  Pies-grièches  ; 
aussi  nous  conformons-nous, en  lesy  plaçant, 
à  l’opinion  de  Vieillot  et  en  dernier  lieu  de 
Swainson.  On  n’a  jusqu’à  ce  moment  que 
peu  de  notions  sur  leurs  mœurs.  Ce  qu’en 
dit  Azara  et  ce  que  nous  en  a  communiqué 
M.  Aie.  d’Orbigny  ,  est  tout  à  fait  conforme. 
Ce  sont ,  d’après  ces  auteurs  ,  des  Oiseaux 
solitaires,  peu  sauvages ,  se  tenant  habi¬ 
tuellement  par  paires  dans  les  forêts,  le  plus 
souvent  perchés  au  sommet  des  grands  ar¬ 
bres  et  y  donnant  la  chasse  aux  Insectes  qui 
passent  à  leur  portée ,  comme  les  Tyrans 
le  font  de  dessus  les  buissons.  Cette  con¬ 
formité  de  mœurs  avec  les  Tyrans  et,  de  | 


BEC 

plus,  la  largeur  du  bec  nous  ont  décidé  à  pla¬ 
cer  ce  genre  dans  notre  famille  des  Muscica- 
pidées  et  dans  notre  sous  famille  des  Tity- 
ranées.  L’espèce  type,  la  Bécarde  grise 
{Tityra  cinerea  Vieil.,  Gai.,  pl.  134),  Pie- 
grièche  grise  de  Cayenne  (Briss.,  pl.  14, 
f.  1  et  2;  Buff.,  enl.  304  et  377;  Lanius 
cayanus  Gmel.),  très  voisin  du  Distingué 
a  tête  noire  d’ Azara ,  est  d’un  gris  cendré 
clair,  avec  le  dessus  et  les  côtés  de  la  tête, 
les  ailes  et  la  queue  noirs;  le  bec  rouge 
dans  les  deux  tiers  de  sa  longueur,  noir  à 
la  pointe  et  sans  peau  nue  autour  des  yeux. 
On  a  confondu,  sous  ce  nom,  trois  ou  quatre 
espèces  de  la  Guiane  et  du  Brésil,  très  voi¬ 
sines  ,  mais  offrant  des  différences  ,  et  dé¬ 
crites  par  Swainson  {Class.  ofbirds,  part. 3) 
qui  en  indique  dix  espèces. 

Le  voyageur  Spix  a  donné,  dans  son  ou¬ 
vrage  sur  les  Oiseaux  du  Brésil ,  le  nom  gé¬ 
nérique  de  Pachyrhynchus  à  ces  Oiseaux  et 
en  a  décrit  quelques  espèces  nouvelles,  dont 
plusieurs  de  taille  beaucoup  plus  petite  et 
offrant  encore  quelques  autres  légères  diffé¬ 
rences.  M.  Swainson ,  d’après  ces  différen¬ 
ces,  a  restreint  à  ces  petites  espèces  le  nom 
générique  de  Pachyrhynchus,  conservant 
aux  plus  grosses  et  à  l’espèce  type  le  nom 
de  Psaris  de  Cuvier. 

Ce  genre  ou  sous-genre  Pachyrhynchus, 
ainsi  restreint ,  diffère  des  vraies  Bécardes 
( Tityra )  par  une  taille  plus  petite;  par  des 
ailes  plus  arrondies  ;  par  une  queue  plus  lon¬ 
gue  et  arrondie  ou  même  étagée ,  et  par  un 
bec  à  proportion  bien  moins  volumineux. On 
peut  citer  pour  type  le  Distingué  vert  a 
couronne  noire  Azar‘. , Bécarde  verte  ^Tityra 
viridis  (Vieil.,  Dict.,  t.  III,  p.  348),  que  tous 
les  auteurs  modernes  ont  méconnu ,  que 
Spix  et  Swainson  ont  nommé  Pachyrhyn 
chus  Cuvieri ,  et  Lichtenstein,  dans  son 
Cat.  des  D.  du  M.  de  Berlin ,  Muscicapa 
nigriceps  et  à  qui  on  devrait  rendre  son  pre¬ 
mier  nom  de  Pachyrhynchus  viridis  Azar. 
Il  a  le  dessus  de  la  tête  noir  avec  le  front 
blanc,  le  cou  en  entier  et  le  ventre  d’un  gris 
cendré  avec  une  large  bande  pectorale  jaune 
et  le  dessus  vert  olive  ;  la  femelle  en  diffère 
par  sa  calotte  verte  et  ses  couvertures  alai- 
res  brunes.  Les  espèces  de  ce  groupe  ont  été 
désignées  par  M.  Lesson,  dans  son  Traité, 
sous  le  nom  de  Moucherolles  loxies.  Elles 
sont  plus  nombreuses  que  celles  du  pre- 


BEC 


521 


BEC 

mier  groupe.  Le  genre  Béca'rde  ( Tityra , 
Vieil.),  ayant  pour  sous-genre  Pachyrhyn- 
chus,  Sp. ,  fait  donc  partie  de  notre  famille 
des  Muscicapidées  et  de  notre  sous-famille 
des  Tityranées.  (Lafr.) 

BÉCA.SSE.  Scolopax,  L.,  Briss.,  Cuv., 
Tem.  (Ixolonal;,  nom  grec  de  la  Bécasse; 
de  gxo\ oij/ ,  pieu ,  à  cause  de  son  bec  droit 
et  pointu),  ois.  —  Genre  de  Tordre  des 
Échassiers  et  de  la  famille  des  Longirostres 
de  Cuvier.  Ses  caractères  sont  :  Bec  long , 
droit ,  grêle  ,  mou  ;  mandibules  sillonnées 
latéralement,  dans  la  plus  grande  partie  de 
leur  longueur ,  depuis  la  base ,  et  Tétant 
dessus  et  dessous,  près  de  la  pointe  ;  la  su¬ 
périeure  plus  longue  que  Tinférieure ,  avec 
un  renflement  obtus  à  sa  pointe  ,  en  forme 
de  talon  ,  où  celle-ci  Yient  s’adapter  ;  arête 
du  bec  élevée ,  saillante  ;  narines  latérales , 
banales,  longitudinalement  fendues  près  des 
bords  de  la  mandibule ,  couvertes  par  une 
membrane.  Pieds  médiocres  ,  grêles  ou 
grands  ;  bas  de  la  jambe  ou  totalement  em¬ 
plumé  ,  ou  nu  dans  une  petite  partie  de  sa 
longueur  ;  les  doigts  antérieurs  entièrement 
divisés ,  rarement  l’extérieur  et  le  médian 
réunis  ;  un  pouce.  Ailes  médiocres,  formées 
sur  le  type  aigu.  Queue  courte  ,  en  partie 
cachée  par  les  couvertures. 

Linné  réunissait,  dans  son  genre  Scolo¬ 
pax,  la  plupart  des  Oiseaux  de  rivage  à  bec 
grêle  et  cylindracé ,  telles  que  les  Bécasses 
et  les  Bécassines,  les  Barges,  les  Chevaliers, 
les  Courlis  et  lesRhynchées.  Brisson  restrei¬ 
gnit  le  genre  aux  seules  Bécasses  et  Bécassi¬ 
nes  ;  Cuvier ,  Temminck  en  firent  autant  ; 
mais  Vieillot  sépara  les  Bécasses  ,  sous  le 
nom  générique  de  Rusticola ,  des  Bécassines 
auxquelles  il  laissa  celui  de  Scolopax.  Tem¬ 
minck  ,  dans  son  Manuel ,  se  contenta  de 
faire  trois  sections  dans  son  genre  Scolo¬ 
pax,  pour  les  Bécasses,  les  Bécassines  et  la 
Bécassine  grise  d’Amérique  à  doigts  semi- 
palmés,  qu’il  nomma  Bécassine-Chevalier. 

Des  auteurs  contemporains,  outre  le  genre 
Rusticola  de  Vieillot,  ont  créé  ceux  de  Gal- 
linago  pour  les  Bécassines ,  et  de  Macro- 
ramphus  pour  les  Bécassines-Chevaliers  de 
Temminck.  Bonaparte  a  même  ajouté  une 
quatrième  division,  en  restreignant  le  genre 
Rusticola  de  Vieillot  à  la  Bécasse  des  États- 
Unis  ,  et  rendant  à  celle  d’Europe  le  nom  I 
générique  de  Scolopax.  On  a  encore  poussé  ! 


plus  loin  ces  subdivisions  en  forgeant  les 
genres  Telmatias  ,  ïlemoptilura ,  Philo - 
limnos,  parmi  les  Bécassines,  pour  des  es¬ 
pèces  qui  ne  diffèrent  que  par  le  nombre 
de  leurs  pennes  caudales.  U  n’y  a  de  réel¬ 
lement  distinct,  dans  le  genre,  que  les  trois 
sections  indiquées  par  Temminck ,  et  qui 
diffèrent  de  moeurs  et  de  formes. 

Nous  renfermerons  donc,  comme  cet  au¬ 
teur  et  comme  Cuvier,  dans  le  genre  Scolo¬ 
pax,  les  Bécasses,  les  Bécassines  et  les  Bé¬ 
cassines-Chevaliers  ,  adoptant  toutefois, 
mais  comme  sous-génériques  seulement, 
les  noms  génériques  de  Rusticola ,  Scolo¬ 
pax  et  de  Macroramphus  qui  leur  ont  été 
donnés. 

1er  sous-genre  :  Bécasse.  Rusticola,~Vie il. 
Bas  de  la  jambe  emplumé  jusqu’à  l’articu¬ 
lation  ;  tarses  courts  ;  doigts  médiocres  ; 
ongle  du  pouce  obtus  et  ne  débordant  pas 
le  doigt  ;  occiput  rayé  de  bandes  transver¬ 
sales  ;  formes  lourdes  et  massives.  Demeure 
habituelle  :  les  bois ,  les  fourrés  et  les  haies 
épaisses. 

On  ne  connaît  encore  que  trois  espèces 
de  Bécasses  :  celle  d’Europe,  Scolopax  rus¬ 
ticola  Lin. ,  qui  prend  alors  le  nom  de 
Rusticola  vulgaris ,  ou  Bécasse  commune 
Vieil.  ( Dict .,  III,  348)  ;  celle  des  États-Unis, 
Scolopax  minor  Lin.,  ou  Rusticola  minor 
Vieil.  (Gai.,  pl.  242),  et  la  Bécasse  de  Java 
Less.  ,  Rusticola  saturata  Nob.,  Scolo¬ 
pax  saturata  Hors.,  Rusticola  javanica 
Less. 

Les  Bécasses,  habitantes  des  hautes  mon¬ 
tagnes  boisées  du  centre  de  l’Europe,  en 
descendent  dès  les  premiers  froids ,  et  ar¬ 
rivent  dans  nos  contrées  en  octobre  ou  no¬ 
vembre.  Elles  se  tiennent  habituellement 
le  jour  dans  les  bois ,  où  elles  retournent 
les  feuilles  sèches  avec  leur  bec  pour  se 
nourrir  des  Vers  qui  s’y  tiennent  cachés  ; 
mais,  à  la  fin  du  jour,  elles  en  sortent,  et  se 
dirigent  d’un  vol  rapide  et  léger  vers  les 
champs  cultivés  et  fraîchement  labourés  et 
vers  les  fontaines.  Il  paraît  que  la  Bécasse 
ne  voit  bien  qu’au  crépuscule  :  ce  qui  s’ex¬ 
plique  facilement  par  sa  sortie  du  soir  et  par 
ses  allures  beaucoup  plus  vives  à  cette  heure 
et  avant  le  lever  du  soleil  que  pendant  le 
jour.  Elle  nous  quitte  dès  les  premiers 
I  jours  du  printemps.  Quelquefois  un  couple 
1  isolé  reste  dans  nos  bois  et  y  niche  après  le 
33* 


T.  II. 


522 


BEC 


BEC 


départ  des  autres.  Il  fait  son  nid  à  terre , 
souvent  près  d'un  tronc  d’arbre  ou  d’une 
grosse  racine  ;  la  femelle  y  pond  quatre  ou 
cinq  œufs  oblongs  ,  d’un  gris  roussâtre  ,  et 
marbrés  d’ondes  plus  foncées  et  noirâtres. 
Les  petits,  couverts  en  naissant  d’un  duvet 
épais,  comme  la  plupart  des  jeunes  Échas¬ 
siers,  quittent  le  nid  incontinent  et  se  met¬ 
tent  à  courir.  Il  est  alors  très  facile  de  s’en 
emparer  ;  mais  le  père  et  la  mère  ont  pour 
eux  une  telle  sollicitude,  qu’on  en  a  vu  pren¬ 
dre  sous  leur  gorge  un  de  leurs  petits,  et 
l’emporter  ainsi  à  plus  de  mille  pas.  Vieillot 
a  vérifié  ce  fait  chez  les  bécasses  d’Améri¬ 
que,  et  les  a  vues  emporter  leurs  petits, 
cramponnés  sur  leur  dos.  Ces  Oiseaux  sem¬ 
blent  muets  dans  l’hiver,  et  ne  font  enten¬ 
dre  qu’une  espèce  de  gloussement  quand  ils 
se  poursuivent  au  premier  printemps.  Lors¬ 
qu’ils  se  posent  à  terre ,  ils  étalent  souvent 
la  queue,  comme  s’ils  faisaient  la  roue.  On 
a  cru  reconnaître  plusieurs  races  distinctes 
dans  notre  Bécasse;  une  plus  petite  entre 
autres,  plus  roussâtre  et  à  bec  plus  long, 
et  une  troisième  beaucoup  plus  forte ,  au 
contraire,  à  plumage  plus  rembruni,  et  qui 
se  tient  de  préférence  dans  les  grosses  haies 
et  les  halliers.  Temminck,  dans  la  quatrième 
partie  de  son  Manuel,  annonce  que,  d’après 
ses  observations,  les  petites  Bécasses  ne 
sont  autres  que  les  jeunes,  de  couvées  tar¬ 
dives  ,  qui  n’entreprennent  leur  migration 
que  quelques  semaines  après  le  départ  des 
grandes  bandes  ,  et  nous  arrivent  effective¬ 
ment  bien  après  elles.  Il  indique  aussi , 
comme  moyen  le  plus  sûr  de  distinguer 
les  sexes  dans  notre  espèce  européenne  , 
l’examen  de  la  première  rémige,  dont  le 
bord  externe  des  barbes  est  couvert,  chez  le 
mâle,  de  taches  brunes  sur  un  fond  blanc 
jaunâtre,  tandis  que  les  femelles  portent  un 
liseré  blanc  sans  taches  sur  toute  la  lon¬ 
gueur  de  cette  barbe.  L’espèce  niche  en 
grand  nombre  aux  environs  de  Saint-Pé¬ 
tersbourg  ;  on  la  dit  sédentaire  dans  le  midi 
de  l’Italie. 

2me  sous-genre  :  Bécassine.  Scolopax , 
Vieil.  Bas  de  la  jambe  dénudé;  tarses  de 
longueur  médiocre  ;  doigts  longs  et  grêles; 
ongle  du  pouce  pointu  et  débordant  son 
extrémité  de  toute  sa  longueur  ;  dessus  de 
la  tête  rayé  de  bandes  longitudinales  ;  for¬ 
mes  grêles  et  élancées.  Demeure  habituelle  : 


les  marais  et  les  prairies  marécageuses. 

Outre  les  caractères  ci-dessus,  les  Bécas¬ 
sines  diffèrent  encore  des  Bécasses  par  leur 
habitude  de  pousser  plusieurs  cris,  lors¬ 
qu’elles  prennent  leur  vol ,  et  par  ce  vol 
aussi  facile  et  aussi  rapide  le  jour  que  le 
soir ,  ce  qui  prouve  que  leur  vue  est  orga¬ 
nisée  pour  la  lumière  du  soleil.  Elles  ni¬ 
chent  dans  les  marais.  A  propos  de  leur 
nidification ,  nous  avons  été  témoin  d’un 
fait  assez  singulier.  Ayant  fait  lever  une 
Bécassine  de  dessus  ses  œufs ,  son  mâle  se 
réunit  bientôt  à  elle  ;  ils  s’élevèrent  tous 
deux  à  une  hauteur  assez  considérable,  et  je 
remarquai  que,  pendant  tout  le  temps  qu’ils 
volèrent  au  dessus  de  ma  tête  ,  ils  faisaient 
entendre  à  chaque  coup  d’aile  qu’ils  dou- 
naient  un  petit  cri  court  et  fort  vif,  dif¬ 
férent  de  celui  qu’ils  ont  le  reste  de  l’année  ; 
et,  de  temps  en  temps,  une  d’elles  sem¬ 
blait  se  laisser  tomber  perpendiculairement 
du  haut  des  airs ,  les  ailes  placées  vertica¬ 
lement,  de  sorte  qu’une  était  en  dessus  et 
l’autre  en  dessous.  Dans  cette  position,  elle 
les  agitait  avec  force,  de  manière  à  produire 
un  bruit  de  vibration  très  fort ,  imitant  un 
peu  le  hennissement  d’un  Cheval. 

On  compte  aujourd’hui  au  moins  cinq 
espèces  de  Bécassines  européennes ,  trois 
dans  l’Amérique  du  nord  et  quatre  dans 
celle  du  sud  ;  elles  ont  toutes  de  si  grands 
rapports  dans  la  coloration  du  plumage , 
qu’il  n’y  a  pour  ainsi  dire  que  la  différence 
dans  la  taille  et  le  nombre  de  leurs  plumes 
caudales  qui  puissent  les  faire  reconnaître. 
Nous  citerons,  comme  espèce  remarquable 
par  sa  taille,  la  Bécassine  géante  ( Scolopax 
yigantea  Naît.,  Tem.,  PL  col.  403),  quia, 
comme  toutes  les  Bécassines ,  six  bandes 
longitudinales  noires,  dont  deux  sur  le  ver- 
tex,  deux  latérales  oculaires  et  deux  courtes 
sub-oculaires  ,  séparées  par  cinq  bandes 
d’un  blanc  roussâtre  ;  le  gosier  blanc  ;  les 
scapulaires  noires ,  entremêlées  de  quel¬ 
ques  points  roux,  et  largement  bordées  ex¬ 
térieurement  de  roux  marron  vif,  formant 
trois  larges  bandes  dorsales  noires  et  lon¬ 
gitudinales  ,  séparées  par  quatre  autres  de 
couleur  rousse.  Les  ailes  sont  bariolées,  en 
travers  ,  de  blanc  et  de  noir  ,  ainsi  que  le 
cou,  la  poitrine,  les  flancs  et  les  jambes.  La 
queue  est  rousse,  avec  du  noir  sur  la  ligne 
médiane.  Cette  espèce,  qui  est  du  Brésil , 


BEC 


BEC 


est  d’un  quart  plus  forte  dans  toutes  ses 
dimensions  que  notre  Bécasse  d’Europe  ; 
mais  elle  a  tous  les  caractères  propres  aux 
Bécassines  :  elle  est  longue  de  quarante  cen¬ 
timètres,  et  son  bec  l’est  de  dix  à  douze  cen¬ 
timètres  ;  elle  est  du  Brésil ,  et  si  semblable 
de  plumage  à  la  grande  Bécassine  des  sa- 
vannes  de  Gayenne  ( Buff . ,  enl.,’  895),  déjà 
fort  grande  elle-même  ,  qu’elle  n’en  diffère 
réellement  que  par  une  taille  plus  forte. 

31Uü  sous-genre  :  Bécassine-Chevalier  , 
Tem.;  Macroramphus ,  L.  Jambes  dénuées 
de  plumes  dans  la  plus  grande  partie  de  leur 
longueur  ;  doigt  externe  réuni  au  médian  à 
leur  base  par  une  très  petite  membrane  ; 
doigts  de  longueur  médiocre.  Queue  carrée 
et  non  conique ,  comme  chez  les  deux  sec¬ 
tions  précédentes  ;  tous  caractères  qui,  ainsi 
que  la  coloration,  lieraient  entièrement  des 
Chevaliers  et  non  des  Bécassines. 

Le  nom  de  Bécassine-Chevalier  >  donné 
par  Temminck  à  cette  troisième  section , 
est  bien  certainement  le  plus  convenable 
qu’on  pût  lui  donner  ;  car  l’oiseau  qui  en 
est  le  type  est  tout  à  fait  intermédiaire  à 
ces  deux  genres ,  n’ayant  des  Bécassines 
que  le  bec ,  et  ayant  du  reste  les  pattes,  la 
queue ,  la  coloration ,  la  livrée  d’été ,  et 
même  les  habitudes  toutes  marines  des 
Chevaliers.  Il  est  fâcheux  que  le  nom  scien¬ 
tifique  de  Macroramphus  n’indique  rien  de 
ces  caractères  mixtes,  et  donne  au  contraire 
une  idée  fausse  du  bec ,  qui ,  dans  l’espèce 
type  ,  est  moins  grand  qu’un  bec  de  Bécas¬ 
sine  ordinaire,  à  proportion  de  l’oiseau. 

La  seule  espèce  connue  de  ce  groupe  est 
la  Bécassine-Chevalier  grise  Nob.,  Ma¬ 
croramphus  griseus  L.)  ,  Bécassine  ponc¬ 
tuée  Tem.  ( Man .,  679),  Bécassine  grise 
(  Scolopax  leucophœa  'Vieil. ,  Dict.,  III, 
358,  et  Gai.,  pl.  241),  couverte,  en  dessus,  de 
bariolures  noires  et  blanc  roussâtre  ;  à  poi¬ 
trine  d’un  brun  grisâtre  5  le  reste  blanc,  qui 
se  colore  de  roux  dans  la  livrée  d’été  ;  le 
croupion  et  la  queue  blancs ,  traversés  de 
bandes  nombreuses  noires.  Elle  se  trouve 
aux  États-Unis  ,  où  elle  fréquente  les  ter¬ 
rains  submergés  ou  marécageux  des  bords 
de  la  mer,  surtout  à  l’embouchure  des  ri¬ 
vières  ,  et  ne  va  jamais  dans  les  prairies 
herbeuses.  Elle  se  nourrit ,  selon  Wilson  , 
de  Mollusques  bivalves,  qui  se  rencontrent 
dans  les  marais  salés  des  États-Unis  —  On 


523 

voit,  par  ce  qui  précède,  que  cet  oiseau  est 
un  véritable  Chevalier  à  bec  de  Bécassine , 
et  serait  plus  convenablement  nommé  Che¬ 
valier-Bécassine  que  Bécassine-Chevalier. 

(Lafr.) 

BÉCASSE,  poiss.  —  Nom  donné  vul¬ 
gairement  à  des  Poissons  des  genres  Cen- 
trisque,  Scombrésoce  et  Espadon  ,  à  cause 
du  prolongement  de  leur  bouche  en  forme 
de  bec. 

BÉCASSE,  moll.  —  Plusieurs  espèces 
de  Rochers  prolongées  à  la  base  en  un  long 
canal  offrent  une  ressemblance  grossière 
avec  la  tête  d’une  Bécasse.  Les  marchands 
du  siècle  dernier  se  sont  saisis  de  cette  res¬ 
semblance  pour  nommer  Tête  de  Bécasse, 
le  Murex  haustellum  ;  Bécasse  a  ramage,  le 
Murex  cornutus  ;  Bécasse  épineuse  ,  le 
Murex  crassispina  /‘grande  Bécasse  épi¬ 
neuse,  le  Murex  tenuispina  ;  et  enfin 
Bécasse  a  courte  épine,  le  Murex  branda- 
ris.  Ces  diverses  dénominations  sont  en¬ 
core  en  usage  parmi  les  marchands  d’his¬ 
toire  naturelle.  (Desh.) 

BÉCASSE  D’ARBRE  ou  PER¬ 
CHANTE.  Ois.  —  Nom  vulgaire  de  la 
Huppe,  Upupa  Epops. 

BECASSE  DE  MER.  ois.  •—  Noms 
vulgaire  de  l’Huîtrier  et  du  Courlis. 

BÉCASSEAU,  Briss.;  Tringa ,  Lin., 
Briss.  ois.  —  Genre  de  l’ordre  des  Échas¬ 
siers  ,  de  la  famille  des  Longirostres  de 
Cuvier,  et  dont  les  caractères  sont  :  Bec 
long  ou  médiocre,  grêle,  cylindracé,  faible¬ 
ment  arqué  ou  droit,  mou  et  flexible  dans 
toute  sa  longueur,  comprimé  à  la  base, 
déprimé  vers  la  pointe,  qui  est  un  peu  di¬ 
latée  et  obtuse  ;  les  deux  mandibules  sillon¬ 
nées  jusque  près  de  leur  extrémité.  Pieds 
grêles  5  nudité  du  bas  de  la  jambe  assez  peu 
étendue  ;  le  pouce  faible  et  court  articulé  sur 
le  tarse,  au  dessus  des  doigts  antérieurs  et 
touchant  à  peine  la  terre  à  son  extrémité  ; 
ceux-ci  non  réunis  par  une  membrane  à 
leur  base  ;  ailes  assez  longues,  sur-aiguës, 
atteignant  l’extrémité  de  la  queue. 

Linné,  sous  le  nom  générique  de  Tringa , 
donné  anciennement  par  Gesner  et  Aldro- 
vande  au  Chevalier  cul-blanc,  réunissait  les 
Chevaliers,  Bécasseaux  et  Combattants,  les 
Yanneaux,  Sanderling,  Phalaropes  et  Tour- 
nepierres  ;  Brisson  le  restreignit  aux  seuls 
Bécasseaux,  Chevaliers  et  Alouettes  de  mer; 


524 


BEC 


BEC 


Temminck  en  retira  les  Chevaliers,  et  n’ad¬ 
mit  dans  son  genre  Bécasseau  ( Tringa )  J 
que  les  Bécasseaux  proprement  dits  ou  les 
Maubèches  et  Alouettes  de  mer ,  dont  il 
forma  une  première  section,  et  les  Com¬ 
battants,  dont  il  forma  la  seconde.  Cuvier, 
dans  son  Règne  animal,  remplaça  le  nom 
générique  de  Bécasseau  {Tringa),  par  celui 
de  Maubèche  {Calidris)  ;  mais  il  en  sépara, 
sous  le  nom  de  Pelidna ,  les  Alouettes  de 
mer  et  les  Cocorlis,  et  sous  celui  de  Ma- 
chetes  les  Combattants. 

Vieillot,  dans  le  nouveau  Dictionnaire  et 
dans  l’Encyclopédie,  a  changé  le  nom  gé¬ 
nérique  français  de  Bécasseau  de  Brisson 
et  Temminck,  en  celui  de  Tringa,  se  fon¬ 
dant  sur  ce  que  Brisson  ,  qui  réunissait 
sous  cette  dénomination  des  Chevaliers  et 
des  Bécasseaux  ,  avait  pris  positivement 
pour  type  le  Bécasseau  ou  Cul-blanc ,  qui 
est  un  Chevalier  et  non  un  Bécasseau,  d’a¬ 
près  les  caractères  distincts  assignés  de¬ 
puis  à  ces  deux  genres. 

Temminck,  dans  la  4e  partie  de  son  Ma¬ 
nuel  (1835),  se  range  de  l’avis  de  Cuvier  et 
des  naturalistes  qui  isolent  le  Combattant, 
en  un  genre  distinct  de  ceux  de  Bécasseau 
et  de  Chevalier,  et  le  retire  par  conséquent 
de  son  genre  Bécasseau. 

Nous  adoptons  d’autant  plus  volontiers 
cette  dernière  opinion,  que  les  Combattants 
nous  avaient  toujours  paru  s’éloigner  des  Bé¬ 
casseaux  par  leur  ensemble  plus  élancé  ;  par 
leurs  pattes  plus  élevées;  par  leurs  doigts  plus 
longs  et  à  membrane  interdigitale,  et  par 
le  peu  de  dilatation  de  la  pointe  de  leur  bec, 
tous  caractères  qui  les  rapprochent  au  con¬ 
traire  des  Chevaliers.  De  plus,  le  nom  gé¬ 
nérique  Bécasseau  de  Brisson  étant  le  plus 
ancien  et  le  plus  généralement  employé  par 
les  ornithologistes,  nous  croyons  devoir  l’a¬ 
dopter  aussi  de  préférence,  et  tel  que  Tem¬ 
minck  l’a  conçu,  dans  la  dernière  partie  de 
son  Manuel.  Bonaparte,  dans  ses  Birds  of 
Europe  and  narth  America,  le  subdivise 
encore  en  quatre  genres,  dont  deux  améri¬ 
cains,  qui  sont  Hemipalama ,  Bonap.,  ayant 
pour  type  le  Tringa  Douglasii  Swains.,  et 
Betcropoda ,  Nutt.,  ayant  pour  type,  le 
Tringa  semi-palmata  Wils.,  pl.  63,  f.  4,  et 
deux  européens,  Tringa,  Bonap.,  ayant  pour 
type  la  Maubèche,  ai  Pelidna,  Cuv.,  ayant  j 
pour  type  l’Alouette  de  mer  ou  Cinele.  ! 


Le  savant  ornithologiste  Temminck,  fa¬ 
vorisé  par  le  lieu  de  sa  demeure,  a  fait  de¬ 
puis  longtemps  une  étude  particulière  de 
cette  famille  d’Oiseaux  riverains,  et  est 
parvenu  à  rectifier  beaucoup  d’erreurs  qui 
existaient  avant  lui  dans  la  nomenclature 
des  espèces  ;  erreurs  provenant  en  gran¬ 
de  partie  des  changements  extraordinai¬ 
res  opérés  par  la  double  mue  dans  le 
plumage  et  la  coloration  de  ces  Oiseaux,  et 
qui  en  avaient  fait  décrire  et  figurer,  comme 
espèces  différentes,  des  individus  de  même 
espèce,  mais  d’âge,  de  livrée  ou  de  sexe 
différents.  Cet  auteur  a  observé  que  ces  Oi¬ 
seaux  voyageaient  en  petites  troupes,  se 
réunissant  plusieurs  couples  dans  un  même 
lieu,  pour  nicher;  qu’ils  habitaient  les  ma¬ 
rais  voisins  des  lacs  et  des  rivières,  et  sur¬ 
tout  des  bords  de  la  mer;  qu’à  l’aide  de 
leur  bec  long  et  grêle ,  ils  cherchaient  in¬ 
distinctement  dans  la  vase  et  les  limons, 
dans  les  sables  mouvants  et  les  fucus,  les  In¬ 
sectes  à  élytres ,  les  larves,  les  Yers  mous, 
les  très  petits  Mollusques  même  dont  ils 
se  nourrissent.  D’après  ses  observations, 
les  espèces  habitantes  des  bords  de  la  mer, 
émigrent  le  long  de  ses  rives,  et  celles  des 
marais  suivent  dans  leurs  migrations  le 
cours  des  rivières  ;  leur  mue  a  lieu  à  deux 
époques  fixes  de  l’année;  leur  plumage 
d’hiver,  très  différent  de  celui  du  printemps, 
varie  généralement  du  blanc  au  roux  et  du 
cendré  au  noir  ;  les  jeunes,  avant  leur  mue, 
diffèrent  beaucoup  des  adultes,  et  les  sexes 
ne  diffèrent  que  par  la  taille,  les  femelles 
étant  plus  grandes  que  les  mâles.  Dans  le 
quatrième  volume  de  son  Manuel,  il  énu¬ 
mère  dix  espèces  de  Bécasseaux  d’Europe, 
dont  sept  se  retrouvent  dans  l’Amérique 
du  nord  avec  une  huitième  qui  lui  est  pro¬ 
pre,  selon  Bonaparte  {Birds  of  Europe  and 
north  America).  Azara  a  décrit  sous  le  nom 
de  Chorlitos  quatorze  espèces  de  Chevaliers, 
de  Bécasseaux  et  deRhynchées  du  Paraguay, 
dont  Vieillot  admet  quatre  dans  ses  Trin¬ 
ga  ou  Bécasseaux.  Ce  dernier  auteur  dé¬ 
crit  encore  trois  ou  quatre  espèces  de  l’A¬ 
mérique  du  Nord  et  des  Antilles;  mais, 
comme  la  plupart  de  nos  Échassiers  lon- 
girostres  se  retrouvent  sur  tout  le  globe,  il 
faudrait ,  pour  s’assurer  positivement  du 
!  nombre  des  espèces  exotiques,  que,  sur 
j  chaque  continent ,  on  pût  faire  le  Ira- 


BEC 


BEC 


525 


vail  d’observation  fait  en  Hollande  et  en 
Allemagne,  pour  débrouiller  les  espèces 
européennes.  Vieillot ,  pendant  son  séjour 
dans  l’Amérique  du  nord,  a  remarqué  que, 
chez  les  petites  espèces  de  Bécasseaux  de 
cette  contrée  ,  les  mâles  se  réunissaient 
pendant  l’incubation  en  petites  troupes,  et 
cherchaient  leur  nourriture  en  commun. 

Nous  citerons,  comme  espèce  des  plus 
grandes  et  des  plus  marquantes,  le  Bécas¬ 
seau  Maubèche  ou  Canut  (  Tringa  cine- 
rea  L.,  Tem.  Man.  627),  qui,  dans  ses 
diverses  livrées ,  a  été  décrit  comme  es¬ 
pèces  différentes,  sous  les  noms  de  Tringa 
cinerea  j,  grisea ,  canutus  et  islandica 
Gmel.,  ru  fa  Wils.,  sous  ceux  de  Maubè¬ 
che  ,  Maubèche  tachetée  et  Maubèche  grise 
(Brisson,  pl.  20,  f.  1.  — pl.  21,  f.  1  et  2). 
Brisson  toutefois,  dans  la  première,  a  dé¬ 
crit  un  Combattant  tout  en  figurant  la  Mau¬ 
bèche.  Buffon,  copiant  Brisson,  est  tombé 
dans  la  même  erreur,  et  sous  les  noms  de 
Maubèche  commune,  tachetée  et  grise,  pl. 
365  et  366,  a  décrit,  comme  Brisson,  le  même 
oiseau,  sous  le  nom  de  Combattant. 

Cette  espèce,  dans  son  plumage  d’hiver 
et  de  première  année,  est,  en  dessus,  d’une 
teinte  grise  cendrée,  plus  foncée  chez  les 
jeunes  qui,  en  outre,  ont  toutes  les  plumes 
du  dos  et  des  scapulaires  liserées  de  noir  et 
blanc  ;  elle  est  blanche  en  dessous,  mais 
avec  les  côtés  et  le  devant  du  cou,  sauf  la 
gorge,  la  poitrine  et  les  flancs,  couverts  de 
petits  traits  bruns  ou  noirâtres  longitudi¬ 
naux.  Dans  sa  livrée  d’été  ou  des  noces, 
tout  le  fond  blanc  du  plumage  est  d’un 
roux  ferrugineux,  uniforme  en  dessous  ; 
en  dessus,  le  dos,  les  scapulaires  et  le  crou¬ 
pion  sont  variés  de  grandes  taches  noires 
et  rousses.  Sa  longueur  est  de  25  centimè¬ 
tres.  Elle  vit  en  été  dans  les  marais;  au 
printemps  et  en  automne  sur  les  bords  de 
la  mer,  et  passe  deux  fois  dans  l’année,  au 
printemps  et  en  automne.  (Lafr.) 

BÉCASSINE.  ois.  —  Voyez  bécasse. 

BÉCASSINE  DE  MER.  poiss. — Nom 
donné  à  VEsox  bellone  et  particulièrement 
aux  Poissons  du  genre  Orphie ,  par  allusion 
à  la  forme  allongée  de  leur  bouche. 

BÉCASSINE-CHEVALIER,  ois.  — 
Voyez  bécasse.  (Lafr.) 

BECASSON.  ois.  —  Ce  nom  vulgaire 
s’applique  à  plusieurs  espèces  du  genre 


Chevalier;  mais  il  sert  à  désigner,  plus 
communément ,  le  Ch.  aux  pieds  rouge 
( Scolopax  Calidris );  il  s’applique  cependant 
aussi  au  Ch.  cul  blanc  ( Tringa  ochropus ) , 
et  Ch.  guignette  ( Tringa  hypoleucos)}  ap¬ 
pelé  aussi  PETIT  BÉCASSON. 

La  double  Bécassine  ( Scolopax  major ) 
porte  également  le  nom  de  Bécasson  ;  et,  en 
Normandie,  tous  les  chasseurs  le  donnent  à 
la  petite  Bécassine  ou  Bécassine  sourde. 

Voyez  CHEVALIER  et  BÉCASSE.  (C.  d’O.) 

BECFI  B’HIVER.  ois.  —  Nom  vul¬ 
gaire  du  Pipit  (Alauda  trivialis ) ,  en  Pro¬ 
vence. 

BÉCIf  ABU  ou  'BÉCHÉRU.  ois.  — 
Nom  vulgaire  du  Flammant  rouge  ( Phœ - 
nicopterus  ruber  L.) 

BÊCHE  LISETTE,  ins.  —  Nom  vul¬ 
gaire  du  Rhynchites  Bacchus  dans  quelques 
parties  de  la  France  (voyez  rhynchites).  On 
donne  aussi  ce  nom ,  ainsi  que  ceux  de 
Coupe-Bourgeon  et  Pique-Brot,  à  un  autre 
insecte  très  nuisible  à  la  Vigne,  et  qui  ap¬ 
partient  au  genre  Eumolpe.  Voyez  ce  mot. 

.  .  (D-) 

BECHERU.  ois.  —  Voyez  bécharu. 

BÉCHET.  poiss.  —  Nom  vulgaire  du 
Brochet. 

BECHIIJM  (nom  sous  lequel  Pline  pa¬ 
raît  avoir  désigné  le  Tussilage),  bot.  ph. — 
Le  genre  Bechium ,  fondé  par  M.  De  Can- 
dolle,  comprend  deux  plantes  de  Madagas¬ 
car  qui  ont  pour  caractères  :  Capitules  mul- 
tiflores  homogames  ;  les  extérieures  à  5 
divisions  palmées,  les  intérieures  tubuleu¬ 
ses  ;  les  rameaux  du  style  allongés,  hispides; 
les  fruits  cyïindracés,  velus,  couronnés 
d’une  aigrette  composée  de  plusieurs  ran¬ 
gées  de  poils  scabres.  Le  réceptacle  alvéolé 
est  entouré  par  un  involucre  formé  de  2-3 
séries  d’écailles  lâchement  imbriquées,  lé¬ 
gèrement  scarieuses  et  colorées  au  som¬ 
met.  —  Les  deux  espèces  connues  jusqu’à 
ce  jour  sont  des  herbes  vivaces,  à  feuilles 
radicales,  sessiles,  oblongues,  très  entières 
et  couvertes  de  poils  sur  leur  face  supérieu¬ 
re.  Les  capitules,  portés  sur  une  hampe, 
sont  disposés  en  eorymbe.  Ce  genre  fait 
partie  des  Composées,  tribu  des  Verno- 
niées.  (j.  d). 

BÉCHOT.  ois.  —  Synonyme  vulgaire  de 
la  Bécassine  sourde  (  Scolopax  gallinula 
Gm.). 


526 


BEC 


BEL) 


BECHE  A.  BOT.  TH.  -  Voyez  BÆCKEA. 

*  BECHERA,  Eernhar.  bot.  ph. — Sy¬ 
nonyme  du  genre  Melica. 

BECKM AIVLVI A .  JBeckmannia  (nom 
propre),  bot.  ph. —  Genre  de  la  famille  des 
Graminées,  tribu  desPhalaridées,  établi  par 
le  professeur  Host  (Gram.,  III,  t.  6)  pour 
une  grande  plante  vivace  qu’on  trouve  dans 
l’Europe  australe,  la  Sibérie,  l’Asie  Mineure 
et  même  quelques  parties  de  l’Amérique 
septentrionale.  Ses  caractères  sont  les  sui¬ 
vants  :  Épillets  comprimés ,  lenticulaires  et 
contenant  deux  fleurs  sessiles ,  fertiles  et 
glabres.  Lépicène  composé  de  deux  valves 
comprimées,  carénées  et  obovales,  égales 
entre  elles ,  coriaces  et  nautiques ,  un  peu 
plus  courtes  que  les  fleurs.  Glume  à  deux 
paillettes  membraneuses;  l’inférieure  ovale, 
concave ,  à  trois  nervures ,  embrassant  la 
supérieure  qui  n’offre  que  deux  nervures  et 
est  bifide  à  son  sommet.  Ovaire  glabre,  ter¬ 
miné  par  deux  styles  courts  portant  chacun 
un  stigmate  allongé  et  plumeux,  à  poils 
simples.  Paléoles  2,  aiguës ,  bifides  et  gla¬ 
bres.  Fruit  également  glabre,  allongé,  cy¬ 
lindrique,  un  peu  plan  d’un  côté,  non  en¬ 
veloppé  par  les  écailles 

L’espèce  unique  qui  forme  ce  genre , 
Beckmannia  erucœformis  H.,  a  été  ran¬ 
gée  tour  à  tour  dans  le  genre  Phalaris  par 
Linné  ,  dans  le  genre  Cynosurus  par  Aiton, 
dans  le  genre  Paspalum  par  Mœnch.  Le 
professeur  Tenore,  dans  sa  magnifique 
Flore  napolitaine ,  en  a  fait  le  genre  Joa- 
chinia ,  et  Nuttal  le  genre  Bruckmannia; 
mais  ces  deux  genres  sont  postérieurs  au 
Beckmannia  de  Host,  qu’ont  adopté  tous 
les  botanistes  modernes.  (A.  R.) 

*BÉCLARDIE.  Beclardia  (nom  pro¬ 
pre).  bot.  ph. — Nous  avions  établi  sous  ce 
nom  (Mêm.  sur  les  Orchidées  des  îles  de 
France  et  de  Bourbon )  un  genre  de  la  tribu 
des  Yandées  ,  pour  trois  espèces  d’Orchi- 
dées  ,  originaires  des  îles  australes  d’Afri¬ 
que  ;  mais  l’une  de  ces  espèces  (Beclardia 
alata)  a  été  réunie  par  M.  Lindley  à  son 
genre  Cryptopus;  et  les  deux  autres  Beclar¬ 
dia  macrostachya  et  B.  brachystachya 
constituent  le  genre  Æonia  du  même  bota¬ 
niste.  Voyez  cryptopus  et  æonia.  (A.  R.) 

BECMARE.  Rhinomacer.  ins. — Genre 
de  Coléoptères  tétramères ,  fondé  par  Geof¬ 
froy  aux  dépens  du  genre  Curoulio  de  Linné 


et  dont  les  espèces  appartiennent  aujour¬ 
d’hui  aux  genres  Attélabe  et  Apodère. 
Voyez  ces  mots.  (D.) 

BECMOUCHES.  ins.  —  Voyez  hydro- 
myes.  (d.) 

BÉCO.  ois.  —  Nom  vulgaire  du  Che¬ 
valier  guignette  (Tringa  hypoleucos )  et 
de  la  Maubèche  noire  (Tringa  pusilla ). 

BÉCOT.  ois.  —  Nom  vulgaire  de  la  Bé¬ 
cassine  sourde  (Scolopax  gallinula  Gm.). 

BECQU ABO ,  BECQUEBO  ou  BEC- 
QUE-BOIS.  ois.  —  Ces  noms  vulgaires  , 
synonymes  de  Biquebo,  s’appliquent  à  plu¬ 
sieurs  espèces  de  Pics,  notamment  au  Pic- 
vert. 

BECQXJE  FLEURS,  ois. — C’est,  dans 
les  Oiseaux  d’Afrique  de  Levaillant,  le  nom 
qu’il  donne  à  l’un  de  ses  Figuiers  d’Afrique, 
et  que  nous  avons  reconnu  être  le  Parus 
capensis  Gm.,  espèce  de  Rémiz  du  Cap  de 
Bonne-Espérance.  Voyez  mésange. 

(Lafr.) 

*  BECQUERELIA  (Becquerel ,  physi¬ 
cien  français),  bot.  ph.  —  Le  genre  ainsi 
nommé  par  Adolphe  Brongniart  (in  Du- 
perrey ,  Yoy.,  p.  161,  t.  XXYII),  et  qui  fait 
partie  de  la  famille  des  Cypéracées ,  a  été 
réuni  par  quelques  botanistes  au  grand  genre 
Scleria ,  dans  lequel  il  forme  une  simple 
section.  Voyez  sclérie.  (A.  R.) 

BECQUEROLLE.  ois.  — Un  des  noms 
vulgaires  de  la  Bécassine  sourde. 

BECQUET.  roiss.  —  Nom  vulgaire  du 
Saumon. 

BECQUETEUR.  ois.  —  Nom  vulgaire 
de  la  Sterne  petite  (Slerna  minuta  Gm.) , 
ou  Hirondelle  de  mer. 

BÉDAUDE  ou  BÉDEAUDE.  ois.  — 
Nom  vulgaire  de  la  Corneille  mantelée. 

BÉBÉ  AU  et  BÉDEAUDE.  ins.  — 
Nom  vulgaire  donné  à  des  Insectes  de  diffé¬ 
rents  ordres ,  dont  le  corps ,  à  l’état  de 
larve  ou  à  l’état  parfait,  présente  deux  cou¬ 
leurs  bien  tranchées.  Telle  est ,  par  exem¬ 
ple  ,  la  Chenille  de  la  Vanessa  gamma , 
dont  les  quatre  premiers  anneaux  sont  fau¬ 
ves  et  le  reste  du  corps  blanc.  Telle  est  en¬ 
core  la  Cigale  Bédeaude  de  Geoffroy  ( Cerco - 
pis  Spumaria  Fabr.)  qui  est  moitié  brune 
et  moitié  blanche,  etc.  (D.) 

BÉDEAUDE.  ois.  —  Voyez  bédaude. 

BÉDÉGUAR.  ins.  et  bot.  —  On  donne 
ce  nom  aux  excroissances  chevelues  pro- 


BEE 


BEG 


527 


duites  sur  les  Rosiers  et  les  Eglantiers, 
par  le  Cynipsrosœ  et  peut-être  par  quelques 
autres  espèces  voisines.  Voyez  cynits  et 

CYN1PHIENS.  (Bl.) 

*  BEDFORDIA  (dédié  à  John  Russel , 
duc  de  Bedford),  bot.  fh. — Le  genr o  Bedfor¬ 
dia  appartient  à  la  tribu  des  Composées- 
Sénécionées,  et  comprend  aujourd’hui  deux 
arbrisseaux  indigènes  de  Yan-Diémen,  dont 
l’une  est  cultivée  dans  les  jardins  de  bota¬ 
nique,  sous  le  nom  de  Caen  lia  salie  in  a. 
Ces  plantes  ont  pour  caractères  :  Capi¬ 
tules  multiflores  homogames  ;  réceptacle 
alvéolé  ou  marqué  de  petites  fossettes  ;  in- 
volucre  muni  à  la  base  de  2  ou  3  bractéoles 
subulées,  et  formé  de  deux  ou  3  rangées  d’é- 
cailles  distinctes  et  d’égale  longueur.  Fruits 
glabres,  cylindracés  anguleux,  munis,  au 
sommet,  d’un  rebord  portant  une  aigrette 
composée  d’une  rangée  de  poils  scabres  à 
la  base ,  ou  barbillés  au  sommet,  —  Les 
Bedfordia ,  que  Labillardière  avait  réunis 
aux  Caca  lia,  sous  les  noms  de  C.  sali- 
eina  tt  linearis ,  sont  remarquables  par 
leur  port  ;  leurs  fleurs  jaunes  ;  leurs  feuilles 
entières,  allongées,  cotonneuses  en  dessous, 
et  assez  semblables  à  celles  du  Saule. 

(J.  D.) 

BEDILLE.  bot.  th.  —  Nom  vulgaire 
du  Liseron  des  champs,  dans  le  départe¬ 
ment  de  la  Gironde. 

BÉDOUIBE  ou  BÉDOUILLE.  ois.  — 
Nom  de  la  Farlourse  en  Provence. 

BÉDOUHNT.  bot.  rn.  —  Un  des  noms 
vulgaire  du  Mélampyre  des  champs. 

BÉDOUSI(nom  vernaculaire),  bot.  ph. 

—  Ce  serait ,  selon  quelques  auteurs ,  un 

petit  arbre  de  l’Inde ,  à  feuilles  épaisses  , 
ovales  et  alternes,  d’une  odeur  aromatique, 
et  à  fleurs  petites ,  inodores,  à  baie  sèche, 
3-valve  et  3-sperme,  etc.;  mais,  faute  à  eux 
de  l’avoir  suffisamment  caractérisé,  on  de¬ 
vrait  le  passer  sous  silence.  (C.  L.) 

BEELZEBUL.  mam.  —  Nom  d’une  es¬ 
pèce  du  genre  Hurleur. 

BEELZEBUTH.  MAM. -  Voyez  BELZE- 

BUTH. 

BÉEMERLE  ou  BOEHMERLE.  ois. 

—  Synonyme  de  Jaseur  de  Bohême  (. Bom - 
by cilla  garruld). 

BEENA.  ois.  —  Synonyme  de  Corbeau 
choucas. 

BEEIVEL  (nom  vernaculaire). 


—  Rheede  a  figuré  sous  ce  nom  ( Hort . 
mal.,V,  t.  4)  un  petit  arbre  de  l’Inde,  que 
quelques  auteurs  rapportent  au  Croton  ra~ 
cemosum  Burm.,  quoique  son  fruit  paraisse 
télracoque.  (C.  L.) 

*  BEES  A.  bot.  fh. — Le  genre  ainsi 
nommé  par  Palisot  de  Beauvois,  dans  la  fa¬ 
mille  des  Cypéracées,  est  le  même  que  le 
genre  Hypœlytrum  du  professeur  L.-C. 
Richard.  Voyez  hypœlytrum.  (A.  R.) 

BEESHA.  bot.  ph.  —  Le  botaniste 
Rheede  (Hort.  Malabar.  Y,  p.  119,  t.  00) 
a  décrit  et  figuré,  sous  ce  nom,  une  grande 
et  belle  graminée  ,  originaire  des  Indes 
Orientales ,  décrite  et  figurée  de  nouveau 
par  Roxburg  (Corom.  III,  p.  38,  t.  243), 
sous  le  nom  de  Bambusa  baccifera.  On 
s’est  bien  vite  aperçu  que  cette  plante  n’ap¬ 
partenait  pas  au  genre  Bambou;  aussi  Tri- 
nius  en  avait-il  fait  un  genre  nouveau  qu’il 
nommait  Melocanna  ;  mais  on  a  pensé 
que  le  nom  proposé  par  Yan-Rheede,  étant 
beaucoup  plus  ancien  dans  la  science,  et  n’of¬ 
frant  d’ailleurs  rien  qui  pût  s’opposer  à 
son  adoption,  devait  être  adopté.  C’est  ce 
qu’ont  fait  Rœmer  et  Schultes,  dans  leur 
Species ,  et  plus  récemment  mon  excellent 
ami  M.  le  professeur  Kunlh ,  dans  son 
agrostographie.  Nous  nous  contenterons  de 
dire  que  le  genre  Beesha  se  distingue  sur¬ 
tout  des  autres  Bambusacées  par  son  fruit 
très  gros  et  charnu ,  caractère  fort  remar¬ 
quable  et  tout  à  fait  insolite  dans  la  famille 
des  Graminées.  Voyez  bambou.  (A.  R.) 

BEFARÏA.  BOT.  TH.  -  Voyez  BEJARIA. 

BEFFROI  (Grand  et  Petit),  ois.  —  Le 
premier  est  synonyme  de  Turdus  tinniens 
et  le  second  de  Turfius  lineatus.  Voyez 

FOURMILIER. 

BÉGASSE .  ois.  — Synonyme  de  Bécasse. 

BEGOAIA  (Mich.  Bégon  ,  français  ; 
promoteur  de  la  botanique),  bot.  ph.  — 
Type  de  la  famille  des  Bégoniacées.Cc  genre, 
fondé  par  Linné ,  renferme  un  grand  nom¬ 
bre  de  plantes  remarquables  la  plupart  par 
leur  port  singulier,  etsurtoutpar  l’obliquité 
de  leurs  feuilles. On  en  connaît  près  de  quatre- 
vingts  espèces,  dont  plus  de  60  sont  culti¬ 
vées  dans  les  jardins.  Quelques-unes  ,  dans 
leur  pays  natal ,  sont  employées  comme 
condiment  et  en  salade.  La  plus  belle  d’entre 
elles  est  le  B.  manicata,  plante  mexicaine, 
décrite  par  M.  A.  Brongniart  (Yoir  Herb. 


bot.  ph. 


528 


BEG 


BEI 


gênér.  de  VAmat.  t.  B).  Elles  sont  indigènes 
dans  les  parties  tropicales  de  l’Asie  et  de 
l’Amérique.  Ce  beau  genre  (dont  les  carac¬ 
tères  sont  indiqués  à  l’article  Bégoniacées , 
qui  suit)  n’a  pas  encore  de  place  jusqu’ici 
bien  certaine  dans  le  système  ,  et  les  au¬ 
teurs  n’ont  pu  encore  être  à  peu  près  unani¬ 
mes  sur  ce  point.  M.  Endlicher,  dans  son 
Gênera  plantarum ,  le  place  entre  les  Cu- 
curbitacées  et  les  Cactées ,  familles  avec 
lesquelles,  il  faut  l’avouer,  ce  genre  n’offre 
guère  d’analogie;  M.  Lindley,  entre  les  Fi- 
coïdées  et  les  Crucifères,  et  nous  ne  voyons 
pas  que  le  rapprochement  soit  plus  rationnel. 
Sa  véritable  place  est,  selon  nous,  dans 
l’état  actuel  delà  science,  et  comme  avant 
nous  quelques  auteurs  l’ont  indiquée,  entre 
les  Chénopodiées  et  les  Polygonées  ;  c’est 
avec  ces  deux  familles  qu’il  offre  le  plus 
d’affinités,  surtout  avec  la  dernière  ,  sous  le 
rapport  de  l 'habitus  et  de  la  structure  des 
fleurs  et  des  fruits.  Quoiqu’il  en  soit,  pour 
mettre  le  lecteur  à  portée  de  faire  un  rappro¬ 
chement  plus  heureux  ,  nous  le  renvoyons  à 
la  caractéristique  de  la  famille  qui  est  né¬ 
cessairement  celle  de  l’unique  genre  qu’elle 
renferme.  (C.  L.) 

BÉGONIACÉES.  bot.  i>h. — Famille 
de  plantes  à  fleurs  monoïques.  Dans  les 
mâles,  un  calice  à  4  sépales  colorés,  dont 
deux  intérieurs  opposés  plus  petits  que  les 
extérieurs,  renferme  de  nombreuses  éta¬ 
mines  dont  les  filets  libres  ou  soudés  in¬ 
férieurement  en  colonne,  s’épaississent  en 
masses,  et  portent,  à  leur  sommet,  deux  lo¬ 
ges  adnées  à  un  connectif  large  et  s’ouvrant 
dans  leur  longueur.  Dans  les  femelles ,  ce 
calice  adhérant  à  l’ovaire  se  partage ,  au- 
dessus  de  lui ,  en  segments  pétaloïdes  au 
nombre  de  4  à  9,  et,  au  dessous,  forme  3  ai¬ 
les  verticales  et  inégales,  avec  lesquelles  al¬ 
ternent  '3  loges  renfermant  des  ovules  très 
nombreux,  attachés  à  un  double  placenta 
qui  fait  saillie  de  l’angle  interne.  L’ovaire 
est  surmonté  de  B  styles  courts ,  partagés 
chacun  plus  ou  moins  profondément  en  deux 
branches  stigmatiques  flexueuses.  Il  devient 
une  capsule  membraneuse,  couronnée  par 
les  segments  flétris  du  calice ,  relevée  de 
trois  ailes  et  s’ouvrant  par  autant  de  fentes 
qui  les  suivent  dans  leur  longueur,  et  divi¬ 
sent  par  conséquent  les  loges  dans  leur  mi¬ 
lieu.  Les  graines,  très  nombreuses  et  très 


menues,  contiennent,  sous  un  test  membra¬ 
neux,  un  embryon  nu,  cylindrique,  dont  la 
radicule,  plus  longue  que  les  cotylédons,  est 
tournée  du  côté  du  hile.  —  Les  Bégoniacées 
sont  des  plantes  herbacées,  annuelles  ou  vi¬ 
vaces,  originaires  des  régions  tropicales,  et 
cultivées  en  assez  grand  nombre  dans  nos 
serres.  On  les  reconnaît  facilement  à  leurs 
feuilles  alternes,  ordinairement  partagées 
en  deux  moitiés  très  inégales,  et  par  consé¬ 
quent  très  obliques,  à  nervures  palmées,  à 
contour  entier  ou  denté,  à  2  stipules  larges, 
décidues  et  presque  axillaires.  Leurs  fleurs 
blanches  roses  ou  rouges,  sont  souvent  dis¬ 
posées  par  dichotomies.  Jusqu’ici  la  famille 
se  compose  du  seul  genre  Bégonia ,  dont 
quelques  auteurs  avec  M.  Lindley,  séparent 
une  espèce  sous  le  nom  d'Eupetalum. 

(Ad.  J.) 

BEHENANTHA  (  Behen  ,  en  arabe, 
sorte  d’OEillet;  àvôdç,  fleur),  bot.  ph.  — 
Genre  formé  par  par  Otth  (DC.  Prodr.,  I, 
p.  367),  et  rapporté  comme  sous-genre  au 
Silène,!,.  Voyez  ce  mot.  (C.  L.) 

*  BEIIRÏNIE.  bot.  th. —  Genre  de  la 
famille  des  Synanthérées,  établi  par  Siaber 
pour  une  plante  de  la  Carniole,  le  B.  chon - 
drilloides ,  et  qui  a  été  réuni  aux  Crépis , 
auxquels  il  appartient.  (C.  d’O.) 

*BEHUBIÂ.  bot.  th.  —  Genre  de  la 
famille  des  Mélastomacées ,  tribu  des  La- 
Yoisiérées  .  formé  par  Chamisso  (  Lin- 
nœa ,  IX,  373),  dont  le  type  est  un  ar¬ 
brisseau  unique,  brésilien  ;  à  rameaux  té- 
tragones,  pubescents,  garnis  de  feuilles 
opposées ,  pétiolées,  elliptiques-lancéolées, 
triplinervées  ;  à  bords  calleux-dentés.  Les 
fleurs  sont  disposées  en  cymes  termina¬ 
les,  solitaires,  ou  en  panicules  foliolées. 
Calice  libre,  tubulé,  turbiné-cupuliforme, 
à  lacinies  décidues,  renflées  et  carénées 
dorsalement.  Pétales  6,  cunéiformes-ob- 
ovés.  Étamines  12,  à  anthères  oblongues  , 
unipores  ;  ovaire  couronné  de  six  glandes 
poilues.  Capsule  4-loculaire.  (C.  L.) 

BEILSCMMIBTIA  (nom  propre),  bot. 
ru.  —  Genre  de  la  famille  des  Lauracées, 
tribu  des  Cryptocaryées ,  formé  par  Nees 
(in  Wall.,  PL  as.rar.,  II,  61,  et  Laur.) 
pour  quelques  arbres  de  l'Inde,  à  feuilles 
alternes,  veinées;  à  fleurs  hermaphrodites 
oudioïques,  axillaires.  Le  périgone  est  sex- 
parti;  les  étamines  sont  au  nombre  de  12, 


BEL 


BEL 


529 


quadrisériées,  dont  9  extérieures  fertiles, 
et  3  intérieures  stériles.  Le  stigmate  est 
déprimé ,  subdiscoïde ,  sans  fruit.  Une  baie 
coriace,  monosperme.  (C.  L.) 

BEILSTEIN ,  Wern.  min.  —  Mot  alle¬ 
mand  qui  veut  dire  Pierre  de  Hache.  Voyez 
jade.  (Del.) 

BEINBRECHER.  ois.  —  Synonyme  de 
Percnoptère  d’Égypte. 

BEJARIA  (Bejar,  botaniste  espagnol). 
Acuna ,  R.  et  P.  bot.  th.— Ce  mot ,  par  une 
faute  typographique,  est  écrit,  dans  la  plu¬ 
part  des  auteurs,  Befaria  ;  et,  malgré  l’évi¬ 
dence,  M.  Endlicher  ( Gen .,  pl.  4342),  par 
exemple  ,  persiste  à  l’écrire  ainsi.  C’est  un 
genre  de  plantes  de  la  famille  desÉricacées, 
de  la  tribu  des  Rhododendrées ,  fondé  par 
Mutis  (  in  L.  fils  ,  suppl.  246  ,  et  Alii 
auct .)  pour  quelques  arbrisseaux  indigènes 
dans  l’Amérique  boréale  et  australe,  et  dans 
les  Andes  du  Pérou,  à  feuilles  alternes, 
souvent  serrées ,  coriaces ,  très  entières  ;  à 
fleurs  ordinairement  pourpres  et  disposées 
en  grappe  ou  en  corymbe.  Calice  6-7-fide  ; 
corolle  de  6  à  7  pétales  hypogynes  ,  dressés 
ou  étalés.  On  en  cultive  deux  espèces;  ce 
sont  les  B.  racemosa  et  glauca.  (C.  L.) 

BEJUCO.  bot.  th. — Loeffling  (Iter.  404) 
avait  désigné  sous  ce  nom  le  genre  Hippo- 
cratea;  mais  cette  dénomination  vulgaire 
s’applique  en  général,  dans  les  pays  soumis 
à  la  domination  espagnole,  à  tous  les  arbris¬ 
seaux  sarmenteux  et  grimpants.  (A.  R.) 

*  BELANGERA  (  Bélanger  ,  botaniste 
français).  Polystemon,  Don Lamanonia 
(Fl.  Flum.j  Y,  t.  104).  bot.  th. — Genre  de 
la  famille  des  Saxifragacées  (Cunoniacées , 
Alii ),  de  la  tribu  des  Cunoniées,  fondé  par 
Cambessèdes  (in  St-Hilaire,  Fl.  bras .,  II, 
203,  t.  115-117 ,  et  alio)  pour  un  petit  nom¬ 
bre  d’arbres  indigènes  dans  le  Brésil  ;  à 
rameaux  et  à  feuilles  opposées,  pétiolées, 
3-5-foliolées ,  folioles  dentées  ;  à  stipules 
caduques  ;  à  inflorescence  en  grappes  axil¬ 
laires  ,  simples.  Le  calice  est  6-parti ,  dé- 
cidu  ;  point  de  corolle.  Étamines  en  nombre 
indéfini.  Capsule  birostre,  biloculaire,  bi¬ 
valve.  Graines  nombreuses,  comprimées, 
ailées  au  sommet.  (C.  L.) 

BELBUS.  mam.  —  Synonyme  d’Hyène 
dans  la  basse  latinité.  Voyez  ce  mot. 

RELEMCANDA.  eot.  th. —  La  plante 
figurée  sous  ce  nom  par  Rbeede  ( Hort .  ma- 


lab. ,  t.  XI ,  p.  308,  t.  7)  a  été  réunie  au 
genre  Pardanthus  de  Kerr,  dans  la  famille 
des  Iridées.  Voyez  tardanthus.  (A.  R.) 

BÊLEMENT  ([Sri,  en  grec). mam.  — Cri 
des  petits  Ruminants,  tels  que  les  Moutons 
et  les  Chèvres. 

BÉLEMNITE.  Belemnites  (flsXspi.vtrflç, 
pierre  en  forme  de  flèche),  moll.  céph. 
—  Les  Bélemnites  ont  de  tout  temps  appelé 
l’attention  par  leur  forme  de  doigt  ou  de 
fer  de  lance,  ainsi  que  par  leur  multipli¬ 
cité  au  sein  des  couches  terrestres.  Le 
peuple  les  regardait  comme  des  pierres  de 
foudre,  des  pierres  de  tonnerre,  tandis  que 
les  savants  du  seizième  siècle  les  appelaient 
Dactylus  idœus ,  ou ,  suivant  le  préjugé 
plus  ancien  encore  qui  prétendait  y  voir 
une  pétrification  de  l’urine  du  Lynx,  con¬ 
tinuaient  à  les  nommer  Lyncurion.  Forcé 
de  me  renfermer  dans  le  cadre  restreint 
de  cet  ouvrage,  je  ne  reproduirai  point 
ici  les  différentes  idées  plus  ou  moins  ex¬ 
traordinaires  répandues  sur  les  Bélemnites; 
mais  j’examinerai  les  principales  opinions 
scientifiques  relatives  à  leur  classification 
dans  le  règne  animai. 

Depuis  1724  ,  Ehrnart,  Scheuchzer , 
Linné  ,  Lamarck  et  Cuvier,  etc.,  sans  cher¬ 
cher  à  spécifier  la  forme  des  Bélemnites , 
les  regardèrent  comme  appartenant  à  des 
animaux  voisins  des  Nautiles. 

D’un  autre  côté,  M.  Beudant,  d’après 
d’autres  considérations,  n’y  vit  que  des 
pointes  d’Oursin,  opinion  d’abord  admise, 
puis  rejetée  par  Klein.  Poussant  plus  loin 
les  conjectures,  M.  Raspail  en  fit  égale¬ 
ment  les  appendices  cutanés  d’un  échino- 
derme  voisin  des  Oursins;  opinion  tout  à 
fait  rejetée,  heureusement  pour  la  science. 

MM.  Miller  et  de  Blainville  comparèrent 
la  Bélemnite  avec  les  autres  Céphalopodes 
et  crurent  reconnaître,  dans  l’osselet  fossile, 
un  corps  entier  voisin  de  l’os  interne  de  la 
Seiche.  Le  premier  de  ces  auteurs  en  donna 
même  une  figure  idéale.  Bientôt  les  idées 
changèrent.  La  découverte,  faite  dans  les 
couches  de  Lyme-Regis,  d’un  osselet  corné, 
voisin  de  celui  du  Calmar,  terminé  par 
une  Bélemnite ,  vint  démontrer  à  MM.  A- 
gassiz  et  de  Férussac,  que  la  partie  conique 
appelée  Bélemnite  n’était  que  l’extrémité 
d’un  osselet  et  non  un  osselet  entier.  Plus 
tard,  les  nombreuses  observations  de  M 
34 


T.  II. 


530 


BEL 


Volz  confirmèrent  tout  à  fait  cette  opinion, 
à  laquelle  j’ai  aussi  rapporté  les  résultats  de 
mes  recherches.Yoici,  du  reste,  lesconsidé- 
rations  zoologiques  qu’on  peut  admettre 
dans  l’état  actuel  de  la  science. 

Les  Bélemnites  étaient  des  animaux  cé¬ 
phalopodes  évidemmènt  voisins ,  nort  des 
Seiches  (comme  on  l’a  cru  très  souvent  en 
ne  consultant  qu’une  certaine  analogie  de 
contexture  de  l’osselet) ,  mais,  d’après  leurs 
caractères  zoologiques,  des  Ommastrèphes 
et  des  Onychoteuthis  [voyez  ces  mots). 
En  effet,  les  Bélemnites  ont  également  un 
osselet  corné  ,  allongé ,  pourvu  d’un  godet 
à  sa  partie  postérieure.  Elles  n’en  diffèrent 
même  que  par  cette  dernière  partie  plus 
vaste,  cloisonnée  et  contenue  dans  un  rostre, 
semblable  à  celui  qu’on  remarque  à  l’ex¬ 
trémité  de  l’osselet  interne  de  quelques  Sei¬ 
ches.  D’après  les  osselets  de  Bélemnites 
et  l’empreinte  que  j’ai  pu  suivre  sur  un  al¬ 
véole  de  la  Belemnites  aalensis,  l’animal 
devait  avoir  des  formes  très  allongées,  dès 
lors  très  distinctes  de  celles  de  la  Seiche  et 
analogues  à  celles  des  Céphalopodes  péla- 
giens. 

Les  Bélemnites  se  composent  d’un  osse¬ 
let  corné,  spatuliforme,  élargi  en  avant,  ré¬ 
tréci  en  arrière  et  pourvu  latéralement  de 
deux  petites  expansions  aliformes  qui  se 
réunissent  postérieurement  et  constituent 
uhe  Vaste  cavité  conique,  au  fond  de  laquelle 
sont  des  cloisons  transversales,  séparant 
l’ensemble  en  lin  grand  nombre  de  petites 
loges  percées  latéralement  d’un  siphon  et 
contenant  de  l’air.  Cette  partie  postérieure, 
appelée  alvéole,  reçoit  en  dehors  un  dépôt 
calcaire  également  conique,  plus  ou  moins 
épais ,  quelquefois  très  long.  Cette  partie 
terminale  est  la  Bélemnite  des  anciens  au¬ 
teurs.  Je  l’appelle  rostre. 

Un  mot  sur  les  fonctions  de  l’oSselet  in¬ 
terne  chez  les  Céphalopodes  me  paraît  in¬ 
dispensable  pour  ramener  le  rostre  de  la 
Bélemnite  à  sa  juste  Valeur  zoologique. 
L’osselet  interne  corné  est  placé  au  milieu 
des  parties  charnues  du  corps  ,  pour  leur 
donner  plus  de  solidité,  pour  les  soutenir; 
et  ses  fonctions  sont  alors  seulement  celles 
des  os  chez  les  animaux  vertébrés.  Lorsque 
l’osselet  contient  des  parties  crétacées  rem¬ 
plies  d’air,  comme  celui  de  la  Seiche,  ou 
des  loges,  comme  la  coquille  de  là  Spirille, 


BEL 

il  est ,  de  plus ,  appelé  à  remplir  d’autres 
fonctions  tout  à  fait  distinctes ,  celles  de 
soutenir  l’animal,  de  le  rendre  plus  léger  au! 
sein  des  eaux,  de  lui  faciliter  la  natation  et! 
de  remplacer  simplement  la  vessie  nata¬ 
toire  des  Poissons  ;  aussi  voit-on  le  nom¬ 
bre  des  loges  augmenter  en  raison  pro¬ 
portionnelle  de  la  pesanteur  du  corps  de 
l’animal,  afin  de  le  maintenir  constam¬ 
ment  en  équilibre,  dans  toutes  les  périodes 
de  son  existence.  Chez  les  Bélemnites,  les 
deux  fonctions  sont  certainement  réunies. 
L’osselet  corné  soutient  le  corps  en  avant, 
tandis  que ,  pour  que  le  poids  énorme  du 
rostre  crétacé  ne  détruise  pas  l’équilibre 
de  l’ensemble,  il  devenait  indispensable 
qu’il  fût  soutenu  par  quelque  appareil  ;  et! 
telles  sont,  sans  doute,  les  fonctions  qu’a¬ 
vait  à  exercer,  dans  l’alvéole,  l’empilement 
des  loges  constamment  remplies  d’air, 
comme  je  l’ai  toujours  trouvé  dans  les  Co¬ 
quilles  de  Spirules  qui,  lorsqu’elles  sont 
enlevées  à  l’animal,  surnagent  à  la  surface 
des  mers. 

Si  l’on  cherche  encore  à  reconnaître,  par 
analogie,  les  fonctions  spéciales  du  rostre, 
on  pourra  facilement  les  déduire  de  sa  po¬ 
sition  par  rapport  à  la  natation  rétrograde 
des  Céphalopodes.  Tous  ces  animaux  avan¬ 
çant  par  l’extrémité  opposée  à  la  tête ,  et 
conséquemment  n’appréciant  pas  toujours 
les  obstacles  qui  pouvaient  les  arrêter  dans 
un  élan  donné,  avaient  besoin  d’une  partie 
plus  ferme  qui  pût  résister  aux  chocs, 
comme  le  fait,  par  exemple,  l’extrémité 
rostrale  de  l’os  de  l'a  Sépia  orbigniana. 
En  résumé,  la  Bélemnite  des  auteurs  ne 
serait,  zoologiquement,  qu’une  partie  ferme 
de  l’extrémité  d’un  osselet  interne,  destinée 
à  soutenir  les  chairs,  et  propre,  elle-même, 
à  résister  aux  corps  durs  que  l’animal  peut 
rencontrer  en  nageant. 

Voilà  donc  la  Bélemnite  réduite  à  sa  plus 
simple  valeur  ;  elle  n’est  ni  une  pointe 
d’Oursin,  ni  une  pointe  d’échihoderme,  et 
l’alvéole  n’est  pas  un  animal  parasite, 
comme  l’a  cru  M.  Ràspail.  Elle  ne  peut  être 
comparée  aux  Orthocèrés ,  Coquilles  com¬ 
plètes,  susceptibles  de  recevoir  l'animal  en¬ 
tier  dans  leur  logé  supérieure;  elle  ri’est  pas 
non  plus  un  corps  parfait  interne ,  mais  la 
très  petite  partie  d’un  osselet  placé  dans 
les  téguments  ,  à  l’extrémité  postérieure 


BEL 


BEL 

d’un  animal  complet,  pouvant ,  dès  lors  , 
varier  beaucoup  plus  dans  sa  forme,  qu’une 
partie  dont  les  fonctions  sont  importantes 
dans  l’économie  vitale.  Si  je  le  compare  au 
rostre  crétacé  des  os  de  Seiche ,  j’aurai  la 
certitude  qu’il  devait  être  très  dur  avant  la 
fossilisation  ,  et  qu’il  n’a  pas  beaucoup 
changé  de  nature.  Cette  comparaison  m’a 
conduit  à  remarquer  que  le  rostre,  chez  les 
Seiches,  varie  de  forme  dans  la  même  es¬ 
pèce,  ce  qu’il  est  facile  d’expliquer  par  un 
choc  blessant  les  téguments  qui  le  recou¬ 
vrent.  Appliquée  au  rostre  de  la  Bélemnite, 
cette  observation  m’a  fait  reconnaître,  non 
seulement  des  variations  de  formes  dues  à 
l’àge,  mais  aussi  des  limites  bien  plus  lar¬ 
ges  dans  les  caractères  spécifiques  des  es¬ 
pèces. 

On  pourrait  croire  que  les  Bélemnites 
étaient  des  animaux  côtiers,  voyageant  par 
grandes  troupes  sur  les  rives  des  anciens 
océans,  ce  qu’indiqueraient  les  bancs  qu’on 
en  rencontre  dans  presque  tous  les  lieux 
où  elles  se  trouvent. 

Les  Bélemnites  ont  paru  sur  la  terre  avec 
les  couches  du  Lias.  Elles  se  montrent  d’a¬ 
bord  sous  la  forme  pius  générale  d’un  étui 
conique  sans  sillon  ni  canal ,  pourvu  seu¬ 
lement  de  quelques  plis  à  l’extrémité  du 
rostre  (Belemnites  niger  List.,  B.  irri- 
gularis ,  elongatus,  etc.). 

Toutes  ces  espèces  disparaissent  et  sont 
remplacées,  dans  l’Oolilhe  inférieure,  par 
quelques  formes  analogues ,  comme  le  B. 
aalensis  ,  mais  plus  particulièrement  par 
des  Bélemnites  pourvues  d’un  profond  sil¬ 
lon  en  dessous  et  d’une  forme  moins  coni¬ 
que  ( B .  acutus ,  canaliculatus ,  fleuriau- 
sianus ). 

En  remontant  dans  les  couches  plus  su¬ 
périeures  des  terrains  jurassiques,  à  l’Ox- 
ford-clay,  par  exemple  ,  on  trouve  encore 
des  Bélemnites.  Celles-ci  sont  alors  lancéo¬ 
lées  ou  fusiformes  et  pourvues  d?un  sillon 
inférieur  [B.  hastatus ). 

Passe-t-on  des  terrains  jurassiques  à  la 
formation  crétacée  ?  On  trouve  d’abord , 
dans  l’étage  néocomien,  un  grand  nombre 
de  Bélemnites  ;  mais  ces  Bélemnites  pren¬ 
nent,  pour  la  plupart,  une  forme  compri¬ 
mée  toute  spéciale,  inconnue  dans  les  cou¬ 
ches  inférieures  (  B.  dilatatus ,  Emerici, 
latus ,  polygonaliS;  etc.),  où  elles  sont  fu- 


m 

siformes  et  pourvues  de  deux  sillons  sur 
les  côtés  (B.  subfusiformis ,  bipartitus). 
Voyez  pour  ces  espèces  ma  Paléontologie 
française. 

Le  Gault  montre  encore  une  espèce  de  Bé¬ 
lemnites  voisine,  pour  la  forme,  des  espèces 
fusiformes  des  terrains  néocomiens  [B.  mi- 
nimus );  puis  les  Bélemnites  proprement 
dites  cessent  d’exister  et  sont  remplacées, 
dans  l’étage  des  Craies  blanches ,  par  les 
espèces  du  genre  Belemnitella  ( voyez  ce 
mot)  pourvues  d’une  fissure  antérieure. 

En  résumé,  les  Bélemnites  commencent 
avec  le  Lias  et  finissent  vers  les  régions  su¬ 
périeures  des  terrains  crétacés,  changeant 
de  forme  à  chaque  époque  géologique. 

Il  paraît  certain  qu’elles  n’ont  pas  sur¬ 
vécu  aux  dernières  couches  de  la  forma¬ 
tion  crayeuse ,  puisqu’on  n’en  a  jamais 
trouvé  de  traces  dans  les  divers  bassins 
tertiaires.  Aujourd’hui,  aucun  céphalopode 
vivant  ne  se  rapproche  positivement  des 
Bélemnites.  (A.  d’O.) 

*BÉLEMITELLE.  Belemnitella  (di¬ 
minutif  de  Bélemnite  ).  moll.  céph.  — 
Sous  ce  nom ,  j’ai  séparé  des  Bélemnites 
(Paléontologie  française )  les  espèces  pour¬ 
vues  d’une  fente  inférieure  au  bord  anté¬ 
rieur  du  rostre.  Ce  genre  se  distingue  en¬ 
core  par  deux  impressions  dorsales  latérales 
qu’on  ne-  voit  pas  chez  les  Bélemnites  pro¬ 
prement  dites.  Cette  division  de  Céphalo¬ 
podes  est,  géologiquement,  d’autant-  plus 
importante ,  qu’elle  manque  partout  où  les 
Bélemnites  se  montrent  ;  ainsi,  elle  est  in¬ 
connue  dans  le  Lias ,  dans  l’Oolithe  infé¬ 
rieure,  dans  l’Oxford-clay.  Elle  ne  s’est  pas 
montrée  au  sein  des  couches  crétacées  in¬ 
férieures,  ni  avec  le  Gault.  Elle  ne  parait 
donc  qu’avec  la  Craie  blanche,  après  l’ex¬ 
tinction  de  toutes  les  Bélemnites ,  comme 
derniers  représentants  sur  la  terre  de  cette 
forme  d’animaux. 

On  connaît  positivement  trois  espèces 
de  cette  série  :  les  Belemnitella  micronata 
et  quadrata ,  du  sol  de  la  France,  et  le 
Belemnitella  scaniœ,  de  Suède. 

(A.  d’O.) 

*  BÉLEMNITÏDÉE S .  Belemnitidœ. 
molt,.  céph. — J’ai  établi  sous  ce  nom,  dans 
l’ordre  des  Acétabulifères,  une  famille  com¬ 
prenant  les  genres  Belemnites,  Belemni¬ 
tella  et  Conoteathis.  Cette  famille  est  carac? 


532 


BEL 


BEL 


térisée  par  un  animal  pourvu  d’un  osselet  cor¬ 
né,  allongé,  terminé  parmi  alvéole  conique, 
contenant  une  série  aérienne  de  loges  trans¬ 
versales.  L’extrémité  de  l’alvéole  est,  le 
plus  souvent,  recouverte  extérieurement  par 
les  dépôts  successifs  d’un  rostre  crétacé, 
conique  ou  lancéolé ,  souvent  très  allongé. 
Ayant  donné,  à  l’article  Bélemnite,  divers 
détails  qui  peuvent  se  rattacher  à  la  famille, 
j’y  renvoie  pour  le  complément  de  cet  arti¬ 
cle.  (A.  d’O.) 

*  BELEOPTERUS  (fc'Xo; ,  dard  ;  tvts- 

pov,  aile),  ins. —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères,  famille  des  Carabiques,  tribu  des 
Troncatipënnes,  établi  par  Klug  ( Bestim - 
mung  dreier  neuen  Gattungen ,  undAus- 
einandersetzung  einiger  verwandten  Ar- 
ten  von  Madagascar ,  aus  den  Familien  : 
Cicindeleta  und  Carabici,  pag.  382),  pour  y 
rapporter  deux  espèces  nouvelles  de  Mada¬ 
gascar  qu’il  nomme,  l’une  B.  cyanipennis, 
et  l’autre  B.  signatus.  Ce  g.  se  place  entre 
les  genres  Thyreopterus ,  Dej.,  et  Catas- 
copus,  Kirb.,  et  s’en  distingue  principale¬ 
ment  par  un  menton  inerme  profondé¬ 
ment  échancré  au  milieu.  (D.) 

BELETTE,  mam.  —  Espèce  du  genre 
Putois.  Voyez  ce  mot. 

BELHARNOSIA.  bot.  ph.  —  Syno¬ 
nyme  de  Sanguinaire. 

BELIER.  MAM.  —  Voyez  MOUTON. 

BÉLIER  DE  MONTAGNE,  mam.  — 
Voyez  mouton. 

RELIE  VRE.  min.  —  Nom  sous  lequel 
on  désigne,  en  Normandie,  l’Argile  plasti¬ 
que,  qu’on  y  emploie  comme  terre  à  poterie. 

(Del.) 

RELIGANA.  bot.  ph. —  Nom  vulgaire 
languedocien  de  la  Vigne  sauvage. 

RELILLA,  Rheed.  bot.  th.— Synonyme 
de  Mussœnda. 

BÉLINGELE  ou  BÉRINGÈNE.  bot. 
ph.  —  Nom  vulgaire  de  l’Aubergine. 

*  BELIONOTA  ((3aXoç,  flèche;  vwto?,  dos). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères , 
famille  des  Sternoxes  ,  tribu  des  Bupresti- 
des,  établi  par  Eschscholtz  {Atlas  zoologi¬ 
que  du  voyage  du  capitaine  Kotzebüe).  Ce 
genre  a  été  adopté  par  M.  Solier,  dans  son 
Essai  sur  les  Buprestides  {Ann.  de  la  Soc. 
crit.  de  France ,  p.  261-316) ,  ainsi  que  par 
MM.  Gory  et  Delaporte ,  dans  leur  belle 
Iconographie  de  cette  tribu,  où  ils  en  figu¬ 


rent  six  espèces,  parmi  lesquelles  nous  ci¬ 
terons  seulement  celle  qui  a  servi  de  type 
à  Eschscholtz  pour  fonder  son  genre  et  qu’il 
nomme  B.  sagittaria ,  mais  qui  paraît  être  le 
même  que  le  Buprestis  scutellaris  Fabr. 
Cette  espèce  ,  qui  varie  du  vert  cuivreux  au 
brun  bronzé,  se  trouve  aux  îles  Philippines 
et  à  l’île  de  France.  Le  genre  Belionota , 
suivant  MM.  Gory  et  Delaporte ,  a  les  plus 
grands  rapports  avec  le  genre  Chrysobo- 
ihris  du  même  auteur,  et  ils  ne  se  sont  dé¬ 
cidés  à  l’en  séparer  qu’à  cause  du  grand 
nombre  d’espèces  que  renferme  celui-ci. 

(D.) 

*  BELIOPHORLS  (P&os,  dard  ;  Wo;, 
qui  porte),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
pentamères,  famille  des  Sternoxes,  tribu 
des  Élatérides,  établi  par  Eschscholtz,  et 
adopté  par  Latreille ,  dans  sa  Distribution 
méthodique  des  Serricornes  {Ann.  de  la 
Soc.  ent.  de  France ,  tom.  III,  pag.  147). 
Ses  caractères  principaux,  suivant  ce  der¬ 
nier  auteur,  sont  :  Antennes  en  scie;  point 
de  palettes  sous  les  tarses  ;  bord  postérieur 
du  corselet  presque  droit. — Ce  genre,  placé 
par  Latreille  entre  les  genres  Tetralobus , 
Serv.,  et  Lobœderus,  Guér.,  a  pour  type  VE- 
later  mucronatus  d’Oliv.  {Journ.  d’Hist. 
nat.,  n°7,  pl.  14,  fig.  1),  de  Java;  il  ne  figure 
pas  dans  le  dernier  Catalogue  de  M.  De- 
jean,  et  nous  y  avons  inutilement  cherché 
l’espèce  sur  laquelle  il  est  fondé.  (D.) 

RELIS  (ftïXcç ,  flèche  ,  trait  ;  forme  des 
feuilles),  bot.  ra. — Genre  de  la  famille  des 
Conifères  ,  formé  par  Salisbury  (  Linn. 
Trans.  VIII,  315),  sur  le  Pinus  lancco- 
lata  Lamb.  ,  et  rapporté  généralement  au 
genre  Çunninghamia,  R.  Br.  (C.  L.) 

BELL  ADONNA,  bot.  ru.  —  Genre  de 
la  famille  des  Solanacées,  formé  par  Tour- 
nefort  {Inst.  13,  exc.  sp.),  et  synonyme  du 
genre  Atropa.  Voyez  ci-dessous  bella- 

DONNE.  (C.  L.) 

BELLADONNE  {Bella  donna,  belle 
dame  en  italien),  bot.  ph.  —  Dénomina¬ 
tion  spécifique  d’une  des  espèces  du  genre 
Atropa.  Comme  ces  plantes  sont  d’une 
haute  importance  sous  le  rapport  thérapeu¬ 
tique  ,  nous  allons  donner  ici  la  caractéris¬ 
tique  de  ce  genre,  omis  à  son  ordre  alpha¬ 
bétique,  et  dire  un  mot  de  leurs  principa¬ 
les  propriétés. 

Le  genre  Atropa  { Atropos ,  une  des  trois 


BEL 


BEL 


533 


Parques  ;  d’àrpo7roç,  cruel),  [Belladonna , 
Tourn.  et  Lam.]  a  été  fondé  par  Linné 
(  Gen.  W&ÿexcl.  sp.)  et  appartient  à  la  fa¬ 
mille  des  Solanacées,  tribu  des  Solanées.  Scs 
caract.  principaux  c-ont  :  Calice  5-parti  5  co¬ 
rolle  hypogyne,  infondibuliforme-campa- 
nulée,  à  limbe  plissé,  5-fide.  Étamines  5, 
insérées  vers  la  vase  du  tube  et  le  dépas¬ 
sant  ou  à  peu  près  ;  filaments  filiformes,  à 
anthères  déhiscentes  longitudinalement. 
Ovaire  biloculaire ,  à  placentaires  multi- 
ovulés,  insérés  à  la  cloison  par  une  ligne 
dorsale.  Style  simple;  stigmate  petit,  dé¬ 
primé.  Baie  biloculaire,  conservant  le  calice 
étalé.  Graines  nombreuses,  subréniformes. 
Embryon  subpéripliérique,  arqué  ou  annu¬ 
laire,  dans  un  albumen  charnu. — Ce  genre 
renferme  des  arbrisseaux  ou  des  herbes 
caulescentes,  au  nombre  de  vingt  environ, 
croissant  dans  fEurope  médiane  et  méridio¬ 
nale,  ainsi  qu’au  Pérou;  à  feuilles  alternes 
ou  géminées,  très  entières;  à  fleurs  violacées 
ou  verdâtres,  portées  sur  des  pédoncules 
extra  -  axillaires  ,  1-2-pluriflores.  Toutes 
sont  suspectes  et  la  plupart  sont  regardées 
comme  vénéneuses.  Parmi  ces  dernières, 
la  mieux  connue  est  VA.  belladonna  L., 
qui  croît  souvent  en  France ,  près  des  lieux 
habités  ou  dans  les  bois.  Elle  s’élève  envi¬ 
ron  à  un  mètre  de  hauteur  ,  est  pubescente 
dans  toutes  ses  parties  et  garnie  de  feuilles 
assez  amples,  ovales-aiguës,  géminées  vers 
le  haut  des  tiges,  et  répandant,  quand  on 
les  froisse,  une  odeur  vireuse  et  nauséa¬ 
bonde.  Les  fleurs  ,  de  médiocre  grandeur  , 
sont  d’un  rouge  livide  et  donnent  naissance 
à  une  baie,  dont  la  forme  et  la  couleur 
sont  celles  d’une  Cerise-guigne  ;  apparence 
si  souvent  fatale!  Le  suc  qu’elles  renfer¬ 
ment  est  en  effet  un  poison  subtil  qui,  d’a¬ 
bord  d’une  saveur  fade  ou  à  peine  sapide  , 
cause  souvent  dans  l’économie,  quand  il  est 
pris  en  certaine  quantité,  des  accidents  gra¬ 
ves,  bientôt  suivis  de  la  mort.  On  remédie 
à  l’ingestion  récente  de  ce  poison  par  les 
vomitifs  et  les  boissons  acidulées.  Malgré 
ses  qualités  funestes,  la  médecine  a  su  tirer 
d’excellents  spécifiques  de  la  Belladonnc. 
Ses  feuilles  et  ses  racines ,  données  à  des 
doses  très  faibles,  soit  en  pilules,  soit  mê¬ 
lées  avec  du  sucre  en  poudre,  agissent  éner¬ 
giquement  contre  la  coqueluche  et  les  toux 
convulsives.  Une  qualité  singulière  qu’elle 


possède  en  outre  ,  et  dont  la  connaissance 
est  duc  au  hasard,  est  de  dilater  la  pupille 
d’une  manière  considérable  ;  aussi  les  pra¬ 
ticiens  en  emploient-ils  la  solution  pour 
arroser  les  cataplasmes  ou  les  compresses 
qu’ils  appliquent  sur  le  globe  de  l’oeil,  quel¬ 
que  temps  avant  de  pratiquer  l’opération  de 
la  cataracte,  afin  de  faciliter  l’intromission 
et  l’action  des  instruments  opératoires. 

Le  nom  de  Belladonne  fait ,  dit-on  ,  al¬ 
lusion  à  l’emploi  de  ces  fruits  que  faisaient 
autrefois  les  dames  italiennes  pour  en  com¬ 
poser  un  fard.  VA.  Mandragora  L.  est 
aujourd’hui  le  type  d’un  nouveau  genre. 

Voyez  MANDRAGORA.  (C.  L.) 

BELLARONHE.  Belladonna  (  Bella 
donna,  belle  dame,  en  italien).  Callirhoe, 
Link.  bot.  m. — Genre  de  la  famille  des  Ama¬ 
ryllidacées  ,  formé  par  Sweet  ( Hort .  brit ., 
édit.  2,  506),  sur  V Amaryllis  Belladonna 
de  Linné,  et  qu’on  a  rapporté  comme  sim¬ 
ple  section  au  genre  Amaryllis,  L.  Voyez 
ce  mot.  (C.  L.) 

BELLAN.  bot.  th.  —  Nom  employé 
par  quelques  auteurs  comme  synonyme  de 
Poterium  spinosum. 

BELLABBE.  Bellardi a,  Schreb.  (nom 
propre),  bot.  ph.  —  Synonyme  de  Coco - 
cypselum. 

*  BELLATRIX  ( bellatrix ,  guerrière). 
ois.  —  Genre  démembré  par  Boié  de  celui 
de  Trochilus ,  Lin.,  et  synonyme  de  Lo- 
phornis  ou  les  Coquets  de  Lesson.  Voyez 
colibri.  (Lafr.) 

BELLE  DAME.  ins.  —  Nom  donné 
par  Geoffroy  à  un  Papillon  diurne  du  genre 
Vanessa  et  connu  des  entomologistes  sous 
le  nom  de  Vanessa  cardui.  Cette  espèce  a 
cela  de  remarquable  qu’elle  est  répandue  sur 
presque  toute  la  surface  du  globe,  sans  que 
la  différence  des  climats  la  fasse  varier.  Elle 
se  distingue  encore  des  autres  en  ce  qu’a- 
près  avoir  été  commune  dans  certaines  lo¬ 
calités,  elle  en  disparaît  complètement  plu¬ 
sieurs  années  de  suite.  Sa  chenille  vit  sur 
les  chardons  (D.) 

BELLE  DAME.  bot.  th.  —  Nom  vul¬ 
gaire  de  la  Belladonne ,  Amaryllis  Bella¬ 
donna,  et  de  l’Arroche  commune,  Atri- 
plex  hortensis. 

BELLE  DE  JOUR.  bot.  ph.  —  Syno¬ 
nyme  vulgaire  de  Convolvalus  tricolor , 

Voyez  LISERON, 


534 


BEL 


BEL 


BELLE  DE  NUIT.  ois.  —  Nom  vul¬ 
gaire  de  la  Rousserolle  ou  Rossignol  de  ri¬ 
vière  ( Turdus  arundinaceus ).  Voyez  rous- 

SEROI.LE. 

BELLE  DE  NUIT.  bot.  i>h.  —  Nom 
vulgaire  du  Nyctage  faux  jalap ,  Mirabilis 
jalappa. 

BELLE  D’EN  JOUR.  bot.  ph.  —  Nom 
vulgaire  de  l’Hémérocalle  et  de  l’Asphodèle. 

BELLEMBENIA  (nom  propre),  bot. 
ru. —  Famille  des  Iridées.  Le  genre  Bellen- 
denia  de  Rafinesque,  qu’il  ne  faut  pas  con¬ 
fondre  avec  le  genre  Bellendenia  de  R. 
Brown ,  qui  fait  partie  de  la  famille  des 
Protéacées,  est  le  même  que  le  genre  Mont- 
bretia  de  De  Candolle.  Voy.  montbrétie. 

(A.  R.) 

BELLEREGI  ou  BELLERIS.  bot.  ph. 
—  Synonyme  de  Myrobolan. 

BELLÉROPHE.  Bellerophon  (  nom 
mythologique),  mole. — Ce  genre  est  du  petit 
nombre  de  ceux  qui  peuvent  être  conservés, 
quoique  créés  par  Montfort.  Cependant ,  si 
celui-ci  a  été  maintenu,  il  a  fallu  apporter 
dans  ses  caractères  des  changements  très 
notables.  Toutes  les  personnes  qui  s’occu¬ 
pent  de  conchyliologie  n’ignorent  pas  au¬ 
jourd’hui  que  Montfort  n’hésitait  point  à 
ajouter  des  caractères  aux  genres  qu’il 
créait,  voulant  ainsi,  par  un  artifice  bl⬠
mable,  suppléer  à  l’observation  directe. 
C’est  ce  qu’il  fit  pour  le  genre  Bellérophe. 
Jugeant ,  par  la  forme  extérieure ,  que  ces 
Coquilles  avoisinent  les  Nautiles,  il  ne  man¬ 
qua  pas  d’ajouter  à  sa  description  et  à  sa  fi¬ 
gure  des  cloisons  et  un  siphon  qui  n’ont 
jamais  existé  que  dans  son  imagination.  On 
ne  peut  concevoir  le  moindre  doute  à  ce 
sujet;  car  M.  Defrance,  ayant  fait  l’acquisi¬ 
tion  d’un  Bellérophe  provenant  de  l’ancienne 
collection  de  Montfort ,  et  probablement 
de  l’individu  même  qui  a  servi  à  la  figure  de 
cet  auteur,  M.  Defrance,  n’apercevant  au¬ 
cune  trace  de  cloison  ou  de  siphon ,  voulut 
se  convaincre  de  la  réalité  de  ces  caractères, 
et,  afin  d’y  parvenir,  fit  couper  en  deux, 
par  un  lapidaire,  le  Bellérophe  de  Montfort, 
et  l’expérience  lui  confirma  bientôt  que  les 
Bellérophes  ne  sont  point  cloisonnés.  A 
peu  près  à  l’époque  où  M.  Defrance  pu¬ 
bliait,  dans  les  Annales  des  sciences  natu¬ 
relles  ,  une  note  don '»  nous  venons  de  résu¬ 
mer  le  contenu^  M.  Sowerby,  dans  son 


Minerai  conchology  ,  faisait  connaître  .es 
moules  intérieurs  de  plusieurs  espèces  de 
Bellérophes  et  apportait  ainsi  de  nouvelles 
preuves  de  la  supercherie  de  Montfort.  De¬ 
puis  qu’on  a  paru  rectifier  d’une  manière 
convenable  les  caractères  du  genre  qui  nous 
occupe,  deux  opinions  se  sont  élevées  parmi 
les  zoologistes  sur  l’appréciation  de  ses  ca¬ 
ractères.  M.  Defrance  pense  qu’il  est  voisin 
des  Argonautes  et  qu’il  se  rapproche  égale¬ 
ment  des  Bulles;  mais  on  voit  que  c’est  près 
des  Argonautes  qu’il  placerait  de  préférence 
les  Bellérophes.  M.  de  Blainville,  dans  son 
Traité  de  Malacologie ,  n’hésite  pas  à  com¬ 
prendre  le  genre  Bellérophe  dans  la  famille 
des  Bulles,  comparant  ainsi  le  Bulla  nau- 
curn  avec  quelques  espèces  très  épaisses 
de  Bellérophes.  Cuvier  ne  mentionna  pas  ce 
genre  dans  la  première  édition  du  Règne 
animal  ;  mais  ,  plus  tard ,  dans  la  seconde 
édition  du  même  ouvrage ,  il  l’adopta  et  le 
plaça  à  la  suite  des  Argonautes. 

Si  nous  examinons  les  Bellérophes  dans 
tous  leurs  caractères ,  nous  ne  partagerons 
ni  l’une  ni  l’autre  des  opinions  des  deux 
zoologistes  dont  nous  venons  de  parler.  Les 
Bellérophes  sont  des  Coquilles  parfaitement 
symétriques,  enroulées  sur  elles  -  mêmes 
à  la  manière  des  Nautiles.  Souvent  elles 
sont  globuleuses  et  leur  ombilic  est  entiè¬ 
rement  fermé  :  d’autres  fois,  elles  sont  plus 
discoïdes  et  l’ombilic  est  plus  ou  moins  ou¬ 
vert;  et,  si  nos  conjectures  sont  fondées,  le 
genr ePoscellio,  publié  parM.  Léveillédans 
les  Mémoires  de  la  société  géologique  de 
France,  appartiendrait  encore  aux  Belléro¬ 
phes,  et  serait,  dans  ce  genre,  l’extrême  li¬ 
mite  de  la  forme  planorbulaire.  Dans  toutes 
les  espèces  admises  aujourd’hui  parmi  les 
Bellérophes ,  l’ouverture  est  transverse  , 
ordinairement  semi-lunaire,  étant  modifiée 
par  l’avant-dernier  tour,  qui  produit  une 
saillie  plus  ou  moins  considérable.  Cette  ou¬ 
verture  est  ordinairement  parfaitement  sy¬ 
métrique  ;  son  bord  droit,  mince  et  tran¬ 
chant  ,  se  relève  en  avant  et  se  déprime  en 
une  large  gouttière,  au  moment  où  il  va  s’in¬ 
sérer  de  chaque  côté  sur  l’axe  de  la  coquille. 
Au  point  de  son  insertion,  le  bord  s’épaissit 
notablement,  et  ressemble,  dans  toute  sa 
manière  d’être,  à  celui  d’un  Nautile;  mais, 
outre  ces  caractères,  les  Bellérophes  en  pré¬ 
sentent  un  autre  très  important  :  toutes  les 


BEL 


535 


especes,  sans  exception,  ont  ce  bord  pro¬ 
fondément  échancré  dans  le  milieu  de  sa 
longueur,  de  telle  sorte  qu’une  ligné  longi¬ 
tudinale  qui  couperait  la  coquille  en  deux 
parties  parfaitement  symétriques  passefait 
nécessairement  par  le  milieu  de  cètté  fente, 
selon  que  la  fissure  du  bord  droit  est  plus 
ou  moins  large.  On  trouve ,  à  la  circonfé¬ 
rence  du  dernier  tour,  une  ou  deux  petites 
carènes.  Si  la  fente  est  très  étroite,  elle 
produira  à  la  circonférence  une  seule  carène 
saillante.  Si,  au  contraire ,  la  fente  est  plus 
large,  on  remarquera  deux  choses  :  ou  un 
petit  méplat  dans  lequel  on  apercevra  les 
stries  d’accroissement  courbées  vers  l’ex¬ 
trémité  de  l’échancrure,  ou  bien  ce  méplat 
accompagné  ,  de  chaque  côté  ,  d’une  petite 
carène  résultant  d’une  légère  saillie  des 
bords  latéraux  de  l’échancrure.  Si  mainte¬ 
nant  nous  cherchons  l’analogie  que  ces  ca¬ 
ractères  indiquent,  nous  verrons  qu’il  est 
difficile  de  les  accorder  avec  ceux  des  Argo¬ 
nautes  et  impossible  de  le  faire  avec  ceux 
des  Bulles.  En  effet,  de  toutes  les  Bulles, 
la  plus  symétrique  est  le  Bulla  nau- 
cum  ;  mais  ,  dans  cette  coquille ,  cette  sy¬ 
métrie  n’est  point  parfaite ,  et  du  premier 
coup  d’oeil  on  reconnaît  quel  est  le  côté 
supérieur  de  la  spire.  D’ailleurs  cette  Bulle, 
comme  toutes  les  autres  espèces  du  même 
genre ,  a  une  véritable  columelle  qu’on 
distingue  avec  la  plus  grande  facilité  de 
l’échancrure  supérieure  du  bord  droit.  Ja¬ 
mais  le  bord  droit  des  Bulles  n’est  échan¬ 
cré  ou  même  déprimé  dans  le  milieu  ;  aussi 
l’opinion  de  M.  de  Blainville  doit  être  abso¬ 
lument  abandonnée.  Il  y  a  beaucoup  plus 
de  raison  pour  rapprocher  les  Bellérophes 
des  Argonautes.  Comme  eux,  les  Argonautes 
sont  symétriques ,  les  extrémités  du  bord 
se  dépriment ,  s’épaississent  et  s’insèrent 
sur  l’axe ,  à  peu  près  de  la  même  manière 
que  dans  les  Bellérophes.  A  la  partie  mé¬ 
diane  dé  l’ouverture,  se  trouve  ,  dahs  les 
Argonautes ,  une  dépression  qu’on  peut 
comparer  avec  la  fehte  profonde  des  Bellé¬ 
rophes.  Enfin,  on  peut  dire  que  la  double 
carène  dentelée  des  Argonautes  est  repré¬ 
sentée  ,  dans  quelques  'espèces  de  Belléro¬ 
phes,  par  la  double  catène  qui  s’y  marque  ; 
mais  il  reste  des  caractères  importants  qui 
n’offrent  pas  assez  de  similitude  dans  les 
deux  genres  pour  justifier  les  rapports  ifi- 


BEL 

times  qu’on  a  établis.  Dans  les  Argonau¬ 
tes  ,  les  Coquilles  les  plus  grandes  ont  à 
peine  un  tour  et  demi  de  spire  ;  l’extré¬ 
mité  de  cette  spire  n’est  pas  pointue,  mais 
subitement  terminée  en  un  large  cul-de-sac. 
Le  test  est  presque  également  mince  partout. 
L’ouverture  est  toujours  longitudinale  plu¬ 
tôt  que  transverse ,  et  n’est  véritablement 
jamais  échancrée.  Si  nous  cherchons ,  dans 
d’autres  familles,  des  Coquilles  plus  analo¬ 
gues  à  celles  des  Bellérophes ,  nous  trou¬ 
vons  dans  les  Atlantes  des  points  de  con¬ 
tact  qui  nous  ont  frappé  depuis  longtemps, 
et  qui  nous  ont  déterminé  à  les  rapprocher 
des  Bellérophes.  Un  seul  caractère  échappe 
à  l’analogie  la  plus  complète  :  c’est  que,  dans 
les  Atlantes, les  deux  ou  trois  premiers  tours 
de  la  coquille  sont  saillants  à  droite,  tandis 
que  tous  les  autres  tours  sont  d’une  symé¬ 
trie  parfaite.  Dans  les  Bellérophes,  la  symé¬ 
trie  s’étend  même  jusqu’à  ces  premiers 
tours.  Les  caractères  de  l’ouverture  sont 
les  mêmes  dans  les  deux  genres.  Le  bord 
droit  est  fendu  à  la  même  place  et  de  la 
même  manière.  Dans  les  Bellérophes  om¬ 
biliquées,  l’inSertion  du  bord  droit  se  fait 
comme  dans  les  Atlantes  ;  cependant,  outre 
ce  caractère  de  la  non-symétrie  des  Atlantes, 
il  y  a  une  autre  différence  générale  entre 
les  deux  genres.  Dans  les  Atlantes ,  la  co¬ 
quille  est  vitrée,  très  mince,  transparente, 
et  beaucoup  plus  mince,  en  proportion,  que 
dans  les  Bellérophes.  Il  faut  cependant  ex¬ 
cepter  de  cette  règle  générale  quelques  es¬ 
pèces  de  ce  dernier  genre  ,  dont  le  test  est 
excessivement  mince  U  nous  semble  pou¬ 
voir  réduire  ce  que  nous  venons  de  dire 
à  ceci  :  que  les  Bellérophes  sont  des  At¬ 
lantes  parfaitement  symétriques.  Les  dé¬ 
tails  qui  précèdent  sur  le  genre  Bellérophe 
nous  permettent  d’en  résumer  ainsi  les  ca¬ 
ractères  : 

Caractères  génériques. —  Animal  incon¬ 
nu.  Coquille  nautiliforme ,  globuleuse  ou 
subdiscoïde ,  parfaitement  symétrique.  Ou¬ 
verture  transverse ,  semi-lunaire ,  modifiée 
par  le  retour  de  la  spire.  Bord  droit,  mince 
et  tranchant ,  profondément  échancré  dans 
le  milieu,  s’épaississant  à  ses  extrémités  et 
présentant  une  large  dépression  au  point 
de  son  insertion. 

Les  Bellérophes  sont  des  Coquilles  fossi¬ 
les  qu’on  n’a  jamais  rencontrées  jusqu’à 


536 


BEL 


BEL 


présent  en  dehors  des  terrains  nommés  de 
transition  par  les  géologues.  Quelques-unes 
des  couches  de  ces  terrains  en  contiennent 
un  grand  nombre,  et  presque  toujours  elles 
sont  empâtées  dans  une  roche  calcaire  extrê¬ 
mement  dure.  Dans  quelques  localités  pri¬ 
vilégiées,  comme  le  comté  de  Juliers  et  les 
environs  de  Tournay,  on  trouve  de  ces  Co¬ 
quilles  détachées  et  présentant  leurs  carac¬ 
tères  d’une  manière  assez  nette.  Dans  cette 
dernière  localité,  surtout,  les  Coquilles  pas¬ 
sées  à  l’état  siliceux  sont  contenues  dans 
une  marne  noirâtre  que  le  lavage  enlève  fa¬ 
cilement.  On  obtient  ainsi  des  échantillons 
dont  la  conservation  peut  être  comparée  à 
celle  des  Coquilles  des  terrains  tertiaires. 
En  rassemblant  ce  qui  est  actuellement 
connu,  dans  les  collections,  du  genre  Bellé- 
rophe ,  on  peut  l’estimer  au  moins  à  vingt- 
cinq  espèces,  parmi  lesquelles  on  n’en  re¬ 
marque  qu’un  petit  nombre  qui  atteignent 
un  volume  assez  considérable  ,  de  0m05  à 
0m08  de  diamètre  ;  et  d’autres  qui  restent 
constamment  fort  petites.  (Desh.) 

BELLE  V  ALI  A  (  Belleval ,  botaniste 
français),  bot.  ru. — Le  genre  ainsi  nommé 
par  Picot  Lapcyrouse  (  Journ .  de  phys ., 
t.  LXVII ,  p.  425,  t.  1  )  appartient  à  la  fa¬ 
mille  des  Liliacées  et  a  pour  type  et  pour 
espèce  unique  VHyacinthus  romanus  L., 
commune  en  Italie  et  dans  quelques  par¬ 
ties  du  midi  de  la  France  ;  mais  les  carac¬ 
tères  sur  lesquels  ce  genre  a  été  fondé  me 
paraissent  de  trop  faible  valeur  pour  qu’il 
soit  adopté.  Voyez  jacinthe. 

Il  existe  encore  un  autre  genre  Belleva- 
lia  proposé,  par  le  professeur  Delile,  pour 
une  petite  plante  aquatique  qui  croît  dans 
les  lacs  salés  du  midi  de  la  France.  Ce 
genre  a  été  publié  par  M.  Félix  Petit  (Ann. 
sc.  d'observ.,  I,  p.  451)  sous  le  nom  d'Althe- 
nia,  qui  a  été  adopté.  Voy.  althenia.  (A.  R.) 

BELLICANT.  roiss.  —  Synonyme  vul¬ 
gaire  de  Gurnau  (  Triglus  gurnardus  ). 

Voyez  TRIGLE. 

*BELLÏDÉES.  bot.  th.— Une  des  sous- 
divisions  des  Composées-Astérinées ,  com¬ 
prenant  les  genres  dont  les  capitules  pré¬ 
sentent,  à  la  circonférence,  une  ou  plusieurs 
rangées  de  fleurons  ligules,  et  des  fruits 
dépourvus  ou  munis  d’une  aigrette  en  forme 
de  couronne  membraneuse.  (J.  D.) 

BELLIDIASTIUJM  (qui  se  rapproche 


du  Bellis).  bot.  ph.  —  Micheli  a  formé  ce 
genre  aux  dépens  d’une  plante  qui  faisait 
avant  lui  partie  des  Aster  ou  des  Arnica. 
Elle  diffère  principalement  du  Bellis  par  ses 
fruits  surmontés  d’une  aigrette  ,  composée 
d’un  grand  nombre  de  poils  flexueux  et 
scabres,  et  par  son  réceptacle  plan  et  non  py¬ 
ramidal  comme  dans  les  Pâquerettes. —  La 
seule  espèce  connue,  indigène  dans  les  par¬ 
ties  montueuses  de  l’Europe ,  est  une  herbe 
vivace,  munie  de  feuilles  radicales,  obovales, 
oblongues ,  dentées ,  du  centre  desquelles 
naît  une  hampe  à  un  seul  capitule  de  fleurs 
blanches  ou  rosâtres.  (J.  D.) 

BELLIDIASTIUJM  (voir  l’article  pré¬ 
cédent).  bot.  ph.  —  Ce  nom  a  été  donné  par 
Vaillant  à  une  plante  du  Cap,  qui  fait  aujour¬ 
d’hui  partie  du  genre  Osmites.  (J.  D.) 

BELLIMOIDES  ( Bellis ,  la  Pâque¬ 
rette;  e’.iïcç,  forme),  bot.  ph.  —  Linné 
avait  donné  spécifiquement  ce  nom  à  une 
espèce  du  genre  Bellium,  qui  est  devenu 
le  B.  droserafolium  de  Labillardière  ;  Des- 
fonlaines  appelait  B.  Bellidioides  le  Bellis 
dentata ,  et  Vaillant  nommait  ainsi  des 
Chrysanthèmes  et  desMatricaires  à  feuilles 
entières.  (C.  d’O.) 

*  BELLÏDÏOPSÏS,  DC.  (Bellis,  la  P⬠
querette;  6«|)iÇj  apparence),  bot.  ph. — Sy¬ 
nonyme  d 'Osmites. 

BELLIE.  bot.  ph.  —  Voyez  BETXIUM. 

*  BELLIÉES.  bot.  ph.  — Sous-division 

de  la  tribu  des  Composées-Astérinées  com¬ 
prenant  les  genres  dont  les  capitules  pré¬ 
sentent  ,  à  la  circonférence ,  une  rangée  de 
fleurons  ligulés,  et  des  fruits  surmontés 
d’une  aigrette  formée  de  plusieurs  squa- 
melles  paléacées.  (J.  D.) 

*  BELLIACIAIA  (nom  propre),  bot.  cr. 
—  (Hépatiques).  Genre  créé  par  Raddi  pour 
le  Jungermannia  lœvigata  Schrad.,  mais 
qui  n’a  point  été  adopté  par  les  réformateurs 
du  genre  Jongermanne  de  Linné ,  parce 
qu’il  séparait  des  espèces  étroitement  alliées 
entre  elles  ,  espèces  que  MM.  Dumorlier  et 
Nees  d’Esenbeck  ont  réunies  sous  le  nom 
générique  de  Madotheca.  Voyez  ce  mot  et 

ANTOIRIA.  (C.  M.) 

*BELLUVIA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Solanacées ,  formé 
par  Rœmer  et  Schultes,  et  rapporté  comme 
synonyme  au  Sarracha ,  R.  et  P.  Voyez  ce 
mot.  (C.  L.) 


BEL 


BEL 


537 


BELLIS  (dérivé  de  bellus,  joli,  mignon). 
bot.  ph. —  Les  plantes  qui  forment  ce  genre 
sont  généralement  connues  sous  les  noms 
de  Pâquerettes  ou  petites  Marguerites.  Le 
premier  de  ces  noms  rappelle  l’époque  de  la 
floraison  de  l’espèce  commune ,  qui  a  lieu 
ordinairement  vers  Pâques  ;  le  second  pro¬ 
vient  du  mot  margarita,  qui  signifie  perle, 
et  fait  allusidn  à  l’élégance  de  ses  fleurs.  Les 
Bellis  ont  pour  caractères  :  Capitules  à  fleurs 
nombreuses  5  celles  de  la  circonférence  for¬ 
mant  un  rayon  d’une  seule  série  de  fleurs 
femelles  ligulées;  celles  du  disque,  tubuleu¬ 
ses  ,  hermaphrodites  et  terminées  par  4  ou 
5  dents.  Le  réceptacle  conique,  entouré 
d’un  in  vol  uc  re  de  forme  campanulée ,  et 
composé  de  1-2  séries  d’écailles  obtuses , 
foliacées  ,  porte  des  fruits  comprimés  ,  dé¬ 
pourvus  d’aigrette  et  couverts  de  petits  poils 
opprimés.  —  Les  Pâquerettes  sont  des  her¬ 
bes  annuelles  ou  vivaces ,  toutes  indigènes 
de  l’Europe.  L’espèce  commune  offre  plu¬ 
sieurs  variétés ,  parmi  lesquelles  on  en  re¬ 
marque  principalement  deux  :  l’une  dont 
tous  les  fleurons  sont  en  languettes ,  l’autre 
au  contraire  où  toutes  les  fleurs  sont  tubu¬ 
leuses,  mais  très  dilatées  ;  leur  couleur  varie 
du  blanc  au  rouge  foncé.  Le  nom  de  Bellis 
a  été  appliqué,  par  les  auteurs  de  la  renais¬ 
sance  ,  à  des  plantes  qui  n’ont  aucun  rap¬ 
port  avec  celles  qui  nous  occupent  5  c’est 
sous  ce  nom  que  se  trouvent  désignés  les 
Globularia,  plusieurs  Chrysanthèmes,  etc. 

(J.  D.) 

*  BELLIUM  (Bellis,  Pâquerette) .  bot  .  ph  . 

—  Ce  genre  a  pour  caractères  :  Capitules 
multiflores,  hétérogames  ;  fleurs  du  rayon 
1-sériées,  ligulées,  femelles  ;  celles  du  dis¬ 
que,  hermaphrodites ,  tubuleuses,  très  or¬ 
dinairement  à  4  dents.  Réceptacle  ovoïde- 
conique  ,  dépourvu  de  paillettes.  Involucre 
formé  de  1-2  séries  d’écailles  oblongues.  Fruit 
comprimé  et  surmonté  d’une  aigrette  com¬ 
posée  de  4-5  écailles  membraneuses ,  tron¬ 
quées  ,  avec  lesquelles  alternent  constam¬ 
ment  5  autres  écailles  en  forme  de  soies. 

—  Les  plantes  qui  constituent  ce  genre  ont 
le  port  des  Pâquerettes  et  habitent,  la  plu¬ 
part,  la  région  méditerranéenne.  (J.  D.) 

* BELLOCORIS  {bellus,  joli;  xôptç,  pu¬ 
naise).  ins.  —  Genre  de  la  famille  des  Scu- 
tellériens,  de  l’ordre  des  Hémiptères ,  sec¬ 
tion  des  Hétéroptères  ,  établi  par  Hahn 


{Wanzenart .  Ins.)  sur  les  Cimex  maura 
Lin.  et  Tetyra  holtèntota  Fab.,  que  nous 
avons  rapportés  avec  M.  Burmeister  au 
genre  Tetyra  de  Fabriciüs.  Hahn  place  en¬ 
core  dans  son  genre  Bellocoris  le  Cimex 
grammicus  Lin.,  quk appartient  au  genre 
Pachy  coris ,  Burm.  Voyez  tetyra  et  pachy- 
coris.  (Be.) 

BELLON1A  (nom  propre),  bot.  ph.  — < 
Genre  de  plantes  formé  par  Plumier  (Gen., 
47,  etTuss.  fl.  ant.  I,  t.  30),  et  rapporté  avec 
doute  à  la  famille  des  Gesriéracées  par  les 
uns ,  aux  Rubiacées  ou  aux  Solanacées  par 
d’autres.  Il  comprend  quelques  arbrisseaux 
peu  connus  encore,  trouvés  dans  les  Antilles 
par  l’auteur, inermes  ou  armés  d’épines  séta- 
cées  axillaires  ;  à  feuillès  décussées,  oppo¬ 
sées,  pétiolées,  ovales  üti  oblongues,  angu¬ 
leuses  ,  veinées ,  velues  en  dessus.  Les 
fleurs  sont  portées  sur  des  pédoncules  axil¬ 
laires  ,  solitaires  ou  en  corymbes.  Calice 
tubulé  ,  ovale  ;  limbe  semi-supérieur ,  5- 
parti.  Corolle  périgyne,  subrotacée,  à  limbe 
5-parti.  Capsule  oblongùe.  Graines  nom¬ 
breuses,  oblongues.  (C.  L.) 

BELLOTE.  bot.  i>h.  —  Nom  qu’on 
donne  aux  fruits  du  Chêne  à  glands  doux , 
Quercus  ballotta  W.  Voyez  chêne. 

(C.  L.) 

BELLECIA,  Adans.  bot.  rri.  — Syno¬ 
nyme  de  Ptelea  L.  Necker  donne  aussi  ce 
nom  au  Blakea  quinquenervia. 

*BELMONTIA(nom  propre),  bot.  ph.— 
Genre  de  la  famille  des  Gentianées,  tribu  des 
Sébéées,  formée  par  E.  Meyer  [Comment. 
PI.  Afr.  Awsf.,183)  aux  dépens  de  VExa- 
cum  cordatum  de  Linné  et  de  quelques  es¬ 
pèces  de  Sebœa  de  R.  Brown.  Il  renferme 
des  plantes  herbacées,  indigènes  au  Cap,  et 
dont  le  port  est  celui  des  Erythrœa.  Leurs 
feuilles  sont  opposées,  subeordiformes-ova- 
les  ;  les  fleurs  sont  jaunes,  et  disposées  en 
une  sorte  de  corymbe.  Calice  5-parti,  à  la- 
cinies  carénées  dorsalement.  Corolle  infon- 
dibùliforme  ,  marcescente  ;  limbe  5-parti. 
Étamines  5,  incluses,  insérées  sur  le  tube. 
Anthères  glanduleuses  au  sommet.  Stigma¬ 
tes  2,  sessiles.  Capsule  biloculaire  ;  graines 
nombreuses.  (C.  L.) 

BÉLOERE  ,  Rh.  bot.  ph.  — Synonyme 
d’1 Xibiscus  populifolia.  Voyez  ketmie. 

BÉLONIE.  Belonia  (  peXov/i ,  aiguille  ). 
bot.  cr.  —  (Phycées).  Genre  établi  par  Car- 
84* 


T.  II, 


538 


BEL 


BEL 


michael,  dans  la  tribu  des  Oscillariées,  pour 
une  petite  plante  qui  croît  sur  quelques  Al¬ 
gues  marines  qui  commencent  à  se  décom¬ 
poser.  Voici  les  caractères  qu’il  assigne  à  ce 
genre  :  Filaments  courts,  jiciculaires,  fasci- 
culés,  presque  moniliformes,  finissant  par 
se  diviser  en  sporules  ovoïdes.  Ce  genre  se 
distingue  des  Oscillaires  et  des  Ana-baïnes 
par  l’absence  d’un  strate  muqueux.  La  seule 
espèce  connue,  le  B.  torulosa  Carm.,  est 
décrite  dans  le  vol.  V  de  YEnglish  Flora 
de  Hooker.  Elle  a  été  trouvée  sur  les  Die - 
tiosiphon  et  sur  \qs  E  cto  carpes.  (Bréb.) 

*  BELONÏTES  (fkXcmç,  petite  aiguille). 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Apocy- 
nacées,  créé  par  E.  Meyer,  dans  ses  Com¬ 
mentaires  sur  les  plantes  de  l’Afrique  au¬ 
strale  (187),  et  synonyme  du  genre  Pachy- 
podium  de  Lindley.  Voyez  ce  mot.  (C.  L.) 

*BELOftlJCiïlJS  (psXcç,  dard  ;  nuchus, 
altération  de  vu*-cç,  génitif  de  voS,  nuit  ?). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères  , 
de  la  famille  des  Brachélytres ,  établi  par 
Nordmann  et  adopté  par  Erichson,  qui  ( Gé¬ 
néra  species  Staphylinorum  ,  p.  419  )  le 
range  dans  sa  tribu  des  Staphyliniens  et  sa 
sous-tribu  des  Xantholinines ,  en  lui  don¬ 
nant  pour  caractères  principaux  :  Antennes 
droites;  palpes  filiformes.  Languette  ronde, 
entière.  Cuisses  antérieures  et  postérieures 
garnies,  en  dessous,  de  deux  rangées  d’é¬ 
pines.  L’auteur  y  rapporte  18  espèces,  toutes 
de  l’Amérique  méridionale.  Il  les  divise  en 
deux  groupes  :  celles  qui  ont  le  thorax  non 
ponctué  et  celles  qui  ont  5  séries  de  points 
sur  cette  partie.  Nous  citerons,  comme  type 
du  premier  groupe,  le  E.  hcemorrhoidalis 
{Staplujlinus  id.Fabr.),  du  Brésil, etcomme 
type  du  second,  le  B.  satyrus  Erichs.,  de 
la  Colombie.  (D.) 

*BELOPER©NE(psXcç,  flèche  ;  irepqvvi, 
agrafe),  bot.  th.  — Ce  genre  a  pour  type  le 
Justifia  oblongata  L.  et  Ott.  ( Icon .  select. 
454) ,  jolie  plante  recherchée  dans  les  serres 
chaudes.  Il  a  été  formé  par  Nees  (in  Wall., 
PI.  as.  rar.,  III,  102),  et  appartient  à  la 
famille  des  Acanthacées,  tribu  des  Ecma- 
tacanthées  et  Justiciées  ;  il  renferme  des 
plantes  herbacées  ou  à  peine  frutiqueuses  , 
croissant  sous  les  tropiques,  en  Asie  et  en 
Amérique.  Leurs  feuilles  sont  opposées  ; 
leurs  fleurs  allongées,  étroites,  belles,  cocci- 
nées,  alternes,  munies  de  bractées  et  de 


bracléoles ,  et  disposées  en  épis  axillaires 
ou  terminaux,  courts.  Calice  5-parti.  Corolle 
hypogyne,  ringente.  Étamines  2.  Style  sim¬ 
ple  ;  stigmate  subulé.  Capsule  onguiculée , 
biloculaire,  tétrasperme.  Graines  discoïdes, 
colorées.  (C.  L.) 

*BELOPHERUS  ((3s'Xc;,  flèche  ;  <pspco,  je 
porte),  ins.  — Genre  de  Coléoptères  télra- 
mères,  famille  des  Curculionides,  ordre  des 
Orthocères,  division  des  Brenthides,  établi 
parSchœnherr.  Ce  genre  a  pour  type  \cBren- 
thus  militaris  d’Olivier,  qui  se  trouve  à 
Saint-Domingue  et  à  Cuba, et  auquel  viennent 
se  réunir  quatre  autres  espèces  également 
d’Amérique,  savoir  :  le  B.  longimanus ,  de 
Porto-Rico,  le  B.  nasutus  Fabr.,  de  la  Ja¬ 
maïque,  le  B.placidus  et  le  B.  Mannerhei - 
mii  Dej.,  de  Saint-Domingue.  (D.) 

*  BELOPOEUS  (PeXowGtoç,  fabricant  de 
traits),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères,  famille  des  Curculionides,  ordre  des 
Gonatocères,  division  des  Rhyncophorides, 
établi  par  Schœnherr,  aux  dépens  du  g.  Ca- 
landra  de  Fabricius.  Ce  genre  se  borne  à 
une  seule  espèce  ,  Belopoeus  carmelitus 
Hofimanns.  (  Calandra  carmelita  Illig.  ), 
suivant  M.  Dejean.  Cette  espèce  est  du  Bré¬ 
sil.  (D.) 

*BÉLOPTÈRES.  Beloptera($ s'Xoç,  flè¬ 
che  ;  irrepov,  plume,  aile),  moll.  céi>h. — 
M.  Deshayes  avait  donné  ce  nom ,  dans 
sa  collection,  à  des  corps  fossiles  des  ter¬ 
rains  tertiaires,  dontM.  de  BlainviUe  le  pre¬ 
mier  a  établi  les  caractères.  Ce  sont  des  os¬ 
selets  crétacés  internes ,  voisins  de  ceux  de 
la  Seiche.  Leur  forme  est  oblongue.  Ils  sont 
composés,  en  avant,  d’un  prolongementsub- 
cylindrique;  en  arrière,  d’un  rostre  obtus; 
et,  sur  les  côtés,  dans  quelques  espèces, 
d’expansions  aliformes.  Leur  prolongement 
cylindrique  est  creusé  dans  l’intérieur  d’iine 
cavité  conique,  dans  laquelle  sont  empilées 
des  loges  transversales  analogues  à  celles 
qu’on  remarque  dans  l’alvéole  des  Bélem- 
nites. 

Ce  genre  se  rapproche  des  Seiches  par  sa 
contexture  et  par  sa  forme  générale,  tout 
en  s’en  distinguant  par  ses  loges.  On  a 
trouvé  trois  espèces  de  Béloptères  dans  les 
terrains  tertiaires  :  1°  les  B.  Belemnitoi - 
dea  Bl.  et  B.  Levesquei  d’Orb.  ,  du  bassin 
parisien;  2°  le  B.anomala  Sow.,  d’Angle¬ 
terre.  Pour  les  autres  espèces  décrites  par 


BEL 


539 


BEL 

M.  de  Blainville ,  elles  appartiennent  au 
genre  Seiche.  (A.  d’O.) 

*BELOBHINUS  (PeXoç,  dard;  pîv,  ivoç, 
nez),  ins.  —  Nom  donné  par  M.  Guérin- 
Méneville  ,  dans  son  Iconographie  du  Rè¬ 
gne  animal,  pl.  39  bis,  fig.  5,  à  un  genre 
de  Curculionites,  voisin  des  Calandres.  Ce 
nom  se  rapprochant  trop  de  celui  de  Belo- 
rhynchus,  déjà  employé,  M.  Guérin,  suivant 
en  cela  l’exemple  de  Schœnherr,  l’a  changé, 
dans  le  texte  de  son  Iconographie,  en  celui 
de  Megaproctus.  Voyez  ce  mot.  (D.) 

*  BELORHYjVCHUS($&oç,  flèche;  pùT- 
X oç,  bec  ou  rostre),  ins.  —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  tétramères,  famille  des  Curculio- 
nides,  ordre  des  Orthocères,  division  des 
Brenthides,  établi  par  Schœnherr.  Ce  genre, 
qui  est  un  démembrement  du  g.  Bren- 
thus ,  ne  renferme  que  deux  espèces  :  B. 
curvidens  Fabr.  et  B.  gracilis  Schœnh., 
toutes  deux  du  Brésil.  (D.) 

*BELOSEPIA  (ps'Xoç,  flèche;  cnnuia,  sei¬ 
che).  moll.  céph.  —  M.  Volz  a  réuni,  sous 
ce  nom  générique ,  les  Seiches  fossiles  du 
bassin  parisien,  telles  que  les  Sepiapari- 
siensis  et  compressa.  Je  doute  que  ce  genre 
puisse  être  conservé,  pensant,  au  contraire, 
qu’il  doit  rentrer  dans  le  genre  Seiche.  Voyez 
ce  mot.  (A.  d’O.) 

*BELOSTEMMA  (jÜsXoç,  flèche; 
couronne),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Asclépiadacées  ,  tribu  des  Pergulariées  ho- 
ziées,  sous-tribu  desTylophorées,  formé  par 
Wallich  (in  Wight  et  Arn.  Contrib.  52),  pour 
une  plante  sulïrutiqueuse  du  Népaul,  volu- 
bile,  vêtue  d’une  pubescence  lâche;  à  feuil¬ 
les  opposées,  cordiformes-ovales,  subacu- 
minées  ;  à  fleurs  petites,  réunies  en  ombel¬ 
les  simples,  pauciflores,  plus  courtes  que 
les  feuilles.  Calice  5-fide  ;  corolle  rotacée, 
5-fide;  couronne  staminale,  5-phylle.  An¬ 
thères  terminées  par  un  appendice  mem- 
branacé.  Stigmate  mutique.  Follicules  in¬ 
connus.  (C.  L.) 

BELOSTOMA  (fisXoç,  dard  ;  dz 6g.cn.,  bou¬ 
che).  ins. — Genre  de  la  famille  desNépiens, 
de  l’ordre  des  Hémiptères  hétéroptères , 
établi  par  Latreille  et  adopté  maintenant  par 
tous  les  entomologistes.  Ce  genre  était  con¬ 
fondu  précédemment  avec  les  Nepa  par 
Linné,  Fabricius  et  les  autres  auteurs.  Les 
Bélostomes  sont  caractérisés  principale¬ 
ment  par  un  corps  ovalaire  et  aplati  ;  par 


une  tête  triangulaire  ;  par  des  antennes  com¬ 
posées  de  quatre  articles,  insérées  sous  les 
yeux  et  cachées  dans  une  cavité,  et  enfin  par 
des  pattes  postérieures  constituant  de  gran¬ 
des  rames  fortement  ciliées,  ayant  des  tarses 
de  deux  articles.  —  Les  Bélostomes  sont 
les  plus  grands  Hémiptères  hétéroptères 
connus  ;  leur  forme  elliptique  semble  de¬ 
voir  leur  permettre  de  nager  avec  facilité. 
Ils  habitent  les  régions  intertropicales  du 
globe.  Les  femelles  portent  leurs  œufs 
fixés  sur  leur  dos. 

On  ne  connaît  pas  un  grand  nombre 
d’espèces  de  ce  genre ,  dont  le  type  est  le 
B.  grande  (Nepa  grandis  Lin.)  du  Bré¬ 
sil.  (Bl.) 

*  BELOTHRÏPS  (PeXoç,  dard;  ôpty, 
genre  d’insectes  ).  ins.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Thripsiens  de  Blanchard  (Thrip- 
sites  de  Newmann  ;  Thrysanoptera  d’Ha- 
liday),  établi  par  M.  Haliday  (Entom.  Mag.) 
sur  quelques  espèces  que  nous  avons  rap¬ 
portées  au  genre  Thrips.  Voy.  ce  mot.  (Bl.) 

*BÉLOTIE.  Belotia( nom  propre),  bot. 
ph. — Famille  des  Tiliacées.  Genre  nouveau 
que  nous  avons  établi,  dans  la  Flore  de 
Cuba  ,  et  qui  se  distingue  par  les  caractères 
suivants  :  Calice  formé  de  cinq  sépales  éta¬ 
lés  ,  à  estivation  valvaire.  Pétales  5,  plus 
courts  que  le  calice  ,  onguiculés  ,  dressés , 
concaves  et  glanduleux  au  dessus  de  leur 
onglet  ;  leur  limbe  est  plan  et  étroit.  Ces 
pétales  sont  insérés  à  la  partie  inférieure 
d’un  gynandrophore  stipité,  concave,  entier 
et  couvert  de  poils  laineux  sur  sa  face  ex¬ 
terne.  Étamines  ordinairement  au  nombre 
de  quinze,  à  filets  libres  et  dressés,  un  peu 
inégaux ,  insérés  dans  la  cavité  du  gynan¬ 
drophore.  Anthères  introrses,  presque  glo¬ 
buleuses  ,  à  deux  loges  s’ouvrant  chacune 
par  un  sillon  longitudinal.  Ovaire  sessile, 
ovoïde ,  allongé  ,  lanugineux  ,  à  deux  loges 
contenant  chacune  ordinairement  huit  ovu¬ 
les  disposés  sur  deux  rangs.  Style  court,  se 
terminant  par  un  stigmate  simple  et  pres¬ 
que  discoïde.  Le  fruit  est  une  capsule  très 
comprimée,  à  deux  loges,  s’ouvrant  en  deux 
valves  septifères,  dont  la  cloison  est  à  peine 
saillante.  Les  graines,  au  nombre  de  quatre 
à  cinq  dans  chaque  loge,  sont  ovoïdes,  com¬ 
primées  ,  chargées  dans  leur  contour  de 
longs  poils  fauves  et  mous. 

Ce  genre  ne  se  compose  que  d’une  seule 


540 


13EL 


BEL 


espèce,  Belotia  grewiœfolia  Rich.  {Fl.  Cu- 
bens,  p.  82,  t.  22),  qui  est  probablement  le 
Grewia  mexicana  DC.  C’est  un  grand  et 
bel  arbre  originaire  de  l’île  de  Cuba,  où  il 
est  connu  sous  le  nom  vulgaire  de  Maja- 
gua  macho.  Ce  genre,  qui  a  tout  le  port  des 
Grewia ,  en  diffère  surtout  par  son  fruit 
capsulaire  à  deux  loges  et  à  deux  valves, 
contenant  plusieurs  graines  couvertes  de 
poils  cotonneux.  D’ailleurs,  toutes  les  espè¬ 
ces  de  Grewia  sont  originaires  de  l’ancien 
continent.  (A.  R.) 

BELUGA.  MAM.  -  Voyez  DAUPHIN. 

BELUGO.  foiss. — Synonyme  de  Trigla 
lucerna.  Voyez  trigle. 

*BELUS  (  péXcç,  dard,  flèche),  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  tétramères ,  famille 
des  Curculionides ,  ordre  des  Orthocères , 
division  des  Rhinomacérides ,  établi  par 
Schœnherr,  qui  le  caractérise  ainsi  :  An¬ 
tennes  médiocres,  un  peu  minces,  plus 
épaisses  extérieurement ,  de  11  articles 
séparés;  le  dernier  aigu.  Rostre  cylin¬ 
drique,  avancé,  un  peu  arqué.  Écusson 
court ,  transverse.  Élytres  très  longues , 
presque  linéaires;  chacune  d’elles  se  pro¬ 
longeant  en  angles  antérieurement,  et  se 
terminant  en  pointe  recourbée  postérieure¬ 
ment.  Ce  genre,  créé  aux  dépens  du  genre 
Fixas ,  Fabr.,  ne  renferme  que  deux  es¬ 
pèces  :  L.  semi-punctatus  Fabr.  et  L.  bi~ 
dentatus  Mac-Leay,  toutes  deux  de  la  Nou¬ 
velle-Hollande.  (D.) 

BELVALA,  Adans.  bot.  ph. —  Syno¬ 
nyme  de  Struthiole. 

BELVÉDERE.  bot.  ph. — Nom  trivial 
donné  par  Clayton  et  Gronovius  ,  à  une 
plante  indéterminée  de  l’Amérique  du 
Nord  (Virginie),  et  qui  paraît  être  une  So- 
lenandria.  Voyez  ce  mot.  (C.  L.) 

BELVISIA  (nom  propre),  rot.  ph.  — 
Genre  formé  par  Desvaux  {Journ.  de  bot ., 
t.  IV,  p.  180),  et  dont  Rob.  Brown  fit  une 
petite  famille  sous  le  nom  de  Belvisiacées 
{voyez  ce  mot).  Palisot  de  Beauvois  ayant 
établi  antérieurement ,  sur  la  même  plante , 
son  genre  Napoleona,  ce  dernier  doit  avoir 
la  priorité.  Voyez  naporeona.  ^  (C.  L.) 

BELVISIACÉES.  bot.  ph.  —  Voyez 

BEUVISIÉES. 

RELVISIÉES.  bot.  ph.  — M.  de  Be.au- 
vois  avait  dédié  à  Napoléon  une  belle  et  cu¬ 
rieuse  plante  africaine.  A  la  chute  de  l’em¬ 


pereur,  un  botaniste  crut  qu’elle  devait  en¬ 
traîner  celle  de  son  genre,  et  il  en  changea 
le  nom,  en  lui  appliquant,  en  l’honneur  de 
son  premier  auteur ,  celui  de  Belvisia.  Ce 
nom  prévalut  quelque  temps,  et  ce  fut  dans 
cet  intervalle  que  M.  Robert  Brown  pro¬ 
posa  ,  sous  le  nom  de  Belvisiées ,  une  fa¬ 
mille  dontce  même  genre  était  le  type  ;  mais, 
plus  tard ,  une  sorte  de  restauration  réta¬ 
blit  le  Napoleona,  qui,  d’après  les  règles  de 
la  nomenclature  botanique,  était  vraiment 
légitime,  et  la  famille  a  dû  nécessairement 
dès  lors  être  appelée  Napolêonêes.  Voyez 
ce  mot.  (Ad.  J.) 

*BELVOISIE.  Belvoisia{ nom  propre). 
ins. —  Genre  de  Diptères  établi  par  M.  Ro- 
bineau-DesYOidy,  et  dédié  par  lui  à  la  mé¬ 
moire  de  Palisot  de  Beauvois.  Il  le  place 
dans  la  famille  des  Calyptérées ,  tribu  des 
Entomobies,  section  des  Faunides.  Ce  genre 
est  fondé  sur  une  seule  espèce  rapportée 
de  la  Caroline  et  des  Antilles  ,  et  nommée 
par  l’auteur  B.  bicincta.  En  voici  la  des¬ 
cription  :  longueur,  0ra02;  largeur,  0m01; 
front  noir  et  frontaux  rougeâtres  ;  face 
blanchâtre  ;  antennes  brunes  ;  corselet  poi¬ 
lu  ,  noir  mat  ;  écusson  rougeâtre  ;  abdomen 
d’un  beau  noir  luisant,  avec  2  zones  flaves- 
centes  ;  cuillerons  très  noirs,  ainsi  que  les 
pattes;  ailes  très  enfumées.  (p  ) 

BELYTA  (diminutif  de  (3;Xoç ,  aiguille). 
ins.  —  Genre  de  la  famille  des  Oxyuriens 
{Oxyures ,  Latr.;  Diaprides ,  Westw.),  de 
l’ordre  des  Hyménoptères ,  établi  par  Ju- 
rine,  et  adopté  par  Latreille  et  tous  les  en¬ 
tomologistes.  Les  Bélytes  sont  surtout  ca¬ 
ractérisés  par  des  antennes  composées  de 
quatorze  à  quinze  articles ,  sans  aucune  di¬ 
latation  ;  par  des  palpes  maxillaires  de  qua¬ 
tre  articles,  dont  le  premier  renflé  à  l’extré¬ 
mité  ,  et  les  autres  presque  cylindriques  ; 
par  des  ailes  antérieures  pourvues  d’une 
cellule  radiale,  grande,  complète  et  de  forme 
triangulaire;  et  par  une  tarière,  chez  les  fe¬ 
melles  ,  très  peu  saillante ,  ayant  la  forme 
d’un  aiguillon. 

Le  genre  Belyta  ne  renferme  qu’un  petit 
nombre  d’espèces ,  dont  les  plus  connues 
sont  les  B.  bicolor  Jur.  et  J?,  boleti  NeesVon 
Esenb.,  répandues  dans  une  grande  partie 
de  l’Europe.  (Bu.) 

BELZEBUTH.  ma»?.—  Espèce  du  genre 
Àtèle. 


BEM 


BEM 

*BEMBECIA  ($%#»&■  espèce  de  Guêpes, 
Àrist.  ).  ins.  —  Genre  de  Lépidoptères  ,  de 
la  famille  des  Crépusculaires,  créé  par  Hub- 
ner  aux  dépens  du  genre  Sésie ,  et  adopté 
par  M.  Newmann  (  Monographia  œgeria- 
rum  Angliœ ,  the  Entomological  Magaz., 
n°  1,  p.  76) ,  qui  le  caractérise  ainsi  :  Palpes 
allongés ,  et  dont  tous  les  articles  sont  cou¬ 
verts  d’écailles.  Antennes  à  peine  plus  lon¬ 
gues  que  le  corselet ,  ciliées  chez  le  mâle. 
Abdomen  plus  épais  au  milieu ,  à  peine 
barbu.  Ce  genre ,  dont  les  caractères  nous 
paraissent  bien  vagues ,  ne  renferme  que 
deux  espèces  :  la  Sesia  ichneumoniformis 
Fabr.,  et  la  Sesia  vespiformis  Esper.  Voy. 

SÉSIE.  (D.) 

BEMBÉCIBES.-Bem&ecïdce.  ins  —Nom 
employé  par  Latreille  et  Westwood,  comme 
synonyme  de  Bembéciens.  Voyez  ce  mot. 

(Bl.) 

*BEMBÉCIENS. ins. —Nous  désignons, 
sous  cette  dénomination,  une  famille  de  l’or¬ 
dre  des  Hyménoptères ,  dont  les  principaux 
caractères  peuvent  se  résumer  ainsi  :  Tête 
transversale  avec  des  yeux  s’étendant  jus¬ 
qu’au  bord  postérieur.  Mandibules  pointues, 
unidentées  au  côté  interne.  Prothorax  étroit, 
ne  formant  qu’un  seul  rebord  linéaire  et 
transversal,  dont  les  extrémités  sont  éloi¬ 
gnées  de  l’insertion  des  ailes.  Pattes  assez 
courtes  et  robustes.  Abdomen  en  cône  allon¬ 
gé,  arrondi  latéralement  près  de  sa  base.  — 
Cette  famille  est,  de  toutes  celles  de  l’ordre 
des  Hyménoptères  ,  la  moins  nombreuse  ; 
elle  ne  renferme  que  les  trois  genres  Bem- 
bex  de  Fabricius,  Monedula  et  Stizus  de  La¬ 
treille.  Les  Bembéciens  sont  tous  d’une  assez 
grande  taille  et  d’une  couleur  noire  entremê¬ 
lée  de  taches  jaunes.  Ils  sont  propres  aux  ré¬ 
gions  chaudes  du  globe,  et  disparaissent  en¬ 
tièrement  dans  le  centre  et  le  nord  de  l’Eu¬ 
rope  et  de  l’Amérique  septentrionale.  Les 
femelles  de  ces  Insectes  creusent  dans  le  sa¬ 
ble  des  trous  profonds  pour  y  déposer  leurs 
œufs ,  et  leur  apportent  des  Insectes  pour 
subvenir  à  la  subsistance  des  larves  qui  en 
sortiront;  elles  ferment  ensuite,  avec  de  la 
terre ,  la  retraite  qu’elles  ont  préparée  à 
leurs  petits.  D’après  Latreille,  la  femelle  du 
Bembex  rostrata  nourrit  sa  progéniture  de 
divers  Diptères,  et  particulièrement  de  Syr- 
phes  et  de  Mouches.  Les  Bembéciens  sont 
pxtrêmement  agiles  et  volent  rapidement 


hki 

de  fleur  en  fleur,  en  faisant  entendre  un 
bourdonnement  aigu  et  souvent  interrompu; 
ils  paraissent  exhaler  la  plupart  une  odeur 
de  rose  très  prononcée. 

Latreille  et  M.  Léon  Dufour  ont  fait  des 
observations  intéressantes  sur  les  mœurs 
et  l’organisation  de  quelques  espèces  de 
Bembex  et  de  Stizus.  (Bl.) 

BEMBEX  ( ,  espèce  de  Guêpes). 
ins.  —  Genre  de  la  famille  des  Bembéciens, 
de  l’ordre  des  Hyménoptères,  établi  par  Fa¬ 
bricius  ,  et  adopté  par  Olivier ,  Latreille  et 
tous  les  entomologistes.  Les  Bembex ,  qui 
faisaient  partie  du  genre  Apis  de  Linné,  sont 
essentiellement  caractérisés  par  un  corps 
épais  et  terminé  en  pointe  ;  par  des  antennes 
coudées  au  second  article  et  grossissant  vers 
l’extrémité;  par  des  palpes  courts  :  les  maxil¬ 
laires  composées  de  quatre  articles ,  et  les 
labiaux  de  deux  ;  par  des  mâchoires  et  un 
labre  très  allongés ,  formant  une  sorte  de 
trompe  ;  et  par  des  ailes  antérieures  pour¬ 
vues  d’une  cellule  radiale  de  forme  ovalaire, 
et  de  trois  cellules  cubitales,  dont  la  troi¬ 
sième  est  presque  conniyenle  avec  la  cellule 
radiale. 

On  connaît  un  certain  nombre  d’espèces 
de  ce  genre  ;  elles  proviennent  de  l’Europe 
méridionale,  de  l’Asie,  de  l’Afrique  ,  de  la 
Nouvelle-Hollande.  Les  plus  répandues  dans 
le  midi  de  l’Europe  sont  les  B.  rostrata 
(. Apis  rostrata  Lin.)  et  tarsata  Latr. 

(Bl.) 

BEMBIBION.  Bembidium  (  fc'p&ig  , 
Guêpe  ;  e!<5oç,  forme  ;  allusion  à  la  forme  de 
ces  Insectes),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
pentamères,  famille  des  Carabiques,  éta¬ 
bli  par  Latreille  et  adopté  par  presque  tous 
les  entomologistes.  M.  Dejean,  dans  son 
Species ,  t.  4,  p.  31,  le  range  dans  sa  tribu 
des  Subulipalpes,  qui  se  compose  seule¬ 
ment  de  trois  genres,  dont  celui-ci  se  dis¬ 
tingue  principalement  par  le  dernier  article 
de  ses  palpes,  qui  est  beaucoup  plus  petit 
que  le  précédent.  Vu  le  grand  nombre 
d’espèces  qu’il  renferme,  cet  entomologiste 
a  cru  devoir  le  diviser  en  10  groupes  qui,  à 
l’exception  des  5e  et  6e,  correspondent  aux 
genres  CiÜenum ,  L.;  Blemus ,  Ziég.;  Ta - 
chys,  Notaphus ,  Peryphus,  Leja ,  Lopha 
et  Tachypus ,  Még  II  serait  trop  long  de  rap¬ 
porter  ici  les  caractères  qui  distinguent  ces 
différents  groupes.  Nous  nous  bornerons  i 


BEN 


BEN 


citer  une  espèce  type  pour  chacun  d’eux , 
savoir  :  lre  division,  Cillenum  Lcachii  Dej., 
du  nord  de  l’Europe  ;  2e  div.,  Blemus  areo- 
latus  Ziég.,  de  France 5  3e  div.,  Tachys  bi- 
striatus  Még.,  de  France  ;  4e  div.,  Nota- 
phus  undulatus Sturm. ,  d’Autriche;  5e div., 
Bembidium  paludosum  Panz.,  d’Allema¬ 
gne  ( Elaphrus  littoralis  d’Oliv.)  ;  6e  div., 
Bembidium  striatum  Fabr. ,  de  Paris  ;  7e 
div.,  Peryphus  eques  Sturm,  du  midi  et  de 
l’est  de  la  France;  8e  div.,  Leja  sturmii 
Panz.,  de  Paris  ;  9e  div.,  Lopha  quadrigut- 
tata Fabr.,  de  Paris  ;  et  enfin,  10e  div.,  Ta- 
chypus  picipes  Még.,  de  France. 

Les  Bembidions  sont  des  Coléoptères  en 
général  très  petits,  qui  vivent  presque  tous 
aux  bords  des  eaux,  dans  le  sable,  sous  les 
débris  des  végétaux  ou  courant  sur  la  vase. 
On  en  trouve  aussi  communément  sous  les 
pierres,  dans  les  endroits  humides.  Quel¬ 
ques  espèces  ne  se  rencontrent  que  dans  les 
montagnes  et  quelques  autres  sous  les  écor¬ 
ces. 

Sur  142  espèces  mentionnées  dans  le  der¬ 
nier  Catalogue  de  M.  Dejean,  36  seulement 
sont  étrangères  à  l’Europe,  et  appartiennent 
à  l’Asie,  l’Afrique  et  l’Amérique.  (D.) 

BEMBIX  (  gfp&g  ,  toupie  ;  forme  des 
styles),  bot.  ph.  —  Loureiro  a  donné  ce 
nom  générique  à  une  Liane  de  la  Cochin- 
cbine,  qu’on  peut  rapporter,  quoique  avec 
doute,  à  la  famille  des  Malpighiacées.  Ses 
caractères  sont  les  suivants  :  Calice  3-parti. 
Pétales  5,  plus  longs,  concaves.  Étamines  10, 
à  filets  filiformes,  à  anthères  biloculaires 
dressées.  Styles  3,  dressés,  allongés,  renflés 
de  la  base  au  sommet,  et  terminés  chacun 
par  un  stigmate  comprimé  et  échancré. 
Fruit  charnu.  Feuilles  entières,  opposées, 
grandes.  Grappes  petites  et  terminales,  à 
fleurs  blanchâtres.  (Ad.  J.) 

BÉNARI.  ois.  —  Synonyme  vulgaire 
du  Proyer,  Emberiza  miliaria  L.  Voyez 

BRUANT. 

BÉNARIS  ou  BENNARIE.  ors.— Sy¬ 
nonyme  d’Ortolan,  Emberiza  hortulana. 
Voyez  bruant. 

*  BENEDICTIA,  DC.  bot.  ph. — Syno¬ 
nyme  de  Saussurea. 

BENGALI,  ois.  —  Nom  imposé  à  une 
petite  famille  d’Oiseaux  Granivores,  parce 
que  les  premiers  qu’on  a  connus  venaient 
du  Bengale,  Voyez  amadira.  (Lafr.) 


*  BENGALIE.  Bengalia.  ins. — Genre 
de  Diptères  établi  par  M.  Robineau-Des- 
voidy  ,  dans  sa  famille  des  Calyptérées, 
tribu  des  Muscides,  section  des  Testacées, 
pour  y  placer  4  espèces  exotiques,  dont  3 
originaires  du  Bengale  et  une  de  la  Nou- 
Yelle-Hollande.  Nous  citerons  pour  type  la 
B.  testacea,  dont  voici  la  description:  lon¬ 
gueur,  2  centimètres  ;  front  rougeâtre  ;  face 
et  antennes  d’un  teslacé  jaunâtre  ;  corselet 
d'un  testacé  brun  ;  abdomen  testacé  avec 
une  ligne  transverse  noire  sur  chaque  seg¬ 
ment,  cette  ligne  plus  ou  moins  large.  Pattes 
et  cuillerons  testacés;  ailes  flavescentes. 
Cette  espèce  a  été  rapportée  à  la  fois  de 
Cayenne  et  de  la  Nouvelle-Hollande,  suivant 
l’auteur.  (D.) 

BENINGASA  (nom  propre),  bot.  ph. 

—  Ce  genre  de  plantes,  de  la  famille  des 
Cucurbitacées ,  tribu  des  Bryoniées,  a  été 
formé  par  Savi  ( Mem .  1818,  p.  6,  cum 
icône),  uniquement  sur  le  Cucurbita  ceri- 
fera  Fisch.  C’est  une  plante  herbacée ,  an¬ 
nuelle,  grimpante,  originaire  de  l’Inde, 
extrêmement  poilue  dans  toutes  ses  parties 
et  à  odeur  musquée.  Ses  feuilles  sont  alter¬ 
nes,  péliolées,  cordiformes,  subquinqué- 
lobées  ;  à  lobes  acutiuscules,  crénelés  ;  à 
cirrhes  simples;  à  pédoncules  axillaires, 
portant  des  fleurs  solitaires,  amples,  jaunes. 

,  (c-  L0 

BENITIERS,  moll.  —  Synonyme  vul¬ 
gaire  des  genres  Peigne  et  Tridacne. 

*BENJAMINA  (nom  propre),  bot.  ph. 

—  Genre  de  plantes  indiqué  dans  la  Flora 
fluminensis  (v.  II,  tabl.139)  pour  un  arbre 
à  feuilles  pinnées  sans  impaire  ;  à  rachis 
ailé;  à  inflorescence  en  panicule  ramifiée  ;  à 
fleurs  petites ,  pédicellées.  La  figure  citée 
représente  un  bel  arbre,  qui  nous  paraît, 
autant  qu’on  peut  en  juger  d’après  un  dessin 
si  médiocre,  appartenir  à  la  famille  des  Sa» 
pindacées  et  peut-être  au  genre  Nephelium. 

(C,  L.) 

BENJOIN.  BOT.  FH.  -  Voyez  BAUME. 

BENNARIE.  ois. —  Voyez  bénaris. 

BENOITE,  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
d’une  espèce  du  genre  Geum.  Voyez  ce  mot. 

(C.  L.) 

BENSIPONELOS.  bot.  ph.  —  Nom 
vulgaire  de  la  Verge  d’or  en  Provence. 

BENTÈQUE  .  bot.  ph. — On  trouve  sous 
ce  nom,  dans  V florins  malabar icus ,  lu 


BEN 


BEO 


figure  d’un  arbre  indien ,  qu’on  rapporte 
aujourd’hui  au  genre  Ambelania.  Voyez  ce 
mot.  (G.  L.) 

*BENTEVEO  ou  plutôt  BIENTEVEO. 
ois.  — Nom  d’une  espèce  du  genre  Tyran, 
Lanius  sulphuratus  Gm.,  c’est  le  Biente- 
veo  ou  Pintaga  d’Azara.  Voyez  biekteyeo. 

(La  fr.) 

*  BENTH  AMI  A  (G.  Bentham,  botaniste 

anglais),  bot.  bh. —  M.  Lindley  ( Bot.Reg ., 
1. 1579)  a  fondé  ce  genre  ,  adopté  depuis  par 
plusieurs  autres  botanistes.  Il  appartient  à 
la  petite  famille  des  Cornacées  (Caprifolia- 
cées,  alior.),  et  renferme  des  arbrisseaux 
ou  de  petits  arbres,  indignes  au  Népaul  et 
au  Japon  ;  à  rameaux  plusieurs  fois  dicho- 
tomes  et  garnis  de  feuilles  opposées ,  exsti- 
pulées ,  pétiolées,  très  entières  ,  costées- 
nervées  ,  glabres  ou  soyeuses  en  dessous. 
Les  fleurs  sont  disposées  en  capitules  pé- 
donculés,  naissant  dans  la  dichotomie  des 
rameaux  et  munis  d’un  involucre  tétra- 
phylîe  coloré.  Le  type  du  genre  est  le  Cor¬ 
nus  capitata  de  Wallich.  (C.  L.) 

*  BEÏVTH  AMI  A .  bot.  th. — Genre  delà 

famille  des  Orchidées  ,  synonyme  de  Péri - 
Stylus.  Voyez  ce  mot.  (À.  R). 

*BENTINCKIE  .BmftncMa  (Bentinck, 
promoteur  de  la  botanique),  bot.  th.  — 
Genre  de  la  famille  des  Palmiers,  tribu  des 
Borassinées,  établi  par  Berry  (in  Roxb.,  Fl. 
Ind.  or.,  III,  p.  621),  et  caractérisé  par 
des  fleurs  monoïques  placées  sur  des  spa- 
dices  distincts,  enveloppés  chacun  d’une 
spathe  simple.  Dans  les  mâles,  le  calice  ex¬ 
térieur  est  gamosépale  et  tridenté  ;  les  sé¬ 
pales  intérieurs  sont  distincts,  les  étamines 
au  nombre  de  six.  Les  fleurs  femelles  ont 
le  périanthe  comme  dans  les  mâles ,  mais 
accompagné  extérieurement  par  deux  brac¬ 
tées;  six  étamines  rudimentaires.  Un  ovaire 
à  trois  loges,  dont  deux  sont  ordinairement 
stériles.  Le  fruit  est  une  baie  monosperme 
et  succulente. — Ce  genre  ne  se  compose  que 
d’une  seule  espèce  ;  Palmier  élégant,  grêle 
et  bambusiforme,  à  frondes  terminales  et 
pinnatifides.  Il  croît  sur  les  montagnes  de 
Travancore  ,  dans  les  Indes  orientales. 

(A.  R.) 

BENTUROBÏG.  MAM.  —  Voyez  ICTIDE. 

BENZOIN.  bot.  th.  —  Synonyme  de 

Benjoin. 

x BENZONIA  (nom  propre),  bot.  ph. — 


Genre  formé  par  Schumacher  (  Nov.  Acî . 
Soc.  II.  N.  Hafn.,  III ,  333)  et  encore  trop 
incomplètement  déterminé  pour  être  rap¬ 
porté  rationnellement  à  une  des  familles  du 
système.  M.  Endlicher  (  Gen.  PL,  p.  566) 
le  joint  avec  doute  aux  Rubiacées.  U  ne 
contient  qu’un  arbrisseau  de  la  Guinée ,  à 
rameaux  cylindriques,  couvert  dans  le  haut 
de  poils  papilleux  à  la  base;  les  feuilles  en 
sont  opposées,  ovales-oblongues ,  acumi- 
nées ,  glabres  ;  l’inflorescence  est  en  co- 
rymbes,  à  pédoncules  d icho tomes ,  à  pédi- 
celles  bifides  et  velus.  (G.  L.) 

BEOBOTRYS,  Forst.  $cud? ,  petit;  €<- 
rpu-,  grappe),  bot.  th.  —  Synonyme  de 
Mœsa. 

BÉOLE.  bot.  ph.  — Synonyme  de  Bœa. 

BEOMYCES.  Bœomyces  ( ,  petit; 
p.u jcyiç,  champignon),  bot.  cr.  —  (Lichens). 
Ce  genre  ,  tel  que  l’avait  fondé  Persoon 
(  lister .  Ann.,  VII,  p.  28),  se  composait 
d’espèces  rapprochées  seulement  par  le  fa¬ 
ciès  ,  mais  que  leur  structure  ou  leur  fruc¬ 
tification  ramenait  à  des  types  différents. 
M.  Léon  Dufour  publia  [Ann.  yen.  des  sc. 
phys.  de  Bruxelles,  torn.  VIII ),  une  mo¬ 
nographie  de  ce  genre,  tel  que  le  com¬ 
prenait  alors  Persoon  lui-même;  mais,  à 
cette  époque,  Achat*  en  avait  déjà  distrait, 
pour  le  reporter  dans  son  genre  Lecidea , 
le  B.  icmadopliila.  Enfin,  dans  ces  der¬ 
niers  temps,  Fries ,  en  modifiant  de  nou¬ 
veau  les  caractères  du  genre  qui  nous  oc¬ 
cupe  (  Syst.  orb.  veget.,  p.  249  ,  et  Lich. 
eur.,  p.  246),  n’y  a  définitivement  laissé 
qu’une  espèce ,  le  B.  roseus.  Voici  comme 
ce  savant  le  définit  :  Apothécics  primitive¬ 
ment  globuleuses,  sans  rebord,  recouvertes 
dans  leur  jeunesse  d’un  voile  membraneux , 
analogue  à  celui  des  Solorina  ,  creusées 
d’une  cavité  que  remplit  un  tissu  aranéeux, 
comme  spongieux ,  et  recouvrant  en  partie 
le  pédiceiîe  qui  les  supporte.  Lame  proli¬ 
gère  colorée,  occupant  toute  la  périphérie 
de  l’apothécie ,  et  de  toutes  parts  ascigère. 
Thèques  innombrables ,  cylindriques  ou 
claviformes,  c’est-à-dire  un  peu  amincies 
vers  la  base,  renfermant  de  6  à  8  sporidies 
fusiformes,  hyalines  et  marquées  de  cloi¬ 
sons  peu  apparentes.  Nous  n’avons  pu  voir 
les  spores  observées  par  M.  Fée.  Peut-être 
que  nos  échantillons  n’étaient  pas  assez 
avancés.  Ce  genre  a  des  affinités  avec  les 


544 


BER 


BER 


Cladonies  et  les  Biatores.  La  membranule 
qui  voile  primitivement  les  apothécies  lui 
donne  aussi  quelque  analogie  avec  les  Pcl- 
tigères.  Il  se  compose  aujourd’hui  d’une 
seule  espèce,  le  B.  roseus ,  qtii  croît  par 
toute  l’Europe  sur  la  terre,  dans  les  bruyè¬ 
res  et  les  lieux  un  peu  marécageux.  On  en 
trouve  une  assez  bonne  figure  dans  YEn- 
glish  Eotany ,  t.  374  ,  mais  sans  analyse. 

(C.  M.) 

BEON.  imam.  —  Synonyme  de  Beou. 

BEON-HOLI.  ors. — Synonyme  vulgaire 
de  l’Effraie  commune,  Strix  flanlméa  L. 

BEO-QUEBO  ou  BEQXJEBO.  ors.  — 
Nom  du  Pic-vert  en  Picardie. 

BEOU.  mam. — Synonyme  de  Bœuf  dans 
le  midi  de  la  France. 

BEQTJEBO.  ors.  —  Voyez  beo-quebo. 

BEQUEBOIS  ou  BËQUEBOIS-CEN- 
DRE.  ors.  —  Synonyme  vulgaire,  en  Nor¬ 
mandie,  du  Torche-pot  commun,  Sitta  Eu- 
ropea.  Voyez  stTTEi.EE. 

BEQUERELA.  bot.  th.  —  Synonyme 

de  BECQUERELIA. 

*BRRAïlBÎA  (Bérard,  botaniste  fran¬ 
çais  ).  bot,  th.  —  Genre  formé  par  M.  Ad. 
Brongniart,  dans  son  excellente  Revue  de  la 
famille  des  Bruniacées  (. Annales  des  sciences 
nat.,  YIII,  380),  aux  dépens  du  Bruni  a 
paleacea  de  Thunberg  et  de  quelques  es¬ 
pèces  de  Nebelia ,  Neck.  Ce  sont  des  arbris¬ 
seaux  indigènes  au  cap  de  Bonne-Espérance; 
à  rameaux  grêles,  dressés,  fastigiés,  garnis 
de  feuilles  subulées ,  aiguës,  appliquées, 
couvrant  complètement  la  tige.  Les  fleurs 
sont  capitées,  involucrées  ,  tribractées.  On 
rapporte  avec  doute  à  ce  genre  le  Ptyxos- 
toma  de  Yalil  (  Naturh .  Selsk.  Skrift. , 
YI,  96).  (C.  L.) 

BERARDïA  (Bérard,  botaniste  fran¬ 
çais).  bot.  ph.  —  Genre  formé  par  Yillars 
(Fl.  Dauph .,  II,  p.  27,  t.  22) ,  et  synonyme 
du  genre  Arctium ,  Dalech.  Voyez  ce  mot. 

,  (C.  L.) 

*BERBERACËES.  bot.  fh.  —  Syno¬ 
nyme  de  Berbéridées. 

RERRÉRALES.  bot.  th. — M.  Bindley 
a  changé  le  nom  de  Berbéridées  en  Berbé- 
racées,  et  cette  famille  compose  à  elle  seule 
le  groupe  ou  l’alliance  qu’il  nomme  Berbé- 
rales.  (An.  J.) 

BERBÉRIDÉES.  bot.  th.  —  Famille 
de  plantes  dicotylédonées ,  à  fleurs  herma¬ 


phrodites  polypélalées,  à  étamines  hypogy- 
nés.  Ces  fleurs  régulièéës  présentent  un 
calice  composé  de  3,  4  ou  9  folioles,  dis¬ 
posées  sur  un  seul  ou  plusieurs  rangs  ;  des 
pétales  en  nombre  égal  ou  double,  munis,  à 
leur  base,  d’une  glande  double,  d’üïi  pore 
ou  même  d’un  éperon  ;  des  étamines  ordi¬ 
nairement  égales  en  nombre  et  opposées 
aux  pétales,  qui,  eux-mêmes  sont  opposés 
aux  folioles  calicinales ,  et  dont  les  anthères 
extrorses  se  font  remarquer  par  leur  singu¬ 
lière  déhiscence ,  ayant  lieu  par  une  valve 
qui  se  détache  de  la  paroi  de  chaque  loge  de 
la  base  au  sommet;  un  ovaire  uniloculaire, 
surmonté  latéralement  d’un  style  que  ter¬ 
mine  un  stigmate  orbiculaire ,  renfermant 
des  ovules  anatropes  en  nombre  défini,  qui 
s’attachent  tout  le  long  du  côté  de  la  logé 
correspondant  au  style,  par  conséquent  à 
son  angle  interne,  ou  vers  sa  base  seule¬ 
ment,  ascendants  dans  ce  dernier  cas.  Cet 
ovaire  devient  une  baie  charnue  ou  une  cap¬ 
sule  monosperme  ou  oligosperme ,  dont 
les  graines ,  sous  un  test  crustacé  ou  mem¬ 
braneux  et  vers  l’extrémité  d’un  périsperme 
corné  ou  charnu  ,  renferment  un  embryon 
très  petit,  à  radicule  plus  longue  que  les  co¬ 
tylédons  et  tournée  vers  le  hile. — Les  plan¬ 
tes  de  cette  famille  sont  vivaces ,  herbacées 
ou  frutescentes;  à  feuilles  alternes,  impari- 
pinnées,  quelquefois  surdécomposées,  quel¬ 
quefois,  au  contraire,  réduites,  par  l’avorte¬ 
ment  de  toutes  les  folioles  latérales,  à  la  ter¬ 
minale  qui  alors  parait  simple ,  mais  qui 
est  articulée  ;  à  grappes  en  panicules  axil¬ 
laires.  On  les  observe  dans  les  climats  tem¬ 
pérés  de  l’hémisphère  boréal  de  l’Améri¬ 
que  au  Japon. 

Cette  famille  mérite  de  fixer  l’attention 
des  botanistes  par  quelques  particularités 
propres  soit  à  tous  ses  genres,  soit  à  qüel- 
ques-uhs  seulement.  Dans  le  premier  cas 
est  l’opposition  des  folioles  du  calice,  des 
pétales  et  des  étamines.  M.  Auguste  de 
Saint-Hilaire  a  fait  remarquer  que  ce  carac¬ 
tère  si  rare  est  dû  ici ,  comme  dans  les  Mo- 
nocotylédonées  ,  aux  parties  florales  qui , 
au  lieu  de  former  les  verlicilles  quinaires, 
ordinaires  aux  Dicotylédonées ,  forment 
desverticilles  binaires  ou  ternaires, d’où  doit 
résulter  nécessairement  cette  opposition. 
Parmi  les  caractères  remarquables  propres 
h  quelques  genres,  on  peut  citer  celui  du 


BER 


péricarpe  du  Leontice ,  dont  le  développe¬ 
ment  s’arrête  longtemps  avant  celui  de  la 
graine  qui  le  rompt  et  croît  libre  au  dehors; 
on  peut  citer  aussi  les  épines  du  Berberis, 
où  l’on  voit  clairement  une  transformation 
de  la  foliole  réduite  à  ses  nervures  qui  se 
sont  durcies  et  lignifiées. 

Genres:  Achlys,  DC.; — Podophyllum , 
L.  (  Anapodophyllum ,  Tournef.)  ;  Jeffer- 
sonia ,  Bart.  (ces  deux  derniers  genres, 
rangés  ici  par  M.  Endlicher  ,  formaient  au¬ 
paravant  la  petite  famille  des  Podophyllées); 

—  Diphylleia,  Rich.; — Bongardia ,  Mey.; 

—  Chrysogonum ,  Bauh.; —  Leontice ,  L. 
{Leontopetalon,  Tournef.;  Caulophyllum, 
Rich.)  ; — Epimedium}\j.] —  Vancouver  ia, 
Dec.;  —  Aceranthus ,  Morr.  et  Decaisn.; 

—  Berberis ,  L.  ( Mahonia ,  Nutt.)  ; — iVan- 

dina,  Thunb.  (Ad.  J.) 

BERBERIS  (Gépêepi,  sorte  de  coquil¬ 
lage  ;  allusion  à  la  forme  ovale-oblongue 
du  fruit  de  l’Épine-vinette  ;  selon  d’autres, 
c’-est  un  mot  arabe ,  ayant  la  même  signifi¬ 
cation),  bot.  ph.  —  L’Épine-vinette,  plante 
qui  a  servi  de  type  à  Linné  pour  établir  ce 
genre ,  est  extrêmement  commune  en 
France,  dans  les  haies,  sur  les  lisières  des 
bois ,  etc. ,  où  les  enfants  s’empressent 
d’en  cueillir  les  jolis  fruits  rouges,  acides 
et  rafraîchissants.  Le  genre  Berberis  est 
très  nombreux  en  espèces,  dont  plus  de 
trente  sont  cultivées  comme  plantes  d’or¬ 
nement  dans  les  jardins  d’Europe.  Ce  sont, 
en  général,  des  arbrisseaux  communs  dans 
les  parties  tempérées  de  l’Europe,  de  l’Asie 
et  de  l’Amérique,  et  quelques-uns  s’avan¬ 
cent  dans  le  dernier  continent  jusqu’au  tropi¬ 
que.  Dans  certaines  espèces,  les  feuilles  pri¬ 
maires  avortent  et  se  changent  souvent  en 
une  épine  simple  ou  divisée  ;  les  secondai¬ 
res  ,  fasciculées  au  sommet  de  ramules  très 
courtes  et  axillaires,  sont  courtement  pé- 
tiolées,  simples,  très  entières  ou  ciliées,  et 
même  comme  épineuses  sur  les  bords  ;  dans 
les  autres,  les  feuilles  développées  norma¬ 
lement  sont  imparipennées  ,  2-7-juguées , 
munies  de  stipules  pétiolaires  géminées, 
très  petites ,  caduques  ;  les  fleurs,  d’un 
jaune  verdâtre ,  sont  ordinairement  nom¬ 
breuses  et  réunies  en  grappes  sur  des  pé¬ 
doncules  axillaires,  uni-mulliflores. 

Ce  genre  se  divise  en  deux  sections,  qui 
sont  :  le  Berberis  proprement  dit  et  le 


BER  545 

Mahonia  de  Nutlal  ( Odostemas ,  Raf.)  Les 
principaux  caractères  sont  :  Calice  7-9-phyl- 
le ,  à  divisions  colorées ,  2-3-sériées ,  déci- 
dues.  Corolle  de  6  pétales  hypogynes ,  bi- 
glanduleux  à  la  base.  Étamines  6,  à  fila¬ 
ments  plans;  anthères  extrorses,  déhiscen¬ 
tes  du  haut  en  bas  par  une  valvule.  Ovules 
2  à  8,  anatropes.  Style  très  court,  se 
terminant  en  un  ovaire  ovale  -  arrondi  ; 
stigmate  pelté.  Baie  uniloculaire ,  1-8- 
sperme. 

L’espèce  la  plus  connue,  l’Épine-vinette, 
dont  les  fruits  servent  à  faire  d’excellentes 
confitures ,  produit  un  bois  jaune  propre 
à  la  teinture.  On  observe,  dans  les  éta¬ 
mines  de  cette  plante  ,  un  phénomène  d’ir¬ 
ritabilité  que  nous  ne  devons  pas  passer 
sous  silence.  Si  l’on  touche  avec  une  pointe 
quelconque  les  filets  staminaux ,  on  les  voit 
s’agiter  et  se  ruer,  pour  ainsi  dire ,  sur  le 
pistil ,  et  leur  action  est  d’autant  plus  vive 
que  la  température  extérieure  est  plus  éle¬ 
vée.  Sauf  l’espèce  indigène,  toutes  les  autres 
se  cultivent  généralement  en  terreau  de 
bruyères  et  en  plein  air.  Un  très  petit  nom¬ 
bre  seulement  exige  la  serre  tempérée. 

(C.  L  ) 

BERCE,  bot.  th. — Nom  vulgaire  de 
plusieurs  espèces  du  genre  Heracleum. 
Voyez  ce  mot.  (C.  L.) 

BERCEAU  DE  LA  VIERGE,  bot. 
ph.  —  Nom  vulgaire  de  la  Clématite  des 
haies. 

*  BERCIIEMIA  (nom  propre) .  bot.  th  .— 

Les  Berchémies  sont  des  arbrisseaux  indi¬ 
gènes  dans  l’Amérique  boréale,  où  ils  crois¬ 
sent  dans  les  parties  les  plus  abritées.  On 
en  trouve  aussi  quelques-uns  dans  l’Asie 
tropicale.  Us  sont  très  rameux ,  dressés  ou 
grimpants,  à  feuilles  alternes,  obliquement 
multinerves ,  très  entières  ;  les  fleurs  sont 
subombellées  dans  les  aisselles  des  feuilles 
supérieures  ou  disposées  en  panicules  ter¬ 
minales  ;  elles  sont  dioïques ,  pentapéta- 
les.  Le  fruit  est  un  drupe  oblong.  Il  a  été 
formé  par  Necker  ( Elem .,  II,  122),  appar¬ 
tient  à  la  famille  desRhamnacées,  tribu  des 
Frangulées,  et  a  pour  synonymes  les  genres 
OEnoplia,  Hedw.;  OEnoplia,  Schult.;  pour 
type,  le  Rhamnus  volubilis  L.  et  R  flori- 
bundus  Wall.  (C.  L.) 

*  BERCHTOLDIA.  Berchtoldia  (nom 
propre),  bot.  th.  — Famille  des  Graminées, 

35 


t.  rt 


m 


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BER 


tribu  des  Panicées.  Genre  établi  par  Presl 
( Reliq .  Hœnck.  I,  p.  323,  t.  43)  et  adopté  par 
Kunth  ( Agrost .  I,  p.  148)  pour  une  plante 
originaire  du  Mexique,  figurée  sous  le  nom 
de  Berchtoldia  bromoides.  Ce  genre,  voisin 
de  V Oplismenus  j  a  ses  épillets  solitaires  et 
Ibiflores  :  la  fleur  supérieure  fertile  et  herma¬ 
phrodite  ;  l’inférieure  neutre  et  unipaléa- 
Cée.  La  lépicène  se  compose  de  deux  écail¬ 
les  lancéolées,  terminées  par  une  longue 
arête  droite.  Dans  la  fleur  hermaphrodite,  la 
paillette  extérieure  de  la  glume  est  cartila¬ 
gineuse  mucronée ,  embrassant  la  paillette 
intérieure  plus  petite,  obtuse  et  denticulée 
vers  son  sommet.  (A.  R.) 

BERCRHEYA.  Berkheya ,  Schreb. 
bot.  th.  —  Genre  de  la  famille  des  Synan- 
thérées  ,  tribu  des  Gortériées  ,  très  voisin 
des  Gorteria  et  comprenant  toutes  les  es¬ 
pèces  décrites  par  Thunberg  sous  le  nom 
de  Rohria.  Ce  sont  des  plantes  vivaces  ou 
même  des  arbustes  en  partie  originaires  du 
Cap.  Ce  genre  comprend  un  assez  grand 
nombre  d’espèces.  (C.  d’O.) 

BERCLAN.  ois.  —  Nom  vulgaire  du 
Tadorne,  en  Picardie.  Voyez  canard. 

BERD-BOUISSET  (vert  buisson),  bot. 
th.  —  Nom  vulgaire  du  Fragon  piquant 
( Ruscus  aculeatus ) ,  en  Languedoc. 

BERRIN,  BERLIN  ou  BERNICLE. 
moi. c.  —  Noms  vulgaires  d’une  coquille  du 
genre  Patelle. 

BEREAXJ.  mam.  —  Synonyme  vulgaire 
de  Bélier. 

BÉREE  ou  MARIE  BÉRÉE.  ois.  — 
Nom  vulgaire  du  Rouge-gorge,  en  Norman¬ 
die.  VoyeZ  RUBIETTE. 

BÉRÉNICE.  Berenicea  (Bérénice,  nom 
de  femme).  rouYP. — Genre  de  Polypes  mi¬ 
croscopiques  ,  de  l’ordre  des  Bryozoaires , 
formé  par  Lamouroux  (  ad  Sol.  et  Eli., 
pi.  80,  fig.  1-6)  aux  dépens  du  genre  Flus- 
tre  ,  et  étendu  par  Fleming.  Il  présente  , 
pour  caractère,  un  polypier  sub-membra- 
neux,  composé  de  cellules  saillantes,  ovales 
ou  pyriformes,  réunies  entre  elles  comme 
des  rayons  d’ Abeilles,  et  tapissant,  comme 
un  réseau  à  mailles  fines  et  régulières,  les 
Hydrophytes  de  la  Méditerranée.  L’ani¬ 
mal  n’est  pas  connu.  Les  espèces  vivantes 
sont  :  les  B.  prominens ,  annulât  a ,  coc- 
cinea ,  hyalina ,  immersa ,  utriculata  et 
nitida.  On  trouve,  sur  les  Térébratules 


des  environs  de  Caen  une  espèce  fossile ,  la 
seule  qui  soit  connue,  et  qui  est  désignée  par 
Lamouroux  sous  le  nom  de  B.  diluviana. 

(C.  d’O.) 

BÉRÉNICE  (nom  propre),  zoom. — 
Genre  de  la  classe  des  Acalèphes  simples ,  à 
corps  déprimé,  hémisphérique ,  et  pourvu 
de  cirrhes  tentaculiformes  sur  toute  sa  cir¬ 
conférence  ,  et  quelquefois  même  à  l’orifice 
buccal.  On  en  connaît  trois  espèces  :  le  B. 
euchroma,  très  abondant  dans  les  mers 
équatoriales  ;  les  B .  thalassina  et  Cuvie- 
ria j,  qui  se  rencontrent  dans  les  mers  aus¬ 
trales.  Ce  genre  ,  établi  par  MM.  Péron  et 
Lesueur,  et  adopté  par  M.  de  Blainville  , 
avait  été  fondu  par  Cuvier  dans  les  Rhizos- 
tomes  ,  et  par  Lamarck  dans  les  Équorées. 

(C.  d’O.) 

BERGAMOTTE.  bot.  ph.  —  Fruit 
d’une  variété  du  Citrus  margaritta ,  auquel 
on  donne  quelquefois  le  nom  de  Bergamot- 
tier.  Voyez  orangers. 

BERGAMOTTIER.  bot.  ph.-—  Voyez 

BERGAMOTTE. 

BERGBGTTER.  min.  — Voyez  beurre 

DE  MONTAGNE.  (Del.) 

*  BERGE,  géou.  —  La  plupart  des  ri¬ 
vières  et  des  fleuves  qui  sillonnent  aujour¬ 
d’hui  la  surface  du  sol  ont  leur  lit  creusé 
dans  des  dépôts  d’attérissements  formés 
par  des  cours  d’eau  plus  considérables  qui 
suivaient  la  même  direction.  On  nomme 
Berges  les  rivages  à  pic,  taillés  dans  ces  at- 
térissements ,  composés  soit  de  sable,  soit 
de  gravier,  soit  de  limon.  Les  eaux  courantes 
entament  et  entraînent  facilement  ces  ma¬ 
tières  meubles  que  les  eaux  pluviales ,  la 
dessiccation,  la  gelée,  contribuent  sans  cesse 
à  faire  ébouler;  aussi  les  Berges  d’une  ri¬ 
vière  conservent-elles  rarement  la  même 
forme  et  le  même  emplacement.  Les  ma¬ 
tériaux  enlevés  sans  cesse  aux  Berges  sont 
portés  par  le  courant  sur  la  rive  opposée,  où 
ils  donnent  lieu  à  des  attérissements;  et  ceux- 
ci  ,  par  leur  accroissement ,  contribuent  à 
refouler  les  eaux  sur  la  rive  opposée  ,  dont 
elles  entament  de  plus  en  plus  la  Berge. 
C’est  à  cette  action  qu’est  due  la  marche 
tortueuse  des  cours  d’eau  dans  une  plaine 
unie,  où  l’on  voit  un  bord  à  pic  alterner  suc¬ 
cessivement  avec  une  plage  basse  sur  l’au¬ 
tre  bord.  C’est  par  ce  transport  continuel 
des  matières  d’une  des  rives  d’un  fleuve  à 


BER 


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ïa  rive  opposée,  que  le  lit  de  celui-ci,  lors¬ 
qu’il  est  abandonné  à  lui-même,  change 
si  fréquemment  de  forme  et  de  direction. 

Dans  presque  toutes  les  vallées  que  par¬ 
court  un  cours  d’eau,  on  voit,  à  des  hauteurs 
que  les  eaux  n’atteignent  plus,  les  traces 
d’anciennes  Berges  qui  dessinent  plusieurs 
terrasses  en  étage,  et  attestent ,  d’une  part, 
que  le  volume  des  eaux  courantes  a  dimi¬ 
nué  ,  et  d’une  autre,  que  le  fond  des  vallées 
a  été  creusé  à  plusieurs  reprises ,  depuis  le 
remplissage  de  ces  mêmes  vallées  par  les 
anciens  attérissements.  Voyez  vallées. 

(C.  P.) 

BERGENIA  (nom  propre).  Megasea , 
Haw.  ;  Geryonia ,  Schr.  ;  Erophoron , 
Tausch.  bot.  ph .  —  Genre  de  la  famille  des 
Saxifragacées ,  formé  par  Mœnch  ( Meth ., 
664),  et  rapporté  comme  sous-genre  au 
Saxifraga ,  L.  Voyez  ce  mot.  (C.  L.) 

* BERGENTIA ,  Desv.  bot.  ph. —  Sy¬ 
nonyme  de  Bergeretia. 

BERGER  A  (nom  propre),  bot.  th. — 
C’est  un  petit  arbuste  de  l’Inde,  à  feuilles  im- 
paripennées,  dont  les  folioles  sont  alternes, 
acuminées,  pubescentes,  dentées  en  scie;  à 
fleurs  en  panicules  terminales  corymbi- 
formes.  Il  a  été  créé  par  Kœnig  (  Linn . 
Mant .,  565),  et  appartient  à  la  famille  des 
Aurantiacées,  tribu  des  Linnoniées.  Ce  genre 
diffère  assez  peu  du  Murray  a,  auquel  il 
devrait  peut-être  se  réunir.  On  n’en  con¬ 
naît  que  deux  espèces.  Vo.yez  murraya. 

(C.  L.) 

BERGERE  ou  BERGERETTE.  ors. 

—  Synonyme  vulgaire  de  Bergeronnette. 

BERGERETIA  (nom  propre),  bot.  ph. 

—  Genre  de  la  famille  des  Crucifères ,  tribu 

des  Alyssinées,  formé  par  Desvaux  (, Journ . 
Bot.,  III,  161,  t.  25),  sur  une  petite  plante 
annuelle ,  indigène  en  Asie.  Il  n’a  pas  été 
adopté ,  et  est  regardé  comme  une  simple 
division  du  genr e  Clypeola  de  Linné.  Voy. 
ce  mot.  (C.  L.) 

BERGERETTE.  ois. — Voyez  bergère. 

BERGERONNETTE,  Briss.;  Mota - 
cilla,  Lat.  ois. — Genre  de  la  famille  des 
Becs  fins  de  Cuvier  et  du  petit  groupe  qu’il 
a  désigné  sous  le  nom  de  Hoche  -  queues. 
Ses  caractères  sont  :  Bec  très  menu  ,  droit , 
subulé;  tarses  grêles,  très  élevés,  avec  les 
doigts  latéraux  à  peu  près  égaux  et  nota¬ 
blement  plus  courts  que  la  médian;  l’ex¬ 


terne  légèrement  soudé  avec  celui-ci  à  sa 
base  ;  les  ongles  antérieurs  courts  et  peu 
arqués  ;  le  postérieur  quelquefois  très  long 
et  alors  presque  droit.  Ailes  longues,  avec 
les  trois  premières  rémiges  presque  égales; 
les  scapulaires  fort  allongées  ;  l’une  d’elles 
atteignant  ou  atteignant  presque  l’extré¬ 
mité  des  pennes  primaires.  Queue  longue , 
composée  de  pennes  étroites,  mais  très 
susceptibles  de  se  développer.  Il  est  facile 
de  reconnaître  que  ces  caractères ,  qui  se 
retrouvent  chez  les  Alouettes  et  les  Far- 
louses ,  indiquent  des  Oiseaux  marcheurs. 

Linné  avait  désigné  la  plupart  des  Becs 
fins  sous  le  nom  de  Motacilla.  Latham  le 
restreignit  aux  seules  Bergeronnettes  et 
Lavandières ,  et  c’est  dans  ce  sens  qu’il  a 
été  généralement  adopté  depuis.  Les  es¬ 
pèces  qui  le  composent  ont  reçu  divers 
noms  d’après  leurs  habitudes,  tels  que 
Hoche-queues ,  à  cause  de  leur  habitude 
de  la  mouvoir  sans  cesse  de  haut  en  bas  ; 
Lavandières ,  parce  qu’on  les  voit  souvent 
voltiger  et  se  poser  autour  des  lavoirs  et 
près  des  laveuses  ;  et  enfin  Bergeronnettes , 
parce  qu’elles  accompagnent  souvent  les 
troupeaux ,  probablement  pour  saisir  des 
Insectes  ailés  attirés  par  eux,  ou  peut-être 
mis  en  évidence  sur  le  sol  par  leur  marche. 
Cuvier  et  Vieillot  les  ont  décrites  sous  le 
nom  de  Hoche-queues  (  Motacilla  )  ;  mais 
le  premier  en  a  formé  deux  divisions  sous 
les  noms  de  Hoche-queues  proprement  dites 
ou  Lavandières  ( Motacilla )  et  de  Bergeron¬ 
nettes  ( Budytes ,  Cuv.,  nom  de  la  Bergeron¬ 
nette,  parce  qu’on  la  voit  parmi  les  Bœufs). 
Temminck  a  adopté  comme  nom  génériqud 
français  celui  de  Bergeronnette  ;  quant  à 
nous,  comme  Brisson  les  a  décrites  sous  les 
noms  sous-génériques  de  Bergeronnette  et 
Lavandière  dans  son  grand  genre  Fice- 
dula,  nous  adoptons  aussi  ce  premier  nom, 
comme  le  plus  anciennement  publié. 

Qui  n’a  remarqué  la  légèreté  et  la  pres¬ 
tesse  avec  lesquelles  ces  Oiseaux  aux  formes 
sveltes,  et  qu’on  pourrait  comparer  aux  élé¬ 
gantes  Levrettes  chez  les  Mammifères,  par¬ 
courent  ,  en  poursuivant  les  Moucherons  , 
tantôt  les  grèves  des  abreuvoirs  et  des  étangs, 
tantôt  les  parapets  des  murs  qui  les  entou¬ 
rent  ,  ne  cessant  d’agiter  et  de  développer 
leur  queue  par  un  balancement  continu  et 
vertical  ?  Elles  ont  encore  l’habitude  de  sui- 


BER 


BER 


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vre  de  très  près  le  laboureur  dans  le  sillon 
qu’il  vient  de  tracer ,  pour  y  saisir  les  petits 
Vers  qui  s’y  trouvent  à  découvert,  et  sem¬ 
blent  rechercher  la  société  de  l’homme  des 
champs  et  celle  des  laveuses,  malgré  le 
bruit  de  leurs  battoirs.  Elles  ont  un  cri  assez 
perçant,  qu’elles  font  entendre  oii  en  volant 
comme  les  Alouettes,  ou  perchées  sur  le  pi¬ 
gnon  de  quelque  vieille  masure,  sur  quelque 
amas  de  pierres  des  carrières ,  plus  rare¬ 
ment  sur  la  cime  d’un  arbre.  Leur  vol  est 
onduleux.  Elles  construisent  leur  nid  ou 
sur  le  sol  dans  les  champs ,  ou  entre  les 
pierres  amoncelées  des  carrières.  Leurs 
œufs,  souvent  finement  pointillés  de  gris, 
ont  des  rapports  de  coloration  avec  ceux  des 
Farlouses  et  même  des  Alouettes.  Lorsque 
leurs  petits  sont  élevés,  elles  se  réunissent  en 
petites  bandes  avec  eux  au  commencement 
de  l’automne,  et  se  rendent  le  soir  dans  les 
roseaux  des  rivières  ou  des  étangs,  qui  ser¬ 
vent  aussi  de  retraite  nocturne  à  de  nom¬ 
breuses  volées  d’Étourneaux  et  d’Hiron- 
delles  jusqu’au  moment  de  leur  départ. 
Leur  double  mue ,  dans  laquelle  leur  plu¬ 
mage  est  totalement  différent,  a  donné  lieu 
à  plusieurs  erreurs,  en  faisant  multiplier 
à  tort  quelques  espèces  ;  mais  Temminck  , 
dans  son  Manuel,  et  surtout  dans  la  4me  par¬ 
tie  ,  a  très  bien  débrouillé  ces  petites  diffi¬ 
cultés,  en  y  décrivant  six  espèces  d’Europe, 
dont  deux  nouvelles  :  une  qui  n’a  encore  été 
observée  qu’en  Angleterre  (la  Flaveola  de 
Gould) ,  l’autre  (la  Citrine,  Citreola )  de 
Russie  et  de  Crimée. 

L’espèce  type  de  la  section  des  Lavan¬ 
dières  (Motacilla,  Cuv.),  à  ongle  du  pouce 
arqué  et  pas  plus  long  que  ce  doigt,  est  la 
Bergeronnette  grise  ( Motacilla  alba  et 
cinerea  Grnel.  ;  la  Lavandière,  Buff.,  enl., 
652,  f.  1),  qui,  dans  son  plumage  de  prin¬ 
temps,  a  le  front  jusqu’au  vertex,  les  joues, 
les  côtés  du  cou  et  l’abdomen  blancs;  la 
nuque,  la  gorge,  le  devant  du  cou  et  la  poi¬ 
trine,  les  pennes  médianes  de  la  queue  d’un 
noir  profond  ;  le  dos  et  les  flancs  cendrés  ; 
et  qui ,  dans  son  plumage  d’hiver ,  a  la 
gorge  et  le  devant  du  cou  d’un  blanc  pur , 
terminé  en  bas  par  un  hausse-col  d’un  noir 
profond ,  dont  les  parties  latérales  remon¬ 
tent  vers  la  gorge ,  et  le  cendré  des  parties 
supérieures  moins  foncé  qu’en  été. 

L’espèce  type  du  genre  Bergeronnette 


( Budytes ,  Cuv.),  à  ongle  du  pouce  presque 
droit  et  plus  long  que  ce  doigt,  est  la  Ber¬ 
geronnette  DÜ  PRINTEMPS  OU  B.  PRINTA¬ 
NIÈRE  (Tem.  Man.  et  atlas  de  son  Manuel ), 
Hoche-queue  de  printemps  Vieill.  (Faune 
franç.,  pl.  82-1,  2  et  8),  Motacilla  flava 
Gmel.,  qui  a  la  tête  et  la  nuque  d’un  cen¬ 
dré  bleuâtre,  tout  le  dessus  vert  olivâtre, 
avec  une  bande  sourcilière  et  une  autre 
mystacale  blanches ,  ainsi  que  les  pennes 
latérales  de  la  queue ,  dont  la  médiane  et 
celles  des  ailes  sont  noirâtres  ;  tout  le  des¬ 
sous  est  d’un  jaune  brillant.  L’oiseau  figuré 
dans  Bufifon  (Enl.  674,  f.  2),  sous  le  nom 
de  Bergeronnette  de  printemps,  est,  selon 
Temminck  (Man. ,  part.  4),  la  Bergeron¬ 
nette  jaune  en  mue  de  printemps. 

La  plupart  des  individus  de  l’espèce  ap¬ 
pelée  Bergeronnette  grise  et  toutes  les  Ber¬ 
geronnettes  de  printemps  émigrent  de  nos 
contrées  aux  approches  de  l’hiver,  tandis 
que  l’espèce,  dite  Bergeronnette  jaune  ou 
Boarule ,  y  vient  au  contraire  passer  cette 
saison  et  en  repart  quand  les  autres  y  arri¬ 
vent.  La  plupart  de  nos  Bergeronnettes 
d’Europe  se  retrouvent  en  Asie  jusque  dans 
l’Inde,  au  Japon  et  en  Afrique  ,  puisqu’on 
en  reçoit  des  dépouilles  de  ces  divers  points; 
ainsi,  la  Bergeronnette  grise  se  retrouve  en 
Sibérie,  au  Kamtschatka ,  dans  l’Inde  et  en 
Afrique;  la  B.  lugubre,  en  Crimée,  en  Hon¬ 
grie,  en  Égypte  et  au  Japon;  la  B.  jaune,  au 
Japon,  à  Java  et  Sumatra  ;  la  B.  citrine,  au 
Bengale;  la  B.  printanière,  en  Sardaigne,  en 
Sicile,  en  Barbarie,  au  Japon  et  dans  l’Inde 
jusque  sur  les  monts  Hymalaya.  La  R.  fla- 
véole  de  Gould,  qui  avait  été  jusqu’ici  con¬ 
fondue  avec  la  B.  printanière  ,  paraît  seule 
confinée  à  notre  continent  et  n’a  même  encore 
été  observée  qu’en  Angleterre.  Le  caractère 
de  l’ongle  du  pouce  plus  long  et  plus  droit 
étant  le  seul  d’après  lequel  Cuvier  a  formé 
son  genre  Budytes ,  et  n’étant  accompagné 
d’aucun  caractère  de  mœurs  distinctes  de 
celles  des  autres  espèces,  ne  peut  guère  fi¬ 
gurer,  ce  nous  semble  ,  que  comme  sous- 
genre  tout  au  plus.  Ainsi  donc,  notre  genre 
Bergeronnette  (  Motacilla ,  Lat.  ) ,  ayant 
pour  sous-genre  ou  section  Budytes,  Cuv., 
fera  partie  de  notre  famille  des  Alaudidées 
et  de  notre  sous-famille  des  Anthusinées. 
Voyez  ces  mots.  (Lafr.) 

BERGIA  (nom  propre),  bot.  ph.  —  Ce 


BER 


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genre  ne  renferme  guère  que  trois  ou  quatre 
plantes  herbacées ,  annuelles  ou  vivaces  , 
croissant  dans  les  parties  tropicales  de  l’A¬ 
sie  et  de  l’Afrique.  Leurs  feuilles  sont  op¬ 
posées  ,  lancéolées  ou  elliptiques ,  aiguës , 
denticulées  au  sommet ,  tomenteuses  ;  à 
fleurs  blanchâtres  ,  agrégées,  pédonculées, 
pentandres.  Il  fait  partie  de  la  famille 
des  Élatrinacéës  (  Caryophyllées  ,  alior.) 
et  a  été  formé  par  Linné  ( Gen . ,  791). 

(C.  L.) 

BERGIERA.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Bergia. 

Il  ERG  Kl  A  S ,  Sonn.  bot.  th.  —  Syno¬ 
nyme  de  Gardénia. 

BERGMANNITE  ,  Schum.  (  nom 
d’homme),  min.  —  Substance  grisâtre  ou 
rougeâtre,  composée  de  lamelles  ou  d’ai¬ 
guilles  groupées  confusément  et  légèrement 
nacrées.  Elle  est  fusible  en  émail  blanc,  et 
on  la  regarde  comme  voisine  de  la  Werné- 
rite.  Elle  accompagne  l’Éléulithe ,  dans  la 
Syénite  de  Stavern  et  de  Frédérischwern, 
en  Norwège.  (Del.) 

*  BERGSALZ.  min. —  C’est-à-dire  Sel 
de  montagne.  Voyez  chlorure  de  sodium. 

(Del.) 

BERGSEIFE.  min.  — C’est-à-dire  Sa¬ 
von  de  montagne.  Voyez  ce  mot.  (Del.) 

BERGUE.  bot.  ru.  —  Dans  quelques- 
uns  de  nos  départements  méridionaux,  ce 
nom  est  synonyme  d’Aune. 

BERG-ZEYNOBER.  min.  — Cinnabre 
naturel.  Voyez  sulfure  de  mercure. 

(Del.) 

BÉRICIION  ou  BÉRICHOT.  ois.  — 
ISom  vulgaire  du  Troglodyte,  Motacüla  tro¬ 
glodytes  Lin.  Voyez  troglodyte. 

*  BERIJI A  (nom  propre),  bot.  ph. — 

Genre  de  la  famille  des  Lauracées ,  formé 
par  Klein  (Msc.),  et  rapporté  comme  syno¬ 
nyme  au  g.  Tetranthera ,  Jacq.  Voyez  ce 
mot.  (C.  L.) 

BERIL.  MIN.  —  Voyez  BÉRYL. 

BÉRIlVGÈlNfE.  bot.  th.  —  Voyez  bé- 

LINGELK. 

* BERINGERIA  (nom  propre),  bot.  th. 
—  Genre  delà  famille  des  Labiacées,  tribu 
des  Népétées-Balatées, -formé  par  Bentham 
(Lah.  592),  et  synonyme  du  genre  Ballotta 
de  Linné.  Voyez  ce  mot.  (C.  L.) 

*BERI]\IA,  Brign.  bot.  rH.— Synonyme 
de  Crépis. 


BERIS.  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des 
Diptères,  division  des  Brachocères,  subdivi¬ 
sion  des  Tétrachœtes,  famille  desNotachan- 
tes,  tribu  des  Xylophagiens,  établi  par  La- 
treille  et  adopté  par  Meigen  ainsi  que  par 
M.  Macquart,  dans  son  Hist.  des  Diptères, 
faisant  suite  au  Buffon  de  Roret,  1. 1 ,  p.  231. 

Les  Beris  diffèrent  essentiellement  des 
autres  Xylophagiens  par  leur  écusson  armé 
de  pointes.  Ce  sont  des  Diptères  générale¬ 
ment  petits,  qu’on  trouve  au  printemps  dans 
les  bois  et  les  lieux  marécageux.  Leurs 
mœurs  sont  peu  connues;  on  croit  que 
quelques-uns  placent  leurs  œufs  dans  la  ca¬ 
rie  humide  des  arbres,  sur  le  tronc  desquels 
on  les  trouve  souvent  à  l’état  parfait,  et 
que  les  autres  les  déposent  dans  l’eau. 

M.  Macquart  en  décrit  neuf  espèces, 
parmi  lesquelles  nous  citerons  seulement  : 
1°  le  B.  nifensLatr.  (Hist.  Natur.  t.  XIV, 
p.  341.  Meig.  n°  1),  ou  Xylophagus  nitens 
Latr.  (G en.  t.  IV,  p.  273);  2°  le  B.  tibialis , 
Meig.  n°2,  tab.12,  fig.  18.  Ces  deux  espèces 
se  trouvent  en  France  et  en  Allemagne.  (D.) 

*  BERKELEY  A  (Berkeley  ,  cryptoga- 

miste  anglais  ).  bot.  cr.  —  (  Pbycées  ). 
Genre  appartenant  à  la  famille  des  Diato¬ 
mées  ,  établi  par  M.  Greville  dans  son 
Cryptog.  Flora ,  avec  les  caractères  sui¬ 
vants:  Filaments  simples,  muqueux,  li¬ 
bres  à  leur  sommet,  réunis  à  leur  base  en 
une  masse  gélatineuse,  arrondie  et  renfer¬ 
mant  des  séries  longitudinales  de  frustulcs. 
Le  B.  fragilis  Grev.,  seule  espèce  con¬ 
nue,  est  figuré  dans  l’ouvrage  cité,  tab. 
294  ;  il  forme  des  masses  gélatineuses  bru¬ 
nes  ou  verdâtres  sur  la  Zostère  et  sur  quel¬ 
ques  Algues  marines.  (Préb.) 

BERRIIEYA.  BOT.  TH. — Voyez  BERCK.- 

HEYA. 

*BERKHEYOIDES  (Z?erÆAet/a  et  sî&sç, 
qui  ressemble  au  Berkheya ).  bot.  th.  — 
Section  du  genre  Stephanocoma ,  fondée 
sur  une  espèce  du  Cap,  munie  de  capitules 
radiés  et  de  réceptacles  légèrement  alvéolés. 

(J.  D.) 

BERKIE  BU  CAP,  Sonn.  bot.  th.  — 
Synonyme  de  Bergkias. 

*  BERLAIYDIERE .  Berlandiera  (Ber- 
landier,  nom  d’un  botaniste  français),  bot 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Synanthérées, 
tribu  des  Sénécionidées,  établi  par  De  Can- 
dollç  pour  une  plante  rapportée  du  Mexi- 


550 


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que  par  le  botaniste  auquel  il  l’a  dédiée.  Le 
B.  texana  est  un  arbrisseau  à  tige  et  ra¬ 
meaux  arrondis  et  velus  ;  à  feuilles  alter¬ 
nes,  sessiles,  cordées,  crénelées  et  pubes- 
centes  ;  à  calathides  munis  de  longs  pédi- 
celles,  portant  des  fleurs  jaunes  en  corymbe, 
réunies  par  groupes  de  trois  ou  de  cinq  à 
l’extrémité  des  rameaux.  (C.  d’O.) 

BERLAX.  poiss. —  Synonyme  de  Berg - 
lachs. 

BERLE.  bot.  ph.  — Nom  vulgaire  fran¬ 
çais  du  genre  Sium.  (C.  L.) 

BERLIN.  MOL.  —  Voyez  BERDIN. 

BERMEDIANA.  bot.  ph.  — ■  Famille 
des  Iridées.  Le  genre  ainsi  nommé  par 
Tournefort  est  plus  généralement  connu 
sous  le  nom  de  Sisyrinchium,  qui  lui  a  été 
donné  par  Linné  ;  mais  le  nom  de  Bermu- 
dienne  est  resté  dans  la  langue  française. 
Voyez  bermudienne.  (A..  R.) 

BERMUDIENNE .  Sisyrinchium.  bot. 
ph. —  Grand  genre  de  la  famille  des  Iridées, 
qui  se  compose  d’un  nombre  considérable 
d’espèces ,  croissant  pour  la  plupart  dans 
les  parties  tempérées  de  l’Amérique  méri¬ 
dionale,  quelques-unes  à  la  Nouvelle-Hol¬ 
lande,  et  dont  plusieurs  sont  cultivées  dans 
nos  jardins.  Leur  périanthe,  tubuleux  à  la 
base ,  est  formé  de  six  divisions  étalées  et 
presqu’égales.  Les  étamines ,  au  nombre  de 
trois ,  sont  complètement  soudées  par  leurs 
filets  en  un  tube  grêle  plus  ou  moins  long , 
ayant  les  anthères  allongées.  L’ovaire  infère 
est  à  trois  angles  obtus  et  à  trois  loges  con¬ 
tenant  chacune  un  grand  nombre  d’ovules 
insérés  à  leur  angle  interne.  Le  style  se  ter¬ 
mine  par  trois  stigmates  filiformes  et  con¬ 
tournés.  Le  fruit  est  une  capsule  membra¬ 
neuse  ,  couronnée  par  le  calice,  de  forme 
variée,  à  trois  loges,  s’ouvrant  en  trois 
valves.  Les  graines  sont  globuleuses  ou  an¬ 
guleuses,  à  épisperme  coriace. 

Les  Bermudiennes  sont  des  plantes  viva¬ 
ces,  à  racine  souvent  fibreuse,  rarement 
renflée  et  tubériforme.  Leurs  feuilles  sont 
ordinairement  distiques,  engainantes  à  leur 
base,  souvent  étroites.  La  tige  est  simple  ou 
rameuse,  cylindrique  ou  comprimée.  Les 
fleurs  sont  généralement  de  grandeur  mé¬ 
diocre  et  très  fugaces.  On  cultive  dans  les 
jardins  quelques-unes  de  ces  espèces.  Telles 
sont  la  Bermudienne  a  petites  fleurs  (  Si¬ 
syrinchium  Bermudiana  L.),  qui  est  ori¬ 


ginaire  de  l’Amérique  du  nord  ;  la  Bermu¬ 
dienne  striée  (  Sisyrinchium  striatum 
Sm.),  qui  vient  du  Mexique,  et  quelques 
autres.  Ces  espèces  se  cultivent  en  pleine 
terre.  (A.  R.) 

BERNACHE.  ois.  —  Sous-genre  de 
notre  genre  Oie.  Voyez  ce  dernier  mot. 

(Lafr.) 

*  RERNAC ÏIES .  ois.  — Sous-division 

établie  par  Cuvier,  dans  son  Règne  animal , 
et  renfermant  les  espèces  d’Oies  à  bec 
court,  menu,  et  dont  les  bords  ne  laissent 
point  paraître  au  dehors  l’extrémité  des  la¬ 
melles  buccales  ,  telles  que  la  Bernache  ,  le 
Cravant,  etc.  Voyez  oie.  (Lafr.) 

BERNACLE,  ois. — Synonyme  de  Ber¬ 
nache. 

BERNADET  ou  BERNARDET.  roiss. 
—  Synonyme  de  Squalus  centrina  L. 

Voyez  HUMANTIN. 

BERNARD  L’ DERMITE.  CRUST.  - 

Nom  vulgaire  des  Pagures.  Voyez  ce  mot. 

(M.  E.) 

BERNARDET,  pois.  —  Voyez  berna- 

DET. 

BERNARDIA  (nom  propre),  bot.  ph. 

• —  Voyez  adelia.  (Ad.  J.) 

BERND ARDIA,  Wild.  bot.  ph. —  Sy¬ 
nonyme  de  Psilotum. 

BERNICLE.  MOLL.  -  Voyez  BERDIN. 

*  BE RAIERA  (Bernier,  botaniste  fran¬ 
çais  du  xvne  siècle),  bot.  ph. — Genre  de  la 
famille  des  Synanlhérées ,  tribu  des  Muti- 
siacées  ,  établi  par  De  Candolle  ,  pour  une 
plante  herbacée  et  vivace  du  Népaul ,  le 
B.  Nepalensis ,  dont  on  ne  connaît  jusqu’à 
ce  jour  qu’une  seule  espèce.  (C.  d’O.) 

BERNOÜLLIA  (nom  propre),  bot.  ph. 
— Genre  formé  par  Necker  pour  les  espèces 
de  Benoîtes  dont  les  capitules  ont  des  arêtes 
plumeuses.  C’est  aussi  le  Sieversia  de  Wil- 
denow,  et  tous  deux  ne  sont  que  des  syno¬ 
nymes  du  genre  Geum.  Voyez  ce  mot. 

(C.  L.) 

*  BERNSTEIN,  min.  — Nom  allemand 

du  Succin.  Voyez  ce  mot.  (Del.) 

BÉROÉ.  Beroe  (nom  mythologique). 
acal. — Brown,  dans  son  Histoire  de  la  Ja¬ 
maïque,  a  le  premier  donné  ce  nom  à  des 
“animaux  pélagiens,  aujourd’hui  classés  par¬ 
mi  les  Acalèphes  Cténophores  ou  Ciliogra- 
des.  Linné,  dans  sa  douzième  édition  du 
Systema  natures ,  le  remplace  par  celui  de 


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551 


Volvox,  qui  a  aujourd’hui  une  autre  signi¬ 
fication.  D’après  M.  de  Blahmlle  ( Actino - 
logie ,  page  644) ,  les  véritables  Béroés  sont 
susceptibles  d’être  caractérisés  ainsi  :  Corps 
plus  ou  moins  allongé,  a  ouverture  très 
grande,  plus  ou  moins  côtelée  par  huit  côtes 
inégales ,  portant  les  ambulacres  des  cils 
presque  égaux,  complets  sur  la  crête  5  point 
d’appendices  buccaux  ;  une  paire  de  longues 
productions  cirrhiformes  et  cirrhigères. 

Yoici  comment  le  même  naturaliste  dis¬ 
tribue  les  Béroés  en  deux  groupes  :  A.  Es¬ 
pèces  dont  le  corps  est  profondément  cô¬ 
telé.  Chaque  côte  portant  un  ambulacre  de 
cils  ;  les  productions  cirrhiformes  courtes 
et  peu  ou  point  ramifiées.  Genre  :  Janira , 
Ok.  Les  Béroés  hexagone ,  de  Slabber  , 
comprimé  et  octoptère ,  sont  dans  ce  cas. 

B.  Espèces  dont  le  corps  est  assez  pro¬ 
fondément  côtelé.  Les  ambulacres  com¬ 
plets  ;  ex.  :  Béroés  ovale ,  melon  ,  macros- ? 
tome,  globuleux,  œuf,  etc.  L’organisation 
de  ces  animaux  a  été  étudiée  par  plusieurs 
auteurs  modernes ,  et  tout  récemment  en¬ 
core  par  M.  Milne  Edwards  {Ann.  des  sc. 
nat.,  2e  série,  t.  XVI ,  p.  217).  L’espèce 
des  mers  de  Nice ,  observée  par  ce  natura¬ 
liste  ,  est  le  Médusa  Beroe  Forsk.  Comme, 
les  autres  animaux  du  même  groupe,  ce 
Béroé  est  phosphorescent.  «Il  existe,  ditM. 
Milne  Edwards,  près  de  la  surface  du  corps, 
un  nombre  immense  de  corpuscules  pyri- 
formes,  terminés  par  une  sorte  de  queue 
très  grêle,  qui  ressemblent  beaucoup  à  ceux 
dont  la  peau  de  certaines  Méduses  est  gar¬ 
nie,  et  qui  semblent  devoir  être  des  organes 
sécréteurs.  J’avais  pensé  que  ces  glandules 
pourraient  bien  être  la  source  de  la  lumière 
phosphorescente  dont  les  Béroés  brillent 
avec  tant  d’éclat  ;  mais,  en  observant  avec 
attention  cette  lueur,  il  m’a  semblé  qu’elle 
partait  principalement  du  voisinage  des  cô¬ 
tes  ciliées,  tandis  que  c’est  dans  l’intervalle 
compris  entre  ces  côtes  que  se  trouvent  les 
granules  pyriformes.  La  lumière  que  ces 
animaux  répandent  ainsi  avait  été  aperçue 
par  Forskal,  et  observée  plus  récemment 
par  Rolando  ;  elle  est  de  couleur  verte,  et 
offre  beaucoup  d’intensité.  Pour  en  déter¬ 
miner  l’émission,  il  suffit  d’exciter  l’animal 
en  l’irritant  mécaniquement,  mais  lorsque 
les  décharges  ainsi  produites  se  succèdent 
rapidement,  leur  intensité  s’affaiblit  beau- 


I  coup.  »  M.  Grant  décrit  le  système  nerveux 
des  Béroés  d’après  des  observations  faites 
par  lui  sur  le  Beroe  pileus,  qui  est  une  es¬ 
pèce  du  sous-genre  Cydipe  de  Péron,  et  il  a 
reconnu  qu’il  formait ,  autour  de  l’ouver¬ 
ture  buccale,  un  cordon  ganglionnaire  com¬ 
parable  à  celui  des  autres  animaux  radiaires. 
M.  Milne  Edwards  fait  remarquer  que  ce¬ 
lui  du  Lesueurea ,  nouveau  genre  découvert 
par  lui,  et  qui  appartient  aux  Callianirides, 
est  fort  différent,  et  disposé  en  forme  de 
ganglion  unique,  duquel  partent  tous  les 
nerfs  ;  mais  les  Caliianirides  ont  eux-mê¬ 
mes  une  autre  forme  que  les  Béroïdes,  et 
sous  tous  les  rapports  avoisinent  les  Tuni- 
eiens  ;  tandis  que  les  Béroés  proprement 
dits  ont  plus  d’affinité  avec  les  Médusaires. 
Voyez  ce  mot  et  tuniciens.  (P.  G.) 

*  BÉR0IBE  {bero ,  sac  ;  ,  forme  ). 

acal.  —  Genre  de  Dyphyide  proposé  par 
MM.  Quoy  et  Gaimard  pour  une  acalèphe 
incomplète  et  imparfaitement  connue,  dont 
M.  Lesueur  a  fait  le  g.  Galeolaria ;  c’est  pour 
ce  dernier  la  G.  australis  ;  elle  parait  faire 
le  passage  des  Diphyides  aux  Béroés.  (Duj.) 

*  BÉROÏDES.  acai,.  — Famille  d’Aca- 

lèphes  établie  par  M.  EschschoKz  dans  l’or¬ 
dre  des  Cténophores  ,  caractérisés  par  une 
grande  cavité  digestive  centrale,  et  par  les 
rangées  longitudinales  de  lamelles  vibra- 
tiles,  irisées,  qui  leur  servent  d’organes  lo¬ 
comoteurs.  Avec  les  vrais  Béroés,  cette  fa¬ 
mille  comprend  les  genres  Medœa  et  Pan- 
dora ,  qui  en  diffèrent,  l’un  par  la  longueur 
plus  considérable  des  lamelles  vibratiles, 
l’autre  par  la  situation  de  ces  lamelles  dans 
des  sillons.  —  M.  Lesson  a  compris  dans 
une  seule  famille,  sous  le  nom  de  Béroïdes, 
tous  les  Acalèphes  Cténophores,  divisés  par 
lui  en  sept  tribus,  et  de  plus  un  grand  nom¬ 
bre  de  genres  douteux ,  dont  il  fait  sa  divi¬ 
sion  des  Acils.  (Duj.) 

*RÉROSOMES {bero,  sac;  corps). 
acai..  —  Huitième  tribu  des  Béroïdes  de 
M.  Lesson ,  comprenant  toute  sa  division 
des  Acils  ,  ou  Béroïdes  dépourvus  de  cils. 
Les  genres  nombreux  de  cette  tribu  ont  été 
établis  pour  la  plupart  sur  des  débris  de  di¬ 
vers  Acalèphes ,  et  sont  indiqués  comme 
douteux  par  l’auteur  lui-même.  Ce  sont 
les  g.  Doliolum,  Epomis,  Bursarius,  Bu- 
gainvillœa ,  Sulcularia ,  Appendicularia , 
Praia,  etc.  (Duj.) 


552 


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BEROSUS  (  nom  d’une  montagne  de  la 
Tauride).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères,  famille  des  Palpicornes,  Dej.,  et 
de  celle  des  Hydrophilides  de  Mac-Leay. 
Ce  genre,  établi  par  Leach  aux  dépens  du 
genre  Hydrophile  de  Fabricius,  a  été  adopté 
par  M.  Westwood  ( Synops .  of  the  généra 
of  British  Insects ,  p.  10),  ainsi  que  par 
M.  Dejean  dans  son  dernier  Catalogue,  où 
il  en  mentionne  13  espèces ,  dont  nous  ne 
citerons  que  deux  :  celle  qui  lui  sert  de 
type  d’après  Leach,  VHydrophilus  luridus 
Fabr.,  qui  se  trouve  en  Suède  et  en  Angle¬ 
terre,  et  VHydrophilus  signaticollis  Még., 
qui  se  trouve  aux  environs  de  Paris. 

M.  Solier ,  dans  ses  observations  sur  la 
tribu  des  Hydrophilicns  (  Ann .  de  la  soc. 
ent.  de  France ,  t.  III,  p.  299),  adopte  aussi 
le  genre  Berosus ,  qu’il  place  entre  le  genre 
Limnebius  de  Leach  et  le  genre  Spercheus 
de  Fabricius.  (D.) 

*BERRYA(nom  propre). bot.  ph. —Genre 
de  la  famille  des  Tiliacées,  tribu  des  Gré- 
wiées,  formé  par  Roxburgh  (Fl.  of  Corom., 
III,  59,  t.  264) ,  pour  un  arbre  de  l’Inde ,  à 
feuilles  alternes,  pétiolées,  ovales-cordi- 
formes ,  acuminées ,  très  entières ,  glabres , 
5-7-nervées  à  la  base ,  colorées  en  dessous , 
et  munies  de  stipules  latérales ,  géminées , 
ensiformes,  décidues.  L’inflorescence  est  en 
panicules  axillaires  ou  terminales  ;  les  fleurs 
nombreuses,  petites,  blanches.  Calice  5- 
phylle  ;  corolle  pentapétale  5  capsule  sub¬ 
globuleuse,  sex-ailée.  (C.  L.) 

*BERSAMA.  bot.  ph. — Fresenius  a  dé¬ 
crit  sous  ce  nom  (Mus.  Senhenberg ,  11 , 
280 ,  t.  17  )  un  arbre  de  l’Abyssinie ,  qu’il 
rapporte  à  la  famille  des  Méliacées,  et  que 
Endlicher  place  dans  les  genres  douteux  de 
la  famille  des  Ampélidées.  Ce  genre  est 
encore  trop  mal  connu  pour  que  la  place 
puisse  en  être  indiquée  avec  certitude. 

(C.  d’O.) 

BERTAZINA.  ois. — Synonyme  d’Jîm- 
beriza  cia  L.,  dans  quelques  départements 
septentrionaux  de  la  France.  Voyez  bruant. 

*BERTERA.  bot.  th.  —  Famille  des 
Iridées.  Le  Gladiolus  segetum  de  Sibthorp 
est  devenu  le  type  d’un  genre  que  Sweet  a 
nomme  Bertera,  mais  ce  genre  n’a  pas  été 
adopté.  Voyez  guayeub.  (A.  R.) 

BERTEROA  (Bertero ,  botaniste  voya¬ 
geur)  bot.  ph.  -—Ce  genre,  de  la  famille 


des  Crucifères,  tribu  des  Alyssinées,  formé 
par  De  Candollc  ( Syst .,  II,  290),  contient 
quatre  espèces  herbacées,  croissant  dans  le 
midi  de  l’Europe  et  le  nord  de  l’Asie.  Elles 
sont  bisannuelles ,  vivaces  ou  fruticuleuses 
à  la  base ,  et  couvertes  d’une  pubescence 
blanchâtre.  Leurs  feuilles  sont  alternes,  ses- 
siles,  très  entières  ;  les  fleurs  sont  blanches 
ébractéées  et  disposées  en  grappes  termi¬ 
nales.  Calice  4-phylle,  à  lacinies  dressées  ; 
corolle  de  4  pétales  onguiculés,  à  limbe 
biparti.  Étamines  6,  tétradynames.  M.  De 
Candolle  indique  une  cinquième  espèce,  du 
Pérou,  mais  en  doutant  qu’elle  appartienne 
à  ce  genre.  (C.  L.) 

*  BERTEROA  (Bertero,  botaniste  voya¬ 
geur).  bot.  th.  —  Genre  indiqué  par  Zip- 
pelius  (Mackl.  in  Bijdr.  tôt.  de  nat.  Wet. 
Y,  142,  etc.) ,  et  qui  ne  paraît  pas  avoir  été 
décrit.  C’est,  dans  tous  les  cas,  un  genre  à 
biffer ,  puisqu’il  existe  déjà  un  autre  genre 
de  ce  nom  adopté  par  les  botanistes.  (C.  L.) 

*  BERTHELOTIA  (  Berthelot ,  l’un 
des  auteurs  de  l’Histoire  de  la  Phytogra- 
phie  des  îles  Canaries),  bot.  vu.  —  Ce 
genre,  qui  appartient  à  la  tribu  des  Com- 
posées-Astéroïdées,  faisait  avant  partie  des 
Conyza.  Il  a  pour  caractères  :  Capitules 
multiflores,  hétérogames  ;  fleurs  du  rayon 
plurisériées,  femelles,  tubuleuses,  très  grê¬ 
lées  ,  à  5  dents  ;  celles  du  disque,  au  nom¬ 
bre  de  5  à  12 ,  beaucoup  plus  grandes  et 
hermaphrodites  ,  reposent  sur  un  récep¬ 
tacle  plan ,  dépourvu  de  paillettes.  Les  an¬ 
thères  sont  terminées  par  des  appendices 
basilaires  ;  les  branches  des  styles ,  qui 
appartiennent  aux  fleurs  hermaphrodites, 
sont  couvertes  de  papilles  qui  se  prolon¬ 
gent  sur  le  tronc,  tandis  que  celles  des  fleurs 
femelles  sont  complètement  glabres.  Les 
fruits  cylindracés,  terminés  par  une  aigrette 
formée  de  soies  coriaces  plus  ou  moins  ré¬ 
gulièrement  soudées  entre  elles  à  la  base, 
sont  lisses  inférieurement  et  rudes  au  som¬ 
met.  L’involucre  est  composé  de  plusieurs 
rangées  d’écailles  ovales ,  imbriquées  :  les 
inférieures  terminées  par  une  petite  pointe, 
les  intérieures  mutiques  et  scarieuses  à 
leurs  bords.  —  Le  genre  Berthelotia  com¬ 
prend  deux  espèces  :  l’une,  originaire  du  Sé¬ 
négal,  qui  se  reconnaît  à  ses  corolles  herma¬ 
phrodites,  velues;  l’autre,  indigène  dans  l’In¬ 
de  tropicale,  se  distingue  au  contraire  par  des 


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fleurs  complètement  glabres  (Vid.  Deless. 
ic.  select.,  vol.  IV,  tab.  21).  (J.  D.) 

*  BERTHIÉRINE ,  Eeud.  (nom  pro¬ 
pre).  min.  —  Substance  en  petits  grains 
bleuâtres  ou  gris  verdâtre ,  magnétiques  , 
attaquables  par  les  acides,  qui  en  séparent 
de  la  Silice  sous  forme  de  gelée.  Elle  est 
composée,  d’après  l’analyse  de  M.  Berthier, 
de  Silice  12,40,  Protoxyde  de  fer  74,70,  Alu¬ 
mine  7,80,  Eau  5,10.  Elle  se  trouve  au  milieu 
des  minerais  de  fer  oolithiques  de  Hayan- 
ges,  dans  le  département  de  la  Moselle,  et 
ses  grains  ne  diffèrent  pas  souvent  à  l’exté¬ 
rieur  de  ceux  de  ces  minerais,  formés  d’Hy- 
drate,  de  Peroxyde  ou  de  Carbonate  de  fer. 

(Del.) 

*  BERTHIÉRITE.  min.— Même  chose 
queHaidingérite.  Voyez  ce  mot.  (Del.) 

BERTHOLEETIA  (Berthollet,  physi¬ 
cien  français),  bot.  ph. — Très  grand  arbre 
de  l’Amérique  australe  ,  croissant  sponta¬ 
nément  dans  les  forêts  de  l’Orénoque,  etc., 
à  rameaux  alternes,  dont  les  plus  jeunes 
garnis  au  sommet  de  feuilles  alternes,  exsti- 
pulées ,  amples ,  oblongues  ,  très  entières , 
éponctuées,  coriaces.  Les  fleurs,  d’un  jaune 
blanchâtre,  à  étamines  blanches,  sont  dis¬ 
posées  en  sortes  de  grappes  ou  d’épis.  Ca¬ 
lice  turbiné-tubulé ,  conné  avec  l’ovaire ,  à 
limbe  supère,  6 -parti.  Corolle  de  6  pé¬ 
tales  insérés  sur  le  bord  d’un  disque  épi- 
gyne ,  pulviniforme  ;  un  urcéole  stamini- 
fère  inséré  avec  les  pétales,  très  court  d’un 
côté,  allongé  de  l’autre  en  une  ligule  péta- 
loïde  ,  cucullée  ,  dilatée  au  sommet ,  cou¬ 
verte  de  lamelles  imbriquées,  et  se  termi¬ 
nant  en  un  style  incombant.  Étamines  fer¬ 
tiles  ,  plurisériées.  Style  subulé ,  courbe  ; 
stigmate  simple.  Capsule  ligneuse,  sub¬ 
globuleuse,  charnue  en  dedans.  Graines  au 
nombre  de  16  à  20,  triangulaires,  dressées, 
fixées  à  la  colonne  centrale. — Le  B.  excelsa 
compose  seul  ce  genre ,  forme  par  Hum- 
holdt  et  Bonpland  (FL  Æquin.,  1, 122,  t.  36), 
et  qui  appartient  à  la  famille  des  Myrta- 
cées ,  tribu  des  Lécythidées.  C’est  le  Tonka 
de  Richard  ( An .  fr.,  84).  Les  graines  sont 
comestibles,  et  on  le  cultive  pour  cette  rai¬ 
son  au  Brésil  et  à  la  Guiane.  (C.  L.) 

BERTIERA  (nom  propre),  bot.  th.  — 
Genre  de  la  famille  des  Rubiacées ,  tribu 
des  Gardéniées-Eugardéniées  ,  formé  par 
à.ublet  (Guy an.,  III,  192,  t.  78)  et  adopté  par 


les  botanistes  postérieurs.  Il  se  compose  de 
9  ou  10  espèces,  divisées  en  3  sous-genres  : 
Bertiera,  proprement  dit,  Zaluzania  et 
Mycetia  ( voy .  ces  mots).  Ce  sont  des  ar¬ 
brisseaux  indigènes  dans  l’Amérique  tro¬ 
picale,  l’île  Bourbon  et  l’Inde  ;  à  feuilles  op¬ 
posées,  pétiolées,  ovales-oblongues,  acumi- 
nées,  velues  ;  à  stipules  solitaires,  concrètes 
à  la  base,  terminées  en  pointe  ;  à  inflores¬ 
cence  en  thyrses  terminaux ,  paniculés  en 
grappes,  bractéolés,  dont  les  fleurs  petites, 
blanchâtres.  Calice  tubulé-globuleux ,  5- 
denté  ;  corolle  infondibuliforme ,  à  limbe 
5-parti.  Anthères  5,  oblongues,  incluses. 
Stigmate  bilamellé.  Baie  sub-globuleuse  , 
presque  sèche.  (C.  L.) 

BERTOLONIA,  DC.  bot.  ph. —  Syno¬ 
nyme  de  Chabrœa. 

*  BERTGLONIA  (nom  propre).  Tri- 
blemma, R.  Br.;  Rhexiœ,  Sp.,  Bonp.  bot.  ph. 

—  Genre  de  la  famille  des  Mélastomacées, 

rapporté  avec  doute  à  la  tribu  des  Lavoi- 
siérées,  formé  par  Raddi  (Mem.  PL  bras., 
Add.  5)  et  ne  renfermant  encore  que  quatre 
espèces,  découvertes  dans  les  forêts  vierges 
du  Brésil ,  où  elles  croissent  dans  les  lieux 
très  ombreux  et  étouffés.  Ce  sont  des  plantes 
vivaces,  à  tiges  procombantes,  portant  des 
feuilles  assez  amples,  opposées,  pétiolées, 
cordiformes,  5-pluri-nervées,  presque  en¬ 
tières  ou  crénelées  sur  les  bords  5  à  inflo¬ 
rescence  en  cyme  ;  fleurs  blanches,  roses  ou 
purpurines,  sur  des  pédicelles  très  courts. 
Calice  cainpanulé  ,  à  5  lobes  obtus  ;  corolle 
de  5  pétales  obovales.  Étamines  10;  anthè¬ 
res  cylindriques,  unipores,  à  connectif  à 
peine  proéminent.  Style  court,  sub-clavi- 
forme.  Capsule  ceinte  du  calice  devenu  tri- 
quètre-ailé.  Graines  nombreuses,  sub-semi- 
lunaires-trigones.  (C.  L.) 

*BERTOLONIA(nom  propre),  bot.ph. 

—  Genre  de  la  famille  des  Clusiacées,  formé 
par  Sprengel ,  et  réuni  comme  synonyme 
au  g.  Tovomita  d’Aublet.  Voyez  ce  mot. 

(«:•  1-) 

BE  RT OA'iVE AU .  poiss.  —  Nom  vul¬ 
gaire  du  Turbot. 

*BERTUCHÏA  (nom  propre),  bot.ph. — 
Genre  de  la  famille  des  Rubiacées,  formé 
par  Dennsler  (Bort.  Mal.,  IX,  39),  et  réuni 
en  synonymie  au  genre  Dentella  de  Forster 
(voy.  ces  mots).  Endlicher  (Gen.  PI.  3305, 
Suppl.)  le  cite  de  nouveau  comme  synonyme 
35* 


t.  ir. 


BER 


BER 


556 

da  genre  Gardénia  de  la  même  famille,  en 
indiquant  un  autre  endroit  de  l’ouvrage  de 
l’auteur  (IY,  58).  (C.  L.) 

BERULA  (altération  de  Ferula).  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Ombellifè- 
res,  tribu  des  Amminées,  formé  par  Koch 
( Deutschl .  Fl.  1834,  p.  355)  sur  le  Sium 
angustifolium  L.  C’est  une  herbe  vivace, 
croissant  en  Europe  et  dans  l’Asie  septen¬ 
trionale  ,  où  on  la  trouve  dans  les  fossés 
inondés,  les  mares,  les  eaux  peu  courantes. 
Du  collet  de  sa  racine  ,  elle  produit  des  sto- 
Hons  qui  se  dressent  bientôt  en  tiges  à 
peine  striées,  portant  des  feuilles  pennati- 
séquées,  à  segments  ovales,  inégalement  et 
grossièrement  dentées  en  scie.  Les  fleurs 
sont  apparentes  et  disposées  en  ombelles 
pédonculées,  oppositifoliacées  et  termina¬ 
les.  Calice  5-denté.  Pétales  écbancrées , 
dont  une  laciniule  infléchie.  Fruit  ovale, 
subdidyme,  comprimé  d’un  côté.  Carpo- 
phore  biparti.  Graines  cylindriques. 

(C.  L.) 

BERUS.  rept.  —  Nom  scientifique  de 
la  Yipère  commune,  Coluber  Berus. 

BÉRYL,  min.  —  Nom  donné  par  les 
anciens  aux  variétés  de  l’Émeraude,  non 
colorées  en  vert  pur,  et  qui  est  employé  par 
plusieurs  minéralogistes  modernes  comme 
terme  spécifique,  pour  désigner  ce  minéral, 
que  nous  décrirons  sous  la  dénomination 
d ''Émeraude.  Voy.  ce  mot.  (Del.) 

*  BÉRYL  DE  SAXE,  min.— Variété  de 
l’Apatite,  ou  Phosphate  de  chaux.  Voyez 

PHOSPHATES.  (Del.) 

*  BÉRYL  SCHORLIF ORME  .  MIN. - 

Synonyme  de  Pycnite.  Voyez  ce  mot. 

(Del.) 

*  BERYLLIUM  ((3r,puXXiov,  béryl),  min. 

—  Nom  par  lequel  est  désigné,  dans  la  no¬ 
menclature  latine  ,  le  métal,  qui  est  le  radi¬ 
cal  de  la  Glucyne,  l’un  des  principes  consti¬ 
tuants  du  Béryl  ou  Émeraude.  Voyez  glu- 
cyne.  (Del.) 

BÉRYTE.  Berytus.  ins.  —  Fabricius  a 
appliqué  cette  dénomination  à  un  genre 
de  notre  famille  des  Coréens,  de  l’ordre  des 
Hémiptères,  qui  avait  été  précédemment 
indiqué  par  Lalreille  sous  le  nom  d eNéides 
plus  généralement  adopté.  Voyez  ce  mot. 

(El.) 

*BÉRYX.  poiss.  —  Nom  grec  de  pois¬ 
son  tiré  de  Varinus,  par  Gesner,  et  qu’on 


ne  sait  pas  déterminer.  Nous  l’avons  ap¬ 
pliqué,  dans  notre  Histoire  des  Pois¬ 
sons  ,  à  un  genre  de  la  famille  des  Percoï- 
des  ,  de  la  division  des  Polydactyles  ,  qui 
ont ,  comme  les  Holocentrums ,  des  rayons 
épineux  au  dessus  et  au  dessous  de  la  base 
de  la  caudale ,  des  crêtes  dentelées  sur  les 
diverses  parties  de  la  tête ,  des  yeux  énor¬ 
mes,  des  dents  en  velours  ras  sur  les  m⬠
choires  et  sur  les  palatins,  et,  sur  le  vomer, 
une  ventrale  composée  de  plus  de  sept 
rayons  ,  huit  rayons  à  la  membrane  bran- 
chiostège  ;  mais  qui  en  diffèrent,  parce 
qu’ils  n’ont  qu’une  seule  dorsale. —  Ce  sont 
des  Poissons  brillants  d’un  beau  rouge,  re¬ 
levé  de  teintes  dorées,  dont  on  ne  connaît 
encore  que  deux  ou  trois  espèces.  La  plus 
grande  vient  du  nord  de  l’Atlantique  inter¬ 
tropical,  MM.  Yebb  et  Lowe  nous  ayant 
fait  connaître  qu’on  la  prend  aux  Canaries 
et  à  Madère.  C’est  l’espèce  appelée  Béryx 
décadactyle,  ainsi  nommée  du  nombre  des 
rayons  de  ses  ventrales.  On  en  connaît  une 
seconde  des  mers  de  la  Nouvelle-Guinée, 
rouge,  rayée  d’or,  et  enfin  une  troisième  a 
été  trouvée,  par  suite  de  nos  recherches  ana¬ 
tomiques  ,  dans  l’estomac  d’un  autre  pois¬ 
son.  (Val.) 

*BERZÉLÏA  ,  Mart.  bot.  th. —  Syno¬ 
nyme  d 'Hermstadtia  glauca. 

*BERZÉLIXE  (Berzélius,  célèbre  chi¬ 
miste  suédois),  min.  —  Séléniure  de  cuivre 
de  Skrickerum  en  Smolande.  Voyez  sélé- 
niures.  M.  Necker  de  Saussure  a  décrit , 
sous  le  même  nom,  une  substance  en  petits 
octaèdres  blancs ,  à  surface  mate  et  à  cas¬ 
sure  vitreuse,  fusible  en  verre  bulleux,  et 
soluble  en  gelée  dans  l’acide  chlorhydrique 
chauffé ,  ne  donnant  point  d’eau  dans  le  ma¬ 
fias,  et  conservant  sa  transparence.  Elle  a 
été  trouvée  dans  les  cavités  d’une  roche  py- 
roxénique,  à  Galloro ,  près  de  la  Riccia  (en¬ 
virons  de  Rome).  Elle  paraît  se  rapprocher 
de  la  Haüyne  par  sa  composition  chimi¬ 
que.  (Del.) 

*BERZÉLITE.  min.  —  Synonyme  de 
Pétalite.  Voyez  ce  mot.  (Del.) 

*  BERZÉLÏTE  ,  Lévy.  min.  —  Mémo 
chose*que  Mendipite.  Voyez  ce  mot. 

(Del.) 

*  BERZELIUS  (Berzélius  ,  célèbre  chi¬ 
miste  suédois),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Bruniacées,  fondé  par  Ad.  Bron- 


BES 


BES 


555 


gniart(Ann.  des  sc.  nat .,  VIII,  B70,  t.  85),  et 
comprenant  un  petit  nombre  d’arbrisseaux 
du  Cap ,  à  feuilles  courtes  ,  sub-trigones  , 
glabres  ou  à  peines  velues ,  imbriquées  ou 
étalées ,  calleuses  et  comme  roussies  au 
sommet  5  fleurs  petites,  blanches,  tribrac- 
téées,  réunies  en  capitules  nus,  terminaux, 
solitaires  ou  agrégés  ;  la  bractée  antérieure 
claviforme  et  calleuse.  Calice  tubulé,  conné 
avec  l’ovaire ,  plan  en  arrière ,  convexe  en 
dessus  ;  limbe  5-4-parti.  Pétales  5  ou  4 , 
insérés  à  une  lame  périgyne.  Étamines  5 
ou  4,  alternant  avec  les  pétales  et  plus  longs 
qu’eux.  Style  simple,  sillonné;  stigmate  sub¬ 
conique.  Pour  fruits,  des  nucules  peu  nom¬ 
breuses,  coriaces,  obliques,  monospermes, 
réunies  par  un  placentaire  spongieux. 

(C.  L.) 

BESCHEBOIS.  ois.— Nom  vulgaire  du 
Pic-vert. 

BESEftfGE  ou  BEZE1VGE.  ois.  — 
Noms  vulgaires  de  la  Mésange  charbon¬ 
nière. 

BÉSIMÊME.  3ot.  cr. —  Necker  a  don¬ 
né  ce  nom  aux  corps  reproducteurs  des 
plantes  agames;  mais  il  n’a  point  été  adop¬ 
té.  Voyez  spores  et  sporidies.  (C.  M.) 

*BESLÉRÉES.  bot.  ph. — Tribu  établie 
par  M.  Endlicber  dans  la  famille  des  Ges- 
néracées.  Voyez  ce  mot.  (Ad.  J.) 

BESLERIA  (Basile  Besler,  botaniste 
allemand  au  xvie  siècle).  Eriphia,  P.  Br. 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Gesné- 
racées,  tribu  des  Beslériées,  fondé  par  Plu¬ 
mier  ( Gen .  29,  ic.  t.  49),  et  adopté  par  les 
auteurs  modernes.  Il  comprend  des  plantes 
à  peine  frutescentes ,  habitant  les  forêts  de 
l’Amérique  tropicale,  et  dont  la  plupart  (de 
celles  qui  sont  connues)  sont  cultivées  dans 
nos  serres  comme  plantes  d’ornement.  Tel¬ 
les  sont  les  B.  incarnata,  lutea ,  hirtella t 
grandifolia.  Plusieurs  espèces  ont  été  re¬ 
tirées  de  ce  genre  et  sont  devenues  les  types 
de  genres  nouveaux.  Voy.  episcia,  ajmlopeec- 
tüs.  Les  principaux  caractères  du  Besleria 
sont  :  Calice  libre,  5-fide ,  coloré.  Corolle 
hypogyne,  subcampanulée ,  à  limbe  quin- 
quéfide.  Étamines 4,  didynames,  incluses, 
avec  rudiment  de  la  5e,  insérées  sur  le 
tube;  anthères  biloculaires.  Ovaire  libre, 
ceint  d’un  disque  annulaire,  uniloculaire; 
deux  placentas  pariétaux ,  bilobés.  Ovules 
très  nombreux,  anatropes.  Style  simple; 


stigmate  bifide.  Baie;  graines  obovées, — 
Plantes  dressées,  rameuses  ;  feuilles  oppo¬ 
sées  ,  un  peu  charnues ,  pubérules  en  des¬ 
sus,  assez  luisantes  en  dessous,  à  nervures 
saillantes  ;  fleurs  belles ,  assez  grandes , 
jaunes  ou  rouges,  disposées  en  une  grappe 
terminale  ;  pédoncules  axillaires ,  uni-ou 
pauciflores.  (C.  L.) 

BESOIN,  mam.  —  Synonyme  provençal 
de  Chevreau. 

BESSERA  (nom  propre).  bot.  ph. — 
Famille  desLiliacées.  Le  professeur  Schultes 
fils  a  nommé  ainsi  un  genre  qui  a  pour  type 
et  jusqu’à  présent  pour  espèce  unique  une 
jolie  plante  bulbeuse ,  originaire  du  Mexi¬ 
que.  Son  calice  coloré  est  régulier  et  cam- 
paniforme,  à  six  sépales.  Les  étamines  sont 
au  nombre  de  six,  ayant  leurs  filets  libres  at¬ 
tachés  sur  une  sorte  de  couronne  pétaloïde 
à  six  lobes  qui  naît  de  la  gorge  du  calice. 
L’ovaire  sessile  est  à  trois  loges,  contenant 
chacune^des  ovules  nombreux  et  bisériés. 
La  capsule,  accompagnée  par  le  calice  per¬ 
sistant,  s’ouvre  en  trois  valves. 

Les  feuilles  naissent  du  bulbe  ;  elles  sont 
linéaires,  étroites  ;  les  fleurs,  d’un  bleu  vio¬ 
lacé,  forment  un  sertule  terminal.  (A.  R.) 

BESSERA,  Spreng.  (nom  propre),  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Flaucourti- 
nées.  Synonyme  de  Roumea. 

BESSERA  ,  Schuit.  bot.  ph.  —  Syno¬ 
nyme  de  Pulmonaria. 

BESSÉRIE.  Besseria  (nom  propre), 
ms. — Genre  de  Diptères,  établi  par  M.  Ro- 
bineau-Desvoidy  dans  son  ouvrage  sur  les 
Myodaires  ,  et  dédié  à  M.  Besser,  entomo¬ 
logiste  russe.  Ce  genre  fait  partie  de  la  fa¬ 
mille  des  Calyptérées ,  tribu  des  Entomo- 
bies ,  section  des  Ocyptérées.  L’auteur  l’a 
fondé  sur  une  seule  espèce  trouvée  par  lui 
sur  les  plantes  d’une  colline  calcaire  dans 
les  environs  de  Saint-Sauveur,  il  la  nomme 
B.  reflexa.  (D.) 

BESSI.  bot.  ph. —  Synonyme  de  Caju. 

*  BESSONORMS  (êfitroa,  broussailles  ; 
opvtç,  oiseau),  ois.  —  Nom  sous  lequel  M. 
Gray  désigne,  dans  sa  List  of  thë  généra 
of  birds ,  un  genre  d’Oiseaux  d’Afrique  du 
docteur  Smith ,  que  ce  dernier  décrit  au 
contraire,  sous  le  nom  deDessonornis ,  dans 
son  Report  ofthe  expédition  for  exploring 
central  Africa.  Voyez  ce  dernier  mot. 

(Lafr.) 


556 


BET 


BET 


BESTEG  ou  BESTEIG.  mih. — Lisière 
de  filons.  Couche  de  substance  argileuse , 
qui  se  trouve  entre  la  matière  métallique 
d’un  filon  et  la  roche  environnante.  (Del.) 

BETA.  bot.  va.  —  Synonyme  latin  de 
Bette. 

*BETCIiEA  (fietcke, botaniste),  bot.  ph. 
—  Genre  de  la  famille  des  Valérianacées, 
encore  peu  connu,  formé  par  De  Candolle, 
sur  une  espèce  unique  ,  croissant  dans  les 
pâturages  au  Chili ,  et  qu’il  croit  être  le 
Fedia  samolifolia  de  Bertero.  C’est  une 
plante  annuelle,  simple,  dressée,  glabre, 
à  feuilles  indivises ,  dont  les  inférieures 
ovales-oblongues ,  les  supérieures  ovales- 
arrondies,  sessiles,  amplexicaules  ;  à  fleurs 
petites,  blanchâtres,  en  cymes  courtement 
pédonculées  dans  Faisselle  des  feuilles.  Ca¬ 
lice  à  limbe  unidenté,  caduc.  Corolle  in- 
fondibuliforme,  ô-lobée.  Étamines  3.  Fruit 
uniloculaire,  triquètre.  Les  Catalogues  an¬ 
glais  indiquent  deux  espèces  de  ce  genre 
comme  cultivées  chez  eux.  (C.  L.) 

BÊTE  ou  VACHE  A  DIEU  et  BÊTE 
A  MARTIN,  ins.  —  Les  Coccinelles. 

BÊTE  A  FEU.  ins.  —  Les  Lampyres, 
les  Taupins,  les  Fulgores  et  les  Scolopen¬ 
dres,  qui  répandent  un  éclat  phosphores¬ 
cent  dans  l’obscurité. 

BÊTE  DE  LA  MORT.  ins.  —  La 
Blaps  mucronée  ( Blaps  mortisaga  Oliv.). 

BÊTE  NOIRE,  ins.  —  Le  même  co¬ 
léoptère  ,  le  Ténébrion  des  Boulangers 
( Tenebrio  molitor  Fabr.),  le  Gryllon  do¬ 
mestique  ( Acheta  domestica  Fabr.),  et  la 
Blatte  des  cuisines  ( BlattaorientalislAn .). 

(D.) 

*  BÉTENCOURTIE.  Betencourtia. 
bot.  ph. — Genre  de  la  famille  des  Légumi¬ 
neuses,  établi  par  M.  A.  de  Saint-Hilaire, 
pour  un  arbuste  des  montagnes  du  Brésil, 
le  B .  rhynchasioides ,  dont  les  caractères  se 
rapprochent  beaucoup  du  genre  Sophora. 

(C.  d’O.) 

BÊTES,  zool.  —  Mot  vulgaire  par  le¬ 
quel  on„désigne  les  animaux  en  général,  et 
employé  surtout  par  opposition  au  mot 
Homme.  (A.  de  Q.) 

BÊTES  ROUGES.  zool. — On  désigne 
sous  ce  nom,  en  Amérique ,  une  espèce  de 
Puce  appelée  encore  Tique  ou  Chique. 
Voyez  puce  pénétrante. 

Cette  expression  était  aussi  employée , 


dans  certaines  fermes  françaises,  pour  dis¬ 
tinguer  les  Bœufs ,  Vaches  et  Veaux,  des 
Moutons  et  Brebis,  qu’on  appelait,  par  op¬ 
position,  Bêtes  blanches.  (A.  de  Q.) 

" BETHENCOURTIA  (nom  de  l’un  des 
conquérants  des  îles  Canaries  ).  bot.  ph. — 
M.  Choisy  a  formé  ce  genre  aux  dépens  d’une 
espèce  de  Seneçon  [S.  palmensis ),  offrant 
un  inYolucre  composé  de  ô  folioles  oblon- 
gues  ,  et  qui  renferme  7-8  fleurs  dont 
2  ou  3  ligulées,  et  4  à  5  tubuleuses.  M.  De 
Candolle  réunit  le  Bethencourtia  à  son 
genre  Senecio,  tout  en  faisant  remarquer 
cependant  que  le  genre  proposé  par  M. 
Choisy  pourrait  être  admis,  en  comprenant 
dans  ses  limites  plusieurs  plantes  originai¬ 
res  de  l’ancien  continent.  (J.  D.) 

BÉTHYLE.  Bethylus  (nom  donné  par 
les  Grecs  à  un  oiseau  inconnu),  ois. —  Sous- 
genre  établi  par  G.  Cuvier,  dans  le  groupe 
des  Pies-grièches,  pour  un  oiseau  présen¬ 
tant  pour  caractère  différentiel  un  bec 
gros,  court,  bombé  partout  et  légèrement 
comprimé  vers  le  bout.  La  seule  espèce 
qu’on  connaisse  est  un  oiseau  de  la  Guiane 
et  du  Brésil,  ayant  la  forme  et  la  couleur  de 
la  Pie  commune,  mais  beaucoup  plus  petit. 
C’est  la  Pie  pie-Grièche,  Lanius  picatus  de 
Latham.  Temminck,  à  l’exemple  d’Illiger, 
l’a  laissé  parmi  les  Tangaras.  (C.  d’O.) 

BETHYLUS  [Bethylus,  sorte  d’oiseau). 
ins. —  Genre  de  la  famille  des  Oxyuriens , 
de  l’ordre  des  Hyménoptères ,  établi  par 
Latreille  et  adopté  par  MM.  Spinola,  Nees 
Von  Esenbeck  et  tous  les  autres  entomolo¬ 
gistes.  Ce  genre  est  principalement  carac¬ 
térisé  par  des  mandibules  longues,  arquées 
et  quadridentées;  par  des  palpes  maxillaires 
filiformes  ;  par  des  antennes  coudées,  com¬ 
posées  de  douze  ou  treize  articles  ;  par  des 
ailes  pourvues  d’une  cellule  radiale  fort 
grande  et  par  des  pattes  robustes ,  ayant 
les  cuisses  renflées  et  les  jambes  droites. 

Les  espèces  de  ce  genre  ne  sont  pas  très 
nombreuses.  Celle  qui  peut  servir  de  type 
est  le  B.  fuscicornis  Latr.,  répandu  dans 
tout  le  nord  de  l’Europe  ,  mais  qu’on  ren¬ 
contre  rarement  aux  environs  de  Paris. 

(Bu.) 

BETIFALCA.  bot.  ph.  —  Synonyme 
de  Tamus  communis  L.  Voyez  tamus. 

BETION.  bot.  ph.  —  Synonyme  d’Ort- 
ganum  dictamnus « 


BET 


BET 


557 


BETOINE  Betonica  (selon  Pline,  ce 
mot  est  une  altération  de  Vetones,  peuple  qui 
vivait  au  pied  des  Pyrénées),  bot.  i>h.  — 
Comme  nous  ne  considérons ,  avec  la  plu¬ 
part  des  botanistes  modernes,  ce  genre  de 
Linné  ,  que  comme  une  section  du  genre 
Stachys,  du  même  auteur,  nous  n’en  trai¬ 
terons  qu’à  ce  dernier  mot.  Voyez  stachys. 

(C.L.) 

BETTE.  Beta  ( bett ,  rouge,  en  langage 
celte),  bot.  ph.  —  Tout  le  monde  connaît 
l’emploi  qu’on  fait ,  dans  l’économie  et 
dans  la  thérapeutique ,  d’une  espèce  de  ce 
genre.  La  Betterave,  qui,  dans  ces  dernières 
années  ,  a  été  l’un  des  objets  les  plus 
considérables  de  la  grande  culture ,  four¬ 
nit  un  excellent  sucre,  rival  de  celui  qu’on 
tire  des  cannes.  La  variété  de  cette  plante, 
dite  vulgairement  Poirêe ,  la  Beta  cicla  de 
Linné,  sert  en  médecine  à  divers  usages. 
On  en  mange  également  les  feuilles,  qui 
sont  douces  et  fades.  Une  sous-variété  de 
celle-ci  fournit  des  feuilles  remarquables 
pour  le  développement  que  prend  leur  ner¬ 
vure  moyenne,  et  dont  on  fait  usage  comme 
aliment.  Comme  tous  autres  développe¬ 
ments,  au  sujet  de  cette  plante,  seraient  ici 
déplacés,  en  ce  qu’ils  se  rapportent  unique¬ 
ment  à  l’industrie  sucrière  ,  nous  les  pas¬ 
serons  sous  silence,  et  aborderons  immé¬ 
diatement  la  caractéristique  de  cette  plante 
importante. 

Le  genre  Beta  a  été  fondé  par  Tourne- 
fort  {Inst,  rei  herb.  286),  et  adopté  par  tous 
les  botanistes  qui  l’ont  suivi.  Il  appartient 
à  la  famille  des  Chénopodacées,  tribu  des 
Chénopodées-Kochiées,  et  a  pour  caractères 
principaux  :  Fleurs  hermaphrodites.  Péri- 
goneurcéolé,  5-fide,  s’endürcissantà  la  base, 
à  lacinies  immutées.  Étamines  5,  insérées  à 
la  gorge  du  tube  sur  un  anneau  charnu. 
Squamules  hypogynes  nulles.  Ovaire  dé¬ 
primé,  uniloculaire,  uniovulé.  Stigmates  2, 
courts ,  cornés  à  la  base.  Le  fruit  est  un 
utricule  subglobuleux,  inclus  dans  le  tube 
périgonial, devenu  drupacé  et  couvert  de  son 
limbe  charnu.  Graine  horizontale,  dépri¬ 
mée.  Embryon  annulaire,  embrassant  l’al¬ 
bumen  farinacé.  Ce  g.  renferme  6  ou  8  esp., 
croissant  spontanément  dans  les  parties  les 
plus  méridionales  de  l’Europe,  et  qui  sont 
cultivées,  soit  en  raison  de  leurs  proprié¬ 
tés,  soit  pour  l’étude,  dans  les  jardins  de 


botanique.  Les  feuilles  en.  sont  alternes, 
ovales,  oblongues  5  les  fleurs  agrégées  en 
épis,  et  les  fruits  souvent  réunis. 

(C.  M 

BETTERAVE,  bot.  i>h.  — Nom  vul¬ 
gaire  d’une  espèce  de  Bette.  Voyez  ce  mot. 

(C.  L.) 

BETTHYLES.  ins. —  Même  chose  que 
Bethylus. 

BETEL A  (nom  du  Bouleau,  dans  Pline). 
bot.  th.  —  Voyez  bouleau. 

*  BÉTEL  ÂGÉES  ou  BÉTELINÉES. 

bot.  th.  —  Famille  de  plantes  Dicotylédo- 
nées  diclines,  l’une  de  celle  dans  lesquelles 
on  a  décomposé  le  grand  groupe  des  Àmen- 
tacées.  Les  fleurs  mâles  consistent  en  4  éta¬ 
mines  insérées  à  la  base  d’une  écaille  unique, 
ou  opposées  à  quatre  écailles  verticillées  en 
manière  de  calice  ;  elles  sont  réunies  trois 
par  trois  à  l’aisselle  de  bractées  peltées, 
dont  chacune  est  accompagnée  extérieure¬ 
ment  de  deux  bractéoles,  et  tous  ces  groupes 
sessiles,  réunis  sur  un  axe  allongé  ,  consti¬ 
tuent  le  chaton.  Les  fleurs  femelles  sont  de 
la  même  manière  sur  un  axe  commun,  réu¬ 
nies  par  groupes  de  deux  ou  de  trois ,  sous 
autant  de  bractées  entières  ou  trilobées, 
sans  autre  enveloppe  que  d’autres  petites 
écailles  accessoires  qui  manquent  quelque¬ 
fois  ;  elles  consistent  en  ovaires  surmontés 
de  deux  longs  stigmates  styliformes,  à  deux 
loges ,  dans  chacune  desquelles  est  un  ovaire 
d’abord  dressé,  puis  enfin  pendant.  Les 
bractées  et  bractéoles  s’épaississent  en 
croissant  avec  le  fruit  et  forment  ainsi  un 
véritable  cône ,  dont  les  écailles  portent 
chacune  deux  ou  trois  nucules,  bordés  d’an¬ 
gles  ou  d’une  aile  membraneuse,  monosper¬ 
mes  par  avortement.  La  graine  pendante  , 
sous  une  enveloppe  mince  qui  se  soude  avec 
l’endocarpe,  présente  un  embryon  à  radi¬ 
cule  courte  et  supère,  à  embryons  larges  et 
foliacés.  Les  espèces  appartenant  aux  deux 
seuls  genres  Betula  et  Alnus  de  Tourne- 
fort,  que  Linné  réunissait  même  en  un  seul, 
sont  des  arbrisseaux  à  feuilles  simples,  al¬ 
ternes  et  dentées ,  très  répandus  dans  les 
climats  tempérés,  et  bravant  des  climats 
très  froids,  soit  en  latitude,  soit  sur  les 
montagnes.  On  a  trouvé  à  l’état  fossile  des 
chatons  qu’on  croit  pouvoir  rapporter  aux 
deux  mêmes  genres.  (Au.  J.) 

*  BÉTULITES  (  betula ,  bouleau),  bot 


55$ 


BEU 


BEU 


foss.  —  Gœppert  a  donné  ce  nom  à  des 
chatons  de  Bétulacées  fossiles,  trouvés  ré¬ 
cemment  par  lui  dans  des  Lignites,  à  Salz- 
hausen,  en  Yétéravie,  et  qui  paraissent  dif¬ 
férer  à  peine  de  notre  Bouleau.  (C.  d’O.) 

*BEUDANTI]\TE.  min. —  La  substance 
du  Vésuve,  que  MM.  Monticelli  et  Covelli 
ont  décrite  sous  ce  nom,  ne  doit  pas  être 
confondue  avec  la  Beudantite  de  Lévy.  Sui¬ 
vant  M.  Mitscherlich ,  ce  n’est  qu’une  va¬ 
riété  de  la  Néphéline.  Voyez  ce  mot. 

(Del.) 

*  BEUDANTITE.  min.  —  M.  Lévy  a 
nommé  ainsi,  en  l’honneur  de  M.  Beudant, 
une  substance  minérale  d’un  brun  foncé, 
et  d’un  éclat  résineux,  cristallisée  en  rhom¬ 
boèdres  légèrement  obtus,  d’environ  92°  80’, 
et  qui  s’est  rencontrée  à  la  surface  de  cer¬ 
tains  morceaux  de  Limonite  mamelonnée 
de  Horhausen,  dans  le  pays  de  Nassau.  Cette 
substance  raie  la  fluorine  :  sa  poussière  est 
d’un  gris-verdâtre,  et  elle  paraît  être  com¬ 
posée  d’oxyde  de  plomb.  (Del.) 

BEURRE.  zool.  min.  —  Matière  grasse 
qu’on  retire  du  lait.  Voyez  la.it. 

(A.  DE  Q.) 

Le  nom  de  Beurre  a  encore  été  donné  à 
diverses  substances  végétales  ou  minérales, 
ainsi  l’on  a  appelé  : 

Beurre  d’Antimoine,  le  Chlorure  d’ Anti¬ 
moine. 

B.  de  Bismuth,  le  Chlorure  de  Bismuth. 

B.  de  Cacao,  une  espèce  d’huile  con¬ 
crète,  jaune,  pâle,  cassante  comme  de  la 
cire,  d’une  saveur  agréable  et  même  légè¬ 
rement  aromatique;  mais  s’altérant  peu 
de  jours  après  avoir  été  préparée.  Cette  sub¬ 
stance,  entièrement  soluble  dans  l’éther 
quand  elle  est  pure,  s’obtient  par  ébulli¬ 
tion  des  graines  du  Theobroma  cacao,  préa¬ 
lablement  réduites  en  pâte  dans  un  mor¬ 
tier  chaud.  C’est  cette  matière  qui  donne 
au  chocolat  son  aspect  gras  et  onctueux. 
Le  bon  Cacao  doit  donner  en  Beurre  un 
tiers  de  son  poids.  Le  B.  de  Cacao,  quoi¬ 
que  doué  de  propriétés  émollientes  très  dé¬ 
veloppées,  est  aujourd’hui  peu  employé  en 
médecine,  où  il  ne  sert  plus  qu’à  faire  des 
suppositoires. 

B.  de  Cire,  la  cire  distillée;  à  cause  de 
sa  consistance  butyreuse  après  cette  opé¬ 
ration. 

B.  de  Coco,  le  matière  grasse  qu’on 


retire  des  fruits  du  Cocotier  ( Cocos  nwci- 
fera ),  par  le  même  moyen  que  le  Beurre 
de  Cacao ,  et  qui  sert  à  l’assaisonnement 
des  mets. 

B.  d’Étain,  le  Chlorure  d’Étain. 

B.  de  Montagne,  de  Pierre  ou  de  Roche, 
un  mélange  d’Argile  ,  d’Alumine  sulfatée, 
d’Oxyde  de  fer  et  de  pétrole  ,  formant  une 
masse  jaunâtre,  à  cassure  lamelleuse  et 
brillante,  onctueuse  au  toucher  et  d’une  sa¬ 
veur  très  astringente.  Cette  substance  se 
trouve  en  forme  de  stalactites  dans  les  ca¬ 
vités  schisteuses  de  la  Haute-Lusace  et  en 
Sibérie.  Patrin,  qui  l’a  trouvé  dans  les  mon¬ 
tagnes  voisines  du  fleuve  Amour ,  dit  que 
les  Élans  et  les  Chevreuils  sont  très  friands 
de  cette  terre,  et  qu’on  s’en  sert  pour  attirer 
ces  animaux  dans  les  pièges  qu’on  leur  tend. 

B.  de  Muscade,  l’huile  concrète  et  odo¬ 
rante  extraite  de  la  Muscade  (  Dlyristica 
emoschata  )  bouillie  dans  l’eau  ,  ou  mieux 
par  expression,  et  dont  ce  fruit  donne  envi¬ 
ron  un  tiers  de  son  poids.  Le  B.  de  Muscade 
a  perdu  sa  réputation  comme  sudorifique 
et  antispasmodique  ,  et  il  entre  seulement 
encore  aujourd’hui  dans  la  composition 
du  Baume  Nerval.  Il  nous  arrive  de  Hol¬ 
lande  sous  forme  de  pains  carrés,  ou  des 
Grandes-Indes,  dans  des  pots  de  terre.  C’est 
ce  dernier  qu’on  préfère.  Le  Gueyema- 
don  qui  vient  de  Cayenne,  y  sert  de  com¬ 
bustible  et  d’aliment,  est  tiré  du  Myrislica 
sebifera. 

B.  de  Zinc,  le  Chlorure  de  Zinc. 

(C.  d’O.) 

EEURRERIA  (nom  propre).  Bourreria, 
P.  Br.  (Jam.  168,  t.  16).  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Aspérifoliacées  (Borragi- 
niacées-Ehrétiacées ,  etc.),  tribu  des  Ehré- 
tiacées-Tournéfortiées  ,  formé  par  Jacquin 
(Amer.  44,  t.  178),  sur  quelques  espèces 
d’arbrisseaux  croissant  dans  l’Amérique 
tropicale,  à  feuilles  alternes,  très  entières, 
à  fleurs  blanches  disposées  en  corymbes  sub- 
lerminaux.  On  en  cultive  six  espèces  dans  les 
jardins  anglais.  Les  caractères  principaux 
sont:  Calice  campanulé,sub-bilabié,  6-denté; 
corolle  hypogyne,  infondibuliforme,  5-par- 
tite.  Étamines  5,  insérées  au  tube,  etsub- 
exsertes.  Ovaire  4-8-loculaire.  Style  ter¬ 
minal,  bifide  ou  indivis.  Le  fruit  est  un 
drupe  2-4-pyréné;  chaque  section  a  deux 
loges  monospermes.  (C.  L.) 


BEZ 


BEZ 


559 


*BËURRERIA  (nom  propre).  bot.ph.— 
Genre  formé  par  Adanson,  et  synonyme  du 
Calycanthus  de  Lindley.  Voyez  ce  mot. 

(C.  L.) 

*  BEVERINCKIA  (nom  propre),  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Éricacées , 
formé  par  Salisbury,  et  synonyme  du  Pen- 
taptera  de  Klotsch.  Voyez  ce  mot.  (C.  L.) 

BEYRICHIA  (nom  propre),  bot.  ph.- — 
Genre  de  la  famille  des  Scrophulariacées, 
tribu  des  Gratiolées,  formé  par  Chamisso 
[Linnœa  III ,  21),  sur  une  plante  herbacée 
brésilienne,  pubescente,àligedressée,  létra- 
gone,  dont  les  feuilles  sont  opposées,  courte- 
ment  pétiolées,  ovales,  dentées  en  scie,  les 
florales  très  courtes  ;  les  fleurs  résupinées, 
tribractéées,  disposées  en  un  épi  terminal, 
feuillé,  dense.  (C.  L.) 

*BEYTHE  A  (nom  propre),  bot.  ph.— Le 
type  et  la  seule  espèce  de  ce  genre  est  VE- 
lœocarpus  hifidus  d’Hooker  et  Arnott (Voy. 
Beechey  110,  t.  24).  Il  appartient  à  la  famille 
des  Tiliacées,  tribu  des  Éléocarpées.  C’est 
un  arbre  trouvé  aux  îles  Sandwich,  à  feuil¬ 
les  alternes ,  pétiolées ,  ovales-acuminées, 
dentées  en  scie,  très  glabres,  à  stipules  dé- 
cidues  ;  les  fleurs  sont  disposées  en  groupes 
axillaires  pauciflores  ;  les  pétales  en  sont 
pubescents  en  dehors.  Calice  S-phylle  ;  di¬ 
visions  lancéolées  ;  corolle  hypogyne  de  5 
pétales,  oblongs-linéaires,  courtemenl  bilo- 
bés  au  sommet.  Étamines  15 ,  insérées  sur 
un  disque  hypogyne  glanduleux.  Ovaire 
sessile  ;  biloculaire.  Ovules  nombreux,  ana- 
tropes  ;  stigmate  simple.  Drupe  monos¬ 
perme  ?  (C.  L.) 

BEZENGE.  ois.  — •  Voyez  besenge. 

BEZETTA.  bot.  ph.  —  Un  des  noms 
vulgaires  du  Croton  tinctorium  L. 

BEZOARD.  zooii.  min.  —  On  a  désigné 
sous  ce  nom, d’origine  arabe,  des  concrétions 
de  nature  très  variée  qui  se  rencontrent  dans 
les  diverses  régions  du  corps  de  différents 
animaux.  C’est  ainsi  qu’on  a  confondu,  sous 
cette  dénomination  commune,  des  calculs 
biliaires ,  urinaires,  salivaires ,  etc.  De  nos 
jours ,  on  donne  plus  particulièrement  ce 
nom,  dans  la  médecine  vétérinaire ,  aux 
concrétions  calcaires  formées  de  couches 
concentriques  qui  se  forment  assez  fréquem¬ 
ment  dans  le  tube  alimentaire  des  Herbi¬ 
vores  ,  et  qui  y  acquièrent  un  volume  quel¬ 
quefois  très  considérable. 


Le  Bézoard  oriental  ( Lapis  bezoardicus) 
a  joui  autrefois  d’une  immense  renommée, 
non  seulement  comme  remède  souverain 
contre  toutes  les  maladies,  mais  encore 
comme  ayant  la  vertu  d’éloigner  de  son 
heureux  possesseur  les  maux  de  toute  na¬ 
ture.  Ce  précieux  talisman ,  qui  devait  sa 
réputation  à  l’école  des  médecins  arabes  de 
Cordoue,  se  retire  de  la  caillette  ou  qua¬ 
trième  poche  stomacale  de  la  Gazelle  des 
Indes  {Antilope  cervicapra  Pall.).  C’est 
un  corps  arrondi ,  à  surface  lisse,  d’une 
couleur  brune  ou  verte ,  formé  de  couches 
concentriques,  minces ,  fragiles  ;  à  cassure 
vitreuse ,  d’une  odeur  forte  et  aromatique. 
La  substance  qui  entre  dans  sa  composi¬ 
tion  présente  la  plupart  des  propriétés 
qu’on  observe  dans  les  corps  résineux.  Elle 
fond  à  une  chaleur  douce ,  s’enflamme  et 
brûle  en  donnant  beaucoup  de  fumée.  Elle 
est  soluble  dans  l’alcool  concentré,  et 
précipitée  de  sa  dissolution  par  l’eau.  Ce 
médicament,  qui  se  payait  jadis  au  poids 
de  l’or,  est  aujourd’hui  entièrement  tombé 
dans  l’oubli,  et  figure  tout  au  plus  dans  les 
collections  de  quelques  amateurs  de  curiosi¬ 
tés  ,  bien  loin  de  se  trouver,  comme  autre¬ 
fois,  dans  toutes  les  officines  d’apothicaire. 

Il  est  facile  de  concevoir  qu’à  fépoque 
où  le  Bézoard  oriental  était  si  recher¬ 
ché,  on  dut  s’efforcer  de  le  contrefaire; 
aussi  trouvait-on ,  dans  le  commerce,  une 
grande  quantité  de  Bézoards  factices  qu’on 
obtenait  en  fondant  ensemble  certaines  ré¬ 
sines  avec  des  aromates.  On  reconnaissait 
la  fraude  à  l’absence  des  couches  concentri¬ 
ques  et  à  la  différence  d’odeur.  Lors  de  la 
découverte  du  Nouveau-Monde ,  les  pre¬ 
miers  conquérants  de  l’Amérique  en  rap¬ 
portèrent  un  grand  nombre  de  médica¬ 
ments  analogues,  et  de  là  vint  la  distinction 
qu’on  fit  des  Bézoards  occidentaux.  Ceux- 
ci  ,  qui  étaient  fournis,  à  ce  qu’il  paraît, 
principalement  par  le  Lama  ( Camelus  llac~ 
ma  Lin.),  étaient  d’ailleurs  d’une  compo¬ 
sition  très  différente  et  ne  différaient  guère 
des  corps  de  même  nature ,  qu’on  trouve 
dans  l’intestin  de  nos  Ruminants  domesti¬ 
ques.  Ces  Bézoards  occidentaux  étaient  du 
reste  regardés  comme  très  inférieurs  à 
ceux  qui  venaient  des  Indes  orientales,  et 
le  prix  en  était  beaucoup  moindre. 

La  Gazelle  des  Indes  et  le  Lama  du  Pè- 


560 


BHU 


BIA 


rou  n’ont  pas  eu  seuls  le  privilège  de  four¬ 
nir  à  nos  aïeux  les  prétendues  panacées 
dont  nous  parlons.  Les  Bézoards  de  Cay- 
man,  de  Porc-épic,  de  Tatou,  de  Crocodile, 
ceux  surtout  qui  étaient  censés  provenir  de 
certaines  espèces  de  Serpents,  ont  joui  pen¬ 
dant  longtemps  d’une  immense  réputation. 
On  les  portait  sur  soi  comme  des  amulettes, 
propres  non  seulement  à  préserver  des 
maladies  ordinaires,  mais  encore  à  écarter 
les  maléfices.  Ces  dernières  croyances 
étaient  surtout  populaires  en  Italie,  en  Es¬ 
pagne  et  en  Portugal,  où  une  de  ces  pier¬ 
res  se  payait  ou  se  louait  souvent  des 
sommes  très  considérables.  Enfin  l’Homme 
lui-même  avait  fourni  son  contingent  à 
cette  classe  d’alexipharmaques,  et  la  pou¬ 
dre  de  Bézoard  humain,  c’est-à-dire  de 
simples  calculs  urinaires  ,  était  regardée 
comme  un  remède  héroïque  dans  un  grand 
nombre  de  maladies.  Il  est  presque  inutile 
de  rappeler  ici  que  la  croyance  aux  vertus 
prétendues  de  ce  genre  de  médicaments 
n’existe  plus  aujourd’hui,  et  que  si  quelques 
populations  ignorantes  regardent  encore  le 
Bézoard  comme  propre  à  les  mettre  à  l’a¬ 
bri  des  sortilèges,  du  moins  ces  produc¬ 
tions  pathogéniques  ne  figurent  plus  dans 
aucun  formulaire  de  pharmacie  ou  de  mé¬ 
decine.  (A.  deQ.) 

BÉZOARD  ou  BÉZO  ABDIQUE. 
moll.  —  Noms  vulgaires,  parmi  les  mar¬ 
chands  et  les  amateurs,  d’une  espèce  du 
genre  Casque.  Voyez  ce  mot. 

BÉZOARD  FOSSILE,  min. —  Voyez 

CALCAIRE  GLOBULIFORME.  (Del.) 

BÉZO  ABDIQUE.  mole. —  Voyez  bé¬ 
zoard. 

BHESA,  Arn.  ( Edingh .  new  philo- 
sophical  Journal ,  XVI ,  315).  bot.  ph,  — 
Genre  peu  connu  de  la  famille  des  Célastri- 
nées,  établi  par  Hamilton,  pour  des  arbris¬ 
seaux  ou  des  arbres  des  Indes-Orientales, 
que  Lindley  donne  comme  synonyme  du 
genre  Kurrimia  de  Wallich,  tandis  qu’End- 
licher  en  fait  un  genre  qu’il  met  dans  ses 
genres  douteux  de  la  famille  des  Céîastri- 
nées.  (C.  d’O.) 

*BHRINGA.  ois.  —  Genre  établi  par 
Hodgson,  en  1837,  pour  un  oiseau  du  genre 
Irine  qu’il  désigne  sous  le  nom  de  B.  tec- 
tirostris. 

*  BHUCHANGA,  Hodgs.  ois.  —  Syno¬ 


nyme  de  Dicrurus  balicassius  Vieill.,  ou 
Drongo  cul-blanc.  Voyez  ce  mot. 

BIACIJMIIVÉ.  Biacuminatus  (  bis , 
deux  ;  acumen,  pointe),  bot. —  M.  de  Mir- 
bel  désigne  sous  ce  nom  les  poils  à  deux 
branches  opposées  par  leur  base,  de  ma¬ 
nière  qu’ils  paraissent  être  attachés  par  le 
milieu,  tels  que  ceux  du  Malpighia  urens. 
M.  De  Candolle  donne  aux  poils  de  cette 
plante  ,  qui  sont  glanduleux  à  leur  base,  le 
nom  de  poils  en  nanette  ( pili  malpighia- 
cei ),  et  il  n’appelle  poils  biacuminés  ou 
poils  en  fausse  nanette  ( pili  pseudo-mal- 
pighiacei ),  que  ceux  dont  la  base  est  non 
glanduleuse,  ainsi  que  cela  se  voit  dans 
VAstragalus  asper.  (C.  d’O.) 

*BIAIGVÎLLONNÈ.Biaculeatus(bis3 
deux;  aculeus,  aiguillon),  zool.  —  Ce  nom 
signifie  qui  porte  deux  aiguillons  ,  comme 
le  Balistes  biaculeatus ,  dont  chaque  ven¬ 
trale  est  armée  d’un  aiguillon. 

Bialahis  (bis, deux-,  ala ,  aile). 
bot.  ph. —  Cette  épithète  s’applique  à  tous 
les  organes  des  végétaux  qui  portent  deux 
ailes  ou  appendices  membraneux;  ainsi, 
les  fruits  de  l’Orme,  de  l’Érable  sont  biailés. 

(A.  R.) 

BI-AILES.  ins. —  Synonyme  ancien  de 
Diptère. 

BIAL.  MAM.  —  Voyez  BOEUF. 

*BIANTUÉRIFÈRE .  Biantheri férus 
(bis,  deux;  ant fiera , anthère;  fero,]e  porte). 
bot. —  On  désigne  par  cette  épithète  les  fi¬ 
lets  des  étamines  qui  portent  deux  anthères. 

*BIARÉ.  Biarum.  bot.  ph. — Genre  de 
la  famille  des  Aroïdées ,  formé  pour  une 
plante  trouvée  par  Bové  sur  le  Mont-Liban, 
et  qu’il  avait  provisoirement  placé  dans  le 
genre  Caladium.  La  seule  espèce ,  qui  soit 
connue  jusqu’à  ce  jour,  est  \eB.  Bovei. 

BÏARON.  Biarum  (bis ,  deux;  arum  y 
nom  d’une  plante),  bot.  th. — L’un  des  gen¬ 
res  nombreux  ,  établis  par  M.  Schott  dans 
la  famille  des  Aroïdées  (Meletem.  17); 
il  a  pour  type  les  Arum  tenuifolium  et 
Arum  gramineum  Lam.  Sa  spathe,  tu¬ 
buleuse  à  sa  base,  est  ensuite  plane  et  étalée. 
Son  spadice  nu  et  très  saillant  à  son  som¬ 
met  est  androgyne  à  sa  base.  Les  étamines 
se  composent  d’une  anthère  sessile  à  deux 
loges  opposées ,  s’ouvrant ,  soit  par  un 
pore,  soit  par  un  sillon  longitudinal.  Les 
ovaires  nombreux  contiennent  un  seul 


BIA 


561 


ovule  dressé,  attaché  à  la  base  de  la  loge.  Le 
style  est  distinct,  terminé  par  un  stigmate 
presque  globuleux.  Le  fruit  est  une  baie 
monosperme  ,  dont  la  graine ,  presque  glo¬ 
buleuse,  contient  un  embryon  antitrope 
dans  le  centre  d’un  endosperme  charnu. 
Voyez  aroïdées.  (A.  R.) 

*BIAS.  Bias ,  Less.  ((Ma,  force),  ois. — 
Sous-genre  formé  parM.  Lesson,  dans  son 
Traité  d' Ornithologie,  et  faisant  partie  de 
sa  famille  des  Muscicapidées.  Les  caractè¬ 
res  qu’il  lui  assigne  sont  :  Bec  fort,  crochu, 
déprimé  ,  assez  élevé  ;  tarses  très  courts , 
emplumés  au  dessous  du  tibia.  Ailes  pres¬ 
que  aussi  longues  que  la  queue  ;  celle-ci 
courte,  comme  rectiligne.  On  peut  ajouter  : 
Ailes  à  première  rémige» très  courte  (carac¬ 
tère  particulier  à  tous  les  Muscicapidées  de 
l’ancien  monde  seulement);  genre  africain. 
Ce  sous-genre  est  synonyme  des  Mouche - 
rolles  de  BufTon  et  Cuvier,  des  Platyrhyn- 
ques  de  Vieillot  et  du  sous-genre  Platys- 
tera  de  Swainson.  Il  a  pour  type  le  Mus- 
cicapa  melanoptera  de  Gmelin,  Platy- 
rhynque  noir  et  blang  Plat.  ( Melanoleu - 
eus  t  Vieill. ,  Encyclop .,  p.  835)  ;  Platys- 
tera  lobata  Sw.  (Flycatchers ,  p.  187), 
dont  la  femelle  est  le  Gobe-mouche  a  col¬ 
lier  du  Sénégal  Briss.  (Orn.  2,  p.  370, 
pl.  36-1.  Moucher,  a  gorge  rousse  Bufif. 

( Enl .  367  -  3  ).  Platyrhynque  a  collier 
Vieill.  (Encyclop.,  p.  836)  et  Platystera 
labata  Sw.  ( Flycat . ,  pl.  22)  remarquable 
par  une  excroissance  de  peau  nue  et  de 
couleur  jaune  ou  orange,  qui  s’élève  en 
lobe  arrondi  au  dessus  des  yeux  dans  les 
deux  sexes.  Celui  qu’on  présume  être  le 
mâle  est  noir  luisant  en  dessus,  sur  les 
ailes  et  la  queue,  blanc  en  dessous,  ainsi 
que  sur  le  milieu  de  l’aile,  en  forme  de  bande 
longitudinale,  et  sur  les  côtés  de  la  queue, 
avec  la  poitrine  traversée  d’une  large  bande 
noire.  La  femelle  diffère  en  ce  qu’elle  est 
cendrée  en  dessus,  et  que  le  devant  de  son 
cou  et  de  sa  poitrine  est  d’un  marron  vif, 
bordé  de  noir  inférieurement.  Cette  espèce 
n’est  pas  rare  au  Sénégal.  Plusieurs  autres 
espèces  africaines,  telles  que  les  Gobe- 
mouches  Molénar,  Pririt  et  Mignard  de  Le- 
vaillant  font  partie  de  ce  sous-genre.  Ce 
dernier  auteur  a  remarqué  que  ces  Oiseaux 
se  tenaient  de  préférence  dans  les  buissons 
touffus  des  plaines  ,  du  milieu  desquels  ils 


BIA 

font  entendre  leur  ramage,  qui  n’est  qu’une 
sorte  de  petit  cri  répété.  Ce  sous-genre  fera 
partie  de  nos  Moucherolles  dans  notre 
sous-famille  des  Muscicapinées ,  composée 
seulement  d’espèces  de  l’ancien  monde. 

(Lafr.) 

BIASLIA.  bot.  ph.  — Genre  formé  par 
Vandelli  (ex  Rœm.  script .,  72,  t.  6),  sy¬ 
nonyme  du  Mayaca  d’Aublet,  qu’on  rap¬ 
porte  avec  doute  à  la  famille  des  Xyrida- 
cées.  Voyez  mayaca.  (C.  L.) 

*  BIASOLETTIA  (nom  propre),  bot. 

ph. — L’unique  espèce,  type  de  ce  genre,  est 
une  plante  d’une  structure  remarquable, 
trouvée  par  Hœnk,  dans  les  îlesMariannes. 
On  le  rapporte  avec  doute  à  la  famille  des 
Byttnériacées.  C’est  une  plante  à  rameaux 
ligneux;  à  feuilles  pétiolées,  excentrique¬ 
ment  peltées;  à  nervures  réticulées,  im¬ 
mergées  ;  à  fleurs  verdâtres,  petites,  dispo¬ 
sées  en  panicules  axillaires,  multiflores. 
Ses  principaux  caractères  sont  :  Fleurs  mo¬ 
noïques,  fasciculées,  dont  les  mâles  laté¬ 
rales,  pédicellées,  nues  à  la  base  ;  une  fleur 
femelle  centrale,  sessile,  munie  à  la  base 
d’un  involucre  urcéolé,  très  entier.  Le  péri- 
anthe  est  unique ,  pentaphylle  ,  à  lacinies 
uninerves.  Dans  les  fleurs  mâles,  le  tube 
staminal  est  obeonique,  triquètre,  court, 
tridenté  ;  3  anthères  sessiles,  ovales,  bilo- 
culaires.  Dans  les  femelles,  le  tube  est  qua- 
drangulaire  et  quadridenté,  portant  4anthè- 
res  stériles  ;  ovaire  inclus  ,  à  un  seul  ovule 
pendant.  Le  style  est  tétragone,  dressé,  ve¬ 
louté;  sligmates2,semipeltés,  plans, colorés. 
Le  fruit  est  monosperme ,  charnu,  globu¬ 
leux,  et  porte  au  sommet  une  cicatricule  or- 
biculaire.  Cette  plante  nous  semble  assez 
voisine  du  Phillippodendrum  de  Poiteau. 
Voy.  ce  mot.  (C.  L.) 

*  BIASOLETTIA  (nom  propre),  bot. 
ph. — Genre  de  la  famille  des  Ombellifères, 
tribu  des  Scandicinées ,  formé  par  Koch 
(Flora  1836,  p.  163),  et  synonyme  du  genre 
Freyera,  Reich.  Voy.  ce  mot.  (C.  L.) 

BIATORA  ((Maroc,  petite  tasse;  wpa, 
forme),  bot.  cr. —  (Lichens).  Il  n’est  point 
question  ici  du  genre  homonyme  établi  par 
Acharius  ( Lich .  univ.,  p.  49),  sur  un  seul 
Lichen,  qui  rentre  évidemment  dans  son 
genre  Lecidea ,  dont  il  l’avait  distrait  sans 
motif  valable.  L’étymologie  elle-même  du 
nom  de  Biatora,  que  nous  donnons  d’après 
36 


T.  II, 


562 


BIA 


le  lichénographe  suédois,  nous  semble  non 
seulement  obscure,  mais  encore  fausse  de 
tous  points.  Quoi  qu’il  en  soit,  ce  nom,  re¬ 
pris  par  Fries,  a  été  appliqué  à  un  genre 
de  Lichens ,  que  quelques-uns  nomment 
encore  Patellaria;  mais,  outre  qu’il  existe 
déjà ,  dans  la  famille  des  Discomycètes,  un 
autre  genre  généralement  admis,  qui  porte 
ce  nom,  sorte  de  double  emploi  auquel  a 
voulu  parer  M.  Endlicher,  en  proposant 
( Gener .  Plant.,  p.  33,  n°  381)  son  Lecani- 
dion ,  les  Patellaires  de  la  plupart  des  au¬ 
teurs,  véritable  Farrago,  offrent  un  assem¬ 
blage  incohérent  d’êtres  si  dissemblables, 
que  nous  pensons  que,  pour  éviter  à  l’avenir 
toute  équivoque,  il  serait  nécessaire,  d’a¬ 
dopter  le  nouveau  nom  imposé  par  Fries, 
avec  d’autant  plus  de  raison  que ,  dans  sa 
Licheno  g  raphia  europœa,  il  a  parfaitement 
défini  et  limité  le  genre  Biatora  (1).  Nous 
allons  en  indiquer  d’après  lui  les  princi¬ 
paux  caractères.  Les  apothécies  se  dévelop¬ 
pent  librement  dans  le  thalle;  aux  pre¬ 
miers  moments  de  leur  évolution,  elles  sont 
pourvues  d’un  rebord  formé  par  celui-ci, 
rebord  qui  disparaît  plus  tard  par  sa  méta¬ 
morphose  en  la  propre  substance  de  V  ex¬ 
cipulum  [voyez  ce  mot).  De  là,  la  forme 
hémisphérique  ou  globuleuse  qu’elles  revê¬ 
tent  le  plus  souvent.  Le  disque  [lame  pro¬ 
ligère)  est  toujours  ouvert,  d’abord  sensi¬ 
blement  déprimé  au  centre,  puis  dilaté, 
convexe ,  recouvrant  le  bord  plus  pâle 
(jamais  noir)  d’un  excipulum  concolore,  et 
reposant  sur  une  couche  de  cellules  ordi¬ 
nairement  plus  pâles,  mais  jamais  carbo- 
nacées.Le  thalle,  horizontal,  crustacé,  uni¬ 
forme  ou  limité  par  un  bord  figuré,  est 
aussi  quelquefois  formé  d’ écailles  ou  de  fo¬ 
lioles;  il  naît  le  plus  souvent  d’un  hypo- 
thalle  [voyez  ce  mot).  Il  n’y  a  point  de 
vraies  podéties  comme  dans  les  Cladonies, 
mais  plusieurs  espèces  présentent  des  apo¬ 
thécies  pédicellées  (ex.  :  B.  byssoides). Les 
thèques  en  massue  plus  ou  moins  allongée, 
contiennent  (dans  les  espèces  que  j’ai  ana¬ 
lysées)  des  sporidies  qui  se  montrent  sous 
deux  formes  principales  :  1°  naviculaires 
et  contenant  un  nucléus  granuleux  ;  2°  el- 

(i)  Le  type  du  genre  Patellaria,  Pers.  ( Usler .  Ann.,  VII, 
ji.  a 8)  est  le  Verrucaria  sanguinaria  Hoflftn.  ,  qui  est  lin 
Ltcideu ;  d’où  l’on  voit  quec’est  sur  la  forme  et  non  d’après  la 
riruclure  et  le  mode  d’évolution  des  apothécies  que  Pcisoon 
avait  établi  son  genre. 


BIB 

liptiques  avec  une  gouttelette  d’huile  éthés 
rée  à  chaque  extrémité ,  qui  simule  une 
sporidiole.  Celles-ci  se  rencontrent  dans 
toutes  les  espèces  à  thalle  orangé  ou  jaune. 

Malgré  les  affinités  qui  lient  ce  genre, 
d’une  part  avec  les  vraies  Lécidées,  de  l’au¬ 
tre  avec  certaines  Parmélies  crustacées  , 
dont  Acharius  avait  fait  son  genre  Leca- 
nora,  cependant  on  arrive  assez  facilement 
à  l’en  séparer ,  sinon  d’une  manière  bien 
tranchée  ,  ce  qui  devient  toujours  difficile 
dans  d’aussi  vastes  genres,  et  dont  les  in¬ 
dividus  confluent,  par  quelques  points, 
au  moins  assez  pour  la  pratique.  Ainsi, 
l’absence  d’un  excipulum  carbonacé  (noir) 
le  fera  distinguer  sur-le-champ  du  pre¬ 
mier  de  ces  genres ,  et  le  défaut  de  re¬ 
bord  thallodique  des  apothécies  empê¬ 
chera  qu’on  ne  confonde  aucune  de  ses 
espèces  avec  celles  du  second.  Néanmoins, 
il  ne  faudrait  pas  s’imaginer  que  ce  soit 
toujours  une  chose  fort  aisée  d’éviter  quel¬ 
ques  erreurs  dans  la  détermination.  Il  ar¬ 
rive,  en  effet,  que  plusieurs  espèces  du  genre 
Parmélie  offrent  des  apothécies  dépourvues 
de  rebord  thallodique,  et  que,  pour  cette 
raison,  l’on  pourrait  prendre  pour  de  vraies 
Biatores.  Cela  tient  à  ce  que  chez  ces  Li¬ 
chens,  les  apothécies  naissent  de  l’hypo- 
thalle,  et  non,  comme  celaalieu  dans  l’état 
normal ,  de  la  couche  médullaire  du  thalle. 
C’est  surtout  chez  les  Parmelia  brunnea 
Ach.,  gossypina  Nob.,  qu’on  observe  cette 
disposition.  Pour  éviter  toute  difficulté, 
c’est  dans  la  nature  et  non  dans  les  herbiers 
qu’il  faut  étudier  ces  espèces.  Ce  genre,  qui 
a  son  centre  géographique  dans  les  zones 
tempérées  de  l’un  et  l’autre  hémisphère,  se 
compose  d’environ  soixante  espèces,  pres¬ 
que  toutes  propres  à  l’Europe.  (C.  M.) 

BIATU.  ois.  —  Un  des  noms  vulgaires 
de  l’Ortolan ,  Emberiza  hortulana.  Voyez 

BRUANT. 

*BIAÏJRELLA.  bot.  ph. — Famille  des 
Orchidées.  Le  genre  que  M.  Lindley  nomme 
ainsi  et  qui  a  pour  type  le  Thelymitra  ve- 
nosa  de  R.  Brown ,  a  été  réuni  au  genre 
Macdonalia.  Voyez  ce  mot.  (A.  R.) 

BIB  ou  BIBE.  roiss.  — Pennant  [Cop. 
encycl.,  102)  désigne  sous  ce  nom  le  Gadus 
luscus.  Voyez  morue. 

*  BÏBARYTO-CALCITE  [bis,  double; 
gapÛTTiç,  pesanteur;  calx,  cis,  chaux),  min. 


BIB 


BIB 

—  Même  chose  que  Diplobase.  Voyez  car¬ 
bonates.  (Del.) 

BIBBY.  bot.  th.  —  Nom  yulgaire  d’un 
Palmier  de  l’Amérique  méridionale  qu’on 
croit  pouvoir  rapporter  au  genre  Elais. 

BIBE.  roiss.  —  Voyez  bib. 

BIBEBBATZE.  mam.  —  Synonyme 
vulgaire  de  Desman. 

BIBION,  Sav.  ois.  —  Synonyme  de  De¬ 
moiselle  de  Numidie.  Voyez  anthropoïde. 

BIBION.  Bibio  ( Bibio  ou  Vipio ,  petite 
Grue,  suivant  Pline),  ins.  —  Genre  de  l’or¬ 
dre  des  Diptères,  division  des  Némoeères, 
famille  des  Tipulaires  ,  tribu  des  Florales  , 
établi  par  Geoffroy  aux  dépens  du  genre 
Tipule  de  Linné  et  adopté  par  tous  les  en¬ 
tomologistes  ,  excepté  Fabricius  qui,  cepen¬ 
dant  ,  finit  par  l’adopter  également ,  mais 
en  remplaçant  le  nom  de  Bibio  qu’il  avait 
reçu  de  son  fondateur  par  celui  (VHirtea,  et 
cela  pour  ne  pas  rectifier  l’erreur  qu’il  avait 
commise  auparavant ,  en  transportant  le 
premier  nom  à  un  autre  genre  que  celui  de 
Geoffroy  ;  mais  on  n’a  pas  eu  égard  à  cet 
arrangement  arbitraire  du  naturaliste  da¬ 
nois,  et  le  nom  de  Bibio  a  été  conservé 
au  genre  qui  nous  occupe.  M.  Macquart  le 
caractérise  ainsi,  dans  son  Histoire  des 
Diptères ,  faisant  suite  au  Buffon  de  Koret, 
tom.  I,  pag.  177  :  Tête  presque  entièrement 
occupée  par  les  yeux  dans  les  mâles  ;  petite, 
allongée  et  inclinée  dans  les  femelles. 
Trompe  saillante;  lèvres  terminales  peu 
distinctes  ;  labre  et  langue  ciliés  vers  l’ex¬ 
trémité.  Palpes  de  S  articles  ;  premier  très 
petit;  antennes  cylindriques,  perfoliées, 
insérées  sous  les  yeux ,  de  9  articles  ;  les 
deux  premiers  séparés  des  autres  ;  les  autres 
très  courts.  Les  yeux  velus  dans  les  mâles, 
unis,  petits  et  peu  saillants  dans  les  femel¬ 
les.  Abdomen  terminé  par  deux  crochets 
et  deux  tubercules  dans  les  mâles,  pieds 
velus  ;  cuisses  antérieures  courtes,  renflées 
dans  les  femelles  ;  les  postérieures  allongées 
dans  les  mâles  ;  jambes  sillonnées  :  anté¬ 
rieures  courtes,  renflées,  terminées  par 
une  longue  pointe  et  une  petite  ;  posté¬ 
rieures  renflées  dans  les  mâles  ;  articles  des 
tarses  allongés  ;  trois  pelottes  à  l’extrémité. 
Deux  cellules  basilaires  aux  ailes. 

Plusieurs  espèces  de  ce  genre  sont  con¬ 
nues  sous  des  noms  qui  rappellent  les  épo¬ 
ques  où  elles  paraissent  :  on  nomme  Mou- 


m 

ches  de  Saint-Marc  celles  qui  se  montrent 
au  printemps,  et  Mouches  de  la  Saint- Jean 
celles  qu’on  voit  plus  tard.  Ces  Insectes 
se  posent  ordinairement  sur  les  arbres  frui¬ 
tiers  et  quelquefois  en  si  grand  nombre  que 
les  jardiniers  ignorants  croient  qu’ils  font 
du  tort  à  ces  arbres ,  en  rongeant  les  bou¬ 
tons  ou  les  fleurs  ;  mais  c’est  une  erreur  ; 
la  conformation  de  leur  bouche  les  rend  in¬ 
capables  de  causer  le  moindre  dommage. 
Leur  accouplement  a  lieu  bout  à  bout  et  dure 
des  heures  entières.  Le  mâle  retient  sa  fe¬ 
melle  par  les  deux  crochets  qui  terminent  son 
abdomen ,  et,  lorsqu’il  ne  veut  pas  la  quitter, 
celle-ci  l’emporte  en  l’air  ;  c’est  ainsi  qu’on 
les  prend  souvent  accouplés  sans  qu’ils  fas¬ 
sent  aucun  effort  pour  se  séparer.  Les  fe¬ 
melles  fécondées  déposent  leurs  œufs  dans 
la  terre.  Les  larves  qui  en  sortent  sont  apo¬ 
des,  cylindriques  ,  munies  de  20  stigmates 
et  couvertes  de  poils  qui  les  font  ressem¬ 
bler  à  certaines  chenilles.  Ces  poils,  rudes  et 
dirigés  en  arrière,  paraissent  destinés  à 
remplacer  les  pieds  qui  leur  manquent,  dans 
les  marches  souterraines  qu’elles  sont  obli¬ 
gées  de  faire  pour  chercher  leur  nourriture 
qu’elles  trouvent  principalement  dans  les 
bouses.  Pendant  l’hiver,  elles  s’enfoncent 
dans  la  terre  pour  se  garantir  de  la  gelée  ; 
elles  y  pénètrent  encore  au  mois  de  mars 
pour  s’y  changer  en  nymphes.  Sous  cette 
forme,  elles  sont  oblongues  et  n’offrent 
plus  que  seize  stigmates  ;  la  partie  corres¬ 
pondante  au  thorax  est  relevée  en  bosse  ; 
les  ailes  et  les  pieds  sont  moins  développés 
que  dans  la  plupart  des  autres  nymphes 
nues. 

Parmi  les  onze  espèces  dë  Bibions  décri¬ 
tes  par  M.  Macquart,  nous  ne  cilérons  que 
les  deux  plus  connues  :  B.  précoce  (2?.  hor- 
tulanus  Meig. ,  n°  1),  Bibion  de  Saint- 
Marc  rouge  Geoff.,  n°  3,  Tipula  hortulana 
Linn.  ;  B.  de  Saint-Marc  ( Bibio  marci 
Meig.  n°  2),  Bibion  de  Saint-Marc  noir 
Geoff.,  n°  2,  Tipula  Marci  Linn.  Ces  deux 
espèces  pourraient  fort  bien  n’en  faire 
qu’une,  car  nous  les  avons  souvent  trouvées 
accouplées  ensemble  ;  elles  sont  très  com¬ 
munes  aux  environs  de  Paris.  (D.) 

*BIBIONIDE8.  Bibionidœ.  ins. —  M. 
Macquart,  dans  ses  Diptères  exotiques  nou¬ 
veaux  ou  peu  connus  (tom.  I ,  lre  part, , 
pag.  $3) ,  désigne  ainsi  une  souS-tribu  qui  a 


564. 


BIB 


BIC 


pour  type  le  genre  Bibion  et  qui  se  compose 
de  huit  genres  dont  voici  les  noms  :  Simu- 
lie,  Penthétrie,  Eupêitène,  Plêcie,  Bibion, 
Àrlhrie,  Dilophe  et  Scatopse.  Ces  huit  gen¬ 
res  appartiennent  à  la  famille  des  Tipulai- 
res,  tribu  des  Tipulaires  florales.  Voy.  ces 
mots.  (D.) 

*BÏBïONITES.Bibionites.  ins. — Nom 
d’une  tribu  de  Diptères  établie  par  M.  Blan¬ 
chard  dans  V Histoire  nat.  des  Insectes, 
faisant  suite  au  j Buffon-Dumênil,  t.  III ,  p. 
575,  et  qui  correspond  à  celle  des  Tipu¬ 
laires  florales  de  M.  Macquart.  Voyez  ces 
mots. 

M.  Newmann,  dans  sa  Classification 
des  Ins.  d’Angleterre  (  The  entomologi- 
cal  magazine ,  n°  9,  pag.  387),  donne  ce 
même  nom  à  une  des  nombreuses  divisions 
établies  par  lui  dans  l’ordre  des  Diptères 
et  qui  est  fondée  sur  les  métamorphoses 
des  larves  du  genre  Bibio  (Penthetria)  et 
Dilophus.  Voy.  ces  mots.  (D.) 

BIBLIOLITHE  (PiSXtov,  livre;  Xîôoc, 
pierre;  livre  pétrifié),  min.  — Nom  donné 
anciennement  à  des  Schistes  composés  de 
feuillets,  comme  un  livre,  ou  à  des  pierres 
chargées  d’empreintes  de  feuilles  végétales. 

(Del.) 

*  BIBLIS.  Biblis  (  nom  mythologique  ). 
ois. — Genre  formé  par  M.  Lesson  (vol.  VIII 
de  son  Complément  à  Buffon),  dans  la  fa¬ 
mille  des  Hirundinées ,  et  dont  les  carac¬ 
tères  sont ,  d’après  cet  auteur  :  Tarses 
longs ,  nus.  Queue  courte ,  arrondie  ou 
égale.  Les  espèces  qu’il  y  range  sont  les 
Hirundo  dominicensis ,  torquata ,  leu- 
coptera,  concolor,  francisca,  borebonica, 
melanog aster  et  americana  de  Gmelin. 

Ce  genre  nous  paraît  avoir  de  grands 
rapports  avec  celui  de  Chelidon  de  Boié,  et 
n’en  est  peut-être  qu’une  section,  formée 
des  espèces  à  queue  non  fourchue.  Voy. 

HIRONDELLE.  (LAFR.) 

BIBLIS  (nom  mythologique),  ins.  — 
Genre  de  Lépidoptères  diurnes,  section  des 
Tétrapodes,  tribu  des  Papillonides,  établi 
par  Fabricius,  et  adopté  par  La  treille,  qui 
lui  réunit  le  genre  Melaniiis,  du  même 
auteur.  Ses  caractères  (Encycl.  méthod., 
t.  IX.  p.  10  et  807)  se  réduisent  aux  suivants: 
Antennes  terminées  en  une  petite  massue. 
Palpes  inférieurs  manifestement  plus  longs  i 
que  la  tête.  Nervure  supérieure  ou  sous-  I 


costaîe  aes  premières  ailes  très  renflée  à 
son  origine  ;  cellule  discoïdale  des  secon¬ 
des  ailes, ouverte  postérieurement.La  treille, 
dans  ses  Familles  naturelles,  place  ce  genre 
entre  les  Lybithées  et  les  Nymphales ,  et 
Godart ,  dans  l’ouvrage  précité,  en  décrit  8 
espèces,  toutes  exotiques,  parmi  lesquelles 
nous  citerons  comme  type  la  Biblis  tha- 
dana,  la  même  que  le  Pap.  Biblis  Herbst, 
ou  Pap.  hyperia  Cramer.  Pap.  pl.  236,  fig. 
e,  f.  —  Cette  espèce  se  trouve  au  Brésil  et 
dans  l’île  Saint-Thomas.  Les  Chenilles  des 
Biblis  ont  le  corps  garni  de  tubercules 
charnus  et  pubescents.  (D.) 

*BIBLITES.  ins. — M.  Blanchard  (Hist. 
nat.  des  Insectes,  faisant  suite  au  Bufifon- 
Dumênil ,  p.  443)  désigne  ainsi  un  groupe 
de  Lépidoptères  diurnes,  appartenant  à  sa 
famille  des  Nymphaliens.  Ce  groupe,  qui 
renferme  les  genres  exotiques  Melanitis, 
Eurytela,  Hypanis  et  Biblis ,  a,  suivant 
l’auteur,  beaucoup  d’analogie  avec  les  Ya- 
nesses  ;  mais,  d’un  autre  côté,  il  se  rappro¬ 
che  des  Satyres  par  les  antennes  et  le  ren¬ 
flement  des  nervures,  de  sorte  que  la  place 
qu’il  doit  occuper  définitivement  lui  paraît 
encore  douteuse.  (D.) 

BIBORA.  reft. — Synonyme  de  Vivora. 

*  BIBRACTÉTÉ.  Bibracteatus  [bis, 
deux  ;  bractea,  bractée),  rot. —  Se  dit  d’un 
organe  munie  de  deux  bractées.  On  dit  aussi 
Bibractêolê. 

BIBREUIL.  bot.  ph.  —  Un  des  noms 
vulgaires  de  l’ Heracleum  sphondylium. 

*  BIC  APSUL  AIRE.  Bicapsularis  (bis, 
deux;  capsula,  capsule),  bot.  ph. —  Épi¬ 
thète  employée  pour  exprimer  qu’un  fruit 
se  compose  de  deux  carpelles  représentant 
chacun  une  sorte  de  capsule,  tel  est  celui  de 
la  plupart  des  plantes  de  la  famille  des  Apo- 
cynées,  etc.  Voy.  APocYNÈEset  fruit. 

,  .  (A*  *•; 

*  BIC  ARENE.  Bicarinatus  (bis,  deux; 
carina,  carène),  bot.  ph.  —  Ce  nom  a  été 
donné  à  une  espèce  de  Gryphées,  dont  la 
valve  inférieure  est  marquée  de  deux  carè¬ 
nes,  et  M.  Raspail  applique  cette  épithète 
à  la  paillette  supérieure  des  Graminées, 
quand  elle  porte  deux  nervures  équidis¬ 
tantes  ,  et  plus  près  des  bords  que  du 
centre. 

*  BIC  AUDE .  Bicaudatus  (  bis ,  deux  ; 
cauda,  queue),  zool.  —  On  désigne  par 


BIC 


cette  épithète,  tout  organe  muni  de  deux 
appendices  caudiformes. 

*BICELL AIRES,  folyp.  —  La  divi¬ 
sion  générique  désignée  sous  ce  nom,  par 
M.  de  Blainville,  correspond  au  genre  Cel - 
lularia,  tel  que  M.  Flemming  rayait  pré¬ 
cédemment  circonscrit,  et  se  compose  des 
Bryozoaires  de  la  tribu  des  Cellariées,  dont 
les  cellules  peu  ou  point  saillantes  sont  dis¬ 
posées  sur  deux  rangs  alternes,  souvent  du 
même  côté,  et  constituent,  par  leur  réu¬ 
nion,  un  polypier  subcrutacé,  phytoïde,  di- 
chotome,  fixé  par  des  filaments  radicifor- 
mes.  Le  Cellularia  ciliata,  figuré  par  Ellis 
( Coral .  pl.  20,  fig.  5),  peut  être  considéré 
comme  le  type  de  ce  petit  groupe.  (M.  E.) 

*  BICI1  ATI  A  (Bichat,  illustre  physio¬ 

logiste).  bot.  cr.  —  (Phycées).  Genre  éta¬ 
bli,  par  Turpin,  dans  les  Mémoires  du 
Muséum  d'histoire  naturelle ,  tome  XYIII, 
pour  une  algue  appartenant  à  la  tribu 
des  Nostocinées.  Ses  caractères  consis¬ 
tent  en  une  fronde  muqueuse  formée  de 
vésicules  diaphanes,  globuleuses ,  renfer¬ 
mant  des  granules  endochromiques  verts, 
au  nombre  de  trois  à  sept,  le  plus  souvent 
quaternés.  Cette  production,  le  B.  vesicu- 
linosa  Turp.,  qui  croit  principalement  sur 
les  vitres  humides  des  serres ,  a  fourni  à 
Turpin  des  observations  du  plus  haut  inté¬ 
rêt,  puisque  ce  savant  physiologiste  a  re¬ 
connu,  dans  les  premiers  états  de  cette  vé¬ 
gétation  si  simple,  des  faits  qui  expliquent 
tout  le  développement  du  tissu  cellulaire 
ou  utriculaire.  Ces  faits,  du  reste,  peuvent 
également  trouver  des  explications  faciles 
dans  la  plupart  des  premiers  états  des  plan¬ 
tes  appartenant  aux  genres  Protococcus  , 
Chlorococcum,  Phytoconis,  Microcystis , 
etc.  Nous  pensons,  avec  M.  Kutzing,  que 
le  Bichatia  doit  être  réuni  aux  Microcystis; 
mais  ce  dernier  nom ,  que  nous  croyons 
postérieur  au  premier ,  doit-il  être  con¬ 
servé?  (Bréb.) 

BICHE,  mam.  —  Femelle  du  Cerf  et  de 
plusieurs  espèces  du  mêmè  genre.  Voyez 

CERF. 

BICHE,  foiss.  —  Synonyme  de  Bleu, 
Squalus  glaucus  L.,  et  de  Scombre. 

*  BIC  HE  NIA  (nom  propre),  bot.  ph. — 
Genre  formé  par  Don  ( Linn .  Trans.,  XYI, 
237)  et  rapporté  en  synonymie  au  Chœtan - 
thera  de  Ruiz  et  Pavon  (famille  des  Synan- 


BIG  565 

thérées),  dont  il  constitue  une  des  divisions. 
Voy.  ce  mot.  (C.  L.) 

BICHET.  bot.  —  Synonyme  de  Rocou. 

BICHIR.  poiss.  —  Dénomination  arabe 
d’un  poisson  du  Nil,  rapporté  par  M.  Geof- 
froy-St-Hilaire,  qui  se  l’est  procuré  pendant 
l’expédition  d’Égypte.  Si  l’auteur  avait  voulu 
imaginer  un  nom  tiré  des  langues  latine  et 
grecque  pour  nommer  le  poisson  qu’il 
avait  à  faire  connaître  ,  il  aurait  certes 
exprimé  par  le  nom  de  Bichir  un  des  ca¬ 
ractères  les  plus  saillants  de  cette  espèce , 
car  les  nageoires  pectorales  sont  portées 
sur  deux  pédicules  libres,  formant  une 
sorte  d’avant-bras  qui  soutient  la  main.  Un 
autre  caractère  consiste  dans  la  force  de 
petites  nageoires  dorsales  séparées,  sou¬ 
tenues  chacune  par  un  rayon  épineux, 
aplati,  portant  quelques  rayons  articulés, 
innées  par  une  membrane  ;  le  nombre  de 
ces  nageoires  varie  de  seize  à  dix-huit.  Le 
bord  de  la  mâchoire  supérieure  est  formé 
par  les  inter-maxillaires  immobiles,  et  au 
milieu  comme  dans  les  Poissons  de  la  fa¬ 
mille  des  Clupées,  et  par  des  maxillaires 
jouant  sur  les  côtés.  La  mâchoire  inférieure 
est  composée  de  sept  pièces  osseuses  distinc¬ 
tes.  Les  ventrales  sont  très  reculées,  et  par 
conséquent  l’anale  est  rejetée  en  arrière 
sous  le  tronçon  de  la  queue.  Une  seconde 
dorsale  correspond  à  cette  nageoire  anale, 
et  la  position  de  cette  nageoire  a  fait  que 
M.  Geoffroy,  en  décrivant  le  Bichir,  l’a 
comparé  avec  le  Brochet ,  sorte  de  poisson 
de  nos  eaux  douces  avec  lequel  il  n’a  au¬ 
cune  affinité  ,  n’étant  pas  même  de  cette 
famille.  Une  grande  plaque  osseuse  couvre 
la  joue,  et  une  autre  plus  mobile  existe  sur 
une  fossette  qui  répond  aux  mastoïdiens. 
Les  viscères  dégustifs  présentent  cela  de  re¬ 
marquable,  qu’une  valvule  en  spirale  suit 
le  gros  intestin,  comme  dans  les  Raies  ou 
les  Squales.  U  y  a  deux  vessies  natatoires. 
Tout  le  corps  du  Bichir  est  couvert  d’é- 
cailles  osseuses  et  dures,  comme  les  Lépi- 
sostées.  M.  Geoffroy  n’a  pu  rien  apprendre 
sur  les  habitudes  des  Bichirs  qui ,  à  cette 
époque,  étaient  très  rares  dans  le  Nil.  M. 
Geoffrov-Saint-Hilaire  a  fait  un  genre  dis¬ 
tinct  du  Bichir,  sous  le  nom  de  Polyptère 
[voyez  ce  mot).  Depuis  lui,  on  a  trouvé  une 
autre  espèce  de  ce  genre  dans  le  Sénégal. 


m 


BIC 


BID 


BICHON  ou  CHIEN  DE  MALTE. 

mam.  —  Jolie  petite  espèce  de  Chiens,  pro¬ 
venant  du  croisement  du  petit  Barbet  et  de 
l’Épagneul.  Voyez  chien. 

BICHON  DE  MER.  échin  —  Syno¬ 
nyme  de  Balate. 

* BICII Y,  Lunan.  bot.  ph. —  Synonyme 
de  Lunanea. 

BICLE  ou  BIGLE,  mam. — Nom  d’une 
espèce  de  Chien  commune  en  Angleterre  , 
qu’on  emploie  pour  la  chasse  du  Lièvre. 

*  BICIPITÉ  (bis j  deux  ;  caput,  tête). 
bot.  ph.  —  On  désigne,  par  cette  épithète, 
la  carène  des  fleurs  légumineuses  ,  quand 
les  deux  pièces  qui  la  composent  sont  sou¬ 
dées  aux  deux  extrémités. 

*  BICONJTJGUÉ  ou  BIGÉMINÉ.  Bi- 
conjugatus  (bis,  deux;  conjugo,  je  joins). 
bot.  th. —  Se  dit  d’une  feuille  dont  les  deux 
pétioles  secondaires  portent  chacun  une 
paire  de  feuilles  :  exemples  le  Mimosa  sen- 
sitiva  L. ,  Mimosa  unguis  cati  L.  Voyez 

FEUILLES.  (A.  R.) 

BICORNE  (bis,  deux;  cornu,  corne). 
intest.  —  Synonyme  de  Ditrachycère. 

*  BICORNELLA.  bot.  ph.  —  Genre  de 

la  famille  des  Orchidées,  tribu  des  Ophry- 
dées  ,  établi  par  M.  Lindley  (Bot.  reg. ,  n° 
3701)  pour  une  plante  de  Madagascar,  dont 
la  tige  feuillée  porte  de  petites  fleurs  dispo¬ 
sées  en  épi.  Les  folioles  externes  du  calice 
sont  réunies  à  leur  base  en  un  tube,  et  tou¬ 
tes  rapprochées.  Les  intérieures,  parallèles 
aux  premières,  sont  réunies  avec  la  division 
supérieure  pour  former  une  sorte  de  casque. 
Le  labelle  étalé ,  dépourvu  d’éperon ,  est  à 
trois  lobes,  celui  du  milieu  multifide,  les 
deux  latéraux  à  trois  lobes.  L’anthère  est 
dressée,  allongée,  à  deux  loges  se  prolon¬ 
geant  à  sa  base  et  se  soudant  au  rostelle,  qui 
est  trifide.  (A.  R.) 

BICORNES,  bot.  ph.  — Yentinat  avait 
donné  ce  nom  à  la  famille  des  Éricinées  de 
Jussieu. 

*  BICOURONNÉ.  Bicoronatus  (  bis , 
deux;  corona ,  couronne),  bot.  ph.  — Nom 
sous  lequel  M.  Cassini  désigne  les  Calathi- 
des  qui  offrent  trois  sortes  de  fleurs  diffé¬ 
rentes  par  la  corolle. 

BICIJCULLA,  Borckaus.  (bis,  deux; 
cuculla,  capuchon),  bot.  ph.  • — Synonyme 
de  Corydalis  fungosa  dont  M.  Rafinesque 
a  formé  son  genr eÂdlumia.  Voyez  ce  mot. 


BICUCULLATA.  bot1,  ph. — Ce  genre, 

établi  par  Marchand  pour  le  Fumaria  eu - 
cullaria ,  a  été  placé  par  De  Candolle  dans 
le  genre  Diclytra.  Voyez  ce  mot. 

*BICUIRASSÉS.  crust. — Nom  donné 
par  Latreille  à  l’une  des  familles  dont  se 
compose  l’ordre  des  Stomapodes.  Cette  pe¬ 
tite  division  comprend  les  Phyllosomes  , 
etc.,  et  peut  être  caractérisée  de  la  manière 
suivante:  Carapace  foliacée,  horizontale, 
lie  s’appliquant  pas  contre  la  base  des  pattes 
et  ne  recouvrant  en  général  qu’une  petite 
portion  du  thorax;  thorax  également  dé¬ 
primé,  lamelleux,  et  n’offrant  pas  de  divi¬ 
sions  annulaires  distinctes  ;  pattes  ayant 
toutes  la  même  forme ,  disposées  pour  la 
natation  et  portant  un  palpe  flabellaire  très 
développé;  abdomen  en  général  très  peu 
développé  ;  point  de  branchies  proprement 
dites.  r  (M.  E.) 

BICUSPIDÉ.  Bicuspidatus  (bis,  deux; 
cuspis ,  pointe),  zool.  bot.  —  On  donne 
ce  nom ,  en  zoologie  ou  en  botanique  ,  aux 
organes  présentant  deux  pointes  divergentes 
ou  offrant  à  leur  sommet  une  échancrure 
bidentée. 

BIDACTYLE.  Bidactylîs  (bis,  deux; 
Sy.x.zu'ko ç  ,  doigt),  ois.  —  Cette  épithète  , 
formée  contre  toute  règle  étymologique  de 
l’association  de  deux  mots  de  langues  diffé¬ 
rentes,  a  été  employée  comme  synonyme  de 
Didactyle. 

*  BID  ARIA.  bot.  th.  —  Division  du 

genre  Gymnema,  R.  Br.,  de  la  famille  des 
Asclépiadacées  ,  indiquée  par  Endlicher 
(Gen.,Pl.  3498,  b),  et  caractérisée  par  5  li¬ 
gnes  velues,  décurrentes  sur  la  gorge  de  la 
corolle.  Le  type  de  ce  sous-genre  est  l’As- 
clepias  tingens  de  Roxburgh  (PL  Corom., 
t.  239),  (C.  L.) 

*  BIDDXJLPHIA  (en  l’honneur  de  Miss 

Biddulph  ,  botaniste  anglaise  ),  bot.  cr. 
—  (Phycées).  Genre  de  la  famille  des  Dia¬ 
tomées,  créé  par  M.  Gray  pour  le  Dia- 
toma  biddulphianum  Ag.,  avec  les  carac¬ 
tères  suivants  :  Frustules  de  forme  qua- 
drangulaire  ou  trapézoïde ,  adhérant  entre 
eux  par  des  angles  saillants  ,  de  manière  à 
former  des  filaments.  Ce  genre ,  auquel 
nous  avons  cru  devoir  réunir  le  genre  Isth- 
mia,  Ag.,  renferme  trois  espèces  qui  habi¬ 
tent  nos  mers  d’Europe  et  se  trouvent  at¬ 
tachées  aux  Algues.  (Brêb.) 


Bîl) 


567 


*  BIDENS  (bis,  deux  5  dens,  dent),  ois. 

_ Genre  formé  par  Spix  sur  un  oiseau  de 

proie  du  Brésil ,  synonyme  de  Harpagus, 
Vig.,  qui  lui  est  antérieur.  Voyez  ce  dernier 
mot.  (Lafr.) 

BIDENS  (bis  ,  deux  ;  dens ,  dent  5  son 
fruit  est  surmonté  de  deux  dents  aiguës). 
bot.  ph. —  Le  genre  Bidens  appartient  à  la 
famille  des  Composées  ,  tribu  des  Sénécio- 
nées,  telle  que  la  comprend  M.  De  Candolle. 
Il  a  pour  caractères  :  Capitules  multiflores, 
homogames,  discoïdes  ou  radiées  sur  un 
même  individu,  et  dans  ce  cas,  les  fleurons 
de  la  circonférence  sont  neutres.  Involücre 
composé  d’écailles  bisériées,  semblables  ou 
différentes  entre  elles.  Réceptacle  plan  et 
paléacé.  Rameaux  des  styles  terminés  par 
un  appendice  conique,  très  court  et  papil- 
leux.  Fruit  plus  ou  moins  obcomprimé, 
surmonté  de  deux  pointes  aiguës  de  même 
consistance  que  la  sienne ,  et  munies  sou¬ 
vent,  au  sommet,  de  poils  raides,  dirigés  in¬ 
férieurement.  —  Les  Bidens,  qu’on  dé¬ 
signe  quelquefois  sous  le  nom  de  Chanvre 
aquatique ,  habitent  ordinairement  le  bord 
des  eaux,  et  se  rencontrent  dans  les  deux 
hémisphères.  La  plupart  d’entre  eux  sont 
des  plantes  annuelles ,  garnies  de  feuilles 
opposées,  plus  ou  moins  découpées  ou  pin- 
natifides  et  à  lobes  incisés.  Les  capitules 
renferment  des  fleurons  ordinairement 
jaunes,  plus  rarement  blancs;  ils  sont 
purpurins,  ainsi  que  les  fleurons  du  disque 
dans  une  seule  espèce.  (J.  D.) 

*BXDENTÉ.  Bidentatus  (bis,  deux  fois; 
dentatus,  denté),  zool.  —  Les  zoologistes 
donnent  cette  épithète  aux  animaux,  dont 
la  bouche  ou  le  bec  est  garnie  de  deux  dents 
ou  présente  une  double  échancrure.  Elle 
s’applique  encore  à  d’autres  organes  et  en¬ 
tre  autres  aux  antennes  des  Insectes,  quand 
elles  sont  dentées  des  deux  côtés. 

(C.  d’O.) 

* BIDENTE  ,  BIFIDE,  BIPARTI. 

Bidentatus ,  bifidus,bipartitus.  bot.ph. — 
Ces  trois  expressions  sont  en  quelque  sorte 
des  nuances  ou  des  degrés  divers  d’une  même 
disposition  d’un  organe.  Ainsi,  on  dit  d’une 
feuille,  d’un  pétale  ou  d’un  sépale  qu’il  est 
bidentê ,  quand  il  présente  à  son  sommet 
une  fente  peu  profonde  qui  le  partage  en 
deux  dents;  si  la  fente  s’étend  à  peu  près 
vers  le  milieu  de  la  hauteur  de  l’organe,  on 


BiE 

dit  qu’il  est  bifide;  il  est  biparti,  au  corn- 
traire  quand  l’incision  se  prolonge  plus 
profondément,  et  qu’elle  gagne  presque  la 
base  de  l’organe.  On  dit  dans  le  même 
sensd’un  calice  gamosépale  qu’il  estbidenté, 
bifide  ou  biparti.  (A.  R.) 

*BIDENTIDÉES.  bot.  ph.  —  Division 
de  la  tribu  des  Sénécionées,  correspondant 
à  celle  des  Coréopsidées  de  Cassini,  et  qui  a 
pour  caractères  :  Capitules  hétérogames  ,  à 
fleurons  de  la  circonférence  neutres,  très  ra¬ 
rement  discoïdes,  homogames.  Fruits  termi¬ 
nés  le  plus  ordinairement  au  sommet  par 
deux  pointes  garnies  de  poils  raides  et  ré¬ 
fléchis.  (J.  D.) 

*  BIDIGITÉ.  Bidigitatus  (  bis  ,  deux  ; 

digitus,  doigt),  bot.ph.— On  nomme  feuilles 
bidigitées,  celles  dont  le  pétiole  commun 
est  terminé  par  deux  folioles. 

BIBONA ,  Adans.  bot.  cr.  —  Syno¬ 
nyme  â'Hypnum. 

BÎEBER.  mam. — Synonyme  de  Castor. 

*  BIEBERSTEÎNIA  (  nom  propre  ). 
bot.  ph. —  Ce  genre,  établi  par  Stephan , 
d’après  une  plante  des  montagnes  de  l’A¬ 
sie,  a  été  consacré  à  l’un  des  botanistes 
qui  ont  rendu  le  plus  de  services  à  la  flore 
de  ces  montagnes  ,  l’auteur  du  Fier. 
Taurico  -  caucasica ,  Marschall  de  Bic- 
berstein.  Il  se  rapproche  des  Zygophyl- 
lées,  à  la  suite  desquelles  on  l’a  placé, 
et  où  M.  Endlicher  le  considère  comme 
devant  former  à  lui  seul  une  petite  sec¬ 
tion  à  part,  celle  des  Biéberstéiniées.  Le 
calice  est  profondément  5-parti,  et  ses  divi¬ 
sions  alternent  avec  autant  de  pétales  cour- 
tement  onguiculés  et  ouverts.  Étamines  10, 
insérées  avec  les  pétales  sur  le  pourtour 
d’un  disque  hypogynique  ,  alternativement 
plus  courtes  et  plus  longues  ;  celles  -  ci 
opposées  au  calice  et  accompagnées  exté¬ 
rieurement  d’une  glande  :  les  filets  sont 
dilatés  à  leur  base,  les  anthères  oscillantes. 
Les  ovaires,  au  nombre  de  5  et  opposés  aux 
pétales,  sont  presque  entièrement  libres  , 
portés  sur  un  gynophore  court  et  commun, 
munis  chacun  d’un  style  qui  s’insère  à 
son  angle  interne  au  dessus  de  sa  base,  et 
libre  dans  toute  son  étendue,  se  soude  par 
le  stigmate  obtus  qui  le  termine  avec  ceux 
des  4  autres  styles.  L’ovule  unique  est  sus¬ 
pendu  à  un  funicule  dressé  qui  naît  à  la 
hauteur  de  l’insertion  du  style.  Le  fruit  est 


668 


BIE 


BIP 


composé  de  5  carpelles  indéhiscents  ;  la 
graine  renversée,  légèrement  arquée,  re¬ 
couverte  d’un  tégument  membraneux,  sur 
lequel  on  voit  un  hile  ponctiforme  au  des¬ 
sous  du  sommet  et  une  large  cnalaze  au 
dessus  de  la  base,  joints  entre  eux  par  un 
Faphé  linéaire  j  l’embryon  sanspérisperme, 
vert,  à  cotylédons  oblongs  et  charnus,  à 
radicule  supère,  épaisse.  —  Les  espèces  de 
ce  genre  sont  des  plantes  vivaces  herba¬ 
cées,  indigènes  de  l’Asie  centrale,  de  l’At¬ 
las,  de  l’Himalaya  ,  de  la  Perse,  tout  héris¬ 
sées  de  poils  glanduleux;  à  feuilles  alternes, 
divisées  en  segments  pennés  avec  impaire 
et  incisés,  portés  sur  un  pétiole  commun  à 
la  base  duquel  sont  adnées  les  stipules.  Les 
fleurs  jaunes  forment  des  grappes  simples 
terminales.  (Ad.  J.) 

* BIÉBERSTÉINIÉE  Liut.ph.- Voy . 

BIEBERSTEINIA. 

BIELLOXJGE.  MAM.  -  VOyeZ  BELUGA. 

*BIE]\TEVEO  ou  PINTAGA.  ois.— 
C’est  le  nom  sous  lequel  Azara  a  décrit,  dans 
ses  Oiseaux  du  Paraguay,  une  espèce  de  Ty¬ 
ran,  qui  n’est  point,  comme  on  l’a  pensé  , 
l’espèce  appelée  vulgairement  Tyran  bec  en 
cuiller ,  figurée  dans  Buffon,  pl.  212,  et  dé¬ 
crite  sous  le  nom  de  Bentaveo  de  Buénos- 
Ayres  et  Pitangua  guacu  des  Brésiliens  ; 

1  eBienteveo  (je  te  vois  bien,  en  espagnol)  ou 
Pintaga  de  Azara,  n°  200,  appartient  au 
contraire  à  l’espèce  si  commune  du  Lanius 
sulphuratus  et  Corvus  flavus  de  Gmelin 
(Buff.  Enl.  296  et  249) ,  Tyrannus  magna- 
nimus  Yieill.  v.XXXV,  p.81);  tandis 

que  le  Bec  en  cuiller  est  décrit  parfaite¬ 
ment  sous  le  nom  deiVemei,  n°  199,  par 
Azara  ,  qui  dit  que  son  bec  est  beaucoup 
plus  large  qu’épais,  que  ses  bords  sont  sail¬ 
lants  en  dehors  comme  les  plats-bords 
d’une  embarcation,  etc.  ;  ce  qui,  joint  à  sa 
description ,  convient  parfaitement  au  Bec 
en  cuiller ,  tandis  que  celle  de  son  Bien- 
teveo  ou  Pintaga ,  dont  il  décrit  le  bec 
comme  aussi  large  qu’épais,  volumineux, 
droit,  ne  convient  qu’au  Lanius  sulphura¬ 
tus.  Il  est  incroyable,  malgré  cela,  que 
Sonnini ,  dans  sa  traduction  de  cet  auteur, 
ait  rapporté  ce  dernier  au  Bec  en  cuiller  et 
\eNeinei  ou  Lanius  sulphuratus .  L’erreur 
doit  provenir  primitivement  du  voyageur 
Commerson,  cité  par  Buffon,  comme  ayant 
rapporté  cet  oiseau  (le  Neinei )  de  Buénos- 


Ayres,  auquel  il  aura  probablement  m«! 
appliqué  cette  dénomination  espagnole  de 
Bienteveo.  L’erreur  s’est  propagée  depuis 
chez  tous  les  auteurs  qui  ont  décrit  ces  deux 
espèces  presque  semblables  de  plumage, 
mais  différant  entièrement  par  la  forme  de 
leur  bec.  (Lafr.) 

BIÈVRE,  mam.  —  Nom  ancien  du 
Castor. 

BIÈVRE,  ois. — Nom  vulgaire  du  Harle 
commun. 

BIF.  mam.  —  Prétendu  produit  de  l’ac¬ 
couplement  du  Taureau  avec  l’Anesse. 

BIF.  ois.  —  Nom  vulgaire  du  Pygargue 
orfraie,  Falco  ossifragus  Gm. 

BIF  ARIÉ .  Bifarius .  bot  .  ph  .  — Disposi¬ 
tion  dans  laquelle  les  feuilles  ou  les  autres 
organes  appendiculaires  des  végétaux  sont 
placés  en  deux  filets  ou  deux  rangées  oppo¬ 
sées  ;  ainsi,  les  feuilles  sont  bifariêes  dans 
le  Donax  bifarius  ;  les  poils  sont  bifariés 
dans  la  Veronia  chamœdrys  L.  ,  etc. 

(A.  R.) 

*  BIFERE  {bis,  deux  ;  fero ,  je  porte). 
bot.  ph. — Se  dit  des  plantes  qui  fleurissent 
deux  fois  dans  une  année. 

BIFIDE.  Bip, dus  {bis,  deux  ;  pndo,  je 
divise),  bot.  ph.  —  Voyez  bidenté. 

(A.  R.) 

BÏFEUILLE(6ü,  deux;  folium,  feuille). 
bot.  th.  —  Ce  nom  se  rapporte  à  plusieurs 
espèces  de  plantes,  et  a  été  formé  d’après 
leur  appellation  spécifiquetels;  sont  le  Ma- 
janthemum  bifolia,  VOrchis  bifolia  et  le 
Smilacinum  bifolia  (. Flor .  Wetter.)  ;  mais 
il  a  été  également  appliqué  à  deux  Ophrys  : 
les  O.  cordata  et  paludosa.  (C.  d’O.) 

*  BIFLORE  {bis,  deux;  flos,  flèur). 
bot.  ph.  —  Qui  renferme  ou  porte  deux 
fleurs. 

*BIFOLIOLÉ.  bot.  ph.  —  Se  dit  des 
feuilles  composées  de  deux  folioles. 

BIFORA  (  Corian ,  Link.  et  Hoffim. 
{Fl.  port.)-,  Ânidrum,  Neck.  {Biforis,  qui  a 
deux  portes,  deux  battants),  bot.  ph. — 
Genre  de  la  famille  des  Ombellifères,  tribu 
des  Coriandrées ,  formé  par  Hoffmann 
{Umbellif.  191,  f.  2),  pour  un  très  petit 
nombre  de  plantes  herbacées ,  annuelles  , 
fétides,  croissant  dans  le  midi  de  l’Europe  ; 
à  tiges  sillonnées-anguleuses,  garnies  de 
feuilles  décomposées;  à  fleurs  blanches,  dis¬ 
posées  en  ombelles  pauciradiées,  dont  l’in- 


BIG 


volucre  et  les  involucelles  nuis  ou  mono- 
phylles.  Le  nom  générique  de  cette  plante 
provient  de  la  forme  de  son  fruit,  qui  est  di- 
dyme ,  variqueux ,  et  dont  la  commissure 
est  concave  et  percée  de  deux  ouvertures  au 
sommet.  Le  type  est  le  Coriandrum  tesiicu- 
laium  L.  (G.  L.) 

*BIFORÉ.  Biforus  (  biforus ,  qui  a  deux 
trous),  bot.  —  Cette  épithète  s’applique  à 
toute  partie  d’un  végétal  qui  est  percée  de 
deux  trous  ;  telles  sont  les  anthères  des  Éri- 
cinées ,  etc. 

BIFORIS  ( bîforis ,  qui  a  deux  portes). 
bot.  ph.  —  Ce  genre ,  de  Sprengel ,  n’est 
autre  chose  que  le  Bifora  d’Hoffmann,  dont 
il  a  altéré  la  terminaison  en  l’adoptant.  Voy. 
BIFORA.  '  (C.  L.) 

BIFRE.  mam.  —  Synonyme  de  Bièvre. 

*BIFRENARIA.  bot.  ph. — Famille  des  Or¬ 
chidées,  tribu  des  Yandées.  Une  orchidée  bré¬ 
silienne,  d’abord  décrite  et  figurée  par  M.  Lod- 
diges  [Bot.  cab.,  1. 1 877)  sous  le  nom  de  Maxil- 
lariaairopurpurea,  est  devenue,  pour  M.  Lind- 
ley ,  le  type  d’un  genre  nouveau  qu’il  a  nommé 
Bifrenaria.  C’est  surtout  par  le  nombre  des 
masses  polliniques  que  ce  genre  se  distingue 
du  genre  Maxillaria.  (A.  R.) 

*BIFURCATION.  Bifurcatio  [bis,  deux 
fois  ;  furca ,  fourche),  bot.  —  On  nomme 
ainsi  l’endroit  où  une  branche,  une  tige,  etc., 
se  divise  en  2  ,  de  manière  à  figurer  une 
fourche. 

BIFURQUE  (  bis,  deux  fois  ;  furca ,  four¬ 
che).  bot.  cr.  —  (Mousses).  Nom  français 
donné  parPalisot  de  Beauvois  au  genre  Di- 
cranum.  (C.  M.) 

*BIFURQUÉ.  Bifurcalus  [bis,  deux  fois  ; 
furca,  fourche),  bot. —  Se  dit  d’un  organe 
généralement  cylindrique  ou  grêle  et  fili¬ 
forme  ;  les  tiges ,  les  rameaux ,  les  poils ,  les 
filets  des  étamines ,  etc.,  quand  ils  sont  di¬ 
visés  en  deux  branches  opposées.  (A.  R.) 

*BIFURQUÉES.  Bifurcatœ.  arach.  — 
M.  Walckenaër  applique  ce  nom  à  une  divi¬ 
sion  du  genre  Plectane  ,  comprenant  les  es¬ 
pèces  dont  l’abdomen  est  bifurqué ,  à  deux 
lobes ,  et  armé  de  plusieurs  épines  aux  ex¬ 
trémités  des  lobes.  (Bl.) 

*BIGAMEA  [bis,  deux  fois  ;  ya^oç ,  noces , 
mariage),  bot.  ph.  —  Arbrisseau  encore 
peu  connu,  découvert  dans  l’ile  de  Ceylan, 
où  il  grimpe  après  les  Lauriers  (  Cinnamo- 
mum),  et  dont  Kœnig  a  fait  un  genre  (  msc.  ) 

T.  II. 


BIG  569 

qu’on  rapporte  avec  doute  à  la  famille  des 
Combrétacées.  (C.  L.) 

BIGARRADE.  bot.  pii. — Nom  d’une  va¬ 
riété  d’ûranger. 

BIGARRÉ,  rept.  et  poiss.  — Nom  donné 
à  un  Tupinambis ,  à  un  Spare  et  à  un  Ché- 
todon. 

BIGARREAU,  bot.  ph.  — Nom  d’une  va¬ 
riété  de  Cerises.  On  appelle  Bigarreautier 
l’arbre  qui  la  produit. 

BIGARREAUTIER.  bot.  pii.  —  Voyez 

BIGARREAU. 

*BIGELOWIA  (nom  d’un  botaniste  améri¬ 
cain).  bot.  rn.  —  Ce  genre ,  fondé  par  De 
Candolle,  appartient  à  la  famille  des  Compo¬ 
sées,  tribu  des  Sénécionées  et  des  Solidagi- 
nées.  Il  présente  pour  caractères  :  Capitule  3- 
5-flore,  homogame,  ou  parfois  hétérogame 
par  la  présence  d’un  seul  fleuron  ligulé.  Invo- 
lucre  oblong,  composé  d’un  petit  nombre  d’é- 
cailles  dressées,  imbriquées.  Réceptacle  cou¬ 
vert,  au  centre,  de  paillettes  à  bases  assez 
larges  et  égales  aux  fruits  ;  fleurons  du  dis¬ 
que  tubuleux,  à  5  divisions  ;  anthères  dépour¬ 
vues  d’appendices  basilaires.  Fruits  oblongs, 
légèrement  anguleux,  couverts  de  poils  et  sur¬ 
montés  d’une  aigrette  formée  d’une  seule 
rangée  de  poils  raides  et  scabres. — Les  Bige- 
lowia  sont  indigènes  des  États-Unis  d’Améri¬ 
que.  Ce  sont  des  plantes  herbacées,  à  feuilles 
alternes,  entières,  munies  de  capitules  dis¬ 
posés  en  corymbe  et  renfermant  des  fleurons 
jaunes.  (J.  D.) 

*BIGELOWIA.  Borya ,  Willd.  ;  Adelia , 
L.-C.  Rich.  (nom  propre),  bot.  ph.  —  Genre 
formé  par  E.  Smith  [in  Rces  Cycl.  nonalior .), 
rapporté  avec  doute  à  la  famille  des  Antides- 
mées,  non  adopté,  et  regardé  comme  syn.  du 
Goresiiera  de  Poiret.  (C.  L.) 

*BIGELOWIA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Spermacocées ,  tribu 
des  Anthospermées-Euspermacocées ,  formé 
par  Sprengel  (N.  Endeck.  II,  144)  et  rap¬ 
porté  comme  synonyme  au  Borreria  de 
Meyer.  ^  ^  (C.  L.) 

*BIGÉMINÉ.  Bigeminatus  [bis,  deux  fois  ; 
geminus,  gémeau),  bot.  —  Une  feuille  compo¬ 
sée  est  dite  bigéminée ,  quand  le  pétiole  com¬ 
mun  se  divise  en  2  pétioles  secondaires  por¬ 
tant  chacun  une  paire  de  folioles  ;  telles  sont 
les  feuilles  du  Mimosa  sensüiva ,  etc.  (A.  R.) 

*BIGÉNÉRIIME.  Bigenerina  [bis,  deux 
fois  \generis  [genus],  genre),  moll.— Genre  de 
36* 


BIG 


BIG 


570 

la  classe  des  Foraminifères ,  famille  des  Po- 
lymorphinidœ  ,  que  j’ai  établi  pour  des  Co¬ 
quilles  microscopiques  ainsi  caractérisées  : 
Coquille  libre ,  régulière ,  équilatérale ,  très 
rugueuse.  Loges  alternant  d’une  manière  ré¬ 
gulière  sur  deux  axes  dans  le  jeune  âge  ;  puis 
sur  ces  premières  loges  alternes,  à  l’âge  adulte, 
viennent  s’empiler,  sur  un  seul  axe  longitu¬ 
dinal,  des  loges  uniques,  dont  l’extrémitc  su¬ 
périeure  est  percée  d’une  ouverture  centrale. 

Ce  genre  offre,  dans  le  jeune  âge  de  la  co¬ 
quille  ,  une  véritable  Textularia  ( voy .  ce 
mot),  ou  le  mode  d’accroissement  venant 
tout  à  coup  à  changer,  les  loges  sont  empi¬ 
lées  sur  une  seule  ligne  ;  ainsi,  ce  genre  pré¬ 
sente  à  la  fois  la  conformation  des  Textulai- 
res  et  celle  des  Nodosaires ,  en  établissant  un 
passage  entre  les  Stichostègues  et  les  Enal- 
lostègues,  par  la  réunion  des  caractères  de 
ces  2  ordres.  Ce  g.  diffère  des  Gemmulines  par 
son  ouverture  centrale  au  lieu  d’être  latérale. 
On  en  connaît  jusqu’à  présent  3  esp. ,  vivant 
toutes  dans  la  mer  Adriatique.  (A.  d’O.) 

*BIGIBBEUSES.  Bigibbosœ.  arach.  — 
M.  Walckenaër  désigne  sous  ce  nom  une  pe¬ 
tite  sous-division  du  genre  Épeire ,  compre¬ 
nant  les  espèces  dont  l’abdomen  est  pourvu 
en  dessus  de  2  tubercules.  Voy.  épeire.  (Bl.) 

BÏGITZ.  ois.  —  Synonyme  de  Vanneau 
d’Europe,  Tringà  vanellus  L. 

BIGLE.  MAM.  —  Voyez  BICLE.  ! 

BIGNI.  moll.  —  Adanson  a  donné  ce  nom 
à  une  petite  coquille  que  plusieurs  conchy- 
liologistes  ont  rapportée  au  Büccimim  niii- 
dulum  de  Linné.  (C.  n’O.) 

BIGNONÏÂ.  Oroxylum  ,  Vent.  ;  Sienolo- 
bium,  Don.  (L’abbé  Bignon,  bibliothécaire  de 
Louis  XIV).  bot.  pu.  —  Genre  type  de  la 
famille  des  Bignoniacées ,  tribu  des  Bigno- 
niées-Eubignoniées,  formé  par  Jussieu  (Gen. 
139),  lequel,  bien  que  beaucoup  d’espèces  en 
aient  été  retirées  pour  devenir  les  types  de  g. 
nouveaux,  en  renferme  encore  un  grand 
nombre,  dont  près  de  60  ont  été  introduites 
dans  les  jardins  d’Europe,  où  on  les  cultive 
comme  plantes  d’ornement.  Nous  citerons 
particulièrement  les  Bignonia  caprèolata  , 
œquinoctialis ,  Chamberlayni ,  alliacea ,  spec- 
iabilis ,  amœna ,  speciosa ,  etc. ,  etc.  Ce  sont 
des  arbres  ou  des  arbrisseaux  croissant  sous 
toute  la  zône  tropicale ,  très  souvent  grim¬ 
pants  et  cirrhifères  ;  à  feuilles  opposées,  sim-  J 
pies,  conjuguées,  ternées ,  digitées  ou  pen¬ 


nées  ;  à  fleurs  axillaires  et  terminales , 
souvent  paniculées ,  et  dont  le  périanthe  est 
blanc,  ou  jaune,  ou  rouge.  (C.  L.) 

BIGNONIACÉES.  bot.  ph.  —  Famille  de 
plantes  dicotylédones,  monopétales  hypogy- 
nes,  la  dernière  que  l’illustre  De  Candolle  ait 
préparée  pour  son  Prodrome.  Nous  suivrons 
ici  la  distribution  qu’il  a  proposée,  et  qui 
diffère  en  quelques  points  de  celles  qu’ont 
adoptées  les  autres  auteurs.  Quoique  ne  pou¬ 
vant  être  considérée  comme  définitive  ,  elle 
se  trouve,  pour  le  moment,  le  plus  au  niveau 
de  la  science,  et  présente  quelques  éléments 
nouveaux  qui  manquent  dans  les  autres. 
Voici  les  caractères  des  Bignoniacées  dans 
les  limites  qu’il  leur  assigne  :  Calice  irrégu¬ 
lier,  à  cinq  divisions  plus  ou  moins  profon¬ 
des,  ou  à  deux  lèvres,  d’autres  fois  prolongé 
d’un  côté  en  manière  de  spathe.  Corolle  à 
tube  souvent  renflé,  à  limbe  divisé  réguliè¬ 
rement,  ou  plus  ordinairement  partagé  en 
deux  lèvres  :  la  supérieure  entière  ou  bilo- 
bée  ,  l’inférieure  trilobée.  Étamines  5  ,  al¬ 
ternant  avec  les  lobes,  dont  une  presque  con¬ 
stamment,  trois  assez  rarement,  avortent. 
Anthères  à  deux  loges  souvent  divariquées , 
s’ouvrant  par  une  fente  longitudinale.  Ovaire 
placé  sur  un  disque  annulaire ,  surmonté 
d’un  style  simple  que  termine  un  stigmate  bi- 
lamcllaire,  partagé  en  deux  loges  séparées  par 
une  cloison  complète  ou  très  rarement  incom¬ 
plète  ,  dont  les  bords  appliqués  au  péricarpe 
portent  des  séries  d’ovules  nombreux.  Il  de¬ 
vient  un  fruit  capsulaire  à  deux  valves ,  ou 
beaucoup  plus  rarement  charnu;  sa  forme  et 
sa  déhiscence  par  rapport  à  la  cloison  qui  porte 
les  graines  attachées  vers  son  bord,  varient, 
et  ont  fourni  les  caractères  d’après  lesquels 
la  famille  a  été  divisée  en  plusieurs  tribus  ou 
sous-tribus,  et  qui  seront  exposées  plus  bas. 
Graines  nombreuses,  ordinairement  aplaties 
et  environnées  d’une  expansion  membra¬ 
neuse,  en  forme  d’aile  dans  les  fruits  déhis¬ 
cents,  sans  aile  dans  les  fruits  charnus,  re¬ 
vêtues  en  dedans  d’une  peau  membraneuse 
et  coriace  et  dépourvues  de  périsperme.  Em¬ 
bryon  à  cotylédons  foliacés,  réniformes  ou 
bilobés,  à  radicule  courte,  dirigée  vers  le  hile, 
et  par  conséquent  vers  le  bord  de  la  cloison. 

Les  Bignoniacées  sont  des  arbres  ou  des  ar¬ 
brisseaux  ,  très  souvent  des  lianes ,  et  le  bois 
de  celles-ci  se  reconnaît  à  un  caractère  parti¬ 
culier  extrêmement  remarquable,  le  partage 


BIG 


du  corps  ligneux  en  plusieurs  lobes  dont  l'in¬ 
tervalle  est  rempli  par  le  corps  cortical,  et  qui, 
ordinairement  au  nombre  de  4,  figurent  une 
sorte  de  croix  de  Malte.  Les  feuilles  sont  pres¬ 
que  constamment  opposées,  simples  ou  com¬ 
posées  ,  et  fréquemment  terminées  en  une 
vrille  simple  ou  rameuse,  dépourvues  de  sti¬ 
pules.  Les  fleurs  ,  souvent  remarquables  par 
leur  beauté,  forment  le  plus  ordinairement 
despanicules  terminales;  l’inflorescence  est 
plus  rarement  axillaire,  ou  opposée  aux  feuil¬ 
les,  ou  uniflore.  C’est  sous  les  tropiques  dans 
les  deux  hémisphères ,  et  surtout  en  Amé¬ 
rique,  qu’on  trouve  la  plupart  des  Bignonia- 
cées,  quoique  quelques  unes  se  rencontrent 
dans  les  climats  tempérés ,  au  sud  jusqu’au 
Chili ,  au  nord  jusque  dans  la  Pensylvanie. 
Leur  nombre  connu  dépasse  maintenant  350. 

Genres. 

lre  tribu.  BIGNONIÉES.  Fruit  déhiscent. 
Graines  ailées. 

lre  sous-tribu.  Eubignoniées.  Valves  planes 
ou  convexes ,  séparées  par  une  cloison  pa¬ 
rallèle  ,  et  s’ouvrant  sur  les  bords  de  celle- 
ci.  Cette  déhiscence  est  tout-à-fait  analogue 
à  celle  des  Crucifères  latiseptées. 

Bignonia,  L.  —  Oroxylum,  Vent.  —  Steno- 
lobium ,  Don.  —  Stereospermum,  Chamiss.  — 
Cuspidaria ,  DC.  —  Arrabidia,  DC. —  Astian- 
thus,  Don.  —  Calosanthes,  Bl.  —  Amphilo- 
pbium,  Kunth.  —  Aplolophium ,  Chamiss.  — 
Miilingtonia ,  L.  fils,  non  Roxb.  — Argylia, 
Don.  — Lundia ,  DC.  non  Schum. —  Mansoa , 
DC.  —  Delostoma,  Don. 

2e  sous-tribu.  Catalpées.  Valves  planes  ou 
convexes  auxquelles  est  opposée  la  cloison. 
Déhiscence  loculicide. 

Helerophragma  ,  DC.  —  Pajanelia ,  DC.  — 
Spathodea ,  Beauv.  —  Zeyheria  ,  Mart.  — 
Chasmia,  Schott.  —  Tabebuia ,  Ant.  Gomez. 

—  Catalpa ,  Scop.  —  Chilopsis  on.  —  Fri- 
dérida ,  Nees  et  Mart.  —  Tecoma  ,  Juss.  — 
JYeowedia  ,  Schrad.  —  Paulownia ,  Sieb.  et 
Zucc.— Jacaranda,  Juss. —  Tourretia ,  Domb. 

—  j Éccremocarpus ,  Ruiz  et  Pav.  —  Calam- 
pelis ,  Don. 

3e  sous-tribu.  Gelsémiées.  Valves  pliées  en 
carène  sur  elles-mêmes,  formant  la  cloison 
par  la  soudure  intime  de  leurs  bords  sé- 
minifères. 

Gelsemiumf  Juss.  —  Plalycarpum ,  Kuntfh. 


BI&  571 

GENRES  IMPARFAITEMENT  CONNUS  OU  ANOMAUX. 

IVigbtia ,  Wall.  —  Eslerhazya ,  Mik.  — 
Schrebera ,  Roxb.  —  Psilogyne,  DC.  —  Bra- 
vaisia ,  DC.  —  Bhigozum,  Burch. —  Pellospet '- 
mum,  DC.  —  Holoregmia  ,  Nees.  —  Trigono- 
carpus,  Wall. 

2e  tribu.  CRESCENTINÉES.  Fruit  charnu. 

Graines  non  ailées. 

lre  sous-tribu.  Tanæciées.  Fruit  allongé  en 

forme  de  silique. 

Colea,  Boj.  —  Boulonia ,  DC.  —  Arlrophyl - 
lum  ,  Boj.  —  Parmentiera  ,  DC.  —  Tanœ- 
dum ,  Sw. 

2e  sous-tribu.  Crescentiées.  Fruit  ovale  ou 

globuleux,  1-loculaire  à  la  maturité. 

Crescentia ,  L.  — Kigelia ,  DC. —  Tripinna- 
ria ,  Pers. 

M.  Endlicher  adopte  une  division  égale¬ 
ment  fondée  sur  le  fruit,  mais  un  peu  diffé¬ 
rente.  Deux  de  ses  tribus,  les  Sésamées  et  les 
Incarvillées ,  se  trouvent  exclues  ici  ;  la  pre¬ 
mière  se  rapproche  des  Pédalinées ,  la  se¬ 
conde  des  Cyrtandracées.  (Ad.  J.) 

BIGNONIÉES.  bot.  pu.  —  Foyez  bigno- 
niacees. 

BIHAI.  bot.  ph.  —  Famille  des  Musacées. 
Plumier  appelait  ainsi  le  genre  que  tous  les 
botanistes  ont,  depuis  Linné,  désigné  sous  le 
nom  d’Heliconia.  Voy.  ce  mot.  (A.  R.) 

BIHOBEAU.  ois.  —  Espèce  de  Héron 
adoptée  comme  sous-genre  de  notre  genre 
Héron.  Voy .  ce  dernier  mot.  (Lafr.) 

BIJUGUÉ.  Bijugus  ( bis ,  deux  fois  ; 
paire),  bot.  —  Quand ,  dans  une  feuille  com¬ 
posée  pinnée ,  les  folioles  sont  opposées  et 
par  conséquent  disposées  par  paires,  le  nom¬ 
bre  de  ces  paires  peut  revenir  à  un  caractère 
propre  à  distinguer  les  espèces  ;  on  dit  aussi 
que  les  feuilles  sont  bijuguées  ,  quand  elles 
se  composent  de  deux  paires  de  folioles  su¬ 
perposées  ,  placées  sur  un  pétiole  commun  : 
telles  sont  celles  du  Lathyrus .  (A.  R.) 

BIRERA,  Adans.  bot.  ph.  —  Synonyme 
de  Tetragonocheta. 

*BÏKKIA.  Cormigonus,  Raf.  (nom  propre). 
bot.  ph. — La  seule  espèce  de  ce  genre,  formé 
par  Reinwardt  (in  Blum.  Bijdr.,  1017)  et  ap¬ 
partenant  à  la  famille  des  Rubiacées  (Cin- 
chonacées,  tribu  des  Hédyotidées-Rondélé- 
tiées) ,  est  un  petit  arbre  encore  peu  connu , 
découvert  dans  les  îles  Moluques ,  entière- 


BIL 


&7Z 

ment  glabre  ;  à  feuilles  opposées ,  obovales , 
obtusiuscules ,  pétiolées ,  cunéiformes  à  la 
base,  presque  sans  nervures,  sauf  la  médiane  ; 
à  stipules  courtes,  tronquées,  concrètes,  em¬ 
brassantes;  à  fleurs  blanches,  portées  par  des 
pédicelles  axillaires ,  solitaires ,  uniflores. 
C’est  le  Portlandia  tetrandra  de  Forster, 
YHofmannia  amicorum  de  Sprengel.  (C.  L.) 

*BIL  ABIÉ,  Bilabiatus  (  bis ,  deux  fois  ;  la¬ 
bium,  lèvre),  bot.  —  Expression  employée 
pour  désigner  un  calice  ou  une  corolle  irré¬ 
gulière,  dont  les  parties  distinctes  ou  sou¬ 
dées  sont  disposées  de  manière  à  représenter 
deux  lèvres ,  l’une  supérieure  et  l’autre  in¬ 
férieure.  Les  familles  des  Labiées,  des  Acan- 
thacées ,  etc. ,  nous  offrent  des  exemples 
nombreux  de  cette  forme  de  corolle.  (A.  R.) 

*BILABRELLA  [bis ,  deux  fois;  labrella , 
diminutif  de  labrum  ,  lèvre),  bot.  ph.  —  Le 
genre  ainsi  nommé  par  Lindley  [Bot.  reg ., 
n.  1701)  est  le  même  que  le  Bonatea  de  Will- 
denow.  Voy.  bonatea.  (A.  R.) 

BILAC ,  Rumph.  bot.  ph.  —  Synonyme 
présumé  d’Ægle. 

*BILAMELLÉ  [bis,  deux  fois  ;  lame  lia,  la¬ 
melle).  bot.  —  On  a  donné  cette  épithète  aux 
organes  des  plantes  composés  de  2  lamelles  ; 
tels  sont  le  stigmate  des  imulas  et  les  cloi¬ 
sons  marginaires  des  Rhododendrum. 

"BILATÉRAL.  Bilateralis  [bis,  deux  fois  ; 
laïus ,  côté),  bot.  —  Se  dit  des  parties  d’une 
plante  disposées  des  deux  côtés  d’un  organe 
central  ;  ainsi  une  anthère  est  bilatérale, 
quand  ses  lobes  sont  attachés  aux  deux  cô¬ 
tés  opposés  du  filet.  Un  placentaire  est  bila¬ 
téral  ,  quand  il  est  fixé  aux  deux  côtés  des 
péricarpes.  (C.  d’O.) 

BILDSTEIN  (pierre  à  sculpture ,  en  alle¬ 
mand).  min.  —  Même  chose  que  Pagodite. 

(Del.) 

BILE.  zool.  —  Voyez  foie. 

BILïïMONTIA.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Jusquiame. 

BILLARDIERA.  Labillardiera ,  Rœm.  et 
Schult.  (Labillardière,  célèbre  voyageur  fran¬ 
çais).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Pit- 
tosporacées ,  formé  par  Smith  (  Nov.  Holl. 
1, 1),  et  comprenant  un  petit  nombre  d’ar¬ 
bustes  indigènes  dans  la  Nouvelle-Hollande 
extra-tropicale  et  l’île  de  Diémen,  à  rameaux 
volubiles,  munis  de  feuilles  alternes  très  en¬ 
tières,  crénelées  ou  sinuées-dentées;  à  fleurs 
jaunes ,  portées  sur  des  pédoncules  simples, 


BIL 

solitaires,  uniflores,  pendant  du  sommet  de» 
rameaux.  On  en  cultive  dans  les  jardins  & 
ou  C  espèces.  (C.  L.) 

BILLARDIERA  (Labillardière,  voyageur 
français),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  dés 
Rubiacées ,  tribu  des  Psychotriées-Coffééés , 
formé  par  Wahl  [Ecl.  prœf. ,  1.  13,  t.  10),  et 
synonyme  du  genre  Coussarea  d’Aublet. 

(C.  L.) 

BILLARDIERA  (Labillardière,  voyageur 
français),  bot.  pii.  —  Genre  de  la  famille  des 
Yerbénacées-Verbénées ,  formé  par  Mœncli 
(. Meihod .  369),  et  synonyme  de  Verbena. 

(C.  L.) 

"BILLBERGIA  (nom  propre),  bot.  ph.-— 
Genre  de  la  famille  des  Broméliacées ,  qui  se 
compose  de  belles  plantes  vivaces  et  souvent 
parasites ,  toutes  originaires  de  l’Amérique 
tropicale,  et  que  la  beauté  de  leurs  fleurs  a 
fait  depuis  long-temps  introduire  dans  les  ser¬ 
res  des  amateurs.  Ce  sont  des  plantes  à  feuilles 
raides ,  étroites,  souvent  armées  de  dents  épi¬ 
neuses  sur  leurs  bords  ,  réunies  en  touffe  à 
la  base  de  la  tige  ;  en  un  mot ,  rappelant  en 
général  le  port  de  l’Ananas.  La  tige  qui  naît 
de  cet  assemblage  de  feuilles  est  tantôt  nue , 
tantôt  garnie  de  feuilles  plus  courtes.  Les 
fleurs ,  assez  grandes  et  variées  dans  leur 
coloration  ,  sont  disposées  en  épis,  et  accom¬ 
pagnées  de  grandes  bractées  foliacées  et  co¬ 
lorées.  Le  calice  est  tubuleux ,  adhérent  par 
sa  base  avec  l’ovaire  infère ,  composé  de  six 
sépales  disposés  sur  deux  rangs  :  trois  exté¬ 
rieurs  dressés  ,  quelquefois  roulés  en  dehors 
à  leur  sommet ,  qui  est  souvent  renflé  et  obli¬ 
quement  dilaté;  trois  plus  internes,  assez 
souvent  plus  longs,  munis  ordinairement,  à 
leur  base  interne,  d’une  écaille  pétaloïde  et 
frangée ,  qui  manque  quelquefois.  Les  éta¬ 
mines,  au  nombre  de  six ,  sont  libres  et  atta¬ 
chées  à  la  base  du  calice,  juste  au  point  où 
les  six  sépales  se  soudent  en  un  tube.  Le 
style  grêle  et  filiforme  se  termine  par  trois 
stigmates  linéaires  roulés  en  spirale.  Le  fruit 
est  une  baie  ovoïde  ou  globuleuse ,  couron¬ 
née  par  le  calice  persistant ,  à  trois  loges,  con¬ 
tenant  chacune  un  grand  nombre  de  graines 
attachées  à  leur  angle  interne. 

On  possède  déjà  une  trentaine  d’espèces 
de  ce  genre.  Un  grand  nombre  d’entre  elles 
ont  été  primitivement  décrites  sous  le  nom  de 
Bromelia  ;  au  moins  les  deux  tiers  dê  ces  es¬ 
pèces  sont  originaires  dès  diVêrses  prôvinces 


BIL 


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573 


du  Brésil.  Plusieurs  se  cultivent  avec  avan¬ 
tage  dans  nos  serres  ;  telles  sont  les  Billber- 
gia  pallida  Hook.,  nudicaulis  ,  arriœna  ,  etc. 
Toutes  ces  espèces  exigent  la  serre  chaude,  et 
se  multiplient  facilement  par  éclats.  (A.  R.) 

BILLE  D’IVOIRE,  moll.  —  Les  mar¬ 
chands  et  les  amateurs  désignent  sous  ce  nom 
la  Lucina  pensylvanica  Lam.,  à  cause  de  la 
blancheur  éclatante  de  sa  coquille ,  surtout 
lorsqu’elle  a  été  polie.  (G.  d’O.) 

*BILLÉE.  Billœa.  ins.  —  Genre  de  Dip¬ 
tères,  établi  par  M.  Robineau-Desvoidy,  pour 
y  placer  une  seule  espèce  qu’il  nomme  B. 
grisea ,  et  dont  les  caractères  génériques  sont 
ceux  des  Myosostomes ,  avec  cette  seule  diffé¬ 
rence  que  le  dernier  article  antennaire  est 
comprimé  et  arrondi  au  sommet  avec  le  chète 
villeux.  Ce  g.  fait  partie  de  la  famille  des  Ca- 
lyptérées  et  de  la  tribu  des  Macropodées. 
M.  Macquart  comprend  cette  espèce  dans  son 
g.  Omalogastre.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

BILLON  et  BILLOLS.  bot.  pii.  —  Nom 
vulgaire  de  la  Vesce  cultivée  en  Languedoc. 
On  désigne  aussi  sous  ce  nom  les  chevelus 
de  la  racine  de  Garance ,  qui  donnent  une 
teinture  de  qualité  inférieure.  (C.  d’O.) 

*BlLLOTTIA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Myrtacées,  tribu  des 
Leptospermées,  formée  par  R.  Brown  (. Journ . 
Geog.  Soc.,  I,  19) ,  et  comprenant  quelques 
espèces  de  Leptospermum  (sect.  Agonis,  DG.). 
Ce  sont  de  petits  arbres  ou  des  arbrisseaux  de 
la  Nouvelle-Hollande  austro-occidentale;  à 
feuilles  alternes,  exslipulées ,  linéaires-lan- 
céolées,  trinerves  ;  à  fleurs  blanches,  réunies 
en  capitules  globuleux,  denses,  et  sessiles 
dans  l’aisselle  des  feuilles.  (C.  L.) 

*BILLOTTTA  (T.  Billiotti,  fille  de  Colla). 
bot.  ph.  — Genre  de  la  famille  des  Myrta¬ 
cées,  tribu  des  Leptospermées,  fondé  par 
Colla  (Üort.  Bipiit.,  app.  2,  t.  23  ) ,  et  syno¬ 
nyme  du  genre  Caloihamnus,  Labill.,  de  la 
même  famille  (C.  L.) 

*BILLOTTIA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Genre  rapporté  avec  doute  à  la  famille  des 
Rubiacées,  formé  par  De  Candolle  sur  le 
Viviania  psychotrioides  de  Colla ,  et  rapporté 
comme  synonyme  au  genre  Melanopsidium 
deCels.  (C.  L,) 

BILLOUS.  bot.  ph.  —  Voyez  bili.on. 

*BILOBÉ.  Bilobus  (bis,  deux  fois  ;  lobus , 
lobe),  bot.  —  On  dit  qu’un  organe  est  bilobé 
quand  ses  deux  divisions  Sont  séparées  par 


un  sinus  plus  ou  moins  arrondi  à  sa  base.  Ce 
mot  s’emploie  aussi  comme  synonyme  de 
dicotylédon.  (C.  d’O.) 

*BILOCUL  A  IRE .  Bilocularîs  (bis,  deux 
fois  ;  loculus,  loge),  bot.  —  Ün  ovaire,  un 
fruit,  une  anthère  sont  biloculaires ,  quand  ils 
présentent  deux  cavités  ou  loges  (i loculi ).  V oy. 

OVAIRE  ,  ANTHÈRE  ,  ETAMINES.  (A.  R.) 

*BILOCIJLI]\'E.  Biloculina  (bis,  deux  fois  ; 
loculus ,  loge),  moll.,  foram.  —  Les  Coquilles 
microscopiques  dont  j'ai  formé  ce  genre  sont 
des  plus  remarquables  par  leur  singulier  ac¬ 
croissement.  Elles  sont  libres  ,  régulières , 
équilatérales,  globuleuses  ou  comprimées, 
composées  d’une  sorte  de  pelotonnement  sur 
deux  faces  opposées ,  formées  de  loges  em¬ 
brassantes  se  recouvrant  entièrement,  de  ma¬ 
nière  à  ne  laisser  que  deux  loges  apparentes 
à  tous  les  âges.  Ces  loges  ont  leur  cavité  sim¬ 
ple  ;  elles  sont  pourvues  d’une  ouverture 
unique  armée  de  dents,  et  située  alternative¬ 
ment  aux  deux  extrémités  de  l’axe  longitudi¬ 
nal.  Ce  genre,  confondu  par  Lamarck  sous  le 
nom  de  Mihole  avec  tous  les  autres  genres  de 
cette  série,  appartient  à  la  famille  des  Milio- 
lidœ ,  ordre  des  Agathistègues.  Par  son  pelo¬ 
tonnement  sur  deux  faces,  par  sa  forme 
équilatérale,  il  se  trouve  dans  les  mêmes  cir¬ 
constances  que  les  genres  Spiroloculina  et 
Fabularia,  se  distinguant  du  premier  par 
ses  loges  embrassantes ,  dont  deux  seulement 
sont  apparentes  à  tous  les  âges,  tandis  que 
toutes  sont  à  découvert  dans  les  Spirolocu¬ 
lina.  Plus  voisin  des  Fabularia,  il  s’en  dis¬ 
tingue  par  ses  loges  non  divisées  par  de  pe¬ 
tits  tuyaux. 

Les  Biloculines  ont  commencé  à  paraître 
seulement  avec  l’époque  géologique  tertiaire. 
Ellçs  sont  des  plus  multipliées  à  l’état  fossile 
et  vivant.  Nous  en  connaissons  15  espèces, 
dont  7  vivantes  :  3  à  Cuba ,  une  aux  Cana¬ 
ries  ,  une  en  Patagonie ,  les  autres  de  la  mer 
Adriatique;  des  espèces  fossiles,  2  sont  des 
environs  de  Paris,  2  du  Crag  d’Angleterre, 
les  autres  de  Bordeaux  ou  de  Dax.  (A.  d’O.) 

BILOROT.  ois.  —  Nom  vulg.  du  Loriot. 

BÏL11LO ,  Camel.  bot.  M.  —  Arbre  des 
Philippines  ,  rapporté  au  g.  Mangifera. 

BIMANES.  Bimanus  (bis,  deux  fois  ;  ma¬ 
ints,  main),  antiirop.  et  zool.  —  C’êst ,  dans 
plusieurs  classifications ,  le  nom  du  premier 
ordre  de  la  classe  des  Mammifères  ,  caracté¬ 
risé  par  l’èxistencè  de  rnaifis  (  voyë%  ce  mot  ) 


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B1M 


574 

aux  membres  thoraciques  seulement,  et  com¬ 
prenant  le  genre  humain.  Le  mot  Bimanes  ex¬ 
prime  en  effet, avec  concision,  l’un  des  attri¬ 
buts  les  plus  remarquables  et  les  plus  éminem¬ 
ment  caractéristiques  de  l'Homme,  savoir  :  la 
diversité  des  types  sur  lesquels  sont  construi¬ 
tes  les  deux  paires  de  membres,  l’une  spécia¬ 
lement  affectée  à  la  station  et  à  la  progres¬ 
sion  ,  l’autre  à  la  préhension  et  au  tact. 

L’ordre  des  Bimanes  n’a  point  été  adopté 
par  un  grand  nombre  d’auteurs,  et  il  ne  l’est 
point  dans  ce  Dictionnaire.  Il  nous  paraît,  en 
effet,  également  inadmissible  comme  ordre 
naturel,  soit  que  nous  le  jugions  au  point  de 
vue  purement  zoologique  et  d’après  la  seule 
appréciation  des  affinités  naturelles  ,  soit 
qu’envisageant  la  question  sous  un  point  de 
vue  plus  large  et  plus  élevé ,  nous  considé¬ 
rions  l’Homme  tout  entier ,  tenant  compte 
également  de  tout  ce  qui  le  rapproche"  des 
animaux ,  et  de  tout  ce  qui  le  place  dans  une 
sphère  supérieure  à  l’animalité. 

Au  premier  de  ces  points  de  vue,  la  sépa¬ 
ration  du  genre  humain  en  un  ordre  distinct 
est  inadmissible,  comme  établissant  une  trop 
grande  distance  entre  notre  espèce  et  les  ani¬ 
maux  que  leurs  rapports  naturels  placent 
après  lui.  Établir  pour  l’Homme  un  ordre  dis¬ 
tinct  sous  le  nom  de  Bimanes ,  et  réunir  sous 
le  nom  de  Quadrumanes ,  et  au  second  rang 
ordinal,  les  Singes  et  les  Lémuriens,  c’est  re¬ 
présenter  l’organisation  des  Singes ,  par 
exemple ,  du  Troglodyte  ou  de  l’Orang , 
comme  liée  par  des  affinités  plus  intimes  avec 
celle  des  Lémuriens ,  par  exemple ,  du  Loris 
ou  du  Galago  ,  qu’avec  l’organisation  hu¬ 
maine  :  or,  c’est  ce  qui  ne  saurait  être  admis. 
A  moins  de  méconnaître  tous  les  faits,  de  vio¬ 
ler  toutes  les  règles  et  tous  les  principes  d’a¬ 
près  lesquels  on  détermine  en  zoologie  les 
rapports  des  êtres ,  on  ne  peut  contester  que 
la  première  famille  des  Quadrumanes  ou  Pri¬ 
mates,  les  Singes,  et  surtout  la  première 
tribu  de  cette  famille,  se  rapproche  en  réalité 
beaucoup  plus ,  par  son  organisation  géné¬ 
rale,  de  l’Homme  que  de  la  seconde  famille, 
celle  des  Lémuriens.  Si  ces  derniers ,  et  c’est 
ce  que  personne  ne  saurait  contester,  se  pla¬ 
cent  naturellement  dans  le  même  ordre  que 
les  Singes,  l’Homme,  considéré  seulement 
dans  son  organisation ,  doit  donc,  à  plus  forte 
raison*  appartenir  à  ce  même  ordre.  Linné  et 
les  auteurs  qui  l’ont  suivi  ont  donc  été  fondés, 


au  point  de  vue  spécial  auquel  ils  se  sont 
placés,  à  considérer  l’Homme  comme  le  pre¬ 
mier  genre  du  premier  ordre  des  Mammifères. 

L’ordre  des  Bimanes  est  encore  bien  moins 
admissible,  si,  au  lieu  de  s’en  tenir  à  l’appré¬ 
ciation  exclusivement  zoologique  des  faits  de 
l’organisation  humaine,  on  s’élève  à  une  con¬ 
ception  plus  large  et  par  cela  même  plus  ra¬ 
tionnelle,  si  l’on  considère  l’Homme  tout  en¬ 
tier,  dans  sa  double  nature  et  dans  sa  haute 
suprématie  sur  toutes  les  autres  créatures 
terrestres.  Sous  ce  point  de  vue ,  l’Homme  ne 
saurait  constituer  ni  un  ordre  zoologique,  ni 
même  une  classe  ou  un  groupe  quelconque 
dans  le  règne  animal.  Il  faut  reconnaître  en 
lui  un  être  à  part  et  au-dessus  de  tous  les  au¬ 
tres  ,  séparé  même  des  premiers  animaux , 
malgré  toutes  les  affinités  organiques  que 
nous  venons  de  rappeler ,  par  une  distance 
immense,  par  un  abîme  que  rien  ne  saurait 
combler}  et  ce  n’est  pas  sans  raison  qu’on  l’a 
considéré  en  Allemagne  comme  devant  con¬ 
stituer  à  lui  seul  un  règne  distinct. 

Ainsi,  d’un  côté,  l’Homme  se  lie  intimement 
avec  les  premiers  animaux ,  et  c’est  en  vain 
qu’on  chercherait  à  trouver  entre  les  Bimanes 
et  les  Quadrumanes  des  différences  de  valeur 
ordinale.  D’un  autre  côté,  l’Homme  se  sé¬ 
pare  au  contraire,  non  seulement  de  tous  les 
Mammifères ,  mais  du  règne  animal  tout  en¬ 
tier,  dont  il  forme  le  couronnement  (1) ,  et 
dont  il  ne  fait  pas  partie  intégrante.  Ces  deux 
idées ,  quoique  directement  inverses  ,  sont 
vraies  et  rationnelles  en  elles-mêmes,  et  elles 
seules  le  sont  et  le  peuvent  être.  La  concep¬ 
tion  de  l’ordre  des  Bimanes,  sorte  de  trans¬ 
action  entre  ces  deux  extrêmes ,  de  même 
que  toute  autre  combinaison  analogue,  ten¬ 
dant  à  associer  l’Homme  aux  animaux  sans 
l’unir  trop  étroitement  avec  eux,  est  au  con¬ 
traire  nécessairement  fausse  ,  et  doit  être  re¬ 
jetée  ,  comme  méconnaissant  à  la  fois  et  les 
différences  fondamentales  qui ,  au  point  de 
vue  philosophique,  séparent  l’Homme  des  ani¬ 
maux,  et  l’extrême  intimité  des  rapports  zoo¬ 
logiques  par  lesquels  notre  organisation  se  lie 
avec  celle  des  premiers  animaux. 

On  voit,  d’après  ce  qui  précède,  que  l’or¬ 
dre  des  Bimanes  n’a  pour  nous  qu’un  intérêt 
purement  historique  :  aussi ,  sans  entrer  ici , 
sur  l’organisation  humaine,  dans  des  considé- 

(i)  La  tête ,  le  cerveau  ( dos  Gehirnthier) ,  selon  les  exprès* 
sions  employées  par  divers  auteurs  allemands. 


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rations  qui  trou  veront  plus  naturellement  leur 
place  à  l'article  homme,  nous  nous  bornerons 
à  faire  connaître ,  en  peu  de  mots,  les  princi¬ 
pales  opinions  des  auteurs  au  sujet  de  l’or¬ 
dre  des  Bimanes  ;  et  d’abord  il  ne  sera  pas 
inutile  de  rectifier  une  erreur  très  générale¬ 
ment  répandue  sur  l’origine  du  mot  Bimanes. 
Il  faut  distinguer  avec  soin  son  introduction 
dans  la  science  ,  et  l’emploi  qui  en  a  été  fait 
ultérieurement  dans  la  terminologie  zoolo¬ 
gique  ,  pour  la  désignation  d’un  degré  dis¬ 
tinct  d’organisation  représenté  par  l’Homme. 

C’est  Bulîon ,  et  non  Blumenbach ,  comme 
on  l’a  dit  si  souvent,  qui  s’est  servi  le  premier 
du  mot  Bimanes.  Nous  trouvons  en  effet  ce 
terme  employé,  dès  1766,  dans  l’article  géné¬ 
ral  de  Buffon  sur  la  nomenclature  des  Singes. 
«  Faisons  pour  les  mains  ,  dit  notre  immortel 
naturaliste  (t.  XIV,  p.  18),  un  nom  pareil  à 
celui  qu’on  a  fait  pour  les  pieds,  et  alors  nous 
dirons  avec  vérité  et  précision  que  Y  Homme 
est  le  seul  qui  soit  bimane  et  bipède  ,  parce 
qu’il  est  le  seul  qui  ait  deux  mains  et  deux 
pieds  -,  que  le  Lamantin  n’est  que  bimane  -,  que 
la  Chauve-Souris  n’est  que  bipède  ,  et  que  le 
Singe  est  quadrumane.  »  Il  est  à  remarquer 
que  ce  passage  est  aussi  le  premier  dans  le¬ 
quel  nous  trouvions  le  mot  Quadrumanes  qui, 
en  effet ,  a  dû  être  conçu  en  même  temps  et 
d’après  les  mêmes  idées  que  le  mot  Bimanes. 

Si  la  création  de  ces  mots ,  qui  sont  au¬ 
jourd’hui  et  qui  resteront  d’un  usage  si  géné¬ 
ral,  est  due  à  Buffon,  c’est  au  contraire  Blu¬ 
menbach  qui ,  le  premier,  eut  l’idée  de  con¬ 
sidérer  l’Homme  comme  un  ordre  distinct 
dans  la  classe  des  Mammifères.  Cet  ordre  fut 
établi  d’abord ,  dans  les  premières  éditions 
du  Handbuch  der  JYaturgescliichte ,  sous  un 
nom  aujourd’hui  entièrement  oublié  :  Iner - 
mis.  Plus  tard ,  dans  la  troisième  édition  du 
célèbre  ouvrage  de  Blumenbach ,  De  generis 
luimani  varietate  nalivâ ,  publiée  en  1795,  et 
dans  les  éditions  ultérieures  du  Handbuch ,  le 
nom  du  premier  ordre  ,  Inermis  ,  a  disparu , 
et  a  fait  place  au  nom  de  Bimanus. 

Un  très  grand  nombre  de  zoologistes  ont 
adopté  le  groupe  des  Bimanes ,  en  le  cir¬ 
conscrivant  et  le  classant  comme  l’avait  fait 
Blumenbach,  c’est-à-dire  en  y  plaçant 
l’Homme  seul,  et  en  le  considérant  comme  le 
premier  ordre  de  la  classe  des  Mammifères. 
Tels  sont  particulièrement  Cuvier,  qui  adopta 
dès  1797  l’ordre  des  Bimanes ,  et  qui  a  même 


575 

été  quelquefois  cité  comme  son  fondateur  • 
M.  Duméril,  enfin,  plusieurs  auteurs  récents, 
en  France  et  en  Angleterre  surtout,  qui  ont 
suivi  Cuvier  ou  Blumenbach.  Nous  pouvons 
citer  aussi  Illiger,  qui  toutefois  a  cru  devoir 
substituer  le  nom  düErecta  à  celui  de  Bimani. 

D’autres  auteurs,  au  contraire,  se  sont 
écartés  de  diverses  manières  de  la  classifica¬ 
tion  de  Blumenbach.  M.  Bory  de  Saint-Vin¬ 
cent,  dans  les  articles  Bimanes  et  Homme  du 
Dictionnaire  classique'  d’ histoire  naturelle, 
adopte  le  groupe  des  Bimanes,  et  continue  à 
en  faire  le  premier  ordre  des  Mammifères  ; 
mais  il  cherche  à  établir  que  les  Singes  de  la 
première  tribu  doivent  être  séparés  des  Qua¬ 
drumanes  ,  et  réunis  aux  Bimanes.  Cet  ordre 
comprendrait  ainsi  quatre  genres  ,  savoir  : 
Homo,  Troglodytes  ,  Pithecus  et  Hylobales. 

En  1829,  J.-B.  Fischer,  et  tout  récemment 
le  prince  de  Canino  ,  ont  proposé  la  suppres¬ 
sion  de  l’ordre  des  Bimanes,  et  rétabli  l’ordre 
des  Primates  de  Linné,  dans  lequel  l’Homme 
forme  un  premier  groupe ,  désigné  par  le 
prince  de  Canino  sous  le  nom  d ’Hominidœ. 
On  voit  que,  pour  ces  deux  zoologistes,  l’ordre 
des  Bimanes  doit  être  supprimé  comme  n’é¬ 
tant  point  caractérisé  par  des  modifications 
d’une  valeur  véritablement  ordinale. 

C’est  en  sens  contraire  ,  bien  qu’en  défini¬ 
tive  ils  arrivent  aussi  à  supprimer  l’ordre  des 
Bimanes ,  que  d’autres  auteurs  se  sont  écar¬ 
tés  de  la  classification  de  Blumenbach  et  de 
Cuvier.  Non  seulement,  selon  eux,  aucun 
Singe ,  ni  à  plus  forte  raison,  aucun  autre 
mammifère,  ne  doit  être  réuni  à  l’Homme  dans 
l’ordre  des  Bimanes  ;  mais  cet  ordre  lui-même 
doit  être  rayé  de  la  classe  des  Mammifères  , 
l’Homme  devant  se  placer  en  dehors  et  au- 
dessus  de  ce  groupe  ,  aussi  bien  que  de  la  sé¬ 
rie  animale  tout  entière.  Selon  ces  idées , 
fondées  sur  des  considérations  que  nous 
avons  indiquées  au  commencement  de  cet  ar¬ 
ticle  ,  on  trouve  les  Singes  placés  à  la  tête  de 
la  classe  des  Mammifères,  à  l’exclusion  de 
l'Homme,  laissé  hors  rang,  dans  un  très  grand 
nombre  de  classifications  de  diverses  épo¬ 
ques  ,  les  unes  déjà  assez  anciennes ,  par 
exemple  ,  celles  de  Daubenton ,  publiée  en 
1792  par  Vicq-d’Azyr  j  de  MM.  Cuvier  et  Geof¬ 
froy  Saint-Hilaire,  en  1795  ,  et  de  Lacépède 
en  1798  ;  les  autres  plus  ou  moins  récentes, 
par  exemple ,  celles  de  MM.  Goldfuss ,  de 
Blainville  et  Fr.  Cuvier,  et  celle  que  nous 


576  BIN 

avons  nous-même  proposée,  et  qui  est  suivie 
dans  ce  Dictionnaire,  Voyez  mammalogie  et 
MAMMIFERES.  (Is.  G.  S.-H.) 

Ce  nom  a  été  donné  aussi  par  Cuvier  aux 
Reptiles  du  g.  Chirote,  qui  ont  2  membres 
antérieurs,  et  forment,  avec  lesHystéropes,  le 
passage  des  Sauriens  aux  Serpents.  (C.  d’O.) 

*BI1VATELLE.  Binalella  ( binaïus ,  joint 
deux  à  deux),  bot.  cr.  —  (Phycées).  Nous 
avions  proposé  ce  genre,  dans  les  Mémoires  de 
la  société  académique  de  Falaise,  année  1835, 
pour  réunir  des  espèces  microscopiques ,  ap¬ 
partenant  à  la  tribu  des  Desmidiées.  Plus 
tard ,  la  publication  du  grand  ouvrage  de 
M.  Ehrenberg  ,  sur  les  Infusoires ,  nous  a  fait 
reconnaître  que  ces  productions,  bien  qu’en¬ 
visagées  sous  un  autre  point  de  vue ,  devaient 
appartenir  en  grande  partie  au  g.  Siauras- 
rum,  Mey.  Quelques  espèces  peuvent  aussi 
être  rapportées  au  g.  Cosmarium ,  Cord. 
Voici  les  caractères  que  nous  avons  assignés 
à  ces  productions,  si  remarquables  par  le  rap¬ 
prochement  binaire  de  leurs  corpuscules  : 
Corpuscules  diaphanes,  remplis  d’un  endo- 
chrôme  vert ,  géminés ,  de  formes  variées , 
souvent  tétraédriques  ou  tricornes ,  quelque¬ 
fois  en  croix  ou  rayonnants.  Les  Binatelles  , 
dont  nous  comptions  une  vingtaine  d’es¬ 
pèces  ,  habitent  les  eaux  douces ,  les  lieux 
herbus ,  récemment  inondés.  Elles  forment 
ordinairement,  sur  les  feuilles  des  plantes 
submergées,  un  léger  enduit  muqueux,  qui 
se  détache  avec  une  grande  facilité.  (Breb.) 

*BINDERA  (nom  propre),  bot.  cr.  — 
Phycées).  M.  J.  Agardh  vient  d’établir  (Lin- 
nœa,  1841,  Lie  fl.,  1,  p.  36)  ce  nouveau  genre 
dans  la  sous-famille  des  Floridées ,  sur  une 
algue  de  la  mer  des  Indes  et  du  Cap  de  Bonne- 
Espérance.  Elle  est  dédiée  à  M.  Binder,  séna¬ 
teur  et  préfet  de  police  de  la  ville  de  Ham¬ 
bourg,  lequel  est  en  môme  temps  un  habile 
phycologue.  L’algue  dont  il  s’agit  appartient 
à  la  tribu  des  Céramiées  ;  elle  est  ainsi  carac¬ 
térisée  par  l’auteur  :  Fronde  filiforme,  compo¬ 
sée  d’une  tige  principale,  irrégulièrement  ra¬ 
meuse,  continue,  comme  dans  les  g.  Dasyci, 
Asparagopsis,  etc. ,  et  recouverte  de  toutes 
parts  de  ramules  subulés  fasciés,  2-  ou  3-cus- 
pidés  à  leur  sommet.  Sphérospores  3-5,  placés 
au  sommet  des  rameaux  et  disposés  le  long 
de  ramules  recourbés ,  connivents ,  en  sé¬ 
ries  transversales  sur  le  côté  intérieur  de 
ceux-ci.  Ghaque  sphérospore  renferme  3  ou  4 


BÏO 

spores  contenues  dans  un  périspore  hyalin. 

Les  frondes ,  cylindriques ,  s’élèvent  d’une 
racine  rameuse,  rampante,  et  sont  garnies  de 
rameaux  semblablement  conformés,  plus  ou 
moins  allongés ,  et  couverts  d’une  grande 
quantité  de  ramules  hétérogènes,  c’est-à-dire 
qu’au  lieu  d'être  continus  comme  le  filament 
principal,  ils  offrent  des  bandes  transversales 
parallèles.  Ces  ramules  sont  en  outre  subulés, 
et  portent  à  leur  sommet  2  ou  3  pointes  pellu- 
cides  et  divariquées.  M.  J.  Agardh  a  recon¬ 
nu,  dans  ma  collection ,  le  type  de  ce  g.  dans 
une  esp.  du  Cap ,  rapportée  parM.  Bélanger, 
et  publiée  par  M.  Bory  sous  le  nom  de  Tham- 
nophora  hypnoides.  Voy.  Bélang.,  Voyage 
aux  Indes  orient.  Crypt .,  p.  175.  (C.  M.) 

BINÉRIL  ou  BINÉRY.  ois.  —  Nom  vul¬ 
gaire  du  Bruant  commun. 

*BII\ERVÉ.  Binervis  (bis,  deux  fois  ;  ner - 
vus,  nerf),  bot.  —  Se  dit  de  tous  les  organes 
foliacés,  feuilles,  sépales,  pétales,  etc.,  qui 
présentent  deux  nervures.  C’est  surtout  dans 
les  écailles  florales  des  plantes  de  la  famille 
des  Graminées  qu’on  a  attribué  au  nombre 
des  nervures  une  plus  grande  importance 
pour  la  détermination  des  espèces  et  même 
des  genres.  Voy.  graminées.  (A.  R.) 

BSN! A.  bot.  pii.  —  Stedman  et  Du  Petit- 
Thouars  ont  changé  le  nom  de  ce  genre ,  éta¬ 
bli  par  Noronha,  en  celui  de  Noronhia,  en  mé¬ 
moire  de  ce  botaniste,  et  cette  nouvelle  déno¬ 
mination  a  prévalu.  Voy.  noroniiia.  (C.  d’O.) 

BINOCLE  (binus,  double;  ociilus,  œil). 
crust.  —  Nom  employé  par  Geoffroy  et  quel¬ 
ques  autres  entomologistes ,  pour  désigner 
divers  Crustacés,  tels  que  les  Apus,  l’Argule 
foliacé,  certaines  Caliges,  et  l’animal  dont 
Latreille  a  formé  le  g.  Prosopistome.  (M.  E.) 

BÏNTIJ.  ois.  —  Nom  de  l’Ortolan  dans 
quelques  départements  de  la  France  occiden¬ 
tale. 

*BIONIA  (nom  propre),  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Papilionacées ,  tribu  des 
Phaséolées-Diocléées  ,  formé  par  Martius  (ex 
Benth.  Ann.  JVien.  mus.  II,  130)  et  renfer¬ 
mant  un  petit  nombre  d’arbrisseaux  ou  d’ar¬ 
bustes  indigènes  du  Brésil.  (C.  L.) 

*BIOPHLOEUS  (j 3fO'„  vie;  tptato's,  écorce. 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétramères ,  fa¬ 
mille  des  Xylophages ,  établi  par  M.  Dejean , 
pour  y  placer  trois  espèces  retranchées  par 
lui  des  Cucujus  de  Fabricius ,  savoir  :  C.  der - 
mestoides  Fabr.,  de  la  Suède;  C.  angusta - 


BIP 


BIP 

lus ,  Dej.,  d’Allemagne ,  et  C.  pusillus ,  Dej., 
de  Styrie.  Voy.  cucujus.  (D.) 

"BIOPHYTUM  Q3i'oç,  vie  ;  yurov ,  plante). 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Oxalida- 
cées,  proposé  par  Jacquin  ( Oxal. ,  t.  78) ,  et 
admis  par  De  Candolle  et  autres  auteurs  mo¬ 
dernes  ,  comme  sous-genre  du  type  de  cette 
petite  famille.  Voy.  oxalis.  (C.  L.) 

*BIOTIA  (Biot,  célèbre  physicien  ).  bot. 
ph.  —  Ce  genre  a  été  établi  par  De  Can- 
dolle ,  aux  dépens  de  quelques  espèces  com¬ 
prises  antérieurement  parmi  les  Asters.  Il  ap¬ 
partient  à  la  famille  des  Composées,  tribu 
des  Astéroïdées ,  et  a  pour  caractères  :  Ca¬ 
pitule  radié;  ligules  femelles  fertiles,  uni- 
sériées,  assez  larges,  pourvues  de  styles 
glabres  ;  fleurons  du  disque  hermaphrodites, 
fertiles.  Réceptacle  couvert  d’alvéoles  peu 
profonds  et  obscurément  dentés.  Involucre 
composé  «d’écailles  étroitement  imbriquées, 
mutiques,  et  insensiblement  plus  longues  à 
l’intérieur.  Fleurons  munis  de  styles ,  à  ra¬ 
meaux  aigus  et  hispides.  Fruits  glabres  ou 
pubescents,  allongés,  présentant  plus  ordi¬ 
nairement  trois  côtes  peu  prononcées ,  et 
couronnés  par  une  aigrette  formée  de  soies 
filiformes,  inégales ,  roides  et  scabres.  —  Les 
Biotia  sont  indigènes  des  États-Unis  d’Amé¬ 
rique.  Ce  sont  des  plantes  vivaces,  munies 
de  feuilles  dentées ,  de  capitules  disposés  en 
corymbe,  qui  présentent  des  fleurons  ligulés 
de  couleur  blanche  ou  azurée.  Plusieurs  es¬ 
pèces  se  cultivent  comme  plantes  d’agrément  ; 
telles  sont  les  B.  corymbosa  ,  latifolia ,  macro- 
phylla  ,  etc.  (J.  D.) 

"BIOTIÏVE  (nom  propre),  min.  — M.  Mon- 
ticelli  a  dédié  sous  ce  nom ,  à  M.  Biot,  une 
substance  minérale  du  Vésuve,  en  petits 
cristaux  jaunâtres,  transparents,  et  d’un 
éclat  assez  vif,  qui  sont  accompagnés  de 
grenats  bruns ,  et  dont  la  forme  dériverait, 
suivant  lui,  d’un  rhomboèdre  obtus.  Ils 
rayent  faiblement  le  verre,  pèsent  spécifique¬ 
ment  3,11,  sont  infusibles  au  chalumeau,  et 
partiellement  solubles  dans  l’acide  azotique. 
D’après  M.  Brooke,  la  Biotine  ne  serait  qu’une 
variété  d’Anorthite ,  dont  la  base  aurait  pris 
une  extension  considérable.  (Del  ) 

BIOUTÉ.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire  du 
Peuplier  dans  le  midi  de  la  France. 

BIPAPILLAIRE.  Bipapillaria  (  bis ,  deux 
fois  ;  papilla,  papille),  moll. — Genre  formé 
par  Lamarck  pour  un  mollusque  tunicier  dé- 

T.  II. 


677 

couvert  par  Péron  sur  les  côtes  de  l’Australie, 
et  qui  a  pour  caractère  :  un  corps  libre,  nu, 
ovale,  glanduleux  ,  d’une  consistance  mem¬ 
braneuse  et  duçiuscule,  terminé  en  queue  de 
rat,  et  ayant,  à  son  extrémité  supérieure,  deux 
papilles  coniques ,  égales ,  perforées,  termi¬ 
nées  par  un  oscule  d’où  l’animal  fait  sortir 
trois  tentacules  sétacés  et  rigides  dont  il  se 
sert  pour  saisir  sa  proie  et  la  sucer.  La  seule 
esp.  connue  est  lai?,  australis.  (C.  d’O.) 

BIPARTI.  Biparlitus.  bot.  ph.  —  Voyez 
bidente.  (A.  R.) 

"BIPARTIS.  Bipartiti.  ins. — Division  éta¬ 
blie  par  Latreille  dans  la  famille  des  Carabi- 
ques ,  et  qui  correspond  à  celle  des  Scaritides 
de  M.  Dejean.  MM.  SerYille  et  Lepeletier  de 
Saint-Fargeau  ( Encyclop .  méth.,  t.  X,  p.  345) 
répartissent  ainsi  les  15  genres  qu’ils  y  rap¬ 
portent  :  I.  Menton  inarticulé ,  recouvrant 
presque  tout  le  dessous  de  la  tête.  G.:  Ence - 
ladus ,  Siagona.  IL  Menton  articulé,  laissant 
à  découvert  une  grande  partie  de  la  bouche. 
A.  Jambes  antérieures  palmées:  a.  Mandi¬ 
bules  fortement  dentées  intérieurement.  G.; 
Caréna ,  Scarites,  Acanthoscelis,  Pasimachus, 
Scapterus.  b.  Mandibules  point  ou  très  légè¬ 
rement  dentées  intérieurement.  Oxysiomus , 
Oxygnalhus,  Camptodontus,  Clivinia.  B.  Jam¬ 
bes  antérieures  non  palmées  :  a.  Antennes 
grenues  ou  presque  grenues;  corselet  presque 
carré.  G.:  Ozœna,  Mono .  b.  Antennes  à  ar¬ 
ticles  allongés,  presque  cylindriques  ;  corselet 
presque  lunulé  ou  cordiforme.  Arisfus,  Apo- 
tomus.  (D.) 

BIPÈDES  ( bis,  deux  fois  ;  pes ,  pied),  zool. 
—  On  donne  ce  nom  aux  animaux  qui  mar¬ 
chent  sur  deux  pieds  seulement.  Les  Bi¬ 
manes  sont  des  Bipèdes  ;  les  Gerboises  et 
les  Kanguroos  partagent  cette  prérogative  ; 
les  Oiseaux  sont  essentiellement  Bipèdes  ,  et 
l’on  trouve ,  dans  la  famille  des  Scincoides  , 
des  animaux  qui  n’ont  que  les  membres 
postérieurs.  Latreille  avait  désigné  sous  ce 
nom  une  section  de  la  classe  des  Mammi¬ 
fères  ,  comprenant  ceux  qui  sont  privés  de 
membres  postérieurs. 

Cette  même  dénomination  de  Bipèdes ,  qui 
pourrait  s’appliquer  généralement  aux  Rep¬ 
tiles  munis  de  deux  pieds  seulement,  a  été  res¬ 
treinte  dans  cette  classe  au  genre  Hystérope, 
qui  n’a  que  deux  membres  postérieurs.  (C.  d’O.) 

BIPELTÉS.  crust.  —  Synonyme  de  Bi- 
cuirassés. 


37 


578  BIP 

BIPENNÉ.  bot.  —  Foyez  bipinné. 

"BIPENNES.  Bipennia  (bis,  deux  fois  ;  pen- 
na,  plume, aile),  ins. — Latreille  désigne  ainsi, 
dans  sa  Méthode ,  une  coupe  de  la  division 
des  Insectes  anélytres,  comprenant  ceux  qui 
n’ont  que  deux  ailes,  y oyez  diptères.  (D.) 

BÏPHORE.  Salpa  ( biforis ,  qui  a  2  trous). 
moll.  —  Ces  animaux ,  si  remarquables  sous 
tant  de  rapports,  et  que  les  navigateurs  avaient 
dû  observer  depuis  long-temps ,  lorsqu’au 
milieu  de  l’obscurité  des  nuits  ils  voyaient  de 
longues  bandes  phosphorescentes  briller,  en 
ondoyant,  au  sein  des  eaux ,  n’ont  néanmoins 
été  positivement  signalés  pour  la  première 
fois  que  par  Brown  ,  dans  son  Histoire  natu¬ 
relle  de  la  Jamaïque.  Il  en  avait  formé  un  g.  sé¬ 
paré  sous  le  nom  de  T halia.  Cette  distinction 
si  heureusement  établie  ne  fut  cependant  pas 
admise  sans  difficultés.  Linné  y  porta  la  con¬ 
fusion  en  plaçant  les  Biphores  dans  le  g.  Ho¬ 
lothurie  ;  Forskhal,  qui  leur  donna  le  nom  de 
Salpa,  et  qui  les  avait  étudiés  avec  attention, 
les  confondit  pourtant  avec  des  Ascidies. 
Gmelin,  dans  la  treizième  édition  du  Syslema 
nalurœ ,  adopta  à  la  fois  le  g.  Salpa  de  Fors- 
kahl  et  le  g.  Dagysa  de  Banks  et  Solander, 
créé  récemment  par  eux  pour  un  vrai  Bi- 
phore.  Bruguière,  à  qui  l’on  doit  des  travaux 
étendus  ,  quoique  incertains  encore  sur  ces 
Mollusques,  changea  le  nom  de  Salpa  en  ce¬ 
lui  de  Biphore ,  et  conserva  à  la  fois  les  Bi¬ 
phores  et  les  Thalies ,  qu’il  confondit  même 
avec  les  Physales  ;  mais  les  observations  de 
Bosc,  celles  de  Péron,  et,  en  dernier  lieu,  les 
travaux  de  Cuvier,  firent  disparaître  la  con¬ 
fusion  qui  régnait  dans  ce  g.;  et,  à  l’excep¬ 
tion  de  Lamarck ,  qui  en  fit,  sous  le  nom  de 
Tuniciers,  une  classe  intermédiaire  à  ses  Ra- 
diaires  et  aux  Vers,  tous  les  zoologistes ,  se 
rangeant  à  l’opinion  de  Cuvier,  les  considè¬ 
rent  comme  des  acéphales  sans  coquille. 
M.  de  Blainville  en  a  fait  la  2e  famille  de 
l’ordre  de  ses  Hétérobranches  sous  le  nom  de 
Salpiens,  dont  les  Biphores  constituent  la 
1 re  division  sous  celui  de  Salpiens  simples.  Les 
travaux  de  M.  Savigny,  et  plus  récemment 
ceux  de  Sturm  et  de  Chamisso,  de  MM.  Quoy 
et  Gaimard,  de  Kuhl  et  de  Yan  Hasselt ,  ont 
permis  de  compléter  les  renseignements 
qu’on  avait  sur  les  animaux  de  ce  genre. 
Les  Biphores  sont ,  de  tous  les  Mollusques 
acéphales  nus,  ceux  dont  l’organisation  est  la 
plus  compliquée  ;  ce  sont  des  animaux  libres, 


BIP 

mous ,  à  corps  complètement  diaphane  ,  tu- 
biforme  ou  cylindroïde ,  plus  ou  moins  al¬ 
longé  ,  tronqué  aux  deux  extrémités  et  mu¬ 
nis  souvent,  antérieurement,  d’appendices 
tentaculiformes  ;  ils  sont  renfermés  dans 
une  enveloppe  membraneuse  et  transparente 
qu’on  appelle  le  manteau ,  pourvue  de  tu¬ 
bercules  en  nombre  variable,  faisant  l’office 
de  ventouses  qui  servent  à  leur  agrégation  et 
portant  des  bandes  musculaires  transverses. 
Deux  ouvertures  terminales  sont  situées  aux 
deux  extrémités  du  corps,  et  l’ouverture  pos¬ 
térieure  est  munie  d’une  valvule  destinée  à 
empêcher  la  sortie  de  l’eau.  Les  viscères  for¬ 
ment  un  nucléus  ,  et  sont  placés  à  la  partie 
antérieure  du  corps ,  près  de  la  bouche.  L’a¬ 
nus  est  plus  loin  en  arrière  et  dans  l’inté¬ 
rieur  du  manteau.  Ils  sont  pourvus  d’une 
branchie  unique  en  forme  d’écharpe  finement 
striée  en  travers ,  et  se  portant  obliquement 
du  nucléus  à  la  partie  postérieure  du  corps  : 
on  ne  connaît  rien  de  leur  système  nerveux. 
Les  organes  de  la  génération  sont  à  peine 
connus;  cependant  on  considère  comme  un 
ovaire  une  masse  granuleuse  qu’on  aper¬ 
çoit  autour  du  nucléus,  et  l’on  pense  que  les 
Biphores  sont  hermaphrodites. 

Pendant  leur  jeunesse  ,  les  Biphores  sont 
réunis ,  suivant  les  espèces ,  d’une  manière 
différente,  soit  en  rosaces,  soit  en  rubans 
souvent  fort  allongés,  dont  les  chaînons  sont 
formés  d’individus  disposés  de  manière  à 
laisser  libres  leurs  deux  ouvertures  ;  et , 
en  général ,  pendant  cette  période,  ils  diffè¬ 
rent  beaucoup  des  individus  adultes.  Un  fait 
digne  d’attention  rapporté  par  Chamisso  ( Dis¬ 
sertât, .  sur  les  Salpa,  1819),  c’est  que  les  Bi¬ 
phores  agrégés  produisent ,  après  être  deve¬ 
nus  libres  ,  des  petits  libres  aussi ,  dont  la 
forme  diffère  de  la  leur,  et  ces  derniers  don¬ 
nent  à  leur  tour  naissance  à  des  individus 
agrégés. 

Les  Biphores  abondent  dans  la  Méditerra¬ 
née  et  dans  les  mers  équatoriales  ;  ils  vivent 
en  haute  mer,  immergés  à  des  profondeurs 
variables  ;  mais,  pendant  les  temps  calmes , 
on  les  voit  près  de  la  surface  des  eaux  ,  où 
ils  répandent  quelquefois  une  lueur  phos¬ 
phorescente.  Leur  progression  est  lente  et  due 
à  l’eau  qui,  en  traversant  le  tube,  baigne  l’ap¬ 
pareil  respiratoire  ;  cette  eau  est  expulsée  par 
l’ouverture  postérieure  du  manteau  ,  ce  qui 
fait  qu’ils  nagent  en  arrière  et  généralement 


BIP 


BIP 


579 


renversés  le  dos  en  bas.  La  faiblesse  de  ce 
mode  de  locomotion  ne  leur  permet  pas  de 
se  soustraire  aux  ondulations  de  la  mer,  dont 
ils  sont  constamment  le  jouet. 

Le  nombre  des  espèces  est  considérable  et 
s’augmente  tous  les  jours:  aussi  des  divi¬ 
sions  ont-elles  déjà  été  établies  dans  ce  genre; 
elles  sont  généralement  fondées  sur  la  pré¬ 
sence  ou  l’absence  d’appendices  et  sur  leur 
mode  d’agrégation.  (C.  d’O.) 

BIPHYLLOCERA  {bis,  deux  fois;  ytfttov, 
feuille;  x/paç ,  corne),  ins.  —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  pentamères ,  famille  des  Lamelli¬ 
cornes,  tribu  des  Mélolonthides  ,  établi  par 
M.Withe  dans  un  ouvrage  intitulé  :  Notes 
on  some  insects  front  king  George' s  Sound  ; 
collecled  and  presenled  to  tlte  Brilish  Mu¬ 
séum  by  Captain  George  Grey  ,  by  Adam 
Withe,o, te.,  p.  461.  Ce  g.  est  fondé  sur 
une  seule  espèce  trouvée  dans  Pile  du  Roi- 
Georges,  située  entre  la  Nouvelle-Hollande 
et  la  terre  de  Diémen.  Cette  espèce ,  d’a¬ 
près  la  figure  et  la  description  qu’en  donne 
l’auteur,  nous  a  paru  très  voisine  du  Bliiso- 
trogus ;  mais  elle  en  diffère  essentiellement 
par  la  forme  extraordinaire  des  antennes  du 
mâle,  dont  le  dernier  feuillet  est  fortement 
pcctiné  extérieurement.  ïl  la  nomme  Biphyl - 
locera  kerbyana  ;  elle  est  couleur  de  poix ,  et 
couverte  d’un  duvet  jaunâtre,  avec  9  séries 
longitudinales  de  points  enfoncés  sur  chaque 
élytre.  (D.) 

BIPHYLLUS  {bis,  deux  fois;  <pvMov , 
feuille),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  té- 
Iramères ,  famille  des  Xylophages ,  établi 
par  M.  Dejean,  dans  son  dernier  Catalogue, 
et  adopté  parM.  Shuckard  {Eléments  of  Bri- 
lish  enlomology,  etc.,  p.  178),  qui  le  place 
dans  la  famille  des  Clavicornes  et  dans  sa 
tribu  des  Engydœ ,  entre  les  g.  Mycetopha- 
gus  et  Triphyllus.  Il  n’v  rapporte,  comme 
M.  Dejean  ,  qu’une  seule  espèce  (  Dermestes 
Innatus  Fabr.)  ;  mais  M.  Chevrolat  en  possède 
une  seconde ,  nommée  par  lui  B.  fagi ,  et  qui 
est  figurée  dans  l’Iconographie  du  Règne 
animal  de  Cuvier,  pl.  41,  fig.  7.  Ce  g.  se  dis¬ 
tingue  principalement  du  g.  voisin  par  ses 
antennes  biperfoliées.  Latreille,  dans  ses  Fa¬ 
milles  naturelles ,  le  place  dans  sa  tribu  des 
Trogossitaires,  etle  nomme  plus  correctement 
Diphyllus.  Ces  Insectes  se  tiennent  sous  les 
écorces  des  arbres.  (D.) 

'BIPINNATIFIDE.  Bipinnàtifidus  {bis, 


deux  fois  ;  pinna,  ail e-,findo,  je  divise),  bot. 

—  Les  feuilles  sont  dites  bipinnatifides  quand 
elles  sont  partagées  en  lobes  latéraux  et  at¬ 
teignant  presque  jusqu’à  la  cote  ou  nervure 
moyenne,  et  quand  chacun  de  ces  lobes 
est  divisé  en  segments  profonds  imitant  cha¬ 
cun  une  feuille  pinnatifide.  Cette  disposi¬ 
tion  est  commune  dans  beaucoup  d’espèces 
de  Fougères  des  g.  Polypodium,  Aspidium,  etc. 

(A.  R.) 

*BIPINNÉ  ou  BIPENNE .  Bipinnatus  ou  Bi - 
pennalus  {bis,  deux  fois;  pennalus  ou  pinnalus, 
ailé),  bot.  —  Une  feuille  décomposée ,  dans 
laquelle  le  pétiole  commun  porte,  de  chaque 
côté ,  un  certain  nombre  de  pétioles  secon¬ 
daires  ,  sur  lesquels  les  folioles  sont  rangées 
comme  dans  une  feuille  pinnée ,  porte  le 
nom  de  feuille  bipinnèe.  La  feuille  bipinnée 
se  compose  donc  d’une  série  de  feuilles  pin- 
nées,  superposées  sur  les  parties  latérales 
d’un  pétiole  commun.  Par  exemple,  les  feuil¬ 
les  de  presque  toutes  les  espèces  du  genre 
Gleditschia ,  beaucoup  de  Mimeuses,  etc. 
Voy.  feuille.  (A.  R.) 

BIPÏNNULA  {bis,  deux  fois;  pinnula,  petite 
plume),  bot.  pii. —  Genre  de  la  famille  des 
Orchidées ,  tribu  des  Aréthusées ,  établi  par 
Jussieu  ,  d’après  Commerson  ,  pour  une 
plante  originaire  de  l’Amérique  australe , 
et  que  Linné  désignait  sous  le  nom  d’Are- 
thusa  biplumata.  Les  trois  sépales  extérieurs 
du  calice  sont  inégaux  :  les  deux  inférieurs 
placés  par-dessus  le  labelle  sont  allongés  et 
finement  découpés  en  lanières  étroites  dans 
leur  partie  supérieure.  Le  sépale  supérieur 
est  concave  et  réuni  aux  deux  internes  ;  il 
forme  une  sorte  de  casque.  Le  labelle  est  con¬ 
cave,  sessile,  entier,  présentant  deux  appen¬ 
dices  allongés  et  fimbriés.  Le  gynostème  est 
allongé,  semi-cylindrique,  aminci  et  comme 
membraneux  de  chaque  côté.  L’anthère  est 
terminale ,  operculiforme ,  à  deux  loges  con¬ 
tenant  deux  masses  polliniques  biparties. 

—  L’espèce  type  de  ce  g.  est  originaire  de 

l’Amérique  australe.  C’est,  comme  nous  l’a¬ 
vons  déjà  dit,  YArelhusa  biplumata  L.,  que 
MM.  Pœppig  etEndlicher  (  Nov.  gen.  et  sp., 
t.  51)  ont  décrite  et  figurée  sous  le  nom  de 
Chlorœa  fimbriata.  (A.  R.) 

BIPLEX.  moll.  —  Ce  genre ,  formé  par 
Perry  aux  dépens  du  genre  Murex  de  Linné, 
correspond  à  celui  de  Ranelle  de  Lamarck. 
Voy.  ce  dernier  mot.  (C.  d’O.) 


580 


BIS 


BIS 


BIPOREIA  ( bis ,  deux  fois  ;  porus,  pore). 
bot.  pu.  —  Genre  de  la  famille  des  Simarou- 
bacées,  formé  par  Du  Petit-Thouars  (  Gen . 
Madag.),  et  réuni  en  synonymie  au  Sama- 
dera  de  Gœrlner.  (C.  L.) 

BIQUE  et  BIQUET,  mam.  —  Vieux  noms 
de  la  Chèvre  et  de  son  petit. 

BIR-REAGEL.  ois.  —  Nom  d’une  espèce 
du  g.  Engoulevent,  Caprimulgus  slriguloides. 

BIRA-SOUREL.  bot.  ph.  —  Synonyme 
languedocien  de  Tournesol ,  Helianthus  an- 
nuus  L. 

BIRAGO.  bot.  ph.  —  Ce  mot  est  synonyme 
d’ivraie  dans  le  dialecte  gascon. 

BIRGUE.  crust.  —  Le  genre  Birgue  ou 
Jiirgus  a  été  établi  par  Leach  pour  recevoir 
un  pagurien  dont  l’abdomen  n’est  pas  con¬ 
tourné  sur  lui-même ,  et  se  trouve  garni  de 
grandes  plaques  cornées  à  peu  près  comme 
celui  des  autres  Décapodes.  On  n’en  connaît 
qu’une  seule  espèce  habitant  les  mers  d’A¬ 
sie,  et  remarquable  pa#  les  végétations  vas¬ 
culaires  dont  est  garnie  la  voûte  de  ses  cavi¬ 
tés  branchiales.  (M.  E.) 

BIROLIA  (nom  propre),  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Élatrinacées,  formé  par 
Bellardi  ( Mém .  acad.  Tur.,  XVII,  64),  et 
réuni  comme  synonyme  à  l’Élatrine  de 
Linné.  (C.  L.) 

BIROSTRITE.  Birostrites  {bis,  deux  fois  ; 
rosir um ,  bec),  moll.  —  Genre  créé  par  La- 
marck  pour  le  moule  intérieur  des  Sphérulites 
et  des  Radiolites  dont  il  ignorait  les  rapports 
avec  la  coquille.  Des  observations  qui  ne  re¬ 
montent  guère  qu’à  12  années  ont  démontré 
l’erreur  du  savant  conchyliologiste  et  fait 
rayer  de  la  classification  le  genre  qu’il  avait 
établi.  Voyez  rudiste  et  sphérulite. 

(C.  d’O.) 

BIRRHE.  ins.  —  Voyez  byrriie. 

BISAAM  ou  BIZAAM.  mam.  —  Variété  de 
la  Civette. 

BISANNUEL.  Biennis  {bis,  deux  fois; 
annus,  année),  bot.  ph. —  Plante  dont  la  vie 
dure  deux  années,  c’est-à-dire  qui  ne  fleurit, 
ne  fructifie  et  ne  meurt  qu’au  bout  de  deux 
ans.  La  première  année ,  la  plante  bisan¬ 
nuelle  ne  pousse  que  des  feuilles  radicales 
ou  groupées  et  réunies  en  une  sorte  de 
tête.  A  la  seconde  année,  naît  du  centre 
de  ces  feuilles  une  tige  qui  se  charge  de 
fleurs,  auxquelles  succèdent  des  fruits  et  des 
graines  ,  et  la  plante  périt  ;  ainsi,  la  Carotte, 


le  Chou,  etc.,  sont  des  plantes  bisannuelles* 
Dans  les  ouvrages  descriptifs ,  on  exprime  la 
durée  bisannuelle  des  plantes  par  le  signe  a* 
qui  est  celui  dont  les  astronomes  se  servent 
pour  désigner  la  planète  de  Mars,  qui  fait  sa 
révolution  sidérale  en  deux  ans.  (A.  R.) 

BISCACHO.  mam.  —  Voyez  viscaciie. 

*B1SCH0FFIA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Ce  genre ,  dédié  par  M.  Blume  à  l’un  des  bo¬ 
tanistes  distingués  de  l’Allemagne,  a  pour  sy¬ 
nonyme  le  Microelus  ,  Wight  et  Arnott.  Il 
appartient  à  la  famille  des  Euphorbiacées,  et 
comprend  aujourd’hui  5  espèces,  dont  3  iné¬ 
dites,  indigènes  des  Moluques  ou  du  conti¬ 
nent  indien.  Ses  caractères  sont  :  Fleurs 
dioïques.  Mâles.  Calice  à  5  folioles  concaves 
ou  infléchies  en  capuchon,  et  auxquelles  cor¬ 
respondent  5  étamines  à  filets  très  courts , 
supportant  de  grosses  anthères  introrses , 
biloculaires  ;  rudiment  d’ovaire  en  forme  de 
clou  à  tête  aplatie  ou  même  légèrement  con¬ 
cave.  Point  de  corolle.  Femelles.  Calice  à 
5  folioles  petites ,  dressées,  lancéolées.  Co¬ 
rolle  et  étamines  nulles.  Parfois  1-2  glandes 
excessivement  petites,  correspondant  à  2  di¬ 
visions  du  calice.  Ovaire  ovoïde,  3-locu- 
laire ,  à  loges  2-oYulées ,  et  surmonté  de 
3  styles  linéaires ,  entiers ,  recourbés  ou 
flexueux ,  papilleux  sur  la  face  interne  ou 
supérieure.  Fruit  indéhiscent ,  en  forme  de 
petit  drupe  charnu  ,  de  la  grosseur  d'une 
Merise  ou  d’un  gros  Pois ,  triloculaire  ,  cha¬ 
cune  des  loges  ne  contenant,  par  avorte¬ 
ment,  qu’un  seul  ovule. — Les  Bischoffia,  pla¬ 
cés  par  M.  Blume  à  la  suite  des  Rutacées , 
doivent  réellement  appartenir  aux  Euphor¬ 
biacées.  La  plupart  d’entre  eux  sont  des  ar¬ 
bres  qui  atteignent  une  très  grande  hauteur; 
leurs  feuilles  sont  composées,  3-foliées  ;  leurs 
fleurs,  disposées  en  panicules  lâches  dans  les 
femelles  ,  très  serrées  au  contraire  dans  les 
mâles  ,  sont  en  général  de  couleur  jaunâtre 
et  toujours  fort  petites.  Ce  g. ,  à  cause  de 
ses  loges  2-ovulées ,  ses  étamines  définies  et 
insérées  à  la  base  ou  sous  le  rudiment  d’un 
ovaire  central  et  sessile ,  semble  devoir  faire 
partie  de  la  lre  division  établie  dans  les  Eu¬ 
phorbiacées  par  M.  Ad.  de  Jussieu.  (J.  D.) 

*BISCUCULL A ,  Endl.  bot.  ph.  —  Syno¬ 
nyme  de  Bicuculla. 

*BISCUCULL ATA ,  Endl.  bot.  ph.—  Sy¬ 
nonyme  de  Bicucullata. 

BISCUTELLA  {bis,  deux  fois;  scutellu , 


BIS 


BIS 


581 


écuelle;  forme  des  fruits),  bot.  ph.  —  Ce 
genre  linnéen  appartient  à  la  famille  des  Cru¬ 
cifères,  tribu  des  Thlaspidées ,  et  a  été  divisé 
par  De  Candolle  en  deux  sections  renfer¬ 
mant  en  tout  30  espèces ,  dont  2  incertaines. 
Les  Biscutelles  croissent  dans  le  midi  de  l’Eu¬ 
rope  elle  bassin  méditerranéen,  en  Italie,  en 
Espagne ,  dans  le  midi  de  la  France ,  etc.  La 
plupart  sont  hispides  ou  tomenteuses  ;  à 
feuilles  subradicales  ou  caulinaires,  alternes, 
oblongues  ,  entières  ,  dressées  ou  pinnatifi- 
des  ;  à  tiges  cylindriques  ;  à  fleurs  inodores , 
ébractéées,  disposées  en  faux  corymbe. 

(C.  L.) 

BIS-ERGOT,  ois.  —  Syn.  de  Francolin 
Haban  Kukalla,  Teirao  bicalcaratus  Forst. 

*BISERIÉ.  Biseriatus  (bis,  deux  fois;  sériés , 
série),  bot.  pu. —  Se  dit  de  tout  système  d’or¬ 
ganes  disposés  en  deux  séries ,  l’une  inté¬ 
rieure  ,  l’autre  extérieure  ;  ainsi  les  pétales 
sont  bisériés  dans  plusieurs  plantes  de  la  fa¬ 
mille  des  Anonacées.  (A.  R.) 

BISERRULA  (bis ,  deux  fois;  serrula,  pe¬ 
tite  scie),  bot.  pu.  — Genre  de  la  famille  des 
Papilionacées ,  tribu  des  Astragalées?  formé 
par  Linné  et  indiqué  d’abord  par  Tourne- 
fort  sous  le  nom  de  Pelecinus  vulgaris .  Il  ne 
renferme  que  cette  seule  espèce,  remarquable 
surtout  par  sa  gousse  biloculaire.  C’est  une 
plante  herbacée,  annuelle,  diffuse,  pubes- 
cente;  à  feuilles  imparipennées,  multiju- 
guées;  à  fleurs  petites,  bleuâtres,  disposées 
en  un  épi  ovale,  croissant  au  midi  de  l’Eu¬ 
rope  et  en  Orient,  dans  les  lieux  pierreux. 

(C,  L.) 

BISET,  ois.  —  Nom  vulgaire  du  Columba 
livia,  appelé  également  Pigeon  de  roche,  et 
qu’on  regarde  comme  la  souche  de  la  plus 
grande  partie  de  nos  races  domestiques. 

BISETTES.  ois. — Nom  vulgaire  de  la  Ma¬ 
creuse  commune. 

BISETTES.  bot.  cr.  —  Nom  vulgaire 
des  Mousserons. 

"BISEXUEL  ou  mieux  BISEXUÉ .  Bisexua- 
tus  (bis,  deux  fois;  sexus,  sexe),  bot.  —  Cette 
expression  est  synonyme  de  fleurs  herma¬ 
phrodites  ,  c’est-à-dire  munies  des  deux  or¬ 
ganes  sexuels,  étamines  et  pistils,  réunis  dans 
un  même  périanthe.  (A.  R.) 

BISIPHITE.  Bisiphites  (bis,  deux  fois  ;  si¬ 
phon,  siphon),  moll.  foss. —  GenredeCépha- 
lopodes  fossiles,  établi  parMontfort,  pour  une 
espèce  de  Nautiles  auquel  il  avait  cru  Irou- 


ver  deux  siphons,  et  qui  n’a  réellement  qu’un 
enfoncement  en  entonnoir  et  sans  issue  à  la 
partie  postérieure  des  cloisons,  ce  qui  a  causé 
son  erreur.  Ce  g.,  que  M.  Deshayes  laisse  en¬ 
core  dans  les  Nautiles,  semble  à  quelques  au¬ 
teurs,  à  cause  de  cette  particularité,  justifier 
une  division  dans  le  g.  Nautile.  (C.  d’O.) 

BISMUTH  (  de  l’allemand  Wismuih  ). 
min.  —  Ce  métal  était  connu  des  anciens  , 
qui  le  confondaient  avec  le  Plomb  et  l’ɬ 
tain  ;  Stahl  et  Dufay  en  reconnurent  les  pre¬ 
miers  les  propriétés  distinctives.  A  l’état  pur, 
il  ressemble  beaucoup  à  l’Antimoine ,  mais 
il  est  d’un  blanc  rougeâtre ,  il  est  très  cas¬ 
sant  et  facile  à  pulvériser  ;  il  a  beaucoup  de 
tendance  à  cristalliser.  On  l’obtient  aisément 
sous  formes  cristallines,  en  faisant  fondre  du 
Bismuth  dans  un  creuset  ;  lorsque  le  métal 
est  fondu  on  le  laisse  refroidir,  et  dès  que  la 
surface  du  métal  est  figée,  on  perce  la  croûte 
et  l’on  décante  la  partie  encore  liquide.  Après 
le  refroidissement  on  brise  le  creuset,  et  on 
le  trouve  tapissé  à  l’intérieur  de  cristaux 
dont  la  forme  ressemble  à  ceux  du  sel  ma¬ 
rin.  Ces  cristaux  paraissent  être  des  cubes, 
dont  les  surfaces  seraient  excavées  en  tré¬ 
mies  ,  avec  celte  différence  que  les  lames 
qui  les  composent  ne  sont  pas  complètes 
comme  celles  du  sel  marin,  mais  présentent 
en  certains  endroits  ,  vers  leurs  bords  ,  des 
interruptions  et  des  inflexions  qui  imitent  les 
dessins  à  la  grecque.— La  forme  primitive  du 
Bismuth  est ,  d’après  Haüy ,  l’octaèdre  régu¬ 
lier.  Le  Bismuth  fond  à  la  simple  flamme 
d’une  bougie  :  à  une  haute  température,  il  se 
volatilise,  et  on  peut  le  distiller  en  vases  clos  ; 
il  se  sublime  alors  en  cristaux  feuilletés.  Il 
est  soluble  dans  l’acide  nitrique  avec  dégage¬ 
ment  de  gaz  nitreux  ;  l’addition  d’une  cer¬ 
taine  quantité  d’eau  pure  le  précipite  en 
blanc  de  ses  dissolutions  par  les  acides. 

Le  Bismuth  est,  dans  les  méthodes  minéra¬ 
logiques  qui  procèdent  comme  celle  d’Haüy, 
la  base  d’un  genre  composé  d’au  moins  six 
espèces,  savoir  :  le  Bismuth  natif,  le  Bismuth 
sulfuré,  le  Bismuth  telluré,  le  Bismuth  oxydé, 
le  Bismuth  carbonaté  et  le  Bismuth  silicaté 
phosphorifère. 

I .  Bismuth  natif.  Gediegener  Wismuth, W. 
Substance  métallique,  très  lamelleuse,  d’un 
blanc  rougeâtre,  présentant  quelquefois  des 
teintes  superficielles  de  gris  jaunâtre  ou  ver¬ 
dâtre  ,  très  fragile ,  s’égrenant  sous  le  mar- 


582 


BIS 


BIS 


teau,  très  fusible  au  chalumeau,  et  donnant 
un  oxyde  jaune  qui  couvre  le  charbon;  solu¬ 
ble  avec  effervescence  dans  l'acide  nitrique, 
où  elle  produit  une  nébulosité  d’un  vert  jau¬ 
nâtre. 

Le  Bismuth  se  clive  en  octaèdre  régulier  : 
on  en  cite  des  cristaux  en  octaèdres ,  en  té¬ 
traèdres  réguliers  ,  et  en  rhomboèdres  aigus 
de  70°  31'  (angle  plan,  60°),  qui  résultent  de 
la  combinaison  d’un  octaèdre  et  de  deux  té¬ 
traèdres  ,  et  représentent  ainsi  ce  qu’Haüy 
considérait  comme  la  molécule  soustractive. 
—  Le  Bismuth  naturel  est  rarement  pur  ;  il 
est  presque  toujours  mélangé  d’une  certaine 
quantité  d’Àrsenic.  On  le  trouve  ordinaire¬ 
ment  à  l’état  lamellaire ,  ou  sous  forme  de 
ramifications  ,  qui  présentent  les  structures 
palmée  ou  penniforme,  et  qui  sont  dissémi¬ 
nées  dans  le  Quartz  ou  le  Jaspe,  dans  le  Cal¬ 
caire  ou  la  Barytine.  Il  se  rencontre  principa¬ 
lement  dans  les  filons  arsénifères,  argentifères 
et  cobal tifères  à  Bieber,  dans  le  Hanau  ;  à 
Wittichen  ,  en  Souabe  ;  à  Joachimsthal ,  en 
Bohême;  à  Schneeberg,  en  Saxe  ;  à  Bispberg 
et  à  Bastnaës,  en  Suède.  On  en  trouve  aussi 
des  traces  dans  la  mine  de  plomb  de  Poul- 
laouen ,  en  Bretagne  ,  et  dans  la  vallée  d’Os- 
sau  (Pyrénées).  —  Le  principal  usage  du  Bis¬ 
muth  consiste  dans  les  alliages  qu’on  en  fait 
avec  diverses  substances  métalliques ,  entre 
autres  avec  l’Étain ,  auquel  il  donne  plus 
d’éclat  et  de  dureté.  Il  est  un  des  composants 
de  l’alliage  fusible  de  Darcet.  On  a  proposé 
de  l’employer  dans  l’étamage  des  glaces  ,  et 
de  le  substituer  au  Plomb  dans  l’essai  de  l’Ar¬ 
gent  à  la  coupelle. 

2.  Bismuth  sulfuré.  Bismuthine,  Beud.  ; 
Wismuthglanz ,  W.  Substance  métalloïde, 
d’un  gris  de  plomb  ou  gris  d’acier,  avec  une 
nuance  de  jaunâtre,  cristallisant  en  aiguilles 
rhomboïdales  très  allongées,  et  striées  longi¬ 
tudinalement.  Cette  espèce  paraît  être  iso¬ 
morphe  avec  l’Antimoine  sulfuré  ou  la  Sti¬ 
bine.  Elle  est  composée  de  deux  atomes  de 
Bismuth  et  de  trois  atomes  de  Soufre  ;  en 
poids  de  81,5  de  Bismuth  et  de  18,5  de  Sou¬ 
fre.  Sa  forme  fondamentale  est  un  prisme 
rhombique  droit  d’environ  91°,  clivable  avec 
beaucoup  de  netteté ,  comme  celui  de  la  Sti¬ 
bine,  dans  le  sens  de  la  petite  diagonale  ;  elle 
est  moins  dure  que  le  calcaire,  et  pèse  spéci¬ 
fiquement  6,5.  Elle  est  fusible  à  la  simple 
flamme  d’un»  bougie  ;  fondue  sur  le  charbon 


elle  entre  en  ébullition  ,  éclabousse  et  pro¬ 
jette  des  gouttelettes  incandescentes ,  couvre 
le  charbon  d’oxyde  jaune,  et  donne  pour  ré¬ 
sidu  un  globule  de  Bismuth.  Elle  est  soluble 
lentement  dans  l’acide  nitrique  ;  la  solution 
en  est  troublée  par  l’eau  et  précipite  en  noir 
par  les  hydrosulfates. —  On  la  trouve  dans  les 
filons  qui  traversent  le  Granit  et  les  Schistes 
cristallins,  sous  la  forme  d’aiguilles  ou  de  la¬ 
melles  striées,  à  Bieber  en  Hanau,  avec  la  Si¬ 
dérose  ;  en  Saxe  et  en  Bohême,  avec  le  Silex 
corné  ;  à  Bastnaës  en  Suède ,  avec  la  Cérite 
rouge. 

On  a  rapporté  à  cette  espèce  :  l»un  miné¬ 
ral  en  aiguilles  d’un  gris  métallique  jaun⬠
tre,  qui  se  trouve  disséminé  dans  un  Quartz 
gras,  dans  la  mine  d’or  deBérésof,  en  Sibérie; 
c’est  le  Nadelerz  de  Werner,  le  Bismuth  sul¬ 
furé  plumbo-cuprifère  d’Haüy,  qui  paraît 
formé  de  Sulfure  de  Bismuth  ,  mélangé  ou 
combiné  avec  des  sulfures  de  Cuivre  et  de 
Plomb.  2°  Un  autre  minéral  en  aiguilles  qui 
ressemble  beaucoup  au  Nadelerz  ,  et  qui  est, 
comme  lui,  disséminé  dans  des  gangues  sili¬ 
ceuses  ,  c’est  le  Wïsmulhbleierz  de  Schap- 
bach,  pays  de  Baden ,  ou  le  Bismuth  sulfuré 
plumbo-argentifère  d’Haüy,  composé  de  sul¬ 
fure  de  Bismuth  ,  de  sulfure  de  Plomb  et  de 
sulfure  d’Argent. —  Le  sulfure  de  Bismuth  se 
rencontre  encore  uni  au  sulfure  de  Cuivre 
dans  le  Kupferwismuiherz  de  Wittichen  en 
Souabe,  et  au  sulfure  de  Nickel  dans  le 
Nickelwismuthqlanz  de  Grünau,  comté  de 
Sayn-Altenkirch.  Koyez  sur  toutes  ces  ma¬ 
tières  le  mot  sulfures. 

3.  Bismuth  tellure.  Tétradymite,  Haid.; 
Bornine,  Beud.  Substance  métalloïde ,  d’un 
gris  de  Plomb  ou  d’un  blanc  d’Étain  ,  en  la¬ 
mes  à  cassure  striée,  dérivant  d’un  rhom¬ 
boèdre  aigu  de  66°  40' ,  clivable  très  nette¬ 
ment  perpendiculairement  à  l’axe.  C’est  un 
sulfo-tellurure  de  Bismuth  avec  traces  de  Sé¬ 
lénium.  Sa  pesanteur  spécifique  est  de  7,5. 
On  l'a  trouvée  dans  un  conglomérat  trachy- 
tique,  près  de  Schemnitz,  en  Hongrie. — L’Ar¬ 
gent  moïybdique  de  Deutsch-Pilsen,  en  Hon¬ 
grie  ,  paraît  se  rapporter  à  la  même  espèce  ; 
cependant  sa  pesanteur  spécifique  est  un  peu 
plus  considérable ,  et  il  contient  2  à  3  pour 
100  d’Argent.  On  cite  encore  la  même  sub¬ 
stance,  en  lamelles  éclatantes,  à  Tellemarkeri , 
en  Norwège,  et  à  Bastnaës,  en  Suède,  où  elle 
accompagne  la  Cérite  et  Ta  Chalkopyrite. 


BÎS 


BIS 


4.  Bismuth  oxydé.  Wismuth-Ocker,  W. 
Cette  substance  n’a  encore  été  trouvée  qu’à 
l’état  pulvérulent  sur  les  minerais  de  Bis¬ 
muth,  de  Cobalt  et  de  Nickel,  principalement 
près  de  Schneeberg  ,  en  Saxe.  Elle  est  très 
tendre  et  même  friable,  et  se  réduit  très  faci¬ 
lement  sur  le  charbon.  Sa  couleur  est  le 
jaune  verdâtre  ,  passant  quelquefois  au  gris 
jaunâtre. 

5.  Bismuth  carbonate.  On  a  décrit  sous 
ce  nom  une  substance  terreuse ,  brune ,  ve¬ 
nant  de  Sainte-Agnès  en  Cornouailles,  et  qui 
a  été  analysée  par  Mac-Grégor  ;  mais  cette 
analyse  laisse  beaucoup  à  désirer.  La  sub¬ 
stance  que  M.  Breithaupt  vient  de  décrire 
sous  le  nom  de  Bismuthite,  et  qu’on  trouve 
en  petites  aiguilles  jaunes  et  vertes  à  Ullers- 
reuth  en  Voigtlang,  paraît  n’être  qu’un  Car¬ 
bonate  de  Bismuth. 

6.  BlSMÜTH  SILICATE  PIIOSPHORIFERE.  Euly- 

üne,  Br.  ;  Wismuthblende.  Substance  brune, 
à  éclat  adamantin,  clivable  en  dodécaèdre 
rhomboïdal,  et  cristallisant  dans  le  système 
tétraédrique.  Ses  cristaux  ,  qui  sont  fort  pe¬ 
tits,  sont  des  tétraèdres  pyramidés.  Leur  du¬ 
reté  est  de  4,5,  leur  pesanteur  spécifique  de 
5,8.  —  Ils  fondent  aisément,  et  sont  réducti¬ 
bles  par  la  Soude.  Ils  font  gelée  avec  les  aci¬ 
des  nitrique  et  chlorhydrique.  Analysée  par 
Kesten,  cette  substance  a  donné  :  Silice,  22,23  ; 
oxyde  de  Bismuth,  69,36  ;  acide  phosphori- 
que,  3,31  ;  oxyde  de  Fer,  2,40  ;  oxyde  de  Man¬ 
ganèse,  0,30;  Eau  et  acide  fluorique,  1,01. — 
On  la  trouve  à  Schneeberg  en  Saxe ,  où  elle 
est  accompagnée  d’Atélestite  ,  en  petits  cris¬ 
taux  jaune  de  Soufre.  (Del.) 

*BÏSMUTHINE,  Beud.  min.  —  Voy.  bis¬ 
muth  SULFURE. 

^BISMUTHITE,  Br.  min. — Voy.  bismuth 

CARBONATE.  (DEL.) 

BISNAGILLI.  bot.  ph.—  Synonyme  vul¬ 
gaire  de  Bryonia  laciniosa. 

BISNAGO.  bot.  pii.  —  Synonyme  pro¬ 
vençal  du  Daucus  visnaya  L.  Voyez  ca¬ 
rotte. 

*BISNIUS.  ins. — Genre  deCoîéoptères  pen¬ 
tamères,  de  la  famille  des  Brachélytres ,  éta¬ 
bli  par  Stephens,  et  non  adopté  par  Erich- 
son ,  qui  en  rapporte  les  espèces  au  g.  Phi- 
lonthus  de  Leach.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

BISON.  Bos  americanus  Gmel.  mam.  — 
Le  mot  Bison ,  employé  par  les  auteurs  latins 


583 

du  premier  siècle  (1)  pour  désigner  l’Aurochs, 
que  les  progrès  dés  armes  romaines  avaient 
fait  récemment  connaître  à  l’Italie,  paraît 
dériver  du  nom  que  portait  l’animal  dans  la 
langue  des  Germains ,  ou  du  moins  d’un  mot 
qui  s’appliquait  au  genre,  sans  distinction 
d’espèces  (2).  En  effet,  nous  voyons,  dans  le 
vieux  poëme  des  Niebelungen,  un  Bœuf  sau¬ 
vage  mentionné  sous  le  nom  de  JVisent ;  et, 
plus  tard,  Albert-le-Grand  fait  usage  de  Vi¬ 
sent  dans  le  même  sens. 

Dans  les  auteurs  latins  du  moyen-âge,  le 
mot  Bison  se  trouve  appliqué  non  seulement 
à  l’Aurochs,  mais  encore  à  tous  les  Bœufs 
sauvages  en  général ,  et  il  en  est  de  même 
des  mots  Unis  et  Bnbalus.  Ainsi,  à  mesure 
que  les  pays  où  se  trouvaient  ces  grands  Ru¬ 
minants  devenaient  plus  accessibles ,  les 
noms  par  lesquels  on  en  distinguait  les  divef- 
ses  espèces  perdaient  leur  sens  précis ,  et  les 
renseignements  devenaient  si  vagues ,  qu’il 
est  aujourd’hui  presque  impossible  d’en  tirer 
parti  pour  fixer  les  anciennes  limites  géogra¬ 
phiques  de  quelques  unes  de  ces  espèces.  Il 
est  évident,  en  effet,  qu’on  ne  saurait  as¬ 
seoir  aucune  conclusion  sur  lotit  passage  où 
l’un  des  trois  noms  que  nous  venons  de  rap- 

(i)  Tibi  dant  varice  pectora  Tigres, 

Tibi  vellosi  terga  Bisontes... 

Sénèque  ,  Ilippol.,  act.  I  ,  v.  G3. 

Pautissima  Scythia  gignit ,  inopia  frutieüm  ;  paitca  eon 
termina  illi  Germania  ,  insignia  tamen  Boum  ferorum  gé¬ 
néra,  jubatos  Bisontes  excellentique  vi  et  velocitate  uros... 
quibus  imperitum  vulgus  Bubalorum  nomen  imposuit. 

Plin  ,  Nat.  Hist.,  lib.  VIII,  cap.  xv. 

Illi  cessit  atrox  Bubalus  atque  Bison. 

MAKTiAii,  Spect.,  épigr.  xxnt. 

(a)  Parmi  les  naturalistes  qui  soutiennent  cette  étymolo- 
gie  ,  jusque  là  fort  plausible  ,  quelques  uns  vont  plus  loin,  et 
veulent  que  l’ancien  nom  ,  dont  la  forme  précise  ne  leur  est 
pas  connue  ,  dérive  du  mot  Bisam  ,  mot  qui ,  dans  l’alle¬ 
mand  moderne  ,  signifie  Musc.  Celte  dernière  conjecture  est 
peu  vraisemblable,  et  il  en  est  une  bien  plus  naturelle  ,  qui 
consiste  à  supposer  que  le  mot  par  lequel  on  a  d’abord  dé¬ 
signé, dans  les  pays  allemands,  non  le  Véritable  Muse,  qui  n’y 
a  été  connu  que  fort  tard ,  mais  l’odeur  musquée  ,  en  géné¬ 
ral  ,  a  été  tiré  du  nom  de  l’animal  qui  la  présente  à  un  très 
haut  degré.  Par  la  suite  ,  on  aura  étendu  l’acception  de 
ce  mot;  et  c’est  par  abus  qu’on  l’aura  attribué  enfin  exclu¬ 
sivement  au  musc  du  Clievrolain.  Au  reste  ,  le  même  trans¬ 
port  a  eu  lieu  dans  d’autres  pays,  où  le  musc  a  reçu  le  nom 
de  castouri ,  parce  que  le  castoreurn  y  avait  été  long-temps 
le  type  des  odeurs  musquées.  Dans  les  contrées  de  l'Europe 
où  l’on  ne  connaissait  point  le  Bison  et  très  peu  le  Castor,  le 
Musc  a  reçu  des  noms  dérivés  de  ceux  qu’il  porte  dans  les 
langues  asiatiques,  et  ces  derniers  noms  ,  pour  le  remarquer 
en  passant,  rappellent  les  rapports  qu’a  la  substance  odo* 
rante  avec  l’appareil  génital  de  l’animal  qui  la  fournit 


BIS 


584 

peler  se  présente  sans  être  accompagné  d’une 
indication  de  caractères  ;  mais,  même  quand 
cette  indication  s’y  trouve  jointe,  nous  ne  la 
pouvons  accepter  qu’avec  une  extrême  ré¬ 
serve,  puisque  nous  savons  comment  on  pro¬ 
cédait  dans  cet  âge  du  demi-savoir,  cent 
fois  pire  que  l’ignorance.  Au  lieu  de  donner 
les  résultats  de  ses  propres  observations  ou 
les  renseignements  qu’il  aurait  pu  recueillir 
des  chasseurs  et  des  habitants  de  la  campa¬ 
gne,  l’écrivain  qui  voulait  faire  connaître 
un  animal  puisait  à  des  sources  qu’il  re¬ 
gardait  comme  beaucoup  plus  respectables , 
et  allait  chercher  dans  quelque  manuscrit 
incorrect  de  Pline  ou  de  Solin  la  description 
correspondant  au  nom  qu’il  avait  adopté. 
C’est  ainsi  que  le  naturaliste  romain  ayant 
parlé  des  jubatos  Bisontes ,  Boethius ,  qui  dé¬ 
signait,  sous  le  nom  de  Bisons,  les  Bœufs  sau¬ 
vages  de  l’Écosse ,  n’hésita  pas  à  leur  donner 
une  crinière  de  Lion.  Ces  Bœufs  cependant, 
comme  on  le  sait  aujourd’hui ,  n’ont  rien  de 
commun  avec  les  Bœufs  à  crinière,  et  appar¬ 
tiennent  à  la  même  souche  que  notre  bétail 
domestique. 

Une  extension  plus  judicieuse  du  mot  Bi¬ 
son  fut  faite  à  une  époque  postérieure.  Les 
Espagnols,  qui  pénétrèrent  vers  le  milieu  du 
xvie  siècle  dans  le  bassin  du  Mississipi ,  y 
trouvèrent  une  espèce  de  Bœufs ,  le  Buffalo 
des  Anglo-Américains ,  qui  offrait  avec  l’es¬ 
pèce  de  l’Aurochs  une  telle  ressemblance  dans 
tous  les  caractères  extérieurs,  qu’elle  pouvait, 
qu’elle  devait  même  d’abord  n’en  être  consi¬ 
dérée  que  comme  une  variété.  En  effet ,  si 
les  descriptions  des  parties  externes  et  les  fi¬ 
gures  du  nouvel  animal  permettaient  d’a¬ 
percevoir  entre  lui  et  l’Aurochs  quelques  dif¬ 
férences,  telles  que  la  brièveté  des  jambes, 
de  la  queue,  le  moindre  développement  du 
train  de  derrière,  etc.,  ces  différences  n’é¬ 
taient  pas  plus  grandes  que  celles  qu’on  ob¬ 
serve  entre  deux  races  sauvages  appartenant 
à  une  même  espèce,  mais  habitant  des  pays 
éloignés  l’un  de  l’autre.  Plus  tard ,  à  la  vé¬ 
rité  ,  on  reconnut  que  le  nombre  des  côtes 
n’était  pas  le  même  chez  les  deux  animaux; 
on  les  considéra  comme  spécifiquement  dis¬ 
tincts,  et  l’on  sentit  la  nécessité  de  ne  plus  les 
confondre  sous  un  même  nom  ;  mais,  par  une 
de  ces  bizarreries  qui  ne  sont  que  trop  com¬ 
munes  en  histoire  naturelle,  ce  fut  l’espèce 
du  Nouveau- Monde  qui  conserva  le  nom 


BIS 

donné  originairement  à  l’espèce  de  l’ancien 
continent. 

Quoi  qu’il  en  soit ,  ces  deux  espèces  offrent 
entre  elles  beaucoup  de  traits  de  ressem¬ 
blance  ;  elles  forment  un  groupe  bien  tran¬ 
ché  ,  qu’on  peut  avoir  besoin  de  considérer 
isolément,  et  pour  lequel  il  est  bon  d’avoir 
une  dénomination  commune.  Quelques  na¬ 
turalistes  les  désignent  collectivement  sous 
le  nom  de  Bisons;  mais  c’est  une  mauvaise 
pratique  que  de  faire  ainsi  d’un  mot  une  dou¬ 
ble  application,  puisque  le  lecteur  est  souvent 
embarrassé  pour  savoir  si  ce  mot  doit  être 
pris  dans  le  sens  le  plus  général  ou  dans  le 
sens  le  plus  restreint.  Le  mot  Bisomidées , 
employé  par  d’autres  zoologistes,  ne  laisse 
pas  l’esprit  en  suspens ,  mais  il  prête  à  une 
autre  objection ,  car  la  terminaison  en  idées 
est,  en  quelque  sorte,  consacrée  par  l’usage 
aux  noms  de  famille,  et  ne  paraît  guère  con¬ 
venable  pour  un  petit  groupe  qui  ne  s’élève 
pas  même  au  rang  de  sous-genre.  Je  propo¬ 
serai  d’y  substituer  le  mot  Bonase  ,  employé 
par  Aristote ,  qui  a  donné  la  première  et 
la  seule  bonne  description  de  l’Aurochs  que 
nous  trouvions  dans  les  auteurs  anciens. 
C’est  à  ce  mot  (f)  que  je  placerai  ce  que 
j’aurai  à  dire  des  caractères  communs  aux 
deux  espèces ,  et  de  ceux  qui  caractérisent 
chacune  d’elles  en  particulier.  (Roulin.) 

BISOTTE.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire  de 
YAyaricus  livescens. 

BISPÉNIENS  (bis,  deux  fois; pénis,  pénis). 
rept.  —  C’est  le  troisième  et  dernier  ordre  de 
la  sous-classe  des  Reptiles,  établi  par  M.  de 
Blainville  pour  les  Sauriens  et  les  Ophi¬ 
diens  ,  qu’il  réunit  dans  un  même  groupe,  à 
cause  de  leurs  affinités  organiques  ,  et  qu’il 
désigne  sous  le  nom  de  Bispéniens ,  par  suite 
de  la  disposition  double  de  l’organe  excita¬ 
teur  du  mâle.  (c.  D’0.) 

BISSE,  ois.— Synonyme  de  Rouge-Gorge. 

Voyez  RUBIETTE. 

BISSE-MORELLE.  ois.  —  Nom  vulgaire 
de  la  Fauvette  traîne-buisson,  Moiacilla  mo - 
dularis.  Voyez  accenteur. 

BISSET  et  BISSUS.  bot.  cr. — Synonyme 

de  Byssys . 

BISSOLITHE.  min.  — Voyez  byssolithe. 

BISSOURDET.  ois.  —  Nom  vulgaire  du 
Troglodyte. 

(i)  Voir  aussi  aux  mots  Aurochs  ,  Boeuf  ,  Buffalo  e* 
Zubr. 


BIT 

BISSOIJS.  mam.  —  Synonyme  vulgaire  de 
Lapin. 

BISSUS.  bot.  cft.  —  Voyez  byssus. 

BISTARDB  ou  BITARDE.  ois.  —  Syno¬ 
nyme  d’Outarde. 

"BISTON  (fils  de  Mars),  ins.  —  Leach  dé¬ 
signe  ainsi  un  g.  de  Lépidoptères  nocturnes , 
déjà  nommé  Amphidasis  par  les  entomolo¬ 
gistes  allemands.  V oyez  ce  mot.  (D.) 

BISTORTE  (  bis ,  deux  fois  ;  tonus ,  tor¬ 
tueux).  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire  d’une  es¬ 
pèce  du  g.  Polygonum. 

RISTOURNÉE,  moll.  —  Nom  vulgaire 
d’une  coquille  du  g.  Arche ,  Area  lortüosa. 
Oken  en  a  fait  un  g.  distinct  des  Arches 
sous  le  nom  de  Trisis.  (C.  d’O.) 

BISTROPOGON.  BOT.  PH.  —  Voyez  BYS- 
TROPOGON.  (G.  L.) 

"BISULFURE  DE  CUIVRE,  min.— Voyez 

CUIVRE  et  SULFURES.  (DEL.) 

BISULQUES  (bis,  deux  fois  ;  sulcus,  sillon). 
mam.  —  Animaux  à  deux  sabots  principaux, 
tels  que  les  Ruminants. 

BITARDE.  ois.  —  Voyez  bistarde. 

BITESTACÉS.  Bitestaceüs  (à»,  deux  fois  ; 
testa,  coquille),  crust. — Nom  sous  lequel  on 
a  désigné  les  Crustacés  de  l’ordre  des  Bran- 
chiopodes ,  dont  le  corps  est  recouvert  d’un 
double  bouclier  semblable  à  une  coquille  bi¬ 
valve;  tels  sont  les  Cypris,  les  Daphnies,  etc. 

(C.  d’O.) 

BITOMA  (  bis ,  deux  fois  ;  ropw ,  portion  ; 
ce  nom  fait  allusion  aux  deux  articles  de  la 
massue  des  antennes),  ins.  —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  tétramères,  famille  des  Xylopha¬ 
ges,  tribu  des  Trogossitaires,  établi  par  Herbst 
aux  dépens  du  g.  Lyctus ,  Fabr.  Il  n’en  dif¬ 
fère  que  parce  que  les  espèces  qui  le  compo¬ 
sent  ont  les  antennes  plus  courtes  et  les  man¬ 
dibules  cachées  ou  peu  découvertes.  M.  De- 
jean,  dans  son  dernier  Catalogue,  y  rapporte 
8  espèces ,  dont  7  d’Amérique  et  une  seule 
d’Europe.  Cette  dernière  est  le  Lyctus  cre- 
natus  Fabr. ,  qu’on  trouve  sous  les  écorces 
aux  environs  de  Paris;  elle  est  figurée  dans 
Panzer  (flisl.  ins. ,  t.  I,  tab.  24).  M.  Guérin- 
Méneville,  dans  son  Iconographie  du  Règne 
animal  de  Cuvier,  pl.  41  ,  fig.  5,  en  figure 
une  espèce  nouvelle  qu’il  nomme  B.  unicolor. 
Latreille  avait  changé  le  nom  de  ce  g.  en  ce¬ 
lui  de  Ditoma  comine  plus  correct  ;  mais  ce¬ 
lui  de  Bitoma  a  prévalu.  (D.) 

BITOME.  Bitomus  ( bit ,  deux  fois  ;  vôyo<; , 

T.  II. 


BIT  585 

division,  section).  Moll.  —  Coquille  micros¬ 
copique  que  Soldani  prétend  avoir  trouvée  en 
abondance  dans  la  Manche,  où  personne  ne 
l’a  retrouvée  depuis ,  et  que  Montfort  a  prise 
pour  type  du  g.  Bitorne ,  sur  une  figure  de 
Soldani.  L’adoption  de  ce  g.  est  ajournée 
jusqu’à  ce  que  son  existence  soit  bien  con¬ 
statée.  (C.  d’O.) 

BITOR  ou  BITOUR.  ois.— Nom  vulgaire 
du  Butor. 

BITRISCHUS.  ois.  —  Synonyme  de  Roi¬ 
telet. 

"BITTACOMORPHE.  Bitlacomorpha  (Bit- 
tacus,  nom  d'un  g.  de  NévroptèreS;  yopyri , 
forme),  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des  Diptères, 
division  des  Némocères ,  famille  des  Tipulai- 
res,  tribu  des  Terricoles,  établi  par  M.  West- 
wood  sur  une  seule  espèce,  Ptychoptera  cla- 
vipes  de  Fabricius,  et  adopté  par  M.  Macquart 
dans  son  Suppl,  à  VHist.  nat.  des  Diptères , 
t.  II,  p.  648. 

L’espèce  unique,  sur  laquelle  ce  g.  a  été 
fondé,  est  remarquable  par  la  longueur  inusi¬ 
tée  de  l’abdomen  ;  par  la  conformation  de  ses 
pieds  en  massue,  et  par  les  nervures  des  ailes. 
En  voici  une  courte  description  :  longueur, 
8  lignes  ;  obscure  ;  thorax  à  bandes  ;  côtés  et 
écusson  blancs;  jambes  à  bandes  blanches; 
1er  art.  des  tarses  longs,  à  base  blanche.  Elle 
est  de  l’île  de  Terre-Neuve ,  Amérique  bo¬ 
réale.  (D.) 

BITTAQUE.  Bittacus.  ins.— Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Panorpiens,  de  l’ordre  des  Névrop- 
tères,  établi  par  Latreille  aux  dépens  du  g. 
Panorpa  ,  Lin.,  et  adopté  par  tous  les  ento¬ 
mologistes. 

On  ne  connaît  encore  que  quatre  espèces 
de  ce  genre,  dont  le  type  est  le  B.  tipularius 
(  Panorpa  tipularia  Lin.,  Fab.),  qui  habite  la 
France  et  tout  le  midi  de  l’Europe,  et  offre  en¬ 
tièrement  l’aspect  d’un  Tipule  (g.  de  l’ordre 
des  Diptères).  (Bl.) 

*  BITTERSALZ ,  c’est-à-dire  Sel  amer. 
min.  —  Synonyme  d’Epsomite  ou  Sulfate  de 
magnésie.  Voyez  sulfates.  (Del.) 

BiTTERSPATH,  c’est-à-dire  Spath  amer. 
min.  —  Synonyme  de  Dolomie  ou  Carbonate 
de  chaux  et  de  magnésie.  Voyez  carbonates. 

(Del.) 

BITUBULITE.  Bitubulites  (bis,  deux  fois; 
tabulas,  tube,  petit  tuyau),  moll.  foss. — Blu- 
menbach  a  donné  ce  nom  à  un  fossile  très 
singulier  trouvé  dans  le  calcaire  d’Heinber 

37" 


586 


BIT 


BIT 


près  de  Gœttingue.  Ses  affinités  sont  encore 
inconnues  ;  car  on  ne  sait  si  l’on  peut  le  re¬ 
garder  comme  un  fossile  ou  s’il  appartient  à 
une  autre  classe.  C’est  sans  fondement  que 
M.  Schlotheim  le  rapproche  des  Hippurites 
de  Lamarck.  (C.  d’O.) 

BITUME,  min.  —  Les  Bitumes  sont  des 
substances  liquides  ou  visqueuses  ,  qui  pa¬ 
raissent  formées  d’après  les  lois  de  la  com¬ 
position  organique ,  et  sont  beaucoup  plus 
analogues  aux  huiles  et  aux  poix  végétales 
qu’aux  minéraux  proprement  dits.  Ces  ma¬ 
tières  ,  qui  ne  cristallisent  pas ,  et  dont  la 
nature  chimique  n’est  pas  bien  définie , 
échappent  complètement  à  la  méthode  mi¬ 
néralogique  ,  dans  laquelle  on  ne  les  admet 
que  par  tolérance  :  on  ne  peut  donc  les  dé¬ 
crire  qu’à  la  manière  des  substances  orga¬ 
niques  naturelles ,  surtout  à  l’aide  de  leurs 
propriétés  chimiques.  Les  Bitumes  sont  des 
substances  combustibles,  composées  de  car¬ 
bure  d’hydrogène ,  seul  ou  uni  à  un  principe 
oxygéné.  Us  sont  tantôt  liquides  et  plus  ou 
moins  transparents ,  tantôt  mous  comme  de 
la  poix ,  quelquefois  solides  ;  mais  ,  dans  ce 
dernier  cas,  ils  sont  très  friables  ,  se  pulvé¬ 
risent  facilement  entre  les  doigts ,  et  se  ra¬ 
mollissent  à  une  température  peu  élevée. 
Tous  s’enflamment  aisément  et  brûlent  avec 
flamme  et  fumée  épaisse ,  en  dégageant  une 
odeur  forte  qui  leur  est  particulière.  Leur  pe¬ 
santeur  spécifique  varie  de  0,7  à  1,2  ,  ce  qui 
fait  que  la  plupart  du  temps  ils  surnagent  à 
la  surface  de  l’eau  :  ils  sont  généralement  de 
couleur  brune  ou  noire.  On  les  divise  en 
plusieurs  sous-espèces ,  ou  variétés  princi¬ 
pales  ,  entre  lesquelles  il  existe  des  passages  : 
le  Naphte ,  le  Pétrole ,  le  Malthe  et  l’As¬ 
phalte. 

1°  Le  JYaphie.  Erdœl,  W.  C’est  le  Bitume 
le  plus  rare.  Il  est  parfaitement  fluide  à  la 
température  ordinaire ,  diaphane,  d’un  blanc 
jaunâtre,  très  inflammable;  il  suffit  d’en 
approcher  un  corps  embrasé  pour  qu’il 
prenne  aussitôt  feu  comme  de  l’Alcool.  Il 
donne  une  flamme  bleuâtre  ,  une  fumée 
épaisse  ,  et  ne  laisse  aucun  résidu.  Lorsqu’il 
est  exposé  à  l’air  pendant  long-temps ,  il  s’é¬ 
paissit  et  se  change  en  Pétrole.  Le  Naphte 
pur  ou  distillé  paraît  être  isomère  avec  le 
percarbure  d’hydrogène  des  chimistes. 

2°  Le  Pétrole  (c’est-à-dire  huile  de  pierre ) 
est  de  couleur  brune  ou  d’un  rouge  noi¬ 


râtre  ,  d’une  consistance  visqueuse  plus  ou 
moins  épaisse,  et  d’une  fluidité  qui  aug¬ 
mente  par  la  chaleur.  C’est  le  Bitume  li¬ 
quide  le  plus  commun  ;  il  diffère  du  Naphte, 
en  ce  qu’il  laisse  pour  résidu  de  la  distilla¬ 
tion  une  matière  bitumineuse  non  volatile  , 
qui  paraît  être  identique  avec  le  Malthe. 

3°  Le  Malthe  ou  Pissasphalle  (  l’Asphalte 
du  commerce)  :  sorte  de  Bitume  glutineux  , 
de  poix  ou  de  goudron  minéral ,  qui  se  dur¬ 
cit  par  le  froid  et  se  ramollit  par  la  chaleur. 
Il  se  fond  toujours  dans  l’eau  bouillante  ;  il 
est  soluble  dans  l’Alcool ,  dans  le  Naphte  et 
dans  l’huile  de  térébenthine.  Sa  composition 
n’est  pas  encore  bien  connue. 

4°  L 'Asphalte,  Le  Bitume  de  Judée  ;  le 
Karabé  de  Sodome  ;  le  Bitume  des  Momies. 
Il  est  solide,  d’un  noir  brunâtre,  très  fragile, 
à  cassure  vitreuse  largement  conchoïdale.  Il 
est  connu  de  temps  immémorial ,  et  il  pro¬ 
vient  principalement,  ainsi  que  l’indique 
son  nom ,  du  lac  Asphaltite  ou  de  la  mer 
Morte  en  Judée.  Il  ne  fond  pas  à  la  tempé¬ 
rature  de  l’eau  bouillante ,  mais  il  est  fu¬ 
sible  à  une  température  plus  élevée,  et  il 
est  insoluble  dans  l’Alcool.  Il  est  formé  de 
carbone,  d’hydrogène  et  d’oxygène,  dans  des 
proportions  qui  ne  sont  pas  encore  bien  dé¬ 
terminées. 

On  a  beaucoup  discuté  sur  l’origine  des 
Bitumes,  et  l’opinion  la  plus  accréditée  jus¬ 
qu’ici  était  qu’ils  provenaient  du  règne  vé¬ 
gétal  ,  et  résultaient  d’une  sorte  de  distilla¬ 
tion  naturelle  des  Houilles.  La  ressemblance 
qui  existe  entre  certains  Bitumes  naturels  et 
les  matières  bitumineuses  qu’on  extrait  de 
la  Houille  appuyait  fortement  cette  idée  ; 
mais  elle  était  sujette  à  d’assez  grandes  dif¬ 
ficultés,  par  l’impossibilité  où  l’on  se  trou¬ 
vait  d’expliquer  d’une  manière  satisfaisante 
l’immense  quantité  de  Bitumes  répandue  à 
la  surface  de  la  terre,  l’existence  de  ces  ma¬ 
tières  dans  les  roches  ignées,  les  filons,  les 
terrains  antérieurs  à  la  Houille,  et  enfin 
les  rapports  constants  qu’on  remarque  en¬ 
tre  le  gisement  des  Bitumes  et  les  dépôts  de 
Sel ,  de  Gypse  et  de  Soufre ,  les  salses ,  les 
éruptions  gazeuses ,  les  sources  thermales  et 
minérales  :  aussi  les  géologues  pensent-ils 
aujourd’hui  que  les  Bitumes  sont,  comme 
ces  dernières  substances,  des  produits  vol¬ 
caniques  indirects,  ou  une  nouvelle  sorte  de 
manifestation  de  l’activité  de  ces  causes  sou- 


BIT 


B1Y 


terraines,  qu’on  désigne  généralement  sous 
le  nom  d’agents  pliuoniques. 

Les  Naphtes  ou  Pétroles  accompagnent 
presque  toujours  les  salses  ou  les  dégage¬ 
ments  de  gaz  hydrogène  carboné,  qui  s’é¬ 
chappent  en  différents  lieux  de  l’intérieur  de 
la  terre.  On  connaît  des  sources  de  Pétrole 
à  Miano ,  près  de  Parme  ;  au  montZibio, 
près  de  Sassuolo,  dans  le  Modénais  ;  en  Tos¬ 
cane  ,  au  nord  des  salses  de  Barigazzo  et  de 
Pietra-Mala  ;  en  Sicile ,  près  de  Girgenti  ;  en 
France ,  à  Gabian ,  près  de  Pézénas  ,  dans  le 
département  de  l’Hérault,  et  à  Bechelbrunn, 
en  Alsace;  à  l’île  de  Zante,  dans  des  lacs 
ou  bassins  naturels;  au  Caucase,  en  Perse, 
dans  l’Inde,  au  Japon  et  en  Chine.  Une  des 
localités  les  plus  célèbres  est  le  Schirvan , 
aux  environs  de  Bakou  et  de  la  presqu’île 
d’Abchéron,  sur  la  mer  Caspienne. — On  em¬ 
ploie  le  Naphte  pour  l’éclairage  ;  on  le  fait 
entrer  dans  la  composition  de  certains  ver¬ 
nis  et  de  quelques  préparations  pharmaceu¬ 
tiques.  On  s’en  sert  aussi  dans  les  labora¬ 
toires  pour  conserver  le  Potassium,  en  le 
mettant  à  l’abri  du  contact  de  l’air  et  des 
corps  oxygénés. 

Le  Malthe  ou  Pissasphalte  se  trouve  dans 
une  grande  partie  des  lieux  où  se  rencontre 
le  Pétrole  ;  il  s’écoule  par  les  fissures  des  ro¬ 
ches  ,  et  couvre  souvent  la  surface  du  sol 
environnant  d’un  enduit  visqueux  et  mame¬ 
lonné.  Il  imprègne  beaucoup  de  roches,  par¬ 
ticulièrement  dans  le  sol  tertiaire ,  et  consti¬ 
tue  ce  qu’on  appelle  les  Grès ,  les  Sables , 
les  Calcaires  bitumineux,  les  Argiles  et  Mo¬ 
lasses  bitumineuses,  etc.  Il  forme  des  gîtes 
assez  considérables  à  Orthez  et  Caupenne  , 
près  de  Daz  ;  à  Pyrimont  et  Seissel ,  près  de 
la  perte  du  Rhône  ;  à  Lobsann  ,  dans  le  dé¬ 
partement  du  Bas-Rhin  ;  à  Pont-du-Château, 
en  Auvergne ,  et  au  Puy  de  la  Pège ,  où  il 
imprègne  des  vakes  et  tufs  basaltiques ,  etc. 
La  plupart  de  ces  Bitumes  sont  employés  au¬ 
jourd’hui  ,  à  Paris ,  pour  le  dallage  des  ponts 
et  des  trottoirs.  On  s’en  sert  aussi  pour  la 
couverture  des  édifices  et  des  terrasses ,  et 
on  cherche  en  ce  moment  à  les  appliquer  à 
la  confection  d’une  nouvelle  espèce  de  chaus¬ 
sée  pour  les  voitures.  En  les  mêlant  à  des 
fragments  de  pierres  meulières,  on  en  fait 
des  pavés  très  solides ,  auxquels  on  donne 
une  forme  rectangulaire  ;  on  les  pose  ensuite 
les  uns  à  côté  des  autres  sur  une  couche 


5S7 

de  sable  et  de  ciment  bien  dressée ,  puis 
on  les  réunit  en  un  tout  imperméable  en 
faisant  couler  entre  leurs  joints  du  Bitume 
fondu. 

L’Asphalte  proprement  dit  abonde  par¬ 
ticulièrement  en  Judée;  les  anciens  Égyp¬ 
tiens  en  faisaient  usage  dans  la  préparation 
de  leurs  momies.  Il  s’élève  continuellement 
du  fond  du  lac  Asphaltite  à  la  surface  des 
eaux,  où  il  arrive  dans  un  certain  état  de 
mollesse  ;  les  vents  le  poussent  ensuite  dans 
les  anses  et  les  golfes  où  on  le  recueille. 
Par  l’exposition  à  l’air ,  il  prend  plus  de  con¬ 
sistance.  On  voit  par  un  passage  de  Stra- 
bon  que  les  anciens  le  regardaient  comme 
un  véritable  produit  volcanique,  et  cette 
opinion  est  d’accord  avec  celle  de  la  plupart 
des  géologues  modernes.  On  trouve  aussi  de 
l’Asphalte  en  d’autres  lieux,  où  il  se  produit 
également  à  la  surface  des  eaux  ;  tel  est  en¬ 
tre  autres  un  lac  de  3  milles  de  tour,  qui 
existe  dans  l’ile  de  la  Trinité.  Enfin,  on  ren¬ 
contre,  mais  en  petite  quantité,  des  sub¬ 
stances  bitumineuses  analogues  à  l’Asphalte, 
noires ,  brunes  ou  rougeâtres ,  qui  accom¬ 
pagnent  diverses  substances  des  filons  et 
des  terrains  de  cristallisation ,  telles  que  le 
Quartz  ,  la  Barytine  ,  le  Calcaire ,  la  Ga¬ 
lène,  etc.  (Del.) 

BITUME  ÉLASTIQUE,  min.  —  Voyez 

ELATERITE. 

BITUME  DE  JUDÉE,  min.  —  Voyez  bi¬ 
tume  ASPHALTE. 

BITUME  DES  MOMIES,  min.  —  Voyez 

BITUME  ASPHALTE. 

BITUME  RÉSINITE.  min.  —  Voyez  ré- 

TIN  ASPHALTE.  (DEL.) 

BITURE,  ins.  —  Voyez  byture. 

"BIUS  (/3toç,  Yie).  ins.  — Genre  de  Coléop¬ 
tères  hétéromères,  famille  des  Ténébrionites, 
établi  par  M.  Dejean,  dans  son  dernier  Cata¬ 
logue,  pour  y  placer  une  seule  espèce  re¬ 
tranchée  par  lui  du  g.  Boros  de  Herbst.  Cette 
espèce  est  le  Trogosita  thoracina  Fabr. ,  de 
la  Suède.  (D.) 

BIVAI.  ois.  —  Nom  vulgaire  du  Pic  vert, 
Picus  viridis  L. 

BIVALVES.  Bivalves  (bis,  deux  fois  ;  valva, 
valve),  zool.,  bot. — Les  conchyliologistes  ont 
presque  tous  introduit,  dans  leurs  classifica¬ 
tions,  le  nom  de  Bivalves,  qu’ils  ont  appliqué 
à  des  groupes  plus  ou  moins  limités  des  Co¬ 
quilles  à  deux  battants.  Les  détail  relatifs  à 


588 


BIX 


cette  dénomination  se  trouveront  à  l’article 
mollusques,  auquel  nous  renvoyons. 

Les  botanistes  appliquent  ce  nom  aux 
capsules  formées  de  deux  parties  ;  tels  sont, 
par  exemple,  la  capsule  du  Lilas,  les  noyaux 
des  Drupes,  etc.  (C.  d’O.) 

BIVALY.  mam.  —  P oyez  boeuf. 

BIVET.  moll.  —  Synonyme  du  Cancella - 
ria  cuncellata  Lam. 

BIVONÆA  (Bivona  Bernardi,  botaniste 
sicilien),  bot.  pu.  —  Ce  genre,  formé  par  De 
Candolle  (Syst.  2, 154),  appartient  à  la  famille 
des  Crucifères ,  tribu  des  Notorhizées-Angus- 
tiseptées,  et  ne  renferme  qu’une  espèce,  le 
B.  luiea  DC.  C’est  une  petite  plante  annuelle 
(  ThlaSpi  luteum  Biy.  Cent.  1 ,  78),  glabre, 
glauque,  débile,  haute  à  peine  de  quelques 
centimètres,  et  croissant  en  Sicile,  sur  les 
flancs  des  montagnes  arides.  Ses  fleurs  sont 
petites,  jaunes,  en  grappes  terminales;  sa 
tige,  à  peine  rameuse,  filiforme,  porte  des 
feuilles  alternes,  cordiformes-amplexicaules; 
les  bases  grossièrement  dentées ,  sessiles  su¬ 
périeurement.  Introduite,  en  1829,  dans  les 
jardins  anglais.  (C.  L.) 

*BIV01\ÆA  (nom  propre),  bot.  ph.  —  Ce 
genre ,  dédié  par  Rafinesque  à  un  botaniste 
sicilien,  Bivona  Bernardi,  dont  un  autre 
genre  a  conservé  le  nom ,  comprenait  plu¬ 
sieurs  espèces  de  Jatropha ,  et  répondait  au 
Cnidoscolus  dePohl.  f^oy.  ce  mot.  (Ad.  J.) 

*BIVOiYÆA  (Bivona  Bernardi,  botaniste 
sicilien),  bot.  pu.  —  Ce  genre,  formé  par  Mo- 
cino  et  Sessi  (Fl.  mex.  ined .) ,  est  rapporté  en 
synonymie  au  g.  Cardionema ,  DC.  (C.  L.) 

BIWALDIA,  Scop.  bot.  ph.  —  Synonyme 
présumé  de  Garcinia. 

BIXA.  bot.  ph.  —  Vieux  nom  du  Rocou, 
devenu  le  nom  scientifique  de  cet  arbuste. 

*BIXACÉES.  Bixinées.  bot.  ph.  —  La  fa¬ 
mille  de  plantes  dicotylédones  polypétales 
hypogynes  ainsi  appelée  a  été  différem¬ 
ment  circonscrite  par  plusieurs  auteurs.  Le 
genre  qui  lui  a  donné  son  nom  et  plusieurs 
autres  voisins  étaient,  dans  le  principe ,  pla¬ 
cés  à  la  fin  des  Tiliacées ,  dont  on  les  a  sépa¬ 
rés  ensuite  d’après  plusieurs  considérations , 
dont  la  principale  est  leur  placentation  parié¬ 
tale  ;  mais  elle  est  souvent  telle  aussi  dans  les 
Tiliacées,  où  les  placentas,  il  est  vrai,  s’ap¬ 
prochent  plus  de  l’axe,  mais  sans  se  confon¬ 
dre.  M.  Endlicher  a  élargi  le  cadre  des  Bixi¬ 
nées,  en  y  faisant  entrer  les  Flacourtianées , 


BIX 

qui  s’en  distinguent  par  la  multiplicité  de 
leurs  styles  ou  de  leurs  stigmates  sessiles. Mal¬ 
gré  les  intimes  rapports  de  ces  deux  grou¬ 
pes  ,  nous  continuerons  à  les  séparer,  en  con¬ 
servant  aux  Bixacées  à  peu  près  les  mêmes 
limites  que  leur  avait  données  leur  auteur, 
M.  Kunth ,  et  alors  nous  leur  assignerons  les 
caractères  suivants  :  Fleurs  hermaphrodites 
ou  rarement  unisexuelles  par  avortement. 
Calice  de  4-7  folioles  entièrement  distinctes 
ou  soudées  entre  elles  à  la  base ,  à  préflorai¬ 
son  imbriquée.  Pétales  en  nombre  égal ,  al¬ 
ternant  avec  elles ,  ou  quelquefois  nuis.  Éta¬ 
mines  en  nombre  indéfini ,  à  filets  libres 
insérés  sur  un  large  disque  qui  occupe  le 
fond  du  calice  ,  et  leur  donne  ainsi  souvent 
l’apparence  d’une  insertion  périgynique  ; 
anthères  biloculaires.  Ovaire  libre ,  sessile  ; 
contenant  des  ovules  nombreux  attachés  à  4- 
7  placentas  pariétaux  dans  une  loge  unique. 
Style  simple  ,  indivis  ou  partagé  au  sommet 
en  2-4  branches.  Fruit  capsulaire  ou  charnu, 
renfermant, comme  l’ovaire,  plusieurs  graines 
fixées  à  des  placentas  saillants  sur  la  paroi  in¬ 
terne  en  lignes  longitudinales ,  ascendantes  , 
enveloppées  d’un  tégument  pulpeux ,  sous 
lequel  on  trouve  un  test  crustacé ,  doublé 
d’une  mince  membrane ,  un  périsperme 
charnu  plus  ou  moins  épais ,  et  dans  celui-ci 
un  embryon  droit  ou  légèrement  courbé ,  à 
cotylédons  foliacés,  à  radicule  dirigée  vers  le 
hile.  —  Les  Bixacées  sont  des  arbres  ou  des 
arbrisseaux  croissant  entre  les  tropiques ,  la 
plupart  en  Amérique,  quelques  uns  dans  les 
îles  d’Afrique  ou  d’Asie.  Leurs  feuilles  sont 
alternes ,  simples ,  entières  ,  souvent  parse¬ 
mées  de  points  glanduleux,  transparents, 
posées  sur  des  pétioles  quelquefois  munis , 
quelquefois  dépourvus  de  stipules.  Les  pé¬ 
doncules  axillaires ,  solitaires  ou  réunis  plu¬ 
sieurs  ensemble,  quelquefois  ramifiés  par  di¬ 
chotomies  ,  ou  en  grappes ,  ou  en  panicules , 
portent  en  conséquence  une  seule  ou  plu¬ 
sieurs  fleurs ,  et  les  pédicelles  sont  accompa¬ 
gnées  de  bractées.  Le  plus  souvent  la  planip 
est  glabre;  lorsqu’elle  se  couvre  de  poils,  ils 
sont  ordinairement  étoilés. 

Genres. 

1°  Fruit  déhiscent.  Fleurs  hermaphrodites. 

Bixa ,  L.  —  Echinocarpus ,  El.  —  Trichos- 
permum ,  Bl.  —  Lindackeria ,  Presl.—  Denha- 
wî'a,Meisn.  ( Leucocarpon ,  Acb,  Rieh.) 


589 


MU 

2°  Fruit  indéhiscent.  Fleurs  assez  souvent 
unisexuelles. 

Carpoiroche ,  Endl.  ( Meyna ,  Radd.  non 
Aubl.)  —  Oncobaj  Forsk.  (  Lundra ,  Thonn. 
et  Schum.  ).  —  Phoberos  ,  Lour.  ( Rhinan - 
lhera ,  Bl.  —  Scolopia ,  Schreb.)  —  Ludia , 
Lam.  —  Lœlia ,  Lœffl.  (  Thamnia ,  P.  Br.  — 
Hellwingia ,  Adans.  )  —  Prockia ,  P.  Br.  — • 
Thiodia,  Benn.  (Lighfootia,  Sw.) — Aphloia , 
Benn.—  Banara,  Aubl.  (Ascra,  Sch .—Boca, 
Fl.  flum.) —  Kuhlia,  Kunth.  —  Azara,  Ruiz 
et  Pav.  (  Silenia ,  Berler.  )  —  Pineda  ,  Ruiz 
et  Pav.  —  Christannia ,  Presl.  —  Dasyan- 
thera,  Presl.  (Ad.  J.) 

BIXINÉES.  bot.  pii.  —  Voyez  bixacees, 

BIZAAM.  mam.  —  Voyez  bisaam. 

BIZE,  Rond,  poiss. — Synonyme  de  Sarde, 
Scomber  sarda  de  Bloch. 

*BIZIUR  A ,  Leach.  ois.  —  Genre  démem¬ 
bré  des  Hydrobates  de  Temminck  et  des  Ma¬ 
creuses  de  Cuvier,  ayant  pour  type  l’Hydro- 
bate  à  fanon,  Hydrobatus  lobaïus  Tem.  [Pi. 
col.  406),  de  la  Nouvelle-Hollande. 

Ce  genre  ou  sous-genre  faisant  partie  de 
notre  sous-famille  des  Fuligulinées ,  nous 
renvoyons  à  ce  mot,  où  nous  indiquerons  les 
divers  genres  ou  sous-genres  qui  en  font  par¬ 
tie.  (Lafr.) 

*BLABERES  (filoiëépoç,  nuisible),  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  tétramères,  famille  des 
Curculionides ,  ordre  des  Gonatocères,  divi¬ 
sion  des  Anthribides,  établi  par  Schœnherr, 
qui  le  place  entre  les  g.  Anilmbus  et  Pieso- 
corynus.  Il  s’en  distingue  principalement  par 
la  forme  du  corselet,  qui  offre  près  de  sa  base 
une  carène  transverse  et  se  continuant  un 
peu  sur  les  côtés. 

Ce  genre  ne  renferme  qu’une  seule  espèce, 
retranchée  par  l’auteur  des  Tropidères ,  et 
nommée  par  lui  B.  fallax.  Elle  est  de  la  Ca- 
frerie.  (D.) 

*BLABERUS  (j3Xoc&poÇ ,  nuisible),  ins.— 
M.  Serville  [Rev.  méih.  de  l’ordre  des  Orlh.) 
a  appliqué  cette  dénomination  à  un  genre  de 
la  famille  des  Blattiens,  de  l’ordre  des  Orthop¬ 
tères,  que  plusieurs  entomologistes  regardent 
comme  une  simple  division  du  g.  Blaita. 

Les  Blabères  sont  les  plus  gros  Insectes  de 
la  famille  des  Blattiens  ;  on  en  connaît  un  pe¬ 
tit  nombre  d’espèces  qui  toutes  proviennent 
des  parties  chaudes  du  globe.  Le  type  est  le 
B.  giganteus  (  Blatta  giganlea  Linn.)  de  l’A¬ 
mérique  méridionale.  (Bl.) 


BLA 

BLAG.  ois. — Espècedu  genre  Milan,  Falco 
melanopterus  Daud. ,  dont  M.  Savigny  a  fait 
le  type  du  genre  Couhieh,  nom  arabe  de  cet 
oiseau. 

BLACK-WAD.  MIN.  —  Voyez  MANGANESE 
HYDROXYDE.  (DEL.) 

BLACKBOURNEA ,  Kunth.  bot.  ru.  — 

Synonyme  de  Blackbnrnia. 

BL ACKBGRIM A  (nom  propre),  bot.  ph. 

—  Genre  de  plantes  dédié  par  Forster  à  J. 

Blackburne,  Anglais  qui  avait  rendu  quel¬ 
ques  services  à  la  science  par  son  jardin  bo¬ 
tanique.  Il  a  été  placé  parmi  les  Zanthoxy- 
lées  et  offre  les  caractères  suivants  :  Fleurs 
monoïques  par  avortement.  Calice  4-fide  ;  4 
pétales  plus  longs,  à  préfloraison  valvaire  in- 
dupliquée.  Fleurs  mâles  :  Étamines  4 ,  plus 
courtes  que  les  pétales,  à  anthères  introrses, 
biloculaires,  portées  sur  des  filets  extrême¬ 
ment  courts,  entourant  un  rudiment  d’o¬ 
vaire  conique  et  simple.  Fleurs  femelles  : 
Pas  d’étamines  ;  ovaire  unique  porté  sur  un 
gynophore  très  court,  à  une  seule  loge,  vers  le 
sommet  de  laquelle  est  suspendu  un  ovule 
unique,  se  rétrécissant  à  son  sommet  en  un 
style  court  que  termine  un  stigmate  obtus. 
Capsule  presque  globuleuse,  sessile,  s’ou¬ 
vrant  à  moitié  en  deux  valves  ;  sa  loge  uni¬ 
que,  revêtue  d’un  endocarpe  qui  ne  se  détache 
pas,  présente  une  graine  de  même  forme  sus¬ 
pendue  à  un  funicule  filiforme,  couverte  d’un 
test  osseux  et  noir ,  doublé  d’une  peau  mem¬ 
braneuse,  et  contenant ,  dans  l’axe  d’un  pé- 
risperme  charnu  ,  un  embryon  à  cotylédons 
foliacés ,  articulaires ,  plans ,  à  radicule  très 
courte  et  supère. — L’espèce  connue  est  un  ar¬ 
bre  de  File  Norfolk,  à  feuilles  alternes  ou  op¬ 
posées,  de  2  à  4  paires  de  folioles  entières  avec 
une  impaire  terminale  ,  à  panicules  serrées , 
axillaires  et  terminales.  (Ad.  J.) 

*BLACKSTONIA  (nom  propre),  bot.  pu. — 
Genre  de  la  famille  des  Gentianacées ,  formé 
par  Hudson  (Fl.  angl.,  146),  et  synonyme  du 
Chlora  de  Linné. 

Ce  nom  a  été  donné  aussi  par  Scopoli 
( Iniros .,  n.  1256)  à  un  genre  de  la  famille 
des  Clusiacées ,  synonyme  de  Moronobea 
d’Aublet.  (G.  L.) 

*BLACKWELLIA  (nom  propre),  bot.  ph. 

—  Ce  genre  de  la  famille  des  Homalinacées , 
fondé  par  Çommerson  (msc.)  et  adopté  par 
Jussieu  (  Gen.  343),  renferme  environ  8  es¬ 
pèces,  indigènes  des  îles  de  Madagascar  et  de 


590 


BLA 


BLA 


Bourbon  ,  de  l’Asie  tropicale  et  du  Népaul. 
Ce  sont  des  sous-arbrisseaux  ou  arbrisseaux 
à  feuilles  alternes ,  exstipulées ,  courtement 
péliolées,  coriaces,  dentées  ou  plus  rarement 
très  entières,  glabres  ou  pubescentes  en  des¬ 
sous  ;  à  fleurs  blanches,  petites,  disposées  en 
épis  terminaux  ou  axillaires,  simples  ou  pa- 
niculés.  (C.  L.) 

*BLACODES  (j3Aaxw<ÎYjç ,  paresseux),  ins. 

—  Genre  de  Coléoptères  hétéromères ,  famille 

des  Mélasomes,  établi  par  M.  Dejean  dans  son 
dernier  Catalogue ,  mais  dont  les  caractères 
n’ont  pas  été  publiés.  D’après  la  place  qu’il 
lui  donne,  il  appartiendrait  à  la  tribu  des 
Pédinites  de  M.  Solier.  Il  y  rapporte  7  espèces, 
toutes  du  cap  de  Bonne-Espérance ,  et  parmi 
lesquelles  figurent  le  Phylax  subcarinatus 
St. ,  YOpalrum  sulcalum  Wied.,  et  YOpatrum 
V ertagus  d’Illiger.  ^  (D.) 

BLACOUEL.  bot.  pu.  —  Francisation  vi¬ 
cieuse  de  Blackvellia  ,  dont  il  est  synonyme. 

*BLACUS  (jSAaxoç,  indolent),  ins. —  Genre 
de  la  famille  des  Ichneumoniens ,  tribu  des 
Braconides,  de  l’ordre  des  Hyménoptères, 
établi  par  Nees  von  Esenbeck ,  adopté  par 
Wesmaël ,  etc. 

M.  Haliday  a  réduit  le  genre  Blacus  aux 
espèces  dont  l’abdomen  est  sessile,  et  les 
tarses  munis  de  crochets  simples.  On  connaît 
quelques  espèces  européennes  de  ce  g.  ;  celle 
qu’on  peut  en  considérer  comme  le  type  est 
le  B.  humilis  Nees  von  Esenbeck.  (Bl.) 

BLADIIIA  (nom  propre),  bot.  pii.—  Genre 
formé  par  Thunberg  (Fl.  jap.,  t.  18,  19) 
dans  la  famille  des  Myrsinacées ,  et  regardé 
comme  une  des  deux  divisions  du  sous-genre 
Euardisia,  Al.  DC.  Voy.  ardisia.  (C.  L.) 

BLÆRIA,  L.  bot.  pii.  —  Voyez  blairia. 

(C.  L.) 

BLAGRE.  ois.  —  Nom  vulgaire  du  Py- 
gargue  Blagre,  Falco  Blagrus. 

*BL  AIN  VILLE  A  (nom  propre),  bot.  pii. 

—  Genre  de  plantes  dédié  par  Cassini  à 
M.  Ducrotay  de  Blainville.  Il  fait  partie 
des  Composées  -  Astéroidées  et  présente  les 
caractères  suivants  :  Capitule  plurifîore  hé- 
térogame  ;  fleurs  du  rayon  peu  nombreuses, 
1-sériées,  femelles,  formant  une  ligule  assez 
large,  courte,  irrégulière  et  3-dentée;  celles  du 
disque  hermaphrodites,  régulières,  5-dentées. 
Style  des  fleurs  du  disque  inclus,  à  rameaux 
courts  et  presque  semblables  à  ceux  des 
Buphlhalmum  ;  fruits  du  rayon  triangulaires, 


glabres,  ou  légèrement  hispides  dans  les  an¬ 
gles,  lesquels  portent  au  sommet  3  arêtes  per¬ 
sistantes,  raides,  ciliées  ;  ceux  du  disque,  com¬ 
primés  latéralement,  présentent  en  général 
2,  plus  rarement  3-4  arêtes.  Involucre  ovale, 
cylindracé ,  formé  de  1-3  séries  d’écailles 
dressées,  foliacées,  ovales-oblongues  à  l’exté¬ 
rieur  ,  paléacées  à  l’intérieur.  Réceptacle 
plan,  étroit,  portant  des  écailles  membra¬ 
neuses  ,  dentées  au  sommet ,  concaves  et 
embrassant  les  fleurons.  —  Les  Blainvillea 
sont  des  herbes  annuelles ,  indigènes  pour 
la  plupart  de  l’ancien  continent ,  munies  de 
feuilles  opposées ,  pétiolées,  triplinervées  et 
dentées.  Les  pédoncules  qui  naissent  aux 
aisselles  des  rameaux  se  terminent  chacun 
par  un  capitule  renfermant  des  fleurons 
blancs.  (J.  D.) 

*BLAINVILLIE.  Blainvillia  (nom  propre). 
ins.  —  Genre  de  Diptères,  établi  par  M.  Robi- 
neau-Desvoidy,  et  dédié  à  M.  le  professeur  de 
Blainville.  Ce  genre ,  qui  appartient  à  la  fa¬ 
mille  des  Mésomydes-Muscivores ,  tribu  des 
Aricines-Littorales ,  se  distingue  des  Hydro- 
tées  et  des  Lymnophores  par  les  caractères 
suivants  :  Chète  plumeux  dans  les  mâles  et 
presque  nu  dans  les  femelles  ;  palpes  maxil¬ 
laires  des  mâles  très  développés  j  une  légère 
crénelure  aux  tibias  antérieurs  du  même 
sexe.  L’auteur  l’a  fondé  sur  une  seule  espèce 
trouvée  par  lui ,  en  1828 ,  dans  les  marais  de 
Saint-Sauveur  :  il  la  nomme  B.  palpata. 

M.  Robineau-Desvoidy  a  donné  également 
le  nom  de  Blainvillia  à  un  autre  genre  de 
Diptères  de  la  famille  des  Philomides ,  tribu 
des  Myodines.  Il  y  rapporte  deux  espèces  : 
l’une  trouvée  par  lui  à  Saint-Sauveur  et 
qu’il  nomme  B.  jucunda;  l’autre  qui  existait 
dans  la  collection  de  M.  Dejean ,  et  qui  était 
étiquetée  par  Latreille  :  Otites  formosa. 
M.  Macquart  laisse  ces  deux  espèces  dans  le 
genre  Otites.  Voy.  ce  mot.  (D.) 

BLAIREAU.  Meles,  Briss.  mam.  —  Genre 
de  Mammifères  appartenant  à  l’ordre  des  Car¬ 
nassiers,  section  des  Plantigrades.  On  peut 
assigner  pour  caractères  génériques  à  ces  ani¬ 
maux  :  36  dents,  savoir:  6  incisives  et  2  cani¬ 
nes  en  haut  et  en  bas  ;  8  molaires  à  la  m⬠
choire  supérieure,  et  12  à  l’inférieure  (ces 
dents  ont  la  plus  grande  analogie  avec  celles 
des  Moufettes  -,  la  carnassière  de  la  mâchoire 
supérieure  est  remarquable  par  sa  petitesse, 
à  cause  de  sa  partie  postérieure  qui  en  fait  en 


BLA 


BLA 


59 


apparence ,  extérieurement ,  une  fausse  mo¬ 
laire  ;  elle  a  sa  partie  interne  composée  d'une 
base  garnie  de  trois  petits  tubercules  que 
sépare,  un  creux  assez  sensible.  La  tubercu¬ 
leuse  d’en  haut  est  démesurément  grande  et 
aussi  large  que  longue,  à  bord  externe  garni 
de  3  tubercules,  et  à  bord  interne  muni  d’une 
crête  frangée,  etc.).  Corps  trapu,  bas  sur  jam¬ 
bes  ,  ce  qui  donne  à  cet  animal  une  marche 
rampante.  5  doigts  à  chaque  pied  ;  ceux  des 
pieds  de  devant  armés  d’ongles  longs  et  ro¬ 
bustes,  propres  à  fouir  la  terre.  Queue  courte, 
velue.  6  mamelles  dans  les  femelles  :  2  pec¬ 
torales  et  4  ventrales.  Ils  ont,  près  de  l’anus, 
une  poche  d’où  suinte  une  humeur  grasse  et 
fétide. 

Linné  plaçait  les  Blaireaux  dans  le  g.  des 
Ours  ;  et,  en  effet,  le  Blaireau  commun  a  un 
faciès  qui  rappelle  assez  celui  de  ces  ani¬ 
maux,  mais  en  miniature.  En  outre,  leur  os- 
téologie  les  rapproche  des  Ours  et  des  Ratons  ; 
la  voûte  palatine  est  très  prolongée  en  ar¬ 
rière  des  dents;  la  caisse  est  vésiculeuse  et 
saillante  ;  le  tubercule  de  l’occipital  est  sé¬ 
paré  de  l’apophyse  mastoide  du  temporal.  Us 
manquent  de  canal  vidien  ;  et,  ce  qui  doit 
leur  donner  une  grande  sensibilité  dans  le 
nez,  leur  trou  sous-orbitaire  est  grand ,  court 
et  simple. 

Ce  genre  renfermerait  3  espèces,  dont  une, 
le  Blaireau  taisson  (  Ursus  laxus  de  Schre- 
ber,  fîg.  142,  b),  n’est  bien  certainement 
qu’une  variété  du  Blaireau  commun ,  dont 
elle  ne  diffère  que  par  son  ventre  d’un  gris 
plus  clair  que  ses  flancs  ;  par  son  oreille  de  la 
même  couleur  que  le  corps  et  seulement  bor¬ 
dée  de  noir,  et  par  la  bande  noire  de  la  face 
qui  passe  par-dessus  l’œil  sans  y  toucher.  Du 
reste,  cette  prétendue  espèce  ne  se  trouve  ja¬ 
mais  que  dans  les  contrées  habitées  par  no¬ 
tre  Blaireau,  et  pêle-mêle  avec  lui,  dans  les 
mêmes  localités. 

La  seconde  espèce,  le  Blaireau  carcajou 
(  Meles  labradorica  Sab.  —  Ursus  labradori- 
cus  Gml.  —  le  Glouton  du  Labrador  de  Son- 
nini)  pourrait  bien  encore  n’être  qu’une  va¬ 
riété  de  localité  de  notre  Blaireau  commun , 
quoi  qu’en  dise  le  naturaliste  américain  Har- 
lan,  qui  le  caractérise  ainsi:  Longueur,  0,704 
(2 pieds  2  pouces),  non  compris  la  queue; 
brun  en  dessus,  avec  une  ligne  longitudinale 
blanchâtre,  bifurquée  sur  la  tête,  et  simple 
tout  le  long  du  dos  ;  côtés  du  museau  d’un 


brun  foncé ,  et  pieds  de  devant  noirs.  La  fe¬ 
melle  est  beaucoup  plus  petite  que  le  mâle. 
Cet  animal  se  trouve  dans  l’Amérique  septen 
trionale,  dans  le  Labrador  et  le  pays  des  Es¬ 
quimaux  ;  il  est  carnassier  ethabite  un  terrier. 
Lahontan  ,  qui  en  parla  le  premier,  le  com¬ 
parait  au  Blaireau.  Des  peaux  envoyées  du  Ca¬ 
nada,  il  y  a  quelques  années,  au  Muséum 
d’histoire  naturelle,  ne  laissent  plus  de  doute, 
à  mon  avis,  sur  l’identité  du  Carcajou  avec  no¬ 
tre  Blaireau.  Il  ne  nous  reste  donc  plus  à  dé¬ 
crire  qu’une  seule  espèce  ;  car  cette  prétendue 
distinction  du  Blaireau-Chien  et  du  Blaireau- 
Cochon  ,  n’est  fondée  que  sur  des  contes  de 
chasseurs. 

Le  Blaireau  commun  [Meles  vulgaris  Desm . 
—  U rsus  meles  Lin .)  a  0, m65  ou  1  ,">00  ;  est  d’un 
gris  brun  en  dessus,  noir  en  dessous;  il  a,  de 
chaque  côté  de  la  tête,  une  bande  longitudinale 
noire,  passant  sur  les  yeux  et  les  oreilles ,  et 
une  autre  bande  blanche  sous  celles-ci,  s’é- 
tendant  depuis  l’épaule  jusqu’à  la  moustache. 
Sa  démarche  est  lourde ,  gênée ,  à  cause  de 
la  brièveté  de  ses  jambes ,  et  son  ventre ,  ca¬ 
ché  sous  de  longs  poils,  a  presque  l’air  de 
toucher  à  terre.  Ses  doigts  sont  engagés  dans 
la  peau.  Sa  queue,  à  peu  près  de  la  longueur 
de  sa  tête,  a  15  vertèbres;  enfin,  on  lui 
compte  15  côtes,  c’est-à-dire  une  de  plus  qu’au 
Raton  et  au  Coati,  et  une  de  moins  qu’au 
Glouton. 

Cet  animal  se  trouve  dans  toute  l’Europe  et 
l’Asie  tempérée,  ainsi  que  dans  le  nord  de 
l’Amérique  si,  comme  je  le  pense ,  le  Carca¬ 
jou  n’en  est  qu’une  simple  variété;  il  n’est 
pas  rare  en  France,  même  dans  les  bois  des 
environs  de  Paris.  Buffon,  qui  se  trompait  si 
rarement  toutes  les  fois  qu’il  pouvait  voir  par 
ses  propres  yeux,  en  a  fait  un  portrait  qui  ne 
laisse  rien  à  désirer:  «  Le  Blaireau,  dit-il,  est 
un  animal  paresseux,  défiant,  solitaire,  qui 
se  retire  dans  les  lieux  les  plus  écartés,  dans 
les  bois  les  plus  sombres,  et  s’y  creuse  une 
demeure  souterraine;  il  semble  fuir  la  so¬ 
ciété,  même  la  lumière,  et  passe  les  trois 
quarts  de  sa  vie  dans  ce  séjour  ténébreux , 
dont  il  ne  sort  que  pour  chercher  sa  subsis¬ 
tance.  Comme  il  a  le  corps  allongé,  les  jam¬ 
bes  courtes,  les  ongles,  surtout  ceux  des  pieds 
de  devant,  très  longs  et  très  fermes,  il  a  plus 
de  facilité  qu’un  autre  pour  ouvrir  la  terre,  y 
fouiller,  y  pénétrer,  et  jeter  derrière  lui  les 
déblais  de  son  excavation,  qu’il  rend  tor- 


BLA 


5Ô2 

tueuse,  oblique,  et  qu’il  pousse  quelquefois 
fort  loin.  Le  Renard,  qui  n’a  pas  la  même  fa¬ 
cilité  pour  creuser  la  terre,  profite  de  ses  tra¬ 
vaux  :  ne  pouvant  le  contraindre  par  la  force, 
il  l’oblige  par  adresse  à  quitter  son  domicile, 
en  l’inquiétant,  en  faisant  sentinelle  à  l’en¬ 
trée,  en  l’infectant  de  ses  ordures;  ensuite  il 
s’en  empare,  il  l’élargit,  l’approprie  et  en  fait 
son  terrier.  Le  Blaireau ,  forcé  à  changer  de 
manoir,  ne  change  pas  de  pays  ;  il  ne  va  qu’à 
quelquedistance  travailler  sur  nouveaux  frais 
à  se  pratiquer  un  autre  gîte ,  dont  il  ne  sort 
que  la  nuit,  dont  il  ne  s’écarte  guère,  et  où  il 
revient  dès  qu’il  sent  quelque  danger.  Il  n’a 
que  ce  moyen  de  se  mettre  en  sûreté ,  car  il 
ne  peut  échapper  par  la  fuite  :  il  a  les  jam¬ 
bes  trop  courtes  pour  pouvoir  bien  courir. 
Les  Chiens  l’atteignent  promptement  lors¬ 
qu’ils  le  surprennent  à  quelque  distance  de 
son  trou  ;  cependant  il  est  rare  qu’ils  l’arrê¬ 
tent  tout-à-fait  et  qu’ils  en  viennent  à  bout,  à 
moins  qu’on  ne  les  aide.  Le  Blaireau  a  les 
poils  très  épais,  les  jambes,  les  mâchoires  et 
les  dents  très  fortes ,  aussi  bien  que  les  on¬ 
gles  ;  il  se  sert  de  toute  sa  force,  de  toute  sa 
résistance  et  de  toutes  ses  armes,  en  se  cou¬ 
chant  sur  le  dos,  et  il  fait  aux  Chiens  de  pro¬ 
fondes  blessures.  Il  a  d’ailleurs  la  vie  très 
dure;  il  combat  long-temps  ,  se  défend  cou¬ 
rageusement,  et  jusqu’à  la  dernière  extré¬ 
mité.  » 

Le  mâle  et  la  femelle  vivent  solitairèment, 
chacun  de  son  côté.  Celle-ci  met  bas  en  été, 
et  fait  3  ou  4  petits,  dont  elle  a  le  plus  grand 
soin.  Elle  leur  prépare  un  lit  avec  de  l’herbe 
douce  qu’elle  a  l’industrie  de  réunir  en  une 
Sorte  de  fagot  qu’elle  traîne  entre  ses  jambes 
jusqu’à  son  terrier.  Lorsque  ses  petits  sont  un 
peu  forts,  elle  va  chasser  dans  les  environs 
de  son  habitation ,  et  leur  apporte  le  produit 
de  ses  recherches  pour  les  habituer  peu  à  peu 
à  une  nourriture  solide  ;  mais  alors  elle  les 
fait  sortir  sur  le  bord  du  terrier,  afin  de  n’en 
pas  salir  l'intérieur  par  les  débris  des  repas  ; 
car  ces  animaux  tiennent  leur  logis  avec  la 
plus  grande  propreté,  ce  qui  ne  les  empêche 
pas  d’avoir  presque  tous  la  gale,  au  moins 
en  France.  Pris  jeune ,  le  Blaireau  s’appri¬ 
voise  au  point  de  suivre  son  maître  ,  d’obéir 
à  sa  voix,  de  jouer  avec  les  Chiens  de  la  mai¬ 
son,  et  de  se  familiariser  avec  tout  le  monde, 
sans  jamais  devenir  ni  voleur,  ni  gourmand 
ni  importun.  Il  est  d’autant  plus  aisé  à  nour- 


BLA 

rir  qu’il  mange  indistinctement  tout  ce  qu’on 
lui  présente. 

Le  Blaireau  est  carnassier,  mais  moins  ce¬ 
pendant  que  son  système  dentaire  ne  devraitle 
faire  croire.  Il  ne  vit  guère  de  proie  que  lors¬ 
qu’il  ne  trouve  plus  de  baies  et  autres  fruits 
charnus.  Dans  ce  cas  ,  il  chasse  aux  Mulots , 
aux  Grenouilles ,  aux  Serpents  ;  il  déterre  les 
nids  de  Guêpes  pour  en  manger  le  couvain  ; 
il  tâche  de  surprendre  la  Perdrix  sur  son  nid  ; 
il  creuse  dans  les  garennes  pour  s’emparer  des 
Lapereaux;  enfin,  quand  toutes  ces  ressources 
lui  manquent,  il  se  contente  de  Sauterelles, 
de  Hannetons  et  de  Vers  de  terre  qu’il  aime 
beaucoup. 

Plein  d’intelligence,  rusé,  très  défiant,  le 
Blaireau  ne  donne  que  très  rarement  dans 
les  pièges  qu’on  lui  tend.  Si  l’on  a  tendu  un 
lacet  à  l’entrée  de  son  terrier ,  il  s’en  aper¬ 
çoit  aussitôt,  rentre  dans  sa  demeure,  et  y 
reste  renfermé  cinq  à  six  jours ,  s’il  ne  peut, 
à  travers  des  rochers,  se  creuser  une  autre 
issue  ;  mais ,  pressé  par  la  faim ,  il  finit  par 
se  déterminer  à  sortir.  Après  avoir  long¬ 
temps  sondé  le  terrain  et  observé  le  piège,  il 
se  roule  le  corps  en  boule  aussi  ronde  que 
possible;  puis,  d’un  élan,  il  traverse  le 
lacet  en  faisant  ainsi  trois  ou  quatre  culbu¬ 
tes,  sans  être  accroché,  faute  de  donner 
prise  au  fatal  nœud  coulant.  Ce  fait,  tout  ex¬ 
traordinaire  qu’il  est,  est  regardé  comme 
certain  par  tous  les  chasseurs  allemands.  Si 
l’on  veut  forcer  un  Blaireau  à  sortir  de  son 
terrier  en  l’enfumant,  ou  en  y  faisant  péné¬ 
trer  un  Chien ,  le  malicieux  animal  ne  man¬ 
que  jamais  de  faire  ébouler  une  partie  de 
son  terrier ,  de  manière  à  couper  la  commu¬ 
nication  entre  lui  et  ses  ennemis. 

Les  Allemands  ont,  pour  la  chasse  du 
Blaireau ,  la  même  passion  que  les  Anglais 
pour  celle  du  Renard  ;  mais  ils  satisfont  leur 
goût  avec  beaucoup  plus  de  simplicité.  En 
automne,  trois  ou  quatre  chasseurs  partent 
ensemble,  à  nuit  close,  armés  de  bâtons  et 
munis  de  lanternes  ;  l’un  d’eux  porte  une 
fourche,  et  les  autres  conduisent  en  laisse 
deux  Bassets  et  un  Chien  courant  bon  quê¬ 
teur.  Ils  se  rendent  dans  les  lieux  qu’ils  sa¬ 
vent  habités  par  des  Blaireaux,  et  à  proximité 
de  leurs  terriers;  là,  ils  lâchent  leur  Chien 
courant,  qui  se  met  en  quête  et  a  bientôt  ren¬ 
contré  un  de  ces  animaux.  On  découple  les 
Bassets,  on  rappelle  le  courant,  et  l’on  se  met 


BLA 


BLA 


593 


à  la  poursuite  de  l’animal,  qui  ne  tarde  pas  à 
être  atteint  par  les  Chiens ,  et  qui  se  défend 
vigoureusement  des  dents  et  des  griffes.  Le 
chasseur  qui  porte  la  fourche  la  lui  passe  au 
cou,  le  couche  et  le  maintient  à  terre ,  pen¬ 
dant  que  les  autres  l’assomment  à  coups  de 
bâton.  Si  on  veut  le  prendre  vivant ,  on  lui 
enfonce,  au-dessous  delà  mâchoire  inférieure, 
un  crochet  de  fer  emmanché  d’un  bâton  ,  on 
enlève  l’animal,  on  le  bâillonne,  et  on  le  jette 
dans  un  sac.  Sa  graisse  passait  autrefois  pour 
avoir  de  grandes  vertus  médicales;  aujour¬ 
d’hui  on  ne  se  sert  plus  que  de  sa  peau , 
qu’on  emploie  pour  couvrir  les  colliers  des 
Chevaux  de  trait.  (Boitard.) 

"BLAIREAUX  FOSSILES,  paléont.  -Des 
ossements  de  ce  genre  de  Carnassiers  se  ren¬ 
contrent  dans  le  diluvium  des  cavernes.  Ro- 
senmüller  compte  le  Blaireau  au  nombre  des 
animaux  de  la  caverne  de  Gaylenreuth  en 
Franconie.MM.Dubreuil  et  Marcel  de  Serres 
en  ont  découvert  dans  celle  de  Lunel-Viel, 
département  de  l’Hérault  ;  M.  Billaudel  en  a 
recueilli,  dans  celle  de  l’Aviso  à  Saint-Macaire, 
département  de  la  Gironde,  une  mandibule 
représentée  par  M.  de  Blainville,  pl.  12  de 
son  Ostéographie  des  petits  Ours.  M.  Mac- 
Enry  en  cite  une  demi-mâchoire  inférieure 
trouvée  dans  la  caverne  de  Kent.  M.  Schmer- 
ling  en  a  rencontré  dans  les  cavernes  de  la 
province  de  Liège.  On  n’a  pas  signalé  de 
différences  entre  ces  ossements  de  Blai¬ 
reaux  et  ceux  de  l’espèce  vivante ,  soit  que 
réellement  il  n’y  en  ait  aucune ,  soit  que  ces 
os,  jusqu’ici  en  petit  nombre ,  n’aient  point 
encore  pu  être  comparés  d’une  manière  suf¬ 
fisante.  Il  paraît  que  ce  genre  se  trouvait 
déjà  dans  la  Faune  dont  les  terrains  ter¬ 
tiaires  nous  ont  conservé  les  restes  ;  car 
M.  Morren  a  découvert  aux  environs  de 
Bruxelles,  au  milieu  de  strates  d’un  calcaire 
grossier,  enfouies  sous  des  bancs  de  Silex  cor¬ 
né,  une  tête  et  plusieurs  parties  du  squelette 
d’un  carnassier  qu’il  croit  être  une  espèce 
distincte  de  Blaireau.  Nous  proposons  de  don¬ 
ner  à  cette  espèce  le  nom  de  Meles  Mor - 
reni.  Ces  os  étaient  mélangés  avec  des  osse¬ 
ments  de  Batraciens,  d’Ophidiens,  d’Oiseaux 
et  des  dents  de  Squales.  (L.  d.) 

BLAIRIA,  et  non  BLÆRIA  (P.  Blair,  bo¬ 
taniste  anglais),  bot.  pii.  —  Ce  genre,  de  la 
famille  des  Éricacées-Éricinées ,  a  été  fondé 
par  Linné,  et  comprend  environ  une  dou- 

T.  II. 


zaine  d’espèces,  presque  toutes  cultivées  dans 
les  jardins  d’Europe.  Ce  sont  de  jolis  petits 
arbustes  du  Cap,  ayant  tous  le  port  des  Erica. 
Ce  genre  est  séparé  en  deux  sections  par  Ben¬ 
tham,  qui  sont  Leploblairia  et  Pycnoblairia. 
V oyez  ces  mots. 

Ce  nom  a  été  donné  aussi  à  un  genre  de  la 
famille  des  Yerbénacées ,  formé  par  Hous¬ 
ton,  et  réuni  comme  synonyme  au  genre 
Priva  d’Adanson.  (C.  L.) 

BLAKEA  (Martin  Blake,  d’Antigoa ,  pro¬ 
moteur  des  sciences),  bot.  pii.  —  Genre  fort 
remarquable  de  la  famille  des  Mélastoma- 
cées ,  tribu  des  Miconiées ,  formé  par  Linné , 
et  renfermant  environ  une  quinzaine  d’es¬ 
pèces  ,  ayant  toutes  un  port  agréable ,  et  de 
grandes  et  belles  fleurs  roses.  On  réunit  à  ce 
genre  les  g.  Topobea ,  Aubl.;  Valdesia ,  Piuiz 
et  Pav.  ;  Bellucia  et  Drepanandrum ,  Neck.  ; 
Apaiitia ,  Desv.  (  voy .  ces  mots).  Les  Blakea 
sont  des  arbres  ou  des  arbrisseaux  de  l’Amé¬ 
rique  tropicale;  à  feuilles  opposées,  pétio- 
lées,  3-5-nervées,  coriaces,  glabres  en  des¬ 
sus,  brillantes,  très  ordinairement  couvertes 
en  dessous  d’un  tomenium  épais,  ferrugi¬ 
neux;  les  fleurs  sont  portées  sur  des  pédon¬ 
cules  axillaires,  cylindriques,  nus,  opposés 
ou  solitaires.  L’espèce  la  plus  connue ,  le  B. 
trinervia  L.,  est  cultivée  depuis  long-temps 
dans  nos  serres.  On  y  en  possède  également 
une  seconde,  le  B.  quinquenervia  ( Bellucia , 
Neck.).  (C.  L.) 

BLAKSTONIA.  BOT.  PH.  —  Voy.  BLACKS- 
TONIA. 

BLAKWELLÏA  (  nom  propre  ).  bot.  pii. 
—  Genre  formé  par  Gærtner ,  et  regardé 
comme  synonyme  du  g.  Palladia  de  La- 
marck.  (C.  L.) 

BLAMARÉE.  bot.  pii.  —  Nom  vulgaire 
du  Mais  ,  dans  quelques  uns  de  nos  départe¬ 
ments  méridionaux. 

BLANC.  Albus.  bot.  —  Maladie  qui  se 
manifeste  sur  les  feuilles  des  végétaux  sous 
la  forme  d’une  poussière  blanche.  On  en  dis¬ 
tingue  deux  sortes  :  le  Blanc  sec,  qui  n’at¬ 
taque  pas  toujours  le  végétal  entier,  est  at¬ 
tribué  à  un  champignon  parasite  ,  de  la  fa¬ 
mille  des  Urédinées.  Rarement  il  cause  la 
mort  de  la  plante  sur  laquelle  il  s’est  établi  ; 
l’Absinthe,  les  Rosiers ,  la  Ballotte  noire  et  le 
Cytise ,  y  sont  très  sujets.  Le  Blanc  mielleux , 
lèpre,  ou  Meûnier,  est  une  substance  blan¬ 
châtre  ,  visqueuse ,  qui  suinte  à  travers  les 
38 


BLA 


594  BLA 

pores  des  feuilles ,  et  détermine  presque  tou¬ 
jours  l’avortement  des  bourgeons  ;  les  arbres 
fruitiers  en  sont  souvent  attaqués.  (C.  d’O.) 

BLANC-AUNE.  bot.  pu.  —  Nom  vulgaire 
de  l’Alizier. 

BLANC-BOIS.  bot.  pu.  —  Voyez  bois 

BLANC. 

BLANC  D’ARGENT,  bot.  cr.  —  Syno¬ 
nyme  d’ Agaricus  argyraceus. 

BLANC  D’EAU,  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
du  Nymphéa  alba. 

BLANC  DE  BALEINE,  zool.  —  On  dé¬ 
signe  sous  ce  nom,  et  sous  ceux  de  Cétme, 
d’Adipocire  et  de  Spermaceti ,  une  substance 
solide,  grasse,  friable,  d’un  aspect  nacré,  et 
légèrement  odorante  qui  se  trouve  en  sus¬ 
pension  dans  l’huile  grasse  qui  entoure  le 
cerveau  du  Cachalot,  et  dont  les  fonctions 
semblent  être  de  lubrifier  cet  organe.  Le 
Blanc  de  Baleine  fusible  à  45°  est  insoluble 
dans  l’Eau,  mais  très  soluble  dans  l’Alcool  et 
dans  l’Éther,  ainsi  que  dans  les  huiles  fixes. 
Il  forme  des  savons  avec  les  alcalis. 

On  l’obtient  en  exposant  à  l’air  l’huile  dans 
laquelle  il  est  en  suspension  et  en  décan¬ 
tant  la  partie  fluide  qui  surnage.  Après  avoir 
exprimé  la  masse  solide  qui  s’est  précipitée 
au  fond  du  vase,  on  la  fait  fondre  doucement, 
et,  en  se  refroidissant,  elle  se  solidifie  sous 
forme  de  cristaux.  En  traitant  par  l’acide  ni¬ 
trique  le  gras  des  cadavres ,  on  coïnpose  de 
toutes  pièces  le  Blanc  de  Baleine. 

Cette  substance,  aujourd’hui  bannie  de  la 
pharmacie ,  est  employée  dans  les  arts  pour 
fabriquer  des  bougies  diaphanes,  et  entre 
aussi  dans  la  préparation  de  certains  cosmé¬ 
tiques.  (C.  d’O.) 

BLANC  DE  CHAMPIGNON,  bot.  cr.  — 
Substance  blanche  et  filamenteuse,  qui  pa¬ 
raît  être  le  mycélium  des  Champignons ,  et 
dont  les  jardiniers  se  servent  pour  reproduire 
artificiellement  ce  végétal.  (C.  d’O.) 

blanc  DE  HOLLANDE,  bot.  ph.  — 
Nom  vulgaire  du  Peuplier  blanc. 

BLANC  DE  LAIT.  bot.  cr.  —  Nom  vul¬ 
gaire  sous  lequel  on  désigne  plusieurs  es¬ 
pèces  d’ Agarics. 

BLANC  D'ESPAGNE,  min.— Craie  blan¬ 
che,  concassée,  triturée  avec  de  l’eau  et  ré¬ 
duite  en  pâte,  dont  on«forme  des  pains,  pour 
être  employés  dans  la  peinture  à  la  colle. 
Voyez  calcaire.  (Del.) 


BLANC  D’IVOIRE,  bot.  ph.  —  Nom  vul¬ 
gaire  de  Y  Agaricus  eburneus. 

BLANC-JAUNE,  poiss.  —  Synonyme  de 
Saumon  du  Nil. 

BLANC-NEZ.  mam.  —  Voyez  guenon. 

BLANC-PENDARD.  ois.  —  Synonyme 
vulgaire  de  la  Pie-Grièche  commune. 

BLANCHARD,  ois.  —  Nom  d’une  espèce 
d’Aigle-Autour ,  Falco  albescens  Sh.,  appar¬ 
tenant  au  g.  Spizaëte  de  Vieillot. 

BLANCHE-COIFFE,  ois. — Un  des  noms 
vulgaires  de  la  Pie  à  coiffe  blanche ,  Corvus 
cayanus  Gm. 

BLANCHE-QUEUE,  ois.  — Nom  vulgaire 
du  Jean  le  blanc,  Falco  gallicus. 

BLANCHE-RAIE.  ois.  —  Nom  vulgaire 
de  l’Étourneau  militaire,  Siurnus  militari s 
L.  V oyez  étourneau. 

BLANCHET.  ois.  —  C’est  le  nom  sous  le¬ 
quel  Levaill ant  a  figuré  ,  pl.  285  de  ses  Oi¬ 
seaux  d’Afrique ,  une  espèce  du  g.  Pie- 
Grièche. 

BLANCHET.  bot.  cr.  — Nom  vulgaire  de 

Y  Agaricus  virgineus. 

*BLANCHETIA  (nom propre),  bot.  ph.— 
Ce  g. ,  dédié  par  M.  De  Candolle  à  un  botaniste 
génevois,  M.  Blanchet,  qui  a  rendu  des  ser¬ 
vices  à  la  science  par  des  collections  faites  à 
Bahia,  appartient  à  la  famille  des  Composées, 
tribu  des  Vernoniées,  et  offre  pour  caractères  : 
Capitule  renfermant  plusieurs  (8-10)  fleurs 
homogames.  Involucre  composé  d’éçailles 
ovales,  imbriquées  et  terminées  par  une  petite 
pointe  ;  réceptacle  étroit,  dépourvu  de  pail¬ 
lettes.  Corolles  profondément  et  régulière¬ 
ment  divisées  en  5  lobes.  Anthères  saillantes, 
obtuses  à  la  base,  mais  terminées  au  sommet 
en  un  appendice  aigu.  Bameaux  des  styles 
saillants,  acuminés,  hispides.  Fruit  très  gla¬ 
bre,  obovale-oblong ,  subpentagone,  légère¬ 
ment  strié,  surmonté  d’une  aigrette  compo¬ 
sée  de  squamelles  à  peu  près  disposées  sur 
deux  rangs,  linéaires,  très  caduques,  raides  et 
ciliées.  — Le  g.  Blanchetia ,  originaire  des  en¬ 
virons  de  Bahia,  ne  comprend  encore  qu’une 
seule  espèce  qui  paraît  former  un  sous- 
arbrisseau  à  feuilles  alternes,  couvertes,  sur 
la  face  inférieure,  d’un  duvet  de  couleur  jau¬ 
nâtre  ;  les  capitules,  disposés  en  corymbe  ou 
en  cime  ombelliforme  et  feuillée ,  sont  cou¬ 
verts  d’un  duvet  aranéeux  et  renferment  des 
fleurons  purpurins.  (J.  D.)  . 

BLANCHETTE  ou  BLANQUETTE,  bot. 


BLA 


ph.  —  Synonyme  de  Valeriana  locusia  et  de 
Chenopodium  maritimum. 

BLANCHETTE  ou  BLANCHOTTE.  bot. 
cr.  —  Nom  vulg.  de  VAgaricus  risigal- 
linus. 

BLANCIIOTTE.  bot.  cr.  —  Voyez  blan- 

CHETTE. 

BLANCKIA,  Neck.  bot.  ph.  —  Synonyme 
de  Conobea. 

*BLANCOA.  bot.  ph.  —  Famille  des  Hé- 
modoracées.  M.  Lindley  (  Calai,  des  plantes 
de  la  riv.  des  Cygnes)  a  donné  ce  nom  à  un 
g.  nouveau  ,  qu’il  caractérise  ainsi  :  Pé- 
rianthe  pétaloïde ,  tomenteux  à  sa  face  ex¬ 
terne  ;  sépales  6 ,  formant  une  sorte  de  tube 
évasé  et  comme  campaniforme,  à  divisions 
dressées ,  soudées  à  leur  base  avec  la  partie 
la  plus  inférieure  de  l’ovaire.  Le  tube  offre 
des  plis  situés  entre  les  divisions  calicinales. 
Étamines  6  ;  anthères  presque  sessiles  ,  insé¬ 
rées  à  la  base  des  lobes  du  calice.  Le  fruit  est 
une  capsule  dure  et  coriace ,  presque  com¬ 
plètement  libre ,  recouverte  en  totalité  par  le 
périanthe  persistant,  au  fond  duquel  elle  est 
située.  Elle  offre  3  loges  s’ouvrant  en  trois 
valves  septifères  sur  le  milieu  de  leur  face  in¬ 
terne. —  Ce  g.  ne  se  compose  que  d’une  seule 
espèce,  originaire  de  la  Nouvelle-Hollande, 
et  rappelant  beaucoup,  par  son  port,  les  es¬ 
pèces  du  g.  Barbacenia ,  qui  donnent  un  ca¬ 
ractère  particulier  à  la  végétation  de  cer¬ 
taines  parties  montueuses  de  l’intérieur  du 
Brésil.  (A.  R.) 

BLANCULET.  ois.  —  Nom  vulgaire  du 
Motteux,  appelé  aussi  Cul-blanc. 

BLANDE.  rept.  —  Synonyme  de  Sala 
mandre  commune. 

BLANDFORDIE.  Blandfordia.  bot.  ph. 
—  Genre  de  la  famille  des  Liliacées ,  établi 
par  Smith  (  Exot .  bot.,  I,  p.  5,  t.  4),  et  par¬ 
faitement  caractérisé  par  R.  Brown  ( Prodr ., 
I,  p.  295).  Ce  g.  se  compose  d’un  petit  nom¬ 
bre  d’espèces ,  toutes  originaires  de  la  Nou¬ 
velle-Hollande.  Ce  sont  des  plantes  vivaces, 
à  racine  fibreuse,  ayant  des  feuilles  radicales, 
linéaires  et  longues,  tandis  que  celles  de  la 
tige  sont  courtes  et  écartées  ;  les  fleurs ,  qui 
sont  ordinairement  rouges  et  pendantes ,  for¬ 
ment  une  grappe  terminale  et  déprimée.  Le 
fruit  est  une  capsule  prismatique  à  trois  loges 
et  à  trois  valves.  Ses  graines  sont  horizon¬ 
tales  et  attachées  à  des  trophospermes  su- 
turaux  ;  elles  sont  pubesceptes ,  et  contien- 


BLA  595 

nent  un  embryon  droit  recourbé  dans  un  en- 
dosperme  charnu.  (A.  R.) 

BLANDFORTIA.  bot.  ph. — Voyez  bland- 

fORDIA. 

BLANDOVIA.  bot.  ph.  —  Genre  indiqué 
par  Willdenow  ( Introd .  Cryptog.),  et  qu’il 

n’a  pas  décrit.  (C.  L.) 

BLANKARA.  bot.  cr.  —  Tous  les  bota¬ 

nistes  savent  comment  Adanson  composait 
les  noms  génériques  des  Plantes.  Celui-ci 
était  consacré  par  lui  à  quelques  Mousses  ap¬ 
partenant  aux  g.  Polytric  et  Orthotric,  et  spé¬ 
cialement  à  l’ Orlhotrichum  crispum.  (C.  M.) 

BLANQUETTE,  bot.  ph.  —  Voyez  blan- 

CHETTE. 

*BLANUS  (pXavoç,  myope),  rept.  —  Nom 
donné  à  l’Amphisbène  oxyure,  à  cause  de  ses 
yeux  cachés  sous  la  peau.  C’est  l’A.  rousse 
ou  l’A.  cendrée  de  quelques  auteurs.  Cet 
ophidien  dont  on  a  formé  un  genre  à  part  est 
propre  au  Portugal ,  et  c’est  la  seule  espèce 
qui  appartienne  à  l’Europe.  (C.  d’O.) 

*BLAPIDA  (iSXotyiç,  action  de  nuire),  ins. 
—  Genre  de  Coléoptères  hétéromères,  famille 
des  Ténébrionites ,  établi  par  Pertv  (  Delec- 
tus  animalium,  etc.,  p.  58,  tab.  12,fig.  9).  Ce 
genre  a  pour  type  une  espèce  du  Brésil  en¬ 
tièrement  noire,  nommée  par  l’auteur  B. 
Okeni,  et  que  M.  Dejean ,  dans  son  dernier 
Catalogue ,  appelle  B.  producta.  Cette  espèce 
est  la  même  que  le  Cnodalon  inœquale  de 
Mannerheim.  (D.) 

BLAPS.  Blaps  (|3>at|/tç ,  action  de  nuire  ). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  hétéromères , 
tribu  des  Blapsites ,  famille  des  Collaptérides 
de  M.  Solier,  ou  des  Mélasomes  de  Latreille, 
établi  par  Fabricius  aux  dépens  des  Téné- 
brions  de  Linné ,  et  subdivisé  depuis  par  les 
auteurs. 

Les  Blaps  ont  le  corps  oblong,  rétréci  anté¬ 
rieurement,  avec  le  prothorax  presque  carré. 
Ils  sont  en  général  privés  d’ailes,  et  leur  ab¬ 
domen  est  recouvert  par  les  élytres,  qui  sont 
soudées  entre  elles  et  plus  ou  moins  prolon¬ 
gées  en  pointe.  La  démarche  de  ces  Insectes 
est  très  lente.  Ils  habitent  pour  la  plupart  les 
lieux  sombres  et  humides,  d’où  ils  ne  sortent 
que  pendant  la  nuit  pour  chercher  leur  nour¬ 
riture.  Lorsqu’on  les  saisit,  ils  répandent  par 
l’anus  une  liqueur  d'une  odeur  très  fétide  et 
analogue  à  celle  qu’exhalent  les  Blattes  des 
cuisines.  Leur  larve  n’est  pas  connue  ; 
mais  on  présume  qu’elle  vit  dans  la  terre 


BLA 


596  BLA 

et  qu’elle  diffère  peu  de  celle  des  Téné- 
brions. 

M.  Solier  rapporte  à  ce  genre  45  espèces  de 
divers  pays  ;  nous  n’en  citerons  que  deux  qui 
appartiennent  à  l’Europe,  savoir  : 

l°Le  Blaps  mucroné,  Bl.  mortisaga  Fabr., 
qui  peut  être  considéré  comme  le  type  du 
genre.  Cette  espèce  est  de  la  Suède,  et  c’est 
par  erreur  qu’Olivier  l’a  décrite  et  figurée 
comme  des  environs  de  Paris  :  celle  de  ces 
environs  est  Yobtusa  de  Sturm. 

2«  Le  Blaps  gages  Fabr.,  décrite  et  figurée 
par  Olivier  sous  le  nom  de  gigas.  Cette  der¬ 
nière  espèce  est  très  commune  dans  le  midi 
de  la  France.  (D.) 

*BEAPSIDAÏRES.  Blapsidariœ.  ins.  — 
Deuxième  tribu  établie  par  Latreille  dans  sa 
famille  des  Mélasomes,  et  divisée  par  M.  le 
comte  de  Castelnau ,  dans  son  Histoire  natu¬ 
relle  des  Coléoptères ,  t.  II,  p.  199  ( Buffon - 
Dumènil ),  en  trois  groupes  :  les  Blapsites , 
les  Asidites  et  les  Pédiniies.  Les  Insectes  de 
cette  tribu  ont  pour  caractères  :  Corps  aptère 
et  généralement  oblong.  Palpes  terminés  par 
un  article  sécuriforme.  (D.) 

*BLAPSITES.  ins.—  M.  Newmann ,  dans 
sa  Classification  des  Insectes  de  l’Angleterre, 
d’après  les  larves  [The  entomological  Maga¬ 
zine  ,  n°  9 ,  p.  412) ,  donne  ce  nom  à  une  des 
nombreuses  divisions  établies  par  lui  dans 
l’ordre  des  Coléoptères,  et  fondées  sur  les 
métamorphoses  des  larves  des  g.  Pimelia, 
Blaps  et  Tenebrio.  (D.) 

*BLAPSITES.  ins.  —  Tribu  établie  par 
M.  Solier  dans  sa  famille  des  Collaptérides  , 
et  qui  a  pour  type  le  g.  Blaps.  Les  Blapsites 
se  lient  aux  Molarités  et  aux  Pédiniies  ;  ils  se 
distinguent  des  premiers  par  leurs  yeux  moins 
saillants  et  par  le  dernier  article  de  leurs 
palpes  maxillaires,  notablement  sécuriforme  ; 
des  seconds  par  leur  épistome  tronqué  ou  à 
peine  échancré  ;  par  leurs  mandibules  à  dé¬ 
couvert  latéralement  et  le  labre  entièrement 
saillant.  Cette  tribu  se  compose  de  26  genres. 

(D.) 

^BLAPSITES.  ins.  —  Deuxième  groupe 
établi  par  M.  le  comte  de  Castelnau  dans  la 
tribu  des  Blapsidaires  de  Latreille.  Il  com¬ 
prend  les  g.  Blaps  t  Leplomorpha  ,  Eleodes , 
Xysla  ,  Dolichoderus  ,  IVyctoropus ,  Psendo- 
blaps,  Ammophorus ,  Psammeticus ,  D/ y c topo¬ 
ris  ,  Gonopus,  Anthrasomus,  Misolampust  He- 
liofugusvtAcanthomerus .  (D.) 


BLAPSTINUS  (diminutif  de  Blaps).  ins. 
— Genre  de  Coléoptères  hétéromères,  famille 
des  Mélasomes ,  établi  par  M.  Dejean  dans 
son  dernier  Catalogue ,  et  dont  il  n’a  pas  pu¬ 
blié  les  caractères.  Il  le  place  entre  les  g. 
PhilaXy  Még. ,  et  Pachy lieras,  Sol.,  lesquels 
appartiennent  à  la  tribu  des  Pédinites  de  ce 
dernier.  M.  Dejean  y  rapporte  15  espèces, 
toutes  de  l’Amérique  ,  tant  méridionale  que 
septentrionale.  Nous  ne  citerons  que  la  pre¬ 
mière  ,  nommée  par  lui  B.  picipes ,  et  qui  est 
originaire  du  Chili.  (D.) 

BLAQUET.  poiss.  —  Nom  collectif  donné 
à  diverses  espèces  de  Clupées  qui  restent  en¬ 
gagés  dans  les  filets,  et  dont  les  pêcheurs  se 
servent  comme  d’appât.  (C.  d’O.) 

BLABY,  BLÉRIE  ou  BLÉRY.  ois.  — 
Noms  provinciaux  de  la  Foulque. 

BLASÏA  (nom  propre),  bot.  cr.  —  (Hé¬ 
patiques.)  Ce  genre  très  remarquable  appar¬ 
tient  à  la  division  des  Jongermanniées  mem¬ 
braneuses  ou  frondiformes.  Créé  par  Micheli 
(  Nov.  Gen.,  p.  14,  t.  7  ),  adopté  ensuite  par 
Linné  et  beaucoup  d’autres  botanistes ,  il  a 
été  plus  tard  déclaré  illégitime  par  M.  Hoo- 
ker,  qui,  sans  tenir  aucun  compte  de  la 
morphose ,  l’avait  considéré  comme  une 
Jongermanne  dont  la  capsule  était  d’abord 
enfouie  dans  la  cavité  de  la  fronde.  D’après 
les  idées  qui  prévalaient  à  cette  époque ,  on 
devait  s’attendre  à  l’adoption  de  cette  opinion. 
En  effet,  le  caractère  générique  consistant 
uniquement  alors  dans  une  capsule  quadri- 
valvaire,  et  la  plante  dont  il  est  question 
portant  une  capsule  ainsi  conformée ,  il  de¬ 
vait  paraître  tout  simple  de  la  ranger  dans 
l’immense  genre  auquel  la  rapportait  le  sa¬ 
vant  botaniste  anglais  ;  mais  depuis  que  l’en¬ 
combrement  survenu  dans  le  g.  Jungerman- 
nia  a  forcé  de  le  subdiviser,  on  a  été  obligé 
de  porter  son  attention  sur  des  organes  dont 
la  forme  et  la  structure ,  d’une  importance 
majeure  dans  cette  famille,  avaient  été  jus¬ 
que  là  négligées,  et  cela  avec  d’autant  plus 
de  tort  qu’elles  offrent  des  caractères  de  pre¬ 
mière  valeur  pour  la  taxonomie  ou  classifi¬ 
cation.  Nous  y  reviendrons  lorsque  nous 
exposerons  les  généralités  de  la  famille  dont 
le  g.  Blasia  fait  partie.  MM.  Dumortier,  Corda 
et  Nees  d’Esenbeck  ayant  rétabli  ce  g.,  en  ré¬ 
formant  tant  soit  peu  les  caractères  qui  lui 
étaient  attribués  par  les  anciens  auteurs , 
voici  comment  il  est  défini  par  le  professeur 


BLA 


BLA 


de  Breslau  dans  ses  Hépatiques  d’Europe 
(Europ.  Leberm.,  III,  p.  391):  Fructification 
femelle  d’abord  immergée  dans  la  nervure 
de  la  fronde,  puis  portée  par  un  pédon¬ 
cule  qui  dépasse  l’orifice  du  tube.  Involucre 
nul.  Point  de  périanthe ,  à  moins  qu’on  ne 
prenne  pour  cet  organe  la  couche  cellulaire 
la  plus  intérieure  de  la  cavité  creusée  dans 
la  nervure  de  la  fronde.  Dans  la  jeunesse  du 
fruit,  cetie  couche  représente  une  sorte  d’ou¬ 
tre  soudée  seulement  par  son  sommet  aux 
parois  de  la  cavité;  mais  dans  la  suite  elle 
disparaît,  ou,  ce  qui  est  la  même  chose,  con¬ 
tracte  dans  tous  ses  points  une  adhérence 
intime  avec  la  cavité  tout  entière,  de  manière 
à  laisser  douter  de  son  existence  primitive. 
Pistils  stériles  ,  nus  et  dispersés  çà  et  là  à  la 
superficie  de  la  nervure  ;  quelques  uns  agré¬ 
gés  vers  son  sommet,  un  seul  fertile  placé  dans 
sa  cavité.  Capsule  elliptique  ou  presque  glo¬ 
buleuse,  tronquée  à  sa  base,  un  peu  calleuse, 
et  divisée  j*usque  là  en  quatre  (rarement  5 
ou  6)  valves.  Élatères  à  double  spirale, 
amincies  aux  deux  extrémités  et  fixées  au¬ 
tour  du  fond  de  la  capsule.  Spores  arrondies, 
plus  obscures  au  centre.  Anthéridies  immer¬ 
gées  dans  la  nervure  de  la  fronde  et  proémi¬ 
nentes  à  la  surface  inférieure  de  celle-ci ,  où 
elles  sont  couvertes  par  une  écaille  dentée 
dans  son  pourtour;  elles  sont  globuleuses  ou 
ovales,  granuleuses  à  l’intérieur,  absolument 
sessiles.  On  trouve  encore  des  espèces  de  po¬ 
ches  ou  utricules,  solitaires  ou  géminées,  creu¬ 
sées  dans  la  nervure  et  communiquant  avec 
l’extérieur  par  un  goulot  ascendant  qui  sert 
à  donner  issue  à  des  gemmes  globuleuses 
ou  légèrement  polyèdres  contenues  dans  leur 
intérieur.  Enfin  on  rencontre  encore  des  pro¬ 
pagines  enfoncées  dans  la  partie  membra¬ 
neuse  de  la  fronde  à  la  face  inférieure  de  la¬ 
quelle  elles  font  saillie;  celles-ci  consistent 
en  granules  verts,  menus,  globuleux  et  trans¬ 
parents.  Les  frondes  de  ce  g.  sont  traversées 
longitudinalement  par  une  côte  ou  nervure, 
qui ,  quelquefois  peu  apparente ,  en  occupe 
le  milieu.  Ces  frondes,  d’un  vert  gai ,  rayon¬ 
nent  en  se  bifurquant  d’un  centre  commun 
à  la  circonférence  ;  leurs  bords  sont  sinués 
ou  pinnatifides.  Elles  sont  composées  de  cel¬ 
lules  assez  semblables  entre  elles,  excepté 
dans  le  trajet  de  la  nervure  où  elles  s’allon¬ 
gent  davantage.  Cette  plante,  car  jusqu’ici  on 
n’en  connaît  qu’une  seule  espèce,  habite  les 


597 

climats  tempérés  de  l’hémisphère  boréal  ; 
elle  vit  sur  la  terre  humide,  où  elle  reste  fixée 
par  de  nombreuses  radicelles  ,  nées  du  des¬ 
sous  de  la  côte  moyenne.  (C.  M.) 

*BLASIACÉES.  Blasiaceœ.  bot.  cr  — 
(Hépatiques.)  M.  Dumortier  rangeait  sous  ce 
nom  toutes  les  Jongermanniées  membraneu¬ 
ses  que  M.  Nees  réunit  sous  celui  de  Eron - 
dosœ.  Voy.  JONGERMANNIEES.  (G.  M.) 

BLASIÉES.  Blasieœ.  bot.  cr.  —  (Hépa¬ 
tiques.)  Voy.  IIAPLOLÉNÉES.  (C.  M.) 

BLASTE  bourgeon),  bot.  pii.  — 

Le  professeur  L.-C.  Richard  a  donné  ce  nom 
à  cette  partie  de  l’embryon  des  Graminées 
qui ,  sous  la  forme  le  plus  généralement  d’un 
corps  cylindroïque,  se  compose ‘supérieure¬ 
ment  du  corps  cotylédonaire  et  inférieure¬ 
ment  du  corps  radiculaire.  Voy.  embryon  et 
GRAMINEES.  (A.  R.) 

BLASTÈME.  Blasiema  (  jüftasTvjjxa  ,  bour¬ 
geon).  bot.  —  Sous  ce  nom  ,  M.  Mirbel  com¬ 
prend  la  graine  tout  entière  ,  dépouillée 
de  ses  enveloppes;  c’est-à-dire  l’embryon 
proprement  dit,  les  cotylédons,  la  radicule,  la 
plumule,  etc.  Cette  dénomination  n’a  pas 
prévalu  ;  car  la  science  moderne ,  au  con¬ 
traire,  regarde  chacune  de  ces  parties  comme 
distincte,  et  en  tire  d’importants  caractères 
pour  la  détermination  des  genres  et  des  fa¬ 
milles.  Ce  nom  a  été  donné  aussi  par  M.Wall- 
roth  au  thalle  des  Lichens  ;  mais  il  n’a  pas 
été  adopté.  (C.  L.) 

*BLASTOPHORE.  Blastophorus  , 

bourgeon  ;  «popoç,  porteur),  bot.  pii.— Déno¬ 
mination  appliquée  par  L.  C.  Richard  à  celte 
partie  intermédiaire,  et  très  vaguement  défi¬ 
nie,  comprise  entre  le  Blaste  et  l’Hypoblaste. 
Voy.  ces  mots  ainsi  que  vitellus  et  grami¬ 
nées.  (C.  L.) 

BLATIIV.  moll.  —  Adanson  a  désigné  sous 
ce  nom  un  Buccin  du  Sénégal. 

BLATTAIRES.  Blattarice.  —  Synonyme 
de  Blattiens,  employé  par  Latreille ,  M.  Ser- 
ville,  etc.  (Bl.) 

BLATTARIA  ,  Tournef.  bot.  pii.  —  Sy¬ 
nonyme  de  Molène. 

BLATTE.  B'iatla  (|3X«7rro>,  je  nuis),  ins. 
—  Genre  de  l’ordre  des  Orthoptères ,  établi 
par  Linné  ,  qui  comprenait  sous  celte  déno¬ 
mination  toutes  les  espèces  composant  au¬ 
jourd’hui  notre  famille  des  Blattiens. 

Ce  genre  a  été  plus  ou  moins  restreint  par 
divers  entomologistes.  Tel  que  nous  l'avons 


BLA 


BLA 


598 

adopté,  il  comprend  toutes  les  espèces  dont  le 
corps  est  allongé  et  plus  ou  moins  déprimé,  les 
antennes  glabres,  les  palpes  ayant  leur  dernier 
article  tronqué,  et  les  élytres  se  recouvrant 
obliquement  à  leur  suture,  et  offrant,  sur 
le  disque ,  une  strie  arquée  très  prononcée. 

M.  Serville  ne  place  dans  le  genre  Blatte 
que  les  espèces  qui,  offrant  les  caractères  que 
nous  venons  d’énoncer,  ont  un  prolhorax 
court  et  large  laissant  le  front  à  découvert , 
et  des  tarses  dont  les  trois  premiers  articles 
vont  en  diminuant  de  grosseur,  le  quatrième 
étant  fort  petit. 

Parmi  les  nombreuses  espèces  du  genre 
Blaiia  proprement  dit,  les  plus  répandues 
sont  les  B.  Maderœ  Fab.,  qui  se  trouve  dans 
toutes  les  régions  intertropicales  du  globe , 
et  B .  laponica  et  germanica  Fab.,  commu¬ 
nes  dans  toute  l’Europe.  Voyez  pour  les  dé¬ 
tails  de  mœurs  et  d’organisation  l’article 

BLATTIENS.  (Bt.) 

BLATTI,  Adans.  bot.  ph.  —  Voyez  son¬ 
ner  ATI  A. 

*BLATTIDES.  ins.—  Synonyme  de  Blat- 
tiens  ,  employé  par  M.  Westwood  (  Introcl .  of 
the  mod.  clas.  of  Ins.).  (Bl.) 

"BLATTIENS.  Blaliii.  ins.  —  Famille  de 
l’ordre  des  Orthoptères  ,  essentiellement  ca¬ 
ractérisée  par  des  antennes  très  longues  ;  par 
une  tête  que  cache  entièrement  ou  presque 
entièrement  un  prothorax  en  forme  de  bou¬ 
clier  ;  par  des  élytres  plates  sur  l’abdomen , 
se  recouvrant  l’une  l’autre  sur  la  ligne  mé¬ 
diane  ;  par  des  pattes  essentiellement  propres 
à  la  course,  ayant  des  tarses  composés  de  cinq 
articles,  et  enfin  par  un  abdomen  arrondi, 
déprimé ,  et  muni  de  filets  terminaux. 

Cette  famille  est  représentée  dans  les  ou¬ 
vrages  des  anciens  auteurs  par  le  seul  genre 
Blaiici.  Linné  le  plaça  en  tête  des  Hémiptè¬ 
res  ;  Degéer  le  rangea  parmi  sesDermoptères  ; 
Fabricius,  Olivier  et  la  plupart  des  autres  na¬ 
turalistes  ,  parmi  les  Orthoptères  ;  Latreille 
en  forma  le  premier  une  famille  distincte , 
adoptée  depuis  par  presque  tous  les  entomo¬ 
logistes.  Cependant  quelques  uns  d’entre  eux, 
attachant  une  très  grande  importance  aux 
caractères  particuliers  des  Blattiens ,  les  ont 
considérés  comme  un  ordre  distinct.  Leach,  le 
fondateur  de  cet  ordre  ,  lui  a  appliqué  la  dé¬ 
nomination  de  Dyctiopt'eres ,  adoptée  par 
MM.  Boisduval  et  Lacordaire  dans  la  Faune 
enlomologique  des  environs  de  Paris.  M.  La¬ 


porte  de  Castelnau  a  considéré ,  dans  ses 
études  entomologiques ,  les  Blattiens  comme 
un  sous-ordre  des  Dermoptères  ;  mais  l’obser¬ 
vation  montre  combien  ces  divers  auteurs  se 
sont  laissé  entraîner  par  l’aspect  particulier 
que  présentent  les  Insectes  de  cette  famille, 
et  par  la  disposition  des  ailes  ;  car  toutes  les 
parties  de  la  bouche ,  les  métamorphoses ,  la 
ponte  des  œufs,  sont  analogues  dans  les  Blat¬ 
tiens  et  dans  les  autres  Orthoptères. 

L’anatomie  de  ces  Insectes  a  été  étudiée  par 
Ramdohr,  par  M.  Marcel  de  Serres ,  et,  dans 
ces  derniers  temps,  par  M.  Léon  Dufour;  mais, 
jusqu’à  présent,  le  canal  digestif  et  les  orga¬ 
nes  de  la  génération  ont  seuls  attiré  l’attention 
des  anatomistes.  Le  système  nerveux  des  Blat¬ 
tiens,  comme  celui  de  la  plupart  des  Insectes, 
a  été  complètement  négligé  :  c’est  une  lacune 
que  nous  comptons  remplir  prochainement 
dans  un  travail  spécial. 

Le  Tube  digestif  ou  Canal  alimentaire  ob¬ 
servé  dans  la  Blatte  des  cuisines  ( Blalla  orien¬ 
tais  Lin.)  n’a  pas  tout-à-fail  le  double  de  la 
longueur  totale  du  corps  de  l’insecte  ;  il  offre 
par  conséquent  de  nombreuses  circonvolu¬ 
tions  dans  la  cavité  abdominale.  VOEso - 
pliage,  tubuleux  et  assez  court,  se  dilate  in¬ 
sensiblement  vers  le  mésothorax,  en  un  ja¬ 
bot  expansible ,  de  forme  oblongue.  Ce  Jabot , 
glabre  extérieurement,  offre  des  stries  longi¬ 
tudinales  plus  ou  moins  prononcées.  La  tu¬ 
nique  interne  présente  seulement  quelques 
plissures.  Le  Gésier,  très  distinct  du  jabot, 
a  une  forme  conico-ovoïde  et  des  parois  d’une 
certaine  épaisseur,  très  lisses  extérieurement. 
Cet  organe,  dans  l’état  normal,  parait  sessile 
entre  le  jabot  et  le  ventricule  ehylifique  ;  mais 
comme  M.  Léon  Dufour  le  fait  observer,  en 
le  distendant,  on  met  en  évidence  un  col  tu¬ 
buleux  qui  se  trouve  engagé  dans  le  ventri¬ 
cule  ehylifique.  Ce  dernier  consiste  en  un 
tube  allongé ,  cylindroïde  et  plus  ou  moins 
flexueux.  A  son  origine ,  il  est  garni  de  8 
bourses  ventriculaires,  de  forme  cylindroïde. 
A  son  extrémité,  il  présente  un  bourrelet  au¬ 
tour  duquel  sont  implantés  les  vaisseaux 
hépatiques.  Ceux-ci ,  au  nombre  de  60  en¬ 
viron  ,  sont  capillaires  et  extrêmement  dé¬ 
liés.  V Intestin ,  assez  long  et  cylindroïde,  for¬ 
me  une  circonvolution  sur  lui-même  ;  il  se  ter¬ 
mine  par  un  rectum  présentant  six  bandelet¬ 
tes  musculeuses,  longitudinales. 

Les  organes  de  la  génération,  chez  les  Blat- 


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599 


BLA 

tiens,  ont  encore  été  peu  étudiés,  surtout  chez 
les  mâles.  M.  Léon  Dufour  a  seulement  ob¬ 
servé  que  les  vésicules  séminales  étaient 
nombreuses  ,  très  petites ,  oblongues  ou  co- 
noides,  et  disposées  en  deux  pelotons  arron¬ 
dis.  Les  Ovuires  des  Blattes  se  composent  seu¬ 
lement  de  huit  gaines  multiloculaires ,  for¬ 
mant  un  faisceau  conoïde.  Le  Calice  de  l’o- 
Yaire  est  généralement  ovoïde ,  et  s’amincit 
en  arrière  en  un  col  plus  court  que  lui. 

Dans  les  Insectes  de  cette  famille,  comme 
dans  les  Mantiens ,  on  rencontre  une  glande 
sérifique  ;  appareil  destiné  à  la  sécrétion 
d’une  matière  qui  doit  former  aux  œufs  une 
enveloppe  ou  coque  d’une  substance  plus  ou 
moins  coriace.  Cet  appareil  consiste  en  un 
grand  nombre  de  vaisseaux  tubuleux,  libres, 
et  flottant  par  leurs  extrémités ,  confluant  à 
leur  base  à  des  souches  rameuses.  Ces  vais¬ 
seaux,  dans  leur  position  naturelle,  masquent 
les  calices  et  l’oviducte;  les  uns  sont  simples, 
les  autres  sont  bifides ,  quelques  uns  même 
sont  trifides. 

Pendant  l’accouplement,  les  Blattiens  sont 
placés  sur  un  même  plan,  joints  l’un  à  l’au¬ 
tre  par  l’extrémité  de  leur  abdomen.  Au  bout 
d’un  certain  temps  ,  la  ponte  a  lieu  :  on  voit 
sortir  de  l’abdomen  de  la  femelle  une  sorte 
de  capsule ,  semblable,  pour  la  forme,  à  une 
sorte  de  fève  ou  de  haricot.  Cette  capsule , 
composée  de  deux  pièces ,  et  divisée  à  l’in¬ 
térieur  en  un  certain  nombre  de  compar¬ 
timents  renfermant  chacun  un  œuf,  af¬ 
fecte  des  formes  diverses ,  selon  les  espèces  ; 
mais  elle  est  toujours  plus  ou  moins  en 
carré  long ,  avec  les  angles  émoussés  ,  pré¬ 
sentant  sur  une  des  arêtes,  par  où  doit  se  faire 
l’ouverture,  une  série  de  dentelures  très  ser¬ 
rées.  La  femelle  porte  pendant  quelque  temps 
sa  capsule  appendue  à  l’extrémité  de  son  ab¬ 
domen;  mais  elle  l’abandonne  ensuite  au 
hasard.  Au  moment  de  l’éclosion,  les  petites 
larves  ramollissent  cette  enveloppe  au  moyen 
d’un  liquide  qu’elles  dégorgent  et  qui  facilite 
la  déhiscence  de  la  capsule. 

On  reconnaît  les  sexes  dans  les  Blattiens 
au  développement  de  l’abdomen  :  il  est  beau¬ 
coup  plus  grêle  dans  les  mâles  que  dans  les 
femelles  ;  en  outre ,  dans  les  premiers ,  on 
distingue  8  segments  ventraux,  tandis  que 
dans  ces  dernières  on  n’en  compte  que  6  ou 
7.  Dans  quelques  femelles  aussi,  les  ailes  sont 
beaucoup  plus  courtes  que  dans  les  mâles. 


Les  changements  de  peau  ou  les  mues  suc¬ 
cessives  des  Blattiens ,  depuis  leur  sortie  de 
l’œuf  jusqu’à  l’état  d’insecte  parfait,  ont  été 
observés  avec  le  plus  grand  soin  sur  la  Blatte 
germanique,  par  M.  Hummel. 

«  J’avais  déjà,  dit-il,  depuis  plus  d’une  se¬ 
maine,  enfermé  sous  un  verre  une  femelle  de 
Blatte  germanique  ,  portant  un  œuf  ou  plu¬ 
tôt  une  masse  d’œufs  à  l’extrémité  de  son 
abdomen,  lorsque  le  matin  du  1er  avril ,  on 
m’apporta  un  grand  œuf  tout  frais  (la  cap¬ 
sule  renfermant  les  œufs) ,  qui  venait  appa¬ 
remment  d’être  jeté  à  l’instant  moême  par 
quelque  autre  femelle.  Il  avait  la  forme  d’un 
carré  long,  peu  convexe,  arrondi  par  les  cô¬ 
tés  et  les  deux  bouts,  rayé  transversalement, 
et  ayant  à  l’un  des  côtés  une  suture  relevée. 

«  A  peine  eus-je  introduit  cet  œuf  sous  le 
verre  que  ma  prisonnière  s’en  approcha  ,  le 
tâta  et  le  retourna  en  tout  sens.  Elle  le  prit 
enfin  entre  ses  pattes  de  devant,  et  lui  fit  une 
ouverture  longitudinale  d’un  bout  à  l’autre. 
A  mesure  que  cette  fente  s’élargissait,  je  vis 
sortir  de  l’œuf  de  petites  larves  blanches,  rou¬ 
lées  et  attachées  deux  à  deux.  La  femelle 
présidait  à  cette  opération  ;  elle  les  aidait  à  se 
développer,  en  les  frappant  doucement  avec 
ses  antennes,  et  en  les  touchant  avec  ses  pal¬ 
pes  maxillaires.  Les  larves  commencèrent 
par  remuer  leurs  longues  antennes ,  puis 
leurs  pattes,  puis  se  détachèrent  les  unes  des 
autres,  et  en  quelques  secondes  elles  furent 
en  état  de  marcher.  La  coque  ,  restée  vide , 
montrait  autant  de  petites  cellules  séparées 
par  des  cloisons  blanches  et  lisses ,  qu’il  y 
avait  de  paires  de  larves,  et  le  nombre  de  ces 
cellules  correspondait  en  même  temps  à  ce¬ 
lui  des  raies  que  j’avais  vues  antérieurement 
sur  l’œuf. 

»  Toutes  les  jeunes  Blattes  une  fois  sorties, 
la  femelle  ne  s’en  occupa  plus.  Je  comptais 
alors  trente -six  larves,  toutes  blanches  et 
transparentes,  n’ayant  que  les  yeux  noirs  et 
un  point  foncé  sur  l’abdomen,  qui  indiquait 
les  intestins  ;  mais  en  peu  d’instants  elles 
prirent  une  autre  couleur,  au  commencement 
verdâtre ,  et  bientôt  noire ,  nuancée  de  gris 
jaune.  Elles  se  mirent  à  courir;  elles  s’atta¬ 
chèrent  aux  miettes  de  pain  qui  se  trouvaient 
sous  le  verre  :  tout  cela  fut  l’affaire  de  vingt 
minutes.  L’immense  propagation  de  cette  es¬ 
pèce  ,  dont  je  parlerai  plus  au  long  dans  la 
suite ,  s’explique  facilement  par  la  quantité 


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600 

des  larves  que  renferme  une  seule  coque. 

»  La  Blatte  germanique  doit  changer  6 
fois  de  peau  avant  de  parvenir  à  l’état  d’in¬ 
secte  parfait.  La  première  mue  a  lieu  huit 
jours  après  la  sortie  de  l’œuf.  La  larve  est  de 
nouveau  toute  blanche  après  avoir  jeté  sa 
vieille  peau  ;  mais  elle  reprend  vite  ses  véri¬ 
tables  couleurs.  Elle  est  déjà  beaucoup  plus 
grande ,  plus  arrondie  par  derrière. 

»  Dix  jours  plus  tard,  j’observai  la  deuxième 
mue.Toutes  les  larves  ne  l’ont  cependant  pas 
faite  en  même  temps  ;  il  a  fallu  plusieurs 
jours  à  ma  colonie  pour  subir  cette  méta- 
mophorse. 

»  La  troisième  mue  s’opéra  au  bout  de 
deux  semaines.  La  larve  sortit  lentement , 
mais  avec  assez  de  facilité,  de  son  étui,  après 
s’être  accrochée  à  quelque  chose  de  fixe ,  et 
avoir  la  peau  sur  le  corselet.  En  sortant,  elle 
était  très  mince,  fort  allongée,  et  pour  ainsi 
dire  cylindrique  ;  mais  en  quelques  minutes 
elle  reprit  une  forme  oblongue  et  aplatie  : 
elle  avait  plus  de  volume  que  la  peau  qu’elle 
venait  de  quitter.  Le  bord  jaune  du  corselet 
se  dessinait  alors,  et  l’on  remarquait  déjà  les 
deux  premiers  anneaux  de  l’abdomen  (c’est- 
à-dire  du  thorax) ,  qui  sont  plus  larges,  et 
d’où  naîtront  ensuite  les  élytres  et  les  ailes. 
Une  tache  jaune  et  carrée  se  trouvait  au  mi¬ 
lieu  de  ces  anneaux.  Toutes  ces  différentes 
formes,  qui  indiquent  ce  que  la  larve  devien¬ 
dra  un  jour,  sont  beaucoup  plus  apparentes 
à  la  suite  de  la  quatrième  mue ,  qui  arrive 
environ  un  mois  après  la  troisième. 

»  Un  mois  plus  tard  mes  larves  étaient 
nymphes  ;  elles  méritent  ce  nom  à  leur  cin¬ 
quième  transformation.  La  nymphe  est  moins 
longue  que  l’insecte  parfait  ;  mais  elle  est 
beaucoup  plus  plate  et  un  peu  plus  large.  Le 
corselet  a  déjà  la  forme  qu’il  gardera,  et  porte 
des  lignes  noires  qui  se  continuent  sur  les 
deux  anneaux  dont  j’ai  parlé  plus  haut,  et 
qui  débordent  de  beaucoup  la  poitrine.  Le 
reste  de  l’abdomen  est  noirâtre  en  dessus  avec 
quelques  taches  rouges  au  milieu  ;  en  des¬ 
sous,  il  est  brun,  tel  qu’il  restera.  Les  pattes 
ont  à  peu  près  toute  la  grandeur  et  toute  la 
consistance  qu’elles  doivent  recevoir.  En  cet 
état  la  nymphe  reste  un  mois  ou  six  semaines. 
Peu  à  peu  les  fourreaux  des  ailes  se  séparent 
et  s’étendent,  la  nymphe  perd  de  sa  vivacité, 
elle  mange  moins ,  ne  court  plus  ,  cherche 
l’ombre  et  la  solitude  ;  tout  à  :oup  elle  s’ac¬ 


croche  ,  la  peau  s’ouvre ,  et  il  en  sort  une 
Blatte  parfaite,  blanche  comme  la  neige,  avec 
des  yeux  noirs.  Cette  blancheur ,  cette  pro¬ 
preté,  qui  la  rendent  fort  jolie,  ne  durent  pas 
long-temps.  A  vue  d’œil,  l’insecte  reprend  ses 
couleurs  naturelles;  les  antennes  et  les  pattes 
brunissent  les  premières,  puis  ensuite  l’abdo¬ 
men.  En  trois  heures  le  corselet  a  ses  lignes 
noires  parallèles  ;  les  élytres  se  colorent  les 
dernières,  et  dans  l’espace  de  dix  à  douze 
heures  toute  la  toilette  est  achevée.  C’est  la 
sixième  et  dernière  mue.  » 

Il  est  à  regretter  que  ces  observations  si  in¬ 
téressantes  n’aient  pas  été  reproduites  jus¬ 
qu’à  présent  sur  d’autres  espèces.  Nous 
pensons  qu’à  l’état  de  nature,  la  femelle 
d’une  Blatte  ne  vient  pas  en  aide  à  ses  petits, 
comme  M.  Hummel  l’a  observé  chez  des  indi¬ 
vidus  en  captivité.  Le  nombre  de  larves  qui 
sortent  de  chaque  capsule  explique  facile¬ 
ment  la  prodigieuse  multiplication  des  Blat- 
tiens  ;  ce  nombre  est  de  36  chez  la  Blatte  ger¬ 
manique.  Dans  la  Blatte  des  cuisines,  il  n’est 
que  de  16  ;  mais  nous  avons  eu  lieu  d'obser¬ 
ver  les  capsules  de  certaines  Blattes  exotiques 
qui  renferment  un  nombre  d’œufs  beaucoup 
plus  considérable. 

Les  Blattiens  ont  attiré  l’attention  des  na¬ 
turalistes  depuis  les  temps  les  plus  reculés. 
Comme  nous  l’avons  démontré  dans  un  mé¬ 
moire  publié  par  nous,  en  avril  1837,  on  les 
trouve  mentionnés  dans  un  grand  nombre 
d’auteurs  grecs  et  latins.  Les  premiers  les  ont 
généralement  désignés  sous  la  dénomination 
de  Sylphes.  Aristote  et  Dioscoride  font  men¬ 
tion  de  ces  Insectes.  Ce  dernier  dit  que  ces 
animaux  vivent  dans  les  lieux  où  l'on  fabrique 
le  pain,  et  que  leurs  entrailles  broyées  avec 
de  l’huile  sont  très  efficaces  pour  guérir  l’o- 
talgie.  Le  nom  de  Sphondyle  paraît  également 
se  rapporter  aux  mêmes  Insectes.  Dans  sa  co¬ 
médie  de  la  Paix ,  Aristophane  désigne ,  par 
cette  dénomination ,  un  insecte  qui  court  en 
exhalant  une  mauvaise  odeur,  ce  qui  est 
parfaitement  le  cas  des  Blattes. 

Pline  s’étend  assez  longuement  sur  les 
Blattes  ;  et,  s’il  a  confondu  avec  ces  Insectes 
d’autres  espèces,  il  paraît  au  moins  avoir  bien 
connu  celle  que  nous  rapportons  à  la  famille 
des  Blattiens ,  comme  le  prouvent  plusieurs 
de  ses  observations.  D’après  lui ,  ce  sont  des 
animaux  qui  fuient  la  lumière  et  fréquen¬ 
tent  les  lieux  sales  et  humides.  Ainsi  que 


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601 


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Dioscoride,  il  prétend  que  la  graisse  de  cer¬ 
taines  Blattes  broyée  avec  de  l’huile  de  rose 
est  très  bonne  contre  les  douleurs  d’oreille. 
Nous  retrouvons  à  la  suite  de  cette  assertion 
toutes  les  fables  qu’on  rencontre  dans  les  an¬ 
ciens  auteurs  ;  il  ajoute  que  cette  graisse  en 
se  décomposant  produit  un  ver.  C’est  un  ani¬ 
mal  qui  infecte,  dit-il,  et  dont  on  a  fait  plu¬ 
sieurs  genres:  les  Molles,  qui  étant  cuites 
dans  l’huile  guérissent  les  verrues;  un  se¬ 
cond  genre  appelé  Mylæcon  ,  qu’on  rencon¬ 
tre  près  des  meules  ;  et  enfin  ,  un  troisième 
genre  de  Blattes  qui  ont  une  odeur  fétide. 
Celles-ci  ont  le  corps  terminé  en  pointe.  Il 
attribue  à  toutes  ces  Blattes  la  propriété  de 
guérir  une  infinité  de  maux.  Les  Blattes  mol¬ 
les  du  naturaliste  romain  sont  évidemment 
les  mêmes  que  les  Sylphes  des  Grecs ,  et  que 
les  Blattiens  des  naturalistes  modernes.  Les 
Mylæcons  ont  été  rapportés  par  Latreille  aux 
Tenebrio  moliior  ;  mais  le  fait  est  douteux. 
Quant  aux  espèces  du  troisième  g.,  tout  porte 
à  croire  que  ce  sont  des  Coléoptères  du  g. 
Blaps.  Horace  parle  des  Blattes  qui  dévorent 
les  vêtements  comme  le  font  les  Teignes. Vir¬ 
gile  les  signale  comme  des  Insectes  lucifuges, 
ennemis  des  Abeilles ,  s’introduisant  dans 
leurs  ruches  pour  les  dévaster.  Comme  de 
notre  temps  personne  n’a  jamais  observé  que 
les  Blattes  s’introduisissent  dans  les  gâteaux 
des  Abeilles ,  nous  avons  soupçonné  que  le 
poète  latin  avait  peut-être  voulu  désigner  par 
ce  nom  le  Sphinx  Tête-de-Mort  (  Acherontia 
Atropos ),  auquel  plusieurs  personnes  ont 
reconnu  cette  habitude. 

Plusieurs  auteurs  du  moyen-âge  ont  aifssi 
appliqué  la  dénomination  de  Blattes  à  des 
Mo.llusques  du  genre  Pourpre.  Au  commen¬ 
cement  du  xviie  siècle,  Mouffet,  dans  son 
Théâtre  des  insectes ,  s’étendit  très  longue¬ 
ment  sur  les  Blattes,  qu’il  connaissait  parfai¬ 
tement  ;  car  il  représenta  même  la  Blatta 
orientalis  d’une  manière  très  reconnaissable. 
Il  ne  comprenait  sous  ce  nom  que  les  espèces 
qui  forment  le  genre  Blatta  de  Linné  ;  mais , 
à  cette  époque ,  il  ne  dédaigna  pas  encore  de 
reproduire ,  comme  des  faits  positifs ,  toutes 
les  propriétés  curatives  attribuées  à  ces  In¬ 
sectes  par  Dioscoride  et  par  Pline.  Linné 
plaça  le  genre  Blatta  en  tête  de  son  ordre  des 
Hémiptères.  Il  n’en  connaissait  que  des  es¬ 
pèces  sombres  et  de  consistance  molle  ayant 
un  corps  fortement  comprimé.  Une  seule  {Co- 

T.  II.  *- 


rydia  petiveriana)}  plus  arrondie  et  plus  con¬ 
vexe  que  les  autres,  portant  quelques  taches 
jaunes  ou  rouges ,  fut  regardée  par  l’illustre 
naturaliste  comme  un  coléoptère  du  genre 
Casside. 

A  la  fin  du  xvme  siècle,  Drury  désigna 
sous  le  nom  de  Blatta  picta  une  espèce  fort 
différente  de  toutes  les  autres  espèces  con¬ 
nues  à  cette  époque.  Elle  était  fortement 
bombée  ;  tout  son  corps  et  ses  élytres  avaient 
presque  autant  de  consistance  qu’en  ont  ceux 
des  Coléoptères.  Le  corps  était  d’un  noir 
brillant,  et  les  élytres  élégamment  ornées  de 
deux  bandes  du  plus  beau  rouge. 

Quoique  les  Blatta  peliveriana  et  picta 
présentent  des  caractères  qui  les  distinguent 
parfaitement  des  Blattes  proprement  dites , 
Fabricius,  Olivier,  Latreille  lui-même,  n’ont 
admis  que  le  genre  Blatta.  Au  reste ,  toutes 
les  autres  espèces  ont  un  aspect  des  plus  uni¬ 
formes.  Latreille  se  contenta  d’indiquer,  sous 
la  dénomination  de  Kakerlac ,  les  espèces  dont 
les  ailes  sont  courtes  ou  rudimentaires  chez  les 
femelles.  M.  Serville  fut  le  premier  qui,  dans 
sa  Revue  méthodique  de  l’ordre  des  Orthoptè¬ 
res  ,  sépara  la  famille  des  Blattiens  en  huit 
genres  ;  M.  Brullé  et  nous,  avons  adopté  les 
genres  établis  par  M.  Serville ,  en  en  consi¬ 
dérant  deux  comme  de  simples  divisions  du 
genre  Blatta  proprement  dit.  M.  Burmeister 
[Randb.  der  Ent .)  ne  porte  pas  le  nombre  des 
genres  de  celte  famille  à  moins  de  20  ;  mais 
il  est  évident  que  plusieurs  ne  présentent 
que  des  caractères  bien  peu  importants  pour 
les  distinguer  entre  eux.  M.  Serville  n’en 
admet  que  10  dans  son  ouvrage  sur  les  Or¬ 
thoptères  faisant  suite  à  Buffon,  dernier 
travail  qui  ait  été  publié  sur  celte  matière. 

Les  Blattiens  sont,  en  général,  des  Insectes 
nocturnes  d’une  grande  agilité,  courant  avec 
une  extrême  vitesse.  Ils  exhalent  une  odeur 
fétide  des  plus  repoussantes,  odeur  qui  per¬ 
siste  sur  tous  les  objets  qui  ont  eu  leur  con¬ 
tact.  Ils  attaquent  toutes  les  substances  ani¬ 
males  et  végétales ,  dans  quelque  état  que  se 
trouvent  ces  substances.  Les  Blattiens  sont 
répandus  sur  toute  la  surface  du  globe ,  mais 
bien  plus  abondamment  dans  les  pays  chauds 
que  partout  ailleurs  ;  c’est  là  aussi  qu’on  ren¬ 
contre  les  plus  grandes  espèces ,  les  espèces 
les  plus  incommodes  pour  l’homme.  Ces  ani¬ 
maux  s’attachent  aux  provisions  de  bouche 
de  toute  espèce ,  aux  cuirs ,  aux  vêtements, 
38* 


BLA 


BLA 


602 

même  au  bois,  qu’ils  parviennent  à  ramollir 
au  moyen  d’un  liquide  particulier  qu’ils  sé« 
crètent  en  assez  grande  abondanee. 

Certaines  espèces  ,  la  Blaiia  gigantea  ,  par 
exemple ,  au  rapport  de  Drury,  courent  sur 
le  visage  de  l’homme  pendant  son  sommeil, 
et  lui  rongent  même  l’extrémité  des  ongles. 

Les  maisons  ,  les  navires  sont  souvent  in¬ 
festés  par  ces  horribles  Insectes.  Dans  une 
grande  partie  de  l’Europe,  les  boulangeries , 
les  cuisines ,  les  garde-manger,  sont  visités 
par  une  espèce  de  Blattes ,  la  Blatte  des  cui¬ 
sines  ( Blalla  orientalis),  insecte  aplati,  d’un 
noir  brunâtre,  courant  très  vite,  souvent  con¬ 
fondu  avec  le  Grillon  domestique  connu  vul¬ 
gairement  sous  le  nom  de  cri-cri.  On  trouve 
encore  plusieurs  autres  espèces  européennes  ; 
mais ,  dans  notre  pays ,  elles  ne  sont  pas  ré¬ 
pandues  en  quantité  assez  considérable  pour 
occasionner  des  dégâts  importants.  En  Lapo¬ 
nie,  il  est  une  petite  espèce  très  nuisible,  qui, 
assure-t-on ,  dévore  le  poisson  que  les  pau¬ 
vres  Lapons  font  sécher  pour  leur  nourri¬ 
ture.  Ce  fait  est  rapporté  par  Linné.  Cette 
petite  Blatte  ,  véritable  fléau  des  régions  bo¬ 
réales  ,  a  reçu  le  nom  de  Blatte  laponne 
(. Blalla  laponica ).  C’est  principalement  dans 
les  pays  chauds  que  les  Blattiens  exercent  des 
ravages  immenses.  Dans  les  colonies ,  dont 
ils  sont  le  fléau,  on  les  désigne  sous  les  noms 
de  Kakerlacs ,  K akkerlaques  ou  Cancrelats , 
de  Ravets  ,  de  Bêles  noires ,  etc.  On  assure 
qu’en  une  seule  nuit  ils  peuvent  percer  des 
malles ,  des  caisses  ;  en  outre ,  leur  forme 
aplatie  leur  permet  de  s’introduire  facilement 
par  tous  les  interstices  ,  par  toutes  les  fissu¬ 
res.  Ces  Insectes  se  multiplient  en  prodigieuse 
abondance  quand  ils  trouvent  des  aliments. 
Des  barils  entiers  de  substances  comestibles 
sont  souvent  leur  proie.  Au  bout  de  quelque 
temps,  on  les  trouve  remplis  de  ces  Insectes, 
qui  en  ont  totalement  dévoré  le  contenu.  Il 
n’est  pas  de  navires  marchands  qui  ne  recè¬ 
lent  des  masses  de  ces  Insectes  :  aussi  sont- 
ils  très  abondants  dans  les  ports  de  mer  de 
toutes  les  parties  du  monde ,  où  des  denrées 
amassées  leur  fournissent  un  appât  succu¬ 
lent. 

Comme  tous  les  Insectes  omnivores ,  un 
grand  nombre  de  Blattiens  sont  répandus  in¬ 
distinctement  dans  presque  toutes  les  parties 
du  monde  ;  transportés  par  les  navires  ,  ils 
se  perpétuent  presque  dans  tous  les  lieux  où 


ils  sont  amenés.  C’est  ainsi  que  beaucoup 
d’espèces  portent  des  noms  de  pays  qui  pa¬ 
raissent  être  en  contradiction  avec  leur  habi¬ 
tat.  La  Blalla  orientalis  est  répandue  dans  l’Eu¬ 
rope  entière  et  dans  presque  toutes  les  parties 
du  monde.  Il  en  est  de  même  de  la  Blalla 
americana,  qui,  commune  dans  tous  les  pays, 
est  plus  abondante  aux  îles  Bourbon  et  Mau¬ 
rice  que  partout  ailleurs.  Les  Blalla  Ma- 
derœ,  indica ,  laponica ,  germanica ,  etc.,  sont 
également  répandues  dans  une  infinité  de  ré¬ 
gions. 

Comme  nous  l’avons  déjà  dit ,  il  existe 
deux  genres  de  Blattiens,  les  Corydia  et  les 
Phoraspis ,  ayant  pour  type  la  B.  picta  ,  qui 
ont  une  forme  plus  convexe  que  toutes  les 
autres  espèces  de  cette  famille,  et  qui  sont  or¬ 
nées  de  vives  couleurs.  Ceux-ci  ont  aussi  des 
moeurs  fort  différentes  ;  on  ne  les  rencontre 
pas  comme  les  précédents  dans  les  lieux  ha¬ 
bités.  Ils  vivent  dans  les  régions  intertropicales 
de  l’Amérique  et  de  l’Asie.  D’après  des  obser¬ 
vations  que  M.  Doumerc  m’a  communiquées, 
on  rencontre  les  Blattiens  du  genre  Phoraspis 
blottis  entre  les  feuilles  qui  forment  les  spa- 
thes  des  Mais,  des  Cannes  à  sucre  et  des  Gra¬ 
minées  qui  croissent  sur  la  lisière  des  forêts 
de  la  Guiane  et  du  Brésil.  Elles  s’y  tiennent 
de  la  même  manière  que  les  grandes  Cassi- 
des,  qu’on  trouve  dans  ce  pays,  immobiles 
sur  les  feuilles  ;  mais  aussitôt  qu’on  agite  les 
tiges  de  ces  Graminées,  elles  se  laissent  choir 
ou  s’envolent  brusquement  pour  aller  se  ré¬ 
fugier  dans  une  autre  gerbe.  Les  quelques 
espèces  qui  composent  les  genres  Corydia  et 
Phoraspis  ne  forment,  au  reste,  qu’une  petite 
exception  aux  autres  Blattiens ,  dont  on  con¬ 
naît  des  centaines  d’espèces. 

Ces  Insectes  ont  des  ennemis  naturels;  on 
prétend  que  les  Oiseaux  des  basses-cours  en 
sont  très  friands.  Depuis  long-temps  on  a  ob¬ 
servé  aux  îles  Bourbon  et  Maurice  une  es¬ 
pèce  de  Sphégiens ,  le  Chlorion  compressum 
de  Fabricius  ,  qui  approvisionne  son  nid  de 
Blattes.  Cet  insecte  s’introduit  dans  les  mai¬ 
sons  ;  et,  dès  qu’il  aperçoit  une  Blatte, 
il  vole  à  sa  rencontre  et  parvient  à  la  piquer 
avec  son  aiguillon  et  à  l’attirer  dans  son  trou. 
La  Blatte  ne  meurt  pas  ,  mais  elle  demeure 
dans  un  état  d’engourdissement  complet  ;  le 
Sphex  pond  ses  œufs  dans  le  même  trou ,  et 
les  larves  qui  en  sortent  bientôt  après,  trou¬ 
vent  à  leur  portée  un  aliment  convenable. 


BLÉ 

D’après  quelques  observations  rapportées 
par  MM.  Kirby,  Spence,  Westwood,  il  paraît 
que  les  Evania  les  attaquent  également ,  et 
que  souvent  de  petites  espèces  de  Chalidiées 
vivent  aux  dépens  de  leurs  œufs. 

Il  serait  à  désirer ,  dans  certaines  circon¬ 
stances,  que  ces  ennemis  naturels  fussent 
plus  répandus  qu’ils  ne  le  sont. 

Nous  avons  représenté  dans  notre  Atlas , 
Insectes-Orthoptères ,  pl.  1 ,  fig.  2 ,  comme 
.type  de  la  famille  des  Blattiens ,  la  Blaita 
Maderœ  Fab.  (Émile  Blanchard.) 

*BLATTINA.  ins.  —  Synonyme  de  Blat¬ 
tiens  ,  employé  par  M.  Burmeister  (  Handb. 
der  Eniom.).  (Bl.) 

BLAU-SPATII.  min.  —  E oyez  klapro- 
thine.  (Del.) 

BLAVELLE,  BLAVÉOLLE  et  BLAVE- 
ROLLE.  bot.  ph.  —  Noms  vulg.  du  Bleuet, 
Centaurea  cyanus.  On  désigne  aussi  sous  ce 
nom,  en  Picardie,  l’Agaric  palomet,  appelé 
encore  Blavet. 

BEA  VET.  bot.  cr.  —  Un  des  noms  vul¬ 
gaires  de  l’Agaric  palomet. 

BLAVETTE.  bot.  ph.  —  Syn.  languedo¬ 
cien  de  l’Agaric  palomet. 

*BL*AXIUM  (I SAocÇ,  mou),  bot.  ph.— Ce  g., 
fondé  par  Cassini,  répond  aujourd’hui  et  sui¬ 
vant  M.  De  Candolle  à  une  section  du  g.  Di- 
morphotheca ,  laquelle  renferme  seulement 
une  espèce  qui  a  pour  caractères  :  Fleurs  du 
disque  stériles  et  mâles,  munies  d’appendices 
au  côté  externe  de  chacun  des  lobes.  La  seule 
espèce  qui  constitue  cette  section  a  pour 
synonyme  le  Calendula  frulicosa  Lin.  (J.  D.) 

BLÉ.  bot.  pii.  —  Eoyez  froment.  ( Trili - 
cum.)  (C.  L.) 

Le  nom  de  Blé  a  été  donné  à  des  plantes 
qui  n’ont  aucun  rapport  avec  les  Triticum  , 
et  dont  quelques  unes  n’appartiennent  même 
pas  à  la  famille  des  Graminées  ;  ainsi  l’on  a 
nommé  : 

Blé  de  Canarie,  l’Alpiste. 

Blé  d’Espagne  ,  B.  d’Inde  ,  B.  turc  ,  le 
Maïs. 

Blé  de  Guinée,  le  Sorgho  à  épi. 

Blé  noir,  B.  rouge,  le  Sarrasin. 

Blé  de  vache,  le  Mélampyre  des  champs, 
qui  croît  souvent  avec  une  telle  abondance 
au  milieu  des  froments,  qu’on  le  regarde 
comme  un  fléau. 

Le  même  nom  a  été  donné  à  la  Saponaire 
et  au  Sarrasin.  (C.  d’O.) 


BLE  603 

*BLECH!\ÉES.  bot.  ph.—  Tribu  de  la  fa¬ 
mille  des  Fougères.  E oy.  ce  mot. 

BLECHNUM  (|3)%vov,  sorte  de  Fou¬ 
gères).  bot.  ph.  —  Ce  g.  de  Fougères  est 
un  de  ceux  de  Linné  qui  a  subi  le  moins 
de  modifications  depuis  celte  époque-;  de 
nombreuses  espèces  cependant  sont  venues 
s’ajouter  aux  Blechnum  occidentale ,  orien¬ 
tale  et  australe  ,  qui  lui  servaient  de  types. 
Ce  g.  comprend  essentiellement  des  Fou¬ 
gères  à  feuilles  allongées,  une  seule  fois  pin- 
natifides  ,  naissant  d’une  tige  ordinairement 
rampante  ou  à  peine  redressée,  quelquefois 
s’élevant  un  peu  au  dessus  du  sol,  et  se  rap¬ 
prochant  ainsi  de  celles  des  Lomaria  sous-ar¬ 
borescents  ;  les  bases  des  pétioles  sont  en 
général  couvertes  d’écailles  noires,  sétacées, 
assez  raides.  Les  pinnules  sont  allongées,  pres¬ 
que  toujours  adhérentes  par  leur  base  au  ra¬ 
chis  et  aiguës  à  leur  extrémité  ;  les  nervures 
sont  simples  ou  bifurquées,  et  réunies  sur  les 
frondes  fertiles  par  des  nervures  transver¬ 
sales,  parallèles  à  la  nervure  moyenne,  for¬ 
mant  ainsi  une  ligne  continue  de  chaque  côté 
de  cette  nervure  entre  elle  et  le  bord  de  la 
feuille.  C’est  le  long  de  ces  deux  nervures, 
sur  leur  côté  interne  ,  que  naissent  les  cap¬ 
sules  qui  forment  ainsi  une  ligne  continue  de 
chaque  côté  de  la  nervure  moyenne  et  sont 
recouvertes  par  un  tégument  également  con¬ 
tinu  ,  naissant  de  la  nervure  et  rabattu  du 
côté  de  la  nervure  moyenne. 

Presl  énumère  36  espèces  qui  ont  les  carac¬ 
tères  et  le  port  que  nous  avons  décrits  ci- 
dessus.  a  ces  espèces,  qui  forment  le  groupe 
réellement  naturel  des  vrais  Blechnum  ,  il 
faut  ajouter  :  1°  le  Blechnum  lanceola  Sav., 
qui  n’en  diffère  que  par  ses  frondes  simples  ; 
2°  le  Blechnum  scandens  Bor. ,  très  différent 
par  ses  tiges  grêles  et  grimpantes  et  par  l’as¬ 
pect  de  ses  frondes  à  panicules  coriaces, 
grandes  et  peu  nombreuses  ;  3°  le  Blechnum 
Fontanesianum  deM.  Gaudichaud,  espèce  pro¬ 
pre  aux  îles  Sandwich,  et  à  laquelle  4e  même 
savant  voyageur  doit  ajouter  quelques  espè¬ 
ces  voisines  provenant  des  mêmes  îles.  Toutes 
ces  espèces  se  distinguent  au  premier  abord 
par  leurs  frondes  grandes  et  bipinnatifides , 
à  pinnules  beaucoup  plus  petites  que  celles 
des  Blechnum  ordinaires ,  mais  ayant  la 
même  structure  essentielle.  Kaulfuss  avait 
formé  de  cette  plante  son  g.  Sadleria.  Ces 
|  plantes  font  des  tiges  sous  -  arborescentes , 


BLE 


BLE 


604 

dressées ,  d’un  mètre  environ  de  hauteur, 
couvertes  de  nombreuses  écailles  scarieuses, 
piliformes,  brunes. 

Enfin  M.  Presl  a  réuni  au  genre  Blechnum 
les  Asplénium  australe  Linn.,  et  radiatum  de 
Kœnig,  dont  Link  a  formé  le  g.  Acropteris,e t 
qui  diffèrent ,  en  effet ,  tellement  des  vrais 
Blechnum  qu’il  paraît  difficile  de  les  ranger 
dans  ce  genre. 

Les  Blechnum  appartiennent  à  des  régions 
très  différentes,  mais  plus  spécialement  à  la 
zone  équatoriale,  et  surtout  aux  régions 
australes.  (Ad.  B.) 

*BLECHROPUS.  ois.  —  Genre  formé  par 
Swainson  (  Class.  of  Birds  )  dans  la  famille 
Muscicapidœ  ,  et  synonyme  du  genre  Ada, 
Less.,  qui  lui  est  antérieur.  (Lafr.) 

BLECHEM  nom,  chez  les  Grecs, 

d’une  plante  aujourd’hui  ineonnue  ).  bot. 
ph.  ■ —  Genre  de  la  famille  des  Acanthacées, 
tribu  des  Dicliptérées ,  formé  par  Patrick 
Brown  (Jam.,  261),  et  comprenant  un  nom¬ 
bre  d’espèces  indigènes  de  l’Amérique  tro¬ 
picale  et  des  îles  Manilles.  On  en  connaît 
dans  les  jardins  3 ,  dont  2  vivaces ,  B.  laxi- 
florum  et  angusii folium;  la  dernière  annuelle, 
B.  Brownei.  (G.  L.) 

BLED  A  ou  BLÈDE.  bot.  ph.  —  Syn. 
vulg.  de  Poirée  dans  nos  dialectes  méridio¬ 
naux.  Vo\J.  BETTE. 

*BLEDRJS.  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
pentamères,  famille  des  Brachélytres,  tribu 
des  Oxytélides,  établi  par  Leach  et  adopté  par 
Erichson  (  Généra  et  species  Staphylinorum  , 
p.  760).  Ce  g.  se  distingue  des  autres  de  la 
même  espèce  par  la  structure  du  labre  et  de 
la  languette,  et  parles  tibias  antérieurs,  épais 
et  très  épineux.  Le  corps  est  légèrement  pu- 
bescent.  Dans  quelques  espèces  la  tête  et  le 
corselet  du  mâle  sont  cornus  ;  dans  d’autres, 
le  sixième  segment  de  l’abdomen  est  échan- 
cré  au  sommet ,  et  eette  échancrure  est  close 
par  une  membrane. 

Erichson  décrit  45  espèces  de  bledius,  dont 
12  d’Amérique ,  1  d’Afrique  ,  2  d’Asie ,  et  les 
autres  d’Europe.  Nous  ne  citerons  qu’une  de 
ces  dernières  :  B.  Taurus  Germ.  (  Oxytelus 
furcalus  Oliv.,  Encyclp.méth.,  VIII,  616,  12). 
Ces  Insectes  vivent  dans  le  sable  ou  l’argile , 
sur  le  bord  des  rivières.  Ils  se  creusent  des 
espèces  de  terriers  qu’ils  habitent  par  paires. 
Les  larves  vivent  de  la  même  manière  que  l’in¬ 
secte  parfait.  Certaines  espèces  préfèrent  les 


bords  de  la  mer,  où  elles  sont  alternativement 
mises  à  sec  et  submergées  par  les  flots.Toutes 
exhalent  de  l’odeur  et  volent  en  nombre  après 
le  coucher  du  soleil.  (D.) 

BLEMES,  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des 
Coléoptères  pentamères,  famille  des  Carabi- 
ques ,  tribu  des  Subulipalpes ,  établi  par 
Ziegler  aux  dépens  du  g.  Trechus  de  Bo- 
nelli.  M.  Dejean  l’avait  d’abord  adopté  ; 
mais,  dans  son  Species  et  son  dernier  Catalo¬ 
gue  de  1836,  il  en  a  réparti  les  espèces  dans, 
les  genres  Trechus  et  Bembidium.  Voy.  ces 
mots.  Parmi  ces  espèces  il  s’en  trouve  une 
dont  les  mœurs  sont  très  curieuses,  et  qui  a 
fait  le  sujet  d’un  Mémoire  très  intéressant, 
lu  à  l’Académie  des  sciences,  parM.  Audouin, 
le  3  juin  1833.  Cette  espèce  est  le  Blemus , 
ou  YAepus  fulvescens  de  Leach.  Ce  petit  cara- 
bique  vit  sur  les  bords  de  l’Océan,  où  il  est 
alternativement  submergé  lorsque  la  marée 
monte,  et  mis  à  sec  lorsqu’elle  descend,  sans 
que,  dans  le  premier  cas,  il  périsse  asphyxié, 
bien  qu’il  ne  paraisse  pas  organisé  pour  vi¬ 
vre  sous  l’eau  ;  mais  il  est  entièrement  cou¬ 
vert  de  poils  ,  y  compris  ses  antennes  et  ses 
pattes,  et  M.  Audouin  a  remarqué  que  lors¬ 
qu’on  le  fait  passer  immédiatement  de  l’air 
dans  un  vase  rempli  d’eau  de  mer ,  on  voit 
ses  poils  se  couvrir  de  petites  bulles  d’air  qui 
bientôt  se  réunissent  pour  former  autour  de 
son  corps  une  espèce  d’atmosphère  qui  ne  l’a¬ 
bandonne  jamais,  malgré  l’agitation  qu’il  se 
donne  en  courant  dans  l’eau ,  au  fond  ou 
contre  les  parois  *du  vase  où  on  l’a  placé. 
M.  Audouin  ne  doute  pas  que  ce  qui  a  lieu 
dans  cette  expérience  ne  se  produise  lorsque 
la  mer  vient  submerger  ces  Insectes.  Toujours 
il  emporte  avec  lui  une  petite  couche  d’air , 
et  quand  il  se  cache  sous  une  pierre ,  il  se 
trouve  momentanément  dans  les  conditions 
d’un  insecte  placé  librement  dans  l’air;  mais, 
comme  cette  petite  couche  d’air  doit  être 
promptement  viciée  ,  comment  s’y  prend-il 
pour  la  renouveler, puisqu’il  n’a  aucun  moyen 
de  remonter  à  la  surface  de  l’eau  ?  M.  Au¬ 
douin  suppose  qu’alors  ce  renouvellement 
s’opère  de  la  même  manière  que  l’a  expliqué 
M.  Dutrochet  à  l’égard  de  la  chenille  du  Po- 
lamogeton  qui  vit  également  submergée  {Vou. 
cette  explication  à  l’art,  hydrocampe  ).  Au 
reste,  le  Blemus  fulvescens  n’est  pas  le  seul  co¬ 
léoptère  non  aquatique  qui  jouisse  de  la  fa¬ 
culté  de  respirer  sous  l’eau  pendant  un  temps 


BLE 


605 


BLE 

plus  ou  moins  long;  suivant  une  notice  de 
M.  W.  Spence,  insérée  dans  les  Transactions 
de  la  Soc.  ent.  de  Londres ,  année  1836,  pag. 
179-181  ,  le  Staphylinus  tricornis  et  les  Po- 
g onus  Burrellei ,  chalceus  et  œruginosus  se¬ 
raient  dans  le  même  cas.  (D.) 

BLENDE  ( Blenden  ,  éblouir  ;  à  cause  du 
vif  éclat  de  la  substance),  min.  —  Syno¬ 
nyme  de  Sulfure  de  Zinc.  Koijez  sulfures. 
Dans  le  Système  minéralogique  de  Mohs ,  le 
mot  Blende  a  été  détourné  de  son  ancienne 
acception  ,  comme  beaucoup  d’autres  noms 
consacrés  par  l’usage,  et  a  été  employé  pour 
désigner  un  ordre  de  substances  métalliques 
dont  la  Blende  ordinaire  fait  partie,  avec 
d’autres  sulfures,  tels  que  ceux  de  Mercure, 
de  Manganèse ,  etc.  (Del.) 

BLENDE  CHARBONNEUSE  ou  KOII- 
LENBLENDE  de  Born.  min.  —  Synonyme 
d’Anthracite.  (Del.) 

BLENDE  DE  MARMATO.  min  .—Voyez 

MARMATITE.  (DEL.) 

BLENNE  (|3Uvva,  morve),  poiss.  — Nom 
spécifique  de  Poissons  remarquables  par  la 
mucosité  qui  suinte  de  leur  peau,  le  plus  sou¬ 
vent  nue  et  sans  écailles ,  tels  que  le  Gade 
Blenne,  etc.  (Val.) 

BLENNIE.  Blennius ,  Lin.  (j 3>sw«,  morve). 
poiss.  —  Genre  de  Poissons  établi  par  Ar- 
tédi,  et  caractérisé  par  nous  comme  ayant 
le  corps  allongé ,  revêtu  d’une  peau  molle  et 
sans  écailles ,  avec  6  rayons  à  la  membrane 
branchiostège,  et  des  ventrales  attachées  sous 
la  gorge  et  composées  de  3  rayons. 

Les  yeux,  et  souvent  les  narines  ou  la  nu¬ 
que,  portent  des  tentacules  ou  des  panaches. 
Les  dents  sont  fortes  et  sur  un  seul  rang  ;  il 
n’y  a  pas  de  vessie  natatoire.  Les  mâles  ont 
auprès  de  l’anus  des  houppes  de  papilles  qui 
ne  se  rencontrent  pas  chez  les  femelles.  La 
chair  des  Blennies  est  tendre  et  blanche.  Us 
vivent  en  petites  troupes  le  long  du  rivage. 
On  prétend  qu’on  peut  les  enivrer  avec  le 
Tithymale  ( jEuphorbia  dendroides).  Ce  sont 
de  petits  Poissons  connus  sous  le  nom  de  Ba¬ 
veuses  sur  nos  côtes  de  Provence,  et  que  la 
mucosité  sécrétée  par  eux  rend  très  propre  à 
recevoir  ce  nom.  Il  n’est  pas  très  certain  que 
ce  soit  le  (ihvvoç  ou  le  0Aivvqç ,  ou  quelque¬ 
fois  aussi  le  des  Grecs ,  quoique  Be- 
lon  et  Salviani  aient  identifié  ces  noms  à  nos 
Poissons.  On  entonnait  plus  de  30  espèces. 

(Val.) 


"BLENNIOIDES.  poiss.— M.  de  Blainville 
a  donné  ce  nom  à  une  famille  de  la  classe 
des  Poissons  ayant  pour  type  le  g.  Blennius. 

*BLENNODERMA  (  Æ>£woç  ,  morveux  ; 
«J/pfjKx,  peau),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille 
des  OEnothéracées ,  tribu  des  Êpilobiées , 
formé  par  Spach  ( Nouv .  Ann.  mus .,  IV,  369), 
et  qui  paraît  devoir  être  réuni  en  synonymie 
au  type  de  cette  famille.  Voy.  oenotiiera. 

(C.  L.) 

*BLENNOIDES.  poiss.—  On  désigne  sous 
ce  nom  une  sous-division  de  la  famille  des 
Gobioïdes  et  qui  se  rapporterait  au  genre 
Blennius ,  tel  qu’Artédi  l’entendait.  Elle  com¬ 
prendrait  les  genres  Blennius,  Pholis,  Sala - 
rias  et  Clinus.  B'oy.  ces  mots.  (Val.) 

*BLENNORIA  (j3).£vv«,  morve),  bot.  cr.— 
M.  Fries  ( Syst .  orù.  veg.,  p.  366  et  Sysl.  myc., 
vol.  III,  p.  472)  a  donné  ce  nom,  en  raison  de 
sa  consistance,  à  un  petit  champignon  qui  a 
été  découvert  par  M.  Mongeot  [Ext.  n.  882) 
sur  les  feuilles  du  Buis  et  sur  les  faces  des¬ 
quelles  ils  forment  de  petits  tubercules  mous 
d’une  couleur  rousse  et  noire  quand  ils  sont 
secs.  Leur  base  est  entourée  par  les  lambeaux 
de  l’épiderme  qui  les  recouvrent  presque  en¬ 
tièrement.  Ce  genre  est  caractérisé  par  des 
spores  simples,  cylindriques,  transparentes, 
qui  recouvrent  un  stroma  gélatineux,  et  qui 
sort  de  dessous  l’épiderme  sous  la  forme 
d’un  petit  disque.  Le  B.  Buxi  est  la  seule  es¬ 
pèce  qu’on  connaisse.  (Lév.) 

BLENNORINA  (  altération  de  jShVva  , 
mucus  ).  bot.  cr.  —  (Lichens).  Acharius  dé¬ 
signait  sous  ce  nom  une  petite  section  de  son 
genre  F enmavia ,  caractérisée  par  un  thalle 
gélatineux.  (C.  M.) 

*BLENNOSPERMUM  (j»Av«,  mucus; 
enz/pgoi,  semence),  bot.  ph.  —  Ce  g.,  auquel 
correspond  1 1 A  palus  de  M.  De  Candolle,  ap¬ 
partient' à  la  famille  des  Composées,  tribu  des 
Sénécionidées,  et  offre  les  caractères  suivants  : 
Capitule  pauciflore  ,  hétérogame  ;  fleurs  du 
rayon  femelles,  1-sériées,  ligulées,  larges,  el¬ 
liptiques,  dépourvues  de  tubes;  celles  du  dis¬ 
que  mâles,  tubuleuses,  &-dentées.  Involucre 
formé  de  ô  folioles  elliptiques,  disposées  sur 
un  seul  rang;  réceptacle  petit,  glabre.  Fruits 
du  rayon  4-angulaires ,  oblongs,  blanchâtres, 
couverts  de  petites  verrues  ;  ceux  du  disque 
appartenant  aux  fleurs  mâles  avortent.  —  Le 
Blennospermum  estune  petite  herbe  annuelle, 
originaire  du  Chili,  laquelle  a  pour  synonyme 


606 


BLE 


BLE 


YUnxia  anihemidifolia  Berter.  et  Coll.,  Mèm. 
acad.  Tarin ,  38,  tab.  3.2.  (J.  D.) 

*BLEPHARACANTHÏJS  (pXeyopi'ç;  cil  des 
paupières  ;  axavQa ,  épine),  bot.  pu.  —  Genre 
de  la  famille  des  Acanlhacées,  tribu  des  Ec- 
matacanthées  ,  formé  par  Nees  (  in  Lindl. 
Introd,  to  Bot.  ed.  II ,  p.  444) ,  renfermant 
quelques  arbrisseaux  du  Cap,  dont  le  port 
est  celui  des  Acanthus  et  le  type  les  A.  ar- 
pensis  et  procumbius  de  Thunberg.  (C.  L.) 

*BLEPHAR  ANTHUS  (|33l«papiÇ,  cil  des  pau¬ 
pières  ;  avôoç ,  fleur),  bot.  pu.  —  Ce  g.,  de  la 
famille  des  Passifloracécs,  tribu  des  Modec- 
cées,  a  été  établi  par  Smith  ( Gramm .  of  Bot., 
188)  et  réuni  par  Wight  et  Arnott ,  comme 
sous-genre,  au  Modecca  de  Linné.  (C.  L.) 

*BLÉPHARE  (j3A/<papov,  paupière),  bot. 
—  M.  Link  désigne  sous  ce  nom  les  cils  qui, 
dans  certaines  Mousses,  bordent  le  péristome. 

*BLEPIIARIDA  (  filtyoïplç ,  cil  ou  poil 
des  paupières  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
tétramères ,  famille  des  Alticides  ,  établi  par 
M.  Chevrolat  avec  la  Chrysomela  meliculosa , 
Olivier  (  C.  stolida  Fab.  ).  M.  Dejean ,  qui  a 
adopté  ce  genre  dans  son  Catalogue,  en  men¬ 
tionne  5  espèces  :  1  des  Indes  orientales,  3  de 
l’Afrique  australe,  et  une  citée  par  nous 
comme  type  ;  cette  dernière  se  trouve  dans 
les  États  du  sud  de  l’Amérique  septentrio¬ 
nale.  (C.) 

*BLEPHARIDIUM  QSXsyaptç,  cil;  eWoç, 
forme;  qui  ressemble  à  un  Blepharis ).  bot. 
pu. — Une  des  sections  indiquées  par  De  Can- 
dolle  (. Prod .,  I,  328)  dans  le  grand  genre  Po- 
1 1/9 nia.  (G.  L.) 

* BLEPII ARÏPAPPUS  (jS^Ecpapiç,  cil  ;  tzc*.tz- 
tto? ,  aigrette  ;  aigrette  ciliée),  bot.  ph.  — 
M.  Hooker  a  fondé  ce  genre  sur  une  plante 
indigène  de  la  côte  N.-O.  de  l’Amérique.  Il 
fait  partie  de  la  famille  des  Composées,  tribu 
des  Sénécionidées,  et  offre  pour  caractères  . 
Capitules  multiflores ,  radiés  ;  ligules  femel¬ 
les  larges,  cunéiformes,  profondément  tri- 
fides,  peu  nombreuses  ;  celles  du  disque  her¬ 
maphrodites  à  5  dents,  couvertes  de  longs 
poils  au  sommet.  Rameaux  des  styles  linéai¬ 
res  ,  longuement  recourbés  ,  glanduleux-pu- 
bescents  ;  ceux  des  fleurs  •  du  rayon  très 
courts  au  contraire.  Involucre  hémisphéri¬ 
que  ;  écailles  1-sériées,  égales,  oblongues  ou 
elliptiques.  Réceptacle  paléacé.  Fruits  en 
forme  de  massue  ,  surmontés  d’une  aigrette 
composée  de  8  paillettes  linéaires-acunnnées, 


fimbriées-ciliées.  —  Les  esp.  du  genre  sont 
des  herbes  annuelles,  à  feuilles  alternes,  en¬ 
tières  ,  offrant  des  capitules  terminaux  soli¬ 
taires,  munis  de  rayons  blancs.  (J.  D.) 

“BLÉPII ARIPTÈRE .  Blephariplera  (jSXe- 
yaptç,  cil;  TrTspov,  aile),  ins.  —  Genre  de  l’or¬ 
dre  des  Diptères ,  division  des  Rrachocères , 
subdivision  des  Dichœtes,  famille  des  Athéri- 
cères,  tribu  des  Muscides,  section  des  Acaly- 
ptères,  sous-tribu  des  Scatomysides.  M.  Mac- 
quart  (Hist.  naiur.  des  Dipt.,  t.  II,  p.  412)  a 
établi  ce  g.  aux  dépens  des  g.  Helomyza , 
Meig.  ;  Helomyza  ,  Latr. ,  et  Leria  ,  Rob. 
Desv.  Il  se  compose  des  espèces  compri¬ 
ses  dans  la  2e  section  des  Hélomyses  de  Fal- 
len  et  de  Meigen,  lesquelles  se  distinguent  de 
celles  de  la  première  section  par  la  forme  de 
leurs  antennes  dont  le  3e  art.  est  rond  et  le 
style  nu.  Elles  ont  le  plus  souvent  le  thorax 
ardoisé  et  l’abdomen  ferrugineux.  La  forme 
orbiculaire  des  antennes  appartient  généra¬ 
lement  aux  dernières  tribus  des  Muscides,  et 
c’est  par  une  exception  très  rare  qu’elle  se 
retrouve  dans  ce  g.  d’ailleurs  très  voisin  des 
Hélomyses.  Ces  Muscides  se  trouvent  assez 
souvent  sur  les  vitres  des  fenêtres.  Elles  vi¬ 
vent  aussi  dans  les  bois  et  se  développent 
dans  les  Champignons.  Ainsi  que  l’indique 
leur  nom  générique,  elles  ont  les  ailes  ciliées. 

Parmi  les  12  espèces  rapportées  à  ce  g.  par 
Fauteur,  nous  n’en  citerons  qu’une  :  la  R.  a 
scie  ,  Blephariplera  serrala  ,  Helomyza  id., 
Fall.,  n.  4,  Meig.,  n.  15,  la  même  que  la  Le¬ 
ria  feneslrarum  Rob.  Desv.,  n.  4,  ou  la  Musca 
id.  Linn.  et  Fab.  (D.) 

*BLEPIIARIPIJS  cil;  ttouç, 

pied  ).  ins.  —  MM.  Lepeletier  de  Saint-Far- 
geau  et  Brull è(Monog.du  genre  Crabro )  ont 
appliqué  ce  nom  à  un  genre  de  la  famille  des 
Crabroniens ,  de  l’ordre  des  Hyménoptères, 
que  la  plupart  des  autres  entomologistes  re¬ 
gardent  comme  une  simple  division  du  genre 
Crabro  ( voyez  ce  mot).  MM.  Lepeletier  de 
Saint-Fargeau  et  Brullé  énumèrent  neuf  es¬ 
pèces  de  Blepharipus  ,  dont  une  de  l’Amé¬ 
rique  du  Nord  et  huit  européennes.  (Bl.) 

*BLEPHARÏS  ((tiscpaplç,  cil),  poiss.  —Genre 
de  Scombéroïdes ,  caractérisé  par  de  très  pe¬ 
tites  épines  pour  première  dorsale,  et  par  le 
prolongement  en  longs  filaments  des  pre¬ 
miers  rayons  de  la  seconde  dorsale  et  de  l’a¬ 
nale;  les  ventrales  sont  allongées. Le  profil  est 
tranchant  et  courbé  en  arc  convexe.  Ce  sont 


BLE 


des  Poissons  voisins  des  Vomers,  et  que 
Bloch  confondait  avec  les  Zeus/  On  en  con¬ 
naît  3  espèces  :  1  de  l’Inde  et  2  des  mers  d’A¬ 
mérique,  vers  les  Antilles.  (Val.) 

*BLEPHARIS  ((SAstpaptç,  cil),  ins. — Genre 
de  la  famille  des  Mantiens,  de  l’ordre  des 
Orthoptères,  établi  par  M.  Serville  ( Rev .  mèt. 
de  l'ordre  des  Orth.  )  sur  une  seule  espèce  , 
la  Maniis  mendica  de  Fabricius,  Olivier,  etc., 
répandue  dans  tout  l’Orient,  la  Sénégambie 
et  les  îles  Canaries.  Les  Blepharis  se  recon¬ 
naissent  à  leur  corselet  assez  court,  muni 
d’une  membrane  foliacée  occupant  les  trois 
quarts  de  sa  longueur ,  et  à  leurs  cuisses  in¬ 
termédiaires  et  postérieures  pourvues  d’une 
seule  membrane  à  leur  extrémité.  (Bl.) 

BLEPHARIS  (  |3>£<pocpiçcil  des  pau¬ 
pières).  bot.  pu.  —  Genre  de  la  famille 
des  Acanthacées,  tribu  des  Ecmatacantliées- 
Acanlhées,  formé  par  Jussieu  (  Gen .  103), 
adopté  ensuite  par  tous  les  botanistes,  et  com¬ 
prenant  des  plantes  vivaces  ou  annuelles 
de  l’Inde  et  du  Cap  ,  rampantes  ou  à  peine 
dressées ,  hispides.  Leurs  feuilles  sont  verli- 
cillées  ,  inégales,  mucronées  -  dentées  ;  les 
fleurs ,  ordinairement  bleues ,  sont  disposées 
en  épis,  imbriquées,  bractéées.  On  en  cultive 
plusieurs  espèces  dans  les  jardins.  (C.  L.) 

*BLEPHARISTEMMA  (  (&e<p*p!ç  ,  cil; 
(jTEp.ua  ,  couronne),  bot.  ph.  —  Genre  indi¬ 
qué  par  Bentham  (  ex  Wallich,  Calai.  ) ,  et 
qui  ne  paraît  pas  encore  avoir  été  décrit. 

(C.  L.) 

*BLEPHAROCHLOA  (  papov ,  pau¬ 
pière;  x^0Y>»  herbe),  bot.  ph.  —  Genre  formé 
par  Endlicher  (  Gen.  PI.  supp.,  1352)  sur  le 
Zizania  cilicila  de  Sprengel.  C’est  une  gra¬ 
minée  croissant  dans  les  lieux  inondés  des 
Indes  orientales  ,  à  chaumes  grêles ,  pubes- 
cents  ,  rampant  au  loin ,  garnis  de  feuilles 
subglaucescentes  ,  linéaires-aigus  ,  scabres. 
Les  épis  floraux  sont  distants,  peu  nombreux, 
subunilatéraux.  (C.  L.) 

*BLEFIIARODERA  (/ft/<p«pov,  paupière  ; 
$ép-n,  cou),  ins. —  M.  Burmeister  [Handb.  der 
Ent.)  applique  ce  nom  à  une  petite  division 
établie  par  lui  dans  le  g.  Perisphœria  de  la 
famille  des  Blattiens.  Il  ne  rapporte  qu’une 
seule  esp.  à  cette  division  :  c’est  la  P.  ciliata 
du  Cap.  C oyez  perisphæria.  (Bl.) 

*BLEPHARODON  (  jSXeqxxpeç,  cil  ;  oSovç  , 
dent  ;  dent  ciliée),  bot.  ph.  —  Section  du 
g.  Aplopappus ,  comprenant  les  espèces  à 


BLE  607 

fruits  turbinés  et  couverts  de  longs  poils 
soyeux.  (j.  d.) 

*BLEPHAROPHYLLlJM  (pkfy ocpov,  pau¬ 
pière  ;  tpvXX ov  ,  feuille  ).  bot.  ph.  —  Genre  de 
la  famille  des  Éricacées,  formé  par  Kiotzsch , 
et  réuni  comme  simple  section  au  g.  Ompha - 
locarya  du  même.  (C.  L.) 

*BLEPHAROSPERMlJM  (0Jt£<papfç,  cil; 
anépp.<x,  semence;  semence  ciliée),  bot.  ph. 
—  Genre  de  la  famille  des  Composées  ,  tribu 
des  Astéroïdées  ,  comprenant  deux  sous-ar¬ 
brisseaux  indigènes  des  Indes  orientales. 
Ils  ont  pour  caractères  :  Capitules  nom¬ 
breux,  réunis  en  glomérules  arrondis;  cha¬ 
cun  renfermant  deux  fleurons  tubuleux  , 
dont  l’un  femelle,  3-denté  ;  l’autre  mâle, 
5-denté.  Réceptacle  très  étroit,  couvert  de 
paillettes  interposées  entre  les  fleurons;  in- 
Yolucre  formé  d’écailles  dont  2  ?  extérieures 
plus  courtes,  ovales;  deux  écailles  intérieu¬ 
res,  égales  aux  fleurons  :  une  plane,  insérée 
sous  la  fleur  femelle,  l’autre  concave,  embras¬ 
sant  la  fleur  mâle.  Fruits  des  fleurs  femelles 
oblongs-comprimés  ,  bordés  de  longs  cils  et 
terminés  par  une  aigrette  formée  de  3-5 
écailles  scarieuses  ;  ceux  des  fleurs  mâles  al¬ 
longés,  glabres  oy.  Delessert,  Icon.  seleci., 
t.  IV).  (J.  D.) 

*BLEPIIAROSTOMA  (jSAfipapov,  paupière; 
CTTop.a  ,  bouche),  bot.  cr.  —  (Hépatiques.  ) 
M.  Dumortier  ( Syll .  Jungerm .,  p.  65)  dési¬ 
gne  sous  ce  nom  collectif  sa  9«  section  du 
Jungermannia ,  laquelle  comprend  les  espè¬ 
ces  dont  le  périanthe  porte  des  cils  tout  au¬ 
tour  de  son  orifice  (ex.  :  J.  seiacea ).  (C.  M.) 

*BLEPHAROZIA  (|3 à/<papov  ,  paupière). 
bot.  cr.  —  (Hépatiques.)  C’est  ainsi  qu’est 
nommée  la  deuxième  section  établie  dans 
le  g.  Jungermannia ,  par  M.  Dumortier  [Syll. 
Jungerm .,  p.  46),  laquelle  comprenait  les 
espèces  dont  les  feuilles  involucrales  (  Pe~ 
rianthium ,  Dumort.  non  Nees)  sont  ciliées 
dans  leur  pourtour.  Celte  section  renfermait 
le  Stilidiurn  ciliare  et  le  Masiigophora  Wood - 
sii  Nees.  (C.  M.) 

*BLEPIIILIA.  bot.  ph. —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Labiacées,  tribu  des  Mérendérées- 
Rosmarinées,  formé  par  Rafinesque,  et  ren¬ 
fermant  un  très  petit  nombre  de  plantes 
ayant  le  port  des  Monardes  et  à  peu  près  l’in¬ 
florescence  des  Ziziphora.  Les  verticillastres 
sont  nombreux  ,  globuleux  ;  les  supérieurs 
un  peu  rapprochés  en  épis.  On  en  cultive 


BLE 


608  BLE 

deux  espèces  dans  les  jardins ,  les  B.  ciliuià 
et  hîrsnia.  (C.  L.) 

BLEPSIAS  (nom  grec  d’un  poisson  in¬ 
connu).  poiss. — Genre  de  la  famille  des  Scor- 
pènes ,  à  3  dorsales ,  à  tête  comprimée  ,  à  5 
rayons  aux  ouies  ;  le  préopercule  est  épineux, 
la  joue  cuirassée ,  le  palais  garni  de  dents, 
autour  du  museau  de  nombreux  lambeaux 
charnus. 

On  en  connaît  deux  espèces  des  mers  du 
Kamtschatka  et  qui  descendent  jusqu’aux 
côtes  du  Japon.  Steller  avait  fait  de  l’une 
d’elles  un  Blennius,  et  Pallas  une  Vive.  (Val.) 

BLÉREAU.  mam.  —  Synonyme  de  Blai¬ 
reau. 

BLÉRIE  ou  BLÉRY.  ois.  —  Voy .  blary. 

BLET.  bot.  pii.  —  Nom  vulg.  de  YAiri» 
plex  tatarica  ,  dans  nos  départements  méri¬ 
dionaux,  où  cette  plante  est  naturalisée. 

BLÈTE.  Bliiurn  (j3),tTov,  plante  qu’on  croit 
être  notre  Blète).  bot.  pu. — Ce  genre  linnéen, 
de  la  famille  des  Chénopodiacées  ou  Atripli- 
cées  ,  tribu  des  Chénopodées  -  Camphoros- 
mées,  comprend  quelques  plantes  annuelles, 
glabres,  un  peu  charnues,  croissant  en  Eu¬ 
rope  et  en  Asie ,  à  feuilles  alternes,  triangu¬ 
laires  ,  sinuées ,  à  fleurs  ébractéées  ,  réunies 
en  capitules  agglomérés ,  colorés  de  rouge  , 
dont  l'aspect  agréable  et  singulier  les  fait 
cultiver  dans  quelques  jardins.  Ce  sont,  entre 
autres,  les  B.  capitatum,  virgatum,  peliolare, 
chenopodioides  et  marilima.  (C.  L.) 

BLETHISA.  ins.  — Genre  de  Coléoptères 
pentamères ,  famille  des  Carabiques ,  tribu 
des  Simplicipèdes ,  établi  par  Bonelli ,  et 
adopté  par  presque  tous  les  entomologistes. 

Ce  g.,  d’après  le  dernier  Catalogue  de  ftï.  De- 
jean,  renferme  3  espèces,  dont  1  de  la  Russie 
méridionale  ( Bl .  Eschscholizii  Zoublc.),  1  de 
Laponie  (B.  arctica  Gyllen.  ) ,  et  1  qui  se 
trouve  à  la  fois  en  Allemagne ,  en  Suède  et 
en  France  [B.  multipunctata  Fabr.  ).  Cette 
dernière  n’est  pas  rare  dans  les  environs  de 
Lille  et  dans  le  Calvados.  On  la  trouve  sur 
les  bords  des  fossés  ,  des  étangs  et  des  mares 
à  moitié  desséchées  ;  elle  se  cache  dans  la  boue 
et  sous  les  roseaux  ,  d’où  on  la  fait  sortir  en 
pressant  fortement  le  terrain  avec  le  pied. 
Elle  est  figurée  dans  Y  Iconographie  des  Co¬ 
léoptères  d  Europe,  par  MM.  Dejean  et  Bois- 
duval,  t.  II,  pl.  84.  (C.  D.) 

BLÉTIE.  Bletia.  bot.  ru.  —  Genre  de  la 
famille  des  Orchidées,  tribu  des  Épidendrées, 


établi  primitivement  par  Ruiz  et  Pavon 
( P  voir .,  t.  *26)  ,  mais  qui  n’a  été  bien  carac¬ 
térisé  que  par  MM.  Rob.  Brown  et  Lindley. 
Voici  ses  caractères  :  Sépales  extérieurs  éta¬ 
lés  et  à  peu  près  égaux  entre  eux  ;  les  deux 
internes  quelquefois  étalés  et  d’autres  fois 
dressés,  presque  toujours  à  peu  près  sembla¬ 
bles  aux  extérieurs.  Labelle  libre,  concave, 
parfois  renflé  à  sa  base  ;  il  offre  trois  lobes , 
et  sa  partie  moyenne  est  garnie  de  lames 
saillantes  ou  de  tubercules  diversement  ar¬ 
rangés. Gynostème  allongé,  semi-cylindrique, 
un  peu  arqué  ;  anthère  terminale ,  operculi- 
forme  et  à  8  loges.  Pollen  composé  de  8 
masses  réunies  par  paires  sur  une  caudicule 
commune  à  chaque  paire.  —  Les  espèces  de 
ce  g.  sont  assez  nombreuses.  Ce  sont  des 
plantes  herbacées  et  terrestres ,  à  racine  tu- 
bériforme  et  renflée,  à  feuilles  allongées,  en- 
siformes  et  plissées  suivant  leur  longueur. 
Les  fleurs,  ordinairement  disposées  en  grappe 
simple  ou  rameuse,  sont  quelquefois  de  cou¬ 
leur  très  vive ,  et  dans  quelques  unes  elles 
sont  fort  belles. 

Une  vingtaine  d’espèces  composent  ce  g.; 
presque  toutes  sont  originaires  du  Pérou  ou 
du  Mexique,  un  petit  nombre  croissent  aux 
îles  australes  d’Afrique.  (A.  R.) 

BLEU  DE  MONTAGNE,  min.  —  Même 
chose  qu’Azurite,  ou  Cuivre  carbonaté  bleu. 

(Del.) 

BLEU  DE  PRUSSE  NATIF,  min.  —  Va¬ 
riété  terreuse  de  phosphate  de  Fer,  qui  a  été 
prise  d’abord  pour  une  combinaison  de  Fer 
et  d’acide  prussique.  Foyez  fer  phosphaté. 

(Del.) 

BLEU  D’OUTREMER,  min.—  Foyez  la¬ 
pis  lazuli.  (Del.) 

BLEU-MANTEAU,  ois.  — Nom  vulg.  du 
Goéland  à  manteau  gris,  Larus  glaucus. 

BLEU  MARTIAL  FOSSILE,  min.  —  An¬ 
cien  nom  du  Fer  phosphaté  naturel.  (Del.) 

BLEU-VERT.  ois.  —  Nom  vulg.  du  Guê¬ 
pier  à  croupion  bleu. 

BLEUET,  ois.  —  Nom  vulg.  du  Martiiir 
Pêcheur  d’Europe  ,  Alcedo  hispida. 

BLEUET,  bot.  ph.  —  Nom  vulg.  du 
Bluet,  Centuurea  Cyanus ,  et  d’une  esp.  d’Ai- 
relle  du  Canada  ,  qu’on  croit  être  le  Facci- 
nitnn  album. 

BLE  Y-FA  IILERZ.  min.—  M.  Hausmann 
a  décrit  sous  ce  nom  un  sulfure  d’Antimoine, 
de  Plomb,  de  Cuivre  et  de  Fer,  de  la  mine 


BLO 


609 


BLO 

d’Andreasberg  au  Harz,  qu’il  a  rapproché  des 
Fahlerz  ou  Cuivres  gris,  d’après  ses  caractè¬ 
res  extérieurs  ,  mais  que  sa  composition  chi¬ 
mique  doit  faire  placer  parmi  les  Bourno- 
nites.  Voyez  ce  dernier  mot.  (Del.) 

BLIGHIA  (nom  propre),  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Sapindacées,  formé  par 
Kœnig  [Ann.  of  bot.,  11,  571,  t.  16,  17),  et 
réuni  comme  synonyme  au  Cupania  de  Plu¬ 
mier.  (C.  L.) 

*BLINKWORTHIA  (nom  propre),  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Convolvula¬ 
cées  ,  formé  par  Choisy  sur  un  arbrisseau 
indien,  encore  peu  connu ,  à  tige  cylindrique, 
dressée,  velue  ;  à  feuilles  serrées ,  alternes, 
linéaires ,  mucronuîées  ,  courtement  pétio- 
lées ,  glabres  en  dessus ,  un  peu  soyeuses  en 
dessous  ;  à  pédoncules  axillaires ,  uniflores. 

(C.  L.) 

*BLISSUS.  ins.— M.  Klug  a  employé  cette 
dénomination  pour  désigner  un  petit  genre 
de  la  famille  des  Lygéens ,  de  l’ordre  des  Hé¬ 
miptères,  établi  sur  une  seule  espèce  d’Abys¬ 
sinie  représentée  dans  les  Symbolœ  physicæ. 

Les  Blissus  se  distinguent  surtout  des  An - 
ihocoris  et  des  Xylocoris  ,  dont  ils  sont  très 
voisins,  par  leurs  jambes  munies  d’épines. 

(Bl.) 

*BLITA]\THUS ,  Reichenb.  bot.  pii.  — 
Synonyme  de  Lecanopus. 

*BLITÉES.  bot.  ph.  —  Nom  d’une  sous- 
division  de  la  famille  des  Chénopodées,  tribu 
des  Chénopodiées,  établie  par  Endlicher  dans 
son  Gen.  Plantarum. 

BLITUM.  bot.  ph.  —  Nom  latin  de  la 
Blète. 

BLIXE.  bot.  pii.  —  Synonyme  de  Blyxa. 

*BLOCIIÏMAi\MA ,  Weig.  (nom  propre). 
bot.  ph.  —  Synonyme  de  Triparis. 

*BLOEDITE,  John  (Blœde,  nom  d’un 
minéral  saxon),  min.  —  Substance  saline 
d’un  rouge  pâle  ,  tendre  ,  compacte  ,  ou  en 
masses  à  fibres  très  serrées ,  qu’on  trouve 
à  Ischel  en  Autriche,  avec  la  Polylsalite  et  la 
Karsténite.  C’est  un  sulfate  double  hydraté 
de  Magnésie  et  de  Soude,  à  placer  entre  l’Ep- 
somite  et  le  Sel  de  Glauber  ou  l’Exanthalose. 
Il  est  composé,  en  poids,  de  sulfate  de  Magné¬ 
sie,  36,66  ;  sulfate  de  Soude,  33,34  ;  Eau,  22  ; 
et  quelques  traces  de  sulfate  de  Manganèse 
et  de  Fer.  (Del.) 

*BLONDÉLIE.  Blondelia  (nom  propre). 
ins.  —  Genre  de  Diptères  fondé  par  M.  Ro- 
t.  11. 


bineau-Desvoidy  dans  son  ouvrage  sur  les 
Myodaires,  et  dédié  à  M.  Blondel,  entomolo¬ 
giste  de  Versailles.  Ce  g.  appartient  à  la  fa¬ 
mille  des  Calyptérées  ,  tribu  des  Enthorno- 
bies,  section  des  Faunides,  et  ne  diffère  des 
Ophélies  que  par  des  caractères  très  peu  im¬ 
portants,  de  l’aveu  de  l’auteur.  On  peut  donc 
s’étonner  qu’il  l’ait  établi.  Quoi  qu’il  en  soit, 
il  y  rapporte  4  espèces ,  toutes  nommées  par 
lui.  Nous  citerons  comme  type  la  B.  nitida. 

(D.) 

BLONDIA.  bot.  pii.  — Ce  genre,  de  Nec- 
ker,  incomplètement  décrit  par  l’auteur,  est 
rapporté  avec  doute  au  Tiarella  de  Linné  , 
dans  la  famille  des  Saxifragacées.  (C.  L.) 

BLONGIOS.  ois.  —  Nom  d’une  espèce  de 
petit  Héron  qu’on  a  généralisé  à  un  groupe 
de  petites  espèces  présentant  les  mêmes  ca¬ 
ractères  et  faisant  une  sous-division  du  g. 
Héron.  V oy.  ce  mot.  (Lafr.) 

*BLOSSEVHXEA  (nom  propre),  bot.  cr. 
—  (Phycées).  Genre  de  l’ordre  des  Fucacées, 
nouvellement  établi  par  M.  Decaisne  [Plant, 
Arab.,  p.  147)  aux  dépens  du  g.  Cysioseira.  Il 
se  compose  de  la  seconde  section  formée  dans 
ce  g.  par  l’auteur  des  Algœ  britannicœ,M.  Gre- 
ville,  laquelle  comprend,  sous  le  nom  de  Re- 
troflexœ,  toutes  les  espèces  dont  les  rameaux 
naissent  de  la  partie  aplatie  des  tiges,  se  re¬ 
courbent  en  bas  à  leur  origine  pour  se  re¬ 
dresser  ensuite.  Le  caractère  le  plus  saillant 
qui  distingue  ce  nouveau  g.,  consacré  à  la 
mémoire  de  l’infortuné  Blosseville,  comman¬ 
dant  de  la  Lilloise ,  consiste  dans  la  disposi¬ 
tion,  sur  deux  rangées  longitudinales,  des  lo¬ 
ges  ou  conceptacles  qui  recèlent  les  spori- 
dies ,  tandis  que  dans  le  reste  des  Cysto- 
seira,  ceux-ci  sont  placés  sans  ordre  dans  les 
réceptacles.  Toutes  les  espèces  de  ce  g.,  au 
nombre  de  20  ou  environ  ,  ont  des  récep¬ 
tacles  filiformes  et  toruleux  ;  il  faut  pour¬ 
tant  en  excepter  le  B.  platylobium ,  chez  le¬ 
quel  ces  organes  sont  aplatis  et  lancéolés. 
M.  Decaisne  propose  d’en  faire  une  section 
du  Blossevillea.  Les  Blossevillées  habitent 
les  côtes  de  la  Nouvelle-Hollande ,  et  en  gé¬ 
néral  de  l’Océanie. 

Au  moment  où  j’écris  ces  lignes ,  je  vois  , 
dans  le  Linnœa  (1841,  Heft .,  I,  p.  3),  que 
M.  J.  Agardh  vient  aussi  de  son  côté  de  sé¬ 
parer  ces  espèces  du  g.  Cysioseira  de  son 
père,  en  proposant  de  les  réunir  sous  le  nom 
générique  de  Cysiophora;  mais  le  nom  de  no- 
39 


BLU 


610  BLU 

tre  compatriote  ayant  la  priorité,  a  droit  à  la 
préférence.  (G.  M.) 

‘BLOS1RIS  ((31oavpoç,  d’un  aspect  terri¬ 
ble).  ijns.—  Genre  de  Coléoptères  tétramères, 
famille  des  Curculionides ,  ordre  des  Gona- 
tocères  ,  division  des  Brachydérides  ,  établi 
par  Schoenherr ,  qui  y  rapporte  6  espèces , 
toutes  des  Indes  orientales.  Il  a  pour  type  le 
Curculio  oniscus  d’Olivier  (Ent.,  v.  83,  p.  356, 
414,  t.  24,  f.  347) ,  qui  se  trouve  à  Calcutta. 

(D.) 

*BLUE-LIAS  ( Lias  bleu),  géol.  —  Nom 
consacré  d’abord  par  les  géologues  anglais 
pour  désigner  les  couches  de  l’étage  inférieur 
des  terrains  jurassiques  qui ,  en  Angleterre  , 
et  particulièrement  sur  les  côtes  du  Dorset- 
shire,  près  de  Lyme  Regis ,  consistent  en  de 
nombreuses  alternances  d’ Argile  et  de  Cal¬ 
caire  marneux  d’un  gris  foncé  bleuâtre.  Le 
mot  Lias  ,  aujourd’hui  généralement  adopté 
par  tous  les  géologues  ,  désigne  l’étage  infé¬ 
rieur  des  terrains  oolithiques ,  quelles  que 
soient  la  nature  et  la  couleur  des  roches  dont 
il  se  compose.  Voyez  lias. 

C’est  dans  le  Blue-Lias  qu’on  a  trouvé 
des  squelettes  entiers  de  grands  Reptiles  dont 
la  race  est  perdue  ( Ichthyosaures ,  Plésiosau¬ 
res.  Voyez  ces  mots).  Avec  ces  Reptiles ,  on 
voit  dans  les  mêmes  lits  argileux  des  frag¬ 
ments  de  végétaux  terrestres  et  de  nombreux 
débris  très  bien  conservés  d’animaux  marins  : 
Ammonites  ,  Bèlemniies  ,  Gryphées  ,  etc.  Le 
mélange  de  ces  corps  organisés,  leur  parfaite 
conservation  ,  annoncent  que  les  sédiments 
qui  les  enveloppent  ont  été  déposés  par  des 
eaux  terrestres  affluant  dans  un  bassin  ma¬ 
rin  ,  et  que  le  dépôt  est  de  Formation  fluvio- 
marine.  Voyez  formation.  (C.  P.) 

BLUET.  ois.—  On  a  donné  ce  nom  à  une 
espèce  de  Tangara  ,  Tanagra  gularis  ,  de 
Cayenne  ,  et  Edwards  l’applique  à  la  Poule 
sultane.  Voyez  tangara  et  taleve. 

BLUET.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire  de  la 
Cenlaurea  cyanus. 

BLUET.  bot.  cr. — Un  des  noms  vulgaires 
de  l’ Agaricus  cyaneus. 

BLUET  DU  CANADA,  bot.  ph.  —  Nom 
yplgaire  d’une  espèce  du  g.  Airelle ,  qu’on 
suppose  être  le  Vaccinium  album. 

BLUET  DU  LEVANT,  bot.  ph.  —  Nom 
Yulgaire  de  la  Cenlaurea  moschala. 

BLUETTE.  ois.  —  Nom  vulgaire  de  la 
Pintade. 


*BLUFFIA  (  nom  propre  ).  bot.  pu.  — » 
Genre  de  la  famille  des  Graminées,  tribu 
des  Panicées  ,  formé  par  Nees  (  Mari .  Fl. 
Bras.,  II ,  269)  sur  une  plante  du  Cap,  dont 
l’inflorescence  est  en  grappes  digitées  ,  à  ra¬ 
chis  étroit,  et  qu’il  dédia  à  Ecklon  ( 
Eckloneana ).  (G.  L.) 

*BLUMEA  (nom  propre),  bot.  ph. — Genre 
dédié  par  M.  De  Candolle  à  Ch.-L.  Blume  , 
botaniste  célèbre  par  ses  publications  sur  la 
Flore  de  Java.  Il  fait  partie  des  Composées  , 
tribu  des  Sénécionées ,  et  offre  les  caractères 
suivants  :  Capitule  multiflore ,  hétérogame  ; 
fleurons  du  rayon  multisériés,  femelles,  très 
ténus ,  tubuleux  ,  tronqués  ou  2-3-dentés  ; 
ceux  du  disque  (5-25)  sont  mâles,  tubuleux, 
régulièrement  5 -dentés.  Réceptacle  plan, 
nu  ou  légèrement  pubescent.  Involucre  com¬ 
posé  de  plusieurs  rangs  d’écailles  linéaires 
ou  ovales  ,  étroitement  imbriquées  ,  mucro- 
nées  ou  mutiques.  Anthères  munies  d’ap¬ 
pendices  basilaires  très  délicats.  Fruit  cylin- 
dracé,  tronqué  et  couronné  d’une  aigrette 
1-sériée ,  et  formée  de  soies  capillaires  et 
presque  lisses. — Ce  genre  est  voisin  des  Co- 
nysa,  tels  que  MM.  Lessing  et  De  Candolle  les 
ont  actuellement  circonscrits  ;  mais  il  en  dif¬ 
fère  par  son  fruit  cylindracé  et  non  com¬ 
primé  ^  par  les  côtés  en  forme  de  disque  aplati. 
Son  port  est  assez  différent  pour  le  faire  re¬ 
connaître  au  premier  coup  d’œil.  Il  com¬ 
prend  environ  100  espèces,  toutes  originaires 
de  l’Inde  ou  de  l’Afrique.  La  plupart  sont 
herbacées,  et  présentent  des  feuilles  alternes, 
plus  ou  moins  profondément  dentées,  et  d’as¬ 
sez  petits  capitules  disposés  en  corymbes , 
renfermant  des  fleurons  blancs,  bleuâtres  ou 
rosés.  (J.  D.) 

*BLUMENBACHIA  (Blumenbach ,  bota¬ 
niste  allemand),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Loasacées ,  formé  par  Schreber,  et 
comprenant  un  petit  nombre  de  plantes  an¬ 
nuelles  ou  à  peine  suffrutescentes,  indigènes 
de  l’Amérique  tropicale  ,  rameuses  ,  grim¬ 
pantes  ,  armées  de  poils  dont  la  piqûre  est 
cuisante  ;  à  feuilles  opposées  ,  lobées ,  exsti- 
pulées  ;  à  fleurs  blanches  ou  rouges  ,  brac- 
téées,  solitaires  ou  axillaires.  On  en  cultive 
deux  espèces  dans  les  jardins  :  ce  sont  les 
B.  insignis  et  mullifida ,  toutes  deux  an¬ 
nuelles.  (C.  L.) 

BLUMENBACHIA  (  Blumenbach  ,  bota¬ 
niste  allemand),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  fa- 


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611 


BOA 

mille  des  Graminées ,  formé  par  Koeler 
(Gram.  29),  et  réuni  comme  section  à  Y  An- 
dropogon  de  Linné.  Voyez  ce  mot.  (G.  L.) 

*BLUM1A  (Blume,  botaniste  hollandais). 
bot.  pu.  —  Genre  de  la  famille  des  Orchida- 
cées ,  indiqtié  par  Meyen  (  Msc.  ) ,  et  qu’on 
croit  être  le  même  que  YHexameria  de  R. 
Brown. 

Ce  nom  a  été  donné  aussi  à  un  genre  de 
la  famille  des  Magnoliacées ,  formé  par  Nees 
(Flora,  1825  ,  p.  152),  et  rapporté  comme 
synonyme  au  Talauma  de  Jussieu. 

Sprengel  emploie  également  le  nom  de 
Blumia  pour  désigner  un  genre  de  la  famille 
des  Ternstrœmiacées,  tribu  des  Sauraujées, 
et  réuni  comme  synonyme  au  Saurauja-  de 
Willdenow.  (G.  L.) 

*BLYSMUS  (jSW.aoç,  jaillissement  d’eau). 
bot.  ph.  — >  Petit  genre  de  la  famille  des  Cy- 
péracées,  formé  par  Panzer  (Rœm.  et  Schult. 
Mant.y  II,  41),  et  réuni  au  Scirpus  de  Linné, 
comme  simple  section  du  sous-genre  Scir¬ 
pus  proprement  dit,  de  Palisot  de  Beauvois. 

(G.  L.) 

*BLYTIA  (nom  propre),  bot.  cr.  —  Genre 
de  la  famille  des  Jongermanniacées ,  section 
des  DiplomHriées,  formé  par  Endlicher  (Gen. 
PL,  472  /  6) ,  et  ayant  pour  types  les  Jun- 
germannia  Lyellii  et  Blylii.  Ce  sont  de  petites 
plantes  terrestres,  uligineuses ,  à  fronde  sim¬ 
ple  ou  bifide.  Les  fleurs  mâles  et  femelles 
(Sporanges)  sont  placées  dorsalement  sur  la 
côte  médiane  des  frondes ,  laquelle  est  dé¬ 
bordée  par  le  limbe.  Les  premières  sont  pla¬ 
cées  tantôt  sur  le  même  individu,  tantôt  sur 
d’autres.  (G.  L.) 

BLYXA.  Saivala ,  Wall.  (/ftvǫ,  je  fais 
couler),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Hydrocharidées ,  formé  par  Dupetit-Thouars 
(  Gen.  Madagasc.,  14),  et  comprenant  quel¬ 
ques  plantes  herbacées,  vivaces,  stolonifères, 
croissant  dans  les  ruisseau!,  à  Madagascar  et 
dans  l’Inde  orientale  ;  à  feuilles  linéaires ,  ra¬ 
dicales,  engainantes  à  la  base;  à  fleurs  dioï- 
ques,  émergées  et  portées  sur  des  scapes  an- 
cipitées  ;  les  mâles  dans  une  spathe  tubu¬ 
leuse,  multiflore  ;  les  femelles  dans  une 
spathe  uniflore.  (G.  L.) 

BOA.  Boa.  rept.  — Le  nom  de  Boa  paraît 
avoir  été  donné  par  les  anciens  à  une  Cou¬ 
leuvre  de  grande  taille  à  laquelle  ils  attri¬ 
buaient  l’habitude  de  se  glisser’au  milieu  des 
frôtipêaux,  afin  d’y  Sucer  le  lait  dés  Vaches  ; 


erreur  qui  s’est  perpétuée  jusqu’à  nos  jours 
parmi  les  habitants  des  campagnes.  Pline  et 
Pistor  font  bien  mention  du  Boa,  mais  d’une 
manière  trop  vague  pour  qu’on  puisse  rap¬ 
porter  ce  nom  à  aucune  espèce.  Cuvier 
pensait  qu’on  désignait  ainsi  la  Couleuvre  à 
4  raies,  Coluber  Elaphis,  qui  est  un  des  plus 
grands  Ophidiens  d’Europe,  ou  bien  le  Ser¬ 
pent  d’Épidaure  (  sans  doute  le  Coluber  Es- 
culapii  de  Shaw).  Quant  au  Boa  gigantesque 
tué  en  Afrique  par  l’armée  de  Régulus,  ce 
paraît  être  un  Pithon  ;  mais  on  doit  regarder 
comme  une  exagération  la  longueur  de  120 
pieds  qui  lui  est  attribuée  par  Pline  (lib.  VIII, 
cap.  xiv). 

Les  zoologistes  anciens  comprenaient,  sous 
la  dénomination  commune  de  Boa ,  tous  les 
Serpents  venimeux  ou  non ,  dont  le  dessous 
du  corps  et  de  la  queue  est  garni  de  bandes 
écailleuses,  transversales,  d’une  seule  pièce, 
et  que  ne  terminent  ni  éperons  ni  sonnettes  ; 
mais  depuis  on  l’a  restreint  aux  espèces  non 
venimeuses,  ayant  sous  la  queue  des  plaques 
simples ,  ce  qui  les  distingue  des  Couleuvres , 
chez  lesquelles  elles  sont  doubles,  et  dont  l’a¬ 
nus  est  muni  de  crochets. 

Les  Boas,  tels  que  les  comprennent  les 
classificateurs  modernes,  ont  pour  caractères  : 
Corps  comprimé  et  fusiforme  ;  queue  longue 
et  prenante;  tête  petite,  relativement  à  la 
longueur  du  corps,  de  forme  pyramidale,  ren¬ 
flée  en  arrière,  rétrécie  en  avant,  et  terminée 
par  un  museau  court  et  obtus;  cou  minée 
et  grêle.  Bouche  légèrement  fendue  ;  le 
maxillaire  inférieur ,  suspendu  par  un  os 
intra-articulaire  (l’analogue  de  l’os  carré  des 
oiseaux)  à  un  os  mastoïde  libre ,  permettant 
une  énorme  dilatation  de  l’orifice  bucca  ; 
langue  fourchue  et  très  extensible  ;  environ 
120  dents,  dont  19  ou  20  à  chaque  rangée 
palatine  ,  et  16  à  20  à  chaque  rangée  maxil¬ 
laire;  l’iris  vertical  et  rhornboïdal;  le  petit 
poumon  à  peu  près  de  moitié  plus  court  que 
l’autre;  des  membres  postérieurs  rudimen¬ 
taires  dont  les  vestiges ,  cachés  sous  la  peau, 
ne  laissent  sortir  extérieurement  que  deux 
crochets  de  2  à  3  lignes  de  longueur,  qu’on 
croit  destinés  à  retenir  la  femelle  dans  l’ac¬ 
couplement. 

Les  écailles  qui  couvrent  leur  corps  sont 
petites,  rhomboïdales,  imbriquées,  lisses,  ou 
quelquefois  carénées  ;  les  plaques  ventrales, 
assë!  étroites,  sé  rétrécissent  à  rftesure  qu’on 


61*2 


BOA 


BOA 


approche  de  la  queue.  Le  museau  est  cou¬ 
vert  d’écailles  plus  longues  que  celles  qui 
couvrent  le  reste  du  corps  ou  quelquefois  de 
grandeur  égale.  C’est  même  sur  ce  dernier 
caractère  que  repose  la  division  des  Boas  en 
5  groupes  distincts. 

Le  premier  comprend  ceux  dont  la  tête  est 
couverte  d’écailles  semblables  à  celles  du 
corps,  et  dont  les  plaques  labiales  sont  plus 
petites  :  c’est  le  Boa  constricteur,  Boa  con- 
strictor,  B.  devin,  royal  ou  empereur  (voir  l’At¬ 
las  de  ce  Dictionnaire  ;  Reptiles,  pl.  9,  fig.  2), 
long  de  20  à  25  pieds,  et  de  6  pouces  de  diamè¬ 
tre  dans  sa  partie  la  plus  renflée.  Il  habite  les 
parties  humides  des  forêts  de  l’Amérique  du 
Sud,  et  notamment  de  la  Guiane.  Son  corps, 
d’un  brun  clair  en  dessus,  est  agréablement 
varié  de  grandes  taches  noirâtres ,  irréguliè¬ 
rement  hexagones ,  et  de  taches  pâles ,  ova¬ 
les  ,  échancrées  aux  deux  bouts.  Le  ventre 
est  d’un  blanc  jaunâtre  ou  rougeâtre,  et 
parsemé  de  points  noirs  irrégulièrement  dis¬ 
séminés.  Les  écailles  sont  petites  et  rhom- 
boïdales.  On  lui  compte  environ  240  plaques 
ventrales  et  50  caudales. 

Les  Eunectes  ou  bons  nageurs ,  qui  ont 
sur  la  tête  des  plaques  plus  larges  que  celles 
du  corps,  et  des  plaques  labiales  planes ,  for¬ 
ment  le  second  groupe ,  qui  se  compose  de 
deux  espèces  :  le  Boa  anacondo,  B.  scytale , 
B.  murinia ,  aqualica  ou  rativora  ,  long  de  25 
à  30  pieds ,  brun ,  avec  une  suite  de  taches 
rondes  et  noires  sur  le  dos,  et  des  taches  ocel¬ 
lées  sur  les  flancs  :  il  a  246  plaques  ventrales 
et  60  caudales  ;  le  Boa  a  bandes  latérales, 
B.  laierisiriga ,  naturel  à  l’archipel  Indien. 

Les  Boas  du  3fe  groupe  ont  les  plaques  la¬ 
biales  creusées  en  fossettes  aux  côtés  des  m⬠
choires  ;  ce  sont  les  Épicrates,  qui  compren¬ 
nent  le  Boa  a  anneaux  ,  B.  cenchrys ,  annu- 
lifer  ou  porte-anneau  de  Daudin,  B.  aboma. 
Il  est  à  peu  près  de  la  même  taille  que  les 
précédents,  a  le  corps  fauve,  varié  de  grands 
anneaux  bruns  sur  le  dos  ,  et  porte  sur  les 
flancs  des  taches  à  ocelles.  Il  a  environ  244 
plaques  caudales  et  63  ventrales.  Il  habite 
spécialement  l’Amérique  du  Sud. 

La  forme  longue  et  comprimée  des  Boas  du 
4e  groupe,  qui  se  distinguent  par  une  fossette 
longitudinale  au-dessous  de  l’œil,  leur  a  valu 
le  nom  de  Æphosomes.  Cette  sous-division 
se  compose  du  Boa  brodé  ,  B.  hortulana  ,  B. 
glegans,  à  queue  longue  et  grêle,  dont  le  corps 


fauve  porte  sur  le  dos  une  ligne  brune  en 
zigzag,  avec  des  ocelles  de  même  couleur  sur 
les  flancs  ;  du  Boa  Bojobi,  B.  canina,  B.  hy- 
perale  de  Linné,  dont  la  queue  est  plus 
courte,  et  du  B.  de  Merrem.  Ces  trois  espèces 
appartiennent  à  l’Amérique  du  Sud. 

Le  dernier  groupe,  formé  de  ceux  dont  les 
plaques  latérales  sont  proéminentes ,  et  les 
écailles  petites  et  carénées ,  a  reçu  le  nom 
d’Enygrus.  Il  se  compose  de  trois  espèces , 
toutes  des  Indes;  ce  sont  :  le  B.  caréné  ,  B. 
carinata ,  B.  regia;  le  B.  ocellé,  B.  oceltala, 
d’une  taille  moindre  que  les  Boas  d’Améri¬ 
que,  et  le  B.  vipérin,  B.  viperina,  B.  conica , 
qui  se  rapproche  par  sa  coloration  de  notre 
Vipère  d’Europe. 

Les  Boas  habitent  dans  le  creux  des  arbres 
excavés  par  le  temps ,  sous  leurs  racines ,  où 
ils  se  creusent  une  sorte  de  terrier,  ou  dans 
les  trous  de  rochers  ;  mais  ce  n’est  pour  eux 
qu’une  demeure  passagère,  dans  laquelle  ils 
se  retirent  au  moment  de  la  ponte  ou  pen¬ 
dant  la  durée  de  l’engourdissement  hiémal 
ou  estival.  A  ces  dernières  époques ,  les  pas¬ 
sions  éteintes  par  une  impérieuse  nécessité 
organique,  réunissent  dans  le  même  trou,  et 
enlacés  les  uns  aux  autres,  non  seulement 
des  Serpents  du  même  genre ,  mais  encore 
des  espèces  différentes  et  quelquefois  veni¬ 
meuses.  Mais  au  Brésil,  où  la  température  de 
l’été  est  modérée  par  les  abris  épais  que  leur 
offrent  les  forêts  vierges,  ces  Ophidiens  échap¬ 
pent  à  l’engourdissement  de  l’été. 

Les  localités  habitées  par  les  Boas  sont  très 
variées.  Les  uns ,  comme  le  Boa  constricteur 
et  ceux  de  la  sous-division  des  Épicrates ,  se 
tiennent  dans  les  contrées  fraîches  et  hu¬ 
mides  :  c’est  là  qu’on  les  trouve  enlacés  aux 
pieds  des  arbres ,  cachés  sous  des  amas  de 
feuilles  ou  sous  des  troncs  pourris ,  en  atten¬ 
dant  que  la  faim  se  fasse  sentir  pour  que  , 
renonçant  à  leur  immobilité,  ils  se  mettent 
en  quête  d’une  proie.  D’autres ,  tels  que  l’À- 
nacondo,  le  B.  à  bandes  latérales  et  tous  les 
Eunectes ,  et  sans  doute  aussi  les  Xiphoso- 
mes ,  vivent  au  bord  des  fleuves  et  des  ruis¬ 
seaux.  Ils  s’enfoncent  dans  l’eau  ou  la  vase, 
pour  y  guetter  les  animaux  qui  viennent  se 
désaltérer,  ou  bien ,  suspendus  aux  rameaux 
des  arbres  inclinés  sur  lesondes,  ils  projettent 
leur  corps  comme  un  lazo  vigoureux  autour 
de  leur  victime.  L’animal ,  enlacé  dans  les 
longs  replis  du  serpent,  fait  de  vains  efforts 


BOA 


BOB 


613 


pour  se  dégager  ;  les  anneaux  qui  l’étreignent 
se  resserrent  de  plus  en  plus,  ses  os  sont  bri¬ 
sés  en  un  clin  d’œil ,  et  il  est  réduit  en  une 
masse  informe  que  le  Boa  engloutit  dans  son 
énorme  gueule.  Chez  les  Ophidiens,  qui 
sont  privé?  d’appareil  masticateur,  la  dé¬ 
glutition  est  longue ,  et  la  digestion  ne  l’est 
pas  moins  :  aussi ,  pendant  toute  cette  opéra¬ 
tion,  peut-on  sans  danger  s’approcher  de  ces 
Reptiles,  réduits  à  un  état  d’insensibilité 
complète ,  mais  répandant  alors  une  odeur 
insupportable. 

Les  Boas ,  quoique  non  venimeux ,  n’en 
sont  pas  moins  des  animaux  redoutables  ; 
mais  on  peut  regarder  comme  des  faits  con- 
trouvés  ce  que  les  voyageurs  ont  rapporté  sur 
leur  étonnante  voracité ,  qui  leur  permettrait 
d’engloutir  des  Mammifères  tels  que  des  Cerfs 
et  des  Bœufs.  Ces  Reptiles  ne  s’attaquent  qu’à 
de  petits  animaux,  tels  que  des  Agoutis,  des 
Pacas ,  et  quelquefois  même  à  des  Chèvres  : 
aussi  leur  voisinage  est-il  peu  redouté,  et  ne 
les  chasse-t-on  que  par  désœuvrement. 

Le  mode  de  reproduction  des  Boas  ne  dif¬ 
fère  en  rien  de  celui  des  Couleuvres  ;  ils  pon¬ 
dent  dans  le  sable  des  œufs  à  enveloppe  mem¬ 
braneuse  ,  de  forme  ellipsoïde ,  et  de  la 
grosseur  d’un  œuf  d’oie  ,  qu’ils  laissent  à  la 
chaleur  le  soin  de  faire  éclore,  et  les  pe¬ 
tits  qui  en  sortent  ont  10  à  14  pouces.  Leur 
accroissement  est  assez  rapide;  mais  on  n’en 
connaît  pas  les  limites  ,  non  plus  que  la  du¬ 
rée  de  leur  vie.  Ces  animaux  ,  auxquels  les 
récits  de  quelques  voyageurs  attribuent  une 
taille  gigantesque,  sont  sans  doute  aujour¬ 
d’hui  dans  des  conditions  de  développement 
moins  favorables,  car  on  n’en  trouve  guère 
au-dessus  de  25  pieds.  Ce  sont  les  seuls  Ophi¬ 
diens  auxquels  on  donne  la  voix.  On  prétend 
qu’ils  poussent  en  certaines  circonstances  un 
cri  semblable  à  celui  du  Jars,  ou ,  suivant 
d’autres ,  une  sorte  de  grognement. 

La  chair  des  Boas  est ,  dit-on ,  comestible , 
et  d’un  goût  semblable  à  celle  du  poisson  : 
aussi  les  indigènes  s’en  servent-ils  comme 
d’aliments.  Leur  graisse  ,  assez  abondante, 
passe  pour  un  excellent  remède  contre  les 
meurtrissures.  Leur  peau,  dont  on  fait  des 
selles  et  des  chaussures,  après  l’avoir  tannée, 
est,  à  ce  qu’on  assure,  un  remède  souve¬ 
rain  dans  un  grand  nombre  d’affections  ab¬ 
dominales  ,  lorsqu'elle  est  appliquée  sur  le 
ventre  aussitôt  après  avoir  été  détachée  ;  ce 


qui  est  fort  difficile ,  à  cause  de  la  contracti¬ 
lité  que  la  fibre  musculaire  de  ces  animaux 
conserve  après  leur  mort.  (C.  d’O.) 

BOABAB.  bot.  pu.  —  Synonyme  de  Bao¬ 
bab.  Voijez  ADANSONIA. 

BOADSCHIA.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Bohadschia . 

BOARINA  ou  BOARULA.  ois.—  Un  des 
noms  de  la  Bergeronnette  à  longue  queue , 
Moiacilla  boarula,  et  de  laFarlouse,  Alauda 
pralensis . 

BOARULA.  ois.  —  Voyez  boarina. 

*BOARMIE.  Boarmia  (surnom  de  Pallas). 
ins.  —  Genre  de  Lépidoptères  de  la  famille 
des  Nocturnes  ,  tribu  des  Phalénites ,  établi 
par  Treitschke,  et  que  nous  avons  adopté  dans 
notre  Hist.  nat.  des  Lépidopt.  de  France  , 
t.  VII,  2e  part.,  p.  327. 

Les  Boarmies  sont  loin  de  se  faire  remar¬ 
quer  par  l’éclat  de  leurs  couleurs  ;  elles  sont 
pour  la  plupart  d’un  gris  plus  ou  moins  né¬ 
buleux  ,  avec  des  lignes  en  zigzags  plus  fon¬ 
cées  ,  qui  traversent  leurs  quatre  ailes.  Elles 
sont  en  général  d’assez  grande  taille  ,  et  se 
trouvent  presque  toutes  dans  les  bois,  où  elles 
se  tiennent  appliquées ,  les  ailes  étendues  , 
contre  le  tronc  des  arbres  pendant  le  jour. 

Leurs  Chenilles,  de  la  classe  des  Arpenteu- 
ses ,  sont  sveltes ,  cylindriques,  un  peu  ren¬ 
flées  aux  deux  extrémités ,  avec  des  nodosités 
qui ,  jointes  à  leur  couleur,  les  font  ressem¬ 
bler,  dans  l’état  de  repos  ,  à  de  petites  bran¬ 
ches  d’arbre  ou  à  des  pédoncules  de  fruits. — 
Ce  g.  est  assez  nombreux  en  espèces.  M.  Bois- 
duval  en  désigne  31  d’Europe  dans  son  Gé¬ 
néra  et  Index  methodicus;  encore  en  a-t-il 
retranché  plusieurs  pour  les  placer  dans  d’au¬ 
tres  g.  Nous  en  avons  décrit  et  figuré  25  dans 
notre  ouvrage  précité,  parmi  lesquelles  nous 
citerons  comme  type  la  Boarmie  du  Chêne  , 
Boarmia  roboraria  (pi.  157,  fig.  2  et  3).  Cette 
espèce  paraît  en  juillet,  et  n’est  pas  rare  aux 
environs  de  Paris.  (D.) 

BOATSCHIA.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Bohatschia. 

*BOBÆA  (Boubée,  géologue  français). 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Gueltar- 
dacées,  formé  par  A.  Richard  (  Mèm .  Soc. 
h.  n.  Paris ,  V,  215),  et  syn.  du  Timonius  de 
Rumph.  (C.  L.) 

BOBARTIA  (James  Bobart,  botaniste  an¬ 
glais  du  xvne  siècle),  bot.  pii. —  Genre  établi 
par  Linné  (Flor.  zeyl.,  41) ,  appartenant  à  la 


614 


BOC 


BOD 


famille  des  Iridacées ,  adopté  par  quelques 
auteurs  et  rejeté  par  d’autres.  Endlicher 
( Gen .  PI .,  1232)  le  réunit  avec  doute  à  XA- 
ristea  de  Solander.  On  trouve  toutefois,  dans 
les  catalogues  anglais,  trois  plantes  cultivées 
sous  ce  nom  générique  ;  ce  sont  les  B.  gla- 
diala  (  M or  ceci  ou  Marica  id.  )  K.  ;  spathacea 
L.  ;  auranliaca  Zucc.  P  oyez  morræa.  —  Ce 
nom  a  été  donné  aussi  par  Petiver  ( Herb 
473)  à  un  genre  de  la  famille  des  Synanthé- 
rées,  synonyme  de  XEchinocea  de  Mœnch. 

(C.  L.) 

BOBEA,  Gaudich.  ( ad  Freyc.,  t.  93).  bot. 
ph.  —  Même  chose  que  bobæa.  (C.  L.) 

BOBÏ ,  Adans.  moll.  —  Synonyme  de 
Marginelle. 

BOBU.  bot.  ph. — Voyez  bobua.  (C.  L.) 

*  BOBEA  (nom  vernaculaire?),  bot.  ph. — 
Genre  indiqué  d’abord  par  Adanson ,  sous  le 
nom  de  Bobu  ( Fam .  Pl. ,  II,  p.  Il)  ,  et  par 
Petiver  sous  celui  de  Bomba ,  adopté  encore 
par  De  Candolle  ( Prod .,  III,  23),  qui  le  place, 
mais  avec  doute,  dans  la  famille  des  Combré- 
tacées.  Il  se  compose  d’un  petit  nombre  d’ar¬ 
bres  de  l’Inde,  à  feuilles  obovales,  oblongues, 
aiguës,  glabres,  non  ponctuées,  souvent  den¬ 
tées;  les  fleurs  sont  distantes  et  disposées 
en  sortes  d’épis  ;  les  pédicelles  très  courts , 
2-  ou  3-bractéolés  sous  le  calice.  L’espèce  la 
plus  connue  est  le  B.  laurina  DC.  (  Mijrius 
serrant  Kœn.  ;  Myrtus  laurina  de  Retz) ,  ar¬ 
bre  de  Elle  de  Ceylan.  (C.  L.) 

*BOCAGEA  (  nom  propre  ).  bot.  ph.  • — 
Genre  de  la  famille  des  Anonacées ,  type  de 
la  tribu  des  Bocagées ,  formé  par  A.  Saint- 
Hilaire  [Fl.  bras.,  I,  41,  t.  9),  et  renfermant 
quelques  arbres  ou  arbrisseaux  du  Brésil ,  à 
feuilles  alternes,  ovales,  lancéolées,  très  en¬ 
tières  ,  glabres  des  deux  côtés  ou  velues  en 
dessous ,  portées  sur  un  pétiole  court ,  arti¬ 
culé  à  la  base.  Les  fleurs  sont  petites  et  soli¬ 
taires  sur  des  pédoncules  extra-axillaires,  ar¬ 
ticulés  comme  les  pétioles.  (C.  L.) 

*BOCAGÉES.  bot.  ph.  —  M.  Endlicher 
partage  la  famille  des  Anonacées  en  trois  tri¬ 
bus,  dont  la  première,  qu’il  appelle  Bocagées 
et  qu’il  compose  des  genres  Bocagea ,  Popo- 
wia  (genre  nouveau,  détaché  du  précédent), 
Orophea  et  Miliusia ,  se  distingue  des  deux 
autres,  les  Xylopiées  et  les  Anonées,  par  ses 
étamines  définies  et  ses  ovules  en  petit  nom¬ 
bre,  insérés  le  long  de  la  suture  interne.  Dans 
les  Anonées,  ces  ovules,  solitaires  ou  géminés 


et  collatéraux,  se  dressent  de  la  base ,  et  le 
étamines  sont  indéfinies.  (Ad.  J.) 

BQCCONIA  (  Paul  Bocconi ,  botaniste  si¬ 
cilien).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Papavéracées ,  type  de  la  tribu  des  Boccô- 
niées,  établi  par  Plumier  (Gen.,  35,  t.  25),  et 
adopté  par  tous  les  botanistes  qui  l’ont  suivi. 
Il  ne  renferme  que  deux  espèces  suHTUtes- 
centes,  remplies  d’un  suc  jaune  dont  on  ne 
paraît  pas  avoir  encore  étudié  la  nature.  Les 
feuilles  en  sont  oblongues,  rétrécies  à  la  base  ; 
les  fleurs  terminales  très  nombreuses ,  dispo¬ 
sées  en  panicules  dont  les  divisions  sontuni- 
bracléées. Toutes  deux  sont  cultivées  dans  les 
jardins  ;  ce  sont  le  B.  fruiescens  L.,  du  Pé¬ 
rou,  qui  a  fourni  deux  variétés ,  et  le  B.  iii- 
legri folia  H.  B.  et  K.,  du  Pérou,  dont  on  pos¬ 
sède  également  deux  variétés.  La  3é  espèce, 
le  B.  cor  data,  à  tiges  herbacées,  de  la  Chine, 
a  été  séparée  de  ce  genre  par  R.  Brown,  pour 
en  constituer  un  nouveau  sous  le  nom  de 
Macleaya.  Voyez  ce  mot.  (C.  L.) 

*BOCCOMÉES.  bot.  ph.  —  Tribu  de  la 
famille  des  Papavéracées.  Voyez  ce  mot. 

(Ad.  J.) 

BOCHIB.  reft.  —  Espèce  de  Serpent  d’ɬ 
gypte  du  g.  Couleuvre. 

BOCKIA,  Scop.  et  Neck.  bot.  ph.  — Sy¬ 
nonyme  de  Moariria. 

BOCELA-CERVIXA.  mam.  —  Synonyme 
d’Antilope  Bubale. 

*BOCYDIEM.  ins.  — Genre  de  la  famille 
des  Membraciens,  de  l’ordre  des  Hémiptères, 
section  des  Homoptères  ,  établi  par  Latreille 
aux  dépens  du  genre  Centroius  des  anciens 
auteurs,  et  adopté  depuis  par  tous  les  ento¬ 
mologistes.  Les  Bocydium  sont  de  jolis  petits 
Insectes  qui  se  font  remarquer  principale¬ 
ment  par  un  prothorax  sans  prolongement 
postérieur,  ayant  seulement  près  du  bord  an¬ 
térieur  un  petit  tube  supportant  à  son  ex¬ 
trémité  plusieurs  vésicules  arrondies,  et  en 
arrière  une  longue  épine. 

On  ne  connaît  encore  de  ce  singulier  genre 
que  quelques  espèces  du  Brésil  ;  le  type  est 
le  Bocydium  globulare  (  Centrotus  globularis 
Fab.).  (Bl.) 

BO0IAN.  poiss.  —  Dénomination  que 
Bloch  avait  introduite  en  ichthyologie ,  en  la¬ 
tinisant  le  nom  vulgaire  d’une  espèce  de  Ser¬ 
ran  sur  les  côtes  du  Brésil ,  et  qui  se  trouve 
dans  Marcgrave.  M.  de  Lacépède  avait  adopté 
ce  genre  dé  Bloch.  Nous  avons  montré,  dans 


BOE 


615 


BÔE 

notre  Ichthyologie ,  que  celte  coupe  rentre 
dans  le  genre  des  Serrans ,  et  doit  être  par 
conséquent  supprimée.  Voy.  serran.  (Val.) 

*BODO.  Bodo.  infus.  —  Genre  établi  par 
M.  Ehrenberg,  dans  sa  famille  des  Monadina , 
et  caractérisé  par  la  présence  d’une  queue  , 
ce  qui  seul  le  distingue  des  autres  genres  de 
la  même  famille,  qui  sont  également  suppo¬ 
sés  pourvus  de  nombreux  estomacs  appen- 
dus  autour  d’une  ouverture  buccale ,  sans 
intestin.  Les  espèces  de  ce  genre  sont  regar¬ 
dées  par  M.  Dujardin  comme  des  Cercomo- 
nas  ou  Amphimonas  mal  observées.  Quant  au 
Bodo  grandis  ,  il  paraît  être  le  même  que 
YHéléromite  ovale.  V oy.  ce  mot.  (Duj.) 

BODTY.  ept.  —  Synonyme  d’Amphis- 
bène.  1 

BQEBERA.  (Bœber,  botaniste  russe),  bot. 
ph.  —  Synonyme  du  g.  Dyssodia ,  de  la  fa¬ 
mille  des  Composées.  (J.  D.) 

*BQEBEBA.  bot.  ph.  —  2e  section  du 
g.  Dyssodia  ,  tel  que  l'a  compris  M.  De 
Candolle  ;  elle  renferme  les  espèces  dont 
les  involucres  sont  munis  de  bractées  oblon- 
gues  ,  linéaires  et  indivises  ,  et  le  réceptacle 
nu  ou  couvert  de  très  courts  fimbrilles. 

(J.  D.) 

*BOEBERIOIDES  (qui  a  l’aspect  d’un 
Bœbera).  bot.  ph.  —  3e  section  du  g.  Dysso¬ 
dia ,  renfermant  les  espèces  munies  d’un  in- 
vohicre  composé  d’écailles  ovales,  aiguës  et 
légèrement  dentées,  et  de  feuilles  entières. 

(J.  D.) 

BOEBOTRYS.  bot.  ph.  —  Même  chose 
que  Beoboirys. 

BŒHMERIA  (Bœhmer,  botaniste  alle¬ 
mand  du  xvme  siècle),  bot.  pii. — Genre  formé 
par  Jacquin  (. Amer .,  t.  157),  et  réuni  ensuite 
par  Linné  à  son  genre  Caiurus ,  lequel,  au 
contraire,  paraît  devoir  appartenir  à  la  fa¬ 
mille  desEuphorbiacées.  Depuis,  MM.  de  Jus¬ 
sieu,  Kunth  et  Gaudichaud  rétablirent  ce 
genre ,  qu’ils  placèrent  dans  la  famille  des 
Urticacées.  On  lui  réunit  en  synonymie  le 
Procris  de  Commerson  ,  et  le  JYeraudia  de 
Gaudichaud.  Il  renferme  un  grand  nombre 
d'espèces,  qui  croissent  dans  toutes  les  par¬ 
ties  intertropicales  du  globe,  à  des  hauteurs 
assez  considérables.  Ce  sont  des  sous-arbris¬ 
seaux  ou  des  arbustes  dioiques  ou  monoï¬ 
ques,  remplis  d’un  suc  aqueux  ou  lactescent, 
à  feuilles  alternes  ou  opposées ,  dentées ,  ve¬ 
lues;  les  fleurs  mâles  sont  disposées  en  épis 


lâches  ou  agglomérés  ;  les  femelles  sont  axil¬ 
laires,  fasciculées  ou  rassemblées  sur  un 
réceptacle  charnu,  naissant  de  l’aisselle  d’une 
feuille.  On  en  connaît  dans  les  jardins  16  es¬ 
pèces  ,  dont  la  plupart  sont  de  serre  tempé¬ 
rée  ,  quelques  unes  de  plein  air,  et  2  ou  3  de 
serre  chaude.  (C.  L.) 

BOEIIMERLE.  ois.  —  Voyez  béemerle. 

BOEMYCE.  bot.  cr.  —  Synonyme  de 
Béomyce. 

*B0ENNÏNGHAUSE1VIA  (nom  propre). 
bot.  ph.  —  Une  espèce  de  Rues  à  fleurs 
blanches  ,  originaire  du  Népaul ,  a  été  con¬ 
sidérée  par  Reichenbach  comme  un  genre 
distinct,  qu’il  a  dédié  à  un  botaniste  de  ses 
compatriotes,  et  dont  les  caractères  sont  les 
suivants  :  Calice  court ,  4  -  parti ,  long¬ 
temps  persistant.  4  pétales  plus  longs,  pres¬ 
que  dressés  et  sessiles,  insérés  sur  un  dis¬ 
que  corollaire  qui  entoure  la  base  du  gy- 
nophore.  Étamines  en  nombre  double  ou 
réduit  à  6,  insérées  avec  les  pétales ,  un  peu 
saillantes,  inégales,  àfiletssubulés.  Ovaires  4, 
élevés  sur  un  long  support,  rapprochés  par 
leur  base  en  un  seul ,  chacun  contenant  6-8 
ovules  amphytropes,  attachés  à  un  placenta 
qui  fait  saillie  vers  la  base  de  l’angle  interne, 
et  muni  d’un  style  qui  naît  en  dedans  ,  au- 
dessous  du  sommet,  se  soude  avec  les  trois 
autres  en  un  seul,  pour  se  séparer  plus  tard, 
et  se  termine  par  un  stigmate  égal,  qui,  réuni 
aux  3  autres ,  en  forme  un  4-lobé  par  deux 
sillons  en  croix.  Capsules  4,  confondues  à  leur 
base,  supérieurement  libres,  et  s’ouvrant  en 
dedans.Graines  uniformes,  striées,  ponctuées, 
présentant, dans  un  périsperme charnu  ,  un 
embryon  à  peu  près  cylindrique ,  arqué ,  à 
radicule  supère. — C’est  une  plante  herbacée, 
vivace  ,  couverte,  comme  les  Rues,  de  glan¬ 
des  oléifères;  à  feuilles  alternes,  bipennées, 
dont  les  folioles  glauques  sont  criblées  de 
points  transparents,  et  dont  les  fleurs  blan¬ 
ches  forment  une  panicule  terminale. 

(Ad.  J.) 

*BOEl\NINGHAUSïA  (nom  propre),  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Papilionacées , 
tribu  des  Lotées-Galégées,  établi  par  Spren- 
gel,  et  réuni  comme  synonyme  au  Chœtoca- 
lyx  de  De  Candolle.  (C.  L.) 

*BQERHAAVÏA  (célèbre  médecin  hollan¬ 
dais,  protecteur  de  Linné),  bot.  ph.  — Genre 
de  la  famille  des  Nyctaginacées ,  formé  par 
Linné ,  renfermant  des  plantes  herbacées,  Vi- 


616 


BOEU 


BÜEU 


vaces,  rarement  ou  à  peine  suffrutescentes  , 
répandues  dans  les  parties  intertropicales  du 
globe  ;  à  fleurs  petites,  blanches ,  rouges ,  ou 
très  rarement  verdâtres ,  disposées  en  om¬ 
belles  ou  en  panicules  [B.  scandent,),  à  feuil¬ 
les  opposées.  On  en  cultive  une  dizaine  d’es¬ 
pèces  dans  les  jardins  d’Europe.  L’involucre 
est  polyphylle,  multiflore,  dans  les  folioles 
squamiformes ,  caduques.  Le  périgone  co¬ 
loré,  tubuleux,  resserré  au  milieu.  Éta¬ 
mines  ï-4 ,  libres ,  subexsertes.  Style  simple. 
Akène  libre ,  dans  le  tube  périgonal  endurci 
et  devenu  anguleux.  Graine  dressée.  (C.  L.) 

BGESCHAA.  ois.  —  Un  des  noms  du  Pé¬ 
lican  ordinaire. 

BŒUF.  Bos ,  Linn.  mam.  —  «  Le  mot 
Bœuf,  dit  G.  Cuvier,  désigne  proprement  le 
Taureau  châtré  ;  dans  un  sens  plus  étendu , 
il  désigne  l’espèce  entière,  dont  le  Taureau  , 
la  Vache ,  le  Veau  ,  la  Génisse  et  le  Bœuf  ne 
sont  que  différents  états  ;  dans  un  sens  plus 
étendu  encore,  il  s’applique  au  genre  entier, 
qui  comprend  les  espèces  du  Bœuf,  du  Buffle, 
du  Yak  ,  etc.  (1). 

»  Dans  ce  dernier  sens  ,  le  genre  Bœuf  est 
composé  de  Quadrupèdes  ruminants,  à  pieds 
fourchus  et  à  cornes  creuses,  qui  se  distin¬ 
guent  des  autres  genres  de  cette  famille,  tels 
que  les  Chèvres,  les  Moutons  et  les  Antilo¬ 
pes  ,  par  un  corps  trapu  ;  par  des  membres 
courts  et  robustes  ;  par  un  cou  garni  en  des¬ 
sous  d’une  peau  lâche  qu’on  appelle  fa¬ 
non  ;  par  des  cornes  qui  se  courbent  d’abord 
en  bas  et  en  dehors ,  dont  la  pointe  revient 
en  dessus  ,  et  dont  l’axe  osseux  est  creux  in¬ 
térieurement  et  communique  avec  les  sinus 
frontaux.  » 

Cette  définition,  que  Cuvier  donnait  il  y  a 
un  quart  de  siècle,  est  encore  celle  qu’on 
donnerait  aujourd’hui  ;  car  de  même  qu’il 
n’y  a  rien  eu  à  retrancher  à  l’ensemble  des 
caractères  qu’elle  énonce  pour  faire  entrer 
dans  le  genre  plusieurs  espèces  nouvellement 
découvertes,  de  même  il  n’y  a  rien  eu  à  y 
ajouter  après  la  séparation  d’une  espèce  dont 
on  s’accorde  aujourd’hui  généralement  à 
faire,  avec  M.  de  Blainville,  le  type  d’un  genre 
particulier. 

A  la  vérité,  si  l’absence  d’un  mufle  nu  dans 
le  Bœuf  musqué  avait  toute  la  valeur  que  lui 

(i)  Quelques  naturalistes  généralisant  encore  davantage  la 
signification  du  mot,  s’en  sont  servis  pour  désigner  le  sous- 
ordre  entier  des  Ruminants  cavicornes. 


attribuent  quelques  uns  des  zoologistes  qui 
ont  adopté  le  genre  Ovibos,  il  faudrait  tenir 
compte  de  la  disposition  contraire  dans  le 
genre  dont  celui-ci  a  été  démembré  ;  mais  il 
faudrait  par  cela  même  en  détacher  une 
deuxième  espèce ,  le  Yak ,  dont  le  museau 
n’est  guère  moins  velu,  et  qui  cependant  est 
bien  incontestablement  un  Bœuf.  D’ailleurs, 
comme  nous  le  dirons  bientôt ,  la  présence 
ou  l’absence  de  poils  dans  des  parties  qui 
sont  constamment  ou  très  fréquemment  en 
contact  avec  le  sol,  paraît  liée  à  certaines  cir¬ 
constances  de  Y habitai  des  animaux  ;  c’est  un 
caractère  géographique  plutôt  que  zoologique, 
et  qui  n’est  pour  la  classification  que  d’une 
importance  très  secondaire. 

Quant  à  un  second  caractère  qui ,  s’il  était 
introduit  dans  la  formule  ,  obligerait  égale¬ 
ment  à  séparer  des  Bœufs  Y  Ovibos  (le  carac¬ 
tère  tiré  de  la  disposition  des  mamelles),  on 
sera  peut-être  moins  porté  à  l’élever  au  rang 
des  caractères  génériques,  quand  on  se  rap¬ 
pellera  que  quelquefois,  dans  les  Buffles, 
deux  des  quatre  mamelons  restent,  pour 
ainsi  dire  ,  à  l’état  rudimentaire. 

Pour  ce  qui  est  des  caractères  tirés  de 
la  structure  des  dents  (1),  caractères  beau¬ 
coup  plus  importants,  et  qui,  à  eux  seuls, 
suffiraient  peut-être  pour  justifier  le  démem¬ 
brement  proposé  ,  ils  ne  pourraient  être  ex¬ 
primés  convenablement  sans  des  détails  tou¬ 
jours  déplacés  dans  une  définition  qui  doit 
être  courte,  afin  d’être  facilement  retenue. 

Quoi  qu’on  pense ,  au  reste ,  de  la  valeur 
et  de  l’importance  de  cette  distinction,  comme 
il  n’y  a  pas  grand  inconvénient  à  considérer 
isolément  les  espèces  appartenant  à  une  fa¬ 
mille  incomplètement  étudiée ,  et  qu’il  y  a 
au  contraire,  quand  on  les  veut  grouper  pré¬ 
maturément,  grande  chance  d’être  conduit  à 
des  erreurs  par  suite  d’une  tendance  qui  nous 
porte  à  étendre  à  toutes  les  espèces  du  groupe 
les  caractères  observés  dans  celles  qui  nous 
sont  le  mieux  connues,  nous  nous  abstien¬ 
drons,  jusqu’à  plus  ample  information ,  de 

(i)  Dans  une  tète  femelle  (de  Bœuf  musqué)  que  j’ai  pu 
comparer  à  une  tète  du  Cap  ,  les  molaires  ,  plus  étroites  et 
plus  rapprochées  l’une  de  l’autre ,  occupent  un  espace  tout 
aussi  long. 

«  On  doit  aussi  remarquer  que  ces  molaires  ont  des  for¬ 
mes  plus  simples  que  celles  des  autres  Bœufs,  et  qu'il  leur 
manque  nommément  cette  arête  saillante  qui  monte  entre 
leurs  piliers  dans  le  Buffle  du  Cap  comme  dans  le  Buffle 
ordinaire.  »  Cuvier,  Ossements  fossiles  ,  Paris,  1823,  in-4, 
t.  IV,  p,  i35  et  i36. 


BOEU 


BOEÜ 

comprendre  le  Bœuf  musqué  parmi  les  Bœufs. 

L’espèce  d’élasticité  que  nous  avons  recon¬ 
nue  dans  la  définition  de  Cuvier  est  loin  de 
nous  sembler  un  mérite  ;  nous  y  aurions  sou¬ 
haité  plus  de  précision  ;  mais  il  reste  à  savoir 
si  la  chose  était  possible.  Rien  n’est  plus  dif¬ 
ficile  que  de  donner  de  bonnes  définitions  des 
différents  groupes  dont  se  compose  une  fa¬ 
mille  très  naturelle,  telle  que  celle  des  Rumi¬ 
nants  cavicornes,  parce  que  ces  groupes  sont 
nécessairement  mal  déterminés ,  et  en  géné¬ 
ral  très  arbitrairement  formés.  Supposons 
en  effet ,  ce  qui  n’est  pas  le  cas ,  qu’on 
eût ,  sur  l’organisation  de  ces  Mammifères , 
des  données  assez  complètes  pour  établir 
une  série  dans  laquelle  chaque  espèce  se  trou¬ 
vât  placée  entre  celles  qui  lui  ressemblent  par 
les  traits  les  plus  importants  ,  on  se  trouve¬ 
rait  encore  fort  embarrassé  pour  déterminer 
les  points  où  doivent  se  faire  les  coupures. 
Cependant,  quand  il  s’agit  d’un  groupe  nom¬ 
breux  en  espèces,  ces  coupures  sont  absolu¬ 
ment  nécessaires  pour  faciliter  l’étude  ,  et  il 
ne  faut  pas  craindre  d’en  proposer,  même  en 
les  appuyant  sur  des  caractères  choisis  arbi¬ 
trairement. 

L’hésitation  qu’éprouvent  les  zoologistes , 
quand  il  faut  prendre  un  pareil  parti ,  n’ar¬ 
rêta  point  Linné  lorsqu’il  eut  à  établir  sa 
classification  du  Règne  animal.  Son  but  était 
autre  que  celui  que  nous  nous  proposons  ;  il 
ne  voulait  que  donner  une  division  artificielle, 
destinée  à  soulager  la  mémoire,  et  s’il  a  été 
conduit  souvent  à  des  groupes  bien  naturels , 
c’est  que ,  dans  le  choix  des  caractères  qu’il 
croyait  prendre  arbitrairement,  il  était  guidé 
à  son  insu  par  un  sentiment  très  délicat  des 
vrais  rapports.  Lorsqu’il  s’occupa  des  Rumi¬ 
nants  cavicornes  il  n’en  connaissait  qu’un 
très  petit  nombre,  qu’il  n’eût  peut-être  pas 
songé  à  diviser  en  différents  groupes,  s’il  n’a¬ 
vait  eu  ,  pour  ainsi  dire,  sous  la  main,  trois 
types  tout  prêts  dans  les  trois  espèces  qui,  de 
toute  antiquité,  vivent  en  Europe  à  l’état  do¬ 
mestique,  le  Bœuf,  le  Mouton  et  la  Chèvre.  Il 
conserva  toujours  cette  division,  même  après 
qu’il  eut  acquis  sur  les  animaux  auxquels  elle 
s’appliquait  des  notions  un  peu  plus  étendues. 
Au  reste,  dans  sa  dernière  édition  du  Stjstema 
natürœ,  il  n’énumérait  encore  que  21  espèces, 
qui  même  devraient  se  réduire  à  15,  puisque 
les  6  autres  sont  de  simples  variétés  produi¬ 
tes  chez  des  animaux  soumis  à  l’homme  et 

T.  II. 


617 

dues  à  son  influence.  Par  un  procédé  qui  lui 
était  familier,  Linné  repoussa  dans  un  seul 
groupe,  dans  le  genre  Chèvre,  presque  toutes 
les  espèces  qui  lui  étaient  imparfaitement 
connues ,  à  peu  près  comme  il  l’avait  fait , 
mais  sur  une  échelle  beaucoup  plus  grande 
pour  sa  classe  des  V e mes.  Ce  que  Cuvier  a 
fait  pour  cette  classe ,  quand  il  créa  son 
embranchement  des  Mollusques ,  Pallas  l’a¬ 
vait  déjà  fait  pour  le  genre  Chèvre,  aux  dé¬ 
pens  duquel  il  forma  son  genre  Antilope. 

Ce  groupe  des  Antilopes  continuant  à  s’ac¬ 
croître,  il  fallut  bientôt,  pour  la  commodité 
de  l’étude ,  y  pratiquer  des  coupes.  C’est  ce 
que  firent ,  d’une  manière  assez  arbitraire, 
plusieurs  naturalistes,  et  G.  Cuvier  lui-même, 
qui  d’ailleurs  ne  se  méprit  point  sur  le  carac¬ 
tère  artificiel  d’une  distribution  qu’il  ne  con¬ 
sidérait  que  comme  provisoire.  Quant  au 
genre  Bœuf,  dans  lequel  il  ne  comptait  que 
huit  espèces,  il  ne  jugea  pas  nécessaire  de  le 
subdiviser;  mais  d’autres  zoologistes,  entre 
lesquels  nous  citerons  son  frère ,  ont  été  d'un 
avis  différent.  Voici  comment  s’exprime  à  cet 
égard  F.  Cuvier  dans  son  histoire  des  Mam¬ 
mifères,  article  duJungly-Gau  (juin  1824): 

«  Ces  Ruminants  à  cornes  creuses,  à  jam¬ 
bes  courtes,  à  corps  épais  et  lourd,  qui  por¬ 
tent  le  nom  générique  de  Bœuf,  se  divisent 
en  deux  familles  bien  distinctes  par  le  natu¬ 
rel  et  par  les  organes.  L'une  est  celle  qui  ren¬ 
ferme  les  Buffles,  animaux  en  quelque  sorte 
aquatiques,  qui  vivent  dans  les  marais  ou 
près  des  rivières,  dans  lesquels  ils  restent 
plongés  une  partie  du  jour  ;  qui  ont  des  cor¬ 
nes  à  base  large  couvrant  une  partie  du 
front,  aplaties  à  leur  côté  interne  et  arron¬ 
dies  à  leur  côté  externe  ;  dont  la  langue  est 
douce,  etc.,  etc.;  l’autre  est  celle  des  Bœufs 
proprement  dits.  Ces  animaux  se  distinguent 
des  premiers  parce  qu’ils  vivent  davantage 
dans  les  prairies  élevées  et  dans  le  voisinage 
des  forêts  ;  que  leurs  cornes  sont  lisses ,  ar¬ 
rondies,  sans  élargissement  à  leur  base;  que 
leur  langue  est  couverte  de  papilles  aiguës 
et  cornées,  etc.,  etc.  C’est  à  cette  seconde  fa¬ 
mille,  qui  ne  se  compose  que  du  Bison  d’Amé¬ 
rique,  de  l’Aurochs,  du  Yak  et  de  notre  Bœuf 
domestique  avec  ses  variétés,  que  paraît  ap¬ 
partenir  le  Jungly-Gau.  » 

Dans  cette  énumération  des  caractères  dis¬ 
tinctifs  des  deux  groupes ,  F.  Cuvier,  comme 
on  le  voit,  met  en  première  ligne  les  diffé- 


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618 

rences  de  mœurs,  et  en  cela  il  s’écarte  un  peu 
des  habitudes  de  l’école  à  laquelle  il  apparte¬ 
nait.  Son  illustre  frère  ,  en  effet,  bien  qu’il 
pût  avoir  égard  à  ces  sortes  de  considérations 
pour  arriver  à  la  formation  de  groupes  na¬ 
turels,  avait  soin,  quand  ces  groupes  étaient 
une  fois  formés,  de  ne  faire  entrer  dans  leur 
formule  caractéristique  que  des  particularités 
tirées  de  l’organisation ,  et  s’il  mentionnait 
les  caractères  ethnologiques,  c’était  en  les  re¬ 
léguant,  comme  l’indication  de  l’habitat,  dans 
l’histoire  abrégée  de  chaque  espèce. 

Il  y  a  peut-être  un  milieu  à  prendre  entre 
ces  deux  partis.  Les  caractères  organiques, 
comme  plus  faciles  à  observer  et  moins  su¬ 
jets  à  variation,  doivent  être  énoncés  les  pre¬ 
miers;  mais  les  caractères  ethnologiques, 
quand  on  en  peut  obtenir  pour  un  genre  ou 
un  sous-genre ,  doivent  aussi  trouver  place 
dans  la  définition  ;  ils  en  font  alors  partie  né¬ 
cessaire,  puisque  l’histoire  naturelle  a  pour 
objet  de  nous  faire  connaître,  non  les  ani¬ 
maux  conservés  dans  nos  musées  ou  captifs 
dans  nos  ménageries,  mais  les  animaux  tels 
qu’ils  ont  été  créés,  dans  le  libre  développe¬ 
ment  de  leurs  instincts  et  la  pleine  manifes¬ 
tation  de  leurs  habitudes.  D’ailleurs  ,  quand 
on  en  sera  à  s’occuper  de  ces  habitudes,  à  les 
comparer  dans  les  diverses  espèces  d’un 
même  groupe,  il  faudra  avoir  présente  à  l’es¬ 
prit  une  considération  dont  j’ai  déjàiail  sen¬ 
tir  l’importance  à  l’occasion  du  genre  Co¬ 
chon  (1) ,  et  que  je  crois  devoir  rappeler  ici 
relativement  aux  Bœufs  :  c’est  que ,  dans  les 
pays  où  l’homme  vit  à  un  certain  état  de  ci¬ 
vilisation  ,  il  peut ,  dans  le  cours  des  temps , 
modifier  la  manière  d’être,  non  seulement  des 
races  domestiques  ,  mais  encore  des  espèces 
sauvages.  Ainsi,  il  a  repoussé  l’Aurochs,  d’un 
côté  dans  les  montagnes  de  la  Moldavie  et  du 
Caucase ,  de  l’autre  dans  les  forêts  maréca¬ 
geuses  des  pays  slaves.  Par  l’introduction 
des  armes  à  feu  dans  le  Nouveau-Monde ,  il  a 
inquiété  le  Bison  dans  ses  prairies  natales  et 
l’a  poussé  à  tenter,  à  travers  les  Montagnes 
Rocheuses  dont  il  ignorait  le  chemin,  des  émi¬ 
grations  partielles  vers  les  bords  de  l’Océan 
Pacifique.  Si  la  région  des  prairies  pouvait 
devenir  le  séjour  d’une  population  nom¬ 
breuse  ,  si  la  Californie  et  les  parties  voisines 

(i)  Article  Babiroussa,  comparaison  des  mœurs  de  notre 
Sanglier  commun  d’Europe  et  de  celles  d’un  Sanglier  de 
Mnde,  Dict,  univ.  d’hist.  natur ,  t.  Il,  p.  4o 7. 


du  littoral  se  peuplaient  également ,  bientôt 
sans  doute  la  grande  chaîne  qui  divise  les 
deux  pays  deviendrait  la  patrie  du  Bison,  et 
ce  serait  seulement  dans  l’histoire  des  temps 
passés  qu’on  le  retrouverait  comme  un  ha¬ 
bitant  des  plaines.  Pallas  a  vu  les  Yaks,  ac¬ 
coutumés  aux  rigueurs  du  climat  du  Thibet, 
souffrir  en  Sibérie  des  chaleurs  de  l’été ,  et 
aller  chercher  le  frais  dans  les  eaux  avec  au¬ 
tant  d’empressement  que  le  font  les  Buffles. 
Moi-même  j’ai  vu,  sur  le  plateau  de  Bogota, 
des  troupeaux  de  Bœufs  passer  une  grande 
partie  de  la  journée  plongés  dans  l’eau  jus¬ 
qu’au  cou,  non  pour  se  rafraîchir,  il  est  vrai, 
mais  pour  paître  les  herbes  qui  flottent  à  la 
surface  des  lagunes.  Ces  deux  derniers  faits , 
qui  peuvent  être  cités  comme  des  exemples 
de  la  facilité  avec  laquelle  certaines  espèces 
prennent  accidentellement  des  mœurs  analo¬ 
gues  à  celles  qu’ont,  dans  l’état  de  nature,  des 
espèces  dont  elles  se  rapprochent  par  l’orga¬ 
nisation  ,  ne  prouvent  pas  d’ailleurs  qu’on  ait 
eu  tort  de  compter  au  nombre  des  caractères 
distinctifs  du  groupe  des  Buffles  leurs  habitu¬ 
des  aquatiques.  Quant  aux  caractères  physi¬ 
ques  au  moyen  desquels  F.  Cuvier  croyait 
pouvoir  séparer  ce  groupe  du  reste  des  Bœufs, 
il  est  évident  que ,  dans  le  passage  cité  plus 
haut ,  il  n’a  pas  prétendu  les  indiquer  tous. 
Il  annonçait  de  plus  amples  détails  à  ce  sujet 
dans  sa  description  du  Buffle  commun  et 
du  Bœuf  domestique  ;  mais  la  dernière  des¬ 
cription  n’a  jamais  paru ,  et  quant  à  l’au¬ 
tre,  elle  n’ajoute  aux  traits  déjà  signalés 
que  celui  de  la  forme  bombée  du  front,  forme 
qui  d’ailleurs  n’est  pas  commune  à  toutes  les 
espèces,  ainsi  que  nous  aurons  plus  tard  oc¬ 
casion  de  le  faire  remarquer. 

Une  autre  indication  qu’on  peut  également 
attaquer,  comme  faite  d’une  manière  trop 
générale,  est  celle  qui  a  rapport  à  l’élargisse¬ 
ment  de  la  base  des  cornes.  Ce  trait  n’est  en 
effet  bien  prononcé  que  dans  le  Bos  cafer 
(l’ Ovibos  étant  considéré  comme  type  d’un 
genre  distinct)  ;  il  ne  se  voit  point  dans  le 
Buffle  commun,  ni  dans  la  race  domestique, 
ni  dans  sa  souche  sauvage,  non  plus  que 
dans  une  autre  espèce  soumise  à  l’homme  en 
quelques  parties  de  l’Orient,  l’Arni  à  cornes 
en  croissant,  et  il  existe  encore  moins  chez 
l’Arni  géant,  dont  les  cornes  conservent  sen¬ 
siblement  la  même  grosseur  dans  plus  d’un 
tiers  de  leur  tendue. 


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Ajoutons  qu’il  n’est  pas  tout-à-fait  exact  de 
dire,  relativement  à  l’autre  groupe ,  que  les 
cornes  sont  lisses  et  arrondies,  puisque  dans 
le  Bos  frontalis  de  Lambert ,  confondu  par 
notre  auteur  avec  le  Jungly-Gau ,  les  cornes 
sont  subtriquètres  et  comme  cachées  dans 
une  grande  partie  de  leur  étendue. 

Le  caractère  tiré  de  la  nature  des  tégu¬ 
ments  de  la  langue  a  plus  de  valeur  que 
tous  ceux  dont  nous  venons  de  parler,  puis¬ 
que  des  différences  dans  l’organisation  de  par¬ 
ties  dépendantes  comme  celle-ci  de  l’appareil 
nutritif  doivent  être  l’indice  de  différences 
dans  le  régime.  Si  donc  des  observations  ul¬ 
térieures  montrent,  comme  cela  est  très  pro¬ 
bable,  que  tous  les  Buffles  ont  la  langue 
douce,  ce  trait  pourra  être  considéré  comme 
caractérisant  suffisamment  à  lui  seul  un 
groupe  qui  d’ailleurs  semble  très  naturel  ; 
mais  il  ne  s’ensuivra  pas,  comme  on  le  pense 
bien  ,  que  toutes  les  autres  espèces  de  Bœufs 
dont  on  sait  que  la  langue  est  âpre  doivent 
pour  cela  rester  réunies. 

Plusieurs  zoologistes ,  en  effet,  distribuent 
ces  espèces  en  deux  sous-genres,  qu’ils  dési¬ 
gnent  sous  les  noms  de  groupes  Taurin  et  Bi¬ 
sontin  ;  mais,  dans  ce  dernier  groupe,  les  uns 
font  entreravec  le  Bison  et  l’Aurochs,  le  Yak, 
le  Gayal  et  le  Gour  ;  d’autres  rapprochent  ces 
deux  animaux  de  notre  Bœuf  commun.  Ce 
dernier  mode  de  distribution  est  plus  natu¬ 
rel  sans  doute  que  l’autre,  mais  il  est  encore 
défectueux  ;  et ,  puisqu’on  voulait  établir 
des  sous-genres ,  il  en  fallait  créer  un  qua¬ 
trième  pour  le  Yak,  qui  ne  trouve  à  se  placer 
convenablement  dans  aucun  des  trois  pre¬ 
miers. 

Cuvier,  dans  ses  Ossements  fossiles ,  avait 
indiqué  avec  sa  précision  accoutumée  les  ca¬ 
ractères  ostéologiques  par  lesquels  se  distin¬ 
guent  les  Bœufs  dont  il  avait  pu  se  procurer 
le  squelette,  en  totalité  ou  en  partie.  C’est  de 
ces  caractères,  qu’il  ne  considérait  que  comme 
spécifiques  ,  que  M.  H.  Smith  ,  dans  un 
appendice  joint  à  la  traduction  anglaise 
du  Règne  animal ,  a  fait  usage  pour  sa  ré¬ 
partition  en  sous-genres ,  répartition  dont 
M.  Hodgson  a  admis  les  bases  ,  mais  qu’il  a 
modifiée  dans  l’application  d’après  une  con¬ 
naissance  plus  complète  des  deux  espèces 
Gour  et  Gayal ,  justement  détachées  par  lui 
du  groupe  Bisontin  de  Smith.  Les  deux  na¬ 
turalistes  anglais  attachent  avec  raison  une 


grande  importance  aux  caractères  tirés  de  la 
configuration  des  têtes  osseuses  ;  mais ,  en 
comparant  sous  ce  point  de  vue  les  diverses 
espèces,  ils  ont  manqué  de  quelques  données. 
M.  Smith  n’en  a  pas  eu  d’assez  complètes  re¬ 
lativement  au  Yak,  et  M.  Hodgson  ,  qui  tra¬ 
vaille  loin  de  toute  grande  collection  avec 
un  zèle  qu’on  ne  saurait  trop  louer,  n’a  pu 
comparer  cet  animal ,  qui  lui  était  beaucoup 
mieux  connu,  avec  l’Aurochs  et  le  Bison, 
près  desquels  il  l’a  laissé  placé  :  aussi ,  tout 
en  profitant  des  travaux  de  ces  deux  savants 
recommandables ,  nous  nous  écarterons  un 
peu  de  leur  distribution  ,  et  nous  considére¬ 
rons  le  Bœuf  à  queue  de  cheval  comme 
constituant  un  type  distinct. 

Nous  répartirons  donc  les  espèces  du  genre 
Bœuf  dans  les  quatre  groupes  suivants. 

A.  Les  Taureaux. — A  côté  du  Bœuf  com¬ 
mun  [1],  auquel  se  rattachent  le  petit  B^euf 
sauvage  des  parcs  d’Écosse  ,  qu’on  s’accorde 
généralement  à  faire  descendre  de  la  même 
souche  que  notre  bétail  domestique,  le  Zébu, 
pour  lequel  je  ne  suis  pas  bien  certain  qu’il 
n’y  ait  eu  au  moins  croisement  avec  quel¬ 
que  espèce  éteinte  ou  encore  à  découvrir,  et 
le  Bœuf  à  fesses  blanches  de  Java,  que  je  ne 
vois  pas  de  raison  pour  considérer  autrement 
que  comme  une  simple  variété ,  viennent  se 
placer  les  espèces  suivantes  :  le  Gour  [2]  (  Bos 
Gaurus  ,  Bibos  concavifrons  )  ,  Hogds.  ,  le 
Gayal  [3]  (Bos  Gavœus),  auquel  il  faut  ratta¬ 
cher  le  Gayal  domestique  (  Gobah  Gayal)t 
ou  Gayal  des  plaines ,  dont  quelques  indivi¬ 
dus  ,  repassés  à  l’état  indépendant ,  ont  pro¬ 
pagé,  dans  les  forêts  du  Thibet,  une  race  qui 
paraît  conserver  les  caractères  acquis  sous 
l'influence  de  l’homme ,  et  le  Jungly-Gau  de 
F.  Cuvier,  qui ,  comme  l’a  fait  remarquer 
Hardwicke,  se  distingue  bien  du  Gobah 
Gayal ,  et  pourrait  être  le  résultat  d’un  croi¬ 
sement  avec  le  Bœuf  commun.  Enfin  je  pla¬ 
cerais  encore  à  côté  de  ces  Bœufs  le  B.  Ben- 
tige r  de  Java  [4] ,  dont  notre  cabinet  d’ana¬ 
tomie  comparée  possède  un  squelette  com¬ 
plet  ;  toutefois ,  en  supposant  que  ce  soit 
réellement  une  espèce  distincte ,  et  non  pas 
le  résultat  d’un  croisement  entre  notre  Bœuf 
domestique  et  le  Gour  j  ce  dernier  en  effet 
vit  aussi  à  Java ,  du  moins  si  l’on  en  peut 
croire  l’étiquette  d’une  portion  de  tête  os¬ 
seuse  qui  fait  partie  de  la  collection  désignée 
sous  le  nom  de  Musée  chinois  et  japonais. 


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BOEU 


620 

et  qui  se  voit  en  ce  moment  au  bazar  du  bou¬ 
levard  Bonne-Nouvelle. 

Les  caractères  communs  aux  espèces  de  ce 
premier  groupe  sont,  pour  ce  qui  a  rapport  à 
la  tête  osseuse,  le  front  plat  ou  même  un  peu 
concave,  à  peu  près  aussi  large  que  haut  (en 
ne  tenant  point  compte  du  relèvement  que 
peut  offrir  dans  sa  partie  moyenne  la  crête 
occipito-frontale)  ;  la  face  occipitale  offrant  de 
même  des  dimensions  à  peu  près  égales  en 
hauteur  et  en  largeur  (toujours  en  comptant 
la  hauteur  à  partir  des  côtés  de  la  crête  sail¬ 
lante  et  non  de  sa  partie  moyenne);  les  cor¬ 
nes  attachées  aux  deux  extrémités  de  cette 
crête  ;  enfin  la  moitié  supérieure  de  cette  face 
occipitale  tout-à-fait  lisse  ,  et  ne  présentant 
point  d’empreintes  musculaires. 

Dans  toutes  ces  espèces,  on  compte  13  pai¬ 
res  de  côtes,  qui,  à  partir  de  la  6e,  s’écartent 
laj^ralement,  et  élargissent  ainsi  la  cage  tho¬ 
racique.  Dans  toutes  on  remarque  des  mem¬ 
bres  robustes ,  moins  massifs  cependant  que 
dans  le  groupe  des  Buffles ,  mais  beaucoup 
plus  que  dans  les  espèces  appartenant  aux 
deux  autres  groupes. 

Chez  ces  animaux ,  observés  à  l’état  frais, 
la  tête  présente ,  en  arrière  des  cornes ,  un 
bourrelet  saillant,  recouvert  seulement  par  la 
peau  ;  la  langue  est  hérissée  de  papilles  cor¬ 
nées  ;  le  corps  entier  est  recouvert  de  poils 
courts,  excepté  à  la  partie  supérieure  du 
front,  où  il  peut  acquérir  un  peu  plus  de 
longueur ,  mais  jamais  assez  pour  faire  une 
touffe  pendante  comme  dans  les  Bonases. 

Tels  sont  les  caractères  principaux  du 
groupe  ;  quant  à  ceux  des  espèces ,  nous  ne 
ferons  que  les  indiquer  ici  sommairement , 
renvoyant  pour  plus  de  détails  à  cet  égard , 
comme  pour  l’histoire  des  mœurs,  à  l’article 

TAUREAUX. 

Le  Gour,  qui  se  distingue  du  Bœuf  com¬ 
mun  par  de  plus  grandes  proportions  ,  s’en 
distingue  encore  mieux  par  la  forme  de  la 
crête  occipito-frontale  ,  qui  se  relève  en  for¬ 
mant  un  quart  de  cercle  et  se  porte  en  avant, 
de  manière  à  faire  paraître  le  front  très  con¬ 
cave  de  haut  en  bas  ;  il  s’en  distingue  encore 
par  le  grand  développement  des  apophyses 
épineuses  des  vertèbres  dorsales,  qui,  au  lieu 
de  décroître  uniformément  de  la  3e  vertèbre 
à  la  9e,  ne  s’abaissent  que  très  peu  jusque 
vers  la  région  lombaire,  où  elles  se  raccour¬ 
cissent  brusquement;  elles  ne  sont  point 


flanquées  vers  le  garrot,  comme  dans  le  Bi¬ 
son  ,  de  deux  masses  musculaires  charnues  , 
de  sorte  que  leur  saillie  forme ,  dans  plus  de 
la  moitié  du  dos,  une  crête  très  remarquable. 

Dans  le  Gayal ,  cette  crête  dorsale  encore 
très  prononcée  fait  distinguer  au  premier 
coup  d’œil  l’animal  du  Bœuf  commun,  tan¬ 
dis  que  la  crête  occipito-frontale,  qui  est  rec¬ 
tiligne  et  de  niveau  avec  le  front  comme  dans 
cette  dernière  espèce,  le  sépare  nettement  du 
Gour,  où  la  crête  se  porte  en  avant  et  se  ter¬ 
mine  par  un  arc  très  prononcé. 

Dans  le  Bos  Benliger  la  saillie  des  apo¬ 
physes  épineuses ,  en  arrière  du  garrot,  est 
beaucoup  moins  sensible  que  dans  le  Gour 
et  dans  le  Gayal;  le  front  est  sensiblement 
plat;  mais  la  crête  qui  le  termine  supérieu¬ 
rement  au  lieu  d’être  rectiligne  comme  dans 
le  Bœuf,  ou  uniformément  arquée  comme 
dans  le  Gour,  présente  une  triple  courbure  , 
descendant  de  chaque  côté  à  partir  de  la  base 
des  cornes,  et  se  relevant  à  la  partie  moyenne 
où  elle  forme  une  éminence  arrondie  qui  oc¬ 
cupe  à  peu  près  le  tiers  de  la  distance  totale. 

Dans  toutes  les  espèces  dont  nous  venons 
de  parler,  les  cornes  situées,  comme  il  a  été 
dit,  aux  extrémités  de  la  crête  occipito-fron¬ 
tale,  se  portent  d’abord  en  dehors  et  un  peu  en 
haut;  leur  direction,  dans  le  reste  de  la  lon¬ 
gueur,  paraissant  varier  par  une  foule  de  cau¬ 
ses,  il  est  inutile  d’en  parler  ici;  mais  il  con¬ 
vient  de  remarquer  la  forme  que  présente  leur 
section  transversale.  Cette  forme,  à  peu  près 
circulaire  dans  le  Bœuf  commun  (  souvent 
sensiblement  elliptique  dans  les  races  de 
Zèbre  qui  paraissent  le  plus  pures),  est  ovale 
dans  le  Gour  et  le  Gayal ,  ou  plutôt  c’est  un 
triangle  isocèle,  à  sommets  très  arrondis,  dont 
le  petit  côté  répond  à  la  face  supérieure  de  la 
crête  occipito-frontale.  Dans  le  Bœuf  Benli¬ 
ger ,  les  trois  dépressions  sont  à  peine  sen¬ 
sibles. 

Quant  à  l’étui  corné  qui  est  sensiblement 
lisse  dans  le  Bœuf,  il  présente  dans  le  Gour 
de  très  fortes  rugosités  vers  la  base  ;  dans  le 
Gayal ,  ces  rugosités  sont  moins  arrêtées , 
mais  elles  se  prolongent  sur  une  plus  grande 
longueur,  et  il  n’y  a  guère  de  lisse  que  le 
tiers  le  plus  voisin  de  la  pointe. 

Le  front,  dans  tous  ces  Bœufs,  occupe  à  peu 
près  la  moitié  de  la  longueur  de  la  face  ;  ce¬ 
pendant,  chez  le  Gayal,  l’autre  partie  est  un 
peu  plus  courte,  et  pour  cette  raison  comme 


BOEU 

pour  le  rapprochement  des  maxillaires  supé¬ 
rieures  vers  la  symphyse,  il  y  a  un  rétrécis¬ 
sement  rapide  de  la  face  à  partir  du  bord  in¬ 
férieur  des  orbites.  Dans  cette  espèce  aussi, 
les  os  du  nez  sont  proportionnellement  plus 
courts  que  dans  le  Bœuf  commun  ;  dans  le 
Gour ,  au  contraire ,  ils  sont  beaucoup  plus 
longs  et  sont  en  outre  fortement  arqués  dans 
le  sens  transversal. 

B.  Les  Bonases.  —  Les  deux  espèces  dont 
se  compose  ce  groupe,  Y  Aurochs  [5]  et  le  Bi¬ 
son  [6] ,  espèces  qui  se  ressemblent  de  beau¬ 
coup  plus  près  que  celles  que  nous  avons 
comprises  dans  le  groupe  précédent,  se  distin¬ 
guent  de  ces  dernières  par  des  caractères  bien 
tranchés  :  d’abord  par  ce  qui  tient  à  la  char¬ 
pente  osseuse  ;  par  les  proportions  plus  grêles 
des  membres  ;  par  le  nombre  des  côtes,  qui  est 
de  plus  de  1 3  ;  par  la  disposition  des  apophyses 
épineuses  des  vertèbres  dorsales  ;  par  les  for¬ 
mes  générales  de  la  tête,  qui  est  très  courte 
pour  sa  grosseur.  Considérée  plus  en  détail , 
cette  tête  diffère  de  celle  des  espèces  déjà 
énumérées*.  1°  par  les  proportions  du  front, 
qui  est  plus  large  que  haut,  à  peu  près  dans 
le  rapport  de  3  à  2  .;  2°  par  la  saillie  des  or¬ 
bites  ;  3°  par  la  forme  du  front,  qui  est  bombé, 
ce  qui  ne  tient  pas  tant  au  renflement  de  sa 
partie  moyenne  qu’à  la  fuite  de  la  partie  su¬ 
périeure  ;  4°  par  le  mode  de  rencontre  de 
cette  partie  avec  la  face  occipitale,  rencontre 
qui  se  fait  sous  un  angle  droit  ou  même  ob¬ 
tus  ,  et  sans  être  indiquée  par  une  crête  sail¬ 
lante  (  tandis  que,  dans  les  Bœufs ,  les  deux 
plans  se  rencontrent  sous  un  angle  aigu  ,  et 
sont  séparés  par  un  bourrelet  très  prononcé)  ; 
5o  par  la  position  des  cornes ,  qui ,  au  lieu 
de  s’attacher  tout  au  sommet  du  front,  s’in¬ 
sèrent  notablement  plus  bas  et  plus  près  des 
orbites. 

A  l’état  frais  ,  ces  animaux  se  distinguent 
au  premier  coup  d’œil  de  tous  les  autres 
Bœufs,  par  la  disproportion  qui  semble  exis¬ 
ter  entre  les  parties  antérieures  et  les  parties 
postérieures  de  leur  corps  ;  par  leur  dos 
bossu  ;  par  la  crinière  qui  couvre  leurs  épau¬ 
les  ,  et  retombe  jusque  sur  les  jambes  de  de¬ 
vant  ;  par  la  longue  barbe  qui  pend  de  leur 
menton ,  et  l’épaisse  touffe  de  poils  dont  leur 
front  est  garni. 

L’apparence  de  bosses  tient  à  l’énorme  dé¬ 
veloppement  des  premières  apophyses  du 
dos,  qui,  au  moins  aussi  saillantes  que  dans 


BOÊtf  621 

le  Gour  et  le  Gayal ,  mais  décroissant  plus 
rapidement  à  mesure  qu’elles  se  portent  en 
arrière ,  sont  flanquées  de  deux  masses  char¬ 
nues,  et  forment  ainsi ,  au  lieu  d’une  crête 
étroite  ,  une  protubérance  arrondie  dont  le 
volume  est  encore  exagéré  par  l’épaisseur  des 
poils  dans  cette  région.  Les  poils  des  Bonases 
sont  de  deux  sortes ,  laineux  et  soyeux  :  les 
premiers  ,  très  abondants  en  hiver ,  tombent 
en  partie  l’été  ;  les  autres  poils ,  qui  consti¬ 
tuent  principalement  la  crinière,  la  barbe  et 
les  manchettes  dont  les  jambes  de  devant 
sont  ornées  ,  se  renouvellent  aussi ,  mais  de 
manière  à  ne  jamais  laisser  complètement 
dégarnies  ces  parties  où ,  chez  les  vieux  m⬠
les  ,  elles  offrent  une  très  grande  longueur. 
Ces  poils,  principalement  ceux  du  front,  sont 
imprégnés  d’une  odeur  de  musc  très  forte, 
surtout  dans  le  temps  du  rut.  L’épaisse  toi¬ 
son  qui  revêt  toute  la  partie  antérieure,  du 
corps  concourt  encore  à  faire  paraître  plus 
grêle  la  partie  postérieure ,  qui ,  d’ailleurs  , 
absolument  parlant ,  est  beaucoup  moins 
massive  que  dans  les  autres  Bœufs. 

Les  espèces  du  groupe  des  Bonases  se  dis¬ 
tinguent  principalement  par  le  nombre  des 
côtes.  Il  y  en  a  15  paires  dans  le  Bison  amé¬ 
ricain  ,  14  seulement  dans  l'Aurochs  de  Li¬ 
thuanie  et  de  Moldavie  ;  l’Aurochs  du  Cau¬ 
case  ne  nous  est  pas  encore  assez  bien  connu 
pour  que  nous  puissions  affirmer  qu’il  est 
spécifiquement  identique  à  ce  dernier;  ce¬ 
pendant  il  y  a  tout  lieu  de  le  croire. 

G.  Les  Yaks.  —  Ils  se  distinguent  des  Bœufs 
de  notre  premier  groupe  par  la  forme  du  front, 
qui,  légèrement  bombé  à  sa  partie  moyenne, 
est  d’ailleurs  fuyant  à  sa  partie  supérieure, 
comme  dans  les  Bonases  ,  et  rencontrant  de 
même  le  plan  occipital  sous  un  angle  obtus , 
sans  former  de  bourrelet  le  long  de  la  ligne 
de  jonction.  Le  front  est  plus  étroit  que  chez 
ces  derniers  animaux ,  et  n’est  guère  plus 
large  que  haut.  Au-dessous  des  orbites ,  qui 
offrent  peu  de  saillie,  la  face  se  rétrécit  à  peu 
près  uniformément  jusqu’à  son  extrémité; 
la  diminution  est  moins  rapide  que  dans  les 
Bonases ,  plus  que  dans  les  Bœufs  propre¬ 
ment  dits ,  et  surtout  que  dans  les  Buffles , 
où  elle  est  à  peine  sensible.  Le  plan  occipital 
offre  pour  l’attache  des  muscles  une  surface 
triangulaire  dont  les  trois  côtés  sont  à  peu 
près  égaux.  Les  cornes ,  arrondies  vers  la 
base,  sont  attachées  peut-être  un  peu  moins 


622 


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haut  que  dans  les  Bœufs  vrais ,  plus  haut 
que  dans  les  Bonases.  Il  y  a  14  paires  de 
côtes ,  comme  dans  l’Aurochs.  Comme  dans 
cet  animal,  les  apophyses  épineuses  des  pre¬ 
mières  vertèbres  dorsales  sont  très  longues  ; 
mais  dans  les  suivantes  le  décroissement  est 
plus  rapide:  en  revanche,  celles  des  der¬ 
nières  vertèbres  cervicales  paraissent  attein¬ 
dre  une  dimension  qu’elles  n’ont  dans  au¬ 
cune  des  espèces  précédemment  énumérées. 

Les  membres  sont  courts  ;  les  sabots  sont 
pincés ,  rapprochés  l’un  de  l’autre ,  et  leur 
configuration  suffirait  seule  pour  indiquer 
que  le  Yak  appartient  à  un  pays  montagneux, 
et  est  habile  à  en  gravir  les  pentes. 

Tout  le  corps  est  couvert  d’une  épaisse 
toison,  comme  il  convientà  un  ruminant  dont 
le  séjour  favori  touche  presque  au  niveau 
des  neiges  perpétuelles.  Les  poils  sont  sur¬ 
tout  très  longs  vers  la  région  des  épaules  ; 
ceux  du  ventre  ne  le  sont  guère  moins ,  et 
descendent  presque  jusqu’à  terre,  ce  qui  fait 
paraître  l’animal  encore  plus  bas  sur  jambes 
qu’il  ne  l’est  réellement.  Mais  ce  qui  lui 
donne  surtout  un  aspect  tout  particulier, 
c’est  sa  queue ,  garnie ,  depuis  l’origine ,  de 
crins  plus  longs  et  plus  fins  que  ceux  du 
Cheval. 

Le  front  est  couvert  d’une  grosse  touffe  de 
poils  crépus.  Sur  le  reste  de  la  face,  les  poils 
ont  moins  de  longueur,  et  diminuent  sur¬ 
tout  à  mesure  qu’on  approche  du  museau , 
qui  d’ailleurs  en  est  presque  entièrement  cou¬ 
vert,  la  partie  nue  étant  bornée  à  l’étroit 
espace  qui  sépare  les  narines. 

Il  n’est  pas  étonnant  qu’un  animal  qui, 
pendant  une  grande  partie  de  l’année,  cher¬ 
che  sa  nourriture  sous  la  neige,  ait  le  museau 
protégé  par  des  poils,  et  la  même  disposition 
se  retrouve  dans  d’autres  espèces  placées 
en  des  circonstances  semblables ,  par  exem¬ 
ple  dans  le  Bœuf  musqué  et  dans  deux  Cerfs 
des  régions  circumpolaires,  le  Renne  et  l’ɬ 
lan,  les  seuls,  du  reste,  dans  toute  la  famille 
des  Ruminants  à  cornes  caduques,  qui  nous 
présentent  ce  caractère. 

Les  Yaks  ont  la  langue  couverte  de  papilles 
cornées  comme  toutes  les  espèces  dont  nous 
avons  parlé  jusqu’ici. 

On  ne  connaît  jusqu’à  présent  qu’une  seule 
espèce  de  Yaks  [7],  car  le  Bœuf  à  grandes  cor¬ 
nes  plates  que  Witsen  dit  exister  en  Daou- 
rie ,  appartient  probablement  au  groupe  des 


Buffles.  Ces  derniers  animaux,  en  effet,  quoi¬ 
que  confinés  en  général  dans  les  pays  chauds, 
peuvent  à  la  suite  de  l’homme  s’écarter  beau¬ 
coup  des  régions  tropicales,  ainsi  que  le 
prouve  l’exemple  des  Buffles  qui  vivent  en 
Hongrie  à  l’état  domestique. 

D.  Les  Buffles.  —  On  remarque  tout  d’a¬ 
bord  dans  leur  tête  osseuse  le  peu  d’éléva¬ 
tion  du  front ,  qui  n’occupe  environ  que  le 
tiers  supérieur  de  la  face.  Au-dessous  des 
orbites,  cette  face  est  notablementplus  étroite 
que  dans  les  espèces  précédentes;  elle  est  au 
contraire  beaucoup  plus  large  vers  la  sym¬ 
physe  maxillaire.  Les  os  propres  du  nez  par¬ 
ticipent  de  cette  disposition ,  et  au  lieu  de  di¬ 
minuer  ils  augmentent  de  largeur  en  avan¬ 
çant  vers  le  museau. 

Le  front,  en  même  temps  qu’il  est  court, 
est  encore  assez  étroit;  il  présente  d’ailleurs, 
suivant  les  espèces ,  des  différences  notables 
dans  sa  configuration  :  fortement  bombé 
chez  notre  Buffle  domestique  ,  il  est,  chez 
quelques  individus  sauvages  ,  à  peu  près 
aussi  plat  que  le  front  du  Bœuf  commun. 
Il  y  a  d’ailleurs  sujet  de  croire  que  les  diffé¬ 
rences  observées  à  cet  égard  peuvent  dépen¬ 
dre  en  partie  de  l’âge  ,  et  le  changement , 
pour  le  remarquer  en  passant,  semblerait 
être  l’opposé  de  ce  qui  se  remarque  dans 
les  autres  Mammifères  où  la  saillie  du  front 
est  en  général  plus  grande  chez  les  jeunes 
sujets  ;  mais  il  faut  remarquer  qu’en  raison 
de  l’écartement  des  deux  tables  des  fron¬ 
taux,  la  saillie  du  front  chez  les  Buffles 
n’accuse  point  un  plus  grand  développement 
comparatif  du  cerveau.  Cette  bosse  est  le  re¬ 
lief  des  immenses  sinus  frontaux ,  qui  sont 
des  dépendances  de  l’appareil  olfactif.  Quoi 
qu’il  en  soit,  quand  la  convexité  du  front  est 
très  prononcée ,  il  en  résulte  que  la  rencontre 
des  faces  frontale  et  occipitale  se  fait  sous 
un  angle  obtus,  tandis  que ,  dans  le  cas  con¬ 
traire  ,  cet  angle  est  à  peu  près  droit. 

En  même  temps  que  la  courbure  de  haut 
en  bas  tend  à  effacer  la  ligne  de  séparation 
du  front  et  de  l’occiput,  la  courbure  trans¬ 
versale  produit  un  autre  changement  relatif  à 
la  direction  des  cornes  qui  s’écartent  peu  du 
plan  de  la  face  dans  les  Buffles  à  front  plat, 
et  qui,  dans  les  autres,  se  portent  plus  ou 
moins  fortement  en  arrière.  Peut-on  tirer 
de  cette  direction  des  cornes  des  caractères 
spécifiques?  c’est  ce  qui  paraît  douteux ,  <IV 


BOEU 


BŒU 

près  ce  que  nous  venons  de  dire  des  chan¬ 
gements  que  l’âge  paraît  amener  quelquefois. 
Afin  de  savoir 'à  quoi  s’en  tenir  à  cet  égard, 
il  faudrait  avoir  pu  observer  pour  chaque 
espèce  l’animal  aux  différentes  époques  de 
sa  vie,  et  nous  n’en  sommes  pas  là  à  beau¬ 
coup  près.  Dans  l’espèce  du  Cap ,  le  jeune 
mâle  d’une  année ,  comparé  au  vieux  mâle , 
paraît  appartenir  à  une  espèce  complète¬ 
ment  différente;  peut-être  pour  quelques 
Buffles  asiatiques  y  a-t-il  aussi  des  change¬ 
ments  très  marqués  dépendants  de  l’âge;  et 
notre  Musée  possède  une  tête  qui  prouve  que 
cela  a  lieu,  au  moins  chez  quelques  individus, 
relativement  à  la  direction  des  cornes  (1). 

Dans  les  Buffles  asiatiques,  les  cornes  sont 
triangulaires  à  la  base ,  les  deux  faces  anté¬ 
rieure  et  postérieure  se  joignant  en  haut  par 
un  bord  mousse,  et  s’unissant  en  bas  à  une 
troisième  face  plus  étroite ,  dont  elles  sont , 
surtout  en  avant,  plus  nettement  séparées. 
Chez  le  Buffle  du  Cap  ,  les  cornes ,  dans  le 
jeune  âge ,  sont  aussi  sensiblement  triangu¬ 
laires  à  leur  base  ,  mais  plus  tard  cette  base 
s’élargit  en  s’arrondissant ,  et  finit  par  recou¬ 
vrir  en  grande  partie  le  front. 

Les  énormes  cavités  qui  existent  dans  le 
noyau  osseux  des  cornes  et  dans  les  os  qui 
forment  les  parois  de  la  boîte  cérébrale,  don¬ 
nent  à  la  tête  des  Buffles  une  légèreté  com¬ 
parative  remarquable ,  surtout  quand  on 
prend  pour  terme  de  comparaison  la  tête  du 
Gour,  dans  laquelle  ces  os  ont  une  structure 
beaucoup  plus  compacte.  C’est  ce  qui  résulte 
des  nombres  donnés  par  M.  Hodgson ,  dans 
un  tableau  où  il  a  rapproché  plusieurs  têtes 
appartenant  à  différentes  espèces  du  genre. 

Pour  une  tête  de  Buffle  sauvage  qui  avait 
en  longueur,  du  sommet  du  front  à  la  sym¬ 
physe  maxillaire,  60  centimètres  ;  dont  les 
cornes ,  mesurées  sur  leur  courbure ,  of¬ 
fraient  un  développement  de  1  mètre  30  cen¬ 
timètres,  et  avaient  de  contour  à  leur  base 
environ  47  centimètres  ,  le  poids  du  crâne  et 
des  cornes  ensemble  était  de  10  kilogrammes 
environ.  Pour  une  tête  de  Gour,  il  était  de 
llk,47,  quoique  les  dimensions  linéaires  fus¬ 
sent  moindres.  Cette  dernière  tête,  en  effet, 

(i)  Dans  cette  tète ,  les  corne*  fortement  inclinées  en  ar¬ 
rière,  au  point  d’être  presque  parallèles  dans  presque  toute 
leur  longueur,  «e  recourbent  en  approchant  de  la  pointe  ,  de 
manière  à  indiquer  que ,  dans  le  jeune  âge,  elles  avaient 
une  direction  transversal^, 


625 

n’avait  de  longueur  que  57  centimètres  de¬ 
puis  la  symphyse  maxillaire  jusqu’au  som¬ 
met  de  la  crête  frontale  (  crête  qui  d’ailleurs 
s’élevait  de  près  d’un  demi-centimètre  au- 
dessus  de  la  racine  des  cornes),  et  les  cornes, 
dont  le  contour  à  la  base  était  aussi  de  47 
centimètres ,  mais  diminuant  très  rapide¬ 
ment  ,  ne  mesuraient  dans  leur  plus  grande 
longueur  que  56  centimètres. 

Les  Buffles  ont  des  proportions  plus  lour¬ 
des  que  tous  les  autres  Bœufs,  et  leurs 
membres,  surtout  les  postérieurs  ,  sont  très 
robustes.  Ils  ont  13  paires  de  côtes ,  du  moins 
c’est  ce  qu’on  a  observé  dans  les  espèces 
dont  on  possède  le  squelette.  Les  apophyses 
épineuses  des  vertèbres  dorsales  sont  chez 
eux  peut  être  un  peu  moins  développées  que 
dans  le  Bœuf  commun ,  et  moins  par  consé¬ 
quent  que  dans  toutes  les  autres  espèces; 
depuis  le  garrot  jusqu’aux  lombes,  le  sommet 
de  ces  apophyses  et  de  celles  des  vertèbres 
lombaires  forme  presqu’une  ligne  droite,  d’où 
il  résulte  que  ces  animaux  ont  le  dos  sensi¬ 
blement  plat. 

Sauf  les  cas  d’albinisme,  qui  sont  fré¬ 
quents  chez  quelques  races  domestiques  et 
se  perpétuent  par  voie  de  génération,  les 
Buffles  ont  la  peau  noire,  recouverte  d’un 
poil  court  assez  rare,  habituellement  noir, 
quelquefois  grisâtre,  et  rarement  brun. 

Le  pelage  est  presque  entièrement  formé 
de  poils  soyeux  ;  ceux  qu’on  pourrait  consi¬ 
dérer  comme  laineux  sont  presque  aussi  gros 
et  aussi  durs  que  les  autres ,  d’ailleurs  très 
peu  abondants. 

Les  oreilles  ,  médiocrement  grandes  ,  sont 
dirigées  horizontalement.  Le  fanon  ne  paraît 
être  bien  développé  que  dans  les  races  do¬ 
mestiques.  Au  reste ,  la  domesticité  parait 
produire  cet  effet  chez  d’autres  espèces  de 
Bœufs,  et  même  chez  d’autres  Ruminants  de 
genre  différent ,  et  dont  les  types  sauvages 
manquent  absolument  de  fanon  :  c’est  ce 
qu’on  remarque  en  particulier  dans  certaines 
races  de  Mouton. 

La  domesticité  paraît  aussi ,  chez  les  espè¬ 
ces  du  genre  Bœuf,  tendre  à  déterminer  l’al¬ 
longement  de  la  queue,  sans  que  pour  cela 
le  nombre  des  vertèbres  caudales  change.  Le 
Gour,  comparé  au  Bœuf  commun,  a  la  queue 
très  courte  :  la  même  différence  se  remarque 
entre  notre  Buffle  domestique  et  le  Buffle 
j  sauvage ,  dont  on  le  suppose  descendu. 


BOEU 


BOEU 


624 

La  langue  de  notre  Buffle  domestique  est 
douce ,  et  ce  caractère,  qui  semble  commun  à 
toutes  les  espèces  du  groupe ,  pourrait  bien , 
comme  je  l’ai  déjà  dit ,  être  en  rapport  avec  le 
genre  de  nourriture  de  ces  animaux.  Les  Buf¬ 
fles  ne  semblent  point  destinés,  comme  nos 
Bœufs,  à  paître  l’herbe  des  prairies,  à  vivre  de 
Graminées  tenaces,  souvent  à  demi  dessé¬ 
chées,  qu’il  leur  faut  arracher  avec  la  langue  ; 
ils  recherchent  les  plantes  qui  croissent  dans 
les  lieux  marécageux ,  ou  celles  qui  naissent  à 
l’ombre  humide  des  grandes  forêts.  La  lon¬ 
gueur  des  cornes  de  ces  animaux  semblerait 
leur  interdire  l’entrée  des  bois  ;  mais  à  la 
manière  dont  elles  sont  portées  durant  la 
marche,  étant  couchées  le  long  du  cou  et  des 
épaules,  elles  n’opposent  réellement  que  très 
peu  d’obstacles.  Les  naturalistes  de  cabinet 
ont  pensé  que  la  direction  des  cornes  chez 
les  Buffles  en  faisait  des  armes  peu  redouta¬ 
bles  ;  mais  cette  déduction  n’est  point  justi¬ 
fiée  par  les  observations  des  voyageurs.  En 
effet ,  bien  que  les  Buffles  ,  même  quand  ils 
courent  vers  un  ennemi,  aient  la  tête  hori¬ 
zontale  et  les  cornes  couchées  en  arrière  ,  ils 
prennent ,  quand  ils  se  trouvent  à  la  distance 
convenable,  une  attitude  différente.  Au  mo¬ 
ment  de  charger,  s’ils  veulent  simplement 
renverser  l'objet  qui  a  excité  leur  colère ,  ils 
abaissent  la  tête ,  de  manière  que  la  face  soit 
à  peu  près  dans  un  plan  vertical,  et  ils  frap¬ 
pent  du  milieu  du  front  ;  mais ,  s’ils  veulent 
blesser,  ils  fléchissent  beaucoup  plus  forte¬ 
ment  le  cou,  amènent  la  tête  entre  les  jam¬ 
bes  ,  de  manière  à  ce  que  le  menton  touche 
au  sternum ,  et  la  pointe  des  cornes  se  trouve 
ainsi  regarder  directement  en  avant.  Cette 
allure  rappelle  à  certains  égards  celle  qu’on  a 
observée  dans  de  grandes  espèces  d’ Antilo¬ 
pes  ,  dont  les  cornes  sont  fortement  dirigées 
en  arrière.  En  arrivant  près  de  l’ennemi ,  ces 
animaux  se  laissent  tomber  sur  les  genoux, 
appliquent  le  front  à  terre ,  et  présentent  les 
pointes  des  cornes  dirigées  en  avant  et  en 
haut,  c’est-à-dire  dans  la  position  la  plus  fa¬ 
vorable  pour  blesser  leur  adversaire  au  ven¬ 
tre,  au  moment  où  ils  redresseront  brusque¬ 
ment  la  tête. 

Il  règne  encore  beaucoup  d’obscurité  dans 
l’histoire  des  Buffles ,  et  il  est  jusqu’à  présent 
bien  difficile ,  pour  ne  pas  dire  impossible , 
d’arriver  à  une  détermination  un  peu  satis¬ 
faisante  des  espèces.  Cependant  les  natura¬ 


listes  anglais ,  qui  ont  dans  l’Inde  les  meil¬ 
leures  occasions  pour  observer  les  espèces 
asiatiques,  s’accordent  en  général  à  en  distin¬ 
guer  trois ,  savoir  :  l’espèce  sauvage  [8]  qu’on 
regarde  comme  la  souche  du  Buffle  domes¬ 
tique,  introduit  en  Europe  vers  le  vie  siècle, 
mais  qui  est  d’un  tiers  environ  plus  grande  ; 
l’Arni  à  cornes  en  croissant  [9] ,  qui  paraît 
avoir  donné  une  seconde  race  domestique  , 
commune  dans  plusieurs  parties  de  l’Asie 
méridionale  et  dans  certaines  parties  de  l'em¬ 
pire  chinois  [10]  ;  l’Ami  géant,  dont  nous  ne 
connaissons  guère  en  Europe  que  les  cornes. 
Cette  dernière  espèce  paraîtrait  avoir  à  un 
moindre  degré  que  les  autres  Bœufs  les  ha¬ 
bitudes  grégaires  ;  elle  est  d’ailleurs ,  à  ce 
qu’il  paraît,  fort  rare,  et  l’on  a  remarqué  que 
dans  une  grande  expédition  de  chasse  que 
firent  plusieurs  officiers  de  l’armée  du  Ben 
gale,  expédition  qui  ne  dura  pas  moins  de 
trois  mois ,  et  où  l'on  tua  ,  outre  42  Tigres 
royaux,  une  très  grande  quantité  de  Buffles 
sauvages,  il  ne  se  trouva  dans  le  nombre 
qu’un  seul  Arni  géant. 

Ce  nom  d’Arni ,  que  nous  employons  ici 
pour  nous  conformer  à  l’usage ,  devrait  être 
banni  du  langage  zoologique;  c’est  le  fémi¬ 
nin  du  mot  Arna,  mot  dont  l’acception  est 
générique,  et  s’applique,  dans  l’Inde,  à  tous 
les  Buffles  sauvages  :  aussi ,  quand  on  le 
trouve  dans  quelque  relation  de  voyage,  doit- 
on  bien  se  garder,  si  aucune  indication  ne 
s’y  trouve  jointe ,  de  tirer  aucune  conclusion 
relativement  à  l’espèce  que  l’auteur  a  eue 
en  vue. 

Facile  à  distinguer  des  Buffles  asiatiques , 
le  Buffle  du  Cap  [il]  en  diffère  par  plusieurs 
caractères  qui  le  rapprochent,  au  contraire, 
d’une  part  du  Bœuf  musqué,  et  de  l’autre 
de  plusieurs  grandes  espèces  d’Antilopes ,  ha¬ 
bitant  comme  lui  l’extrémité  australe  de 
l’Afrique. 

En  admettant  ces  derniers  rapports,  il  y  au¬ 
rait  pour  la  distribution  géographique  de  ces 
grands  Ruminants  une  certaine  loi  assez  re¬ 
marquable  :  les  Ruminants  à  cornes  large¬ 
ment  épatées  à  la  base  occuperaient  dans  les 
deux  hémisphères  les  parties  les  plus  éloi¬ 
gnées  de  l’équateur,  d’un  côté  le  Bœuf  mus¬ 
qué  vers  le  cercle  polaire  arctique  ,  de  l’autre 
moins  rapprochés ,  il  est  vrai ,  du  pôle  ,  mais, 
s’avançant  aussi  loin  que  la  terre  s’étend  de 
ce  côté,  le  Buffle  du  Cap  et  les  Catoblepas  de 


BOEU 


BOEU 

Smith  ;  Gnou  ordinaire ,  Gnou  barré ,  Gnou 
de  Brook.  On  pourrait  remarquer  même  que, 
chez  ces  derniers ,  de  longs  poils  couvrent  di¬ 
verses  parties  du  corps ,  et  que  chez  le  Buffle 
du  Gap ,  dans  le  jeune  âge ,  époque  où  les 
caractères  génériques  sont  toujours  relative¬ 
ment  plus  prononcés  que  les  caractères  spé¬ 
cifiques  ,  le  pelage  est  beaucoup  plus  fourni 
que  ne  semblerait  le  comporter  la  chaleur 
du  climat ,  rappelant  ainsi ,  jusqu’à  un  cer¬ 
tain  point,  l’épaisse  toison  de  YOvibos. 

Les  Buffles  à  cornes  aplaties  seraient  pro¬ 
pres  à  la  région  intertropicale  (1). 

Tous  les  autres  Bœufs  appartiendraient  à 
l’hémisphère  du  Nord  :  les  Bonases  ayant 
pour  limites,  d’une  part,  le  cercle  polaire 
arctique  et  de  l’autre  le  cercle  tropical  cor¬ 
respondant;  et  les  Bœufs ,  proprement  dits, 
arrivant  jusqu'à  l’équateur,  se  trouvant  du 
moins ,  sur  un  seul  point ,  en  dehors  de  cette 
ligne,  je  veux  dire  dans  l’île  de  Java  ,  où  ils 
sont  représentés  par  le  B.  Beniiger,e t  aussi 
probablement  par  le  Gour. 

Nous  n’avons  voulu  ,  dans  cet  article ,  que 
présenter  l’ensemble  des  espèces  dont  se 
compose  le  genre.  On  trouvera  plus  loin  des 
détails  sur  leurs  mœurs  et  sur  quelques 
traits  remarquables  de  leur  organisation. 
Voir  aux  mots  bonase,  buffle,  gayal, 

GOUR,  TAUREAU,  URUS,  YAK  et  ZEBU.  (ROULIN.) 

*BQEUFS  FOSSILES,  paléont.  —  Dans 
presque  tous  les  terrains  meubles  dits  d’allu- 
vion ,  dans  les  tourbières ,  dans  certaines  ca¬ 
vernes,  dans  les  brèches  osseuses  et  dans  les 
couches  arénacées  sous-volcaniques  de  cer¬ 
taines  contrées ,  on  trouve  des  ossements  qui 
ont  appartenu  à  des  espèces  de  Bœufs,  sinon 
identiques ,  au  moins  très  voisines  de  nos  es¬ 
pèces  actuellement  vivantes.  Après  avoir  re¬ 
cueilli  scrupuleusement  toutes  les  mentions 
qui  en  avaient  été  faites  dans  les  auteurs,  après 
avoir  examiné  tous  les  ossements  qu’il  a  pu 

(i)  Il  y  aurait  une  exception  à  cette  règle  ,  si  l'on  consi¬ 
dérait  comme  un  Buffle  le  Bœuf  que  Gmelin  ,  d’après  le  rap¬ 
port  d’un  Cosaque  qui  avait  été  prisonnier  dans  la  petite 
Boukharie,  dit  exister  à  l’état  sauvage  dans  les  montagnes  si¬ 
tuées  au  midi  de  Kboten.  L’animal ,  en  effet ,  se  trouverait 
vers  le  35e  degré  de  lat.  N.  A  la  vérité  ,  Pallas  veut  que  cet 
animal  ne  soit  autre  chose  qu’un  Yak  ;  ce  qui  est  d’autant 
plus  surprenant  que,  suivant  ce  qu’il  avait  appris  de  divers 
Kalmouks  ,  cet  animal  aurait  les  cornes  plates,  et  ne  différe¬ 
rait  que  par  la  toison  des  Buffles  domestiques  qu’avaient  vus 
àAstracan  les  Asiatiques  qui  lui  fournissaient  ces  renseigne¬ 
ments. 


625 

rassembler  et  ceux  qu’il  a  pu  voir  dans  se* 
voyages,  Cuvier  a  conclu  que  les  espèces 
dont  on  avait  découvert  les  débris  jusqu’à  la 
publication  de  son  IVe  volume  des  Ossements 
fossiles ,  se  réduisaient  à  trois ,  et  même  il 
conservait  des  doutes  à  l’égard  de  l’une  d’el¬ 
les,  sur  la  question  de  savoir  si  elle  était  vé¬ 
ritablement  fossile. 

Une  première  espèce ,  Bos  priscus  Bo- 
jan. ,  dont  les  os  des  jambes  sont  grêles ,  el 
dont  le  crâne,  à  front  bombé,  plus  large  que 
haut,  et  à  cornes  implantées  en  avant  de  la 
ligne  saillante  formée  par  le  plan  de  l’occi¬ 
put  et  celui  du  front ,  ne  diffère  que  trè» 
peu  de  l’Aurochs.  On  la  rencontre  en  Rus¬ 
sie,  en  Allemagne  ,  en  France ,  en  Italie  ,  et 
dans  l’Amérique  du  Nord.  Cette  espèce  ne  se 
distingue  de  l’Aurochs  que  par  une  taille  plu# 
élevée  et  par  des  cornes  proportionnellement 
plus  grandes  :  elle  se  trouve  mêlée  avec  des 
ossements  d’Éléphant ,  de  Rhinocéros  et  de 
Mastodonte. 

Une  seconde  espèce,  Bos  primigenius  Bo» 
jan.,  qui  serait,  selon  Cuvier,  la  souche  de  nos 
Bœufs  domestiques,  et  dont  la  civilisation  au» 
rait  fait  disparaître  les  traces,  aussi  bien  que 
celles  des  races  sauvages  du  Dromadaire  et 
du  Chameau.  Cette  espèce,  plus  grande  d’un 
tiers  que  nos  Bœufs,  à  jambes  fortes,  à  front 
plat,  carré,  et  à  cornes  implantées  aux  extré¬ 
mités  de  la  ligne  saillante  formée  par  le  plan 
de  l’occiput  et  celui  du  front,  n’a  été  trouvée 
d’une  manière  authentique  ,  toujours  selon 
le  même  savant ,  que  dans  les  tourbières  et 
les  couches  superficielles  ;  mais  tout  porte  à 
croire  que,  depuis  quelques  années,  on  en  a, 
aussi  bien  que  de  l’espèce  précédente,  dé¬ 
couvert  des  ossements  en  Auvergne,  dans 
des  couches  sous-volcaniques. 

Enfin  une  troisième  espèce,  Bos  Pallasii 
Dec.,  que  Pallas  et  Ozeretzkovsky  ont  trou¬ 
vée  en  Sibérie,  et  qui  paraît  sinon  identique, 
au  moins  fort  semblable  au  Buffle  musqué 
du  Canada.  Cuvier  pensait  même  que  les  trois 
crânes  décrits  par  ces  deux  auteurs  pour¬ 
raient  bien  n’être  que  des  crânes  de  Buffles 
musqués ,  apportés  d’Amérique  en  Sibérie , 
sur  des  glaçons ,  par  les  courants  ;  mais  il 
paraît  que  cette  espèce  existe  également  à 
l’état  fossile  en  Amérique.  M.  Decay  a  fait 
connaître,  dans  le  deuxième  volume  des  An¬ 
nales  du  Lycée  de  New-York ,  un  occipital 
|  muni  des  noyaux  osseux  de  ses  cornes ,  mis 
40 


T.  II. 


BOEXJ 


BOEU 


626 

au  jour  à  New-Madrid,  sur  les  bord  du  Mis- 
sissipi,  pendant  le  tremblement  de  terre  qui 
détruisit  cette  ville,  en  18î2.  Ce  savant  pense 
que  ce  fragment  appartient  à  la  3e  espèce  de 
Cuvier,  à  laquelle  il  donne  le  nom  de  Bos 
Pallasii ,  parce  qu’il  a  reconnu  quelques  dif¬ 
férences  entre  sa  portion  de  crâne  et  la  par¬ 
tie  correspondante  de  la  tête  du  Buffle  mus¬ 
qué,  et  qu’il  y  rapporte  les  têtes  de  Sibérie 
dont  Pallas  a  le  premier  fait  connaître  l’exis¬ 
tence. 

Depuis  la  publication  du  travail  de  Cuvier, 
il  a,  presque  chaque  jour,  été  recueilli  des  os¬ 
sements  de  Bœufs  dans  un  grand  nombre  de 
localités.  Ce  n’est  pas  ici  le  lieu  d’enregistrer 
ces  nombreuses  découvertes  :  nous  nous  bor¬ 
nerons  à  en  citer  quelques  unes ,  et  surtout 
parmi  celles  qui  ont  fait  établir  de  nouvelles 
espèces. 

M.  Bojanus  a  publié ,  dans  le  treizième  vo¬ 
lume  des  Curieux  de  la  nature ,  un  squelette 
presque  complet  de  Bas  primigenius ,  trouvé 
en  Allemagne,  et  qui  se  voit  aujourd’hui  au 
Musée  d’Iéna.  En  Auvergne,  on  en  a  rencon¬ 
tré  dans  ces  alluvions  sous-volcaniques ,  que 
quelques  uns  considèrent  comme  les  couches 
supérieures  du  terrain  tertiaire,  avec  des  os 
d’Eléphants,  de  Rhinocéros,  de  Tapirs  et  de 
Chevaux.  MM.  Devèze  et  Bouillet  en  ont  dé¬ 
couvert  dans  la  montagne  de  Boulade,  qu’ils 
croient  appartenir  au  Bos  urus ,  c’est-à-dire 
au  Bos  priscus  ;  l’abbé  Croizet  en  signale 
deux  espèces  qu’il  appelle  Bos  elatus  et  Bos 
giganteus ;  mais  les  os  des  jambes  du  premier 
étant  aussi  grêles  que  celles  de  l’Aurochs,  il 
pourrait  bien  se  faire  qu’il  fût  le  même  que 
le  Bos  priscus  ,  et  que  le  second  fût  le  Bos 
primigenius ,  car  nous  en  avons  au  Muséum 
de  Paris  quelques  os  du  pied  trouvés  à  Es- 
sex,  à  12  milles  de  Londres  ,  et  d’autres  ren¬ 
contrés  dans  les  sablières  de  Yaugirard,  près 
de  Paris  ,  qui  indiquent  des  individus  plus 
grands  même  que  le  Bœuf  géant  de  l’abbé 
Croizet.  Celui  du  vallon  de  Cussac,  départe¬ 
ment  de  la  Haute-Loire,  à  4  kilomètres  du 
Puy,  et  auquel  M.  Robert  a  donné  le  nom  de 
Bos  velonusy  doit  probablement  rentrer  dans 
l’une  des  espèces  de  Cuvier ,  ou  dans  l’une 
de  celles  de  l’abbé  Croizet,  si  ces  dernières 
sont  distinctes  des  premières.  Les  ossements 
de  Bœufs  du  val  d’Arno  que  le  Muséum  pos¬ 
sède  indiquent  aussi  2  espèces ,  l’une  à 
jambes  grêles  et  l’autre  à  jambes  trapues; 


I  elles  ressemblent  l’une  et  l’autre  h  celles  de 
I  l’Auvergne,  et  cette  coïncidence  de  deux  es¬ 
pèces  qui  se  retrouvent  toujours  dans  les 
mêmes  contrées  confirme  ,  ce  nous  semble, 
l’opinion  de  Cuvier,  que  l’Europe  centrale  ne 
fournit  que  deux  espèces  de  Bœufs  fossiles. 
M.  Leclerc  a  fait  don  au  Muséum  de  Paris 
de  quelques  os  de  Bœufs  trouvés  dans  la 
province  du  Texas  ,  en  Amérique  ,  qui  ne 
peuvent  point  être  distingués  de  ceux  de 
l’Aurochs ,  en  sorte  qu’ils  appartiennent 
probablement  au  Bos  priscus.  Suivant 
M.  Harlan  ,  le  grand  individu  découvert  par 
M.  Peale,  à  10  milles  de  la  fondrière  nommée 
Big-Bone-Lick ,  en  Amérique,  et  que  Cuvier 
ne  distingue  pas  de  son  Aurochs  fossile,  se¬ 
rait  une  espèce  particulière  à  laquelle  ce  sa¬ 
vant  a  donné  le  nom  de  Bos  bombifrons.  Le 
même  auteur  croit  en  avoir  distingué  une 
autre  espèce ,  qu’il  appelle  Bos  latifrons. 
Nous  pensons  qu’il  faudrait  réunir  plusieurs 
individus  de  chacun  de  ces  types  avant  de  les 
considérer  comme  des  espèces  réelles,  parce 
qu’alors  seulement  on  pourra  leur  trouver 
des  caractères  positifs. 

Il  paraît  cependant  qu’outre  ces  trois  es¬ 
pèces  de  Cuvier,  il  y  en  existait  une  qua¬ 
trième  de  petite  taille,  ou  tout  au  moins  une 
variété  analogue  à  la  petite  race  de  Bœufs  des 
Indes,  appelée  Zébu  :  c’est  ce  qu’on  peut 
conclure  d’un  métacarpien  et  d’un  métatar¬ 
sien  provenant  des  cavernes  d’Oreston,  près 
de  Plymouth  ,  envoyés  au  Muséum  par 
M.  Clift.  Ces  os  ont  tout-à-fait  la  taille  de 
ceux  qui  leur  correspondent  dans  le  squelette 
de  Zébu  du  cabinet  d’anatomie.  On  pour¬ 
rait  encore  considérer  cette  variété  sauvage 
comme  la  souche  des  petits  Bœufs  d’Écosse  ; 
mais,  dans  l’un  ou  l’autre  cas,  on  doit  toujours 
admettre ,  en  présence  de  ce  fait ,  que  ces 
variétés  sont  fort  anciennes ,  et  qu’existant 
déjà  à  l’état  sauvage ,  elles  ne  sont  point  un 
produit  de  la  domesticité. 

En  commençant  son  travail  sur  les  Bœufs 
fossiles,  Cuvier  déclare  que  la  ressemblance 
avec  les  espèces  vivantes  va  même  au  point 
qu’il  est  très  difficile  de  ne  pas  les  considérer 
comme  identiques  avec  elles ,  et ,  c’est  indu¬ 
bitablement  pour  cette  raison  que  notre  sa¬ 
vant  paléontologiste  ne  leur  a  point  imposé 
d’autres  noms  d’espèces.  MM.  Bojanus  et  De- 
cay  ont  été  plus  hardis  ,  et  nous  n’osons  les 
en  blâmer.L’Éléphant  et  le  Rhinocéros,  avec 


BOG 

lesquels  ces  Bœufs  vivaient,  étant  des  espèces 
éteintes ,  non  point  par  Faction  lente  des 
hommes,  mais  par  une  cause  physique  et  su¬ 
bite,  comme  on  en  a  la  preuve  par  ces  indivi¬ 
dus  conservés  en  chair  aussi  bien  qu’en  os 
dans  les  glaces  du  Nord ,  il  est  probable  que 
ces  Bœufs  fossiles  différaient  de  nos  espèces 
vivantes ,  quoiqu'ils  en  fussent  très  rappro¬ 
chés.  Tous  les  naturalistes  savent  combien , 
dans  les  genres  naturels ,  il  est  difficile  de 
distinguer  les  espèces  par  le  squelette  seule¬ 
ment.  Nous  pensons  néanmoins  qu’il  n’y  a  pas 
encore  de  raisons  suffisantes  pour  adopter 
comme  espèces  les  Bosvelonus,  elatus  et  gi- 
ganteus  de  MM.  Robert  et  l’abbé  Croizet,et 
les  Bos  bombifrons  et  latifrons  de  M.  Har- 
Ian.  On  ne  doit  donc  compter  encore ,  se¬ 
lon  nous,  comme  espèces  fossiles  que  les 
Bos  primigenius ,  priscus,  Pallasii  ;  et,  comme 
variété  du  premier,  le  Bos  primigenius  minu- 
tus,  ou  peut-être  même  comme  espèce,  le  Bos 
minuius.  (Laurillard.) 

BOEVA.  rept.  —  Synonyme  d’iguane 
senembi. 

BOGUE  {Box),  poiss. — Dénomination  vul¬ 
gaire  corrompue  de  Box  ou  de  Boops,  d’une 
espèce  très  abondante  dans  toute  la  Méditer¬ 
ranée  ,  et  se  portant  dans  l’Atlantique  jus¬ 
qu’à  Madère  et  aux  Canaries  :  elle  pénétre 
aussi  dans  le  lac  Biserte.  Il  est  possible  que 
ce  soit  le  |3â>£  d’Aristote  ;  mais  rien  ne  prouve, 
comme  l’a  voulu  Rondelet,  que  ce  soit  le 
,  car  les  yeux  ne  sont  pas  d’une  gran¬ 
deur  excessive.  Ce  poisson  a  le  corps  arrondi 
et  allongé,  et  d’une  belle  couleur  jaune  oli¬ 
vâtre  ,  avec  trois  ou  quatre  lignes  longitudi¬ 
nales  dorées  sur  les  flancs.  La  bonté  de  sa 
chair  rend  sa  fécondité  utile  aux  Provençaux, 
qui  croient  rendre  la  pêche  meilleure  en  sus¬ 
pendant  à  leur  navire  une  figure  argentée 
de  Bogue  ,  pour  les  attirer  dans  leur  Bu- 
ghiera.  Le  Bogue  est  devenu  la  première  es¬ 
pèce  d’un  genre  nommé  d’après  lui  ;  il  est  ca¬ 
ractérisé  par  ses  dents  aplaties ,  échancrées 
dans  le  milieu ,  serrées  l’une  contre  l’autre 
tout  autour  de  la  bouche,  sur  un  seul  rang, 
et  dilatées  à  leur  base  postérieure  en  un  ta¬ 
lon  allongé ,  qui  augmente  leur  appui  sur  les 
mâchoires,  et  les  rend  plus  solides.  Les  Bo¬ 
gues  vivent  de  plantes  marines.  Outre  l’es¬ 
pèce  dont  je  viens  de  parler,  on  y  range  la 
Saupe  (  voyez  ce  mot)  et  deux  autres  espèces 
étrangères  que  Linné  plaçait  parmi  les  Spa- 


BOI  627 

res.  Le  genre  Bogue  est  de  la  famille  des 
Sparoïdes.  (Val.) 

*BOII ADSCHIA  (nom  propre),  bot.  ph.  ■— 
Genre  établi  par  Presl  ( Bel .  hœnk.,  II,  98  , 
t.  68)  dans  la  famille  des  Turnéracées ,  et 
réuni  comme  synonyme  au  Turnera  de  Plu¬ 
mier.  (C.  L.) 

BOHADSCHIE.  Bohadschia.  Échin.  — 
Genre  d’Holothurides  établi  par  Jæger ,  et 
adopté  par  MM.  Agassiz  et  Brandt.  Il  com¬ 
prend  plusieurs  espèces  d’Holothuries  im¬ 
parfaitement  connues,  vivant  toutes  près 
des  côtes  de  l’île  Célèbes,  et  qui  vraisembla¬ 
blement  ne  sont  pas  réellement  distinctes.  Ce 
genre  diffère  très  peu  des  Holothuries  pro¬ 
prement  dites;  son  seul  caractère  distinctif 
est  dans  la  forme  radiée  ou  étoilée  de  l’orifice 
anal.  (Duj.) 

BOHATSCHIA,  Crantz.  bot.  ph.  —  Syno¬ 
nyme  de  Pellaria. 

BOHON  et  BUHON-UPAS.  bot.  ph.  — 
Synonyme  de  Boom-Upas. 

BOHU,  Burm.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Bobu. 

BOIDE,  Adans.  bot.  ru.  —  Synonyme  de 

Tapsia. 

BOIGA.  rept.  —  Synonyme  de  Coluber 
ahœtula.  Voyez  couleuvre. 

BOIS.  zool.  —  Voyez  cornes. 

BOIS.  Lighum.  bot.  ph.  — Ce  nom  s’ap¬ 
plique  en  général  à  la  partie  dure,  fibreuse, 
en  un  mot  ligneuse,  qui  compose  la  tige  des 
arbres  et  des  arbrisseaux  ,  et  qu’on  trouve 
immédiatement  sous  l’écorce. 

Le  Bois  offre  des  caractères  très  différents 
dans  les  divers  grands  embranchements  du 
règne  végétal ,  et  en  particulier  dans  les 
plantes  monocotylédonées  et  dans  les  plantes 
dicotylédonées  :  aussi  croyons-nous  néces¬ 
saire  de  traiter  séparément  du  Bois  dans  la 
tige  des  arbres  de  ces  deux  grandes  divisions 
des  végétaux  phanérogames. 

§  I.  Du  Bois  dans  les  arbres  dicotyiédonés. 

Dans  la  tige  des  végétaux  dicotyiédonés  li¬ 
gneux  ,  le  Bois  forme  presque  toute  la  masse 
de  cet  organe.  Il  occupe  tout  l’espace  compris 
entre  le  canal  médullaire  au  centre  de  la 
tige,  jusqu'à  la  face  interne  de  l’écorce  qui: 
le  recouvre  extérieurement.  Sur  la  coupe 
transversale  d’une  tige  arborescente ,  il  se 
montre  sous  l’apparence  de  couches  concen- 
triques  inscrites  les  unes  dans  les  autres ,  et 


BOI 


BOI 


628 

dont  l’épaisseur  est  très  variable.  Suivant  les 
espèces ,  cette  distinction  des  couches  ligneu¬ 
ses  n’est  pas  toujours  très  appréciable.  Dans 
la  plupart  de  nos  Bois  indigènes,  elle  est  très 
manifeste,  et  comme  chaque  couche  est  le 
produit  de  la  végétation  d’une  année,  le 
nombre  des  couches  ligneuses  représente  as¬ 
sez  exactement  l’âge  de  la  tige.  Il  n’en  est 
point  ainsi  dans  un  grand  nombre  d’arbres 
qui  croissent  dans  les  régions  tropicales.  Là, 
le  Bois  constitue  une  masse  dans  laquelle  il 
est  bien  difficile  de  reconnaître  aucune  trace 
de  lignes  circulaires  servant  à  constituer  des 
couches.  Cette  disposition  tient  probablement 
à  ce  que,  dans  les  pays  situés  entre  les  tropi¬ 
ques,  la  végétation  est  sans  cesse  en  activité, 
et  que  par  ses  progrès  non  interrompus  il  se 
forme  à  chaque  instant  de  nouvelles  fibres 
ligneuses  qui  viennent  s’ajouter  à  celles  qui 
existaient  déjà.  Il  n’y  a  pas,  comme  dans  nos 
régions  tempérées,  une  période  limitée  pour 
la  végétation  à  laquelle  succède  chaque  an¬ 
née  une  période  bien  plus  longue  où  tout 
phénomène  d’accroissement  cesse  complète¬ 
ment. 

Indépendamment  de  cette  disposition  par 
couches  concentriques,  le  corps  ligneux  pré¬ 
sente  encore  des  lignes  droites ,  partant  en 
divergeant  du  centre  à  la  circonférence,  c’est- 
à-dire  du  canal  médullaire  à  l’écorce,  et 
qu’on  désigne  sous  les  noms  de  Rayons  ou 
Insertions  médullaires.  Ces  organes  ,  qui  ap¬ 
paraissent  ainsi  sous  la  forme  de  lignes  sur 
une  coupe  transversale,  sont  autant  de  feuil¬ 
lets  ou  de  lames  perpendiculaires  engagées 
au  milieu  du  tissu  ligneux  proprement  dit , 
et  servant  à  établir  une  communication  di¬ 
recte  entre  la  moelle  placée  au  centre  de  la 
tige  et  la  couche  celluleuse  extérieure  de  l’é¬ 
corce  ,  qu’on  connaît  sous  les  noms  en¬ 
veloppe  herbacée  ou  médulle  externe. 

Les  couches  ligneuses  ne  présentent  pas 
communément  la  même  couleur  et  la  même 
dureté  dans  tous  les  points  du  corps  li¬ 
gneux.  Les  plus  intérieures  sont  plus  dures  et 
plus  colorées ,  parce  qu’elles  sont  plus  an¬ 
ciennes  et  qu’elles  ont  acquis  une  maturité 
convenable.  Les  couches  extérieures  au  con¬ 
traire  sont  d’un  tissu  plus  lâche,  moins  den¬ 
ses  et  moins  colorées.  Elles  constituent  Y  Au¬ 
bier,  tandis  que  les  intérieures  forment  le 
Bois  proprement  dit ,  le  Cœur  du  bois  ou  Dv- 
ramen.  Cette  distinction  entre  les  deux  por¬ 


tions  du  corps  ligneux  est  fort  importante 
pour  les  arts,  et  surtout  pour  les  arts  de  con¬ 
struction.  L’aubier  doit  être  généralement 
rejeté  ,  non  seulement  parce  que  son  tissu 
est  moins  dur  et  moins  résistant,  mais  en¬ 
core  parce  qu’il  est  abreuvé  de  sucs  ,  qui  le 
rendent  plus  propre  à  s’altérer  ou  à  être  at¬ 
taqué  par  les  Insectes. 

Cette  distinction  entre  le  Bois  proprement 
dit  et  l’aubier  est  quelquefois  excessivement 
tranchée,  tant  par  la  différence  dans  la  colo¬ 
ration  que  par  la  différence  dans  le  tissu.  C’est 
particulièrement  dans  les  Bois  très  denses,  et 
surtout  dans  les  Bois  colorés ,  qu’on  trouve 
un  changement  brusque  et  sans  aucune  tran¬ 
sition  entre  les  deux  parties.  Ainsi  les  Bois 
d’Ébène,  de  Campêche,  etc.,  sont  d’un  brun 
rougeâtre  ou  presque  noir  ,  tandis  que  leur 
aubier  est  d’un  jaune  pâle  ou  presque  blanc. 
Cette  différence  de  couleur  s’observe  quel¬ 
quefois  d’une  manière  aussi  tranchée  dans 
quelques  arbres  indigènes ,  le  Cytise  des  Al¬ 
pes,  par  exemple;  mais  dans  les  Bois  blancs, 
dans  les  arbres  qui  croissent  avec  une  grande 
rapidité ,  comme  les  Peupliers ,  l’Érable ,  les 
Pins  et  Sapins,  etc.,  on  ne  peut  apercevoir 
aucune  différence  sensible,  qui  puisse  auto¬ 
riser  la  séparation  des  couches  ligneuses  en 
aubier  et  en  cœur  de  Bois.  Néanmoins,  quoi¬ 
que  dans  ces  tiges  on  n’observe  pas  une  dis¬ 
tinction  manifeste  ,  soit  dans  la  coloration  , 
soit  même  dans  le  grain  du  tissu  entre  les 
couches  intérieures  et  les  couches  externes, 
cependant  celles-ci  sont  évidemment  moins 
solides  ,  moins  résistantes,  et  constituent  un 
véritable  aubier,  qui  est  loin  de  réunir  les 
qualités  de  force,  de  résistance  et  de  durée 
que  présente  la  masse  des  couches  inté¬ 
rieures. 

La  proportion  entre  la  masse  des  couches 
d’aubier  et  de  duramen  n’est  pas  toujours  la 
même.  Il  y  a  certains  arbres  dans  lesquels 
l’aubier  a  peu  d’épaisseur  relativement  à  la 
masse  du  Bois,  cinq  à  six  couches,  par  exem¬ 
ple  :  le  Chêne  est  dans  ce  cas.  Il  y  en  a  d’au¬ 
tres,  au  contraire,  dont  l’aubier  se  compose 
d’un  nombre  beaucoup  plus  considérable  de 
couches  ligneuses.  Cette  différence  tient  sou¬ 
vent  à  la  rapidité  plus  ou  moins  grande  avec 
laquelle  le  Bois  acquiert  sa  maturité  com¬ 
plète. 

Lorsqu’on  examine  une  tige  coupée  trans¬ 
versalement,  on  reconnaît  facilement  que 


BOI 


toutes  les  couches  ligneuses  n’ont  pas  une 
épaisseur  égale.  Ainsi,  généralement,  les  plus 
intérieures,  qui  sont  en  même  temps  les  plus 
anciennes,  et  qui  se  sont  formées  à  une  épo¬ 
que  où  l’arbre  jouissait  de  toute  sa  force 
et  de  toute  sa  vigueur ,  ont  une  épaisseur 
plus  considérable  que  celles  qui  leur  ont 
succédé,  et  qui  se  sont  constituées  dans 
une  période  où  la  végétation  était  moins 
vigoureuse.  En  général,  les  couches  formées 
pendant  les  années  humides  et  chaudes,  qui 
réunissent  les  conditions  les  plus  favorables 
à  la  végétation,  sont  plus  puissantes  que  cel¬ 
les  qui  correspondent  aux  années  de  séche¬ 
resse  ;  mais  celles-ci  l’emportent  sur  les 
premières  par  leur  force  et  leur  résistance. 

Tous  les  points  de  la  circonférence  d’une 
même  couche  n’ont  pas  non  plus  une  égale 
épaisseur.  On  remarque  souvent  au  contraire 
une  très  grande  inégalité  à  cet  égard.  On  a 
observé  que  la  plus  grande  épaisseur  de  la 
couche  correspond  toujours  ,  soit  au  côté  de 
la  tige  d’où  naît  une  grosse  branche,  soit  au 
côté  de  la  souche  qui  émet  un  rameau  con¬ 
sidérable  ,  en  un  mot  à  la  partie  de  l’axe  vé¬ 
gétal  qui  était  en  position  de  recevoir  une 
nourriture  plus  abondante. 

Les  couches  ligneuses  considérées  en  masse 
sont  d’autant  plus  dures  qu’elles  sont  plus 
intérieures.  En  effet,  celles  qui  sont  plus  rap¬ 
prochées  du  canal  médullaire  étant  les  plus 
anciennes,  on  peut  supposer  avec  juste  rai¬ 
son  qu’elles  ont  acquis  une  maturité  plus 
complète.  Mais  il  n’en  est  pas  de  même 
quand  on  compare  la  solidité  des  différents 
points  d’une  même  couche  ;  la  partie  la  plus 
superficielle  de  cette  couche  est  en  général 
formée  des  fibres  les  plus  dures  et  les  plus 
résistantes.  On  a  cherché  à  expliquer  ce  phé¬ 
nomène  ,  en  disant  que  la  partie  interne  de 
la  couche  se  forme  au  printemps ,  c’est-à- 
dire  à  une  époque  où  les  sucs  séveux  sont 
plus  abondants ,  mais  en  même  temps  plus 
aqueux  ;  tandis  que  la  partie  externe  de  la 
couche  s’est  développée  sous  l’influence  d’une 
saison  plus  chaude,  et  par  le  secours  de  sucs 
plus  substantiels  et  plus  élaborés,  qui,  par 
conséquent ,  donnent  une  plus  grande  soli¬ 
dité  au  tissu  ligneux  qui  se  forme. 

Le  nombre  des  couches  ligneuses,  inscrites 
les  unes  dans  les  autres  sur  la  coupe  trans¬ 
versale  de  la  tige  d’un  arbre  dicotylédoné , 
exprime  en  général,  avec  une  certaine  exac- 


BOI  629 

tîiude,  l’âge  de  cet  arbre.  C’est  par  ce  moyen 
qu’on  est  souvent  parvenu  à  déterminer  la 
durée  de  certains  végétaux  dont  l’origine 
reculée  remontait  à  des  dates  souvent  fort 
anciennes  ;  mais  il  s’en  faut  que  ce  moyen 
soit  rigoureux.  En  effet,  beaucoup  d’auteurs 
admettent ,  et  à  juste  titre  ,  selon  nous  ,  que 
dans  certaines  circonstances  il  peut ,  même 
dans  nos  climats  tempérés  ,  se  former  deux 
couches  ligneuses  dans  une  même  année. 
Ainsi ,  quand  l’été  a  été  très  sec ,  et  que  cette 
sécheresse  a ,  de  bonne  heure ,  arrêté  les 
phénomènes  de  la  végétation ,  si  l’automne 
est  chaud  et  humide ,  il  n’est  pas  rare  de 
voir  se  manifester  une  seconde  végétation  ; 
les  bourgeons  placés  à  l’aisselle  des  feuilles 
se  développent,  l’arbre  reverdit  et  se  couvre 
de  nouvelles  fleurs.  Dans  ce  cas,  il  est  évident 
qu’une  seconde  couche  ligneuse  a  dû  être  le 
résultat  de  cette  végétation  accidentelle ,  et 
le  nombre  des  années,  ou  l’âge  de  l’arbre,  n’est 
plus  représenté  exactement  par  le  nombre 
des  couches  du  Bois.  D’ailleurs,  comme  nous 
l’avons  dit  précédemment ,  les  couches  li¬ 
gneuses  sont  quelquefois  si  peu  distinctes , 
ou  tellement  minces  et  multipliées  dans  cer¬ 
tains  arbres  tropicaux ,  que  leur  inspection 
ne  peut  rien  apprendre  sur  le  temps  qu’ils 
ont  employé  pour  parvenir  au  moment  où  on 
les  observe. 

Etudions  maintenant  la  structure  du  Bois, 
c’est-à-dire  les  éléments  anatomiques  qui 
entrent  dans  sa  composition. 

Le  Bois  est  formé  par  un  tissu  spécial , 
nommé  Tissu  ligneux  ,  qui  n’est  cependant 
qu’une  simple  modification  tenant  en  quel¬ 
que  sorte  le  milieu  entre  les  utricules  et  les 
vaisseaux  proprement  dits.  Il  se  compose 
de  cellules  allongées  ou  de  tubes  courts  ,  à 
parois  très  épaisses  ,  ordinairement  coupées 
en  biseau  ou  en  pointe  oblique  à  chaque 
extrémité ,  superposées  les  unes  aux  autres 
et  tellement  adhérentes  qu’elles  semblent 
former  des  fibres  continues  :  aussi  le  Bois  a- 
t-il  constamment  une  structure  fibreuse.  On 
a  donné  des  noms  variés  à  ces  tubes  courts, 
qui  constituent  le  tissu  ligneux  ;  on  les  a 
tour  à  tour  appelés  Tubilles  ,  T nsseaux 
courts ,  Vaisseaux  fibreux  ,  Closlres  ,  etc. 

Le  tissu  ligneux  est  l’élément  essentiel  et 
constitutif  du  Bois  ;  mais  il  n’entre  pas  seul 
dans  sa  constitution.  Une  couche  ligneuse  se 
compose  de  trois  formes  du  tissu  élémen- 


BOI 


BOI 


630 

taire:  1°  de  tissu  ligneux;  2°  de  vaisseaux 
aériens  ;  3°  de  tissu  utriculaire.  Examinons 
quels  sont  la  position  et  les  rapports  de  ces 
tissus  dans  une  couche  ligneuse.  Si  nous  sou¬ 
mettons  à  l’examen  microscopique  une  tran¬ 
che  bien  mince  d’une  couche  ligneuse  cou¬ 
pée  en  travers,  nous  y  trouverons  l’organi¬ 
sation  suivante:  Le  tissu  ligneux  proprement 
dit  se  montre  sur  une  tranche  transversale, 
sous  la  forme  d’anneaux  irrégulièrement  ar¬ 
rondis  ,  quelquefois  anguleux  par  suite  de  la 
pression  qu’ils  exercent  les  uns  contre  les  au¬ 
tres,  à  parois  très  épaisses  et  à  cavité  inté¬ 
rieure  fort  étroite.  Au  milieu  de  ce  tissu  on 
voit  un  très  grand  nombre  de  vaisseaux  aé¬ 
riens,  qu’on  distingue  facilement  par  leur 
diamètre  beaucoup  plus  grand  et  par  la  min¬ 
ceur  de  leurs  parois.  Ces  vaisseaux  sont 
constamment  de  fausses  trachées,  le  plus 
souvent  du  genre  de  celles  qu’on  appelle 
Vaisseaux  ponctués.  Leur  nombre  est  plus 
ou  moins  considérable  suivant  les  espèces  : 
tantôt  les  tubes  ligneux  sont  plus  abondants, 
tantôt,  au  contraire,  les  vaisseaux  paraissent 
plus  nombreux  et  donnent  alors  à  la  tranche 
ligneuse  mince,  soumise  au  microscope,  l’ap¬ 
parence  d’une  dentelle.  Ces  vaisseaux  sont 
très  étroitement  unis  avec  le  tissu  ligneux  , 
et  ne  peuvent  en  être  séparés. 

La  couche  ligneuse  est  partagée,  par  des  li¬ 
gnes  dirigées  du  centre  vers  la  circonférence, 
en  un  très  grand  nombre  de  compartiments 
étroits.  Ces  lignes  sont  les  rayons  médullaires , 
ils  sont  uniquement  composés  de  tissu  utri¬ 
culaire,  dont  les  utricules  sont  régulièrement 
disposées  dans  une  position  transversale.  Tels 
sont  les  trois  éléments  anatomiques  dont  se 
compose  le  Bois.  En  dehors  des  rayons  mé¬ 
dullaires,  il  n’existe  aucune  trace  de  tissu 
utriculaire.  Les  vaisseaux  aériens  et  les  tubes 
ligneux  sont  unis,  soudés  entre  eux,  sans  le 
secours  d’aucun  autre  tissu. 

Le  tissu  ligneux  proprement  dit  se  com¬ 
pose  de  cellules  allongées  ou  de  tubes  courts, 
cylindriques  ou  anguleux,  et  dont  les  parois 
très  épaisses  sont  primitivement  transpa¬ 
rentes.  C’est  par  les  progrès  de  la  végétation 
et  par  suite  des  dépôts  de  matières  étrangè¬ 
res  qui  s’y  forment  que  ces  organes  perdent 
insensiblement  leur  transparence.  M.  Dutro- 
chet  s’est  assuré  que  quelle  que  soit  la  nature, 
la  couleur,  la  consistance  du  Bois,  il  avait  pri¬ 
mitivement  à  peu  près  les  mêmes  caractères 


dans  toutes  les  espèces.  Ainsi,  selon  cet  ha¬ 
bile  observateur,  en  faisant  bouillir  dans  l’a¬ 
cide  nitrique  des  fragments  de  Bois  d’É- 
bène  ou  de  tout  autre  Bois  très  dur  et  très 
coloré,  les  matières  étrangères  se  dissolvent 
et  les  fibres  ligneuses  deviennent  transpa¬ 
rentes  et  flexibles  comme  celles  des  Bois 
mous  et  blancs.  Les  belles  recherches  de 
M.  Payen  sur  la  nature  chimique  des  élé¬ 
ments  organiques  des  végétaux  confirment 
pleinement  les  observations  de  M.  Dutrochet. 
Ainsi  M.  Payen  a  reconnu  que  le  Bois,  comme 
toutes  les  autres  parties  du  tissu  des  végé¬ 
taux,  était  composé  de  Cellulose ,  c’est-à-dire 
d’une  matière  identique  avec  l’amidon  ,  par 
sa  constitution  chimique.  Mais  petit  à  petit 
il  se  dépose  dans  ces  organes  une  autre  sub¬ 
stance  dure  et  cassante,  qui  donne  de  la  so¬ 
lidité  et  de  la  résistance  aux  fibres  ligneuses, 
matière  qui  offre  une  composition  un  peu 
différente  de  celle  de  la  cellulose. 

Nous  avons  dit  précédemment  que  les  vais¬ 
seaux  aériens  du  Bois  étaient  de  fausses  tra¬ 
chées  et  plus  particulièrement  des  vaisseaux 
ponctués.  Ce  sont  aussi  quelquefois  des  vais¬ 
seaux  rayés.  Ces  vaisseaux  sont  assez  géné¬ 
ralement  dispersés  sans  ordre  dans  l’épais¬ 
seur  de  chaque  compartiment  ligneux;  quel¬ 
quefois  solitaires  et  présentant  alors,  sur  une 
coupe  transversale  ,  une  aire  plus  ou  moins 
régulièrement  arrondie  ou  elliptique.  Le  plus 
souvent  ils  sont  groupés  par  deux  ou  trois 
ensemble ,  et  leur  forme  est  alors  modifiée 
par  leur  contact  réciproque ,  qui  est  toujours 
très  intime.  Il  arrive  quelquefois  que  les 
grands  tubes  du  Bois  ou  les  vaisseaux  aériens 
sont  disposés  avec  une  sorte  de  symétrie,  et 
que,  sur  la  coupe  transversale  de  la  tige,  ils 
forment  des  espèces  de  lignes  circulaires  as¬ 
sez  régulières.  Assez  souvent  ceux  qui  ont 
été  formés  les  premiers  ,  et  qui  sont  par  con¬ 
séquent  les  plus  profonds  de  chaque  couche, 
prise  isolément,  ont  un  diamètre  plus  grand 
que  ceux  qui  sont  plus  superficiels.  Cette  dif¬ 
férence  provient  de  ce  que  les  premiers  se 
sont  développés  dès  le  printemps,  c’est-à-dire 
à  une  époque  où  la  végétation  est  plus  puis¬ 
sante  et  les  sucs  plus  abondants. 

Si  nous  examinons  la  manière  dont  le  Bois 
commence  à  se  former  dans  une  tige  ou  une 
branche  d’arbre  dicotylédoné  ,  nous  verrons 
que  la  couche  ligneuse,  au  lieu  de  former 
une  masse  circulaire  continue  ,  se  montre 


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d’abord  en  faisceaux  distincts ,  disposés  cir- 
culairement  au  centre  de  la  tige.  Ces  fais¬ 
ceaux  ou  compartiments  ligneux  sont  sépa¬ 
rés  les  uns  des  autres  par  une  couche  de 
tissu  cellulaire  plus  ou  moins  épaisse  ,  con¬ 
tinuée  sans  interruption  avec  celui  qui  oc¬ 
cupe  la  partie  centrale  de  la  tige  et  qui  plus 
tard  devra  constituer  la  moelle,  et  d’une  au¬ 
tre  part  avec  la  couche  cellulaire  extérieure 
dans  laquelle  les  faisceaux  corticaux  vont  se 
développer.  Petit  à  petit  ces  faisceaux  ligneux 
s’élargissent,  s’allongent;  ils  augmentent  par 
la  division  qui  s’opère  dans  chacun  des  fais¬ 
ceaux  primitifs  ;  le  tissu  cellulaire  qui  les  sé¬ 
pare  se  resserre ,  et  bientôt  les  espaces  qui 
existent  entre  les  compartiments  apparais¬ 
sent  seulement  sous  la  forme  de  lignes  étroi¬ 
tes,  qui  constituent  les  rayons  médullaires. 

On  a  prétendu  que  chaque  couche  ligneuse 
était  séparée  de  celles  au  milieu  desquelles 
elle  est  placée  par  une  couche  très  mince  de 
tissu  utriculaire.  M.  Dutrochet ,  qui  a  émis 
cette  opinion,  dit  que  cette  structure  est  sur¬ 
tout  très  remarquable  dans  la  tige  du  Rhus 
typhinum.  Selon  cet  habile  physiologiste ,  il 
existe  entre  chaque  couche  ligneuse  de  celte 
tige  une  couche  de  tissu  cellulaire  qui  se  re¬ 
connaît,  entre  autres  caractères,  à  sa  colora¬ 
tion  jaune  brunâtre  beaucoup  plus  intense; 
mais  nous  avons  examiné  attentivement  la 
structure  de  cette  tige,  que  nous  avons  suivie 
dans  tîntes  les  périodes  de  son  développe¬ 
ment,  et  nous  n’y  avons  pu  reconnaître  au¬ 
cune  trace  de  tissu  utriculaire  interposé  en¬ 
tre  les  couches  ligneuses. 

Le  Bois  existe,  non  seulement  dans  l’axe 
ou  organe  central  des  végétaux  ligneux,  mais 
dans  toutes  les  autres  parties  susceptibles 
d’endurcissement. 

En  traitant  des  Tiges ,  nous  ferons  voir 
que  dans  les  végétaux  herbacés ,  il  y  a  aussi 
une  couche  de  Bois  et  que  son  organisation 
ne  diffère  pas  sensiblement  de  celle  qu’on 
observe  dans  les  végétaux  ligneux ,  à  la  pre¬ 
mière  année  de  leur  développement. 

La  description  que  nous  venons  de  don¬ 
ner  du  Bois  s’applique  à  la  généralité  des 
tiges  ligneuses  dans  les  végétaux  dicotylédo- 
nés;  mais  elle  offre  cependant  de  grandes 
variations  dans  un  certain  nombre  de  végé¬ 
taux,  parmi  lesquels  nous  citerons  les  Coni¬ 
fères,  les  Cycadées ,  les  Ménispermées ,  les 
Aristolochiées  et  un  grand  nombre  d’autres 


631 

familles,  qui  renferment  des  plantes  sarmen- 
teuses  et  des  lianes.  Nous  traiterons  succes¬ 
sivement  de  ces  modifications  soit  au  nom 
de  chacune  de  ces  familles,  soit  et  principa¬ 
lement  à  l’article  tige.  Voy.  ce  mot. 

§  IL  Du  Bois  dans  la  tige  des  végétaux 
monocolylèdonès  ligneux. 

Les  Bois,  dans  la  tige  ligneuse  des  végétaux 
monocotylédonés ,  présente  une  disposition 
bien  différente  de  celle  que  nous  venons 
d’observer  dans  celle  des  arbres  dicotylédo¬ 
nes.  Ce  ne  sont  plus  des  couches  circulaires 
emboîtées  les  unes  dans  les  autres  avec  une 
sorte  de  régularité  ,  et  pouvant  servir  à  dé¬ 
terminer  le  nombre  d’années  qu’a  duré  la 
végétation  de  ces  tiges.  Le  Bois,  ici,  est  sous  la 
forme  de  fibres  ou  de  faisceaux  peu  volu¬ 
mineux  ,  distincts  les  uns  des  autres  et  plon¬ 
gés  au  milieu  d’un  tissu  cellulaire  qui  forme 
la  masse  de  la  lige  :  aussi  la  coupe  transver¬ 
sale  d’une  tige  de  Palmier  ou  de  tout  autre 
monocotylédoné  ligneux  se  montre-t-elle 
composée  d’une  foule  de  points  ou  de  fais¬ 
ceaux  irrégulièrement  arrondis,  épars  et  sans 
ordre ,  et  n’offrant  jamais  cette  disposition 
par  couche  qui  forme  le  caractère  distinctif 
de  tous  les  arbres  dicolylédonés. 

En  général ,  les  fibres  ligneuses  dans  les 
tiges  des  Monocotylédonés  sont  plus  abon¬ 
dantes,  et  par  conséquent ,  plus  serrées  les 
unes  contre  les  autres  dans  les  parties  super¬ 
ficielles  de  la  tige.  C’est,  comme  on  sait,  le 
contraire  pour  les  tiges  dicotylédonées,  dont 
les  couches  ligneuses  sont  d’autant  plus  den¬ 
ses  qu’elles  sont  plus  intérieures. 

Quant  à  la  structure  de  ses  fibres  ligneu¬ 
ses,  elle  est  assez  compliquée.  Chacune  d’el¬ 
les  renferme,  en  effet,  du  tissu  ligneux  pro¬ 
prement  dit,  ordinairement  disposé  en  deux 
faisceaux,  l’un  intérieur,  l’autre  externe.  En¬ 
tre  ces  deux  faisceaux  se  trouvent  les  vais¬ 
seaux  aériens ,  trachées  et  fausses  trachées, 
et  les  vaisseaux  séveux,  réunis  par  du  tissu 
utriculaire.  Nous  nous  bornerons  ici  à  cette 
indication  sommaire  de  la  structure  des  fais¬ 
ceaux  ligneux  dans  la  tige  des  Monocotylé¬ 
donés,  remettant  à  la  développer  avec  plus 
de  détail  aux  mots  monocotylédonés  etTiGE. 
Voy.  ces  mots. 

§  III.  De  la  conservation  des  Bois . 

Le  Bois  est  une  des  matières  les  plus  utiles 
que  la  nature  fournisse  à  l’homme  pour  ta 


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632 

satisfaction  de  ses  besoins.  Sans  parler  ici  de 
l’emploi  du  Bois  comme  combustible,  il  nous 
suffira  de  rappeler  les  usages  de  cette  matière 
dans  la  construction  de  nos  habitations ,  de 
nos  meubles  et  de  nos  navires.  Mais  le  Bois 
est  sujet  à  une  foule  d’altérations  qui  nui¬ 
sent  à  sa  durée ,  et  compromettent  tous  les 
ouvrages  dans  la  construction  desquels  il 
entre  :  aussi  s’est-on  beaucoup  occupé  des 
moyens  de  conserver  aux  Bois  toutes  les  pro¬ 
priétés  qui  les  distinguent ,  en  les  préser¬ 
vant  des  altérations  qu’ils  sont  susceptibles 
d’éprouver.  Parmi  les  résultats  auxquels  ont 
conduit  les  recherches  dirigées  vers  ce  but , 
il  n’en  est  pas  de  plus  remarquables  que 
ceux  obtenus  par  M.  le  docteur  Boucherie. 
Ces  résultats  ont  été  consignés  dans  un  mé¬ 
moire  présenté  à  l’Académie  royale  des  scien¬ 
ces  dans  le  courant  de  l’année  1840  ,  et  sur 
lequel  M.  Dumas  a  fait ,  au  nom  d’une  com¬ 
mission  nommée  par  l’Académie  ,  un  rap¬ 
port  extrêmement  favorable.  (Voyez  Compte - 
Rendu,  1840,  t.  II,  p.  894.) 

M.  le  docteur  Boucherie,  dit  M.  Dumas, 
s’est  proposé  de  rendre  le  Bois  beaucoup 
plus  durable ,  de  lui  conserver  son  élasti¬ 
cité  ,  de  le  préserver  des  variations  de  vo¬ 
lume  qu’il  éprouve  par  la  sécheresse  et  l’hu¬ 
midité  ,  de  diminuer  sa  combustibilité,  d’aug¬ 
menter  sa  ténacité  et  sa  dureté  ;  enfin  de  lui 
donner  des  couleurs  et  même  des  odeurs  du¬ 
rables. 

Toutes  ces  exigences  ont  été  satisfaites ,  et 
elles  l’ont  été  par  des  moyens  peu  coûteux  , 
simples  et  nouveaux;  elles  l’ont  été  à  l’aide 
de  substances  communes  et  d’un  vil  prix; 
La  matière  que  M.  le  docteur  Boucherie  em¬ 
ploie  surtout  est  le  pyrolignite  de  Fer  brut , 
auquel  il  ajoute  ensuite  certaines  autres  ma¬ 
tières  ,  quand  surtout  il  a  l’intention  de  com¬ 
muniquer  aux  Bois  des  teintes  plus  ou  moins 
variées.  A  cet  effet ,  il  emprunte  toute  la 
force  dont  il  a  besoin  pour  faire  pénétrer  les 
substances  dans  le  tissu  ligneux  ,  à  la  force 
aspiratrice  du  végétal  lui-même  ;  et  cette 
force  suffit  pour  porter  de  la  base  du  tronc 
jusqu’aux  feuilles  toutes  les  liqueurs  qu’on 
veut  y  introduire ,  pourvu  qu’elles  soient 
maintenues  dans  certaines  limites  de  con¬ 
centration. 

Pour  cela,  on  coupe  par  le  pied  l’arbre  en 
pleine  sève  ;  on  plonge  son  extrémité  infé¬ 
rieure  dans  une  cuve  renfermant  la  liqueur 


qu’on  veut  faire  aspirer.  En  quelques  jours 
celle-ci  montera  jusqu’aux  feuilles  les  plus 
élevées;  tout  le  tissu  végétal  sera  envahi, 
sauf  le  centre  de  la  tige,  qui  résiste  toujours 
à  la  pénétration.  L’arbre  peut  être  dégarni 
d’une  partie  de  ses  branches  :  pourvu  qu’il 
reste  un  bouquet  de  feuilles  au  sommet  de 
la  tige ,  l’aspiration  s’exécutera.  On  pourrait 
encore  arriver  au  même  résultat  sans  cou¬ 
per  l’arbre  par  sa  base.  Ainsi ,  une  cavité 
creusée  à  son  pied ,  ou  un  trait  de  scie  qui 
divise  celui-ci  sur  une  grande  étendue  de  sa 
surface,  suffisent  pour  qu’en  mettant  la  par¬ 
tie  entamée  en  contact  avec  un  liquide  ,  il  y 
ait  une  absorption  rapide  et  complète  de  ce 
dernier. 

C’est  par  l’emploi  des  chlorures  terreux 
que  M.  Boucherie  arrive  à  rendre  les  Bois 
presque  incombustibles ,  sans  leur  faire  per¬ 
dre  aucune  de  leurs  autres  propriétés. 

Enfin ,  par  ces  procédés  ingénieux ,  M.  le 
docteur  Boucherie  donne  aux  Bois  des  tein¬ 
tes  variées ,  qui  les  rendent  propres  à  entrer 
dans  la  fabrication  des  meubles.  Ainsi,  le 
pyrolignite  de  Fer  les  colore  en  brun  ;  si  on 
y  associe  une  matière  tannante ,  ils  prennent 
une  couleur  noire  ;  si  on  fait  succéder  au 
pyrolignite  de  Fer  du  prussiate  de  Potasse , 
ou  de  l’acétate  de  Plomb  ou  du  chromate  de 
Potasse ,  on  obtient  de  belles  nuances  bleue 
ou  jaune. 

Ces  résultats  nous  ont  paru  trop  impor¬ 
tants  pour  que  nous  puissions  nous  dispen¬ 
ser  de  leur  donner  une  place  dans  un  article 
général  sur  les  Bois.  (A.  Richard.) 

Le  nom  de  Bois  a  été  appliqué  à  un  grand 
nombre  d’arbres ,  en  partie  originaires  des 
pays  tropicaux ,  et  on  y  a  joint  une  ou  plu¬ 
sieurs  épithètes  indiquant  leur  patrie ,  leurs 
propriétés  réelles  ou  chimériques,  leurs  usa¬ 
ges  ou  leur  ressemblance  avec  des  objets 
quelconques.  Cette  longue  liste  de  noms , 
souvent  si  bizarres  ,  empruntés  à  la  langue 
inexacte  et  imparfaite  du  peuple  et  des  voya¬ 
geurs  ,  doit  cependant  encore  trouver  place 
dans  les  ouvrages  d’histoire  naturelle,  car  elle 
sert  à  l’intelligence  des  relations  de  voyage  où 
beaucoup  de  ces  noms  subsistent  encore.  On 
se  sert  généralement  dans  le  commerce,  dans 
les  arts  industriels  ,  en  économie  rurale  et 
forestière,  de  ces  dénominations  vulgaires,  et 
quelques  unes  appartiennent  à  notre  langue 
usuelle  ;  nous  nous  bornerons  à  en  donner 


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l’énumération  avec  leur  signification  vérita¬ 
ble  ,  en  renvoyant  aux  noms  scientifiques 
pour  les  détails  que  quelques  uns  compor¬ 
tent. 

B.  abrouti  ,  les  arbres  dépouillés  de  leurs 
bourgeons,  de  leurs  feuilles  et  de  leur  écorce, 
par  le  bétail  ou  les  bêtes  fauves ,  et  qui  ne 
font  plus  que  végéter. 

B.  d’absinthe  ,  ou  amer,  Çuassia  amara , 
aussi  B.  de  Quassie  et  Q.  simaruba,  Carissa 
amara ,  et  quelques  autres  arbres  remarqua¬ 
bles  par  leur  amertume. 

B.  d’acajou  ,  le  Cedrela  odorala  et  le  Swie- 
tenia  mahogoni ,  qu’on  appelle  aussi  B.  de 
mahogoni. 

B.  d’ACOSSOIS,  B.  BAPTISTE  ,  A  LA  FIEVRE 

ou  de  sang  ,  B.  sanglant.  Noms  vulgaires  du 
Millepertuis  en  arbre ,  Hypericum  sessilifo- 
lium.  " 

B.  d’acouma,  ou  acoumat,  YHomalium  ra- 
cemosum  et  le  Rumalda  salici  folia. 

B.  d’agatis  ,  d’agouti,  le  Pitex  divaricata 
et  V Æschinomene  grandiflora. 

B.  d’agra  ou  d’agara.  Bois  odorant  em¬ 
ployé  en  Chine  à  la  fabrication  des  petits 
meubles,  et  dont  le  genre  n’a  pu  être  déter¬ 
miné. 

B.  d’aguilla.  Bois  aromatique  d’Afrique 
appartenant  à  un  arbre  inconnu. 

B.  d’aigle,  d’aloes,  d’agallocheou  de  ca- 
lambac.  Bois  aromatique  qu’on  brûle  à  la 
Chine  et  au  Japon  ,  à  cause  de  son  odeur 
agréable;  il  provient  de  l’Agalloche  ,  Exœ- 
caria  officinarum.  Ce  nom  a  encore  été  donné 
au  bois  de  YAquilaria  de  Cavanilles. 

B.  a  aiguilles.  Nom  donné  communé¬ 
ment  aux  arbres  de  la  famille  des  Conifères. 

B.  d’ainon,  le  Robinia  sepium. 

B.  d’amande,  le  Marila  racemosa  et  le  Lau- 
rus  pichurim. 

B.  d’amarante  ,  les  Swietenia  mahogoni  et 
senegalensis. 

B.  d’amourette.  On  en  connaît  deux  es¬ 
pèces  :  le  petit  est  le  Mimosa  tenuifolia,  et  le 
grand  le  Mimosa  lamarindi folia. 

B.  angelin,  YAndrra  racemosa. 

B.  d’anis  ,  Ylllicium  anisatum  ,  le  Laurus 
persea ,  le  Limonia  madagascariensis. 

B.  d’anisette  ,  le  Piper  aduncum. 

B.  ARADA  ,  B.  PIQUANT ,  le  Chrysobolanus 
ioaco ,  et  un  arbre  de  Madagascar  non  déter¬ 
miné. 

B.  i’arc,  le  Cytisus  laburnum. 

T  II. 


633 

B.  d’argent,  le  Protea  argentea. 

B.  n’ ABONDE,  B.  DE  RONDE,  DE  RONGLE,  YE- 
ryihroxylum  laurifolium. 

B.  d’aspalath,  aussi  B.  de  Chypre  et  de 
cygne,  YAspalaihus  ebenus.  Les  deux  der¬ 
niers  noms  s’appliquent  aussi  au  Cordia  ge 
rascanlhes  et  au  Cupressus  dislicha. 

B.  bacha  ou  a  caleçons  ,  plusieurs  espè¬ 
ces  de  Bauhinia • 

B.  a  baguettes.  A  Cayenne,  deux  Raisi- 
niers  ;  à  Haiti ,  le  Sébestier. 

B.  a  balai.  En  Europe,  le  Bouleau,  la 
Bruyère,  le  Genêt,  etc.,  etc.  ;  à  l’île  Maurice, 
Y Erythroxylum  hypericifolium  ,  et  le  Fres- 
nelia. 

B.  balle.  A  Cayenne,  le  Guarea  trichilioi - 
des ,  à  cause  de  la  similitude  de  son  fruit  avec 
une  balle  à  jouer. 

B.  bambou  ,  YArundo  bambos. 

B.  ban.  A  Haïti ,  le  Cordia  callococca. 

B.  de  bananes.  A  Bourbon,  Y  U  varia  odo- 
rata  ;  à  Java  et  dans  l’Inde,  Y  U.  dislicha. 

B.  EARDOTTIER,  B.  DE  NATTE,  B.  TETE-DE- 

Jacot,  plusieurs  espèces  du  g.  Mimusops. 

B.  BAROIT,  B.  DE  FEROLE,  B.  satine,  le  Fe- 
rolia  d’Aublet ,  qu’on  croit  aussi  être  le  B. 
marbre.  On  appelle  aussi  B.  satiné,  le  Bois 
du  Prunus  domestica. 

B.  a  barraoues,  B.  barag.  A  Haïti  et  à  la 
Guiane,  le  Combretum  laxum. 

B.  A  barriques  ,  le  Bauhinia  porrecta. 

B.  de  bassin  des  bas.  On  appelle  ainsi  à 
Bourbon  le  Comteiay  et  B.  de  bassin  des 
hauts,  le  Blackivellia. 

B.  de  baume,  le  Croion  balsamiferum. 

B.  bénit.  Synonyme  de  Buis. 

B.  de  benjoin.  A  Maurice,  les  Badamiers. 

B.  benoît.  A  Haïti,  ce  bois  est  employé  en 
ébénisterie  :  on  ne  sait  à  quel  genre  il  appar 
tient. 

B.  de  bigaillon  ,  YEugenia  Bigaillonii. 

B.  de  bitte.  Aux  Indes  ,  le  Sophora  hete - 
rophylla. 

B.  blanc.  En  Europe,  on  désigne  sous  ce 
nom  tous  les  arbres  à  bois  tendre  et  peu  co 
loré,  dont  le  cœur  diffère  à  peine  de  l’aubier, 
tels  que  les  Peupliers,  les  Saules,  le  Bouleau, 
le  Tilleul ,  etc.  A  la  Martinique ,  on  désigne 
sous  ce  nom  une  espèce  de  Staphilier  ;  à  Elle 
de  France  et  à  Bourbon  ,  c’est  YHernandia 
ovigera  et  le  Sideroxylïtrn  laurifolium  ;  à  la 
Nouvelle-Hollande ,  c’est  le  Melaleuca  leuco- 
dendra  ;  et  celte  dénomination  s’applique 
40* 


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encore  à  diverses  espèces  de  Seringat ,  et 
surtout  aux  Philadelphus  coronarius  et  ino- 
dorus. 

B.  BLANC-ROUGE  ,  B.  DE  POUPART  ,  le  PûU- 
partia. 

B.  DE  BOMBARDE,  B.  TAMBOUR,  B.  DE  RUCHE. 

A  Bourbon  ,  YAmbora,  lambourissa. 

B.  de  bouc  ,  le  Premna  dentifolia. 

B.  a  boutons  ,  toutes  les  espèces  du  g.  Ce- 
phalanlhus. 

B.  bracelet.  Aux  Antilles ,  le  Jacquinia 
armillaris ,  dont  les  Caraïbes  prenaient  la 
graine  pour  se  faire  des  bracelets. 

B.  brai  ,  le  Cordia  macrophylla. 

B.  DE  BRÉSIL  OU  DE  FERNAMBOUC  ,  B.  LA- 
MON.  y oyez  BP.ÉSILLET. 

B.  cabri,  cabril,  et  B.  de  bouc.  Aux  An¬ 
tilles  ,  toutes  les  espèces  du  g.  Ægiphyla ,  le 
Fagara  Iragodes ,  le  Knaulia  orientalis  ,  et 
YEhrelia  Bouneria  •  cette  dernière  plante 
s’appelle  aussi  B.  de  rôle  batard. 

B.  puant.  A  Haïti ,  les  Capparis  ferrugi- 
nea  et  breynia  ,  et  une  espèce  de  Sierculia; 
à  Bourbon  et  dans  l’Inde  ,  le  Mimosa  farne- 
siana. 

B.  caïpon.  Bois  de  construction  à  Haïti:  on 
croit  que  c’est  un  Chionanthe. 

B.  a  calumet.  A  Cayenne  ,  le  Macca  pi- 
riri . 

B.  DE  CAMPÊCIIE  ,  B.  D’iNDE  ,  B.  DE  LA  JA¬ 
MAÏQUE,  B.  de  nicaraguas,  quelquefois  aussi 
B.  de  sang,  Slemaloxylum  campechianum. 

B.  cannelle.  Il  y  en  a  de  trois  sortes  :  le 
blanc,  Canella  alba  et  Laurus  capsuliformis  ; 
le  gris,  Elœocarpus  serrata,  et  le  noir,  Dry- 
mis  vinleri. 

B.  canon  ,  B.  trompette  ,  le  Cecropia  pel- 
lala  et  le  Panax  chrysophyllum. 

B.  de  canot.  A  Maurice ,  le  Calophyllum 
inophyllum  ;  sur  la  côte  du  Malabar,  le  C. 
calaba;  aux  Séchelles ,  le  Terminalia  ca- 
tappa  ;  en  Amérique,  le  Liriodendrum  tulipi- 
ferum  et  le  Cupressus  dislicha. 

B.  de  capitaine.  A  Haïti,  les  Malpighia 
angiislifolia,  aquifolia,  glabra  et  urens.  Ce  der¬ 
nier  s’appelle  aussi  B.  iiinselin. 

B.  de  capucin  ,  B.  signor.  A  la  Guiane , 
un  arbre  de  construction  non  déterminé. 

B.  de  caque  ,  le  Comulia  pyramidala. 

B.  caraïbe.  A  Haïti,  un  arbre  de  construc¬ 
tion  ,  dont  le  nom  n’est  pas  connu. 

B.  CARRÉ  ,  B.  DE  LARDOIRE  ,  B.  LOUSTAU. 

Noms  vulgaires  du  Fusain  ,  Evonymus  euro - 


pœus.  Ce  dernier  nom  s’applique  aussi  à 
YAnlirrhœa  asiatica. 

B.  cassant,  le  Psatura. 

B.  a  cassave,  B.  doux,  Y Aralia  arborea. 

B.  de  cavalam  ,  le  Sterculia  fœlida. 

B.  de  cayan.  Synonyme  de  Simarouba. 

B.  de  cedre.  A  la  Guiane,  YAniba  guianen- 
sis  ;  à  la  Jamaïque  ,  le  Theobroma  guazuma  ; 
en  Espagne,  le  Juniperus  thurifera  ;  en  Amé¬ 
rique  ,  le caroliniana. 

B.  de  cham  ,  le  Tespesia  ou  un  Cer- 
cis. 

B.  de  chambre,  Y  Agave  americana.  Nichol- 
son  désigne  sous  ce  nom  un  arbrisseau  in¬ 
connu. 

B.  DE  CHANDELLE  ,  B.  DE  LUMIERE  ,  Y  AmiJ- 
ris  elemifera,  le  Dracœna  reflexa,  Y  A  gave 
fœlida  ,  YErilhalis  frulicosa  ,  et  plusieurs  es¬ 
pèces  de  bois  résineux  dont  on  se  sert  en 
guise  de  flambeau. 

B.  de  charpentier,  le  Justicia  pecloralis. 

B.  de  chauve-souris.  A  Bourbon  ,  c’est  le 
nom  d’une  espèce  du  g.  Fiscurn  ,  dont  les 
Roussettes  recherchent  les  fruits. 

B.  de  chêne,  les  Bignonia  leucoxylum ,  Ion - 
gissima  et  penlaphylla. 

B.  de  chenilles  ,  le  Volkameria  heiero- 
phylla  et  le  Conyza  salicifolia. 

B.  de  cheval  ou  B.  major.  A  Haïti,  YE- 
rylhroxylum  havanense. 

B.  de  chik,  le  Cordia  myxa ,  et  d’après 
d’autres  auteurs,  le  C.  sebestana. 

B.  de  chine.  Nom  donné  improprement  à 
un  arbre  de  la  Guiane,  dont  le  bois  ressemble 
à  celui  du  Palixandre. 

B.  de  citron  ,  YErilhalis  frulicosa.  En 
France ,  on  désigne  sous  ce  nom  le  B.  du  ci¬ 
tronnier. 

B.  de  clou.  A  Maurice,  YEugenia  lucida; 
à  Madagascar,  le  liavenala  madagascariensis ; 
au  Brésil,  le  Myrihus  cariophyllala. 

B.  a  cochon  ,  le  Bursera  gummifera  ,  Y I- 
cica  lieplaphylla  ,  et  le  Paullinia  asiatica. 

B.  collant,  le  Psatura. 

B.  DE  colophane  franc,  le  Colophania  de 
Commerson  ;  B.  de  c.  batard,  B.  de  compa¬ 
gnie,  le  Bursera  oblusi folia. 

B.  de  combage  ,  espèce  de  Myrte  non  dé¬ 
terminé  ,  abondant  aux  Antilles. 

B.  de  corail  ,  YErythrina  corallodendron. 

B.  de  corne.  A  Amboine,  le  Garcinia  cor - 
nea  ;  à  la  Cochinchine  ,  le  Brindonia  cochin- 
chinensis. 


BOI 


B.  COTELET  OU  A  COTELETTES  ,  le  ComUlia 
pyramidata  ,  le  Casearia  parviflora  ,  1  ’Ehre- 
tia  bourreria ,  et  YEllisia  nictelea. 

B.  a  coton.  Nom  vulgaire  du  Peuplier  de 
Virginie  et  d’autres  arbres  dont  les  graines 
sont  surmontées  d’une  aigrette  soyeuse  et 
semblable  à  du  coton. 

B.  couleuvre.  Aux  Antilles,  le  Dracontium 
perlusum ,  le  Rhamnus  colubrmus,  et  le  Slrych - 
nos  colubrina  ;  à  Amboine  ,  l’ Ophixylum  ser- 
peniinum  ;  sur  la  côte  du  Malabar ,  Y  A- 
melpo ,  à  cause  des  propriétés  spécifiques  ac¬ 
cordées  à  ces  arbres  contre  la  morsure  des 
Serpents. 

B.  DE  CRABE  OU  DE  CRAVE  ,  le  MyrlUS  C<X- 

ryophyllata. 

B.  de  cranganor.  Nom  du  Pavelta  indica, 
à  cause  de  son  abondance  à  Cranganor. 

B.  creux.  Plante  herbacée  de  Cayenne ,  le 
Lisianthus  alatus. 

B.  de  crocodile  ,  B.  de  musc  ,  le  Clulia  ela- 
teria. 

B.  de  cuir  ou  de  plomb  ,  Dirca  palustris. 

B.  de  cyprès.  Aux  Antilles,  le  Cordia  ge- 
rascanlhes . 

B.  de  dames  ou  d’huile.  A  Maurice  ,  une 
espèce  d '  Erythroxylum. 

B.  damier.  Voyez  badamier. 

B.  dard  ou  de  flèche  ,  le  Possira  et  le 
Pelaloma. 

B.  de  dartres.  A  Cayenne,  les  Hypericum 
latifolium  et  sessilifolium  ;  et  à  Bourbon ,  le 
Danois  fragrans. 

B.  de  demoiselles  ,  le  Kirganelia  mauri- 
tiana . 

B.  dentelle  ,  le  Lagetta  lintearia. 

B.  dur.  Au  Canada,  le  Carpinus  ostrya  ;  à 
Maurice  et  dans  l’Inde  ,  le  Semrinega  duris- 
sima  :  ce  dernier  s’appelle  aussi  B.  de  quin- 
quin  ou  de  tezé  ;  en  Europe,  on  appelle  ainsi 
les  Bois  d’une  contexture  serrée ,  tels  que  le 
Buis,  l’Orme ,  le  Chêne ,  etc. 

B.  dyssentérique  ,  B.  tan  ,  le  Malpighia 
spicata.  On  a  donné  le  nom  de  B.  de  tan 
rouge  à  diverses  espèces  du  g.  tVenman- 
nia . 

B.  d’ébÈne,  le  Diospyros  ebenum  ;  B.  d’é- 
bÈne  jaune  ou  vert,  le  Bignonia  leucoxylon; 
B.  d’ébÈne  de  crÈte,  Y  Anthyllis  cretica ;  B. 
d’ébÈne  rouge  ,  B.  de  grenadille  ,  le  Ta- 
nionus  de  Rumph.  ;  Faux  B.  d’ébÈne,  le  Cy- 
tisus  laburnum. 

B.  d’écorce,  un  Uvaria ,  un  Blackwellia 


BOI  635 

et  un  Nuxia ,  dont  les  espèces  sont  indéter¬ 
minées. 

B.  d’encens  ,  l’/dca  enneandra. 

B.  A  ENIVRER,  B.  ENIVRANT,  B.  IVRANT, 
Y Euphorbia  frulescens ,  le  Phyllanthus  virosa, 
le  Galega  sericea  ,  et  plusieurs  autres  plan¬ 
tes  lactescentes  qui  jouissent  de  la  propriété 
d’enivrer  le  Poisson. 

B.  épineux  ,  le  Bombax  pentandrum ,  le 
Xanlhoxylum  caribœum ,  YOchroxylum  lu - 
teum. 

B.  éponge  ,  le  Gastonia  de  Commerson , 
et  le  Cissus  mappia. 

B.  éti  ,  un  Eugenia. 

B.  falaise,  un  Myrtus. 

B.  de  fer.  A  la  Guiane  ,  les  Robinia  pana - 
coco  et  tomentosa  ;  aux  Antilles  ,  le  Rham¬ 
nus  ellipticus  et  Y Ægiphila  marlinicensis;  à 
Ceylan,  le  Mesua  ferrea  ou  B.  de  naghas  ;  à 
Maurice,  le  Syderoxylon  cinereum  ;  chez  les 
Malais ,  un  Metrosideros.  B.  de  fer  d’afri- 
que  ,  le  Syderoxylum  cinereum;  B.  de  fer  de 
Jamaïque,  le  Fagara  pterola;  B.  de  fer  a 
grandes  feuilles  ,  le  Coccoloba  grandifo - 
lia;  B.  DE  FER  DE  JUDA  OU  B.  DE  JUDA,  le  Cos- 
signia  pinnaia. 

B.  a  feuilles.  En  Europe,  on  appelle  ainsi 
tous  les  arbres  à  feuilles  caduques.  B.  a 
grandes  feuilles,  le  Coccoloba  pubescens ,  le 
Genipa  americana,\e  Chrysophyllum  caïmito. 
B.  A  petites  feuilles  ,  Y  Eugenia  divaricatay 
et  plusieurs  espèces  de  Myrtes. 

B.  a  la  fièvre  ,  les  diverses  espèces  de 
Quinquina  et  YHypericum  sessilifolium. 

B.  a  flambeau.  En  Europe ,  c’est  le  nom 
vulgaire  des  arbres  résineux  ;  en  Amérique, 
c’est  Y Hœmatoxylum  campechianum  ;  à  Bour¬ 
bon  ,  le  Fagara  heterophylla  et  Y Erythroxy¬ 
lum  laurifolium. 

B.  FLÉAU  ,  B.  DE  FLOT,  B.  DE  LIÈGE  OU  B. 
siffleux,  le  Bombax  gossypium ,  le  Cordia 
macrophylla ,  Y Hibiscus  tiliaceus. 

B.  fragile  ,  le  Casearia  fragilis. 

B.  DE  FREDOCHE,  D’ORTIE  OU  PELÉ,  B.  SANS 
Écorce  ,  Citharexylum  melanocardium.  Ces 
deux  dernières  dénominations  s’appliquent 
encore  au  Ludia  de  Commerson. 

B.  DE  FRÊNE  OU  DE  PETIT  FRENE  ,  le  BignO - 
nia  radicans ,  et  quelquefois  aussi  le  Çuassia 
amara. 

B.  galeux  ou  de  senteur  ,  Y Assonia  po - 
pulnea.  Le  B.  de  senteur  bleu  est  le  Ruizia 
variabilis,  et  le  blanc  le  Ruizia  cordata. 


636 


BOI 


BOI 


B.  DE  GAROU  ,  B.  GENTIL  ,  B.  JOLI  ,  B.  d’O- 
reille  ,  le  Daphné  mezereum.  Le  dernier 
nom  s’applique  aussi  au  D.  laureola. 

B.  de  gaulettes,  YHirtellù  racemosa ,  le 
Melicocea  apelala. 

B.  DE  gÉrofle  ,  le  Myrthus  caryophyllata. 

B.  de  glu.  A  Cayenne,  le  Sapium  aucupa- 
rium. 

B.  DE  gouyave  ,  le  Prockia  ovata. 

B.  de  grignon,  le  Bucida  buceras. 

B.  gris  ,  les  Mimosa  inga  et  fagifolia ,  et 
d’autres  espèces  de  Mimosa. 

B.  Guillaume.  Nom  vulgaire  de  diverses 
Conyzes  et  Baccharides  frutescentes  et  à 
feuilles  visqueuses ,  dans  nos  colonies. 

B.  DE  GUITARE  OU  GUITARIN  ,  toutes  les  CS- 

pèces  de  Cytharexylum ,  principalement  les 
C.  cinereum ,  caudatum  et  quadrangulare. 

B.  incorruptible,  YHomalium  racemosum , 
le  Bumelia  salicifolia  ,  le  Lauru s  sassafras  , 
Y  Endrachium  madagascariense  ,  qu’on  ap¬ 
pelle  aussi  B.  immortel  ,  ainsi  que  YEry- 
ihrina  corallodendron. 

B.  Isabelle  ,  les  Laurus  borbonia ,  le  Myr- 
tus  Gregii  et  Schœfferia. 

B.  jacot,  un  Eugenia  de  Maurice  et  d’au¬ 
tres  arbres,  dont  les  Singes  mangent  les 
fruits. 

B.  jaune,  le  Laurus  ochroxylon ,  aussi  ap¬ 
pelé  B.  verdoyant,  le  Bignonia  leucoxylon , 
qui  porte  encore  le  nom  de  B.  vert,  le  Li- 
riodendron  tulipifera,  le  Bhus  cotinus ,  le  Leu¬ 
coxylon  lauri folium ,  etc. 

B.  jean,  YUlex  europœus. 

B.  de  lait,  souvent  synonyme  de  B.  lai¬ 
teux  ,  s’applique  aux  arbres  et  arbrisseaux 
de  la  famille  des  Euphorbiacées  et  des  Apo- 
cynées,  ainsi  qu’au  Mancenillier,  à  YHippo- 
mane  citrinella ,  au  Cameraria  latifolia,  au 
Syderoxylum  licioides,  etc. 

B.  de  lance  franc  ,  le  Randia  aculeata  ; 
batard,  YUvaria  odorata. 

B.  de  laurier  ,  le  Croton  corylifolium. 

B.  de  lessive.  Dans  les  Alpes,  c’est  le  nom 
vulgaire  du  Cyiisus  laburnum , ,  qu’on  y  ap¬ 
pelle  aussi  B.  de  lièvre;  aux  Antilles,  on 
pense  que  c’est  une  espèce  d’Anavinga. 

B.  de  lettres  ,  Sideroxylum  inerme ,  le 
Piratinera  guianensis. 

B.  luge  ,  le  Petaloma  edulis. 

B.  mabouya  ,  Capparis  breynia  et  Moriso- 
nia  americana. 

B.  macaque, le  7ococofif«ta«mwd’Aublet. 


B.  de  mai  ,  le  Cratœgus  oxyacantha . 

B.  maigre  ,  le  Psyloxylon. 

B.  de  maïs,  Memecylon  cordalum. 

B.  MALABAR  OU  DE  MALBOUCK  ,  le  Nuxia. 

B.  de  malgache.  A  Bourbon,  le  Forgesia. 

B.  a  malingre  ,  un  Tournefortia. 

B.  manche-houe  ,  et  non  marché-houe  ,  le 
Xanthoxylum  clava  herculis. 

B.  marbré  batard,  l’ Erylhroxylum  areola- 
tum . 

B.  MARGUERITE  ,  le  Cordia  tetruphylla. 

B.  marie  ,  le  Calophyllum  qui  produit  le 
Baume  Marie. 

B.  de  mature,  plusieurs  grands  arbres  de 
l’Inde ,  et  principalement  un  Uvaria. 

B.  de  meche  ,  YApeiba  glabra  et  Y  Agave 
fœtida. 

B.  menuisier,  le  Poriesia. 

B.  de  merle.  A  Bourbon  et  à  Maurice,  Y  An- 
dromeda  salicifolia;  en  Afrique,  YOlea  ca- 
pensis  ;  dans  l’Amérique  du  Sud,  le  Celastnis 
undulatus ,  et  aussi  le  Sapindus  saponaria , 
qui  porte  aux  Antilles  le  nom  de  B.  de  sa- 
vonnettte  ou  savonneux.  Le  B.  de  savon¬ 
nette  batard  est,  à  Haïti,  un  Dalbergia. 

B.  DE  moluques,  le  Croton  tiglium. 

B.  mondongue  ,  le  Picramnia . 

B.  nagone  ,  une  espèce  de  Mirobolan. 

B.  de  nefle  ,  divers  Eugenia. 

B.  néphrétique.  En  Europe,  le  Belula 
alba ;  en  Asie,  le  Moringa  Ben ,  et  au  Mexi¬ 
que  ,  un  arbre  indéterminé ,  qu’on  suppose 
être  le  Mimosa  unguis  cati. 

B.  noir.  Aux  Indes,  le  Mimosa  lebbek  et  le 
Diospyros  ebenum  ;  aux  Antilles,  Y Aspalathus 
ebenus. 

B.  d’olive.  A  Bourbon,  une  espèce  (YOlea 
semblable  au  nôtre  ;  à  Maurice ,  YElœoden- 
drum  mauritianum  et  le  Rhamnus  allissimus. 

B.  d’or,  le  Carpinus  americana. 

B.  d’orme,  le  Celtis  micranthus  et  le  Tlieo- 
broma  Guazuma. 

B.  DE  LA  palille,  de  l’espagnol  Palillos , 
bâtonnet.  On  désigne  sous  ce  nom ,  aux  Ca¬ 
naries,  des  bois  de  toutes  sortes,  taillés  en 
cure-dent,  et  arrosés  de  sang-dragon. 

B.  DE  PALIXANDRE  OU  VIOLET.  Nom  d’un 

arbre  indéterminé  de  la  Guiane  hollandaise. 

B.  palmiste  ,  le  Geoffroya  spinosa. 

B.  perdrix,  YHeisteria  coccinea. 

B.  de  Perpignan  ,  le  Cellis  australis. 

B.  de  perroquet,  le  Fissilia  psittacorum . 

B.  pin,  le  Talauma . 


BOI 

B.  de  pintade  ,  YIxora  coccinea ,  et  YAr- 
disia  crenulata. 

B.  a  pian,  le  Morus  tinctoria ,  ou,  suivant 
d’autres  auteurs  ,  le  Fagara  pterota  ou  tra- 
godes. 

B.  a  poudre.  On  désigne  sous  ce  nom  les 
arbres  à  charbon  léger,  dont  on  se  sert  pour 
fabriquer  de  la  poudre  à  tirer,  tels  que  le 
Rhamnus  frangula ,  etc. 

B.  de  pied  de  poule  ,  B.  de  ronce  ,  le 
Todalia. 

B.  de  pissenlit,  le  Bignonia  stans. 

B.  pliant,  Y  Osyris  alba. 

B.  plié  batard,  le  Brunsfelsia. 

B.  de  poivrier,  Y  Erylhroxylum  laurifolium , 
et  plusieurs  Fagara. 

B.  puant.  En  Europe ,  YAnagyris  fœlida. 
A  la  Guiane ,  le  Quassia  fœtida  et  le  Pini- 
gara  tetrapetala. 

B.  punais.  Nom  vulgaire  du  Cornus  san- 
guinea. 

B.  quevis  ou  quivis.  Voyez  QUIVISIA. 

B.  de  quinquina.  A  Cayenne ,  un  Malpi- 
ghia. 

B.  de  rainette  ,  le  Dodonea  anguslifolia. 

B.  ramier  ,  un  Psychotria  ,  un  Sapindus  et 
le  Munligia  calabura. 

B.  ramon,  le  Trophis  americana,  le  Sa¬ 
pindus  saponaria  et  Y  Erylhroxylum  rufum. 

B.  de  râpe  ,  le  Cordia  sebesiana ,  plusieurs 
Ficus  et  le  Monimia  de  Dupetit-Thouars. 

B.  de  rat,  le  Myonyma. 

B.  de  rivière  ,  le  Chimarrhis  de  Jacquin, 
un  Inga ,  et  le  Casearia  parvi folia. 

B.  DE  ROSE  ,  DE  RHODES  OU  DE  CHYPRE.  AUX 

Canaries ,  les  Convotvulus  scoparius  et  flori- 
dus  ;  aux  Antilles ,  YEhretia  frulicosa  ;  à  la 
Jamaïque ,  YAmyris  balsamifera  ;  à  Cayenne, 
le  Licaria  guianensis ;  à  la  Chine,  le  Tse- 
Tau  ,  arbre  dont  on  ne  connaît  pas  le  genre. 

B.  sain  ou  sain  bois  ,  le  Daphné  gnidium. 

B.  sain  ou  de  santé  ,  le  Gaïac. 

B.  de  saint-jean  ,  le  Panax  Morototoni. 

B.  DE  SAINTE-LUCIE,  le  Prunus  Mahaleb. 

B.  de  sapan,  une  espèce  du  g.  Cœsal - 
pinia. 

B.  sarmenteux,  le  Cordia  jlavescens. 

B.  de  sassafras  ,  le  Laurus  sassafras. 

B.  de  sauge,  divers  Lantana. 

B.  de  savane.  A  Haïti,  le  Cornutia  pyra- 
midula  et  le  Viiex  digitala.  A  Cayenne ,  le 
Coumarouna  odorala. 

B.  de  sénil  ,  le  Conyza  salicifolia. 


BOI  637 

B.  de  sente  ou  de  senti  ,  le  Rhamnus  cir- 

cumscissus. 

B.  de  seringue  ,  YHevea  guianensis. 

B.  de  soie,  le  Mutingia  calabura  et  le  Cel • 

lis  micranlhus. 

B.  de  source,  YAquilicia  sambucina. 

B.  tabac  ,  le  Manabea  villosa. 

B.  de  tacamaque  ,  le  Calophyllum  coloba 
et  Populus  balsamifera. 

B.  tapir é  ,  un  arbre  indéterminé  de 
Cayenne. 

B.  de  tek,  le  Teciona  grandis. 

B.  tendre  a  cailloux.  Aux  Antilles ,  le 
Mimosa  arborea.  Le  B.  tendre  a  cailloux 
batard  n’a  pu  encore  être  rapporté  à  aucun 
genre. 

B.  de  tisane.  On  suppose  que  c’est  une 
espèce  du  g.  Smilax. 

B.  violon  ,  le  Macaranga  de  Dupetit- 
Thouars.  (C.  d’O.) 

BOIS  AGATISÉ  ,  SILICIFIÉ  ,  CALCA- 
RIFIÉ.  min.  —  C’est  le  Bois  changé  ou  pé¬ 
trifié  en  Agate,  Silex  ou  Calcaire.  V oyez  bois 
fossile,  au  mot  fossile.  (Del.) 

BOIS  ALTÉRÉ ,  BITUMINEUX  ou  MI¬ 
NÉRALISÉ.  min.  —  Voyez  lignite.  (Del.) 

BOIS  DE  CERF,  moll.  —  Ce  nom,  donné 
par  les  marchands  au  Rocher  scorpion ,  Mu¬ 
rex  scorpio ,  a  été  adopté  par  Lamarck,  qui 
l’a  appliqué  à  une  espèce  différente  de  la 
Nouvelle-Hollande. 

BOIS  FOSSILE,  min.  —  Voyez  fossile. 

(Del.) 

BOIS  DE  MONTAGNE,  min.— C’est  l’As- 
beste  fibreux,  brunâtre  et  ligniforme.  (Del.) 

BOIS  PÉTRIFIÉ,  min. —  Voyez  fossile. 

(Del.) 

BOIS  VEINÉ,  moll.  —  Nom  vulgaire  du 
V oluta  hebrcea  L.  et  Lam. 

*BOISDUVALIA.  bot.  ph.  —  Genre  de  la 
famille  des  Onagrariées,  tribu  des  Onagrées, 
établi  par  M.  Spach  aux  dépens  du  genre 
Ænoihera.  Il  comprend  2  espèces  :  B.  con¬ 
cerna  et  densiflora. 

*BOISDUVALIE.  Boisduvalia  (  nom  pro¬ 
pre).  ins.  —  Genre  de  Diptères  établi  par 
M.  Robineau-Desvoidy,  et  dédié  à  M.  le  doc¬ 
teur  Boisduval.  Ce  g. ,  qu’il  place  dans  la 
famille  des  Phylomydes ,  tribu  des  Myodi- 
nes ,  diffère  de  celui  des  Rivellies  par  les  ca¬ 
ractères  suivants  :  Antennes  courtes  ;  le  se¬ 
cond  art.  un  peu  plus  gros  que  le  3e.  Ailes 
noires  et  maculées.  Il  ne  renferme  que  des 


638  BOJ 

espèces  propres  aux  pays  chauds,  au  nombre 
de  5 ,  parmi  lesquelles  nous  citerons  comme 
type  celle  que  l’auteur  nomme  B.  milans. 

Cette  espèce ,  originaire  des  Indes  orien¬ 
tales,  faisait  partie  de  la  collection  du  comte 
Dejean.  (D  ) 

BOISSELLIERE.  ois.  —  Nom  vulgaire 
de  la  Pie-Grièche  grise. 

*BOISSIÆA  (  Boissieu-Lamartinière  ,  un 
des  compagnons  de  Lapeyrouse  et  qui  périt 
avec  lui),  bot.  pii.  — Genre  de  la  famille  des 
Papilionacées  ,  tribu  des  Lolées-Génistées  , 
établi  par  Ventenat  aux  dépens  de  plusieurs 
espèces  de  Plaiylobium ,  et  comprenant  en¬ 
viron  25  espèces ,  introduites  et  cultivées 
pour  la  plupart  dans  les  jardins  d’Europe. 
Ce  sont  des  arbrisseaux  ou  sous-arbrisseaux 
de  la  Nouvelle-Hollande  ,  tantôt  à  rameaux 
comprimés  et  aphylles ,  tantôt  à  feuilles  al¬ 
ternes,  simples,  bistipulées  ;  à  fleurs  jaunes, 
variées  de  pourpre;  à  pédicelles  bractéolés. 
Une  des  espèces  les  plus  jolies  et  les  plus 
nouvelles  est  le  B.  tenuicaalis  [Ployez  Herb. 
gén.  de  VAmat .,  nouv.  sèr.,  t.  III).  (C.  L.) 

BOITE  A  SAVONNETTE.  Capsula  cir- 
cumcisa,  Pyxidium.  bot. — On  donne  ce  nom 
à  un  péricarpe  capsulaire  et  globuleux  qui 
se  divise  en  deux  par  une  section  transver¬ 
sale,  ainsi  que  cela  a  lieu  dans  la  Jusquiame 
et  le  Mouron.  C’est  cette  sorte  de  fruit  que 
M.  de  Mirbel  appelle  Pyxide. 

*BOJERÏA  (nom  propre),  bot.  pu. — Genre 
dédié  à  Guill.  Bojer,  professeur  de  botanique  à 
l’île  Maurice.  M.  DeCandolle  a  établi  ce  genre 
sur  une  plante  indigène  de  Madagascar,  et  qui 
fait  partie  de  la  famille  des  Composées,  tribu 
des  Vernoniées.  Elle  a  pour  caractères  :  Capi¬ 
tule  multiflore  homogame.  Fleurs  herma¬ 
phrodites.  Involucre  campanulé,  composé  de 
nombreuses  écailles  multisériées,  aiguës.  Ré¬ 
ceptacle  plan  ,  légèrement  alvéolé.  Anthères 
munies  d’appendices  basilaires.  Style  renflé 
à  la  base ,  à  rameaux  cylindracés  et  couverts 
d’un  court  duvet  qui  les  rend  scabres.  Fruits 
anguleux-striés ,  lisses.  Aigrette  unisériée , 
composée  de  longues  soies  scabres  et  plus 
ou  moins  réunies  entre  elles  à  la  base. — Le 
genre  Bojeria  ne  renferme  qu’une  seule  es¬ 
pèce  indigène  de  Madagascar.  (J.  D.) 

*BOJÉRIÉES.  bot.  ph.  —  Une  des  divi¬ 
sions  de  la  tribu  des  Vernoniées  qui  renferme 
des  arbrisseaux  ou  des  herbes  de  Madagas¬ 
car  ,  munies  de  capitules  homogames  pluri- 


BOL 

flores,  à  anthères  garnies  d’appendices  basi¬ 
laires  ,  et  à  fruits  surmontés  d’une  aigrette 
formée  d’une  seule  rangée  de  soies.  (J.  D.) 

BOJOBI.  rept.  —  Espèce  du  g.  Boa. 
Voyez  ce  mot. 

BOL  (|Sâ>^oç,  bol),  min.  —  Nom  sous  le¬ 
quel  on  comprenait  autrefois  diverses  Argi¬ 
les  colorées  par  des  oxydes  métalliques.  L’Ar¬ 
gile  ocreuse  rouge,  par  exemple,  était  le  Bol 
d’Arménie.  On  employait  autrefois  les  Bols 
en  médecine  comme  astringents  ;  ils  servent 
aujourd’hui  dans  la  peinture  comme  terres 
colorées.  (Del.) 

*BOLANTHUS  (j3wAoç,  masse;  avGoç,  fleur). 
bot.  pii. —  Section  indiquée  par  Seringe  (in 
DC.  Prodr.f  I,  366,  exc.  sp.  12-15)  dans  le 
genre  Saponaria  de  Linné,  et  adoptée  comme 
simple  division  du  Smcgmanthus  de  Fenzl , 
sous-genre  dudit  Saponaria.  Voyez  ce  mot. 

(C.  L.) 

*BOLAX  (  J3 ,  motte  de  terre ,  champ). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pentamères, 
famille  des  Lamellicornes  ,  classé  parmi  les 
Anoplognatidœ  de  Mac-Leay.  En  consul¬ 
tant  un  savant  mémoire  de  M.  Westwood , 
suivi  de  descriptions  nouvelles ,  avec  plan¬ 
ches  détaillées  pour  l’anatomie  (  Mag.  zool. 
de  M.  Guérin  ,  1833) ,  on  voit  que  ce  nom 
avait  été  proposé  par  M.  Zoubcoff,  pour  dé¬ 
signer  un  coléoptère  du  Brésil ,  qu’il  adres¬ 
sait  à  M.  Fischer,  et  que  ce  dernier  lui  au¬ 
rait  imposé  le  nom  de  Bolax  Zoubcovii; 
qu’on  aurait  regardé  depuis  ce  genre  comme 
identique ,  avec  les  Leucothyreus  de  Mac- 
Leay,  et  Aulacodus ,  Esch.,  tant  les  carac¬ 
tères  et  les  figures  relatifs  à  ces  genres 
étaient  inexacts.  M.  Westwood  donne  à  la 
fin  de  son  mémoire  un  tableau  synoptique 
qui  contient  deux  divisions.  Dans  la  pre¬ 
mière  sont  les  g.  Aulacodus ,  Bolax  et  Apo- 
gonia ,  dont  les  antennes  ont  généralement 
dix  articles ,  et  le  genre  Bolax  est  ainsi  ca¬ 
ractérisé  :  un  des  angles  bifides ,  sternum 
non  avancé.  Dans  la  deuxième,  les  genres 
Leucothyreus ,  Géniales  et  Loxopyga  ,  qui 
n’ont  que  neuf  articles.  Voyez  ces  différents 
noms. 

M.  Delaporte  (  Buffon  -  Duménil ,  t.  II, 
p.  140)  a  établi  depuis,  dans  le  genre  Bolax , 
2  divisions  qu’il  définit  ainsi:  lre  division 
(Bolax),  tête  très  grande,  arrondie;  cor¬ 
selet  court ,  très  petit ,  anguleux  sur  les  cô- 
és;  1.  Bol .  Zoubcovii;  2,  B «  BVestwodig 


BOL 


BOL 


Lup.  Brésil  ;  2e  division  (  Bolaxoides  )  ,  tête 
moyenne ,  un  peu  carrée  ;  corselet  grand  , 
arrondi  sur  les  côtés  ;  1.  B.  Fischeri  ;  2.  Bol. 
Eschscholizii  Sap.;  l’un  et  l’autre  se  trou¬ 
vent  au  Brésil.  (G.) 

BOLAX  (  |3u)Xa£ ,  motte  de  terre  ;  allusion 
probable  à  la  forme ,  dans  ce  genre,  de  l’in¬ 
florescence  avant  l’épanouissement),  bot.  ph. 
— Genre  de  la  famille  des  Ombellifères,  tribu 
des  Mulinées ,  formé  par  Commerson  (  ex 
Juss.  G.  226),  et  ne  comprenant  encore  réel¬ 
lement  qu’une  seule  espèce,  YHydrocotyle 
gummifera  de  Lamarck  (t.  1^9,  f.  21),  que 
l’auteur  a  nommé  Bolax  glebaria.  C’est  une 
petite  plante,  indigène  de  Patagonie,  croissant 
en  touffe  et  sécrétant  une  grande  quantité  de 
substance  résineuse.  Les  feuilles  en  sont  très 
serrées-im briquées  ,  trifides  ,  coriaces  ,  gla¬ 
bres  ;  à  pétioles  larges  ,  échancrés-membra- 
nacés  à  la  base  ;  à  fleurs  peu  nombreuses , 
réunies  en  ombelles  sessiles  ou  pédonculées, 
simples  ;  à  involucre  oligophylle.  Les  jeunes 
fruits  sont  couverts  d’une  pubescence  étoi¬ 
lée;  les  adultes,  souvent  séparés  du  tube 
calicinal ,  sont  vésiculeux  et  remplis  de  ré¬ 
sine.  (G.  L.) 

BOJLBUDHJM  (BoXGlSiov,  plante  bulbeuse 
indéterminée),  bot.  ph.  —  Famille  des  Or¬ 
chidées.  Nom  de  la  4e  tribu  établie  par 
M.  Lindley  dans  le  grand  genre  Cymbidium, 
et  qui  renferme  cinq  à  six  espèces  originaires 
de  l’Inde  ou  d’Amérique.  Voyez  cymbidium. 

(A.  R.) 

*BOLBITIS  (PoXSirov,  fiente  de  bœuf) 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Polypo- 
diacées ,  tribu  des  Polypodiées ,  établi  par 
Schott  (Gen.  Fil.,  fasc.  II,  t.  2),  et  regardé 
comme  simple  section  du  genr eAcrostichum, 
L.  (G.  L.) 

BOLBOCERAS  (fa XG6ç ,  bulbe;  x/P«5, 
corne),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères  ,  famille  des  Lamellicornes  ,  tribu  des 
Scarabéides  arénicoles ,  établi  par  Kirby 
(  Trans.  Linn.  of  London  ,  vol.  XII).  Ce  g., 
le  même  que  celui  d ’  Odoniœus ,  créé  posté¬ 
rieurement  par  Mégerle  ,  est  très  voisin  des 
Athyreus  de  Mac-Leay,  dont  il  ne  diffère  es¬ 
sentiellement  que  par  ses  mandibules  iné¬ 
gales  :  l’une  simple ,  concave  ,  et  l’autre  bi- 
dentée  à  l’extrémité;  par  ses  palpes  maxil¬ 
laires  plus  longs  que  les  labiaux ,  et  par  la 
deuxième  paire  de  pattes  qui,  chez  lui,  n’est 
pas  éloignée  de  la  première,  comme  dans  les 


639 

Aihyreus.  —  Les  Bolboceras  sont  des  Insec¬ 
tes  de  moyenne  taille  et  même  au-dessous  , 
de  forme  très  convexe  et  presque  globuleuse, 
qu’on  rencontre  rarement ,  parce  qu’ils  ne 
voient  que  la  nuit,  et  qu’ils  s’enterrent  pen¬ 
dant  le  jour.  Ils  se  trouvent  de  préférence 
dans  les  endroits  sablonneux.  Du  reste,  leurs 
habitudes  sont  les  mêmes  que  celles  des 
Géolntpes.  Leur  nom  générique  fait  allusion 
à  la  forme  bulbeuse  du  dernier  article  de 
leurs  antennes.  —  M.  Dejean,  dans  son  der¬ 
nier  Catalogue,  en  mentionne  16  espèces, 
dont  trois  seulement  appartiennent  à  l’Eu¬ 
rope.  Nous  citerons  parmi  ces  dernières  le 
B.  mobilicornis  {S car ab.  id.  Fabr.) ,  de  la 
femelle  duquel  Fabricius  a  fait  à  tort  une 
espèce  distincte,  sous  le  nom  de  testaceus. 
Cette  espèce ,  qu’on  trouve  aux  environs  de 
Paris,  se  fait  remarquer  par  la  mobilité  de  la 
corne  dont  le  chaperon  du  mâle  est  armé.  — 
Nous  citerons  en  outre ,  parmi  les  exotiques , 
le  B.  fulvus  Gor.,  du  Sénégal,  représenté 
dans  Y  Iconographie  du  Règne  animal  de  Cu¬ 
vier,  par  M.  Guérin-Méneville  (Ins.,  pl.  22, 
fig.  8).  ■ —  Des  amateurs  m’ont  assuré  s’ê¬ 
tre  procuré  le  B.  mobilicornis  en  éventrant 
les  Crapauds  ou  les  Grenouilles  qu’ils  ren¬ 
contraient  dans  les  endroits  où  ils  savaient 
que  cet  insecte  volait  le  soir.  (D.) 

*BOLBOCERES  (fioXSoç ,  bulbe  ;  xeP«ç  , 
corne),  ins. —  Acharius,  naturaliste  suédois, 
avait  appelé  ainsi  un  g.  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères,  famille  des  Lamellicornes,  tribu  des 
Scarabéides  arénicoles ,  que  Fabricius  a 
nommé  de  son  côté  Lelhrus.  Voyez  ce  der¬ 
nier  mot,  qui  a  prévalu.  (D.) 

*BOLBOCHÆTE  [(loXGoç,  bulbe;  xcÙtyj, 
crin),  bot.  cr.  —  (Phycées).  La  Confervase- 
tigeraRoih.  (Catal.  Bolan.,  III,  t.  8,  f.  l),que 
Dillwyn  publia  trois  ans  plus  tard  [Brit.  Conf., 
t.  69),  sous  le  nom  de  Conferva  vivipara ,  est 
devenue  le  type  de  ce  nouveau  g.  anomal, 
établi  par  M.  Agardh  (Syn.Alg.  XXIX),  mais, 
attendu  sa  fructification  extérieure,  fort  mal 
placé  par  lui  parmi  les  Confervacées.  Le  g. 
Bolbochœie,  qu’on  écrit  incorrectement  Bul- 
bochœie,  se  compose  de  filaments  déliés,  arti¬ 
culés,  à  articles  trois  ou  quatre  fois  plus  longs 
que  leur  diamètre,  rameux,  dichotomes,  à 
rameaux  dressés,  portant  alternativement  au 
niveau  de  chaque  cloison  une  soie  très  lon¬ 
gue,  continue,  renflée  en  bulbe  ou  en  écusson 
à  sa  base,  et  un  conceptacle  sessile,OYOïde  ou 


BOL 


040 

sphérique.  La  seule  espèce  connue  de  ce  g. 
forme,  sur  les  plantes  des  eaux  douces  et  dor¬ 
mantes,  de  petites  touffes  d'environ  1  milli¬ 
mètre  de  haut,  d’un  aspect  gélatineux  au  sor¬ 
tir  de  l’eau,  et  d’une  couleur  verte  brunâtre 
qui  ne  tarde  pas  à  passer  au  gris  par  la  des¬ 
siccation.  Cette  algue  singulière,  que  M.  Har¬ 
vey  compare  avec  justesse  à  certaines  Sertu- 
laires  ,  n’a  que  des  affinités  douteuses.  Elle 
ne  peut  être  inscrite  parmi  les  Céramiées , 
où  M.  Bory  propose  de  la  placer.  Peut-être 
serait-elle  plus  convenablement  rapprochée 
des  Ectocarpées?  Voyez  ce  mot.  (C.  M.) 

ROLBOXACH  et  BELBQXACH.  bot. 
ph.  —  Noms  vulgaires  de  la  Lunaire. 

*BOLBQPHY LLIJM  QSoi&ç,  b  1  ;  «pvX- 

\ov,  feuille),  bot.  pii.  —Genre  de  la  famille  des 
Qrchidacées,  tribu  des  Dendrobiées,  formé 
par  Dupetit-Thouars,  et  renfermant  environ 
une  cinquantaine  d’espèces  répandues  sous 
les  tropiques  de  l'un  et  l’autre  continent.  Elles 
se  distinguent  principalement  par  les  folioles 
extérieures  du  périgone  dressées,  subégales, 
dont  les  latérales  obliques  à  la  base,  connées 
avec  le  gynostème  ;  les  intérieures  naines  ou 
très  rarement  égalant  presque  les  extérieu¬ 
res  ;  un  labelle  souvent  entier  et  en  arriére 
articulé  avec  ce  gynostème;  par  cet  organe 
nain ,  bidenté  ou  bicorné  en  avant  ;  une 
anthère  uni-biloculaire  ;  par  des  pollinies  , 
cohérentes  par  paires  ou  connées.  Elles  sont 
épiphyles ,  à  rhizome  pseudo-bulbifères  ,  à 
feuilles  coriaces ,  sans  veines  apparentes  ;  à 
grappes  radicales,  dont  le  rachis  quelquefois 
subulé-renflé.  Les  fleurs  petites,  de  couleurs 
diverses.  On  en  cultive  une  quinzaine  dans 
les  serres  chaudes.  (G.  L.) 

BOLBOTIXA ,  Athén.  moll.  —  Ce  nom 
qu’on  suppose  être  le  résultat  d’une  erreur 
de  copiste ,  serait ,  d’après  l’opinion  de  M.  de 
Blainville,  synonyme  de  Bolitaine. 

*BOLDA  (nom  vernaculaire),  bot.  ph.  — 
Arbre  du  Chili  décrit  par  le  Père  Feuillée,  et 
type  du  genre  Ruizia  de  Pavon,  Voyez  boldea 
et  ruizia.  (Ç.  L.) 

BOLDEA  (nom  vernaculaire,  ou,  selon 
d’autres,  Boldo,  botaniste  espagnol),  bot.  pu. 
• —  Genre  de  la  famille  des  Monimiacées  . 
tribu  des  Monimiées,  formé  par  Jussieu  aux 
dépens  du  Peumus  boldus  de  Molina,  et  réuni 
comme  synon.  au  Ruizia  de  Pavon.  (C.  L.) 

BOLDEAU.  bot.  pii.  —  Syn.  de  Boldea. 

BOLDE.  bot.  ph.  —  Syn.  de  Roldea. 


BOL 

ROLDIICIA,  Neck.  bot.  ph. —  Synonyme 

de  Dipieryx. 

*BOLÉ.  bot.  cr. — Nom  vulgaire,  dans  plu¬ 
sieurs  départements  de  la  France,  du  Bolet 
comestible  ( Bolaïus  esculatus  L.).  Voyez  bo¬ 
let.  (Lêv.) 

BOLET,  bot.  cr.  —  Voyez  champignons. 

BOLET  DE  MER.  tolyp.  —  Nom  donné 
parMarrigli  à  l’ Alcyonium  papillosurn  de  Pal- 
las  ,  espèce  douteuse  et  peu  connue. 

BOLÉT1TES.  polyp.  foss.  — Nom  donné 
par  Aldrovande  et  Feuillée  à  des  Alcyonites. 

BOLÉTOBIE.  Boletobia  (jWiV/jç,  bolet; 
/3toç,  vie),  ins.  —  Genre  de  Lépidoptères  noc¬ 
turnes,  établi  par  M.  Boisduval  ( G enera  et  ind. 
melhod. ,  p.  201)  aux  dépens  du  g.  Gnophos 
de  Treitschke ,  pour  y  placer  une  seule  es¬ 
pèce  (  G.  carbonaria  Fab.) ,  qui  en  effet,  par 
ses  antennes  très  pectinées,  la  longueur  de 
ses  palpes  ,  et  par  les  mœurs  de  sa  chenille  , 
qui  vit  dans  les  Bolets  du  bois  pourri,  ne  pou¬ 
vait  rester  dans  ce  dernier  g.  Cette  espèce  est 
figurée  et  décrite  dans  notre  Hist.  nai.  des 
Lèpid.  de  France,  t.  8,  lre  part.,  p.  229, 
pl.  186.  (D.) 

BGLETOBIES.  ins.  —  Voyez  bolito- 

BIUS. 

BOLÉTOIDES  (/3<i>Xt-c-/îç,  bolet  ;  fî^oç,  sem¬ 
blable).  bot.  cr.  — Persoon  (Syn.fung., 
p.  499)  donne  ce  nom  à  une  famille  de  Cham¬ 
pignons  dont  Y  hyménium  ou  membrane  fruc¬ 
tifère  est  composé  de  tubes  placés  parallèle¬ 
ment  les  uns  à  côté  des  autres.  Elle  comprend 
les  genres  Dœdalea  et  Bolelus,  dans  lesquels 
se  trouvent  compris  plusieurs  nouveaux  gen¬ 
res  qui  ont  été  formés  à  ses  dépens.  Cette  dé¬ 
nomination  a  été  adoptée  par  le  plus  grand 
nombre  des  auteurs  ;  mais,  dans  ces  derniers 
temps,  M.  Fries  en  a  fait  la  famille  desPolv- 
porées  ,  expression  beaucoup  plus  heureuse 
que  celle  de  Persoon  ,  puisque  par  son  nom 
seul  elle  a  l’avantage  d’indiquer  le  caractère 
principal  de  la  famille.  Voyez  polypore  es. 

(Lév.) 

BQLETOPHAGES.  ins. —  Voyez  bolito- 

phagus. 

BOLETOPHILA.  ins.  —  Voyez  bolito- 
piiila. 

BOLEEM  (|3 wàoç ,  glèbe),  bot.  pii. — Genre 
de  la  famille  des  Crucifères  ,  tribu  des  Vel- 
lées,  formé  par  Desvaux  [Journ.  Bot.,  III,  163, 
175,  t.  26).  Il  ne  renferme  qu’une  espèce,  le 
B.  asperum,  croissant  dans  les  endroits  pier- 


BOL 


641 


BOL 

reux  en  Espagne.  C’est  un  sous -arbrisseau 
dressé ,  rameux  ,  couvert  de  poils  rudes  ;  à 
feuilles  alternes,  oblongues,  linéaires,  les  in¬ 
férieures  subdivisées  ;  à  grappes  florales  dres¬ 
sées,  allongées  ;  à  fleurs  jaunes  ou  blanch⬠
tres,  portées  sur  de  courts  pédicelles  ;  fruits 
dressés.  (C.  L.) 

BOLIDES,  astr.  —  Voy.  aérolithes. 

BOLIGOULE  et  BOULIGOULE.  bot. 

CR.  —  Voyez  BALIGOULE. 

BOLIMBA.  BOT.  PH.  —  Voyez  bilimbi. 

BOLIN,  Adans.  moll.  —  La  plupart  des 
auteurs  regardent  cette  coquille  comme  la 
même  que  le  Murex  cornutus  ;  mais  M.  Des- 
hayes  pense  que  ce  serait  plutôt  le  M.  bran¬ 
dons.  Voyez  rocher. 

BOLITAINE.  moll.  —  Nom  grec  d’un 
Poulpe  inconnu  ,  mentionné  par  Aristote. 

*BOLlTOBIUS  (|3wKtyjç,  champignon,  ou 
8oh toç,  bouse  ;  |3toç,  vie),  ins.  —  Genre  de 
Coléoptères  pentamères,  famille  des  Braché- 
lytres,  établi  par  Leach  et  adopté  par  Erich- 
son  ,  qui  le  range  dans  sa  section  ou  tribu 
des  Tachyporini.  Il  y  rapporte  22  espèces, 
dont  5  d’Amérique,  et  les  autres  d’Europe. 
Nous  citerons  parmi  ces  dernières ,  le  B. 
analis  ( Siaphyl .  id.  Payk.).  —  Ces  Insectes 
sont  généralement,  très  petits.  Leur  corps  est 
grêle,  recourbé  j  leurs  élytres  dépassent  à 
peine  les  cuisses  postérieures  ;  leur  tête  et 
leur  corselet  sont  très  lisses.  Ils  habitent  les 
bois ,  où  ils  vivent  dans  les  Bolets,  la  Mousse, 
les  feuilles  pourries,  et  quelquefois  dans  les 
bouses.  (Di) 

*BOLITOCHARA  (Pœh'Tvç,  champignon, 
ou  fioXiroç ,  fumier;  xaP«>  délectation),  ins. 
—  Genre  de  Coléoptères  pentamères ,  fa¬ 
mille  des  Brachélytres,  tribu  des  Aléochari- 
des,  établi  par  M.  le  comte  Mannerheim. 
M.  Erichson  ( Généra  et  spec.  Siaphyl .,  p.  69), 
en  adoptant  ce  g. ,  l’a  singulièrement  restreint, 
puisqu’il  n’y  rapporte  que  4  espèces  au  lieu 
de  57,  dont  il  se  compose  suivant  M.  Man¬ 
nerheim  :  il  répartit  les  autres  sur  différents 
genres  plus  ou  moins  éloignés  de  celui-ci.  — 
Les  4  espèces  décrites  par  M.  Erichson  sont  : 
YAleochara  lucida  Gravenh. ,  d’Allemagne 
et  de  Suède;  le  Staphyl.  lunulaïus  Payk. 
( Bolitochara  pulchra  Lacord.  ) ,  d’Europe; 
1  e  Bolitoch.  obliqua  (Bol.  cincta  Lacord.), 
d’Allemagne  et  des  environs  de  Paris  ;  et  en¬ 
fin  le  Bol.  varia  Erichs. ,  trouvé  en  Sar¬ 
daigne  par M.Guéné.  — Ces  Insectes  vivent 
t.  u. 


dans  les  Bolets  et  les  végétaux  en  décompo¬ 
sition.  Les  mâles  se  distinguent  par  le  sixième 
anneau  de  l’abdomen,  dont  le  dos  est  tuber- 
culé  ou  granuleux.  (D.) 

*BOLITOGYRUS  (/3oXtroç ,  fiente  ;  yvpoç, 
arrondi),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères  ,  famille  des  Brachélytres ,  établi  par 
M.  Dejean ,  dans  son  dernier  Catalogue ,  sur 
une  espèce  du  Mexique,  nommée  par  nous 
B.  cribripennis  ;  mais  M.  Erichson ,  à  qui 
cette  espèce  a  été  envoyée  depuis  en  com¬ 
munication,  l’a  placée  dans  le  genre  Quedius 
de  Leach,  et  lui  a  donné  le  nom  de  Q.  buph - 
thalmus.  Voyez  quedius.  (C.) 

BOLITOPHAGE.  Bolitophagus  (faXlrriç, 
champignon;  je  mange),  ins.  —  Nom 
donné  par  Fabricius,  Illiger,|  M.  Duméril  et 
M.  Dejean ,  à  un  genre  de  Coléoptères  que 
Latreille  avait  établi  précédemment  (Pré¬ 
cis  des  caract.  génériques  des  Insectes) ,  sous 
le  nom  A’Eledone.  Voyez  ce  mot.  (D.) 

BOLÏTOPHILE.  Bolilophila  (  , 

champignon  ;  <piW,  j’aime),  ms.  —  Genre 
de  l’ordre  des  Diptères ,  division  des  Némo- 
cères,  famille  des  Tipulaires,  tribu  des  Fon- 
gicoles,  établi  par  Hoffmansegg,  et  adopté  par 
Meigen ,  Latreille  et  M.  Macquart.  Ce  dernier 
en  décrit  2  espèces  :  B.  cinerea  Meig.,  et  B. 
fusca  du  même  auteur.  Toutes  2  se  trouvent 
en  Allemagne  et  en  France ,  dans  les  bois. 
Ainsi  que  l’indique  leur  nom  générique , 
leurs  larves  vivent  dans  les  Champignons  ; 
mais,  lorsqu’elles  sont  parvenues  à  toute  leur 
taille ,  elles  se  retirent  dans  la  terre  pour  se 
changer  en  nymphes.  Celles-ci  n’ont  pas  de 
tube  aérifère,  comme  la  plupart  de  celles  des 
Tipulaires  terricoles.  L’enveloppe  des  ailes  et 
des  pieds  est  appliquée  contre  le  corps ,  mais 
elle  en  est  distincte.  (D.) 

*  BOLIVAR!  A,  Cham.  et  Schlecht.  (Boli¬ 
var,  président  de  la  république  argentine). 
bot.  ph.  —  Une  des  deux  divisions  du  genre 
Menodora  ,  Humb.  et  Bonp.  (C.  L.) 

BOLTÉNIE.  Bolienia.  moll.  —  M.  Savi- 
gny  a  donné  ce  nom  (  Mèm.  sur  les  anim.  s. 
vert.)  à  un  groupe  de  la  famille  des  Téthies , 
Ascidies  de  Cuvier,  caractérisé  par  une  en¬ 
veloppe  coriace  et  un  corps  pédiculé.  Le  type 
de  cette  division  est  la  Boltenia  ovifera  (As- 
cidia  pedunculata  de  Shaw,  et  V orlicella  ovi¬ 
fera  de  Linné),  On  en  connaît  deux  espèces, 
qui  habitent  l’Océan  boréal  et  l’Océan  amé¬ 
ricain  (C.  d’O.) 

41 


BOM 


642  BOM 

BOLTONIA  (J.-B.  Bolton,  botaniste  an¬ 
glais).  bot.  ph.  —  Genre  appartenant  à 
la  famille  des  Composées ,  tribu  des  Asté- 
roïdées ,  et  qui  a  pour  caractères  :  Capitule 
radié;  ligules  1 -sériées,  linéaires ,  femelles, 
fertiles  ;  fleurons  du  disque  hermaphrodites. 
Réceptacle  hémisphérique  alvéolé.  Involucre 
pomposé  d’écailles  2 -sériées  ,  imbriquées, 
membraneuses  sur  les  bords ,  égales  en  lon¬ 
gueur  aux  fleurons  du  disque.  Fruits  com¬ 
primés  ,  marqués  d’un  rebord  assez  épais , 
glabres  ou  hispides ,  surmontés  d’une  ai¬ 
grette  formée  de  soies  très  courtes,  scabres  , 
égales  ou  souvent  inégales ,  et  offrant  alors 
sur  les  fleurons  du  disque  deux  soies  subu- 
lées  plus  fortes  et  plus  longues  que  les  au¬ 
tres.  —  Les  Boltonia  sont  indigènes  de  l’A- 
piérique  septentrionale.  On  en  cultive  deux 
espèces  comme  plantes  d’agrément  :  ce  sont 
les  B.  glaslifolia  et  asleroides.  (J.  D.) 

*BOLTONITE  ,  Shepard  (Bolton,  nom  de 
lieu),  min.  —  Substance  minérale  d’un  gris 
jaunâtre  ,  à  structure  grenue  et  lamelleuse  , 
transparente  et  d’un  éclat  vitreux ,  qu’on 
trouve  disséminée  dans  un  calcaire  blanc 
saccharoïde  ,  près  de  Bolton  ,  dans  l’État  de 
Massachusetts.  C’est  un  bisilicate  de  Magné¬ 
sie  ,  probablement  isomorphe  avec  la  Wol- 
lastonite.  Comme  celle-ci ,  elle  se  divise,  se¬ 
lon  deux  directions  obliques  ,  en  un  prisme 
rhomboidal ,  subdivisible  dans  le  sens  de 
l’une  de  ses  sections  diagonales.  Ce  dernier 
clivage  est  plus  net  que  les  deux  premiers. 
La  dureté  de  la  Boltonite  est  de  4,5;  sa  den¬ 
sité  de  2,8.  Elle  est  infusible  au  chalumeau. 

(Del.) 

BOM-GORS.  ois.— Nom  vulgaire  du  Bu¬ 
tor  en  Bretagne. 

BOM-UPAS.  bot.  ph.  —  Voyez  upas. 

BOMAREA  (Yalmont  de  Bomare).  bot. 
ph.  —  Famille  des  Amary Aidées.  Ce  g.,  au¬ 
quel  M.  de  Mirbel  a  donné  ce  nom ,  et  qui 
renfermait  quelques  espèces  d’ A  Istr  cerner  ia 
à  tige  volubile  et  grimpante ,  n’est  pas  suffi¬ 
samment  distinct  des  autres  espèces  du  même 
g.  auquel  il  a  été  de  nouveau  réuni.  Voy. 

ALSTROEMERIA.  (A.  R.) 

ROMARIN,  mam.  —  Synonyme  d’Hippo- 
potame. 

*BOMBACÉES.  bot.  ph.— Les  Malvacées 
forment  un  grand  groupe  très  naturel,  admis 
par  tous  les  botanistes,  mais  partagé  par  les 
modernes  en  plusieurs  familles.  L’une  d’elles 


est  celle  des  Bombacées  :  nous  la  traiterons 
avec  les  autres  à  l’article  général  malvacées. 
Voyez  ce  mot.  (Ad.  J.) 

BOMBARDIERS.  Crépitantes,  ins. —  La- 
treille  désigne  ainsi,  dans  ses  premiers  ou¬ 
vrages  ,  une  division  de  la  famille  des  Cara- 
biques  ,  composée  des  g.  Brachinus,  Cymin- 
dis,  Lebia,  OdocanthaetAgra  ;  mais  cette  dé¬ 
nomination  ,  à  laquelle  il  a  renoncé  depuis  , 
était  vicieuse,  en  ce  sens  que  les  espèces  du 
g.  Brachinus  ,  auquel  il  réunit  les  Aptines , 
jouissent  seules  de  la  propriété  qu’elle  indi¬ 
que,  de  faire  sortir  avec  explosion  par  l’anus 
une  vapeur  caustique  et  d’une  odeur  péné¬ 
trante,  lorsqu’elles  se  croient  en  danger. 
Voyez  les  mots  aptinus  et  brachinus.  (D.) 

BOMBAX.  bot.  ph. —  Synonyme  latin  de 
Fromager. 

*BOMBES  VOLCANIQUES,  min.  —  Ce 
sont  des  portions  de  lave  en  fusion  que  les 
volcans  lancent  dans  l’atmosphère  ,  en  leur 
imprimant  un  mouvement  de  rotation  sur 
elles-mêmes.  Par  suite  de  ce  mouvement,  ces 
matières  prennent  une  forme  sphéroïdale, 
qu’elles  conservent  en  retombant  sur  le  sol 
presque  complètement  refroidies.  Ces  sphé¬ 
roïdes  sont  quelquefois  creusés  de  sillons 
plus  ou  moins  profonds,  tous  dirigés  dans  le 
sens  perpendiculaire  à  l’axe  de  rotation.  On 
trouve  souvent  dans  leur  intérieur  un  noyau 
de  substance  cristalline  ,  qui  d’ordinaire  est 
de  l’Olivine ,  ou  du  Péridote  granuliforme. 

(Del.) 

*BOMBICELLA.  Bombyx ,  Medik.  (dimi¬ 
nutif  de  ver  à  soie),  bot.  ph.— Une  des 

sections  indiquées  par  De  Candolle  ( Prod .  I, 
452)  dan  le  g.  Hibiscus,  famille  des  Malva¬ 
cées.  (C.  L.) 

*BOMRIDES.  ins.  — Synonyme  de  Bom- 
bites  ,  employé  par  M.  Lepelletier  de  Saint- 
Fargeau.  (Bl.) 

BOMBILE.  ins,— Synonyme  de  Bombyle. 

BOMBILIERS.  ins.— Synonyme  de  Bora- 
byjiers. 

*BOMBITE  (Bombay,  ville  de  l’Inde). 
mïn.  —  De  Bournon  a  décrit  sous  ce  nom  un 
minéral  compacte,  d’un  noir  bleuâtre ,  qui  a 
été  trouvé  aux  environs  de  Bombay,  et  rap¬ 
porté  de  l’Inde  par  Leschenault.  Il  est  dou¬ 
teux  que  ce  soit  une  véritable  espèce  ;  et  d’a¬ 
près  l’analyse  que  Laugier  en  a  faite,  on  peut 
croire  que  ce  n’est  rien  autre  chose  qu’une 
variété  de  Schiste  argileux  ou  siliceux.  (Del.) 


BOM 


ÈOM 

*BOMBITES.  ins. —  Gftîlijiïê  de  la  famille 
des  Mellifères,  de  l'ordre  dés  Hyihéttoptères, 
caractérisé  principalement  par  des  antennes 
coudées  et  des  palpes  maxillaires  très  petits 
n’ayant  qu’un  seul  article. 

Toutes  les  espèces  de  Bombiies  se  compo¬ 
sent  ,  comme  les  Abeilles ,  de  trois  sortes 
d'individus  :  des  mâles ,  des  femelles  et  des 
neutres;  mais  leurs  sociétés  ne  persistent 
pas  ,  comme  celles  de  ces  dernières,  chaque 
année;  elles  se  dispersent  vers  le  milieu  de 
l’automne.  Les  femelles  fécondées  se  cachent 
dans  les  fissures  des  murailles,  dans  les 
trous  des  arbres,  et  hivernent  ainsi  jusqu’au 
retour  de  la  belle  saison  ;  quant  aux  neu¬ 
tres  ou  ouvrières  et  aux  mâles,  ils  périssent 
tous  à  l’époque  des  premières  gelées.  Aussi, 
lorsqu’au  printemps  le  moment  de  pondre 
est  arrivé  pour  les  femelles ,  leur  premier 
soin  est  de  commencer  à  se  confectionner  un 
nid  pour  pondre  leurs  œufs  et  élever  leur 
progéniture.  Ce  nid  ne  s’accroît  que  lorsque 
les  larves  sorties  des  œufs  sont  devenues  In¬ 
sectes  parfaits  :  les  ouvrières  s’adonnent  aux 
soins  du  domicile  commun.  Le  groupe  des 
Bombites  se  compose  essentiellement  du 
genre  Bourdon.  Voy.  ce  mot,  et  surtout  l’art. 
mellifères  ,  pour  tous  les  détails  relatifs 
aux  mœurs  de  ces  Insectes.  (Bl.) 

BOMBÏX.  ins.  —  Voyez  bombyx. 

BOMBIX.  moll.  —  Humphrey  a  indiqué 
sous  ce  nom,  dans  le  Mus.  calonnianum ,  des 
coquilles  qu’on  n’a  pu  rapporter  à  aucun  g. 
connu. 

"BOMBOMYDES.  Bombomydœ.  ins.  — 
Nom  donné  par  M.  Robineau-Desvoidy  à  une 
section  ou  sous-tribu  de  ses  Myodaires ,  qui 
se  compose  des  g.  Sturmia ,  Winthemia ,  Car- 
celia  et  AVniehia.  Elle  rentre  dans  la  tribu  des 
Muscides-Créophiles  de  M.  Macquart.  Voy. 
ces  mots.  (fi.) 

BOMBU.  bot.  ph.  —  Synonyme  de  Bobu. 

BOMBES.  ins.  —  Voyez  bourdon.  (BL;) 

BOMBYCE.  ins.  —  Voyez  bombyx. 

"BOMBYCIA  (dérivé  de  Bombyx ).  ins.— 
Genre  de  Lépidoptères  nocturnes ,  établi  par 
Stephens ,  eLplacé  par  lui  dans  sa  famille  des 
Noctuides.  Westwood  l’a  adopté  (  Synops .  of 
the  généra  of  British  insecls ,  p.  96).  Ce  g.  a 
pour  type  la  Noctua  viminalis  Fabr.,  qui  ap¬ 
partient  au  g.  Tethea  d’Ochsenheimer,  et  que 
rM.  Boisduval  place  dans  son  g.  Cleoceris. 

CD.) 


043 

*B0MBYCIDES.  ins.  —  Nom  donné  par 

M.  Blanchard  (Hist.  nal.  des  insectes ,  faisant 
suite  au  Buffon-Dumènil ,  t.  III,  p.  482  )  à  la 
première  tribu  de  la  famille  des  Bombyciens, 
dans  les  Lépidoptères  nocturnes.  (D.) 

"BOMBYCIENS.  ins.  —  M.  Blanchard 
[Histi  hal.  des  ins .  ,  faisant  suite  au  Buffon- 
Dumènil  i  t.  III,  p.  481)  donne  ce  nom  à  sa 
première  famille  des  Lépidoptères  nocturnes, 
qu’il  divise  ensuite  en  2  tribus  :  les  Bomby- 
cides  et  les  Noiodonlides.  (D.) 

*BOMBYCILÆNA  (pfyM  ,  ver  à  soie; 
Xkïvoc,  manteau,  couverture),  bot.  ph. —  Une 
des  sections  indiquées  par  De  Candolle  dans 
le  %.  Micropus  de  Linné,  famille  des  Synan- 
thérées-Astéroïdées.  (C.  L.) 

BOMBYCILLA.  ois. — C’est  le  nom  sous- 
générique  latin  donné  par  Brisson  au  Jaseur 
de  Bohême ,  qu’il  laissait  dans  le  genre  Tur- 
dus,  et  que  Linné  plaçait  avec  plus  de  raison 
dans  le  genre  Ampelis,  Colinga.  Vieillot  l’a 
employé  comme  nom  générique  pour  les  Ja- 
seurs ,  et  Temminck  lui  a  substitué  peut-être 
à  tort  celui  de  Bombycivora.  Voyez  jaseur* 
(Lafr.) 

*BOMB  Y  C  ÏLLÏNÆ .  ois.  —  Sous-famille 
formée  par  Swainson ,  dans  sa  famille  Am - 
; pelidœ ,  et  renfermant  les  gëhtes  Phibalura, 
Bomby cilla  et  Procnias.  Nous  l’avons  confon¬ 
due  dans  notre  sous-famille  des  Ampélinées. 
V oyez  ce  mot.  (Lafr.) 

*BOMBYCSNES.  Bomby cini.  ins.— M.  Bois- 
duval  ( Généra  et  ind.  method.,  p.  69)  désigne 
ainsi  une  tribu  de  Lépidoptères  nocturnes  , 
qui  se  compose  des  g.  Bombyx ,  Odonestis  et 
Megazoma.  (D.) 

"BOMBYCITES.  ins.  —  M.  Newmann, 
dans  sa  Classification  des  Insectes  de  l’An¬ 
gleterre  d’après  les  larves  (  The  ehtomolog. 
Magaz.,  n°  9,  p.  383) ,  désigne  ainsi  une  des 
nombreuses  divisions  qu’il  établit  dans  l’or¬ 
dre  des  Lépidoptères,  et  qui  sont  pour  lui  au¬ 
tant  d’ordres  naturels.  Ces  divisions  répon¬ 
dent  aux  tribus  ou  aux  familles  des  autres 
auteurs.  Celle  dont  il  est  ici  question  ne  ren¬ 
ferme  que  les  g.  Eriogaster ,  Odonestris ,  Gas- 
tropacha  et  Lasiocampa.  (D.) 

*BOMBYCITES.  ins.  —  M.  Blanchard 
(Hisu  nat .  des  Ins.,  faisant  suite  au  Buffon- 
Dumènil,  t.  3,  p.  484)  désigne  ainsi  un  groupe 
de  Lépidoptères  nocturnes  faisant  partie  de 
sa  tribu  des  Bombycides  et  de  sa  famille  des 
Bombyciens ,  et  qui  se  compose  dès  g.  Me* 


644 


BOM 


BOM 


galosomum  (Megasoma ,  Boisd.),  Borocera, 
Lasiocampa  et  Bombyx.  (D.) 

BOMBYCITES.  Bombycites.  ins. —  Tribu 
établie  par  Latreille ,  dans  la  famille  des  Lé¬ 
pidoptères  nocturnes,  et  qui  a  pour  type  le  g. 
Bombyx.  Cette  tribu  se  compose  pour  nous 
de  7  genres ,  dont  voici  les  noms  :  Clisio- 
campe ,  Trichiure,  Cnéthocampe,  Ériogastre, 
Pæcilocampe ,  Macroplie  et  Bombyx.  (D.) 

BOMBYCIVORA  (  Bombyx ,  ver  à  soie  ; 
voro,  je  dévore),  ois.  —  Nom  générique 
donné  par  Temminck  au  genre  Jaseur,  au 
lieu  de  celui  de  Bombycilla.  Voyez  jaseur. 

(Lafr.) 

*BOMBYCOIDES.  Bombycoidi.  ins.  — 
MM.  Boisduval  (  Généra  et  ind.  method. , 
p.  94)  etGuéné  {Ann.  de  la  Soc.  entom.  de 
France  ,  t.  X  ,  p.  235)  désignent  ainsi  une 
tribu  dans  la  famille  des  Lépidoptères  noc¬ 
turnes,  qui  se  compose,  pour  le  premier,  des 
g.  Acronycta ,  Diphtera  et  Bryophila,  et  pour 
le  second,  des  g.  Semaphora ,  Apatela,  Acro¬ 
nycta  ,  Colocasia  et  Diphtera.  Voyez  ces  diffé¬ 
rents  mots. 

Cette  même  tribu  est  nommée  Acronyo - 
tites  par  M.  Blanchard  ( Hisl .  nat.  des  ins. , 
t.  III).  (D.) 

*BOMBY COSPERMUM  (  /WftffvÇ  ,  ver  à 
soie;  cTcépim,  graine),  bot.  ph. —  Genre  de  la 
famille  des  Convolvulacées ,  formé  par  Presl 
(Reliq.,  Hcenk. ,  II,  137,  t.  71),  et  considéré 
comme  synonyme  du  g.  Aniseia  de  Choisy. 

(C.  L.) 

BOMBYLE.  Bombylius  (j3o ,  espèce 
d’ Abeille),  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des  Dip¬ 
tères  ,  division  des  Brachocères ,  subdivision 
des  Tétrachoetes,  famille  des  Tanystomes,  tri¬ 
bu  des  Bombyliers,  établi  par  Linné,  et  adopté 
par  tous  les  entomologistes ,  qui  l’ont  réduit 
et  modifié  successivement.  Il  renferme  néan¬ 
moins  encore  un  assez  grand  nombre  d’es¬ 
pèces  qui ,  d’après  M.  Macquart ,  dont  nous 
suivons  ici  la  méthode,  se  distinguent  des  au¬ 
tres  Bombyliers  par  les  caractères  suivants  : 
Trompe  longue  ;  base  saillante ,  épaisse ,  en 
forme  de  tube.  Palpes  cylindriques.  Face 
proéminente,  velue.  Premier  article  des  an¬ 
tennes  allongé,  velu  ;  3e  plus  allongé,  subulé, 
comprimé  ;  style  de  3  art.,  peu  distinct,  quel¬ 
quefois  nul.  Abdomen  large.  Ailes  étroites  ; 
première  cellule  postérieure  fermée. 

Les  Bombyles  ont  le  corps  ramassé,  large, 
couvert  de  poils  denses  ;  la  tête  petite ,  ar¬ 


rondie  ,  armée  d’une  longue  trompe  ;  le  cor¬ 
selet  élevé  ;  les  pattes  longues  et  très  minces, 
les  ailes  grandes,  écartées,  étendues  horizon¬ 
talement.  Ce  sont  des  Insectes  très  agiles  et 
d’un  vol  extrêmement  rapide  :  on  ne  peut 
mieux  les  comparer  sous  ce  rapport  qu’aux 
Macroglosses ,  dans  les  Lépidoptères.  Comme 
eux,  ils  planent  au-dessus  des  fleurs  sans  s’y 
poser,  et  y  introduisent  leur  longue  trompe 
pour  en  tirer  la  liqueur  mielleuse  dont  ils  se 
nourrissent.  Le  bruit  qu’ils  font  en  volant  est 
presque  aussi  fort  que  celui  des  Abeilles- 
Bourdons.  Ces  Insectes  ne  se  voient  qu’en 
été  ,  et  sont  plus  communs  et  généralement 
plus  gros  dans  le  midi  que  dans  le  nord  de 
l’Europe.  On  en  connaît  quelques  espèces  du 
nord  de  l’Afrique ,  du  Sénégal  et  du  cap  de 
Bonne-Espérance.  On  ne  sait  encore  rien  de 
leurs  métamorphoses  ;  on  présume  cepen¬ 
dant  que  leurs  larves  vivent  dans  la  terre. — 
M.  Macquart ,  qui  en  décrit  23  espèces  ,  les 
partage  en  trois  groupes ,  d’après  les  cellules 
de  leurs  ailes.  Nous  citerons  comme  type  du 
premier  groupe ,  le  B.  bichon  ,  Bombylius 
major  Linn.,  Fab.,  Latr.,  Meig. ,  n°  1 ,  et 
Fall.,  no  ï  ,  qui  se  trouve  partout,  et  qui  est 
commun  aux  environs  de  Paris  ;  comme  type 
du  second ,  le  B.  luisant  ,  Bombylius  nitidu- 
lus  Fab.,  Meig.,  n«  22,  tab.  18,  fig.  5,  6;  et 
comme  type  du  troisième ,  le  B.  sulfureux, 
Bombylius  sidphureus  Fab.,  Meig.,  n°  34, 
tab.  18,  fig.  10.  (D.) 

*BOMBYLIAIRES.  Bombyliari.  ins.  — 
Eichwald  et  Wiedmann  appellent  ainsi  une 
tribu  de  la  famille  des  Diptères  tanystomes , 
la  même  que  celle  des  Bombyliers  de  La¬ 
treille.  Voyez  ce  mot.  (D.) 

*BOMBYLIDES.  ins.  —  Leach  donne  ce 
nom  à  la  famille  des  Bombyliers  de  Latreille. 

(D.) 

^BOMBYLIERS.  Bombyliarii.  ins. — Tribu 
de  l’ordre  des  Diptères ,  famille  des  Tanys¬ 
tomes,  division  des  Brachocères,  subdivision 
des  Tétrachoetes ,  établie  par  Latreille ,  et 
adoptée  par  Meigen  ainsi  que  par  M.  Mac- 
quart,  qui  la  divise  en  13  genres,  qui  sont  : 
Bombyle ,  Usie ,  Ploas  ,  Xestomyze ,  Toxo- 
phore,  Cyllénie,  Thlypsomize,  Apatomyze, 
Amicte,  Systrope,  Géron,  Phthirie,  Méga- 
palpe. 

Les  Bombyliers  se  reconnaissent  principa 
lement  à  leur  trompe  longue  et  dirigée  en 
avant.  Ils  se  divisent  naturellement  en  3  sec- 


BOM 


lions,  d’après  la  forme  de  leur  corps  court 
et  épais  dans  la  première  et  allongé  dans  la 
seconde.  Comme  nous  l’avons  dit  au  g.  Bom- 
byle,  ces  Diptères  ont  le  vol  très  rapide.  Ils  pla¬ 
nent  au-dessus  des  fleurs,  et  en  pompent  les 
sucs  en  volant  ;  ils  ne  prennent  leur  essor 
qu’à  l’ardeur  du  soleil,  et  font  entendre  un 
bourdonnement  grave.  Quand  ils  se  posent , 
c’est  le  plus  souvent  sur  la  terre  ou  sur  le 
tronc  des  arbres.  Ils  sont  beaucoup  plus  com¬ 
muns  dans  les  climats  chauds  que  dans  le 
Nord.  Leurs  larves  ne  sont  pas  encore  con¬ 
nues  :  il  est  probable  qu’elles  vivent  dans  la 
terre.  V oyez  les  noms  des  g.  cités  dans  cet 
article.  (D.) 

*BOMBYLIITES.  ms.  —  M.  Newmann  , 
dans  sa  Classification  des  Insectes  de  l’An¬ 
gleterre  ,  d’après  les  larves  (  The  eniomolog. 
Magaz n°  9,  p.  389) ,  désigne  ainsi  une  des 
nombreuses  divisions  qu’il  établit  dans  l’or¬ 
dre  des  Diptères ,  et  qui  repose  sur  les  méta¬ 
morphoses  du  seul  g.  Bombyle.  (D.) 

BOMBYX  (/3o'f*6v£,  ver  à  soie),  ins. — Genre 
de  Lépidoptères  nocturnes ,  de  la  tribu  des 
Bombycites  de  Latreille  ,  établi  par  Linné  et 
adopté  par  tous  les  auteurs ,  mais  tellement 
réduit  par  les  retranchements  successifs  qu’on 
lui  a  fait  subir,  que  les  caractères  qu’on  lui 
assignait  primitivement  ne  peuvent  plus  lui 
convenir  aujourd’hui.  Ce  qu’il  y  a  de  plus 
singulier  dans  ces  retranchements  ,  c’est  que 
le  Bombyx  par  excellence  ,  celui  du  mûrier, 
autrement  dit  le  Yer  à  soie  ,  qui  aurait  dû  y 
rester  comme  type  ,  n’en  fait  plus  partie  ,  et 
forme  à  lui  seul  un  genre  auquel  Latreille  a 
donné  le  nom  de  Sericaria  ;  tandis  qu’on  y  a 
conservé  les  espèces  qui  méritent  le  moins  la 
dénomination  de  Bombyx  par  la  nature  du 
cocon  de  leurs  Chenilles ,  qui ,  au  lieu  d’être 
de  pure  soie,  consiste  en  une  espèce  de  feutre 
très  gommé.  Yoici,  au  reste,  leurs  caractères 
génériques  à  l’état  parfait  :  Antennes  large¬ 
ment  pectinées  dans  les  mâles  et  dentées  dans 
les  femelles.  Palpes  courts ,  velus ,  obtus. 
Trompe  nulle.  Corselet  robuste  et  garni  de 
longs  poils.  Abdomen  de  la  femelle  très  gros, 
cylindrique ,  velu ,  terminé  en  pointe  obtuse. 
Ailes  larges ,  aussi  velues  que  squameuses. 
Les  Chenilles  sont  longues ,  cylindriques  et 
garnies  de  deux  sortes  de  poils  :  les  uns ,  en 
plus  grand  nombre ,  bas  et  très  denses  ;  les 
autres  longs,  isolés  ou  fasciculés.  Toutes  vi¬ 
vent  solitaires ,  les  unes  sur  les  arbres  ,  les 


BON  645 

autres  sur  les  plantes  basses  ,  et  se  transfor¬ 
ment  dans  des  coques  d’un  tissu  très  solide 
ayant  la  forme  d’un  gland,  excepté  cependant 
celle  du  B.  rubi ,  qui  se  renferme  dans  un 
tissu  lâche  et  fusiforme. 

Ce  genre  se  réduit  pour  nous,  en  Europe,  à 
5  espèces  :  ce  sont  les  Bombyx  rubi  et  quercus 
Linn.  ,  B.  Irifolii  Fab. ,  B.  spartii  et  codes 
Hubn.  Toutes  ces  espèces  volent  très  rapide¬ 
ment  pendant  le  jour,  du  moins  les  mâles  (car 
les  femelles  restent  tranquilles  au  pied  des  ar¬ 
bres),  et  paraissent  en  juillet,  à  l’exception 
de  la  première,  qui  éclôt  en  mai.  C’est  parmi 
elles  que  se  trouve  celle  qui  est  connue  vul¬ 
gairement  sous  le  nom  de  Minime  à  bandes 
(  B.  quercus  ) ,  si  remarquable  par  la  finesse 
de  son  odorat.  En  effet,  si  l’on  a  chez  soi  une 
femelle  récemment  éclose  ,  on  voit  accourir 
en  plein  jour  une  foule  de  mâles  pour  s’ac¬ 
coupler  avec  elle  ,  alors  même  qu’elle  serait 
renfermée  dans  une  boîte  bien  fermée ,  et 
que  votre  appartement  serait  très  éloigné  des 
lieux  où  l’on  suppose  que  ces  mâles  ont  pu 
naître.  Cette  espèce  et  les  quatre  autres  sont 
figurées  dans  l’ouvrage  de  Hubner,  ainsi  que 
dans  notre  Hist.  des  Lépidoptères  de  France. 
Voyez  bombycites.  (D.) 

BOMBYX  (j8opi>v£,  ver  à  soie),  bot.  pii.  — 
Genre  indiqué  par  Medikus,  adopté  par 
Mœnch,  synonyme  d 'Hibiscus,  L.,  famille  des 
Malvacées.  (C.  L.) 

*BOMOLOCUS.  crust. —  Genre  de  Crus¬ 
tacés  suceurs,  de  l’ordre  des  Siphonostomes, 
de  la  famille  des  Pachycéphales  et  de  la  tribu 
des  Ergasiliens  ,  établi  par  M.  Nordmann  ,  et 
composé  des  Ergasiliens  dont  le  corps  est  py- 
riforme  sans  lobes  latéraux ,  dont  l’extrémité 
antérieure  de  la  tête  n’est  pas  garnie  de  pat¬ 
tes-mâchoires  ancreuses,  et  dont  les  antennes 
sont  renflées  et  épineuses  à  leur  base,  afin  de 
servir  comme  organes  d’adhésion.  On  ne 
connaît  qu’une  espèce  de  ce  genre  trouvée 
sur  les  branchies  de  VEsox  belone ,  et  figu¬ 
rée  par  M.  Burmeister  dans  le  XVIIe  vo¬ 
lume  des  Actes  des  cur.  de  la  nat.  de  Bonn. 

(M.  E.) 

BONAFIDIA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Genre  delà  famille  des  Papilionacées,  formé 
par  Necker  [Elément.,  n.  1364),  et  synonyme 
du  g.  Amorpha  de  Linné.  (C.  L.) 

BONAMIA  (nom  propre  P),  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Convolvulacées , 
formé  par  Dupetit-Thouars  (  Hist,  vég.  Afr, 


BON 


646 

aust.,  17  ,  t.  6 i)  sur  un  arbrisseau  trouvé  à 
Madagascar  et  encore  peu  connu,  à  tige 
dressée,  garnie  de  feuilles  alternes,  coriaces, 
très  entières ,  ondulées  ;  à  inflorescence  en 
panicule  terminale ,  petite  et  contractée.  Un 
calice  pentaphylle  immuté  ;  une  corolle  in- 
fondibuliforme,  campanulée,  à  limbe  5-parti, 
plan  ;  des  étamines  subexsertes  ;  un  style  bi¬ 
fide,  longuement  exsert,  à  stigmates  capités, 
le  caractérisent  principalement.  (C.  L.) 

BON  AN  A.  ois.  —  Ployez  banana. 

*BONA-NOX  (en  français  Bonne-Nuit). 
bot.  ph.— Genre  de  la  famille  des  Convolvu¬ 
lacées  ,  formé  par  Rafinesque ,  et  synonyme 
du  Calonyction  de  Choisy.  (C.  L.) 

*BONAPARTEA  (  Bonaparte  ,  premier 
consul),  bot.  pn.  —  Genre  de  la  famille  des 
Amaryllidacées  (Amaryllidées  anomales,  tri¬ 
bu  des  Agavées,  secund.  Endlich.  Gen.  PL, 
p.  181),  formé  par  Willdenow,  sur  Y  Agave 
geminijlora  de  Brandes ,  et  réuni  définitive¬ 
ment  au  g.  Agave  de  Linné. 

On  désigne  encore  sous  ce  nom  un  genre 
de  la  famille  des  Broméliacées,  tribu  des 
Tillandsiées ,  Nob.  ( voyez  ce  mot),  formé 
par  Ruiz  et  Pavon  ( Flor .  peruv.,  III,  38, 
t.  262 , 263) ,  et  comprenant  un  petit  nom¬ 
bre  de  plantes  de  l’Amérique  tropicale  , 
couvertes  d’une  pubescence  furfuracée;  à 
feuilles  radicales ,  subulées  ou  ensiformes , 
roulées  à  la  base  ;  à  scape  squameuse  ;  à  in¬ 
florescence  bractéée  en  épis  simples ,  strobi- 
liformes  ou  thyrsoïdaux  ;  à  périgone  libre, 
sexparti ,  dont  les  lacinies  externes ,  égales , 
cohérentes  à  la  base ,  roulées  en  spirale  ;  les 
intérieures  pétaloïdes  ,  roulées  en  tube  infé¬ 
rieurement,  linéaires  lancéolées  au  sommet , 
nues  en  dedans  à  la  base.  Capsule  membra- 
nacée,  ovale,  pyramidale.  (C.  L.) 

BONAROTA,  Mich.  bot.  ph.  —  Synonyme 
de  Pœderola. 

*BONASA  (|3ovac7oç,  Bonasus, Taureau  sau¬ 
vage).  ois.  —  Nom  latin  par  lequel  Brisson 
désignait  la  Gelinotte  et  quelques  autres  es¬ 
pèces  de  Tétras. 

Dans  la  List  oftlie  gen.  of  birds  de  Gray, 
c’est  le  nom  d’un  genre  de  la  sous-famille 
Telraoninœ ,  ayant  pour  type  le  Tetrao  um- 
bellus  de  Linné.  (Lafr.) 

BONASE.  Bonasus .  mam.  —  P" oyez  buffle. 

BONASIA  (jSovacroç,  Bonasus ,  Taureau 
sauvage),  ois.  —  Genre  formé  par  Bonaparte 
dans  la  famille  Tetraotïidfê,  ayant  pêur  typés 


BON 

le  Tétras  gelinotte  (  Tetrao  Bonasia  L.  )  ét  lé 
Tetrao  umbellus  L.  Ployez  tétras.  (Làfr.) 

BONASLA.  bot.  ph.  — Synonyme  d’Agri- 
paume,  Leonurus  cardiaca. 

BONASUS.  mam.  —  Syn.  latin  de  Boriase. 

BONATÉE.  Bonatea.  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Orchidées,  tribu  des  Ophry- 
dées.  Ce  g.  a  été  établi  par  Willdenow  et 
adopté  par  M.  Lindley.  Il  est  extrêmement 
voisin  du  g.  Habenaria,  dont  il  a  non  seule¬ 
ment  le  port ,  mais  presque  tous  les  points 
d’organisation.  Il  en  diffère  seulement  par 
son  rostelle  libre,  allongé  et  concave;  du 
reste ,  il  offre  encore  les  deux  appendices  ou 
processus  charnus  qu’on  observe  dans  tou¬ 
tes  les  espèces  du  g.  Habenarià.  Nous  ne 
croyons  pas  ces  deux  g.  suffisamment  dis¬ 
tincts.  Les  espèces  qui  composent  le  g.  Bona¬ 
tea ,  au  nombre  d’environ  10,  sont  originaires 
de  l’Afrique  australe  ou  de  l’Inde.  (A.  R.) 

BONAVERIA  (nom  propre?),  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Papilionacées  ,  tribu 
des  Hédysarées-Coronillées  ,  formé  par  Sco- 
poli  (. Introd .  1420),  aux  dépens  de  la  Coronilla 
securidaca  de  Linné  ,  qui  seule  compose  ce 
genre.  C’est  une  plante  herbacée ,  annuelle , 
croissant  dans  les  campagnes  du  midi  de 
l’Europe  ,  et  jusque  dans  l’ Asie-Min eüre ,  à 
feuilles  imparipennées,  à  fleurs  jaunes,  om- 
bellées-fasciculées.  (C.  L.) 

BONDRÉE.  Pernis ,  Cuv.  ois.  —  Genre 
formé  par  Cuvier  ,  ayant  pour  type  la  Buse 
bondrèe  des  auteurs,  Falco  apivorus  L.,  et 
auquel  il  assigne  pour  caractères  :  «  Bec 
courbé  dès  sa  base ,  faible  comme  chez  les 
Milans;  intervalle  entre  le  bec  et  l’œil  cou¬ 
vert  de  plumes  bien  serrées  et  coupées  en 
écailles,  au  lieu  d’être  nu  et  seulement  garni 
de  quelques  poils ,  comme  dans  tout  le  reste 
du  grand  genre  Falco.  Tarses  à  demi  em¬ 
plumés  vers  le  haut  et  réticulés;  queue 
égale;  ailes  longues.  »  Nous  ajouterons: 
«  Narines  obliques  et  en  scissure  étroite 
comme  chez  les  Cymindis  du  même  auteur.  » 

Il  est  assez  singulier  que  ce  dernier  carac¬ 
tère  qui,  avec  la  brièveté  des  tarses,  en  par¬ 
tie  emplumés ,  leur  articulation ,  et  la  lon¬ 
gueur  de  la  queue,  se  retrouve  semblable 
chez  les  Cymindis ,  n’ait  pas  frappé  ce  savant, 
et  ne  l’ait  pas  engagé ,  dans  son  Règne  ani- 
mal ,  à  rapprocher  ces  deux  genres  au  lieu  de 
les  tenir  éloignés. 

L’espèce  européenne,  la  Bondréé  communs; 


647 


BON 

Cuy.,  Falco  apivorus  L.  ( enl .  420),  a  un  plu¬ 
mage  très  variable.  Le  mâle  adulte  a  le  som¬ 
met  de  la  tête  d’un  cendré  bleuâtre;  les  par¬ 
ties  supérieures  d'un  brun  plus  ou  moins  cen¬ 
dré  ;  les  pennes  secondaires  des  ailes  rayées 
de  brun  et  de  gris  bleu,  et  la  queue  traver¬ 
sée  par  trois  bandes  d’un  brun  foncé  à  dis¬ 
tances  inégales  ;  le  dessous  d’un  blanc  jaun⬠
tre  avec  des  stries  sur  la  gorge  et  le  cou  ;  des 
taches  triangulaires  sur  la  poitrine,  et  le  ven¬ 
tre  de  couleur  brune  ;  la  cire  d’un  cendré 
foncé,  et  les  pieds  jaunes. 

Quoique  la  Bondrée  ait  les  pattes  fort  cour¬ 
tes,  elle  marche  et  court  même  avec  facilité 
sans  s’aider  de  ses  ailes,  faculté  qui  lui  a  été 
accordée  sans  nul  doute  pour  se  saisir  des 
Mulots,  Grenouilles,  Lézards,  dont  elle  fait  sa 
nourriture,  ainsi  que  d’insectes,  comme  Che¬ 
nilles,  Guêpes,  etc.  Elle  nourrit  ses  petits  de 
chrysalides,  et  particulièrement  de  celles  des 
Guêpes,  ce  qui  lui  a  valu  le  nom  spécifique 
latin  d ’ apivorus.  On  a  profité  de  son  instinct 
chasseur  pour  lui  tendre  sur  le  sol  différents 
pièges  où  elle  se  prend  en  poursuivant  sa 
proie.  «  Il  n’y  a,  dit  Belon,  petit  berger,  dans 
la  Limagne  d’Auvergne  ,  qui  ne  sache  con¬ 
naître  la  Bondrée ,  et  la  prendre  par  engin 
avec  des  Grenouilles.  »  Cette  chasse  facile 
en  a  beaucoup  diminué  l’espèce ,  autrefois 
commune  en  France,  et  aujourd’hui  devenue 
rare.  Elle  habite  particulièrement  les  con¬ 
trées  orientales ,  et  est  de  passage  en  France 
et  presque  dans  toute  l’Europe.  On  n’a  en¬ 
core  bien  constaté  qu’une  seconde  espèce 
appartenant  à  ce  genre ,  la  Bondrée  huppée 
de  Java  ( Pemis  cristala  Cuv.,  Règ.  anim ., 
Tem.,  pi.  col.  44),  remarquable  par  une 
huppe  occipitale  et  par  une  taille  plus  forte. 

Le  caractère  des  lorum  garnis  de  petites 
plumes  tassées ,  tout  exceptionnel  chez  ce 
genre  de  Rapaces  mangeurs  de  Guêpes ,  ne 
leur  aurait-il  point  été  accordé  pour  les  ga¬ 
rantir  des  piqûres  de  ces  Hyménoptères  et  de 
leur  cruel  aiguillon  au  moment  où  ils  les  sai¬ 
sissent  dans  leur  bec?  Cette  supposition  nous 
paraît  la  plus  probable  à  adopter. 

Les  nombreux  rapports  que  nous  retrou¬ 
vons  entre  les  Bondrées  et  les  Cymindes  d’une 
part,  et  de  l’autre ,  entre  ces  dernières  et  les 
g.  Lophotes ,  Less.,  Aviceda ,  Sw.,  et  même 
Rosihrame,  Less.,  nous  ont  engagé  à  réunir 
ces  cinq  genres  en  une  petite  sous-famille , 
sous  le  nom  de  Cymindinées,  dont  la  place 


BON 

naturelle  est  entre  celles  des  Milvinées  et  des 
Buiéoninées,  étant  très  voisine  de  la  première, 
mais  en  différant  par  des  ailes  beaucoup  moins 
longues  et  une  queue  non  fourchue.  Voy. 

AVICEDA,  CYM1NDE  et  CYMINDINÉES.  (LAFR.) 

BONDIJC.  bot.  pii. —  Synonyme  de  Guil- 
landina. 

*BONGARDIA  (J. -B.  Bongard  ,  botaniste 
allemand),  bot.  pii. — Genre  de  la  famille  des 
Berbéridacées,  formé  par  C.rA.  Meyen  (  Fer- 
zeichn.  Cauc.  Pflanz ,  174),  sur  1  e  Leontice 
chrysogonum  de  Linné.  Il  ne  renferme  guère 
que  deux  espèces,  lesiL  üliveriiet  Rauwolfii. 
Ce  sont  deux  petites  plantes  herbacées,  viva¬ 
ces,  croissant  en  Orient,  en  Perse  et  dans  la 
partie  orientale  du  bassin  méditerranéen, 
acaules  ,  très  glabres  ,  à  rhizome  tubéreux  , 
produisant  des  feuilles  toutes  radicales,  pen- 
natiséquées ,  du  milieu  desquelles  s’élèvent 
des  scapes  portant  des  fleurs  d’un  beau  jaune, 
en  grappes.  (C.  L.) 

BONGARE.  Bongarus  ( Bungarum-pamah , 
nom  du  Bongare  à  anneaux  au  Bengale),  rept. 
—  Genre  d’Ophidiens  confondus  d’abord 
avec  les  Boas  à  cause  de  leurs  plaques  cauda¬ 
les  entières  ,  désignés  plus  tard  sous  le  nom 
de  Pseudoboas ,  puis  enfin  placé  par  Cuvier 
dans  sa  troisième  tribu  des  Serpents  veni¬ 
meux.  Caractères  essentiels  :  Tête  courte  et 
couverte  de  grandes  plaques  ;  l'occiput  plus 
renflé  ;  le  dos  comprimé  en  carène  et  garni 
d’une  rangée  longitudinale  d'écailles  hexa¬ 
gonales.  Pas  de  crochets  mobiles  ;  mais  les 
premières  maxillaires  antérieures  fort  gran¬ 
des  ,  creusées  d’un  sillon,  et  communiquant 
avec  une  glande  venimeuse. 

Ce  genre  renferme  trois  espèces  :  le  B.  a 
anneaux,  B.  annularis,  Boa  fasciala,  le  plus 
grand  de  tous ,  et  qui  atteint  jusqu’à  sept  ou 
huit  pieds  de  longueur  ;  le  B.  bleu  ,  B.  cœ - 
ruleus,  Boa  lineata,  toutes  deux  assez  répan¬ 
dues  dans  le  Bengale  ;  et  le  B.,  a  demi-bandes, 
B.  serai- fasciaius ,  naturel  à  l’ile  de  Java. 
Tous  les  Bongares  soDt  venimeux,  et  l’on  dit 
même  que  leur  venin  est  fort  actif.  fC.  d’O.) 

BON  HENRI,  bot.  pii.— Nom  vulgaire  du 
Chenop'odium  Bonus  Henricus.  Foyez  ciieno- 
podium. 

BON-HOMME,  bot.  pii.  —  Nom  vulgaire 
d’une  espèce  du  genre  Molène,  le  Ferbascum 
Thapsus. 

BON-HOMME-MISÈRE,  ois.— Nom  vul¬ 
gaire  du  Rouge-gorge,  Motacilla  rubecula. 


BON 


BON 


648 

BONITE,  poiss.  —  Cette  dénomination  , 
qui  a  été  donnée  à  plusieurs  Poissons  du  g. 
Scombre  ,  et  suivant  M.  Ajasson  au  Scornber 
sarda  Bl.,  s’applique  plus  communément  au 
Sc.  pelamys ,  Thon  à  ventre  rayé,  Bonite  des 
tropiques.  (C.  d’O.) 

*BONJEANIA  (nom  propre),  bot.  pu.  — 
Genre  de  la  famille  des  Papilionacées ,  tribu 
des  Lotées-Trifoliées,  formé  par  Reichenbach 
( Fl.  excurs.,  507;  Iconog.,  t.  1080),  aux  dé¬ 
pens  de  plusieurs  espèces  de  Lotus  de  Linné. 
Il  ne  renferme  guère  que  deux  ou  trois 
espèces  indigènes  de  l’Europe  australe ,  à 
feuilles  pennées -trifoliées ,  garnies  de  sti¬ 
pules  semblables  aux  folioles  ;  à  inflorescence 
sub-ombellée;  à  fleurs  assez  nombreuses, 
sur  des  pédoncules  très  courts.  (C.  L.) 

BONJOEB  COMMANDEUB.  ois  — Nom 
vulgaire  du  Loxia  grossa. 

*BONNANIA,  Rafin.  (nom  propre),  bot. 
ph.  —  Synonyme  de  Cupania  de  Plumier. 

(C.  L.) 

BONNAYA  (nom  propre),  bot.  ph.— Genre 
de  la  famille  des  Scrophulariacées,  tribu  des 
Gratiolées ,  créé  par  Link  et  Otto  (  le.  select. , 
25  ),  et  divisés  en  trois  sections  par  Bentham 
( Scrophul .  lnd.,  32);  a.  Siliquosce  ;  b.  Bra- 
chycarpœ;  c.  Sphœrocarpœ.  Ce  sont  des  plan¬ 
tes  herbacées,  annuelles,  bisannuelles  ou  vi¬ 
vaces,  indigènes  de  l’Inde,  assez  débiles,  gla¬ 
bres  ou  rarement  pilosiuscules ,  rampantes 
ou  subérigées  ;  à  feuilles  opposées,  très  en¬ 
tières  ou  dentées  ;  à  fleurs  blanches  ou  rou¬ 
ges,  axillaires ,  opposées  ou  alternes  par 
avortement ,  souvent  pédicellées ,  les  supé¬ 
rieures  quelquefois  disposées  en  grappes. 
On  en  cultive  plusieurs  espèces  dans  les 
jardins.  (C.  L.) 

BONNE-DAME.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
d’une  espèce  du  g.  Arroche. 

*BONNELLIE.  Bonnellia  (nom  propre). 
ins.  —  Genre  de  Diptères  établi  par  M.  Robi¬ 
neau  -Desvoidy,  dans  son  ouvrage  sur  les 
Myodaires ,  et  consacré  par  lui  à  la  mémoire 
du  professeur  Bonelli,  de  Turin.  Ce  g.  fait 
partie  de  la  famille  des  Calyptérées,  tribu  des 
Entomobies,  section  des  Anthophiles.  L’au¬ 
teur  y  rapporte  3  espèces ,  toutes  nommées 
par  lui  :  B.  lesellans ,  B.  lateralis  et  B.  rubi- 
ginosa.  Les  deux  dernières  sont  des  environs 
de  Paris.  (D.) 

*BONNELLIE.  Bonnellia  (nom  propre). 
kchin. — Genre  élablipar  M.  Rolando,  pour  un 


animal  très  mou ,  qui  vit  dans  la  vase  ,  près 
des  côtes  de  la  mer  Méditerranée.  Son  corps 
est  ovoïde  ou  fusiforme,  terminé  par  l’anus  et 
prolongé  en  une  longue  trompe,  formée  par 
une  lame  repliée,  très  extensible ,  ce  qui  lui 
donne  une  certaine  analogie  avec  les  Si- 
poncles.  Son  intestin  est  très  long,  plusieurs 
fois  replié  ;  il  est  accompagné  en  arrière  par 
deux  organes  ramifiés,  intérieurs,  servant 
probablement  à  la  respiration.  M.  Rolando 
en  a  décrit  2  esp.  :  l’une  verte,  B .  viridis,  lon¬ 
gue  de  0m,66;  l’autre  brune  ,  B.  fuliginosa  , 
longue  seulement  de  0m,l4  à  0m,16.  (Duj.) 

*BONNEMAISONNIA  (nom  propre),  bot. 
cr. —  (Phycées).  Ce  genre,  l’un  des  plus  élé¬ 
gants  de  l’ordre  desFloridées,  a  été  fondé  par 
M.  Agardh  ( Spec .  Alg.,  t.  1,  p.  196),  et  dé¬ 
dié  à  notre  compatriote  Bonnemaison,  dont 
les  travaux  sur  les  Céramiées ,  ou  ce  qu’il 
nommait  üydrophyles  loculêes ,  trop  négligés 
par  les  phycologues  modernes  ,  méritent 
pourtant  qu’on  en  fasse  quelque  compte.  Lé¬ 
gèrement  modifié  dans  ces  derniers  temps 
par  le  fils  du  célèbre  algologue  suédois  (Lin- 
ncea,  1841,  I,  p.  21),  il  peut  être  ainsi  défini  : 
Racine  scutiforme.  Fronde  déliée,  cylindrique 
ou  comprimée,  irrégulièrement  rameuse;  ra¬ 
meaux  vagues,  garnis  de  nombreuses  pinnu- 
les  en  forme  de  cils ,  distiques  et  alternes. 
Conceptacles  ovoïdes  ou  globuleux ,  courte- 
ment  pédicellés,  axillaires  ou  marginaux, 
et,  dans  ce  dernier  cas,  opposés  aux  cils. 
Ces  conceptacles  contiennent  des  sporidies 
pyriformes,  fixées  au  fond  de  leur  cavité* 
et  qui  en  sortent  à  la  maturité  par  un  orifice 
dont  leur  sommet  est  percé.  Les  espèces  de 
ce  genre ,  au  nombre  seulement  de  3  ,  sont 
remarquables  par  leur  belle  couleur  rose  ou 
purpurine,  et  surtout  par  l’élégance  inexpri¬ 
mable  de  leur  port.  2  habitent  les  côtes  de 
l’Europe  baignées  par  l’Océan  et  la  Méditer¬ 
ranée,  la  3e  m’est  totalement  inconnue. 

Ce  g.  est  voisin  de  Y Asparagopsis  que 
M.  Agardh  a  publié  aussi ,  deux  ou  trois  mois 
plus  tard  ( Linnœa ,  loc.  cil.,  p.  22),  sous  le 
nom  de  Lictoria;  mais  celui-ci  en  diffère  sur¬ 
tout  par  la  disposition  et  la  structure  des  der¬ 
niers  ramules,  abstraction  faite  de  l’espèce  de 
souche  rampante  d’où  s’élèvent  les  frondes 
fertiles  et  dont  M.  Agardh  ne  dit  pas  un  mot, 
probablement  parce  qu’il  n’a  eu  en  sa  pos¬ 
session  que  des  échantillons  incomplets. 

Nous  avons  dit  plus  haut  que  cet  habile 


BON 


649 


phycologue  a  apporté  quelques  modifications 
à  ce  g.;  voici  en  quoi  elles  consistent.  Il  ne 
conserve  dans  l’ancien  g.  de  son  père  que  les 
B.  pilularia ,  asparagoides  et  apiculala.  Il 
range  dans  le  g.  Calocladia  ( voy .  ce  mot),  à 
côté  du  C.  pulchra  Grev.,  le  Bonnemaison- 
nia .  elegans  Ag.  et  le  Sphœrococcus  flacci - 
dus  Suhr,  qu’il  nomme  Calocladia  Suhrii. 
Enfin  ,  il  propose  le  nom  de  Mammea  ,  pour 
deux  espèces,  le  Delisea  fimbriaia  Lam.,  et  le 
Rhodomela  dovsifera  Ag.  Le  nom  de  Mam¬ 
mea ,  occupé  par  un  g.  linnéen  de  la  Phané- 
rogamie,  ne  pouvant  être  admis ,  nous  pen¬ 
sons  qu’il  est  de  toute  justice,  nous  ne  disons 
pas  de  restituer ,  mais  bien  de  conserver  à 
l’algue  de  Lamouroux  le  nom  qu’il  lui  a  im¬ 
posé.  Le  g.  Delisea  de  M.  Fée  n’ayant  pu 
être  adopté,  celui-ci  ne  saurait  manquer  de 
l’être,  puisqu'il  joint  à  l’avantage  de  la  prio¬ 
rité  celui  d’avoir  été  consacré  par  un  ami  à 
la  mémoire  d’un  botaniste  recommandable, 
connu  par  des  travaux  estimables  sur  la  li- 
chénographie  et  que  la  mort  vient  d’enlever 
récemment  à  la  science  et  à  ses  amis.  (C.  M.) 

BONNET,  zool.  —  On  appelle  ainsi  le  se¬ 
cond  estomac  des  Ruminants.  —  En  ornitho¬ 
logie  ,  ce  nom  s'applique  à  la  partie  supé¬ 
rieure  de  la  tête  de  l’oiseau.  —  Les  mar¬ 
chands  et  les  amateurs  ont  aussi  désigné  sous 
ce  nom  des  Coquilles  appartenant  à  des  gen¬ 
res  différents ,  et  qui  ne  se  distinguent  que 
par  des  épithètes  indiquant  leur  ressem¬ 
blance  avec  l’objet  dont  ils  portent  le  nom. 
Ainsi  ils  ont  nommé  :  Bonnet  chinois,  le 
Palella  sinensis  L.  ;  B.  le  fou  ,  le  Chama 
Cor  L.  ;  B.  de  Neptune,  le  Palella  eques- 
iris  Lam.  ;  B.  de  Pologne,  le  Cassis  te&ticulis 
Lam.  (C.  d'O.) 

En  botanique ,  on  donne  ce  nom  à  diverses 
esp.  d’ Agarics,  à  cause  de  leur  ressem¬ 
blance  avec  un  bonnet;  ils  forment  la  7 6me 
famille  de  Champignons  de  Paulet.  Elle  com¬ 
prend  trois  espèces  :  le  Bonnet  d’argent 
feuillets  noirs  ou  le  Bonnet  romain  (. Agar . 
phalœnarum  F.);  le  Bonnet  d’argent  feuil¬ 
lets  roux  (  Agar .  uliyineus  F.)  ;  et  le  Bon¬ 
net  rabattu  ou  de  matelot  (  Agar.  sub- 
atratus  F.).  Ces  trois  espèces  données  aux 
animaux  ne  les  incommodent  point.  (Lév.) 
BONNET  BLANC,  éciiin.  —  Espèce  du 
genre  ananchite. 

BONNET  CHINOIS,  mam.  —  Espèce  du 
g.  Macaque. 

T.  II. 


BON 

BONNET  DE  NEPTUNE,  polyp.  ~  Nom 
vulgaire  d’une  espèce  du  g.  Fongie  ,  Fungia 
limacina  Lam. 

BONNETIA ,  Schreb.  non  Mart.  et  Zucc. 
(nom  propre),  bot.  pii.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Ternstræmiacées,  tribu  des  Lapla- 
cées,  synonyme  du  Mahurea  d’Aublet.  — 
Ce  nom  a  été  donné  aussi  par  Marlius  et 
Zuccarini  à  un  autre  g.  de  la  famille  des 
Ternstræmiacées ,  tribu  des  Laplacées  (Nov. 
Gen.  et  Sp.,  I,  115,  t.  110,  Excl.  synon.).  Il 
renferme  une  dizaine  d’espèces  environ.  Ce 
sont  des  arbres  ou  des  arbrisseaux  croissant 
sous  les  tropiques ,  au  Brésil;  à  feuilles  al¬ 
ternes,  rassemblées  au  sommet  des  ra¬ 
meaux,  rétrécies  à  la  base  en  un  pétiole  qui 
s’articule  avec  la  branche  ,  coriaces ,  très  en¬ 
tières  ,  uninerves ,  pinnées-veinées  ,  éslipu- 
lées.  Les  fleurs  ^n  sont  grandes  ,  blanches, 
belles ,  et  disposées  en  grappes  terminales 
feuillées  ;  pédoncules  axillaires  ,  articulés  à 
la  base ,  uni-pauciflores  et  pédicelles  brac¬ 
tées.  J  (C.  L.) 

*BONNÉTIE.  Bonnetia  (nom  propre),  ins. 
—Genre  de  Diptères  établi  par  M.  Robineau- 
Desvoidy,  dans  son  ouvrage  sur  les  Myodai- 
res  ,  et  consacré  par  lui  à  la  mémoire  du  cé¬ 
lèbre  auteur  de  la  Contemplation  de  la  nature. 
Ce  g.  fait  partie  de  la  famille  des  Calypté- 
rées  ,  tribu  des  Enlomobies ,  section  des  An- 
thophiles.  Il  ne  renferme  que  2  espèces , 
nommées  par  l’auteur  :  B.  longipes  et  B. 
œnanthis.  Cette  dernière  se  trouve  dans  les 
environs  de  Paris ,  sur  les  fleurs  de  l’OE- 
nanthe  fistuleuse.  (D.) 

BONPLANDÏA  (nom  propre),  bot.  ph. — 
Deux  genres  ont  été  consacrés  au  célèbre 
voyageur  Bonpland.  Celui  qu’avait  créé  Will- 
denow  pour  l’arbre  américain  qui  produit 
l’écorce  d’Angusture ,  si  renommée  par  ses 
propriétés  fébrifuges ,  a  dû  être  supprimé 
comme  se  confondant  avec  un  genre  plus 
anciennement  connu ,  le  Galipea.  Voyez  ce 
mot.  (Ad.  J.) 

L’autre,  établi  par  Cavanilles,  est  regardé 
comme  syn.  du  g.  Caldasia ,  Willd.  (C.  L.) 

*BONSDORFITE,  Thoms.  (nom  propre). 
min.  —  Thomson  a  donné  ce  nom  à  un  mi¬ 
néral  peu  connu  que  Bonsdorf  a  indiqué  le 
premier,  en  le  considérant  comme  une  Cç>r- 
diérite  hydratée ,  et  qui  paraît  différer  de 
cette  dernière  esp.  par  une  moindre  dureté, 
un  clivage  très  sensible  parallèlemen  à  la 
41* 


BOO 


BOO 


650 

base,  une  couleur  d’un  vert  olivâtre,  et  une 
proportion  d’eau  considérable,  puisqu’elle 
est  de  plus  de  10  pour  100.  On  la  trouve 
près  d’Abo  ,  en  Finlande ,  dans  un  Granité , 
où  elle  est  associée  à  une  Cordiérite  gri¬ 
sâtre.  Son  analyse  par  Bonsdorf  a  donné  : 
Silice ,  45,05  ;  Alumine  ,  30,05  ;  Magnésie  , 
9,00  ;  Oxydule  de  fer,  5,30  ;  Eau  ,  10,60. 

(Del.) 

BONTIA  (nom  propre),  bot.  ph. —  Genre 
de  la  famille  des  Myoporacées ,  établi  par 
Plumier  (  Gen. ,  t.  23  ) ,  adopté  par  Linné 
(Gen.,  n.  791),  et  composé  jusqu’ici  de  deux 
espèces  arborescentes  appartenant  aux  Indes 
occidentales.  Ce  sont  des  arbrisseaux  (arbres?) 
à  feuilles  alternes,  lancéolées,  presque  entiè¬ 
res  ,  glabres  ;  à  fleurs  d’un  jaune  obscur,  pé- 
donculées,  solitaires ,  ébractéées ,  axillaires  ; 
la  lèvre  inférieure  semitrifide  est  barbue  et 
rayée  longitudinalement  de  pourpre.  On  les 
distingue  suffisamment  par  un  calice  5-par- 
tite,  irnmuté;  une  corolle  hypogyne,  rin- 
gente;  4  étamines  exsertes,  didynames;  un 
drupe  bacciforme,  biloculaire,  à  loges  semi- 
bipartites  ,  tétraspermes.  Ce  genre  est  en¬ 
core  incomplètement  connu  ,  bien  qu’on  cul¬ 
tive  dans  les  serres  l’une  de  ses  espèces ,  le 
B.  daphnoides.  (C.  L.) 

*BONTIA  (Bontius,  nom  propre),  bot.  ph. 
—  Famille  des  Orchidées.  La  plante  figurée 
par  Petiver  ( Gazoph .  t.  44,  f.  10)  sous  le  nom 
de  Bontia  luzonica  est  le  Dendrobium  cari¬ 
natum  de  Willdenow.  Voy.  dendrobium.  Il 
ne  faut  pas  confondre  le  g.  Bontia  de  Peti¬ 
ver  avec  le  g.  Bontia  de  Plumier,  le  seul  qui 
ait  été  conservé.  Voyez  l’article  précédent. 

(A.  R.) 

BOODFI.  rept.  —  Synonyme  d’Ibiare , 
Cœcilia  tentaculata  L.  Voyez  coecilia. 

BOOM-UFAS.  bot.  ph.  —  Voyez  upas. 

BOOPIIANE,  Herb.  bot.  ph.  —  Altération 
orthographique  de  Bouphone.  (C.  L.) 

BOOPIDÉES.  bot.  ph.  —  Voyez  calycé- 
rées. 

BOOPÏS  (j3ovç,  6ooç,  bœuf;  wttcç,  yeux). 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Boopidées 
ouCalycérées.  Voyez  ces  mots.  Il  a  pour  carac¬ 
tères  :  Involucre  composé  de  7-8  écailles  réu¬ 
nies  vers  le  milieu,  souvent  accompagnées 
de  denticules.  Réceptacle  petit ,  convexe , 
chargé,  entre  chacune  des  fleurs,  de  paillettes 
filiformes ,  élargies  au  sommet.  Fleurs  ferti¬ 
les  ,  de  même  nature  et  de  même  forme.  Lo¬ 


bes  du  calice  plus  courts  que  l’ovaire ,  mem¬ 
braneux,  entiers,  ou  incisés-dentés.  Corolle 
à  tube  grêle  ;  limbe  campanulé,  5-fide. — Les 
Boopis  sont  des  herbes  vivaces,  garnies  de 
feuilles  alternes,  pinnatifides,  et  munies  de 
capitules  terminaux,  hémisphériques.  (J.D.) 

BOOPS.  mam.  —  Nom  spécifique  d’une 
espèce  du  genre  Baleine,  Balœna  Boops ,  la 
Jubarte  des  Basques.  Voyez  baleine. 

*BOORAM  (nom  propre),  bot.  ph. — Genre 
de  la  famille  des  Éricacées,  tribu  des  Rhodo- 
dendrées,  formé  par  G.  Don  (Gen.  syst.,  3, 
814),  et  réuni  depuis  comme  simple  section 
au  genre  Rhododendrum ,  L.,  par  De  Can- 
dolle ,  qui  en  latinisa  le  nom  en  celui  de 
Bnramia.  Endlicher  adopta  également  cette 
section,  en  en  rétablissant  l’ancienne  ortho¬ 
graphe.  (G.  L.) 

*BOOTHIA  (nom  propre),  bot.  ph. — Genre 
manuscrit  de  Douglas,  le  même  que  le  Pla- 
tystemon  de  Bentham ,  dans  la  famille  des 
Papavéracées.  (C.  L.) 

BOOTIA  (nom  propre),  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Rosacées ,  tribu  des  Drya- 
dées-Fragariées ,  formé  par  Bigelow  (  Fl. 
bost. ,  II ,  206  ) ,  et  réuni  comme  section  au 
Potentilla  de  Linné.  —  Ce  nom  a  été  donné 
aussi  à  une  section  indiquée  par  Seringe 
(DC.,  Prodr.  I,  Excl.  S dponaria  ojjicinalis) , 
dans  le  genre  Saponaria  de  Linné,  et  adoptée 
comme  sous-section  de  la  section  S megman- 
the  de  Fenzl ,  du  même  genre.  (C.  L.) 

*BOOTIE.  Bootia  (nom propre),  bot.  ph.— 
Famille  des  Hydrocharidées.  Le  g. ,  ainsi  nom¬ 
mé  par  Wallich  ,  a  été  décrit  et  figuré  dans 
son  magnifique  ouvrage  intitulé  :  Plantœasia- 
ticce  rariores ,  I,  p.  51 ,  t.  65.  Voici  quels  sont 
ses  caractères  :  Fleurs  unisexuées  et  dioïques. 
Fleurs  mâles  réunies  dans  une  spathe  termi¬ 
nale  ,  renflée  et  tubuleuse ,  à  orifice  resserré 
j  et  denté.  Fleurs  assez  nombreuses  pédicu- 
j  lées.  Calice  composé  de  6  sépales:  3  exté¬ 
rieurs  allongés  et  verts ,  3  intérieurs  péta- 
lo'ides  et  obtus.  Étamines  12,  disposées  sur 
deux  rangs ,  les  extérieures  ayant  les  filets 
plus  courts.  Anthères  ovoïdes ,  à  deux  loges 
séparées  par  un  connectif.  On  trouve  au  fond 
de  la  fleur  un  ovaire  rudimentaire.  Fleurs  fe¬ 
melles  solitaires.  Chaque  fleur  est  contenue 
dans  une  spathe  assez  semblable  à  celle  des 
fleurs  mâles.  Cette  fleur  est  sessile.  Son  calice, 
j  tubuleux  à  sa  base,  est  adhérent  avec  l’ovaire 
j  infère.  Son  limbe  se  compose  comme  celui  des 


BQQ 

fleurs  mâles  de  3  divisions  externes  vertes ,  et 
de  3  divisions  intérieures  pétaloïdes.  Les  der¬ 
nières  sont  insérées  à  la  base  de  trois  glandes 
qui  occupent  le  sommet  de  l’ovaire.  L’ovaire 
présente  9  loges,  contenant  chacune  un  grand 
nombre  d’ovules  attachés  aux  parois  des  cloi¬ 
sons.  Cet  ovaire  est  surmonté  par  des  stig¬ 
mates  bifides.  Le  fruit  est  inconnu. 

La  seule  espèce  qui  compose  ce  g.  a  été 
trouvée  sur  les  bords  du  fleuve  Irravadi,  dans 
le  royaume  d’Ava.  C’est  une  plante  herbacée, 
vivace,  à  feuilles  radicales,  les  unes  sub¬ 
mergées  et  les  autres  nageant  à  la  surface  des 
eaux.  (A.  R.) 

BOPYRE.  Bopyrus.  crust.  —  Genre  de 
Crustacés  composant  à  lui  seul  une  pe¬ 
tite  famille,  et  qui,  joint  aux  Ioniens  et 
aux  Képoniens  plus  récemment  décrits  par 
M.  Duvernoy,  constitue  le  sous-ordre  des 
Isopodes  sédentaires  (Milne  Edw.),  ou  Épica- 
rides  de  Latreille. 

Les  Bopyres  étaient  réunis  aux  Monocles 
par  Fabricius ,  et  c’est  par  Latreille  (  Hist. 
des  Crust .,  VII)  qu’ils  ont  été  séparés  en  un 
genre  distinct. 

On  trouve  des  Bopyres  fixés  sous  la  cara¬ 
pace  des  Palémons  et  des  Hippolytes  (  Cre¬ 
vettes  ) ,  dont  ces  petits  animaux  sont  para¬ 
sites.  Ils  y  déterminent  une  tumeur  plus  ou 
moins  saillante.  Le  mâle  est  placé  sous  l’ab¬ 
domen  de  sa  femelle,  et  les  jeunes,  au  sortir 
de  l’œuf,  ressemblent  beaucoup  aux  Cyclo- 
pes  naissants.  Nos  pêcheurs  prennent  sou¬ 
vent  les  Bopyres  pour  de  petites  Soles; 
cette  opinion  ,  tout-à-fait  dénuée  de  fonde¬ 
ment  ,  a  été  néanmoins  soutenue  par  Des¬ 
landes,  dans  Y  Histoire  de  L’Académie  des 
sciences ,  pour  1722. 

Les  caractères  distinctifs  du  genre  Bopyre 
consistent  surtout  dans  ses  appendices  abdo¬ 
minaux  lamelleux  et  cachés  sous  l’abdomen. 

Les  deux  sexes  n’ont  ni  le  même  volume 
ni  la  même  forme.  La  femelle ,  cinq  ou  six 
fois  plus  grande  que  le  mâle,  a  le  corps  py- 
riforme  très  déprimé ,  et  toujours  plus  ou 
moins  déjeté  de  côté.  Les  deux  espèces  au¬ 
thentiques  de  ce  genre  sont  le  B.  squillarum, 
qu’on  trouve  fréquemment  sur  les  Crevettes 
de  table ,  et  le  B.  hippolytes  ,  nouvellement 
découvert  par  M.  Kroyer  sur  l’Hippolyte  po¬ 
laire.  (P.  G.) 

BOQUEREL.  ois.— Nom  vulgaire  du  Moi¬ 
neau  Friquet. 


BOR  651 

BOQUETTIER.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
du  Pommier  sauvage. 

*BOQUILA  (nom  vernaculaire),  bot.ph. — 
Genre  de  la  famille  des  Ménispermacées , 
sous-famille  des  Lardizabalées ,  formé  par 
Decaisne  et  ne  renfermant  que  le  Lardizabala 
irifoliolata  de  De  Candolle.  C’est  un  sous-ar¬ 
brisseau  du  Chili  et  du  Pérou,  à  feuilles  trifo- 
liolées  ;  folioles  entières  ou  sinueuses-lobées  ; 
à  inflorescence  axillaire  sur  des  pédoncules 
solitaires  géminés  ou  ternés  ;  à  fleurs  dioïques, 
blanches,  réunies  en  groupes,  pédicellées,  de 
la  grandeur  et  de  la  forme  de  celle  des  Ber- 
beris.  Les  fruits  sont  des  carpelles  courtement 
stipités.  Voy.  pour  plus  de  détails  le  beau 
mémoire  de  l’auteur  sur  les  Lardizabalées. 
(Archiv.  du  Mus.  d’hist.  nat.,  1839.)  (C.L.) 

BOR.  bot.  ph.  —  Synonyme  de  Jujubier. 

BORACITE.  min.  —  Borate  de  magnésie 
naturel.  P'' oyez  borates.  (Del.) 

*BOR ASSUMÉES.  Borassineœ.  bot.  ph. 
—  Tribu  établie  par  Martius  ( Synops .  msc.) 
pour  renfermer  les  Palmiers  dont  l’ovaire 
est  tri  ou  plus  rarement  bi-quadriloculaire  , 
et  composé  le  plus  souvent  de  trois  carpi- 
dies ,  moins  souvent  de  deux  ou  de  quatre , 
connées  dans  l’origine ,  à  ovules  solitaires  , 
ascendants  ou  résupinés  dans  les  loges.  Le 
fruit  est  un  drupe  ou  plus  rarement  une 
baie ,  indivise  ou  lobée  ;  les  étamines  hypo- 
gynes.  L’auteur  sous-divise  ainsi  cette  tribu  : 

FLABELLIFRONDES. 

Borassus ,  L.  ;  Lodoiceaf  Labill.  ;  Laiania, 
Commers.  ;  Hyphœne ,  Gærtn. 

PINNATIFRONDES. 

Bentinckia ,  Berry  ;  K eppleria,  Mart.  ;  Geo- 
noma  ,  Willd.  ;  Manicaria  ,  Gærtn.  (C.  L.) 

BORASSOS.  bot.  ph.  —  Syn.  de  Bo¬ 
rassus. 

BORASSUS  (fiopuuaoç,  datte),  bot.  ph. — 
Genre  de  la  famille  des  Palmiers ,  institué 
par  Linné,  distingué  principalement  par  des 
fleurs  dioïques  sur  un  spadice  enveloppé  de 
spathes  incomplètes  ;  les  mâles  en  un  chaton 
cylindrique ,  bractéées,  rassemblées  en  deux 
séries  dans  des  fossettes  résultant  de  la  sou¬ 
dure  des  squames  ;  calice  trifide  ;  corolle  tri- 
partite  ;  6  filaments  staminaux  libres  ;  an¬ 
thères  sagittées.  Les  femelles  presque  solitai¬ 
res  entre  les  squames  d’un  chaton;  calice 
triphylle  et  corolle  de  6  à  9  pétales  étroite- 


652 


BOR 


BOR 


ment  imbriqués,  révolutés  sur  eux-mêmes  ; 
6-9  étamines  abortives  ;  ovaire  3-,  plus  rare¬ 
ment  2-4-loculaire  ;  stigmates  3  ou  2-4,  ses- 
siles;  drupe  3-pyréné;  chaque  pyréne  obcor- 
diforme,  fibreuse,  percée  d’un  pore  au  som¬ 
met  ;  albumen  égal ,  puis  creusé  j  embryon 
vertical. — Ce  genre  renferme  trois  espèces 
environ,  de  l’Inde,  à  stipe  élevé,  annelé-ci- 
catrisé,  dur  à  l’in*/rieur,  noirâtre  ;  les  frondes 
sont  toutes  terminales ,  palmées-flabellifor- 
mes,  portées  sur  des  pétioles  dentés-épi- 
neux;les  spadices  s’élèvent  d’entre  les  feuil¬ 
les;  les  mâles  sont  ramifiés,  les  femelles  moins 
divisés  ou  presque  simples;  les  fleurs  sont 
petites,  d’un  rouge  jaunâtre;  le  drupe  est 
très  gros.  L’une  des  espèces  la  mieux  con¬ 
nue  ,  le  B.  flabelliformis ,  se  voit  dans  nos 
cultures.  Il  s’élève  dans  son  pays  natal ,  les 
Indes  orientales,  à  plus  de  30  mètres  ;  le  bois 
de  son  stipe  sert  à  la  construction  des  mai¬ 
sons,  et  on  tire  de  ses  spadices  une  liqueur 
connue  dans  le  pays  sous  le  nom  de  vin  de 
palmier.  (C.  L.) 

BORATES,  min.  —  Sels  résultant  de  la 
combinaison  de  l’acide  borique  avec  les  ba¬ 
ses  salifiables ,  et  formant  un  genre  minéra¬ 
logique  composé  d’un  petit  nombre  d’espèces, 
qu’on  reconnaît  aux  caractères  suivants  : 
Fondus  sur  le  fil  de  platine  avec  un  mélange 
de  4  parties  1/2  de  bisulfate  de  Potasse  et 
1  partie  de  Fluorine,  ces  minéraux  commu¬ 
niquent  à  la  flamme  du  chalumeau  une  cou¬ 
leur  d’un  vert  pur  ;  réduits  en  poudre  et  hu¬ 
mectés  d’acide  sulfurique,  ils  donnent  à  l’Al¬ 
cool  la  propriété  de  brûler  avec  une  flamme 
verte.  On  en  connaît  quatre  espèces  diffé¬ 
rentes,  dont  deux  anhydres ,  et  deux  hydra¬ 
tées.  Les  premières  sont  :  la  Boracite  et  la 
Rhodizite  ;  les  deux  autres  l’Hydroboracite  et 
le  Borax. 

1.  Boracite.  Sous-Borate  de  Magnésie.  Ma¬ 
gnésie  boratée,  H.  ;  Würfelstein.— Substance 
vitreuse,  limpide  et  incolore ,  quand  elle  est 
pure,  ou  grisâtre  et  translucide*  et  devenant 
même  opaque  par  altération;  insoluble  dans 
l’Eau ,  mais  soluble  dans  l’acide  nitrique ,  et 
précipitant  alors  par  là  Soude  ou  l’Ammo- 


l’avoir  humecté  de  nitrate  de  Cobalt.  La  Bo¬ 
racite  ne  s’est  encore  offerte  dans  la  nature 
qu’en  petits  cristaux  disséminés  dans  le 
Gypse  ou  l’Anhydrite  ;  ces  petits  cristaui ,  I 


remarquables  par  la  netteté  de  leurs  formes 
et  la  singularité  dé  leurs  propriétés  physi¬ 
ques,  appartiennent  au  système  tétraédrique. 
Leur  forme  dominante  est  ordinairement 
celle  du  cube;  quelquefois  cependant  c’est 
celle  du  rhombododéeaèdre,  et  plus  rarement 
encore  celle  du  tétraèdre  régulier.  Les  cubes, 
dont  l’épaisseur  est  au  plus  de  10  à  12  mil¬ 
limètres  ,  sont  généralement  modifiés  de  la 
même  manière  sur  toutes  leurs  arêtes  ;  mais 
les  modifications  sur  les  angles  sont  celles 
qui  conviennent  au  système  tétraédrique  , 
c’est-à-dire  que  quatre  angles,  qui  répondent 
aux  sommets  d’un  tétraèdre  régulier,  sont 
tronqués  d’une  certaine  manière ,  et  les  qua¬ 
tre  autres ,  opposés  aux  précédents ,  d’une 
manière  différente.  C’est  à  tort  qti’on  a  pris 
cette  disposition  pour  un  défaut  de  symétrie  ; 
elle  est  parfaitement  régulière  ,  et  ne  saurait 
être  âutre,  d’après  la  structure  moléculaire 
de  la  substance ,  comme  nous  l’avons  fait 
voir  dans  un  Mémoire  présenté  à  l’Académie 
des  Sciences.  Les  minéraux  du  système  té¬ 
traédrique  ont  pour  type  moléculaire  un  té¬ 
traèdre  :  on  peut  les  considérer  eomme  for¬ 
més  de  petits  tétraèdres  réguliers ,  disposés 
parallèlement  les  uns  aux  autres ,  de  telle 
manière  que  si  l’on  porte  son  attention  sur 
les  files  de  molécules  qui  sont  situées  dans 
la  direction  des  diagonales  d’un  cristal  cubi¬ 
que,  on  voit  que  dans  chacune  d’elles  les  mo¬ 
lécules  tournent  une  de  leurs  pointes  vers 
un  des  sommets ,  et  une  de  leurs  bases  vers 
l’autre.  Les  deux  sommets  opposés  ne  se  trou¬ 
vent  donc  pas  dans  les  mêmes  conditions 
physiques,  et  ne  sauraient  être  considérés 
comme  identiques  :  de  là,  la  raison  des  diffé¬ 
rences  qu’ils  présentent  quand  on  les  étudie 
sous  le  rapport  des  propriétés  plfysiques  et 
géométriques. 

La  Boracite  est  clifable  avec  peu  de  net¬ 
teté  ,  parallèlement  aux  faces  d’un  octaèdre 
régulier.  Sa  dureté  est  de  6,5  ;  sa  densité  de 
2,9.  Elle  est  fusible  au  chalumeau  én  glo¬ 
bule  vitreux,  qui  sé  hérisse  de  petites  aiguilles 
cristallisées  par  refroidissement,  et  devient 
blanc  et  opaque.  La  formule  de  composition 
de  la  Boracite  est,  selon  BerzéliUs,  M</Bo;  ou 
bien,  Bo203,MgO,si  l’on  adopte  àYec  M.  Du¬ 
mas  un  poids  atomique  moindre  de  moitié 
pour  le  Bore.  Toutefois  les  analyses  connues 
ne  répondent  pas  parfaitement  à  cette  for¬ 
mule,  et  elles  sont  loin  de  s’accorder  entre 


m 

elles.  Celle  de  Stromeyer  a  donné  :  Acide  bo¬ 
rique  ,  67  ;  Magnésie,  33. 

Les  cristaux  de  Boracite  sont  doués  de  la 
pyroélectricité  polaire  ;  et ,  conformément  à 
leur  structure  moléculaire,  ils  acquièrent 
par  l’action  de  la  chaleur  huit  pôles  électri¬ 
ques  ,  qui  correspondent  aux  angles  solides 
du  cube,  et  dont  quatre  sont  positifs  ,  et  les 
quatre  autres  négatifs  ( voyez  électricité 
polaire).  Cette  propriété  physique  est  par¬ 
faitement  en  rapport  avec  l’espèce  de  struc¬ 
ture  qui  caractérise  la  Boracite,  et  que  nous 
avons  indiquée  plus  haut. 

La  Boracite  se  trouve  disséminée  dans  un 
Gypse  saccharoïde,  avec  de  petits  cristaux  de 
Quartz,  près  de  Lunebourg  en  Brunswick,  au 
mont  Kalkberg,  où  elle  s’associe  à  des  grains 
de  Sel  gemme ,  et  au  Schildstein,  où  elle  est 
en  outre  accompagnée  de  cristaux  d’Anhy- 
drite.  —  On  la  trouve  aussi  au  Segeberg , 
près  de  Kiel,  dans  le  Holstein,  dans  un  gise¬ 
ment  analogue.  L’âge  de  ces  gypses  n’est  pas 
encore  bien  déterminé.  Selon  M.  Gaillardot , 
la  Boracite  se  rencontrerait  enéore ,  en  pe¬ 
tites  masses  fibreuses ,  dans  un  Gypse  des 
environs  de  Lunéville,  qu’on  rapporte  à 
la  formation  du  Trias.  Peut-être  est-ce  la 
même  chose  que  la  substance  désignée  par 
Hess  sous  le  nom  d’Hydro-Bdracite. 

2.  Riiomzite.  G.  Rose.  Borate  de  chaux.— 
Substance  vitreuse,  transparente,  d’un  blanc 
grisâtre  ou  jaunâtre ,  appartenant  au  même 
système  de  cristallisation  que  la  Boracite , 
avec  laquelle  elle  est  sans  doute  isomorphe. 
Comme  cette  dernière,  elle  jouit  à  un  haut 
degré  de  la  polarité  électrique.  Ses  cristaux 
sont  petits,  et  leur  forme  dominante  est  celle 
du  rhombododécaèdre.  Sa  dureté  est  supé¬ 
rieure  à  celle  de  la  Topaze  ;  sà  pesanteur  spé¬ 
cifique  ==3,41.  On  la  trouvé  sur  le  Quartz  et 
la  Tourmaline  rubellite ,  dans  des  filons  oti 
de  petites  cavités  remplies  d’ Argile,  au  milieu 
du  Granité ,  près  dé  Sarapulsk ,  non  loin  de 
Mursiusk ,  au  nord  d’Ekaterinebourg  en  Si¬ 
bérie. 

3.  Hydroboracite,  Hess.  —  Substance  en 
petites  masses  fibro-lamellâires,  blanches  ou 
rougeâtres  par  place  par  suite  d'un  mélange 
d’argile  ocreuse,  transparente  lorsqu’elle  est 
en  lame  mince  ;  fusible  aisément  au  chalu¬ 
meau  en  un  vert  limpide ,  qui  colore  la 
flamme  en  vert  ;  soluble  légèrement  dans 
l’eau  ,  et  facilement  dans  les  acides  azotique 


B<M  653 

et  chlorhydrique.  Sa  dureté  est  de  1,5;  sa 
pesanteur  spécifique  de  1,9.  Elle  est  compo¬ 
sée  ,  d’après  M.  Hess,  de  49,22  d’Acide  bori¬ 
que  ;  13,74  de  Chaux  ;  10,71  de  Magnésié,  et 
26,33  d’Eau.  Son  gisement  n’est  pas  bien 
connu  ;  on  sait  seulement  qu’elle  vient  du 
Caucase. 

4.  Borax,  vulgairement  Tinkal.  Sous-Bo¬ 
rate  de  Soude  naturel.  Soude  boratée ,  H. 
—  Substance  saline,  blanche  ,  d’une  saveur 
douceâtre ,  soluble  dans  l’eau ,  très  fusible  , 
cristallisant  dans  le  système  klinorhombique. 
La  forme  fondamentale  de  ses  cristaux  est 
un  prisme  oblique  à  base  rhombe  ,  dont  les 
pans  font  entre  eux  un  angle  de  87°,  et  sont 
inclinés  sur  la  base  de  101°  20'.  Sa  for¬ 
mule  de  composition  est ,  selon  Berzélius , 
NaB2  +  10  Aq.  On  parvient,  par  un  procédé 
particulier,  à  obtenir  le  Borate  de  Soude  sous 
la  forme  de  l’octaèdre  régulier  ;  mais  alors  il 
ne  contient  plus  que  cinq  atomes  d’eau.  — 
Le  Borax  naturel  est  formé ,  en  poids ,  de 
Soude,  16,37  ;  Acide  borique ,  13,52,  et  Eau, 
47,11. 

Lé  Borax ,  à  l’état  natif ,  est  d’un  gris  ver¬ 
dâtre  ,  couleur  qu’il  doit  à  une  matière  or¬ 
ganique.  On  le  purifie  par  la  fusion ,  la 
dissolution  dans  l’eau  et  la  cristallisation. 
C’est  ainsi  qu’on  obtient  les  cristaux  de 
Borax ,  qui  se  rencontrent  dans  le  com¬ 
mercé. 

Le  Borax ,  employé  principalement  dans 
les  arts  comme  fondant ,  à  cause  de  sa 
grande  fusibilité,  était  autrefois  entièrement 
tiré  de  l’Inde,  où  il  existe  dans  certains  lacs, 
qui  avoisinent  les  montagnes  du  Tilibèt  ;  il  y 
est  dissous ,  et  on  le  trouve  aussi  sût  les 
bords  de  ces  lacs,  en  petites  couches  cristal¬ 
lines,  qui  ne  sont  probablement  que  des  dé¬ 
pôts  formés  par  l’évaporation  des  eaux.  Le 
Borax  brüt  de  l’Inde  nous  arrive  enveloppé 
d’une  matière  grasse,  dont  l’objet  est  de  ga¬ 
rantir  le  sol  du  contact  de  l’air,  qui  le  fait  ef- 
fleurir.  Depuis  quelques  années,  on  fabrique 
le  Borax  en  Europe  avec  les  eaux  dés  lagonis 
de  Toscane.  Ces  eaux  étant  chargées  d’acide 
borique,  il  suffit  de  leur  fournir  la  base  alca¬ 
line.  —  On  trouve  encore  le  Borax  à  Ceylan, 
en  Perse,  en  Chine  et  en  Tàrtàrië.  On  le  cite 
enfin  dans  les  eaux  de  quelques  mines  du 
Haut-Pérou.  (Del.) 

BORAX.  Min.  —  Nom  vulgaire  du  sous- 
Borate  de  Soude.  P'oyez  boratës.  (Del.) 


654  BOR 

BORBONIA  (  J.-B.  Gaston  de  Bourbon  , 
fils  d’Henri  IV,  promoteur  de  la  botanique). 
bot.  'ph.  —  Genre  institué  par  le  père  Plu¬ 
mier  dans  la  famille  des  Papilionacées,  tribu 
des  Lotées-Génistées ,  et  comprenant  une 
douzaine  d’espèces  environ  du  cap  de  Bonne- 
Espérance.  Ce  sont  des  arbrisseaux  à  feuilles 
alternes ,  simples ,  multinerves  à  la  base , 
amplexicaules ,  éstipulées  ;  à  fleurs  jaunes , 
axillaires  ,  ou  capitulées  au  sommet  des  ra¬ 
meaux.  On  les  cultive  presque  toutes  dans 
les  serres  tempérées  de  nos  jardins  d'Europe. 

(C.  L.) 

*BORBORE.  Borborus  {(ïôpÇopo/;,  bourbier, 
ordure),  ins. — Genre  de  Diptères  créé  par 
Meigen  et  adopté  par  M.  Macquart ,  qui  le 
place  dans  la  division  des  Brachocères  ,  sub¬ 
division  des  Dichœtes ,  famille  des  Athéricè- 
res ,  tribu  des  Muscides ,  section  des  Acalyp- 
tères  ,  sous-tribu  des  Sphœrocérides.  Le  nom 
de  Borborus  fait  allusion  à  la  fange  dans  la¬ 
quelle  se  développent  la  plupart  des  espèces 
de  ce  genre.  Quelques  unes  vivent  sur  les 
Champignons  en  déliquescence ,  et  de  ce 
nombre  est  le  B.  nitidus,  dont  le  mâle  se  dis¬ 
tingue  par  un  crochet  très  recourbé  qu’il 
porte  à  la  base  des  cuisses  postérieures  en 
dessous ,  et  qu’on  ne  remarque  pas  dans  les 
autres  espèces. 

Parmi  les  18  espèces  rapportées  à  ce  genre 
par  M.  Macquart,  nous  citerons,  indépendam¬ 
ment  du  Borborus  nitidus  dont  nous  venons 
de  parler,  le  B.  des  chevaux,  Borborus  equi - 
nus  Meig.,  n°  5;  Capromyza  id.  Fall.,  n°2; 
Mycelia  vulgaris  Rob.  D.,  n°  1.  Cette  espèce 
est  commune  dans  toute  l’Europe.  (D.) 

*BORBORITES.  ins. — M.  Newmann,  dans 
sa  classification  des  Insectes  de  l’Angleterre 
d’après  les  larves  ( The  enlomolog.  Magaz., 
n.  9,  p.  396),  désigne  ainsi  une  des  nom¬ 
breuses  divisions  établies  par  lui  dans  l’ordre 
des  Diptères,  et  qui  se  compose  des  g.  Bor¬ 
borus  ,  Ochlera ,  Dichœia ,  Ephydra ,  Noii- 
phila  ,  Homalura ,  Orygma  et  Cœlopa.  (D.) 

BORBORUS.  ins.  —  Voyez  borbore. 

BORD  EN  SCIE.  rept.  —  Espèce  du  g. 
Émyde. 

BORE.  chim.  —  Le  Bore  ne  se  rencontre 
dans  la  nature  qu’à  l’état  de  combinaison 
avec  l’oxygène ,  et  forme  ainsi  un  acide 
borique  qui  existe  seul  ou  combiné,  soit  à  la 
Soude,  soit  à  la  Magnésie,  soit  encore  à 
d’autres  oxydes ,  comme  dans  les  minéraux 


BOR 

connus  sous  les  noms  de  Tourmaline  et 
d 'Axinite. 

Bien  qu’on  eût  déjà  prouvé  par  l’action  de 
la  pile  que  le  Bore  était  le  radical  de  l’acide 
borique  ,  on  ne  l’avait  point  encore  obtenu 
en  assez  grande  quantité  pour  l’étudier, 
quand,  en  1808,  MM.  Thénard  etGay-Lussac 
l’obtinrent  en  décomposant  le  même  acide 
par  le  Potassium.  Un  chimiste  allemand, 
M.  Dœbereiner ,  a  depuis  retiré  le  Bore  du 
Borax ,  en  traitant  directement  ce  sel  par  le 
charbon ,  dans  un  tube  de  fer ,  à  une  haute 
température.  Dans  les  deux  procédés ,  l’acide 
borique  est  désoxygéné,  soit  par  le  Potas¬ 
sium,  soit  par  le  Charbon. 

A  l’état  de  pureté ,  le  Bore  est  solide  ,  pul¬ 
vérulent  ,  d’une  couleur  brun-verdâtre  ;  il 
n’a  ni  saveur  ,  ni  odeur.  D’une  densité  plus 
grande  que  celle  de  l’eau  ,  il  y  est  complète¬ 
ment  insoluble  ;  il  peut  cependant ,  s’il  est 
très  divisé ,  y  rester,  un  certain  temps  ,  en 
suspension  sans  se  précipiter. 

Le  Bore  est  fixe  au  feu  et  infusible.  A  la 
température  ordinaire  ,  il  est  sans  action 
sur  l’air  et  sur  l’oxygène  ;  mais  chauffé  au 
rouge  dans  ce  dernier  gaz,  il  se  convertit  en 
partie  en  acide  borique  :  cette  conversion 
n’est  point  complète  ,  parce  que  la  portion 
d’acide  formé  se  fond,  enveloppe  le  Bore  res¬ 
tant,  et  le  préserve  de  son  contact  aveG 
l’oxygène. 

Le  Bore  n’a  point  d’action  sur  l’eau,  même 
à  une  température  de  4- 100.  Il  est  néan¬ 
moins  probable  qu’à  une  chaleur  rouge  il  la 
décomposerait,  en  en  absorbant  l’oxygène  et 
en  mettant  l’hydrogène  en  liberté. 

Le  Bore,  avons-nous  dit,  forme  avec  l’oxy¬ 
gène  un  acide  borique  ,  connu  jadis  sous  le 
nom  d 'acide  boracique  ,  et  plus  ancienne¬ 
ment  encore  sous  celui  de  sel  sédatif  de  Hom- 
berg  [voyez  acides).  Il  se  combine  aussi  avec 
le  Chlore,  le  Soufre  ,  le  Fluor...  ;  mais  ces 
composés  ont  été  peu  étudiés.  (A.  D.) 

*BOREAPHILUS  (  popéxç ,  nord  ;  ytX/u  , 
j’aime),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères  ,  famille  des  Brachélytres ,  établi  par 
Sahlberg  et  adopté  par  Erichson  (  Généra  et 
spec.  Staphylinor. ,  pag.  899),  qui  le  range 
dans  sa  tribu  des  Omalinines,  d’après  les  ca¬ 
ractères  que  lui  donne  le  premier  auteur;  car 
il  déclare  n’avoir  pas  vu  l’espèce  unique  sur 
laquelle  il  est  fondé.  Cette  espèce ,  suivant 
Salhberg ,  a  1  /4  de  ligne  de  long.  Elle  est 


BOR 


BOR 


G55 


couleur  de  poix,  ponctuée,  légèrement  pubes- 
cente,  avec  la  bouche,  les  antennes  et  les 
pattes  testacées.  Elle  habite  le  nord  de  la  La¬ 
ponie  ,  où  elle  est  excessivement  rare.  Trois 
individus  seulement  ont  été  trouvés  par 
M.Sahlberg,  le  9  août  1830,  sur  les  bords  du 
lac  Mandujarvi,  dans  des  débris  de  feuilles 
sèches.  (D.) 

BORELIE,  Montf.  moll.  —  Synonyme 
d’Alvéoline. 

BORELLIA  (nom  propre),  bot.  pu. — 
Genre  formé  par  Necker  ( Elem .,  434  et  seq.), 
et  synonyme  de  Cordia  de  R.  Brown  ,  dans 
la  famille  des  Cordiacées.  (G.  L.) 

BORETTA  (nom  propre?),  bot.  pii. — Ce 
genre  de  Necker  est  synonyme  du  Dabucia  de 
Don,  sous-genre  de  YAndromeda  de  Linné, 
dans  la  famille  des  Éricacées.  (C.  L.) 

BOREUS  (J S  or  eus  ,  du  nord),  ins.  — 
Genre  de  la  famille  des  Panorpiens,  de  l’or¬ 
dre  des  Névroptères  ,  établi  par  Latreille 
sur  une  petite  espèce  qu’on  trouve  pendant 
l’hiver  sous  les  Mousses  qui  croissent  sur 
les  Sapins  de  Suède,  dans  le  nord  de  l’Al¬ 
lemagne  ,  sur  les  Alpes.  Quelquefois  on  la 
rencontre  même  sur  la  neige  en  assez  grande 
abondance.  L’espèce  qui  se  rapporte  à  ce  g. 
est  le  B.  hyemalis  ( Panorpa  hyemalis  Linn.). 

(Bl.) 

BORGNE.  zool. — Nom  vulgaire  de  la  Mé¬ 
sange  charbonnière.  —  Dans  quelques  par¬ 
ties  de  la  France  on  donne  ce  nom  à  l’Orvet, 
Anguisfragilis ,  appelé  aussi  Serpent  aveugle. 

(C.  D’O.) 

BORGNIAT.  ois.  —  Nom  vulgaire  de  la 
Bécassine  sourde. 

BORK II A l S E i\ IA  (nom  propre),  bot.  pu. 
—  Ce  genre  de  la  Flora  Wetlerawiensïs  est 
synonyme  de  Capnoïdes  de  Gærtner,  sous- 
genre  du  Corydalis  de  De  Candolle,  dans  la 
famille  des  Papavéracées-Fumariées. —  Roth 
( Catalect II,  56)  donne  ce  nom  à  un  genre 
de  la  famille  des  Scrophularinées-Graliolées, 
synonyme  du  Teedia  de  Rudolphi.  (C.  L). 

*BORK.HAlJSIA  (  Borkhausen  ,  botaniste 
allemand),  bot.  pu.  —  Ce  genre,  qui  appar¬ 
tient  à  la  famille  des  Composées,  tribu  des 
Chicoracées ,  a  pour  caractères  :  Capitule 
multiflore.  Involucre  muni  d’un  calicule,  ou 
plus  rarement  formé  d’écailles  légèrement 
imbriquées.  Réceptacle  presque  nu  ou  fim- 
brillifère.  Fruits  cylindracés,  tous  ou  seule¬ 
ment  ceux  du  centre,  terminés  par  une  sorte 


de  bec  qui  porte  l’aigrette  formée  de  plusieurs 
rangées  de  poils  blancs;  les  fruits  de  la  cir¬ 
conférence  sont  tronqués  ou  légèrement  at¬ 
ténués  au  sommet.  —  Les  Borkhausià  sont 
la  plupart  indigènes  de  l’Europe  ;  elles  ont  le 
port  des  Crépis,  et  présentent  en  général  des 
fleurs  jaunes  •  cependant  on  en  cultive  dans 
les  parterres  une  espèce  ,  le  B.  purpurea  ,  à 
cause  de  la  couleur  pourprée  de  ses  fleurs. 

(J.  D.) 

*BORLASIE.  Borlasia.  iielm.  —  Nom 
donné  par  Oken  au  g.  Nemerte.  (Duj.) 

EOIUVINE  (nom  d’homme),  min. —  Syno¬ 
nyme  de  Tellurure  de  Bismuth.  Voyez  tel- 
lurures.  (Del.) 

*BOROCÈRE.  Borocera.  ins.  —  Genre  de 
Lépidoptères  nocturnes  établi  par  M.  Bois- 
duval  ( Faune  de  Madagascar,  p.  87).  Il  est 
très  voisin  du  g.  créé  par  le  même  auteur, 
sous  le  nom  de  Megasoma ,  et  qui  fait  partie 
de  sa  tribu  des  Bombycines.  L’espèce  unique 
sur  laquelle  il  est  fondé  a  été  trouvée  à  Ma¬ 
dagascar  par  le  voyageur  Goudot ,  dans  les 
environs  de  Tamatave.  Elle  est  figurée  dans 
l’ouvrage  précité  (pl.  12,  fig.  5  et  6) ,  sous  le 
nom  de  Borocera  madagascariensîs.  (D.) 

BQRONIA  (nom  propre),  bot.  pu.  —  Bo- 
roni,  jeune  botaniste  italien ,  compagnon  des 
voyages  botaniques  de  Smith,  et  plus  tard  de 
Sibthorp,  reçut  du  premier  la  dédicace  d’un 
genre  de  Diosmées  de  la  Nouvelle-Hollande, 
qui  a  les  caractères  suivants  :  Calice  à  4  divi¬ 
sions  plus  ou  moins  profondes.  Pétales  4,  plus 
longs  ,  marcescenls.  Étamines  8,  dont  4  plus 
courtes,  opposées  aux  pétales  ;  filets  libres,  ci¬ 
liés  ou  tuberculeux,  linéaires,  souvent  amin¬ 
cis  à  leur  sommet  en  un  filet  qui  porte  l’an¬ 
thère  cordiforme ,  prolongés  supérieurement 
en  un  petit  appendice.  Ovaires  4,  sur  un  dis¬ 
que  entier  ou  sinué,  glabres,  contenant  deux 
ovules  superposés.  Autant  de  styles  nés  de 
leurs  sommets ,  bientôt  soudés  ensemble  en 
un  seul,  court,  que  termine  un  stigmate  à  4 
sillons,  égal  ou  épaissi  en  tête.  Fruit  composé 
de  4  coques,  quelquefois  allongées  en  forme 
de  légume.  Les  espèces ,  assez  nombreuses , 
répandues  depuis  les  tropiques  jusqu’à  la 
pointe  australe  de  l’ile  de  Van-Diemen  ,  sont 
des  arbrisseaux  à  feuilles  opposées  ,  simples 
ou  impari-pennées,  quelquefois  l’un  et  l’au¬ 
tre  ensemble  sur  le  même  pied ,  entières  ou 
dentées ,  criblées  de  points  transparents  La 
fleur  est  posée  sur  un  pédicelle ,  articulée 


656 


BOR 


BOR 


avec  un  pédoncule  qui  porte  une  bractée  à 
sa  base  et  deux  bractéoles  opposées  à  son  som¬ 
met.  Les  pédoncules  axillaires  ou  terminaux 
sont  simples  et  uniflores ,  ou  bien  ils  se  divi¬ 
sent  et  portent  2  ou  plusieurs  fleurs,  roses  ou 
rouges  ,  d’une  odeur  agréable.  On  en  cultive 
plusieurs  espèces  dans  nos  serres.  (Ad.  J.) 

*BORONIÉES.  bot.  pu.  —  Quelques  au¬ 
teurs  ont  donné  ce  nom  à  la  tribu  des  Dios- 
mées,  composée  de  celles  qui  sont  originai¬ 
res  de  la  Nouvelle-Hollande,  et  se  distinguent 
de  toutes  les  autres  par  leur  embryon  cylin¬ 
drique  dans  l’axe  d’un  périsperme  épais  et 
charnu.  (Ad.  J.) 

BOROS  (|Sopo?,  vorace),  ms.  —  Genre  de 
Coléoptères  tétramères,  famille  des  Ténébrio- 
nites,  établi  par  Herbst  aux  dépens  du  g. 
Hypophlœus  de  Fabricius  ,  et  adopté  par 
M.  Dejean,  qui,  dans  son  dernier  Catalogue, 
n’y  rapporte  qu’une  seule  espèce,  Boros  elon- 
gatus  de  Herbst  (  Hypophlœus  Boros  Fabr.  , 
ou  Trogosita  corücalis  Payk.)  ;  mais  M.  Gué- 
rin-Méneville,  dans  son  Iconographie  du  Rè¬ 
gne  animal  de  Cuvier ,  pl.  30,  fig.  7,  en  re¬ 
présente  une  2e  sous  le  nom  de  B.  thoracicùs 
Gyllen.  Ces  2  esp.  sont  de  la  Suède.  (D.) 

BORRAGINÉES.  bot.  ph.— Ce  nom  a  été 
donné  par  Jussieu  au  groupe  de  plantes  ex¬ 
trêmement  naturel  pour  lequel  Linné  avait 
proposé  celui  d’Aspérifoliées.  Plus  tard  il  n’a 
plus  été  employé  qu’à  désigner  une  section  de 
ces  mêmes  plantes  par  quelques  auteurs,  qui 
croient  devoir  partager  cette  famille  en  plu¬ 
sieurs  distinctes.  Nous  n’admettrons  ces  der¬ 
nières  ici  que  comme  des  tribus ,  parce  que 
leur  séparation  ne  nous  semble  pas  justifiée 
par  des  caractères  d’une  assez  grande  va¬ 
leur.  Ceux  qu’on  a  attribués  aux  Cordiées , 
l’embryon  plissé  et  la  dichotomie  du  style, 
pourraient  avoir  ce  degré  d’importance  ;  mais 
ils  n’ont  pu  être  vérifiés  que  dans  le  seul  genre 
type ,  et  leur  présence  simultanée  dans  les 
autres  genres  qu’on  en  rapproche  est  jusqu’ici 
hypothétique.  Voici  donc  les  caractères  et  les 
divisions  de  la  famille  des  Borraginées  :  Ca¬ 
lice  libre,  à  5  divisions  réduites  plus  rarement 
à  4  ,  plus  ou  moins  profondes ,  persistant  et 
se  développant  souvent  après  la  floraison. 
Corolle  monopétale  hypogyne ,  le  plus  ordi¬ 
nairement  régulière  et  droite ,  plus  rarement 
irrégulière  et  recourbée,  tubuleuse  inférieu- 
rieurement,  partagée  supérieurement  en  lo¬ 
bes  en  nombre  égal  aux  divisions  du  calice, 


et  alternant  avec  elles ,  à  gorge  nue  ou  gar¬ 
nie  de  5  touffes  de  poils,  de  5  écailles  ou  de 
cinq  replis  généralement  opposés  aux  lobes. 
Étamines  en  nombre  égal ,  insérées  au  tube 
de  la  corolle ,  et  alternant  avec  ses  lobes. 
Ovaire  à  4  loges ,  tantôt  réunies  en  un  seul , 
du  sommet  duquel  part  le  style,  tantôt  dis¬ 
tinctes  et  formant  autant  de  carpelles  ,  entre 
lesquels  le  style  s’enfonce  pour  s’insérer  sur 
le  réceptacle  :  c’est  ce  qu’on  appelle  un  style 
gynobasique.  Il  est  simple  et  terminé  par  un 
stigmate  simple  ou  bifide,  ou  très  rarement  se 
partage  une  ou  deux  fpis  par  dichotomie. 
Dans  chaque  loge  pend  un  ovule  unique.  Le 
fruit  est  simple  et  présen  te,  sous  son  péricarpe 
charnu,  un  noyau  à  4  loges,  ou  2  noyaux  bi- 
loculaires,  ou  4  uniloculaires ,  ou  bien  il  est 
composé  de  4  carpelles  distincts,  nucamen- 
tacés ,  qui  se  détachent  séparément  à  la  ma¬ 
turité.  La  graine,  sous  une  enveloppe  double 
et  membraneuse,  présente  un  embryon  quel¬ 
quefois  revêtu  d’une  couche  d’un  périsperme 
charnu ,  plus  ordinairement  nu ,  à  radicule 
courte  et  supère,  à  cotylédons  foliacés,  géné¬ 
ralement  plans ,  très  rarement  plissés  dans 
leur  longueur. 

Les  caractères  de  la  végétation  varient  un 
peu,  ainsi  que  la  patrie  des  espèces  dans  les 
différentes  tribus,  qui  sont  les  suivantes  : 

1 .  CORDIÉES  (Cordiacées  pour  les  auteurs 
qui  en  font  une  famille  distincte).  Embryon 
à  cotylédons  plissés,  sans  périsperme.  Style 
terminal ,  une  ou  deux  fois  dichotome. — Ar¬ 
bres  ou  arbrisseaux  répandus  sous  les  tropi¬ 
ques  par  tout  le  globe ,  à  feuilles  alternes , 
simples,  entières  ou  dentées,  raides  et  coria¬ 
ces  ,  âpres  au  toucher.  Fleurs  en  panicules , 
corymbes  ou  épis  terminaux ,  quelquefois 
très  courts,  diclines  par  avortement  dans  un 
petit  nombre  de  cas. 

Genres. 

Cordia,  R.  Br.  ( Varronia ,  L. —  Sebesiena f 
Gærtn. —  Cerdana ,  Ruiz  et  Pav. —  Gerascan- 
thus ,  P.  Br.  —  Myxa,  Roxb.).  —  Genres  qui 
paraissent  s’en  rapprocher,  mais  dans  les¬ 
quels  on  n’a  pu  constater  à  la  fois  le  double 
caractère  qui  distingue  la  tribu  :  Sacellium , 
Humb.  et  Bonpl.  —  Cordiopsis,  Desv. —  Pa- 
tagonula ,  L.  ( Patagonica ,  Dill.).  — •  Menais , 
Lœffl. 

2.  ASPÉRIFOLIÉES.  Cotylédons  plans. 
Style  indivis.  —  Herbes ,  arbrisseaux  ou  ar- 


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657 


bres  couverts  de  poils  raides,  simples  ou  plus 
rarement  étoilés  ;  à  feuilles  presque  toujours 
alternes  et  entières,  d’un  tissu  mou;  à  fleurs 
solitaires  ou  réunies  en  panicules,  corymbes 
ou  épis  souvent  scorpioïdes,  c’est-à-dire  por¬ 
tant  les  fleurs  du  côté  intérieur  seulement, 
et  contournés  en  dehors  en  crosse  avant  la 
floraison. 

Trib.  1.  Ehrétiées.  Style  terminal. —  La 
plupart  habitent  entre  les  tropiques  ,  hors 
desquels  on  en  rencontre  très  peu. 

§  1.  Tournèfortiées.  Graines  périspermées. 
Genres. 

Ehreiia,  L.  (  Carmona,  Cav.).  —  Rhabdia , 
Mart.  —  Grabowskya ,  Schlecht.  —  Beurre - 
ria,  Jacq.  ( Bourreria ,  P.  Br.).  —  Tournefor- 
tia  ,  R.  Br.  ( Piltonia  ,  Kunth.  —  Arguzia, 
Amm.).  —  Messerschmidtia  ,  Rœm.  et  Sch. 

—  Coldenia,  L.  —  Tiquilia ,  Pers. 

§  2.  Héliotropiées.  Pas  de  périsperme. 
Schleidenia ,  Endl.  {Preslea  ,  Mart.  non 
Opitz). —  Heliotropium  ,  L.  —  Tiaridium  , 

Lehm. 

Trib.  2.  Borraginées  proprement  dites.  — 
Style  gynobasique.  Pas  de  périsperme. 
—  Elles  habitent  les  climats  tempérés  ; 
nombreuses  surtout  dans  la  région  médi¬ 
terranéenne  ,  et  vers  le  milieu  de  l’Asie. 

§  1.  Anchusées.  —  Carpelles  adnés  au 
réceptacle. 

Cerinthe  ,  L.  —  Onosma  ,  L.  —  Onosmo- 
dium,  Rich.  ( Osmodium ,  Rafin.  —  Purshia, 
Spreng.).  —  Moltkia ,  Lehm.  —  Échium , 
Tourn.  —  Echiochilon ,  Desf.  —  Pulmonaria , 
Tournef. —  Steenhammera,  Reichenb.  [Mer- 
tensia ,  Roth,  non  W.)  —  Casselia ,  Dumort. 

—  Lithospermum  ,  Tourn.  (Rhytispermum  , 
Link.  —  Ægonychion  ,  Gray.  —  Balschia , 
Gmel.—  Cyphorimciy  Rafin. —  Margarosper- 
mum ,  Reichenb.).  —  Macromeria ,  Don.  — 
Craniospermuniy  Lehm. — Colsmannia,  Lehm. 

—  IVonnea ,  Med.  ( Echioidest  Desf.).  —  Me- 
neghinia  ,  Endl.  (  Dioclea ,  Spreng.  non 
Kunth).  —  LycopsiSy  L.  —  Anchusa,  L.  ( Bu - 
glossum,  Tourn.  —  Buglossoides,  Tausch.  — - 
Baphorhiza ,  Link.  —  Alkanna  ,  Tausch.  — 
Oscampia ,  Mœnch.).  —  Plagiobothrys,  Fisch. 
et  Mey.  —  Eritrichiuniy  Schrad.  —  Bothrios- 
permum ,  Bung.  — Myosotis ,  L.  ( Echioides , 
Mœnch.).  — • Exarrhena ,  R.  Br.  —  Loboste- 

T.  II. 


mon  y  Lehm.  —  Siomotechium ,  Lehm. — Sym- 
phytum ,  L.  —  Trachystemon ,  Don.  —  Bor - 
ragfo,  Tourn. 

§  2.  Cynoglossèes.  Carpelles  adnés  à  la  base 
du  style. 

Trichodesma  ,  R.  Br.  ( Pollichia ,  Med.  — 
Cynoglossoides  ,Isn. — Æorragznoides, Boerh.). 

—  Omphalodes ,  Tourn.  (  Picolia ,  Rœm.  et 
Sch. —  Omplialium ,  Roth.). —  Rindera,  Pall. 

—  Mallia ,  Schult.  —  Solenanlhus ,  Ledeb.  — 
Cynoglossurn  ,  L.  —  Asperugo  ,  Tourn.  — 
Echinospermum ,  Sw.  ( Lappula  ,  Mœnch.  — 
Rochelia,  Rœm.  et  Sch.  wo«  Reich.). 

GENRES  ANOMAUX  OU  TROP  PEU  CONNUS. 

Rochelia  ,  Reichenb.  —  Amsinkia,  Lehm. 
(Benthamia,  Lindl.). — Ktenospermum ,  Lehm. 

(Ad.  J.) 

BORRAGINOIDES  ( borrago ,  la  bourra¬ 
che;  eT^oç,  forme),  bot.  pu.  —  Une  des  deux 
sections  du  genre  Trichodesma,  R.  Br.  ( lsn . 
Act.  acad.  Par.,  1718).  (G.  L.) 

BORRAGO.  bot.  ru.  —  Nom  latin  de 
la  Bourrache. 

BORRERA  (nom  d’homme),  bot.  cr.  — 
(Lichens).  Ce  genre  ,  établi  par  Achar  ( Lich . 
univ.,  p.  93 ,  t.  9  )  sur  des  caractères  d’une 
bien  faible  importance ,  comme  des  frondes 
canaliculées  en  dessous  et  ciliées  sur  les  bords, 
le  rétrécissement  en  pédicelleet  la  forme  en 
coupe  évasée  des  apothécies,  n’a  pas  été  con¬ 
servé,  et,  il  faut  en  convenir,  ne  méritait 
guère  de  l’être.  Dans  un  ouvrage  antérieur  du 
même  auteur  ( Meth .  Lich.),  toutes  les  espè¬ 
ces  du  genre  Borrera  figuraient  parmi  les 
Parmélies.  De  Candolle  en  avait  fait  la  pre¬ 
mière  section  de  ses  Physcies.  Les  derniers 
ouvrages  anglais  sur  les  Lichens  le  conser¬ 
vent  encore;  mais  Fries  ( Lichen .  europ.  re- 
form .)  en  a  réparti  les  diverses  esp.  soit  dans 
ses  Évernies,  soit  dans  le  g.  Parmelia.  M.  End- 
licher  (  Gen.  Plant.,  p.  16 ,  n.  178)  a  adopté 
ces  réformes.  (G.  M.) 

*BORRERIA  (  nom  propre),  bot.  pu.  — 
Genre  de  la  famille  des  Rubiacées ,  tribu 
des  Spermacocées ,  institué  par  Meyer  (  Es - 
seq. ,  79  ) ,  aux  dépens  de  quelques  Sper- 
macoce ,  et  comprenant  un  grand  nombre 
d’espèces  (83) ,  dont  une  douzaine  environ 
sont  cultivées  dans  les  jardins.  Ce  sont  des 
plantes  herbacées  ou  suffrutiqueuses,  crois¬ 
sant  presque  toutes  dans  les  parties  les  plus 
42 


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BOR 


BOS 


chaudes  de  l’Amérique,  à  tiges  ou  à  rameaux 
souvent  tétragones.  Les  feuilles  en  sont  op¬ 
posées  et  disposées  en  faux  verlicilles,  en 
raison  de  leur  agglomération  axillaire  quand 
elles  sont  très  jeunes.  Stipules  connées  avec 
les  pétioles ,  plus  ou  moins  vaginantes ,  et 
bordées  de  soies  nombreuses.  Fleurs  petites, 
blanches  ou  bleues ,  disposées  rarement  en 
cymes  ou  corymbeuses,  verticillées-capitées 
dans  les  aisselles  ou  au  sommet  des  ra¬ 
meaux.  (G.  L.) 

BORRICHIA  (nom  d’homme),  bot.  ph. 
—  On  cultive  dans  les  jardins  de  botanique 
le  Buphtkalmum  frutescens  L.,  faisant  au¬ 
jourd’hui  partie  des  Borrichia  qui  présen¬ 
tent  pour  caractères  :  Capitule  multiflore  , 
hétérogame  ;  fleurons  du  rayon  ligulés  ,  fe¬ 
melles,  1-sériés  ;  ceux  du  disque  hermaphro¬ 
dites,  tubuleux,  5-fides.  Involucre  hémisphé¬ 
rique,  composé  d’écailles  imbriquées;  les 
extérieures  foliacées  ,  aiguës  ;  les  intérieures 
très  obtuses ,  membraneuses  sur  les  bords. 
Réceptacle  plan ,  chargé  de  paillettes  lancéo¬ 
lées.  Rameaux  du  style  longs ,  aigus ,  cou¬ 
verts,  sur  toute  leur  étendue,  de  poils  courts 
et  serrés.  Anthères  noirâtres.  Fruits  cunéi¬ 
formes  ,  comprimés  -  anguleux  ;  ceux  de  la 
circonférence  surmontés  d’une  aigrette  courte 
en  couronne  ;  ceux  du  disque  nus  et  souvent 
de  deux  formes. — Les  Borrichia,  qui  appar¬ 
tiennent  à  la  famille  des  Composées ,  tribu 
des  Astéroïdées ,  sont  indigènes  du  Nouveau 
continent.  (J.  D.) 

BORRÏKIA.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Borrichia. 

BORES.  ins.  -TT-  Synonyme  de  Boros. 

BORYE.  Borya  (Bory  de  Saint-Vincent , 
botaniste  français),  bot.  ph.  —  Genre  de  la 
famille  des  Liliacées,  établi  par  Labillardière 
(FL  Nov-Holl.,  I,  p.  81 ,  t.  107).  Il  se  compose 
de  plantes  herbacées  et  vivaces,  à  racines  fi¬ 
breuses  ,  allongées  et  très  tenaces;  à  tige 
simple  ou  rameuse,  portant  des  feuilles  très 
serrées,  aiguës  ,  piquantes,  scarieuses  et  des 
fleurs  réunies  en  capitule  au  sommet  d’une 
hampe  terminale  et  simple.  Le  calice  est  in- 
fondibuliforme,  à  limbe  égal,  divisé  en  6  lo¬ 
bes.  Les  étamines,  au  nombre  de  6,  sont  in¬ 
sérées  au  sommet  du  tube  qui  est  rétréci; 
leurs  filets  sont  glabres  et  subulés,  les  an¬ 
thères  allongées  et  attachées  par  leur  base.  Le 
fruit  est  une  capsule  trilocuîaire  s’ouvrant  en 
3  valves  et  contenant  un  petit  nombre  de 


graines  noires  et  crustacées.  Toutes  les  esp, 
de  ce  g.  croissent  à  la  Nouvelle-Hollande. 

Il  existe  encore  un  autre  g.  Borya ,  insti¬ 
tué  par  Willdenow,  mais  qui  ne  doit  pas  être 
adopté  sous  ce  nom.  C’est  le  genre  Forestiera 
de  Poiret ,  appartenant  au  groupe  des  Anti- 
desmées.  (A.  R.) 

BORYNE.  Boryna  (nom  propre),  bot.  cr. 
—  (Phycées).  Ce  g.  formé  par  M.  Grateloup, 
qui  le  dédia  à  son  ami  M.  Bory,  bien  connu 
dans  le  monde  savant,  fut  publié  par  celui-ci 
(Dict.  class .)  seulement  en  1822  et  adopté 
par  Bonnemaison  dans  le  Mémoire  sur  les 
Hydrophyles  loculées  qu’il  fit  insérer  en  1824 
dans  les  Mémoires  du  Muséum  d’histoire  na¬ 
turelle.  Comme  le  g.  Boryna  ne  diffère  point 
du  g.  Ceramium ,  tel  qu’il  a  été  défini  par 
Lyngbye  (Hydroph.  Dan.,  p.  117),  il  ne  pou¬ 
vait  être  et  n’a  point  été  admis.  Voyez  ce¬ 
ramium.  (C.  M.) 

*BQSCA,  probablement  Boscia  (nom  pro¬ 
pre).  bot.  ph.  —  Genre  de  Dicotylédones  in¬ 
diqué  dans  la  Flora  fluminensis  (IV,  t.  11), 
et  qu’il  est  presque  impossible  de  détermi¬ 
ner,  en  raison  de  l’extrême  insuffisance  du 
dessin.  (C.  L.) 

BOSCHAS.  ois.  —  Nom  spécifique  latin 
par  lequel  Linné  a  désigné  le  Canard  sauvage 
proprement  dit,  que  Brisson  et  plusieurs  au¬ 
teurs  anciens  ont  nommé  Anas  fera.  Brisson 
a  cependant  employé  ce  nom  comme  syno¬ 
nyme  de  Anas  fera,  pour  désigner  des  varié¬ 
tés  du  Canard  sauvage ,  et  une  espèce  du 
Mexique  ;  et,  dans  ces  derniers  temps,  Swain- 
son  en  a  fait  le  type  d’un  sous-genre  du  genre 
Anas.  Voy.  canard  et  anatinées.  (Lafr.) 

xBOSCII1\IAKIA  (nom  propre),  bot.  ph.— 
Genre  de  la  famille  des  Orobanchacées,  éta¬ 
bli  par  G.- A.  Meyen  ,  aux  dépens  de  Y  Oro- 
banche  rossica  de  Chamisso  et  Schlechtendal 
(Linn. ,  III,  132  ),  et  de  quelques  autres  es¬ 
pèces  décrites  par  Hooker  (  Fl.  bor.  amer. , 
t.  167,  168).  On  le  reconnaît  essentiellement 
à  des  fleurs  hermaphrodites ,  ébractéolées , 
dont  le  calice  est  tubuleux  ,  subtronqué  ;  la 
corolle  hypogyne,  ringente;  les  4  étamines 
exsertes,  didynames;  les  loges  des  anthères 
libres  à  la  base  ;  le  style  tubuleux  et  sub-bi- 
labié  au  sommet,  aune  capsule  uniloculaire. 
L’espèce  la  mieux  connue  appartient  au  nord 
de  l’Asie  ;  c’est  le  B.  glabra  Mey. ,  plante  à 
rhizome  tubéreux ,  hypogyne  ,  multicaule  ; 
à  scapes  épaisses ,  simples ,  munies  de  squa- 


BOS 

mes  ovales,  obtuses,  muCrohées,  et  terminées 
èn  une  grappé  dense,  spiciforme.  (G.  L.) 

lîOSCIA  (nom  propre),  ins.  —  Genre  de 
Coléoptères  pentamères,  Créé  parLeach  ( Zoo - 
logical  Journal ,  t.  I,  p.  33-40)  pour  y  placer 
5  espèces  de  Cébrionites  des  États-Unis.  Le 
Cebrio  bicolor  de  Fabricius  paraît  être  le  même 
que  le  B.  piccus  de  Leach.  Le  g.  Selonodon , 
Latr.  (Ann.  Soc.  ent.  de  France ,  t.  III,  p.  14), 
a  été  établi  depuis  avec  la  même  esp.  (G.) 

BOSCIA  (Bosc,  professeur  français  d’a¬ 
griculture).  bot.  pii.  —  Deux  genres  ont  été 
consacrés  au  célèbre  Bosc ,  l’un  par  Thun- 
berg  pour  un  arbrisseau  du  Cap  ,  qui  paraît 
devoir  prendre  place  à  la  suite  des  Rutacées, 
mais  si  imparfaitement  connu  encore ,  que 
De  Candolle,  devant  supprimer  un  nom  déjà 
employé,  a  proposé  celui  d 'Asaphes  (incer¬ 
tain)  pour  le  remplacer.  M.  Reichenbach  l’a 
nommé  Duncània.  Voyez  ce  mot.  (Ad.  J.) 

L’autre  est  un  genre  de  la  famille  des  Cap- 
paridacées ,  tribu  des  Capparidées ,  fondé 
par  Lamarck  (  Illusi. ,  1 ,  355).  Il  renferme 
une  ou  deux  espèces  appartenant  à  l’A¬ 
frique  tropicale ,  et  dont  la  mieux  connue 
est  le  B.  senegalensis ,  cultivé  dans  les  serres 
d’Europe.  C’est  un  arbrisseau  inerme ,  gla- 
briuscule  ,  à  feuilles  alternes ,  simples ,  co¬ 
riaces  ,  très  entières ,  dont  le  pétiole  articulé 
au  rameau  par  une  denticule ,  munies  de 
stipules  sétacées  très  petites  ;  à  fleurs  termi¬ 
nales  ,  petites,  subcorymbeuses.  (C.  L.) 

BOSCOTE.  ois.  —  Nom  vulgaire  de  la 
Rubiette  rouge-gorge. 

BOSEA  (  Gaspard  Bose  ,  naturaliste  alle¬ 
mand  ).  bot.  pii.  —  Genre  établi  par  Linné , 
qui  le  plaçait  dans  laPentandrie  monogynie, 
et  dont  la  place  dans  les  familles  naturelles 
n’est  pas  encore  aujourd’hui  suffisamment 
déterminée.  Les  uns  le  placent  dans  les  Ché- 
nopodacées  (  Atriplicées  )  ;  les  autres  ,  avec 
doute  toutefois  ,  dans  celle  des  Celtidacées. 
Quoi  qu’il  en  soit,  il  se  compose  de  deux  ar¬ 
brisseaux  ,  dont  l’un  ,  le  B.  yervamora  L.  , 
trouvé  aux  Canaries  ;  l’autre  le  B.  canna- - 
bina,  découvert  par  Loureiro  dans  la  Cochin- 
chine.  Ils  se  distinguent  par  des  feuilles  al¬ 
ternes  ,  éstipulées  ,  pétiolées ,  ovales ,  acu- 
minées,  luisantes,  penninerves,  portées  sui¬ 
des  rameaux  grêles  et  affilés  ;  les  fleurs  po- 
lygames-dioïques  en  sont  petites,  rougeâtres 
dans  l’un  et  blanches  dans  l’autre,  disposées 
èn  grappes  axillaires  et  terminales.  Lé  B. 


BOS  659 

yervamora  est  cultivé  en  Europe  dans  les 
orangeries,  (C.  L.) 

BOSÉLAPHE.  mam.  —  Voyez  antilope. 

BOSH-BOCK.  mam.  —  Synonyme  d* An¬ 
tilope  sylvatica.  Voyez  antilope. 

BOSïA.  bot.  ph.  —  Voyez  bosée. 

BOSON  ou  BOSSON,  Adans.  moll.  — 
Synonyme  de  Turbo  muricatus  L.  Voyez  va- 

.  LUDINE. 

BOSOTE.  ois.  —  Nom  vulgaire  de  la  Ru- 
bietle  rouge  queue. 

BOSSIERA,  et  mieux  BOISSIERA  (Bois- 
sier,  botaniste  génevois).  bot.  ph.  —  Genre 
établi  par  Doinbey  (  mse .  sec.  Endl.  yen.  pl. 
4703),  syn.  du  Lardizabala ,  R.  et  P.  (C.  L.) 

BOSSILLONS,  BULBULEUX.  bot.  cr.— 
Champignons  ainsi  nommés  parce  que  leur 
chapeau  est  un  peu  relevé  en  bosse.  Us  sont 
d’une  couleur  rousse  ou  dorée,  et  leur  pédi¬ 
cule  est  légèrement  bulbeux  à  la  base.  Ils 
forment  la  36me  famille  des  Champignons  de 
Paulet,  qui  en  distingue  trois  espèces  qui  me 
sont  inconnues  ,  et  auxquelles  il  donne  les 
noms  de  B.  doré,  B.  roux  et  B.  réglisse. 
La  première ,  à  cause  de  sa  ténuité  ,  n’a  pas 
été  expérimentée  ;  les  deux  autres ,  données 
aux  animaux  ,  ne  leur  ont  fait  éprouver  au¬ 
cune  incommodité.  (Lév.) 

BOSSON.  moll.  —  Voyez  boson. 

BOSSUE,  moll.  —  Nom  vulgaire  donné 
par  les  marchands  et  les  amateurs  à  deux 
espèces  du  g.  Ovule.  La  Bossue  proprement 
dite  est  la  Bulla  verrucosa  L.,  et  la  B.  sans 
dents  ou  a  ceinture,  la  B.  gibbosa  L.  Ce  nom 
a  encore  été  donné  au  Murex  anus.  (C.  d’O.) 

BOSTRICHE.  Bostrichus  (jSoVrptxoç,  bou¬ 
cle  de  cheveux),  ins.  —  Geoffroy  avait  appelé 
ainsi  un  genre  de  Coléoptères  tétramères,  de 
la  famille  des  Xylophages,  parce  que  l’espèce 
qui  lui  sert  de  type  (B.  capucinus)  a  le  corselet 
ou  prothorax  couvert  d’aspérités  velues  qui, 
jointes  à  sa  couleur  noire  et  à  sa  forme  bom¬ 
bée,  le  font  ressembler  à  la  chevelure  crépue 
du  nègre  ;  mais  Fabricius  a  jugé  à  propos  de 
transporter  ce  nom  à  un  autre  genre  établi 
par  lui  dans  la  même  famille,  et  de  nommer 
A  pâté  le  g.  Bosirichus  de  Geoffroy.  En  vain 
Latreille  s’est  élevé  contre  ce  changement  ar¬ 
bitraire  et  a  voulu  rétablir  les  choses  dans 
leur  état  primitif,  en  restituant  le  nom  de 
Bosirichus  à  l’ancien  g.  de  l’entomologiste 
français,  et  en  appelant  Tomicus  le  nouveau 
g.  de  Fabricius  ;  la  nomenclature  de  celui-ci 


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a  prévalu,  et  c’est  elle  qui  est  généralement 
suivie  aujourd’hui  dans  les  collections  ;  ainsi, 
le  g.  dont  il  est  question  dans  cet  article  est 
celui  de  l’entomologiste  danois,  correspon¬ 
dant  au  g.  Tomicus  de  Latreille ,  et  de  sa 
tribu  des  Scolytaires. 

Les  Bostriches  sont  des  Coléoptères  géné¬ 
ralement  très  petits,  à  corps  cylindrique,  avec 
les  élytres  tronquées  ou  plutôt  courbées  et 
dentées  à  leur  extrémité;  la  tête  globuleuse 
s’enfonçant  dans  le  corselet  ;  les  palpes  très 
petits  et  coniques  ;  les  antennes  à  funicule 
de  cinq  articles,  courtes  et  terminées  en  une 
massue  solide  ;  et  les  tarses  ayant  leurs  trois 
premiers  articles  égaux.  Les  larves  de  ces 
Insectes,  lorsqu’elles  sont  très  multipliées, 
ce  qui  n’arrive  que  trop  souvent ,  causent 
de  grands  dégâts  dans  les  forêts  en  vivant 
aux  dépens  de  l’aubier  qu’elles  sillonnent 
dans  tous  les  sens ,  de  manière  que  l’écorce 
finit  par  se  détacher  du  tronc.  Elles  attaquent 
les  arbres  résineux  ou  conifères. —  Ce  g.  est 
très  nombreux  en  espèces.  M.  Dejean ,  dans 
son  dernier  Catalogue,  en  désigne  52 ,  dont 
19  d’Amérique,  3  d’Afrique,  1  des  Indes 
orientales ,  et  toutes  les  autres  d’Europe. 
Nous  citerons  les  plus  connues  parmi  ces 
dernières  :  1»  Bostrichus  typographus  Fab. 
(Dermestes  id.  L.,  Scolytus  id.  Oliv.).  Cette 
espèce  est  très  commune  dans  la  forêt  de 
Fontainebleau  ;  2°  B.  monographus  Fab. ,  qui 
se  trouve  dans  les  environs  de  Paris  ;  3°  B. 
abietis  Ziegl.,  qui  habite  les  forêts  de  Sapins  ; 
4°  enfin  B .  daclyliperda ,  espèce  très  petite 
qu’on  trouve  dans  toute  la  France.  (D.) 

BOSTRICHINS.  Bostrichini.  ins.  —  La¬ 
treille  désigne  ainsi  la  deuxième  tribu  des  fa¬ 
milles  des  Xylophages  parmi  les  Coléoptères 
tétramères.  Elle  se  compose  des  g.  Bostri¬ 
chus ,  Psoa,  Cis,  IVemozoma,  Cerylon ,  Rhizo- 
pliagus  et  Clypeaster.  Ces  divers  g.  ont  pour 
caractères  communs  :  Palpes  (au  moins  les 
maxillaires  )  très  apparents ,  filiformes  ou 
plus  gros  au  bout.  (D.) 

*BOSTRICHITES.  ins.  —  M.  le  comte  de 
Castelnau,  dans  l’histoire  naturelle  des  Co¬ 
léoptères  faisant  suite  au  Buffon-Duménil , 
t.  2,  p.  375,  désigne  ainsi  le  troisième  groupe 
de  la  famille  des  Xylophages  ;  il  se  compose 
des  g.  Apate ,  Psoa,  et  Nemosoma.  (D.) 

*BOSTRICITES.  ins.  —  M.  Newmann , 
dans  sa  Classification  des  Insectes  de  l’Angle¬ 
terre  ,  d’après  les  larves  (  The  eniomological 


Magazine ,  n.  9,  p.  423) ,  désigne  ainsi  une 
des  nombreuses  divisions  établies  par  lui 
dans  l’ordre  des  Coléoptères ,  et  qui  repose 
sur  les  métamorphoses  du  g.  Cis,  Bostrichus , 
Tomicus  ,  Platypus  ,  Hylesinus  ,  Scolytus  et 
Hylurgus.  (D.) 

BOSTRYCHE.  Bostrychus  (j3oarpu^oç, 
boucle  de  cheveux,  à  cause  des  filaments  sur 
la  narine),  pois*.  —  Genre  établi  par  Lacé- 
pède ,  d’après  l’examen  de  dessins  chinois 
conservés  dans  la  bibliothèque  du  Muséum. 

Il  le  caractérisait  ainsi:  Corps  allongé,  ser- 
pentiforme  ;  deux  nageoires  dorsales  ,  la  se¬ 
conde  séparée  de  celle  de  la  queue  ;  deux  bar¬ 
billons  à  la  mâchoire  supérieure  ;  les  yeux  as¬ 
sez  grands  et  sans  voile.  Il  y  réunit  2  esp.  : 
le  Bostryche  chinois  (  B.  sinensis  )  et  le 
Bostryciie  tacheté  (B.  maculatus ).  En  exa¬ 
minant  les  originaux,  on  s’assure  promp¬ 
tement  que  les  deux  dessins  chinois  repré¬ 
sentent  des  espèces  qui  n’appartiennent  pas 
au  même  genre ,  et  qu’il  n’était  pas  néces¬ 
saire  d’établir  un  nouveau  genre  pour  les 
classer  dans  la  méthode  ichthyologique.  La 
première  figure  est  celle  d’un  Gobie  ,  peut- 
être  d’un  Éléotris  ;  mais  comme  on  ne  voit 
pas  les  ventrales ,  on  ne  peut  pas  affirmer 
cette  seconde  détermination.  La  seconde  es¬ 
pèce  aurait  dû  être  placée  parmi  les  Bostry- 
choides  de  M.  Lacépède ,  car  elle  n’a  qu’une 
dorsale.  C’est  d’ailleurs  la  figure  d’un  Ophi- 
céphale  d’une  espèce  particulière.  H oyez 
Cuv.,Val.,  Hist.  nat.  des  poiss., t.  VII,  p.  437. 

(Val.; 

BOSTRYCÏIÏA  (KoOpuÇ,  boucle  de  che¬ 
veux).  bot.  cr.  —  (Phycées.  )  Nous  avons 
proposé  ce  nom  (Hist.  phys.,  polit,  et  nat.  de 
Cuba,  p.  39)  pour  un  démembrement  du  g. 
Rhodomela  d’Agardh,  lequel  nous  avait  paru 
renfermer  des  espèces  que  leur  organisation 
devait  en  exclure.  Et  en  effet,  depuis  que 
nous  avons  publié  (1839)  les  caractères  que 
nous  assignons  à  ce  nouveau  g.,  M.  Agardh 
fils  ( Linnœa ,  1841,  Symb.,  p.  28).  a  distrait, 
des  Rhodomèles  de  son  père  ,  l’espèce  dont 
nous  avons  fait  le  type  du  nôtre,  mais  il  l’a 
réunie  à  YAlsidium  avec  lequel  elle  ne  nous 
semble  pas  avoir  suffisamment  d’affinité. 
En  effet,  notre  g.  s’en  éloigne  non  seulement 
par  le  port,  qui  n’est  pas  non  plus  une  chose 
qu’on  doive  tout-à-fait  négliger,  mais  en¬ 
core  par  la  structure  de  la  fronde.  La  Rho¬ 
domela  scorpioides  ( Fucus  amphibius  Turn.) 


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offre  certainement  une  organisation  qui  s’op¬ 
pose  à  la  réunion  proposée  ,  et  nous  aime¬ 
rions  mieux  la  voir  laissée  parmi  ses  ancien¬ 
nes  congénères  que  placée  entre  deux  autres 
plantes  qui  représentent,  à  notre  avis,  des  g. 
bien  distincts  eux-mêmes.  Car,  quoique  les 
Thamnophora  A'eaforihii  et  iriangularis  se 
rapprochent  par  leur  rigidité  ,  leur  habi¬ 
tat,  et  même  assez  par  la  composition  de 
leur  fronde  du  g.  Alsidium ,  la  première  au 
moins  des  deux  espèces  présente  un  mode 
de  fructification  tout-à-fait  étranger  à  ce 
dernier,  mode  dont  M.  Martius  a  parlé  le 
premier,  et  dont  nous  avons  donné  aussi  une 
description  et  une  figure  analytique  dans 
l’ouvrage  cité  plus  haut  (p.  60,  t.  V,  fig.  1). 
Nous  reviendrons  sur  ce  sujet  au  mot  Tkam- 
iiophora.  Nous  n’avons  à  nous  occuper  ici 
que  des  différences  réelles  et  profondes  que 
nous  croyons  avoir  aperçues  entre  notre  g. 
Bostrychia ,  les  vraies  Rhodomèles  et  YAlsi- 
dium.  Exposons  d’abord  ses  caractères,  nous 
serons  ensuite  mieux  à  portée  de  faire  res¬ 
sortir  ces  différences.  Fronde  continue  ,  fili¬ 
forme,  cylindracée,  de  couleur  violette,  noir¬ 
cissant  à  l’air  libre  ,  portant  des  rameaux 
distiques  ou  épars,  divisés  eux-mêmes  en  ra- 
mules  tournés  du  même  côté,  en  apparence 
articulés ,  et  roulés  en  boucle  ou  en  crosse 
â  leur  extrémité.  Fructification  stichidiaire 
consistant  en  sortes  de  siliques  renfermant, 
sur  une  ou  plusieurs  rangées ,  des  sphéro- 
spores  composés  de  3  à  4  spores.  Structure  : 
La  couche  extérieure  consiste  en  plusieurs 
rangées  concentriques  de  petites  cellules 
oblongues  ou  cubiques,  contenant  des  gra¬ 
nules  colorés  d’ou  la  plante  tire  sa  teinte 
violacée  ;  la  couche  intérieure,  ou  la  moelle, 
est  formée  de  cellules  très  allongées,  longitu¬ 
dinalement  placées,  et  renfermant  des  corps 
filiformes,  colorés  comme  le  reste  de  l’algue. 
Si  nous  passons  maintenant  à  la  comparai¬ 
son  de  cette  structure  avec  celle  des  Rhodo- 
mela subfusca,  Gaimardi,  etc.,  nous  trouvons 
d’énormes  différences,  celle  de  ces  dernières 
espèces  se  rapprochant  davantage  sous  ce 
rapport  des  Polysiphonies.  Aussi ,  déjà  avant 
M.  J.  Agardh ,  M.  Duby  avait-il  séparé  la 
Rhodomela  scorpioides  des  vraies  Rhodomè- 
les  pour  la  réunir  au  Plocamium.  Nous  trou¬ 
vons  bien  que  la  séparation  est  nécessaire, 
forcée  même,  mais  nous  pensons  que  ni  l’un 
ni  l’autre  rapprochement  n’est  irréprochable, 


et  que  le  seul  moyen  de  trancher  la  question, 
c’est  de  suivre  la  nature,  qui,  en  dotant  cette 
plante  et  les  espèces  voisines  d’une  structure 
parfaitement  distincte  ,  a  voulu  qu’elles  ne 
pussent  pas  être  confondues.  Les  espèces  qui 
devront  faire  partie  du  g.  Bostrychia,  s’il  est 
adopté,  sont  les  B.  scorpioides ,  calamisirata , 
radicans  ,  callipiera  et  Jloccosa.  La  première 
est  la  seule  qui  se  rencontre  sur  nos  côtes  de 
l’Océan  ;  toutes  les  autres  sont  propres  à  l’A¬ 
mérique  méridionale  ou  aux  Antilles.  (G.  M.) 

BOSTRYCHITE,  Walker.  min.  — Syno¬ 
nyme  de  Prehnite.  (Del.) 

BOSWELLIA  (nom  propre),  bot.  pii.  — 
Genre  de  la  famille  des  Burséracées  ,  établi 
par  Roxburgh  (  PL  corom.,  4,  t.  207),  et 
comprenant  un  petit  nombre  d’arbres  de 
l’Inde,  ayant  le  port  des  Elaphrium ,  et  pro¬ 
duisant  une  résine  balsamique  qui  découle 
de  leur  tronc  ;  leurs  feuilles  décidues,  dispo¬ 
sées  au  sommet  des  rameaux,  sont  alternes, 
imparipennées,  à  folioles  opposées,  sessiles, 
dentées  en  scie ,  éstipulées  ;  les  fleurs  sont 
blanches,  courtement  pédicellées,  disposées 
en  panicules  denses,  terminales,  bractéolées, 
ou  en  grappes  axillaires  solitaires.  Ce  genre 
se  distingue  essentiellement  par  des  fleurs 
hermaphrodites  ;  un  calice  5-denté ,  persis¬ 
tant;  une  corolle  insérée  sous  un  disque 
annulaire  et  crénelé;  des  étamines  subulées, 
persistantes  ;  un  style  court  à  stigmate  tri¬ 
lobé;  une  capsule  drupacée  ,  à  endocarpe 
sub-osseux.  On  en  cultive  plusieurs  dans  nos 
serres  chaudes.  (G.  L.) 

*BOTANEBIUS  (|3oTavvj,  herbe  ;  Slot,  vie). 
ins.  —  Genre  de  Coléoptères  télramères,  fa¬ 
mille  des  Curculionites,  ordre  desGonatocè- 
res ,  légion  des  Mécorhynchides  établi  par 
Schœnherr(t.  III,  p.  358,  g.  218),  qui  le  place 
entre  les  Anthonomus  et  les  Prionomerus. 
Ce  g.  a  le  faciès  des  Ciomis,  mais  il  en  diffère 
principalement  par  le  funiculedes  antennes, 
composé  chez  lui  de  6  articles,  et  de  5  seu¬ 
lement  chez  ces  derniers.  L’auteur  n’y  rap¬ 
porte  qu’une  seule  espèce ,  qu’il  nomme  B. 
tuberculus  ,  et  qui  est  originaire  de  l’île  de 
Cuba  ;  elle  a  4  mil.  1  /2  de  long  sur  2  1  /2  de 
largeur.  (C.) 

BOTANIQUE.  Botanica  (/5oravvj ,  herbe). 
—  Branche  de  l’histoire  naturelle  qui  em¬ 
brasse  l’étude  et  la  connaissance  des  végé¬ 
taux.  C’est  une  science  immense,  qui  s’oc¬ 
cupe  à  la  fois  de  l’organisation  générale  des" 


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plantes ,  de  la  description  des  organes  qui  les 
composent,  des  fonctions  que  remplissent 
ceux-ci  chacun  en  particulier,  et  du  rôle  que 
chacun  d’eux  est  appelé  à  jouer  dans  le  grand 
ensemble  de  phénomènes  qui  constituent  la 
vie ,  de  la  classification  des  végétaux,  de  leur 
distribution  à  la  surface  du  globe  ,  et  enfin 
de  leurs  propriétés  et  des  usages  auxquels  ils 
peuvent  être  employés.  De  ces  différents  as¬ 
pects  sous  lesquels  on  peut  envisager  l’étude 
des  plantes  résulte  la  nécessité  de  diviser  la 
Botanique  en  plusieurs  branches  distinctes, 
qui  souvent  comprennent  chacune  plusieurs 
parties  distinctes.  Les  branches  principales 
de  la  Botanique  sont  : 

1°  L’ORGANOGRAPHIE; 

2°  La  Taxonomie  ; 

3°  La  Photographie  ; 

4°  La  Géographie  botanique  ; 

6°  La  Botanique  appliquée. 

Nous  allons  les  passer  rapidement  en  re¬ 
vue. 

1°  On  désigne  sous  le  nom  d’ORGANOGRÀ- 
pHie  la  partie  de  la  Botanique  qui  traite  de 
la  description  des  organes  ou  parties  Consti¬ 
tuantes  du  végétal.  Gomme  tous  les  êtres  vi¬ 
vants  ,  les  plantes  sont  en  effet  composées  de 
parties  ayant  chacune  un  nom  spécial ,  une 
structure  et  des  fonctions  particulières.  Ces 
parties  ou  ces  organes  sont  les  instruments  à 
l’aide  desquels  s’exécutent  les  différentes 
fonctions  dont  l’ensemble  constitue  la  vie  vé¬ 
gétale.  L’Orgânographie  est  pour  le  règne  vé¬ 
gétal  ce  que  l’anatomie  descriptive  est  au 
règne  animal  :  c’est  là  le  point  de  départ  de 
toutes  les  autres  branches  de  la  Botanique. 
Son  étude  ,  qui  doit  toujours  précéder  celle 
des  autres  parties  de  la  science ,  comprend  : 
1°  le  nom  des  organes  ;  et  ce  nom  a  souvent 
varié  aux  différentes  périodes  de  la  science  , 
suivant  que  cet  organe  a  été  plus  ou  moins 
bien  connu  dans  sa  structure  et  dans  ses 
fonctions  ;  2°  la  position  de  l’organe  ,  soit  sa 
position  absolue ,  soit  sa  position  relative. 
Cette  dernière  considération  est  de  beaucoup 
la  plus  importante.  En  effet,  elle  est  souvent 
le  seul  indice  qui  peut  faire  reconnaître  un 
organe  au  milieu  des  transformations  ou  des 
altérations  qu’il  a  subies  ;  3°  enfin  les  diver¬ 
ses  modifications  de  forme,  de  couleur,  de 
consistance,  de  simplicité  ou  de  composition 
que  le  même  organe  peut  présenter.  L’étude 
dP  ces  Modifications  est  dé  la  plus  haute  irn- 


portahcê ,  càr  non  seulement  elle  nous  ap¬ 
prend  à  bien  connaître  chaque  organe  ,  en 
nous  le  montrant  sous  tous  les  points  de  vue 
où  il  peut  se  présenter  à  nous,  mais  encore 
parce  que  ce  sont  ces  modifications  qui  ser¬ 
vent  de  caractères  pour  distinguer  les  diffé¬ 
rents  végétaux  les  uns  des  autres. 

Cette  ^première  partie  de  la  Botanique  , 
Y  Organographie ,  a  pour  objet  la  connais¬ 
sance  complète  des  organes.  Ici  se  rattache 
donc  Y  Anatomie  végétale ,  c’est-à-dire  l’étude 
des  tissus  ou  éléments  organiques  qui  en¬ 
trent  dans  la  composition  des  végétaux ,  et 
celle  de  la  structure  spéciale  de  chaque  or¬ 
gane  en  particulier.  Nous  avons  déjà  donné 
une  idée  générale  de  cette  structure  au  mot 
anatomie  végétale.  ( Voyez  ce  mot.) 

Quand  on  connaît  bien  la  nature  d’un  or¬ 
gane  ,  qu’on  l’a  étudié  dans  ses  diverses  mo¬ 
difications  et  dans  sa  structure  intime,  il 
reste  encore,  pour  en  avoir  une  connaissance 
complète,  à  étudier  ses  fonctions.  Cette  par¬ 
tie  ,  que  nous  rattachons  encore  à  l’Organo- 
graphie,  constitue  la  Physique  oü  Physiologie 
végétale ,  science  encore  obscure,  sur  laquelle 
les  opinions  s’accordent  peu ,  soit  parce  que 
tous  les  phénomènes  de  la  vie  dans  les  plan¬ 
tes  sont  peu  prononcés ,  et  ne  se  manifestent 
que  dans  des  conditions  difficiles  à  apprécier, 
soit  parce  que  l’anatomie  végétale,  qui  lui 
sert  de  base ,  est  loin  d’être  également  bien 
connue  dans  toutes  ses  parties. 

Tels  sont  les  points  essentiels  que  comprend 
l’Organographie  végétale.  A  cette  première 
partie  de  la  Botanique  se  rattachera  encore 
une  étude  fort  importante  ,  qui  préoccupe 
singulièrement  aujourd’hui  tous  les  bons  es¬ 
prits  :  c’est  celle  dès  transformations  qu’un 
même  organe  peut  éprouver,  dans  toute  la 
série  des  végétaux  ;  c’est  la  partie  vraiment 
philosophique  de  l’Organographie  qu’on  dé¬ 
signe  sous  le  nom  de  Morphologie. 

2°  La  Taxonomie  forme  la  seconde  branche 
principale  de  la  Botanique  :  c’est  la  connais¬ 
sance  des  lois  de  la  classification  appliquée 
au  règne  végétal  ;  c’est  l’appréciation  de  la 
valeur  relative  des  différents  caractères  qui 
peuvent  servir  de  base  au  groupement,  au 
rapprochement  dès  espèces  et  des  genres  ; 
c’est  la  recherche  de  Cës  affinités,  de  ces  rap¬ 
ports  qui  lient  entre  eux  toutes  les  produc¬ 
tions  de  la  nature,  tantôt  d’une  manière  évi¬ 
dente  et  qui  frappé  les  veux  lès  moins  exer- 


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cés ,  tantôt  d'une  manière  plus  ou  moins 
obscure  et  qui  a  besoin  du  secours  de  l’ob¬ 
servation  rigoureuse  et  de  la  comparaison  , 
pour  rendre  manifeste  le  lien  caché  qui  unit 
entre  eux  certains  végétaux.  Nous  n’avons  pas 
besoin  de  dire  que  le  perfectionnement  de  la 
méthode  des  familles  naturelles  doit  être  le 
but  des  efforts  de  tous  les  vrais  naturalistes. 
Sans  repousser  les  autres  classifications  ar¬ 
tificielles,  et  en  particulier  quelques  systèmes 
qui  peuvent,  dans  certains  cas,  être  d’une 
utilité  incontestable,  néanmoins  il  est  im¬ 
possible  ,  dans  l’état  actuel  de  la  science , 
d’admettre  une  autre  classification  ration¬ 
nelle  du  règne  végétal.  Sans  doute  la  distri¬ 
bution  des  végétaux  en  familles  naturelles 
n’a  rien  de  la  marche  régulière ,  je  dirai 
même  de  la  précision  des  classifications  sys¬ 
tématiques.  La  nature  même  ne  se  prête  pas 
à  la  régularité  de  ces  dernières  ;  mais  ses  ré¬ 
sultats  ont  un  caractère  d'intérêt  qui  la  met¬ 
tent  au  rang  des  connaissances  les  plus  pro¬ 
pres  à  satisfaire  les  esprits  les  plus  élevés  et 
les  plus  philosophiques. 

3°  L’art  de  décrire  des  plantes,  c’est-à-dire 
d’exprimer  par  des  mots  les  caractères  parti¬ 
culiers  à  une  espèce,  à  un  genre  ou  à  une  fa¬ 
mille  constitue  la  Phytographie.  Cette  partie 
s’appuie  nécessairement  sur  une  connais¬ 
sance  approfondie  de  l’Qrganographie.  Elle 
exige  aussi  une  étude  complète  de  tous  les 
mots,  soit  substantifs,  soit  adjectifs,  à  l’aide 
desquels  on  exprime  les  diverses  modifica¬ 
tions  de  chaque  organe.  Les  mots  employés 
dans  le  langage  de  la  Botanique,  comme ,  au 
reste,  dans,  celui  de  toutes  les  autres  sciences, 
doivent  avoir  un  sens  parfaitement  arrêté  et 
distinct,  puisque  ces  mots  doivent,  pour  ce¬ 
lui  qui  lit  une  description,  pouvoir  représen¬ 
ter  exactement  une  modification  matérielle. 
Aussi  esb-il  bien  important,  au  début  de  l’é¬ 
tude  de  la  Botanique,  de  se  familiariser  avec 
la  Glossologie  végétale ,  qui  embrasse  l’étude 
de  tous  les  mots  techniques  de  la  science  des 
végétaux.  Et  qu’on  ne  croie  pas  que  cette . 
étude  soit  longue  et  difficile,  et  qu’elle  rende 
la  Botanique  accessible  seulement  aux  per¬ 
sonnes  douées  des  dons  de  la  mémoire.  La 
langue  botanique  est  fort  simple;  elle  exige 
peu  d’efforts  pour  être  parfaitement  com¬ 
prise,  bien  que  le  nombre  des  mots  employés 
dans  la  description  des  végétaux  soit  fort 
considérable.  Ces  mots  sont  ou  des  substan¬ 


tifs  ou  des  adjectifs.  Les  premiers  servant  à 
dénommer  les  organes  sont  généralement 
peu  nombreux ,  et  un  grand  nombre  d’en¬ 
tre  eux  sont  très  connus,  et  n’ont  en  quel¬ 
que  sorte  pas  besoin  d’explication.  Ainsi,  les 
mots  racine,  tige,  feuilles,  fleurs,  épines, 
fruits, graine,  etc.,  sont  parfaitementcompris 
de  tout  le  monde,  même  des  personnes  tout- 
à-fait  étrangères  au  langage  technique  de  la 
science.  Les  noms  adjectifs  à  l’aide  desquels 
on  exprime  les  modifications  si  variées  des 
organes,  sont  excessivement  nombreux  ;  mais 
ici,  il  y  a  une  distinction  fort  importante  à 
établir.  Parmi  ces  noms,  le  plus  grand  nom¬ 
bre,  destinés  à  représenter  les  modifications 
de  figure,  de  forme,  de  position,  de  gran¬ 
deur,  etc.,  sont  les  mêmes  que  ceux  qui  sont 
usités  dans  le  langage  usuel  de  la  société,  et 
n’exigent  pas,  en  conséquence,  une  définition 
particulière;  ainsi,  quand  on  dira  qu’une 
tige,  par  exemple,  est  triangulaire,  carrée , 
cylindrique,  pentagone,  etc.,  que  des  feuilles 
sont  cordiformes,  sagittées,  aiguës,  obtuses, 
dentées  ou  entières,  on  sera  sûr  d’être  tou¬ 
jours  facilement  compris.  Restent  donc  les 
expressions  techniques  particulières  à  la 
science.  Ce  sont,  en  effet ,  les  seules  dont  il 
faille  étudier  la  vraie  signification.  Or,  il  faut 
bien  le  savoir,  leur  nombre  n’a  rien  qui  soit 
capable  d’effrayer  même  les  personnes  les 
moins  favorisées  du  côté  de  la  mémoire. 

La  Phytographie  doit  comprendre  aussi  la 
Synonymie ,  c’est-à-dire  la  recherche  des  dif¬ 
férents  noms  sous  lesquels  une  même  plante 
a  été  connue  ou  décrite  dans  les  divers  au¬ 
teurs  qui  en  ont  successivement  parlé.  Cette 
partie  est  fort  importante  :  c’est  le  lien  en¬ 
tre  le  passé  et  le  présent.  Elle  exige  une 
scrupuleuse  attention,  une  grande  impartia¬ 
lité,  une  connaissance  approfondie  de  l’his¬ 
toire  de  la  science  etde  ses  monuments  écrits. 
Rien  de  plus  facile  au  premier  abord  que  de 
faire  de  l’érudition,  en  accumulant,  à  la  suite 
du  nom  sous  lequel  on  décrit  une  plante,  les 
noms  qu’elle  a  portés  à  toutes  les  époques  de 
la  science,  et  tous  les  auteurs  qui  en  ont  suc¬ 
cessivement  parlé;  mais  pour  que  cette  par¬ 
tie  soit  véritablement  utile,  il  faut  que  le 
botaniste  s’astreigne  à  ne  jamais  faire  une  ci¬ 
tation  sans  l’avoir  lui-même  vérifiée,  c’est-à- 
dire  sans  être  remonté  jusqu’à  la  source, 
ou  jusqu’à  l’auteur  qu’il  veut  citer.  C’est 
pour  ne  pas  avoir  suivi  ce  précepte,  c’est  pour 


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664 

avoir  copié  sans  les  vérifier  les  synonymes 
recueillis  par  chaque  auteur  ,  que  tant  d’er¬ 
reurs  se  sont  propagées,  et  qu’il  est  souvent 
si  difficile  de  remonter  jusqu’aux  auteurs  qui 
les  premiers  se  sont  occupés  de  certains  vé¬ 
gétaux. 

La  Synonymie  exige  un  esprit  judicieux 
et  une  saine  critique.  Son  mérite  ne  con¬ 
siste  pas  à  réunir  péniblement  tous  les  noms 
qu’une  plante  a  portés  et  tous  les  auteurs 
qui  en  ont  parlé.  C’est  un  défaut,  selon  nous, 
dans  lequel  sont  tombés  beaucoup  d’auteurs 
de  travaux  d’ailleurs  fort  recommandables , 
dont  les  synonymes  occupent  une  place  plus 
considérable  que  la  description  même  de  la 
plante.  Il  faut  savoir  faire  un  choix  en  ci¬ 
tant  de  préférence  les  auteurs  et  les  ouvrages 
que  leur  mérite  place  au  premier  rang,  et  en 
négligeant ,  au  contraire,  ceux  qui  n’ont  fait 
que  reproduire  soit  les  descriptions ,  soit  les 
idées  des  autres. 

Il  est  une  règle  d’équité  à  laquelle  on  doit 
rigoureusement  s’astreindre  dans  la  partie 
synonymique  des  sciences,  c’est  la  loi  de  l’an¬ 
tériorité.  Quand  un  nom  est  conforme  aux 
règles  de  la  nomenclature  ,  il  faut  toujours 
lui  accorder  la  préférence  s’il  est  le  plus  an¬ 
cien  ;  sans  cette  sage  précaution ,  on  verrait 
la  confusion  s’introduire  dans  la  science. 

Nous  mentionnerons  encore  ici  comme  une 
annexe  de  la  Phytographie  l’art  de  représen¬ 
ter  les  caractères  des  végétaux  par  des  figu¬ 
res  soit  analytiques,  soit  d’ensemble,  art  qui 
depuis  le  commencement  de  ce  siècle  a  reçu 
une  impulsion  toute  nouvelle,  et  qui  est  ap¬ 
pelé  à  rendre  de  grands  services.  \1  Icono¬ 
graphie  végétale  fait  aujourd’hui,  ou  du  moins 
doit  faire  partie  des  études  de  tous  les  jeunes 
gens  qui  se  sentent  quelque  goût  pour  la  Bo¬ 
tanique.  Quelle  que  soit  l’habitude  qu’on  ait 
de  manier  et  d’appliquer  le  langage  de  la 
description  des  végétaux,  une  figure,  fut-elle 
même  médiocre,  donnera  une  idée  plus  nette, 
et  surtout  plus  facile  à  saisir  que  la  meilleure 
description  ;  à  plus  forte  raison  si  la  figure 
est  accompagnée  de  détails  analytiques  pré¬ 
cis,  sera-t-elle  d’une  immense  utilité  jointe 
à  une  bonne  description. 

4°  La  quatrième  branche  de  la  Botanique 
générale  est  celle  qu’on  connaît  sous  le 
nom  de  Géographie  botanique.  C’est  l’étude 
de  la  distribution  des  végétaux  à  la  sur¬ 
face  de  la  terre ,  étude  pleine  d’intérêt,  et 


née  en  quelque  sorte  avec  ce  siècle.  Pour 
l’observateur  le  moins  attentif,  avons-nous 
écrit  ailleurs,  chaque  grande  contrée  du 
globe  présente  des  caractères  spéciaux,  quand 
on  examine  les  différents  végétaux  que  la  na¬ 
ture  y  fait  croître.  Cette  diversité  dans  les 
productions  végétales  est  une  des  causes  de 
la  physionomie  particulière  que  présente  le 
paysage  dans  les  diverses  parties  du  monde. 
Ainsi,  la  végétation  des  pays  du  Nord,  cou¬ 
verts  d’immenses  forêts  de  Pins,  de  Sapins, 
de  Bouleaux ,  est  fort  différente  de  celle  des 
régions  tempérées ,  où  les  forêts  sont  moins 
abondantes  et  présentent  plus  de  variétés 
dans  les  espèces  qui  les  composent.  Celle-ci 
n’a  plus  de  rapports  avec  la  végétation  fas¬ 
tueuse  et  variée  des  pays  tropicaux,  où  les 
conditions  climatériques  favorisent  et  entre¬ 
tiennent  le  développement  continu  d’une  vé¬ 
gétation  qui  ne  s’arrête  jamais.  Ces  diffé¬ 
rences  ne  sont  pas  moins  grandes  quand  on 
compare  la  végétation  des  plaines  à  celle 
des  montagnes.  Ce  ne  sont  ni  les  mêmes  es¬ 
pèces  ,  ni  souvent  les  mêmes  genres  ;  et ,  à 
mesure  qu’on  s’élève  à  des  hauteurs  plus 
grandes  ,  on  voit  les  plantes  offrir  des  carac¬ 
tères  nouveaux.  Si,  à  ce  premier  coup  d’œil 
superficiel  et  général ,  on  fait  succéder  un 
examen  plus  approfondi,  de  nouvelles  diffé¬ 
rences  se  présentent  en  foule ,  et  l’on  ne 
tarde  pas  à  reconnaître  que  ces  différences  et 
ces  analogies  entre  la  végétation  des  régions 
diverses  sont  soumises  à  un  certain  nombre 
de  lois  ou  de  données  générales  dont  la  con¬ 
naissance  constitue  une  branche  particulière 
de  la  Botanique ,  qu’on  a  désignée  sous  le 
nom  de  Géographie  Botanique. 

5°  Jusqu’à  présent  nous  n’avons  considéré 
la  Botanique  que  d'une  manière  générale,  et 
en  quelque  sorte  spéculative,  en  un  mot  que 
comme  l’un  des  chaînons  de  cette  vaste  sé¬ 
rie  de  connaissances  qu’on  appelle  la  Phi¬ 
losophie  générale;  mais  de  même  que  toutes 
les  autres  sciences ,  la  Botanique  peut  être 
envisagée  dans  ses  rapports  immédiats  avec 
nos  besoins.  C’est  ce  qui  constitue  la  Bota¬ 
nique  appliquée.  Étudiée  sous  le  point  de  vue 
spécial  de  ses  applications ,  la  Botanique  se 
divise  en  un  assez  grand  nombre  de  bran¬ 
ches.  Ainsi  elle  portera  les  noms  de  Bota¬ 
nique  économique ,  médicale ,  industrielle ,  fo¬ 
restière  ,  etc. ,  suivant  qu’elle  s’occupera  plus 
spécialement  des  végétaux  utiles  à  l’homme, 


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665 


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soit  comme  aliments ,  soit  comme  médica¬ 
ments,  soit  comine  fournissant  des  produits 
employés  dans  les  arts  oit  dans  l’industrie. 
On  ne  peut  nier  que  cette  partie  de  la  science 
ne  soit  une  des  plus  importantes,  et  c’est  pres¬ 
que  toujours  par  cette  partie  que  les  sciences 
ont  commencé  à  être  cultivées. 

Telles  sont  les  différentes  parties  dont  se 
compose  la  Botanique.  Jetons  maintenant 
un  coup  d’œil  rapide  sur  l'histoire  de  cette 
science,  sur  les  principes  philosophiques  qui 
lui  servent  de  base ,  et  sur  la  marche  à  sui¬ 
vre  pour  contribuer  à  son  avancement  et  à 
ses  progrès. 

I.  L’histoire  de  la  Botanique  a  présenté 
des  périodes  bien  distinctes.  Pendant  l’anti¬ 
quité  elle  ne  forme  pas  encore  une  science  ; 
c’est  un  amas  confus  de  connaissances  im¬ 
parfaites  ,  sans  unité  ,  sans  lien  commun. 
Trois  noms  apparaissent  dans  cette  première 
période  :  Théophraste  ,  Dioscorides  et  Pline. 
Théophraste  ,  élève  et  ami  d’Aristote  ,  ayant 
puisé  à  l'école  de  ce  grand  philosophe  et  de 
ce  grand  naturaliste  le  génie  de  l’observa¬ 
tion  ,  décrit  non  seulement  les  plantes  de  la 
Grèce  que  leurs  usages  rendaient  plus  dignes 
d’attention ,  mais  nous  donne  déjà  quelques 
notions  de  structure  et  de  physiologie  végé¬ 
tale.  Ainsi  il  décrit  non  seulement  l’écorce  , 
mais  il  fait  voir  le  rôle  important  de  cet  or¬ 
gane  dans  les  phénomènes  de  la  nutrition  , 
puisqu’il  dit  qu’un  anneau  complet  enlevé 
sur  un  arbre  y  arrête  tout  mouvement  d’ac¬ 
croissement. 

Dioscorides ,  qui  vivait  sous  Néron  ,  avait 
parcouru  l’Italie,  la  Grèce  et  une  partie  de  la 
Gaule.  Son  ouvrage  ,  qui  forme  six  livres , 
est ,  sans  contredit ,  le  plus  complet  que 
l’antiquité  nous  ait  légué.  Il  y  fait  con¬ 
naître  non  seulement  toutes  les  plantes  em¬ 
ployées  alors  en  médecine ,  mais  les  sucs , 
gommes  ou  résines  qu’on  en  retire.  C’est  une 
sorte  de  matière  médicale ,  où  les  trois  rè¬ 
gnes  de  la  nature  viennent  tour  à  tour 
apporter  tous  les  produits  utiles  qu’ils  four¬ 
nissent  à  l’homme:  aussi  le  livre  de  Diosco¬ 
rides  a-t-il  été  la  base  des  études  du  bota¬ 
niste  et  du  médecin  pendant  cette  longue 
période  de  siècles ,  où  l’on  cherchait ,  dans 
l’étude  approfondie  des  anciens,  des  connais¬ 
sances  qu’il  eût  été  bien  préférable  et  sur¬ 
tout  bien  plus  simple  de  puiser  dans  l’étude 
de  la  nature. 


L’ouvrage  de  Pline  (  Hisioria  mundi  ),  ré¬ 
sumé  presque  complet  de  tout  ce  qui  avait 
été  écrit  jusqu’alors  sur  la  nature  et  ses  pro¬ 
ductions,  aurait  exercé  une  bien  plus  grande 
influence  sur  la  science,  si  son  auteur  y  avait 
introduit  plus  de  critique.  Pline,  en  effet,  a 
consigné  dans  son  livre  toutes  les  vérités  et 
toutes  les  erreurs  accréditées  à  l’époque  où 
il  écrivait ,  c’est-à-dire  sous  le  règne  de  Ti¬ 
bère,  mais  sans  chercher  dans  sa  vaste  instruc¬ 
tion  et  dans  son  intelligence  supérieure  les 
moyens  de  les  distinguer  et  de  les  apprécier 
chacune  à  leur  juste  valeur. 

IL  II  faut  traverser  une  bien  longue  suite 
de  siècles  pour  trouver  la  Botanique  essayant 
de  se  réédifier  sur  une  base  nouvelle,  et  avec 
des  matériaux  qui  ne  fussent  pas  tous  des 
lambeaux  de  l’antiquité.  Ce  n’est  guère  qu’à 
la  fin  du  xve  siècle  qu’on  commence  à  reve¬ 
nir  à  l’étude  de  la  nature  et  à  la  préférer  à  de 
stériles  commentaires  sur  les  anciens.  Quel¬ 
ques  ouvrages  contenant  des  ébauches  de 
descriptions  et  des  figures  bien  imparfaites 
sans  doute  signalent  la  renaissance  de  la 
Botanique.  Une  fois  entrés  dans  cette  voie 
nouvelle  ,  le  champ  de  la  science  s’agrandit 
et  ses  progrès  deviennent  rapides.  Brunsfels 
de  Mayence,  Jérôme  Tragus,  Léonard  Fuch- 
sius,  écrivent  des  ouvrages  fruits  de  l’obser¬ 
vation  directe  de  la  nature,  et  dans  lesquels 
la  Botanique  semble  être  créée  de  nouveau. 
Peu  de  temps  après,  Clusi  us  ou  l’Écluse,  après 
avoir  voyagé  dans  presque  toutes  les  parties 
de  l’Europe,  décrit  et  figure  les  plantes  qu’il 
a  observées  avec  un  soin  et  une  précision 
dont  aucun  autre  auteur  n’avait  jusqu’à  lui 
donné  l’exemple.  Pendant  ce  temps,  Gesner 
de  Zurich ,  les  deux  frères  Bauhin ,  Magnol 
et  Ray ,  c’est-à-dire  des  savants  de  la  Suisse,  de 
la  France  et  de  l’Angleterre,  s’efforçaient  tour 
à  tour  de  poser  les  bases  d’une  classification 
rationnelle  des  végétaux,  et  d’une  nomencla¬ 
ture  qui  pût  servir  à  faire  distinguer  et  re¬ 
connaître  tous  ceux  qui  avaient  été  mention¬ 
nés  jusqu’alors  dans  les  nombreux  ouvrages 
des  botanistes.  Tel  fut  l’état  de  la  science  jus¬ 
qu’au  milieu  et  même  jusque  vers  la  fin  du 
xvne  siècle  :  décrire  les  végétaux  indigènes 
dont  le  nombre  était  déjà  considérable  ;  les 
représenter  par  des  figures  encore  incom¬ 
plètes  sans  doute ,  mais  où  néanmoins  on 
sent  peu  à  peu  l’amélioration  et  le  pro¬ 
grès  ;  faire  connaître  aussi  les  plantes  exo- 
42* 


T  II. 


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G66  BOT 

tiques  que  les  voyageurs  avaient  rappor¬ 
tées. 

III.  Mais  la  découverte  du  microscope , 
vers  1620,  par  Drebben  et  Janssen,  et  ses  ap¬ 
plications  à  l’étude  de  l’organisation  des  vé¬ 
gétaux  allaient  ouvrir  un  nouveau  champ  à 
l’observation  et  donner  à  la  Botanique  un 
nouveau  caractère.  Presque  à  la  même  épo¬ 
que  ,  deux  savants  du  premier  ordre,  Malpi- 
ghi,en  1676,  et  Grew,  en  1682,  abordaient  de 
front  presque  toutes  les  grandes  questions  de 
la  structure  des  végétaux ,  fondaient  ainsi 
une  science  toute  nouvelle  et  publiaient  cha¬ 
cun  de  leur  côté  un  livre  qui,  encore  aujour¬ 
d’hui  ,  est  la  base  de  la  science.  La  connais¬ 
sance  plus  approfondie  de  l’organisation  des 
plantes  devait  aussi  mieux  faire  connaître 
leurs  fonctions  et  le  mécanisme  de  tous  les  phé¬ 
nomènes  de  leur  Yie  :  aussi  voyons-nous  les 
travaux  des  Geoffroy,  des  Sébastien  Vaillant, 
des  De  la  Hire,  et  surtout  de  Haies,  venir  par 
degrés  nous  dévoiler  successivement  les 
mystères  de  la  vie  végétale. 

IV.  Jusqu’alors,  malgré  les  importants 
ouvrages  publiés  dans  le  cours  du  xvne  siè¬ 
cle  ,  malgré  les  efforts  déjà  tentés  par  quel¬ 
ques  hommes  supérieurs,  la  Botanique  man¬ 
quait  encore  des  deux  éléments  qui  consti¬ 
tuent  vraiment  une  science,  une  nomencla¬ 
ture  et  une  classification  rationnelles.  Ces 
deux  conquêtes  ,  elle  les  fit  successivement 
dans  la  première  moitié  du  xvme  siècle.  Tour- 
nefort  en  France ,  et  Linné  en  Suède ,  l’assi¬ 
rent  enfin  sur  des  bases  solides  que  le  temps 
pouvait  bien  modifier  dans  quelques  unes  de 
leurs  parties,  mais  dont  il  devait  plutôt  con¬ 
solider  et  maintenir  l’édifice. 

Tournefort  avait  dans  un  même  ouvrage 
rangé  et  caractérisé  tous  les  végétaux  con¬ 
nus  jusqu’à  lui.  Sa  méthode  simple  les  réu¬ 
nissait  tous  j  mais  la  nomenclature  restait 
avec  toutes  ses  imperfections.  Chaque  genre 
et  chaque  espèce ,  au  lieu  d’être  représen¬ 
tés  par  un  nom  invariable,  entraînaient  une 
phrase  souvent  peu  précise,  toujours  lon¬ 
gue,  traînante ,  et  qui  rendait  la  science  dif¬ 
ficile  et  confuse.  Linné  réforme  cette  no¬ 
menclature  :  il  fixe  mieux  encore  que  Tour¬ 
nefort  ne  l’avait  fait  les  limites  des  genres 
et  des  espèces,  donne  un  nom  spécial  à  cha¬ 
que  genre ,  transporte  ce  nom  à  chaque  es¬ 
pèce,  qui  y  ajoute  un  nom  adjectif;  et  par 
ce  mécanisme  si  simple,  si  ingénieux,  il  fait 


sortir  les  genres  et  les  espèces  du  désordre  et  de 
la  confusion  que  ses  prédécesseurs  n’avaient 
pu  détruire.  La  nomenclature  botanique  telle 
qu’elle  est  présentée  dans  les  écrits  de  Linné, 
il  y  a  déjà  plus  d’un  siècle,  n’a  subi  jusqu’à 
nous  aucun  changement ,  aucune  améliora¬ 
tion  ;  et  encore  aujourd’hui  nous  suivons 
avec  reconnaissance  les  traces  lumineuses 
que  ce  grand  homme  a  marquées  dans  la 
science  des  végétaux. 

V.  Nous  arrivons  à  la  dernière  grande  pé¬ 
riode  de  la  science,  à  celle  qui  l’a  constituée 
sur  les  bases  où  nous  la  voyons  assise  de  nos 
jours.  La  nomenclature  botanique  était  fon¬ 
dée  ;  des  idées  précises,  autant  du  moins  que 
la  science  peut  le  permettre,  étaient  attachées 
aux  genres  et  aux  espèces  ;  l’art  de  préciser  et 
de  décrire  les  caractères  de  ces  genres  et  de  ces 
espèces  avait  été  perfectionné  ;  mais  la  classi¬ 
fication,  après  avoir  semblé  pendant  quelque 
temps  satisfaire  tous  les  esprits,  avait  laissé 
voir  ses  imperfections.  Déjà,  à  différentes 
époques,  des  hommes  supérieurs,  mais  à  qui 
les  faits  manquaient,  avaient  entrevu  le  lien 
commun  qui  semble  réunir  toutes  les  pro¬ 
ductions  de  la  nature ,  sans  pouvoir  le  sui¬ 
vre  et  le  retrouver.  Magnol  et  Ray  avaient 
déjà  eu  quelques  idées  vagues  d’une  classi¬ 
fication  qui  puiserait  ses  caractères  dans 
l’ensemble  de  l’organisation  et  non  pas  dans 
un  seul  organe,  comme  on  l’avait  fait  jusqu’à 
eux  ;  mais  ces  grandes  idées  n’avaient  pas  en¬ 
core  été  nettement  formulées.  Bernard  de 
Jussieu  commença  le  premier  à  les  généra¬ 
liser  et  à  les  mettre  en  pratique.  Les  végétaux 
furent  rapprochés  d’après  leurs  analogies  ; 
les  familles  naturelles  furent  créées ,  et  la 
science  entra  enfin  dans  la  voie  où  tous  nos 
efforts  doivent  tendre  à  la  maintenir.  Pres¬ 
que  à  la  même  époque ,  Adanson  publiait  un 
livreront  l’originalité  a  sans  doute  diminué 
le  succès,  mais  qui,  fruit  d’une  érudition 
immense  ,  d’une  étude  approfondie  de  l’or¬ 
ganisation  végétale  poursuivie  et  comparée 
dans  toutes  ses  parties,  doit  néanmoins  res¬ 
ter  comme  l’une  des  bases  de  la  méthode  des 
familles  naturelles.  Enfin,  Antoine-Laurent  de 
Jussieu,  élève  et  digne  successeur  de  son  oncle 
Bernard ,  profitant  des  travaux  de  celui-ci , 
fécondant  et  poursuivant  ses  idées ,  réunis¬ 
sant  lui-même  d’immenses  matériaux ,  qu’il 
classait,  qu’il  coordonnait  avec  une  admira¬ 
ble  lucidité,  jetait  les  fondements  inébran- 


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667 


labiés  de  cette  méthode  philosophique  qui , 
de  la  Botanique ,  s’est  successivement  éten¬ 
due  à  toutes  les  autres  branches  de  l’histoire 
naturelle. 

Depuis  près  d’un  demi -siècle,  la  mé¬ 
thode  des  familles  naturelles  a  complètement 
changé  la  face  de  la  Botanique.  Elle  a  semé 
des  germes ,  qui  peu  à  peu  se  sont  dévelop¬ 
pés  et  ont  porté  leurs  fruits.  La  Botanique , 
confinée  jusqu’alors  dans  les  étroites  limites 
d’une  science  purement  descriptive,  a  vu  son 
horizon  s’agrandir,  ses  rapports  se  multiplier, 
et  des  observations  nombreuses  faites  par 
tous  ceux  qui  la  cultivent  est  né  un  ensemble 
philosophique  dont  toutes  les  parties  sont 
liées  par  des  lois  générales ,  confirmant  de 
plus  en  plus  les  rapports  harmoniques  qui 
existent  entre  toutes  les  productions  de  la 
nature. 

Les  progrès  que  la  Botanique  a  faits  dans 
cette  période  sont  immenses.  Pour  bien  sai¬ 
sir  les  rapports  ou  affinités  qui  existent  entre 
les  différents  genres,  afin  de  pouvoir  les  réu¬ 
nir  et  les  grouper  en  familles  naturelles,  il 
a  fallu  scruter  profondément  tous  les  points 
de  leur  structure,  les  comparer  entre  eux  ;  et 
c’est  ainsi  qu’on  est  parvenu  à  connaître  dans 
ses  moindres  détails  la  disposition  des  orga¬ 
nes  des  plantes ,  pour  en  tirer  les  lois  géné¬ 
rales  de  l’organisation  des  végétaux. 

Pendant  long-temps,  les  deux  parties  essen¬ 
tielles  de  la  Botanique ,  c’est-à-dire  l’anato¬ 
mie  et  la  physiologie  d’une  part ,  et  la  Bota¬ 
nique  descriptive  d’une  autre,  ont  formé 
deux  branches  tellement  distinctes,  que  bien 
rarement  elles  ont  été  cultivées  à  la  fois 
par  les  mêmes  naturalistes  ;  mais  depuis 
quelque  temps  on  a  senti  la  nécessité  d’unir 
ces  deux  parties  de  la  science,  et  aujour¬ 
d’hui  une  famille  n’est  bien  connue  que 
quand  la  structure  anatomique  est  venue  se 
joindre  à  la  connaissance  exacte  des  modifi¬ 
cations  de  chacun  de  ses  organes.  On  avait 
admis  autrefois ,  en  se  contentant  du  petit 
nombre  d’observations  qui  avaient  été  faites 
alors,  que  les  végétaux  phanérogames  ne  pré¬ 
sentaient  que  deux  types  distincts  d’organi¬ 
sation  intérieure ,  l’un  propre  à  tous  les  vé¬ 
gétaux  monocotylédonés ,  et  l’autre  aux 
plantes  dicotylédonées  ;  mais  en  multipliant 
les  observations,  on  a  fini  par  reconnaître  que 
cette  structure  anatomique  n’est  pas  aussi 
uniforme  qu’on  l’avait  cru  d’abord.  Il  .s’est 


montré  successivement  de  nombreuses  ex¬ 
ceptions,  qui  sont  venues  détruire  cette  sim¬ 
plicité  apparente;  et  ce  qui  n’est  pas  moins 
remarquable,  c’est  qu'on  a  fini  par  trouver 
des  types  nouveaux ,  qui  souvent  sont  assez 
généralement  répandus  dans  un  groupe  pour 
le  caractériser  nettement.  Ainsi  la  plupart 
des  arbres  de  la  famille  des  Conifères ,  des 
Sapindacées,  des  Malpighiacées ,  des  Méni- 
spermécs ,  des  Aristolochiées ,  des  Cac¬ 
tées,  etc. ,  etc.,  présentent,  dans  la  struc¬ 
ture  de  leur  tige ,  une  organisation  si  re¬ 
marquable,  et  qui  s’éloigne  tant  de  celle  des 
autres  végétaux  dicotylédonés ,  que  seule 
elle  peut  souvent  suffire  pour  caractériser 
et  distinguer  les  végétaux  de  chacun  de  ces 
groupes.  Il  est  même  assez  probable  qu'à 
mesure  qu’on  multipliera  ces  observations 
d’anatomie,  et  qu’on  y  apportera  plus  de  soin 
et  de  précision,  on  découvrira,  dans  chacune 
des  grandes  familles  du  règne  végétal,  des  ca¬ 
ractères  peut-être  moins  tranchés,  mais  suf¬ 
fisants  encore  pour  définir  chacun  d’eux. 

L’étude  des  familles  naturelles,  embrassée 
dans  toute  son  étendue ,  c’est-à-dire  compre¬ 
nant,  outre  l’anatomie  ou  la  disposition  par¬ 
ticulière  des  éléments  organiques ,  un  exa¬ 
men  approfondi  des  diverses  modifications 
de  tous  les  organes ,  de  leurs  rapports ,  de 
leurs  altérations  et  transformations  ,  est  cul¬ 
tivée  aujourd’hui  avec  un  grand  zèle,  et  fait 
chaque  jour  faire  de  nouveaux  progrès  à  la 
Botanique.  Sans  doute  la^ience  s’est  beau¬ 
coup  perfectionnée,  sous  ce  rapport,  dans  les 
vingt  dernières  années  qui  viennent  de  s’é¬ 
couler  ;  mais  prenons  garde  de  nous  égarer. 
Je  crains  qu’il  n’y  ait  dans  ce  moment-ci  une 
tendance  assez  généralement  répandue ,  et 
qui  pourrait  exercer  une  fâcheuse  influence 
sur  l’avenir  de  la  Botanique.  Beaucoup  d’hom¬ 
mes  d’un  mérite  incontestable  nous  parais¬ 
sent  méconnaître  l’esprit  éminemment  phi¬ 
losophique  qui  doit  servir  de  base  à  la  mé¬ 
thode  des  familles  naturelles,  et  qui  forme  le 
caractère  distinctif  du  Généra  plantarum  de 
Jussieu.  En  s’occupant  des  familles  et  des 
genres,  on  se  laisse  trop  souvent  dominer  par 
les  différences  qu’on  observe  ;  il  résulte  de  là 
qu’on  tend  presque  toujours  à  diviser  outre 
mesure  les  familles  et  les  genres  ;  il  semble 
que  dans  un  grand  nombre  de  travaux  on 
soit  plus  préoccupé  de  trouver  des  différen¬ 
ces  qui  éloignent  les  genres,  que  de  découvrir 


668 


BOT 


des  analogies  qui  les  rapprochent.  Cette  ten¬ 
dance,  ainsi  poussée  à  l’excès,  jette  la  science 
dans  une  voie  peu  philosophique,  et  qui  l’é¬ 
loigne  de  plus  en  plus  du  principe  qui  lui 
avait  d’abord  servi  de  symbole  et  de  point  de 
départ.  Sans  doute  il  ne  faut  pas  confondre 
des  végétaux  dont  la  structure  est  réellement 
différente,  et  qui  offrent,  dans  les  points  es¬ 
sentiels  de  leur  organisation,  des  contrastes 
qui  semblent  repousser  leur  rapprochement; 
car  bien  que  l’idée  de  genre  et  même  de  fa¬ 
mille  ne  soit  qu’une  sorte  d’abstraction  de 
notre  esprit,  qui  n’a  ni  la  précision  ni  la  ri¬ 
gueur  que  lui  attribuent  quelques  botanistes, 
cependant  on  doit  convenir  qu’en  multipliant 
ces  divisions  outre  mesure,  on  brise  ,  pour 
isoler  les  végétaux  les  uns  des  autres,  les  ana¬ 
logies  et  les  affinités  qui  tendent  à  les  grou¬ 
per  :  aussi  voyons-nous  dans  les  ouvrages 
les  plus  récents  le  nombre  des  familles  aug¬ 
menter  dans  une  proportion  effrayante. 
Quand  un  genre  s’éloigne  par  quelque  ca¬ 
ractère,  souvent  même  assez  peu  important, 
du  groupe  dont  on  l’a  d’abord  rapproché,  sou¬ 
vent,  au  lieu  de  modifier,  d’élargir  en  quel¬ 
que  sorte  les  caractères  généraux  de  ce 
groupe,  de  manière  à  y  comprendre  ce  genre, 
on  en  retranche  celui-ci  *  et  on  Férige  seul 
en  une  nouvelle  famille  :  aussi  combien  ne 
voyons-nous  pas  aujourd’hui  de  familles  ainsi 
formées  par  un  genre  unique  !  Celle  manière 
de  procéder  nous  paraît  vicieuse;  nous  pen¬ 
sons  qu’elle  doit  être  abandonnée.  Dans  l’é¬ 
tat  actuel  de  la  science,  après  les  travaux  de 
séparation,  de  morcellement,  dont  les  genres 
et  les  familles  ont  été  l’objet,  que  les  esprits 
vraiment  philosophiques  s’occupent  plutôt 
de  rechercher,  en  multipliant  et  variant  les 
points  de  vue  sous  lesquels  les  végétaux  peu¬ 
vent  être  envisagés ,  les  affinités  qui  peuvent 
exister  dans  ces  groupes  désunis,  et  à  re- 
nouer  les  liens  brisés  des  rapports  que  la  na¬ 
ture  a  établis  entré  eux.  En  un  mot ,  nou9 
pensons  qu’on  rendrait  plus  de  services  à  la 
science ,  qu’on  la  dirigerait  dans  une  foute 
plus  rationnelle  et  plus  philosophique,  en  fon¬ 
dant,  en  réunissant  entre  eux  un  grand  nom¬ 
bre  des  genres  et  des  familles  qui  existent 
aujourd’hui ,  plutôt  qu’en  opérant  de  nou¬ 
velles  divisions. 

Il  est  encore  un  point  sur  lequel  nous  ne 
saurions  trop  appeler  l’attention  des  jeunes 
observateurs  ;  c’est  dé  suivre  un  même  or* 


BOT 

gane  dans  toutes  les  périodes  de  son  déve¬ 
loppement  ,  depuis  le  moment  où  il  com¬ 
mence  à  se  montrer  jusqu’à  celui  où  il  a 
acquis  tous  ses  caractères.  L’Organogénie  » 
car  c’est  ainsi  qu’on  a  appelé  cette  partie 
de  la  science  des  êtres  organisés,  peut  seule 
nous  éclairer  définitivement  sur  la  véritable 
nature  d’un  organe.  Elle  s’applique  non  seu¬ 
lement  à  l’étude  des  organes  considérés  dans 
leur  ensemble  ,  dont  elle  nous  fera  connaî¬ 
tre  les  changements  successifs  qui  se  sont 
opérés  dans  leur  structure  interne  ,  mais  en¬ 
core  à  l’étude  des  éléments  anatomiques 
dont  ces  organes  se  composent.  En  un  mot, 
nous  croyons  l’Organogénie  appelée  à  éclai¬ 
rer  à  la  fois  'l’Organographie  et  l’Anatomie 
des  végétaux.  (A.  Richard.) 

*BOTANQCHARA  (jSoro tvvj,  herbe  ;  x«p*> 
joie),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétramè- 
res,  famille  des  Chrysomélines ,  établi  par 
M.  Dejean,  dans  son  dernier  Catalogue,  aux 
dépens  du  grand  g.  Cassida  de  Linné,  et  qu’il 
place  entre  les  g.  Cyrionota  et  Chelimorpha 
de  M.  Chevrolat.  Il  y  rapporte  19  espèces, 
de  l’Amérique ,  parmi  lesquelles  nous  en  ci¬ 
terons  2  seulement  :  la  B.  nervosa  { Cas- 
sida  id.  Fabr.)  du  Brésil,  et  le  B .  Panthe - 
rina  Dej.  de  Buénos-Ayres*  (D.) 

BOTAURUS.  ois.  —  C’est  le  nom  latin 
adopté  par  Brisson  pour  une  sous-division 
de  son  g.  Ardeas  Héron,  ayant  pour  type  le 
Butor,  Ardea  siellaris  Linn.  Depuis  lui ,  on 
a  continué  de  l’employer  dans  le  même  sens, 
et  même  dans  ces  derniers  temps  comme 
nom  générique.  Voyez  héron.  (Lafr.) 

BOTELUA.  bot.  ph.  —  Voyez  boute- 
loua. 

*BOTHRIDERES  ((3o9Ptov,  petite  fosse; 
ef/pv),  cou).  iNS.—Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères ,  famille  dès  Xylophages ,  établi  par 
M.  Dejean ,  dans  Son  dernier  Catalogue ,  aux 
dépens  du  g.  Bitonia  et  Lycius „  Il  y  rapporte 
9  espèces  dont  6  d’Amérique,  2  d’Afrique  et 
1  d’Europe.  Nous  n’en  citerons  que  2:1  è  B. 
suicatus  Dej.,  de  Saint-Domingue  ;  et  lè  B. 
coniractus  Fabr.,  qui  se  trouve  aux  environs 
de  Paris.  (D.) 

*BOTHRïDIE.  Boihridium  (  jSo'Qptsv ,  su¬ 
çoir).  IIELM.  —  M.  dè  Blainville  (  Appendice 
à  la  traduction  française  de  Bremser,  pl.  2, 
f.  15)  a  établi  ce  genre  bour  le  ver  tænioïde, 
de  la  famille  des  Anorhynques,  qui  vit  dans 
l’intestin  des  Pillions,  et  qu’on  trouve  corn* 


BOT 


669 


BOT 

munément  lorsqu’on  fait  la  dissection  de  ces 
animaux. 

Corps  mou,  très  allongé,  très  déprimé,  tæ- 
nioïdè,  composé  d’ûn  très  grand  nombre 
d’articles  enchaînés,  transverses,  réguliers, 
sans  pores  latéraux  ni  cirrhès.  Renflement 
céphalique  bien  distinct,  composé  de  deux 
cellules  latérales ,  ouvertes  en  avant  par  un 
orifice  arrondi.  Ouverture  des  ovaires  unique 
pour  chaque  article,  et  percée  au  milieu  d’une 
des  faces  aplaties. 

Tels  sont  les  caractères  assignés  à  ce  genre 
par  l’auteur  ( Dict .  sc.,  n.  lvii  ,  609).  M.  Ch. 
Leblond  (Ann.  sc.  nnt.  ,  2e  série,  v,  299, 
pl.  16,  f.  9-15)  a  donné  de  nouveaux  détails 
sur  le  Boihridium  Piihonis,  et  changé  le  nom 
de  ce  ver  en  celui  de  Prodicœia  dilrema.  Il 
a  remarqué  que  l’ouverture  des  ovaires  est 
double  pour  chaque  article,  et  non  unique, 
comme  l’avait  dit  M.  de  Blainville.  (P.  G.) 

*BOTHRIMO]\Ë.  Bolkrimonus  (  ( "iédptôv , 
suçoir;  p.ovoç ,  unique),  helm.  —  M.  Duver- 
noy  vient  d’établir  sous  ce  nom  (d’oc,  philom. 
de  Paris ,  1842)  un  genre  de  Vers  intesti¬ 
naux  voisins  des  Ligules,  et  qui  lie  ces  ani¬ 
maux  aux  Bothriocéphaies  et  aux  Bothridies. 
L’espèce  sur  laquelle  ce  genre  reposé  a  été 
découverte ,  par  M.  Lesueur,  dans  l’intestin 
d’une  espèce  d’Esturgeon  de  l’Amérique  du 
Nord.  Voici  les  caractères  génériques  du  Bo- 
thrimone  :  Corps  plat,  liguliforme,  ayant  en 
avant  un  suçoir  unique  à  ouverture  anté¬ 
rieure  ;  en  dessus  et  en  dessous  sur  la  ligne 
médiane ,  une  bande  longitudinale  percée 
d’orifices  rapprochés  par  paires  et  qui  sem¬ 
blent  être  ceux  des  ovariens  ;  ceux  de  la  face 
inférieure  plus  prononcés.  Cette  nouvelle  es¬ 
pèce  de  ver  vit  dans  Y  Accipenser  oxyrhyn- 
chus.  M.  Duvernoy  l’appelle  Boih.  sïurïànrs. 

(P.  G.) 

BOTHBÏOCEPHALÉ.  Bothriocephalus 
(@ôôp tov ,  fossette;  xccpaXvi,  tête).  HELM.  —* 
Genre  de  Vers  intestinaux  Tænioîdès  ou  Bo- 
throcéphalés  ( voyez  ce  mot),  de  la  famille 
des  Anorhynques  ,  Blairtv.  ,  et  dont  une 
espèce  est  parasite  du  canal  intestinal  de 
l’homme  :  c’est  lé  tæNia  large  ,  Tœnia  lata , 
dont  les  articulations  Son't  larges  et  courtes, 
et  qui  se  trouve  dans  les  intestins  grêles , 
principalement  chez  les  habitants  de  la  Po¬ 
logne,  de  la  Russie,  de  la  Suisse,  et  de 
quelques  contrées  de  la  France  :  on  l’y  prend 
souvent  pour  le  vêr  sdlitàîre ,  qui  né  ^ob¬ 


serve  qUe  rarement  dans  les  mêmes  pays  et 
qui  cause  d’ailleurs  lès  mêmes  accidents. Ce 
vêr,  qui  est  plus  minée,  est  très  souvent 
beaucoup  plus  large  que  le  ver  solitaire  (  7a> 
nia  solium  ) ,  et  non  pas  plus  étroit ,  comme 
on  l’a  prétendu  ;  il  acquiert  habituellement 
20  pieds  de  longueur.  Goeze  assure  en  avoir 
vu  un  de  60  aunes  1/4,  et  Boerhaave  pré¬ 
tend  qu’il  en  a  fait  rendre  un  de  100  auneS 
à  un  Russe.  Les  anneaux  du  Bothriocéphale, 
qui,  détachés  les  uns  des  autres  ,  portent  le 
nom  de  Cucurbilains  (1) ,  acquièrent  jusqu’à 
1  pouce  dans  leur  grand  diamètre  transver¬ 
sal  ;  mais  ils  sont  beaucoup  plus  étroits  à  me¬ 
sure  qu’on  se  rapproche  de  la  tête  du  ver, 
qui  est  fort  difficile  à  bien  voir.  L’incision 
qu’on  trouve  quelquefois  sur  l’extrémité 
large  a  été  regardée  à  tort ,  par  plusieurs 
médécins ,  comme  la  fin  du  Bothriocéphale  , 
et  Tulpius,  en  1685,  avait  représenté  un 
de  ces  morceaux  postérieurs  détachés ,  sous 
le  titre  de  Gerrtimm  lutî  luWibrici  capui ,  er¬ 
reur  qui  a  été  copiée  par  d’autres. 

Lés  Mammifères  autres  que  l’Homme  n’ont 
point  donné  de  Bothriocéphaies  ;  on  ên  con¬ 
naît  une  espèce  chez  les  Oiseaux ,  B.  nodo- 
sus ,  parasite  des  Plongeons  ;  les  autres ,  au 
nombre  de  14  ou  15,  proviennent  des  Pois¬ 
sons. 

D’après  M.  de  Blainville,  les  caractères 
génériques  de  ces  animaux  sont  les  suivants: 
Corps  très  mou,  très  déprimé  ,  fort  allongé  , 
tænioïde  ,  composé  d’un  très  grand  nombre 
d’articles  enchaînés ,  ordinairement  trans¬ 
verses  ,  sans  pores  ni  cirrhes  latéraux.  Ren¬ 
flement  céphalique  tétragohe,  plus  où  moins 
distinct ,  généralement  allongé  >  sans  rétré¬ 
cissement  postérieur  bien  marqué ,  et  pourvu 
de  deux  fossettes  latérales,  étroites,  allongées 
et  peu  profondes  ;  orifices  des  ovaires  dis¬ 
tincts  et  constamment  à  la  face  inférieure 
des  articles  ,  quelquefois,  doubles  pour  cha¬ 
cun  d’eux.  (f*.  G.) 

*Bt)THRïOCERA  (|3o0ptov,  fossette  ;  x/paç, 
corne,  antenne),  ins.  —  Genre  de  la  famille 
des  Fulgoriens ,  de  l’ordre  des  Hémiptères , 
section  des  Homoptères ,  établi  par  M.  Bur- 
meister  ( Handb .  der  Eut.)  sur  quelques  esp. 
de  l’Amérique  méridionale.  Le  type  du  g.  est 
le  B.  linealîs  Burm.,  du  Brésil.  (Bl.) 

^BOTHRIONOPÂ  (|3o%ov,  fossette  ;  w?vç, 

(i)  Les  anciens  médecins  considéraient  ces  Cururbitains 
comme  autant  de  Vers. 


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670 

pied  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétramè- 
res ,  famille  des  Cycliques ,  tribu  des  His- 
poïdes,  établi  par  M.  Chevrolat  et  adopté 
par  M.  Dejean  dans  son  dernier  Catalogue. 
M.  Guérin-Méneville  qui  a  donné  une  Mono¬ 
graphie  du  g.  Aluvnus,  Fab.  ( Société  Cuvié - 
vienne  1840,  p.  330),  regarde  ce  g.  comme 
une  simple  division  de  ce  dernier  ;  cependant 
le  g.  Boihrionopa  présente  des  caractères  qui 
le  distinguent  des  Alurnus.  Les  4  espèces 
publiées  par  M.  Guérin  sont  originaires  de 
Java;  il  les  a  nommées  B.  sanguinea ,  B.  Go - 
ryi ,  B.  g r ac! lis,  B.  rufa.  (C.) 

*BOTHRïOPTERUS  (jSo%ov ,  fossette; 
wr/pov,  aile),  ins. — Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères  ,  de  la  famille  des  Carabiques ,  créé 
par  EschschoItz,et  adopté  par  M.  le  baron  de 
Chaudoir  (  Tableau  d’une  nouvelle  subdivi¬ 
sion  du  g.  Feronia).  Cet  entomologiste  rap¬ 
porte  à  ce  g.  6  espèces,  savoir  :  1°  B.oblongo- 
punciata  Fabr.,  qui  se  trouve  dans  presque 
toute  l’Europe  ;  2* B.  angustataM.ég.,en  Alle¬ 
magne;  3°  B.  Lugolii  Chevr.,  Terre-Neuve  ; 
4°  B.  adsiricia  Esch.,  aux  îles  Ounalashka; 
5°  B.  vitrea,  au  Kamtschalka  ;  5°  B.  Chaly- 
bicolor  Chevr.,  au  Chili.  (C.) 

*BOTBRIOSPERMïJM  (  /3o'0Ptov  ,  petite 
fosse  [fossette]  ;  unepaa-,  graine),  bot.  pu.  — 
Genre  de  la  famille  des  Borraginacécs,  tribu 
des  Anchusées,  formé  par  Bunge  ( Enum .  Pl. 
Chin.  bor.,  47),  comprenant  3  ou  4  plantes 
herbacées,  annuelles  ou  bisannuelles,  in¬ 
digènes  du  nord  de  la  Chine  et  probable¬ 
ment  aussi  dans  les  contrées  limitrophes  , 
ayant  le  port  des  Myosotis  ;  à  fleurs  petites, 
bleues  ou  blanches  ,  portées  sur  des  pédon¬ 
cules  latéraux,  extra-foliacées.  On  en  cultive 
plusieurs  en  Europe.  (C.  L.) 

ROTHRODENDRON.  bot.  pu.  —  Syn. 
de  Botryodendron. 

*BOTHROPS.  rept.— -  Synonyme  de  Tri- 
gonocéphale. 

*  BOTHROCÉPHALÉS.  Bothrocephala 
(fioQpiov  ,  fossette  ;  xt<py.\ji ,  tête  ).  helm.  — 
Ordre  de  vers  Apodes  établi  par  M.  de 
Blainville  ( Dict .  sc.  nal. ,  LYII ,  588  ),  et  qui 
comprend  les  Tænioides  et  les  Cestoïdes  de 
G.  Cuvier.  Ses  caractères  sont  : 

Corps  très  mou  ,  en  général  fort  allongé  , 
déprimé  ,  tænioïde ,  composé  d’articles  en¬ 
chaînés  bout  à  bout,  avec  un  renflement 
céphalique  plus  ou  moins  distinct,  constam¬ 
ment  pourvu  de  fossettes  plus  ou  moins  pro- 


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fondes.  Canal  intestinal  entièrement  vascu¬ 
laire,  sans  ouverture  buccale  ni  anus.  Appa¬ 
reil  de  la  génération  unisexuel  et  répété 
pour  chaque  article  composant,  avec  ou  sans 
orifice  distinct. 

Les  Bothrocéphalés  sont  partagés  en  trois 
familles  : 

1°  Polyrhynques  ; 

2°  Monorhynques  ; 

3°  Anorhynques. 

Nous  renvoyons  à  chacun  de  ces  mots  l’é¬ 
noncé  des  caractères  distinctifs  de  la  famille 
à  laquelle  chacun  d’eux  a  été  appliqué  ;  c’est 
là  aussi  que  nous  signalerons  les  genres  qui 
s’y  rapportent.  (P.  G.) 

BOTHIJS.  poiss. — Nom  d’un  genrede  Pois¬ 
sons  voisins  des  Pleuronectes,  et  établi  par 
Rafinesque  aux  dépens  de  ce  genre  linnéeri. 
L’auteur  y  réunit  quatre  espèces ,  qui  cepen¬ 
dant  ne  me  paraissent  pas  devoir  être  groupées 
ensemble.  Il  en  est  de  ce  genre  comme  de  la 
plupart  de  ceux  de  cet  auteur  :  ils  ne  peuvent 
être  conservés,  parce  que  le  plus  souvent  ce 
sont  de  simples  changements  de  nom ,  le 
genre  ayant  été  établi  précédemment ,  ou 
bien  ils  ne  sont  pas  naturels ,  et  ils  doivent 
être  refaits.  L’une  des  espèces  me  paraît  être 
le  Pleuronectes  diaphanus  Riss.,  qui  est  un 
Turbot.  (Val.) 

BOTHYA,  Herm.  bot.  pu.  — Synonyme 
de  Melastoma  Malabaihnm. 

*BOTHYNODERES  (|3o0uvoÇ,  trou  ;  Jepn, 
cou),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétramè- 
res,  famille  des  Curculionides,  ordre  des  Go- 
natocères,  division  des  Cléonides,  établi  par 
Schœnherr  aux  dépens  des  g.  Oeonis,  Még.; 
Lixus,  Még.,  et  Epimeces,  Billb.  ,  dont  il 
diffère  essentiellement  par  la  forme  des  an¬ 
tennes.  L’auteur  rapporte  à  ce  g.  26  espèces, 
dont  10  d’Europe,  14  d’Asie  et  2  d’Afrique.  Il 
les  sépare  en  2  groupes.  Nous  citerons  comme 
type  du  premier  le  B.  mimosœ  (  Lixus  id. 
Oliv.)  qui  se  trouve  en  Perse  ;  et  comme  type 
du  second  le  B.  albidits  ( Curcul .  id.  Fabr., 
Uxiif  id.  Oliv.)  qui  habite  l’Europe  et  la  Si¬ 
bérie.  M.  Dejean  n’a  pas  admis  le  g.  Bothy - 
noderes  dans  son  dernier  Catalogue,  3e  édit., 
où  il  en  rapporte  les  espèces  au  g.  Cleonis  de 
Mégerle.  (D.) 

*BOTHYNUS  (j3o0uvoç,  trou,  fosse\  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  pentamères,  famille  des 
Lamellicornes ,  tribu  des  Scarabéides ,  sec¬ 
tion  des  Arénicoles,  Latr.,  établi  par  Kirby, 


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671 


BOT 

et  dont  les  caractères  donnés  par  M.  Hope 
(  Hope' s  Coleopterist’s  manual ,  part.  1  )  sont 
trop  longuement  développés  pour  trouver 
place  ici.  Ce  g.  est  fondé  sur  le  Geotrupes 
cuniculus  Fabr.;  et  M.  Hope  y  rapporte  égale¬ 
ment  le  Scarabccus  arcanius  Kirb.,  du  Bré¬ 
sil,  très  voisin,  suivant  lui,  du  Geotrupes 
zoilus  Fabr.  (D.  et  C.) 

BOTOR  (nom  malais  de  la  plante),  bot. 
ph.  —  Genre  d’Adanson  ,  synonyme  du  Pso- 
phocarpus  de  Necker.  (C.  L.) 

BOTRIA  (  mot  évidemment  altéré  de  (3o- 
rpuç,  grappe),  bot.  ph. — Ce  genre  de  Loureiro, 
qui  l’avait  ainsi  nommé  en  raison  de  ses 
fleurs  disposées  en  longues  grappes ,  est  sy¬ 
nonyme  du  Cissus  de  Linné.  (C.  L.) 

*BOTROBATYS.  ins.— Genre  de  Coléop¬ 
tères  tétramères,  famille  des  Curculionites, 
division  des  Apostasimérides  ,  subdivision 
des  Cryptorhynchides,  créé  par  M.  Chevrolat 
avec  le  Curculio  fasciculalus  d’Olivier ,  rap¬ 
porté  de  Java  par  M.  Reiche.  M.  Dejean,  qui 
a  adopté  ce  g.  dans  son  Catalogue,  en  men¬ 
tionne  4  espèces.  Depuis,  M.  Schœnherr  a  dé¬ 
signé  ce  g.  sous  le  nom  de  Colobodes ,  en 
prenant  pour  type  une  espèce  également  ori¬ 
ginaire  de  Java ,  qu’il  a  publiée  et  détermi¬ 
née  sous  le  nom  de  C.  liilbergi.  F oyez  co- 
LOBOLES.  [C.) 

*BOTROPHIS.  Macrolys ,  ejusd.auct.  (al¬ 
tération  irrationnelle  de  /3or pv$  ,  grappe  , 
ocptç,  serpent;  allusion  à  la  forme  de  l’inflo¬ 
rescence).  bot.  pii. —  Genre  de  la  famille  des 
Renonculacées  ,  tribu  des  Pæoniées  ,  formé 
par  Rafinesque  ( ex  Fisch.  etMey .,  Ind.  sein, 
hort.  Petrop.,  1835)  sur  YAcleu  racemosa  de 
Linné.  Il  ne  comprend  que  deux  espèces , 
dont  l’une ,  la  B.  racemosa ,  est  une  belle 
plante  herbacée,  à  racines  fibreuses,  vivaces; 
à  tige  cylindrique  ,  glabre ,  raide ,  portant 
quelques  amples  feuilles  bilernatiséquées , 
dont  les  segments  incisés-dentés  ;  à  fleurs 
blanches,  très  nombreuses,  disposées  en  lon¬ 
gues  grappes  subructantes.  Elle  est  cultivée 
dans  tous  les  jardins,  et  est  indigène  de  l’A¬ 
mérique  septentrionale,  où  elle  habite  les 
montagnes  boisées  du  Canada  et  de  la  Flo¬ 
ride.  Ce  genre  se  distingue  surtout  par  des 
fleurs  monogynes  ,  à  périanthe  unique  ;  par 
une  capsule  folliculaire,  substipilée,  déhis¬ 
cente  longitudinalement.  (C.  L.) 

*BOTRYADENIA  (/3otPuÇ,  grappe  ;  àcJvjv  , 
glande),  bot.  pii.— Synonyme  du  genre  My- 


riactis ,  qui  appartient  à  la  famille  des  Com¬ 
posées  ,  tribu  des  Astéroidées.  (J.  D.) 

BOTRYCARPIJM.  bot.  ph.  —  Voyez  bo- 
TKYOCARPUM. 

BOTRYCERAS  (j3orpvç,  grappe;  x/paç , 
corne),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Anacardiacées,  établi  par  Willdenow  (  Berl. 
A/ac/az. ,V,  376),  pour  un  petit  arbre  du  Cap, 
rempli  d’un  suc  résineux,  à  feuilles  alternes, 
simples ,  dentées  en  scie,  glabres  ;  les  fleurs 
polygames  dioïques  sont  disposées  en  pani- 
cules  thyrsoïdales  axillaires ,  bractéées.  Les 
panicules  composées  de  fleurs  mâles ,  à  di¬ 
visions  primaires  alternes,  distantes,  à  brac¬ 
tées  terminales,  courbes,  dépassant  en  partie 
les  fleurs  ;  celles  composées  de  fleurs  herma¬ 
phrodites  sont  courtes  ,  denses  ;  leurs  divi¬ 
sions  sont  serrées,  et  tournées  en  dedans  avec 
les  fleurs  qu’elles  portent  ;  leurs  bractées 
sont  plus  larges  et  persistantes. —  Ce  genre, 
dont  l’unique  espèce  est  cultivée  dans  nos 
|  serres  tempérées,  se  distingue  surtout  par 
|  un  calice  petit,  4-5-denté,  persistant  ;  par  une 
corolle  de  4  à  7  pétales  égaux  ,  réfléchis  ;  par 
4-5  étamines  (  dans  les  fleurs  hermaphrodi¬ 
tes)  très  courtes  ,  à  filaments  filiformes  ;  par 
un  style  arqué,  ascendant;  par  un  drupe 
sec,  ovale,  subarrondi ,  très  comprimé,  mo¬ 
nosperme.  (C.  L.) 

BOTRYCHIUM  (  diminutif  de  fiozpvq , 
grappe),  bot.  cr.  —  Genre  de  la  famille  des 
Fougères,  tribu  (ou  sous-famille)  des  Ophio- 
glossées ,  formé  par  Swartz  aux  dépens  de 
quelques  espèces  de  l’ Osmunda  de  Linné,  dont 
le  type  est  le  B.  Lunaria  ( voy .  lunaria,  Linn.), 
croissant  dans  toute  l’Europe ,  et  surtout 
aux  environs  de  Paris.  Son  principal  carac¬ 
tère  différentiel  est  d’avoir  des  capsules  (spo¬ 
ranges)  distinctes,  uniloculaires,  semi-bival¬ 
ves,  complètement  sessiles,  même  cachées 
dans  la  fronde,  et  disposées  en  un  épi  com¬ 
posé.  Ce  sont  de  petites  Fougères ,  au  nom¬ 
bre  d’une  quinzaine  environ,  à  fronde  pin- 
née  ou  bipinnée ,  croissant  dans  les  par¬ 
ties  tempérées  de  l’hémisphère  boréal,  et  fort 
rares  dans  les  contrées  antarctiques.  M.  Ad. 
Brongniart  ( Dict .  cl.,  II,  419),  qui  a  étudié 
le  mode  de  végétation  du  type  de  ce  g.,  si¬ 
gnale  avec  raison  comme  un  fait  curieux  la 
présence  du  petit  Botrychium  ,  qui  doit  pa¬ 
raître  l’année  suivante  déjà  tout  formé  dans 
une  cavité  contenue  dans  la  tige  de  l’indi— 
!  vidu  développé.  Il  présume  que  ce  mode  de 


BOT 


èM  BOT 

végélalion  est  commun  aux  autres  espèces 
congénères.  (G.  L.) 

"IHUMÜl.XK.  Botrydina  (ftovpviiov ,  pe¬ 
tite  grappe),  bot.  cr. —  (Phycées).  Genre 
que  nous  avons  établi  [Mémoires  de  lu  So¬ 
ciété  académique  de  Falaise ,  année  1838)  pour 
le  Palmella  botry  aides  Ag.,  plante  avec  la¬ 
quelle  on  a  confondu  un  grand  nombre  d’es¬ 
pèces  des  g.  CUlorococcum,  Protococcus,  Mi- 
crocystis,  Bichatia,  Globulina,  etc.,  et  même 
des  états  primordiaux  d’autres  Phycées  ,  de 
Mousses  et  d’Hépatiques.  Voici  les  caractères 
que  nous  avons  assignés  à  ce  g.,  qui  appar¬ 
tient  à  la  tribu  des  Nostocinées  :  Fronde  glo¬ 
buleuse,  gélatineuse,  formée  de  cellules  al¬ 
véolées,  remplies  de  granules  donnant  lieu, 
plus  tard  en  devenant  libres,  à  de  nouvelles 
frondes. 

Les  globules  gélatineux  du  Botrydina  vul - 
gqris  Bréb.  ,  composés  de  cellules  soudées 
et  rapprochées  en  forme  d’alvéoles  remplies 
de  granules  verts  reproducteurs  ,  rappellent 
très  bien  la  forme  et  la  disposition  des  globu¬ 
les  polliniques  ou  spermatocystes  des  Chara , 
vus  dans  leur  état  de  jeunesse.  Cette  plante 
croît  sur  la  terre  humide  et  les  Mousses  dé¬ 
composées,  sur  les  coteaux  ombragés,  parmi 
les  rochers.  M.  Meneghini  la  rapporte  à  son 
g.  Anacystis.  (Breb.) 

BOTRYDION.  bot.  cr.  —  (Phycées).  Sy¬ 
nonyme  de  Dasydadus.  (G.  M.) 

BOTRYDIIJM.  bot.  cr.— (Phycées.)  Voy. 

HYDROGASTRUM.  (C.  M.) 

*B0TRYD1UM  (jSoTpv^ov,  petite  grappe). 
bot.  ph.  —  Genre  établi  par  Spach  ( Suites  à 
Buffon,  V,  298,  Exc.  sp.),  synonyme  du 
genre  Teloxys  de  Moquin  Tandon.  (C.  L.) 

BOTRYELAIRES.  Bolryllaria.  tunic.  — 
Nom  donné  par  Lamarck  au  premier  ordre 
de  la  classe  des  Tuniciers ,  ayant  pour  ca¬ 
ractère  d'être  toujours  réunis  en  une  masse 
commune,  paraissant  communiquer  organi¬ 
quement  ensemble.  Le  g.  Botryllus  est  le 
type  de  ce  groupe.  (G.  d’O.) 

BOTRYLLE.  Botryllus.  tunic.  —  Genre 
d’Ascidies  composées  établi  depuis  long-temps 
par  Gærtner,  et  dans  lequel  on  cite  aujour¬ 
d’hui  une  quinzaine  d’espèces.  Les  mieux 
connues  ont  été  décrites  par  MM.  Savigny  et 
Milne  Edwards. 

Voici  comment  M.  Savigny  établissait  leurs 
caractères  génériques  : 

Corps  commun,  sessile,  gélatineux  ou  car¬ 


tilagineux  ,  étendu  en  croûte ,  composé  de 
systèmes  ronds  ou  elliptiques,  saillants,  an¬ 
nulaires,  qui  ont  une  cavité  centrale  et  une 
circonscription  distincte.  Anneaux  disposés 
sur  un  seul  rang  ou  sur  plusieurs  rangs  ré¬ 
guliers  et  concentriques.  Orifice  branchial 
dépourvu  de  rayons  et  simplement  circu¬ 
laire  ;  l’intestinal  petit,  prolongé  en  pointes, 
et  engagé  dans  le  limbe  membraneux  et  ex¬ 
tensible  de  la  cavité  du  système.  Thorax 
oblong,  mailles  du  tissu  respiratoire  dé¬ 
pourvu  de  papilles.  Abdomen  demi-latéral 
et  appuyé  contre  le  fond  de  la  cavité  des 
branchies ,  plus  petit  que  le  thorax.  Ovaires 
2  ,  opposés,  appliqués  sur  les  deux  côtés  du 
sac  branchial.  Le  corps  des  petits  animaux 
de  chaque  système  est  couché  presque  hori¬ 
zontalement  ,  et  l’anus  est  très  éloigné  de  la 
bouche. 

Les  espèces  de  nos  côtes  sont  :  B.  siellatus 
Gærtn.,  B.  polycyclus  Lamk.,  B.  gemmeus 
Sav.,  B.  minulus  id.,  B.  violaceus  Milne  Edw., 
B.  smaragdus  id.,  B.  bïvillalus  id.  (P.  G.) 

BOTRYLLÏDES.  tunic. —  Synonyme  de 
Botrylliens.  (P.  G.) 

"BOTRYLLIENS.  tunic.  —  M.  Milne 
Edwards ,  dans  le  travail  qu’il  a  publié  ré¬ 
cemment  sur  les  Ascidies  des  côtes  de  France, 
donne  le  nom  de  Botrylliens  à  une  famille 
d’Ascidies  composées  comprenant  les  deux 
genres  Botrylle  et  Botrylloides.  Ces  animaux, 
au  lieu  d’avoir  le  corps  composé  de  trois  par¬ 
ties  comme  les  Polycliniens  du  même  au¬ 
teur,  ou  de  deux  comme  les  Didemniens,  ne 
présentent  plus  de  distinction  extérieure  en¬ 
tre  l’abdomen  et  le  thorax  ,  leurs  viscères  se 
trouvant  accolés  à  la  chambre  thoracique , 
et  formant  avec  elle  une  seule  masse  plus  ou 
moins  ovoïde.  (P.  G.) 

"BOTRYLLOIDES .  Botrylloides.  tu¬ 
nic.  —  M.  Milne  Edwards  a  distingué  des 
Botrylles  comme  devant  former  un  genre  à 
part ,  les  Botrylles  étoilés  de  M.  Savigny ,  et 
il  en  a  indiqué  les  caractères  dans  son  travail 
sur  les  Ascidies  des  côtes  de  France.  Les  es¬ 
pèces  de  nos  côtes  sont  :  Botryllus  Leachii 
Sav.  ,  B.  roiifera  Milne  Edw.,  B.  albicans 
id. 

Les  Botrylloides  sont  caractérisés  par  leurs 
cloaques  se  continuant  dans  la  masse  com¬ 
mune  qui  les  soutient  sous  la  forme  de  ca¬ 
naux  intérieurs  de  chaque  côté  desquels  les 
individus  se  trouvent  rangés  en  séries  li^ 


BOT 


BOT 


673 


néaires  ;  le  corps  de  chaque  animal  est  placé 
presque  verticalement ,  et  les  deux  orifices 
sont  très  rapprochés  l’un  de  l'autre.  (P.  G.) 

BOTRYLLUS.  tunic.  —  Ployez  botrylle. 

BOTRYOCARPA  (j3orpvç,  graphe  x- 
*roç,  fruit),  bot.  cr.  —  (Phycées).  Le  Deles - 
séria  botryocarpa  Lamx.,  sert  de  type  à  ce  g. 
créé  et  ainsi  défini  par  M.Gréville  dans  son  Sy¬ 
nopsis  Alg arum  :  Fronde  plane,  assez  épaisse, 
charnue,  aréolée ,  pourvue  à  son  origine,  où 
elle  se  rétrécit  en  stipe ,  d’une  nervure  peu 
apparente,  d’un  rouge  purpurin,  et  enfin  pro¬ 
lifère  de  ses  bords  et  de  son  sommet.  Fructi¬ 
fication  :  Sporophylles  fasciculés,  un  peu  pé- 
dicellés,  ovales  ou  sphériques,  un  peu  com¬ 
primés,  naissant  sur  l’une  et  l’autre  face  de 
la  fronde  et  contenant,  sous  la  couche  corti¬ 
cale  ,  des  sphérospores  dont  les  grains  me¬ 
nus,  au  nombre  de  trois  à  quatre,  sont  pur¬ 
purins  et  anguleux.  Une  seule  espèce  com¬ 
poserait  ce  g.  qui  nous  semble  trop  voisin 
des  vraies  Delesséries  par  sa  structure  et  sa 
fructification  sporophyllaire  pour  devoir  en 
être  distrait  sur  de  si  faibles  considérations. 
Ce  g.  ne  nous  étant,  au  reste,  connu  que  par 
la  figure  de  Turner  (Hist.  Fuc .,  t.  246),  nous 
n’osons  pas  nous  prononcer  définitivement 
sur  sa  valeur.  (C.  M.) 

*BOTRYQCARPUM  (|3or pvç,  grappe  ;  xap- 
7roç,  fruit),  bot.  pu.  —  Ce  sous-genre  de 
Spach  (Buffon,  VI,  152,  171)  est  regardé 
comme  syn.  de  la  section  des  Ribesia  ,  DC., 
dans  le  g.  Ribes  de  Linné.  (C.  L.) 

"BOTRYODENDRON  ( fiorpug ,  grappe; 
SévSpov ,  arbre),  bot.  pu. —Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Araliacées  ,  formé  par  Endlicher 
(  Prodr .  Fl.  Norf.  62),  et  renfermant  deux 
espèces  seulement ,  découvertes  dans  l’île  de 
Norfolk  et  dans  celles  de  Taïti.  Ce  sont  des 
arbres  à  tronc  élevé  ,  simple  ,  grêle  ,  divisé 
au  sommet  en  rameaux  simples ,  portant 
des  feuilles  alternes  rapprochées  au  sommet 
des  rameaux ,  penninerves ,  à  capitules  flo¬ 
raux  involucrés ,  disposés  en  une  panicule 
terminale.  Les  fleurs  en  sont  polygames- 
dioïques.  Le  périanthe  est  simple  dans  les 
fleurs  mâles  et  femelles,  quadriparti  dans 
les  premières  ,  conné  avec  l’ovaire  dans  les 
secondes.  Le  fruit  est  une  baie  6-loculaire 
et  couronnée  par  le  calice.  (C.  L.) 

*BOTRY OG  ÈNE  (jSorpv;,  grappe;  y/vo;, 
naissance),  min.  — Nom  donné  par  Haidin- 
ger  au  sulfate  de  fer  rouge  qu’on  trouve 

T.  II. 


en  concrétions  dans  les  mines  de  Falsban  en 
Suède.  Voyez  sulfates.  (Del.) 

BOTRYOIDES  (/3or pv$,  grappe;  eîîoç  , 
forme),  échin. — Nom  proposé  pour  un  groupe 
d’Échinides  qui  sont  restés  dans  le  g.  Anan- 
chite.  (Duj.) 

BOTRYOLITHE  (  |3ot pvç ,  grappe  ;  K0oS , 
pierre),  min.  —  La  Datolithe  concrélionnée , 
dont  quelques  minéralogistes  font  une  espèce 
particulière.  V oyez  datolithe.  (Del.) 

*BOTRYOPTERIS  (  fiorpvç,  grappe:  tctc- 
piç,  Fougères  en  général),  bot.  cr.  —  Ce  g., 
de  Presl  (  Reliq.  Hctnk .,  t.  XII,  f.  1),  est  syn. 
d’Helminthostachys,  Kaulf.  (C.  L.) 

*BOTRYOSPORIUM ,  Cord.  bot.  cr.  — 
Synonyme  de  Slachylidium. 

BOTRYPUS,  Mich.  bot.  cr.  —  Voyez 

BOTRYCHIUM. 

BOTRYS  (j3oTpuç,  grappe),  bot.  ph. — 
Nom  spécifique  d’une  espèce  de  Germandrée, 
Teucrium  botrys,  et  d’une  espèce  d’Ansérine, 
Chenopodium  botrys..  On  donne  aussi  quel¬ 
quefois  ce  nom  à  l’Ansérine  du  Mexique,  Ch. 
ambrosioides. 

BOTRYTELLA  (|3ot pvç,  grappe),  bot. 
cr.  —  (Phycées).  M.  Bory  ( Dict .  class.,  II, 
p.  426)  a  fondé  ce  genre  sur  une  variété  de 
Y Ectocarpus  siliculosus  ,  citée  par  Lyngbye. 
Nous  ne  pensons  pas  qu’il  ait  été  adopté. 

(C.  M.) 

*BOTRYTIDÉES.  Bolrytidei.  bot.  cr.  — 
Deuxième  tribu  de  l’ordre  des  Mucédinées 
de  Fries  ( Syst .  orb.  veg.,  p.  182),  qui  est  ca¬ 
ractérisée  par  des  pédicelles  ( Flocci )  cloison¬ 
nés  ,  souvent  de  deux  formes.  Les  uns  sont 
stériles,  les  autres  fertiles  ;  ceux-ci  alors  sont 
droits,  et  portent  des  spores  nues  et  presque 
agglomérées.  Cette  tribu  comprend  les  gen¬ 
res  Coremium,  Nees;  Pénicillium  ,  Lk.  ;  As- 
pergillus ,  Mich.  ;  Dimera ,  F.  ;  Botrytis,  Mich.; 
et  Acrosporium ,  Nees.  (LÉv.) 

BOTRYTIS  (diminutif  de  /3orpu;,  grappe). 
bot.  cr.  —  Genre  de  Champignons  (  famille 
des  Hypomycètes ,  tribu ,  ou  plutôt  sous-fa¬ 
mille  des  Mucédinées) ,  formé  par  Micheli 
(Nov.  Gen.,  312),  et  adopté  par  tous  les  au¬ 
teurs  qui  l’ont  suivi,  en  en  séparant  toutefois 
un  grand  nombre  d’espèces  ,  qu’ils  ont  ré¬ 
parties  dans  de  nouveaux  g.,  en  grande  par¬ 
tie  non  adoptés.  Il  se  distingue  principale¬ 
ment  par  des  sporidies  subglobuleuses,  sim¬ 
ples,  partant  du  sommet  ou  des  ramules  des 
filaments  cloisonnés  et  rassemblés  autour 
43 


674  BOT 

d’eux.  Us  croissent  sur  les  corps  en  putréfac¬ 
tion.  Le  g.  Boiryiis ,  comprenant  unevingt- 
taine  d’espèces  environ,  est  ainsi  sous-di- 
visé  :  a.  Sporoceplialum,  Chev.;  b.  Haplaria, 
Lk.;  C.  Polyactis ,  Lk.;  d.  Spicularia,  L.;  e. 
Verticillium ,  Nees;  f.  Virgaria,1Sees.  Ployez 
chacun  de  ces  mots.  (C.  L.) 

*BOTTIONEA,  Col.  bot.  pu.  —  Synonyme 
de  Trichopelulum ,  Lindl. 

*BOTYDES.  ins.  —  M.  Blanchard  {Hist. 
des  Ins. ,  faisant  suite  au  B uffon-Dumènil , 
p.  538)  désigne  sous  ce  nom  une  tribu  de  Lé¬ 
pidoptères  nocturnes  appartenant  à  sa  fa¬ 
mille  des  Pyraliens.  (D.) 

BOTYS.  ins.  —  Genre  de  Lépidoptères 
nocturnes,  établi  par  Latreille  aux  dépens  du 
g.  Pyralis  de  Linné,  et  adopté  par  nous,  avec 
modifications,  dans  notre  Hist.  nat.  des  Lé¬ 
pidoptères  de  France  (t.  YIII ,  p.  104) ,  où 
nous  le  rangeons  dans  notre  tribu  des  Pyrali- 
tes,  qui  correspond  en  partie  à  celle  des  Del¬ 
toïdes  de  Latreille. —  Les  Chenilles  des  Boiys 
sont  allongées,  moniliformes,  à  1 G  pattes,  et  se 
tiennent  cachées  dans  l’intérieur  des  feuilles, 
qu’elles  roulent  en  cornet,  et  où  elles  se  chan¬ 
gent  en  chrysalides.  La  plupart  des  Botys  à 
l’état  parfait  se  trouvent  dans  les  prairies  et 
dans  les  endroits  ombragés  et  humides  ; 
quelques  uns  seulement  préfèrent  les  lieux 
secs  et  élevés.  Tous  ont  le  vol  court  pendant 
le  jour,  et  s’écartent  peu  de  la  plante  qui  les 
a  vus  naître.  C’est  en  battant  les.  buissons 
et  les  hautes  herbes  qui  leur  servent  d’abri 
qu’on  les  en  fait  sortir  ;  mais  ils  ne  tardent 
pas  à  y  rentrer,  en  se  cachant  sous  les  feuil¬ 
les,  dans  une  position  renversée.  Leur  appa¬ 
rition  a  lieu  pendant  les  mois  de  juin ,  juillet 
et  août  :  il  est  rare  d’en  rencontrer  avant  et 
après  ce  temps.  Parmi  les  40  espèces  figurées 
et  décrites  dans  notre  ouvrage  précité ,  nous 
n’en  citerons  que  deux  dont  les  Chenilles 
vivent  sur  les  orties  :  le  Botys  urticalis 
Treits.  (  Geom.  urlicala  Linn.  ,  la  queue 
jaune  de  Geoff.)  et  le  Botys  verticalis  ( Pyra¬ 
lis  id .  Linn.).  Ces  deux  espèces  sont  très 
communes  aux  environs  de  Paris  ;  elles  met¬ 
tent  neuf  mois  à  parvenir  à  l’état  parfait. 

(D.) 

*BOTYTES.  ins.  —  M.  Blanchard  (  Hist. 
nat.  des  Ins.,  faisant  suite  au  B  uffon-Dumé¬ 
nil,  p.  644)  donne  ce  nom  à  un  groupe  de  Lé¬ 
pidoptères  nocturnes ,  de  la  tribu  des  Boty- 
des  et  de  la  famille  des  Pyraliens.  Ce  groupe 


BOÜ 

est  composé  des  genres  Odontia  ,  Scopula , 
Botys,  Nymphula,  Hydrocampa,  Asopia ,  Py - 
raitsta  et  Ennychia.  (D.) 

BOU.  bot.  ph.  — Nom  vulgaire  du  Figuier 
sauvage,  dans  quelques  parties  méridionales 
de  la  France. 

BOIJBIE  (Booby,  en  anglais,  fou),  ois.  — 
Nom  donné  par  Cuvier  à  une  division  qu’il 
a  établie  dans  le  g.  des  Fous. 

BOUBOU.  Bubutus  (Boubou,  nom  que  les 
Malais  de  Sumatra  donnent  aux  Coucous  en 
général,  selon  M.  Lesson).  ois.  —  Genre 
formé  par  M.  Lesson  (  Tr.  d'Orn.)  sur  une 
espèce  de  la  famille  des  Coucous ,  habitant 
les  îles  indiennes  de  Java  et  Sumatra.  Ses 
caractères  sont  :  «  Bec  arrondi,  peu  ou  point 
comprimé,  longicône,  à  arête  supérieure  très 
mousse  ,  à  mandibule  supérieure  se  recour¬ 
bant  un  peu  à  la  pointe  ;  narines  étroites , 
marginales  et  basales  en  scissure  droite  ;  ailes 
courtes,  concaves,  dépassant  à  peine  le  crou¬ 
pion  ;  tarses  courts ,  épais ,  largement  scu- 
tellés,  à  doigts  courts  et  ongles  grêles  ;  queue 
longue,  très  étagée.  »  Ce  genre  est  syno¬ 
nyme  de  celui  de  Bhinortha,  Vig.,  établi  à 
peu  près  en  même  temps,  et  de  celui  d 'Ana- 
dcenus  de  Swainson  ,  formé  plusieurs  années 
après.  M.  Gray  n’a  probablement  pas  vu  cet 
oiseau ,  car  il  n’a  point  reconnu  cette  syno¬ 
nymie,  et  dans  sa  List  of  the  généra  il  place 
le  Bubutus ,  Less. ,  dans  ses  Centropinœ,  et 
VAdœnus,  Swains.,  dans  ses Phœnicophuinœ. 

Les  deux  espèces  de  ce  genre,  décrites  par 
M.  Lesson  sous  les  noms  de  Boubou  de  Du- 
vaugel  et  de  Boubou  d’Isidore,  nous  parais¬ 
sent  être  le  même  oiseau ,  de  sexe  ou  d'âge 
différent,  car  leur  coloration  seule  offre  quel¬ 
que  disparité.  Le  premier,  le  Boubou  de  Du- 
vaucel  Less.,  t.  143,  nommé  par  Cuvier,  sur 
l’étiquette  du  Muséum,  Coucou  à  bec  rond, 
Cuculus  sumatrensis ,  est  en  dessus  d’un  roux 
marron  ,  avec  la  tête ,  le  cou  et  la  poitrine 
d’un  gris  cendré,  qui  passe  au  roussâtre  sur 
l’abdomen,  et  au  brun  sur  l’anus.  La  queue 
est  terminée  de  blanc ,  précédé  d’une  bande 
noire.  Le  bec  est  vert  foncé  à  la  base ,  vert 
jaunâtre  à  la  pointe  et  sur  ses  bords.  Les 
yeux  sont  entourés  d’une  peau  nue  et  noi¬ 
râtre. 

Le  second  ,  le  Boubou  d’Isidore ,  Bubutus 
Isidari  Less.,  t.  143,  et  Voyage  aux  Indes  de 
Bélanger,  p.  235,  pl.  2,  le  même  que  YAna- 
dœnus  rufescens  (  Swains.,  Class .,  part.  6, 


BOU 


675 


BOU 

p.  346  )  et  qtre  le  Rhinôrtha  ehlovophœa  Vig., 
Phœnicopliaus  chlorophœa  Râffl. ,  ne  diffère 
du  premier  que  parce  que  la  tête ,  le  cou  et 
la  poitrine  sont  roux  clair  au  lieu  d’être  gris 
cendré,  que  la  queue  est  noirâtre,  traversée 
d’un  grand  nombre  de  stries  d’un  gris  obscur, 
et  que  l’anus  est  brun  noirâtre.  Du  reste , 
même  taille  ,  mêmes  proportions  et  même 
coloration  de  bec ,  ce  qui  nous  fait  présumer 
fortement  que  ce  sont  les  deux  sexes  d’une 
même  espèce. 

Ce  type  indien  ,  d’après  la  brièveté  de  ses 
pattes  et  de  ses  ailes,  et  la  forme  droite  et  ten¬ 
due  ,  quoique  plus  épaisse ,  de  son  bec ,  nous 
paraît  représenter  assez  bien  aux  Indes  le 
Tacco-Vieillard  d’Amérique,  qui,  selon  nous, 
n’est  qu’une  légère  modification  dans  le  bec 
des  Piayes  du  même  continent,  étant  comme 
eux  oiseau  percheur  et  nullement  marcheur  ; 
mais  la  grosseur  même  de  ce  bec,  sa  colora¬ 
tion  verte,  celle  du  plumage ,  la  nudité  ocu¬ 
laire  et  l’ensemble  général  des  formes ,  nous 
paraissent  indiquer  qu’il  doit  être  groupé 
près  des  Malcohas  ,  ses  compatriotes.  Le 
genre  Boubou ,  Bubuius ,  Less. ,  fera  donc 
partie  de  notre  sous-famille  des  Phœnico- 
phainées,  dans  notre  famille  des  Cuculidées. 
Voyez  ces  deux  mots.  (Lafr.) 

BOUBOUT  ou  BOULBOUL.  ois.  — Nom 
vulgaire  de  la  Huppe. 

BOUC.  mam.  —  Mâle  de  la  Chèvre. 

BOUC,  poiss.  —  Nom  donné  par  les  pê¬ 
cheurs  au  Mendole,  Sparus  mœna  L.,  et  au 
Bouleau  noir,  Gobius  niger,  à  cause  de  la 
mauvaise  odeur  et  le  peu  de  qualité  de  leur 
chair. 

BOUC  AGE.  Pimpinella  ,  L. ,  non  Adans. 
et  Gærtn.  (nom  vulgaire),  bot.  pu.  —  Genre 
de  la  famille  des  Ombellifères,  tribu  des  Am- 
minées  ,  formé  par  Linné  et  comprenant  un 
assez  grand  nombre  d’espèces ,  répandues 
dans  l'Europe  médiane  ,  le  bassin  méditer¬ 
ranéen  ,  plus  rares  dans  l’Orient  et  dans 
l’Inde.  Ce  sont  des  plantes  herbacées  an¬ 
nuelles  ,  bisannuelles  ou  vivaces,  à  rhizôme 
simple,  à  feuilles  radicales  pennatiséquées, 
dont  les  segments  sont  subarrondis  ,  dentés 
ou  très  rarement  indivis  ;  les  caulinaires  très 
finement  laciniées  ,  à  fleurs  blanches  ,  plus 
rarement  jaunes  ou  rougeâtres ,  disposées 
en  ombelles  et  en  ombellules  multiradiées. 
Quatre  espèces  croissent  communément  en 
l^rancê  ;  èé  sont  lè$  P.  saxifraga ,  magna , 


tragiutn  et  peregrina.  Le  genre  Pimpinella  se 
distingue  principalement  au  limbe  de  son 
calice  peu  apparent  ;  à  ses  pétales  ovales 
échancrés  ,  à  lacinule  infléchie  ;  à  son  fruit 
ovale  ,  comprimé  d’un  côté  ;  à  un  stylopode 
pulviné  dont  les  styles  réfléchis  ;  à  des  méri- 
carpes  solides,  quinquéjugués,  égaux  ;  à  un 
carpophore  libre ,  bifide.  La  graine  est  gib- 
beuse-convexe  ,  déprimée  d’un  côté.  M.  De 
Candolle  (Prodr.,  IV,  119)  a  ainsi  sous-divisé 
ce  genre  :  a.  Tragoselinum,  fruit  glabre;  ra¬ 
cines  vivaces  ;  b.  Tragium ,  fruit  velu  ;  raci¬ 
nes  vivaces  ou  plus  rarement  bisannuelles  ; 
c.  Anisum ,  fruit  pubérule  ,  plantes  annuel¬ 
les. Des  espèces  que  nous  avons  citées  comme 
croissant  en  France,  les  deux  premières  ap¬ 
partiennent  à  la  section  a;  les  deux  autres  à 
la  section  b.  (C.  L.) 

BOUCABDE.  moll.  —  Nom  ancien  des 
Coquilles  désignées  aussi  sous  la  dénomina¬ 
tion  de  Cœur  de  Bœuf ,  et  qui  rentrent  dans 
le  g.  Bucarde.  (C.  d’O.) 

BOUCABDITE.  moll.  foss.  —  Voyez  bu- 

CARDITE. 

BOUCHABÏ  ou  POUCHARÏ.  ois.  — Nom 
donné  en  Bourgogne  à  la  Pie-Grièche  grise, 
Lanius  excubilor. 

BOUCHE,  zool.  —  On  désigne  sous  ce 
nom  l’entrée  du  canal  alimentaire ,  la  pre¬ 
mière  cavité  de  l’appareil  digestif. 

Les  idées  d'animal  et  d’ alimentation  sem¬ 
blent  si  inséparables,  que  long -temps  on 
a  regardé  l’existence  d’un  canal  digestif 
comme  un  des  caractères  qui  différenciaient 
les  animaux  des  végétaux,  et  par  suite  on 
accordait  à  tous  les  êtres  rangés  dans  la  pre¬ 
mière  catégorie  une  Bouche  proprement  dite. 
Cette  distinction  tranchée  a  disparu  devant 
les  recherches  de  la  science  moderne.  On  sait 
aujourd’hui  qu’il  est  un  assez  grand  nombre 
d’animaux  chez  lesquels  il  n’existe  pas  d’ap¬ 
pareil  interne  de  digestion,  chez  lesquels  cette 
fonction  s’exerce  à  l’extérieur  du  corps,  soit 
par  une  surface  étendue ,  comme  il  paraît 
que  cela  a  lieu  chez  certaines  Méduses  (  lés 
Eudores),  soit  par  des  espèces  d’appendices 
auxquels  on  a  donné  le  nom  de  suçoirs  (les 
Acalèphes  hydrostatiques)  ;  et  dès  lors  il  n’y 
à  plus ,  on  le  comprend ,  de  Bouche  propre¬ 
ment  dite.  Il  est  plus  que  douteux  que  lès 
derniers  Infusoires  (Monades  èt  autres  gen¬ 
res  voisins  )  âient  un  Véritable  appareil  ap¬ 
proprié  à  la  digestion.  M.  Éhrenhêrg  l’à  dé= 


676 


BOL 


BOU 


crit ,  il  est  vrai ,  chez  plusieurs  d’entre  eux  ; 
mais  les  descriptions  de  cet  illustre  mi¬ 
crographe  diffèrent  assez  entre  elles  pour 
qu’il  soit  permis  d'attendre  de  nouvelles  ob¬ 
servations,  surtout  en  présence  des  faits  pu¬ 
bliés  par  M.  Dujardin.  On  sait  que  d’après  ce 
dernier,  la  Bouche  des  plus  grands  Infusoi¬ 
res  ne  serait  que  le  point  où  les  courants  , 
déterminés  par  l’action  des  cils  vibra tiles , 
creuseraient  en  quelque  sorte  la  substance 
homogène  du  corps  de  l’animal  pour  déter¬ 
miner  la  formation  d’une  vacuole.  Parmi  les 
Vers  intestinaux,  il  en  est  quelques  uns  dont 
le  tissu  semble  être  entièrement  homogène , 
et  ne  présenter  aucune  trace  de  cavité.  Enfin, 
il  serait  difficile  de  donner  le  nom  de  Bouche 
aux  larges  ouvertures  par  où  l’eau  pénètre 
dans  le  réseau  des  canalicules  chez  les 
Éponges. 

Tous  les  autres  animaux  connus  sont  pour¬ 
vus  d’une  cavité,  dans  l’intérieur  de  laquelle 
sont  introduits  les  aliments,  et  où  se  passent 
les  phénomènes  de  la  digestion  ( voyez  ce 
mot)  ;  tous  ont  par  conséquent  un  orifice  des¬ 
tiné  à  fournir  un  passage  pour  l’introduction 
des  matières  alimentaires.  Souvent  cet  ori¬ 
fice  sert  en  outre  à  l’expulsion  des  résidus  de 
la  digestion  :  dans  ce  cas,  la  Bouche  et  l’anus 
ne  font  qu’un.  Cette  disposition ,  du  reste , 
ne  se  rencontre  que  chez  les  êtres  placés  aux 
derniers  degrés  de  l’échelle  animale. 

Examinée  dans  la  série  zoologique  tout 
entière ,  la  Bouche  obéit  à  la  loi  générale  de 
complication  progressive  que  présentent  les 
organismes  eux-mêmes.  Très  simple  dans  les 
derniers  Zoophytes,  elle  forme  chez  les  Mam¬ 
mifères  un  appareil  très  complexe,  pourvu 
d’un  grand  nombre  d’organes  accessoires,  et 
dans  lequel  la  division  du  travail  est  portée 
extrêmement  loin.  Ce  fait  général  se  répète 
en  outre  dans  chacun  des  quatre  grands  em¬ 
branchements  ou  types  primordiaux  généra¬ 
lement  admis  de  nos  jours.  Ainsi ,  chez  les 
Zoanthaires ,  la  Bouche  paraît  n’être  formée 
que  par  un  rétrécissement  antérieur  de  la 
cavité  digestive,  et  chez  les  Oursins  elle  est 
armée  d’un  puissant  appareil  masticateur. 
Les  Ascidies  ont  une  Bouche  des  plus  simples  ; 
chez  les  Céphalopodes,  cet  organe  s’arme  de 
robustes  mandibules  cornées.  Dans  les  der¬ 
nières  Annélides ,  nous  trouvons  encore  un 
simple  orifice  extérieur,  et  l’on  sait  quelle 
complication  présente  l’appareil  buccal  des 


Insectes  et  des  Crustacés.  Enfin  les  Vertébrés 
eux-mêmes  nous  offrent  des  faits  analogues. 
L$s  Myxines  semblent  n’avoir  qu’une  Bouche 
deVers,  tandis  que,  chez  l’Homme  et  les  Mam¬ 
mifères  voisins,  nous  trouvons  un  maximum 
de  complication  très  élevé.  Jetons  un  coup 
d’œil  rapide  sur  les  principales  modifications 
dont  nous  venons  de  signaler  les  caractères 
généraux. 

Chez  les  derniers  Zoophytes ,  la  Bouche , 
comme  nous  venons  de  le  dire,  ne  paraît  for¬ 
mée  que  par  un  rétrécissement  antérieur  de 
la  cavité  digestive  ;  elle  est  placée  au  centre 
de  l’espace  circonscrit  par  les  tentacules.  Cet 
orifice  si  simple  n’en  est  pas  moins  muni 
d’un  appareil  musculaire  spécial ,  qui ,  chez 
les  animaux  où  il  paraît  être  réduit  à  sa  plus 
simple  expression ,  se  compose  d’un  sphinc¬ 
ter  à  fibres  circulaires ,  et  d’un  muscle  à  fi¬ 
bres  divergentes.  Le  premier  sert  évidem¬ 
ment  à  fermer,  le  second  à  ouvrir  l’orifice 
buccal.  A  mesure  qu’on  s’élève  dans  la  sé¬ 
rie  des  Rayonnés,  la  Bouche  prend  de  l’é¬ 
tendue  et  forme  une  cavité  particulière,  que 
nous  avons  fait  connaître  dans  les  Edward- 
sies ,  genre  de  la  famille  des  Actinies ,  et  qui 
est  plus  prononcée  encore  dans  les  dernières 
Holothuries,  dans  les  Svnaptes.  Aussitôt  que 
cette  cavité  se  montre,  nous  la  voyons  s’en¬ 
tourer  de  deux  couches  musculaires,  dont  la 
plus  interne  présente  des  fibres  longitudina¬ 
les  ,  et  l’externe  des  fibres  circulaires.  Sépa¬ 
rée  d’abord  du  tube  digestif  par  un  simple 
rétrécissement,  elle  s’en  éloigne  davantage 
dans  les  vraies  Holothuries,  et  on  trouve  en¬ 
tre  eux  un  canal  étroit ,  un  véritable  œso¬ 
phage.  Dans  les  Oursins ,  l’entrée  du  tube 
alimentaire  présente  une  forte  armature , 
composée  de  dents  soutenues  par  une  char¬ 
pente  osseuse  particulière,  et  mise  en  jeu  par 
un  grand  nombre  de  muscles  spéciaux. 

La  Bouche  redevient  extrêmement  simple 
dans  les  Mollusques  inférieurs  (Ascidies). 
Dans  les  Acéphales ,  elle  n’est  guère  encore 
que  l’orifice  antérieur  d’une  espèce  d’œso¬ 
phage,  qui  se  dilate  légèrement  avant  de  s’ou¬ 
vrir  au  dehors  ;  mais  déjà  nous  voyons  ap¬ 
paraître  des  organes  accessoires ,  à  moins 
qu’on  ne  veuille  regarder  les  quatre  petits  re¬ 
plis  placés  sur  ses  côtés  comme  des  représen» 
tants  de  tentacules.  Dans  les  Gastéropodes , 
nous  voyons  se  montrer  pour  la  première 
foi;  une  espèce  de  langue,  des  glandes  sali- 


BOU 


BOU 


677 


vaires ,  et  des  dents  cornées  de  diverses  for¬ 
mes  ,  organes  qui  se  prononcent  de  plus  en 
plus,  et  acquièrent  un  développement  assez 
remarquable  dans  les  Céphalopodes. 

Cette  complication  disparaît  de  nouveau 
dans  les  dernières  familles  des  Articulés,  et 
nous  ne  retrouvons  ici  qu’une  simple  ouver¬ 
ture  placée  à  la  partie  antérieure  du  corps. 
Mais  bientôt  les  mâchoires  reparaissent  dans 
les  Hirudinées  (Sangsues)  ;  elles  se  pronon¬ 
cent  encore  mieux  chez  les  Annélides  erran¬ 
tes  (Néréides)  :  leur  nature  est  toujours  cor¬ 
née.  Ici  la  cavité ,  buccale  et  pharyngienne 
tout  à  la  fois,  acquiert  un  très  grand  dévelop¬ 
pement,  pour  contenir  la  trompe  exsertile  ou 
la  langue  de  ces  animaux;  mais  nous  ne 
voyons  pas  qu’il  s’y  trouve  de  véritables  glan¬ 
des  salivaires.  Il  en  est  de  même  dans  les  Sys- 
tolides  (  Rotifères  ,  Hydatines  ) ,  chez  les¬ 
quels  l’appareil  masticateur,  très  énergique, 
est  placé  au  milieu  d’une  grande  cavité  for¬ 
mée  par  une  espèce  de  repli  des  téguments , 
et  surmonte  immédiatement  un  étroit  œso¬ 
phage.  Dès  cette  classe  nous  voyons  se  mon¬ 
trer  des  appareils  mandibulaires  modifiés 
pour  la  perforation  et  ia  succion  (Tardigra- 
des),  et  l’on  verra  plus  loin  quel  dévelop¬ 
pement  prennent  toutes  les  armatures  de 
la  Bouche,  et  quelles  modifications  elles 
éprouvent  dans  les  Articulés  à  pieds  ar¬ 
ticulés. 

Jusque  dans  les  derniers  Vertébrés  ,  la 
Bouche  est  soutenue  par  une  portion  du 
squelette  céphalique  ;  mais  encore  ,  chez  les 
Cyclostomes,  elle  tend  à  répéter  ce  que  nous 
avons  vu  jusqu’à  présent ,  c’est-à-dire  à  se 
métamorphoser  en  un  simple  orifice.  Chez  les 
Myxines  même,  elle  rappelle  la  disposition 
des  derniers  animaux  annelés;  mais  bientôt 
elle  devient  beaucoup  plus  complexe.  Cepen¬ 
dant  chez  un  grand  nombre  de  Poissons  les 
organes  accessoires  ne  prennent  que  peu  de 
développement  ;  les  dents  seules,  qui  sont  ici 
des  moyens  de  saisir  et  de  retenir  la  proie,  se 
multiplient  souvent  d’une  manière  remar¬ 
quable.  La  Bouche  des  Reptiles  présente  de 
grandes  analogies  sous  ce  rapport,  et  sous 
d’autres  encore ,  avec  celle  des  Poissons  ;  et 
le  bec  corné  des  Tortues,  coexistant  avec  l’ab¬ 
sence  des  dents,  nous  annonce  déjà,  comme 
exception  dans  celte  classe,  ce  qui  va  devenir 
la  généralité  dans  celle  des  Oiseaux.  En  même 
temps,  la  langue,  les  glandes  salivaires,  com¬ 


mencent  à  prendre  un  développement  plus 
marqué,  et  jouent  assez  souvent  un  rôle  ac¬ 
cès  dans  l’acte  de  la  déglutition.  De  plus  ,  la 
cavité  buccale  commence  à  se  partager  en 
deux  chez  les  Crocodiles,  où  un  premier  ru¬ 
diment  de  voile  des  palais  permet  de  distin¬ 
guer  une  Bouche  proprement  dite  et  un  pha¬ 
rynx.  La  cavité  buccale  des  Oiseaux  rappelle 
sous  bien  des  rapports  celle  des  Reptiles  ; 
seulement  nous  voyons  les  organes  accessoi¬ 
res  {langue ,  glandes  salivaires,  etc.)  prendre 
de  plus  en  plus  du  développement.  En  même 
temps  les  dents  disparaissent  complètement, 
et  sont  remplacées  dans  quelques  unes  de 
leurs  fonctions  par  une  couche  cornée ,  qui 
revêt  les  os  maxillaires  à  peu  près  comme 
les  ongles  recouvrent  la  dernière  phalange 
des  orteils. 

Chez  les  animaux  dont  nous  avons  parlé 
jusqu’à  présent ,  la  Bouche  paraît  n’avoir 
d’autres  fonctions  que  de  saisir,  de  retenir, 
de  tuer  et  d’avaler  la  proie.  Nous  retrouvons 
cette  destination  dans  les  Cétacés  ;  mais  déjà, 
dans  les  Mammifères  carnassiers,  nous  voyons 
se  montrer  une  véritable  masticatidn,  et  dans 
les  Herbivores,  surtout  dans  les  Ruminants, 
cette  fonction  devient  très  importante,  en  ce 
qu’elle  fait  subir  aux  aliments  une  première 
préparation  nécessaire  pour  faciliter  la  di¬ 
gestion  :  aussi  les  dents  se  modifient-elles  en 
conséquence.  La  langue  prend  plus  de  déve¬ 
loppement,  et  les  glandes  salivaires  se  mul¬ 
tiplient,  en  même  temps  qu’elles  acquièrent 
plus  de  volume  et  que  leur  sécrétion  se  carac¬ 
térise.  La  mastication  se  passe  entièrement 
dans  la  partie  antérieure  de  la  cavité  buc¬ 
cale,  et  le  pharynx,  qui  existe  toujours,  sem¬ 
ble  être  plus  particulièrement  chargé  de  la 
déglutition.  De  plus,  nous  voyons  aussi  pour 
la  première  fois  l’orifice  buccal  s’entourer  de 
ces  replis  charnus  désignés  sous  le  nom  de 
lèvres ,  et  qui ,  chez  un  grand  nombre  de 
Mammifères,  sont  des  organes  de  préhension. 

L’armature  de  la  Bouche ,  chez  les  Verté¬ 
brés,  est  tantôt  extérieure  {bec  corné  des  Oi¬ 
seaux,  des  Chéloniens ),  tantôt  intérieure,  et 
alors  même  elle  présente  des  différences  re¬ 
marquables  {dents,  fanons  des  Baleines ,  poils 
des  Lièvres,  etc.).  Le  plus  souvent  ces  divers 
modes  semblent  s’exclure  mutuellement, 
bien  que  quelquefois  ils  paraissent  exister 
simultanément  (Ornithorhynque).  Il  devient 
curieux  dès  lors  d’examiner  quelles  relations 


678 


BOU 


BOU 


réelles  la  science  peut  découvrir  entre  ces 
productions  de  natures  diverses  ;  et  c’est  ce 
que  nous  ferons  avec  détail  à  l’article  dents. 
Voyez  ce  mot.  (À.  dé  Q.) 

Dans  les  animaux  articulés  de  même  que 
dans  les  animaux  les  plus  élevés,  la  Bouche  se 
compose  de  l'evres  et  de  mâchoires,  mais  avec 
des  différences  qui  tiennent  aux  modifica¬ 
tions  essentielles  que  le  type  articulé  devait 
leur  imprimer.  Ainsi  les  lèvres  ne  se  touchent 
pas  de  manière  à  fermer  complètement  la 
Bouche,  et  les  mâchoires  sont  formées  de 
deux  parties  ,  l’une  droite  et  l’autre  gauche  , 
qui  se  meuvent  la  plupart  du  temps  dans  le 
sens  horizontal.  Cette  séparation  des  mâchoi¬ 
res  en  deux  parties  rappelle  jusqu’à  un  cer¬ 
tain  point  la  séparation  des  mêmes  parties , 
soit  dans  le  fœtus  des  animaux  vertébrés  les 
plus  élevés  où  elle  est  transitoire  ,  soit  dans 
l’état  adulte  des  mêmes  animaux  d’un  ordre 
plus  inférieur ,  où  elle  est  permanente.  Les 
lèvres,  dans  les  animaux  articulés  ,  sont  des 
pièces  impaires,  situées  au  travers  de  la  Bou¬ 
che  ,  soit  en  dessus  (lèvre  supérieure) ,  soit 
en  dessous  (lèvre  inférieure).  Ces  pièces  sont 
symétriques,  et  dans  l’origine  elles  semblent 
avoir  été  formées  de  deux  parties  impaires, 
ce  que  prouve  la  ligne  ou  suture  médiane 
qu’on  y  remarque  d’avant  en  arrière.  Sou¬ 
vent  aussi  l’une  de  ces  lèvres  ou  l’infé¬ 
rieure  est  pourvue  d’appendices  latéraux, 
qui  leur  donnent  la  plus  grande  ressem¬ 
blance  avec  une  paire  de  mâchoires  réunies 
sur  la  ligne  médiane.  Les  mâchoires  sont  des 
pièces  latérales  ,  simples  ou  formées  de  plu¬ 
sieurs  parties,  et  qui  servent  à  la  préhension, 
à  la  trituration  des  aliments  et  souvent  aussi 
à  la  succion  ,  lorsqu’elles  ont  été  modifiées 
à  cet  effet  d’une  manière  ou  d’une  autre,  sui¬ 
vant  leur  degré  variable  de  complication.  On 
distingue  plus  particuliérement,  sous  le  nom 
de  mandibules ,  une  paire  de  mâchoires ,  la 
première  de  toutes,  qui  offre  d’ordinaire  une 
plus  grande  consistance,  et  semble  plus  par¬ 
ticulièrement  destinée  à  recevoir  les  ali¬ 
ments.  On  peut  même  dire  que,  dans  les 
Insectes,  les  mandibules  sont  dépourvues  de 
palpes ,  sortes  d’appendices  composés  de  plu¬ 
sieurs  articles ,  et  destinés  à  exercer  plus  ou 
moins  les  fonctions  de  doigts ,  ce  qui  leur  a 
valu  leur  nom,  tandis  que  les  mâchoires  en 
sont  presque  toujours  pourvues  ;  mais  si  l’on 
considère  cës  mêmes  parties  dans  différentes 


classes  d’animaux  articulés,  la  distinction 
n’est  plus  guère  admissible;  car,  dans  les 
Crustacés  et  les  Myriapodes  ,  les  mandibules 
elles-mêmes  sont  pourvues  de  palpes,  et  l’on 
en  trouve  aussi  les  rudiments  dans  les  man¬ 
dibules  de  quelques  Insectes.  On  pourrait 
donc  se  demander  pourquoi  les  mandibules 
ne  sont  pas  également  appelées  des  mâchoi¬ 
res  ,  et  quelle  différence  essentielle  il  peut  y 
avoir  entre  les  mâchoires  et  les  mandibules. 
Le  seul  moyen  de  les  distinguer  d’une  ma¬ 
nière  générale,  c’est  d’avoir  égard  à  la  posi¬ 
tion  des  mandibules  ,  qui  sont  toujours  pla¬ 
cées  au-devant  des  mâchoires,  immédiatement 
après  la  lèvre  supérieure,  ou  labre  des  ento¬ 
mologistes  ,  lorsque  cette  partie  ne  vient  pas 
à  manquer. 

Il  faut  remarquer  que  la  lèvre  supérieure 
est  la  seule  des  parties  de  la  Bouche  qui  ne 
supporte  pas  d’appendices  ;  encore  cette  dis¬ 
tinction  n’existe-t-elle  pas  si  l’on  a  égard  à  la 
composition  véritable  de  la  lèvre  inférieure, 
comme  nous  le  verrons.  Quoi  qu’il  en  soit, 
dans  l’état  actuel  de  la  science,  on  reconnaît 
des  palpes  maridibulaires ,  des  palpes  maxil¬ 
laires  (de  maxilla,  mâchoire),  et  des  palpes 
labiaux  (  labium ,  lèvre  inférieure  des  ento¬ 
mologistes).  Les  palpes ,  ou  appendices  des 
mâchoires  et  des  mandibules  ,  varient  de 
forme  ,  de  structure  et  de  nombre  ,  suivant 
les  classes ,  les  ordres  ou  les  familles  dans 
lesquels  on  les  examine.  Les  variations  de 
forme  sont  les  plus  réelles  ;  elles  portent  sur 
des  accidents  très  peu  importants  par  eux- 
mêmes.  Au  contraire,  les  variations  de  struc¬ 
ture  et  de  nombre  sont  plus  apparentes  que 
réelles  :  les  premières  ne  sont  pas  encore  par¬ 
faitement  reconnues  ;  les  secondes  semblent 
ne  tenir  qu’à  la  soudure  plus  ou  moins  pro¬ 
noncée  d’une  des  palpes  avec  le  corps  de  la 
mâchoire.  Ce  n’est  en  effet  qu’aux  mâchoires 
proprement  dites  que  le  nombre  des  palpes 
semble  varier  ;  il  reste  toujours  le  même  à  la 
lèvre  inférieure ,  qu’on  appelle  quelquefois 
une  autre  paire  de  mâchoires. 

A  l’égard  de  la  lèvre  inférieure ,  elle  n’est 
pas  toujours  pourvue  de  palpes  ;  il  existe  au 
contraire  des  groupes  d’animaux  articulés  où 
elle  en  est  dépourvue.  Dans  ce  dernier  cas , 
elle  n’en  est  pas  moins  formée  de  deux  par¬ 
ties  latérales  soudées  l’une  avec  l’autre, 
puisqu’elle  ne  diffère  de  ce  qu’elle  est  dans 
le  cas  précédent  que  par  l’absence  de  palpes* 


BOti 

De  même,  aussi,  la  lèvre  supérieure  doit  être 
regardée  comme  le  résultat  de  la  soudure  de 
deux  pièces  latérales  appliquées  l’une  à  l’au¬ 
tre  ;  elle  est  alors  dans  le  cas  de  la  lèvre  in¬ 
férieure  ,  lorsque  celle-ci  est  dépourvue  de 
palpes;  mais,  dans  son  état  le  plus  complet , 
la  lèvre  inférieure  se  compose  de  deux  par¬ 
ties  distinctes,  savoir,  la  languette  et  le  men¬ 
ton.  La  première  semble  formée  de  deux  m⬠
choires,  l’unedroite  et  l’autre  gauche,  réunies 
par  leur  bord  interne,  et  n’adhérant  quel¬ 
quefois  l’une  à  l’autre  que  par  une  portion 
de  leur  étendue  ;  la  seconde,  réunie  à  la  lan¬ 
guette  par  une  membrane  ,  est  plutôt  sem¬ 
blable  à  une  pièce  impaire ,  et  reproduit  en 
quelque  sorte  la  lèvre  supérieure.  Il  résulte¬ 
rait  de  cette  distinction  que,  dans  le  cas  d’une 
lèvre  supérieure  sans  palpe,  il  n’existerait 
que  la  portion  qui  correspond  au  menton , 
tandis  qu'une  lèvre  inférieure  palpigère  se¬ 
rait  la  réunion  d’une  paire  de  mâchoires  et 
du  menton,  ou  autrement  d’une  paire  d’ap¬ 
pendices  buccaux  à  l’état  complet ,  et  d’une 
autre  paire  restée  rudimentaire. 

Pour  résumer  ces  notions  générales  sur  la 
composition  de  la  Bouche  dans  les  Articulés, 
nous  dirons  qu’on  y  trouve  ordinairement  : 
1°  deux  lèvres,  l’une  en  dessus,  l’autre  en 
dessous  ;  2°  deux  mandibules ,  pourvues  ou 
non  de  palpes;  3°  des  mâchoires,  dont  le 
nombre  varie  suivant  les  classes  dans  les¬ 
quelles  on  les  étudie.  D’une  manière  plus 
générale  encore ,  on  peut  dire  que  la  Bouche 
est  formée  d’appendices  disposés  par  paires  et 
en  nombre  variable ,  suivant  les  classes  ,  et 
que  quelques  uns  de  ces  appendices  sont  res¬ 
tés  libres,  tandis  que  d’autres  se  sont  réu¬ 
nis.  Le  nombre  des  paires  d’appendices  buc¬ 
caux  varie,  suivant  que  les  segments  du 
corps  consacrés  à  la  manducation  sont  plus 
ou  moins  considérables  ;  car  on  peut  dire  en 
théorie  générale  qu’il  y  a  autant  de  segments 
au  corps  qu’il  y  a  d’appendices  buccaux , 
sans  que  pour  cela  tous  les  segments  doivent 
être  nécessairement  séparés.  C’est  une  pro¬ 
position  à  démontrer  en  étudiant  les  tégu¬ 
ments  et  la  peau  dans  les  animaux  articu¬ 
lés  ,  et  par  conséquent  ce  n’est  pas  ici  le  cas 
de  nous  y  arrêter. 

Il  nous  reste  encore  à  dire  en  deux  mots 
que  les  pièces  de  la  Bouche  se  présentent  chez 
les  Articulés  sous  deux  aspects  différents , 
suivant  qu’ils  sont  destinés  à  broyer  des  ali- 


BOU  679 

ments  solides  ou  à  sucer  des  liquides.  Ces 
deux  fondions  sont  remplies  par  des  orga¬ 
nes  dont  les  variations  portent  sur  la  forme 
plutôt  que  sur  le  nombre  des  parties.  Il  s’en¬ 
suit  qu’on  a  pu  retrouver  chez  les  Arti¬ 
culés  suceurs  exactement  les  mêmes  pièces 
que  chez  les  broyeurs,  et  la  comparaison 
de  ces  pièces ,  dans  les  uns  et  les  autres ,  a 
donné  les  résultats  les  plus  satisfaisants.  Nous 
les  exposerons  brièvement,  en  passant  en 
revue  les  parties  dont  se  compose  la  Bouche 
dans  les  différentes  classes  d’animaux  arti¬ 
culés. 

A.  Dans  les  Crustacés,  les  pièces  de  la  Bou¬ 
che  varient  en  nombre ,  suivant  les  familles. 
La  première  paire  a  reçu  ,  comme  nous  l’a¬ 
vons  dit,  le  nom  de  mandibules  ;  elle  est  sui¬ 
vie  de  deux  autres  paires,  qui  sont  appelées 
mâchoires.  Après  les  mâchoires  viennent 
quelquefois  plusieurs  autres  paires  de  pièces 
qui  servent  encore  à  la  déglutition  ou  à  la 
préhension  des  aliments  ;  c’est  ce  qui  a  lieu 
dans  les  Crabes  et  les  Écrevisses.  On  a  nommé 
ces  organes  des  pieds-mâchoires.  Dans  leur 
état  complet  de  développement,  çes  différents 
organes,  moins  peut-être  les  mandibules, 
sont  composés  de  trois  parties,  qu’on  dé¬ 
signe  sous  des  noms  particuliers.  La  portion 
la  plus  intérieure,  ordinairement  formée  de 
plusieurs  articles ,  porte  le  nom  de  tige.  En 
dehors  de  celle-ci  vient  le  palpe,  tantôt  n’ayant 
qu’un  seul  article,  et  tantôt  en  offrant  plu¬ 
sieurs.  Enfin  la  portion  la  plus  extérieure , 
appelée  le  fouet ,  se  présente  ordinairement 
sous  une  forme  simple.  De  ces  trois  parties, 
il  en  manque  quelquefois  une  ou  deux ,  ce 
qui  rend  difficile  la  détermination  des  pièces 
qui  existent  :  on  n’y  peut  arriver  que  par  la 
comparaison  des  mêmes  organes  dans  les 
différentes  familles  de  Crustacés. 

Les  organes  qui  servent  à  la  manducation 
dans  les  Crustacés  servent  quelquefois  en 
même  temps  aussi  à  la  locomotion  :  c’est  le 
cas  des  Limules  ,  chez  lesquelles  le  premier 
article  des  appendices  buccaux  sert  à  la  di¬ 
vision  des  aliments ,  tandis  que  les  articles 
suivants  sont  de  véritables  portions  de  pattes. 

Il  existe  en  outre,  dans  la  Bouche  des  Crus¬ 
tacés  ,  deux  parties  connues  sous  le  nom  de 
lèvres  :  l’une  supérieure ,  située  au  devant 
de  la  Bouche  en  forme  de  simple  saillie,  ou  de 
petite  lame  solide;  l’autre  inférieure,  ordi¬ 
nairement  bifide. 


BOli 


BO  U 


680 

Telles  sont  les  pièces  de  la  Bouche  dans 
les  Crustacés  broyeurs  ;  mais  dans  les  Crus¬ 
tacés  suceurs ,  qui  vivent  sur  d’autres  ani¬ 
maux  et  se  nourrissent  de  leurs  fluides ,  il  se 
présente  des  changements  à  la  Bouche.  Les 
pièces  médianes  ou  impaires ,  analogues  aux 
deux  lèvres,  s’allongent  et  se  réunissent  pour 
former  un  tube.  En  dedans  de  ce  tube  sont 
les  mandibules ,  sous  forme  de  tiges  grêles  , 
et  faisant  l’office  de  lancettes.  Les  mâchoires, 
devenues  inutiles ,  sont  rudimentaires  ou 
tout-à-fait  nulles.  Dans  ce  cas ,  les  appendi¬ 
ces  du  corps ,  appelés  pieds-mâchoires  dans 
les  Crustacés  à  bouche  plus  complète,  sont 
transformés  en  organes  de  locomotion.  Ils 
sont  terminés  en  crochet,  et  servent  alors  à 
fixer  l’animal  sur  sa  proie. 

B.  Dans  les  Arachnides ,  on  ne  trouve  plus 
que  trois  paires  de  pièces  à  la  Bouche,  savoir: 
les  mandibules  ou  forcipules  (de  forceps ) ,  les 
mâchoires  et  la  lèvre.  Cette  dernière  paire 
forme  une  pièce  médiane  et  unique  ;  les  deux 
autres  sont  composées  de  plusieurs  articles , 
savoir  :  deux  au  moins  pour  chaque  mandi¬ 
bule,  et  un  plus  grand  nombre  pour  les  m⬠
choires.  Il  y  a  de  grands  rapports  entre  les 
mâchoires  des  Arachnides  et  les  appendices 
buccaux  de  quelques  Crustacés  (Limules); 
ainsi  le  premier  article ,  dans  les  uns  comme 
dans  les  autres ,  est  seul  un  organe  de  man¬ 
ducation  ,  les  autres  ne  formant  plus  que  des 
articles  semblables  à  ceux  des  pattes  propre¬ 
ment  dites.  Les  mâchoires  des  Arachnides 
forment  donc  en  quelque  sorte  ,  avec  celles 
des  Limules ,  le  passage  entre  les  appendices 
de  la  manducation  et  ceux  de  la  locomotion 
dans  les  animaux  articulés. 

Les  mandibules  des  Arachnides  semblent 
avoir  pour  usage  de  donner  la  mort  aux  In¬ 
sectes  dont  ces  animaux  se  nourrissent;  c’est 
au  moins  ce  qui  a  lieu  dans  les  Araignées. 
Elles  se  composent  d’une  première  pièce  sur 
laquelle  se  meut  la  seconde  en  forme  de  cro¬ 
chet  ;  cette  dernière  est  percée  d’un  trou  pour 
le  passage  du  venin.  Dans  les  Scorpions ,  le 
venin  est  lancé  au  travers  du  dernier  an¬ 
neau  de  l’abdomen ,  transformé  en  crochet, 
et  les  mandibules  ne  sont  point  percées. 
Elles  forment  alors,  ainsi  que  dans  quelques 
genres  voisins,  une  pince  didactyle,  qui  pré¬ 
sente  les  deux  articles  déjà  connus,  mais  dis¬ 
posés  de  telle  manière  que  l’une  des  deux 
joue  sur  le  précédent.  Enfin,  dans  d’autres 


Arachnides  (les  Acarus),  les  mandibules  sont 
transformées,  ainsi  que  les  mâchoires,  en  un 
suçoir  qui  résulte  de  l’allongement  de  ces  ap¬ 
pendices  dont  les  articles  sont  réduits  en 
nombre.  Quelques  espèces  ont  même  la  Bou¬ 
che  tout-à-fait  dépourvue  d’appendices  et 
formée  d’une  simple  cavité. 

Les  mâchoires  offrent  dans  leur  forme  des 
variations  très  commodes  pour  caractériser 
les  différents  genres.  Elles  sont  ordinaire¬ 
ment  pourvues  d’un  palpe  dans  lequel  on 
compte  jusqu’à  5  articles.  Dans  le  groupe 
des  Aranéides ,  les  femelles  ont  le  dernier 
article  du  palpe  en  crochet.  Les  mâles  ont 
ce  même  article  plus  gros  que  les  autres  et 
renfermant  dans  son  intérieur  des  organes 
spéciaux ,  supposés  des  organes  de  généra¬ 
tion.  Dans  les  Scorpions  et  quelques  autres 
genres,  le  dernier  article  des  palpes  est  placé 
de  manière  à  former  avec  le  précédent  une 
pince  servant  sans  doute  à  saisir  la  proie. 

La  lèvre  est  très  variable  dans  sa  forme. 
Elle  présente  quelquefois  un  ou  deux  sillons 
en  travers,  ce  qui  indique  une  origine  com¬ 
plexe.  On  distingue  souvent  entre  cette  lè¬ 
vre  et  les  autres  pièces  de  la  Bouche  une 
partie  nommée  languette  ou  épichile ,  qui  varie 
également  beaucoup. 

G.  Dans  les  Myriapodes ,  comme  dans  les 
Arachnides,  on  trouve,  immédiatement  après 
le  bord  antérieur  de  la  tête,  appelé  aussi  le 
chaperon ,  une  paire  de  mandibules,  pour¬ 
vues  d’un  palpe  de  plusieurs  articles  (Sco¬ 
lopendre),  ou  d’un  article  unique  (Jules). 
C’est  une  disposition  commune  aux  Crusta¬ 
cés  et  aux  Myriapodes,  et  ce  n’est  pas  la  seule 
que  présentent  dans  la  structure  de  la  Bou¬ 
che  ces  deux  classes  d’animaux  articulés. 

Les  deux  paires  de  mâchoires  qui  font 
suite  aux  mandibules  dans  les  Myriapodes 
sont  soudées  entre  elles  et  constituent  une 
lèvre  unique ,  divisée  en  quatre  parties  par 
des  sutures  de  manière  à  laisser  reconnaître 
la  nature  de  cette  lèvre.  Ces  deux  paires  de 
mâchoires  portent  dans  les  Jules  des  rudi¬ 
ments  de  palpes ,  tandis  que  dans  les  Scolo¬ 
pendres,  les  mâchoires  de  la  seconde  paire  en 
sont  dépourvues.  Jusqu’ici  ces  trois  paires 
d’appendices ,  savoir ,  les  mandibules  et  les 
palpes,  correspondent  exactement  aux  pièces 
de  la  bouche  des  Arachnides  ;  mais  on  ob¬ 
serve  en  outre,  comme  dans  les  Crustacés, 
que  certains  appendices  du  corps ,  et  ordi- 


BOU 


681 


BOU 

nairement  les  deux  suivants,  servent  encore 
à  la  manducation.  Dans  ce  cas ,  le  premier 
article  de  chacun  de  ces  appendices,  s’il  agit 
de  manière  à  se  souder  plus  ou  moins  com¬ 
plètement  avec  celui  de  l’appendice  opposé, 
présente,  à  un  degré  plus  élevé,  la  même  dis¬ 
position  que  dans  les  mâchoires  des  Arachni¬ 
des  et  les  pieds-mâchoires  des  Crustacés.  Dans 
les  Jules,  ces  deux  sortes  de  pieds-mâchoires 
sont  plus  grêles  que  les  pattes  dont  ils  sont 
suivis.  Dans  les  Scolopendres ,  ces  mêmes 
pieds-mâchoires,  au  nombre  de  deux  paires, 
sont  également  plus  courts  que  les  pattes , 
mais  ceux  de  la  seconde  paire  se  font  re¬ 
marquer  par  le  fort  crochet  qui  les  termine 
et  qui  est  percé  d’un  trou  pour  le  passage 
du  venin ,  comme  cela  a  lieu  dans  les  man¬ 
dibules  des  Arachnides.  Cette  seconde  paire 
de  pieds-mâchoires  vient  recouvrir  et  refer¬ 
mer  la  cavité  buccale,  comme  les  derniers 
pieds-mâchoires  des  Crustacés. 

D.  Dans  les  Insectes  qui  se  rapprochent 
beaucoup  plus  des  Arachnides  articulés  par 
l’organisation  de  leur  Bouche  ,  les  appendi¬ 
ces  buccaux  sont  peu  nombreux  et  d’une 
grande  régularité  pour  le  nombre.  On  y  re¬ 
connaît  deux  lèvres ,  deux  mandibules  et 
quatre  mâchoires ,  puisque  nous  avons  vu 
que  l’une  des  deux  lèvres  peut ,  avec  beau¬ 
coup  de  probabilité,  être  regardée  comme 
une  paire  de  mâchoires.  Il  y  aurait  donc  en 
tout  une  seule  lèvre  et  trois  paires  de  m⬠
choires,  en  y  comprenant,  pour  plus  de  gé¬ 
néralité,  des  mandibules  qui  ne  sont,  à  pro¬ 
prement  parler,  que  des  mâchoires  dépour¬ 
vues  de  palpe.  Les  diverses  pièces  que  nous 
venons  d’énumérer  étant  fort  différentes, 
suivant  qu’on  les  examine  dans  un  insecte 
broyeur  ou  dans  un  insecte  suceur,  nous 
sommes  forcé ,  comme  nous  l’avons  fait  poul¬ 
ies  Crustacés  et  les  Arachnides,  de  les  dé¬ 
crire  séparément. 

1°  Dans  les  Insectes  broyeurs,  la  lèvre  su¬ 
périeure  ou  labre  est,  comme  dans  les  Crus¬ 
tacés,  une  pièce  impaire,  symétrique,  située 
en  avant  des  mandibules.  Elle  ferme  en  avant 
la  cavité  buccale  et  sert  sans  doute  aussi  à 
retenir  les  aliments  dans  cette  cavité.  Cepen¬ 
dant,  elle  est  quelquefois  très  peu  développée 
ou  même  elle  manque  tout-à-fait. 

Les  mandibules  sont  deux  appendices 
d’une  seule  pièce  et  doivent  être  considérées 
comme  les  premières  mâchoires  ;  car,  dans 

T.  II. 


certains  Coléoptères  (Brachélytres) ,  elles  of¬ 
frent  à  leur  base,  et  en  dehors,  une  petite 
lame  cartilagineuse  qui  ne  peut  être  que  l’a¬ 
nalogue  d’un  palpe,  et  l’on  ne  peut  s’en  ser¬ 
vir  que  dans  un  sens  très  limité  pour  dési¬ 
gner  la  première  paire  de  mâchoires  dans  les 
Insectes  broyeurs.  Cette  paire  d’appendices 
est  généralement  solide  et  pourvue  de  sail¬ 
lies  plus  ou  moins  fortes,  plus  ou  moins  ai¬ 
guës  ,  qu’on  a  appelées  dents,  bien  qu’elles 
n’en  méritent  pas  le  nom,  si  l’on  a  égard  au 
caractère  anatomique  de  la  dent,  tandis 
qu’elles  peuvent  le  conserver  si  l’on  envisage 
le  caractère  physiologique  ou  la  fonction  de 
cet  organe.  Il  est  d’ailleurs  à  remarquer  que 
la  forme  des  dents  ou  saillies  des  mandibules 
indique  assez  bien  le  régime  ou  le  genre  de 
nourriture  de  l’insecte ,  les  espèces  carnas¬ 
sières  ayant  les  dents  plus  aiguës  que  les 
espèces  herbivores ,  et  les  espèces  omnivores 
ayant  des  dents  intermédiaires  pour  la  forme 
et  le  développement  à  celles  des  Carnassiers 
et  des  Herbivores.  Les  mandibules  sont  les 
appendices  les  plus  développés  de  la  bouche 
dans  les  lames  des  Insectes  broyeurs.  Elles 
servent  plus  généralement  que  les  mâchoires 
à  opérer  la  division  des  aliments. 

D’ailleurs  les  mandibules  ne  sont  pas  tou¬ 
jours  des  organes  de  mastication.  Dévelop¬ 
pées  outre  mesure  dans  les  mâles  de  certains 
Insectes,  elles  deviennent  des  armes  puis¬ 
santes  soit  contre  les  autres  animaux ,  soit 
pour  mieux  contraindre  la  femelle.  Tel  est  le 
cas  du  Cerf-Volant  et  de  beaucoup  d’autres 
Coléoptères.  Dans  ce  grand  nombre  d’Hymé- 
noptères,  les  mandibules  servent  à  des  usa¬ 
ges  différents.  C’est  à  l’aide  de  ces  organes 
qu’ils  coupent  les  feuilles  des  arbres  et  qu’ils 
enlèvent  des  fragments  au  bois;  c’est  ainsi 
également  qu’ils  emportent  de  petites  pierres 
pour  la  construction  de  leur  nid  ,  ou  qu’ils 
saisissent  d’abord  la  proie  destinée  à  la  nour¬ 
riture  de  leurs  petits  pour  la  placer  ensuite 
entre  leurs  pattes. 

Les  mâchoires  proprement  dites  se  distin¬ 
guent  tout  d’abord  des  mandibules,  parce 
qu’elles  sont  pourvues  de  palpes  bien  déve¬ 
loppés  et  composés  ordinairement  de  plu¬ 
sieurs  articles.  Les  palpes  ressemblent  à  de 
petites  antennes,  et  cela  leur  a  même  valu  le 
nom  d’antennules  ( voy .  ce  mot),  par  lequel 
on  les  désigna  d’abord.  Quelquefois  il  y  a 
deux  palpes  bien  développés  à  chaque  mâ- 
43” 


682 


BOU 


BOU 


choire.  Est-ce  une  analogie  avec  les  m⬠
choires  des  Crustacés?  Les  mâchoires  sont 
d’ordinaire  moins  solides  que  les  mandibules, 
mais  il  y  a  des  exceptions  à  cet  égard.  Elles 
sont  pourvues  de  dents  acérées  dans  certains 
Insectes  carnivores.  On  peut  ordinairement 
reconnaître  trois  parties  dans  les  mâchoires 
des  Insectes ,  savoir  :  une  tige  ,  un  palpe 
interne  appelé  quelquefois  galette  (  yalea, 
parce  qu’il  emboîte  la  tige),  et  un  palpe  ex¬ 
terne  ,  qui  serait  le  fouet  des  Crustacés.  La 
tige,  ou  corps  de  la  mâchoire,  est  composée 
de  plusieurs  pièces  séparées  par  des  sutures, 
et  la  dernière  de  ces  pièces  est  terminée  quel¬ 
quefois  par  un  crochet  simple  ou  multiple. 
Dans  le  cas  de  crochets  multiples,  ils  sont 
tantôt  disposés  régulièrement  sur  une  seule 
rangée ,  et  tantôt  placés  sans  aucun  ordre. 
Dans  quelques  cas  les  mâchoires  s’allongent 
et  prennent  plus  ou  moins  la  forme  de  filets, 
comme  il  arrive  dans  la  plupart  des  Insectes 
suceurs.  Le  palpe  interne  est  composé  d’un 
seul  ou  tout  au  plus  de  deux  articles.  C’est 
dans  le  cas  d’un  seul  article  qu’il  a  été  appelé 
yalea,  nom  qui  désigne  particulièrement  le 
palpe  interne  des  Orthoptères.  Dans  un  grand 
nombre  de  Coléoptères,  le  palpe  interne  pa¬ 
raît  n’être  qu’un  simple  lobe  du  corps  de  la 
mâchoire  ;  c’est  même  le  nom  qu’on  leur 
donne  souvent.  Ce  lobe  est  armé  d’une  épine 
terminale  ou  revêtu  d’un  bouquet  de  poils. 
Dans  les  Coléoptères  carnassiers,  le  palpe  in¬ 
terne  esttout-à-fait  semblable  à  l’externe,  si 
ce  n’est  qu’il  n’a  que  deux  articles.  Le  palpe 
externe  varie  beaucoup  de  forme ,  au  moins 
son  dernier  article  en  fournit  à  la  classifica¬ 
tion  des  caractères  utiles.  Le  dernier  article 
est  quelquefois  renfermé  dans  le  précédent  en 
plus  ou  moins  grande  partie  et  ne  laisse  voir 
que  son  extrémité  (Coléoptères  subulipalpes). 
Le  nombre  des  articles  dont  se  compose  le 
palpe  externe  n’est  pas  le  même  dans  tous 
les  ordres  d’insectes  ;  ce  palpe  lui-même  pa¬ 
raît  manquer  dans  quelques  Névroptères  (Li¬ 
bellules),  où  l’on  ne  trouve  guère  qu’une 
pièce  correspondant  au  palpe  interne. 

La  lèvre  inférieure  est  une  pièce  impaire 
en  apparence,  qui  vient  clore  en  dessous  la 
cavité  buccale,  et  se  compose  des  deux  par¬ 
ties  appelées  la  languette  et  le  menton.  La 
languette,  formée  de  deux  mâchoires  plus  ou 
moins  intimement  réunies,  supporte  une  ou 
deux  paires  de  palpes,  et  présente  le  plus  or  • 


dinairement  à  sa  partie  moyenne  une  suture 
qui  la  divise  en  deux  moitiés.  C’est  dans  les 
Orthoptères  que  cette  languette  est  le  mieux 
développée  et  ressemble  le  plus  aux  mâchoi¬ 
res,  étant  comme  elles  formée  de  trois  par¬ 
ties  déjà  indiquées,  la  tige,  elles  deux  sortes 
de  palpes.  Dans  les  Coléoptères,  le  palpe  in¬ 
terne  manque  d’ordinaire ,  si  ce  n’est  dans 
quelques  espèces  où  il  paraît  remplacé  par 
deux  petits  lobes  membraneux  appelés  para - 
ylosses.  Ce  même  palpe  interne  est  très  déve¬ 
loppé  dans  quelques  Névroptères  (Libellules), 
où  il  porte  à  son  extrémité  le  palpe  externe 
formé  de  plusieurs  articles  serrés.  Le  men¬ 
ton  semble  être  l’analogue  de  la  lèvre  supé¬ 
rieure.  Il  adhère  à  la  languette  en  la  cou¬ 
pant  plus  ou  moins  à  la  base,  et  varie  beau¬ 
coup  sous  le  rapport  de  sa  forme  et  de  sa 
consistance.il  porte,  dans  quelques  ouvrages, 
le  nom  de  yanache ,  sous  lequel  Latreille  le 
désignait  souvent,  et  semble  avoir  pour  fonc¬ 
tion,  au  moins  dans  quelques  cas,  de  proté¬ 
ger  la  languette. 

Telle  est  la  disposition  de  la  Bouche  dans 
les  Insectes  essentiellement  broyeurs,  tels 
que  les  Coléoptères,  les  Orthoptères  et  les 
Névroptères.  D’autres,  sans  être  des  Insectes 
véritablement  broyeurs  ,  ont  cependant  en 
général  les  pièces  de  la  bouche  développées 
à  la  façon  de  ces  derniers.  C’est  le  cas  des  Hy¬ 
ménoptères.  Cependant  un  grand  nombre 
d'entre  eux  ont  les  deux  paires  de  mâchoires, 
ou  autrement  les  mâchoires  et  la  lèvre  in¬ 
férieure  ,  disposées  d’une  manière  spéciale. 
Ces  appendices  se  font  remarquer  par  leur 
forme  allongée,  qui  n’empêche  pas  d’y  recon¬ 
naître  les  mêmes  parties  que  dans  le  cas  or¬ 
dinaire.  Cependant  la  lèvre  inférieure  est 
quelquefois  plus  modifiée  que  les  mâchoires 
elles-mêmes,  et  se  compose  d’une  pièce  im¬ 
paire  ,  correspondant  au  menton  et  suppor¬ 
tant  cinq  pièces  bien  séparées,  savoir  :  lo  une 
pièce  impaire  et  médiane  de  forme  variable, 
qui  représente  le  corps  des  deux  mâchoires 
réunies  ;  2°  deux  pièces  moyennes  correspon¬ 
dant  aux  lobes  des  mâchoires  ou  à  leur  palpe 
interne,  ce  qui  est  la  même  chose  ;  3°  enfin  , 
deux  pièces  latérales  qui  sont  les  palpes  ex¬ 
ternes,  au  nombre  de  plusieurs  articles,  dont 
les  derniers  sont  beaucoup  plus  petits  que 
les  précédents.  La  forme  des  deux  paires  de 
mâchoires  est  d’autant  plus  allongée,  que 
les  Insectes  auxquels  elles  appartiennent  se 


BOL' 


BOU 


683 


nourrissent  plus  exclusivement  de  substances 
fluides.  Nous  avons  vu  plus  haut  que  les 
mandibules  des  Hyménoptères  ne  servent 
pas  toujours  à  la  manducation  ;  mais  cela 
n’est  pas  absolument  général,  comme  les 
Guêpes  et  quelques  autres  genres  nous  en 
donnent  la  preuve. 

2°  Dans  les  Insectes  suceurs  ,  les  pièces  de 
la  Bouche  sont  beaucoup  plus  modifiées  que 
dans  les  Hyménoptères,  et  cette  modification 
se  présente  dans  les  divers  ordres  à  des  de¬ 
grés  différents  ;  ainsi,  dans  les  Lépidoptères 
ou  Papillons,  les  mâchoires  proprement  dites 
constituent  une  trompe  fort  allongée  d’ordi¬ 
naire,  et  qui  s’enroule  en  spirale  dans  le  re¬ 
pos.  Cette  trompe  est  formée  de  deux  tubes 
appliqués  l’un  contre  l’autre,  et  creusés  ,  le 
long  de  leur  bord  interne,  d’une  rainure  qui 
donne  naissance,  avec  celle  du  côté  opposé, 
à  un  canal  continu.  C’est  par  ce  canal  mé¬ 
dian  que  doivent  monter  les  sucs  nutritifs 
pour  arriver  dans  la  Bouche.  Lorsqu’on  coupe 
en  travers  la  trompe  d’un  lépidoptère ,  on 
voit  très  distinctement  qu’elle  est  percée  de 
trois  tubes  ou  canaux.  Chacune  des  deux 
moitiés  de  cette  trompe  est  supportée  à  son 
origine  par  une  pièce  qui  représente  la  tige 
de  la  mâchoire;  la  trompe  serait  donc  l’équi¬ 
valent  du  palpe  interne  des  autres  Insectes. 
Enfin,  à  la  base  de  la  trompe  et  au  dehors, 
se  voit  un  rudiment  de  palpe  formé  de  plu¬ 
sieurs  petits  articles  ;  c’est  véritablement  le 
palpe  externe.  Au-dessous  de  la  trompe  se 
voit  la  lèvre  inférieure  ,  organe  impair,  plus 
ou  moins  divisé  ,  qui  supporte  une  paire  de 
palpes  ordinairement  très  gros,  composés  de 
plusieurs  articles  et  revêtu  de  poils  ou  d’é- 
cailles  très  visibles.  Ces  palpes  remontent  la 
plupart  du  temps  au-devant  de  la  tête  et  de 
chaque  côté  de  la  trompe.  Ils  sont ,  avec 
celles-ci,  les  seules  pièces  de  la  Bouche 
qu’on  aperçoive  aisément ,  les  autres  pièces , 
c’est-à-dire  la  lèvre  supérieure  et  les  mandi¬ 
bules,  n’existant  que  comme  de  simples  ves¬ 
tiges  ,  sous  forme  de  petites  pièces  triangu¬ 
laires,  et  hors  d’état  de  servir.  Dans  l’ordre 
des  Hémiptères  ,  la  transformation  des  pièces 
de  la  Bouche  est  plus  remarquable  encore. 
Les  mandibules  et  les  mâchoires  sont  repré¬ 
sentées  par  quatre  longues  soies,  dont  le  bout 
est  armé  de  poils  ou  de  petites  épines.  Ces 
soies  ont  pour  usage  de  pénétrer  dans  le  tissu 
des  anipiaux  ou  des  plantes ,  et  d’en  faire 


sortir  les  liquides  dont  se  nourrit  l’insecte. 
Ces  quatre  soies,  qui  sont  paires  et  situées 
deux  à  deux  ,  sont  dépourvues  de  palpes  et 
renfermées  dans  un  étui  formé  de  plusieurs 
articles ,  qui  constitue  la  lèvre  inférieure. 
Cet  étui  s’applique  dans  le  repos  le  long  de  la 
poitrine,  et  présente  dans  toute  sa  longueur 
une  fente  ou  seulement  une  suture  indi¬ 
quant  les  bords  de  la  lèvre  repliés  l’un  vers 
l’autre.  A  l’origine  de  cette  gaine,  on  remar¬ 
que  un  organe  impair ,  qui  pénètre  par  son 
extrémité  dans  l’intérieur  de  la  gaine  et  cor¬ 
respond  au  labre  ou  lèvre  supérieure.  Dans 
quelques  Hémiptères  (Nèpes),  on  aperçoit 
avant  l’extrémité  de  la  gaine  deux  petits  tu¬ 
bercules  qui  sont  regardés  comme  des  rudi¬ 
ments  de  palpes  labiaux.  Dans  les  Diptères  , 
les  pièces  de  la  Bouche  sont  modifiées  d’une 
autre  manière  ,  mais  on  peut  y  reconnaître, 
comme  dans  les  Hémiptères,  une  gaine  et  un 
suçoir.  La  gaine,  ou  trompe,  pour  les  entomo¬ 
logistes,  répond  à  la  lèvre  inférieure.  Elle  en¬ 
veloppe  le  suçoir  composé  de  plusieurs  pièces 
étroites  appelées  «oies,  qui  font  l’office  de  lan¬ 
cettes  et  servent  à  entamer  les  corps  d’où 
l’insecte  tire  sa  nourriture.  Ces  pièces  sont 
au  nombre  de  deux,  de  quatre  ou  de  six ,  les 
unes  paires,  les  autres  impaires.  La  soie  ou 
pièce  impaire  la  plus  antérieure  répond  à  la 
lèvre  supérieure  des  autres  Insectes.  Elle  est 
suivie  d’une  autre  pièce  impaire  qu’on  a 
comparée  à  la  langue ,  sorte  d’organe  situé  , 
dans  beaucoup  d’insectes,  entre  les  pièces  de 
la  Bouche,  mais  toujours  dans  l’intérieur  de 
cette  cavité.  Les  autres  pièces,  qui  sont  pai¬ 
res,  et  au  nombre  de  deux  ou  de  quatre,  re¬ 
présentent  les  mâchoires  et  les  mandibules  ; 
il  y  en  a  qui  sont  pourvues  de  palpes  et  cor¬ 
respondent  aux  mâchoires.  La  gaine  est  corm 
posée  souvent:  i<>  d’une  paire  de  pièces  im¬ 
paires  qui  leur  sert  de  support  et  peut  être 
comparée  au  menton  ;  2°  d’une  autre  pièce 
impaire  qui  supporte  souvent  des  palpes  de 
plusieurs  articles  et  très  développés  ;  3°  en¬ 
fin.  d’un  double  mamelon  qu’on  peut  re¬ 
garder  comme  l’analogue  du  lobe  intermé¬ 
diaire  de  la  lèvre  de  quelques  autres  Insectes. 

Ici,  comme  dans  les  Lépidoptères,  les  pal¬ 
pes  labiaux  sont  beaucoup  plus  développés 
que  les  maxillaires  ;  ils  servent  fréquemment 
en  classification  à  cause  de  la  grande  variété 
de  leurs  formes.  Enfin,  les  Puces,  qui  con¬ 
stituent  l’ordre  des  Suceurs  proprement  dits, 


684 


BOL1 


BOU 


ont  une  Bouche  assez  analogue  à  celle  des 
Diptères.  Elle  offre  en  avant  deux  pièces 
paires  analogues  aux  mandibules,  sans  lè¬ 
vre  supérieure  distincte  ,  puis  deux  soies  ou 
lames  représentant  les  mâchoires  et  pour¬ 
vues  d’un  palpe  de  plusieurs  articles ,  en¬ 
suite  deux  autres  lames  ou  soies  accompa¬ 
gnées  d’une  pièce  impaire  et  qui  seraient  la 
lèvre  inférieure  et  ses  appendices.  Enfin, 
une  petite  soie  impaire,  située  à  l’entrée  du 
pharynx,  représenterait  la  langue,  organe  qui 
semble  d’ailleurs  n’exister  que  dans  un  cer¬ 
tain  nombre  d’insectes. 

Il  resterait  à  considérer  quelques  ordres 
d’insectes  dont  la  Bouche  est  plus  ou  moins 
rudimentaire.  Tels  sont  les  Rhipiptères,  qui 
semblent  n’avoir  à  la  Bouche  que  deux  pe¬ 
tites  pièces  palpigères  ou  deux  mâchoires  ; 
les  Thysanoures  ,  qui  Sont  des  Insectes 
broyeurs,  et  les  Poux ,  parmi  lesquels  on  doit 
distinguer  les  Ricins,  Insectes  broyeurs,  tan¬ 
dis  que  les  Poux  proprement  dits  sont  des 
Insectes  suceurs.  Dans  tous ,  la  Bouche  est 
généralement  incomplète  et  présente  né¬ 
cessairement  des  parties  accolées,  et  d’autres 
soudées  et  réunies  entre  elles.  On  peut,  en  la 
considérant  ainsi,  la  faire  rentrer  dans  l’ex¬ 
plication  générale  que  nous  avons  donnée  des 
organes  dont  elle  se  compose.  (Brullé.) 

En  conchyliologie ,  on  donne  le  nom  de 
Bouche  à  l’ouverture  des  Coquilles  univalves 
par  laquelle  l’animal  sort  de  son  test.  Dans 
la  langue  des  marchands  et  des  amateurs,  on 
a  donné  ce  nom,  uni  à  un  nom  spécifique,  à 
certaines  Coquilles  dont  l’orifice  présente 
quelque  particularité  remarquable  ;  ainsi  ils 
ont  appelé  Bouche  a  droite  ou  a  gauche 
certaines  espèces  dont  la  volute  tournait  tan¬ 
tôt  à  droite,  tantôt  à  gauche  de  l’axe  spiral. 

B.  d’argent,  le  Turbo  àrgÿrostomus  L. 

B.  de  laIt  ,  le  Büicinurri  rusticum  Gm. 

B.  d’or,  le  Turbo  chrysostomus  L. 

B.  DOUBLÉ,  B.  DOUBLE  GRANULEUSE,  le  TrO~ 
chus  Labio  L. 

B.  jaune  ou  saéranée  ,  le  Buccinum  hœ- 
mastoma  L. 

B.  noire,  le  StrorhbUS  gibberülus  Lam. 

B.  sanglante  ,  le  Bulimüs  hcèttiaslomus  L. 

(C.  D'O.) 

BOUCHE  DE  LIÈVRE,  bot.  cr.  —  Sy¬ 
nonyme  vulgaire  de  MeHilius  cantarellus. 

BOUCHEFOUR.  ois.  —  Nom  Vulgaire  du 
Pouillot ,  Motaeillà  itàchilus  L. 


BOUCHRAIE  ou  BOUCRAIE.  ois. — 

Noms  vulgaires  de  l’Engoulevent  d'Europe. 

BOUCIROLLE.  ois.  —  Un  des  noms  vul¬ 
gaires  de  la  Bécassine  sourde. 

BOUCLIER,  poiss.— Ce  nom  a  été  donné 
à  plusieurs  espèces  de  Poissons  appartenant 
aux  genres  Cycloptère,  Spare ,  Lépadogastre 
et  Centrisque. 

BOUCLIER.  Silpha  (  sfatpvj ,  sorte  d’in¬ 
secte).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères  ,  famille  des  Clavicornes ,  fondé 
par  Linné  ,  et  aux  dépens  duquel  plusieurs 
autres  genres  ont  été  formés  depuis.  Celui 
des  Boucliers  proprement  dits,  tel  qu’il  a  été 
réduit  par  Fabricius  et  adopté  par  Latreille, 
qui  le  place  dans  sa  tribu  des  Peltoïdes  ,  se 
compose  des  seules  espèces  qui  ont  pour  ca¬ 
ractères  communs  :  Antennes  terminées  par 
une  massue  allongée  de  4  articles  perfoliés. 
Palpes  filiformes,  inégaux.  Mandibules  fortes 
et  aiguës.  Tête  inclinée ,  cachée  sous  le  pro¬ 
thorax  ;  celui-ci  dilaté  sur  les  côtés,  rétréci 
et  souvent  échancré  en  avant ,  large  et  pres¬ 
que  droit  en  arrière.  Élytres  plus  ou  moins 
arrondies  à  l’extrémité,  plus  ou  moins  con¬ 
vexes,  et  dont  les  bords  sont  relevés  en  gout¬ 
tière.  Pattés  courtes,  avec  les  quatre  premiers 
articles  des  tarses  antérieurs  dilatés  dans  les 
mâles.  La  forme  générale  de  ces  Insectes  est 
celle  d’un  bouclier  ovale,  ainsi  que  l’indi¬ 
que  leur  nom  français.  La  plupart  sont  de 
moyenne  taille,  de  couleur  noire  ou  sombre, 
et  tous  exhalent  une  odeur  nauséabonde  qui 
provient  de  leur  genre  de  nourriture.  En 
effet,  ils  ne  vivent  que  de  cadavres  en  putré¬ 
faction  et  d’excréments  ,  et  paraissent  desti¬ 
nés  par  la  nature  ,  surtout  leurs  larves ,  à 
purger  la  terre  des  immondices  que  la  des¬ 
truction  et  la  décomposition  des  êtres  orga¬ 
nisés  entraînent  sans  cesse  après  èlles.  Lors¬ 
qu’on  les  saisit,  ils  répandent,  par  la  bouche 
et  par  l’anus  ,  une  liqueur  noire  et  fétide , 
dont  l’usage  paraît  être  d’accélérer  le  ramol¬ 
lissement  des  chairs  dont  ils  se  nourrissent. 
Les  larves  se  rencontrent  sur  les  cadavres  en 
même  temps  que  l’insecte  parfait.  Elles  ont 
le  corps  aplati,  composé  de  12  segments, 
ayant  leurs  angles  postérieurs  aigus,  et  dont 
le  dernier  est  muni  de  deux  appendices  co¬ 
niques.  Elles  sont  très  agiles  et  s’enfoncent 
dans  la  terre  pour  subir  leur  métamorphose. 
Quelques  espèces  se  nourrissent  de  proie  vi¬ 
vante.  Telles  sôtft  entre  autres  la  Sitpha  qu& 


BOU 


685 


BOU 

drala  Lin.  (Bouclier  jaune  a  taches  noi¬ 
res  Geoff.  ),  et  la  Silpha  thoracica  Fabr. 
(  Bouclier  a  corselêt  jaune  Geoff.  ),  qui 
vivent  de  Chenilles  :  on  les  voit  souvent 
courir  sur  les  arbres  après  celles-ci  à  la 
première  apparition  des  feuilles.  D’autres 
espèces  grimpent  sur  les  plantes,  notamment 
sur  les  tiges  des  Blés ,  où  se  tiennent  de  pe¬ 
tites  Hélices  dont  elles  font  leur  nourriture. 

Leach  a  établi  dans  ce  genre  plusieurs  di¬ 
visions  ou  sous-genres ,  dont  il  serait  trop 
long  de  donner  ici  les  caractères.  M.  Dejean 
y  rapporte  36  espèces  ,  dont  7  d’Amérique  ,  4 
d’Afrique,  2  d’Asie,  et  le  reste  d’Europe. 
Toutes  ces  espèces  peuvent  être  séparées  en 
deux  groupes ,  comme  l’a  fait  M.  le  comte 
de  Castelnau  ,  savoir  :  celles  dont  le  corselet 
est  échâncré  antérieurement ,  et  celles  dont 
le  corselet  ne  présente  pas  cette  échancrure. 
Nous  citerons,  comme  type  du  premier,  la 
Silpha  americana  Fab.,  Oliv.,  2,  11,  4,  pl.  1, 
fig.  9  ;  et,  comme  type  du  second,  les  Silpha 
airata  Fab.,  punctala  Herb.,  col.  5,  pl.  51 , 
fig.  13.  Cette  dernière  se  trouve  dans  les  en¬ 
virons  de  Paris.  (D.) 

BOUCLIER,  moll.  —  Nom  vulgaire  de  la 
Palella  lestudinaria. 

BOUCLIER,  échin.  —  Ployez  clypeus  , 
genre  d’Oursins.  (P.  G.) 

BOUCLIER,  bot.  cr.  —  Nom  que  donne 
Paulet  à  YAgaricus  brevipes  de  Bulliard. 

(LÉv.) 

BOUCRAIE.  ois.  —  Voyez  bouciiraié. 

BOUDIN  NOIR.  bot.  cr.  —  On  nomme 
ainsi ,  dans  l’Inde ,  une  espèce  de  Bolet  qui 
est  fort  agréable  au  goût.  Elle  porte  égale¬ 
ment  le  nom  de  Tripan .  (LÉv.) 

BOUDRINE.  bot.  ph.  —  Nom  du  Blé  er¬ 
goté  ,  dans  quelques  uns  de  nos  départe¬ 
ments. 

BOUE.  géol. — C’est  vulgairement  le  mé¬ 
lange  plus  ou  moins  pâteux ,  avec  l’eau,  de 
tous  les  débris  que  le  broiement  et  la  dé¬ 
composition  produisent  à  la  surface  du  sol. 
L’accumulation  de  matières  semblables  sur 
le  fond  de  cavités  ou  bassins  remplis  d’eau 
stagnante  est  plus  particulièrement  désignée 
sous  le  nom  de  Vase .  La  Boue  entraînée 
dans  les  fleuves,  les  lacs  ou  la  mer,  y  est  dé¬ 
layée,  et  les  particules  qui  la  composent  sé¬ 
parées  d’abord  ,  puis  déposées  en  raison  de 
leur  pesanteur  spécifique  ,  contribuent  à  la 
formation  des  Sédiments .  Voyèi  eè  mot. 


Des  mélanges  boueux,  plus  ou  moins  ana¬ 
logues  par  leur  consistance  et  leur  composi¬ 
tion  à  ceux  qui  se  forment  journellement 
sous  nos  yeux  ,  sortent  de  l’intérieur  de  la 
terre  à  la  manière  des  sources  et  des  matiè¬ 
res  volcaniques  ;  telles  sont  les  Boues  miné¬ 
rales  que  déposent  les  eaux  de  certaines  fon¬ 
taines,  et  qui  avec  des  matières  argileuses 
contiennent  une  assez  grande  quantité  de 
Soufre  et  de  matière  animale.  Tels  sont  les 
volcans  de  Boue  ou  Salses  des  environs  de  Mo- 
dène,  de  Maralouba  en  Sicile,  de  Bakou  prés 
de  la  mer  Caspienne ,  de  File  de  Java ,  de 
Turbaco  en  Amérique,  etc. 

Parmi  les  phénomènes  volcaniques  on  cite 
souvent  des  éruptions  boueuses  ;  les  unes 
proviennent  du  mélange  des  eaux  pluviales 
ou  de  la  neige  fondue  avec  les  cendres  volca¬ 
niques  qu’elles  entraînent.  C’est  sous  une 
Boue  de  cette  sorte  que  Pompeia  et  Hercula- 
num  paraissent  avoir  été  ensevelis  en  79  lors 
de  la  célèbre  éruption  du  Vésuve ,  qui  fut 
cause  de  la  mort  de  Pline. 

Dans  d’autres  cas,  des  émissions  boueuses 
sont  sorties  de  l’intérieur  même  des  monta¬ 
gnes  volcaniques.  On  rapporte  qu’en  1797 
une  grande  surface  du  sol  et  un  village  au¬ 
près  de  Rio-Bamba  furent  recouverts  par  une 
Boue  noire  que  dans  le  pays  on  désigne  sous 
le  nom  de  Moya.  Voyez  ce  mot  et  éruption, 
VOLCANS.  (C.  P.) 

BOUFFE,  zool.  —  Métis  du  Barbet  et  dé 
l’Épagneul.  Voyez  chien.  —  C’est  aussi  un 
des  noms  vulgaires  de  la  Raie  bouclée. 

BOUFFRON.  moll.  —  Nom  vulgaire  de  la 
Sèche  sur  nos  côtes. 

BOUGAINVILLEA  (  Bougainville ,  célè¬ 
bre  navigateur  français  ;  c’est  donc  par  erreur 
que  quelques  auteurs  ont  écrit  Buguin-Bu- 
gin,  Bugetwillcea).  bot.  ph.  — Genre  fort  re¬ 
marquable  de  la  famille  des  Nyctaginacées , 
formé  par  Commerson  ,  et  caractérisé  prin¬ 
cipalement  par  un  involucre  triphylle ,  co¬ 
loré  ,  triflore  ;  chaque  nervure  médiane  de  la 
foliole  portant  une  fleur  à  sa  base  ;  un  périgone 
corollacé,  tubulé,  rétréci  à  la  gorge,  à  limbe 
court,  plissé,  persistant  obscurément,  6-10 
denté.  Étamines  7-8,  libres,  incluses  ;  akène 
monosperme,  anguleux,  libre,  caché  par 
l’involucre  persistant.  —  Ce  g.  ne  renferme 
que  2  esp.  :  ce  sont  des  arbrisseaux  indigènes 
de  l’Amérique  tropicale,  à  feuilles  alternes, 
ovales,  lancéolées-acuminées ,  munies  d’épis 


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BOL 


BOU 


nés  en  crochets  axillaires ,  à  pédoncules  axil¬ 
laires  et  terminaux ,  simples  ou  divisés  au 
sommet.  L’une  d’elles,  le  B.  spectabilis ,  mé¬ 
rite  ce  nom  en  raison  du  magnifique  aspect 
qu’offrent  au  printemps  ses  milliers  de  fleurs 
roses  (involucre),  quand  il  est  palissé  sur  le 
mur  d’une  serre ,  qu’il  parvient  à  couvrir, 
quelle  que  soit  l’étendue  de  celle-ci ,  en  fort 
peu  d’années.  (G.  L.) 

^BOUGAINVILLÉE.  Bugainvillœa  (Bou¬ 
gainville,  célèbre  navigateur  français),  acéph. 
—  Genre  établi  par  M.  Lesson  dans  la  hui¬ 
tième  tribu  de  ses  Béroïdes ,  pour  un  aca- 
lèphe  qu’il  avait  précédemment  réuni  aux 
Cyanées,  et  dont  M.  Brandt  a  fait  le  genre 
Hippocrène.  Voyez  ce  mot.  (Duj.) 

BOUGRAINE  ,  BOUGRANE  ou  BU- 
GRANE.  bot.  pu.  —  Noms  vulgaires  des 
Gnonis  aryensis  et  spinosa  :  le  dernier  est 
même  attribué  à  tout  le  genre. 

BOUGRANE.  bot.  ph. — Voyez  bougràine. 

*BOUGUERIA  (nom  propre),  bot.  fh.  — 
Genre  de  la  famille  des  Plantaginacées,  formé 
par  Decaisne  (  JYouv .  ann.  sc.  nat.,  V,  132) 
pour  une  plante  des  Andes  herbacée,  vivace, 
haute  à  peine  de  quelques  centimètres ,  ga- 
zonnante  ;  à  racines  charnues  ;  à  feuilles  li¬ 
néaires,  très  entières,  subcharnues,  glabres  ; 
les  plus  jeunes  revêtues  d’une  pubescence 
blanche  ;  à  fleurs  polygames  ,  hermaphrodi¬ 
tes,  capitées  ;  celles-ci  sans  ordre,  mêlées  aux 
femelles  sur  les  mêmes  épis  ,  et  munies  de 
bractées  larges.  Le  calice  est  velu ,  4-parti , 
persistant  ;  la  corolle  hypogyne  ,  tubuleuse, 
scarieuse  ;  une  seule  étamine ,  à  filament 
longuement  exsert,  ainsi  que  le  style  à  an¬ 
thère  biloculaire.  Le  fruit  est  un  nucule  os¬ 
seux,  monosperme,  comprimé,  costé  ;  graine 
*  peltée,  réniforme.  (G.  L.) 

BOUILLARD.  ois.  —  Nom  vulgaire  du 
Ghevalier  aux  pieds  rouges,  Scolopax  ca- 
lidris. 

BOUILLARD.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
du  Bouleau  commun. 

BOUILLON,  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire  et 
inusité  des  espèces  du  genre  Molène  natu¬ 
relles  à  la  France  ;  on  n’a  conservé  ce  nom 
qu’à  la  Molène  officinale ,  Verbascum  thap- 
sus ,  qui  s’appelle  Bouillon  blanc  ,  et  au 
V.  nigrum  ,  qui  porte  le  nom  de  Bouillon 
noir.  Voy.  molène.  On  appelle  encore  Bouil¬ 
lon  sauvage  le  phlomis  fruticosa  L.  V oy . 

fSLOMIDEt  (C.  d’O.) 


BOUILLOT.  bot.  ph.  —  Nom  provincial 
de  la  Camomille,  Anthémis  cotula. 

BOUIS.  bot.  ph.  —  Voyez  buis. 

BOULA,  bot.  cr.  —  Synonyme  de  Bo¬ 
let.  Mot  dont  on  se  sert  dans  quelques  pays 
de  la  France  pour  désigner  le  Boletus  nngu- 
lalus  de  Bulliard.  (LÉv.) 

*BOUL  AN  GÉRITE ,  Taulow  (nom  d’hom¬ 
me).  min. — Nouvelle  espèce  de  Sulfure  d’An- 
timoine  et  de  Plomb.  Voy.  sulfures.  (Del.) 

BOULBOUL.  ois.  —  Voyez  eoubout. 

BOULE  DE  NEIGE,  bot.  ph.— Nom  vul¬ 
gaire  d’une  variété  de  la  Viorne  obier ,  Vi- 
burnum  opulus,  à  fleurs  stériles  et  ramassées 
en  boule. 

*BOULE  DE  NEIGE  ou  CHAMPIGNON 
DES  BRUYÈRES,  bot.  cr.  —  Espèce  d’A- 
garic  ainsi  nommée  à  cause  de  sa  forme 
et  de  sa  couleur.  C’est  la  variété  de  YAga- 
ricus  campestris  L.,  qui  croît  dans  les  forêts, 
ou  VAgaricus  sylvicola  de  Fries.  (LÉv.) 

BOULÉ,  ois.  —  Nom  vulgaire  du  Pluvier 
à  collier,  Charadrius  hialiculas  L. 

BOULEAU.  Betula  (de  betu ,  nom  celte  de 
l’arbre ,  selon  les  uns  ;  mais  plutôt  de  ba¬ 
nda  ,  verge  ,  de  batuo  ,  je  frappe),  bot.  ph. — 
Genre  type  de  la  famille  des  Bétulacées , 
formé  par  Tournefort  (Inst. ,  t.  360),  et  com¬ 
prenant  35  à  40  espèces,  répandues  dans  les 
forêts  de  l’Europe  et  de  l’Asie  boréale  et  mé¬ 
diane,  un  peu  plus  nombreuses  encore  dans 
l’Amérique  septentrionale ,  rares  dans  les 
montagnes  du  Pérou  et  de  la  Colombie,  ainsi 
que  dans  celles  de  l’Inde  (Népaul  ).  Ce  sont 
des  arbres  ou  des  arbrisseaux  à  feuilles  en¬ 
tières  ,  annuelles  ;  à  bourgeons  pérulés,  ren¬ 
fermant  les  jeunes  feuilles  plissées ,  équitan- 
tes  ;  à  chatons  cylindriques,  grêles,  dont  les 
mâles  latéraux  et  terminaux,  nus  en  hiver  ; 
les  femelles  latéraux  pérulés.  (  V oy.  bétula¬ 
cées,  pour  les  caractères  génériques).  Les 
Bouleaux  se  plaisent  dans  les  contrées  hy- 
perboréennes ,  en  Europe  et  en  Asie ,  par 
exemple  ;  là,  l’un  d’eux,  le  B.  alba ,  forme  à 
lui  seul  des  forêts  entières.  De  tous  les  ar¬ 
bres  ,  il  est  celui  qui  craint  le  moins  les  ri¬ 
gueurs  du  froid  ;  mais  plus  il  avance  vers  le 
pôle,  moins  il  s’élève  :  il  est  alors  de  plus  en 
plus  rabougri,  noueux  ;  ses  feuilles  sont  pe¬ 
tites  ,  plus  rares  ;  enfin,  vers  le  70e  degré,  il 
cesse  de  croître.  Dans  les  montagnes ,  en 
Suisse  ,  dans  les  Alpes ,  etc. ,  dans  le  Né¬ 
paul,  les  Cordillières,  etc.,  il  s’arrêtera  l’étal 


BOU 


BOU 


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nain ,  à  peu  de  distance  des  neiges  perpé¬ 
tuelles.  Les  Bouleaux  sont  d’une  grande  uti¬ 
lité  dans  l'économie  domestique,  malgré  le 
peu  de  dureté  de  leur  bois  ,  qui  sert  surtout 
à  chauffer  les  fours  en  raison  de  sa  propriété 
de  produire  de  grandes  flammes.  On  en  fait 
des  perches  commodes,  mais  de  peu  de  du¬ 
rée  ;  les  jeunes  branches  du  Bouleau  blanc 
servent  à  faire  des  balais  :  on  fabrique  un 
assez  bon  papier  avec  les  diverses  enveloppes 
de  son  écorce.  Les  Groenlandais ,  les  Kamt- 
chadales ,  etc. ,  couvrent  leurs  cabanes  avec 
cette  écorce  ;  ils  s’en  nourrissent  quand  elle 
est  nouvelle,  s’en  font  des  chaussures  quand 
elle  est  vieille;  les  Russes ,  les  Suédois,  etc., 
savent  tirer  de  son  tronc  une  liqueur  fermen¬ 
tée  ;  enfin  son  écorce  possède  encore  des  ver¬ 
tus  essentiellement  fébrifuges.  De  plus,  ces  jo¬ 
lis  arbres  ornent  bien  les  jardins  paysagistes, 
et  à  cet  effet  on  en  cultive  un  grand  nombre 
d’espèces  dans  les  pépinières.  Le  bois  du 
Bouleau  noir,  par  exception ,  est  fort  dur  et 
excellent  pourles  constructions  ;  on  le  trouve 
dans  l’Amérique  du  Nord.  (C.  L.) 

BOULEAU  DE  CONSTANTINOPLE. 
bot.  ph.  —  Nom  vulgaire  de  l’Aune  à  feuil¬ 
les  oblongues,  Alnus  oblongaia. 

BOULESIA.  bot.  pii. —  Voyez  bowlesia. 

BOULET,  bot.  cr.  —  Mot  altéré  ,  et  qui, 
dans  quelques  patois  de  la  France,  sert  à  dé¬ 
signer  les  Bolets.  (Lév.) 

BOULET  DE  CANON.  bot.  ph.  —  Syno¬ 
nyme  vulgaire  de  Couroupite. 

BOULETTE,  bot.  ph. — Nom  vulgaire  des 
espèces  du  genre  Echinops  ;  on  l’a  conservé 
en  horticulture  à  Y  Echinops  ritro ,  qu’on  ap¬ 
pelle  Boulette  azurée. 

BOULEVART.  bot.  cr.  —  Ployez  boule- 
vert.  (Lév.) 

BOULEVERT.  bot.  cr.  —  Espèce  de 
Bolet  qu’on  appelle  ainsi  dans  le  départe¬ 
ment  de  la  Nièvre,  à  cause  de  sa  forme  et  de 
la  couleur  verte  de  ses  pores.  Ce  Bolet  est 
comestible;  il  appartient  à  la  famille  des 
Cèpes  mousseux  de  Paulet.  (Lév.) 

BOULEZ,  bot.  cr.  —  Nom  ancien  qu’on 
retrouve  encore  dans  quelques  pays  de  la 
France,  et  qui  sert  à  désigner  l'Oronge  fran¬ 
che,  Agaricus  cœsareus  Schæff.  (LÉv.) 

BOULIGOULE  et  BOULIGOULOU.  bot. 
cr.  —  Voyez  baligoule.  —  On  donne  aussi 
quelquefois  le  même  nom  à  la  Chanterelle  , 
Camharellus  citarius  F.  (Lév.) 


’BOUPIION,  et  non  BUPHONE,  Herb. 

(j3ov<pov£w,  je  tue  les  boeufs  ;  les  bulbes  de  ces 
plantes  possèdent  des  qualités  vénéneuses). 
bot.  pii.  —  Genre  de  la  famille  des  Amaryl¬ 
lidacées  ,  tribu  des  Amaryllidées ,  formé  par 
Herbert  (  Bot.  mag. ,  t.  2578)  aux  dépens  de 
quelques  espèces  de  Brunswigia  et  d ’Hœnan- 
thus ,  non  adopté  et  regardé  comme  une  des 
sections  du  premier  de  ces  deux  genres. 
V oyez  brunswigia.  (C.  L.) 

BOUQUET.  Serlulum.  bot.  —  On  donne 
ce  nom  aussi  bien  que  celui  de  Seriale  à  un 
certain  mode  d’inflorescence  dans  lequel  des 
pédoncules  uniflores,  partant  d’un  même 
point,  arrivent  à  peu  près  à  la  même  hauteur, 
comme  dans  les  Primevères,  les  Aulx,  etc. 
Quelques  botanistes  regardent  la  Sertule 
comme  une  ombelle  simple.  (C.  d’O.) 

BOUQUET  PARFAIT,  B.  TOUT  FAIT. 
bot.  ph.  —  Nom  vulgaire  de  l’Œillet  barbu, 
Dianthus  barbatus. 

BOUQUETIN,  mam.  —  Voyez  ciievre. 

BOUQUETTE.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
du  Sarrasin  ,  Polygonum  bagopyrum.  Voyez 

RENOUÉE. 

BOUQUIN,  mam.  —  Nom  du  mâle  dans 
l’espèce  Lièvre,  en  usage  dans  le  langage  des 
chasseurs.  On  donnait  encore  ce  nom  au 
Bouc  en  vieux  français. 

BOUQUIN  BARBE,  bot.  cr. — On  nomme 
ainsi ,  dans  quelques  endroits  de  la  France, 
la  Clavaire  coralloide  ,  Clavaria  coralloides 
L.,  parce  qu’on  lui  trouve  quelque  ressem¬ 
blance  avec  la  barbe  d’un  Bouc.  (Lév.) 

BOURBONNAISE,  bot.  ph.  —  Nom  vul¬ 
gaire  de  la  variété  à  fleurs  doubles  de  la 
Lyclmis  viscaria. 

BOURDAINE  ou  BOURGÈNE.  bot.  ph. 

—  Noms  vulgaires  du  Rhamnus  frangula  L. 
Voyez  NERPRUN. 

BOURDON.  Bombas,  ins.  —  Genre  de  la 
famille  des  Mellifères  ,  de  l’ordre  des  Hymé¬ 
noptères,  établi  par  Latreille,  et  adopté  par 
Fabricius  et  tous  les  naturalistes.  Les  Bour¬ 
dons  sont  remarquables  par  leur  corps  fort 
gros  et  très  velu  ;  leur  lèvre  inférieure  est 
presque  cylindrique,  et  constitue,  avec  les  au¬ 
tres  parties  de  la  bouche ,  une  fausse  trompe 
presque  aussi  longue  que  le  corps  quand  elle 
est  déployée;  leurs  antennes  sont  filiformes 
et  vibratiles ,  et  leurs  ailes  antérieures  pré¬ 
sentent  une  cellule  radiale  assez  grande  et 
quatre  cellules  cubitales.  —  On  connaît  un 


BOU 


BOÜ 


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certain  nombre  d’espèces  de  ce  genre,  tant 
européennes  qu’exotiques  ;  les  plus  remar¬ 
quables  dans  notre  pays  sont  les  B.  lapidu- 
rius  [Apis  lapidaria  Lin.),  B.  horlorum  ( Apis 
horlorurn  Lin.),  B.  lerreslris  (Apis  ter  revins 
Lin.),  etc.  Voyez  pour  les  mœurs  de  ces 
Insectes  l’article  bombites  et  surtout  l’art. 
îwellifÈres.  (Bl.) 

BOURDON  DE  SAINT  JACQUES,  bot. 
pii.  —  Nom  vulgaire  de  la  Guimauve ,  Alcea 
rosea  L. 

BOURDONNEURS.  ois.  — Les  habitants 
de  nos  colonies  ont  donné  ce  nom  aux  Coli¬ 
bris  et  aux  Oiseaux-Mouches ,  à  cause  du 
bruit  sourd  et  monotone  qu’ils  produisent  en 
volant. 

BOURG -ÉPINE  et  BOURGUE-ÉPÏNE. 

bot.  ph. — Noms  vulgaires  appliqués  indiffé¬ 
remment  au  Filaria  et  à  l’Alaterne. 

BOURGÈNE.  bot.  pii.  —  Voyez  bour¬ 
daine. 

BOURGEON.  Gemma,  bot.  ph. — On  ap¬ 
pelle  ainsi  des  corps  ordinairement  ovoides- 
allongés  ,  qui  se  développent  sur  différentes 
parties  des  végétaux,  et  particulièrement  sur 
la  tige  soit  aérienne,  soit  souterraine,  et  qui 
par  leur  évolution  donnent  naissance  aux 
branches  et  aux  rameaux.  Certains  Bour¬ 
geons  ont  reçu  des  noms  particuliers.  Ainsi, 
on  appelle  limon  le  Bourgeon  qui  naît  cha¬ 
que  année,  au  printemps,  delà  souche  ou 
tige  souterraine  des  plantes  à  racine  Yivace, 
comme  dans  l’Asperge,  le  Houblon,  les  Asters 
et  toutes  les  autres  plantes  herbacées  viva¬ 
ces.  On  donne  le  nom  de  bulbe  à  un  Bourgeon 
particulier,  qu’on  n’observe  que  dans  cer¬ 
taines  plantes  monocotylédonées  ;  il  naît  éga¬ 
lement  d’une  souche  souterraine,  ordinai¬ 
rement  mince  et  plane,  qu’on  nomme  le  pla¬ 
teau.  C’est  le  même  organe  qu’on  appelle 
vulgairement  Yognon.  Les  bulbilles  sont  aussi 
une  sorte  de  Bourgeon  particulier  à  certai¬ 
nes  plantes  et  qui  ont  la  plus  grande  analogie 
avec  les  bulbes  proprement  dits.  Voy.  bulbe, 

BULBILLE,  TURION. 

Nous  nous  occuperons  spécialement  ici  des 
Bourgeons  proprement  dits,  c’est-à-dire  de 
ceux  qui  se  développent  sur  la  tige  et  sur 
ses  ramifications  aériennes,  particulièrement 
dans  les  arbres  djcotylédonés.  Leur  forme 
est  en  général  OYOïde-allongée,  comme  nous 
l’avons  dit  précédemment,  mais  elle  est  su¬ 
jette  à  varier  ;  ainsi ,  les  Bourgeons  de  la 


vigne  sont  ovoïdes  et  globuleux ,  tandis  que 
ceux  du  charme  sont  allongés  et  presque  li¬ 
néaires. 

Examinés  à  l’extérieur,  les  Bourgeons  sont 
formés  d’écailles  appliquées  les  unes  sur  les 
autres ,  se  recouvrant  en  partie  à  la  manière 
des  tuiles  d’un  toit,  quelquefois  recouvertes 
à  l’extérieur  d’un  enduit  de  matière  pois¬ 
seuse  et  garnies  à  la  face  interne  d’un  duvet 
cotonneux.  De  semblables  Bourgeons  se  re¬ 
marquent  surtout  dans  les  arbres  des  cli¬ 
mats  froids  ,  dont  la  jeune  pousse  qu’ils 
contiennent  a  besoin  d’être  défendue  pen¬ 
dant  l’hiver  contre  le  froid  et  l’humidité. 
Une  disposition  analogue  s’observe  dans 
quelques  arbres  des  régions  tempérées  ou 
chaudes  du  globe,  et  l’on  a  généralement  re¬ 
marqué  que  ce  sont  les  seuls  qu’on  puisse 
acclimater  dans  les  pays  plus  froids. 

En  général,  il  se  développe  chaque  année 
un  seul  Bourgeon  à.  l’aisselle  de  toutes  les 
feuilles.  Parmi  ces  Bourgeons,  il  en  est  tou¬ 
jours  un  qui  termine  la  branche  ou  la  tige, 
et  qu’on  nomme  Bourgeon  terminal.  C’est 
lui  qui  par  son  élongation  est  destiné  à 
continuer  la  tige  ou  la  branche.  Dans  les  ar¬ 
bres  à  feuilles  opposées ,  ce  Bourgeon  termi¬ 
nal  occupe  réellement  le  sommet  de  la  tige  ; 
il  est  placé  entre  les  deux  dernières  feuilles, 
qui  chacune  offrent  aussi  un  Bourgeon  axil¬ 
laire  ;  mais  le  Bourgeon  terminal,  plus  vigou¬ 
reux,  est  en  général  le  seul  qui  se  développe. 
Dans  les  arbres  à  feuilles  alternes,  le  Bour¬ 
geon  est  réellement  latéral,  bien  qu’il  semble 
terminer  la  branche.  Généralement  on  ne 
trouve  qu’un  seul  Bourgeon  à  l’aisselle  de 
chaque  feuille  :  cependant  il  en  existe  quel¬ 
quefois  deux  ou  plusieurs  ;  dans  l’Abricotier, 
par  exemple. 

Les  Bourgeons  commencent  à  se  montrer 
à  l’aisselle  des  feuilles ,  dès  que  celles-ci  ont 
pris  tout  leur  développement.  Us  sont  alors 
excessivement  petits,  parce  qu’ils  reçoivent 
très  peu  de  nourriture ,  les  feuilles  détour¬ 
nant  à  ieur  profit  tous  les  sucs  nutritifs. 
Dans  cet  étal,  on  les  nomme  yeux.  Au  mo¬ 
ment  de  la  chute  des  feuilles  ils  sont  déjà  un 
peu  plus  développés.  Us  grossissent  et  pren¬ 
nent  en  général  la  forme  qu’ils  doivent  con¬ 
server  pendant  l’automne.  Beaucoup  d’au¬ 
teurs  les  désignent  alors  sous  le  nom  débou¬ 
tons.  Us  restent  stationnaires  pendant  l’hiver, 
époque  où  dans  nos  climats  la  végétation  pa- 


BOU 


BOU 


689 


rail  complètement  endormie.  Ce  n’est  qu’au 
printemps,  qu’au  moment  où  le  retour  de  la 
chaleur  semble  donner  une  vie  nouvelle  aux 
végétaux,  qu’ils  se  gonflent,  se  dilatent  ;  leurs 
écailles  s’écartent  et  mettent  à  nu  la  jeune 
pousse  qu’elles  recouvraient ,  et  qui  bientôt 
va  se  convertir  en  une  nouvelle  branche. 

Assez  généralement  les  écailles  extérieures 
du  Bourgeon  tombent  au  moment  où  la 
jeune  pousse  se  développe  ;  d’autres  fois,  au 
contraire ,  ces  écailles  persistent ,  parce 
qu’elles  sont  formées  par  des  organes  non 
déformés.  D’après  la  nature  et  l’origine  va¬ 
riées  de  ces  écailles,  on  a  distingué  les  Bour¬ 
geons  de  la  manière  suivante  : 

1°  Bourgeons  foliacés  ,  ceux  dont  les  écail¬ 
les  ne  sont  que  des  feuilles  incomplètement 
développées ,  réduites  à  de  faibles  propor¬ 
tions  ,  mais  qui  néanmoins  peuvent ,  dans 
certaines  circonstances ,  reprendre  le  carac¬ 
tère  de  feuilles;  celles  des  Bourgeons  des 
Daphnés ,  par  exemple. 

2°  Bourgeons  pétiolacés,  quand  la  jeune 
pousse  est  protégée  par  la  base  persistante 
du  pétiole  de  la  feuille  à  l’aisselle  de  laquelle 
le  Bourgeon  s’est  formé.  Tantôt  le  pétiole  est 
creusé  en  gouttière  à  sa  base,  tantôt  la  jeune 
pousse  est  renfermée  dans  l'intérieur  même 
du  pétiole  qui  présente  à  cet  effet  une  ca¬ 
vité  spéciale.  Cette  disposition  est  surtout 
remarquable  dans  le  Virgilia  lutea,  joli  ar¬ 
bre  de  l’Amérique  septentrionale,  introduit 
depuis  un  certain  nombre  d’années  dans  nos 
jardins. 

3°  ^Bourgeons  stipulacès ,  ceux  dont  les 
écailles  ne  sont  autre  que  les  stipules  qui 
accompagnent  la  base  des  feuilles,  soit  que 
ces  stipules  soient  au  nombre  de  deux  à 
la  base  de  chacune  d’elles,  comme  dans  le 
Tilleul,  le  Charme,  etc.,  soit  qu’il  n’y  en  ait 
qu’une  seule  qui  embrasse  la  base  du  pétiole, 
ainsi  qu’on  le  remarque  dans  les  Figuiers. 

4°  Enfin,  on  a  nommé  Bourgeons  fulcracés, 
ceux  dont  les  organes  protecteurs  sont  formés 
par  des  pétioles  garnis  de  stipules  ;  comme 
dans  le  Prunier. 

Les  Bourgeons  contiennent  soit  le  rudi¬ 
ment  d’un  rameau  foliifère ,  soit  un  rameau 
florifère.  De  là ,  la  distinction  des  Bourgeons 
proprement  dits,  qui  ne  développeront  que 
des  feuilles,  d’avec  les  Boulons  ou  Bourgeons 
à  fleurs ,  et  par  conséquent  à  fruits.  Cette 
distinction  est  surtout  importante  pour  les 
T.  II. 


arbres  fruitiers ,  les  soins  du  cultivateur  de¬ 
vant  tendre  en  général  à  multiplier  les  Bour¬ 
geons  à  fruits  et  à  favoriser  leur  développe¬ 
ment.  Leur  forme  sur  un  même  arbre  les 
distingue  facilement  des  Bourgeons  foliifères  ; 
ainsi,  ils  sont  d’ordinaire  plus  volumineux, 
et  surtout  plus  renflés  que  ces  derniers.  Ce¬ 
pendant  il  y  a  ce  qu’on  appelle  des  Bour¬ 
geons  mixtes  qui ,  contenant  à  la  fois  des 
fleurs  et  des  feuilles,  tiennent  le  milieu  pour 
la  forme  entre  les  Bourgeons  à  fruits  et  les 
Bourgeons  foliifères. 

On  a  donné  le  nom  général  de  pérule  à 
l’ensemble  des  organes  extérieurs  d’un  Bour¬ 
geon  qui  servent  à  protéger  la  jeune  pousse  ; 
ainsi,  la  pérule  peut  être  formée  d’écailles,  de 
feuilles  rudimentaires,  de  stipules  ,  etc.  Il  y 
a  des  Bourgeons  complètement  nus  ,  et  par 
conséquent  dépourvus  de  pérule  :  ce  sont 
ceux  dont  toutes  les  parties  se  développent 
en  feuilles  ;  comme  les  Bourgeons  des  plantes 
herbacées. 

Si  l’on  fend  longitudinalement  un  Bour¬ 
geon  au  moment  où  il  va  se  développer,  c’est- 
à-dire  au  printemps,  on  trouve  que  son  cen¬ 
tre  est  occupé  par  un  axe  ,  rudiment  d’une 
jeune  branche  ou  d’un  scion,  comme  on  dit 
plus  généralement.  Cet  axe  est  chargé  de 
feuilles  rudimentaires,  ayant  déjà  la  disposi¬ 
tion  qu’elles  présenteront  plus  tard  ,  quand 
le  scion  se  sera  allongé.  Cet  axe  fendu  dans 
sa  longueur  montre  un  canal  médullaire  as¬ 
sez  grand,  occupant  son  centre  et  communi¬ 
quant  directement  avec  celui  de  la  branche 
sur  laquelle  le  Bourgeon  est  placé.  Les  pa¬ 
rois  de  ce  canal  sont  formées  par  des  fais¬ 
ceaux  de  fibres  ligneuses  disposées  circu- 
Iairement ,  et  qui  plus  tard  s’organiseront 
pour  constituer  la  première  couche  de  bois.. 

Nous  avons  dit  qu’il  existait  un  et  quel¬ 
quefois  plusieurs  Bourgeons  à  l’aisselle  de 
toutes  les  feuilles;  ces  Bourgeons  sont  très 
évidents  dans  les  végétaux  dicotylédonés.  Ils 
existent  aussi  bien  dans  les  plantes  herbacées 
que  dans  les  espèces  ligneuses  :  seulement 
dans  les  premières ,  ils  se  développent  rapi¬ 
dement,  presque  dès  le  moment  où  ils  se 
montrent ,  et  donnent  ainsi  naissance  aux 
branches  nombreuses  dont  se  compose  ordi¬ 
nairement  la  tige  d’une  plante  herbacée.  Dans 
les  végétaux  monocotylédonés,les  Bourgeons 
sont  bien  moins  apparents,  et  généralement 
ils  restent  stationnaires  et  ne  se  développent 


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en  rameaux  que  dans  certaines  circonstan¬ 
ces,  en  quelque  sorte  accidentelles:  aussi  les 
tiges  ligneuses  des  Monocotylédons  sont-elles 
ordinairement  simples  et  sans  ramifications. 
Mais  quelquefois  on  voit  dans  ces  végétaux 
un  Bourgeon  se  développer  et  donner  nais¬ 
sance  à  un  rameau.  Cela  s’observe  habi¬ 
tuellement  pour  quelques  espèces ,  et  acci¬ 
dentellement  pour  quelques  autres  ;  ainsi 
le  Doum  de  la  Thébaide  (  Crueifera  the- 
baica ),  beau  Palmier  qui  habite  le  désert  de 
la  Haute-Égypte ,  se  distingue-t-il  de  pres¬ 
que  tous  les  autres  arbres  de  la  même  famille 
par  un  stipe  ramifié.  Quand  une  cause  ac¬ 
cidentelle  a  agi  sur  le  Bourgeon  terminal  des 
Palmiers ,  des  Dracœna ,  des  Pandanus,  de 
manière  à  arrêter  son  évolution  ,  quelques 
Bourgeons  préexistant  à  l’aisselle  des  feuilles 
se  mettent  en  mouvement  et  donnent  nais¬ 
sance  à  quelques  rameaux.  Le  même  phé¬ 
nomène  a  également  lieu  pour  certaines  Mo- 
nocotylédonées  herbacées ,  les  Graminées  , 
par  exemple ,  où  les  Bourgeons  sont  visibles 
à  l’aisselle  des  feuilles,  même  dans  celles  de 
nos  climats ,  quoique  ordinairement  ils  ne 
se  développent  pas. 

On  voit ,  dans  certaines  circonstances  ,  se 
former  et  se  développer  des  branches  dans 
des  parties  où  les  Bourgeons  n’étaient  pas  ap¬ 
parents  ;  ainsi ,  quand  on  étête  un  arbre,  on 
voit  sortir  de  la  partie  supérieure  de  sa  tige 
des  Bourgeons  qui  s’allongent  en  branches. 
Il  en  arrive  autant  quand  on  coupe  les  ra¬ 
meaux  d’une  plante  herbacée.  On  a  donné 
les  noms  de  ourgeons  latents  ou  Bourgeons 
advenlifs  à  ceux  qui  semblent  ainsi  se  for¬ 
mer  de  toutes  pièces  sous  l’influence  de  cau¬ 
ses  assez  variées  ,  comme  l’irritation  ,  l’hu¬ 
midité,  l’avortement  des  fleurs,  etc.  Il  ne  fau¬ 
drait  pas  croire ,  comme  quelques  physiolo¬ 
gistes  semblent  l’avoir  admis,  que  ces  Bour¬ 
geons  existaient  à  l’état  latent.  On  ne  peut 
admettre  l’existence  d’un  organe  que  quand 
sa  présence  matérielle  peut  être  directement 
constatée;  mais  le  tissu  dans  lequel  ces  Bour¬ 
geons  adventifs  se  montrent  plus  tard  n’en 
contenait  aucune  trace.  Ils  s’y  sont  donc  dé¬ 
veloppés  de  toutes  pièces,  parce  que  la  force 
végétative,  excitée  par  une  cause  accidentelle 
dans  un  point  déterminé,  y  a  appelé  les  sucs 
nutritifs  qui  ont  peu  à  peu  déterminé  sur 
ces  points  les  modifications  de  tissu  néces¬ 
saires  à  la  formation  des  Bourgeons.  C’est 


ainsi  qu’on  a  vu  des  Bourgeons  adventifs 
apparaître  sur  la  feuille  de  YEucomis  regiay 
de  YOrnilhogalum  thyrsoides ,  du  Cardarnine 
praiensis  et  de  plusieurs  autres  végétaux. 

(A.  Richard.) 

BOURGEONNEMENT.  Gemmalio.  bot. 
pii.  —  On  appelle  ainsi  l’ensemble  des  phé¬ 
nomènes  que  présentent  les  bourgeons  quand 
ils  se  développent  et  passent  à  l’état  de  scions 
ou  de  branches  développées. 

Ainsi  que  nous  l’avons  indiqué  dans  l’ar¬ 
ticle  précédent ,  l’évolution  des  bourgeons 
n’a  lieu  que  dans  l’année  qui  suit  leur  appa¬ 
rition.  C’est  en  général  au  printemps  que  le 
Bourgeonnement  s’opère.  Dès  que  les  rayons 
solaires  ont  remis  la  sève  en  mouvement, 
elle  afflue  dans  les  bourgeons.  Ceux-ci  se 
gonflent;  leurs  écailles  s’entr’ouvrent ,  s’é¬ 
cartent,  les  plus  extérieures  se  détachent,  le 
jeune  scion  se  dégage  des  enveloppes  qui 
l’ont  jusqu’alors  protégé  ;  les  feuilles  diver¬ 
sement  plissées  s’étalent,  grandissent  à  me¬ 
sure  que  la  jeune  branche  s’allonge  et  que 
les  feuilles  s’écartent  les  unes  des  autres 
pour  prendre  la  position  qu’elles  doivent 
toujours  conserver  par  la  suite.  L’allonge¬ 
ment  du  jeune  scion  se  fait  successivement 
de  la  base  vers  la  partie  supérieure  ;  ainsi , 
le  premier  entre-nœud,  c’est-à-dire  le  plus  in¬ 
férieur,  s’allonge  et  grossit ,  puis  celui  qui 
est  placé  immédiatement  au-dessus,  et  ainsi 
successivement  jusqu’au  moment  où  l’élon¬ 
gation  de  la  branche  est  terminée.  La  pro¬ 
portion  de  cet  allongement  n’est  pas  la  même 
dans  toutes  les  parties  de  la  branche.  Duha¬ 
mel  divisa  une  jeune  branche  de  1  pouce  et 
demi  de  longueur  avec  des  fils  d’argent  très 
fins  qui  furent  enfoncés  dans  l’écorce.  Ces 
fils  étaient  d’abord  également  espacés.  L’au¬ 
tomne  suivant,  ceux  qui  étaient  à  la  partie 
inférieure  de  la  branche  étaient  peu  écartés, 
tandis  que  ceux  qui  étaient  vers  l’extrémité 
supérieure  l’étaient  beaucoup.  Il  en  tira 
donc  cette  conséquence,  que  les  jeunes  tiges 
tendres  s’étendent  dans  toute  leur  longueur, 
mais  beaucoup  plus  vers  l’extrémité  où  la 
tige  est  restée  plus  long-temps  tendre  qu’ail- 
leurs,  et  que  par  conséquent  l’extension  di¬ 
minue  à  mesure  que  l’endurcissement  de  la 
tige  fait  des  progrès.  Cette  règle  paraît  à  peu 
près  générale.  Elle  s’applique  non  seulement 
à  la  branche  prise  dans  son  ensemble,  mais 
encore  à  chaque  entre-nœud  ou  mérithalle, 


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ainsi  que  M.  Mirbel  Ta  constaté  par  l'expé¬ 
rience;  c’est  toujours  la  partie  inférieure  du 
mérithalle  qui  s’allonge  et  grossit  la  pre¬ 
mière,  et  l’accroissement  s’étend  à  celles 
qui  lui  sont  superposées.  Cependant  quel¬ 
ques  expériences  de  M.  Henri  Cassini  mon¬ 
trent  qu’en  général  dans  les  plantes  dont  les 
feuilles  sont  engainantes  à  leur  base,  l’allon¬ 
gement  de  chaque  mérithalle  suivrait  une 
marche  inverse.  Ainsi,  la  partie  supérieure 
croîtrait  avant  l’inférieure,  dans  laquelle 
cette  faculté  se  conserverait  plus  long-temps. 
Cette  par  ticularité  paraît  dépendre  de  ce  que 
la  partie  inférieure  du  mérithalle  étant  pro¬ 
tégée  par  la  gaine  des  feuilles,  se  conserve 
plus  long-temps  verte  et  tendre,  et  par  con¬ 
séquent  plus  susceptible  de  développement. 

L’évolution  des  bourgeons  commence  com¬ 
munément  par  les  bourgeons  terminaux. 
Cela  tient  non  seulement  àce  qu’ils  sont  plus 
gros  et  plus  développés  que  les  autres,  mais 
encore  à  leur  position  même  au  sommet  de 
la  tige  ou  des  rameaux.  Il  n’y  a  guère  d’excep¬ 
tion  à  cette  règle  générale  ,  que  dans  la  fa¬ 
mille  des  Conifères,  les  Pins,  les  Sapins,  dont 
le  Bourgeonnement  commence  ordinaire¬ 
ment  par  les  bourgeons  inférieurs  pour  s’é¬ 
tendre  de  proche  en  proche  à  ceux  qui  occu¬ 
pent  les  sommités  des  rameaux.  (A.  R.) 

BOURGEONNIER.  ois.  —  Nom  vulgaire 
du  Bouvreuil  ordinaire,  Loxia  pyrrhula  L., 
en  Basse-Normandie. 

BOURGOGNE,  bot.  ph.  —  Nom  vulg.  du 
Sainfoin  dans  une  grande  partie  de  laFrance. 

BOURGUE- ÉPINE,  bot.  pu.  —  Ployez 

BOURG-EPINE. 

BOURGUEMESTRE.  ois.  —  Nom  d’une 
espèce  de  Goéland  des  mers  du  Nord,  voisine 
du  Goéland  à  manteau  gris  de  Buffon  ,  mais 
plus  forte.  (Lafr.) 

BOURGUETICRINUS  (nom  propre). 
zooph.  —  Genre  d’Encrines  voisin  des  Apio- 
cfinus  de  Miller  (  famille  des  Apiocrinidées  , 
d’Orb.),  établi  en  1840  par  M.  Aie.  d’Orbigny 
dans  son  Histoire  des  Crinoïdes ,  et  dédié  à 
Bourguet,  naturaliste  français  du  dernier  siè¬ 
cle  ,  à  qui  l’on  doit  quelques  bonnes  obser¬ 
vations  sur  des  fossiles  du  même  groupe.  Les 
Bourgueticrinus  sont  des  Apiocrinidées  à  deux 
séries  de  pièces  au  sommet ,  qui  se  compose 
de  pièces  basales  et  supérieures,  n’est  jamais 
concave  ,  et  reçoit  cinq  bras.  Les  pièces  de 
leur  tige  ne  sont  pas  radiées  à  leur  surface 


articulaire.  On  trouve  dans  la  Craie  la  plus 
supérieure  (Craie  blanche)  les  B.  ellipticus  et 

Parkinsonii. 

Une  observation  intéressante  de  M.  Aie. 
d’Orbigny  le  porte  à  supposer  dans  les  mers 
des  Antilles  l’existence  d’une  espèce  encore 
vivante  de  ce  genre  :  B.  Hotessieri  d’Orb. 
Voici  sur  quelles  données  repose  cette  idée  : 
M.  Saint-Cyr  Hotessier,  qui  s’est  occupé  ac~ 
tivement  de  la  géologie  de  la  Guadeloupe,  a 
communiqué  à  l’auteur  des  échantillons  de 
brèches  récentes  contenant  des  ossements  hu¬ 
mains,  et  dans  lesquelles  se  trouvent  des  ar¬ 
ticles  et  des  portions  de  tige  de  Crinoïdes  que 
leur  surface  articulaire  non  radiée  peut ,  par 
analogie ,  et  en  attendant  qu’on  connaisse 
leur  sommet,  faire  réunir  aux  Bourguelicri- 
nus.  Comme  les  brèches  qui  renferment  ces 
débris  sont  de  formation  actuelle,  et  qu’elles 
ne  contiennent  que  des  espèces  aujourd’hui 
vivantes ,  on  voit  que  l’opinion  de  M.  Aie. 
d’Orbigny  offre  une  grande  probabilité.  Les 
mêmes  parages  auraient  donc  trois  espèces  vi¬ 
vantes  de  Crinoïdes,  les  seules  actuellement 
connues  :  un  Pentacrinus ,  un  Holopus  et  un 
Bourgueticrinus .  (P.  G.) 

BOURICHON.  ois  .—Nom  vulgaire  du  Tro¬ 
glodyte  d’Europe,  Molacilla  troglodytes  L. 

*BOURLINGTONIE.  Bourlinglonia  (nom 
propre),  bot.  pii.  —  Famille  des  Orchidées, 
tribu  des  Vandées.  M.  Lindley  a  nommé 
ainsi  un  g.  d’Orchidées,  qu’il  a  établi  {Bot. 
reg.,  t.  1927)  pour  une  plante  déjà  décrite 
et  figurée  par  MM.  Pœppig  et  Endlicher  {Nov. 
gen.  et  sp .  t.  70)  sous  le  nom  de  Rodri- 
guezia  Batemanni.  Ce  g.  a  pour  caractères  : 
Calice  membraneux  et  roulé  obliquement , 
composé  de  sépales  onguiculés*  les  extérieurs 
soudés  à  la  base  et  prolongés  en  avant,  re¬ 
couvrant  le  labelle  ;  les  intérieurs  un  peu 
plus  larges ,  mais  d’égale  longueur.  Le  la¬ 
belle  est  onguiculé  à  sa  base  qui  est  un  peu 
éperonnée  et  parallèle  avec  le  gynostème; 
il  est  dilaté  à  son  sommet  qui  est  bilobé.  Le 
gynostème  est  cylindrique,  renflé  à  sa  partie 
supérieure  offrant  deux  appendices  :  l’an¬ 
thère  operculiforme  est  un  peu  postérieure. 
Elle  contient  deux  masses  polliniques  caudi- 
culées,  attachées  à  un  rétinacle  naviculaire. 
Cette  plante  est  originaire  du  Mexique. 

(A.  R.) 

BOURNONÏTÉ  (nom  propre),  min.  — 
Triple  sulfure  de  Plomb  ,  d’Antimoine  et 


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Cuivre  ,  que  le  comte  de  Bournon  a  le  pre¬ 
mier  établi  comme  espèce  sous  le  nom  d’JEn- 
dellione.  Voyez  sulfures.  (Del.) 

BOURRACHE.  Borrago.  bot.  ph. — Genre 
type  de  la  famille  des  Borraginacées  (  Aspé- 
rifoliacées) ,  tribu  des  Anchusées  ,  formé  par 
Tournefort  (Inst.,  t.  53,  Excl.  sp.),  et  renfer¬ 
mant  une  dizaine  d'espèces ,  croissant  dans 
l’Europe  médiane  et  australe,  l’Orient,  le  nord 
de  l’Afrique,  l’Inde  orientale,  les  îles  du  Cap 
Vert.  Ce  sont  des  plan  tes  herbacées,  annuelles 
ou  vivaces  ;  à  tiges  et  feuilles  rudes,  hérissées 
de  poils  piquants;  à  inflorescences  subunilaté¬ 
rales, et  disposées  en  grappes  lâches, ramifiées, 
dont  les  fleurs  sont  roses,  bleues  ou  blanches. 
Dans  certaines  espèces,  elles  passent  du  bleu 
d’azur  le  plus  pur  au  rose  ou  au  blanc  (  voy. 
pour  les  caractères  génériques  borragi- 
piées).  Deux  espèces  croissent  communé¬ 
ment  ,  l’une  en  France,  l’autre  en  Corse  ;  ce 
sont  les  B.  officinalis  et  luxiflora  ( Campanula 
pygmœa  DC.,  Lam.,  Fl.  fr.  ).  La  première 
s’élève  quelquefois  jusqu’à  1  mètre  de  hau¬ 
teur  ;  sa  tige  principale  est  dressée,  ramifiée, 
garnie  de  larges  feuilles  ovales-lancéolées  , 
alternes  ;  les  fleurs  sont  disposées  en  une 
sorte  de  longue  panicule  dont  les  divisions 
sont  pendantes.  Elle  est  annuelle,  et  croît 
dans  tous  les  endroits  cultivés,  dans  les  clai¬ 
rières  des  bois,  au  bord  des  chemins,  etc.  On 
en  emploie  les  feuilles  en  médecine,  comme 
pectorales  et  légèrement  diaphorétiques. 

(C.  L.) 

BOURREAU  DES  ARBRES,  bot.  ph  — 
Ce  nom  ,  donné  à  plusieurs  plantes  à  tige 
volubile ,  qui  nuisent  aux  arbres  en  en  étrei¬ 
gnant  fortement  le  tronc,  s’applique  surtout 
au  Célastre  grimpant. 

BOURRÉE  ou  FLEUR  DU  TAN.  BOT. 
cr.  —  Nom  vulgaire  d’une  petite  espèce  de 
Champignon  du  genre  Fuligo. 

BOURRELET,  moll.  —  Les  conchyliolo- 
gistes  désignent  sous  ce  nom  un  renflement 
qui  se  trouve  sur  le  bord  ou  à  la  surface  ex¬ 
térieure  de  certaines  Coquilles. 

BOURRELET,  bot.  ph.  —  Quand  avec 
un  lien  solide ,  on  fait  une  ligature  circu¬ 
laire  au  tronc  ou  à  une  branche  d’un  arbre 
dicotylédoné ,  il  se  forme  au-dessus  un  ren¬ 
flement  plus  ou  moins  considérable ,  qu’on 
désigne  sous  l.e  nom  de  Bourrelet.  Si  la  liga¬ 
ture,  au  lieu  d’être  circulaire,  a  été  roulée  en 
hélice,  le  Bourrelet  présentera  la  même  dis¬ 


position,  c’est-à-dire  qu’il  affectera  aussi  une 
forme  de  spirale  ;  c’est  ce  qu’on  rencontre  as¬ 
sez  souvent  dans  les  bois ,  quand  de  jeunes 
pieds  de  Chêne  ou  de  toute  autre  espèce 
d’arbre  ont  été  embrassés  par  des  tiges  de 
Chèvrefeuille  qui ,  s’enroulant  autour,  ont 
agi  à  la  manière  d’une  ligature.  Ces  Bourre¬ 
lets  ne  se  forment  jamais  dans  les  arbres 
monocotylédonés,  parce  que  chez  eux  la  par¬ 
tie  vraiment  végétante  de  la  tige  existe  par¬ 
ticulièrement  vers  son  centre,  et  que  la  liga¬ 
ture  n’agit  que  sur  la  portion  de  la  tige  qui 
déjà  est  lignifiée.  Dans  les  arbres  dicotylé- 
donés  ,  au  contraire  ,  c’est  entre  le  bois  et 
l’écorce  que  se  passent  tous  les  phénomènes 
d’accroissement ,  c'est-à-dire  que  chaque  an¬ 
née,  il  se  développe  une  nouvelle  couche  de 
bois  et  une  nouvelle  couche  d’écorce.  La  li¬ 
gature  peut  donc  agir  facilement  à  travers 
l’épaisseur  de  cette  dernière. 

L’effet  immédiat  d’une  ligature  circu¬ 
laire  est  d’arrêter  les  sucs  nutritifs  ou  la  sève 
élaborée ,  qui  descend  des  parties  supérieu¬ 
res  de  l’arbre  pour  aller  porter  les  maté¬ 
riaux  de  la  nutrition,  et  par  conséquent  de 
l’accroissement  dans  toutes  les  portions  de 
la  tige.  Les  sucs  ainsi  arrêtés  s’accumulent 
au-dessus  de  l’obstacle ,  et  leur  abondance 
plus  grande  sur  ce  point  détermine  une  for¬ 
mation  plus  considérable  de  tissu,  qui  donne 
ainsi  lieu  au  Bourrelet.  L’effet  secondaire  de 
la  ligature,  c’est  qu’il  ne  se  forme  plus  de  nou¬ 
velles  couches  ligneuses  dans  toute  la  partie 
de  la  tige  située  au-dessous  de  l’obstacle.  Les 
sucs  qui  descendent  des  parties  supérieures 
du  végétal  sont  donc  les  seuls  qui  contri¬ 
buent  à  la  formation  de  la  couche  ligneuse  et 
de  la  couche  d’écorce  qui  se  forme  chaque  an¬ 
née,  puisque  quand  on  vient  à  les  empêcher 
d’arriver  à  une  portion  de  la  tige ,  celle-ci 
cesse  de  s’accroître.  Il  est  vrai  que  la  forma¬ 
tion  du  Bourrelet  a  été  expliquée  autrement 
par  les  physiologistes,  qui  admettent  que  les 
fibres  ligneuses  descendent  de  la  base  des 
bourgeons.  Pour  eux,  la  ligature  circulaire  a 
empêché  ces  fibres  de  glisser  entre  le  bois  et 
l’écorce  ,  et  c’est  par  suite  de  leur  accumu¬ 
lation  qu’un  renflement  ou  Bourrelet  s’est 
formé  au-dessus  de  l’obstacle  ;  mais  ce  n'est 
pas  ici  le  lieu  de  discuter  cette  théorie,  que 
nous  exposerons  au  mot  tige.  (A.  R.) 

BOURRERIA ,  P.  Br.  bot.  ph.  —  Syno¬ 
nyme  du  genre  Betirreria  de  Jacquin» 


BOU 


BOURRET.  ois. — Nom  vulgaire  du  jeune 
Canard  en  Normandie. 

BOURRIQUE,  mam.  —  Nom  vulgaire  de 
la  femelle  de  l’Ane. 

BOURSE,  zool.  —  Ce  mot ,  qui  a,  dans  le 
langage  ordinaire ,  plusieurs  significations 
bien  connues,  a  été  quelquefois  appliqué  à 
des  animaux  ou  parties  d’animaux.  On  le 
donne  souvent  à  la  poche  extérieure  dans  la¬ 
quelle  descendent  les  testicules  de  l’Homme 
et  de  plusieurs  animaux  mammifères ,  or¬ 
gane  que  les  anatomistes  appellent  scrotum. 
La  présence  ou  l’absence  de  cette  poche  ,  sa 
disposition  ,  etc. ,  fournissent  des  caractères 
importants  en  mammalogie.  Les  Primates , 
beaucoup  de  Carnassiers,  les  vrais  Pachy¬ 
dermes  et  les  Ruminants  ,  ont  une  véritable 
poche  scrotale.  Les  Didelphes  en  ont  une 
également,  mais  pendante  au-devant  du 
fourreau  de  la  verge ,  ce  qui  a  déjà  lieu  en 
partie  chez  les  Chats.  La  poche  des  Didelphes 
femelles  reçoit  aussi  le  nom  de  Bourse  (mar¬ 
supium)  ;  c’est  là  que  sont  les  mamelles  ,  et 
les  petits  ,  comme  on  sait ,  y  subissent  leurs 
premiers  développements. 

Quelques  Chauves-souris  ont  sous  la  gorge 
un  large  pore  muqueux  appelé  quelquefois 
Bourse ,  ainsi  que  divers  appareils  sécréteurs 
particuliers  à  d’autres  Mammifères. 

Les  Syngnathes  femelles  ont  sous  l’abdo¬ 
men  une  poche  dans  laquelle  leurs  œufs  se, 
développent.  D’autres  Poissons  ,  les  Tétro- 
dons ,  etc.  ,  qui  se  ballonnent  en  avalant  de 
l’air,  ont  encore  été  nommés  Bourses,  et  on  en 
a  fait  autant  pour  quelques  animaux  infé¬ 
rieurs  ,  des  Ascidies,  des  Zoophytes,  etc.,  qui 
ont  l’apparence  plus  ou  moins  bursiforme. 

(P.  G.) 

BOURSE.  bot.  cr.  —  Synonyme  de 
Volve  ou  Volva  ( voyez  ce  mot).  Paulet  ap¬ 
pelle  Champignons  à  bourse  toutes  les  espè¬ 
ces  d’Agarics  qui ,  dans  leur  premier  âge , 
sont  renfermés  dans  une  volve ,  et  qu’on 
connaît  généralement  sous  le  nom  à’ Ama¬ 
nites.  Cette  partie  n’existe  pas  seulement 
dans  les  Agarics  ;  on  la  rencontre  encore  dans 
quelques  autres  genres.  (Lév.) 

BOURSE  A  BERGER,  zoom.  —  On  a 
quelquefois  donné  ce  nom  au  Cellaria  bur- 
saria  ,  Polypier  marin  de  la  classe  des  Bryo¬ 
zoaires.  (P.  G.) 

BOURSE  A  BERGER  ou  A  PASTEUR , 
BOURSETTE.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire  du 


BOU  693 

Thlaspi  Bursa  Pastoris ,  à  cause  de  la  forme 
de  ses  silicules. 

BOURSE  DE  MER.  bot.  cr.—  (Phycées). 
C’est  le  nom  que  porte ,  dans  quelques  an¬ 
ciens  livres  ,  le  Codium  Bursa  Ag.  (  Spongo - 
di«m,  Lamx.).  (C.  M.) 

BOURSETTE.  zoom.  —  Synonyme  de 
Bourse  à  berger,  Cellaria  bursaria.  (P.  G.) 

BOURSETTE.  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
de  la  Bourse  à  Berger  et  de  la  Mâche  com¬ 
mune,  Valeriana  locusla. 

BOURSETTES.  bot.  cr. — Champignons 
qui  ont  reçu  ce  nom  parce  qu’ils  sont  ren¬ 
fermés  dans  des  bourses  (volves).  Paulet  dis¬ 
tingue  deux  familles  de  Boursettes  :  la  pre¬ 
mière  à  barreaux  charnus ,  qui  est  le  Cla- 
thrus  cancellatus  L.,  avec  sa  variété  blanche  ; 
et  l’autre  ,  ou  Boursettes  à  réseau ,  qui  em¬ 
brasse  les  Trichia  et  les  Stemonitis,  etc.  Au¬ 
cune  des  esp.  renfermées  dans  cette  2e  fa¬ 
mille  ne  présente  de  volve  ou  de  bourse  ; 
mais  elles  ont  la  forme  d’une  bourse  à  ré¬ 
seau  qui  serait  dilatée.  Voy.  ces  mots.  (Lév.) 

BOURSOUFLUS.  poiss. — Nom  donné  aux 
Tétrodons  et  aux  Diodons,  à  cause  de  la  sin¬ 
gulière  propriété  dont  ils  jouissent  de  s’en¬ 
fler  comme  des  ballons,  en  remplissant  leur 
estomac  d’air.  Quand  ils  sont  dans  cet  état , 
ils  flottent  en  culbutant  à  la  surface  de  l’eau, 
le  ventre  en  dessus,  sans  pouvoir  se  diriger. 

BOUSIER.  Copris  (  xoirpoç  ,  fumier  , 
bouse),  uns.  —  Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères  ,  famille  des  Lamellicornes  ,  tribu  des 
Coprophages,  établi  par  Geoffroy  aux  dépens 
du  grand  genre  Scarabæus  de  Linné ,  et 
adopté  par  tous  les  entomologistes  ;  mais  de¬ 
puis  on  en  a  extrait  une  foule  d’autres  gen¬ 
res,  dont  on  trouvera  la  nomenclature  à 
l’article  coprophages;  de  sorte  que  les  Bou¬ 
siers  proprement  dits  sont  maintenant  ceux 
qui  présentent  les  caractères  suivants  :  An¬ 
tennes  courtes,  de  neuf  articles  :  les  trois  der¬ 
niers  en  massue  ovale ,  allongée.  Palpes  la¬ 
biaux  ,  courts ,  velus  ;  les  maxillaires  plus 
longs ,  filiformes.  Les  4  tarses  postérieurs 
formés  d’articles  aplatis  et  triangulaires  ;  le 
dernier  armé  de  deux  crochets  égaux.  Tête 
transversale  ,  plus  ou  moins  arrondie  en 
avant,  souvent  armée  de  cornes.  Corselet 
grand  ,  très  large.  Élytres  arrondies ,  bom¬ 
bées.  Pattes  fortes. 

Les  Bousiers  sont  des  Insectes  de  grande 
on  de  moyenne  taille  ,  presque  tous  d’un 


BOU 


(594 

noir  luisant  ;  quelques  uns  seulement  sont 
bruns  ou  ont  un  reflet  cuivreux  :  les  espèces 
les  plus  grandes  appartiennent  aux  con¬ 
trées  chaudes  de  l’ancien  continent.  Ainsi 
que  l’indique  leur  nom ,  ces  Insectes  vivent 
dans  les  fumiers  et  dans  les  bouses  des  Ru¬ 
minants  ou  des  Herbivores.  Leurs  larves  y 
vivent  également  et  s’enfoncent  dans  la  terre, 
où  elles  se  renferment  dans  des  coques  ovoï¬ 
des  et  tapissées  de  soie  à  l’intérieur  pour  se 
changer  en  nymphes.  (  Voy.  pour  plus  de 
détails  l’article  copropiiages.  )  Les  mâles  se 
distinguent  des  femelles  par  des  cornes  ou 
par  des  éminences  qui,  placées  sur  la  tête  ou 
sur  le  prothorax,  leur  donnent  souvent  un 
aspect  bizarre.  Malgré  tous  les  retranche¬ 
ments  qu’on  y  a  faits,  le  genre  Bousier  ou  Co¬ 
pris  renferme  encore  un  grand  nombre  d’es¬ 
pèces.  M.  Dejean  en  mentionne  94  ,  dont  3 
seulement  appartiennent  à  l’Europe  ;  les  au¬ 
tres  sont  des  autres  parties  de  la  terre ,  mais 
principalement  de  l’Amérique.  Nous  cite¬ 
rons  parmi  les  premières  le  Copris  lunaris 
cr*  , Copris  emurginalus  éjusd.  O  Fabr.,  Oliv., 
le  seul  qui  se  trouve  aux  environs  de  Paris  ; 
et  parmi  les  exotiques,  le  Copris  gigas  Fabr., 
Oliv.,  de  Guinée  et  du  Sénégal.  Nous  cite¬ 
rons  encore  le  Copris  bsllaior  Chevr.,  de 
Java  ,  figuré  par  M.  Guérin-Méneville  dans 
Y  Iconographie  du  règne  animal  de  Cuvier, 
pl.  2l,fig.  10.  (D.) 

BOUSSEROLE  ou  BUSSEROLE.  bot. 
ph.  — Nom  du  fruit  dé  l’Arbousier,  Arbüiuè 
Uva-Ürsi  L. 

*BOUSSINGAULTIA  (Boussingault ,  na¬ 
turaliste  français),  bot.  ph. — Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Chénopodiacées  ,  tribu  des  Chéno- 
podiées-Anrédérées,  formé  par  Humboldt  et 
Kunth  (  Nov.  Gen.  et  sp.,  YII ,  194 ,  t.  645  ), 
et  ne  comprenant  qu’une  espèce,  la  B.  basel- 
loides.  C’est  un  arbrisseau  croissant  aux  en¬ 
virons  de  Quito ,  à  rameaux  volubiles,  gar¬ 
nis  de  feuilles  alternes  ,  très  entières  ,  char¬ 
nues,  sans  nervures  apparentes,  portées  sui¬ 
des  pétioles  articulés  à  la  base  ;  à  fleurs  pé- 
dicellées  ,  blanches ,  disposées  en  grappes 
axillaires  géminées  ou  ternées ,  simples  ou 
ramifiées  ;  les  pédicelles  unibractéés  à  la 
base  ,  bibractéés  au  sommet.  (C.  L.) 

BOUT  DE  PËTÜfô  ,  BOUT  DE  TABAC, 
ois.  —  Noms  vulgaires  des  Anis  dans  la 
Guiane  française. 

RdüTAROT.  bOT.  Cft,  —  Nom  vulgaire 


BOU 

de  la  Coulemelle,  Agaricus  procerus  Scop. 
Voyez  agaric.  (LÉV.) 

BOUTE  EN  TRAIN,  ois.— Nom  vulgaire 
de  la  Linotte  Sizerin,  Fringilla  Linaria  L. 

BOUTEILLES  A  L’ENCRË  oü  EN¬ 
CRIERS  A  PLEURS,  bot.  CR.  —  Nom 
bizarre  sous  lequel  Paulet  a  décrit  quelques 
espèces  d’ Agarics  dont  les  lames  et  le  cha¬ 
peau  deviennent  déliquescents  en  vieillissant 
et  ressemblent  alors  à  de  l’encre.  Voyez  co¬ 
prins.  (Lév.) 

BOUTE-LON.  ois.  —  Nom  vulgaire  du 
Mauvis,  Turdus  iliacus.  Voyez  merle. 

BOUTELOUA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Famille  des  Graminées.  Le  g.  ainsi  nommé 
par  Lagasca  est  le  même  que  le  g.  Chon- 
drosium ,  Eesv. ,  nom  qui  a  été  adopté  par 
tous  les  agrostographes,  et  entre  autres  par 
Palisot  de  Beauvois  et  M.  Kunth.  Voyez 

CHONDROSIUM.  (A.  R.) 

BOUTON,  moll.  —  Nom  vulgaire  donné 
à  plusieurs  espèces  de  Coquilles  à  cause  de 
leur  forme  arrondie.  Ainsi  l’on  a  appelé  : 
B.  de  camisole,  le  Jrochus  PharàonU  ;  B.  de 
la  Chine,  le  Tr.  niloticulus;  grand  B.  de 
la  Chine  ,  le  Tr.  maculatus  ;  B.  de  rose,  la 
Bulla  amplustra  ;  B.  terrestre  -,  Y Hélix  ro- 
tundatù.  (C.  d’O.) 

BOUTON.  Alabastrum.  bot.  pii.  —  On 
appelle  ainsi  la  jeune  fleur  avant  son  épa¬ 
nouissement;  mais  quelquefois  ce  nom  a  été 
aussi  donné  aux  bourgeons  florifères.  Le 
Bouton  étant  une  fleur  non  épanouie,  doit  se 
composer  de  toutes  les  parties  que  cet  organe 
présentera  plus  tard.  Il  est  essentiel  quand 
on  veut  connaître  la  vraie  structure  d’un 
genre  ou  d’une  famille  d’en  commencer  en 
quelque  sorte  l’étude  par  le  Bouton  de  ses 
fleurs.  En  effet ,  il  est  souvent  possible  de 
trouver  dans  le  Bouton  la  disposition  nor¬ 
male  des  parties  constituantes  de  la  fleur  , 
qui ,  lorsque  celle-ci  s’épanouit,  est  plus  ou 
moins  altérée,  soit  par  quelque  avortement, 
soit  par  le  développement  excessif  de  quel¬ 
que  partie.  C’est  aussi  dans  le  Bouton  qu’il 
faut  observer  la  position  relative  des  diffé¬ 
rentes  pièces  constituant  chaque  verticille 
floral ,  en  un  mot ,  la  préfloraison,  qui  peut 
offrir  des  caractères  fort  importants  pour  la 
coordination  naturelle  des  genres.  V oy.  pré- 
florAison.  Nous  ne  saurions  donc  trop  insis¬ 
ter  sur  la  nécessité  d’étudier  constamment 
lés  Boutons  d’une  fleUr  en  même  temps  que 


BOU 

la  fleur  elle-même,  quand  elle  est  complète¬ 
ment  épanouie.  (A.  R.) 

BOUTON  D’ARGENT,  bot.  pu.  —  Nom 
vulgaire  de  la  variété  à  fleurs  doubles  de  la 
Renoncule  à  feuilles  d’Aconit,  et  quelquefois 
aussi  de  celle  à  feuilles  de  Platane ,  qui  a 
beaucoup  de  rapports  avec  elle.  Le  même 
nom  a  été  donné  à  la  variété  à  fleurs  dou¬ 
bles  de  l’Achillée  sternutatoire  ,  Achillea 
ptarmica. 

BOUTON  D’OR.  bot.  ph.— Nom  vulgaire 
de  la  variété  à  fleurs  doubles  de  la  Renoncule 
âcre.  On  le  donne  aussi  quelquefois  à  la  Gna- 
phale  citrine,  Gnaphalium  Siœchas. 

BOUTON  ROUGE,  bot.  ph.  —  Nom  vul¬ 
gaire  du  Gaînier,  Cercis  canadensis. 

*  BOUTON  1 A  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Bignoniacées ,  formé 
par  De  Candolle  (Rev.  Bign.,  18),  pour  une 
plante  trouvée  à  lTle  de  France  par  Bojer,  qui 
en  faisait  un  Bignonia.  C’est  un  arbrisseau  en¬ 
core  peu  connu,  à  feuilles  opposées,  simples, 
oblongues-lancéolées ,  acuminées ,  entières  ; 
à  pédicelles  axillaires  ou  oppositifoliés  ,  uni- 
triflores  ,  bibractéolés  sous  l’involucre.  Le 
fruit  est  encore  inconnu,  et  le  principal  carac¬ 
tère  de  cette  plante  étant  d’avoir  des  fleurs 
renfermées  dans  un  involucre ,  elle  ne  nous 
semble  pas  devoir  faire  partie  de  la  famille 
dans  laquelle  on  l’a  jusqu’ici  placée,  à  cause 
de  ses  autres  affinités.  (C.  L.) 

BOUTONS,  bot.  cr.  —  Espèces  d’Agarics 
ainsi  nommés  par  Paulet  à  cause  de  leur 
forme.  Le  petit  Bouton  lilas  est  YAgaricus 
dichrous  de  Fries ,  et  le  petit  Bouton  blanc 
et  roux  se  rapporte  à  YAgaricus  lachnopus 
du  même  auteur.  Us  n’ont  pas  incommodé 
les  animaux  auxquels  Paulet  les  a  fait  man¬ 
ger. 

Le  Bouton  d’or  ,  Agaricus  polycephalus  de 
Fries  ,  croît  en  touffe  au  pied  des  arbres  ;  le 
chapeau  est  petit  et  de  couleur  de  buis  ou 
d’or  pâle.  Le  Bouton  d’argent,  Agaricus  cer- 
tiuus  F. ,  croît  également  en  touffes  :  les  cha¬ 
peaux  sont  blancs  et  relevés  en  bosses.  Ces 
deux  dernières  espèces  appartiennent  à  la 
671Ile  famille  ,  ou  celle  des  Serpentins  en  fa¬ 
mille  de  Paulet.  Comme  les  précédentes , 
elles  ne  causent  aucun  accident  aux  ani¬ 
maux.  (Lév.) 

BOUTURE.  T  aléa.  bot.  pii.  —  Ce  mot  a 
un  double  sens  :  il  signifie  à  la  fois  la  jeune 
branche  qui ,  détachée  de  la  plante  mère  et 


bou  e&s 

enfoncée  dans  la  terre  doit  s’y  enraciner  et 
produire  un  nouvel  individu,  et  l’opéra¬ 
tion  d’horticulture  par  laquelle  on  mul¬ 
tiplie  ainsi  les  végétaux.  Cette  opération 
est  bien  fréquemment  employée  comme 
mode  de  multiplication.  On  peut  la  faire, 
soit  avec  des  rameaux  de  plantes  herbacées, 
soit  avec  des  rameaux  de  végétaux  ligneux. 
On  opère  aussi  des  Boutures  avec  des  bran¬ 
ches  de  racines,  et  même  uniquement  avec 
des  feuilles.  Nous  allons  examiner  rapide¬ 
ment  ces  diverses  sortes  de  Boutures,  en  com¬ 
mençant  par  celles  qu’on  pratique  avec  les 
branches  des  végétaux  ligneux. 

Pour  qu’une  branche  soit  propre  à  former 
une  Bouture,  elle  doit  réunir  plusieurs  con¬ 
ditions  indispensables;  ainsi  elle  doit  être 
saine  et  bien  végétante  :  on  prend  en  gé¬ 
néral  des  branches  de  1  à  3  ans ,  c’est-à- 
dire  dont  le  bois  soit  formé ,  et  dont  néan¬ 
moins  toutes  les  parties  aient  conservé  toute 
leur  force  végétative.  Cette  branche  ne  doit 
pas  être  trop  longue  ;  il  suffit,  d’ordinaire, 
qu’elle  présente  seulement  quelques  yeux. 
Si  c’est  une  espèce  à  feuilles  caduques,  il 
sera  préférable  d’attendre  la  chute  des  feuil¬ 
les,  afin  que  celles-ci,  par  l’évaporation  dont 
elles  sont  le  siège,  n’épuisent  pas  la  jeune 
branche.  Si  c’est  une  plante  à  feuilles  per¬ 
sistantes,  on  retranchera  seulement  quelques 
yeux.  La  branche  est  ensuite  enfoncée  dans 
la  terre,  et  garantie  du  soleil.  Yoici  main¬ 
tenant  la  série  des  phénomènes  qu’elle  pré¬ 
sente.  Dès  que  son  extrémité  inférieure  est 
enfoncée  dans  la  terre  convenablement  hu¬ 
mectée,  elle  commence  à  absorber  l’humi¬ 
dité,  en  vertu  de  la  force  d’aspiration  inhé¬ 
rente  à  toutes  les  parties  du  tissu  végétal  vi¬ 
vant.  Les  sucs  ainsi  absorbés  sont  élaborés 
dans  l’intérieur  de  la  plante,  et  suffisent  non 
seulement  pour  y  entretenir  la  vie,  mais  en¬ 
core  pour  y  continuer  le  développement. 
C’est  ce  qu’on  remarque  fréquemment  chez 
certaines  Boutures  qui,  à  peine  mises  en  terre, 
développent  de  nouvelles  feuilles.  Bientôt  se 
renfle  la  couche  génératrice  de  tissu  cellu¬ 
laire,  placée  entre  le  bois  et  l’écorce.  Il  se 
forme  à  la  section  inférieure  de  la  branche , 
soit  une  sorte  de  renflement  circulaire ,  soit 
des  mamelons  distincts.  Ces  productions 
nouvelles  sont  dues  au  cambium  ou  sucs  nu¬ 
tritifs  élaborés  qui  descendent  des  parties  su¬ 
périeures  de  la  branche.  Peu  a  peu  ces  ma- 


696 


BOU 


BOU 


melons  s’allongent,  se  développent  en  racines 
qui  s’étendent  dans  la  terre,  s’y  ramifient, 
et  la  Bouture  est  reprise,  c’est-à-dire  qu’un 
nouvel  individu  s’est  formé. 

Tous  les  arbres  ne  reprennent  pas  égale¬ 
ment  bien  de  Bouture.  Il  est  des  genres  et 
des  familles  où  ce  mode  de  multiplication  est 
tellement  facile  ,  qu’il  n’exige  aucun  soin  ; 
tels  sont  les  Peupliers,  les  Saules,  les  Lilas, 
le  Frêne,  etc.  Qu’on  mette  en  terre  une  bran¬ 
che,  un  piquet,  un  pieu  fait  avec  l’un  de  ces 
arbres  encore  jeunes ,  et  l’année  suivante  on 
aura  un  individu  bien  poussant.  Il  y  a  beau¬ 
coup  de  pays  où  pour  planter  les  Peupliers 
d’Italie  dans  les  prés,  au  lieu  de  les  déraciner 
dans  les  pépinières  pour  les  mettre  en  place, 
comme  tous  les  autres  arbres,  on  coupe  leur 
tige  rez  terre ,  et  on  se  contente  de  l’en¬ 
foncer  en  terre  à  une  profondeur  d’environ 
un  pied.  L’année  suivante ,  on  a  des  Peu¬ 
pliers  parfaitement  enracinés.  Par  ce  pro¬ 
cédé,  on  simplifie  considérablement  les  opé¬ 
rations  de  la  plantation,  et  on  évite  ainsi  que 
les  jeunes  arbres  soient  renversés  par  les 
vents  de  l’hiver,  ce  qui  arrive  bien  souvent 
quand  on  a  été  obligé  de  faire  un  trou  pour 
planter  l’arbre  avec  sa  racine. 

Mais  aussi,  il  y  a  des  arbres  qu’il  est  bien 
difficile  défaire  reprendre  de  Bouture,  tels 
sont,  par  exemple,  les  Lauriers,  les  Rosacées, 
les  Légumineuses,  etc. 

Nous  avons  dit  encore  qu’on  faisait  des 
Boutures  avec  des  rameaux  de  plantes  her¬ 
bacées.  Cette  pratique  est  aujourd’hui  fré¬ 
quemment  mise  en  usage  pour  la  multipli¬ 
cation  des  Dahlias ,  Gesnerias,  et  d’une  foule 
d'autres  végétaux  à  tissu  épais  et  charnu.  On 
est  également  parvenu,  surtout  depuis  quel¬ 
ques  années ,  à  faire  des  Boutures  unique¬ 
ment  avec  des  feuilles ,  soit  de  plantes  her¬ 
bacées,  soit  de  plantes  ligneuses.  Ce  mode 
de  multiplication  est  extrêmement  précieux 
pour  les  plantes  rares,  en  ce  qu’il  permet  de 
les  renouveler  fréquemment  ;  ainsi  l’on  mul¬ 
tiplie  par  feuilles,  non  seulement  les  plantes 
grasses,  mais  les  Dahlias,  les  Gesnérias,  les 
Brexias  ,  les  Plumiera  et  autres  Apocy- 
nées,  etc.,  etc. 

Enfin,  il  suffit  pour  certaines  plantes  d’un 
petit  fragment  de  racine  pour  obtenir  une 
Bouture.  C'est  ce  qu’on  pratique  pour  le 
Maclurea  aurantiaca ,  par  exemple.  (A.  R.) 

BOUVARDIA  (Bouvard,  naturaliste  fran¬ 


çais).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Ru- 
biacées,  tribu  des  Cinchonées,  sous-tribu  des 
Eucinchonées,  formé  par  Salisbury  [Par ad., 
II,  88,  t.  38),  et  comprenant  une  douzaine  d’es¬ 
pèces,  indigènes  du  Mexique.  Plusieurs  d’en¬ 
tre  elles  sont  cultivées  dans  les  serres  d’Eu¬ 
rope  ,  à  cause  de  la  beauté  de  leurs  fleurs. 
Ce  sont  des  arbrisseaux  ou  plutôt  des  sous- 
arbrisseaux  à  feuilles  opposées  ou  verticillées, 
aiguës ,  portées  sur  des  pétioles  bordés  de 
chaque  côté  par  des  stipules  étroites  ;  à  fleurs 
pourpres  ou  orangées,  sur  des  pédoncules 
terminaux  triflores  ou  trichotomes  ,  disposés 
en  corymbe.  Le  calice  en  est  tubulé,  subglo¬ 
buleux  ,  conné  avec  l’ovaire  ;  la  corolle  su- 
père,  infondibuliforme,  allongée ,  finement 
papilleuse  en  dehors  ;  les  étamines  incluses  ; 
le  style  filiforme  à  stigmate  bilamellé,  exsert; 
le  fruit  est  une  capsule  globuleuse,  compri¬ 
mée,  biloculaire.  (C.  L.) 

BOUVERET.  ois. — Nom  d’une  espèce  du 
genre  Bouvreuil,  Loxia  auranlia  Gm. 

BOU  VERON  et  BOUVRON.  ois.  —  Nom 
d’une  espèce  du  genre  Bouvreuil ,  Loxia 
fusca  et  lineola  Gm. 

BOUVIÈRE,  poiss.  —  Un  des  noms  vul¬ 
gaires  du  Cyprinus  amarus  Bl. 

BOUVREUIL.  Pyrrhula  (-TrvppovÀaç,  oiseau 
de  couleur  rougeâtre),  ois.  —  Genre  formé 
par  Brisson  sur  le  Loxia  pyrrhula  de  Linné,  et 
adopté  depuis  par  tous  les  ornithologistes. 
Malgré  les  innombrables  modifications  que 
subit  la  forme  du  bec  chez  presque  toutes  les 
espèces  de  la  famille  des  Fringillidées,  et  qui 
semblent  y  rendre  illusoires  les  subdivisions 
génériques,  il  en  est  cependant  parmi  elles 
quelques  unes  qui  paraissent  plus  caractéris¬ 
tiques.  De  ce  nombre  est  le  genre  Bouvreuil, 
prenant  pour  type  notre  Bouvreuil  commun, 
et  dont  le  bec  présente  dans  sa  brièveté,  com¬ 
parée  à  sa  largeur ,  et  dans  sa  rotondité  un 
caractère  réellement  typique  ;  mais  il  sem¬ 
ble  que  la  plupart  des  auteurs,  sans  y  avoir 
égard ,  et  pour  peu  qu’ils  aient  remarqué 
chez  un  Fringille  ou  un  Loxia  une  courbure 
de  la  mandibule  supérieure,  celle-ci  fût-elle 
même  comprimée  ,  se  sont  empressés  de  les 
placer  dans  ce  genre,  qui  par  suite  était  de¬ 
venu  très  nombreux,  tandis  que  réduit  à  ses 
espèces  caractéristiques  et  réellement  con¬ 
génères,  il  l’est,  au  contraire,  fort  peu. 

Divers  auteurs  modernes,  tels  que  Swain- 
son  et  Bonaparte,  reconnaissant  cet  abus,  en 


BOU¬ 


BOU 

ont  retiré  un  grand  nombre  d’espèces  pour 
en  former  des  g.  distincts,  mais  voisins,  et  que 
Swainson  a  réunis  en  une  sous-famille,  sous 
le  nom  de  Pyrrhulinæ  ,  dans  sa  famille  des 
Fringillidœ.  Nous  suivons  donc  en  partie  les 
idées  de  cet  auteur  en  adoptant  cette  sous- 
famille,  sauf  quelques  g.  que  nous  en  re¬ 
tirons  ,  et  en  y  en  ajoutant  un,  celui  d ’Ery- 
throspiza  de  Bonaparte,  Mais  ces  diverses  cou¬ 
pes  génériques  ne  nous  paraissant  pas  suffi¬ 
samment  caractéristiques,  nous  ne  les  admet¬ 
tons  que  comme  sous-genres  du  g.  Pyrrhula, 
qui  alors  aura  pour  sous-genres  le  Spermo- 
phila  et  le  Crithagra  de  Swainson  ,  et  1  ’Ery- 
throspiza  de  Bonaparte. 

Les  caractères  que  nous  assignons  au  pre¬ 
mier  sous-genre  Pyrrhula  proprement  dit, 
sont  :  «  Bec  remarquablement  court  et  bombé 
en  tous  sens  ;  la.  mandibule  supérieure  sans 
carène  médiane,  voûtée  en  forme  de  coupe 
renversée  ,  aussi  large  que  longue  à  sa  base, 
et  l’étant  beaucoup  plus  que  haute  ;  l’infé¬ 
rieure  plus  large  et  plus  haute  qu’elle ,  et 
n’ayant  de  longueur  en  dessous  dans  son  mi¬ 
lieu  qu’un  peu  plus  de  la  moitié  de  sa  lar¬ 
geur  ;  la  commissure  arquée.  Ailes  de  lon¬ 
gueur  moyenne  :  la  première  rémige  un  peu 
plus  courte  que  les  trois  suivantes,  qui  sont 
égales,  et  les  plus  longues.  Queue  moyenne, 
rectiligne  ou  échancrée  ;  plumage  à  teintes 
unies  et  non  flamméchées  ;  pennes  tertiaires 
de  l’aile ,  les  médianes  de  la  queue  et  leurs 
couvertures  de  même  nuance ,  et  de  na¬ 
ture  soyeuse  et  luisante ,  souvent  d’un  bleu 
violet.  » 

D’après  les  caractères  ci-dessus,  notre  sous- 
genre  Bouvreuil  ,  Pyrrhula ,  se  trouve  res¬ 
treint  à  quelques  espèces  de  l’ancien  monde 
dont  lo  notre  Bouvreuil  commun  ,  Pyr¬ 
rhula  vulgaris ,  chez  lequel  se  trouve  une 
race  du  nord  beaucoup  plus  forte ,  et  qu’on 
pourrait  peut-être  regarder  comme  espèce  , 
car  nous  remarquons  chez  elle ,  outre  sa 
taille  de  beaucoup  supérieure,  quelque  dif¬ 
férence  dans  la  longueur  relative  des  cinq 
premières  pennes  de  l’aile,  et  dans  la  forme 
du  bec  ;  2°  ou  3°  le  Bouvreuil  a  ventre  gris, 
Pyr.  griseiventris  Nob.,  décrit  dans  la  Revue 
zool.  1841,  p.  241,  dont  nous  ignorons  la  pa¬ 
trie  ,  mais  remarquable  en  ce  que,  sembla¬ 
ble  en  dessus  à  la  grande  race  du  Bouvreuil 
commun ,  il  en  diffère  en  ce  que  tout  le  des¬ 
sous  est  du  même  gris  cendré  que  le  dessus, 

T.  II. 


et  qu’il  n’a  de  rose  qu’un  demi-collier  anté¬ 
rieur  ou  cravate,  se  prolongeant  latérale¬ 
ment  sur  les  oreilles  jusqu’à  la  coiffe  noire. 
Malgré  ses  rapports  avec  le  Bouvreuil  com¬ 
mun  ,  grande  et  petite  race  ,  il  diffère  de 
tous  deux  par  la  longueur  relative  de  ses 
cinq  premières  rémiges ,  et  le  rouge  de  son 
collier  tirant  davantage  sur  le  rose.  La  troi¬ 
sième  ou  quatrième  espèce  est  le  Pyrrhula 
erythrocephala  ( Vig .  Proceed.  1830,  p.  174) 
des  monts  Himalaya. 

La  plupart  des  autres  espèces  d’Europe,  et 
quelques  unes  d’Afrique,  de  l’Inde  et  de  l’A¬ 
mérique  septentrionale  ,  telles  que  les  Bou¬ 
vreuils  Pallas ,  cramoisi ,  Githagine  à  lon¬ 
gue  queue  de  Temminck  (Man.,  4™e  part.) , 
social  du  même,  pl.  col.,  fronialis  Bonap., 
elpurpurea  Wils.,  différant  des  premiers  par 
un  bec  moins  court,  et  surtout  moins  large, 
et  moins  bombé  latéralement  ;  par  des  ailes 
plus  pointues,  et  par  un  plumage  flammé- 
ché,  plus  ou  moins  teinté  de  rose  ou  de 
rouge,  nous  les  en  séparons  comme  a  fait 
Bonaparte,  sous  le  nom  d ’Erythrospiza. 

Les  espèces  américaines,  et  particulière¬ 
ment  de  l’Amérique  du  Sud,  diffèrent  égale¬ 
ment  des  premiers  par  un  bec  plus  long  et 
plus  ou  moins  comprimé,  et  surtout  par  une 
queue  arrondie  à  son  extrémité  ;  par  des  ai¬ 
les  plus  courtes  ,  plus  obtuses  et  moins  fer¬ 
mes.  Nous  les  distinguerons,  comme  Swain- 
son,  sous  le  nom  sous-générique  de  Spermo- 
phila,  qui  alors  renfermera  les  Bouvreuils  cen- 
drillards  et  Perroquets  de  Temminck,  col.  1  1- 
1,  2 ,  les  Pyrrhula  nigra,  melanocephala  et 
pecloralis  de  Vieillot  ,  rubiginosa  ,  albogu- 
laris  de  Spix,  le  Fringilla  ornata  de  Licht., 
catal.,  et  notre  Pyrrhula  glauco  -  cœrulea , 
( Synops .  amer.,  p.  85). 

Enfin,  sous  le  nom  de  Crithagra,  Swains., 
nous  désignons  comme  lui  certaines  espèces 
africaines,  indiennes  et  même  européennes, 
se  rapprochant  du  Serin  des  Canaries ,  à  bec 
plus  ou  moins  arrondi  ;  les  ailes  moyennes , 
ayec  les  trois  premières  rémiges  presque 
égales  ;  la  queue  légèrement  fourchue  ;  les 
ongles  allongés  et  peu  arqués,  celui  du  doigt 
postérieur  aussi  long  que  lui ,  et  à  plumage 
en  général  vert  olive  en  dessus  ,  jaune 
en  dessous.  Tels  sont  le  Loxia  sulphurata  de 
Gmelin,  le  Serin  des  Canaries,  celui  de  Mo¬ 
zambique  ,  le  Cini ,  le  Bouvreuil  à  plumes 
frisées,  les  Crithagra  chrysopyga ,  canicvîlis, 
44* 


BOU 


698 

cinerea,slrigillala,  ruficauda,  et  bistrigala  de 
Swainson,  Class.  part.  5,  p.  318. 

Il  résulte  de  ces  subdivisions  que  la  plu¬ 
part  des  espèces  qu’on  avait  réunies  à  tort  au 
Bouvreuil  commun,  puisqu’elles  n’en  offrent 
pas  les  caractères ,  s’en  trouvent  distraites 
tout  en  restant  dans  le  même  groupe,  puis¬ 
qu’elles  y  forment  trois  sous-genres. 

Dans  le  petit  nombre  des  espèces  de  notre 
sous-genre  Pyrrhula,  nous  ne  pouvons  nous 
dispenser  de  citer  l’espèce  type,  le  Pyrrhula 
vulgaris  Tem.,  Loxia  pyrrhula  Gmel.,  un  des 
plus  jolis  et  des  plus  gracieux  Oiseaux  de 
volière,  et  qui  joint  à  la  beauté  du  plumage 
un  naturel  des  plus  sociables,  et  même 
susceptible  d’attachement  pour  celui  qui 
le  soigne.  Le  beau  rouge  tendre  dont  il  est 
revêtu  sur  toute  sa  poitrine  et  son  cou,  le 
fait  ressembler  à  une  rose  épanouie,  lorsque 
dans  l’état  sauvage  ,  il  apparaît  à  nos  yeux 
parmi  la  verdure.  Son  chant ,  qui  est  un 
sifflement  très  pur,  mais  composé  seule¬ 
ment  de  trois  notes,  a  quelque  chose  de  mé¬ 
lancolique  ;  mais,  ftrmé  à  la  serinette,  il  de¬ 
vient  varié  et  des  plus  agréables.  Cet  oiseau 
est  sujet  à  se  revêtir  en  cage  d’un  plumage 
tout  noir,  et  l’on  attribue  cette  sorte  de  mé¬ 
lanisme  à  sa  nourriture,  lorsqu’elle  se  com¬ 
pose  uniquement  de  chènevis.  Cette  nuance 
n’est  toutefois  le  plus  souvent  que  passagère, 
et  nous  venons  d’en  être  témoin  nous-même 
chez  un  individu  qui ,  après  avoir  été  noir 
pendant  quelques  années,  a  repris  à  sa  der¬ 
nière  mue  sa  livrée  naturelle. 

Quoique  essentiellement  granivores  ,  ces 
Oiseaux ,  lorsque  les  graines  ne  sont  pas 
encore  formées  ,  les  remplacent,  dans  l’état 
sauvage ,  par  une  nourriture  toute  végétale  ; 
car  ils  semblent  alors  se  nourrir  unique¬ 
ment  de  bourgeons  des  arbres  à  fruits  prin¬ 
cipalement,  auxquels  ils  font  souvent  un 
tort  réel  au  printemps,  ce  qui  engage  à  leur 
donner  la  chasse  dans  cette  saison. 

Le  bec  voûté,  et  comme  formé  de  deux 
coupes  arrondies  des  espèces  types,  peut- 
être  les  seules  vraiment  gemmivores ,  n’est 
probablement  ainsi  conformé  que  pour  fa¬ 
ciliter  à  ces  Oiseaux  la  préhension  des  bour¬ 
geons,  tout  en  étant  également  bien  adapté  à 
celle  des  graines  lorsque  leur  maturité  leur 
permet  de  s’en  nourrir.  V oy.  pvrriiulinées. 

(Lafr.) 

BOIJVREUX.  ois.  —  Nom  vulgaire  du 


BOY 

Bouvreuil  ordinaire  ,  en  Basse  -  Norman¬ 
die. 

BOUVRON.  ois.  —  Voyez  bouveron. 

BOUZE  DE  VACHE,  bot.  cr.  —  Espèce 
d’ Agaric  que  Paulet  a  figurée  planche  179,  et 
à  laquelle  il  a  donné  ce  nom  à  cause  de  son 
étendue  :  c’est  l’agaric  dont  le  chapeau  at¬ 
teint  les  plus  grandes  dimensions ,  puisqu’il 
a  quelquefois  plus  d’un  pied  de  diamètre.  Je 
ne  l’ai  jamais  rencontré ,  quoiqu’il  croisse 
dans  les  environs  de  Paris ,  et  je  ne  sais  à 
quelle  espèce  le  rapporter.  (Lév.) 

*BOVEA  ,  Dec.  bot.  ph.  — Synonyme  de 
Lindenbergia ,  Link. 

"BOVIDES,  mam.  — Quelques  auteurs  ont 
réuni  sous  ce  nom  le  genre  Bœuf  et  quelques 
genres  voisins. 

BOVISTA.  bot.  cr.  —  Genre  de  Champi¬ 
gnons  formé  par  Dillen,  en  1719  (App.  plant. 
Giss .,  p.  76),  qui  comprend  ceux  que  Tour- 
nefort  désignait  sous  le  nom  de  Lycoperdon, 
et  dont  il  n’a  pas  donné  les  caractères.  Per- 
soon  ( Disposit .  meih.  ping,  et  Syn.fung .)  en  a 
fait  avec  raison  un  genre  particulier,  carac¬ 
térisé  par  un  peridium  formé  de  deux  mem¬ 
branes  ,  dont  l’intérieure  ,  à  une  certaine 
époque  ,  disparaît  en  se  détachant  par  lam¬ 
beaux,  et  laisse  à  découvert  le  peridium 
qui  est  nu  ,  et  s’ouvre  irrégulièrement  à 
son  sommet.  A  ces  caractères  M.  Nees 
d’Esenbeck  en  a  ajouté  un  nouveau  fourni 
par  le  microscope ,  c’est  celui  des  spo¬ 
res  qui  sont  rondes  et  pédicellées  ;  carac¬ 
tère  précieux  puisqu’il  est  persistant,  et  qu’on 
le  rencontre  sur  les  individus  secs  comme 
sur  ceux  qui  sont  récents.  Vittadini  ( Funghi . 
manger.,  p.  259)  parle  d’une  troisième  mem¬ 
brane  que  formerait  le  peridium;  mais  jus¬ 
qu’à  ce  jour  il  m’a  été  impossible  d’en  con¬ 
stater  l’existence.  Les  recherches  de  MM.  Be- 
kerley  et  Tulasne  frères  ont  démontré  que 
les  spores  étaient  quaternées  et  supportées 
par  des  sporophores  ou  basides  intérieurs  ; 
de  sorte  que  maintenant  on  peut  regarder  ce 
genre  comme  parfaitement  distinct  et  carac¬ 
térisé  par  un  peridium  arrondi ,  formé  de 
deux  membranes  :  l’extérieure  caduque  , 
l’interne  persistante,  et  donnant  naissance 
par  sa  face  intérieure  à  deux  ordres  de  fila¬ 
ments  :  les  uns  allongés ,  rameux ,  hérissés 
de  villosités  et  stériles  ;  les  autres  plus  volu¬ 
mineux,  également  rameux,  et  terminés  par 
des  renflements  en  forme  de  matras  qui  sup- 


BOW 


BOY 


699 


portent  quatre  spores  globuleuses ,  munies 
d'un  pédicelle  persistant.  La  sévérité  avec 
laquelle  ce  genre  est  maintenant  établi  per¬ 
met  de  croire  que  toutes  les  espèces  qu’on 
y  a  rapportées  pourraient  bien  ne  pas  en 
faire  partie.  Le  Bovisla  plumbea  Pers. ,  type 
du  genre,  est  une  espèce  qu’on  rencon¬ 
tre  presque  dans  tous  les  pays,  et  qui  croît 
principalement  dans  les  terrains  sablon¬ 
neux;  elle  est  sessile,  globuleuse,  d’abord 
blanche ,  puis  d’une  couleur  bleue  ou  ar¬ 
doisée  ;  ses  spores  sont  rousses  ;  le  capilli- 
tium  qui  persiste  est  composé  de  filaments 
comme  feutrés  et  également  roux.  Si ,  avant 
que  ce  champignon  ait  atteint  sa  maturité, on 
le  divise  avec  un  instrument  bien  tranchant, 
on  remarque  que  sa  chair  est  blanche  et  par¬ 
semée  de  vacuoles  comme  une  éponge.  De 
Candolle  dit  qu’elle  rougit  légèrement  quand 
on  l’expose  à  l’air.  Je  n’ai  pas  eu  l’occasion 
d’observer  ce  phénomène.  M.  Fries  rapporte 
six  espèces  au  g.  Bovista-,  mais  il  est  dou¬ 
teux  que  les  deux  dernières  (B.  uteriformis 
F.  et  suberosa  F.  )  lui  appartiennent.  Quami 
même  elles  présenteraient  des  spores  pédi- 
cellées,  il  faudrait  encore  les  séparer,  parce 
que  leur  peridium  proprement  dit  est  épais 
et  d’une  consistance  subéreuse  ;  tandis  que 
dans  les  Bovista  il  est  mince ,  papyracé.  On 
devrait  en  former  un  nouveau  genre ,  et 
mieux  encore  les  rapporter  au  Mycenastrum 
que  M.  Desvaux  vient  d’établir.  (Lév.) 

*BOWDICHIA  (nom  propre),  bot.  ph. — 
Genre  de  la  famille  des  Papilionacées,  tribu 
des  Sophorées  ,  établi  par  MM.  de  Humboldt 
et  Kunth  ( Nov .  gen.  etsp.,  VI,  376),  et  com¬ 
prenant  un  très  petit  nombre  d’espèces  de 
l’Amérique  tropicale  ,  dont  le  mieux  connu 
est  le  B.  virgilioid.es ,  HB.  et  K.  (C.  L.) 

*BOWESIA  (nom  propre). bot.  cr.— (Phy- 
cées).  Ce  nom,  d’abord  consacré  par  M.  Gre- 
ville  (  Syn.  Alg.  )  à  un  nouveau  genre  de  la 
tribu  desChondriées,  a  été  depuis  changé  par 
le  même  phycoiogue  en  celui  de  Calocladia. 
ployez  ce  mot.  (C.  M.) 

*BOWIEA.  bot.  ph. — Nom  d’un  des  sous- 
genres  établis  par  Haworth  (in  Philos,  mag. 
1824 ,  p.  299)  dans  le  grand  g.  Aloe ,  de  la 
famille  des  Liliacées.  Voy.  aloes.  (A.  R.) 

BOWLESIA  (W.  Bowles,  botaniste  irlan¬ 
dais).  bot.  ph.  — Genre  de  la  famille  des 
Ombellifères ,  tribu  des  Orthospermées-Hy- 
drocotylées ,  créé  par  Ruiz  et  Pavon  ( FL 


pcruv.  Prod.,  44,  t.  34),  renfermant  7  ou  8 
espèces  indigènes  de  l’Amérique  australe. 
Ce  sont  des  plantes  herbacées  annuelles , 
|  débiles,  souvent  couvertes  d’une  pubescence 
rude;  à  feuilles  subopposées,  pétiolées,  sim¬ 
ples  ,  lobées  ou  dentées  ;  à  ombelles  pauci- 
flores  ,  axillaires ,  simples  :  l’une  d’elles  ,  le 
B.  lenera,  des  environs  de  Monte-Video  ,  est 
cultivée  dans  les  jardins.  (C.  L.) 

BOYAU,  bot.  cr  — Nom  vulgaire  d’une 
espèce  du  genre  Chorda  de  Lamouroux,  Fu¬ 
cus  filum  de  Linné. 

BOYAUX,  zool.  —  Voyez  intestins. 

BOYAUX  DE  CHAT,  annél.—  Nom  vul¬ 
gaire  des  Tarets  et  des  Tubipores.  —  En 
botanique ,  on  nomme  ainsi  vulgairement 
une  espèce  d’Hydrophyte,  l’Ulve  intestinale  , 
Ulvaintestinalis,  qui  se  trouve  dans  les  eaux 
douces,  saumâtres  et  salées. 

BOYAUX  DU  DIABLE.  bot.  pii.  —  Nom 
vulgaire  du  Smilax  Salsepareille  aux  An¬ 
tilles. 

BOYCIXIXGA.  rept.  —  Nom  de  pays 
d’une  espèce  de  Crotale.  (P.  G.) 

* BOYKLXTA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Saxifragacées,  formé 
parNuttal  ( Journ .  Acad.  Philad.,  VII,  113), 
et  renfermant  plusieurs  espèces  découvertes 
dans  l’Amérique  boréale.  Ce  sont  des  plantes 
herbacées  vivaces ,  à  feuilles  alternes ,  pal- 
matilobées,  incisées-dentées,  chaque  dente¬ 
lure  mucronée ,  portées  par  des  pétioles 
comme  stipulés  à  la  base  ;  à  fleurs  petites  , 
en  corymbes  ou  en  cymes.  (C.  L.) 

BOYMIA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Genre  de  !Zanthoxylées  établi  d’après  un  ar¬ 
brisseau  de  la  Chine  ,  et  dédié  au  Père 
Boym  ,  jésuite  polonais  ,  auteur  d’un  petit 
ouvrage  très  rare,  publié  en  1656,  à  Vienne, 
sur  les  animaux  et  plantes  de  la  Chine,  sous 
le  titre  de  Flora  sinensis.  Ses  caractères 
sont  les  suivants  :  Fleurs  diclines  :  les  m⬠
les  encore  inconnues ,  les  femelles  à  calice 
court ,  5-fide  et  à  5  pétales  plus  longs  que 
lui ,  avec  5  étamines  réduites  à  5  petits  rudi¬ 
ments  squamiformes.  Ovaires  5 ,  portés  sur 
un  court  gynobase  ,  soudés  inférieurement 
et  en  simulant  un  seul  par  leur  rapproche¬ 
ment  assez  intime,  partagés  chacun  sur  leur 
dos  par  un  sillon  longitudinal,  et  contenant 
deux  ovules  superposés.  Styles  5,  rapprochés 
en  un  seul  qui  part  du  haut  de  l’angle  in¬ 
terne  des  ovaires  ,  et  va  en  se  dilatant  de  la 


700 


BRA 


base  au  sommet  que  forme  un  stigmate  dis¬ 
coïde,  du  centre  duquel  rayonnent  cinq  sil¬ 
lons.  Autant  de  capsules  soudées  inférieure¬ 
ment  entre  elles,  divergeant  supérieurement, 
formant  un  angle  en  dedans  ,  convexes  en 
dehors ,  couvertes  de  tubercules  glanduleux 
et  s’écartant  en  deux  valves  dans  lesquels 
l’endocarpe  cartilagineux  se  détache  du  reste. 
Graines  solitaires  par  avortement,  globuleu¬ 
ses  ,  dont  le  test  est  criblé  de  petites  fossettes 
sous  l’épiderme  lisse  qui  le  recouvre.  Les 
feuilles  sont  opposées,  à  2-3  paires  de  folioles 
terminées  par  une  impaire;  les  fleurs  dispo¬ 
sées  en  cymes  dichotomes.  (Ad.  J.) 

BOZUÉ.  moll.  —  Nom  vulgaire  de  l’Am- 
pullaire  ovale. 

BRABEIUM  ou  BR ABE JUM  (  j 3paëuoi> , 
sceptre),  bot.  ph.  — Genre  de  la  famille  des 
Protéacées-Nucamentacées  ,  tribu  des  Per- 
sooniées,  établi  par  Linné  (  Mant.  168  )  sur 
une  plante  du  Cap,  cultivée  dans  les  serres 
d’Europe.  C’est  un  arbre  à  feuilles  verticil- 
lées,  dentées  en  scié  •  les  fleurs,  disposées  en 
épis,  sont  fascicuIées-ternééS,  ou  plus  nom¬ 
breuses  ,  embrassées  par  une  bractée  com¬ 
mune;  plusieurs  restent  simplement  mâles, 
par  l’effet  de  l’avortement  desovules.Lepéri- 
gone  est  en  4-phylle,  régulier  ;  des  squamu- 
les  hypogynes ,  cohnées  en  une  sorte  de  gaine, 
accompagnent  les  4  étamines  ;  le  style  est 
filiforme,  à  stigmate  vertical.  Le  fruit  est 
un  drupe  sec,  monosperme.  (C.  L.) 

BRÂBYLA,  Linn.  bot.  pii.  —  Synonyme 
de  Brabeium. 

*BR  AC  H  ANTIf  EMEM  (0  p«x^,  court;  «V 
Ssfjtov,  synonyme  de  avôoç,  fleur).  Bot.  ph.  — 
Ce  genre  est  voisin  des  Leucanthemum ,  et 
fait  partie  des  Composées,  tribu  des  Sénécio- 
nidées.  Il  a  pour  caractères  ,  d’après  M.  De* 
Candolle  :  Capitulé  multiflore  (25),  radié. 
Ligules  femelles  5-6,  courtes,  obovàles, obscu¬ 
rément  tridentées ,  jaunes  ainsi  que  les  fleu¬ 
rons  du  disque  qui  sont  hermaphrodites  et 
pourvus  d’un  tube  cylindracé.  Réceptacle 
subconvexe,  alvéolé.  Involucte  imbriqué, 
formé  d’un  petitnombred’écailles, dont  les  in¬ 
térieures  très  obtuses  sont  munies  d’un  large 
bord  transparent.  Rameaux  du  style  privés 
d’appendices.  Fruits  triangulaires  ,  glabres  , 
dépourvus  d’aigrette,  et  surmontés  d’un  petit 
disque  épigyne.  —  Ce  genre  ne  renferme 
qu’une  seule  espèce  indigène  des  déserts  delà 
Soôngariê.  (J-  D.) 


BRA 

7BRACHÉLÏE.  iBracheUa  (j 3p«x^,  court), 
ïns.  — Genre  de  Diptères  établi  par  M.  Ro- 
bineau-Desvoidy  dans  son  ouvrage  sur  les 
Myodaires,  et  qu’il  place  dans  la  famille  des 
Calyptérées  ,  tribu  des  Entomobies  ,  section 
des  Microcérées.  Ce  genre  est  fondé  sur  une 
seule  espèce  provenant  du  cap  de  Bonné-Es- 
pérance  ,  et  faisant  partie  de  la  collection  de 
M.  le  comte  Dejean,  qui  l’avait  reçue  de  La- 
treille  :  ce  dernier  l’avait  étiquetée  Tachina 
Weslermctnni.  (D.) 

BRACHELYTRES.  Brachelytra  (foecktç, 
court;  Hvrpov,  élyfrë  on  étui).  ïns. — Famille 
des  Coléoptères  pentamères ,  ainsi  nommée , 
parce  que  toutes  les  espèces  qu’elle  renferme 
ont  leurs  élytres  plus  ou  moins  courtes. Cepen¬ 
dant  ce  caractère  se  retrouve  également  dans 
plusieurs  genres  qui  n’en  font  pas  partie , 
et  nous  citerons  entre  autres  les  Molorches  et 
les  Atractoeères,  chez  lesquels  il  est  très  pro¬ 
noncé.  C’èSt  ce  qui  a  déterminé  M.  Erichson, 
dans  sa  Monographie  de  cette  famille,  à  sup¬ 
primer  la  dénomination  de  Brâchélytres , 
et  à  intituler  son  ouvrage  Généra  et  species 
Staphylinobum  ,  etc.,  la  famille  dont  il  s’a¬ 
git  correspondant  en  effet  à  l’ancien  genre 
Staphylimis  de  Linné.  Mais ,  bien  que  dans  ce 
Dictionnaire  nous  suivions  la  méthode  de 
l’auteür  allemand  que  nous  venons  dé  citer, 
comme  la  plus  récente  et  la  plus  au  niveau 
des  progrès  de  la  science ,  nous  avons  cru 
devoir  conserver  la  dénomination  de  Bra- 
cbélytres ,  attendu  que  depuis  sa  création 
par  Latreille ,  elle  a  été  adoptée  par 
tous  les  entomologistes  français,  et  a  pré¬ 
valu  sur  celle  de  Slaphyliniens ,  qu’on 
avait  voulu  y  substituer.  D’ailleurs  il  est  bon 
d’observer  que  si  l’on  appliquait  dans  toute 
sa  rigueur  le  principe  émis  par  M.  Erichson 
à  tous  les  noms  dè  familles  ,  de  tribus  et  de 
genres,  qui  ont  une  signification  en  entomo¬ 
logie  ,  il  faudrait  les  changer  presque  tous* 

De  toutes  les  familles  de  Coléoptères,  celle 
des  Brâchélytres  est  une  des  plus  difficiles  à 
étudier,  à  cause  du  grand  nombre  d’espèces 
presque  microscopiques  ou  peu  caractérisées 
qu’elle  renferme ,  aussi  fallait-il  joindre , 
comme  l’auteur  allemand ,  beaucoup  de  pa¬ 
tience  à  une  grande  sagacité  d’observation 
pour  en  entreprendre  la  monographie  ,  et  la 
conduire  à  bonne  fin.  À  la  vérité  ,  la  route 
lui  avait  été  aplanie  par  plusieurs  entomo¬ 
logistes  distingués,  tels  que  Paykull  (  Mono - 


BRA 


graphia  Staphylinorum suecica^t 800), Graven- 
horst  (  Monogr.  micYopterorum ,  1806),  Man- 
nerheim  ( Précis  d'un  nouvel  arrangement  de 
la  famille  dès  Brachèlytres ,  1830),  et  Nord- 
mann  ( Symbola  ad  monographiam  Staphylin ., 
1837)  ;  mais  aucun  de  ces  auteurs  ne  possé¬ 
dait  un  assez  grand  nombre  d’espèces  pour 
fonder  une  classification  applicable  à  toutes 
celles  qu’on  connaît  aujourd’hui.  Il  existait 
donc  à  cet  égard  une  lacune  que  M.  Erich- 
son  s’est  chargé  de  combler,  après  avoir  ras¬ 
semblé  le  plus  de  matériaux  possible,  c’est- 
à-dire  après  avoir  fait  un  appel  aux  entomo¬ 
logistes  les  plus  riches  en  Brachèlytres ,  et 
qui  se  sont  empressés  d’y  répondre.  Ainsi  il 
a  pu  opérer  Sur  une  base  beaucoup  plus  large 
que  celle  sur  laquelle  ses  devanciers  avaient 
travaillé  ,  et  donner  par  conséquent  une 
méthode  sinon  plus  naturelle ,  du  moins 
d’une  application  plus  générale  que  toutes 
celles  qui  l’ont  précédée.  Les  bornes  qui  nous 
sont  prescrites  ne  nous  permettent  pas  de 
présenter  ici  une  analyse  complète  de  cette 
méthode  ;  nous  nous  bornerons  à  en  faire 
connaître  les  principales  bases.  L’auteur  par¬ 
tage  d’abord  les  Brachèlytres  en  deux  gran¬ 
des  divisions  :  l’une  de  ceux  dont  les  stigma¬ 
tes  du  prothorax  sont  visibles,  l’autre  de  ceux 
chez  lesquels  ils  sont  cachés.  La  première  se 
compose  de  3  tribus ,  qui  sont  :  les  Âleocha - 
rini,  les  Tachyporini  et  les  Slaphylini  ;  la  se¬ 
conde  en  renferme  8  ,  qui  sont  :  les  Pœde - 
rini ,  les  Pinophilini ,  les  Steininii  les  üxyte- 
lini ,  les  Piestini,  les  Phlœocharini,  les  Oma- 
lini  et  les  Proteinini.  Dans  ces  onze  tribus 
sont  répartis  113  genres  ,  fondés  principale¬ 
ment  sur  les  parties  de  la  bouche.  Nous  ren¬ 
voyons  à  chacune  de  ces  tribus  ,  auxquelles 
nous  avons  conservé  l’ancienne  terminaison 
en  ide  ,  pour  connaître  les  noms  des  genres 
qu’elles  contiennent  respectivement ,  ainsi 
que  les  caractères  sur  lesquels  elles  sont  fon¬ 
dées. —  M.  Lacordaire  et  M.  le  comte  de  Cas¬ 
telnau  réunissent  les  Elaphiens  aux  Bra- 
chélytres.  Il  est  certain  qu’abstraction  faite 
des  articles  des  tarses  ,  dont  beaucoup  d’en¬ 
tomologistes  ne  tiennent  plus  compte  aujour¬ 
d’hui  dans  leur  classification ,  ces  deux  fa¬ 
milles  ont  entre  elles  la  plus  grande  analogie  ; 
mais  il  n’en  est  pas  de  même  de  celle  des 
Palpeurs  de  Latreille,  que  M.  de  Castelnau 
comprend  également  comme  sous -  famille 
parmi  les  Brachèlytres.  Les  Palpeurs  ont 


mk  roi 

l’abdomen  entièrement  caché  par  les  élytres, 
et  ne  peuvent  par  là  même  entrer  dans  une 
famille  dont  le  principal  caractère  est  préci¬ 
sément  d’avoir  cette  partie  du  corps  plus  ou 
moins  découverte.  Au  reste ,  ce  qui  frappe  le 
plus,  au  premier  coup  d’œil,  dans  la  majeure 
partie  des  espèces  de  cette  famille,  c’est  une 
forme  très  allongée,  aplatie;  une  tête  large, 
avec  des  antennes  courtes  et  des  mandibules 
fortes  et  avancées  ;  un  prothorax  court  ;  un 
abdomen  très  long,  et  couvert  seulement  en 
partie  par  les  élytres,  qui  sont  plus  où  moins 
courtes  et  tronquées  carrément  ou  oblique¬ 
ment  à  leur  extrémité  ;  des  pattes  médiocres 
et  assez  grêles ,  avec  les  tarses  antérieurs  or¬ 
dinairement  dilatés. — Ces  Insectes  sont  tous 
très  agiles ,  et  volent  pour  la  plupart  assez 
bien  ;  néanmoins  ils  font  assez  rarement 
usage  de  leurs  ailes.  Gelles-Ci,  quoique  pro¬ 
tégées  par  des  élytres  très  courtes  ,  sont  ce¬ 
pendant  très  longues  quand  elles  sont  déve¬ 
loppées,  et  se  trouvent,  dans  l’état  de  repos, 
pliées  sur  elles-mêmes  en  trois  ou  quatre  par¬ 
ties.  Presque  tous  les  Brachèlytres ,  surtout 
les  grandes  espèces  ,  ont  l’habitude  de  rele¬ 
ver  en  courant  leur  abdomen  ,  et  quelques 
petites,  parmi  les  Aléocharides,  le  ramènent 
si  complètement  sur  leur  dos ,  qu’elles  ont 
alors  une  forme  presque  globuleuse.  Cette 
partie  de  leur  corps  est  extrêmement  flexi¬ 
ble  ,  et  c’est  à  l’aide  des  mouvements  qu’ils 
lui  donnent  qu’ils  font  rentrer  leurs  ailes 
sous  les  élytres,  lorsqu’ils  cessent  de  Voler. 
Leur  anus  est  garni  de  deux  vésicules  coni¬ 
ques,  velues,  que  l’insecte  fait  sortir  à  vo¬ 
lonté,  et  d’où  s’échappe  une  vapeur  très  sub¬ 
tile  et  très  odorante.  Les  espèces  qui  vivent 
de  matières  animales  ou  végétales  décompo¬ 
sées  exhalent  une  odeur  de  musc  particulière 
à  tous  les  Coléoptères  nécrophages. 

Les  Brachèlytres  sont  en  général  très  vora¬ 
ces,  et  les  esp.  de  chaque  tribu  ont  une  ma¬ 
nière  de  vivre  assez  uniforme.  On  les  trouve 
dans  les  cadavres,  le  fumier,  les  matières  ex¬ 
crémentielles,  les  plaies  des  arbres,  les  Bolets, 
et  sous  les  écorces.  Quelques  uns  ne  fré¬ 
quentent  que  les  fleurs,  et  un  petit  nombre 
vit  en  société  avec  une  esp.  de  Fourmis ,  la 
Formica  riifa  Fabr.  Leurs  larves  ressem¬ 
blent  beaucoup  à  l’insecte  parfait,  vivent 
dans  les  mêmes  endroits,  et  Se  nourris¬ 
sent  des  mêmes  matières  que  celui-ci  ;  mais 
il  est  assez  rare  de  les  rencontrer,  et  l’on 


702 


BRA 


BRA 


n’en  connaît  encore  qu’un  petit  nombre. 
Elles  sont  très  agiles,  et  se  changent  en 
nymphes  immobiles  comme  celles  des  autres 
Coléoptères.  —  M.  Léon  Dufour  a  étudié  l’a¬ 
natomie  des  Brachélytres  dans  les  g.  Sta - 
phylinus  et  Pœderus ,  et  il  a  trouvé  que  leur 
tube  intestinal  différait  très  peu  de  celui  des 
Carabiques,  dont  ils  ont  en  effet  la  manière 
de  vivre.  (  V oyez  ces  deux  mots  pour  plus 
de  détails.)  Linné,  dans  la  dernière  édition 
de  son  Systema  naturœ ,  ne  mentionne  que 
26  espèces  de  Brachélytres  ,  et  M.  Erichson 
en  décrit  prés  de  1600  dans  sa  Monographie. 
Ces  Insectes  se  trouvent  répandus  sur  tout 
le  globe,  mais  plus  abondamment  dans  les 
parties  boréales  et  tempérées.  La  majeure 
partie  de  ceux  qu’on  connaît  appartiennent 
à  l’Europe.  (D.) 

*BRACHÏEELE.  Brachiella  (diminutif  de 
brachium ,  bras  ).  crust. — Genre  de  Lernées 
établi  par  G.  Cuvier  (  Règ.  anim. ,  III ,  257, 
1830),  et  qu’il  suppose  pouvoir,  ainsi  que  ses 
Anchorella ,  rentrer  dans  les  Lernéomyzes  de 
M.  de  Blainville.  C'est  ce  qui  a  été  confirmé 
par  M.  Milne-Edwards  ,  dont  la  famille  des 
Lernéopodes  est  en  effet  une  extension  du  g. 
Lemeomyza ,  devenue  nécessaire  par  suite  de 
la  révision  de  ses  caractères.  Cuvier  donne 
pour  caractères  aux  Brachielles  deux  proé¬ 
minences  en  forme  de  bras,  se  réunissant  en 
une  seule  partie  cornée  par  laquelle  l’animal 
se  fixe  aux  ouïes  des  Poissons.  II  cite  4  esp. 
de  Brachielles  :  B.  thynni  Cuv. ,  Lernea  sal- 
monea  Gisl. ,  L.  pernelliana  Blainv. ,  L.  Hu- 
chonis  Schr.,  et  il  dit  qu’il  y  en  a  encore  d’au¬ 
tres.  Le  g.  Brachielle  de  Cuvier  se  compose, 
dit  M.  Milne-Edwards ,  de  Lernéopodiens  , 
dont  les  appendices  brachiformes  se  réunis¬ 
sent  à  leur  extrémité  seulement  ;  dont  la  por¬ 
tion  céphalique  se  prolonge  en  un  cou  très 
long,  terminé  par  la  bouche,  et  armé  à  son 
extrémité  de  deux  paires  de  pattes-mâchoires 
ancreuses  très  apparentes  ,  et  dont  le  thorax 
est  allongé,  ovalaire  ou  pyriforme.  Ici  il  n’y 
a  pas  d’appendices  articulés  insérés  à  la 
base  du  cou ,  près  de  l’origine  des  bras , 
comme  chez  les  Trachéliastes  ,  et  les  an¬ 
tennes  ne  sont  pas  distinctes.  Enfin  les 
tubes  ovifères  sont  de  longueur  médiocre. 
Le  mâle  est  extrêmement  petit  relative¬ 
ment  à  sa  femelle  ;  son  corps  est  divisé  en 
deux  portions  ovalaires  :  l’antérieure  repré¬ 
senté  la  tête  et  porte  de  grosses  mains  sub-  | 


chéliformes  ;  la  seconde,  plus  grande  que  la 
première,  constitue  le  thorax  et  offre  des  ar¬ 
ticulations  transversales.  MM.  Nordmann  et 
Kroyer  se  sont  aussi  occupés  des  Brachielles. 

(P.  G.) 

*BR ACHIMDES.  Brachinidœ.  ins.  — 
M.  Stephens  désigne  ainsi,  d’après  Mac-Leay, 
une  famille  de  Carabiques  qui  se  compose 
des  genres  Drypta ,  Polistichus  ,  Odacantha , 
Demelrias,  Dromius,  Lebia ,  Lamprias,  Tarus 
et  Brachinus.  (D.) 

BRACIÎÏMTES.  ins.  —  M.  de  Castelnau 
désigne  ainsi  un  groupe  de  Carabiques ,  de 
la  tribu  des  Troncatipennes ,  auxquels  il 
donne  pour  caractères  communs  :  Tête  non 
étranglée  en  arrière  en  forme  de  col.  Cro¬ 
chets  des  tarses  non  dentelés.  Ce  groupe  se 
compose  de  26  genres  ,  dont  le  g.  Brachinus 
est  le  type.  (D.) 

BRACHINUS  (Ifyaxvç,  court),  ins.— Genre 
de  Coléoptères  pentamères  ,  famille  des  Ca¬ 
rabiques  ,  tribu  des  Troncatipennes  ,  établi 
par  Weber  et  adopté  par  tous  les  entomolo¬ 
gistes.  M.  Dejean  ,  après  en  avoir  donné  les 
caractères  dans  son  Species  général ,  partage 
en  deux  grandes  divisions  les  85  espèces  qu’il 
y  rapporte.  La  première  renferme  celles  dont 
les  élytres  sont  sillonnées  ;  ce  sont  les  plus 
grandes  du  genre ,  et  presque  toutes  appar¬ 
tiennent  à  l’ancien  continent.  La  seconde  se 
compose  des  espèces  qui  ont  les  élytres  pres¬ 
que  unies:  elles  sont  beaucoup  plus  petites 
que  celles  de  la  première  division  ,  et  quel¬ 
ques  unes  ,  quoique  de  l’ancien  continent , 
ont  les  angles  postérieurs  du  corselet  sail¬ 
lants  et  aigus  comme  celles  de  l’Amérique. 

Nous  citerons  comme  type  de  la  première 
division  le  B.  jurinei  Dej. ,  du  Sénégal  ,  et 
comme  type  de  la  seconde  le  B.  6-maculatus 
Leach ,  des  Indes  orientales.  Nous  citerons 
encore  le  B.  causticus  Latr.,  du  midi  de  la 
France,  et  le  B.  crépitons  Fabr.,  très  commun 
aux  environs  de  Paris  :  ces  deux  dernières 
espèces  sont  figurées  dans  Y  Iconographie  des 
Coléoptères  d! Europe ,  par  MM.  Dejean  et 
Boisduval ,  tom.  I ,  pl.  17. 

Toutes  les  espèces  du  genre  Brachinus  se 
trouvent  ordinairement  sous  les  pierres ,  et 
paraissent  répandues  sur  toute  la  surface  du 
globe  ;  elles  partagent  avec  celles  du  genre 
Aptinus  la  propriété  singulière  de  lancer  par 
l’anus,  lorsqu’elles  sont  inquiétées,  une  va¬ 
peur  blanchâtre  ou  jaunâtre  avec  détona- 


BRA 


703 


BRA 

tion  ,  et  qui  laisse  après  elle  une  odeur  forte 
et  pénétrante,  analogue  à  celle  de  l’acide  ni¬ 
trique.  D’après  l’expérience  qu’on  en  a  faite, 
cette  vapeur  est  en  effet  très  caustique,  rou¬ 
git  le  bleu  de  tournesol,  et  produit  sur  la 
peau  la  sensation  d’une  brûlure.  Les  taches 
rouges  qu’elle  y  forme  passent  promptement 
au  brun  et  durent  plusieurs  jours,  malgré 
de  fréquentes  lotions. 

M.  Léon  Dufour,  si  connu  par  ses  beaux 
travaux  anatomiques  sur  les  Insectes,  a  pu¬ 
blié  dans  le  temps  (  Ann.  du  Muséum 
d’hist.  liât.,  t.  XXVIII,  p.  70,  et  N ouv.  bul¬ 
letin  de  la  soc.  philom.,  juillet  1812)  un  Mé¬ 
moire  très  intéressant  sur  l'une  des  esp.  du 
g.  dont  il  s’agit  qu’il  nomme  B.  displosor,  le 
même  que  YApiinus  balisia  Illig.  Il  résulte 
de  ses  observations  que,  lorsque  cet  insecte 
est  pressé  ou  inquiété  ,  il  peut  fournir  dix  à 
douze  décharges  successives  avec  détona¬ 
tion  ;  mais  ensuite  ses  forces  semblent  épui¬ 
sées  ,  et  au  lieu  de  fumée  avec  bruit ,  on  ne 
voit  plus  sortir  de  son  anus  qu’une  liqueur 
jaune ,  quelquefois  brunâtre ,  se  figeant  à 
l'instant ,  et  sous  la  forme  d’une  légère 
croûte.  Observée  immédiatement  après  son 
émission,  cette  liqueur  laisse  échapper  quel¬ 
ques  bulles  d'air  et  semble  être  en  fermen¬ 
tation.  La  mobilité  des  derniers  anneaux  du 
ventre  permet  à  l’animal  de  diriger  ses  fusées 
en  tous  sens.  Si  c’est  par  le  corselet  qu’on 
l’inquiète  ,  la  surface  des  élytres  est  bientôt 
saupoudrée  d’une  sorte  de  poussière  acide  ré¬ 
sultant  des  explosions.  Ces  propriétés  sont 
communes  aux  deux  sexes. 

Voici  maintenant  une  description  abrégée, 
d’après  le  même  auteur,  de  l’appareil  pro¬ 
ducteur  des  explosions  dont  nous  venons  de 
parler.  Cet  appareil  est  situé  dans  la  cavité 
abdominale  et  consiste  en  deux  organes  très 
distincts,  dont  l’un  est  l’organe  préparateur  et 
l’autre  l’organe  conservateur.  Le  premier, 
plus  intérieur ,  se  présente  sous  deux  as¬ 
pects  différents  ,  suivant  qu’il  est  contracté 
ou  dilaté.  Dans  le  premier  cas,  c’est  un  corps 
blanchâtre,  irrégulièrement  arrondi,  mou, 
paraissant  glanduleux  ,  placé  sous  les  der¬ 
niers  anneaux  de  l’abdomen  ,  s’abouchant 
par  un  bout  dans  le  réservoir,  et  se  termi¬ 
nant  constamment  par  l'autre  en  un  filet 
très  long  et  très  grêle  ;  dans  le  second  cas , 
c’est-à-dire  lorsqu’il  est  dilaté,  il  ressemble 
à  un  sac  oblong,  membraneux,  diaphane , 


rempli  d’air,  occupant  alors  toute  l’étendue 
de  l’abdomen,  et  paraissant  libre,  à  l’excep¬ 
tion  de  l’extrémité  qui  s’abouche  dans  le 
réservoir.  Le  second  organe  ou  le  conserva¬ 
teur,  et  qui  est  aussi  le  réservoir,  offre  un 
corps  sphérique  de  la  grosseur  d’une  graine 
de  navet,  brun  ou  rougeâtre,  d’une  consis¬ 
tance  papyracée  ,  constant  dans  sa  forme  , 
creux  intérieurement  et  placé  sous  le  der¬ 
nier  anneau  dorsal,  justement  au-dessus  du 
rectum.  II  s’ouvre  par  un  pore  de  chaque 
côté  de  l’anus.  Un  tube  membraneux  fort 
court,  mû  sans  doute  par  le  sphincter,  sert 
à  expulser  la  fumée.  M.  Léon  Dufour  a  ob¬ 
servé  dans  les  Carabes  et  les  Blaps  un  organe 
semblable  à  celui  qu’il  nomme  préparateur, 
mais  qui  n’est  jamais  gonflé  d’air.  (D.) 

BRACHIOIV.  Brachionus  (j3pot^iwv,  bras). 
syst.  —  Genre  établi  par  Müller  avec  sa  si¬ 
gnification  actuelle  ,  bien  différente  de  celle 
que  lui  avaient  donnée  Hill  et  Pallas,  qui  dé¬ 
signaient  ainsi  des  Vorticelles.  Le  genre  de 
Müller,  plus  ou  moins  restreint,  a  été  adopté 
par  tous  les  micrographes  qui  l’ont  suivi.  Il 
comprend  des  animaux  à  carapace  en  forme 
d’utricule  déprimée  ou  de  fourreau  court , 
dentée  en  avant  et  largement  ouverte,  pour 
laisser  sortir  les  lobes  ciliés  de  l’appareil  ro¬ 
tatoire  ,  souvent  dentée  ou  armée  de  pointes 
en  arrière,  et  également  ouverte  pour  le 
passage  d’une  queue  articulée  que  termine 
une  paire  de  doigts  ou  de  stylets  articulés. 
Les  Brachions  sont  pourvus  de  mâchoires 
articulées  et  digitées  à  leur  bord  libre  ;  ils 
montrent  presque  toujours  au-dessus  des 
mâchoires  un  point  rouge  qu’on  a  pris  pour 
un  œil  ;  ils  portent  long-temps  attaché  à  la 
naissance  de  la  queue  leur  œuf,  qui  est  pro¬ 
portionnellement  très  volumineux.  Ceux  des 
Brachions  deMüller,  qui  ne  présentent  pas  cet 
ensemble  de  caractères,  ont  été  reportés  dans 
les  autres  genres  de  la  famille  des  Brachio- 
niens.  Les  vrais  Brachions  sont  longs  de  2  à 
4  dixièmes  de  millimètre,  et  vivent  dans  les 
eaux  stagnantes.  (Duj.) 

BB  AC  ÏI I OK IDES.  syst.  —  Famille  de 
l’ordre  des  Cruslodés  de  M.  Bory  de  Saint- 
Vincent,  parmi  ses  Microscopiques.  Cette  fa¬ 
mille  comprend  des  animaux  revêtus  d’une 
enveloppe  résistante  ou  d’une  cuirasse ,  et 
ayant  le  corps  muni  postérieurement  de 
queues  ou  d’appendices  ,  et  antérieurement 
de  cils  vibratiles.  Cette  famille  comprend 


BRA 


BRA 


704 

9  genres  divisés  en  2  sections ,  savoir  :  les 
g.  Brachion,  Siliquelle,  Kératelle,  Tricalame 
et  Troboskidie  ,  qui  ont  2  organes  rotatoires 
distincts,  et  les  g.  Testudinelle  ,  Lépadelle  , 
Mytiline  et  Squatinelle  ,  dont  les  cils  vibra- 
tiles  ne  se  développent  jamais  en  2  rotatoires 
complets  et  distincts.  (Duj.) 

*BRACmONIENS.  Brachionœct.  syst. — 
Famille  de  Systolides  nageurs  cuirassés , 
comprenant  des  animaux  de  formes  diverses; 
les  uns  presque  orbiculaires ,  déprimés ,  les 
autres  ovoïdes  ou  cylindriques  ou  compri¬ 
més  ,  revêtus  d’une  cuirasse  membraneuse 
d'une  ou  de  deux  pièces ,  souvent  munis  de 
pointes  saillantes  ou  d’appendices  résistants, 
fixes  ou  mobiles.  Leur  bouche  est  munie  de 
mâchoires,  et  précédée  par  un  vestibule  dont 
les  parois  ciliées  se  prolongent  plus  ou  moins 
en  lobes  garnis  de  cils  vibratiles ,  offrant 
l’apparence  de  roues  dentées  en  mouvement. 
Les  uns  sont  sans  queue ,  les  autres  ont  une 
queue  articulée,  simple  ou  bifurquée.  La 
famille  des  Brachioniens  de  M.  Dujardin  cor¬ 
respond  assez  exactement  au  genre  Brachion 
de  Millier,  et  se  divise  en  dix  genres,  savoir  : 
Ptérodine ,  Anourelle ,  Brachion ,  Lépadelle, 
Euchlanis,  Dinocharis,  Salpine,  Colurelle  , 
Ratule,  Polyarthre.  M.  Ehrenberg  divise  ces 
mêmes  animaux  en  ses  2  familles  des  Eu- 
chlanidola  et  des  Brachionœa  ou  Zygotroques 
cuirassés ,  cette  dernière  comprenant  les 
genres  IVoieus ,  Anurœa ,  Bracliionus  et  P/e- 
rodina.  (Duj.) 

*BRACHIOPITHÈQUE.  Brachiopiihecus 
( |3poc^tü)v ,  bras;  i n'Q/jxoç,  singe),  mam. — 
M.  de  Blainville  réunit  sous  ce  nom  généri¬ 
que  les  Orangs  et  les  Gibbons  (  voyez  ces 
mots),  dont  un  des  caractères  communs  est 
d’avoir  les  membres  antérieurs  fort  longs. 
M.  Hollard  ,  dans  ses  Nouveaux  éléments  de 
zoologie ,  p.  575,  a  adopté  cette  dénomina¬ 
tion.  (P*  G.) 

BU  ACHïOPODES.  Bracliiopoda  (  (3PaX «o v , 
bras;  iroï;,  pied),  mole.— Ce  nom,  qui  ré¬ 
pond  à  celui  de  Conchifères  de  Lamark,  et  de 
Palliobranches  de  M.  de  Blainville,  a  été  créé 
par  M.  Duméril  ( Zool .  anal.,  1806),  et  adopté 
ensuite  par  Cuvier  pour  des  Mollusques  à  co¬ 
quille  bivalve,  privés  de  locomotion,  et  fixés 
à  des  corps  solides. Ils  offrent  pour  caractères  : 
Un  manteau  à  deux  lobes  toujours  ouverts  ; 
des  branchies  consistant  en  de  petits  feuillets 
rangés  autour  de  chaque  lobe  de  la  face  in¬ 


terne;  pas  de  pieds,  mais  deux  bras  charnus, 
ciliés  et  rétractiles;  la  bouche  entre  les  ba¬ 
ses  des  bras  et  l'anus  sur  un  des  côtés  ;  deux 
cœurs  aortiques,  et  un  canal  intestinal  re¬ 
plié  autour  du  foie.  Les  organes  de  la  géné¬ 
ration  et  le  système  nerveux  sont  peu 
connus. 

Les  g.  qui  composent  la  classe  des  Mollus¬ 
ques  brachiopodes  sont ,  suivant  les  coupes 
proposées  par  M.  Deshayes,  les  Lingules,  les 
Térébratules,  lesSpirifères,  les  Strygocépha- 
les,  les  Productes,  les  Mages  et  les  Orbicules, 
dont  les  Coquilles  adhèrent  par  le  moyen 
d’un  pédoncule  fibreux,  et  les  Thécidies,  les 
Cranies  et  les  Calcéoles ,  qui  sont  fixées  par 
une  de  leurs  valves ,  et  quelquefois  libres 
à  l’état  adulte. 

On  trouve  assez  rarement  les  Brachio¬ 
podes  à  l’état  vivant;  mais  on  en  connaît  un 
grand  nombre  de  fossiles.  (G.  d’O.) 

*BRACHIOPTÈRE$  (^ooog^v,  bras,*'*™- 
pov,  aile,  nageoire),  poiss.  —  Nom  donné  par 
M.  de  Blainville  à  une  famille  de  Poissons 
renfermant  ceux  dont  les  nageoires  sont  pé- 
diculées.  (C.  d’O.) 

*BRACHOCÈRES.  Brachocera.  ins.  — 
M.  Macquart  désigne  ainsi  l’une  des  deux 
grandes  divisions  établies  par  lui  dans  l’or¬ 
dre  des  Diptères  :  elle  comprend  tous  ceux 
qui  ont  les  antennes  plus  ou  moins  courtes, 
comparées  à  celles  des  Némocères ,  qui  for¬ 
ment  l’autre  division.  Les  Brachocères  se 
partagent  ensuite  d’après  le  nombre  de  soies 
dont  se  compose  leur  trompe  ou  suçoir,  en 
Hexachœtes,  Tetrachœtes  et  Dichœtes.  F oyez 
ces  mots  ,  où  nous  entrons  dans  plus  de  dé¬ 
tails.  (D.) 

*BR A CHOIVYX  et  BRACONYX  (fc<*Xvç  » 
court;  o nvf,  ongle),  ois.  —  Genre  formé  par 
Swainson  dans  sa  sous-famille  des  Alaudinœ , 
répondant  aux  Alouettes  de  Cuvier,  sur  une 
espèce  africaine,  l’Alouette  bateleuse  de  Le- 
vaillant,  Afr.,  pl.  194.  M.  G.  R.  Gray  (  List 
of  the  généra  )  remplace  ce  nom  générique  de 
Brachonyx ,  déjà  employé  en  entomologie, 
par  celui  de  Corypha  (G,  R.  Gray).  Ce  g., 
qui  ne  contient  que  l’esp.  type,  fait  partie  de 
la  2e  section  de  notre  g.  Alouette  ,  celle  que 
nous  avons  nommée  Alouettes  petites  voi- 
lières  et  percheuses.  (Lafr.) 

*BRACH0IMYX  (fSp*x^  court  ;  oW£,  on¬ 
gle).  ins.— Genre  de  Coléoptères  tétramères, 
famille  des  Curculionides,  ordre  des  Gona- 


tocères,  division  des  Érirhinides  ,  établi  par 
Schœnherr  aux  dépens  du  genre  Rhynchœ- 
nus  ,  Fabr.  Ce  genre  ,  adopté  par  M.  Dejean 
dans  la  3e  édition  de  son  Catalogue,  ne  ren¬ 
ferme  qu’une  seule  espèce  ,  le  Rhynchœnus 
indigenus  de  Gyllenhal ,  qui  se  trouve  en 
Suède ,  en  Norwége  et  en  Allemagne.  (D.) 

*BRACHYACANTHA  (  |3oaXvç  ,  court; 
axavGoc ,  épine),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
trimères ,  établi  par  M.  Chevrolat  avec  les 
Coccinella  denlipes ,  bisquin^ue-puslulala  et 
ursina  de  Fabricius  ,  originaires  des  États- 
Unis.  M.  Dejean  ,  qui  adopte  ce  genre  dans 
son  Catalogue,  en  mentionne  dix  espèces  de 
l’Amérique  septentrionale  et  méridionale.  Ce 
genre  est  assez  voisin  des  Scymnus  ;  mais,  au 
lieu  d’être  velu ,  il  est  glabre.  La  tête  en  est 
large,  et  les  yeux  en  sont  gros  et  distants.  Ce 
qui  le  fait  reconnaître  aisément ,  c’est  une 
épine  très  aiguë,  située  extérieurement  près 
de  la  base  des  jambes  antérieures.  (G.) 

BRACHYACHYRIS.  bot.  ph.  —  Syno¬ 
nyme  de  Rrachyris. 

BRACHYANTHEMUM.  bot.  ph  .—Voyez 

BRÀCHANTHEMUM. 

*BRACHYASPISTES  ((Zpa.%vç,  court  ;  «<j- 
in'crTYjç,  écussonné).  ins.  —  Genre  de  Coléop¬ 
tères  tétramères ,  famille  des  Curculionides, 
ordre  des  Gonatocères,  division  des  Brachy- 
dérites ,  créé  par  Schœnherr,  et  placé  par  lui 
après  le  genre  Asiycus ,  avec  lequel  il  a  beau¬ 
coup  d’affinité  ;  mais  il  porte  un  écusson 
court  et  transverse,  tandis  que  l’écusson  du 
précédent  est  triangulaire  et  fort  aigu  par  le 
bas.  L’espèce  qui  a  servi  de  type  à  l’auteur  a 
été  nommée  par  lui  B.femoralis  ;  elle  provient 
des  Indes  orientales.  Depuis ,  M.  Perrotet  a 
rapporté  des  Neel-Gherries  4  esp.  qui  ren¬ 
trent  dans  ce  genre  ;  l’une  d’elles  est  de  cou¬ 
leur  fort  tranchée,  et  une  autre  est  couverte 
d’écailles  diamantées  très  brillantes.  (C.) 

*BRACHYBAMUS  (|3p <xyy<;>  court  ;  fiv-yn, 
pas  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétramè¬ 
res,  famille  des  Curculionides,  ordre  des  Go¬ 
natocères  ,  légion  des  Mécorhynchides  de 
Schœnherr  [Syst.  Cure.,  t.  III ,  p.  330,  g. 
215).  Ce  g. ,  créé  par  Germar,  a  été  adopté 
par  M.  Schœnherr,  qui  le  place  entre  les  Bra- 
chonyx  et  les  Bradybaïus.  Ses  tarses  sont 
courts ,  larges ,  leur  pénultième  article  est 
bilobé;  mais  le  caractère  qui  le  distingue 
surtout  des  g.  les  plus  voisins,  c’est  que  ces 
tarses  n’ont  qu’un  seul  ongle.  L’espèce  dé- 

T.  H.  J 


crite  a  été  nommée  B.  elecius  Gr.  ;  elle  a  été 
trouvée  dans  les  enviions  de  Boston ,  et  n’a 
pas  plus  de  0>«,002  de  longueur.  (C.) 

BRACHYCARPÆA  (fipaxvç ,  court  ;  xap- 
7«îov,  fruit),  bot.  pu.  —  Genre  de  la  famille 
des  Crucifères-Diplécolobées,  tribu  des  Sé- 
nébiérées,  formé  par  De  Candolle  {Syst.,  II, 
698  )  sur  1  ’Heliophila  flava  L.  fils.  Il  ne  ren¬ 
ferme  que  cette  plante.  C’est  un  arbrisseau 
du  Cap,  glabre,  à  rameaux  grêles,  garnis  de 
feuilles  oblongues  ou  linéaires ,  très  entiè¬ 
res  ,  mucronées  ;  à  fleurs  grandes ,  jaunes 
ou  pourprées.  (C.  L.) 

BRACHYCENTRUM  (/3p«xy'?>  court; 
xevrpov ,  aiguillon),  bot.  ph.  —  Genre  de  la 
famille  des  Mélastomacées-Mélastomées,  tribu 
des  Lavoisiérées  ,  formé  par  Meisner  ( Gen.y 
114)  aux  dépens  du  Rhexia  excelsa  de  Bon- 
pland ,  et  ne  renfermant  encore  que  cette 
espèce.  (C.  L.) 

*  BRACHYCÉPHALE.  Bracliycephalus 
(  0 pax^ç,  court  ;  x£<paH,  tête),  rept.  —  C’est 
un  genre  fort  singulier  de  Batraciens  voisins 
des  Crapauds,  établi  d’abord  par  M.  Fitzin- 
ger  sous  le  nom  que  nous  adoptons  ici ,  et 
nommé  ensuite  Ephippiger,  c’est-à-dire  Porte- 
selle  ,  par  feu  M.  Th.  Cocteau  ,  qui  a  donné 
sur  ces  petits  Reptiles  des  détails  fort  intéres¬ 
sants. 

On  ne  connaît  qu’une  seule  espèce  de  Bra¬ 
chycéphale  [Bufo  ephippium  Spix.,  Epliippi 
ger  Spixii ,  et  aurantiacus  Coct.  ),  petit  Bu- 
foniforme  du  Brésil  et  de  la  Guiane.  Cet 
animal  manque  de  parotides ,  et  sa  mem¬ 
brane  du  tympan  n’est  pas  visible  à  l’exté¬ 
rieur  ;  il  n’a  pas  de  dents  palatines ,  et  ce 
qui  constitue  surtout  son  caractère  distinctif, 
c’est  qu’il  présente  à  la  région  dorsale  une 
sorte  de  petit  bouclier,  dont  on  retrouve  un 
rudiment  chez  certains  Ceraiophrys  ,  et  qui 
est  une  ossification  du  derme  à  cet  endroit. 
Cette  partie  osseuse,  au-devant  de  laquelle 
est  une  autre  petite  plaque  de  même  nature, 
laisse  entre  elle  et  les  apophyses  transverses 
des  vertèbres  un  canal  pour  le  passage  des 
muscles  supérieurs  à  la  colonne  vertébrale, 
et  les  apophyses  transverses  des  quatrième 
et  cinquième  vertèbres  sont  seules  soudées 
par  leurs  extrémités  aux  bords  de  la  plaque 
clypéale.  On  a  considéré  celle-ci  comme  une 
expansion  des  apophyses  épineuses  qu’elle 
recouvre  ;  mais  il  est  beaucoup  plus  ration¬ 
nel  d’y  voir  une  pièce  dermato-squelétique , 
45 


BRA 


BRA 


706 

c’est-à-dire  un  encroûtement  osseux  d’une 
partie  de  la  peau.  Le  dessus  de  la  tête  du 
Brachycéphale  offre  aussi  une  disposition' 
analogue.  Les  doigts  de  cet  animal  méritent 
aussi  d’être  signalés  :  trois  seulement  à  cha¬ 
que  patte  sont  bien  développés  ;  le  quatrième 
des  antérieurs ,  les  quatrième  et  cinquième 
des  postérieurs  consistant  en  simples  tuber¬ 
cules  si  petits  ,  que  Spix  ,  Fitzinger  et  Wa- 
gler  ont  décrit  les  Brachycéphales  comme 
des  Batraciens  tridactyles  ;  et  c’est  en  leur 
reconnaissant  quatre  doigts  antérieurement 
et  cinq  en  arrière,  que  M.  Cocteau  fut  con¬ 
duit  à  faire  des  animaux  qu’il  observait  un 
genre  distinct  de  celui  qu’avait  établi  M.  Fit¬ 
zinger.  MM.  Duméril  et  Bibron  ont  rectifié 
depuis  ce  point  de  synonymie.  (P.  G.) 

BRACHYCERCUS  (  /3paXvç  ,  court  ; 
xepxoç ,  queue),  ins. —  Nom  employé  par 
M.  Curtis  pour  désigner  un  g.  de  la  famille 
des  Éphémérides ,  de  l’ordre  des  Névroptè- 
res,  ayant  déjà  reçu  de  M.  Burmeister  la  dé¬ 
nomination  d’ Oxycypha.  (Bl.) 

BRACHYCÈRE.  Brachycerus  (  ppa^vç  , 
court;  x/paç,  corne),  ins. — Genre  de  Coléop¬ 
tères  tétramères ,  famille  des  Curculionides , 
ordre  des  Gonatocères,  division  des  Brachy- 
cérides,  établi  par  Fabricius ,  et  adopté  par 
tous  les  autres  entomologistes ,  y  compris 
Schœnherr,  dont  nous  suivons  ici  la  méthode. 
Les  Brachycères  ont  le  corps  ovale  ou  globu¬ 
leux,  presque  toujours  couvert  d’aspérités  ou 
de  rugosités  très  variées  ;  les  élytres  soudées 
embrassant  les  côtés  de  l’abdomen  ,  et  sans 
ailes  en  dessous;  les  antennes  plus  cour¬ 
tes  que  la  tête,  presque  droites ,  et  grossis¬ 
sant  de  la  base  au  sommet  ;  la  tête  incli¬ 
née,  allongée  en  forme  de  trompe  épaisse, 
et  enfin  les  tarses  filiformes  et  dépourvus  de 
houppes. 

Ce  g.  se  distingue  des  autres  Curculionites, 
non  seulement  par  son  organisation ,  mais 
par  la  manière  de  vivre  de  toutes  les  espè¬ 
ces  qui  le  composent.  Les  Brachycères  ne 
fréquentent  pas  les  fleurs,  et  ne  se  trouvent 
jamais,  comme  les  autres,  sur  les  arbres  ou 
sur  les  plantes.  On  les  rencontre  toujours 
à  terre  ou  grimpant  avec  peine  contre  les 
murs  ou  les  rochers  ;  car,  bien  qu’en  com¬ 
pensation  du  défaut  d’ailes  la  nature  leur 
ait  donné  des  pattes  assez  longues  et  très 
fortes ,  relativement  à  leur  corps ,  ils  ne  se 
meuvent  qu’avec  beaucoup  de  lenteur.  Ces 


Insectes  ne  se  trouvent  que  dans  les  contrées 
chaudes  et  arides  de  l’ancien  continent;  jus¬ 
qu’à  présent  l’Amérique  et  la  Nouvelle- 
Hollande  n’en  ont  fourni  aucun.  Schœnherr 
en  décrit  ou  désigne  112  espèces,  dont  le  plus 
grand  nombre  appartient  à  l’Afrique.  Parmi 
celles  qu’on  trouve  en  Europe,  nous  citerons 
le  B.  algirus  Fabr.,  qui  habite  à  la  fois  l’Al¬ 
gérie  et  les  côtes  de  la  Provence,  et  le  B .  un- 
daius  Oliv.,  qui  est  très  commun  dans  les  en¬ 
virons  de  Marseille  ,  et  dans  la  ville  même, 
où  je  l’ai  pris  en  quantité  contre  les  murs 
des  rues  qui  avoisinent  la  campagne. 

On  ne  connaît  pas  encore  les  larves  de  ces 
Insectes;  mais  bien  que  tout  fasse  présumer 
qu’elles  vivent  dans  l’intérieur  de  la  terre  , 
on  est  encore  à  concevoir  quelle  substance 
nutritive  elles  peuvent  y  trouver,  vu  l’ari¬ 
dité  des  lieux  où  l’on  rencontre  l’insecte  par¬ 
fait.  ^  ^  (D.) 

*BRACHYCÉRÉES.  Brachyceratœ.  ins. 
—  Nom  donné  par  M.  Robineau-Desvoidy  à 
une  section  de  ses  Myodaires  qui  se  compose 
des  g.  Mïltogramma ,  Megœra  et  Amobia, 
et  qui  rentre  dans  la  tribu  des  Musci- 
des-Créophiles  de  M.  Macquart.  Voyez  ces 
mots.  (D.) 

*BRACHYCÉRIDES.  Brachycerides.  ins. 
—Schœnherr  désigne  ainsi  la  ïre  division  de 
ses  Gonatocères  dans  la  famille  des  Curcu¬ 
lionides  ,  et  qui  a  pour  type  le  g.  Brachyce¬ 
rus  ( voyez  ce  mot).  Cette  division  ne  se  com¬ 
pose  que  de  deux  g.:  Brachycerus  déjà 
nommé ,  et  Microcerus.  (D.) 

*BRACHYCHITON  (  j3pa^ç ,  court  ;  *t- 
tmv,  tunique),  bot.  pu.  —  Un  des  sous-gen¬ 
res  indiqués  par  Schott  et  Endlicher  (  Me - 
leth.  34)  dans  le  g.  Sterculia  de  Linné.  Il  ne 
renferme  qu’un  arbre  de  la  Nouvelle-Hol¬ 
lande  tropicale  ;  à  feuilles  arrondies  ,  très 
amples,  sublobées  ;  à  fleurs  grandes,  parse¬ 
mées  de  points  assez  apparents  ;  elles  sont  so¬ 
litaires  et  paraissent  dans  l’aisselle  des  feuil¬ 
les,  qui  tombent  de  bonne  heure.  (C.  L.) 

*BRACHYCLADOS  (|3pa^uç,  court;  xà«- 
<îoç,  rameau),  bot.  pu.  —  Ce  g.  fait  partie 
de  la  tribu  des  Mutisiacées  parmi  les  Com¬ 
posées.  M.  Don,,  qui  l’a  établi,  lui  assigne 
pour  caractères  :  Capitule  multiflore,  hétéro- 
game,  radiatiforme.  Involucre  muni  inté¬ 
rieurement  de  bractéoles  et  composé  de  5  fo¬ 
lioles  ou  écailles  ovales-lancéolées ,  acumi- 
nées,  carénées.  Réceptacle  nu.  Fleurons  du 


BRA 


BRA 


707 


rayon  1-sériés,  femelles,  par  avortement  des 
étamines  dont  on  trouve  les  rudiments , 
bilabiés  ;  lèvre  extérieure  en  forme  de  ligule, 
l’intérieure  linéaire,  bifide,  révolutée.  Fleu¬ 
rons  du  disque  hermaphrodites,  tubuleux  , 
bilabiés  :  lèvre  extérieure  3-dentée ,  l’inté¬ 
rieure  bipartie.  Étamines  à  filets  glabres; 
anthères  munies  de  soies  plumeuses  à  la 
base.  Styles  des  fleurons  de  la  circonférence 
entière  obtus ,  recourbés  ;  ceux  des  fleurons 
du  disque  bifides,  à  lobes  courts  ,  coniques. 
Fruits  cunéiformes,  ô-gones,  tronqués,  cou¬ 
verts  de  papilles  et  couronnés  d’une  aigrette 
persistante,  composée  de  plusieurs  rangées 
de  soies  capillaires ,  scabres ,  et  de  couleur 
cendrée.  —  Ce  g.  ne  renferme  qu’une  seule 
espèce,  qui  habite  les  Andes  de  Mendoza. 
C’est  un  arbrisseau  très  rameux  et  raide,  cou¬ 
vert  de  feuilles  également  raides,  linéaires, 
entières,  fasciculées  et  terminées  par  une 
petite  pointe.  Les  capitules  sont  solitaires. 

(J.  D.) 

*BRACHYCOME  (  |3paXvç ,  court  ;  xofxyj , 
chevelure.)  bot.  pu.  —  Ce  g.  a  été  fondé  par 
Cassini,  pour  plusieurs  plantes  de  la  Nou¬ 
velle-Hollande  ,  qui  ont  le  port  des  Pâque¬ 
rettes  ,  et  près  desquelles,  il  doit  venir  se 
classer.  II  fait  partie  des  Composées-Astéroï- 
dées  ,  et  présente  pour  caractères  :  Capitule 
multiflore,  hétérogame.  Fleurs  du  rayon  li- 
gulées,  femelles,  1-sériées;  ceux  du  disque  tu¬ 
buleux,  5-dentés ,  hermaphrodites.  Récep¬ 
tacle  conique,  dépourvu  de  paillettes,  légè¬ 
rement  alvéolé.  Involucre  campanulé,  formé 
par  un  petit  nombre  de  folioles  ,  ou  mieux 
d’écailles  membraneuses  sur  les  bords.  Fruit 
comprimé  latéralement ,  tronqué ,  couronné 
d’une  aigrette  très  courte.  —  Les  Brachyco- 
mes  sont  des  herbes  vivaces ,  portant  des 
feuilles  pinnalilobées,  et  des  capitules  à  dis¬ 
que  jaune  et  ornés  de  rayons  blancs.  (J.  D.) 

* BRACHYCORYN  A  (  |3 p*Xvç  ,  court; 
xopvvyj,  massue  ).  ins.  —  Genre  de  Coléoptè¬ 
res  tétramères,  famille  des  Cycliques,  tribu 
des  Hispoides,  établi  par  M.  Dejean  dans  son 
Catalogue,  sur  une  espèce  originaire  de  Co¬ 
lombie,  qu’il  nomme  B.  pumila.  (C.) 

*BRACHYCORYS  ,  Schrad.  (  fr>«x^  , 
court;  xopuç,  casque),  bot.  pii.  —  Un  des  sy¬ 
nonymes  du  genre  Lindenbergia.  (C.  L.) 

*BRACHYCORYTHIS  (  ÆpaXvç  ,  court  ; 
xopuGoç ,  casque),  bot.  pu.  —  Famille  des 
Orchidées ,  tribu  des  Ophrydées.  Genre  éta-  J 


bli  par  M.  Lindley  (  Gen.  et  sp.f  363)  pour 
une  plante  trouvée  au  cap  de  Bonne-Espé¬ 
rance  ,  par  M.  Drège ,  et  qui  offre  les  carac¬ 
tères  suivants  :  Le  calice  presque  globuleux 
est  oblique;  le  sépale  supérieur  est  convexe, 
et  beaucoup  plus  petit  que  les  deux  latéraux, 
qui  sont  libres.  Les  intérieurs  sont  dressés , 
un  peu  obliques  à  leur  base,  ovales ,  obtus, 
plus  épais  vers  leur  milieu  ,  deux  fois  plus 
longs  que  le  sépale  supérieur,  et  de  moitié 
plus  courts  que  les  sépales  latéraux  externes. 
Le  labelle  est  coriace,  concave  à  sa  base,  di¬ 
laté  et  à  3  dents  à  son  sommet  ;  il  est  plus 
grand  que  les  sépales  latéraux  externes.  L’an¬ 
thère  est  dorsale,  pédicellée,  attachée  au  stig¬ 
mate  qui  est  très  grand  et  caché  en  partie 
dans  la  cavité  que  le  labelle  présente  à  sa 
base.  Cette  anthère  à  2  loges  contient  2 
masses  polliniques  dont  les  rétinacles  sont 
nus.  Ce  g.  ne  se  compose  encore  que  d’une 
seule  espèce.  (A.  R.) 

*BRACHYDEREA.  bot.  pu.— Section  du 
g.  Crépis .  *  (J.  D.) 

*BRACHYDERES  (|3pâXvç,  court;  i/pvj, 
cou),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétramè¬ 
res,  famille  des  Curculionides,  ordre  des  Go- 
natocères,  division  des  Brachydérites ,  établi 
par  Schœnherr  aux  dépens  du  g.  JYaupactus , 
Még.,  et  Tliy lâches,  Germ.  Ce  g.  a  été  adopté 
par  M.  Dejean ,  qui  y  rapporte  14  esp.,  dont 
10 d’Europe,  1  du  cap  de  Bonne-Espérance, 

I  de  Sibérie,  1  des  Indes  orientales,  et  1  de 

la  Perse  occidentale.  Nous  n’en  citerons 
qu’une  comme  type  du  g.  •*  c’est  le  B.  lusita¬ 
niens  Fabr.,  qui  se  trouve  en  Portugal  et 
dans  le  midi  de  la  France.  (D.) 

^BRACHYDÉRITES.  Brachyderiles.  ins. 
—  M.  Schœnherr  désigne  ainsi  la  4e  division 
des  Gonatocères ,  dans  sa  famille  des  Curcu¬ 
lionides  ,  ayant  pour  type  le  g.  Brachyderes. 

II  se  compose  de  48  g.,  répartis  en  2  sections  ; 
la  lre  en  renferme  9 ,  qui  ont  pour  caractères 
communs  :  Corps  aptère,  le  plus  souvent 
court ,  ovale  ou  ovale-oblong  dans  quelques 
uns  ;  épaules  de  la  plupart  arrondies  ou  ob¬ 
tuses,  non  saillantes.  La  2e  en  comprend  39, 
dont  les  caract.  communs  sont  :  Corps  al¬ 
longé  ou  oblong,  ailé  chez  la  plupart  ;  épaules 
plus  ou  moins  anguleuses,  ou  saillantes.  (D.) 

*BRACHYDIRUS  (  0 p«Xvç ,  court  ; 
cou),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères,  de  la  famille  des  Brachélytres,  établi 
par  M.  Nordmann,  et  adopté  seulement  par 


708 


BRA 


BRA 


M.  Erichson  comme  subdivision  du  g.  S  ta - 
phylinus ,  dont  il  forme  la  3e  famille ,  à  la¬ 
quelle  il  rapporte  3  espèces ,  qui  sont  :  B. 
scanthocerus  Nordm.,  du  Brésil;  Staphyl.  ve~ 
litaris  Erichs. ,  du  même  pays,  et  Staph. 
teslaceus  Erichs.,  de  la  Colombie.  (D.) 

BRACHYELYTRUM  (  |3paXvç  ,  court  ; 
sXvrpov,  enveloppe),  bot.  ph.  —  Famille  des 
Graminées.  Le  g.  ainsi  appelé  par  Palisot  de 
Beauvois  (  Agrostog .,  p.  39)  est  le  même 
que  le  Muhlenbergia  de  Schreber.  (A.  R.) 

*BRACHYGENIUS  (j3paXv'ç,  court;  y/vvç, 
menton,  mâchoire),  ins.—  Genre  de  Coléop¬ 
tères  hétéromères ,  famille  des  Mélasomes , 
établi  par  M.  Dejean ,  et  qui  correspond  à 
celui  fondé  antérieurement  par  M.  Guérin 
( Mag .  de  zoologie,  1834  ,  pl.  103)  ,  sous  le 
nom  de  Gyriosomus.  (D.) 

*BRACHYGLOSSE.  Brachyglossa  (jSpa- 
Xuç,  court;  y\S<j<y a,  langue),  ins.— Genre  de 
Lépidoptères  crépusculaires ,  de  la  tribu  des 
Sphingides,  établi  parM.  Boisduval  dans  son 
Spec.  général  des  Lépidoptères .  Ce  g.  est  voi¬ 
sin  de  celui  d 'Acherontia,  dont  il  diffère  par 
des  antennes  plus  grêles  et  plus  longues  ; 
par  un  thorax  plus  gros  ;  par  des  ailes  plus 
larges  et  légèrement  sinueuses  à  leur  extré¬ 
mité  ,  et  par  un  abdomen  plus  long  et  plus 
cylindrique.  —  La  seule  esp.  sur  laquelle  il 
est  fondé  est  originaire  de  la  Nouvelle-Hol¬ 
lande.  L’auteur  la  nomme,  d’après  Donovan, 
qui  le  premier  l’a  fait  connaître  ,  B.  triangu- 
laris ,  à  cause  d’une  grande  tache  brune 
triangulaire  qu’elle  porte  sur  ses  ailes  supé¬ 
rieures.  (D.) 

BRACHYGLOTTIS  (  0paXvç  ,  court  ; 
yXwrra,  langue,  languette),  bot.  ph.  — 
Genre  établi  par  Forster ,  et  faisant  aujour¬ 
d’hui  partie  de  la  tribu  des  Eupatoriées, 
dans  la  famille  des  Composées.  Ses  caract. 
sont  :  Capitule  pluriflore  (9-10),  hétérogame; 
fleurs  du  rayon  1-sériées,  femelles,  très  cour¬ 
tes, ligulées  ou  obliquement  tubuleuses,  sou¬ 
vent  moins  longues  que  le  disque  ;  celles  de  ce 
dernier  tubuleuses ,  5-dentées,  hermaphro¬ 
dites.  Réceptacle  nu.  Involucre  oblong ,  ca- 
liculé  et  formé  d’une  seule  série  d’écailles 
linéaires.  Styles  des  fleurs  du  rayon ,  sail¬ 
lants  ,  recourbés ,  obtus ,  renflés  en  massue 
au  sommet  ;  ceux  du  disque  inclus  presque 
entiers.  Fruits  oblongs,  surmontés  d’une  ai¬ 
grette,  composés  de  soies  très  denses,  raides, 
soudées  à  la  base  en  une  sorte  d’anneau.  — 


Les  Brachyglottis  sont  toutes  indigènes  de 
l’Australie.  Ce  sont  des  arbres  garnis  de 
feuilles  alternes,  ovales,  tomenteuses  en  des¬ 
sous  ,  et  offrant  des  capitules  disposés  en 
corymbe.  (J.  D.) 

*BRACHYGNATHUS  (fr>aXvÇ,  court  ;yv«- 
0oç,  mâchoire),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
pentamères  ,  famille  des  Carabiques  ,  tribu 
des  Panagéides  de  Hope,  établi  par  Perty,  et 
qui  correspond  à  celui  établi  antérieurement 
par  Oberleitner  sous  le  nom  à'Earysoma  ,  et 
adopté  par  M.  Dejean ,  qui  en  a  publié  les 
caractères  dans  son  Species.  (C.) 

*BRACHYLÆ]VA  (|3paXvç,  court;  }a~va, 
surtout,  enveloppe),  bot.  ph.  —  Ce  genre  a 
été  établi  par  M.  R.  Brown  aux  dépens  des 
Baccharis,  dont  il  diffère  en  partie  par  son 
involucre  imbriqué ,  composé  d’écailles  co¬ 
riaces  ;  par  son  réceptacle  nu  ;  par  ses  fleurs 
dioïques  :  les  mâles  à  anthères  saillantes , 
munies  d’appendices  basilaires  ;  les  femelles 
plus  étroites,  à  limbe  5-fide,  munies  de  fila¬ 
ments  stériles  ,  de  stigmates  linguiformes , 
glabres  ;  par  l’aigrette ,  dans  les  deux  sexes, 
formée  de  soies  scabres.  —  Les  Brachylœna 
habitent  le  cap  de  Bonne -Espérance.  On  en 
cultive  une  espèce  dans  les  jardins  de  bota¬ 
nique  ,  sous  le  nom  de  Baccharis  neriifolia. 

(J-  D.) 

*BRACHYLEPIS  (j3pocXvç,  court;  hnlg , 
écaille),  bot.  ph. — Genre  de  la  famille  des 
Asclépiadacées-Asclépiadées  vraies,  créé  par 
Hooker  et  Arnott  [Joum.  of  bot.,  290)  sur  un 
arbrisseau  péruvien  ,  subvolubile ,  pubes- 
cent;  à  feuilles  opposées,  membranacées , 
cordiformes  ;  à  fleurs  en  corymbes  dont  les 
pédoncules  axillaires.  Calice  5-parti  ;  corolle 
rotacée  ;  couronne  staminale  5-phylle  ,  très 
courte,  obtuse  ,  entière  ;  anthères  terminées 
par  un  appendice  membranacé  ;  pollinies 
claviformes  fixées  au  sommet ,  pendantes  ; 
stigmate  allongé ,  bifide. 

Deux  autres  g.  ont  aussi  reçu  ce  nom  : 
l’un  établi  par  Wight  et  Arnott  et  synonyme 
du  g.  Cornacchinia  ,  Endl.  ;  l’autre  créé  par 
C.-A.  Meyer  et  synonyme  du  g.  Anabasis,  L. 

(C.  L.) 

BRACHYLOBOS  (fr>aXvS ,  court  ;  \oSôç, 
gousse),  bot.  ph. — Une  des  sections  indiquées 
par  De  Candolle  dans  le  genre  Nasturtium, 
R.  Br. ,  et  caractérisée  principalement  par 
une  silicule  très  courte.  (C.  L.) 

*BRAÇHYLOPHE.  Brachylophus  (fi  paXv$, 


BRA 


BRA 


court;  Xotpoç,  crête),  rept.  —  L’Iguane  à 
bandes ,  décrite  par  M.  Al.  Brongniart  dans 
le  Bulletin  de  la  Société  philomatique  ,  est  la 
seule  espèce  de  ce  genre.  C’est  un  animal  de 
la  Nouvelle-Guinée  et  de  quelques  îles  de  l’O¬ 
céanie,  entre  autres  de  Tongatabou.  MM.  Du- 
méril  et  Bibron  placent  les  Brachylophes 
parmi  les  Iguaniens  pleurodontes,  et  les  ca¬ 
ractérisent  ainsi  :  Peau  de  la  gorge  lâche  , 
un  peu  pendante  longitudinalement  ;  plaques 
céphaliques  très  petites ,  polygones ,  égales , 
aplaties  ;  écailles  de  la  partie  supérieure 
du  tronc  granuleuses.  Des  dents  palatines  ; 
dents  maxillaires  dentelées  sur  les  côtes  ; 
une  seule  série  de  pores  sous  chaque  cuisse  ; 
une  crête  très  basse  tout  le  long  du  dos. 
Queue  très  longue ,  très  grêle  ,  comprimée  à 
sa  base  ,  arrondie  dans  le  reste  de  son  éten¬ 
due,  garnie  de  petites  écailles  égales,  caré¬ 
nées,  imbriquées  et  sans  crête.  (P.  G.) 

*BRACHYLOPHUS  (0p«Xvç,  court;  Xo>o5, 
huppe),  ois.  —  Sous-genre  formé  par  Swain- 
son  dans  sa  sous-famille  des  Picianœ ,  ré- 
pondantà  la  famille  des  Pics,  et  faisant  partie 
de  son  g.  Malacolophus.  Le  g.  Brachylophus 
et  les  autres  sous-genres  de  Malacolophus , 
Swains.,  auquel  on  rend  son  nom  plus  an¬ 
cien  de  Celeus,  Boié,  faisant  partie  de  la  sous- 
famille  des  Céléinées  ,  seront  décrits  à  son 
article  ,  les  genres  et  sous-genres  de  Swain- 
son  étant  devenus  des  sous-familles  aujour¬ 
d'hui.  Voy.  CÉLÉINÉES.  (LAFR.) 

*BRAC HYMENIUM  (0 court;  «v, 
membrane),  bot.  cr. —  (Mousses).  Ce  genre, 
de  la  division  des  Mousses  acrocarpes ,  a  été 
créé  par  M.  Hooker  pour  des  espèces  du  Né- 
paul ,  qu’a  publiées  le  premier  M.  Schwæ- 
grichen,  dans  ses  Suppléments  au  Species 
Muscorum  d’Hedwig  (Suppl.,  II,  p.  131  , 
t.  135).  Ce  n’est  pas  sans  contestation  qu’il  a 
été  adopté ,  et  plusieurs  botanistes  font  en¬ 
core  aujourd’hui  quelque  difficulté  pour  le 
reconnaître.  Sprengel ,  dans  des  notes  ma¬ 
nuscrites  que  je  trouve  sur  un  exemplaire  qui 
lui  a  appartenu,  dit  que  c’est  un  Bryum  in¬ 
complet  (  Bryum  mançum).  M.  Endlicher  le 
réunit  au  g.  JPn/câosiormwî,Horns.,quen’ont 
pas  respecté  non  plus  MM.  Bruch  et  Schim- 
per,  et  dont  ils  font  un  Bryum ;  en  sorte 
qu’on  en  viendrait  à  donner  quelque  crédita 
l’opinion  de  Sprengel,  que,  pour  ma  part, 
je  crois  fort  erronée.  Tous  ces  jugements  si 
divers  sur  un  même  sujet  viennent  de  ce 


709 

qu’on  n’a  considéré  dans  ces  Mousses  que 
le  seul  péristome ,  négligeant  tout  à  la  fois 
l 'habitat,  le  mode  de  végétation,  enfin  les  au¬ 
tres  caractères  qui  en  font  un  genre  fort  na¬ 
turel.  Yoici  comment  on  peut  le  décrire:  Pé¬ 
ristome  double  ;  l'extérieur  composé  de  16 
dents  linéaires,  lancéolées,  se  redressant  ou 
se  recourbant  même  quelquefois  en  dehors 
par  la  sécheresse  ;  l’intérieur  consistant  en 
une  membrane  blanche  ou  jaunâtre,  dressée 
ou  horizontale,  plissée  ou  lisse,  et  divisée 
au  sommet ,  tantôt  irrégulièrement  (erosa) , 
tantôt  en  16  cils  souvent  eux-mêmes  déchi¬ 
quetés.  Capsule  égale,  obovale,  obpyriforme 
ou  oblongue,  longuement  pédonculée,  dres¬ 
sée  ,  pendante  dans  une  seule  espèce  (  B. 
pendulum  Nob.  ) ,  et  munie  d'un  anneau. 
Opercule  conique,  court  et  très  obtus.  Coiffe 
en  capuchon.  Fleurs  monoïques  en  tête  ou 
en  disque,  terminales,  ou  devenant  latérales 
par  les  innovations  que  pousse  la  tige.  Les 
fleurs  mâles  sont  composées  de  plus  de  20 
anthéridies ,  qu’accompagnent  des  paraphy- 
ses  nombreuses,  filiformes,  à  articles  égaux. 
Les  fleurs  femelles  renferment  un  nombre  à 
peu  près  égal  d’archégones  ou  de  pistils  éga¬ 
lement  entourés  de  paraphyses  ;  mais  un  seul 
de  ces  pistils  est  fécondé  et  se  développe.  Ces 
plantes,  la  plupart  originaires  de  l’Inde,  ont 
le  port  des  Bryum  ;  au  point  que  mon  B. 
pendulum  pourrait,  à  première  vue,  être 
pris  pour  le  Bryum  alpinum  L.  Leur  mode 
d’accroissement  a  lieu,  dans  les  B.  nepalense 
et  mexicanum ,  par  le  centre  de  la  tige  ;  dans 
les  B.  hornschuchianum  et  pendulum  ,  par 
des  innovations  ou  jets  hypogyniques.  Les 
feuilles  de  ces  Mousses  sont  étroitement  im¬ 
briquées,  largement  ovales,  acuminées,  quel¬ 
quefois  marginées ,  et  parcourues  par  une 
forte  nervure,  qui  en  dépasse  le  sommet  sous 
forme  de  mucro.  Aux  2  esp.  primitivement 
décrites  par  M.  Schwægrichen  ,  MM.  Hooker 
et  Harvey  en  ont  ajouté  4  autres  de  l’Inde  ; 
MM.  Martius  et  Hornschuch  2,  l’une  du  Bré¬ 
sil  ,  et  l’autre  du  Cap  ;  et  nous-même  enfin 
nous  avons  pu  enrichir  ce  genre  de  2  nou¬ 
velles  esp. ,  l’une  recueillie  au  Mexique,  et 
l’autre  dans  les  montagnes  de  l’Inde,  nom¬ 
mées  Neel-Gherries.  D’où  l’on  voit  que  les 
Brachymenium  ont  à  la  vérité  leur  centre 
géographique  dans  les  Indes  orientales,  mais 
qu’on  les  trouve  aussi  dans  les  deux  Améri¬ 
ques.  (C.  M.) 


710 


BRA 


BRA 


*BR  AC  HUMERUS  (  ÆpaXvç,  court;  p.vjpoç, 
cuisse),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères,  famille  des  Chrysomélines,  créé  par 
M,  Chevrolat  aux  dépens  du  g.  Erolylus. 
M.  Dejean ,  qui  l’a  adopté  dans  son  Catalo¬ 
gue,  en  mentionne  34  esp.,  originaires  de 
Cayenne  et  du  Brésil.  M.  Hope,  dans  son  ta¬ 
bleau  de  deux  divisions  faites  ayec  les  g. 
Erolylus  et  Engis  ,  place  ce  g.  (  Revue  cuvié - 
vienne,  1841  )  dans  la  lre,  et  lui  donne  pour 
type  V  Erolylus  tibialis  deM.  Duponchel.  (C.) 

*BRÂCHYMORPHUS  (/3PaXv's,  court; 
p.opcpvj,  forme),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 
pentamères,  famille  des  Térédiles,  créé  par 
nous  (  Coléoptères  du  Mexique  ,  2e  centu¬ 
rie,  n.  150).  Nous  avons  nommé  l’espèce 
qui  s’y  rapporte  B.  vesiitus  ;  la  même  est 
décrite  par  M.  Delaporte  (  Revue  Silber- 
mann ,  t.  IV)  sous  le  nom  de  Corynetes  spec~ 
tabilis.  M.  Perty  fait  connaître,  sous  le  nom 
de  Çhariessa  ramicomis,  une  2e  espèce  propre 
au  Brésil ,  qu’il  place  à  tort  parmi  les  Gallé- 
rucites.  Les  Brachymorphus ,  suivant  M.  Sallé, 
sont  très  voraces;  ils  courent  sur  le  bois 
mort ,  et  se  nourrissent  des  Insectes  qu’ils  y 
rencontrent.  (C.) 

*BRACHYAEURA  (0p*xwi  court  ;  vtvpa, 
corde,  nerf),  ins.  —  Genre  de  Diptères  éta¬ 
bli  par  M.  Rondani,  et  placé  par  lui  dans  sa 
tribu  des  Tipulides,  famille  des  Cécidomines. 
Ce  genre  ne  comprend  qu’une  espèce ,  nom¬ 
mée  par  l’auteur  B.  fusco-grisea,  et  qui  vole 
sur  les  collines  des  environs  de  Parme.  Elle 
a  une  demi-ligne  de  long  ;  elle  est  d’un  gris 
brun,  avec  les  pattes  variées  de  blanc,  et  les 
ailes  brunes  et  velues.  (D.) 

BR  AC  II YAOTUS  (  Æpa*^  ,  court  ;  vS- 
toç ,  dos),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères,  de  la  famille  des  Malacodermes. 
Suivant  M.  Hope,  ce  genre  aurait  été  établi 
par  M.  Kirby  aux  dépens  des  Téléphores  de 
Degéer,  d’après  une  espèce  originaire  de  la 
province  de  Massachussetts,  aux  États-Unis , 
et  nommée  par  lui  B.  Benneiii.  (C.) 

BRACHYAUS.  ins.— Synonyme  de  Bra- 
chinus. 

BRACHYODOA  et  BR  A  C II Y  OBO  A- 
TIUM.  bot.  cr.  —  Synonymes  de  Brachyo- 
dus. 

*BRACHYODU$  ($paXuç,  court;  oSovç, 
dent),  bot.  cr.  —  (Mousses.)  Nom  générique 
créé  par  Furnrohr  (  Flora,  1827  )  pour  le 
W eissia  trichodes  Hook.  et  Tayl.  ,  et  adopté 


par  les  auteurs  de  la  Bryologia  germanim. 
C’est  à  tort  qu’on  a  voulu  séparer  cette 
mousse  du  genre  naturel  auquel  elle  appar¬ 
tient  :  aussi  le  nom  de  Furnrhor  n’a-t-il  pas 
été  admis.  (C.  M.) 

BRACHYOPE.  Brachyopa  (  SpaXvç,  petit; 
Sty  ,  œil),  ins. —  Genre  de  l’ordre  des  Diptè¬ 
res  ,  division  des  Brachocères ,  subdivision 
des  Tétrachœtes,  famille  des  Brachystomes , 
tribu  des  Syrphides  ,  créé  par  Hoffmansegg 
et  adopté  par  Meigen,  ainsi  que  par  M.  Mac- 
quart  ,  qui  n’y  rapporte  que  deux  espèces  : 
la  B.  conique,  B.,c-onica  Meig. ,  no  1 ,  la  même 
que  la  Rhingia  lestacea  Fall.,  ou  la  Musca 
conica  Panz.,  60, 20  ;  et  la  B.  bicolore,  B.  bi - 
color  Meig.,  la  même  que  la  Rhingia  id.  Fall., 
n°  2.  Ces  2  esp.  sont  désignées  comme  rares 
et  sans  indication  de  patrie.  Latreille  les 
comprend  dans  son  genre  Milesia.  (D.) 

*BRACFIYOTUM  ($PaXv&>Toç ,  â  courtes 
oreilles),  bot.  ph. — Section  indiquée  par  De 
Candolle  (. Prodr .,  III,  136)  dans  le  genre  Av¬ 
ilir  ostemma  ,  Pav.  (C.  L.) 

*BRACHYOTUS  (  /3paXvtoroç ,  à  courtes 
oreilles),  ois.  —  Genre  formé  par  Gouldsur 
le  Hibou  brachyoté,  Strix  brachyolus  Gmel., 
et  adopté  par  Bonaparte  ( Birds  of  Europe 
and  Dforih  America  ),  qui  le  place  dans  sa 
sous-famille  des  Ululinœ,  de  sa  famille  des 
Siridœ.  Il  est  également  indiqué  dans  Gray, 
List  of  généra,  etc.  Voy.  hibou.  (Lafr.) 

*BRACHYPALPE.  Brachypa  jSpa- 
Xvç,  court;  palpus,  palpe),  ins.  —  Genre 
de  l’ordre  des  Diptères ,  division  des  Bra¬ 
chocères  ,  subdivision  des  Tétrachœtes  ,  fa¬ 
mille  des  Brachystomes ,  tribu  des  Syrphi¬ 
des  ,  établi  par  M.  Macquart  aux  dépens  du 
genre  J (y Iota  de  Meigen.  Les  espèces  dont  il 
se  compose  se  distinguent  des  autres  Xylotes 
par  trois  caractères  assez  importants  :  le 
corps  velu  ,  qui  leur  donne  un  aspect  diffé¬ 
rent  ;  les  palpes  courts  et  les  hanches  posté¬ 
rieures  simples  ;  de  plus  l’abdomen  n’offre 
pas  la  bande  fauve  qui  ceint  ordinairement 
cette  partie  du  corps  chez  les  Xylotes.  L’au¬ 
teur  rapporte  à  ce  genre  5  esp.,  toutes  de 
France ,  parmi  lesquelles  nous  citerons  seu¬ 
lement  la  première  :  B.  a  jambes  torses  ( B . 
varus)  ,  Xylota  id.  Meig.,  n°  2  ;  Milesio  vara 
Fab.  Cette  espèce  se  repose  sur  les  fleurs  de 
l’Aubépine  ;  elle  est  rare.  (D.) 

*BRACHYPALPUS  (jSPaXvÇ,  court;  pal- 
pus  ,  palpe),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 


BRA 


BR  A 

pentamères,  de  la  famille  des  Paîpicornes , 
créé  par  M.  Delaporte  (  Buffon  -  Dumènil , 
t.  II),  avec  YHyd.  bipunctatus  de  Fab.  et  le 
globulus  de  Paykull.  Cet  entomologiste  y  rap¬ 
porte  encore 2  autres  esp. ,  qu’il  décrit  comme 
nouvelles ,  sous  les  noms  de  B .  similis  et  B. 
pallidus,  et  il  les  indique  comme  se  trouvant 
avec  les  lres  aux  environs  de  Paris.  Le 
principal  caractère  de  ce  genre ,  suivant 
M.  Delaporte,  résiderait  dans  les  palpes  maxil¬ 
laires,  dont  le  dernier  article  serait  au  moins 
de  la  longueur  du  précédent.  (C.) 

*BRACHYPETALON  ,  Dun.  (jSpa^ç, 
court  ;  irrraAov,  pétale),  bot.  ph.  —  Une  des 
sections  du  g.  Helianthemum,  Tou rn.  (C.  L.) 

*BRACHYPÈTES  (/3p«Xv4,fl0ur  ;  -rcîTa m, 
j’ouvre  les  ailes),  ois.  —  Genre  formé  par 
Swainson,  en  1837  ( Class .  of  birds),  dans  sa 
famille  des  Halcyonidœ  ,  et  synonyme  de 
Chelidoptera  de  Gould ,  dont  la  formation 
lui  est  antérieure  d’une  année  ,  selon  G.-R. 
Gray.  P oyez  chelidoptera  et  tamatianées. 

(Lafr.) 

’BRACIIYPHYLLA  (0P«Xvç,  court;  rSl- 
>ov,  feuille).  MAM.  —  Genre  de  la  famille 
des  Chéiroptères,  établi  par  Gray,  pour  une 
seule  espèce,  le  B.  cavernarum,  qui  se  trouve 
dans  l’île  Saint-Vincent.  Ce  g.  a  beaucoup  de 
rapports  avec  le  g.  Glossophage  de  M.  Geof¬ 
froy*  (C.  d’O.) 

*BRACHYPHYLLUM  (0p*x4ç,  court; 
«pvUov,  feuille).  BOT.  ph.— Genre  de  végétaux 
fossiles,  découverts  dans  le  terrain  oolithique 
inférieur,  et  formé  par  Ad.  Brongniart  ( Prod . 
119),  qui  le  rapporte  aux  Conifères.  L’auteur 
le  caractérise  principalement  par  des  ra¬ 
meaux  pennés  ,  épars  ;  par  des  feuilles  très 
courtes ,  coniques ,  disposées  en  spirale. 

(C.  L.) 

*BR ACHYPL ATY S  (/3paXvç,  court;  ttXoc- 
tuç  ,  large),  ins.  —  Genre  d’Hémiptères ,  de 
la  famille  des  Géocorizes,  établi  par  Serville 
pour  des  Insectes  rapportés  de  Vanikoro  par 
les  naturalistes  de  l’expédition  de  V Astro¬ 
labe,  et  différant  des  Scutellaires  par  une 
tête  plus  large,  et  l’écusson  échancré  en  ar¬ 
rière  dans  les  mâles.  (C.  d’O.) 

*BRACHYPODINÉES  (  0P*Xvq ,  court  ; 
ttouç,  pied),  ois. —  Sous-famille  de  Swainson 
(Class.  of  birds),  faisant  partie  de  sa  famille 
des  Merulidœ.  Nous  l’avions  d’abord  adoptée 
sous  le  nom  de  Brachypodinées  ;  mais  par 
suite  de  la  suppression  du  genre  Brachypus 


m 

par  M.  G.-R.  Gray,  cette  sous-famille  perd 
ce  nom  et  prend  celui  de  Pycnonotinées. 
Voy .  ce  mot.  (Lafr.) 

BRACHYPODIUM  (  3paXvç  court;  irovç, 
pied),  bot.  ph.  —  Famille  des  Graminées. 
Palisot  de  Beauvois ,  dans  son  Agrostogra- 
phie,  avait  établi  sous  ce  nom  un  genre  dans 
lequel  il  réunissait  certaines  espèces  des 
genres  Festuca  et  Trilicum  ,  dont  les  valves 
de  la  lépicène  sont  lancéolées-aiguës ,  les 
épillets  pédicellés,  solitaires,  géminés  ou  en 
panicules.  Ce  g.  n’a  pas  été  généralement 
adopté.  Foy.  fétuque  et  froment.  (A.  R.) 

^BRACHYPODIUM  (&P«Xv<,  court  ;  tco  vç, 
pied),  bot.  cr.  —  (Mousses.)  Ce  nom,  donné 
par  Bridel  à  un  genre  de  Mousses  acrocarpes, 
dont  le  type ,  Encalypia  crispala  Hedw. ,  se 
trouve  au  Cap  et  en  Amérique  ,  ne  pouvait 
être  conservé  à  cause  du  genre  homonyme 
créé  antérieurement  par  Rœmer  et  Schultes, 
pour  des  Graminées  de  la  sous-tribu  des  Bro- 
mées.  V oy.  ptychomitrium,  brachysteleum 
et  notarisia.  (C.  M.) 

BRACII YPTERAC1AS  (  $P*xtç  ,  court  ; 
TTTEpov,  aile),  ois.  —  Nom  grec  de  notre  genre 
Brachypterolle.  (Lafr.) 

*BRACHYPTÈRE  (  (3paXv'ç ,  court  ;  ttt£- 
pcv ,  aile),  ois.  —  C’est  le  nom  par  lequel 
M.  Lesson  a  traduit  dans  son  Manuel  d’ Or¬ 
nithologie  celui  de  Brachypteryx,  genre  formé 
par  Horsfield  (  Transact .  Soc.  lin.  Lond. , 
t.  13,)  dans  sa  famille  des  Fourmiliers  ou 
Myothéridées.  Horsfield  plaçait  ce  nouveau 
genre  avec  les  Hochequeues  ;  mais  on  a  re¬ 
connu  qu’il  appartient  évidemment  au 
groupe  des  Fourmiliers.  M.  Lesson ,  dans 
son  Traité ,  l’adopte  comme  section  de  son 
genre  Fourmilier,  Mynnotherà ,  et  y  réunit 
les  4  espèces  de  Java  :  les  Myot.  pyrroge- 
nys,  leucophrys ,  epilepidola  et  grammiceps 
Temm.  ;  mais  nous  doutons  qu’elles  en 
aient  entièrement  les  caractères.  M.  Swain¬ 
son  (Class.  of  birds)  le  place  aussi  comme 
sous-genre  du  genre  Myothera.  M.  G.-R. 
Gray  change  le  nom  générique  Brachyp¬ 
teryx  d’Horsfield  en  celui  de  Goldana  (Gray), 
parce  que  le  premier  est  employé  en  ento¬ 
mologie.  Ce  genre  ,  particulier  à  l’Inde  tro¬ 
picale  seulement,  fera  partie  de  notre  fa¬ 
mille  des  Myothéridées  et  de  notre  sous-fa¬ 
mille  des  Grallarinées.  Ployez  ces  mots  et 
FOURMILIER.  (LAFR.) 

BRACHYPTÈRES  (£p«Xy's,  court; 


BRA 


BRA 


712 

po»,  aile),  ois.  —  C’est,  dans  la  classification 
de  Duméril,  le  nom  d’une  famille  d’Oiseaux 
répondant  à  celle  desBrévipennes  de  Cuvier. 
C’est  aussi,  dans  le  Règne  animal  de  ce  der¬ 
nier,  le  nom  d’une  des  quatre  familles  de  son 
ordre  des  Palmipèdes,  et  répondant  à  la  qua¬ 
trième  tribu  de  l’ordre  des  Palmipèdes  ou 
Nageurs  ,  dans  la  méthode  que  nous  avons 
adoptée.  —  Notre  tribu  des  Bracliyptères  ou 
Plongeurs  se  compose,  comme  pour  Cuvier, 
d’Oiseaux  palmipèdes,  que  leurs  jambes,  atta¬ 
chées  plus  en  arrière  que  chez  tous  les  au¬ 
tres  Nageurs,  obligent  à  se  tenir  à  terre  dans 
une  position  verticale  ,  dont  la  brièveté  des 
ailes  ou  aussi  l’absence  totale  de  rémiges , 
rend  le  vol  souvent  difficile  ou  même  nul 
pour  quelques  uns,  ce  qui  les  attache  exclu¬ 
sivement  à  la  surface  des  eaux  ;  mais  qui , 
par  suite ,  sont  excellents  plongeurs  et  na¬ 
geurs  ,  s’aidant  de  leurs  ailes  comme  de  na¬ 
geoires  ,  et  étant  munis  d’un  plumage  des 
plus  tassés  ,  à  surface  lisse  ,  soyeuse  et  im¬ 
pénétrable  à  l’eau.  Cette  tribu  renferme 
pour  nous  trois  familles  :  les  Colymbidées, 
les  Alcadées  et  les  Sphéniscidées.  Ployez  ces 
mots.  (Lafr.) 

*BRACHYPTERNES  (0paXv5,  court; 
wrepva ,  talon  ).  ois.  —  Genre  formé  par 
M.  Strickland  (  Proceed .  1841  ,  p.  31  )  dans 
la  famille  des  Pics  ou  Picidœ ,  dans  la  sous- 
famille  des  Celeinœ  ,  et  du  genre  Brachylo- 
phus,  Swains.,  pour  certaines  esp.  indiennes, 
dont  le  pouce  et  son  ongle  sont  très  courts, 
presque  obsolètes.  Les  esp.  qu’il  y  range  sont 
les  Picus  auraniïus  Lin.  ou  bengalensis  Gmel. 
goensis  Gmel.,  peralaimus  Wagl.,  erythro- 
nolus  Vieill.,  philippinarum  Lat.  ou  palalacca 
et  hœmatribon  Wagl. 

Ces  espèces,  qui,  d’après  l’exiguïté  de  leur 
pouce,  semblent  faire  le  passage  à  celles  qui 
en  manquent  entièrement ,  n'offrent  cepen¬ 
dant  de  rapports  réels  qu’avec  les  Pics  tri- 
dactyles  de  l’Inde,  dont  Swainson  a  fait  son 
sous-genre  Chrysonotus ,  et  s’éloignent  au 
contraire  en  divers  points  de  notre  Pic  tri- 
dactyle  d’Europe,  dont  il  fait  son  sous-genre 
Apternus.  Payez  pic  et  picidees.  (Lafr.) 

*BRACHYPTEROLLE.  Brachijpteracias, 
Nob.  (  (3pocXvç,  court  ;  TTTîpov  ,  aile  ;  xopaxcocç, 
rollier).  ois.  —  Nous  avons  formé  ce  genre, 
en  1834,  sur  deux  Oiseaux  de  Madagascar, 
chez  lesquels  nous  reconnûmes  la  forme  ca¬ 
ractéristique  de  pattes  et  de  narines  des  Rol- 


liers  et  des  Rolles,  mais  avec  des  ailes  beau¬ 
coup  plus  courtes  et  des  tarses  plus  élevés. 
Nous  le  publiâmes,  la  même  année,  dans  le 
Magazin  de  M.  Guérin ,  avec  deux  planches 
coloriées,  nos  31  et  32,  représentant  les  deux 
seules  espèces  connues  alors. 

Il  est  impossible  de  ne  pas  reconnaître  la 
grande  analogie  de  ce  petit  groupe,  composé 
aujourd’hui  de  trois  espèces  ,  avec  celui  des 
Rolliers  et  des  Rolles,  habitants  des  mêmes 
contrées  ;  car  on  y  retrouve  absolument  la 
même  forme  de  pieds  si  particulière  dans 
l’ordre  des  Passereaux,  celle  de  bec  et  delia- 
rines,  et  le  même  système  de  coloration  ;  on 
peut  dire  enfin  des  espèces  qui  le  composent 
que  ce  songes  Rolliers  à  ailes  courtes  et  à 
longs  tarses.  La  première  connue,  notre  Bra- 
chypterolle  courol,  Brachypteracias  leptoso- 
mus  Nob.  [Mag.  de  Guérin,  1834,  pl.  31) ,  le 
Rolle  courol  de  Lesson  (. lllust .  de  zool. ,  pl.20), 
est  olivâtre  en  dessus,  passant  au  brun  vio¬ 
lacé  sur  la  tête  ,  au  brunâtre  sur  la  queue , 
qui  est  terminée  d’une  bande  noire  liserée 
de  blanc,  avec  les  sourcils  et  une  bande  pec¬ 
torale  de  cette  dernière  couleur ,  ainsi  que 
le  ventre,  qui  est  écaillé  de  brun.  Ses  tarses 
de  moyenne  longueur  lui  donnent  un  peu 
l’ensemble  d’un  Rollier  ;  tandis  que  les  deux 
autres  espèces,  notre  Brac.  Brève,  Brac.  pii - 
toides  Nob.  {Mag.  ib.,  pl.  32),  et  notre  Brac. 
Écaillé  Brac.  squamigera  Nob.  (  Rev.  zool. , 
1838,  pl.  224),  à  tarses  beaucoup  plus  élevés, 
ont ,  au  premier  abord,  l’aspect  de  Brèves  , 
quoique  leur  queue  soit  plus  longue. 

Notre  genre  est  synonyme  de  celui  de 
Chloropygia  de  Swainson ,  publié  dans  sa 
Class.  of  birds  en  1837,  et  par  conséquent 
trois  années  après  nous  :  aussi  M.  Gray  a-t-il 
adopté  Brachypteracias  comme  plus  ancien. 

Ce  genre  ,  voisin  de  ceux  de  Rollier  et  de 
Rolle ,  forme  avec  eux  un  petit  groupe  des 
plus  naturels,  particulier  à  l’ancien  monde, 
et  que  nous  désignons  sous  le  nom  de  Cora- 
ciadinèes ,  et  comme  sous-famille  de  notre 
famille  des  Baccivoridées. 

Les  tarses  élevés  des  Brachypterolles,  par¬ 
ticulièrement  des  deux  dernières  espèces , 
font  présumer  que  ce  sont  des  Oiseaux  mar¬ 
cheurs  ;  mais  nous  n’avons  pu  encore  re¬ 
cueillir  aucun  renseignement  sur  leurs 
mœurs  ;  et  le  Dr  Smith,  dans  ses  lll.  of  the 
zool.  of  South  Africa ,  n’en  a  pas  encore  fait 
mention.  Poyez  coraciadijnées.  (Lafr.) 


BRA 


713 


BRA 

BRACHYPTERUS  fëpdx&si  court  ;  ttte- 
pov,  aile),  ins.  —-Genre  de  la  famille  des 
Ichneumoniens ,  tribu  des  Braconides ,  de 
l’ordre  des  Hyménoptères ,  établi  par  Gra- 
venhorst  sur  une  seule  espèce  trouvée  en 
Angleterre ,  qu’il  nomme  B.  rneans.  Cet  in¬ 
secte  ,  ressemblant  beaucoup  aux  Ichneu- 
mons  proprement  dits,  s’en  distingue  essen¬ 
tiellement  par  ses  ailes  fort  courtes,  à  peine 
plus  longues  que  le  thorax  ,  et  dépourvues 
de  cellule  cubitale.  (Bl.) 

BRACHYPTERUS  (  J court  ; 
pov,  aile),  ins. — Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères  ,  famille  des  Curculionites,  établi  par 
M.  Dejean  (  Catalogue  )  sur  une  seule  esp. 
originaire  du  Sénégal ,  et  nommée  par  lui 
B.  minutas.  Ce  g.  précède  immédiatement 
celui  de  Madopterus  de  Schœnherr.  (D.) 

*BRACHYPTERYS  (j 3p«Xwç,  court  ;  «r/- 
py£,  aile),  bot.  ph. — Genre  de  la  famille  des 
Malpighiacées,  ainsi  nommé  à  cause  de  la 
brièveté  de  l’aile  qui  surmonte  sa  samare,  et 
caractérisé  de  la  manière  suivante  •  Calice 
à  5  divisions,  dont  4  portent  deux  glandes. 
Étamines  10,  à  peu  près  égales  ou  inégales  , 
de  telle  sorte  qu’il  y  en  a  3  plus  grandes, 
4  plus  petites  et  3  intermédiaires  ;  filets  réu¬ 
nis  à  la  base.  Anthères  à  connectifs  épais,  of¬ 
frant  l’apparence  d’une  glande.  Styles  3,  di- 
variqués ,  prolongés  à  leur  sommet  en  un 
appendice  foliacé  ou  falciforme,  en  bas  et  en 
dedans  duquel  est  un  petit  lobe  stigmati- 
que.  Ovaires  3,  soudés  entre  eux  du  côté  in¬ 
térieur  ;  chacun  surmonté  en  dehors  d’une 
bosse  ;  carpelles  bordés  en  dehors  et  en  haut 
par  une  crête  courte.  Les  espèces,  au  nombre 
de  deux  ,  dont  l’une  {B.  borealis )  s’étend  des 
Antilles  à  la  Guiane,  et  l’autre  (B.  austraüs ) 
se  trouve  dans  tout  le  Brésil,  habitent  les  ri¬ 
vages  de  la  mer.  Ce  sont  des  lianes  à  rameaux 
aplatis,  à  feuilles  entières  et  opposées.  Leurs 
fleurs  jaunes  sont  disposées  en  ombelles  de 
3  à  8  ,  qui  terminent  les  rameaux  ;  elles  sont 
portées  chacune  sur  un  pédicelle  articulé  à 
sa  base ,  au  dessous  duquel  est  une  brac¬ 
tée  accompagnée  presque  à  la  même  hauteur 
de  deux  bractéoles  latérales.  (Ad.  J.) 

BRACHYPTERYX  (0P«Xvç,  court  ;  nv/- 
pvlj,  aile),  ois.  —  Voyez  brachyptere  et  gol- 

DANA.  (LAFR.) 

*BRACHYPTRALLE.  Brachyptrallus  , 
Nob./3pa^yç,  court  j  7TT£pov,  aile;  rallus , 
râle),  ois.  —  Genre  de  l’ordre  des  Échassiers 

T.  II. 


et  de  la  famille  des  Macrodactyles  de  Cuvier. 
Nous  avons  formé  ce  genre  et  l’avons  publié, 
en  août  1840,  dans  la  Revue  zoologique , 
p.  231 ,  sur  une  très  grosse  espèce  de  Râle  de 
la  Nouvelle-Hollande  ,  remarquable  surtout 
par  un  bec  court  et  élevé  comme  celui  des 
Porphyrions  ;  par  des  ailes  très  courtes  ;  par 
des  tarses ,  des  doigts  et  des  ongles  plus 
robustes  et  moins  grêles  que  chez  les  autres 
Rallidées.  L’espèce  unique  type  du  genre  est 
le  Brachyptrallus  ralloides.  (Lafr.) 

*BRACHYPUS  (jSpaxvç, court;  ttoûç,  pied), 
ois.  —  Genre  de  Meyer  répondant  à  celui  de 
Cypselus  d’Illiger,  Cuvier  et  Temminck,  mais 
lui  étant  postérieur.  Voyez  martinet. 

C’est,  dans  la  classification  de  Swainson,  le 
nom  d’un  des  g.  de  la  sous-famille  des  Bra- 
chypodince  dans  sa  famille  des  Merulidœ. 
M.  G.-R.  Gray  le  remplace  par  celui  de  Pyc- 
nonotus  de  Kuhl,  qui  lui  est  synonyme,  sup¬ 
primant  Brachypus  comme  déjà  employé 
dans  d'autres  branches  de  l’histoire  natu¬ 
relle.  Nous  nous  conformons  à  cette  manière 
de  voir  de  M.  Gray ,  et  le  genre  Brachypus  , 
que  nous  avions  d’abord  adopté  à  notre  ar¬ 
ticle  Andropadus,  se  trouve  changé  en  celui 
de  Pycnonotus ,  et  par  suite  notre  sous-fa¬ 
mille  des  Brachypodinées  devient  Pycnono- 
tinées.  Voyez  ces  deux  mots.  (Lafr.) 

*BRACHYPUS  (0p<xXvç ,  court;  7rovç,  pied) , 
ins.  — Genre  de  Coléoptères  létraméres  ,  fa¬ 
mille  des  Curculionides  ,  ordre  des  Gonato- 
cères ,  division  des  Érirhinides ,  établi  par 
Schœnherr  sur  une  seule  espèce  ,  qu’il 
nomme  B.  lixoides.  (D.) 

^BRACHYPUS  court;  ttovç,  pied). 

rept.  —  Synonyme  de  Chalcide ,  employé 
par  M.  Fitziriger.  (P.  G.) 

*BRACHYRHAMPHUS  (  jSpaXds ,  court  ; 
papcpoç,  bec  crochu),  bot.  ph.  — Genre  de  la 
famille  des  Synanthérées-Liguliflores,  tribu 
des  Chicoracées ,  formé  par  De  Candolle 
(JProdr. ,  YII ,  176  ),  sur  un  démembrement 
du  genre  Sonchus  ,  et  renfermant  6  espèces 
environ.  Ce  sont  des  plantes  herbacées  an¬ 
nuelles  ou  bisannuelles  ,  croissant  sous  les 
tropiques,  rameuses,  glabres;  à  feuilles  ron- 
cinées-dentées  ;  à  fleurs  jaunes ,  en  capitules 
disposées  en  grappe  spiciforme.  On  cultive 
dans  les  jardins  le  B.  intybaceus.  (C.  L.) 

BRACHYRHUVE.  Brachyrhinus  (Æpaxvç, 
court  ;  ptv,  o$,  nez  ou  trompe),  ins.  — Genre 
de  Coléoptères  tétramères,  famille  desRhyn- 
45' 


714 


BRA 


BRA 


chophores ,  tribu  des  Charançoniles ,  établi 
par  Latreille  et  non  adopté.  (D.) 

BRACHYRHYNCHOS  (  j8paX4ç ,  court  ; 
pvyx°$  >  bec ,  pointe  ).  bot.  ph.  —  Ce  genre  , 
qui  est  très  voisin  des  Séneçons ,  a  pour  ca¬ 
ractères  :  Capitule  multiflore,  quelquefois 
discoïde,  homogarae  ou  radié,  et  muni,  dans 
ce  cas,  de  ligules  femelles.  Involucre  formé 
d’une  seule  série  d’écaiiles ,  et  offrant  à  sa 
base  un  calicule  composé  d’un  petit  nombre 
de  squamelles.  Réceptacle  nu.  Rameaux  du 
style  pubescents  au  sommet.  Fruits  allon¬ 
gés  ,  striés  ou  anguleux  ;  les  extérieurs  légè¬ 
rement  comprimés  et  atténués  en  une  sorte 
de  bec  assez  court,  couronné  d’une  aigrette 
formée  de  plusieurs  rangées  de  soies  pili- 
formes  légèrement  soudées  à  la  base.  —  Les 
Brachyrhynchos,  qui  font  partie  des  Compo¬ 
sées,  tribu  des  Sénécionidées,  sont  indigènes 
du  Cap.  (J.  D.) 

"BRACHYRHYNCHUS  (  /3p«Xvç ,  court  ; 
p vyXoç,  bec),  ms.  —  Genre  de  la  famille  des 
Aradiens ,  de  l’ordre  des  Hémiptères ,  sec¬ 
tion  des  Hétérqptères,  établi  par  M.  Laporte 
de  Castelnau ,  et  généralement  adopté  par 
tous  les  entomologistes.  Les  Bruchyrhynchus 
sont  caractérisés  par  un  corps  fortement  dé¬ 
primé  et  parallèle  ;  par  un  bec  très  court,  logé 
dans  un  sillon  qui  ne  dépasse  pas  la  tête  ;  par 
des  antennes  ayant  leur  premier  article  glo¬ 
buleux  ,  et  les  suivants  plus  grêles  et  à  peu 
près  d’égale  longueur,  et  par  des  élytres  en¬ 
gagées  dans  une  dépression  de  l’abdomen  , 
ayant  leur  partie  antérieure  opaque  et  leurs 
nervures  apparentes.  Le  type  du  genre  est  le 
B.  orientalis  Lap. ,  de  File  de  Java.  (Bl.) 

*BRACHYRHYNQUES.  Brachyrliynchi. 
ins.  r —  Schcenherr  nomme  ainsi  la  première 
légion  de  l’ordre  des  Gonatocères  dans  sa  fa¬ 
mille  des  Curculionides.  Elle  se  divise  en 
deux  phalanges  :  la  première  comprend  les 
Brachycérides,  Entimides,  Pacliyrhynchides, 
Brachydérites  ,  Cléonides,  Molytides  et  Byr- 
sopsides.  Ce  qui  caractérise  principalement 
ces  sept  divisions  ou  tribus,  c’est  d’avoir  le 
sillon  antennaire  infra-oculaire,  courbe  ou 
oblique.  La  seconde  phalange  se  compose  des 
Phyllobides,  Cyclomides  et  Ottorhynchides, 
chez  lesquelles  le  sillon  antennaire  est  pres¬ 
que  droit  et  monte  jusque  vers  le  milieu  de 
l'œil.  (D.) 

BRACHYRIS  (|3p<xXvç,  court  ;  aXvpov,  pail¬ 
lette).  bot.  ph.— Ce  genre,  établi  par  M.  Nut  1 


tal ,  appartient  à  la  famille  des  Composées, 
tribu  des  Astérées.  Il  a  pour  caractères  :  Ca¬ 
pitule  pluriflore ,  radié  ,  rayon  formé  d’une 
seule  rangée  de  5-10  ligules  femelles  ;  fleu¬ 
rons  du  disque  tubuleux  ,  hermaphrodites, 
5-dentés.  Réceptacle  nu.  Involucre  ovale  ou 
cylindracé,  formé  d’écailles  étroitement  im¬ 
briquées.  Fruit  obconique ,  tronqué  et  sur¬ 
monté  de  5-8  écailles  oblongues,  persistantes. 
Ce  genre  ,  voisin  du  Bigelowia  ,  se  compose 
de  plantes  vivaces,  indigènes  des  États-Unis 
d’Amérique.  La  plupart  d’entre  elles  sont 
munies  de  feuilles  linéaires  et  lancéolées, 
entières ,  souvent  ponctuées.  Les  fleurons 
sont  jaunes.  (J.  D.) 

*BRACHYS  (j3paXvç,  court),  ins. — Genre 
de  Coléoptères  pentamères,  famille  des  Ster- 
noxes  ,  tribu  des  Buprestides  ,  établi  par 
M.  Dejean  ,  et  adopté  par  M.  Solier ,  qui  le 
range  dans  la  division  des  Buprestides  à 
écusson  apparent.  M.  Dejean  en  désigne  8  es¬ 
pèces,  toutes  de  l’Amérique.  Nous  citerons 
comme  type  le  B.  tenellaia ,  retranché  du 
g.  Trachys  de  Fabricius.  oyez  bupresti¬ 
des.  (d.) 

*BRACHYSCELIS  (j3PaXv'ç,  court,  ra¬ 
massé  ;  axûoç,  jambe),  ins.  —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  établi  par  M.  Solier ,  et  synonyme 
de  Pachyscelis.  (D.) 

BRACHYSCOME.  bot.  pii.  —  Même 
chose  que  Brachycome. 

BRACHYSEMA  (  $paXuç  ,  COUrt  ;  avjp. y.  , 
signe,  ici  étendard  ).  bot.  pii.  —  Genre  de  la 
famille  des  Papilionacées-Podalyriées,  Eupo- 
dalyriées-Australasicées ,  formé  par  Robert 
Brown  (Ho  h.  New.  ed.  2,  III,  10),  et  renfer¬ 
mant  quelques  arbrisseaux  de  la  Nouvelle- 
Hollande,  procombants,  à  feuilles  alternes, 
simples,  ovées  ou  ovales,  très  entières,  mu- 
cronées  ;  à  fleurs  jaunes  ou  pourpres  ,  en 
grappes  axillaires  et  terminales  pauciflores. 
Le  calice  est  5-fide,  un  peu  inégal ,  à  tube 
ventru  ;  l’étendard  est  beaucoup  plus  court 
que  les  ailes;  les  filaments  sont  glabres;  le 
légume  est  ventru,  pol  y  sperme.  On  en  cul¬ 
tive  2  esp.  dans  les  jardins  :  les  B.  laiifolium 
et  undulalum.  (C.  L.) 

*BRACHYSIRA  ( |3paXvç  ,  court;  crnpoc  , 
chaîne  ,  série  ).  bot.  cr.—  (  Phycées).  Genre 
créé  par  M.  Kutzing,  dans  la  16e  décade  de 
ses  Algues  d’Allemagne,  pour  une  espèce 
de  la  tribu  des  Diatomées.  Voici  les  carac¬ 
tères  qu’il  lui  assigne  :  Fronde  très  petite , 


BRA 


BRA 


715 


formée  de  frustules  soudés  parallèlement 
et  irrégulièrement.  Les  frustules  ne  sont 
point  soudés ,  mais  simplement  rappro¬ 
chés  en  séries  plus  ou  moins  longues ,  lors¬ 
qu’ils  s’élèvent  à  la  surface  de  l’eau  dans  la¬ 
quelle  cette  production  se  développe.  Nous 
ne  voyons  dans  cette  disposition  qu’un  effet 
mécanique  qui  se  représentera  dans  tout 
corps  naviculaire  flottant ,  et  surtout  ayant 
la  forme  des  frustules  de  cette  diatomée. 
Lorsque  les  frustules  du  B.  aponina  Kutz. 
viennent  flotter  à  la  surface  de  l’eau,  ils  ne 
tardent  pas  à  s’accoler  longitudinalement,  et 
à  se  grouper  en  séries  élégantes.  M.  Des- 
mazières  en  a  donné  une  bonne  figure  dans 
le  fascicule  XVIII  de  ses  Cryptogames  de 
France ;  c’est  notre  Navicula  serions.  Nous 
ne  croyons  pas  qu’on  puisse  en  faire  un  g. 
particulier.  Nous  connaissons  une  espèce 
très  voisine  qui  présente  cette  même  dispo¬ 
sition  ,  due  sans  doute  à  une  imperméabi¬ 
lité  propre  à  l’enveloppe  de  ses  frustules. 

(Bréb.) 

BRACHYSOMA  (j3paXvç,  court;  o-wp. a, 
corps),  ins. — M.  Dejean  ( Cat .,  2e  édit.)  avait 
désigné  sous  ce  nom  un  g.  de  Curculionides 
qu’il  a  supprimé  depuis,  et  dont  il  rapporte 
les  espèces  au  g.  Gonipterus  de  Schœn- 
herr.  (D.) 

*RRACHYSOMlJS  (|3paXvç,  court  ;  t?wp.a, 
corps),  ins.  —  Genre  établi  par  M.  Schœn- 
herr,  avec  le  Cure,  hirsutulus  des  auteurs. 
Il  a  fait  rentrer  plus  tard  cette  espèce  dans 
le  g.  Omias  de  Germar.  (G.) 

*BRACHYSTELEEM  Q3p«Xvç,  court  ;  <jts- 
Atov,  manche  de  cognée),  bot.  cr.  —  (Mous¬ 
ses).  Nom  proposé  par  M.  Reichenbach,  pour 
remplacer  celui  de  Brachypodium  ( voyez  ce 
mot)  donné  par  Bridel  à  un  g.  de  la  divi¬ 
sion  des  Mousses  acrocarpes.  Ce  nom  n’est 
pas  généralement  adopté.  (C.  M.) 

BRACHYSTELMA  (  j6paXvç  ,  court  ; 
<TTe7p.a,  ceinture),  bot.  ph.  —  Genre  de  la 
famille  des  AscMpiadacées -Pergulariées  , 
tribu  des  Stapéliées-Céropégiées ,  formé  par 
R.  Brown  (Bot.  Mag.,  t.  2345,  3016),  et  ren¬ 
fermant  quelques  arbrisseaux  du  Cap,  à  ra¬ 
cines  tubéreuses  ;  à  feuilles  opposées,  mern- 
branacées  ;  à  pédoncules  axillaires  agrégés. 
Corolle  campanulée ,  ample ,  à  sinus  angu¬ 
leux.  Appareil  reproducteur  inclus. Couronne 
staminale  5-fide,  dont  les  lobes  simples, oppo¬ 
sés  aux  anthères.  Pollinies  dressées ,  fixées 


par  la  base.  Follicules  grêles,  lisses.  Graines 
chevelues  à  l’ombilic.  On  en  cultive  plusieurs 
espèces  dans  les  jardins.  (C.  L.) 

BRACHYSTEMMA  (j6paXvç,  court; 
0-TEp.p.a ,  couronne),  bot.  pii.  —  Genre  formé 
par  Don  (  JY  égal. ,  216  )  dans  la  famille  des 
Caryophyllacées-Stellarinées,  tribu  des  Aré- 
nariées ,  sur  une  seule  plante  indigène  du 
Népaul.  C’est  un  individu  herbacé,  diffu¬ 
sément  rameux  ,  glabriuscule  ;  à  tiges  létra- 
gones ,  luisantes  ,  portant  des  feuilles  oppo¬ 
sées  ,  pétiolées  ,  stipulées,  étalées  lâchement, 
lancéolées,  trinerves  ;  les  fleurs  en  sont  très 
nombreuses  ,  et  disposées  en  panicules  axil¬ 
laires  cymiféres.  (C.  L.) 

*  BR  ACHYSTERNUS  (  (3p aXuç  ,  court  ; 
o-r/pvov,  sternum),  ins.  — Genre  de  Coléop¬ 
tères  pentamères,  famille  des  Lamellicornes, 
tribu  des  Anoplognathides,  créé  par  M.  Gué- 
rin-Méneville  (  Voyage  de  la  Coquille).  Ce 
g.  ,  suivant  cet  auteur,  présente  les  plus 
grands  rapports  avec  les  Anoplognatbes  ; 
mais  il  en  diffère  par  l’absence  d’une  point* 
saillante  au  sternum  du  métathorax  ;  par  la 
forme  de  ses  palpes  ,  et  surtout  par  les  cro¬ 
chets  des  tarses ,  dont  l’un  est  bifide.  L’es¬ 
pèce  qui  a  servi  de  type  est  le  B.  viridis  Gm. 
(  Prasinus ,  Durville-Dej.,  Cat.  ),  du  Chili.  Ce 
g.  est  désigné  dans  le  dernier  Catalogue  de 
M.  Dejean,  sous  le  nom  d ’Epichloris.  (C.) 

*BRACHYSTERNUS  (|3paXvç,  court;  ore'p- 
vov ,  sternum),  ins.  — Genre  de  Coléoptères 
pentamères,  famille  des  Lamellicornes,  établi 
par  M.  Dejean  ,  dans  son  dernier  Catalogue, 
pour  y  rapporter  un  coléoptère  originaire 
de  Cayenne ,  qu’il  nomme  B.  subsulcatus. 
M.  Guérin-Méneville  s’étant  servi  antérieu¬ 
rement  de  ce  même  mot  pour  établir  un  g. 
nouveau  dans  la  même  famille,  il  sera  indis¬ 
pensable  d’employer  une  autre  dénomina¬ 
tion  pour  désigner  cet  insecte.  (C.) 

*BRACHYSTETHE  ($paXvç,  court;  otvî- 
0o; ,  sternum),  ins.  —  Genre  de  l’ordre  des 
Hémiptères  établi  par  M.  Delaporte ,  dans  sa 
Monographie  des  Insectes  de  cet  ordre,  pour 
une  seule  esp.  du  Brésil ,  la  B.  marginatus. 

(C.  d’O.) 

BRACHYSTOMÆ  (j3pocXvç,  court;  <7Top.a, 
bouche,  ouverture),  bot.  cr. — Persoon  (Syn. 
Fung .,  p.  63)  a  donné  ce  nom  à  une  des  sec¬ 
tions  qu’il  a  établies  dans  le  nombreux  genre 
Sphœria ;  elle  comprend  les  espèces  dont  l’os- 
tiole  est  conique,  cylindrique  ou  papilliforme 


716 


BRA 


BRA 


et  plus  court  que  le  réceptacle.  Cette  déno¬ 
mination  ,  adoptée  par  Rebentisch  ,  Alber¬ 
tini  ,  Schweinitz  ,  etc. ,  ne  l’a  pas  été  par 
MM.  Martius,  Nees  d’Esenbeck,  ni  par  Fries , 
qui,  dans  son  Systema  mycologicum,  a  reporté 
les  espèces  dans  d’autres  sections  du  même 
genre ,  qu’il  a  désignées  sous  les  noms  de 
Villosœ,  Bypsisedœ,  Denudatœ,  etc.  (LÉv.) 

BRACHYSTOME  Brachysloma  ((3paXv;, 
court;  0-rop.a, bouche.)  ins.— Genre  de  l’ordre 
des  Diptères,  division  des  Brachocères ,  sub¬ 
division  des  Tétrachœles, famille  des  Tanysto- 
mes,  tribu  des  Empides,  établi  parMeigen,  et 
adopté  par  Latreille ,  ainsi  que  par  M.  Mac- 
quart  ,  qui  ne  rapporte  à  ce  g.  que  2  esp.  : 
l’une  trouvée  à  Nice  et  en  Sicile,  l’autre  sans 
indication  de  patrie.  Elles  ont  été  décrites 
par  Meigen  :  la  lre,  sous  le  nom  de  B. 
vesiculosa  ,  c’est  la  Bacchaa  ,  id.  Fab.,  et 
la  2‘  sous  le  nom  de  B.  longicorhis.  (D.) 

BRACHYSTOMES.  Brachysloma.  ins. — 
M.  Macquart  désigne  ainsi  la  6e  famille  éta¬ 
blie  par  lui  dans  l’ordre  des  Diptères,  et  qu’il 
place  dans  la  division  des  Brachocères,  et  la 
subdivision  des  Tétrachœtes.  Cette  famille  se 
compose  des  Diptères  tétrachœtes,  dont  la 
trompe  est  courte,  membraneuse  et  à  lèvres 
terminales  épaisses.  Elle  se  distingue  des  Ta- 
nystomes,  non  seulement  par  ce  caractère, 
mais  encore  par  la  conformation  des  an¬ 
tennes,  dont  le  3e  art.  est  le  plus  souvent  ac¬ 
compagné  d’un  style  dorsal.  Elle  s’en  éloi¬ 
gne  en  outre  par  les  ailes,  qui  ne  présentent 
ordinairement  qu’une  cellule  sous-margi¬ 
nale  et  trois  postérieures.  Par  cette  organi¬ 
sation  évidemment  inférieure  à  celle  des  fa¬ 
milles  précédentes  ,  les  Brachystomes  for¬ 
ment  une  transition  pour  arriver  aux  Di- 
chœtes.  M.  Macquart  les  répartit  dans  4  tri¬ 
bus  ,  ainsi  qu’il  suit  :  A.  3e  art.  des  antennes 
conique.  Cellules  sous-marginales  aux  ailes. 

B.  Tarses  munis  de  2  pelotes  :  lre  tribu,  Xy¬ 
lotomes.  BB.  Tarses  munis  de  3  pelotes  : 

2e  tribu,  leptides.  AA.  3e  art.  des  antennes 
ordinairement  en  palette  ou  ovale.  Une  seule 
cellule  sous-marginale  aux  ailes.  C.  Palpes 
aplatis.  Point  de  cellule  discoidale  aux  ai¬ 
les  :  3e  tribu,  Dolichopodes.  CC.  Palpes  ren¬ 
flés.  Une  cellule  discoidale  :  4e  tribu ,  Syr-  I 


phies.  Les  habitudes  de  ces  Insectes  sont 
aussi  variées  que  leur  organisation.  Les  pre¬ 
mières  tribus  cherchent  leur  subsistance  sur 
le  feuillage  ou  sur  le  tronc  des  arbres  ;  les 


Syrphies  se  nourrissent  du  suc  des  fleurs  ; 
quelques  Dolichopodes  vivent  de  proie.  Les 
femelles  déposent  leurs  œufs,  tantôt  dans  le 
détritus  du  bois  pourri ,  comme  les  Xylo¬ 
tomes,  tantôt  dans  la  terre,  sur  les  plantes  , 
et  même  dans  les  eaux,  comme  plusieurs 
Syrphies.  Les  larves  trouvent,  dans  ces  di¬ 
verses  situations ,  les  aliments  nécessaires  à 
leur  développement.  Quelques  unes  sont  pa¬ 
rasites,  et  vivent  de  la  substance  d’autres  In¬ 
sectes,  comme  celles  des  Syrphies,  qui  dévo¬ 
rent  les  Pucerons,  et  celles  qui  dévastent  les 
nids  de  Bourdons.  L’organisation  de  ces  lar¬ 
ves  présente  les  deux  modes  principaux 
qu’elle  affecte  dans  les  Diptères  :  Celles  des 
Xylotomes  et  des  Leptides  ont  la  tête  cornée  ; 
celles  des  Syrphies  et  des  Dolichopodes  l’ont 
charnue  et  de  forme  variable.  (D.) 

BRACIIYSTYLIS ,  E.  Meyer  (/3p«Xvç, 
court;  aTÛ>oç,  style),  bot.  ph.  —  Synonyme 
du  genre  Brachymeris,  DC.  C’est  aussi  une 
section  indiquée  par  De  Candolle  dans  le 
genre  Chœrophyllum,  L.  (C.  L.) 

RRACHYSTYEUS  (0p«Xvç,  court  ;  <7t5- 
Aoç,  soutien),  ins.  — Genre  de  Coléoptères 
pentamères ,  de  la  famille  des  Carabiques, 
créé  par  M.  le  baron  de  Chaudoir,  pour  deux 
espèces ,  les  B.  californiens  Fald.,  et  vali - 
dus  Esch.;  l’une,  de  Californie, l’autre,  delà 
côte  occidentale  de  l’Amérique.  (C.) 

*BRACHYTARSUS  (j8paXv'ç,  court  ;  r*p- 
croç,  tarse),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  té- 
tramères ,  famille  des  Curculionides ,  ordre 
des  Orthocères,  division  des  Anthribides,  éta¬ 
bli  par  Schœnherr.  M.  Dejean,  dans  son  Ca¬ 
talogue,  3e  édit.,  rapporte  à  ce  g.  U  esp., 
dont  3  d’Europe ,  et  8  de  l’Amérique  septen¬ 
trionale.  Le  type  de  ce  g.  est  YAnthribus  sca- 
brosus  de  Fabr.,  qui  se  trouve  aux  environs 
de  Paris.  ^  (D.) 

"BRACIIYTÈLE  (Æpa^vs,  court;  Tth'oi,  je 
finis;  qui  se  termine  court),  mam,— Genre  ins¬ 
titué  par  Spix,  pour  deux  Singes  américains 
que  M.  Geoffroy  Saint-Hüaire  a  réunis  à  ses 
Atèles  sous  les  noms  d’A.  Chamek  et  <YA. 
Hypoxanthe.  (C.  n’O.) 

BBACHYTRIA  (|3paXvç  ,  court;  rp/a, 
trois),  ins.  -—Genre  de  Coléoptères  tétra- 
rnéres ,  de  la  famille  des  Longicornes ,  créé 
parM.  Newmann,  qui  le  plaee  dans  les  Rha - 
ghiomorphidœ.  L’espèce  qu’il  décrit  sous  le 
nom  de  B.  latebrom  a  été  trouvé  dans  Vile  des 
Kangourous,  à  la  Nouvelle-Hollande»  (G.) 


BRA 

*BRACHYTRICHIJM  (  ,  court; 

0pt$,rp:xoç,  poil).  BOT.  CR.  —  (Mousses). 
Rœhling  avait'proposé  (Â  nn.Welt,  G  esell. ,  III, 
p.  47)  de  séparer  le  g.  Qrthotric  en  deux  au¬ 
tres  ,  sur  cette  considération  ,  que  le  péris- 
tome  s’y  rencontre  simple  ou  double  ;  et,  ré¬ 
servant  l’ancien  nom  pour  les  espèces  diplo- 
péristomées ,  le  nouveau  nom  aurait  réuni 
les  espèces  munies  d’un  péristome  unique. 
Le  g.  Orthotric  est  si  naturel ,  que  l’opinion 
du  botaniste  allemand  n’a  pu  prévaloir.  Et 
d’ailleurs,  comme  on  a  trouvé, depuis,  des  es¬ 
pèces  de  ce  g.  qui  ont  l’orifice  de  la  capsule 
absolument  nu  ,  il  aurait  donc  fallu  ,  pour 
être  conséquent,  instituer  un  troisième  g., 
ce  qui  ne  pouvait  ni  ne  devait  raisonnable¬ 
ment  avoir  lieu.  (C.  M.) 

*BRACHYTROPIS  {0p^v<; ,  court  ;  rpo- 
wtç,  carène  ).  bot.  pii.  —  Famille  des  Poly- 
galacées,  section  du  genre  Polygala ,  L.,  et 
que  son  auteur,  M.  De  Candolle,  paraît  porté 
à  regarder  comme  un  genre  distinct  et  voisin 
du  Comesperma.  (C.  L.) 

*BRACHYTRUPES  (@pa%vç,  court;  rpuwa, 
tarière),  ins.  —  Genre  établi  par  M.  Serville 
{Ins.  orth . ,  A1  uites  à  Buff.)  aux  dépens  du  genre 
Gryllus  de  la  famille  des  Grilloniens,  de  l’or¬ 
dre  des  Orthoptères.  Les  Brachylrupes,  dont 
M.  Serville  signale  2  esp. ,  l’une,  le  B .  me- 
gacephalus  Lefebv.,  de  Sicile,  et  l’autre  de 
Java  ,  diffèrent  surtout  des  Grillons  propre¬ 
ment  dits ,  par  la  longueur  du  dernier  ar¬ 
ticle  de  leurs  palpes  maxillaires.  (Bp.) 

BRACIIYURES  (/Spa^vç,  court;  oùpa, 
queue),  crust. — Dans  la  classification  de  La- 
treille  et  de  la  plupart  des  carcinologues,  on 
nomme  ainsi  l’une  des  grandes  subdivisions 
(Famille,  Lat.;  ordre,  Blainv.;  section,  Milne- 
Edw.)  des  Crustacés  décapodes.  Leur  queue 
(abdomen),  plus  courte  que  lefronc,  n’a  pas 
d’appendices  ou  nageoires  à  son  extrémité  , 
et  elle  se  reploie  en  dessous  dans  l’état  de 
repos  pour  se  loger  dans  une  fossette  de  la 
poitrine  :  triangulaire  dans  les  mâles,  et  gar¬ 
nie  seulement  à  la  base  de  quatre  ou  de  deux 
appendices  ,  dont  les  supérieurs  les  plus 
grands,  en  forme  de  cornes  ,  elle  s’arrondit , 
s’élargit ,  et  devient  bombée  dans  les  femel¬ 
les.  En  dessous  elle  a  quatre  paires  de  dou¬ 
bles  filets  velus  destinés  à  porter  les  œufs  , 
et  analogues  aux  pieds  natatoires  sous-cau- 
daux  des  Macroures ,  etc.  Les  vulves  sont 
deux  trous  placés  sous  la  poitrine;  les  an- 


BRA  71  7 

tennes  sont  plus  petites  que  dans  les  Ma¬ 
croures,  et  les  pédoncules  oculaires  généra¬ 
lement  plus  longs  ;  la  première  paire  de 
pattes  est  en  serre  didactyle  ;  les  branchies 
sont  toujours  en  forme  de  pyramides,  fixées 
par  leur  base,  et  composées  d’une  double  sé¬ 
rie  de  lames  empilées  les  unes  sur  les  autres. 
On  n’en  compte  jamais  plus  de  neuf  de  cha¬ 
que  côté  du  corps ,  et  quelquefois  il  n’en 
existe  que  sept.  Latreille  partageait  sa  fa¬ 
mille  des  Brachyures  en  sept  sections ,  sa¬ 
voir  :  les  Nageurs,  les  Arqués ,  les  Quadrila¬ 
tères,  les  Orbiculaires,  les  Triangulaires,  les 
Cryptopodes  et  les  Notopodes.  Depuis ,  il  a 
modifié  cette  disposition  en  réunissant  les 
Nageurs  aux  Arqués  ,  et  apportant  quelques 
rectifications  à  ce  qu’il  avait  admis  au  sujet 
des  Orbiculaires. Cette  dernière  classification, 
dit  M.  Milne-Edwards ,  m’a  paru  plus  natu¬ 
relle  que  celles  qu’on  avait  proposées  jus¬ 
qu’alors  ;  mais  une  étude  approfondie  de  la 
structure  des  divers  Brachyures  et  de  la  va¬ 
leur  des  caractères  employés  pour  leur  dis¬ 
tribution  méthodique  ,  m’a  conduit  à  en  mo¬ 
difier  quelques  points,  et  à  diviser  les  Bra¬ 
chyures  seulement  en  quatre  grandes  famil¬ 
les.  Ces  quatre  familles,  dont  il  sera  question 
ailleurs,  sont  les  suivantes  :  Ôxyrhynques, 
Cyclométopes ,  Catométopes  et  Oxystomes. 
Voyez  ces  divers  mots. 

(P-  G.) 

*BRACHYURÏTES  (/3p«xvç ,  court  ;  oùpa, 
queue),  crust. — D’après  la  remarque  de 
M.  Milne-Edwards  (  Crustacés ,  II,  179),  le 
petit  crustacé  fossile  figuré  par  Schlotheim 
(Peire  facta,  p.  23,  pl.  1  )  sous  le  nom  de  B. 
rugosus ,  paraît  se  rapprocher  des  Dromies. 

(P.  G.) 

BRACON.  ins.  —  Genre  de  la  famille  des 
Ichneumoniens ,  tribu  des  Braconides ,  de 
l’ordre  des  Hyménoptères,  établi  par  Fabri- 
cius  et  adopté  par  tous  les  entomologistes. 
Les  Bracons  ont  un  corps  assez  long  et 
grêle  ;  des  antennes  sétacées  longues  et  grê¬ 
les  ayant  leur  troisième  article  plus  long  que 
le  second  ;  des  ailes  à  3  cellules  cubitales , 
et  un  abdomen  sessile  de  forme  ovalaire. 
Ce  genre  renferme  un  grand  nombre  d’es¬ 
pèces  exotiques  et  indigènes.  On  en  rencon¬ 
tre  dans  toutes  les  parties  du  monde,  et 
plusieurs  ont  une  taille  assez  grande. 

Les  esp.  du  g.  les  plus  répandues  dans 
notre  pays  sont  les  B.  desertor  Fabr.  ,  wo- 


718  BRA 

minalor  Fab.,  variegator  Nees  von  Esenb.,  | 
urinator  Fab.,  etc.  (Bl.)  J 

*BR  ACON  IDE  S  ou  BRACONITES.  Bra- 
conidce.  ins.— Seconde  tribu  de  la  famille  des 
Ichneumoniens  ,  de  l'ordre  des  Hyménoptè¬ 
res,  indiquée  parLatreille,  et  adoptée  depuis 
par  tous  les  entomologistes.  Cette  tribu,  que 
M.  Nees  von  Esenbeck  a  désignée  aussi  sous 
la  dénomination  d’ichneumones  adsciti ,  ren¬ 
ferme  un  nombre  considérable  de  genres. 
Dans  notre  Hist.  des  anim.  arlic .,  t.  4  ,  nous 
avons  cru  devoir  en  adopter  46  ;  et  cepen¬ 
dant  il  en  est  encore  plusieurs  autres  établis 
par  MM.  Wesmael  et  Haliday ,  qui  n’ont  été 
regardés  que  comme  de  simples  divisions  de 
genres.  Les  espèces  sont  en  outre  fort  nom¬ 
breuses  dans  quelques  genres  ,  en  sorte  que 
la  tribu  des  Braconides  comprend  une  quan¬ 
tité  d’esp.  fort  considérable.  Les  mœurs  de 
ces  Insectes  sont  très  analogues  à  celles  des 
Ichneumonides  ;  nous  renvoyons  en  consé¬ 
quence  à  l’article  ichneumoniens,  pour  tout 
ce  qui  est  relatif  en  général  aux  divers  In¬ 
sectes  qui  composent  cette  grande  famille. 

(Bl.) 

*BRACTEARIA  (  bractea ,  lame  ou  feuille 
de  métal,  bradée  en  botanique),  bot.  ph. — 
Genre  de  la  famille  des  Papilionacées, tribu  des 
Phaséolées-Clitoriées  ,  formé  par  Bentham, 
et  réuni  comme  section  au  genre  Clitoria,  L. 
—  C’est  aussi  une  section  indiquée  par  De 
Candolle  ( Prodr .,  III,  131)  dans  le  genre 
Chœlogastra.  (C.  L.) 

BRACTÉES.  Bracteœ.  bot.  ph. — Ce  sont 
les  feuilles  qui  généralement ,  sous  la  forme 
d’écailles,  accompagnent  les  fleurs.  On  a 
donné  spécialement  ce  nom  aux  feuilles  pla¬ 
cées  près  des  fleurs ,  quand ,  par  leur  gran¬ 
deur,  leur  figure,  leur  consistance,  elles  dif¬ 
fèrent  complètement  des  autres  feuilles  de  la 
plante;  tandis  qu’on  réserve  le  nom  de  feuilles 
florales  aux  feuilles  qui ,  accompagnant  les 
fleurs ,  ne  diffèrent  pas  sensiblement  des  au¬ 
tres  feuilles  qu’on  observe  sur  les  autres  par¬ 
ties  de  la  plante. 

Les  Bractées  peuvent  se  présenter  sous  des 
formes  et  avec  des  caractères  très  différents. 
Tantôt  ce  sont  des  espèces  de  petites  écailles 
minces,  d’une  couleur  pâle,  placées  à  la  base 
des  pédoncules  qui  portent  les  fleurs  ;  tantôt, 
au  contraire,  elles  sont  assez  grandes  ,  min¬ 
ces,  colorées,  et  en  quelque  sorte  pétaloïdes  : 
telles  sont  celles  qui  accompagnent  les  fleurs 


BRA 

dans  un  grand  nombre  d’espèces  du  genre 
Sauge  ,  et  spécialement  les  Salvia  sclarea  , 
Salvia  splendens ,  le  Poinsettia  pulcher - 
rima ,  où  les  Bractées  sont  d’une  belle  cou¬ 
leur  rouge  ,  le  Bougainvillœa  ,  où  les  Brac¬ 
tées  ,  beaucoup  plus  grandes  que  les  fleurs , 
sont  d’une  teinte  rose  violacée. 

En  général ,  on  trouve  une  ou  plusieurs 
fleurs  à  l’aisselle  de  chaque  Bractée.  Quel¬ 
quefois  cependant  celles-ci  sont  vides,  parce 
que  les  bourgeons  floraux  ont  avorté,  comme 
il  arrive  quelquefois  que  les  bourgeons  fo¬ 
liacés  ne  se  développent  pas  à  l’aisselle  des 
feuilles  pour  produire  des  jeunes  branches 
ou  scions. 

Les  Bractées  ne  sont  que  des  feuilles  ré¬ 
duites  à  de  petites  dimensions ,  et  dont  la 
consistance  et  souvent  la  couleur  sont  fort 
différentes.  Elles  offrent  sur  les  rameaux  les 
mêmes  positions  que  ces  dernières  :  ainsi , 
elles  peuvent  être  alternes,  opposées  ou  ver- 
ticillées.  Rien  de  plus  facile  que  de  suivre 
sur  un  très  grand  nombre  de  plantes  les  dé¬ 
gradations  successives  des  feuilles  à  mesure 
qu’elles  se  rapprochent  des  sommités  des  ra¬ 
meaux  ,  et  leur  transformation  en  Bractées. 
Ainsi  on  les  voit  diminuer  seulement  d’éten¬ 
due  ,  puis  devenir  sessiles ,  perdre  successi¬ 
vement  les  dents  ou  les  incisions  qu’elles 
offraient,  devenir  entières,  en  un  mot,  se 
réduire  quelquefois  à  l'état  d’une  simple 
écaille,  même  quand  la  feuille  inférieure  était 
composée. 

Quant  à  la  forme  particulière  des  Brac¬ 
tées,  elle  est  aussi  variable  que  celle  des 
feuilles.  Ordinairement  planes  comme  celles- 
ci  ,  elles  peuvent  être  sous  la  forme  d’une 
gaine  embrassante ,  devenir  concaves  ou  en 
forme  de  capuchon ,  comme  on  l’observe 
dans  plusieurs  plantes  de  la  famille  des 
Marcgraviacées. 

La  transformation  des  feuilles  en  Bractées 
est  due  à  l’épuisement  que  les  feuilles  éprou¬ 
vent  par  suite  de  l’existence  des  bourgeons 
floraux  et  de  leur  développement.  Il  arrive 
quelquefois  qu’une  tige  après  avoir  porté 
des  fleurs  dans  une  étendue  plus  ou  moins 
considérable ,  celles-ci  manquent  complète¬ 
ment  dans  sa  sommité.  Les  feuilles  repren¬ 
nent  alors  le  caractère  qu’elles  avaient  à  la 
partie  inférieure  de  la  tige,  c’est-à-dire  qu’el¬ 
les  redeviennent  plus  grandes ,  plus  vertes, 
et  elles  forment  alors  une  touffe  qui  cou- 


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BRA 


19 


ronne  l’assemblage  de  fleurs.  C’est  ce  qu’on 
observe,  par  exemple,  dans  l’Ananas  et  la 
Couronne  impériale. 

En  général ,  on  ne  trouve  qu’une  seule 
Bractée  à  la  base  de  la  fleur  ou  de  son  pé¬ 
doncule.  Lorsque  les  Bractées  sont  réunies 
circulairement  autour  d’une  ou  de  plusieurs 
fleurs ,  leur  ensemble  constitue  ce  qu’on 
appelle  d’une  manière  générale  un  involu- 
cre.  Ainsi ,  par  exemple  ,  il  existe  à  la  base 
des  pédoncules,  dans  la  Carotte ,  dans  VAs - 
tranlia,  et  dans  une  foule  d’autres  plantes 
de  la  famille  des  Ombellifères  ,  une  rangée 
circulaire  de  Bractées  constituant  un  invo- 
lucre.  Certains  involucres  ont  reçu  des  noms 
spéciaux.  Quand  l’involucre  est  appliqué  im¬ 
médiatement  autour  de  la  fleur  et  sur  la  sur¬ 
face  externe  du  calice ,  de  manière  à  sem¬ 
bler  former  un  second  calice,  on  le  nomme 
calicule.  La  fleur  de  la  Mauve  est  accompa¬ 
gnée  d’un  calicule  formé  de  trois  Bractées 
distinctes  ;  celle  de  la  Guimauve  d’un  cali¬ 
cule  de  5  à  8  Bractées  soudées  en  tube  , 
comme  le  calice  lui-même. 

Quand  l’involucre  accompagne  une  ou 
plusieurs  fleurs  ,  qu’il  persiste  après  la  flo¬ 
raison  de  manière  à  recouvrir  le  fruit  en 
partie  ou  en  totalité ,  on  le  nomme  cupule. 
Le  gland  du  Chêne  est  accompagné  à  sa  base 
d’une  cupule  écailleuse  ;  le  fruit  du  Noise¬ 
tier  est  recouvert  par  une  cupule  foliacée  ; 
les  fruits  du  Châtaignier,  du  Hêtre,  sont 
complètement  enveloppés  dans  une  cupule 
péricarpoide.  Cette  cupule  est  un  véritable 
involucre. 

Enfin ,  quelques  auteurs  ont  donné  le  nom 
particulierde péricline  à  l’involucre  qui  forme 
la  partie  la  plus  extérieure  du  capitule  des 
fleurs  dans  les  Synanthérées. 

Il  y  a ,  comme  nous  l’avons  dit  précédem¬ 
ment  ,  des  Bractées  qui  ont  souvent  un  très 
grand  développement.  Lorsqu’une  Bractée 
recouvre  complètement  la  fleur  ou  les  fleurs 
avant  leur  épanouissement,  elle  prend  le 
nom  spécial  de  spathe  ;  telles  sont,  par  exem¬ 
ple  ,  les  Bractées  qu’on  trouve  à  la  base  des 
fleurs  des  Iris ,  des  Narcisses,  des  Aulx,  et 
surtout  à  la  base  des  plantes  de  la  famille  des 
Aroïdées  et  des  Palmiers.  Voy.  les  mots  in¬ 
volucre,  CALICULE,  CUPULE,  SPATHE.  (A.  R.) 

*BRACTÉIFÈRE.  Bracieiferus  [braciea , 
bractée  ;  fero,  je  porte),  bot.  ph. —  Ce  mot  se 
dit  d’un  organe  qui  porte  une  ou  plusieurs 


Bractées  :  ainsi  le  pédoncule  du  Polygala  vul - 
garis  porte  deux  Bractées  opposées  ;  il  est 
bractéifère.  (A.  R.) 

*BRACTÉIFORME.  Bracleiformis  [brac- 
lea,  bractée  ;  forma ,  forme),  bot.  ph. — Cette 
expression  s’applique  à  tous  les  organes  fo¬ 
liacés  ayant  dans  leur  position  quelque  res¬ 
semblance  avec  les  véritables  Bractées. 

(A.  R.) 

#BRACTEOGAMA  ( braciea ,  bractée;  ya- 
j*oç,  noces),  bot.  ph. —  Section  indiquée  par 
De  Candolle  dans  le  genre  Tacsonia.  (C.  L.) 

*BRACTÉOLE.  Bracleola  ( diminutif  de 
braciea,  bractée),  bot.  ph. —  Quand  un 
axe  floral  est  ramifié,  il  existe  des  folioles  ou 
Bractées  non  seulement  à  la  base  de  chaque 
pédoncule  portant  immédiatement  lès  fleurs, 
mais  encore  à  la  base  des  ramifications  de 
l’axe. Ces  dernières  retiennent  le  nom  de  Brac¬ 
tées  ,  tandis  que  celles  placées  à  la  base  des 
pédicelles  se  nomment  Braciéoles.  (A. R.) 

*BRADBURYA,  Raf.  (nom  propre),  bot. 
pii.  —  Syn.  du  genre  Galaclia  de  P.  Brown. 

(C.  L.) 

*BRADDLEYA,  Arrab.  FL  Flum.  (nom 
propre),  bot.  ph.  —  Syn.  du  genre  Am- 
phirrox.  (C.  L. ) 

*BRADLÆIA,  Neck.  (nom  propre),  eot. 
ph.  —  Syn.  du  genre  Siler ,  Scop.  (C.  L.) 

*BRADLALIA,  Neck.  (nom  propre?)  bot. 
ph.  —  Syn.  du  genre  Laserpitium.  (C.  L.) 

BRADLEIA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
R.  Bradley,  botaniste  anglais,  auteur  d’une 
Histoire  des  plantes  grasses ,  avait  reçu  de 
Banks  et  de  Gærtner  la  dédicace  de  ce  g. 
d’Euphorbiacées  ,  déjà  appelé  d’autre  part, 
par  Forster,  Glochidion.  (Ad.  J.) 

*  BR  ADYB/ENCS  (  |3pa<îuç,  lent;  j3atyW)  je 
marche),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères,  famille  des  Carabiques,  tribu  des 
Harpaliens,  établi  par  M.  Dejean  ,  et  qui  se 
compose  de  3  espèces  du  Sénégal ,  savoir  : 
Carab.  scalaris  Oliv.,  Brad.  festivus  Dej. ,  et 
Brad.  sellatus  Dej.  (D.) 

*BRADYBATUS  (j3Pa<Wç,  lent  ;  |3«Tf'a,,  je 
marche),  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  tétra- 
mères,  famille  des  Curculionides,  établi  par 
Schœnherr,  qui  le  place  parmi  les  Gonato- 
cères,  et  dans  la  division  des  Érirhinides.  Le 
corps  est  allongé  ,  presque  cylindrique,  cou¬ 
vert  de  quelques  poils,  ailé,  de  moyenne 
taille.  Ce  g.  ne  renferme  qu’une  esp.  qui  se 
trouve  en  Autriche,  en  Tauride  et  en  Italie  : 


BRA 


720  BRA 

c’est  le  B.  Creutzeri  Még.,  B.  elongalusChevï. 

(ü.) 

*BRADYCELLUS  (j3pa<Mç,  lent;  x/\X<o‘, 
je  cours? )  ins.  —  Ce  g.  de  Coléoptères  pen¬ 
tamères  ,  de  la  famille  des  Carabiques,  au¬ 
rait  été  créé,  suivant  M.  Hope,  par  M.  Erich- 
son,  avec  YHarpalu î  placidus  de  Gyllenhal. 
M.  Hope  le  range  parmi  les  Sienolopliidœ,  et 
y  rapporte  les  g.  Trechus  de  Clairville,  et 
Acupalpus  de  Latreille.  (C.) 

*BRADYEPETES.  ins.—  Genre  de  Lépi¬ 
doptères  nocturnes ,  établi  par  M.  Stéphens, 
et  qui  rentre  dans  celui  de  Timandra ,  que 
nous  avions  fondé  avant  le  sien.  (D.) 

RRABYPE.  Bradypus.  mam.  —  Ployez 

TARDIGRADES. 

BRADYPIPTUM  (/Bp«<M  *rtVra>,  je 
succombe),  bot.  pu.  —  Section  indiquée  par 
De  Candolle  dans  le  g.  Lepidium.  (C.  L.) 

*BRADY7PORUS  ($pa<?u-7ropoç,  lent  à  mar¬ 
cher).  ins.  —  Genre  de  la  famille  des  Locus- 
tiens-,  de  l’ordre  des  Orthoptères  ,  établi  par 
Touss.  Charpentier  (Horœ eniomoL)  et  adopté 
par  tous  les  entomologistes,  avec  de  plus  ou 
moins  grandes  restrictions.  Tel  qu’il  est  cir¬ 
conscrit  par  la  plupart  d’entre  eux,  il  a  pour 
type  le  B.  dasypus  Charp. ,  et  ne  renferme 
que  quelques  esp.  orientales  remarquables 
par  leur  prothorax  plan ,  à  carènes  latères 
très  prononcées.  (Bl.) 

BRADYPUS.  MAM.  —  Ployez  BRADYPE. 

*BRADYTES  (jSpatîuxvîç  lenteur),  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  hétéromères,  famille 
des  Mélasomes,  établi  par  M.  Dejean  (  Ca¬ 
lai.),  sur  une  seule  esp.,  rapportée  du  Tucu- 
man  par  M.  Lacordaire,  et  nommée  par  lui 
B.  sirangulata.  M.  Dejean  place  ce  g.  immé¬ 
diatement  après  le  g.  Akis  de  Fabricius  (D.) 

•*BRADYTUS  (  j3pa^ur/7ç,  lenteur),  ins.  — • 
Genre  de  Coléoptères  pentamères,  famille  des 
Carabiques  ,  tribu  des  Féroniens,  Dej.,  éta¬ 
bli  par  Stéphens  aux  dépens  du  g.  Amara 
de  Ronelli,  adopté  par  M.  Westwood  ,  qui 
le  place  dans  sa  sous-famille  des  Harpalides, 
et  lui  donne  pour  type  le  Carabus  ferrugineux 
de  Linné.  M.  Shuckard  y  rapporte  7  espèces, 
y  compris  celle  que  nous  venons  de  citer. 
Les  Bradyius ,  suivant  cet  auteur,  habitent 
les  endroits  sablonneux,  et  ont  les  mouve¬ 
ments  plus  lents  que  les  Amara,  ainsi  que 
l’indique  leur  nom  générique.  M.  Chevrolat 
rapporte  à  ce  g.  les  esp.  ci-après  :  1°  le  Curab . 
apricaricus  Fab.,  2°  Y  Amara  eximia  Dej.,  du 


midi  de  la  France;  3°  Y  Am.  fusca  Sturm.  ; 
4°  Y  Am.  patricia  Creutz. ,  l’une  et  l’autre 
d’Allemagne  ;  5o  Y  Am.  melanogastrica  Esch. 
des  îles  Ounalaschka,  et  enfin,  6°  le  B.  niger 
de  Chaudoir,  de  Silésie.  (D.  et  C.) 

*BRADYUS  (Æpacîuç ,  lent). ins.  —  Genre 
de  Coléoptères  hétéromères,  famille  des  Mé¬ 
lasomes,  établi  par  M.  Dejean,  dans  son  der¬ 
nier  Catalogue  ,  sur  une  seule  espèce  de  la 
Bucharie ,  nommée  B.  pygmœus  par  M.  Fis¬ 
cher  de  Waldheim.  Ce  dernier,  dans  son  En- 
tomographie  russe ,  la  rapporte  au  g.  Ero- 
dius.  (D.) 

BRAGANTIA  (un  des  princes  de  la  mai¬ 
son  de  Bragance).  bot.  pu. —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Aristolochiacées  ,  établi  par  Lou- 
reiro ,  caractérisé  principalement  par  des 
fleurs  hermaphrodites  ou  unisexuées;  par  6-9 
étamines, plus  rarement  5-8;  par  3-6-9  stigma¬ 
tes  plus  rarement4-5,  dressés,  linéaires, subu- 
lés;  par  une  capsule  siliquiforme,  4-loculaire, 
4-valve.  Il  renferme  plusieurs  sous-arbris¬ 
seaux  indigènes  de  l’Asie  tropicale,  à  feuilles 
alternes  ,  coriaces ,  ovales-oblongues  ,  vei¬ 
nées,  très  entières  ;  à  fleurs  en  grappes  axil¬ 
laires  ou  latérales. — C’est  aussi  un  g.  de 
Vandelli  rapporté  en  syn.  au  Gomphrœna 
de  Linné.  (C.  L.) 

*BRAÏIEA  (Tycho  -  Brahé ,  célèbre  astro¬ 
nome).  bot.  ph.  — Genre  de  la  famille  des 
Palmacées-Coryphinées  ,  tribu  des  Sabali- 
nées-Flabellifrondes  ,  formé  sur  le  Corypha 
dulcis  de  Humboldt,parMartius  [Palm. 243). 
C’est  un  beau  Palmier  croissant  dans  les 
andes  du  Pérou  ,  pêle-mêle  avec  les  Chênes 
et  les  Conifères  ;  à  stipe  peu  élevé,  portant 
des  frondes  flabelliformes;  à  pennes  indupli- 
quées,  souvent  entremêlées  de  filaments  ;  à 
spadice  ample,  très  ramifié  ;  à  fleurs  petites, 
verdâtres  ;  à  baies  jaunâtres.  (C.  L.) 

BRAIMENT,  zool.  —  On  dit  plus  com¬ 
munément  le  Braire.  C’est  le  cri  rauque  et 
discordant  que  pousse  l’Ane  pour  témoigner 
le  besoin,  l’impatience  ou  le  désir. 

BRAMA ,  Schn.  poiss.  —  Voyez  brème. 

BRAMER,  zool.  —  Cri  du  Cerf  en 
rut. 

BRAMIA.  Brami,  Adans.  (nom  vernacu¬ 
laire).  bot.  pii. — Genre  de  la  famille  des 
Scrophulariacées,  tribu  des  Gratiolées,  formé 
par  Lamarck  ( Dict .,  1 ,  459),  et  qui ,  malgré 
d’assez  nombreux  synonymes ,  lesquels  té¬ 
moigneraient  de  sa  distinction,  paraît  devoir 


BRA 


JBRA 


721 


rester  réuni  comme  simple  section  au  g. 
Herpestes  de  Gærtner.  (C.  L.) 

BRAMINE.  rept.  —Nom  appliqué  à  deux 
espèces  d’Ophidiens  du  Bengale  :  une  Cou¬ 
leuvre  et  un  Erix.  (P.  G.) 

*BRANCHASTRÉE.  .Branchastrœa  (Spay- 
Xta,  branchies;  Asirea  ,  Astrée).  zooph.  ■ — 
Le  Madrepora  lirnbata  de  M.  Goldfuss  est , 
pour  M.  de  Blainville  (  Actinologie  ,  p.  381), 
l’objet  d’un  g.  distinct  sous  cette  dénomi¬ 
nation  ;  c’est  une  Astrée  branchue,  à  cellules 
saillantes,  radiée  hors  de  la  partie  commune, 
et  qui  rappelle ,  jusqu’à  un  certain  point,  le 
Polypier  du  Madrepora  iruncata.  (P.  G.) 

"BRANCHELLIENNES.  annél.  —  Savi- 
gny  a  donné  ce  nom  à  une  section  de  la  fa¬ 
mille  des  Hirudinées,  comprenant  les  espèces 
à  branchies  saillantes. 

BRANCHELLION  (6p<£yXtvr  branchies). 
annél.  —  Genre  de  Sangsues  adopté  sous  ce 
nom  par  M.  Savigny.  Ses  synonymes  sont  : 
Branchiobdellion,  Rudolph.  ;  Polydora,  Ok.  ; 
Branchiobdella  ,  Blainv.  Yoici  les  caractères 
que  M.  Savigny  lui  donne  dans  son  Sysl'eme 
des  Annélides  :  Bouche  très  petite,  rapprochée 
du  bord  inférieur  de  la  ventouse  orale  ;  m⬠
choires  réduites  à  trois  points  saillants.  Yeux 
au  nombre  de  huit ,  disposés  sur  une  ligne 
transverse ,  derrière  le  bord  supérieur  de  la 
ventouse?  Ventouse  orale,  d’un  seul  segment, 
séparée  du  corps  par  un  fort  étranglement , 
très  concave  ,  l’ouverture  inclinée  ,  circu¬ 
laire,  garnie  extérieurement  d’un  rebord.  Ven¬ 
touse  anale,  grande,  très  concave,  dirigée  en 
arrière  et  très  exactement  terminale.  Bran¬ 
chies  nombreuses,  très  comprimées,  très  min¬ 
ces  à  leur  bord ,  formant  autant  de  feuillets 
demi-circulaires,  insérés  sur  les  côtés  des  seg¬ 
ments  intermédiaires  et  postérieurs  du  corps, 
deux  à  chaque  segment.  Corps  allongé ,  dé¬ 
primé,  formé  de  segments  assez  nombreux. 
Les  treize  premiers  après  la  ventouse  orale 
nus,  très  serrés,  constituant  une  partie  ré¬ 
trécie  et  cylindrique,  distinguée  du  reste  du 
corps  par  un  étranglement  ;  le  quatorzième 
et  les  suivants  portant  les  branchies ,  le  der¬ 
nier  égalant  au  moins  trois  des  précédents 
en  longueur;  le  21e  et  le  24«  offrant  les  ori¬ 
fices  de  la  génération. 

On  cite  deux  espèces  de  ce  g.  :  l’une  trou¬ 
vée  sur  des  Tortues  marines,  dans  l’Océan 
Pacifique,  et  décrite  par  Menzies,  sous  le  nom 
d  ’Hirudo  bran  chia  ta  ;  l’autre  parasite  de  la 

T.  II. 


Torpille,  et  appelée  parM.  Savigny  B.  torpe~ 
dinis.  Celle-ci  vient  de  l’Océan  Atlantique  , 
et  se  trouve  aussi  dans  la  Méditerranée.  (P.G.) 

*  RRANCHELLIONIENS.  annél.  — 
M.  Milne-Edwards  (  Anim.  sans  vert,  de  La- 
marck,  2e  édit.)  établit  sous  ce  nom  une  fa¬ 
mille  de  l’ordre  des  Annélides  suceuses  ou 
Hirudinées  ,  sous  le  g.  Branchellion.  (P.  G.) 

BRANCHES.  Rami.  bot.  ph.  —  Ce  sont 
les  divisions  premières  de  la  tige.  Les  bran¬ 
ches  se  subdivisent  elles-mêmes  en  rameaux , 
ceux-ci  en  ramilles.  L’expression  de  Bran¬ 
ches  s’applique  également  aux  plantes  her¬ 
bacées  et  aux  végétaux  ligneux.  On  peut 
tirer  de  bons  caractères  de  la  position  et  du 
nombre  plus  ou  moins  considérable  des 
Branches.  Ainsi,  d’abord,  il  y  a  certains  végé¬ 
taux  qui  n’ont  pas  de  Branches,  leur  lige  res¬ 
tant  parfaitement  simple  ;  tel  est,  par  exem¬ 
ple,  le  stipe  ou  la  lige  ligneuse  de  la  plupart 
des  Palmiers ,  et  en  général  des  arbres  mo- 
nocotylédonés.  Comme  les  Branches  sont 
toujours  le  résultat  du  développement  d’un 
bourgeon  ,  que  les  bourgeons  sont  commu¬ 
nément  placés  à  l’aisselle  des  feuilles,  il  en 
résulte  nécessairement  que  les  Branches  ont 
la  même  position  que  celles-ci ,  c’est-à-dire 
qu’elles  sont  alternes ,  opposées  ou  verticil- 
lées ,  suivant  que  les  feuilles  elles-mêmes 
offrent  l’une  ou  l’autre  de  ces  positions.  Ce¬ 
pendant  il  arrive  quelquefois  que  la  position 
des  Branches  n’est  pas  aussi  régulière  que 
celle  des  feuilles.  Cette  différence  ,  qui  n’est 
qu’accidentelle  ,  provient  de  ce  que  certains 
bourgeons  ne  se  développant  pas  détruisent 
la  symétrie  des  Branches,  tandis  qu’elle  per¬ 
siste  dans  l’arrangement  des  feuilles. 

C’est  du  nombre,  de  l’arrangement  général 
des  Branches,  de  leur  position,  de  leur  direc¬ 
tion,  que  dépend  le  port  particulier  à  chaque 
végétal,  et  qui  en  est  un  de  leurs  caractères 
distinctifs.  Ainsi  les  Branches  sont  courtes  et 
dressées  dans  le  Peuplier  d'Italie,  le  Cyprès 
pyramidal,  et  leur  donnent  cette  forme  élan¬ 
cée  qui  les  fait  si  facilement  reconnaître; 
elles  sont  au  contraire  longues,  grêles  et 
pendantes  dans  le  Saule  pleureur  ( Salix 
babylonica ),  dans  le  Schinus  molle,  qui  le 
remplace  au  royaume  de  Naples  et  en  Si¬ 
cile,  et  dans  les  variétés  de  Frêne  et  de 
Sophora  japonica ,  qu’on  désigne  sous  le 
nom  de  Frêne  ou  de  Sophora  pleureur.  Les 
Branches  sont  dressées  et  réunies  en  co- 
4  G 


BRA 


7n 

rymbe  dans  le  Pin  pignon,  qui  fait  un  si 
merveilleux  effet  dans  toutes  les  villas  ou 
les  paysages  de  la  Campagne  de  Rome.  Qui 
n’a  admiré  les  gigantesques  Branches  du  Cè¬ 
dre  du  Liban,  qui  s’étendent  comme  de 
vastes  palmes  horizontales?  Certes  chacun 
de  ces  végétaux,  et  un  grand  nombre  d’au¬ 
tres  que  nous  aurions  pu  citer,  ont  un  port 
qui  leur  est  propre  et  qui  les  fait  reconnaître 
immédiatement.  Quant  à  l’organisation  des 
Branches ,  comme  elle  est  absolument  la 
même  que  celle  de  la  tige,  nous  n’avons  rien 
à  en  dire  ici.  (A.  R.) 

BRANCHE-URSINE.  bot.  ph.  —  Ployez 

BRANC-URSINE. 

BR  ANCHIALE.  poiss. —  Synonyme  d’Am- 
mocète  lamprillon,  Petromyzon  branchialis. 

BRANCHIALES,  arach.— -Synonyme  de 
Pulmonaires. 

BRANCHIES  (ppctyx1*  >  les  ouïes  d’un 
poisson),  zool.  —  Les  Branchies  sont  des 
organes  vasculo- respiratoires  destinés  à 
soumettre  à  l’oxygénation  le  fluide  sanguin 
de  la  plupart  des  animaux  aquatiques ,  et 
c’est  au  moyen  de  l’oxygène  de  l’air  dissous 
dans  l’eau  que  s’exécute  ce  mode  de  respira¬ 
tion.  Ainsi  que  l’exprime  le  nom  qui  leur  a 
été  imposé ,  les  organes  dont  il  est  ici  ques¬ 
tion  sont  plus  ou  moins  branchus  ,  en  sail¬ 
lie  sur  une  partie  spéciale  du  corps,  leur 
position  variant  beaucoup  selon  les  animaux 
chez  lesquels  on  les  examine.  Au  lieu  de 
recevoir  le  fluide  respirable  dans  des  ramifi¬ 
cations  d’une  capacité  quelconque,  comme 
le  font  les  poumons  et  les  trachées,  elles 
baignent  dans  le  fluide  même ,  soit  qu’elles 
pendent  librement  à  la  surface  du  corps  , 
soit  que,  rassemblées  dans  une  cavité  spé¬ 
ciale,  et  en  apparence  plus  profondes,  elles 
s’épanouissent  dans  une  sorte  de  réservoir 
où  l’eau  est  introduite  par  des  procédés 
toujours  fort  curieux.  Leur  surface  ,  multi¬ 
pliée  proportionnellement  au  nombre  de 
leurs  ramifications ,  est  toujours  recouverte 
d’une  peau  fort  mince  et  très  perméable. 

Les  animaux  aquatiques  sont  plus  nom¬ 
breux  que  ceux  qui  vivent  à  l'air  libre  ; 
mais  tous  n’ont  pas  une  respiration  bran¬ 
chiale.  Beaucoup  d’espèces  des  degrés  in¬ 
férieurs  de  l’échelle  zoologique  n’ont  ni 
poumons ,  ni  Branchies ,  ni  trachées  ;  la  res¬ 
piration  cutanée  leur  suffit,  et  elles  n’ont 
aucune  partie  spécialisée  pour  l’exercice  de 


BRA 

cette  fonction.  D’autres ,  également  aquati¬ 
ques,  mais  plus  élevées  en  organisation, 
respirent  l’air  atmosphérique  ;  c’est  aux  ar¬ 
ticles  poumons  et  trachées  de  ce  Diction¬ 
naire  qu’il  doit  être  question  de  leurs  organes 
de  respiration.  Tous  les  autres  animaux 
aquatiques  ont  des  Branchies.  Les  Amphi* 
biens,  qui,  dans  l’âge  adulte,  sont  tous  pour¬ 
vus  de  poumons,  ont  aussi  des  Branchies 
dans  leur  premier  âge;  et  il  en  est  plusieurs 
qui  les  gardent  même  pendant  toute  leur  vie, 
ce  qui  les  a  fait  appeler  P  èrennibr  anches. 
Ajoutons  que  divers  embryologistes  moder¬ 
nes  ont  admis  l'existence  de  Branchies  tran¬ 
sitoires  chez  les  Vertébrés  supérieurs  ,  mais 
seulement  à  l’état  fœtal. 

L'étude  de  l’appareil  branchial  est  tout-à- 
fait  digne  d’intérêt  ;  mais  sa  description  nous 
conduirait  fort  loin ,  si  nous  voulions  faire  con- 
naîtreici,  sous  le  rapport  anatomique  seule¬ 
ment,  ses  dispositions  diverses  chez  les  Am- 
phibiens  ,  les  Poissons  ,  les  Crustacés  ,  les 
Annélides  ,  les  Mollusques  ,  les  Tuniciens  et 
les  Radiaires.  D’ailleurs  la  connaissance  ana¬ 
tomique  et  physiologique  des  animaux  est 
inséparable  de  celle  de  leur  classification  ; 
et,  comme  les  particularités  offertes  par  les 
Branchies  fournissent  autant  de  caractères 
au  moyen  desquels  bien  des  ordres ,  beau¬ 
coup  de  familles,  et  même  des  genres  et 
des  espèces,  sont  distingués  et  fort  souvent 
dénommés,  c’est  à  propos  de  chacune  de 
ces  catégories  qu’il  devra  en  être  question 
(voir  les  articles  de  ce  Dictionnaire  qui  en  trai¬ 
tent).  Et  en  effet,  pour  en  citer  un  exemple 
frappant ,  combien  d’ordres  parmi  les  Pois¬ 
sons,  les  Crustacés  et  les  Mollusques  ont  des 
noms  qui  rappellent  la  forme  de  leurs  Bran¬ 
chies  !  Les  travaux  des  zoologistes  modernes 
ont  démontré  tout  le  parti  qu’on  peut  tirer 
de  ces  organes  pour  la  classification  géné¬ 
rale.  G.  Guvier,  Latreille,  MM.  de  Blainville 
etMilne-Edwards,  yqnteu  fréquemment  re¬ 
cours,  et  en  ont  en  même  temps  fait  connaî¬ 
tre  les  curieuses  dispositions.  Dans  le  sep¬ 
tième  volume  de  la  seconde  édition  des  Leçons 
d’ Anatomie  comparée  (1840),  M.  Duvernoy  a 
aussi  traité  ce  sujet  avec  le  plus  grand  soin 

Nous  ne  saurions  cependant  passer  sous 
silence  quelques  faits  généraux  relatifs  aux 
Branchies  ou  aux  organes  confondus  à  tort 
avec  elles. 

Chez  les  animaux  vertébrés,  les  Branchies, 


BRÀ 


lorsqu’elles  existent,  soit  dans  le  jeune  âge , 
soit  dans  l’âge  adulte ,  sont  sous  la  dépen¬ 
dance  de  l’appareil  hyoïdien.  Chez  les  ani¬ 
maux  articulés,  au  contraire  (Crustacés, 
Cirrhipèdes  et  Annélides  ),  elles  appartien¬ 
nent  aux  appendices  locomoteurs,  et  sont 
l’une  des  trois  parties  qu’on  leur  a  recon¬ 
nues  ( voy .  appendice).  Chez  les  Mollusques  , 
toujours  privés  d’appendices  comparables  à 
ceux  des  Entomozoaires  ou  des  animaux 
vertébrés,  les  Branchies  constituent  une  ex¬ 
pansion  plus  ou  moins  ramifiée  du  man¬ 
teau,  expansion  où  l’hématose  s’opère ,  et 
qui ,  chez  les  espèces  conchylifères  autres 
que  les  Céphalopodes,  offre  le  plus  souvent 
avec  la  coquille  des  rapports  concordants  de 
forme  et  de  disposition  :  aussi  la  considéra¬ 
tion  anatomique  des  animaux ,  ce  qu’on  a 
quelquefois  appelé  la  malacologie ,  et  celle 
de  leurs  Coquilles ,  c’est-à-dire  la  conchy¬ 
liologie  proprement  dite,  sont-elles  devenues 
inséparables  lorsqu’on  a  voulu  arriver  à  une 
classification  méthodique. 

Divers  Crustacés  et  des  Mollusques  ,  bien 
que  munis  de  Branchies,  vivent  à  l’air  libre  ; 
mais  ils  doivent  se  tenir  constamment  dans 
les  endroits  humides. 

Diverses  larves  d’insectes  hexapodes  dont 
les  habitudes  sont  aquatiques  ont  aussi  des 
Branchies.  Lorsque  le  sang  arrive  à  ces  or¬ 
ganes  ,  comme  chez  les  Semblides ,  etc. , 
ce  nom  leur  convient  parfaitement;  mais, 
dans  certains  cas,  leur  fonction  est  uni¬ 
quement  de  séparer  de  l’eau  l’air  qui  s’y 
trouve  dissous ,  et  de  l’introduire  dans  des 
trachées  ,  la  respiration  s’exécutant  alors 
comme  chez  les  Insectes  aériens. 

D’après  les  recherches  nouvelles  de 
M.  J.  Muller,  les  organes  qu’on  a  nommés 
Branchies  accessoires  des  Poissons  ne  sont 
pas  destinés  à  la  respiration  ;  au  lieu  de  re¬ 
cevoir  du  sang  noir  comme  les  vraies  Bran¬ 
chies  ,  c’est  du  sang  rouge  qui  leur  vient  ; 
et,  contrairement  à  celles-ci,  ils  donnent  du 
•sang  noir  :  aussi  les  nomme-t-on  maintenant 
des  Pseudobranchies.  La  veine  qui  en  part  se 
transforme  en  veine  porte  pour  l’œil ,  c’est- 
à-dire  pour  la  glande  choroïdale  ;  et  cette 
glande,  qui  manque  dans  les  Poissons  privés 
de  pseudobranchies ,  est  un  plexus  vascu¬ 
laire  double  artériel  et  veineux ,  dont  il  sera 
question  ailleurs.  (P.  G.) 

RRANCHIFÈRES.  zool.  —  Nom  donné 


BRA  723 

par  M.  de  Blainville  à  une  famille  de  l’ordre 
des  Mol lusquescervicobranches, comprenant 
les  g.  Fissurelle  et  Émarginule.  Hartmann 
l’a  appliqué  à  un  ordre  de  la  classe  des  Gas¬ 
téropodes.  (c.  d’O. 

*BRANCIîIOBDELLA ,  Blainv  .  non  Od. 
(Spa'^ta,  branchies  ;  GSühx,  Sangsue),  annél. 
— Modification  de  Branchiobdellion  et  Bran- 
chellion.  (p.  g.) 

BRANCHIOBDELLE.  Branchiodella 
(Pp<xyxi<*>  branchies  ;  ÇSéWu,  Sangsue). annél. 
—  M.  Aug.  Odier,  dans  un  mémoire  inséré 
parmi  ceux  de  la  Société  d’histoire  naturelle 
de  Paris,  nomme  ainsi  un  genre  d’Annélides 
établi  sur  la  petite  Sangsue  déjà  observée 
par  Rœsel  sur  les  branchies  des  Écrevisses, 
et  étudiée  par  lui  avec  beaucoup  plus  de  soin. 
Le  parasite  dont  il  s’agit,  et  que  M.  Odier 
nomme  B.  asiaci ,  est  jaune  doré,  long  de 
5  à  12  mill.,  et  large  de  1  1/2.  Il  est  herma¬ 
phrodite  ;  mais  la  fécondation  exige  la  réu¬ 
nion  de  deux  individus  semblables.  On  a 
vu  les  Zoospermes  de  Branchiobdelles  ,  et 
leurs  œufs,  d’après  M.  Odier,  sont  elliptiques, 
d’un  jaune  pâle,  opaques,  et  terminés  su¬ 
périeurement  par  une  pointe  cornée ,  brune , 
dont  la  base  est  entourée  d’un  disque  de 
même  couleur.  Ils  sont  fixés  aux  branchies 
des  Écrevisses  par  un  fin  pédicule  brun  qui 
s’élargit  par  en  bas,  pour  s’appliquer  sur  les 
rameaux  de  ces  branchies. 

M.  Gay,  dans  une  lettre  écrite  du  Chili,  ét 
insérée  dans  les  Comptes-rendus  de  l’Acadé¬ 
mie  des  sciences  de  Paris  pour  1 836  ,  cite 
deux  autres  espèces  de  Branchiobdelles  , 
l’une  parasite  de  l’Écrevisse  du  Chili,  et 
l’autre  de  l’Auricule  Dombey. 

M.  de  Blainville  avait  d’abord  douté 
que  le  B.  asiaci  fût  bien  une  annélide , 
mais  depuis ,  il  est  revenu  à  l’opinion  de 
M.  Odier,  et  voici  comment  il  caractérise  le 
g.  auquel  cet  épizoaire  sert  de  type  :  Corps 
très  contractile ,  légèrement  déprimé  ,  com¬ 
posé  d’un  petit  nombre  d’articulations.  Tête 
oblongue,  distincte,  terminée  en  ventouse  bi- 
labiée,  sans  points  pseudo-oculaires;  ventouse 
postérieure  très  large  ;  orifice  buccal  pourvu 
d’une  paire  de  dents  cornées  triangulai¬ 
res  ;  anus  terminal.  A  cause  de  la  ressem¬ 
blance  du  mot  Branchiobdella  avec  celui  de 
Branchiobdellion ,  et  comme  d’ailleurs  il  se 
sert  de  ce  mot  dans  le  sens  de  ce  dernier 
M.  de  Blainville ,  ainsi  que  nous  l’avons 


BRA 


724 

dit  à  l’article  hirudinées  du  Dictionnaire  de  | 
M.  Guérin,  nomme  Microbdella  le  g.  établi 
par  M.  Odier.  M.  Vallot  (  Comptes-Rendus 
Acad.  Sc.,  XII ,  941,  1841  )  a  donné  aux 
Branchiobdelles  des  Écrevisses  le  nom  d ’As- 
tacobdella.  (P.  G.) 

BRANCHIOBDELLION  (  gpcfoict,  bran¬ 
chies  ;  GSùX cov  ,  petite  Sangsue),  année.  — 
C’est,  d’après  M.  Savigny,  le  nom  générique 
donné  par  Rudolphi  aux  Sangsues  marines 
branchifères ,  et  qu’il  change  en  Branchel- 
lion.  ^  (P.  G.) 

BRANCHIODÈLES  (j3Payx‘«>  branchies; 
S:n\ oç  manifeste),  annél. — M.  Duméril,dans 
sa  Zoologie  analytique ,  impose  ce  nom  aux 
Vers  dont  les  organes  respiratoires  sont  vi¬ 
sibles  au  dehors.  Ce  sont  les  Annélides  tubi- 
coles  et  dorsibranches  de  G.  Cuvier.  (P.  G.) 

BRANCHIOGASTRE  (|3 p«yx‘«,  bran¬ 
chies.;  yaa-rvjp,  ventre),  crust.  —  Latreille 
donnait  anciennement  ce  nom  à  un  ordre  de 
Crustacés  dont  il  a  fait  depuis  ses  Amphi- 
podes  et  Stomapodes.  (P.  G.) 

BRANCHIOPE.  Branchiopus  [Gpdyx^, 
branchies  ;7tou5,7co<îoç,  pied  ;  à  cause  de  leurs 
pattes  branchiales ,  à  la  fois  organes  de  res¬ 
piration  et  de  locomotion),  crust.  —  Syno¬ 
nyme  du  genre  Branchipe.  Voyez  ce  mot. 

(C.  d’O.) 

*  BRANCHIOPNONTES.  Branchiopnon - 
tes ,  6pxyxl<* ,  branchies  ;  nvéto  ,  je  respire). 
zool.  —  Fischer  comprend  sous  ce  nom  tous 
les  animaux  invertébrés  respirant  par  des 
branchies,  tels  que  les  Mollusques,  les  Anné¬ 
lides  et  les  Crustacés.  (C.  d’O.) 

xBRANCHIOPODA  (Spdyxia,  branchies; 
Trouç,  noSoç,  pied),  crust.  —  Latreille,  dans 
son  Histoire  des  Crustacés ,  et  Lamarck,  d’a¬ 
près  lui,  nommaient  ainsi  le  genre  Bran¬ 
chipe.  Depuis,  ce  mot  a  été  appliqué  au  grand 
groupe  de  Crustacés  auquel  appartiennent  les 
Branchipes.  (P.  G.) 

BRANCHIOPODES.  Branchiopoda  (Gpày- 
X«a,  branchies  ;  novç,  no Soç,  pied),  crust. — 
C’est  un  des  grands  groupes  de  Crustacés , 
considéré  comme  un  ordre  par  Latreille, 
comme  une  légion  par  M.  Milne-Edwards,  et 
dans  lequel  se  placent  une  grande  partie  de 
nos  Crustacés  d’eau  douce.  La  taille  des 
Branchiopodes  est  en  général  petite  ;  les  an¬ 
neaux  de  leur  corps  varient  en  nombre  ;  leur 
tête,  ordinairement  distincte ,  porte  un  seul 
œil  ou  bien  deux  ou  trois  de  ces  organes , 


BRA 

dont  deux  sont  souvent  pédonculés.  Leurs 
antennes  sont  peu  développées  ou  en  forme 
de  rames  natatoires ,  comme  dans  les  Daph¬ 
nies,  et  alors  fort  grandes  ;  leur  bouche  a  un 
labre,  une  paire  de  mandibules  ,  une  lèvre 
inférieure,  et  une  seule  paire  de  pattes-m⬠
choires  peu  développées  ;  leur  abdomen  est 
en  général  assez  grand  ,  et  terminé  par  une 
sorte  de  queue  bifide.  Leurs  membres  ont 
une  disposition  toute  spéciale,  et  constituent 
le  caractère  qui  a  servi  à  les  dénommer  ;  ils 
sont  à  la  fois  respiratoires  et  locomoteurs , 
d’apparence  foliacée  et  tout-à-fait  branchi- 
formes.  Ces  organes  sont  dans  un  état  d’agi¬ 
tation  continuelle ,  même  lorsque  l’animal 
ne  change  pas  de  place,  et  c’est  plutôt  au 
moyen  de  ses  antennes  et  de  sa  queue  que 
par  l’effet  de  ses  pattes-branchies  que  la  na¬ 
tation  s’opère. 

Les  Apus,  Limnadies,  Branchipes,  Da¬ 
phnies,  Polyphèmes,  sont  les  genres  de  Bran¬ 
chiopodes  les  plus  connus.  On  les  partage 
en  2  ordres,  sous  les  noms  de  Phyllopodes 
et  Cladocères  ou  Daphnoïdes ,  les  premiers 
ayant  un  grand  nombre  de  pattes  foliacées,  et 
les  seconds  n’en  présentant  jamais  que  quatre 
ou  cinq.  (P.  G.) 

BRANCHIOSTÈGE  (ffpayjçta,  branchies  ; 
ax/yw  ,  je  couvre),  poiss.  —  Épithète  donnée 
à  la  membrane  soutenue  par  des  rayons 
osseux  plus  ou  moins  nombreux,  et  qui, 
étendue  ou  resserrée  sous  l’opercule  par  l’ac¬ 
tion  des  muscles  insérés  sur  les  rayons  ou 
sur  les  os  destinés  à  les  soutenir,  sert,  par  ses 
mouvements  et  conjointement  avec  l’appa¬ 
reil  operculaire ,  à  la  respiration  du  poisson. 
Les  trois  pièces  osseuses ,  l’opercule,  le  sous- 
opercule  et  le  préopercule ,  ne  suffisent  pas 
seuls  en  effet  à  fermer  la  grande  fente  des 
ouïes  ;  la  membrane  branchiostège  y  con¬ 
court  :  elle  adhère  à  l’os  hyoïde.  Cet  os , 
placé  comme  dans  les  autres  classes  des  Ver¬ 
tébrés  et  suspendu  au  temporal ,  est  formé 
de  deux  branches  :  l’une  de  l’osselet  styloïde, 
nommé  par  M.  Geoffroy  Stylliyal;  et  l’autre 
composée  elle-même  de  plusieurs  pièces  dans 
lesquelles  M.  Geoffroy  a  cherché  à  retrouver 
des  parties  correspondantes  ou  démembrées, 
soit  du  sternum  ,  soit  de  l’os  hyoïde  des  au¬ 
tres  Vertébrés  ;  de  sorte  que  la  nature  aurait 
formé,  avec  une  portion  de  l’hyoïde  et  le  ster¬ 
num  des  autres  Ovipares ,  l’appareil  destiné 
à  soutenir  directement  les  rayons  etla  mem~ 


BRA 


BRA 


brane  branchiostège  des  Poissons,  et  aurait 
attaché  cet  appareil  à  l’os  lingual  des  Pois¬ 
sons.  On  voit  d’abord  deux  grandes  pièces 
latérales  :  YHyosiernal  et  Y  Hyposiernal  de 
M.  Geoffroy ,  qui  forment  le  corps  principal 
de  la  branche ,  et  qui  sont  attachés  à  la  face 
interne  de  l’interopercule  ;  puis  deux  autres 
pièces,  l’une  au-dessus,  YApohyal,  de 
M.  Geoffroy  ;  l’autre  à  l’extrémité  antérieure 
de  la  branche,  le  Cêraiohijal  de  M.  Geoffroy. 
Ces  deux  pièces  s’unissent  avec  celles  de  la 
branche  correspondante  opposée  ,  et  ensuite 
à  l’os  lingual  des  Poissons  en  avant.  Dans 
l’angle  formé  par  ces  deux  branches  est  une 
pièce  impaire,  qui  va  rejoindre  la  symphyse 
des  huméraux  et  forme  l’isthme  qui  sépare 
en  dessous  les  ouïes.  Cet  os ,  que  M.  Cuvier 
a  comparé  à  celui  nommé  queue  de  l’os 
hyoïde,  et  qui  est  si  connu  dans  les  Oiseaux 
et  les  Sauriens  ,  a  été  regardé  par  M.  Geof¬ 
froy  comme  l’analogue  de  l’apophyse  im¬ 
paire  et  antérieure  du  sternum  ,  et  par  cette 
raison  cet  os  a  été  nommé  Episternal;  mais 
cette  apophyse  du  sternum  des  Oiseaux  est 
toujours  placée  derrière  la  clavicule  de  ces 
Vertébrés  ;  tandis  que  l’os  impair  dont  il 
s’agit  ici  dans  les  Poissons  est  au-devant  de 
toute  l’ossature  de  l’épaule. 

Les  rayons  qui  soutiennent  la  membrane 
branchiostège  adhèrent  aux  deux  pièces  prin¬ 
cipales  de  chaque  branche  :  le  nombre  de  ces 
rayons,  depuis  1,  dans  le  Polypière  bicliir , 
jusqu’à 30  et  plus,  comme  dans  YElops.  Le 
nombre  en  est  assez  constant  dans  les  es¬ 
pèces  d’un  même  genre  ;  mais  dans  un  grand 
nombre  il  y  a  un  rayon  de  plus  à  une  mem¬ 
brane  qu’à  l’autre  ;  de  sorte  qu’on  peut  en 
compter  six  d’un  côté  et  sept  de  l’autre. 

Outre  les  muscles  releveurs  et  abaisseurs 
de  l’opercule  ,  qui  servent  principalement 
à  l’agrandissement  ou  au  rétrécissement  de 
la  cavité  branchiale,  et  qui  sont  l’agent  prin¬ 
cipal  de  la  systole  et  de  la  diastole  pulmo¬ 
naire  ,  il  faut  aussi  ajouter  que  le  temporal 
d’une  part  et  l’os  hyoïde  de  l’autre  contri¬ 
buent  beaucoup  aussi,  par  leur  mouvement, 
au  mécanisme  de  la  respiration  des  Poissons. 
Le  principal  muscle  de  l’hyoïde  répond  au 
génio-hyoïdien  ;  mais  on  trouve  encore,  sur¬ 
tout  dans  les  Poissons  dont  l’isthme  est 
large,  une  bande  transversale  musculaire, 
qui  va  d’une  branche  de  l’hyoïde  à  l’autre. 

La  membrane  branchiostège  a  aussi  ses 


7-25 

muscles  propres, et  qui  varient  beaucoup  dans 
les  différentes  espèces.  Ce  qu’on  observe  gé¬ 
néralement  est  une  couche  de  fibres  qui 
passe  en  travers  sur  les  rayons  branchiostè- 
ges  à  leur  face  interne  ;  les  fibres  charnues  n’y 
prennent  aucune  insertion  ,  elles  y  adhèrent 
par  du  tissu  cellulaire  :  elles  viennent  de 
l’opercule  et  du  sous-opercule ,  et  vont  se 
perdre  sur  le  bord  de  la  membrane.  Elles 
contribuent  à  former  une  sorte  de  bourse 
d’autant  plus  complète  que  l’ouverture  bran¬ 
chiale  est  plus  petite  ;  on  les  voit  passer  d’une 
membrane  à  l’autre  dans  les  Anguilles,  dans 
les  Cycloptères,  et  autres  encore.  Cette  couche 
sert  à  contracter  la  membrane  ,  à  diminuer 
la  cavité  des  branchies ,  et  à  retenir  l’eau 
dans  l’intérieur  si  le  poisson  a  besoin  de  la 
conserver.  D’autres  fibres  musculaires  ,  an¬ 
tagonistes  de  celles-ci ,  vont  en  s’entrecroi¬ 
sant  du  rayon  inférieur  d’une  des  membra¬ 
nes  à  l’extrémité  antérieure  de  la  branche  : 
elles  servent  à  ouvrir  la  membrane.  Puis  on 
trouve,  dans  quelques  espèces,  des  muscles 
allant  d’un  rayon  à  l’autre  ;  mais  ils  ne  sont 
pas  toujours  faciles  à  suivre. 

Gn  vient  de  voir,  dans  ce  que  j’ai  dit,  que 
l’épithète  de  Branchiostège  s’applique  aussi 
aux  rayons  qui  soutiennent  la  membrane  ; 
mais  Artédi  avait  aussi  donné  ce  nom  à  un 
des  ordres  de  sa  classe  des  Poissons. 

Il  comprenait  les  genres  Balistes ,  Osira- 
cion ,  Cyclopierus  et  Loptiius ,  association  fort 
peu  naturelle,  qui  fut  cependant  adoptée  par 
Gronovius ,  sans  y  rien  changer ,  dans  son 
Muséum  Ichihyologicmn  ;  mais,  dans  le  Zoo- 
phylacium  ,  ce  célèbre  naturaliste  augmenta 
le  groupe  des  Branchiostèges  encore  plus 
malheureusement  peut-être  qu’ Artédi  ne 
l’avait  conçu.  Il  se  compose  de  trois  divi¬ 
sions  :  1  o  Pliais  ventralibus  NULLis ,  com¬ 
prenant  les  genres  Murœna  ,  Gymnotus  , 
Syngnathus ,  Ostracion ;  2°  Pinnis  ventra¬ 
libus  spuriis  ,  comprenant  les  genres  Batis¬ 
tes  ,  Cyclopierus  ,  Cyclogasler  ;  et  3°  enfin, 
Pinnis  ventralibus  veris  ,  comprenant  les 
genres  Goiiorhynchus,  Cobilis,  Uranoscopus , 
Lophhis.  Linné  n’a  pas  adopté  cette  division  , 
parce  qu’il  plaçait  dans  ses  Amphibia  nantes 
les  Branchiostèges  d’Artédi.  Dans  les  mé¬ 
thodes  récentes  d’ichthyologie,  on  a  été  aussi 
obligé  de  ne  plus  former  un  groupe  de  ce 
nom,  et  fondé  sur  un  caractère  qui  détruit 
les  rapports  naturels  entre  les  êtres.  (Val.) 


726 


BRA 


BRA 


BRANCHIPE.  Branchipus  (Spolia,  bran¬ 
chies;  7rovç  j  7ro(îoç  j  pied).CRusT. — Le  g.de  Crus¬ 
tacés  ainsi  nommé  par  Schœffer  a  reçu  de  La- 
treille,  dans  quelques  uns  de  ses  ouvrages,  le 
nom  de  Branchiopoda ,  appliqué  depuis  à  l’un 
des  grands  groupes  de  la  même  classe,  et  de 
Bénédict  Prévost  celui  de  Chirocéphalüs.  Les 
Branchipes  appartiennent  à  la  famille  des 
Branchipiens ,  et  à  la  légion  des  Branchio- 
podes  (  voyez  ces  mots).  On  en  connaît  plu¬ 
sieurs  espèces,  soit  lacustres,  soit  marines. 
En  général,  ils  se  plaisent  dans  les  eaux  stag¬ 
nantes  ,  assez  troubles  ,  mais  non  croupies. 
Des  mares  de  très  petite  dimension  en  nour¬ 
rissent  parfois  en  grande  abondance  ;  et  à 
Fontainebleau,  par  exemple,  on  en  trouve 
souvent  dans  les  petits  amas  d’eau  que  re¬ 
tiennent  les  creux  des  rochers.  Leurs  mou¬ 
vements  sont  rapides  et  gracieux.  Semblables 
à  de  petits  Poissons  ,  arqués  ,  allongés ,  et 
presque  transparents ,  ils  ont  le  dos  en  bas, 
et  agitent  incessamment  en  dessus  leurs  pat¬ 
tes  branchiales  ,  lesquelles  aident  à  la  nata¬ 
tion  ,  en  même  temps  qu’elles  amènent  les 
aliments  vers  la  bouche  ,  et  sont  de  plus  les 
organes  essentiels  de  la  respiration  dans  ces 
petits  animaux.  La  queue  et  la  tête  servent 
par  leur  contraction  à  changer  la  direction 
des  mouvements,  et  à  entretenir  l’harmonie. 

La  nature  des  eaux  où  vivent  les  Branchi¬ 
pes  expose  souvent  la  vie  de  ces  animaux. 
La  dessiccation  des  flaques,  les  Grenouilles, 
les  Salamandres,  les  Dytiques,  etc.,  les  font 
périr  par  milliers ,  et  divers  parasites  leur 
sont  aussi  fort  nuisibles  ;  mais  leur  force  de 
multiplication  l’emporte  sur  toutes  chances 
de  destruction. 

Leurs  œufs  ,  dont  l’enveloppe  est  dure  et 
coriace,  résistent  au  dessèchement  aussi  bien 
qu’à  la  gelée  ;  et ,  après  que  les  premières 
pluies  ont  rempli  d’eau  les  mares  ou  les 
fossés  dans  la  terre  desquels  ils  étaient  res¬ 
tés,  on  voit  apparaître  des  légions  nombreu¬ 
ses  de  Branchipes ,  là  où  l’on  aurait  pu  en 
croire  la  race  entièrement  perdue.  Bénédict 
Prévost  a  pu  envoyer  de  ces  œufs  de  Bran¬ 
chipes  de  Montauban  à  Genève;  et,  après 
quelque  temps ,  Jurine ,  à  qui  ils  étaient  des¬ 
tinés,  réussit  à  les  faire  éclore,  et  il  en  suivit 
toutes  les  métamorphoses.  C’est  même  ainsi 
qu’il  put  vérifier  les  observations  curieuses 
de  son  correspondant,  et  sa  fille  dessina  ces 
Branchipes  nouvellement  éclos  sur  plusieurs 


planches  qui  ont  été  publiées,  ainsi  que  le 
travail  de  Prévost,  dans  la  Monographie  des 
Monocles. 

Le  corps  des  Branchipes  est  allongé  ,  pres¬ 
que  filiforme,  et  composé  d’une  tête,  d’un  tho¬ 
rax  et  d’un  abdomen  très  développés.  La  tête, 
un  peu  renflée  en  avant  et  rétrécie  en  forme 
de  cou  en  arrière,  est  divisée  en  deux  an¬ 
neaux  par  un  sillon  transversal.  Les  yeux 
sont  grands,  très  saillants ,  et  portés  à  l’ex¬ 
trémité  d’un  pédoncule  mobile.  Entre  leur 
base,  on  aperçoit  sur  le  front  une  tache  qui 
paraît  être  un  œil  sessile  impair.  Les  an¬ 
tennes  sont  au  nombre  de  quatre.  Celles  de 
la  paire  inférieure  constituent  un  appareil 
préhensile  très  remarquable,  occupant  le  de¬ 
vant  de  la  tête ,  et  qui  consiste  essentielle¬ 
ment  en  deux  grandes  cornes  dirigées  en  bas. 
A  raison  de  leuE  forme,  ces  organes  ressem¬ 
blent  aux  pattes-mâchoires  des  Lernées  bien 
plus  qu’à  des  antennes;  dans  les  femelles, 
ils  sont  toujours  moins  développés  que 
chez  les  mâles.  Le  thorax  est  plus  ou  moins 
cylindrique  et  se  compose  de  12  segments 
portant  chacun  une  paire  de  pattes  bran¬ 
chiales.  L’abdomen  a  9  anneaux,  dont  le 
dernier  est  bilobé  ,  et  se  termine  par  2 
grands  appendices  lamelleux,  à  bords  ciliés, 
constituant  une  nageoire  caudale.  Le  mâle 
a,  au-dessous  de  la  base  de  l’abdomen,  2  tu¬ 
bercules  ou  appendices  cornés  qui  sont  sans 
doute  ses  organes  excitateurs ,  et  à  la  même 
place,  chez  la  femelle,  on  trouve  une  poche 
ovifère.  Il  y  a  plusieurs  pontes  de  100  à 
400  œufs  chacune.  Les  petits  qui  en  sortent 
sont  fort  différents  des  adultes,  et  ils  ne  leur 
ressemblent  qu’après  un  certain  nombre  de 
mues. 

On  connaît  dans  l’Europe  centrale  plu¬ 
sieurs  esp.  de  Branchipes.  Leur  longueur  or¬ 
dinaire  est  de  5  à  6  lignes  ;  tels  sont  les  B. 
stagnait  s  y  diaphanus,  et  quelques  autres  indi¬ 
qués  par  M.  Guérin.  M.  Milne-Edwards  en  a 
décrit  2  des  environs  d’Odessa  ,  découverts 
par  M.  Nordmann,  l’un  dans  les  eaux  douces 
des  environs  de  cette  ville,  et  l’autre  dans  le 
lac  salé  de  Hadjibé.  (P.  G.) 

*BRANCHIPIENS.  crust. — Le  singulier 
crustacé  de  nos  eaux  douces  dont  Schœffer 
a  fait  l’iiistoire  sous  le  nom  de  Branchipus 
siagnalisy  et  qui  est  encore  aujourd’hui  l’es¬ 
pèce  la  mieux  connue  du  g.  Branchipe ,  a 
été  pris  par  M.  Milne-Edwards  (Hisi.  nul. des 


BB.À 

Crust .,  III,  364)  pour  type  d’une  famille  à 
part,  appelée  Branchipiens,  et  dans  laquelle 
se  placent  aussi  les  genres  Artémie  et  Euli- 
méne. 

Les  Branchipiens  sont  des  Crustacés  bran- 
chiopodes  ,  de  l’ordre  des  Phyllopodes  , 
parmi  lesquels  ils  constituent  une  divi¬ 
sion  à  corps  grêle  ,  allongé  ,  et  entière¬ 
ment  à  découvert,  leur  dos  n’offrant  aucune 
trace  de  carapace  clypéiforme  ni  de  tête  bi¬ 
valve.  Us  ont  les  yeux  pédonculés ,  les  an¬ 
tennes  simples,  et,  en  général,  une  paire 
d’appendices  céphaliques  préhensiles ,  de 
forme  bizarre ,  et  représentant  les  secon¬ 
des  antennes.  Us  ont  11  paires  de  pattes 
branchiales;  leur  abdomen  est  allongé  et 
multi-articulé,  sauf  chez  les  Eulimènes.  Ce 
dernier  caractère  distingue  les  Eulimènes  des 
Branchipes  et  des  Artémies  ,  qui  diffèrent 
entre  eux  par  la  présence  d’appendices  fili¬ 
formes  à  la  base  des  cornes  céphaliques  ou 
préhensiles  dans  les  premiers ,  et  par  leur 
absence  dans  les  seconds.  (P.  G.) 

BRANCI1IPUS.  crust.  —  Ployez  bran- 

CHIPE. 

BRANCHIURUS  (  /3payxta  »  branchies  ; 
ovpâ,  queue),  annél..  —  Viviani  {De  phos - 
phorescentia  maris )  donne  ce  nom  à  de  pe¬ 
tits  animaux  qu’il  fait  connaître  trop  incom¬ 
plètement  pour  qu’on  puisse  dire  à  quel 
genre  d’Annélides  ils  appartiennent.  Cuvier 
se  demande  même  si  ce  ne  seraient  pas  des 
larves.  (p.  g.) 

*BRANCHULE.  bot.  cr. — (Mousses.)  Nom 
français  donné  par  Bridel  aux  deux  genres 
Hypnum  et  Cladodium  ,  nom  à  peine  connu, 
et  nullement  usité.  (C.  M.) 

BRANC-URSINE  ou  BRANCIIE-UR- 
SINE.  bot.  ph.  —  Nom  vulg.  de  YAcanthus 
mollis.  On  appelle  fausse  branc  -  ursine  , 
VHeracleum  sphondylium. 

*BRANDESIA  (Brandes,  botaniste  alle¬ 
mand).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Amaranthacées  ,  tribu  des  Gomphrénées  , 
formé  par  Martius  {Nov.  yen.  et  sp.,  II ,  29), 
et  qui  paraît  devoir  être  réuni  comme  sec¬ 
tion  au  g.  Teleianihera,  Rob.  Br.  On  en  cul¬ 
tive  plusieurs  espèces  dans  les  jardins  d’Eu¬ 
rope.  (C.  L.) 

BRANDON  D’AMOUR  moll.  —  Nom 
Yulg.  de  l’Arrosoir  de  Java,  Aspergillum 
javanum  Lam. 

*BRANDONIA  (nom  propre),  bot.  ph.— 


BRA  Ml 

Ce  genre  de  Reichenbach  Ç  Consp.,  127)  est 
syn.  du  g.  Pinguicula ,  Tourn.  (C.  L.) 

*BRANDTIA  (nom  d’homme),  bot.  ph. — 
Famille  des  Graminées,  tribu  des  Avénacéès. 
M.  Kunth  a  décrit  et  figuré  sous  ce  nom 
( Agrosi .,  Il,  p.  511,  t.  170)  une  belle  grami¬ 
née,  originaire  de  l’Inde,  et  qui  forme  un  g. 
nouveau.  U  se  distingue  surtout  par  des  épil- 
lets  composés  de  2  fleurs  sessiles  :  l’inférieure 
hermaphrodite,  la  supérieure  femelle.  Lalé- 
picène  est  formée  de  2  valves  concaves  et 
mutiques,  l’externe  un  peu  plus  grande  que 
l’interne.  Les  paillettes  de  la  fleur  herma¬ 
phrodite  sont  mutiques  et  concaves.  Le  fruit 
est  une  cariopse  elliptique,  comprimée,  nue. 
Les  fleurs  sont  disposées  en  une  panicule  ra¬ 
meuse,  et  les  feuilles  sont  planes  et  assez 
larges.  (A.  R.) 

BR  ANTE.  Branla,  Ok.  moll.  —  Syno¬ 
nyme  d’Otion,  nom  créé  par  Leach,  et  adopté 
par  Lamarck  et  tous  les  auteurs. 

BRAQUE.mam.—  Race  de  Chien  de  chasse. 
Voyez  chien. 

BRAS,  poiss.  —  Un  des  noms  vulgaires  de 
la  Raie  bouclée. 

BRASENÏA  ,  Schreb.  bot.  pii.  —  Syno¬ 
nyme  d ’Hydropeltis,  L.  C.  Rich. 

*BRASILETTIA  [Brasiletio ,  nom  verna¬ 
culaire  d’une  espèce),  bot.  ph.  —  Section 
indiquée  par  De  Candolle  {Prod.,  II ,  481), 
dans  le  g.  Cœsalpinia,  et  qu’il  paraissait  as¬ 
sez  disposé  à  regarder  comme  distinct.  (C.L.) 

BRASSADE.  poiss. — L’un  des  noms  vul¬ 
gaires  du  Thon,  Scomber  Ihynnus. 

*BRASSAIA.  bot.  ph.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Araliacées,  formé  par  Endlicher 
{ISov.  Slirp.  Mus.  Vindob.  decad,  100)  Ico- 
nog.,  t.  114-116)  sur  une  plante  (le  B.  acii- 
nophora  )  de  la  Nouvelle  -  Hollande  tropi¬ 
cale.  C’est  un  grand  et  bel  arbre,  à  feuilles 
peltées,  7-1 4-foliolées ,  longuement  pétio- 
lées,  rassemblées  au  sommet  des  rameaux, 
à  folioles  pétiolulées,oblongues,  subobtuses, 
subcordiformes  à  la  base  ,  munies  sur  les 
bords  de  quelques  dents  distantes  ,  insérées 
en  rayons  sur  les  pétioles  dilatés-aplatis  au 
sommet;  à  stipules  intra-axillaires  ,  adnées, 
ovales-acuminées,  imbriquées  ;  à  fleurs  ras¬ 
semblées  en  grappes  terminales  ;  chaque 
pédicelle  pluriflore.  (C.  L.) 

BRA8SAVOLA  (nom  d’homme),  bot.  pii. 
—  Famille  des  Orchidées,  tribu  des  Épiden- 
drées.  Genre  établi  par  R.  Brown,  adopté  par 


728 


BRA 


BRA 


Lindley  et  très  voisin  des  g.  Epidendrum  et 
Isochilud.  Ses  caractères  consistent  en  un 
calice  étalé,  formé  de  sépales  à  peu  près 
égaux.  Le  labelle ,  un  peu  adhérent  par  sa 
base  avec  le  gynostème,  est  concave,  dressé, 
entier.  Le  gynostème  est  long,  marginé  dans 
sa  partie  supérieure.  L’anthère,  terminale  et 
operculiforme ,  est  à  4  loges,  et  contient  8 
masses  polliniques,  ou  quelquefois  12,  adhé¬ 
rentes  entre  elles  2  par  2  ou  3  par  3.  — 
On  compte  environ  10  esp.  de  ce  genre, 
toutes  originaires  des  Antilles  ou  du  conti¬ 
nent  de  l’Amérique  méridionale.  Ce  sont  des 
plantes  parasites  à  feuilles  solitaires ,  ordi¬ 
nairement  épaisses  et  charnues,  quelquefois 
même  cylindriques  et  à  fleurs  très  grandes, 
terminales,  blanches  ou  d’une  couleur  pâle. 

(A.  R.) 

BRASSIA  (  W.  Brass ,  collecteur  de  plan¬ 
tes  en  Guinée),  bot.  ph.  —  Genre  très  re¬ 
marquable  de  la  famille  des  Orchidacées, 
tribu  des  Vandées,  créé  par  R.  Brown  (Hort. 
kew.,  II,  5,  215),  et  comprenant  un  assez 
grand  nombre  d’espèces,  dont  plusieurs  sont 
recherchées  et  cultivées  dans  les  jardins 
pour  la  beauté  de  leurs  fleurs.  Elles  appar¬ 
tiennent  à  l’Amérique  tropicale ,  sont  épi- 
phytes,  pseudo-bulbeuses,  à  feuilles  rigides, 
membranacées,  à  scapes  radicales,  vaginées, 
à  fleurs  en  épis.  Les  folioles  périgoniales  sont 
libres ,  étroites  ,  étalées  ;  les  intérieures  or¬ 
dinairement  plus  grandes  ;  le  labelle  sans 
éperon,  plan,  indivis,  bicrêté  à  la  base,  con¬ 
tinu  avec  le  gynostème  ;  celui-ci  nain,  libre, 
aptère;  anthère  I-lôculaire;  pollinies  2; 
caudicule  courte  ;  glandule  épaisse.  (C.  L.) 

BRASSICA  (nom  latin  du  Chou  ordi¬ 
naire).  bot.  pu.  —  Nom  botanique  du  genre 
Chou.  (C.  L.) 

*BR  ASSIC ASTRUM  (diminutif  de  Bras - 
«eu).  BOT.  PH.  —  Une  des  sections  du  genre 
Brassica.  Ce  genre  avait  été  établi  par  M.Link 
[Handb.y  III,  318)  sur  le  B.  fruliculosa  de 
Cyrillo.  (C.  L.) 

BRASSICÉES.  Brassicece  (  Brassica  , 
Chou).  BOT.  PH.  —  Tribu  établie  parDeCan- 
dolle  dans  la  grande  famille  des  Crucifères 
pour  renfermer  les  g.  Sinapidendron,  Lowe; 
Brassica,  L.  ;  S  inapis ,  Tourn.  ;  Douepea , 
Cambess.  ;  Erucastrum,  Presl.;  Orycho- 
phragmus,  Bung.  ;  Moricandia ,  DC.  ;  Diplo- 
taxis,  DC.  ;  Eruca,  Tourn.  (C.  L.) 

BRASSOLIDE.  Brassolis.  ins. — Genre  de 


Lépidoptères  diurnes,  section  des  Tétrapodes, 
Latr.,  établi  parFabricius  et  adopté  par  La- 
treille.  Godart  en  décrit  deux  :  B.  sophorœ , 
Fabr.,  et  B.  astyra  God.  La  lrc  se  trouve  à  la 
fois  au  Brésil  et  à  Surinam;  la  2e  ne  se 
trouve  qu’au  Brésil.  Ce  sont  de  très  grands 
et  beaux  Papillons,  qui  ontprès  de  0m,12  d’en¬ 
vergure  et  des  taches  oculées  comme  nos 
Satyres  d’Europe.  Leurs  Chenilles ,  suivant 
Stoll  et  Mérian,  vivent,  en  société  nom¬ 
breuse  ,  dans  un  tissu  serré  qu’elles  se  fa¬ 
briquent,  et  d’où  elles  ne  sortent  que  pen¬ 
dant  la  nuit,  pour  manger.  (D.) 

*BRASSOLITES.  ins.  •—  M.  Blanchard 
désigne  sous  ce  nom  un  groupe  de  Lépidop¬ 
tères  diurnes ,  de  sa  famille  ou  tribu  des 
Nymphaliens  qui  ne  comprend  que  le  g. 
Brassolis.  (D.) 

*BRATHYDIUM  (j3Pa0u,  genévrier;  u- 
<îoç,  forme  ;  qui  a  le  port  du  Brathys).  bot. 
ph.  —  Genre  indiqué  par  M.  Spach  dans  le 
démembrement  qu’il  a  fait  du  grand  g.  lin- 
néen  Hypericum  (famille  des  Hypéricacées), 
et  dans  lequel ,  s’il  n’est  pas  adopté  comme 
distinct,  il  constitue  une  excellente  section. 
Toutes  les  esp.  qui  la  composent  appartien¬ 
nent  au  nord  de  l’Amérique.  (C.  L.) 

BRATHYS  (PpuOv,  genévrier),  bot.  pii. 
— Genre  de  la  famille  des  Hypéricacées,  éta¬ 
bli  par  Mutis  (in  Linn.  f.  sapp.,  43),  et  réuni 
comme  section  au  grand  g.  Hypericum  de 
Linné.  (C.  L.) 

*BRAULA.  ins.  —  Nitzsch  (  Thierin- 
sekien,  p.  56)  décrit  sous  ce  nom  une  singu¬ 
lière  espèce  d’insecte  trouvée  parasite  sur 
des  Abeilles  en  mai  et  juin,  et  qu’il  lui  pa¬ 
raît  impossible  de  rapporter  à  un  des  ordres 
établis  dans  celte  classe.  Le  Branla  ,  qui  est 
très  différent  du  Triongulin  ,  est  à  peu  près 
de  la  taille  d’une  Puce,  et,  par  sa  forme,  il 
ressemble  à  un  Hippobosque  ou  à  une  pe¬ 
tite  Araignée.  Son  corps  est  cuirassé,  d’un 
brun  brillant ,  et  garni  de  toutes  parts  de 
petits  poils  courts  assez  raides  et  comme  ai¬ 
guillonnés.  Il  se  fixe  fortement  au  thorax 
des  Abeilles  au  moyen  de  ses  pattes  ;  tantôt 
il  est  sans  mouvement,  tantôt  il  relève  la 
partie  antérieure  de  son  corps ,  et  remue 
ses  pattes  de  devant  comme  le  font  les  Nyc- 
téribies.  Retiré  de  dessus  l’Abeille,  et  placé 
sur  un  corps  lisse ,  il  marche  dans  tous  les 
sens  avec  anxiété,  et  cherche  l’animal  sur 
lequel  il  était  précédemment,  et  sur  lequel 


BRA 


729 


il  reprend  dès  qu’il  le  peiil  son  ancienne 
place.  L’espèce  unique  de  ce  genre  est  le  B. 
Coeca.  Nitzsch  en  â  développé  les  caractères 
avec  soin.  (P.  G.) 

BRAUNEA,'\Villd.  (nom  propre),  bot.  pii. 
—  Un  des  nombreux  syn.  du  genre  Cocca- 
lus  de  De  Candolié.  (C.  L.) 

BRAUNERIA  ,  Neck.  (  nom  d’homme  ). 
bot.  ph.  —  Synonyme  d’Ecliinacea,  Mœnch. 

(J.  D.) 

*BRÂUNITE  (nom  d’homme),  bot.  ph.— 
Espèce  minérale  établie  par  M.  Haidinger  en 
l’honneur  de  M.  Braun  ,  minéralogiste  de 
Gotha.  D’après  l’analyse  qu’en  a  faite  M.  Tur¬ 
ner,  c’est  un  Manganèse  sesquioxydé.  Voyez 

MANGANESE.  (DEL.) 

*BRAYAISIA  (Bravais,  botaniste  fran¬ 
çais  ).  bot.  ph.  —  Ce  genre  ,  de  la  famille 
des  Bignoniacées ,  formé  par  De  Candolle  , 
ne  renferme  qu'une  espèce.  C’est  un  bel 
arbrisseau  grimpant ,  indigène  dés  envi¬ 
rons  de  Caracas,  à  rameaux  pubescents ,  cy¬ 
lindriques,  comprimés  alternativement  au 
sommet,  garnis  de  feuilles  opposées,  pétio- 
lées ,  simples  ,  elliptiques,  très  entières;  à 
fleurs  amples,  disposées  en  panicules  ter¬ 
minales.  (C.  L.) 

*BRAVOA  (Bravo ,  botaniste  mexicain). 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Liliacées, 
tribu  des  Aloïnées ,  formé  par  La  Llave  et 
Lexarza  UVov.  veg.  descr .,  1-6),  le  même  que 
le  Robynsia  de  Drapiez  (  ELerb .  génér.  de  f  u¬ 
mât.,  t.  II) ,  et  que  le  Cœtocapnia  de  Link  et 
Otto.  La  jolie  plante  qui  le  compose  unique¬ 
ment  est  introduite  et  cultivée  depuis  1838 
dans  nos  jardins  d’Europe.  Elle  se  distingue 
principalement  par  un  périanthe  tubuleux, 
allongé  ,  gëniculé  ,  obscurément  6-lobé  ;  par 
un  limbe,  qui  est  fort  court  ;  par  6  étamines 
insérées  à  sa  base,  à  anthères  fixées  par  leur 
milieu;  par  un  ovaire  pédicellé,  trigono-sphé- 
rique,  à  stigmate  trilobé?  capsule  obtusé- 
ment  trigone  ,  tripartible.  Le  B.  geminiflora 
a  des  racines  fibreuses ,  articulées  ;  la  scape 
s’élève  à  près  d'un  mètre  de  hauteur  et  du 
milieu  de  nombreuses  feuilles  radicales,  li¬ 
néaires,  ensiformes  ,  acuminées ,  longues  de 
30  à  40  centim.,  dilatées  et  serai- engainantes 
à  là  base.  Les  fleurs  ,  disposées  en  un  long 
épi  lâche ,  sont  géminées  par  paires ,  très 
distantes,  et  alternantes  autour  de  Taxe  ; 
elles  sont  dressées  avant  l’épanouisse¬ 
ment,  et  s’inclinent  au  moment  même  où  le 


BUE 

périanthe  commence  à  se  colorer;  celui-ci 
est  d’un  beau  rouge  pourpré.  Ce  g.  est  voi¬ 
sin  du  Blandfordia.  (C.  L.) 

BR  Al  A  (nom  propre),  bot.  pii.  —  Genre 
de  la  famille  des  Crucifères-Notorhizées , 
tribu  des  Sisymbriées ,  formé  par  Sternberg 
etHoppe  ( Begensb .  Denlcschr I,  1,65,  t.  1), 
et  comprenant  un  assez  petit  nombre  d’es¬ 
pèces  indigènes  des  montagnes  de  l’Europe 
médiane  et  des  contrées  arctiques  de  l’Amé¬ 
rique.  Ce  sont  de  petites  plantes  vivaces ,  à 
feuilles  éparses,  très  entières,  quelquefois 
sinuées  ou  lyrées-pinnalifides  ;  à  fleurs  pour¬ 
prées  ,  disposées  en  grappes  terminales  ser¬ 
rées  ou  allongées.  On  en  cultive  quelques 
unes  dans  les  jardins.  On  les  distingue  prin¬ 
cipalement  à  leur  silique  oblongue ,  subcy- 
lindracée,dont  les  valves  planiuscules;  à  un 
stigmate  sessile  ;  à  des  graines  ovales  ;  à  un 
calice  égal  à  la  base.  (C.  L.) 

BRA1ERA  (Brayer,  médecin  allemand). 
bot.  ph.— Genre  voisin  de  la  famille  des  Ro¬ 
sacées  et  de  la  tribu  des  Spiréées,  formé  par 
Kunth  (Braver,  Nolic.  vermif.,  1824,  8)  sur 
une  plante  encore  peu  connue,  qu’on  pré¬ 
tend  être  souverainement  anthelmintique  et 
détruire  particulièrement  le  Tænia.  C’est  un 
arbre  de  20  mètres  de  hauteur,  croissant  en 
Abyssinie,  à  rameaux  tomenteux- velus , 
marqués  de  cicatrices  annulaires ,  formées 
par  la  chute  des  feuilles  ;  celles-ci  alternes, 
serrées  et  imparipennées-interrompues ,  à 
folioles  oblongues  dentées  en  scie,  velues  en 
dessous  aux  nervures  et  aux  bords;  à  stipules 
adnées  à  un  pétiole  dont  la  base  est  dilatée 
et  semi-amplexicaule  ;  à  cymes  florales,  plu¬ 
sieurs  fois  dicho tomes,  divariquées-flexueu- 
ses ,  dont  les  pédicelles  pourvus  à  la  base 
d’une  bractée  ovale.  (C.  L.) 

BREBIS,  mam.—  Femelle  du  Bélier.  Voy. 

MOUTON. 

*BREBISSOIMIA  (  Brébisson  ,  cryptoga- 
miste  français),  bot.  pii.  — Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  OEnolhéracées,  tribudes  Fuchsiées, 
indiqué  par  Spach  (Dfouv.  ann.  mus.^  IY,  319, 
sur  le  Fuchsia  microphylla  Kh.  )  et  qui  pa¬ 
raît  devoir  être  réuni  comme  simple  section 
à  la  section  Encliandra  ,  Zucc.  du  Fuchsia 
de  Plumier.  (C.  L.) 

BRÈCHES,  géol.  —  Voyez  roches. 

BRÉCHET,  ois.  —  On  désigne  générale¬ 
ment  sous  ce  nom  la  partie  antérieure  du 
sternum  qui  présente  une  large  plaque  car- 
46” 


T.  II. 


'30 


BRE 


BRE 


rée ,  bombée  dans  le  milieu  et  s’y  élevant  en 
carène  ;  quelquefois  cependant  on  le  res¬ 
treint  à  l’appendice  xiphoïde  seulement. 

(C.  d’O.) 

BRÉCHITES.  polyp.  —  Nom  employé 
par  Guettard  pour  les  Polypiers  fossiles. 

(P.  G.) 

BREDEMEYERA  (nom  propre),  bot.  ph. 
—Genre  formé  par  Willdenow  ( Berlin .  Ver - 
fiandl.,  III,  411,  t.  6)  dans  la  famille  des  Po- 
lygalacées,  incomplètement  déterminé,  et  ne 
renfermant  qu’un  arbrisseau  de  l’Amérique 
tropicale  à  peine  connu  ,  appartenant  peut- 
être  au  genre  Monnina,  à  feuilles  alternes  ; 
à  fleurs  jaunes  terminales,  paniculées,  nom¬ 
breuses,  braetéolées.  (C.  L.) 

BRÈDES  (du  portugais  Bredos ).  bot. 
pu.  —  On  appelle  ainsi  dans  toute  l’A¬ 
sie  méridionale  ,  à  Bourbon  ,  à  Maurice  et 
dans  les  Antilles  ,  toutes  les  plantes  herba¬ 
cées  ouïes  pousses  nouvelles  qui  se  mangent 
en  guise  d’épinards  ;  mais  la  Brède  par  ex¬ 
cellence,  celle  dont  l’usage  est  le  plus  gé¬ 
néralement  répandu,  est  la  Brède  morelle 
(Brède  Martin  à  l’île  Bourbon) ,  qui  est  ser¬ 
vie  sur  les  tables  les  plus  somptueuses 
aussi  bien  que  sur  les  plus  humbles.  Cuite 
à  l’eau  avec  un  peu  de  sel  et  quelquefois  de 
saindoux  ,  ou  bien  mêlée  à  la  viande  ou  au 
poisson,  elle  paraît  à  tous  les  repas,  dont  elle 
forme  le  fond.  Les  Européens  la  mangent  d’a¬ 
bord  avec  répugnance,  à  cause  de  son  amer¬ 
tume;  mais  ils  s’y  accoutument  prompte¬ 
ment  et  ne  peuvent  même  plus  s’en  passer. 
La  Brède  morelle  n’est  autre  que  notre  Mo¬ 
relle  noire ,  Solnnum  nigrum ,  qu’un  préjugé 
condamne  comme  un  poison  ,  et  dont  nous- 
même  avons  mangé  plusieurs  fois  sous  le 
climat  de  Paris  sans  en  avoir  éprouvé  la  plus 
légère  incommodité.  Comme  dans  la  Morelle 
de  notre  pays  le  principe  amer  paraît  plus 
développé,  il  faut  la  faire  blanchir  pour  l’en 
dépouiller.  En  repoussant  ce  mets  de  nos 
tables,  nous  nous  privons  d’un  produit  qui 
croît  spontanément  et  en  abondance  dans  les 
bois  et  dans  les  champs  cultivés. 

Les  autres  Brèdes  n’appartiennent  pas 
à  la  famille  des  Solanées  ;  ce  sont  des  plan¬ 
tes  qui  n’ont  entre  elles  de  commun  que 
leur  usage  culinaire.  Nous  citerons  les  prin¬ 
cipales  : 

Brede  Bengale  ,  Chetiopodium  alriplex. 

B.  chevrette  ,  lllecebrum  sessile. 


B.  chou  caraïbe,  les  jeunes  pousses  dea 
Arum,  esculenlum  et  Colocasia. 

B.  cresson,  S'isymbrium  nasturtium ,  Cres¬ 
son  de  fontaine. 

B.  France,  notre  Épinard  commun. 

B.  gandole  ,  B.  tali  ,  Basella  rubra. 

B.  giraumon  ,  les  pousses  nouvelles  du 
Cucurbita  pepo. 

B.  glaciale  ,  Mesembryanihemum  cristal - 
linum. 

B.  malabare,  Amaranlhus  spinosus,  Alri¬ 
plex  bengalensis ,  Corchorus  olitorius . 

B.  malgache  ,  Spilanthus  oleracea. 

B.  morongue  ,  Guilandina  moringa. 

B.  moutarde')  Sinapis  indica . 

B.  piment,  les  pousses  du  Piment  com¬ 
mun. 

B.  puante  ,  Cleome  pentaphylla ,  qui  perd 
par  la  cuisson  son  odeur  désagréable. 

(C.  d’O.) 

*BREEA ,  Less.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Cnicus ,  Schr. 

*BREISLACKITE  (nom  d’homme),  min. 
— Ce  nom  a  été  donné  par  Brocchi,  en  l’hon¬ 
neur  du  géologue  Breislack,  à  une  substance 
brune  ,  métalloïde,  en  filaments  capillaires  , 
trouvée  dans  les  cavités  des  laves  qui  contien¬ 
nent  de  la  Néphéline,  à  Capo  di  Bove  près  de 
Piome,  à  Viterbe,  à  la  Scala,  au  Vésuve,  etc. 
Sa  composition  n’est  pas  encore  bien  connue  : 
elle  paraît  renfermer  une  quantité  assez  no¬ 
table  de  Cuivre.  Elle  fond  au  chalumeau  en 
une  scorie  noire  ,  magnétique  ;  elle  donne 
avec  le  Sel  de  phosphore  ,  au  feu  d’oxyda¬ 
tion,  un  bouton  verdâtre,  qui  devient  rouge 
au  feu  de  réduction.  (Del.) 

BRÊME.  Brama,  poiss.  —  C’est  le  nom 
d’un  poisson  des  plus  communs  dans  toutes 
les  eaux  douces  de  l’Europe,  mais  qui  mul¬ 
tiplie  davantage  dans  les  grands  lacs  du  nord 
et  du  nord-est  de  cette  contrée.  Bloch  rap¬ 
porte  ,  d’après  Richter  ,  que  dans  un  lac  de 
Suède  près  de  Nordkœping  ,  on  en  prit  une 
fois  plus  de  50,000  qui  pesaient  18,200  li¬ 
vres.  Dans  quelques  lacs  de  Prusse,  on  pê¬ 
cha  en  une  seule  fois  pour  3,4,  5  ou  700 
écus  de  Prusse ,  c’est-à-dire  pour  plus  de 
2,000  fr. ,  et  c’est  un  poisson  qui  se  vend 
cependant  bon  marché  à  cause  de  sa  grande 
abondance. 

La  Brême  devient  grosse  ;  on  en  trouve 
fréquemment  d’un  pied  de  long  ;  mais  il 
n’est  pas  extraordinaire  d’en  voir  de  plus 


BRE 


BRE 


731 


grandes,  de  12  à  14  livres  de  poids,  et  même 
on  en  a  vu  de  20  livres.  On  reconnaît  ce 
poisson  à  son  corps  comprimé,  haut,  de  forme 
à  peu  près  parallélogrammique ,  à  la  lon¬ 
gueur  de  son  anale,  étendue  sous  toute  la 
queue.  La  Brême  fraie  en  mai ,  quand  le 
temps  est  beau.  Dans  cette  saison,  les  mâles 
se  couvrent  de  tubercules  trièdres,  jaunâtres 
et  pointus  ,  plus  abondants  sur  la  tête  que 
sur  les  autres  parties  du  corps  qui  en  ont  ce¬ 
pendant  aussi.  Les  femelles  alors  deviennent 
souvent  malades. 

La  Brême  a  la  vie  dure  ;  on  peut  la  trans¬ 
porter  facilement  en  hiver  :  pendant  les 
chaleurs  ,  elle  meurt  plus  promptement. 
Plusieurs  Oiseaux ,  et  surtout  les  Grèbes  et 
les  Plongeons,  en  sont  très  avides.  L’homme 
en  fait  aussi  une  pêche  active  ,  à  la  truble  , 
à  la  nasse  et  même  à  la  ligne  ;  elle  mord  bien 
à  l’hameçon  amorcé  de  vers.  Quand  elle  est 
bien  nourrie,  sa  chair  est  blanche,  ferme  et 
de  bon  goût  ;  cependant  elle  est  moins  esti¬ 
mée  que  la  Carpe. 

La  longueur  de  l’anale  de  plusieurs  autres 
Poissons  d’Europe  à  corps  comprimé  et  assez 
semblable  à  celui  de  la  Brême  ,  a  donné  le 
caractère  d’un  genre  de  Cyprinoïdes  sous  ce 
nom  de  Brême,' dont  on  peut  exprimer  ainsi 
la  diagnose  :  Corps  haut  et  comprimé,  à 
dorsale  petite,  sans  rayons  épineux  ,  à  anale 
très  longue  ;  à  bouche  petite  sans  barbillons  ; 
à  dents  pharyngiennes  sur  un  seul  rang , 
comprimées  ,  courbées  en  dedans  et  faible¬ 
ment  crochues  ,  et  tronquées  à  leur  bord  in¬ 
terne. 

Il  y  en  a  au  moins  une  douzaine  d’espèces 
en  Europe  ;  quelques  autres  sont  connues 
des  Indes  occidentales  ,  et  Agassiz  n’en  cite 
pas  de  fossiles. 

On  donne  le  nom  de  Brême  de  mer  à  plu¬ 
sieurs  Poissons  de  merde  genres  et  de  familles 
très  différents ,  mais  surtout  à  la  Castagnole 
et  au  Canthère  de  nos  côtes  de  Picardie  et 
de  Normandie.  Voy.  ces  mots.  (Val.) 

BRÊME.  Bremus.  ins.  —  Jurine  nomme 
ainsi  (  Classif .  des  Hyménop.)  un  genre  d’in¬ 
sectes  hyménoptères, désigné  sous  le  nom  de 
Bourdon  par  Fabricius  ,  Latreille  et  la  plu¬ 
part  des  entomologistes.  (C.  d’O.) 

*BREMONTIERA  (nom  propre),  bot.  ph. 
—  Arbrisseau  de  File  de  France  ,  à  feuilles 
simples,  oblongues,  couvertes  d’une  pubes¬ 
cence  très  courte  et  blanchâtre,  rétrécies  aux 


deux  extrémités ,  très  brièvement  pétiolées  ; 
à  stipules  ténues ,  dentées ,  non  scarieu- 
ses  ;  à  fleurs  petites,  pourpres,  disposées  en 
grappes  axillaires  ,  subspiciformes.  De  Can- 
dolle  en  a  fait  un  genre  qu’il  place  dans  la 
famille  des  Papilionacées,  tribu  des  Hédysa- 
rées-Alhagées.  (C.  L.) 

BREMUS.  ins.  —  Voyez  brème. 

BRENTE.  Brentus,  ou  mieux  Brenlhus 
(/3 pevQoç ,  espèce  d’oiseau  aquatique),  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  tétramères,  famille  des 
Curculionides,  établi  par  Fabricius  et  adopté 
par  tous  les  entomologistes.  Schœnherr,  qui 
le  place  parmi  les  Orthocères ,  division  des 
Brenthides,  a  changé  avec  raison  l’orthogra¬ 
phe  de  son  nom  en  celui  de  Brenlhus  ,  d’a¬ 
près  son  étymologie,  en  même  temps  qu’il  y 
a  réuni  les  g.  JVemocephalus ,  Uropierus  et 
Sienorhynchus,  Latr.  Il  en  résulte  que  les  ca¬ 
ractères  du  genre  Brenius,  suivant  Fabricius 
et  Latreille,  ne  sont  pas  identiques  avec  ceux 
du  g.  Brenlhus  de  Schœnherr,  qui  a  pour 
type  le  B.  anchorago  des  auteurs,  lequel  se 
trouve  dans  plusieurs  parties  de  l’Améri¬ 
que  méridionale.  Schœnherr  y  réunit  24  esp., 
dont  23  de  la  même  contrée  et  une  seule  des 
Indes  orientales,  le  B.  slriatulus  Oliv.  (D.) 

*BRENTHIDES.  Brenihides.  ins. — Schœn¬ 
herr  désigne  ainsi  la  9e  division  de  ses  Or¬ 
thocères  ,  dans  la  famille  des  Curculionides  , 
et  qui  a  pour  type  le  g.  Brenlhus.  Cette  di¬ 
vision  renferme  les  g.  Arrhenodes  ,  Beloplie - 
rus  ,  Enlrachelus ,  Belorhynchus  ,  Brenlhus , 
Ceocephalus,  Clœoderes  et  Taphroderes.  (D.) 

BRENTHUS.  ins.  —  Voyez  brente. 

*BREOj\IA  (nom  propre),  bot.  pu. — Arbre 
de  l’île  de  Madagascar  ,  à  feuilles  opposées, 
très  amples  ;  à  stipules  connées  ;  à  inflores¬ 
cence  en  capitules  axillaires,  solitaires,  lon¬ 
guement  pédonculés  ,  dans  un  involucre 
spathiforme  ,  fendu  d’un  côté ,  longuement 
rostré  au  sommet ,  décidu.  A.  Richard  en  a 
fait  un  genre  qu’il  place  dans  la  famille  des 
Rubiacées,  tribu  des  Gardéniées-Sarcocé- 
phalées.  (C.  L.) 

*BREPHA.  ins.  —  M.  Westwood  désigne 
ainsi,  d’après  Hubner,  un  genre  de  Lépidop¬ 
tères  nocturnes,  que  les  entomologistes  fran¬ 
çais  et  allemands  nomment  Brephos,  d’après 
Ochsenheimer.  (D.) 

*BREPHOS  (  j3p/<poç ,  enfant  qui  vient  de 
naître),  ins. — Genre  de  Lépidoptères  noc¬ 
turnes  établi  par  Ochsenheimer ,  et  adopté 


BRE 


732 

par  MM.  Treitschke  et  Boisduval.  Ce  dernier 
le  range  dans  sa  tribu  des  Noctuo-Phalé- 
nides  ;  il  ne  renferme  en  Europe  que  8  esp. 
qui  se  montrent  dès  les  premiers  beaux  jours 
du  printemps.  Elles  volent  en  plein  jour 
comme  des  Diurnes ,  et  d’un  vol  rapide  et 
très  élevé.  La  Noci.  parthenias  Linn.,  typedu 
g.,  est  très  commune,  en  mars,  dans  les  bois 
des  environs  de  Paris.  (D.) 

BRESAGUE,  Saler,  ois.  —  Synonyme  de 
Strix  flammeci.  ployez  chouette. 

BRÉSILLET.  bot.  pu.  —  Synonyme  de 
Cœsalpinia. 

BRESSAN,  ois.  — Nom  vulgaire  du  Ca¬ 
nard  sauvage,  Anas  boschas  L. 

BRETEAU.  poiss.  —  Un  des  noms  vul¬ 
gaires  de  l’Anguille  commune. 

BRETEUILLÏA  (nom  propre),  bot.  ph. 
—  Synonyme  du  genre  Didelia.  (J.  D.) 

BRETONNE,  ois.  —  Nom  vulgaire  de 
la  Fauvette  passerinette ,  Sylvia  passerina 
Lath. 

BRETTES.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Brèdes. 

*BREUNÉRITE ,  Haiding.  (nom  propre). 
min.— Mélange  cristallin  de  deux  Carbonates 
isomorphes,  laGiobertite  et  la  Sidérose,  dans 
lequel  ce  dernier  n’entre  d’ordinaire  que 
pour  l  de  la  masse  totale.  C’est  donc  une 
Giobertite  ou  Carbonate  de  Magnésie  ferri- 
fère,  qui  diffère  un  peu  de  laGiobertite  pure 
par  la  valeur  de  ses  angles,  sa  couleur  et  ses 
autres  caractères  physiques.  M.  Haidinger, 
qui  avait  cru  devoir  en  faire  une  esp.,  l’a  dé¬ 
diée  au  comte  de  Breuner ,  directeur  des  mines 
en  Autriche.  Voyez  carbonates.  (Del.) 

BRÈVE.  Pilla  ,  Vieill.  ( brévia ,  court;  sans 
doute  à  cause  de  la  brièveté  de  leur  queue 
ou  de  leurs  ailes),  ois. — Genre  de  l’ordre  des 
Passereaux  dentirostres  ,  famille  des  Four¬ 
miliers  ,  groupe  des  Fourmiliers  humicoles 
de  M.  de  Lafresnaye. 

Ce  genre  ,  propre  aux  parties  chaudes  de 
l’ancien  continent,  est  encore  mal  connu,  et 
les  naturalistes  ne  sont  pas  d'accord  sur  ses 
affinités  et  sa  circonscription.  Ainsi ,  tandis 
que  Cuvier  le  réunit  à  son  g.  Fourmilier, 
M.  Lesson  en  fait  une  famille,  M.  de  Lafres¬ 
naye  et  Temminck  un  simple  genre,  et  M.  G.- 
R.  Gray  [List,  of  the  Gen . ,  1841)  le  disperse 
dans  les  g.  Formicarius ,  Grallaria,  Brachyu- 
rus  et  Timalia ,  ce  qui  n’est  pas  étonnant  ; 
car  le  caractère  sauvage  et  solitaire  des  Brè- 


BRE 

ves ,  et  leur  séjour  dans  les  parties  les  plus 
reculées  des  pays  qu’elles  habitent,  ont  em¬ 
pêché  les  naturalistes  d’étudier  suffisamment 
leurs  mœurs,  dont  plusieurs  particularités 
sont  complètement  inconnues. 

Les  caractères  propres  à  ce  genre,  tel  que 
l’ont  circonscrit  les  ornithologistes  qui  l’ont 
adopté,  sont  :  Bec  allongé,  robuste,  crochu  , 
très  fendu ,  convexe  en  dessus ,  à  bords 
rentrés  ,  à  narines  larges  et  placées  sur  les 
côtés  ;  à  mandibule  inférieure  convexe  et 
pointue.  Tarses  longs  et  scutellés.  Queue 
courte,  quelquefois  légèrement  en  coin.  Ailes 
de  médiocre  grandeur,  concaves,  arrondies, 
à  l’  e  et  2e  rémige  plus  longues. 

Les  Brèves  ,  dont  on  compte  une  dizaine 
d’espèces  ,  sont  des  Oiseaux  à  forme  lourde 
et  massive,  volant  mal  à  cause  de  la  brièveté 
de  leurs  ailes  ;  mais,  d’après  la  longueur  de 
leurs  jambes  et  le  peu  de  développement  de 
leurs  doigts  ,  devant  faire  d’excellents  cou¬ 
reurs.  Cette  dernière  particularité  organique 
empêche  sans  nul  doute  ces  Oiseaux  de  per¬ 
cher.  Leur  nourriture  consiste  en  Fourmis  et 
en  Termites.  Les  Brèves  ont  généralement 
un  plumage  fort  brillant.  (C.  u’O.) 

BREVER.  bot.  cr. —Genre  formé  par 
Adanson  aux  dépens  de  quelques  espèces 
du  genre  Bryum  et  du  Bartramia  fontana. 

*BREVÏCEPS  (  brevis  ,  court;  eeps  ,  tête). 
rept.  —  Genre  de  Batraciens  bufoniformes 
établi  par  Merrem ,  et  dans  lequel  prend 
place  une  espèce  de  l’Afrique  australe,  con¬ 
nue  depuis  assez  long -temps,  et  que  la 
forme  singulière  de  son  corps  et  de  sa  tête 
a  fait  appeler  Breviceps  bossu ,  Rana  gibbosa 
Linn.  Sa  longueur  pour  la  tête  et  le  corps 
est  de  0,048  ;  ses  jambes  et  ses  pieds  ont 
0,028.  L ’Engystoma  granosum  de  G.  Cuvier 
n’est  qu’un  animal  de  cette  espèce  altéré  et 
rendu  granuleux ,  paree  qu’on  l’avait  con¬ 
servé  dans  une  liqueur  trop  chargée  d’al¬ 
cool.  Les  caractères  du  g.  Breviceps  ont  été 
résumés  ainsi  qu’il  suit  :  Tête  complètement 
confondue  avec  le  tronc;  pas  de  museau 
distinct.  Bouche  très  petite;  langue  ovale, 
entière  ,  libre  à  son  extrémité  postérieure; 
pas  de  dents  au  palais;  tympan  caché; 
trompes  d’Eustache  excessivement  petites; 
pas  de  parotides.  Les  cuisses  et  les  bras  pro¬ 
prement  dits  non  distincts  extérieurement  ; 
quatre  doigts  en  avant,  cinq  en  arrière,  tout- 
à-faît  libres  ;  deux  tubercules  sous-métatar- 


BRE 


733 


BRE 

siens  ;  apophyses  transverses  de  la  vertèbre 
sacrée  dilatées  en  palettes  triangulaires  ;  une 
vessie  vocale  sous-jugulaire  chez  les  mâles. 

(P.  G.) 

*BRÉVICITE,  Berz.  (nom  de  lieu),  min.— 
Substance  du  groupe  des  Zéolilhes ,  voisine 
de  la  Mésole  ,  et  qu’on  trouve  à  Brévig  ,  en 
Norwége.  Elle  est  blanche  avec  des  stries 
d’un  rouge  sombre.  D’après  l’analyse  de  Son- 
den ,  elle  est  composée  de:  Silice,  43,88  ; 
Alumine,  28,39;  Soude,  1 0,32  ;  Chaux,  6,88  ; 
Magnésie,  0,21  ;  Eau,  9,63.  (Del.) 

*BREVICOLASPIS.  ins.  —  Genre  de  Co¬ 
léoptères  tétra  mères  ,  famille  des  Chrysomé- 
lines  ,  établi  par  M.  le  comte  de  Castelnau  , 
et  syn.  du  g.  Hersilia  de  M.  Dejean.  (D.) 

*BRÉVIGASTRES  ( brevis ,  court;  yao-r/jp, 
ventre),  arach.  —  M.  Walckenaer  emploie 
ce  nom  pour  désigner  une  division  de  son 
genre  Épéire.  Voyez  ce  mot.  (Bl.) 

BRÉVIPENNES.  ois.  —  Cuvier,  La- 
treille  ,  Duméril ,  Lesson  ,  ont  désigné  sous 
ce  nom  un  groupe  formé  des  g.  Autruche , 
Casoar  et  Dronte ,  mais  occupant  dans  leur 
méthode  une  place  différente.  Cuvier  en  fai¬ 
sait  une  division  de  l’ordre  des  Échassiers. 

BRÉVIPENNES.  Brevipennes.  ins.  —  Sy¬ 
nonyme  de  Brachélytres.  (D.) 

*BREWERIA  (nom  propre),  bot.  pii. — 
Genre  de  la  famille  des  Convolvulacées, 
tribu  des  Convolvulées,  formé  par  R.  Brown, 
aux  dépens  de  plusieurs  espèces  de  Convoi - 
vulus  de  Roxburgh  et  de  Wallich.  Il  renferme 
des  plantes  herbacées  ou  ligneuses,  indigènes 
de  la  Nouvelle-Hollande,  de  l’Asie  tropicale 
et  de  Madagascar.  Elles  sont  remplies  d’un 
suc  aqueux ,  ont  des  feuilles  alternes ,  en¬ 
tières  ,  des  fleurs  axillaires ,  solitaires.  On 
cultive  dans  les  jardins  le  B.  Roxburghii 
[Convolvulus  semidigynus  Roxb.).  La  capsule, 
2-loculaire,  renferme  4  graines  dressées. 

(C.  L.) 

*BREWSTÉRITE  ,  Brooke.  Diagonite  , 
Breith.  min. — Substance  vitreuse,  d’un  blanc 
jaunâtre  ou  grisâtre ,  translucide ,  en  cris¬ 
taux  ou  pellicules  cristallines.  On  l’a  trou¬ 
vée  pour  la  première  fois  à  Strontian , 
en  Écosse ,  où  elle  est  accompagnée  de  Cal¬ 
caire  spathique.  C’est  un  Hydrosilicate  alu¬ 
mineux  ,  à  base  de  Strontiane  et  de  Baryte  , 
constituant  une  espèce  voisine  de  la  Stilbite  ; 
mais  elle  en  diffère  par  ses  cristaux ,  qui 
appartiennent  au  système  klinorhombique. 


Ces  cristaux ,  fort  petits ,  sont  des  com¬ 
binaisons  de  prismes  verticaux,  avec  les 
deux  faces  parallèles  à  la  section  klinodia- 
gonale,  et  des  sommets  dièdres ,  dont  l’arête 
oblique  est  dans  le  plan  de  cette  même  sec¬ 
tion.  L’angle  du  biseau  terminal  est  de  172°, 
et  son  arête  est  inclinée  à  l’axe  de  93°  40’. 
Les  cristaux  sont  striés  verticalement  et  cli- 
vables  dans  le  sens  de  la  section  dont  nous 
venons  de  parler  ;  les  faces  de  clivage  offrent 
un  éclat  nacré  très  sensible.  Pesanteur=2,2; 
dureté  —  5,5.  Ils  sont  composés  ,  suivant 
M.  Connel,  de  Silice,  53,66  ;  Alumine,  17,49  ; 
Strontiane,  8,32  ;  Baryte,  6,75  ;  Chaux,  1 ,34  ; 
Oxyde  de  fer,  0,29  ;  Eau,  12,58.  —  Un  miné¬ 
ral  tout  semblable  à  celui  d’Écosse  a  été 
trouvé  à  Saint-Turpet ,  dans  la  vallée  de 
Munster,  près  de  Fribourg  en  Brisgau.  (Del.) 

BREXIA  (fyeÇifi,  pluie  ;  allusion,  dit-on,  à 
l’ample  feuillage  des  espèces  qui  abrite  de  la 
pluie),  bot.  ph. — Genre  type  et  Unique  delà 
famille  des  Brexiacées  ,  formé  par  Dupetit- 
Thouars  (  Gen.  madagasc. ,  69)  pour  renfer¬ 
mer  quelques  esp.  découvertes  dans  l’île 
de  Madagascar.  Ce  sont  des  arbrisseaux  à 
feuilles  alternes,  pétiolées,  subcoriaces,  très 
entières  ou  dentées-épineuses  ;  à  fleurs  axil¬ 
laires  et  terminales  en  ombelles,  sur  un  pé¬ 
doncule  subcomprimé.  On  en  cultive  plu¬ 
sieurs  dans  les  jardins  européens,  entre  au¬ 
tres  les  B.  spinosa ,  clirysophylla ,  serrata. 
Les  caractères  principaux  de  ce  genre  de 
plantes  sont  :  Calice  libre,  5-fide ,  persis¬ 
tant,  à  lacinies  coriaces,  courtes,  aiguës,  im¬ 
briquées  par  estivation.  Corolle  de  5  pé¬ 
tales,  insérés  au  bord  extérieur  d’un  anneau 
périgyne,  coriaces,  oblongs,  obtusiuscules , 
imbriqués  par  estivation ,  subcohérents  à  la 
base ,  et  un  peu  étalés  lors  de  l’anthèse. 
Étamines  5  ,  insérées  avec  les  pétales ,  et 
alternant  avec  eux,  à  filaments  subulés , 
charnus  ,  à  anthères  oblongues  ,  dressées  , 
basi-fixes ,  biîoculaires.  Disque  annulaire 
épais,  adné  à  la  base  de  l’ovaire,  et  divisé  en 
5  lobes  multifides  et  alternant  avee  ceux- 
ci.  Ovaire  supère  ,  ové-pentagone  ,  5-locu- 
laire  ;  ovules  nombreux,  bisériés  dans  l’an¬ 
gle  central.  Style  très  court  ;  stigmate  5-lobé  ; 
drupe  oblong,  5-costé,  brusquement  conique 
au  sommet  qui  porte  5  petites  cornes,  à  épi- 
|  carpe  papilleux,  à  endocarpe  osseux,  luisant. 

Graines  horizontales,  ovales  -  anguleuses , 
I  luisantes.  Embryon  ex-a!bumineux  *  ortho- 


734 


BRI 


BRI 


trope  ,  amygdalin.  Cotylédons  ovales-obtus. 
Radicule  cylindrique,  centripète.  (C.  L.) 

*BREXIACÉES.  bot.  ph.  —  Le  genre 

rexia  semble  à  M.  Endlicher  pouvoir 
devenir  le  noyau  d’une  famille  des  Brexia- 
cées,  qu’il  placerait  à  la  suite  des  Saxifra- 
gées.  Ses  caractères  seraient  ceux  du  seul 
genre  qui  s’y  rapporte  jusqu’ici.  Voyez 
BREXIA.  (Ad.  J.) 

BREYNIA  (  nom  propre  ).  bot.  ph.  —  Ce 
genre  d’Euphorbiacées ,  établi  par  Forster 
d’après  un  arbrisseau  de  Tanna,  et  consacré 
à  un  botaniste  belge  J.  Breynius,  est  encore 
imparfaitement  connu.  Son  auteur  décrit  les 
fleurs  comme  polygames,  à  calice  4-5-parti; 
les  hermaphrodites  avec  5  anthères  adnées 
au  style  ,  un  stigmate  simple  et  une  baie  à 
3  loges  2-spermes  ;  les  femelles  offrant  une 
capsule  à  5  loges  et  5  graines,  portée  sur  un 
disque  annulaire  et  surmontée  de  5  stigma¬ 
tes.  Ces  caractères  ne  paraissent  pas  appar¬ 
tenir  à  une  même  esp.  et  à  un  même  g.  Les  fe¬ 
melles  ,  dans  un  herbier  de  Forster,  se  sont 
trouvées  un  rameau  de  Melanihesa.  (Ad.  J.) 

"BREYIVIASTRUM  (  diminutif  de  Brey- 
nia).  bot.  ph. — Section  indiquée  par  De  Can- 
dolle  (  Prodr 245  )  dans  le  grand  genre  lin- 
néen  Capparis,  et  caractérisée  par  un  calice 
à  divisions  triangulaires  ;  par  des  étamines 
nombreuses  ou  définies  ;  par  une  baie  oblon- 
gue.  Cette  section  renferme  quelques  espè¬ 
ces  inermes  de  l’Amérique  ,  et  répond  au 
genre  Breynia  de  Plumier.  (C.  L.) 

*BRIAREA  (nom  mythologique),  bot.  cr. 
—  Ce  nom  rappelle  Briarée ,  le  géant  aux 
cent  bras.  Le  champignon  qui  forme  ce  petit 
genre  a  été  créé  par  M.  Corda  dans  la  Flora 
germanica  de  Sturm  [Heft.,  II,  tab.  6).  Il  est 
caractérisé  par  un  pédicelle  droit ,  cloisonné 
et  légèrement  étranglé  au  niveau  des  cloi¬ 
sons  ;  au  sommet  il  supporte  un  grand  nom¬ 
bre  de  filaments  simples,  courbés,  et  formés 
de  spores  rondes ,  transparentes  ,  placées  les 
unes  à  la  suite  des  autres  comme  les  grains 
d’un  chapelet.  L’espèce  qui  a  servi  de  type 
est  le  Briarea  elegans  ;  elle  croît  sur  le 
chaume  des  Graminées  humides.  Les  indivi¬ 
dus  sont  isolés,  d’une  belle  couleur  blanche 
et  hyaline.  M.  Fries  n’a  pas  cru  devoir  con¬ 
server  ce  genre.  Il  l’a  rangé  parmi  les  Mo- 
nilia.  ^  (LÉv.) 

“BRIARÉE  (nom  mythologique),  moll.— 
Genre  formé  par  MM.  Quoy  et  Gaimard , 


pour  un  mollusque  de  l’ordre  des  Gastéro¬ 
podes  nudibranches,  trouvé  par  eux  dans  les 
eaux  du  détroit  de  Gibraltar ,  et  ayant  pour 
caractères  :  Un  corps  nu,  gélatineux,  transpa¬ 
rent,  scolopendriforme  ,  aplati;  deux  yeux 
sessiles  ;  quatre  tentacules,  larges  et  triangu¬ 
laires,  les  postérieurs  terminés  par  deux  ap¬ 
pendices  filiformes;  une  queue;  les  bran¬ 
chies  disposées  de  chaque  côté,  et  composées 
de  lames  aplaties  ,  bifurquées  à  leur  extré¬ 
mité.  Les  autres  particularités  de  structure 
sont  inconnues.  —  On  n’en  connaît  qu’une 
seule  espèce,  le  B.  scolopendra.  La  place  de 
ce  g.,  dans  la  méthode,  est  entre  les  Laniogè- 
res  et  les  Éolides.  (C.  d’O.) 

BRIBRI.  ois.  —  Nom  vulgaire  du  Bruant 
de  haie,  Emberiza  cirlus. 

BRICKELLIA  (nom  d’homme),  bot.  ph. 

—  Ce  genre  paraît  avoir  été  formé  par  El- 
liot  sur  une  espèce  du  g.  Eupaiorium  ,  et  se 
trouve  cité  dans  l’ouvrage  de  M.  DeCandolle, 
sous  le  nom  d’E.  Brickellia.  (J.  D.) 

BRIDÉ,  poiss.  —  Nom  sous  lequel  on  a  dé¬ 
signé  plusieurs  Poissons  des  g.  Baliste,  Spare, 
Scare  et  Chœtodon,  à  cause  des  bandes  noi¬ 
res  sur  fond  d’argent  qui  régnent  le  long  du 
corps  et  viennent  se  terminer  à  la  bouche. 

BRIDELIA  (nom  propre),  bot.  ph.  —  Ce 
genre,  consacré  à  un  botaniste  qui  a  fait  sur 
les  Mousses  des  travaux  nombreux  et  esti¬ 
més,  Bridel-Brideri,  a  été  écrit  à  tort  Briede - 
lia ,  d’après  l’orthographe  allemande  de  son 
auteur  Willdenow.  Il  appartient  à  la  famille 
des  Euphorbiacées,  et  présente  les  caractères 
suivants  :  Fleurs  monoïques.  Calice  5-fide  â 
préfloraison  valvaire.  5  petits  pétales  alter¬ 
nes  insérés  au  calice.  Fleurs  mâles  ••  5  éta¬ 
mines  à  anthères  internes ,  à  filets  soudés 
en  un  support  surmonté  d’un  rudiment  du 
pistil,  et  partant  du  centre  d’un  disque 
soudé  avec  le  fond  du  calice ,  sinué  dans 
son  contour.  Fleurs  femelles  :  2  styles  bifi¬ 
des.  Ovaire  entouré  d’un  tube  à  5  dents, 
à  2  loges  bi-ovulées.  Fruitlégèrement  charnu. 

—  Les  espèces  originaires  de  l’Inde  et  de  l’A¬ 

frique  tropicale  sont  des  arbres  ou  des  ar¬ 
brisseaux  quelquefois  grimpants ,  à  feuilles 
alternes,  entières,  accompagnées  de  stipules; 
à  fleurs  réunies  en  pelotons  axillaires  qui 
sont  quelquefois  disposés  eux-mêmes  en  épi, 
et  contiennent  tantôt  des  fleurs  toutes  du 
même  sexe,  tantôt  des  mâles  entremêlées  à 
des  femelles.  (As.  J.) 


BRI 

*BRIDGESIA,  Hook.  et  Am.  (  nom  pro¬ 
pre).  bot.  ph. — Genre  de  la  famille  des  Sapin- 
dacées,  tribu  des  Sapindées,  formé  par  Ber- 
tero  ( msc .  ex  Cambess.  JYouv.  ann.  mus.,  III, 
234  ,  t.  13)  pour  un  arbrisseau  du  Chili , 
dressé,  non  cirrhifère  ,  à  feuilles  alternes, 
simples  ,  stipulées,  incisées-lobées,  dentées 
en  scie  ;  à  pédoncules  axillaires  ,  solitaires , 
uniflores.  —  C'est  aussi  un  synonyme  du 
genre  Ercilia ,  Ad.  Juss.  (C.  L.) 

*BRIDGESIA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Synonyme  du  g.  Polyachyrus ,  qui  fait  par¬ 
tie  de  la  famille  des  Composées ,  tribu  des 
Nassauviacées.  (J.  D.) 

BRIEDELIA.  bot.  ph. —  Voyez  bridelia. 

BRIGIVE.  poiss.  —  Op  désigne  sous  ce 
nom,  sur  les  côtes  voisines  de  la  Loire  et  de 
la  Garonne,  le  Bar,  Labrcix  lupus  Cuv. 

BRIGNOLIA,  Bertol.  (nom  propre),  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Rubiacées- 
Cinchonacées  ,  tribu  des  Haméliées  ,  formé 
par  De  Candolle  pour  un  arbrisseau  ou  un 
arbre  de  l’île  de  la  Trinité,  à  rameaux  cylin¬ 
driques  ,  velus ,  garnis  de  feuilles  opposées  , 
pétiolées  ,  ovales-oblongues  ,  obtuses  à  la 
base,  acuminées  au  sommet ,  pubérules  sur 
les  nervures,  glabres  sur  le  reste  ;  à  stipules 
binées  de  part  et  d’autre,  lancéolées -acu¬ 
minées,  soudées  d’abord  en  une  seule  inter- 
pétiolaire  ,  bientôt  se  séparant  de  la  base  au 
sommet  ;  à  fleurs  sessiles  dans  les  dichotomies 
et  au  sommet  des  pédicelles  d’un  corymbe 
terminal  pédonculé  ;  à  rachis  court,  velu  , 
formant  des  rameaux  serrés,  pubérules,  tri- 
chotomes  ,  garnis  de  bractées  ciliées.  —  Ce 
nom  s’applique  aussi  à  un  synonyme  du 
genre  Kundmannia.  (C.  L.) 

BRIGOULE.  bot.  cr.  —  Même  chose  que 
Baligoule. 

BRILLANTE,  moll.  —  Nom  donné  par 
Geoffroy  à  une  petite  Coquille  terrestre  des 
environs  de  Paris,  que  Bruguière  avait  dési¬ 
gnée  sous  le  nom  de  Bulimus  lubricus,  et  qui 
appartient  au  g.  Agathine.  (C.  d’O.) 

BRILLANTESIA.  bot.  ph. —  Genre  de  la 
famille  des  Acanthacées  ,  décrit  par  Palisot 
de  Beauvois,  dans  sa  Flore  d’Oware,  sous  le 
nom  de  B.  owariensis ,  et  que  MM.  Endlicher 
et  Lindley  s’accordent  à  placer  dans  leurs 
genres  douteux.  M.  A.  Richard  (  Dict.  clas. 
d’hist.  nai.  )  l’avait  rapporté  avec  doute, 
au  g.  Jusiicia.  (C.  d’O.) 

BRIN -BLANC,  ois.  —  Nom  vulgaire 


BRI  736 

d’une  espèce  du  genre  Colibri,  Trochilus  su - 

perciliosus  L. 

BRIN-BLEU.  ois.  —  Nom  vulgaire  d’une 
espècedug.  Colibri,  le  Trochilus  cyanurus.  L. 

BRINBALLIER.  bot.  ph.  —  Nom  vul¬ 
gaire  de  l’Airelle,  Vuccinium  myrtillus ,  dont 
les  fruits  portent  le  nom  de  Brinballes. 

BRINBALLUS.  échin.  —  Synonyme 
d ’Holothuria  peniacta. 

BRINDONIA  ,  Dupetit-Th.  (nom  propre). 
bot.  ph. —  Un  des  synonymes  du  genre  Gar- 
cinia  de  Linné.  (C.  L.) 

BRISE.  PHYS.  —  V Oyez  MÉTÉORES. 

BRISE-LUNETTE,  bot.  ph. —  Nom  vul¬ 
gaire  de  l’Euphraise  officinale. 

BRISE-MOTTE,  ois.  —  Nom  vulgaire  du 
Traquet  motleux. 

BRISSE.  Brissus (jSpéffo-oç,  Oursin),  échin. 
—  Genre  d’Échinides ,  établi  par  Klein ,  et 
adopté  avec  quelques  modifications  par 
M.  Gray,  et  plus  récemment  encore  par 
M.  Agassiz  ;  il  correspond  à  la  section  d  du  g. 
Spatangue  de  M.  de  Blainville,  et  a  pour  ca¬ 
ractères  l’absence  d’un  sillon  bucco-dorsal , 
et  la  disposition  des  quatre  ambulacres  pairs 
déprimés,  et  formant  au  sommet  du  disque 
une  espèce  de  croix  circonscrite  par  une 
ligne  sinueuse,  sans  tubercules  ni  piquants, 
tandis  que  l’ambulacre  impair  est  à  peine 
perceptible.  M.  Agassiz  comprend  dans  ce  g. 
8  espèces  de  Spatangues  de  Lamarck.  (Duj.) 

BRISSITES.  échin.  — Espèces  fossiles  de 
Brisses. 

*BRIS80CARPUS  (  |3pi<7croç,  Oursin  ;  xocp- 
iroç,  fruit),  bot.  cr.— (Hépatiques.)  Genre  de 
la  tribu  des  Ricciées ,  que  Raddi  avait  déjà  fait 
connaître  sous  le  nom  de  Corsinia  (  voy.  ce 
mot),  quand  M.  Bischoff  lui  a  imposé  le  nou¬ 
veau  nom  de  Brissocarpus,  qui  n’a  pu  consé¬ 
quemment  être  reçu  dans  la  science.  (G.  M.) 

BRISSOIDES.  Brissoides  (Pptaaoq  ,  Our¬ 
sin  ;  fTÆoç,  aspect),  échin.  —  Genre  d’Échi¬ 
nides  ,  proposé  par  Klein  pour  diverses  es¬ 
pèces  que  Lamarck  avait  laissées  parmi  les 
Spatangues  et  les  Muléolites,  et  dontM.  Agas¬ 
siz  a  fait  son  g.  Micraster,  caractérisé  par 
la  forme  en  cœur  du  test,  et  par  la  partie 
dorsale  des  ambulacres  très  développés  et 
presque  en  étoile.  (Duj.) 

BRISSONIA  (nom  propre),  bot.  pii. —  Ce 
genre ,  établi  par  Necker,  est  rapporté  en 
synonymie  au  Tephrosia  dePersoon,  dont  il 
forme  une  section.  (C.  L.) 


736  BRI 

*BRISSUS  (fipi&tToç,  Oursin).  ins.— Gerire 
de  Coléoptères  tétramères ,  établi  par  Mé- 
gerle  dans  la  famille  des  Curculiônides,  et 
non  adopté  par  Schœnherr,  qui  en  rapporte 
les  espèces  au  g.  Omius  de  Germar.  (D.) 

*BRITHIA  (j3pt0y)ç,  lourd,  pesant),  ins.— 
Genre  de  Lépidoptères  nocturnes,  établi  par 
M.  Boisduval,  qui  le  place  dans  sa  tribu  des 
Hadénides.  Il  ne  renferme  que  3  esp. ,  dont 
une  d’Amérique  (B.  limais  Cram.),  et2  d’Eu¬ 
rope  ( B .  Pancratii  Cyrill.,  et  B.  encausia 
Hubn.).  L’une  d’elles  ,  la  B.  Pancratii ,  est 
très  commune  sur  les  bords  de  la  Méditer¬ 
ranée,  dans  les  environs  de  Montpellier.  Sa 
chenille  vit  sur  lePancralium  maritimum.  (D.) 

*BBITHOPUS  ( |3p?0oç ,  lourd,  pesant; 
ttouç,  pied),  paléont.  —  Nom  proposé  par 
M.  Kutorga,  professeur  à  l’Université  impé¬ 
riale  de  Saint-Pétersbourg,  pour  un  animal 
dont  les  restes  viennent  du  Grès  cuivreux  des 
pentes  occidentales  de  l’Oural,  terrain  qui  ap¬ 
partient  à  l’étage  du  Grès  bigarré.  Cet  animal , 
dont  on  ne  connaît  encore  qu’une  partie  in¬ 
férieure  d’humérus,  aurait  été,  selon  M.  Ku¬ 
torga,  un  mammifère  de  l’ordre  des  Éden¬ 
tés,  et  d’un  genre  voisin  des  Tatous  ;  mais  le 
peu  de  profondeur  de  la  poulie  cubito-ra- 
diale ,  et  l’absence  de  la  fosse  olécrânienne 
à  la  partie  postérieure  de  l’os,  nous  font  pen¬ 
ser  que  cet  humérus  était  celui  d’un  reptile 
voisin  des  Moniiors.  En  effet,  chez  ceux-ci, 
le  condyle  externe  est  percé  d’un  trou, 
comme  le  condyle  interne  de  plusieurs  Mam¬ 
mifères.  Cette  circonstance  du  percement  de 
l’un  des  condyles  de  l’humérus  fossile,  qui 
paraît  avoir  déterminé  M.  Kutorga  en  faveur 
des  Edentés,  peut  donc  tout  aussi  bien  venir 
à  l’appui  de  notre  opinion  :  seulement,  au 
lieu  de  voir,  dans  la  figure  publiée  par  M.  Ku¬ 
torga,  sous  le  nom  de  Brithopus  priscus,  un 
humérus  gauche  de  mammifère  percé  à  son 
condyle  interne,  il  y  faudrait  voir  l’humérus 
droit  d’un  reptile  percé  à  son  condyle  ex¬ 
terne. 

Il  nous  parait  même  probable  qu’un  autre 
os,  donné  par  le  même  auteur,  pour  la  partie 
inférieure  de  l’humérus  d’un  second  édenté 
qu’il  place  entre  les  Paresseux  et  le  Briiho - 
pas,  et  qu’il  nomme  Onhopus  primœvus,  est 
la  partie  supérieure  d’un  humérus  de  rep¬ 
tile,  peut-être  de  la  même  espèce  que  le  pré¬ 
cédent.  Dans  ce  cas ,  la  partie  prise  pour  la 
poulie  cubito-radiale  deviendrait  la  tête  ar- 


Bftî 

ticulaire  ,  et  les  saillies  considérées  comme 
les  condyles  interne  et  externe  seraient  les 
tubérosités  de  même  nom. 

Enfin,  et  nous  croyons  pouvoir  prendre  ici 
l’affirmative,  la  dent  de  Syodon  biarmicum , 
autre  nom  proposé  par  M.  Kutorga,  est,  non 
pas  une  dent  de  pachyderme,  comme  l’au¬ 
teur  cherche  à  le  démontrer  ,  mais  une  dent 
de  reptile  ou  de  poisson.  Quoi  qu’il  en  soit, 
on  ne  peut  qu’engager  la  Société  minéralo¬ 
gique  de  Saint-Pétersbourg,  qui  a  publié  l’é¬ 
crit  de  M.  Kutorga  ,  à  favoriser  de  tout  son 
pouvoir  la  recherche  de  ces  Fossiles,  qui  sont 
jusqu’à  présent,  à  notre  connaissance,  les  plus 
anciens  ossements  d'animaux  vertébrés  à 
respiration  pulmonaire  qui  aient  été  trouvés, 
et  qui  pourraient  bien  être  ceux  des  ani¬ 
maux  qui  ont  laissé  l’empreinte  de  leurs  pas 
dans  ce  même  Grès  bigarré.  (L...  d.) 

BRIUS.  ins.  —  Ce  nom  avait  été  employé 
par  M.  Mégerle  et  adopté  par  MM.  Sturm  et 
Dahl  dans  leurs  catalogues  pour  désigner 
quelques  Curculionites  d'Allemagne,  parmi 
lesquels  on  regardait  comme  type  du  g.  le 
C.mercurialis  de  Fab.,  qui  se  rencontre  en¬ 
core  aux  environs  de  Paris.  Schœnherr  a  fait 
rentrer  ces  Insectes  dans  le  g.  Barÿndtüs  de 
Germar.  (G.) 

BRIZE.  Briza  (_  |3pi£a  ,  espèce  de  plante 
céréale),  bot.  ph. —  Famille  des  Graminées. 
Genre  établi  par  Linné,  et  dont  le  port  et  les 
caractères  sont  tellement  saillants  qu’il  a  été 
adopté  par  l’universalité  des  botanistes.  Ses 
épillets  sont  multiflores;  les  fleurs  sont  im¬ 
briquées  et  distiques.  La  lépicène  se  compose 
de  deux  valves  courtes,  arrondies,  membra¬ 
neuses  ,  dépourvues  d’arêtes  comprimées  et 
renflées  à  la  base.  La  glume  se  compose  de 
deux  paillettes  membraneuses  :  l’inférieure 
arrondie,  comprimée,  cordiforme  à  sa  base, 
arrondie  et  mutique  à  son  sommet;  la  supé¬ 
rieure  beaucoup  plus  courte  et  bicarénée  sur 
son  dos.  Les  deux  paléoles  sont  glabres,  en¬ 
tières  ètbilobées  ;  la  cariopse  est  comprimée, 
glabre,  ordinairement  nue.  ' 

Les  espèces  de  ce  g.,  au  nombre  d'une 
douzaine,  sont  pour  la  plupart  originaires 
de  l’Europe;  quelques  unes  cependant  sont 
exotiques.  Parmi  celles  qui  croissent  le  plus 
communément  en  France,  nous  citerons  le 
Briza  media  L.,  qu'on  trouve  si  fréquem¬ 
ment  sur  nos  pelouses,  et  qu’on  connaît  sous 
le  nom  vulgaire  d’Amourette;  la  Briza 


737 


BRO 

maxima,  très  abondante  dans  toutes  les  ré¬ 
gions  méridionales.  (A.  R.) 

*BRIZOPYRUM  (/Spc'Çct,  espèce  de  plante 
céréale  ;  Tcvpoç ,  blé),  bot.  pu. — Famille  des 
Graminées.  Genre  que  le  professeur  Link  a 
établi  pour  les  espèces  du  g.  Poa,  dont  les 
épillets  sont  multiflores,  comprimés,  et  les 
fleurs  disposées  en  épis  paniculés.  C’est 
une  simple  tribu  du  grand  genre  Poa. 
V oyez  paturin.  (A.  R.) 

BROCARD  DE  SOIE.  moll.  —  Nom 
vulgaire  du  Cône  géographique. 

BROCATELLE.  géol.  —  Nom  de  plu¬ 
sieurs  variétés  de  calcaire  globulifère  di¬ 
versement  colorées  qu’on  exploite  pour  les 
besoins  du  commerce.  Elles  sont  employées 
à  la  décoration  des  édifices  ;  et ,  entre  les 
mains  des  sculpteurs ,  elles  servent  à  fabri¬ 
quer  des  objets  de  luxe,  jadis  fort  recherchés. 
La  Brocatelle  la  plus  belle  est  celle  d’Espa¬ 
gne,  qu’on  tire  des  environs  de  Tortose. 
V oyez  calcaire.  (C.  d’O.) 

BROCATELLE  D’OR  ,  D’ARGENT  et 
BRUNE.  ins.  —  Noms  spécifiques  donnés 
par  Geoffroy  à  3  esp.  de  Lépidoptères  noc¬ 
turnes  de  la  tribu  des  Phalénites ,  et  appar¬ 
tenant  aujourd’hui  au  g.  Larentie.  (D.) 

*BROCCHIA  (nom  propre),  bot.  pu.  — 
Section  du  genre  Tanacelum  (  famille  des 
Composées),  renfermant  les  esp.  africaines 
munies  de  capitules  homogames  ou  rare¬ 
ment  hétérogames,  et  de  fleurons  à  4  dents, 
de  fruits  anguleux  ou  comprimés,  et  non  ob- 
comprimés  au  rayon.  (J.  D.) 

*RROCCHINIA  (nom  propre),  bot.  ph. 
—  Genre  de  la  famille  des  Broméliacées 
établi  par  Schultes  fils  (Syst.  vég.,  VII, 
p.  1250)  pour  une  plante  originaire  du  Bré¬ 
sil ,  très  voisine  des  Pilcairnia  ,  dont  elle 
diffère  seulement  par  ses  étamines  soudées 
par  leurs  filets  presque  jusqu’à  la  moitié 
de  leur  hauteur  ;  par  ses  ovules  horizon¬ 
taux  et  non  ascendants,  et  enfin  par  ses 
graines  allongées ,  qu’un  appendice  ensi- 
forme  termine  à  chaque  extrémité.  Ces  ca¬ 
ractères  sont  d'assez  faible  valeur  pour  sé¬ 
parer  le  g.  Brocchinia  du  grand  g.  Pitcair- 
nia.  Voyez  pitcairnia.  (A.  R.) 

*BROCHANTITE  ,  Lév.  (  nom  propre). 
min.  —  Substance  vitreuse,  transparente, 
d’un  vert  d’émeraude,  insoluble  dans  l’eau, 
attaquable  par  les  acides ,  et  donnant  de 
l’eau  par  la  calcination.  C’est  un  sous-sul- 
t.  n. 


BRO 

fate  de  Cuivre,  signalé  comme  espèce  nou¬ 
velle  par  Lévy,  qui  lui  a  imposé  le  nom  de 
Brochantite,  en  l’honneur  du  minéralogiste 
français  Brochant  de  Villiers.  Ce  minéral 
cristallise  en  prisme  droit  rhomboïdal  de 
117°,  avec  un  biseau  terminal  de  150°  30’, 
correspondant  à  la  grande  diagonale.  Pe¬ 
santeur  =  3,8  ;  dureté  =  3,5.  Sa  formule 
de  composition  est  SC«3  ~|-  3Aq.  Cette  sub¬ 
stance  rare  a  été  trouvée  avec  la  Malachite 
et  le  Cuivre  rouge  à  Ekaterinebourg  en  Si¬ 
bérie,  avec  la  Galène  et  l’Azurite  à  Rez- 
banya  en  Transylvanie.  On  la  cite  encore 
au  Chili.  (Del.) 

BROCHET.  Esox.  poiss. — Poisson  d’Eu¬ 
rope,  connu  de  tout  le  monde  par  sa  vora¬ 
cité  et  la  légèreté  de  sa  chair  blanche,  d’une 
digestion  facile,  et  qui  vit  en  abondance  dans 
toutes  nos  eaux  douces.  Son  corps  est  allongé, 
arrondi,  ou  plutôt  à  quatre  pans  dont  les  an¬ 
gles  sont  mousses  ou  obtus.  La  dorsale  pe¬ 
tite  ,  reculée  sur  le  dos  et  au-dessus  de  l’a¬ 
nale,  qui  n’est  pas  allongée  ;  la  queue  courte 
et  comprimée  est  suivie  d’une  caudale 
peu  grande.  La  gueule  de  ce  poisson  est 
fendue  jusqu’au-delà  des  yeux,  sous  un 
museau  large  et  déprimé.  Les  maxillaires 
qui  bordent  la  plus  grande  partie  de  la  m⬠
choire  supérieure  ne  portent  pas  de  dents  ; 
mais  il  y  en  a  sur  les  intermaxillaires,  sur 
les  palatins,  le  vomer,  les  os  pharyngiens, 
les  arceaux  des  branchies ,  la  langue  et  la 
mâchoire  inférieure.  Plusieurs  de  celles-ci 
sont  longues,  comprimées  et  très  tranchantes. 
Avec  une  gueule  aussi  bien  armée  pour 
satisfaire  à  sa  voracité ,  on  a  donc  eu  rai¬ 
son  de  surnommer  le  Brochet  le  Requin  de 
nos  eaux  douces.  Ce  poisson  s’y  nourrit 
de  tout  ce  qui  y  est  vivant  et  animal ,  sans 
épargner  les  individus  de  son  espèce;  il 
avale  toutes  les  autres  espèces  de  Poissons, 
même  ceux  qui  peuvent  le  blesser  et  lui 
causer  quelquefois  la  mort.  Il  poursuit  aussi 
les  Rats  d’eau,  les  petits  Oiseaux  aquatiques, 
et  même  il  se  jette  sur  les  animaux  morts  et 
jetés  dans  l’eau.  Le  Brochet  croît  très  vite 
et  atteint  à  une  très  grande  taille,  quoiqu’on 
l’ait  exagérée  en  parlant  de  Brochets  de 
dix-neuf  pieds  ;  du  moins  assure-t-on  que  le 
squelette  de  celui  de  cette  taille  conservé 
à  Manheim  ,  qu’on  disait  avoir  été  trouvé 
avec  un  anneau  d’or  attaché  à  son  ouïe,  et 
portant  la  date  et  le  nom  de  l’empereur 
47 


BRO 


738 

Frédéric  Barberousse,  a  la  colonne  verté¬ 
brale  composée  de  vertèbres  appartenant  à 
des  individus  différents,  et  qu’on  aurait,  par 
conséquent ,  pu  allonger  encore  la  taille  de 
ce  prétendu  géant  des  Brochets.  Les  auteurs 
rapportent  cependant  que,  dans  le  Volga,  on 
en  trouve  du  poids  de  quarante  livres  et  de 
sept  pieds  de  longueur.  Linné,  Lacépède  et 
Bloch  considéraient  comme  du  genre  des 
Brochets  les  Abdominaux  ayant  la  dorsale 
reculée  au-dessus  de  l’anale.  Cuvier  a  fait 
de  ce  genre  une  famille,  et  a  limité  le  genre 
Brochet  aux  espèces  de  Lucioides  dont  la 
gueule  est  armée  de  dents  implantées  sur  les 
mêmes  os  que  dans  le  Brochet  ordinaire.  On 
ne  connaît  alors  que  peu  d’espèces  de  ce 
genre;  deux  ou  trois  qui  vivent  dans  les 
eaux  douces  de  l’Amérique  septentrionale. 

On  donne  aussi  le  nom  de  brochet  de 
mer  à  plusieurs  Poissons  tels  que  l’Orphie, 
les  Merlus,  etc.  (Val.) 

BROCHET  DE  TERRE,  rept.  —  Nom 
vulg.  du  Mabouya ,  Lacerta  occidua  de 
Shaw,  espèce  du  g.  Scinque. 

BROCOLI  (Broccoli,  nom  italien  de  cette 
plante),  bot.  ph.  —  Nom  d’une  espèce  du 
g.  Chou. 

BRODAME,  Lacép.  poiss.  —  Synonyme 
d’Aspidophore. 

BRODERIE,  rept.  —  Espèce  du  g.  Boa. 

BRODIÆA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Le  genre  ainsi  nommé  par  Smith  (  Linn. 
Trans.,  X,  p.  2,  t.  1)  appartient  à  la  famille 
des  Liliacées.  C’est  le  même  genre  que  Salis- 
bury  ( Parad .  Lond.,  p.  117,  t.  98)  a  nommé 
Hookeria.  Il  se  compose  d’un  certain  nombre 
d’espèces,  qui  toutes  croissent  sur  la  côte 
orientale  de  l’Amérique  du  Nord.  Ce  sont  des 
plantes  herbacées,  à  feuilles  linéaires,  à  fleurs 
bleues ,  disposées  en  sertule  ou  ombelle  sim¬ 
ple.  Leur  calice  coloré  est  campaniforme , 
anguleux,  composé  de  six  sépales  unis  infé¬ 
rieurement.  Les  six  étamines  sont  insérées  à 
la  gorge  du  calice  ;  trois  seulement  sont  fer¬ 
tiles  ,  les  trois  autres  sont  sous  la  forme  d’é- 
cailles  pétaloides.  Un  disque  annulaire  est 
placé  au-dessous  de  la  base  de  l’ovaire.  Le 
fruit  est  une  capsule  pédicellée ,  recouverte 
par  le  calice  ;  elle  est  à  3  loges  et  s’ouvre  en 
3  valves.  Chaque  loge  contient  4  ou  5  graines 
ovoïdes-comprimées ,  à  tégument  membra¬ 
neux  et  de  couleur  noire.  (A.  R.) 

BROME  (j3pw/*o;,  puanteur),  min.— Nou- 


BRÔ 

veau  corps  simple,  découvert  par  M.  Balard, 
en  1826  ,  dans  l’eau -mère  provenant  de  la 
cristallisation  du  Sel  marin,  et  ainsi  nommé 
à  cause  de  l'odeur  forte  et  désagréable  qu’il 
exhale.  Il  n’existe  point  à  l’état  libre  dans  la 
nature;  il  est  contenu  dans  les  eaux  de  la 
mer  sous  la  forme  de  Bromure  magnésique  et 
de  Bromure  sodique.  On  l’a  reconnu  en  ou¬ 
tre  dans  quelques  mines  d’ Argent  et  de  Zinc 
à  l’état  de  Bromure  solide  et  cristallin.  A  la 
température  ordinaire,  le  Brome  est  liquide 
et  d’un  rouge  brun  foncé  ;  sa  vapeur  est  ru¬ 
tilante.  A  25°  au-dessous  de  zéro,  il  se 
fige,  devient  dur,  cassant,  prend  une  cou¬ 
leur  d’un  gris  de  plomb  foncé  ,  et  un  éclat 
presque  métallique,  y oy.  bromures.  (Del.) 

BROME  (0pwpoç,  puanteur),  chim.—  Le 
Brome  est  un  corps  élémentaire  découvert, 
en  1826,  par  M.  Balard  dans  les  eaux-mères 
des  marais  salants,  où  il  existe  en  combinai¬ 
son  avec  le  Magnésium,  à  l’état  de  Bromure 
de  Magnésium. 

Rangé  parmi  les  Métalloïdes  ,  le  Brome 
présente  une  grande  analogie  avec  le  Chlore 
par  la  manière  dont  il  se  comporte  avec  les 
autres  corps  simples  ;  il  en  diffère  cependant 
par  plusieurs  caractères  saillants. 

Le  Brome,  à  la  température  ordinaire,  se 
présente  sous  la  forme  d’un  liquide  rouge- 
brun,  paraissant  noir  par  réflexion,  et  d’une 
belle  couleur  hyacinthe  par  réfraction.  Son 
odeur,  forte  et  désagréable ,  lui  a  fait  don¬ 
ner  le  nom  qu’il  porte  ;  sa  saveur  est  âcre 
et  caustique  ;  mis  en  contact  avec  la  peau  , 
il  la  colore  en  jaune  foncé  et  la  corrode.  Il 
entre  en  ébullition  à  49°,  et  donne  des  va¬ 
peurs  rouges  ;  sa  volatilité  est  telle,  qu’une 
goutte  versée  dans  un  grand  flacon  se  vapo¬ 
rise  à  l’instant  et  le  remplit  de  vapeurs  ru¬ 
tilantes.  A  25°  au-dessous  de  zéro,  il  se  soli¬ 
difie  et  prend  une  apparence  métallique  qui 
le  fait  ressembler  à  l’Iode.  Sa  densité  est  de 
2,966;  celle  de  sa  vapeur  5,393;  le  poids 
de  son  atome  égale  489,153. 

Peu  soluble  dans  l’eau ,  le  Brome  se  dis¬ 
sout  dans  L’Alcool,  et  mieux-  encore  dans  l’ɬ 
ther,  qu’il  colore  en  rouge  hyacinthe.  Im¬ 
propre  à  la  combustion,  sa  vapeur  éteint  la 
flamme  d’une  bougie  en  lui  communiquant 
d’abord  une  couleur  verte.  Le  Brome  détruit 
rapidement  les  matières  colorantes,  et  se 
comporte  à  leur  égard  comme  le  Chlore. 

Le  Brome  forme,  avec  l’oxygène  et  l’hy- 


B  RO 


739 


BRO 

drogène,  des  acides  bromique  et  bromhydri- 
que.  Il  déplace  l’Iode  de  ses  combinaisons, 
mais  il  est  à  son  tour  déplacé  par  le  Chlore  ; 
c’est  même  en  profitant  de  cette  propriété 
que  M.  Balard  l’a  mis  à  nu  pour  la  première 
fois.  Il  forme,  avec  le  Carbone,  le  Chlore,  le 
Soufre,  le  Phosphore,  le  Cyanogène,  etc.,  des 
composés  que  Sérullas  a  fait  connaitre,  mais 
qui  n’offrent  qu’un  intérêt  scientifique. 

L’action  du  Brome  sur  l’économie  ani¬ 
male  est  des  plus  énergiques;  il  agit,  à  pe¬ 
tite  dose,  comme  un  poison  caustique  très 
violent  :  une  goutte,  ingérée  dans  le  bec  d’un 
oiseau,  suffit  pour  lui  donner  la  mort.  (A.D.) 

BROME.  Bromus  (foopqç,  sorte  de  grami¬ 
née).  bot.  ph. — Grand  genre  de  la  famille  des 
Graminées,  type  de  la  tribu  des  Bromées,  dont 
les  caractères  sont  très  saillants  et  par  con¬ 
séquent  très  faciles  à  saisir.  Les  fleurs  sont 
toujours  disposées  en  panicule.  Les  épillets 
sont  allongés ,  ordinairement  multifiores  ; 
quelquefois,  mais  plus  rarement ,  composés 
de  trois  fleurs  seulement  :  celles-ci  sont  dis¬ 
tiques.  Les  deux  valves  de  la  lépicène  sont 
allongées,  mutiques,  inégales,  carénées  sur 
leur  dos  ;  la  paillette  extérieure  de  la  glume 
est  allongée  ,  bifide  à  son  sommet ,  et  porte 
une  arête  qui  naît  immédiatement  au-des¬ 
sous  de  cette  petite  fente;  la  paillette  in¬ 
terne  est  dépourvue  d’arête  ,  mais  bicaré- 
née  à  son  dos  et  ciliée  sur  ses  deux  carènes. 
Les  deux  paléoles  sont  très  petites  ,  entières 
et  glabres.  La  cariopse  est  étroite,  allongée, 
et  convexe  d’un  côté,  plane  de  l’autre  côté. 

Les  Bromes  ,  au  nombre  d’environ  80  es-, 
pèces  ,  sont  répandus  dans  presque  toutes 
les  contrées  du  globe ,  et  particulièrement 
en  dehors  des  tropiques.  Ce  sont  des  Gra¬ 
minées  vivaces ,  acquérant  souvent  d’assez 
grandes  dimensions  ,  et  qu’on  trouve  très 
abondamment  dans  les  prés  ,  les  bois  et  les 
champs.  En  France  ,  on  en  compte  environ 
18  espèces  ,  qui ,  pour  la  plupart ,  forment 
un  fourrage  d’assez  bonne  qualité.  (A.  R.) 

*BROMÉES.  Bromece.  bot.  ph. — L’une  des 
tribus  de  la  famille  des  Graminées.  C’est  la 
même  qui  a  été  nommée  Festucacées  par 
M.  Kunth.  Voyez  graminées.  (A.  R.) 

BROMELIA.  bot.  ph. — Voyez  bromélie. 

BROMÉLIACÉES.  Bromeliaceœ.  bot.  ph. 
—  Famille  naturelle  de  plantes  monocoty- 
lédonées,  qui  a  pour  type  le  genre  Bromelia, 
et  dont  les  caractères  peuvent  être  énoncés 


de  la  manière  suivante  :  Les  fleurs  sont  her¬ 
maphrodites ,  généralement  régulières,  dis¬ 
posées  en  épis  tantôt  très  denses,  tantôt  plus 
ou  moins  lâches,  plus  rarement  en  grappes 
ou  en  panicules.  Chaque  fleur  est  accompa¬ 
gnée  à  sa  base  par  une  bractée  de  forme  et 
de  grandeur  variées.  Le  calice  est  formé  de 
six  sépales  disposés  sur  deux  rangs ,  soudés 
inférieurement ,  et  formant  un  tube  tantôt 
complètement  libre  ,  tantôt  soudé  dans  ur.e 
étendue  plus  ou  moins  considérable  avec 
l’ovaire.  De  ces  sépales,  trois  extérieurs  sont 
ordinairement  plus  courts  et  quelquefois 
moins  colorés  ;  les  trois  intérieurs  sont  plus 
grands  et  pétaloïdes  ,  quelquefois  un  peu 
inégaux,  souvent  munis  à  leur  face  interne 
d’une  crête  nectarifère.  Les  étamines,  géné¬ 
ralement  au  nombre  de  six  ,  sont  quelque¬ 
fois  peu  nombreuses.  Elles  sont  insérées  à 
la  face  interne  des  sépales,  quelquefois  tout- 
à-fait  à  leur  base  ,  de  manière  à  paraître 
comme  hypogyniques.  Leurs  filets  sont  li¬ 
bres,  et  les  anthères  plus  ou  moins  allongées 
sont  introrses.  L’ovaire  est  ou  tout-à-fait  li¬ 
bre,  ou  semi-infère,  ou  complètement  infère, 
à  3  loges  contenant  chacune  un  nombre  va¬ 
riable  d’ovules,  attachés  soit  à  l’angle  interne 
de  chaque  loge,  soit  à  sa  partie  supérieure  , 
soit  à  sa  base.  Ils  sont  en  nombre  déterminé 
ou  indéterminé.  Le  style  est  simple,  trigone, 
quelquefois  partagé  en  trois  segments  à  son 
sommet  ;  il  est  terminé  par  trois  stigmates 
plus  ou  moins  allongés,  quelquefois  soudés 
et  presque  confondus  en  un  seul.  Le  fruit  est 
sec  ou  charnu ,  tantôt  couronné  par  les  di¬ 
visions  calicinales  quand  l’ovaire  était  plus 
ou  moins  adhérent ,  tantôt  accompagné  et 
simplement  recouvert  par  les  sépales,  quand 
l’ovaire  était  libre.  Il  offre  trois  loges  conte¬ 
nant  chacune  un  nombre  variable  de  graines. 
Quand  le  péricarpe  est  capsulaire,  il  s’ouvre 
en  trois  valves  septifères  sur  le  milieu, de  leur 
face  interne.  Les  graines  sont  OYoides-allon- 
gées ,  portées  sur  un  funicule  quelquefois 
accompagné  à  son  sommet  d’un  bouquet  de 
longs  poils  appliqué  sur  un  des  côtés  de  la 
graine.  Celle-ci  se  compose  d’un  embryon 
très  petit,  quelquefois  droit  ou  en  forme  de 
crochet  placé  à  la  base  d’un  gros  endosperme 
farineux. 

Toutes  les  plantes  de  cette  famille  sont  ori¬ 
ginaires,  soit  des  Antilles ,  soit  du  continent 
de  l’Amérique  méridionale.  Elles  se  font  re* 


EilO 


BRO 


740 

marquer  par  un  port  tout  particulier,  et  qui 
est  certainement  le  meilleur  caractère  de  ce 
groupe.  Ce  sont  des  plantes  vivaces ,  quel¬ 
quefois  des  arbustes  rameux  ,  portant  des 
feuilles  très  nombreuses ,  épaisses  et  raides, 
souvent  armées  de  dents  épineuses  sur  leurs 
bords.  Yoici  le  tableau  des  genres  qui  y  ont 
été  rapportés. 

§  I.  Ovaire  infère. 

I.  Fruit  charnu  :  six  étamines. 

Ananassees,  Nob.  :  Ananas ,  Lindl.;  Bro- 
melia ,  L.  ;  Æchmea ,  R.  et  Pav.  ;  Billbergia, 
Thunb.  ;  Hohenbergia ,  Schult.  fils. 

II.  Fruit  capsulaire  :  six  étamines  ou  plus. 

Velloziees  :  Barbacenia,  Yand.;  Vellosia, 
Vand. 

§  II.  Ovaire  semi-in  fer  e. 

Pitcairniées  ,  Nob.  :  Brocchinia ,  Schult. 
fils  ;  Pitcairnia,  L’Hérit. 

§  III.  Ovaire  libre. 

Tillandsiées:  Tillandsia,  h.)  Caragnala, 
Plum.  ;  Guzmanniu,  R.  etPaY.  ;  Bonapartea , 
R.  et  Pav.  ;  JVavia  ,  Mart.  ;  Coitendorfia  , 
Schult.  fils  ;  Dyckia  ,  Schult.  fils  ;  Encho- 
lirium,  Mart.  ;  Pounetia,  R.  et  Pav.  ;  JVelde- 
nia  ? ,  Schult.  fils. 

La  famille  des  Broméliacées  forme  un 
groupe  assez  naturel,  si  l’on  n’envisage  que 
le  port  des  végétaux  qui  y  ont  été  rapportés  ; 
mais  quand  on  examine  leur  structure  ,  on 
voit  ses  genres  se  rapprocher  de  plusieurs 
groupes  au  milieu  desquels  les  Broméliacées 
se  trouvent  placées.  C’est  ainsi,  par  exemple, 
que  les  genres  à  ovaire  libre,  qui  forment  la 
tribu  des  Tillandsiées,  ont  une  assez  grande 
analogie  avec  les  Liliacées,  dont  ils  ne  diffè¬ 
rent  guère  que  par  leur  port  et  leur  embryon 
placé  au  centre  d’un  endosperme  farineux  et 
non  charnu ,  caractère  qui ,  pour  le  dire  en 
passant ,  ne  me  parait  que  d’une  médiocre 
importance.  D’un  autre  côté,  les  Bromélia¬ 
cées  à  ovaire  infère  se  rapprochent  beau¬ 
coup  des  Hémodoracées ,  dont  le  port  s’ac¬ 
corde  assez  avec  le  leur ,  à  tel  point  même 
que  MM.  [Martius  et  Endlicher  ont  placé  la 
tribu  des  Yeïlosiées  dans  cette  dernière  fa¬ 
mille.  Mais  ce  qui  en  distingue  les  Bromé¬ 
liacées,  ce  sont  les  sépales  disposés  sur  deux 
rangs  ;  le  fruit  toujours  à  trois  loges  poly- 
spermes,  tandis  qu’il  est  souvent  à  une  seule 


loge  ,  et  même  monosperme  et  indéhiscent 
dans  les  Hémodoracées.  Nous  pensons  que 
les  genres  de  la  famille  des  Broméliacées 
auraient  besoin  d’une  révision  approfondie 
propre  à  déterminer  définitivement  ceux  qui 
doivent  constituer  cette  famille ,  si  toutefois 
une  famille  des  Broméliacées  doit  être  con¬ 
servée.  (A.  R.) 

BROMÉLIE.  Bromelia  (Bromel,  botaniste 
suédois),  bot.  ph.  —  Type  de  la  famille  des 
Broméliacées.  Ce  genre  se  compose  d’un  cer¬ 
tain  nombre  d’espèces ,  grandes  plantes  vi¬ 
vaces  ,  à  feuilles  toutes  radicales ,  épaisses , 
coriaces,  à  dents  épineuses  sur  leurs  bords, 
à  tiges  ordinairement  nues,  rarement  feuil- 
lées,  portant  des  fleurs  assez  grandes  et  dis¬ 
posées  en  épi  lâche ,  surmonté  d’un  bouquet 
de  feuilles  rapprochées.  Leur  calice ,  adhé¬ 
rent  avec  l’ovaire  infère,  a  son  limbe  double, 
composé  de  trois  divisions  extérieures  calici- 
nales ,  et  de  trois  internes  pélaloïdes.  Les  éta¬ 
mines  ,  au  nombre  de  six ,  ont  leurs  filets 
courts ,  attachés  vers  la  partie  inférieure  de 
chaque  sépale.  L’ovaire  infère  contient  un 
grand  nombre  d’ovules  attachés  à  l’angle  in¬ 
terne  de  chacune  de  ses  trois  loges.  Le  fruit 
se  compose  de  baies  distinctes  à  3  loges  po- 
lyspermes.  Parmi  les  espèces  de  ce  genre , 
on  cultive  fréquemment  dans  nos  serres 
chaudes  les  Bromelia  pinguin  et  Bromelia 
karatas ,  espèces  plus  remarquables  par  leurs 
feuilles  et  leur  port  que  par  leurs  fleurs  peu 
brillantes.  On  a  retiré  du  g.  Bromelia  le  B. 
ananas  L.,  devenu  le  type  d’un  g.  particu¬ 
lier.  Voyez  ananas.  (A.  R.) 

*BROMFELDIA  (nom  propre),  bot.  ph.— 
Ce  genre,  dédié  par  Necker  à  un  Anglais  au¬ 
teur  de  quelques  opuscules  botaniques , 
N.  Bromfield,  est  synonyme  de  Jatropha,  nom 
que  Necker  réservait  pour  les  esp.  de  ce  g. 
dépourvues  de  corolle,  et  dont  on  fait  main¬ 
tenant  le  Janipha.  Voyez  jatropha. 

(Ad.  J.) 

*BROMFELDIA ,  Neck.  (nom  propre). 
bot.  ph. — Un  des  synonymes  du  genre  Cur- 
cas  d’Adanson.  (C.  L.) 

*BROMIUS  (surnom  de  Bacchus).  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  tétramères,  famille  des 
Chrysomélines,  tribu  des  Eumolpoïdes,  créé 
par  M.  Chevrolat  et  adopté  par  M.  Dejean  , 
qui  {Catal.)  en  mentionne  4  espèces  :  2  des 
Indes  orientales  et  2  d’Europe.  Parmi  celles- 
ci  ,  il  faut  regarder  comme  types  YEumolpus 


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obscurus  et  le  vitis,  qui  se  trouvent  en  France  ; 
ce  dernier  est  assez  commun  aux  environs 
de  Paris.  Il  n’est  malheureusement  que  trop 
connu  par  les  dégâts  qu'il  cause  aux  vigno¬ 
bles  ,  tant  comme  larve  que  comme  insecte 
parfait.  Dans  ce  dernier  état,  il  se  tient  au- 
dessous  des  feuilles  de  la  vigne,  qu’il  perfore 
irrégulièrement  par  tracés  multiples  ;  si  l’on 
veut  le  prendre,  il  déploie  alors  une  ruse  ex¬ 
cessive  ;  car,  au  moindre  mouvement  ou  au 
moindre  bruit ,  il  se  laisse  tomber,  se  fixe, 
en  décrivant  une  courbe,  à  la  partie  inférieure 
des  feuilles  qui  se  rapprochent  le  plus  du  sol  ; 
et  lorsqu’il  est  pris ,  il  fait  le  mort.  Je  crois 
avoir  observé  la  larve  se  nourrissant  de  ce 
fruit  ;  mais  elle  ne  se  trouve  que  dans  les 
grappes  dont  les  grains  sont  très  serrés  et 
noirs.  Une  espèce  presque  identique,  et  qu’on 
croit  être  la  même,  se  trouve  aux  États-Unis, 
où  l’on  sait  que  ne  croît  pas  la  vigne. 
M.  Hope  ( Coleoplerisi’s  manual,  pag.  8)  indi¬ 
que  ces  Insectes  sous  le  nom  générique  A’A- 
doxus ,  Kirby.  (G.) 

BROMURES,  min.  —  Genre  de  composés 
minéraux  résultant  de  la  combinaison  du 
Brome  avec  d’autres  corps  simples.  Ces  es¬ 
pèces  ont  pour  caractères  communs  de  donner 
des  vapeurs  rouges  de  Brome  lorsqu’on  les 
chauffe  dans  le  tube  fermé  avec  du  bisulfate 
de  Potasse,  et  de  colorer  la  flamme  du  cha¬ 
lumeau  en  bleu  verdâtre  lorsqu’on  les  fond 
avec  du  sel  de  Phosphore  mêlé  d’oxyde  de 
Cuivre.  On  en  connaît  quatre  ,  dont  deux 
sont  solubles  dans  l’eau  (les  Bromures  ma- 
gnésique  et  sodique),  et  deux  sont  insolubles 
(les  Bromures  d’Argent  et  de  Zinc).  Les  deux 
premiers  n’existent  qu’à  l’état  de  dissolution 
dans  les  eaux  de  la  mer  ,  et  dans  quelques 
sources  salées  de  l’intérieur  des  continents. 
Les  deux  autres  sont  de  véritables  minéraux, 
mais  d’une  grande  rareté  ,  et  sur  la  nature 
desquels  nous  n’avons  pas  encore  de  rensei¬ 
gnements  bien  précis. 

1.  Bromure  de  zinc.  La  présence  de  ce 
Bromure  a  été  indiquée  dans  les  minerais  de 
Zinc  de  la  Silésie.  On  le  reconnaît  à  ce  qu’il 
donne,  par  les  alcalis,  un  précipité  qui  prend 
une  couleur  verte  par  la  calcination  avec  le 
Nitrate  de  Cobalt. 

2.  Bromure  d’argent  (  Argyrobrome).  En 
petits  cristaux  d’un  vert  d’herbe,  dont  la 
forme  n’a  point  encore  été  déterminée ,  et 
que  M.  Berthier  a  reconnu  le  premier  dans  | 


un  minerai  d’Argent  de  San-Onufre,  district 
de  Plateros  au  Mexique  :  ils  sont  accompa¬ 
gnés  de  Carbonate  de  chaux  ,  de  Carbonate 
et  de  Phosphate  de  plomb  ,  etc.  Le  tout  a 
pour  gangue  un  Quartz  ferrugineux,  pénétré 
de  veines  d’Argent  chloruré. 

Le  Bromure  d’Argent  est  facile  à  recon¬ 
naître  au  moyen  de  l’Ammoniaque.  On  le 
dissout  dans  cet  alcali ,  puis  on  évapore 
l’Ammoniaque.  Le  Bromure  qu’on  reproduit 
ainsi  ne  tarde  point  à  se  colorer  en  vert  au 
contact  de  la  lumière.  —  M.  Berthier  a  re¬ 
connu  la  même  espèce  dans  d’autres  mines 
d’Argent ,  où  elle  est  de  même  associée  au 
Chlorure,  et  quelquefois  dans  une  propor¬ 
tion  qui  égale  celle  de  ce  dernier  minerai. 
On  cite  entre  autres  les  pacos  du  Pérou , 
ceux  de  Chanaveilles ,  de  Huelgoët  en  Bre¬ 
tagne,  etc.  (Del.) 

BROMUS.  bot.  ph. —  Nom  latin  du  genre 
Brome.  (A.  R.) 

BRONCHES.  zool. —  Voyez  respiration. 

BRONCHES  (j3poyx°«,  gosier),  ins.— Genre 
de  Coléoptères  tétramères,  établi  par  Germar 
dans  la  famille  desCurculionides.  M.  Dejean, 
après  avoir  adopté  ce  genre  dans  ses  précé¬ 
dents  Catalogues,  l’a  supprimé  dans  le  der¬ 
nier  (  3e  édit.  ),  et  en  a  rapporté  les  espèces 
au  genre  üipporhinus  de  Schœnherr.  (D.) 

BRONGN IARTELLE  (diminutif  de  Br  on- 
gniariia).  bot.  cr.  —  (Phycées.)  M.  Bory  de 
Saint-Vincent  (  Dictionnaire  classique  (l’his¬ 
toire  naturelle  )  proposait  ce  genre,  qu’il  fon¬ 
dait  sur  un  démembrement  des  Hutchimia 
d’Agardh,  devenues  depuis  les  Polysiphonies. 
Le  caractère  qu’il  assignait  à  ce  nouveau 
genre ,  c’est-à-dire  la  fructification  stichi- 
diaire,  convenant  non  seulement  au  P.  bys- 
soides  qu’il  prenait  pour  type,  mais  encore  à 
toutes  les  espèces  du  genre  Polysiphonia  , 
la  proposition  n’allait  à  rien  moins  qu’à  sub¬ 
stituer  un  nom  à  un  autre.  Le  nom  proposé 
par  le  spirituel  micrographe  n’a  donc  pas  dû 
être  adopté.  (C.  M.) 

*BRONGNÎARTIA  (Brongniart  père  et 
fils,  célèbres  naturalistes),  ins.  —  Genre  de 
Coléoptères  pentamères,  famille  des  Cébrio- 
nites  de  Latreille  ,  créé  par  M.  Leach  ,  ainsi 
que  celui  de  Dumerilia,  avec  des  femelles  du 
genre  Cebrio.  Latreille,  avant  de  savoir  que 
le  Cebrio  brevicornis  d’Olivier  n’était  que  la 
femelle  du  C.  gigas  de  Fabricius,  avait  formé 
avec  celle-ci  son  genre  Hammonia.  Il  a  été 


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abandonné  depuis,  et  il  en  sera  de  même  de 
ceux  de  Leach  ,  lorsque  l’histoire  de  ces  In¬ 
sectes  sera  mieux  connue.  (C.) 

*BRONGNI  A  HT  I  A  ( voyez  l’article  pré¬ 
cédent).  crust.  —  Genre  de  Trilobiies  pro¬ 
posé  par  M.  Eaton ,  et  synonyme  de  celui 
d 'Isotelus.  (P.  G.) 

BRONGMARTIA  ,  Blum.  (Ad.  Bron- 
gniart,  célèbre  botaniste  français),  bot  ph.— 
Genre  de  la  famille  des  Papilionacées,  tribu 
desLotées-Galégées,  établi  par  MM.  de  Hum- 
boldt  et  Kunth,  et  qui  peut-être  devra  être 
réuni  au  Per  aile  a  des  mêmes, dont  il  ne  diffère 
guère  que  par  un  légume  plus  distinctement 
stipité  et  non  échancré  à  la  suture  sémini- 
fère.  Il  ne  renferme  encore  que  2  espèces , 
dont  l’une  ,  le  B.  podalyrioides ,  est  cultivée 
dans  les  jardins.  Ce  sont  des  arbrisseaux 
appartenant  à  l’Amérique  tropicale,  à  feuil¬ 
les  imparipennées  ,  2-5-juguées  ;  à  stipules 
pétiolaires  géminées ,  foliacées;  a  fleurs  in¬ 
carnates  ou  violacées,  dont  la  carène  jaun⬠
tre  ,  portées  sur  des  pédoncules  axillaires  , 
géminés,  uniflores  et  articulés. —  On  désigne 
aussi  sous  ce  nom  un  synonyme  du  genre 
Kibara  ,  Endlich.  (C.  L.) 

BROXGKIARTIEN.  rept.  —  Nom  d’une 
espèce  de  Lézard  européen  dédié  à  M.  Bron- 
gniart.  (P.  G.) 

*BRONGNIARTINE  (nom  propre),  min. 
—  Même  chose  que  Glaubérite.  Voyez  sul¬ 
fates.  (Del.) 

*BRONNIA  (nom  propre),  bot.  pii. — Genre 
de  la  famille  des  Frankéniacées  (  ?  Fouquiè- 
racées,  DC.),  formé  par  MM.  de  Humboldt  et 
Kunth,  sur  un  arbre  mexicain,  glabre,  à  bois 
blanchâtre ,  fragile  ;  à  rameaux  armés  d’é¬ 
pines  éparses,  solitaires,  portant  des  feuilles 
fasciculées-serrées  dans  les  aisselles  des  épi¬ 
nes,  obovales-oblongues,très  entières,  mem- 
branacées  ;  à  fleurs  coccinées ,  disposées  en 
panicules  terminales,  très  rameuses,  subco- 
rymbiformes.  (G.  L.) 

‘BRONTE  (  nom  d’un  des  fils  d’Uranus, 
un  des  Cyclopes).  poiss.  —  Genre  de  Silu- 
roïdes  à  dents  bifides  à  l’extrémité ,  chaque 
pointe  étant  recourbée  en  dedans.  Le  pa 
lais  est  lisse  et  sans  dents  ,  il  n’y  a  que 
deux  barbillons  maxillaires,  une  petite 
dorsale  à  premier  rayon  faible.  Point  de  na¬ 
geoire  adipeuse  sur  le  dos  de  la  queue  ;  les 
premiers  rayons  des  nageoires  prolongés  en 
filet.  On  ne  connaît  qu’une  espèce  de  ce  g.; 


les  habitants  du  Pérou  la  nomment  Prenna- 
dilla .  Elle  vit  dans  les  ruisseaux  qui  des¬ 
cendent  du  Cotopaxi,  et  se  lient  à  5,000  mè¬ 
tres  au-dessus  du  niveau  de  la  mer.  On  le 
regarde  comme  le  poisson  lancé  par  le  vol¬ 
can  dans  les  éruptions  qui  vomissent  en 
abondance  ces  petits  animaux,  dont  le  nom¬ 
bre  est  assez  considérable  pour  déterminer 
des  émanations  putrides  et  pestilentielles 
dans  ces  contrées.  C’est  un  poisson  très  voi¬ 
sin  de  celui  que  M.  de  Humboldt  a  nommé 
Pimelodus  Cyclopum.  (Val.) 

BRONTE.  Broutes  (nom  mythologique). 
moll. — Genre  établi  par  Montfort  pour  quel¬ 
ques  espèces  du  genre  Rocher ,  et  qui  ont  été 
réintégrées  dans  ce  dernier  genre  auquel 
elles  appartiennent  réellement.  (C.  d’O.) 

BRONTES  (nom  mythologique),  ins.  — 
Fabricius  désigne  ainsi  un  genre  de  Coléop¬ 
tères  télramères  établi  antérieurement  par 
Latreille  sous  le  nom  d 'Ulèioie.  (D.) 

BRONZE,  min. —  Le  Bronze,  ou  l’Airain, 
est  un  alliage  de  Cuivre  et  d’Étain ,  qu’on 
fait  en  diverses  proportions,  qui,  en  don¬ 
nant  au  Cuivre  plus  de  dureté,  de  résistance 
ou  de  qualité  sonore ,  le  rendent  propre  à  la 
fabrication  des  statues ,  des  canons  ,  des 
cloches,  etc.  Le  Bronze  est  donc  un  composé 
artificiel.  On  a  donné  quelquefois  le  nom 
de  Bronze  ou  d’Airain  natif  à  des  minerais 
formés  d’Étain  et  de  Cuivre  pyriteux,  et  ca¬ 
pables  de  donner  immédiatement,  par  la  fu¬ 
sion  ,  un  métal  semblable  à  celui  des  clo¬ 
ches.  (Del.) 

BRONZÉS.  Auro-fulvi.  ins.  —  Latreille 
désigne  ainsi,  dans  sa  méthode,  un  groupe 
de  Lépidoptères  diurnes  de  son  g.  Polyom- 
mate,  et  qui  a  pour  type  l’Argus  bronzé  de 
Geoffroy,  Polyommaïus  Phlœas  des  auteurs. 
Voyez  polyommate.  (D.) 

BRONZITE.  min.  —  Variété  de  Diallage 
métalloïde,  à  reflets  bronzés.  Voyez  diai.- 
lage.  (Del.) 

*BROOKTTE  (  nom  propre),  min.  —  Es¬ 
pèce  du  genre  Titane,  séparée  du  Rutile,  ou 
Titane  oxydé  rouge,  par  Lévy,  qui  l’a  dé¬ 
diée  au  minéralogiste  anglais  H. -J.  Brooke 
Voyez  titane.  (Del.) 

BROSCUS  (j3tSpw<7xw  ,  je  dévore),  ins.— 
Nom  donné  par  Panzer  à  un  g.  de  Carabi- 
ques  ,  que  Bonelli  désigne  de  son  côté  sous 
celui  de  Cephalotes ,  et  qui  a  pour  type  le 
Carybus  cephalotes  de  Linné.  Nous  n’avons 


BRO 

pu  découvrir  lequel  de  ces  deux  noms  est  le 
plus  ancien.  Toujours  est-il  que  les  ento¬ 
mologistes  anglais  ont  adopté  celui  de  Bros - 
eus,  et  citent  l’autre  en  synonymie ,  tandis 
que  c’est  le  contraire  chez  les  entomologistes 
français.  Cependant  Latreille  (  Dictionnaire 
de  Déierville ,  2e  édit.)  avait  donné  la  préfé¬ 
rence  au  nom  de  Panzer,  en  se  fondant  sur 
ce  qu’il  avait  déjà  employé  celui  de  Ce- 
phalotes ,  pour  désigner  un  ordre  dans  la 
classe  des  Crustacés  ;  mais,  dans  ses  ouvrages 
subséquents ,  il  désigne  également  sous  ce 
nom  le  g.  d’insectes  dont  il  s’agit;  de  sorte 
que  ce  dernier  a  prévalu  non  seulement 
chez  les  entomologistes  français ,  mais  en¬ 
core  chez  les  allemands.  Voyez  cepha- 
lotes.  (D.) 

BROSIMUM  (jSpwcrtfxoç,  comestible),  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Artocarpa- 
cées,  formé  par  Swartz  {Fl.  Ind.  occid. ,  I , 
15  ,  t.  1).  C’est  à  ce  genre  qu’on  doit  réunir 
le  fameux  arbre  connu  en  Amérique  sous  le 
nom  de  Palo  de  Yaca,  l’arbre  à  lait  ou  à  la 
vache ,  le  Galaclodendron  utile  de  Hum- 
boldt,  curieux  et  précieux  végétal  ,  cultivé 
dans  quelques  jardins  ,  et  sur  lequel  nous 
donnerons  des  détails  intéressants  au  mot 
Galaclodendron.  (C.  L.) 

BROSME.  poiss.  —  Genre  de  la  famille 
des  Gades,  et  assez  semblable  à  la  Lotte, 
mais  qui  n’a  qu’une  seule  nageoire  dor¬ 
sale  distincte  de  la  caudale,  laquelle  est 
aussi  séparée  de  l’anale  étendue  sur  toute  la 
queue  ;  un  petit  barbillon  pend  sous  la 
mâchoire  inférieure.  Ce  sont  des  Poissons 
des  mers  du  Nord  qui  deviennent  assez 
grands,  et  qu’on  sale  comme  la  Lingue  ou 
la  Morue.  .(Val.) 

BROSSÆA  (nom  propre),  bot.  ph. — 
Genre  formé  par  Plumier,  peu  connu  en¬ 
core  et  rapporté  avec  doute  à  la  famille  des 
Ericacées.  Il  ne  renfermerait  qu’un  arbris¬ 
seau  des  Antilles  {B.  coccinea)  à  tiges  nom¬ 
breuses,  garnies  de  feuilles  alternes,  et  por¬ 
tant  des  fleurs  solitaires,  axillaires  ou  termi¬ 
nales  ,  à  pédicelles  bibractéés.  Sweet  {Fort, 
jbrit.)  le  cite  comme  cultivé  en  Angleterre. 

(C.  L.) 

BROSSE.  zool.  —  Les  entomologistes  dé¬ 
signent  sous  ce  nom  les  touffes  de  poils  rai¬ 
des  qui  se  trouvent  sur  différentes  parties 
du  corps  des  Insectes.  Ainsi  la  moitié  infé¬ 
rieure  de  la  facette  molaire  des  mandibules 


BRO  743 

de  la  plupart  des  Coléoptères  en  est  pour¬ 
vue;  chez  les  Abeilles,  le  premier  article  du 
tarse  des  pattes  postérieures  est  garni  inté¬ 
rieurement  de  poils  raides  formant  brosse, 
et  quelques  Chenilles  ainsi  que  certaines  lar¬ 
ves  portent  sur  le  corps  des  faisceaux  de 
poils  de  même  nature. 

On  a  également  donné  ce  nom  aux  poils 
longs  et  disposés  en  manchettes  qui  se  trou¬ 
vent  aux  jambes  de  devant  de  certains  Mam¬ 
mifères  ,  et  surtout  des  Ruminants  à  cornes 
creuses.  (C.  d’O.) 

BROTERA  (Brotero,  professeur  de  bota¬ 
nique  à  Coimbre).  bot.  ph.  —  Genre  de  la 
famille  des  Byttnériacées ,  tribu  des  Dom- 
béyacées,  formé  par  Cavanilles  {Anal,  cienc. 
nat. ,  1 ,  33  ,  exc.  syn.  et  yalria.  Ic. ,  Y,  19  , 
tome  433  ) ,  et  renfermant  des  sous-arbris¬ 
seaux  de  l’Afrique  tropicale,  dont  quelques 
uns  sont  cultivés  dans  les  serres  en  Europe. 
Ils  sont  couverts  d’une  pubescence  soyeuse  ; 
ont  des  feuilles  alternes  ,  courlement  pétio- 
lées ,  ovales-crénelées-dentées  en  scie  ;  des 
stipules  subulées  ;  des  pédoncules  axillaires 
uniflores,  solitaires  ou  géminés.  Dans  ce 
genre  l’involucelle  est  triphylle ,  unilatéral 
ou  ambiant  ;  le  calice  5-parti ,  persistant  ; 
la  corolle  a  ses  5  pétales  inéquilatéraux,  en¬ 
roulés  en  spirale  au  sommet ,  jamais  étalés, 
et  tombant  ensemble;  10-15  étamines  con- 
nées  à  la  base  en  un  urcéole  adhérent  à  l’on¬ 
glet  des  pétales ,  à  filaments  comprimés  ,  à 
anthères  introrses.  Style  5-parti  au  sommet. 
Capsule  5-loculaire.  —  Deux  autres  genres 
ont  aussi  reçu  ce  nom  :  l’un  synon.  de  Bro- 
leroa  I)C. ,  et  l’autre  de  Cardopatium. 

(C.  L.) 

*BROTEROA(nom  d’un  botaniste  portu¬ 
gais).  bot.  ph.  —  Ce  genre,  qui  fait  partie 
des  Composées,  tribu  des  Sénécionidées,  a 
pour  caractères  :  Capitules  réunis  en  glo- 
mérules  ovales  qui  forment  une  sorte  d’épi, 
les  uns  composés  de  fleurs  hétérogames  ou 
homogames,  les  autres  d’une  seule  fleur  fe¬ 
melle  ou  hermaphrodite.  Écailles  de  l'in— 
volucre  solitaires,  grandes  et  concaves,  ou 
2-3  alternativement  grandes  et  petites.  Ré¬ 
ceptacle  très  petit,  pour  ainsi  dire  puncti¬ 
forme,  nu.  Corolles  tubuleuses,  couvertes 
extérieurement  de  nombreux  poils  articulés, 
5-fides;  les  femelles  filiformes  subligulées? 
Styles  des  fleurs  hermaphrodites  à  rameaux 
dépourvus  d’appendices  au  sommet.  Fruits 


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obcomprimés ,  obovales-oblongs ,  glabres , 
dépourvus  d’aigrettes  ;  les  fleurs  herma¬ 
phrodites  plus  petites  que  les  femelles.  — 
Le  Broieroa  est  originaire  de  l’Amérique 
australe,  et  se  cul  ti  ve  dans  la  plupart  des  jar¬ 
dins  de  botanique  sous  le  nom  de  Nauem- 
burgia  trinèrvata.  (J.  D.) 

*BROTHEAS  (nom  mythologique),  rept. 
—  M.  Koch,  dans  son  Arachnidensystems , 
donne  ce  nom  à  un  g.  de  Scorpions,  ainsi  ca¬ 
ractérisé  :  Yeux  8  :  les  2  du  vertex  très  en 
avant,  presque  au  tiers  de  la  longueur  de  la 
tête  ;  les  2  latéraux  antérieurs  presque  aussi 
gros  qu’eux  ;  le  3«  petit,  à  angle  droit  avec  les 
deux  autres.  Ce  g.  appartient  au  groupe  des 
Buthides,  et  l’auteur  lui  donne  pour  type  un 
Scorpion,  dont  il  figure  les  yeux,  pl.  6,  fig.  67, 
sous  le  nom  de  B.  maurus ,  et  que  dans  son 
ouvrage,  1838,  p.  109,  il  donne  comme  le 
Scorpio  maurus  de  Herbst  ou  Sc.  senoculus 
de  Degeer,  malgré  la  différence  du  nombre 
des  yeux  indiqué  par  ces  naturalistes.  (P.  G.) 

*BROTHËUS  (nom  mythologique)  ins.  — 
Genre  de  Coléoptères  tétramères,  famille  des 
Curculionides ,  établi  par  M.  Stephens  sur 
une  seule  espèce  (  Curculio  porcatus  de 
Marsham  ) ,  et  qu’il  place  entre  les  g.  Cryp- 
torhynchus  et  Bagous  de  Germar.  (D.) 

*BROTULE.  Broiula.  poiss.  —  Genre  de 
la  famille  des  Gades,  n’ayant  qu’une  seule 
dorsale  réunie  avec  la  caudale.  Celle-ci  l’est 
avec  l’anale  ,  comme  dans  les  Anguilles. 
On  ne  connaît  qu’une  seule  esp.  de  ce  g., 
ayant  six  barbillons  autour  de  la  bouche,  et 
qui  vient  des  eaux  du  golfe  du  Mexique  et  de 
la  Havane.  (Val.) 

BROUGHTOIMIE.  Broughtonia  (nom  pro¬ 
pre).  bot.  ph. — Famille  des  Orchidées,  tribu 
des  Épidendrées.  Genre  établi  par  R.  Brown 
et  adopté  par  Lindley  pour  une  plante  ori¬ 
ginaire  de  la  Jamaïque,  rapportée  d’abord 
au  g.  Epidendrum  sous  le  nom  d ’E.  san- 
guineum  Sw.  Ses  caractères  sont  :  Sépa¬ 
les  extérieurs  étroits,  étalés;  les  latéraux 
obliques  à  leur  base,  soudés  avec  la  base  du 
labelle,  et  décurrents  sur  l’ovaire;  sépa¬ 
les  intérieurs  plus  larges.  Labelle  simple  , 
dressé,  soudé  avec  la  base  du  gynostème,  se 
prolongeant  inférieurement  en  un  éperon 
linéaire  soudé  à  l’ovaire.  Gynostème  court, 
dilaté  à  son  sommet.  Anthère  à  4  loges,  con¬ 
tenant  4  masses  polliniques  dont  les  caudi- 
cules  sont  repliées.  Ce  g.  diffère  surtout  du 


BRO 

g.  Épidendre  par  son  labelle  que  termine  un 
éperon. 

Le  Broughtonia  sanguinea  R.  Brown,  es¬ 
pèce  type  de  ce  g.,  est  une  plante  parasite 
dont  le  pseudobulbe  porte  des  feuilles  épais¬ 
ses  et  charnues.  Ses  fleurs  forment  une 
grappe  terminale.  (A.  R.) 

BROUILLARD.  PHYS. —  Ployez  METEORES. 

*BROUSSAISIA  (Broussais  ,  célèbre  mé¬ 
decin  français  ).  bot.  pii.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Saxifragacées  ,  tribu  des  Hydran- 
gées?  formé  par  Gaudichaud  ( Freycin .,  479, 
t.  69)  sur  un  arbrisseau  encore  peu  connu 
des  îles  Sandwich,  à  feuilles  opposées,  pétio- 
lées,  éstipulées,  ovales,  bordées  de  dents  ai¬ 
guës  ;  à  fleurs  terminales ,  disposées  en  co- 
rymbe.  (C.  L.) 

BROUSSONETIA  (  Broussonet ,  natura¬ 
liste  français),  bot.  pii.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Moréacées,  établi  par  Ventenat 
pour  un  très  bel  arbre  naturalisé  dans  nos 
jardins,  et  répandu  depuis  le  Japon  jus¬ 
qu’à  la  Nouvelle-Zélande.  Le  B.  papyrifera 
est  lactescent ,  à  feuilles  alternes,  scabres  en 
dessus ,  velues  en  dessous  ,  les  plus  jeunes 
1 -2-3-5  lobées,  les  adultes  ovales-subarron- 
dies,  indivises.  Les  fleurs  sont  dioïques. 
Fleurs  mâles  :  Epis  denses,  braetéés  ;  péri— 
gone  4-parti  ;  4  étamines  opposées  aux  laci- 
nies  de  ce  dernier;  8  anthères  introrses. 
Fleurs  femelles  :  Capitules  denses  sur  un  ré¬ 
ceptacle  globuleux,  entremêlées  de  squames 
velues  ;  périgone  urcéolé  ,  3-4-denté  ;  style 
excèntrique  ;  akène  subcharnu-gélatineux  , 
porté  par  un  gynophore  bacciforme,  longue¬ 
ment  exsert  et  ceint  à  sa  base  du  périgone  : 
une  seule  graine  oncinée.  On  prépare  avec 
l’écorce  intérieure  de  cet  arbre  un  papier 
fort  en  usage  dans  les  pays  où  il  croît,  et  des 
étoffes  foulées  et  ornées  d’empreintes  de 
feuillage  ou  de  dessins  bizarres. — On  a  aussi 
donné  ce  nom  à  2  autres  genres  créés  ,  l’un 
par  Grateloup  ,  et  synonyme  de  Polysipho - 
nia ;  l’autre  par  Ventenat ,  et  synonyme  de 
Sophora.  (C.  L.) 

BROWALLIA  (nom  propre),  eot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Scrophulariacées , 
tribu  des  Salpiglossidées  ,  formé  par  Linné 
(Gen.,  773)  et  renfermant  un  certain  nombre 
d’espèces  indigènes  de  l’Amérique  tropi¬ 
cale.  Ce  sont  des  plantes  herbacées  annuel¬ 
les  ,  dressées ,  glabres ,  ou  pubescentes ,  ou 
visqueuses  ;  à  feuilles  alternes  ,  pétiolées  , 


BRU 


BRU 


ovales  ;  à  belles  fleurs  bleues,  ou  violacées  , 
ou  rarement  blanches  :  elles  sont  extra-axil¬ 
laires  ou  terminales.  On  en  cultive  5  ou  6 
espèces  dans  les  jardins.  Ce  genre  se  distin¬ 
gue  principalement  par  son  calice  tubuleux, 
à  5  dents  inégales  ;  par  une  corolle  hypo- 
cratérimorphe,  à  tube  renflé  supérieurement, 
à  limbe  plan,  5-parti,  dont  le  lobe  posté¬ 
rieur  plus  large ,  tous  arrondis ,  subéchan- 
crés  ;  par  4  étamines  incluses,  dont  les  posté¬ 
rieures  plus  longues  ,  arquées  au  sommet , 
dilatées,  cunéiformes  ;  anthères  à  loges  su¬ 
perposées  :  chez  les  deux  autres,  loges  des  an¬ 
thères  divariquées-  confluentes  ,  s’ouvrant 
par  une  fente  transversale  ;  un  stigmate  sub- 
4-lobé;  capsule  oyale,  biloculaire,  septifrage, 
bivalve.  (G,  L.) 

BROWNEA  (  Patrick  Brown ,  botaniste 
anglais),  bot.  pii.  —  Genre  fort  remarquable 
de  la  famille  des  Papilionacées?,  tribu  des 
Césalpiniées-Geoffroyées,  établi  par  Jacquin 
{Amer.,  194,  t.  121)  et  renfermant  quelques 
espèces  de  l’Amérique  tropicale,  dont  on  cul¬ 
tive  5  ou  6  espèces  dans  les  serres  chaudes 
d’Europe.  Ce  sont  de  beaux  arbrisseaux 
inermes,  à  bois  jaunâtre,  dur  ;  à  feuilles  im- 
paripennées,  à  folioles  très  entières;  à  fleurs 
coccinées  ou  blanches  ,  rassemblées  ,  très 
nombreuses,  en  grappes  terminales  plus  ou 
moins  épaisses  et  capitées ,  du  plus  grand 
effet.  L’une  des  espèces  les  plus  magnifiques 
est  le  B.  grandiceps.  (C.  L.) 

‘BROWNETERA,  L.  C.  Rich.  bot.  pu.— 
Synonyme  de  Pltyllocladus  du  même  auteur. 

*BROW]\LOWIA  (lady  Brownlow,  ama¬ 
teur  de  botanique),  bot.  pu.  —  Genre  de  la 
famille  des  Tiliacées  ,  tribu  des  Grewiées  , 
formé  par  Roxburgh  (  PL  corom. ,  III ,  61  , 
t.  265)  sur  une  espèce  (le  B.  elaia)  de  l’Inde, 
cultivée  dans  les  jardins.  C’est  un  arbre 
gigantesque ,  à  rameaux  étalés ,  couverts 
d’une  pubescence  étoilée  ,  garnis  de  feuilles 
alternes,  pétiolées,  cordiformes,  anguleuses, 
très  entières  ,  3-7-nervées ,  inéquilatérales  à 
la  base,  très  pubescentes  en  dessous,  éstipu- 
lées  ;  à  fleurs  jaunes,  inodores  ,  disposées  en 
panicules  amples  et  ramifiées.  (C.  L.) 

BRUANT.  Emberiza.  ois.  —  Genre  de 
l’ordre  des  Passereaux  conirostres  ,  ayant 
pour  caractères  :  Un  bec  court,  droit,  ro¬ 
buste  ;  les  mandibules  à  bords  rentrants ,  la 
supérieure  plus  petite  que  l’inférieure  ,  et  le 
palais  portant  un  petit  tubercule  osseux  et 

T.  II. 


745 

saillant,  dont  l’oiseau  se  sert  pour  con¬ 
casser  les  graines ,  dernier  caractère  spé¬ 
cialement  propre  à  ce  g. ,  et  qui  suffirait 
pour  le  distinguer  de  tous  les  autres  ;  narines 
placées  à  la  base  du  bec,  et  recouvertes  en  par¬ 
tie  par  les  plumes  du  front;  tarses  médiocres 
et  scutcllés  ;  ailes  moyennes,  2e  et  3e  rémiges 
les  plus  longues  ;  queue  médiocre,  fourchue, 
à  12  rectrices. 

Il  a  été  établi  dans  ce  genre  deux  divisions 
fondées  sur  un  caractère  assez  important  pour 
les  justifier.  L’une  comprend  les  Bruants 
proprement  dits ,  chez  lesquels  l’ongle  du 
pouce  est  court  et  crochu,  et  l’autre  ceux 
appelés  Bruants  éperonniers  ( Pleciropha - 
nés  de  M.  Meyer),  qui  ont  le  même  ongle 
allongé  comme  les  Alouettes.  Le  genre  Bruant 
se  compose  d’individus  assez  petits ,  mais 
toujours  fort  nombreux  dans  les  lieux  qu’ils 
affectionnent.  Us  sont  généralement  gra¬ 
nivores;  cependant  ils  mangent  aussi  des 
baies  et  des  Insectes ,  et  cette  derhière 
nourriture  domine  à  l’époque  de  l’éducation 
des  petits.  La  délicatesse  de  leur  chair  en 
fait  rechercher  certaines  espèces  comme 
gibier. 

La  station  ordinaire  des  Bruants  est  sur  la 
lisière  des  bois  ,  dans  les  haies  ou  dans  les 
blés,  excepté  2  esp.  qui  vivent  sur  le  bord  des 
eaux.  Us  émigrent  pour  la  plupart.  Dès  que 
la  saison  devient  rigoureuse  et  que  la  neige 
eouvre  la  terre  ,  ils  se  rapprochent  des  cli¬ 
mats  plus  doux  qu’ils  quittent  aussitôt  que 
le  froid  a  cessé.  Quelques  espèces  sont  néan¬ 
moins  sédentaires  et  résistent  aux  rigueurs 
de  l’hiver  ;  mais,  abandonnant  alors  leurs 
retraites  ordinaires,  elles  descendentdans  les 
plaines  et  se  rapprochent  avec  confiance  des 
habitations,  où  elles  viennent  vivre,  avec  les 
Moineaux  et  les  Pinçons,  des  graines  aban¬ 
données  sur  le  sol  ou  mêlées  au  fumier. 
Quant  aux  Eperonniers,  ils  restent  de  préfé¬ 
rence  dans  les  pays  découverts. 

Les  couleurs  des  Oiseaux  de  ce  genre  sont 
peu  brillantes  ;  elles  varient  du  vert  olivâtre 
au  gris  brun  ,  mêlé  à  du  jaune  et  du  noir. 
Lés  femelles  diffèrent  des  mâles  par  la  moin¬ 
dre  intensité  de  leur  coloration.  Les  Bruants 
font  communément  leur  nid  à  terre,  au  mi¬ 
lieu  d’une  touffe  d’herbe  ou  sur  un  buisson 
peu  élevé.  Il  est  composé  de  foin,  de  mousse, 
d’herbes  sèches  ,  et  garni  intérieurement  de 
crin  ou  de  laine.  La  femelle  y  pond  quatre 


46 


BRU 


BRU 


ou  cinq  œufs  blancs  ou  gris ,  tachetés  de 
brun  ou  de  roux ,  avec  des  lignes  ou  des 
raies  de  même  couleur.  Chaque  année,  elles 
font  plusieurs  pontes  ,  et  la  dernière  a  quel¬ 
quefois  lieu  en  septembre  seulement. 

Peu  d’Oiseaux  sont  doués  de  moins  de  pru¬ 
dence  que  les  Bruants  ;  ils  donnent  facile¬ 
ment  dans  les  pièges,  et  se  prennent  dans 
tous  ceux  qu’on  tend  aux  petits  Oiseaux. 
La  chasse  la  plus  commune  est  au  lacet  et  à 
la  nappe.  Dans  nos  pays,  où  l’on  ne  les  chasse 
pas  pour  paraître  sur  nos  tables,  on  les  met 
dans  les  volières  ;  ils  s’accoutument  facile¬ 
ment  à  la  domesticité  et  vivent  en  cage  pen¬ 
dant  plusieurs  années.  Leur  chant  est  assez 
agréable,  quoiqu’un  peu  aigu  ;  et  quand  ils 
se  trouvent  en  société  avec  des  Pinçons  ,  ils 
ne  tardent  pas  à  en  prendre  le  ramage. 

Les  Bruants  sans  éperons ,  surtout  le 
Bruant  commun,  Emb.  divine, Lia,  le  Verdier 
des  oiseleurs ,  sont  répandus  dans  toute 
l’Europe  et  dans  l’Amérique  septentrionale  ; 
mais  les  Éperonniers  habitent  de  préférence 
les  contrées  boréales  ,  et  ne  descendent  jus¬ 
que  chez  nous  que  lorsque  le  froid  les  y  con¬ 
traint. 

Vers  le  mois-de  mai  ces  Oiseaux  arrivent 
dans  les  parties  centrales  de  l’Europe; et,  en 
septembre,  ils  retournent  chargés  de  graisse 
dans  les  pays  méridionaux  ;  aussi  est-ce  l’é¬ 
poque  où  on  leur  fait  une  chasse  active.  On 
en  élève  cependant  encore  en  cage  ou  dans 
un  lieu  peu  éclairé  pour  les  engraisser.  On 
compte  environ  une  vingtaine  d’espèces  de 
Bruants.  (G.  d’O.) 

*BRUCEA  (nom  propre),  bot.  pii. —  Ce  g., 
nommé  ainsi  en  l’honneur  du  célèbre  voya¬ 
geur  anglais  Bruce  ,  et  d’après  un  arbrisseau 
recueilli  par  lui-même  en  Abyssinie,  est  rap¬ 
porté  maintenant  aux  Zanthoxylées ,  et  ca¬ 
ractérisé  de  la  manière  suivante  :  Fleurs 
dielines.  Calice  4-parti.  Autant  de  pétales 
surpassant  à  peine  le  calice.  Fleurs  mâles:  4 
étamines  courtes,  insérées  autour  d’un  corps 
central ,  glanduloïde  ,  2-lobé,  qui  représente 
sans  doute  le  gynophore.  Fleurs  femelles  ;  4 
ovaires  portés  sur  un  court  gynophore  au¬ 
tour  duquel  sont  4  petites  étamines,  surmon¬ 
tés  chacun  d’un  style  aigu,  réfléchi,  distinct, 
et  devenant  autant  de  drupes  que  remplit  une 
graine  pendante ,  à  embryon  vert,  dans  un 
mince  périsperme charnu. — Les  espèces,  peu 
nombreuses,  sont  des  arbrisseaux  originaires 


des  régions  tropicales  de  l’Afrique,  de  l’Asie 
et  de  la  Polynésie  ,  remarquables  par  leur 
amertume.  Les  feuilles  sont  imparipennées, 
à  folioles  opposées,  très  entières  ou  dentées, 
dépourvues  de  points  transparents.  Les  fleurs 
très  petites,  et  d’un  vert  mêlé  de  pourpre,  sont 
disposées  par  pelotons  sur  de  longs  épis  axil¬ 
laires.  Une  espèce  africaine ,  la  première  dé¬ 
couverte,  le  Bruceaanlidysenierica,  est  depuis 
long-temps  cultivée  dans  les  serres.  (Ad.  J.) 

BRUCHE.  Bnichus  (ppvx<o,  je  ronge),  ms. 
—  Genre  de  Coléoptères  tétramères,  famille 
des  Rynchophores,  Latr.,  des  Curculionites 
ou  Curculionides ,  Dej.  et  Schœnh. ,  divi¬ 
sion  des  Bruchides  de  ce  dernier  auteur, 
créé  par  Linné,  et  adopté  par  tous  les  ento¬ 
mologistes.  Les  Bruches  sont  voisines  des 
Charançons ,  dont  elles  diffèrent  par  les  an¬ 
tennes,  la  tête  distincte  du  corselet,  les  par¬ 
ties  de  la  bouche,  et  à  la  première  vue,  par 
le  défaut  de  trompe  ou  de  rostre.  Ces  In¬ 
sectes,  à  l’état  parfait,  se  rencontrent  sur  les 
fleurs  et  s’y  accouplent.  La  femelle  fécondée 
place  ses  œufs  sur  les  jeunes  siliques  ou  les 
gousses  encore  tendres  des  plantes  légumi¬ 
neuses,  telles  que  les  Fèves,  les  Vesces,  les 
Pois,  les  Lentilles,  etc.  Les  larves  qui  en 
naissent  ne  tardent  pas  à  pénétrer  dans  cha¬ 
que  graine  qui  n’en  renferme  ordinairement 
qu’une  seule.  Ces  larves  deviennent  assez 
grosses  ;  elles  sont  renflées,  courtes,  arquées, 
composées  d’anneaux  peu  distincts,  et  ont  une 
tète  petite,  écailleuse,  munie  de  mandibules 
dures  et  tranchantes,  à  l’aide  desquelles  cha¬ 
cune  détruit  la  semence  dans  l’intérieur 
de  laquelle  elle  est  renfermée;  mais  elle  s’y 
prend  de  telle  sorte  que  l’enveloppe  exté¬ 
rieure  reste  intacte.  Elle  se  nourrit  pendant 
tout  l’hiver  de  la  substance  de  la  graine  qui 
lui  sert  en  même  temps  de  logement,  et  ce 
n’est  qu’au  printemps  suivant  qu’elle  se 
change  en  nymphe,  et  bientôt  après  en  in¬ 
secte  parfait.  Celui-ci ,  dépourvu  de  mandi¬ 
bules  assez  fortes  pour  percer  les  parois  de 
sa  prison ,  y  périrait  nécessairement ,  si  la 
prévoyante  nature  n’avait  donné  à  la  larve 
l’instinct  de  ronger  jusqu’à  l’épiderme  l’en¬ 
droit  de  la  graine  par  où  doit  sortir  l’insecte 
parfait,  qui  alors  n’a  qu’un  léger  effort  à  faire 
pour  détacher  avec  sa  tête  cette  portion  de  l’é¬ 
piderme.  C’est  de  là  que  résultent  ces  ouver¬ 
tures  circulaires  qu’on  remarque  commu¬ 
nément  sur  les  Pois  et  les  Lentilles  dont  l’in- 


BRU 


BRU 

térieur  est  vide.  Les  Bruches,  peu  répandues 
dans  les  pays  du  nord,  y  occasionnent  peu 
de  dégâts  ;  mais  il  n’en  est  pas  de  même  dans 
les  contrées  méridionales ,  où  leurs  ravages 
sont  quelquefois  incalculables.  Parmi  les  di¬ 
vers  moyens  proposés  pour  détruire  leurs 
larves ,  le  plus  efficace  est  de  plonger  dans 
l’eau  bouillante,  immédiatement  après  la  ré¬ 
colte,  les  semences  qu’on  suppose  en  être  at¬ 
taquées,  ou  bien  de  les  exposer  dans  un  four 
à  une  température  de  40  à  45  degrés.  Malheu¬ 
reusement  ni  l’un  ni  l’autre  de  ces  moyens 
ne  peut  être  employé  à  l’égard  des  graines 
destinées  à  la  reproduction. 

Ce  g.  est  extrêmement  nombreux  en  es¬ 
pèces  :  M.  Dejean,  dans  la  3e  édition  de  son 
Catalogue,  en  désigne  116,  et  Schœnherr  en 
décrit  jusqu’à  140.  Nous  ne  mentionnerons 
ici  que  la  plus  connue  par  ses  ravages  :  la 
Bruche  des  Pois,  Bruchus  pisi  Fabr.,  qui  se 
trouve  dans  une  grande  partie  de  l’Europe 
et  dans  l’Amérique  septentrionale.  Sa  larve 
attaque  les  Pois,  les  Lentilles,  les  Gesses,  les 
Fèves  et  toute  espèce  de  Vesces.  Cette  Bru¬ 
che  est  le  même  insecte  que  le  Mylabre  à 
croix  blanche  de  Geoffroy  ,  et  peut  être  con¬ 
sidérée  comme  le  type  du  genre.  (D.) 

BRUCHE  LE.  Bruchela  (  diminutif  de 
Bruchus).  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  té- 
tramères,  établi  par  Mégerle  dans  la  famille 
des  Curculionides,  et  qui  répond  absolument 
à  celui  d’Urodon  de  Schœnherr.  Le  nom  de 
Bruchela  avait  d’abord  été  adopté  par  La- 
treille  et  par  M.  Dejean  ;  mais  ils  l’ont  rem¬ 
placé  depuis,  le  premier  dans  ses  Familles 
naturelles,  et  le  second  dans  la  3e  édit,  de  son 
Catalogue,  par  celui  d'Urodon.  (D.) 

BRUCHÈLES.  Bnichelœ.  ins.  —  Lalreille 
( Familles  naturelles  du  Règne  animal)  dé¬ 
signe  sous  ce  nom  la  première  tribu  de  sa  fa¬ 
mille  des  Rhynchophores. Les  larves  des  Bru- 
chèles  se  nourrissent  des  graines,  des  aman¬ 
des  où  elles  se  tiennent  cachées  dès  leur 
naissance ,  et  y  subissent  leurs  métamor¬ 
phoses.  Cette  tribu  se  compose  des  g.  Pachy- 
mère  et  Bruche.  Voyez  ces  mots.  (D.) 

*BRUCHIA  (1)  (nom  propre),  bot.  pu.  — 
(Mousses).  Genre  de  la  tribu  des  Phascacées, 
établi  parM.  Schwægrichen  {Suppl.  II,  p.  91, 
t.  127),  sur  une  mousse  découverte  par  notre 

(i)  Voir  1rs  Fragm.de  la  Bryol.  d’ Europe,  de  MM.  Brucli 
et  Schiniper,  où  l’on  trouve,  p.  3,  t.  II,  une  description  et 
une  figure  de  l’espèce  des  Vosges. 


747 

ami  et  confrère  le  docteur  Mougeot,  dans 
les  régions  alpines  des  montagnes  des  Vos¬ 
ges,  et  publiée  d’abord  sous  le  nom  de  Voi- 
tia  Vogesiaca  Hornsch. ,  au  n.  706  de  la 
collection  cryptogamique  ,  intitulée  :  S  tir 
pes  cryptogames  V ogeso-rhenanœ.  Dédié  à 
M.  Bruch  ,  pharmacien  à  Deux- Ponts,  et 
l’un  des  plus  habiles  bryologistes  de  l’épo¬ 
que  actuelle,  ce  g.  peut  être  ainsi  caracté¬ 
risé  :  Capsule  terminale  ,  pyriforme,  à  long 
bec,  astome,  c’est-à-dire  ne  s’ouvrant  pas  ré¬ 
gulièrement,  mais  se  déchirant  à  la  matu¬ 
rité,  munie  d’une  apophyse,  et  supportée 
par  un  long  pédoncule.  Coiffe  mitriforme, 
déchirée  à  sa  base  et  surmontée  aussi  d’un 
long  bec.  Spores  globuleuses,  chagrinées. 
Fleurs  dioiques,  terminales,  gemmiformes. 
Anlhéridies  et  pistils  assez  nombreux,  envi¬ 
ronnés  de  paraphyses  filiformes,  à  articles 
allongés.  Tige  simple  ou  rameuse  à  fructifi¬ 
cation  et  innovations  terminales.  Feuilles  es¬ 
pacées,  ovales,  subulées,  disposées  sur  cinq 
rangs. 

Naguère  encore,  ce  g.,  qui  a  pour  syno¬ 
nyme  le  Sapronia  de  Bridel,  nom  postérieur 
à  celui  de  Schwægrichen,  s’est  accru  de  deux 
nouvelles  espèces,  l’une  {B.  brevipes ),  origi¬ 
naire  du  cap  de  Bonne-Espérance  ;  l’autre,  de 
l’Amérique  septentrionale.  Ces  Mousses  se 
plaisent  sur  la  terre;  l’espèce  des  Vosges 
a  été  trouvée  sous  la  bouse  de  vache. 

(C.  M.) 

*BRUCHÎDES.  Bruchides.  ins. —  Schœn¬ 
herr  nomme  ainsi  la  première  division  de 
l’ordre  des  Orthocères  ,  dans  sa  famille  des 
Curculionides,  et  qui  se  compose  des  g.  Car - 
pophagus,  Bruchus,  Spermophagus  et  Urodon. 
Cette  division  répond  à  la  tribu  des  Bruchèles 
deLatreille.  (D.) 

BRUCHUS.  ins.  —  Voyez  bruche. 

*BRUCITE  (nom  d’homme  J.  min. — Ce 
nom  ,  qui  rappelle  celui  d’un  minéralogiste 
américain ,  a  été  donné  à  deux  minéraux 
différents  des  États-Unis ,  à  la  Chondrolite 
et  à  la  Magnésie  hydratée  de  New-Jersey. 
Voyez  magnésie.  (Del.) 

*BRUCKENTIIALIA  (nom propre),  bot. 
fh. — Genre  de  la  famille  des  Éricacées,  éta¬ 
bli  par  Reichenbach  (  Fl.  germ. ,  414)  sur 
Y Erica  spiculijlora  Salisb.  C’est  un  petit  ar¬ 
buste  croissant  dans  la  partie  austro-orien¬ 
tale  de  l’Europe ,  à  feuilles  ternées  ou  gémi¬ 
nées,  verticillées  ou  éparses;  à  fleurs  pédon* 


BRU 


7/48 

culées,  subverlicillées,  ébractéées,  disposées 
en  petits  épis  au  sommet  des  ramules. 

(C.  L.) 

* BïtlCKMANMA  (nom  propre),  bot.  ph. 
—  Famille  des  Graminées.  Le  genre  ainsi 
nommé  par  Nuttal  est  le  même  que  le  Beck- 
mannia.  (A.  R.) 

*BRUEA(nom  propre),  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Artocarpacées ,  incomplè¬ 
tement  connu  ,  et  fondé  par  Gaudichaud 
( Freycin 511)  sur  un  arbre  du  Bengale,  à 
feuilles  alternes,  ovales -subcordiformes  , 
dentées  ? ,  velues-tomenteuses  ;  à  fleurs  dioï- 
ques ,  terminales-pédonculées  ;  à  bractées 
foliacées,  glanduleuses.  (C.  L.) 

BIUJGMAÏVSIÂ  (  J.  Brugmans ,  botaniste 
allemand),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Rafflésiacées,  établi  parM.Bhime(Bijdrag.,  2, 
p.  422.  Ibid.  Fl.  J av.  Fas.,l,  p.  17,  t.  3-6)  pour 
une  plante  parasite  sur  la  racine  des  Cissus , 
dans  l’ile  de  Java.  Ses  fleurs,  de  la  grosseur 
du  poing,  sont  d’abord  enveloppées  dans  des 
bractées  d’un  violet  sale  ;  leur  calice  est  blan¬ 
châtre,  hérissé  de  pointes  à  sa  face  interne  ;  il 
est  subinfundibuliforme  ,  presque  campa- 
nulé ,  à  cinq  lobes  partagés  chacun  en  deux 
ou  trois  segments  ;  la  gorge  du  calice  est  gar¬ 
nie  d’une  couronne  interrompue.  Les  organes 
sexuels,  mâles  et  femelles,  forment  une  tête 
globuleuse,  attachée  au  tube  du  calice.  Les 
anthères,  attachées  au  dessous  du  sommet 
du  corps  central,  sont  sessiles,  horizontales, 
comprimées ,  disposées  sur  un  seul  rang. 
L’ovaire  est  libre,  uniloculaire,  contenant  un 
grand  nombre  d’ovules  attachés  à  plusieurs 
trophospermes  pariétaux.  (A.  R.) 

Ce  nom  a  été  aussi  appliqué  par  Bern- 
hardi  à  un  genre  rapporté  comme  simple 
section  au  Datura,  L.  (G.  L.) 

BRUGUET.  bot.  cr.  —  C’est  ainsi  qu’on 
appelle ,  dans  quelques  endroits ,  le  Ceps  es- 
culent  ou  Boletus  edulis  L.  (LÉv.) 

BRUGUÏERA  (  Bruguière  ,  naturaliste 
voyageur  français),  bot.  ph.  — Genre  de  la 
famille  des  Rhizophoracées ,  formé  par  La- 
marek  ( Dict .,  IV,  696,  t.  397)  et  renfermant 
des  arbres  et  des  arbrisseaux  de  l’Asie  et  de 
la  Nouvelle-Hollande  tropicales,  où  ils  crois¬ 
sent  sur  les  bords  de  la  mer.  —  Deux 
autres  g.  ont  aussi  reçu  ce  nom  :  l’un  établi 
par  Richard  [Mse.)  et  synonyme  de  Conoste - 
gia:  l’autre  créé  par  Dupetit-Thouars  (Dict.), 
et  synonyme  de  Lumnitzexa.  (C.  L.) 


BRU 

BRULEE  ou  POURPRE  BRULEE,  moll. 

—  Nom  vulgaire  d’une  belle  espèce  du  g.  Ro¬ 
cher. 

BRULURE,  bot.  cr.  —  Nom  qu’on 
donnait  autrefois  à  la  Rouille  des  Céréales 
(< Uredo  rubigo  vexa  DC.).  Cet  état,  qui  dé¬ 
pend  de  la  présence  d’un  petit  champignon 
parasite  ,  était  considéré ,  avant  Persoon , 
comme  le  produit  de  l’action  des  rayons  so¬ 
laires,  concentrés  par  les  gouttes  d’eau  ou  de 
rosée  qu’on  observe  sur  les  feuilles  des  Gra¬ 
minées.  Quelques  personnes  ,  et  surtout  les 
agriculteurs,  croient  encore  qu’on  doit  at¬ 
tribuer  la  présence  de  cet  Uredo  au  voi¬ 
sinage  du  Berberis  yulgaris.  (LÉv.) 

BRUMES.  phys.  —  Voyez  météores. 

BRUN  DE  MONTAGNE,  géol.  —  Voyez 
terre  d’ombre. 

BRUNELLA,  Mœnch.  bot.  ph.  —  Alté¬ 
ration  de  Prunella ,  L.  (C.  L.) 

BRUNELLE.  rept.  —  Syn.  de  Coluber 
bruneus  L.  V oyez  couleuvre. 

BRUNELLIER.  Brunellia  (nom  propre). 
bot.  ph.  —  Genre  dédié  par  Ruiz  etPavon  à 
Brunelli,  botaniste  bolonais.  Il  appartient  à 
la  famille  des  Zanthoxylées,  et  offre  les  ca¬ 
ractères  suivants  :  Fleurs  diclines.  Calice 
4-5-parti ,  revêtu  à  sa  base  d’un  disque 
velu,  déprimé,  8-10-lobé  dans  son  contour; 
pas  de  pétales.  Fleurs  mâles  :  8-10-étamines 
plus  longues  que  le  calice,  insérées  sur  le 
contour  d’un  disque  qui  porte  des  ovaires 
rudimentaires.  Fleurs  femelles  :  étamines  in¬ 
sérées  comme  les  précédentes,  plus  courtes 
que  le  calice,  à  anthères  vides.  Ovaires  égaux 
en  nombre  aux  divisions  du  calice,  distincts, 
velus,  surmontés  chacun  d’un  petit  style 
aigu,  et  contenant  2  ovules  collatéraux  sus¬ 
pendus  à  l’angle  interne.  Autant  de  capsules 
distinctes ,  s’ouvrant  par  devant  dans  leur 
longueur,  1-2-spermes.  Graines  ovoïdes  ou 
globuleuses,  offrant,  dans  un  test  crustacé 
revêtu  d’une  pellicule  fine  et  dans  un  péri- 
sperme  charnu,  un  embryon  droit.---Les  es¬ 
pèces,  originaires  pour  la  plupart  de  l’Améri¬ 
que  tropicale,  une  ou  deux  des  îles  Sandwich 
et  Rawak,  sont  des  arbres  garnis  ou  dépour¬ 
vus  d’aiguillons,  à  feuilles  opposées  ou  verti- 
cillées  3  à  3,  simples  ou  trifoliées  ou  im- 
paripennées  ,  variations  qu’on  rencontre 
quelquefois  sur  un  même  rameau,  à  folioies 
coriaces,  entières  ou  plus  souvent  crénelées, 
sans  points  transparents.  Les  fleurs  sont  dis? 


BRI| 

posées  en  panicules  ou  en  corymbes  axillai¬ 
res  ou  terminaux.  (Ad.  J.) 

BRUNET,  ois.  —  Nom  vulgaire  du  Frin- 
gilla  pecoris  Gm.,  que  Cuvier  a  réuni  au  g. 
Moineau. 

BRUNETTE.  ois.  —  Nom  vulgaire  du 
Tringa  variabilis  L.,  esp.  du  genre  Bécas¬ 
seau. 

*BRUI\FELSÏA  (Othon  Brunfels  ,  bota¬ 
niste  du  xvie  siècle),  bot.  ph.  —  Genre  fort 
remarquable  de  la  famille  des  Scrophularia- 
cées,  tribu  des  Salpiglossidées ,  formé  par 
Plumier  (le.,  t.  65),  et  adopté  par  tous  les 
botanistes.  Il  renferme  quelques  espèces  in¬ 
digènes  de  l’Amérique  ciséquatoriale,  et  fort 
recherchées  dans  les  serres  d’Europe  en  rai¬ 
son  de  leur  beau  port  et  de  leurs  fleurs  gran¬ 
des  et  odorantes.  Ce  sont  des  arbrisseaux  à 
feuilles  alternes,  oblongues,  très  entières; 
à  fleurs  axillaires,  solitaires  ou  en  nombre, 
et  terminales.  L’espèce  la  plus  belle  de  celles 
qui  sont  cultivées  est  le  B.  violaceus,  remar¬ 
quable  surtout  par  ses  jeunes  tiges  et  ses 
grandes  feuilles  violacées  en  dessous,  lisses 
et  verdâtres  ,  avec  les  grandes  nervures  lar¬ 
gement  bordées  de  blanc  en-dessus.  (C.  L.) 

BRUNIA  (nom  propre),  bot.  ph.  — Genre 
type  de  la  famille  des  Bruniacées,  établi  par 
Linné  (  Gen. ,  t.  1737  ),  revu  et  adopté  par 
Ad.  Brongniart  (Ann.  sc.  nat.,  VIII  *  372), 
renfermant  un  assez  grand  nombre  d’esp. , 
dont  plus  de  20  sont  cultivées  dans  les  jar¬ 
dins  européens.  Ce  sont  des  arbrisseaux  du 
Cap ,  à  rameaux  subverticillés ,  tantôt  à 
feuilles  petites  ,  étroitement  imbriquées  ,  à 
fleurs  capitées  ;  tantôt  à  feuilles  plus  gran¬ 
des  ,  semblables  à  celles  des  Abiétinées  ou 
des  Myrtacées,  et  à  fleurs  paiiiculées ,  à  ca¬ 
lices  1-ou  3-bractéés.  F  oyez  pour  les  carac¬ 
tères  l’article  bruniacées.  (G.  L.) 

BRUNIACÉES.  bot.  pii.— Cette  famille, 
dont  les  genres  ou  les  espèces  les  plus  an¬ 
ciennement  connues  étaient  placées  à  la 
suite  des  Rhamnées,  s’en  éloigne  réellement 
pour  se  rapprocher  plutôt  des  Cornouillers, 
ainsi  que  l’a  fait  remarquer  son  auteur, 
M.  Ad.  Brongniart,  dans  une  excellente  mo¬ 
nographie  ;  et  l’insertion  des  étamines  peut 
être  considérée  plutôt  comme  épigynique 
que  périgynique,à  cause  de  la  structure  sin¬ 
gulière  et  vraiment  exceptionnelle  d’un  de 
ses  genres,  le  Raspailia,  où  rovaire,  quoique 
fibre ,  porte  les  pétales  avec  les  étamines 


BRU  749 

attachés  vers  son  sommet.  Quoi  qu’il  en 
soit,  voici  ses  caractères  :  Calice  tubuleux, 
à  5,  ou  très  rarement  4  divisions  imbriquées. 
Autant  de  pétales  alternes,  à  limbe  spathulé, 
posé  sur  un  long  onglet,  à  préfloraison  im¬ 
briquée.  Autant  d’étamines  alternant  avec 
les  pétales,  unissant  quelquefois  leur  base 
en  une  corolle  monopétale,  insérée  avec  eux 
sur  un  disque  qui  lie  le  plus  ordinairement 
le  tube  du  calice  avec  l’ovaire,  à  anthères 
biloculaires ,  s’ouvrant  en  dedans  par  des 
fentes  longitudinales.  Ovaire  adhérent  au 
calice  dans  la  totalité  ou  dans  la  plus  grande 
partie  de  la  longueur,  quelquefois  couronné 
par  une  expansion  du  disque  qui  opère  cette 
adhérence,  entièrement  libre  dans  un  seul 
cas,  à  deux  ou  trois  loges,  plus  rarement  à  5, 
mais  paraissant  alors  uniloculaire  et  à  pla¬ 
centation  centrale  à  cause  de  l’avortement 
des  cloisons.  Dans  chaque  loge,  1  ou  2  ovu¬ 
les  collatéraux  ,  suspendus.  Style  bifide  ou 
simple  avec  2  ou  3  stigmates  terminaux. 
Fruit  ordinairement  couronné  par  le  calice  , 
persistant  et  marcescent,  sec,  indéhiscent 
ou  se  séparant  en  2  coques,  souvent  1-locu- 
laire  par  avortement.  Graines  souvent  coif¬ 
fées  d’une  petite  caroncule ,  revêtues  d’un 
test  crustacé,  et  présentant,  au  sommet  d’un 
périsperme charnu,  un  très  petit  embryon  à 
radicule  supère.  —  Les  espèces  de  cette  fa¬ 
mille  se  rencontrent  toutes  au  cap  de  Bonne- 
Espérance,  excepté  une  seule  appartenant 
au  genre  Berzelia,  originaire  de  Madagascar. 
Ce  sont  des  arbrisseaux  ou  sous-arbrisseaux 
dont  le  port  rappelle  les  Bruyères  ;  dont  les 
feuilles,  petites,  roides,  entières,  calleuses  à 
leur  sommet,  alternent  en  s’imbriquant; 
dont  les  fleurs ,  rarement  solitaires  et  termi¬ 
nales  ,  se  groupent  quelquefois  en  épis  ou 
panicules,  ou  plus  ordinairement  se  pelo¬ 
tonnent  en  têtes  auxquelles  souvent  plu¬ 
sieurs  bractées  larges  et  scarieuses  forment 
un  involucre. 

genres  :  Berzelia  ,  Brongn.  —  Bruma , 
Brongn.  —  Raspailia,  Brongn.  —  Siaavia , 
Thunb.  (Levisanus,  Schreb.  —  Aslrocoma , 
Neck.)  —  Berardia,  Brong.  (Nebelia,  Sweet.) 
—  Linconia ,  L.  —  Audouinia,  Brongn.  (Pa- 
vinda,  Thunb.) — TiUmannia,  Brong.  (Ma '.es¬ 
tera,  Reich.)  —  Thamnea,  Soland.  —  On  a 
de  plus  placé  avec  doute,  à  la  suite  de  la  fa¬ 
mille,  VHeterodon ,  Meisn.,  et  le  Gruvçnhors- 
tia,  Nees.  VErasma,  R.  Br.,  (Jont  op  np 


750 


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BRU 


connaît  que  le  nom,  se  rapporte  probable¬ 
ment  à  l’un  des  genres  énumérés  plus  haut. 

(Ad.  J.) 

BRUNNICHIA  (T.  Brunnich ,  naturaliste 
danois),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Polygonacées  (  Polygonées-douteuses  ),  éta¬ 
bli  par  Banks  sur  une  plante  découverte 
dans  l’Amérique  boréale.  Le  B.  cirrhosa  est 
un  arbrisseau  volubile  ,  cultivé  dans  nos 
jardins,  à  feuilles  alternes,  cordiformes-ova- 
les ,  glabres  ainsi  que  les  rameaux  ;  à  pé¬ 
tioles  semi-amplexicaules,  entourant  la  tige 
par  un  bord  annulaire,  pubérule  ;  à  inflores¬ 
cence  en  grappes  paniculées  ,  cirrhifères  au 
sommet  ;  à  fleurs  d’abord  serrées  ,  puis  dis¬ 
tantes  ,  solitaires  ou  subternées  dans  l’ais¬ 
selle  des  bractées  ,  à  pédicelles  articulés  au 
milieu.  (C.  L.) 

BRUNONIA  (nom  propre),  bot.  ph.  — 
Genre  type  de  la  famille  des  Brunoniacées, 
établi  par  Smith  ( Linn .  Trans.,  X,  367, 
t.  28,  29).  Il  renferme  un  petit  nombre  de 
plantes,  dont  une  est  cultivée  en  Europe,  le 
B.  australis.  Voyez  pour  les  caractères  l’art. 
BRUNONIACÉES.  (C.  L.) 

*BRUNONIACÈES.  bot.  ph.  —  Le  genre 
Brunonia,  d’abord  placé  à  la  suite  des  Goo- 
dénoviées,  en  a  été  plus  tard  séparé  comme 
type  d’une  famille  distincte,  dont  il  est  jus¬ 
qu’ici  le  seul  genre,  et  qui  se  distingue  par 
les  caractères  suivants  :  Calice  à  5  divisions 
terminant  un  tube  court.  Corolle  monopé¬ 
tale  ,  hypogyne,  marcescente ,  dont  les  seg¬ 
ments,  alternant  avec  ceux  du  calice,  sont 
légèrement  irréguliers  :  les  2  supérieurs  sé¬ 
parés  l’un  de  l’autre  dans  une  longueur  plus 
grande  que  les  autres  ,  tous  parcourus  par 
une  nervure  médiane,  à  préfloraison  val- 
vaire.  Étamines  5,  hypogynes,  alternant  avec 
les  divisions  de  la  corolle,  dont  les  filets  sont 
réunis  entre  eux  à  leur  sommet,  ainsi  que 
la  base  des  anthères.  Ovaire  libre ,  renfer¬ 
mant  dans  une  seule  loge  un  seul  ovule 
dressé,  surmonté  d’un  style  que  termine  un 
stigmate  entouré  par  une  espèce  de  colle¬ 
rette  ou  indusium  à  deux  valves.  Le  fruit  est 
un  utricule  membraneux  qu’enterre  et  ca¬ 
che  le  tube  du  calice  endurci.  La  graine,  re¬ 
vêtue  d’un  test  simple ,  n’a  pas  de  péri- 
sperme,  mais  un  embryon  nu,  à  radicule 
infère,  beaucoup  plus  petite  que  les  cotylé¬ 
dons,  qui  sont  droits  et  charnus.  —  Le  genre 
Brunonia  comprend  plusieurs  plantes  her¬ 


bacées  de  la  Nouvelle-Hollande,  dont  le  port 
rappelle  celui  de  nos  Scabieuses  ;  dont  les 
feuilles  radicales  sont  entières,  spalhulées, 
sans  stipules  ;  les  hampes  terminées  par  des 
têtes  de  fleurs  bleues ,  chacune  accompa¬ 
gnée  de  4  bractées ,  l’ensemble  entouré 
d’un  involucre  de  larges  folioles.  (Ad.  J.) 

BRUNSYIA  (nom  propre),  bot.  ph.  —  Ce 
genre  de  Necker  est  un  des  nombreux  syno¬ 
nymes  du  Croion  de  Linné,  dont  il  semble¬ 
rait  cependant  s’éloigner  par  les  2  envelop¬ 
pes  de  3  folioles  chacune ,  et  par  les  capsu¬ 
les  polyspermes  que  lui  assigne  son  auteur, 
qui  l’avait  peut-être  dédié  à  un  ancien  au¬ 
teur  d’un  ouvrage  pharmaco-botanique, 
Jér.  Brunschwyg.  (Ad.  J). 

BRUNSWIGIA  (nom  d’homme),  bot.  ph. 
— Genre  de  la  familledes  Amaryllidées,  éta¬ 
bli  par  Ker  (In  Ait.  hort.  Kew.  ed.,  2,  II, 
p.  230)  pour  un  certain  nombre  d’espèces 
d’abord  rangées  dans  le  g.  Amaryllis ,  dont 
elles  diffèrent  par  les  caractères  suivants  : 
Calice  presque  campanulé  ou  même  ur- 
céolé,  à  six  lobes  égaux  ou  un  peu  inégaux. 
Étamines  6 ,  insérées  à  la  base  et  non  à  la 
gorge  du  calice;  stigmate  presque  simple  ou 
à  peine  trilobé.  Capsule  mince ,  membra¬ 
neuse,  à  trois  loges,  s’ouvrant  en  trois  valves 
par  le  milieu  de  chaque  loge.  Celles-ci  con¬ 
tiennent  chacune  un  petit  nombre  de  grai¬ 
nes  oblongues.  —  Les  esp.  de  ce  g.,  assez 
nombreuses,  sont  toutes  des  plantes  bulbeu¬ 
ses  originaires  du  cap  de  Bonne  -  Espérance. 
Leurs  fleurs  ,  souvent  très  grandes,  forment 
une  ombelle  simple  ,  et  sont  accompagnées 
d’une  spathe  bivalve.  Nous  pensons  que 
ce  g.  pourrait ,  sans  inconvénient,  être  réuni 
de  nouveau  au  grand  g.  Amaryllis ,  dont  il 
formerait  une  simple  section.  (A.  R.) 

BRUSLURE.  bot.  cr.  —  Voyez  brûlure. 

BRUTES.  Brûla,  mam.  —  Linné  avait  dési¬ 
gné  sous  ce  nom  un  groupe  disparate  formé 
de  Mammifères  dépourvus  d’incisives  à  doigts 
onguiculés,  tels  que  les  Morses,  les  Eléphants, 
les  Bradypes  qui  ont  été  distribués  dans  les 
ordres  des  Carnassiers  amphibies,  des  Éden¬ 
tés  et  des  Pachydermes.  M.  de  Blainville  a 
donné  le  même  nom  à  une  famille  de  l’ordre 
des  Mammifères  ongulogrades,  comprenant 
le  Tapir,  le  Daman  et  le  Rhinocéros.  (C.  d’O.) 

BRUYÈRE,  bot.  ph.  —  Nom  vulgaire 
des  espèces  du  g.  Erica.  (C.  L.) 

BRUYÈRES*  bot*  ph*  —  Nom  français 


BRY 

qu’avait  reçu  la  famille  des  Éricinées,  dans  la 
première  nomenclature  qui  désignait  chaque 
famille  par  le  pluriel  de  son  g.  type.  Ad.  J.) 

BRY.  Bryurn  (0pv ov,  mousse),  bot.  cr.  — 
Ce  g.,  l’un  des  plus  nombreux  et  des  plus 
remarquables  de  la  famille  des  Mousses,  ap¬ 
partient  à  la  division  des  Acrocarpes.  Son 
nom  lui  a  été  imposé  par  Dillen ,  qui  l’a 
emprunté  à  la  langue  grecque  ;  mais,  chez 
les  Grecs,  ce  nom  avait  une  signification  plus 
étendue,  puisqu’on  s’en  servait  indifférem¬ 
ment  pour  désigner  une  mousse  ,  un  lichen, 
une  algue ,  et  même  une  plante  phanéro¬ 
game.  Toutefois,  ce  g.  Bryurn ,  tel  que  l’en¬ 
tendait  le  botaniste  anglais ,  comprenait  des 
Mousses  qui  en  ont  été  distraites,  et  il  a  subi 
depuis  son  établissement  une  foule  de  vicis¬ 
situdes  qu’il  serait  trop  long  de  rappeler  ici. 
Les  bryologistes  modernes  ne  sont  même 
pas  d’accord  entre  eux  sur  sa  circonscrip¬ 
tion.  Les  uns,  comme  MM.  Bruch  et  Schim- 
per,  y  réunissent  le  genre  Piychostornum , 
Hornsch.;  le  Webera  et  le  Pohlia,  Hedw.  ; 
les  autres  ,  comme  M.  Schwægrichen  ,  conti¬ 
nuent  à  les  tenir  séparés.  M.  Hooker  (in  Lin- 
dley,  A  nat.  syst.  of  Bol. ,  p.  411)  admet  la 
réunion  proposée  par  les  deux  premiers 
bryologistes;  mais  il  en  excepte  le  Ptychosio- 
mum.  Quant  à  nous  ,  nous  admettons  ce 
genre  tel  qu’il  a  été  défini  par  Bridel  ( Bryol . 
univ .,  I,  p.  623) ,  en  excluant  toutefois  la 
section  III  ou  Polla,  qui  forme  pour  nous, 
comme  pourM.  Schwægrichen  et  les  auteurs 
de  la  Bryologia  europœa ,  le  genre  Mnium , 
lequel  emprunte  à  la  végétation  des  carac¬ 
tères  tels ,  que  la  similitude  apparente  des 
péristomes  ne  suffit  pas  pour  motiver  la  réu¬ 
nion  de  deux  g.  si  bien  tranchés.  Voici 
comme  nous  définissons  le  genre  Bryurn  : 
Péristome  double:  l’extérieur  formé  par  16 
dents  simples,  lancéolées,  équidistantes,  in¬ 
fléchies  par  la  sécheresse,  marquées  d’arti¬ 
culations  plus  apparentes  en  dedans,  où  des 
lamelles  proéminentes  les  séparent,  et  par¬ 
courues  longitudinalement  dans  leur  mi¬ 
lieu  par  un  sillon  plus  ou  moins  prononcé  et 
plus  ou  moins  long;  l’intérieur  consistant 
en  une  membrane  délicate,  blanche  ou  jau¬ 
nâtre,  offrant  16  sillons  qui  résultent  d’au¬ 
tant  de  saillies  en  carène ,  d’où  partent  des 
cils  eux-mêmes  carénés  et  séparés  l’un  de 
l’autre  par  1,  2  ou  3  filaments  articulés  op¬ 
posés  aux  dents,  et  qu’on  nomme  ciliola. 


BRY  751 

Ces  filaments  sont  ou  nus  (Webera)  ou  ap- 
pendiculés  (Bryurn),  c’est-à-dire  munis  de 
crochets.  Capsule  égale,  lisse,  dépourvue  de 
toute  apophyse,  inclinée,  penchée,  horizon¬ 
tale  ou  pendante,  cylindrique,  ovale  ou  py- 
riforme,  munie  d’un  anneau  et  portée  par 
un  long  pédoncule.  Opercule  court,  con¬ 
vexe  ou  conique,  légèrement  obtus,  terminé 
par  un  mamelon  ou  une  petite  pointe,  ja¬ 
mais  par  un  bec  comme  dans  les  Mnium. 
Coiffe  assez  petite,  cuculliforme  ou  en  capu¬ 
chon,  tombant  avant  la  maturité.  Fleurs  mo¬ 
noïques,  dioïques  et  hermaphrodites,  c'est- 
à-dire  fort  variables  ;  les  mâles  axillaires, 
libres  (B.  nutans ),  ou  terminales  gemmifor- 
raes  (B.  nudum ),  ou  bien  réunies  en  tête 
(B.  pollens).  Anthéridies  et  pistils  nombreux 
environnés  de  paraphyses  filiformes  ou  lé¬ 
gèrement  renflées  en  massue  au  sommet, 
articulées.  Un  seul  pistil  fécond.  Spores  lis¬ 
ses,  très  petites,  globuleuses,  d’un  vert  jau¬ 
nâtre.  Tiges  dressées  ou  ascendantes ,  pous¬ 
sant  de  nouveaux  jets  sous  leur  sommet, 
mais  non  comme  les  Mnium  de  leur  base. 
Innovations  ou  rejets  semblables  à  la  tige 
mère.  Feuilles  le  plus  souvent  disposées  sur 
huit  rangées,  embrassant  la  tige  dans  sa 
demi-circonférence,  quelquefois  décurren- 
tes,  ovales,  ovales-lancéolées ,  concaves, 
munies  d’une  nervure  qui  dépasse  quelque¬ 
fois  le  sommet  sous  forme  de  pointe  ou  de 
mucro,  entières  ou  denticulées,  à  bord  mince 
ou  épaissi ,  acquérant  généralement  une 
longueur  d’autant  plus  grande  qu’on  les  ob¬ 
serve  plus  près  du  sommet  de  la  tige.  Ré¬ 
seau  des  feuilles  composé  d’aréoles  rhom- 
boïdales  ou  quadrilatères  et  parallélogram¬ 
mes  inférieurement,  et  disposées  en  une 
seule  couche. 

Ces  Mousses  vivent  en  société  sur  la  terre, 
où  elles  forment  des  gazons  plus  ou  moins 
touffus,  jamais  dans  l’eau  ni  sur  les  arbres. 
Elles  sont  vivaces  et  se  rencontrent  sous 
tous  les  degrés  de  latitude  de  l’un  et  de  l’au¬ 
tre  hémisphère,  depuis  le  fond  des  vallées 
jusqu’au  sommet  des  plus  hautes  monta¬ 
gnes.  Ainsi  le  Bryurn  coronuium  croît  dans 
les  zônes  les  plus  chaudes  du  Nouveau- 
Monde,  et  M.  Martins  nous  a  rapporté  du 
Spitzberg  les  B.  cæspiticium  et  iulaceum,  ce 
dernier,  il  est  Yrai,  sans  capsules.  Le  B.  ar¬ 
yen  teum  se  trouve  sous  les  latitudes  les  plus 
diverses  et  dans  les  deux  hémisphères 


752  HRŸ 

Nous  l’ayons  reçu  du  Chili,  de  la  Bolivie, 
de  l’Égypte,  des  îles  Canaries,  du  Brésil  et 
des  Neel-Gherries.  Le  nombre  des  espèces 
connues  de  ce  g.  s’élève  à  environ  cinquante, 
et  à  un  nombre  plus  grand  encore  si  l’pn 
veut  admettre  comme  espèces  légitimes  tou¬ 
tes  les  formes  proposées  comme  telles.  (C.M.) 

BRYA.  BOT.  PH.  —  P^oym  AMERIMNUM. 

*BRYACÉES.  bot.  cr.  —  Cette  tribu 
de  la  famille  des  Mousses  acrocarpes  a 
pour  type  le  g.  Bryum  ,  défini  plus  haut, 
et  en  comprend  plusieurs  autres  encore , 
tous  réunis  par  les  caractères  suivants  : 
Capsule  terminale,  le  plus  souvent  égale, 
oblongue  ou  pyriforme,  dressée,  penchée 
ou  pendante,  lisse,  rarement  striée,  munie 
d’un  long  pédoncule  et  s’ouvrant  par  un 
orifice  plus  ou  moins  évasé.  Coiffe  en  alêne 
fendue  sur  le  côté.  Opercule  varié.  Péristome 
ordinairement  double ,  rarement  simple  et 
encore  plus  rarement  réduit  à  une  mem¬ 
brane  annulaire  horizontale.  Tige  simple  ou 
rameuse,  poussant  des  rejets,  soit  de  la  base 
{Mnium),  soit  du  sommet  {Bryum).  Feuilles 
espacées  ou  serrées  et  étroitement  imbri¬ 
quées,  assez  variables  dans  leur  forme  gé¬ 
nérale  et  dans  celle  de  leur  réseau,  souvent 
marginées,  dentées,  mucronéesou  cuspidées, 
réunies  chez  un  grand  nombre  au  sommet 
de  la  tige,  de  manière  à  figurer  une  rosette 
ou  une  sorte  de  toupet.  Fleurs  hermaphro¬ 
dites  ,  monoïques,  mais  aussi  très  souvent 
dioïques  ;  et,  dans  les  deux  derniers  cas,  les 
mâles  réunies  en  tête  ou  en  disque  au  som¬ 
met  des  tiges,  rarement  placées  dans  l’ais¬ 
selle  des  feuilles  supérieures,  avoisinant  les 
fleurs  femelles.  Les  genres  qui  constituent 
cette  tribu  peuvent  être  répartis  en  trois 
sections,  dont  M.  Schwægrichen  fait  autant 
de  petites  tribus. 

1°  mnia.  Genres  :  Cinclidium,  Sw.;  Mnium < 
Hedw.  ;  Peromnium ,  Schwægr.  ;  Aulacom - 
nion,  Schwægr.;  Arrlienopierum,  Hedw. 

2°  brya.  Genres  :  Bryum,  Diil.  ;  Pofilia  , 
Hedw.  ;  Ptyçh.ostornum  ,  Hornsch.  ;  Tirnmia, 
Hedw.;  Acidodoniium? ,  Schwægr. 

3°  leptostomi.  Genres  :  Lepiosiomum,  Rob. 
Br.  ;  Brachymenium  ,  Hook.  ;  Leptotheca  , 
Schwægr.  (C.  M.) 

*BRYANTHUS,  Gmel.  (jSpv'oj ,  je  crois  en 
abondance  ;  àvôoç ,  fleur),  bot.  ph.  —  Syno¬ 
nyme  de  Menziesia  de  Smith.  (G.  L.) 
BRYAXIS.  ins.  —  Genre  de  Coléoptères 


BRY 

1  dimères,  famille  des  Psélaphiens,  établi  par 
Knoch,  et  adopté  par  Latreilie,  ainsi  que  par 
M.  Aubé,  qui,  dans  sa  monographie  de  cette 
famille  ,  p.  23>  le  range  dans  la  division  de 
ceux  à  tarses  monodactyles.  M.  Aubé  rap¬ 
porte  à  ce  g.  14  espèces  qu’il  sépare  en  4 
groupes  ou  sous-genres,  dont  il  serait  trop 
long  de  détailler  ici  les  caractères.  Nous 
nous  bornerons  à  citer  une  espèce  pour 
chacun  d’eux  :  1°  B.  sanguinea  (  Anihicüs 
sanguineu s  Fabr.  )  ;  2o  B.  fossulata  Reich.; 
3»  B.  Lefebvrei  Aub.  ;  4«  B.  Goryi  Aub.  Les 
trois  l>es  sont  d’Europe  ,  et  se  trouvent  aux 
environs  de  Paris.  La  quatrième  est  de  Car- 
thagène  en  Amérique.  M.  Dejean  {Calai.,  3e 
édit.)  désigne  17  espèces  de  Bryaxis,  dont  5 
d’Amérique,  et  les  autres  d’Europe.  (D.) 

*BRY0B1UM  (/2pvov,  mousse;  j2toç,  vie). 
bot.  ph.  —  Famille  des  Orchidées ,  tribu  des 
Malaxidées.  Genre  établi  par  Lindley  {IYat. 
sysi.,  p.  44G),  et  très  voisin  du  g.  Ociomeria. 
Les  folioles  externes  de  son  calice  sont  rap¬ 
prochées  ,  ovales  et  velues  ;  les  intérieures 
sont  allongées  ,  linéaires ,  tronquées  ,  cour¬ 
tes  et  réfléchies  entre  les  externes.  Le  labelle 
rétréci  à  sa  base  est  ovale,  entier,  sans  ap¬ 
pendices.  Le  gynostème,  très  court,  porte  une 
anthère  biloculaire,  qui  contient  huit  masses 
polliniques  disposées  2  par  2  sur  2  rangées. 
Ce  g.  ne  se  compose  que  d’une  seule  esp. , 
petite  plante  parasite ,  originaire  des  An¬ 
tilles,  à  fleurs  petites,  herbacées  ,  réunies  en 
tête  ;  à  tige  épaisse ,  et  à  feuilles  disposées 
2  par  2,  oblongues  et  émarginées  au  som¬ 
met.  (A.  R.j 

*BRYOBIUS  (/3pvov,  mousse;  jStoç,  vie). ins. 
—  Genre  de  Coléoptères  pentamères,  de  la 
famille  des  Carabiques,  créé  parM.  deChau- 
doir  (  Tabl.  d’une  subdivis.  du  g.  Feronia ), 
qui  indique  les  trois  espèces  suivantes 
comme  en  faisant  partie:  Pt.  Jurinei  Panz., 
Hirdenii  Find. ,  bicolor  Peirol. ,  et  peut-être 
le  Pt.  Xartartii  Dej.  Les  deuxième  et  troi¬ 
sième  ne  sont  regardés  par  M.  Dejean  que 
comme  des  variétés  du  premier;  et  le  bi¬ 
color,  que  ce  dernier  a  reçu  des  Pyrénées  se 
trouverait  aussi  en  Suisse ,  suivant  M.  de 
Chaudoir,  si  toutefois  ce  n’est  pas  une  es¬ 
pèce  distincte.  (C.) 

BRYOCHARÏS  (|3 pvov  ,  mousse;  xapcç, 
grâce  ),.  ins.  —  Genre  de  Coléoptères  penta¬ 
mères,  de  la  famille  des  Brachélytres,  établi 
par  M.  Lacordaire,  dans  la  Faune  entornolo- 


BRY 


BRY 


753 


gique  des  environs  de  Paris ,  et  non  adopté 
par  M.  Erichson,  qui  en  rapporte  les  espèces 
au  g.  Bolitobius  de  Leach.  (D.) 

*BRYOCHYSIUM  (  (3 puov,  mousse  ; 
diffusion),  bot.  pii. —  Link  ( Handb .  der  bol., 
III,  p.  341)  décrit  sous  ce  nom  un  champignon 
dont  le  sporange  est  plus  ou  moins  étalé,  d’a¬ 
bord  d’une  consistance  molle  ,  puis  friable, 
et  composé  de  filaments  mêlés  de  sphérules 
grandes  et  petites,  qui  pourraient  en  être  les 
spores.  Le  B.  muscorum  est  de  couleur  oran¬ 
gée,  etses  filaments  en  sont  blancs.  M.  Endli- 
cher  croit  que  ce  champignon  ne  diffère  pas 
du  Rhizocionia  muscorum.  (LÉv.) 

*BRYOCLADIUM  (|3pvov,  mousse  ;  xlâàog, 
rameau),  bot.'  cr.  —  Genre  de  Champignons 
établi  par  Kunze,  et  dont  la  description  ne 
paraît  pas  très  exacte.  Endlicher  ,  dans  son 
Généra  plantarum,  le  place  à  la  suite  des 
Pyrénomycètes.  (LÉv.) 

*BRYOCLES.  bot.  ph.  —  Famille  des  Li- 
liacées.  Le  g.  ainsi  nommé  par  Salisbury 
(Hort.  Soc.  Trans.Ylll,  p.  11),  et  qui  a 
pour  type  les  Hemerocallis  japonica  et  H. 
cœrulea,  avait  été  établi  antérieurement  par 
Sprengel  sous  le  nom  de  Funkia.  (A.  R.) 

*BRYOCGRIS  (|3pvov,  mousse  ;  xopiq,  pu¬ 
naise).  ins.  —  M.  Fallen  a  désigné  ainsi  un 
genre ,  qui  rentre  parfaitement  dans  celui 
d’Eurycephala,L&p.,  ou  Hallicus ,  Hahn.,  de 
la  famille  des  Miriens ,  de  l’ordre  des  Hé¬ 
miptères.  La  seule  esp.  citée  par  M.  Fallen 
est  le  B.  pteridis.  (B*-) 

BRYOIDEI.  bot.  cr.  —  F" oy.  bryacées. 

BRYONE.  Bryonia  (|3 pv»,  je  végète  avec 
force),  bot.  pu.  —  Genre  de  la  famille  des 
Cucurbitacées,  tribu  des  Cucurbitées-Bryo- 
niées,  formé  par  Linné  {G en.,  1480,  Excl.  sp .), 
et  comprenant  un  grand  nombre  d’esp.  répan¬ 
dues  dans  toutes  les  parties  tempérées  et  chau¬ 
des  du  globe.  On  en  cultive  une  trentaine 
d’esp.  dans  nos  jardins  européens,  en  y  com¬ 
prenant  2  esp.  indigènes,  les  B.  dioica 
et  alba.  Ce  sont  des  plantes  herbacées  an¬ 
nuelles  ou  pérennes,  pileuses  ou  scabres, 
volubiles,  à  rhizome  tubéreux  ;  à  feuilles  al¬ 
ternes,  pétiolées,  cordiformes,  anguleuses 
ou  trifides  ;  à  fleurs  axillaires,  en  grappes 
ou  en  fascicules ,  dont  les  femelles  souvent 
solitaires.  Les  fleurs,  dans  ce  genre,  sont 
monoïques  ou  dioïques.  Les  mâles  ont  le 
calice  campanulé ,  5-fide ,  la  corolle  5-par- 
lite,  adnée  à  la  base  de  celui-ci  ;  5  étamines  I 

T.  u. 


triadelphes  dontles  anthères  à  une  seule  loge 
adnée  dorsalement  et  en  cercle  le  long  d’un 
connectif  incisé-denté  ;  à  la  base  une  glan- 
dule  trilobée.  Les  femelles  ont  un  tube  cali- 
cinal  tubulé ,  conné  avec  l’ovaire  et  étranglé 
au-dessus,  à  limbe  supère,  5-fide,  campa¬ 
nulé  ;  la  corolle  des  mâles  ;  un  style  trifide  ; 
à  la  base  du  style  une  glandule  annulaire, 
entière  ou  lobée.  Baie  globuleuse,  oligo¬ 
sperme.  La  B.  dioïque,  fort  commune  dans 
tous  les  bois  et  dans  les  haies,  offre  un  rhi¬ 
zome  charnu ,  très  gros ,  composé  presque 
entièrement  d’amidon  et  d’un  principe  âcre, 
lequel  est  un  violent  purgatif  ;  traité  convena¬ 
blement,  et  dégagé  de  celui-ci,  on  en  tire  une 
fécule  assez  bonne  et  comestible.  (G.  L.) 

*BRYOMÉES.  bot.  pii.  —  Tribu  de  la 
famille  des  Cucurbitacées  ( voyez  ce  mot), 
ayant  pour  type  le  g.  Bryonia.  (Ad.  J.) 

*BRYOPHAGIDES.  Bryophagidi  (|3pv'ov , 
mousse  ;  <pa?E~v  ing  i  r).  ins. —  Nom  d’une 
tribu  établie  par  M.  Guénée,  dans  sa  famille 
des  Noctuelles  d’Europe ,  pour  y  placer  le 
seul  genre  Bryophile.  (D.) 

*BRYOPHILE.  Bryophila  (|3puov,  mousse  ; 
«ptAeco,  j’aime),  ins.  —  Genre  de  Lépidoptères 
nocturnes  ,  établi  par  M.  Treitschke  ,  et 
adopté  par  M.  Boisduval ,  qui  le  place  dans 
sa  tribu  des  Bombycoïdes.  Toutes  les  espèces 
de  ce  g.  sont  de  petite  taille  (la  plus  grande 
n’a  pas  plus  d’un  pouce  d’envergure).  Leurs 
Chenilles  ont  beaucoup  de  rapports  avec 
celles  des  Lithosides;  elles  sont  garnies  de 
tubercules  surmontés  de  poils  courts,  et  vi¬ 
vent  aux  dépens  des  Lichens  qui  croissent 
sur  les  pierres ,  les  murailles  et  les  arbres. 
Elles  se  cachent  pendant  le  jour,  et  se  méta¬ 
morphosent  dans  des  creux  qu’elles  tapissent 
intérieurement  de  soie,  et  qu'elles  recouvrent 
de  Lichens,  de  manière  à  cacher  leur  retraite. 
Ce  g.  renferme  14  espèces,  dont  4  seulement 
se  trouvent  aux  environs  de  Paris.  Nous  ci¬ 
terons  parmi  ces  dernières,  comme  type  du 
genre ,  la  B.  glandifera  des  auteurs  alle¬ 
mands  ,  nommée  B.  lichenes  par  Fabricius, 
et  figurée  dans  Y  Histoire  des  Lépid.de  France, 


t.  IV,  pl.  86,  fig.  1.  (D.) 

*BRYOPHTHÂLMUM,  Mey.  (Æpv^.je 
végète;  ô<p0aAp.oç ,  œil),  bot.  ph.  — Syno¬ 
nyme  de  Moneses ,  Salisb.  (C.  L.) 

BRYOPHYLLUM  (/3 pvw,  je  croîs  en  abon¬ 
dance  ;>vAAov,  feuille),  bot.  ph.  —  Genre  de 


la  famille  des  Crassulacées,  tribu  des  Orribi- 

48 


BRY 


BRY 


754 

liçées  (Crassulées-Diplostémones,  DG.),  formé 
par  Salisbqry  (  Parad.,  t.  3  ),  et  peu  distinct 
du  Kalanchoë  d’Adanson,  auquel  on  devrait 
peut-être  le  réunir.  Nous  examinerons  cette 
question  à  l’article  kalanchoë.  Le  B.  calyci- 
num,  seule  espèce  du  genre,  est  fort  remarqua¬ 
ble  par  sa  facilité  de  reproduction,  à  laquelle 
son  étymologie  générique  fait  allusion.  Si 
l'on  pose  sur  le  sol  une  de  ses  feuilles,  dont 
la  forme  est  ovale-arrondie,  crénelée-sinuée, 
il  sort  bientôt  de  chacune  des  sinus  de  peti¬ 
tes  radicelles,  que  surmontent  immédiate¬ 
ment  une  ou  plusieurs  jeunes  plantes.  (C.L.) 

*BRYOPOGO!\I  (  |3puov ,  mousse;  7 covywv, 
barbe),  bot.  cr.  —  (Lichens.)  Genre  établi 
par  M.  Link  (Handb.,  III,  p.  164)  sur  un  dé¬ 
membrement  des  Corniculaires  d'Acharius, 
mais  qui  n’a  point  été  admis.  Toutes  ces  es¬ 
pèces,  ou  au  moins  le  plus  grand  nombre, 
rentrent  dans  le  g.  Evernia.  ( Voyez  ce  mot.) 
On  peut  encore  consulter  un  article  que 
MM.  Nees  d’Esenbeck  et  Flotow  ont  publié 
dans  la  Linnœa,  sur  leur  nouveau  g.  JYeu- 
ropogon  ,  lequel  ne  nous  semble  pas  lui- 
même  devoir  être  distrait  des  Évernies.  Nous 
avons  donné  une  traduction  de  cet  article 
dans  les  Annales  des  sciences  naturelles  (2 esér. 
Bot.,  tome  III,  p.  238).  (G.  M.) 

BRYOPSIS  (jSpuo v ,  mousse  ;  o^tç,  appa¬ 
rence).  bot.  cr.  —  (Phycées).  Lamouroux  a 
établi  sous  ce  nom  [Ann.  Mus.,  20,  p.  281, 
t.  7  )  un  g.  fort  remarquable  de  la  famille 
des  Zoospermées ,  et  qui  depuis  n’a  subi  au¬ 
cune  modification,  tant  il  est  naturel.  Ses 
caractères  sont  les  suivants  :  Fronde  mem¬ 
braneuse,  tubuleuse,  cylindrique,  continue, 
simple  ou  rameuse  ;  rameaux  irréguliers  ou 
dichotomes,  chargés  dans  une  plus  ou  moins 
grande  étendue ,  mais  surtout  vers  leur 
sommet,  de  ramules  tantôt  étroitement  im¬ 
briqués  de  tous  les  côtés,  tantôt  disposés 
sur  deux  rangées,  comme  les  barbes  d’une 
plume,  ou,  en  d’autres  termes,  pennés.  Ges 
filaments  tubuleux,  anhistes,  du  moins  en 
apparence,  car  M.  J.  Agardh  nous  apprend 
que,  dans  les  Confervées  et  plusieurs  Sipho- 
nées ,  il  a  constaté  qu'ils  étaient  composés 
de  fibres  spirales  entrecroisées,  ces  filaments, 
disons-nous  ,  sont  remplis,  pendant  la  vie, 
d’un  liquide  chargé  de  granules  verdâtres 
d’une  excessive  ténuité ,  lesquels,  dans  la 
dessiccation,  se  déposent  à  l’intérieur  de  la 
paroi  du  tube,  s’y  concrètent  et  la  tapissent 


comme  d’une  sorte  de  vernis.  Les  granules 
en  question  se  métamorphoseront  un  jour 
en  Zoospermes  ou  sporidies  animées,  des¬ 
tinées  à  propager  la  plante.  M.  J.  Agardh, 
qui  a  suivi  toute  leur  évolution  dans  le 
Bryopsis  arbuscula ,  a  très  bien  décrit  tous 
les  phénomènes  qui  se  sont  passés  sous  ses 
yeux  pendant  cette  métamorphose,  sur  la¬ 
quelle  nous  reviendrons  plus  en  détail  au 
mot  zoospermes.  Jusqu’à  ces  derniers  temps, 
on  avait  cru  les  Bryopsis  privés  de  ces  or¬ 
ganes  appendiculaires  qu’on  retrouve  dans 
les  g.  Codium,  Vaucheria  et  Flabellaria,  et 
qui  ont  reçu  le  nom  de  Coniocysies.  M.  Me- 
neghini  les  a  observés  le  premier,  en  1837 
[Flora,  décemb.,  1837,  p.  721),  et  nous  avons 
vérifié  son  observation  sur  des  échantillons 
de  B.  balbisiana  recueillis  à  Yillefranche 
par  M.  Webb.  [F.  Ann.  sc.  nat.  2e  sér.,  II, 
p.  370).  Ces  Coniocystes  sont  des  espèces  de 
poches  sphériques ,  de  la  même  nature  que 
le  filament  qui  les  porte,  et  dans  lesquelles 
se  voit  une  masse  granuleuse  d’un  vert  dont 
la  teinte  noirâtre  dépend  probablement  de 
leur  agglomération.  Elles  tiennent  au  fila¬ 
ment  par  un  très  court  pédicelle.  On  ne  sait 
pas  bien  encore  si  ces  organes  se  compor¬ 
tent  comme  les  analogues  qu’on  rencontre 
dans  quelques  g.  voisins ,  c’est-à-dire  s’ils  se 
détachent  et  germent  en  masse  pour  repro¬ 
duire  la  plante. 

Le  g.  Bryopsis  est  composé  d'Âlgues  fort 
élégantes  par  leur  ramification  et  leur  port. 
Il  a  son  centre  géographique  dans  les  zones 
tempérées  des  deux  hémisphères.  Il  s’avance 
un  peu  plus  dans  le  Nord  que  dans  le  Sud, 
car  on  en  trouve  une  espèce  au  Danemark, 
tandis  que  les  Malouines  forment  sa  limite 
dans  l’hémisphère  opposé.  La  Méditerranée 
en  fournit  proportionnellement  le  plus  grand 
nombre.  Ce  nombre  s’élève  aujourd’hui  à 
environ  16  esp.  bien  distinctes.  (G.  M.) 

*BRYOPTERIS  (fipvov,  mousse;  ttt epov, 
aile),  bot.  cr.  —  (Hépatiques.)  Le  g.  Frulla- 
nia  de  Raddi,  réhabilité  et  solidement  éta¬ 
bli  aujourd’hui  par  M.  Nees  d’Esenbeck 
(Hepat.  Fur.,  III,  p.  211),  offre,  dans  sa 
structure,  deux  formes  principales  dont  ce 
savant  a  fait  le  type  des  2  sous-genres  Jubula 
et  Bryopteris.  Les  Bryopteris ,  qui  se  com¬ 
posent  d’espèces  exotiques,  offrent  pour  ca¬ 
ractères  :  Un  périanthe  à  trois  angles  et  à 
dos  lisse  ;  un  style  allongé  ;  des  feuilles  mu- 


BUC 


755 


BGB 

nies  d’un  lobule  plart ,  infléchi  et  uni  dans 
toute  sa  longueur  au  lobe  dorsal ,  enfin  des 
amphigastres  entiers,  tronqués  à  leur  som¬ 
met  et  dentés.  Les  Jungermannia  spathuli- 
siipa  Nees  et  diffusa  Sw.  font  partie  de  celte 
section  des  Frullania.  V oy.  ce  mot.  (C.  M.) 

BRYUM.  bot.  cr.  — >  K oyez  bry. 

BUBALE  (  jgovSaXo;,  buffle  ).  mam.  —  Es¬ 
pèce  du  genre  Antilope,  type  d’un  sous-genre. 
Voy.  antilope. 

*BUBALIDES.  mam.  —  Nom  sous  lequel 
quelques  auteurs  désignent  les  Antilopes  voi¬ 
sines  du  Bubale. 

*BUBALINA  ( Bubalinus ,  de  Bœuf  ou  Buf¬ 
fle).  bot.  ph.  —  Syn.  de  Burchellia ,  R.  Br. 

(C.  L.) 

"BUBALORMS,  Smith,  ois.—  Synonyme 
du  g.  Alecto  de  M.  Temminck. 

*BUBAS  (contraction  de  J3 ov&xXoç,  buffle). 
ins.  —  Nom  donné  par  Mégerle  à  un  genre 
de  Coléoptères  pentamères,  de  la  famille  des 
Lamellicornes,  qui  ne  renferme  jusqu’à  pré¬ 
sent  que  2  espèces  du  midi  de  la  France , 
YOniiis  bison  Fabr.,  et  l’O.  bubalus  Latr.  Ce 
genre  se  distingue  des  Oriitis  par  la  tête 
armée  de  2  cornes  longues  et  divergentes,  et 
par  le  corselet  qui  s’avance  en  pointe  dans  la 
première  espèce,  et  dont  l’avancement  est 
tronqué  dans  la  seconde.  (C.)  j 

BUBBOLA.  bot.  cr.  —  Nom  qu’on 
donne,  dans  quelques  parties  de  l’Italie,  à  la 
Coulemelle  (Agaricus  procerus  Scop.),  et  qui 
paraît  emprunté  à  la  forme  de  son  pédicule, 
dont  l’extrémité  inférieure  est  renflée  en 
forme  de  bulbe.  (Lév.) 

BUBO.  ois.  —  Nom  spécifique  du  Grand- 
Duc  d’Europe,  Strix  bubo  Gm.  ,  employé 
comme  générique  par  Cuvier  pour  désigner 
les  Oiseaux  nocturnes  à  conque  petite,  dont 
le  disque  de  plumes  est  moins  prononcé  que 
dans  les  Chats-Huants,  et  qui  ont  des  tarses 
emplumés  jusqu’aux  ongles.  Voyez  duc. 

(C.  b’O.j 

BUBON  (j3ov6wv ,  aine  ;  qui  guérit  les  tu¬ 
meurs  de  l’aine),  bot.  pii.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Ombellifères ,  tribu  des  Peucéda- 
nées,  formé  par  Linné  (  non  Sprengel),  pour 
renfermer  quelques  espèces  du  Cap  ,  dont 
plusieurs  sont  cultivées  dans  les  jardins  eu¬ 
ropéens.  Ce  sont  des  arbrisseaux  très  glabres, 
sécrétant  une  gomme  résineuse ,  à  tiges  Cy¬ 
lindriques,  portant  des  feuilles  biternatisé- 
quées,  glauques,  rigidules,  à  sègments  den-  | 


tés  ou  pinnatifides,  et  à  pétioles  vaginants; 
à  fleurs  d’un  jaune  verdâtre  en  ombelles 
composées,  multiradiées ,  à  involucre,  et 
involucelles  polyphylles,dontles  folioles  sont 
linéaires.  (C.  L.) 

BURROMA,  Sch  /Bou,  particule  aug' 
mentative;  /2pwp.a  ,  nourriture),  bot.  ph. — 
Synonyme  de  Guazuma.  (C.  L.) 

BUBUTUS,  Ois. —  Syn.  latin  deBonbou, 
nom  du  Coucou  chez  les  Malais.  Voy.  Bou¬ 
bou.  (C.  d’Q.) 

BUCANOPHYLLUM,  Pluckn  jSuxavvj, 
trompette,  «pvDov,  feuille;  à  cause  de  la 
forme  des  feuilles),  bot.  ph.— Synonyme  de 
Sarracenia ,  L.  (C.  L.) 

BUCARDE.  Cardiu  /3ovç,  bœuf;  xa p- 
êlo c ,  cœur  ;  à  cause  de  la  figure  cordiforme 
de  la  coquille),  moll. —  Genre  de  Mollusques 
acéphales  testacés  de  l’ordre  des  Lamelli¬ 
branches  ,  famille  des  Cardiacées.  Ce  g.  est 
tellement  naturel  qu’il  est  demeuré  presque 
intact  depuis  sa  création  par  Langius  etGual- 
tieri ,  et  sa  détermination  rigoureuse  par 
Bruguière  ;  cependant  quelques  conchylio- 
logistes  ont  adopté  le  g.  Hémicarde,  proposé 
par  Cuvier,  comme  offrant  des  différences 
assez  notables  pour  être  séparé  des  Bucardes. 

L’animal  de  la  Bucarde  a  le  manteau  lar¬ 
gement  ouvert  par  devant,  bordé  inférieure¬ 
ment  de  papilles  tentaculaires  ;  un  pied  très 
grand,  coudé  au  milieu,  à  pointe  dirigée  en 
avant;  deux  tubes  courts  ,  quelquefois  iné¬ 
gaux  et  bordés  de  papilles;  la  bouche  trans¬ 
verse,  infondibuliforme,  munie  d’appendices 
triangulaires;  les  branchies  courtes,  inéga¬ 
les  de  chaque  côté,  et  réunies  sur  une  même 
ligne. 

La  coquille  est  bombée,  subcordiforme ,  à 
valves  égalés,  à  sommets  proéminents  et 
recourbés  ,  à  bords  dentés  ou  plissés  ;  la 
charnière  est  munie  de  4  dents  sur  chaque 
valve,  deux  cardinales  obliques  et  deux  laté¬ 
rales  écartées.  Les  Coquilles  des  Bucardes  , 
quoique  presque  toujours  identiques  sous  le 
rapport  de  la  forme  caractéristique ,  présen¬ 
tent  néanmoins  des  différences  tranchées 
dans  la  nature  et  la  disposition  de  leurs  or¬ 
nements  accessoires  :  les  unes  sont  lisses  ; 
d’autres,  et  c’est  le  plus  grand  nombre,  sont 
garnies  de  côtes  régulières  communément  ob¬ 
tuses  ,  mais  quelquefois  relevées  en  carène  ét 
déchiquetées  d’une  manière  bizarre  ;  d’au 
très  encoré  sont  armées  d’épines  droites  ou 


756 


BUG 


BUG 


recourbées,  ou  bien  couvertes  de  tubercules 
souvent  remarquables  par  leur  régularité. 
Si  les  Bucardes  se  distinguent  par  l’élégance 
de  leur  forme ,  il  n’en  est  pas  de  même  de 
leurs  couleurs ,  qui  sont  rarement  bril¬ 
lantes. 

Ces  Mollusques  vivent  le  plus  communé¬ 
ment  sur  les  bords  de  la  mer;  quelques 
esp.  cependant  s’éloignent  des  côtes  ,  et 
l’on  en  trouve  un  petit  nombre  à  l’embou¬ 
chure  des  fleuves.  Ils  s’enfoncent  dans  le 
sable  à  la  profondeur  de  10  à  12  centimè¬ 
tres  ,  et  y  sont  placés  de  telle  sorte  que  les 
orifices  de  leurs  tubes  arrivent  à  la  surface 
du  sol,  ce  qui  leur  permet  de  tirer  de  l’eau 
leur  nourriture.  Ce  moyen,  qu’emploient  la 
plupart  des  Bucardes  pour  échapper  à  leurs 
ennemis,  n’est  pas  mis  en  usage  par  les  espè¬ 
ces  à  coquille  épineuse ,  que  leur  armure 
protège  suffisamment  contre  la  voracité  des 
animaux  marins. C’est  au  moyen  de  leur  pied 
et  d’un  artifice  de  locomotion  fort  ingé¬ 
nieux,  décrit  avec  détail  par  Réaumur,  que 
les  Bucardes  sortent  et  rentrent  dans  leurs 
trous.  Sur  les  plages  qu’elles  habitent ,  on 
reconnaît  leur  présence  aux  jets  d’eau  qu’el¬ 
les  lancent  par  les  trous  dans  lesquels  elles 
sont  retirées. 

Ces  Coquilles ,  dont  on  connaît  un  grand 
nombre  d’espèces  à  l’état  vivant ,  sont  ré¬ 
pandues  dans  toutes  les  mers  du  globe  sous 
toutes  les  latitudes.  On  en  trouve  plusieurs 
espèces  sur  nos  côtes,  et  elles  y  sont  recueil¬ 
lies  pour  l’approvisionnement  des  marchés, 
ce  qui  a  lieu  également  en  Hollande,  en  An¬ 
gleterre  ,  en  Espagne ,  et  dans  toutes  les  lo¬ 
calités  où  elles  abondent.  La  plus  commune 
sur  le  littoral  de  l’Océan  est  la  Bucarde 
sourdon,  Cardium  edule.  Quelques  espèces 
sont  fort  recherchées  par  les  amateurs,  entre 
autres  la  Bucarde  exotique  ,  Cardium  costa- 
turn ,  espèce  des  côtes  de  Guinée  et  du  Séné¬ 
gal  ,  à  coquille  blanche  et  fragile  ,  d’un  prix 
élevé,  quand  les  deux  valves  appartiennent 
réellement  au  même  individu. 

On  en  connaît  un  certain  nombre  d’espè¬ 
ces  fossiles ,  dont  quelques  unes  ont  leurs 
analogues  à  l’état  vivant;  c’est  principale¬ 
ment  dans  les  terrains  de  calcaires  supé¬ 
rieurs  à  la  Craie  que  se  trouvent  les  Bucardes 
fossiles.  Le  Calcaire  grossier  des  environs  de 
Paris  en  renferme  une  dizaine  d’espèces. 

(C.  d’O.) 


BUC  AUDITE,  moll.  —  Nom  donné  par 

les  anciens  oryctographes  aux  Coquilles  fos¬ 
siles  ayant  la  forme  d’un  cœur,  qu’elles  ap¬ 
partinssent  ou  non  au  g.  Bucarde. 

BUCCARDIUM.  moll. —  Synonyme  d’I- 
socarde. 

BUCCELLES.  ms.  —  Même  chose  qu’A- 
gnathes. 

BUCCIN.  Buccinum  ( buccinum ,  trom¬ 
pette).  moll:  —  Ce  nom  a,  depuis  Aristote  , 
été  donné  par  les  auteurs  anciens  à  une  foule 
de  Coquilles  univalves  différentes.  Aujour¬ 
d’hui  ,  grâce  aux  travaux  de  MM.  de  La- 
marck,  de  Férussac  et  de  Blainville,  etc.,  il  dé 
signe  un  genre  de  l’ordre  des  Gastéropo 
desPectinibranches  parfaitement  caractérisé 
ainsi  qu’il  suit  : 

Animal  spiral ,  ovale  ou  allongé  ,  à  pied 
court,  ovale,  moins  long  que  la  coquille  et 
operculifère  ;  manteau,  simple,  ayant  en 
avant  de  la  cavité  respiratoire  un  canal  long 
et  constamment  découvert  ;  organe  respira¬ 
toire  formé  de  deux  peignes  branchiaux 
inégaux.  Tête  aplatie,  munie  de  deux  tenta¬ 
cules  conico-cylindriques  ,  écartés  ,  portant 
les  yeux  sur  un  renflement  extér  ieur,  situé  à 
la  moitié  de  leur  longueur.  Bouche  sans  dent 
labiale.  Sexes  distincts:  les  mâles  ayant  l’or¬ 
gane  excitateur  long,  aplati ,  contractile  et 
situé  au  côté  droit  du  cou  ;  chez  les  femelles, 
l’oviducte  aboutissant  au  côté  droit,  à  l’en¬ 
trée  de  la  cavité  respiratoire.  L’anus  est  placé 
au  côté  droit  antérieur. 

Coquille  ovale  ou  obeonique,  à  ouverture 
oblongue,  très  échancrée  en  avant;  colu- 
melle  simple  ou  calleuse,  arrondie,  ayant 
quelquefois  un  seul  petit  bourrelet  à  la  base. 
Opercule  corné,  ovale,  à  éléments  concen¬ 
triques  ;  sommet  marginal  et  peu  marqué. 

Les  Buccins  sont  répandus  dans  toutes 
les  mers  ;  mais  les  espèces  des  pays  tropicaux 
sont  plus  nombreuses,  et  parées  de  couleurs 
plus  vives.  Ce  sont,  en  général,  des  Coquilles 
de  médiocre  grandeur ,  et  quelques  unes 
même  ne  peuvent  être  décrites  qu’avec  le 
secours  de  la  loupe. 

On  peut  porter  à  environ  200  le  nombre 
des  espèces  de  ce  genre,  dont  beaucoup  sont 
de  nos  côtes. 

On  en  connaît  plus  de  30  espèces  à  l’état 
fossile  ,  appartenant  presque  toutes  aux 
terrains  palœothériens.  (C.  d’O.) 

BUCCINEIXE.  Buccinella  (diminutif  de 


B  LC 


buccina ,  trompette),  moll.— M.  Péry  (  Traité 
de  Conch .)  a  désigné  sous  ce  nom  le  g.Tur- 
binelle  de  Lamarck. 

BUCCINOIDES.  moll. — Nom  donné  par 
Cuvier,  dans  son  Règne  animal ,  à  la  troisième 
famille  des  Gastéropodes  pectinibranches , 
comprenant  tous  ceux  dont  la  coquille  est 
canaliculée  ou  échancrée  à  la  base,  tels  que 
les  g.  Cône,  Ovule,  etc.  (C.  d’O.) 

BUCCINUM.  Moll.—  Voy.  buccin. 
BUCCO  ( bucca ,  joue),  ois.  —  Voyez 

BARBU. 

BUCCO.  bot.  pii.  —  Wendland  nommait 
ainsi  un  genre  séparé  du  grand  genre  Dios- 
ma;  Willdenow  lui  avait  donné  le  nom  d ’A- 
gathosma.  Voyez  ce  mot.  (Ad.  J.) 

"BUCCOÏDÉES.  ois.  —  On  désigne  sous 
ce  nom  une  famille  de  l’ordre  des  Passe¬ 
reaux  zygodactyles  ou  grimpeurs ,  ayant 
pour  type  le  g.  Barbu  ,  et  comprenant  en 
outre  les  g.  Barbacou  ,  Barbican  ,  Tamatia 
et  Barbion.  Les  caractères  de  cette  famille 
consistent  en  un  bec  robuste  ,  comprimé  , 
pointu,  élargi  à  la  base,  qui  est  garnie  géné¬ 
ralement  de  poils  raides  et  dirigés  en  avant; 
tarses  médiocres  scutellés,  à  doigt  antérieur 
et  externe  plus  long  ;  ailes  courtes  et  conca¬ 
ves  ;  queue  généralement  inégale. 

Ces  Oiseaux  appartiennent  aux  parties 
chaudes  des  deux  continents  ;  ils  ont  le 
corps  lourd  et  massif,  les  mœurs  tristes, 
indolentes  et  stupides.  Us  vivent  solitaires 
ou  en  troupes  peu  nombreuses  dans  l’épais¬ 
seur  des  forêts  ;  leur  nourriture  consiste  en 
Insectes  et  en  fruits ,  et  quelquefois  même 
ils  attaquent  les  petits  Oiseaux.  C’est  dans 
des  creux  d’arbres  ou  dans  de  simples  trous 
qu’ils  font  leur  nid,  construit  généralement 
avec  négligence.  Certaines  espèces  de  Buc- 
coïdées  présentent  des  couleurs  fort  vives , 
mais  souvent  disposées  avec  bizarrerie  et 
sans  grâce.  ^  (C.  d’O.) 

BUCCOÏNÉES.  ois.— Nom  d’une  sous-fa¬ 
mille  des  Buccoidées ,  de  l’ordre  des  Passe¬ 
reaux  zygodactyles  ou  grimpeurs  ,  compre¬ 
nant  des  espèces  qui  appartiennent  toutes 
au  continent  d’Asie,  et  particulièrement  aux 
Grandes-Indes  et  à  ses  groupes  d’îles. 

*BUCCONI]\ÉES,  ois.— Nom  d’une  sous- 
famille  des  Picidées ,  synonyme  de  Buc- 
coinées. 

*BUCCULINA.bot.ph.— Genre  encore  ob- 
sçur  de  la  famille  des  Orchidées ,  tribu  des 


BUC  757 

Ophrydées,  proposé  par  le  professeur  Lindley 
[in  Boi.mag.  comp.,  II,  p.  209)  pour  une  plante 
originaire  du  cap  de  Bonne-Espérance,  à  ra¬ 
cine  munie  de  tubercules  ovoïdes  ;  à  feuilles 
orbiculaires ,  étalées  horizontalement ,  du 
centre  desquelles  s’élève  une  hampe  nue. 
Les  folioles  extérieures  du  calice  sont  rappro¬ 
chées  en  casque  ;  les  latérales  internes  sont 
obliques  à  leur  base,  qui  s’unit  avec  le  la- 
belle  ;  les  intérieures  ,  2  fois  plus  longues  , 
sont  épaisses,  charnues,  dressées  et  dentées  ; 
le  labelle  est  concave,  à  5  divisions  linéaires, 
barbu  dans  sa  partie  moyenne ,  se  prolon¬ 
geant  en  éperon  à  sa  base  et  soudé  avec  les 
côtés  du  gynostème,  qui  sont  dilatés  et  mem¬ 
braneux.  (A.  R.) 

BUCEIMTE.  Bucent.es  (jSoux/vTrjç,  piqueur 
de  Bœufs  ).  ins.  —  Genre  de  Diptères ,  de  la 
famille  des  Athéricères  ,  établi  par  Latreille 
(  Règne  animal  de  Cuv.  )  d’après  la  Mouche 
géniculée  de  Degeer,  et  qui  rentre  dans  celui 
de  Siphona  créé  par  Meigen ,  ce  dernier  g. 
ayant  été  adopté  par  M.  Macquart,  dont  nous 
suivons  ici  la  méthode.  Voy.  sipiione.  (D.) 

*BUCÉPHALE.  Bucephalus  (jSovç,  bœuf  ; 
xsrpa>vj,  tête),  helmint.  —  Genre  d’Helmin- 
thes  Trématodes  ,  dépourvus  d’organes  géni¬ 
taux  ,  établi  par  M.  de  Baër  pour  un  pa¬ 
rasite  fort  singulier  qu’il  a  observé  dans  le 
foie  de  certains  Mollusques  d’eau  douce  , 
Paludines  ,  etc.,  et  qu’il  a  nommé  Buce¬ 
phalus  polymorphus.  (  Voyez  Acta  naturœ 
Curiosonim,  t.  XI.)  (Duj.) 

En  erpétologie,  etc.,  on  a  aussi  employé  le 
nom  de  Bucéphale  ( Bucephalus ),  et  il  paraît 
qu’on  s’en  est  aussi  servi  en  mammalogie, 
pour  désigner  plusieurs  esp.  d’animaux  re¬ 
marquables  par  la  grosseur  de  leur  tête. 

(P.  G.) 

“BUCEPHALON.  Bucephalon  ((ïovç,  bœuf; 
x£<poJv7,  tête),  acal.  —  Genre  établi  par 
M.  Lesson  dans  sa  famille  des  Béroïdes, 
tribu  des  Callianires  ,  pour  une  espèce  [B. 
Reynaudii )  très  commune  près  de  l’île  do 
Ceylan ,  que  M.  Reynaud  avait  décrite  sous 
le  nom  de  Callianire.  Le  Bucephalon  a  «  le 
corps  plus  large  que  haut,  composé  d’un 
tube  de  forme  hastée,  très  contractile,  s’ou¬ 
vrant  en  haut  entre  les  deux  replis  des  feuil¬ 
lets  supérieurs ,  par  une  petite  ouverture , 
terminé  en  bas  par  une  ouverture  grande , 
circulaire,  et  bordée  latéralement  par  deux 
portions  membraneuses  élargies ,  garnies  à 


758  BUC 

leur  terminaison  de  3  corps  denses,  épais, 

massifs,  et  de  forme  d’olive.  »  (Duj.) 

BUCEPHALUM,  Adans.  (j3oyx£^>a^ov,  nom 
grec  présumé  du  fruit  de  la  Macre,  à  cause 
de  sa  ressemblance  éloignée  avec  la  tête 
d’un  Bœuf),  bot.  ph.  —  Synon.  de  Trophis , 

L.  P.  Br.,  famille  des  Artocarpacées.  (C.  L.) 

BUCEPHALUS.  helmint.  —  Voyez  bu- 

cépiiale. 

BUCERAS ,  P.  Brown  (^ovxepaç ,  fenu- 
grec).  bot.  ph.— Synonyme  du  g.  Bucida  de 
Linné.  (L.  C.) 

BUCEROS.  ois.  —  Nom  scientifique  du 
g.  Calao. 

*BUCEROSIA  ($oyx£pwç,  qui  a  des  cornes 
comme  celles  d’un  Bœuf),  bot.  ph.  —  Genre 
de  la  famille  des  Asclépiadacées-Pergula- 
riées ,  tribu  des  Stapéliées-Céropégiées ,  le 
même  que  le  Desmidorchis ,  Erhenb.,  formé 
par  Wight  et  Arnott  (  Contrib.  34) ,  et  renfer¬ 
mant  5  espèces  auxquelles  nous  en  ajoutons 
une  6e,  le  B .  decaisniana  ( Herb .  gén.  amal.y 
t.  III),  remarquable  par  ses  jolies  fleurs,  et 
cultivéedans  quelques  jardins. Ces  plantes  ont 
en  général  le  port  des  Stapelia  ,  et  croissent 
dans  l’Inde  et  au  Sénégal.  Elles  sont  char¬ 
nues,  aphylles,  dressées,  ramifiées,  tétrago- 

nes,  à  angles  dentés,  à  fleurs  nombreuses, 

disposées  en  ombelles  terminales  ou  laté¬ 
rales.  (C.  L.) 

*BUCERUS  ($ovç,  bœuf;  x/paç,  corne). ins. 
— Genre  de  Coléoptères  hétéromères,  famille 
des  Ténébrioniles  ,  créé  par  M.  Dejean  dans 
son  dernier  Catalogue  ,  avec  2  espèces  du 
Brésil  ,  dont  l’une  est  le  Tenebrio  aries  de 
Dalmann.  Une  3e  espèce  de  Smyrne  ,  le  Te¬ 
nebrio  commué  Fab.  et  Oliv. ,  a  servi  à 

M.  Hope  (Coleoplerist’s  manual,  1840,  p.  130) 
pour  créer  le  genre  Tauroceras  ;  et  comme  il 
est  le  seul  qui  lui  ait  assigné  des  caractères, 
son  genre  doit  prévaloir.  Voyez  ce  dernier 

mot.  (C.) 

*BUCHANA]VIA  (nom  propre),  bot.  ph. 

—  Genre  de  la  famille  des  Anacardiaeées , 
formé  par  Roxburgh  (PL  Corom.,  III,  t.  262), 
et  renfermant  quelques  arbres  de  l’Inde ,  à 
feuilles  alternes,  pétiolées,  simples,  coriaces, 
penninerves ,  très  entières ,  munies  de  ner¬ 
vures  transverses  parallèles  ,  stipulées  ;  à 
fleurs  hermaphrodites,  petites,  blanches, 
disposées  en  panicules  terminales  et  axillai¬ 
res ,  rassemblées  au  sommet  des  rameaux; 
à  fruits  rouges.  On  en  cultive  déux  espèces 


BUC 

dans  les  serres  en  Europe ,  les  B.  latifolia  et 
angustifolia.  (C.  L.) 

*BUCHAVEA  ,  Reichenb.  (nom  propre). 
bot.  ph. — Syn.  de  i Sieversia,  Willd.  (C.  L.) 

* BUCHEMIOEDER  A ,  Eckl.  et  Zeyh. 
(nom  propre),  bot.  pii.  —  Synonyme  d 
palathus.  (C.  L.) 

BUCHIA  (Léopold  de  Buch,  célèbre  géolo¬ 
gue).  bot.  pii.  —  Genre  de  la  famille  des 
Verbénacées ,  tribu  des  Lippiées,  établi  par 
Kunth  (in  Humb.  et  Bonp.,  Nov.  gen.,  II, 
269,  t.  i  32  ),  sur  une  plante  herbacée,  trou¬ 
vée  sur  les  bords  de  l’Orénoque.  Elle  est 
dressée,  à  feuilles  opposées,  courtement  pé¬ 
tiolées,  eliiptiques-oblongues,  très  entières , 
nervées  ;  à  fleurs  petites,  blanchâtres,  ébrac- 
téées  ?,  disposées  en  épis  sessiles,oblongs,cy- 
lindracés,  serrés  en  faisceaux ,  et  terminaux. 

(C.  L.) 

BUCHNERA(nom  propre),  bot.  pii.  — 
Genre  de  la  famille  des  Scrophulariacées , 
type  de  la  tribu  des  Buchnérées  ,  formé 
par  Linné  (G.  772,  Exc.  sp .)  ,  et  renfer¬ 
mant  un  certain  nombre  d’espèces  répan¬ 
dues  dans  les  parties  tropicales  du  globe. 
Ce  sont  des  plantes  herbacées  Yivaces,  sca- 
bres,  noircissant  par  la  sécheresse;  à  feuilles 
inférieures  opposées,  souvent  dentées,  les 
supérieures  plus  étroites,  ordinairement  très 
entières ,  les  florales  bractéiformes  ;  à  fleurs 
solitaires,  sessiles,  bibractéolées,  et  disposées 
en  épis  terminaux.  On  en  cultive  2  espèces 
dans  les  serres.  (C.  L.) 

*BUCHNÉRÉES.  bot.  ph.  —  Tribu  de  la 
famille  des  Scrophularinées  (voyez  ce  mot), 
ayant  pour  type  le  genre  Buchnera.  (Ad.  J.) 

*BUCHOLZITE,  Brand.  (  nom  propre). 
min.  —  Minéral  à  texture  fibreuse,  qu’on 
trouve  au  Tyrol  et  aux  États-Unis  dans  les 
terrains  de  cristallisation,  et  qui  paraît  se 
rapprocher  beaucoup  de  l'Andalousite  par 
sa  composition  et  par  ses  caractères  exté¬ 
rieurs.  Peut-être  est-ce  la  même  chose  que 
laFibrolithe  que  M.  Fuchs  considère  comme 
un  mélange  intime  de  Disthène  etde  Quartz. 
Voyez  disthène.  (Del.) 

BUCHOZÏA,  L’hérit.  (nom  propre),  bot. 
ph.  —Syn.  de  Serissa. — Le  Buchozia  d'Arra- 
bida  (Flor.  Flum.,  I,  t.'80)  doit  être  rapporté 
à  Y Heleranthera ,  R.  et  P.  (C.  L.) 

BUCIDA.  bot.  pii.  —  Genre  de  la  famille 
des  Combrétaeêes ,  tribu  des  Terminal iées , 
formé  par  Linné  (£.  îÿïj  pour  3  ou  4  éspé- 


BUE 


759 


BUC 

ces  de  l’Amérique  tropicale.  Ce  sont  des  ar¬ 
bres  à  feuilles  alternes,  cunéiformes,  très 
entières ,  glabres  ou  velues  sur  les  bords  ;  à 
pédoncules  axillaires  ;  à  fleurs  en  épis  ouca- 
pitées,  soyeuses  ,  s’allongeant  quelquefois, 
vraisemblablement  par  la  piqûre  de  certains 
Insectes,  en  de  longues  cornes  spongieuses. 
Toutefois ,  ce  curieux  fait  ne  paraît  avoir 
été  remarqué  que  sur  l’un  d’eux,  le  B.  buce- 
rys,  qui  en  a  reçu  son  nom  spécifique.  (C.L.) 

BUCKELOCHSE.  mam.  —  Synonyme  de 
Bison. 

"BUCKLANDIA,  (T.  Buckland  célèbre  na¬ 
turaliste  anglais).  bot.  ph.  —  Genre  de  végé¬ 
taux  fossiles  établi  par  Sternberg  (Tent.,  37). 
le  même  que  le  Clalhraria  d’Ad.  Brongniart. 
— On  donne  encorecenomaung.de  la  famille 
des  Hamamélidacées ,  type  de  la  tribu  des 
Bucklandiées,  fondé  par  R.  Brown  {in  fVall. 
cal.  7414),  sur  un  arbre  de  l’Inde  souvent  très 
élevé,  dont  le  port  est  celui  d’un  Peuplier,  à 
fleurs  polygames-dioïques ,  capitées  ;  chaque 
capitule  formé  de  8  fleurs  ;  les  rameaux  sont 
gemmifères  au  sommet  ;  les  gemmes  envelop¬ 
pées  de  2 écailles  opposées;  les  feuilles  sont 
alternes,  éstipulées,  pétiolées,largementcor- 
diformes-ovales  ,  cuspidées ,  entières  ou  tri¬ 
lobées,  coriaces,  réliculées-veinées  ;  pédon¬ 
cules  terminaux  ,  ternés ,  monocéphales.  — 
M.  Ad.  Brongniart  (  Prodr.,  12  )  a  appliqué 
aussi  ce  nom  à  un  genre  de  végétaux  fossiles 
de  l’ordre  des  Acrobryées,  formé  sur  le  Co¬ 
mtes  Bucklandi  Stern. ,  découvert  dans  le 
terrain  jurassique  schistoïde,  et  qui  devra 
recevoir  un  autre  nom,  car  il  en  existait  déjà 
un  autre  formé  parRob.  Brown  sous  la  même 
dénomination.  (Ç.  L.) 

"BUCKLANDIÉES.  bot.  ph.  —  Une  des 
tribus  de  la  famille  des  Hamamélidées. 
Voyez  ce  mot.  (Ad.  J.) 

"BUCKLANDITE,  Lév.  (nom  d’homme). 
min.  —  Substance  noire,  opaque,  cristalli¬ 
sant  en  prismes  obliques ,  rhomboïdaux , 
modifiés  vers  les  bases  ,  et  dont  les  angles 
sont  de  109°  20’,  et  70°  40'.  Us  ont  la  dureté 
du  Feldspath,  et  une  densité  de  2,67.  On  les 
trouve  à  Arendal  avec  l’Amphibole  horn¬ 
blende  ,  la  Wernérite  et  le  Calcaire  spathi- 
que;  sur  les  bords  du  lac  de  Laach,avec  le 
Feldspath  vitreux.  Selon  M.  G.  Rose ,  leur 
forme  s’accorde  presque  entièrement  avec 
celle  des  Épidotés  à  base  de  Fer,  dont  elle 
n’est  peut-être  qu’une  variété.  (Del.) 


‘BUCQUETIA  (Bucquet,  chimiste),  bot. 
pu.  —  Genre  de  la  famille  des  Mélastomacées, 
tribu  des  Lavoisiérées,  établi  par  De  Can- 
dolle  [Prodr.,  III,  110)  sur  YOsbeckia  gluli- 
nosa  Spreng.,  seule  esp.  qui  le  compose  jus¬ 
qu’ici.  C’est  un  arbrisseau  de  la  Nouvelle- 
Grenade  ,  à  rameaux  visqueux,  portant  des 
feuilles  pétiolées,  elliptiques,  trinervées,  lis¬ 
ses,  presque  complètement  entières  ;  à  fleurs 
violacées  au  sommet  de  pédicelles  ternés 
terminant  les  rameaux.  Il  a  le  port  des  Os - 
beckia  ou  des  Anhrostemma,  mais  des  grai¬ 
nes  angulaires  et  non  cochléiformes.  (C.  L.) 

"BUCRATES  (|3oCç,  bœuf;  xpôîç,  tête),  ins. 
— M.Burmeister  a  établi  sous  cette  dénomina¬ 
tion  un  genre  d’Orthoptères  de  la  famille  des 
Locustiens ,  remarquable  par  des  cuisses 
pourvues  d’une  double  rangée  d’épines. 
M.  Burmeister  ne  rapporte  à  ce  genre  qu’une 
seule  espèce  :  c’est  la  Locustu  capitata  Deg., 
du  Brésil.  (Bl.) 

BUCULA-CERVINA.  mam. — Synonyme 
d’Antilope  bubale.  Voyez  antilope. 

BUDA,  Adans.  bot.  ph.  —  Synonyme  de 
Spergularia  ,  Pers.  (C.  L.) 

BUDDLEA  et  non  BUDDLEIA  (Adam 
Buddle,  Anglais,  amateur  de  botanique). 
bot.  pii. —  Genre  de  la  famille  des  Scrophu- 
lariacées ,  type  de  la  tribu  des  Buddléées , 
formé  par  Linné  {G en.,  140)  pour  des  ar¬ 
bres  et  des  arbrisseaux  indigènes  de  l’Amé¬ 
rique  tropicale  et  australe,  de  l’Inde  orien¬ 
tale  et  du  cap  de  Bonne-Espérance.  Il  ren¬ 
ferme  un  assez  grand  nombre  d’espèces, 
dont  douze  à  quinze  sont  cultivées  dans  les 
jardins  européens.  Ses  caractères  principaux 
sont  :  Calice  campanulé ,  4-fide ,  égal;  co¬ 
rolle  hypogyne,  campanulée  ou  tubuleuse, 
à  limbe  4-fide.  Étamines  égales  ,  incluses  ; 
filaments  presque  nuis.  Style  simple;  stig¬ 
mate  renflé,  entier.  Capsule  biloculaire, 
septicide  bivalve.  Feuilles  opposées,  entiè¬ 
res  ou  dentées.  Fleurs  le  plus  souvent  ses- 
siles,  en  glomérules  sessiles  ou  pédonculés, 
axillaires  ou  disposées  en  grappes  simples 
ou  rameuses,  en  forme  de  panicules.  (C.L.) 

BUDDLÉÉES.  bot.  ph.  —  Tribu  de  la 
famille  des  Scrophularinées  ( voyez  ce  mot), 

I  ayant  pour  type  le  genre  Buddlea.  (Ad.  J.) 

■  BUD1TES  (  jSovtîvTvjç ,  sorte  de  petit  oi- 
•  seau),  ois.  —  Nom  scientifique  des  Berge- 
I  ronnettes. 

j  "BUECKIA.  bot.  ph. —  Famille  des  Cypé- 


760 


BUF 


BÜF 


racées.  Genre  établi  par  le  professeur  Nees 
d’Esenbeck  (in  Linnœa ,  IX,  p.  300  ;  X,  p.  196) 
pour  une  plante  du  Cap,  décrite  par  Vahl 
sous  le  nom  de  S'cliœnus  punctorius.  y  oyez 
schænus.  (A.  R.) 

BUENA,  Pohl.  (nom  propre),  bot.  pu. 
—  Synon.  du  genre  Cosmibuena ,  R.  et  P. 

(C.  L.) 

BUFFALO,  mam.  —  Ce  mot,  qui,  en  an¬ 
glais,  signifie  proprement  un  Buffle,  a,  dans 
toute  l’Amérique  du  Nord  ,  une  autre  signi¬ 
fication  ,  et  s’applique  au  Bison.  Nous  espé¬ 
rions  à  l’occasion  de  ce  mot  pouvoir  donner 
les  généralités  relatives  à  ce  dernier  rumi¬ 
nant,  et  au  sous-genre  auquel  il  appartient, 
mais  nous  serons  forcés  de  les  renvoyer  au 
mot  dombey  ,  qui  est  le  nom  qu’on  donne 
dans  le  Caucase  à  l’Aurochs.  (R.) 

BUFFLE.  Bubalus.  mam.  —  Le  nom  de 
Bubalus ,  donné  d’abord  par  les  Romains 
à  une  Antilope  africaine,  mais  bientôt  trans¬ 
porté  à  un  Bœuf  sauvage  des  forêts  de  la 
Germanie ,  n’a  commencé  que  vers  la  fin 
du  vie  siècle  à  être  appliqué  à  l’espèce 
qui  le  porte  aujourd'hui ,  espèce  originaire 
d'Asie,  et  alors  récemment  introduite  en  Eu¬ 
rope.  Ce  n’est  pas  qu’à  partir  de  cette  épo¬ 
que  ,  le  mot  ait  constamment  conservé  la 
même  signification  ;  au  contraire,  nous  le 
trouvons  employé  ,  tant  sous  sa  forme  pre¬ 
mière  que  sous  les  formes  diverses  qu’il  a 
prises  dans  le  latin  du  moyen-âge  ou  dans 
les  langues  modernes  ,  pour  désigner  d’au¬ 
tres  Bœufs  différents  des  deux  premiers,  et 
quelquefois  même  de  simples  variétés  de  no¬ 
tre  Bœuf  commun.  Aujourd’hui ,  dans  le 
langage  des  naturalistes,  la  valeur  du  mot 
Bubalus  est  bien  déterminée  ,  et  celle  du  mot 
Buffle  l’est  égalemeU;  mais  les  deux  mots , 
dans  les  nomenclatures  française  et  latine , 
ne  se  correspondent  pas  exactement  :  le  pre¬ 
mier  a  une  valeur  spécifique  ;  l’autre  se  prend 
dans  un  sens  plus  général. 

Les  caractères  communs  aux  espèces  qu’on 
comprend  sous  le  nom  collectif  de  Buf¬ 
fles  ont  été  déjà  exposés  dans  ce  Diction¬ 
naire  (1),  et  nous  n’avons  rien  à  ajouter  à  ce 

(i)  Tora.  II,  pag.  616  et  suiv. —  Puisque  nous  avons  occa¬ 
sion  de  rappeler  cet  article,  il  conviendra  de  signaler  deux 
fautes  assez  graves  qui  s’y  sont  glissées  à  l’impression. 

On  lit  pag.  619,  col.  i,  lig.  6,  que  les  cornes  du  Bos  fron- 
Mis  sont  cachées  dans  une  partie  de  leur  étendue  ;  on  doit 
lire  cochées,  marquées  de  coches  ou  d’entailles  circulaires. 

A  U  mime  page,  c#l,  a,  lign,  36,  une  correction  tout  aussi 


que  nous  en  avons  dit ,  du  moins  quant  à 
ceux  qui  se  rapportent  à  la  charpente  os¬ 
seuse  ;  quant  aux  autres ,  bien  qu’ils  aient 
été  établis  d’une  manière  peu  légitime,  c'est- 
à-dire  en  étendant  à  toutes  les  espèces  des 
remarques  qui  n’avaient  réellement  été  faites 
que  pour  une  seule ,  nous  devons  dire  que 
toutes  les  découvertes  ultérieures  semblent 
justifier  ces  généralisations. 

L’absence  de  papilles  cornées  à  la  langue 
n’était,  par  exemple,  jusqu’à  ce  jour,  prou¬ 
vée  que  dans  le  cas  du  Buffle  commun  ;  mais 
nous  avons  eu  tout  récemment  occasion  de 
la  constater  chez  une  nouvelle  espèce  dont 
notre  musée  vient  de  s’enrichir,  le  Bos  bra - 
chyceros  de  Gray.  On  est  donc  porté  à  croire, 
malgré  ce  que  semblerait  indiquer  un  trait 
de  mœurs  attribué  par  Sparmann  au  Buffle 
du  Cap  ,  trait  que  nous  avons  autrefois  cité 
et  sur  lequel  nous  aurons  bientôt  occasion 
de  revenir,  que  tous  les  Buffles  ont  la  langue 
douce.  Ce  caractère  d’ailleurs,  en  supposant 
qu’on  l’eût  observé  dans  toutes  les  espèces , 
ne  serait  probablement  pas ,  comme  nous 
semblions  le  faire  entendre ,  un  caractère 
exclusif,  puisqu’il  y  a  déjà  quelques  raisons 
de  supposer  qu’on  le  retrouve  également 
dans  le  Yak.  En  effet ,  Pallas,  qui  avait  dis¬ 
séqué  un  de  ces  animaux ,  dit  (Aci.  Acad, 
petrop.,  t.  I ,  part.  2,  p.  250)  que  sous  le  rap¬ 
port  des  viscères  ,  il  ne  diffère  en  rien  du 
Buffle  commun  ;  or  il  n’est  pas  vraisemblable 
qu'un  trait  aussi  saillant  que  celui  dont  il 
s’agit  ici  ait  pu  échapper  à  l’observation  du 
consciencieux  zoologiste. 

Un  autre  caractère ,  qui  paraît  également 
être  commun  à  toutes  les  espèces  du  sous- 
genre,  sans  toutefois  leur  appartenir  exclu¬ 
sivement,  c’est  celui  qui  a  rapport  à  la  dis¬ 
position  des  mamelles.  Daubenton  a  décrit 

malheureuse  place  dans  les  forêts  du  Thibet  le  Gayal  des  fo¬ 
rêts  du  Silhet. 

Une  autre  inexactitude  que  nous  devons  relever,  mais  qui, 
cette  fois,  n’est  pas  du  fait  de  l’imprimeur,  se  trouve  à  la 
même  page,  et  est  relative  à  la  distribué  an  géographique  du 
Gour.  Ce  n’est  point,  comme  nous  l’avions  cru,  d’après  l’ins¬ 
pection  d’un  dessin  dont  nous  avons  depuis  reconnu  l’inexac¬ 
titude,  une  tète  du  Bos  Gaurus,  qui  se  trouve  dans  le  musée 
chinois  et  japonais,  indiquée  comme  provenant  de  Java; 
mais  une  tête  du  B.  Bentiger,  ou  pour  mieux  dire  du  B.  Ban~ 
teng,  car  le  nom  donné  par  Rafdes  à  l’animal  doit  être  con¬ 
servé  comme  étant  le  premier  en  date.  Ainsi  Ceylan  reste, 
jusqu’à  présent,  la  seule  île  dans  laquelle  l’existence  du  Gour 
annoncée  en  iC8r  par  Knox  paraisse  dûment  constatée;  et 
Ceylan,  il  faut  le  remarquer,  est  en  quelque  sorte  un  pro¬ 
longement  de  l’Inde  continentale. 


BUF 


BUF 


70  i 


et  figuré  ces  parties  dans  le  mâle  (Buff.,  Hist. 
nat.,  t.  XI ,  p.  342 ,  et  pl.  27  ),  et  les  natura¬ 
listes  en  ont  parlé  d’après  lui  ;  mais  comme 
il  ne  dit  rien  des  parties  femelles,  la  plupart 
des  auteurs,  ou  ont  gardé  le  silence  à  cet 
égard,  ou  ont  donné  à  entendre  que  c’était  le 
même  arrangement  pour  les  deux  sexes ,  ce 
qui  est  tout-à-fait  inexact  :  les  mamelons 
chez  la  femelle  du  Buffle  commun  ,  au 
lieu  de  figurer  comme  chez  la  Yache  un 
quadrilatère  rectangle ,  forment  un  trapèze 
dont  le  côté  postérieur  est  moitié  moins  long 
que  l’antérieur.  C’est  exactement  ce  que  nous 
avons  trouvé  chez  la  femelle  du  Bos  bracliyce- 
ros,  et  nous  pouvons  nous  attendre  à  trouver 
dans  le  mâle  la  disposition  correspondante , 
car  il  semble  y  avoir  à  cet  égard  un  rapport 
nécessaire  entre  les  deux  sexes.  Ainsi,  nous 
savions  par  le  témoignage  de  Pallas  que  chez 
le  Yak  mâle  les  mamelons  se  trouvent , 
comme  chez  le  Bulîle ,  sur  une  seule  ligne 
droite  ;  et  voilà  que  tout  récemment  M.  Hodg¬ 
son  nous  apprend  que  chez  la  femelle  ils 
sont ,  comme  chez  la  Bufflone  ,  en  trapèze  ; 
c’est  du  moins  ce  que  nous  semble  indiquer  la 
phrase  que  nous  citons  en  note  (1), 

Dans  les  Buffles,  ou,  pour  parler  plus 
exactement,  dans  l’espèce  à  laquelle  appar¬ 
tient  notre  race  domestique  d’Europe ,  le 
mâle  présente  encore  relativement  aux  orga¬ 
nes  de  la  génération  d’autres  particularités 
qui  le  distinguent  du  Bœuf  commun.  La 
verge,  ainsi  que  le  remarque  F.  Cuvier  (üist. 
natur .  des  rnammif.),  au  lieu  de  se  terminer 
en  pointe,  est  tronquée  à  son  extrémité,  et  le 
fourreau  ne  se  montre  qu’à  son  orifice  ,  et 
dans  une  longueur  de  2  ou  3  pouces  seule¬ 
ment.  Pallas  ( loco  ciiaio )  a  signalé  la  même 
particularité  chez  le  Yak  :  «  Il  a  quatre  ma¬ 
melons  rangés  sur  une  ligne  transversale 
entre  le  scrotum  et  le  prépuce,  lequel  forme 
une  grosse  éminence  ,  sans  que  la  trace  de 
tout  le  reste  de  la  verge  soit  extérieurement 
visible  (2).  » 

Le  même  auteur  signale  plus  loin  une  au¬ 
tre  trace  de  ressemblance  dans  ce  qui  a  rap- 

(i)  «  Four  teats  narrowing  wedgwise  backwards.  »  Hodg- 
«oif ,  Illustrations  of  the  Généra  of  the  Bovinœ.  Journ.  of  the 
Asiat.  soc.  of  Bengal.  N.  S  ,  n°  So,  i84i. 

(a)  Ce  qui  est  remarquable,  c’est  que  dans  la  ligure  cor¬ 
respondant  à  cet  article,  le  dessinateur  a  figuré  un  fourreau 
apparent  dans  toute  sa  longueur  ,  tandis  que,  dans  la  figure 
îointe  à  l’article  de  Daubenton,  ce  caractère  est  très  bien  ex¬ 
primé  ,  quoiqu’il  n’en  soit  pas  fait  mention  dans  le  texte. 

T.  H. 


port  aux  fonctions  génératrices  entre  les 
Yaks  et  les  Buffles.  «Les  Yaks,  dit-il,  s’appro¬ 
chent  de  leurs  femelles  la  tête  en  avant ,  la 
bouche  béante,  à  la  manière  des  Buffles.  » 

Avant  de  terminer  ce  qui  a  rapport  aux 
parties  molles ,  il  conviendra  d’appeler  l’at¬ 
tention  sur  un  fait  qui  ne  paraît  pas  sans  in¬ 
térêt,  et  qui  cependant  jusqu’ici  n’a  été  re¬ 
levé  par  aucun  naturaliste  :  c’est  que  chez 
les  animaux  qui  nous  occupent,  bien  que  la 
langue  soit  dépourvue  de  papilles  cornées, 
la  face  interne  des  joues  en  est  abondam¬ 
ment  garnie  ;  c’est  du  moins  ce  que  nous 
avons  pu  constater  chez  le  B.  bubalus  et  le 
B.  brachyceros.  Chez  le  dernier  surtout,  ces 
papilles  sont  très  pressées  ,  longues  de  plus 
d’un  centimètre,  et  comparables,  pour  la 
forme,  sinon  pour  la  consistance ,  aux  pi¬ 
quants  du  Hérisson  :  on  les  aperçoit  très 
distinctement  dans  les  mouvements  de  la 
bouche  que  fait  l’animal  en  ruminant,  car 
elles  s’avancent  presque  jusqu’à  la  cornis- 
sure  des  lèvres.  Dans  le  Bœuf  commun ,  les 
parois  buccales  présentent  aussi  des  papil¬ 
les  spiniformes  ,  mais  plus  rares,  plus  cour¬ 
tes,  et  à  base  plus  large. 

Les  ressemblances  d’organisation  ,  ainsi 
que  l’ont,  remarqué  plusieurs  naturalistes,  ne 
caractérisent  pas  mieux  le  groupe  des  Buffles 
que  ne  le  font  les  ressemblances  de  mœurs. 
Quoique  toutes  les  espèces  connues  soient 
originaires  des  pays  chauds,  toutes  paraissent 
redouter  extrêmement  la  chaleur,  et  cher¬ 
chent  ày  échapper  en  se  réfugiant  dans  l’eau. 
Le  Buffle  africain  comme  le  Buffle  asiatique, 
s’il  a  un  marais  ou  un  lac  à  sa  portée,  y  reste 
plongé  tout  le  temps  que  le  soleil  est  un  peu 
élevé  sur  l’horizon  ,  ne  laissant  à  découvert 
que  les  naseaux  et  les  yeux;  les  cornes  mêmes 
sont  presque  entièrement  cachées.  Gomme  il 
emploie  une  partie  de  la  nuit  à  paître  ,  c’est 
surtout  dans  le  bain  qu’il  dort,  et  il  n’a  pres¬ 
que  pas  d’efforts  à  faire  pour  maintenir  ses 
naseaux  à  fleur  d’eau  ;  car,  en  raison  du  grand 
développement  des  sinus  frontaux  qui  se  pro¬ 
longent  jusque  dans  les  cornes,  toute  la  par¬ 
tie  supérieure  de  sa  tête  est  très  légère. 

Il  existe  chez  plusieurs  animaux  qui  ont 
aussi  la  coutume  de  dormir  dans  l’eau,  et 
qui  respirent  l’air  en  nature,  une  disposition 
qu’on  pourrait  croire  analogue  ;  nous  cite¬ 
rons  comme  exemple,  chez  les  Mammifères, 
le  Capibara  et  le  Paca,  et,  chez  les  Reptiles,  le 
48' 


BIJF 


762  BUF 

Crocodile.  Ces  animaux  offrent  au  front  des 
sillons  très  profonds,  qui  pourraient  bien 
être,  en  partie,  des  sinus  aériens  ;  seulement 
ces  sinus,  au  lieu  d’ètre  compris  entre  les 
deux  lames  des  os  du  crâne,  seraient  entre 
la  lame  externe  et  la  peau.  Si  cette  conjec¬ 
ture  se  vérifiait,  il  y  aurait  à  découvrir  par 
quels  conduits  l’air  arriverait  dans  ces  cavi¬ 
tés  ;  les  canaux  pneumaphores  ont  été  si 
long-temps  ignorés  chez  les  Oiseaux,  où 
pourtant  leur  rôle  est  des  plus  importants, 
qu’il  n’y  aurait  aucunement  lieu  d’être  sur¬ 
pris  de  les  rencontrer  un  jour  dans  les  ani¬ 
maux  dont  nous  parlons. 

Les  Buffles  n’aiment  pas  seulement  à  se 
plonger  dans  l’eau ,  ils  ont  un  goût  décidé 
pour  se  vautrer  dans  la  fange  ;  et  ce  goût , 
pour  le  remarquer  en  passant,  leur  est  com¬ 
mun  avec  la  plupart  des  animaux  qui  ont 
comme  eux  la  peau  très  épaisse  et  très  peu 
garnie  de  poils  (1). 

11  est  probable  que,  dans  le  reste  de  leurs 
habitudes  ,  les  Buffles  présentent  quelques 
différences  selon  les  espèces  ;  mais  on  n’a 
encore  à  cet  égard  que  des  renseignements  fort 
incomplets.  On  croit  cependant  avoir  re¬ 
connu  que  tandis  que  les  uns  ,  à  certaines 
époques  de  l’année,  se  réunissent  en  trou¬ 
peaux  nombreux ,  d’autres  vivent  constam¬ 
ment  en  familles  isolées. 

Dans  l’état  sauvage,  les  Buffles,  à  quelque 
espèce  qu’ils  appartiennent,  sont  des  ani¬ 
maux  très  redoutables.  Doués  d’une  force 
prodigieuse,  et  beaucoup  plus  agiles  que  ne 
sembleraient  l’annoncer  leurs  formes  lourdes 
et  massives,  ils  s’irritent  aisément  ;  et,  une 
fois  qu’ils  ont  commencé  l’attaque,  les  bles¬ 
sures  les  plus  graves  ne  les  déterminent  pas 
à  prendre  la  fuite.  On  doit  surtout  se  garder 
des  mâles  qui  vivent  solitaires  (comme  le 
font  tous  les  Bœufs  après  un  certain  âge),  et 
des  femelles  qui  ont  des  petits  :  même  dans 
l’état  de  domesticité,  les  Buffles  sont  des  ani¬ 
maux  auxquels  on  ne  peut  pas  trop  se  fier. 
Cependant  ce  naturel  farouche  ,  qu’ils  con¬ 
servent  toujours ,  devient  quelquefois  pour 

(i)  Ce  goût  se  retrouve  chez  presque  tous  les  Pachydermes, 
et  il  n’y  a  guère  à  faire  exception  que  les  espèces  apparte¬ 
nant  au  genre  Cheval  :  encore  doit-on  remarquer  que  ces  es¬ 
pèces,  originaires,  pour  la  plupart,  de  hauts  plateaux  et  de 
plaines  arides  où  les  bourbiers  sont  rares ,  ont  un  penchant 
analogue  et  plus  aisé  à  satisfaire  dans  les  circonstances  exté¬ 
rieures  où  la  nature  les  a  placées;  toutes,  comme  on  le  sait, 
«ut  l’habitude  de  se  rouler  dans  la  poussière. 


leurs  gardiens  une  cause  de  sécurité,  et  dans 
l’Inde  il  met  ces  hommes  à  l’abri  de  l’attaque 
des  bêtes  féroces. 

Les  Ruminants,  en  général,  sont  peu  sus¬ 
ceptibles  d’attachement,  et  l’on  ne  peut  guère 
s’attendre  à  trouver  chez  les  Buffles  ce  sen¬ 
timent  à  l’égard  de  leurs  gardiens,  pour  les¬ 
quels  ils  ne  sont  pas  même  toujours  très  do¬ 
ciles  ;  cependant  le  fait  suivant,  rapporté  par 
un  auteur  digne  de  foi ,  semble  ne  pas  trou¬ 
ver  son  explication  seulement  dans  l’antipa¬ 
thie  qu’ont  les  Buffles  pour  les  Tigres. 

«  Deux  biparies  (1),  dit  Johnson  ( Sketches 
of  Indien  field  sports,  2e  édit.,  p.  91),  condui¬ 
saient  de  Chittrah  à  Palamow  une  troupe  de 
Bœufs  chargés ,  lorsque ,  à  peu  de  distance 
de  leur  point  de  départ ,  l’homme  qui  mar¬ 
chait  derrière  le  convoi  fut  saisi  par  un  Ti¬ 
gre.  Un  guailah  [berger],  qui  faisait  paître  ses 
Buffles  près  de  ce  lieu  ,  fut  témoin  du  fait , 
et  courant  aussitôt  au  secours  du  malheu¬ 
reux  ,  il  attaqua  hardiment  le  Tigre  à  coups 
de  sabre.  L’animal  blessé  lâcha  le  biparie  et 
saisit  le  berger;  mais  alors  les  Buffles ,  se 
précipitant  sur  lui,  l’obligèrent  à  abandonner 
sa  proie ,  et  se  le  rejetant  les  uns  aux  autres 
ils  finirent  par  le  tuer  :  c’est  du  moins  ce  que 
je  crois  me  rappeler.  Les  deux  blessés  me  fu¬ 
rent  apportés;  le  biparie  guérit,  mais  le 
brave  pâtre  mourut.  » 

Un  Buffle  seul,  s’il  faut  en  croire  William¬ 
son  (  Oriental  field  sports ),  n’hésite  pas  à  at¬ 
taquer  un  Tigre  ;  aussi,  même  dans  les  can¬ 
tons  où  ces  animaux  abondent  le  plus ,  un 
pâtre,  monté  sur  son  Buffle  favori,  peut  sans 
danger  passer  la  nuit  dans  la  forêt.  C’est  en 
effet  la  coutume  au  Bengale  de  mener  pen¬ 
dant  l’été  les  troupeaux  à  la  pâture  ,  seule¬ 
ment  aux  approches  de  la  nuit  :  le  son  d’une 
clochette  de  bois  placée  au  cou  de  l’un  de 
ces  animaux  et  la  voix  de  leur  gardien  aident 
à  les  maintenir  réunis  pendant  l’obscurité. 
Au  point  du  jour,  on  les  conduit  vers  les  ma¬ 
rais  où  ils  restent  jusqu’au  soir  à  ruminer 
ou  à  dormir  ,  plongés  dans  l’eau  jusqu’aux 
yeux.  Souvent,  pour  aller  à  la  pâture  et  pour 
en  revenir, ces  animaux  doivent  traverser  une 
rivière  ,  ce  qui  ne  paraît  pas  leur  causer  la 
moindre  fatigue.  En  nageant  ils  forment  un 
bataillon  à  rangs  très  pressés  ;  de  sorte  que 

(i)  On  désigne  dans  l’Inde  sous  le  nom  de  Biparies  des 
hommes  qui  transportent  à  dos  de  bœuf ,  d’une  province  à 
l’autre,  des  grains  et  d’autres  marchandises. 


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763 


le  pâtre  ,  s'il  a  besoin  de  passer  en  tête  du 
troupeau,  peut  enjamber  aisément  d’un  dos 
à  l’autre. 

Il  paraît  que  l’Ami  à  cornes  en  croissant  a 
des  habitudes  plus  aquatiques  encore  que  le 
Buffle  commun  :  on  assure  qu’il  n’est  pa 
rare  de  le  voir  plonger  pour  détacher  du  fond 
des  lacs  avec  ses  cornes  certaines  racines  fé¬ 
culentes  dontil  est  friand.  Quand  les  chaleurs 
de  l’été,  desséchant  les  parages  que  l’inonda¬ 
tion  précédente  avait  convertis  en  marais , 
obligent  l’animal  à  aller  chercher  de  nou¬ 
veaux  pâturages ,  s’il  lui  est  possible  de  s’ÿ 
rendre  par  eau,  c’est  toujours  cette  voie  qu’il 
choisit  :  les  barques  qui  remontent  le  Gange 
se  trouvent  quelquefois  au  milieu  d’une 
troupe  d’Arnis,  qui  descendent  la  rivière  en 
nageant,  ou  plutôt  en  se  laissant  flotter ,  car 
ils  ne  font  point  de  mouvements ,  et  souvent 
ils  paraissent  endormis. 

VA  mi  à  cornes  en  croissant  a  été  géné¬ 
ralement  confondu  avec  Y  Ami  géant;  et 
pourtant ,  selon  M.  H.  Smith  ,  ces  deux  ani¬ 
maux  se  ressemblent  fort  peu  :  le  dernier  ne 
se  distingue  pas  seulement  par  sa  haute  taille 
et  par  les  énormes  dimensions  de  ses  cornes, 
il  a  encore  un  port  tout  différent  :  il  ne  tend 
pas  le  cou  et  ne  porte  pas  le  muffle  en  avant; 
l’autre  Arni,  quoique  n’étant  guère  moins 
corpulent,  a  les  jambes  beaucoup  plus  cour¬ 
tes  et  la  tête  beaucoup  plus  petite  :  il  a  aussi 
la  queue  notablement  plus  longue  ;  enfin  il 
n’a  que  peu  de  poils  sur  le  corps,  tandis  que 
l’Arni  géant  est  très  velu. 

Les  caractères  qui  distinguent  l’Arni  à  cor¬ 
nes  en  croissant  du  Buffle  commun  ne  pa¬ 
raissent  pas  être  aussi  tranchés,  ou  du  moins 
ils  n’ont  pas  été  exprimés  d’une  manière 
aussi  nette  par  les  naturalistes  qui  admet¬ 
tent  l’existence  des  deux  espèces.  Cependant 
il  paraîtrait  que,  dans  les  races  domestiques 
issues  de  l’une  et  de  l’autre  ,  ces  caractères 
distinctifs  se  seraient  encore  conservés  d’une 
manière  sensible.  Les  races  provenant  de 
l’Arni  à  cornes  en  croissant ,  répandues  , 
dit-on  ,  principalement  dans  les  pays  situés 
vers  l’Orient,  dans  l’Inde  au-delà  du  Gange, 
dans  l’Archipel  indien  ,  la  presqu’île  de 
Malaca,  le  Tonquin  et  la  Chine,  semblent 
avoir  subi  plus  profondément  l’influence  de 
la  domestication.  Dans  certains  cantons  ,  la 
couleur  du  pelage  a  changé  ;  dans  d’autres 
est  apparu  un  albinisme,  qui  se  transmet  par 


voie  de  génération ,  albinisme  incomplet 
d’ailleurs ,  car,  bien  que  la  peau  ait  perdu 
sa  couleur  noire,  le  muffle  et  le  contour 
des  lèvres  l’ont  encore  conservée.  Le  même 
pays  a  souvent  des  Buffles  blancs  et  des 
noirs ,  et  l’on  a  remarqué  que  si  les  pre¬ 
miers  paraissent  plus  dociles  ,  les  autres  sont 
constamment  plus  grands  et  plus  robustes. 

Les  races  appartenant  à  l’espèce  du  Buffle 
commun  ont  mieux  conservé  le  type  primitif; 
de  sorte  que  la  description  de  l’animal  do¬ 
mestique  paraît  convenir  à  très  peu  près  à 
l’animal  sauvage. 

Le  Buffle  commun  ,  quoique  sujet  à  varier 
en  grandeur  suivant  le  climat,  la  disposition 
des  lieux,  l’abondance  de  nourriture,  et  au¬ 
tres  circonstances  semblables,  paraît  n’at¬ 
teindre  jamais  à  la  taille  de  nos  plus  grandes 
races  de  Bœufs ,  et  rester  aussi  à  cet  égard 
toujours  notablement  au-dessus  des  plus  pe¬ 
tites.  C’est  à  quoi  l’on  pouvait  s’attendre, 
puisque  la  domestication  de  l’espèce  étant 
plus  récente,  les  limites  de  ses  variations 
devaient  être  plus  resserrées. 

Le  Buffle  a  les  membres  gros  et  courts ,  le 
corps  massif,  la  tête  grande,  le  front  bombé, 
le  chanfrein  droit  et  étroit ,  le  muffle  très 
large.  Ses  cornes,  bas  placées,  sont  triangu¬ 
laires  et  marquées  à  intervalles  réguliers 
d’empreintes  peu  profondes  ;  elles  se  dirigent 
d’abord  obliquement  en  dehors  et  en  arrière, 
puis  se  relèvent  vers  la  pointe.  Elles  sont  de 
couleur  noire,  et  cette  couleur  est  aussi  celle 
des  sabots,  des  ergots,  des  poils  et  de  la  peau. 
Les  poils  sont  rares  sur  le  corps  et  assez  épais 
sur  le  front,  où  ils  forment  une  sorte  de 
touffe  ;  les  genoux  sont  aussi  d’ordinaire  as¬ 
sez  velus ,  et  le  bas  dés  jambes  même  est 
quelquefois  garni  de  poils  longs  et  frisés.  A 
la  partie  inférieure  du  cou  et  antérieure  de 
la  poitrine,  la  peau  forme  un  fanon  de  gran¬ 
deur  variable  suivant  les  races  et  même 
suivant  les  individus.  Le  port  du  Buffle  est 
lourd  et  ses  allures  sont  gauches  :  en  courant 
il  allonge  le  cou ,  et  tend  le  museau  comme 
pour  flairer  ;  il  semble  en  effet  se  guider 
principalement  par  le  sens  de  l’odorat.  Mal¬ 
gré  la  lenteur  de  sa  marche ,  il  est  précieux 
comme  bête  de  trait,  car  sa  force  est  très 
grande,  comparativement  même  à  celle  du 
Bœuf.  En  Asie  on  l’emploie  quelquefois 
comme  bête  de  somme,  mais  seulement  pour 
transporter  des  objets  qui  peuvent  être  mouil- 


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lés  impunément  ;  car  si  un  convoi  de  Buffles 
chargés  rencontre  une  rivière  ou  un  étang , 
chaque  animal,  dédaignant  les  cris  du  con¬ 
ducteur,  court  aussitôt  se  plonger  dans  l’eau. 

Nous  venons  de  dire  que  la  domestication 
du  Buffle  est  d’une  date  comparativement 
récente ,  et  c’est  ce  qui  paraît  prouvé ,  pour 
les  parties  orientales  aussi  bien  que  pour  les 
parties  occidentales  de  l’Asie.  Les  plus  an¬ 
ciens  livres  chinois  parlent  du  Bœuf  et  ne 
disent  rien  du  Buffle  ;  mais  dans  le  Pen-tscio 
il  en  est  fait  mention  à  plusieurs  reprises,  et 
la  variété  albine  y  est  même  indiquée.  Dans 
les  anciens  poèmes  indiens,  où  toutes  les  ex¬ 
pressions  qui  se  rapportent  au  Bœuf  indiquent 
le  respect  et  la  reconnaissance,  le  Buffle  n’ap¬ 
paraît  que  comme  un  animal  redoutable  et 
malfaisant.  Au  temps  de  l’expédition  d’A¬ 
lexandre  il  n’avait  pas  encore  été  soumis  ; 
car  Aristote ,  qui  signale  son  existence  dans 
les  provinces  du  nord,  dans  l’Arachosie,  c’est- 
à-dire  dans  un  canton  du  Beloutchistan , 
en  parle  comme  d’une  espèce  sauvage  qui  se¬ 
rait  au  Bœuf  commun  à  peu  près  ce  que  le 
Sanglier  est  au  Cochon  domestique.  Si  les 
orientalistes,  en  signalant  dans  les  livres  qui 
font  l’objet  de  leurs  études  les  passages  où 
il  est  question  du  Buffle,  permettent  de  pré¬ 
ciser  un  peu  mieux  la  date  de  la  domestica¬ 
tion  de  cet  animal ,  ils  auront  éclairci  un 
point  curieux  non  seulement  pour  la  zoolo¬ 
gie  ,  mais  aussi  pour  l’histoire  de  la  civilisa¬ 
tion  ,  puisqu’il  s’agit  ici  de  la  seule  espèce 
dont  la  soumission  à  l’homme  ne  soit  pas  an¬ 
térieure  aux  temps  historiques. 

Quoi  qu’il  en  soit  des  résultats  de  ces 
recherches  ,  nous  devons  ,  pour  le  présent , 
nous  borner  à  rappeler  l’époque  de  l’in¬ 
troduction  de  cette  espèce  dans  nos  pays. 
Suivant  Paul  Warnefried  ou  Paul  Diacre , 
comme  on  l’appelle  communément,  ce  fut  en 
596,  sous  le  règne  d’Agiluf,  roi  des  Lombards, 
que  les  premiers  Buffles  parurent  en  Italie  ; 
il  paraît  d’ailleurs  qu’ils  étaient  déjà  depuis 
quelque  temps  dans  d’autres  parties  de  l’Eu¬ 
rope,  et  notamment  en  certains  cantons  de  la 
vallée  du  Danube, d’où  ils  se  répandirent  bien¬ 
tôt  assez  loin  vers  le  Nord.  Du  temps  d’Albert- 
le-Grand,qui  les  décrit  d’une  manière  parfai¬ 
tement  reconnaissable,  il  y  en  avait  non  seu¬ 
lement  en  Hongrie  où  on  les  voit  encore  au¬ 
jourd’hui,  mais  dans  tous  les  pays  slaves  et 
dans  les  provinces  allemandes  qui  en  sont 


|  voisines.  Les  Arabes  les  trouvèrent  en  Perse 
|  lorsque,  dans  la  première  moitié  du  vne  siè¬ 
cle  ,  ils  firent  la  conquête  de  ce  royaume  ;  ils 
les  introduisirent  bientôt  dans  leur  propre 
pays  ,  où  ils  étaient  assez  communs  dans  le 
siècle  suivant,  ainsi  que  cela  est  prouvé  par 
les  relations  de  certains  pèlerins  qui  en  par¬ 
lent  sous  le  nom  de  Bufflus.  La  conquête  mu¬ 
sulmane  les  introduisit  aussi  très  prompte¬ 
ment  dans  l’Égypte ,  qui  ne  les  connaissait 
point  au  temps  de  la  domination  romaine. 
On  pourrait  croire  encore  queee  sont  les  mis¬ 
sionnaires  musulmans  qui  les  ont  portés 
dans  l’archipel  des  Moluques ,  car  on  ne  les 
trouve  que  dans  les  îles  où  l’islamisme  do¬ 
mine  ;  mais  on  sait  qu’ils  y  existaient  plus 
anciennement.  La  coïncidence  d’ailleurs  s’ex¬ 
plique  d’une  manière 'fort  naturelle  :  dans 
les  petites  îles  où  l’on  n’a  d’autre  animal  do¬ 
mestique  que  le  Cochon  ,  les  naturels  ne  se 
convertirent  point  à  la  nouvelle  religion  , 
parce  qu’elle  les  aurait  obligés  à  renoncer  à 
la  viande  de  porc  ;  il  leur  semblait  trop  dur 
de  se  contenter  d’un  régime  purement  végé¬ 
tal,  sans  y  pouvoir  même  ajouter,  comme  les 
hommes  du  continent ,  le  ghee  ou  beurre 
fondu,  qui  est  un  ingrédient  si  essentiel  dans 
la  cuisine  indienne. 

Sur  le  continent  asiatique,  les  Buffles,  une 
fois  adoptés  par  des  tribus  nomades  ,  ont  dû 
bientôt  se  répandre  fort  loin  dans  l’intérieur, 
et  être  soumis  à  l’influence  de  circonstances 
extérieures,  très  différentes  de  celles  qui  agis¬ 
saient  sur  eux  dans  leur  pays  natal  ;  cela  n’a 
pu  manquer  de  produire  chez  eux  quelques 
modifications  qu’il  serait  intéressant  de  con¬ 
stater,  mais  jusqu’à  présent  nous  manquons 
absolument  de  renseignements  à  cet  égard. 
En  comparant  la  race  italienne  à larace  hon¬ 
groise,  on  croit  apercevoir  quelques  différen¬ 
ces  qui  dépendraient  du  climat  :  les  Buffles 
de  Hongrie,  plus  exposés  au  froid,  paraissent 
être  un  peu  plus  velus ,  et  cependant  on  les 
tient  pendant  l’hiver  à  l’étable ,  où  on  leur 
donne,  entre  autres  nourritures,  du  marc  de 
raisin  ;  recevant  plus  de  soin  de  la  part  de 
l’homme,  ils  semblent  être  devenus  un  peu 
moins  farouches. 

Il  ne  paraît  pas  qu’on  ait  jamais  fait  de 
tentatives  sérieuses  pour  réduire  en  domes¬ 
ticité  les  Buffles  africains  ;  mais  rien  ne 
prouve  que  ces  tentatives ,  si  on  y  apportait 
la  pèrsèvérance  nécessaire ,  ne  pussent  être 


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suivies  de  succès,  et  il  y  a  même  tout  lieu  de 
penser  que  pour  une  des  deux  espèces  qui 
nous  sont  aujourd’hui  connues ,  les  difficul- 
tés  seraient  moindres  que  celles  qu’on  est 
parvenu  à  surmonter  pour  les  Buffles  d’Asie. 

Des  deux  espèces  africaines ,  l’une ,  qui 
habite  les  contrées  situées  dans  l’hémisphère 
boréal ,  paraît  avoir  été  découverte  la  pre¬ 
mière  parles  voyageurs,  mais  l’autre,  quoi¬ 
que  reléguée  à  l’extrémité  australe  du  contH 
nent,  a  été  connue  beaucoup  plus  tôt  par  les 
naturalistes,  et  c’est  par  elle  que  nous  com¬ 
mencerons. 

Le  Buffle  du  cap  de  Bonne-Espérance ,  dé¬ 
crit  et  figuré  par  Sparmann  dans  les  Mémoi¬ 
res  de  l’Académie  de  Stokholm  (année  1779, 
p.  79  à  84),  se  distingue  au  premier  aspect 
de  tous  les  autres  Buffles  par  la  disposition 
singulière  des  cornes  dont  sa  tête  est  armée. 
Énormément  élargies  à  leur  base,  ces  cornes 
se  touchent  presque  sur  la  ligne  médiane  ou 
du  moins  elles  ne  sont  séparées  que  par  un 
étroit  sillon  ,  habituellement  à  bords  paral¬ 
lèles  dans  toute  son  étendue.  Dans  leur 
point  culminant ,  elles  ne  s’élèvent  pas  de 
plus  de  3  à  4  pouces  au-dessus  du  front,  et 
bientôt  elles  se  portent  en  bas  et  en  dehors  , 
se  rétrécissant  d’avant  en  arrière  mais  sans 
diminuer  sensiblement  d’épaisseur  ;  elles 
descendent  ainsi  en  arrière  des  yeux  jus¬ 
qu’au  niveau  des  molaires  ou  un  peu  au- 
dessous,  et,  devenues  presque  coniques,  elles 
se  portent  en  avant  et  en  dehors,  puis  direc¬ 
tement  en  haut.  A  partir  du  sommet  qui  est 
fort  aigu ,  elles  sont  lisses  dans  un  tiers  de 
leur  étendue  et  très  rugueuses  dans  tout  le 
reste  ,  présentant  à  la  fois  des  empreintes 
transversales ,  et  des  sillons  longitudinaux 
dont  la  disposition  d’ailleurs  n’a  rien  de  ré¬ 
gulier  ni  rien  de  constant  ;  leur  couleur  est 
constamment  noire. 

Tout  ce  que  nous  venons  de  dire,  il  faut 
bien  le  remarquer,  ne  s’applique  strictement 
qu’aux  vieux  mâles.  Dans  le  jeune  âge,  les 
cornes  ne  s’avancent  nullement  sur  le  front, 
elles  se  portent  obliquement  en  dehors  et  en 
haut,  et  diminuent  uniformément  de  la 
pointe  à  la  base.  Chez  les  individus  d’un  âge 
moyen,  nous  voyons  une  disposition  inter¬ 
médiaire,  c’est-à-dire  que  les  cornes  au  lieu 
de  commencer,  comme  dans  le  vieux ,  à  des¬ 
cendre  presqu’à  partir  de  leur  origine,  ou  de 
se  porter  tout  d’abord  en  haut  comme  dans 


le  jeune ,  conservent  dans  une  grande  partie 
de  leur  étendue  une  direction  horizontale.  Le 
renflement  de  leur  base  est  bien  marqué, 
mais  le  contour  en  est  arrondi  j  de  sorte  que 
les  deux  bourrelets,  très  rapprochés  au  ver- 
tex,  laissent  entre  eux,  en  s’avançant  sur  le 
front,  un  espace  triangulaire  au  lieu  d’un  sil¬ 
lon  de  largeur  uniforme. 

Les  proportions  du  Buffle  du  Cap  sont  au 
moins  aussi  lourdes  que  celles  du  Buffle 
sauvage  de  l’Inde  ,  et  sa  taille  paraît  être  à 
peu  près  la  même.  Un  individu  de  moyenne 
grandeur,  mesuré  par  Sparmann,  avait  au 
garrot  5  pieds  1  /2  de  hauteur  (celle  desjam- 
bes  étant  seulement  de  2  pieds  1  /2)  ;  la  lon¬ 
gueur  du  corps  (prise  probablement  de  l’ex¬ 
trémité  du  museau  à  la  naissance  de  la 
queue)  était  de  8  pieds;  celle  de  la  tête ,  du 
museau  à  la  naissance  des  cornes,  de  22 
pouces.  Le  pied  était  fort  large,  et  les  ergots, 
plus  bas  placés  que  dans  le  Bœuf  ordinaire, 
étaient  proportionnellement  beaucoup  plus 
longs. 

Les  poils  de  ces  animaux,  dit  Sparmann, 
sont  d’un  brun  noirâtre,  roides  et  longs  d’un 
pouce  environ.  Chez  les  vieux  mâles,  ils 
sont  peu  fournis,  surtout  aux  flancs,  et  leur 
couleur  dans  cette  partie  se  mêlant  à  celle 
de  la  peau,  qui  est  comme  farineuse  en  rai¬ 
son  de  l’habitude  qu’a  l’animal  de  se  vau¬ 
trer,  il  en  résulte  qu’à  une  certaine  distance, 
le  corps  semble  entouré  d’une  ceinture  de 
poils  plus  clairs.  Chez  les  jeunes,  ajoute  no¬ 
tre  auteur  ,  le  pelage  est  plus  long ,  plus 
épais,  et  d’un  brun  tirant  sur  le  fauve. 

Malgré  la  remarque  de  Sparmann ,  on 
était  loin  de  se  faire  une  idée  des  différences 
qui  surviennent  avec  l’âge  dans  celte  espèce, 
et  quand  au  Brilish  Muséum  on  reçutun  mâle 
d’une  année  ,  envoyé  par  M.  Burchell ,  on 
ne  sut  pas,  jusqu’au  moment  où  l’on  décou¬ 
vrit  l’étiquette  ,  quel  était  l’animal  qu’on 
avait  sous  les  yeux.  Tout  était  différent  de 
ce  qu’on  se  fût  attendu  à  trouver,  jnsqu’à  la 
couleur  des  cornes  qui,  au  lieu  d’être  noire , 
était  d’un  gris  jaunâtre. 

Sparmann,  dans  ce  qu’il  dit  du  pelage,  ne 
signale  la  présence  de  poils  particulièrement 
longs  qu’en  un  seul  point  ,  au  devant  des 
genoux  où  ils  sont  disposés  en  étoile,  ou, 
comme  il  le  dit,  en  tourbillon.  Il  paraît  que 
c’est  le  cas  pour  les  vieux  animaux  ,  qui  fi¬ 
nissent  même  par  perdre  presque  entière- 


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ment  les  crins  du  bout  de  la  queue.  Chez  les 
individus  très  jeunes  ,  les  poils  ont  aussi  sur 
tout  le  corps  une  longueur  uniforme  ;  mais 
après  quelques  mois  ils  prennent ,  en  cer¬ 
taines  régions  ,  un  développement  plus  mar¬ 
qué  :  le  menton  se  garnit  d’une  barbe  qui 
ce  prolonge  sous  les  mâchoires ,  et  des¬ 
cend  au  devant  du  cou,  jusque  vers  le  ster¬ 
num,  indiquant  déjà  la  place  du  fanon  que 
formera  plus  tard  un  repli  de  la  peau  ;  une 
touffe  épaisse  de  poils  garnit  la  partie  supé¬ 
rieure  de  la  tête,  s’avance  sur  le  front  et,  en 
en  arrière,  se  joint  à  une  crinière  droite , 
étendue  de  la  nuque  jusqu’à  la  moitié  du 
dos;  enfin,  la  queue  se  garnit  de  crins  qui 
commencent  a  naître  très  près  de  sa  base. 
Cette  sorte  de  livrée  de  l’adolescence  ne  dis¬ 
paraît  que  graduellement,  et  nous  en  trou¬ 
vons  encore  tous  les  principaux  traits  forte¬ 
ment  indiqués  dans  la  description  que  nous 
a  donnée  Pennant ,  d’un  individu  jeune , 
sans  doute,  mais  qui  paraissait  déjà  avoir 
toute  sa  grandeur.  Chez  cet  individu  ,  les 
poils  étaient  assez  longs  a  la  partie  supé¬ 
rieure  du  cou  pour  former  une  crinière  re¬ 
tombante,  et  dans  les  autres  régions  que  nous 
venons  d’indiquer,  ils  avaient  aussi  un  très 
grand  développement.  Dans  tous  ces  points 
ils  étaient  noirs;  sur  le  reste  du  corps,  leur 
couleur  tirait  plutôt  sur  le  gris  que  sur  le 
brun.  La  queue  était  presque  nue  dans  sa 
moitié  supérieure,  et  garnie  dans  l’autre 
moitié  de  crins  qui  dépassaient  d’un  pied  son 
extrémité  ;  le  tronçon  de  la  queue  lui-même 
n’avait  qu'un  pied  de  longueur.  La  peau  était 
partout  remarquablement  épaisse. 

Nous  avons  dit  en  parlant  des  caractères  de 
la  tête  osseuse  chez  les  différents  Bœufs,  que 
dans  le  Buffle  du  Cap,  les  orbites  étaient  très 
saillants  ;  ajoutons  que  les  yeuxy  sont  enchâs¬ 
sés  profondément,  et  que  cette  disposition 
était  nécessaire  pour  les  mettre  à  l’abri  des 
chocs  auxquels  ils  sont  exposés  quand  l’ani¬ 
mal  court  au  milieu  des  forêts.  «  Il  se  précipite, 
dit  Sparmann,  dans  des  fourrés  où  nos  Bœufs 
ne  sauraient  pénétrer,  et  sa  force  est  telle, 
qu’il  s’y  fraie  un  chemin  avec  autant  de  fa¬ 
cilité  qu’il  le  ferait  dans  un  champ  de  blé. 
Il  est  vrai  que  dans  cette  circonstance,  ses 
cornes  forment  en  avant  de  la  tète  comme 
une  sorte  de  bouclier  qui  repousse  les  bran¬ 
ches  à  droite  et  à  gauche,  et  concourt  ainsi 
à  protéger  ses  yeux.  » 


Ce  n’est  pas  seulement  lorsqu’il  court  que 
le  Buffle  du  Cap  porte  le  front  en  avant , 
dans  la  marche  ordinaire,  et  même  dans  l’é¬ 
tat  de  repos,  il  porte  la  tête  basse  :  «  Cette 
habitude,  dit  notre  auteur,  concourt  avec  la 
disposition  de  ses  yeux ,  qui  sont  très  en¬ 
foncés  dans  leur  orbite,  et  de  plus  ombragés 
par  la  partie  supérieure  des  cornes,  à  donner 
à  l’animal  une  physionomie  sinistre ,  quel¬ 
que  chose  de  féroce  et  de  perfide  à  la  fois. 
On  peut,  en  effet,  le  taxer  de  perfidie,  car  il 
se  tient  caché  dans  les  fourrés,  et  laisse  ap¬ 
procher  les  gens  pour  les  attaquer  ensuite  à 
l’improviste  ;  on  peut  tout  aussi  justement 
l’accuser  de  férocité,  car  il  ne  se  contente  pas 
d’avoir  tué  son  ennemi ,  il  reste  près  du  ca¬ 
davre  ,  et  revient  à  plusieurs  reprises  pour 
le  fouler  de  ses  pieds,  et  l’écraser  de  ses 
genoux;  même  après  l’avoir  ainsi  broyé,  il 
ne  l’abandonne  pas  encore,  mais  en  le  léchant 
il  lui  enlève  de  grands  lambeaux  de  peau.  » 

Cette  dernière  circonstance ,  si  elle  avait 
été  bien  constatée,  tendrait  à  faire  croire  que 
le  Buffle  du  Cap,  au  lieu  d’avoir  la  langue 
douce  comme  les  autres  Buffles,  l’aurait, 
comme  nos  Bœufs ,  garnie  de  papilles  cor¬ 
nées  ;  mais  il  convient  de  remarquer  que 
Sparmann ,  ici ,  ne  parle  point  d’après  sa 
propre  observation ,  et  que  les  Hollandais 
qui  lui  ont  fourni  ces  renseignements,  dési¬ 
gnant  quelquefois  l'animal  sous  le  nom  d’Au- 
rochs  ,  ont  bien  pu  lui  appliquer  un  trait  de 
l’histoire  de  ce  dernier  Bœuf,  lequel,  en  effet, 
appartient  aux  espèces  à  langue  rude. 

Thunberg,  qui  se  trouvait  en  Afrique  à  peu 
près  vers  le  même  temps  que  Sparmann,  a  eu, 
comme  on  va  le  voir  par  le  passage  que  nous 
allons  citer,  l’occasion  de  juger  du  naturel 
farouche  et  de  la  force  du  Buffle  du  Cap. 

«  Nous  nous  disposions,  dit-il ,  à  traverser 
un  petit  bois  touffu  pour  aller  à  des  étables 
que  nous  voyions  sur  une  hauteur  voisine  , 
mais  à  peine  fûmes-nous  entrés  dans  le  bois, 
que  mes  deux  compagnons  aperçurent  un 
«norme  et  vieux  Buffle  mâle,  seul  au  milieu 
d’une  place  de  quelques  aunes  en  carré,  ab¬ 
solument  découverte,  et  où  il  n’y  avait  ni  ar¬ 
bre  ni  buisson.  Le  jardinier  Auge  s’avançait 
de  ce  côté  ;  l’animal  le  voit  et  s’élance  vers 
lui  en  poussant  des  beuglements  horribles. 
Notre  homme  a  encore  la  présence  d’esprit 
et  le  temps  de  se  jeter  avec  son  cheval  der¬ 
rière  un  arbre  pour  se  soustraire  à  l’attaque 


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767 


impétueuse  du  Buffle  ,  qui  fond  alors  sur  le 
cheval  du  sergent ,  et  d’un  coup  de  corne 
dans  le  ventre,  le  renverse  les  quatre  fers 
en  l’air ,  et  lui  fait  sortir  les  entrailles  du 
corps.  Après  cette  expédition,  le  Buffle  enfila 
le  chemin  par  où  nous  étions  venus... 

Le  sergent  avait  pris  deux  chevaux  pour 
faire  le  voyage;  l’un  était  déjà  expédié,  et 
l’autre  se  trouvait  précisément  sur  le  che¬ 
min  que  le  Buffle  prenait  pour  sortir  du  bois  : 
il  l'aperçut,  et  devenu  plus  furieux  qu’aupa- 
ravant,  il  l’abattit  d’un  coup  de  corne  dans 
le  poitrail  ;  le  corps  et  les  jambes  furent  bri¬ 
sés,  la  selle  même  fut  percée:  l’animal  ex¬ 
pira  en  tombant. 

«  Les  Hottentots, qu’à  notre  arrivée  nous  en¬ 
voyâmes  pour  chercher  les  selles  de  nos  che¬ 
vaux  morts ,  nous  dirent  qu’en  effet  ils  re¬ 
marquaient  depuis  quelque  temps  un  Buffle 
très  furieux ,  qui  se  tenait  seul  dans  ce  bois 
d’où  il  avait  chassé  les  autres  troupeaux  de 
Buffles.  »  (Thunberg,  Voyage  au  Japon,  trad. 
de  Langlès,  t.  I,  p.  137  et  suiv.) 

Les  rivières  de  l’Afrique  australe  parais¬ 
sent  être  moins  fréquentées  par  les  Buffles 
que  les  rivières  de  l’Inde  ,  ce  qui  tient  sans 
doute  à  ce  que  leurs  bords  n’offrent  pas  en 
général  des  pâturages  aussi  bien  appropriés 
aux  goûts  ,  ou,  si  l’on  veut,  aux  besoins  de 
ces  animaux.  D’ailleurs  l’espèce  du  Cap , 
comme  celles  de  l’Inde,  fuit  la  chaleur,  re¬ 
cherche  les  lieux  humides ,  et  se  tient  de 
préférence  pendant  le  jour  dans  les  parties 
les  plus  fraîches  des  forêts  ou  dans  le  voisi¬ 
nage  des  lacs.  Sparmann  remarque  que 
lorsqu’on  a  chassé  ces  animaux,  on  les  voit 
habituellement  se  diriger  vers  les  lieux  ma¬ 
récageux,  et  se  rafraîchir  de  leur  course  par 
le  bain.  Le  capitaine  Harris,  qui,  en  1836 
et  1837,  a  eu  de  nombreuses  occasions  d’ob¬ 
server  leurs  habitudes,  les  a  vus,  quand  rien 
ne  les  inquiétait,  faire  la  sieste  au  milieu  d’un 
étang ,  où  l’on  apercevait  entre  les  joncs 
leurs  énormes  têtes  ,  qui  seules  paraissaient 
au-dessus  de  l’eau.  ( Expedit .  in  S.  Africa, 
Lond.,  1838,  in-8°,  p.  87.) 

Il  paraît  qu’à  l’époque  où  les  Hollandais 
vinrent  s’établir  au  Cap  ,  les  Buffles  étaient 
assez  communs  dans  le  territoire,  alors  fort 
peu  étendu,  de  la  nouvelle  colonie7;  le  bruit 
des  armes  à  feu  ne  tarda  pas  à  les  en  éloi¬ 
gner,  et  depuis  bien  des  années  ils  ont  dis¬ 
paru  complètement  du  canton.  Au  temps  de 


Sparmann  et  de  Thunberg,  il  fallait  déjà  s’a¬ 
vancer  assez  loin  vers  l’est  pour  en  rencon¬ 
trer,  et  aujourd’hui  ils  commencent  à  deve¬ 
nir  rares  dans  des  lieux  où  nos  deux  voya¬ 
geurs  les  trouvèrent  par  troupeaux  de  cinq 
à  six  cents  têtes.  Cependant  on  en  a  vu  en¬ 
core  récemment  jusqu’au  cap  Lagullas ,  le 
point  le  plus  austral  du  continent.  Du  côté 
opposé  on  les  connaît  jusqu’au  tropique,  et 
il  est  possible  qu’ils  s’avancent  beaucoup 
plus  loin  ;  mais  jusqu’à  présent  on  manque 
de  renseignements  positifs  à  cet  égard  ;  car 
ce  que  disent  les  anciens  voyageurs  des  Buf¬ 
fles  de  la  côte  de  Guinée  est  ordinairement 
si  vague ,  qu’il  n’y  a  pas  de  raison  pour  le 
rapporter  à  l’espèce  du  Cap  plutôt  qu’à 
l’espèce  dont  il  nous  reste  à  parler,  quoique 
jusqu’à  présent  on  n'ait  pas  de  preuve  que 
cette  dernière  se  trouve  au  sud  de  l’équa¬ 
teur. 

L’existence  d’une  deuxième  espèce  afri¬ 
caine  de  Buffle  n’est  bien  établie  que  depuis 
le  voyage  de  Denham  et  Clapperton ,  qui 
rapportèrent  du  Bornou  quelques  dépouilles 
de  cet  animal,  qu’on  leur  avait  désigné  dans 
le  pays  sous  le  nom  de  Zamouse.  Les  natu¬ 
ralistes  qui  dressèrent  le  catalogue  de  la 
collection  zoologique  formée  dans  le  cours 
de  l’expédition  n’eurent  pas  de  peine  à  re¬ 
connaître  dans  le  Zamouse  un  véritable  Buf¬ 
fle;  mais  ils  ne  le  distinguèrent  pas  du  Buffle 
commun,  et  ce  fut  en  1837  seulement  que 
M.  Gray  ( Magazine  of  nat.  hist.  N.  S., 
t.  II  )  le  présenta  comme  une  nouvelle  es¬ 
pèce  .  qu’il  caractérisa  par  la  phrase  sui¬ 
vante  :  «  B.  brachyceros  Gray  :  front  large, 
plat  ;  cornes  courtes  ,  fortes  ,  aplaties  anté¬ 
rieurement  à  la  base,  arrondies  postérieure¬ 
ment,  divergentes  de  chaque  côté  et  à  peine 
inclinées  en  arrière,  un  péù  recourbées  vers 
la  pointe,  qui  se  dirige  en  avant;  pelage 
roux.  »  Vers  la  fin  de  l’année  1838,  une  jeune 
femelle  fut  amenée  vivante  à  Londres ,  et 
M.  Gray  en  donna,  dans  les  Annals  of  nat. 
hist . ,  t.  II ,  une  description  assez  détaillée, 
que  nous  regrettons  de  n’avoir  pas  connue  à 
l’époque  où  nous  avons  fait  l’énumération 
des  espèces  comprises  dans  le  genre  Bœuf. 
Au  reste  ,  depuis  la  publication  de  cet 
article,  notre  ménagerie  s’est  enrichie 
d’uri  Bos  brachyceros  figuré  dans  l’atlas  de 
ce  Dictionnaire.  C’est  l’individu  observé  par 
M.  Gray,  mais  maintenant  adulte,  et  dont 


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BUF 


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les  caractères  ont  été,  en  certains  points,  no¬ 
tablement  modifiés  par  l’âge.  Ainsi  on  ne 
peut  plus  dire  aujourd’hui  que  l’animal  a  le 
front  plat  :  la  convexité  dans  le  sens  trans¬ 
versal  est  certainement  peu  prononcée,  mais 
dans  le  sens  de  la  longueur  elle  est  très  mar¬ 
quée.  Au  reste ,  la  forme  du  front  dans  les 
Buffles  est ,  comme  nous  l’avons  dit ,  très 
sujette  à  changer  par  suite  du  développe¬ 
ment  des  sinus  olfactifs,  qui  se  continue 
long-temps  après  que  la  taille  a  cessé  d’aug¬ 
menter. 

Notre  Bos  brachycerose, st  de  la  taille  d’une 
Vache  bretonne  ,  mais  beaucoup  plus  com¬ 
pacte  de  forme.  Les  épaules  surtout  sont  re¬ 
marquablement  charnues  ;  le  cou  est  fort, 
c’est-à-dire  épais  transversalement;  il  ne 
présente  pas  à  sa  partie  inférieure  la  plus 
/égère  apparence  d’un  fanon  ;  les  flancs 
sont  bien  développés  ;  la  croupe,  avalée 
comme  dans  tous  les  Buffles  ,  est  d’ailleurs 
très  charnue,  et  les  os  n’y  font  point  saillie, 
comme  chez  les  individus  des  races  domes¬ 
tiques  ,  qui  paraissent  toujours  maigres  en 
ce  point,  quel  que  soit  d’ailleurs  leur  em¬ 
bonpoint.  Les  cuisses  sont  rebondies,  pres¬ 
que  comme  celles  des  Zébus;  les  jambes 
sont  fines,  comparativement  à  ce  que  nous 
les  voyons  dans  les  autres  espèces  du  sous- 
genre;  les  pieds  sont  bien  faits, et  ceux  du  train 
de  derrière  surtout  sont  remarquablement 
petits  et  serrés ,  ce  qui  semblerait  indiquer 
que  l’animal  foule  plus  souvent  un  sol  ré¬ 
sistant  qu’un  terrain  fangeux.  La  queue, 
terminée  par  un  petit  bouquet  de  poils,  est 
très  courte,  et  ne  descend  pas  au-dessous 
du  pli  de  la  cuisse.  La  tête  est  petite,  large 
à  la  partie  supérieure,  mais  moins  resser¬ 
rée  au-dessous  des  yeux  que  dans  le  Buffle 
commun  ;  le  museau  est  assez  large,  mais 
ne  se  relève  pas  supérieurement  ;  le  front 
est  large,  presque  nu  à  sa  partie  supérieure  ; 
les  yeux  sont  petits,  de  couleur  foncée  ;  leur 
pupille  est  presque  ronde ,  cependant  un 
peu  allongée  dans  le  sens  transversal  ;  le  re¬ 
gard  n’a  rien  de  farouche ,  et  l’animal  en 
effet  s’est  montré  jusqu’ici  d’un  naturel  as¬ 
sez  doux.  Les  cornes,  qui  ont  un  peu  changé 
de  forme  depuis  qu’elles  ont  été  décrites 
par  M.  Gray,  sont  d’ailleurs  restées  remar¬ 
quablement  courtes,  et  ainsi  l’animal  mérite 
encore  le  nom  qui  lui  a  été  imposé.  C’était 
hasarder  un  peu  cependant  que  de  donner  à 


une  espèce  dont  on  ne  connaissait  pas  l’état 
adulte  un  nom  tiré  du  caractère  qui  est  le  plus 
sujet  à  varier  avec  l’âge.  Les  cornes,  placées 
très  près  des  yeux,  se  portent  en  dehors  et 
en  haut,  presque  dans  la  continuation  du 
front,  puis  se  recourbent  de  manière  à  for¬ 
mer  par  leur  ensemble  un  croissant;  leur 
courbure,  assez  uniforme,  est  pourtant  un 
peu  plus  marquée  vers  la  partie  supérieure, 
de  sorte  que  iesdeux  pointes  se  regardent; 
elles  sont  triangulaires  à  leur  base;  la  face 
frontale  rencontre  la  face  occipitale  sous  un 
angle  aigu,  et  la  face  temporale  sous  un  angle 
droit;  le  troisième  angle  est  arrondi. 

Ces  cornes  ne  présentent  à  leur  surface 
aucune  empreinte  marquée  ;  l’animal  les 
use  en  les  frottant  contre  les  corps  durs,  et 
la  face  supérieure,  qui  est  toute  rayée  par 
suite  de  ces  frictions ,  au  lieu  de  paraître 
noire,  présente  une  teinte  ardoisée. 

Les  oreilles  sont  d’une  grandeur  démesu¬ 
rée;  très  larges  à  leur  partie  moyenne,  elles 
se  prolongent  ensuite  en  une  pointe  aiguë 
dont  l’extrémité  est  comme  tronquée.  Cette 
sorte  de  troncature  porte  un  pinceau  aplati 
de  poils  noirs  ;  deux  replis  saillants  dans 
l’intérieur  de  la  conque  sont  garnis  de  longs 
poils  blanchâtres  disposés  en  franges  élégan¬ 
tes.  Les  oreilles  sont  d’ailleurs  presque 
nues  ;  l’animal  les  agite  fréquemment  et  pa¬ 
raît  s’en  servir  avec  assez  d’adresse  pour 
chasser  les  mouches.  Dans  l’état  de  repos, 
l’extrémité  en  est  retournée  en  dehors. 

Le  Bos  brachyceros  a  la  peau  d’un  noir  bru¬ 
nâtre  et  d’une  grande  épaisseur;  à  en  juger  par 
les  gros  plis  qu’elle  forme  sur  le  cou  et  près 
du  garot ,  on  peut  croire  qu’elle  est  propor¬ 
tionnellement  aussi  épaisse  que  celle  du  Rhi¬ 
nocéros  ;  à  la  partie  supérieure  du  cou  ,  pt 
au  dos ,  elle  est  garnie  de  poils  excessive¬ 
ment  rares,  qui  y  sont  implantés  presque  à 
angle  droit;  sur  les  parties  latérales  et  infé¬ 
rieures,  les  poils  sont  un  peu  plus  abondants 
et  mieux  couchés.  Aux  jambes  ils  ne  présen¬ 
tent  rien  de  remarquable.  Les  poils  sont  roux 
sur  le  dos  et  à  la  tête,  brunâtres  au  cou  et  sur 
les  flancs,  un  peu  plus  foncés  sur  les  jambes, 
surtout  au-devant  des  genoux;  le  bout  du 
museau  est  d’un  brun  noir  des  deux  côtés 
du  muffie  glanduleux  et  au  menton  ; 
outre  les  poils  courts  et  bien  couchés  dont 
ces  parties  du  museau  sont  couvertes,  on  y 
voit  un  bon  nombre  de  longs  poils  noirs  qui 


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769 


naissent  perpendiculairement  à  la  surface  ; 
le  dessous  de  la  ganache ,  la  partie  inférieure 
du  cou  et  celle  du  ventre  sont  de  couleur 
cannelle. 

L’individu  que  nous  venons  de  décrire  a 
été  amené  de  Sierra-Leone  où  les  Anglais  le 
désignent  sous  le  nom  de  bush  cow  ,  Vache 
des  bois  ;  d’après  les  renseignements  qu’a 
reçus  M.  Gray,  l’espèce  paraît  être  assez 
commune  dans  les  bois  du  voisinage  de  celte 
colonie.  Comme  c’est  aussi  dans  ce  lieu  que 
Thomas  Candish  ,  en  1586  ,  rencontra  deux 
Buffles  sauvages  ,  il  y  a  tout  lieu  de  croire  , 
quoiqu’il  ne  donne  aucun  détail ,  que  l’ani¬ 
mal  qu’il  a  vu  est  celui  que  nous  venons  de 
décrire. 

On  pourrait  croire  que  c’est  aussi  du  Bos 
brachyceros  qu’a  voulu  parler  Bosman ,  et 
dont  il  dit  avoir  vu,  en  un  point  de  la  côte 
plus  reculé  de  80  vers  le  sud ,  c’est-à-dire  à 
l’entrée  de  la  rivière  de  Gabon,  un  troupeau 
d’une  centaine  de  têtes.  Pour  la  taille  et  la 
couleur,  son  Buffle  ressemble  bien  au  nô¬ 
tre;  mais  au  lieu  de  cornes  en  croissant ,  il 
a  des  cornes  droites.  Bosman,  d’ailleurs,  re¬ 
marque  que  l’animal ,  quoique  très  agile  , 
semble  boiteux  au  moment  où  il  se  met  en 
marche,  et  ceci  semble  indiquer  plutôt  une 
de  ces  grandes  espèces  d’ Antilopes  à  garrot 
plus  haut  que  la  croupe  dont  l’allure,  au 
partir,  a  en  effet  quelque  chose  de  claudicant. 

Rien  ne  prouve  au  reste  qu’il  ne  puisse 
exister  en  Afrique  une  troisième  espèce  de 
Buffle  ,  qui  serait  propre  aux  régions  tropi¬ 
cales  de  ce  pays  ,  régions  restées  jusqu’à  ce 
jour  presque  complètement  inconnues  aux 
naturalistes.  En  Asie  nous  avons  peut-être 
aussi  quelques  découvertes  à  faire  ,  et  nous 
possédons  même  déjà  des  indications  assez 
importantes  relativement  à  l’existence  d’une 
espèce  qui,  si  elle  ne  rentre  pas  complè¬ 
tement  dans  les  limites  que  nous  avons  assi¬ 
gnées  au  groupe  dont  il  s’agit ,  y  tient  au 
moins  de  très  près. 

Witsen  dit  qu’en  Daourie  on  trouve  des 
Yaks,  dont  les  mâles  ont  de  grandes  cornes 
aplaties  et  courbées  en  demi-cercle  qui  ser¬ 
vent  à  la  fabrication  des  arcs.  Notre  auteur 
paraît  avoir  eu  principalement  égard  au  pe¬ 
lage  en  rattachant  cet  animal  au  Yak  ,  et  l’on 
conçoit  que  d’autres  prenant  surtout  en  con¬ 
sidération  la  forme  des  cornes  aient  bien  pu 
le  rattacher  au  Buffle  ;  aussi  c’est  sans  doute 
t.  n 


à  la  même  espèce  que  se  rapportent  les  ren¬ 
seignements  obtenus  par  Pallas  de  certains 
Tartares  occident  aux  voisins  de  l’Irtisch,  sur 
un  grand  Buffle  sauvage  très  semblable  aux 
Yaks ,  qui  se  trouve  dans  la  grande  chaîne 
altaïque,  chaîne  dont  un  rameau  se  prolonge, 
comme  on  le  sait,  à  travers  la  Daourie.  L’exi¬ 
stence  du  Buffle  à  pelage  de  Yak  ,  ou  si  l’on 
veut  du  Yak  à  cornes  de  Buffles ,  ne  repose 
pas  d’ailleurs  seulement  sur  les  indications 
que  nous  venons  de  donner  ;  elle  est  mieux 
établie  par  le  passage  suivant  extrait  d’une 
grande  encyclopédie  chinoise ,  passage  que 
nous  pouvons  citer,  grâce  à  l’extrême  obli¬ 
geance  de  notre  savant  sinologue ,  M.  Sta¬ 
nislas  Julien. 

«  Le  Li-nieou  est  un  Bœuf  sauvage  qui  ha¬ 
bite  dans  les  .forêts  profondes.  Par  la  forme 
de  son  corps,  par  son  pelage  et  par  sa  queue,  il 
ressemble  au  Mao-nieou  (Yak);  seulement 
ce  dernier  est  petit  et  l’autre  est  très  grand  : 
il  y  en  a  qui  pèsent  jusqu’à  mille  livres.  Son 
corps  est  entièrement  velu,  et  sa  queue, 
qu’on  connaît  sous  le  nom  de  li>  peut  servir 
à  faire  des  étendards  ;  on  s’en  sert  aussi  pour 
les  houpes  des  bonnets ,  et  pour  faire  les 
cordons  avec  lesquels  on  attache  ces  bonnets 
sous  le  menton  :  il  a  des  cornes  très  longues 
dont  on  se  sert  pour  faire  d’ excellents  arcs.  Ces 
cornes  sont  d’un  jaune  mêlé  de  noir.  Il  y  a 
des  gens  qui  les  ont  prises  pour  des  cornes 
de  Rhinocéros,  quoique  leur  texture  ne  soit 
pas  la  même  ;  et  c’est  peut-être  pour  cela 
qu’un  des  noms  par  lesquels  on  désigne  l’a¬ 
nimal  est  celui  de  Rhinocéros  velu....  D’a¬ 
près  ce  qui  vient  d’être  dit  on  voit  que  les 
cornes  de  cet  animal  ont  plus  de  valeur  que 
celles  du  Mao-nieou  (Yak),  et  que,  d’un  autre 
côté,  les  poils  et  la  queue  du  Mao-nieou  ont 
plus  de  valeur  que  ceux  du  Li-nieou.  » 

(Roulin.) 

BUFFLESSE  ou  BUFFLONNE,  mam.  — 
Femelle  du  Buffle. 

BUFFLETIN  ou BUFFLON.  mam.— Nom 
du  jeune  Buffle. 

BUFFONIA  (Buffon ,  célèbre  écrivain 
naturaliste),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille 
des  Caryophyllacées ,  tribu  des  Alsinées- 
Eualsinées  ,  formé  par  Sauvages  (  Meth. 
nat.y  141),  et  renfermant  quelques  plantes 
annuelles,  ou  vivaces,  ou  suffrutescentes, 
répandues  dans  le  bassin  méditerranéen, 
l’Asie-Mineure,  la  Perse  et  l’Arabie  pétrée. 

49 


BUG 


770 

Elles  ont  le  port  d’un  Juncus  bufonius  très  vi¬ 
goureux;  les  tiges  en  sont  presque  nues,  effi¬ 
lées,  paniculées,  rameuses  ;  à  feuilles  oppo¬ 
sées,  subulées,  dont  les  supérieures  oppri¬ 
mées  ,  éstipulées;  les  fleurs  sont  en  épis 
cymeux  ou  en  grappes,  ou  en  panicules.  On 
en  cultive  deux  espèces  dans  les  jardins, 
les  B.  annua  et  perennis.  (C.  L.) 

BUFO.  rept.  —  Nom  latin  du  Crapaud. 

*  BUFONIFORMES.  rept.— MM.  Duméril 
et  Bibron(//ûl.  nat.  des  Rept.),  nomment  ainsi 
une  des  grandes  familles  dans  lesquelles  se 
partagent  les  Batraciens  anoures.  Les  Bufo- 
niformes,  dont  le  faciès  se  rapproche  toujours 
plus  ou  moins  de  celui  de  nos  Crapauds , 
sont  partagés  par  ces  naturalistes  en  12  g. , 
qui  sont:  Dendrobate,  Rhinoderme,  Atélope, 
Crapaud ,  Phrynisque  ,  Brachycéphale ,  Hy- 
lædactyle,  Plectropode ,  Engystome,  Upé- 
rodonte  ,  Breviceps  ,  Rhinophryne.  Les  Bu- 
foniformes  ont  pour  caractères  de  manquer 
de  dents  aux  deux  mâchoires ,  tandis  que 
les  Raniformes  et  les  Hylæformes  en  ont  à 
la  mâchoire  supérieure.  En  général,  ils  n’en 
ont  pas  non  plus  au  palais ,  et  leur  langue 
n’est  pas  échancrée  en  arrière.  A  la  même 
famille  appartiennent  encore  les  genres 
Kalophryne  ,  Chaunus  ,  etc.,  qui  sont  moins 
bien  connus  que  ceux  que  nous  avons  cités. 

(P.  G.) 

BUFONITE.  poiss.  —  Npm  qu’on  donne 
à  certaines  dents  fossiles  dont  les  unes  sont 
des  molaires  de  Sparoïdes ,  voisins  des 
Chrysophrys ,  et  d’autres  appartiennent  à  des 
g.  voisins  des  Placodus  d’Agassiz.  (Val.) 

*  BUFONOIDES  .  rept. — Fitzinger,  dans  sa 
classification  des  Reptiles,  nommait  ainsi  la 
seconde  famille  des  Batraciens ,  dont  le  type 
est  le  genre  Bufo  ou  Crapaud.  Il  n’y  rappor¬ 
tait  que  les  deux  genres  Bufo  et  Rhinella ,  les 
autres  Batraciens  bufoniformes  formant  sa 
famille  des  Bombinatoroides  dont  le  caractère 
est  de  n’avoir  pas  le  tympan  visible.  (P.  G.) 

BUGAINVILLÆA.  acÉpii.  —  Voyez 

BOUGAINVILLÉE. 

BUGLE.  bot.  ph.  —  Nom  vulg.  français 
d’une  esp.  du  g.  Ajuga  [VA.  replans  L.),  et 
par  extension  de  tout  le  genre.  (C.  L.) 

BUGLOSSE.  Buglossa  (/3oûç,  bœuf; 
y\ wo-cra,  langue),  bot.  pii.  —  Nom  vulgaire 
français  du  genre  Anchusa.  (C.  L.) 

B1JGLOSSUS  (/3oûç,  bœuf;  y>w<7ara,  lan¬ 
gue).  bot.  cr.  — Nom  que  quelques  auteurs 


BUÏ 

donnent  à  une  espèce  de  champignon  charnu 
et  poreux  qui  croît  sur  les  Hêtres  ,  les  Ch⬠
taigniers  et  notamment  sur  les  Chênes.  Le 
nom  de  Bolet  langue  de  boeuf  lui  vient  de 
sa  ressemblance  avec  cette  partie  ;  on  le 
nomme  encore  Bolet  hépatique,  parce  que 
souvent  il  a  la  forme  et  la  couleur  d’un  foie 
d’animal.  C’est  une  espèce  comestible,  mais 
peu  recherchée.  Voyez  fistulina.  (Léy.) 

BUGRANE.  bot.  pii. —  Voyez  bougraine. 

BUIS.  Buxus  (rcvi-oç  en  grec),  bot.  pii.  — 
Genre  de  la  famille  des  Euphorbiacées , 
ainsi  caractérisé  :  Fleurs  monoïques ,  dont 
le  calice  présente  les  sépales  inégaux,  alter¬ 
nant  par  paires.  Fleurs  mâles  ;  4  étamines 
insérées  sous  un  pistil  central  rudimentaire, 
simple  ou  trilobé,  à  filets  dressés,  à  anthères 
adnées  qui  se  contournent  après  la  floraison. 
Fleurs  femelles  :  Ovaire  glabre,  à  3  loges 
bi-ovulées,  surmonté  de  3  styles  qui  partent 
des  côtés  de  son  sommet  concave ,  et  qui , 
légèrement  bilobés  à  leur  terminaison,  sont 
creusés  dans  la  longueur  du  côté  interne 
d’un  sillon  stigmatique  glanduleux.  Le  fruit 
capsulaire  contenant,  sous  une  enveloppe  co¬ 
riace  et  verdâtre,  3  coques  minces  et  char- 
tacées,  2-spermes,  se  sépare  à  la  maturité  en 
3  valves  alternant  avec  les  styles  et  les  coques 
dont  elles  emportent  la  moitié  avec  elles , 
de  sorte  que  chacune  se  montre  surmontée 
de  2  cornes ,  et  porte  2  graines  séparées  par 
une  cloison  qui  lui  est  opposée.  Ces  graines 
sont  revêtues  d’un  test  noir,  luisant  et  cas¬ 
sant.  Les  Buis  sont  des  arbres  ou  arbrisseaux 
d’Europe,  cultivés  dans  la  plupart  de  nos 
jardins.  Leurs  feuilles,  opposées,  sur  des  ra¬ 
meaux  4-gones,  très  entières  et  coriaces  ,  se 
font  remarquer  par  la  facilité  avec  laquelle 
l’épiderme  de  la  face  inférieure  se  sépare  sous 
la  forme  d’une  membrane  blanche.  Leurs 
fleurs  sont  rapprochées  en  petits  pelotons  axil¬ 
laires,  entourés  à  leur  base  de  bractées  im¬ 
briquées  ,  et  contenant  tantôt  des  mâles  seu¬ 
lement,  tantôt  une  seule  femelle  accompa¬ 
gnée  de  trois  bractées  au  milieu  de  plusieurs 
mâles  ,  dont  chacune  offre  une  bractée 
unique.  (Ad.  J.) 

Nous  ne  connaissons  guère  en  France 
que  l’espèce  naine  du  Buis ,  qu’on  emploie 
à  faire  des  bordures  préférables  â  toutes 
les  autres  par  la  persistance  de  leur  feuil¬ 
lage  et  leur  solidité;  mais  il  existe  dans  les 
parties  méridionales  et  montagneuses  de 


BUL 


BUL 


771 


l’Europe,  et  dans  l’Asie,  depuis  le  Caucase 
jusqu’au  Japon,  deux  espèces  arborescentes, 
qui  s’élèvent  à  plusieurs  mètres,  et  forment 
à  l’état  sauvage  des  massifs  entiers. 

Le  bois  du  Buis ,  aussi  compacte  que  les 
bois  exotiques,  et  si  dense,  qu’il  va  au  fond 
de  l’eau,  est  d’une  dureté  considérable  :  il 
est  toujours  exempt  de  gerçures  et  de  carie, 
ce  qui  le  fait  rechercher  pour  les  ouvrages 
de  tour  et  de  tabletterie,  surtout  sa  racine, 
qui  estagréablement  veinée. Ses  feuilles,  aux¬ 
quelles  on  attribue  des  propriétés  sudorifi¬ 
ques  ,  sont  quelquefois  employées  par  les 
brasseurs  comme  succédanées  du  Houblon  ; 
mais  elles  n'en  possèdent  pas  l’agréable 
amertume  ,  et  leur  âcreté  a  excité  une  juste 
défiance.  C’est  sans  doute  à  cette  qualité  que 
le  Buis  doit  d’être  respecté  par  les  animaux. 
On  en  tire  par  la  distillation  une  huile  fétide, 
douée  de  propriétés  antispasmodiques.  On 
cultive  dans  les  jardins  les  espèces  arbores¬ 
centes  qui  servent  à  former  des  bosquets 
d’hiver  ,  et  l’on  en  possède  des  variétés  pa¬ 
nachées  de  jaune  et  de  blanc.  Dans  notre 
climat,  ces  arbrisseaux  ne  peuvent  résister  à 
un  froid  rigoureux  et  demandent  qu’on  les  en 
préserve.  —  On  appelle  encore  :  Buis  de  la 
Chine  ,  le  Murray  a  sinica  ;  B.  de  Haïti  ,  le 
Polygala  penœa  ;  faux  B.  des  Antilles  ,  le 
Randia  aculeala ,  et  B.  piquant,  le  Fragon 
commun.  (C.  d’O.) 

BUISSON,  bot.  cr.  —  On  désigne  sous 
ce  nom ,  dans  quelques  départements  de  la 
France,  la  Clavaire  coralloïde,  Clavaria  co- 
ralloides  L.,  en  raison  de  sa  ressemblance 
avec  un  petit  buisson.  (LÉv.) 

BUISSON  ARDENT,  bot.  ph.  —  Nom 
vulgaire  du  Cratœgus  pyracaniha.  (C.  L.) 

*BUJACIA,  E.  Meyer  (nom  propre),  bot. 
ph.  —  Synonyme  du  genre  Glycine  de 
Wight  et  Arnott.  (Ç.  L.) 

BUL  A.  mam.  —  Synonyme  de  Marte  zibe¬ 
line.  f^oyez  MARTE. 

BULBE.  Bulbus  (/3o>Soç ,  bulbe),  bot.  ph. 
—  On  appelle  ainsi  un  bourgeon  particulier 
à  certaines  plantes  monocotylédonées ,  éga¬ 
lement  désigné  sous  le  nom  d 'ognon.  Le 
bulbe  se  compose  de  3  parties  :  1°  le  plateau 
ou  tige  souterraine  ;  2°  les  fibres  radicales , 
qui  naissent  de  la  face  inférieure  du  pla¬ 
teau  ;  3°  le  bourgeon  ,  qui  occupe  la  face  su¬ 
périeure  de  ce  dernier.  Examinons  successi¬ 
vement  ces  3  parties. 


lo  Le  plateau  ( tecus )  est  une  véritable 
tige ,  mais  très  courte  et  très  déprimée , 
tronquée  à  sa  partie  inférieure,  où  elle  donne 
naissance  à  des  fibres  radicales  ordinaire¬ 
ment  disposées  circulairement  à  la  circon¬ 
férence  ,  et  portant  à  sa  face  supérieure  des 
écailles  qui  constituent  le  vrai  bourgeon. 

2°  La  racine  qui  naît  de  la  face  inférieure 
du  plateau  se  compose  de  fibres  cylindri¬ 
ques  ,  tantôt  simples  et  tantôt  ramifiées , 
disposées  circulairement  sur  2  rangées  à  la 
circonférence  du  plateau.  Elle  est  du  genre 
de  celles  qu’on  nomme  racines  fibreuses. 

3°  Enfin ,  c’est  de  la  face  supérieure  du 
plateau  que  naissent  les  écailles  qui  consti¬ 
tuent  le  bourgeon  proprement  dit.  Les  écail¬ 
les  sont  ordinairement  nombreuses  ,  dispo¬ 
sées  sur  plusieurs  rangs.  Ce  bourgeon  a  la 
même  composition  que  tous  les  autres  orga¬ 
nes  du  même  genre.  A  l’extérieur,  il  est  formé 
d’écailles  plus  ou  moins  nombreuses ,  qui 
sont  tantôt  des  feuilles  avortées  et  rudimen¬ 
taires,  tantôt  la  base  persistante  des  feuilles 
des  années  précédentes ,  et  des  rudiments 
d’une  jeune  tige  sur  laquelle  on  aperçoit 
les  feuilles  et  les  fleurs  à  l’état  rudimentaire. 

Le  plateau,  avons-nous  dit,  est  une  véri¬ 
table  tige  très  déprimée ,  et  dont  par  con¬ 
séquent  les  feuilles  sont  excessivement 
rapprochées  les  unes  des  autres  ,  de  ma¬ 
nière  à  former  une  rosette  très  serrée.  Il 
arrive  quelquefois  qu’accidentellement  le 
plateau  s’allonge ,  et  forme  alors  une  tige 
cylindrique  plus  ou  moins  longue  ;  c’est  ce 
qu’on  observe,  par  exemple,  pour  certaines 
espèces  de  Lis  ,  dont  les  Bulbes  semblent 
naître  au  sommet  d’une  tige  souterraine 
dont  la  longueur  varie.  Cet  allongement  de 
la  tige  souterraine  est  encore  bien  plus  re¬ 
marquable  dans  Y  A  Ilium  senescens,  qui  a 
une  véritable  souche  rameuse  et  très  lon¬ 
gue  ,  dont  les  ramifications  sont  terminées 
par  un  Bulbe. 

Suivant  la  forme  des  écailles  qui  compo¬ 
sent  les  Bulbes  ,  ceux-ci  ont  été  distingués 
en  Bulbes  écailleux  et  en  Bulbes  a  tuni¬ 
ques.  Les  Bulbes  écailleux  sont  ceux  dont 
les  écailles  sont  étroites,  n’occupant  par  con¬ 
séquent  qu’une  faible  portion  de  la  circon¬ 
férence  totale  du  Bulbe,  et  se  recouvrant  laté¬ 
ralement  à  la  manière  des  tuiles  d’un  toit.  Le 
Lis  est  le  seul  g.  où  cette  disposition  soit  gé¬ 
nérale  à  toutes  les  espèces  qui  le  composent, 


772 


BUL 


BUL 


Les  Bulbes  à  tuniques  se  composent  d’é- 
cailles  emboîtées  les  unes  dans  les  autres,  et 
embrassant  chacune  toute  la  circonférence 
du  Bulbe.  Cette  disposition  est  extrême¬ 
ment  commune  ;  c’est  celle  de  la  Jacinthe  , 
de  la  Tulipe,  de  l’Ail,  de  l’Ognon,  etc. 

Parmi  les  Bulbes  à  tuniques,  il  en  est  dont 
les  écailles  extérieures  ne  prennent  aucun 
accroissement,  la  jeune  pousse  naissant  de 
la  partie  la  plus  intérieure  du  Bulbe ,  telle 
est  la  Jacinthe.  Il  en  est  d’autres ,  au  con¬ 
traire  ,  dont  toutes  les  écailles  ou  presque 
toutes,  du  moins,  s’allongent  en  feuilles, 
comme  les  Bulbes  du  Poireau  entre  au¬ 
tres.  Dans  ce  cas,  ces  Bulbes  ont  une  forme 
allongée  et  cylindrique  toute  particulière. 
L’organe  qu’on  désigne  communément  sous 
le  nom  de  tige  dans  le  Bananier  n’est  vé¬ 
ritablement  qu’un  Bulbe  tout-à-fait  ana¬ 
logue  à  celui  du  Poireau.  En  effet,  il  se  com¬ 
pose  de  tuniques  ou  gaines  emboîtées  les 
unes  dans  les  autres ,  qui  ne  sont  que  des 
bases  de  feuilles. 

Toutes  ces  gaines  naissent  de  la  face  su¬ 
périeure  d’un  gros  tubercule  qui,  par  sa  face 
inférieure,  donne  naissance  à  des  fibres  radi¬ 
cales.  Ce  tubercule  est  véritablement  le  pla¬ 
teau  ou  la  tige  de  ce  végétal.  Au  centre  des 
feuilles  se  trouve  une  hampe ,  qui  part  éga¬ 
lement  du  plateau,  et  porte  dans  sa  partie 
supérieure  les  fleurs  de  la  plante. 

Il  y  a  encore  une  autre  sorte  de  Bulbes  ; 
ce  sont  ceux  qu’on  appelle  Bulbes  soli¬ 
des.  Ainsi,  par  exemple,  dans  le  Safran,  le 
Glayeul ,  etc. ,  les  Bulbes  sont  formés  d’un 
gros  tubercule  charnu,  de  forme  variée,  envi¬ 
ronné  extérieurement  d’un  certain  nombre  de 
membranes  minces  et  scarieuses.  Les  Bulbes 
solides  ne  sont  pas,  comme  on  l’a  dit  géné¬ 
ralement,  formés  par  des  écailles  soudées 
en  une  masse  charnue  ;  ce  sont  des  Bulbes 
dans  lesquels  le  plateau  a  pris  un  énorme 
développement ,  et  forme  presque  toute  la 
masse  du  Bulbe. 

Les  Bulbes  se  multiplient  et  se  régénèrent 
^iu  moyen  de  bourgeons  ayant  la  même  or¬ 
ganisation  qu’eux  ,  et  qu’on  désigne  com¬ 
munément  sous  le  nom  de  cayeux.  Tantôt 
ces  cayeux  se  forment  à  l’aisselle  d’une  des 
écailles ,  plus  ou  moins  près  de  la  surface 
extérieure  du  Bulbe;  ces  cayeux  prennent 
peu  à  peu  de  l’accroissement,  et  leur  dé¬ 
veloppement  continue  en  quelque  sorte  la 


végétation  du  Bulbe  primitif.  Dans  ce  cas, 
la  durée  du  Bulbe  est  en  quelque  sorte  illi¬ 
mitée,  et  se  prolongera  tout  aussi  long-temps 
que  de  nouveaux  cayeux  ou  de  nouveaux 
Bulbes  se  montreront  à  l’aisselle  des  écailles. 
C’est  un  mode  de  propagation  très  commun 
dans  les  plantes  bulbeuses  ,  et  entre  autres 
dans  la  Jacinthe,  le  Lis,  etc.  D’autres  fois  , 
au  contraire,  le  jeune  Bulbe  se  forme  au 
centre  même  de  l’ancien  ,  de  manière  que 
quand  il  s’est  complètement  développé,  c’est- 
à-dire  qu’il  a  poussé  ses  feuilles  et  sa  tige 
florifère,  le  Bulbe  est  entièrement  épuisé,  et 
sa  végétation  cesse  complètement.  Il  y  a  donc 
des  Bulbes  à  végétation  limitée  et  des  Bulbes 
à  végétation  illimitée.  Tous  ceux  dont  les 
jeunes  pousses  ou  cayeux  se  forment  laté¬ 
ralement  à  l’aisselle  des  écailles  ont  une  du¬ 
rée  en  quelque  sorte  illimitée  ;  ceux  qui ,  au 
contraire ,  donnent  naissance  à  un  cayeux 
qui  naît  immédiatement  du  centre  même  ou 
du  sommet  du  plateau  ont  une  durée  limitée. 
Cette  distinction  est  fort  importante  sous  le 
point  de  vue  physiologique.  (A.  R.Ï 

*  BULBE,  BULBEUX.  Balbosus.  bot.  cr. 

—  Expression  figurée  qu’on  emploie  quel¬ 
quefois  en  mycologie  pour  désigner  une 
forme  particulière  du  pédicule  des  Champi¬ 
gnons,  parce  qu’il  est  plus  ou  moins  renflé  à 
sa  partie  inférieure  ,  et  qu’il  semble  repré¬ 
senter  un  bulbe.  Presque  toutes  les  espè¬ 
ces  d’Amanites  offrent  ce  caractère,  aussi 
quelques  auteurs  les  appellent-ils  des  Cham¬ 
pignons  bulbeux.  Cette  forme  est  parfaite¬ 
ment  distincte  dans  les  Agaricus  bulbosus 
Bull.,  et  procerus  Scop.  (Lév.) 

BULBEUX.  Bulbosus.  bot.  ph.  —  Cette 
épithète  s’applique  à  tous  les  végétaux 
qui  sont  pourvus  d’un  bulbe  (  voyez  ce 
mot).  On  l’a  également  étendue  à  des  plan¬ 
tes  dont  la  tige  offre  un  renflement  qui  a 
l’apparence  d’un  bulbe  ,  mais  n’en  offre  pas 
l’organisation.  Telle  est,  par  exemple,  la  Re¬ 
noncule  bulbeuse  (Ranunculus  bulbosus  L.). 

(A.  R.) 

*  BULBEUX  ( Champignons ).  bot.  cr.  — 
Ces  Champignons  composent  la  famille  la 
plus  naturelle  que  Paulet  ait  établie.  Elle 
comprend  tout  le  sous-genre  Amanita ,  et,  de 
plus,  3  ou  4  esp.  qui  ne  devraient  pas  s’y 
trouver  ;  mais  comme  le  caractère  a  été  pris 
sur  la  partie  inférieure  du  pédicule  qui  a  la 
forme  d’un  bulbe,  on  explique  parfaitement 


BUL 


773 


BUL 

la  cause  de  cette  erreur.  Les  Champignons 
bulbeux  sont  divisés  en  sections  dont  il  suf¬ 
fira  d’indiquer  les  principaux  types  pour 
la  faire  comprendre. 

1°  Les  Bulbeux  nus  :  le  grand  Parasol, 
Agaricus  lenticularis  F. 

2°  Les  Bulbeux  a  collet  :  le  Bulbeux 
satiné  et  rayé  ,  Agaricus  aridus  F. ,  non 
Pers.  ;  le  Bulbeux  gercé  ,  A.  nciucinus  F.  ; 
le  pelitBulbeux  cire  jaune,  A.  coprinus  F.  Ces 
deux  dernières  espèces  ne  sont  pas  des 
Amanites;  la  première  appartient  aux  Lé¬ 
piotes  ,  la  seconde  aux  Pratelles. 

3o  Les  Bulbeux  a  bourse  ou  Oronges  sans 
collet  :  l’Oronge  satinée ,  Agaricus  vagi- 
natus  Bull.  ;  l’Oronge  Souris,  A.  viperinus  F. 

4°  Les  Bulbeux  a  bourse  colletés  :  l’O¬ 
ronge  Couleuvre,  Agaricus  porphyrius  F. 

5°  Les  Bulbeux  en  coque  et  sans  collet 
ou  Coquemelles  :  l’Oronge  tannée,  Agaricus 
prœtorius  F.  ;  la  Coquemelle,  A.  Coccola  F. 

6o  Les  Bulbeux  en  coq  e  et  colletés  : 
l’Oronge  franche,  Agaricus  cœsareus  Schœff.; 
l’Oronge  Ciguë  ,  A.  phalloides  F.,  etc.,  etc. 

7°  Les  Bulbeux  mouchetés:  le  Champi¬ 
gnon  rouge  ou  fausse  Oronge,  Agaricus  mus- 
carius  L.;  l’Oronge  perlée,  A.  gemmatus  F.; 
le  Gris  perlé,  A.  panlherinus  F. 

On  peut  consulter  avec  le  plus  grand  avan¬ 
tage,  pour  ce  qui  concerne  les  Champignons 
bulbeux,  le  Traité  de  Paulet ,  et  un  mé¬ 
moire  qui  fait  partie  de  ceux  de  la  So¬ 
ciété  royale  de  médecine  (  vol.  I,  ann. 
1777,  p.  431  ).  Ces  deux  ouvrages  renfer¬ 
ment  un  grand  nombre  d’observations  d’em¬ 
poisonnements  par  les  Champignons  ,  et  des 
recherches  très  variées  sur  les  moyens  d’y 
remédier.  (Lév.) 

BELBIFER(£m/ôim,  bulbe  ;  fero,  je  porte). 
ins. —  Genre  de  Coléoptères  tétramères,  éta¬ 
bli  parMégerle,  dans  la  famille  des  Curcu- 
lionides,  aux  dépens  des  g.  Cossonus ,  Lixus 
et  Calandra  de  Fabr.,  et  qui  répond  à  celui 
de  Dryophtorus  de  Schuppel,  (D.) 

*  BULBILIS.  bot.  pii.  —  Le  genre  auquel 
Rafinesque  a  donné  ce  nom  dans  la  famille 
des  Graminées  est  encore  fort  obscur,  et  pa¬ 
raît  être  le  même  que  le  Sesleria.  (A.  R.) 

BULBILLES.  Bulbilli.  bot.  ph.  —  On  ap¬ 
pelle  ainsi  des  bourgeons  d’une  nature  par¬ 
ticulière  tout-à-fait  analogues  aux  bulbes  , 
et  qui  se  développent  sur  certaines  parties 
des  plantes  bulbeuses.  Ainsi  on  trouve  des 


Bulbilles  à  l’aisselle  des  feuilles  du  Lis  bul- 
bifére  (Lilium  bulbiferum  L.),  mêlés  aux  fleurs 
ou  les  remplaçant  complètement ,  dans  un 
grand  nombre  d’espèces  à'Allium  [Ail.  cari¬ 
natum  ,  A.  viminale  ,  etc.),  d’ Ornilhoga- 
lum ,  etc. 

Ce  qui  distingue  les  Bulbilles  des  autres 
bourgeons ,  c’est  que  ,  détachés  de  la  plante 
sur  laquelle  ils  se  sont  formés  ,  ils  se  déve¬ 
loppent  d’eux-mêmes  et  donnent  naissance 
à  des  individus  nouveaux  comme  une  plante 
complète;  en  un  mot,  ils  secomportentcomme 
de  véritables  graines.  Comme  les  bourgeons, 
ils  sont  ordinairement  composés  d’écailles, 
tantôt  imbriquées ,  tantôt  en  forme  de  tuni¬ 
ques  insérées  sur  un  véritable  plateau,  mais 
fort  petit. 

On  avait  prétendu  que  les  Bulbilles  soli¬ 
des  pouvaient  se  montrer  dans  l’intérieur 
du  péricarpe  ,  à  la  place  des  graines  ,  dans 
certaines  espèces  de  Crinum  ,  par  exemple  ; 
mais  j’ai  fait  voir  il  y  a  déjà  fort  long-temps 
(  Ann.  des  sc.  nat. ,  1824  )  que  ces  prétendus 
Bulbilles  n’étaient  que  des  graines  ayant  ac¬ 
quis  ,  quelquefois  aux  dépens  du  péricarpe 
lui-même,  un  développement  extraordinaire 
et  anormal,  mais  n’en  conservant  pas  moins 
la  véritable  structure  des  graines. 

Beaucoup  d’auteurs  ont  comparé  les  spo- 
rules ,  ou  corps  reproducteurs  des  plantes 
acotylédonées,  aux  Bulbilles.  C’est  une 
opinion  qui  sera  développée  et  discutée 
quand  nous  traiterons  de  l’organisation  des 
plantes  acotylédonées  et  au  mot  sporules. 

(A. R.) 

BELBINE.  Bulbine.  bot.  ph.  —  Famille 
des  Liliacées.  Le  genre  nommé  ainsi  par 
Linné  a  été  généralement  réuni  au  genre 
Anthericum.  (A.  R.) 

BIJLBIPARES  [bulbus ,  bulbe;  parioy  je 
produis),  zool.  —  On  nomme  quelquefois 
ainsi  les  animaux,  et  entre  autres  les  Zoo- 
phytes;qui  se  multiplient  par  bourgeons.  Le 
mot  Gemmipares  est  préféré.  (P- G.) 

BULBOCHÆTE.  bot.  cr.  —  (Phycées). 
K oyez  bolbochæte.  (C.  M.) 

BULBOCODE. Bulbocodium  (j3o).Soç,  bulbe, 
xwtîtov,  peau  garnie  de  poils?),  bot.  ph.  — 
Genre  de  la  famille  des  Colchicacées ,  établi 
par  Linné  et  composé  d’un  petit  nombre 
d’esp.  qui,  pour  le  port,  tiennent  le  milieu  en¬ 
tre  les  Colchiques  et  les  Crocus.  Leur  calice, 
pétaloïde,  est  formé  de  sépales  allongés,  ré- 


774 


BLL 


BUL 


trécis  et  longuement  onguiculés  à  leur  base, 
à  peine  soudés  par  leur  partie  inférieure, 
mais  réunis  par  une  gaine  extérieure  com¬ 
mune,  égaux  entre  eux,  et  portant  chacun 
une  étamine  attachée  au  milieu  de  leur 
face  interne,  ayant  une  anthère  très  allon¬ 
gée  et  introrse,  et  un  filet  assez  court.  L’o¬ 
vaire  esta  3  loges,  contenant  chacune  un 
assez  grand  nombre  d’ovules  attachés  sur 
plusieurs  rangs  à  leur  angle  interne.  Les 
3  styles  sont  distincts  ou  soudés,  et  le  fruit 
est  une  capsule  à  3  loges  ,  se  partageant  en 
3  parties  qui  s’ouvrent  chacune  par  leur 
côté  supérieur  et  interne. 

Les  Bulbocodes  ,  au  nombre  de  4  ou 
5  esp.,  sont  de  petites  plantes  à  bulbe  so¬ 
lide,  qui  croissent  en  général  dans  les  hautes 
montagnes  de  l’Europe  australe.  Le  même 
g.  a  été  nommé  Merendera  par  Ramond, 
nom  adopté  par  un  assez  grand  nombre  de 
botanistes  ;  mais  celui  de  Bulbocodium  étant 
plus  ancien  doit  être  conservé.  (A.  R.) 

BULBONACH.  BOT.  PH.  —  Voyez  BOLBO- 
NACH. 

BULBOPHYLLUM.  bot.  ph.  —  Voyez 

BOLBOPHYLLUM. 

*  BULBOSPEBMUM  (  j8 oïêoç ,  bulbe  ; 

aWpfjux,  semence),  bot.  ph. — Genre  éta¬ 
bli  par  Blume  [Emm.  pl.  Jav.,  1 ,  15)  pour 
une  plante  herbacée  de  l’île  de  Java,  se  rap¬ 
prochant  des  Pelioscmihes.  Ce  g.  est  trop 
peu  connu  pour  que  son  adoption  puisse 
être  définitive.  (C.  d’O.) 

*  BIJLBOSTYL1S  (jSo XSoç,  bulbe  -  ^oç, 

style  ;  style  bulbeux),  hot.  ph.  —  Les  Bulbo- 
stylis  sont  des  herbes  vivaces  ou  des  sous- 
arbrisseaux  indigènes  du  Mexique.  Ils  font 
partie  des  Composées-Eupatoriées ,  et  ont 
pour  caractères  :  Capitule  à  10-25  fleurs.  In- 
vo, lucre  formé  de 2-3  rangées  d’écailles  linéai- 
res-lancéolées  ,  acuminées ,  striées ,  lâche¬ 
ment  imbriquées.  Réceptacle  étroit ,  nu. 
Corolles  tubuleuses,  dilatées  à  la  base,  à 
5  dents  assez  courtes.  Style  renflé  à  la  base 
et  simulant  une  sorte  de  bulbe.  Fruit  cylin¬ 
drique,  strié ,  surmonté  d'une  aigrette  for¬ 
mée  d’une  rangée  de  soies  scabres.  (  Voyez 
Delessert  Icon.  seleclœ.)  (J.  D.) 

BULBOSUS.  bot.  cr.  —  Voyez  bulbe. 

BULBULEUX.  bot.  cr. — Voy.  bossillqns. 

(Lév.) 

BULBES,  bot.  ph.  TT.  Voyez  bulbe. 

*  BULGAJIIA.  ,  sae.)..  bot,  cb.  — 


Genre  proposé  par  Fries  pour  des  Champi¬ 
gnons  réunis  par  quelques  auteurs  aux  Pé- 
zizes,  avec  lesquels  ils  ont  les  plus  grands 
rapports,  adopté  cependant  par  MM.Lindley 
et  Endlicher  comme  un  g.  distinct.  (C.  d’O.) 

BULIME.  Bulimus  (  diminutif  irrégulier 
de  Bulla).  moll.  —  Genre  de  l’ordre  des 
Gastéropodes,  famille  des  Gastéropodes  pul- 
monés  terrestres,  réformé  par  Lamarck, 
qui  l’a  circonscrit  avec  sagacité  ,  et  l’a  vé¬ 
ritablement  tiré  du  chaos  dans  lequel  l’a¬ 
vaient  plongé  ses  prédécesseurs. 

L’animal  des  Bulimes  présente,  sous  le  rap¬ 
port  des  parties  essentielles  de  l’organisation, 
les  mêmes  caractères  que  les  Agathines  ;  c’est 
un  gastéropode  à  collier  et  sans  cuirasse, 
dont  la  tête  est  munie  de  4  tentacules;  les 
deux  plus  grands  oculés  au  sommet  :  il  a  le 
pied  comme  celui  des  Hélices,  et  il  est  dé¬ 
pourvu  d’opercule.  La  génération  des  Buli¬ 
mes  offre  cela  de  particulier,  que  leurs  œufs 
sont  fort  gros  et  pourvus  d’une  enveloppe 
calcaire  ;  la  coquille  s’y  trouve  toute  formée, 
et  présente  déjà  Un  commencement  de  spi¬ 
rale. 

La  coquille  est  ovale,  oblongue  ou  turri- 
culée  ;  son  ouverture  est  entière ,  plus  lon¬ 
gue  que  large,  à  bords  inégaux,  désunis  su¬ 
périeurement  ;  la  columelle  est  droite,  lisse, 
sans  troncature  et  sans  évasement  à  la  base. 
A  l’état  adulte,  le  bord  droit  de  la  coquille 
est  revêtu  d’un  bourrelet  quelquefois  fort 
épais  ;  le  dernier  tour  de  spire  est  toujours 
plus  grand  que  celui  qui  le  précède. 

D’après  les  modifications  proposées  par 
MM.  Deshayes  et  Milne-Edwards  (2e  édition 
des  Anim.  s.  vert.  ),  le  g.  Bulime,  auquel  ils 
réunissent  les  Agathines,  ce  que  justifie  la 
ressemblance  des  animaux  et  la  disparition 
successive  de  la  troncature  çolumellaire , 
contient  plus  de  deux  cents  espèces  vivantes 
et  un  petit  nombre  de  fossiles ,  Lamarck 
ayant  introduit  parmi  les  Bulimes  fossiles 
beaucoup  de  petites  Coquilles  qu’on  a  re¬ 
connu  être  des  Paludines. 

Les  Bulimes  sont  des  Coquilles  générale¬ 
ment  ornées  de  couleurs  agréables,  et  dont 
la  taille  varie  de  plusieurs  pouces  à  quel¬ 
ques  lignes.  Les  Agathines  qu’on  y  réu¬ 
nit  renferment  les  plus  grandes  Coquilles 
terrestres.  On  trouve  ce  genre  répandu  sur 
toute  la  surface  du  globe  ;  il  vit  dans  les  en¬ 
droits  frais  et  ombragés ,  et  l’hiver  sous  les 


BUT, 


775 


BUÎj 

pierres  ou  dans  des  trous  de  rochers  ;  sa 
nourriture  consiste  en  végétaux  frais  ou 
morts.  Les  pays  chauds  ,  et  l’Amérique  mé¬ 
ridionale  surtout,  en  fournissent  le  plus 
d’espèces  et  les  plus  recherchées.  A  l’état 
fossile,  elles  se  trouvent  dans  les  terrains 
tertiaires.  (C.  d’O.) 

BULIMINE.  Bulimina  (diminutif  de  Bu - 
limus  ).  foram.  —  Genre  de  Foraminifères 
que  nous  avons  établi  en  1825  pour  des  Co¬ 
quilles  libres,  spirales,  turriculées,  dont  les 
loges  sont  successives,  sur  un  axe  spiral  ré¬ 
gulier,  et  se  recouvrant  plus  ou  moins,  la 
dernière  n’étant  jamais  terminée  par  un 
tube.  Leur  ouverture  est  longitudinale  à 
l’axe ,  virgulaire  ou  arrondie ,  latérale ,  sur 
le  côté  interne  ou  près  de  l’angle  supérieur 
de  la  dernière  loge. 

Nous  avons  étudié  comparativement  plus 
de  25  espèces  de  ce  genre ,  que  nous  trou¬ 
vons  réparties  ainsi  qu’il  suit  :  Especes  vi¬ 
vantes  ,  12  dans  l’Adriatique,  une  à  Mada¬ 
gascar,  une  aux  Antilles,  une  en  Patagonie, 
deux  au  Pérou  ,  une  à  Ténériffe.  Il  s’ensuit 
qu’elles  sont  de  presque  toutes  les  mers. 

Les  espèces  fossiles  commencent  avec  la 
Craie  chloritée  où  elles  sont  déjà  très  nom¬ 
breuses.  Elles  le  sont  plus  encore  dans  la 
Craie  blanche ,  au  sein  des  terrains  tertiai¬ 
res  ;  elles  sont  surtout  multipliées  au  sein 
des  terrains  subapennins  de  l’Italie. 

(A.  d’O.) 

BULIMULE.  Bulimulus.  moll. — M.  Leach 
(Mise.  zool. ,  t.  2)  a  établi  sous  ce  nom,  qui 
n’a  pas  été  adopté,  un  g.  pour  les  espèces 
de  Bulimesqui  ont  l’ombilic  ouvert. 

BULITHE.  (|3ov,  particule  augmentative; 
YiQ oç ,  pierre  ).  mam.  —  Concrétion  qui  se 
forme  dans  les  organes  digestifs  du  Bœuf. 

* BULLA  ( bulla  ,  petite  bouteille),  ins.  — 
Linné  appliquait  cette  dénomination  à  une 
division  de  son  genre  ryllus ,  comprenant 
principalement  les  espèces  qui  constituent 
le  genre  Pneumora  de  Thunberg.  (Bl.) 

*  BULLA.  Bullœ  (bulla,  tête  de  clou.)  bot. 
cr. — Battarra  ( Fung .  arim.)  donne  ce  nom  à 
la  14e  classe  de  Champignons. Ellecomprend 
ceux  qui,  en  général ,  ont  peu  de  consis¬ 
tance  et  de  substance ,  et  ressemblent  aux 
esp.  de  clous  employés  pour  orner  les  chars 
et  les  meubles  dont  on  se  sert  pour  s’asseoir. 
Une  pareille  division  ne  pouvait  être  adop¬ 
tée,  parce  qu’elle  renferme  des  individus 


trop  différents  entre  eux  ;  aussi  ne  l’a-t-elle 
été  par  aucun  auteur.  (LÉv.) 

BULL  AIRE.  bot.  cr.  —  Voyez  bullaria. 

BULLARIA  (  bulla,  petite  ampoule),  bot. 
cr.— Genre  de  Champignons  épiphytes,  de  la 
famille  des  Urédinées  ,  caractérisé  par  des 
spores  qui ,  pour  la  forme  et  la  régularité  , 
représentent  parfaitement  bien  le  chiffre  8. 
Elles  n’ont  pas  de  pédicelles,  et  sont  ra¬ 
massées  sous  l’épiderme  qu’elles  soulèvent 
comme  une  pustule  brune ,  qui  ne  s’ouvre 
jamais ,  comme  dans  les  autres  Urédinées. 
M.  DeCandolle^’L/v.,  II,  p.  226)  l’a  observé 
sur  les  tiges  des  Ombellifères.  Persoon  en  a 
fait  un  Uredo  ,  Fries  un  Melanconiurri ,  Link 
(  (Jbs.  mycol.)  une  espèce  de  Stilbospora ,  et  en¬ 
fin  un  Puccinia,  dans  l’édition  de  Willdenow 
du  Systema  naturœ  de  Linné.  Je  partage  en¬ 
tièrement  cette  dernière  opinion,  parce  que, 
ayant  eu  plusieurs  fois  l’occasion  d’exami¬ 
ner  cette  petite  plante  cryptogame  sur  la 
Ciguë  Yireuse,  j’ai  vu  que  les  spores  étaient 
pédicellées,  et  seulement  beaucoup  plus  vo¬ 
lumineuses  sur  les  tiges  que  sur  les  autres 
parties.  On  doit  donc  lui  donner  le  nom  de 
Puccinia  umbelliferarum  préférablement  à 
tout  autre.  (LÉv.) 

BULLE.  Bulla  (  bulla),  globules;,  moll. — 
Genre  de  l’ordre  des  Gastéropodes  tectibran- 
ches,  famille  des  Bulléens,  long-temps  con¬ 
fondu  avec  les  Porcelaines  et  les  Ovules ,  et 
complètement  réformé  par  Bruguière.  De¬ 
puis  ,  il  n’a  guère  subi  de  modifications  que 
relativement  à  la  place  qu’il  doit  occuper  dans 
les  méthodes  -,  et  encore  tous  les  natura¬ 
listes  s'accordent  à  le  rapprocher  des  Aply- 
sies  à  cause  de  l’armure  de  son  estomac, 
qui  est ,  ainsi  que  celui  de  ce  mollusque  , 
muni  de  pièces  osseuses ,  et  de  la  propriété 
que  possèdent  la  plupart  des  Bulles  de  ré¬ 
pandre  une  liqueur  purpurine. 

Cuvier  avait  réuni,  sous  la  dénomination 
générale  d’Acères,  les  Bulles,  les  Bullées  et 
les  Acérés.  D’autres  conchyliologistes  ont 
ainsi  que  lui  considéré  comme  un  même  g. 
les  Bulles  et  les  Bullées  ;  mais  Lamarck  ,  se 
fondant  sur  la  présence  d’une  coquille  ex¬ 
terne  dans  les  premières  et  interne  dans  les 
secondes ,  en  a  fait  deux  genres  distincts, 
quoique  tenant  de  très  près  l’un  à  l’autre. 
Voici  les  caractères  qu’il  donne  au  genre 
Bulle  :  Corps  ovale-oblong,  un  peu  convexe, 
divisé  supérieurement  en  deux  parties  trans- 


BUL 


BUM 


776 

verses,  ayant  le  manteau  replié  postérieure¬ 
ment.  Tête  peu  distincte.  Point  de  tentacules 
apparents.  Branchies  dorsales  et  postérieures 
recouvertes  par  le  manteau.  Anus  sur  le  côté 
droit  ;  partie  postérieure  du  corps  recouverte 
par  une  coquille  externe  ,  qui  y  adhère  par 
un  muscle.  —  Coquille  univalve,  ovale,  glo¬ 
buleuse,  mince  et  fragile,  souvent  épider- 
mée,  plus  ou  moins  complètement  enroulée, 
sans  columelle  ni  saillie  à  la  spire  ,  ouverte 
dans  toute  sa  longueur,  à  bord  droit  tran¬ 
chant.  La  coquille  des  Bulles ,  généralement 
de  petite  taille,  est  complètement  enroulée  ; 
elle  est  constamment  à  découvert,  et  l’ani¬ 
mal  peut  s’y  renfermer  presque  entière¬ 
ment. 

Ces  Mollusques,  qui  ont  la  faculté  de  na¬ 
ger  en  pleine  eau,  se  tiennent  ordinairement 
sur  les  fonds  sableux  ,  et  se  nourrissent  de 
petits  Testacés  qu’ils  triturent  au  moyen  des 
osselets  de  leur  estomac.  La  forme  ovoïde 
des  Bulles ,  leur  structure  délicate  et  la  va¬ 
riété  des  couleurs  qui  les  ornent ,  en  font  de 
fort  jolies  Coquilles ,  recherchées  dans  les 
collections. 

Le  genre  Bulle  renferme  26  espèces  répan¬ 
dues  dans  toutes  les  mers  du  globe,  et  dont 
quelques  unes  habitent  celles  d’Europe.  On 
en  connaît  11  espèces  fossiles,  savoir:  10  des 
terrains  tertiaires ,  et  une  (  B.  elongala  )  du 
terrain  oolithique.  (C.  d’O.) 

BlILLÉE.  Bullœa  (  bulla ,  globule  ).  moll. 
—  Genre  de  l’ordre  des  Gastéropodes  tecti- 
branches  ,  famille  des  Bulléens  ,  considéré 
par  quelques  auteurs  comme  formant  une 
simple  division  du  g.  Bulle,  mais  qui  en  dif¬ 
fère  par  sa  coquille,  cachée  dans  l’épaisseur 
de  son  manteau,  au-dessus  des  branchies, 
et  sans  adhérence.  Le  test  est  très  mince , 
partiellement  enroulé  en  spirale  d’un  côté , 
sans  columelle  et  sans  spire ,  à  ouverture 
très  ample,  évasé  supérieurement.  On  n’en 
connaît  que  deux  espèces  :  la  B.  plan- 
cienne  ,  qui  habite  les  mers  d’Europe  ;  et  la 
B.  hirondelle  ,  rapportée  de  l’Ile-de-France 
par  MM.  Quoy  et  Gaymard.  Le  nombre  des 
espèces  fossiles  est  également  de  deux  :  l’une, 
très  rare,  se  trouve  à  Grignon,  près  de  Paris  ; 
et  l’autre  en  Italie.  Toutes  deux  appartien¬ 
nent  aux  terrains  tertiaires.  (C.  d’O.) 

BULLÉENS.  moll.  —  Famille  de  l'ordre 
des  Gastéropodes  tectibranches ,  créée  par 
Lamarck  pour  des  Coquilles  univalves  ma¬ 


rines,  comprenant  les  Acérés ,  les  Bullées  et 
les  Bulles.  Cette  famille  répond  au  g.  Acère 
de  Cuvier.  (C.  d’O.) 

BULLIARDA  (Bulliard,  célèbre  mycétolo- 
gue  français).  Box.CR.etPH. — Trois  genres  ont 
reçu  ce  nom  ;  le  premier  établi  par  Junghun 
( Linnœa ,  voy.  408),  est  synonyme  d 'Hyme- 
nogasier ,  Witt  ;  le  deuxième,  formé  par  De 
Candolle  (Bull.  Soc.phil,,  1801),  paraît  devoir 
rester  réuni  au  Tillœa  de  Micheli,  dont  il 
l'avait  démembré;  le  troisième,  créé  par 
Necker  ( Elem .,  1103),  est  synon.  du  genre 
Xylopia  de  Linné.  II  résulte  donc  de  ce  rap¬ 
prochement  que  la  dénomination  générique 
Bulliardia  reste  encore  à  la  disposition  des 
auteurs  systématiques.  (C.  L.) 

BULLIN.  moll.— Genre  créé  par  M.  Oken, 
qui  a  réuni  sous  ce  nom  les  g.  Physe  et  An- 
cyle,  quoiqu’ils  aient  des  caractères  assez 
dissemblables  pour  rester  séparés. 

*BULOWIA,  Schum.  (nom  propre),  bot. 
ph.  —  Synonyme  du  genre  Smeathmannia , 
Sol.,  famille  des  Passifloracées.  (C.  L.) 

BUMALDA,  Thunb.  (nom  propre),  bot. 
ph.  —  Synonyme  du  genre  Staphylea ,  L. 

(C.  L ., 

*  BUMASTUS  (j3ouf/.a<7Toç,  espèce  de  raisin 
à  gros  grains),  crust.  —  Genre  fossile  de 
Trilobites  proposé  par  M.  Murchison,  et  qui 
se  rapproche  beaucoup  des  Nilés;  dont  il  ne 
diffère  guère  que  par  les  anneaux  de  son 
thorax,  qui  sont  au  nombre  de  10  au  lieu  de 
8.  Le  type  de  ce  g.  (  B.  barriensis  )  a  été 
trouvé  dans  les  terrains  diluviens  supérieurs 
du  Staffordshire  en  Angleterre.  (P.  G.) 

BUMELIA  (/SoufAcXia,  nom  grec  du  frêne?). 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Sapota- 
cées,  formé  par  Swartz  ( Prodr .,  49),  et  ren¬ 
fermant  des  arbres  ou  des  arbrisseaux  indi¬ 
gènes  de  l’Amérique  tropicale  et  boréale , 
dont  une  douzaine  ont  été  introduits  dans 
les  jardins  européens.  Le  calice  en  est 
5-parti  ;  la  corolle  subrotacée,  à  tube  court, 
à  limbe  5-parti,  dont  chaque  partie  est  ac¬ 
compagnée  de  part  et  d’autre,  à  la  base, 
d’une  laciniule  à  10  étamines,  dont  5  fertiles, 
5  stériles.  Anthères  subsagittées.  Ovaire  5-lo- 
culaire.  Style  tubulé,  exsert  ;  stigmate  aigu. 
Baie  uniloculaire,  monosperme.  Les  feuilles 
en  sont  alternes,  très  entières  ;  les  fleurs 
blanches,  portées  par  des  pédoncules  axillai¬ 
res  ou  latéraux,  uniflores,  très  souvent  fas-* 
ciculés.  (C.  L.) 


777 


BÜN 

’BUNBURYA  (  nom  propre),  bot.  pii.  — 
Gerire  de  la  famille  des  Asclépiadées  ,  établi 
par  M.  Harvey,  qui  lui  donne  les  caractères 
suivants  :  Calice  à  5  parties.  Corolle  en  roue, 
5*pariite.  Couronne  staminale  campanulée, 
tircéolée,  simple,  â  limbe  tronqué,  très  entier. 
Anthères  terminées  par  un  appendice  mem¬ 
braneux.  Masses  polliniques  oblongues,  fixées 
par  leur  sommet  renflé,  obtuses,  pendantes. 
Stigmate  déprimé ,  subpentagone.  —  Ce 
genre  habite  le  Cap,  et  me  parait,  par  les 
caractères  ci-dessus,  devoir  faire  partie  de  la 
section  des  Cÿnanchum ,  à  laquelle  j’ai  donné 
le  nom  de  Cyalhella.  (J.  D.) 

BUNCHOSIA.  bot.  ph.  —  Bunchos  est 
un  des  anciens  noms  arabes  du  café,  ce  qui 
a  engagé  Richard  à  nommer  ainsi  un  genre 
de  Malpighiacées,  confondu  avant  lui  avec  le 
Malpighia  ,  et  dont  le  fruit  charnu ,  à  2 
noyaux,  offre  une  certaine  ressemblance  avec 
celui  du  Caféier.  Ses  caractères  sont  les  sui¬ 
vants  :  Calice  5-parti,  dont  les  divisions  sont 
toutes,  ou  moins  une,  chargées  extérieure¬ 
ment  de  deux  glandes.  Pétales  plus  longs , 
onguiculés,  à  limbe  denté,  réfléchis.  10  éta¬ 
mines,  soudées  inférieurement  par  leurs  fi¬ 
lets  en  un  tube.  2  ou  plus  rarement  3  styles, 
quelquefois  distincts ,  mais  plus  ordinaire¬ 
ment  soudés  entre  eux  entièrement  ou  en 
partie.  Ovaire  aminci  à  son  sommet ,  2-3-lo- 
culaire.  Fruit  charnu,  à  deux  noyaux.  — Les 
esp.,  au  nombre  d’une  vingtaine,  sont  des 
arbres  ou  des  arbrisseaux  originaires  de  l’A¬ 
mérique  tropicale.  Leurs  feuilles  sont  oppo¬ 
sées  ,  accompagnées  de  courtes  stipules  qui 
se  rapprochent  quelquefois  l’une  de  l’au¬ 
tre  entre  le  pétiole  et  le  rameau  ;  leurs  fleurs, 
ordinairement  jaunes  ou  très  rarement  blan¬ 
ches,  sont  disposées  en  grappes  axillaires,  et 
portées  chacune  sur  un  pédicelle  articulé,  au- 
dessous  de  l’articulation  duquel  on  remar¬ 
que  2  bractéoles ,  chargées  toutes  deux,  ou 
l’une  seulement,  d’une  glande  latérale. 

(Ad.  J.) 

*BUIMGEA  (Bunge,  botaniste  allemand). 
bot.  ph.  —  Genre  de  lâ  famille  des  Scrophu- 
lariàcées,  tribu  des  Rhinanthées,  formé  par 
C.  A.  Meyer  [Verzêich.,  Cauc.,  Pfl.  108) 
sur  le  Rhinanihus  trifidus  Yahl.  C’est  une 
plante  herbacée  de  l'Asie-Mineure,  à  tige 
très  simple,  subtomenteuse ,  portant  des 
feuilles  opposées,  sessiles,  triparties ,  dont 
les  lâcinies  linéaires  pubescentes;  â  fleurs 

T.  II. 


BUP 

opposées,  axillaires,  solitaires,  sessiles,  dont 
les  calices  bibractéolés  à  la  base.  (C.  L.) 

BIIIVIADÉËS  bot.  ph.  —  Une  des  nom¬ 
breuses  tribus  de  la  grande  famille  des  Cru 
cifères  [voyez  ce  mot),  ayant  pour  type  le 
genre  Bunias.  (Ad.  J.) 

BUNIAS,  Desv.  (^ovviolç,  sorte  de  navet  ?). 
bot.  ph.  —  Synonyme  d ’ürthodium,  DC., 
(C.  L.) 

BUNIU3H,  Lagasc.  (^ouvtov,  plante  ombel- 
lifère?).BOT.  ph.—  Synon.  du  genr ePtycho- 
lis,  Koch.  —  C’est  aussi  un  genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Ombellifères ,  tribu  des  Ammi- 
hées,  formé  par  Koch  ( Msc .)*  et  adopté  par 
De  Candolle ,  qui  le  divise  en  3  sections  : 
Chryseum ,  Caroides ,  Conopodium.  Il  ren¬ 
ferme  environ  18  espèces  habitant  le  bassin 
méditerranéen  et  les  plaines  du  Caucase. 
Ce  sont  des  plantes  herbacées,  pérennes,  à 
rhizome  souvent  tubéreux,  globuleux  ;  à  ti¬ 
ges  cylindriques,  atténuées  à  la  base  chez 
les  individus  munis  d’un  tel  rhizome;  à 
feuilles  multiséquées ,  dont  les  segments 
multifides,  les  lobes  linéaires;  l’involucre 
diversifié,  les  involucelles  oligophylles;  les 
fleurs  blanches,  rarement  jaunes  ou  verd⬠
tres.  (c.  L.) 

BUNODE.  Bunodus.  anjnél.  —  Guettard 
appelle  ainsi  un  g.  de  Vers  chétopodes  qu’il 
définit  d’une  manière  incomplète ,  d’après 
une  figure  et  quelques  détails  de  d’Argen- 
ville.  Ce  mot  n’a  pas  été  adopté.  (P.  G.) 

*BUPALIJS  (  ]3ov-jra^oç ,  personnage  niais 
de  la  comédie  ).  ms.  —  Genre  de  Lépidoptè¬ 
res,  de  la  famille  des  Nocturnes ,  créé  par 
Leach  et  adopté  par  Stephens,  pour  y  placer 
deux  espèces  [Geom.  piniaria  Linn.,et  Geom. 
favillacearia  Hubn.),qui  appartiennent  toutes 
deux  au  g.  Fidonia  de  Treitschke.  Voyez  ce 
mot.  (D.) 

BEPARITI  (nom  vernaculaire),  bot.  ph. 
—  Voyez  paritium.  (C.  L.) 

BUPHAGA.  ois. — Nom  latin  du  g.  Pique- 
Bœuf. 

*BUPHAGIDÉES.  Buphagidœ.  ois.—  Fa¬ 
mille  de  l’ordre  des  Passereaux  de  Cuvier, 
et  de  notre  soüs-ordre  des  Passereaux  ani- 
sodactyles ,  ne  renfermant  que  la  sous-fa¬ 
mille  des  Buphaginées.  Voyez  ce  mot. 

(Lafb.) 

*BUPHAGINÉES.  Buphaginœ.ois. — Sous- 
famille  de  notre  famille  des  Buphagidées,  ne 
renfermant  que  le  seul  g.  Pique-Bœuf.  Voy. 

49* 


BUP 


778  BUP 

ce  mot,  pour  les  caractères  de  famille  et  de 
genre.  (Lafr.) 

BUPHONE  et  non  BUPHANE ,  comme 
l’écrivent  plusieurs  auteurs,  bot.  vn.—Foy. 
bouphon,  ainsi  écrit  par  erreur  typographi¬ 
que  au  lieu  de  bouphone.  (C.  L.) 

BUPI1THALMUM  (/3ovç,  bœuf;  è<p0«X- 
f*oç ,  œil  ).  bot.  ph.  —  Les  Buphthalmum 
qui  ont  le  port  des  Aulnées ,  sont  réduits 
aujourd’hui  à  3  espèces.  Ce  sont  des  herbes 
vivaces,  qui  appartiennent  à  la  famille  des 
Composées ,  tribu  des  Astéroïdées.  Ils  ont 
pour  caractères  essentiels  :  Capitules  multi- 
flores,  radiés.  Anthères  très  brièvement  ap- 
pendiculées.  Fruit  du  rayon  triangulaire  ou 
offrant  trois  ailes  assez  étroites;  ceux  du 
disque  comprimés,  munis  seulement  du  côté 
interne  d’un  rebord  plus  ou  moins  prononcé , 
couronné  d’une  aigrette  ou  mieux  d’une  sorte 
de  couronne  scarieuse  ,  poilue-dentée.  Les 
capitules  sont  jaunes.  (J.  D.) 

BUPLÈVRE.  Bupleurum  (/3ov7rX£vpov,nom 
grec  présumé  de  notre  Buplèvre  commune). 
bot.  pii.  — Genre  de  la  famille  des  Ombelli- 
fères,  établi  par  Tournefort  (Inst.,  309),  et 
comprenant  une  cinquantaine  d’espèces , 
dont  plus  de  la  moitié  sont  cultivées  dans 
les  jardins  de  botanique.  Ce  sont  des  plan¬ 
tes  annuelles,  ou  vivaces  ou  suffrutescentes, 
très  glabres,  répandues  dans  toutes  les  par¬ 
ties  extratropicales  de  l’ancien  continent,  au 
cap  de  Bonne-Espérance,  et  rares  dans  l’A¬ 
mérique  tropicale  ;  à  feuilles  assez  rarement 
laciniées.  Le  plus  ordinairement  le  limbe 
est  abortif  et  le  pétiole  se  change  en  un 
phyllode  très  entier  ;  les  fleurs  sont  jaunes, 
en  ombelles  composées,  à  involucres  variés. 
On  en  trouve  2  esp.  aux  environs  de  Paris  : 
les  B.  rotundifolium  L.,et  falcatumh.  (C.  L.) 

BUPRESTE.  Buprestis  (j3ov7rpyj<rnç,  espèce 
de  Cantharide:  de|3ouç,  bœuf; TrpvjOw,  j'enfle). 
ins.  —  Suivant  Pline  (lib.  30, cap.  4),  c’est  un 
Scarabé  à  longues  jambes  qui  se  lient  dans  les 
prairies,  où  il  est  souvent  avalé  avec  l’herbe 
par  les  bestiaux  qui  paissent.  Lorsque  cela 
arrive,  dit-il,  l’insecte  venant  à  toucher  le 
fiel  de  l’animal,  celui-ci  s’enfle  au  point  qu’il 
finit  par  crever.  De  là  le  nom  donné  à  cet 
insecte.  D’après  ces  indications ,  Geoffroy 
(flist.  des  vis.  des  env.  de  Paris)  avait  pensé 
que  le  Buprestis  de  Pline  pourrait  bien  appar¬ 
tenir  au  g.  Carabus  de  Linné  ,  et  il  avait  en 
conséquence  remplacé  ce  dernier  nom  par  le 


premier.  Mais  Latreille,  dans  un  Mémoire  lu 
à  la  première  classe  de  l’Institut,  le  8  juin  1812, 
a  combattu  celte  opinion,  ainsi  que  celles  de 
tous  les  commentateurs  de  Pline  et  des  auteurs 
grecs  qui  ont  parlé  du  Buprestis-,  et  sa  conclu¬ 
sion  est  que  cet  insecte  se  rapporte  au  g.  Méloé 
des  modernes,  dont  les  propriétés  vésicantes 
ne  sont  pas  moins  prononcées  que  celles  du 
genre  Cantharide ,  et  dont  une  espèce  porte 
encore  le  nom  de  Foupresty ,  dans  la  Morée. 
Il  faut  convenir  que  les  raisons  données  par 
notre  célèbre  naturaliste  sont  très  spécieu¬ 
ses,  et  que,  si  Linné  les  eût  connues,  il  n’eût 
pas  donné,  comme  il  l’a  fait,  le  nom  de  Bu¬ 
prestis  à  un  genre  d’insectes  qui  n’a  rien  de 
commun  avec  celui  auquel  les  anciens  l’ont 
appliqué.  Quoi  qu’il  en  soit,  sa  nomenclature 
a  prévalu ,  et  les  entomologistes  entendent 
par  Buprestis  des  Coléoptères  de  la  famille 
des  Slernoxes,  remarquables  pour  la  plupart 
par  l’éclat  de  leurs  couleurs  métalliques , 
mais  ne  renfermant  aucune  espèce  à  pro¬ 
priétés  vénéneuses ,  et  susceptible  surtout 
d’être  avalée  par  les  animaux  paissant  dans 
les  prairies ,  par  la  raison  que  ces  Insectes 
ne  se  tiennent  jamais  dans  l’herbe,  mais  bien 
sur  les  feuilles  et  le  tronc  des  arbres,  ou  sur 
les  buissons  et  les  plantes  ligneuses  d’une 
certaine  élévation. 

Le  g.  Buprestis  de  Linné  ,  qui  ne  renfer¬ 
mait  que  29  espèces  à  l’époque  de  la  12*  édi¬ 
tion  du  Systema  natures,  s’est  tellement  accru 
depuis,  qu’on  a  été  obligé  d’y  établir  un 
grand  nombre  de  divisions  auxquelles  on  a 
donné  des  noms  génériques  ,  et  dont  la  réu¬ 
nion  forme  aujourd’hui  la  tribu  des  Bupres- 
tides.  M.  le  comte  Dejean  s’est  fondé  sur 
l’établissement  de  cette  tribu  pour  faire  dis¬ 
paraître  de  son  dernier  Catalogue  le  g.  Bu¬ 
prestis  ;  mais  c’était,  selon  nous,  une  raison 
au  contraire  pour  le  conserver,  puisque  sans 
lui ,  on  ne  sait  plus  d’où  vient  le  nom  de  la 
tribu.  D’ailleurs  il  n’est  pas  d’accord  en  cela 
avec  lui-même  ,  car  il  n’a  pas  supprimé  les 
anciens  g.  Carabus  et  Chrysomela ,  bien  qu’ils 
aient  été  convertis  depuis  long-temps  en  fa¬ 
milles,  les  Carabiques  et  les  Ciirysomélines. 
Au  reste ,  excepté  lui  et  M.  Chevrolat ,  tous 
les  entomologistes  qui  ont  écrit  sur  les  Bupres- 
tides  ont  conservé  le  g.  Buprestis  dans  leurs 
travaux  respectifs,  et  y  ont  placé  le  B.  rus - 
tien  de  Linné ,  qui  peut  en  être  considéré 
comme  le  type.  Cette  espèce,  que  M.  Dejean 


BUP 


BUP 


779 


a  mise  dans  le  g.  Ancylocheira  d’Eschscholtz, 
n’est  pas  rare  en  France  ,  et  se  trouve  aux 
environs  de  Paris.  V*oyez  le  mot  ôupresti- 
des  ,  où  nous  entrons  dans  plus  de  détails 
sur  ces  Insectes.  (D.) 

BUPRESTIDES.  Buprestides. — ins.  Nom 
d’une  tribu  de  Coléoptères  pentamères,  de  la 
famille  des  Serricornes,Latr.,  ou  de  celle  des 
Sternoxes,  Dej.  Elle  a  pour  type  l’ancien  g. 
Buprestis  de  Linné  ,  devenu  tellement  nom¬ 
breux  en  espèces  qu’il  en  existe  peut-être 
aujourd’hui  plus  de  1500  dans  les  divers 
cabinets  de  l’Europe.  MM.  Delaporte  (comte 
de  Castelnau  )  et  Gory  en  ont  décrit  et  fi¬ 
guré  1250  environ  dans  leur  belle  Iconogra¬ 
phie  de  cette  tribu.  Ce  grand  nombre  d’es¬ 
pèces,  d’ailleurs  de  formes  très  variées,  ren¬ 
dait  insuffisants  les  trois  seuls  genres  éta¬ 
blis  par  Latreille ,  pour  les  classer.  Schœn- 
herr  est  le  premier  qui  ait  reconnu  cette 
insuffisance;  mais  il  se  contenta  de  for¬ 
mer  des  groupes  sans  leur  donner  de  noms. 
Depuis  ,  plusieurs  entomologistes  se  sont 
occupés,  avec  plus  ou  moins  de  succès,  de 
la  classification  des  Buprestides.  Nous  cite¬ 
rons  d’abord  Eschscholtz  ( Zoologischer  Al¬ 
las ,  etc.,  p.  8  et9)  qui  les  divise  en  17  g., dont 
il  donne  les  caractères  d’une  manière  suc- 
.  cincte.  Viennent  ensuite  M.  Solier,  qui  dans 
un  travail  très  étendu,  intitulé  :  Essai  sur  les 
Buprestides  (  Ann.  de  la  Soc.  entom .,  t.  2), 
adopte  les  g.  d’Eschscholtz,  en  crée  de  nou¬ 
veaux  ,  et  en  porte  le  nombre  à  34  ;  M.  le 
comte Dejean,  qui,  dans  son  dernier  Catalo¬ 
gue,  en  mentionne  47,  dont  15  lui  appartien¬ 
nent  ;  M.  le  comte  Mannerheim  qui,  dans  son 
énumération  des  Buprestides  de  sa  collec¬ 
tion,  restreint  le  nombre  des  g.  à  34,  en  res¬ 
tituant  à  plusieurs  les  noms  d’Eschscholtz 
que  ses  devanciers  n’avaient  pas  connus  ; 
enfin  ,  MM.  Delaporte  et  Gory,  qui,  dans  leur 
Iconographie  déjà  citée,  répartissent  toutes 
les  Buprestides  décrites  par  eux  dans  42  g., 
dont  19  sont  de  leur  création  ,  mais  parmi 
lesquels  il  s’en  trouve  plusieurs  formant 
double  emploi  avec  ceux  des  auteurs  qui  les 
ont  précédés,  et  qu’ils  auraient  pu  par  con¬ 
séquent  se  dispenser  d’établir.  A  cette  liste , 
nous  devons  ajouter:  1°  le  nom  de  M.  Ser- 
ville,  qui  a  établi  plusieurs  g.  parmi  les  Bu¬ 
prestides  sans  en  donner  les  caractères,  mais 
dont  les  noms  ont  été  adoptés  dans  la  clas¬ 
sification  de  cette  tribu  ;  2°  celui  de  M.  Spi- 


nola  qui ,  dans  une  lettre  adressée  à  la  So¬ 
ciété  entom.  de  France  (t.  6,  p.  101),  passe 
en  revue  le  g.  Lalipalpis  de  M.  Solier,  dont 
les  espèces  lui  paraissent  appartenir  à  7  g.  dif¬ 
férents,  y  compris  celui  d’Apateum ,  créé  par 
lui.  Ce  n’est  pas  ici  le  lieu  de  discuter  le  mé¬ 
rite  de  ces  différentes  classifications;  le  peu 
d’espace  qui  nous  reste  sera  mieux  employé 
à  donner  une  idée  générale  de  l’organisation 
et  des  mœurp  des  Insectes  qui  font  le  sujet 
de  cet  article. 

Les  Buprestides  ont  beaucoup  de  rapport 
avec  les  Élatérides  ;  mais  ce  qui  les  en  dis¬ 
tingue  essentiellement,  c’est  l’absence  de 
cet  appareil  pour  le  saut ,  qui  caractérise 
particulièrement  ces  dernières.  Du  reste , 
leurs  principaux  caractères  peuvent  être  for¬ 
mulés  ainsi  :  Corps  non  propre  à  sauter. 
Saillie  postérieure  du  presternum  ne  s’en¬ 
fonçant  point  dans  une  cavité  antérieure 
du  mésosternum.  Mandibules  entières.  Pal¬ 
pes  terminés  généralement  par  un  article 
presque  cylindrique  ou  ovoïde,  quelque¬ 
fois  globuleux.  Yeux  ovales.  Corps  le  plus 
souvent  ovalaire.  Pattes  très  courtes.  La 
forme  de  ces  Insectes  est  très  variée  ;  les  uns 
sont  cylindriques ,  d’autres  sont  aplatis  et 
elliptiques,  d’autres  sont  ovoïdes  ,  d’autres 
presque  triangulaires,  d’autres  enfin  linéai¬ 
res  ,  et,  dans  tous,  l’extrémité  des  élytres  est 
plus  ou  moins  acuminée.  Toutes  ces  for¬ 
mes  sont  généralement  peu  gracieuses  ,  ce 
qui  tient  d’une  part  à  l’enfoncement  de  la 
tête  dans  le  prothorax  ,  et  d’une  autre,  à  la 
jonction  presque  intime  de  celui-ci  avec  la 
base  des  élytres,  organisation  qui  ôte  à  l’in¬ 
secte  la  liberté  de  ses  mouvements  dans  ces 
diverses  parties,  et  le  fait  paraître  toutd’une 
pièce.  Mais  si,  sous  ce  rapport,  les  Bupresti¬ 
des  le  cèdent  à  la  plupart  des  autres  Coléop¬ 
tères  ,  notamment  aux  Longicornes  aux  for¬ 
mes  élancées,  elles  l’emportent  sur  tous  par 
l’éclat  et  la  vivacité  des  couleurs  dont  la  na¬ 
ture  s’est  plu  à  les  parer.  Ici  c’est  l’éclat  de 
l’or  poli  brillant  sur  un  fond  d’émeraude , 
ou  l’azur  qui  se  détache  sur  un  fond  d’or  ; 
là,  ce  sont  des  couleurs  non  métalliques, 
mais  les  plus  vives  et  les  plus  tranchées,  et 
néanmoins  assorties  de  manière  à  ne  pas  of¬ 
fenser  l’œil  le  plus  délicat;  enfin,  il  en  est 
qui,  indépendamment  de  leurs  belles  cou¬ 
leurs,  sont  garnies  de  touffes  ou  de  pinceaux 
de  poils  auxquels  ils  doivent  un  aspect  sin- 


780 


.  BUP 


gulier  ;  aussi  cette  tribu  est-elle  la  plus  re¬ 
cherchée  des  amateurs,  et  Geoffroy,  dans 
son  style  pittoresque  ,  ayait  -  il  donné  le 
nom  générique  de  Richards  à  ces  Insectes  , 
bien  qu’il  n’en  connût  que  quelques  espè¬ 
ces  d’Europe  dont  l’éclat  est  loin  de  pou¬ 
voir  rivaliser  avec  celui  des  espèces  exo¬ 
tiques.  Leur  taille  n’est  pas  moins  variée 
que  leur  forme ,  et  présente  les  plus  grands 
contrastes.  On  peut  s’en  faire  une  idée  en 
comparant  P Aphanislicus  puvillu. s,  d’une  li¬ 
gne  de  long  à  peine  ,  avec  le  Chrysoçhroa 
bicolor ,  le  géant  de  la  tribu  ,  qui  en  a  31. 
Leurs  mœurs ,  à  l’état  parfait,  n’offrent  rien 
de  bien  intéressant.  L’extrêipe  brièveté  de 
leurs  pattes  fait  qu’ils  ont  beaucoup  de  peine 
à  marcher  ;  mais,  en  revanche,  ils  volent  avec 
beaucoup  d’agilité,  surtout  par  un  temps  sec 
et  chaud  Cependant,  lorsqu’on  veut  les  sai¬ 
sir  soit  sur  une  fleur,  soit  sur  une  feuille , 
soit  sur  le  tronc  d’un  arbre  où  ils  aiment  à 
se  reposer,  ils  préfèrent  se  laisser  choir  plutôt 
que  de  s’envoler,  ce  qu’ils  peuvent  faire  sans 
se  blesser,  vu  l’extrême  dureté  de  leurs  té¬ 
guments  qui  fait  souvent  rebrousser  l’épin¬ 
gle  de  l’entomologiste  qui  veut  les  transper¬ 
cer.  Les  femelles  sont  pourvues  d’une  ta¬ 
rière  cornée,  composée  de  trois  pièces,  au 
moyen  de  laquelle  elles  déposent  leurs  œufs 
dans  le  bois  dont  leurs  larves  doivent  se 
nourrir.  Quant  à  celles-ci,  el,les  sont  encore 
peu  connues.  Cependant  MM.  Delaporte  et 
Gory  en  représentent  de  cinq  espèces  diffé¬ 
rentes  ,  dans  leur  Iconographie.  A  l’excep¬ 
tion  de  celle  du  Buprestis  gigantea  qu’ils  ont 
copiée  dans  mademoiselle  de  Mérian,  et  qui 
ressemble  à  une  larve  de  lamellicorne,  ce  qui 
nous  ferait  supposer  que  cette  dame  a  com¬ 
mis  une  erreur,  les  autres  sont  Apodes,  et 
ont  beaucoup  de  rapports  avec  celles  des 
Longicornes.  Parmi  ces  dernières  se  trouve 
celle  de  YAgzUus  Aubei  ,  observée  par 
M.  Aubé  (  Ann.  de  la  Soc.  eniornolog.  de 
France ,  vol.  .VI). 

Le  tube  alimentaire  des  Buprestides  a  trois 
fois  la  longueur  du  corps  ;  leur  œsophage  est 
grêle;  le  veptriGule  chylifique  distinct  du  ja¬ 
bot  par  un  étranglement  brusque;  le  jabot 
est  allongé,  tubuleux,  flexueux  ou  replié, 
parfaitement  glabre  ;  l’intestin  grêle  est 
court,  presque  droit;  le  cæcum  s’en  distin¬ 
gue  par  une  contracture  et  se  fait  remar¬ 
quer  par  sa  forme  allongée  et  cylindroïde; 


BtTK 

le  rectum  est  droit  et  court  ;  les  vaisseaux 
biliaires  ne  paraissent  pas  différer  de  ceux 
des  Carabiques.  * 

Les  Buprestides  sont  très  communs  dans 
les  climats  chauds  ,  et  deviennent  d’autant 
plus  rares  qu’on  s’avance  davantage  vers  le 
Nord.  Les  espèces  les  plus  grandes  et  les  plus 
belles  se  trouvent  dans  les  contrées  inter- 
tropicales.  Les  environs  de  Paris  en  fournis¬ 
sent  à  peine  une  trentaine.  (D.) 

BUPRESTIS.  ins,  —  Voyez  bupreste. 

*BUPRESTITE§.  ins.  —  M.  Newmann  , 
dans  sa  classification  des  Insectes  de  l’Angle¬ 
terre,  d’après  les  larves  (  The  entom.Magaz., 
n.  IX ,  p.  4 1 2),  désigne  ainsi  une  des  nombreu¬ 
ses  divisions  établies  par  lui  dans  l’ordre  des 
Coléoptères ,  et  qui  est  fondée  sur  les  méta¬ 
morphoses  des  larves  du  g.  Buprestis. 

M.  le  comte  de  Castelnau  (  Hist.  des  Co- 
léop.  ,  faisant  suite  au  Buffon-Duménil  , 
page  213  )  donne  le  même  nom  à  un  groupe 
de  la  tribu  des  Buprestides,  ayant  pour  carac¬ 
tères  communs  :  Écusson  visible,  petit,  sub- 
orbiculaire  ,  souvent  ponctiforme.  Corselet 
coupé  droit  en  arrière.  Ce  groupe  se  com¬ 
pose  des  g.  Stigmodçra ,  Capnodis  et  Bupres¬ 
tis.  (D.) 

BUPRESTOIDE.  Buprestoides  (Sovirpya- 
rtç,  bupreste;  £~<îoç,  aspect),  ins.  — Genre  de 
l’ordre  des  Coléoptères,  établi  par  Schœffer,* 
et  qui  n’est  connu  que  par  la  figure  qu’il  en 
donne,  laquelle  n’est  pas  assez  correcte  pour 
savoir  précisément  quelle  espèce  elle  repré¬ 
sente.  Seulement  on  voit  que  c’est  un  hété- 
romère  de  la  famille  des  Sténélytres  ,  et  qui 
serait  voisin  des  Serropalpes  et  des  Çistèlçs 
suivant  Latreille.  (D.) 

BURAMIA.  bot.  ph.  —  Voyez  booram. 

BURASAIA  (nom  vernaculaire),  bot.  pii. 
—  Genre  de  la  famille  des  Lardizabalacées , 
formé  par  Dupetit-Thouars  (  Qen.  madagasc. 
62),  revu  par  M.  Decaisne  (. Mém.  Lardizab.), 
et  renfermant  jusqu’ici  4  espèces  découver¬ 
tes  dans  l’île  de  Madagascar.  Ce  sont  des  ar¬ 
brisseaux  volubiles  ,  glabres  ,  gummifères, 
insipides,  à  rameaux  cylindriques,  striés, 
dont  l’écorce  adulte  est  rugueuse  ou  subé¬ 
reuse.  Les  feuilles  en  sont  alternes  ,  éstipu- 
lées,  trifoliolées  ,'les  folioles  entières ,  den¬ 
tées,  ou  lobées-sinuées,  trinerves,  les  adultes 
coriaces,  spuvent  mucronulées  ;  les  pétioles 
et  les  pétiolules  renflés  à  la  base  et  au  som¬ 
met.  Les  fleurs,  blanches  lilaejnées,  d’un 


BUR 


781 


pourpre  foncé  ou  d’un  jaune  paille ,  odo¬ 
rantes  dans  quelques  espèces,  sont  disposées 
en  grappes  axillaires  ,  solitaires  ou  réunies  , 
et  sortent  d’une  série  de  squames  ;  fruit  co¬ 
mestible.  (C.  L.) 

BlIRGARDIA  (nom  propre  ).  bot.  cr. 

—  Synonyme  de  Bulgaria. 

BURCHARDÏA,  Duham.  (nom propre). 

bot.  ph. — Synonyme  du  Callicarpa  de  Linné. 

—  Necker  ( FAem . ,  728)  donne  aussi  ce  nom 

à  un  g.  synon.  du  Psidium ,  L.,  famille  des 
Myrtacées.  (C.  L.) 

BURCHARDIE./frM'çfcanfr'a  (nom  propre). 
bot. ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Colchica- 
cées,  établi  par  R.  Brown  (  Prodr.  fl.  Nov. 
Holl.  1  .p.  373)  pour  une  seule  espèce,  Burcliar - 
dia  umbellaia ,  originaire  de  la  Nouvelle-Hol¬ 
lande.  C’est  une  plante  assez  grêle,  à  racine 
fibreuse,  à  tige  simple,  portant  des  feuilles 
alternes  et  linéaires,  des  fleurs  assez  peti¬ 
tes,  disposées  en  sertule  terminal,  accompa¬ 
gné  à  sa  base  de  plusieurs  bractées  linéaires. 
Leur  calice  est  formé  de  six  sépales  étroits  à 
leur  base,  distincts,  marqués  chacun  d’une 
petite  fossette  nectarifère,  caducs  ;  les  étami¬ 
nes  sont  insérées  tout-à-fait  à  la  base  des 
pétales  ;  leurs  filets  sont  libres  ,  leurs  an¬ 
thères  introrses  et  allongées.  L’ovaire  à  3  lo¬ 
ges  est  terminé  par  3  styles  et  3  stigmates 
distincts.  Le  fruit  est  une  capsule  trilocu- 
laire,  se  partageant  en  3  coques  qui  s’ouvrent 
par  leur  côté  interne  et  supérieur.  (A.  R.) 

BURCHELLIA  (  W.  Burchell ,  voyageur 
et  naturaliste  anglais),  bot.  ph.  —  Genre  de 
la  famille  des  Rubiacées  ,  tribu  des  Gincho- 
nacées-Gardéniées,  établi  par  Robert  Brown, 
et  ne  comprenant  jusqu’ici  que  deux  espèces 
indigènes  du  Cap  ,  introduites  depuis  long¬ 
temps  dans  nos  jardins.  Ce  sont  des  arbris¬ 
seaux  à  feuilles  opposées,  brièvement  pétio- 
lées,  ovales,  aiguës,  subcordiformes  à  la  base, 
munies  de  stipules  interpétiol aires  ,  élargies 
au  sommet ,  cuspidées ,  décidues.  Les  fleurs 
en  sont  tubulées,  capitées,  côccinées,  termi¬ 
nales  ,  sessiles,  sur  un  réceptacle  velu ,  et 
accompagnées  de  très  petites  bractéoles  dis¬ 
tinctes.  On  cultive  surtout  pour  l’ornement 
des  serres  tempérées  le  B.  capensis.  (C.  L.) 

*BURDACHIA  (nom  propre),  bot.  ph.— 
Genre  de  la  famille  des  Malpighiacées,  dédié 
à  un  célèbre  physiologiste  allemand,  et  ainsi 
caractérisé  :  Calice  5-fide,  dont  chaque  divi¬ 
sion  porte  deux  glandes.  Pétales  onguiculés, 


BUR 

trois  fois  plus  longs  que  le  calice ,  inégaux 
entre  eux,  et  dissemblables.  Étamines  10, 
toutes  fertiles,  à  filets  courts,  soudés  à  leur 
base  en  un  anneau  glabre,  à  anthères  gla¬ 
bres  et  oblongues.  Styles  3,  insensiblement 
amincis,  et  aiguisés  au  sommet.  Ovaire  3-lo- 
culaire.  Fruit  ï-loculaire,  et  monosperme 
par  avortement ,  dont  le  péricarpe ,  tantôt  fi¬ 
gure  une  sorte  de  pyramide  à  9  angles,  et  se 
sépare  par  la  maturité  en  3  valves,  tantôt  est 
sphéroïde  et  indéhiscent.  M.  Martius ,  d’a¬ 
près  son  Herbier,  considère  cette  différence 
comme  suffisante  pour  faire  de  l’espèce  qui 
présente  ce  dernier  fruit  un  autre  g.  Carusia, 
qu’il  dédie  à  un  autre  célèbre  anatoipiste. — 
Les  2  esp.  sont  des  arbres  du  Brésil,  à  feuilles 
opposées,  grandes,  coriaces,  entourées  d’un 
rebord  saillant;  à  stipules  axillaires  ;  à  grappes 
terminales,  triparties,  dans  lesquelles  chaque 
fleur,  portée  sur  un  pédicelle  articulé,  offre 
au-dessous  de  lui  une  bractée,  et  latérale¬ 
ment  deux  bractéoles  dont  l’une  porte  une 
glande.  (Ad.  J.) 

*BIJRECA.  bot.  pii.  —  Genre  indiqué  par 
Zippel  (ex  Mackl.  Bijdr.  lot.  de  Nalur.  , 
V,  1 42  ;  Bull.  Fémss.y  XVIII,  92),  et  qui  ne 
paraît  pas  avoir  été  encore  décrit.  (C.  L.) 

*BURGERIA  (  nom  propre  ).  rept.  — 
M.  Tschudi,  dans  son  Mémoire  sur  la  classi¬ 
fication  des  Batraciens,  établit  ce  g,  pour  2 
espèces  de  Rainettes,  rapportées  par  MM.  Du- 
méril  et  Bibron  aux  Polypédates  du  même 
auteur.  (P.  G.) 

*  BERGHARTIA  ,  Neck.  Burekartia  , 
Schreb.  ;  Burkardia.  Scop.  bot.  ph.  — Déno¬ 
minations  patronymiques  plus  ou  moins  al¬ 
térées  d’un  genre  dédié  à  un  auteur  allemand 
assez  obscur  ,  et  synonyme  du  Ppiqueia 

d’Aublet.  (C.  L.) 

*BURGLARÏÂ,  Wendl.  b.ot.  fh.  — Sy¬ 
nonyme  d ’llex,  L.  (Ç.  L.) 

BIJRGO  ou  BERGOS.  mam.  —  Race  de 

Chieqs  résultant  du  croisement  de  l’Épa¬ 
gneul  et  du  Barbet.  Voyez  ghien. 

BERHIXLS,  Illig.  (|3qv,  particule  aug- 
mentative;  pki  tv%,,  bec),  ois.  t-  Genre  dé¬ 
membré  par  Illiger  de  celui  d’OEdicnème. 
Voyez  ce  mot.  (Lafr.) 

BURMANNIA.  bot.  eh.  ^  Voyez  bur- 

M  ANNIE. 

*BVRMANMACÉES.Burmnmaceœ.BOT. 
ph.  — Petite  famille  de  plantes  monocotylé- 
donées  à  insertion  épigynique,  indiquée  d’a- 


782 


BU  R 


BUR 


bord  par  Sprengel,  mais  établie  et  caractéri¬ 
sée  successivement  par  MM.  Lindley  (. Introd . 
p.  357),  Blume  (  Enum .  Pl.  Jav.  I.  p.  27), 
Endlicher  (  Gen.  p.  163),  et  qu’on  peut  ca¬ 
ractériser  de  la  manière  suivante  :  Les  fleurs 
sont  hermaphrodites  ,  tantôt  solitaires,  gé¬ 
minées  ou  en  capitule,  tantôt  en  épis.  Leur 
calice,  pétaloide,  adhérent  par  sa  base  avec 
l’ovaire  infère  ,  est  tubuleux  ,  cylindrique 
ou  triangulaire ,  et  quelquefois  marqué  de 
trois  côtes  longitudinales.  Le  limbe  est  à  6 
divisions  peu  profondes  ,  inégales ,  dispo¬ 
sées  sur  deux  rangs  ,  3  extérieures  plus 
grandes,  3  internes,  manquant  quelque¬ 
fois  ou  infléchies  vers  le  centre  de  la 
fleur.  Les  étamines ,  au  nombre  de  3  seule¬ 
ment  ,  sont  insérées  à  la  gorge  du  calice  et 
opposées  à  ses  divisions  intérieures  :  les  an¬ 
thères,  introrses,  à  2  loges  s’ouvrant  transver¬ 
salement  ,  sont  portées  sur  des  filets  très 
courts. L’ovaire,  adhérent,  est  tantôt  à  3  loges, 
tantôt  à  une  seule  ;  dans  le  premier  cas,  les 
ovules  sont  insérés  à  l’angle  interne  de  cha¬ 
que  loge;  dans  le  second  cas ,  ils  sont  atta¬ 
chés  à  trois  trophospermes  pariétaux.  Le 
style  naît  du  sommet  de  l’ovaire  ;  il  est  sim¬ 
ple  ,  triangulaire ,  terminé  par  3  stigmates 
globuleux  ou  pétaloides.  Le  fruit  est  une 
capsule  couronnée  par  le  limbe  calicinal , 
tantôt  à  une,  tantôt  à  3  loges  polyspermes, 
s’ouvrant  irrégulièrement  par  le  sommet,  ou 
en  3  valves  irrégulières.  Les  graines,  fort  pe¬ 
tites,  sont  allongées,  presque  linéaires,  striées 
longitudinalement.  Elles  contiennent  un  très 
petit  embryon  au  centre  d’un  endosperme 
charnu. 

Cette  petite  famille  ne  se  compose  que  de 
3  g.:  Gymnosiphon  ,  Bl.;  Gonyanlhes,  Bl.  ;  et 
Burmannia ,  L. ,  dont  les  espèces  croissent 
toutes  dans  les  régions  tropicales  ou  non 
loin  des  tropiques ,  dans  l’ancien  et  le  nou¬ 
veau  monde.  Leurs  affinités  sont  encore  assez 
obscures,  parce  que  la  structure  de  la  graine 
est  encore  assez  incomplètement  connue.  Les 
Burmanniacées  ont  surtout  des  rapports  avec 
les  Iridées  par  le  nombre  de  leurs  étami¬ 
nes,  et  par  leurs  stigmates  ou  plutôt  les  divi¬ 
sions  supérieures  de  leur  style  dilatées  et 
pétaloides;  mais  leurs  étamines  sont  op¬ 
posées  et  non  alternes  avec  les  sépales  inté¬ 
rieurs  ;  par  leurs  anthères  s’ouvrant  trans¬ 
versalement.  Le  g.  Burmunnin ,  type  de  cette 
famille,  avait  été  placé  par  Jussieu  parmi  les 


Broméliacées;  mais  il  en  diffère  par  son 
port  ;  par  la  structure  de  son  ovaire ,  et  par 
le  nombre  des  étamines,  etc.  (A.  R.) 

BERMANME.  Burmannia  (nom  d’hom¬ 
me).  bot.  ph.  — Type  de  la  petite  famille  des 
Burmanniacées.  Ce  g. ,  auquel  on  a  suc¬ 
cessivement  réuni  les  g.  Tripterella ,  Rich.  ; 
V ogelia  ,  Gmel.  ;  et  Maburnia  ,  Dupetit- 
Th.  ,  se  compose  de  petites  plantes  crois¬ 
sant  en  général  dans  les  savanes  ou  lieux 
humides  de  l’ancien  et  du  nouveau  monde. 
Il  est  ainsi  caractérisé  :  Le  calice  est  tubu¬ 
leux  et  triangulaire,  quelquefois  à  trois  ailes, 
rarement  cylindrique;  le  limbe  esta  6  divi¬ 
sions  courtes ,  dont  3  intérieures  ,  extrême¬ 
ment  courtes.  Les  3  étamines  sont  opposées 
aux  3  divisions  intérieures.  Les  anthères  sont 
à  2  loges  obliques  ,  écartées  par  un  connec¬ 
tif  assez  large.  C’est  à  cette  obliquité  des  lo¬ 
ges  de  chaque  côté  du  connectif  qu’est  due 
la  déhiscence  presque  transversale  des  loges, 
déhiscence  qui,  en  réalité,  est  longitudinale. 
Le  style  filiforme  se  termine  par  3  stigmates 
arrondis.  Le  fruit  est  une  capsule  triangu¬ 
laire  à  3  loges  ,  contenant  chacune  un  cer¬ 
tain  nombre  de  graines  disposées  sur  plu¬ 
sieurs  rangs ,  à  l’angle  interne  de  chaque 
loge,  allongées  et  striées  en  longueur.  (A.  R.) 

*BURNETTIE. iîurnem'ft  (nom  d’homme). 
bot.  ph. — Genre  de  la  famille  des  Orchidées, 
tribu  des  Néottiées  ,  établi  par  le  professeur 
Lindley  (Gen.  et  sp.  Orch. 517)  pour  une  petite 
plante  originaire  de  la  Tasmanie,  et  dont  la 
tige,  dépourvue  de  feuilles,  porte  seulement 
2  fleurs.  Celles-ci  ont  un  périanthe  presque 
régulier ,  composé  de  sépales  linéaires  et  li¬ 
bres  ;  un  labelle  cunéiforme  beaucoup  plus 
petit,  simple ,  onguiculé.  Le  gynostème  est 
dressé,  dilaté  et  comme  pétaloide  sur  ses 
côtés,  offrant  un  lobe  proéminent  de  chaque 
côté  vers  sa  base.  L’anthère,  dorsale  et  bilo- 
culaire,  contient 2  masses  polliniques.  (A.  R.) 

*BURNETA,  Cham.  et  Schlecht.  (nom 
propre),  bot.  ph.  —  Synonyme  du  genre  Ti - 
monius  de  Rumph.  (C.  L.) 

BURO.  poiss.  —  Nom  que  Lacépède  a 
tiré  des  manuscrits  de  Commerson  ,  et  que 
ce  voyageur  voulait  donner  au  groupe  géné¬ 
rique  des  Sidjans  ou  des  Amphacanthes. 
F'oyez  ce  mot.  (Val.) 

*BERRIEL1A  (nom  du  voyageur  Joh. Marc. 
Burriel,  qui  visita  la  Californie  en  1758).  bot. 
ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Composées, 


BUR 


BUR 


783 


tribu  des  Sénécionidées,  qui  a  pour  caractè¬ 
res  :  Capitule  multiflore  hétérogame;  fleurs 
du  rayon  ligulées,  femelles,  obovales;  celles 
du  disque  tubuleuses, 5-fides,  hermaphrodites 
ou  parfois  stériles  par  avortement.  Involucre 
composé  d’écailles  ovales,  acuminées,  égales 
ou  plus  longues  que  les  fleurons  du  disque. 
Corolles  à  divisions  légèrement  velues.  Ra¬ 
meaux  des  styles  du  disque  terminés  par  un 
cône  court.  Fruits  grêles,  linéaires,  subtétra- 
gones  ;  ceux  du  rayon  comprimés,  surmontés 
d’une  aigrette ,  1-2- ou  3-  aristée,  ceux  du 
disque  couronnés  de  paillettes  lancéolées- 
aristées,  aussi  longues  que  la  corolle.  —  Les 
Burrelia  sont  des  herbes  annuelles  simples  , 
à  feuilles  opposées,  linéaires,  très  entières, 
et  munies  de  fleurs  jaunes.  (J.  D.) 

BURSA  PASTORIS,  Tourn.  bot.  pii.  — 
Synonyme  du  genre  Capsella,  Yent.  (C.  L.) 

BURSAIRE.  Bursaria  (j3vp<roc,  bourse),  in¬ 
fus.—  Genre  d’infusoires  établi  par  Müller, 
qui  le  forma  d’espèces  tout-à-fait  dissembla¬ 
bles  ,  et  dont  une  seule,  B.  truncaiella ,  doit 
être  conservée  avec  ce  nom.  Une  autre  de  ses 
Bursaires,  B.  hirundinella,  doit  être  reportée 
dans  la  famille  des  Péridiniens.  M.  Bory  de 
Saint-Vincent  prenant  pour  type  la  De  esp. 
de  Müller  y  a  réuni  des  Paramécies  et  des  Kol- 
podes  supposés  dépourvus  d’appendices,  et 
susceptibles  de  prendre  en  nageant  une 
forme  plus  ou  moins  concave.  M.  Ehrenberg 
place  son  g.  Bursaire  dans  la  famille  des 
Trachelina,  et  lui  attribue  un  anus  terminal, 
une  bouche  sans  dents  et  sans  appendice  vi- 
bratile,  au-dessous  d’un  front  renflé  et  pro¬ 
longé.  M.  Dujardin  définit  ainsi  les  Bursai¬ 
res  :  Animaux  à  corps  cilié,  ovoïde,  plus  large, 
et  arrondi  en  arrière,  avec  la  bouche  grande, 
obliquement  située  à  l’extrémité  d’une  ran¬ 
gée  de  cils  partant  du  bord  antérieur,  et  dis¬ 
posés  en  spirale.  Dans  ce  genre  sont  réunies 
de  grandes  espèces  d’infusoires  blancs  ou 
verts ,  habitant  les  eaux  douces  stagnantes 
entre  les  herbes,  et  dont  la  longueur  s’élève 
de  3  à  7  dixièmes  de  millimètre.  (Duj.) 

BURSARIA  (Ævpo-a,  poche, bourse;  forme 
des  capsules),  bot.  ph. — Genre  de  la  famille 
des  Pittosporacées,  formé  par  Cavanilles  (/c., 
IY,  30,  t.  550)  sur  Yllea  spinosa  d’ Andrews  , 
et  renfermant  quelques  espèces  de  la  Nou¬ 
velle-Hollande  ,  dont  celle  que  nous  venons 
de  citer  est  cultivée  dans  les  jardins  d’Eu¬ 
rope.  Ce  sont  des  arbrisseaux  inermes ,  ou  à 


ramules  spinescentes ;  à  feuilles  alternes, 
subsessiles ,  obovales-cunéiformes,  rétuses , 
très  entières  ou  oblongues-linéaires,  aiguës, 
dentées  en  scie  ;  à  fleurs  blanches,  ou  blan¬ 
ches  et  lavées  de  rose  en  dehors ,  portées  par 
des  pédoncules  terminaux  ternés  ou  formant 
une  panicule  multiflore.  (C.  L.) 

*BURSARIE.  Bursarius  (jSvpaa,  bourse). 
acal.  —  Genre  établi  par  M.  Lesson,  dans  sa 
famille  des  Béroïdes ,  tribu  des  Bérosomes  , 
pour  un  acalèphe  incomplètement  connu. 

-  (Duj.) 

*BURSARIÉES.  infus.—  Famille  établie 
par  M.  Bory  de  Saint-Vincent,  dans  son  1er 
ordre  des  Microscopiques,  l’ordre  des  G  y  ni  no- 
dés,  animaux  supposés  très  simples ,  de 
forme  invariable,  et  sans  la  moindre  appa¬ 
rence  de  poils  ou  cils  quelconques.  Cette  fa¬ 
mille,  la  cinquième  de  l’ordre,  comprend  les  3 
g.  Bursaire,  Hirondinelleet  Cratérine.  (Duj.) 

*BURS ARIENS,  infus.— Dix-huitième  fa¬ 
mille  de  la  classification  des  Infusoires  de 
M.  Dujardin ,  faisant  partie  du  cinquième 
ordre,  et  comprenant  des  animaux  non  sy¬ 
métriques,  ciliés,  dont  le  corps  très  contrac¬ 
tile,  de  forme  très  variable,  le  plus  souvent 
ovale  ou  oblong,  est  revêtu  d’un  tégument 
lâche,  réticulé,  et  qui  ont  une  large  bouche 
entourée  de  cils  en  moustache  ou  en  spi¬ 
rale.  A  cette  famille  appartiennent  les  genres 
Plagiotome,  Ophryoglène ,  Bursaire,  Spiros- 
tome  et  Kondylostome.  (Duj.) 

BURSARIUS.  ACAL.  —  f^OyeZ  BURSARIE. 

BURSATELLE.  Bursatella  (diminutif 
dejSupa-a,  bourse),  moll.  —  Genre  de  l’or¬ 
dre  des  Gastéropodes  tectibranches ,  famille 
des  Aplysiens,  Céphalidiens  pulmobranches 
de  M.  de  Blainville  ,  créé  par  ce  naturaliste 
pour  un  animal  conservé  dans  l’alcool  au 
musée  britannique ,  et  qu’il  avait  dédié  à 
M.  Leach  sous  le  nom  de  Bursatella  Leachii. 
M.  Rang  l’a  placé  dans  son  sous-genre  Notar- 
che,  avec  lequel  il  a  la  plus  grande  affinité 
sous  le  rapport  de  la  forme  générale ,  tandis 
qu’il  se  rapproche  des  Aplysies  par  le  petit 
nombre  des  appendices  tentaculaires  dont 
son  corps  est  couvert;  en  conséquence  ,  il 
pense  que  cet  animal  doit  rentrer  dans  le 
g.  Aplysie  sous  le  nom  d 'Aplysia  bursatella. 

(G.  d’O.) 

BURSERA  (Joach.  Burser,  médecin,  ami 
de  G.  Bauhin.  bot.  ph.  —  Genre  type  de  la 
famille  des  Burséracées ,  formé  par  Jacquin 


984  BUS 

{Amer.,  94,  t.  65)  sur  trois  espèces  croissant 
aux  Antilles ,  et  cultivées  dans  nos  jardins. 
Ce  sont  des  arbres  gummifères,  à  feuilles  al¬ 
ternes,  longuement  pétiolées,  imparipennées, 
souvent  unifoliolées  par  l’avortement  des  fo¬ 
lioles  latérales  ;  à  folioles  pétiolées,  membra- 
nacées,très  entières, obscurément  pointillées; 
à  fleurs  polygames,  petites,  disposées  en  grap¬ 
pes  axillaires  et  terminales,  simples  ,  plus 
courtes  que  les  feuilles;  à  pédicelles  unibrac- 
tées  ;  les  mâles  ordinairement  tétra-penta- 
mères,  les  hermaphrodites  presque  toujours 
trimères.  (C.  L.) 

*BURSÉRACÉES.  bùt.  ph.  —  Une  des 
familles  qui  sont  résultées  de  la  division  du 
grand  groupe  des  Térébinthacées ,  auquel 
nous  renverrons  pour  exposer  comparative¬ 
ment  les  caractères  de  ces  familles  diverses. 

(Ad.  J.) 

BURTOftlAj  Salisb.  (David  Burton, col  lec¬ 
teur  de  botanique),  bot.  ph. — Synonyme  du 
genre  Hibberiia  d’Andrews. — On  donne  aussi 
ce  nom  à  un  genre  de  la  famille  des  Papi- 
lionacées,  tribu  des  Podalyriées-Pulténéées, 
établi  par  Rob.  Brown,  renfermant  4  espè¬ 
ces  ,  toutes  cultivées  dans  nos  jardins,  et  di¬ 
visées  par  Endlicher  en  deux  sections  :  a.  Eu - 
burtonia  ;  b.  Phyllotium.  Ce  sont  des  arbris¬ 
seaux  ou  des  sous-arbrisseaux  indigènes  de 
la  Nouvelle-Hollande,  à  feuilles  éparses, 
simples  ou  trifoliolées ,  subulées,  très  entiè¬ 
res,  éstipulées  ;  à  fleurs  jaunes  ou  pourprées, 
rassemblées  au  sommet  des  rameaux  ou  dis¬ 
posées  en  eorymbes  terminaux  ;  pédicelles 
courts,  bibractéolés.  (C.  L.) 

BUSARD.  Circus ,  Bechst.  (  xt'pxoç ,  es¬ 
pèce  d’oiseau  de  proie),  ois.  —  Genre  faisant 
partie  de  la  section  des  Oiseaux  de  proie 
ignobles  de  Cuvier,  de  notre  famille  des  Fal- 
conidées,  et  de  notre  sous-famille  des  Circi¬ 
nées.  Ses  caractères  sont  :  «  Bec  faible  ,  très 
élevé  à  sa  base ,  et  très  comprimé  dans  le 
reste,  avec  un  léger  feston  vers  le  milieu  de 
son  bord.  Cire  très  grande,  couvrant  près  de 
la  moitié  du  bec  ;  lorurns  recouverts  de  pe¬ 
tites  plumes  et  de  poils  longs  et  recourbés; 
ouverture  du  bec  très  large.  Oreilles  grandes, 
entourées  en  partie  d’un  demi-cercle  de  pe¬ 
tites  plumes  tassées,  dans  le  genre  de  celles 
des  Oiseaux  de  proie  nocturnes. Tarses  longs, 
grêles ,  lisses.  Corps  svelte.  Ailes  longues  et 
amples.  Queue  longue  et  arrondie. 

Plus  agiles  et  plus  rusés  que  les  BtiseS,  lés 


BUS 

Busards  sont  beaucoup  moins  sédentaires  , 
et  n’attendent  pas  comme  elles,  perchés  sur 
une  branche ,  qu’une  proie  quelconque 
vienne  à  passer  à  leur  portée  pour  foiidre 
dessus;  iis  parcourent  sans  cesse  les  campa¬ 
gnes  ou  les  marais  d’un  vol  lént  mais  facile, 
à  la  recherche  des  petits  Mammifères ,  des 
Grenouilles  et  des  jeunes  Gâllinacées  ou  Oi¬ 
seaux  d’eau  ,  suivant  leurs  espèces.  Ils  peu¬ 
vent  être  considérés  comme  des  Rapaces 
marcheurs  ou  humicoles ,  car  ils  se  posent 
fréquemment  à  terre,  et  nichent  sur  le  sol 
entre  des  touffes  de  Bruyères,  de  Joncs  ma¬ 
rins  ou  de  Roseaux ,  suivant  l’espèce  et  les 
localités.  Nous  en  possédons  4  esp.  en  Eu¬ 
rope,  qui  sont  les  Busards  de  marais,  Saint- 
Martin,  MONTAGU  et  BLAFFARD. 

Nous  avons  reconnu  dans  ce  pays-ci  (l’ar¬ 
rondissement  de  Falaise),  une  variété  noire 
ou  brun-noire  du  Busard  montagu,  s’accou¬ 
plant  indifféremment,  soit  avec  des  indivi¬ 
dus  noirs  comme  elle,  soit  avec  d’autres, 
ayant  le  plumage  ordinaire ,  et  élevant  des 
petits,  dont  les  uns,  dans  le  même  nid,  sont 
noirs ,  et  les  autres  à  plumage  normal.  Ce 
fait  que  nous  avons  consigné  dans  le  Maga¬ 
sin  de  zoologie  de  M.  Guérin,  où  nous  avons 
fait  figurer  cette  variété  noire,  est  un  des 
plus  singuliers  en  ornithologie. 

Temminck,  dans  la  troisième  partie  de  son 
Manuel ,  persiste  à  regarder  comme  identi¬ 
ques  le  Busard  des  marais  et  la  Harpaye 
[Falco  rufus  et  œruginosus  des  auteurs)  ;  il 
annonce  que  cette  espèce  vit  en  hiver  et  au 
printemps  dans  les  dunes  et  les  lieux  arides, 
où  elle  se  nourrit  de  Lapins  tués  par  les  Her¬ 
mines,  et  au  printemps  d’œufs  d’Échassiers, 
de  Palmipèdes  et  de  Gallinacées;  qu’il  re¬ 
tourne  dans  les  marais  lorsque  les  couvées 
commencent,  et  qu’alors  il  est  le  fléaü  des 
Foulques  et  des  jeunes  Oiseaux  aquatiques. 
Il  se  retrouve  le  même  en  Égypte ,  â  Tripoli 
et  en  Morée. 

On  a  classé  dans  le  g.  Busard  plusieurs 
espèces  de  Rapaces  américains  à  faciès  de 
Buse  ,  mais  ayant  les  tarses  élevés  comme  les 
Busards  ,  quoique  beaucoup  plus  robustes. 
Ces  espèces  offrant  décidément  plus  de  rap¬ 
ports  avec  les  Buses  qu’avec  les  Busards 
dans  leurs  mœurs  et  leur  genre  de  chasse , 
nous  les  plaçons  sous  les  noms  génériques 
de  Buseray  et  Buson ,  près  des  premières  , 
dans  notre  famille  des  feutéoninées. 


BUS 


BUS 


785 


M.  Bonaparte  a  formé  et  démembré  du  g. 
Circus  (Busard)  le  g.  Strigiceps  pour  les  es¬ 
pèces  à  collerettes  de  plumes  plus  pronon¬ 
cées  ,  telles  que  les  Busards  Saint-Martin  , 
Montagu  et  Blaffard,  et  n’a  laissé  dans  le  g. 
Circus ,  en  espèces  européennes ,  que  le  Bu¬ 
sard  des  marais.  Voy.  circinées  et  gymno- 
genes.  (Lafr.) 

BUSARELLUS.  ois.  —  Synonyme  latin 
du  sous-genre  Buseray. 

*  BUSBECKEA  (nom  propre),  bot.  pu.— 
Genre  de  la  famille  des  Capparidacées ,  type 
de  la  tribu  des  Gapparidées  ,  créé  par  Endli- 
cher  ( FL  JYorf.,  64)  sur  un  arbrisseau  grim¬ 
pant  de  nie  Norfolk ,  à  feuilles  alternes , 
courtement  pétiolées,  ovales-oblongues,  très 
entières ,  très  glabres ,  luisantes  en  dessus , 
caduques,  munies  de  stipules  épineuses,  for¬ 
tes,  oncinées  ;  à  fleurs  belles,  assez  grandes, 
portées  par  des  pédoncules  axillaires ,  soli¬ 
taires,  uniflores,  formant  des  grappes  termi¬ 
nales.  Les  baies  qui  succèdent  à  ces  fleurs 
sont  du  volume  d’une  grosse  orange.  (C.  L.) 

BUSE.  Buteo.  ois. —  Genre  de  l’ordre  des 
Oiseaux  de  proie,  famille  des  Falconidées , 
ayant  pour  caractères  essentiels  :  Tête  grosse; 
bec  arqué  dès  sa  base  ;  l’espace  entre  l’œil  et 
les  narines  dénué  de  plumes ,  et  couvert  de 
poils  ;  les  ailes  longues  ;  la  queue  égale  ou 
faiblement  arrondie;  les  pieds  robustes,  gar¬ 
nis  d’une  seule  rangée  d’écailles  en  avant  et 
sur  le  dos  des  doigts ,  et  réticulés  dans  le 
reste  de  leur  étendue. 

Les  Buses ,  quoique  ne  différant  guère  des 
Aigles  que  par  la  courbure  de  leur  bec,  n’en 
ont  ni  la  force  ni  l’air  audacieux;  elles  ont  la 
tête  grosse,  le  corps  pesant,  et  le  vol  lourd. 
Ce  sont  des  Oiseaux  sédentaires,  d’un  natu¬ 
rel  paresseux ,  restant  pendant  des  heures 
entières  perchés  sur  le  même  arbre.  Elles  ne 
prennent  pas  leur  proie  au  vol,  comme  la 
plupart  des  autres  Rapaces;  mais  elles  la 
guettent  avec  une  patiente  immobilité,  qui 
leur  a  valu  la  qualification  de  stupides ,  et 
elles  se  jettent  sur  tout  le  petit  gibier  qui 
passe  à  leur  portée. 

Leur  habitation  ordinaire  est  sur  le  bord  des 
bois  touffus ,  et  l’on  attribue  cette  prédilec¬ 
tion  pour  les  retraites  sombres  à  la  faiblesse 
de  leur  vue,  qu’offusque  la  clarté  du  jour. 

C’est  sur  les  vieux  arbres  qu’elles  con¬ 
struisent  leur  nid ,  avec  des  bûchettes  et  des 
branches;  elles  le  garnissent  de  matières 

T.  II. 


douces  et  légères.  Contrairement  à  la  cou¬ 
tume  propre  aux  autres  Oiseaux  de  proie,  qui 
chassent  leurs  petits  du  nid  avant  qu’ils  puis¬ 
sent  se  pourvoir  aisément,  les  Buses  pren¬ 
nent  long-temps  soin  des  leurs,  que  leur 
faiblesse  met  hors  d’état  de  se  passer  des  se¬ 
cours  de  leur  mère. 

Nous  n’avons  en  Europe  qu’une  seule  es¬ 
pèce  de  Buse  (le  Buleo  çàmmünis),  très  com¬ 
mune,  surtout  en  Hollande  et  en  France. 
C’est  un  oiseau  de  50  à  60  centim.  de  lon¬ 
gueur,  et  de  lm  40  de  vol,  dont  la  coloration 
ordinaire  est  d’un  brun  roussâtre,  mêlé  de 
blanchâtre  et  de  brun  sur  la  poitrine  et  le 
ventre;  mais  il  est  peu  d’Oiseaux  dont  le  plu¬ 
mage  présente  plus  de  variété;  et  les  Buses 
désignées  par  les  auteurs  sous  les  noms  de 
Falco  albidus ,  fuscus,  versicolor  et  variegatus 
ne  sont  que  différents  états  de  la  Buse  com¬ 
mune. 

C’est  un  des  Oiseaux  de  proie  les  plus 
répandus  et  des  plus  nuisibles  de  nos  pays. 

Il  fait  une  chasse  active  au  petit  gibier ,  et 
détruit  une  quantité  considérable  de  Lape¬ 
reaux,  de  Lapins,  de  Cailles,  de  Perdrix,  etc., 
dommage  que  ne  compensent  pas  les  servi¬ 
ces  qu’il  rend  en  détruisant  des  Reptiles,  de 
petits  Rongeurs  et  des  Insectes. 

On  compte  une  quinzaine  d’espèces  de  Bu¬ 
ses  étrangères,  propres  surtout  aux  contrées 
chaudes  des  deux  continents  ;  partout  leurs 
mœurs  sont  identiques  à  celles  de  notre  Buse 
commune,  et  sur  certains  points,  elles  sont 
protégées  à  cause  des  services  qu’elles  ren¬ 
dent  en  détruisant  les  Rats  :  telle  est  entre 
autres  la  Buse  rounoir,  B.  jackal,  à  laquelle 
on  a  donné  au  Cap  le  nom  de  Rotie-vangert 
ou  preneur  de  Rats ,  à  cause  de  la  destruc¬ 
tion  qu’elle  fait  de  ces  petits  Mammifères. 

(C.  n’O.) 

BUSON.  Buleogallus.  ois.  —  Sous-g.  établi 
par  M.  Lesson,  aux  dépens  du  g.  Buse,  pour 
le  Falco  buson  Latr.,  qui  en  diffère  par  un 
bec  un  peu  plus  long  et  à  bords  assez  renflés 
pour  simuler  une  dent.  Certains  auteurs  ont 
adopté  cette  division,  qu’ils  ont  même  élevée 
à  la  hauteur  d’un  genre.  L’unique  esp.  qui 
compose  ce  sous-genre  est  le  B.  caihanoidesi 
qui  habite  la  Guiane  et  le  Paraguay.  (C.  d’O.)  * 

*BUSÏAMENTE  (nom  d’homme),  bot.  pii. 

—  Les  plantes  sur  lesquelles  était  fondé  ce 
g.  font  aujourd’hui  partie  des  Eupatoires. 

V oÿez  ce  mot.  (J.  I).) 


50 


786 


BUT 


BUT 


*  BUSTAMITE  ,  Al.  Brongn.  (  nom 
propre),  min.  —  Substance  en  globules  radiés, 
d’un  gris  légèrement  rosâtre,  fusible,  et  que 
M.  Bustamente  a  remarquée  à  Real  de  Mi¬ 
nas  de  Fetela ,  dans  l’intendance  de  Puebla 
au  Mexique.  Dureté  ,  5,5  ;  pesanteur,  3,21. 
Elle  est  composée ,  suivant  M.  Dumas ,  de 
Silice  ,  48,90  ;  Protoxyde  de  Manganèse  , 
3G,06  ;  Prot.  de  Fer,  0,81;  Chaux,  14,57; 
c’est-à-dire,  de  deux  atomes  de  bisilicate  de 
Manganèse  et  d’un  atome  de  bisilicate  de 
Chaux.  (Del.) 

BUSTIA.  bot.  ph.  — Genre  créé  par  Adan- 
son,  et  synonyme  de  Buphilialmum.  (J.D.) 

*BUTALIS.  ins.  — Genre  de  Lépidoptères 
nocturnes  ,  de  la  tribu  des  Tinéites  ,  établi 
par  M.  Treistchke,  et  adopté  par  nous  ,  avec 
modification ,  dans  notre  Uist.  nat.  des  Lé¬ 
pidoptères  de  France ,  t.  XI ,  p.  339.  Ce  g. 
diffère  très  peu  de  celui  d ’Acompsia  ,  dont 
nous  avons  donné  les  caractères  dans  ce 
Dictionnaire,  p.  90.  Nous  y  rapportons  5 
espèces ,  dont  la  plus  connue  est  la  B.  eus - 
pidella  Treits. ,  Tinea  id.  Fabr.,  figurée  par 
nous  sous  ce  nom,  et  par  liubner  sous  ce¬ 
lui  de  bifariella.  (D.) 

BUTE  A  (John,  comte  de  Bute,  promoteur 
de  la  botanique),  bot.  pii.  —  Genre  de  la  fa¬ 
mille  des  Papilionacées,  tribu  des  Érythri- 
nées ,  fort  remarquable  par  la  beauté  du 
port  et  des  fleurs  des  trois  seules  espèces  qui 
le  composent ,  et  qui  sont  cultivées  dans  les 
jardins  des  amateurs.  Il  a  été  formé  par 
Kœnig  (Ex  Roxb.  PL  corom.,  ï,  22 ,  t.  21  , 
22  ).  Les  Butea  ont  un  calice  campanulé,  bi- 
labié  ;  l’étendard  de  la  corolle  est  ovale  ,  re¬ 
courbé  en  dehors;  les  ailes  et  la  carène  sont 
recourbées  en  dedans.  Leur  légume  est  indé¬ 
hiscent,  stipité.  Ce  sont  des  arbres  inermes  , 
ou  des  arbrisseaux  grimpants  ,  indigènes  de 
l’Asie  tropicale ,  à  feuilles  pennées-trifolio- 
lées  ;  dont  les  folioles  stipulées ,  subarron- 
dies-ovales ,  pubescentes  en  dessous  ou  to- 
menteuses  ;  à  fleurs  écarlates ,  nombreuses , 
disposées  en  grappes ,  et  portées  par  des  pé- 
dicelles  ternés-fasciculés  ;  calices  finement 
bibractéolés  à  la  base.  (C.  L.) 

BUTEO.  ois.  —  Nom  latin  du  genre 
Buse. 

BUTEOGALLUS.  ois.  —  Nom  latin  du 
sous-genre  Buson. 

*BUTÉ01VINÉES.  Buteoninœ.  ois.— Sous- 
famille  de  notre  famille  des  Falconidées,  et 


dont  les  caractères  sont  décrits  au  mot  buse 
L’Aigle-Autour  Urubitinga  de  Cuvier  nous  pa. 
raît,  d’après  ses  formes  ,  et  surtout  d’après 
ses  mœurs  lâches  et  reptilivores, comme  celles 
des  Buses  de  marais  d’Amérique,  ne  pouvoir 
rester  avec  les  Aigles-Autours  ,  espèces  de 
grands  Autours  à  tarses  emplumés,  et  doués 
du  courage  particulier  aux  Autours  et  Éper- 
viers  ;  il  n’en  a  même  ni  les  ailes  courtes  ni 
la  longue  queue.  Nous  le  placerons  donc 
sous  le  nom  générique  d' Urubitinga,  que  lui 
adonné  M.  Lesson,  dans  notre  sous-famille 
des  Butéoninées.  Nous  y  plaçons  également 
le  g.  Craxirex ,  formé  parM.  Gould,  dans  le 
Beagle’s  Voyage,  sur  une  espèce  des  îles  Gal- 
lapagos ,  qui  semble  le  chaînon  des  Buses 
aux  Caracaras. 

Notre  sous-famille  des  Butéoninées  ren¬ 
fermera  donc  les  genres  Buse  (Buteo),  Bus  ai¬ 
gle,  Less.  (Archibuteo,  Brehm),  Buson  (Bu- 
leogallus ,  Less.),BusERAY  (Busarellus? ,Nob.), 
Urubitinga  (Urubitinga, Less.),  et  Craxirex, 
Gould.  (Lafr.) 

*  BUTERÆA  (  P  nom  propre),  bot.  pii. — 
Genre  de  la  famille  des  Acanthacées  ,  tribu 
des  Ecmatacanthées  -  Hygrophilées ,  formé 
par  Nees  (in  Wall.  PL  as.  rar.,  III,  84)  sur 
une  plante  de  l’Inde ,  qu’on  croit  être  le 
Ruellia  rubescens  de  Roth.  (C.  L.) 

*BUTHIDES.  arach.  —  M.  Koch,  dans 
son  Arachniden  System ,  fait  une  famille  des 
Scorpions  qui  ont  huit  yeux,  trois  paires  la¬ 
térales  et  une  médiane  ;  et,  d’après  la  dispo¬ 
sition  relative  de  ces  yeux  et  quelques  autres 
caractères,  il  les  partage  en  g.  ainsi  qu’il  suit: 

Bulhus ,  Leach  ;  Opislophthalmus ,  Koch  ; 
Brotheas,  Koch  ;  Telegonus,  Koch,  et  Ischnu - 
rus  ou  Sisyphus, 

Les  Buthides  sont  placés  par  M.  Koch  en¬ 
tre  les  Scorpionides,  comprenant  le  g.  Scor- 
pius,  Ehr.,  et  les  Centrurides,  dont  le  type  est 
le  g.  Centrurus  d’Ehrenberg. 

Les  Buthides  forment  le  groupe  de  Scor¬ 
pions  le  plus  nombreux  en  espèees,  et  celui 
dont  la  distribution  géographique  est  la  plus 
variée.  On  en  trouve  en  Afrique,  à  Madagas¬ 
car,  dans  l’Inde  et  dans  les  deux  Amériques. 
On  en  a  aussi  indiqué  en  Europe,  mais  ils  y 
sont  peu  nombreux.  Le  Scorpio  occitanus , 
qu’on  donnait  pour  un  Buthus,  est  certaine¬ 
ment  un  Androctonus,  ses  yeux  latéraux 
étant  au  nombre  de  dix ,  en  cinq  paires,  ainsi 
que  je  m’en  suis  assuré. 


BUT 


BUT 


787 


C’est  aux  Buthides  qu’appartiennent  les 
plus  grandes  espèces  de  Scorpions  ;  on  les 
trouve  dans  l’Inde  et  en  Afrique.  Nous  en 
parlerons  plus  longuement  à  l’article  scor¬ 
pion  de  ce  Dictionnaire.  (P.  G.) 

BUTIIUS.  arach.  —  Leach ,  dans  ses 
Zoological  miscellany ,  appelait  ainsi  les 
Scorpions  à  huit  yeux ,  laissant  à  ceux  qui 
n’en  ontquesix  ,  et  dont  on  ne  connaissait 
alors  que  deux  ou  trois  espèces  (les  Scorpio 
europœus  et  maurus  principalement),  le  nom 
de  Scorpio.  Les  Buthus  qu’il  cite  sont  :  Y  a  fer 
et  Voccitanus.  On  portait  alors  à  huit  le 
maximum  des  yeux  chez  les  Scorpions;  mais 
les  observations  de  MM.  Hemprich  et  Ehren¬ 
berg  ont  fait  voir  qu’il  était  quelquefois  de 
dix,  et  souvent  de  douze.  De  là,  l’établisse¬ 
ment  de  plusieurs  g.  nouveaux,  dont  il  sera 
question  ailleurs,  oyez  scorpion. 

M.  Koch,  dans  son  Système  des  Arachni¬ 
des,  laisse  le  nom  de  Buthus  aux  Scorpions  à 
huit  yeux,  chez  lesquels  ces  organes  sont 
disposés  comme  chez  le  B.  spinifer  de 
M.  Ehrenberg,  c’est-à-dire  égaux,  mais  iné¬ 
galement  espacés.  Leur  céphalothorax  est 
éehancré  en  avant.  —  Le  B.  afer  et  les  es¬ 
pèces  confondues  avec  lui  sous  le  même 
nom  appartiennent  aussi  à  ce  g.  On  en  cite 
d'Arique ,  de  l’Inde ,  et  une  de  Mexico  (B. 
defensor  Koch);  il  y  en  a  aussi  une  en  Grèce 
[B.  granulatus  Koch,  fîg.  279).  (P.  G.) 

*BUTI]\ÏA  (|3ovt:vov,  sorte  de  bouteille). 
bot.  ph.  - —  Genre  de  la  famille  des  Ombelli- 
fères  ,  tribu  des  Scandicinées ,  formé  par 
Boissier  ( Elench .  Pl.  hisp.  aust.,  54)  sur  une 
plante  découverte  par  lui  en  Espagne.  (C.  L.) 

BUTIRIN  ou  BUTYRSJV ,  Comm.  poiss. 
—  Synonyme  d’Argentine  glossodonte,  Ar¬ 
gent.  glossodentales  Forsk. 

*BUTOMACÉES.  Butomaceœ.  bot.  pii. — 
Le  professeur  L.  C.  Richard  a  proposé  ( Mém . 
du  Mus.,  t.  I,  p.  364)  d’établir  sous  ce  nom 
une  famille  naturelle  de  plantes  qui  a  pour 
type  le  g.  Butomus.  Ce  groupe  a  depuis  été 
adopté  par  tous  les  botanistes.  Yoici  les  ca¬ 
ractères  qu’on  peut  lui  assigner  :  Les  fleurs 
sont  hermaphrodites,  ordinairement  dispo¬ 
sées  en  sertule  et  accompagnées  de  bractées 
à  leur  base.  Le  calice  se  compose  de  6  sépa¬ 
les  disposés  sur  deux  rangées  :  les  3  exter¬ 
nes  sont  ordinairement  verts,  les  3  internes, 
plus  grands ,  sont  pétaloïdes.  Les  étamines 
sont  nombreuses  ou  en  nombre  déterminé. 


Les  filets  sont  libres,  les  anthères  ovoïdes, 
allongées  ou  presque  globuleuses  ,  à  2  ou  à 
4  loges,  s’ouvrant  par  un  sillon  longitudinal  ; 
quelquefois  les  étamines  les  plus  extérieures 
sont  sous  la  forme  de  filaments  stériles.  Les 
pistils  en  nombre  variable  sont  sessiles,  tan¬ 
tôt  libres,  tantôt  soudés  par  une  portion  de 
leur  côté  interne;  chacun  d’eux  est  1-locu- 
laire,  et  contient  un  grand  nombre  d’ovules 
attachés  à  un  trophosperme,  qui ,  sous  la 
forme  d’un  réseau,  occupe  la  plus  grande 
partie  de  la  face  interne  de  l’ovaire.  Le  style, 
peu  distinct  du  sommet  de  l’ovaire,  se  termine 
par  un  stigmate  simple  qui  occupe  une  par¬ 
tie  de  sa  face  interne  et  son  sommet.  Les 
fruits  sont  secs  et  coriaces  ,  ordinairement 
terminés  en  pointe  à  leur  sommet,  s’ouvrant 
intérieurement  par  une  fente  longitudinale. 
Les  graines,  insérées  comme  nous  l’avons 
dit  pour  les  ovules,  sont  amphitropes,  com¬ 
posées,  outre  leur  tégument  propre,  d’un  em¬ 
bryon  recourbé  en  fer  à  cheval ,  dépourvu 
d’endosperme. 

Les  g.  composant  cette  famille  sont  :  Bu- 
tomus,  L.  ;  Hydrocleis ,  Rich.;  Limnocharis  , 
Humb.  Cette  petite  famille,  voisine  des  Alis- 
macées,  en  diffère  surtout  par  la  structure 
de  son  ovaire ,  dont  presque  toute  la  face  in¬ 
terne  est  tapissée  par  un  réseau  vasculaire , 
sur  lequel  les  ovules  sont  attachés ,  et  par 
ses  loges  polyspermes.  Une  semblable  dis¬ 
position  des  ovules  se  remarque  également 
dans  plusieurs  des  g.  de  la  famille  des  Fla- 
courtianées ,  parmi  les  Dicotylédones  poly^ 
pétales.  (A.  R.) 

RUTOME.  Butomus  ((èovrop.oç,  butome). 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Butoma 
cées,  qui  a  pour  type  une  très  jolie  plante, 
fort  commune  sur  le  bord  de  nos  étangs  et 
de  nos  rivières,  et  qu’on  désigne  sous  le 
nom  vulgaire  de  jonc  fleuri  ( Butomus  um- 
bellatus  L.).  Les  fleurs  sont  disposées  en  ser¬ 
tule  ou  ombelle  simple  et  multiflore  ;  les  sé¬ 
pales  étalés  sont  disposés  sur  2  rangs,  les 
intérieurs  sont  pétaloïdes  et  plus  grands.  Les 
étamines  sont  au  nombre  de  9  ;  leurs  an¬ 
thères  sont  4-loculaires.  Les  pistils  sont  au 
nombre  de  6,  en  partie  soudés  par  leur  côté 
interne  ;  le  style  est  assez  long.  Cette  plante, 
dont  les  fleurs  sont  d’un  rose  pâle,  fait  un 
très  joli  effet  sur  le  bord  des  eaux,  où  elle  est 
fort  commune  aux  environs  de  Paris.  (A* R.) 

BUTOMÉES.  Butomeœ.  bot.  pu.  —  Nom 


788 


BUX 


BYN 


sous  lequel  le  professeur  L.  C.  Richard  a 
d’abord  décrit,  la  famille  des  Butomacées. 
Voyez  ce  mot.  (A.  R.) 

BUTOMUS.  bot.  pu.  —  V oyez  butome. 

BUTONICA  ,  Lam.  bot.  ph.  —  Syn.  et 
section  du  g.  Barringtonia,  Forst.  (C.  L.) 

BUTOR,  ois.— -Voyez  héron.  (Lafr.) 

BUTTAERIA .  bot.  ph.  —  V oyez  bytt- 

NERIA. 

BUTYRIIV.  poiss.  —  Voyez  butirin. 

BUXBAUMÏA  (  nom  propre  ).  bot.  cr. 
—  (Mousses).  Ce  genre acrocarpe ,  diplopéris- 
tomé,  a  été  établi  par  Linné  (  De  Buxbaum. 
Dissert.  Amœn.  Acad.,  Y,  p.  78),  qui  le  dé¬ 
dia  à  Buxbaum  ,  botaniste  russe.  Il  est  de¬ 
venu  le  type  d’une  petite  tribu  dont  nous  ex¬ 
poserons  plus  bas  les  caractères.  Ceux  aux¬ 
quels  on  reconnaît  ce  genre  linnéen  sont 
les  suivants  :  Péristome  double  ;  l’extérieur 
formé  de  deux  couches  de  cellules,  jaunâtre, 
irrégulièrement  échancré,  indivis  ou  déchiré, 
ne  portant  jamais  de  dents,  appliqué  contre 
l’intérieur  quand  il  est  humide,  et  s’en  dé¬ 
tachant  dans  l’état  de  sécheresse  ;  l’intérieur 
membraneux  ,  délicat ,  blanchâtre ,  naissant 
du  sporange,  plissé  et  allongé  en  cône  tron¬ 
qué  au  sommet.  Coiffe  fugace ,  conique- 
campanulée,  obtuse,  couronnée  par  un  court 
pistil  ,  et  à  peine  un  peu  frangée  ou  déchi¬ 
rée  à  la  base.  Capsule  oblique ,  grande,  ir¬ 
régulière,  ventrue  en  forme  de  sabot ,  c’est- 
à-dire  convexe  en  dessous,  déprimée  obli¬ 
quement  et  plane  en  dessus ,  les  deux  faces 
séparées  par  une  ligne  élevée  dont  le  péri¬ 
mètre  donne  un  ovale  allongé  ,  munie  à  sa 
partie  inférieure  d’une  apophyse  courte,  re¬ 
présentant  un  cône  tronqué  et  renversé,  et 
s’ouvrant  au  sommet  par  un  orifice  ( stoma ) 
horizontal ,  rétréci  et  muni  d’un  anneau. 
Pédoncule  court,  droit,  épais,  couvert  de  cal¬ 
losités,  naissant  d’une  vaginule  bulbiforme. 
Opercule  obtus ,  conique ,  persistant.  Spo¬ 
range  plus  petit  que  la  capsule  à  laquelle  il 
adhère  par  des  liens  filamenteux.  Columelle 
grande,  cellulaire,  solide,  tombant  avec  l’o¬ 
percule.  Spores  menues,  globuleuses,  lisses. 
Fleurs  monoïques  :  les  mâles  ovoïdes  ou 
globuleuses,  sessiles  ou  pédicellées,  nichées 
entre  les  filaments  qui  recouvrent  la  vagi- 
nule  ;  les  femelles  formant  au  même  endroit 
un  bourgeon  hexaphylle.  Feuilles  périchétia- 
les  inférieures  ovales,  les  supérieures  ovales- 
ncéolées,  sans  pervure,  denticulées,  puis 


fimbriées.  Tige  excessivement  courte,  cachée 
dans  la  terre,  presque  dépourvue  de  feuilles. 

Le  g.  Buxbaumia  se  compose  de  deux 
seules  espèces  propres  à  l’Europe.  Ces  Mous¬ 
ses  croissent  solitaires  sur  la  terre  ou  le  bois 
pourri.  Consultez  la  monographie  de  ce  g., 
publiée  par  MM.  Bruch  et  Schimper  (. Fragm . 
Bryol.  d’Eur. ,  p.  1 , 1. 1,  et  t.  II,  fig.  1 .)  (C.  M.) 

*BUXBAUMÏACÉES.  bot.  cr.  —  (Mous¬ 
ses.)  Cette  tribu  des  Mousses  acrocarpes  ne  se 
compose  que  des  deux  g.  européens  Buxbau¬ 
mia  et  Diphyscium.  Deux  autres  g.  propres  à 
la  Nouvelle-Hollande,  et  que  nous  a  fait  con¬ 
naître  le  savant  Robert  Brown  sous  les  noms 
de  Dawsonia  et  Lyellia,  quoique  offrant  une 
capsule  analogue  ,  ont  des  affinités  plus 
grandes  avec  les  Polytrichées.  (C.  M.) 

*BUXÉES.  bot.  ph.  —  Une  des  tribus  du 
grand  groupe  des  Euphorbiacées ,  celle  qui 
réunit  les  genres  à  étamines  insérées  autour 
d’un  rudiment  de  pistil,  et  à  loges  bi-ovulées, 
parmi  lesquels  est  le  Buis,  a  reçu  de  quel¬ 
ques  auteurs  le  nom  de  Buxées.  (Ad.  J.) 

BUXUS.  bot.  ph.  —  V oyez  buis. 

*BYBLIS  (nom  mythologique),  bot.  ph.— 
Genre  de  la  famille  des  Droséracées ,  formé 
par  Salisbury  (Par.,  t.  95)  sur  une  plante  de 
la  Nouvelle-Hollande  ,  dont  le  port  est  celui 
d’un  Drosera.  Elle  est  annuelle?,  basse;  les 
feuilles  en  sont  serrées,  linéaires-filiformes  , 
roulées  sur  les  bords  ,  circinées  par  verna¬ 
tion  ;  les  fleurs  bleues,  portées  sur  des  pédon¬ 
cules  axillaires,  simples,  uniflores  ,  scapi- 
formes ,  et  couverts  de  poils  glanduleux.  Le 
B.  liniflora  est  cultivé  en  Europe.  (C.  L.) 

BYNNI.  poiss.  —  Nom  ,  suivant  Forskal , 
d’un  grand  et  beau  cyprinoïde  du  Nil  du  g. 
des  Barbeaux,  et  de  la  division  comprenant 
les  esp.  à  museau  non  saillant ,  pourvu  de 
4  barbillons  et  à  rayon  de  la  dorsale  très 
fort ,  mais  sans  dentelures  le  long  du  bord 
postérieur.  Quelques  auteurs  écrivent  Béni, 
au  lieu  de  l’orthographe  généralement  sui¬ 
vie.  M.  Geoffroy  a  publié  une  très  belle  figure 
de  ce  poisson  dans  l’ouvrage  d’Égypte  ,  et  il 
fait  connaître,  dans  la  description  qu’il  en 
donne,  les  particularités  de  ses  mœurs  ,  son 
abondance  dans  le  Nil,  la  pèche  industrielle 
active  que  les  Arabes  en  font  ;  et  de  plus  il 
a  déterminé  que  ce  poisson  ,  d’une  grande 
taille  ,  d’une  chair  délicate ,  savoureuse  et 
agréable,  était  connu  des  anciens  sous  le 
nom  de  Lepidqtus.  Il  avait  été  ainsi  appelé 


BYR 


BYR 


789 


à  cause  de  la  grandeur  et  de  l’éclat  de  ses 
couleurs.  Il  partageait  seul  avec  l’Oxyrhyn- 
que  (Mormijras  oxyrhyncus  Geoff.)  les  hon¬ 
neurs  de  l’embaumement.  En  effet,  les  re¬ 
cherches  faites  par  M.  Pafralacque  lui  ont 
procuré  un  grand  nombre  de  vases  ayant 
une  figure  reconnaissable  de  poisson,  et  qui 
contenaient  dans  leur  intérieur  des  Bynnis 
enveloppés  de  bandelettes  et  préservés  avec 
soin.  Sonnini  et  Bruce  ont  aussi  parlé  des 
Bynnis.  (Val.) 

*BYOMYE.  Byomya  (jSoûç,  bœuf;  yvTa , 
mouche),  ins. — M.  Robineau-Desvoidy,dans 
son  ouvrage  sur  les  Myodaircs,  désigne  ainsi 
un  g.  de  Diptères,  établi  par  lui  dans  la  fa¬ 
mille  des  Calyptérées-,  tribu  des  Muscides, 
section  des  Armentaires ,  et  dont  les  carac¬ 
tères  sont  :  Majeure  partie  de  la  trompe 
molle;  segments  de  l’abdomen  distincts,  et 
enfoncés  à  l'endroit  des  incisions.  Du  reste, 
ce  g.  ressemble  aux  Plaxemyes.  L’auteur  y 
rapporte  3  esp.  qu’il  nomme  B.  carnifex , 
violacea  et  siimulans. Toutes  trois,  et  surtout 
la  dernière,  tourmentent  de  leur  piqûre  les 
Bœufs  et  les  Vaches  qui  paissent  dans  les 
prairies  humides.  (D.) 

*  BYÏiOMA  (  Byron  ,  célèbre  poète  an¬ 
glais).  bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des 
Ilicacées  (  Ilicinées ,  alior.),  établi  par  Endli- 
cher  {Ann.  JVien.  Mus.,  I,  184)  sur  un  petit 
arbre  des  îles  Sandwich ,  à  rameaux  angu¬ 
leux  ;  à  feuilles  alternes ,  pétioiées ,  ovales , 
coriaces,  très  entières,  luisantes  en  dessus;  à 
fleurs  hermaphrodites  ,  blanches  ,  disposées 
en  cymes  axillaires,  pauciflores,  plus  longues 
que  les  pétioles  ;  à  bractées  opposées,  mem- 
branacées.  (C.  L.) 

BYRRHE.  Byrrhus.  ins.  — Genre  de  Co¬ 
léoptères  pentamères,  famille  des  Clavicor- 
nés,  établi  par  Linné,  qui  [S  y  s  le  ma  naturœ , 
12e  éd.)  y  comprend  5  esp.,  dont  une  seule 
(Z?yn7iw^piû{/a)luiappartientaujourd’hui.Ce 
g.,  tel  qu’il  a  été  limité  par  Latreille,  se  distin¬ 
gue  principalement  des  Anthrènes ,  des  Der- 
mestesetdes  Sphéridies,  par  un  corps  ovoïde, 
presque  globuleux  ;  par  des  antennes  cour¬ 
tes,  droites  et  terminées  en  massue  perfoiiée, 
de  4  à  5  articles  ;  par  une  tête  enfoncée  dans 
le  prothorax  ,  et  par  des  pattes  courtes ,  ar¬ 
quées  et  très  comprimées.  On  rencontre  des 
Byrrhes  par-ci  par-là,  dans  les  bois,  sur  les 
collines,  dans  les  endroits  sablonneux,  sur  le 
bord  des  chemins  ,  quelquefois  sous  les 


pierres,  mais  toujours  en  petit  nombre.  Ces 
Insectes  font  peu  usage  de  leurs  ailes,  et 
cherchent  à  échapper  à  leurs  ennemis,  plu¬ 
tôt  en  faisant  le  mort  qu’en  prenant  la  fuite: 
aussi  les  voit-on  se  contracter  au  moindre 
danger,  de  manière  à  ne  plus  présenter 
alors  qu’une  petite  masse  globuleuse,  d’où 
vient  le  nom  de  Pilula,  que  Linné  a  donné 
à  l’espèce  la  plus  commune.  En  effet,  leur 
organisation  est  telle,  que  lorsqu’ils  con¬ 
tractent  leurs  membres ,  la  tête  disparaît 
entièrement  sous  le  prothorax;  les  antennes 
sont  logées  dans  une  rainure  des  cuisses  an¬ 
térieures;  et,  quant  aux  pattes,  le  tarse  est 
reçu  dans  un  sillon  de  la  jambe ,  celle-ci 
dans  une  fente  de  la  cuisse ,  et  cette  der¬ 
nière  dans  un  enfoncement  de  la  poitrine. 

M.  Dejean  ,  dans  son  dernier  Catalogue , 
désigne  34  espèces  de  Byrrhus ,  dont  1  du 
Kamtschatka ,  4  d’Amérique  ,  et  les  autres 
d’Europe.  Outre  le  B.  pilula  ,  qui  peut  être 
considéré  comme  le  type  du  g.,  et  qui  se 
trouve  aux  environs  de  Paris,  nous  citerons 
le  B.  alpinus  Gory,  espèce  de  la  Styrie. 

M.  Vaudouer  a  découvert  dans  les  envi¬ 
rons  de  Nantes  la  larve  du  Byrrhus  pilula 
sous  la  mousse.  Elle  est  allongée ,  étroite, 
d’un  brun  noirâtre,  avec  la  tête  grosse,  et 
une  plaque  cornée  très  grande  sur  le  pre¬ 
mier  anneau.  Ses  deux  derniers  anneaux 
sont  plus  grands  que  les  précédents.  (D.) 

BYBEHIENS.  Byrrhii.  ins. —  Nom  donné 
par  Latreille  à  une  tribu  de  la  famille  des 
Coléoptères  clavicornes  ,  et  qui  a  pour  type 
le  g.  Byrrhus.  (D.) 

BYRRHUS.  ins.  —  Voyez  byrriie. 

BYRSANTHES  (  Ç> V« ,  cuir;  M*  , 
fleur  ;  allusion  à  la  çoriacilé  de  la  corolle). 
bot.  ph.  —  Genre  de  la  famille  des  Lobélia- 
cées ,  formé  et  incomplètement  déterminé 
par  Presl  {Monoy.  Lobel.  41)  sur  le  Lobelia 
nivea  de  Willdenow.  Il  renfermerait  quel¬ 
ques  arbrisseaux  des  Andes,  peu  connus,  cou. 
verts  d’une  pubescence  blanche  ,  à  feuilles 
très  entières ,  à  pédicelles  axillaires  ,  plus 
longs  qu’elles.  (C.  L.) 

*  BYRSANTHUS  (  ]3upo-a  ,  cuir  ;  avGoç , 
fleur),  bot.  ph. —  Ce  genre,  de  la  famille  des 
Homaliacées  ,  formé  par  Guillemin  (  Deless. 
le.  select. ,  III.  30,  t.  25),  n’est  pas  adopté  par 
Endlicher,  en  raison  sans  doute  de  son  ho¬ 
monymie  avec  le  précédent.  Il  lui  substitue 
(  Gen.  PL  ,  5088  )  le  genre  Aneiia ,  qu’il 


790 


BYR 


BIS 


établit  lui-même  sur  la  plante  que  Guillemin 
prenait  pour  le  type  du  sien.  C’est  un  arbris¬ 
seau  de  l’Afrique  tropicale ,  à  rameaux  éta¬ 
lés,  garnis  de  feuilles  alternes,  très  courte- 
ment  pétiolées ,  coriaces  ,  ondulées  sur  les 
bords  ;  à  fleurs  petites ,  de  couleur  cendrée, 
disposées  en  épis  racémiformes.  (C.  L.) 

*BYRSOCARPUS ,  Schumach.  ;  Thonn. 
(jSupaoc,  cuir;  xapiroç,  fruit),  bot.  ph.  —  Sy¬ 
nonyme  d ’  Omphalobium,  Gærtn.  (C.  L.) 

BYRSOMMA  (/2u paa,  cuir;  parce  que 
l’écorce  de  plusieurs  espèces  de  ce  g.  est  em¬ 
ployée  en  Amérique  pour  tanner  les  peaux). 
bot.  pu.— Genre  de  la  famille  des  Malpighia- 
cées,  confondu  primivivement  avec  le  Mal- 
pighia  ,  mais  bien  distinct  par  ses  caractères, 
qui  sont  les  suivants  :  Calice  5-parti,  dont  tou¬ 
tes  les  divisions  portent  deux  glandes  ou  plus 
rarement  en  sont  dépourvues.  Pétales  plus 
longs,  onguiculés,  réfléchis  ,  à  limbe  échan- 
cré  vers  sa  base,  entier  ou  denticulé  dans 
son  contour,  concave,  glabre.  Étamines  10, 
à  filets  courts  et  ovoïdes ,  soudés  à  leur  base 
en  un  anneau  hérissé  de  longs  poils  ;  à  an¬ 
thères  oblongues ,  velues  ou  glabre.  Ovaire 
3-loculaire,  surmonté  de  3  styles  oblongs, 
qui  vont  en  s’effilant  au  sommet.  Fruit 
charnu,  renfermant  un  noyau  à  3  loges, 
dont  chacune  renferme  une  graine  unique. 
L’embryon  de  celle-ci  est  roulé  sur  lui- 
même  en  spirale ,  la  radicule  en  dedans.  — 
Lesesp.  de  ce  g.,  très  nombreuses  (puisqu’on 
en  a  décrit  70),  habitent  toutes  les  régions 
intertropicales  de  l’Amérique.  Ce  sont  des 
arbres  ou  des  arbrisseaux  à  feuilles  oppo¬ 
sées  ,  très  entières ,  dépourvues  de  glandes 
ainsi  que  leurs  pétioles  ;  à  stipules  axillaires, 
dont  l’insertion  embrasse  à  peu  près  la  moi¬ 
tié  du  rameau.  Les  fleurs  jaunes ,  rouges , 
oranges,  plus  rarement  blanches,  quelque¬ 
fois  aussi  panachées  de  plusieurs  de  ces  cou¬ 
leurs  ou  en  variant  à  diverses  époques,  sont 
disposées  en  grappes  terminales.  (Ad.  J.) 

*BYRSOPAGES  (fivpooTcayvç,  couvert  de 
cuir),  ins.  — Genre  de  Coléoptères  tétramè- 
res ,  famille  des  Curculionites  ,  créé  par 
M.  Faldermann  ,  mais  dont  les  caractères 
n’ont  pas  encore  été  publiés.  M.  Dejean,  qui 
mentionne  ce  g.  dans  son  dernier  Catalogue, 
y  rapporte  une  seule  espèce ,  le  B.  villosus 
Fald.,  du  Kamtschatka.  (C.) 

*BYRSOPS  (jSypcra,  cuir;  cty,  œil),  ins.— 
Genre  de  Coléoptères  tétramères,  famille  des 


Curculionides,  ordre  des  Gonatocères ,  divi¬ 
sion  des  Byrsopsides ,  établi  par  Schœnherr 
aux  dépens  du  g.  Brachycère  de  Fabricius , 
et  nommé  précédemment  par  lui  Chrytops. 

Les  Insectes  de  ce  g.  ont  le  faciès  des  Bra- 
chycères  :  ils  sont  de  taille  médiocre  ;  ils  ont 
le  corps  oblong,  presque  ovale ,  épais,  dur, 
tuberculeux ,  aptère.  L’auteur  en  décrit  9 
esp.,  toutes  du  cap  de  Bonne -Espérance, 
parmi  lesquelles  kous citerons  le  B.  quadva - 
tus ,  Brachycerus  id.  Wiedmann.  (D.) 

*BYRSOPSITES.  ins.  —  M.  le  comte  de 
Castelnau  ( Hist .  des  Coléopt.,  faisant  suite  au 
Buffon-Dum .)  désigne  ainsi  un  groupe  de 
Curculionides  qui  correspond  exactement  à  la 
division  des  Byrsopsides  de  Schoenherr.  (D.) 

*BYSSACÉES  (/Svcro-oç,  sorte  de  lin),  bot. 
cr.  —  Fries  est,  je  crois,  le  premier  cryptoga- 
miste  qui  ait  proposé  d’établir  aux  dépens 
des  Lichens  d’une  part,  et  des  Algues  de 
l’autre ,  cette  petite  famille  qui  se  compose 
ainsi  de  plantes  ambiguës  ,  tant  par  leur 
structure  que  par  leur  habitat .  Nous  voyons 
en  effet  que  cette  structure  ne  saurait  être 
comparée  à  celle  des  Lichens  ,  et  que  la  fruc¬ 
tification  n’offre  pas  plus  de  ressemblance 
avec  celle  de  quelque  Phycée  que  ce  soit. 
De  là  ,  le  caractère  essentiel  des  Byssacées 
peut  être  énoncé  en  ce  peu  de  mots  :  Thalle 
phycoide  ;  fruit  lichénoïde.  La  nécessité 
d’une  famille  intermédiaire  entre  les  Lichens 
et  les  Phycées  s’était  souvent  fait  sentir.  Der¬ 
nièrement  encore,  M.  Decaisne,  qui  refuse,  à 
ce  qu’il  nous  semble ,  d’admettre  les  Bys¬ 
sacées,  proposait  lui-même  de  former  du  Li- 
china,  et  de  plusieurs  espèces  voisines ,  un 
petit  groupe  propre  à  servir  de  lien  entre  les 
deux  familles  en  question.  Ce  lien  est  donc 
tout  trouvé  dans  la  petite  famille  fondée  par 
Fries  ,  et  dont  nous  allons  donner ,  d’après 
lui,  ainsi  que  nous  l’avons  déjà  fait  (  Cuba 
crypt.,  p.  105)  les  caractères  auxquels  on 
pourra  sûrement  la  reconnaître. 

Les  Byssacées  sont  des  végétaux  agames , 
vivant  le  plus  souvent  dans  l’air  atmosphé¬ 
rique,  rarement  dans  l’eau ,  ou  alternative¬ 
ment  dans  l’un  et  l'autre  milieu,  c’est-à-dire 
amphibies,  vivaces,  à  végétation  non  inter¬ 
rompue,  mais  quelquefois  retardée  à  des  in¬ 
tervalles  réguliers  ou  irréguliers.  Leur  thalle 
offre  trôis  types  d’organisation  donnant  lieu 
à  la  formation  d’autant  de  tribus.  Simple¬ 
ment  filamenteux  et  confervoides  dans  les 


BYS 


791 


BYS 

Cœnogoniées ,  les  filaments  sont  reliés  par 
une  gangue  gélatiniforme  dans  les  Colléma- 
cées ,  et  environnés  d’une  couche  corticale 
celluleuse,  contenant  des  gonidies,  dans  les 
Lichinées.  Les  filaments  de  la  première 
tribu  sont  articulés  comme  ceux  des  Confer- 
yacées  ou  des  Mucédinées,  et  souvent  on  ne 
saurait  les  distinguer  de  ceux  des  tribus  pa¬ 
rallèles  sans  la  présence  de  la  fructification, 
qui  est  toujours  celle  des  Lichens  (ex.  :  Cœ- 
nogonium).  Supposez  un  lichen  réduit  à  son 
liypothalle  sur  lequel  se  seraient  dévelop¬ 
pées  des  apothécies,  et  vous  aurez  une  Bys- 
sacée  de  cette  tribu.  C’est  pour  ainsi  dire  le 
premier  degré  d’évolution  d’une  plante  de 
cet  ordre.  Dans  la  seconde  tribu ,  ces  fila¬ 
ments,  confervoïdes  aussi,  sont  composés  de 
granules  verdâtres  (  gonidia  ) ,  globuleux  ou 
elliptiques,  réunis  en  séries  moniliformes 
par  un  tube  anhiste  d’une  si  grande  ténuité 
qu’on  ne  l’aperçoit  que  fort  difficilement,  et 
qu’avec  d’énormes  grossissements.  Ils  ser¬ 
pentent  au  milieu  d’un  mucilage  avide  d’eau 
dans  lequel  ils  sont  plongés ,  et  s’accompa¬ 
gnent  d’une  autre  sorte  de  filaments  transpa¬ 
rents  comme  eux,  mais  dépourvus  (est-ce  par 
avortement?)  de  toute  granulation  intérieure. 
Un  épiderme,  qui,  dans  les  Collema  et  les 
Nostoc ,  consiste  en  une  simple  condensa¬ 
tion  pelliculaire ,  mais  qui ,  dans  les  Lepto- 
gium ,  est  formé  d’une  ou  deux  rangées  de 
cellules  cubiques,  relie  ensemble  les  fila¬ 
ments  et  la  matière  gélatiniforme  dans  la¬ 
quelle  ils  nagent  et  se  replient  de  mille  ma¬ 
nières.  Dans  la  troisième  tribu,  qui,  sous  le 
rapport  du  thalle,  d’un  côté  touche  aux  Li¬ 
chens  (ex.  :  Ephebe ,  Thenrnutis ) ,  de  l’autre 
se  rapproche  des  Fucacées  (ex.  :  Lichina ),  les 
cellules  allongées  ou  les  filaments  sont  en¬ 
tourés  par  une  ou  plusieurs  couches  de  cel¬ 
lules  gonimiques.  L’organisation  du  thalle 
du  g.  Paiilia  [Pasithoe,  Decaisn.)  est  assez 
singulière  pour  que  nous  nous  en  occupions 
ici ,  et  nous  trouvons  un  nouveau  et  puis¬ 
sant  motif  de  le  faire  dans  l’imperfection  de 
la  figure  qui  en  a  été  donné  dans  la  Linnœa. 
Ce  thalle  est  composé  de  deux  sortes  de  cel¬ 
lules  sphériques  ou  devenues  polyèdres  par 
leur  mutuelle  pression  :  les  unes ,  parfaite¬ 
ment  transparentes ,  contiennent  un  seul 
grain  d’un  vert  bleuâtre ,  qui  représente  un 
des  globules  réunis  en  filaments  monilifor¬ 
mes  dans  les  Collema  et  les  lYostocs  ;  les  au¬ 


tres,  outre  ce  globule  qui  occupe  leur  centre 
et  ne  manque  jamais  ,  sont  encore  remplies 
d’une  matière  granuleuse  d’un  vert  brun⬠
tre,  qui  distend  la  cellule  et  lui  conserve  la 
forme  sphéroïdale.  Ces  dernières  cellules 
sont  placées  vers  la  face  inférieure  du  thalle, 
tandis  que  les  autres  en  occupent  la  face  su¬ 
périeure. 

La  fructification  des  Byssacées ,  quoique 
toujours  lichénoïde,  est  néanmoins  assez  va¬ 
riée  pour  que  chacun  des  genres  qui  com¬ 
posent  cette  famille  trouve  un  analogue 
parmi  les  Lichens.  Ainsi ,  les  Collema  pré¬ 
sentent  celle  des  Parmélies  ;  les  Lepiogium  et 
les  Cœnoyonium  ,  celle  des  Biatores  ;  le  07/- 
cia  celle  du  Coccocarpia  ;  les  Lichina  ,  celle 
des  Sphérophores ,  et  enfin  le  Paulin ,  celle 
des  Endocarpes.  Dans  tous ,  elle  se  compose 
des  apothécies  et  du  nucléus.  Les  apothécies 
qui  renferment  le  nucléus  varient  dans  les 
différentes  tribus  de  cet  ordre.  Scutellifor- 
mes  dans  les  deux  premières,  qui  sont  gym- 
nocarpes  ,  elles  sont  nucléifères  dans  la  der¬ 
nière  qui  est  angiocarpe.  Dans  le  genre  07/- 
cia ,  l’excipulum  manque  complètement,  et 
la  lame  proligère  est  étendue  sur  le  thalle 
sous  forme  d’hymenium.  Le  nucléus  est 
formé  de  thèques  et  de  paraphyses ,  absolu¬ 
ment  comme  dans  les  Lichens  ,  et  le  g.  Li¬ 
china  lui-même,  du  moins  d’après  nos  obser¬ 
vations  (  Voyez  Ann ,  Sc.  nat .,  2e  sér.  XV, 
p.  148,  t.  15,  f.  2),  ne  fait  point  exception. 
M,  Decaisne  dit  pourtant  [Acad.  Brux.,  6 
juin  1840)  qu’il  offre  cette  différence  que  les 
sporidies  sont  intimement  soudées  avec  la 
thèque  qui  les  recèle.  Quant  à  nous,  et  nous 
avons  répété  souvent  cette  observation  sur 
l’exactitude  de  laquelle  nous  ne  saurions  in¬ 
voquer  un  plus  puissant  témoignage  que  ce¬ 
lui  de  M.  le  professeur  Ad.  Brongniart,  l’un 
des  commissaires  chargés  par  l’Institut  d’exa¬ 
miner  notre  Mémoire ,  nous  les  avons  tou¬ 
jours  vues  s’échapper  avec  la  plus  grande  fa¬ 
cilité  de  la  thèque  où  elles  sont  renfermées, 
et  se  répandre  sur  le  porte-objet  du  micros¬ 
cope.  Les  sporidies  du  genre  Paulia  ont  beau¬ 
coup  de  ressemblance  avec  celles  du  Lichina. 
Nous  les  avons  trouvées  courtement  ellipti¬ 
ques  et  uniloculaires  ou  simples,  c’est-à-dire 
contenant  un  seul  nucléus  oblong ,  et  non 
pas  deux,  comme  l’avance  M.  Fée.  Les  thè- 
ques  contiennent  de  6  à  8  sporidies  sur  une 
ou  deux  rangées  ;  dans  le  premier  cas ,  ces 


792 


BYS 


BYS 


thèques  sont  en  massue  allongée  et  grêle  ; 
dans  le  second,  elles  ne  ressemblent  pas  mal 
à  des  péridioles  des  genres  Perisporium  et 
Meliola. 

Ce  que  nous  avons  exposé  jusqu’ici  de  la 
structure  et  de  la  fructification  des  Byssa- 
cées  montre  suffisamment  les  affinités  de  ce 
groupe  avec  les  familles  voisines.  Ainsi , 
d’un  côté,  cette  structure  et  l’état  amphibie 
de  la  plupart  de  ses  espèces  les  rapprochent 
singulièrement  des  Phycées  ;  de  l’autre,  el¬ 
les  offrent  dans  la  forme  des  organes  repro¬ 
ducteurs  ,  dans  les  interruptions  de  la  végé¬ 
tation,  laquelle  exige  d’ailleurs  le  concours 
de  l’air  ,  des  caractères  qui  leur  sont  com¬ 
muns  avec  les  Lichens.  Il  en  résulte  qu’il 
n’est  pas  possible,  sans  rompre  toutes  les  af¬ 
finités,  de  les  réunir  ni  à  l’une  ni  à  l’autre 
famille ,  quoiqu’on  ne  puisse  disconvenir 
qu’elles  ne  touchent  à  toutes  deux  par  plu¬ 
sieurs  points.  Ainsi ,  pour  n’en  citer  qu’un 
exemple,  Sprengel  fait  une  Pézizedu  Cœno- 
g onium  Linkii ,  que  M.  Agardh  place  parmi 
les  Algues.  Il  faut  convenir  que  dans  l’état 
de  stérilité,  rien  n’est  plus  aisé  que  de  con¬ 
fondre  avec  des  Mucédinées  plusieurs  es¬ 
pèces  de  la  seconde  tribu  ,  et  c’est  ce  qui  est 
arrivé  à  Fries  lui-même.  M.  Léon  Dufour 
lui  ayant  adressé  le  thalle  stérile  de  notre 
Cilicia  noli-tangere,  ce  célèbre  mycétologue 
n’hésita  pas  à  en  faire  ( Syst .  Myc.  III,  p.  287) 
un  nouveau  genre  de  Mucédinées,  sous  le 
nom  de  Periboiryon.  Rapportée  plus  tard  de 
Coquimbo  par  M.  Gaudichaud,  cette  byssacée 
était  tellement  chargée  de  fructification  qu’il 
nous  devint  facile  de  la  rapporter  à  son 
véritable  genre,  puis,  en  consultant  l’her¬ 
bier  de  Pavon  ,  qui  appartient  à  notre  ami 
M.  Webb,  de  constater  que  le  genre  de  Fries 
n’était ,  comme  nous  l’avions  supposé,  que 
le  thalle  stérile  de  notre  plante  (Voyez  Ann. 
Sc.  nat .,  2e  sér.  II,  p.  375,  t.  IG,  f.  2). 
M.  Endlicher ,  tout  en  citant  nos  figures  à 
l'occasion  du  genre  Cilicia ,  ne  semble  pas 
avoir  ajouté  foi  à  notre  synonymie,  puisque 
dans  son  Généra  pïaniarum ,  il  a  conservé  le 
g.  Periboiryon.  Quoi  qu’il  en  soit,  on  voit  que, 
hors  l’état  de  fructification,  l’erreur  devient 
on  ne  peut  plus  facile. 

Nous  bornons  là  ce  que  nous  avions  à  dire 
sur  ce  groupe  d'Agames,  qu’on  nommera  fa¬ 
mille  si  l’on  veut,  ou  bien  qu’on  placera,  si 
on  le  préfère,  mais  toujours  en  les  en  sépa¬ 


rant,  à  la  suite  des  Lichens.  Pour  éviter 
d’inutiles  répétitions ,  on  trouvera  exposé 
tout  ce  qui  est  relatif  à  l’organographie  des 
Byssacées,  soit  au  mot  Lichens,  pour  la  fruc¬ 
tification,  soit  au  mot  Phycées,  pour  la  struc¬ 
ture  du  thalle.  Nous  avons  déjà  dit  que  ces 
plantes  vivent  sur  la  terre ,  les  arbres  ou 
les  rochers,  dans  les  lieux  bas  et  humides, 
quelquefois  même  dans  la  mer,  au  niveau 
des  basses  marées,  c’est-à-dire  recevant  al¬ 
ternativement  l'influence  de  l’air  et  de  l’eau 
salée,  très  rarement,  comme  le  Cilicia  noli- 
tangere,  dans  les  lieux  secs  et  abrités. 

On  peut  diviser  en  trois  tribus  les  genres 
qui  composent  cette  famille. 

1°  Collemaceæ. Genres  :  Collema ,  Hoffm.; 
Leptogium,  Fr.;  Nostoc,  Fr. 

2°  Coenogonieæ.  Genres  :  Cœnogoninm , 
Ehrenb.;  Cilicia ,  Fr.;  Ephebe ,  Fr.;  Tlier- 
mutis,  Fr.;  Rhacodium.,  Pers. 

3°  Liciiineæ.  Genres  :  Lichina,  Ag.;  Pau¬ 
li  a  ,  Fée. 

Sous  le  nom  de  Byssaceœ  spuriœ ,  Fries 
réunit  à  la  suite  de  cette  famille  les  genres 
qui  font  partie  de  l’ordre  auquel  M.  Agardh 
a  consacré  le  nom  de  Byssoïdées.  C oyez  ce 
mot.  (C.  M.) 

BYSSOCLAJDIUM  (/Svcraoç,  byssus  ;  xX«- 
Æoç,  rameau),  bot.  cr.  —  Genre  de  Champi¬ 
gnons  de  l’ordre  des  Hyphomycètes,  créé  par 
Link  (  Obs.  Il  ),  et  caractérisé  par  des  fila¬ 
ments  étalés  en  forme  d’étoile,  rameux,  cloi¬ 
sonnés  ,  et  recouverts  çà  et  là  de  spores.  Ce 
g.,  adopté  par  MM.  Nees  d’Esenbeck  et  Mar- 
tins  ,  a  été  réuni  au  Sporotrichum  par  Ditt- 
mar.  L’esp.  qui  a  servi  à  le  former  est  le 
Byssocladium  fenestrale  Lk.  ,  qu’on  rencon¬ 
tre  sur  les  vitres  des  fenêtres  exposées  à 
l’humidité,  sur  lesquelles  elle  se  fait  remar¬ 
quer  par  ses  expansions  filamenteuses,  blan¬ 
ches,  rameuses,  rayonnantes  et  extrêmement 
ténues.  Roth  l’avait  placée  parmi  les  Confer- 
ves.  Cette  cryptogame  me  paraît  être  un  my¬ 
célium  de  quelque  mucédinée  modifiée  par 
l’endroit  et  le  lieu  où  elle  a  pris  naissance. 
Il  ne  faut  pas  croire  non  plus  qu’elle  naisse 
sur  le  verre  même  ;  car  en  regardant  avec 
attention ,  on  voit  qu’elle  part  le  plus  sou¬ 
vent  d’un  excrément  d’insecte  ou  de  quel¬ 
ques  particules  végétales  déposées  sur  la 
surface  du  verre.  (Lév.) 

^BYSSOÏDÉES.  Byssoideœ.  bot.  cr.  — 
(  Phycées.)  Sous  ce  nom,  M.  Agardh  ( Syst. 


ÏJYS 


79 


RYS 

Atg.,p.  22)  et  M.  Harvey  [Man.  of  Prit. 
Alg  ,  p.  188)  comprennent  plusieurs  pro¬ 
ductions  filamenteuses  appartenant  évidem¬ 
ment  au  règne  végétal  ,  mais  chez  les¬ 
quelles  l’absence  de  toute  fructification  ou 
la  présence  au  moins  fort  douteuse  de  celle- 
ci  ,  ne  permet  pas  de  les  rapporter  avec 
certitude  à  un  genre  déjà  connu.  On  les 
a  donc  distinguées  ,  d’après  leur  origine  , 
et  sur  des  caractères  vagues  de  forme  et  de 
coloration ,  en  genres  que  nous  allons  seule¬ 
ment  énumérer  ici,  et  sur  chacun  desquels 
nous  reviendrons  en  leur  lieu.  M.  Agardh 
n’admet  dans  cette  tribu  que  les  g.  Proto- 
nema  ,  Ag.;  Hygrocrocis  ,  Ag.;  Mycoderrna , 
Desmaz.,  et  Lepiomims,  Ag.;  mais  le  phyco- 
logue  anglais  y  ajoute  les  g.  Byssocladiurn, 
A  g.  ;  M  y  cinéma,  Ag.;  Chroolepus ,  Ag.;  Scy~ 
ihymenia,  Ag.  Voyez  ces  mots.  (C.  M.) 

BYSSOIDEI  (iSvcrcroç,  fil  de  lin),  bot.  cr. 
—  Persoon  (  Syn .  Fung. ,  p.  085)  nomme 
ainsi  le  G,ne  ordre  de  ses  Champignons.  Cet 
ordre  renferme  des  Champignons  de  genre 
et  de  nature  très  différents ,  mais  qui  ont 
tous  pour  caractère  commun  d’être  composés 
de  filaments  très  déliés,  droits  ou  couchés  , 
continus  ou  articulés  ,  simples  ou  rameux  , 
stériles  ou  fertiles.  Quand  les  spores  exis¬ 
tent,  elles  sont  ramassées  à  l’extrémité  des 
rameaux  ou  répandues  sur  leur  surface.  Le 
g.  Mesemenca  diffère  de  tous  par  sa  con¬ 
sistance  charnue.  Persoon  les  divisait  en 

2  sections  :  la  lre  comprend  ceux  dont  la 
forme  est  parfaitement  distincte  (  Ascophora , 
Periconia,  isuria ,  Botryiis,  Mouilla,  etc.), 
et  la  2e  ceux  qui  ont  une  forme  variable 
indéterminée  (  B acodium  ,  Hirnantia  ,  Eri- 
neurn,  etc.).  M.  Martius  réunit  tous  ces  g.  et 
plusieurs  autres  nouvellement  découverts 
sous  le  nom  d’ Hyphomyceies,  qu’il  divisa  en 

3  sections  :  les  Mucédinées ,  les  Icnomycètes 
et  les  Mucores.  Celte  distribution  a  généra¬ 
lement  été  adoptée  par  tous  les  mycologis- 
ies  ;  et  le  nom  de  Byssoidei ,  comme  trop 
vague,  a  été  éliminé  de  la  science.  Persoon, 
dans  son  Mycologia  Europœa  ,  le  remplaça 
par  celui  de  Trichomyci ,  en  lui  conservant 
à  peu  près  les  mêmes  caractères.  Cet  ordre 
se  divise  :  1°  Byssi  discretæ  ,  dont  les  fila¬ 
ments  sont  droits,  raides  et  recouverts  de  spo¬ 
res  ( Fumago ,  Conopsia,  Demalium,  Helmin- 
thosporium ,  etc.);  2o  Byssi  mucedines,  dans 
lesquelles  filaments  sont  dressés  ou  couchés, 


rameux  ,  et  qui  portent  leurs  spores  à  l’ex¬ 
trémité  des  rameaux  (  Mycogoue  ,  Acremo - 
nium,  Botryiis  ,  etc.  );  3*  Byssi  fidrillifor- 
mes  :  les  fiiamcnts  sont  allongés,  simples  ou 
rameux ,  rampants  ,  divergents  ,  d’une  con¬ 
sistance  cornée ,  trémclloïde  dans  un  seul 
g.  ;  ils  sont  dépourvus  de  spores  (  Ceraio- 

nema,  Capillaria ,  Aclinonema,  Bhizornorpha)  ; 
4°  Byssi  vkræ  :  dans  ces  derniers  les  fila¬ 
ments  sont  extrêmement  fins ,  entrelacés  les 
uns  dans  les  autres  ,  et  formant  une  esp.  de 
feutre,  souvent  d’une  très  grande  étendue  et 
de  couleur  variable. 

Persoon  n’a  pas  été  heureux  dans  sa  distri 
bution  ;  il  n’a  pas  eu  assez  de  confiance  dans 
les  travaux  de  ses  illustres  contemporains,  et 
est  resté  trop  attaché  à  ses  premières  idées. 
Depuis  qu’il  avait  posé  les  fondements  de  la 
mycologie,  cette  partie  avait  fait  les  plus 
grands  progrès  ;  Deltmar  ,  MM.  Martius  , 
Link,  Ehrenberg,  Kunze,  Nees  d’Esen- 
bek,  etc.,  avaient  étendu  et  précisé  ses  limites 
par  l’emploi  du  microscope  ;  et  Persoon,  qui 
n’était  pas  très  familier  avec  cet  instrument, 
n’a  admis  tous  ces  nouveaux  g.  qu’avec  une 
extrême  méfiance.  Il  faut  pourtant  avouer 
que  les  genres  sont  mieux  définis,  et  surtout 
que  les  différents  groupes  sont  beaucoup  plus 
naturels  qu’ils  ne  l’étaient  dans  le  Synopsis. 
Quand  on  examine  le  grand  nombre  de  g. 
que  renferme  l’ordre  des  Trichomyci  ou  B  y  s- 
soidei ,  on  voit  qu’il  y  en  a  un  très  grand 
nombre  qui  ne  sont  que  des  modifications  du 
mycélium,  ou  trame  élémentaire  des  Cham¬ 
pignons  ,  comme  j’ai  tenté  de  le  démontrer 
dans  un  Mémoire  sur  le  genre  Scteroiium , 
que  j’ai  présenté  à  l’Institut  (  Voyez  Compt . 
rend,  de  l’ Acad.  sc.,  tom.  XIV,  p.  446).  Ainsi, 
par  exemple,  les  genres  Athelia ,  Hypha,  Hi- 
mantia  ,  Eibrillaria ,  Aclinonema  ,  Capilla¬ 
ria  ,  etc. ,  ne  sont  que  des  formes  du  mycé¬ 
lium  nématoïde.  Les  g.  liacodium  et  Xylos - 
iroma  appartiennent  au  mycélium  hymé- 
noïde.  Les  g.  Phlebomorpha  et  Mesenierica , 
par  leur  consistance  charnue ,  constituent  le 
mycélium  que  j’ai  appelé  malacoïde.  Voyei 

MYCELIUM.  (LÉV.) 

BYSSOLITIIE  (  SucKToç ,  filament  ;  \l0o<, 
pierre),  min. — Même  chose  qu’Amianthoïde. 

(Del.) 

BYSSOMIE  03u<tctoç,  byssus  ;  y.v  a£,  moule). 

moll.  —  Genre  de  l’ordre  des  Lamellibran¬ 
ches,  établi  par  Cuvier  pour  le  Mya  byssifera 

50* 


794 


BYT 


BYS 

de  Fabrieius,  et  qui  ne  diffère  des  Saxîcaves 
que  par  la  présence  d’un  byssus ,  ce  qui  a 
déterminé  la  plupart  des  eonchyliologistes  à 
le  réunir  à  ce  dernier  genre.  Voyez  saxi- 
cave.  (C.  d’0.1 

BYSSUS  (|3uo-o-o;,  lin  très  fin),  moll. — 
On  désigne  sous  ce  nom  une  touffe  de  fila¬ 
ments  qui  sort  de  la  coquille  de  certains  Mol¬ 
lusques  lamellibranches,  tels  que  les  genres 
Vulselle  ,  Marteau ,  Avicule ,  Jambonneau , 
Tridacne,  Saxicave,  etc.,  et  leur  sert  à  s’at¬ 
tacher  aux  corps  sous-marins.  Ces  animaux 
sont  pourvus  d’une  sorte  dé  pied  rudimen¬ 
taire,  contractile,  à  l’aide  duquel  ils  filent  le 
Byssus,  dont  la  matière  est  fournie  par  une 
glande  particulière.  Le  même  organe  en  di¬ 
rige  et  fixe  les  filaments.  Le  Tridacne,  dont 
le  poids  atteint  quelquefois  plusieurs  quin¬ 
taux  ,  est  muni  d’un  Byssus  résistant  ;  d’au¬ 
tres  Mollusques ,  au  contraire  ,  tels  que  les 
Jambonneaux,  ont  un  Byssus  aussi  souple  et 
aussi  fin  que  la  soie.  Les  habitants  de  la  Ca¬ 
labre  et  de  la  Sicile  en  fabriquent  des  étoffes 
précieuses,  d’un  brun  doré ,  à  reflets  verd⬠
tres,  recherchées  pour  leur  moelleux  et  leur 
finesse ,  mais  que  la  rareté  de  la  matière  em¬ 
pêche  d’être  d’un  usage  général.  (C.  d’O.) 

BYSSUS  (jSucraroç,  fil  de  lin),  bot.  cr. — 
Ce  g.,  établi  par  Linné  (Sp.  PL  p.  1637),  com¬ 
prenait  des  espèces  appartenant  à  des  fa¬ 
milles  fort  diverses.  Ses  successeurs  ont  en¬ 
suite  désigné  sous  ce  nom  banal  une  foule 
de  productions  filamenteuses,  que  leur  état 
de  stérilité  empêchait  de  mettre  à  leur  place. 
Ainsi,  véritable  capui  morluum  de  la  végéta¬ 
tion  cryptogamique  élémentaire  ,  ce  g.  a 
réuni  successivement  ou  en  môme  temps  des 
Algues,  des  Champignons  ou  des  Muscinées, 
car  les  Protonema  orthoiricliï  et  rriuscicola 
ne  sont  que  des  racines  de  Mousses  dévelop¬ 
pées  sous  l’influence  d’un  excès  d’humidité. 
Comme  la  majeure  partie  des  Byssus  appar¬ 
tient  encore  à  la  seconde  de  ces  classes,  trai¬ 
tée  par  un  de  nos  collaborateurs  ,  nous  y 
renverrons  le  lecteur.  (C.  M.) 

BYSTROPOGON  (/3v<rrpa,  bouchon  ;  TTw- 
ywv,  barbe  ;  dans  ce  genre  la  gorge  est  fermée 
par  des  poils),  bot.  ph.  —  Genre  de  la  fa-' 
mille  des  Labiacées,  tribu  des  Saturéinées- 
Origanées ,  formé  par  l’Héritier  (Sert.  19, 
Excl.  sp.  Benth.),  et  divisé  en  deux  sections 
dar  Bentham  ( Labial .,  324)  ;  a.  Bystropooon , 
sp.  Canar.  et  b.  Mintostaclnjs,  sp.  Pcruv.  11 


renferme  quelques  arbrisseaux  des  îles  Ca¬ 
naries  et  de  l’Amérique  australe,  à  fleurs  pe¬ 
tites,  en  cymes  ou  épis  denses  ;  à  bractées 
lancéolées-subulées;  plusieurs  espèces  sont 
cultivées  dans  les  jardins  botaniques.  (C.  L.) 

*BYTHU\US.  ins. —  Genre  de  Coléoptères 
dimères  ,  famille  des  Psélaphiens ,  établi  par 
Leach  et  adopté  par  M.  Aubé  dans  sa  mo¬ 
nographie  de  celte  famille  (pag.  33,  tab.  85), 
où  il  le  range  dans  la  division  des  Psélaphiens 
à  tarses  monodactyles.  Il  y  rapporte  12  esp. 
toutes  d’Europe.  Nous  citerons  comme  type 
le  B.  curtissi ,  qui  vit  principalement  dans 
le  bois  pourri,  en  France  et  en  Angleterre. 
On  le  trouve  assez  communément  dans  les 
serres  chaudes.  (D.) 

*BYTHOSCOPUS  ($ u0oç,  fond  ;  xo-mî,  en¬ 
taille).  ïns:  —  M.  Germar  a  appliqué  le  pre¬ 
mier  cette  dénomination  à  un  g.  de  la  fa¬ 
mille  des  Cercopiens  ou  Cicadelliens  dans 
l’ordre  des  Hémiptères  Homoptères,  qu’il  a 
établi  aux  dépens  des  Jnssus  de  Fabr.  Les 
Byihoscopns  se  distinguent  surtout  de  ces 
derniers  par  leur  vertex,  dont  les  bords  sont 
parallèles.  On  connaît  un  petit  nombre  d’es¬ 
pèces  de  ce  g.,  toutes  européennes.  Celle 
qu’on  doit  en  considérer  comme  le  type  est 
le  B .  lanio  (Jassus  ianio  Fab.  Ciradn  latiio  L.) 
répandu  dans  la  plus  grande  partie  de  l’Eu¬ 
rope.  (Bl.) 

'  BYTOWNITE ,  Thoms.  (nom  de  lieu). 
min.  —  Substance  vitreuse  ,  transparente , 
d’un  bleu  grisâtre  clair,  qui  se  trouve  en 
masse ,  à  structure  imparfaitement  grenue 
ou  lamellcuse,  près  de  Bytown  dans  le  haut 
Canada.  Pesanteur,  2,8  ;  dureté,  6.  Blanchis¬ 
sant  au  chalumeau,  sans  éprouver  de  fusion. 
— D’après  l’analysedeThomson,  ellecontient: 
Silice,  47,567;  Alumine,  29,647  ;  Chaux , 
9,060;  Oxyde  de  Fer,  3,575;  Magnésie, 
0,400;  Soude,  7,600;  Eau,  1,980.  (Del.) 

BYTTNERIA  (  Büttner,  Allemand  ,  pro¬ 
fesseur  de  botanique),  bot.  pii.  —  Genre 
type  de  la  famille  des  Byttnériaeées ,  de  la 
tribu  des  Byttnériées ,  formé  par  Lœffîing 
(  II.  313  )  et  renfermant  une  vingtaine  d  es¬ 
pèces  ,  indigènes  de  l’Amérique  tropicale 
et  de  l’Asie ,  où  elles  sont  fort  rares.  Ce  sont 
des  plantes  frutiqueuses  ou  suffrutiqueuses, 
inermes  ou  épineuses;  à  feuilles  alternes, 
!  diversiformes  ,  dont  les  pétioles  quelquefois 
I  renflés ,  triquètres  ;  à  stipules  latérales  gé- 
'  minées  ;  à  fleurs  petites,  ordinairement  d’un 


pourpre  sombre ,  el  disposées  en  ombelles 
simples  ,  involucrées,  ou  plus  rarement  en 
eorymbes,  très  souvent  en  grappes  ou  en 
panicules.  Koyez  pour  les  caractères  l’ar¬ 
ticle  BYTTNERIACEES. 

Duhamel  (  Arb .,  I,  114)  donne  aussi  ce 
nom  à  un  g.  synonyme  du  Calycanihus  de 
Lindley.  (C.  L.) 

BYTTNERIACEES.  bot.  pu.  —  Cette  fa¬ 
mille  sera  traitée  avec  le  grand  groupe  des 
Malvacées  auquel  elle  se  rattache.  Nous  fe¬ 
rons  remarquer  ici  qu’on  écrit  à  peu  près  in¬ 
différemment  Bytlnériaccés  et  Ituttnérîacées , 
parce  que  l’ü  allemand  se  change  chez  nous 
en  y,  et  qu’elle  doit  son  nom  à  un  botaniste 
allemand ,  D.  S.  A.  Büttner.  (Ad.  J.) 

BYTURUS  (nom  d’une  espèce  de  vermis¬ 
seau  qui  s’engendre  dans  les  arbres  et  qui 
les  gâte,  suivant  Pline),  ins.  —  Cenre  de  Co¬ 
léoptères  pentamères  ,  famille  des  Palpicor- 
nes ,  tribu  des  Peltoïdes,  établi  par  Latreille 


aux  dépens  de  l’aucien  g.  Dermeste.  M.  De- 
jean  (Ccr/.,  3e  édit.)  ne  rapporte  à  ce  g.  que 
2  esp.  :  l’une,  qui  a  servi  de  type  à  Latreille 
pour  l’établir ,  est  le  Byturus  tomentosus 
( Dermestes  id.  Fabr.  );  et  l’autre  le  Byturus 
americcinus  Dej.  La  lre  est  la  même  esp. 
que  le  Dermeste  velours  jaune  de  Geof¬ 
froy  ,  qui  se  trouve  communément  sur  les 
fleurs  aux  environs  de  Paris.  M.  Shuckard 
dit  que  la  larve  du  Byturus  tomentosus  cause 
de  grands  dégâts  dans  les  plantations  de 
Framboisiers  en  Angleterre.  (D.) 

BYZENUS.  crust.  —  Rafinesque ,  dans 
son  Précis  des  découvertes  sémiologique,  a  éta¬ 
bli  sous  ce  nom  un  genre  de  Crustacés  qui 
parait  se  rapprocher  des  Sténopes,  et  auquel 
il  donne  pour  caractères  :  Écailles  de  la  base 
extérieure  des  antennes  sans  dents  ;  les  deux 
paires  de  pattes  antérieures  pincifères,  mais 
très  courtes;  la  troisième  pincifére,  chéli- 
forine,  très  grosse.  (P.  G.) 


PIM  DU  DEUXIÈME  TOME. 


ERRATA  DU  DEUXIÈME  TOME. 


Page  193,  2«  col.,  ligne  2G,  stomaco-gastrique. s,  lisez  siomato-gastriques. 

—  —  ligne  62,  ici.  td. 

Page  300,  lre col.,  ligne  14,  35  kilogr.,  lisez  135  kilogr. 

Page  420,  2®  col.,  dernière  ligne,  Martius ,  lisez  Martins. 

Page  447,  2°  col.,  ligne  22,  voyez ,  lisez  Voyage. 

Page  569,  2°  col.,  ligne  39,  Gorestiera ,  lisez  Forestiera . 

Page  577,  2®  col.,  ligne  33,  Arisfus ,  lisez  Arisius. 

Page  G03,  lr«col.,  ligne  4,  Chai idiées,  lisez  Chalcidies. 

Page  G19,  Ire  col.,  ügne  cachées,  lisez  cochées. 

—  —  ligne  36,  Thibet ,  lisez  Silhet. 

Page  640,  2e  col.,  ligne  5,  Bolatus  esculatus ,  lisez  Bolelus  esculentas. 

Page  641,  lr®col.,  ligne  53,  Guéné ,  lisez  Gêné. 

Page  659,  2e  col.,  ligne  6,  bosée,  lisez  boska. 

—  —  ligne  36,  art.  BOST1UCHE  ,  remplacer  l’étymologie  par  celle-ci 

jSôarpuxo; ,  petit  insecte  volant. 

Page  661,  lrecol.,  ligne  8,  habitai ,  lisez  habitus. 

Page  668,  2®  col.,  ligne  42,  Bitonia ,  lisez  Bitoma . 

Page  750,  lrecol.,  ligne  47,  qu’enterre ,  lisez  qu’entoure. 


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